lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Assemblée générale de l’APABA : appui technique pour le maraîchage

22 mars 2018

Assemblée générale de l’APABA : appui technique pour le maraîchage

L’assemblée générale de l’APABA (Association de Promotion de l’Agriculture Biologique en Aveyron) s’est déroulée mardi 20 mars à la Maison de l’agriculture à Rodez. Elle s’est poursuivie l’après-midi par des échanges avec le directeur de l’agence Bio et la signature d’une convention d’appui aux maraîchers bio avec la Chambre d’agriculture.

L’APABA compte aujourd’hui 200 adhérents sur les quelque 800 producteurs bio recensés en Aveyron. Les adhésions sont stables mais l’activité de l’association reste soutenue, avec désormais sept salariés spécialisés par filière ou actions, «alors que nous en avions quatre il y a seulement trois ans» souligne Francis Roux, l’un des trois co-présidents de l’APABA avec Alain Leloup et Clément Joly.

La structure accompagne les producteurs AB engagés ou en conversion, propose diverses formations techniques et communique vers le grand public et les agriculteurs à travers des actions comme Terr’Eau Bio par exemple. Elle innove aussi avec le lancement récent du «Défi famille bio plaisir» en partenariat avec le Grand Rodez. Ce projet rassemble 14 foyers d’Onet-le-Château qui se sont engagés, sur une période de 5 mois, à augmenter de 20% leur consommation de bio locale sans augmenter leur budget. Le projet est financé par Rodez Agglomération et le plan territoire à énergie positive pour la croissance verte en lien avec Progress (Régie de territoire de Rodez Agglo).

Des producteurs bio organisés

L’APABA a accompagné la création du magasin de producteurs «Pays’en Direct» ouvert fin 2016 dans le quartier Bel-Air à Rodez. Laurent Teyssèdre (Rignac) a rappelé que 50 producteurs y étaient engagés, proposant 1 000 références de produits, dont les trois quarts issus de l’agriculture biologique. Rolland Carrié (Lacalm), a présenté l’association «Paysans bio de l’Aveyron» rassemblant sept producteurs de viande bovine et un de viande porcine travaillant pour la restauration collective, des magasins bio de la région, et qui proposera de la viande ovine et de poulet. Enfin, Pascale Cavalier (Campuac) a fait le point sur la création de «Jardins bio d’Aveyron», nouvelle organisation de producteurs réunissant 35 maraîchers de l’Aveyron avec l’objectif de faire de la vente en demi-gros pour la restauration collective notamment. Le maraîchage bio concerne aujourd’hui la quasi totalité des installations du secteur en Aveyron depuis cinq ans. L’APABA et la Chambre d’agriculture ont signé une convention de partenariat visant à proposer de l’appui technique aux maraîchers bio aveyronnais. «Cet appui complémentaire des formations et journées techniques existantes, sera gratuit la première année et concernera au maximum seize fermes en 2018», précise Jacques Molières, président de la Chambre d’agricultures. «Dix fermes sont déjà inscrites», ajoute Pierre Joffre, responsable de la mission bio de la Chambre d’agriculture. A l’APABA, le dossier est suivi par Florian Denard, animateur en productions végétales bio, en collaboration avec les techniciens bio de la Chambre d’agriculture.

Point info bio

Floriant Denard suit également le «Point info bio» mis en place avec la Chambre d’agriculture, et qui matérialise un partenariat technique conjoint mené depuis longtemps par les deux structures. Sa vocation est d’accompagner tous les producteurs dans leur réflexion avec un parcours personnalisé (formation conversion AB, rencontres techniques, étude de projet individuel...). Le volet productions animales est animé par la Chambre d’agriculture et l’APABA, le volet productions végétales par l’APABA. Aurélie Génolher, conseillère régionale, déléguée à l’agriculture biologique, viticultrice bio dans le Gard, a fait le point sur la politique du Conseil régional d’Occitanie en faveur des productions AB. L’Occitanie est leader bio en France avec 8 156 producteurs en 2017 (+13%), devant les régions Auvergne-Rhône-Alpes (+12,7%) et Nouvelle-Aquitaine (+13,1%), qui en dénombrent chacune plus de 5 300.

Bio Occitanie

Nathalie Masbou, présidente de la FRAB appelée désormais Bio Occitanie, installée dans le Lot (fromage de chèvre Rocamadour AB), a relayé l’évolution jugée «préoccupante» des financements relatifs aux aides au maintien et à la conversion bio, et les discussions entre l’Etat et les Régions sur le sujet... Il sera au cœur des échanges de la prochaine réunion de la Fédération nationale d’agriculture biologique des régions de France (FNAB). «Nous sommes prêts à nous mobiliser pour la bio avec force !», prévient Nathalie Masbou.

Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio, a confirmé que l’agriculture biologique en France continuait à grandir, avec 54 000 entreprises AB, dont 36 600 producteurs. Et un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros en 2017, en hausse de 16 % comparé à 2016. «Le bio est un levier de croissance du secteur alimentaire porté par un meilleur référencement des produits bio. Avec + 33 % dans le e-commerce et les drive, + 23 % via les commerces de proximité et + 20,5 % dans les GMS», dit-il. Virgil Bezin, animateur Bio Occitanie, complète : «les GMS viennent vers nous, vers la FNAB qui leur propose une charte de garantie sur les prix pour une juste rémunération des producteurs. Il faut savoir que l’enseigne Leclerc veut créer 200 magasins bio spécialisés cette année en France...».

«Les Français veulent du bio partout»

A noter, continue Florent Guhl, que 82 % des Français font confiance aux produits AB (baromètre Agence Bio/CSA 2018), que 85 % estiment important de développer le bio, et que 16 % affirment consommer chaque jour au moins un produit AB. «Pour 85 % des sondés, le bio doit rimer avec local. Et les Français veulent du bio partout», continue Florent Guhl, «dans les cantines (90 %), les restaurants (83 %), les hôpitaux, les maisons de retraites (EHPAD), la restauration rapide (70 %)». Aujourd’hui, 1,77 million d’ha sont en culture bio en France, dont 30 % en conversion, soit une hausse de 15 %/an, toujours selon Florent Guhl.

Entre 2012 et 2017, les aides PAC dévolues au bio en France sont passées de 90 à 160 millions d’euros/an. L’objectif des 15 % de SAU bio en 2020 est annoncé par le gouvernement (6,5 % actuellement). Pour les producteurs, ce cap sera difficile à atteindre si la baisse annoncée des soutiens publics se confirme, contrairement aux attentes des consommateurs, dénonce la FNAB : «78% des Français soutiennent une réorientation massive des subventions publiques vers l’agriculture biologique».

D.B