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Le séchage en grange, technique dans l’air du temps

28 décembre 2017

Le séchage en grange, technique dans l’air du temps

Depuis plusieurs années, on observe en Aveyron un important développement des installations de séchage en grange, porté par les nombreux atouts que cette technique présente. Toutefois, mettre en place un séchage en grange est un projet d’envergure, qui demande à être réfléchi et réalisé dans de bonnes conditions. La Chambre d’agriculture propose aux porteurs de projet un accompagnement sur mesure, à travers des conseils, de l’information et de la formation.

Depuis 2009, l’Aveyron connaît un engouement pour le séchage en grange de foin vrac, avec en moyenne une vingtaine de projets par an, qu’il s’agisse de nouvelles installations ou de l’agrandissement d’unités existantes.

Originaire des zones de montagne de la Suisse, de l’Autriche et de l’Est de la France (Jura, Savoie…), cette technique a pour but de conserver au maximum la qualité de l’herbe verte. Pour cela, l’herbe est récoltée à un stade précoce, le foin est engrangé avec un taux de matière sèche d’environ 55 à 60%, puis il est stabilisé après ventilation à 85% de MS.

Le temps de séchage au champ étant limité (en moyenne 48 h), tout comme les altérations chimiques et mécaniques qui dégradent la qualité du foin (effeuillage mécanique, UV...), les pertes en valeur alimentaire du fourrage sont minimisées.

De nombreux atouts

Les motivations des éleveurs pour cette technique sont multiples. Celle qui revient le plus fréquemment est de «faire du foin de qualité», suivie de la volonté «d’améliorer l’autonomie alimentaire et diminuer le coût alimentaire».

D’autres objectifs sont aussi affichés : augmenter la productivité de la prairie en commençant à faucher tôt ; faciliter la distribution ; augmenter la qualité du lait et avoir moins de risques sanitaires (listeria, butyriques), notamment pour la transformation de lait cru ; avoir des animaux en meilleure santé.

La technique du séchage en grange répond à ces motivations, aussi beaucoup d’éleveurs réfléchissent-ils aujourd’hui à mettre en place un tel projet sur leur exploitation. Cependant, c’est un projet majeur, aussi bien en terme d’investissement que de fonctionnement, et qui demande donc à être bien réfléchi.

Accompagnement pour les porteurs de projet

• Une formation spécifique. Pour tout savoir sur le séchage en grange avant de se lancer dans un projet, ou pour savoir comment piloter son installation, il est très utile de participer aux formations proposées chaque année sur le sujet. La première formation permet d’aborder la technique du séchage en grange pour ceux qui s’interrogent sur la mise en œuvre d’un projet chez eux : ce stage est prévu en début d’année, les 26 et 29 janvier prochains (voir encadré). La seconde formation traite de l’optimisation du pilotage d’un séchage en grange et de sa performance énergétique globale.

• Conseils pour concevoir ses installations. La Chambre d’agriculture accompagne les éleveurs pour les conseiller sur le dimensionnement et l’agencement de leur future installation de séchage. Il s’agit d’adapter de manière cohérente la taille des cellules aux besoins fourragers des troupeaux, à la SFP, aux rythmes de récolte souhaités. Ces volumes ont aussi des répercussions sur la taille du capteur solaire, les entrées d’air, la puissance des ventilateurs et l’aménagement précis des cellules (caillebotis, gaines, diffuseurs…).

• Un dispositif d’aide financière intéressant. Depuis 2015, la région Occitanie pilote le dispositif d’aide aux investissements agricoles PCAE qui permet de soutenir les projets de bâtiments d’élevage, de gestion des effluents et déjections, de salle de traite, de stockage de fourrage. Dans ce cadre, la Chambre d’agriculture vient en appui aux éleveurs pour les aider à monter leurs dossiers de subvention et pour réaliser les études techniques nécessaires à l’instruction des demandes d’aides : diagnostic énergie, étude gestion des effluents et déjections.

Benoit Labascoule, conseiller énergie

Chambre d’agriculture