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Convention Agricampus La Roque-Ville de Rodez : brebis et vaches du lycée vont pâturer sur le piton

15 février 2018

Convention Agricampus La Roque-Ville de Rodez : brebis et vaches du lycée vont pâturer sur le piton

Lundi 12 février, la ville de Rodez a signé une convention «éco-pâturage» avec le lycée La Roque pour que dès le printemps, les troupeaux ovins et bovins viande de l’exploitation de l’établissement puissent paître sur des parcelles autour du piton de Rodez.

L’embroussaillement des parcelles autour de la ville de Rodez est une préoccupation, pour la prévention des incendies comme pour l’aménagement des paysages autour du piton. Pour les entretenir, la municipalité a proposé à l’Agricampus de La Roque et en particulier son exploitation de faire pâturer ses troupeaux de brebis Lacaune viande et de vaches Aubrac. «Les municipalités sont dans l’obligation de débroussailler leurs parcelles notamment pour éviter les incendies et sur le piton, en raison des fortes pentes, le pâturage est une bonne alternative à l’entretien mécanique peu aisé», explique Marie-Claude Carlin, adjointe à la mairie de Rodez, en charge du développement durable et de l’environnement. «Le pâturage est aussi un moyen de freiner l’arrivée de sangliers en zone périurbaine», complète l’élue locale.

Et depuis le départ des Haras en juin, le site de La Boriette tombait en friche. «Comment entretenir ces 3,5 ha en bordure de ville ? Via la Chambre d’agriculture, nous gérons l’entretien des parcelles de la commune avec les agriculteurs locaux qui en échange, récoltent le foin. Pour ces surfaces, nous avons repris contact avec la Chambre d’agriculture qui nous a orientés vers le lycée La Roque», ajoute Frédéric Vieilledent, qui a accompagné le projet d’écopâturage pour la Ville de Rodez.

Bientôt une transhumance dans Rodez !

La municipalité à travers son service espace verts et le lycée La Roque, via son exploitation ont donc mis leurs compétences en commun pour faire aboutir ce projet. «Le rôle de l’élevage n’est pas seulement de nourrir la population mais c’est aussi d’aménager le territoire en entretenant l’espace», assure Noël Boissonnade, proviseur du lycée et directeur de l’Agricampus. «Nous avons donc saisi cette opportunité avec la ville de Rodez, comme nous le faisons déjà avec celle d’Onet le Château». «Ce projet correspond tout à fait au projet de restructuration de notre exploitation», ajoute Jérôme Hercouët, directeur de l’exploitation du lycée agricole. «La mise en place de nos deux troupeaux (une centaine de brebis Lacaune viande et 70 mères Aubrac) s’oriente sur un système de pâturage mixte que nous calerons en fonction du potentiel agronomique des parcelles mises à notre disposition».

Un partenariat gagnant - gagnant donc puisque la Ville de Rodez trouve un acteur local pour entretenir ses parcelles et que le lycée trouve dans ce projet, un intérêt économique en instaurant un système alimentaire plus autonome, pour ses deux troupeaux basé sur le pâturage, un intérêt pédagogique pour ses 600 apprenants et un intérêt éco-citoyen, résume Noël Boissonnade.

Des week-end exploitation découverte

Car au-dela de ce projet, la ville de Rodez et l’Agricampus de La Roque ambitionnent d’organiser une transhumance des troupeaux à travers la cité ruthénoise ! «Ce projet d’écopâturage est une belle occasion de renouer un lien entre monde urbain et monde rural car on s’aperçoit que nombre de petits Ruthénois n’ont aucun lien avec l’agriculture. Remettre des brebis et des vaches dans les pâtures autour de Rodez est un premier pas», avance Noël Boissonnade, qui évoque la possibilité une fois les travaux de rénovation de l’exploitation du lycée (qui devraient démarrer en mai pour un montant de 2 millions d’euros), d’organiser des «week-end exploitation ouverte».

Les deux partenaires ne cachent pas leur envie de réaliser quelques panneaux d’information en bordure des parcelles afin d’informer les citoyens sur ce projet d’écopâturage, et pourquoi pas d’accueillir sur le site des écoles ou des centres de loisirs de Rodez.

Eva DZ