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Face à la prédation du loup : la FDSEA et les JA allument deux feux !

19 septembre 2019

Face à la prédation du loup : la FDSEA et les JA allument deux feux !

Comme l’année dernière, la FDSEA et les JA ont répondu à l’appel des maires ruraux de l’USAPR (union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales) en allumant deux feux, l’un dans le nord du département et l’autre dans le sud, vendredi 13 septembre, afin d’afficher la détresse des territoires soumis à la prédation du loup.

Parce qu’il ne faut pas relâcher la pression face à la prédation du loup dans les élevages, la FDSEA et les JA ont répondu à l’appel de l’Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales (USAPR) portée par les maires. Déjà l’année dernière, les agriculteurs du département avaient participé à l’illumination du ciel européen pour alerter sur la détresse du monde de l’élevage face à la prédation par le loup.

A Laguiole et à Sainte Eulalie de Cernon

Vendredi 13 septembre, ils étaient une nouvelle fois au rendez-vous. Dans le sud Aveyron, sur la commune de Sainte Eulalie de Cernon, ils étaient une quarantaine d’éleveurs accompagnés de quelques élus locaux à alimenter un feu. «Même si sur notre territoire, nous avons recensé bien moins d’attaques avérées du loup, nous restons solidaires de la démarche engagée au niveau européen et nous maintenons la pression parce que la menace est toujours présente», a souligné Stéphane Desplas, responsable de la région Millau de la FDSEA. «C’est l’occasion aussi de se retrouver entre éleveurs pour échanger et passer un moment convivial», poursuit l’éleveur ovin.

Au même moment, la mobilisation était aussi organisée dans le Nord Aveyron, à Laguiole, sur l’exploitation de François Solignac à Oustrac. Ils étaient environ 25 éleveurs, eux aussi accompagnés d’élus locaux pour allumer un feu. «Nous avons répondu au mot d’ordre européen parce que nos territoires sont touchés par la prédation par le loup», souligne Laurent Lemmet, secrétaire de la section bovins viande FDSEA. «Nous voulons réaffirmer que l’agropastoralisme n’est pas compatible avec le loup», a-t-il poursuivi.

Sur l’ensemble du département, en 2019, 18 constats d’attaques sur des troupeaux ont été expertisés, dont 6 ont conclu à une attaque avérée du loup, essentiellement sur des troupeaux ovins. Les éleveurs de l’Aveyron espèrent que l’appel et la mobilisation qu’ils ont réalisé le 13 septembre seront entendus.

Le plafond 2019 atteint

A ce jour, en 2019, 90 loups ont été prélevés en France. La FNSEA a donc adressé un courrier le 12 septembre au préfet coordonnateur du plan loup, Pascal Mailhos. Ce chiffre correspond au plafond de prélèvement pour l’année 2019, fixé à 17% de l’effectif de loups (530 animaux). Dans son courrier, la FNSEA demande au préfet «d’autoriser immédiatement la poursuite des prélèvements comme la réglementation en vigueur (…) le permet». D’après l’arrêté du 26 juillet 2019, le préfet coordonnateur peut relever le plafond de prélèvement de 2% (soit 10 individus) si celui-ci est atteint en cours d’année. «Les éleveurs doivent pouvoir continuer à défendre leurs troupeaux dans le cade de tirs de défense mixte, renforcée et de tirs de prélèvement simple et renforcé», réclame la FNSEA. En 2018, le plafond initial (48 canidés, soit 10% de la population) avait été atteint en octobre, puis relevé de 2%. Face à la croissance de la population de loups, Emmanuel Macron avait annoncé en mars une hausse du plafond de prélèvement.

Le lendemain de ces actions, le préfet coordonateur a annoncé qu’il autorisait le plafond de prélèvement de 2%. «Notre pression a porté ses fruits, nos messages sont bien entendus», ont commenté satisfaits les responsables de la FDSEA et des JA de l’Aveyron.

Eva DZ