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GDS Apicole de l’Aveyron : une équipe de techniciens à l’écoute

10 aout 2017

GDS Apicole de l’Aveyron : une équipe de techniciens à l’écoute

Michel Rives préside le Groupement de défense sanitaire apicole (GDSA) de l’Aveyron. Ce jeune retraité passionné d’apiculture, installé à Massebiau, tout près de Millau, explique le rôle de cette structure et le suivi qu’elle propose à ses adhérents.

Qu’est-ce que le GDS Apicole??

M. Rives : «Le GDSA existe dans sa forme actuelle depuis une dizaine d’années. Il s’agit d’un groupement de défense sanitaire spécialisé dans l’apiculture à l’échelle du département. Il œuvre en partenariat avec FODSA - GDS Aveyron.

Quel est son rôle ?

M. Rives : Jusqu’à il y a quelques années, le GDSA intervenait uniquement pour l’achat optimisé de traitement. Nous n’avions pas forcément les moyens de proposer d’autres actions d’intérêt collectif. Aujourd’hui grâce à un appui supplémentaire notamment du Conseil départemental, de l’Etat et de nos adhérents par leur cotisation, nous pouvons aller plus loin dans le suivi et l’accompagnement de nos 300 adhérents apiculteurs.

Comment est organisé le GDSA ?

M. Rives : Avant 2014, des agents sanitaires apicoles (ASA) étaient mandatés par la Préfecture pour intervenir sur tous les ruchers du département notamment sur la protection contre les maladies.

Aujourd’hui ce statut n’existe plus. Depuis 2014, nous avons formé des techniciens sanitaires apicoles (TSA). Le GDSA a recruté des bénévoles passionnés d’apiculture (certains sont d’anciens ASA), pour les former. En Aveyron, nous avons réussi à former 21 TSA, une belle performance ! Nous sommes ainsi les seuls en Midi-Pyrénées à bénéficier d’un tel collège spécialisé. Cette équipe est, de plus, bien répartie sur l’ensemble du département, ce qui permet une certaine proximité avec les apiculteurs.

Informer et sensibiliser

Quelle est la mission de ces techniciens ?

M. Rives : Ils doivent s’assurer que les apiculteurs appliquent les traitements selon les règles de pharmacie sur la base de prix planchers. Ils visitent les ruchers de nos adhérents pour vérifier qu’aucune maladie n’est présente. Ils apportent un conseil en cas de maladie bénigne et déclenchent une chaîne d’alerte en cas de maladie plus grave et visitent l’ensemble des ruchers du secteur. Ainsi l’année dernière, grâce à leur intervention, nous avons pu contenir sur une seule ruche, la loque américaine, une maladie très contagieuse qui détruit les ruches. Ces visites sont aussi de vraies rencontres humaines autour de ruchers magiques, qui nous passionnent tous !

Quel est votre lien avec les vétérinaires ?

M. Rives : Grâce à la mise en place de notre réseau, trois vétérinaires nous ont rejoints : Lionel Lafon de Luc La Primaube, Karine Saget de Rieupeyroux et Kristof Choffray de Lacaune pour tout le sud Aveyron. Leur présence est une vraie reconnaissance de notre action et une garantie de suivi pour nos adhérents. TSA, vétérinaires, FODSA, nous travaillons tous en réseau.

Varroa et frelon asiatique sont les deux ennemis des abeilles. Où en est-on en Aveyron ?

M. Rives : La mission du GDSA est d’informer sur ces deux fléaux, présents en Aveyron et d’aider les apiculteurs à s’en protéger. Sur le frelon asiatique, nous avons organisé des formations pour montrer comment réaliser des pièges. Depuis son arrivée dans le département en 2007 - 2008, le frelon asiatique est passé à la vitesse supérieure en entrant dans les ruches pour les détruire. C’est pourquoi nous devons sensibiliser les apiculteurs sur les pièges existants. Nous nous appuyons aussi sur l’expertise de nos trois vétérinaires. Sur le varroa, le GDSA projette d’investir dans un détecteur. Au niveau régional, nous travaillons sur le recrutement d’un coordinateur pour organiser la lutte.

Enfin nous sommes aussi vigilants sur les nouvelles maladies dont celle provoquée par le petit coléoptère de la ruche.

Environnement favorable

Comment se porte le rucher aveyronnais ?

M. Rives : Globalement, nous avons la chance d’être dans un département où l’environnement est plutôt favorable aux abeilles. Je milite pour des relations entre agriculteurs et apiculteurs plus proches pour apprendre à se connaître et à travailler ensemble. L’Aveyron, grâce à son agriculture, est doté de milieux naturels extraordinaires où il y a la place pour faire cohabiter les élevages et nos abeilles.

Quels sont vos projets ?

M. Rives : Nous voulons faire de notre groupe de TSA, une équipe pour informer nos adhérents, les mettre en alerte si besoin et les accompagner. Le GDSA est aussi partie prenante de la section apicole régionale et de la fédération nationale pour être au plus près des infos.

Enfin nous préparons la création d’un rucher santé de l’abeille à Villefranche de Rouergue de façon à vulgariser les techniques de protection des abeilles et ainsi attirer de nouveaux adhérents !».

Recueillis par Eva DZ