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Innov’action à Moyrazès : la betterave fourragère plaît aux bovins lait

08 juin 2017

Innov’action à Moyrazès : la betterave fourragère plaît aux bovins lait

Les journées Innov’action, organisées par les Chambres d’agriculture d’Occitanie, concernent deux exploitations, sur deux dates, en Aveyron cette année. Jeudi 1er juin, c’est la ferme bovins lait de l’EARL de Mérican à Moyrazès qui a accueilli les visiteurs avec son projet innovant : la réintroduction de la betterave fourragère dans son système de production.

Une soixantaine de personnes se sont retrouvées au bord de la parcelle témoin d’un hectare où ont été semées le 14 avril les betteraves fourragères de la ferme bovins lait de Cécile Couderc. Elle est installée en EARL avec 30 vaches produisant 288 000 litres de lait. La récolte se fera avant la Toussaint, lors d’une seconde journée de démonstration ouverte aux éleveurs, toujours en partenariat avec la FD CUMA et la Chambre d’agriculture de l’Aveyron.

La parcelle témoin a été présentée par une partie des 24 élèves de la licence professionnelle production bovins lait du centre de formation de Bernussou (Villefranche-de-Rouergue), et leur enseignant, Patrick Couderc, époux de Cécile. Cette culture a aussi servi de support pédagogique pour les élèves qui ont enquêté en janvier auprès de 25 élevages de la région du Ségala et des alentours.

Etablir des références techniques locales

«La betterave fourragère était encore cultivée sur cette région dans les années 1990, sur environ 100 ha», indique Patrick Couderc. «Suite à l’enquête de nos élèves, la moitié des élevages rencontrés affirme être intéressée par cette culture, un quart la refuse, et un autre quart est interrogatif. Nous avons donc un potentiel évalué à 25 ha de culture. Pour aller plus loin, il était nécessaire d’établir des références techniques nouvelles et locales. Nous avons donc décidé avec mon épouse de jouer le jeu avec cette culture intéressante. Tout se passe bien. Nous avons environ 95 000 pieds sur la parcelle. C’est déjà un bon résultat».

Gagner sur les taux TP et TB

A l’heure où les producteurs de lait de vache tentent de tirer la qualité de leur lait vers le haut afin de compenser par les bonifications aux taux, un prix du lait trop bas, ce type de culture affiche des avantages. «Il est en effet possible de diversifier la ration de maïs et de gagner des points sur les taux protéiques et butyreux avec cette culture». Ce fut le cas sur la ferme de Cécile Couderc avec une première culture test, sur le quart d’un hectare seulement. «Nous avons gagné respectivement 1,2 point et 2,5 points. Il faut savoir que la betterave fourragère est moins sensible au stress hydrique, contrairement au maïs.?Elle est aussi un excellent piège à nitrate», souligne Patrick Couderc.

Les vaches laitières dégustent la betterave fourragère «comme une friandise». Cette racine appétante «apporte du sucre, sans encombrer la panse, avec une bonne valeur énergétique. Avec environ 3 kg de matière sèche/ vache/jour, pour un total de 15 kg brut». Cécile Couderc précise : «je vais pouvoir distribuer ces 3 kg de MS durant les cinq mois d’hiver, de novembre à mars. Cette alimentation me permettra d’économiser du maïs ensilage, et, ainsi, d’être moins dépendante de cette dernière culture». Une effeuilleuse-arracheuse viendra du département de l’Aisne en octobre pour la démonstration de récolte organisée en collaboration avec la FD CUMA et la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, dans la continuité de cet après-midi Innov’action de Moyrazès.

D.B.