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Conférence JA-groupe Camboulazet-Conseil départemental : mieux comprendre la relation homme-animal

22 février 2018

Conférence JA-groupe Camboulazet-Conseil départemental : mieux comprendre la relation homme-animal

Les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron et le Groupe de Camboulazet ont organisé, avec le soutien du Conseil départemental, une soirée débat lundi 19 février aux Archives Départementales à Rodez. Ils ont reçu Aurélia Warin, spécialisée dans le conseil et l’expertise autour du bien-être animal pour échanger avec elle sur les relations homme-animal. Plus de 70 personnes étaient présentes.

Vous êtes éthologue, spécialisée dans le bien-être animal, pouvez-vous nous en dire plus sur votre profession ?

A. Warin : «L’éthologie est la science qui étudie le comportement des animaux. Elle permet de mieux connaître les animaux et leurs besoins comportementaux. On peut se servir de ces connaissances pour améliorer les situations existantes (pour enrichir le milieu de vie d’animaux sauvages en captivité par exemple) ou pour mesurer le bien-être animal.

Au quotidien, mon travail est basé sur l’étude des animaux d’élevage, sur le bien-être animal et les relations entre l’homme et l’animal. Je conseille également des structures professionnelles en lien avec l’élevage qui peuvent être des syndicats agricoles, comme ma conférence ce lundi avec les JA en Aveyron, et j’apporte aussi mes connaissances auprès d’universitaires, de centres de formation, d’étudiants,...

Comment appréhendez-vous la question du bien-être animal ?

A. Warin : Le bien-être animal est une notion qui peut paraître complexe, car dans le langage courant elle recoupe à la fois ce que ressent l’animal, comment le mesurer et comment l’améliorer. Pourtant, chaque acteur de la société, à son échelle, doit pouvoir se l’approprier et l’appliquer.

Dans de nombreux domaines émergents, comme le bien-être animal, les informations proviennent tout simplement du terrain ! Il faut alors traquer ces pratiques innovantes, les rechercher, les analyser, les tester pour mesurer leur caractère transposable et les diffuser au plus grand nombre. C’est mon travail !

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la notion de bien-être animal dans la société ?

A. Warin : Ce que l’on peut dire c’est que ces dernières années, les acteurs de l’élevage ont pris conscience de l’intérêt de se soucier du bien-être animal. Non pas qu’ils ne s’en préoccupaient pas avant mais désormais ils sont convaincus que c’est une notion primordiale dans le regard extérieur sur le milieu. Aujourd’hui nous devons passer à l’étape supérieure et se demander comment valoriser cette notion. Beaucoup de monde se mêlent aujourd’hui d’élevage sans être forcément proches du secteur et pourtant ils ont un avis et le donnent !

Comment les éleveurs peuvent-ils réagir face à ces évolutions sociétales ?

A. Warin : Il y a deux aspects à appréhender à mon sens : d’un côté la communication sur les bonnes pratiques agricoles et d’un autre, la remise en cause de certaines pratiques qui doivent évoluer. Nous avons pris l’exemple de l’attache des animaux, l’entrave peut poser problème, qu’elle soit en cage, en stalle, ces systèmes n’ont pas d’avenir dans la société de demain.

Il faut être prêt à regarder ce qui se passe chez soi, à le faire évoluer vers encore plus d’excellence pour garder la confiance des consommateurs. Ca se fera de façon progressive.

Comment voyez-vous l’avenir de l’élevage ?

A. Warin : Je suis confiante car les consommateurs sont réellement attachés à l’élevage français, à l’agriculture locale, ils sont prêts à la valoriser s’ils obtiennent des garanties sur les conditions de production et le bien-être des animaux en fait partie.

A partir du moment où le système est cohérent, au-delà d’un cahier des charges qui à mon sens n’apporte pas toutes les garanties attendues par la société, le consommateur sera séduit. Le potentiel est là.

Et je suis d’autant plus confiante que le système d’élevage français est déjà basé sur l’excellence, il est, il faut le savoir, bien souvent jalousé des autres pays. Les consommateurs y sont forcément sensibles. Il faut continuer de les convaincre.

J’ai espoir mais j’attends aussi que les acteurs de l’élevage (éleveurs, abatteurs, transformateurs), se remettent en cause sur certaines pratiques. Il faut trouver le bon équilibre dans la diversité de systèmes qui contente les éleveurs, les consommateurs et les animaux.

Comment avez-vous vécu cette conférence en Aveyron ?

A. Warin : Cétait une très bonne expérience avec un public varié, très intéressé. Les questions ont été nombreuses et pertinentes ce qui a donné un débat de plus d’une heure, très constructif. Beaucoup voulaient mieux comprendre les animaux, leur comportement, à partir de leur expérience personnelle. D’autres s’interrogent sur l’évolution de la notion de bien-être animal.

J’ai vraiment apprécié cette conférence parce que la discussion était sans a priori ni parti pris, les participants étaient vraiment là en curieux, soucieux d’en savoir plus et passionnés comme moi par les animaux. Je remercie les organisateurs pour leur démarche que je trouve vraiment intéressante, ouverte aux éleveurs comme au grand public».

Recueillis par Eva DZ

La prochaine conférence proposée par les JA, le groupe de Camboulazet et le Conseil départemental se déroulera mercredi 7 mars à 20h30 sur le thème «Qui reprendra un verre de glyphosate ?», un éclairage prospectif sur l’arrêt de l’utilisation du glyphosate avec la participation de l’association des Bio de l’Aveyron, la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt et l’INRA. La soirée est organisée aux Archives départementales - avenue Victor Hugo à Rodez. Entrée gratuite.