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Rénover une prairie : le sur-semis pour améliorer sans détruire

06 septembre 2018

Rénover une prairie : le sur-semis pour améliorer sans détruire

Le coup de chaud de début août a pu provoquer de sérieux dégâts sur prairies. Par conséquent, les couverts se sont clairsemés et une intervention mécanique est souvent nécessaire pour les regarnir. C’est le bon moment pour intervenir.

Faire un état des lieux

Avant tout, il est nécessaire de bien estimer le niveau de dégradation. Pour cela, on peut utiliser 3 niveaux en fonction de la présence de bonnes espèces (graminées et légumineuses) et la présence d’espèces indésirables comme les rumex ou les chardons :

Niveau 1 : Forte densité de bonnes espèces (plus de 70%). On peut améliorer la flore en modifiant certaines pratiques (alternance fauche/pâturage,…)

Niveau 2 : Entre 30 et 70 % de bonnes espèces. Le sursemis est un bon compromis pour densifier le couvert sans repartir à zéro. En fonction de la présence ou non d’espèces indésirables (rumex, chardons), un désherbage sélectif peut aider.

Niveau 3 : Moins de 30% de bonnes espèces. Il faut envisager une rénovation totale (avec ou sans labour).

Les conditions de réussite d’un sursemis

La difficulté de cette technique porte essentiellement sur le fait de vouloir semer des petites graines dans un milieu concurrentiel. En effet, la levée peut être perturbée par la présence du couvert déjà en place.

C’est pour cette raison que le couvert doit être le plus ras possible avant le sursemis. Pour cela, un pâturage ou un broyage est nécessaire. Si la végétation est importante, on peut aussi récolter.

Il faudra éviter de semer après mi-septembre afin de laisser suffisamment de temps à la plante de se développer avant l’arrivée des premiers froids.

Quelles espèces semer ?

Pour assurer la réussite du sur semis, il faut utiliser des espèces agressives comme les ray grass hybrides et anglais avec des trèfles blanc géants. Pour des orientations plutôt fauche, on peut semer du brome ou des trèfles violet. On utilise les mêmes doses que pour un semis classique. Si l’éleveur a un objectif de faire durer sa prairie, on peut ajouter des espèces plus pérennes mais moins agressives comme les fétuques et les dactyles.

Sur prairie permanente, certains agriculteurs réalisent un sur semis uniquement d’espèces annuelles (RGI, Vesce, Trèfle incarnat). Elles vont se développer très rapidement la première année puis laisser la place aux espèces natives les années suivantes. Cela permet surtout de contrôler le salissement de la prairies par des espèces indésirables. C’est une technique qui a fait ses preuves notamment après des dégâts de campagnols.

Quels outils utiliser ?

L’objectif est de positionner la graine entre 0 et 1 cm de profondeur afin d’assurer un bon contact avec la terre. L’idéal est d’utiliser un semoir type semis direct. Il a plus de poids et pénètre mieux dans le couvert en place.

Toutefois, les outils présents sur la ferme peuvent très bien convenir. Dans ce cas, il est conseillé d’utiliser une herse (plate, étrille) pour créer de la terre fine avant le passage du semoir ou en combiné. Par la suite, il est primordial de bien rappuyer à l’aide d’un rouleau ou en réalisant un passage d’animaux.

Quelles que soient les conditions météorologiques qui vont suivre après le semis, il faudra être patient. Les expériences antérieures ont montré qu’il fallait bien un an pour constater une amélioration de la flore.

Benoit Delmas, Service agronomie Chambre d’agriculture de l’Aveyron

benoit.delmas@aveyron.chambagri.fr