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Lait de vache et agriculture biologique : conversions et maîtrise de la production

16 février 2017

Lait de vache et agriculture biologique : conversions et maîtrise de la production

«Etat des lieux, perspectives et stratégies de développement pour le lait de vache en agriculture biologique» était le thème de la rencontre proposée vendredi 10 février, à Flavin, organisée par la Chambre d’agriculture et l’APABA.

Le Comité de développement agricole de Rodez-Nord (CDARN), la mission AB de la Chambre d’agriculture et l’APABA (Association pour la Promotion de l’Agriculture Biologique en Aveyron) ont rassemblé une centaine de personnes à Flavin. Pierre Joffre, co-président du CDARN, responsable de la mission AB de la Chambre d’agriculture, membre de la commission AB de la Chambre régionale d’agriculture, a introduit la matinée sur un état des lieux aveyronnais : «le département compte 45 exploitations bovins lait certifiées AB pour 8 millions de litres de lait collectés. A l’horizon 2018, ce sont 100 à 110 producteurs qui livreront du lait bio avec le nombre de conversion en cours aujourd’hui. Ils représenteront 9 % des exploitations en bovins lait du département et 7 % des volumes». Pour autant, l’élu de la Chambre d’agriculture tempère la situation : «cette rencontre a pour objectif de mettre en avant les forces mais aussi les faiblesses de ce marché AB français».

Bernard Teyssère, administrateur de l’APABA, a rappelé l’objectif et missions de l’association, puis Paul Zindy, chargé de mission au CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière), a dressé un tableau de la production de lait de vache AB en France et dans l’Union européenne.

Selon les données du CNIEL, «les produits laitiers bio occupent une place conséquente dans certains pays européens : 29 % du lait de consommation au Danemark, 18 % en Autriche, un peu plus de 10 % en Suède, 9 % en France. En 2015, la collecte de lait bio a continué sa croissance en Allemagne (+4%), en France (+6,9 %), loin devant le Danemark (+1 %), Autriche (0?%), la Suisse (+1 %). L’Allemagne reste le premier pays producteur, devant la France. Avec 1,3 million d’hectares cultivés en AB en 2015, dont 300 000 ha en conversion, les surfaces bio continuent de progresser en France (+17 % par rapport à 2014), soit plus de 4,9 % de la SAU nationale. Par ailleurs, les produits laitiers AB représentent 11,4 % des achats des ménages français en alimentaire AB en valeur».

2016, année des conversions

La France compte aujourd’hui 2?170 producteurs de lait de vache AB, 125 établissements de collecte, 163 transformateurs. Le grand Ouest et le grand Est rassemblent la grande majorité des producteurs. En 10 ans, la collecte a fait un bond de 146?%, pour un total de 557 millions de litres de lait de vache AB en 2015. Avec un prix de base 2016 payé en moyenne 469 €/1?000 litres, contre 309 €/1?000 litres pour le conventionnel. Autre indication de Paul Zindy, «la tendance haussière du rythme de conversions qui continue en France. Entre novembre et mai 2015, juin et octobre 2015, novembre et mai 2016, juin et octobre 2016, le nombre de producteurs convertis est passé respectivement à 83, 80, 684, 143. Le nombre de producteurs AB doit croître en 2017, avec 2 363 fin mai, 2?741 fin octobre, puis 3?149 fin mai 2018 et 3?221 fin octobre 2018. A la mi-2018, la France devrait atteindre les 890 millions de litres, soit une hausse de la collecte de 53?%». C’est la France qui a enregistré le plus de conversions en deux ans au niveau de l’UE, note encore le CNIEL.

Agniechka Mariettaz et Jean-Luc Denis, producteurs de Biolait, voient donc l’avenir du lait de vache AB avec optimisme. Mais avec un bémol :?«nous aurons une année 2018-2019 difficile à passer avec le nombre de conversions augmentant les volumes. Il faudra être vigilants sur les prix et garder la confiance des consommateurs».

«Diversité des productions»

Pierre Joffre est du même avis : «les interventions de la matinée ont donné un aperçu général des marchés favorable, qu’il faut tempérer», insiste-t-il. «Il sera necessaire de maîtriser les volumes, l’offre et la demande. L’enjeu est de maintenir les exigences de qualité du bio».?Par ailleurs, il juge «les productions de fromages AB valorisées par une accroche territoriale intéressante». Damien Lacombe estime que «les productions AB et conventionnelles sont complémentaires». Pour Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, «nous n’opposons pas les deux systèmes de production.?Nous sommes ici dans un bassin de production de lait de vache qui peut se démarquer le plus possible, en étant complémentaire des autres. La force de l’Aveyron est sa diversité.?Ce département est dans les premiers au niveau national pour les productions AB. Il y a de la place ici pour le bio, dans une démarche sociétale en quête de valeur ajoutée, avec une adéquation sol-troupeau efficace. Tout doit être construit dans l’intérêt de l’agriculteur, et pour que nos territoires conservent le maximum de paysans. L’avenir doit se bâtir ensemble, en se démarquant, et sans banaliser le label AB».

D.B.