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CETA et MERCOSUR : FDSEA et JA font goûter les produits français

21 décembre 2017

CETA et MERCOSUR : FDSEA et JA font goûter les produits français

La pression syndicale a sûrement compté dans l’échec temporaire des négociations de l’accord UE - MERCOSUR reportées au premier semestre 2018. A l’appel de la FNSEA et des JA, les opérations «sourire» se sont multipliées pour sensibiliser les consommateurs à la qualité et à l’origine des produits français. La FDSEA et les JA de l’Aveyron ont sensibilisé leurs concitoyens à Rodez et Villefranche de Rouergue vendredi 15 décembre.

«Continuez ce que vous faîtes ! Nous vous en sommes reconnaissants !», les messages de soutien se sont multipliés vendredi 15 décembre lors d’une opération de sensibilisation devant les magasins Leclerc d’Onet le Château et de Villefranche de Rouergue. Les consommateurs ont montré leur sympathie aux agriculteurs de la FDSEA et des JA qui avaient installé de quoi déguster de la viande, de la charcuterie et des fromages d’ici. «Nous sommes là pour promouvoir la qualité et l’origine des produits français face à la menace des accords commerciaux CETA et MERCOSUR», avançaient les agriculteurs en distribuant des tracts aux consommateurs.

«La plupart du temps, les gens se sont montrés bienveillants et coopératifs par rapport à notre message, beaucoup nous ont dit que dans leurs achats ils privilégiaient l’approvisionnement local», complète Benoît Fagegaltier, secrétaire général adjoint de la FDSEA présent avec une dizaine d’agriculteurs du nord Aveyron et de la vallée du Lot, vendredi matin devant le magasin Leclerc d’Onet le Château. Malgré le froid, les consommateurs ont pris le temps de s’arrêter pour échanger avec les producteurs et leur marquer leur soutien, profitant de la pause pour goûter un morceau de viande d’Aubrac ou de Veau d’Aveyron, un peu de charcuteries ou de fromage. «Notre alimentation mérite des règles du jeu équitables», ont rappelé les responsables syndicaux.

Dans le tract distribué, les producteurs rappelaient les raisons de leur inquiétude : «ces traités commerciaux concrétiseraient l’importation de plus de 200 000 tonnes de viande bovine ce qui déstabiliserait forcément le marché français et ferait perdre de la valeur aux viandes françaises». Les premières estimations font état de perte de résultat de l’ordre de 30 à 60% ! Sans compter la perte de 20 000 à 30 000 emplois en France du fait de l’arrêt de fermes et de la baisse d’activité dans toute la chaîne de transformation.

Outre les pertes pour la filière agricole, les éleveurs pointent aussi du doigt la tromperie envers les consommateurs : «les viandes canadiennes et sud-américaines sont issues de systèmes de production peu ou pas réglementées, ces traités ne prévoient aucune harmonisation et exigence en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal, de protection sociale des salariés, de préservation de l’environnement...».

Enfin, les agriculteurs français dénoncent aussi l’incohérence de la position des pouvoirs publics français entre la signature d’accords commerciaux avec des pays aux exigences inférieures à celles en vigueur en France et les ambitions des Etats généraux de l’alimentation qui veulent redonner la priorité aux produits français ! «Au sein des Etats généraux de l’alimentation, les consommateurs ont fait part d’un grand intérêt pour le mode de production, la qualité et l’origine de leur alimentation, les accords du CETA et du Mercosur vont à l’encontre de leurs attentes. Ils trahissent les consommateurs et les producteurs», concluent la FDSEA et les JA.

Eva DZ