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Développement production lait de vache biologique : s’appuyer sur les expériences

24 aout 2017

Développement production lait de vache biologique : s’appuyer sur les expériences

Eleveur à Goutrens en individuel, suite au départ à la retraite de ses associés, Thierry Arribat a engagé cette année la conversion de son exploitation à l'agriculture biologique. Une démarche réfléchie et préparée en amont grâce au parcours proposé par la mission bio de la Chambre d'agriculture, mais aussi confortée par les rencontres avec des agriculteurs bio expérimentés.

Thierry a démarré la réflexion sur l’agriculture biologique courant 2014 - 2015. Il a d'abord participé à une journée portes ouvertes organisée par la mission bio de la Chambre d’agriculture en partenariat avec Sodiaal. Ensuite, il s’est formé à la conversion en AB et a sollicité un diagnostic économique sur son exploitation. «La formation aide à connaître le cahier des charges de l'agriculture bio, les organismes certificateurs, le marché. Et le diagnostic donne des repères», précise-t-il.

Les différentes rencontres avec des agriculteurs bio expérimentés, que ce soit lors des visites prévues au cours de la formation ou lors des rencontres du groupe technique bovin lait bio, l'ont conforté dans son envie d’aller vers ce mode de production.

Pour Thierry, la conversion à l’AB est un nouveau challenge. L’arrêt de la «chimie» a été une source de motivation aussi importante que la réduction du travail par la baisse d'intensification. «Discuter avec des agriculteurs expérimentés, partager leur expérience, ce sont des sources d’informations précieuses, souligne Thierry. Il y a beaucoup d’échanges, aussi bien sur ce qui fonctionne que sur les essais plus ou moins concluants». Thierry s’appuie aussi sur les conseils de son technicien troupeau spécialisé en AB?: «Avec Jean-Daniel Teulier, on passe du temps à discuter de la rotation, du calendrier fourrager, de la cohérence de ce que je suis en train de mettre en place».

Formations

Les formations que l'éleveur a suivies sur les prairies et le pâturage ont été «une prise de conscience sur les changements à mettre en place, notamment en ce qui concerne l’autonomie alimentaire, la place du maïs dans la ration, la santé des animaux...». Côté cultures, Thierry reconnaît qu'il y a plus de surveillance, mais en contrepartie il trouve intéressant de voir la diversité de la flore présente : «Avant, je n’avais pas assez de temps à y consacrer et cela me motivait moins. Cette année, j’ai essayé de gérer la fauche des rumex au stade où ils sont le plus sensibles». Avec la conduite en bio, tous les semis de prairies se font en mélange : Thierry précise que la formation lui a apporté des connaissances sur les compositions, les densités de semis. Il a découvert la chicorée, il a introduit des méteils à ensiler.

Du côté du troupeau, l'éleveur affirme prendre plaisir à faire pâturer ses animaux même s’il lui reste du travail de mise en place des chemins, des points d’eau, des paddocks. Le troupeau n'est pas encore engagé en conversion, mais Thierry a déjà commencé à développer la prévention avec l’utilisation de Kéfir, d’oligo-éléments, d’huiles essentielles. «J’ai un autre lien avec les animaux», dit-il.

Cet automne, il va continuer de se former en participant à de nouveaux stages proposés par la mission AB de la Chambre d'agriculture.

Reportage de Sandrine Viguié, conseillère en AB, Chambre d'agriculture