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APABA : les maraîchers bio s’organisent

21 décembre 2017

APABA : les maraîchers bio s’organisent

L’APABA a réuni son groupe de maraîchers bio lors d’une rencontre organisée lundi 18 décembre à la Maison de l’agriculture, à Rodez. Objectif, mieux organiser la filière au niveau départemental. La mise en place d’une organisation de producteurs a été validée en fin de réunion.

Le premier groupement de producteurs maraîchers AB est en train de prendre forme en Aveyron, suite à la réunion animée par Nathalie Raitière (conseillère filières légumes-fruits, restauration collective à l’APABA) et Patrick Vedel (administrateur APABA). Pour l’heure, 22 maraîchers veulent rejoindre ce groupement, avec «le but de structurer la filière, sécuriser l’approvisionnement, mutualiser la distribution, et conforter le revenu des producteurs» souligne Patrick Vedel.

La matinée consacrée aux échanges a mis en avant le besoin des clients potentiels, restauration collective et distributeurs, de travailler avec une organisation structurée, pour mieux répondre aux besoins croissants en produits bio. C’est ce qui a été confirmé par Julien Aigouy (cuisine centrale de Millau), Laetitia Molinié (entreprise distribution fruits et légumes à Lioujas), et Isabelle Caillar (Biocoop St-Affrique). Julien Aigouy a précisé que la cuisine centrale de Millau (11 salariés) distribuait 1 200 repas/jour aux écoles primaires et maisons de retraite (200 repas), dont 17 % de produits AB, et 15 % de produits AB et locaux. «100 % de notre pain est bio et 100 % de la viande achetée est de plus en plus d’origine locale» a-t-il indiqué.

Les menus AB en hausse

La cuisine centrale de Millau a été distinguée le mois dernier par le grand prix national des «cantines rebelles», dans la catégorie intermédiaire, celle des collectivités servant entre 1 000 à 5 000 repas quotidiens. Julien Aigouy a rappelé les efforts réalisés par le personnel pour travailler les produits bio demandant souvent plus de travail que les légumes conventionnels. «La volonté politique ne suffit pas, il faut aussi du personnel motivé pour faire évoluer la manière de travailler». La lutte contre le gaspillage alimentaire et la bonne entente avec les producteurs locaux AB ont permis depuis six ans, d’augmenter la présence de produits AB dans les menus, principalement des pommes de terre, carottes, et salades... «Le prix final est important mais les parents comprennent de plus en plus que la santé des enfants passe aussi par une alimentation saine. Tout cela a été confirmé par le succès populaire enregistré dans notre cuisine centrale lors des dernières Journées du patrimoine !», indique Julien Aigouy.

Le besoin de bio local

Laetitia Molinié (entreprise Mourlhon à Lioujas) distribue des fruits et légumes et observe que ses clients de la restauration collective sont de plus en plus demandeurs de produits AB. «Nous nous approvisionnons à Perpignan ou à Château-Renard, pour livrer, avec douze tournées/jour, l’Aveyron et les départements limitrophes. Nous voulons distribuer plus de légumes bio. Mais pas ceux qui viennent d’Espagne ! Nous sommes à la recherche de volumes bio de l’Aveyron et désirons développer cette filière pour nos clients, avec des légumes locaux. La volonté des cuisines collectives existe mais nous manquons de produits. Notre demande serait d’avoir un seul interlocuteur départemental, et des prévisions de volume pour des pommes de terre, carottes, poireaux, courgettes, tomates...», désire Laetitia Molinié.

L’organisation de producteurs veut répondre à ces demandes formulées par les clients, mais sans brûler les étapes. Le groupe présent à Rodez a validé le projet de charte de l’organisation de producteurs, puis a défini la mercuriale (prix) des productions concernées, sous la conduite de Nathalie Raitière. Ce nouveau groupement de producteurs doit être finalisé en janvier, en précisant par exemple la part de production engagée dans cette organisation, 50 % ou moins, distribuée dans la restauration collective et les magasins spécialisés AB. «Une chose est certaine», conclut Patrick Vedel, «il n’y a pas assez de productions bio pour répondre à la demande du marché !». L’objectif de l’APABA est donc d’accompagner les maraîchers dans leur ambition de mieux se structurer, efficacement.

D.B.