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Union de coopératives BEVIMAC : l’eldorado des pays tiers !

20 juin 2019

Union de coopératives BEVIMAC : l’eldorado des pays tiers !

Un an après l’arrivée de la SICAGIEB au sein de BEVIMAC Centre Sud, l’Union de coopératives est l’un des leaders dans l’export avec près de 98 000 têtes commercialisées et une plus-value de 36 euros par pièce en 2018. Si l’Italie reste le principal débouché, l’ouverture vers les pays tiers permet de tirer le marché vers le haut.

Les coopératives CELIA, UNICOR, Bévid’Oc et depuis un an, SICAGIEB confient la vente de leurs bovins et ovins pour l’export à BEVIMAC Centre Sud. Une activité portée par un partenariat historique avec l’Italie et qui se diversifie de plus en plus vers les pays tiers. «Conserver nos positions sur l’Italie et continuer à nous développer sur les pays tiers», tel a été le message de Pierre Terral, président de BEVIMAC lors de l’assemblée générale, mardi 18 juin.

Près de 98 000 bovins ont été commercialisés en 2018. Les apports sont en nette progression (+2,3%) du fait de l’arrivée de SICAGIEB au sein de l’Union de coopératives et les ventes sont en hausse aussi de 5,5%. Près de 87% des animaux sont destinés à l’Italie, un marché historique mais qui «fait aussi un peu peur» comme l’explique Hervé Chapelle, directeur : «Les outils d’abattage en Italie ne sont pas du tout saturés et quand on a la possibilité de «trier» nos marchés pour apporter de la valeur ajoutée à nos produits, il ne faut pas se priver !». Il fait ainsi référence à l’émergence des pays tiers (10% des volumes exportés).

Pays tiers : une opportunité saisie

Cette tendance est notamment marquée depuis le début de l’année avec une baisse de 7% des ventes vers l’Italie (soit 2 camions de moins par semaine) et une hausse de 53% vers les pays tiers et notamment vers l’Algérie. Les pays tiers représentent ainsi depuis le début de l’année, 20% de l’activité de BEVIMAC ! Sur une activité globale en hausse elle aussi de 1 650 têtes (+4,3%). «Dans un contexte économique difficile où nous ne sommes pas à l’abri d’un aléa sanitaire, politique... d’une baisse de l’engraissement en Italie... l’enjeu est de maintenir nos positions grâce à notre système naisseur - engraisseur à haute valeur ajoutée», a résumé Pierre Terral.

BEVIMAC, leader sur le port de Sète !

Pour conforter son activité, BEVIMAC s’appuie depuis plusieurs années sur le port de Sète, à travers le SEPAB, société privée créée en 1999 qui regroupe les opérateurs d’activité d’export de bétail vivant. Son directeur, Laurent Trémoulet, était l’invité de l’assemblée générale de BEVIMAC pour évoquer les enjeux et les perspectives de l’export notamment vers les pays tiers.

«En 2012, 1,3 million de bovins ont été importés sur le pourtour méditerranéen, en 2018, nous sommes à 2,6 millions, soit une hausse annuelle de 20%», a indiqué en préambule Laurent Trémoulet. BEVIMAC est devenue un acteur majeur sur le port de Sète : en 2015, elle représentait 2% de l’activité export du port, en 2018 elle a pesé sur 15% de l’activité et sur les premiers mois de 2019, elle affiche déjà 18% !

Ces chiffres prouvent aussi l’émergence des pays tiers dans l’export d’animaux vivants venus de France. Les pays tiers sont un marché de proximité puisque le plus long trajet maritime est de 7 jours, le coût de frêt est plus bas que celui de l’Amérique du Sud du fait de bateaux plus «petits» (entre 1 200 et 1 300 animaux par bateau). Et un transport parmi les plus sûrs avec un taux d’accidentologie très faible. «Par contre contrairement aux pays exportateurs concurrents, nos animaux ne prennent pas de poids pendant le trajet», nuance Laurent Trémoulet.

L’une des batailles du directeur du SEPAB est la «malveillance de l’administration française par rapport à l’activité d’export d’animaux vivants». Il dénonce les délais trop importants (23 jours minimum pour l’Algérie) pour autoriser le départ d’un bateau depuis la France quand le Brésil met autant de temps à l’acheminer ! «Vous devez vous faire entendre sur cette problématique, les autorités doivent être des facilitateurs pour fluidifier le commerce, il en va de notre compétitivité sur les marchés», a-t-il encouragé. Pour lui, les marchés de l’Egypte et de la Lybie ont été perdus pour la France en raison de ce manque de réactivité !

«Nous ne serons jamais maîtres de la variabilité du marché des pays tiers, un accident sanitaire, un événement politique, une dévaluation de la monnaie... mais même s’ils pèsent 10% de l’activité aujourd’hui, c’est eux qui maintiennent l’équilibre du marché entre le vif, la viande et l’export vers l’Italie», détaille Laurent Trémoulet.

L’Algérie mais pas que...

Ce marché est en devenir, selon le directeur du SEPAB, il en veut pour preuve une démographie croissante, l’absence de mouvement vegan dans ces pays, l’émergence d’une classe sociale moyenne qui consomme du bœuf, «pas seulement en haché mais aussi en entrecôte et filet», une activité touristique qui fait augmenter la consommation de viande... «Qu’importe les aléas, ils font partie des règles du jeu mais nous devons tenir compte de leurs demandes, de leurs contraintes pour avoir une vraie force d’impact, de réactivité sur leur marché», a poursuivi Laurent Trémoulet.

Mais le directeur du SEPAB a mis en garde contre la dépendance à l’Algérie : «C’est depuis quelques années et ce malgré les aléas, le marché le plus stable mais il ne doit pas être unique. S’il ferme, tout s’écroule !». Il encourage donc les opérateurs à se structurer notamment avec la mise en place de quarantaines, structures obligatoires pour les autres pays. «Le marché des pays tiers grossit aevc des clients capables de passer des commandes de plusieurs centaines d’animaux à chaque fois, organisez-vous pour être présents, améliorez vos coûts de logitisque sur bateau et de gestion sanitaire, impulsez votre dynamique auprès de l’administration française», a-t-il conclu.

Eva DZ