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Rencontre IRVA-parlementaires aveyronnais : mobilisation pour «l’appellation veau»

01 septembre 2016

Rencontre IRVA-parlementaires aveyronnais : mobilisation pour «l’appellation veau»

L’Interprofession Régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala (IRVA) alerte les parlementaires aveyronnais sur la nécessité de sceller définitivement son appellation veau dans les démarches officielles des label rouges.

«C’est quand un dossier commence à fumer dans le mauvais sens qu’il faut réagir, avant que le feu ne gagne !», résume Pierre Cabrit, président de l’IRVA, qui a reçu des parlementaires aveyronnais sur sa ferme de Ste-Croix, lundi 29 août. «En 2007, l’appellation veau a été réglementée pour les animaux de moins de 8 mois. Le veau d’Aveyron a obtenu d’utiliser cette appellation dans son cahier des charges pour ses animaux labellisés âgés de 6 à 10 mois. Il faut que cette spécificité de production attachée à un territoire, à une histoire, soit à nouveau confirmée dans tous les labels rouges de France».?

Pierre Cabrit complète : «des remises en cause nationales et européennes mettent en effet en danger notre filière structurée. Il est donc urgent et important de consolider la situation en inscrivant notre démarche dans les démarches officielles veau label de France, au titre des conditions de productions communes aux labels. Et de sauvegarder notre dérogation européenne, telle qu’elle était fixée dans les textes de 2007-2008».

Label rouge depuis 1994

Le Veau d’Aveyron et du Ségala a obtenu son label rouge en 1994, puis une IGP en 1996. Cette filière rassemble actuellement 900 éleveurs (610 exploitations) sur son bassin de production (Aveyron, Tarn, Lot, Cantal, Tarn-et-Garonne) avec une production annuelle de 18?000 veaux labellisés. «Nous représentons 4,5 % de la consommation de veau en France, et 50 % de la filière label rouge dans cette production», explique Pierre Cabrit. «Nos carcasses d’environ 230 kg/animal dégagent en moyenne une plus-value de 200 euros par animal labellisé». Ce label rouge est donc vital pour la filière, indissociable de son appellation veau appuyée sur un système de production basé sur la tétée des veaux matin et soir, jusqu’à l’âge de 6 à 10 mois, et complémenté en céréa-les. «Ce régime très particulier confère à la viande de Veau d’Aveyron et du Ségala sa couleur rosée, si caractéristique», souligne l’IRVA.

De plus, selon une enquête nationale, «67 % des consommateurs français connaissent le Veau d’Aveyron et du Ségala», indique Agnès Mallet de Chauny, directrice de l’IRVA. Et la présence de ce produit aux deux derniers concours généraux du Salon de l’agriculture à Paris a confirmé sa qualité, parmi toutes les viandes de veau présentées, «avec une médaille d’or, la première année, et une médaille d’or et d’argent la deuxième année», relève Pierre Cabrit.

Des producteurs représentés

La filière de production était représentée (membres du bureau de l’IRVA) lors de cette rencontre avec les parlementaires aveyronnais, avec Bernard Cuq (SA4R), Jean-Baptiste Carrié (Fermiers du Bas-Rouergue) et Benoît Valayé (UNICOR). Tous ont rappelé la nécessité du maintien de l’appellation veau, dont 45 % sont abattus entre l’âge de 6 et 8 mois, dans quatre abattoirs de la zone de production (Castres, Rodez, Villefranche de Rouergue, Carmaux).

Le classement des animaux dans les abattoirs doit donc être très clair pour identifier les animaux de moins de 8 mois et ceux de plus de 8 mois. Les premiers sont classés «V» (veau), et les seconds, «Z» (jeune bovin de 8 à 12 mois), même si le terme «veau» est choisi dans certains pays de l’UE. «Notre combat est de conserver cette appellation Veau pour nos animaux âgés jusqu’à 10 mois», insiste Pierre Cabrit, «avec son label rouge ! Il est impossible pour nous de commercialiser cette production avec une dénomination jeune bovin qui serait contraire à nos pratiques d’élevage». Il ajoute : «notre combat est défendable avec des arguments d’antériorité, de territoire, de tradition, de particularité de production».?

«La valeur de ce qu’on fait par la loi»

Les parlementaires aveyronnais, Arnaud Viala, député, Yves Censi, député, Alain Marc, sénateur, Jean-Claude Luche, sénateur-président du Conseil départemental de l’Aveyron, ont promis de défendre le dossier auprès des instances de l’INAO, du ministère de l’agriculture et au parlement. «Il faut reconnaître la valeur de ce qu’on fait par la loi», affirme Arnaud Viala, citant des productions attachées au territoire comme le Laguiole, le Reblochon... «Il faut aussi reconnaître cette production développée par des générations d’agriculteurs !». Les conseillers départementaux, Gisèle Rigal et Jean-Pierre Masbou (canton de Villeneuve et Villefranchois) étaient également présents à cette rencontre. «Nous voulons continuer à vivre de cette production aux spécificités reconnues», martèle Pierre Cabrit, «et votre accompagnement politique est indispensable !».

Didier BOUVILLE