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Championnat de France chiens de berger : le duo aveyronnais Denis et Grand Bill, champions de France

06 septembre 2018

Championnat de France chiens de berger : le duo aveyronnais Denis et Grand Bill, champions de France

Pour la première fois, un Aveyronnais est champion de France de chiens de berger ! Denis Malbouyres, éleveur ovins lait à Flavin et son Border Collie, Grand Bill ont été sacrés dimanche 2 septembre dans le Lot.

Belle consécration pour l’éleveur aveyronnais, Denis Malbouyres et son chien Grand Bill des Monts du Lévézou. Ensemble ils ont été sacrés champions de France et vainqueurs de la coupe de France le week-end dernier dans le Lot. Un joli doublé qui fait la fierté de toute la famille !

Depuis de nombreuses années, Denis est un habitué des concours de chiens de berger. Il a joué sa septième finale du championnat de France et sa troisième avec Grand Bill, totalisant 241 points sur 300, un «bon pointage». «C’est la récompense d’un travail de tous les jours entre l’éleveur et le chien», témoigne ravi, Denis, pas peu fier de la performance de son duo face à des concurrents bien plus chevronnés ! Déjà il y a deux ans, le tandem s’était hissé à la troisième place de la finale du championnat de France.

Le concours : la cerise sur le gâteau

L’histoire entre les deux compères a démarré il y a presque 7 ans, le 25 décembre 2011, jour de la naissance de Grand Bill, sur l’élevage de Denis Malbouyres et sa compagne, Sandrine, installés en brebis laitières pour la filière Roquefort à Flavin. «Sur la portée, nous l’avons choisi pour le dressage car il était calme et on sentait déjà ses aptitudes», se souvient Sandrine.

Leur fils, Baptiste, qui vient de fêter ses 15 ans, s’est occupé de son éducation : «Nous l’avons emmené à une démonstration de dressage à Pastoralia à Saint Affrique et c’est là que nous avons pris conscience de son potentiel», complète Denis qui a ensuite pris le relais pour le dressage. A partir de là, l’aventure des concours a démarré : obtention du brevet de niveau II en 2013, trois victoires en niveau III à Ségur en 2015, 2016 et 2017, trois finales de championnat de France dont une gagnée cette année !

«Les concours, c’est l’occasion de se retrouver entre copains, de sortir un peu de la ferme mais forcément on se prend au jeu et si on veut des résultats et bien il faut se donner les moyens de réussir», telle est la devise de Denis. C’est pour cette raison que quasiment chaque jour, il révise ses gammes avec son chien ! «Le dressage est une somme de détails dont il faut négliger l’importance d’aucun : c’est ce qui fait la différence entre les bons et les très bons !», résume Denis. La finale s’est en effet jouée sur quelques détails : le placement juste, l’anticipation du mouvement des animaux, la précision du berger comme du chien,... La finale du championnat de France se joue en deux épreuves sur deux jours avec un lot de 60 brebis : «le samedi j’ai concourru en début d’après-midi en 9ème position, je savais que notre passage avait été réussi, certains concurrents me l’ont dit aussi. Notre passage a été très fluide. J’avais le sentiment du travail accompli», détaille Denis. Sandrine, sa compagne, au bord du parcours, elle aussi a tout de suite vu qu’il s’était passé quelque chose : «Je savais qu’il avait laissé passer peu de points». Mais pour la deuxième manche, pas question de se reposer sur ses lauriers ! «Dans l’épreuve du dimanche, dans nos têtes, nous repartions de zéro pour ne pas se mettre la pression. Le chien ressent nos émotions, il fallait que je reste serein. Nous sommes restés concentrés pour aller chercher tous les points», détaille Denis. D’autant plus qu’il est passé en premier avec des brebis vives, ce qui n’est jamais la position la plus facile.

Premier éleveur de brebis lait à devenir champion de France de chiens de berger, Denis attribue cette victoire à sa famille : «Sans ma compagne, Sandrine, mes enfants, notre stagiaire aussi qui nous a secondé sur l’exploitation le jour du concours, nos parents,... nous n’aurions pu décrocher ce résultat. Grâce à eux, je pars en concours, serein, sûr que le travail sera bien fait sur la ferme parce que je ne vis pas des concours !».

Un appui au quotidien sur la ferme

Et puis c’est du temps consacré tous les jours au chien : «Après un break d’une semaine pour partir en vacances en famille en août, nous avons repris des petites séances d’entraînement dix jours avant la finale, chaque jour», explique Denis. «Nous travaillons surtout des points spécifiques car nous avons encore tous les deux une marge de progression même si Grand Bill a atteint sa plénitude : il est resté serein, ne s’est affolé à aucun moment, c’est aussi ce qui a fait la différence».

Il n’a d’ailleurs pas pris la grosse tête puisque dès le lendemain de la finale, il était à la traite ! «Au-delà des concours, même si nous n’avons pas tous un chien champion de France, un chien sur une exploitation est vraiment un atout», argumente Denis. «Tous les jours il nous aide et nous facilite le travail, dans le déplacement de nos 450 brebis laitières», ajoute Sandrine. «Faire la traite avec lui est un plaisir, il s’occupe de mener les brebis, nous les branchons ! Pas besoin de pousser, de tirer les récalcitrantes ! Bill s’en occupe !». Idem pour déplacer les brebis entre les deux sites de l’exploitation : «là où nous étions 4 ou 5 pour aider le troupeau à traverser la départementale, je suis aujourd’hui seul avec Bill», assure Denis. Au moment du tri des réformes, Bill se charge de la montée des brebis en bétaillère,... «C’est quand même bien mieux qu’un quad !», sourient Denis et Sandrine. Et puis le chien a un impact positif sur les brebis : «grâce à lui notre rapport à l’animal a été grandement simplifié».

Pas question donc d’arrêter pour l’instant : «Notre chien nous rend trop de services à la ferme pour tout stopper. D’ailleurs une jeune chienne de 2 ans est prévue pour prendre le relais de Bill, mais il a encore de belles années devant lui avec une nouvelle inscription à son pedigree !», espère Denis. Sa descendance sera aussi marquée : «fils de champion de France». Le duo est déjà sélectionné pour la finale du championnat de France en mai 2019 à Poitiers : «Nous irons défendre notre titre !».

En attendant, la famille compte bien savourer ce premier titre de champion de France, avec une petite fête prévue prochainement. «C’est l’occasion aussi de remercier tous les copains et notamment ceux de l’ACT 12, association des chiens de troupeau de l’Aveyron, dont certains sont venus m’encourager dans le Lot !».

Eva DZ