National | Par Didier Bouville

Gestion des risques: les syndicats rendent leurs copies à Didier Guillaume

En vue d’élaborer le prochain Programme national de gestion des risques (PNGRAT) d’ici la fin d’année, les organisations professionnelles agricoles (syndicats, banques, assurances…) rendaient cette semaine leurs propositions au cabinet du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume.

Agra Presse s’est procuré les contributions des quatre principaux syndicats (FNSEA, JA, Coordination rurale, Confédération paysanne), dont l’analyse détaillée sera publiée dans son hebdomadaire. Premier constat : aucun des quatre syndicats ne plaide pour que l’assurance récolte soit rendue obligatoire.

«Avant de généraliser l’assurance, faisons en sorte qu’elle soit généralisable !» argue notamment la FNSEA dans sa note. Le syndicalisme majoritaire (FNSEA et JA) – tout comme la Coordination rurale – propose d’améliorer le dispositif de gestion des risques existant, afin de le rendre plus attractif ; ces trois syndicats se rejoignent par exemple pour demander un abaissement du seuil de déclenchement du niveau des assurances récolte à 20%, permis par le règlement Omnibus.

La Confédération paysanne se distingue nettement en plaidant pour une sortie du soutien public aux assurances récoltes privées, pour mettre en place en fonds co-financé par les agriculteurs, l’aval, l’Etat et l’UE.

Assurance récolte : la FNSEA veut ouvrir davantage le marché

Au delà des raisons souvent mises en avant pour expliquer le faible taux de souscription à l’assurance récolte parmi les agriculteurs (seuil de déclenchement trop haut, coût élevé…), la FNSEA met en avant, dans une note qu’elle doit livrer cette semaine au ministre de l’Agriculture, le frein suivant: le marché de l’assurance récolte «reste limité à deux principaux assureurs» (Groupama et Pacifica) et cette situation «engendre des interrogations (des agriculteurs, ndlr) voire des difficultés d’accès au marché (pour les assureurs, ndlr)».

Pour lever ce frein, la FNSEA propose la mise en place d’un «pool ouvert à tous les acteurs de l’assurance avec la présence d’un tiers de confiance». Ainsi, explique le syndicat majoritaire, «dès lors qu’un assureur respecterait le cahier des charges imposé par les pouvoirs publics, il pourrait accéder au pool et bénéficierait alors des connaissances et données liés aux risques».

Le tiers de confiance serait la Caisse centrale de réassurance (CCR), qui serait «garante de tarifs techniques objectifs, correspondant au risque supporté et garantissant une offre pérenne».

Selon la FNSEA, l’accès au pool permettrait par ailleurs «d’accroitre la capacité de réassurance de chacun des assureurs, y compris pour de nouveaux entrants sur le marché.»

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