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Découverte du patrimoine local : terre de transhumances

14 septembre 2017

Découverte du patrimoine local : terre de transhumances

Les drailles ou chemins de transhumance dessinent les paysages du plateau de l’Aubrac. Et ce, depuis l’Antiquité !

Les drailles sont les chemins de transhumance empruntés par les troupeaux, d’abord ovins sur l’Aubrac puis bovins. Une transhumance qui perdure aujourd’hui, à travers plusieurs fêtes au mois de mai dont la plus importante, la Fête de la Vache Aubrac en Transhumance à Aubrac.

Ces larges pistes, au sommet des crêtes, qui franchissent les cols par les pentes abruptes, sont bordées de murets de pierres sèches ou simplement marquées de quelques pierres. Elles sont aussi jalonnées de sépultures et de menhirs, de multiples croix de granit.

Parfois les noms de lieux sont caractéristiques de la toponymie des voies romaines. Le passionné d’histoire, Raymond Oursel cite ainsi le Cami de César, vestige de l’antique chaussée qui sépare la gorge de la boralde de St Chély d’Aubrac de celle des Mousseaux.

Au détour de ces drailles, on retrouve les structures massives des burons, éléments les plus marquants de la typicité de l’Aubrac. Ils étaient plus de 350 à la fin du XIXe siècle puis 141 dans les années 50 avant de tomber à 3 en 1994 ! Actuellement, une dizaine sont restaurés par an avec l’appui du syndicat mixte de préfiguration du PNR de l’Aubrac avec des menus patrimoniaux : aligot et viande d’Aubrac ! Louis Causse, délégué de la Fondation du patrimoine pour le Nord Aveyron met en garde contre les rénovations qui «défigureraient» le bâti et son environnement proche ! «Attention au restaurant à aligot !», invitant les porteurs de projets à contacter la Fondation du patrimoine pour un meilleur accompagnement dans leur démar-che.

Sur les pas de St Jacques

Parmi les grands chemins qui traversent l’Aubrac, on ne peut passer outre l’un des plus mythiques d’entre eux, le GR 65, le Chemin de St Jacques de Compostelle, qui en 2018, fêtera le 20éme anniversaire de son inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Une association présidée par Simone Anglade, contribue à la valorisation de ce patrimoine, Sur les pas de St Jacques, créée en 1987. Du Puy en Velay à Livinhac le Haut, elle intervient sur 230 km dont 111 en Aveyron (une trentaine de communes sont traversées).

Outre ces actions de valorisation du patrimoine, l’association publie tous les deux ans, un guide qui compile notamment toutes les infos pratiques dont a besoin le marcheur avec bien sûr, une présentation détaillée du patrimoine présent sur le Chemin. Et il est impressionnant : fontaines, lavoirs, croix, four banal, cabanes de berger, ponts dont certains sont classés,... «Beaucoup de communes sur le GR 65 se sont bougées pour rénover le bâti en vue d’accueillir les marcheurs par exemple mais aussi pour partager la richesse patrimoniale locale», explique Simone Anglade. Son association œuvre ainsi dans la signalisation sur le Chemin, la cartographie, la mise en valeur du petit patrimoine et dans la valorisation de l’itinéraire à travers par exemple, le Pôle d’excellence rurale du Pays du Haut Rouergue en Aveyron.

Sur ce dernier point, l’association travaille à la sécurisation du Chemin, à l’interprétation des Biens (une appli mobile permet ainsi via un flash code apposé sur des panneaux le long du chemin, d’en savoir plus sur l’histoire des lieux), à des aménagements de confort pour les marcheurs (points d’eau, tables de pique-nique, toilettes sèches,...), à la rénovation des lieux d’accueil (gîtes d’étape à Estaing et à Castelnau de Mandailles par exemple). Pour chaque commune traversée, l’idée est de pésenter le patrimoine et les sites remarquables.

S’il est difficile de mesurer précisément le nombre de marcheurs sur le GR 65, des estimations font état de 18 à 20 000 marcheurs. En Aveyron, 111 hébergements depuis le gîte ou le camping communal jusqu’à l’hôtel, en passant par les Chambres d’hôtes, sont à leur disposition. «Grâce au Chemin, certaines communes comme celle de St Chély d’Aubrac peuvent maintenir un certain nombre de services et commerces, comme la pharmacie, le guichet bancaire, la boulangerie,...», appuie Simone Anglade. «L’authenticité est une qualité appréciée des marcheurs dans les villages qu’ils traversent. Nous devons œuvrer pour qu’elle reste un atout», conclut-elle.

Eva DZ