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Pousse de l’herbe N°1 : la mise à l’herbe se prépare

08 mars 2018

Pousse de l’herbe N°1 : la mise à l’herbe se prépare

Les bulletins «Pousse de l’herbe» reprennent pour l’année 2018. Chaque semaine, la Chambre d’agriculture présentera l’évolution de la pousse de l’herbe grâce aux sommes de températures calculées à partir des relevés de 7 stations météorologiques réparties sur le territoire départemental.

Pour l’herbe, une somme de températures (exprimée en degrés jours) se calcule en additionnant les moyennes quotidiennes à partir du 1er février, avec un minimum de 0°C et un maximum de 18°C. Ces moyennes sont établies à partir des minima et maxima relevés par la station météorologique locale.

Repérer les stades-clés

Les sommes de températures permettent de repérer les stades importants de la pousse de l’herbe : départ en végétation, épis à 5 cm du sol, épiaison, floraison. A chaque stade va correspondre une pratique de l’éleveur. Ainsi, dans l’idéal, le départ en végétation devrait correspondre à la mise à l’herbe des animaux, le stade épi 5 cm à la fin du déprimage, le début de l’épiaison aux premières coupes précoces (ensilage, enrubannage)…

Grâce aux sommes de températures, il est donc possible d’alerter les éleveurs sur les dates importantes de gestion de l’herbe. L’intérêt de cette méthode est que, au lieu de se baser de façon systématique sur des dates figées, on peut s’adapter aux caractéristiques de l’année (plus ou moins précoce ou tardive) et aux différences de précocité liées à l’altitude.

Un outil en place en Aveyron depuis 10 ans

Comme l’année dernière, le suivi de la pousse de l’herbe va s’appuyer sur les données de 7 stations assez représentatives de la diversité géographique du département : Montlaur (rougier de Camarès), Villefranche de Rouergue, Millau (Soulobres), Salles la Source (causse de Rodez), Huparlac et Alpuech (Nord-Aveyron) ; Canet de Salars (Lévézou). Villefranche de Rouergue et Montlaur sont les stations les plus précoces. Concernant par exemple la pleine épiaison pour les prairies temporaires à base de ray-grass, c’est-à-dire 1000°C jour, on se situe en moyenne autour du 20 mai à Villefranche de Rouergue et autour du 11 juin à Huparlac (860 m), soit une vingtaine de jours d’écart.

Dans ce bulletin, l’évolution des sommes de températures de l’année est mise en comparaison avec les données historiques. De plus, cette année, quelques mesures de vitesse de pousse réalisées sur le terrain seront également présentées.

Les premières sommes de températures 2018 montrent que le coup de froid de début février se fait bien ressentir sur le démarrage de la pousse de l’herbe. Par rapport à l’année dernière (qui était nettement en avance sur la moyenne), on observe cette année un retard d’environ 20 jours. Toutefois, les prévisions météorologiques ne prévoient pas un retour du froid et le démarrage des parcelles les plus précoces ne devrait pas tarder.

S’organiser pour ne pas subir le pâturage

Il faut se tenir prêt pour la mise à l’herbe : pour assurer un bon pâturage, il est primordial de s’être bien organisé en amont (découpage des parcelles, clôtures, points d’abreuvement).

Concernant les apports d’azote, il faut privilégier des apports précoces pour toutes les parcelles qui vont être exploitées tôt (pâturage, enrubannage, ensilage). Les premiers apports doivent se terminer en ce moment pour les parcelles situées jusqu’à 900 m d’altitude. Plus haut, on a jusqu’à mi-mars pour les réaliser. Pour les pâtures, la dose d’azote apportée est à moduler en fonction de la part de légumineuses, mais dans tous les cas elle ne doit pas excéder 50 unités.

Benoit Delmas,

conseiller agronomie, Chambre d’agriculture