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«Une IGP pour protéger notre Pérail»

20 aout 2020

«Une IGP pour protéger notre Pérail»

 

Pierre Gaillac, éleveur de brebis à Canabols est un des premiers défenseurs du Pérail, aux côtés de Jean-François Dombre. Il préside le collège des producteurs au sein de l’association Pérail qui s’est positionnée pour l’obtention d’une Identification géographique protégée (IGP) pour son trésor des Causses.

«Notre association créée il y a 25 ans, n’a pas changé de cap : elle est née et vit pour mettre en avant le Pérail, défendre et protéger son nom, son histoire, son savoir- faire», Pierre Gaillac a le Pérail au cœur ! «Je suis un passionné : notre Pérail mérite une reconnaissance, il représente plus de 1 000 tonnes de fromages produits sur notre territoire, ce n’est pas rien!». Face à l’échec de l’obtention d’une AOP, sur laquelle l’association Pérail travaillait depuis plus de 20 ans, elle a décidé de repartir de l’avant en se restructurant. «Bien sûr toute la filière a mal vécu cet échec mais nous avons ressenti un certain élan de la part des habitants du territoire, des élus, des producteurs, des fabricants, de tous ceux qui aiment le Pérail et qui nous ont témoigné leur soutien. Nous ne pouvions pas baisser les bras», souligne Pierre Gaillac.

Retrouver un nouveau souffle

Les membres de l’association Pérail sont donc repartis au combat ! «Sans renier tout ce qui a été fait depuis 20 ans, l’ensemble des acteurs de la filière, éleveurs, producteurs fermiers, artisans, entreprises, fromagers se mobilisent pour sauver ce savoir-faire et l’identité du Pérail à travers l’obtention d’une IGP», avance Pierre Gaillac, heureux de cet élan collectif. Au sein de l’association Pérail, deux collèges se sont formés : le collège producteur (8 sièges) présidé par Pierre Gaillac et le collège fabricants (8 sièges) représenté par Sébastien Leclercq, directeur d’établissement chez Papillon, qui préside aujourd’hui également l’association. Jean-François Dombre, président historique, reste président d’honneur, en hommage à son engagement sans faille dans la reconnaissance du Pérail.

Thomas Parenti est trésorier et Vanessa Barthélemy, secrétaire. «Nous fonctionnons comme un ODG (organisme de défense et de gestion). Nous sommes présents sur les manifestations afin de mettre en avant notre Pérail, tout le monde joue le jeu et répond présent pour bâtir un cahier des charges partagé et qui répond aux nouvelles tendances (Haute Valeur Environnementale, bien-être animal, autonomie des exploitations...)», complète Pierre Gaillac. L’association demande une reconnaissance de l’origine locale du lait et des savoir-faire fromagers. Les points forts du cahier des charges sont : l’utilisation exclusive de la race locale et rustique de la brebis Lacaune, une forte importance du pâturage et la préservation des paysages et de la biodiversité. Les modalités de fabrication du fromage garantissent le même produit qu’avec l’AOP. «Nous nous sommes donnés 2 ans pour obtenir cette IGP . Le travail est bien engagé auprès de l’INAO. Nous y croyons !».

Un produit refuge aux valeurs reconnues

Et comme un argument supplémentaire, les résultats d’une enquête menée auprès des fabricants de Pérail (producteurs fermiers, artisans et entreprises) pendant la période de confinement, montrent que le Pérail est resté un incontournable dans le cœur des consommateurs : un produit refuge aux valeurs reconnues et qui n’a pas été déréférencé pendant la crise dans les GMS.

Comme un encouragement à poursuivre ce combat entamé il y a plus de 20 ans pour la reconnaissance d’un produit, d’un nom, d’un savoir-faire, du travail d’hommes et de femmes engagés sur un territoire.

Eva DZ