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Marché ovin de Laissac : une vente au cadran efficace

08 février 2018

Marché ovin de Laissac : une vente au cadran efficace

Depuis le mois d’août, les responsables du marché aux bestiaux de Laissac ont initié une nouvelle forme de vente sur le marché ovins sous forme d’enchères au cadran. Une formule efficace puisqu’ils ont réussi à enrayer la baisse des apporteurs et à donner une nouvelle dynamique à ce rendez-vous hebdomadaire qui a attiré en 2017, plus de 3 500 visiteurs.

Le foirail ovin de Laissac a trouvé un nouvel élan depuis l’été. Mardi 6 février, les lots de brebis étaient nombreux et les éleveurs qui les entouraient tout autant, de même les acheteurs ont répondu présents. En fin de vente, on apercevait même des sourires sur les visages ... ! Pour la plus grande satisfaction des responsables du marché aux bestiaux de Laissac : «Il y a un nouvel état d’esprit, les sourires sont revenus», constate ravi Jean-Louis Puel, adjoint à la mairie et responsable du marché.

Pourtant le pari n’était pas gagné comme le rappelle le maire Claude Salles : «Sur la seule année 2017, nous avons perdu près de 20% des apporteurs, si nous voulions garder notre marché ovin, il nous fallait trouver une solution et vite !». Fort était en effet de constater que le marché de gré à gré ne séduisait plus les éleveurs apporteurs. Les responsables du marché ont donc cherché une formule différente, innovante. «Nous avons visité le marché de Mézières sur Issoire, en Haute-Vienne qui avait développé un logiciel permettant la vente au cadran. Nous l’avons quelque peu amélioré et adapté à notre marché», explique Jean-Louis Puel.

Des éleveurs - apporteurs satisfaits

A l’arrivée au marché, les lots sont pesés sur une nouvelle bascule dans laquelle a investi le marché, puis chaque lot est enregistré avant d’être mis un par un à la vente aux enchères. Les acheteurs, qui ont accepté de jouer le jeu, enchérissent par le biais d’un boîtier électronique. «Ce système est beaucoup plus efficace, il est aussi anonyme, ce qui est apprécié des apporteurs et des acheteurs au moment des enchères», complète Jean-Louis Puel. «Tout le monde s’est engagé pour que ça marche et nous sommes contents du résultat».

Une vente également plus animée, plus vivante, qui fait son effet puisque le marché ovin a réussi en quelques mois de mise en place de ce nouveau système, à enrayer la baisse des apports et accueille même des acheteurs de plus. Même sentiment positif du côté des éleveurs apporteurs. Thierry avait délaissé le marché depuis quelques années, n’y trouvant pas son compte dans la vente de ses brebis, aujourd’hui il y est revenu avec un lot de brebis : «La vente est beaucoup plus intéressante avec cette formule, il y a une réelle plus value pour les éleveurs», estimée à un euro environ par brebis. Même écho positif pour Guy : «la vente au cadran m’a plu, c’est un système bien adapté qui prend en compte la valeur de nos produits. Tout se déroule en toute transparence et nous n’avons plus besoin de «batailler» avec nos petits papiers avec les potentiels acheteurs intéressés». Il estime d’ailleurs que ce système de vente est adapté à la nouvelle génération : «les jeunes seront séduits par l’efficacité de la vente, il suffit simplement de dire oui ou non, finies les négociations sans fin !».

De nouveaux acheteurs présents

Les responsables du marché de Laissac sont donc satisfaits d’avoir tenté l’expérience : «en ovin, l’embellie reprend et en bovin (marché de gré à gré), nous enregistrons une hausse de 4% des apports en 2017», avance Claude Salles. «Notre marché est indispensable à l’économie locale, c’est un outil essentiel pour les filières, il se veut un lieu d’échanges, fonctionnel, sécurisé, avec une discipline de vente appréciée et de la traçabilité, réputé pour sa rigueur et une gestion sérieuse», poursuit le maire. Un message qu’il a rappelé aux acheteurs et apporteurs que la municipalité avait invité à un déjeuner d’échanges. «Une fois par an, la commission foires invite les acheteurs et apporteurs, tous les acteurs du marché hebdomadaire à nous retrouver autour d’une bonne table pour échanger, faire le point sur ce qui fonctionne et sur ce qui marche moins bien, dans un objectif unique de s’améliorer. C’est ainsi que les idées viennent», conclut Claude Salles.

Eva DZ