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Côteaux du Fel : première cuvée du «Domaine Albespy»

17 aout 2017

Côteaux du Fel : première cuvée du «Domaine Albespy»

Les bouteilles, issues des premières vendanges de Pierre Albespy, sont en vente. Un troisième domaine qui contribue à la renaissance des vins du Fel.

Cinq kilomètres après avoir quitté le Cantal, voici le bourg du Fel qui surplombe le Lot. Et sur ses versants les mieux exposés, des pieds de vigne. Les plus récents sont ceux de Pierre Albespy (32 ans), jeune passionné qui a repris une tradition familiale bien ancrée. Un nouveau viticulteur qui, pour la première fois cette année, propose son vin en vente directe, dans un espace dégustation spécialement aménagé de sa cave vinicole.

L’expérience, il l’a. D’abord parce qu’il a vu son père vendanger, produire et élever chaque année quelques hectolitres, mais aussi et surtout parce qu’il a fait le choix d’orienter ses études dans ce domaine. Bac en poche, il a décroché un BTS «viticulture et œnologie» à Nîmes, puis travaillé dans des domaines en Bourgogne et Côtes-du-Rhône. Revenu au pays, l’idée de s’installer lui trotte dans la tête. Pour autant, la connaissance et la volonté ne suffisent pas. Il faut aussi s’armer de patience. La vigne ne commence à donner que quatre ans après avoir été plantée... Alors Pierre est salarié. Il travaille essentiellement la nuit, en tant que laitier pour la coopérative Volcalis (groupe Altitude). Le jour, il élabore son projet.

La recette

Sans aides, il se lance dans l’aventure en 2011. Terrassement, piquets et, en 2012, plantations sur un hectare. Il choisit pour élaborer des vins rouges et rosés un encépagement composé, à parts égales, de Fer servadou (ou Mansois) et de Cabernet franc. Les premières années, le travail consiste surtout à désherber, entretenir les talus, tailler pour que se forme le cep. «Ici, la terre fait 20 cm ; après, on est tout de suite sur le caillou. Du schiste où les racines vont profiter des failles pour puiser la fraîcheur en profondeur. Cela lui demande un peu d’effort, c’est le stress hydrique ; mais pour produire un bon vin, la vigne doit souffrir un peu», explique le jeune viticulteur. En outre, les terrasses - enfin mécanisables - garantissent l’aération de la vigne ; les pierres, quant à elles, restituant la nuit la chaleur accumulée le jour.

Pour compléter son premier rendement, le domaine Abeil, voisin, lui a cédé 60 ares de vigne. Pierre Albespy a profité d’une vraie entente solidaire de la part des deux viticulteurs du Fel, installés de longue date, qui lui ont aussi prêté du matériel, accordé de leur temps et délivré quelques précieux conseils.

Une production qualitative

Après les vendanges à la main, la fermentation, le pressage, la mise en futaille, il en ressort quelques centaines de bouteilles de rosé qui, victimes de leur succès, ont été rapidement écoulées, et 3 000 bouteilles de vin rouge (à partir de 6 €). Un breuvage léger et très fruité qui fait la part belle aux parfums de fruits rouges, de cassis, de framboises. De quoi tordre le cou à l’idée qui traîne à l’esprit des plus anciens que le vin du Fel n’est pas qualitatif.

Les viticulteurs locaux ne ménagent pas leurs efforts pour (re)construire une image neuve, privilégiant la qualité à la quantité, ne conservant par exemple que sept grappes maximum par pied, afin de concentrer le sucre. Pour s’en convaincre, une dégustation - avec modération - s’impose.

Renaud Saint-André - Union du Cantal