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Chevriers du Rouergue : l’équilibre grâce aux reproducteurs

11 janvier 2018

Chevriers du Rouergue : l’équilibre grâce aux reproducteurs

La coopérative des Chevriers du Rouergue était en assemblée générale fin décembre, sous la présidence de Jean-Paul Fayret, éleveur à Saint Igest.

La bonne santé de la filière laitière caprine a un retentissement positif sur l’ensemble de ses acteurs, dont la coopérative des Chevriers du Rouergue. Son activité reproducteurs connaît ainsi un bel essor. Durant la campagne, elle a commercialisé 250 boucs soit une augmentation de 73% et 3 429 chevrettes soit une hausse de 48% ! «Nous avons répondu à une demande grandissante du fait d’installations en Aveyron et dans les départements limitrophes (Lot et Lozère)», expliquent les responsables de la coopérative. «Nous pouvons de plus nous appuyer sur une offre de qualité grâce au bon niveau génétique des élevages de la région», ajoutent-ils.

Bel essor sur le marché des reproducteurs

De même le marché à l’export des chevrettes a réalisé un bond passant de 200 à plus de 1 000 têtes commercialisées. «La bonne conjoncture de la filière incite les éleveurs à investir davantage en agrandissant les troupeaux et en attirant des jeunes porteurs de projet, tout cela est positif et encourageant pour l’avenir», même si les responsables des Chevriers du Rouergue restent tout de même prudents étant donné la fluctuation du marché des reproducteurs. Pour répondre à la demande, la coopérative a su aussi s’adapter à la demande : «jusqu’alors nous vendions beaucoup d’animaux avant sevrage, à un mois, un mois et demi mais en 2016, la moitié de nos chevrettes ont été vendues sevrées afin que les jeunes élevages entrent plus rapidement en production». Le marché des animaux sevrés est une vraie opportunité pour la coopérative qui entend le maintenir pour les années à venir.

Un marché de la viande compliqué

Cette embellie sur le marché des reproducteurs rattrappe les difficultés de la production sur le marché des animaux de boucherie. «L’activité principale des chevreaux finis reste préoccupante car le marché est de moins en moins porteur. L’offre est de plus, en décalage avec les périodes de consommation (Pâques et Noël), or c’est là où se fait la valorisation des produits», détaillent les responsables de la coopérative.

Les élevages préférant les lactations longues, les chevreaux naissants sont moins nombreux et la hausse de la vente de chevrettes a réduit le nombre d’animaux destinés à l’engraissement. Les ventes des chevreaux finis sont en recul de 12%. La difficulté des Chevriers du Rouergue est aussi de gérer le pic de production de plus en plus marqué en début d’année : «nous sommes toujours à la recherche d’ateliers d’engraissement pour faire face à la concentration des mises bas en début d’année et pour soulager les existants. Il est difficile de fidéliser les places alors que l’activité est irrégulière sur l’année». A cela s’ajoute un prix moyen du chevreau à la baisse qui du coup ne suscite pas l’intérêt des éleveurs. «Nous avons travaillé sur une démarche de valorisation locale du chevreau mais c’est un produit qui reste cher pour le consommateur qui ne le mange pas tous les jours», avancent les responsables de la coopérative.

Une filière jeune et dynamique

Concernant les chèvres de réforme, la demande croissante des laiteries a conduit les éleveurs à garder davantage d’animaux et à ne réformer que les chèvres en fin de carrière, taries ou à problèmes, donc souvent destinées à l’équarissage. La coopérative a commercialisé sur la campagne, 3 600 chèvres de réforme à un prix moyen de 20 €.

Heureusement, les Chevriers du Rouergue peuvent compter sur une base solide d’éleveurs (autour de 151) avec des départs à la retraite compensés par les installations, un fait envié par d’autres filières de production ! «Le nombre de nos adhérents est stable, avec une moyenne d’âge plutôt jeune, au-dessus de celle en France. La production caprine attire en Aveyron et c’est toute la filière qui en profite ! Même si le débouché viande n’est pas facile, nos éleveurs (qui représentent les deux tiers des éleveurs caprins de l’Aveyron) peuvent s’appuyer sur une conjoncture laitière positive à moyen terme, ce qui suscite des projets et ce qui nous permet d’équilibrer notre activité», concluent les responsables.

La coopérative poursuit également son opération d’achat groupé de poudre de lait (300 tonnes à l’année), un service apprécié par les éleveurs qui ainsi sont sûrs de bénéficier d’un tarif mutualisé et d’un produit testé tout au long de l’année par les engraisseurs.

Eva DZ