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Main d’œuvre : quelles sont les solutions ?

02 février 2017

Main d’œuvre : quelles sont les solutions ?

Pour guider les futurs employeurs dans leur démarche, les aider à évaluer leurs besoins de main d’œuvre et leur présenter les différentes solutions existantes, l’ADPSA, le Service remplacement, l’Espace emploi de la FDSEA, le Groupement d’employeurs départemental et l’IRVA poursuivent leurs journées de formation en mars et avril.

Début décembre à Rieupeyroux, une quinzaine d’agricultrices et d’agriculteurs ont participé à la formation «main d’œuvre», proposée conjointement par l’ADPSA, le Service remplacement, l’Espace emploi de la FDSEA, le Groupement d’employeurs départemental et l’IRVA. L’objectif était de leur présenter les différents outils existants pour les accompagner dans leur recherche de solutions et surtout évaluer leurs besoins en main d’œuvre sur leur exploitation.

Se pencher sur les besoins en main d’œuvre

Cette première a semblé bénéfique aux participants puisque quelques-uns sont en train de concrétiser la création d’un groupement d’employeurs, leur permettant d’embaucher un temps plein. Philippe Cabrit, éleveur à La Capelle Bleys fait partie de ceux-là. «Chez beaucoup d’entre nous, la question de la main d’œuvre se pose parce que pour la plupart, nous faisons appel à l’entraide familiale, mais nos parents vieillissent ! Nous nous posons donc tous la question de l’avenir !», témoigne l’éleveur. Cette problématique trottait dans la tête de plusieurs agriculteurs mais sans pour autant aller plus loin. «Nous sommes plusieurs dans ce cas sur le secteur de Rieupeyroux, La Capelle Bleys et Vabre Tizac mais nous n’avions jamais abordé le problème... jusqu’à cette formation !».

La journée leur a permis de se pencher sur ce manque de main d’œuvre : «Nous avons travaillé sur nos besoins qui sont bien souvent ponctuels, pour les pointes de travail ou encore pour les congés ou les remplacements le temps des animations en magasins par exemple et nous nous sommes dits pourquoi ne pas rassembler nos besoins pour créer un temps plein».

Après la formation, quelques agriculteurs qui se connaissaient bien, ont repris contact pour organiser une réunion et trouver une solution collective. Sur le plan administratif (mise en place de la structure choisie en l’occurrence un groupement d’employeurs), le groupe s’est appuyé sur Virginie Douet, juriste de l’Espace Emploi Service. «C’est un vrai plus que de pouvoir compter sur sa compétence, car l’administratif fait peur et peut représenter un frein à la mise en place de ce type de projet», assure Philippe Cabrit. Ils partent donc pour un groupement d’employeurs à 7 agriculteurs. «Notre objectif est d’embaucher une personne à temps plein pour la fidéliser en appui de main d’œuvre ou pour du remplacement», précise Philippe Cabrit.

Un groupement d’employeurs en projet

Tous sont producteurs de Veau d’Aveyron et du Ségala dans un rayon de 15 km «mais nous ne sommes pas fermés à une production ! Le projet s’est tout simplement construit comme ça !», résume le producteur. «Depuis longtemps, notre filière, à travers l’IRVA, réfléchit à la problématique de remplacement et d’allègement de l’astreinte dans les élevages familiaux de Veau d’Aveyron et du Ségala. C’est un enjeu pour l’avenir de nos fermes, de notre produit de qualité et pour l’attractivité de notre métier ! Cette formation est un premier pas pour permettre aux éleveurs d’évaluer leur besoin en main d’œuvre, ce que l’on ne prend pas le temps de faire ! Puis, dans un deuxième temps, de faire le point sur les outils qui existent en terme d’emplois et enfin d’engager une réflexion», témoigne Philippe Cabrit.

«Cette formation a permis de nous mettre autour de la table pour réfléchir collectivement à un projet commun de remplacement ou d’appui de main d’œuvre. La question de l’emploi n’est pas évidente, elle peut même faire peur pour un agriculteur seul. Alors qu’aujourd’hui en abordant la question à plusieurs exploitants, ça rassure, ça sécurise aussi et ça mutualise le coût?! La prise en charge de tout l’aspect administratif par l’Espace Emploi Service est aussi un soulagement ! Nous sommes bien encadrés !», résume Philippe Cabrit qui encourage tous les éleveurs à se poser la question.

Aujourd’hui, le projet de groupement d’employeurs autour de 7 agriculteurs du secteur de Rieupeyroux se précise. Les exploitants doivent signer les statuts prochainement et vont se lancer dans l’embauche d’un salarié.

Une dizaine d’agriculteurs sur le secteur de Lardeyrolles ont également pris contact avec l’Espace emploi de la FDSEA pour créer un groupement d’employeurs.

Eva DZ