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Assemblée générale d’UNICOR : «la viande n’est pas une cause perdue !»

06 avril 2017

Assemblée générale d’UNICOR : «la viande n’est pas une cause perdue !»

Deux semaines après l’assemblée générale de ses OP bovine et ovine, la coopérative UNICOR dressait le bilan de l’ensemble de son activité vendredi 31 mars à Baraqueville. Convaincue d’avoir tous les atouts pour réussir, elle s’est appuyée sur l’intervention de Geneviève Cazes Valette, fille et femme d’éleveurs aveyronnais. Cette anthropologue de métier a confirmé qu’il existait encore des amateurs de viande et des consommateurs qui veulent être rassurés.

Vers où va la consommation de viande ? Cette question taraude nombre d’éleveurs à l’heure où les attaques sont nombreuses sur le bien-être des animaux et le seul fait de manger de la viande. Geneviève Cazes Valette professeur à l’école supérieure de commerce de Toulouse, a mené une étude en 2015 sur l’évolution de la consommation de viande chez les Français (la même étude a été menée en 2016, après les images de L214, mais les résultats ne sont pas encore connus). «De manière générale, manger a toujours été considéré comme risqué?: la peur de la contamination, l’image de l’abattage...», résume Geneviève Cazes Valette. «Les consommateurs ont donc sans cesse besoin d’être rassurés». La société évolue, l’urbanisation progresse, le lien avec la nature disparaît, le consommateur confère un statut aux animaux et idéalise la nature. «Les Hommes ont aujourd’hui moins besoin de carburant qu’autrefois, donc moins besoin de viande», interpelle Geneviève Cazes Valette, qui évoque aussi la «nutritionnalisation» de l’alimentation (recherche d’équilibre, absence d’excès voire médicalisation).

A cela s’ajoutent les crises sanitaires qui angoissent et scandalisent, la communication efficace d’associations comme L214... : «quel avenir pour la viande dans ce contexte ?» interroge l’anthropologue. En 2003, la préoccupation première dans la consommation de viande, était liée à la santé. En 2015 le bien-être animal, la préservation de l’environnement sont des critères de choix supplémentaire. «Vous devez communiquer autour du bien-être animal car c’est clairement une raison de baisse voire d’abandon de consommation de viande», a encouragé Geneviève Cazes Valette. En 2015, 60% des personnes interrogées consomment de la viande au moins une fois par jour, tous les jours ou presque.

La «viande plaisir»

Et parmi les «carnivores» plus des deux tiers n’ont pas l’intention de baisser leur consommation de viande. 36% sont des flexitariens c’est-à-dire qu’ils se privent de temps en temps de viande. Pour cette catégorie, Geneviève Cazes Valette considère que rien n’est perdu : «nous devons communiquer auprès d’eux comme pour le vin : consommez-en moins mais mieux?! La viande comme le vin ne sont plus considérés comme un carburant mais comme un plaisir. Et en Aveyron, c’est d’autant plus facile, étant donné vos pratiques d’élevage, votre lien aux animaux, les qualités organoleptiques et nutritionnelles de vos produits, votre intervention en faveur des paysages, de l’entretien du territoire, des éléments qui interpellent le consommateur. Utilisez-les !», poursuit l’intervenante.

Quant aux 3% de végétariens (10% ont entre 15 et 24 ans), Geneviève Cazes Valette estime que la clé est de leur parler du «respect dû aux éleveurs et leur rôle dans l’entretien des espaces ruraux comme dans nos zones où l’essentiel de l’économie repose sur l’élevage». Des messages à travailler selon elles parce que «ce n’est pas une cause perdue» !

En conclusion, Geneviève Cazes Valette a livré quelques pistes pour demain : «garantissez aux consommateurs que l’animal est heureux dans vos élevages, c’est important dans la représentation qu’ils en ont ! Accentuer la promotion des labels qui valorisent votre revenu et rassurent les consommateurs et vous rendent fiers de votre métier». Enfin, elle encourage les agriculteurs à ouvrir les portes de leur ferme : «faites un pas vers les consommateurs, ils viendront vers vous car ils sont à la recherche de vérité». «Vous avez la chance en Aveyron de pouvoir communiquer sur des territoires attractifs et ouverts grâce à la présence des animaux», a-t-elle conclu.

Eva DZ