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Culture

09 février 2017

Réunions RAGT Plateau Central : «L’agronomie au service d’une nouvelle agriculture»

RAGT Plateau Central a organisé une série de huit réunions d’information et d’échanges, entre le 25 janvier et le 3 février, sur le thème : «l’agronomie au service d’une nouvelle agriculture». Elles étaient animées par Serge Moncet, responsable agronomie RAGT PC et Sarah Singla, agricultrice et consultante en agronomie.

«RAGT Plateau Central est convaincu que l’agronomie associée aux nouvelles technologies (couverts végétaux, semis direct, biostimulants, agriculture de précision...) est la solution d’avenir pour une agriculture durable et rentable», reprend Serge Poncet. Lors de la réunion organisée à Baraqueville, jeudi 2 février, il a présenté les orientations agronomiques de RAGT PC, en guise d’introduction technique à l’intervention de Sarah Singla.

Pour Serge Poncet, «ces réunions d’information avaient pour objectif de sensibiliser les agriculteurs sur leur système d'exploitation par rapport au thème de l’agronomie, et, éventuellement, de les aider à progresser face aux problèmes économiques auxquels ils sont confrontés, comme la baisse des cours, les charges de mécanisation croissantes, un pilier environnemental de plus en plus important».

«Levier de compétitivité»

Les éleveurs ont écouté avec attention l’intervention éloquente de Sarah Singla, agricultrice à?Canet-de-Salars, issue «d’une famille pratiquant le semis direct depuis 36 ans», co-fondatrice de l’association Clé de Sol. Elle a mis en avant des pratiques culturales visant à limiter l’érosion, un phénomène responsable «de la perte de 5,6 tonnes de terres chaque année en Aveyron». Cette experte en conservation des sols et au maintien de la matière organique a indiqué que «l’agronomie est un énorme levier de compétitivité pour toutes les exploitations agricoles aveyronnaises».

Et d’ajouter : «nous sommes ici en zone d’élevage où les agriculteurs sont en général très axés et performants sur les vaches, les brebis, les chèvres... L’agronomie est en effet l’un des leviers permettant de produire plus et mieux, aussi bien en termes de quantité et qualité, en respectant et préservant l’environnement. Avec au final, des agriculteurs épanouis dans leur travail, conjuguant l’économique, le social et l’environnemental !».

Serge Poncet a annoncé que RAGT PC proposera des formations de groupe, par exemple sur l’azote, les couverts végétaux, les semis directs sous couverts végétaux, «afin d’aller plus loin dans cette démarche agronomique» conciliant «durabilité et rentablité de l’agriculture».

D.B.

17 novembre 2016

PNR des Grands Causses et prairies fleuries : le palmarès 2016

Depuis 2012, le Parc naturel régional des Grands Causses relaie le Concours agricole national des prairies fleuries, proposé par la Fédération des Parcs naturels régionaux de France. Organisé cette année sur la vallée de l’Aveyron, il a récompensé trois agriculteurs dont un défendra ses chances au SIA 2017 à Paris.

Après le Lévézou, les Monts de Lacaune, les Avants-Causses et la vallée de la Dourbie, le jury d’experts du concours des prairies fleuries sur le territoire du Parc naturel régional des Grands Causses a posé ses valises dans la vallée de l’Aveyron, plus précisément sur le secteur de la nouvelle commune Sévérac d’Aveyron.

Au printemps dernier, ces experts (apiculteur, botaniste, agronome,...) ont visité huit parcelles, celles de Maxime Bedel de Buzareingues (Buzeins), Jean-Pierre Raynal (Lapanouse de Sévérac), Jacques Cornuéjols (Sévérac d’Aveyron), Christian Fabre (Lapanouse de Sévérac), Bruno Lunet de la Jonquière (Lavernhe de Sévérac), Christophe Gral (Sévérac d’Aveyron), Guy Bras (Sévérac d’Aveyron) et David Vernhet (Buzeins).

A l’aide de leur grille de notation, ils ont relevé les multiples intérêts des prairies naturelles. «Ce concours permet de mettre en lumière des pratiques agricoles équilibrées qui maintiennent à la fois la biodiversité et les qualités fourragères», expliquent les organisateurs. Mais aussi de montrer l’intérêt de conserver les prairies naturelles, résistantes aux aléas climatiques et résultats de longues années de pratiques adaptées aux territoires.

«Souvent il y a de la part des agriculteurs un attachement tout particulier envers ces prairies «inter- générationnelles», complètent-ils. Pour le Parc naturel régional des Grands Causses, cet événement est aussi l’occasion de valoriser des secteurs agricoles du territoire où il est peu présent sur des enjeux agriculture/biodiversité, au contraire des sites remarquables (Natura 2000, sites emblématiques caussenards…).

En 2016, le jury d’experts a récompensé la prairie de Maxime Bedel de Buzareingues à Buzeins - Sévérac d’Aveyron en lui attribuant le prix d’excellence agro-écologique. Son dossier sera proposé au jury du concours national agricole, dont la remise des prix pour chaque catégorie a lieu lors du Salon International de l’Agriculture à Paris. Au palmarès figure aussi Jean-Pierre Raynal de Lapanouse de Sévérac, coup de cœur du jury et Jacques Cornuéjols - Tantayrou à Sévérac d’Aveyron pour le prix Abeilles.

En 2017, le Parc naturel régional des Grands Causses fera découvrir à son jury d’experts, les richesses de la vallée du Lot et de la Serre, sur le secteur de St-Laurent-d’Olt.

Eva DZ - source PNR des Grands Causses

03 novembre 2016

Les vendanges 2016 en Aveyron : une année tardive

La tendance générale sur les vignobles aveyronnais c’est une année tardive et des vendanges qui, pour certaines, se sont étalées sur près d’un mois. Les volumes et la qualité sont au rendez-vous, il manque juste un peu de degré !

«L’année est bien partie avec un joli printemps», entame Karine Scudier, conseillère viticulture à la Chambre d’agriculture. «Mais le rafraîchissement en juin et l’humidité qui s’est installée nous ont un peu inquiétés et surtout ont retardé la floraison et ralentit la croissance de la vigne. Ce fut hétérogène selon les secteurs, surtout sur les vignes installées sur des reliefs, mais ce retard s’est ensuite retrouvé au moment de la récolte», résume la technicienne.

Pour la véraison, le retard s’est reporté en raison des grosses chaleurs d’août, ce qui a ralenti la progression notamment des cépages tardifs (fer servadou, cabernet et syrah). «La véraison s’est étalée sur 15 jours ce qui est plutôt rare, les vignerons ne pouvaient rien y faire, il fallait simplement prendre patience !». Finalement la pluie est venue, un peu tardivement pour certains, trop tard même à certains endroits, mais à bon escient pour terminer la véraison. «En Aveyron, le vin se fait surtout sur les mois de septembre et d’octobre, pas en août où les vignes entrent plutôt en état végétatif du fait des chaleurs. Mais pour tout le monde, le retard est resté, c’est la loi de la nature puisqu’un raisin met 100 jours après la floraison pour arriver à maturité».

Côté sanitaire, pas d’incident à relever, si ce n’est à certains endroits quelques attaques de mildiou sur les grappes mais sans conséquence sur les vendanges. De façon générale, les vignes étaient très saines.

En conclusion, la première tendance laisse entrevoir de beaux volumes et une bonne qualité des raisins «mais 2016 restera une année longue, stressante pour les vignerons à cause d’une météo un peu décalée (grosse humidité pendant la floraison, fortes chaleurs en août et septembre et pluies tardives avec aussi des menaces d’orages mais qui ont épargné cette fois-ci les vignobles). Même si elle fut longue à aboutir, la récolte 2016 satisfait la majorité des vignerons du département», résume Karine Scudier.

Eva DZ

06 octobre 2016

Campagnols ravageurs des prairies : le réseau "recherche" des observateurs

Mis à part quelques foyers observés sur le Nord-Aveyron avec une présence moyenne de campagnols terrestres, le niveau de présence des ravageurs des prairies reste globalement faible.

Deux observations peuvent expliquer cette situation :

- la pression exercée par les prédateurs naturels (rapaces, renards…, voire chats errants mentionnés dans quelques communes…) joue un rôle certain dans le maintien d'une population de campagnols faible,

- le temps sec de cette année en fin d'été et début d'automne est défavorable à l'activité de ces ravageurs.

Pour maintenir toute l’année une population limitée, il faut favoriser la régulation naturelle en maintenant ou adaptant des sites favorables aux prédateurs (haies, perchoirs…). Rappelons cependant que pour éviter les pics de pullulation, la lutte chimique est un moyen efficace à basse densité de pression des ravageurs, en ciblant les parcelles refuges. C’est bien en période de faible pullulation qu’il faut contrôler le niveau des populations. Pour pouvoir traiter à la bromadiolone, il faut respecter un protocole : pour connaître les modalités de délivrance et d’utilisation du produit, contactez la FODSA.

Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur les ravageurs des prairies, n'hésitez pas à vous abonner gratuitement sur Internet au Bulletin de santé du végétal «prairies» : http://www.bsv.mp. chambagri.fr/

Rejoignez le réseau des observateurs !

Le réseau de surveillance départemental cherche toujours à s’étoffer avec des observateurs volontaires, afin d’avoir en temps réel la vision la plus complète possible de la pullulation des ravageurs des prairies.

Vous pouvez contribuer à cet état des lieux. La mission est de faire connaître 3 à 4 fois par an le niveau de présence des ravageurs sur sa commune, à l’aide d’un score (note de 0 à 5 : une méthode de comptage simple est fournie). Pour cela, il faut circuler sur le territoire afin de relever les traces fraîches visibles : en fonction de la taille de la commune, ce travail prend de une à deux heures de temps pour chaque observation.

Pour rejoindre le réseau, contactez le secrétariat du comité de développement agricole du Nord-Aveyron à Espalion : tél. 05 65 51 10 50.

Marlène Chantel, CDANA et Vianey Briand, CDAS pour le réseau de surveillance, Benoit Delmas, mission agronomie pour le BSV

04 aout 2016

Conduite des méteils en agriculture bio : des cultures associées pour des rendements réguliers

La Chambre d’agriculture a dernièrement organisé un «coin de champ» sur la condui-te des méteils en agriculture biologique. La rencontre, qui s'est déroulée à Druelle sur l’exploitation de Corinne Delagnes et Pierre Joffre, a mobilisé une quarantaine de participants, prouvant tout l'intérêt suscité par les cultures associées que sont les méteils.

Méteils à moissonner

Pour démarrer cette rencontre, Muriel Six, conseillère agronomie, a fait le point sur des parcelles suivies cette année par la mission agronomie de la Chambre d’agriculture. Deux types de méteils sont à l’étude :

- des méteils dits «simples» : avec par exemple 90 kg d’orge + 70 kg de pois protéagineux par hectare,

- des méteils dits «complexes» : ils associent du pois fourrager (15 à 30 kg/ha) avec plusieurs céréales choisies parmi du blé, triticale, avoine, seigle, épeautre… (et pouvant représenter 75 à 150 kg/ha), et de la féverole pour 50 à 60 kg/ha.

Ces méteils complexes ont été semés entre 180 et 220 kg/ha, mais Pierre Joffre pense qu’on peut arriver à diminuer la densité aux alentours de 150-170 kg/ha, en fonction de la rotation, du salissement de la parcelle…

Ces deux types de mélanges ont été suivis chez des éleveurs bovins viande en conventionnel (ils sont distribués aux veaux), avec pour objectif d’apporter un mélange de céréales et de protéagineux ayant une meilleure valeur azotée.

En système bio, le contexte est différent : on recherchera surtout le bon mélange avec des espèces et variétés qui une fois associées présenteront une bonne tolérance aux maladies, et arriveront aussi à maturité au même moment tout en restant debout jusqu’à la fin. Ce n’est donc pas forcément le taux de protéines du mélange qui est l'objectif prioritaire. La parcelle visitée avec Pierre Joffre lors du coin de champ illustre bien cette réflexion : le pois fourrager n’y est pas dominant (12 à 15 kg/ha), l’agriculteur a surtout trouvé des espèces et variétés qui sont restées saines, qui se tiennent bien et qui ont bien limité le salissement de la parcelle.

En général, les méteils sont positionnés après une prairie de 3 à 5 ans, et, dans ce cas, on peut re-semer un deuxième méteil à l’automne. S’ils sont positionnés après un maïs (qui lui-même vient derrière 3 à 5 ans d’herbe), un seul méteil sera implanté avant de repartir en prairie, car le rendement du méteil suivant baisse très vite.

La fertilisation se fait avant le semis, à raison de 10 à 15 T de compost ou 20 à 25 T de fumier. Le labour peu profond est conseillé pour une meilleure gestion du salissement, mais un semis en techniques culturales simplifiées est toutefois possible.

Les agriculteurs bio «expérimentés» ont exprimé à l’unanimité le fait qu’une fois le semis réalisé, ils ne retournaient dans la parcelle avec le tracteur que pour la moisson. En général, les méteils ne nécessitent pas de désherbage mécanique.

Méteils à ensiler

Dans la deuxième partie de la rencontre, ce sont les méteils à ensiler qui ont été abordés. Dans la rotation des systèmes bovins lait, ils se positionnent :

- soit entre deux maïs, en remplacement d’un RGI pur ou d’un RGI + trèfle incarnat, avec l’avantage par rapport à ce type d'inter-culture de ne pas assécher le sol et d’être un bon précédent au maïs en améliorant efficacement la structure du sol,

- soit entre un méteil moissonné et une prairie semée deuxième quinzaine de mai. Là encore, l’objectif est d’ensiler un fourrage riche en matière azotée.

Ces méteils sont composés pour les deux tiers de légumineuses (pois, vesce, féverole, trèfle) et pour un tiers de graminées (triticale, avoine, épeautre, RGI…), soit par exemple 60 kg de pois, 20 kg de vesce, 60 kg de féverole et 50 kg de céréales. Si la dose de féverole est augmentée, ce sera au détriment de la céréale car la féverole peut servir de tuteur. La profondeur de semis se situe autour de 3 cm, toutes les graines sont semées en même temps pour limiter le nombre de passages et donc réduire le coût d’implantation. La récolte se fera à l’épiaison des céréales (selon les années, cela peut correspondre aussi au début de la floraison des pois) pour ne pas perdre en qualité, l'objectif étant d'avoir 15 à 17 % de matière azotée totale.

Missions Agriculture biologique et Agronomie, Chambre d'agriculture

14 juillet 2016

Produits fermiers et goûters : autour du safran de Murols

C’est un peu par hasard que Vanessa Rayrolles et son compagnon Jérôme se sont lancés il y a tout juste un an dans la culture du safran. “C’est un projet de famille, une envie partagée de construire notre avenir dans l’agriculture”, confie Vanessa.

Sa mère possédait 5 ha sur la commune de Murols et à l’heure de la donation de partage entre ses 3 enfants, elle souhaitait que la ferme retrouve une activité. Vanessa était alors dans l’hôtellerie et Jérôme dans la maçonnerie après avoir aussi travaillé dans des exploitations. Le couple vivait dans la région de Maurs (Cantal). “Nous avons décidé de nous installer à Murols et de démarrer une nouvelle vie professionnelle”.

Vanessa et Jérôme avaient entendu parler de la culture de safran, qui demande peu d’investissement et peu d’espace. “Nous avons rencontré plusieurs producteurs qui nous ont montré leurs installations et nous ont expliqué leur façon de travailler. Le safran se cultive facilement même s’il demande du temps”. Le couple a acheté ses 10 000 premiers bulbes l’été dernier chez un safranier, qu’ils ont plantés sur 600 m², ils ont récolté les fleurs en novembre. “Nous avons choisi des bulbes un peu plus gros pour une récolte plus rapide et nous avons aussi décidé de tout transformer de façon à mieux valoriser nos produits”. Parce qu’il faut aussi réfléchir à la rentabilité dès la première année. “Pour l’heure, l’activité n’est pas rentable pour nous deux, nous attendons de voir ce que va donner le premier été de commercialisation”, avance Vanessa.

Séduits par la petite fleur

Pour mettre toutes les chances de leur côté, ils veulent rejoindre le réseau Bienvenue à la Ferme, dans la catégorie Produits fermiers et Marchés de producteurs de pays, en assurant le marché d’Entraygues sur Truyère puis par ailleurs ceux de Ste Geneviève sur Argence et Mur de Barrez. “Nous avons aussi rénové un bâtiment pour installer notre laboratoire de transformation ainsi qu’une boutique où nous pouvons accueillir le public pour la vente à la ferme parce que pour nous, c’est important d’avoir un contact direct avec nos clients, de leur expliquer notre métier, de leur présenter nos produits”. En prenant contact avec Magaly Bruel, conseillère agri-tourisme à la Chambre d’agriculture et en charge du réseau Bienvenue à la Ferme, Vanessa a eu connaissance des goûters à la ferme, qu’elle propose donc depuis cet été sur la petite terrasse que Jérôme a aménagée.

Là devant un paysage typique du Carladez, les gourmands peuvent siroter un thé ou un sirop parfumé au safran, déguster une crème brûlée au safran ou grignoter quelques sablés sucrés à la châtaigne. La gamme des produits s’enrichit de confitures à partir des fruits de saison de l’exploitation, de pâtes de fruit, de meringues, de vinaigre, de moutarde safranés. Et Vanessa n’hésite pas à mettre aussi en avant les produits locaux : le fromage de Thérondels ou encore le miel et peut-être bientôt le thé d’Aubrac.

"Echanger"

“Le réseau Bienvenue à la ferme peut offrir une vitrine supplémentaire, l’occasion de nous faire connaître et nous espérons pouvoir rencontrer d’autres producteurs fermiers pour échanger avec eux et partager nos expériences”, avance Vanessa. Intégrer le réseau semble somme toute assez simple, Vanessa et Jérôme ayant déjà bien démarré leur activité, ils n’ont eu aucune modification à faire pour rejoindre Bienvenue à la Ferme.

Et pour le contact, tout est venu facilement : “les consommateurs sont surtout curieux et veulent mieux connaître la production de safran, ils aiment aussi le contact direct avec la personne qui produit et transforme”, se réjouit Vanessa, heureuse du bon déroulement de ses premiers marchés de producteurs. Le couple accueille tous les jours de la semaine les visiteurs sur leur ferme : “Nous sommes tout près du Sentier de l’imaginaire à Murols et les marcheurs aiment s’arrêter dans le village à la Forge et maintenant chez nous, pour une petite pause gourmande autour du safran de Murols et un échange convivial et tout en sourire avec Vanessa !“

Eva DZ

02 juin 2016

Concours général agricole des prairies fleuries : le Causse Comtal, riche de sa biodiversité

Huit agriculteurs du Causse Comtal ont participé au Concours général agricole des prairies fleuries. Le jury a fait le tour des parcelles engagées jeudi 26 et vendredi 27 mai. Reportage chez Jean-Marc et Vincent Triadou à Curlande, commune de Bozouls.

Depuis 2014, comme pour les produits et les animaux, les prairies fleuries ont leur Concours général agricole avec une finale nationale au Salon de l’agriculture à Paris. Une médaille d’or et d’argent récompensera par un prix d’excellence agri-écologique, les parcelles qui présenteront le meilleur équilibre entre agriculture et écologie.

En charge de l’animation des sites Natura 2000 du Causse Comtal et des Vieux arbres de la Haute Vallée de l’Aveyron, l’Adasea d’Oc et Rural Concept ont proposé aux agriculteurs de ce secteur de participer à la prochaine édition.

Pendant deux jours, les 26 et 27 mai, un jury d’experts a fait le tour de parcelles chez les 8 agriculteurs candidats dans ce concours, de Sébazac Concourès à Bozouls, en passant par La Loubière, Onet le Château et Montrozier. Emmenés par Thierry Contastin, président du jury, des spécialistes de l’Association Mycologique et Botanique de l’Aveyron (AMBA), de la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, du Conservatoire Botanique National des Pyrénées et Midi-Pyrénées (CBNPMP), du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de l’Aveyron (CAUE) et de l’Université de Toulouse Jean-Jaurès / Laboratoire GEODE de Toulouse ont parcouru les prairies candidates et échangé avec les exploitants sur leurs pratiques.

Jean-Marc Triadou et son frère Vincent sont installés en GAEC à Curlande, commune de Bozouls, et élèvent 105 vaches allaitantes dont quelques Bœuf Fermier Aubrac et 240 brebis laitières pour Roquefort. C’est la première fois qu’ils participent à ce concours : «En intégrant la zone Natura 2000, nous avons contractualisé des MAE en partenariat avec l’Adasea d’Oc qui nous a proposé ce concours. Considérant qu’agriculture et environnement vont ensemble, nous nous sommes dits pourquoi pas !», témoigne Jean-Marc.

Entre parcours et prairies

Les deux éleveurs sont en effet très attentifs depuis toujours aux apports sur leurs prairies : «en contractualisant des MAE, nous n’avons pas eu besoin d’adapter nos pratiques puisque notre taux global de chargement sur l’exploitation (autour d’1 UGB/ha) et nos apports exclusifs de fumier (jamais d’engrais) entraînent un bon rendement et maintiennent la biodiversité sur nos parcelles», poursuit Jean-Marc. C’est aussi pour les deux exploitants, l’assurance d’une récolte d’un foin riche, en adéquation avec les deux productions de qualité dans lesquelles ils sont engagés : le Roquefort et le Bœuf Fermier Aubrac. «C’est tout simplement dans notre état d’esprit», a-t-il résumé.

Ravi des échanges avec les spécialistes, Jean-Marc a beaucoup appris sur l’utilité de chaque plante présente dans sa parcelle, dans la qualité de son fourrage tant d’un point de vue purement agricole que de la biodiversité.

Le commentaire des spécialistes a d’ailleurs été unanime sur le bon niveau de productivité de la prairie, certes très marquée par la présence de graminées même s’il manque un peu de diversité dans les plantes. Néanmoins, l’environnement de la parcelle visitée, entourée de bosquets, de haies, offre un paysage préservé, des lisières exceptionnelles avec des tilleuls, des noisetiers, de très vieux arbres, propices à la présence faunistique (oiseaux, chauve-souris,...).

«La prairie et les parcours sont les deux marqueurs des sites Natura 2000 Causse Comtal et Vieux arbres de la Haute Vallée de l’Aveyron, ils évoluent en complémentarité pour l’équilibre entre agriculture et biodiversité», ont résumé les experts. Ces derniers remettront les prix de ce concours en août à Laissac.

Eva DZ

12 mai 2016

Lutte contre les campagnols : le Préfet de l’Aveyron constate les dégâts sur le nord-Aveyron

La Chambre d’agriculture a initié avec les organismes compétents, un programme de lutte contre les campagnols, un programme qui doit être amélioré et surtout adapté aux spécificités du terrain. C’est donc pour élaborer un plan d’action départemental que le Préfet de l’Aveyron est allé à la rencontre des agriculteurs du nord Aveyron et des organismes spécialisés, mercredi 4 mai.

Représentants du ministère de l’agriculture, de la DRAAF, des FREDON (fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles) Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, de FODSA - GDS Aveyron, de la Chambre d’agriculture, du syndicalisme, du collectif... se sont retrouvés d’abord sur une exploitation de St Chély d’Aubrac puis sur quelques parcelles et à la coopérative Jeune Montagne à Laguiole, pour échanger sur la problématique des campagnols et surtout avancer des solutions de lutte efficaces. «Certes il existe une boîte à outils mais elle n’est pas adaptée aux spécificités de notre territoire et rend donc inefficace la lutte contre les rats taupiers, qui ont causé de gros dégâts sur nos prairies l’année dernière», a témoigné Noël Entraygues devant le Préfet de l’Aveyron.

Ce dernier a en effet pu mesurer l’impact tant économique que moral de ces petites bêtes pour les agriculteurs du nord Aveyron. «Les phases d’invasion de rats entraînent la destuction de prairies, des pâtures et affaiblissent la récolte de foin, les agriculteurs peuvent perdre beaucoup et ont déjà beaucoup perdu», a argumenté Dominique Fayel. Le président de la FDSEA regrette le manque de moyens sur la lutte : «la recher-che publique n’est pas mobilisée, les règles environnementa-les nous empêchent d’agir et les moyens chimi-ques sont restreints».

«Si contre la météo nous ne pouvons rien, contre les campagnols, nous pouvons faire quelque chose, encore faut-il s’organiser et donner les moyens d’agir efficacement», avancent les responsables professionnels.

La profession demande également une indemnisation des pertes fourragères car les dégâts de campagnols obligent les agriculteurs à acheter du fourrage, supportant des factures jusqu’à 50 000 euros !

Trouver des moyens de lutte efficaces

Alors que le Cantal a déjà initié un arrêté départemental concernant la lutte contre les rats taupiers, les agriculteurs demandent une meilleure coordination d’actions entre les départements et les régions, certains s’ils sont installés en Aveyron, possèdent aussi des estives dans le Cantal par exemple. Sur ce point, ils demandent l’appui du Préfet de l’Aveyron. Et nombre de propriétaires ne sont pas toujours agriculteurs et donc pas forcément sensibles à cette problématique des rats taupiers, qui dépassent pourtant le cadre agricole et peut devenir un sujet de santé publique. C’est pourquoi, la profession agricole demande aussi la mobilisation des collectivités locales sur le sujet, Vincent Alazard, conseiller départemental, participait d’ailleurs à la réunion technique.

De même le syndicat mixte de préfiguration du Parc naturel régional de l'Aubrac s’est penché sur la problématique pour accompagner les agriculteurs sur 6 zones pilotes, dont 4 en Aveyron mais le coût de ces opérations est élevé et les moyens financiers manquent, de même pour les programmes de recher-che en cours.

Des groupes de travail en place

«La recherche est nécessaire car tout ne peut pas être résolu tout de suite, elle doit donc être soutenue», a assuré le Préfet de l’Aveyron. Accompagné des représentants de la DRAAF et du ministère, Louis Laugier compte sur la volonté collective des agriculteurs pour lutter contre les rats taupiers. Néanmoins, les services de l’Etat avouent manquer d’éléments précis sur les pulullations. Ils participent à des groupes de travail à l’échelle du Massif central pour avancer sur des moyens de lutte efficaces sur ce territoire spécifique.

«Nous prenons le problème à bras le corps», a assuré le Préfet de l’Aveyron, «cet automne, j’avais déjà pu constater les actions menées par les agriculteurs : réseau de surveillance, piégeages, installation de piquets pour les proies,... mais il y a encore beaucoup à faire. Nous allons réfléchir ensemble avec la profession à la mise en œuvre d’indemnisations plus rapides, plus souples, à l’accompagnement de la recherche,... en nous appuyant sur les données du terrain et le ressenti des agriculteurs».

Eva DZ

28 avril 2016

Conduite du mais ensilage bio : compromis entre sol, météo, savoir-faire

Avec l'augmentation des conversions en AB ce printemps et notamment dans la filière bovin lait, de nombreux agriculteurs vont s'initier à la culture du maïs ensilage bio. Cet article présente les éléments clés pour réussir.

Place dans les rotations

En agriculture biologique, la monoculture du maïs n'est pas une pratique envisageable. Il est préférable de l'introduire dans des rotations de 5 à 7 ans pour éviter l'épuisement et le salissement du sol. En Aveyron, en élevage laitier, le maïs suivra très souvent 3 à 5 ans de prairie. Une prairie précédant un maïs doit être, si les conditions le permettent, enfouie précocemment pour diminuer la présence de taupins. Il n'est pas impossible de faire suivre deux maïs sur deux ans, cependant, il faut que la qualité du sol soit bonne ou qu'il soit irrigué. Sans ces conditions, le deuxième maïs va voir son rendement à la baisse notamment à cause du salissement. Dans le cas de deux maïs successifs, il est préférable d'implanter un couvert végétal entre les deux cultures. On préfèrera un méteil à un ray-grass car celui-ci assèche plus le sol si ce couvert doit être récolté. Dans le cas d'un couvert à vocation d'engrais vert, on privilégiera les légumineuses et les crucifères. Une céréale à paille peut suivre un maïs pour clôturer la rotation si un seul maïs.

Choix des semences

La semence doit être certifiée AB. Plusieurs critères sont à privilégier pour le choix des semences en AB. L'objectif est de trouver un compromis entre précocité, vigueur, résistance aux maladies, à la sécheresse et rendement en fonction de la situation pédo-climatique donnée. En zone haute, il faudra choisir un indice un peu plus précoce qu'en conventionnel du fait du décalage de la date de semis.

Au départ, le maïs va être en concurrence avec des adventices et soumis à des parasites, des insectes ; c'est pour cela qu'un maïs vigoureux est un choix judicieux.

Préparation du sol et semis

Le labour, bien qu'il soit de plus en plus discuté, reste une bonne solution pour enfouir des prairies et éliminer les adventices sensibles surtout sur les graminées tels que les panics. Cependant, il reste plus aléatoire sur les chénopodes, l'amarante. Un labour peu profond avec un travail du sol comme le semis, peut être réalisé un mois avant pour permettre un faux semis.

Le faux semis est une pratique appréciée en AB afin de faire germer les adventices et les détruire dès la germination avec un passage de vibroculteur par exemple 2 à 3 semaines après le labour. Le travail du sol à la reprise sera en fonction de l'affinement de la terre. Le but étant d'obtenir un sol meuble et le plus propre possible.

Le maïs en TCS est peu pratiqué actuellement en Aveyron. Dans cette technique, il faut privilégier la destruction de la prairie à l'automne pour implanter un couvert végétal gélif qui servirait d'engrais vert et dont le système racinaire travaillerait le sol.

Le semis en AB est souvent retardé par rapport au semis en agriculture conventionnelle (environ 10 jours plus tard quelle que soit la zone). Le but est d'implanter le maïs dans une terre plus chaude pour favoriser son développement rapide dès le début. Un maïs qui germera vite et poussera plus rapidement concurrencera mieux les limaces, le taupins et les adventices. La densité de semis sera un peu plus élevée par rapport au semis conventionnel (80 000 à 100 000 pieds/ha) afin de compenser les pertes liées au taupin et au dé-sherbage. Le semis se réalise le plus souvent avec le passage d'herse rotative en combiné.

Fertilisation

La fertilisation du maïs provient essentiellement de l'apport d'effluents d'élevage avant le labour. 10 à 15 T/ha de compost ou 20 à 25 T/ha de fumier ou lisier peuvent être épandus avant le labour pour atteindre 80 à 100 unités d'azote organique/ha. Il est possible d'épandre des effluents d'élevage conventionnel à condition qu'ils proviennent d'exploitations ayant des surfaces d'épandage suffisantes et qu'ils soient compostés.

Désherbage

Le désherbage du maïs en AB débute avant le semis notamment avec le labour et/ou le faux semis. Le désherbage est entièrement mécanique avec l'utilisation d'herse étrille, d'houe rotative ou de bineuse.

La herse étrille va être sollicitée au bout de 3-5 jours après le semis. Le but étant de mettre en surface les germes d'adventices pour que le soleil les dessèche et notamment ceux sur le rang. Il faut cependant bien maîtriser l'agressivité des dents de la herse et la vitesse de travail qui doivent être moindres. Un deuxième passage est conseillé au stade 4-5 feuilles tout en ajustant la herse à un travail très superficiel et une vitesse de travail faible (4-5 km/h). L'efficacité de cette pratique est d'autant plus importante avec un temps ensoleillé et chaud qui permettra d'éliminer les adventices arrachées.

La houe rotative accomplit un travail similaire à la herse étrille. Elle s'adapte à plusieurs types de sol et doit être utilisée pour des adventices au stade filament. Son usage permet aussi de casser la croute de battance.

La bineuse est l'outil de prédilection pour terminer le désherbage avant que le maïs ne couvre l'inter-rang. Son passage est réalisé lors du stade 8-10 feuilles de la culture et peut être répété s'il a été effectué sur un stade plus précoce.

Il faut retenir que le désherbage mécanique du maïs est d'autant plus efficace que les adventices sont jeunes et les conditions favorables. La réactivité de l'agriculteur par rapport à la fenêtre météo sera déterminante. Les pertes de pieds de maïs dues à une mauvaise maîtrise de ces outils sont compensées par la densité de semis plus importante qu'en conventionnel.

Un coin de champ sur le dé-sherbage mécanique du maïs sera organisé début juin en partenariat avec la FDCUMA.

Irrigation

La capacité à irriguer un maïs est un vrai atout pour cette culture, surtout en AB. Le maïs est très sensible au déficit hydrique notamment au début de son développement, avant et après la floraison et lors du remplissage du grain. Il va falloir trouver le bon équilibre entre quantité d'eau, besoins de la plante et conditions climatiques afin d'avoir une croissance optimale de la plante. Lorsque l'irrigation est pratiquée, les rendements en AB sont proches de ceux en conventionnels.

Le stade de récolte du maïs ensilage bio est identique à celui en conventionnel (stade grain pâteux, 32 % de MS). Cette culture est une source d'énergie très intéressante en production laitière. Elle s'utilise en complément de fourrages azotés (patûre, ensilage, foin, méteil protéagineux..), jamais en fourrage dominant car sa complémentation azotée en AB est à un prix très élevé.

Jérémy Séguret, stagiaire mission AB, Chambre d'agriculture

28 avril 2016

Journée agronomie à Flavin avec Lucien Séguy : protéger et produire

Belle réussite pour la journée agronomie organisée à Flavin jeudi 21 avril par le syndicat du bassin versant du Viaur en partenariat avec l’association Clé de sol. Près de 200 personnes ont assisté en journée à la conférence de Lucien Séguy, ingénieur agronome et plus d’une centaine était présente à la soirée débat qui a suivi.

Oui l’agronomie peut être un levier à la compétitivité des exploitations ! Tel fut le discours de Lucien Séguy, ingénieur agronome qui a passé sa carrière aux quatre coins du monde à travailler sur les couverts végétaux notamment. «Comme un tapis que l’on pose au sol, le couvert végétal peut s’installer partout, sur tous les types de terrain, c’est un système généralisable et extrapolable», a introduit Lucien Séguy. A condition toutefois de respecter certains préalables : éliminer les contraintes physiques majeures du profil cultural (compaction, semelles de travail du sol), corriger les déficiences chimiques importantes pour les cultures, détruire les mauvaises herbes pérennes (vivaces) et avoir un sol bien nivelé en surface.

«En plus de protéger, le couvert végétal permanent permet de produire plus et plus propre», assure le spécialiste. «Mais il faut bien savoir quels couverts mettre en place, pour quelles fonctions. Il ne faut pas se tromper sur les propriétés des plantes: je pense que le plus efficace est le mélange de plantes». Et pour ceux qui ne peuvent mettre de couverts végétaux entre les cultures, Lucien Séguy propose d’associer aux cultures, des plantes de service. «Les couverts végétaux sont des mini-forêts à intégrer dans les systèmes de culture et de production. Ils sont multifonctionnels : régénérateurs et pourvoyeurs de fertilité biologique pour les sols». Il poursuit : «C’est la qualité et la quantité de biomasse et de carbone qui comptent dans les couverts végétaux : cela s’obtient par la biodiversité, le nombre de plantes et leur complémentarité dans l’espace et le temps».

"Un outil d’une révolution verte"

Pour Lucien Séguy, les couverts végétaux sont «un outil d’une révolution verte qui apporte une productivité élevée, stable, une fertilité croissante, de la production, de l’eau et des sols propres». Par la force des plantes et la biodiversité fonctionnelle, ce spécialiste a constaté sur le terrain, des sols dégradés voire stériles qui ont retrouvé une belle productivité !

C’est donc au terme d’une journée riche en enseignements, que les participants ont retenu l’ABC des surfaces couvertes : absence de travail du sol, biodiversité fonctionnelle et couverture des sols. «Cet apport de connaissances et les témoignages d’agriculteurs aveyronnais qui utilisent les couverts végétaux sont autant d’enseignements pour ceux qui souhaitent se lancer. Et nous les accompagnerons dans leurs travaux», ont expliqué Héléne Pouget, animatrice du syndicat du bassin versant du Viaur et Sarah Singla, de l’association Clé de sol, les deux structures organisatrices de l’événement.

Parmi les témoignages complémentaires, Alain Canet, président de l’association française d’agroforesterie a présenté le programme Agr’eau, proposé sur le bassin Adour Garonne, qui travaille sur l’optimisation des couverts végétaux, la qualité et la quantité d’eau, le sol, les paysages, le climat, la biodiversité et la productivité agricole. «On peut produire et protéger en même temps», assure-t-il. «L’Aveyron est un département agroforestier où l’on peut bien valoriser les branches des arbres qui protègent et bonifient les sols. A nous désormais de vulgariser ces données en s’appuyant sur l’expérience de nos pionniers !». Les journées techniques comme celle de Flavin, y contribuent.

Eva DZ

24 mars 2016

Assemblée générale producteurs de semences de maïs : «Une belle campagne 2015»

L’assemblée générale du syndicat des producteurs de semences de maïs de l’Aveyron (SPSMA) s’est réunie jeudi 17?mars, à Baraqueville, sous la présidence de Franck Chincholle.

Le syndicat rassemble 84 producteurs de semences de maïs installés en Aveyron avec une moyenne de 8?ha par exploitation, et une culture souvent associée à une production d’élevage. Ils travaillent sous contrat avec RAGT avec une superficie totale de 633 ha dans le département, en 2015. «Après plusieurs années de hausse, la production de maïs semence se heurte à la conjoncture morose des marchés», souligne Emmanuel Boucher, responsable technique du SPSMA. «Les surfaces françaises 2015 sont en baisse de 25?% pour atteindre 70 000 ha. Si cette baisse était prévisible et renoue avec des niveaux de production plus raisonnables, elle n'en demeure pas moins difficile à absorber pour les réseaux de producteurs. Avec un programme de 633 ha, le réseau aveyronnais accuse ainsi une baisse de 19 % de ces surfaces (150 ha) soit en moyenne 2 ha par exploitation».

Irrigation

Mais les producteurs ne se sont pas découragés et les mises en place se sont faites dans de bonnes conditions, «de telle sorte que plus de 92 % des femelles ont pu être semées au mois de mai. Mises en place qui ont marqué le lancement d'une longue et intense campagne d'irrigation», note le SPSMA. Avec un temps sec les irrigations ont été nécessaires dès les semis pour harmoniser et synchroniser les levées. La suite fut marquée par de faibles précipitations et de fortes chaleurs. «L'engagement des producteurs et la mobilisation indispensable des ressources en eau ont permis de conserver le potentiel des cultures». L’occasion pour Fanck Chincholle «de souligner toute l'importance de l'accès à la ressource en eau ! Avec une fin d'été plus favorable, les récoltes se sont finalement déroulées dans de bonnes conditions et nous avons pu conclure une belle campagne en livrant plus de 102 % des quintaux objectifs qui nous étaient fixés. Ces bons résultats sont très satisfaisants et marquent une différence notable avec ceux des secteurs plus exposés à la canicule de l'été 2015».

Côté économique, les résultats sont en léger recul par rapport à 2014 (- 113 €/ha en moyenne), recul essentiellement lié à la légère baisse des résultats techniques de cette année par rapport à l'excellente récolte 2014 (104?% des objectifs techniques). Selon le SPSMA, «cette relative stabilité découle directement de notre accord conclu avec RAGT, qui fonde en grande partie le prix des contrats maïs semence sur une moyenne pluriannuelle des prix maïs consommation, lissant ainsi fortement les variations du marché».

Compétitivité

Les systèmes de péréquation (assurance multirisque climatique, caisses de risques) développés au sein de la filière ont permis de redistribuer près de 50?000 € sur le réseau des producteurs aveyronnais et ainsi de redresser les rémunérations de plus de 25 % des contrats. «Ainsi, bien que le revenu brut à l'hectare soit relativement stable, la rentabilité et le revenu global de l'atelier semence sur l'exploitation sont quant à eux en baisse sous l'effet des réductions de surfaces». Pour le SPSMA, «alors que la conjoncture sur le marché des semences de maïs impose une nouvelle baisse des surfaces en 2016, l'esprit de solidarité et de partenariat qui anime la filière s'annonce primordial». Dans les prochains échanges qui définiront les accords pour 2016, le SPSMA aura à cœur «de faire valoir la souplesse de son réseau qui malgré la fluctuation des plans de production n'a eu de cesse de poursuivre ses efforts et ses investissements pour améliorer ses performances, gage de compétitivité pour son partenaire RAGT».

Source SPSMA

18 février 2016

Les échos d’Ecophyto 2 : programme d’action renforcé

Le plan national Ecophyto, mis en place en Aveyron sur 12 exploitations via le programme d'action DEPHY, a permis de constituer un référentiel de systèmes de culture combinant une moindre utilisation des produits phytosanitaires et la performance économique des exploitations. Tout en continuant un travail de recherche, les actions à venir, intégrées dans le plan Ecophyto 2, visent à divulguer au plus grand nombre les techniques qui rendent les systèmes de culture économes en phytosanitaires et économiquement performants.

Le plan Ecophyto a été initié en 2008 et concrétisé en 2011. Les travaux effectués depuis cinq ans au sein des fermes DEPHY Ecophyto de l’Aveyron ont donné des résultats probants sur la diminution de l'utilisation des produits phytosanitaires. Les mesures relevées suite aux essais réalisés ont montré une baisse ou une stabilisation de l’IFT (Indice de Fréquence de Traitement) bien en dessous des moyennes régionales. Ces résultats confirment la possibilité de développer une agriculture performante et productrice dans le cadre d’un développement durable.

Un réseau de fermes partenaires à conforter

Le nouveau plan Ecophyto, qui doit s’engager cette année, maintient ces objectifs de baisse d’utilisation des produits phytosanitaires dans l’acte de production agricole. Pour y parvenir, la mise en place d’essais de terrain est primordiale : le suivi d’agriculteurs volontaires qui mettent leur exploitation à disposition des expérimentations est donc maintenu.

La volonté des dirigeants nationaux de renforcer le suivi Ecophyto, appelé Plan Ecophyto 2, donne la possibilité à de nouveaux agriculteurs d’intégrer le groupe DEPHY du département. Une procédure d’engagement est en cours. En plus du ré-engagement des éleveurs «historiques», les nouvelles exploitations contribueront à développer les suivis individuels et l’animation collective.

Fermes Dephy : du projet individuel à la valorisation collective

Par la mise à disposition de leurs parcelles dans le cadre d’essais techniques, les agriculteurs engagés dans le groupe DEPHY contribuent très largement à la constitution de références.

Le travail qui démarre en 2016 confortera et approfondira les résultats déjà atteints. Un projet individuel pour chaque exploitant sera étudié, ainsi la priorité de l’éleveur sera respectée. A titre d’exemple, la volonté de maintenir un couvert végétal permanent, la recherche de l’autonomie fourragère ou le souhait de pratiquer les techniques simplifiées de travail du sol pourront être étudiés dans le cadre d’une diminution d’application des phytosanitaires. Pour l’ensemble du groupe, un projet collectif, construit sur les attentes communes à tous les participants, servira de fil rouge pour l’animation collective.

La communication, objectif clé d'Ecophyto

La réussite du plan Ecophyto est conditionnée par la valorisation des résultats obtenus. C'est la raison pour laquelle, en parallèle du suivi individuel et de l’animation collective du groupe DEPHY, des actions de communication - démonstration seront organisées tout au long de l'année. Elles auront pour but de diffuser et de vulgariser auprès du plus grand nombre les innovations techniques testées et validées chez les producteurs DEPHY. Pour certaines de ces actions, les lycées agricoles intégrés dans l’action Ecophyto, serviront de support. Une partie des élèves sera mise à contribution pour la mise en place des essais, la préparation et la réalisation de journées de communication.

DEPHY et couverts végétaux : rendez-vous à Albi le 24 mars

Une première demi-journée de démonstration va avoir lieu le 24 mars, à Bellegarde dans le Tarn, sur l’exploitation du lycée agricole d’Albi Fonlabour. Cette rencontre consacrée aux couverts végétaux présentera différents types de couverts et les résultats obtenus sur le sol. La société RAGT, partenaire du réseau DEPHY sur le Tarn et l’Aveyron, présentera une gamme de couverts végétaux à choisir suivant les objectifs de l’éleveur.

Le programme de la journée sera détaillé dans une prochaine édition de la Volonté Paysanne.

Jean-François Levrat, ingénieur réseau Ecophyto, Chambre d'agriculture de l'Aveyron

04 février 2016

Production de châtaignes et cynips : la lutte biologique est déclarée

Une quarantaine de producteurs ont récemment participé à une réunion technique sur la lutte biologique contre le cynips à Rignac. Les propriétaires de vergers de châtaigniers, les forestiers et les apiculteurs étaient invités.

L’objectif était de présenter le cynips du châtaignier et son moyen de lutte biologique. Christian Boivin, inspecteur sanitaire à la Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles (FREDON), à Ramonville St-Agne (31) est intervenu lors cette réunion, avec l’appui de Nicolas Borowiec de l’INRA de Nice. Ils ont présenté les connaissances relatives au programme de lutte développé au Japon et en Italie. Concernant les suivis en Italie, cinq années après les premiers lâchers de torymus, la production de châtaignes était équivalente à celle d’avant l’arrivée du cynips.

Torymus sinensis

De nombreuses publications circulent sur la présentation du cynips comme sur la plaquette de l’Union Interprofessionnelle du Sud-Ouest. Au niveau du torymus sinensis, qui est de couleur vert métallisé, cet auxiliaire rentre dans une chaîne alimentaire. Ces parasitoïdes sont inféodés à une famille de proie.

La femelle, grâce à une tarière de ponte, introduit un ou plusieurs œufs dans les galles de cynips au printemps. Le stade idéal de ponte est le stade D du châtaignier. C’est-à-dire quand l’enveloppe du bourgeon, sur les feuilles apparentes, tombe. Une femelle pond de 60 à 70 œufs. Dès leurs éclosions, les nymphes de torymus se nourrissent des larves de cynips. La température souhaitable lors des lâchers est de plus de 10 degrés. Lors des lâchers, il faut repérer si possible les lieux ensoleillés et les répartir sur plusieurs points. Selon les comptages effectués, entre 80 à 90 % des torymus adultes sortent au bout d’un an.

Pour approvisionner les lâchers, le torymus est récupéré dans des galles collectées en hiver puis élevé et trié des autres insectes, avant d’être mis en dormance et nourri avant le lâchage. On rentre alors dans un cycle de lutte où après une phase d’attaque de cynips, de lutte avec les torymus, de régulation des cynips, il y aura d’autres phases avec des recrudescences nécessitant des moyens de lutte plus longs.

Un comptage avec la FREDON

Pour les producteurs ayant déjà effectué des lâchers de torymus, la Fredon propose cette année, sur la base de prélèvements par secteur géographique, un comptage de torymus sur 500 galles afin de réaliser des lâchers permettant un meilleur maillage territorial. La Fédération départementale castanéïcole va se positionner sur quatre sites sur le département, ou plus selon la demande.

Christian Boivin a indiqué un délai d’une semaine sur ce suivi des lâchers. D’autre part, afin d’optimiser la période idéale de lâcher en 2016, une fiche avec un protocole permet de réaliser un suivi d’évolution des bourgeons par stade.

Pour une bonne coordination de cette démarche avec ces relevés, les personnes concernées doivent contacter Daniel Marre, conseiller agricole à la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, ou Michel Lacombe, président de la Fédération départementale castanéïcole, au 05 65 73 79 01.

Voici les adresses internet pour télécharger la fiche de transmission des observations des stades phénologiques du châtaignier :

http://www6.inra.fr

http://limousin.synagri.com

31 décembre 2015

Zone vulnérable-analyses de sols obligatoires : la campagne prélèvements sur céréales d'hiver lancée

 

Sur les 10 communes de la Zone vulnérable délimitée en 2012, les agriculteurs cultivant plus de 3 ha de surface doivent effectuer au minimum une analyse de sol par an. La campagne de prélèvements de terre pour analyse de reliquats azotés organisée en ce début d'année par la Chambre d'agriculture a un double objectif : réglementaire certes, mais aussi agronomique. Découvrons plus en détail les avantages de cette opération et les modalités d'inscription.

Que dit la Directive Nitrates aujourd’hui ?

La réglementation impose aux agriculteurs qui cultivent plus de 3 ha sur les 10 communes de la Zone vulnérable 2012 de réaliser au moins une analyse de sol par an. Sont concernées les communes de Calmont, Camboulazet, Castanet, Crespin, Manhac, Naucelle, Pradinas, Rullac, La Selve et Tauriac de Naucelle.

Pour aider les agriculteurs à répondre à cette obligation, la Chambre d’agriculture propose un service de mesure de reliquats azotés sous forme de campagnes de prélèvement. La première, sur parcelles de céréales, va avoir lieu très bientôt. C’est le moment de s’inscrire !

Remarque importante : les 136 autres communes nouvellement intégrées à la ZV (liste parue en mars 2015) ne sont pas concernées à ce jour : cela signifie que les agriculteurs de ces communes n’ont aucune obligation pour la campagne 2015/2016.

Un service très utile pour les analyses de sol annuelles obligatoires

Pourquoi organiser une campagne de mesure de reliquats azotés ?

La valeur du reliquat azoté dans le sol est un des paramètres du calcul de la dose prévisionnelle d’azote. Sa mesure est cependant délicate car :

- sa fiabilité nécessite de respecter les conditions de réalisation du prélèvement (profondeur et protocole d’échantillonnage), ainsi que la chaîne du froid et le délai entre le prélèvement et l'arrivée au laboratoire,

- son interprétation dépend de l’historique de la parcelle (voir plus bas).

Afin de rendre les choses plus faciles et de faire en sorte que ces analyses soient effectuées dans des conditions optimales, la Chambre d'agriculture met en place une campagne de prélèvements auprès des agriculteurs.

Les prélèvements sont délégués à un opérateur, ce qui est un gain de temps. L’opération collective permet aussi l’accès à un tarif préférentiel (61,20 € HT/ analyse).

Des mesures parfois difficiles à interpréter et à intégrer au calcul

Le reliquat azoté mesuré résulte de la somme de l’azote sous forme ammoniacale (NH4+) et de l’azote sous forme nitrique (NO3-) présents jusqu’à une profondeur de 60 cm. Le NH4+ a la capacité de se transformer en NO3-, c’est cette dernière forme qui est principalement utilisée par la plante.

La mesure du reliquat azoté est très bien adaptée aux systèmes de grandes cultures, faibles utilisateurs de matière organique et n’ayant pas de prairies dans la rotation. En revanche, en système d’élevage, les conditions sont particulières :

- les taux de matière organique dans le sol sont élevés,

- les épandages d’effluents organiques sont fréquents, notamment au semis des céréales,

- des prairies plus ou moins âgées précèdent la céréale.

De ce fait, les valeurs de reliquat azoté dans le sol (et plus précisément d’ammoniac) sont très fluctuantes dans le temps. Au moment de la mesure, on peut tomber sur des pics, ce qui conduira à surévaluer l’azote réellement disponible pour la plante sur son cycle de végétation.

A partir de la campagne 2016, pour contourner ce biais, le laboratoire va introduire des seuils sur la fraction ammoniacale mesurée, évitant ainsi les écarts manifestes à la réalité agronomique. La valeur obtenue sera toujours comparée aux cas-types de l’année. En cas d’écart trop important, il sera recommandé de retenir le cas-type correspondant à la situation de sa parcelle.

Pour rappel, ces cas-types sont calculés à partir de la méthode théorique d’Arvalis Institut du végétal : ils utilisent notamment des paramètres liés au précédent, au type de sol (rendement, azote apporté, minéralisation du sol…) et à la pluviométrie hivernale.

Au-delà de leur utilisation dans le calcul du bilan azoté, ces résultats restent valides vis-à-vis de l’obligation réglementaire de réalisation d’une analyse.

Comment ça marche ? Quand et comment s'inscrire ?

Les deux campagnes de prélèvement proposées vont se dérouler l'une en janvier pour les céréales d’hiver, et l'autre en début de printemps pour les maïs.

Un technicien de la Chambre d'agriculture sera présent sur les communes concernées pour prendre les commandes (voir le calendrier en encadré). Pour vous inscrire, c’est très simple et rapide : il suffit d’apporter une copie (que vous nous laisserez) des photos PAC de la parcelle de céréale d’hiver sur laquelle vous souhaitez effectuer l’analyse. Après localisation avec le technicien des parcelles sur un logiciel, votre commande sera enregistrée, le prélèvement sera ensuite réalisé (vous n'aurez pas besoin d'être présent) et, au final, vous recevrez directement les résultats de l’analyse à votre domicile début mars.

Un intérêt technico-économique certain

La mesure des reliquats azotés dans le sol à des moments importants de la culture - fin du tallage des céréales ou avant le semis des maïs - participe au pilotage optimisé de la fertilisation, avec à la clé une réduction des coûts induits et une meilleure efficience des apports. Faire réaliser le prélèvement sécurise la qualité de l'échantillon collecté et donc la valorisation au champ par vos soins des résultats de l'analyse.

L’opération conduira en outre à l'échelon collectif à une meilleure connaissance des conditions de culture pour des recommandations saisonnières plus précises.

Vianney Briand, conseiller animateur de territoire Ségala

24 décembre 2015

Pullulations de rats taupiers : le PNR Aubrac propose un programme d’actions

Le rat taupier, ou campagnol terrestre, a connu en 2015 une forte pullulation sur l’Aubrac, ainsi que dans d’autres régions du Massif central. Le syndicat mixte de préfiguration du PNR Aubrac lance un programme d’action avec les partenaires du territoire.

Si le campagnol terrestre a toujours été présent sur l’Aubrac, ses pullulations sont régulières depuis le milieu des années 80. Elles sont plus fréquentes et de plus grande ampleur.

Depuis le début de son existence, le projet de PNR de l’Aubrac est conscient du fort impact agronomique, économique, sanitaire et environnemental de ces pullulations.

La production d’herbe, base de l’élevage sur l’Aubrac, est altérée par ces pullulations et ces conséquences pèsent souvent fortement sur l’équilibre des exploitations agricoles et compromettent leur avenir. Parallèlement, plusieurs marqueurs de l’identité de l’Aubrac, tels que le paysage agropastoral, la qualité de l’eau et la diversité de la flore prairiale sont impactés par les dégâts des pullulations de campagnols terrestres.

Suite à plusieurs rencontres organisées courant 2015 à l’échelle du Massif central, le syndicat mixte de préfiguration du Parc naturel régional de l’Aubrac travaille aujourd’hui avec ses partenaires au montage d’un programme de lutte contre les pullulations de rat taupier : discussion avec des agriculteurs de l’Aubrac, rencontre des chercheurs (INRA, VetAgroSup, Université de Clermont-Ferrand et de Franche-Comté), rencontre des autres PNR du Massif central concernés, réunion avec les Chambres d’agriculture et les FREDON des trois régions et départements couvrant l’Aubrac.

Une action collective

Comme point d’étape vers le dépôt d’un projet auprès de financeurs, le syndicat mixte de PNR de l’Aubrac a organisé lundi 14 décembre à Saint-Urcize, une réunion pour présenter un programme d’actions en cours de construction : objectifs, principes de travail, actions à porter avec les agriculteurs intéressés et les acteurs locaux.

Ce programme opérationnel s’organise autour de la création de 3 à 5 zones témoins d’intervention réunissant des groupes de 5 à 10 agriculteurs volontaires. Sur ces zones seront appliqués et adaptés des systèmes de lutte combinée (lutte mécanique, biologique, chimiques, pratiques agricoles, expérimentations), dans l’objectif de généraliser les systèmes efficaces, viables et adaptés à l’Aubrac.

Les agriculteurs participent

Une trentaine d’exploitants agricoles des 3 départements ont participé à cette réunion de travail, ainsi que les représentants de Chambres d’agriculture, de FREDON, du CDANA et du GVA de Chaudes-Aigues. Suite aux questions et échanges, de nombreux agriculteurs présents se sont inscrits pour commencer à agir de manière collective, coordonnée et à long terme.

Dès le début d’année 2016, le travail démarrera avec les exploitants volontaires pour préciser la délimitation des zones témoins (exploitations et parcelles contiguës) et les actions à y engager.

Après cette première étape, deux journées de travail seront organisées en Franche-Comté, pour que les agriculteurs participants de l’Aubrac échangent avec leurs homologues de Franche-Comté qui ont développé des systèmes de lutte efficaces.

Les adhésions, les réactions, les échanges enregistrés au cours de la réunion font un écho positif et donnent sens à l’initiative du syndicat mixte qui, en fonction de son périmètre interdépartemental et de ses missions (recherche, expérimentation) a mis en avant la lutte contre les rats taupiers dans l’avant-projet de Charte.

Contact : Syndicat mixte de Préfiguration du PNR de l’Aubrac : 09 62 11 55 86

e.herault@projet-pnr-aubrac.fr

17 décembre 2015

Campagnols : la situation reste préoccupante

En Aveyron comme dans un nombre croissant de départements, les dégâts causés par les campagnols progressent. Au-delà de la cyclicité connue dans le rythme des pullulations, les surfaces touchées s’étendent. Après le nord du département et le Lévézou, la présence de ces rongeurs est maintenant relevée quasiment partout avec plus ou moins d’intensité.

Selon le cas, il s’agit de campagnols terrestres, de campagnols des champs ou des deux ensembles. Des moyens de lutte existent aujourd’hui, bien que pas toujours aisés à mettre en œuvre. S’il est indispensable de les préserver, d’autres doivent venir les compléter.

La problématique des campagnols s’étend désormais sur tout le territoire départemental mais également national. Au-delà des dégâts causés sur les prairies et les cultures, de la perte financière induite, des menaces pour la santé des animaux et de l’agriculteur, c’est un enjeu de santé publique. Ce ravageur est en effet un des vecteurs d’une maladie humaine incurable à ce jour, l'échinococcose alvéolaire.

Si les mécanismes biologiques déclenchant les pullulations sont encore mal connus malgré des études de longue date principalement en Franche Comté, la loi définit les conditions de lutte chimique dorénavant communes pour les deux variétés de campagnols citées. Cependant comme indiqué précédemment, les moyens mis à disposition sont certes indispensables mais insuffisants au regard de la situation. De nombreux appels sont lancés pour obtenir que des moyens, à la hauteur de l’enjeu économique et sanitaire, soient mis dans la recherche afin d’aboutir à de nouveaux outils de lutte.

Fonds de mutualisation ?

Par ailleurs, même si la lutte reste la priorité, depuis plusieurs années, la FDSEA de l’Aveyron s’est engagée aux côtés de différents départements français concernés pour obtenir des indemnisations au travers du fonds de mutualisation. Le fond transversal pourrait apporter une aide individuelle à la lutte. Les démarches se poursuivent pour obtenir une indemnisation des dégâts qui se ferait quant à elle au travers du fonds ruminant.

Localement, le réseau de surveillance va être réactivé. Il va être animé par deux conseillers de la Chambre d’agriculture ap-puyés par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON). Marlène Chantel du comité de développement du nord Aveyron et Vianey Briand du comité de développement du Ségala assureront, avec la FREDON, la liaison avec les agriculteurs membres du réseau afin d’établir un état des lieux régulier de l’évolution de la situation et d’accompagner si besoin des actions de lutte collective. Les agriculteurs intéressés pour y participer sont d’ores et déjà invités à contacter le secrétariats du CDANA.

08 octobre 2015

Mission d’enquête : les orages ont marqué le sud-Aveyron

Les orages des 12 et 13 septembre ont marqué le sud Aveyron et ont notamment causé d’importants dégâts sur le sol. Le comité départemental d’expertise était en visite sur le terrain, jeudi 1er octobre.

Les responsables locaux des communes de Fayet, Montagnol, Mélagues et Tauriac de Camarès avaient alerté la FDSEA sur les dégâts causés par les orages des 12 et 13 septembre. Leur requête a porté ses fruits puisqu’une mission d’enquête s’est déroulée sur le terrain, afin d’évaluer l’étendue des dégâts et des pertes subies par les agriculteurs.

Jeudi 1er octobre, les responsables locaux FDSEA ont accueilli les membres du comité départemental d’expertise, sur trois exploitations (deux à Mélagues, une à Montagnol). Les exploitants ont expliqué qu’entre le 12 et le 13 septembre, il était tombé 400 mm dont plus de 200 mm en seulement 3h ! Des informations confirmées par les données météo. De l’avis de tous, experts et agriculteurs, cette quantité de pluviométrie en peu de temps n’avait pas été observée depuis plus de 10 ans.

Les dégâts occasionnés sont essentiellement des dommages au sol (ravinement,...) ainsi qu’aux ouvrages (captages d’eau,...) et aux clôtures. Le périmètre retenu pour une demande de reconnaissance en perte de fonds concerne quatre communes : Fayet, Montagnol, Mélagues et Tauriac de Camarès.

Suite à cette mission d’enquête, le comité départemental d’expertise va construire un dossier argumenté qui sera présenté en commission nationale. Cette dernière statuera sur l’éventuelle reconnaissance du périmètre retenu au titre des calamités agricoles.

Eva DZ

08 octobre 2015

Vendanges en Aveyron : «une année particulière»

De la précocité dès la floraison, un été sec avec de grosses chaleurs, des pluies juste avant les vendanges, la saison viticole en Aveyron a été particulière sur les quatre vignobles AOC (Marcillac, Côtes de Millau, Entraygues-Le Fel et Estaing) et sur les vignes IGP Vins de l’Aveyron, selon Karine Scudier, conseillère viticulture à la Chambre d’agriculture.

«La saison a été en avance dès le départ, sur le cycle végétatif avec une floraison précoce dès le début du mois de juin. Jusqu’à juillet, nous n’avons pas eu de catastrophe, les vignes ont reçu assez d’eau, les températures n’étaient pas trop élevées.

Puis très vite, les grosses chaleurs sont arrivées, impactant différemment les vignobles. Heureusement les cycles de grosses chaleurs n’étaient pas trop longs dans le temps, ce qui a permis de ne pas bloquer le cycle végétatif de la vigne. Si les vignobles de la vallée du Lot ont été un peu arrosés en août en quantité suffisante, ceux des Côtes de Millau et de Marcillac, ainsi que la partie ouest du département pour l’IGP Vins de l’Aveyron, ont été beaucoup plus secs.

Heureusement ces chaleurs n’ont pas pénalisé la croissance de la vigne et la maturité des raisins. En plus, les belles journées ensoleillées de la deuxième quinzaine de septembre conjuguées aux températures fraîches du matin ont permis de fixer les arômes, ce qui fait toute la force de nos vins aveyronnais.

Des vignes très propres !

D’un point de vue sanitaire, la saison a été magnifique et les vignes étaient très propres, ce qui sous-entend que les vignerons sont très peu intervenus et ont donc limité les traitements. C’est aussi un point positif pour la suite puisque nous bénéficions de vignes tout à fait saines et pas impactées par la grêle.

Seul le secteur de Millau a été victime de fortes pluies (de l’ordre de 100 mm en un week-end) juste avant la récolte, ce qui a précipité les vendanges pour éviter la pourriture. Mais globalement, les vignerons ont récolté une très belle matière première, et ce quels que soient les vignobles, ce qui laisse augurer des vins de qualité avec de très bons potentiels. Le travail en cave à venir devrait nous confirmer cette tendance, c’est ce que nous espérons tous?!».

Recueillis par Eva DZ

17 septembre 2015

Journée méca FD-CUMA à Bernussou : foule d’infos sur l’agriculture de conservation

Salle comble pour la journée mécanisation de la FD CUMA organisée à Bernussou, mardi 15 septembre. Etudiants, agriculteurs, responsables professionnels, techniciens,... étaient nombreux à venir s’informer sur les nouvelles pratiques culturales.

Si les nouvelles pratiques culturales sont encore peu développées en Aveyron, une dynamique sur ce thème s’est mise en place avec plusieurs agriculteurs qui se testent dans plusieurs zones du département. Mais les informations et formations sur le sujet sont encore peu nombreuses. Ce sont les conclusions de l’étude menée par des étudiants de l’ENSAT auprès d’un groupe d’agriculteurs aveyronnais.

Qu’est-ce que l’agriculture de conservation ?

Des interrogations persistent auxquelles Jean-Pierre Sarthou, enseignant chercheur à l’INRA et agriculteur et Benoît Delmas, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture ont apporté des éléments de réponse. Jean-Pierre Sarthou a d’abord rappelé les trois principes de l’agriculture de conservation : l’absence de travail du sol, l’allongement des rotations et la couverture du sol avec des cultures intermédiaires.

Favorise-t-elle les rongeurs ?

«Oui mais pas toujours !», a répondu Jean-Pierre Sarthou. Tout dépend selon le chercheur de la dynamique des paysages, des pratiques et de la richesse du milieu naturel qui peuvent entraîner des oscillations dans leurs populations ainsi que dans celles de leurs prédateurs (rapaces mais aussi fouines, belettes,...). «Favoriser la biodiversité sur son exploitation en installant des perchoirs, des haies, des murets pour accueillir les ennemis des rongeurs est une solution pour limiter l’envahissement par les rongeurs», a avancé Jean-Pierre Sarthou. Et Benoît Delmas de préciser qu’en Aveyron, aucune différence n’avait été réellement constatée entre les parcelles travaillées ou non, en matière de dégâts de rongeurs.

Côté limaces, Jean-Pierre Sarthou a expliqué qu’au bout de 5 ou 6 ans d’absence de travail du sol et de non utilisation d’anti-limaces, les dégâts étaient en baisse. Un travail de recherche est en cours sur ce sujet.

Le sol est-il plus tassé ?

C’est en effet un risque, selon Jean-Pierre Sarthou puisqu’un excès d’eau si le sol n’est pas couvert augmente le tassement de la terre. Mais selon l’expert, dès la deuxième année de mise en place de l’agriculture de conservation, la portance des sols s’améliore grâce aux couverts qui le protègent. «L’activité microbiologique des sols diffuse une «colle biologique» que l’on peut assimiler à du béton armé dans du ciment et qui donc limite le tassement», a-t-il détaillé. Benoît Delmas a, lui, évoqué le trafic des engins sur les parcelles qui accèlère le tassement des sols.

Y-a-t-il plus de mauvaises herbes ?

«Oui au début», a répondu Jean-Pierre Sarthou. L’agriculture de conservation à travers les couverts végétaux entre cultures, protège les sols et favorise l’activité biologique des vers de terre qui contribuent à faire disparaître les graines des mauvaises herbes. «Certes il faut être patient, ce n’est pas du jour au lendemain mais quand le système de l’agriculture de conservation est performant sans bouleverser le sol, au bout de quelques années, les problèmes d’adventices, de mauvaises herbes s’estompent», assure Jean-Pierre Sarthou. Benoît Delmas encourage les agriculteurs à une meilleure utilisation des phytosanitaires dans de meilleures conditions. Des formations sont en place pour les accompagner dans ce domaine.

Les rendements sont-ils impactés ?

Certains agriculteurs ayant mis en place l’agriculture de conservation obtiennent de meilleurs rendements qu’avant tout en dépensant moins en intrants notamment, selon Jean-Pierre Sarthou. Tout dépend aussi des types de sol, des pratiques, des conditions pédoclimatiques (excès de pluie, sols argileux,...). «En améliorant la technicité des agriculteurs et nos connaissances dans ce domaine, les rendements seront meilleurs», a assuré le chercheur. «Il n’y a pas plus d’échec en labour mais nous avons encore beaucoup à apprendre sur ces nouvelles pratiques», a relayé Benoît Delmas.

Quelle réussite pour les associations d’espèces ?

L’association d’espèces se pratique depuis des millénaires. Associée à une économie d’intrants, elle produit plus à surface égale que deux espèces distinctes sur deux parcelles. Et de plus elle améliore la production de biomasse.

Des agriculteurs témoignent

Arnaud Paulhe est installé à Durenque, il réfléchit à développer sur son exploitation l’agriculture de conservation pour limiter l’érosion des sols et assurer leur préservation pour les générations futures et se simplifier le travail. Il a débuté avec l’utilisation du vibroculteur entre le labour et le semis puis le strip till avec la Chambre d’agriculture l’année suivante et l’essai a été concluant. «Mais je suis installé dans un secteur où les éleveurs font peu de maïs et les équipements spécifiques sont encore peu présents dans les CUMA voisines, je travaille avec une inter-CUMA sur le semis direct», explique l’éleveur qui «avance prudemment» car ayant des investissements, il ne peut se permettre de perdre en rendements. La Chambre d’agriculture l’accompagne dans sa démarche et cherche avec lui une inter-culture qui améliore la structure du sol et soit appétante pour ses vaches.

Christophe Costes, lui, pratique l’agriculture de conservation depuis un peu plus longtemps. Installé à Causse et Diège, sur 3 sites un peu éloignés, il voulait diminuer le temps de travail (déplacement des engins, baisse des heures de tracteur,...) et les charges de mécanisation. Il a arrêté de labourer en 2001 et a essayé sur ses sols argileux et de causses, des outils à disques, à dents mais le résultat n’était pas parfait. «J’avais du mal à maîtriser les adventices», témoigne-t-il. Il a démarré le semis direct en 2010-2011 et implanté de la luzerne sous couverts des céréales d’hiver. Parallèlement il a diminué les apports de phytos depuis 3 ans, en les positionnant mieux et en baissant les doses. «Aujourd’hui je maîtrise mieux mes coûts de production et mon temps de travail avec des résultats plutôt probants», même s’il reconnaît avoir connu quelques échecs : «Il faut être à l’écoute de son sol et ne pas hésiter à s’informer», conclut celui qui souhaite encore améliorer les couverts végétaux et leur valorisation par rapport à l’assolement, diminuer encore les apports de phytos et rechercher un matériel mieux adapté.

Enfin, Cyril Raucoules, éleveur dans le Tarn, fait partie d’un groupe d’agriculteurs qui s’est lancé dans l’agriculture de conservation. «Avant de démarrer il faut bien regarder l’état de son sol et commencer sur des parcelles propres, ce que je n’avais pas mesuré ! J’ai essayé de régler ce problème de salissement des parcelles par l’allongement des rotations et une plus grande variété dans les couverts. Nous avons commencé à moindre frais en fabriquant un semoir à dents avec un voisin Depuis 2 ans, nous travaillons sur des couverts végétaux permanents sur des maïs», a-t-il raconté. «Grâce à ce groupe, nous avons relancé l’activité de semis direct de notre CUMA et le fait de travailler à plusieurs nous motive et nous encourage à aller de l’avant, à mutualiser les informations que chacun peut glaner, c’est important de ne pas se sentir seul face à ces nouvelles pratiques», a-t-il conclu.

Un accompagnement CUMA

Jean-Pierre Sarthou a salué ces expériences : «les agriculteurs sont les meilleurs experts de leur système. Ils relèvent de sacrés défis dans lesquels nous devons les accompagner», a-t-il précisé.

La FD CUMA a d’ailleurs présenté une étude sur différents itinéraires techniques et leurs coûts (main d’œuvre comprise), le semis direct sous couvert fait économiser 70% de temps et de coût du travail par rapport à du labour en équipement individuel. Et l’activité de semis direct en service complet CUMA représente un coût supplémentaire de 3 euros/ha par rapport à la même activité en CUMA mais sans la main d’œuvre. «Le travail en CUMA permet une meilleure optimisation du matériel, une meilleure organisation et une meilleure efficacité sans oublier la possibilité d’améliorer sa technique grâce aux échanges entre adhérents», a conclu Christian Marty, responsable de la commission machinisme de la FD CUMA.

Eva DZ

03 septembre 2015

Rénover une prairie : le sur-semis pour améliorer sans détruire

Que ce soit pour des raisons climatiques ou suite aux attaques de campagnols, les prairies ont subi de sérieux aléas cette année. Par conséquent, les couverts se sont clairsemés et une intervention mécanique est souvent nécessaire pour les regarnir. C’est actuellement le bon moment pour intervenir.

Avant toute chose, faire l'état des lieux

Avant tout, il est nécessaire de bien estimer le niveau de dégradation. Pour cela, on peut considérer 3 niveaux en fonction de la proportion de bonnes espèces présentes (graminées et légumineuses) :

- niveau 1 : forte densité de bonnes espèces (plus de 70%). On peut améliorer la flore en modifiant certaines pratiques (alternance fauche/pâturage…).

- niveau 2 : entre 30 et 70 % de bonnes espèces. Le sur-semis est un bon compromis pour densifier le couvert sans repartir à zéro. En fonction de la présence ou non d’espèces indésirables, un désherbage sélectif peut aider.

- niveau 3 : moins de 30% de bonnes espèces. Il faut envisager une rénovation totale (avec ou sans labour).

Conditions de réussite d’un sur-semis

La difficulté de cette technique porte essentiellement sur le fait que l'on va semer des petites graines dans un milieu concurrentiel : leur levée peut en effet être perturbée par la présence du couvert déjà en place.

C’est pour cette raison que le couvert doit être le plus ras possible avant le sur-semis. Pour cela, un pâturage ou un broyage est nécessaire. Si la végétation est importante, on peut aussi récolter.

• Quelles espèces semer ?

Pour assurer la réussite du semis, il faut utiliser des espèces agressives comme les ray-grass hybrides et anglais avec des trèfles blancs géants. Pour des orientations plutôt fauche, on peut semer du brome ou des trèfles violets. On utilise les mêmes doses que pour un semis classique. Si l’éleveur a pour objectif de faire durer sa prairie, il peut ajouter des espèces plus pérennes mais moins agressives, comme les fétuques et les dactyles.

• Quels outils utiliser ?

L’objectif est de positionner la graine entre 0 et 1 cm de profondeur afin d’assurer un bon contact avec la terre. L’idéal est d’utiliser un semoir type semis direct. Ces matériels ont plus de poids et pénètrent mieux dans le couvert en place.

Toutefois, les outils présents sur la ferme peuvent très bien convenir. Dans ce cas, il est conseillé d’utiliser une herse (plate, étrille) pour créer de la terre fine avant le passage du semoir, ou en combiné. Par la suite, il est primordial de bien rappuyer, soit à l’aide d’un rouleau soit en réalisant un passage d'animaux.

Quelles que soient les conditions météorologiques qui vont suivre le semis, il faudra être patient. Les expériences antérieures ont montré qu’il faut bien un an pour constater une amélioration de la flore.

Benoit Delmas, conseiller agronomie-fourrage, Chambre d'agriculture


27 aout 2015

Jean-Pierre Sarthou, enseignant chercheur à l’INRA : quand agronomie rime avec écologie

Enseignant-chercheur spécialisé dans la protection des cultures mais aussi agriculteur, Jean-Pierre Sarthou (notre photo) sera présent à la journée mécanisation du 15 septembre à Bernussou pour apporter ses lumières. En attendant le jour J, voici sa présentation.

- Quel a été votre parcours ?

J-P. Sarthou : «Au début je ne souhaitais pas faire de longues études je voulais tout simplement être agriculteur. Finalement, après avoir étudié l’agriculture et la biologie-écologie, je suis rentré à l’ENSAT (Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse). Là, j’ai découvert l’entomologie appliquée à la protection des cultures, où lors d’un stage sur les acariens de la vigne, j’ai eu un déclic et compris qu’il y avait des équilibres biologiques à respecter.

Ensuite, grâce à une expérience sur les îles Kerguelen, je me suis rendu compte que l’environnement, et particulièrement la biodiversité dans les pays industrialisés, est à bout de souffle. Lorsque je suis rentré en France, je n’ai donc pas voulu travailler dans les phytos, je me suis alors rapproché du mouvement bio et j’ai contrôlé agriculteurs et transformateurs pendant deux ans. J’ai réalisé par la suite une thèse sur une sorte de mouches (les syrphidés), puis j’ai été recruté en tant que maître de conférences à l’ENSAT. En lien avec l’INRA, j’ai travaillé sur plusieurs projets avant de changer d’unité de recherche pour travailler aujourd’hui sur l’agriculture de conservation dans l’unité «AGIR» (AGroécologie Innovation teRritoire).

Entre temps, en 2008, j’ai repris une exploitation où mon objectif était de produire des céréales en agriculture de conservation. J’avoue qu’au début ça ne marchait pas, mais au bout de plusieurs années, le sol a vraiment évolué !

- Aujourd’hui, sur quoi travaillez vous ?

J-P. Sarthou : En ce moment je travaille sur la combinaison des services systémiques en agriculture de conservation. Autrement dit, nous essayons de voir s’il n’existe pas des systèmes de culture qui soient doublement performants sur le plan agronomique et écologique, c'est-à-dire des systèmes qui produisent beaucoup avec moins de produits phytosanitaires. Les premiers résultats sont très encourageants mais l’essentiel est en cours d’analyse.

Association aveyronnaise «Clé de Sol»

- Vous parlez d’agriculture de conservation, mais en quoi ça consiste exactement ?

J-P. Sarthou : L’agriculture de conservation est une agriculture où l’on ne travaille plus le sol (ou le moins possible), mais aussi où l’on allonge les rotations de culture (4 ans minimum) en alternant les familles, et où l’on garde toujours un sol couvert par un végétal maîtrisé et ses résidus, c'est-à-dire une culture de vente ou une culture intermédiaire.

- En septembre vous interviendrez lors de la journée mécanisation sur les nouvelles pratiques culturales en Aveyron, en quoi ces pratiques sont-elles importantes pour notre département ?

J-P. Sarthou : Je ne connais pas suffisamment l’Aveyron pour en parler précisément. En revanche je sais que l’association aveyronnaise, «Clé de Sol», créée par Sarah Singla, est un groupe très actif sur l’agriculture de conservation.

En ce qui concerne les enjeux des nouvelles pratiques culturales, ce sont les mêmes en Aveyron qu’ailleurs : améliorer le fonctionnement biologique du sol pour produire en utilisant moins d’eau et moins d’intrants. Ce sont des enjeux planétaires !

- Pourquoi avez-vous accepté de venir à cette journée ?

J-P. Sarthou : Parce que je pense y trouver un auditoire attentif et intéressé par ces questions tout à la fois agricoles, agronomiques et environnementales, donc agroécologiques. Elles ont une importance locale et régionale forte, mais aussi une portée planétaire majeure, celle de contribuer à limiter le dérèglement climatique par stockage du carbone dans les sols agricoles. Or, l’agriculture de conservation, avec l’agroforesterie, est la mieux placée pour cela».

Recueilli par Léa Carrère, FD CUMA.

20 aout 2015

Sécheresse dans le Nord-Aveyron : la procédure de reconnaissance en calamités agricoles déclenchée

La première mission d’enquête pour évaluer les conséquences et les impacts de la sécheresse sur les exploitations, s’est déroulée dans le nord Aveyron, jeudi 13 août.

La venue du Préfet de l’Aveyron, vendredi 31 juillet, sur une ferme de Lacalm pour «se rendre compte» des dégâts causés par la sécheresse et la canicule dans les élevages a porté ses fruits. Dès son retour à Rodez, Jean-Luc Combe a déclenché la procédure de calamités agricoles dans le département.

Première étape, recueillir sur le terrain les éléments techniques qui assurent des pertes dans les exploitations aveyronnaises suite à la sécheresse. Un arrêté a donc été pris pour démarrer une série de missions d’enquête diligentées par les équipes de la Direction départementale des territoires (DDT) avec l’appui de la profession. Puis un comité départemental d’expertise réunira les données recueillies pour constituer un dossier de demande de reconnaissance, à faire valider par une commission nationale (lire encadré).

Après sa rencontre avec des agriculteurs du nord Aveyron, à Lacalm, le préfet de l’Aveyron a ciblé cette zone du département pour la première mission d’enquête. Jeudi 13 août, les membres du comité départemental d’expertise, accompagnés par une délégation de responsables professionnels du nord Aveyron, se sont rendus dans plusieurs exploitations, sur les communes de St Chély d’Aubrac, Laguiole, Graissac, Saint Amans des Côts et Campouriez. Dans ces fermes, ils ont échangé avec les exploitants qui avaient, avec l’appui de la Chambre d’agriculture, réalisé un état des lieux des pertes de fourrages enregistrées cet été.

Entre 50 et 60% de pertes de fourrages

Par rapport à une année dite normale, les pertes de fourrages sont estimées entre 50 et 60%, dans les exploitations visitées, obligeant les agriculteurs à acheter du foin pour nourrir leur troupeau cet hiver. Pour exemple, la CUMA de Saint Amans des Côts réalise en année normale 5 000 bottes, cet été, 1 500 bottes ont été réalisées en première coupe et il n’y aura pas de deuxième coupe !

Plusieurs agriculteurs ont également expliqué que nombre d’entre eux seront obligés de vendre des animaux plus tôt étant donné qu’ils n’ont pas de stock de fourrages pour les nourrir. Ce qui engendre une perte de valeur de ces animaux qui seront sur le marché à une période moins favorable. Dans certaines situations, les éleveurs envisagent de décapitaliser. Sans compter un affouragement précoce des animaux de façon générale.

Pas de pluie depuis le 1er mai !

Il faut savoir qu’à part quelques orages très localisés fin juillet, le nord Aveyron n’a pas reçu d’eau depuis le 1er mai ! En estives, les animaux sont sur le point de redescendre faute d’herbe disponible. Alors que la descente des estives s’effectue habituellement mi-octobre !

Certains éleveurs évoquent aussi des problèmes de reproduction dus à la chaleur, une perte de productivité a été observée dans plusieurs troupeaux.

Globalement, à l’issue des visites des exploitations lors de cette première mission d’enquête, les membres du comité départemental d’expertise ont pu constater une situation assez dégradée suite à la sécheresse. La très faible pluviométrie en pleine période de pousse de l’herbe conjuguée à des températures très élevées dès le mois d’avril qui ont brûlé l’herbe ainsi que de nombreuses journées marquées par un vent fort ont engendré de grosses pertes sur les fourrages. L’accumulation de ces faits a des conséquences importantes sur les élevages.

Et ces informations ont été complétées par les remontées du terrain des responsables professionnels locaux, toutes productions confondues. Alors que les trésoreries sont déjà tendues en raison d’une conjoncture peu favorable, les éleveurs doivent en plus faire face à des achats supplémentaires de fourrages qu’ils n’avaient pas prévus, ont-ils alerté.

D’autres missions d’enquête à venir

Outre le nord Aveyron, d’autres zones du département devraient faire l’objet de missions d’enquête pour faire reconnaître l’impact de la sécheresse dans les exploitations aveyronnaises.

Eva DZ

30 avril 2015

Comité de Développement Agricole Rodez-Nord et semis direct : échanges et intérêts partagés

Le Comité de Développement Agricole Rodez-Nord (CDARN) et la mission Agronomie de la Chambre d’agriculture ont organisé mardi 28 avril, en salle, puis au GAEC de Ronnaguet à Flavin, une rencontre sur le thème «Couverts végétaux, semis direct et non labour».

Cette journée d’échanges et d’expériences concrètes entre agriculteurs et techniciens a rassemblé 80 personnes en salle, le matin, et autant sur les parcelles du GAEC de Guillaume et Thierry Rudelle, à Ronnaguet, commune de Flavin. Elle était notamment animée par Muriel Six, conseillère en production végétale et Benoît Delmas, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture, Stéphane Jézequel, ingénieur région PACA chez Arvalis (Institut du végétal), Emilie Salvo et Aubin Lafon, chargés de projets Agr'eau à l'Association Française d'Agroforesterie.

«Cette journée répond aux attentes du terrain, des agriculteurs», explique Sarah Singla, élue à la Chambre d’agriculture, responsable de la mission agronomie et par ailleurs présidente de l’association Clé de Sol (lieu d’échange et d’information sur le semis direct sous couverture végétale et toutes les techniques favorisant la restauration et la régénération des sols). «De plus en plus d’agriculteurs se posent des questions sur le semis direct et le couvert végétal. Le nombre important de participants aujourd’hui témoigne de ces attentes», souligne Sarah Singla. «En Aveyron, nous avons un énorme potentiel de production. Ces systèmes permettent de maximiser et d’intensifier le potentiel en produisant plus et mieux, tout en optimisant la liaison sol-troupeau. Il faut donc promouvoir ces techniques par des actions de terrain où des agriculteurs parlent à d’autres agriculteurs de systèmes performants qui fonctionnent bien en Aveyron».

Stéphane Jézequel, anime pour Arvalis un réseau d’une dizaine d’agriculteurs en France pratiquant le semis direct sous couvert végétal, dont font partie le GAEC de Ronnaguet et Christian Abadie, agriculteur du Gers. Ce dernier, adepte du non labour, avait été invité le 20 janvier dernier à St-Christophe-Vallon par le Comité de Développement Agricole de Rodez Nord de la Chambre d’agriculture, lors d’une réunion rassemblant une centaine de personnes sur le thème de l’autonomie en protéines.

De la technique et du temps

«Notre réseau créé il y a deux ans a pour objectif de mieux comprendre les aspects positifs mais aussi négatifs rencontrés chez les agriculteurs pratiquant le semis direct sous couvert végétal», résume Stéphane Jézequel. «Ces pratiques, candidates aux orientations de l’agro-écologie prônées par le ministère de l’agriculture, sont objectivées, mesurées (eau, azote, etc), analysées au sein de notre réseau, auquel participe le CETIOM, le Centre technique des oléagineux». Pour l’ingénieur d’Arvalis, ces pratiques requièrent de la technicité et du temps pour bien les maîtriser. «Le semis direct sous couvert végétal supprime le travail de la charrue pour désherber, mais demande un sens aigu de l’observation des sols, une grande réactivité pour l’usage de désherbants ciblé. Une fois bien intégrés tous ces principes, il faut alors les assimiler, les adapter à ses terres, à son assolement et à son système de production, ce qui peut prendre trois ou cinq années».

Stéphane Jézequel ajoute : «au sein de notre réseau, nous pointons du doigt les facteurs limitant la production, en mettant en avant les côtés positifs. Car ces derniers sont évidemment très intéressants ! Cette technique diminue de moitié l’usage du tracteur, son coût d’utilisation est réduit de 50 litres de gazole par ha. C’est donc du temps de travail en moins avec une fertilité des sols bonifiée, du fait du maintien optimal de la matière organique». Et que dire des rendements ? «L’objectif est de produire au moins autant qu’avant (avec le labour) mais avec moins de charges, en réduisant les produits de synthèse, donc en diminuant ses coûts de production», répond Stéphane Jézequel. «Ces techniques du sol militent aussi contre l’érosion car l’objectif est de ne pas laisser les sols nus, entre les cultures, en semant par exemple de la luzerne, du sainfoin, des trèfles, du lotier...».

L’après-midi était donc organisée en trois ateliers, le profil cultural, la vie des sols et leur porosité avec Agr’eau), et la présen- tation du GAEC de Ronnaguet. Guillaume et Thierry Rudelle sont des éleveurs ovins lait (550 brebis) travaillant sur une SAU de 130 ha, dont environ 80 ha de fourrages et céréales autoconsommés. Le GAEC pratique le semi direct et le couvert végétal depuis plus de dix ans, avec des rotations de cultures, de 3 ans pour la luzerne, 2 ans entre deux céréales, et 1 an entre une céréale et la luzerne par exemple.

Didier BOUVILLE

19 février 2015

Campagnols : une préoccupation nationale

Le campagnol terrestre, ou rat taupier, pullule dans toutes les zones herbagères de moyenne altitude de France, contrairement au campagnol des champs, qui préfère les cultures. Depuis quelques années on remarque une concentration particulière dans le secteur du Massif Central et dans la région Franche Comté. Chaque année, ce sont près de 10 000 hectares de prairies qui sont ainsi dévorés.

Arvicola terrestris se répand de manière exponentielle et non maîtrisée depuis plus de 30 ans. Selon les spécialistes, la population de campagnols a explosé depuis qu’on a spécialisé les zones de moyenne montagne en mono culture d’herbe.

Aux origines

Fabrice Cuenot, éleveur dans le Doubs et président de la commission campagnol à FREDON France, s’en fait le témoin : «En Franche Comté le campagnol fait des ravages depuis les années 1960, alors que nous avons abandonné les systèmes de polyculture-élevage au profit du 100 % herbe. Nous avons aujourd’hui la preuve de la corollation entre le taux de spécialisation et l’amplitude de pullulation du rongeur. La PAC nous a incité à créer d’immenses étendues de prairies naturelles qui n’offrent aucun obstacle à la propagation du ravageur». Un campagnol, à l’abri des prédateurs au sein d’une prairie naturelle, peut engendrer 150 descendants directs en un an, d’après les scientifiques.

Une autre cause de cette invasion, selon Fabrice Cuenot, est «l’abandon de la lutte contre les taupes. Le rat taupier, en effet, colonise les galeries creusées par ces dernières. Quand on sait qu’une seule taupe peut creuser jusqu’à 600 mètres de galeries, on peut imaginer les dégâts lorsqu’on atteint les 50 individus à l’hectare ! Or la taupe n’a aucun prédateur naturel. Il n’y a que l’homme qui peut réguler sa population».

Un impact incalculable

Les conséquences de la prolofération du campagnol terrestre sont multiples. La plus visible est bien sûr les dégâts sur prairie qui entraînent des pertes économiques énormes au niveau des fourrages et du troupeau, pouvant aller jusqu’à la destabilisation financière de toute l’exploitation.

L’impact de ce ravageur ne s’arrête cependant pas à l’économique mais aussi au sanitaire. En effet le rongeur est un réservoir de l’echinococcose alvéolaire, ver parasite du foie dangereux pour l’homme. En outre la présence accrue de terre et de poussière en surface des prairies favorise le développement et la dissémination de moisissures, dont celles responsables de la maladie «du poumon du fermier», qui peut conduire à des insuffisances respiratoires et cardiaques graves. La lutte contre ce campagnol devient donc un enjeu de santé publique.

Une prévention essentielle

Pour Fabrice Cuenot, «lutter contre le rat une fois qu’il est installé ne sert à rien. Lorsqu’on aperçoit les premiers signes visibles sur prairie, il est bien souvent trop tard. Cela veut dire qu’on est déjà en présence d’au moins 500 individus à l’hectare. La lutte doit donc être préventive et axée vers les taupes».

Depuis 1992 plusieurs plans de lutte ont été, et sont toujours, expérimentés en Franche Comté. Ils visent à combiner lutte chimique et méthodes alternatives. «La bromadiolone est très efficace sur le rat taupier, avec un taux de mortalité de 95 % après exposition. Mais elle doit être utilisée au bon moment. Or, bien souvent son emploi est trop tardif. De plus, elle n’est pas ingérée par les taupes. Nous avons donc expérimenté d’autres méthodes de lutte, plus préventives, contre les taupes. Il s’agit, par exemple, de l’utilisation d’un décompacteur dont les vibrations entraînent l’effondrement des galeries. L’utilisation de capsules de gaz PH3 est aussi très efficace dans l’éradication des taupes». Tous ces programmes expérimentaux ont été financés par des fonds nationaux et européens.

Au niveau national un programme de recherche a été initié à l’automne 2014, grâce à une collaboration entre l’université de Franche Comté et l’INRA de Montpellier. Prévu jusqu’en 2019, il a pour objectif de comprendre les mécanismes de déclin, observés mais imprévisibles aujourd’hui, des populations de rats taupiers. Les pistes poursuivies sont d’origines virologique, bactérienne, parasitaire, sans oublier l’immuno dépression qui serait due à un fort taux de consanguinité.

Pour Fabrice Cuenot, les perspectives de maîtrise du ravageur se situent dans le partage d’expériences sur le plan national. «Nous devons harmoniser nos pratiques dans toute la France. Toutes les OPA doivent être le support de la diffusion des techniques de lutte, tout en prenant en compte les spécificités de chaque région».

Bérangère CAREL

18 septembre 2014

Mission agronomie Chambre d’agriculture : les techniciens planchent sur la fumure de fond

A l’initiative du comité d’orientation agronomie, la Chambre d’agriculture a organisé une journée technique sur la fumure de fond. Une quarantaine de techniciens des organisations professionnelles, d’agriculteurs et d’animateurs,... d’Aveyron et des départements alentours ont participé à cette rencontre pour peaufiner leurs connaissances sur le sujet.

La technique du chaulage, le choix des engrais, des amendements,... interrogent nombre d’agriculteurs qui ont relayé leurs interrogations à la mission agronomie de la Chambre d’agriculture. Du coup, les membres du comité d’orientation agronomie, présidé par Sarah Singla, ont décidé d’organiser une journée spécifique, à destination des techniciens qui interviennent sur les exploitations, afin de faire le point sur les connaissances de chacun et de pouvoir identifier les bons messages à diffuser aux exploitants.

Ainsi, techniciens d’organisations professionnelles, enseignants des lycées agricoles, membres de la mission agronomie, techniciens des filières, responsables professionnels,... de l’Aveyron mais aussi du Tarn, du Lot, de l’Aude,... étaient réunis vendredi 12 septembre à la Chambre d’agriculture de Rodez, pour une journée spécifique à la fumure de fond.

«C’est une première sur le sujet», explique ainsi Muriel Six, conseillère agronomie à la Chambre d’agriculture. «C’est important que chacun puisse remettre à plat ses connaissances et approfondir certains points, pour proposer un message cohérent et commun sur le terrain», appuie-t-elle.

Apports techniques

Pour les aider dans leur réflexion, les participants ont pu assister aux apports techniques de Baptiste Soenen, référent fertilisation à Arvalis-Institut du végétal et de Claire Jouany, de l’INRA de Toulouse, spécialisée notamment sur la fertilité des prairies.

Ils ont appuyé leurs propos sur les essais réalisés dans la région. «Leurs apports techniques et scientifiques nous ont permis de reprendre les bases sur le chaulage, le choix des amendements, les activateurs de sols, la fertilisation à base de phosphore-potasse, le rôle du soufre et d’autres oligo-éléments», détaille Muriel Six. Les interventions étaient surtout orientées sur les prairies, système majoritaire dans la région mais elles ont aussi abordé les apports sur céréales et maïs.

Expériences et cas particuliers

«Au-delà d’une «remise à niveau» des connaissances de chacun, l’idée était d’identifier les techniques les plus pertinentes pour diffuser les bons messages auprès des agriculteurs en matière de gestion de la fumure de fond, conformément et en cohérence avec les résultats acquis par la recherche (INRA) et par les instituts techniques (Arvalis)», poursuit la technicienne. «Que conseiller aux agriculteurs ? Un chaulage ou pas ? Dans quelle quantité ? Quel est le rôle des effluents ? Faut-il acheter de l’engrais ? Lequel ? Quelle quantité utiliser??... autant de questions auxquelles les conseillers intervenant de façon neutre dans les exploitations, doivent apporter une réponse», continue Muriel Six.

Ainsi, pendant la journée, de larges temps d’échanges étaient proposés pour permettre aux participants d’évoquer des cas particuliers, de parler de leurs expériences respectives, de demander conseil aux experts.

Questions du terrain

«Répondre aux questions du terrain et accompagner les techniciens qui interviennent dans les exploitations, c’est l’une des missions de notre comité d’orientation agronomie», conclut Muriel Six, satisfaite de la bonne participation à cette journée.

Un questionnaire a d’ailleurs été distribué aux participants pour connaître leurs attentes, et ainsi décider de la suite à donner à cette journée. «Pourquoi pas proposer une formation aux agriculteurs sur la fumure de fond et encore et toujours approfondir les essais et démonstrations sur le terrain pour améliorer les connaissances», avance- t-elle.

Un article plus technique sur les conclusions de cette journée sera diffusé dans une prochaine édition.

Eva DZ

15 mai 2014

Châtaigneraies : attention au cynips, nouveau parasite

Le Conservatoire de la châtaigne de Rignac informe les producteurs de châtaignes de l’arrivée d’un nouveau parasite.

Le cynips du châtaignier ou Dryocosmus kuriphilus, est un insecte parasite du châtaignier. Il est originaire d’Asie, mais il a été introduit accidentellement aux Etats-Unis en 1974 et en Europe via l’Italie en 2002. Le cynips est présent en France depuis 2007, et ses foyers de contamination ne font qu’augmenter depuis lors.

D’abord présent dans les Alpes, le cynips s’est propagé et est apparu pour la 1ère fois en Aveyron en 2011. Cet insecte est quasiment invisible à l’œil nu (5mm). Il est donc difficilement identifiable. Spécifique du châtaignier, il provoque la formation de galles sur les jeunes feuilles, empêchant ainsi leur développement. Ces galles génèrent une baisse de production de fruits de 60 à 80%, jusqu’à 100% de dégâts sur les bourgeons, et même la mort de l’arbre s’il est trop contaminé. Les variétés hybrides sont principalement touchées, surtout la Marigoule.

Le cycle biologique du cynips se déroule presque uniquement dans le châtaignier. Les femelles pondent leurs œufs dans les bourgeons, ceux-ci éclosent et passent tout l’hiver dans les bourgeons. Au débourrement, au printemps, les galles se forment. Entre début juin et fin juillet, les adultes sortent des galles pour immédiatement aller pondre dans les nouveaux bourgeons. Etant une espèce à reproduction par parthénogenèse thélytoque, les femelles n’ont pas besoin d’être fécondées pour pondre.

Lutte biologique à mettre en place

Pour lutter contre ce parasite, les produits chimiques sont peu efficaces. Compte tenu de la structure des arbres, cela imposerait de pulvériser de manière aérienne. Or, le résultat est peu concluant, et de cette manière toute la faune présente, notamment les abeilles, est touchée. La lutte biologique, privilégiée de nos jours, est la plus efficace. Elle a d’ailleurs été adoptée par tous les pays touchés par ce fléau. Le principe est d’introduire un autre insecte, parasite du cynips : le Torymus sinensis. En effet cet insecte pond ses œufs dans la galle formée par le cynips, et ses larves se nourrissent des larves du cynips.

Néanmoins, cette espèce n’est pas naturellement présente en Europe. Sont donc alors organisés des lâchers de Torymus sinensis sur les sites connus contaminés par le cynips. Pour ce qui est de l’Aveyron, plusieurs sites ont été identifiés, et plusieurs lâchers ont été réalisés. Mais il reste encore beaucoup de vergers et de châtaigneraies dont le degré de contamination n’est pas connu.

Un appui pour diagnostiquer le cynips

C’est pourquoi l’ACRC (Conservatoire de la châtaigne de Rignac) va réaliser des visites de prospection de châtaigneraies aveyronnaises, courant mai, pour déterminer leur taux de contamination. Cela permettra ensuite d’organiser différents lâchers de Torymus sinensis sur le territoire afin de stopper son extension.

Que vous soyez producteurs ou amateurs, si vous avez des arbres contaminés par le cynips, si vous avez des doutes et que vous ne savez pas reconnaître cet insecte, contactez le conservatoire au 05.65.64.47.29. Une rencontre sera alors organisée afin de pouvoir prospecter le verger concerné.

Cyrielle ISSALY

Conservatoire de la châtaigne de Rignac

05 septembre 2013

Innovations techniques : Plus de précisions et de qualité

Lors de cette journée mécanisation, la FD CUMA présentera un certain nombre de matériels innovants, en démonstration sur des parcelles d’essais. La commission machinisme en détaille quelques-uns en avant-première !

Que ce soit pour l’entretien, la fertilisation ou la récolte, les interventions sur les prairies nécessitent parfois des matériels spécifiques.

Des outils à disques ou à socs

Implanter des petites graines à moins d’un centimètre de profondeur, sur un sol pas toujours nivelé, avec de la végétation en place et un tissu racinaire important, sont les fonctions que l’on demande aux outils d’implantation ou de rechargement.

Beaucoup d’agriculteurs utilisent des semoirs de semis direct pour céréales. Certes cela fonctionne généralement assez bien sauf que l’écartement entre rangs (13 à 17 cm en moyenne) est souvent jugé trop élevé, favorisant le salissement entre rang. Des semoirs spéciaux sont présents sur le marché. On rencontre deux principes, des semoirs en ligne ou à la volée. Plusieurs constructeurs proposent des combinaisons d’outils à partir de herses de prairies ou étrille, sur lesquelles sont ajoutés des semoirs centrifuges (avec ou sans descentes localisées), le tout suivi d’un dispositif de recouvrement et d’un rouleau.

Les conditions de sol doivent être assez friables pour espérer travailler directement sur la végétation. Les largeurs importantes, généralement 6 m, offrent des débits de chantier intéressants. Parmi les outils en lignes, les modèles à socs travaillent davantage le sol. Ils sont donc plus intéressants dans les sols lourds, tandis que les outils à disques, moins sensibles à l’usure, limitent le salissement de la ligne de semis.

Dans le domaine de l’entretien et de la régénération, les machines sont nombreuses. Les herses étrilles, prévues pour le désherbage des cultures sont les moins agressives. Elles trouvent leurs limites dans les terres argileuses. Les herses de prairies ont beaucoup évolué et les plus complètes possèdent des éléments modulables, lame scarificatrice, rabot, dents souples ou rigides, chaînes… pour s’adapter aux conditions de sol.

Les aérateurs à socs sont peu utilisés, notamment par rapport aux cailloux, mais l’objectif est de rattraper des incidents d’exploitations, pâture tardive ou récolte en conditions humides. La profondeur de travail dépasse les 5 cm. Des aérateurs à dents circulaires créent des aspérités superficielles, favorisant l’aération.

Côté broyeur, les matériels à axe vertical existent en version plus large avec plusieurs rotors. Les modèles fixes acceptent moins bien les dénivellations de terrain que les modèles modulaires. Pour travailler au plus près des bords de haie ou des clôtures, des éléments à satellite sont proposés par plusieurs constructeurs. Ils sont utilisés soit en solo, soit intégré sur un broyeur à axe horizontal.

Les décompacteurs (de prairies) peuvent descendre de 10 à plus de 30 cm. Equipés de dents droites ou courbes, ils vont alors ameublir le sol en profondeur pour favoriser le développement des racines en zone très argileuse.

Des épandages plus précis

Arrivés il y a un peu plus de 20 ans maintenant, les épandeurs à hérissons verticaux ont révolutionné l’épandage des fumiers, tant du point de vue de la performance des chantiers que de la valorisation sur prairie.

Bien adaptés aux produits décomposés, les systèmes à table d’épandage peuvent travailler sur des largeurs de plus 20 m selon la consistance des produits. Sur les modèles à hérissons verticaux, des volets de bordure permettent de travailler plus précisément le premier passage ou à proximité des cours d’eau.

A ce jour de nouvelles technologies se démocratisent, il s’agit des appareils à tablier ou fond poussant (BUCHET, DEGUILLAUME, FLIEGL…) qui améliorent beaucoup la régularité au cours du déchargement (plus de 50% selon les essais de la station expérimentale des Cormiers). La régulation DPA (débit proportionnel à l’avancement) fait son entrée au niveau des CUMA aveyronnaises. L’intérêt est double, faciliter le réglage et maintenir une dose constante, quelque soit la vitesse d’avancement du tracteur. Ceci se justifie d’autant plus avec des reliefs vallonnés. Allié au pesage, il permet un dosage plus juste. De nombreux constructeurs proposent aujour-d’hui ces équipements en option.

Pour les lisiers, les rampes à pendillards apportent des largeurs de travail plus importantes, avec une réduction significative des odeurs. Attention toutefois aux phénomènes de bouchage en présence de résidus pailleux, un agitateur avec contre couteau améliore les choses. Les enfouisseurs pour prairie (à patins ou disques) présentent l’intérêt d’augmenter les surfaces potentielles d’épandage dans certaines situations et réduisent totalement les nuisances olfactives.

JC PLATON - FDCUMA 12

29 aout 2013

Stand Chambre d’agriculture-CDAV : présentation de l’action «Ecophyto»

L’action Ecophyto mise en place en Aveyron sera présentée sur le stand de la Chambre d’agriculture-CDAV.?Elle sera notamment commentée par Jean-François Levrat, technicien-animateur du CDAV chargé du dossier, en lien avec le groupe de fermes références constitué sur le Villefranchois.

L’organisation générale de l’action Ecophyto sur le plan national, régional et départemental ainsi que les fermes référence du département du Lot et de l’Aveyron y seront présentés. Le CDAV expliquera les démarches et suivis techniques sur les exploitations, dans le cadre de la recherche de systèmes de culture, économes en produits phytosanitaires et performants en rendement agronomique.

Trois années de suivi

Les résultats obtenus au cours des trois années de suivi seront affichés. A partir d’exemples, seront expliqués les démarches permettant de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. Autres axes de travail, la modification des rotations (alternance cultures été-hiver, implantation de couverts végétaux, culture de mélange type méteils…), l’utilisation de nouveaux outils (déchaumeur, Striptill…), le changement de méthode d’application des traitements (prise en compte de la température, de l’hygrométrie) et l’utilisation de variétés résistantes aux maladies.

Pour Jean-François Levrat, «il s’agit d’une réorientation des pratiques culturales mais toujours avec la priorité de maintenir l’équilibre fourrager (relation sol/troupeau) car l’autonomie fourragère reste la clé de voûte de bons résultats techniques sur le troupeau et donc de bons résultats économiques».

Seront notamment présentés sur le stand :

- l’action Ecophyto ;

- le réseau de fermes Midi-Pyrénées ;

- le réseau de fermes Ecophyto du Ségala ;

- un exemple du travail réalisé sur un système de culture ;

- le bulletin de Santé du Végétal.