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ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère : les 30 ans !

20 juin 2019

ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère : les 30 ans !

ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère fête ses 30 ans vendredi 28 juin à Sauveterre de Rouergue. Officialisée au JO le 18 octobre 1989 sous le nom d’ADEL 12, l’organisation de producteurs non commerciale agréée en décembre 2002, a grandi depuis ses premiers adhérents, éleveurs de Veau d’Aveyron et du Ségala sur le Ségala.

Elle réunit aujourd’hui 556 exploitations bovins et ovins viande sur les départements de l’Aveyron, du Tarn, de la Lozère et du Lot (en ovins) et 70 négociants, bouchers et abatteurs. ELVEA a su jouer la carte de la diversité des productions et donc des débouchés grâce à son lien avec les signes officiels de qualité (Veau d’Aveyron et du Ségala, Bœuf Limousin Blason Prestige, Bœuf fermier Aubrac, Agneau Lou Paillol). Sa force : réunir éleveurs et acheteurs pour échanger ensemble sur les opportunités de marché. Un atout qui lui a assuré sa longévité depuis 30 ans. Les acteurs de l’association, d’hier et d’aujourd’hui, seront réunis notamment sur l’exploitation de Jean-Luc Mouysset, à Sauveterre de Rouergue pour évoquer l’histoire et envisager l’avenir... ensemble. Jean-Luc Rouquette, président depuis près de 20 ans, Nadine Vernhes, présidente de la section ovine et Bernard Fabre, représentant le collège des acheteurs apportent leur témoignage sur le parcours d’ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère.

Jean-Luc Rouquette (photo), éleveur bovins viande à Grand Vabre, a rejoint ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère en 1991-92. Il préside l’OP depuis octobre 2001. Interview.

Comment est née ADEL 12 devenue ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère ?

J-L. Rouquette : «Sur le Ségala, il y avait un nombre important de marchés notamment autour de la production de veaux d’Aveyron qui généraient un volume important d’animaux que les éleveurs vendaient en direct auprès des négociants. La création de notre association est née d’un besoin de structuration des éleveurs qui n’appartenaient à aucune OP. Daniel Carrié en a été le fédérateur. Il a succédé à la présidence de l’ADEL à Pierre Solinhac qui en avait déposé les statuts.

Comment ELVEA a-t-elle évolué ?

J-L. Rouquette : Le modèle mis en place qui permettait aux producteurs de se fédérer tout en étant maîtres de leurs produits jusqu’à la commercialisation a plu. Le système a grandi autour du Veau d’Aveyron et du Ségala, en parallèle de la création de l’IRVA puis s’est étendu à l’Aubrac grâce à la diversité des éleveurs et des acheteurs. Petit à petit, nous avions la production pour nous ouvrir à des marchés supplémentaires avec la SA4R, la filière Sudries - SVA pour le Veau d’Aveyron, le Bœuf Fermier Aubrac, Blason Prestige et en production d’agneaux sous la mère avec Lou Paillol. C’est indéniablement la force d’un groupe d’éleveurs et d’acheteurs associés qui a fait ses preuves.

L’appui technique est aussi l’une des marques de fabrique de l’OP...

J-L. Rouquette : En effet. Les adhérents ont toujours pu compter sur l’appui technique. Des progrès ont été réalisés qui nous ont permis d’améliorer les coûts de production même si nous avons encore des marges de progrès. Nous essayons aussi de diversifier nos propositions de services pour intéresser le plus grand nombre.

Les rapprochements avec la Lozère, le Tarn puis le Lot sur la partie ovine ont aussi été des étapes importantes dans la vie d’ELVEA. Qu’en retenez-vous ?

J-L. Rouquette : A plusieurs, on pèse toujours plus ! Ces rapprochements ont permis de continuer de faire vivre nos structures tout en proposant une continuité de services à l’ensemble de nos adhérents. Sur le Lot par exemple, nous avons maintenu le poste de la technicienne.

Le rapprochement avec la Lozère fut le premier. Les éleveurs de ce département étaient de plus en plus nombreux à vouloir proposer leurs animaux à la station Gélioc à Naucelle qui n’accepte que les adhérents à une OP commerciale ou non commerciale. De plus la demande sur ce département en label rouge Bœuf Fermier Aubrac était croissante.

Un an plus tard, nous nous rapprochions de l’ATEB 81, un département avec une production de Veau d’Aveyron importante comme nous. Et enfin, nous avons fusionné notre section ovine avec celle du Lot pour répondre à la loi d’orientation qui avait fixé un seuil de 40 000 brebis que nous avons atteint en nous unissant.

Que retenez-vous de l’histoire ?

J-L. Rouquette : Qu’il est important de s’engager pour conforter nos structures qui représentent 25 000 éleveurs en France. Il faut être présent pour montrer que l’on existe et que notre rôle est important. En échangeant en direct avec les acheteurs, nous sommes davantage réactifs face au marché.

Pourquoi fêter les 30 ans ?

J-L. Rouquette : Là encore, il s’agit de montrer que notre structure vit bien, que nous avons su fédérer autour de nous. C’est avant tout un moment de partage et d’échange avec l’ensemble de nos adhérents et de nos partenaires.

Quelle sera la suite ?

J-L. Rouquette : Les enjeux sont multiples. La clé est de garder notre réactivité face aux marchés, de continuer à répondre collectivement aux demandes».

Reccueilli par Eva DZ