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Chèvrerie de Trébosc : les 1001 projets de Marion Niel !

06 avril 2017

Chèvrerie de Trébosc : les 1001 projets de Marion Niel !

Installée depuis tout juste un an au GAEC des Trois Bois à Trébosc sur la commune de Montrozier, Marion Niel s’éclate dans son nouveau métier. Au milieu du troupeau de chèvres élevées avec son beau-père Hugues Puech et le soutien de sa maman, Pierrette, la jeune femme fabrique des fromages et des yaourts dont le nature a déjà reçu une médaille d’argent à Espalion en 2016. Elle retente l’expérience cette année et participe aussi pour la première fois à la fête des fromages, dimanche 9 avril à Espalion.

Depuis 9 ans, les chèvres ont remplacé les vaches au GAEC des Trois Bois à Trébosc. Ce qui a permis à Marion de créer son atelier de transformation. Cette jeune ingénieur agronome diplômée de l’ENSAT à Toulouse, après un poste de technicienne en coopérative a voulu «passer du côté des éleveurs» ! A l’ADPSA elle a réalisé la formation PEA, première expérience en agriculture, qui lui a permis de faire une rencontre décisive avec Annie Bindault, productrice de fromages de chèvres à Clairvaux. «Elle m’a tout appris et j’ai su que j’étais faite pour ce métier grâce à elle !».

Après plusieurs formations courtes mais efficaces au CFPPA d’Aurillac, Marion s’est lancée dans la fabrication de yaourts, de faisselles et de fromages. «Ma mère m’a laissé la place sur l’exploitation pour que je puisse m’installer et créer mon atelier auprès de mon beau-père avec le projet de son retour à mi-temps prochainement», tient à souligner Marion. Sur les 200 chèvres du troupeau, Marion s’est constituée son propre lot de 25 Alpines dédiées uniquement à la transformation, avec une conduite spécifique. «Ce sont des chèvres qui pâturent, et sont nourries exclusivement en ration sèche sans ensilage de maïs», détaille la jeune femme qui s’implique aussi dans l’élevage.

Pour construire son laboratoire, elle s’est rapprochée de la Chambre d’agriculture, Marie Fournier au Contrôle laitier et Emmanuelle Marbezy sur la transformation et l’étude de marché. «Elle fut un grand soutien technique sur la fromagerie et m’a encouragée dans mon projet». Marion a eu la chance de trouver du matériel d’occasion et son projet a été auto-financé faute de soutiens. «Heureusement, ma famille, mes amis et Emmanuelle y ont cru. Aujour-d’hui je ne regrette pas mon choix !», tient-elle à préciser.

Du succès !

Le succès est en effet au rendez-vous.?Quelques semaines seulement après ses premières fabrications, son yaourt nature décroche une médaille d’argent. «Les avis extérieurs de spécialistes m’ont beaucoup aidée à avancer et la médaille m’a confortée et m’a motivée», témoigne Marion. Du coup, elle a développé une gamme de 7 yaourts parfumés dont le petit dernier au miel de l’élevage voisin Andrieu Ranc à Gages, le Miellou de Trébosc. L’avis prometteur sur ses fromages l’a encouragée à aller plus loin avec une faisselle, des cabécous frais, crémeux, demi-sec, sec, aromatisés... Elle pense aussi développer une petite tome à pâte pressée.

«Je m’adapte aussi à la demande des clients», précise Marion, qui est présente sur les marchés de Laissac (mardi) et Sévérac (jeudi), dans les épiceries de Gages et Sévérac, à la cantine de Bosch, dans quelques restaurants locaux,... et sur les événements comme la foire de Laissac en mai et bien sûr celle d’Espalion ce dimanche où elle proposera un assortiment de dessert ! Elle accueille aussi les visiteurs tous les jours sur sa ferme. Elle apprécie aussi les rencontres régulières à travers la Chambre d’agriculture, avec d’autres producteurs fermiers : «Il y a une vraie dynamique de groupe sur des sujets techniques comme sur des projets de promotion communs comme la fête des fromages à Espalion. C’est motivant ! Et puis c’est aussi l’occasion d’échanger autour de nos produits que l’on partage !».

Dès sa première année d’activité, Marion a réussi à dégager la moitié du revenu qu’elle s’était fixé, ce qui lui a permis d’investir dans une chambre froide et de réfléchir à de nouveaux projets comme la valorisation de la viande : «Ces chèvres qui m’ont tant apporté toute leur vie de laitière, méritent une meilleure valorisation», exprime cette jeune femme qui a «envie d’inscrire ses produits dans le paysage local». L’aventure semble bien partie !

Eva DZ