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FODSA-GDS Aveyron : 1 001 questions sur les maladies vectorielles émergentes

13 avril 2017

FODSA-GDS Aveyron : 1 001 questions sur les maladies vectorielles émergentes

Thierry Baldet, chercheur entomologiste, était l’invité de FODSA-GDS Aveyron. La mission de ce spécialiste des maladies vectorielles émergentes au CIRAD - INRA de Montpellier et de son équipe est «d’aider à mieux comprendre ces maladies». «L’émergence est une notion très à la mode, elle concerne à la fois les maladies infectieuses transmissibles nouvelles que l’on n’a jamais connues ou celles qui réapparaissent.

Ce qu’il faut retenir c’est que ces maladies vectorielles sont très complexes ! De par la diversité de leurs agents pathogènes (virus, parasites,...), de leurs vecteurs (tiques, moustiques,...), de leurs dynamiques (environnement, climat, saisonnalité...), leurs sensibilités (environnement, activités humaines,...).

Il y a plusieurs facteurs d’émergence qui agissent ensemble : le changement climatique tant mis en avant n’est pour moi pas le facteur le plus important, il vient en complément de la globalisation des échanges et déplacements des Hommes, des animaux, des pathogènes, de l’urbanisation (concentration des populations dans de grandes villes), des facteurs socio-économiques. Ainsi depuis la crise économique en Grèce, le paludisme fait sa réapparition.

La complexité de ces maladies réside aussi dans le fait que l’on n’a pas les réponses à toutes les questions ! D’où viennent-elles ? Comment s’amplifient-elles ? Pourquoi comment et quand reviennent-elles ?... Heureusement nous menons une activité de recherche pluridisciplinaire entre chercheurs, biologistes, climatologues, géographes, vétérinaires, éleveurs,... tant la surveillance est délicate et l’exper- tise complexe».

Pour prouver cette complexité, Thierry Baldet a pris l’exemple de la FCO, véhiculée par un insecte culicoïde : cette maladie subtropicale et exotique est arrivée dans le sud de l’Europe en 1999 avant de réapparaître au nord de l’Europe en 2006. Elle s’est ensuite transmise par des culicoïdes locaux présents depuis longtemps. En 2012, la France a récupéré son statut indemne FCO avant une nouvelle réapparition en septembre 2015 dans l’Allier. «Après 2 ans de silence, la question reste entière des raisons de sa réapparition !», selon Thierry Baldet. Aujourd’hui le sérotype 4 inquiète avec deux cas avérés dans le sud de la Corse.

Sur le virus Schmallenberg, le chercheur a montré l’efficacité des travaux de recherche qui ont permis de sortir un test de diagnostic sensible spécifique et un vaccin inactivé.

Prévention

«Nos missions sont de mieux connaître ces maladies vectorielles émergentes pour mieux les contrôler et prévoir des méthodes de surveillance et de prévention : cela passe par le suivi des dynamiques de population, un travail sur l’écologie larvaire : où piquent-elles ? A quel moment ? Quel animal ?... pour réfléchir à des méthodes de lutte ciblées. Des éléments d’information qui pourraient être intégrés à vos pratiques d’élevage, une démarche en totale cohérence avec votre approche globale sanitaire par exemple !», a-t-il encouragé.

Le CIRAD a également une mission de surveillance des culicoïdes en France. «Depuis 2015, nous essayons de déterminer les périodes saisonnièrement indem-nes pour bénéficier des dérogations à l’interdiction de sortie des zones réglementées», ajoute Thierry Baldet.

Ces maladies vectorielles émergentes représentent de réels défis pour les scientifiques tant elles sont complexes et soulèvent encore beaucoup d’inconnues pour les éleveurs.

Eva DZ