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Filière caprins lait (FNEC) : une crise sanitaire gérée au mieux

11 juin 2020

Filière caprins lait (FNEC) : une crise sanitaire gérée au mieux

Les éleveurs laitiers et fermiers, administrateurs de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC), ont été pleinement mobilisés face à la crise sanitaire du Covid-19. Résumé du dispositif avec le président aveyronnais Jacky Salingardes.

La filière caprin lait française a fait face aux conséquences économiques de la crise sanitaire, même si toutes les préoccupations ne sont pas encore levées. «Dès le début, le réseau a été informé en temps réel sur la situation, l’avancement de nos négociations avec le cabinet du ministre de l’agriculture et les mesures obtenues», rappelle Jacky Salingardes, président de la FNEC. «Le pilotage fin de la situation au sein de l’ANICAP (Association nationale interprofessionnelle caprine), que je préside, a abouti, dès le 26 mars à un message appelant à la maîtrise des volumes à l’approche du pic de collecte. Si cette maîtrise est toujours demandée aux producteurs par certaines entreprises fabriquant des fromages AOP ou artisanaux, elle n’est globalement plus d’actualité pour le reste des producteurs. Grâce aux efforts et à la solidarité des opérateurs, la filière a passé ce cap difficile. Les producteurs, hormis des situations localisées, n’ont pas eu à détruire de lait».

Fin mars, la FNEC a porté plusieurs demandes au ministère : «la mise en place d’aides au stockage privé de fromages et la prise en charge des citernes qui seraient détruites faute de pouvoir entrer dans la chaîne de fabrication» selon la FNEC. «Chaque semaine nous avons fait un point précis avec le cabinet du ministre de l’agriculture» poursuit Jacky Salingardes. «Alors que nos voisins européens voyaient leurs références baisser de10 à15% et le prix du lait de chèvre chuter jusqu’à 30%, notre mobilisation a permis de passer la crise sans baisse de prix, ni perturbation de la collecte. Avec le soutien du ministère, nous avons obtenu fin avril l’éligibilité du caillé congelé dans le dispositif d’aides au stockage privé, en nous assurant que les entreprises du secteur caprin puissent en bénéficier, notamment les plus vulnérables (TPE, artisans et PME)».

Filières AOP

Cependant, poursuit le président de la FNEC, «quelques filières restent en difficulté, notamment en AOP où le stock constitué est important. L’ANICAP va réorienter les actions de promotion de ces fromages de chèvre afin d’aider à l’écoulement des stocks dans les mois à venir. Notre travail n’est donc pas fini !», continue Jacky Salingardes. «Les conséquences des mesures liées au Covid-19 sont encore présentes pour les producteurs fermiers, artisans et TPE qui ont engendré d’importants surstocks de caillé ou de tomme pendant ces derniers mois, et dont les débouchés sont toujours incertains».

Chevreaux

Les effets de la crise sont égale- ment bien présents chez les abatteurs et engraisseurs de chevreaux qui ont pris une grande part de risque en engraissant et abattant les chevreaux de cette saison. «Il reste un surstock de 500 tonnes de chevreaux, trois fois plus que la normale, qu’il faudra écouler au mieux pour septembre. Nous essayons de trouver des solutions avec les abatteurs. La FNEC est donc pleinement mobilisée avec l’ANICAP , Interbev caprins, le CNAOL, pour poursuivre le travail».

Jacky Salingardes entrevoit malgré tout des signes positifs : «la situation et le marché repartent. La collecte caprin lait a été bien maîtrisée dès le départ», insiste-t-il «et la solidarité a heureusement bien joué entre toutes les entreprises !».

D.B.