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Ferme des Homs à St Christophe Vallon : «20 ans pour constituer une clientèle fidèle»

16 février 2017

Ferme des Homs à St Christophe Vallon : «20 ans pour constituer une clientèle fidèle»

Florence et Dominique Costes de la ferme des Homs sont des précurseurs dans la transformation de produits fermiers et la vente directe en Aveyron. Lorsqu’ils se sont lancés en 1992, ils transformaient quelques veaux et agneaux. Aujourd’hui, ils valorisent l’ensemble de leur production en direct dans leur propre atelier de découpe et embauchent 3 salariés.

En 25 ans, le parcours fut semé d’embûches pour Florence et Dominique Costes mais ils ont réussi à force de travail et de motivation ! «Il faut savoir se lancer et se donner les moyens d’atteindre ses objectifs», lance le couple. Ils ont démarré sur la commune d’Onet le Château sur une ferme et des terres en location, en 1989 pour Dominique et en 1992 pour Florence à la sortie de son BTA. Année où ils ont démarré la transformation de quelques veaux puis d’agneaux sur commande «pour se tester», profitant de la proximité de l’atelier de La Roque pour la découpe. «Nous étions limités en surfaces et nous ne voulions pas démarrer une nouvelle production, nous avons donc choisi la transformation pour aller au bout de notre produit», explique Florence. Pour se faire connaître, le couple sillonnait les marchés locaux et sur Toulouse pour commercialiser leur viande de veau, de bœuf et d’agneau découpée et emballée sous vide.

Leur clientèle augmentant, Dominique et Florence ont fait le choix d’investir dans leur propre atelier de découpe et ont embauché un boucher pour plus d’autonomie et de souplesse dans le travail vis-à-vis des commandes des clients. «Le dossier n’a pas été insurmontable à réaliser. Nous avons tout fait valider à la DSV. Comme certains investissent dans une salle de traite, nous avons investi dans un atelier de découpe ! Ce n’est pas plus compliqué !», sourit Florence. Très satisfaite d’avoir pu embaucher un professionnel de la découpe, elle est sûre de la qualité de son produit qu’elle vend au détail et un peu en colis.

Leur propre atelier de transformation

Petit tournant en 2000 lorsque le couple a dû «s’expatrier» à St Christophe Vallon où ils ont acheté la ferme des Homs même s’ils ont gardé quelques parcelles et un bâtiment près de La Roque. Deux ans plus tard, un incendie ravage l’atelier de découpe : «ce fut pour nous l’occasion de transférer l’atelier à la ferme des Homs, d’avoir un outil aux dernières normes, plus à notre main et fonctionnel pour le salarié», avance Florence.

A la tête d’une clientèle aujourd’hui fidélisée, Dominique et Florence ont réduit le nombre de marchés, ils sont les mercredis et samedis à Rodez et ont un petit magasin ouvert un jour par semaine, sur leur ferme. Adhérents au réseau Bienvenue à la ferme, ils proposent à l’occasion des visites de l’exploitation : «Les clients veulent connaître l’origine des produits qu’ils consomment, la façon dont nous les élevons, comment nous les nourrissons,...», détaille Dominique.

Il leur a fallu 20 ans pour réussir à transformer l’ensemble de leur prodution issue de leurs 100 vaches limousines et leurs 70 brebis Rouge de l’Ouest, en vente directe. Ils ont aussi développé les plats cuisinés, pour une valorisation totale des carcasses. «Sans l’efficacité et le professionnalisme de nos salariés tant sur l’exploitation qu’à l’atelier de découpe (1 temps complet et 2 temps partiels), nous n’y serions pas parvenus», indique le couple. Chacun est polyvalent et connaît le produit : «C’est important de savoir de quoi on parle !».

Et de préciser que toute l’alimentation donnée aux animaux est produite sur la ferme, en quasi autonomie. «Nous avons dû adapter notre production à notre débouché même si nous expliquons bien aux clients qu’on ne peut pas manger de l’agneau toute l’année !», sourit Florence. Dominique a mis en place des vêlages toute l’année en bovin, il produit des veaux entre 8 et 10 mois à 240 kg/carcasse en moyenne et des agneaux de 4-5 mois entre 22 et 25 kg/carcasse, abattus à Rodez, un outil auquel les éleveurs tiennent beaucoup. «Même si nous avons beaucoup de travail, nous sommes heureux de pouvoir maîtriser notre produit jusqu’au bout. Que cela dure?!».

Eva DZ