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Mercredi 13 décembre 2017 - 23h43


 

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Vincent Manneville de l’Institut de l’élevage : «l’élevage herbivore contribue à la qualité de l’eau

24 aout 2017

Vincent Manneville de l’Institut de l’élevage : «l’élevage herbivore contribue à la qualité de l’eau

Vincent Manneville de l’Institut de l’élevage participera à la table ronde lors de la journée mécanisation du 14 septembre organisée par la FD CUMA, à St Julien de Rodelle. Il explique la teneur de ses travaux et porte son regard sur la gestion des effluents d’élevage en Aveyron.

Quelles sont vos missions à l’Institut de l’élevage ?

V. Manneville : «Je travaille pour le service environnement de l’Institut de l’élevage, en particulier sur les impacts environnementaux de l’agriculture : les gaz à effet de serre, les émissions d’amoniac, la biodiversité,... Je participe aussi à un groupe national d’experts qui calent les modalités de fertilisation pour la grande région Auvergne : il s’agit d’un référentiel pour aider à la fertilisation des prairies et des parcelles. Enfin j’interviens aussi dans un cadre européen sur un programme qui liste les impacts agricoles sur l’environnement et les moyens de les limiter.

Ma dernière contribution est une étude sur la fertilité des sols. J’en livrerai les grandes lignes le 14 septembre.

Quel regard portez-vous sur la gestion des fertilisants agronomiques en agriculture ?

V. Manneville : L’élevage herbivore contribue à maintenir la qualité de l’eau. Plusieurs études chiffrées sur l’évolution de la concentration des eaux en nitrates sur l’ensemble des bassins français, demandées par la Confédération nationale de l’élevage, présentent de nombreux arguments. Les travaux que nous avons menés montrent qu’en 30 ans, via les mesures d’eau, la cartographie,... les zones d’élevage affichent une qualité de l’eau en amélioration et une teneur en nitrates plus basse. Et depuis 20 ans, une vraie dynamique est en marche notamment dans les zones à forte proportion de surfaces en herbe et en forêt, associé à l’impact favorable des PMPOA I et II (programme de maîtrise des pollutions agricoles).

Globalement en France, on observe une diminution d’utilisation d’engrais au profit d’une gestion raisonnée des fumiers, lisiers et déchets verts dans les parcelles. Entre 1990 et 2010, la Bretagne a baissé ses intrants de 38%, les Pays de la Loire 23% et Midi-Pyrénées 21%. La matière organique est désormais mieux gérée pour fertiliser les parcelles. Avant, le premier réflexe était de se débarrasser des déchets avant de réfléchir à une quelconque valorisation dans le sol. Aujour-d’hui il y a une vraie réflexion sur la gestion des effluents. En Midi-Pyrénées par exemple, le niveau de fertilisation moyen est de 53 kg/ha de SAU.

Et en Aveyron ?

V. Manneville : L’Aveyron fait partie de ces départements robustes où les nombreuses prairies permanentes conservent une bonne activité biologique. Sa densité de forêts et sa mosaïque de cultures sont aussi des atouts. L’élevage herbivore, majoritaire en Aveyron, avec ses prairies, offre un milieu stable riche en matières organiques.

Avez-vous quelques résultats ?

V. Manneville : Oui. Nous avons participé à l’étude menée tous les 5 ans sur la concentration en nitrates dans les eaux douces, par le ministère de l’écologie afin de réexaminer la délimitation des zones vulnérables et des programmes d’actions nitrates. Et nos études ont confirmé que les engagements des éleveurs dans les PMPOA, dans le conseil agronomique portaient leurs fruits. Cela a servi d’arguments dans le contentieux qui opposait la France et l’Europe sur les nitrates.

Quel sera l’objet de votre intervention le 14 septembre ?

V. Manneville : Je participe à la table-ronde pour donner mon point de vue sur la gestion des effluents dans l’équilibre d’une exploitation. Donner quelques repères sur la prescription, la période, les doses. Et apporter des éléments d’information sur le stockage au champ que l’Europe envisageait de supprimer. Nos études ont apporté les arguments visant à prouver que si ce stockage était adapté, il n’était pas polluant.

Les CUMA s’équipent davantage dans la gestion des effluents et déchets d’élevage. Qu’en pensez-vous ?

V. Manneville : Les CUMA, à leur niveau, contribuent aussi à la reconquête de la qualité de l’eau. De par leur matériel innovant, performant, moderne qui permet de mieux réguler l’épandage. Mettre la bonne dose, au bon moment est essentiel. La qualité de l’épandage est fondamentale et les CUMA sont tout à fait à même de remplir ce rôle. Les chantiers sont aussi aujourd’hui plus rapides et plus efficaces, ce qui permet de ne pas «matraquer» les sols afin de préserver la vie biologique».

Recueillis par Eva DZ