lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Dimanche 17 décembre 2017 - 11h07


 

Archives VP
Action FDSEA-JA : pas de beurre sans éleveurs !

09 novembre 2017

Action FDSEA-JA : pas de beurre sans éleveurs !

Une vingtaine de producteurs de lait FDSEA et JA se sont rendus dans des enseignes de la grande distribution de l’agglomération ruthénoise, mercredi 8 novembre, pour dénoncer la guerre des prix qui «affament les producteurs» et qui désormais, vident les rayons des GMS au détriment des consommateurs.

«Pas de beurre sans éleveurs !», le slogan est simple et efficace, c’est celui que les producteurs de lait de vache de la FDSEA et des JA ont accolé sur les plaquettes de beurre dans les rayons produits laitiers de deux grandes surfaces de l’agglomération ruthénoise, Géant Casino et Leclerc mercredi 8 novembre.

En soutien aux multiples actions menées à l’échelle nationale ces dernières semaines, l’Aveyron est à son tour monté au créneau pour dénoncer une situation devenue intenable. «Depuis un an, le prix du beurre a fortement évolué à la hausse mais cette augmentation n’est pas suffisamment répercutée sur le prix du lait payé aux producteurs», introduit Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA. «Nous sommes là pour mettre la pression sur la distribution qui s’entête dans une guerre des prix qui après avoir affamé les producteurs, vide maintenant les rayons», poursuit-il. Et Germain Albespy, co-président des JA d’enchérir : «si les GMS payaient les produits à leur juste prix, ils en auraient plein les rayons !». Il souligne aussi que les transformateurs orientent leurs ventes vers les clients qui répercutent ces hausses : boulangeries, biscuiteries au niveau national mais aussi à l’export.

Où est l’équilibre du rapport de force ?

«Nous évoluons dans un contexte paradoxal où on nous parle de rétablir un rapport de force équilibré entre les maillons de la filière notamment lors des ateliers des Etats généraux de l’alimentation mais où est l’équilibre aujourd’hui ?!», interroge Germain Albespy.

Les responsables FDSEA et JA évoquent une véritable «intox» quant à cette situation de pénurie de beurre : «on trompe le consommateur !». Et d’expliquer dans le détail : «l’absence de certains produits n’est pas le fait des producteurs comme on peut parfois l’entendre ou le lire, mais elle résulte bien des tensions entre certaines enseignes de la grande distribution et leurs fournisseurs, qui sont les acheteurs de lait des producteurs».

Partout dans le monde, la demande en beurre est supérieure à l’offre (pérennisation des débouchés historiques et développement de nouveaux marchés), ce qui tire les prix vers des sommets. Des prix dont ne veulent pas s’acquitter certaines enseignes, ce qui créé cette situation de pénurie. Pour exemple, le prix du beurre en France a augmenté de 6% entre août 2016 et août 2017 selon l’INSEE, quand dans le même temps il a augmenté de 72% en Allemagne. Cette faible répercussion des prix n’incite d’ailleurs pas les industriels laitiers à maintenir un approvisionnement normal des rayons des supermarchés.

Un espoir de sortie de crise ?

Lorsqu’on leur demande comment ils envisagent l’avenir, les responsables FDSEA et JA se veulent confiants : «les transformateurs ont des marchés pour le beurre, des marchés à valeur ajoutée et j’espère que le travail des Etats généraux de l’alimentation avançant, nous arriverons à ramener à la raison les distributeurs», explique Michaël Chavatte. Il espère aussi que l’approche des fêtes de Noël pourra être un argument de plus auprès des distributeurs, la consommation étant toujours plus importante à cette période.

De son côté aussi, Germain Albespy veut croire en la réussite des Etats généraux de l’alimentation : «Nous sommes dans un contexte plutôt favorable où les discussions avancent et où la position est claire de rétablir un certain équilibre au sein des filières mais nous ne devons rien lâcher pour autant et être bien présents pour faire entendre notre voix», a-t-il conclu.

Eva DZ