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«Tournée régionale FNB» à Sète : «Défendre et valoriser la production bovine»

29 décembre 2016

«Tournée régionale FNB» à Sète : «Défendre et valoriser la production bovine»

La «tournée régionale de la FNB» pour les régions Occitanie, PACA et Corse a fait escale vendredi 20 décembre à Sète (Hérault), précisément au parc à bestiaux de la gare maritime de la zone portuaire. Des sujets d’actualité y ont été abordés en présence d’une délégation aveyronnaise.

Dominique Fayel, président de la FDSEA Aveyron et administrateur FNB, est allé à Sète avec des membres de la section bovins viande FDSEA Aveyron présidée par Valérie Imbert, elle aussi présente à cette réunion régionale, aux côtés de Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, et d’Olivier Boulat, président de la FDSEA Lozère et administrateur FNB.

La réunion en salle le matin a permis «de faire le point sur l’actualité FNB, les cours, les marchés de la viande bovine et ses opportunités», rapporte Valérie Imbert. Jean-Pierre Fleury a évoqué les difficultés de la filière, «avec des pertes financières qui s'accumulent depuis deux ans chez les producteurs. Entre 350 à 400 € par animal commercialisé, selon les secteurs de production». «Même si l’aide sur les jeunes bovins de 150 euros/animal, selon les critères, décidée récemment, va dans le bon sens», note Valérie Imbert, «nous traversons une passe très difficile en effet». Selon Jean-Pierre Fleury, «sur 70 000 producteurs de viande en France, entre 10 000 et 12 000 seraient en cessation de paiement si on était dans une logique d'entreprise». Et de rappeler que la France détient deux troupeaux, lait et viande, dont les produits sont trop souvent «indifférenciés dans une logique de prix bas».

«Cœur de gamme»

Le concept «Cœur de gamme» a donc été évoqué dans le cadre du partenariat avec des enseignes GMS. «La grande distribution propose trois types de viandes : «fond de rayon», «Cœur de gamme» et «premium». Mais, progressivement, le «fond de rayon» est mis en avant, au détriment des viandes issues du troupeau français allaitant !», dénonce Valérie Imbert. «Jean-Pierre Fleury nous a aussi indiqué qu’en 1950, le budget alimentation des familles était de 30 %, il est aujourd’hui de moins de 10 %».

La présidente de la section bovins viande FDSEA Aveyron ajoute : «nous devons aussi travailler sur la restauration hors domicile, qui utilise jusqu'à 70 % de viandes d'importation. Mais hélas, la volonté politique n’y est pas pour imposer nos productions aux cantines, maisons de retraite et hôpitaux. Nos élus nous répondent que c’est compliqué !»

Marchés export

Autre remarque, «notre politique exportatrice doit être plus volontariste, à la fois pour la viande et pour les animaux vivants. Et les récents accords du CETA (Canada-UE) nous préoccupent... Nous savons qu’il y a un marché à développer sur le pourtour méditerranéen, comme en Turquie. Pour ce pays, la FNB et Interbev ont travaillé en faveur du marché export de nos animaux, mais nous sommes bloqués par un problème d'agrément. Et nous nous sommes faits doubler par les Portugais ! On se pose toujours trop de questions dans notre pays. On pourrait aussi consacrer des surplus de marché à notre armée, comme le font d’autres pays, et comme on le fait déjà avec succès avec les réfugiés dans l’UE».

Cette «tournée régionale » s’est prolongée l’après-midi par la visite du port de Sète, «où transitent environ 85 000 bovins par an, représentant entre 10 et 25 % du trafic du port», détaille Valérie Imbert. «Nous avons là un outil de qualité, au top au niveau du bien-être animal et sanitaire. Nous avons aussi appris qu’il y avait environ un million d’animaux qui transitaient chaque jour sur les mers du globe !».

D.B.