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Coopérative Jeune Montagne : l’enjeu du marketing

14 juin 2018

Coopérative Jeune Montagne : l’enjeu du marketing

Jeune Montagne avait choisi Saint Chély d’Aubrac là où sont installés deux jeunes producteurs pour tenir son assemblée générale mardi 5 juin. La coopérative a présenté une activité «qui maintient le cap».

Dans la lignée des années précédentes, la coopérative Jeune Montagne maintient son dynamisme avec un chiffre d’affaires en hausse de 1% et des volumes également en hausse de 2%.

En 2017, 15,7 millions de litres de lait ont été collectés (-365 000 litres) la part de lait transformé atteint 91%, un chiffre en augmentation. Laguiole AOP, tome fraîche de l’Aubrac, Aligot de l’Aubrac continuent de bien valoriser le lait des producteurs à un prix moyen de 536 euros/1000 litres (+ ristourne de 17 euros/1000 litres). La qualité en constante progression des laits produits tient aussi pour une bonne part dans la valorisation de la production. «La production laitière doit être maîtrisée afin d’être en corrélation avec les capacités de l’outil de transformation et l’activité engendrée par les ventes de nos produits», tient à préciser Gilbert Cestrières, président de la coopéative. Si en 2016, des références ont dû être créées pour appréhender la surproduction de 2015, ce système n’a pas été appliqué en décote en 2017 et celle prélevée sur le premier semestre a même été restituée aux producteurs en fin d’année. «Cet outil de maîtrise n’a pas pour but de figer la production laitière de l’Aubrac mais il doit permettre de s’adapter au contexte conjoncturel dans l’objectif de maintenir la solidité de notre structure et de pérenniser notre entreprise», a rappelé Gilbert Cestrières. La redistribution d’enveloppe de références sur 2018 a de nouveau été validée par le conseil d’administration, de manière définitive ou temporaire en fonction des critères d’attribution fixés.

Par ailleurs, la coopérative réfléchit à la mise en place d’une prime à la régularité afin de lisser la production laitière sur l’année par une incitation financière des producteurs. Ainsi les ateliers seraient en mesure de transformer plus de lait collecté, diminuant ainsi le volume de lait vendu.

L’innovation porte ses fruits

Côté produits, pour parer aux difficultés du marché de la coupe, qui a entraîné une baisse de 7% du chiffre d’affaires du Laguiole AOP, la coopérative mise sur les nouveaux conditionnements (1/16ème et les portions de 230g) comme levier de développement de la gamme Laguiole AOP. Et pour créer une dynamique commerciale, des actions de promotion ont également été menées notamment la Semaine du Laguiole à Rungis avec les crémiers fromagers, premiers prescripteurs auprès des consommateurs. Les travaux de recherche sur le film et le conditionnement portent leurs fruits pour maintenir la qualité du produit comme au premier jour. «Le plateau de fromages n’est plus une évidence sur la table des Français, nous devons donc nous adapter aux nouveaux usages : à l’apéritif, en tranches pour le snacking ou encore chaud», détaille Sonia Pradel, directrice commerciale.

La tome fraîche et l’Aligot de l’Aubrac (frais et surgelés) continuent quant à eux, leur belle progression. Le déploiement du galet en mini-portion est un succès et permet aux plats préparés de Jeune Montagne de tirer son épingle du jeu dans un marché très concurrencé.

Le démarrage des visites de fermes en 2017 a également constitué un «formidable outil de promotion auprès des consommateurs», a assuré Gilbert Cestrières, qui a annoncé leur reconduction cet été. «L’enjeu des années à venir sera principalement le marketing», a-t-il poursuivi. «Notre coopérative doit se mettre en avant et faire reconnaître la qualité de ses produits et les valeurs qu’ils portent». Et cela passe notamment par le fait de convaincre les consommateurs en fervents défenseurs de cette filière équitable.

Parallèlement, la coopérative Jeune Montagne poursuit sa politique d’accompagnement de la production laitière sur le plateau de l’Aubrac. Elle renouvelle ses nombreuses mesures pour faciliter les installations et les investissements permettant d’améliorer les conditions de travail : aides spécifiques à l’installation, accompagnement à l’investissement (bâtiment de séchage, renouvellement de cheptel,...), aide à la main d’œuvre via le groupement d’employeurs,...

Le PNR, un allié

Forte de ce dynamisme, Jeune Montagne poursuit sa politique d’investissements (aménagements des ateliers, matériels, équipements,...), les adhérents pourront visiter les installations lors des réunions de secteur à l’automne. Elle compte aussi sur l’Union fromagère Jeune Montagne, qu’elle forme avec sa voisine de Thérondels pour travailler sur une stratégie à 3 ans (lire en page ci-contre). Sans oublier, son allié, le PNR de l’Aubrac, tout juste labellisé. «Il représente un allié de poids pour une filière comme la nôtre, notre partenariat est évident et sera renforcé», a assuré Gilbert Cestrières, remerciant au passage l’engagement d’André Valadier. «Nos travaux ont été intenses, constructifs, toujours dans un esprit de solidarité, de partage et d’innovations, comme ils le seront en 2018», a conclu Gilbert Cestrières.

Eva DZ