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Action viande bovine : Intermarché n’est pas producteur !

22 décembre 2016

Action viande bovine : Intermarché n’est pas producteur !

La section bovins viande de la FDSEA et Jeunes Agriculteurs Aveyron ont organisé une action vendredi 16 décembre devant l’Intermarché, situé avenue de Bamberg à Rodez. Leur mot d’ordre : défendre la démarche «Cœur de gamme» et dénoncer les communications abusives «Producteur commerçant» matraquées par l’enseigne.

«Intermarché vole l’image des éleveurs !». C’est ainsi que Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande de la FDSEA, dénonce le slogan d’Intermarché. L’éleveuse leur reproche aussi de ne pas respecter l’engagement pris en septembre auprès de la FNB de revaloriser le prix des animaux allaitants, en signant l’accord «Cœur de gamme».

Revaloriser l’élevage allaitant

La démarche «Cœur de gam-me» est le fruit d’un long travail mené par la FNB auprès des enseignes nationales de la grande distribution. Elle a pour but de différencier, en terme de prix, la viande bovine issue d’élevages allaitants, et d’animaux correctement engraissés. L’objectif est de réformer le système de cotation et de créer un réel espace de valorisation entre le plus bas niveau et les animaux de qualité supérieure, vendus sous label par exemple. Intermarché fait partie des enseignes qui ont signé l’engagement «Cœur de gamme» avec la FNB. En parallèle, l’enseigne avait annoncé publiquement une augmentation du prix aux éleveurs. Or, depuis, la FNB dénonce qu’Intermarché n’a acheté aucun animal sous la bannière «Cœur de gamme».

Une «publicité mensongère»

En outre, la FNB avait déjà alerté l’enseigne sur la maladresse de sa communication «Producteur commerçant». Intermarché avait alors mis cette campagne en pause pendant quelques semaines, pour repartir de plus belle aujourd’hui. «Alors que beaucoup d’éleveurs sont en plein désarroi, on ne peut accepter qu’on leur vole ainsi leur image. Intermarché fait de la publicité mensongère ! Ce ne sont pas ses salariés qui se lèvent tous les jours pour s’occuper de nos animaux !», proteste Valérie Imbert.

Il est vrai que l’enseigne possède deux fermes. Mais avec 244 000 tonnes de viande commercialisées par an, Intermarché doit bien se fournir auprès des élevages français indépendants. C’est ce qu’a confirmé le responsable du rayon boucherie qui travaille avec les abattoirs locaux ou directement avec des éleveurs. Le magasin achète aussi des vaches sur les concours. Même s’il se félicite d’une certaine indépendance dans ses achats, il avoue son impuissance face à une campagne de communication nationale, qui ne reflète en rien les réelles pratiques commerciales.

Répondant à un mot d’ordre national, visant les magasins Intermarché de toute la France, Valérie Imbert a alerté sur le fait que, si l’enseigne ne cessait pas d’utiliser ce slogan, des actions plus sévères pourraient avoir lieu à l’aube des fêtes de fin d’année.

B. CAREL