lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Session Chambre d’agriculture : les nouveaux élus au travail

21 mars 2019

Session Chambre d’agriculture : les nouveaux élus au travail

Quelques semaines après l’installation des nouveaux élus à la Chambre d’agriculture, une nouvelle session s’est tenue lundi 18 mars, portant notamment sur la désignation des présidents des commissions, des comités d’orientation et des responsables des missions.

Les nouveaux élus de la Chambre d’agriculture sont au travail. Lundi 18 mars, la première session de la nouvelle mandature s’est tenue à la Maison de l’agriculture. Qui dit arrivée de nouveaux élus, dit répartition des responsabilités. Les présidents de commissions, comités d’orientation et responsables de missions ont été désignés.

Laurent Saint Affre prend en charge la commission Economie et Productions ainsi que la présidence du CODAR (ex SUAD), Adeline Canac présidera la commission Territoires et Politiques Publiques ainsi que la responsabilité de la mission Urbanisme et Environnement. Virginie Albespy présidera le CODE (ex EDE) pour la partie élevage et Anthony Quintard prend en charge la mission Productions Agronomie. La mission Valorisation et Démarcation (qui concerne notamment le réseau Bienvenue à la Ferme et les Marchés de producteurs de pays) est confiée à Benoît Fagegaltier, de même que la mission Aménagement, Animation locale et Collectivités. Patrice Falip prend la responsabilité des missions Conseil et Formation. Et Clément Lacombe, celle de la transmission/installation. Une fois ces désignations validées par les membres de la session, les commissions vont pouvoir se mettre au travail.

Renouvellement des générations et emplois

Les deux principaux défis que devra relever la nouvelle équipe entourée de ses partenaires sont le renouvellement des générations et l’emploi en agriculture. «Le volet social est à prendre en considération dès le projet d’installation, il en va de l’attractivité de notre métier», a expliqué Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture. «Clairement l’astreinte en élevage et la vivabilité du métier d’agriculteur sont des éléments clés pour assurer le renouvellement des générations dans notre profession», ajoute-t-il, confirmé dans ses propos par Patrick Géraud, président du CER France Aveyron.

La question soulève un autre problème auquel sont confrontés les agriculteurs : le manque de main d’œuvre. «Le manque de main d’œuvre sur les fermes peut être comblé en partie par la mécanisation et notamment la robotisation, mais ça ne fait pas tout», a commenté Laurent Saint Affre. Et Dominique Fayel de compléter : «Les deux leviers pour pallier le manque de main d’œuvre sont l’investissement dans la robotique et la mécanisation et dans les salariés». La Chambre d’agriculture et ses partenaires vont donc s’atteler à ses deux chantiers pour assurer l’avenir de l’agriculture aveyronnaise.

Les agriculteurs investissent

Une agriculture départementale qui se porte bien selon Guilhem Blanchin, directeur départemental de la Banque de France Aveyron, invité de la session Chambre d’agriculture. Dans le département, 21% des entreprises relèvent du secteur agricole (contre 7% en France).

La part de crédits accordés à la filière agricole est de 17% (hors particuliers) en Aveyron, et jusqu’à 21% si on inclut l’industrie agroalimentaire et le commerce de gros. Soit 700 millions d’euros investis via essentiellement des crédits de moyen terme.Et si la croissance moyenne des encours est de 29% en 3 ans, il s’agit essentiellement d’investissement et non de financement de trésorerie. Preuve que le secteur agricole investit.

Guilhem Blanchin a apporté un éclairage sur l’économie mondiale : «la France est revenue au même niveau de croissance qu’avant la crise de 2008. En 2019, la croissance a été revue légèrement à la baisse mais reste toujours positive (+1%). La France résiste mieux parce qu’elle est beaucoup moins exposée sur la scène internationale, parce qu’aussi la demande intérieure est dynamique et que le pouvoir d’achat se renforce». D’après une étude réalisée auprès de 2 500 entreprises de l’industrie, des services et du bâtiment en Occitanie, les prévisions d’activités pour 2019 se maintiennent entre +2 et 5%. «De façon générale, nous bénéficions des effets d’une économie bien assise sans fortes variations. L’Aveyron fait ainsi partie des départements les moins endettés de France», a conclu Guilhem Blanchin.

Des propos confirmés par Benoît Quintard et William Solier représentant le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées : «le niveau d’encours dans les exploitations a augmenté notamment en production ovin lait dans le matériel et le bâtiment notamment». Jacques Molières rappelant que l’Aveyron met à profit l’enveloppe régionale concernant les plans bâtiment.

Les agriculteurs veulent des actes

Première démarche des nouveaux élus, une motion votée à l’unanimité sur la situation agricole. Jacques Molières, a résumé le contexte : «les premières conclusions des comptes de l’agriculture 2018 montrent une nouvelle fois une diminution des volumes et de la valeur produite par l’élevage, les exploitants agricoles subissent un «agribashing» insupportable et plus spécifiquement les éleveurs dont les pratiques sont violemment et injustement stigmatisées par une minorité d’extrémistes, le nombre d’exploitations continuent de diminuer, notamment les exploitations familiales de taille intermédiaire et enfin, les résultats de l’application des mesures issues des Etats généraux de l’alimentation sont décevants pour le monde agricole car elles ne permettent pas pour l’instant de modifier les rapports de force entre les agriculteurs, les industriels et la grande distribution».

Forts de ce constat, les élus de la Chambre d’agriculture demandent à ce que le discours du Président de la République soit traduit en actes concrets, notamment dans le cadre de la renégociation de la prochaine PAC et dans le contexte du Brexit. Ils souhaitent notamment que les conditions de l’aide des territoires à handicaps naturels soient figées tout comme le principe de disposer d’une PAC comme outil de soutien réel à une dynamique économique. «L’Union européenne ne doit plus appliquer une politique multilatéraliste préjudiciable au détriment des agriculteurs en leur imposant une concurrence déloyale», ont rappelé les élus de la Chambre d’agriculture. Dans le cadre du Grand Débat National, ils demandent que «l’agriculture ne soit pas oubliée et que l’expression des agriculteurs soit bien prise en compte. «Le secteur agricole doit bénéficier de mesures à la hauteur des enjeux auxquels il doit répondre, garantissant ainsi son équilibre économique, social et environnemental», ont-ils conclu.

Eva DZ