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Contre les accords MERCOSUR : les éleveurs réveillent la préfète !

08 février 2018

Contre les accords MERCOSUR : les éleveurs réveillent la préfète !

Mardi 6 février, une cinquantaine d’agriculteurs à l’appel de la FDSEA et des JA ont réveillé la préfète à Rodez, à 5h du matin pour l’alerter de la menace des accords de libre-échange avec le MERCOSUR.

Les éleveurs sont inquiets. La semaine dernière, le sujet de la viande a été abordé lors de discussions bilatérales à Bruxelles entre les ministres du commerce du MERCOSUR (Brésil, Uruguay, Paraguay, Argentine) et la commissaire au commerce, Cécile Malmstrom. Le résultat est inquiétant puisque la quantité de viande que le MERCOSUR aurait le droit d’exporter dans l’Union européenne aurait été revue à la hausse pour atteindre 99 000 tonnes par an !

C’est pour dénoncer cette situation que la FNB a appelé les FDSEA à se mobiliser auprès des représentants de l’Etat dans les départements, pour rappeler la menace de ces accords sur l’élevage français. Ils étaient environ une cinquantaine d’éleveurs aveyronnais mardi 6 février, dès 5 h du matin, devant la préfecture, à Rodez. FDSEA et JA ont bruyamment réveillé la préfète pour l’alerter contre un accord «qui sacrifie l’élevage français».

«Les milliers de tonnes de viande bovine négociées dans ces accords ne peuvent pas arriver sur le marché français sans le déstabiliser et faire perdre de la valeur aux viandes françaises. Selon les estimations de nos organisations interprofessionnelles, les fermes devront faire face à une perte de résultat colossale de l’ordre de 30 à 60 %. Les éleveurs subissent déjà une conjoncture compliquée depuis plusieurs années. Cette perspective pourrait faire perdre à la filière 20 000 à 30 000 emplois en France (arrêt des fermes et baisse d’activité dans toute la chaîne de transformation), ce n’est pas tolérable», ont dénoncé FDSEA et JA.

Ils alertent aussi sur les conditions d’élevage du continent américain qui ne garantissent pas le niveau de traçabilité des viandes françaises : «sur ce continent, les bovins sont engraissés au sein de «feeds lots», ces parcs industriels contenant 30 000 animaux en moyenne. Les modes de production sont peu ou pas réglementés. Pour l’instant, le Mercosur ne prévoit aucune harmonisation et exigence en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal, de protection sociale des salariés, de protection de l’environnement...».