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Ovi-Test : recherche et développement en stratégie de reproduction ovine

05 mars 2020

Ovi-Test : recherche et développement en stratégie de reproduction ovine

L’assemblée générale de la coopérative Ovi-Test s’est déroulée mardi 3 mars à Pont-de-Salars, sous la présidence de Frédérik Lacombe.

Première coopérative française d’insémination ovine, Ovi-Test affiche des résultats à la hauteur de son statut national, avec un chiffre d’affaires de l’activité 2019 franchissant pour la première fois les 7 millions d’euros. «Cela représente une progression de 4,1 %» commente le président Frédérik Lacombe, éleveur ovins lait à Vezins, toujours soucieux de partager le progrès génétique avec l’ensemble des coopérateurs. Ovi-Test, c’est aujourd’hui 1 995 adhérents, un nombre stable, avec 16 équivalents temps plein. L’année 2019 a été marquée par un changement d’adresse, Ovi-Test ayant quitté en décembre les locaux d’UNI- COR à Onet-le-Château pour des bâtiments neufs construits sur la zone industrielle de Cantaranne, toujours à Onet-le-Château.

Les ventes d’agneaux viande et lait sont en progression de 6 %, de 17 % pour les brebis Lacaune sur l’exercice 2019. Avec un tota1 de 1 372 agneaux commercialisés, 21 500 agnelles vendues, et 1 733 brebis commercialisées. L’année écoulée a été marquée par un partenariat commercial d’agneaux viande avec la Russie, «pays très intéressé par le gène de prolificité de la Lacaune viande», souligne le président. Autre satisfecit, le fort développement du marché export d’agneaux lait vers l’Espagne, l’Italie et la Grèce.

Au niveau technique, 2019 fut aussi «une année record en MSU» (matière sèche utile), suite «à un bond» jugé «spectaculaire». Selon la directrice Béatrice Giral-Viala, «au sein de l’UPRA Lacaune, la décision a été prise de stocker les spectres moyen infra-rouge (MIR) du lait, des antenaises, afin de s’orienter à terme sur la composition fine du lait». Autre enseigne- ment des productions laitières des éleveurs de la base de sélection, le caractère «très plastique de la Lacaune» qui s’adapte parfaite- ment à tous les systèmes de productions possibles. «Avec un même niveau génétique», relève en effet Frédérik Lacombe, «les sélectionneurs de notre base adoptent des conduites de troupeau très variées. On y observe aussi bien des systèmes très hâtifs ou très tardifs, pâturant en quasi intégral, ou hors- sol, ainsi que des lactations par animal allant du simple à 2,5 fois plus».

Reproduction et techniques alternatives

La seconde partie de la réunion était consacrée au volet recherche et développement, «pour mieux comprendre la reproduction ovine et préparer l’avenir». Un point d’étape scientifique a été fait par Louise Chantepie (Institut de l’élevage), animatrice du programme «reproduction petits ruminants» financé par la Confédération nationale de l’élevage (2020-2024). L’objectif est de travailler «sur une meilleure connaissance des facteurs de réussite de la fertilité par le développement d’un outil d’audit : Reprovine». De plus, les équipes scientifiques étudient toutes les méthodes alternatives au protocole de synchronisation des chaleurs actuel. Le sujet est également lié au développement des élevages bio, Ovi-Test comptant désormais 130 éleveurs AB parmi ses adhérents (en hausse), représentant environ 13 % des brebis laitières.

Les travaux sur chaleurs naturelles menés à Ovi-Test depuis 7 ans, en collaboration avec l’INRA Montpellier, avec Nathalie Debus (INRAE-Selmet), font état des résultats fertilité IA. Ils ont été présentés lors de l’assemblée générale. «La moyenne des 3 ans chez l’EARL Ginals est de 64 % en semence fraîche, entre 26 % à 50 % en semence congelée» détaille Béatrice Giral-Viala. «Au GAEC Aubépine en 2019, ces taux étaient respectivement de 59 % et 26 %. Les résultats en semence congelée sont décevants et demandent à être approfondis car ils apparaissent comme déterminants pour l’avenir». Pour le président d’Ovi-Test, «les premiers résultats montrent les limites de la monte naturelle pour remplacer l’insémination telle que nous la connaissons. Un important travail est engagé avec de nombreux programmes, lesquels porteront leurs fruits dans plusieurs années».

D.B.