lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Rassemblement contre le loup à Sévérac d’Aveyron : éleveurs, élus et brebis disent non au loup !

10 aout 2017

Rassemblement contre le loup à Sévérac d’Aveyron : éleveurs, élus et brebis disent non au loup !

A l’initiative du Cercle, collectif des éleveurs de la région des Causses de la Lozère et de l’Aveyron, un grand rassemblement a réuni samedi 5 août, sur un contrefort du Parc naturel régional des Grands Causses, des centaines d’éleveurs, accompagnés de milliers de brebis, excédés par les attaques du loup.

Des centaines d'éleveurs et d'élus, accompagnés de milliers de bêtes se sont rassemblés samedi 5 août près de Sévérac d’Aveyron afin de dénoncer «le massacre» causé par le loup et «la menace» que le prédateur représente pour le pastoralisme en France. A la limite de l'Aveyron et de la Lozère, 3 000 brebis environ, une centaine de bovins, des chevaux et même un lama avaient été rassemblés sur des pâturages afin de représenter visuellement le nombre des animaux tués par le loup en France depuis quatre mois. «On nous dit que 80% des Français sont favorables au loup mais c'est parce que les gens ne connaissent pas la réalité», a expliqué Mélanie Brunet, bergère et militante du Cercle 12-48, organisateur de la manifestation.

Depuis début janvier, 4153 animaux ont été «prédatés» par le loup en France, selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) d'Auvergne Rhône-Alpes, chargé du dossier au niveau national. «Il faut remettre à plat le plan loup», a insisté Mélanie Brunet devant 200 participants, en majorité des éleveurs venus de l'ensemble de la France, mais également de nombreux élus locaux, dont Arnaud Viala, député, Jean-Claude Luche, sénateur, Sophie Pantel, présidente du Conseil départemental de Lozère,... ainsi que la FNSEA par la voix de Sandrine Hauser, en charge du dossier prédateur, la FNO et sa présidente, Michèle Boudoin (lire le point de vue en page 2), la FDSEA, les JA 12, la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne.

"Les éleveurs sont en droit de vivre sereinement leur métier"

Tous ont rappelé les fondamentaux : le loup n’est plus une espèce menacée et les éleveurs sont en droit de vivre sereinement leur métier. «Nous devons obtenir une politique de régulation du loup qui fasse qu’on ait zéro attaque, zéro prédation», a rappelé Dominique Fayel. A ce jour, les responsables professionnels ont rappelé que la régulation était insuffisante et que le cadre juridique, en particulier la Convention de Berne, n’était plus adapté.

Le constat est unanime : le loup est incompatible avec l’élevage. «Ce sujet est révélateur des fortes tensions sociétales auxquelles sont confrontés les éleveurs face aux anti-viande, au mouvement végan, aux anti-élevage,...», affirme Dominique Fayel. «C’est le problème d’une minorité ultra militante, radicalisée voire anti-humaniste puisqu’il place l’animal au même niveau que l’Homme voire au-dessus ! Notre défi ne sera pas seulement de faire passer nos arguments aux pouvoirs publics, aux politiques au niveau national et européen mais il sera aussi de discuter avec ces minorités sur un plan sociétal», résume Dominique Fayel.