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Elevage

24 octobre 2019

Trophée national des lycées agricoles (TNLA) : les Roqu’ccitans de La Roque cherchent des sponsors

Huit étudiants de l’Agricampus La Roque, coachés par une autre élève, se préparent pour le Trophée national des lycées agricoles 2020 qui se déroulera au Salon de l’agriculture à Paris. Ils sont à la recherche de sponsors pour financer leur projet.

Flavie Niel, Camille Fagegaltier, Chloé Lafon, Benoît Boussaguet, Dorian Taurines, Guillaume Tamalet, Martin Dagneau et Jean-François Boudon forment l’équipe qui représentera l’Agricampus La Roque, au Trophée national des lycée agricole à Paris au Salon de l’agriculture. Il s’agit de la troisième participation de l’établissement à cette compétition.

Ils sont en BTS PA 2ème année, en 1ère ou en Terminale STAV, ils sont 6 titulaires et 2 suppléants, et sont coachés par une autre élève, Léa Lafon qui a déjà participé à la compétition avec le lycée il y a 2 ans (elle ne peut donc pas participer une deuxième fois à ce trophée en tant que membre de l’équipe, elle les accompagne dans le cadre d’un PIC - projet initiative communication).

Les Roqu’ccitans

Depuis la rentrée, ils se préparent à l’événement. Ils ont déjà trouvé le nom de leur équipe : les Roqu’ccitans et ont commencé à construire leur projet autour de la thématique du Salon de l’agriculture : «l’agriculture vous tend les bras». «Nous avons envie de bien représenter le lycée, comme nos prédécesseurs l’ont fait», expliquent-ils en guise de motivation. «Ce trophée nous apporte aussi une belle expérience professionnelle, dans la conduite d’un projet, la communication, la recherche de partenaires...», détaillent-ils. L’équipe est d’ailleurs à la recherche de sponsors qui lui permettraient de financer leur projet et leur voyage à Paris. Les étudiants ont lancé, en parallèle, une cagnotte en ligne participative sur Leetchi. Ainsi qu’un compte Instagram pour informer leurs supporters de l’avancée de leur projet.

Pour les contacter : tnla2020laroque@gmail.com.

Eva DZ

17 octobre 2019

Concours départemental race Aubrac à Ste-Geneviève-sur-Argence : Musette et Impérial, champions !

Samedi 12 octobre, le terrain multi-activités de la commune d’Argences en Aubrac offrait un cadre idéal pour le défilé des 280 animaux Aubrac en concours départemental. Sous une météo quasi estivale, les spectateurs ont été nombreux tout au long de la journée pour admirer les belles aux yeux noirs !

Bonne ambiance et convivialité étaient au rendez-vous du concours départemental Aubrac, pour sa deuxième édition, samedi 12 octobre à Argences en Aubrac. La commune avait mis à disposition de l’événement un cadre bucolique, un terrain multi-activités flambant neuf habitué à accueillir de grands événements.

La soixantaine d’élevages venus de tout le département (lire en page ci-contre) ont proposé une belle exposition de 280 animaux. «Nous pouvons féliciter les éleveurs pour la qualité de présentation des bêtes», a souligné Didier Dijols, président de la Fédération départementale des syndicats cantonaux Aubrac, chef d’orchestre de l’événement. «Et l’équipe du syndicat cantonal Aubrac de Sainte Geneviève sur Argence emmené par Maxime Delrieu pour l’organisation réussie». «Nous avons réussi notre pari, lancé il y a un an, lorsque nous nous sommes portés candidats pour accueillir un concours départemental», ajoute Maxime Delrieu. «Je remercie tous les bénévoles qui se sont impliqués pendant plusieurs jours pour que cet événement soit une réussite».

Et il l’a été puisque le public a répondu présent. Le site offrait suffisamment de place pour circuler en toute sécurité et admirer le spectacle offert par le concours des animaux et la vente aux enchères de la SARL Nolorgues (lire ci-dessous). Autour des animaux, pendant le repas de midi et la soupe au fromage le soir, à la buvette, les échanges ont été nombreux entre éleveurs mais aussi avec le grand public, on voyait ainsi de nombreuses familles avec poussettes et jeunes enfants, déambuler sur le site ! «Cet événement nous a permis de créer des moments d’échanges entre éleveurs alors que la conjoncture générale n’est pas évidente mais aussi avec le grand public, à l’heure où notre métier est tant décrié. Ce départemental a offert une communication positive sur l’élevage et notre lien au territoire», a poursuivi Maxime Delrieu.

Un constat de réussite partagé par les élus locaux présents. Le maire d’Argences en Aubrac, Jean Valadier, représentant également la Communauté de communes Aubrac Carladez Viadène, a félicité l’équipe locale pour le «formidable travail» fourni. «Argences en Aubrac n’a jamais aussi bien porté son nom en accueillant un événement de portée départementale autour de notre race emblématique». Vincent Alazard, conseiller départemental, a validé le retour de cet échelon départemental pour la race, «une vitrine du travail quotidien des éleveurs» : «Le Département continuera de vous accompagner dans toutes vos manifestations, qui contribuent à la vitalité de nos villages et à l’entretien d’un lien social».

Yves Chassany, président de la race Aubrac, venu en voisin du Cantal, a salué le «formidable élan de solidarité» autour des éleveurs, avec les partenaires, les collectivités. Il a félicité les éleveurs exposants pour leur «ténacité» alors qu’ils sont durement impactés par la sécheresse. «Ils ne relâchent pas les efforts pour montrer les performances de la race», a-t-il précisé. A l’heure où l’Union Aubrac fête ses 40 ans, il mesure le chemin parcouru par la race qui dépasse cette année les 250 000 têtes. «Il faut garder confiance, rester patient et garder espoir, notre travail autour du projet racial va porter ses fruits. Nous avons des raisons d’espérer quand on voit tous ces jeunes investis et présents autour de nos animaux», a-t-il encouragé.

Eva DZ

17 octobre 2019

FODSA-GDS Aveyron : questions-réponses sur la BVD

La maladie BVD était dans l’attente d’un programme de lutte national obligatoire. Un arrêté ministériel a été publié le 31 juillet au Journal Officiel du 1er août après l’avis favorable du CNOPSAV (Conseil National d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale et Végétale). L’arrêté définit les mesures obligatoires de surveillance et de lutte contre la maladie des muqueuses/diarrhée virale bovine (BVD) en France. A cette fin, il met en place : un dispositif obligatoire de surveillance et les mesures d’assainissement dans les cheptels infectés en imposant l’élimination des animaux infectés permanent immunotolérants (IPI). Les modalités d’application de cet arrêté ministériel seront précisées dans un cahier des charges qui doit paraître dans les semaines à venir. 

Afin d’anticiper et de préparer un grand département d’élevage comme l’Aveyron à ce nouveau défi, d’assainir au plus tôt et de fluidifier les mouvements, le GDS de l’Aveyron (conformément à l’assemblée générale du 5 avril 2018) avait fait évoluer le suivi BVD, déjà existant dans le département, avec la mise en place du dépistage systématique des veaux à la naissance. Ce dépistage se fait via le kit «TST prélèvement auriculaire» (Test Sur Tissu) sur boucles d’identification depuis la campagne 2018/2019.

Pour répondre aux exigences de cette réglementation et compte tenu de la situation épidémiologique du département, les orientations prises avec la boucle TST sont confortées pour le dépistage de tous les veaux à naître.

Quels sont les points clés de l’Arrêté ministériel ?

- La surveillance et la lutte contre la BVD sont rendues obligatoires pour tous les troupeaux bovins français.

- Pour l’Aveyron, la surveillance des troupeaux s’effectue par une recherche directe du virus BVD sur tous les animaux à la naissance par un prélèvement auriculaire issu des boucles officielles d’identification TST.

- Les animaux dont le statut n’est pas connu et issus de troupeaux suspects sont soumis à un dépistage 15 jours avant leur sortie pour l’élevage.

- Un troupeau infecté de BVD doit faire l’objet d’un assainissement en dépistant, dans le mois suivant la notification de l’infection, l’ensemble des animaux du troupeau sans statut par une recherche directe du virus BVD.

- Les animaux reconnus IPI sont éliminés du troupeau le plus rapidement possible et au plus tard dans un délai de 15 jours suivant la notification au détenteur par envoi vers un abattoir (transport direct) ou vers un équarrissage (après euthanasie).

- Les animaux issus de troupeaux infectés ne peuvent pas rentrer dans un cheptel «carte verte» pendant la recherche et l’élimination des IPI.

Pourquoi lutter contre la BVD ?

En Europe, un programme de lutte et d’éradication se met en place avec la Loi Santé Animale. De nombreux pays (Norvège, Suède, Finlande, Suisse, Danemark, Autriche, Allemagne, Irlande, Luxembourg, Belgique) ont éradiqué ou sont en cours d’éradication du virus.

En France, le coût pour la ferme française peut être évalué dans les grandes lignes à plus de 30 millions d’euros par an. Aussi, un programme de lutte national est lancé afin de stopper les pertes sanitaires et économiques de la BVD et d’assurer la valorisation commerciale des bovins en France et à l’étranger. En Aveyron, après une première campagne de dépistage à grande échelle en 2018/2019, il a été détecté des IPI avec un constat de problèmes sanitaires importants dans certains élevages ainsi que des mortalités. Ces cheptels ont pu lancer leur assainissement dès l’an dernier.

Suite à l’arrêté ministériel, les étapes pour poser les boucles TST sont-elles les mêmes que l’an dernier ?

Compte tenu de l’orientation prise en Aveyron de détecter les IPI à la naissance dès l’an dernier, le protocole de pose de boucle TST est déjà connu et reste identique.

Vidéo de démonstration de la pose des boucles TST sur www.fodsa-gds12.fr, rubrique «Actions sanitaires», catégorie «Bovins».

Quelle est la technique utilisée pour analyser les prélèvements ?

La technique d’analyse utilisée pour le dépistage sur cartilage d’oreille est une analyse virologique individuelle par antigénémie. Un résultat négatif atteste d’un statut «non IPI» pour le bovin analysé ainsi que pour sa mère.

Comment sont transmis les résultats ?

Sur le principe déjà existant, FODSA-GDS Aveyron informe directement l’éleveur par téléphone et notifie systématiquement par courrier le résultat à l’éleveur s’il y a une analyse viro-positive (animal potentiellement IPI).

Aveyron Labo transmet un récapitulatif des résultats chaque fin de mois avec la facture correspondante.

Pour consulter en temps réel l’ensemble des résultats, FODSA-GDS12 a mis en place un portail «Eleveur Web» (téléchargez sur www.fodsa-gds12.fr le formulaire à retourner afin d’obtenir un identifiant et mot de passe pour accéder à ce portail également accessible via le site de FODSA-GDS 12.

Dans le cas où les résultats confirment la présence de bovins IPI, que se passe-t-il ?

Les animaux reconnus IPI sont éliminés du troupeau le plus rapidement possible et au plus tard dans un délai de 15 jours suivant la notification au détenteur par envoi vers un abattoir (transport direct) ou vers un équarrissage (après euthanasie).

Un plan d’assainissement sera mis en place par le GDS dans les troupeaux infectés selon le cahier des charges à venir.

Quel est le coût total par animal pour la nouvelle campagne ?

A partir du 1er novembre, pour la campagne 2019/2020, le coût total est de 5,26 € HT par veau (surcoût boucle auriculaire, enveloppe T et analyse virologique).

Le surcoût de la boucle d’identification avec le kit TST et de l’enveloppe T est facturé par le GDS.

Les analyses sont facturées par Aveyron Labo chaque fin de mois. La facture précise le numéro des bovins analysés.

Quelles sont les participations qui permettent une réduction du coût global ?

FODSA-GDS Aveyron applique une déduction de 1,70 € sous la ligne «BVD TST» qui apparaît sur la facture du suivi sanitaire. Sur la facture transmise par Aveyron Labo pour les analyses il sera également appliqué en 2019/2020 une déduction de 0,76 € (via la participation de FODSA-GDS Aveyron et du Conseil départemental).

Sur un coût total de 5,26 € il reste à la charge de l’éleveur 2,80 € par veau, après déduction du total de la participation à hauteur de 47 % (1,70 € + 0,76 € = 2,46 €).

Une aide financière du GDS est-elle prévue en plus de la participation sur le kit TST et les frais d’analyses ?

Une participation de FODSA-GDS Aveyron est prévue sur les bases suivantes pour l’élimination d’un animal IPI suivant les modalités règlementaires : 60 € pour un veau laitier et 200 € pour un veau allaitant.

Infos complémentaires auprès des services de FODSA-GDS Aveyron.

03 octobre 2019

Section Midi-Pyrénées du Herd-book Limousin : l’Aveyron candidat au National 2023

L’assemblée générale de la section Midi-Pyrénées du Herd-book Limousin s’est déroulée le vendredi 27 septembre à Baraqueville sous la présidence du Lotois Philippe Parrou, en présence des membres du syndicat Limousin de l’Aveyron.

Pour la campagne 2017/2018, la section Midi-Pyrénées comptait 234 adhérents, un effectif stable, plaçant cette région au premier rang national, derrière le bassin historique Limousin. Le syndicat départemental des éleveurs Limousin est co-présidé par Anthony Moysset (Gramond) et Nicolas Puel (Laissac). Il regroupe 66 adhérents avec environ 5 000 vaches. L’Aveyron a posé sa candidature pour accueillir le National de la race en 2023.

Rappelons que le prochain National aura lieu à Limoges en septembre 2020, en même temps que le Mondial de la race Limousine ! Le dernier National organisé en Aveyron remonte à 2002. Pour l’heure, le prochain concours régional aura lieu dans le cadre de la foire de Baraqueville, les 2 et 3 mai 2020. L’Aveyron compte au total environ 80 000 vaches de race Limousine, c’est également le deuxième cheptel français, hors zone du bassin Limousin. Le syndicat aveyronnais rassemble donc une majorité de sélectionneurs, en lien avec le Herd-book Limousin. Les éleveurs de la région valorisent également leurs animaux en broutards et en labels rouges Veaux d’Aveyron et du Ségala, et Blason prestige.

La section Midi-Pyrénées recense 10 556 vaches cotisantes au Herd-book Limousin, en baisse de 2 %, plaçant encore la section au 2ème rang national avec un taux de cotisations de 73 %. La section Midi-Pyrénées a fait certifier sur cette campagne, 500 mâles, un chiffre stable, et 2 731 femelles, en baisse de 5 %. Le total est de

2 287 animaux certifiés, soit 1 % de l’activité nationale. Concernant le pointage, il a porté pour cette campagne sur 3 226 génisses.

Station de Lanaud

Les éleveurs de la section Midi-Pyrénées ont apporté 100 veaux durant cette campagne à la station nationale de qualification de Lanaud. Ce sont les premiers apporteurs nationaux ! Avec parmi ces animaux, 29 qualifiés Espoir et 37 RJ, soit un très bon ratio de 57 % de RJ et meilleur ratio national. Par ailleurs, les éleveurs de la section ont acquis 34 veaux à la station de Lanaud, dont 17 Espoir et 16 RJ, «ce qui fait d’eux les 5èmes meilleurs acheteurs nationaux», selon les responsables du Herd-book Limousin. S’agissant des vaches et taureaux qualifiés au sein de la section Midi-Pyrénées, 456 femelles ont été qualifiées RR, et 191, RRE. Du côté des mâles, 20 ont été qualifiés RR VS et 3 ont été qualifiés RRE VS.

Le président Philippe Parrou a souligné les bons résultats de la section Midi-Pyrénées, et remercié les éleveurs ayant représenté la race Limousine aux différents concours nationaux, régionaux ou locaux. Après le repas partagé au restaurant à Baraqueville, le groupe a visité la ferme de Jean-Luc Mouysset à la Bessière, sur la commune de Sauveterre de Rouergue. Son cheptel compte 57 vaches sur une SAU de 55,51 ha. Ses animaux sont notamment valorisés en label rouge Veau d’Aveyron et du Ségala.

D.B.

26 septembre 2019

Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées - Agricampus La Roque : agropastoralisme sur le Causse Comtal

Une convention de partenariat signée notamment entre le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées et l’Agricampus La Roque d’Onet-le-Château vise à réhabiliter l’activité agropastorale sur les causses, près du siège régional de la banque verte à Lioujas.

Une quarantaine de brebis Lacaune de la ferme de l’Agricampus La Roque ont investi les terres de causse près du site administratif du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées à Lioujas, vendredi 20 septembre. La convention signée pour cinq ans concerne deux parcelles, 7 ha et 12 ha. Ce site auparavant envahi de genévriers était en effet fermé depuis 40 ans, suite à l’installation du siège administratif régional du Crédit Agricole. «Progressivement, la richesse de ce lieu en espèces animales, fleurs, etc, a décliné avec la disparition du pâturage», confirme Fabien Delmarès, responsable Développement durable au sein de la Caisse régionale du Crédit Agricole. Il ajoute : «nous savons que le pâturage procure d’importants éco-bénéfices en plus de la production agricole. C’est donc l’enjeu de cette action basée sur l’entretien de l’espace et le maintien de la biodiversité».

Le Causse Comtal recense 140 espèces de plantes, dont les «patrimoniales» Sénéçon de Rodez et la sabline controversée. Plus de 75 espèces de papillons, avec notamment l’hespérie des Cirses, et 49 espèces d’oiseaux dont la fauvette Orphée, l’oedicmène criard, et 22 espèces d’orthoptères, avec le croquet des genévriers, etc. Dans ce projet, le Crédit Agricole a travaillé avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qui possède un refuge sur le site, en lien avec les services de l’Etat, le conservatoire botanique, le conservatoire des espaces naturels, la Chambre d’agriculture, la Fédération des chasseurs, tous réunis dans un comité scientifique. Rodolphe Liozon, directeur de la LPO, était présent sur le site, vendredi 20 septembre aux côtés de David Pons, responsable activité logistique du Crédit Agricole Aveyron, Pierre-Yves Miquet, responsable du secteur logistique de la caisse régionale du Crédit Agricole, Jérôme Bourret, directeur del’Agricampus La Roque et Jérôme Hercouet, responsable de la ferme de l’établissement scolaire.

Agro-écologie

Jérôme Bourret a mis en avant l’intérêt pédagogique de cette action, dans le cadre de la promotion de l’agro-écologie prônée par le ministère de l’agriculture. «Cette initiative impliquant des élèves de terminale, démontre que l’activité agricole est compatible avec le maintien de milieux ouverts, et qu’une activité pastorale avec du pâturage favorise la biodiversité. Tout cela contribue à valoriser l’image du métier d’agriculteur, une profession trop souvent accusée à tort alors qu’elle est un acteur majeur dans l’entretien de nos espaces naturels !».

L’an dernier, les deux parcelles concernées ont été débroussaillées en fonction de la carte établie lors de l’inventaire réalisé en 2017. Environ 70 tonnes de genévriers ont ensuite été prélevées pour produire de l’huile essentielle bio. Cette année, les clôtures électriques ont été posées, avec des piquets en acacia, un bois de classe 4. La convention signée avec l’Agricampus La Roque prévoit le pâturage des parcelles avec des brebis mais aussi des vaches, les génisses de race Aubrac du lycée. Les Lacaune quitteront la parcelle mi-novembre pour la période des mises bas. Il est également programmé dans cette action environnementale la rénovation de la station d’épuration (installation de phytoépuration), puis la rénovation des murets de l’ancienne doline, et l’installation d’un rucher !

D.B.

19 septembre 2019

Berceau des races à viande : «nous demandons le respect de la loi»

A la veille du Sommet de l’élevage, les éleveurs du grand Massif central avertissent : les élus qui ont voté à la fois l’article 44 de la loi alimentation et le CETA ne seront pas les bienvenus. Question de cohérence et de respect des éleveurs.

Participation massive, lundi 16 septembre, à Aubière, pour la réunion des éleveurs du berceau des races à viande. Venus de la Nièvre, de la Saône-et-Loire, de la Lozère, de la Corrèze, de l’Aveyron, du Cantal, du Puy-de-Dôme… les responsables professionnels réunis autour du coordinateur, Christian Bajard, éleveur en Saône-et-Loire ont fait le point sur les dossiers du moment. Et autant dire qu’il n’y a pas que la température particulièrement élevée pour un 16 septembre qui a échauffé les esprits !

Face à un terrain, ébranlé pour la seconde année consécutive par une sécheresse sans précédent, et des politiques qui multiplient les incohérences, les éleveurs disent stop. «Trop c’est trop, le moral des éleveurs est au plus bas. Au-delà du contexte climatique et économique plus que tendu, la colère gronde dans les campagnes face à des pouvoirs publics qui exigent des éleveurs tout et son contraire», a résumé Christian Bajard. Depuis le vote positif des députés en faveur du Ceta au début de l’été, et, à la veille de l’examen du texte par les sénateurs (courant octobre), les éleveurs ont multiplié les actions. Et c’est loin d’être terminé. Ils entendent bien mettre les politiques face à leur contradiction, et exiger d’eux qu’ils appliquent les lois qu’ils ont voté.

Des députés hors la loi

En effet, à travers l’article 44 de la loi EGALIM, la France s’est engagée à interdire toute commercialisation de produits «pour lesquels il a été fait usage de molécules vétérinaires ou d’aliments pour animaux non autorisés par la règlementation européenne ou ne respectant pas les exigences d’identification et de traçabilité imposées par cette même règlementation». Il est indiqué à la fin de cet article que «l’autorité administrative prend toute mesure de nature à faire respecter cette interdiction». «La première de ces mesures devrait être, en vertu de la loi, de refuser de ratifier le CETA pour en exiger le retrait de la viande bovine», a expliqué Bruno Dufayet, président de la FNB.

Pour Emmanuel Bernard, FDSEA de la Nièvre, «il y a de quoi douter de la volonté des pouvoirs publics de garantir un avenir aux paysans français quand leur politique se résume à nous taper dessus sans arrêt et à importer n’importe quoi».

A quelques jours de l’ouverture du Sommet de l’élevage (2-3-4 octobre) à Clermont-Cournon, la pression monte. Et les éleveurs préviennent : «gare aux élus qui souhaiteraient profiter du Sommet pour raconter n’importe quoi. Le Sommet est un évènement sérieux». Comprenez, les élus qui ont voté à la fois l’article 44 de la loi alimentation et le CETA ne seront pas les bienvenus. A bon entendeur…

Sophie Chatenet - PAMAC

12 septembre 2019

Echanges entre Irlande et Aveyron

Un groupe d’agriculteurs irlandais a séjourné dans le département la semaine dernière à la découverte des systèmes d’élevage «à l’aveyronnaise» ! Des prairies d’estives sur l’Aubrac aux caves de Roquefort, des vignes de Marcillac à un élevage laitier bio, ils se sont régalés !

Depuis quelques années, les étudiants en BTS de l’ADPSA et du CFPPA La Roque profitent d’un séjour dans des exploitations en Irlande dans le cadre de leur formation. Des échanges se sont donc naturellement noués entre l’Aveyron et l’Irlande. Là-bas, des agriculteurs ont initié il y a 25 ans, un groupe de réflexion. Il y a un an, ils ont connu la sécheresse, un phénomène nouveau pour eux... Ils cherchent des moyens d’adapter leur système d’élevage à ce changement climatique et ont eu l’idée de venir chercher quelques idées chez leurs amis aveyronnais ! Deux des agriculteurs irlandais ont bénéficié d’une bourse Nuffield comme l’Aveyronnaise Yolène Pagès, présidente de Nuffield France, qui les a accompagné dans leur séjour aux côtés des formateurs de l’ADPSA et du CFPPA La Roque.

En une petite semaine, ils ont tour à tour découvert l’Aubrac, rencontré Géraud Valadier, administrateur à Jeune Montagne, assisté à la traite mobile au pâturage, visité un élevage de la coopérative équipé de deux robots de traite, fait filer l’aligot... puis échangé avec des éleveurs de vaches laitières en système Agriculture Biologique, et en conventionnel, visité l’élevage Aubrac de la ferme de l’Agricampus La Roque ainsi que le hall technologique de l’établissement, rencontré des responsables de centres de formation et échangé sur le lien avec la profession, découvert les vignes du Domaine Laurens à Clairvaux en AOP Marcillac, visité les caves de Roquefort et l’élevage de brebis laitières de Jérôme Faramond à Réquista...

Une soirée à la Ferme auberge de la Calmette à Arvieu a réuni les Irlandais et quelques agriculteurs aveyronnais pour prolonger les échanges autour d’un repas et d’un moment convivial. Les voyageurs ont été vraiment séduits par leur séjour ! Ils en ont retenu le lien fort entre les agriculteurs, leur territoire et le produit fini, que ce soit le Laguiole AOP, le Roquefort AOP, l’aligot de l’Aubrac, le lait bio, la viande d’Aubrac... Alors qu’en Irlande, les éleveurs sont avant tout producteurs de lait destiné au marché de la poudre. La qualité de vie comme élément central dans la gestion d’une exploitation, l’organisation du travail ont aussi fait l’objet de nombreux échanges. De même l’investissement en commun à travers les CUMA a surpris les Irlandais séduits par le matériel de distribution de l’alimentation, eux étant peu équipés sauf pour le matériel de récolte. Beaucoup ont été choqués par le niveau des coûts de production dans les élevages du département (notamment les bâtiments), en Irlande, les équipements sont plus légers.

Dans le groupe d’Irlandais reçus, les agriculteurs possèdent en moyenne 300 vaches laitières sur 110 à 120 ha et produisent 1,5 million de litres de lait par exploitation (leur moyenne nationale est de 70 vaches laitières). Les échelles sont certes différentes de celles en Aveyron mais nombre de réflexions sur l’adaptation au changement climatique, l’organisation du travail... sont identiques.

De belles rencontres donc entre l’Irlande et l’Aveyron que les formateurs de l’ADPSA et du CFPPA La Roque espèrent voir perdurer lors de cette année scolaire avec le traditionnel séjour des BTS au pays vert !

Eva DZ

12 septembre 2019

Marché au cadran de Baraqueville : les élus et la sous-préfète en visite

Les élus du département et de la Région ont accompagné la sous-préfète de l’Aveyron au marché au cadran de Baraqueville, lundi 9 septembre. Un an et demi après son ouverture, le marché poursuit son développement.

Le Conseil départemental, la Région Occitanie Pyrénées Méditerranée et l’Etat ont appuyé la Communauté de communes du Pays Ségali à concrétiser la mise en œuvre d’un marché au cadran à Baraqueville. Un an et demi après son ouverture, les élus des deux collectivités accompagnés de la sous-préfète de l’Aveyron, Pascale Rodrigo et du sénateur, Alain Marc, ont visité le marché et ont pu constater avec plaisir le beau développement de ce concept.

Près de 200 animaux par semaine

«Nous sommes passés d’une foire tous les 15 jours avec une trentaine d’animaux à une foire hebdomadaire qui frôle les 200 animaux tous les lundis !», résume Vincent Albouy, président de la SAS Marché au cadran de Baraqueville. «La réussite de notre projet tient dans le fait que nous avons démarré de façon modeste autour des installations existantes et avec un investissement limité», ont expliqué Jacques Barbezange, maire de Baraqueville et Jean-Pierre Mazars, président du Pays Ségali.

Aujourd’hui, l’infrastructure, le volume d’animaux, les éleveurs, les acheteurs, tout est réuni pour continuer la marche en avant, selon Jean-Marc Fabre, responsable agricole à la Communauté de communes. La proximité du prochain échangeur de la RN 88 devrait aussi être un facilitateur dans l’accès au marché hebdomadaire qui accueille des éleveurs et des acheteurs du grand Ségala et des départements alentours (Tarn, Tarn et Garonne, Cantal, Lozère). Et les élus locaux ont confirmé le projet de construction d’une salle d’animation toute proche de l’espace Raymond Lacombe pour améliorer l’accueil et l’organisation.

Le marché au cadran de Baraqueville rassemble 550 actionnaires : «des fidèles pour la plupart qui sont venus au départ en curieux et qui reviennent parce qu’ils ont été séduits par ce concept de marché au cadran», confirment les organisateurs qui notent, chaque lundi, l’arrivée de quelques nouveaux. «Le public s’est beaucoup rajeuni et ça aussi c’est encourageant pour l’avenir», poursuivent-ils. «Le concept de marché au cadran plaît parce qu’il garantit une sécurité de paiement, une transparence et un anonymat dans les transactions. L’un des atouts est aussi que le vendeur a toujours le dernier mot, il est maître jusqu’au bout du prix de son animal».

Un «dossier d’avenir» pour la Région

Baraqueville est le seul marché au cadran de France qui affiche une croissance et le seul marché de ce type à sortir un résultat positif dès sa première année. «Actuellement, le site nous offre une capacité suffisante pour le volume de notre marché dont le potentiel peut encore augmenter, et nous l’espérons !», souligne Vincent Albouy. «Nous ambitionnons de faire évoluer la catégorie des broutards et pourquoi pas mettre en place quelques innovations comme la vente d’animaux par vidéo qui est déjà en place sur certains marchés en France. C’est une piste à travailler», avance-t-il.

Des projets que les deux élus du Conseil régional sont prêts à relayer et à accompagner. Jean-Sébastien Orcibal et Stéphane Bérard ont montré tout leur intérêt lors de leur première visite au marché au cadran. «Nous sommes clairement sensibles à ce type d’installations qui contribue au dynamisme de l’économie locale», a déclaré le premier. «C’est un dossier d’avenir». Et Stéphane Bérard de compléter : «il est de notre compétence de porter attention à nos territoires ruraux. L’agriculture est d’ailleurs l’un des premiers employeurs de la Région et notre volonté à la Région est de les accompagner au plus près de leurs besoins».

Un système de vente apprécié

Une satisfaction partagée par le président du Conseil départemental qui venait lui aussi pour la première fois, visiter le marché au cadran. «Je suis heureux que le Département ait contribué à cette réalisation. Le marché au cadran permet de faire évoluer les habitudes de ventes des animaux de façon neutre, objective selon les prix réels du marché», a commenté Jean-François Galliard. «Et quand on connaît le poids de l’activité agricole dans le département (10% de la population active), c’est un enjeu suprême du département de l’encourager à travers des réalisations comme le marché au cadran».

Présente depuis 9 mois dans le département, la sous-préfète de l’Aveyron, Pascale Rodrigo découvrait elle aussi, le marché de Baraqueville : «pour le territoire comme pour la profession agricole, c’est une démarche porteuse, un élément de développement et d’attractivité. Les chiffres que nous ont présentés les responsables du marché nous le prouvent bien. J’apprécie aussi le principe de la fixation du prix plus respectueuse, plus objective, la qualité de l’animal et du travail de l’éleveur est appréciée à sa juste valeur».

Eva DZ

08 aout 2019

Finale du championnat de France des chiens de troupeau sur bovins : soleil, sourire et bonne humeur

Le soleil était au rendez-vous lors de la finale du championnat de France des chiens de troupeau sur bovins, dimanche 4 août à l’Agricampus La Roque. Plus de 4 000 personnes sont venues encourager les 21 duos berger - chien qui ont concourru pour le titre national.

«C’est une belle réussite, nous sommes très contents», le président de l’association des chiens de troupeau de l’Aveyron (ACT 12), Frédéric Guiral, ne cachait pas sa satisfaction au lendemain de la finale du championnat de France des chiens de troupeau sur bovins, organisée dans le département. Comme en 2006 à Bozouls, le soleil a été au rendez-vous pendant toute la journée, il fallait parfois se faufiler pour chercher un peu d’ombre !

Le spectacle lui aussi a été à la hauteur, de même que les protagonistes de cette finale : les chiens, les bergers et les génisses Aubrac du troupeau de la famille Boubal de Montrozier. Plusieurs points d’eau étaient d’ailleurs installés sur le parcours pour désaltérer les concurrents ! A partir de 8h et jusque 18h, 21 duos chien - berger ont effectué le parcours sous les yeux avisés des deux juges et les commentaires de René Debons et Marion, éleveur en Haute Vienne, venue en amie de l’ACT 12. «Nous avons accueilli chez nous le championnat du monde de tonte au début de l’été et nous avons rencontré les membres de l’ACT 12 que nous avions déjà croisé sur des concours. On leur a proposé de venir leur apporter un coup de main pour leur finale», explique-t-elle. «Nous avons passé une belle journée, l’Aveyron et les Aveyronnais nous ont très bien accueillis !», poursuit-elle.

Un constat partagé par l’ensemble des concurrents venus de toute la France (Loire, Pyrénées Atlantiques, Ain, Morbihan, Haute Saone, Cantal, Doubs, Calvados, Manche, Haute Savoie, Tarn...). «Tous ont été très contents de l’accueil, il faut dire que nous avions la chance de pouvoir nous appuyer sur l’infrastructure du lycée La Roque pour l’hébergement et la restauration des concurrents, c’était idéal», ajoute Frédéric Guiral.

Un parcours très sélectif

Pourtant le soleil, s’il a permis d’attirer plus de 4 000 personnes (environ 1 000 repas - aligot de l’Aubrac et saucisse - ont été servis le midi), a rendu l’épreuve un peu plus difficile pour les concurrents. «Les conditions n’étaient pas évidentes. Lorsqu’il fait très chaud, les animaux n’ont pas toujours envie de bouger !», détaille Marion. «Et les chiens de troupeau en grande majorité des Border Collie, sont des animaux qui s’économisent peu, ils fournissent un effort intense tant sur le plan physique que de la concentration mais la plupart ont été très performants», poursuit-elle.

Pour preuve, la belle performance réalisée par Jean Basty et son chien, Flox. Egalement président de l’association des chiens de troupeau Rhône et Loire, il a réalisé un beau parcours en totalisant 93,5 points. Loin devant son dauphin, Daniel Ferrier et son chien Flic, venu de la Dordogne. Benoit Redoules et son chien, L’Oustal du Mistral, complètent le podium. L’éleveur tarnais n’est autre que le tenant du titre 2018, vainqueur à Carhaix-Plouguer.

Le site de l’Agricampus La Roque offrait une très belle vue à l’ensemble des spectateurs, sur le concours. Et sa grandeur permettait aux organisateurs de proposer une foule d’animations : entre défilé et exposition de vieux tracteurs, démonstration de débardage avec chevaux, de cutting (tri de vaches avec des chevaux), d’agility (parcours d’obstacles pour les chiens) mais aussi spectacle folklorique avec Lo Bourreio d’Olt, les balades en poneys et le marché de terroir où les visiteurs ont pu se rafraîchir avec des glaces au parfum inédit (Roquefort par exemple !). «Nous avons passé une super journée avec beaucoup de monde, de belles animations, une bonne ambiance et un grand soleil, nous sommes ravis», résume Frédéric Guiral.

De quoi donner quelques idées à leur successeur, la Haute Savoie qui accueillera en 2020, la prochaine finale du championnat de France des chiens de troupeau sur bovins... avec quelques duos gagnants de l’Aveyron !

Eva DZ

01 aout 2019

Plateau du Larzac et attaques de loup : expliquer la réalité du métier d’éleveur

La MSA Midi-Pyrénées Nord, en partenariat avec le Collectif des éleveurs de la région des Causses (Cercle 12) mettent en place cet été un réseau de huit fermes touchées par des attaques de loup, visant à communiquer vers le grand public sur le sujet. Exemple au GAEC de Caussenuejouls à Cornus.

Les attaques de loup sur le plateau du Larzac et le Sévéragais ont des conséquences économiques et humaines sur les élevages ovins du rayon de Roquefort où les brebis pâturent la nuit. A deux pas de l’A75, le hameau de Caussenuejouls est aussi celui du GAEC du même nom, avec son troupeau de 540 brebis Lacaune. Il fait partie du réseau de huit fermes impliquées cet été pour échanger avec le grand public, les touristes, sur la difficulté de se protéger des attaques du loup (lire aussi la VP du 16 mai). Un flyer avec les adresses et contacts des huit fermes est diffusé dans les offices de tourisme du Sud-Aveyron et du Sévéragais (1).

Défendre le pastoralisme

«L’objectif est d’échanger sur la réalité du métier et les difficultés du pastoralisme sur le Larzac et le Causse de Sévérac» résume Bernard Fabre, président du comité territorial du Millavois de la MSA, et retraité agricole, après avoir quitté le GAEC familial de Caussenuejouls. «Nous avons connu trois attaques de loup avéré ici, en 2016, 2017 et 2018, avec au total neuf brebis tuées ou euthanasiées à cause de leurs graves blessures» commente Bernard Fabre. «Cet été, j’ai déjà reçu deux couples sur le GAEC soucieux de connaître notre façon de travailler, et comment nous arrivions à pratiquer le métier dans de telles conditions. Le premier couple venu du Nord de la France avait entendu parler des attaques de l’ours dans les Pyrénées et voulait se rendre compte comment nous appréhendions la présence du loup sur notre secteur», raconte Bernard Fabre.

Il poursuit : «le deuxième couple était de la région de Nant, toute proche, dont le mari est fils d’éleveur de brebis. Ils voulaient voir eux aussi comment nous faisions pour nous protéger du loup et constater l’évolution d’une ferme produisant du lait pour l’AOP Roquefort. Au final, pour le moment, nous n’avons accueilli ici que des personnes sensibles à notre métier d’agriculteur», relève Bernard Fabre.

Le retraité agricole accueille les personnes chaque mercredi à partir de 16h, sur rendez-vous, avant la traite des brebis. «Je suis le plus disponible dans le GAEC familial !» admet-il, «c’est donc à moi de recevoir les gens», insiste Bernard Fabre, sans oublier son rôle de président du comité territorial MSA du Millavois, structure soucieuse d’être à l’écoute des éleveurs touchés par les attaques de loup (lire encadré). Il continue : «ce volet psychologique est important à relayer mais il faut commencer par expliquer aux gens qu’il est impossible de protéger nos élevages du loup. Les brebis sont à l’étable la journée, et sortent à cette époque vers 19h, après la traite, et rentrent à l’intérieur des bâtiments vers 9 h. Elles passent la nuit dehors dans des parcelles fermées par des km de grillages d’un mètre de hauteur. A l’intérieur de ces parcelles, nous avons des parcs destinés au pâturage tournant, fermés par des clôtures électriques. Tout ce dispositif lourd à mettre en place ne suffit pas à dissuader le loup qui arrive à sauter par dessus les clôtures, à passer en dessous à cause parfois des trous de sangliers. Nous ne pouvons pas veiller la nuit dehors ni payer un berger pour ce travail nocturne !».

Patous, tirs de défense...

Bernard Fabre évoque aussi la possibilité de placer des chiens : «c’est une option que nous avions envisagée avec des patous, des chiens de garde de troupeau. Il nous faudrait une dizaine de patous pour notre cheptel. Ces chiens ont un coût, et il faut les dresser, les nourrir... Sans compter que les patous peuvent être dangereux pour les randonneurs». Et le tir de défense ? : «mon fils Nicolas a le permis de chasser et l’autorisation de pratiquer le tir de défense simple» répond Bernard Fabre, «dernièrement, il pense avoir aperçu un loup à proximité de notre ferme, mais comment agir rapidement sans avoir le fusil de chasse avec soi ? Le loup est un animal très malin et il ne reste pas longtemps sur place».

«Nous aimons nos animaux»

Cette année, le GAEC n’a pas été victime d’attaque du loup mais pour Bernard Fabre, le traumatisme psychologique est bien présent dans l’élevage : «il faut faire comprendre aux gens de la ville qu’il est impossible de se protéger du loup. Et que nos ennuis sont plus que justifiés lorsque nos bêtes sont attaquées, mortes, avec ensuite la procédure administrative lourde, le temps passé à rechercher les brebis égarées, apeurées. Nous sommes certes indemnisés lorsque les attaques de loup sont avérées, mais le versement se fait avec au moins six mois de retard. L’an dernier, nous avons eu par ailleurs des soucis d’avortement dans le troupeau, c’est peut-être une conséquence de la présence du loup».

Bernard Fabre conclut : «nous aimons nos animaux et sommes touchés quand des brebis sont attaquées par le loup. Pourquoi les pro-loup ne parlent-ils jamais de bien-être animal lorsqu’il s’agit de brebis blessées par le loup ?».

D.B.

(1) Les huit exploitations ouvertes au public sont les suivantes (visites gratuites sur rendez-vous) :

- Romain Boutry à Ste-Eulalie-de-Cernon.

- M. Goujon. GAEC de la Doline à L’Hospitalet du Larzac.

- Bernard Fabre. GAEC de Caussenuéjouls à Cornus.

- Jean-Louis Vidal à Cornus.

- Mélanie Brunet à Sévérac d’Aveyron.

- Bertrand Martin à Sévérac d’Aveyron.

- Noëlle Rousseau et David Kunze. GAEC du Cun à La Couvertoirade.

- Henriette et Michel Pons et Florian Glandières. GAEC de Figayrol à Cornus.

27 juin 2019

Coopérative CELIA : un groupe qui «se porte bien» !

Dans un contexte très concurrencé la coopérative CELIA a présenté un bon exercice, à l’équilibre, lors de son assemblée générale vendredi 21 juin. «Un grand motif de satisfaction» pour son président, André Veyrac, qui permet au groupe coopératif d’afficher sa confiance dans l’avenir, dans ses productions et dans son territoire.

Que ce soit dans le maigre ou dans la viande, le groupe coopératif CELIA «se porte bien», a introduit son président, André Veyrac. La stratégie mise en œuvre par BEVIMAC à l’export sur les pays tiers porte ses fruits (lire aussi dans notre dernière édition) et celle axée sur les filières de qualité avec Languedoc Lozère Viande est toute aussi porteuse.

Pour continuer de créer de la valeur ajoutée sur la viande et innover dans la communication, CELIA a travaillé à la construction d’une certification agroenvironnementale de ses exploitations, reconnue GIE environnemental. Bien-être animal, circuit court, lutte contre le réchauffement climatique, sauvegarde de la biodiversité... autant d’éléments recueillis dans les exploitations et sur lesquels Languedoc Lozère Viande pourra s’appuyer pour sa campagne marketing. L’entreprise devenue un moteur de la croissance du groupe CELIA, devra aussi investir dans ses outils pour franchir de nouveaux paliers de développement.

Côté export, André Veyrac évoque «une belle aventure à poursuivre». Le développement des échanges vers les pays tiers permet d’apporter des niveaux de rémunération des broutards «très intéressants» et «bien meilleurs que sur l’Italie». Il cite : «pour BEVIMAC, 40% de la rentabilité finale et donc du complément de prix versé à CELIA, est assurée par les 10% d’animaux exportés sur les pays tiers !». Premier opérateur français sur l’Algérie, BEVIMAC envisage de prospecter d’autres pays du pourtour méditerranéen et pour celà, il faudra travailler à la structuration de quarantaines, leur absence avait notamment freiné l’activité avec la Turquie en 2015.

L’exemple espagnol

Pour éclairer le débat sur les perspectives d’export, CELIA a invité Germain Milet du service Economie de l’Institut de l’élevage pour évoquer l’engraissement bovin en Espagne, les raisons de sa réussite et les risques qu’il représente pour le broutard et le taurillon français.

L’Espagne est le deuxième importateur de broutards en Europe, un marché pas majoritaire pour la France mais toutefois non négligeable, notamment pour les veaux laitiers (69 000 vaches laitières du Cantal en 2018 sont parties en Espagne). Ce pays est ainsi le deuxième importateur de veaux de moins de 80 kg et la France est son premier fournisseur. Qui plus est, l’Espagne importe de plus en plus de broutards : 198 000 en 2017 (soit 70 000 têtes de plus qu’en 2012).

Il faut préciser que les capacités d’engraissement en Espagne sont importantes et continuent de progresser. Le système est bien différent du système français : une production très standardisée quels que soient la région, la race, le sexe... une production sur paille, dans un bâtiment ouvert, des ateliers de très grande taille et très automatisés : 1 UTH gère 800 à 1 000 bêtes ! L’alimentation en ration sèche complète avec de la paille à volonté et un abattage précoce permettent des GMQ très élevés dans un temps de finition très court, les animaux sont de tout poids, offrant une adaptabilité à différents marchés.

Le coût de production d’un kg de viande en Espagne est moindre : coût du maigre moindre, bâtiment sommaire, coût de main d’œuvre très faible, charges d’équipement limitées du fait de l’achat intégral et de l’automatisation de l’alimentation, taille des ateliers déconnectée de la surface de l’exploitation, prix de l’aliment en dessous de celui en France (220 euros/tonne en 2018) du fait des gros besoins, de la concentration de la production, des fabricants pluri-espèces, d’une présentation en poudre, d’une forte connexion au marché mondial... mais d’une composition différente (part de matière première plus importante).

Cette organisation et le statut sanitaire maîtrisé de l’Espagne lui permettent de réaliser de grosses performances à l’export de vif fini (200 000 têtes environ en 2018) notamment vers l’Afrique du nord. L’organisation à l’export est facilitée par la taille des élevages qui remplissent vite les bateaux, l’homogénéité des pratiques d’élevage et donc des animaux, la présence de ports équipés... Néanmoins les bovins exportés finis ne représentent que 6,5% des bovins engraissés en Espagne.

Le marché intérieur se redresse, après la grosse crise économique : la consommation nationale de viande de bœuf progresse de 3,5% par rapport à 2012, de même que la consommation individuelle (+4% depuis 2012, soit + 500g), à noter aussi une reprise du tourisme qui engendre une hausse de consommation de viande. De fait, le cheptel allaitant se professionnalise et rebondit ce qui pourrait avoir des conséquences sur les importations de maigre en Espagne...

Les exportations de viandes venues d’Espagne valorisent 30% des abattages et la balance commerciale du bœuf espagnol s’est aussi améliorée (+46 000 tec en 2017). Néanmoins la crise financière en Turquie a stoppé cette dynamique positive et provoque un repli des cours.

Germain Milet considère l’Espagne comme un partenaire à long terme pour la France : ce pays restera déficitaire en maigre notamment en veaux laitiers. Mais il reste aussi un concurrent : présence sur les mêmes marchés à l’export avec une coordination efficace avec l’administration, un statut sanitaire enviable... le coût faible d’engraissement... Mais si l’Espagne produit de la viande de manière générale à partir de maigre bon marché pour une prise de risque minimale, il n’est pas un concurrent pour la France sur le broutard haut de gamme. A chacun sa culture !

Eva DZ

20 juin 2019

Union de coopératives BEVIMAC : l’eldorado des pays tiers !

Un an après l’arrivée de la SICAGIEB au sein de BEVIMAC Centre Sud, l’Union de coopératives est l’un des leaders dans l’export avec près de 98 000 têtes commercialisées et une plus-value de 36 euros par pièce en 2018. Si l’Italie reste le principal débouché, l’ouverture vers les pays tiers permet de tirer le marché vers le haut.

Les coopératives CELIA, UNICOR, Bévid’Oc et depuis un an, SICAGIEB confient la vente de leurs bovins et ovins pour l’export à BEVIMAC Centre Sud. Une activité portée par un partenariat historique avec l’Italie et qui se diversifie de plus en plus vers les pays tiers. «Conserver nos positions sur l’Italie et continuer à nous développer sur les pays tiers», tel a été le message de Pierre Terral, président de BEVIMAC lors de l’assemblée générale, mardi 18 juin.

Près de 98 000 bovins ont été commercialisés en 2018. Les apports sont en nette progression (+2,3%) du fait de l’arrivée de SICAGIEB au sein de l’Union de coopératives et les ventes sont en hausse aussi de 5,5%. Près de 87% des animaux sont destinés à l’Italie, un marché historique mais qui «fait aussi un peu peur» comme l’explique Hervé Chapelle, directeur : «Les outils d’abattage en Italie ne sont pas du tout saturés et quand on a la possibilité de «trier» nos marchés pour apporter de la valeur ajoutée à nos produits, il ne faut pas se priver !». Il fait ainsi référence à l’émergence des pays tiers (10% des volumes exportés).

Pays tiers : une opportunité saisie

Cette tendance est notamment marquée depuis le début de l’année avec une baisse de 7% des ventes vers l’Italie (soit 2 camions de moins par semaine) et une hausse de 53% vers les pays tiers et notamment vers l’Algérie. Les pays tiers représentent ainsi depuis le début de l’année, 20% de l’activité de BEVIMAC ! Sur une activité globale en hausse elle aussi de 1 650 têtes (+4,3%). «Dans un contexte économique difficile où nous ne sommes pas à l’abri d’un aléa sanitaire, politique... d’une baisse de l’engraissement en Italie... l’enjeu est de maintenir nos positions grâce à notre système naisseur - engraisseur à haute valeur ajoutée», a résumé Pierre Terral.

BEVIMAC, leader sur le port de Sète !

Pour conforter son activité, BEVIMAC s’appuie depuis plusieurs années sur le port de Sète, à travers le SEPAB, société privée créée en 1999 qui regroupe les opérateurs d’activité d’export de bétail vivant. Son directeur, Laurent Trémoulet, était l’invité de l’assemblée générale de BEVIMAC pour évoquer les enjeux et les perspectives de l’export notamment vers les pays tiers.

«En 2012, 1,3 million de bovins ont été importés sur le pourtour méditerranéen, en 2018, nous sommes à 2,6 millions, soit une hausse annuelle de 20%», a indiqué en préambule Laurent Trémoulet. BEVIMAC est devenue un acteur majeur sur le port de Sète : en 2015, elle représentait 2% de l’activité export du port, en 2018 elle a pesé sur 15% de l’activité et sur les premiers mois de 2019, elle affiche déjà 18% !

Ces chiffres prouvent aussi l’émergence des pays tiers dans l’export d’animaux vivants venus de France. Les pays tiers sont un marché de proximité puisque le plus long trajet maritime est de 7 jours, le coût de frêt est plus bas que celui de l’Amérique du Sud du fait de bateaux plus «petits» (entre 1 200 et 1 300 animaux par bateau). Et un transport parmi les plus sûrs avec un taux d’accidentologie très faible. «Par contre contrairement aux pays exportateurs concurrents, nos animaux ne prennent pas de poids pendant le trajet», nuance Laurent Trémoulet.

L’une des batailles du directeur du SEPAB est la «malveillance de l’administration française par rapport à l’activité d’export d’animaux vivants». Il dénonce les délais trop importants (23 jours minimum pour l’Algérie) pour autoriser le départ d’un bateau depuis la France quand le Brésil met autant de temps à l’acheminer ! «Vous devez vous faire entendre sur cette problématique, les autorités doivent être des facilitateurs pour fluidifier le commerce, il en va de notre compétitivité sur les marchés», a-t-il encouragé. Pour lui, les marchés de l’Egypte et de la Lybie ont été perdus pour la France en raison de ce manque de réactivité !

«Nous ne serons jamais maîtres de la variabilité du marché des pays tiers, un accident sanitaire, un événement politique, une dévaluation de la monnaie... mais même s’ils pèsent 10% de l’activité aujourd’hui, c’est eux qui maintiennent l’équilibre du marché entre le vif, la viande et l’export vers l’Italie», détaille Laurent Trémoulet.

L’Algérie mais pas que...

Ce marché est en devenir, selon le directeur du SEPAB, il en veut pour preuve une démographie croissante, l’absence de mouvement vegan dans ces pays, l’émergence d’une classe sociale moyenne qui consomme du bœuf, «pas seulement en haché mais aussi en entrecôte et filet», une activité touristique qui fait augmenter la consommation de viande... «Qu’importe les aléas, ils font partie des règles du jeu mais nous devons tenir compte de leurs demandes, de leurs contraintes pour avoir une vraie force d’impact, de réactivité sur leur marché», a poursuivi Laurent Trémoulet.

Mais le directeur du SEPAB a mis en garde contre la dépendance à l’Algérie : «C’est depuis quelques années et ce malgré les aléas, le marché le plus stable mais il ne doit pas être unique. S’il ferme, tout s’écroule !». Il encourage donc les opérateurs à se structurer notamment avec la mise en place de quarantaines, structures obligatoires pour les autres pays. «Le marché des pays tiers grossit aevc des clients capables de passer des commandes de plusieurs centaines d’animaux à chaque fois, organisez-vous pour être présents, améliorez vos coûts de logitisque sur bateau et de gestion sanitaire, impulsez votre dynamique auprès de l’administration française», a-t-il conclu.

Eva DZ

20 juin 2019

ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère : les 30 ans !

ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère fête ses 30 ans vendredi 28 juin à Sauveterre de Rouergue. Officialisée au JO le 18 octobre 1989 sous le nom d’ADEL 12, l’organisation de producteurs non commerciale agréée en décembre 2002, a grandi depuis ses premiers adhérents, éleveurs de Veau d’Aveyron et du Ségala sur le Ségala.

Elle réunit aujourd’hui 556 exploitations bovins et ovins viande sur les départements de l’Aveyron, du Tarn, de la Lozère et du Lot (en ovins) et 70 négociants, bouchers et abatteurs. ELVEA a su jouer la carte de la diversité des productions et donc des débouchés grâce à son lien avec les signes officiels de qualité (Veau d’Aveyron et du Ségala, Bœuf Limousin Blason Prestige, Bœuf fermier Aubrac, Agneau Lou Paillol). Sa force : réunir éleveurs et acheteurs pour échanger ensemble sur les opportunités de marché. Un atout qui lui a assuré sa longévité depuis 30 ans. Les acteurs de l’association, d’hier et d’aujourd’hui, seront réunis notamment sur l’exploitation de Jean-Luc Mouysset, à Sauveterre de Rouergue pour évoquer l’histoire et envisager l’avenir... ensemble. Jean-Luc Rouquette, président depuis près de 20 ans, Nadine Vernhes, présidente de la section ovine et Bernard Fabre, représentant le collège des acheteurs apportent leur témoignage sur le parcours d’ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère.

Jean-Luc Rouquette (photo), éleveur bovins viande à Grand Vabre, a rejoint ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère en 1991-92. Il préside l’OP depuis octobre 2001. Interview.

Comment est née ADEL 12 devenue ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère ?

J-L. Rouquette : «Sur le Ségala, il y avait un nombre important de marchés notamment autour de la production de veaux d’Aveyron qui généraient un volume important d’animaux que les éleveurs vendaient en direct auprès des négociants. La création de notre association est née d’un besoin de structuration des éleveurs qui n’appartenaient à aucune OP. Daniel Carrié en a été le fédérateur. Il a succédé à la présidence de l’ADEL à Pierre Solinhac qui en avait déposé les statuts.

Comment ELVEA a-t-elle évolué ?

J-L. Rouquette : Le modèle mis en place qui permettait aux producteurs de se fédérer tout en étant maîtres de leurs produits jusqu’à la commercialisation a plu. Le système a grandi autour du Veau d’Aveyron et du Ségala, en parallèle de la création de l’IRVA puis s’est étendu à l’Aubrac grâce à la diversité des éleveurs et des acheteurs. Petit à petit, nous avions la production pour nous ouvrir à des marchés supplémentaires avec la SA4R, la filière Sudries - SVA pour le Veau d’Aveyron, le Bœuf Fermier Aubrac, Blason Prestige et en production d’agneaux sous la mère avec Lou Paillol. C’est indéniablement la force d’un groupe d’éleveurs et d’acheteurs associés qui a fait ses preuves.

L’appui technique est aussi l’une des marques de fabrique de l’OP...

J-L. Rouquette : En effet. Les adhérents ont toujours pu compter sur l’appui technique. Des progrès ont été réalisés qui nous ont permis d’améliorer les coûts de production même si nous avons encore des marges de progrès. Nous essayons aussi de diversifier nos propositions de services pour intéresser le plus grand nombre.

Les rapprochements avec la Lozère, le Tarn puis le Lot sur la partie ovine ont aussi été des étapes importantes dans la vie d’ELVEA. Qu’en retenez-vous ?

J-L. Rouquette : A plusieurs, on pèse toujours plus ! Ces rapprochements ont permis de continuer de faire vivre nos structures tout en proposant une continuité de services à l’ensemble de nos adhérents. Sur le Lot par exemple, nous avons maintenu le poste de la technicienne.

Le rapprochement avec la Lozère fut le premier. Les éleveurs de ce département étaient de plus en plus nombreux à vouloir proposer leurs animaux à la station Gélioc à Naucelle qui n’accepte que les adhérents à une OP commerciale ou non commerciale. De plus la demande sur ce département en label rouge Bœuf Fermier Aubrac était croissante.

Un an plus tard, nous nous rapprochions de l’ATEB 81, un département avec une production de Veau d’Aveyron importante comme nous. Et enfin, nous avons fusionné notre section ovine avec celle du Lot pour répondre à la loi d’orientation qui avait fixé un seuil de 40 000 brebis que nous avons atteint en nous unissant.

Que retenez-vous de l’histoire ?

J-L. Rouquette : Qu’il est important de s’engager pour conforter nos structures qui représentent 25 000 éleveurs en France. Il faut être présent pour montrer que l’on existe et que notre rôle est important. En échangeant en direct avec les acheteurs, nous sommes davantage réactifs face au marché.

Pourquoi fêter les 30 ans ?

J-L. Rouquette : Là encore, il s’agit de montrer que notre structure vit bien, que nous avons su fédérer autour de nous. C’est avant tout un moment de partage et d’échange avec l’ensemble de nos adhérents et de nos partenaires.

Quelle sera la suite ?

J-L. Rouquette : Les enjeux sont multiples. La clé est de garder notre réactivité face aux marchés, de continuer à répondre collectivement aux demandes».

Reccueilli par Eva DZ

23 mai 2019

Marché au cadran de Baraqueville : un an après le lancement...

Un an après avoir vu le jour, le marché au cadran de Baraqueville affiche un joli parcours : plus de 7 600 animaux ont été vendus avec un taux de vente de 98% et la fréquentation moyenne est de 150 animaux tous les lundis. Pour souffler sa première bougie et dresser un bilan d’étape, le conseil d’administration de la SAS Coop Cadran Ségali qui le gère, a invité, lundi 20 mai, les élus sans qui ce projet n’aurait pu voir le jour.

«Sans une évolution, le marché de Baraqueville était voué à disparaître !» Que de chemin parcouru en un an ! La mise en place d’un marché au cadran tous les lundis avec de nouvelles catégories d’animaux proposés à la vente a reboosté ce rendez-vous économique hebdomadaire sur le Ségala. Les quelques chiffres présentés par le président de la SAS Coop Cadran Ségali, Vincent Albouy, prouvent cette réussite : 7 600 bêtes vendues en un an avec un taux de vente de 98%, une fréquentation linéaire avec en moyenne 150 animaux présents tous les lundis, 500 adhérents (éleveurs et acheteurs) et de nouveaux venus chaque semaine. «Nous sommes vraiment satisfaits de ce bon départ», a résumé Vincent Albouy devant les élus de la Communauté de communes qui a financé ce projet. «Nous avons mis tous les atouts de notre côté en proposant un projet raisonné et limité, ce qui nous permet un résultat positif un an après», poursuit le président.

Car la mise en place d’un marché au cadran représentait une petite révolution en soi : «Nous partions un peu dans l’inconnu mais sans ce projet le marché traditionnel aux veaux gras de Baraqueville aurait disparu». En effet, sur le marché traditionnel, il y avait péniblement 30 veaux gras tous les 15 jours, aujourd’hui, le marché au cadran en accueille 80 par semaine et même 90 depuis début 2019. La moyenne des petits veaux à la vente était de 25, elle est aujourd’hui de 40. Et pour les nouvelles catégories dont les vaches, la moyenne est de 30 têtes par marché (1 160 en un an). Seule la catégorie des broutards (340 en un an) peine à démarrer mais les responsables du marché réfléchissent à quelques idées qui pourraient augmenter les apports et ainsi satisfaire les acheteurs (vente par vidéo par exemple).

«Nous avons mis en place un marché bien organisé grâce à la mobilisation chaque semaine de nos bouviers qui gèrent la circulation des animaux», explique Vincent Albouy. «Chaque lundi, les ventes sont bien animées par notre chef de vente, Laure Guitard et bien encadrées avec un horaire précis pour chaque catégorie : 11h les petits veaux, 13h30 les vaches, baby et taureaux, 14h45 les broutards, 15h les veaux gras. Et le fonctionnement est simple puisque les apporteurs annoncent leurs animaux le vendredi avant 14h par téléphone ou sur internet pour que les acheteurs aient connaissance de la liste des animaux proposés à la vente», détaille Vincent Albouy. «L’annonce des animaux est un point vraiment important puisqu’elle influence les acheteurs dans leur choix de venir».

Clairement, les responsables du marché sont satisfaits de cette belle évolution : «C’est un outil qui permet aux éleveurs de garder le choix pour la vente de leurs animaux, et au territoire de maintenir une dynamique économique chaque semaine».

Des éleveurs satisfaits...

Pour les éleveurs apporteurs, le marché au cadran constitue une nouvelle opportunité de vente pour leurs animaux tout en leur apportant certaines garanties : «Je viens à la vente plus serein, je suis moins stressé car mes animaux seront vendus au plus offrant», témoigne cet utilisateur fidèle de la première heure, enchanté de ce nouveau système. «Les organisateurs prennent en charge nos animaux dès le déchargement, après on ne s’occupe de rien !», souligne cet autre utilisateur régulier. «Ce système d’enchères crée une émulation et tire les prix vers le haut. J’apprécie aussi la sécurité de paiement et le paiement comptant à la fin de la vente», continue un autre. Certains viennent pour la première fois et ont été séduits : «C’est une première pour moi aujourd’hui et je reviendrai !».

... tout comme les acheteurs

Hervé Tortissier de Parm’Aubrac venait au marché traditionnel à Baraqueville et regrettait le manque d’affluence des animaux : «le pari est réussi avec ce marché au cadran car nous bénéficions d’un choix plus important d’animaux avec aussi de nouvelles catégories. Sur un même site, le même jour, nous pouvons trouver tous les types d’animaux que nous recherchons». Son seul regret est le manque de broutard. Cet acheteur apprécie aussi le lieu central de Baraqueville et l’accès facilité... qui le sera peut-être encore plus dans les mois à venir avec l’ouverture de la 2x2 voies. Même constat positif pour Gérard Sudries : «Nous avons vraiment le choix dans les animaux et cette nouvelle forme de commerce que je découvre, nous donne accès à tous les animaux, on peut se positionner sur plusieurs à la fois». Et l’anonymat permet une meilleure équité dans les enchères.

Un an après, les élus de la Communauté de communes qui ont financé le projet, sont heureux de la réussite : «Nous avons eu la chance de pouvoir nous appuyer sur une structure existante, ce qui nous a permis de limiter nos investissements et donc de donner toutes les chances de réussite à ce marché au cadran», avance Jean-Pierre Mazars, président de la Communauté de communes du Pays Ségali. «Le principe d’un conseil d’administration qui réunit éleveurs et acheteurs permet aussi un fonctionnement efficace et équitable».

La député, Anne Blanc, a aussi constaté les bons résultats. A l’origine du projet, elle présidait la Communauté de communes : «les éleveurs et les acheteurs ont su se réunir pour réagir et trouver une alternative à leur marché qui périclitait. Les résultats sont là, au-delà des estimations premières. L’objectif est de s’inscrire dans la durée tout en augmentant progressivement les apports. Nous serons là pour les y aider».

Vincent Albouy confirme : «Nous avons en l’état un vrai potentiel de développement des apports. En un an, nous avons assuré la pérennité de notre marché, à nous maintenant de continuer à le développer !».

Eva DZ

Le marché au cadran de Baraqueville accueille l’opération Made in Viande lundi 27 mai à 14h30

16 mai 2019

Charolais Aveyron : un groupe animé et fédérateur

Le groupe Charolais Aveyron sous la présidence de Christophe Gardes, Laurent Foulquier et Etienne Lauriol, affiche sa dynamique à travers de belles performances dans les concours départementaux et régionaux et une présence renforcée dans les nouveaux outils de communication, dans un objectif partagé : promouvoir la race Charolaise produite en Aveyron !

Le groupe d’éleveurs Charolais de l’Aveyron a choisi de miser sur la communication et notamment sur les réseaux sociaux, pour promouvoir sa race et la bonne ambiance qui règne au sein de ce petit groupe fédérateur.

Une convivialité qui s’est une nouvelle fois exprimée lors de l’assemblée générale du groupe, le 26 mars à Curan. Une douzaine d’éleveurs étaient réunis chez Thomas Fabié, du GAEC des FA, éleveur de vaches laitières et bien sûr de Charolaises. Ce jeune éleveur est lauréat du challenge Charolais Aveyron. Ce trophée récompense les résultats techniques d’un troupeau (productivité globale, IVV, mortalité et taux de renouvellement). Lors de la visite de l’élevage, le groupe a pu découvrir les pratiques de l’éleveur sur l’alimentation, le choix génétique (utilisation des taureaux IA)... et ses innovations, notamment l’utilisation de plaquettes bois pour la litière.

Belles performances en concours

L’assemblée générale a également été l’occasion de revenir sur les belles performances des éleveurs Charolais du département dans divers concours. L’automne dernier, ils ont ramené de beaux classements du concours régional au Sommet de l’élevage à Cournon ainsi qu’au concours national à Poitiers.

De même, la démarche que le groupe aveyronnais a lancée pour valoriser les vaches de réforme avec Bleu Blanc Cœur continue de faire ses preuves. En un an, 93 vaches ont été commercialisées, soit 15 de plus que l’année précédente. Apportées par 12 éleveurs, elles affichaient un poids moyen carcasse de 512 kg.

De même, les éleveurs Charolais de l’Aveyron se fédèrent autour de l’achat de minéral pour optimiser les tarifs. Cette année, 10 éleveurs ont participé à cette opération groupée, ils ont acheté 7 200 kg, soit + 25% en 3 ans.

En novembre, les éleveurs Charolais de l’Aveyron ont également assisté à une journée de présentation des nouveaux taureaux IA. Ils en ont profité pour visiter l’usine Terrya et découvrir ainsi le process de fabrication du granulé, l’usine et le stockage...

Présence renforcée sur Facebook !

Le petit groupe d’éleveurs entend bien se démarquer notamment via la communication et l’utilisation d’outils modernes comme Facebook pour promouvoir leur race et aussi la grande convivialité qui les fédère. C’est dans cette optique qu’une journée autour du «numérique» a été organisée le 30 avril.

Dans un premier temps, des nouveautés du Herd Book Charolais ont été présentées par Stéphane Billoux ainsi que le E-Cow, un nouvel outil numérique d’aide à la décision qui permet de classer les vaches de chaque élevage (intra troupeau) en fonction de leurs performances économiques et d’affiner le travail de sélection (IVV, ISU, PAT...). Cet outil gratuit est mis à la disposition des éleveurs adhérents au HBC.

Parallèlement, les éleveurs participants ont bénéficié d’une initiation à l’utilisation et à la communication avec Facebook. L’objectif étant de communiquer sur le groupe, ses activités et promouvoir sa race (annonce des ventes notamment) via ce réseau social. Retrouvez leur page sur charolais aveyron (en complément du site internet www.charolais-aveyron.com).

Pour confirmer la convivialité qui règne dans le groupe des éleveurs Charolais de l’Aveyron, une journée conviviale est traditionnellement organisée chaque année dans l’été autour d’activités diverses : pique-nique, karting, canöe, vélorail..., avec la participation des familles. «Avis aux éleveurs Charolais du département, la prochaine rencontre aura lieu début août c’est l’occasion de venir nous rencontrer et d’échanger sur une race qui nous anime...», invitent les trois présidents.

(Contact : Christophe Gardes : 06 85 35 85 08).

Eva DZ

18 avril 2019

Concours départemental Simmental à St-Amans-des-Côts, le 1er mai : les 20 ans !

Le Syndicat Simmental Aveyron fête les 20 ans de son concours départemental, qui se déroule traditionnellement le 1er mai à Saint Amans des Côts. Une dynamique entretenue par les éleveurs, jeunes et moins jeunes, qui s’investissent chaque année, avec le soutien de la municipalité de Saint Amans des Côts pour faire de cet événement un rendez-vous convivial et de promotion de la race.

Son retentissement va bien au delà des limites aveyronnaises puisque les responsables de l’OS Simmental à l’échelle nationale viennent constater les progrès réalisés édition après édition.

Cette belle dynamique a convaincu de jeunes éleveurs de rejoindre l’aventure. Julien Falgayrat, du GAEC de Rigals à Moyrazès et Maxime Miquel du GAEC Miquel-Cervel à Laguiole, deux petits nouveaux à Simmental Aveyron, témoignent.

«La Simmental est un vrai avantage dans un troupeau lait»

Installé sur la commune de Moyrazès, Julien Falgayrat a rejoint son père, Alain, en septembre 2016. Parmi les 70 vaches laitières, ils élèvent une trentaine de Simmental et participent pour la deuxième année au concours départemental à Saint Amans des Côts.

Passionné d’élevage depuis tout petit, Julien a rejoint son père sur l’exploitation familiale, au sein du GAEC de Rigals. «Peu de temps avant mon installation, nous avons agrandi le troupeau pour passer à 70 vaches laitières dont une trentaine de Simmental», explique Julien. «C’est mon père qui a introduit cette race parmi les Prim’Holstein et les Montbéliardes au moment de son installation. C’est une race qui s’adapte très bien, une vache solide, rustique et qui valorise bien les pâtures», poursuit le jeune éleveur. «Son autre avantage est la bonne valorisation des réformes et des veaux, les Simmental s’engraissent plus facilement. C’est une plus-value intéressante», ajoute Julien qui commercialise ses animaux par le biais d’un négociant et du marché au cadran de Baraqueville.

«Nous avons toujours eu plusieurs races laitières dans le troupeau, cela permet une bonne complémentarité entre quantité et qualité du lait», poursuit l’éleveur. «Nous avons la chance en Simmental de bénéficier d’un catalogue large de taureaux entre le modèle français et le modèle européen. Ainsi nous pouvons cibler des taureaux laitiers plutôt que fromagers, ce qui correspond mieux à notre système d’élevage. Nous avons un large choix, ce qui n’est pas toujours le cas dans les autres races laitières», précise Julien.

Deuxième participation à Saint Amans des Côts

C’est au syndicat Simmental de l’Aveyron que Julien a décidé de s’engager : «Il y a une bonne ambiance et beaucoup de jeunes». Sa première sortie était presque à domicile aux Journées laitières de Baraqueville en 2017. «J’ai réalisé mon stage de BTS chez la famille Miquel à Laguiole où j’ai fais la connaissance de Maxime, un jeune comme moi qui s’installe en race Simmental à la suite de son père. Ca crée des liens !».

Son père, Alain, n’avait pas la fibre concours : «Etant seul sur la ferme, il n’avait pas forcément le temps de préparer des animaux mais nous avons souvent été présents à Saint Amans des Côts en spectateurs du concours», assure Julien. Pour la deuxième année, ils participeront avec une vache et une génisse. «Nous n’avons pas le recul et l’expérience des élevages renommés de l’Aveyron en race Simmental mais nous sommes heureux de participer à la dynamique de la race dans le département et de passer une bonne journée entre éleveurs», témoigne le jeune éleveur.

«C’est important de bien représenter le département, de jouer le jeu aussi parce que le syndicat Simmental Aveyron se donne chaque année, depuis 20 ans, pour faire vivre cet événement qui d’ailleurs, reçoit les responsables de l’OS à l’échelle nationale, ce n’est pas rien !», appuie Julien. «Quand on voit des éleveurs aveyronnais participer et réussir au concours du Salon de l’agriculture à Paris, ça fait plaisir, c’est une belle image pour le département et pour Simmental Aveyron. A nous de la cultiver sur le terrain et de proposer un beau concours à Saint Amans !».

Eva DZ

11 avril 2019

Concours des Bœufs de Pâques à Baraqueville : la haute qualité fidèle au rendez-vous

La 21ème édition du Concours national des Bœufs de Pâques de Baraqueville a été fidèle à la tradition, avec un niveau record en nombre d’animaux inscrits et une vente aux enchères toujours de haut niveau, vendredi 5 avril dans l’Espace Raymond-Lacombe.

Pas moins de 430 animaux de boucherie étaient inscrits cette année, c’est plus que l’an dernier. «Avec une qualité encore supérieure», relève Jean-Yves Renard, président de la Fédération nationale des concours d’animaux de boucherie de haute qualité (FNCAB), fidèle au rendez-vous de Baraqueville. A l’issue de la vente aux enchères, tous les autres animaux ont été vendus en général avec une plus-value d’au moins un euro/kg/carcasse. Chaque animal valorise environ 500 kg de poids carcasse pour de la viande de qualité bouchère. Les cours actuels, départ de ferme, pour des animaux de qualité, sont situés autour de 4,50-4,60 euros/kg/carcasse. Baraqueville mérite donc le déplacement ! Et encore plus pour les propriétaires des vaches championnes sélectionnées pour la vente aux enchères qui a attiré la grande foule dans l’Espace Raymond-Lacombe.

Des passionnés

Cette vente aux enchères était animée par Bernard Guibbaud, aux côtés de Jackye Serieys, présidente de l’association organisatrice, laquelle a été saluée avant la vente par un «clapping» effectué par le public massé autour du ring des championnes. Jackye Serieys a été décorée de la médaille de Chevalier de l’ordre du mérite agricole par Jean-Yves Renard, également Commandeur de l’ordre du mérite agricole. Gérard Baud animateur des séquences culinaires de l’émission téléshopping (lire ci-dessous), a félicité Jackye Serieys pour son implication sans faille dans le concours de Baraqueville, «le seul en France à avoir une femme à sa tête !» a-t-il lancé.

Claude Azémar, trésorier du comité d’organisation, a sabré le champagne sur le podium. L’ancien boucher de Rodez, aujourd’hui retraité, est intarissable sur la qualité de l’élevage aveyronnais : «nous n’avons ici que des passionnés ! Dans un département où la qualité de la viande est remarquable avec des prix abordables pour le consommateur !». Pour Jackye Serieys, le bilan général est positif : «tous les animaux ont été vendus, avec une belle homogénéité. C’est une très belle édition 2019 !».

D.B

04 avril 2019

Syndicat Limousin de l’Aveyron : en concours régional en 2020 à Baraqueville

Les 70 adhérents du syndicat Limousin de l’Aveyron se sont retrouvés en assemblée générale jeudi 28 mars à Sainte Radegonde, à quelques encablures de l’élevage de Christian Lagarde qu’ils ont visité l’après-midi.

Première assemblée générale pour le duo de jeunes co-présidents, Anthony Moysset et Nicolas Puel qui ont pris la suite de Michel Thuéry à la tête du syndicat Limousin de l’Aveyron. Une nouvelle dynamique qui se traduit par l’arrivée de plusieurs jeunes au bureau.

Et de nouveaux challenges puisque l’Aveyron et plus particulièrement Baraqueville accueilleront l’année prochaine au moment de la foire de Baraqueville, début mai, le concours régional Limousin. L’équipe renouvelée a également posé sa candidature pour accueillir le National Limousin en 2021...

Autant d’occasions pour les éleveurs Limousins de l’Aveyron de s’illustrer comme ils ont pu le faire tout au long de l’année dernière sur plusieurs rendez-vous. L’élevage de Pierre Calmelly de Bozouls a participé aux deux dernières éditions du Salon de l’agriculture avec Lorette (1ère de section en 2018 et 6ème en vaches suitées de moins de 3 ans et 8 mois en 2019). Cinq élevages du département étaient également au palmarès du Régional à Tarbes puis 18 élevages avec 80 animaux au Départemental à Baraqueville, 4 élevages au National à Châteauroux. Deux élevages se sont aussi illustrés au Sommet de l’élevage : Gap de l’EARL Calmelly a été désignée meilleure vache hors berceau et Igor en copropriété GAEC Moysset et Francis Fraysse meilleur taureau hors berceau. A noter le Sabot d’or aussi du GAEC Combelles d’Istournet.

Enfin, la race Limousine était représentée au trophée de pointage par les jeunes. Et de nombreux éleveurs ont participé à une journée de visites en Corrèze.

Sans corne

Le calendrier 2019 des éleveurs Limousins de l’Aveyron est déjà bien rempli ! L’EARL Calmelly a ouvert la voie au Salon de l’agriculture à Paris, seul représentant aveyronnais en race Limousine. Suivront le Régional en avril à Mazères, le Départemental début mai à Baraqueville, visites d’élevages en juillet, National à Périgueux en septembre et Sommet de l’élevage en octobre.

«En terme de nouveautés, nous avons aussi créé deux nouvelles sections pour le concours départemental à Baraqueville : mâles et femelles sans corne», explique Nicolas Puel, co-président. «C’est une tendance qui se met en place et nous ne voulons pas exclure les éleveurs qui se lancent», complète Anthony Moysset. Pour présenter cette nouvelle tendance, le commercial du GIE Liredoc a évoqué la création d’une association au sein de Genelim à laquelle tous les adhérents du GIE et des syndicats Limousins de l’Aveyron, du Tarn, de l’Ariège et de la Lozère, intéressés par le gène sans corne pourront adhérer. «L’idée est de faire avancer ensemble ce critère, et de permettre à tous les éleveurs intéressés de pouvoir disposer d’une génétique de qualité dans ce type de produits», a détaillé le commercial. «Nous serons sûrement obligés d’intégrer le sans corne dans notre schéma de sélection autant le travailler ensemble et créer une émulation positive», a complété Nicolas Puel.

Coralie Nouvel du Herd Book Limousin a félicité les éleveurs de l’Aveyron pour leur bonne représentation dans le classement du challenge UPRA. Christian Lagarde (élevage que les participants à l’assemblée générale du syndicat Limousin ont visité) arrive en tête. Alain Belloc termine à la troisième place. René Chassang (5e), GAEC Combelles d’Istournet (6e), GAEC Domaine Laurens (7e), EARL Rouches (10e) et GAEC Peyrac (34e) sont les autres représentants du département à l’échelon national.

En 2019, 7 taureaux de l’Aveyron ont été qualifiés RR VS et 1 taureau RRE VS.

L’assemblée générale s’est terminée par l’intervention de Fany Trotier de FODSA - GDS Aveyron sur l’actualité sanitaire, notamment la BVD et la Besnoitiose.

Eva DZ

04 avril 2019

Syndicat Limousin de l’Aveyron : en concours régional en 2020 à Baraqueville

Les 70 adhérents du syndicat Limousin de l’Aveyron se sont retrouvés en assemblée générale jeudi 28 mars à Sainte Radegonde, à quelques encablures de l’élevage de Christian Lagarde qu’ils ont visité l’après-midi.

Première assemblée générale pour le duo de jeunes co-présidents, Anthony Moysset et Nicolas Puel qui ont pris la suite de Michel Thuéry à la tête du syndicat Limousin de l’Aveyron. Une nouvelle dynamique qui se traduit par l’arrivée de plusieurs jeunes au bureau.

Et de nouveaux challenges puisque l’Aveyron et plus particulièrement Baraqueville accueilleront l’année prochaine au moment de la foire de Baraqueville, début mai, le concours régional Limousin. L’équipe renouvelée a également posé sa candidature pour accueillir le National Limousin en 2021...

Autant d’occasions pour les éleveurs Limousins de l’Aveyron de s’illustrer comme ils ont pu le faire tout au long de l’année dernière sur plusieurs rendez-vous. L’élevage de Pierre Calmelly de Bozouls a participé aux deux dernières éditions du Salon de l’agriculture avec Lorette (1ère de section en 2018 et 6ème en vaches suitées de moins de 3 ans et 8 mois en 2019). Cinq élevages du département étaient également au palmarès du Régional à Tarbes puis 18 élevages avec 80 animaux au Départemental à Baraqueville, 4 élevages au National à Châteauroux. Deux élevages se sont aussi illustrés au Sommet de l’élevage : Gap de l’EARL Calmelly a été désignée meilleure vache hors berceau et Igor en copropriété GAEC Moysset et Francis Fraysse meilleur taureau hors berceau. A noter le Sabot d’or aussi du GAEC Combelles d’Istournet.

Enfin, la race Limousine était représentée au trophée de pointage par les jeunes. Et de nombreux éleveurs ont participé à une journée de visites en Corrèze.

Sans corne

Le calendrier 2019 des éleveurs Limousins de l’Aveyron est déjà bien rempli ! L’EARL Calmelly a ouvert la voie au Salon de l’agriculture à Paris, seul représentant aveyronnais en race Limousine. Suivront le Régional en avril à Mazères, le Départemental début mai à Baraqueville, visites d’élevages en juillet, National à Périgueux en septembre et Sommet de l’élevage en octobre.

«En terme de nouveautés, nous avons aussi créé deux nouvelles sections pour le concours départemental à Baraqueville : mâles et femelles sans corne», explique Nicolas Puel, co-président. «C’est une tendance qui se met en place et nous ne voulons pas exclure les éleveurs qui se lancent», complète Anthony Moysset. Pour présenter cette nouvelle tendance, le commercial du GIE Liredoc a évoqué la création d’une association au sein de Genelim à laquelle tous les adhérents du GIE et des syndicats Limousins de l’Aveyron, du Tarn, de l’Ariège et de la Lozère, intéressés par le gène sans corne pourront adhérer. «L’idée est de faire avancer ensemble ce critère, et de permettre à tous les éleveurs intéressés de pouvoir disposer d’une génétique de qualité dans ce type de produits», a détaillé le commercial. «Nous serons sûrement obligés d’intégrer le sans corne dans notre schéma de sélection autant le travailler ensemble et créer une émulation positive», a complété Nicolas Puel.

Coralie Nouvel du Herd Book Limousin a félicité les éleveurs de l’Aveyron pour leur bonne représentation dans le classement du challenge UPRA. Christian Lagarde (élevage que les participants à l’assemblée générale du syndicat Limousin ont visité) arrive en tête. Alain Belloc termine à la troisième place. René Chassang (5e), GAEC Combelles d’Istournet (6e), GAEC Domaine Laurens (7e), EARL Rouches (10e) et GAEC Peyrac (34e) sont les autres représentants du département à l’échelon national.

En 2019, 7 taureaux de l’Aveyron ont été qualifiés RR VS et 1 taureau RRE VS.

L’assemblée générale s’est terminée par l’intervention de Fany Trotier de FODSA - GDS Aveyron sur l’actualité sanitaire, notamment la BVD et la Besnoitiose.

Eva DZ

28 mars 2019

Association chiens de troupeau de l’Aveyron : la finale du championnat de France en août !


L’association des chiens de troupeau de l’Aveyron (ACT 12) a présenté son grand rendez-vous de l’été : la finale du championnat de France de chiens de troupeau sur bovins, dimanche 4 août au l’Agricampus La Roque à Onet le Château.

Après 2006 à Bozouls, les meilleurs duos de France réunissant l’homme et son chien (ils seront 21 concurrents) sont de retour cet été en Aveyron pour décrocher le titre de champion de France de chiens de troupeau sur bovins, en l’occurrence des génisses Aubrac.

L’ACT 12 entourée de nombreux partenaires dont la Chambre d’agriculture, est aux manettes de cette journée, organisée à l’Agricampus La Roque. Plus de 10 000 personnes sont attendues pour admirer les performances des concurrents, profiter des multiples animations et déguster les spécialités des producteurs de pays.

Eva DZ

21 mars 2019

Visite en Aveyron de X. Doublet, chargé de mission loup : l’Aveyron, zone difficilement protégeable

Le nouveau référent pour le plan national d’action sur le loup, le Préfet Xavier Doublet était en visite en Aveyron mardi 19 mars, pour rencontrer la profession agricole. Il a annoncé notamment la mise en place d’une zone difficilement protégeable sur une partie de l’Aveyron, la Lozère, le Tarn et l’Hérault, qui permet d’assouplir les conditions de prélèvement du loup. Une première à l’échelle nationale, fruit d’un travail de plus de 3 ans mené par les éleveurs aveyronnais.

Xavier Doublet, préfet chargé de mission loup au niveau national, a rencontré la profession agricole mardi 19 mars, à l’occasion d’une visite de terrain, la 17ème qu’il réalise à la rencontre des éleveurs français touchés par les attaques de loup. Il était le matin en préfecture et l’après-midi sur une exploitation du sud Aveyron pour recueillir le ressenti des éleveurs mais aussi pour les informer des dernières avancées.

L’Aveyron était précurseur quand il a fait réaliser par l’INRA, SupAgro Montpellier et le CERPAM, à la demande du préfet de l’époque Louis Laugier, une étude sur les conséquences de l’adoption des moyens de protection des troupeaux sur le territoire des Grands Causses. Les conclusions de cette étude menée sur 41 communes du sud Aveyron, ont montré que pour protéger les 315 fermes et 157 000 brebis de ce territoire, selon les préconisations du plan loup, il faudrait 3 500 km de clôtures de 3m de haut, 2 500 chiens «patous», 70 emplois (installation, entretien de clôtures, surveillance des troupeaux et soin aux brebis). Pour financer ces mesures de protection, il en coûterait entre 22 et 35 millions d’euros par an sans compter les conséquences sur l’économie des exploitations concernées.

Un arrêté pour mai ?

Lors de la visite sur l’exploitation du GAEC du Figayrol à Cornus, l’un des trois associés Michel Pons a témoigné du non sens du plan loup actuel : «le plan loup ne s’adapte pas à nos pratiques. Sur notre ferme, il faudrait 30 chiens pour protéger le troupeau. Sans parler du coût que cela engendrerait, nous redoutons aussi et c’est bien normal, les échos de nos voisins ! De plus notre conduite en lots n’est pas non plus adaptée aux mesures de protégeabilité». Son voisin, Nicolas Fabre du GAEC de Caussenuéjouls à Cornus, a constaté d’autres soucis engendrés par la présence du loup : infertilité, stress des animaux... D’autres éleveurs ont évoqué leurs changements de pratiques pour s’adapter à la présence du loup. Sur le Larzac, 1 250 ha ont déjà cessé d’être pâturés selon une étude de la Chambre d’agriculture menée en 2017. «En Aveyron, nos pratiques d’élevage doivent être préservées car elles sont ancestrales et vertueuses sur tous les plans mais elles sont incompatibles avec les mesures de protection imposées par le plan loup», ont argumenté les éleveurs présents.

Ces arguments ont été entendus puisque le préfet, Xavier Doublet, a annoncé la mise en place d’une zone difficilement protégeable sur une zone très élargie depuis le sud Aveyron et jusqu’à la vallée du Lot, sur 4 départements (Aveyron, Lozère, Tarn et Hérault). Le préfet Xavier Doublet a envoyé une proposition en ce sens à chaque préfet des départements concernés. La préfète de l’Aveyron a d’ores et déjà donné son accord. «Une fois l’accord des 4 préfets obtenus, nous pourrons faire paraître un arrêté pour la mise en place de cette zone», a assuré Xavier Doublet, qui espère un aboutissement dès le mois de mai.

Des mesures de tirs du loup assouplies

«Cette annonce est une première au niveau national et une belle avancée pour l’ensemble de la profession qui s’est mobilisée sur ce dossier depuis plus de 3 ans», ont commenté les responsables professionnels FDSEA - JA et Chambre d’agriculture, présents à la journée. Par ailleurs, Xavier Doublet a annoncé un autre changement : le seuil fixé à 500 loups maximum par le gouvernement pour assurer la viabilité de l’espèce loup en France devient un plafond. Le taux de prélèvement de loup autorisé en France passerait donc de 40 à 80 têtes.

Concrètement la mise en place de la zone difficilement protégeable permettrait d’assouplir les modalités de tirs des loups. Le Préfet a rappelé que ces mesures n’enlevaient en rien les indemnisations aux éleveurs en cas d’attaques sur des troupeaux.

«Cette demande était unanime, nous sommes très heureux de voir nos propositions retenues», ont exprimé les responsables agricoles tous syndicats confondus. «Mais le loup est un animal très malin, nous ne devons pas relâcher nos efforts pour demander notamment une brigade loup dédiée au sud du Massif central», ont-ils réitéré. A cette question, Xavier Doublet a expliqué que le point de blocage à la création d’une autre brigade loup était l’aspect financier puisqu’une telle organisation nécessite un budget d’un million d’euros !

De même, les éleveurs ont demandé au Préfet où en étaient les discussions autour de la Convention de Berne qui classe le loup comme espèce protégée. «Les discussions sont en cours avec l’ensemble des Etats membres pour obtenir leur accord en vue d’une révision mais ce sera long...», a-t-il répondu.

Enfin, le cas des attaques relevées dans le nord Aveyron a été évoqué. Le Préfet Xavier Doublet a précisé qu’au cas par cas, les exploitations touchées par des attaques où le loup n’est officiellement pas écarté pourraient être reconnues non protégeables.

Tout au long de la journée, les échanges entre le préfet Xavier Doublet, les responsables professionnels de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’agriculture et les services de l’Etat représentés par la Préfète et la DDT ont été riches et porteurs d’espoir pour l’ensemble de l’élevage aveyronnais. Mais le combat continue...

Eva DZ avec l’appui de Laurent DENEBOUDE

07 mars 2019

Assemblée générale de la coopérative Ovi-Test : un nouveau seuil est franchi !

La coopérative Ovi-Test s’est réunie en assemblée générale mardi 5 mars à Lestrade-et-Thouels en présence de nombreux éleveurs. La structure franchit un nouveau palier, avec un schéma de sélection ovins lait qui passe le cap des 500 litres de lait/an/brebis ! Et une filiale espagnole dont l’activité IA dépasse largement les objectifs prévus pour une première année de fonctionnement.

C’est désormais un tandem de deux éleveurs qui dirige cette coopérative de 140 salariés, dont 85 équivalents temps plein. Frédérik Lacombe, président, et Antoine Stouff, vice-président, ont pris le relais de Jean-Jacques Fabrègues, président décédé brutalement en 2017, avec une nouvelle gouvernance toujours motivée par la performance. Le bilan d’activité 2017-2018 porté par l’équipe dirigeante reste dans la lignée des fondamentaux d’Ovi-Test, avec comme maître-mot : «le progrès ensemble et pour tous !» ont rappelé Frédérik Lacombe et Antoine Stouff.

La coopérative compte 2 007 adhérents, la plupart sont des éleveurs installés en Aveyron, mais aussi dans les départements limitrophes du rayon de Roquefort notamment, en plus du Cantal, de la Haute-Garonne et de l’Ariège. Parmi les points marquants de l’exercice écoulé, il faut noter la légère baisse du nombre d’inséminations artificielles due à l’augmentation des éleveurs engagés dans le bio, au nombre de 150 aujourd’hui. Le secteur des reproducteurs se maintient. Et l’activité échographie enregistre une hausse significative. «Cette demande est plus diversifiée car les éleveurs veulent désormais connaitre le stade de gestation, si la portée est simple ou multiple, ou le dénombrement» détaille Antoine Stouff.

Le cap des 500 litres/brebis/an

Toujours dans le schéma lait, Ovi-Test est entrée dans une nouvelle ère suite «au franchissement d’un plafond de verre», celui d’une production de 500 litres de lait/an/brebis mesurée chez deux de ses éleveurs sélectionneurs installés dans des régions différentes avec des systèmes de production eux-aussi différents, à base de foin et d’ensilage. «Cela, sans détériorer ni les taux, ni le comptage cellulaire allié à une vitesse de traite rapide». La dernière moyenne plaçait le curseur à 337 litres/an/brebis. «Nous mesurons ainsi les effets de la génomie mise en place en 2015» continuent Frédérik Lacombe et Antoine Stouff. «A cela s’ajoutent des conduites de troupeau plus performantes accompagnées par des stocks de foin de qualité en 2017 pour la campagne 2018. Il faut aussi préciser que 190 éleveurs progressent également dans le même sens !».

Pour les deux responsables d’Ovi-Test, «les IA diffusées ainsi de façon homogène tirent vers le haut les sélectionneurs mais aussi tous les utilisateurs. La brebis Lacaune Ovi-Test peut produire du lait dans la performance et l’économie, même sur des territoires qualifiés de difficiles. Notre Lacaune est dotée d’une souplesse de production adaptable à tous les systèmes !».

Génétique et territoires

Frédérik Lacombe et Antoine Stouff continuent : «non, la performance n’est pas un gros mot ! Elle reste liée à des exploitations familiales ancrées sur nos territoires. Chaque éleveur, sélectionneur ou utilisateur trouve dans la Lacaune Ovi-Test, la génétique qui lui convient». En schéma viande, la coopérative vise l’optimisation des résultats de fertilité et de prolificité vers la valeur laitière naturellement, et veut «accroître l’effort de sélection vers la qualité bouchère attendue par les éleveurs». Pour la deuxième année, Ovi-Test évalue deux bandes de la station de contrôle individuel pour la résistance au parasitisme. «Cet équilibre doit perdurer tout en gérant au mieux le gène majeur de prolificité».

Ovi-Test Iberica en grande forme

Autre point fort de l’année écoulée, le premier bilan de l’activité Ovi-Test Iberica, centre d’insémination artificiel basé en Espagne, au sud de Madrid, à 800 mètres d’altitude. Cette filiale de la coopérative a été créée en 2017 avec des partenaires espagnols. Son activité IA a débuté en mai 2017 et vient en effet de boucler sa première année d’activité pleine. «Nous étions partis sur un prévisionnel de 25 000 IA/an, nous en avons réalisé 40 000. Sur cette année en cours, nous allons vers les 60 000 doses» annonce Antoine Stouff. Ovi-Test Iberica concerne à ce jour une quarantaine d’élevages du réseau espagnol de la coopérative. «Jean-Jacques Fabrègues en fut l’un des promoteurs» complètent les deux responsables d’Ovi-Test. «Il avait senti très tôt l’enjeu que représentait une telle implantation».

Et de préciser encore : «notre objectif est d’aller chercher de la valeur ajoutée à l’export pour ensuite la ramener ici. Notre ADN, c’est le progrès génétique au service de notre zone de production. Nos meilleurs reproducteurs restent toujours chez nous. Si nous n’avions pas créé ce centre IA, les Espagnols l’auraient fait sans nous. Il était nécessaire de nous impliquer avec eux plutôt que de les laisser seuls !». Cette réalisation espagnole est donc gagnante et doit être confirmée dans l’avenir : «le challenge est de stabiliser cette activité et de fiabiliser les résultats de reproduction. Mais cette premier année de démarrage montre que la demande était forte de la part des éleveurs espagnols et de nos clients historiques !».

D.B.

07 février 2019

Race Limousine : l’élevage Combelles, Sabot d’Or

Au dernier Sommet de l’élevage, le GAEC Combelles d’Istournet a reçu le Sabot d’or, récompensant l’efficacité du duo éleveur-technicien. Désignés meilleur élevage au niveau national, Christophe et son épouse, Fabienne sont fiers de cette distinction qu’ils partagent avec leur technicien, Frédéric Barthe et aujourd’hui, Michaël Vayssade.

Dans les années 70, le père de Christophe Combelles fut l’un des premiers à se lancer dans la race Limousine en Aveyron. Aujourd’hui première race en effectif dans le département, la Limousine a fait du chemin grâce notamment à des éleveurs bien investis, consciencieux et soucieux de faire avancer la race, avec l’appui de leurs techniciens.

Le GAEC Combelles d’Istournet à Sainte Radegonde est de ceux-là. Comme son père avant lui, Christophe installé depuis 2001 avec son père d’abord puis depuis 2007 avec son épouse, Fabienne, a poursuivi l’implication de l’élevage à l’Herd Book Limousin (depuis 1973) et au contrôle de performances au sein de la Chambre d’agriculture de l’Aveyron (depuis environ 40 ans).

Complémentarité efficace

«La complémentarité du Herd Book pour la sélection génétique et du contrôle de performances pour la technicité, est un atout dans un élevage pour sélectionner les meilleurs animaux, et progresser d’un point de vue des résultats technico-économiques. Les chiffres m’aident à orienter mes choix et l’œil extérieur et objectif du technicien est aussi très appréciable pour progresser», estime Christophe Combelles. Passionné de la race Limousine, Christophe sélectionne avant tout la facilité de naissance et la docilité, des atouts de poids pour ce sélectionneur qui vend beaucoup d’animaux pour la repro (la moitié des mâles et toutes les femelles). Chaque année, entre 5 et 10 veaux sont évalués en station à Gélioc à Naucelle ou à Lanaud. Parmi eux, de nombreux veaux nés sur la ferme ont été diffusés par la suite à l’IA. A noter que l’éleveur travaille aussi au développement du gène sans corne au sein de son troupeau. Chaque année, entre 10 et 15 veaux naissent avec ce gène. Ce travail mené depuis longtemps lui a permis de diffuser à l’IA, le taureau Jensuis PP né sur l’exploitation. Le troupeau est mixte viande. L’élevage a développé la vente directe (entre 5 et 10 vaches et quelques veaux par an) avec son propre atelier de découpe.

A la tête d’un troupeau stabilisé à 90 vaches sur 115 ha, le couple a vu son engagement récompensé par un Sabot d’or au Sommet de l’élevage 2018 (Sabot d’argent en 2017). «Cette distinction récompense le meilleur éleveur au niveau national au sein de chaque race. C’est le fruit de la conciliation des bons résultats de productivité du troupeau (IVV, âge au premier vêlage, maîtrise de la mortalité et réactivité de l’éleveur dans la réforme des vaches) et d’un très bon niveau génétique global (ISEVR des veaux et IVMAT des mères avec pesée et pointage). Et ce, sur 5 ans», détaille le technicien bovin viande de la Chambre d’agriculture, Michaël Vayssade, qui suit l’élevage Combelles près d’un an. Il a remplacé Frédéric Barthes, ancien technicien qui suivait l’élevage depuis 2004. «Je me souviens d’un éleveur très investi, toujours en recherche d’informations, prêt à avancer et ouvert aux échanges avec d’autres éleveurs, avec son technicien et les partenaires de son élevage, comme l’inséminateur», se rappelle Frédéric Barthes. «C’était vraiment très facile de travailler ensemble pour faire progresser l’élevage et je vois avec plaisir que ses efforts ont été récompensés», complète celui qui est devenu aujourd’hui éleveur sur l’Aubrac.

Un éleveur investi et un technicien à l’écoute

Aujourd’hui c’est Michaël Vayssade qui assure le pointage et Yves Ricard la pesée des veaux au GAEC Combelles d’Istournet. «On voit de suite que l’éleveur est proche de ses animaux, les animaux sont très dociles, on les approche très facilement pour faire les pesées et les pointages», note le jeune technicien. Sur cet élevage, plusieurs pesées sont effectuées dans la vie des veaux afin d’estimer le potentiel lait et croissance des parents et de mesurer leurs performances (120 jours et 210 jours). Et les pointages sont réalisés à 7-8 mois. La majeure partie des vêlages est groupée (août - septembre) en extérieur de façon à limiter au maximum le développement des pathologies néonatales chez les veaux et la stratégie fonctionne puisque l’élevage affiche un faible taux de mortalité (en 2017  : 1,2%).

Depuis quelques années, Christophe Combelles opte pour le vêlage à 2 ans, une pratique encore peu commune en race Limousine. «Je sélectionne les génisses qui ont le plus de gabarit (13 sur 19 en 2018) et le reste est conduit en vêlage à 3 ans», détaille l’éleveur. «Ce travail est le fruit de la sélection et de la complémentarité du travail avec mon technicien sur le suivi de la croissance, l’alimentation... sinon les résultats ne seraient pas au rendez-vous», assure Christophe. «Nous sommes en train de comparer les écarts de croissance et de poids entre les génisses prévues pour vêler à 2 ans et celles qui vêleront à 3 ans pour voir la différence de poids carcasse. C’est un travail sur le long terme qui me permettra de mesurer le gain de productivité», poursuit-il. Côté productivité justement, l’élevage Combelles d’Istournet affiche de beaux résultats. «La «règle» d’un veau par vache et par an est respecté !», souligne Michaël Vayssade. Depuis plusieurs années, l’IVV moyen du troupeau est en constante amélioration (366 jours en 2017 et 363 en 2018).

Vêlage à deux ans et plan d’alimentation à perfectionner

L’autre chantier auquel le GAEC souhaite s’atteler est le coût alimentaire des broutards. L’alimentation hivernale est principalement constituée d’ensilage d’herbe et d’ensilage de maïs avec en plus de la paille qui joue le rôle de la fibre. Du printemps à l’automne, le troupeau pâture. «Sur ce point, je suis autonome, excepté pour la paille que j’achète», explique Christophe. Il souhaite diminuer ses achats de concentré pour les broutards en trouvant des alternatives. «Avec Michaël, nous allons travailler sur la mise en place d’espèces fourragères diversifiées, de prairies multi-espèces à adapter selon le type de sols comme le méteil par exemple, qui offre un bon compromis énergie-azote», détaille Christophe. Et Michaël de compléter : «Nous pourrions réaliser des annalyses fourrages de façon à avoir un ordre d’idée de leur valeur et ainsi orienter la stratégie». L’éleveur se pose aussi la question de diminuer les surfaces en maïs. «C’est important de mesurer les performances d’une vache et de son veau en fonction de sa ration, c’est ce que nous essaierons de réaliser ensemble», avancent les deux spécialistes.

De beaux chantiers en perspective pour l’élevage Combelles d’Istournet qui devrait voir arriver l’année prochaine, un nouvel associé, le neveu de Christophe.

Eva DZ

07 février 2019

Producteurs de lait Villefranchois (GPLV) : les jeunes croient en l’avenir de la production laitière

Le Groupe des producteurs de lait du Villefranchois (GPLV) a organisé une conférence, jeudi 31 janvier, avec les étudiants de l’Institut François Marty et Nicolas Juillard ingénieur du Bureau technique de promotion laitière (BTPL) sur le thème «De Laitspérance dans la production bovin lait locale».

Oui les jeunes croient en l’avenir de la production laitière et il existe des stratégies gagnantes chez les producteurs de lait ! La conclusion de la conférence à l’initiative du GPLV a réchauffé les cœurs des producteurs de lait du Villefranchois et plus largement ! Des étudiants en BTS ACSE à l’Institut François Marty ont présenté les résultats de l’enquête qu’ils ont menée auprès de jeunes en formation agricole. Au total, 250 jeunes des lycées La Roque, La Vinadie dans le Lot, François Marty, de Rignac, de l’ADPSA, de Bernussou, de BPREA, bac pro, bac STAV, BTS et licence pro ont répondu à leur questionnaire, sur leur motivation à l’installation en agriculture mais aussi sur les freins.

Des jeunes qui y croient !

78% des jeunes interrogés (196) ont un projet d’installation dont 61 en production laitière. Les trois quarts s’installeraient dans le cadre familial. Leurs motivations premières sont le lien à l’animal et la viabilité économique de l’exploitation. Les freins, à leurs yeux, consistent dans la volatilité des prix et l’astreinte en particulier le décalage du temps de vie. L’exploitation type retenue par les étudiants est une installation en société et en conventionnel même si beaucoup de jeunes étaient encore en réflexion sur cette question.

Ce qui ressort de cette enquête, c’est la motivation des jeunes à orienter leur carrière dans l’agriculture : «Ces jeunes croient en l’avenir du métier d’agriculteur et c’est une vraie satisfaction pour les éleveurs en place !», sourit François Bosc, co-président du GPLV.

Des stratégies gagnantes

L’apport des jeunes a été enrichi par l’intervention de Nicolas Juillard, ingénieur au Bureau technique de promotion laitière (BTPL). Ce dernier a ciblé des exploitations laitières aveyronnaises aux stratégies gagnantes. «Bien souvent, les fermes les plus rentables sont celles qui vont au bout de leur stratégie», a-t-il affirmé. «Il n’y a pas de recette miracle, il faut croire en son projet et aller au bout. Le plus important c’est la rémunération du producteur et la capacité d’auto-financement».

Nicolas Juillard a présenté trois exploitations efficaces, rentables et qui donnent satisfaction aux éleveurs : un système dit «intensif» qui produit beaucoup de lait à l’hectare (+20 000 L/ha), soit le double de la moyenne du Sud-Ouest, un système «économe» basé sur la culture de l’herbe avec une productivité plus faible mais des charges peu élevées et un système «AB» basé sur du pâturage tournant et la recherche de valeur ajoutée via un label. «Aucun système ne se détache plus qu’un autre mais tous sont intéressants dans la mesure où ils sont cohérents avec le choix de l’exploitant», explique Nicolas Juillard.

Dans le système «intensif», le GAEC familial de 4 associés élève 110 vaches laitières (plus d’un million de litres de lait produits et 8 700 L par vache) et 65 vaches allaitantes pour valoriser les prairies, le tout sur 144,5 ha de SAU. La ration est à base de maïs et d’ensilage d’herbe, seules les génisses gestantes pâturent. Le GAEC adhère à 2 CUMA et participe à un groupe d’ensilage. Il a aussi investi dans le confort des animaux dans le bâtiment avec l’installation de matelas et de la ventilation.

Le résultat économique, produits laitiers et du cheptel, s’élève à 346 euros/1 000 L. La marge brute est de 224 euros/1 000 L.

Dans le système «économe», deux éleveurs (un frère et une sœur) gèrent 70 vaches laitières (500 000 L produits et 7 300 L par vache) et un atelier de veau de boucherie sur 75 ha (25 ha de prairies naturelles et 50 ha de prairies temporaires) sans maïs ni céréales (le maïs est acheté sur pied). Les exploitants ont misé sur le pâturage pour diminuer les intrants et surtout baisser le coût de concentré. Ils se sont essayés au pâturage de la bettrave fourragère pour diversifier l’alimentation.

Le résultat économique, produits laitiers et du cheptel, s’élève à 333 euros/1 000 L, l’engraissement de quelques vaches permet d’augmenter un peu le résultat. La marge brute est de 252 euros/1 000 L.

Dans le système «AB», l’éleveur est installé en individuel et a recours à un salarié à temps partiel. Il élève 42 vaches laitières sur 89 ha de SAU, pour une production de 295 000 L (7 000 L par vache). Il a fait le choix de la conversion au bio depuis janvier 2013 : «j’avais l’impression de ne plus maîtriser mon système, je me suis alors remis en question et j’ai pensé au bio. Pour cela, je me suis formé sur le pâturage tournant notamment - environ 10 jours par an et j’ai travaillé sur l’autonomie de ma ferme. Je ne cherche pas à produire plus, sinon j’augmenterai ma charge de travail mais je veux maîtriser mon système en vue de l’installation de mon fils». Le résultat économique, produits laitiers et du cheptel, s’élève à 451 euros/1 000 L. La marge brute est de 442 euros/1 000 L.

Des exploitations vivables

Nicolas Juillard a également travaillé, sur ces trois fermes, sur l’aspect «charges et conditions de travail». Dans le système «AB», l’éleveur apprécie la durée «raisonnable» de sa journée de travail, il a mis en place une organisation qui lui permet de bien supporter les périodes de pointe et de pouvoir facilement se faire remplacer. Il a créé une place pour son fils sur la ferme sans pour autant augmenter la charge de travail. Par contre, son organisation si confortable soit-elle n’empêche pas de travailler le dimanche ! Il réfléchit à anticiper les tâches à effectuer (préparation à l’avance de la ration...) pour soulager le travail ce jour-là.

Dans le système «économe», l’éleveur s’est organisé de façon à pouvoir prendre le temps de pratiquer des activités comme le foot. Il s’est équipé pour faire face aux pointes de travail même si la charge de travail reste importante à ces moments-là. Il essaie aussi de diminuer la pénibilité de certaines tâches comme le paillage. Mais cela reste tout de même difficile de se faire remplacer.

Dans le système «intensif», les associés peuvent se remplacer les uns, les autres, chacun a sa place sur la ferme mais tous sont polyvalents. Les gros travaux sont réalisés en CUMA et les chantiers d’ensilage bien organisés avec un groupe. Le GAEC souhaite améliorer la planification des travaux pour optimiser encore l’organisation.

Des éleveurs bien dans leurs bottes...

Ces ressentis ont été étayés par l’enquête d’étudiants de l’Institut François Marty sur le travail d’astreinte sur ces trois fermes. Le système «intensif» consacre 33h/UGB/an au travail d’astreinte, le système «AB» 26h/UGB/an et le système «économe» 23h/UGB/an. La différence s’explique notamment par la part de pâturage qui nécessite un peu moins d’astreinte que le logement en bâtiment. Dans l’astreinte, c’est le poste traite qui consomme le plus de temps mais il ne faut pas oublier le temps d’organisation des postes d’astreinte.

Enfin, Nicolas Juillard a travaillé sur la résilience des exploitations, leur capacité à résister aux aléas (baisse des rendements fourragers, du prix du lait, de la viande, des cultures de vente, hausse des intrants...) à partir d’une étude de l’Institut de l’élevage. Les aléas les plus impactants sont la baisse du prix du lait et la baisse des rendements dus notamment à la sécheresse. La capacité à résister dépend du niveau de rémunération attendu par l’éleveur, de ses annuités moyennes et du volume produit/UMO.

Et prêts à faire face à l’imprévu

«L’important est de bien définir sa stratégie dès le départ pour anticiper les aléas», détaille Nicolas Juillard. «Il faut veiller aux engagements pris antérieurement, de façon à ne pas être asphyxiés en temps de crise, il faut produire chaque litre de lait avec efficience et valoriser les charges au mieux. Chaque producteur doit produire un volume suffisant. Et l’atelier doit savoir se préserver un matelas de trésorerie ou parvenir à la gérer en cas de coup dur», conseille l’ingénieur. «En résumé, si on gère son exploitation en définissant une stratégie cohérente entre son projet professionnel et personnel, en travaillant avec des partenaires de confiance, on gardera sa motivation !», a conclu Nicolas Juillard. Avec François Bosc, il a rebondi sur l’intérêt de participer à des groupes d’échanges entre éleveurs pour faire face aux challenges collectifs de la profession. «Il faut avoir confiance en ses idées, en ses passions, accepter aussi de se remettre en cause en s’ouvrant aux autres, en se confrontant... C’est ainsi que les éleveurs laitiers se réaliseront humainement, économiquement et socialement», a terminé François Bosc.

Eva DZ

31 janvier 2019

FD CUMA-Chambre d’agriculture : attrait confirmé pour la betterave fourragère

La réunion technique organisée par le groupe betterave fourragère porté par la FD CUMA et la Chambre d’agriculture a rassemblée environ 80 personnes, jeudi 24 janvier, à Vors, commune de Baraqueville. L’attrait pour cette culture est confirmé en Aveyron, à la veille du lancement d’une deuxième campagne de mise en production.

Cette rencontre technique sur la culture de betterave fourragère était précisément organisée par un groupe d’éleveurs de la CUMA DEI (Départementale Energies Innovations) en partenariat avec des élèves de la licence professionnelle du centre de formation de Bernussou (Chambre d’agriculture). Ils ont communiqué sur les effets des premières rations de betterave fourragère à l’issue de la première année de production (22 ha) conclue cet automne par la récolte, puis distribuée à des bovins lait et ovins lait. Des éleveurs ont également témoigné sur leur première expérience de production, des semis à la distribution, en passant par la récolte.

Cette rencontre a rassemblé environ 80 personnes, dont les deux tiers d’agriculteurs, en présence d’élèves de Bernussou. Elle était animée par Patrick Couderc, enseignant de la licence professionnelle bovins lait à Bernussou, Jean-Claude Platon, conseiller machinisme FD CUMA, et des éleveurs du groupe betterave fourragère, Gilles Brast (Druelle), Christian Marty (Rignac) et Franck Delagnes (Almont-les-Junies). Les autres intervenants étaient Serge Moncet (RAGT) et Pierre Casenave (vétérinaire à Naucelle).

«Nous devrions avoir autour de 40 ha pour la deuxième campagne avec la CUMA DEI», annonce Patrick Couderc. «C’est un bon succès. Les éléments présentés lors de cette rencontre par les étudiants de Bernussou ont apporté des informations techniques et économiques encourageantes, en plus des témoignages d’éleveurs rassurants. Il reste encore des points techniques à améliorer concernant la présence des cailloux qui peuvent poser quelques problèmes lors de la distribution».

Augmentation des taux butyreux et protéique

Les étudiants de Bernussou ont enquêté auprès de onze élevages bovins lait bio et conventionnels et deux élevages ovins lait. «Les résultats économiques sont positifs et conformes à la bibliographie technique», résume Patrick Couderc. «Nous observons une augmentation des taux, notamment lors de la distribution optimale de betterave en bovins lait qui est de 15 kg brut/vache/jour. Automatiquement, cela se traduit par un prix du lait intéressant. Par exemple, sur l’hiver, décembre-janvier, il est de 370 euros/1 000 litres, avec 30-40 euros/1 000 litres de gain par le taux butyreux et le taux protéique».

Les engagements de surface pour la deuxième campagne sont en cours, avec une prochaine réunion programmée vendredi 15 février (lieu à confirmer). Ce sera l’occasion de finaliser une commande groupée de semences. «Elles seront cette année activées, autrement dit, elles germeront plus vite. Cela devrait améliorer plus encore la levée de cette culture», conclut Patrick Couderc.

D.B.

31 janvier 2019

Trophée national des lycées agricoles : l'ITEP de Grèzes a aussi son équipe pour Paris !

Comme le lycée La Roque, l’ITEP de Grèzes a son équipe pour le Trophée national des lycées agricoles lors du Salon de l’agriculture à Paris, du 23 février au 3 mars.

L’ITEP de Grèzes, institut thérapeutique, éducatif et pédagogique, à Sévérac l’Eglise, comptabilise une dizaine de participations au Trophée national des lycées agricoles (TNLA) dont un podium (2ème place en 2009). Serge Grasset, le responsable de l’exploitation laitière de l’ITEP n’est pas étranger à cette fidélité : «J’ai lancé l’idée un peu par hasard la première fois et puis au fil des participations, nous avons vu les bienfaits de cette expérience sur nos jeunes, les bons résultats nous ont encouragés à persévérer avec une nouvelle équipe cette année !».

Ils seront donc 5 jeunes, Maxime, Alexis, Clément, Joseph et Marlon en CAP 1e et 2e année métiers de l’agriculture option ruminants, accompagnés de Serge Grasset, de Jean-Louis Joie et de Mathias Poujol, enseignants. «A notre connaissance, nous sommes le seul ITEP de France à participer au TNLA et à présenter des jeunes de niveau CAP», avance Serge Grasset.

«Leur point fort c’est le lien aux animaux et leur savoir-faire en matière de manipulation», complète Jean-Louis Joie qui précise que leur formation comporte 10h de pratique par semaine dans l’élevage de la ferme. Sans compter leurs participations aux côtés des éleveurs dans des manifestations comme les Bœufs de Noël à Laissac ou encore le National Aubrac en septembre dernier, ou le Sommet de l’élevage. «Ils ont l’habitude de mener des animaux, et sont très à l’aise sur l’épreuve de la manipulation. Je les ai laissé en autonomie sur le dressage», confirme Serge Grasset.

Pour les accompagner dans cette aventure parisienne, les jeunes de l’ITEP de Grèzes ont choisi Marquise, vache Simmental en 1ère lactation. «Nous avons choisi une vache qui correspond bien aux orientations de la race», justifie Serge Grasset, habitué à exposer des animaux de l’exploitation sur les concours Simmental locaux et régionaux. Marquise fera d’ailleurs route vers la capitale avec Maline, la vache Aubrac de l’équipe du TNLA du lycée La Roque.

Les talents de demain

Autour de la thématique «Des femmes, des hommes, des talents», l’équipe de l’ITEP de Grèzes a réalisé une affiche, et anime une page Facebook (TNLA 2019-itepdegrezes). «La partie communication est le point le plus compliqué pour eux, ils ne sont pas habitués à ce genre d’exercice mais ils ont construit un argumentaire cohérent et en adéquation avec leurs idées», explique Jean-Louis Joie. Ils ont ainsi choisi de mettre en avant les savoir-faire de l’Aveyron : «nos savoir-faire, notre gastronomie issus d’un territoire rude et difficile à exploiter de par sa topographie, ont formé des hommes et des femmes ressources pour la transmission et l’évolution de nos produits. Ces talents font que notre terroir s’exporte en dehors de nos frontières». Ils livrent aussi leur vision de l’avenir : «Les talents de demain se forment aujourd’hui. Nous devons leur inculquer les bonnes pratiques : préservation de la biodiversité, favoriser la traçabilité de la production à la consommation avec l’aide des nouvelles technologies pour un moindre coût, répartir équitablement la valeur entre tous les acteurs et transférer les valeurs de l’artisanat au monde agricole afin d’atteindre l’excellence et la reconnaissance d’un terroir».

Ces idées, ils entendent les défendre tout au long de leur projet, jusque sur le stand qu’ils vont animer au Salon de l’agriculture. Pour les aider dans la décoration, ils ont sollicité un ITEP de la région parisienne. «Nos jeunes vont apprendre à travailler avec d’autres jeunes, c’est une expérience très intéressante, ils seront aussi confrontés aux autres concurrents du TNLA, c’est toujours enrichissant d’être au contact des autres», avance Serge Grasset.

L’équipe de l’ITEP de Grèzes tient aussi à remercier ses partenaires sans qui ce séjour ne serait pas possible : l’association des Bœufs de Noël à Laissac, les organisateurs du National Aubrac, l’UNREP et l’ITEP de Grèzes. «Il nous paraît important de soutenir nos jeunes dans leurs initiatives», souligne Sophie Groh, directrice adjointe de l’ITEP. «L’équipe pédagogique prend un risque en confiant ce projet à des jeunes en difficulté mais très motivés et soucieux de se prendre en main. Ils y travaillent depuis l’automne et les enseignants comme le conseil d’administration de l’ITEP seront à leurs côtés pour les encourager».

Eva DZ

24 janvier 2019

Trophée national des lycées agricoles : l’équipe de La Roque cherche des partenaires

Après le joli podium décroché par leurs prédécesseurs l’année dernière, les lycéens et étudiants de La Roque ont reconstitué une équipe pour l’édition 2019 du Trophée national des lycées agricoles (TNLA), au Salon de l’agriculture à Paris. Rencontre avec 8 étudiants bien décidés à faire parler de l’Aveyron dans la capitale !

Julie Rozière, Lucie Couvignou, Guillaume Poujol, Eloïse Rossignol, Mylène Joulié, Romuald Cazes, Samuel Lacoste et Alexane Canal forment l’équipe Les roque n’roles de La Roque pour le Trophée national des lycées agricoles qui se déroule chaque année au Salon de l’agriculture. Sur les traces de leurs prédécesseurs qui ont relancé le lycée dans cette compétition l’année dernière, ils ont envie de montrer toutes leurs qualités et de défendre les couleurs de leur établissement à Paris.

«C’est un challenge très excitant, très enthousiasmant, qui nécessite beaucoup d’organisation mais nous sommes très motivés», résument les 8 jeunes. «C’est aussi une belle expérience, très formatrice», ajoutent-ils. De la 1ère au BTS, ils sont en formation STAV, S ou PA, certains l’ont intégré à leur PIC, projet initiative et communication.

Multifonctionnalité des agriculteurs

L’équipe planche autour du thème imposé «Agriculture : des femmes, des hommes, des talents». Baptisés Les roque n’roles pour montrer que chacun a son rôle dans l’agriculture, les jeunes ont envie de valoriser les talents des agriculteurs. Leur affiche est terminée, ils en gardent pour l’instant le secret !, ils ont travaillé à la manipulation de la vache Aubrac Maline (3 ans) qui les accompagnera dans cette aventure, avec son veau Occitanie (bientôt 6 mois). «Parce que pour nous, une vache Aubrac ne peut être sans son veau !». Ils seront notés sur plusieurs aspects : la communication (création d’une affiche, animation de leur page FaceBook : TNLA 2019 les roque n’roles, implication de l’équipe pendant le salon...), la manipulation de leur vache avec une présentation en ring et la réalisation d’une pièce de théâtre et enfin l’animation de leur stand pendant le durée du salon.

Au sein de l’équipe, chacun a son rôle : «tout ce que nous faisons, nous le réalisons ensemble». Les jeunes ont choisi de mettre en avant la multifonctionnalité des agriculteurs, «des professionnels aux multiples talents» : plusieurs métiers dans un seul ! Ainsi que la mixité en agriculture : l’équipe compte 5 filles et 3 garçons et a choisi un parrain et une marraine : Cyril Leymarie, responsable technique à l’UPRA Aubrac et Maïté Tichet, agricultrice, éleveur Aubrac en Lozère.

Pour les accompagner dans leur aventure, les roque n’roles sont à la recherche de partenaires afin de financer leur séjour dans la capitale. «Nous sommes impatients d’y être maintenant et nous avons plein d’idées pour animer notre stand. Nous savons que ce sera intense mais nous sommes prêts à relever le défi», avancent les étudiants. Une motivation qui fait plaisir aux deux enseignants qui accompagnent l’équipe (Mme Bes et M. Pouget) et au directeur de La Roque, Noël Boissonnade, «fier de soutenir une nouvelle équipe du lycée cette année au TNLA». «Nous leur souhaitons le meilleur ! Un podium comme leurs prédécesseurs l’année dernière serait une belle récompense de leur investissement», espère le chef d’établissement.

Eva DZ

Pour contacter l’équipe les roque n’roles : tnlalaroque2019@gmail.com - 06 03 87 76 75.

24 janvier 2019

Loup : des attaques lourdes de conséquences pour les éleveurs

 

Le 10 janvier, une réunion était organisée en préfecture sur le suivi du loup. Les chiffres 2018 ont été présentés : les attaques «loup non écarté» ont diminué mais cette baisse s’explique avant tout par un changement de conduite des éleveurs, qui craignent pour leurs troupeaux. Explications avec François Giacobbi, en charge de ce dossier pour la profession agricole.

Quel est le bilan des attaques sur les troupeaux dans le département en 2018 ?

F. Giacobbi : «La préfecture nous a livrés les chiffres 2018 lors du dernier comité loup : 49 constats d’attaques «loup non écarté» et 150 brebis victimes «loup non écarté» sur deux zones principales du département : le sud Aveyron et l’Aubrac. C’est 12 attaques de moins et 67 victimes de moins qu’en 2017.

Il y a moins d’attaques, c’est positif mais il faut être mesuré dans l’interprétation de ces chiffres et les relativiser. Il ne faut pas en tirer la conclusion systématique que le(s) loup(s) attaque(nt) moins, simplement les éleveurs ont adapté leurs pratiques à la présence de ce prédateur.

Quelles conclusions en tirez-vous ?

F. Giacobbi : De peur des attaques du loup, les éleveurs ont beaucoup moins sorti leurs brebis. Une enquête réalisée en 2018 auprès des éleveurs, montre que 1 200 ha de parcours n’ont pas été utilisés, il s’agit souvent des plus éloignés des bergeries, les éleveurs ne voulant plus prendre de risques pour la sécurité de leur troupeau et n’ayant pas les moyens de les protéger. Les brebis ne sont plus dehors la nuit voire ne sortent plus lorsqu’un troupeau voisin a été attaqué.

Le pastoralisme doit prévaloir sur le loup

Quelles sont les conséquences pour les éleveurs ?

F. Giacobbi : Il y a d’abord la crainte permanente des attaques, une situation morale difficile à supporter.

La Chambre d’agriculture a également mené une étude auprès de producteurs dont les troupeaux ont été attaqués pour mesurer les conséquences. Sans savoir si le lien est avéré, certains ont noté des problèmes à la repro, des brebis vides, des animaux davantage stressés, dans des situations d’affolement jusqu’à un an après une attaque ! Sur les problèmes d’avortements, nous essayons d’en trouver les causes en réalisant les recherches sanitaires de façon à exclure les maladies «classiques». Nous travaillons sur cette problématique avec l’ensemble de nos partenaires.

Quelles sont les suites à donner ?

F. Giacobbi : Le pastoralisme doit continuer sur nos territoires de Grands Causses, c’est une évidence et une nécessité pour le maintien de la qualité de nos paysages, reconnue par un classement à l’UNESCO au patrimoine mondial.

La mise en protection de nos troupeaux est difficile à mettre en œuvre et très coûteuse. Le loup, les éleveurs le savent, il faudra vivre avec mais nous devons travailler sur son comportement et lui faire comprendre qu’il y a danger létal pour lui s’il s’approche des troupeaux. Il doit apprendre à avoir peur. Les organisations agricoles y travaillent avec l’INRA, le CERPAM (centre d’études et de réalisations pastorales), SupAgro Montpellier et le CNRS. Je citerai en conclusion un chercheur de l’INRA : quel que soit l’épouvantail en place s’il ne représente pas un danger, les oiseaux continueront de venir manger dans le champ !».

Recueillis par Eva DZ

17 janvier 2019

Conduite des élevages ovins viande : comment réduire la mortalité des agneaux ?

Dans le cadre du projet GOPEI Robustagno, le comité Bassin ovin viande a organisé en décembre dans le département une journée technique axée sur les pratiques aptes à rendre un agneau plus robuste à la naissance. Le sujet visiblement mobilise, puisqu’une cinquantaine de participants étaient présents à cette rencontre qui s’est appuyée sur des interventions en salle le matin, puis dans un élevage l’après-midi. Retour sur les messages-clés délivrés.

La filière ovine doit relever un défi : faire baisser la mortalité des agneaux pour améliorer le revenu des éleveurs.

GOPEI Robustagno, un projet multi-acteurs

Sur ce sujet, un projet européen baptisé Robustagno est en cours et commence à faire émerger des solutions. Ce projet, financé par l’Europe et le ministère de l’agriculture, au travers du Programme de développement rural régional de Midi-Pyrénées, est un Groupe opérationnel dans le cadre du Partenariat européen pour l’innovation (GOPEI).

L’objectif de Robustagno est d’améliorer, de façon durable, la productivité numérique dans les élevages d’ovins allaitants, en réduisant la mortalité des agneaux. Pour cela, l’accent est mis sur la robustesse des agneaux dès leur naissance.

Le programme, porté par Coop de France Midi-Pyrénées, est mis en œuvre sur les départements du Lot et de l’Aveyron, via une approche multi-acteurs. Les partenaires scientifiques sont l’Institut de l’élevage, l’INRA, l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse. Les partenaires opérationnels sont les coopératives CAPEL et UNICOR, les Chambres d’agriculture du Lot et de l’Aveyron, les GDS du Lot et de l’Aveyron, le lycée agricole de Figeac (Animapôle) et le Coram (Collectif des races de massifs).

Gestes et conduite du troupeau pour des agneaux plus robustes

La journée technique organisée le 3 décembre en Aveyron par le comité Bassin ovin viande a été suivie par 50 éleveurs : le matin, en salle à Bournazel, ils ont bénéficié de l’intervention de Myriam Doucet, de l’Idele ; l’après-midi, la visite en exploitation s’est effectuée sous la conduite de Céline Pouget, vétérinaire à la FODSA.

A partir des expériences des éleveurs qui participent au programme Robustagno, plusieurs solutions ont été mises en évidence et seront formalisées dans le cadre du programme pour être largement diffusées.

• Un suivi global du troupeau crucial pour la santé des agneaux

La robustesse d’un agneau est fonction de multiples facteurs. On pense bien sûr au poids à la naissance, à la facilité de naissance et à la prise de colostrum. Mais avant tout, c’est le suivi global du troupeau qui est le principal facteur de réussite.

Ce suivi global commence dès l’organisation de la lutte, avec une alimentation établie en fonction des notes d’état corporel (NEC) des brebis, et des périodes de lutte courtes (objectif 80% des mises bas sur 3 semaines), qui permettent de gérer à la fois l’alimentation et l’organisation de l’espace dans le bâtiment à la mise bas, puis de gérer des lots homogènes d’agneaux.

Cela passe aussi par une politique de réforme stricte des mères, assortie d’un taux de renouvellement suffisant et de qualité (génétique indispensable).

Durant la matinée, les points-clés de l’alimentation des brebis pendant la gestation ont également été soulignés : une bonne couverture des besoins en énergie et en protéines (surtout les 6 dernières semaines de gestation), la mise à disposition d’eau propre en quantité suffisante et un apport en minéral et vitamines suffisant.

L’organisation du bâtiment lors de l’agnelage est apparue comme essentielle, pour le tri des brebis, pour avoir un nombre suffisant de cases d’agnelage et des zones de relâche. Mais surtout, une bonne gestion de la surface permet de se libérer l’esprit pour se consacrer à l’agnelage en lui-même.

La tétée du colostrum est certainement le point central de réussite de l’agnelage. Les défauts de tétée sont à l’origine de 25% de la mortalité des agneaux avant 60 jours. Dans les six heures qui suivent sa naissance, l’agneau doit avoir pris 200 à 400 ml de colostrum. Il faut bien vérifier que les agneaux ont bien bu. Un pèse-colostrum (matériel présenté en élevage l’après-midi) permet de mesurer la qualité du colostrum. Une «banque» de colostrum congelé est également nécessaire (brebis, vaches ou chèvres).

• Les bonnes pratiques autour de la mise bas

L’après-midi en élevage a été consacré aux pratiques de l’éleveur autour de la mise bas, toujours dans le même objectif de renforcer la bonne santé des agneaux. Des mesures sanguines ou urinaires ont fortement retenu l’attention des éleveurs, en ramenant les résultats d’analyses à l’alimentation des brebis en fonction du stade de reproduction.

La mesure de la qualité du colostrum au réfractomètre (pèse-colostrum) est facile, elle permet d’anticiper des tétées de naissance de mauvaise qualité, pour un coût très modeste (25 €). Après s’être exercés à réaliser des mesures avec cet appareil, les participants en ont remarqué tout l’intérêt.

Réussir grâce à une somme de «petits» actes techniques

En conclusion, avant des diffusions plus larges et plus formalisées au sein même du projet Robustagno, c’est un ensemble d’actes techniques tout au long de l’année qui est primordial : des éléments-clés comme les notes d’état corporel des brebis, l’alimentation différenciée selon les stades physiologiques des mères, les soins aux agneaux et l’organisation du bâtiment semblent incontournables.

Les techniciens d’appui technique des Organisations de producteurs, tous associés à la journée du 3 décembre, apporteront les conseils nécessaires aux éleveurs suivis, que ce soit pour la réalisation des rations ou pour la gestion des modes de reproduction.

Au final, la robustesse des agneaux ne relève pas d’une quelconque «solution miracle», mais bien plutôt d’une somme de «petits» actes techniques dans l’élevage, et ce sont eux qui font la différence !

Dominique Delmas, animateur Bassin ovin viande, Chambre d’agriculture de l’Aveyron

10 janvier 2019

FODSA-GDS Aveyron : boiteries et pathologies du pied, une formation sur mesure !

Mi-décembre, les GDS de Belmont et Camarès ont accueilli une formation sur les boiteries et pathologies du pied en bovins. Une dizaine d’éleveurs ont planché sur le sujet avec Audrey Carrière de FODSA - GDS Aveyron et Mathieu Molinier, pareur de FARAGO Aveyron qui a réalisé une démonstration en direct au GAEC d’Aupiac.

A la demande de ses GDS locaux, ponctuellement, FODSA  - GDS Aveyron propose des formations en lien avec l’Approche Sanitaire Globale, notamment sur la santé des veaux, l’éleveur infirmier, la manipulation et contention... et les boiteries et pathologies du pied. Le 13 décembre, cette thématique a fait l’objet d’une journée de formation à laquelle participaient une dizaine d’éleveurs bovins lait et viande adhérents des GDS de Belmont sur Rance et Camarès.

«Cette formation est l’occasion de faire se rencontrer des éleveurs bovins, peu nombreux sur notre secteur de Belmont et Camarès mais qui ont plaisir à se retrouver pour échanger sur des problématiques communes, comme celle des boiteries», explique Gilles Chibaudel, président du GDS de Camarès. «Pour compléter la formation, nous avons associé le GDS de Belmont, présidé par Vincent Guilloth. Cela permet d’élargir les échanges», poursuit le responsable local.

Une formation alliant théorie et pratique en élevage

Les participants ont été très satisfaits de la journée, répartie en deux temps : un apport de connaissances théoriques en salle et une démonstration de parage l’après-midi dans un élevage. Pour cette formation, les participants ont été chaleureusement accueillis par les trois associés du GAEC d’Aupiac à Camarès. Cet élevage de 80-85 vaches Prim’Holstein à la traite est particulièrement attentif aux problèmes de boiteries, misant sur le préventif plutôt que sur le curatif. «Nous faisons appel au pareur de FARAGO Aveyron deux à trois fois par an», assure l’un des éleveurs associés. «Il y a 2 ans, nous avons installé deux robots de traite et construit un nouveau bâtiment. Dès que c’est possible, nous privilégions le pâturage et nous n’avons que très peu de soucis au niveau des boiteries», poursuit-il.

Preuve en est, Mathieu Molinier, le pareur, n’a pas eu beaucoup de travail sur les quelques vaches que les éleveurs avaient sélectionnées. «Ce qu’il faut retenir c’est que les problèmes de boiteries peuvent s’anticiper par de la prévention, en sollicitant régulièrement le pareur, pour entretenir les pieds de vos bovins», a expliqué Audrey Carrière de FODSA - GDS Aveyron. «Cette situation est plus confortable, moins stressante et plus économique qu’une situation d’urgence avec des animaux en mauvaise santé». La démonstration a été enrichissante pour tous puisque le pareur, accompagné d’Audrey Carrière, a pu apporter quelques conseils et repères pour les éleveurs, sur les pathologies du pied mais au-delà sur l’approche sanitaire globale sur une exploitation.

Ces conseils pratiques venaient compléter l’apport théorique délivré en salle le matin. L’évolution des structures - nombre de bovins, d’UTH, bâtiments...  peut engendrer des problèmes de boiteries plus nombreux qu’avant, ainsi que des pertes économiques importantes. En découlent de nombreuses conséquences négatives pour l’élevage : une conduite de troupeau perturbée (temps passé aux soins, frais vétérinaires, réformes précoces et dépréciées...), la douleur des animaux qui se déplacent moins, mangent moins, produisent moins et présentent des problèmes à la repro...

Audrey Carrière a présenté aux éleveurs, les indices de locomotion permettant de mettre en évidence qu’un animal souffre de ses pieds : dos courbé, enjambées courtes avec une ou plusieurs pattes, arrêts fréquents pendant les déplacements...

Que faire pour repérer les boiteries ?

Lors de cette formation, FODSA - GDS Aveyron a livré ses conseils pour repérer les boiteries :

- observer la démarche des vaches (25% du troupeau ou 15 vaches minimum)

- faire le bilan : dos plat et horizontal au repos et pendant le déplacement, bon aplomb... tout va bien ! Dos courbé au repos et/ou pendant les déplacements, tête plus basse et plus éloignée du corps... l’animal doit être surveillé.

- observer les aplombs, les tarsites

- observer les vaches au pré et en bâtiment

- lever régulièrement les pieds des vaches

- observer et noter les lésions avec son pareur.

Pour une bonne santé des pieds des bovins, FODSA - GDS Aveyron mise sur la qualité des onglons, une charge bien répartie sur les onglons, des traitements précoces et une attention particulière aux agressions extérieures (propreté et hygiène, humidité des litières...).

Via l’Approche Sanitaire Globale qui se base sur le bon équilibre entre le troupeau, l’éleveur, le bâtiment, l’état sanitaire, l’alimentation, les sols, le pâturage... plusieurs pistes permettent d’améliorer les situations. Le confort des animaux en bâtiment même si le pâturage reste généralement un critère de référence est une priorité en créant des zones de confort (espace, accès facilité à l’eau, à l’alimentation, allotement autour du vêlage). Des signes peuvent montrer que des vaches ne sont pas bien installées : des animaux trop longtemps debout, qui se couchent ou se lèvent difficilement, qui ne sont pas bien répartis dans le bâtiment...

Il est conseillé de privilégier les sols souples de façon à bien adapter la pousse et l’usure du sabot, de vérifier la température de la litière, d’éviter les sols glissants, pentus et irréguliers, d’observer la ventilation (odeurs, toiles d’araignées), d’évaluer la propreté et l’hygiène des animaux...

Bien sûr l’état général sanitaire du troupeau a une incidence sur la bonne santé des animaux : prophylaxie annuelle obligatoire, recherches lors des contrôles d’introduction mais aussi favoriser la bonne immunité du cheptel... L’alimentation du cheptel joue aussi un rôle primordial dans la qualité de la corne et des aplombs : une disponibilité en eau en quantité et de qualité, du sel iodé pour tous et tous les jours, une alimentation à base de fourrages grossiers en premier puis d’aliments plus acidogènes dans l’heure qui suit, l’observation des bouses... Des changements métaboliques peuvent également intervenir autour du vêlage et mener à des boiteries, cette période nécessite donc une attention toute particulière, comme les transitions alimentaires.

En conclusion, Audrey Carrière et Mathieu Molinier ont mis en avant un «indispensable» : le parage fonctionnel qui permet de répartir l’ensemble des pressions de façon équivalente sur les deux onglons et d’éviter l’apparition de lésions de la boîte cornée ; en plus de permettre un suivi régulier de l’évolution des aplombs et de la qualité de la corne des animaux.

Eva DZ

03 janvier 2019

Capr’Inov : deux élevages aveyronnais primés

Tous les 2 ans, le salon Capr’Inov à Niort, met à l’honneur la filière caprine. La coopérative laitière, Terra Lacta profite de cette occasion pour récompenser ses éleveurs en mettant à l’honneur leurs performances. Pour sa deuxième édition, fin novembre, le Challenge caprin a primé six élevages dont deux en Aveyron, le GAEC de la Chamoisée à Mouret et le GAEC de Bertrand à Rodelle.

Prix du lait, régularité de livraison, bonification cellulaire/taux cellule bas, développement de production et installation, la coopérative laitière, Terra Lacta a pris l’habitude de récompenser parmi ses éleveurs, ceux ayant enregistré les meilleures performances dans ces thématiques. La deuxième édition de son challenge caprin a récompensé six élevages dont deux en Aveyron.

Le GAEC de la Chamoisée formé par Sandrine et Vincent Marcenac à Mouret a été récompensé pour sa bonification cellulaire et son taux de cellule bas. Et Pauline Rouquet du GAEC de Bertrand à Rodelle a reçu le prix de l’installation. Ces lauréats ont été sélectionnés par les techniciens de leur secteur et sur leurs résultats sur l’année 2017.

Au GAEC de la Chamoisée, les cellules sont au plus bas !

Sandrine et Vincent Marcenac élèvent 180 chèvres de race Alpine ainsi qu’une vingtaine d’Aubrac sur 88 ha à Mouret. Un élevage caprin historique en Aveyron ! En 1997, Vincent a repris le flambeau de ses parents qui s’était lancés dans la production de lait de chèvre en 1981 avec la coopérative des Gorges du Lot alors installée à Entraygues sur Truyère qui après restructuration, a rejoint Terra Lacta. Son épouse, Sandrine, l’a rejoint en 2003. Ils produisent 134 000 litres de lait par an.

Particulièrement rigoureux sur la santé des mamelles, le suivi régulier des indicateurs techniques du contrôle laitier, les efforts des deux éleveurs ont été récompensés par une bonification de 10,3 euros/1 000 litres en 2017 pour leur taux de cellules bas

(1 103 000 cellules). «Nous suivons quelques régles de base simples : le contrôle régulier de la machine à traire et de la salle de traite, la traite des primipares en premier de façon à préserver la santé des mamelles», explique Vincent. «Grâce à l’appui du contrôle laitier, particulièrement efficace en Aveyron, nous obtenons un comptage cellulaire à l’animal qui nous permet de trier les réformes, d’organiser le tarissement pour traiter...», complète Sandrine.

«Ce qui peut faire la différence chez nous c’est une lactation de 10 mois et un tarissement de 2 mois qui permet de reposer la mamelle», poursuit Vincent. L’alimentation est aussi un élément clé. La ration que proposent Vincent et Sandrine à leurs chèvres est composée de fourrages séchés en grange : pas d’ensilage, ni d’enrubannage. Et un peu de concentré.

«Nous ne cherchons pas à augmenter le litrage par chèvre mais plutôt la performance économique et l’autonomie pour limiter les intrants. C’est grâce à cette approche que nos chèvres sont en bonne santé», disent encore les deux éleveurs. L’exploitation a fait le choix d’une production de qualité et de la sélection génétique du troupeau. «L’histoire de notre élevage avec plus de 35 ans d’IA est aussi un atout», confirme Vincent, qui a sélectionné sur la conformation des mamelles pour une traite plus rapide. «Ce prix est une belle récompense qui va bien au-delà de nos résultats sur la seule année 2017. Même quand nous avions un troupeau plus important, nous n’avons jamais rencontré de gros soucis de cellules», conclut le couple.

Pauline Rouquet, une installation réussie

En 2015, Pauline a rejoint son père sur l’exploitation familiale, à Rodelle, un élevage bovins lait et viande. Mais la jeune agricultrice avait un projet bien en tête : la création d’un atelier caprin. Après des études agricoles spécialisées dans cette production, son emploi au Contrôle laitier caprin lui a permis de bien mûrir son projet. Pauline a choisi d’y aller doucement en achetant ses chevrettes. Les premières mises bas ont démarré à l’automne 2016. Aujourd’hui Pauline élève 200 chèvres de race Alpine et produit 156 000 litres de lait. Trois ans après son installation, elle attaque sa troisième campagne et ne regrette pas son choix et voit avec plaisir l’arrivée de son frère, Romain installé depuis le 1er décembre. «Ensemble nous avons pris la décision d’arrêter le troupeau bovin lait, pour nous consacrer à l’atelier caprin et à un petit troupeau de vaches allaitantes qui assure une bonne complémentarité».

Pauline a bénéficié d’un accompagnement de la part de Terra Lacta au moment de son installation et son frère Romain profitera du nouveau dispositif (lire encadré). «Nous avons fait le choix de ne pas augmenter le troupeau mais plutôt d’améliorer la qualité du lait via la génétique, l’alimentation...», détaille la jeune agricultrice. «Nous travaillons à l’équilibre de notre système tant d’un point de vue économique avec nos deux troupeaux que social d’un point de vue vivabilité». Après la construction de la chèvrerie, Pauline a installé un séchage en grange et une nouvelle machine à traire (ligne haute). «Nous recherchons le confort de travail et la qualité de production», confirme-t-elle.

Dans cette réalisation, les administrateurs de Terra Lacta ont été séduits par la création de cet atelier de A à Z de façon réfléchie, progressive, qui a permis quelques années plus tard d’accueillir un nouveau jeune. L’aménagement du bâtiment, la mise en place du séchage en grange pour plus d’autonomie, le démarrage progressif avec les chevrettes... sont le fruit d’un projet raisonné, à taille humaine. «Un bon exemple de réussite et de pérennité», a conclu Elodie Vidaillac de Terra Lacta.

Eva DZ

27 décembre 2018

Coopérative des Chevriers du Rouergue : bilan d’activité 2018 stable

La coopérative des Chevriers du Rouergue s’est réunie en assemblée générale jeudi 20 décembre à Rodez. A l’image de la production caprins lait, son activité 2018 est sur une bonne dynamique.

Beaucoup d’éleveurs caprins lait ont participé à l’assemblée générale présidée par Jean-Paul Fayret, à Rodez. La coopérative rassemble 145 adhérents aveyronnais, dont 5 engraisseurs de chevreaux, avec un cheptel total de 34 141 chèvres et 12 117 chevrettes de renouvellement. 31,03 % des élevages adhérents possèdent entre 200 et 300 chèvres, 21,38 % entre 300 et 400 chèvres, et 20,69 % entre 150 et 200 chèvres. Et 10,34 % ont plus de 400 chèvres. «Notre coopérative rassemble les deux-tiers des éleveurs caprins de l’Aveyron» a indiqué le président Fayret, en guise d’introduction, en présence notamment de Gérard Pradels, responsable technique de cette structure siégeant à Espalion.

«Nous avons un nombre d’adhérents stable, avec des arrêts d’activité compensés par des installations, et un nombre d’animaux en progression», relève Jean-Paul Fayret. Il ajoute : «l’activité reproducteurs autant en local qu’à l’exportation, nous permet depuis deux ans de dégager un bon résultat d’exercice. Par contre, le marché du chevreau fini est toujours fragile avec malheureusement trop peu de chevreaux de Noël. Pour cette nouvelle campagne, nous allons mettre en place trois nouveaux ateliers d’engraissement afin d’apporter le meilleur service à nos adhérents».

Chevreaux naissants

En chevreaux naissants, la coopérative a ramassé en 2018, 17 373 animaux. «La collecte reste stable avec une meilleure régularité au cours de la campagne» complète Mireille Chassaing-Trapy, vice-présidente. «En revanche, le fait que les fêtes de Pâques aient été plus tôt dans le calendrier de cette année a été favorable, d’une part, à la tenue des cours de début 2018, et d’autre part, nous a permis de commercialiser davantage de chevreaux à cette période. Cela explique l’augmentation de

9 centimes/kg du prix de vente du chevreau fini. La marge nette moyenne par chevreau vendu est de 3,47 euros cette année, en hausse de 45 centimes comparé à la précédente campagne».

Reproducteurs

L’activité reproducteurs a été résumée par Jean-Noël Angles, vice-président. «Nous avons commercialisé cette année 400 reproducteurs de moins que la campagne dernière, essentiellement des chevrettes. Malgré un marché plus calme, notre groupement, reconnu au-delà du département, a vendu des reproducteurs notamment à l’extérieur, permettant ainsi de vendre des chevrettes et des boucs à davantage d’éleveurs».

Chèvres de réforme

En chèvres de réforme, 3 956 animaux ont été collectés cette année. Les ventes se font essentiellement auprès de la Maitérie du Rouergue (66,64 %), l’abattoir Arcadie (24,38 %), les Entreprises Comibev (5,80 %). Selon Jean-Noël Angles, «cette année, nous avons commercialisé davantage de chèvres de réforme (plus 400) avec une collecte plus régulière sur l’année (environ 330 chèvres/mois). La qualité des animaux s’est améliorée avec seulement

2 % de saisie, mais l’effort collectif doit être maintenu»

Autre activité, la vente de poudre de lait aux adhérents avec les fournisseurs UNICOR et RAGT. «Elle a progressé de 7 tonnes en 2018 par rapport à la dernière campagne avec des prix en légère baisse» note Jean-Paul Fayret. Enfin, un point a été fait sur les différentes ristournes accordées aux adhérents, pour chaque activité : poudre de lait, chevreaux naissants, chevreaux finis, jeunes reproducteurs, et soutient aux engraisseurs.

D.B.

20 décembre 2018

Journée caprine : une filière jeune et dynamique

Des prix rémunérateurs, une demande à la hausse, une consommation de fromages positive... La filière caprine se porte bien. Pour la faire connaître et inciter les jeunes à s’installer, la Chambre d’agriculture entourée de partenaires a organisé une journée mardi 18 décembre à Gabriac.

Arnaud Cormouls est un jeune éleveur caprin installé depuis 2012 avec son père, en GAEC, à Malagenq, sur la commune de Gabriac. Depuis tout petit, il souhaite reprendre la ferme familiale. Lorsque ses parents ont arrêté la production de lait de brebis, ils ont créé un atelier caprin en vue de l’installation de leur fils. Ils ont acheté en 2007, 150 chevrettes et ont réalisé leur première traite en 2008 pour la coopérative Terra Lacta. Arnaud, lui, s’est installé en 2012... en pleine crise caprine : «Cette crise m’a permis de mesurer mes investissements. Si j’ai réussi à investir et à développer mon système vers plus d’autonomie à ce moment-là sans me noyer, c’est bon !», résume Arnaud. Il a pu compter sur le soutien des techniciens de la Chambre d’agriculture pour construire son projet.

Arnaud, un bel exemple de réussite caprine !

«En élevage caprin, il faut être très bon techniquement en plus de tout l’administratif. Et puis je pense qu’il faut commencer petit avec des chevrettes. Même si c’est compliqué de les élever un an sans production, il ne faut pas prendre le risque de commencer avec des chèvres en production», explique Arnaud qui a acheté ses chevrettes chez un éleveur du département et auprès de la coopérative des Chevriers du Rouergue. Aujourd’hui, Arnaud a 330 chèvres à la mise-bas et une production de 1050 L/chèvre en moyenne. Avec la mise en place d’un séchage en grange en 2013, il mise sur l’autonomie fourragère : maïs ensilage et foin de luzerne une partie de l’année et enrubanné et foin l’autre partie. Son troupeau de 45 vaches Limousines complète bien le système pour les refus et les surfaces difficiles à exploiter. Son séchage en grange lui permet d’économiser 20 000 euros par an et de valoriser ses prairies naturelles. L’achat d’un robot d’alimentation lui permet aussi de gagner du temps dans la distribution tout comme l’installation d’une nouvelle machine à traire qui lui supprime 2h30 d’astreinte par jour ! Bientôt seul sur la ferme, Arnaud a réfléchi à la simplification du travail et sait qu’il peut compter sur l’entraide des voisins et de la CUMA. Il s’appuie aussi sur son technicien caprin à la Chambre d’agriculture, son troupeau est en Contrôle laitier officiel. «J’ai atteint un bon fonctionnement, mon objectif est de maintenir mon troupeau tel qu’il est, de consolider la ferme en agrandissant par exemple le séchage en grange pour plus d’autonomie».

Son témoignage a beaucoup plu aux participants, dont des étudiants de La Cazotte, de la journée caprine organisée mardi 18 décembre par la Chambre d’agriculture, en partenariat avec Cilaisud, interprofession laitière du Sud-Ouest - commission caprine, le GIE Elevage Occitanie, l’IDELE et l’ANICAP, interprofession nationale caprine, présidée par l’Aveyronnais Jacky Salingardes, présent à cette journée.

«Notre filière en Aveyron est jeune et dynamique avec 190 élevages livreurs ou fermiers ou mixtes», a souligné Virginie Albespy, responsable du groupe caprin à la Chambre d’agriculture. Le président, Jacques Molières a d’ailleurs encouragé la filière à continuer sur cette voie de la réussite. «Ensemble notre objectif est de faire prospérer une filière et tout un territoire», a complété Joël Mazars, président de CILAISUD. Pour faire connaître cette production et inciter les jeunes à la choisir, la filière a engagé plusieurs actions de promotion : «Nous allons partir à la rencontre de tous les établissements agricoles de notre bassin de production pour parler de notre production», a expliqué Joël Mazars. Une plaquette réunissant dix témoignages, dont celui d’Arnaud Cormouls, est à la disposition de tous. «Nous voulons dire et montrer que notre filière s’est professionnalisée, qu’elle est créatrice de valeurs dans les exploitations et les territoires», concluent de concert Virginie Albespy et Joël Mazars.

Eva DZ

06 décembre 2018

"Moi(s) je m’installe" avec Marie Delpuech : «Aux Bornottes, on se sent bien !»

La Volonté Paysanne avait rencontré pendant l’été 2017, Marie Delpuech à la Ferme des Bornottes, «havre de paix» à Lacroix Barrez, un an après la création de sa ferme pédagogique. Aujourd’hui, la jeune femme continue de s’épanouir dans son métier... des projets plein la tête !

«Depuis que je suis toute petite, je vais aider mon père sur son élevage Charolais !», Marie Delpuech ne se voyait pas autrement qu’agricultrice. Mais plutôt que de rejoindre la ferme familiale, Marie s’est créée son propre projet : une ferme pédagogique. Elle s’est installée en individuel en avril 2016. Après une solide formation (Bac STAV à La Roque, BTS conduite de projet en espace rural, licence pro expertise agro-environnement et conduite de projet à Aurillac), Marie a découvert la ferme pédagogique lors de plusieurs stages et expériences professionnelles notamment dans le Puy de Dôme. Avec un papa agriculteur et une maman enseignante, Marie a vite fait le lien !

Passionnée, Marie l’est mais pas question de foncer tête baissée ! Elle a monté son projet pas à pas, regrettant au passage de n’avoir pas pu bénéficier de l’accompagnement à l’installation. «En m’installant en individuel, sur la création de ferme pédagogique, mon activité principale, difficile de mettre des chiffres sur mon projet. On avance à tâtons. Nous sommes pourtant les premiers maillons de la chaîne, en contact direct avec le grand public sur notre métier d’éleveur...».

Ferme pédagogique et élevage d’Highland

Marie a d’abord lancé sa ferme pédagogique, son activité principale mais qui reste saisonnière (mars à octobre). Alors pendant la période «creuse», elle réfléchit à de nouveaux projets, elle travaille sur les animations de la saison à suivre, réalise divers aménagements... Et elle s’occupe de son troupeau de vaches Highland Cattle pour compléter son revenu. «J’ai augmenté un peu mon effectif. J’élève aujourd’hui une douzaine de mères, sachant que dans cette race on ne peut abattre les bœufs avant 4 ans, donc je m’occupe d’un troupeau d’une quarantaine d’animaux», explique Marie. Des animaux qu’elle commercialise en vente directe (les animaux sont abattus à Neussargues et transformés au lycée de Saint Flour). «La viande issue de cette race est recherchée et au fil du temps, je me suis constituée un petit carnet d’adresses de clients fidèles grâce à ma ferme pédagogique. Je travaille aussi avec quelques restaurateurs étoilés du nord Aveyron», confie la jeune femme qui envisage d’expédier des colis sur Paris et Marseille notamment, en 2019.

Marie vend aussi quelques génisses sur pied à des éleveurs ou des particuliers pour débroussailler ! Les vaches Highland sont en effet connues pour leur capacité à valoriser des terrains très pauvres. C’est ainsi que la commune de Lacroix Barrez a sollicité Marie et ses vaches pour entretenir 10 ha autour du village de Valon dès le printemps 2019, réouvrir ce site Natura 2000 et éviter les risques incendie. Quelques années après son installation, Marie peut aujourd’hui s’appuyer sur son propre renouvellement, sur un troupeau homogène, sélectionné sur le caractère, la conformation... Elle commercialise actuellement 2 à 3 animaux par an et compte d’ici 2020 atteindre 5 à 6.

Visites libres ou guidées

Sur la ferme pédagogique, tout se déroule à merveille. L’été dernier Marie a reçu environ 80 personnes par jour. «La fréquentation continue d’augmenter avec des scolaires, des maisons de retraite, des familles, des personnes en situation de handicap, des touristes, des locaux, des nouveaux mais aussi des fidèles qui reviennent chaque année découvrir les nouveautés !». Et des nouveautés, il y en a ! Marie présente 120 animaux d’une vingtaine d’espèces (lamas, chèvres, moutons, cochons, poneys, chevaux, ânes, lapins, volaillles d’ornement...). Le nombre de naissances a également augmenté permettant à Marie de vendre quelques animaux à des particuliers.

La jeune agricultrice a développé, en plus des visites guidées et des ateliers (petits fermiers, beurre, traite de chèvre et fromage, chasse au trésor, rallye photo, laine, kim...), des visites libres. Elle espère aussi développer les anniversaires à la ferme. Et pour cela, elle travaille à améliorer l’accueil avec un projet de salle (animation, vente et location) et la possibilité de rejoindre le réseau Bienvenue à la ferme. Une réflexion est aussi en cours avec la commune pour aménager un parking à l’entrée de la ferme, avec un tracé pour les poussettes et les fauteuils roulants.

Sur le long terme, Marie réfléchit à l’embauche d’un saisonnier l’été pour soulager la charge de travail. «Entre l’accueil, le soin aux animaux, les animations... ce n’est pas facile de pouvoir tout concilier. J’ai donc réfléchi à quelques aménagements pour simplifier le travail», explique Marie. Avec l’aide de son papa et de son conjoint, elle a construit un parc adapté sur 1 ha avec des abris pour héberger les animaux par espèces avec des abreuvoirs pour éviter d’avoir à transporter des seaux d’eau matin et soir.

Cadre de vie exceptionnel

Autre corde à l’arc de Marie, la médiation animale. Formée à cette spécialité, la jeune femme travaille avec tout public sur la confiance en soi, l’hyperactivité, la phobie envers l’animal... sur place ou en itinérance dans les IME, les CAT, chez les particuliers... «Les animations en périscolaires ayant fortement diminué du fait du retour de la semaine de 4 jours, du coup j’ai pu augmenter le nombre de contrats en médiation animale», souligne Marie, qui apprécie ce côté partage et rencontre du métier. «Le démarchage a porté ses fruits et je suis heureuse dans mon métier. J’évolue dans un cadre de vie exceptionnel, je m’organise librement dans mon travail : à fond l’été et plus dans la réflexion et les projets l’hiver ! Le retour des clients est très gratifiant, c’est cela qui nous motive et nous encourage à persévérer».

C’est par hasard que Marie a eu vent de la création du groupe JA 100% féminin via FaceBook, réseau social sur lequel elle est bien présente. «J’ai trouvé cette première rencontre vraiment super, très enrichissante et qui valorise la place de la femme dans le milieu agricole. Nous partageons les mêmes soucis et cela me permet de me reconnecter à mon milieu professionnel étant plutôt en contact avec le grand public dans mon activité». De quoi donner des idées à cette jeune entrepreneuse !

Eva DZ

29 novembre 2018

Prim’Holstein Aveyron : le robot de traite, une opportunité ?

Le premier robot de traite a fait son apparition en France, en Mayenne, en 1995. Plus de 8 000 sont actuellement en fonctionnement (1,6 en moyenne par ferme - de 1 à 6). Un marché dynamique en progression. L’association Prim’Holstein Aveyron pour sa traditionnelle journée technique, a invité quatre éleveurs à venir témoigner sur le robot de traite : deux l’ont définitivement adopté et deux autres l’ont délaissé pour revenir à la salle de traite «classique».

Philippe Pélissier élève 70 vaches laitières à Moyrazès. Au départ à la retraite de sa mère en 2012, il a choisi d’investir dans un robot de traite pour diminuer l’astreinte et se simplifier le travail.

Se simplifier le travail quotidien

«Mes animaux et moi-même, nous sommes plus calmes ! Je ne passe plus 2h le matin et 2h le soir à crier derrière les vaches !». S’il a réussi à se simplifier le travail au quotidien, Philippe constate qu’il est désormais plus difficile de partir plusieurs jours, la main d’œuvre qualifiée sur un robot de traite en remplacement n’est en effet pas courante... Reste l’entraide entre voisins eux aussi équipés... L’installation du robot a modifié sa conduite d’élevage : réduction du pâturage (peu de parcours autour du bâtiment) entraînant une fragilité des animaux (mamittes, problèmes de pattes... «J’ai choisi de remettre du tempérament dans la sélection pour avoir des vaches plus volontaires, plus autonomes», souligne Philippe. «Le robot s’il diminue l’astreinte nous oblige à observer attentivement le troupeau ce que je faisais naturellement avant à la traite». Philippe même s’il avoue quelques déconvenues en terme de réglement de pannes, et en frais d’entretien «qu’il ne faut pas sous évaluer», est satisfait de son investissement : «Mon organisation du travail est plus souple et je n’ai pas eu d’alarme la nuit !». Il fera le bilan lorsque le robot sera amorti.

«Rester disponible»

Yves Dufour élève avec son frère, dans le Lot et Garonne, 80 vaches laitières. En 2008, ils ont investi dans un robot... Six mois plus tard, ils reprenaient le chemin de la salle de traite. «D’un point de vue astreinte au quotidien le robot c’est l’idéal mais c’était trop d’alarmes, trop de stress de la panne, et une disponibilité de tous les instants nécessaire... On n’a pas tenu», explique l’éleveur, également producteur de céréales. «Nous passions aussi beaucoup de temps à pousser les vaches pour qu’elles aillent au robot, aujourd’hui les machines ont évolué, ce serait peut-être différent mais avec un robot, on ne voit que les vaches à problèmes (cellules, fin de lactation...)», poursuit Yves. «Nous ne regrettons pas d’avoir fait l’essai, quand le robot marche, nous avons été bluffés mais cela ne nous correspondait pas. Nous avons revendu le robot et embauché un salarié».

«Je me suis installé parce que j’aime traire»

Cédric Fauré est un jeune éleveur ariégeois. Avant son arrivée, le GAEC familial (6 associé et 1 salarié) a choisi d’investir dans 2 robots pour les 130 vaches laitières en 2001, plutôt que dans une salle de traite neuve. Dix ans après, les associés sont revenus à la salle de traite classique. «Nous faisions partie des pionniers, nous avons bénéficié de 6 mois d’assistance au départ mais quand à mon installation, mon père m’a laissé la gestion du robot, je ne me suis pas du tout adapté ! Trop de mamittes, trop de vaches à trier, une qualité de lait en chute alors que nous livrons une coopérative qui travaille le lait cru, nous étions sans cesse pénalisés. Nous en étions même à acheter des vaches car nous avions trop de réformes ! A sélectionner des taureaux sur l’emplacement des trayons... Nous faisions fausse route. Aujourd’hui nous vendons de nouveau des génisses et nous ne sommes plus pénalisés sur le lait et nous ne jetons plus de lait. Quand nous avons eu fini de payer le robot, nous l’avons éteint pour de bon et avons investi dans une nouvelle salle de traite et dans un salarié. Je me suis installé parce que je voulais traire et pas être devant un ordinateur ! Nous ne regrettons rien parce que nous y avons cru ! Ça ne l’a pas fait !».

Un outil d’attractivité du métier

Le GAEC Brast Savy à Druelle, a acheté 2 robots de traite, le premier en 2008 puis le deuxième en 2012, au moment du regroupement de trois fermes. «Nous avons pu tirer les leçons de notre première expérience et après avoir comparé avec l’investissement dans une salle de traite roto, nous avons choisi le robot», explique Gilles Brast, l’un des 3 associés. «L’environnement du bâtiment, de l’exploitation joue beaucoup dans la réussite de l’installation d’un robot : nous avons visité de nombreux élevages avant de nous lancer. Nous avons réfléchi globalement notre projet avec l’installation de logettes plutôt qu’une aire paillée, un revêtement en caillebotis et caoutchouc, un bâtiment bien ventilé. Le robot craint davantage les trop belles mamelles mais sait dompter les plus mauvaises ! Nous l’avons appris avec l’expérience», souligne Gilles. «C’est vrai que l’on s’occupe davantage des vaches à problèmes, psychologiquement c’est un peu dur. Du coup nous avons orienté notre sélection sur les mamelles, les pattes pour éviter les problèmes».

Sur le temps de travail, les associés y ont gagné. Après le départ de l’un d’entre eux à la retraite, ils sont désormais 3 avec plus de 100 vaches. «Si nous finissons à la même heure le soir, en revanche le matin on se lève une heure plus tard ! Si on veut installer des jeunes, socialement il ne faut pas creuser l’écart du temps de travail. Economiquement, le robot s’autofinance : le coût d’entretien et maintenance (12 000 euros par an pour 2 robots) est absorbé par la production supplémentaire (+ 100 000 litres) mais cela ne doit pas enlever la nécessité d’un prix de base revalorisé pour les éleveurs», avance Gilles. «Si nous devions le refaire, nous choisirions de nouveau le robot. C’est un outil qui donne des résultats et nous permet d’améliorer la performance de l’élevage mais ce qui est vrai chez nous, ne l’est pas forcément chez un autre !».

Globalement, les éleveurs témoins ont insisté sur la capacité des robots, leur «saturation» qui peut parfois être bloquante en terme de développement de production et qui peut générer un certain nombre d’alarmes, contraignantes pour l’éleveur. Une adéquation à trouver entre la taille de l’élevage et l’équipement, au moment de l’investissement.

Eva DZ

25 octobre 2018

Ovins lait à Durenque et Optitraite : sécuriser la qualité laitière

Yves Deveix, conseiller machine à traire à la Chambre d’agriculture, était récemment sur une ferme ovins lait de Durenque pour y effectuer un contrôle Optitraite, à la demande de l’éleveur.

Kévin Fabre, 32 ans, éleveur ovins lait depuis 2011 dans un GAEC, va voler de ses propres ailes en s’installant seul sur la ferme de l’un de ses oncles à Durenque. Son cheptel est composé de 180 brebis Lacaune, sur une SAU de 60 ha, avec une production AOP Roquefort livrée à l’entreprise Vernière à Villefranche-de-Panat. Il reprend une machine à traire en sommeil depuis sept ans. Il a fait appel la semaine dernière à Yves Deveix, pour un contrôle Optitraite ayant pour objectif de remettre en route de façon optimale une machine de 12 postes. Tout doit être prêt pour la première campagne laitière individuelle de Kévin, prévue à la mi-novembre. «Dans le rayon AOP de Roquefort, le contrôle Optitraite annuel est obligatoire» dit le jeune éleveur. «Il est important de travailler avec un outil fonctionnel pour la sécurité sanitaire, lutter contre les mammites, avoir un lait de qualité et donc, tirer le revenu vers le haut». Le contrôle Optitraite existe en France depuis plus de 25 ans. «Il a été généralisé à l’ensemble de la filière laitière dans les années 2000 pour les bovins, ovins et caprins», indique Yves Deveix.

Un protocole rigoureux

Le contrôle toujours effectué par un technicien agréé, se fait avec l’aide du logiciel Logimat. «Le protocole est clairement établi. Il s’agit de mesurer le niveau de vide, la dépression nécessaire pour aspirer le lait», détaille Yves Deveix. «Il faut donc contrôler la régulation. Elle doit stabiliser le niveau de vide négatif de l’air (niveau de vide de traite) afin d’avoir une machine performante, moins agressive, pour le bien-être animal. Il y a aussi les mesures du débit d’air des faisceaux trayeurs et la vérification de l’orifice calibré des faisceaux. Nous vérifions également la bonne simulation de la traite, ici, pour la tétée de l’agneau, qui a un mouvement d’environ 170 fois/minute. Il est de 90-110/minute pour les caprins et de 60/minute pour les bovins. Tout est vérifié, avec notamment un pulsographe, des niveaux, et un débit-mètre à flotteur (Optiflo) qui mesure le débit au niveau des faisceaux trayeurs».

Le contrôle dure au minimum 3 heures pour une machine de 12 postes, avec un coût HT de 230 euros. Les deux conseillers Chambre d’agriculture réalisent environ 180 contrôles Optitraite par an. D’autres prestataires de service, comme UNOTEC Roquefort en effectuent également avec ses cinq techniciens.

«Au final, nous avons une interprétation et un bilan précis permettant à l’éleveur de faire les interventions nécessaires, par lui-même ou avec un concessionnaire», souligne Yves Deveix. «Il est important de faire ce contrôle chaque année car une machine à traire s’entretient. Il y a toujours des consommables à changer. L’objectif est de produire un lait de la meilleure qualité possible !».

D.B.

18 octobre 2018

13ème Festibœuf et 6ème Salon du goût : la réussite toujours au rendez-vous

Le 13ème Festibœuf et le 6ème Salon du goût ont rencontré le succès le week-end dernier à Naucelle dans la foulée de la vente aux enchères des neuf meilleures bêtes du concours.

Jérôme At, président du Comité naucellois pour la promotion de l’élevage (CNPE) tire un bilan positif : «les animations ont très bien fonctionné, avec plus de monde cette année, selon les retours satisfaits des exposants et éleveurs. Le beau temps était aussi avec nous». S’agissant de la vente des animaux le vendredi, le président du CNPE ajoute : «sept éleveurs ont été récompensés lors de la vente aux enchères, avec la mise en avant cette année des signes officiels de qualité. C’est là-aussi une belle satisfaction !». Quant à la vente des autres animaux, ils se sont négociés autour de 5,70 euros/kg/carcasse, selon Jérôme At. «C’est en moyenne 30 centimes de moins comparé aux éditions précédentes. Vu le contexte actuel, nous avons très bien résisté. La bonne valorisations des bêtes sous signe officiel de qualité répond aux attentes des consommateurs. Ces animaux représentaient le quart des 200 bêtes inscrites cette année, une première pour Festibœuf». Jérôme At est également satisfait de la mobilisation des partenaires et bénévoles : «merci aux jeunes et à la MFR de Naucelle !».

Interbev assure !

Marie Christophe, animatrice Interbev-Ocitanie basée à Rodez avait piloté le 6ème Salon du goût pour la première fois. Sa réaction : «le bilan est positif pour nous aussi ! Nous avons enregistré plus de 200 repas le samedi midi, avec une «formule marché gourmand», où le visiteur pouvait constituer son plateau repas auprès de chaque producteur présent». Autre satisfecit, le déplacement exceptionnel du marché hebdomadaire de Naucelle près du Salon du goût qui a permis d’étoffer le nombre de visiteurs, avec là-aussi, une belle réussite.

Des enchères de bon niveau

- Championne du concours et championne naisseur-engraisseur génisse Limousine. Serge Costes. La Capelle Balaguier. Adjugée 9,20 euros/kg/carcasse à Michel Guibert, boucher à Tours.

- Championne Fleur d’Aubrac. Elevage SAS Veyrac à Sénergues. Adjugée 8,60 euros/kg/carcasse au magasin Leclerc de Millau.

- Championne Bœuf Fermier Aubrac. EARL de la Gamasse. Currières. Adjujée 8,20 euros/kg/carcasse à Ouest-Saveurs-boucherie Azémar de Rodez.

- Championne Bœuf limousin label rouge. GAEC de la Vallée du Lézert. Cabanès. Adjugée 7 euros/kg/carcasse à Bigard de Castres.

- Championne Charolaise. EARL St-Cizy. Cazères (31). Adjugée 7,20 euros/kg/carcasse à SARL Privat-Rieupeyroux pour Guasch & fils à Perpignan.

- Championne Blonde d’Aquitaine. GAEC de Palayret. St-Cyprien-sur-Dourdou. Adjugée 8 euros/kg/carcasse à Bigard-Distribution à Toulouse.

- Championne Limousine. SARL Carayon. Viane (81). Adjugée 8,20 euros/kg/carcasse à Bigard-Distribution à Toulouse.

- Championne Aubrac. Jérôme Carayon. Le Masnau-Massugiès (81). Adjugée 8,40 euros/kg/carcasse pour le magasin Leclerc de Millau.

- Championne croisée. EARL St-Cizy. Cazères (31). Adjugée 9,20 euros/kg/carcasse à SARL Privat-Rieupeyroux pour Guasch & fils à Perpignan.

D.B.

04 octobre 2018

Aubrac et Lacaune, des destins communs pour la défense de la ruralité

Aubrac et Lacaune ont initié un rendez-vous inédit à Laissac, pendant trois jours le week-end dernier, autour de Rencontres communes. Les deux races ont uni leurs efforts pour promouvoir leurs spécificités, leurs bienfaits pour le territoire, leurs atouts mais aussi leurs problématiques. Le message est passé !

Michaël Dressayre et Yves Chassany sont deux présidents heureux ! Le premier pour l’OS Lacaune, le second pour la race Aubrac ont exprimé leur satisfaction à l’issue des trois jours de fête à Laissac - Sévérac l’église, du 28 au 30 septembre. «Malgré un travail commun depuis plus de 10 ans au sein du CORAM, cet événement commun à nos deux races était inédit, c’est un premier pas qui assurément en appellera d’autres», a avancé Michaël Dressayre. Même écho du représentant des éleveurs Aubrac qui s’est félicité de cette collaboration efficace entre Aubrac et Lacaune, l’ensemble des filières et les collectivités.

Destins partagés

«Derrière nos races, c’est tout un territoire qui vit, une ruralité qui porte nos espoirs et c’est bien cela que nous avons voulu mettre en avant tout au long des trois jours, auprès du grand public et des élus venus nous rencontrer», avance Yves Chassany. L’événement a en effet reçu la visite de nombreux élus locaux, conseillers départementaux, maires, présidents de Communautés de communes, députés, sénateurs,... et le président de l’Assemblée nationale, accompagné de la préfète de l’Aveyron. Richard Ferrand a en effet consacré plus de 2 heures d’échanges avec les éleveurs, samedi après-midi, participant notamment à la remise des prix des jeunes des lycées d’enseignement agricole.

«Nous avons rappelé à nos décideurs que les éleveurs font des efforts au quotidien, qu’ils croient en leur métier, qu’ils ont le soutien des jeunes motivés à poursuivre notre travail - plus d’une centaine de jeunes étaient mobilisés tout le week-end à nos côtés», argumente Yves Chassany, qui s’est porté en véritable militant de la ruralité. «Les éleveurs sont inquiets de l’utilisation de l’argent public. Certes l’élevage bénéficie de soutiens compensatoires mais il a aussi besoin de signaux forts : imposer un menu du terroir plutôt qu’un menu végétarien dans les cantines», une proposition qui a suscité de nombreux applaudissements !

«Cette manifestation est la preuve des liens nombreux et forts qui existent entre l’élevage et son territoire. Nous avons le savoir-faire, notre événement contribue à le faire savoir mais il faudra encore marteler nos messages», complète Michaël Dressayre. Avec Yves Chassany, ils sont convaincus de la nécessité de communiquer positivement sur les qualités de leurs races et leur attachement au territoire : «il y a des événements à inventer au cœur des grandes villes pour aller à la rencontre des consommateurs et recréer un climat de confiance. Eleveurs et consommateurs en ont besoin !».

Une équipe locale efficace

Yves Chassany et David Minerva, maire de Laissac-Sévérac l’église ont félicité l’équipe du syndicat cantonal Aubrac, autour des deux présidents, Michel Laurens et Clément Chassaly, qui a œuvré avant, pendant et après au bon accueil et au bon déroulement de l’événement. «C’est à l’image de l’engagement du Laissagais, autour des agriculteurs, des commerçants, des artisans, de la municipalité tout au long de l’année pour animer notre ville», avance David Minerva. Les organisateurs n’ont pas oublié celui qui fut à l’initiative de ce projet, Claude Salles, maire de Laissac, disparu subitement en début d’année, alors qu’il revenait d’une réunion de préparation des Rencontres Aubrac et Lacaune. L’ensemble des participants et organisateurs ont salué sa mémoire par une minute d’applaudissements.

Tour à tour, Christine Presne, conseillère départementale, Jean-Claude Luche, sénateur et Stéphane Mazars, député, entourés de leurs homologues élus, et de Mme Lugrand, secrétaire générale de la préfecture, ont salué la performance commune des races Aubrac et Lacaune.

Eva DZ

20 septembre 2018

Laissac : «Un rassemblement qui a du sens !»

Autour des OS Aubrac et Lacaune, nombreux sont les partenaires à soutenir les Rencontres des deux races emblématiques de l’Aveyron, pour leur grand rendez-vous des 28, 29 et 30 septembre à Laissac. Filières, Organisations professionnelles agricoles (OPA), élus, lycées d’enseignement agricole,... des départements concernés sont mobilisés pour faire de cette première, une réussite.

Aubrac, Lacaune, deux races locales de massif qui ont décidé de mettre leurs forces en commun pour créer l’événement pendant trois jours, fin septembre à Laissac. Un village au savoir-faire reconnu en matière d’événementiels ! Initiées par les organismes de sélection (OS) des deux races, les Rencontres Aubrac Lacaune sont une première et résonnent sur l’ensemble d’un territoire dont le nom semblait prédestiné : des Causses à l’Aubrac. Une zone qui compte de nombreux élevages ovins en race Lacaune lait et/ou viande et bovins en race Aubrac, parfois dans des systèmes doubles. «Nous avions tout pour accueillir un rassemblement aussi exceptionnel», assure David Minerva, maire de Laissac. Yves Chassany, président de la race Aubrac confirme : «Laissac en tant que 2ème marché aux bestiaux de France nous offre une situation unique, centrale à nos deux races et très pratique grâce à ses infrastructures, ses foirails bovins et ovins».

Les deux races Aubrac et Lacaune ont l’habitude de se côtoyer depuis 10 ans au sein du CORAM, collectif des races locales de massif mais c’est bien la première fois qu’elles portent un projet commun. «Nous partageons un certain nombre de valeurs, de problématiques, en tant que races locales, bien implantées sur des territoires difficiles, soutenues par de nombreuses démarches de qualité. Nous avons donc décidé d’unir nos forces pour faire passer nos messages», avancent Yves Chassany et Michaël Dressayre, président de l’OS Lacaune.

Défense d’un patrimoine vivant

Poids économique des filières de qualité, performance environnementale des élevages basés sur l’herbe, impacts sur les paysages, l’aménagement du territoire, emplois induits (l’agriculture contribue à l’emploi de 703 000 ETP),... ce sont tous ces arguments que les éleveurs Aubrac et Lacaune vont mettre en valeur pendant trois jours à Laissac, avec une journée dédiée aux scolaires (vendredi), une journée spéciale professionnels (samedi) et une journée destinée au grand public le dimanche (programme détaillé en page suivante).

Ils s’appuieront sur les six lycées agricoles de la zone Aveyron, Cantal et Lozère (lire par ailleurs) pour informer les visiteurs et surtout leur faire découvrir et déguster les multiples produits de qualité issues de ces deux races (label rouge Bœuf Fermier Aubrac, Agneau fermier des Pays d’Oc, Agneau Lou Paillol, Agneau laiton, IGP Fleur d’Aubrac, AOP Roquefort et bientôt Pérail). Ces animations encadreront le concours National Aubrac avec 450 des meilleurs reproducteurs de la race annoncés, une trentaine de brebis Lacaune lait et viande en présentation et deux conférences techniques des rameaux lait et viande de la race ovine.

Et pour les accompagner dans cette opération de promotion collective, éleveurs Aubrac et Lacaune ont pu compter sur le soutien de nombreux partenaires dont le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, les élus départementaux et locaux (ville de Laissac - Sévérac l’Eglise, la Communauté de commune Des Causses à l’Aubrac, le Conseil Départemental), l’Office de tourisme,...

Tous ont exprimé leur motivation à soutenir une telle manifestation «positive pour l’ensemble du monde de l’élevage». «Quand on voit le chiffre d’affaires que génèrent les élevages Lacaune et Aubrac sur nos territoires, on ne peut qu’être le partenaire de leur réussite», souligne Jean-Paul Peyrac, président de la Communauté de communes, Des Causses à l’Aubrac. «Ces deux races sont la preuve de la qualité, de la traçabilité, du respect de l’environnement et sont le fleuron de notre gastronomie, tout en faisant la preuve de leur haute technicité, ce n’est pas paradoxal !», appuie-t-il.

«Aubrac et Lacaune présentent l’image d’un modèle d’élevage en totale adéquation avec les attentes des consommateurs», confirme Benoît Quintard, vice-président de la Caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées. «Je suis fier des valeurs qu’elles portent».

Sur le territoire Des Causses à l’Aubrac, l’activité agricole est aussi un support dans le développement touristique. Christine Presne, conseillère départementale et présidente de l’Office de tourisme, le confirme : «Notre OT soutient chaque année, les Bœufs de Noël. Nous serons donc aussi aux côtés des éleveurs Aubrac et Lacaune, pour rassembler et faire connaître des activités, des produits qui comptent sur notre territoire». Elle annonce la visite du Domaine des Bourines le dimanche après-midi, l’un des plus grands domaines agricoles de l’histoire, du sud de la France et dont la première production fut des ovins, suivie par des Aubrac.

Cette démarche de cohésion territoriale a été saluée également par Jean-Claude Anglars, conseiller départemental en charge de l’agriculture. «Votre manifestation a beaucoup de sens : sans l’agriculture, sans vos structures, l’Aveyron ne serait rien !». Il a félicité la municipalité de Laissac, «une terre d’élevage, d’accueil, de convergence», avec une pensée pour Claude Salles, ancien maire décédé en début d’année. Un hommage lui sera par ailleurs rendu par les éleveurs Aubrac et Lacaune, pendant le week-end.

Enfin, le sénateur, Jean-Claude Luche est convaincu que ces Rencontres permettront de «redonner confiance aux éleveurs, aux jeunes et à tous ceux qui vont participer» : «Vous représentez un symbole très fort dans notre économie locale avec d’importantes retombées économiques. Votre partenariat va permettre de le clamer haut et fort. Fin septembre, il se passera quelque chose à Laissac autour de productions vraies, de pays vrais, des femmes et des hommes vrais, capables de se rassembler ! Les perspectives existent bel et bien pour l’agriculture aveyronnaise !».

Eva DZ

20 septembre 2018

Marché ovins de Réquista : première vente à la criée réussie

Le marché ovins de Réquista abandonne les ventes de gré à gré au profit des ventes aux enchères, à la criée. La première s’est déroulée lundi 17 septembre.

Le marché ovins de Réquista avait déjà pratiqué les ventes aux enchères pour le concours des agneaux de Pâques, en complément des traditionnelles ventes de gré à gré du lundi matin. Cette fois, une nouvelle page se tourne bel et bien avec la suppression du marché de vente de gré à gré au profit d’une vente à la criée, aux enchères, comme c’était le cas pour la première fois, lundi 17 septembre. Une quarantaine de lots étaient ainsi mis à disposition des acheteurs venus de la région, et de l’Hérault notamment. Ils étaient tous équipés d’un petit boîtier leur permettant de faire monter les enchères, lesquelles étaient visibles en temps réel sur deux grands écrans de télévision posées au dessus du public, éleveurs, curieux, et sans doute futurs acteurs du marché.

Un investissement de 18 000 euros

Pour le maire de Réquista, Michel Causse, il était temps de réagir pour maintenir à flot le marché ovin communal. «Depuis plusieurs années, notre marché accuse en effet une baisse régulière annuelle d’animaux d’environ 5 %», confie l’élu. «A ce rythme-là, dans dix ans, c’est terminé. Les autres marchés de France, comme Mézières (Haute-Vienne), Saugues (Haute-Loire), ou Laissac, qui sont passés aux ventes à la criée, ont retrouvé une nouvelle dynamique. C’est pour cette raison que la ville de Réquista a décidé d’investir 18 000 euros dans du matériel informatique pour mettre en place une vente à la criée». Michel Causse complète : «il y a 20 ans, Réquista accueillait 4 000 bêtes chaque lundi, avec le titre de premier marché ovins de France. Cette année, nous sommes à 1 000 animaux, et classé maintenant au 3ème national. Il fallait vite réagir en proposant ce nouvel outil aux producteurs et aux acheteurs. C’est à eux maintenant d’en faire bon usage. L’enjeu est de permettre au marché ovins de Réquista de continuer à fonctionner !».

Les choses sont désormais très claires également pour Claude Alvernhe, président de l’Association des utilisateurs du marché ovin de Réquista (AUMOR) créée en 2015 pour redonner un nouveau souffle au marché : «cette première vente dotée du nouvel outil informatique est une réussite» affirme-t-il. «Les acheteurs sont venus en nombre, les producteurs aussi avec plus d’une quarantaine de lots d’animaux. Au niveau des cours, je suis agréablement étonné de constater, par exemple, qu’une brebis est partie à 100 euros ! C’est unique ici avec un prix de 1,30 euro/kg vif. L’avenir devra confirmer ce premier bon départ !».

Des avantages

Le système d’enchères par boîtier semble être apprécié et bien maîtrisé par les acheteurs. Côté public, malgré une sonorisation exigeant quelques réglages, vue l’acoustique de la vaste halle, le bilan est jugé positif apparemment. «Il faudra revoir quelques petits détails mais cette vente à la criée a montré ses avantages», souligne Claude Alvernhe. «L’acheteur dispose de six secondes maximum pour gagner l’enchère. Et l’éleveur peut valider ou non la vente». Le président de l’AUMOR y voit aussi un autre atout, plus psychologique : «les éleveurs qui ne sont pas à l’aise avec les ventes de gré à gré, par timidité, manque d’expérience, ou parce qu’ils ne s’estiment pas suffisamment combatifs dans les transactions, peuvent trouver leur salut avec ce type de vente à la criée». L’affaire se règle en effet uniquement entre les acheteurs. Et donc sous l’œil attentif du vendeur qui suit avec attention la vente de ses animaux sur l’écran. Cette forme de vente à la criée peut donc élargir le potentiel de vendeurs, dans une région agricole qui reste le premier bassin moutonnier de France !

D.B.

06 septembre 2018

Championnat de France chiens de berger : le duo aveyronnais Denis et Grand Bill, champions de France

Pour la première fois, un Aveyronnais est champion de France de chiens de berger ! Denis Malbouyres, éleveur ovins lait à Flavin et son Border Collie, Grand Bill ont été sacrés dimanche 2 septembre dans le Lot.

Belle consécration pour l’éleveur aveyronnais, Denis Malbouyres et son chien Grand Bill des Monts du Lévézou. Ensemble ils ont été sacrés champions de France et vainqueurs de la coupe de France le week-end dernier dans le Lot. Un joli doublé qui fait la fierté de toute la famille !

Depuis de nombreuses années, Denis est un habitué des concours de chiens de berger. Il a joué sa septième finale du championnat de France et sa troisième avec Grand Bill, totalisant 241 points sur 300, un «bon pointage». «C’est la récompense d’un travail de tous les jours entre l’éleveur et le chien», témoigne ravi, Denis, pas peu fier de la performance de son duo face à des concurrents bien plus chevronnés ! Déjà il y a deux ans, le tandem s’était hissé à la troisième place de la finale du championnat de France.

Le concours : la cerise sur le gâteau

L’histoire entre les deux compères a démarré il y a presque 7 ans, le 25 décembre 2011, jour de la naissance de Grand Bill, sur l’élevage de Denis Malbouyres et sa compagne, Sandrine, installés en brebis laitières pour la filière Roquefort à Flavin. «Sur la portée, nous l’avons choisi pour le dressage car il était calme et on sentait déjà ses aptitudes», se souvient Sandrine.

Leur fils, Baptiste, qui vient de fêter ses 15 ans, s’est occupé de son éducation : «Nous l’avons emmené à une démonstration de dressage à Pastoralia à Saint Affrique et c’est là que nous avons pris conscience de son potentiel», complète Denis qui a ensuite pris le relais pour le dressage. A partir de là, l’aventure des concours a démarré : obtention du brevet de niveau II en 2013, trois victoires en niveau III à Ségur en 2015, 2016 et 2017, trois finales de championnat de France dont une gagnée cette année !

«Les concours, c’est l’occasion de se retrouver entre copains, de sortir un peu de la ferme mais forcément on se prend au jeu et si on veut des résultats et bien il faut se donner les moyens de réussir», telle est la devise de Denis. C’est pour cette raison que quasiment chaque jour, il révise ses gammes avec son chien ! «Le dressage est une somme de détails dont il faut négliger l’importance d’aucun : c’est ce qui fait la différence entre les bons et les très bons !», résume Denis. La finale s’est en effet jouée sur quelques détails : le placement juste, l’anticipation du mouvement des animaux, la précision du berger comme du chien,... La finale du championnat de France se joue en deux épreuves sur deux jours avec un lot de 60 brebis : «le samedi j’ai concourru en début d’après-midi en 9ème position, je savais que notre passage avait été réussi, certains concurrents me l’ont dit aussi. Notre passage a été très fluide. J’avais le sentiment du travail accompli», détaille Denis. Sandrine, sa compagne, au bord du parcours, elle aussi a tout de suite vu qu’il s’était passé quelque chose : «Je savais qu’il avait laissé passer peu de points». Mais pour la deuxième manche, pas question de se reposer sur ses lauriers ! «Dans l’épreuve du dimanche, dans nos têtes, nous repartions de zéro pour ne pas se mettre la pression. Le chien ressent nos émotions, il fallait que je reste serein. Nous sommes restés concentrés pour aller chercher tous les points», détaille Denis. D’autant plus qu’il est passé en premier avec des brebis vives, ce qui n’est jamais la position la plus facile.

Premier éleveur de brebis lait à devenir champion de France de chiens de berger, Denis attribue cette victoire à sa famille : «Sans ma compagne, Sandrine, mes enfants, notre stagiaire aussi qui nous a secondé sur l’exploitation le jour du concours, nos parents,... nous n’aurions pu décrocher ce résultat. Grâce à eux, je pars en concours, serein, sûr que le travail sera bien fait sur la ferme parce que je ne vis pas des concours !».

Un appui au quotidien sur la ferme

Et puis c’est du temps consacré tous les jours au chien : «Après un break d’une semaine pour partir en vacances en famille en août, nous avons repris des petites séances d’entraînement dix jours avant la finale, chaque jour», explique Denis. «Nous travaillons surtout des points spécifiques car nous avons encore tous les deux une marge de progression même si Grand Bill a atteint sa plénitude : il est resté serein, ne s’est affolé à aucun moment, c’est aussi ce qui a fait la différence».

Il n’a d’ailleurs pas pris la grosse tête puisque dès le lendemain de la finale, il était à la traite ! «Au-delà des concours, même si nous n’avons pas tous un chien champion de France, un chien sur une exploitation est vraiment un atout», argumente Denis. «Tous les jours il nous aide et nous facilite le travail, dans le déplacement de nos 450 brebis laitières», ajoute Sandrine. «Faire la traite avec lui est un plaisir, il s’occupe de mener les brebis, nous les branchons ! Pas besoin de pousser, de tirer les récalcitrantes ! Bill s’en occupe !». Idem pour déplacer les brebis entre les deux sites de l’exploitation : «là où nous étions 4 ou 5 pour aider le troupeau à traverser la départementale, je suis aujourd’hui seul avec Bill», assure Denis. Au moment du tri des réformes, Bill se charge de la montée des brebis en bétaillère,... «C’est quand même bien mieux qu’un quad !», sourient Denis et Sandrine. Et puis le chien a un impact positif sur les brebis : «grâce à lui notre rapport à l’animal a été grandement simplifié».

Pas question donc d’arrêter pour l’instant : «Notre chien nous rend trop de services à la ferme pour tout stopper. D’ailleurs une jeune chienne de 2 ans est prévue pour prendre le relais de Bill, mais il a encore de belles années devant lui avec une nouvelle inscription à son pedigree !», espère Denis. Sa descendance sera aussi marquée : «fils de champion de France». Le duo est déjà sélectionné pour la finale du championnat de France en mai 2019 à Poitiers : «Nous irons défendre notre titre !».

En attendant, la famille compte bien savourer ce premier titre de champion de France, avec une petite fête prévue prochainement. «C’est l’occasion aussi de remercier tous les copains et notamment ceux de l’ACT 12, association des chiens de troupeau de l’Aveyron, dont certains sont venus m’encourager dans le Lot !».

Eva DZ

16 aout 2018

Union Aubrac : une expansion continue

La race Aubrac continue de surfer sur la vague de la notoriété ! Une croissance soutenue de l’ordre de 5%, un taux d’inscription au Herd Book toujours significatif et de grands rendez-vous à venir, notamment le concours national fin septembre. L’Union Aubrac réunie en assemblée générale vendredi 10 août, reste vigilante tout de même à la maîtrise de ce développement.

«L’Aubrac n’en finit pas de séduire de nouveaux éleveurs vers des horizons toujours plus larges», Yves Chassany est un président heureux. Les derniers chiffres de juin affichent de nouveaux records avec près de 217 000 vaches Aubrac en France, soit une croissance soutenue de l’ordre de 5% par an depuis plusieurs années.

Les 640 adhérents de l’Union Aubrac détiennent environ 20% du cheptel mère, «ce qui nous place dans les tout premiers rangs en terme de pourcentage d’animaux inscrits vis-à-vis de la population totale», se réjouit Yves Chassany. Les adhésions sont d’ailleurs stabilisées depuis quelques années (210 en Aveyron, 143 dans le Cantal, 151 en Lozère et 146 hors berceau). Et près d’une quinzaine d’éleveurs ont émis le souhait de rejoindre le Herd Book cet été. Et si les cheptels non inscrits pratiquant la certification de parenté bovine ou le contrôle de performances sont comptabilisés, plus d’un tiers des vaches Aubrac en France sont suivies et viennent alimenter la base de sélection.

Une situation positive mais les responsables de l’Union Aubrac ne veulent pas céder à l’euphorie pour autant : «Les adhésions se font de plus en plus hors berceau, ce qui demande une réflexion au sein de notre conseil d’administration quant au suivi des élevages (déplacements plus nombreux, plus éloignés, demandes différentes des adhérents, effectif par cheptel en progression,...)», résume Yves Chassany qui alerte sur la baisse des subventions. Deux techniciens ont été recrutés dans l’année pour accompagner cette évolution.

Le conseil d’administration mise donc sur une stratégie de prudence pour assurer la pérennité de la structure et de l’accompagnement, au service des adhérents et du développement de la race (investissement génomique, création d’une OS européenne cet automne,...). Dans cette perspective, les administrateurs ont engagé une réflexion sur le projet racial Aubrac : «Au-delà de l’orientation raciale qui détermine plus le type de vache recherché, savoir ce que nous souhaitons faire demain de notre race est aujourd’hui une priorité absolue», a signalé Yves Chassany, remerciant au passage l’engagement de Bernard de Lapanouse, administrateur depuis 1985 et rapporteur de la commission d’orientation raciale au sein de l’UPRA.

Quel animal et quel éleveur demain ?

Pour construire le projet racial des 5 à 10 ans à venir, un groupe de travail restreint s’appuie sur les résultats marquants de la race :

46 569 naissances, un taux de croisement qui ne cesse de baisser (14% contre 23% en 2013) ce qui entraîne une offre sur-abondante de femelles Aubrac, des filières valorisant le croisé qui souffrent,... et d’autre part de gros écarts entre les mères à taureaux élite (362 jours IVV, soit un veau par an) et les mères de service (380 jours IVV), 88% de vêlage sans aide (+1% «seulement»), des tailles de cheptel en augmentation,... D’où les questions à se poser pour l’avenir : qu’en sera-t-il de l’élevage allaitant en France ? Des zones non convertibles à la culture ? L’élevage sera-t-il spécialisé naisseur et l’engraissement se développera-t-il dans des zones plus adaptées ? Comment se portera la consommation de viande quand on sait qu’aujourd’hui 45% d’une carcasse est transformé en haché ! Quel type d’animal faudra-t-il produire ? Comment évolueront les attentes sociétales ? Et les attentes des éleveurs ? «Le groupe va dégager des pistes de travail pour savoir quel type d’animal pourra répondre à ces questions demain tout en rémunérant l’éleveur», a résumé Jacques Renou, directeur de l’Union Aubrac.

Les éleveurs Aubrac pourront toujours compter sur leur station d’évaluation de La Borie, pour les accompagner : les ventes de la station ce printemps ont atteint des niveaux de prix tout à fait satisfaisants «à même de valoriser le travail génétique de chacun». Un outil essentiel pour la race Aubrac, selon Yves Chassany : «Chacun chez soi doit être en mesure de savoir quels veaux ils vont proposer, issus de leurs vaches les mieux qualifiées et aux capacités d’allaitement irréprochables». La capacité d’allaitement des vaches Aubrac est nécessaire au maintien des systèmes économes en herbe, qui font, notamment, la notoriété de la race. Yves Chassany espère un déploiement de l’index allaitement.

Vers une représentativité élargie

Pour une meilleure représentativité des éleveurs inscrits, l’Union Aubrac réfléchit aussi à modifier ses statuts de façon à intégrer au sein de son conseil d’administration des éleveurs représentatifs des différentes zones géographiques où l’Aubrac est présente. «Avec 10 syndicats Aubrac actifs sur le territoire et un certain nombre d’autres en préparation, notre conseil d’administration est devenu au fil du temps, une véritable assemblée pour laquelle nos statuts seront bientôt limitants», a avancé Jacques Renou. Dans un souci d’ouverture et de simplification, le conseil d’administration propose une élection tous les 2 ans, des membres du bureau et tous les 6 ans de ses administrateurs. Ces modifications des statuts sont à l’étude et interviendront lors de l’assemblée générale de 2019.

2019 marquera également le 40ème anniversaire de l’Union Aubrac. Encore de grands rendez-vous à venir donc pour la belle aux yeux noirs et ses très nombreux suiveurs !

Eva DZ

Trois nouveaux administrateurs entrent à l’Union Aubrac : Céline Batut (Laguiole), Alain Durand (Sarrans) et Thierry Reversat (Lozère). Ils remplacent Bernard de Lapanouse, Christian Soulenq et Patrice Laporte et 5 autres administateurs ont été renouvelés.

26 juillet 2018

Fédération Simmental-Rhône Alpes Massif Central : un EuroSimmental à Cournon

Au deuxième rang national en terme de pointage, l’Aveyron est une référence en race Simmental. Le département a reçu, mardi 24 juillet à Curières, l’assemblée générale de la Fédération Simmental Rhône Alpes Massif central.

Avec plus de 7 000 vaches inscrites, la Fédération inter-régionale Simmental Rhône Alpes représente près de la moitié de l’effectif national de la race en France. «Nous sommes un peu le deuxième berceau», sourit le président, Serge Grange, éleveur dans la Loire. La Fédération réunit les éleveurs Simmental de 11 départements (Aveyron, Lozère, Cantal, Puy de Dôme, Loire, Haute-Loire, Ain, Jura, Isère, Haute Savoie et Saône et Loire). L’Aveyron est le socle de la fédération avec près de 3 000 vaches inscrites.

«Notre rôle est de fédérer les énergies autour de la Simmental, qui constitue en France, une race à petit effectif, parfois encore méconnue des éleveurs», souligne Serge Grange. «Notre fédération représente au sein de l’OS Simmental, des élevages en système herbager, en altitude. C’est important que nous puissions défendre nos spécificités dans les orientations de la race», continue le président. «Notre gros point de rendez-vous est le Sommet de l’élevage, autour d’un noyau d’éleveurs qui se plaît de se retrouver lors de ce grand événement de promotion de l’élevage». Pour la race Simmental, c’est l’occasion de communiquer sur ses qualités de rusticité, de longévité, de mixité, de résistance aux mammites : «Nous sommes très sollicités par les éleveurs en conversion AB», note Serge Grange.

L’assemblée générale de la Fédération est itinérante et cette année, les éleveurs se sont retrouvés à Curières en Aveyron, accueillis par le syndicat Simmental du département et son président, Pierre Salelles. Comme les autres races, la Simmental souffre d’un marché de la génétique atone excepté sur l’export. «Pour autant, la Simmental ne doit pas être bradée. Nous devons nous pencher sur une adaptation de notre système de commercialisation», a souligné Serge Grange, prenant l’exemple des éleveurs de l’Aveyron qui «ont su se retrousser les manches pour sauver la production laitière sur l’Aubrac, avec une valorisation qui fait des envieux !».

Le président de la Fédération en est convaincu, la Simmental a de beaux jours devant elle : «dès cet automne, nous devrons bien aborder les défis à venir : le choix d’un système d’indexation des animaux, l’adaptation de la structure OS au réglement zootechnique européen et la refonte de l’ISU. Le séminaire prévu en septembre doit nous permettre de prendre les bonnes décisions», a-t-il encouragé. Il s’appuie sur une belle dynamique de la race en France : «La Simmental est présente un peu partout en France, de 200 à 6 500 femelles selon les départements. Et plus de 1 700 cheptels possèdent au moins une Simmental».

Sur le secteur géographique de la Fédération, la Simmental peut, de plus, s’appuyer sur la stabilité de ses effectifs depuis 3 ans : la baisse des effectifs inscrits (-3%) est essentiellement due à l’arrêt du contrôle laitier par les éleveurs et non à l’arrêt d’élevages.

Au sein de la fédération, 91 éleveurs adhèrent à l’OS Simmental avec 4 400 vaches. Le nombre d’éleveurs est identique et le nombre de vaches en augmentation (+3%). La Fédération représente 44% des élevages et 41% des effectifs inscrits au national. Sur les mêmes critères, l’Aveyron représente 37% des élevages et 38% des effectifs inscrits au sein de la Fédération. «Il est donc naturel que nous représentions une force de proposition au sein de l’OS», a argumenté Pierre Salelles.

Enfin, la Fédération relaie les concours et manifestations locales autour de la Simmental comme Miss Lozère à Aumont Aubrac, les Journées laitières à Baraqueville, le concours départemental à Saint Amans des Côts, qui cette année a particulièrement marqué les esprits par sa qualité et l’homogénéité des lots présentés. Mais aussi des événements de plus grande envergure comme le SIA à Paris et le Sommet de l’élevage à Cournon. Cette année, cet événement accueillera de nouveau l’EuroSimmental avec une cinquantaine d’animaux français, allemands, autrichiens et suisses en compétition. Rendez-vous cet automne !

Eva DZ

12 juillet 2018

Festibœuf à Naucelle en octobre : bienvenue aux animaux sous signes officiels de qualité

Vendredi 12 et samedi 13 octobre, Naucelle fête son 13e Festibœuf. Les organisateurs ont instauré une nouveauté : l’arrivée d’animaux sous signes officiels de qualité. Le point avec Jérôme At, président du Comité naucellois pour la promotion de l’élevage.

Quelle est la nouveauté de l’édition 2018 de Festibœuf ?

J. At : «Nous avons souhaité élargir le public d’éleveurs présents en ouvrant notre concours aux animaux sous signes officiels de qualité. C’est-à-dire qu’en plus des animaux de races allaitantes et croisés que nous avons l’habitude de recevoir, nous accueillerons aussi des animaux sous les labels Blason Prestige, Charolais Terroir, Bœuf Gascon, Bœuf Salers, Bœuf Blond d’Aquitaine, Bœuf Fermier Aubrac, Fleur d’Aubrac, Agriculture Biologique,...

Un panneau distinctif sera apposé devant chaque animal après le jugement pour informer les acheteurs.

Pourquoi cette ouverture ?

J. At : Notre objectif depuis la première édition il y a 13 ans, est toujours de valoriser la production de viande locale et régionale, de l’Aveyron et des départements alentours. En élargissant notre panel d’animaux proposés à la vente, nous sommes en mesure de répondre aux attentes des opérateurs qui sont en recherche d’animaux de qualité, à la demande des consommateurs. Cette orientation s’inscrit aussi dans la continuité des Etats généraux de l’alimentation.

Depuis plusieurs années, nous organisons aussi, dans le cadre de Festibœuf, un Salon du goût qui réunit toutes les démarches de qualité de notre territoire, cette ouverture aux signes de qualité sur les animaux à la vente permet de renforcer notre engagement pour la qualité. Cette année, notre Salon du goût sera piloté par Interbev et son animatrice en Aveyron, Marie Christophe.

Quels sont les enjeux de cette ouverture ?

J. At : Nous avons déjà des contacts avec les opérateurs sur le sujet, ils sont satisfaits de ce nouveau rayonnement, nous espérons que les éleveurs seront aussi réceptifs à notre nouvelle orientation. C’est à eux que nous nous adressons aussi, nous leur lançons un signal : ils ont toute leur place sur notre concours aux côtés des engraisseurs. Festibœuf se veut un événement rassembleur, fédérateur qui réunit les éleveurs naisseurs et les engraisseurs, pour répondre à l’ensemble de la demande de nos acheteurs, toujours plus nombreux. Nous voulons donner une chance à tous ceux qui font l’effort de finir leurs animaux.

Concrètement, comment va se dérouler le concours ?

J. At : Déjà au moment de l’inscription, nous demandons aux éleveurs de préciser la démarche qualité dans laquelle leur animal est engagé. De cette façon nous pourrons composer des sections spécialisées et si le nombre d’animaux est suffisant, nous pourrons proposer aux enchères la meilleure vache sous signe officiel de qualité».

Recueillis par Eva DZ

05 juillet 2018

Pôle de formation de Bernussou : la licence pro a fait son cinéma !

La «journée cinéma» de la galerie européenne du pôle de formation de Bernussou s’est déroulée vendredi 29 juin dans l’amphithéâtre de l’IUT de Rodez. Les étudiants de la licence professionnelle de conseil en élevage ont présenté six films relatant leur expérience à l’étranger.

Grosse ambiance dans l’IUT de Rodez pour cette première, et pour le centre de formation de Bernussou de Villefranche de Rouergue (Chambre d’agriculture) qui avait réuni ses étudiants à l’IUT de Rodez ! La promo 2017-2018 a rassemblé 48 étudiants, dont 24 en parcours lait, 16 en parcours bovins viande, et 8 en parcours porcin. Cette année, la galerie européenne de Bernussou a décidé de marquer la fin de l’année d’étude par un concours de films vidéos réalisés par les étudiants et soumis à un jury de professionnels agricoles et institutionnels.

Les 48 étudiants ont été répartis en six équipes de huit, issus des licences professionnelles des métiers du conseil en élevage, bovin lait, bovin viande, ou porcin. Objectif pour les six groupes : illustrer par la vidéo la galerie européenne de Bernussou, l’expérience des séjours à l’étranger de trois semaines organisés lors de l’année d’étude, leur perception de l’agriculture européenne à travers le pays de stage, la diversité des cultures, dans le sens sociétal du terme... «C’est en effet ce cahier des charges qui avait été fixé et finalement bien respecté» indique Patrick Couderc, enseignant, «avec une durée de film limitée à 10 minutes chacun».

Les étudiants ont monté eux-mêmes les vidéos, élaboré leur scénario, et ont collecté des témoignages auprès notamment de leurs maîtres de stages agriculteurs, aux Pays-Bas, en Irlande, en Italie, etc.

Le jury était composé de Jéhan Moreau (CNIEL), Damien Lacombe (Sodiaal Union), Maxime Quintard (Lactalis), Pierre Tavernier (GEA), Alexandre Anton (European Dairy Association), Olivier Sérieye (Chambre d’agriculture), des représentants de la coopérative Agrial, d’Anjou Maine Céréales, de l’IUT de Rodez... Avec la présence des trois enseignants des licences professionnelles, Patrick Couderc (bovins lait), Julien Blanc (bovins viande), Xavier Lefèvre (porcs), aux côtés d’Olivier Depitre, directeur adjoint de l’IUT de Rodez (Université Toulouse 1 Capitole).

La prochaine 13ème promotion de Bernussou (2018-2019) affiche complet, avec 54 étudiants venant de toute la France, âgés d’environ 20 ans, de niveau BTS ou IUT (bac +2). La galerie européenne de Bernussou a été créée en 2008, et déjà présentée sous diverses formes (mallette pédagogique, jeu de l’oie, des sept familles, etc). Les stages à l’étranger se font dans dix pays d’Europe, avec une cinquantaine de fermes partenaires.

D.B.

05 juillet 2018

Coopérative CELIA : saisir les nouvelles opportunités

Vendredi 29 juin, lors de son assemblée générale, la coopératice CELIA a présenté des résultats «honorables» dans un environnement concurrentiel. Le contexte sanitaire, géopolitique complique notamment la commercialisation de bovins mais des opportunités se créent comme l’a confirmé Germain Milet de l’Institut de l’élevage.

«En 2017, l’activité de la coopérative a été constante en volume mais elle a eu une réelle difficulté à faire des marges convenables», a introduit le président, André Veyrac. En cause, la FCO qui a suspendu l’export vers l’Algérie pendant 5 mois et le problème de la valorisation de la viande sur un marché de la consommation en baisse. «Heureusement nos filières de qualité, Bœuf Fermier Aubrac et Fleur d’Aubrac en bovins et Elovel en ovins, nous tirent vers le haut», a poursuivi le président.

Un projet de GIEE déposé

Pour conforter son activité en maigre, CELIA veut sécuriser l’export sur l’Italie et les pays tiers pour la voie mâle, comptant sur l’engagement des autorités administratives sur le volet sanitaire. Et pour redonner confiance aux consommateurs dans la viande rouge, la coopérative a déposé un dossier de reconnaissance en tant que GIEE, axé sur la gestion de la biodiversité en lien avec le pastoralisme. «Il est important de montrer et de dire que nos filières, nos pratiques sont gages de qualité, de sécurité, que notre agriculture respecte l’environnement. Réapproprions-nous la communication sur nos élevages», a incité André Veyrac.

Des ouvertures à l’export

Les opportunités s’ouvrent, notamment sur le pourtour méditerranéen, Germain Milet du service économie de l’Institut de l’élevage, l’a démontré lors de cette assemblée générale.

Même si la concurrence s’intensifie sur l’export de viande, la France a un atout à jouer, à elle seule elle pèse 30% du cheptel allaitant de l’Europe à 28. Elle exporte entre 1 et 1,2 million de broutards, générant plus d’un milliard de chiffre d’affaires ! Son plus gros acheteur reste l’Italie, un importateur structurel où la consommation est bien plus importante que la production. «L’économie italienne se redresse», assure Germain Milet, «et la consommation aussi !». L’Italie est de loin, le premier partenaire de la France à l’export, les deux filières se sont construites en parallèle : «les produits correspondent à la demande et nous pouvons penser que ce partenariat s’inscrit dans la durée», a poursuivi l’expert.

En Grèce aussi la situation s’améliore, l’économie se redresse, la consommation repart même si le dynamisme peine encore à se traduire en importations. «C’est un marché de niche intéressant, destiné à la boucherie traditionnelle avec donc, des produits particulièrement bien valoirisés s’ils sont bien conformés», a assuré Germain Milet. Seul bémol, le réglement européen imposant une vaccination FCO sérotypes 4 et 8 avec 60 jours de délai.

Des contraintes à lever

L’Espagne constitue un concurrent de taille sur le marché à l’export : sa production est en hausse pour les pays tiers avec une très forte compétitivité sur les prix, des élevages de grande taille adaptés à l’export, un grand pragmatisme dans les négociations sanitaires.

Pour autant, le potentiel est immense pour le cheptel français sur le marché export du pourtour méditerranéen, selon Germain Milet. «La population de tradition musulmane est culturellement portée sur le bœuf frais, la demande est croissante dans une zone où le climat est peu propice à l’élevage bovin et forte avec une population proche de celle de l’Europe». Ainsi en Algérie, le marché est lié aux cours du pétrole qui assurent un niveau de vie à la population. «La demande en maigre y est robuste mais souvent perturbée mais ce marché reste très rémunérateur», note Germain Milet.

Il a aussi évoqué l’ouverture progressive d’Israël, «un marché riche mais capté par les autres pays de l’Europe». Pourtant la France pourrait y mettre en avant la haute valeur génétique de ses animaux, sa sécurité sanitaire ainsi que sa qualité de produits.

Troisième importateur de bovins vivants en 2017, la Turquie constitue un marché majeur et en développement. Il reste très concurrentiel avec l’Amérique du sud. Et il faut aussi prendre en compte le développement du cheptel via un dispositif d’aides. Ce qui pourrait engendrer une baisse de ses besoins en maigre...

Globalement sur les pays tiers, «le potentiel est immense mais les échanges restent difficieles à pérenniser». Germain Milet a listé les contraintes à lever pour peser sur ces marchés : les taux de change avec l’euro, le respect des cahiers des charges sanitaires, les tensions, religieuses notamment, la concurrence au sud de la Méditerranée où les animaux sont moins chers, plus légers,... «Exporter des animaux vivants reste contraignant (alimentation, effluents, risque sanitaire,...) mais le marché méditerranéen est une zone de croissance à conquérir», a encouragé Germain Milet. Pour capter ce marché des pays tiers, les animaux devront être vaccinés, les structures devront être organisées pour assurer l’activité en plus de l’Italie et maîtriser la logistique bateau pour comprimer les coûts.

Germain Milet se dit confiant pour l’avenir du marché des broutards français : «L’Italie reste le débouché de base et la multitude de marchés sur les pays tiers permet de diluer les risques tout en allégeant le marché européen». Des propos qui ont rassuré les responsables et adhérents de la coopérative CELIA.

Eva DZ

07 juin 2018

Made in Viande : la filière viande s’ouvre aux jeunes

A l’occasion de l’opération Made in viande, six établissements de l’Aveyron, de l’école primaire au lycée jusqu’au CFPPA ont pu découvrir les coulisses de la filière viande, dans des exploitations, des abattoirs, des boucheries, des cuisines centrales comme celle de Baraqueville Ansamble, que les 3eme prépa pro de Saint Joseph à Villefranche ont visitée mercredi 6 juin.

Le bilan de l’opération de communication autour des métiers de la viande est un succès auprès des scolaires. Les établissements ont en effet répondu en nombre à l’invitation d’Interbev, pilote de l’événement. Comme cette classe d’une douzaine d’élèves, emmenés par leur enseignant au lycée hôtelier de Villefranche de Rouergue, Stéphane Soulard, venus à la rencontre de Myriam Bonnefille, directrice de la cuisine centrale Ansamble à Baraqueville. Plusieurs de ces jeunes, âgés de 14-15 ans qui sont en train de faire leur choix d’orientation, se destinent d’ailleurs à la cuisine.

Des jeunes intéressés par les métiers de bouche

«Nous avons bien préparé la visite en classe avec des projections de films, des rencontres avec des bouchers,... pour que les jeunes puissent poser toutes les questions qui les interpellent», explique l’enseignant prof de cuisine. Myriam Bonnefille s’est en effet adressée à un public intéressé, curieux. «Ce type de visites est importante car elle nous permet de dire que nos métiers sont en recherche d’emplois, notamment en cuisine pour notre part», explique la directrice d’Ansamble qui accueille régulièrement des jeunes en visite dans son entreprise. «Ce sont des métiers d’avenir car nous aurons toujours besoin de manger ! Nous devons donc communiquer dessus et montrer comment nous travaillons».

La cuisine centrale de Baraqueville, ouverte en 2000, emploie 28 salariés dont 5 cuisiniers. Elle prépare et livre chaque jour 6 000 repas en barquettes prêtes à réchauffer, pour les cantines scolaires, les maisons de retraite, le portage à domicile, les entreprises.

Au cours de la visite de l’entreprise, les élèves ont suivi les différentes étapes, depuis la livraison des produits pour la plupart frais ou surgelés, jusqu’à la préparation des repas, la mise en barquettes puis en palettes, prêtes à être livrées. Myriam Bonnefille a expliqué la philosophie de l’entreprise : «même si nous dépendons d’une maison mère nationale rattachée au groupe Elior (propriétaire d’enseignes nationales de restauration), nous avons le libre choix de nos produits. Pour notre part, nous nous approvisionnons en viande uniquement chez Bousquet viandes à La Primaube sauf pour le steak haché que nous ne pouvons travailler cru. Nous l’achetons donc surgelé mais d’origine France et de races allaitantes. D’ailleurs toutes nos viandes sont d’origine France, c’est notre credo», assure la directrice.

Et dès que c’est possible, la cuisine centrale de Baraqueville s’approvisionne localement comme tout récemment, avec les yaourts Ségalait de Fabien Pezet, éleveur installé à Quins. Les pâtisseries sont également confectionnées sur place. Ainsi que les compotes réalisées par un cuisinier à partir de fruits frais, chaque jour, très appréciées des petits et des grands ! Et les soupes de légumes ! Et jusqu’à la vinaigrette !

Un secteur qui recrute

A toutes les étapes, Myriam Bonnefille a aussi sensibilisé les jeunes à la traçabilité des produits et des plats préparés (étiquetage, tenue de cahiers, inscription de l’origine,...). Les repas sont préparés avec une diététicienne, une spécialisée pour les enfants et une autre pour les personnes âgées. «Mais nous avons tout de même une petite souplesse pour proposer quelques plats régionaux», avance Myriam Bonnefille.

Autre petite spécialité de l’entreprise, elle laisse le choix chaque jour à ses clients entre 4 entrées, 4 viandes, 2 plats de légumes, 2 plats de féculents, 4 fromages et 4 desserts. «Les gens aiment bien avoir le choix de ce qu’ils mangent, nous voulons leur garder cette liberté !».

Et tous les jours, les salariés de l’entreprise goûtent ensemble pour le déjeuner les repas qui seront livrés le lendemain, histoire de s’assurer qu’il n’y aucun problème !

Un souci de la satisfaction client qui a convaincu les élèves comme les enseignants ! Une belle image de l’un des maillons de la filière viande en Aveyron.

Eva DZ

07 juin 2018

BEVIMAC Centre Sud : SICAGIEB rejoint l’union de coopératives

Lors de son assemblée générale, l’union de coopératives BEVIMAC Centre Sud spécialisée dans l’export de broutards, a annoncé l’adhésion de SICAGIEB, organisation de producteurs de l’Allier. Un rapprochement qui va notamment permettre de développer l’export sur les pays tiers.

Soucieuse de constituer une offre complète source de valeur ajoutée pour les éleveurs, BEVIMAC Centre Sud a accueilli au sein de son conseil d’administration, SICAGIEB. «Nous avions déjà l’habitude de travailler avec ce partenaire, une organisation de producteurs de l’Allier pour exporter des animaux maigres de race Charolaise notamment, vers les pays tiers», a expliqué Pierre Terral, président de BEVIMAC. «Elle va nous permettre de proposer une offre complète à nos clients, durable dans le temps et régulière», a-t-il complété en présence de Maurice Chopin, président de SICAGIEB. Cette OP va entrer au même titre que CELIA et UNICOR, apporteurs historiques de BEVIMAC. «SICAGIEB va défendre son identité autour du Charolais en complémentarité de nos races rustiques», avancent les responsables de l’union de coopératives.

Ce rapprochement officialisé depuis le 1er janvier a déjà marqué l’activité de BEVIMAC. Grâce à l’apport intégral de l’activité de SICAGIEB à partir du mois d’août, l’union de coopératives a commercialisé 4 500 animaux de plus en 2017 (+5%), atteignant ainsi les 95 600 bovins vendus. BEVIMAC a également pu conforter son chiffre d’affaires , frôlant les 110 millions. A noter que l’union a pu verser un complément de prix de 730 000 euros aux associés.

Le plus important débouché reste l’Italie (81 873 têtes, soit 86% des débouchés). Mais grâce au rapprochement avec SICAGIEB, BEVIMAC peut désormais développer ses débouchés vers les pays tiers en particulier l’Algérie (9 227 têtes), la Grèce (4 090 têtes).

«Ces nouvelles opportunités sont créatrices de valeur ajoutée pour nos animaux même si nous avons rencontré quelques complications dues à la fièvre aphteuse en Algérie, au sérotype 4 de la FCO chez nous», témoigne Pierre Terral. «Le potentiel est là puisque par exemple en Grèce, sur le marché export de broutards, BEVIMAC en assure la moitié».

«Nous nous tenons prêts à répondre aux besoins»

Au fil du temps, l’union de coopératives a travaillé sur la logistique du commerce par bateau, depuis le port de Sète : «Nous avons acquis un certain savoir-faire en la matière, ce qui nous permet d’optimiser le coût du transport. Ce qui veut dire que lorsque la Turquie réouvrira ses portes définitivement, nous nous tenons prêts à répondre à ses besoins», assure Pierre Terral.

Pour 2018, les volumes progressent sensiblement. Ainsi à fin avril, les ventes de bovins de BEVIMAC ont augmenté de 8,5% (+ 2 650 têtes). Pour autant cela ne rattrape pas le retard causé par une importante décapitalisation du cheptel allaitant français : entre le 1er septembre et le 1er mars, le cheptel allaitant français a perdu 180 000 bovins, soit deux fois le nombre d’animaux qu’exporte BEVIMAC ! De même le déficit de naissances s’accentue.

L’augmentation de volumes de BEVIMAC laisse entrevoir de belles perspectives. «Sur les 4 premiers mois de 2018, nous enregistrons des hausses des ventes vers l’Italie (+ 14%), vers les pays tiers (+12%) ainsi que vers la Grèce», commente Hervé Chapelle, directeur de BEVIMAC. «Notre dynamisme commercial est soutenu par une demande croissante et à la mobilisation de nos équipes qui chargent des bateaux en une après-midi, parfois le dimanche !», poursuit-il. D’ailleurs BEVIMAC s’est attaché les services de deux personnes supplémentaires, l’une étant spécialisée sur la logistique et l’autre vient en appui du commercial. Une réorganisation qui là aussi, va permettre de faire face à la demande. «Si nous ne sommes pas embêtés par les problèmes sanitaires, nous avons une multitude d’opportunités à saisir et nous sommes prêts !», a conclu Pierre Terral.

Eva DZ

24 mai 2018

UPRA Aubrac : une grande année !

La race Aubrac est en pleine forme : des effectifs en croissance, un intérêt grandissant en France et à l’étranger, une égérie au Salon de l’agriculture, et de nombreuses animations porteuses,... Les responsables de la race ne pouvaient espérer mieux mais ils gardent tout de même les pieds sur terre !

L’UPRA Aubrac était en assemblée générale dans les locaux de l’Agricampus de La Roque, jeudi 17 mai. Il était essentiellement question du rapport d’activités 2017, prémices de la grande année 2018 qu’elle a entamé avec Haute en égérie du Salon de l’agriculture à Paris et la perspective du concours national à Laissac fin septembre.

Tour de France à Laissac, 70 ans du Taureau de Laguiole, premier concours départemental Aubrac à Laguiole, deuxième concours interdépartemental à Varennes sur Allier,... et bien sûr l’officialisation d’une vache Aubrac comme égérie du SIA ont marqué les esprits. «Nos équipes se sont fortement impliquées pour mener à bien la mission de promotion raciale jusqu’à des horizons toujours plus éloignés de notre berceau», a introduit Yves Chassany, président de l’UPRA. «Notre présence sur le terrain est à la fois notre force et notre raison d’être mais c’est aussi notre défi à l’avenir pour répondre à l’ensemble des éleveurs, de plus en plus nombreux dans l’Hexagone à faire le choix de la race Aubrac».

Une notoriété grandissante

Bien sûr cette notoriété tient dans les qualités de la race mais le fait d’être race à l’honneur du SIA sonne aussi comme un nouvel élan : «Il s’agit d’une reconnaissance officielle après plusieurs décennies de travaux et de choix visionnaires. La couverture médiatique dont a bénéficié l’Aubrac n’a jamais eu d’équivalent mais nous avons réussi ce pari grâce au soutien des collectivités territoriales et de nos partenaires, la force du CORAM, collectif des races locales de massifs et bien sûr l’implication de nombreux éleveurs en particulier la famille Dijols de Linars à Curières», a ajouté Yves Chassany.

Cette confiance engrangée va permettre à la race Aubrac d’aborder sereinement son prochain concours national, fin septembre, à Laissac. «Nous avons choisi de nous associer avec la race Lacaune et les productions sous signes officiels de qualité de nos deux races, d’ouvrir aussi plus largement notre programmation au grand public», a annoncé Yves Chassany. L’idée étant, comme en 2016 à Saint Flour, de mettre en avant la triple performance des élevages : économique pour le maintien d’un maximum d’éleveurs et donc d’emplois, environnementale par des pratiques à l’herbe vertueuses pour les territoires et sociétale pour une alimentation saine et durable ainsi que pour services rendus à d’autres secteurs d’activités comme le tourisme.

Un groupe «projet racial»

Pour autant tout n’est pas simple pour les responsables de la race Aubrac. «Nous devons préparer notre passage en OSue à compter du 1er novembre et être capables d’inventer des complémentarités et les performances de demain au service de nos entreprises», a avancé Yves Chassany qui mise sur l’unité raciale, «notre force face à un Etat qui se désengage», citant la diminution des enveloppes FranceAgriMer, la mise à mal des aides aux stations d’évaluation, l’arrêt de l’indexation INRA qui génèrera des coûts supplémentaires,... Un groupe «projet racial» va se mettre en place, il sera représentatif des différentes familles de l’OS, avec un investissement plus important de la commission d’orientation raciale. L’outil génomique sur la base de nouveaux partenariats devra se renforcer au service des éleveurs pour mieux choisir et donc mieux sélectionner.

C’est un message d’espoir qu’a donné Yves Chassany : «le pari de réussir est devant nous, chacun doit y prendre sa part de responsabilité afin d’en espérer un juste retour».

Eva DZ

10 mai 2018

Sommet de l’élevage : pourquoi la Turquie sera à l’honneur de l’édition 2018 ?

Les organisateurs du Sommet de l’élevage étaient en mission en Turquie, fin avril, au moment même où les exportations européennes de bovins ont été réouvertes au secteur privé. Une opportunité à saisir pour la France dans un pays où les races françaises sont très appréciées.

C’est à Ankara, capitale de la Turquie qu’une délégation du Sommet de l’élevage, emmenée par son président, Jacques Chazalet, a appris la nouvelle, mardi 17 avril. La Turquie accepte d’être l’invitée d’honneur du prochain Sommet de l’élevage, qui se déroulera à Clermont-Ferrand, les 3, 4 et 5 octobre. Ce partenariat est le fruit d’un travail de fond que mène le rendez-vous européen des races à viande, depuis plusieurs mois, auprès des autorités locales, des ministères de l’agriculture français et turc, et des organisations professionnelles des deux pays.

La mise à l’honneur de la Turquie au cœur du berceau des races à viande dépasse évidemment le simple affichage. Avec un besoin estimé entre 500 000 et 700 000 broutards par an, la Turquie constitue un client de choix pour la filière française. Entre 2010 et 2013, l’export de bovins français a atteint en valeur 140 millions d’euros. «Jusqu’en 2013, nous acheminions jusqu’à 10 000 animaux français tous les mois, contre à peine 1 000 aujourd’hui via l’ESK¹», témoigne Nihal Kayar, responsable des achats de la société Namet, numéro 1 du marché de la viande bovine turc, qui engraisse en deux fois, 100 000 animaux par an dans le sud-est du pays. Depuis quatre ans, la FCO a grippé les échanges avec la France. Aujourd’hui, même si toutes les questions sanitaires sont loin d’être réglées, l’annonce récente de la réouverture des exportations européennes au secteur privé pourrait bien faire bouger les lignes.

Un potentiel énorme comparable à l’Italie

Côté turc, l’attente est réelle. «Ils ont goûté aux races françaises, ils veulent y revenir», analyse Benoît Delaloy, responsable international du Sommet de l’élevage. Le potentiel d’export de broutards français vers la Turquie est estimé à 200 000 têtes sur les 1,2 million qu’exporte la France chaque année. Qu’ils soient à la tête d’une unité d’engraissement de 2 500 ou de 50 000 places, les dirigeants turcs sont unanimes : certes plus cher², le broutard français fait au final la différence. «Nous apprécions la qualité des produits, la santé des animaux et leur performance», explique le directeur de Saray Hali, importateur de bovins, à la tête de deux ateliers d’engraissement de 10 000 bovins chacun et d’un atelier de 5 000 vaches laitières. En moyenne avec des Charolaises, des Limousines, des Blanc Bleu Belge venues de France, l’indice de croissance est de 1,5 kg par jour, contre 1,2 avec des bêtes venues d’Uruguay. Autre avantage substantiel des races françaises : leur capacité à générer de la viande maigre dont sont friands les Turcs. Aujourd’hui, c’est au Brésil que Nihal Kayar est bien d’autres vont faire leur marché. Les pays d’Amérique du Sud et d’Australie sont les principaux fournisseurs de broutards des ateliers d’engraissement. Parallèlement, par un habile tour de passe de passe, certains animaux français transitent par les pays de l’Est (Hongrie, Roumanie, Tchéquie, Slovaquie) avant d’être expédiés en Turquie. Une fois rebouclés, ils échappent ainsi à l’arsenal règlementaire lié à la FCO, la quarantaine notamment…

Régler les questions sanitaires

«Ce qui pose problème aujourd’hui c’est le nouveau certificat sanitaire qui impose en plus du vaccin, des filets de sécurité anti-moustiques et une quarantaine de 60 jours. Nous considérons que le vaccin contre la FCO avec ses deux injections protège. Il apporte une vraie couverture qui ne nécessite pas d’autres contraintes», explique Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine, qui a participé à la mission en Turquie organisée par le Sommet de l’élevage. Et de rappeler qu’avec les Italiens, le commerce se fait sans encombre simplement avec la vaccination. «Si on veut faire du volume avec la Turquie, il est indispensable de lever tous ces points bloquants pour les exportateurs français et qui sont générateurs de surcoûts», estime Roger Blanc, président d’honneur du Sommet de l’élevage, en charge des relations internationales.

La teneur des échanges démontre qu’une clarification est nécessaire entre les DGAL des deux pays. Osman Civil, président de l’association des producteurs de viande rouge de Turquie, dirigeant d’un atelier d’engraissement de 5 000 places près d’Izmir, en sa qualité de vétérinaire le reconnaît lui-même : «Que ce soit en termes de poids acceptés (a priori jusqu’à 350 kilos) ou de conditions de vaccination, nous n’avons pas le même niveau d’information». Le cahier des charges du protocole sanitaire entre la France et la Turquie mérite donc à ce stade d’être affiné. Consultant influent au ministère de l’agriculture, Osman Civil pourrait bien participer à sa rédaction. Lui a tout intérêt que le commerce reprenne entre les deux pays. Il a déjà travaillé avec la France, et de mémoire d’engraisseurs, c’est avec un contingent d’Aubrac françaises qu’il a obtenu l’un de ses meilleurs résultats.

Venus pour la plupart, au moins une fois au Sommet de l’élevage, les acteurs majeurs de l’élevage turc comptent bien y revenir dans cinq mois, avec l’espoir que d’ici là, d’une part, les autorités soient tombées d’accord sur un protocole sanitaire favorable aux deux parties, et que d’autre part, de nouveaux aléas géopolitiques à l’approche des élections annoncées pour le 24 juin, ne viennent pas contrarier les relations franco-turques.

Sophie Chatenet - PAMAC

¹ ESK : organisme public en Turquie dont les missions sont proches de FranceAgriMer cependant l’entité dispose d’abattoirs et de 14 magasins. L’ESK fournit l’armée en viande, et importe du vif et de la viande.

² En moyenne, les broutards français sont 25% plus chers que ceux venant d’Amérique du Sud ou d’Australie. Un écart réduit à 10% grâce au GMQ plus élevé des animaux français.

10 mai 2018

CELIA, section Nord-Aveyron : «un avenir sécurisé»

En préambule de son assemblée générale fin juin, la coopérative CELIA réunit en assemblée générale ses sections territoriales. Celle du Nord Aveyron se déroulait vendredi 4 mai à Saint Rémy de Montpeyroux.

Malgré un contexte difficile, la coopérative CELIA a réussi à tirer son épingle du jeu en 2017. Les volumes d’activité sont constants : plus de 71 000 bovins et plus de 86 000 ovins commercialisés après une année 2016 à +12% avec l’arrivée des adhérents de Bovi PC. «Nous avons réussi à rattraper le retard de l’automne grâce à l’investissement de nos équipes pour apporter la meilleure valorisation possible à nos 2250 apporteurs», a avancé André Veyrac, président de CELIA. Ainsi toutes les catégories d’animaux ont vu leur prix augmenter : +11 centimes/kg pour les broutards par exemple.

La fidélité valorisée

Et les dirigeants de la coopérative ont tenu à remercier les adhérents OP qui accordent leur entière confiance à CELIA. «Nous essayons de les orienter et de les conseiller vers les marchés les plus rémunérateurs avec un accent particulier pour le débouché croisé», détaille ainsi Hervé Chapelle, directeur général, affichant + 51 euros/Aubrac croisé et +48 euros/Aubrac pur (+ 14 euros en Charolais et + 15 euros en Limousin). «A poids égal nous encourageons à hauteur de 3 centimes/kg, l’éleveur qui produit des animaux croisés», appuie-t-il. Parallèlement, Hervé Chapelle a présenté les résultats des taureaux d’excellence Charolais que les adhérents peuvent privilégier au vu de leurs résultats en facilité de naissance. Il a également encouragé les éleveurs à soutenir la filière Fleur d’Aubrac IGP, et à s’engager dans la bonne conformation des animaux.

Languedoc Lozère Viande, fer de lance

Sur le marché de la viande, le groupe CELIA peut s’appuyer sur les belles performances de Languedoc Lozère Viande (LLV), entreprise dans laquelle elle est engagée à hauteur de 92%. «Le groupe affiche un résultat net de 330 000 euros grâce notamment à la belle progression de LLV qui affiche un chiffre d’affaires en progression de 7%», assure Hervé Chapelle. L’atelier de découpe apporte les résultats attendus avec plus de 3 500 tonnes travaillées. «L’accent est davantage mis sur les viandes travaillées plutôt que sur les carcasses entières ou demi-carcasses, en réponse aux demandes des clients», a expliqué André Veyrac, qui, vu la croissance de LLV, prévoit un nouvel investissement à l’horizon 2020 pour agrandissement. «Grâce à cet outil, nous pouvons organiser la transformation des produits sur notre territoire et ainsi surfer sur cette image d’un produit attaché à son territoire», poursuit André Veyrac.

Le marché de la viande est aussi davantage porteur du fait de la décapitalisation du cheptel allaitant français (-100 000 animaux). Du côté du marché du maigre, les indicateurs sont aussi au vert notamment pour les systèmes naisseur - engraisseur. Question débouchés, les incertitudes demeurent sur le marché italien, qui s’il reste un acteur dominant, est victime d’une restructuration par la faillite et d’un resserrement sur des animaux ne dépassant pas les 16 mois et les 450 kg. «Nous devons être capables de nous diversifier. L’exemple de la Grèce a été probant en 2017 avec deux camions par semaine et une bonne plus-value», avance Hervé Chapelle. Une bonne nouvelle de courte durée malheureusement du fait de l’arrivée du sérotype 4 ! Les pays tiers sont toujours porteurs. Malgré quelques chahuts en Algérie avec la fièvre aphteuse, les procédures administratives et la FCO, le pays reste un débouché intéressant et intéressé par les animaux proposés, notamment la race Aubrac, par CELIA via BEVIMAC qui assure l’export. «Nous espérons aussi une réouverture des relations avec la Turquie», a indiqué André Veyrac. «C’est une cible prioritaire, un pays avec des besoins importants (13 kg/habitant/an) et qui a une bonne image du bétail français». Une délégation turque sera d’ailleurs reçue au centre de Saint Rémy de Montpeyroux dans le cadre du Sommet de l’élevage en octobre (lire aussi en page 12).

Pour suivre les tendances du marché, en particulier les nouvelles attentes des consommateurs, la coopérative est en refléxion sur une certification agro-environnementale de ses exploitations. «L’idée est de pouvoir apporter de l’information sur les conditions de production. Le bien-être animal, les gaz à effet de serre, la biodiversité,... sont autant d’éléments qui interrogent les consommateurs et sur lesquels nous pouvons apporter des réponses», avance Hervé Chapelle.

«Le marché est vaste, nous devons nous donner les moyens de prétendre à tous les marchés dès lors que nos animaux sont qualifiés indemnes IBR et vaccinés contre les sérotypes 4 et 8 de la FCO. Votre coopérative est à vos côtés et travaille pour l’avenir», a conclu plein d’espoir André Veyrac.

Eva DZ

03 mai 2018

Assemblée générale de l’UPRA Lacaune : une activité toujours en progression

L’assemblée générale de l’UPRA Lacaune s’est déroulée jeudi 26 avril à Rodez, avec un bilan positif appuyé sur un travail de sélection génétique profitant à l’ensemble de la filière.

La structure présidée depuis l’an dernier par Michaël Dressayre, éleveur à Belmont-sur-Rance, et dirigée par Gilles Frégeat, affiche des chiffres positifs dans son bilan d’activité 2017. «Notre base de sélection est confortée en schéma lait et viande, avec une hausse en nombre d’animaux en Lacaune viande» résument les deux hommes. En Lacaune lait, l’amélioration génétique se situe entre 2 et 4 % sur tous les caractères (lait, TB, TP, CCS, mamelles). «La sélection génomique réalisée dans la race depuis 2015 apporte un progrès génétique de 20 supplémentaire. Les deux schémas de sélection Lacaune viande Ovi-Test et GID Lacaune réalisent également des progrès considérables en particulier grâce à la gestion des gènes majeurs».

Dynamique à l’export

Autre point positif, le marché export, où la génétique Lacaune est désormais présente dans 21 pays. «C’est une activité animée par l’UPRA Lacaune au sein de GENELEX qui est de plus en plus importante, le fruit d’un travail mené depuis plusieurs années, avec comme résultat, une notoriété croissante pour la race Lacaune» note le directeur de l’UPRA. «En 2017, nous avons exporté à nouveau au Canada, aux Etats-Unis, en Nouvelle Zélande, et toujours en Europe, en Iran, au Liban, etc. Il y a dix ans, nos deux destinations principales étaient la Grèce et l’Espagne». Au total, ce sont 12 583 reproducteurs Lacaune qui ont été exportés en 2017, en hausse de 1 933 unités, plus 10 680 doses de semence (+ 10 210). Le président a par ailleurs annoncé des pistes intéressantes de contact avec la Russie... «Toutes ces valorisations génèrent des moyens financiers pour maintenir une avance génétique aux éleveurs de notre région et de nos filières», insiste Michaël Dressayre.

Travail et revenu

Gilles Frégeat poursuit : «l’objectif de la structure est d’améliorer les systèmes de production Lacaune, pour gagner en productivité, autonomie, qualité des produits, en progrès sanitaire, en baisse de charge de travail, et au final, pour plus de revenu au producteur. La génétique permet d’agir sur tous ces leviers, ce n’est pas nouveau. Mais tout va plus vite désormais avec la génomique et la renommée croissante de la race Lacaune qui apportent de la valeur».

Lors de l’assemblée générale, Jérôme Raoul (Idele Toulouse), a présenté son étude intitulée : «La sélection génomique en ovin allaitant : est-ce envisageable ?». Selon lui, elle peut être une alternative intéressante au testage. En fin de réunion, la technicienne Emma Singla et Ioan Romieu, vice-président de l’UPRA Lacaune, ont rendu compte du voyage effectué à l’occasion du 23ème symposium nord-américain sur la production de lait de brebis au Québec.

D.B.

19 avril 2018

Syndicat Charolais de l’Aveyron : une nouvelle équipe

Lors de son assemblée générale mardi 10 avril, le syndicat Charolais de l’Aveyron a renouvelé son équipe. David Cassagnes a laissé la présidence à un trio, Christophe Gardes de Lassouts, Etienne Lauriol de Quins et Laurent Foulquier de Bozouls.

Les adhérents du syndicat Charolais de l’Aveyron se sont retrouvés à Baraqueville en assemblée générale puis à Quins pour visiter l’élevage de la famille Lauriol. Le GAEC est lauréat cette année, du challenge Charolais Aveyron qui récompense les résultats techniques de la dernière campagne (repro, productivité, IVV, mortalité).

En 2017, le GAEC familial a fait naître 96 veaux sur un troupeau d’une centaine de mères en race pure Charolais. Tous les vêlages sont regroupés en hiver en décembre. L’élevage sélectionneur en race Charolaise vend une partie de ses animaux en reproducteurs dont certains à la dernière vente aux enchères du Herd Book. Une quinzaine de vaches par an sont également commercialisées en direct. Lors de la visite, le groupe d’une vingtaine d’éleveurs a pu faire le tour de l’exploitation et des animaux du troupeau, parler génétique, origines,... et découvrir quelques astuces de contention. Une visite technique et pratique qui a beaucoup plus à l’ensemble des participants.

Depuis 3 ans, le Challenge Charolais Aveyron récompense le travail d’un élevage sur une campagne, qui reçoit son prix au moment de l’assemblée générale. A cette occasion, les éleveurs échangent sur les itinéraires techniques, les orientations raciales, les choix génétiques et le fonctionnement général de l’exploitation.

Un peu plus tôt dans la matinée, les éleveurs Charolais de l’Aveyron se sont retrouvés pour renouveler leur bureau. David Cassagnes, président sortant a souhaité laisser la main. Un trio lui succède : Christophe Gardes de Lassouts, Etienne Lauriol de Quins et Laurent Foulquier de Bozouls. Richard Gély de Sévérac est trésorier.

L’assemblée générale a été l’occasion de faire le point sur les temps forts de l’année : la traditionnelle réunion de présentation des taureaux IA, le concours de la Fédération du Sud Massif central, présidée par l’Aveyronnais Francis Pons où les 5 élevages de l’Aveyron se sont brillamment illustrés avec 8 premiers prix de section et 7 prix spéciaux (palmarès complet sur www.charolais-aveyron.com). Ce concours réunissant des éleveurs Charolais de l’Aveyron, du Cantal, de Lozère et de Haute Loire se déroulait à St Mamet. Il est renouvelé du 19 au 21 octobre en Haute Loire. Deux éleveurs aveyronnais ont également participé à la vente à la station vêlage facile, avec 2 veaux.

En avril 2017, le travail autour de la marque Charolais Aveyron initiée par Olivier Maruéjouls s’est concrétisé par un partenariat avec la CAPEL sur la vente de vaches de réforme sous l’étiquette Bleu Blanc Cœur. En un an, 68 vaches issues de 9 élevages ont été commercialisées (508 kg poids moyen) pour une plus value en moyenne de 30 centimes/kg carcasse. L’un des chantiers de l’année est de pérenniser ce marché, de le développer avec de nouveaux éleveurs, pour promouvoir l’identité Charolais Aveyron. La communication est en effet un challenge à relever en s’appuyant sur le site www.charolais-aveyron.com et sur la page Facebook ouverte récemment.

La dynamique de la race Charolaise en Aveyron poursuit son chemin.

Eva DZ

12 avril 2018

Baraqueville : une première vente au cadran attrayante

Le premier marché au cadran de Baraqueville, mis en place lundi 9 avril, a reçu un écho favorable de la part des éleveurs et acheteurs. Pas moins de 130 animaux étaient inscrits, selon les organisateurs.

Pour une première, elle fut réussie, confirme Vincent Albouy, éleveur et président de la SAS Cadran Ségali, structure à laquelle la Communauté de communes de Baraqueville a confié cette mission de service public. La SAS est composée d’éleveurs, négociants et organisateurs du marché emmenés par Jean-Pierre Mazars, président du Pays Ségali Communauté. «Nous avons pris nos marques pour cette première et tout s’est bien passé», rapporte Vincent Albouy. «L’affluence est positive avec environ 130 animaux, dont des veaux, vaches, veaux gras et broutards, ce qui est correct pour lancer ce marché au cadran».

Paiement direct certifié

La nouvelle formule, dirigée au micro par Baptiste Galland, chef de vente du marché au cadran d’Ussel (Corrèze), semble déjà satisfaire des éleveurs : «l’avantage de ce type de marché est de ne pas être en confrontation directe avec les acheteurs», confie Christophe Malgouyres, éleveur bovins lait. «Les enchères montantes sont de 5 euros en 5 euros et si le vendeur n’est pas satisfait du prix de vente final, il peut retirer sa bête».

Chez Olivier Maruéjouls, éleveurs bovins Charolais, le son de cloche est le même : «le principe du marché au cadran est bon car il permet au producteur de rester maître de son produit, tout en restant en adéquation avec la demande du marché». Autre point fort du marché, relevé aussi par Vincent Albouy, «le paiement de l’éleveur se fait avec un chèque de banque certifié, juste après la vente».

Le marché de Baraqueville est désormais organisé uniquement chaque lundi, pour tous les bovins, de 13h à 16h. Et ce, en lieu et place des marchés du lundi, pour les petits veaux laitiers, et du mercredi (tous les 15 jours), pour les veaux gras.

D.B.

05 avril 2018

Syndicat Limousin de l’Aveyron : toujours parmi les leaders !

Salon de l’agriculture, concours régional dans le Lot, concours départemental à Baraqueville, concours bi-départemental dans le Tarn, National au Sommet de l’élevage à Cournon, les éleveurs Limousins de l’Aveyron ont été particulièrement actifs en 2017 et 2018 démarre sous les mêmes auspices avec le premier prix de section au SIA pour Lorette de l’EARL Calmelly.

Le syndicat Limousin de l’Aveyron était en assemblée générale jeudi 29 mars à La Salvetat Peyralès. Quatrième département français en effectif Limousin juste derrière le berceau avec 80 000 vaches, l’Aveyron maintient sa belle dynamique autour de la race. La présence de plus d’une soixantaine d’éleveurs à l’assemblée générale en atteste, ainsi que leur implication dans les différents concours depuis l’échelon local jusqu’au niveau national. De quoi donner le sourire au président, Michel Thuéry : «Je suis très fier de l’implication des éleveurs Limousins de l’Aveyron que ce soit lors des concours ou lors des ventes aux stations d’évaluation à Gélioc ou à Lanaud».

Sylvie Ferrier, animatrice du syndicat Limousin de l’Aveyron, a ainsi affiché le bilan des différentes participations et les performances des éleveurs du département lors des concours qui ont jalonné 2017 : 1 éleveur au SIA, 7 élevages au régional dans le Lot, 18 éleveurs au départemental à Baraqueville, 6 élevages au bi-départemental dans le Tarn et 9 élevages au Sommet de l’élevage à Cournon.

Et 2018 a commencé sur les chapeaux de roues avec un premier prix de section pour Lorette de l’EARL Calmelly au Salon de l’agriculture à Paris, un concours régional réussi à Tarbes en mars, une bonne implication autour de l’organisation des Bœufs de Pâques à Baraqueville. Déjà le concours départemental se profile dimanche 6 mai à Baraqueville, lors de la foire expo. «Un événement qui fait désormais date pour les éleveurs de la race et qui attire du monde depuis que le matériel agricole a été déplacé autour de l’espace Raymond Lacombe», assure Michel Thuéry. A la fin de l’été, le National sera organisé à Châteauroux, il servira de sélection pour le Sommet de l’élevage. L’année s’achèvera par la traditionnelle journée IA et le trophée du meilleur pointeur par les jeunes.

A noter l’arrivée de deux nouveaux éleveurs au sein du bureau du syndicat : Thierry Peyrac et Alain Coméras.

Midi-Pyrénées : 3ème en effectif au Herd Book

Les éleveurs Limousins de l’Aveyron sont également investis au sein du Herd Book avec 91 adhérents (4 950 vaches inscrites) et un taux de cotisation de 76% (Midi-Pyrénées est 3è en effectif inscrit au niveau national et l’Aveyron est en tête au sein de Midi-Pyrénées).

De fait, les éleveurs aveyronnais sont particulièrement utilisateurs des outils à leur disposition comme la station de Gélioc à Naucelle et celle de Lanaud, à l’échelle nationale (34 RJ et Espoir qualifiés à Lanaud, 5 pris pour l’IA, 23 RCV et 19 évalués à Gélioc et 11 RJ et 2 Espoirs achetés à Lanaud). Quatre élevages aveyronnais figurent aussi au challenge France Limousin Sélection : Christian Lagarde (6è), Alain Belloc (9è), EARL Rouchès (10è) et René Chassang (25è).

Pour 2018, 9 taureaux RR VS sont qualifiables, issus des élevages de l’EARL Calmelly (Hussard), de Pierre Pouget (Indigo), de Jérôme Couybes (Half et Jordan), de l’EARL Pradines (Indic), du GAEC du Bas Lévézou (Jirko RJ), du GAEC de Fontenille (IRTO RCV), d’Olivier Gaubert (Hortensia) et du GAEC Long - Joffre (Jovial RCV). Sept taureaux RRE VS sont qualifiables, issus des élevages de Marc Soulé (Galopeur), du GAEC Soulenq d’Albinhac (Hidalgo RR VS), d’André Douziech (Grizzly), du GAEC du Moulin (Gratin RR VS), de l’EARL des Cloutets (Haled RR VS), de Jacques Cantaloube (Forlan RR VS) et du GAEC Combelles d’Istournet (Indulgent).

Pour compléter les informations lors de l’assemblée générale, Fany Trottier de FODSA - GDS Aveyron a fait le point sur plusieurs dossiers sanitaires dont la FCO, la Besnoitiose, l’IBR et le BVD.

Les participants à l’assemblée générale ont ensuite pu visiter l’élevage de Francis Fraysse, installé en individuel et en recherche d’un repreneur à quelques années de la retraite. «C’est un élevage de qualité, souvent récompensé lors des différents concours et bien impliqué dans la vie de la race Limousine aussi bien au Herd Book qu’aux stations d’évaluation», a souligné Michel Thuéry. Soucieux de pouvoir vivre de son métier, Francis Fraysse espère transmettre son exploitation et son troupeau à un jeune passionné par la Limousine et lui mettre tous les atouts en main pour réussir.

Eva DZ

29 mars 2018

Marché au cadran à Baraqueville : première édition lundi 9 avril

Ca y est ! C’est fait ! Le marché au cadran se met en place à Baraqueville. Pays Ségali Communauté a donné la délégation de service public à la SAS Cadran Ségali, composé d’éleveurs, de négociants et d’organisateurs du marché. La première édition se déroulera lundi 9 avril.

Prenez date ! Baraqueville a arrêté la date du lundi après-midi pour organiser son marché au cadran de bovins toutes catégories (petits veaux, broutards, vaches maigres et grasses de races laitières et allaitantes). Jean-Pierre Mazars, président du Pays Ségali Communauté l’a confirmé lundi 26 mars, aux côtés de Vincent Albouy, éleveur et président de la SAS Cadran Ségali, à laquelle la Communauté de communes a confié une délégation de service public.

Des enchères montantes

«Cela fait un peu plus d’un an que nous réfléchissons à trouver un nouveau souffle pour le marché aux petits veaux de Baraqueville», explique Jean-Pierre Mazars, alerté par Alain Bories et Christiane Gombert, élus à Baraqueville et responsables du marché actuel. La Communauté de communes, Pays Ségali Communauté, a donc lancé une réflexion avec les éleveurs, les acheteurs, utilisateurs du marché, pour connaître leurs attentes et leurs besoins. «Nous avons visité un certain nombre de marchés au cadran en France. Ce type de marchés évolue bien et ils sont les seuls à progresser», avance Jean-Marc Fabre, délégué aux affaires agricoles à la Communauté de communes et en charge de ce projet. Les élus peuvent, de plus, compter sur une installation existante adaptée qui nécessite peu d’investissements supplémentaires pour se lancer dans cette nouvelle aventure (autour de 250 000 euros dont la moitié pourrait être subventionnée). Et sur la proximité d’un axe routier important qui facilite l’accès.

«Nous n’avions aucune envie de fermer les portes de notre marché, qui permet aux éleveurs de bénéficier de cotations qui servent de référence. L’idée était d’aller plus loin, d’élargir notre public en proposant des bovins à la vente toute catégorie confondue», appuie Christiane Gombert. «Cette cotation se voudra complémentaire à l’offre actuelle des groupements et coopératives», tient à ajouter Vincent Albouy. «D’ailleurs pour ne pas concurrencer les autres marchés, nous avons choisi le lundi après-midi, à partir de 12h et jusqu’à 16h».

Le président de la SAS détaille l’organisation : «il s’agit d’une vente aux enchères montantes». Le propriétaire de l’animal reste maître de sa vente, il sera payé comptant, avec une garantie de paiement (chèque certifié). L’acheteur, lui, aura un large choix parmi tous les animaux à la vente. Les transactions se dérouleront en toute transparence et dans l’anonymat pour l’acheteur comme pour le vendeur.

Des animaux à annoncer avant vendredi 14h

Une chef de vente a été embauchée pour animer le marché et mettre en place des relations commerciales autour de l’événement. «Nous savons qu’il faudra un peu de temps pour nous faire connaître et pour mettre en place une relation de confiance», reconnaissent les organisateurs, qui se veulent confiants pour l’avenir. «En cas de succès, nous n’hésiterons pas à réinvestir pour améliorer le marché, comme l’aménagement d’une salle des ventes», avance Jean-Pierre Mazars.

La réussite passe avant tout par l’apport conséquent d’animaux chaque semaine au marché. Pour proposer des animaux à la vente, il suffit de les annoncer le vendredi avant 14h sur le site internet www.marche-cadran-segali.com ou au 05 31 97 02 05 ou par mail : cadransegali@orange.fr.

«C’est un véritable challenge pour notre territoire et une petite révolution dans le monde des marchés en Aveyron, mais nous sommes prêts à relever le défi !», ont conclu les organisateurs. Rendez-vous lundi 9 avril à partir de 12h.

Eva DZ

22 mars 2018

OP Bovins et ovins de la coopérative UNICOR : partager les métiers

La coopérative UNICOR a pris l’habitude de réunir ses organisations de producteurs bovins et ovins dans une assemblée générale unique. Elle avait lieu jeudi 15 mars autour des enjeux sociétaux de l’élevage.

Au bord des pistes de l’aéroport de Rodez, le cadre était inédit pour l’assemblée générale des organisations de producteurs bovins et ovins de la coopérative UNICOR ! «Un moment de rencontre pour nos adhérents, éleveurs bovins et ovins et nos partenaires», a souligné Jean-Claude Virenque, président de la coopérative. Malgré les difficultés conjoncturelles de l’élevage, les deux OP peuvent s’appuyer sur des labels et des démarches de qualité porteuses de valeur ajoutée dans les élevages. «Parce que ramener de la valeur ajoutée dans les exploitations de nos adhérents est toujours l’objectif d’UNICOR», a rappelé son président.

OP Bovins : en recherche constante de progrès

En production bovine, les 932 associés coopérateurs de l’Aveyron, de la Lozère, du Cantal et des cantons limitrophes ont réussi à maintenir leur activité. En 2016-2017, 65 413 bovins ont été collectés par UNICOR, soit une baisse de 2,5%. Les volumes en maigre restent prédominants (64%) contre 36% pour le gras. Ce sont justement ces volumes en maigre qui ont connu quelques difficultés économiques. Heureusement les productions de qualité, Veau d’Aveyron et du Ségala, Blason Prestige, Bœuf Fermier Aubrac et les marques Fermes des Hauts Terroirs (exclusivement distribuée aux Halles de l’Aveyron) et Bœuf de montagne fruit d’un partenariat depuis mars 2017 avec les établissements Puygrenier et Brake, sont porteuses. «La clé réside dans le développement de segments de marchés porteurs de valeur ajoutée», a confirmé Pierre Cabrit, responsable de l’OP Bovins d’UNICOR. Il cite ainsi les 700 animaux commercialisés sous la marque Bœuf de montagne depuis mars 2017, les 7 animaux par semaine sous la marque des Fermes des Hauts Terroirs, les 130 éleveurs engagés en Veau d’Aveyron et du Ségala affichant des volumes labellisables et labellisés en hausse, la progression aussi du Bœuf Fermier Aubrac et la stabilité de Blason Prestige. «Nous devons travailler sur la quantité et sur la qualité», a poursuivi Pierre Cabrit.

Le comité de gestion qu’il préside au sein d’UNICOR réunit 25 éleveurs assidus et soucieux de trouver des solutions pour créer de la valeur ajoutée. «Nous sommes un groupe ouvert, au travail et en recherche constante de progrès», a assuré Pierre Cabrit. «Nous sommes un peu en échec sur la filière maigre dans la mesure où nos adhérents ne voient pas forcément la valeur de leurs produits. Nous réfléchissons à de nouvelles règles d’approvisionnement et d’apport basées sur la cohérence et qui s’imposeront par leur efficience. Nous misons sur la transparence, la maîtrise des risques et la performance».

OP Ovins : encourager le désaisonnement

En production ovine, UNICOR reste leader en agneaux français. Les 828 associés coopérateurs (ovins viande, ovins lait, engraisseurs) ont mis sur le marché plus de 511 000 têtes (-2,5%). Les partenariats commerciaux et l’activité export de COMIBEV ont permis un maintien des prix et ont limité la baisse des volumes liée à un affaiblissement de la demande. La production d’agneaux sous la mère en légère baisse (-4,6%) suit une année 2016 exceptionnelle mais se maintient à un bon niveau avec près de 61 000 agneaux collectés. L’activité en brebis de réforme s’installe dans le temps (+10%) compensant la baisse de l’engraissement. «La réinvention du modèle d’engraissement sur le territoire peine à se mettre en place», a expliqué Gilles Bernat, responsable de l’OP Ovin d’UNICOR. «Les partenariats de contre-saison devraient permettre le développement des débouchés segmentés», a-t-il poursuivi.

Concernant le prix de l’agnelet, il oscille entre de bons niveaux à l’automne en début de campagne et une forte baisse en début d’année, ce qui pénalise les naisseurs. Pour les agneaux labels, les prix se maintiennent bien grâce au partenariat avec Arcadie, qui a développé les ventes sur la région parisienne et le nombre de points de vente apportant une hausse de 2,20 euros par rapport à 2016. «La performance de notre activité sera déterminée par la régularité de nos volumes sinon c’est le seuil plancher qui fera le prix. Le désaisonnement est un enjeu crucial d’où notre politique d’encouragement via la caisse dédiée», a prévenu Gilles Bernat. «La concurrence est grande, il ne faut donc pas s’endormir sur nos lauriers».

D’autant que quelques inquiétudes pointent comme le renouvellement des générations d’éleveurs. Pour encourager la production, l’OP Ovin d’UNICOR accompagne le désaisonnement, travaille à la mise en œuvre d’une grille de paiement individuelle à l’agneau, développe le partenariat avec Arcadie autour des labels pour aller chercher de nouveaux points de vente (+ 67),... Un voyage d’études a été organisé en Angleterre sur la technique, la découpe,... «Nous mettons au point en Aveyron, une réflexion commune entre toutes les ODG (Agneau Fermier des Pays d’Oc, Veau d’Aveyron et du Ségala, Bœuf Fermier Aubrac) pour animer le marché de la viande de qualité», a expliqué Gilles Bernat. Citant le lien avec Fil Rouge, fédération des labels rouges, qui a présenté un plan marketing ambitieux de 30% d’agneaux engagés. Gilles Bernat a aussi évoqué la recherche à travers le programme Robust’agno qui permet aux éleveurs d’agneaux sous la mère de diminuer la mortalité dans les élevages.

Le challenge de la segmentation

«Nous avons la chance d’adhérer à un groupement dynamique, avec des agriculteurs engagés dans la valorisation de la production et à l’écoute des consommateurs, acteurs de la vie économique de leur coopérative, des filières de qualité et des marques (Agneau Massif central Casino, Agneau Picard Surgelé, filière bio, Fermes des Hauts Terroirs)», a conclu Gilles Bernat, rappelant lui aussi que le comité de gestion ovin de 23 éleveurs, est toujours ouvert.

En bovins comme en ovins, UNICOR a de nombreux challenges à relever. Julien Volpelier, directeur des productions animales à la coopérative a résumé les perspectives : «Nous allons poursuivre notre stratégie de segmentation et de recherche de valeur en promouvant la qualité de nos productions et la typicité de notre territoire. Pour sauvegarder l’organisation dans le maigre, nous devrons réinventer une stratégie. D’autres partenariats devront être développés grâce à une linéarité de l’approvisionnement d’agneaux en contre-saison. Pour une meilleure complémentarité de nos filières, nous devrons renouveler le modèle d’engraissement. Et enfin, pour renforcer notre présence à l’international, nous devrons massifier les volumes, en s’appuyant sur les infrastructures spécialisées».

Eva DZ

15 mars 2018

Bœufs de Pâques à Laguiole : sous le signe de l’excellence

Le week-end dernier, le Festival des Bœufs de Pâques de Laguiole a surfé sur la dynamique de la race Aubrac suite au Salon de l’agriculture. Si les enchères des deux champions ont été un peu moins élevées qu’à l’accoutumée, en revanche la vente générale a été de bonne tenue avec 1,30 euro de plus-value.

Haute continue de bien remplir son rôle d’ambassadrice de toute une race et de tout un territoire. Elle ouvrait le défilé des confréries, du groupe folklorique Los Oyolos et du bandas de Sainte Geneviève sur Argence, dimanche 11 mars dans les rues de Laguiole. Accompagnée de son veau Olympe et de ses éleveurs, Florence et Thibaut Dijols, elle a attiré une foule de fans, sur le qui-vive pour prendre la belle en photo !

Deux grands champions

Mais elle n’était pas la seule star du week-end ! Sur le foirail neuf, 194 animaux issus des filières de qualité Bœuf Fermier Aubrac, Fleur d’Aubrac et AB ont démontré tout le savoir-faire acquis par les éleveurs Aubrac d’Aveyron, de Lozère et du Cantal. Deux d’entre eux ont reçu les honneurs du jury : en Fleur d’Aubrac il s’agit de Florence et Privat Serres du GAEC Serres de la Jonquière à Prades d’Aubrac et en Bœuf Fermier Aubrac c’est Julien Tufféry, du GAEC La Panouse à Grandrieu en Lozère, également désigné Grand Prix d’excellence du Festival.

Pour ces deux élevages, cette distinction vient récompenser le travail engagé depuis des années sur la finition de leurs animaux et leur fidélité au concours de Laguiole. La Volonté Paysanne avait d’ailleurs rencontré la famille Serres de Prades d’Aubrac en annonce du festival (VP du 1er mars). «Ça nous fait vraiment bien plaisir», sourit Privat Serres, dont les deux fils étaient également présents. Même satisfaction pour Julien Tufféry qui avait apporté 6 animaux cette année à Laguiole : «Je tiens à remercier l’ensemble des bénévoles qui s’investissent pour que chaque année, nous puissions valoriser nos animaux lors de ce concours de haut niveau», a-t-il salué.

Lors de la vente aux enchères, le grand champion Bœuf Fermier Aubrac a été acheté 10,20 euros par la Maison Conquet et le champion Fleur d’Aubrac a trouvé acquéreur auprès de la coopérative des bouchers de Montpellier pour 10 euros. «Je regrette que les enchères soient un peu plus basses que d’habitude, en revanche, la vente générale a affiché une plus-value moyenne d’1,30 euro par rapport à la grille», a commenté Didier Dijols, responsable du comité d’organisation. Il a tenu à féliciter l’ensemble des éleveurs pour la qualité de la présentation des animaux : «chaque année, on grimpe toujours plus haut dans la qualité ! Ce qui fait de notre festival l’unique concours naisseur engraisseur en France !», a-t-il avancé, sous l’aval de Jean-Yves Renard, président de la fédération nationale des concours d’animaux de boucherie.

Les élus présents, notamment Vincent Alazard, maire de Laguiole, conseiller départemental accompagné de Simone Anglade, le député Stéphane Mazars accompagné de Pauline Cestrières, ont salué le travail des éleveurs et l’union sacrée autour d’une race et d’un territoire. Le Festival s’est aussi tenu sous l’œil toujours bienveillant d’André Valadier qui attend dans les prochaines semaines, la labellisation du Parc naturel régional de l’Aubrac.

Yves Chassany, président de la race Aubrac, est venu en voisin : «la race Aubrac met en avant ici ce qu’elle a d’excellence : la reconnaissance du travail des éleveurs depuis des générations. Longtemps nous avons sous-estimé le potentiel de nos animaux, à force de travail et de rassemblement autour de la promotion de la race, nous avons atteint cette reconnaissance». Il s’appuie sur le bon écho reçu au Salon de l’agriculture, de la part des élus et des consommateurs : «nos pratiques d’élevage sont reconnues et satisfont mais le travail n’est pas terminé. Grâce aux femmes et aux hommes de notre territoire, nous devons continuer à faire vivre l’Aubrac, nous montrer vrais et transparents».

Des discours ponctués par la traditionnelle et non moins spectaculaire bénédiction par l’abbé Ricard ! En attendant la prochaine édition, la 20ème du nom.

Eva DZ

08 mars 2018

Assemblée générale d’Ovi-Test : la belle dynamique continue !

L’assemblée générale de la coopérative Ovi-Test s’est déroulée mardi 6 mars au lycée agricole La Cazotte, à St-Affrique, sous la vice-présidence de Joël Agulhon.

«Notre assemblée générale prend hélas un ton particulier cette année, suite à la disparition en 2017 de deux personnes» a introduit le vice-président d’Ovi-Test, Joël Agulhon, «je prends la place du président Jean-Jacques Fabrègues qui nous a quittés à l’âge de 57 ans, au cours de ses six années de présidence de notre coopérative. Nous avons aussi perdu, en décembre dernier, notre ancien directeur, l’un des fondateurs d’Ovi-Test, Jean-Pierre Belloc, à l’âge de 66 ans...». L’assemblée générale a rendu un hommage appuyé aux deux hommes, avec une minute de silence dans l’amphithéâtre de La Cazotte.

Joël Agulhon et Béatrice Giral-Viala, directrice, ont dressé un bilan d’activité et financier positif pour l’exercice 2016-2017 de la coopérative regroupant 2 035 adhérents, chapeautée par un conseil d’administration de 23 personnes pour la section des adhérents coopérateurs. Le nombre d’adhérents actifs reste relativement stable.

L’activité insémination artificielle (IA) est en légère baisse cette année (- 5 616), et pour la première fois, du fait de l’augmentation significative de producteurs vers l’agriculture biologique, «dont le cahier des charges ne rend pas possible la synchronisation des chaleurs» précise Joël Agulhon. «Sur environ 1 000 producteurs faisant régulièrement des IA, 150 se sont orientés vers l’agriculture biologique l’an dernier. C’est une tendance importante». En revanche, cette évolution est positive pour la vente de reproducteurs mâles qui est en forte hausse.

Le marché export de reproducteurs mâles et femelles est sur une bonne dynamique, principalement vers l’Espagne qui concentre aujourd’hui les deux tiers des volumes.

Ovi-Test Ibérica

La coopérative a par ailleurs décidé l’an dernier de se développer dans ce pays avec la société Ovi-Test Ibérica, et la création d’un centre IA au sud de la région de Madrid. «L’activité de ce centre a été lancée en mai, avec des béliers Lacaune de notre centre de La Glène (Saint-Léons) et trois inséminateurs espagnols que nous avons formés ici» explique Joël Agulhon. «Nous avons le contrôle de cette société à hauteur de 70 % avec deux associés espagnols. Nos prévisions de développement sont déjà favorables avec des résultats IA équivalents à ceux réalisés chez nous». Une quinzaine d’élevages sont pour l’heure impliqués dans ce réseau espagnol, au rythme de 300 IA/jour, trois fois/semaine avec un total de 20 835 IA comptabilisées fin décembre 2017.

Pour Joël Agulhon, cette diversification d’Ovi-Test à l’international vise une ambition économique bien calculée : «notre centre IA espagnol doit générer des plus-values financières par la vente de reproducteurs (à bon prix) à Ovi-Test Ibérica et de la marge sur l’IA en Espagne. Tout cela contribuera à développer plus encore le schéma génétique sur notre bassin de production national». Les producteurs espagnols concernés sont à la tête de troupeaux importants en effectifs, et produisent du fromage de brebis dit «de garde» et de la tomme.

Nouvelle Zélande

Autre levier de développement de la coopérative Ovi-Test, la vente de semences congelées Lacaune vers La Nouvelle Zélande depuis 2017, en collaboration avec le service Elevage de la Confédération générale de Roquefort. «L’an dernier, chaque structure a exporté 4 500 doses vers ce lointain pays» indique Joël Agulhon. «C’est là-aussi un autre marché porteur. Les Néo-Zélandais veulent produire du lait de brebis pour le transformer en poudre, puis l’exporter vers le marché chinois».

Tous les voyants de la coopérative sont donc au vert. «Nous sommes dans une bonne routine» note Joël Agulhon, «avec un peu moins d’éleveurs du fait de l’évolution démographique agricole constatée partout, mais notre production ovine reste stable, installe des jeunes, dans une zone de production dynamique». Le vice-président insiste : «en dehors de la baisse des IA du fait des conversions AB, notre activité globale, reproducteurs, échographies (+ 4,41 %), est en augmentation pour la cinquième année consécutive. Le passage à la sélection génomique en ovin lait lancé depuis le millésime 2015 confirme la pertinence de cette méthode de sélection, avec un gain génétique de 25 % depuis trois ans !».

D.B

01 mars 2018

Association Prim’Holstein Aveyron : les Aveyronnais toujours sur la brèche !

C’est à Saint Julien de Piganiol, tout près du Cantal, que l’association Prim’Holstein Aveyron a organisé son assemblée générale jeudi 22 février en présence de plus de 70 éleveurs et partenaires de la race.

Thierry Domergue achève sa première année à la tête de l’association Prim’Holstein Aveyron. Une année bien remplie pour l’éleveur d’Almont les Junies, entouré de toute son équipe qui se partage l’organisation des événements de la Prim’Holstein en Aveyron et en dehors du département.

L’année 2017 a démarré avec la traditionnelle assemblée générale à Camboulazet avec 80 participants. Les éleveurs ont ensuite réalisé un petit séjour dans le Cantal à la découverte d’un élevage Prim’Holstein bien entendu ! En avril, une journée clippage a été organisée à l’attention des jeunes pour préparer les animaux du concours départemental qui se déroulait dans le cadre des Journées laitières à Baraqueville début mai.

L’automne a aussi été riche pour l’association. A l’Openshow de Dôle, les jeunes Aveyronnais ont brillé puisque Théo Delagnes, fils d’éleveurs Prim’Holstein à Grand Vabre est devenu grand champion en présentation de génisses. Et son équipe qui représentait la région sud a décroché le titre de champion de France. «C’est une grande fierté de voir nos jeunes s’illustrer, c’est aussi une belle dynamique pour l’avenir de notre association», assure Thierry Domergue. Deux élevages du département, avec trois vaches, ont aussi participé au Sommet de l’élevage à Cournon.

Le moment fort de l’association Prim’Holstein Aveyron a sans aucun doute, été la journée départementale et la réception de Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’agriculture, qui a apporté son éclairage sur la filière laitière. Plus de 150 personnes ont assisté à cette conférence : «Nous étions complets !», se souvient Thierry Domergue. Plus que jamais cette journée départementale remporte un vif succès auprès des éleveurs laitiers de l’Aveyron, créant un bon moment d’échanges autour d’intervenants, experts et personnalités éclairées.

Forte de ses 115 adhérents, l’association Prim’Holstein Aveyron continue de renforcer ses rangs avec l’arrivée de nouveaux producteurs soucieux de partager des moments de convivialité, de participer à des rencontres techniques leur permettant d’avancer dans leur métier d’éleveur.

Jean-Jacques Espinasse, technicien Prim’Holstein France, a d’ailleurs félicité les éleveurs Prim’Holstein de l’Aveyron pour leurs efforts notamment sur les index cellules et membres : «Les Aveyronnais affichent de très bons résultats en fonctionnels. Depuis une vingtaine d’années, ils ont à cœur de rechercher des vaches autonomes et fonctionnelles». Reste à améliorer l’homogénéité du troupeau : «Ce travail se fera dans le temps mais cela avance bien, ce n’est pas facile de passer d’un troupeau de 20 à 60 vaches et d’atteindre de suite l’homogénéité ! Nous avons la chance de travailler en Aveyron, avec des éleveurs qui n’hésitent pas à se remettre en question et c’est ce qu’il faut car dans la génétique il n’y a surtout pas de certitude», a expliqué Jean-Jacques Espinasse, s’appuyant sur l’adage «les vaches sont là pour les éleveurs et non l’inverse». Il met en avant le point fort de l’association Prim’Holstein Aveyron : la recherche de l’efficacité et de la rentabilité.

Concours et journées techniques

Pour 2018, la Prim’Holstein Aveyron est déjà sur la brèche avec un élevage présent, celui de la famille Delagnes à Grand Vabre, au Salon de l’agriculture, avec une vache (voir le palmarès dans les pages dédiées au Salon).

Le 22 mars, une visite est organisée au GAEC d’Aupiac à Camarès (déplacement en bus - inscriptions auprès d’Alexandre Tayac au 06 12 78 67 06 de préférence par SMS).

Puis le 18 avril, les jeunes pourront s’essayer au clippage de façon à bien préparer les animaux du concours départemental qui se déroulera les 5 et 6 mai dans le cadre de la Foire de Baraqueville, avec les concours Montbéliard et Limousin. «Notre concours départemental est devenu un incontournable, un rendez-vous attendu de nos éleveurs, avec la participation de nombreux jeunes», souligne Thierry Domergue. Environ 25 éleveurs Prim’Holstein seront présents avec une soixantaine d’animaux.

L’année se terminera par la journée départementale autour de la robotique et le Sommet de l’élevage à Cournon où l’Aveyron peut présenter 4 vaches. Une année encore bien remplie s’annonce pour la Prim’Holstein en Aveyron !

Eva DZ

22 février 2018

GIE Aubrac : dix ans et plus de 14 000 Aubrac commercialisées

Le GIE Aubrac, outil de commercialisation des reproducteurs Aubrac fête cette année, ses dix années d’existence. A cette occasion, le groupement fait peau neuve avec un nouveau logo et un site internet relooké. Retour sur son histoire.

Accompagner le développement de la race Aubrac dans et en dehors du berceau, c’est l’objectif que s’est fixé il y a tout juste 10 ans, le GIE Aubrac. Outil mis en place par et pour les éleveurs Aubrac, il est au service des sélectionneurs vendeurs de génétique et des éleveurs en recherche de génétique Aubrac. «Le GIE est un interlocuteur neutre, qui travaille en complémentarité avec les acteurs de la race», explique l’actuel président, Hervé Catays, éleveur Aubrac à Laguiole, qui a succédé il y a 4 ans, à Jean Valadier et à Henry Peyrac, le premier président fondateur.

«Cette complémentarité est d’ailleurs inscrite dans les origines du GIE puisqu’il a été fondé par l’Union Aubrac (et ses adhérents), les groupements de producteurs CELIA, Altitude et UNICOR toujours partenaires aujourd’hui», détaille Daniel Miquel, commercial du GIE, qui a œuvré pendant 30 ans comme technicien à l’Union Aubrac avant de rejoindre le GIE. «Nous travaillons pour le développement de la race Aubrac, dans un souci d’harmonie avec les orientations raciales choisies au sein de l’Union Aubrac. Notre race est en progression de 5% chaque année, les intervenants sont nombreux, il nous fallait donc une structure pour encadrer un développement cohérent», note Hervé Catays.

La disponibilité, le temps passé, les conseils apportés sont les marques de fabrique du GIE : «le marché de la repro est vraiment particulier, nous ne sommes pas là pour simplement vendre des animaux mais apporter aussi un service après-vente, travailler pour l’avenir de la race et des élevages Aubrac en vue de nouvelles inscriptions, dans le berceau, dans toute la France et à l’étranger», appuie Daniel Miquel.

La grande majorité des animaux commercialisés via le GIE sont destinés au marché français : «lorsque nous avons démarré il y a 10 ans, l’Aubrac commençait à percer dans plusieurs départements français mais de façon un peu désorganisée, sans lien avec le schéma de sélection, ce qui ne la plaçait pas dans les meilleures conditions», se souvient Daniel Miquel. «L’Aubrac méritait mieux que cela, c’est pour cette raison que nous avons eu l’initiative de créer ce GIE qui encadrait le marché de la repro en fonction des critères et des qualités de la race», complète Hervé Catays. Aujourd’hui, la race Aubrac grâce au GIE, est présente dans quasiment tous les départements français et dans 14 à 15 pays (Est Europe). En 10 ans, le GIE a commercialisé plus de 14 000 animaux et a diffusé ses conseils à travers de nombreux élevages.

Ce n’est pas que du commerce !

«Le GIE ce n’est pas que du commerce, lorsque j’ai un contact avec un client, je lui apporte également des réponses à ses besoins, je le conseille en fonction de son orientation d’élevage, de sa conduite d’exploitation pour lui proposer des animaux qui correspondront à ses attentes», assure Daniel Miquel. Daniel et Hervé évoquent ainsi leur dernière visite en Irlande, sur un concours Aubrac : «Les éleveurs étaient avant tout demandeurs d’informations pour améliorer les accouplements, le choix des animaux,...».

De même Daniel Miquel se tient à la disposition des éleveurs pour travailler sur le choix des génisses, sur des plans d’accouplement raisonnés,... et proposent aussi des visites d’élevages.

Une vente chaque année en août ouverte à tous

L’une des vocations du GIE est aussi de donner accès au marché de la repro en Aubrac à l’ensemble des éleveurs. C’est dans cet objectif, qu’il organise depuis trois ans, une vente de reproducteurs fin août (elle se déroulera le 1er septembre cette année). Ouverte à tous les éleveurs, elle se déroule à la station d’évaluation de la Borie, à St Chély, qui est aussi le siège du GIE Aubrac. Daniel Miquel se rend au préalable dans tous les élevages qui proposent un animal à la vente. «Fin août, début septembre, c’est la bonne période pour faire repartir le marché de la repro, toujours dans un esprit de complémentarité des ventes que peuvent proposer les OP», argumente Hervé Catays. Le président du GIE tient d’ailleurs à préciser que la structure vit grâce aux prélèvements à partir des ventes réalisées et non sur la base de cotisations.

Pendant la vente, qui se déroule sous pli cacheté, les animaux restent dans le bâtiment. Leur profil ainsi que leur lignée sont présentés sous forme de diaporama aux futurs acheteurs : «C’est un peu atypique car les animaux ne défilent pas mais le procédé est apprécié et le succès est au rendez-vous grâce à une bonne préparation», témoigne Hervé Catays.

Pour les dix prochaines années, le GIE entend poursuivre le travail engagé et espère développer son activité en misant notamment sur la possibilité de développer davantage l’export compte tenu de l’intérêt que certains pays portent à la race Aubrac. «Notre objectif est de pouvoir satisfaire toutes les demandes que ce soit pour des créations d’ateliers complémentaires à une production laitière ovine par exemple dans le sud ou encore pour accompagner les conversions lait - viande de plus en plus nombreuses ou les changements de races allaitantes», assurent Daniel et Hervé, mettant en avant l’autonomie de la race Aubrac, sa facilité de vêlage, son économie en matière sanitaire ou encore la facilité de conduite qui apporte une qualité de vie, prisée des jeunes générations d’éleveurs.

Eva DZ

15 février 2018

Convention Agricampus La Roque-Ville de Rodez : brebis et vaches du lycée vont pâturer sur le piton

Lundi 12 février, la ville de Rodez a signé une convention «éco-pâturage» avec le lycée La Roque pour que dès le printemps, les troupeaux ovins et bovins viande de l’exploitation de l’établissement puissent paître sur des parcelles autour du piton de Rodez.

L’embroussaillement des parcelles autour de la ville de Rodez est une préoccupation, pour la prévention des incendies comme pour l’aménagement des paysages autour du piton. Pour les entretenir, la municipalité a proposé à l’Agricampus de La Roque et en particulier son exploitation de faire pâturer ses troupeaux de brebis Lacaune viande et de vaches Aubrac. «Les municipalités sont dans l’obligation de débroussailler leurs parcelles notamment pour éviter les incendies et sur le piton, en raison des fortes pentes, le pâturage est une bonne alternative à l’entretien mécanique peu aisé», explique Marie-Claude Carlin, adjointe à la mairie de Rodez, en charge du développement durable et de l’environnement. «Le pâturage est aussi un moyen de freiner l’arrivée de sangliers en zone périurbaine», complète l’élue locale.

Et depuis le départ des Haras en juin, le site de La Boriette tombait en friche. «Comment entretenir ces 3,5 ha en bordure de ville ? Via la Chambre d’agriculture, nous gérons l’entretien des parcelles de la commune avec les agriculteurs locaux qui en échange, récoltent le foin. Pour ces surfaces, nous avons repris contact avec la Chambre d’agriculture qui nous a orientés vers le lycée La Roque», ajoute Frédéric Vieilledent, qui a accompagné le projet d’écopâturage pour la Ville de Rodez.

Bientôt une transhumance dans Rodez !

La municipalité à travers son service espace verts et le lycée La Roque, via son exploitation ont donc mis leurs compétences en commun pour faire aboutir ce projet. «Le rôle de l’élevage n’est pas seulement de nourrir la population mais c’est aussi d’aménager le territoire en entretenant l’espace», assure Noël Boissonnade, proviseur du lycée et directeur de l’Agricampus. «Nous avons donc saisi cette opportunité avec la ville de Rodez, comme nous le faisons déjà avec celle d’Onet le Château». «Ce projet correspond tout à fait au projet de restructuration de notre exploitation», ajoute Jérôme Hercouët, directeur de l’exploitation du lycée agricole. «La mise en place de nos deux troupeaux (une centaine de brebis Lacaune viande et 70 mères Aubrac) s’oriente sur un système de pâturage mixte que nous calerons en fonction du potentiel agronomique des parcelles mises à notre disposition».

Un partenariat gagnant - gagnant donc puisque la Ville de Rodez trouve un acteur local pour entretenir ses parcelles et que le lycée trouve dans ce projet, un intérêt économique en instaurant un système alimentaire plus autonome, pour ses deux troupeaux basé sur le pâturage, un intérêt pédagogique pour ses 600 apprenants et un intérêt éco-citoyen, résume Noël Boissonnade.

Des week-end exploitation découverte

Car au-dela de ce projet, la ville de Rodez et l’Agricampus de La Roque ambitionnent d’organiser une transhumance des troupeaux à travers la cité ruthénoise ! «Ce projet d’écopâturage est une belle occasion de renouer un lien entre monde urbain et monde rural car on s’aperçoit que nombre de petits Ruthénois n’ont aucun lien avec l’agriculture. Remettre des brebis et des vaches dans les pâtures autour de Rodez est un premier pas», avance Noël Boissonnade, qui évoque la possibilité une fois les travaux de rénovation de l’exploitation du lycée (qui devraient démarrer en mai pour un montant de 2 millions d’euros), d’organiser des «week-end exploitation ouverte».

Les deux partenaires ne cachent pas leur envie de réaliser quelques panneaux d’information en bordure des parcelles afin d’informer les citoyens sur ce projet d’écopâturage, et pourquoi pas d’accueillir sur le site des écoles ou des centres de loisirs de Rodez.

Eva DZ

08 février 2018

SIA : Qui sont Florence et Thibaut Dijols, heureux propriétaires de Haute ?

Lorsqu’elle a déposé sa canditure pour être race à l’honneur au Salon de l’agriculture, l’UPRA Aubrac a sollicité par la même occasion, Florence et Thibaut Dijols, éleveurs à Curières pour la sélection de leur vache Haute, comme égérie du Salon parisien. Un honneur, une fierté pour ce jeune couple installé en GAEC avec Jeannette, la maman de Thibaut.

«Etre choisi pour représenter la race Aubrac est un honneur ! Une vraie fierté !», Thibault, installé depuis 2009, Florence son épouse installée depuis 2011 (dans le GAEC depuis 2016) et Jeannette, sa mère, ne cachent pas leur joie de voir leur vache Haute, égérie du prochain Salon de l’agriculture (lire sa présentation dans notre dernière édition).

«Lorsque l’UPRA Aubrac nous a proposé cette aventure, nous avons pris le temps d’y réfléchir ensemble parce que l’on savait que cela aurait un impact sur notre exploitation pendant plusieurs mois. Nous avons donc pris la décision collectivement», commente Thibaut. L’émotion est toujours perceptible dans la voix de ces éleveurs quant au choix de l’UPRA pour leur élevage : «C’est un grand plaisir de voir notre travail et celui de nos parents avant nous, pris en considération. Mais nous sommes conscients que derrière notre élevage, nous portons une race dans son ensemble et tout un territoire», souligne Florence.

A l’image d’ailleurs de la thématique choisie pour le Salon de l’agriculture 2018 : l’agriculture collective : «C’est à l’image de ce que nous défendons sur l’Aubrac : des acteurs locaux mobilisés, agriculteurs, artisans, commerçants, élus, monde associatif,... tous unis pour promouvoir leur pays. La race Aubrac est tout à fait dans cette thématique», poursuivent les éleveurs.

«Une fierté sans prétention»

«Pendant longtemps, nos prédécesseurs se sont battus pour maintenir la race Aubrac vouée à la disparition, aujourd’hui nous continuons le combat pour promouvoir son bel essor auprès des éleveurs et du grand public», enchaîne Thibaut. D’ailleurs dans les années 70, la race Aubrac n’était même pas invitée au Salon de l’agriculture !

Si la famille Dijols a été choisie, ce n’est pas complètement le fruit du hasard tant son implication dans les différents événéments de promotion de la race Aubrac et de leur territoire, sur l’Aubrac comme ailleurs, est importante, comme inscrite dans les gênes ! «Notre objectif est de rappeler les fondamentaux de la race Aubrac, si bien retranscrits avec Haute», avance le couple.

Haute a sa propre ligne téléphonique !

Thibaut et Florence savaient qu’ils se lançaient dans une aventure un peu particulière : «On nous avait dit que ce serait un gros défi ! Et depuis l’automne en effet, tout est allé crescendo !», confirment-ils. «Depuis la présentation de l’affiche, nous avons fait quelques déplacements à Paris, mais le deuxième coup d’accélérateur a été passé depuis janvier avec des sollicitations notamment des médias, quasi quotidiennes». Heureusement les deux éleveurs, qui possèdent désormais deux téléphones (le leur et celui de Haute !) sont bien encadrés par le service presse du Salon de l’agriculture, qui gère leur planning de rendez-vous. «Le temps passé est incalculable ! C’est une organisation de tous les instants sur la ferme avec l’appui de notre apprenti et dans notre vie personnelle puisque nous sommes sollicités même les week-ends ! Mais nous tenons à garder une journée par semaine pour «souffler» sur la ferme. Cela peut paraître paradoxal mais ça fait du bien de prendre une journée pour refaire les clôtures, retrouver tout simplement notre quotidien d’éleveurs !», sourit Thibaut qui apprécie aussi les entraînements de foot avec les copains.

Ce dernier est pourtant tout à fait à l’aise dans ce nouvel exercice de la communication : «c’est vrai j’aime bien parler et plus encore de la race Aubrac et de mon territoire !». Avec Florence, ils ont suivi une formation personnalisée sur la communication pour les aider à répondre aux médias sur le modèle de ce qu’ont vécu les 9 précédents propriétaires d’égérie du Salon. Et par le biais de l’UPRA Aubrac ils ont aussi participé à des formations dispensées par la Chambre d’agriculture du Cantal sur le discours envers les consommateurs et le grand public. «L’UPRA a souhaité que l’ensemble des éleveurs Aubrac présents au Salon puissent être formés de façon à répondre à toutes les sollicitations et à être plusieurs à pouvoir y répondre sans que tout soit concentré autour de Haute», précise Thibaut.

«C’est un vrai challenge, une expérience unique que l’on ne revivra sûrement pas, c’est d’ailleurs cela qui en fait toute la saveur ! Nous essayons d’y consacrer tout le temps possible pour ne pas décevoir tous ceux qui nous soutiennent et sont derrière la race Aubrac et notre territoire !», concluent Thibaut et Florence.

Eva DZ

Jusqu’au Salon de l’agriculture, La Volonté Paysanne consacrera plusieurs articles à Haute et ses éleveurs, Thibaut, Florence et Jeannette Dijols ainsi qu’aux diverses animations programmées autour de la race Aubrac pendant toute la durée du Salon.

08 février 2018

Marché ovin de Laissac : une vente au cadran efficace

Depuis le mois d’août, les responsables du marché aux bestiaux de Laissac ont initié une nouvelle forme de vente sur le marché ovins sous forme d’enchères au cadran. Une formule efficace puisqu’ils ont réussi à enrayer la baisse des apporteurs et à donner une nouvelle dynamique à ce rendez-vous hebdomadaire qui a attiré en 2017, plus de 3 500 visiteurs.

Le foirail ovin de Laissac a trouvé un nouvel élan depuis l’été. Mardi 6 février, les lots de brebis étaient nombreux et les éleveurs qui les entouraient tout autant, de même les acheteurs ont répondu présents. En fin de vente, on apercevait même des sourires sur les visages ... ! Pour la plus grande satisfaction des responsables du marché aux bestiaux de Laissac : «Il y a un nouvel état d’esprit, les sourires sont revenus», constate ravi Jean-Louis Puel, adjoint à la mairie et responsable du marché.

Pourtant le pari n’était pas gagné comme le rappelle le maire Claude Salles : «Sur la seule année 2017, nous avons perdu près de 20% des apporteurs, si nous voulions garder notre marché ovin, il nous fallait trouver une solution et vite !». Fort était en effet de constater que le marché de gré à gré ne séduisait plus les éleveurs apporteurs. Les responsables du marché ont donc cherché une formule différente, innovante. «Nous avons visité le marché de Mézières sur Issoire, en Haute-Vienne qui avait développé un logiciel permettant la vente au cadran. Nous l’avons quelque peu amélioré et adapté à notre marché», explique Jean-Louis Puel.

Des éleveurs - apporteurs satisfaits

A l’arrivée au marché, les lots sont pesés sur une nouvelle bascule dans laquelle a investi le marché, puis chaque lot est enregistré avant d’être mis un par un à la vente aux enchères. Les acheteurs, qui ont accepté de jouer le jeu, enchérissent par le biais d’un boîtier électronique. «Ce système est beaucoup plus efficace, il est aussi anonyme, ce qui est apprécié des apporteurs et des acheteurs au moment des enchères», complète Jean-Louis Puel. «Tout le monde s’est engagé pour que ça marche et nous sommes contents du résultat».

Une vente également plus animée, plus vivante, qui fait son effet puisque le marché ovin a réussi en quelques mois de mise en place de ce nouveau système, à enrayer la baisse des apports et accueille même des acheteurs de plus. Même sentiment positif du côté des éleveurs apporteurs. Thierry avait délaissé le marché depuis quelques années, n’y trouvant pas son compte dans la vente de ses brebis, aujourd’hui il y est revenu avec un lot de brebis : «La vente est beaucoup plus intéressante avec cette formule, il y a une réelle plus value pour les éleveurs», estimée à un euro environ par brebis. Même écho positif pour Guy : «la vente au cadran m’a plu, c’est un système bien adapté qui prend en compte la valeur de nos produits. Tout se déroule en toute transparence et nous n’avons plus besoin de «batailler» avec nos petits papiers avec les potentiels acheteurs intéressés». Il estime d’ailleurs que ce système de vente est adapté à la nouvelle génération : «les jeunes seront séduits par l’efficacité de la vente, il suffit simplement de dire oui ou non, finies les négociations sans fin !».

De nouveaux acheteurs présents

Les responsables du marché de Laissac sont donc satisfaits d’avoir tenté l’expérience : «en ovin, l’embellie reprend et en bovin (marché de gré à gré), nous enregistrons une hausse de 4% des apports en 2017», avance Claude Salles. «Notre marché est indispensable à l’économie locale, c’est un outil essentiel pour les filières, il se veut un lieu d’échanges, fonctionnel, sécurisé, avec une discipline de vente appréciée et de la traçabilité, réputé pour sa rigueur et une gestion sérieuse», poursuit le maire. Un message qu’il a rappelé aux acheteurs et apporteurs que la municipalité avait invité à un déjeuner d’échanges. «Une fois par an, la commission foires invite les acheteurs et apporteurs, tous les acteurs du marché hebdomadaire à nous retrouver autour d’une bonne table pour échanger, faire le point sur ce qui fonctionne et sur ce qui marche moins bien, dans un objectif unique de s’améliorer. C’est ainsi que les idées viennent», conclut Claude Salles.

Eva DZ

01 février 2018

La race Aubrac à l’honneur du prochain Salon de l’agriculture : Qui est Haute ?

Elle est la star du prochain Salon de l’agriculture, on ne voit qu’elle sur les grandes affiches du salon parisien. Dans trois semaines, elle accueillera les milliers de visiteurs à l’entrée du salon parisien. Rencontre avec Haute, vache Aubrac, égérie du SIA 2018.

Haute a 6 ans, elle a été baptisée ainsi à ses 3 ans, par les éleveurs qui l’ont vu naître, Thibaut, Florence et Jeannette Dijols.

Son père, Bijou, l’a précédé au Salon de l’agriculture puisqu’il y a décroché un deuxième prix en 2010. Sa mère c’est Venise.

Haute n’en est pas à sa première sortie. Si elle a été préservée en 2017 (le secret de sa sélection comme égérie du SIA a été bien gardé !), elle a multiplié les sorties en 2016 : au concours Généviande de Laissac, au Sommet de l’élevage, au concours cantonal de Laguiole, au SISQA à Toulouse.

Une descendance déjà remarquée !

Haute vient de produire son quatrième veau, Olympe, qui l’accompagnera à Paris. Ses premiers produits sont un mâle, sélectionné à la station d’évaluation de La Borie et vendu comme reproducteur aux enchères en Suisse et deux femelles, que Thibaut, Florence et Jeannette souhaitent conserver sur l’exploitation pour assurer le renouvellement du troupeau composé de 130 vaches. L’une d’elles, Mascotte, a terminé troisième lors du concours national Aubrac à Saint Flour en 2016.

Aubrac de la pointe des cornes au bout de la langue !

Haute possède tous les standards de la race : sa couleur froment, ses cornes en forme de lyre, ses yeux maquillés, les extrémités noires depuis le bout des cornes, jusqu’à la pointe de la queue, au bout de la langue, le museau, les sabots. Mais aussi son gabarit modéré, ses bons aplombs, son bon potentiel génétique. Les filles de Haute sont déjà des mères sur l’exploitation. Ses qualités maternelles, ses bons index,... «Le choix de Haute pour représenter la race Aubrac est celui de l’UPRA Aubrac qui voulait une vache répondant aux standards de la race et aux orientations qu’elle a choisies», précise Thibaut Dijols.

Pourquoi Haute et pourquoi la famille Dijols ?

«L’UPRA Aubrac nous a sollicité pour savoir si nous accepterions de proposer Haute comme égérie du Salon de l’agriculture. Il recherchait aussi un élevage dans le berceau de la race, dans une commune proche de Laguiole. Il était aussi soucieux de montrer une image jeune de la race Aubrac autour d’un couple», détaille Thibaut, qui s’est installé en 2009 en GAEC avec sa mère Jeannette. Puis sa femme, Florence les a rejoints en 2011.

Entre 5 000 et 6 000 clichés !

La grande aventure parisienne de Haute a démarré en août 2017 avec une très grosse séance de photos sur l’Aubrac. Elle a été sous les feux des projecteurs pendant de nombreuses heures : un photographe, un drône, un cameramen rien que pour elle ! A la sortie entre 5 000 et 6 000 clichés !

Des sollicitations au quotidien

Depuis le mois de décembre, et l’officialisation de l’affiche, Haute et ses éleveurs sont sollicités régulièrement mais depuis janvier, tout s’est accéléré puisqu’ils sont sur la brèche quasiment au quotidien. Ils reçoivent des médias locaux, régionaux et nationaux, des journaux, des magazines, des radios, des télés,... Ainsi que des élus locaux : le député Stéphane Mazars est fier de montrer Haute en photo sur son téléphone à l’Assemblée ! Et le maire de Curières Jean-Marie Cayla apprécie le retentissement national de sa commune !

Un planning digne d’un ministre que les éleveurs et Haute arrivent à gérer grâce au soutien du service presse du Salon de l’agriculture bien rôdé à l’exercice.

Haute accompagné d’Olympe, vivra son grand départ pour Paris, le 22 février après-midi sur le foirail de Laguiole avec tous les autres animaux Aubrac présents au Salon.

A Paris, elle sera en première ligne puisqu’elle accueillera les visiteurs à l’entrée du Salon, pas très loin de ses congénères. Etant donné ses nombreuses sollicitations pendant les 10 jours du Salon, elle ne participera pas au concours Aubrac.

Jusqu’au Salon de l’agriculture, La Volonté Paysanne consacrera plusieurs articles à Haute et ses éleveurs, Thibaut, Florence et Jeannette Dijols, installés à Curières, ainsi qu’aux diverses animations programmées autour de la race Aubrac pendant toute la durée du Salon.

Eva DZ

25 janvier 2018

Ovinpiades régionales : un Aveyronnais en finale à Paris

Organisée au lycée agricole de St-Gaudens, la 13ème finale des Ovinpiades des Jeunes Bergers d’Occitanie a réuni, le 18 janvier, 70 élèves, âgés de 16 à 24 ans, issus de 16 établissements d’enseignement agricole (lycée et CFAA de St-Gaudens, lycée de Saint-Affrique, lycée La Roque de Rodez, lycée Fonlabour d’Albi et CFA-CFPPA, lycée pro de Flamarens, lycée de Vic en Bigorre, lycée de Pamiers, lycée et CFPPA de Castelnaudary, lycée de Marjevols, lycée de St-Chély d’Apcher, CFAA de Marvejols, lycée de Figeac, CFAA du Lot.

A l’issue d’une compétition, très disputée, Valentin Bertrand du lycée agricole de St Affrique, Rémy Roux, Océane Benoit et Théo Buerle du CFAA du Lot sont qualifiés pour la finale nationale et représenteront les Meilleurs Jeunes Bergers d’Occitanie. Ils auront ainsi la chance d’espérer conquérir le titre national de Meilleur Jeune Berger 2018, samedi 24 février, au Salon International de l’Agriculture à Paris, sur le Grand Ring dans le Hall1.

Pour cela, ils ont dû se soumettre à des épreuves alliant théorie et pratique : l’évaluation de l’état d’engraissement et poids d’agneaux de boucherie, le choix d’un bélier, le parage des onglons, le tri de brebis avec lecture de boucles électroniques, la manipulation et l’évaluation de l’état corporel, le quizz et la reconnaissance des races.

25 janvier 2018

Conférence groupe COSE ! avec le philosophe Francis Wolff : «Faites le pari d’un discours vrai !»

L’amphithéâtre des Archives départementales à Rodez était comble vendredi 19 janvier pour recevoir Francis Wolff, philosophe qui étudie depuis plus de 20 ans le mouvement animaliste. Séduit par la démarche collective du groupe COSE ! qui entend prendre la parole face aux attaques sociétales de l’élevage, il a livré quelques conseils aux agriculteurs et représentants des organisations professionnelles agricoles et des filières de production, venus nombreux l’écouter.

«Ca nous est tombé dessus comme la grêle !» : les attaques sociétales contre l’élevage sont de plus en plus nombreuses et laissent les agriculteurs quelque peu désemparés. Le groupe COSE ! créé il y a un an, autour de plus d’une trentaine d’organisations professionnelles agricoles de l’Aveyron et sous la houlette de la FDSEA et des JA, se donne pour mission d’accompagner les agriculteurs dans la communication autour de leurs pratiques d’élevage. «La première étape c’est d’abord de comprendre l’évolution de la société qui peut être déconcertante», a résumé Joël Mazars, co-président du groupe. «Les agriculteurs bénéficient d’un capital confiance au sein de la société sur lequel ils doivent s’appuyer pour faire passer leurs messages», a complété Germain Albespy, qui co-préside le groupe à ses côtés.

Pour avancer dans cette compréhension des nouveaux comportements sociétaux, le groupe COSE ! a invité Francis wolff, philosophe, professeur émérite à l’Ecole Normale Supérieure qui depuis plus de 20 ans, étudie les «propres de l’homme», à savoir ce qui différencie l’homme de l’animal. Contrairement aux pays britanniques, la montée du mouvement animaliste ou welfarisme, c’est-à-dire de protection des animaux, est toute récente en France. «Rapidement, nous sommes passés d’un mouvement pour l’amélioration du bien-être animal à une lutte pour l’abolition de l’élevage», avance Francis Wolff. «Leur vision est claire : l’animal est une victime, l’homme est son bourreau. Il faut libérer les animaux de l’emprise humaine, l’élevage comme la domestication des chiens et des chats. La mode vegan est un des effets de ce mouvement révolutionnaire».

Les frontières de l’humanité sont de plus en plus floues

«Parmi les abolitionnistes de l’élevage, on retrouve les anti-spécistes, relayés par plusieurs intellectuels. Cette notion a été inventée par un philosophe australien, Peter Singer, qui considère qu’il existe une discrimination en fonction de l’espèce. La progression de cette idéologie vient de la croissance de l’urbanisation et de la disparition des animaux, des paysages. Avant la Première Guerre mondiale, il y avait deux types d’animaux : sauvages et domestiques. Depuis, deux nouvelles faunes sont apparues : les animaux de compagnie qui font désormais partie de la famille et les pauvres martyrs abattus dans les élevages industriels», résume Francis Wolff. «Comment voulez-vous que la réalité du monde animal puisse être comprise dans ce concept ?».

Les frontières de l’humanité sont de plus en plus floues : les confusions s’empilent du fait de la popularisation des thèses évolutionnistes (les éthologues démontrent que les animaux ont des systèmes de communication, d’émotion,...), la problèmatique écologique est associée à celle de l’élevage. Or si la cause écologiste est juste et légitime, elle entraîne une sacralisation de la nature, «un poison contre-productif, aussi absurde que de traiter la nature comme une poubelle».

Francis Wolff recentre le débat : «les animaux ne peuvent être traités comme des hommes dans la mesure où ils ne sont pas responsables, sinon il faudrait revenir au Moyen-Age lorsqu’on leur intentait des procès !». «La vie naturelle des animaux n’est pas paradisiaque : leur crédo est la survie face aux prédateurs, face à la faim, au stress, aux besoins sexuels,... l’élevage les libère de ses souffrances puisque l’éleveur a l’obligation de prendre soin de ses animaux, en leur donnant à boire, à manger, en les préservant du stress, de la souffrance et de la maladie».

Si ce mouvement animaliste a gagné la première bataille médiatique, Francis Wolff encourage les éleveurs à remporter la deuxième, la bataille de l’opinion : «les abolitionnistes sèment la confusion en faisant passer leur lutte comme celle des welfaristes, et face à eux, il n’y a personne pour leur répondre, sauf bientôt le groupe COSE !», a encouragé Francis Wolff.

Cela passe d’abord par l’appropriation de la notion de bien-être animal : «Au bien-être animal, je préfère la bien-traitance car on ne peut définir le bien-être d’une brebis mais on sait par contre comment on peut agir pour bien la traiter. La bien-traitance est à mon sens, l’affaire des éleveurs».

Activistes, militants, abolitionnistes

Les éleveurs sont face à trois publics : les activistes, militants, abolitionnistes avec lesquels il est difficile voire impossible de dialoguer, tant ils sont attachés à leur utopie révolutionnaire, il y a ceux qui suivent la mode, notamment les jeunes et puis il reste une grande majorité de personnes qui veulent simplement que les animaux soient bien traités et élevés dans les meilleures conditions. «Nous ne changerons pas la sensibilité contemporaine de ce souci du bien-être animal, en revanche, les consommateurs ne veulent pas arrêter de manger de la viande et veulent continuer à avoir leur chien ou leur chat à leurs côtés à la maison ! C’est vers eux que votre discours doit porter, en différenciant bien les animaux d’élevage, des animaux sauvages et des animaux de compagnie pour ne pas créer de confusion». Et d’argumenter : «nous ne pouvons pas élever les animau pour rien, il ne faut pas les chosifier, ni les personnifier».

La communication doit être à la fois rationnelle : «dire que les éleveurs s’occupent de leurs animaux depuis le début de leur vie et jusqu’à leur mort, ce soin apporté permet de produire une viande ou un lait de qualité. Sans oublier la mission des agriculteurs : nourrir la population». Mais aussi émotionnelle : «Nous ne voulons pas la guerre mais simplement pouvoir exercer ce métier que l’on a choisi par passion des animaux», ajoute Anthony Marre, éleveur aveyronnais, qui a fait l’amère expérience d’attaques sociétales sur les réseaux sociaux.

«Les médias sont prêts à entendre vos discours pour peu qu’ils ne soient pas corporatistes, parlez-leur de votre idéal, de votre amour des bêtes, de votre relation privilégiée avec les animaux, défendez vos idées, votre éthique !», a conseillé Francis Wolff. «En vous présentant comme un éleveur, vous serez écoutés car les consommateurs ne veulent pas d’un monde sans agriculteur». A la question, ce mouvement animaliste va-t-il durer ? Francis Wolff répond qu’il y aura du durable : «la nouvelle sensibilité à la cause animale est le fruit de l’histoire, de l’évolution des mœurs. Mais il y aura aussi de l’éphémère puisque ce mouvement de pensée suit un phénomène d’alimentation. Aujourd’hui la société mise davantage sur la qualité que sur la quantité».

En résumé pour Francis Wolff, c’est le discours de vérité des éleveurs qui primera : «Un discours direct, de proximité. Faites le pari de la vérité !».

Eva DZ

18 janvier 2018

13èmes Ovinpiades Jeunes Bergers : neuf Aveyronnais à la finale régionale

La finale départementale des Ovinpiades des Jeunes Bergers s’est déroulée jeudi 11 janvier au lycée agricole La Cazotte, à St-Affrique. Elle a rassemblé 28 élèves des lycées La Cazotte et La Roque (Onet-le-Château). Le jury était composé de représentants de groupements de producteurs et OPA de la filière ovine.

Les Ovinpiades des Jeunes Bergers, compétition organisée par Interbev Ovins et l’ensemble de la filière ovine, ont pour objectif de promouvoir le métier d’éleveur ovin et de susciter de nouvelles vocations auprès des élèves des établissements d’enseignement agricole. La 13ème finale nationale se déroulera, samedi 24 février, au Salon International de l’Agriculture à Paris, sur le grand ring dans le Hall 1. Seuls les meilleurs vont à Paris, après une sélection départementale puis régionale.

Quatre Occitans à Paris

Les neuf meilleurs élèves aveyronnais ont participé à la finale régionale programmée ce jeudi 18 janvier au lycée agricole de St-Gaudens (Haute-Garonne). A l’issue de cette finale régionale Occitanie, les quatre candidats arrivés en tête du classement iront conquérir le titre de Meilleur Jeune Berger de France 2018 à Paris. Ils représenteront l’Occitanie, face à 34 autres candidats venus des autres régions de France. Le dernier Aveyronnais à avoir participé à la finale nationale est Clément Condomine, 21 ans, qui avait terminé à la 5ème place en 2014. L’ancien élève de La Cazotte est aujourd’hui salarié sur la ferme du même établissement. Il faisait partie de l’organisation de la finale départementale.

Cette finale départementale s’est donc déroulée à La Cazotte, une semaine avant la régionale. Elle était encadrée par Christine Buisson, professeur de zootechnie, aux côtés du proviseur Gérard Parisot, en présence de professionnels, dont François Giacobbi (CDASA), Jean-François Cazottes, Thierry Agrinier et Alain Reynès (FDSEA), Mathilde Calmels (JA), Laurent Cavaignac (Inn’Ovin-Interbev Occitanie), avec comme autres membres du jury, des techniciens des OP, ELVEA, UNICOR, APROVIA, Sica2G, UNOTEC, Service élevage de la Confédération Roquefort, l’APLBR...

Filière dynamique

L’après-midi, dans l’amphithéâtre du lycée La Cazotte, Dominique Delmas, conseiller ovins à la Chambre d’agriculture, a fait le point sur la filière viande, et souligné sa bonne dynamique de production et de prix, devant de nombreux élèves. Il a indiqué qu’il était possible de dégager en 2016 un revenu annuel de 27 900 euros, avec 370 brebis, 1,8 agneau/brebis/an et 48 ha, soit 40 % de plus de revenu comparé à 2008. Les élèves ont échangé avec les quatre OP présentes, ELVEA, APROVIA, UNICOR et Sica2G. La proclamation des résultats, puis la remise des lots de la finale aveyronnaise, se sont déroulées en présence de Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture.

D.B.

Les Aveyronnais sélectionnés pour la finale régionale jeudi 18 janvier à St-Gaudens (photo ci-dessous) :

1 - Quentin Guilloux (La Cazotte).

2 - Vincent Rouquette (La Roque).

3 - Sylvain Galtier (La Roque).

4 - Maëliss Mérican (La Roque).

5 - Océane Pézet (La Roque).

6 - Mathilde Carrière (La Cazotte).

7 - Arnaud Bélière (La Roque).

8 - Valentin Bertrand (La Cazotte).

9 - Ludovic Vésy (La Cazotte).

18 janvier 2018

Interbev Occitanie : les vaches mangent des Chocapic ?!

Jeudi 11 janvier, les enfants de l’école élémentaire privée du Sacré Cœur à Millau ont pu faire le lien entre les produits alimentaires et l’élevage. Une initiative pédagogique d’Interbev Occitanie.

Un atelier pédagogique a eu lieu autour de l’équilibre alimentaire et de l’élevage dans les classes du CE1 au CM2. Le but étant d’informer les enfants sur ces deux thèmes tout en faisant le lien entre les produits alimentaires qu’ils consomment tous les jours et l’origine de ces produits.

Lors de l’animation, une diététicienne a présenté de façon ludique les 7 classes d’aliments. Elle a révélé aux élèves le secret des fibres alimentaires présentes dans les fruits et les légumes, le bienfait des protéines animales pour les muscles et l’utilité du calcium contenu dans les produits laitiers.

Un éleveur a quant à lui parlé des différentes familles des animaux de la ferme et notamment de leur alimentation. Cela a amené beaucoup de questions et d’affirmations assez surprenantes : «Le petit de la truie, c’est le porcinet !», «Le petit de la truie c’est le cochonnet !», «Les vaches mangent des céréales comme des Chocapic ?»… !

Cette animation organisée par Interbev Occitanie (Interprofession du Bétail et des Viandes en Occitanie) a lieu chaque année dans diverses écoles de la Région.

Les de la Région y ont gratuitement accès, il leur suffit de contacter l’interprofession au 05 61 75 29 40.

11 janvier 2018

Le philosophe Francis Wolff explique ce que veulent les végans

Un an après sa création, le groupe COSE ! qui œuvre pour «favoriser l’acceptabilité sociétale du développement agricole», propose une rencontre avec Francis Wolff, philosophe, qui travaille sur la cause animaliste, vendredi 19 janvier de 13h30 à 16h30 aux Archives départementales de Rodez.

Francis Wolff est professeur émérite de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris et auteur de nombreux ouvrages dont le dernier en date «Trois utopies contemporaines».

Quel est l’objet de vos travaux ?

F. Wolff : «Mon œuvre philosophique est variée. J’ai enseigné dans de nombreuses institutions françaises en France (Aix en Provence, Reims, Nanterre, Paris) et à l’étranger, en particulier au Brésil. Ma première spécialité est l’histoire de la philosophie ancienne. Mais depuis 20 ans, je travaille aussi sur une réflexion personnelle : les propres de l’homme. Il s’agit de traiter la question animale à travers celle de l’homme.

Une longue réflexion a abouti à un livre publié en 2010, Notre humanité qui retrace l’histoire des grandes révolutions de l’homme. De tout temps, les fondamentaux changent ainsi que la manière dont les hommes se définissent par rapport aux animaux. Et depuis le début du XXIe siècle, les repères continuent de bouger : la définition de l’humanité s’estompe pour des raisons culturelles, scientifiques, et donne une place nouvelle aux théories biologiques, aux sciences du cerveau entraînant une révolution scientifique et morale et une nouvelle considération de l’animal. Les organisations de protection animale sont submergées par de nouvelles revendications.

Aujourd’hui il n’y a plus de propre de l’homme. La définition de l’animalisme ouvre à la notion de droit de l’animal. Il faut s’en méfier, sinon en prendre conscience. Parce que désormais le regard porté à l’animal a changé.

Mon dernier ouvrage Trois utopies contemporaines, évoque ce sujet de société. Sans polémique, il explique simplement en quoi ces nouveaux phénomènes de société comme le veganisme, sont des utopies contemporaines. Il faut les comprendre.

Comment appréhender la problématique de la cause animaliste face à l’élevage ?

F. Wolff : Les organisations animalistes n’hésitent pas à prendre pour cible certaines activités qui ont lien avec les animaux : les chasseurs, les pêcheurs, les éleveurs,... Certains s’y étaient préparés comme les producteurs de foie gras souvent la cible des défenseurs de la cause animale mais la plupart sont victimes de ces excès médiatiques.

Le problème est que ces personnes font naître une confusion en jouant sur l’émotion, en publiant par exemple des vidéos qui heurtent la sensibilité. Mais rien n’est perdu car il ne faut pas confondre l’éphémère que constituent les grands succès médiatiques, la mode vegan, et ce qui est irréversible et s’inscrit dans la sensibilité contemporaine. Considérer par exemple en France que l’on fait de l’élevage industriel...

Que pensez-vous de l’initiative du groupe COSE ! en Aveyron ? En existe-t-il d’autres de ce type en France ?

F. Wolff : Au niveau national, je suis régulièrement sollicité par des initiatives de ce type. A la FNSEA, Christiane Lambert travaille sur cette thématique depuis plusieurs années et j’ai participé à divers événements autour d’éleveurs, d’élèves vétérinaires,... de syndicalistes, Les réflexions se multiplient car le monde de l’élevage prend conscience des dangers encourus face à cette montée en puissance de la cause animaliste.

J’ai accepté l’invitation de l’Aveyron parce que j’ai apprécié l’initiative collective menée sur le sujet. Une initiative excellente. Je pense en effet que rien ne vaut le débat de terrain appuyé sur des expériences concrètes. Les éleveurs pris dans les difficultés économiques de leur exploitation, n’ont pas vu le danger venir, pensant simplement à un phénomène de mode, très lointain de leur quotidien mais les attaques de plus en plus virulentes et directes les ont rappelés à cette dure réalité.

Quels conseils pouvez-vous donner aux éleveurs face à ces attaques ?

F. Wolff : On ne peut pas combattre ce qu’on ne comprend pas. Je pense donc que le premier service que je peux rendre, c’est comprendre ce phénomène, ses racines immédiates, politiques, morales. Pourquoi ce rapport nouveau à l’animal ?

C’est important de le savoir car on constate que les éleveurs ne comprennent pas leurs opposants qui sont des personnes généreuses, empathiques, pacifistes, universalistes mais ancrées dans une idéologie utopique dont il est difficile de sortir.

L’un des objectifs de mon intervention le 19 janvier sera d’apporter un éclairage sur les raisons de cette idéologie, le moment choisi, les personnes concernées, le contenu...

Nous avons affaire à des personnes radicalisées comme celles imbriquées dans une religion, une secte, ce qui rend toute discussion avec elles, extrêmement difficile.

Le plus grand conseil que je peux donner aux éleveurs c’est de s’emparer de la question du bien-être animal. Ils sont les mieux placés pour savoir ce que c’est que de soigner un animal, bien mieux que ceux qui les attaquent. Si les éleveurs ne le font pas, ce seront leurs adversaires, les anti-élevages qui se moquent bien des conditions d’élevage, qui s’empareront de la communication. D’autant qu’ils bénéficient du soutien des grands médias, de certains intellectuels et personnalités.

Les éleveurs doivent dire que la lutte pour le bien-être animal c’est leur affaire et non pas celle d’une poignée de militants qui considèrent de toute façon qu’il n’y a pas de bon élevage. Ce sera plus clair vis-à-vis du grand public.

Il n’est pas trop tard mais les éleveurs ont perdu la première manche. Il faut reprendre la main ! L’initiative du groupe COSE ! est un premier pas. Mais il aura aussi besoin de relais auprès des comités scientifiques, des institutions pour fédérer tous les acteurs concernés, je pense aux éleveurs, aux chasseurs, aux propriétaires de cirque, aux défenseurs de la corrida,...».

Recueillis par Eva DZ

11 janvier 2018

Première visite de terrain pour la nouvelle préfète

Les responsables agricoles de l’Aveyron (FDSEA-JA-Chambre d’agriculture) ont rencontré Catherine de la Robertie, nouvelle préfète de l’Aveyron, jeudi 4 janvier, sur une exploitation ovine de la commune de Roussennac, chez Sylvie et Antoine Stouff.

La nouvelle préfète de l’Aveyron, universitaire de formation, découvre le métier depuis le 2 janvier et l’agriculture aveyronnaise en même temps ! Accompagnée de Laurent Wendling, directeur de la DDT, elle a été reçue jeudi 4 janvier, près de Montbazens, sur l’exploitation de Sylvie et Antoine Stouff à Cabanous, commune de Roussennac. L’élevage compte 400 brebis laitières, avec un système autonome en fourrage sur une SAU de 70 ha. Ce GAEC livre son lait à la coopérative Sodiaal (hors AOP Roquefort). La ferme est très impliquée dans un projet collectif d’unité de méthanisation rassemblant des éleveurs du plateau de Montbazens (lire ci-dessous). Jacques Molières (Chambre d’agriculture), Dominique Fayel (FDSEA), Anthony Quintard (JA) ont accueilli la préfète en présence de nombreux élus locaux et départementaux, dont le président du Conseil départemental, Jean-François Galliard, le vice-président du Conseil départemental et de la commission agricole, Jean-Claude Anglars, la député Anne Blanc, les conseillers départementaux Lot et Montbazinois, Cathy Mouly et Bertrand Cavalerie, le maire de Roussennac, Guy Flottes, et celui de Montbazens, Jacques Molières, également président de la Communauté de communes de Montbazens. Jacques Molières a mis en avant la dynamique agricole aveyronnaise, «l’un des départements qui installent le plus d’agriculteurs». Guy Flottes, maire de Roussennac, a souligné l’essor démographique de sa commune proche de Montbazens, compatible avec le développement économique agricole.

Sylvie et Antoine Stouff ont expliqué à la préfète comment ils produisaient leur lait, avec une approche économique et sociale optimisée, en lien avec la CUMA. Ils ont également transmis à la préfète l’inquiétude des éleveurs face aux dénigrements et attaques sociétales, «l’agriculture bashing», désapprouve Antoine Stouff. «Cette situation est difficile à vivre pour les éleveurs qui font correctement leur métier» a-t-il confié, faisant référence à «l’affaire de la génisse volée» (VP du 28 décembre). «Un acte en effet inadmissible» a répondu la préfète, rappelant les investigations en cours de la gendarmerie.

Dialogue et compréhension

Catherine de La Robertie a exprimé sa satisfaction d’occuper son premier poste de préfète en Aveyron : «c’est ma première sortie et je suis déjà sur une ferme, au contact d’une agriculture d’élevage de qualité, dans un département classé dans le top 5 en nombre d’exploitations agricoles. Ma fonction sera animée par le dialogue, la compréhension, afin de décider les meilleurs actions possibles. J’ai été recteur d’académie en Normandie, et je suis au courant des difficultés du métier d’agriculteur, en lait de vache notamment. Cela est injuste. Je voulais travailler dans un département agricole, sur le terrain».

Dominique Fayel a enchaîné : «ce département se distingue par sa densité agricole, mais aussi sa culture du collectif, de la solidarité, et de la défense du territoire, avec une forme de patriotisme aveyronnais». Il a aussi défendu la profession : «nous voulons travailler dans la sérénité, loin d’une image romantique d’un métier, confrontée à la réalité brutale économique. En décalage avec l’expression du citoyen, l’image qu’il projette sur l’agriculture et son acte d’achat...». Le président de la FDSEA poursuit : «nous avons aussi une minorité d’illuminés, qui idéalisent la nature et considèrent les agriculteurs moins légitimes qu’eux pour parler de nos pratiques d’élevage !». Il a fait allusion aux «fake news» évoqués récemment par le Président de la République, lequel envisage un cadre législatif plus sévère dans le domaine de la circulation des fausses informations. La député Anne Blanc (La République en marche !) a dénoncé les actes de malveillances causant préjudice à la profession agricole, puis mis par ailleurs en avant l’importance des plans d’urbanisme concertés avec l’agriculture. «Ceux qui n’aiment pas le chant du coq ou le son des cloches ne doivent pas vivre à la campagne» a t-elle lancé. Evoquant les Etats généraux de l’alimentation, la député ajoute : «la prochaine loi doit avoir des effets sur le porte monnaie des agriculteurs».

Jean-François Galliard a lui aussi défendu l’agriculture départementale : «nous avons ici le condensé et la force d’un engagement collectif, mais aussi des inquiétudes nées de la déprise agricole. Je souhaite que l’Etat admette que ce département est aussi le vôtre Mme la préfète, pour travailler ensemble et avancer toutes et tous en même temps». Catherine de La Robertie a pris en compte tous ces messages avec la volonté apparente de s’impliquer avec enthousiasme dans sa nouvelle fonction. Elle a ensuite chaussé les bottes pour aller découvrir la salle de traite des brebis, avant de se rendre à la mairie de Montbazens.

D.B.

Méthanisation

Antoine Stouff a insisté sur le collectif agricole, à travers le projet de la SAS PROMETER qu’il préside, rassemblant plus de 70 agriculteurs désireux de créer une unité de méthanisation à Montbazens. «C’est un vrai projet d’entrepreneur, exemplaire, de transition écologique et solidaire, accompagné par les services de l’Etat, avec une garantie scientifique» a loué Catherine de La Robertie. «Bravo pour votre ténacité !».

«Le projet, dont la réflexion avait été initiée en août 2008» confie Antoine Stouff, a en effet demandé «sept années de travail assidu» pour mener à bien le montage du dossier réglementaire, en relation avec les services de l’Etat «qui nous ont bien accompagnés», selon l’éleveur. «Nous avons passé le cap administratif, et depuis février 2017, avons purgé tous les recours possibles, avec une communication partagée avec l’ensemble de la population», et les partenaires, l’Association Energies vertes agricoles du Montbazinois (avec les agriculteurs), ENERIA (expert-construction en production d’énergie), la Caisse des dépôts et consignation.

L’autorisation d’exploiter étant signée, la phase de financement est en cours avec un million d’euros de fonds propres apportés par les éleveurs. L’unité de méthanisation doit traiter environ 100 000 tonnes/an d’effluents d’élevage, plus des déchets des industries agroalimentaires partenaires, pour injecter dans le réseau collectif quelque 5 millions de m3 de biogaz. La première pierre devrait être posée durant l’automne 2018, pour une mise en fonction espérée en 2019-2020.

Le tour des filières

La profession agricole s’est réunie avec Catherine de La Robertie à la mairie de Montbazens. Le maire, Jacques Molières, lui a présenté les chiffres de la ferme Aveyron. Dominique Fayel a rappelé quelques points d’actualité, en premier lieu la zone vulnérable. Il a dénoncé la réglementation imposant «le rallongement des durées de stockage de lisier, nécessitant un investissement sans retour pour une contrainte sans utilité». Il a évoqué le dossier ICHN et le projet de réforme de la carte, et souligné les conséquences de la dernière sécheresse estivale dans le Sud-Aveyron, après des récoltes faibles. Il fut aussi question des lacs colinaires pour sécuriser les systèmes de production. S’agissant du loup, la profession agricole a repris les conclusions de l’INRA sur la non-protégeabilité des troupeaux. Selon la préfète, il faut être «créatif» dans le prochain plan loup (février ou mars). «Il est possible d’envisager une exception culturelle pour ce département en voie de colonisation», dans le cadre de la convention de Berne. Pour Jean-François Galliard, «ce problème du loup est un enjeu de société pouvant mettre en péril le cahier des charges de la filière Roquefort».

Dans le tour des productions, Michaël Chavatte (FDSEA) attend les effets positifs des Etats généraux de l’alimentation sur le prix du lait payé au producteur. Jean-Claude Virenque (UNICOR) a alerté la préfète sur les contraintes sanitaires liées à la FCO4 pour l’export des agneaux. En ovins lait, Patrick Géraud regrette «la perte de vitesse du Roquefort», mais a souligné la demande forte des éleveurs pour investir. En caprin lait, Christophe Estival a confirmé la bonne santé de la filière. En bovins viande, Dominique Fayel a détaillé le poids économique de la filière veaux d’Aveyron et du Ségala, des marchés exports, vers l’Italie ou les pays du Maghreb. Anthony Quintard a mis en avant la dynamique d’installations (128 en 2017). Philippe Viguier, vice-président Crédit Agricole Nord-Midi Pyrénées et Sabine Delbosc-Naudan, présidente-déléguée Aveyron MSA Midi-Pyrénées Nord ont clôturé les échanges.

04 janvier 2018

Aveyron : la nouvelle préfète déjà sur le terrain

Catherine Sarlandie de La Robertie a pris ses fonctions de préfète de l’Aveyron ce mardi 2 janvier, succédant ainsi à Louis Laugier nommé en Savoie. Elle était déjà sur une exploitation agricole ce jeudi 4 janvier pour y rencontrer la FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture.

Originaire de Courbevoie (Hauts-de-Seine), la nouvelle préfète de l’Aveyron est une universitaire de formation. Elle occupe son premier poste de préfet dans le cadre de la volonté du Président de la République d’ouvrir le corps préfectoral à la société civile, et aux femmes en même temps. Catherine Sarlandie de La Robertie, qui résume volontairement son nom à Catherine de La Robertie, «pour faire plus simple», découvre l’Aveyron depuis cette semaine. «Je me suis déjà entretenu évidemment avec mon prédécesseur Louis Laugier. Et j’entame dès cette semaine plusieurs rencontres avec des responsables aveyronnais», confie-t-elle.

Première rencontre agricole à Montbazens

Après les premiers rendez-vous programmés avec le maire de Rodez, Christian Teyssèdre, puis le président du Conseil départemental, Jean-François Gaillard, la nouvelle préfète de l’Aveyron a placé le secteur agricole au premier plan. Elle a rencontré les responsables FDSEA, JA et Chambre d’agriculture ce jeudi 4 janvier, sur l’exploitation ovine de Sylvie et Antoine Stouff à Roussennac, près de Montbazens, avant une réunion avec la profession agricole (1). «Je sais que ce département est celui de la filière Roquefort, de l’Aubrac avec ses vaches et son futur parc naturel régional. Le secteur agricole et agroalimentaire est important en Aveyron, et compte de nombreux éleveurs. Il fallait que je rencontre rapidement la profession dès mon arrivée». La préfète avoue ne pas connaitre le département, mais elle n’ignore pas l’origine de l’aligot «qui est fabriqué avec le fromage du pays !».

Entreprises et international

Catherine de La Robertie a également rencontré cette semaine les responsables de la Bosch, à Onet-le-Château, et se félicite que SAM Technologies, à Decazeville, «soit sauvée, suite à son rachat par des Chinois», en devenant Jinjiang SAM. Une langue chinoise qui figure parmi les langues parlées du Curriculum Vitae de Catherine de La Robertie, avec l’anglais, le russe, l’allemand et le japonais. Un CV dont la synthèse «se résume» à deux pages... : rectrice d’académie à Caen, directrice du pôle de recherche stratégie et économie d’entreprise et directrice du Master 2 stratégie et économie d’entreprise à la Sorbonne, chercheure associée CNRS-CREM (centre de recherche en économie et management), professeure des université es sciences de gestion université Paris 1, conseillère de Défense du préfet de Région Bretagne, colonel de gendarmerie (réserve citoyenne), sans compter les multiples responsabilités scientifiques internationales (Europe-Asie, Chine, Portugal...), etc... «Il faut savoir apprendre, se remettre en question, changer de métier parfois. J’ai en effet un parcours universitaire atypique, car j’aime m’investir dans beaucoup de choses» admet la préfète.

Travail et parole donnée

«Je suis quelqu’un qui a besoin d’action, du contact du terrain, et je remercie le Président de la République de me faire confiance avec cette nouvelle mission en Aveyron» dit-elle. «Cette marque de reconnaissance de la part du chef de l’Etat constitue pour moi un facteur de motivation». Elle poursuit : «je suis ici dans une belle région, dans un département qui a conservé les frontières de son ancienne Province, le Rouergue, avec de belles valeurs de travail et de la parole donnée. Et une identité forte, alliant tradition et modernité. C’est aussi une terre d’entrepreneurs». Elle glisse aussitôt : «le Président de la République veut que les préfets soient des entrepreneurs de l’Etat, c’est à dire une force de transformation par l’action sur le terrain». Et de conclure : «j’ai hâte de découvrir ce département connu par-delà les frontières, son patrimoine, sa gastronomie généreuse. C’est cette qualité de vie que je peux défendre, dans la sécurité afin de préserver la cohésion sociale».

D.B.

(1) La profession agricole a évoqué les productions aveyronnaises en général et les sujets d’actualité : la zone vulnérable, l’ICHN et les zones défavorisées, le dossier loup, l’installation… A lire dans notre prochaine édition.

28 décembre 2017

Le séchage en grange, technique dans l’air du temps

Depuis plusieurs années, on observe en Aveyron un important développement des installations de séchage en grange, porté par les nombreux atouts que cette technique présente. Toutefois, mettre en place un séchage en grange est un projet d’envergure, qui demande à être réfléchi et réalisé dans de bonnes conditions. La Chambre d’agriculture propose aux porteurs de projet un accompagnement sur mesure, à travers des conseils, de l’information et de la formation.

Depuis 2009, l’Aveyron connaît un engouement pour le séchage en grange de foin vrac, avec en moyenne une vingtaine de projets par an, qu’il s’agisse de nouvelles installations ou de l’agrandissement d’unités existantes.

Originaire des zones de montagne de la Suisse, de l’Autriche et de l’Est de la France (Jura, Savoie…), cette technique a pour but de conserver au maximum la qualité de l’herbe verte. Pour cela, l’herbe est récoltée à un stade précoce, le foin est engrangé avec un taux de matière sèche d’environ 55 à 60%, puis il est stabilisé après ventilation à 85% de MS.

Le temps de séchage au champ étant limité (en moyenne 48 h), tout comme les altérations chimiques et mécaniques qui dégradent la qualité du foin (effeuillage mécanique, UV...), les pertes en valeur alimentaire du fourrage sont minimisées.

De nombreux atouts

Les motivations des éleveurs pour cette technique sont multiples. Celle qui revient le plus fréquemment est de «faire du foin de qualité», suivie de la volonté «d’améliorer l’autonomie alimentaire et diminuer le coût alimentaire».

D’autres objectifs sont aussi affichés : augmenter la productivité de la prairie en commençant à faucher tôt ; faciliter la distribution ; augmenter la qualité du lait et avoir moins de risques sanitaires (listeria, butyriques), notamment pour la transformation de lait cru ; avoir des animaux en meilleure santé.

La technique du séchage en grange répond à ces motivations, aussi beaucoup d’éleveurs réfléchissent-ils aujourd’hui à mettre en place un tel projet sur leur exploitation. Cependant, c’est un projet majeur, aussi bien en terme d’investissement que de fonctionnement, et qui demande donc à être bien réfléchi.

Accompagnement pour les porteurs de projet

• Une formation spécifique. Pour tout savoir sur le séchage en grange avant de se lancer dans un projet, ou pour savoir comment piloter son installation, il est très utile de participer aux formations proposées chaque année sur le sujet. La première formation permet d’aborder la technique du séchage en grange pour ceux qui s’interrogent sur la mise en œuvre d’un projet chez eux : ce stage est prévu en début d’année, les 26 et 29 janvier prochains (voir encadré). La seconde formation traite de l’optimisation du pilotage d’un séchage en grange et de sa performance énergétique globale.

• Conseils pour concevoir ses installations. La Chambre d’agriculture accompagne les éleveurs pour les conseiller sur le dimensionnement et l’agencement de leur future installation de séchage. Il s’agit d’adapter de manière cohérente la taille des cellules aux besoins fourragers des troupeaux, à la SFP, aux rythmes de récolte souhaités. Ces volumes ont aussi des répercussions sur la taille du capteur solaire, les entrées d’air, la puissance des ventilateurs et l’aménagement précis des cellules (caillebotis, gaines, diffuseurs…).

• Un dispositif d’aide financière intéressant. Depuis 2015, la région Occitanie pilote le dispositif d’aide aux investissements agricoles PCAE qui permet de soutenir les projets de bâtiments d’élevage, de gestion des effluents et déjections, de salle de traite, de stockage de fourrage. Dans ce cadre, la Chambre d’agriculture vient en appui aux éleveurs pour les aider à monter leurs dossiers de subvention et pour réaliser les études techniques nécessaires à l’instruction des demandes d’aides : diagnostic énergie, étude gestion des effluents et déjections.

Benoit Labascoule, conseiller énergie

Chambre d’agriculture

14 décembre 2017

Concours de jugement d’animaux par les jeunes (CJAJ) : dix Aveyronnais en finale à Paris

Mercredi 6 décembre, les lycées agricoles de Rodez La Roque et de La Cazotte à St Affrique organisaient les finales départementales des Concours de Jugement d’Animaux par les Jeunes (CJAJ) pour l’espèce bovine à La Roque et pour les espèces ovine et équine à La Cazotte. Dix jeunes se sont sélectionnés et représenteront le département à la finale nationale au Salon de l’agriculture 2018.

Environ 100 jeunes à La Roque et 165 à La Cazotte ont participé aux trois compétitions départementales de jugement d’animaux (bovins, ovins et équins). Ces jeunes de 15 à 25 ans sont de plusieurs niveaux, lycéens, étudiants, apprentis de l’enseignement agricole.

Quelle que soit l’espèce, ce concours permet de valoriser l’aptitude des jeunes, au pointage et à l’appréciation morphologique des animaux. Ainsi, ils sont sensibilisés à l’importance de la description et de l’appréciation morphologique des animaux dans le travail de sélection et pour le revenu de l’éleveur.

Cette expérience pratique vient aussi appuyer les actions de formation professionnelle réalisées dans ce domaine aussi bien par les Organismes de Sélection et syndicats de races que par les établissements d’enseignement agricole, les instituts techniques, les établissements départementaux de l’élevage.

L’épreuve du CJAJ est appelée trophée du meilleur pointeur de race (TMPR). En races bovines (laitière ou allaitante), chaque élève juge deux vaches appartenant à une des quatre races au choix : Aubrac, Limousine, Montbéliarde ou Prim’Holstein. Leur pointage est comparé à celui d’un jury de professionnels.

Les 6 meilleurs pointeurs des races bovines représentent l’Aveyron au Concours Général Agricole lors du Salon International de l’Agriculture à Paris (du 24 février au 4 mars 2018).

Au lycée agricole La Roque, la finale départementale du Concours de Jugement d’Animaux par les Jeunes (CJAJ) pour l’espèce bovine a rassemblé 105 jeunes issus de quatre établissements de l’enseignement agricole aveyronnais (Rodez La Roque, CFPPA La Roque, Pôle de formation de Bernussou, MFR Naucelle).

Le podium des lauréats en races bovines

Dans chaque race en compétition, Prim’Holstein, Montbéliarde, Limousin et Aubrac, les trois premiers ont été récompensés :

Prim’Holstein :

1- Marie Brast - LEGTA La Roque

2- Théo Delagnes - LEGTA La Roque

3- Julien Albouy - LEGTA La Roque

Limousin :

1- Rémi Besse - pôle de formation de Bernussou

2- Anthony Vigignol - pôle de formation de Bernussou

3- Jean-Marie Delbez - pôle de formation de Bernussou

Aubrac :

1- Gauthier Nolorgues - LEGTA La Roque

2- Tony Trepsat - LEGTA La Roque

3- Pierrick Arvieu - pôle de formation de Bernussou

Montbéliarde :

1- Margot Rouquié - LEGTA La Roque

2- Fabien Puech - LEGTA La Roque

3- Axel Poulhès - LEGTA La Roque

Six d’entre eux sont qualifiés pour la finale nationale au Salon de l’agriculture à Paris : Marie Brast, Rémi Besse, Anthony Vigignol, Tony Trepsat, Gauthier Nolorgues, Margot Rouquié.

Les quatre lauréats en ovins et équins

Quant à la finale départementale du concours de jugement d’animaux par les jeunes pour les espèces ovines et équines, elle s’est déroulée le 6 décembre au lycée La Cazotte.

Ils étaient 83 participants à la finale départementale en ovins et 82 en équins.

Pour les ovins, les deux finalistes sont Ludovic Vesy et Valentin Bertrand, tous les deux étudiants à La Cazotte.

Et en équins : Carla Gineste du lycée agricole La Roque et Annabelle Fourcade, étudiante au lycée agricole de La Cazotte.

Ces quatre finalistes monteront donc à Paris lors du SIA pour participer à la finale nationale et ainsi défendre les couleurs de l’Aveyron.

Les enseignants et responsables des établissements agricoles participants ainsi que l’ensemble des partenaires dont les organismes de sélection et les syndicats de races, souhaitent bonne chance pour l’épreuve finale.

EvaDZ (source lycée agricoles La Roque et La Cazotte)

07 décembre 2017

Trophée national des lycées agricoles (TNLA) : une première pour le lycée La Roque !

Pour sa première participation au Trophée national des lycées agricoles (TNLA) au prochain Salon de l’agriculture à Paris, le lycée La Roque a mis la barre haute. Trois étudiants de BTS PA 2e année sont mobilisés pour coacher six de leurs collègues (+ 2 suppléants). L’aventure a démarré !

Jérôme et Edgar ont participé au Trophée national des lycées agricoles en 2015 au Salon de l’agriculture, dans leur lycée. Marqués par cette expérience, ils ont voulu la partager en arrivant cette année, au lycée La Roque. Rejoints par Sarah, pour leur PIC (projet initiative et communication), ils ont décidé de coacher une équipe de 6 jeunes du lycée (+2 suppléants) car ils ne peuvent participer deux fois au Trophée. «C’est une expérience inoubliable que l’on vit collectivement et qui apporte beaucoup dans notre parcours», avancent Jérôme et Edgar. «Nous avions envie de la revivre et de la faire connaître dans le lycée La Roque que nous venons de rejoindre et qui n’y avait jamais participé».

Sarah, Edgar et Jérôme ont donc mis au point un jury de sélection pour composer l’équipe de jeunes qu’ils vont coacher pour ce trophée. Affiches dans le lycée, interventions dans les classes pour présenter l’événement,… ils ont réussi à convaincre 25 candidats de tous niveaux confondus, filles et garçons. Un jury composé de professeurs techniques, du chef d’exploitation et des trois étudiants du PIC, a sélectionné la meilleure équipe (6 titulaires et 2 suppléants).

Ainsi Floriane, Océane, Volodia, Xavier, Gauthier, Estelle, Léa et Emmy coachés par Sarah, Edgar et Jérôme forment le collectif des Avey’Roquenais pour le Trophée national des lycées agricoles 2018. Ils sont en BTS PA 1ère année, suivent la nouvelle formation «Devenir ingénieur par le bac pro» ou sont en 1ère ou terminale STAV option productions agricole. Tous ont été séduits par cette aventure collective : «c’est un travail d’équipe où chacun est force de propositions», avance Océane. Beaucoup apprécient aussi cette expérience au Salon de l’agriculture à Paris. «Notre équipe a un beau profil avec des compétences diverses et complémentaires», avance Edgar.

L’équipe et sa vache Aubrac Idylle, suitée

Ce projet nécessite en effet, une certaine polyvalence, il se décline en plusieurs volets. L’épreuve n°1 porte sur la communication (création d’une affiche sur le thème du salon «l’agriculture : une aventure collective», réalisation d’une page facebook déjà ouverte : «Le collectif Avey’Roquenais» https://www.facebook.com/collectifaveyroquenais, décoratiaon de la stalle au Salon).

L’épreuve n°2 consiste dans la manipulation d’un bovin (de l’exploitation du lycée) en toute sécurité. L’équipe a choisi sa vache Aubrac Idylle, qui vient tout juste de mettre bas (le nom du petit veau est encore en débat mais il commencera par la lettre N). Sa présentation en anglais et en français devant un jury au Salon, sera l’objet de l’épreuve n°3. Enfin la dernière épreuve évaluera l’implication des jeunes sur le salon, cela passe par leur comportement lors de l’événement et tout au long de la semaine.

«Choisir une vache Aubrac nous met bien dans le sujet puisque le Salon met à l’honneur cette race mais c’est aussi une pression ! Nous devrons bien faire !», sourient les jeunes. Pour les aider à relever le défi, l’équipe s’appuie sur les conseils de leurs enseignants, Carole Bes, enseignante en agronomie, Jérôme Hercouët, le chef d’exploitation du lycée, M. Letournel qui suit les jeunes pour leur PIC,… «L’aventure ne se joue pas qu’à Paris, nous l’avons d’ores et déjà démarré avec notre page Facebook, la recherche de sponsors (lire encadré), l’élaboration de notre affiche et bien sûr le soin apporté à notre égérie, Idylle !», poursuivent les membres de l’équipe. Un seul objectif : gagner !

La pression est en effet grande pour tous puisqu’il s’agit de la première participation du lycée La Roque dans ce Trophée. Une expérience qui ravit son directeur, Noël Boissonnade qui a déjà vécu cette expérience du TNLA dans un autre établissement : «je suis vraiment fier que La Roque participe à ce Trophée, cela manquait à la notoriété de notre établissement», sourit-il. «Cette épreuve demande une grande implication des jeunes accompagnés de leurs enseignants. l’important c’est de donner le meilleur de soi, de ne pas avoir de regret et si la victoire est au bout c’est encore mieux !», a-t-il encouragé, apportant tout son soutien à l’équipe.

Eva DZ

30 novembre 2017

Association Prim’Holstein Aveyron : Stéphane Le Foll devant plus de 150 éleveurs laitiers

Stéphane Le Foll était l’invité de l’association Prim’Holstein Aveyron à l’occasion de sa traditionnelle journée technique. Plus de 150 éleveurs laitiers sont venus écouter l’ancien ministre de l’agriculture, aujourd’hui député européen et membre de la commission de l’agriculture et du développement rural, lundi 27 novembre.

Un cadre inédit pour accueillir un ancien ministre de l’agriculture ! L’association Prim’Holstein Aveyron a invité Stéphane Le Foll à venir échanger avec plus de 150 éleveurs, le 27 novembre à la discothèque Le Privilège à Onet le Château.

Pendant près de 2h, le député européen et membre de la commission de l’agriculture et du développement durable a échangé avec les éleveurs sur «le rôle des responsables politiques au cœur de la crise face aux géants de l’industrie laitière et de la distribution», une crise qu’il a vécue de près lorsqu’il était aux affaires agricoles sous l’ère François Hollande.

Il en a donné les raisons et quelques éléments d’explication, n’hésitant pas à aborder quelques anecdotes qui permettent de mieux comprendre les arcanes d’un gouvernement et surtout ses marges de manœuvre. «Lorsque la fin des quotas a été effective en 2015, le marché laitier s’est ouvert et a été tenté par la conquête du marché chinois, considéré comme le Pérou ! La production s’est emballée, le marché chinois s’est retourné deux ans plus tard et les ennuis ont alors commencé !».

Les raisons de la crise

Stéphane Le Foll est revenu longuement sur l’augmentation de la production de lait en Europe : «les débats ont été durs pour arriver à ne pas faire augmenter la collecte de plus de 1% par an et comme à chaque fois, nombre de pays sont passés outre, atteignant parfois 6% de hausse !», se souvient-il. Il se remémore aussi les pressions qu’il a subies pour ne pas voter les sanctions envers ceux qui dépassaient le seuil : «La France a respecté la feuille de route et j’ai tenu bon pour que des sanctions soient prononcées envers ceux qui ne la respectaient pas parce que cet emballement de la production pénalisait le marché et le prix».

«Il faut savoir que les pays n’ont pas tous la même philosophie. En Allemagne, c’est le marché qui prime sur le reste, c’est lui qui doit équilibrer l’offre et la demande. Comme aux Pays-Bas, ils ont une vision de commerçants et non de producteurs», souligne Stéphane Le Foll. Le temps est un facteur important sur la scène européenne et internationale : «il a fallu du temps pour changer la stratégie du 1% par an de hausse de production, il a fallu du temps pour mettre en place les interventions et enfin il a fallu du temps pour que la production soit freinée, et en attendant le prix aux producteurs souffre et même si les producteurs français ont été les bons élèves, ils ont quand même souffert car le problème ne peut être résolu qu’à l’échelle européenne».

La clé du mix laitier

Le prix mondial du lait est fixé par rapport à la poudre de lait. «Le mix laitier c’est ce que les industriels transforment. Ils s’ajustent sur le prix mondial et achètent la matière première au même prix qu’ils transforment aussi bien en lait, en yaourts, en fromages... Où va la marge ? A cela il faut ajouter la baisse du prix du pétrole, le crédit d’impôt compétitivité emploi aux entreprises... Je vous le dis, la crise ce n’est pas pour tout le monde !», ironise l’ancien ministre de l’agriculture. «Certains avaient sûrement de bonnes (ou de mauvaises) raisons de cacher leurs chiffres !». Même s’il convient que certaines industries laitières sont en difficulté : «la position d’un ministre n’est alors pas aisée dans ce contexte parce qu’il faut aussi penser aux entreprises françaises, de la production à la transformation».

Stéphane Le Foll ne ménage pas plus les distributeurs. «A la veille du Salon de l’agriculture, les pressions étaient nombreuses alors que se tenaient les négociations des contrats commerciaux entre industriels et distributeurs ! Dans un contexte de la politique du prix le plus bas !». L’ancien ministre de l’agriculture évoque bien la loi Sapin 2 qui oblige les acteurs de la filière à plus de transparence dans le prix et les négociations commerciales mais elle ne résout pas tout. «L’organisation au sein de la filière laitière est une nécessité, au sein aussi des associations de producteurs. Il n’y aura pas de sortie positive sans davantage de transparence dans les négociations commerciales pour valoriser les produits et répercuter cette valorisation aux producteurs», poursuit Stéphane Le Foll. «C’est ce qui vous permettra de vous démarquer du prix mondial basé sur des produits standards à faible valeur ajoutée», a-t-il conseillé.

L’agroécologie en cheval de bataille

La régulation de la production à l’échelle européenne par les responsables politiques et les syndicats agricoles, l’organisation collective des producteurs dans la filière sont les clés de réussite pour Stéphane Le Foll qui encourage aussi les producteurs à limiter leurs investissements prenant l’exemple de l’optimisation du matériel en CUMA, le partage du travail en GAEC. «La spécificité agricole du rapport au foncier peut constituer un frein, nous sommes dans un cadre de petites structures avec des capacités financières dignes de l’industrie lourde ! Le besoin de capitaux doit être moindre pour enclencher le processus de production plus facilement». En cela, les GIEE peuvent être un outil de mutualisation des pratiques. La notion d’agroécologie, chère au cœur de l’ancien ministre de l’agriculture, peut aussi être une piste : «Nous pouvons produire en tirant le meilleur parti de l’écosystème», évoquant la bio-économie, la diversité des sols, la mutualisation des assolements, la méthanisation,...

Eva DZ

16 novembre 2017

Journée pâturage à Flavin : un pâturage performant, c’est possible !

Chaque année dans le cadre de l’opération Agri Viaur, le syndicat mixte du bassin versant du Viaur organise une journée thématique en partenariat avec la Chambre d’agriculture. Elle avait lieu vendredi 10 novembre à Flavin sur la gestion performante du pâturage.

«De plus en plus d’agriculteurs se tournent vers le pâturage, l’herbe revient au cœur des discussions dans la gestion des exploitations», entame Maxime Rigal, co-président avec Nadine Vernhes de l’opération Agri Viaur. «L’herbe est la principale ressource dans la majorité des élevages aveyronnais et le pâturage est le moyen le plus simple de la valoriser d’un point de vue économique mais aussi environnemental puisqu’il limite l’érosion des sols, le lessivage par les nitrates, l’utilisation de produits phytosanitaires,...», complète Benoît Delmas, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture.

De plus en plus d’agriculteurs adeptes du pâturage

La demande des agriculteurs de l’Aveyron est grandissante quant à la gestion optimisée du pâturage. En 2017, huit groupes de formation se sont retrouvés pour parler du pâturage tournant. D’autres formations sont déjà prévues pour 2018. D’où l’idée partagée avec le syndicat mixte du bassin versant du Viaur de proposer une journée en commun sur cette thématique ouverte à tous les éleveurs intéressés. Organisée dans le cadre de l’opération Agri Viaur, cette journée a rassemblé plus de 80 participants, éleveurs, techniciens et étudiants, vendredi 10 novembre à Flavin.

Les participants ont écouté avec beaucoup d’attention, le spécialiste invité pour l’occasion : Bertrand Cailly ancien chef d’exploitation dans un lycée agricole de Nancy où il a expérimenté le pâturage exclusif. «Je suis venu partager mon expérience sur le pâturage en conditions séchantes un peu comme chez vous !», a-t-il introduit. «Dans un paysage de grosses structures sociétaires dans la région de Nancy, nous avons fait le pari de l’économie de gamme pour notre élevage de 80 vaches laitières dans un lycée agricole. Nous avons fait le choix d’une production maintenue à 400 000 litres de lait, plutôt que de doubler, en diminuant de moitié les charges liées à l’alimentation», poursuit le spécialiste.

L’humain a été au cœur de la démarche puisque l’idée était de maintenir la main d’œuvre salariée sur la ferme (deux salariés et un apprenti) et de l’impliquer au maximum dans ce nouveau système. «Ce fut l’une des conditions de réussite !», selon Bertrand Cailly.

Un système autonome et économe

La ferme de ce lycée agricole en région Lorraine valorisait 280 ha de SAU dont 140 ha de pelouses calcaires dédiés au troupeau de 200 brebis, 50 ha de cultures et 90 ha en herbe (prairies temporaires à 75% et prairies permanentes). «Notre structure devait équilibrer financièrement son fonctionnement. En 2005, nous avons fait le choix de nous orienter vers un système économe et autonome sur la base d’une cohérence globale entre l’homme, le sol, la plante et l’animal», a expliqué Bertrand Cailly. Il a fallu du temps certes mais le résultat est au rendez-vous puisque les charges opérationnelles ont baissé de 50 000 euros pour un même produit brut. «Nous avons avancé pas à pas en mettant en place les évolutions au fur et à mesure de l’amélioration économique», détaille Bertrand Cailly. «L’objectif était bien de mettre en œuvre des alternatives économiques crédibles pour développer l’EBE, rémunérer la main d’œuvre et investir». Les investissements en bâtiments et matériels sont désormais financés uniquement par l’activité de production, de même que la rémunération des deux salariés et d’un apprenti qui n’est pas une variable d’ajustement.

L’exploitation a aussi travaillé sur le développement de l’agroforesterie puisqu’autour du pâturage elle a créé de l’ombre avec des arbres pour les animaux, elle a géré avec des haies, le cloisonnement des paddocks à pâturer. «Ce n’est certes pas une activité à part entière mais nous avons augmenté notre production de biomasse», poursuit Bertrand Cailly qui n’oublie pas l’action pédagogique derrière ce projet. «C’est important aussi de montrer aux jeunes, le rôle de la photosynthèse». L’exploitation a arrêté la culture du maïs et a stoppé également le labour. «Nous misons sur le mélange variétal avec une dizaine d’espèces, là encore pour diminuer les charges opérationnelles de mécanisation».

Une marge brute de plus de 1 000 euros par vache

Economiquement, même si le niveau de production a baissé à 6 000 litres par vache (contre 9 000 auparavant), les hectares mis à disposition de la SFP lait n’en sont pas moins performants. La marge brute par ha de SFP est de 1 150 euros, 1 290 euros par vache et 79 000 euros par UTH. Sans oublier un coût de concentré bien réduit à 14 euros/1 000 litres (autour de 300 à 400 kg par vache). «Intensifier la productivité des prairies par des techniques de pâturage adaptées s’avère judicieux économiquement. Les résultats économiques pour ceux qui s’investissent bien dans un système de pâturage sont bien réels», conclut Bertrand Cailly. Il n’exlut pas non plus le développement de nouvelles technologies pour aider les éleveurs à diminuer le temps passé à la gestion de l’herbe par des mesures précises de hauteurs d’herbe, des densités réelles instantanées, la mesure de l’ingestion réelle ou de l’efficacité alimentaire...

Ce partage d’expériences peut permettre aux agriculteurs de tirer la meilleure valorisation possible de leurs prairies.

Eva DZ

16 novembre 2017

Race Aubrac : en haut de l’affiche du prochain SIA

Haute c’est son nom, tiendra le haut de l’affiche du prochain Salon de l’agriculture du 24 février au 4 mars. Depuis 1993 la race Aubrac n’avait pas été à l’honneur du grand salon parisien et c’est une première pour une vache. L’égérie de 6 ans a été sélectionnée dans l’élevage de la famille Dijols à Curières. La réaction d’Yves Chassany, président de l’UNION et de l’UPRA Aubrac.

- Le Salon de l’agriculture a officialisé mercredi 15 novembre, Haute, vache Aubrac comme égérie de sa prochaine édition. Quel est votre sentiment ?

Y. Chassany : «C’est une reconnaissance du travail engagé par les éleveurs Aubrac depuis plusieurs décennies. Depuis 1994 et le centenaire du livre généalogique, depuis 2008 et notre premier concours national dans le cadre du Sommet de l’élevage et depuis l’année dernière et notre Semaine européenne des races de massif à St Flour, les éleveurs Aubrac ont beaucoup appris, dans le dressage et la présentation de leurs animaux, dans la qualité en général et dans la communication. Ensemble nous allons apprendre à aller vers la société pour apporter des réponses qui compteront pour l’avenir de nos zones rurales. Cette candidature retenue pour l’égérie du Salon de l’agriculture est une vraie satisfaction pour l’ensemble de la race et une reconnaissance du chemin parcouru.

- Ce n’est pas une première pour la race Aubrac ?

Y. Chassany : En effet, la race Aubrac a été une fois à l’affiche du Salon de l’agriculture avec un taureau de l’élevage Mathieu à Laguiole mais c’est la première fois qu’une vache Aubrac a été choisie comme égérie. Et ces dernières années, cette star est particulièrement mise sous les projecteurs des medias en particulier avec l’essor d’internet et des réseaux sociaux. Cette candidature nous la devons à mon prédécesseur, Henry Peyrac, qui l’avait déposée il y a deux ans.

- Cette mise en avant jusqu’au Salon et pendant les huit jours de l’événement parisien va apporter une certaine lumière à la race. Quels sont les enjeux pour l’Aubrac ?

Y. Chassany : J’en vois plusieurs. Cette exposition est d’abord un vrai challenge à relever parce qu’elle demande pour l’élevage de l’égérie, en l’occurence la famille Dijols à Curières, une mobilisation quasi quotidienne tant les sollicitations seront nombreuses. L’Aubrac va franchir un stade dans sa communication sur la race et ses atouts, ses signes officiels de qualité et la valeur ajoutée amenée aux territoires. Nous en profiterons pour porter un message fort sur le rôle de l’élevage dans les territoires. Un territoire Aubrac qui est d’ailleurs largement associé à cet événement. Nous ne manquerons pas de communiquer le lien étroit qui existe entre l’élevage et notre gastronomie, notre tourisme, nos activités artisanales,... La race est lien de manière indéfectible à son territoire et inversément.

Enfin nous porterons un certain nombre de messages aux élus et aux responsables professionnels sur la place déterminante de l’élevage dans le maintien de la vie économique sur les territoires mais aussi de la préservation de l’environnement et du développement de l’emploi. Cet événement tombe au bon moment pour la race Aubrac parce que nous sommes passés de 100 000 vaches en 2000 à plus de 200 000 aujourd’hui. Les éleveurs Aubrac où qu’ils soient en France ont besoin d’être accompagnés. Au bon moment aussi parce qu’il correspond à la prochaine labellisation du Parc naturel régional de l’Aubrac dans laquelle la race Aubrac est pour beaucoup, elle figure d’ailleurs sur le logo du futur PNR. Sur ce territoire labellisé et reconnu comme faisant partie de l’excellence, l’activité de l’élevage et l’agriculture en général donnent toute leur qualité aux paysages et contribuent à la préservation de l’environnement.

Enfin à l’heure où la société s’interroge beaucoup sur l’élevage et la consommation de viande, l’Aubrac comme d’autres races, à travers ses pratiques d’élevage, ses démarches de qualité, porte un discours rassurant auprès des citoyens et des consommateurs. En œuvrant pour l’optimum plutôt que pour le maximum pour nos vaches, en misant sur une conduite basée sur l’herbe, nous sommes en mesure d’apporter des réponses aux questions de la société».

Recueillis par Eva DZ

26 octobre 2017

Remise en cause de l’élevage : maintenir le dialogue

Le Groupe COSE ! (contre les oppositions sociétales à l’élevage) réunit toutes celles et ceux qui veulent reprendre la parole pour défendre le secteur d’activité agricole. Ouvert à tous, il est composé de plusieurs cellules de travail sur différentes thématiques auxquelles chacun peut apporter sa contribution : filières et partenaires, témoins et experts, sujets sensibles, réseaux sociaux, interpellations médiatiques, formations, chartes rurales, enseignement. Explications des enjeux de ce groupe avec ses participants.

Huit cellules d’action

Filières et partenaires

Marc Ferrieu (Crédit Agricole de Cassagnes-Begonhès). «Nous voulons rassembler toutes les filières et les OPA de l’Aveyron dans ce groupe qui veut être une sorte de «baromètre» face aux oppositions sociétales qui réagissent face aux dossiers concernant le loup, les abattoirs, les projets de porcheries, d’élevages de canards, etc. C’est donc un groupe qui opère une veille sur tous ces sujets sensibles.?Il est composé de personnes très motivées !».

Témoins et experts

Bernard Lacombe (président de FODSA-GDS 12) : «Cette cellule a pour objectif de mettre en réseau les organismes qui interviennent sur le sujet du bien-être animal. Le GDS 12 est le premier interlocuteur des pouvoirs publics lorsque sont détectés des cas de maltraitance sur une exploitation. La structure se devait donc de participer à ce groupe de travail, qui pourra accompagner les éleveurs en difficulté qui le souhaitent. L’autre objectif est de mettre l’expertise de chacun des participants au profit des personnes qui se retrouvent sous les feux médiatiques à propos de sujets sensibles».

Interpellations médiatiques sur des sujets sensibles

Joël Mazars et Germain Albespy : «Les polémiques liées à l’agriculture alimentent abondamment la sphère médiatique. Certains agriculteurs ou autres acteurs du milieu agricole peuvent se retrouver à témoigner dans la presse sur des sujets plutôt sensibles. Avec l’appui du réseau de la cellule «Témoins et experts» et de nos organisations nationales, nous souhaitons créer un outil à disposition des personnes interviewées, afin qu’elles puissent préparer leur intervention et avoir accès à des données techniques et scientifiques compréhensibles. Nous proposons aussi un debriefing pour accompagner jusqu’au bout ces témoins pas toujours familiarisés avec ce type de prise de parole».

Réseaux sociaux

Anthony Quintard (co président de JA Aveyron) : «Aujourd'hui la majorité des 15-35 ans considère les réseaux sociaux comme une source d'information. A l’instar des détracteurs de l’agriculture, nous nous devons nous aussi d'être présents, mais plutôt dans une communication positive, mettant en avant nos activités quotidiennes. L’objectif de la cellule est d’accroître la communauté des agriculteurs connectés, et de proposer une méthodologie pour une communication efficace, afin d'être vus et compris, et d'éviter les pièges de ces types de media».

Sujets sensibles

Laurent Saint Affre (FDSEA) : «Le groupe auquel je participe veut donner les clés pour permettre aux éleveurs de parler de la réalité de leur métier, de le défendre aussi face aux attaques dont il est l’objet. D’être capables de s’exprimer parce que souvent on parle à notre place ! Il nous faut en même temps être attentifs aux attentes sociétales, les comprendre et les prendre en compte. L’idée est de présenter dans La Volonté Paysanne un argumentaire sur un sujet précis de façon à être plus serein au moment d’en parler. Le journal sera notre relais dans ce travail d’accompagnement auprès des agriculteurs».

Enseignement

Clément Lacombe (secrétaire général JA) : «Nous ciblons deux types de public dans ce groupe de travail : les consommateurs de demain, actuellement en primaire et collège, et les futurs agriculteurs, ou salariés agricoles, à travers les établissements d'enseignement agricole, du lycée jusqu'aux écoles d'ingénieur. Avec les premiers nous souhaitons recréer le lien entre alimentation et agriculture, en leur faisant découvrir les réalités des activités agricoles. Auprès des étudiants en filière agricole, nous voulons les sensibiliser aux attentes sociétales et aux évolutions du métier d'agriculteur».

Formations

Pierre Joffre (Mission Bio Chambre d’agricultrure) : «Nous voulons programmer des formations pour les responsables agricoles axées sur la prise de parole médiatique.?Notre profession doit mieux maîtriser sa manière de communiquer sur les sujets sensibles, tout en favorisant les échanges avec l’ensemble de la société.?Il est aussi question de proposer aux agriculteurs et acteurs des filières des formations au dialogue sociétal.?Il faut éviter le «dialogue de sourd» sur les sujets qui nous préoccupent !».

Chartes rurales

Benoît Fagegaltier (FDSEA) : «Notre travail est ciblé sur les relations entre les agriculteurs et les ruraux, afin de favoriser les liens entre tous ceux qui composent la ruralité, et de communiquer à travers des chartes rurales. Les agriculteurs doivent s’impliquer dans les communes, les Communautés de communes pour être partie prenante dans les décisions prises au sein de toutes les instances locales».

19 octobre 2017

Concours départemental à Laguiole : l’Aubrac, moteur du développement local

Quand le Taureau de Laguiole du haut de ses 70 ans raconte à son petit-fils son histoire ! C’est le scenario imaginé par Eric Raulet pour la table-ronde du 15 octobre. La salle des fêtes de Laguiole était comble pour écouter les interventions d’André Valadier, président du syndicat mixte de préfiguration du PNR Aubrac, de Michel Bras, chef étoilé laguiolais et de trois chercheurs, Claude Béranger, Geneviève Cazes Valette et Jacinthe Bessière.

L’histoire de l’Aubrac par Claude Béranger

En 1947 à sa naissance, le Taureau était dans une situation confortable : plébisicité par les agriculteurs de toute la France, il était vendu pour sa force motrice. Il était aussi élevé pour sa viande et les femelles pour leur lait transformé dans les burons. Mais l’après guerre a vu l’arrivée de la mécanisation. Le tracteur remplace les bœufs tarissant alors la richesse de la race Aubrac. La désertification gagne du terrain dans les montagnes, vidant les burons de leur main d’œuvre. Les races rustiques sont déconsidérées. De 350 000 têtes, l’Aubrac tombe à peine à 60 000 dans les années 70.

Mais c’est mal connaître l’Aubrac portée par tout un territoire et des Hommes opiniâtres de penser que ce plateau va abandonner sa ressource principale. Ils transforment leur race Aubrac en allaitante, se diversifiant par le biais du croisement Charolais, s’organisent autour d’un schéma de sélection avec l’Union Aubrac en 1979, suivi de la station d’évaluation à La Borie. Les qualités maternelles et bouchères, la rusticité sont recherchées. La race Aubrac dépas-se aujourd’hui les 200 000 têtes. La viande est qualifiée par des signes de qualité. Le rameau laitier renaît avec Jeune Montagne.

La vocation d’un territoire par André Valadier

«La cistre, herbe présente depuis des siècles sur l’Aubrac et emblème de la Maison Bras est la démonstration du décloisonnement entre l’étable et la table. Le territoire a une vocation que l’on ne peut biaiser. Après bien des péripéties, le Taureau qui a craint d’être le seul survivant, est aujourd’hui un symbole de cohésion et de solidarité de tous les acteurs du massif de l’Aubrac. Le projet de PNR Aubrac prend exemple sur ce qu’a été le Taureau : il a permis de resserrer les liens autour d’un projet rural, un rempart contre l’érosion démographique, offrant des perspectives d’économies issues du troupeau, du patrimoine. Le slogan : la tradition sans modernité est stérile et la modernité sans tradition est aveugle, scelle bien le destin de notre territoire».

Les Français sont toujours des viandards ! selon Geneviève Cazes Valette

«Certes la consommation de viande est en baisse mais elle reste toujours élevée puisque plus de la moitié des Français disent manger de la viande tous les jours. Seuls 3% de la population ne mangent jamais de viande même s’ils font beaucoup de bruit autour de celà ! Par contre la baisse de consommation de viande est continue : 54% des Français (contre 41% en 2015) disent qu’ils mangent moins de viande et les prévisions sur 3 ans sont sur la même tendance baissière. Je suis optimiste pour l’Aubrac car son mode d’élevage basé sur le pâturage, va dans le sens des attentes de la société. Pas de panique si le consommateur mange moins de viande, il mise sur la qualité».

La grillade d’Aubrac selon Michel Bras

«La viande d’Aubrac a gagné en qualité et est toujours plébiscitée. Au restaurant du Suquet, le menu légume n’est pas plus prisé qu’avant. Quand on vient en Aubrac, on vient pour manger de la viande ! Une viande pour être à son optimum est le fruit du travail passionné d’un éleveur. Pour une dégustation optimum, il faut sortir la viande du frigo quelques minutes avant de la cuire, la saisir à l’huile, rejeter l’huile puis la dorer au beurre, il faut l’accompagner, la caliner, l’arroser, l’écouter, et surtout ne pas la consommer tout de suite. Il faut autant de détente que de cuisson. Pour l’accompagner, une simple échalotte cuite dans le jus de cuisson, un assaisonnement au sel fin et gros mais pas partout et un tour de moulin de poivre noir?! Et pour la couper, la trancher à contre-fil avec un couteau de Laguiole bien sûr ! Parce que la viande d’Aubrac se mâche ! La tendresse de la viande vient aussi du fait de son tranchage».

L’Aubrac, leader du tourisme rural selon Jacinthe Bessière

«En vacances, les citadins recherchent des repères à contre-courant de ce qu’ils vivent. L’Aubrac les console et les réconcilie avec un certain imaginaire. Le touriste est mangeur, il est à la recherche de bons produits, d’un lien social avec les acteurs locaux (éleveurs, bouchers, restaurateurs,...), il cherche le goût de l’Aubrac, il apprécie le paysage entretenu, et surtout, une fois de retour chez lui, il va ramener des souvenirs pour prolonger les vacances et se faire l’ambassadeur du territoire qu’il a découvert. Ce regard extérieur est valorisant et nous fait comprendre qui nous sommes sur l’Aubrac».

Recueillis par Eva DZ

12 octobre 2017

Sommet de l’élevage : 93 000 visiteurs et un potentiel de développement important

Place forte du monde de l’élevage à l’échelle nationale, européenne et internationale, le Sommet de l’élevage, qui a fermé ses portes le 6 octobre à Clermont-Ferrand, confirme son attractivité en frôlant les 100 000 visiteurs. Un record.

2017 restera dans les annales comme l’une des éditions les plus réussies du Sommet de l’élevage. Une réussite d’abord par l’envergure du plateau d’exposition proposée (1 463 exposants répartis sur 78 000 m² de stands), réussie aussi par le spectacle inégalé des concours et présentations animales organisés dans l’enceinte prestigieuse du Zénith. Attiré par ce programme de choix, les visiteurs ne s’y sont pas trompés en participant en masse à cette 26ème édition. En trois jours, ils ont été 93 000 à déambuler dans les allées du salon, soit 5 000 de plus qu’en 2016. De quoi donner le sourire au président du Sommet, Jacques Chazalet : «Le professionnalisme et la convivialité du Sommet ont fait la différence. C’est désormais, un carrefour d’affaires international indéniable».

C’est d’ailleurs au niveau international que les organisateurs situent le potentiel de développement de l’événement. La perspective de la construction de la deuxième halle (voir encadré), confirmée en début de semaine par le président de Région, devrait faciliter ce développement.

«Une fenêtre sur le monde»

C’est justement pour honorer un rendez-vous international, que le ministre de l’agriculture a atterri à Clermont-Ferrand, jeudi, dans la soirée. Au programme pour Stéphane Travert : la réunion annuelle du comité mixte ministériel France-Iran, pour la première fois, délocalisée. La tenue de ce rendez-vous au cœur du berceau des races à viande ne doit rien au hasard. «Elle est le fruit d’un travail engagé avec l’Iran, invité d’honneur du Sommet de l’élevage. Ce pays est très intéressé par nos techniques d’élevage», suggère Benoît Delaloy, chargé de mission international au Sommet de l’élevage.

Si la teneur des échanges entre les dirigeants des deux Etats est restée confidentielle, en revanche, Stéphane Travert s’est prêté sans encombre et avec un plaisir non dissimulé aux échanges avec les éleveurs et les responsables professionnels, le lendemain, lors de sa visite du Sommet. Arpentant durant plus de trois heures le salon, le ministre a fourni des éclairages sur les sujets du moment.?Sur les Etats généraux de l’alimentation, en attendant les premiers arbitrages du Président de la République (lire en page 2), Stéphane Travert a rappelé la feuille de route du gouvernement?: «Il s’agit pour nous, de faire en sorte que les filières puissent bien contractualiser pour créer ses conditions de revenus avec les producteurs. Aujourd’hui, il y a une référence, c’est le consommateur. C’est celui qui vote, qui choisit une alimentation de qualité. Les consommateurs veulent une alimentation saine, durable et qui leur soit accessible, et c’est avec les filières que nous allons construire le dispositif pour y répondre».

L’ICHN : une préoccupation majeure

En plein cœur du Massif central, Stéphane Travert a également été interrogé sur les ICHN (Indemnités compensatoires de handicaps naturels). Aux inquiétudes des professionnels sur le budget qui leur est alloué, le ministre a répondu : «la priorité sur les ICHN, ce sont les zones de montagne. Ici, nous continuerons à aider les éleveurs avec l’ICHN. Nous avons obtenu de la Commission européenne que nous puissions effectuer une révision du zonage. Nous allons donc travailler avec nos partenaires à l’élaboration d’une nouvelle carte, et bien évidemment, notre priorité pour l’ICHN, ce sont les zones de montagne». Rassurant sur le budget ICHN, Stéphane Travert a été selon Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA, «beaucoup plus flou sur la révision du périmètre des zones défavorisées».

Enfin, à trois jours d’une manifestation contre le loup d’envergure, organisée à Lyon par le réseau FNSEA-JA-FNO (lire en page 3), le ministre a évoqué ce dossier sensible : «Défendre et protéger les éleveurs est notre objectif. Nous ne pouvons pas fonctionner durablement en terme comptable. Nous devons regarder ce qui se passe à l’échelle des territoires, en mettant des mesures importantes, là où l’impact est très fort». Reste à savoir ce qu’entend le ministre par mesures importantes…

Sophie Chatenet - PAMAC

31 aout 2017

Export : l’avenir de l’Aubrac se joue-t-il à l’Est ?

Cet été, 70 génisses pleines et un taureau ont pris la direction de la Lituanie. Un marché en pleine expansion, avec des éleveurs fortement intéressés par le savoir-faire français.

En attendant d’être chargées dans le camion du transporteur polonais, une trentaine d’Aubrac (1) profitent une dernière fois des pluies cantaliennes sur l’exploitation de Michel Bos à Cropières de Raulhac. Les espaces verts du Carladès et la vie de château, c’est terminé pour elles. Direction la Lituanie.

Une trentaine de leurs congénères ont déjà fait le chemin il y a environ deux semaines et après trois jours de voyage et pas loin de 3 000 km parcourus, elles les retrouveront.

Service après-vente

Ces jeunes Aubrac partent pleines, et devraient vêler juste après Noël. Pour Michel Bos, éleveur sélectionneur installé depuis 1977, vendre à l’étranger représente un «bon débouché» dans une filière «qui tourne un peu en rond» : «Beaucoup se mettent à l’Aubrac avec des veaux mâles qui se vendent 38 centimes d’euro de plus au kilo. Mais plus il y a de monde, moins il y a de marché... Alors, même si pour vendre il faut accepter des concessions, le marché s’ouvre et on essaye de le satisfaire».

Après la Roumanie l’an dernier, les pays de l’Est se révèlent être très friands de la belle vache au pelage froment. Les délégations n’hésitent pas à faire le déplacement dans le Massif central, comme à l’occasion de l’Ascension où des représentants lituaniens ont passé trois jours sur le territoire Aubrac, en visitant de nombreuses exploitations. L’opportunité pour eux de cerner la filière dans sa globalité (naissance, engraissement,...). C’est à cette période qu’ils ont signé pour embarquer 45 Aubrac, sur les 50 proposées par le GAEC Bos, un habitué de l’export avec notamment des embryons vendus dans les années 2000 aux États-Unis.

«Quand ils viennent chez nous, il faut leur expliquer deux choses», poursuit le vice-président de la race, «pourquoi on garde les cornes, et pourquoi on travaille en monte naturelle avec un taureau !». Et au fur et à mesure des rencontres, les a priori ont été balayés. «Avec les Aubrac, on leur livre aussi le mode d’emploi». «Avant, on expliquait ; maintenant, ils savent». Et ça, c’est surtout le travail de la SARL Nolorgues, basée à Golinhac, en Aveyron, présente sur la majorité des pays de l’Est. «Le marché avec la Lituanie est ouvert depuis 2004. Ils ont besoin de renouveler leur cheptel et ils accordent beaucoup d’importance à la façilité d’élevage», expose François Nolor-gues. «Le fait nouveau, c’est qu’avant, on devait expliquer, alors que maintenant, ils connaissent les qualités de l’Aubrac : sa capacité d’adaptation, sa facilité de vêlage, sa rusticité, sa longévité, sa valorisation économique,... D’autant qu’elle correspond parfaitement à la logique du monde économique : un veau par vache et par an».

Clean sanitairement

Les investisseurs lituaniens ont donc dans l’idée de passer en allaitant, augmenter leur cheptel de souche et démultiplier la vache. Pour les accompagner, la société Nolorgues assure «un service après-vente», gage essentiel de la réussite de l’opération. «On transmet notre vécu, sur l’alimentation, le sevrage,... 2?000 vaches Aubrac vivent en Lituanie depuis une dizaine d’années et s’ils en redemandent, c’est que nous répondons à leurs besoins». Sanitairement parlant aussi : garantie de la gestation avec les échographies, IBR, paratuberculose, BVD, besnoitiose : «Il faut être plus que clean pour les envoyer là-bas», dévoile l’épouse de Michel Bos. Cette démarche, soutenue par la coopérative CELIA et le Herd Book, répond aussi à «une volonté des instances raciales d’essayer d’exporter notre génétique française, surtout en Aubrac», reprend François Nolorgues. «On en vend autant que sur la zone ; même s’il y a plus de contraintes sanitaires, ça fait partie de leur demande». «Et puis ça fait travailler les labos, les vétérinaires, ce qui amène un plus localement», poursuit Michel Bos. À la rentrée, c’est la race Aubrac qui sera présente en Lituanie les 8 et 9 septembre, invitée sur un concours. De quoi confirmer la conviction de François Nolor-gues : «L’avenir de l’élevage est à l’Est».

M. Varnieu – L'union du Cantal

(1) Les Aubrac sont issues des élevages du GAEC Bos Maryline, à Lacapelle-Barrès, du GAEC Catays à Laguiole (12), du GAEC Bos père et fils à Cropières (Raulhac et Cézens) et de l’exploitation de Gérard Lacroix, à Gourdièges.

24 aout 2017

Vincent Manneville de l’Institut de l’élevage : «l’élevage herbivore contribue à la qualité de l’eau

Vincent Manneville de l’Institut de l’élevage participera à la table ronde lors de la journée mécanisation du 14 septembre organisée par la FD CUMA, à St Julien de Rodelle. Il explique la teneur de ses travaux et porte son regard sur la gestion des effluents d’élevage en Aveyron.

Quelles sont vos missions à l’Institut de l’élevage ?

V. Manneville : «Je travaille pour le service environnement de l’Institut de l’élevage, en particulier sur les impacts environnementaux de l’agriculture : les gaz à effet de serre, les émissions d’amoniac, la biodiversité,... Je participe aussi à un groupe national d’experts qui calent les modalités de fertilisation pour la grande région Auvergne : il s’agit d’un référentiel pour aider à la fertilisation des prairies et des parcelles. Enfin j’interviens aussi dans un cadre européen sur un programme qui liste les impacts agricoles sur l’environnement et les moyens de les limiter.

Ma dernière contribution est une étude sur la fertilité des sols. J’en livrerai les grandes lignes le 14 septembre.

Quel regard portez-vous sur la gestion des fertilisants agronomiques en agriculture ?

V. Manneville : L’élevage herbivore contribue à maintenir la qualité de l’eau. Plusieurs études chiffrées sur l’évolution de la concentration des eaux en nitrates sur l’ensemble des bassins français, demandées par la Confédération nationale de l’élevage, présentent de nombreux arguments. Les travaux que nous avons menés montrent qu’en 30 ans, via les mesures d’eau, la cartographie,... les zones d’élevage affichent une qualité de l’eau en amélioration et une teneur en nitrates plus basse. Et depuis 20 ans, une vraie dynamique est en marche notamment dans les zones à forte proportion de surfaces en herbe et en forêt, associé à l’impact favorable des PMPOA I et II (programme de maîtrise des pollutions agricoles).

Globalement en France, on observe une diminution d’utilisation d’engrais au profit d’une gestion raisonnée des fumiers, lisiers et déchets verts dans les parcelles. Entre 1990 et 2010, la Bretagne a baissé ses intrants de 38%, les Pays de la Loire 23% et Midi-Pyrénées 21%. La matière organique est désormais mieux gérée pour fertiliser les parcelles. Avant, le premier réflexe était de se débarrasser des déchets avant de réfléchir à une quelconque valorisation dans le sol. Aujour-d’hui il y a une vraie réflexion sur la gestion des effluents. En Midi-Pyrénées par exemple, le niveau de fertilisation moyen est de 53 kg/ha de SAU.

Et en Aveyron ?

V. Manneville : L’Aveyron fait partie de ces départements robustes où les nombreuses prairies permanentes conservent une bonne activité biologique. Sa densité de forêts et sa mosaïque de cultures sont aussi des atouts. L’élevage herbivore, majoritaire en Aveyron, avec ses prairies, offre un milieu stable riche en matières organiques.

Avez-vous quelques résultats ?

V. Manneville : Oui. Nous avons participé à l’étude menée tous les 5 ans sur la concentration en nitrates dans les eaux douces, par le ministère de l’écologie afin de réexaminer la délimitation des zones vulnérables et des programmes d’actions nitrates. Et nos études ont confirmé que les engagements des éleveurs dans les PMPOA, dans le conseil agronomique portaient leurs fruits. Cela a servi d’arguments dans le contentieux qui opposait la France et l’Europe sur les nitrates.

Quel sera l’objet de votre intervention le 14 septembre ?

V. Manneville : Je participe à la table-ronde pour donner mon point de vue sur la gestion des effluents dans l’équilibre d’une exploitation. Donner quelques repères sur la prescription, la période, les doses. Et apporter des éléments d’information sur le stockage au champ que l’Europe envisageait de supprimer. Nos études ont apporté les arguments visant à prouver que si ce stockage était adapté, il n’était pas polluant.

Les CUMA s’équipent davantage dans la gestion des effluents et déchets d’élevage. Qu’en pensez-vous ?

V. Manneville : Les CUMA, à leur niveau, contribuent aussi à la reconquête de la qualité de l’eau. De par leur matériel innovant, performant, moderne qui permet de mieux réguler l’épandage. Mettre la bonne dose, au bon moment est essentiel. La qualité de l’épandage est fondamentale et les CUMA sont tout à fait à même de remplir ce rôle. Les chantiers sont aussi aujourd’hui plus rapides et plus efficaces, ce qui permet de ne pas «matraquer» les sols afin de préserver la vie biologique».

Recueillis par Eva DZ

10 aout 2017

GDS Apicole de l’Aveyron : une équipe de techniciens à l’écoute

Michel Rives préside le Groupement de défense sanitaire apicole (GDSA) de l’Aveyron. Ce jeune retraité passionné d’apiculture, installé à Massebiau, tout près de Millau, explique le rôle de cette structure et le suivi qu’elle propose à ses adhérents.

Qu’est-ce que le GDS Apicole??

M. Rives : «Le GDSA existe dans sa forme actuelle depuis une dizaine d’années. Il s’agit d’un groupement de défense sanitaire spécialisé dans l’apiculture à l’échelle du département. Il œuvre en partenariat avec FODSA - GDS Aveyron.

Quel est son rôle ?

M. Rives : Jusqu’à il y a quelques années, le GDSA intervenait uniquement pour l’achat optimisé de traitement. Nous n’avions pas forcément les moyens de proposer d’autres actions d’intérêt collectif. Aujourd’hui grâce à un appui supplémentaire notamment du Conseil départemental, de l’Etat et de nos adhérents par leur cotisation, nous pouvons aller plus loin dans le suivi et l’accompagnement de nos 300 adhérents apiculteurs.

Comment est organisé le GDSA ?

M. Rives : Avant 2014, des agents sanitaires apicoles (ASA) étaient mandatés par la Préfecture pour intervenir sur tous les ruchers du département notamment sur la protection contre les maladies.

Aujourd’hui ce statut n’existe plus. Depuis 2014, nous avons formé des techniciens sanitaires apicoles (TSA). Le GDSA a recruté des bénévoles passionnés d’apiculture (certains sont d’anciens ASA), pour les former. En Aveyron, nous avons réussi à former 21 TSA, une belle performance ! Nous sommes ainsi les seuls en Midi-Pyrénées à bénéficier d’un tel collège spécialisé. Cette équipe est, de plus, bien répartie sur l’ensemble du département, ce qui permet une certaine proximité avec les apiculteurs.

Informer et sensibiliser

Quelle est la mission de ces techniciens ?

M. Rives : Ils doivent s’assurer que les apiculteurs appliquent les traitements selon les règles de pharmacie sur la base de prix planchers. Ils visitent les ruchers de nos adhérents pour vérifier qu’aucune maladie n’est présente. Ils apportent un conseil en cas de maladie bénigne et déclenchent une chaîne d’alerte en cas de maladie plus grave et visitent l’ensemble des ruchers du secteur. Ainsi l’année dernière, grâce à leur intervention, nous avons pu contenir sur une seule ruche, la loque américaine, une maladie très contagieuse qui détruit les ruches. Ces visites sont aussi de vraies rencontres humaines autour de ruchers magiques, qui nous passionnent tous !

Quel est votre lien avec les vétérinaires ?

M. Rives : Grâce à la mise en place de notre réseau, trois vétérinaires nous ont rejoints : Lionel Lafon de Luc La Primaube, Karine Saget de Rieupeyroux et Kristof Choffray de Lacaune pour tout le sud Aveyron. Leur présence est une vraie reconnaissance de notre action et une garantie de suivi pour nos adhérents. TSA, vétérinaires, FODSA, nous travaillons tous en réseau.

Varroa et frelon asiatique sont les deux ennemis des abeilles. Où en est-on en Aveyron ?

M. Rives : La mission du GDSA est d’informer sur ces deux fléaux, présents en Aveyron et d’aider les apiculteurs à s’en protéger. Sur le frelon asiatique, nous avons organisé des formations pour montrer comment réaliser des pièges. Depuis son arrivée dans le département en 2007 - 2008, le frelon asiatique est passé à la vitesse supérieure en entrant dans les ruches pour les détruire. C’est pourquoi nous devons sensibiliser les apiculteurs sur les pièges existants. Nous nous appuyons aussi sur l’expertise de nos trois vétérinaires. Sur le varroa, le GDSA projette d’investir dans un détecteur. Au niveau régional, nous travaillons sur le recrutement d’un coordinateur pour organiser la lutte.

Enfin nous sommes aussi vigilants sur les nouvelles maladies dont celle provoquée par le petit coléoptère de la ruche.

Environnement favorable

Comment se porte le rucher aveyronnais ?

M. Rives : Globalement, nous avons la chance d’être dans un département où l’environnement est plutôt favorable aux abeilles. Je milite pour des relations entre agriculteurs et apiculteurs plus proches pour apprendre à se connaître et à travailler ensemble. L’Aveyron, grâce à son agriculture, est doté de milieux naturels extraordinaires où il y a la place pour faire cohabiter les élevages et nos abeilles.

Quels sont vos projets ?

M. Rives : Nous voulons faire de notre groupe de TSA, une équipe pour informer nos adhérents, les mettre en alerte si besoin et les accompagner. Le GDSA est aussi partie prenante de la section apicole régionale et de la fédération nationale pour être au plus près des infos.

Enfin nous préparons la création d’un rucher santé de l’abeille à Villefranche de Rouergue de façon à vulgariser les techniques de protection des abeilles et ainsi attirer de nouveaux adhérents !».

Recueillis par Eva DZ

10 aout 2017

Rassemblement contre le loup à Sévérac d’Aveyron : éleveurs, élus et brebis disent non au loup !

A l’initiative du Cercle, collectif des éleveurs de la région des Causses de la Lozère et de l’Aveyron, un grand rassemblement a réuni samedi 5 août, sur un contrefort du Parc naturel régional des Grands Causses, des centaines d’éleveurs, accompagnés de milliers de brebis, excédés par les attaques du loup.

Des centaines d'éleveurs et d'élus, accompagnés de milliers de bêtes se sont rassemblés samedi 5 août près de Sévérac d’Aveyron afin de dénoncer «le massacre» causé par le loup et «la menace» que le prédateur représente pour le pastoralisme en France. A la limite de l'Aveyron et de la Lozère, 3 000 brebis environ, une centaine de bovins, des chevaux et même un lama avaient été rassemblés sur des pâturages afin de représenter visuellement le nombre des animaux tués par le loup en France depuis quatre mois. «On nous dit que 80% des Français sont favorables au loup mais c'est parce que les gens ne connaissent pas la réalité», a expliqué Mélanie Brunet, bergère et militante du Cercle 12-48, organisateur de la manifestation.

Depuis début janvier, 4153 animaux ont été «prédatés» par le loup en France, selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) d'Auvergne Rhône-Alpes, chargé du dossier au niveau national. «Il faut remettre à plat le plan loup», a insisté Mélanie Brunet devant 200 participants, en majorité des éleveurs venus de l'ensemble de la France, mais également de nombreux élus locaux, dont Arnaud Viala, député, Jean-Claude Luche, sénateur, Sophie Pantel, présidente du Conseil départemental de Lozère,... ainsi que la FNSEA par la voix de Sandrine Hauser, en charge du dossier prédateur, la FNO et sa présidente, Michèle Boudoin (lire le point de vue en page 2), la FDSEA, les JA 12, la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne.

"Les éleveurs sont en droit de vivre sereinement leur métier"

Tous ont rappelé les fondamentaux : le loup n’est plus une espèce menacée et les éleveurs sont en droit de vivre sereinement leur métier. «Nous devons obtenir une politique de régulation du loup qui fasse qu’on ait zéro attaque, zéro prédation», a rappelé Dominique Fayel. A ce jour, les responsables professionnels ont rappelé que la régulation était insuffisante et que le cadre juridique, en particulier la Convention de Berne, n’était plus adapté.

Le constat est unanime : le loup est incompatible avec l’élevage. «Ce sujet est révélateur des fortes tensions sociétales auxquelles sont confrontés les éleveurs face aux anti-viande, au mouvement végan, aux anti-élevage,...», affirme Dominique Fayel. «C’est le problème d’une minorité ultra militante, radicalisée voire anti-humaniste puisqu’il place l’animal au même niveau que l’Homme voire au-dessus ! Notre défi ne sera pas seulement de faire passer nos arguments aux pouvoirs publics, aux politiques au niveau national et européen mais il sera aussi de discuter avec ces minorités sur un plan sociétal», résume Dominique Fayel.

13 juillet 2017

ELVEA Nord Midi-Pyrénées-Lozère : accompagner les éleveurs

L’organisation de producteurs non commerciale ELVEA Nord Midi-Pyrénées-Lozère s’est réunie en assemblée générale, vendredi 7 juillet, à Tanus (Tarn), sous la présidence de Jean-Luc Rouquette.

La réunion s’est déroulée en présence notamment de Nadine Vernhes, vice-présidente, Bernard Fabre, du collège des acheteurs, et Bernard Cuq, trésorier. La section bovins viande rassemble 400 éleveurs (en hausse de 5?%), dont 41 % produisent du Veau d’Aveyron et du Ségala en filière label rouge, 42?% du maigre, 12?% des veaux lourds, 3?% du veau sous la mère en label rouge, avec également 2 % d’engraisseurs.

La section agneaux sous la mère compte 145 éleveurs (en hausse de 2 %), dont 12 ont signé le contrat label rouge Lou Paillol et 5 qui commercialisent en IGP?Aveyron. Depuis 2014, l’OP est engagée dans la filière Carrefour et 27 éleveurs ont signé le contrat CCP Agneau qualité Carrefour. Cette section ovine rassemble 65 éleveurs en Aveyron, 75 éleveurs dans le Lot, et 5 éleveurs en Corrèze, avec, par ailleurs, 33 éleveurs en production d’agneaux sevrés laitiers.

En bovins, ELVEA est intégrée dans les démarches qualité pour répondre aux demandes des éleveurs. Ainsi, en 2016, 8?200 veaux d’Aveyron et du Ségala issus d’éleveurs adhérents de l’OP, ont trouvé un débouché sur le marché label rouge. La filière SA4R-Bigard-Auchan représentant le principal débouché. La filière SARL-Sudries-SVA-Intermarché continue sa montée en puissance avec un volume d’animaux labellisés en hausse, aidée, en 2016, par l’implication de 7 nouveaux Intermarchés dans la région Sud-Est. Les autres débouchés des adhérents sont les négociants en bestiaux label rouge. Les vaches de réforme finies sont valorisées en Boeuf Limousin Blason Prestige (105 éleveurs), Boeuf Fermier Aubrac (51 éleveurs), et le CIPAM (16 éleveurs) pour les agneaux sous la mère (Lou Paillol), ou l’IGP Aveyron avec un abatteur. ELVEA est également engagée dans l’association GELIOC et l’OS?Aubrac, l’OS?Lacaune et FEDATEST pour l’amélioration, la diffusion et la promotion de la génétique bovine et ovine.

«Valoriser au mieux les différentes productions»

Le président Jean-Luc Rouquette a indiqué qu’ELVEA allait «continuer à travailler à la mise en place de nouveaux débouchés, en relation étroite avec le collège des acheteurs, afin de valoriser au mieux les différentes productions». Il n’a pas caché que le marché était tendu, «avec la baisse de la consommation de viande (-3%), et des trésoreries pénalisées par les retards de paiements PAC». Nadine Vernhes dénonce de son côté le préjudice causé par des associations anti-viande «qui mettent en doute nos pratiques d’élevage, alors que nous sommes, nous éleveurs, les plus concernés par le bien-être de nos animaux», un propos validé par Bernard Fabre. «Toutes les actions des anti-viande relayées dans les médias ont un impact négatif sur la consommation, c’est regrettable pour nos productions de qualité !» dénonce encore le représentant du collège des acheteurs.

D.B.

06 juillet 2017

Centre de formation de Bernussou : herbe et performance économique

Environ 150 agriculteurs ont participé à la «journée herbe» organisée au centre de formation de Bernussou de la Chambre d’agriculture, à Villefran-che de Rouergue, vendredi 30 juin, toute la journée.

Cette journée technique consacrée à l’herbe en pâture ou en ensilage s’est déroulée une partie de la journée sous quelques averses, toutes précieuses pour maintenir le potentiel des prairies de la région ! Différents ateliers techniques et pratiques, «du semis à la récolte», étaient animés en continu par les étudiants des licences «Métiers du conseil en élevage» dispensées à Bernussou, et des experts et chercheurs venus de Suisse. Il s’agissait de Pierre Aeby, responsable végétal du Centre de conseils agricoles de Grangeneuve (Institut agricole de l’Etat de Fribourg), accompagné de sa collègue Jasmin Jordi, et de Eric Mosimann, agronome à l’Agroscope de Berne.

Patrick Couderc, responsable des licences professionnelles de Bernussou, tire un bilan positif de la journée : «les éleveurs étaient au rendez-vous.?Ils ont apprécié les différents stands thématiques, où chacun a échangé en libre-service, à la carte, avec les techniciens et experts. C’était comme une «ruche herbagère» où chacun a butiné de stand en stand, avec la participation active de nos élèves de licences professionnelles !».

Les huit stands animés en continu par les experts et conseillers spécialisés de la Chambre d’agriculture, étaient notamments centrés sur le sol et la fertilisation, le choix des semences, la conduite du pâturage, l’abreuvement, les clôtures, l’ensilage/ conservation, la chaîne de récolte/matériels, avec le concours de partenaires techniques et commerciaux, dont UNICOR et la FD CUMA. Le groupe licence viande de Bernussou a présenté un focus sur la conduite de l’herbe en Europe.?Celui de la licence lait a animé le stand consacré au savoir-faire suisse, avec notamment un test de différents échantillons de foin.

«Trente ans d’avance»

Luc Delaby, responsable scientifique à l’INRA de Rennes, chercheur sur le domaine INRA du Pin (Orne), est un fidèle des rendez-vous techniques de Bernussou. Il confirme l’expertise des Suisses dans la gestion économique de l’herbe : «ils ont 30 ans d’avance sur nous concernant la pratique des mélanges d’espèces qu’ils ont mis à l’épreuve en pertinence avec le milieu et la nature du sol, puis largement diffusée ensuite. Ils ont une grande maîtrise du séchage en grange dans des systèmes d’élevage où les animaux ne sortent que la moitié de l’année en moyenne. Leur forte tradition fromagère impose une production régulière de lait sur l’année avec la qualité. La Suisse ne fait pas partie de l’UE et ne bénéficie donc pas de la PAC, mais ce pays soutient ses éleveurs au même niveau. Ces derniers sont considérés comme des jardiniers de l’espace rural, et porteurs de l’image fromagère reconnue de la Suisse !».

L’essentiel de la SAU en Suisse (1 million d’hectares) est recouverte d’herbe, avec un total de 53?000 exploitations agricoles (20 ha/exploitation), dont 22 000 fermes laitières avec 30 vaches/ exploitation. Une confirmation, pour tous les éleveurs suisses, l’herbe pâturée est l’aliment le moins couteux. Le tiers des agriculteurs suisses travaille à temps partiel, avec, pour tous, un lait rémunéré entre 400 et 900 euros/ 1 000 litres (selon une production conventionnelle, AOP ou bio). A noter que le niveau de vie en Suisse est environ deux fois plus élevé que celui de la France.

D.B.

29 juin 2017

Ségalafrom et fromagerie du PIC dans le nord du Tarn : recherche producteurs de lait de chèvre

Ségalafrom et la fromagerie du Pic dans le nord du Tarn transforment 2,5 millions de litres de lait de chèvre en fromages au lait cru. Les deux entités gérées par deux jeunes frères, Benjamin et Julien Remond, dans un esprit très famille, sont à la recherche de producteurs pour augmenter leurs volumes et ainsi répondre aux marchés.

Benjamin et Julien Remond sont deux jeunes entrepreneurs tombés dans la «bassine» de lait de chèvre dès leur plus jeune âge ! Leurs parents se sont installés dans les années 70 comme éleveurs à Penne, petit village touristique du nord du Tarn, doté d’un joli château. Avec leur troupeau de chèvres, ils ont commencé à transformer leur lait en fromages au lait cru qu’ils écoulaient, grâce à leurs contacts, sur Rungis. De là, ils ont lancé la fromagerie du Pic.

En 2010, au décès de leur père, Benjamin et Julien ont décidé de reprendre le flambeau. Cette reprise a coïncidé avec la proposition d’un voisin, gérant de Ségalafrom, une fromagerie installée à Carmaux depuis 2005. «Lorsque le gérant à la recher-che d’un repreneur nous a contactés, nous nous sommes lancés sachant que son entreprise était proche de l’esprit familial de la nôtre», avance Julien. Les deux fromageries partagent en effet la même philosophie : «concilier tradition fermière et modernité autour de produits de qualité au lait cru de chèvre».

«Chacun a choisi de garder sa propre identité mais nous partageons un même cahier des charges : sans OGM, sans ensilage, sans enrubannage et un encouragement au pâturage», précise Julien, annonçant une plus-value sur le prix du lait de base de 80 euros/1000 litres en moyenne. La fabrication des fromages est réalisée dans le respect de la transformation fermière et artisanale. «Notre objectif est bien de garder les deux entreprises, avec leur propre identité. La gamme de nos produits est ainsi élargie et permet de mieux répondre aux différents marchés», précise Julien.

Mais les deux fromageries sont en recherche de volumes supplémentaires en particulier sur le lait d’hiver pour offrir une régularité à leurs clients sur l’année. «Nous avons la chance de travailler dans une filière, le lait de chèvre, porteuse, avec une consommation dynamique. Encore faut-il être en capacité de répondre !», commente Julien. Car les marchés sont bien présents, surtout en période de fêtes. A Noël les fromageries réalisent deux mois de chiffre d’affaires par exemple ! «Nous avons mis en place une prime à la saisonnalité et nous accompagnons nos éleveurs dans cette évolution», appuie le co-gérant. Une personne est chargée de la qualité sur chacun des deux sites et va à la rencontre régulièrement des éleveurs, en plus d’une réunion annuelle. «Nous avançons ensemble dans un esprit très famille», confie Julien.

A elles deux, Ségalafrom et la Fromagerie du Pic (50 salariés) réalisent 6 millions d’euros de chiffre d’affaires, en transformant 2,5 millions de litres de lait (environ 550 tonnes de fromages par an), issus de 7 producteurs dont un en Agriculture Biologique (gamme de fromages Biopic) à la Fromagerie du Pic et de 5 producteurs à Ségalafrom. Les exploitations du Tarn et du Tarn et Garonne élèvent en moyenne 250 chèvres.

«Notre ambition est de continuer à travailler comme nous le faisons mais en étendant notre collecte afin de développer nos volumes transformés pour répondre à la demande croissante de nos clients, en majorité des grossistes parisiens via Rungis et dans toute la France mais aussi des marchés à l’export (Asie, Europe,...) comme en local via des crémiers et des fromagers et quelques petites GMS en direct», détaille Julien. Le magasin situé à Penne, à la Fromagerie du Pic ainsi que trois marchés hebdomadaires à Caussade, St-Antonin et Carmaux représentent aussi de bons débouchés. Les deux fromageries ont ainsi vu leur chiffre d’affaires progresser de 30% sur ces deux dernières années. «La qualité du savoir-faire de nos producteurs et de nos fromagers ainsi que les efforts de traçabilité sont très appréciés. Et nous n’hésitons pas à innover pour garder notre place de faiseurs de fromages au lait cru de chèvre», conclut Julien.

Eva DZ

Infos : 05 63 80 25 00 - segalafrom@segalafrom.com ou 05 63 56 33 64 - contact@fromageriedupic.com

08 juin 2017

Innov’action à Moyrazès : la betterave fourragère plaît aux bovins lait

Les journées Innov’action, organisées par les Chambres d’agriculture d’Occitanie, concernent deux exploitations, sur deux dates, en Aveyron cette année. Jeudi 1er juin, c’est la ferme bovins lait de l’EARL de Mérican à Moyrazès qui a accueilli les visiteurs avec son projet innovant : la réintroduction de la betterave fourragère dans son système de production.

Une soixantaine de personnes se sont retrouvées au bord de la parcelle témoin d’un hectare où ont été semées le 14 avril les betteraves fourragères de la ferme bovins lait de Cécile Couderc. Elle est installée en EARL avec 30 vaches produisant 288 000 litres de lait. La récolte se fera avant la Toussaint, lors d’une seconde journée de démonstration ouverte aux éleveurs, toujours en partenariat avec la FD CUMA et la Chambre d’agriculture de l’Aveyron.

La parcelle témoin a été présentée par une partie des 24 élèves de la licence professionnelle production bovins lait du centre de formation de Bernussou (Villefranche-de-Rouergue), et leur enseignant, Patrick Couderc, époux de Cécile. Cette culture a aussi servi de support pédagogique pour les élèves qui ont enquêté en janvier auprès de 25 élevages de la région du Ségala et des alentours.

Etablir des références techniques locales

«La betterave fourragère était encore cultivée sur cette région dans les années 1990, sur environ 100 ha», indique Patrick Couderc. «Suite à l’enquête de nos élèves, la moitié des élevages rencontrés affirme être intéressée par cette culture, un quart la refuse, et un autre quart est interrogatif. Nous avons donc un potentiel évalué à 25 ha de culture. Pour aller plus loin, il était nécessaire d’établir des références techniques nouvelles et locales. Nous avons donc décidé avec mon épouse de jouer le jeu avec cette culture intéressante. Tout se passe bien. Nous avons environ 95 000 pieds sur la parcelle. C’est déjà un bon résultat».

Gagner sur les taux TP et TB

A l’heure où les producteurs de lait de vache tentent de tirer la qualité de leur lait vers le haut afin de compenser par les bonifications aux taux, un prix du lait trop bas, ce type de culture affiche des avantages. «Il est en effet possible de diversifier la ration de maïs et de gagner des points sur les taux protéiques et butyreux avec cette culture». Ce fut le cas sur la ferme de Cécile Couderc avec une première culture test, sur le quart d’un hectare seulement. «Nous avons gagné respectivement 1,2 point et 2,5 points. Il faut savoir que la betterave fourragère est moins sensible au stress hydrique, contrairement au maïs.?Elle est aussi un excellent piège à nitrate», souligne Patrick Couderc.

Les vaches laitières dégustent la betterave fourragère «comme une friandise». Cette racine appétante «apporte du sucre, sans encombrer la panse, avec une bonne valeur énergétique. Avec environ 3 kg de matière sèche/ vache/jour, pour un total de 15 kg brut». Cécile Couderc précise : «je vais pouvoir distribuer ces 3 kg de MS durant les cinq mois d’hiver, de novembre à mars. Cette alimentation me permettra d’économiser du maïs ensilage, et, ainsi, d’être moins dépendante de cette dernière culture». Une effeuilleuse-arracheuse viendra du département de l’Aisne en octobre pour la démonstration de récolte organisée en collaboration avec la FD CUMA et la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, dans la continuité de cet après-midi Innov’action de Moyrazès.

D.B.

01 juin 2017

Coopérative Jeune Montagne : améliorer encore sa notoriété !

Les adhérents de la coopérative Jeune Montagne étaient réunis en assemblée générale mardi 23 mai à St Rémy de Montpeyroux, la commune de leur président, Gilbert Cestrières.

La politique de maîtrise de la production et l’engagement des adhérents dans la prise en charge d’une partie des moins values liées aux excédents de lait, ont porté leurs fruits. Jeune Montagne a retrouvé son équilibre avec un volume de lait transformé en progression (près de 13 millions de litres transformés dans les ateliers de la coopérative sur les 16 millions collectés, soit 94%).

«Nous avons la chance d’avoir toutes les cartes en main pour prendre les meilleures décisions pour notre avenir dans un unique objectif : maintenir et développer une production laitière sur le plateau de l’Aubrac. La valorisation de notre lait à sa juste valeur passe obligatoirement par une corrélation entre le lait collecté et l’activité engendrée par les ventes de fromage de Laguiole AOP, d’aligot de l’Aubrac et de tome de l’Aubrac», atteste le président Gilbert Cestrières.

Des innovations à venir

Et l’évolution diffère selon les produits : un léger recul des volumes en fromage de Laguiole AOP (7%), une stabilité de l’activité aligot de l’Aubrac, des effets positifs pour la truffade l’Aubrac ou retortillat ainsi que pour la tome fraîche. Grâce à la valorisation des produits, le résultat d’activité est en progression.

«Cela démontre que le lait d’excellente qualité que nos 77 adhérents livrent et produit sous cahier des charges AOP Laguiole, génère une bonne valorisation (474,51 euros/1000 litres prix de base en 2016)», ajoute le président.

Le conseil d’administration a proposé une ristourne de 12?euros/1000 litres ce qui permet d’atteindre un prix moyen 2016 de 530 euros/1000 litres.

Pour répondre aux attentes des clients et consommateurs et rebooster l’activité de tous ses produits, la coopérative continue d’innover : nouveaux systèmes pour portionner le fromage de Laguiole, nouveau film pour une conservation optimale du produit tout en gardant ses qualités gustatives, évolution du packaging de l’aligot de l’Aubrac et de son étiquetage, le lancement de galets surgelés d’aligot et de truffade de l’Aubrac avec les capucins de la Maison Bras,... ont annoncé Gilbert Cestrières et son nouveau directeur, Frédéric Duvauchelle.

«Nous nous donnons 2 ans pour mettre en œuvre toutes ces nouveautés et en voir les effets mais nous prévoyons une hausse de 4% des ventes en Aligot de l’Aubrac dès 2017», avance Frédéric Duvauchelle. «Nous sommes les seuls à avoir le savoir-faire d’un aligot à base de purée de pommes de terre et de tome fraîche de l’Aubrac. A nous de le faire savoir maintenant !», poursuit-il.

Une certification IFS

Et la coopérative peut aussi se targuer d’avoir décrocher, avec une note de 92%, la certification qualité IFS de l’entreprise. «Cela va nous permettre de signer de nouveaux contrats, de poursuivre les investissements, en France comme à l’étranger», se réjouissent Gilbert Cestrières et Frédéric Duvauchelle. Une ouverture supplémentaire pour l’ensemble de la gamme des produits de l’Union Jeune Montagne et une occasion de plus de promouvoir les efforts des producteurs fromagers au quotidien. «Merci à tous les éleveurs car la valorisation de la qualité de votre lait cru passe par une très grande vigilance sur l’aspect sanitaire au quotidien», a ajouté Gilbert Cestrières s’appuyant sur les résultats positifs en terme de qualité du lait présentés par Christian Miquel.

Tous ces efforts ont été salués par Vincent Alazard, maire de Laguiole et conseiller départemental : «bravo pour la maîtrise de votre filière dans un contexte très concurrentiel. Votre complémentarité avec Thérondels est un bel exemple de réussite pour le territoire Aubrac en vue du projet de PNR». Un projet qui tient à cœur d’André Valadier, fondateur de Jeune Montagne et qui a cédé la présidence de l’ODG Laguiole en fin d’année dernière à François Maynier. «C’est réconfortant de voir que Jeune Montagne est une entreprise solide et qui, face à l’adversité, a su tenir le coup», a souligné André Valadier, heureux aussi de voir que «Jeune Montagne porte toujours aussi bien son nom avec une moyenne d’âge des producteurs plutôt basse» ! «Notre territoire ne sera pas compétitif sur le seul apport de matières premières, notre engagement collectif porte sur la valorisation et la satisfaction des consommateurs», a-t-il conclu, plus que satisfait de la trajectoire de la coopérative qu’il a fondée il y a 57 ans.

Eva DZ

25 mai 2017

Fête de l’Estive à St-Geniez d’Olt : l’œil d’une étudiante italienne sur la fête

Les Eleveurs Aubrac du Pays d’Olt avec l’appui de la mairie de St Geniez d’Olt organisent la fête de l’estive. Une manifestation qui suscite l’intérêt des jeunes, certains ont même choisi la transhumance, comme sujet de leur mémoire d’études. C’est le cas de Malesa Rinaldi, étudiante en anthropologie à l’université de Toulouse.

Non les fêtes de la Transhumance n’intéressent pas seulement les générations d’après 60 ans accrochées à la tradition d’une agriculture d’antan ! Les jeunes s’intéressent tout autant à ce phénomène qui traverse le temps et s’inscrit pleinement dans l’économie agricole, touristique d’un territoire ouvert et attractif. C’est d’ailleurs bien l’ambition des organisateurs, qu’ils soient Eleveurs Aubrac du Pays d’Olt à St Geniez d’Olt ou de Traditions en Aubrac dans le petit village d’Aubrac : faire de ces fêtes annuelles au moment de la montée des troupeaux en estives, un rendez-vous incontournable dans la vie de tout un territoire !

Cette magie de l’événement en interpelle plus d’un ! A commencer par les étudiants qui en font parfois un sujet d’étude. C’est le cas de Malesa Rinaldi, étudiante en 1ere année de master en anthropologie sociale à l’université de Toulouse. Arrivée d’Italie, son pays natal, elle vient étudier en France où elle a découvert la Transhumance et la fête qui l’entoure.

Un sujet de mémoire

«Au cours de notre première année de cours, nous avons eu l’occasion de venir à St Geniez d’Olt, rencontrer des éleveurs pour parler de l’économie locale autour de l’agriculture, et évoquer les événements qui contribuent à la promouvoir comme la Fête de l’estive. Et ce sujet m’a tout de suite passionnée», résume l’étudiante. «Je voulais en savoir plus sur cette tradition inscrite dans la modernité, j’en ai donc fait mon sujet de mémoire pour ma première année», poursuit-elle.

Qu’est-ce qu’être éleveur Aubrac en 2017 ? A quels besoins répond cette fête de l’estive ? A la fois pour les éleveurs, pour le territoire et pour les milliers de visiteurs qui y assistent chaque année... telles sont les questions que se pose Malesa qui espère bien trouver des éléments de réponse, en rencontrant des éleveurs, des acteurs locaux mais aussi des touristes et gens de passage venus participer à la fête. Elle sera guidée dès ce mercredi 24 mai par Jean-François Petit et toute l’équipe de l’association des Eleveurs Aubrac du Pays d’Olt. «Je vais assister pour la première fois à la fête et je pourrais me faire ma propre idée, du retentissement de cette manifestation auprès de tous ses acteurs, qu’ils soient éleveurs, commerçants, élus,... mais aussi visiteurs français et étrangers», détaille Malesa.

Dès mercredi, elle pourra assister aux derniers préparatifs de la fête ainsi qu’à la journée de rencontre entre éleveurs et visiteurs, à la soirée cinéma autour d’un documentaire sur les burons et bien sûr, le jour J à la fête de l’estive, sur la place Charles de Gaulle, autour des troupeaux transhumants le samedi matin et au cours des randonnées qui mènent aux estives. «C’est un projet passionnant et j’ai hâte de partir à la rencontre des acteurs de cette fête», avance la jeune femme. «La Transhumance est une véritable culture sur l’Aubrac et je veux en être un témoin !», conclut-elle. Pour l’association des Eleveurs Aubrac du Pays d’Olt, c’est aussi une belle expérience de partage : «Malesa nous apportera son regard extérieur et un œil neuf sur notre fête. C’est toujours positif».

Eva DZ

25 mai 2017

Prédation par le loup : la «brigade» enfin en Aveyron

Sur demande de la profession agricole de l'Aveyron la «brigade loup» de l'ONCFS est intervenue du lundi 15 au vendredi 19 mai sur la commune de Ste Eulalie de Cernon, lieu de nombreuses attaques.

Créée à l'automne 2015 sur demande de Ségolène Royal, ancienne ministre de l'environnement, la «brigade loup» est constituée d'un groupe d'agents de l'ONCFS, formés à l'accompagnement des éleveurs et habilités à effectuer des tirs de prélèvement, dans les zones où la pression de la prédation se fait trop forte. Cela faisait longtemps que la profession réclamait sa présence sur le sud Aveyron. C'est chose faite. Après quelques nuits d'affût, la brigade n'a pas assuré de prélèvement, mais a pris connaissance du milieu dans lequel les attaques se sont déroulées. François Giacobbi, en charge du dossier loup en Aveyron, commente cette première intervention. «Nous déplorons que la présence de la brigade ne se soit pas soldée par un prélèvement, néanmoins toutes les conditions de la réussite n'étaient pas réunies. En effet la brigade devait agir sur 5 nuits mais le brouillard et l'annonce de l'abattage réglementé d'un loup dans les Alpes en ont annulé 2».

Une première positive

Cette première intervention est jugée plutôt positive. «Les brigadiers ont pu repérer les lieux. Cette connaissance du terrain leur fera gagner en efficacité pour la prochaine fois. De plus, ils ont été accompagnés par des lieutenants de louvèterie locaux, qui ont pu se former à leur contact. Nous devons absolument avoir un maximum de gens aguerris sur le terrain. C'est pourquoi nous organisons une nouvelle session de formation pour les agriculteurs en juin». Pour François Giacobbi il est absolument nécessaire d'étoffer la «brigade loup», jugée insuffisante avec une dizaine d'agents déployés sur tout le territoire national. «Nous sommes très inquiets de ce qui va se passer cet été, lorsque tous les troupeaux seront dehors. Si la brigade est en sous effectif, il faudra donner l'autorisation aux personnes formées en local d'agir. Devrons-nous envisager la création d'une brigade aveyronnaise ?». Il restait jusqu'à présent 2 loups à abattre en France sur le quota autorisé jusqu'au 30 juin. L'un d'entre eux a été tué dans les Alpes pendant que la brigade était en Aveyron. La réglementation permet donc de prélever encore un individu dans le mois qui vient.

B. CAREL

18 mai 2017

Assemblée générale CELIA-section nord-Aveyron : aller chercher la plus-value !

Avant son assemblée générale du 30 juin à Laguiole, la coopérative CELIA fait le tour de ses sections pour présenter les grandes lignes de son activité. Après le Cantal, la Lozère et Baraqueville en Aveyron, elle s’est arrêtée vendredi 12 mai à St Rémy de Montpeyroux pour le nord Aveyron.

2016 a été une année compliquée sur les marchés de la viande, la coopérative CELIA n’a pas échappé à ce constat comme l’ont rappelé ses responsables, André Veyrac, président et Christian Soulenq, président de la section nord Aveyron. «Nos volumes ont augmenté de façon conséquente : + 9% en bovins (71?000 têtes) et + 12% en ovins (88 420 têtes), sur un marché en particulier bovin, très concurrencé. Nos marges ont été difficiles», ont-ils résumé. Sans oublier l’impact des crises sanitaires (la fermeture du marché turc en raison de la FCO, la fièvre aphteuse en Algérie qui ne prend plus que des animaux destinés à la boucherie).

Un marché concurrencé

«Heureusement, l’activité ovine se porte bien avec des volumes en progression sur un marché en demande», souligne André Veyrac. En bovin, la donne n’est pas la même. L’activité a été présentée par Anahi Peralta Cruz, nouvelle responsable technique de la coopérative : un nombre d’apporteurs constant (2 100 en bovins, 320 en ovins et 60 mix-tes), plus de la moitié des volumes en race Aubrac puis suivent la Limousine, la Salers, le Charolais, 60 % des volumes sur le marché du maigre et 40 % en animaux finis et enfin quatre centres d’allotement fonctionnels dont celui de Bozouls-St Rémy qui accueille 40 % des volumes suivi de celui du Pontet dans le Cantal (21 %) puis d’Antrenas en Lozère (19 %) et de Calmont en Aveyron (18 %).

En animaux maigres comme en animaux finis, les prix ont été à la baisse en 2016, en race pure comme en croisé. La coopérative a mis en avant l’intérêt des filières de qualité dans ses résultats : une plus-value de 80 € en IGP Fleur d’Aubrac (1 500 animaux), de 170 € en label rouge Bœuf Fermier Aubrac (1 160 animaux), de + 210 € en Blason Prestige (190 animaux) et de +?180 € en AB (350 animaux).

«Pour faire face à cette année difficile où nous avons tout juste équilibré nos comptes, nous avons travaillé sur nos coûts de fonctionnement», résume le directeur général, Hervé Chapelle. «Et notre coopérative continue d’investir pour moderniser ses outils», tient-il à préciser. Le centre du Pontet fera ainsi prochainement l’objet d’une rénovation.

Des investissements qui portent leurs fruits

Les investissements récents, sur le centre de St Rémy ou encore l’atelier de découpe ouvert en 2015 et adossé à l'abattoir d’Antrenas, ont porté leurs fruits dans la compétitivité du groupe coopératif. Ainsi la filiale viande Languedoc Lozère Viande liée à CELIA, consolide son activité (+ 5 %) et son chiffre d’affaires (+ 6 %). L’entreprise se lance également dans la filière Bœuf Fermier Aubrac. Et plusieurs pistes s’ouvrent à l’export.

De même à travers l’union de coopératives, BEVIMAC, CELIA bénéficie d’un bon outil à l’export : 91 000 têtes exportées en 2016 dont la majorité en Italie mais avec de nouveaux réseaux dans les pays tiers, en Grèce,... «A CELIA, nos équipes mettent toute leur énergie pour garantir le prix annoncé aux éleveurs, c’est dans nos gènes !», a assuré le président André Veyrac. «Notre métier est aussi de prendre des risques pour aller chercher la plus-value !», conclut-il.

Eva DZ

11 mai 2017

UPRA Aubrac : l’Aubrac candidate pour le SIA 2018

Vendredi 5 mai, à Nasbinals, Henry Peyrac présidait sa dernière assemblée générale de l’OS Race Aubrac après 10 années de présidence. Un tournant pour la race qui continue de grandir.

Bientôt 200 000 vaches Aubrac inscrites à l’IPG, des pedigrees à l’export en augmentation, une participation remarquée lors de la Semaine européenne des races locales des massifs à St Flour,... la race Aubrac continue sa marche en avant en 2016 et 2017. Un bilan qui ne peut que satisfaire le président de l’organisme de sélection (OS), Henry Peyrac qui présidait sa dernière assemblée générale : «Que de chemin parcouru en 20 ans, depuis la création de notre Unité pour la promotion, la sélection et la diffusion de la race bovine d’Aubrac en 1996, devenue OS en 2008», avance l’éleveur de Cruéjouls. «Et autour de la station d’évaluation de La Borie, véritable centre décisionnel d’orientation raciale créée en 1997 par André Valadier».

L’ex UPRA, de par l’engagement des éleveurs et de ses partenaires, a initié le plan de relance et de sauvergarde de l’Aubrac et a contribué à sa promotion (Spéciaux à Cournon en 2008 et 2014, présence au SIA à Paris, Semaine européenne des races de massifs à St Flour,...). «Le travail accompli a été de grande qualité et se traduit par le développement de la race dans et hors du berceau, en France comme à l’étranger». Les chiffres prouvent les propos du président : plus de 198 000 vaches inscrites à l’IPG en 2016 (+ 200 000 attendues en 2017), stabilisation du nombre d’adhérents autour de 630 partout en France, 841 pedigrees à l’export (dont 275 en Italie, 187 en Lituanie),... Pas question de faire de l’autosatisfaction mais simplement de souligner la réussite collective : «grâce à la persévérance des éleveurs concernant les orientations raciales, nous avons réussi à hisser notre race parmi les plus grandes en allaitant en France. Tout en conservant nos spécificités : un gabarit modéré en adéquation avec les territoires, des qualités laitières, une facilité de mise-bas et de conduite,...».

La der d’Henry Peyrac

Pour autant, les éleveurs Aubrac ne doivent pas rester sur ces acquis. Henry Peyrac a alerté sur la baisse de l’utilisation du croisement Charolais qui influe sur le nombre de génisses en race pure Aubrac à la vente. La clé est, selon lui, d’encourager l’engraissement autour des filières de qualité et de réfléchir à une revalorisation des animaux finis où qu’ils soient élevés. «Nous devrons nous rassembler comme nous l’avons toujours fait, pour construire l’axe génétique et trouver les synergies pour une juste valorisation de nos animaux de boucherie, le prix de nos reproducteurs y étant étroitement liés».

Et les chantiers ne manquent pas pour la race Aubrac : évolution de l’OS dans un cadre européen, évolution de la branche IA dans le schéma Aubrac et des programmes génomiques, évolution de l’accompagnement financier de la station de La Borie, démarrage du programme sur la valorisation des fourrages grossiers (lire encadré), participation au volet agricole du PNR Aubrac en lien avec les Chambres d’agriculture,... Parallèlement l’Aubrac se porte candidate pour être race d’honneur au Salon de l’agriculture à Paris en 2018... réponse attendue en juin. Autant de défis à relever pour les éleveurs Aubrac : «Nous sommes tous animés par la même envie de faire progresser notre race afin qu’elle réponde à toutes les attentes et qu’elle permette à chacun de vivre son métier avec bonheur», a conclu Henry Peyrac, accompagné de Michel Bos, vice-président qui quitte également ses fonctions.

Eva DZ

11 mai 2017

Mur-de-Barrez : le robot de traite mobile prêt pour l’été !

Le GAEC de Conroc, à Brommes, commune de Mur-de-Barrez, a «transhumé» son robot de traite ce mardi 9 mai, à un kilomètre du siège d’exploitation. Une première nationale sans doute pour un robot de deux stalles opérationnel depuis novembre sur cette exploitation en lait de vache, qui optimise cet outil dans le cadre d’une production AOP Cantal pour la coopérative de Thérondels.

Les associés du GAEC de Conroc, Vincent Augeyre, son épouse Laurence, et le frère de Vincent, Régis Augeyre, étaient à la fois ravis d’entrer dans la période de pâturage d’été, mais aussi un peu préoccupés par le déroulé de la journée.?Une journée où ils étaient accompagnés par une jeune équipe de cinq techniciens de chez Manhaval Fabre pour déménager le robot de traite du siège de l'exploitation, vers les hauteurs de la ferme, à environ un kilomètre.

Le trajet s’est déroulé lentement, sans encombre pour la remorque longue de 11 mètres, pesant près de 8 tonnes, construite en inox par les établissements Bonifacié installés à Sériès (Cantal), où sont posés les deux stalles du robot, la cabine de contrôle informatique et l’armoire technique. «Cette remor-que unique a nécessité 500 heures de travail. C’est une première pour nous ce type de commande», indique Patrice Bonifacié, près de son salarié Jean-François Collé, présents pour l'événement.

«Nous avons déménagé la totalité du robot, tel qu’il est installé, sur ses deux roues, à la ferme, depuis novembre», expliquent Vincent et Régis Augeyre. Ils sont déja satisfaits de leurs premiers mois de robotisation laitière concernant un troupeau de 84 vaches Montbéliardes et 14 vaches Simmental (130 ha de SAU). «Nous livrons 630 000 litres de lait à la coopérative de Thérondels. Nos animaux se sont bien adaptés, avec en moyenne 2,7 traites/jour/ vache cet hiver.?Depuis la mise à l’herbe, mi-avril, nous en sommes à environ 2,5 traites/ jour/vache». Une partie du troupeau a déjà pâturé autour du siège sur environ 10 ha. Le site d’été du robot de traite est entouré de 40 ha de pâtures, gérés en plusieurs parcelles cloturées, avec des chemins aménagés pour le troupeau.

Optimiser l’outil toute l’année

«Nous sommes ici sur un bâtiment créé en 1974 par mes parents», explique Vincent Augeyre. «Nous y avons notamment construit la plateforme d’accueil du robot en béton, et prévu tous les raccordements techniques. L’eau et l’électricité étaient déjà installées pour la traite et le tank à lait, mais il a fallu tirer un cable en fibre pour la connection internet entre le siège et le robot». Les vaches passeront l’été (jusqu’en octobre) sur les hauteurs de Brom-mes, comme elles le font chaque année, avec le robot de traite à proximité. «C’est en effet une autre façon de travailler, mais nous sommes confiants», disent les deux frères.

C’est Régis qui a impulsé le projet de robot de traite itinérant : «je suis allé voir celui installé à Trévarez (Finistère) sur la ferme expérimentale des Chambres d’agriculture de Bretagne et de l’Institut de l’élevage. Leur robot se déplace sur deux sites avec une seule stalle, et donne de bons résultats techniques». Vincent complète : «l’idée, pour nous, était d’optimiser l’usage de ce matériel, hiver comme été, pour notre système de production sous cahier des charges AOP Cantal imposant au moins 140 jours de pâturage, avec une alimentation tout foin. Le robot de traite mobile est donc la solution que nous avons choisie. Elle contribue évidemment à diminuer l’astreinte au travail qui a aussi motivé l’investissement au départ».

Les deux frères confient : «nous voulons concilier une production de lait de vache traditionnelle avec une façon de produire utilisant des outils modernes qui ont fait leur preuve». Finalement ils continuent de faire pâturer leurs vaches en été au même endroit, comme le faisaient leurs parents, mais avec un robot de traite posé au milieu de la nature. «Nous continuerons à venir voir nos vaches au moins deux fois par jour, car le robot de traite ne fait pas tout le travail !», sourient Régis et Vincent Augeyre.

D.B.

04 mai 2017

Assemblée générale de l’UPRA Lacaune : une activité 2016 en hausse

L'assemblée générale de l'UPRA de la race ovine Lacaune s'est réunie vendredi 28 avril à St-Affrique, sous la présidence de Ioan Romieu. Le bilan 2016 est positif sur plusieurs points !

La base de sélection en contrôle laitier officiel (CLO) a concerné en 2016, 175 589 brebis qui ont mis bas dans 364 troupeaux, avec 160 189 brebis traites, en hausse de 3 766 brebis, pour 440 brebis à la traite par troupeau. Le nombre d'élevages reste stable comparé à 2015 (364), avec une augmentation moyenne d'animaux par exploitation de 12 unités, selon le bilan d'activité présenté par la technicienne de l'UPRA Lacaune, Emma Singla, aux côtés du directeur, Gilles Frégeat. A noter que le taux d'insémination artificielle (IA) est de 84,3 %, pour un total de 147 972 IA.

Sélection génomique

En contrôle laitier simplifié (CLS), le nombre moyen des brebis traites est de 378, là aussi en hausse de 11 unités, avec un nombre d'élevages quasiment stable (- 8), pour un total de 1?117, et un effectif estimé de 423?000 brebis traites. Au total, le contrôle de performance (CLO et CLS), le suivi inventaire et les mises bas représentent un cheptel de 690 347 brebis pour 1 715 troupeaux sur les départements 11, 12, 30, 34, 46, 48, 81, 82.

«Nous constatons en 2016 une forte augmentation de la diffusion génétique par les béliers (2?510 béliers inscrits soit +10 %) et par l'insémination en béliers Lacaune lait (421?497, soit +12 587)», note encore l’UPRA?Lacaune.

Le déploiement de la sélection génomique continue de se développer de manière significative, avec, en 2016, 2 376 béliers génotypés (+ 538), 2 247 béliers indexés (1 740 en 2015), une population de référence de 8 812 unités (6 565 en 2015), et un taux de sélection de 30 %. A noter que la puce dite «basse densité» a été validée en 2016, permettant de réduire les coûts de génotypages.

En programme viande, la base de sélection (Ovi-test ou GID Lacaune) continue d'augmenter depuis 2012, avec 43 élevages.

Jean-Michel Astruc, ingénieur IDELE, a ensuite fait un exposé sur «les pointages des béliers Lacaune lait», ouvrant ainsi «des pistes de travail pour l'amélioration de caractères fonctionnels et leur évaluation génétique dans la race Lacaune lait».

Un marché Lacaune en Nouvelle Zélande ?

Un point a été fait sur la résistance à la tremblante, le volet sanitaire, et sur les actions de l'UPRA Lacaune pour valoriser la race lors d'événements nationaux, comme le Salon de l'agriculture à Paris, et dans une activité export dynamique, portée par GENELEX, structure animée par Gilles Frégeat. Ce dernier a rendu compte du voyage effectué en Nouvelle Zélande (notre photo), avec Jean-Jacques Fabrègues, membre du bureau de l’UPRA Lacaune, dans le cadre d'une conférence internationale organisée les 13 et 14 mars à Palmerston North. Elle a réuni 250 participants issus du secteur de la recherche, de l'enseignement, éleveurs, marketing, avec des Néozélandais, Chinois, Australiens et Aveyronnais !

Gilles Frégeat a indiqué que la Nouvelle Zélande avait pour ambition de développer la production de lait de brebis pour répondre à de nouveaux marchés, essentiellement sur l'Asie. Ces pays sont demandeurs de poudre de lait infantile, de plaquettes de compléments alimentaires, de poudre de lait aromatisée… «Le lait de brebis vendu en poudre a une excellente image là-bas», a-t-il dit, «c'est comme un médicament, avec une haute valeur ajoutée ! La production se ferait suite à la reconversion d'élevages bovins lait, pour des raisons de meilleure adaptation des ovins ou des caprins aux contraintes environnementales locales».

Vente de semences

Les Aveyronnais ont aussi visité plusieurs exploitations ovins lait travaillant déjà avec des races importées (East frisonne, Awassi, British Milk Sheep) et des races locales. Les tailles de troupeaux sont variées, de 300 à 4 000 brebis, certains ayant été créés avec des capitaux chinois. Une première exportation de 8 000 doses de semences Lacaune lait vient d'être réalisée, «la race Lacaune suscitant beaucoup d'intérêt dans ce pays», se réjouit l’UPRA Lacaune.

La Nouvelle Zélande a donc du potentiel pour développer la Lacaune, a confirmé Jean-Jacques Fabrègues, «mais il faut attendre pour voir comment la race va s'adapter au pays et à son système d'alimentation». L'idée de proposer du conseil technique aux Néozélandais a été évoquée par Ioan Romieu, lequel a, par ailleurs, transmis le poste de présidence tournante (tous les deux ans) à Michaël Dressayre, éleveur à Belmont-sur-Rance, suite à l'élection du nouveau bureau de l'UPRA Lacaune.

D.B.

13 avril 2017

FODSA-GDS Aveyron : 1 001 questions sur les maladies vectorielles émergentes

Thierry Baldet, chercheur entomologiste, était l’invité de FODSA-GDS Aveyron. La mission de ce spécialiste des maladies vectorielles émergentes au CIRAD - INRA de Montpellier et de son équipe est «d’aider à mieux comprendre ces maladies». «L’émergence est une notion très à la mode, elle concerne à la fois les maladies infectieuses transmissibles nouvelles que l’on n’a jamais connues ou celles qui réapparaissent.

Ce qu’il faut retenir c’est que ces maladies vectorielles sont très complexes ! De par la diversité de leurs agents pathogènes (virus, parasites,...), de leurs vecteurs (tiques, moustiques,...), de leurs dynamiques (environnement, climat, saisonnalité...), leurs sensibilités (environnement, activités humaines,...).

Il y a plusieurs facteurs d’émergence qui agissent ensemble : le changement climatique tant mis en avant n’est pour moi pas le facteur le plus important, il vient en complément de la globalisation des échanges et déplacements des Hommes, des animaux, des pathogènes, de l’urbanisation (concentration des populations dans de grandes villes), des facteurs socio-économiques. Ainsi depuis la crise économique en Grèce, le paludisme fait sa réapparition.

La complexité de ces maladies réside aussi dans le fait que l’on n’a pas les réponses à toutes les questions ! D’où viennent-elles ? Comment s’amplifient-elles ? Pourquoi comment et quand reviennent-elles ?... Heureusement nous menons une activité de recherche pluridisciplinaire entre chercheurs, biologistes, climatologues, géographes, vétérinaires, éleveurs,... tant la surveillance est délicate et l’exper- tise complexe».

Pour prouver cette complexité, Thierry Baldet a pris l’exemple de la FCO, véhiculée par un insecte culicoïde : cette maladie subtropicale et exotique est arrivée dans le sud de l’Europe en 1999 avant de réapparaître au nord de l’Europe en 2006. Elle s’est ensuite transmise par des culicoïdes locaux présents depuis longtemps. En 2012, la France a récupéré son statut indemne FCO avant une nouvelle réapparition en septembre 2015 dans l’Allier. «Après 2 ans de silence, la question reste entière des raisons de sa réapparition !», selon Thierry Baldet. Aujourd’hui le sérotype 4 inquiète avec deux cas avérés dans le sud de la Corse.

Sur le virus Schmallenberg, le chercheur a montré l’efficacité des travaux de recherche qui ont permis de sortir un test de diagnostic sensible spécifique et un vaccin inactivé.

Prévention

«Nos missions sont de mieux connaître ces maladies vectorielles émergentes pour mieux les contrôler et prévoir des méthodes de surveillance et de prévention : cela passe par le suivi des dynamiques de population, un travail sur l’écologie larvaire : où piquent-elles ? A quel moment ? Quel animal ?... pour réfléchir à des méthodes de lutte ciblées. Des éléments d’information qui pourraient être intégrés à vos pratiques d’élevage, une démarche en totale cohérence avec votre approche globale sanitaire par exemple !», a-t-il encouragé.

Le CIRAD a également une mission de surveillance des culicoïdes en France. «Depuis 2015, nous essayons de déterminer les périodes saisonnièrement indem-nes pour bénéficier des dérogations à l’interdiction de sortie des zones réglementées», ajoute Thierry Baldet.

Ces maladies vectorielles émergentes représentent de réels défis pour les scientifiques tant elles sont complexes et soulèvent encore beaucoup d’inconnues pour les éleveurs.

Eva DZ

13 avril 2017

Filière caprine à Moyrazès : une journée porte ouverte réussie !

Beaucoup de monde vendredi 7 avril à la chèvrerie du GAEC Cap Avenir à Montplaisir, sur la commune de Moyrazès ! La journée porte ouverte organisée en collaboration avec la coopérative des Chevriers du Rouergue a été un succès, illustrée par une production caprine en bonne forme.

Légitime satisfaction chez les organisateurs pour cette journée mettant en avant un élevage de 900 chèvres, optimisant performance technique, bien-être animal, et confort de travail pour les associés et salariés (lire aussi dans la VP du 30 mars). Le GAEC composé de Frédéric Carrière, Guilaine Clergue, Marie-Claire Aussibal, avec comme salarié Gilles Aussibal, plus le groupement d’employeurs du Tec avec les salariés spécialisées, Virginie Cadillac et Floriane Debard, travaillent en effet dans des conditions optimales. Avec, de plus, un prix du lait rémunérateur, «730 €/1 000?litres en 2016. L’objectif d’un EBE de 200 €/ chèvre est atteint cette année», confie Frédéric Carrière.

Joël Mazars, président de la section caprine FDSEA, complète : «on constate ici que la production caprine est devenue une filière professionnalisée à part entière». Cette filière partagée entre les fermiers et les laitiers est riche de sa diversité, et active avec l’engouement constaté pour cette production. L’Aveyron y prend part (200 producteurs) et compte dans le paysage caprin national. La conjoncture est favorable avec une consommation en hausse de 4 %, dans un marché qui importe 20?% de son lait. «Il faut continuer à installer prudemment, avec des projets raisonnés et raisonnables», avertit Joël Mazars.

Jean-Paul Fayret, président des Chevriers du Rouergue (150 adhérents) ajoute : «la filière est en effet dynamique et nous cherchons de nouveaux engraisseurs de chevreaux». La coopérative participe au projet, sur le second site du GAEC à Grifouillet, de création prochaine d’une pépinière de chevrettes de renouvellement (600 places).

Lors de la journée à laquelle participait activement le réseau CUMA, dont celle de Baraqueville, les éleveurs ont communiqué sur leur métier, mettant en avant la genèse du projet, les atouts du bâtiment d’élevage fonctionnel, invitant aussi les visiteurs à la traite «rotative» de fin de journée (60 places).

Beaucoup de responsables professionnels et élus locaux sont venus saluer les éleveurs pour la réussite de leur entreprise.

D.B.

06 avril 2017

Bœufs de Pâques à Baraqueville : la crème de la crème pour Pâques !

Le 19e concours des Bœufs de Pâques à Baraqueville s’est déroulé vendredi 31 mars et samedi 1er avril. L’occasion pour les acheteurs de toute la France de venir s’approvisionner en viande de qualité deux semaines avant les fêtes de Pâques.

La foule était une nouvelle fois au rendez-vous dès l’issue de l’opération des jurys vendredi en début d’après-midi, autour des six meilleurs animaux du concours. La pression était palpable autour du ring quelques minutes avant la vente aux enchères menée par Bernard Guibbaud et sous la surveillance de Jackye Serieys, présidente du comité d’organisation. Des acheteurs de tout profil, artisans bouchers, distributeurs, négociants, restaurateurs,... des quatre coins de la France avaient coché ce rendez-vous reconnu depuis de nombreuses années pour sa qualité et sa diversité de races allaitantes ainsi que pour sa convivialité !

Les enchères sont montées progressivement. Par palier de 20 centimes, à partir de 7 € prix de base. Le meilleur bœuf, issu de l’EARL de La Valette à Luc, chez Benjamin Azémar, naisseur en-graisseur, s’est vendu à 10,80 €/ kg pour le Leclerc Millau sous la houlette de Christian Cabiron. Ce dernier s’est également porté acquéreur de la meilleure Aubrac de l’élevage de Christophe Sudries à Lédergues, à 18 €/kg. La meilleure Charolaise de la SARL Tauriac à Onet le Château a été achetée par le local de l’étape, le Carrefour Market de Baraqueville, à 12,20 €/kg.

Des enchères entre 10,80 et 18,40 €/kg

La meilleure Blonde d'Aquitaine du GAEC Cannac à La Selve, naisseur engraisseur, a été remportée par le Système U d’Aimargues dans le Gard pour 14 €/kg. Puis le meilleur croisé de l’élevage de Christophe Sudries à Lédergues, a été acheté par le Super U de Roujan (la Maison Bordes) dans l’Hérault pour 16 €/kg. Enfin le meilleur animal du concours (également meilleur Limousin) issu de l’élevage d’Anne-Marie Froment à Marcillac Vallon rejoindra le Leclerc de Cahors qui a remporté l’enchère à 18,40 €/kg.

«Globalement, les prix se sont bien tenus», résume satisfaite Jackye Serieys. «Même lors de la vente générale qui a suivi les enchères, les prix ont été corrects», assure-t-elle, estimant la plus-value du concours au-delà d’1€/kg. «Nous sommes dans la même moyenne que les années précédentes, une belle performance dans le contexte actuel du marché de la viande», commente-t-elle. Autre satisfaction pour les organisateurs, l’ensemble des 390 animaux exposés ont trouvé preneur. «Je pense que, comme d’habitude, l’ensemble des acheteurs, quel que soit leur profil, ont tous trouvé la marchandise qu’ils recherchaient», poursuit Jackye Serieys.

Le repas des éleveurs et l’ensemble de la manifestation se sont déroulés dans une très bonne ambiance, marque de fabrique de Baraqueville ! Dommage la pluie du samedi a quelque peu perturbé les animations mais la bonne humeur était tout de même au rendez-vous ! En attendant les 20 ans en 2018 !

Eva DZ

Le concours culinaire autour du paleron, jugé par Michel Truchon, chef étoilé, Frédéric Rubio professeur de cuisine Chambre de métiers et Dominique Bastide, du restaurant Les Coquelicots à Moyrazès, a récompensé deux lauréats : Géraldine Costes chez les amateurs et Sarah Faure de l’Ardoise à Réquista chez les professionnels.

30 mars 2017

Portes ouvertes, vendredi 7 avril à Moyrazès : investir et innover à 4 c’est possible !

La chèvrerie du GAEC Cap Avenir, à Montplaisir sur la commune de Moyrazès, est un outil de travail moderne et innovant, le nec plus ultra pour les 900 chèvres qui y sont installées et les trois associés et deux salariés qui y travaillent. Avec le soutien de la coopérative des Chevriers du Rouergue, elle ouvre ses portes à tous, vendredi 7 avril à partir de 10h.

Marie-Claire et Gilles Aussibal travaillent depuis longtemps avec leurs voisins de 4 km également chevriers, Guilaine Clergue et Frédéric Carrière, à la CUMA, au groupement d’employeurs,... C’est un coup du sort qui a précipité leur projet d’unir leurs deux structures, un choix qu’ils ne regrettent pas et qu’ils veulent même partager à l’occasion d’une porte ouverte, le 7 avril. En septembre 2014, un sinistre a fait périr le bâtiment de Marie-Claire et Gilles. «L’idée trottait dans nos têtes sans qu’on ne l’ait jamais formulée. Tout s’est fait naturellement !», se souvient Marie-Claire.

Et même rapidement puis-qu’un an plus tard, ils visitaient tous les quatre, plusieurs chèvreries en Vendée, à l’image de leur projet. «Ces visites et surtout les échanges avec des éleveurs sereins (bien plus que nous sur nos petites structures !) nous ont montré que c’était possible», ont constaté rassurés les exploitants.

Une chèvrerie dernier cri !

Et un an plus tard, les premières chevettes, fournies par la coopérative des Chevriers du Rouergue, entraient dans le nouveau bâtiment installé au bien nommé lieu-dit Montplaisir ! Pour autant, les quatre exploitants (Marie-Claire, Guilaine et Frédéric sont associés dans le GAEC Cap Avenir créé en octobre 2015, Gilles est salarié), ont bien pris le temps de la réflexion sur leur bâtiment. Ils se sont entourés de partenaires compétents, efficaces, de bons conseils et sur le chiffrage de leur projet d’une chèvrerie destinée à accueillir un millier de chèvres, soit 200 par ETP. «Un bâtiment facile à fonctionner, confortable pour les chèvres et pour les personnes qui y travaillent», résument les éleveurs. Et la réalisation est à la hauteur de leur ambition : toit, murs et portails sont isolés, une ventilation dynamique permet de maintenir le bâtiment à bonne température hiver comme été, sans odeurs, une aire d’attente sur caillebotis a été installée, la distribution de concentré est automatique, le roto traite permet de traire les

1 000 chèvres en 2h... «Chez nous personne ne porte un seau ! Tout est fait pour que le travail ne soit pas pénible !», rapportent les éleveurs qui veillent aussi au confort de leurs salariés.

Plus de sérénité

«Nous avions envie de travailler tous ensemble, ce qui n’a pas posé de problèmes étant donné que nos modèles d’exploitation étaient semblables : appui des CUMA locales, un salarié en groupement d’employeurs, conduite de troupeau...». La clé c’est l’organisation du travail entre tous : «Notre association est encore jeune mais nous avons atteint un bon rythme de travail qui apporte de la souplesse et surtout de la sérénité», avance Guilaine. «C’est important de savoir que l’on n’est pas seuls et qu’on peut compter sur les autres», complète Marie-Claire. «Nous partageons tout : l’astreinte, la gestion administrative, la gestion des problèmes ! Nous impliquons même nos salariés dans l’amélioration du fonctionnement ou de la conduite du troupeau. Nous travaillons en confiance», poursuit Frédéric. L’élevage a aussi gagné en productivité de travail : «quand tout est bien calé, on ne court pas !», résume Gilles.

Une organisation sans faille

Pour le matériel, le GAEC s’appuie sur 8 CUMA, l’engagement de Gilles et aujourd’hui de Frédéric président de la fédération départementale, y est sûrement pour beaucoup ! «C’est notre choix depuis toujours d’investir collectivement. Quasiment tout notre matériel est en CUMA, en activité simple ou en services complets, pour l’ensilage, la moisson, la dessileuse automotrice,...». Et le GAEC fait aussi appel à la mise à disposition de main d’œuvre ponctuellement en complément du Service de remplacement et du groupement d’employeurs pour gérer les pointes de travail.

Cette journée portes ouvertes du 7 avril a un double objectif pour les membres du GAEC Cap Avenir : «témoigner de notre organisation de travail tant d’un point de vue des Hommes que du matériel, partager nos résultats technico-économiques, notre marge au litre de lait, échanger en toute transparence sur notre projet (financement bâtiment, équipement,...)» et «remercier nos partenaires, organisations professionnelles agricoles et maîtres d’œuvre autour du bâtiment, qui seront d’ailleurs présents pour compléter notre présentation».

Eva DZ

30 mars 2017

Festival des Bœufs de Pâques à Laguiole : une formule qui marche !

Le 18e Festival des Bœufs de Pâques s’est déroulé samedi 25 et dimanche 26 mars à Laguio-le. Un festival qui a le vent en poupe avec des éleveurs exposants plus nombreux, des acheteurs engagés et fidèles et des animations innovantes.

Didier Dijols, président du comité d’organisation, avait le sourire à l’heure de la remise des prix dimanche matin sur le foirail, devant la vitrine des 218 animaux de qualité, présentés par plus de 70 éleveurs dont de nombreux Lozériens. Ce sont d’ailleurs eux qui ont séduit les membres du jury puisque les deux champions Bœuf Fermier Aubrac et Fleur d’Aubrac sont issus d’exploitations de Lozère. Nicolas St Léger de St Sauveur de Ginestoux a décroché le prix du festival en Fleur d’Aubrac et le Grand Prix d’excellence et Vincent Remise du Buisson, le prix du festival en Bœuf Fermier Aubrac, pour sa première participation ! Encouragé par UNICOR qui collecte ses animaux, le jeune éleveur installé en 2011 sur la ferme familiale de 50 mères Aubrac n’est pas déçu d’être venu?! «Les trois animaux que j’ai amenés ont réalisé une belle performance, une première et une troisième place et le prix du festival, c’est encourageant pour la suite», sourit Vincent Remise, félicité par le président du Conseil départemental de l’Aveyron, Jean-François Galliard lui aussi en visite pour la première fois sur le festival. Guidé par Vincent Alazard et Annie Cazard, conseillers départementaux, des élus locaux et le député Yves Censi, il a apprécié cette belle vitrine de l’agriculture.

Une vitrine qui poursuit sur sa lancée la promotion des produits viande sous signes officiels de qualité. «Malgré un nombre plus important d’animaux exposés que les années précédentes, nous sommes satisfaits de voir que tous ont trouvé preneurs», se réjouit Didier Dijols.

La vente aux enchères s’est déroulée dans de bonnes conditions. La championne BFA a été achetée par Benoît de la Maison Conquet à 10,30 euros/kg. Et la championne Fleur d’Aubrac par COBO 34 à 14,10 euros/kg. La vente générale a été, elle aussi, très animée avec une plus value d’environ 1 euro par rapport à la grille. A noter l’investissement de trois acheteurs majeurs : la Maison Conquet, Arcadie Sud Ouest et Bigard qui ont acheté 130 bêtes (sur les 218 présentes).

Côté animations, le Festival des Bœufs de Pâques n’a pas été en reste avec une soirée Bœuf au comptoir à guichet fermé dans le gymnase. «Nous avons été obligés de refuser près de 150 repas faute de place», regrette Didier Dijols mais la soirée fut une réussite.?Comme chaque année, le concept de dégustation de viandes de qualité debout au comptoir séduit au-delà des frontières aveyronnaises !

De même, pour sa première, le salon du chocolat, proposé par l’association des parents d’élèves le dimanche dans le gymnase, a attiré une foule de gourmands ! Plus de 200 entrées ont été enregistrées en seulement 2h ! Et le compteur a sûrement continué de grimper l’après-midi ! «Nous sommes très contents. Et je pense que les 9 artisans chocolatiers présents sont eux aussi satisfaits de leur journée», a commenté Régis St Geniez, membre de l’association des parents d’élèves. «Nous avons réussi notre pari de lier nos deux gourmandises de Pâques, la viande de qualité et le chocolat !», poursuit-il. Les animations pour les enfants, en particulier la fontaine de chocolat, ont remporté un gros succès !

Les organisateurs du Festival remercient tous les bénévoles pour cette nouvelle réussite?!

Eva DZ

23 mars 2017

Filière porc : investir et se moderniser, c'est possible

Bernard et Cédric Valette, du GAEC des Valettes à Ségur, ont ouvert les portes de leur exploitation mardi 21 mars. C'était l'occasion d'inaugurer leur tout nouveau bâtiment destiné à abriter des porcelets en post sevrage, puis engraissement. Ce projet a bénéficié de l'accompagnement de la coopérative aveyronnaise Alliance Porci d'Oc (APO).

L'élevage porcin est arrivé en 1992 sur cette exploitation de tradition laitière. Bernard Valette a ainsi démarré son activité de naisseur avec 60 truies en plein air. En 2000, le cheptel est passé à 150 truies logées dans une maternité. Après l'installation de Cédric, son fils, en 2004, l'exploitation s'est équipée d'un bâtiment pour abriter les gestantes. Cédric et Bernard sont aujour-d'hui multiplicateurs Hypor.

Conserver les animaux sur l'exploitation

Jusqu'à présent les porcelets nés sur l'exploitation étaient engraissés à l'extérieur. «En tant que multiplicateurs nous souhaitions pouvoir conduire nous mêmes les animaux jusqu'à la vente comme reproducteurs», confie Cédric Valette. Il s'agit aussi de mieux gérer la qualité sanitaire des animaux voués à la reproduction, limitant leurs déplacements.

De cette volonté de prendre en charge l'engraissement, est né le projet de bâtiment. Gilbert Delsol est responsable des projets chez APO. C'est lui qui a suivi le dossier du GAEC des Valettes. «Nous avons accompagné Cédric et Bernard depuis l'avant projet jusqu'au suivi du chantier, en passant par l'étude économique, les appels d'offre et la gestion administrative». Le résultat est une porcherie flambant neuve qui a nécessité le concours de pas moins d'une dizaine d'entreprises, dont une partie est locale. Elle va abriter, dans un premier temps, 528 places en post sevrage et 768 places en engraissement. Seules les femelles seront d'abord engraissées. Le projet doit en effet se poursuivre dans les années à venir avec une extension dédiée à l'engraissement des mâles.

Economiser l'énergie

Lorsque l'idée du bâtiment a émergé dans l'esprit de Cédric Valette, il s'est fixé comme objectif premier l'économie d'énergie. Il a ainsi fait appel à une technique encore inédite dans la région : l'utilisation de niches chauffées dans les cases de post sevrage des porcelets. «Alors qu'il fait autour de 24°C dans le reste de la case, les porcelets sont à 28°C sous la niche», explique le jeune éleveur. Cette zone de confort est abritée par une plaque en acier chauffée par un circuit d'eau chaude qui circule à 70°C. De plus, grâce à une ventilation centralisée, utilisant des ventilateurs de dernière génération, eux aussi économes, cette eau est préchauffée par le recyclage de l'air chaud. Enfin, des sondes permettent de réguler le chauffage en fonction de la température. «Ce type de bâtiment, pensé dans une logique de réduction énergétique, représente l'avenir», selon Gilbert Delsol.

Dans une même logique d'économie, Cédric Valette évoque son engagement vers la réduction des traitements sanitaires sur les porcelets. «Nous n'utilisons pas de traitements en systématique. Lorsque nous avons des porcelets malades nous traitons uniquement la case en injectant les produits dans l'eau des abreuvoirs». Côté engraissement, les auges ont été surélevées pour permettre un confort de lavage et une meilleure circulation de l'air. C'est aussi un moyen de faire de la prévention sur la santé des animaux. Aujourd'hui, beaucoup d'éleveurs suivent la même logique et n'utilisent aucun antibiotique à partir du sevrage. Pour Norbert Pradalier, le président d'APO, «l'évolution de la génétique et la modernisation des bâtiments d'élevage permettent de prévenir plus efficacement les problèmes sanitaires». C'est aussi pour montrer cela qu'il tient à cœur de la coopérative d'organiser de telles portes ouvertes pour ses adhérents.

Montrer la dynamique de la filière

Le GAEC des Valettes est la deuxième exploitation à participer à cette initiative. La première s'était déroulée le 15 novembre 2016, au GAEC des Igues, sur la commune de La Bastide l'Evêque. Il s'agissait là aussi de faire visiter un nouveau bâtiment, équipé d'une fabrique d'aliment, fruit d'une installation avec création d'atelier d'engraissement. Pour Norbert Pradalier ces portes ouvertes revêtent deux objectifs. «C'est un lieu de rencontre, d'échanges entre éleveurs. Nous avons ici l'occasion de mettre en lumière des jeunes qui avancent, investissent, et croient en l'avenir de la filière. Montrer qu'on peut développer de l'engraissement à Ségur, en pleine zone de montagne, montre aussi que la production porcine s'inscrit partout». L'autre objectif est aussi de faire venir le voisinage sur l'exploitation. En effet, comme il est sanitairement risqué de faire visiter des bâtiments occupés, montrer à quoi ressemble une porcherie, même vide, est l'occasion de démonter certains a priori.

Au service de la filière porcine du Sud-ouest

Cette communication est une des nombreuses missions que les 370?salariés de la coopérative APO assurent aujourd'hui. C'est en effet un outil performant du développement de la filière porcine en Aveyron et au-delà, avec de nombreux services rendus aux 186 adhérents, con-cernant l'environnement, le sanitaire, la génétique, l'alimentation...

La coopérative est aussi très investie dans le renouvellement des générations d'éleveurs. «La production porcine offre une grande qualité de vie , grâce à un travail très planifié, affranchi des aléas extérieurs», explique Norbert Pradalier. «De plus la conjoncture s'est nettement améliorée depuis 6 mois, grâce à l'ouverture du marché chinois aux porcs européens, et à la diminution du cheptel au sein de l'Union. Les voyants sont donc au vert en ce moment. En outre APO met un point d'honneur à accompagner les jeunes qui s'installent, en leur offrant notamment un revenu sécurisé pendant les premières années».

Les portes ouvertes des adhérents d'APO vont donc se poursuivre au rythme de la concrétisation des projets, que le prési- dent souhaite nombreux.

B. CAREL

23 mars 2017

Journées laitières les 6 et 7 mai à Baraqueville : races laitières et race Limousine sur les podiums

Prim’Holstein, Montbéliar-de, Bune, Simmental, Pie Rouge et Aubrac lait ainsi que la Limousine seront en con-cours à l’occasion des Journées laitières samedi 6 et dimanche 7 mai à Baraqueville, dans le cadre de la foire au matériel agricole. Prenez date !

Tous les 4 ans, les Journées laitières mettent à l’honneur le professionnalisme des éleveurs du département et proposent un point d’étape sur l’évolution de la production laitière en Aveyron. Avec 330 millions de litres produits par 1 400 exploitations, le lait représente une part incontournable du socle économique agricole du département.

En Aveyron, le troupeau moyen au Contrôle laitier est de 52 vaches pour une production de 380 000 litres par exploitation avec toutefois une grande diversité. La production moyenne par vache a augmenté de 770 kg sur ces dix dernières années. Ces progrès tant technique que génétique seront notamment présentés lors des Journées laitières. A cette occasion en effet, le meilleur des races laitières du département défilera sur les rings. Le samedi : concours interdépartemental Simmental à 11h, présentation de la race Pie Rouge à 13h, concours régional Montbéliard à 14h et le dimanche : concours interdépartemental Brune à 10h15, concours départemental Prim’Holstein à 13h. Les éleveurs limousins se sont associés à l’événement pour organiser leur concours départemental le samedi à 9h. Au total, plus de 200 animaux seront donc exposés le temps d’un week-end à l’espace Raymond Lacombe.

Plus de 200 animaux en concours

Au-delà des concours de races, ces Journées laitières sont un rendez-vous pour tous les acteurs de la filière. L’événement est en effet porté par les associations de races bovines laitières (Brune, Montbéliarde, Prim’Holstein et Simmental), la Chambre d’agriculture, la mairie de Baraqueville, en partenariat avec les producteurs, les entreprises de collecte et de transformation (Sodiaal, Lactalis, coopérative Jeune Montagne, coopérative laitière de Thérondels), les organismes d’approvisionnement, les organismes de sélection et les coopératives d’insémination (Coopelso) ainsi que les organisations professionnelles agricoles (Crédit Agricole, Groupama, MSA).

«Ces deux journées vont permettre de favoriser la rencontre professionnelle et les échanges entre les acteurs», avance François Ginisty, président de l’association Journées laitières. «Elles seront aussi un coup de projecteur sur le fort potentiel génétique, technique et économique du cheptel laitier départemental. C’est une façon pour nous d’inscrire durablement la vocation laitière de notre territoire», conclut-il.

Rendez-vous donc les 6 et 7 mai à Baraqueville !

Eva DZ

09 mars 2017

Réunions lait d’Aveyron Conseil Elevage : efficacité et réactivité

Pour la huitième année, le service bovins lait de la Chambre d’agriculture a renouvelé ses réunions de secteur, dans tout le département. Quatorze rencontres rythmées par une intervention technique sur la qualité du lait, une visite d’élevage et surtout de nombreux échanges entre éleveurs.

Cet hiver, plus de 300 producteurs de lait ont participé aux 14 réunions de secteur organisées par le service bovins lait de la Chambre d’agriculture. Cette formule, très appréciée, est un rendez-vous important pour tous, éleveurs et techniciens. Une occasion supplémentaire d’échanger, de susciter de nouvelles idées pour améliorer le conseil et ainsi le service aux producteurs adhérents.

Face à une conjoncture économique délicate en production laitière, le service de la Chambre d’agriculture a orienté ses réunions sur la qualité du lait, en apportant des réponses pour améliorer le revenu.

Dans un élevage moyen de 362?000 litres, l’Institut de l’élevage estime le coût de production à 403 €/1 000 litres, dont 123 euros réservés au coût alimentaire (123 € d’achats de fourrage, de concentrés, d’appros aux surfaces ; 55 € de frais d’élevage, 112 € de frais de mécanisation, 60 € pour les bâtiments, 53 € de frais généraux). «La conduite du troupeau et l’alimentation sont des leviers importants du coût de production», assure Patrice Perguet, responsable de l’équipe bovins lait à la Chambre d’agriculture. «Là où l’on peut agir pour améliorer la qualité du lait et donc son revenu». Sur les 22 départements de la zone Optilait, la variation reste très importante sur le prix du lait, un écart pouvant atteindre 75 €/1 000 litres ! En Aveyron, le prix moyen payé est relevé de 23?€/1 000 litres par rapport au prix de base.

D’importantes variations de prix selon la qualité

Les facteurs de cette grande variation sont de plusieurs ordres?: les taux (TP et TB), le niveau de concentré dans la ration, la qualité de l’ensilage, la qualité cellulaire, la génétique (capacité à transmettre des gènes favorables aux taux et/ou à la production laitière),... Cellules, composition du lait (TB et TP), butyriques, germes, génétique ont en effet une influence directe sur la qualité du lait. La présence de cellules dont le seuil de pénalité est fixé à 300 000 (avec une ambition prochaine à 250 000) est l’un des points à améliorer. Si plus de 85% des vaches laitières sont «saines», elles sont encore 8% à plus de 800 000 ! La clé est d’identifier rapidement les sources des mammites cliniques (20% sont enregistrées). Plus de 75% guérissent au tarissement. Les cellules ont des conséquences directes et importantes sur le revenu : 5 à 10% de baisse de production, du lait jeté, un coût de traitement élevé (150?€ minimum et jusqu’à 230 € !), des contrain-tes supplémentaires à la traite, des risques inhibiteurs dans le lait.

S’il y a peu de solutions pour remédier à la présence de butyriques dans le lait s’ils sont intégrés au silo, en revanche le producteur peut agir sur plusieurs points : l’hygiène de traite, la propreté des trayons et des animaux dans le bâtiment (sans surcharge d’effectif), la récolte de fourrages bien secs, un chemin entretenu entre le silo et l’auge de façon à ne pas contaminer l’alimentation,...

Concernant les germes, la lipolyse et la cryoscopie, l’attention doit porter sur le nettoyage de la machine à traire, de l’ensemble des tuyaux et du tank via Net’traite, le refroidissement du lait...

Un plus par l’appui technique

L’équipe de 24 techniciens du service bovins lait de la Chambre d’agriculture est mobilisée pour accompagner les producteurs, de façon réactive et efficace. Pour un retour plus rapide des résultats de la pesée du soir, les agents sont équipés de tablette qui leur permet de saisir en direct et de fournir à l’issue de la visite, les résultats d’analyses d’échantillon de lait. L’Aveyron est le seul département de la zone Optilait à proposer son conseil avec résultats. L’appui technique sur la qualité du lait, la repro via les tests de gestation, l’alimentation via Cetomir,... peut ainsi être organisé à partir des résultats du mois en cours.

L’innovation passe aussi par un conseil économique grâce au partenariat TechEco avec CERFRANCE Aveyron. Avec l’accord de l’éleveur, CERFRANCE Aveyron et le service bovins lait de la Chambre d’agriculture mettent en commun leurs informations et proposent une approche de la trésorerie. Un tableau de bord général permettra à l’éleveur, en lien avec son technicien, de calculer un prix d’équilibre prenant en compte son coût alimentaire. «L’idée est de chercher des marges de progrès», avance Patrice Perguet. Cette démarche est subventionnée, jusqu’à fin 2018, par le Conseil régional quel que soit le suivi technique choisi par l’éleveur avec un engagement de suivi dans le temps. Le producteur devra simplement verser 1 euro et fera l’avance de TVA. «Le conseil doit être mis en avant en parallèle du contrôle de performances», a complété François Ginisty. «Pour plus de réactivité et d’efficacité».

Eva DZ

02 mars 2017

Assemblée générale Ovi-test : une place de leader confortée

Premier centre d’insémination ovine en France, la coopérative Ovi-Test conforte sa notoriété avec plus de 2 000 adhérents et une activité en progression constante pour la quatrième année consécutive. Et des projets à l’export avec notamment la création d’un centre d’IA en Espagne.

C’est un bilan plus que positif qu’affiche la coopérative Ovi-Test, de quoi donner le sourire à son président Jean-Jacques Fabrègues lors de l’assemblée générale mardi 28 février à Pont de Salars. «Notre activité est en progression constante, nous récoltons les fruits du travail de longue haleine mené par nos prédécesseurs et par les éleveurs sélectionneurs, engagés dans les schémas de sélection. La preuve aussi que nous répondons aux besoins du plus grand nombre», a-t-il commenté.

Une activité qui continue de progresser

Ainsi les chiffres montrent une augmentation de l’activité Insémination artificielle (+ 4 279 IA soit + 1,24%) et une progression du nombre d’échographies (434?893 constats de gestation soit + 5,8%) à mettre en parallèle de la remontée du pourcentage de réussite (+ 3% chez les sélectionneurs lait). «Nous n’hésitons pas à faire évoluer notre service pour répondre aux besoins des éleveurs, en proposant de nouvelles techniques (stades de gestation, comptages d’embryons)», complète la directrice Béatrice Giral Viala. «Notre objectif est bien d’apporter à nos adhérents une prestation de qualité grâce à un fort investissement sur du matériel de pointe et la formation de nos agents», assure Jean-Jacques Fabrègues.

La race Lacaune séduit

La diffusion de reproducteurs est, elle aussi, en augmentation : + 19% en vente d’agneaux Lacaune lait et viande, + 1,46% en vente d’agnelles Lacaune, 492 béliers investis dans l’année et 1?952 béliers investis au total au 30 septembre. «Les qualités de la race Lacaune et les progrès réalisés dans nos schémas de sélection en viande comme en lait permettent une diffusion de la Lacaune sur toute la France : des troupeaux se créent dans l’Est de la France, dans les Alpes et se renforcent au Pays Basque (avec 80 000 brebis)», se réjouit Jean-Jacques Fabrègues. La demande est forte vers l’Espagne, la Grèce et l’Italie où une activité de brebis jeunes reproductrices a bien démarré (1002 têtes) et devrait perdurer. Cette croissance à l’export, Ovi-Test la doit à la notoriété croissante de la race Lacaune et sa démarche commune bien structurée GENELEX.

Un centre d’IA Ovi-Test en Espagne

Et la coopérative a même dû s’adapter à une nouvelle demande à l’export. «Nous avons été sollicités par notre réseau de clients espagnols pour créer un centre d’IA de façon à diffuser de la semence fraîche dans ce pays», a annoncé Jean-Jacques Fabrègues, confirmant la création de la société Ovi-Test Ibérica depuis le 28 janvier 2016. «Le projet est en phase de démarrage avec les premières IA ce printemps avec des béliers issus du centre d’Ovi-Test», avance Béatrice Giral Viala. Une trentaine de béliers confirmés sont concernés. Un grand challenge que la coopérative espère mener à bien : «Notre objectif est de permettre des plus-values financières par la vente de reproducteurs à Ovi-Test Ibérica et la marge sur l’IA en Espagne et d’asseoir notre réseau d’influence en Espagne pour les deux schémas lait et viande. Le retour doit se faire pour les éleveurs de notre bassin qui restent notre priorité», confirme Jean-Jacques Fabrègues.

Efficacité confirmée des deux schémas de sélection

L’assemblée générale d’Ovi-Test est aussi l’occasion de faire le point sur les deux schémas de sélection. En viande, la valeur laitière constitue la force du schéma depuis 40 ans et les qualités bouchères depuis 30 ans. La diffusion du progrès génétique continue sa reprise chez les éleveurs viande en particulier les ventes de reproducteurs femel-les. Le schéma est d’ailleurs en recherche de nouveaux sélectionneurs pour assurer la disponibilité en reproducteurs et est en expansion depuis plus de 4 ans.

Le travail se poursuit dans la sélection massale du gène de prolificité «LAC 3», innovation majeure en ovin. Le schéma espère atteindre l’objectif des 50% de brebis porteuses de ce gène d’ici 2 ans. En revanche, le caractère efficacité alimentaire en station a été abandonné car, après calcul de l’Institut de l’élevage, il s’est avéré contre-productif.

Concernant le schéma lait, les performances laitières des élevages de la base de sélection dépassent les 300 litres en moyenne par brebis (+7%) grâce à la génétique. La sélection sur les taux se poursuit, de même que sur les caractères secondaires tels que les cellules somatiques réalisées sur les deux premières lactations ainsi que le pointage des mamelles intégrés dans l’index ISOL et comptant pour 50% dans son calcul depuis plus de 10 ans.

Le millésime 2015 devrait confirmer l’intérêt de la sélection génomique. Une véritable révolution du fonctionnement du schéma de sélection lait qui contribuera à une hausse de 15 à 20% du progrès génétique. De nouveaux caractères pourront être introduits comme la docilité, la rusticité (longévité et efficacité des carrières), la prolificité,... sans détériorer la vitesse de travail. Le chantier doit être mené conjointement avec l’UPRA Lacaune, en accord avec l’orientation raciale.

Enfin, l’éprouvette électronique, Lactocorder, a été agréée pour une utilisation dans les élevages de la base de sélection. Les premiers tests démarreront cette année, pour continuer de favoriser l’index ISOL.

«Nous devons poursuivre sur cette voie pour permettre à un maximum d’éleveurs d’améliorer le niveau génétique de leur élevage», a conclu Jean-Jacques Fabrègues.

Eva DZ

09 février 2017

Conférence-débat : leur alimentation, notre santé

En partenariat avec le Conseil départemental, Jeunes Agriculteurs Aveyron et le groupe de Camboulazet ont invité, jeudi 2 février, Pierre Weill, co-président de Bleu Blanc Cœur et Marine Gelé, chargée de projet à l’Institut de l’élevage, à donner une conférence grand public sur l’alimentation et la santé.

La conférence débat «Leur alimentation, notre santé. Comment l’alimentation des animaux influence notre assiette» s’est déroulée aux Archives départementales. La soirée a débuté par l’exposé de Pierre Weill, co-président et co-fondateur de la démarche Bleu Blanc Cœur, label alimentaire garantissant des aliments riches en Oméga 3.

Alimentation : second risque pour la santé

Le scientifique, ingénieur agronome de formation, a tout d’abord présenté le rapport entretenu avec l’alimentation qui a beaucoup évolué ces dernières décennies. A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, face à une population traumatisée par la pénurie, la production alimentaire a eu pour principal objectif de lutter contre la faim. Dans les années 1970, la nourriture devait être enrichie pour «donner de la force», 20 ans plus tard elle a dû au contraire s’alléger, jusqu’à aujourd’hui où on privilégie le «sans» : sans gluten, sans OGM, sans pesticides... «Avec la déification de la nature, l’alimentation de demain devra privilégier le bien-être animal, et pourquoi pas, le bien-être végétal», pronostique Pierre Weill.

Le CREDOC (centre de recherches pour l'étude et l'observation des conditions de vie) traite de ces questions en profondeur. D’après leurs études, l’alimentation serait considérée par les personnes sondées comme le second risque pour la santé, après les accidents routiers, alors que la mortalité liée aux problèmes nutritionnels a été divisée par près de 500. Ce lien étroit entre nutrition et santé a tout de même pour effet de faire remonter la part du budget des ménages allouée aux achats alimentaires. Les crises alimentaires ont aussi eu pour effet d’orienter ces achats vers des produits de qualité ou dits «naturels».

Une démarche étayée par des faits scientifiques

Pierre Weill est un passionné des questions alimentaires. Fort du constat que des vaches alimentées avec de l’herbe étaient plus fertiles et produisaient du lait de meilleure qualité, il a cherché quels aliments pour le bétail offraient les mêmes qualités, surtout en terme d’acides gras, que le pâturage. C’est ainsi que Valorex a vu le jour en 1992, se spécialisant dans la graine de lin, mais aussi de pois, de lupin, ou encore de féverole.

Depuis, de nombreuses études sont venues confirmer la pertinence de la démarche de Pierre Weill et de ses associés. Si l’étude «Valomega», conduite avec l’INRA, a démontré le lien entre nutrition animale et qualité du produit, en l’occurrence des œufs et du beurre, c’est l’étude clinique conduite au début des années 2000 qui a réellement lancé la démarche Bleu Blanc Cœur.

Cette expérimentation, pilotée par Bleu Blanc Cœur, le corps médical et scientifique, dans le secteur de la biochimie, s’est basée sur deux échantillons de personnes recevant une alimentation strictement équivalente en nombre de calories mais dont l’un des deux groupes ingère des produits Bleu Blanc Cœur.

En 35 jours de ce régime, les scientifiques ont déjà pu mesurer des effets positifs sur le profil des personnes en acides gras, le sérum, ainsi que sur les membranes des hématies. «Depuis 25 ans nous avons multiplié les études scientifiques, avec 360 publications, portant sur la santé humaine, la zootechnie ou les impacts environnementaux. Nous n’avons plus aujourd’hui à prouver les bénéfices de notre démarche».

Omega 6 et Omega 3 : une question d’équilibre

En seconde partie, Pierre Weill a alerté sur les déséquilibres alimentaires, sources de maladies contemporaines. L’élément déterminant de l’ensemble des études de par le monde est la balance entre les Omega 6 et 3, dont le ratio influe sur le fonctionnement de l’organisme, et notamment sur la qualité du sang. Le ratio idéal doit se situer entre 4 et 5, or aujourd’hui il est bien au-delà.

«Le déséquilibre provient d’une trop forte teneur en Omega 6 dans notre alimentation, influencée par l’intensification de la monoculture, de maïs et tournesol, par exemple», explique le scientifique. Selon lui, la réintroduction des Omega 3 dans l’limentation pourrait prévenir de nombreuses maladies comme l’obésité, les maladies cardiovasculaires, ou encore certains cancers.

Alimentation animale et acides gras à l’étude

Marine Gelé a ensuite présenté une synthèse des études d’impact entre l’alimentation animale et la composition en acides gras des produits issus de l’élevage. Chez les monogastriques, un lien étroit est démontré, qu’il s’agissent d’œufs ou de viande de porc. Chez les ruminants, l’impact alimentaire est plus probant dans le lait. Les études montrent un effet flagrant du taux de pâturage sur la diminution du niveau des acides gras saturés ainsi que l’augmentation des acides gras mono et polyinsaturés, dont les fameux Omega 3 et 6.

Le ratio Omega 6 sur Omega 3 tend aussi à diminuer avec l’augmentation de la pâture. Des effets similaires ont été démontrés avec une complémentation azotée (tourteaux de colza ou de lin, luzerne) et lipidique (graines de soja ou tournesol pour les Omega 6, graines de lin ou de colza pour les Omega 3 et autres acides gras polyinsaturés). Marine Gelé tient néanmoins à préciser que si la qualité des aliments de complément n’est pas optimale, des effets néfastes peuvent apparaître, comme l’apparition d’acides gras trans indésirables.

Au niveau de la viande bovine, l’alimentation influence surtout le profil en acides gras du gras de la viande, ainsi que sa quantité et sa couleur. En effet l’absence de dégradations dues à la rumination entraîne une influence plus directe dans la viande des monogastriques.

Marine Gelé conclut en rappelant que des facteurs tels que la génétique et la santé des animaux entrent aussi de manière prégnante dans la qualité des produits.

B. CAREL

02 février 2017

Action loup FDSEA-JA à Millau : «Prélever, pour stopper les attaques !»

La FDSEA, les JA, en lien avec la Chambre d’agriculture, ont alerté une fois encore les pouvoirs publics, jeudi 26 janvier à Millau, sur les conséquences des attaques de troupeaux constatées récemment dans le sud Aveyron. Ce rassemblement était organisé au GAEC de la Martinerie à Millau, où le troupeau vient d'être victime d'une attaque, en présence d'élus locaux, dont le président du Parc naturel régional des Grands Causses.

«La situation s'aggrave, d'autres moyens s'imposent !». Pour les éleveurs FDSEA-JA, la coupe est pleine : «les attaques de loup se multiplient en Aveyron ces dernières semaines. Au total, 16 constats ont été établis «loup non écarté», faisant 91 victimes. Des photos confirment aussi la présence du prédateur». Et d’ajouter : «les territoires impactés progressent à grande vitesse. Après l'Aubrac et les Grands Causses, c'est maintenant au tour du Lévézou avec une attaque enregistrée sur la commune de Prades-de-Salars. Le loup se déplace rapidement et sa présence aux portes de Rodez est maintenant une certitude !».

Pour la FDSEA et les JA, «les attaques se multiplient alors que la plupart des animaux sont actuellement en bâtiment. Une explosion du nombre d’attaques semble donc inévitable lors de la sortie des animaux aux pâturages ce printemps. Avec la multiplication des attaques, le contexte a changé. Les moyens de luttes doivent évoluer aussi. L'élevage et le loup sont incompatibles !», martèle la profession agricole.

«Trop c’est trop !»

C’est aussi le message porté par François Giacobbi, responsable du dossier «Loup» : «nous sommes ici aux portes de Millau, au GAEC de la Martinerie qui a été victime d’attaques le 16 décembre. Après celles constatées à Bournac, St-Eulalie-de-Cernon..., nous disons que trop c’est trop ! Des traces ont été aperçues dans la neige dans le secteur de Lauras, non loin de St-Geniez-de-Bertrand, où d’autres brebis ont été attaquées. Nous demandons au préfet des tirs de prélèvement. Le printemps arrive. Dans le cadre du cahier des charges AOP Roquefort, les brebis devront sortir dans les parcours. Les éleveurs sont donc inquiets», lance le responsable du dossier «loup». «Protéger les troupeaux avec des clôtures, c’est 62 000 euros pour mes 350 brebis, plus le coût de chiens patou, etc. C’est donc des millions d’euros pour une mesure inefficace !», s’énerve François Giacobbi. «Dans les Alpes, le patou d’un berger a tué une marmotte. Ils s’est pris une amende ! Nous avons atteint le paroxysme de l’aberration !», proteste-t-il.

«La brigade loup doit venir ici»

Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande FDSEA, membre du bureau de la FNO poursuit : «nous demandons que la «brigade loup» en place en Lozère vienne ici avec ses trois agents pour patrouiller dans ce secteur. Notre métier est celui d’éleveur de brebis, pas celui de chasseur de loup». Thierry Agrinier, président de la section ovins lait FDSEA réagit à son tour : «l’AOP Roquefort nous contraints en effet à sortir nos bêtes, avec une obligation de pâture. Nous ne pouvons pas aujourd’hui assurer la sortie de nos troupeaux en toute sécurité».

François Giacobbi rappelle «que cette région d’élevage du sud Aveyron s’est appuyée depuis des siècles sur l’agropastoralisme, et que son classement à l’UNESCO dans le patrimoine mondial sera conservé si ce milieu ouvert le reste, grâce à la pâture. Le loup n’a pas sa place ici !», argumente-t-il encore. Alain Fauconnier, président du Parc naturel régional des Grands Causses soutient l’action des éleveurs : «qui font vivre notre région», a-t-il dit, «le représentant du Parc est là pour apporter son concours aux éleveurs».

«Il faut tirer»

Christophe Laborie, maire de Cornus, président de la Communauté de communes Larzac-Templiers-Causses, a évoqué la question des chiens divaguant : «on nous demande de prendre des arrêtés municipaux contre des chiens errants. Nous, élus, nous en avons marre. Il faut appeler un loup, un loup ! Nos élevages sont incompatibles avec cet animal qu’il faut tirer !». Le maire de Cornus se fait plus grave encore : «il y a des éleveurs qui vont très mal psychologiquement, stressés et sous calmants».

François Giacobbi a mis en avant la possibilité «de faire appel à la cellule psychologique de la MSA» et confié sa lassitude pesante, chaque jour, concernant ce dossier : «tous les matins, je me demande où le loup a-t-il encore tapé... J’ai déjà invité les «pro-loup» à venir sur ma ferme pour que l’on me donne des solutions, mais personne ne vient. Nous avons un chemin de grande randonnée qui passe près de chez nous, avec des touristes, des familles, des enfants. Que faire si un chien patou fait son métier, celui de défendre le troupeau et se jette sur une personne ?». Il a rappelé l’étude en cours de l’INRA sur «la protégeabilité des troupeaux», qui sera évoquée lors de la réunion de la «cellule loup» programmée avec le préfet le 7 février. «Une chose est sûre, dit François Giacobbi, il y a 5 ans, il y avait 8 départements concernés par le loup. Il y en a aujourd'hui 35. Un loup aperçu au nord de Paris a attaqué des chevreuils». Rémi Agrinier, responsable du dossier prédateurs pour les JA Aveyron, juge la situation aberrante financièrement : «le plan loup représente une enveloppe de 22 millions d’euros par an, soit 70 000 euros par loup. Je refuse de payer des impôts pour défendre ce prédateur !».

Réunion le 22 février à l’Assemblée nationale

Sébastien David, conseiller départemental de Saint Affrique, suppléant du député Arnaud Viala, a annoncé que le parlementaire du sud Aveyron suivait de près le dossier loup avec son collègue député de la Lozère, Pierre Morel-A-L'Huissier. Il a indiqué «qu’ils menaient des actions auprès de nombreux responsables politiques français et européens, afin de déclasser le loup au sein de la Convention de Berne en faisant ainsi passer d'espèce «strictement protégée» à «espèce protégée». Ce déclassement aura pour effet de faciliter les prélèvements de loup dans nos territoires pour protéger les élevages». Le 22 février, une réunion sur le loup, co-présidée par Arnaud Viala et Pierre Morel A l’Huissier, se tiendra à l’Assemblée nationale en présence de parlementaires français ainsi que des eurodéputés rencontrés à Strasbourg.

D.B.

26 janvier 2017

FCO : vacciner pour endiguer l’épidémie

L’épizootie de fièvre catarrhale ovine est loin de s’affaiblir avec 10 fois plus de foyers à l’automne 2016 qu’à l’automne 2015. FODSA-GDS 12 alerte sur cette circulation virale qui devrait s’intensifier au printemps 2017.

Au niveau national, sur les 1769 foyers détectés depuis septembre 2015, 1 585 ont été déclarés depuis juillet 2016. La majorité des foyers ont été identifiés grâce à des analyses sur des animaux de vente, néanmoins des cas cliniques commencent à apparaître, avec notamment des avortements.

Le maintien de la zone réglementée

La zone réglementée couvre quasiment tout le territoire national, excepté quelques départements du nord et de l’ouest. Cet hiver, 9 départements ont été déclarés en zone saisonnièrement indemne (ZSI), grâce à la constatation d’une inactivité vectorielle, accompagnée d’une surveillance sentinelle favorable. A ce jour, aucune période d’inactivité vectorielle n’a été notifiée pour l’Aveyron. Rappelons que les mouvements d’animaux de la zone réglementée vers la zone indemne sont réglementés et impliquent des délais de circulation suite à la vaccination et/ou des analyses PCR obligatoires.

La profession incite à vacciner

La vaccination contre le sérotype 8 du cheptel souche est volontaire, donc non obligatoire. Néanmoins l’Etat prend en charge le coût du vaccin jusqu’au 30 juin. Au niveau national le taux de vaccination est de 20 %, ce qui inquiète considérablement les organismes professionnels ainsi que GDS France, qui se sont unis pour diffuser auprès des éleveurs un message collégial : «La lutte contre la FCO ne peut être que collective. Actuellement, le vaccin est encore gratuit. N’attendez plus, vaccinez ou faites vacciner votre cheptel !». En Aveyron le nombre de brebis mères vaccinées s’élève à environ 35 % du cheptel départemental. «C’est mieux qu’au national mais c’est tout de même insuffisant», regrette Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA. FODSA-GDS 12 rappelle que la vaccination doit être planifiée et intégrée en fonction des conduites d’élevage et des périodes les plus appropriées. Il convient de se rapprocher de son vétérinaire ou GDS. Pour ceux qui ont vacciné en 2016, il faut absolument penser à anticiper le rappel, l’idéal étant d’utiliser le même produit que pour la primo-vaccination.

Bernard Lacombe, président de FODSA-GDS 12 est un fervent défenseur de la vaccination. «Je comprends bien les réticences des éleveurs, compte-tenu des problèmes liés à la campagne de vaccination urgente et obligatoire de la première épidémie de FCO. Aujourd’hui nous avons la possibilité d’anticiper la vaccination et de la réaliser au moment le moins perturbant pour la reproduction. La vaccination reste le seul et unique moyen d’endiguer la maladie. Les doses sont disponibles et restent gratuites jusqu’au 30 juin. Il faut en profiter ! Nous ne sommes pas à l’abri de l’arrivée d’autres sérotypes. Or, si nous restons à ce faible niveau de vaccination contre le sérotype 8, l’Etat risque d’être moins à l’écoute, et les laboratoires moins réactifs, en cas de nouvelle épidémie, même plus virulente.

En outre, il ne faut pas se fier au faible nombre de cas cliniques, qui tend à donner une image peu virulente du sérotype 8, car il semble tout de même provoquer des perturbations réelles en matière de reproduction. Alors, n’hésitez plus, vaccinez !».

B. CAREL

19 janvier 2017

Programme Gènes Avenir : un accès facilité à la génétique caprine

Comme présenté dans notre dernière édition, la filière caprine s’est mobilisée, dans le cadre du Dispositif génétique caprin français, autour d’un nouveau programme «Gènes Avenir». Frédéric Baudy, éleveur à Meljac, administrateur de Coopelso et de Cap Gènes, présente cette nouvelle offre reproduction et sélection et en explique les enjeux pour les producteurs.

Frédéric Baudy est installé en famille, dans le GAEC des petits ruminants sur la commune de Meljac. Il a rejoint ses parents en 2001 dans un atelier double de 300 chèvres et 250 brebis laitières. Sa femme les a rejoints en 2003 puis son frère en 2008. Depuis 2 ans, le GAEC s’est spécialisé en production caprine, avec 600 chèvres.

Investi dans la génétique caprine depuis son installation, Frédéric Baudy a été élu administrateur de Coopelso et de Cap Gènes, union de coopératives d’insémination au niveau national, en 2012 - 2013.

Comment s’est initiée cette réflexion commune et nationale autour du dispositif génétique caprin ?

F. Baudy : «Depuis 1992, l’organisme de sélection Cap Gènes a fait ses preuves mais il restait réservé aux éleveurs en testage. La volonté du groupe d’éleveurs administrateurs était d’ouvrir ce programme, de l’élargir en en facilitant l’accès. De plus, le nouveau réglement zootechnique du Contrôle laitier nous permettait de faire évoluer notre dispositif. Sans oublier la fin de la génomique prévue en 2018. Nous avons profité de ces modifications pour faire évoluer notre offre reproduction et sélection caprine, en concertation entre tous les acteurs, organisme de sélection, organismes responsables du Contrôle de performances et de l’insémination.

Quels sont les enjeux de ce nouveau programme ?

F. Baudy : C’est d’abord un accès facilité à tous les éleveurs caprins qui souhaitent se lancer dans la sélection. Cette nouvelle offre est positive pour tout le monde, pour les éleveurs qui pourront ainsi accéder plus facilement et à un coût davantage mutualisé au travail de sélection mené depuis plusieurs années. Mais aussi pour notre centre d’IA. Ce dernier, comme les éleveurs, a souffert de la dernière crise et a soufflé avec le renouveau de la filière. Le nombre de doses sorties du centre a bien progressé (70 000 IA environ), et le potentiel supplémentaire estimé est de 30 000. C’est une occasion de conforter nos outils de sélection.

Un convaincu de génétique

Concrètement comment va se traduire cette offre dans les élevages ?

F. Baudy : Nous avons un noyau dur d’éleveurs sélectionneurs, habitués à utiliser l’offre de reproduction et de sélection de Cap Gènes, à travers leur coopérative d’insémination. Notre région et l’Aveyron notamment, sont particulièrement impliqués : sur les 70 000 IA réalisés à Cap Gènes, 13 000 le sont via Coopelso. Personnellement, je me suis investi dans la sélection dès mon installation. A côté de ce noyau dur d’éleveurs, nous espérons que d’autres feront le premier pas pour intégrer le programme.

Concrètement, Cap Gènes va continuer de s’appuyer sur les techniciens du Contrôle laitier qui assurent notamment le suivi repro, pour faire connaître cette nouvelle offre dans les élevages. Le niveau de services sera quelque peu amélioré. Nous comptons également organiser des réunions locales d’information afin de sensibiliser les éleveurs et leur expliquer les tenants et aboutissants de cette offre.

Où en est la sélection caprine??

F. Baudy : Le progrès génétique s’affiche aussi bien en IA que dans la vente de boucs, pour la réussite de la repro, le suivi fertilité,... Pour exemple, en 1992, au démarrage de Cap Gènes, les primipares produisaient en moyenne 580 litres de lait, elles sont aujourd’hui à 850 litres. Le suivi du Contrôle laitier, les IA ont permis cette jolie progression. Il s’agit d’une moyenne nationale, qui se retrouve en Aveyron.

Pour ma part, j’ai démarré à 600 litres produits par chèvre, aujourd’hui nous sommes à 900 litres ! La progression du travail de l’éleveur y est aussi pour beaucoup !

En 1992, la priorité était donnée à la quantité de lait produite ainsi qu’à la qualité des taux (TB, TP, matière grasse). Depuis, les troupeaux ayant évolué ainsi que le contexte et la conduite des éleveurs, les administrateurs de Cap Gènes ont mis en place de nouveaux index comme la conformation des mamelles, les cellules, la longévité, la fertilité,... Nous nous appuyons pour cela sur les demandes du terrain aussi bien auprès des laitiers que des fromagers, qui d’ailleurs partagent les mêmes objectifs de quantité et de qualité de lait ainsi que de santé de la chèvre.

Personnellement, j’ai acheté toutes mes chevrettes en 2001- 2002 au moment de mon installation et depuis, j’ai géré le renouvellement de mon troupeau grâce aux boucs que j’ai gardés et aux IA, ainsi je n’ai pas eu d’entrées de nouveaux animaux, ce qui m’a permis d’assurer une certaine sécurité sanitaire dans mon troupeau et donc d’économiser des frais vétérinaires.

Quel est votre message aux éleveurs caprins ?

F. Baudy : Une fois qu’on a goûté à la sélection, il est difficile de faire marche arrière ! Certes cela représente un coût mais je le considère comme un investissement car le retour économique est bien là sur le long terme.

Vu la conjoncture favorable actuellement en lait de chèvre, il est plus facile aujourd’hui d’investir. C’est une assurance sur l’avenir à mon avis !

Les premiers suivis repro de cette nouvelle offre vont démarrer dès cette année. D’ici le début de la prochaine campagne d’IA, les éleveurs peuvent prendre le temps de la réflexion et demander conseil auprès de leur technicien du Contrôle laitier».

Propos recueillis par Eva DZ

12 janvier 2017

Attaques de troupeaux en Aveyron : l’ONCFS confirme les attaques du loup

Alors que des troupeaux ovins en Aveyron font encore cette semaine l’objet de nouvelles attaques, l’ONCFS vient de publier les résultats des enquêtes menées en fin d’année sur sept attaques de troupeaux. La conclusion s’impose : le loup s’installe en Aveyron.

Depuis l’arrivée du loup en Aveyron, 16 attaques, qui ont fait 91 victimes, ont été classées «loup non écarté» : «C’est une simple terminologie pour dire que la responsabilité du loup ne fait pas de doute, toutes les autres espèces ayant été écartées par les conclusions de l’enquête des experts», souligne François Giacobbi, qui suit de très près ce dossier pour la Chambre d’agriculture. La présence du loup est donc bien avérée en Aveyron, l’un des éleveurs installé à Cornus, ayant subi une attaque sur son troupeau, a même fourni des images du prédateur grâce à des pièges vidéo.

«Lorsqu’une enquête conclut «loup non écarté», cela signifie que l’ensemble des traces de l’attaque (morsures, brisures des os,…) concourent à prouver qu’elle a bien été commise par un loup et que toutes les autres hypothèses ont été rejetées. Lorsque plusieurs traces peuvent appartenir à un chien errant (ou autre), l’attaque est classée «loup écarté», tiennent à préciser FDSEA, JA et Chambre d’agriculture dans un communiqué commun, en réaction à la publication des résultats d’enquête de l’ONCFS.

Le loup a mené 16 attaques et fait 91 victimes

L’occasion aussi pour les éleveurs de répéter que les élevages doivent être protégés. «Le loup est installé en Aveyron et ses attaques sont désormais courantes. Comment envisager 2017 dans ces conditions ? Nous appréhendons. En Aveyron, ce sont 800 000 ovins et 500 000 bovins qui sont menacés directement. Et 12 000 chefs d’exploitation indirectement car nous connaissons trop bien les témoignages de nos confrères des Alpes».

Pour François Giacobbi, Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande FDSEA et Rémi Agrinier, administrateur JA et co-responsable loup, «la présence du loup rend le pastoralisme impossible et la pression psychologique qu’il installe est insupportable». Un message qu’ils ont relayé, une fois de plus, auprès du Préfet et des services de l’Etat lors d’un comité loup, mardi 10 janvier en préfecture.

Protéger le pastoralisme pour échapper à la déprise et à l’ensauvagement

Une réunion qui a permis d’entériner le lancement d’une enquête menée par l’INRA sur le territoire des grands Causses, pour identifier les moyens permettant aux éleveurs de protéger leurs troupeaux du loup. «Un comité de pilotage va porter cette étude. La profession y sera bien entendu associée et nous y tenons, aux côtés de l’ONCFS, de la LPO,... L’INRA apportera son rôle d’expert», détaille François Giacobbi.

Cette étude permettra d’identifier, au niveau local, comment avec les spécificités des grands Causses, des moyens de protection peuvent être mis en place de façon efficace. «La position des éleveurs reste la même : la meilleure des protections est l’absence de loup ! Il s’agit de la préservation de la vie de nos territoires, pour échapper à la déprise et à l’ensauvagement. Aucun loup ne doit pouvoir s’installer dans nos zones d’élevage en plein air. Nos troupeaux sont en situation de prédation. Ils doivent être protégés : les tirs de défense doivent être mis en œuvre et la «brigade loup» de l’ONCFS doit intervenir», concluent les responsables professionnels.

Eva DZ

Les conclusions des enquêtes

L’ONCFS a rendu les conclusions de ses enquêtes sur 7 attaques en fin d’année :

28 octobre 2016 à La Couvertoirade : Loup non écarté

9 novembre 2016 à Cornus : Loup non écarté

14 novembre 2016 à Cornus : Loup non écarté

27 novembre 2016 à Sainte Eulalie de Cernon : Loup non écarté

14 décembre 2016 à Millau : Loup non écarté

14 décembre 2016 à Millau : Loup non écarté

12 novembre 2016 à Cornus : Loup retenu (images vidéo)

29 décembre 2016

Finale départementale Ovinpiades au lycée La Roque : la filière ovine prépare la relève !

Depuis quelques années, la filière ovine cherche à susciter des vocations chez les jeunes. Les Ovinpiades des Jeunes Bergers sont l’un des symboles de cette volonté d’installer des nouveaux éleveurs de brebis en France. L’Aveyron organise une finale départementale, jeudi 5 janvier au lycée La Roque, qualificative pour la finale régionale en Lozère le 19 janvier.

Au cours de la prochaine décennie, 61 % des éleveurs de brebis allaitantes et 39% des éleveurs de brebis laitières partiront à la retraite. Pour assurer le renouvellement de ses générations mais également le maintien de sa production, la filière ovine devra donc installer près de 10?000 éleveurs dans le même temps.

Les atouts de cette production ne manquent pas : une politique agricole commune favorable, un bon maintien des prix, une adaptabilité remarquable des animaux offrant un large panel de con-duites d’élevage possibles, une demande en viande d’agneau supérieure à l’offre, des débouchés variés, des opportunités dans les démarches qualité,... Et argument non négligeable, les investissements nécessaires étant modérés, le retour sur investissement est rapide la filière part à la rencontre de ses futurs producteurs.

Les Ovinpiades des Jeunes Bergers sont une invitation à découvrir le métier d’éleveur ovin de l’intérieur, au travers de gestes concrets et d’échanges avec des professionnels. Ces 4 dernières années, le concours a permis à près de 5 000 élèves de manipuler des brebis et de se projeter dans cette production qu’ils ne connaissent peu ou pas du tout, et en même temps d’en avoir une image plus positive.

Outre la technicité et la modernité de cet élevage, ils découvrent aussi son potentiel : organisation du travail, équipement, aide à l’installation, conduite d’élevage...

«Partager la passion du métier»

Edith Bonnefous, est responsable du comité de bassin ovins viande à la Chambre d’agriculture :

«Nous voulons faire vivre la filière, encourager l’installation. Aujourd’hui, il y a un renouveau et des indicateurs économiques positifs. La filière ovins viande est vivante ! Il est bien d’inviter les jeunes à découvrir cette production, sa technicité et sa modernité. Il y aura une conférence l’après-midi avec toutes les OP, avec une filière label rouge qui recherche des producteurs. Nous avons du revenu et cela contribue à notre épanouissement personnel. La conduite des brebis est un métier passionnant ! La filière est rémunératrice et nous pouvons aisément partager notre passion. Malgré ses exigences, ce type d’élevage est très bien adapté aux femmes. La PAC a favorablement rééquilibré les aides pour la filière, les prix des agneaux label rouge sont de bon niveau. Nous avons des conduites d’élevage souples, avec des agnelages que l’on peut organiser, de la génétique performante, des marges de progrès possibles. En cas d’installation ou reconversion, cette production se caractérise par des investissements modérés, avec un retour sur investissement rapide. C’est également positif que les Ovinpiades puissent exister au sein d’établissements scolaires agricoles, pour que notre profession soit aussi au contact des professeurs et du monde de l’éducation».

Recueilli par D.B.

15 décembre 2016

Journée technique : la plaquette bois pour le confort des vaches et la qualité du lait

Jeudi 8 décembre, le service bovins lait de la Chambre d’agriculture invitait à découvrir l’élevage du GAEC des Piades à Vezins. Le couple d’agriculteurs, Gabrielle et Samuel Maymard, a intégré la plaquette de bois dans le paillage. Un an après sa mise en place, les résultats sont au rendez-vous.

Face aux problèmes récurrents de cellules et de mamittes, grévant son revenu, Samuel Maymard, installé en GAEC avec son épouse, Gabrielle, a choisi d’intégrer de la plaquette bois dans la litière de ses vaches pour assainir le paillé. Un an après les objectifs sont atteints voire déjà dépassés ! «Mon bâtiment était assez chargé (autour de 5,5 m² utiles par vache) et autour de l’abreuvoir, c’était toujours la pataugeoire, les vaches étaient constamment humides et salles et nous passions beaucoup de temps à la préparation de la traite», résume Samuel Maymard. Sans compter le temps passé au curage de l’aire paillée tous les 15 jours et à l’ébousage quotidien pendant 1h30 !

Aujourd’hui avec l’introduction de la plaquette de bois dans le paillé, le couple revit ! «Désormais nous ne curons plus que tous les mois ou tous les deux mois selon la période et l’ébousage a été supprimé. Nous économisons environ un tiers de paille soit 2 500 € pour 1 000 € d’achat de plaquettes ! Le paillé ainsi que les animaux sont secs». La mise en œuvre des plaquettes est simple avec un godet (certains ont adapté un vieil épandeur avec un tapis). «Et bien sûr nous avons amélioré le niveau de cellules (moyenne de 237 au lieu de 388) et réduit les mammites (39% au lieu de 57,2%)», se réjouissent les deux éleveurs.

4 m3 de plaquettes sèches équivalent à 1 tonne de paille

Les plaquettes de bois ont effet cette vertu d’absorber l’humidité. La litière qui dégage peu d’ammoniaque est du coup également moins odorante. Pour la première année, Samuel et Gabrielle les ont achetées (3?camions de 20 €/m3) mais en 2016, ils ont décidé d’exploiter leur propre ressource en bois, en particulier le résultat de l’entretien de leurs bords de parcelles et de ruisseaux (élagage de haies,...). Ce qui permet de diviser le coût par deux. Reste à bien préparer son chantier pour que le broyage ne soit pas trop long et donc trop coûteux (5 à 10 €/m3).

«Une fois les plaquettes broyées, votre tas doit être le plus ramassé possible pour que l’air n’y entre pas et que la fermentation démarre. La fumée qui se dégage parfois ne doit pas inquiéter puisqu’il s’agit de la vapeur d’eau qui s’échappe», conseille Bernard Miquel, conseiller forêt - arbre - bois à la Chambre d’agriculture. «On préconise de ne pas bouger le tas pendant au moins trois mois pour que les plaquettes sèchent bien. Le mieux est de les entreposer dans un hangar ou sous une bâche bien fermée», complète-t-il. Il s’appuie sur l’expérience des élevages bovins viande utilisant la plaquette dans la litière : «en trois ans, je n’ai jamais entendu de problème sur l’efficacité des plaquettes !».

Et le fumier qui est dégagé garde les mêmes vertus qu’un fumier classique : «On n’y retrouve pas la plaquette puisque le bois se dégrade très vite. Il apporte le PH nécessaire au sol. Des études et analyses de sols le prouvent», atteste Patrice Perguet, responsable du service bovins lait à la Chambre d’agriculture.

Forte de ses résultats, la Chambre d’agriculture avait aussi invité à cette journée, des conseillers du Contrôle laitier afin de les informer des vertus (mais aussi des inconvénients) de la litière à base de plaquettes. L’idée étant d’apporter toute l’information nécessaire aux agriculteurs qui seraient intéressés par ce process. «C’est aussi notre rôle que de communiquer sur des pratiques innovantes et qui facilitent le travail des agriculteurs avec des chiffres précis et des expériences de terrain», précise Patrice Perguet. Comme pour les journées analyses de fourrages, les réunions de secteur pendant l’hiver,... le service bovins lait de la Chambre d’agriculture veut continuer d’agir au plus près des besoins des producteurs.

Eva DZ

08 décembre 2016

Bœufs de Noël à Laissac : une sixième édition réussie

Samedi 3 décembre, la 6eme édition des Bœufs de Noël à Laissac vient confirmer la notoriété grandissante de ce concours auprès des artisans bouchers, distributeurs et grossistes en viande, soucieux de proposer aux consommateurs, une viande de qualité pour les fêtes de fin d’année.

Malgré la conjoncture difficile dans le marché de la viande, le concours des Bœufs de Noël à Laissac a réussi à tirer son épingle du jeu. Sans afficher des prix «euphoriques» selon le co-président de l’association des marchés aux bestiaux, Jean-Paul Boyer, les ventes ont été correctes «apportant une régularité». Parmi les 350 animaux de races allaitantes proposés à la vente sur le foirail, seuls trois d’entre eux n’ont pas trouvé d’acheteurs. «Nous sommes dans une bonne moyenne, avec la plus-value que nous avions escomptée de l’ordre d’un euro par rapport aux cours des animaux actuels», résume Jean-Paul Boyer, plutôt satisfait. «Nous sommes dans une continuité par rapport à nos précédentes éditions. Notre objectif est une nouvelle fois atteint, il reste celui d’amener une plus-value de façon homogène, pour récompenser les éleveurs pour leur bon travail».

Jean-Paul Boyer tout comme les observateurs du concours, ont remarqué une belle homogénéité dans les animaux présentés : «Nous avons eu un très bon niveau de concours». Et le jury a d’ailleurs mis un certain temps pour délibérer et désigner les cinq champions (un par race et un croisé).

Ces derniers ont été mis aux enchères et le maître priseur, Jérôme Chartron a apprécié le panel : «C’est justement toute la difficulté de désigner les meilleurs, parmi les 350 animaux en concours, les cinq animaux issus de cinq races différentes. Et je remarque d’ailleurs une belle homogénéité des produits présentés».

Un échantillon de champions issus d’élevages de la région, souvent habitués des podiums et récompensés une fois de plus pour le travail engagé. Ainsi, la championne en race Blonde d’Aquitaine était issue de l’élevage de l’EARL Cisy Eric (Tarn et Garonne). Elle a été vendue aux enchères au prix de 10,50 euros/kg à Christian Cabiron des établissements Leclerc de Millau. Lui aussi est un habitué du concours de Laissac, qu’il ne manquerait pour rien au monde avec son équipe de bouchers !

Le champion Charolais de l’élevage EARL St Cisy (Haute-Garonne) a été décroché au prix de 10,50 euros/kg par les établissements Guasch à Perpignan : «C’est obligatoire d’être là chaque année pour moi parce que tous nos artisans bouchers catalans aiment vos animaux !».

Le champion en race Limousine issu d’un élevage aveyronnais, celui de Serge Costes à La Capelle Balaguier, a été acheté à 10,10 euros/kg par la boucherie Azémar de Rodez. Son représentant, Claude, est lui aussi un fidèle de Laissac : «Je suis fier d’avoir acheté une bête issue d’un élevage du département, une occasion de plus de faire plaisir à mes clients !».

La vice-championne du concours, de race Aubrac, est issue de l’élevage Sudries à Lédergues. C’est Christian Cabiron des établissements Leclerc de Millau qui remporte la mise à 13 euros/kg.

Enfin, la grande championne croisée, issue aussi de l’élevage Sudries à Lédergues a été achetée à 14,10 euros/kg par la Maison Bordes, trois générations d’artisans bouchers de l’Hérault qui représentent un Super U. «Une vache exceptionnelle que je suis fier d’acheter pour récompenser le beau travail de la famille Sudries chez qui je m’approvisionne toute l’année».

Des éleveurs fidèles, des acheteurs eux aussi attachés à ce concours avec de nouveaux venus de Perpignan à Nice et jusqu’au nord de Lyon : «Nous sommes dans une vraie démar-che interprofessionnelle, fédératrice et sous le signe de la convivialité !», résume avec le sourire Jean-Paul Boyer. La journée s’est en effet terminée autour d’une brasucade et de grillades ! Un événement attractif pour le territoire comme l’a souligné Christine Presne, conseillère départementale, où les professionnels de la filière viande côtoient les consommateurs. L’occasion aussi de mettre un coup de projecteur sur le Laissagais à travers l’Office de tourisme qu’elle préside !

Eva DZ

08 décembre 2016

Journées Analyses de fourrages : toujours un succès !

Le service Aveyron Conseil Elevage de la Chambre d’agriculture en partenariat avec le LIAL Massif central d’Aurillac a organisé six journées d’analyses de fourrages. Dont plusieurs sur des exploitations où les éleveurs bovins lait ont pu partager un moment d’échan-ges et de convivialité.

Pour la huitième année, Aveyron Conseil Elevage a organisé des journées où les éleveurs sont invités à venir apporter leurs analyses de fourrages afin d’en connaître la valeur et ainsi calculer leur ration. Ces 6 journées se sont déroulées en 2 parties. D’abord début juillet au lycée agricole Rodez La Roque où 200 échantillons ont été analysés, en majorité de l’ensilage d’herbe récolté au printemps 2016 ainsi que quelques enrubannages et foins. Puis cet automne, les 7 et 8 novembre au GAEC de l’Espérance à Baraqueville, le 13 novembre au GAEC du Val d’Alrance, famille Drulhe, à Alrance et le lendemain au GAEC de la Serene à Lunac chez les frères Puechberty.

Au total, plus de 150 éleveurs se sont retrouvés lors de ces journées pour échanger, discuter autour de l’alimentation des vaches. «Ces journées créent une vraie émulation», témoigne Patrice Perguet, responsable d’Aveyron Conseil Elevage. «Elles permettent de maintenir un contact, un lien entre les techniciens et les éleveurs mais aussi entre les éleveurs, c’est important d’autant plus en période de conjoncture difficile».

«Une journée utile»

L’Aveyron est ainsi le département qui livre le plus d’analyses de fourrages au LIAL d’Aurillac ! «C’est un franc succès !», se réjouit Patrice Perguet, heureux de voir que les actions proposées, que ce soit ces journées analyses fourrages ou encore les réunions de secteur en hiver ou les animations ponctuelles comme prochainement sur les plaquettes bois en litière, soient appréciées des éleveurs du département. Ainsi, nombreux sont ceux, qui participant à la journée analyses fourrages, confirment leur intérêt pour ces actions : «Ce sont des journées utiles puisque nous abordons des points concrets à partir de notre élevage. Nous obtenons des résultats qui nous permettent d’orienter l’alimentation et caler la ration de notre troupeau, un point primordial dans la conduite de notre exploitation», témoigne un éleveur participant. Un autre renchérit : «Et puis nous en profitons pour visiter un élevage et surtout rencontrer d’autres éleveurs. Nous en avons besoin !».

Près de 600 analyses

Entre l’automne et le printemps, près de 600 analyses sont réalisées, ce qui permet d’alimenter une vraie base de données pour suivre l’évolution et apporter des éléments de travail concrets au duo technicien - éleveur. «Notre service se veut à l’écoute des besoins des éleveurs, à leur disposition pour les accompagner», complète Patrice Perguet.

D’ailleurs dès cet hiver, les réunions de secteur vont redémarrer autour du thème : «quels leviers pour agir sur le résultat ?». «L’objectif est d’aider les éleveurs à calculer un prix d’équilibre entre le coût alimentaire (25%) et la qualité du lait (75%), soit de façon individuelle ou en groupe», avance Patrice Perguet.

Des actions positives en perspective pour les éleveurs laitiers du département !

Eva DZ

24 novembre 2016

Journée technique Prim’Holstein Aveyron : «la France laitière a un gros potentiel»

Vincent Chatellier a été accueilli comme une guest star par les 130 participants à la journée technique départementale organisée par Prim’Holstein Aveyron et ouverte à tous jeudi 17 novembre. Dans un cadre assez inhabituel, une discothèque du Ruthénois, l’ambiance était au rendez-vous !

Pour les 10 ans de sa journée technique départementale, Prim’Holstein Aveyron avait, une fois de plus, innové. Pour recevoir l’économiste Vincent Chatellier, les responsables de l’association avaient choisi le cadre atypique d’une discothèque, Le Privilège, à Onet le Château ! Et les éleveurs laitiers du département, et même des alentours, ont été séduits par l’invitation puisqu’ils étaient plus de 130 participants à venir écouter le spécialiste de la filière laitière.

"Votre prix est insuffisant"

Alors que la période est compliquée pour les producteurs de lait de vache, Vincent Chatellier s’est défendu de venir «vendre du rêve et de faux espoirs» : «Votre prix n’est pas à la hauteur pour en vivre et pour investir. Votre prix est insuffisant et c’est un économiste qui vous le dit !». Vincent Chatellier ne croit pas demain à un prix à 400 €/ 1000 litres parce que la collecte européenne s’envolera et déclenchera un prix à 250 €. «Si votre prix était de façon régulière entre 320 et 340 € sur trois ans, vous seriez bien mieux dans les têtes ! Parce que si la conjoncture ne change pas pendant 10 ans, on n’installera pas !», assure le spécialiste.

Fin connaisseur de la production laitière en France et en Aveyron où il est déjà intervenu à plusieurs reprises, à Bernussou ou à RAGT notamment, Vincent Chatellier a donné quelques explications sur l’un des points cruciaux de la crise : la volatilité. Il évoque notamment l’influence des prix de l’énergie (poids de la filière éthanol), de la météo, du niveau des stocks, de la progression de la demande, de la parité monétaire, des restrictions commerciales, de la spéculation. «La crise actuelle est l’une des plus longues qu’on ait vécue, les prémices d’une reprise se font sentir mais il faut rester prudent», avance Vincent Chatellier. «Ce n’est pas facile mais sur une exploitation, il faut regarder loin. Dans les 10 ans à venir». Pour l’expert, l’une des solutions passe par la co-construction de valeur ajoutée au sein de la filière.

"Les produits laitiers ont de l’avenir"

«Les produits laitiers ont de l’avenir parce que la population mondiale croît avec un solde de 230 000 par jour dans le monde, quasiment l’équivalent de votre département ! Soit tous les 5 ans, 400 millions d’habitants en plus !». Des opportunités de marché vont donc s’ouvrir. «La France est déjà à un très haut niveau avec 320 kg par an de produits laitiers consommés mais si on veut produire plus il faudra savoir exporter : la Chine ne consomme que 41 kg, l’Algérie 150 kg, l’Indonésie 13 kg : tout est à faire sur ces marchés !», encourage Vincent Chatellier. L’Union européenne a toutes ses chances?: premier producteur mondial suivie de l’Inde qui produit exclusivement pour son marché intérieur. Et les Etats-Unis produisent beaucoup moins que l’Europe avec de plus, des systèmes très énergivores et consommateurs d’eau. Reste la Nouvelle-Zélande qui produit 3% du marché mondial mais pèse sur 30% du marché puisque 95% de la production est exportée !

L’Union européenne et la France en particulier peuvent tirer leur épingle du jeu dans ce tableau mondial : les progrès ont permis de produire la même quantité de lait qu’en 1984 avec deux fois moins de vaches, les marges de manœuvre sont donc importantes pour augmenter la production, créer de l’emploi, dynamiser l’agro-alimentaire et maintenir le tissu local, selon Vincent Chatellier. «La France a le plus gros potentiel laitier mais elle ne l’exprime pas et l’Aveyron est une zone attractive. Sur le territoire national, 35% du lait est destiné à la fabrication du fromage, 20% pour le beurre (la France est déficitaire sur ce produit), 22% pour les ingrédients secs et 9% pour le lait de consommation, le reste est destiné à la crème. Où va le lait collecté ? A 42% dans les GMS et autant à l’export, soit 4 litres produits sur 10 ! A 5% en restauration hors domicile et à 11% dans l’agroalimentaire. Sachant aussi que 23% de la consommation des produits laitiers est issue de lait non produit en France».

Export

En terme d’export, l’Union européenne fait toujours partie des leaders, elle n’a rien perdu sur le marché du beurre et de la poudre de lait (très prisée par la Chine notamment la poudre de lait infantile), ce qui n’est pas le cas sur les fromages (- 60 000 tonnes) : «Mais quand on sait que l’embargo russe concernait 250 000 tonnes de produits, l’Europe a réussi à bien compenser en étant capable de se reporter sur la Corée du sud, le Japon, les Etats-Unis, le Canada. Sachant que la Russie ne s’est pas approvisionnée ailleurs et que sa production ne se dynamise pas, si l’embargo est levé, ce sera une nouvelle opportunité de marché», relève Vincent Chatellier.

D’autant que parmi les 20 premières entreprises laitières mondiales, cinq sont françaises. «Nous avons toute une panoplie d’entreprises avec certes des prix pratiqués différents et des niveaux d’investissements divers selon les zones. Les agriculteurs sont dépendants de leur réussite mais, à mon sens, l’une des clés de la réussite, sera la construction de projets dans les territoires. C’est une affaire d’équipe !».

Le nombre de fermes individuelles diminuant, les jeunes générations se tournent davantage sur les formes sociétaires : la moitié des GAEC en France sont constitués dans des fermes laitières.

La diversité des fermes laitières en France

«Il n’y a pas de modèle unique. Les formes de réussite sont diverses : des structures à hautes compétences, un collectif de travail cohérent avec une vraie gestion des ressources humaines liant l’expérience des anciens et la modernité des jeunes, la bonne maîtrise des techniques de production, une bonne réactivité et un sens de l’opportunisme vers la diversification, la diffusion des coûts fixes et les investissements centrés sur la création de valeur».

Vincent Chatellier croit en la diversité des fermes laitières en France avec 15% du lait différencié (sous signes de qualité), une bonne évolution des coûts de production grâce aux efforts des éleveurs, reste tout de même une charge de mécanisation encore élevée. En attendant la prochaine PAC, l’économiste conseille aux zones comme l’Aveyron de patienter : «profitez-en pour cumuler efficacité et producti-vité?!».

Il évoque aussi le renouvellement des générations de producteurs : «C’est quand même beaucoup plus valorisant de se dire qu’on a transmis son outil de travail dans une société qui aujourd’hui, ne crée plus d’emploi. C’est l’une des «richesses» du métier d’agriculteur, elle est rare. Il faut penser qu’investir est la meilleure solution pour transmettre et sortir du métier dans de bonnes conditions».

De nombreux défis à relever

S’installer en production laitière est «courageux» pour Vincent Chatellier : «Nous sommes dans l’un des pays les mieux positionnés pour faire du lait, avec un coût modéré d’acquisition des facteurs de production (foncier, quotas), une réserve de productivité, un niveau élevé de consommation et une solidité de la demande, des entreprises innovantes avec une forte expérience technologique sans risque d’arrêt de la collecte. Autant d’atouts pour l’avenir !».

Et de nombreux défis à relever?: la maîtrise des techniques de production, le bon chemin entre spécialisation et diversification, l’ouverture, des investissements structurants et la co-construction d’un schéma de réussite collective entre tous les acteurs de la filière. «A l’image de ce que vous construisez au sein de votre association Prim’Holstein Aveyron depuis 10 ans : une réflexion autour de thèmes d’avenir pour votre production et de la convivialité !», a conclu Vincent Chatellier. Un beau compliment apprécié par le président, Dominique Albouy.

Eva DZ

17 novembre 2016

Rencontres fermes en lait de vache bio : retour sur les temps forts de la visite chez Ghislain Rigal

Jeudi 3 novembre, à l'initiative de la Chambre d'agriculture, Ghislain Rigal recevait sur sa ferme une quarantaine d’éleveurs et deux classes de la Maison familiale rurale de Naucelle pour évoquer l’évolution de son exploitation vers la production biologique. Cette rencontre était la première d'une série de cinq organisées en novembre sur des fermes différentes, dans le but de favoriser le brassage des idées et la discussion technique entre éleveurs en bio et éleveurs en conventionnel.

Introduit par Pierre Joffre, co-président du comité de développement agricole Rodez-Nord et responsable professionnel de la mission agriculture bio à la Chambre d'agriculture, l'exposé de Ghislain Rigal s'est déroulé sur près de deux heures : il a été ponctué par les précisions technico-économiques de Claudine Murat, conseillère à la mission Références, de Thierry Solier, technicien troupeau bovin lait spécialisé en agriculture bio, et de Benoit Delmas, conseiller à la mission Agronomie.

Ghislain a engagé son évolution vers l'agriculture biologique fin 2014. Il a montré aux participants comment la transformation du système durant la phase de transition (optimisation de la pâture, allongement des rotations, plus de légumineuses dans les prairies…) lui a permis de retrouver une cohérence globale et une meilleure maîtrise du métier d’éleveur. Ainsi qu’une amélioration de la trésorerie…, et cela avant même de bénéficier de la revalorisation complète du lait bio, qui n’interviendra qu’à la fin de cette année.

• La perspective d'avoir plus de travail sans retour, point de rupture...

C’est en effet une saturation quant au volume de travail quotidien qui a amené Ghislain à vouloir changer son schéma de production. La main d’œuvre bénévole présente aujourd’hui sur l’exploitation devra être remplacée à terme. Or, dans les pistes envisagées, ce problème ne pouvait trouver de solution ni dans une délégation du travail à des tiers, ni dans l'embauche d'un salarié, ni dans une association : ces formules auraient toutes entraîné un surcroît de production et donc la fuite en avant dans un système rodé mais qui aurait finit par se bloquer, notamment du fait de la dépendance au maïs (culture qui occupait jusqu’en 2014 une surface importante avec des rendements en déclin...).

D’un autre côté, les perspectives d’évolution du prix du lait ne permettaient pas de trouver de solutions pour alléger l’astreinte.

• Une transition sans trop de difficultés techniques et des résultats valorisants

Pour Ghislain, le passage à des pratiques bio a été facilité par les conseils des autres agriculteurs du groupe technique bio auquel il a participé en démarrant sa transition. Les économies générées sur les intrants, associées à des résultats techniques corrects, ont amélioré la trésorerie, avant même de bénéficier du prix du lait bio.

Une valorisation croissante de la pâture, chiffrée sur la campagne 2015 à 1,5 t MS par vache, a également participé au résultat, en se substituant à un équivalent maïs avec un différentiel de coût de 60 €/t (source : mission Références).

Les inquiétudes d’avant conversion ont été levées graduellement, tant sur la conduite des parcelles que sur la santé animale, avec le maintien d’un bon niveau de production par vache.

• Moins d’animaux, c’est un travail différent et des investissements qui s’allègent

Des équipements comme la salle de traite ou le racleur redeviennent suffisants pour la taille du cheptel qui se réduit et s’ajuste aux ressources produites sur l’exploitation.

Moins de maïs, c’est plus de pâture possible au printemps, moins de pression pour réaliser des semis dans les fenêtres climatiques favorables, et une meilleure vigilance pour le contrôle des adventices. Sans recours possible aux phytos pour s’assurer d’un résultat correct, l’agriculteur a aussi la satisfaction d’un résultat qui ne dépend que de sa technicité. Les rotations et la durée des prairies sont allongées, les travaux de récolte plus étalés sur l’année, ce qui génère moins de pointes de travail.

Et moins de pression sur le travail, à la traite comme au champ, c’est aussi plus de sérénité, et du temps pour la famille.

• Un parcellaire organisé pour optimiser le pâturage

Suite à la présentation de l'exploitation, un tour sur les parcelles proches a permis aux participants de mieux visualiser la nouvelle organisation de l’assolement, et notamment la gestion de la pâture avec la disposition des paddocks. Avec Benoit Delmas, conseiller agronomie-fourrages, les éleveurs ont pu discuter de la composition floristique des prairies et du mode de gestion optimal qui permet de concilier amélioration qualitative et production importante de matière sèche. Benoit Delmas a rappelé que des formations sont ouvertes cet automne, tant sur la conduite des prairies à flore variée que sur la gestion du pâturage (renseignements auprès de Françoise Solignac, secrétariat de la mission agronomie, tél. 05 65 73 79 01).

Vianey Briand, conseiller animateur de territoire Ségala, Chambre d'agriculture

10 novembre 2016

Plus de 400 personnes réunies à Villeneuve d’Aveyron : agriculteurs et élus défendent le piémont

Plus de 400 personnes, de nombreux éleveurs, mais aussi élus locaux, départementaux, régionaux et parlementaires, ont répondu présents, samedi 5 novembre, sur la commune de Villeneuve d’Aveyron, à l’appel à mobilisation de la FDSEA et des JA, en faveur du maintien du piémont de l'Aveyron en zone soumise à contraintes naturelles.

La FDSEA et les JA ont fortement mobilisé, toute la matinée, au GAEC des Giroflées, à Toulongergues, commune de Villeneuve d’Aveyron, afin de «soutenir le nécessaire classement du piémont aveyronnais en zone soumise à contraintes naturelles». Plus de 400 personnes se sont en effet rassemblées sur l’élevage de Christophe Estival et de son épouse, Myriam, exploitation située en zone de piémont, menacée, «comme 1 289 autres fermes de l’Aveyron», par la réforme des critères de définition des zones soumises à contraintes naturelles devant être validée par Bruxelles avant avril 2018.

Installé depuis 2007, Christophe a été rejoint par son épouse en mars 2016.?Ils élèvent 220 chèvres produisant 230?000 litres AOP Rocamadour, sur une SAU de 72 ha. «Sans les aides de la zone piémont, nous ne serions pas là !», a lancé le couple. Pour eux, une sortie de zone de piémont se traduirait par une perte de près de 20 000 euros/an. Selon Dominique Fayel, président de la FDSEA, «l’enjeu, c’est le revenu de l’agriculteur, mais aussi l’impact de la réforme sur les investissements et sur l’installation en général !». Le président de la FDSEA a rappelé que la réforme des critères de définition des zones soumises à contraintes naturelles risque, au final, d’extraire du classement actuel, 40 communes de l’Aveyron.

«C’est le salaire de l’éleveur qui disparaît !»

Pour la FDSEA et les JA, «l’enjeu économique est considérable». Et d’ajouter : «selon les chiffres de la DDT, ce sont au total 1 290 exploitations qui sont touchées, dans un piémont qui bénéficie de 8,3 millions d’euros/an d’indemnité compensatoire du handicap naturel (ICHN), soit 12,8 % de l’enveloppe départementale. Et c’est 813 exploitations qui risquent de perdre entre 8 000 et 11 000 euros/an/actif. Sans cette ICHN, c’est le salaire de l’éleveur qui disparaît !». La réforme parle de zone à contraintes naturelles mais aussi de zone à contraintes spécifiques. «C’est la superposition des deux cartes qui déterminera le zonage définitif», estime Dominique Fayel.

Réunion à Villefranche de Rouergue

Les critères de définitions utilisés par Bruxelles posent de nombreuses questions évoquées lors de réunions techniques avec le ministère de l’agriculture, notamment sur les interprétations biophysique, pédologique, relief, pédo-climatique,... lesquelles ont à nouveau été discutées, samedi 5 novembre après-midi, à la sous-préfecture de Villefranche-de-Rouergue. Réunion à laquelle participaient la FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture, la DDT, le sous-préfet Christian Robbe-Grillet, et le préfet Louis Laugier, eux aussi présents avec les éleveurs le matin à Toulongergues.

Si la réforme est annoncée pour avril 2018, la profession agricole continue d’enchaîner, depuis le 22 septembre (annonce de la réforme), les réunions techniques et actions syndicales en faveur du maintien du périmètre actuel de la zone de piémont. «Nous travaillons syndicalement et politiquement», clame Dominique Fayel, «louant la mobilisation de nombreux élus aveyronnais, locaux, départementaux, régionaux et parlementaires, de toutes tendances politiques, à Villeneuve d’Aveyron». Syndicalement, la région Occitanie est elle aussi active, comme l’a rappelé Alain Lafragette, chargé du dossier ICHN, président de la FDSEA du Lot «où 111 communes sont concernées». Il a annoncé la mobilisation régionale prévue à Montauban, ce lundi 14 novembre, «sous les fenêtres de Jean-Michel Baylet, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales», a complété Dominique Fayel.

Préfet de Région

Le temps presse. Le préfet de Région Occitanie, Pascal Mailhos, doit «faire remonter» à Paris le dossier régional, étayé par les contre-propositions de la profession agricole. Suivra ensuite, mi-décembre, la mobilisation nationale déjà décidée à Nevers... Début janvier, le ministère de l’agriculture devra rendre sa copie à Bruxelles, avec la nouvelle carte des zones soumises à contraintes naturelles. Puis, dès l’automne 2017, le ministère de l’agriculture entamera une nouvelle concertation relative cette fois à la zone à contraintes spécifiques. En avril 2018, les deux zones devront donc être validées par Bruxelles.

«Nous sommes dans un combat qu’il faut gagner !»

Pour Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, «la compensation de handicap naturel est fondamentale dans une région où l’agriculture et l’agro-alimentaire sont le principal secteur économique, avec 164?000?actifs et un chiffre d’affaires de 13 milliards d’euros. Il faut des territoires équilibrés et un cadre social acceptable pour les agriculteurs. Comment faire avec une perte de 10 000 euros par an ? Paysans, communes, et élus doivent être solidaires !».

Germain Albespy, co-président des JA vitupère : «les soutiens financiers comme l’ICHN ne sont pas du vol ! Ici, le coût de production est de 25 % supérieur à une zone de plaine. L’ICHN, c’est aussi de l’argent réinjecté dans les territoires, l’artisanat, et dans la vie de la commune. Nous sommes dans un combat qu’il faut gagner ! Nous refusons que des communes sortent de la carte !». Louis Laugier, préfet de l’Aveyron, a conclu ainsi : «je réunis la profession agricole cet après midi à la sous-préfecture de Villefranche-de-Rouergue pour travailler la copie, et faire remonter en haut lieu vos préoccupations qui concernent aussi l’aménagement du territoire».

Didier BOUVILLE

03 novembre 2016

Concours cantonal Aubrac à Laissac, ce samedi 5 novembre : «Il faut sortir ! Ne pas s’isoler !»

Dominique Rames est installé depuis 20 ans sur l’exploitation familiale. Plus que la ferme, il a repris la passion de son père pour la génétique, la sélection... et les concours. Leur élevage est présent depuis toujours sur le cantonal de Laissac.

L’élevage Rames est un peu l’exception parmi les exposants du concours cantonal de Laissac. Installé sur la vallée du Lot, tout près d’Espalion, Dominique Rames fait transhumer la quasi-totalité de ses 120 mères Aubrac sur l’Aubrac aveyronnais et cantalien. «Lorsque je me suis installé, j’ai eu l’opportunité d’acheter une ferme dans le Cantal et aussi d’acquérir les terres que nous louions alors pour les estives. Depuis, je conduis mon troupeau un peu comme si j’étais installé sur la montagne puis-qu’une partie de mon troupeau transhume du 1er mai à novembre, voire décembre si la météo le permet».

Il faut dire qu’à Espalion, siège de son exploitation, le terrain est moins propice : «Nous avons beaucoup de pentes, un parcellaire très morcelé et surtout un sol très acide où nos bêtes ont du mal à profiter. Sans compter l’humidité relative de notre proximité avec le Lot. Les Aubrac sont bien plus heureuses sur la montagne !». Grâce à cette conduite, l’élevage est autonome en fourrages. L’hiver, l’éleveur rentre ses vaches dans son bâtiment en travée et les jeunes sont en stabu libre. Les vaches sont donc davantage typées comme celles de la montagne plutôt que comme celles de ses voisins du causse, présents au cantonal de Laissac. Dominique met la priorité sur le typage de la vache «dans le standard de la race», il apprécie le «beau cornage» mais aussi les aplombs car ses vaches doivent être de bonnes marcheuses et enfin la robustesse : «C’est une sélection en fonction du territoire sur lequel l’élevage évolue. J’aime les bêtes bien campées sur leurs pattes, près du sol avec une forte capacité d’adaptation. Chacun a sa spécificité d’élevage, c’est aussi tout l’intérêt des concours, de montrer ce que nos bêtes valent comparées aux autres», explique Dominique.

"Une évidence"

Pour lui, c’est une évidence de participer à cette animation locale de l’automne : «Nous descendons les vaches de la montagne exprès pour préparer le concours, c’est d’ailleurs pour cela que Laissac est le dernier de la série». Habitués à redescendre des estives à pied (l’élevage Rames fait partie des transhumants historiques de la Fête de vache Aubrac en transhumance à Aubrac fin mai), les animaux sont ainsi préparés à défiler car ils traversent le village d’Espalion ! Avec toujours un beau succès auprès des passants !

Comme son père avant lui, Dominique mène son troupeau en race pure, il réalise à peine une dizaine de croisements en IA chaque année. «La reproduction, c’est mon activité principale, d’ailleurs les concours cantonaux de Laissac et quelques départementaux et nationaux auxquels je participe de temps en temps ont été et sont toujours l’occasion de me faire connaître et de faire connaître nos produits, nos animaux. Grâce à eux, j’ai vendu des animaux», explique Dominique, qui participe également aux ventes de la station de La Borie. «Je pense que c’est important de jouer le jeu, de participer pour faire vivre nos structures et les animations locales autour de notre race».

Dominique n’hésite pas non plus à participer au jury d’autres cantonaux comme à Laguiole et St Chély cette année : «Cela permet de se rendre compte de la difficulté de classer des animaux, il faut savoir expliquer nos choix et discuter avec les autres jurys qui n’ont pas forcément le même œil?!». Il était d’ailleurs très fier cette année que son petit garçon de 7 ans le suive à St Chély : «Il est très intéressé par l’Aubrac et il pose déjà beaucoup de questions sur la race ! ça fait plaisir de voir l’engouement de ces jeunes !», sourit Dominique.

Ce samedi, il sera présent avec environ 25 animaux avec des groupes de vaches et le prix d’ensemble notamment.

Eva DZ

20 octobre 2016

Journée technique régionale caprine à Monteils : la consommation tire la filière vers le haut

La journée régionale caprine, organisée jeudi 13 octobre à Monteils, a réuni de nombreux éleveurs, dont beaucoup de jeunes. Le moral est au beau fixe grâce à une conjoncture économique favorable et une consommation en hausse qui tirent les prix vers le haut.

Le rendez-vous technique annuel de la filière régionale caprine a enregistré une forte participation des éleveurs venus de Midi-Pyrénées et au-delà, pour une journée à laquelle était associé pour la première fois Languedoc-Roussillon, dans le cadre du rapprochement des deux anciennes régions au sein de l’Occitanie. Jacky Salingardes, président aveyronnais de la Fédération Nationale des Eleveurs Caprins (FNEC) et Céline Servin, du GIE Promotion Elevage Midi-Pyrénées/Cilaisud Caprin, ont fait un point sur la conjoncture nationale caprine. «Notre filière va bien, a résumé Jacky Salingardes, contrairement à ce que nous avons connu six années en arrière. La collecte est en hausse (3%) depuis le début de l’année, avec une consommation en progression de 1,3 % pour les fromages, dont la bûchette, de 11 % pour les yaourts et de 15 % pour le lait en bouteille».

Indicateurs au vert

Du côté des prix, les indicateurs sont au vert, comme l’a rappelé Céline Servin, avec un prix aux producteurs qui continue de monter. En 2015, il était de 688 €/1000 litres, il dépasse les 700 €/1000 litres depuis le début de l’année. «Les indices de prix de vente industriels (PVI) valorisent bien le fromage de chèvre depuis 2013. Ils sont stables depuis 2015, et mieux orientés que pour les autres fromages», relève Jacky Salingardes.

Les chiffres de l’Observatoire Cilaisud Caprin présentés par Céline Servin indiquent que la collecte 2015 a été de 52 millions de litres de lait en Midi-Pyrénées, dont les deux tiers (32 567 693) produits en Aveyron. En Aquitaine, la collecte a été de 16 millions de litres de lait, dont 12,9 pour la Dordogne, devant le Lot-et-Garonne.

En 2015, le prix de base, prix payé sur la zone Cilaisud hors AOP, était de 640 €/1 000 litres, et le prix payé de 688 €/1 000 litres. En AOP, le prix de base était de 738 €/1 000 litres, avec un prix payé de 772 €/1 000 litres. Ces chiffres illustrent la dynamique de la filière qui s’appuie sur une hausse globale de la consommation de 6 % cette année, avec une collecte nationale de 480 millions de litres de lait, plus 120?millions venant des producteurs fermiers, complétée par 70 millions de litres importés d’Espagne principalement.

«Maîtriser la production»

«Le marché est certes favorable, souligne Jacky Salingardes, mais il ne faut pas produire plus pour autant !», prévient-il. «Les volumes doivent être raisonnés et toujours en lien avec la demande des entreprises, et donc du marché». Le président de la FNEC tient aussi à tempérer la situation, même si les dossiers d’installation sont un peu plus nombreux : «notre filière nationale est composée d’éleveurs âgés de plus de 50 ans en moyenne. Elle est de 42 ans sur la zone Cilaisud. Tous élevages confondus (caprins, ovins, bovins...), la moyenne d’âge des éleveurs français est de 52 ans...».

Jacky Salingardes a annoncé, au côté de Joël Mazars (section caprine FDSEA), que la contractualisation allait se mettre en place en Aveyron en 2017. La profession va aussi travailler de concert au sein de la région Occitanie, réunissant environ 420 producteurs en Midi-Pyrénées (dont près de 200 en Aveyron) et 400 en Languedoc-Roussillon. «C’est une opportunité pour la filière», selon Jacky Salingardes, «l’Occitanie, c’est aussi deux bassins de consommation importants entre Toulouse et Montpellier. Il y a des pistes de travail intéressantes à développer, sachant que 98 % des éleveurs caprins de Languedoc-Roussillon sont des producteurs fermiers. Il y a un équilibre intéressant à exploiter entre produc- teurs livreurs et fermiers en Occitanie».

Didier BOUVILLE

13 octobre 2016

Concours européen Simmental : du très haut niveau !

Le meilleur de la Simmental à l’échelle européenne était en concours au Sommet. De l’avis des spécialistes, l’un des plus beaux concours de la race à Cournon.

Parmi les 48 vaches en concours, 36 venaient de France dont une grande majorité du Massif central et 12 de Suisse, d’Allemagne et d’Autriche (quatre par pays). A l’issue de la présentation, le directeur de Simmental France, Hervé Vignon, ne tarissait pas d’éloges sur la tenue du concours : «du très haut niveau», a-t-il même qualifié. «Le fait d’avoir une participation d’animaux européens a certes relevé le défi mais les Simmental issues d’élevages françaises ont été à la hauteur». C’est d’ailleurs le lot français qui a remporté le challenge européen !

«De façon unanime, les commentaires ont été très positifs : les éleveurs se sont pris au jeu et ont présenté des animaux très bien soignés, une belle vitrine pour notre race en progression», note Hervé Vignon, s’appuyant sur les nombreux spectateurs autour du ring pendant toute la durée du concours. «Notre race Simmental a fait de gros progrès, elle l’a encore montré sur ce concours». Le regard des autres pays européens a d’ailleurs évolué sur les élevages français : «Ils ont pu constater le niveau de qualité des animaux justifiant ainsi le niveau d’échanges que nous avons depuis plusieurs années avec eux, sur le schéma de sélection. Désormais ils ont eux aussi envie de percer sur le marché français».

Un premier pas a été fait en ce sens puisqu’une vente des animaux étrangers était organisée à l’issue du concours. Il s’agissait d’une vente silencieuse de 8 animaux (4 Allemands et 4 Autrichiens), appelée plus couramment vente à la bouteille. C’est-à-dire qu’au lieu de faire une vente physique aux enchères sur le ring, des boîtes individuelles sont placées devant chaque animal au niveau des stabulations. Chaque éleveur intéressé pour acheter un animal remplit alors un bulletin de soumission indiquant la mise qu’il propose pour acheter l’animal ; l’acheteur ayant fait la meilleure mise remporte donc l’animal.

Les boîtes sont restées en place du mercredi matin au vendredi midi. A la clôture de la vente, toutes les mises ont été relevées. Les 4 vaches allemandes se sont vendues à un prix moyen de 1?614 €, les 4 autrichiennes à un prix moyen de 3 339 € (différence de prix moyen qui s’explique par une très haute qualité d’animaux), soit un prix de vente moyen sur la totalité des animaux de 2 476,5 €.

«Un résultat satisfaisant pour cette vente au vu du contexte actuel !», ont conclu les organisateurs.

Belle performance aveyronnaise

La part d’éleveurs aveyronnais était importante parmi les élevages exposant sur ce concours européen. Le bilan dressé par le syndicat Simmental du département était plus que positif : «L’Aveyron a bien tiré son épingle du jeu. Il y avait une vraie belle présentation. La qualité des animaux triés a confirmé le professionnalisme et la passion des éleveurs», résument quelques responsables du bureau. Beaucoup ont aussi noté l’intérêt suscité par la Simmental auprès de nouveaux éleveurs, très nombreux autour du ring pendant le concours et dans les allées autour des animaux. Pour preuve, la présence en nombre d’éleveurs du berceau de la race. «La mixité de la race a été une fois de plus, mise en avant lors du concours avec la victoire pour des vaches vraiment complètes», appuie le président Pierre Salelles.

Eva DZ

29 septembre 2016

Colloque professionnel : un avenir pour les races locales de massif

Plus de 300 congressistes, éleveurs, chercheurs, membres d’organismes techniques, responsables de filières, étudiants,... ont participé aux ateliers thématiques organisés dans le cadre de la Semaine européenne des races locales de massif à St Flour.

Au cœur de la ville de St Flour, les 300 participants étaient invités à échanger sur trois problématiques propres aux races locales de massif : l’autonomie herbagère, les stratégies de valorisations économiques et les performances génétiques pour demain.

Une nouvelle approche des systèmes fourragers

De l’avis des experts, l’autonomie fourragère ne pourra se construire sans prendre en compte le réchauffement climatique. En 30 ans, la France a enregistré 1,5° de plus et une accélération spectaculaire des émissions de CO2 depuis l’ère industrielle. Ce qui impacte indéniablement les ressources fourragères, pas forcément en qualité mais sur leur quantité. L’adaptation passera par une nouvelle approche des systèmes fourragers en accentuant sur la sécurité des ressources (plus de surfaces et moins d’animaux). Les premières tendances sont plutôt favorables avec un hiver tardif donc moins de stocks à faire, une poussée plus importante d’herbe au printemps ce qui permet de valoriser davantage les pâtures. Certes les épisodes de sécheresse pourront impacter le calendrier d’élevage.

L’utilisation des ressources fourragères devra retrouver de la cohérence en travaillant sur un diagnostic des ressources, l’intégration des données climat et l’action du troupeau sur les ressources. Selon les experts, il faudra sortir des critères de productivité et de teneur en azote en misant sur le report sur pied, la souplesse du système,..., travailler en synergie avec la biodiversité, les politiques d’aménagement de l’espace pastoral et tenir compte des problématiques sanitaires (parasitisme, maladies émergentes,...), les rats taupiers,...

Des atouts économiques

Les stratégies de valorisations économiques pour les races rustiques sont multiples et à plusieurs échelles : territoire, produit, génétique, exploitation. Des réponses génétiques propres aux races locales de massif sont apportées pour valoriser les produits en transformation fromagère par exemple ou en poids carcasse. Différents outils existent, adaptés aux spécificités des territoires : les AOP, les IGP,... L’ingénierie se développe au service des initiatives collectives. Des pistes d’amélioration économique innovantes et raisonnées émergent comme l’alimentation des bovins par le lactoserum. Des interventions sont possibles à l’échelle individuelle sur les pratiques, la génétique.

L’éleveur est le maillon important dans la chaîne entre la race, les pratiques agricoles, le territoire et le produit. Mais la valorisation économique passe aussi par un double niveau de soutien public : direct pour «services rendus» et indirect par l’ingénierie des démarches collectives. Et les relations avec l’aval doivent être retravaillées, échanges qui ont un peu manqué lors de ce colloque, regrettent les participants.

Comment être rustiquement moderne ?

La question résume le troisième atelier portant sur les performances génétiques des races locales, qui s’appuient sur des outils modernes de sélection : la génomique et l’épigénétique (éléments qui entourent le génome). Ces derniers contribuent à l’amélioration des progrès génétiques, même pour les races à petit effectif et permettent de gagner du temps et de l’argent. Par contre la qualité des données collectées est soumise à la seule appréciation, subjective, des éleveurs. Les participants à l’atelier préconisent une réflexion à l’échelle d’un CORAM européen. Ils défendent aussi une diffusion de la génétique des races locales à l’international pour assurer l’avenir des outils de sélection, préserver la biodiversité locale. Ils proposent de mettre en commun des moyens pour créer des «fermes - vitrines : Génétique locale de France».

Eva DZ

22 septembre 2016

Vente d’animaux Aubrac : une première vers la Slovaquie !

Après la Lituanie cet été notamment, les Aubrac ont trouvé une nouvelle destination?: la Slovaquie. En septembre, 84 animaux partent vers ce pays grâce au travail de prospection de François Nolorgues, éleveur et négociant à Golinhac.

La race Aubrac est connue et continue son bonhomme de chemin dans la séduction d’autres pays ! Parce que c’est une race qui s’adapte bien au marché, de par notamment ses qualités de rusticité et son bon rapport à l’économie, la génétique Aubrac arrive à conquérir de nouvelles destinations !

François Nolorgues le confirme : «2016 malgré la crise, a été une grande année pour l’exportation d’animaux Aubrac avec 135 pedigrees sur la Lituanie, 134 sur la Roumanie, une vingtaine sur la Suisse, le Luxembourg et la Belgique et 84 en Slovaquie. Mais c’est le résultat d’un travail de fond, de réseau depuis plus de 20 ans». Vers la Slovaquie, il s’agit d’une première : «Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un fils d’éleveur Aubrac de l’Aveyron, Emilien Besson, installé dans ce pays, qui a été un bon relais pour nous sur place», explique François Nolorgues.

La génétique Aubrac est le cœur de son métier. «Nous vendons essentiellement des animaux pour des éleveurs qui veulent intégrer la race Aubrac dans leur troupeau et qui croient dans son potentiel d’adaptation. Les nombreuses réussites dans plusieurs pays de l’Est notamment, le prouvent».

La prospection continue

Les contacts se nouent au fil du temps, lors de grands événements comme le Sommet de l’élevage à Cournon : «les acheteurs viennent chez nous visiter des élevages Aubrac, discuter avec des éleveurs. Beaucoup constatent concrètement la qualité des veaux, leurs poids, la facilité d’élevage, l’autonomie, l’économie de nos vaches», détaille François Nolorgues. Cet éleveur sélectionneur s’appuie sur son expérience propre : «Moi-même je sélectionne mes animaux pour mon revenu mais aussi pour ma qualité de vie et le confort de travail. Ce sont des problématiques cruciales dans le choix d’animaux dans les exploitations d’aujourd’hui et les responsables de l’orientation raciale en Aubrac l’ont bien compris».

Pour François Nolorgues, le plus important dans le commerce d’animaux de sélection c’est le service après-vente : «c’est essentiel de se rendre en amont dans les pays demandeurs auprès des éleveurs pour connaître leur structure, identifier avec eux leurs besoins et les mettre en adéquation avec nos animaux que je pré-sélectionne dans les fermes. Il faut avoir une bonne connaissance des clients et de leur environnement pour que tout se déroule bien et sur le long terme !».

Le professionnel ne nie pas les problèmes administratifs rencontrés sur le marché de l’export : «Tout est validé, vérifié, c’est très compliqué. Il y a encore 20 ans, l’export n’existait pas, il a fallu du temps pour créer des réseaux même si les crises sanitaires, les conflits politiques ne nous facilitent pas toujours la tâche mais on s’accroche et c’est ainsi que l’on s’ouvre des marchés». C’est de cette façon que l’Aubrac a conquis la Lituanie, la Croatie, la République tchèque, la Hongrie,... Et François Nolorgues confie être en relation avec d’autres pays : «Il faut poursuivre la prospection pour le dynamisme de notre race», s’appuyant notamment sur des ventes aux enchères qu’il organise une fois par an. La prochaine se déroule ce vendredi 23 septembre lors du National Aubrac à St Flour (lire encadré).

Eva DZ

22 septembre 2016

UNOTEC et la production de lait de brebis : journée technique sur la qualité sanitaire

UNOTEC a organisé une journée technique jeudi 15 septembre à la salle polyvalente de Lestrade-et-Thouels en présence d’environ 200 personnes, éleveurs et conseillers techniques de la structure présidée par Joël Agulhon.

«Cette journée avait pour but de faire le point sur l’avancée des connaissances scientifiques concernant la santé de la mamelle et de l’environnement de traite des brebis», résume Béatrice Giral-Viala, directrice d’UNOTEC. Le président Joël Agulhon ajoute : «la maîtrise de la qualité sanitaire du lait est en effet un élément majeur pour la bonne santé du troupeau. Elle est bien sûr un élément incontournable du revenu de l’éleveur !». C’est bien là l’enjeu du conseil technique proposé par UNOTEC à ses 730 éleveurs adhérents de la zone de production de brebis laitières couvrant aussi le bassin de Roquefort.

«Cette journée UNOTEC est organisée dans une zone qui produit du lait de qualité pour l’AOP Roquefort», insiste Joël Agulhon. «Et du lait de brebis cru qui demande beaucoup d’exigence technique et de maîtrise sanitaire. Notre filière connait du mouvement aujourd’hui, suite à la mise en œuvre de la réforme laitière, avec de la demande en volume et beaucoup d’attente en terme de qualité de la part des consommateurs. Chez UNOTEC, nous sommes en première ligne pour accompagner les producteurs et progresser tous ensemble. Notre but est de continuer à maintenir un haut niveau de performance». Cette performance est un combat permanent, rappelle Béatrice Giral-Viala : «les éleveurs sont confrontés à une pression réglementaire et sanitaire forte. La qualité impacte fortement l’économie, avec des effets positifs ou négatifs sur le plan financier, et donc sur le revenu de l’éleveur».

Résistance aux mammites

Ces préoccupations étaient au cœur des différentes interventions programmées durant la matinée. Avec par exemple, «la résistance aux mammites qui nous préoccupe depuis 2008», souligne la directrice d’UNOTEC. Charlotte Allain (Unité GESPER, INRA Toulouse), a fait le point sur les 15 années de travail mené à la ferme expérimentale INRA de La Fage, concernant les lignées divergentes sur la sensibilité des mammites, «lesquelles permettent de prouver que les brebis sensibles ont, de façon significative, des caractéristiques morphologiques dégradées (pis long, trayon mal positionné...). Les travaux de l’INRA ont mis en évidence une zone du génome Lacaune qui code pour une sensibilité aux mammites. Des travaux complémentaires sont en cours pour mieux comprendre l’impact de ce gène sur les autres caractères de production».

Approche de la sur-traite

Un autre point a été fait sur les pré-résultats du programme Mamovicap porté par le CASDAR (développement agricole et rural) cofinancé par l’Etat, dans lequel ont oeuvré l’INRA, l’Institut de l’élevage (partie coordination et scientifique), et les organismes techniques ; UNOTEC, Centre départemental ovin du Pays Basque et Service élevage de la Confédération de Roquefort. Ce programme coordonné par Renée de Crémoux (Institut de l’élevage), a été présenté par ses collègues Gilles Lagriffoul et Jean-Louis Poulet. Ils ont mis en exergue «les possibilités de suivis en direct de la traite permises notamment par un appareil de type «Vadia».?Ces mesures permettent en particulier de quantifier de façon objective la sur-traite». «Cette approche de la sur-traite intéresse nos conseillers mais aussi les constructeurs de machines à traire que nous avons invités à notre journée», souligne Joël Agulhon.

Autre sujet, «les relations entre lésions et niveau de cellules de lait», développé par Elodie Batut (stagiaire ingénieur Institut de l’élevage). L’étude effectuée dans dix élevages Lacaune a notamment mesuré «les impacts zootechniques sur la production laitière» de cette problématique, «avec une diminution de 20 % de lait en fin de traite, une baisse de caséine, une hausse des protéines solubles». Enfin, les impacts économiques des infections mammaires ont été abordés par Gilles Noubel (référent technico-économique UNOTEC), Laetitia Bessière (référente sanitaire-qualité du lait UNOTEC), et Jean-Romain Regourd (référent traite UNOTEC). Ils ont indiqué «que les élevages suivis par UNOTEC présentent significativement une meilleure qualité cellulaire que le reste du Rayon de Roquefort, et ce, d’autant plus que le niveau de suivi est élevé».?Ils ont aussi rappelé que les équipes UNOTEC faisaient partie des techniciens formés à Optitraite (service assistance à la traite, en lien avec la Chambre d’agriculture).

Dynamique de la filière

Pour Joël Agulhon, cette journée technique UNOTEC illustre la volonté de la structure à accompagner la dynamique de production : «actuellement, notre filière est en effet bien orientée en demande de volume avec des indicateurs de rémunération qui repartent un peu vers la hausse. Avec la réforme laitière, nous aurions souhaité une organisation de producteurs plus large, mais chaque laiterie a préféré avoir ses producteurs avec une organisation verticale. Ce système fonctionne aujourd’hui. La concurrence entre les laiteries de la zone de production est bien présente, dans le rayon de Roquefort et en dehors. Le lait de brebis plaît au consommateur, avec une mise en marché diversifiée, au-delà du fromage AOP Roquefort, avec des yaourts par exemple». Autre constat, «la forte demande en lait bio concerne plus de 100 éleveurs parmi nos 700 adhérents. C’est une tendance lourde incontestable», conclut le président d’UNOTEC.

D.B.

15 septembre 2016

Euro-Simmental au Sommet de l’élevage : une mixité qui conforte les exploitations laitières

Gérard Fabié a fait partie des précurseurs de la Simmental en Aveyron, hors zone Jeune Montagne. Installé à Prades de Salars avec son fils, Romain, il mise sur le débouché viande de la race en développant la vente directe.

Depuis toujours dans la famille Fabié, on a pris l’habitude d’engraisser les vaches laitières, d’où le choix de la Simmental depuis 1982. «C’est mon grand-père qui l’a découverte puis mon père, Gérard a constitué son troupeau pour se spécialiser, en suivant les conseils d’André Valadier», résume Romain, installé depuis 2011.

Avec un quota de 187 000 litres, les deux éleveurs ont décidé pour conforter leur exploitation, de travailler le débouché viande. «Grâce aux qualités naturelles de la Simmental, nous valorisons bien les petits veaux et les vaches de réforme, nous avons donc décidé d’aller plus loin dans la démarche en engraissant quelques animaux que nous destinons à la vente directe», poursuit le jeune éleveur.

Les deux exploitants ont avancé progressivement dans ce créneau avec d’abord un veau. «Nous avions un contact familial sur Montpellier, intéressé par de la viande locale, de qualité, cela a permis de nous faire connaître, de nous essayer à ce nouveau métier et de préparer mon installation», assure Romain, qui se plaît beaucoup dans le contact direct avec la clientèle. «Quand on vient collecter notre lait, on ne nous dit rien mais quand on livre un colis de viande, les clients nous remercient et souvent nous disent leur satisfaction du produit».

Sans publicité, uniquement par le bouche à oreille, l’activité viande s’est peu à peu développée en Aveyron, de façon très locale, et depuis peu sur Toulouse. Le GAEC transforme aujourd’hui une douzaine d’animaux par an (veaux et vaches), qu’il fait abattre à Rodez puis découpe à Nuces dans un atelier loué à un agriculteur, rencontré au Hall technologique de La Roque. Pour valoriser l’ensemble de la carcasse, les deux éleveurs développent trois types de colis de 5 ou 10 kg : standard avec tous les types de morceaux, un spécial grillades et des steaks hachés. «Nous avons avancé progressivement en fonction de la demande. Nous annonçons à nos clients par SMS ou via Facebook que nous allons abattre un animal et que des colis seront disponibles, eux nous passent ensuite leurs commandes», détaille Romain. «Avec l’expérience, nous avons réussi à équilibrer les attentes des clients et la disponibilité de notre produit, c’est ainsi que nous pouvons proposer de la diversité».

Dans l’élevage, cette «nouvelle activité» n’a pas bouleversé le système de production. «Au moment de la sélection, nous n’oublions pas le poste musculature ! Grâce à l’orientation de l’OS, nous profitons d’une race qui a préservé ses qualités à la fois laitières et bouchères, en prônant une production de lait et une conformation suffisante». Leur seul investissement est l’achat d’un camion frigo pour livrer les colis. «Pour le reste, nous avions déjà la place pour l’engraissement».

Le secret de Gérard et Romain, c’est de «prendre le temps d’engraisser» jusqu’à 6 mois si besoin uniquement avec une alimentation basée sur le foin et les céréales produites et aplaties sur la ferme. Seul le tourteau de colza sans OGM est acheté. «Nous nous appuyons sur l’expérience acquise depuis de nombreuses années sur la ferme. La Simmental accepte très bien l’engraissement et valorise bien les produits secs pour donner une viande bien persillée, peu grasse », appuie Gérard, qui annonce des poids carcasse autour de 400 kg en moyenne sur l’année.

En ces moments difficiles pour la production laitière, le développement par la viande permet de mieux passer la crise du prix du lait et d’apporter une plus-value de l’ordre de 900 euros par vache. «C’est une activité vraiment complémentaire de l’atelier lait puisque nous sélectionnons les vaches les moins productrices ou qui rencontrent un problème de qualité du lait ou de repro. Mais la race étant mixte, le choix de la réforme est moins compliqué !».

A l’avenir, Gérard et Romain aimeraient développer cette activité viande en travaillant deux bêtes par mois et pourquoi pas livrer une collectivité... tout en continuant à jouer la carte laitière?!

08 septembre 2016

Concours général agricole : le palmarès des prairies fleuries

Jeudi 18 août à Laissac a eu lieu la cérémonie de remise des prix de la seconde édition locale du Concours général agricole des Prairies fleuries organisé par l’adasea.d’Oc et le bureau d’études Rural Concept sur le Causse Comtal.

Ce concours est organisé au niveau national dans plus de 50 territoires. Il vise à récompenser les éleveurs qui utilisent les prairies naturelles et valorisent ces espaces dans le système de production. Les qualités agronomiques (quantités de fourrage, qualité nutritionnelle, souplesse d’exploitation,…) et le rôle des prairies dans la préservation de la biodiversité, des pollinisateurs, du sol, du patrimoine et des paysages sont récompensés par le concours.

La cérémonie s’est tenue en présence de Christine Presne, conseillère départementale, de M. Béral, conseiller régional, de M. Salles, maire de Laissac et de nombreux spectateurs venus applaudir les lauréats.

Espèces floristiques

Sabine Joulié de l’EARL des Cloutets, à Grioudas, sur la commune de Gages-Montrozier, a remporté dans la catégorie «Prairie de fauche» la médaille d’Or du prix d’excellence agri-écologique. Dans la catégorie «Parcours», ce prix été remis à Sébastien Vidal associé dans le GAEC des Touroulis sur la commune de La Loubière. Ces espaces agricoles où ont été retrouvées de nombreuses espèces floristiques arrivent à concilier de manière exemplaire production agricole et intérêt écologique. Dans les deux cas, le jury a souligné le bon équilibre agri-écologique de ces pâturages et sa valorisation par un usage adapté qui assure, grâce à une gestion durable, le renouvellement des propriétés agronomiques et écologiques de la parcelle.

Quatre autres prix récompensent par ailleurs des catégories spéciales : la mention agronomie est remportée par le GAEC de la Morne (Onet-le-Château) ; la mention écologie par le GAEC des Touroulis (La Loubière) ; la mention mellifère par l’EARL des Cloutets (Gages-Montrozier), la mention patrimoine par le GAEC des Noisetiers (Sébazac-Concourès), et, enfin, la mention paysage par le GAEC de Curlande (Bozouls).

Les deux médaillés d’or représenteront le Causse Comtal au niveau national face aux territoires ayant organisé le concours en 2016. La remise des prix nationaux aura lieu lors du prochain salon de l’agriculture à Paris.

L’adasea.d’Oc et Rural Concept tiennent à remercier tous les participants, partenaires techniques et financiers pour avoir permis de mener ce projet à bien.

18 aout 2016

Concours chiens de berger à Ségur : les Aveyronnais ont bien performé !

Le 26ème concours de chiens de berger à Ségur a remporté tous les suffrages : une belle météo pendant tout le week-end, une bonne affluence dès le vendredi soir et jusqu’au dimanche en fin d’après-midi, un spectacle de qualité de la part des binômes maître - chien et des Aveyronnais performants ! De quoi réjouir le comité d’organisation !

Le sourire est sur toutes les lèvres à l’issue de cette nouvelle édition du concours des chiens de berger à Ségur. «Nous avons eu du monde tout le week-end», se réjouissent les membres du comité chiens de berger de Ségur. La météo était elle aussi de la partie, sans anicroches pendant les trois jours. Une aubaine pour la fête qui avait retrouvé ses quartiers sur la parcelle à l’entrée du village comme lors des finales de championnat de France il y a quelques années.

Les animations aussi bien que les repas servis par le traiteur et la restauration rapide proposée par les bénévoles ont contenté de nombreux convives, qu’ils soient en vacances dans le coin ou tout simplement habitants du village et des alentours. «Notre fête plaît de plus en plus et attire une foule toujours plus nombreuse», assure le comité d’organisation. «Au fil des années, nous reprenons de la notoriété».

Un duo maître-chien spectaculaire !

Le spectacle qu’offrent les duos maître - chien y est sûrement pour beaucoup. Le tracé du parcours 2016 était encore de qualité avec comme d’habitude de nombreux obstacles reprenant les situations quotidiennes vécues dans les exploitations : rassemblement d’un lot d’animaux dans un parc, arrêt du troupeau, entrée dans une bétaillère, suivi du troupeau par un véhicule utilitaire puis dépassement, traversée d’un tunnel,... «L’objectif est bien que les chiens sous la commande de leur maître montrent toutes leurs capacités à obéir et à mener un troupeau de brebis tout en assurant un spectacle inoubliable», assure Jean-Philippe Vergély, en charge du concours de chiens de berger.

D’ailleurs, le juge des trois niveaux de concours, Jean-Luc Valakarn, a exprimé à l’issue des épreuves, sa satisfaction, soulignant un concours de qualité, dans de bonnes conditions d’accueil pour tous les participants. Il est d’ailleurs prêt à revenir !

Des animations innovantes

Côté animations, le comité chiens de berger avait un peu innové cette année avec la venue de Cani Folie. Cette association a présenté son activité entre les compétitions officielles de cani-cross et cani-VTT qui ont réuni 55 participants et les initiations qui ont duré tout le week-end. Les enfants comme les adultes ont pu découvrir en pratique des activités de pleine nature avec leurs chiens. «Tout le monde a été satisfait de cette découverte, les concurrents qui ont apprécié le parcours vallonné, comme les visiteurs curieux de découvrir de nouvelles pratiques et comme les bénévoles de l’association heureux de partager leur passion».

De même les démonstrations de chiens d’utilité avec les éducateurs professionnels du CFPP de Gramat ont été très appréciées.

Le comité chiens de berger, heureux de la réussite de cette nouvelle édition, tient à remercier les bénévoles, les exposants, les concurrents, l’association des chiens de troupeau de l’Aveyron (ACT 12) et tous ceux qui ont participé à ce nouveau succès.

Eva DZ

11 aout 2016

Union Aubrac : développer croisement Aubrac-Charolais et adhésion aux signes de qualité

Près de 130 participants ont assisté vendredi 5 août au lycée agricole Louis Mallet de Saint-Flour à l'assemblée générale de l'Union Aubrac.

Président de l'Union Aubrac, Yves Chassany a parlé export avec des espoirs qui, «à terme, se portent vers le pourtour méditerranéen, un potentiel néanmoins soumis à de forts aléas politiques». Malgré cela, s'est-il réjoui, «262 CID export (1) ont été délivrés en 2015 grâce à une part active du GIE et de la SARL Nolorgues». En terme de sélection, tout en saluant le travail de la station d'évaluation «pierre d'angle de notre schéma de sélection», il a souligné «l'orientation raciale que nous pratiquons et la maîtrise des gabarits pour aller vers des animaux plus autonomes et donc, plus économes en intrants».

Une démarche plus que jamais d'actualité : «Les abatteurs pénalisent en effet désormais financièrement les carcasses femelles de plus de 480 kg». Un travail de sélection dont la finition des bovins fait aussi «partie intégrante» sachant que «les animaux hors de nos critères doivent aller à l'engraissement, même s'il y a un coût. En outre, les vaches de qualité inférieure doivent alimenter le croisement avec le Charolais, seul garant d'une réponse économique à nos élevages et à la diversification des animaux à mettre en vente».

Opération communication

Cette séance était aussi consacrée à la présentation du National Aubrac et ses 550 animaux attendus. L'événement se tiendra durant la Semaine européenne des races locales des massifs, à Saint-Flour en septembre, en partenariat avec les éleveurs Salers qui ouvriront cette période par leur propre concours national.

Une semaine qui se voudra une vitrine en «faveur de nos modes d'élevage et de sélection, à même de rassurer les consommateurs et d'interroger aussi nos politiques et décideurs dans un contexte de plus en plus difficile pour l'élevage : FCO, rats taupiers, baisse de la consommation, des achats de broutards par l'Italie, hausse des conversions lait/viande qui augmente le nombre de génisses sur le marché». Ces dix jours dans «la plus grande prairie d'Europe», seront enfin l'occasion pour les éleveurs de démentir «le discours médiatique anti élevage et anti viande». A eux donc de mettre en avant «le rôle primordial qu'ils tiennent sur le territoire et particulièrement dans les massifs avec une production qui fait référence en matière de viande à l'herbe et des signes officiels de qualité qui sont un atout de notre race et la seule façon durable d'instaurer un climat de confiance avec le consommateur».

L’Aubrac à l’honneur au prochain SIA ?

L'Union Aubrac, Organisme de sélection, va se positionner fin 2018 pour devenir OS européen (Ose), année où, par ailleurs, la demande a été faite au SIA de Paris d'être race à l'honneur du Salon.

CF - L’Union du Cantal

(1) Centre informatique des douanes.

04 aout 2016

Abattoirs : la commission d’enquête visite St-Affrique

La commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux poursuit les visites inopinées d’abattoirs dans le Massif central. Jeudi 28 juillet, ses deux membres, les députés Arnaud Viala et Pierre Morel-à-l’Huissier ont visité celui de Saint-Affrique.

Comme à Antrenas, fin mai en Lozère et dans d’autres abattoirs du Massif central, la commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux continue ses visites de sites. L’un de ses membres, le député Arnaud Viala, revient sur l’objectif de cette commission. «Suite à une audition de notre commission à l’Assemblée Nationale, plusieurs visites inopinées d’abattoirs sont organisées partout en France et mon homologue, Pierre Morel-à-l’Huissier et moi-même, nous nous sommes chargés des abattoirs présents dans notre région».

Des outils en bon état de fonctionnement

Plus récemment, Arnaud Viala a visité l’abattoir de Capdenac, celui de Greffeuille sur la partie ovine puis celui réservé à la production porcine. Dans ces deux sites comme à St Affrique, il a constaté des outils dans un «bon état de fonctionnement» : «l’ensemble des chaînes d’abattage sont en bon état, avec des équipes de responsables vigilantes sur le bien-être animal, la formation professionnelle de leurs salariés,...».

Signalant au passage que l’abattoir de St Affrique était le seul où la vidéosurveillance était installée avant que la loi ne l’impose, améliorant ainsi l’autoformation des salariés. «Dans tous les sites, nous avons suivi l’ensemble de la chaîne, depuis la prise en charge des animaux jusqu’à la mise à mort et le travail des carcasses», souligne Arnaud Viala. Assistant même à un abattage rituel à Saint Affrique. «Un mode d’abattage de plus en plus courant et qui représente un volume d’activités et un poids économique non négligeables dans les unités». Et sur lequel les deux députés ont été très attentifs.

Soucieux du maintien de ces outils économiques sur un territoire rural comme le Massif central, au plus près des élevages, Arnaud Viala s’est dit satisfait de ces visites : «de mon point de vue, les installations sont en bon état. Ce qui confirme qu’un petit établissement ne veut pas forcément dire que les installations sont vétustes et les procédés arriérés et non respectueux des animaux et des salariés. La petite taille de nos abattoirs correspond à une réalité territoriale et offre un bon maillage géographique, réduisant ainsi les temps de transport et favorisant le bien-être animal».

Arnaud Viala et Pierre Morel-à-l’Huissier ont réalisé l’ensemble de leur visite de façon inopinée, mais leurs rencontres avec les responsables se sont toutes déroulées dans de très bonnes conditions et en toute transparence, tiennent à souligner les deux députés.

Un compte-rendu d’ici le 18 septembre à l’Assemblée

Ces visites doivent permettre d’alimenter les travaux des élus et de la commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux. «Ces visites nous permettent de dire que le tableau n’est pas tout noir dans les abattoirs de France comme certaines vidéos le laissent entendre», note Arnaud Viala.

«Petit abattoir ne signifie pas mauvais travail et mauvaises conditions d’abattage. Nous avons à travers nos visites, rencontré des responsables qui ont le souci du bien-être animal et du confort de leurs salariés pour effectuer leur mission dans les meilleures conditions. Et tout cela est à souligner», ajoute le député.

Le travail de recueil des informations s’achève. Arnaud Viala et Pierre Morel-à-l’Huissier s’apprêtent à rédiger leur compte-rendu pour le 18 septembre. Leurs écrits contribueront à alimenter le rapport national sur les conditions d’abattage des animaux en France.

Eva DZ

04 aout 2016

Coopérative CELIA : des Aubrac en route pour la Lituanie

Récemment la coopérative CELIA a commercialisé 85 animaux de race Aubrac inscrits au Herd Book, issus d’élevages de l’Aveyron et du Cantal vers la Lituanie. Un débouché valorisant sur un marché tendu.

Le marché est plutôt tendu pour les éleveurs bovins viande, notamment depuis la FCO et les blocages que cette maladie a engendrés. Lors de son assemblée générale fin juin, la coopérative CELIA avait présenté le travail qu’elle menait pour diversifier les débouchés et ainsi apporter de la valeur ajoutée aux éleveurs.

Preuve de cet engagement, elle vient d’envoyer mi-juillet, quelque 85 animaux vers la Lituanie. Ses 85 animaux de race Aubrac, tous inscrits au Herd Book, se répartissent en 26 couples, 30 génisses de 2 ans et 3 taureaux, issus d’élevages de l’Aveyron et du Cantal. «Ces animaux répondent à une demande d’éleveurs soucieux de créer des troupeaux spécialisés Aubrac en Lituanie», explique Francis Nolorgues, commercial à CELIA, qui s’est chargé de l’allotement et du départ des animaux.

Des marchés à fort potentiel

«Après la FCO, le marché est encore aujourd’hui compliqué avec de nombreuses garanties sanitaires exigées par les acheteurs», assure-t-il. «Mais ces pays comme la Lituanie représentent de bons potentiels de débouchés pour les animaux de qualité des élevages de la région. Ils sont très demandeurs».

Les 85 animaux envoyés cet été sont destinés directement à des éleveurs privés. «Je pense qu’il y a un réel avenir commercial vers ces pays. Et c’est important que CELIA et ses adhérents soient en capacité de répondre à ce marché qui apporte de la valorisation». Il ajoute : «Dans ce contexte difficile, c’est un signe fort de montrer que des animaux de nos régions partent sans souci dans les pays tiers, à des prix intéressants. Cette diversification des marchés doit être un encouragement. En tout cas, CELIA s’y positionne pour ses adhérents», conclut Francis Nolorgues.

Eva DZ

28 juillet 2016

Loups : les éleveurs dans l’attente de mesures concrètes

Une délégation d’éleveurs de Lozère et d’Aveyron, dont Thierry Agrinier, président de la section ovins lait FDSEA, Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande FDSEA et François Giacobbi, élu Chambre d’agriculture, a rencontré lundi 25 juillet, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal sur la problématique du loup.

Pourquoi cette rencontre ?

T. Agrinier : «Nous avons depuis des mois alerté les pouvoirs publics sur la succession d’attaques avérées de loups sur nos troupeaux. Nous avons relayé notre inquiétude auprès de la ministre de l’écologie et nous lui avons clairement demandé quelles mesures elle allait mettre en œuvre pour contrer ces attaques et les faire diminuer.

Quel a été le point de vue de la ministre ?

T. Agrinier : Elle s’est dit bien consciente du problème ! Et a repris plusieurs de nos propositions. Elle est d’accord pour que des brigades anti-loups puissent être constituées dans les départements du sud du Massif central. Elle s’est dit également favorable à une modification du décret pour autoriser les tirs de défense renforcés pendant les battues des chasseurs ou à l’approche. L’orientation est positive pour les éleveurs mais nous attendons une mise en application de ses engagements.

Qu’en est-il pour l’Aveyron ?

T. Agrinier : Le comité loup travaille avec le Préfet sur la reconnaissance de la non protégeabilité du troupeau. Ce travail avance bien. Une fois ce statut obtenu, nous pourrons comme c’est le cas en Lozère, mettre en place des brigades anti-loups et des tirs renforcés de défense. L’Aveyron, premier département moutonnier de France, est dans une phase d’anticipation pour que nous n’atteignons pas la situation vécue par les éleveurs lozériens. Nous devons tout faire pour avancer rapidement sur le dossier».

Recueilli par Eva DZ

30 juin 2016

Coopérative CELIA : premier opérateur bovin de la grande région

Année du rapprochement avec BOVI PC, 2015 était sous le signe du changement pour les 2 450 apporteurs de CELIA. Nouvelles équipes, nouveaux centres, nouveaux adhérents, nouvelle production avec le Veau d’Aveyron, «nous avons appris à travailler ensemble», a commenté le président André Veyrac.

Une activité en augmentation avec environ 10 000 bovins de plus (63 420) et un ancrage territorial renforcé sur l’Aubrac dont la race représente plus de la moitié des animaux commercialisés (57%). «Nous n’avons pas eu besoin de recourir beaucoup à l’activité de négoce, l’apport de nos adhérents a suffi», a ajouté Hervé Chapelle, directeur général. L’activité en maigre reste majeure (62%) malgré une petite baisse compensée par l’arrivée des veaux gras. Un tiers des bovins de la coopérative sont commercialisés via les filières de qualité.

L’activité ovine se maintient bien (80 970 ; +5,5%). Concentrée sur la Lozère, elle se développe sur la Haute-Loire. Près de 20% des ovins sont commercialisés sous signes de qualité.

L’arrivée de nouveaux marchés notamment la Turquie dès le printemps, a été malheureusement perturbée par la FCO à l’automne. Après une période de chômage technique, les équipes se sont rapidement mobilisées pour satisfaire les attentes des adhérents. «Tous ces efforts, tout ce travail du personnel, qui s’est mobilisé sans relâche, alliés à la fidélité de nos producteurs adhérents ont produit de bons résultats pour la coopérative», s’est félicité André Veyrac. Le conseil d’administration a décidé d’affecter une partie de ce résultat à la consolidation du capital social des adhérents en particulier les éleveurs en apport total : «un message fort de notre esprit coopératif».

Confiance, persévérance, réalisme

CELIA espère maintenir le cap pour l’année à venir même si le marché reste tendu. André Veyrac en appelle à «une prise de conscience collective de la situation de la production de viande bovine» : «la France, premier cheptel allaitant de l’Europe devrait nous conférer un rôle moteur dans la défense de cette production». Il mise pour cela sur les atouts des éleveurs français. CELIA se veut «optimiste» et s’est fixée des objectifs ambitieux : 70 000 bovins collectés en 2016, plus de 80 000 ovins commercialisés. «Notre coopérative va devenir le premier opérateur bovin de la nouvelle région. Je compte sur la solidarité pour soutenir ceux en difficulté, pour accompagner les entrepreneurs. Nous saurons gérer ces temps difficiles avec efficacité», a conlu confiant, André Veyrac, qui parie sur la confiance, la persévérance et le réalisme pour envisager un avenir moins morose. Il s’appuie sur les partenaires de CELIA, pour le maigre : l’union de coopératives BEVIMAC Centre Sud et le développement de son activité d’export vers les pays tiers et pour les animaux finis : Languedoc Lozère Viande et le développement des filières de qualité.

Eva DZ

23 juin 2016

Bovins viande et lait : un pâturage tournant rationnel

La 2ème journée Innov’Action 2016 en Aveyron s’est déroulée vendredi 17 juin à la ferme de Bernussou, à Villefranche-de-Rouergue, illustrée par la mise en place d’un pâturage tournant rationnel.

Plus de 80 personnes ont participé à cette matinée organisée sur le site de la ferme de Bernussou avec les commentaires de Frédéric Mazars et de Pierre Cazes, techniciens bovins viande à la Chambre d’agriculture. Le groupe, composé d’éleveurs et d’élèves de lycées agricoles, a été accueilli par Bruno Roussel, directeur de la Chambre d’agriculture. Ils ont découvert les paddocks des 15 vaches de race Blonde d’Aquitaine sur le pâturage tournant rationnel mis en place depuis le début de l’année, concernant aussi le troupeau de 18 génisses de la ferme de Bernussou. Et ce, en lien avec plusieurs services de la Chambre, dont celui de Benoît Delmas, conseiller agronomie-fourrage.

«Le sol, la flore, la récolte, sont une voie pertinente pour maîtriser les charges de production», a résumé Frédéric Mazars, précisant que «le pâturage tournant a comme objectif d’augmenter la productivité de l’herbe». Il a indiqué que la mise en place de ce pâturage tournant avait été guidé par les principes d’André Voisin publiés il y a 60 ans, agronome et précurseur de l’agriculture raisonnée (1903-1964). André Voisin affirmait déjà que «dans le pâturage continu, nous travaillons probablement avec une productivité environ trois fois moindre à celle d’un pâturage rationnel bien mené».

«Plus de lait et plus de viande à moindre coût»

Frédéric Mazars et Pierre Cazes ont confirmé qu’un pâturage bien piloté, «c’était plus d’herbe avec plus de valeur, et donc plus de lait et plus de viande à moindre coût !». Et d’ajouter : «nous devons devenir producteurs d’herbe en prenant en compte également le temps de travail. L’organisation du pâturage tournant, telle qu’elle a été conçue ici, consommera moins de temps de travail qu’une gestion avec fil déplacé auparavant, chaque jour, ou tous les deux jours».

Les deux techniciens ont présenté la démarche sur la parcelle de 7 ha où ont été installés 21 paddocks. Ils y ont évoqué la gestion de l’abreuvement avec le choix de bacs légers à niveaux constants et transportables, fabriqués par ailleurs par le pôle machinisme de Bernussou et Jean-Luc Mazars. Le pilotage de la prairie a ensuite été abordé, utilisation de l’herbomètre, ordre de passage du troupeau...

S’agissant du résultat, il est encore trop tôt pour en dresser le bilan, mais selon les techniciens, «nous pouvons noter qu’avec une sortie anticipée de 30 jours en 2016, nous avons déjà gagné 8 tonnes de matière sèche d’herbe de bonne valeur sur 18 UGB. Nous observons aussi un bon état des vaches.?Les croissances de veaux nés en février seront calculées courant juin-juillet».

23 juin 2016

Innov’Action 2016 en Aveyron et ovins lait : un système fourrager performant et économe

L’assolement et la fertilisation raisonnés, le pâturage optimisé et l’autonomie protéique étaient au programme de la porte ouverte Innov’Action organisée lundi 13 juin au GAEC de la Laye à Balsac, chez Fabien Molinier.

L’éleveur ovins lait produisant pour la filière AOP Roquefort (laiterie Gabriel Coulet) est installé en GAEC avec sa mère Marie-Françoise depuis 2007. Ils élèvent 360 brebis Lacaune sur une SAU de 68 ha de causse, et produisent 1 250 hl de lait, avec 713 hl de référence. Fabien Molinier a présenté les résultats de son exploitation devant des éleveurs de la région, avec l’appui de Francis Lagarde, référent sol-fourrage chez UNOTEC. Ce dernier suit le GAEC de la Laye avec un service-conseil complet (contrôle laitier, alimentation, suivi fourrager, etc).

Francis Lagarde était accompagné de Gilles Noubel, technicien à UNOTEC du secteur de Rodez. «Cette exploitation ovins lait dégage des marges honorables, supérieures à la moyenne de la zone», selon les intervenants. Propos confimés par Joël Agulhon, président d’UNOTEC et élu à la Chambre d’agriculture. «Nous sommes en effet ici sur une exploitation caractérisée par des performances technico-économiques largement au dessus de la moyenne par rapport à la filière», a-t-il confié, louant aussi «la performance environnementale et sociale» du GAEC. Cette ferme ovins lait bénéficiant d’un parcellaire groupé sur un causse séchant, a supprimé le tourteau de soja dans son système autonome.

Suivi sol avec UNOTEC

«Pénalisée par une référence laitière limitée, l’augmentation de la production s’est faite naturellement à partir de l’amélioration de notre production fourragère, sans achats supplémentaires», explique Fabien Molinier. Il ajoute : «le pâturage tournant au printemps nous aide à utiliser de l’herbe de qualité et à ne pas gaspiller. Nous essayons de semer chaque année les mêmes surfaces en céréales, luzerne, ray-grass, en respectant les rotations pour plus de sécurité lors des années difficiles. Et pour toutes ces actions, nous adhérons au suivi sol proposé par UNOTEC».

Ces bons résultats sont donc le fruit d’un travail combiné sur le sol et la gestion rigoureuse du troupeau. La production de lait est passée en 15 ans de 247 litres/brebis à 350 litres/brebis aujourd’hui, avec un coût alimentaire proche de 15% en 2015. La maîtrise du pâturage (mise à l’herbe précoce), l’autonomie protéïque (luzerne), l’assolement réfléchi (dates de semis, rotation...), et la fertilisation raisonnée (plan de fumure annuel, compost), tout contribue ici à la mise en place «d’un système économiquement performant, respectant les principes de l’agro-écologie», résument les organisateurs d’Innov’Action.

23 juin 2016

Union de coopératives BEVIMAC Centre-Sud : un automne décisif

L’activité de l’Union de coopératives BEVIMAC Centre Sud poursuit sa progression malgré une année 2015 marquée par les blocages consécutifs à la FCO. Pour 2016, elle entend conserver son leadership vers l’Italie et poursuivre son ouverture vers les pays tiers.

L’export est un métier compliqué, parce que s’il est simple de vendre des animaux, il n’est en revanche pas toujours évident de les valoriser à leur juste valeur. C’est la mission que s’attache à remplir BEVIMAC Centre Sud pour ses coopératives adhérentes, CELIA, UNICOR et la structure Bevid’Oc. Comme l’a rappelé son président, Bernard Cazals, à l’occasion de l’assemblée générale, vendredi 17 juin. «Notre rôle est de bien valoriser les animaux de nos coopératives à l’export, d’être capables de conserver la valeur ajoutée de nos races rustiques grâce à la maîtrise de nos outils».

En ce sens, l’année 2015 a connu des hauts et des bas. La hausse de l’activité (+ 4 000 têtes soit 82 440 têtes commercialisées) est le fruit d’une bonne activité sur les quatre premiers mois de l’année et l’arrivée de broutards supplémentaires suite au rapprochement entre CEMAC Cobevial et Bovi PC. Heureusement car la fin d’année a été très compliquée en raison des blocages commerciaux imposés suite à l’émergence de la FCO en France. La progression est revenue en fin d’année grâce à la bonne organisation de l’équipe de BEVIMAC qui a pu faire partir 180 camions en 3 semaines !

L’Italie toujours en tête

L’Italie reste la première destination des animaux exportés par BEVIMAC (93% soit + 6 800 têtes). L’export sur les pays tiers se développe mais par à coups en raison des blocages politiques et sanitaires (FCO notamment). Il représentait 4% des destinations des animaux en 2015. «Ce résultat est à l’image de la situation de l’exportation en général», remarque Hervé Chapelle, directeur de BEVIMAC.

Pour 2016, la courbe est toujours à la hausse avec 4 000 têtes de plus vendues à fin mai, une augmentation conséquente étant donné que les premiers mois de 2015 étaient eux aussi très hauts ! Le pourcentage d’animaux destinés à l’Italie est en baisse (-3,6%) au profit des pays tiers (+3,2%) en particulier l’Algérie. La Grèce également se relance sur le marché. Mais l’automne s’annonce tout de même difficile car la production de jeunes bovins en France a fortement augmenté face à un marché peu porteur notamment en Italie où la consommation de viande a beaucoup baissé (-18% en 5 ans), de même que le potentiel d’engraissement en raison d’une forte restructuration.

«Notre salut passera par l’exportation vers les pays tiers», a avancé Bernard Cazals. Une zone géographique où l’Europe gagne des parts de marché (51% en 2015 contre 25% en 2014) et où la consommation de viande est favorable. La Turquie notamment semble très satisfaite des animaux français, reste à régler le contexte politique pour réouvrir le marché... «Notre politique de développement des volumes depuis plusieurs années porte ses fruits puisque nous pouvons aujourd’hui peser sur les marchés», a conclu le président.

Eva DZ

02 juin 2016

Filière ovine Midi-Pyrénées : partenariat européen pour l’innovation avec Robustagno

Projet financé au travers du PDRR(1) de Midi-Pyrénées par l’Europe et le ministère de l’agriculture, Robustagno est un groupe opérationnel dont le travail s'inscrit dans le cadre du partenariat européen pour l’innovation. Son objectif est d’améliorer, de façon durable, la productivité numérique dans les élevages d’ovins allaitants, en réduisant la mortalité des agneaux.

Porté par Coop de France Midi-Pyrénées, le programme de Robustagno est mis en œuvre sur les départements du Lot et de l’Aveyron avec une approche multi-acteurs. Pour atteindre l'objectif fixé, à savoir l'augmentation de la productivité numérique dans les élevages, l’accent sera mis sur le caractère robuste des agneaux dès leur naissance.

Une approche multi-acteurs

Les partenaires scientifiques de ce programme sont l’Institut de l’élevage, l’INRA et l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT). Robustagno est en lien avec les UMT(2) «Maîtrise de la santé des troupeaux de petits ruminants» et «Génétique, génomique des petits ruminants» basées à Toulouse.

Les partenaires opérationnels sont les coopératives CAPEL et UNICOR, les Chambres d’agriculture du Lot et de l’Aveyron, les GDS du Lot et de l’Aveyron, le lycée agricole de Figeac (Animapôle) et le Coram (Collectif des races des Massifs).

Le groupe ainsi constitué permet à des acteurs divers de la filière (éleveurs, techniciens, vétérinaires, experts, chercheurs, chargés de développement agricole) de travailler ensemble à la recherche, à la qualification et à la diffusion d’innovations.

Innovations et bonnes pratiques au cœur du projet

Ce projet est très centré sur les innovations et bonnes pratiques émanant du terrain.

Le programme, prévu sur quatre ans (2016-2019), comporte trois volets :

- recherche d'innovations et de bonnes pratiques concourant à l’amélioration de la robustesse des agneaux, à partir d’études scientifiques ou de repérages effectués dans les élevages,

- tests de ces pratiques en élevage, dont celui de la ferme expérimentale du lycée agricole de Figeac,

- diffusion des connaissances ainsi obtenues à l’ensemble des acteurs de la filière régionale.

Dans ce programme, l’Institut de l’élevage assure la mission de «service d’innovation». Cela consiste à faciliter l’identification des innovations et bonnes pratiques grâce à un regard croisé entre les différents acteurs du projet, dont les éleveurs. L’innovation est partout, issue d’expérimentations scientifiques comme mise en œuvre quotidiennement dans des élevages !

Un important volet diffusion

Le volet diffusion à grande échelle est un enjeu primordial pour la réussite du programme. Pour cela Coop de France Midi-Pyrénées et le Coram s’appuieront sur l’ensemble de leur réseau (coopératives, partenaires régionaux, organismes de sélection). Tout au long du projet, les résultats seront communiqués via la presse spécialisée, mais aussi lors de séminaires et/ou de portes ouvertes.

(1) Programme de développement rural régional

(2) Unité mixte technologique

02 juin 2016

Rencontre avec Bernard Cazeneuve : le loup, une affaire de sécurité intérieure

Vendredi 27 mai, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, était en visite en Aveyron, dans le Lévézou et la région de Millau, afin de participer à différentes inaugurations. Il a répondu favorablement à la sollicitation de la FDSEA et des JA qui ont eu l’occasion d’échanger avec un de ses conseillers, M. Le Goff, sur la problématique de la prédation, et plus particulièrement celle du loup.

Une délégation composée de Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande et membre du bureau de la FNO, François Giacobbi, président du CDASA, Laurent Saint Affre, secrétaire général de la FDSEA, Christophe Benoît, responsable cantonal, et Ghislain Soulié, président local, a été reçue à Saint Beauzély. Leur objectif : sensibiliser le ministère de l’intérieur sur «les troubles qui vont être provoqués par la présence du loup», selon François Giacobbi. Ce dernier a d’ailleurs rappelé que deux gendarmes sont en permanence mobilisés sur cette question dans le département.

La profession mobilisée

«C’est un fait, le loup est présent sur nos territoires. Nous devons nous tenir prêts à réagir», affirme François Giacobbi, avant de rappeler le travail constructif engagé entre la profession et les services de l’Etat depuis presque un an. Ces échanges portent sur la difficulté de protéger les troupeaux dans un département comme l’Aveyron où la densité des élevages est très élevée. «Nous devons trouver des solutions alternatives», poursuit le président du CDASA. «Le peu d’efficacité des méthodes de protection, dans les départements qui possèdent moins de troupeaux, montre qu’il faut continuer à travailler sur la question. De plus, il est impossible de prévoir où et quand vont avoir lieu les attaques. Nous avons même la preuve aujourd’hui que le loup s’adapte aux conduites de troupeau en attaquant le jour».

Depuis le début de l’année, deux attaques ont déjà été avérées en Aveyron, auxquelles s’ajoutent trois cas où l’hypothèse du loup n’est pas écartée, et presque une dizaine d’autres dont les analyses sont en cours. Même si pour le moment l’Aveyron est moins impacté que certains de ses voisins, François Giacobbi souhaite alerter sur l’inquiétude qui augmente chez les éleveurs. «Si nous devons subir une série d’attaques, la pression sur le terrain va monter en puissance et risque d’exploser?!».

Une problématique nationale

Jean-François Cazottes a rappelé, quant à lui, les données nationales liées à la présence du loup. «On a enregistré une hausse des attaques de 10 % en comparant les 4 premiers mois de 2015 et ceux de 2016. L’an passé la mise en place des mesures de protection, que nous jugeons inefficaces, a coûté plus de 18 millions d’euros au ministère de l’agriculture, tandis que les indemnisations, imputées au budget du ministère de l’écologie, ont avoisiné les 3 millions d’euros».

Concernant la demande européenne de déclassement de l’animal en tant qu’espèce protégée, la France était jusqu’alors, le seul pays engagé dans la procédure. «Aujourd’hui, les pays du sud de l’Europe -Italie, Espagne- ou certains du nord, comme la Suède, la Finlande et la Lituanie, ont formulé la même demande que la France. Cela prouve bien que le loup pose de réels problèmes, et pas que sur l’élevage français», a commenté Jean-François Cazottes.

Il a aussi souligné «l’absurdité» des arrêtés pris par certains maires à l’encontre des chiens de protection, préconisés pourtant dans les mesures nationales, à cause des risques d’attaque de randonneurs. «Nous demandons que les éleveurs ne puissent pas être jugés responsables en cas d’accidents entre patous et touristes».

Sur le sujet des quotas de prélèvement, Jean-François Cazot-tes fait part de sa «stupéfaction devant l’impossibilité pour l’administration de recenser exactement la population de loups sur le territoire national. Or, sans cet effectif, il sera impossible d’établir un quota de prélèvement !». Rappelons qu’au dernier congrès de la FNO, Michèle Boudouin, la présidente, avait officiellement demandé une autorisation d’abattage de 100 loups pour la campagne à venir, avec une obligation de résultat, ainsi que la possibilité d’agir sur les meutes entières le cas échéant.

Enfin, les éleveurs aveyronnais ont rappelé au représentant du ministre les problèmes de sécurité liés à l’affolement des troupeaux, qui pourrait provoquer des divagations sur la voie publique. Ils ont aussi présenté les revendications portées depuis un an par la FDSEA et JA Aveyron, soit la possibilité d’opérer des tirs de défense sans mise en place préalable des méthodes de protection prévues dans le plan national Loup.

Les participants à la délégation ont trouvé une oreille attentive en la personne de M. Le Goff qui les a assurés que le gouvernement a pleinement conscience des difficultés engendrées sur le pastoralisme, et l’élevage en général.

B. CAREL

19 mai 2016

Attaques sur les troupeaux : comment réagir ?

Ces derniers jours, plusieurs troupeaux bovins et ovins ont été victimes d’attaques. Pour l’heure, l’origine du prédateur (loup ou chien errant) n’est pas connue partout. Comment réagir face à ces situations ?

Plusieurs attaques sur des brebis et sur des veaux ont été enregistrées récemment en Aveyron, si pour certaines le loup «n’est pas exclu», pour d’autres sa présence est confirmée. Le loup est donc bien présent dans le département.

«L’automne dernier, un travail a été engagé avec le Préfet, afin d’obtenir directement des tirs de défense pour protéger nos troupeaux. Le processus est engagé mais n’a pas encore abouti», regrette Dominique Fayel, président de la FDSEA, dans un communiqué. Il demande, au vu des derniers évènements, que la procédure soit accélérée et étendue à l’ensemble des territoires concernés.

«Choisir entre l’élevage et le loup !»

En effet, dans ce département d’élevage, l’un des plus importants en France (1er département moutonnier, 3ème département en bovins allaitants,...), «la présence du loup n’est pas compatible avec notre activité intimement liée aux territoires ru- raux?!», poursuit le responsable professionnel.

Par ailleurs, la profession va continuer «inlassablement» d’exiger une modification du classement du loup dans la convention de Berne : «son expansion en nombre et en territoire fait que son classement d’espèce protégée n’est plus justifié», argumente-t-elle.

«L’élevage et les éleveurs sont menacés par le loup ! Entre le loup et les éleveurs notre pays devra choisir !», argue Dominique Fayel.

François Giacobbi, président du CDASA et en charge de la problématique loup en Aveyron, confirme : «Il faut rappeler que le loup est incompatible avec l’élevage. Les mesures annoncées dans le plan national loup ne sont pas adaptées et sont inefficaces dans des régions comme les nôtres à forte densité d’ovins», rappelant que l’Aveyron peut compter jusqu’à un million de brebis contre 120 000 dans les Hautes-Alpes par exemple !

Des troupeaux non protégeables

«En France, nous devons arrêter de considérer le loup comme une espèce protégée, il est parfaitement incompatible avec notre système de production basé sur le pastoralisme, pratique qui nous a d’ailleurs valu une reconnaissance au Patrimoine mondial de l’Unesco. Sans oublier, notre AOP Roquefort dont le cahier des charges oblige à une période de pâturage. Ces atouts pour notre production, pour notre territoire pourraient être remis en cause si on laisse le loup s’installer !», dénonce François Giacobbi.

«Sur ce sujet, nous travaillons avec les services de l’Etat, nous rencontrons le Préfet chaque mois pour faire le point. Les associations de protection de la nature ont aussi été associées à notre réflexion», poursuit le responsable professionnel. Leur objectif : obtenir la reconnaissance de la non protégeabilité de l’élevage face au plan loup. Outre les pertes économiques engendrées par les attaques de loups sur les troupeaux, François Giacobbi veut aussi que soit pris en compte, le préjudice moral : «La MSA met à disposition des éleveurs, une cellule psychologique pour les aider à surmonter leur peur de voir à nouveau leur troupeau attaqué».

Un plan d’action en cours en Aveyron

Suite à des actes de prédation il y a un an dans le sud Aveyron, l'Etat avait réuni les maires pour présenter le dispositif mis en place en Aveyron dans le cadre du plan national d'action loup, qui repose sur un comité de suivi et un réseau de correspondants/ observateurs, composés de 40 volontaires, habilités à relever sur le terrain les indices de présence du loup. Les constats d'attaque sur les animaux domestiques relèvent, toutefois, de la compétence exclusive des agents de l'ONCFS commissionnés et assermentés.

Les maires du secteur étaient chargés de sensibiliser les propriétaires de chiens sur les responsabilités qui leur incombent.

En appui de ce dispositif réglementaire, l'ONCFS et les lieutenants de louveterie ont assuré une surveillance renforcée du territoire concerné, à travers les actions suivantes :

- le maintien de l'implantation de pièges photographiques sur les lieux stratégiques ;

- des tournées de surveillance de nuit à l'aide de véhicules tout terrain et de sources lumineuses, ciblées à proximité des zones de pâturage ou de couchage des troupeaux.

Par ailleurs, une personne à la gendarmerie de La Cavalerie a été formée mais c’est bien les agents de l’ONCFS qui restent les référents pour les constats d’attaque.

Pour rappel, en cas d’attaques constatées sur des animaux, il ne faut surtout pas déplacer les cadavres, il faut les couvrir et protéger les abords afin de ne pas effacer les indices qui seront collectés par l’agent de l’ONCFS.

Eva DZ

Source Préfecture

Pour les constats de dommages, contactez l’ONCFS : 05 65 87 07 31 (jours ouvrables) ou 06 27 02 58 91 (jours feriés).

19 mai 2016

CELIA section Nord Aveyron : une année tourmentée mais CELIA a su anticiper

La semaine dernière, la coopérative CELIA a organisé les assemblées générales de ses quatre sections : Auvergne, Languedoc, Nord Aveyron, Ségala Tarn pour faire le point sur son activité, un an après le rapprochement entre CEMAC Cobévial et Bovi Plateau Central.

«Une année de challenge», c’est ainsi qu’a qualifié André Veyrac, président de CELIA, l’année 2015. «Depuis le rapprochement entre CEMAC Cobevial et Bovi PC, nous avons intégré de nouveaux partenaires, éleveurs, commerciaux et nous avons dû aussi travailler dans un contexte de crise sanitaire avec la FCO», a-t-il résumé. Mais grâce à l’organisation et l’anticipation de son équipe, CELIA a réussi à passer cette crise en activant le départ de 180 camions en 3 semaines avant la mise en place des zones réglementées. «La performance de notre outil nous offre la capacité de nous organiser et l’avenir nous a donné raison étant donné le délai de blocage de nos animaux», a détaillé André Veyrac.

Si l’intégration de nouveaux éleveurs se poursuit, CELIA, en 2015, a vu son activité bovine augmenter de 16% avec 63 420 bovins commercialisés et de même en ovins (+6%) avec 80?970 ovins commercialisés, grâce aux 2 450 apporteurs installés en Aveyron, Lozère, Cantal, Gard, Hérault, Lot, Lot et Garonne et Tarn. Et 2016 s’inscrit dans cette tendance à la hausse, a complété Hervé Chapelle, directeur général. Cette activité se répartit sur 5 centres d’allotement dont la moitié à St Rémy de Montpeyroux et Bozouls.

«Au cours du deuxième semestre, nous avons eu moins recours au négoce via notre SARL 2C pour compléter nos achats, les apports de nos adhérents étant suffisants, en particulier sur le plateau de l’Aubrac», ont indiqué les responsables de la coopérative. La race Aubrac reste en effet prédominante dans l’activité (57% des effectifs) tandis que le support croisé diminue (il représente 39%) et que la race limousine est en devenir (elle représente un quart de l’activité).

L’activité principale reste la vente d’animaux maigres (43%) même si la part de veaux gras, depuis le rapprochement avec Bovi PC, progresse (7,5% de l’activité sur 6 mois).

Les filières de qualité, toujours des fers de lance

Dans un contexte de marché tendu, les responsables de CELIA ont rappelé combien il était important de maintenir les filières de qualité. L’IGP Fleur d’Aubrac a en effet, apporté en 2015, une plus-value de 78 €/ tête, le label rouge Bœuf Fermier Aubrac 160 € de plus par tête et 28 € de plus pour le label rouge Bœuf Blason Prestige. «Ces filières sont une sécurité, il ne faut pas les casser mais jouer leur carte chaque année, quel que soit le contexte car nous en avons besoin», a rappelé André Veyrac.

Et sur la conjoncture, le président de CELIA assure que, «malgré un marché très chahuté, les prix n’ont guère varié sur les ventes régulières sur la totalité de l’année». Face à ce résultat, la coopérative a décidé de redistribuer du capital social aux éleveurs adhérents à l’OP et ayant signé un contrat. Plus de 1 000 d’entre eux seraient concernés par un retour total de 60 000 euros.

Situation des marchés

Le partenaire historique, l’Italie, affiche moins de demandes. Comme en 2014, les prix des taurillons à Modène sont en chute et la consommation de viande est aussi en baisse. CELIA continue donc de se tourner vers les pays tiers, «une variable d’ajustement du marché». Mais ce n’est pas simple ! Les contraintes règlementaires, administratives, sanitaires donnent quelques sueurs froides aux commerciaux et aux dirigeants de CELIA, qui doivent s’accrocher pour valoriser les animaux de leurs adhérents, vers l’Algérie notamment.

Question consommation, les responsables de CELIA préfèrent nuancer : si la consommation de viande des ménages est en baisse, en revanche celle en restauration hors domicile se porte bien. «Nous devrons toutefois être vigilants sur la qualité des produits en misant sur nos races allaitantes et nos filières de qualité, des spécificités qui peuvent nous permettre de tirer notre épingle du jeu», observent les responsables de CELIA. Ils notent aussi le retour dans les grandes surfaces, des rayons traditionnels de boucherie et la priorité donnée à la viande française.

Les recommandations de CELIA

Pour l’année à venir, les responsables de CELIA ont livré quelques pistes à leurs adhérents. Sur le court terme, ils recommandent de vacciner au plus tôt les jeunes, contre la FCO, de façon à être prêts pour le marché, d’anticiper autant que possible les ventes d’automne difficiles en maigre et de diversifier les activités en jouant le jeu des filières de qualité sur le marché national par exemple.

Sur le moyen terme, la coopérative encourage le développement du croisement Charolais - Aubrac pour apporter davantage de valeur ajoutée. En race limousine, elle mise sur le vêlage d’automne. Et globalement, elle soutient l’autonomie alimentaire dans les élevages.

Enfin, à plus long terme, les responsables CELIA encouragent vivement l’engagement des élevages en certification IBR, une génétique plus précoce en races allaitantes et la mobilisation de toutes les sources de subvention (sollicitation des aides à l’investissement pour les bâtiments, les fabriques d’aliments, les aires de stockage, le stockage des effluents, les petits équipements, la reconstitution des prairies jusqu’au 31 mai).

Eva DZ

05 mai 2016

Assemblée générale de l’UPRA Lacaune : la génétique est bénéfique

L'assemblée générale de l'UPRA Lacaune s'est déroulée mercredi 27 avril à St-Affrique, sous la présidence de Ioan Romieu.

L'organisme de sélection de la race Lacaune affiche de bons résultats et une bonne dynamique avec une génétique et une génomique qui tirent, ensemble et vers le haut, la production. Le bilan d'activité 2015 de la structure, présenté par le directeur de l'UPRA Gilles Frégeat, illustre les bons résultats de cet outil au service des producteurs de la race Lacaune.

Dans le schéma de sélection lait (contrôle laitier officiel), l'effectif de femelles traites était en 2015 de 155 582 brebis, dans 363 élevages, en hausse de 165 brebis comparé à 2014, soit 429 brebis traites par troupeau. La fertilité globale est de 94,7 %, avec un taux d'insémination artificielle (IA) de 84,6 % pour un total de 146 012 IA en 2015. Ces effectifs sont contrôlés par la Confédération de Roquefort (service élevage), l'EDE Aveyron-UNOTEC, l'EDE Tarn, l'EDE Lozère, et la SCP Gard-Hérault.

Gain de productivité

Sur le tableau présenté par Gilles Frégeat il apparaît que le progrès génétique dans la race se traduit par un gain de 4,6 litres de lait par an entre 2000 et 2015, 0,21g de taux butyreux et 0,20 g de taux protéique entre 2000 et 2013, une amélioration importante des cellules somatiques (0,064 écart type génétique), une amélioration de la conformation des mamelles (0,047 écart type génétique). L'évolution de «l’effet troupeau» durant ces mêmes années est quant à elle en baisse, «la génétique contribue dans ces conditions à faire progresser la production, cependant ce progrès génétique ne s'exprime pas pleinement».

En contrôle laitier simplifié, les effectifs de brebis traites sont de 415 263 élevages brebis, dans 1 125 élevages. Les qualifications des reproducteurs (reconnaissance des agnelles), ont concerné 329 élevages visités, avec un taux de refus de 10,14 %, «divisé par 2 en 20 ans». Pour cette première année 2015, la race Lacaune lait est passée à la sélection génomique (première race ovine laitière au monde !), 1740 agneaux ont pu être indexés. Ces agneaux ont, soit été conservés dans les centres d'insémination, soit vendus à la reproduction selon 3 classes d'index (+, ++, +++). Au total 2 259 béliers ont été reconnus. 1 649 étaient destinés au marché national, et 610 pour l'export.

Sélection viande

S'agissant du schéma de sélection viande, tous les élevages en sélection Lacaune viande adhèrent à Ovi-Test et/ou au GID Lacaune. En 2015, le contrôle de croissance a concerné 17 891 brebis, un effectif stable. Concernant les IA réalisées en 2015, elles étaient de 50 366 chez Ovi-Test et de 52 757 au GID Lacaune. Gilles Frégeat a fait aussi un point sur la gestion des gènes majeurs dans le schéma Ovi-Test et GID Lacaune.

Pour le volet sanitaire, il y a une gestion de la Visna-Maedi et de la Border-Disease dans tous les troupeaux en sélection. Pour la la résistance à la tremblante, et la réalisation du plan national, 6693 béliers ont été génotypés.

Promotion de la race

Enfin, l'UPRA Lacaune a évoqué ses autres activités, en premier lieu, dans le cadre de l'organisation GENELEX, avec la réalisation de «pedigree» pour l'export de reproducteurs de race Lacaune concernant en 2015, 8601 animaux, en hausse de 1462 unités, avec 280 doses de semence. Les pays «clients» sont l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, l'Espagne, la Grèce, l'Italie, la République tchèque, la Suisse et la Slovaquie.

Dans son activité promotion, l’UPRA Lacaune a souligné le succès du Carrefour international ovin et caprin (CIOC) organisé en 2015 à St-Affrique en partenariat avec le lycée agricole et le CORAM, et sa participation au Salon de l'agriculture 2015, en partenariat avec la Confédération de Roquefort pour fêter les 90 ans de cette appellation.

Didier BOUVILLE

21 avril 2016

Groupement de producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis : la filière caprine a le sourire

Le groupement de producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis s’est réuni vendredi 15 avril à Baraqueville. Ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement, portés par une conjoncture favorable et des projets constructifs pour la filière.

Sur les 92 producteurs livrant leur lait de chèvre à Lactalis, 60 ont participé à l’assemblée générale de leur groupement. Une participation qui a ravi les responsables, Jacky Salingardes, président du groupement et Joël Mazars, vice-président. «C’est bien de voir que, même en temps de bonne conjoncture, les éleveurs s’engagent et s’intéressent à l’avenir de la filière. Ils ne sont pas là que quand ça va mal !», retient Joël Mazars. Un engagement qui fait plaisir aussi à Jacky Salingardes : «Il y a toujours eu une belle participation autour de notre groupement de producteurs».

Une collecte en hausse

La contractualisation, gros chantier en cours pour la filière caprine, suscite en effet de nombreuses questions de la part des producteurs. «Notre objectif est de créer une organisation de producteurs, sans grand changement avec notre groupement qui entretient déjà de bonnes relations avec son industriel Lactalis, d’ici cet automne», avance Jacky Salingardes. «Le décret OP a été rédigé par la FNEC puis validé par l’interprofession. Nous n’attendons plus que la validation par les pouvoirs publics puis par l’Europe mais le dossier avance dans le bon sens». Et Joël Mazars de compléter : «C’est vrai qu’il y a beaucoup d’interrogations du côté des producteurs, une certaine appréhension sur le lien volumes - prix. La contractualisation va nous permettre d’affiner les litrages des producteurs en respectant les ambitions de chacun. En tout cas, nous allons continuer d’informer les producteurs des avancées et nous prévoyons des réunions de secteur».

Côté conjoncture, les producteurs de lait de chèvre ont le sourire, portés par une consommation positive (entre +6 et +7%) : «Après plusieurs années de crise, comme celle que vivent les producteurs de lait de vache, nous sommes soulagés de pouvoir bénéficier d’un prix correct. Nous ne devons pas en avoir honte», confie Jacky Salingardes. «La crise a en effet marqué les producteurs», selon Joël Mazars.

Prudence et raison

La prudence reste donc de mise : «La collecte en Aveyron est en progression constante (21,5 millions de litres produits en 2014/2015, soit en moyenne 20 000 litres de plus par exploitation) avec un objectif affiché de 25 à 26 millions de litres à court terme». Mais ce développement doit être raisonné : «Aujourd’hui c’est vrai il y a la place pour ceux qui veulent produire. Nous accompagnons quelques projets d’installation mais ça ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quoi ! Si nous sommes raisonnable, tout ira bien !», a encouragé le responsable départemental et national. Joël Mazars appuie : «Il ne faut pas s’empêcher d’installer de nouveaux producteurs, dans un cadre raisonné bien sûr, pour amener de l’économie à notre département».

Dans ce contexte, le tandem entreprise - groupement, qui fonctionne déjà correctement, peut être un soutien dans l’accompagnement des producteurs, dans le suivi technique notamment ou encore la prime de spécialisation pour les jeunes,...

Les producteurs militent pour un développement de la production sur le site de l’entreprise Lactalis à Rodez : «Accrocher une production à un territoire serait un bel atout», envisagent les responsables du groupement.

Jacky Salingardes comme Joël Mazars comptent sur l’implication des producteurs de lait de chèvre du département pour maintenir cette dynamique et continuer d’entretenir une relation constructive avec leur entreprise, Lactalis.

Eva DZ

14 avril 2016

Prix national pour l’agro-biodiversité animale : un Aveyronnais à la 2e place

Depuis 4 ans, Ceva Santé animale, laboratoire pharmaceutique vétérinaire basé à Libourne et la Fondation du Patrimoine récompensent des élevages engagés dans l’agro-biodiversité animale. Adrian et Lucas Rigal, jeunes éleveurs à Clairvaux, ont reçu le deuxième prix de ce concours national pour avoir relancé la Raïole, race ovine à faible effectif et développé l’agropastoralisme sur leur territoire.

Sur l’exploitation de ses grands-parents qui n’était plus en activité depuis de nombreuses années, Adrian Rigal a décidé de s’installer. Mais sur la commune de Clairvaux, les terrains sont très pentus, les surfaces petites et les parcelles en friche. Que faire pour valoriser la structure et créer une activité à valeur ajoutée ? «A la suite de mon BTS, j’ai réalisé quelques stages en transformation fromagère de lait de vache. Mais l’importance du travail à fournir quotidiennement m’a découragé et puis je n’avais pas le foncier disponible autour de la ferme pour un troupeau laitier», témoigne Adrian. Dans son parcours, il s’est intéressé à l’agropastoralisme et à la production ovine, dont la demande est importante. «Mes bâtiments et mon foncier étaient adaptés. Restait à choisir la race !». Les races rustiques à petit effectif le séduisent. Il teste la Rouge du Roussillon, la Caussenarde des Garrigues et la Raïole qui sera l’objet de son choix pour sa bonne conformation (des agneaux classés O et R), un bon rendement et une dimension économique.

Pour l’accompagner dans la mise en place de son troupeau puis le suivi technique, Adrian rejoint depuis peu par son frère Lucas, s’est rapproché d’ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère : «L’appui technique est indispensable. Il apporte une ouverture d’esprit, et m’a permis de travailler par étape, au fil de mon évolution sur l’alimentation, la reproduction, l’état corporel, la gestion des lots (4 par an), la gestion du pâturage en fonction de ces lots,... en fonction de la race que j’ai choisie». Son objectif est simple : monter un troupeau homogène et productif.

Un système économique qui fonctionne

Grâce à l’appui de sa technicienne, qui s’est elle aussi adaptée à la Raïole, Adrian obtient une belle régularité dans ses lots d’animaux. A la tête d’un troupeau de 260 brebis, il affiche un taux de mise bas de 96%, de 1,3 en prolificité et 11% de mortalité. De très bons résultats selon sa technicienne pour un cheptel encore jeune (l’éleveur a démarré en 2009). Chaque année, l’élevage produit 290 agneaux (16,5 kg de moyenne), agnelles comprises, avec une productivité de 1,10. En misant sur un pâturage tournant dynamique selon les lots d’agneaux, Adrian et Lucas valorisent bien les terres à leur disposition. En distribuant 64 kg de concentré par agneau, ils arrivent à dégager une marge brute de 182 euros par brebis (primes incluses), sachant qu’ils commercialisent leurs agneaux en vente directe, sur les marchés de Rodez, Rignac et Belcastel l’été mais aussi à Toulouse. «Je sais que je peux encore améliorer nos débouchés car la demande existe mais nous avons encore besoin de nous faire connaître», avance Adrian qui fait abattre ses agneaux à Rodez et réalise la découpe dans son nouvel atelier. Des journées portes ouvertes sont programmées régulièrement sur l’élevage avec dégustation d’agneaux à la clé et randonnée à thème dans les parcours, au milieu des brebis pour partager leur passion du patrimoine et de l’élevage.

Un engagement pour préserver le patrimoine

Adrian a orienté sa conduite sur un pâturage tournant sur ses petites parcelles : 77 ha dont 12,5 sont labourables et 25 ha de parcours (landes, châtagneraies,...) qu’il a dû réhabiliter : «Nous avons réalisé un gros travail de défrichage, les ronces dépassaient les roues arrières du tracteur ! Nous avons installé 4 km de clôtures. Heureusement la famille était là pour nous aider?!», se souviennent Adrian et Lucas. «Ce projet, c’est aussi une réussite familiale».

Très attachés à leur troupeau, les deux jeunes éleveurs sont aussi sensibles à l’entretien de leur patrimoine, c’est dans ce sens qu’ils ont réfléchi à la gestion du pâturage. Et leur réflexion n’est pas achevée puisque dans le cadre de son installation, Lucas prévoit de reprendre quelques terres dans le village de Belcastel pour accueillir 100 brebis de plus. «En partenariat avec la commune, nous allons participer à l’aménagement et l’entretien de communaux et de parcours avec nos Raïoles et à la réalisation d’un circuit de randonnées. Il permettra de sensibiliser les nombreux touristes, venus découvrir l’un des Plus Beaux Villages de France au travail d’agropastoralisme des éleveurs. En lien aussi avec la restauratrice étoilée, Nicole Fagegaltier qui propose à sa carte, notre agneau».

Et toujours des projets !

C’est cet engagement dans la préservation et la valorisation d’une race à faible effectif que Ceva Santé Animale et la Fondation du Patrimoine ont choisi de récompenser en décernant à Adrian et Lucas Rigal le 2e prix du Prix national pour l’agro-biodiversité animale, placé sous le haut patronage du ministère de l’agriculture. Créé en 2012, il récompense les éleveurs français qui s’engagent pour préserver et valoriser les races animales agricoles domestiques à faible effectif (bovins, caprins, porcins, équidés, volailles, chiens de travail...) et représentatives d’un patrimoine génétique. Les choix du jury s’axent sur trois critères majeurs : la dimension économique du projet, son impact social et environnemental sur un territoire donné, et les actions de sensibilisation et de communication autour d'une race à préserver.

Pari réussi pour les deux frères qui nourrissent de nouveaux projets ! «Ce prix va nous apporter un plus pour terminer l’aménagement des abords de la ferme, de l’atelier de découpe pour accueillir le public et nous investir dans le parcours d’information à Belcastel».

Eva DZ

14 avril 2016

Mondial Brune 2016 à Mende : une belle réussite collective

Les éleveurs aveyronnais étaient ravis à l’issue de ce grand événement mondial, qu’ils ont vécu à Mende mais aussi sur leur exploitation pour tous ceux qui ont reçu des délégations d’éleveurs étrangers et français quelques jours avant. Ces cinq jours de fête au cœur du Massif central leur ont laissé des souvenirs indélébiles et même si la Suisse a raflé tous les grands prix, sauf le prix de la meilleure fromagère qui revient à un élevage aveyronnais, ils repartent avec la satisfaction de la réussite collective.

Le pari était osé : récréer au cœur de la ville de Mende, un espace de concours pour accueillir plus de 200 congressistes, 190 animaux, plus de 20 000 visiteurs ! Mais ils l’ont fait, les 300 bénévoles, en grande partie éleveurs bruns mais aussi d’autres races laitières, ont relevé le challenge ! Et quelques jours après ce grand événement, c’est avec un grand sourire, des images plein la tête et le sentiment du travail bien accompli que les éleveurs bruns de l’Aveyron évoquent ce Mondial.

François Ginisty, éleveur à Recoules Prévinquières et administrateur d’OptiBrune, a été «très impressionné par la participation et la motivation des éleveurs et des jeunes» qui les ont accompagnés pendant toute la manifestation. «Dans un contexte laitier difficile, on a rechargé nos batteries !», sourit-il. «Eleveurs, partenaires, congressistes, étudiants,... chacun à son niveau, va garder, je pense, un très bon souvenir de cette expérience hors normes !».

Un spectacle de qualité

Il faut dire que les éleveurs s’étaient donné la peine de réussir le défi avec la mobilisation de nombreux bénévoles pour la préparation des animaux, des installations, et surtout la propreté des stalles tenues par les jeunes des établissements de Lozère et par les 8 équipes du Brune Team Show. Ainsi qu’un ring joliment décoré et un podium hors normes de 3 m de diamètre qui se soulève et tourne sur lui-même. Un vrai spectacle pour admirer le must de la race Brune pour les nombreux visiteurs qui ont suivi le concours ainsi que la vente aux enchères. «Pas une place assise de libre, des allées bondées, on ne pouvait mieux espérer», résume Clément Chayriguès, président de Brune Aveyron.

Une organisation à la hauteur de la qualité du concours européen. «Les éleveurs se sont vraiment investis dans la préparation de leurs animaux et notre race a vraiment été mise en valeur», reconnaît François Ginisty. De même la vente aux enchères a dépassé toutes les espérances. Son intitulé La crème de la crème était bien à la hauteur de l’événement. «Il faut bien voir que ces 10 génisses sélectionnées représentent un très haut niveau, déconnecté des prix pratiqués aujourd’hui. Mais elles sont l’excellence !», soulignent les éleveurs. «C’est une vraie belle surprise !», complète Gilles Brast, éleveur à Druelle.

Des échanges

Lors des soirées festives, congressistes, éleveurs, partenaires, étudiants,... et responsables de structures nationales réunis pour l’occasion à Mende, ont partagé de vrais moments d’échanges, en particulier lors de la soirée cabaret du samedi qui a réuni 1 200 personnes. «Nous sommes avant tout, tous passionnés d’élevage et la présence de représentants de syndicats d’autres races nous a fait chaud au cœur», résume Gilles Brast.

«Si on est capables de se rassembler autour d’un même objectif, on peut soulever des montagnes ! Pourquoi pas reproduire cette belle performance sur d’autres projets !», encourage François Ginisty.

Eva DZ

07 avril 2016

Coopelso : faire face à de profondes évolutions

Jeudi 31 mars, Coopelso tenait son assemblée générale à Soual (Tarn). Le difficile contexte de l’élevage impacte l’activité de la structure, qui tente de relever les défis un à un.

Cela fait plusieurs années déjà que l’activité de Coopelso est logiquement impactée par la profonde crise de l’élevage. La campagne 2014/2015 ne fait pas exception. Le nombre de femelles inséminées est en baisse surtout dans le cheptel laitier et cela a une répercussion immédiate sur le chiffre d’affaires de la coopérative.

Même si la structure fait de nombreux efforts de prospection pour faire progresser les inséminations artificielles notamment dans les troupeaux allaitants de la région, le nombre total d’IAP* diminue de 2,4% par rapport à l’année dernière. «C’est une baisse plus forte que celle enregistrée au niveau national sur la dernière campagne (-0.8%)», précise le directeur, Mathieu Saint-Blancat. L’érosion du cheptel bovin est une réalité avec laquelle Coopelso doit composer.

Autre enjeu de taille : l’innovation. «Nous devons, encore plus aujourd’hui, ne pas rester immobiles face aux évolutions des attentes des éleveurs et des marchés», souligne René Garrigues, président de Coopelso, dans son rapport moral. «Nous sommes au début d’une nouvelle ère et nous avons fait le pari de nous adapter pour offrir aux adhérents de la coopérative le meilleur de la technologie […]».

Aide à la conduite des élevages

C’est une orientation qui porte d’ores-et-déjà ses fruits. Dans son bilan d’activité, Mathieu Saint-Blancat a affectivement montré une montée en puissance de l’activité permise par l’offre génomique et sexée. «En Prim’Holstein notamment, on observe une augmentation de 36% de nombre de femelles génotypées et de près de 30% d’IA réalisées avec des doses sexées. Même dans les races moins présentes, comme la Montbéliarde, la Brune, la Normande ou encore la Simmental, on assiste à un avènement de la sélection génomique. La mise à disposition de semences sexées pour les taureaux de races rustiques a également reçu un accueil très favorable».

Depuis plusieurs années déjà, Coopelso propose aussi des systèmes d’aide à la conduite des élevages. Une véritable opportunité selon René Garrigues. «Ces outils de monitoring, c’est-à-dire d’aide à la surveillance des vêlages ou des chaleurs, permettent d’accroître la productivité numérique tout en améliorant le confort de travail et les conditions de vie».

Que ce soit en amont ou en aval de l’insémination artificielle, la coopérative dispose d’une large palette de services dans les domaines de la reproduction et de l’amélioration génétique, son cœur de métier. «Notre activité consiste toujours à diffuser une offre génétique adaptée aux systèmes d’élevage de nos adhérents et à conseiller l’éleveur sur la valorisation de cette génétique dans une relation gagnant-gagnant. La réalisation des plans d’accouplement et l’aide à la maîtrise de la fertilité sont les axes de travail».

Enfin, autre grande évolution à venir pour Coopelso : le nouveau règlement zootechnique européen. «La filière génétique va connaître une profonde évolution réglementaire», explique René Garrigues. «Cette législation […] favorisera la concrétisation du marché unique de nos produits génétiques sur l’espace européen. […] Si ce texte aura peu d’impact chez la plupart de nos voisins, il va profondément modifier l’organisation de notre dispositif génétique national. Le règlement zootechnique européen peut aboutir à une organisation plus simple, plus évolutive et davantage en phase avec les attentes des filières. Les éleveurs membres des différents organismes devront veiller à l’intérêt collectif et éviter que cette réforme produise des effets contraires à son objectif, en particulier l’éclatement du dispositif génétique français».

S. Lenoble. Le Paysan tarnais.

*IAP : insémination artificielle première

17 mars 2016

Réunions de secteur bovins lait : technicité et convivialité

 

Le service bovins lait de la Chambre d’agriculture achève ses 12 réunions de secteur qu’il organise depuis 7 ans, chaque hiver afin d’aller à la rencontre des éleveurs et de présenter ses nouveautés.

Pour ses réunions d’hiver, le service bovins lait a affiché une belle participation malgré une conjoncture difficile : la volonté de se retrouver entre éleveurs, d’échanger sur le coût de production, sur la conjoncture et sur les dernières innovations sont en effet des leitmotivs importants. Cette année, 270 éleveurs ont participé aux 12 réunions de secteur en présence d’un animateur du service, des représentants professionnels du secteur ainsi que des techniciens mais aussi les inséminateurs. «Ce duo entre technicien et éleveur est à la base de toute notre activité», explique Patrice Perguet, l’un des responsables du service bovins lait de la Chambre d’agriculture.

Et depuis quelques années, face au fort renouvellement des techniciens, le service s’est adapté en proposant une formation individualisée à cette jeune génération de professionnels qui aborde à la fois la nutrition, la qualité du lait, l’élevage des génisses, la reproduction, la génétique et l’approche globale d’un élevage laitier. Ils disposent de plusieurs outils sur lesquels ils sont formés sur le terrain, d’abord accompagnés d’un technicien plus expérimenté puis seuls.

Cette professionnalisation est un atout pour accompagner les élevages en Contrôle laitier (ils sont 96% à adhérer au service en Aveyron et les trois quart ont fait le choix de l’option 10 appuis techniques par an). «Notre service apporte un discours à la fois technique et économique pour améliorer les résultats dans les élevages», avance Patrice Perguet.

La nutrition animale est donc un thème majeur. «Quand on sait que le coût de la ration représente un tiers du coût global de production, il est important de le travailler au quotidien et les techniciens de notre service sont là pour accompagner les éleveurs à l’optimiser. L’efficacité de la ration peut aussi permettre de réduire les frais d’élevage», avance Patrice Perguet. Un partenariat est à l’étude entre le service bovins lait et CERFRANCE Aveyron, à partir des analyses communes des résultats techniques et comptables, afin d’améliorer l’accompagnement des éleveurs et les sécuriser sur le plan économique et fiscal.

Des nouveautés

Dans la «boîte à outils» dont disposent les techniciens pour accompagner les éleveurs laitiers, des nouveautés ont été présentées. Désormais à partir d’un échantillon de lait, il est possible de tester la gestation (3 euros l’analyse). Cet outil de conduite de troupeau a été utilisé 2 500 fois par des éleveurs entre septembre et décembre 2015, c’est un test nouveau, non invasif qui se développe en Aveyron comme en France.

Autre nouveauté, Cétomir : à partir d’un échantillon de lait, des indications peuvent prédire l’acétonémie en début de lactation, maladie qui est due principalement à un déficit énergétique important et engendre une perte de productivité, une dégradation dans la composition du lait, des problèmes de reproduction, une moindre résistance aux mammites, cellules,...

Le diagnostic alimentaire (Diag Alim) permet d’analyser le taux d’urée, les vaches à pic et à TP faible, et de réaliser le Cétomir. Combiné avec l’observation du troupeau (état corporel, analyses des bouses, locomotion des animaux), cet outil permet de travailler sur le coût alimentaire.

«Ce nouvel outil a montré son efficacité et a été bien adopté par les éleveurs», note Patrice Perguet. «Cela permet au technicien et à l’éleveur de mieux orienter leurs interventions et les modifications nécessaires sur la ration pour améliorer les résultats de l’élevage», poursuit-il.

Le service bovins lait a également présenté le nouveau modu-le génisses, outil d’accompagnement dans l’élevage de ces animaux. Ainsi que le plan Ecoantibio 2017 pour une utilisation raisonnée des antibiotiques et une priorité à la prévention.

Lors de ces réunions de secteur, le service bovins lait a livré les résultats des sept journées d’analyses fourrages. Les tendances pour 2015 affichent une très bonne qualité des maïs, favorables à la production de lait et à la mise en reproduction mais des silos d’herbe tout juste dans la moyenne. Environ 550 et 650 analyses sont réalisées par an.

Pour cette 7e année, le service bovins lait de la Chambre d’agriculture est satisfait d’avoir partagé ces moments d’échanges techniques et conviviaux avec les éleveurs.

Eva DZ

10 mars 2016

Station Gélioc : une 37e vente réussie pour fêter les 20 ans !

La 37ème vente de la station Gélioc, samedi 27 février, a coïncidé avec le 20ème anniversaire de Gélioc dont la première vente s’est déroulée le 9 février 1996.

Malgré le froid amplifié par un fort vent du midi, la foule avait fait le déplacement sur le site des Peyronnies à Naucelle pour cet événement. Parmi les acheteurs et les visiteurs, on notait la présence d'éleveurs belges, espagnols et grecs !

En un peu plus d'une heure, les mâles qualifiés ont tous été vendus à une moyenne de prix supérieure de 225 € à la moyenne de vente de la série précédente. L'enchère la plus disputée a concerné le TAG 63, acheté 7?300?€ par le GIE Limavenir 43. Ce joli reproducteur né chez Pierre Calmelly à Bozouls se présentait avec un remarquable bassin, une excellente rectitude et une importante épaisseur de filet.

Dans la catégorie des mâles évalués, seuls quatre d'entre eux devront attendre pour connaître leurs prochains propriétaires. Dans cette catégorie aussi, la moyenne de prix de vente a augmenté de 240 € par rapport à la fois précédente.

Avec ce 37ème succès commercial, Gélioc a dressé un beau bilan : au 1er mars 2016, la station a évalué 1 757 mâles (1 689 mis en vente, 68 éliminés). Le GIE Liredoc a vendu 1 620 mâles sur 1 689 mis en vente (96%).

Pour l'occasion, les organisateurs bénévoles regroupés autour du président Jean-Luc Mouysset avaient mis les petits plats dans les grands ! Plus de 150 personnes se sont retrouvées au restaurant des voyageurs à Tanus. Un instant surpris par une telle affluence, le cuisinier et patron du restaurant a distillé un repas digne des grandes occasions !

Bon anniversaire !

En apéritif, le président a mis à l'honneur, quatre personnes pour leur engagement auprès de Gélioc :

- André Dalmières : pour avoir très largement œuvré à la création du centre alors qu’il occupait le poste de responsable technique du service bovin viande à la Chambre d'agriculture de Rodez.

- Le GAEC Rouches à Thérondels : apporteur numéro 1, c'est-à-dire l'éleveur qui a fourni le plus de reproducteurs à Gélioc (82 veaux dans 21 séries, surtout répartis dans les séries de printemps).

- L'EARL de Monedies à Grand Vabre : pour sa régularité dans l'apport de reproducteurs à la station (58 veaux dans 30 séries, répartis dans les séries d'automne et celles de fin d'hiver).

- L'EARL de Barrot (Philippe Soursou) à Gaillac-Toulza de Haute-Garonne : qui a acheté le plus de mâles à Gélioc (17 taureaux achetés dans 11 séries entre 2008 et 2015). Il est «talonné» de près par la SICA ULEL (57), le GAEC de Las Conques (12) et le GAEC de La Bise (81).

Dans une ambiance très festive, le repas s'est terminé avec la dégustation d'une Blanquette de Limoux, fournie par un viticulteur également éleveur qui achète tous ses reproducteurs limousins à Gélioc !

03 mars 2016

Assemblée générale Ovi-Test : une place de leader confortée

Ovi-Test a tenu son assemblée générale mardi 1er mars à Réquista. Ce rassemblement annuel est l’occasion de faire le point sur l’activité de la coopérative et de présenter les projets en cours ou à venir, notamment en terme d’amélioration génétique. Le sujet de la fièvre catarrhale ovine, et de ses conséquences, a aussi été évoqué avec les adhérents.

Jean-Jacques Fabrègues, le président, et Béatrice Giral-Viala, la directrice, entament cette assemblée générale avec un bilan très positif de la campagne écoulée, enregistrant une progression de plus de 8,5 %. «Nous avons même été surpris de ce résultat au vu de la baisse du nombre d’adhérents, proportionnelle à la perte globale d’éleveurs et de brebis sur notre zone d’action», confie le président. «Notre croissance, pour la troisième année consécutive, s’explique par une augmentation d’activité chez nos adhérents, ainsi que par l’augmentation de la vente d’animaux. Cela veut dire que les éleveurs tendent à progresser en terme de technicité, ceci afin de gagner en revenu». Il est vrai que pour faire face à un prix stagnant combiné à une hausse des charges, les éleveurs cherchent à optimiser leur élevage. «L’alliance du progrès génétique et du suivi technique, est le gage d’une meilleure rémunération de la production et du temps de travail», ajoute Jean-Jacques Fabrègues.

Des chiffres encourageants

La coopérative compte à ce jour 2 042 adhérents dont plus de 10,5 % sont sélectionneurs : 9 % en lait et 1,5 % en viande. Les utilisateurs se répartissent en 50,6 % d’éleveurs laitiers, contre 28 % en viande. Outre la vente de reproducteurs, l’activité est répartie entre les inséminations artificielles (IA), enregistrant une hausse de 2,8 %, soit 10 000 de plus que l’année précédente, les poses et retraits d’éponges, ainsi que les implants de groupage de chaleur. En matière de résultat, alors que le taux de prolificité se maintient, 2015 a été marquée par une baisse de fertilité sur les inséminations artificielles. «La réussite des IA est notre cheval de bataille. Nous sommes déterminés à trouver les causes de cette baisse afin d’assurer de meilleurs résultats pour la prochaine campagne», assure le président.

La réalisation d’échographies, quant à elle, continue sa forte percée avec une croissance de 5,3 %. Les éleveurs s’en servent majoritairement pour réaliser des constats de gestation, sauf pour les ovins viande qui génèrent une forte demande de comptage des embryons.

Cette augmentation de l’activité a des répercussions logiques sur le résultat de la coopérative. «Comme cela se fait depuis 20 ans, le résultat est toujours transformé en ristournes pour les adhérents sélectionneurs et utilisateurs», a affirmé le président lors de l’adoption du rapport financier.

Concernant l’activité de production et de vente de reproducteurs, cela fait deux ans qu’elle est regroupée au sein d’une organisation de producteurs dite «OP Reproducteurs». «Cela nous a permis d’avoir une reconnaissance nationale de cette activité», explique Béatrice Giral-Viala. Les deux schémas génétiques (lait et viande) coexistent : les agnelles laitières représentent 55 % du chiffre d’affaires de l’OP, contre 25 % pour les agnelles du schéma viande. «Tous les animaux issus de la sélection trouvent un débouché. Cela montre la réussite de nos schémas de sélection», se félicite Jean-Jacques Fabrègues. Ces marchés se situent sur la zone, dans d’autres régions de France, mais aussi à l’export pour près de 30 % des animaux sélectionnés en lait, le principal client étant l’Espagne.

Un déploiement en Espagne

C’est d’ailleurs vers ce pays qu’Ovi-Test va se déployer. En effet, suite à la demande des éleveurs espagnols, clients de longue date et techniquement performants, de bénéficier d’IA en race Lacaune, la coopérative crée Ovi-Test Ibérica, société qui a vu le jour le 28 janvier 2016. Avec une trentaine de béliers pour démarrer, la nouvelle société proposera la diffusion de semence fraîche, ainsi que le suivi reproduction des troupeaux. «Nous allons mettre en place un service complet qui ira jusqu’à la gestion de la consanguinité et la remontée des résultats d’insémination», explique Béatrice Giral-Viala. «Nous allons envoyer des animaux améliorateurs mais nous conservons les meilleurs spécimens sur notre zone», complète le président. «Notre objectif est de retirer de la plus-value pour financer le travail que nous réalisons ici, et bien sûr conserver les meilleurs tarifs pour nos adhérents». Deux salariés de la société, prochainement formés par la coopérative en France, vont gérer le nouveau centre d’insémination. D’excellentes relations avec les services vétérinaires sur place ont aussi contribué à la réussite de ce projet.

Continuer à améliorer la race

Bien d’autres travaux sont toujours en cours, avec un seul et même objectif : l’amélioration de la race Lacaune.

En viande, le programme de testage des qualités bouchères a conduit à la qualification de 8 béliers améliorateurs. De plus, les travaux sur la propagation du gène majeur de prolificité portent leurs fruits avec une augmentation de 10 % en 3 ans. Aujour-d’hui 36 % de la population est porteuse du gène. Ovi-Test envisage de passer à 50 % d’ici 4 à 5 ans.

Concernant le programme de génomique sur les béliers du schéma laitier, le millésime 2015 constitue la première cohorte sélectionnée par index génomique avec 15 % de progrès génétique attendu. Pour 2016, 1?500 agneaux sont entrés au centre de La Glène pour être génotypés. Les 150 meilleurs seront alors sélectionnés.

En outre, le programme Maxi’Mâle se poursuit. Il s’agit d’un projet national de détection précoce des infertilités chez les agneaux mâles, grâce entre autres à des échographies testiculaires. Le centre de La Glène est le support de ces travaux pour l’ensemble des centres d’inséminations français regroupés au sein de l’association nationale ANIO.

Pour présenter l’ensemble des perspectives liées à la recherche génétique, Ovi-Test a invité Diane Buisson et Gilles Lagriffoul, deux chercheurs de l’Unité mixte de technologie génétique des petits ruminants (partenariat INRA et Institut de l’élevage) de Toulouse. Ils ont présenté les caractères qui font l’objet d’études en ce moment, comme la longévité des animaux, ou encore la persistance laitière.

Contribuer à la protection sanitaire

Ovi-Test participe aussi au programme de recherche sur les diagnostics d’avortements, en cours à l’Ecole vétérinaire de Toulouse, en partenariat avec FODSA-GDS 12. «Face à une série d’avortements a priori inexpliqués, en particulier chez les éleveurs laitiers hâtifs, 3 brebis ont été expédiées à l’école vétérinaire de Toulouse pour recherche d’agents causaux», indique Béatrice Giral-Viala.

Par ailleurs, la nouvelle vague de fièvre catarrhale ovine, démarrée fin 2015, est plutôt préoccupante, même si la souche virale semble pour l’instant moins impactante que celle de 2007. Le service vétérinaire d’Unicor et la DDCSPP sont intervenus pour faire le point sur les incidences de la maladie, en termes de pathologie, d’impact économique et de réglementation. L’intérêt de vacciner le cheptel souche a été clairement évoqué, même si les doses disponibles vont être limitées et donc à prioriser au niveau du département. Ce sera donc à la profession de gérer leur diffusion en privilégiant les éleveurs qui ont fait la démarche de pré commande auprès de la FODSA.

B. CAREL

03 mars 2016

Influenza aviaire : les éleveurs s’informent sur les mesures prises et les aides

La FDSEA de l’Aveyron a organisé une réunion d’information sur les palmipèdes et les volailles, vendredi 26 février à la FODSA à Rodez.

Une trentaine d’éleveurs de palmipèdes en circuit long ou en vente directe sont venus s’informer sur les aspects sanitaires, les mesures prises et les différentes aides à leur disposition.

Bernard Malabirade, président de la FDSEA du Gers, a débuté son intervention en rappelant que «la production traverse une crise grave. L’influenza aviaire hautement pathogène est à suivre de près».

Les aspects sanitaires et les mesures prises

Yves Coche, directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations de l'Aveyron a présenté les deux arrêtés pris récemment.

• L’arrêté du 15 janvier 2016 modifiant l’arrêté du 17 décembre 2015, définit les règles à appliquer dans la zone de restriction sur les trois phases : dépeuplement, désinfection-nettoyage, repeuplement. Il est à noter qu’aucun canard ne doit être présent dans la zone de restriction (sauf reproducteurs autorisés sous dérogation) entre le 2 et le 16 mai. Par conséquent, les éleveurs devront avancer certaines bandes afin que tous leurs palmipèdes soient abattus avant le 2 mai.

Par ailleurs, les éleveurs doivent nettoyer, désinfecter puis faire un vide sanitaire de leurs parcours pendant au moins 21 jours à partir du 18 avril pour les élevages et les prêts à gaver, et à partir du 2 mai pour les bâtiments de gavage.

La reprise de l’élevage est possible à partir du 16 mai ou à partir du 9 mai par dérogation, sous certaines conditions et après demande à la DDCSPP avant le 5 mars.

• L’arrêté du 8 février 2016 est relatif aux mesures de biosécurité applicables dans toutes les exploitations de volailles et d’oiseaux captifs. Il régit notamment les conditions d’élevage en bande unique. Il entrera en vigueur le 1er juillet et les mesures de biosécurité seront à mettre en œuvre sous deux ans. Un cahier des charges sera rédigé par l’interprofession.

Formation des salariés et indemnisation

Une enveloppe de 130 millions d’euros servira à indemniser les éleveurs du grand Sud-Ouest et les couvoirs pour compenser les pertes de revenus.

L’institut technique de l’aviculture a estimé des montants d’indemnisation en se basant sur les marges brutes. Ces chiffres n’ont pas été validés par les pouvoirs publics, il est donc important de rester prudents.

Les entreprises avec au moins un salarié, traversant une baisse d’activité provisoire liée à cette crise, peuvent bénéficier d’aides : indemnisation à hauteur de 7,74?€ par heure chômée par salarié pour les entreprises de 1 à 250 salariés et 7,23 € pour les entreprises de plus de 250 salariés.

Les employeurs ont également la possibilité de former les salariés pendant cette période grâce à leurs cotisations au fonds de formation.

Contact : www.emploi.gouv.fr/ activite-partielle ou la DIRECCTE 05 65 75 59 53.

Il est rappelé que des demandes d’année blanche peuvent encore être déposées jusqu’au 30 juin.

Les établissements bancaires peuvent également proposer des solutions selon les situations (report des échéances, prêts court terme, prêts de fonds de roulement…).

D’autres rencontres programmées

Mercredi 2 mars, les acteurs de la filière (FDSEA, UNICOR La Quercynoise, FODSA, Chambre d’agriculture, producteurs en circuits courts et longs) se sont réunis pour proposer des amendements à l’arrêté sur les mesures de biosécurité.

25 février 2016

Coopérative UNICOR et productions animales : une stratégie payante

Prochainement, UNICOR va réunir les adhérents de ses organisations de producteurs bovine, ovine et palmipède. Leurs responsables ont présenté en avant-première les chiffres clés de l’activité de la coopérative, lundi 22 février. Les résultats positifs confirment l’engagement d’Unicor auprès de ses 8 500 adhérents actifs en Aveyron, Cantal, Lot, Lozère, Haute-Loire, Hérault, Tarn et Tarn et Garonne.

Malgré le contexte de crise majeure vécue par l’élevage français, UNICOR maintient le cap : «Nos résultats globalement positifs valident notre stratégie d’investir sur l’aval pour mettre en marché et mieux valoriser les productions de nos adhérents», a entamé Jean-Claude Virenque, président. «Solidaires des mouvements syndicaux, nous restons bien centrés sur notre mission économique pour maintenir le revenu de nos adhérents», a-t-il poursuivi.

Année contrastée en bovins

Les résultats présentés par les responsables des organisations de producteurs (OP) bovine, ovine et palmipède confirment bien la réussite de la stratégie choisie par la coopérative, comme le confirme le directeur des productions animales, Julien Volpelier. Pour l’OP bovine que préside Pierre Cabrit, l’année a été contrastée entre un développement fort sur une activité maigre de broutards à travers une forte implantation d’UNICOR dans le Cantal, et sur l’activité en gros bovins de boucherie tirée vers le haut par les signes officiels de qualité (Label Rouge Bœuf Fermier Aubrac et Blason Prestige) et la nouvelle marque du réseau Halles de l’Aveyron, les Fermes des Hauts Terroirs. L’activité a progressé de 3% (67 700 têtes) et les volumes de vente se sont maintenus même si la consommation diminue.

Le constat est partagé par l’activité Veau d’Aveyron et du Ségala Label Rouge et IGP (4?100 têtes). «Dans un marché national du veau en baisse de 4 à 5%, nous avons la chance de pouvoir compter sur notre spécificité, le Veau d’Aveyron et du Ségala, qui représente 3% des volumes nationaux en viande de veau», a souligné Pierre Cabrit. «Notre production connaît un bel écho auprès des consommateurs. La coopérative est là pour accompagner et développer ce marché sécurisé et à forte valeur ajoutée», a-t-il appuyé.

«En 2015, la filière bovine a tout connu : le développement du marché vers la Turquie sur des broutards légers puis un blocage brutal consécutif à la FCO», confie Julien Volpelier.

Première OP ovine de France

Depuis 2 ans, l’OP ovine d’UNICOR confirme sa première place nationale (477 476 têtes) et en particulier une augmentation de 3% de ses volumes d’agneaux sous la mère. «Comme toutes les viandes nous constatons une baisse de consommation mais nos produits sous signes officiels de qualité (IGP Agneau de l’Aveyron et Label Rouge Agneau Fermier des Pays d’Oc) maintiennent la dynamique de vente», a précisé Gilles Bernat, responsable de l’OP et éleveur d’agneaux sous la mère. Des prix de vente qui se maintiennent, des producteurs plus nombreux (+ 13 éleveurs en 2 ans) et une spécificité reconnue de production de désaisonnement font la réussite de la filière et poussent Unicor à trouver de nouveaux débouchés. A noter également la belle progression des agnelets (+ 7 euros/agnelet).

«Chez les éleveurs engraisseurs, l’installation d’ateliers pour les agneaux issus de la filière laitière Roquefort est un succès pour la coopérative comme pour les éleveurs qui y trouvent un complément de revenu», a complété Jean-Claude Virenque. UNICOR travaille également à améliorer sa performance à l’export via COMIBEV pour massifier l’offre et ainsi maintenir l’équilibre entre offre et demande.

Palmipède : une croissance freinée par l’inquiétude

«Croissance, inquiétude et optimisme, ces trois mots résument bien notre sentiment mitigé sur la production palmipèdes», note Jean-Claude Virenque, accompagné par Dominique Broussy, responsable de l’OP palmipède. «Depuis plusieurs années, cette production connaissait à UNICOR, une progression à deux chiffres : +11% pour les canards gras (395 000 têtes) et +13% pour les prêts à gaver (334 000 têtes) mais la grippe aviaire est passée par là obligeant un arrêt d’activité de plusieurs mois».

La coopérative a réuni ses adhérents il y a deux semaines pour leur apporter des informations mais aussi un soutien moral?: «Notre coopérative est là pour accompagner les producteurs dans les périodes difficiles», a résumé Yves Bioulac, directeur général. «Cette production est jeune chez nous, avec des producteurs engagés depuis peu et qui ont des investissements à assumer. Notre rôle est de les sécuriser afin de pérenniser la production», a-t-il poursuivi. Ainsi UNICOR va faire fonctionner sa caisse de péréquation, «en plus des aides des pouvoirs publics à la filière», pour soutenir ses producteurs. «Notre objectif est de retrouver notre croissance à deux chiffres, d’autant que notre filière est porteuse avec des produits phares comme le Canard de l’Aveyron et le canard IGP du Sud-Ouest et des partenariats solides avec des outils de transformation et de valorisation comme AFG et La Quercynoise», complète Jean-Claude Virenque.

Ferme des Hauts Terroirs : une marque 100 % coopérative

Ces difficultés ne doivent pas freiner la stratégie que s’est fixée UNICOR : «pour toutes les productions, notre objectif reste le même : contribuer à l’amélioration du revenu de nos adhérents. Cela passe par la maîtrise de la valeur ajoutée par le biais de notre réseau de distribution, les Halles de l’Aveyron», a expliqué le président. Ainsi, grâce aux deux magasins à Rodez et Herblay, 312 veaux, 752 bovins, près de 2 000 agneaux sans oublier les produits issus des canards transformés par la Quercynoise et AFG sont commercialisés chaque année. D’ailleurs de nouveaux points de vente sont à l’étude.

Même stratégie avec la création de la démarche des Fermes des Hauts Terroirs, développée en bœuf depuis juillet et en veau et en agneau depuis janvier. «Elle porte à la fois les valeurs de la coopération agricole, l’ancrage territorial et la qualité de nos productions», poursuivent les responsables d’UNICOR. Totalement complémentaire et compatible avec les démarches de qualité, elle a assuré une stabilité des prix et ajoute une valeur dans la relation entre éleveur et magasin. La suppression des «intermédiations commerciales» a même permis de créer une caisse de péréquation destinée à l’animation en magasin, les PLV voire une redistribution collective de valeur aux éleveurs et qui en 6?mois, a permis de collecter 50 000 euros.

Enfin, Unicor travaille à de nouveaux partenariats (Casino pour la filière ovine - lire ci-contre),... et sur la recherche permanente de nouveaux débouchés : «Notre capacité à réussir est de nous adapter, de massifier nos volumes pour maintenir l’équilibre avec l’aval. Etre groupés pour amener du prix !», a conclu Jean-Claude Virenque.

Eva DZ

18 février 2016

Lait de chèvre : dynamiser un pôle caprin en Aveyron

Dans un contexte de crise de l’élevage, le lait de chèvre fait un peu figure d’exception. Si la conjoncture et la consommation sont plutôt au beau fixe, les responsables professionnels ne s’endorment pas sur leurs lauriers et travaillent à des projets. Le point avec Joël Mazars, président de la section lait de chèvre à la FDSEA.

Il y a quelques mois, la filière caprine était à l’affiche à l’occasion d’une campagne de communication en partenariat avec la FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture et le Conseil départemental. A-t-elle porté ses fruits ?

J. Mazars : «L’idée était de relancer la production de lait de chèvre en Aveyron pour que notre département reste leader dans ce domaine dans la nouvelle grande région. Six mois après, cette campagne semble avoir bien fonctionné puisqu’à nouveau, nous avons des candidats à l’installation. C’est plutôt positif.

Par ailleurs, nous participerons aussi au Forum des métiers piloté par les JA au printemps avec les entreprises et les producteurs de lait de chèvre pour continuer de communiquer positivement sur le métier.

Comment se porte la filière ?

J. Mazars : Il manque toujours du lait en France. La collecte a progressé de 7 à 8% en 2015 et parallèlement, la consommation est aussi en hausse de 7%. Il est à noter que les entreprises de transformation continuent de privilégier le lait français, en complétant avec quelques importations pour combler le manque de production. Tout cela est en phase avec nos souhaits.

Pour autant, vous voulez rester mesurés. Pourquoi cette réserve ?

J. Mazars : Tout d’abord nous ne voulons pas reproduire les erreurs d’il y a quelques années en installant à tout va parce que la demande était pressante et tout s’est effondré quelques années plus tard avec la crise.

Nous ne voulons pas non plus occulter la crise qui secoue l’élevage aujourd’hui. Je veux rappeler qu’être chevrier est un métier et pas une opportunité de sortie de crise, il ne faut pas se lancer sur un coup de tête : s’installer en lait de chèvre, ça se réfléchit car c’est un métier très technique, spécifique. Il faut avancer progressivement et favoriser les élevages à taille humaine. C’est pourquoi nous travaillons en partenariat étroit avec les entreprises sur les projets d’installation.

Quelles sont les perspectives au niveau du prix ?

J. Mazars : Après une pause au second semestre 2015, nous repartons sur une hausse pour le 1er semestre de l’ordre de +5 à +10 euros/1000 litres. Nous sommes bien conscients de faire figure d’exception dans la filière élevage mais il ne faut pas oublier par où est passée notre production ! Il y a 4 ans, nous étions en sérieuses difficultés. La vérité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain ! Et les perspectives sont toutes très difficiles à appréhender.

Et sur la contractualisation, où en êtes-vous ?

J. Mazars : Elle se met en place. Et devrait se concrétiser dans les semaines à venir après la validation de notre projet par l’Union européenne. C’est un outil de plus pour gérer les volumes avec les entreprises mais pour autant, il ne faut pas tout en attendre. Ce seront toujours l’offre et la demande qui décideront de la politique de prix?!

Quels sont les projets pour les éleveurs de chèvres aveyronnais??

J. Mazars : Il y a encore beaucoup à faire pour se structurer et intégrer le lait de chèvre dans la nouvelle grande région Midi-Pyrénées - Languedoc-Roussillon.

Nous travaillons avec l’ADPSA et le lycée François Marty à Monteils, à la création d’une offre de formation caprine mutualisée (BPREA caprin) autour d’un réseau de professionnels. L’idée est d’affirmer un pôle de formation caprine pour la grande région en Aveyron à la fois pour les exploitants et pour les salariés d’exploitations.

Par ailleurs, au premier semestre 2016, nous devons caler une réunion de travail sur la filière viande caprine avec le président d’Interbev caprin et en présence d’agriculteurs déjà impliqués dans un circuit de commercialisation. Sur ce dossier, nous partons de rien, tout est à construire».

Recueilli par Eva DZ

11 février 2016

Marché ovin de Réquista : une nouvelle réglementation et organisation

L’association du marché ovin de Réquista s’est réunie en assemblée générale samedi 6 février sous la présidence de Claude Alvernhe.

Cette réunion à laquelle participait Michel Causse, maire de Réquista et président de la Communauté de communes, était ouverte à toute personne souhaitant s’informer sur l’avenir du marché ovin de Réquista. L’association créée en 2015 tenait ainsi sa deuxième assemblée générale, avec l’objectif de restructurer un marché ovin n’ayant pas évolué depuis sa création.

Claude Alvernhe a rappelé que la situation de tous les marchés en France déclinait, à l’instar de celui de Réquista «qui a perdu 10 % de têtes en 2015». Une nouvelle organisation du marché a donc été proposée et validée, avec l’appui de la municipalité. Elle est entrée en vigueur depuis lundi 8 février dans le but d’améliorer au plus vite les transactions.

Ainsi, seuls les vendeurs et acheteurs seront admis dans l’aire de transaction. Ils seront identifiés avec un brassard orange. La clôture des transactions sera annoncée afin d’autoriser la circulation dans les allées des personnes venues visiter le marché.

Un comité de discipline

Pour améliorer la justesse des cotations, deux bascules ont été achetées par la commune. Le régisseur du marché, Julien Teyssier, identifiera les animaux après leur passage sur la bascule pour la vente. La direction s’engage à faire respecter le délai légal maximum de 21 jours pour le paiement. Il sera délivré un bon d’achat pour chaque transaction. Un comité de discipline fera respecter le nouveau réglement. Un pouvoir de police sera attribué à la direction, aux employés municipaux, et aux membres de l’association.

Pour Claude Alvernhe, «ces nouvelles dispositions réglementaires doivent apporter un renouveau au marché ovin de Réquis-ta, avec plus de dynamisme, et toujours de la convivialité, avec notamment la mise en place d’une machine à café».

Par ailleurs, rappelons que le 2ème concours «Agneaux de Pâques» est programmé lundi 14 mars au marché ovin de Réquista. Les modalités du concours seront précisées ultérieurement par voie de presse vers fin février.

2ème marché ovin national

Réquista est le 2ème marché ovin de France. Ouvert tous les lundis matin (le mardi lorsque le lundi est férié), il attire les éleveurs de la région et des acheteurs des départements voisins. Il débute à 9h30 avec les agneaux gris, puis les brebis de réforme à 10h15, et les agnelets à 10h45. Ses cotations sont enregistrées chaque semaine et servent toujours de référence au plan national.

11 février 2016

Syndicat Simmental Aveyron : une dynamique à préserver

L’Aveyron est toujours le premier département en nombre de troupeaux Simmental avec le plus grand nombre de vaches au Contrôle laitier. C’est sur ces chiffres et sur la capacité de cette race à s’adapter au territoire difficile comme l’Aveyron que les adhérents du syndicat départemental Simmental veulent s’appuyer pour faire face à la crise.

Plus de 70% des adhérents au syndicat Simmental Aveyron ont participé, jeudi 4 février à leur assemblée générale à Salgues. Une belle participation saluée par le président, Pierre Salelles : «Je suis satisfait de cette belle mobilisation des éleveurs alors que le contexte est plutôt morose, c’est encourageant de voir leur motivation à poursuivre le travail engagé pour mener toujours plus haut notre race Simmental».

C’est en effet sur les capacités intrinsèques de la race à s’adapter aux territoires difficiles que les éleveurs de l’Aveyron veulent s’appuyer pour traverser cette crise aux multiples aléas (prix du lait, sécheresse de l’été 2015, invasion de rats taupiers,...). «La notion de «vache économique» retrouve tout son sens. Les orientations génétiques toujours défendues par nos représentants aveyronnais vont porter leurs fruits», a complété Pierre Salel-les.

L’objectif est en effet de garder «des animaux adaptés à nos systèmes : valorisation du pâturage, valorisation des fourrages grossiers, qualités de locomotion, richesse du lait, musculature». Et pour cela, les éleveurs comptent sur l’accès à la génétique étrangère et à la génomie avec des index santé mamelle ou fertilité pour «créer» des animaux qui permettent une réelle efficacité économique. C’est le message qu’ils ont fait passer à Hervé Vignon, directeur de Simmental France ainsi qu’à Mathieu Saint Blancat, directeur de Coopelso.

Ainsi Hervé Vignon a rappelé le schéma de sélection en particulier la gestion du programme Simmental France et ses évolutions. Plus de 17 000 vaches Simmental sont inscrites au Contrôle laitier en France dont 10 000 adhèrent au service génétique. Parmi celles-ci, figureront les 200 meilleures vaches aux meilleures indexations qui seront accouplées aux meilleurs taureaux pour la production de veaux génotypés.

Prendre en compte les spécificités aveyronnaises

Jusqu’alors le schéma génétique s’appuyait sur les index génomiques en provenance d’Allemagne, pays «référence» dans la race. Parallèlement, Simmental France travaille sur la conversion de ces index allemands dans un programme français plus adapté aux demandes des éleveurs français. L’objectif étant de bénéficier d’une population de référence la plus large possible pour les éleveurs. Pour l’heure, la mise en place de ce programme est en cours : «C’est un travail de longue haleine puisque nous devons compter sur des index les plus fiables possibles».

Pour autant, Simmental France entend bien maintenir la collaboration franco-allemande pour la sélection des candidats mâles et espère officialiser une évaluation génomique française pour l’instant à l’étude afin de proposer une offre de services pour l’évaluation génomique des femelles. «C’est un outil supplémentaire qui vous permettra d’affiner vos choix dans votre programme de sélection», a précisé Hervé Vignon.

Les éleveurs Simmental aveyronnais ont, eux, insisté sur la nécessaire prise en compte de leurs spécificités : d’une race adaptée à leur territoire. «Notre orientation raciale doit aussi être prise en compte !», ont-ils rappelé. Et Hervé Vignon et Mathieu Saint Blancat d’approuver : «L’objectif est bien de répondre à l’ensemble des éleveurs de toutes les zones où est présente la Simmental. Il est important de jouer collectif dans notre schéma de sélection pour maintenir une bonne dynamique sur tous nos critères et ramener ainsi de la valeur économique sur nos vaches».

De nombreux concours

Quant au service génétique de l’OS Simmental, il consiste en un suivi morphologique du troupeau (avec bientôt une collecte informatisée des pointages pour un rendu immédiat), un bilan génétique annuel du troupeau (et la possibilité de prendre en compte la variabilité génétique) et un nouvel espace adhérent plus complet. Actuellement, la campagne de pointage est en cours.

Pour pomouvoir cette génétique et les qualités de la race Simmental, les éleveurs aveyronnais continuent de participer à de nombreux concours départementaux, régionaux et nationaux au Salon de l’agriculture avec 5 Simmental de l’Aveyron, supports de communication pour la promotion des produits de Jeune Montagne, à St Amans des Côts (plus de 60 vaches), aux Journées laitières en Lozère,... En 2016, la Simmental sera en concours au Salon de l’agriculture à Paris avec toujours une animation autour du syndicat départemental et de la coopérative Jeune Montagne et le projet d’un EuroSimmental au prochain Sommet de l’élevage à Cournon, porté par la Fédération Rhône Alpes Massif central, présidée par Serge Grange, qui participait à l’assemblée générale. «Nous comptons sur les éleveurs aveyronnais, toujours motivés pour mettre en valeur les qualités de la Simmental», a-t-il encouragé.

Eva DZ

04 février 2016

Syndicat Charolais de l’Aveyron : David Cassagnes, nouveau président

Après plus de 7 ans à la présidence du syndicat Charolais de l’Aveyron, Olivier Maruéjouls a cédé sa place à David Cassagnes, entouré d’une équipe renouvelée, présentée lors de l’assemblée générale, vendredi 29 janvier à Vezins.

David Cassagnes est le nouveau président du syndicat Charolais de l’Aveyron. Installé depuis 1998 dans le GAEC familial avec trois autres associés, il élève des Charolais, quelques Blondes d’Aquitaine ainsi que des porcs à St Cyprien sur Dourdou et Firmi.

Dès son installation, David a rejoint le syndicat Charolais de l’Aveyron pour notamment, participer au concours de la race. De simple adhérent, il a assumé pendant 7 ans le poste de trésorier avant donc d’être élu président le 29 janvier. «J’apprécie la convivialité et la bonne entente au sein de notre groupe d’éleveurs de la même génération», témoigne le nouveau président.

Une équipe renouvelée

Pour mener à bien les projets engagés au sein du syndicat Charolais, il s’est entouré de deux vice-présidents, Laurent Foulquier et Etienne Lauriol, d’un nouveau trésorier Richard Gely. «Nous voulons nous inscrire dans la continuité de ce qu’a réalisé l’équipe emmenée par Olivier Maruéjouls et nous nous sommes répartis les dossiers», explique David.

Ainsi les gros chantiers concernent en priorité la marque Charolais Aveyron, lancée l’année dernière. Cette marque a été créée à l’initiative des éleveurs du syndicat départemental pour protéger l’identité de leur produit et sensibiliser les consommateurs, autour d’une race allaitante (la première en France en effectif) dont l’origine est connue et locale. Le principal chantier de la nouvelle équipe est d’identifier le potentiel de productions pour dans un deuxième temps, chercher des débouchés locaux auprès des artisans bouchers par exemple. Plusieurs premiers contacts ont déjà été pris.

Le site internet www.charolais-aveyron.com a aussi le vent en poupe avec en moyenne entre 800 et 1 200 visiteurs par mois. «Notre site est regardé et nous souhaitons conforter cette vitrine en le mettant à jour régulièrement», a avancé David.

Challenge Charolais Aveyron

Depuis plusieurs années, le Charolais en Aveyron a gagné quelques lettres de noblesse par rapport aux départements du berceau et aux autres races allaitantes. «Grâce à notre participation active sur les concours départementaux, régionaux et nationaux, grâce à la sélection de veaux de l’Aveyron à la station nationale du Maraud chaque année, nous avons prouvé que notre génétique et le travail de nos éleveurs ont fait leur preuve», tient à souligner David. Un statut salué aussi par Olivier Maruéjouls, président sortant : «Même si nous ne sommes pas un groupe important, nous faisons preuve d’un dynamisme reconnu», assure-t-il, fier de laisser «un groupe actif, avec des idées nouvelles et de l’énergie» !

L’une des nouveautés est ainsi le Challenge Charolais Aveyron qui, sur la base des résultats techniques de l’année (productivité globale, IVV, taux de renouvellement et taux de mortalité), récompense l’éleveur le plus performant. C’est Fabien Monteillet qui a remporté le premier trophée, les adhérents du syndicat Charolais ont pu visiter son exploitation l’après-midi de l’assemblée générale. L’idée est de relancer la dynamique de production dans la petite trentaine d’élevages adhérents au syndicat Charolais.

Eva DZ

28 janvier 2016

Optibrune : en route pour le Mondial en avril à Mende

Optibrune, fédération qui réunit les syndicats de race Brune des régions Auvergne, Aquitaine, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, a réuni ses adhérents, mardi 26 janvier à Sévérac d’Aveyron, commune nouvelle, fer de lance de la race puisqu’elle réunit près de 500 vaches laitières Brunes en lactation !

Une soixantaine d’éleveurs de race Brune d’Aveyron, de Lozère, du Cantal, d’Ariège et de Haute-Garonne se sont retrouvés pour faire le point sur le grand événement qui attend la race Brune ce printemps : le Mondial à Mende du 7 au 10 avril. Un événement exceptionnel qui n’a lieu que tous les 4 ans et pour la première fois en France (toutes races confondues, c’est la première fois que le pays recevra un congrès mondial). «C’est un exploit que la France ait été choisie pour accueillir ce Mondial de la deuxième race en termes d’effectif au niveau mondial et un honneur pour notre zone Optibrune d’avoir été retenue», souligne avec fierté Vincent Julhan, président d’Optibrune.

L’Aveyron en tête !

Il faut dire que la zone Optibrune ne manque pas d’arguments : l’Aveyron est le deuxième département français en nombre de vaches Brunes en lactation et la Lozère figure au premier rang en production avec 7 800 litres par vache. Sur les 17 000 vaches brunes en France en lactation, notre zone Optibrune en recense 7 500 (l’Aveyron est en tête avec 2 700 vaches, Cantal et Lozère se talonnent autour de 950 vaches). «En 10 ans le nombre de vaches brunes est identique (2 700) mais le nombre de troupeaux a été divisé par deux, la durée de lactation s’est un peu allongée et 900 kg de lait de plus sont produits par vache (7 000 litres en moyenne). Les TB et TP ont pris chacun un point de plus et l’intervalle vêlage - vêlage est passé de 400 à 415 jours», a précisé Daniel Bouldoires, technicien au Contrôle laitier et animateur de la race Brune.

Côté commercialisation des reproducteurs, un volet géré par UGP (Union Génisse des Pyrénées), l’année 2015 a été pénalisée par la FCO. A noter en 2016, la demande croissante de génisses pleines issues d’élevages AB. Le mot d’ordre pour les éleveurs est l’anticipation des ventes et l’annonce des génisses prêtes à vendre.

Optibrune ne manque pas non plus de dynamisme autour d’un noyau fort d’éleveurs impliqués comme l’a souligné Vincent Julhan : «Je suis heureux de voir un nombre important d’éleveurs à notre assemblée générale». Une belle dynamique saluée par le président national de BGS (Brune génétique service), José Baechler, présent à la réunion. «Vous devez garder cette euphorie qui vous a gagné lorsque votre candidature a été choisie pour le Mondial 2016 jusqu’à cet événement et même après !», a-t-il encouragé. «Votre challenge est de faire vivre un congrès mondial avec plus d’une quarantaine de délégations étrangères, à Mende. Malgré notre petit effectif en race Brune en France par rapport à l’échelle mondiale, nous devons montrer le savoir-faire de nos éleveurs et leur réussite à toutes les délégations étrangères mais aussi à tous les décideurs nationaux qui seront présents», a-t-il appuyé.

Ainsi plusieurs visites d’élevages bruns seront organisées avant et pendant le congrès. Plusieurs éleveurs aveyronnais ouvriront ainsi les portes de leur exploitation avec l’appui d’étudiants de La Roque qui leur ont réalisé des panneaux de présentation de leur élevage.

Pour la reconnaissance de l’élevage de Brunes

Les visites de sélection pour le concours européen organisé en marge du congrès, viennent de se terminer. Sur la zone Optibrune, 106 animaux sont pour l’heure retenus dans 33 élevages. Ils seront au final 40 vaches et 15 génisses de la zone sur les 200 en concours - 100 issus d’élevages français, 50 d’élevages étrangers et 50 génisses.

Les jeunes seront aussi mobilisés autour du BTS (Brune Team Show), qui réunira 8 équipes en charge du soin aux animaux français, ils seront évalués pour leur savoir-faire. Deux équipes représenteront la zone Optibrune : le lycée de Pamiers en Ariège et le lycée La Roque de Rodez. Leur rôle sera de mettre à l’honneur la génétique française.

Le congrès se déroulera du 7 au 10 avril à Mende et Vincent Julhan comme tous les présidents des syndicats de race départementaux dont Clément Chayriguès pour l’Aveyron comptent sur l’engagement et la motivation de tous, pour faire de cet événement mondial une réussite. «Nous avons tout intérêt à défendre notre savoir-faire à la fois en matière d’élevage et d’accueil parce que ce congrès est aussi un carrefour des décideurs de l’élevage français», ont conclu les responsables d’Optibrune.

Eva DZ

21 janvier 2016

Ovinpiades régionales : à la découverte de la filière aveyronnaise

A l’occasion des Ovinpiades régionales, la Chambre d’agriculture et Jeunes Agriculteurs Aveyron, ont organisé une après-midi dédiée à la découverte de la filière ovin viande et à la promotion de l’installation, en présence des opérateurs de la filière aveyronnaise.

L’amphithéâtre du lycée La Cazotte était plein à craquer en cette après-midi du 14 janvier. Les concurrents des Ovinpiades, rejoints par des classes du lycée, se sont réunis pour découvrir les opportunités offertes par la filière ovin viande.

Une conjoncture mondiale toujours favorable

Dominique Delmas, animateur ovin de la Chambre d’agriculture, a présenté les données économiques qui façonnent aujourd’hui le prix de l’agneau français. Du point de vue des échanges mondiaux, le continent asiatique continue de dérouter une partie des exportations d’agneaux néo-zélandais, destinés auparavant à l’Europe. Ce nouveau marché a pris son essor à partir de 2010. C’est à ce moment que l’augmentation du prix des agneaux français, amorcée en 2007, a été confortée.

Aujourd’hui, 55 % de la viande ovine consommée en France proviennent de l’importation. En effet, et malgré la baisse de la consommation qui touche toutes les filières animales, le déficit entre production et consommation est toujours très présent sur le sol français. Cette carence, associée à la segmentation du marché, notamment avec le développement des labels, explique le maintien du prix. C’est cette conjoncture particulière qui crée un environnement favorable à l’installation de jeunes éleveurs.

La première région ovine de France

Avec plus de 9 000 éleveurs et 851 800 brebis, la nouvelle région prend la première place du podium. L’Aveyron garde la première place au niveau du troupeau laitier, et la deuxième, derrière le Lot, en nombre de brebis allaitantes. La filière viande aveyronnaise se caractérise par une forte présence des signes officiels de qualité : Label Rouge, IGP et Agriculture Biologique.

Une filière très structurée

Les différents opérateurs de la filière étaient réunis jeudi autour d'une table ronde. Tous ont exprimé le besoin de trouver plus de volume pour développer les contrats commerciaux. Pour Jean-Luc Bruel, directeur d'Aprovia : «Cette évolution positive du prix est méritée au vu du travail fourni par les éleveurs, accompagnés par les techniciens, depuis 20 ans». Didier Roussel, directeur d'Elvéa Nord Midi-Pyrénées Lozère affiche clairement sa recherche de «jeunes éleveurs car il existe de forts débouchés en label et CCP». Thierry Foulché, de la SICA 2G, affiche pour sa structure un taux de labellisation de 90 % du volume collecté. «Nous sommes au plafond et ne pouvons pas passer de nouveaux contrats tant que nous n'augmentons pas le volume d'agneaux. De ma carrière, je n'ai jamais vécu une telle situation d'ouverture pour de futurs éleveurs !». Enfin, pour Marion Guibert, technicienne à Unicor : «Avec un travail quasi équivalent, la filière label valorise bien mieux les agneaux que le conventionnel, soumis à une forte concurrence». Dominique Delmas n’hésite pas à rappeler le remarquable niveau d’accompagnement technique offert par les opérateurs, «encore plus intense auprès des jeunes installés. C’est une des grandes forces de la filière ovin viande aveyronnaise».

Une certaine qualité de vie

Edith Bonnefous, présidente du Comité bassin ovin viande de la Chambre d’agriculture a tenu à rappeler que la filière offre des opportunités d’installation en hors cadre familial. Elle-même installée en Gaec avec son mari et un tiers, a insisté sur la nécessité «d’une organisation du travail rigoureuse pour que ça marche». Grâce à cela, chacun dispose de temps libre pour ses activités extérieures.

C’est ce message qu’a délivré Nicolas Castanié, responsable Jeunes Agriculteurs. «Avec un système de 3 agnelages en 2 ans, j’alterne des périodes de forte astreinte avec des périodes de temps libre, que je peux consacrer à des engagements en dehors de l’exploitation ou à des loisirs».

B. CAREL