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Assemblée générale FDSEA : que peut-on attendre des EGA ?

29 mars 2018

Assemblée générale FDSEA : que peut-on attendre des EGA ?

Près de 300 personnes ont participé à l’assemblée générale de la FDSEA, la dernière de Dominique Fayel en tant que président. Après avoir élu en matinée les responsables des sections (lire en pages suivantes), la FDSEA a reçu Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, pour une table-ronde sur les Etats généraux de l’alimentation, avec la participation de Pierre Cabrit, Fil Rouge, Damien Lacombe, Sodiaal Union, Joël Mazars, Confédération nationale de l’élevage et Dominique Fayel, FNB.

Que peut-on espérer des Etats généraux de l’alimentation ? René Debons, animateur de la table-ronde dédiée à cette thématique, a posé la question aux invités. «Ce dossier agricole nous occupe depuis plus de 6 mois pour qu’enfin le sujet des prix et de la valeur soit au centre des discussions», a introduit Dominique Fayel. Pour le président de la FDSEA de l’Aveyron, ce sont bien les multiples actions du syndicalisme dans les GMS notamment qui sont à l’initiative de ce travail national engagé par le Président Macron. «Le système que nous connaissions depuis toujours est arrivé au bout : le consommateur paie plus cher et le producteur est payé moins !», a-t-il poursuivi, ajoutant à cela, les nouvelles attentes de la société en matière d’environnement, de biodiversité, de bien-être animal. «Désormais nous comptons sur la loi pour régir les relations commerciales en vue d’un meilleur équilibre», a indiqué Dominique Fayel à l’attention des parlementaires présents à l’assemblée générale.

Damien Lacombe : «un collectif efficace»

Damien Lacombe, président de Sodiaal Union : «Dans les coopératives, nos relations sont déjà régies par des contrats. Les Etats généraux de l’alimentation sont une chance, dans la mesure où nous pourrons capitaliser sur cet outil en réunissant les acteurs autour de la table. Une nouvelle dynamique est en cours au sein de notre interprofession, à nous d’aller de l’avant ! Pour reconstruire le prix qui créera de la valeur et la renverra aux producteurs, nous nous appuierons sur des indicateurs de marché. L’idée étant de couvrir les coûts de production de l’éleveur et les surcoûts de la filière notamment liés à la saisonnalité. Nous sentons bien que les distributeurs mènent la guerre des prix, qui détruit la valeur. Nous n’avons jamais eu une telle opportunité de pouvoir mener une démarche de filière. Toutes les parties devront être engagées, volontaires pour jouer le jeu jusqu’au bout. Nous menons par ailleurs un projet sur le lait de consommation pour valoriser le pâturage, le non OGM,... en réponse aux attentes des consommateurs».

Pierre Cabrit : «une montée en gamme»

Pierre Cabrit, président de Fil Rouge, association nationale qui regroupe les Organismes de Défense et de Gestion des viandes d’agneau, de bœuf et de veau : «Les Etats généraux de l’alimentation vont permettre la montée en gamme des produits pour une juste rémunération des producteurs. Les astres s’alignent pour que ce soit une réussite : les organismes professionnels sont à l’écoute, les distributeurs se cherchent à l’heure où les promotions ne déclenchent plus l’acte d’achat, le législateur est présent, les consommateurs sont prêts à payer plus cher s’ils sont satisfaits du produit,... Les EGA vont clarifier les choses et mettre de l’ordre dans l’offre : le standard via la VBF, le premium via les SOQ. Nous devons collectivement décider d’un certificat porté par l’Etat qui garantit une rémunération aux producteurs. Un contrat avec un accord cadre qui prend en compte les coûts de production».

Joël Mazars : «une meilleure communication»

Joël Mazars, membre de la Confédération nationale de l’élevage et co-président du groupe COSE ! : «Les EGA ont le mérite d’ouvrir le débat autour de la perception de notre métier. Chaque jour, dans nos fermes et dans notre quotidien, nous sommes questionnés sur notre métier. Beaucoup de choses ont pourtant été faites et sont faites pour répondre aux attentes des consommateurs mais nous n’avons pas su les dire et les mettre en avant ! C’est pour cette raison que nous avons créé le groupe COSE ! qui réunit toute la profession agricole du département. Il faut apprendre à se former pour appréhender les éléments de langage qui nous aideront à faire passer nos messages. Nous sommes tous capables de communiquer sur nos bonnes pratiques».

Dominique Fayel : «des opportunités à l’export»

Dominique Fayel, administrateur FNB et FNSEA : «Sur l’export de nos produits, nous ne pourrons pas imposer la construction des prix mais il constitue un réel axe de développement en parallèle de la montée en gamme. Parce que nous pouvons nous appuyer sur l’art culinaire français, la sécurité sanitaire reconnue, qui nous ouvriront forcément des marchés. Nous avons pu le voir depuis quelques années, même si les conditions sont parfois difficiles, nous avons créé des marchés réguliers sur le broutard avec l’Algérie par exemple. Il faut saisir les opportunités».

Christiane Lambert : «l’espoir de changer la donne»

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA : «Jamais un Président n’avait repris un slogan syndical : «la guerre des prix ne fait que des perdants !». Les élus ne sont pas inertes sur le niveau de revenu des éleveurs. La prise de conscience est collective. Le débat au sein des EGA, qui a réuni plus de 1 000 personnes, a été qualitatif. Le challenge est nouveau et il ne faudra pas reproduire les erreurs du passé en se défaussant, en proposant des lois qui entretiennent la culture du prix bas et donnent les clés à la distribution comme cela a été fait. Il faut être force de solutions. Nos outils doivent retrouver de la rentabilité, les exploitations comme les industries agroalimentaires. La loi de l’alimentation sera clôturée en mai : nous ne devons pas hésiter à rencontrer nos parlementaires pour proposer des amendements qui complètent la loi et vont dans le sens d’une revalorisation à la production. La construction du prix est en marche avant grâce au boulot syndical avec l’ensemble des maillons des filières. La loi va nous permettre de créer des outils dont nous devrons nous servir pour challenger les industriels et aller jusqu’au bout des prix avec la distribution. Les interprofessions et l’observatoire des prix et des marges nous permettront de déterminer des coûts de production de référence. Mais les producteurs devront être organisés et disciplinés. Sur nos fermes nous sommes à jour, il faut le dire et prouver que nous faisons bien les choses. Les consommateurs ont confiance dans les agriculteurs».

Eva DZ