lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Action FDSEA - JA : près de 150 éleveurs contre la braderie de la viande bovine française

30 novembre 2017

Action FDSEA - JA : près de 150 éleveurs contre la braderie de la viande bovine française

Alors que les projets de ratification des accords de libre échange avec le Canada et l’Amérique du sud (pays du MERCOSUR) sont en passe d’être signés, les éleveurs français montent au créneau. A l’appel de la FNB, ils se mobilisent devant les Préfectures pour dénoncer ces accords qui «bradent la viande bovine française».

La FDSEA et les JA de l’Aveyron n’ont pas attendu pour se rallier au mouvement national de protestation contre les accords de libre échange qui doivent être ratifiés avec le Canada et les pays d’Amérique du sud. Près de 150 éleveurs étaient ainsi rassemblés mardi 28 novembre en soirée, bravant le froid et la pluie pour marquer leur mécontentement devant la Préfecture de l’Aveyron, à Rodez.

Le CETA est entré en application provisoire le 21 septembre et doit être prochainement ratifié par le parlement français. Et avec le MERCOSUR, les discussions s’accélèrent, la signature de l’accord étant annoncée pour le mois de décembre avec l’Union européenne. Mais les éleveurs ne veulent pas en entendre parler ! «Ces deux traités de commerce internationaux promettent de brader la production française de viande bovine au profit d’autres secteurs commerciaux, c’est tout simplement hors de question !», ont lancé les responsables FDSEA et JA.

Leur action s’inscrit dans une mobilisation nationale à l’initiative de la FNB, relayée par la FNSEA et JA, pour alerter les pouvoirs publics et les consommateurs sur la menace sans précédent que font peser ces accords sur l’élevage bovin viande français.

Des importations par centaines de milliers

Le premier risque que les éleveurs de races à viande voient dans la ratification de ces accords, c’est l’importation de plusieurs centaines de milliers de tonnes de viande bovine. «Les négociations en cours laissent présager que plusieurs centaines de milliers de tonnes de viandesbovines canadiennes et sud-américaines mais aussi d’Australie et de Nouvelle Zélande pourraient bientôt être importées en Europe, sans droits de douane et sans qu’aucune réciprocité ne soit exigée dans les contraintes de production, alors que le marché européen est aujourd’hui un marché auto-suffisant», dénonce Dominique Fayel, président de la FDSEA 12 et administrateur FNB.

Forcément cet afflux de viande va déstabiliser le marché français et risque d’engendrer une perte de la valeur des viandes françaises. Les responsables professionnels s’appuient sur des chiffres éloquents : «les fermes devront faire face à une perte de résultat colossale de l’ordre de 30 à 60 %. Les éleveurs subissent déjà une conjoncture compliquée depuis plusieurs années. Cette perspective pourrait faire perdre à la filière 20 000 à 30 000 emplois en France du fait de l’arrêt des fermes et de la baisse d’activité dans toute la chaîne de transformation», ont dénoncé Germain Albespy et Anthony Quintard, co-présidents de JA 12.

Une incohérence du gouvernement français

«Ces traités de commerce internationaux ne prévoient aucune harmonisation et exigence en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal, de protection sociale des salariés, de protection de l’environnement,...», rappellent les responsables professionnels.

«D’un côté, le gouvernement nous impose des conditions de production de plus en plus pointues en matière de sécurité alimentaire, de respect de l’environnement, de bien-être animal,… et de l’autre, il ouvre la porte à des produits sans aucune traçabilité ! C’est une incohérence totale de la part des pouvoirs publics !», s’est insurgé Dominique Fayel.

Une ouverture mais pas à n’importe quel prix

Pour autant, les éleveurs rappellent qu’ils ne sont pas opposés au commerce international : «Notre secteur doit être ouvert, mais pas à n’importe quel prix. Les niveaux de normes européens doivent être un préalable indispensable pour pouvoir passer nos frontières», ont-ils exigé.

Signer ces accords reviendraient à aller à l’encontre des attentes des consommateurs francais, très attachés au mode de production, à la sécurité sanitaire et à la qualité des produits.

Lors de leur échange avec le directeur de cabinet et le DDT, le préfet en déplacement a rejoint la délégation d’éleveurs en fin de manifestation, les responsables FDSEA et JA ont relayé leurs demandes. Ils veulent que le gouvernement désigne en urgence une commission d’experts chargée d’évaluer les conséquences de l’accord UE-MERCOSUR pour l’élevage, la santé et l’environnement. Dans l’attente des conclusions de cette commission d’experts, ils demandent que tout accord incluant une offre de viande bovine soit refusé. Et ils exigent, à Bruxelles, en accord avec les engagements pris par le Président de la République à Rungis, une révision du mandat de négociation de l’accord UE-MERCOSUR.

Aux parlementaires qui doivent prochainement se pencher sur l’accord avec le Canada, ils leur demandent de refuser de ratifier le CETA et d’exiger une réouverture des négociations, visant à exclure la viande bovine de l’accord. Et d’impulser la création d’une commission d’enquête prioritaire du Parlement européen sur les conditions de certification sanitaire des viandes bovines brésiliennes.