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Attaques de loups : les tirs de défense renforcée maintenus

15 juin 2017

Attaques de loups : les tirs de défense renforcée maintenus

Suite à un mot d’ordre d’action lancé par la FDSEA et les JA, près de 200 éleveurs de la FDSEA, des JA, de la Confédération Paysanne et de la Coordination Rurale se sont réunis vendredi 9 juin au soir devant la Préfecture de Rodez.

Le nombre de loups pouvant être abattus sur la période 2016/2017 ayant été atteint, sous la pression des organisations professionnelles, un arrêté a été signé le 13 juin par les ministres concernés pour en prélever deux de plus d’ici à la fin du mois de juin. En attendant la décision des ministères, les syndicats et la Chambre d’agriculture se sont tous rassemblés pour défendre l'élevage et le pastoralisme. En effet, ces zones, définies par arrêté préfectoral, permettent aux exploitants concernés de mobiliser plusieurs tireurs en même temps.

Selon les responsables professionnels, ces tirs de défense à plusieurs constituent la seule méthode efficace pour réussir à défendre un troupeau qui fait l'objet d'attaques récurrentes. Et des troupeaux fragiles il y en a de plus en plus en Aveyron. Les attaques quasi quotidiennes depuis le début de l'année, rendent inacceptables pour les éleveurs la décision de Nicolas Hulot. Les responsables syndicaux sont allés lui transmettre un message, par l'intermédiaire du Préfet de l'Aveyron, et plus particulièrement du sous Préfet de Millau, Bernard Breyton rencontré lors de cette action.

La délégation constituée d'élus des quatre syndicats et de la Chambre d’agriculture s'est longuement entretenue avec les services de l'Etat afin de leur faire prendre conscience de l'état d'urgence dans lequel se trouvent certaines zones du département.

Parmi les éleveurs présents, plusieurs ont témoigné avec beaucoup de dignité de la violence de ces attaques, à la fois physique sur leurs animaux tués ou gravement blessés, mais également morale pour eux même avec maintenant une angoisse permanente que cela recommence. Pour eux, rien n’est plus comme avant. Une bergère installée sur le Larzac à la limite entre l’Aveyron et l’Hérault a notamment raconté sa rencontre avec un loup qui s'est attaqué en plein jour à son troupeau alors qu’elle le gardait. Son face à face avec ce prédateur l'a laissée sous le choc.

"Main dans la main avec le département"

Dominique Fayel, président de la FDSEA a rappelé à l’attention du nouveau gouvernement les revendications portées par la profession : «Premièrement, l'arrêté permettant de prélever 2 loups supplémentaires doit sortir sans durcissement de la règlementation, car un éleveur est légitime à défendre son troupeau ! Ensuite, nous demandons à l'Etat de trancher la question du loup et de prendre de vraies mesures. Les ambiguïtés qui ont cours jusqu'à présent ne font que diviser la population. En dernier lieu, le loup doit sortir de la Convention de Berne. Il n'y a pas d'autres solutions !». Laurent Reversat, porte parole de la Confédération Paysanne d'ajouter : «Nous travaillons main dans la main avec le département et participons à l'étude de protégeabilité de nos troupeaux. Si nous nous sentons abandonnés, nous n'hésiterons pas à organiser des actions plus fortes, plus dures !».

Si aujourd’hui, les attaques se concentrent essentiellement sur les grands causses, de l’avis de tous, ce n’est plus qu’une question de mois avant que les éleveurs de l’ensemble du département ne soient à leur tour sous cette menace permanente si toutes les mesures ne sont pas prises par l’Etat pour stopper cela. Si l’acquisition de patous est notamment proposée par ce dernier, les éleveurs quant à eux n’y sont pas favorables à cela tant en raison du nombre qui serait nécessaire (3 000 rien que pour le plateau du Larzac).

Parmi les éleveurs présents, les victimes du loup arboraient des panneaux reprenant le nombre d'attaques et de brebis perdues depuis que la prédation a démarré. La quantité impressionnante de panneaux est bien révélatrice d'une situation qui s'aggrave de jour en jour. Il en va bien de la survie du pastoralisme, de l’élevage dans certaines zones et par là même de la préservation de la biodiversité.