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Mercredi 13 décembre 2017 - 23h43


 

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Action loup FDSEA-JA à Millau : «Prélever, pour stopper les attaques !»

02 février 2017

Action loup FDSEA-JA à Millau : «Prélever, pour stopper les attaques !»

La FDSEA, les JA, en lien avec la Chambre d’agriculture, ont alerté une fois encore les pouvoirs publics, jeudi 26 janvier à Millau, sur les conséquences des attaques de troupeaux constatées récemment dans le sud Aveyron. Ce rassemblement était organisé au GAEC de la Martinerie à Millau, où le troupeau vient d'être victime d'une attaque, en présence d'élus locaux, dont le président du Parc naturel régional des Grands Causses.

«La situation s'aggrave, d'autres moyens s'imposent !». Pour les éleveurs FDSEA-JA, la coupe est pleine : «les attaques de loup se multiplient en Aveyron ces dernières semaines. Au total, 16 constats ont été établis «loup non écarté», faisant 91 victimes. Des photos confirment aussi la présence du prédateur». Et d’ajouter : «les territoires impactés progressent à grande vitesse. Après l'Aubrac et les Grands Causses, c'est maintenant au tour du Lévézou avec une attaque enregistrée sur la commune de Prades-de-Salars. Le loup se déplace rapidement et sa présence aux portes de Rodez est maintenant une certitude !».

Pour la FDSEA et les JA, «les attaques se multiplient alors que la plupart des animaux sont actuellement en bâtiment. Une explosion du nombre d’attaques semble donc inévitable lors de la sortie des animaux aux pâturages ce printemps. Avec la multiplication des attaques, le contexte a changé. Les moyens de luttes doivent évoluer aussi. L'élevage et le loup sont incompatibles !», martèle la profession agricole.

«Trop c’est trop !»

C’est aussi le message porté par François Giacobbi, responsable du dossier «Loup» : «nous sommes ici aux portes de Millau, au GAEC de la Martinerie qui a été victime d’attaques le 16 décembre. Après celles constatées à Bournac, St-Eulalie-de-Cernon..., nous disons que trop c’est trop ! Des traces ont été aperçues dans la neige dans le secteur de Lauras, non loin de St-Geniez-de-Bertrand, où d’autres brebis ont été attaquées. Nous demandons au préfet des tirs de prélèvement. Le printemps arrive. Dans le cadre du cahier des charges AOP Roquefort, les brebis devront sortir dans les parcours. Les éleveurs sont donc inquiets», lance le responsable du dossier «loup». «Protéger les troupeaux avec des clôtures, c’est 62 000 euros pour mes 350 brebis, plus le coût de chiens patou, etc. C’est donc des millions d’euros pour une mesure inefficace !», s’énerve François Giacobbi. «Dans les Alpes, le patou d’un berger a tué une marmotte. Ils s’est pris une amende ! Nous avons atteint le paroxysme de l’aberration !», proteste-t-il.

«La brigade loup doit venir ici»

Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande FDSEA, membre du bureau de la FNO poursuit : «nous demandons que la «brigade loup» en place en Lozère vienne ici avec ses trois agents pour patrouiller dans ce secteur. Notre métier est celui d’éleveur de brebis, pas celui de chasseur de loup». Thierry Agrinier, président de la section ovins lait FDSEA réagit à son tour : «l’AOP Roquefort nous contraints en effet à sortir nos bêtes, avec une obligation de pâture. Nous ne pouvons pas aujourd’hui assurer la sortie de nos troupeaux en toute sécurité».

François Giacobbi rappelle «que cette région d’élevage du sud Aveyron s’est appuyée depuis des siècles sur l’agropastoralisme, et que son classement à l’UNESCO dans le patrimoine mondial sera conservé si ce milieu ouvert le reste, grâce à la pâture. Le loup n’a pas sa place ici !», argumente-t-il encore. Alain Fauconnier, président du Parc naturel régional des Grands Causses soutient l’action des éleveurs : «qui font vivre notre région», a-t-il dit, «le représentant du Parc est là pour apporter son concours aux éleveurs».

«Il faut tirer»

Christophe Laborie, maire de Cornus, président de la Communauté de communes Larzac-Templiers-Causses, a évoqué la question des chiens divaguant : «on nous demande de prendre des arrêtés municipaux contre des chiens errants. Nous, élus, nous en avons marre. Il faut appeler un loup, un loup ! Nos élevages sont incompatibles avec cet animal qu’il faut tirer !». Le maire de Cornus se fait plus grave encore : «il y a des éleveurs qui vont très mal psychologiquement, stressés et sous calmants».

François Giacobbi a mis en avant la possibilité «de faire appel à la cellule psychologique de la MSA» et confié sa lassitude pesante, chaque jour, concernant ce dossier : «tous les matins, je me demande où le loup a-t-il encore tapé... J’ai déjà invité les «pro-loup» à venir sur ma ferme pour que l’on me donne des solutions, mais personne ne vient. Nous avons un chemin de grande randonnée qui passe près de chez nous, avec des touristes, des familles, des enfants. Que faire si un chien patou fait son métier, celui de défendre le troupeau et se jette sur une personne ?». Il a rappelé l’étude en cours de l’INRA sur «la protégeabilité des troupeaux», qui sera évoquée lors de la réunion de la «cellule loup» programmée avec le préfet le 7 février. «Une chose est sûre, dit François Giacobbi, il y a 5 ans, il y avait 8 départements concernés par le loup. Il y en a aujourd'hui 35. Un loup aperçu au nord de Paris a attaqué des chevreuils». Rémi Agrinier, responsable du dossier prédateurs pour les JA Aveyron, juge la situation aberrante financièrement : «le plan loup représente une enveloppe de 22 millions d’euros par an, soit 70 000 euros par loup. Je refuse de payer des impôts pour défendre ce prédateur !».

Réunion le 22 février à l’Assemblée nationale

Sébastien David, conseiller départemental de Saint Affrique, suppléant du député Arnaud Viala, a annoncé que le parlementaire du sud Aveyron suivait de près le dossier loup avec son collègue député de la Lozère, Pierre Morel-A-L'Huissier. Il a indiqué «qu’ils menaient des actions auprès de nombreux responsables politiques français et européens, afin de déclasser le loup au sein de la Convention de Berne en faisant ainsi passer d'espèce «strictement protégée» à «espèce protégée». Ce déclassement aura pour effet de faciliter les prélèvements de loup dans nos territoires pour protéger les élevages». Le 22 février, une réunion sur le loup, co-présidée par Arnaud Viala et Pierre Morel A l’Huissier, se tiendra à l’Assemblée nationale en présence de parlementaires français ainsi que des eurodéputés rencontrés à Strasbourg.

D.B.