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Elevage

16 aout 2018

Union Aubrac : une expansion continue

La race Aubrac continue de surfer sur la vague de la notoriété ! Une croissance soutenue de l’ordre de 5%, un taux d’inscription au Herd Book toujours significatif et de grands rendez-vous à venir, notamment le concours national fin septembre. L’Union Aubrac réunie en assemblée générale vendredi 10 août, reste vigilante tout de même à la maîtrise de ce développement.

«L’Aubrac n’en finit pas de séduire de nouveaux éleveurs vers des horizons toujours plus larges», Yves Chassany est un président heureux. Les derniers chiffres de juin affichent de nouveaux records avec près de 217 000 vaches Aubrac en France, soit une croissance soutenue de l’ordre de 5% par an depuis plusieurs années.

Les 640 adhérents de l’Union Aubrac détiennent environ 20% du cheptel mère, «ce qui nous place dans les tout premiers rangs en terme de pourcentage d’animaux inscrits vis-à-vis de la population totale», se réjouit Yves Chassany. Les adhésions sont d’ailleurs stabilisées depuis quelques années (210 en Aveyron, 143 dans le Cantal, 151 en Lozère et 146 hors berceau). Et près d’une quinzaine d’éleveurs ont émis le souhait de rejoindre le Herd Book cet été. Et si les cheptels non inscrits pratiquant la certification de parenté bovine ou le contrôle de performances sont comptabilisés, plus d’un tiers des vaches Aubrac en France sont suivies et viennent alimenter la base de sélection.

Une situation positive mais les responsables de l’Union Aubrac ne veulent pas céder à l’euphorie pour autant : «Les adhésions se font de plus en plus hors berceau, ce qui demande une réflexion au sein de notre conseil d’administration quant au suivi des élevages (déplacements plus nombreux, plus éloignés, demandes différentes des adhérents, effectif par cheptel en progression,...)», résume Yves Chassany qui alerte sur la baisse des subventions. Deux techniciens ont été recrutés dans l’année pour accompagner cette évolution.

Le conseil d’administration mise donc sur une stratégie de prudence pour assurer la pérennité de la structure et de l’accompagnement, au service des adhérents et du développement de la race (investissement génomique, création d’une OS européenne cet automne,...). Dans cette perspective, les administrateurs ont engagé une réflexion sur le projet racial Aubrac : «Au-delà de l’orientation raciale qui détermine plus le type de vache recherché, savoir ce que nous souhaitons faire demain de notre race est aujourd’hui une priorité absolue», a signalé Yves Chassany, remerciant au passage l’engagement de Bernard de Lapanouse, administrateur depuis 1985 et rapporteur de la commission d’orientation raciale au sein de l’UPRA.

Quel animal et quel éleveur demain ?

Pour construire le projet racial des 5 à 10 ans à venir, un groupe de travail restreint s’appuie sur les résultats marquants de la race :

46 569 naissances, un taux de croisement qui ne cesse de baisser (14% contre 23% en 2013) ce qui entraîne une offre sur-abondante de femelles Aubrac, des filières valorisant le croisé qui souffrent,... et d’autre part de gros écarts entre les mères à taureaux élite (362 jours IVV, soit un veau par an) et les mères de service (380 jours IVV), 88% de vêlage sans aide (+1% «seulement»), des tailles de cheptel en augmentation,... D’où les questions à se poser pour l’avenir : qu’en sera-t-il de l’élevage allaitant en France ? Des zones non convertibles à la culture ? L’élevage sera-t-il spécialisé naisseur et l’engraissement se développera-t-il dans des zones plus adaptées ? Comment se portera la consommation de viande quand on sait qu’aujourd’hui 45% d’une carcasse est transformé en haché ! Quel type d’animal faudra-t-il produire ? Comment évolueront les attentes sociétales ? Et les attentes des éleveurs ? «Le groupe va dégager des pistes de travail pour savoir quel type d’animal pourra répondre à ces questions demain tout en rémunérant l’éleveur», a résumé Jacques Renou, directeur de l’Union Aubrac.

Les éleveurs Aubrac pourront toujours compter sur leur station d’évaluation de La Borie, pour les accompagner : les ventes de la station ce printemps ont atteint des niveaux de prix tout à fait satisfaisants «à même de valoriser le travail génétique de chacun». Un outil essentiel pour la race Aubrac, selon Yves Chassany : «Chacun chez soi doit être en mesure de savoir quels veaux ils vont proposer, issus de leurs vaches les mieux qualifiées et aux capacités d’allaitement irréprochables». La capacité d’allaitement des vaches Aubrac est nécessaire au maintien des systèmes économes en herbe, qui font, notamment, la notoriété de la race. Yves Chassany espère un déploiement de l’index allaitement.

Vers une représentativité élargie

Pour une meilleure représentativité des éleveurs inscrits, l’Union Aubrac réfléchit aussi à modifier ses statuts de façon à intégrer au sein de son conseil d’administration des éleveurs représentatifs des différentes zones géographiques où l’Aubrac est présente. «Avec 10 syndicats Aubrac actifs sur le territoire et un certain nombre d’autres en préparation, notre conseil d’administration est devenu au fil du temps, une véritable assemblée pour laquelle nos statuts seront bientôt limitants», a avancé Jacques Renou. Dans un souci d’ouverture et de simplification, le conseil d’administration propose une élection tous les 2 ans, des membres du bureau et tous les 6 ans de ses administrateurs. Ces modifications des statuts sont à l’étude et interviendront lors de l’assemblée générale de 2019.

2019 marquera également le 40ème anniversaire de l’Union Aubrac. Encore de grands rendez-vous à venir donc pour la belle aux yeux noirs et ses très nombreux suiveurs !

Eva DZ

Trois nouveaux administrateurs entrent à l’Union Aubrac : Céline Batut (Laguiole), Alain Durand (Sarrans) et Thierry Reversat (Lozère). Ils remplacent Bernard de Lapanouse, Christian Soulenq et Patrice Laporte et 5 autres administateurs ont été renouvelés.

26 juillet 2018

Fédération Simmental-Rhône Alpes Massif Central : un EuroSimmental à Cournon

Au deuxième rang national en terme de pointage, l’Aveyron est une référence en race Simmental. Le département a reçu, mardi 24 juillet à Curières, l’assemblée générale de la Fédération Simmental Rhône Alpes Massif central.

Avec plus de 7 000 vaches inscrites, la Fédération inter-régionale Simmental Rhône Alpes représente près de la moitié de l’effectif national de la race en France. «Nous sommes un peu le deuxième berceau», sourit le président, Serge Grange, éleveur dans la Loire. La Fédération réunit les éleveurs Simmental de 11 départements (Aveyron, Lozère, Cantal, Puy de Dôme, Loire, Haute-Loire, Ain, Jura, Isère, Haute Savoie et Saône et Loire). L’Aveyron est le socle de la fédération avec près de 3 000 vaches inscrites.

«Notre rôle est de fédérer les énergies autour de la Simmental, qui constitue en France, une race à petit effectif, parfois encore méconnue des éleveurs», souligne Serge Grange. «Notre fédération représente au sein de l’OS Simmental, des élevages en système herbager, en altitude. C’est important que nous puissions défendre nos spécificités dans les orientations de la race», continue le président. «Notre gros point de rendez-vous est le Sommet de l’élevage, autour d’un noyau d’éleveurs qui se plaît de se retrouver lors de ce grand événement de promotion de l’élevage». Pour la race Simmental, c’est l’occasion de communiquer sur ses qualités de rusticité, de longévité, de mixité, de résistance aux mammites : «Nous sommes très sollicités par les éleveurs en conversion AB», note Serge Grange.

L’assemblée générale de la Fédération est itinérante et cette année, les éleveurs se sont retrouvés à Curières en Aveyron, accueillis par le syndicat Simmental du département et son président, Pierre Salelles. Comme les autres races, la Simmental souffre d’un marché de la génétique atone excepté sur l’export. «Pour autant, la Simmental ne doit pas être bradée. Nous devons nous pencher sur une adaptation de notre système de commercialisation», a souligné Serge Grange, prenant l’exemple des éleveurs de l’Aveyron qui «ont su se retrousser les manches pour sauver la production laitière sur l’Aubrac, avec une valorisation qui fait des envieux !».

Le président de la Fédération en est convaincu, la Simmental a de beaux jours devant elle : «dès cet automne, nous devrons bien aborder les défis à venir : le choix d’un système d’indexation des animaux, l’adaptation de la structure OS au réglement zootechnique européen et la refonte de l’ISU. Le séminaire prévu en septembre doit nous permettre de prendre les bonnes décisions», a-t-il encouragé. Il s’appuie sur une belle dynamique de la race en France : «La Simmental est présente un peu partout en France, de 200 à 6 500 femelles selon les départements. Et plus de 1 700 cheptels possèdent au moins une Simmental».

Sur le secteur géographique de la Fédération, la Simmental peut, de plus, s’appuyer sur la stabilité de ses effectifs depuis 3 ans : la baisse des effectifs inscrits (-3%) est essentiellement due à l’arrêt du contrôle laitier par les éleveurs et non à l’arrêt d’élevages.

Au sein de la fédération, 91 éleveurs adhèrent à l’OS Simmental avec 4 400 vaches. Le nombre d’éleveurs est identique et le nombre de vaches en augmentation (+3%). La Fédération représente 44% des élevages et 41% des effectifs inscrits au national. Sur les mêmes critères, l’Aveyron représente 37% des élevages et 38% des effectifs inscrits au sein de la Fédération. «Il est donc naturel que nous représentions une force de proposition au sein de l’OS», a argumenté Pierre Salelles.

Enfin, la Fédération relaie les concours et manifestations locales autour de la Simmental comme Miss Lozère à Aumont Aubrac, les Journées laitières à Baraqueville, le concours départemental à Saint Amans des Côts, qui cette année a particulièrement marqué les esprits par sa qualité et l’homogénéité des lots présentés. Mais aussi des événements de plus grande envergure comme le SIA à Paris et le Sommet de l’élevage à Cournon. Cette année, cet événement accueillera de nouveau l’EuroSimmental avec une cinquantaine d’animaux français, allemands, autrichiens et suisses en compétition. Rendez-vous cet automne !

Eva DZ

12 juillet 2018

Festibœuf à Naucelle en octobre : bienvenue aux animaux sous signes officiels de qualité

Vendredi 12 et samedi 13 octobre, Naucelle fête son 13e Festibœuf. Les organisateurs ont instauré une nouveauté : l’arrivée d’animaux sous signes officiels de qualité. Le point avec Jérôme At, président du Comité naucellois pour la promotion de l’élevage.

Quelle est la nouveauté de l’édition 2018 de Festibœuf ?

J. At : «Nous avons souhaité élargir le public d’éleveurs présents en ouvrant notre concours aux animaux sous signes officiels de qualité. C’est-à-dire qu’en plus des animaux de races allaitantes et croisés que nous avons l’habitude de recevoir, nous accueillerons aussi des animaux sous les labels Blason Prestige, Charolais Terroir, Bœuf Gascon, Bœuf Salers, Bœuf Blond d’Aquitaine, Bœuf Fermier Aubrac, Fleur d’Aubrac, Agriculture Biologique,...

Un panneau distinctif sera apposé devant chaque animal après le jugement pour informer les acheteurs.

Pourquoi cette ouverture ?

J. At : Notre objectif depuis la première édition il y a 13 ans, est toujours de valoriser la production de viande locale et régionale, de l’Aveyron et des départements alentours. En élargissant notre panel d’animaux proposés à la vente, nous sommes en mesure de répondre aux attentes des opérateurs qui sont en recherche d’animaux de qualité, à la demande des consommateurs. Cette orientation s’inscrit aussi dans la continuité des Etats généraux de l’alimentation.

Depuis plusieurs années, nous organisons aussi, dans le cadre de Festibœuf, un Salon du goût qui réunit toutes les démarches de qualité de notre territoire, cette ouverture aux signes de qualité sur les animaux à la vente permet de renforcer notre engagement pour la qualité. Cette année, notre Salon du goût sera piloté par Interbev et son animatrice en Aveyron, Marie Christophe.

Quels sont les enjeux de cette ouverture ?

J. At : Nous avons déjà des contacts avec les opérateurs sur le sujet, ils sont satisfaits de ce nouveau rayonnement, nous espérons que les éleveurs seront aussi réceptifs à notre nouvelle orientation. C’est à eux que nous nous adressons aussi, nous leur lançons un signal : ils ont toute leur place sur notre concours aux côtés des engraisseurs. Festibœuf se veut un événement rassembleur, fédérateur qui réunit les éleveurs naisseurs et les engraisseurs, pour répondre à l’ensemble de la demande de nos acheteurs, toujours plus nombreux. Nous voulons donner une chance à tous ceux qui font l’effort de finir leurs animaux.

Concrètement, comment va se dérouler le concours ?

J. At : Déjà au moment de l’inscription, nous demandons aux éleveurs de préciser la démarche qualité dans laquelle leur animal est engagé. De cette façon nous pourrons composer des sections spécialisées et si le nombre d’animaux est suffisant, nous pourrons proposer aux enchères la meilleure vache sous signe officiel de qualité».

Recueillis par Eva DZ

05 juillet 2018

Pôle de formation de Bernussou : la licence pro a fait son cinéma !

La «journée cinéma» de la galerie européenne du pôle de formation de Bernussou s’est déroulée vendredi 29 juin dans l’amphithéâtre de l’IUT de Rodez. Les étudiants de la licence professionnelle de conseil en élevage ont présenté six films relatant leur expérience à l’étranger.

Grosse ambiance dans l’IUT de Rodez pour cette première, et pour le centre de formation de Bernussou de Villefranche de Rouergue (Chambre d’agriculture) qui avait réuni ses étudiants à l’IUT de Rodez ! La promo 2017-2018 a rassemblé 48 étudiants, dont 24 en parcours lait, 16 en parcours bovins viande, et 8 en parcours porcin. Cette année, la galerie européenne de Bernussou a décidé de marquer la fin de l’année d’étude par un concours de films vidéos réalisés par les étudiants et soumis à un jury de professionnels agricoles et institutionnels.

Les 48 étudiants ont été répartis en six équipes de huit, issus des licences professionnelles des métiers du conseil en élevage, bovin lait, bovin viande, ou porcin. Objectif pour les six groupes : illustrer par la vidéo la galerie européenne de Bernussou, l’expérience des séjours à l’étranger de trois semaines organisés lors de l’année d’étude, leur perception de l’agriculture européenne à travers le pays de stage, la diversité des cultures, dans le sens sociétal du terme... «C’est en effet ce cahier des charges qui avait été fixé et finalement bien respecté» indique Patrick Couderc, enseignant, «avec une durée de film limitée à 10 minutes chacun».

Les étudiants ont monté eux-mêmes les vidéos, élaboré leur scénario, et ont collecté des témoignages auprès notamment de leurs maîtres de stages agriculteurs, aux Pays-Bas, en Irlande, en Italie, etc.

Le jury était composé de Jéhan Moreau (CNIEL), Damien Lacombe (Sodiaal Union), Maxime Quintard (Lactalis), Pierre Tavernier (GEA), Alexandre Anton (European Dairy Association), Olivier Sérieye (Chambre d’agriculture), des représentants de la coopérative Agrial, d’Anjou Maine Céréales, de l’IUT de Rodez... Avec la présence des trois enseignants des licences professionnelles, Patrick Couderc (bovins lait), Julien Blanc (bovins viande), Xavier Lefèvre (porcs), aux côtés d’Olivier Depitre, directeur adjoint de l’IUT de Rodez (Université Toulouse 1 Capitole).

La prochaine 13ème promotion de Bernussou (2018-2019) affiche complet, avec 54 étudiants venant de toute la France, âgés d’environ 20 ans, de niveau BTS ou IUT (bac +2). La galerie européenne de Bernussou a été créée en 2008, et déjà présentée sous diverses formes (mallette pédagogique, jeu de l’oie, des sept familles, etc). Les stages à l’étranger se font dans dix pays d’Europe, avec une cinquantaine de fermes partenaires.

D.B.

05 juillet 2018

Coopérative CELIA : saisir les nouvelles opportunités

Vendredi 29 juin, lors de son assemblée générale, la coopératice CELIA a présenté des résultats «honorables» dans un environnement concurrentiel. Le contexte sanitaire, géopolitique complique notamment la commercialisation de bovins mais des opportunités se créent comme l’a confirmé Germain Milet de l’Institut de l’élevage.

«En 2017, l’activité de la coopérative a été constante en volume mais elle a eu une réelle difficulté à faire des marges convenables», a introduit le président, André Veyrac. En cause, la FCO qui a suspendu l’export vers l’Algérie pendant 5 mois et le problème de la valorisation de la viande sur un marché de la consommation en baisse. «Heureusement nos filières de qualité, Bœuf Fermier Aubrac et Fleur d’Aubrac en bovins et Elovel en ovins, nous tirent vers le haut», a poursuivi le président.

Un projet de GIEE déposé

Pour conforter son activité en maigre, CELIA veut sécuriser l’export sur l’Italie et les pays tiers pour la voie mâle, comptant sur l’engagement des autorités administratives sur le volet sanitaire. Et pour redonner confiance aux consommateurs dans la viande rouge, la coopérative a déposé un dossier de reconnaissance en tant que GIEE, axé sur la gestion de la biodiversité en lien avec le pastoralisme. «Il est important de montrer et de dire que nos filières, nos pratiques sont gages de qualité, de sécurité, que notre agriculture respecte l’environnement. Réapproprions-nous la communication sur nos élevages», a incité André Veyrac.

Des ouvertures à l’export

Les opportunités s’ouvrent, notamment sur le pourtour méditerranéen, Germain Milet du service économie de l’Institut de l’élevage, l’a démontré lors de cette assemblée générale.

Même si la concurrence s’intensifie sur l’export de viande, la France a un atout à jouer, à elle seule elle pèse 30% du cheptel allaitant de l’Europe à 28. Elle exporte entre 1 et 1,2 million de broutards, générant plus d’un milliard de chiffre d’affaires ! Son plus gros acheteur reste l’Italie, un importateur structurel où la consommation est bien plus importante que la production. «L’économie italienne se redresse», assure Germain Milet, «et la consommation aussi !». L’Italie est de loin, le premier partenaire de la France à l’export, les deux filières se sont construites en parallèle : «les produits correspondent à la demande et nous pouvons penser que ce partenariat s’inscrit dans la durée», a poursuivi l’expert.

En Grèce aussi la situation s’améliore, l’économie se redresse, la consommation repart même si le dynamisme peine encore à se traduire en importations. «C’est un marché de niche intéressant, destiné à la boucherie traditionnelle avec donc, des produits particulièrement bien valoirisés s’ils sont bien conformés», a assuré Germain Milet. Seul bémol, le réglement européen imposant une vaccination FCO sérotypes 4 et 8 avec 60 jours de délai.

Des contraintes à lever

L’Espagne constitue un concurrent de taille sur le marché à l’export : sa production est en hausse pour les pays tiers avec une très forte compétitivité sur les prix, des élevages de grande taille adaptés à l’export, un grand pragmatisme dans les négociations sanitaires.

Pour autant, le potentiel est immense pour le cheptel français sur le marché export du pourtour méditerranéen, selon Germain Milet. «La population de tradition musulmane est culturellement portée sur le bœuf frais, la demande est croissante dans une zone où le climat est peu propice à l’élevage bovin et forte avec une population proche de celle de l’Europe». Ainsi en Algérie, le marché est lié aux cours du pétrole qui assurent un niveau de vie à la population. «La demande en maigre y est robuste mais souvent perturbée mais ce marché reste très rémunérateur», note Germain Milet.

Il a aussi évoqué l’ouverture progressive d’Israël, «un marché riche mais capté par les autres pays de l’Europe». Pourtant la France pourrait y mettre en avant la haute valeur génétique de ses animaux, sa sécurité sanitaire ainsi que sa qualité de produits.

Troisième importateur de bovins vivants en 2017, la Turquie constitue un marché majeur et en développement. Il reste très concurrentiel avec l’Amérique du sud. Et il faut aussi prendre en compte le développement du cheptel via un dispositif d’aides. Ce qui pourrait engendrer une baisse de ses besoins en maigre...

Globalement sur les pays tiers, «le potentiel est immense mais les échanges restent difficieles à pérenniser». Germain Milet a listé les contraintes à lever pour peser sur ces marchés : les taux de change avec l’euro, le respect des cahiers des charges sanitaires, les tensions, religieuses notamment, la concurrence au sud de la Méditerranée où les animaux sont moins chers, plus légers,... «Exporter des animaux vivants reste contraignant (alimentation, effluents, risque sanitaire,...) mais le marché méditerranéen est une zone de croissance à conquérir», a encouragé Germain Milet. Pour capter ce marché des pays tiers, les animaux devront être vaccinés, les structures devront être organisées pour assurer l’activité en plus de l’Italie et maîtriser la logistique bateau pour comprimer les coûts.

Germain Milet se dit confiant pour l’avenir du marché des broutards français : «L’Italie reste le débouché de base et la multitude de marchés sur les pays tiers permet de diluer les risques tout en allégeant le marché européen». Des propos qui ont rassuré les responsables et adhérents de la coopérative CELIA.

Eva DZ

07 juin 2018

Made in Viande : la filière viande s’ouvre aux jeunes

A l’occasion de l’opération Made in viande, six établissements de l’Aveyron, de l’école primaire au lycée jusqu’au CFPPA ont pu découvrir les coulisses de la filière viande, dans des exploitations, des abattoirs, des boucheries, des cuisines centrales comme celle de Baraqueville Ansamble, que les 3eme prépa pro de Saint Joseph à Villefranche ont visitée mercredi 6 juin.

Le bilan de l’opération de communication autour des métiers de la viande est un succès auprès des scolaires. Les établissements ont en effet répondu en nombre à l’invitation d’Interbev, pilote de l’événement. Comme cette classe d’une douzaine d’élèves, emmenés par leur enseignant au lycée hôtelier de Villefranche de Rouergue, Stéphane Soulard, venus à la rencontre de Myriam Bonnefille, directrice de la cuisine centrale Ansamble à Baraqueville. Plusieurs de ces jeunes, âgés de 14-15 ans qui sont en train de faire leur choix d’orientation, se destinent d’ailleurs à la cuisine.

Des jeunes intéressés par les métiers de bouche

«Nous avons bien préparé la visite en classe avec des projections de films, des rencontres avec des bouchers,... pour que les jeunes puissent poser toutes les questions qui les interpellent», explique l’enseignant prof de cuisine. Myriam Bonnefille s’est en effet adressée à un public intéressé, curieux. «Ce type de visites est importante car elle nous permet de dire que nos métiers sont en recherche d’emplois, notamment en cuisine pour notre part», explique la directrice d’Ansamble qui accueille régulièrement des jeunes en visite dans son entreprise. «Ce sont des métiers d’avenir car nous aurons toujours besoin de manger ! Nous devons donc communiquer dessus et montrer comment nous travaillons».

La cuisine centrale de Baraqueville, ouverte en 2000, emploie 28 salariés dont 5 cuisiniers. Elle prépare et livre chaque jour 6 000 repas en barquettes prêtes à réchauffer, pour les cantines scolaires, les maisons de retraite, le portage à domicile, les entreprises.

Au cours de la visite de l’entreprise, les élèves ont suivi les différentes étapes, depuis la livraison des produits pour la plupart frais ou surgelés, jusqu’à la préparation des repas, la mise en barquettes puis en palettes, prêtes à être livrées. Myriam Bonnefille a expliqué la philosophie de l’entreprise : «même si nous dépendons d’une maison mère nationale rattachée au groupe Elior (propriétaire d’enseignes nationales de restauration), nous avons le libre choix de nos produits. Pour notre part, nous nous approvisionnons en viande uniquement chez Bousquet viandes à La Primaube sauf pour le steak haché que nous ne pouvons travailler cru. Nous l’achetons donc surgelé mais d’origine France et de races allaitantes. D’ailleurs toutes nos viandes sont d’origine France, c’est notre credo», assure la directrice.

Et dès que c’est possible, la cuisine centrale de Baraqueville s’approvisionne localement comme tout récemment, avec les yaourts Ségalait de Fabien Pezet, éleveur installé à Quins. Les pâtisseries sont également confectionnées sur place. Ainsi que les compotes réalisées par un cuisinier à partir de fruits frais, chaque jour, très appréciées des petits et des grands ! Et les soupes de légumes ! Et jusqu’à la vinaigrette !

Un secteur qui recrute

A toutes les étapes, Myriam Bonnefille a aussi sensibilisé les jeunes à la traçabilité des produits et des plats préparés (étiquetage, tenue de cahiers, inscription de l’origine,...). Les repas sont préparés avec une diététicienne, une spécialisée pour les enfants et une autre pour les personnes âgées. «Mais nous avons tout de même une petite souplesse pour proposer quelques plats régionaux», avance Myriam Bonnefille.

Autre petite spécialité de l’entreprise, elle laisse le choix chaque jour à ses clients entre 4 entrées, 4 viandes, 2 plats de légumes, 2 plats de féculents, 4 fromages et 4 desserts. «Les gens aiment bien avoir le choix de ce qu’ils mangent, nous voulons leur garder cette liberté !».

Et tous les jours, les salariés de l’entreprise goûtent ensemble pour le déjeuner les repas qui seront livrés le lendemain, histoire de s’assurer qu’il n’y aucun problème !

Un souci de la satisfaction client qui a convaincu les élèves comme les enseignants ! Une belle image de l’un des maillons de la filière viande en Aveyron.

Eva DZ

07 juin 2018

BEVIMAC Centre Sud : SICAGIEB rejoint l’union de coopératives

Lors de son assemblée générale, l’union de coopératives BEVIMAC Centre Sud spécialisée dans l’export de broutards, a annoncé l’adhésion de SICAGIEB, organisation de producteurs de l’Allier. Un rapprochement qui va notamment permettre de développer l’export sur les pays tiers.

Soucieuse de constituer une offre complète source de valeur ajoutée pour les éleveurs, BEVIMAC Centre Sud a accueilli au sein de son conseil d’administration, SICAGIEB. «Nous avions déjà l’habitude de travailler avec ce partenaire, une organisation de producteurs de l’Allier pour exporter des animaux maigres de race Charolaise notamment, vers les pays tiers», a expliqué Pierre Terral, président de BEVIMAC. «Elle va nous permettre de proposer une offre complète à nos clients, durable dans le temps et régulière», a-t-il complété en présence de Maurice Chopin, président de SICAGIEB. Cette OP va entrer au même titre que CELIA et UNICOR, apporteurs historiques de BEVIMAC. «SICAGIEB va défendre son identité autour du Charolais en complémentarité de nos races rustiques», avancent les responsables de l’union de coopératives.

Ce rapprochement officialisé depuis le 1er janvier a déjà marqué l’activité de BEVIMAC. Grâce à l’apport intégral de l’activité de SICAGIEB à partir du mois d’août, l’union de coopératives a commercialisé 4 500 animaux de plus en 2017 (+5%), atteignant ainsi les 95 600 bovins vendus. BEVIMAC a également pu conforter son chiffre d’affaires , frôlant les 110 millions. A noter que l’union a pu verser un complément de prix de 730 000 euros aux associés.

Le plus important débouché reste l’Italie (81 873 têtes, soit 86% des débouchés). Mais grâce au rapprochement avec SICAGIEB, BEVIMAC peut désormais développer ses débouchés vers les pays tiers en particulier l’Algérie (9 227 têtes), la Grèce (4 090 têtes).

«Ces nouvelles opportunités sont créatrices de valeur ajoutée pour nos animaux même si nous avons rencontré quelques complications dues à la fièvre aphteuse en Algérie, au sérotype 4 de la FCO chez nous», témoigne Pierre Terral. «Le potentiel est là puisque par exemple en Grèce, sur le marché export de broutards, BEVIMAC en assure la moitié».

«Nous nous tenons prêts à répondre aux besoins»

Au fil du temps, l’union de coopératives a travaillé sur la logistique du commerce par bateau, depuis le port de Sète : «Nous avons acquis un certain savoir-faire en la matière, ce qui nous permet d’optimiser le coût du transport. Ce qui veut dire que lorsque la Turquie réouvrira ses portes définitivement, nous nous tenons prêts à répondre à ses besoins», assure Pierre Terral.

Pour 2018, les volumes progressent sensiblement. Ainsi à fin avril, les ventes de bovins de BEVIMAC ont augmenté de 8,5% (+ 2 650 têtes). Pour autant cela ne rattrape pas le retard causé par une importante décapitalisation du cheptel allaitant français : entre le 1er septembre et le 1er mars, le cheptel allaitant français a perdu 180 000 bovins, soit deux fois le nombre d’animaux qu’exporte BEVIMAC ! De même le déficit de naissances s’accentue.

L’augmentation de volumes de BEVIMAC laisse entrevoir de belles perspectives. «Sur les 4 premiers mois de 2018, nous enregistrons des hausses des ventes vers l’Italie (+ 14%), vers les pays tiers (+12%) ainsi que vers la Grèce», commente Hervé Chapelle, directeur de BEVIMAC. «Notre dynamisme commercial est soutenu par une demande croissante et à la mobilisation de nos équipes qui chargent des bateaux en une après-midi, parfois le dimanche !», poursuit-il. D’ailleurs BEVIMAC s’est attaché les services de deux personnes supplémentaires, l’une étant spécialisée sur la logistique et l’autre vient en appui du commercial. Une réorganisation qui là aussi, va permettre de faire face à la demande. «Si nous ne sommes pas embêtés par les problèmes sanitaires, nous avons une multitude d’opportunités à saisir et nous sommes prêts !», a conclu Pierre Terral.

Eva DZ

24 mai 2018

UPRA Aubrac : une grande année !

La race Aubrac est en pleine forme : des effectifs en croissance, un intérêt grandissant en France et à l’étranger, une égérie au Salon de l’agriculture, et de nombreuses animations porteuses,... Les responsables de la race ne pouvaient espérer mieux mais ils gardent tout de même les pieds sur terre !

L’UPRA Aubrac était en assemblée générale dans les locaux de l’Agricampus de La Roque, jeudi 17 mai. Il était essentiellement question du rapport d’activités 2017, prémices de la grande année 2018 qu’elle a entamé avec Haute en égérie du Salon de l’agriculture à Paris et la perspective du concours national à Laissac fin septembre.

Tour de France à Laissac, 70 ans du Taureau de Laguiole, premier concours départemental Aubrac à Laguiole, deuxième concours interdépartemental à Varennes sur Allier,... et bien sûr l’officialisation d’une vache Aubrac comme égérie du SIA ont marqué les esprits. «Nos équipes se sont fortement impliquées pour mener à bien la mission de promotion raciale jusqu’à des horizons toujours plus éloignés de notre berceau», a introduit Yves Chassany, président de l’UPRA. «Notre présence sur le terrain est à la fois notre force et notre raison d’être mais c’est aussi notre défi à l’avenir pour répondre à l’ensemble des éleveurs, de plus en plus nombreux dans l’Hexagone à faire le choix de la race Aubrac».

Une notoriété grandissante

Bien sûr cette notoriété tient dans les qualités de la race mais le fait d’être race à l’honneur du SIA sonne aussi comme un nouvel élan : «Il s’agit d’une reconnaissance officielle après plusieurs décennies de travaux et de choix visionnaires. La couverture médiatique dont a bénéficié l’Aubrac n’a jamais eu d’équivalent mais nous avons réussi ce pari grâce au soutien des collectivités territoriales et de nos partenaires, la force du CORAM, collectif des races locales de massifs et bien sûr l’implication de nombreux éleveurs en particulier la famille Dijols de Linars à Curières», a ajouté Yves Chassany.

Cette confiance engrangée va permettre à la race Aubrac d’aborder sereinement son prochain concours national, fin septembre, à Laissac. «Nous avons choisi de nous associer avec la race Lacaune et les productions sous signes officiels de qualité de nos deux races, d’ouvrir aussi plus largement notre programmation au grand public», a annoncé Yves Chassany. L’idée étant, comme en 2016 à Saint Flour, de mettre en avant la triple performance des élevages : économique pour le maintien d’un maximum d’éleveurs et donc d’emplois, environnementale par des pratiques à l’herbe vertueuses pour les territoires et sociétale pour une alimentation saine et durable ainsi que pour services rendus à d’autres secteurs d’activités comme le tourisme.

Un groupe «projet racial»

Pour autant tout n’est pas simple pour les responsables de la race Aubrac. «Nous devons préparer notre passage en OSue à compter du 1er novembre et être capables d’inventer des complémentarités et les performances de demain au service de nos entreprises», a avancé Yves Chassany qui mise sur l’unité raciale, «notre force face à un Etat qui se désengage», citant la diminution des enveloppes FranceAgriMer, la mise à mal des aides aux stations d’évaluation, l’arrêt de l’indexation INRA qui génèrera des coûts supplémentaires,... Un groupe «projet racial» va se mettre en place, il sera représentatif des différentes familles de l’OS, avec un investissement plus important de la commission d’orientation raciale. L’outil génomique sur la base de nouveaux partenariats devra se renforcer au service des éleveurs pour mieux choisir et donc mieux sélectionner.

C’est un message d’espoir qu’a donné Yves Chassany : «le pari de réussir est devant nous, chacun doit y prendre sa part de responsabilité afin d’en espérer un juste retour».

Eva DZ

10 mai 2018

Sommet de l’élevage : pourquoi la Turquie sera à l’honneur de l’édition 2018 ?

Les organisateurs du Sommet de l’élevage étaient en mission en Turquie, fin avril, au moment même où les exportations européennes de bovins ont été réouvertes au secteur privé. Une opportunité à saisir pour la France dans un pays où les races françaises sont très appréciées.

C’est à Ankara, capitale de la Turquie qu’une délégation du Sommet de l’élevage, emmenée par son président, Jacques Chazalet, a appris la nouvelle, mardi 17 avril. La Turquie accepte d’être l’invitée d’honneur du prochain Sommet de l’élevage, qui se déroulera à Clermont-Ferrand, les 3, 4 et 5 octobre. Ce partenariat est le fruit d’un travail de fond que mène le rendez-vous européen des races à viande, depuis plusieurs mois, auprès des autorités locales, des ministères de l’agriculture français et turc, et des organisations professionnelles des deux pays.

La mise à l’honneur de la Turquie au cœur du berceau des races à viande dépasse évidemment le simple affichage. Avec un besoin estimé entre 500 000 et 700 000 broutards par an, la Turquie constitue un client de choix pour la filière française. Entre 2010 et 2013, l’export de bovins français a atteint en valeur 140 millions d’euros. «Jusqu’en 2013, nous acheminions jusqu’à 10 000 animaux français tous les mois, contre à peine 1 000 aujourd’hui via l’ESK¹», témoigne Nihal Kayar, responsable des achats de la société Namet, numéro 1 du marché de la viande bovine turc, qui engraisse en deux fois, 100 000 animaux par an dans le sud-est du pays. Depuis quatre ans, la FCO a grippé les échanges avec la France. Aujourd’hui, même si toutes les questions sanitaires sont loin d’être réglées, l’annonce récente de la réouverture des exportations européennes au secteur privé pourrait bien faire bouger les lignes.

Un potentiel énorme comparable à l’Italie

Côté turc, l’attente est réelle. «Ils ont goûté aux races françaises, ils veulent y revenir», analyse Benoît Delaloy, responsable international du Sommet de l’élevage. Le potentiel d’export de broutards français vers la Turquie est estimé à 200 000 têtes sur les 1,2 million qu’exporte la France chaque année. Qu’ils soient à la tête d’une unité d’engraissement de 2 500 ou de 50 000 places, les dirigeants turcs sont unanimes : certes plus cher², le broutard français fait au final la différence. «Nous apprécions la qualité des produits, la santé des animaux et leur performance», explique le directeur de Saray Hali, importateur de bovins, à la tête de deux ateliers d’engraissement de 10 000 bovins chacun et d’un atelier de 5 000 vaches laitières. En moyenne avec des Charolaises, des Limousines, des Blanc Bleu Belge venues de France, l’indice de croissance est de 1,5 kg par jour, contre 1,2 avec des bêtes venues d’Uruguay. Autre avantage substantiel des races françaises : leur capacité à générer de la viande maigre dont sont friands les Turcs. Aujourd’hui, c’est au Brésil que Nihal Kayar est bien d’autres vont faire leur marché. Les pays d’Amérique du Sud et d’Australie sont les principaux fournisseurs de broutards des ateliers d’engraissement. Parallèlement, par un habile tour de passe de passe, certains animaux français transitent par les pays de l’Est (Hongrie, Roumanie, Tchéquie, Slovaquie) avant d’être expédiés en Turquie. Une fois rebouclés, ils échappent ainsi à l’arsenal règlementaire lié à la FCO, la quarantaine notamment…

Régler les questions sanitaires

«Ce qui pose problème aujourd’hui c’est le nouveau certificat sanitaire qui impose en plus du vaccin, des filets de sécurité anti-moustiques et une quarantaine de 60 jours. Nous considérons que le vaccin contre la FCO avec ses deux injections protège. Il apporte une vraie couverture qui ne nécessite pas d’autres contraintes», explique Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine, qui a participé à la mission en Turquie organisée par le Sommet de l’élevage. Et de rappeler qu’avec les Italiens, le commerce se fait sans encombre simplement avec la vaccination. «Si on veut faire du volume avec la Turquie, il est indispensable de lever tous ces points bloquants pour les exportateurs français et qui sont générateurs de surcoûts», estime Roger Blanc, président d’honneur du Sommet de l’élevage, en charge des relations internationales.

La teneur des échanges démontre qu’une clarification est nécessaire entre les DGAL des deux pays. Osman Civil, président de l’association des producteurs de viande rouge de Turquie, dirigeant d’un atelier d’engraissement de 5 000 places près d’Izmir, en sa qualité de vétérinaire le reconnaît lui-même : «Que ce soit en termes de poids acceptés (a priori jusqu’à 350 kilos) ou de conditions de vaccination, nous n’avons pas le même niveau d’information». Le cahier des charges du protocole sanitaire entre la France et la Turquie mérite donc à ce stade d’être affiné. Consultant influent au ministère de l’agriculture, Osman Civil pourrait bien participer à sa rédaction. Lui a tout intérêt que le commerce reprenne entre les deux pays. Il a déjà travaillé avec la France, et de mémoire d’engraisseurs, c’est avec un contingent d’Aubrac françaises qu’il a obtenu l’un de ses meilleurs résultats.

Venus pour la plupart, au moins une fois au Sommet de l’élevage, les acteurs majeurs de l’élevage turc comptent bien y revenir dans cinq mois, avec l’espoir que d’ici là, d’une part, les autorités soient tombées d’accord sur un protocole sanitaire favorable aux deux parties, et que d’autre part, de nouveaux aléas géopolitiques à l’approche des élections annoncées pour le 24 juin, ne viennent pas contrarier les relations franco-turques.

Sophie Chatenet - PAMAC

¹ ESK : organisme public en Turquie dont les missions sont proches de FranceAgriMer cependant l’entité dispose d’abattoirs et de 14 magasins. L’ESK fournit l’armée en viande, et importe du vif et de la viande.

² En moyenne, les broutards français sont 25% plus chers que ceux venant d’Amérique du Sud ou d’Australie. Un écart réduit à 10% grâce au GMQ plus élevé des animaux français.

10 mai 2018

CELIA, section Nord-Aveyron : «un avenir sécurisé»

En préambule de son assemblée générale fin juin, la coopérative CELIA réunit en assemblée générale ses sections territoriales. Celle du Nord Aveyron se déroulait vendredi 4 mai à Saint Rémy de Montpeyroux.

Malgré un contexte difficile, la coopérative CELIA a réussi à tirer son épingle du jeu en 2017. Les volumes d’activité sont constants : plus de 71 000 bovins et plus de 86 000 ovins commercialisés après une année 2016 à +12% avec l’arrivée des adhérents de Bovi PC. «Nous avons réussi à rattraper le retard de l’automne grâce à l’investissement de nos équipes pour apporter la meilleure valorisation possible à nos 2250 apporteurs», a avancé André Veyrac, président de CELIA. Ainsi toutes les catégories d’animaux ont vu leur prix augmenter : +11 centimes/kg pour les broutards par exemple.

La fidélité valorisée

Et les dirigeants de la coopérative ont tenu à remercier les adhérents OP qui accordent leur entière confiance à CELIA. «Nous essayons de les orienter et de les conseiller vers les marchés les plus rémunérateurs avec un accent particulier pour le débouché croisé», détaille ainsi Hervé Chapelle, directeur général, affichant + 51 euros/Aubrac croisé et +48 euros/Aubrac pur (+ 14 euros en Charolais et + 15 euros en Limousin). «A poids égal nous encourageons à hauteur de 3 centimes/kg, l’éleveur qui produit des animaux croisés», appuie-t-il. Parallèlement, Hervé Chapelle a présenté les résultats des taureaux d’excellence Charolais que les adhérents peuvent privilégier au vu de leurs résultats en facilité de naissance. Il a également encouragé les éleveurs à soutenir la filière Fleur d’Aubrac IGP, et à s’engager dans la bonne conformation des animaux.

Languedoc Lozère Viande, fer de lance

Sur le marché de la viande, le groupe CELIA peut s’appuyer sur les belles performances de Languedoc Lozère Viande (LLV), entreprise dans laquelle elle est engagée à hauteur de 92%. «Le groupe affiche un résultat net de 330 000 euros grâce notamment à la belle progression de LLV qui affiche un chiffre d’affaires en progression de 7%», assure Hervé Chapelle. L’atelier de découpe apporte les résultats attendus avec plus de 3 500 tonnes travaillées. «L’accent est davantage mis sur les viandes travaillées plutôt que sur les carcasses entières ou demi-carcasses, en réponse aux demandes des clients», a expliqué André Veyrac, qui, vu la croissance de LLV, prévoit un nouvel investissement à l’horizon 2020 pour agrandissement. «Grâce à cet outil, nous pouvons organiser la transformation des produits sur notre territoire et ainsi surfer sur cette image d’un produit attaché à son territoire», poursuit André Veyrac.

Le marché de la viande est aussi davantage porteur du fait de la décapitalisation du cheptel allaitant français (-100 000 animaux). Du côté du marché du maigre, les indicateurs sont aussi au vert notamment pour les systèmes naisseur - engraisseur. Question débouchés, les incertitudes demeurent sur le marché italien, qui s’il reste un acteur dominant, est victime d’une restructuration par la faillite et d’un resserrement sur des animaux ne dépassant pas les 16 mois et les 450 kg. «Nous devons être capables de nous diversifier. L’exemple de la Grèce a été probant en 2017 avec deux camions par semaine et une bonne plus-value», avance Hervé Chapelle. Une bonne nouvelle de courte durée malheureusement du fait de l’arrivée du sérotype 4 ! Les pays tiers sont toujours porteurs. Malgré quelques chahuts en Algérie avec la fièvre aphteuse, les procédures administratives et la FCO, le pays reste un débouché intéressant et intéressé par les animaux proposés, notamment la race Aubrac, par CELIA via BEVIMAC qui assure l’export. «Nous espérons aussi une réouverture des relations avec la Turquie», a indiqué André Veyrac. «C’est une cible prioritaire, un pays avec des besoins importants (13 kg/habitant/an) et qui a une bonne image du bétail français». Une délégation turque sera d’ailleurs reçue au centre de Saint Rémy de Montpeyroux dans le cadre du Sommet de l’élevage en octobre (lire aussi en page 12).

Pour suivre les tendances du marché, en particulier les nouvelles attentes des consommateurs, la coopérative est en refléxion sur une certification agro-environnementale de ses exploitations. «L’idée est de pouvoir apporter de l’information sur les conditions de production. Le bien-être animal, les gaz à effet de serre, la biodiversité,... sont autant d’éléments qui interrogent les consommateurs et sur lesquels nous pouvons apporter des réponses», avance Hervé Chapelle.

«Le marché est vaste, nous devons nous donner les moyens de prétendre à tous les marchés dès lors que nos animaux sont qualifiés indemnes IBR et vaccinés contre les sérotypes 4 et 8 de la FCO. Votre coopérative est à vos côtés et travaille pour l’avenir», a conclu plein d’espoir André Veyrac.

Eva DZ

03 mai 2018

Assemblée générale de l’UPRA Lacaune : une activité toujours en progression

L’assemblée générale de l’UPRA Lacaune s’est déroulée jeudi 26 avril à Rodez, avec un bilan positif appuyé sur un travail de sélection génétique profitant à l’ensemble de la filière.

La structure présidée depuis l’an dernier par Michaël Dressayre, éleveur à Belmont-sur-Rance, et dirigée par Gilles Frégeat, affiche des chiffres positifs dans son bilan d’activité 2017. «Notre base de sélection est confortée en schéma lait et viande, avec une hausse en nombre d’animaux en Lacaune viande» résument les deux hommes. En Lacaune lait, l’amélioration génétique se situe entre 2 et 4 % sur tous les caractères (lait, TB, TP, CCS, mamelles). «La sélection génomique réalisée dans la race depuis 2015 apporte un progrès génétique de 20 supplémentaire. Les deux schémas de sélection Lacaune viande Ovi-Test et GID Lacaune réalisent également des progrès considérables en particulier grâce à la gestion des gènes majeurs».

Dynamique à l’export

Autre point positif, le marché export, où la génétique Lacaune est désormais présente dans 21 pays. «C’est une activité animée par l’UPRA Lacaune au sein de GENELEX qui est de plus en plus importante, le fruit d’un travail mené depuis plusieurs années, avec comme résultat, une notoriété croissante pour la race Lacaune» note le directeur de l’UPRA. «En 2017, nous avons exporté à nouveau au Canada, aux Etats-Unis, en Nouvelle Zélande, et toujours en Europe, en Iran, au Liban, etc. Il y a dix ans, nos deux destinations principales étaient la Grèce et l’Espagne». Au total, ce sont 12 583 reproducteurs Lacaune qui ont été exportés en 2017, en hausse de 1 933 unités, plus 10 680 doses de semence (+ 10 210). Le président a par ailleurs annoncé des pistes intéressantes de contact avec la Russie... «Toutes ces valorisations génèrent des moyens financiers pour maintenir une avance génétique aux éleveurs de notre région et de nos filières», insiste Michaël Dressayre.

Travail et revenu

Gilles Frégeat poursuit : «l’objectif de la structure est d’améliorer les systèmes de production Lacaune, pour gagner en productivité, autonomie, qualité des produits, en progrès sanitaire, en baisse de charge de travail, et au final, pour plus de revenu au producteur. La génétique permet d’agir sur tous ces leviers, ce n’est pas nouveau. Mais tout va plus vite désormais avec la génomique et la renommée croissante de la race Lacaune qui apportent de la valeur».

Lors de l’assemblée générale, Jérôme Raoul (Idele Toulouse), a présenté son étude intitulée : «La sélection génomique en ovin allaitant : est-ce envisageable ?». Selon lui, elle peut être une alternative intéressante au testage. En fin de réunion, la technicienne Emma Singla et Ioan Romieu, vice-président de l’UPRA Lacaune, ont rendu compte du voyage effectué à l’occasion du 23ème symposium nord-américain sur la production de lait de brebis au Québec.

D.B.

19 avril 2018

Syndicat Charolais de l’Aveyron : une nouvelle équipe

Lors de son assemblée générale mardi 10 avril, le syndicat Charolais de l’Aveyron a renouvelé son équipe. David Cassagnes a laissé la présidence à un trio, Christophe Gardes de Lassouts, Etienne Lauriol de Quins et Laurent Foulquier de Bozouls.

Les adhérents du syndicat Charolais de l’Aveyron se sont retrouvés à Baraqueville en assemblée générale puis à Quins pour visiter l’élevage de la famille Lauriol. Le GAEC est lauréat cette année, du challenge Charolais Aveyron qui récompense les résultats techniques de la dernière campagne (repro, productivité, IVV, mortalité).

En 2017, le GAEC familial a fait naître 96 veaux sur un troupeau d’une centaine de mères en race pure Charolais. Tous les vêlages sont regroupés en hiver en décembre. L’élevage sélectionneur en race Charolaise vend une partie de ses animaux en reproducteurs dont certains à la dernière vente aux enchères du Herd Book. Une quinzaine de vaches par an sont également commercialisées en direct. Lors de la visite, le groupe d’une vingtaine d’éleveurs a pu faire le tour de l’exploitation et des animaux du troupeau, parler génétique, origines,... et découvrir quelques astuces de contention. Une visite technique et pratique qui a beaucoup plus à l’ensemble des participants.

Depuis 3 ans, le Challenge Charolais Aveyron récompense le travail d’un élevage sur une campagne, qui reçoit son prix au moment de l’assemblée générale. A cette occasion, les éleveurs échangent sur les itinéraires techniques, les orientations raciales, les choix génétiques et le fonctionnement général de l’exploitation.

Un peu plus tôt dans la matinée, les éleveurs Charolais de l’Aveyron se sont retrouvés pour renouveler leur bureau. David Cassagnes, président sortant a souhaité laisser la main. Un trio lui succède : Christophe Gardes de Lassouts, Etienne Lauriol de Quins et Laurent Foulquier de Bozouls. Richard Gély de Sévérac est trésorier.

L’assemblée générale a été l’occasion de faire le point sur les temps forts de l’année : la traditionnelle réunion de présentation des taureaux IA, le concours de la Fédération du Sud Massif central, présidée par l’Aveyronnais Francis Pons où les 5 élevages de l’Aveyron se sont brillamment illustrés avec 8 premiers prix de section et 7 prix spéciaux (palmarès complet sur www.charolais-aveyron.com). Ce concours réunissant des éleveurs Charolais de l’Aveyron, du Cantal, de Lozère et de Haute Loire se déroulait à St Mamet. Il est renouvelé du 19 au 21 octobre en Haute Loire. Deux éleveurs aveyronnais ont également participé à la vente à la station vêlage facile, avec 2 veaux.

En avril 2017, le travail autour de la marque Charolais Aveyron initiée par Olivier Maruéjouls s’est concrétisé par un partenariat avec la CAPEL sur la vente de vaches de réforme sous l’étiquette Bleu Blanc Cœur. En un an, 68 vaches issues de 9 élevages ont été commercialisées (508 kg poids moyen) pour une plus value en moyenne de 30 centimes/kg carcasse. L’un des chantiers de l’année est de pérenniser ce marché, de le développer avec de nouveaux éleveurs, pour promouvoir l’identité Charolais Aveyron. La communication est en effet un challenge à relever en s’appuyant sur le site www.charolais-aveyron.com et sur la page Facebook ouverte récemment.

La dynamique de la race Charolaise en Aveyron poursuit son chemin.

Eva DZ

12 avril 2018

Baraqueville : une première vente au cadran attrayante

Le premier marché au cadran de Baraqueville, mis en place lundi 9 avril, a reçu un écho favorable de la part des éleveurs et acheteurs. Pas moins de 130 animaux étaient inscrits, selon les organisateurs.

Pour une première, elle fut réussie, confirme Vincent Albouy, éleveur et président de la SAS Cadran Ségali, structure à laquelle la Communauté de communes de Baraqueville a confié cette mission de service public. La SAS est composée d’éleveurs, négociants et organisateurs du marché emmenés par Jean-Pierre Mazars, président du Pays Ségali Communauté. «Nous avons pris nos marques pour cette première et tout s’est bien passé», rapporte Vincent Albouy. «L’affluence est positive avec environ 130 animaux, dont des veaux, vaches, veaux gras et broutards, ce qui est correct pour lancer ce marché au cadran».

Paiement direct certifié

La nouvelle formule, dirigée au micro par Baptiste Galland, chef de vente du marché au cadran d’Ussel (Corrèze), semble déjà satisfaire des éleveurs : «l’avantage de ce type de marché est de ne pas être en confrontation directe avec les acheteurs», confie Christophe Malgouyres, éleveur bovins lait. «Les enchères montantes sont de 5 euros en 5 euros et si le vendeur n’est pas satisfait du prix de vente final, il peut retirer sa bête».

Chez Olivier Maruéjouls, éleveurs bovins Charolais, le son de cloche est le même : «le principe du marché au cadran est bon car il permet au producteur de rester maître de son produit, tout en restant en adéquation avec la demande du marché». Autre point fort du marché, relevé aussi par Vincent Albouy, «le paiement de l’éleveur se fait avec un chèque de banque certifié, juste après la vente».

Le marché de Baraqueville est désormais organisé uniquement chaque lundi, pour tous les bovins, de 13h à 16h. Et ce, en lieu et place des marchés du lundi, pour les petits veaux laitiers, et du mercredi (tous les 15 jours), pour les veaux gras.

D.B.

05 avril 2018

Syndicat Limousin de l’Aveyron : toujours parmi les leaders !

Salon de l’agriculture, concours régional dans le Lot, concours départemental à Baraqueville, concours bi-départemental dans le Tarn, National au Sommet de l’élevage à Cournon, les éleveurs Limousins de l’Aveyron ont été particulièrement actifs en 2017 et 2018 démarre sous les mêmes auspices avec le premier prix de section au SIA pour Lorette de l’EARL Calmelly.

Le syndicat Limousin de l’Aveyron était en assemblée générale jeudi 29 mars à La Salvetat Peyralès. Quatrième département français en effectif Limousin juste derrière le berceau avec 80 000 vaches, l’Aveyron maintient sa belle dynamique autour de la race. La présence de plus d’une soixantaine d’éleveurs à l’assemblée générale en atteste, ainsi que leur implication dans les différents concours depuis l’échelon local jusqu’au niveau national. De quoi donner le sourire au président, Michel Thuéry : «Je suis très fier de l’implication des éleveurs Limousins de l’Aveyron que ce soit lors des concours ou lors des ventes aux stations d’évaluation à Gélioc ou à Lanaud».

Sylvie Ferrier, animatrice du syndicat Limousin de l’Aveyron, a ainsi affiché le bilan des différentes participations et les performances des éleveurs du département lors des concours qui ont jalonné 2017 : 1 éleveur au SIA, 7 élevages au régional dans le Lot, 18 éleveurs au départemental à Baraqueville, 6 élevages au bi-départemental dans le Tarn et 9 élevages au Sommet de l’élevage à Cournon.

Et 2018 a commencé sur les chapeaux de roues avec un premier prix de section pour Lorette de l’EARL Calmelly au Salon de l’agriculture à Paris, un concours régional réussi à Tarbes en mars, une bonne implication autour de l’organisation des Bœufs de Pâques à Baraqueville. Déjà le concours départemental se profile dimanche 6 mai à Baraqueville, lors de la foire expo. «Un événement qui fait désormais date pour les éleveurs de la race et qui attire du monde depuis que le matériel agricole a été déplacé autour de l’espace Raymond Lacombe», assure Michel Thuéry. A la fin de l’été, le National sera organisé à Châteauroux, il servira de sélection pour le Sommet de l’élevage. L’année s’achèvera par la traditionnelle journée IA et le trophée du meilleur pointeur par les jeunes.

A noter l’arrivée de deux nouveaux éleveurs au sein du bureau du syndicat : Thierry Peyrac et Alain Coméras.

Midi-Pyrénées : 3ème en effectif au Herd Book

Les éleveurs Limousins de l’Aveyron sont également investis au sein du Herd Book avec 91 adhérents (4 950 vaches inscrites) et un taux de cotisation de 76% (Midi-Pyrénées est 3è en effectif inscrit au niveau national et l’Aveyron est en tête au sein de Midi-Pyrénées).

De fait, les éleveurs aveyronnais sont particulièrement utilisateurs des outils à leur disposition comme la station de Gélioc à Naucelle et celle de Lanaud, à l’échelle nationale (34 RJ et Espoir qualifiés à Lanaud, 5 pris pour l’IA, 23 RCV et 19 évalués à Gélioc et 11 RJ et 2 Espoirs achetés à Lanaud). Quatre élevages aveyronnais figurent aussi au challenge France Limousin Sélection : Christian Lagarde (6è), Alain Belloc (9è), EARL Rouchès (10è) et René Chassang (25è).

Pour 2018, 9 taureaux RR VS sont qualifiables, issus des élevages de l’EARL Calmelly (Hussard), de Pierre Pouget (Indigo), de Jérôme Couybes (Half et Jordan), de l’EARL Pradines (Indic), du GAEC du Bas Lévézou (Jirko RJ), du GAEC de Fontenille (IRTO RCV), d’Olivier Gaubert (Hortensia) et du GAEC Long - Joffre (Jovial RCV). Sept taureaux RRE VS sont qualifiables, issus des élevages de Marc Soulé (Galopeur), du GAEC Soulenq d’Albinhac (Hidalgo RR VS), d’André Douziech (Grizzly), du GAEC du Moulin (Gratin RR VS), de l’EARL des Cloutets (Haled RR VS), de Jacques Cantaloube (Forlan RR VS) et du GAEC Combelles d’Istournet (Indulgent).

Pour compléter les informations lors de l’assemblée générale, Fany Trottier de FODSA - GDS Aveyron a fait le point sur plusieurs dossiers sanitaires dont la FCO, la Besnoitiose, l’IBR et le BVD.

Les participants à l’assemblée générale ont ensuite pu visiter l’élevage de Francis Fraysse, installé en individuel et en recherche d’un repreneur à quelques années de la retraite. «C’est un élevage de qualité, souvent récompensé lors des différents concours et bien impliqué dans la vie de la race Limousine aussi bien au Herd Book qu’aux stations d’évaluation», a souligné Michel Thuéry. Soucieux de pouvoir vivre de son métier, Francis Fraysse espère transmettre son exploitation et son troupeau à un jeune passionné par la Limousine et lui mettre tous les atouts en main pour réussir.

Eva DZ

29 mars 2018

Marché au cadran à Baraqueville : première édition lundi 9 avril

Ca y est ! C’est fait ! Le marché au cadran se met en place à Baraqueville. Pays Ségali Communauté a donné la délégation de service public à la SAS Cadran Ségali, composé d’éleveurs, de négociants et d’organisateurs du marché. La première édition se déroulera lundi 9 avril.

Prenez date ! Baraqueville a arrêté la date du lundi après-midi pour organiser son marché au cadran de bovins toutes catégories (petits veaux, broutards, vaches maigres et grasses de races laitières et allaitantes). Jean-Pierre Mazars, président du Pays Ségali Communauté l’a confirmé lundi 26 mars, aux côtés de Vincent Albouy, éleveur et président de la SAS Cadran Ségali, à laquelle la Communauté de communes a confié une délégation de service public.

Des enchères montantes

«Cela fait un peu plus d’un an que nous réfléchissons à trouver un nouveau souffle pour le marché aux petits veaux de Baraqueville», explique Jean-Pierre Mazars, alerté par Alain Bories et Christiane Gombert, élus à Baraqueville et responsables du marché actuel. La Communauté de communes, Pays Ségali Communauté, a donc lancé une réflexion avec les éleveurs, les acheteurs, utilisateurs du marché, pour connaître leurs attentes et leurs besoins. «Nous avons visité un certain nombre de marchés au cadran en France. Ce type de marchés évolue bien et ils sont les seuls à progresser», avance Jean-Marc Fabre, délégué aux affaires agricoles à la Communauté de communes et en charge de ce projet. Les élus peuvent, de plus, compter sur une installation existante adaptée qui nécessite peu d’investissements supplémentaires pour se lancer dans cette nouvelle aventure (autour de 250 000 euros dont la moitié pourrait être subventionnée). Et sur la proximité d’un axe routier important qui facilite l’accès.

«Nous n’avions aucune envie de fermer les portes de notre marché, qui permet aux éleveurs de bénéficier de cotations qui servent de référence. L’idée était d’aller plus loin, d’élargir notre public en proposant des bovins à la vente toute catégorie confondue», appuie Christiane Gombert. «Cette cotation se voudra complémentaire à l’offre actuelle des groupements et coopératives», tient à ajouter Vincent Albouy. «D’ailleurs pour ne pas concurrencer les autres marchés, nous avons choisi le lundi après-midi, à partir de 12h et jusqu’à 16h».

Le président de la SAS détaille l’organisation : «il s’agit d’une vente aux enchères montantes». Le propriétaire de l’animal reste maître de sa vente, il sera payé comptant, avec une garantie de paiement (chèque certifié). L’acheteur, lui, aura un large choix parmi tous les animaux à la vente. Les transactions se dérouleront en toute transparence et dans l’anonymat pour l’acheteur comme pour le vendeur.

Des animaux à annoncer avant vendredi 14h

Une chef de vente a été embauchée pour animer le marché et mettre en place des relations commerciales autour de l’événement. «Nous savons qu’il faudra un peu de temps pour nous faire connaître et pour mettre en place une relation de confiance», reconnaissent les organisateurs, qui se veulent confiants pour l’avenir. «En cas de succès, nous n’hésiterons pas à réinvestir pour améliorer le marché, comme l’aménagement d’une salle des ventes», avance Jean-Pierre Mazars.

La réussite passe avant tout par l’apport conséquent d’animaux chaque semaine au marché. Pour proposer des animaux à la vente, il suffit de les annoncer le vendredi avant 14h sur le site internet www.marche-cadran-segali.com ou au 05 31 97 02 05 ou par mail : cadransegali@orange.fr.

«C’est un véritable challenge pour notre territoire et une petite révolution dans le monde des marchés en Aveyron, mais nous sommes prêts à relever le défi !», ont conclu les organisateurs. Rendez-vous lundi 9 avril à partir de 12h.

Eva DZ

22 mars 2018

OP Bovins et ovins de la coopérative UNICOR : partager les métiers

La coopérative UNICOR a pris l’habitude de réunir ses organisations de producteurs bovins et ovins dans une assemblée générale unique. Elle avait lieu jeudi 15 mars autour des enjeux sociétaux de l’élevage.

Au bord des pistes de l’aéroport de Rodez, le cadre était inédit pour l’assemblée générale des organisations de producteurs bovins et ovins de la coopérative UNICOR ! «Un moment de rencontre pour nos adhérents, éleveurs bovins et ovins et nos partenaires», a souligné Jean-Claude Virenque, président de la coopérative. Malgré les difficultés conjoncturelles de l’élevage, les deux OP peuvent s’appuyer sur des labels et des démarches de qualité porteuses de valeur ajoutée dans les élevages. «Parce que ramener de la valeur ajoutée dans les exploitations de nos adhérents est toujours l’objectif d’UNICOR», a rappelé son président.

OP Bovins : en recherche constante de progrès

En production bovine, les 932 associés coopérateurs de l’Aveyron, de la Lozère, du Cantal et des cantons limitrophes ont réussi à maintenir leur activité. En 2016-2017, 65 413 bovins ont été collectés par UNICOR, soit une baisse de 2,5%. Les volumes en maigre restent prédominants (64%) contre 36% pour le gras. Ce sont justement ces volumes en maigre qui ont connu quelques difficultés économiques. Heureusement les productions de qualité, Veau d’Aveyron et du Ségala, Blason Prestige, Bœuf Fermier Aubrac et les marques Fermes des Hauts Terroirs (exclusivement distribuée aux Halles de l’Aveyron) et Bœuf de montagne fruit d’un partenariat depuis mars 2017 avec les établissements Puygrenier et Brake, sont porteuses. «La clé réside dans le développement de segments de marchés porteurs de valeur ajoutée», a confirmé Pierre Cabrit, responsable de l’OP Bovins d’UNICOR. Il cite ainsi les 700 animaux commercialisés sous la marque Bœuf de montagne depuis mars 2017, les 7 animaux par semaine sous la marque des Fermes des Hauts Terroirs, les 130 éleveurs engagés en Veau d’Aveyron et du Ségala affichant des volumes labellisables et labellisés en hausse, la progression aussi du Bœuf Fermier Aubrac et la stabilité de Blason Prestige. «Nous devons travailler sur la quantité et sur la qualité», a poursuivi Pierre Cabrit.

Le comité de gestion qu’il préside au sein d’UNICOR réunit 25 éleveurs assidus et soucieux de trouver des solutions pour créer de la valeur ajoutée. «Nous sommes un groupe ouvert, au travail et en recherche constante de progrès», a assuré Pierre Cabrit. «Nous sommes un peu en échec sur la filière maigre dans la mesure où nos adhérents ne voient pas forcément la valeur de leurs produits. Nous réfléchissons à de nouvelles règles d’approvisionnement et d’apport basées sur la cohérence et qui s’imposeront par leur efficience. Nous misons sur la transparence, la maîtrise des risques et la performance».

OP Ovins : encourager le désaisonnement

En production ovine, UNICOR reste leader en agneaux français. Les 828 associés coopérateurs (ovins viande, ovins lait, engraisseurs) ont mis sur le marché plus de 511 000 têtes (-2,5%). Les partenariats commerciaux et l’activité export de COMIBEV ont permis un maintien des prix et ont limité la baisse des volumes liée à un affaiblissement de la demande. La production d’agneaux sous la mère en légère baisse (-4,6%) suit une année 2016 exceptionnelle mais se maintient à un bon niveau avec près de 61 000 agneaux collectés. L’activité en brebis de réforme s’installe dans le temps (+10%) compensant la baisse de l’engraissement. «La réinvention du modèle d’engraissement sur le territoire peine à se mettre en place», a expliqué Gilles Bernat, responsable de l’OP Ovin d’UNICOR. «Les partenariats de contre-saison devraient permettre le développement des débouchés segmentés», a-t-il poursuivi.

Concernant le prix de l’agnelet, il oscille entre de bons niveaux à l’automne en début de campagne et une forte baisse en début d’année, ce qui pénalise les naisseurs. Pour les agneaux labels, les prix se maintiennent bien grâce au partenariat avec Arcadie, qui a développé les ventes sur la région parisienne et le nombre de points de vente apportant une hausse de 2,20 euros par rapport à 2016. «La performance de notre activité sera déterminée par la régularité de nos volumes sinon c’est le seuil plancher qui fera le prix. Le désaisonnement est un enjeu crucial d’où notre politique d’encouragement via la caisse dédiée», a prévenu Gilles Bernat. «La concurrence est grande, il ne faut donc pas s’endormir sur nos lauriers».

D’autant que quelques inquiétudes pointent comme le renouvellement des générations d’éleveurs. Pour encourager la production, l’OP Ovin d’UNICOR accompagne le désaisonnement, travaille à la mise en œuvre d’une grille de paiement individuelle à l’agneau, développe le partenariat avec Arcadie autour des labels pour aller chercher de nouveaux points de vente (+ 67),... Un voyage d’études a été organisé en Angleterre sur la technique, la découpe,... «Nous mettons au point en Aveyron, une réflexion commune entre toutes les ODG (Agneau Fermier des Pays d’Oc, Veau d’Aveyron et du Ségala, Bœuf Fermier Aubrac) pour animer le marché de la viande de qualité», a expliqué Gilles Bernat. Citant le lien avec Fil Rouge, fédération des labels rouges, qui a présenté un plan marketing ambitieux de 30% d’agneaux engagés. Gilles Bernat a aussi évoqué la recherche à travers le programme Robust’agno qui permet aux éleveurs d’agneaux sous la mère de diminuer la mortalité dans les élevages.

Le challenge de la segmentation

«Nous avons la chance d’adhérer à un groupement dynamique, avec des agriculteurs engagés dans la valorisation de la production et à l’écoute des consommateurs, acteurs de la vie économique de leur coopérative, des filières de qualité et des marques (Agneau Massif central Casino, Agneau Picard Surgelé, filière bio, Fermes des Hauts Terroirs)», a conclu Gilles Bernat, rappelant lui aussi que le comité de gestion ovin de 23 éleveurs, est toujours ouvert.

En bovins comme en ovins, UNICOR a de nombreux challenges à relever. Julien Volpelier, directeur des productions animales à la coopérative a résumé les perspectives : «Nous allons poursuivre notre stratégie de segmentation et de recherche de valeur en promouvant la qualité de nos productions et la typicité de notre territoire. Pour sauvegarder l’organisation dans le maigre, nous devrons réinventer une stratégie. D’autres partenariats devront être développés grâce à une linéarité de l’approvisionnement d’agneaux en contre-saison. Pour une meilleure complémentarité de nos filières, nous devrons renouveler le modèle d’engraissement. Et enfin, pour renforcer notre présence à l’international, nous devrons massifier les volumes, en s’appuyant sur les infrastructures spécialisées».

Eva DZ

15 mars 2018

Bœufs de Pâques à Laguiole : sous le signe de l’excellence

Le week-end dernier, le Festival des Bœufs de Pâques de Laguiole a surfé sur la dynamique de la race Aubrac suite au Salon de l’agriculture. Si les enchères des deux champions ont été un peu moins élevées qu’à l’accoutumée, en revanche la vente générale a été de bonne tenue avec 1,30 euro de plus-value.

Haute continue de bien remplir son rôle d’ambassadrice de toute une race et de tout un territoire. Elle ouvrait le défilé des confréries, du groupe folklorique Los Oyolos et du bandas de Sainte Geneviève sur Argence, dimanche 11 mars dans les rues de Laguiole. Accompagnée de son veau Olympe et de ses éleveurs, Florence et Thibaut Dijols, elle a attiré une foule de fans, sur le qui-vive pour prendre la belle en photo !

Deux grands champions

Mais elle n’était pas la seule star du week-end ! Sur le foirail neuf, 194 animaux issus des filières de qualité Bœuf Fermier Aubrac, Fleur d’Aubrac et AB ont démontré tout le savoir-faire acquis par les éleveurs Aubrac d’Aveyron, de Lozère et du Cantal. Deux d’entre eux ont reçu les honneurs du jury : en Fleur d’Aubrac il s’agit de Florence et Privat Serres du GAEC Serres de la Jonquière à Prades d’Aubrac et en Bœuf Fermier Aubrac c’est Julien Tufféry, du GAEC La Panouse à Grandrieu en Lozère, également désigné Grand Prix d’excellence du Festival.

Pour ces deux élevages, cette distinction vient récompenser le travail engagé depuis des années sur la finition de leurs animaux et leur fidélité au concours de Laguiole. La Volonté Paysanne avait d’ailleurs rencontré la famille Serres de Prades d’Aubrac en annonce du festival (VP du 1er mars). «Ça nous fait vraiment bien plaisir», sourit Privat Serres, dont les deux fils étaient également présents. Même satisfaction pour Julien Tufféry qui avait apporté 6 animaux cette année à Laguiole : «Je tiens à remercier l’ensemble des bénévoles qui s’investissent pour que chaque année, nous puissions valoriser nos animaux lors de ce concours de haut niveau», a-t-il salué.

Lors de la vente aux enchères, le grand champion Bœuf Fermier Aubrac a été acheté 10,20 euros par la Maison Conquet et le champion Fleur d’Aubrac a trouvé acquéreur auprès de la coopérative des bouchers de Montpellier pour 10 euros. «Je regrette que les enchères soient un peu plus basses que d’habitude, en revanche, la vente générale a affiché une plus-value moyenne d’1,30 euro par rapport à la grille», a commenté Didier Dijols, responsable du comité d’organisation. Il a tenu à féliciter l’ensemble des éleveurs pour la qualité de la présentation des animaux : «chaque année, on grimpe toujours plus haut dans la qualité ! Ce qui fait de notre festival l’unique concours naisseur engraisseur en France !», a-t-il avancé, sous l’aval de Jean-Yves Renard, président de la fédération nationale des concours d’animaux de boucherie.

Les élus présents, notamment Vincent Alazard, maire de Laguiole, conseiller départemental accompagné de Simone Anglade, le député Stéphane Mazars accompagné de Pauline Cestrières, ont salué le travail des éleveurs et l’union sacrée autour d’une race et d’un territoire. Le Festival s’est aussi tenu sous l’œil toujours bienveillant d’André Valadier qui attend dans les prochaines semaines, la labellisation du Parc naturel régional de l’Aubrac.

Yves Chassany, président de la race Aubrac, est venu en voisin : «la race Aubrac met en avant ici ce qu’elle a d’excellence : la reconnaissance du travail des éleveurs depuis des générations. Longtemps nous avons sous-estimé le potentiel de nos animaux, à force de travail et de rassemblement autour de la promotion de la race, nous avons atteint cette reconnaissance». Il s’appuie sur le bon écho reçu au Salon de l’agriculture, de la part des élus et des consommateurs : «nos pratiques d’élevage sont reconnues et satisfont mais le travail n’est pas terminé. Grâce aux femmes et aux hommes de notre territoire, nous devons continuer à faire vivre l’Aubrac, nous montrer vrais et transparents».

Des discours ponctués par la traditionnelle et non moins spectaculaire bénédiction par l’abbé Ricard ! En attendant la prochaine édition, la 20ème du nom.

Eva DZ

08 mars 2018

Assemblée générale d’Ovi-Test : la belle dynamique continue !

L’assemblée générale de la coopérative Ovi-Test s’est déroulée mardi 6 mars au lycée agricole La Cazotte, à St-Affrique, sous la vice-présidence de Joël Agulhon.

«Notre assemblée générale prend hélas un ton particulier cette année, suite à la disparition en 2017 de deux personnes» a introduit le vice-président d’Ovi-Test, Joël Agulhon, «je prends la place du président Jean-Jacques Fabrègues qui nous a quittés à l’âge de 57 ans, au cours de ses six années de présidence de notre coopérative. Nous avons aussi perdu, en décembre dernier, notre ancien directeur, l’un des fondateurs d’Ovi-Test, Jean-Pierre Belloc, à l’âge de 66 ans...». L’assemblée générale a rendu un hommage appuyé aux deux hommes, avec une minute de silence dans l’amphithéâtre de La Cazotte.

Joël Agulhon et Béatrice Giral-Viala, directrice, ont dressé un bilan d’activité et financier positif pour l’exercice 2016-2017 de la coopérative regroupant 2 035 adhérents, chapeautée par un conseil d’administration de 23 personnes pour la section des adhérents coopérateurs. Le nombre d’adhérents actifs reste relativement stable.

L’activité insémination artificielle (IA) est en légère baisse cette année (- 5 616), et pour la première fois, du fait de l’augmentation significative de producteurs vers l’agriculture biologique, «dont le cahier des charges ne rend pas possible la synchronisation des chaleurs» précise Joël Agulhon. «Sur environ 1 000 producteurs faisant régulièrement des IA, 150 se sont orientés vers l’agriculture biologique l’an dernier. C’est une tendance importante». En revanche, cette évolution est positive pour la vente de reproducteurs mâles qui est en forte hausse.

Le marché export de reproducteurs mâles et femelles est sur une bonne dynamique, principalement vers l’Espagne qui concentre aujourd’hui les deux tiers des volumes.

Ovi-Test Ibérica

La coopérative a par ailleurs décidé l’an dernier de se développer dans ce pays avec la société Ovi-Test Ibérica, et la création d’un centre IA au sud de la région de Madrid. «L’activité de ce centre a été lancée en mai, avec des béliers Lacaune de notre centre de La Glène (Saint-Léons) et trois inséminateurs espagnols que nous avons formés ici» explique Joël Agulhon. «Nous avons le contrôle de cette société à hauteur de 70 % avec deux associés espagnols. Nos prévisions de développement sont déjà favorables avec des résultats IA équivalents à ceux réalisés chez nous». Une quinzaine d’élevages sont pour l’heure impliqués dans ce réseau espagnol, au rythme de 300 IA/jour, trois fois/semaine avec un total de 20 835 IA comptabilisées fin décembre 2017.

Pour Joël Agulhon, cette diversification d’Ovi-Test à l’international vise une ambition économique bien calculée : «notre centre IA espagnol doit générer des plus-values financières par la vente de reproducteurs (à bon prix) à Ovi-Test Ibérica et de la marge sur l’IA en Espagne. Tout cela contribuera à développer plus encore le schéma génétique sur notre bassin de production national». Les producteurs espagnols concernés sont à la tête de troupeaux importants en effectifs, et produisent du fromage de brebis dit «de garde» et de la tomme.

Nouvelle Zélande

Autre levier de développement de la coopérative Ovi-Test, la vente de semences congelées Lacaune vers La Nouvelle Zélande depuis 2017, en collaboration avec le service Elevage de la Confédération générale de Roquefort. «L’an dernier, chaque structure a exporté 4 500 doses vers ce lointain pays» indique Joël Agulhon. «C’est là-aussi un autre marché porteur. Les Néo-Zélandais veulent produire du lait de brebis pour le transformer en poudre, puis l’exporter vers le marché chinois».

Tous les voyants de la coopérative sont donc au vert. «Nous sommes dans une bonne routine» note Joël Agulhon, «avec un peu moins d’éleveurs du fait de l’évolution démographique agricole constatée partout, mais notre production ovine reste stable, installe des jeunes, dans une zone de production dynamique». Le vice-président insiste : «en dehors de la baisse des IA du fait des conversions AB, notre activité globale, reproducteurs, échographies (+ 4,41 %), est en augmentation pour la cinquième année consécutive. Le passage à la sélection génomique en ovin lait lancé depuis le millésime 2015 confirme la pertinence de cette méthode de sélection, avec un gain génétique de 25 % depuis trois ans !».

D.B

01 mars 2018

Association Prim’Holstein Aveyron : les Aveyronnais toujours sur la brèche !

C’est à Saint Julien de Piganiol, tout près du Cantal, que l’association Prim’Holstein Aveyron a organisé son assemblée générale jeudi 22 février en présence de plus de 70 éleveurs et partenaires de la race.

Thierry Domergue achève sa première année à la tête de l’association Prim’Holstein Aveyron. Une année bien remplie pour l’éleveur d’Almont les Junies, entouré de toute son équipe qui se partage l’organisation des événements de la Prim’Holstein en Aveyron et en dehors du département.

L’année 2017 a démarré avec la traditionnelle assemblée générale à Camboulazet avec 80 participants. Les éleveurs ont ensuite réalisé un petit séjour dans le Cantal à la découverte d’un élevage Prim’Holstein bien entendu ! En avril, une journée clippage a été organisée à l’attention des jeunes pour préparer les animaux du concours départemental qui se déroulait dans le cadre des Journées laitières à Baraqueville début mai.

L’automne a aussi été riche pour l’association. A l’Openshow de Dôle, les jeunes Aveyronnais ont brillé puisque Théo Delagnes, fils d’éleveurs Prim’Holstein à Grand Vabre est devenu grand champion en présentation de génisses. Et son équipe qui représentait la région sud a décroché le titre de champion de France. «C’est une grande fierté de voir nos jeunes s’illustrer, c’est aussi une belle dynamique pour l’avenir de notre association», assure Thierry Domergue. Deux élevages du département, avec trois vaches, ont aussi participé au Sommet de l’élevage à Cournon.

Le moment fort de l’association Prim’Holstein Aveyron a sans aucun doute, été la journée départementale et la réception de Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’agriculture, qui a apporté son éclairage sur la filière laitière. Plus de 150 personnes ont assisté à cette conférence : «Nous étions complets !», se souvient Thierry Domergue. Plus que jamais cette journée départementale remporte un vif succès auprès des éleveurs laitiers de l’Aveyron, créant un bon moment d’échanges autour d’intervenants, experts et personnalités éclairées.

Forte de ses 115 adhérents, l’association Prim’Holstein Aveyron continue de renforcer ses rangs avec l’arrivée de nouveaux producteurs soucieux de partager des moments de convivialité, de participer à des rencontres techniques leur permettant d’avancer dans leur métier d’éleveur.

Jean-Jacques Espinasse, technicien Prim’Holstein France, a d’ailleurs félicité les éleveurs Prim’Holstein de l’Aveyron pour leurs efforts notamment sur les index cellules et membres : «Les Aveyronnais affichent de très bons résultats en fonctionnels. Depuis une vingtaine d’années, ils ont à cœur de rechercher des vaches autonomes et fonctionnelles». Reste à améliorer l’homogénéité du troupeau : «Ce travail se fera dans le temps mais cela avance bien, ce n’est pas facile de passer d’un troupeau de 20 à 60 vaches et d’atteindre de suite l’homogénéité ! Nous avons la chance de travailler en Aveyron, avec des éleveurs qui n’hésitent pas à se remettre en question et c’est ce qu’il faut car dans la génétique il n’y a surtout pas de certitude», a expliqué Jean-Jacques Espinasse, s’appuyant sur l’adage «les vaches sont là pour les éleveurs et non l’inverse». Il met en avant le point fort de l’association Prim’Holstein Aveyron : la recherche de l’efficacité et de la rentabilité.

Concours et journées techniques

Pour 2018, la Prim’Holstein Aveyron est déjà sur la brèche avec un élevage présent, celui de la famille Delagnes à Grand Vabre, au Salon de l’agriculture, avec une vache (voir le palmarès dans les pages dédiées au Salon).

Le 22 mars, une visite est organisée au GAEC d’Aupiac à Camarès (déplacement en bus - inscriptions auprès d’Alexandre Tayac au 06 12 78 67 06 de préférence par SMS).

Puis le 18 avril, les jeunes pourront s’essayer au clippage de façon à bien préparer les animaux du concours départemental qui se déroulera les 5 et 6 mai dans le cadre de la Foire de Baraqueville, avec les concours Montbéliard et Limousin. «Notre concours départemental est devenu un incontournable, un rendez-vous attendu de nos éleveurs, avec la participation de nombreux jeunes», souligne Thierry Domergue. Environ 25 éleveurs Prim’Holstein seront présents avec une soixantaine d’animaux.

L’année se terminera par la journée départementale autour de la robotique et le Sommet de l’élevage à Cournon où l’Aveyron peut présenter 4 vaches. Une année encore bien remplie s’annonce pour la Prim’Holstein en Aveyron !

Eva DZ

22 février 2018

GIE Aubrac : dix ans et plus de 14 000 Aubrac commercialisées

Le GIE Aubrac, outil de commercialisation des reproducteurs Aubrac fête cette année, ses dix années d’existence. A cette occasion, le groupement fait peau neuve avec un nouveau logo et un site internet relooké. Retour sur son histoire.

Accompagner le développement de la race Aubrac dans et en dehors du berceau, c’est l’objectif que s’est fixé il y a tout juste 10 ans, le GIE Aubrac. Outil mis en place par et pour les éleveurs Aubrac, il est au service des sélectionneurs vendeurs de génétique et des éleveurs en recherche de génétique Aubrac. «Le GIE est un interlocuteur neutre, qui travaille en complémentarité avec les acteurs de la race», explique l’actuel président, Hervé Catays, éleveur Aubrac à Laguiole, qui a succédé il y a 4 ans, à Jean Valadier et à Henry Peyrac, le premier président fondateur.

«Cette complémentarité est d’ailleurs inscrite dans les origines du GIE puisqu’il a été fondé par l’Union Aubrac (et ses adhérents), les groupements de producteurs CELIA, Altitude et UNICOR toujours partenaires aujourd’hui», détaille Daniel Miquel, commercial du GIE, qui a œuvré pendant 30 ans comme technicien à l’Union Aubrac avant de rejoindre le GIE. «Nous travaillons pour le développement de la race Aubrac, dans un souci d’harmonie avec les orientations raciales choisies au sein de l’Union Aubrac. Notre race est en progression de 5% chaque année, les intervenants sont nombreux, il nous fallait donc une structure pour encadrer un développement cohérent», note Hervé Catays.

La disponibilité, le temps passé, les conseils apportés sont les marques de fabrique du GIE : «le marché de la repro est vraiment particulier, nous ne sommes pas là pour simplement vendre des animaux mais apporter aussi un service après-vente, travailler pour l’avenir de la race et des élevages Aubrac en vue de nouvelles inscriptions, dans le berceau, dans toute la France et à l’étranger», appuie Daniel Miquel.

La grande majorité des animaux commercialisés via le GIE sont destinés au marché français : «lorsque nous avons démarré il y a 10 ans, l’Aubrac commençait à percer dans plusieurs départements français mais de façon un peu désorganisée, sans lien avec le schéma de sélection, ce qui ne la plaçait pas dans les meilleures conditions», se souvient Daniel Miquel. «L’Aubrac méritait mieux que cela, c’est pour cette raison que nous avons eu l’initiative de créer ce GIE qui encadrait le marché de la repro en fonction des critères et des qualités de la race», complète Hervé Catays. Aujourd’hui, la race Aubrac grâce au GIE, est présente dans quasiment tous les départements français et dans 14 à 15 pays (Est Europe). En 10 ans, le GIE a commercialisé plus de 14 000 animaux et a diffusé ses conseils à travers de nombreux élevages.

Ce n’est pas que du commerce !

«Le GIE ce n’est pas que du commerce, lorsque j’ai un contact avec un client, je lui apporte également des réponses à ses besoins, je le conseille en fonction de son orientation d’élevage, de sa conduite d’exploitation pour lui proposer des animaux qui correspondront à ses attentes», assure Daniel Miquel. Daniel et Hervé évoquent ainsi leur dernière visite en Irlande, sur un concours Aubrac : «Les éleveurs étaient avant tout demandeurs d’informations pour améliorer les accouplements, le choix des animaux,...».

De même Daniel Miquel se tient à la disposition des éleveurs pour travailler sur le choix des génisses, sur des plans d’accouplement raisonnés,... et proposent aussi des visites d’élevages.

Une vente chaque année en août ouverte à tous

L’une des vocations du GIE est aussi de donner accès au marché de la repro en Aubrac à l’ensemble des éleveurs. C’est dans cet objectif, qu’il organise depuis trois ans, une vente de reproducteurs fin août (elle se déroulera le 1er septembre cette année). Ouverte à tous les éleveurs, elle se déroule à la station d’évaluation de la Borie, à St Chély, qui est aussi le siège du GIE Aubrac. Daniel Miquel se rend au préalable dans tous les élevages qui proposent un animal à la vente. «Fin août, début septembre, c’est la bonne période pour faire repartir le marché de la repro, toujours dans un esprit de complémentarité des ventes que peuvent proposer les OP», argumente Hervé Catays. Le président du GIE tient d’ailleurs à préciser que la structure vit grâce aux prélèvements à partir des ventes réalisées et non sur la base de cotisations.

Pendant la vente, qui se déroule sous pli cacheté, les animaux restent dans le bâtiment. Leur profil ainsi que leur lignée sont présentés sous forme de diaporama aux futurs acheteurs : «C’est un peu atypique car les animaux ne défilent pas mais le procédé est apprécié et le succès est au rendez-vous grâce à une bonne préparation», témoigne Hervé Catays.

Pour les dix prochaines années, le GIE entend poursuivre le travail engagé et espère développer son activité en misant notamment sur la possibilité de développer davantage l’export compte tenu de l’intérêt que certains pays portent à la race Aubrac. «Notre objectif est de pouvoir satisfaire toutes les demandes que ce soit pour des créations d’ateliers complémentaires à une production laitière ovine par exemple dans le sud ou encore pour accompagner les conversions lait - viande de plus en plus nombreuses ou les changements de races allaitantes», assurent Daniel et Hervé, mettant en avant l’autonomie de la race Aubrac, sa facilité de vêlage, son économie en matière sanitaire ou encore la facilité de conduite qui apporte une qualité de vie, prisée des jeunes générations d’éleveurs.

Eva DZ

15 février 2018

Convention Agricampus La Roque-Ville de Rodez : brebis et vaches du lycée vont pâturer sur le piton

Lundi 12 février, la ville de Rodez a signé une convention «éco-pâturage» avec le lycée La Roque pour que dès le printemps, les troupeaux ovins et bovins viande de l’exploitation de l’établissement puissent paître sur des parcelles autour du piton de Rodez.

L’embroussaillement des parcelles autour de la ville de Rodez est une préoccupation, pour la prévention des incendies comme pour l’aménagement des paysages autour du piton. Pour les entretenir, la municipalité a proposé à l’Agricampus de La Roque et en particulier son exploitation de faire pâturer ses troupeaux de brebis Lacaune viande et de vaches Aubrac. «Les municipalités sont dans l’obligation de débroussailler leurs parcelles notamment pour éviter les incendies et sur le piton, en raison des fortes pentes, le pâturage est une bonne alternative à l’entretien mécanique peu aisé», explique Marie-Claude Carlin, adjointe à la mairie de Rodez, en charge du développement durable et de l’environnement. «Le pâturage est aussi un moyen de freiner l’arrivée de sangliers en zone périurbaine», complète l’élue locale.

Et depuis le départ des Haras en juin, le site de La Boriette tombait en friche. «Comment entretenir ces 3,5 ha en bordure de ville ? Via la Chambre d’agriculture, nous gérons l’entretien des parcelles de la commune avec les agriculteurs locaux qui en échange, récoltent le foin. Pour ces surfaces, nous avons repris contact avec la Chambre d’agriculture qui nous a orientés vers le lycée La Roque», ajoute Frédéric Vieilledent, qui a accompagné le projet d’écopâturage pour la Ville de Rodez.

Bientôt une transhumance dans Rodez !

La municipalité à travers son service espace verts et le lycée La Roque, via son exploitation ont donc mis leurs compétences en commun pour faire aboutir ce projet. «Le rôle de l’élevage n’est pas seulement de nourrir la population mais c’est aussi d’aménager le territoire en entretenant l’espace», assure Noël Boissonnade, proviseur du lycée et directeur de l’Agricampus. «Nous avons donc saisi cette opportunité avec la ville de Rodez, comme nous le faisons déjà avec celle d’Onet le Château». «Ce projet correspond tout à fait au projet de restructuration de notre exploitation», ajoute Jérôme Hercouët, directeur de l’exploitation du lycée agricole. «La mise en place de nos deux troupeaux (une centaine de brebis Lacaune viande et 70 mères Aubrac) s’oriente sur un système de pâturage mixte que nous calerons en fonction du potentiel agronomique des parcelles mises à notre disposition».

Un partenariat gagnant - gagnant donc puisque la Ville de Rodez trouve un acteur local pour entretenir ses parcelles et que le lycée trouve dans ce projet, un intérêt économique en instaurant un système alimentaire plus autonome, pour ses deux troupeaux basé sur le pâturage, un intérêt pédagogique pour ses 600 apprenants et un intérêt éco-citoyen, résume Noël Boissonnade.

Des week-end exploitation découverte

Car au-dela de ce projet, la ville de Rodez et l’Agricampus de La Roque ambitionnent d’organiser une transhumance des troupeaux à travers la cité ruthénoise ! «Ce projet d’écopâturage est une belle occasion de renouer un lien entre monde urbain et monde rural car on s’aperçoit que nombre de petits Ruthénois n’ont aucun lien avec l’agriculture. Remettre des brebis et des vaches dans les pâtures autour de Rodez est un premier pas», avance Noël Boissonnade, qui évoque la possibilité une fois les travaux de rénovation de l’exploitation du lycée (qui devraient démarrer en mai pour un montant de 2 millions d’euros), d’organiser des «week-end exploitation ouverte».

Les deux partenaires ne cachent pas leur envie de réaliser quelques panneaux d’information en bordure des parcelles afin d’informer les citoyens sur ce projet d’écopâturage, et pourquoi pas d’accueillir sur le site des écoles ou des centres de loisirs de Rodez.

Eva DZ

08 février 2018

SIA : Qui sont Florence et Thibaut Dijols, heureux propriétaires de Haute ?

Lorsqu’elle a déposé sa canditure pour être race à l’honneur au Salon de l’agriculture, l’UPRA Aubrac a sollicité par la même occasion, Florence et Thibaut Dijols, éleveurs à Curières pour la sélection de leur vache Haute, comme égérie du Salon parisien. Un honneur, une fierté pour ce jeune couple installé en GAEC avec Jeannette, la maman de Thibaut.

«Etre choisi pour représenter la race Aubrac est un honneur ! Une vraie fierté !», Thibault, installé depuis 2009, Florence son épouse installée depuis 2011 (dans le GAEC depuis 2016) et Jeannette, sa mère, ne cachent pas leur joie de voir leur vache Haute, égérie du prochain Salon de l’agriculture (lire sa présentation dans notre dernière édition).

«Lorsque l’UPRA Aubrac nous a proposé cette aventure, nous avons pris le temps d’y réfléchir ensemble parce que l’on savait que cela aurait un impact sur notre exploitation pendant plusieurs mois. Nous avons donc pris la décision collectivement», commente Thibaut. L’émotion est toujours perceptible dans la voix de ces éleveurs quant au choix de l’UPRA pour leur élevage : «C’est un grand plaisir de voir notre travail et celui de nos parents avant nous, pris en considération. Mais nous sommes conscients que derrière notre élevage, nous portons une race dans son ensemble et tout un territoire», souligne Florence.

A l’image d’ailleurs de la thématique choisie pour le Salon de l’agriculture 2018 : l’agriculture collective : «C’est à l’image de ce que nous défendons sur l’Aubrac : des acteurs locaux mobilisés, agriculteurs, artisans, commerçants, élus, monde associatif,... tous unis pour promouvoir leur pays. La race Aubrac est tout à fait dans cette thématique», poursuivent les éleveurs.

«Une fierté sans prétention»

«Pendant longtemps, nos prédécesseurs se sont battus pour maintenir la race Aubrac vouée à la disparition, aujourd’hui nous continuons le combat pour promouvoir son bel essor auprès des éleveurs et du grand public», enchaîne Thibaut. D’ailleurs dans les années 70, la race Aubrac n’était même pas invitée au Salon de l’agriculture !

Si la famille Dijols a été choisie, ce n’est pas complètement le fruit du hasard tant son implication dans les différents événéments de promotion de la race Aubrac et de leur territoire, sur l’Aubrac comme ailleurs, est importante, comme inscrite dans les gênes ! «Notre objectif est de rappeler les fondamentaux de la race Aubrac, si bien retranscrits avec Haute», avance le couple.

Haute a sa propre ligne téléphonique !

Thibaut et Florence savaient qu’ils se lançaient dans une aventure un peu particulière : «On nous avait dit que ce serait un gros défi ! Et depuis l’automne en effet, tout est allé crescendo !», confirment-ils. «Depuis la présentation de l’affiche, nous avons fait quelques déplacements à Paris, mais le deuxième coup d’accélérateur a été passé depuis janvier avec des sollicitations notamment des médias, quasi quotidiennes». Heureusement les deux éleveurs, qui possèdent désormais deux téléphones (le leur et celui de Haute !) sont bien encadrés par le service presse du Salon de l’agriculture, qui gère leur planning de rendez-vous. «Le temps passé est incalculable ! C’est une organisation de tous les instants sur la ferme avec l’appui de notre apprenti et dans notre vie personnelle puisque nous sommes sollicités même les week-ends ! Mais nous tenons à garder une journée par semaine pour «souffler» sur la ferme. Cela peut paraître paradoxal mais ça fait du bien de prendre une journée pour refaire les clôtures, retrouver tout simplement notre quotidien d’éleveurs !», sourit Thibaut qui apprécie aussi les entraînements de foot avec les copains.

Ce dernier est pourtant tout à fait à l’aise dans ce nouvel exercice de la communication : «c’est vrai j’aime bien parler et plus encore de la race Aubrac et de mon territoire !». Avec Florence, ils ont suivi une formation personnalisée sur la communication pour les aider à répondre aux médias sur le modèle de ce qu’ont vécu les 9 précédents propriétaires d’égérie du Salon. Et par le biais de l’UPRA Aubrac ils ont aussi participé à des formations dispensées par la Chambre d’agriculture du Cantal sur le discours envers les consommateurs et le grand public. «L’UPRA a souhaité que l’ensemble des éleveurs Aubrac présents au Salon puissent être formés de façon à répondre à toutes les sollicitations et à être plusieurs à pouvoir y répondre sans que tout soit concentré autour de Haute», précise Thibaut.

«C’est un vrai challenge, une expérience unique que l’on ne revivra sûrement pas, c’est d’ailleurs cela qui en fait toute la saveur ! Nous essayons d’y consacrer tout le temps possible pour ne pas décevoir tous ceux qui nous soutiennent et sont derrière la race Aubrac et notre territoire !», concluent Thibaut et Florence.

Eva DZ

Jusqu’au Salon de l’agriculture, La Volonté Paysanne consacrera plusieurs articles à Haute et ses éleveurs, Thibaut, Florence et Jeannette Dijols ainsi qu’aux diverses animations programmées autour de la race Aubrac pendant toute la durée du Salon.

08 février 2018

Marché ovin de Laissac : une vente au cadran efficace

Depuis le mois d’août, les responsables du marché aux bestiaux de Laissac ont initié une nouvelle forme de vente sur le marché ovins sous forme d’enchères au cadran. Une formule efficace puisqu’ils ont réussi à enrayer la baisse des apporteurs et à donner une nouvelle dynamique à ce rendez-vous hebdomadaire qui a attiré en 2017, plus de 3 500 visiteurs.

Le foirail ovin de Laissac a trouvé un nouvel élan depuis l’été. Mardi 6 février, les lots de brebis étaient nombreux et les éleveurs qui les entouraient tout autant, de même les acheteurs ont répondu présents. En fin de vente, on apercevait même des sourires sur les visages ... ! Pour la plus grande satisfaction des responsables du marché aux bestiaux de Laissac : «Il y a un nouvel état d’esprit, les sourires sont revenus», constate ravi Jean-Louis Puel, adjoint à la mairie et responsable du marché.

Pourtant le pari n’était pas gagné comme le rappelle le maire Claude Salles : «Sur la seule année 2017, nous avons perdu près de 20% des apporteurs, si nous voulions garder notre marché ovin, il nous fallait trouver une solution et vite !». Fort était en effet de constater que le marché de gré à gré ne séduisait plus les éleveurs apporteurs. Les responsables du marché ont donc cherché une formule différente, innovante. «Nous avons visité le marché de Mézières sur Issoire, en Haute-Vienne qui avait développé un logiciel permettant la vente au cadran. Nous l’avons quelque peu amélioré et adapté à notre marché», explique Jean-Louis Puel.

Des éleveurs - apporteurs satisfaits

A l’arrivée au marché, les lots sont pesés sur une nouvelle bascule dans laquelle a investi le marché, puis chaque lot est enregistré avant d’être mis un par un à la vente aux enchères. Les acheteurs, qui ont accepté de jouer le jeu, enchérissent par le biais d’un boîtier électronique. «Ce système est beaucoup plus efficace, il est aussi anonyme, ce qui est apprécié des apporteurs et des acheteurs au moment des enchères», complète Jean-Louis Puel. «Tout le monde s’est engagé pour que ça marche et nous sommes contents du résultat».

Une vente également plus animée, plus vivante, qui fait son effet puisque le marché ovin a réussi en quelques mois de mise en place de ce nouveau système, à enrayer la baisse des apports et accueille même des acheteurs de plus. Même sentiment positif du côté des éleveurs apporteurs. Thierry avait délaissé le marché depuis quelques années, n’y trouvant pas son compte dans la vente de ses brebis, aujourd’hui il y est revenu avec un lot de brebis : «La vente est beaucoup plus intéressante avec cette formule, il y a une réelle plus value pour les éleveurs», estimée à un euro environ par brebis. Même écho positif pour Guy : «la vente au cadran m’a plu, c’est un système bien adapté qui prend en compte la valeur de nos produits. Tout se déroule en toute transparence et nous n’avons plus besoin de «batailler» avec nos petits papiers avec les potentiels acheteurs intéressés». Il estime d’ailleurs que ce système de vente est adapté à la nouvelle génération : «les jeunes seront séduits par l’efficacité de la vente, il suffit simplement de dire oui ou non, finies les négociations sans fin !».

De nouveaux acheteurs présents

Les responsables du marché de Laissac sont donc satisfaits d’avoir tenté l’expérience : «en ovin, l’embellie reprend et en bovin (marché de gré à gré), nous enregistrons une hausse de 4% des apports en 2017», avance Claude Salles. «Notre marché est indispensable à l’économie locale, c’est un outil essentiel pour les filières, il se veut un lieu d’échanges, fonctionnel, sécurisé, avec une discipline de vente appréciée et de la traçabilité, réputé pour sa rigueur et une gestion sérieuse», poursuit le maire. Un message qu’il a rappelé aux acheteurs et apporteurs que la municipalité avait invité à un déjeuner d’échanges. «Une fois par an, la commission foires invite les acheteurs et apporteurs, tous les acteurs du marché hebdomadaire à nous retrouver autour d’une bonne table pour échanger, faire le point sur ce qui fonctionne et sur ce qui marche moins bien, dans un objectif unique de s’améliorer. C’est ainsi que les idées viennent», conclut Claude Salles.

Eva DZ

01 février 2018

La race Aubrac à l’honneur du prochain Salon de l’agriculture : Qui est Haute ?

Elle est la star du prochain Salon de l’agriculture, on ne voit qu’elle sur les grandes affiches du salon parisien. Dans trois semaines, elle accueillera les milliers de visiteurs à l’entrée du salon parisien. Rencontre avec Haute, vache Aubrac, égérie du SIA 2018.

Haute a 6 ans, elle a été baptisée ainsi à ses 3 ans, par les éleveurs qui l’ont vu naître, Thibaut, Florence et Jeannette Dijols.

Son père, Bijou, l’a précédé au Salon de l’agriculture puisqu’il y a décroché un deuxième prix en 2010. Sa mère c’est Venise.

Haute n’en est pas à sa première sortie. Si elle a été préservée en 2017 (le secret de sa sélection comme égérie du SIA a été bien gardé !), elle a multiplié les sorties en 2016 : au concours Généviande de Laissac, au Sommet de l’élevage, au concours cantonal de Laguiole, au SISQA à Toulouse.

Une descendance déjà remarquée !

Haute vient de produire son quatrième veau, Olympe, qui l’accompagnera à Paris. Ses premiers produits sont un mâle, sélectionné à la station d’évaluation de La Borie et vendu comme reproducteur aux enchères en Suisse et deux femelles, que Thibaut, Florence et Jeannette souhaitent conserver sur l’exploitation pour assurer le renouvellement du troupeau composé de 130 vaches. L’une d’elles, Mascotte, a terminé troisième lors du concours national Aubrac à Saint Flour en 2016.

Aubrac de la pointe des cornes au bout de la langue !

Haute possède tous les standards de la race : sa couleur froment, ses cornes en forme de lyre, ses yeux maquillés, les extrémités noires depuis le bout des cornes, jusqu’à la pointe de la queue, au bout de la langue, le museau, les sabots. Mais aussi son gabarit modéré, ses bons aplombs, son bon potentiel génétique. Les filles de Haute sont déjà des mères sur l’exploitation. Ses qualités maternelles, ses bons index,... «Le choix de Haute pour représenter la race Aubrac est celui de l’UPRA Aubrac qui voulait une vache répondant aux standards de la race et aux orientations qu’elle a choisies», précise Thibaut Dijols.

Pourquoi Haute et pourquoi la famille Dijols ?

«L’UPRA Aubrac nous a sollicité pour savoir si nous accepterions de proposer Haute comme égérie du Salon de l’agriculture. Il recherchait aussi un élevage dans le berceau de la race, dans une commune proche de Laguiole. Il était aussi soucieux de montrer une image jeune de la race Aubrac autour d’un couple», détaille Thibaut, qui s’est installé en 2009 en GAEC avec sa mère Jeannette. Puis sa femme, Florence les a rejoints en 2011.

Entre 5 000 et 6 000 clichés !

La grande aventure parisienne de Haute a démarré en août 2017 avec une très grosse séance de photos sur l’Aubrac. Elle a été sous les feux des projecteurs pendant de nombreuses heures : un photographe, un drône, un cameramen rien que pour elle ! A la sortie entre 5 000 et 6 000 clichés !

Des sollicitations au quotidien

Depuis le mois de décembre, et l’officialisation de l’affiche, Haute et ses éleveurs sont sollicités régulièrement mais depuis janvier, tout s’est accéléré puisqu’ils sont sur la brèche quasiment au quotidien. Ils reçoivent des médias locaux, régionaux et nationaux, des journaux, des magazines, des radios, des télés,... Ainsi que des élus locaux : le député Stéphane Mazars est fier de montrer Haute en photo sur son téléphone à l’Assemblée ! Et le maire de Curières Jean-Marie Cayla apprécie le retentissement national de sa commune !

Un planning digne d’un ministre que les éleveurs et Haute arrivent à gérer grâce au soutien du service presse du Salon de l’agriculture bien rôdé à l’exercice.

Haute accompagné d’Olympe, vivra son grand départ pour Paris, le 22 février après-midi sur le foirail de Laguiole avec tous les autres animaux Aubrac présents au Salon.

A Paris, elle sera en première ligne puisqu’elle accueillera les visiteurs à l’entrée du Salon, pas très loin de ses congénères. Etant donné ses nombreuses sollicitations pendant les 10 jours du Salon, elle ne participera pas au concours Aubrac.

Jusqu’au Salon de l’agriculture, La Volonté Paysanne consacrera plusieurs articles à Haute et ses éleveurs, Thibaut, Florence et Jeannette Dijols, installés à Curières, ainsi qu’aux diverses animations programmées autour de la race Aubrac pendant toute la durée du Salon.

Eva DZ

25 janvier 2018

Ovinpiades régionales : un Aveyronnais en finale à Paris

Organisée au lycée agricole de St-Gaudens, la 13ème finale des Ovinpiades des Jeunes Bergers d’Occitanie a réuni, le 18 janvier, 70 élèves, âgés de 16 à 24 ans, issus de 16 établissements d’enseignement agricole (lycée et CFAA de St-Gaudens, lycée de Saint-Affrique, lycée La Roque de Rodez, lycée Fonlabour d’Albi et CFA-CFPPA, lycée pro de Flamarens, lycée de Vic en Bigorre, lycée de Pamiers, lycée et CFPPA de Castelnaudary, lycée de Marjevols, lycée de St-Chély d’Apcher, CFAA de Marvejols, lycée de Figeac, CFAA du Lot.

A l’issue d’une compétition, très disputée, Valentin Bertrand du lycée agricole de St Affrique, Rémy Roux, Océane Benoit et Théo Buerle du CFAA du Lot sont qualifiés pour la finale nationale et représenteront les Meilleurs Jeunes Bergers d’Occitanie. Ils auront ainsi la chance d’espérer conquérir le titre national de Meilleur Jeune Berger 2018, samedi 24 février, au Salon International de l’Agriculture à Paris, sur le Grand Ring dans le Hall1.

Pour cela, ils ont dû se soumettre à des épreuves alliant théorie et pratique : l’évaluation de l’état d’engraissement et poids d’agneaux de boucherie, le choix d’un bélier, le parage des onglons, le tri de brebis avec lecture de boucles électroniques, la manipulation et l’évaluation de l’état corporel, le quizz et la reconnaissance des races.

25 janvier 2018

Conférence groupe COSE ! avec le philosophe Francis Wolff : «Faites le pari d’un discours vrai !»

L’amphithéâtre des Archives départementales à Rodez était comble vendredi 19 janvier pour recevoir Francis Wolff, philosophe qui étudie depuis plus de 20 ans le mouvement animaliste. Séduit par la démarche collective du groupe COSE ! qui entend prendre la parole face aux attaques sociétales de l’élevage, il a livré quelques conseils aux agriculteurs et représentants des organisations professionnelles agricoles et des filières de production, venus nombreux l’écouter.

«Ca nous est tombé dessus comme la grêle !» : les attaques sociétales contre l’élevage sont de plus en plus nombreuses et laissent les agriculteurs quelque peu désemparés. Le groupe COSE ! créé il y a un an, autour de plus d’une trentaine d’organisations professionnelles agricoles de l’Aveyron et sous la houlette de la FDSEA et des JA, se donne pour mission d’accompagner les agriculteurs dans la communication autour de leurs pratiques d’élevage. «La première étape c’est d’abord de comprendre l’évolution de la société qui peut être déconcertante», a résumé Joël Mazars, co-président du groupe. «Les agriculteurs bénéficient d’un capital confiance au sein de la société sur lequel ils doivent s’appuyer pour faire passer leurs messages», a complété Germain Albespy, qui co-préside le groupe à ses côtés.

Pour avancer dans cette compréhension des nouveaux comportements sociétaux, le groupe COSE ! a invité Francis wolff, philosophe, professeur émérite à l’Ecole Normale Supérieure qui depuis plus de 20 ans, étudie les «propres de l’homme», à savoir ce qui différencie l’homme de l’animal. Contrairement aux pays britanniques, la montée du mouvement animaliste ou welfarisme, c’est-à-dire de protection des animaux, est toute récente en France. «Rapidement, nous sommes passés d’un mouvement pour l’amélioration du bien-être animal à une lutte pour l’abolition de l’élevage», avance Francis Wolff. «Leur vision est claire : l’animal est une victime, l’homme est son bourreau. Il faut libérer les animaux de l’emprise humaine, l’élevage comme la domestication des chiens et des chats. La mode vegan est un des effets de ce mouvement révolutionnaire».

Les frontières de l’humanité sont de plus en plus floues

«Parmi les abolitionnistes de l’élevage, on retrouve les anti-spécistes, relayés par plusieurs intellectuels. Cette notion a été inventée par un philosophe australien, Peter Singer, qui considère qu’il existe une discrimination en fonction de l’espèce. La progression de cette idéologie vient de la croissance de l’urbanisation et de la disparition des animaux, des paysages. Avant la Première Guerre mondiale, il y avait deux types d’animaux : sauvages et domestiques. Depuis, deux nouvelles faunes sont apparues : les animaux de compagnie qui font désormais partie de la famille et les pauvres martyrs abattus dans les élevages industriels», résume Francis Wolff. «Comment voulez-vous que la réalité du monde animal puisse être comprise dans ce concept ?».

Les frontières de l’humanité sont de plus en plus floues : les confusions s’empilent du fait de la popularisation des thèses évolutionnistes (les éthologues démontrent que les animaux ont des systèmes de communication, d’émotion,...), la problèmatique écologique est associée à celle de l’élevage. Or si la cause écologiste est juste et légitime, elle entraîne une sacralisation de la nature, «un poison contre-productif, aussi absurde que de traiter la nature comme une poubelle».

Francis Wolff recentre le débat : «les animaux ne peuvent être traités comme des hommes dans la mesure où ils ne sont pas responsables, sinon il faudrait revenir au Moyen-Age lorsqu’on leur intentait des procès !». «La vie naturelle des animaux n’est pas paradisiaque : leur crédo est la survie face aux prédateurs, face à la faim, au stress, aux besoins sexuels,... l’élevage les libère de ses souffrances puisque l’éleveur a l’obligation de prendre soin de ses animaux, en leur donnant à boire, à manger, en les préservant du stress, de la souffrance et de la maladie».

Si ce mouvement animaliste a gagné la première bataille médiatique, Francis Wolff encourage les éleveurs à remporter la deuxième, la bataille de l’opinion : «les abolitionnistes sèment la confusion en faisant passer leur lutte comme celle des welfaristes, et face à eux, il n’y a personne pour leur répondre, sauf bientôt le groupe COSE !», a encouragé Francis Wolff.

Cela passe d’abord par l’appropriation de la notion de bien-être animal : «Au bien-être animal, je préfère la bien-traitance car on ne peut définir le bien-être d’une brebis mais on sait par contre comment on peut agir pour bien la traiter. La bien-traitance est à mon sens, l’affaire des éleveurs».

Activistes, militants, abolitionnistes

Les éleveurs sont face à trois publics : les activistes, militants, abolitionnistes avec lesquels il est difficile voire impossible de dialoguer, tant ils sont attachés à leur utopie révolutionnaire, il y a ceux qui suivent la mode, notamment les jeunes et puis il reste une grande majorité de personnes qui veulent simplement que les animaux soient bien traités et élevés dans les meilleures conditions. «Nous ne changerons pas la sensibilité contemporaine de ce souci du bien-être animal, en revanche, les consommateurs ne veulent pas arrêter de manger de la viande et veulent continuer à avoir leur chien ou leur chat à leurs côtés à la maison ! C’est vers eux que votre discours doit porter, en différenciant bien les animaux d’élevage, des animaux sauvages et des animaux de compagnie pour ne pas créer de confusion». Et d’argumenter : «nous ne pouvons pas élever les animau pour rien, il ne faut pas les chosifier, ni les personnifier».

La communication doit être à la fois rationnelle : «dire que les éleveurs s’occupent de leurs animaux depuis le début de leur vie et jusqu’à leur mort, ce soin apporté permet de produire une viande ou un lait de qualité. Sans oublier la mission des agriculteurs : nourrir la population». Mais aussi émotionnelle : «Nous ne voulons pas la guerre mais simplement pouvoir exercer ce métier que l’on a choisi par passion des animaux», ajoute Anthony Marre, éleveur aveyronnais, qui a fait l’amère expérience d’attaques sociétales sur les réseaux sociaux.

«Les médias sont prêts à entendre vos discours pour peu qu’ils ne soient pas corporatistes, parlez-leur de votre idéal, de votre amour des bêtes, de votre relation privilégiée avec les animaux, défendez vos idées, votre éthique !», a conseillé Francis Wolff. «En vous présentant comme un éleveur, vous serez écoutés car les consommateurs ne veulent pas d’un monde sans agriculteur». A la question, ce mouvement animaliste va-t-il durer ? Francis Wolff répond qu’il y aura du durable : «la nouvelle sensibilité à la cause animale est le fruit de l’histoire, de l’évolution des mœurs. Mais il y aura aussi de l’éphémère puisque ce mouvement de pensée suit un phénomène d’alimentation. Aujourd’hui la société mise davantage sur la qualité que sur la quantité».

En résumé pour Francis Wolff, c’est le discours de vérité des éleveurs qui primera : «Un discours direct, de proximité. Faites le pari de la vérité !».

Eva DZ

18 janvier 2018

13èmes Ovinpiades Jeunes Bergers : neuf Aveyronnais à la finale régionale

La finale départementale des Ovinpiades des Jeunes Bergers s’est déroulée jeudi 11 janvier au lycée agricole La Cazotte, à St-Affrique. Elle a rassemblé 28 élèves des lycées La Cazotte et La Roque (Onet-le-Château). Le jury était composé de représentants de groupements de producteurs et OPA de la filière ovine.

Les Ovinpiades des Jeunes Bergers, compétition organisée par Interbev Ovins et l’ensemble de la filière ovine, ont pour objectif de promouvoir le métier d’éleveur ovin et de susciter de nouvelles vocations auprès des élèves des établissements d’enseignement agricole. La 13ème finale nationale se déroulera, samedi 24 février, au Salon International de l’Agriculture à Paris, sur le grand ring dans le Hall 1. Seuls les meilleurs vont à Paris, après une sélection départementale puis régionale.

Quatre Occitans à Paris

Les neuf meilleurs élèves aveyronnais ont participé à la finale régionale programmée ce jeudi 18 janvier au lycée agricole de St-Gaudens (Haute-Garonne). A l’issue de cette finale régionale Occitanie, les quatre candidats arrivés en tête du classement iront conquérir le titre de Meilleur Jeune Berger de France 2018 à Paris. Ils représenteront l’Occitanie, face à 34 autres candidats venus des autres régions de France. Le dernier Aveyronnais à avoir participé à la finale nationale est Clément Condomine, 21 ans, qui avait terminé à la 5ème place en 2014. L’ancien élève de La Cazotte est aujourd’hui salarié sur la ferme du même établissement. Il faisait partie de l’organisation de la finale départementale.

Cette finale départementale s’est donc déroulée à La Cazotte, une semaine avant la régionale. Elle était encadrée par Christine Buisson, professeur de zootechnie, aux côtés du proviseur Gérard Parisot, en présence de professionnels, dont François Giacobbi (CDASA), Jean-François Cazottes, Thierry Agrinier et Alain Reynès (FDSEA), Mathilde Calmels (JA), Laurent Cavaignac (Inn’Ovin-Interbev Occitanie), avec comme autres membres du jury, des techniciens des OP, ELVEA, UNICOR, APROVIA, Sica2G, UNOTEC, Service élevage de la Confédération Roquefort, l’APLBR...

Filière dynamique

L’après-midi, dans l’amphithéâtre du lycée La Cazotte, Dominique Delmas, conseiller ovins à la Chambre d’agriculture, a fait le point sur la filière viande, et souligné sa bonne dynamique de production et de prix, devant de nombreux élèves. Il a indiqué qu’il était possible de dégager en 2016 un revenu annuel de 27 900 euros, avec 370 brebis, 1,8 agneau/brebis/an et 48 ha, soit 40 % de plus de revenu comparé à 2008. Les élèves ont échangé avec les quatre OP présentes, ELVEA, APROVIA, UNICOR et Sica2G. La proclamation des résultats, puis la remise des lots de la finale aveyronnaise, se sont déroulées en présence de Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture.

D.B.

Les Aveyronnais sélectionnés pour la finale régionale jeudi 18 janvier à St-Gaudens (photo ci-dessous) :

1 - Quentin Guilloux (La Cazotte).

2 - Vincent Rouquette (La Roque).

3 - Sylvain Galtier (La Roque).

4 - Maëliss Mérican (La Roque).

5 - Océane Pézet (La Roque).

6 - Mathilde Carrière (La Cazotte).

7 - Arnaud Bélière (La Roque).

8 - Valentin Bertrand (La Cazotte).

9 - Ludovic Vésy (La Cazotte).

18 janvier 2018

Interbev Occitanie : les vaches mangent des Chocapic ?!

Jeudi 11 janvier, les enfants de l’école élémentaire privée du Sacré Cœur à Millau ont pu faire le lien entre les produits alimentaires et l’élevage. Une initiative pédagogique d’Interbev Occitanie.

Un atelier pédagogique a eu lieu autour de l’équilibre alimentaire et de l’élevage dans les classes du CE1 au CM2. Le but étant d’informer les enfants sur ces deux thèmes tout en faisant le lien entre les produits alimentaires qu’ils consomment tous les jours et l’origine de ces produits.

Lors de l’animation, une diététicienne a présenté de façon ludique les 7 classes d’aliments. Elle a révélé aux élèves le secret des fibres alimentaires présentes dans les fruits et les légumes, le bienfait des protéines animales pour les muscles et l’utilité du calcium contenu dans les produits laitiers.

Un éleveur a quant à lui parlé des différentes familles des animaux de la ferme et notamment de leur alimentation. Cela a amené beaucoup de questions et d’affirmations assez surprenantes : «Le petit de la truie, c’est le porcinet !», «Le petit de la truie c’est le cochonnet !», «Les vaches mangent des céréales comme des Chocapic ?»… !

Cette animation organisée par Interbev Occitanie (Interprofession du Bétail et des Viandes en Occitanie) a lieu chaque année dans diverses écoles de la Région.

Les de la Région y ont gratuitement accès, il leur suffit de contacter l’interprofession au 05 61 75 29 40.

11 janvier 2018

Le philosophe Francis Wolff explique ce que veulent les végans

Un an après sa création, le groupe COSE ! qui œuvre pour «favoriser l’acceptabilité sociétale du développement agricole», propose une rencontre avec Francis Wolff, philosophe, qui travaille sur la cause animaliste, vendredi 19 janvier de 13h30 à 16h30 aux Archives départementales de Rodez.

Francis Wolff est professeur émérite de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris et auteur de nombreux ouvrages dont le dernier en date «Trois utopies contemporaines».

Quel est l’objet de vos travaux ?

F. Wolff : «Mon œuvre philosophique est variée. J’ai enseigné dans de nombreuses institutions françaises en France (Aix en Provence, Reims, Nanterre, Paris) et à l’étranger, en particulier au Brésil. Ma première spécialité est l’histoire de la philosophie ancienne. Mais depuis 20 ans, je travaille aussi sur une réflexion personnelle : les propres de l’homme. Il s’agit de traiter la question animale à travers celle de l’homme.

Une longue réflexion a abouti à un livre publié en 2010, Notre humanité qui retrace l’histoire des grandes révolutions de l’homme. De tout temps, les fondamentaux changent ainsi que la manière dont les hommes se définissent par rapport aux animaux. Et depuis le début du XXIe siècle, les repères continuent de bouger : la définition de l’humanité s’estompe pour des raisons culturelles, scientifiques, et donne une place nouvelle aux théories biologiques, aux sciences du cerveau entraînant une révolution scientifique et morale et une nouvelle considération de l’animal. Les organisations de protection animale sont submergées par de nouvelles revendications.

Aujourd’hui il n’y a plus de propre de l’homme. La définition de l’animalisme ouvre à la notion de droit de l’animal. Il faut s’en méfier, sinon en prendre conscience. Parce que désormais le regard porté à l’animal a changé.

Mon dernier ouvrage Trois utopies contemporaines, évoque ce sujet de société. Sans polémique, il explique simplement en quoi ces nouveaux phénomènes de société comme le veganisme, sont des utopies contemporaines. Il faut les comprendre.

Comment appréhender la problématique de la cause animaliste face à l’élevage ?

F. Wolff : Les organisations animalistes n’hésitent pas à prendre pour cible certaines activités qui ont lien avec les animaux : les chasseurs, les pêcheurs, les éleveurs,... Certains s’y étaient préparés comme les producteurs de foie gras souvent la cible des défenseurs de la cause animale mais la plupart sont victimes de ces excès médiatiques.

Le problème est que ces personnes font naître une confusion en jouant sur l’émotion, en publiant par exemple des vidéos qui heurtent la sensibilité. Mais rien n’est perdu car il ne faut pas confondre l’éphémère que constituent les grands succès médiatiques, la mode vegan, et ce qui est irréversible et s’inscrit dans la sensibilité contemporaine. Considérer par exemple en France que l’on fait de l’élevage industriel...

Que pensez-vous de l’initiative du groupe COSE ! en Aveyron ? En existe-t-il d’autres de ce type en France ?

F. Wolff : Au niveau national, je suis régulièrement sollicité par des initiatives de ce type. A la FNSEA, Christiane Lambert travaille sur cette thématique depuis plusieurs années et j’ai participé à divers événements autour d’éleveurs, d’élèves vétérinaires,... de syndicalistes, Les réflexions se multiplient car le monde de l’élevage prend conscience des dangers encourus face à cette montée en puissance de la cause animaliste.

J’ai accepté l’invitation de l’Aveyron parce que j’ai apprécié l’initiative collective menée sur le sujet. Une initiative excellente. Je pense en effet que rien ne vaut le débat de terrain appuyé sur des expériences concrètes. Les éleveurs pris dans les difficultés économiques de leur exploitation, n’ont pas vu le danger venir, pensant simplement à un phénomène de mode, très lointain de leur quotidien mais les attaques de plus en plus virulentes et directes les ont rappelés à cette dure réalité.

Quels conseils pouvez-vous donner aux éleveurs face à ces attaques ?

F. Wolff : On ne peut pas combattre ce qu’on ne comprend pas. Je pense donc que le premier service que je peux rendre, c’est comprendre ce phénomène, ses racines immédiates, politiques, morales. Pourquoi ce rapport nouveau à l’animal ?

C’est important de le savoir car on constate que les éleveurs ne comprennent pas leurs opposants qui sont des personnes généreuses, empathiques, pacifistes, universalistes mais ancrées dans une idéologie utopique dont il est difficile de sortir.

L’un des objectifs de mon intervention le 19 janvier sera d’apporter un éclairage sur les raisons de cette idéologie, le moment choisi, les personnes concernées, le contenu...

Nous avons affaire à des personnes radicalisées comme celles imbriquées dans une religion, une secte, ce qui rend toute discussion avec elles, extrêmement difficile.

Le plus grand conseil que je peux donner aux éleveurs c’est de s’emparer de la question du bien-être animal. Ils sont les mieux placés pour savoir ce que c’est que de soigner un animal, bien mieux que ceux qui les attaquent. Si les éleveurs ne le font pas, ce seront leurs adversaires, les anti-élevages qui se moquent bien des conditions d’élevage, qui s’empareront de la communication. D’autant qu’ils bénéficient du soutien des grands médias, de certains intellectuels et personnalités.

Les éleveurs doivent dire que la lutte pour le bien-être animal c’est leur affaire et non pas celle d’une poignée de militants qui considèrent de toute façon qu’il n’y a pas de bon élevage. Ce sera plus clair vis-à-vis du grand public.

Il n’est pas trop tard mais les éleveurs ont perdu la première manche. Il faut reprendre la main ! L’initiative du groupe COSE ! est un premier pas. Mais il aura aussi besoin de relais auprès des comités scientifiques, des institutions pour fédérer tous les acteurs concernés, je pense aux éleveurs, aux chasseurs, aux propriétaires de cirque, aux défenseurs de la corrida,...».

Recueillis par Eva DZ

11 janvier 2018

Première visite de terrain pour la nouvelle préfète

Les responsables agricoles de l’Aveyron (FDSEA-JA-Chambre d’agriculture) ont rencontré Catherine de la Robertie, nouvelle préfète de l’Aveyron, jeudi 4 janvier, sur une exploitation ovine de la commune de Roussennac, chez Sylvie et Antoine Stouff.

La nouvelle préfète de l’Aveyron, universitaire de formation, découvre le métier depuis le 2 janvier et l’agriculture aveyronnaise en même temps ! Accompagnée de Laurent Wendling, directeur de la DDT, elle a été reçue jeudi 4 janvier, près de Montbazens, sur l’exploitation de Sylvie et Antoine Stouff à Cabanous, commune de Roussennac. L’élevage compte 400 brebis laitières, avec un système autonome en fourrage sur une SAU de 70 ha. Ce GAEC livre son lait à la coopérative Sodiaal (hors AOP Roquefort). La ferme est très impliquée dans un projet collectif d’unité de méthanisation rassemblant des éleveurs du plateau de Montbazens (lire ci-dessous). Jacques Molières (Chambre d’agriculture), Dominique Fayel (FDSEA), Anthony Quintard (JA) ont accueilli la préfète en présence de nombreux élus locaux et départementaux, dont le président du Conseil départemental, Jean-François Galliard, le vice-président du Conseil départemental et de la commission agricole, Jean-Claude Anglars, la député Anne Blanc, les conseillers départementaux Lot et Montbazinois, Cathy Mouly et Bertrand Cavalerie, le maire de Roussennac, Guy Flottes, et celui de Montbazens, Jacques Molières, également président de la Communauté de communes de Montbazens. Jacques Molières a mis en avant la dynamique agricole aveyronnaise, «l’un des départements qui installent le plus d’agriculteurs». Guy Flottes, maire de Roussennac, a souligné l’essor démographique de sa commune proche de Montbazens, compatible avec le développement économique agricole.

Sylvie et Antoine Stouff ont expliqué à la préfète comment ils produisaient leur lait, avec une approche économique et sociale optimisée, en lien avec la CUMA. Ils ont également transmis à la préfète l’inquiétude des éleveurs face aux dénigrements et attaques sociétales, «l’agriculture bashing», désapprouve Antoine Stouff. «Cette situation est difficile à vivre pour les éleveurs qui font correctement leur métier» a-t-il confié, faisant référence à «l’affaire de la génisse volée» (VP du 28 décembre). «Un acte en effet inadmissible» a répondu la préfète, rappelant les investigations en cours de la gendarmerie.

Dialogue et compréhension

Catherine de La Robertie a exprimé sa satisfaction d’occuper son premier poste de préfète en Aveyron : «c’est ma première sortie et je suis déjà sur une ferme, au contact d’une agriculture d’élevage de qualité, dans un département classé dans le top 5 en nombre d’exploitations agricoles. Ma fonction sera animée par le dialogue, la compréhension, afin de décider les meilleurs actions possibles. J’ai été recteur d’académie en Normandie, et je suis au courant des difficultés du métier d’agriculteur, en lait de vache notamment. Cela est injuste. Je voulais travailler dans un département agricole, sur le terrain».

Dominique Fayel a enchaîné : «ce département se distingue par sa densité agricole, mais aussi sa culture du collectif, de la solidarité, et de la défense du territoire, avec une forme de patriotisme aveyronnais». Il a aussi défendu la profession : «nous voulons travailler dans la sérénité, loin d’une image romantique d’un métier, confrontée à la réalité brutale économique. En décalage avec l’expression du citoyen, l’image qu’il projette sur l’agriculture et son acte d’achat...». Le président de la FDSEA poursuit : «nous avons aussi une minorité d’illuminés, qui idéalisent la nature et considèrent les agriculteurs moins légitimes qu’eux pour parler de nos pratiques d’élevage !». Il a fait allusion aux «fake news» évoqués récemment par le Président de la République, lequel envisage un cadre législatif plus sévère dans le domaine de la circulation des fausses informations. La député Anne Blanc (La République en marche !) a dénoncé les actes de malveillances causant préjudice à la profession agricole, puis mis par ailleurs en avant l’importance des plans d’urbanisme concertés avec l’agriculture. «Ceux qui n’aiment pas le chant du coq ou le son des cloches ne doivent pas vivre à la campagne» a t-elle lancé. Evoquant les Etats généraux de l’alimentation, la député ajoute : «la prochaine loi doit avoir des effets sur le porte monnaie des agriculteurs».

Jean-François Galliard a lui aussi défendu l’agriculture départementale : «nous avons ici le condensé et la force d’un engagement collectif, mais aussi des inquiétudes nées de la déprise agricole. Je souhaite que l’Etat admette que ce département est aussi le vôtre Mme la préfète, pour travailler ensemble et avancer toutes et tous en même temps». Catherine de La Robertie a pris en compte tous ces messages avec la volonté apparente de s’impliquer avec enthousiasme dans sa nouvelle fonction. Elle a ensuite chaussé les bottes pour aller découvrir la salle de traite des brebis, avant de se rendre à la mairie de Montbazens.

D.B.

Méthanisation

Antoine Stouff a insisté sur le collectif agricole, à travers le projet de la SAS PROMETER qu’il préside, rassemblant plus de 70 agriculteurs désireux de créer une unité de méthanisation à Montbazens. «C’est un vrai projet d’entrepreneur, exemplaire, de transition écologique et solidaire, accompagné par les services de l’Etat, avec une garantie scientifique» a loué Catherine de La Robertie. «Bravo pour votre ténacité !».

«Le projet, dont la réflexion avait été initiée en août 2008» confie Antoine Stouff, a en effet demandé «sept années de travail assidu» pour mener à bien le montage du dossier réglementaire, en relation avec les services de l’Etat «qui nous ont bien accompagnés», selon l’éleveur. «Nous avons passé le cap administratif, et depuis février 2017, avons purgé tous les recours possibles, avec une communication partagée avec l’ensemble de la population», et les partenaires, l’Association Energies vertes agricoles du Montbazinois (avec les agriculteurs), ENERIA (expert-construction en production d’énergie), la Caisse des dépôts et consignation.

L’autorisation d’exploiter étant signée, la phase de financement est en cours avec un million d’euros de fonds propres apportés par les éleveurs. L’unité de méthanisation doit traiter environ 100 000 tonnes/an d’effluents d’élevage, plus des déchets des industries agroalimentaires partenaires, pour injecter dans le réseau collectif quelque 5 millions de m3 de biogaz. La première pierre devrait être posée durant l’automne 2018, pour une mise en fonction espérée en 2019-2020.

Le tour des filières

La profession agricole s’est réunie avec Catherine de La Robertie à la mairie de Montbazens. Le maire, Jacques Molières, lui a présenté les chiffres de la ferme Aveyron. Dominique Fayel a rappelé quelques points d’actualité, en premier lieu la zone vulnérable. Il a dénoncé la réglementation imposant «le rallongement des durées de stockage de lisier, nécessitant un investissement sans retour pour une contrainte sans utilité». Il a évoqué le dossier ICHN et le projet de réforme de la carte, et souligné les conséquences de la dernière sécheresse estivale dans le Sud-Aveyron, après des récoltes faibles. Il fut aussi question des lacs colinaires pour sécuriser les systèmes de production. S’agissant du loup, la profession agricole a repris les conclusions de l’INRA sur la non-protégeabilité des troupeaux. Selon la préfète, il faut être «créatif» dans le prochain plan loup (février ou mars). «Il est possible d’envisager une exception culturelle pour ce département en voie de colonisation», dans le cadre de la convention de Berne. Pour Jean-François Galliard, «ce problème du loup est un enjeu de société pouvant mettre en péril le cahier des charges de la filière Roquefort».

Dans le tour des productions, Michaël Chavatte (FDSEA) attend les effets positifs des Etats généraux de l’alimentation sur le prix du lait payé au producteur. Jean-Claude Virenque (UNICOR) a alerté la préfète sur les contraintes sanitaires liées à la FCO4 pour l’export des agneaux. En ovins lait, Patrick Géraud regrette «la perte de vitesse du Roquefort», mais a souligné la demande forte des éleveurs pour investir. En caprin lait, Christophe Estival a confirmé la bonne santé de la filière. En bovins viande, Dominique Fayel a détaillé le poids économique de la filière veaux d’Aveyron et du Ségala, des marchés exports, vers l’Italie ou les pays du Maghreb. Anthony Quintard a mis en avant la dynamique d’installations (128 en 2017). Philippe Viguier, vice-président Crédit Agricole Nord-Midi Pyrénées et Sabine Delbosc-Naudan, présidente-déléguée Aveyron MSA Midi-Pyrénées Nord ont clôturé les échanges.

04 janvier 2018

Aveyron : la nouvelle préfète déjà sur le terrain

Catherine Sarlandie de La Robertie a pris ses fonctions de préfète de l’Aveyron ce mardi 2 janvier, succédant ainsi à Louis Laugier nommé en Savoie. Elle était déjà sur une exploitation agricole ce jeudi 4 janvier pour y rencontrer la FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture.

Originaire de Courbevoie (Hauts-de-Seine), la nouvelle préfète de l’Aveyron est une universitaire de formation. Elle occupe son premier poste de préfet dans le cadre de la volonté du Président de la République d’ouvrir le corps préfectoral à la société civile, et aux femmes en même temps. Catherine Sarlandie de La Robertie, qui résume volontairement son nom à Catherine de La Robertie, «pour faire plus simple», découvre l’Aveyron depuis cette semaine. «Je me suis déjà entretenu évidemment avec mon prédécesseur Louis Laugier. Et j’entame dès cette semaine plusieurs rencontres avec des responsables aveyronnais», confie-t-elle.

Première rencontre agricole à Montbazens

Après les premiers rendez-vous programmés avec le maire de Rodez, Christian Teyssèdre, puis le président du Conseil départemental, Jean-François Gaillard, la nouvelle préfète de l’Aveyron a placé le secteur agricole au premier plan. Elle a rencontré les responsables FDSEA, JA et Chambre d’agriculture ce jeudi 4 janvier, sur l’exploitation ovine de Sylvie et Antoine Stouff à Roussennac, près de Montbazens, avant une réunion avec la profession agricole (1). «Je sais que ce département est celui de la filière Roquefort, de l’Aubrac avec ses vaches et son futur parc naturel régional. Le secteur agricole et agroalimentaire est important en Aveyron, et compte de nombreux éleveurs. Il fallait que je rencontre rapidement la profession dès mon arrivée». La préfète avoue ne pas connaitre le département, mais elle n’ignore pas l’origine de l’aligot «qui est fabriqué avec le fromage du pays !».

Entreprises et international

Catherine de La Robertie a également rencontré cette semaine les responsables de la Bosch, à Onet-le-Château, et se félicite que SAM Technologies, à Decazeville, «soit sauvée, suite à son rachat par des Chinois», en devenant Jinjiang SAM. Une langue chinoise qui figure parmi les langues parlées du Curriculum Vitae de Catherine de La Robertie, avec l’anglais, le russe, l’allemand et le japonais. Un CV dont la synthèse «se résume» à deux pages... : rectrice d’académie à Caen, directrice du pôle de recherche stratégie et économie d’entreprise et directrice du Master 2 stratégie et économie d’entreprise à la Sorbonne, chercheure associée CNRS-CREM (centre de recherche en économie et management), professeure des université es sciences de gestion université Paris 1, conseillère de Défense du préfet de Région Bretagne, colonel de gendarmerie (réserve citoyenne), sans compter les multiples responsabilités scientifiques internationales (Europe-Asie, Chine, Portugal...), etc... «Il faut savoir apprendre, se remettre en question, changer de métier parfois. J’ai en effet un parcours universitaire atypique, car j’aime m’investir dans beaucoup de choses» admet la préfète.

Travail et parole donnée

«Je suis quelqu’un qui a besoin d’action, du contact du terrain, et je remercie le Président de la République de me faire confiance avec cette nouvelle mission en Aveyron» dit-elle. «Cette marque de reconnaissance de la part du chef de l’Etat constitue pour moi un facteur de motivation». Elle poursuit : «je suis ici dans une belle région, dans un département qui a conservé les frontières de son ancienne Province, le Rouergue, avec de belles valeurs de travail et de la parole donnée. Et une identité forte, alliant tradition et modernité. C’est aussi une terre d’entrepreneurs». Elle glisse aussitôt : «le Président de la République veut que les préfets soient des entrepreneurs de l’Etat, c’est à dire une force de transformation par l’action sur le terrain». Et de conclure : «j’ai hâte de découvrir ce département connu par-delà les frontières, son patrimoine, sa gastronomie généreuse. C’est cette qualité de vie que je peux défendre, dans la sécurité afin de préserver la cohésion sociale».

D.B.

(1) La profession agricole a évoqué les productions aveyronnaises en général et les sujets d’actualité : la zone vulnérable, l’ICHN et les zones défavorisées, le dossier loup, l’installation… A lire dans notre prochaine édition.

28 décembre 2017

Le séchage en grange, technique dans l’air du temps

Depuis plusieurs années, on observe en Aveyron un important développement des installations de séchage en grange, porté par les nombreux atouts que cette technique présente. Toutefois, mettre en place un séchage en grange est un projet d’envergure, qui demande à être réfléchi et réalisé dans de bonnes conditions. La Chambre d’agriculture propose aux porteurs de projet un accompagnement sur mesure, à travers des conseils, de l’information et de la formation.

Depuis 2009, l’Aveyron connaît un engouement pour le séchage en grange de foin vrac, avec en moyenne une vingtaine de projets par an, qu’il s’agisse de nouvelles installations ou de l’agrandissement d’unités existantes.

Originaire des zones de montagne de la Suisse, de l’Autriche et de l’Est de la France (Jura, Savoie…), cette technique a pour but de conserver au maximum la qualité de l’herbe verte. Pour cela, l’herbe est récoltée à un stade précoce, le foin est engrangé avec un taux de matière sèche d’environ 55 à 60%, puis il est stabilisé après ventilation à 85% de MS.

Le temps de séchage au champ étant limité (en moyenne 48 h), tout comme les altérations chimiques et mécaniques qui dégradent la qualité du foin (effeuillage mécanique, UV...), les pertes en valeur alimentaire du fourrage sont minimisées.

De nombreux atouts

Les motivations des éleveurs pour cette technique sont multiples. Celle qui revient le plus fréquemment est de «faire du foin de qualité», suivie de la volonté «d’améliorer l’autonomie alimentaire et diminuer le coût alimentaire».

D’autres objectifs sont aussi affichés : augmenter la productivité de la prairie en commençant à faucher tôt ; faciliter la distribution ; augmenter la qualité du lait et avoir moins de risques sanitaires (listeria, butyriques), notamment pour la transformation de lait cru ; avoir des animaux en meilleure santé.

La technique du séchage en grange répond à ces motivations, aussi beaucoup d’éleveurs réfléchissent-ils aujourd’hui à mettre en place un tel projet sur leur exploitation. Cependant, c’est un projet majeur, aussi bien en terme d’investissement que de fonctionnement, et qui demande donc à être bien réfléchi.

Accompagnement pour les porteurs de projet

• Une formation spécifique. Pour tout savoir sur le séchage en grange avant de se lancer dans un projet, ou pour savoir comment piloter son installation, il est très utile de participer aux formations proposées chaque année sur le sujet. La première formation permet d’aborder la technique du séchage en grange pour ceux qui s’interrogent sur la mise en œuvre d’un projet chez eux : ce stage est prévu en début d’année, les 26 et 29 janvier prochains (voir encadré). La seconde formation traite de l’optimisation du pilotage d’un séchage en grange et de sa performance énergétique globale.

• Conseils pour concevoir ses installations. La Chambre d’agriculture accompagne les éleveurs pour les conseiller sur le dimensionnement et l’agencement de leur future installation de séchage. Il s’agit d’adapter de manière cohérente la taille des cellules aux besoins fourragers des troupeaux, à la SFP, aux rythmes de récolte souhaités. Ces volumes ont aussi des répercussions sur la taille du capteur solaire, les entrées d’air, la puissance des ventilateurs et l’aménagement précis des cellules (caillebotis, gaines, diffuseurs…).

• Un dispositif d’aide financière intéressant. Depuis 2015, la région Occitanie pilote le dispositif d’aide aux investissements agricoles PCAE qui permet de soutenir les projets de bâtiments d’élevage, de gestion des effluents et déjections, de salle de traite, de stockage de fourrage. Dans ce cadre, la Chambre d’agriculture vient en appui aux éleveurs pour les aider à monter leurs dossiers de subvention et pour réaliser les études techniques nécessaires à l’instruction des demandes d’aides : diagnostic énergie, étude gestion des effluents et déjections.

Benoit Labascoule, conseiller énergie

Chambre d’agriculture

14 décembre 2017

Concours de jugement d’animaux par les jeunes (CJAJ) : dix Aveyronnais en finale à Paris

Mercredi 6 décembre, les lycées agricoles de Rodez La Roque et de La Cazotte à St Affrique organisaient les finales départementales des Concours de Jugement d’Animaux par les Jeunes (CJAJ) pour l’espèce bovine à La Roque et pour les espèces ovine et équine à La Cazotte. Dix jeunes se sont sélectionnés et représenteront le département à la finale nationale au Salon de l’agriculture 2018.

Environ 100 jeunes à La Roque et 165 à La Cazotte ont participé aux trois compétitions départementales de jugement d’animaux (bovins, ovins et équins). Ces jeunes de 15 à 25 ans sont de plusieurs niveaux, lycéens, étudiants, apprentis de l’enseignement agricole.

Quelle que soit l’espèce, ce concours permet de valoriser l’aptitude des jeunes, au pointage et à l’appréciation morphologique des animaux. Ainsi, ils sont sensibilisés à l’importance de la description et de l’appréciation morphologique des animaux dans le travail de sélection et pour le revenu de l’éleveur.

Cette expérience pratique vient aussi appuyer les actions de formation professionnelle réalisées dans ce domaine aussi bien par les Organismes de Sélection et syndicats de races que par les établissements d’enseignement agricole, les instituts techniques, les établissements départementaux de l’élevage.

L’épreuve du CJAJ est appelée trophée du meilleur pointeur de race (TMPR). En races bovines (laitière ou allaitante), chaque élève juge deux vaches appartenant à une des quatre races au choix : Aubrac, Limousine, Montbéliarde ou Prim’Holstein. Leur pointage est comparé à celui d’un jury de professionnels.

Les 6 meilleurs pointeurs des races bovines représentent l’Aveyron au Concours Général Agricole lors du Salon International de l’Agriculture à Paris (du 24 février au 4 mars 2018).

Au lycée agricole La Roque, la finale départementale du Concours de Jugement d’Animaux par les Jeunes (CJAJ) pour l’espèce bovine a rassemblé 105 jeunes issus de quatre établissements de l’enseignement agricole aveyronnais (Rodez La Roque, CFPPA La Roque, Pôle de formation de Bernussou, MFR Naucelle).

Le podium des lauréats en races bovines

Dans chaque race en compétition, Prim’Holstein, Montbéliarde, Limousin et Aubrac, les trois premiers ont été récompensés :

Prim’Holstein :

1- Marie Brast - LEGTA La Roque

2- Théo Delagnes - LEGTA La Roque

3- Julien Albouy - LEGTA La Roque

Limousin :

1- Rémi Besse - pôle de formation de Bernussou

2- Anthony Vigignol - pôle de formation de Bernussou

3- Jean-Marie Delbez - pôle de formation de Bernussou

Aubrac :

1- Gauthier Nolorgues - LEGTA La Roque

2- Tony Trepsat - LEGTA La Roque

3- Pierrick Arvieu - pôle de formation de Bernussou

Montbéliarde :

1- Margot Rouquié - LEGTA La Roque

2- Fabien Puech - LEGTA La Roque

3- Axel Poulhès - LEGTA La Roque

Six d’entre eux sont qualifiés pour la finale nationale au Salon de l’agriculture à Paris : Marie Brast, Rémi Besse, Anthony Vigignol, Tony Trepsat, Gauthier Nolorgues, Margot Rouquié.

Les quatre lauréats en ovins et équins

Quant à la finale départementale du concours de jugement d’animaux par les jeunes pour les espèces ovines et équines, elle s’est déroulée le 6 décembre au lycée La Cazotte.

Ils étaient 83 participants à la finale départementale en ovins et 82 en équins.

Pour les ovins, les deux finalistes sont Ludovic Vesy et Valentin Bertrand, tous les deux étudiants à La Cazotte.

Et en équins : Carla Gineste du lycée agricole La Roque et Annabelle Fourcade, étudiante au lycée agricole de La Cazotte.

Ces quatre finalistes monteront donc à Paris lors du SIA pour participer à la finale nationale et ainsi défendre les couleurs de l’Aveyron.

Les enseignants et responsables des établissements agricoles participants ainsi que l’ensemble des partenaires dont les organismes de sélection et les syndicats de races, souhaitent bonne chance pour l’épreuve finale.

EvaDZ (source lycée agricoles La Roque et La Cazotte)

07 décembre 2017

Trophée national des lycées agricoles (TNLA) : une première pour le lycée La Roque !

Pour sa première participation au Trophée national des lycées agricoles (TNLA) au prochain Salon de l’agriculture à Paris, le lycée La Roque a mis la barre haute. Trois étudiants de BTS PA 2e année sont mobilisés pour coacher six de leurs collègues (+ 2 suppléants). L’aventure a démarré !

Jérôme et Edgar ont participé au Trophée national des lycées agricoles en 2015 au Salon de l’agriculture, dans leur lycée. Marqués par cette expérience, ils ont voulu la partager en arrivant cette année, au lycée La Roque. Rejoints par Sarah, pour leur PIC (projet initiative et communication), ils ont décidé de coacher une équipe de 6 jeunes du lycée (+2 suppléants) car ils ne peuvent participer deux fois au Trophée. «C’est une expérience inoubliable que l’on vit collectivement et qui apporte beaucoup dans notre parcours», avancent Jérôme et Edgar. «Nous avions envie de la revivre et de la faire connaître dans le lycée La Roque que nous venons de rejoindre et qui n’y avait jamais participé».

Sarah, Edgar et Jérôme ont donc mis au point un jury de sélection pour composer l’équipe de jeunes qu’ils vont coacher pour ce trophée. Affiches dans le lycée, interventions dans les classes pour présenter l’événement,… ils ont réussi à convaincre 25 candidats de tous niveaux confondus, filles et garçons. Un jury composé de professeurs techniques, du chef d’exploitation et des trois étudiants du PIC, a sélectionné la meilleure équipe (6 titulaires et 2 suppléants).

Ainsi Floriane, Océane, Volodia, Xavier, Gauthier, Estelle, Léa et Emmy coachés par Sarah, Edgar et Jérôme forment le collectif des Avey’Roquenais pour le Trophée national des lycées agricoles 2018. Ils sont en BTS PA 1ère année, suivent la nouvelle formation «Devenir ingénieur par le bac pro» ou sont en 1ère ou terminale STAV option productions agricole. Tous ont été séduits par cette aventure collective : «c’est un travail d’équipe où chacun est force de propositions», avance Océane. Beaucoup apprécient aussi cette expérience au Salon de l’agriculture à Paris. «Notre équipe a un beau profil avec des compétences diverses et complémentaires», avance Edgar.

L’équipe et sa vache Aubrac Idylle, suitée

Ce projet nécessite en effet, une certaine polyvalence, il se décline en plusieurs volets. L’épreuve n°1 porte sur la communication (création d’une affiche sur le thème du salon «l’agriculture : une aventure collective», réalisation d’une page facebook déjà ouverte : «Le collectif Avey’Roquenais» https://www.facebook.com/collectifaveyroquenais, décoratiaon de la stalle au Salon).

L’épreuve n°2 consiste dans la manipulation d’un bovin (de l’exploitation du lycée) en toute sécurité. L’équipe a choisi sa vache Aubrac Idylle, qui vient tout juste de mettre bas (le nom du petit veau est encore en débat mais il commencera par la lettre N). Sa présentation en anglais et en français devant un jury au Salon, sera l’objet de l’épreuve n°3. Enfin la dernière épreuve évaluera l’implication des jeunes sur le salon, cela passe par leur comportement lors de l’événement et tout au long de la semaine.

«Choisir une vache Aubrac nous met bien dans le sujet puisque le Salon met à l’honneur cette race mais c’est aussi une pression ! Nous devrons bien faire !», sourient les jeunes. Pour les aider à relever le défi, l’équipe s’appuie sur les conseils de leurs enseignants, Carole Bes, enseignante en agronomie, Jérôme Hercouët, le chef d’exploitation du lycée, M. Letournel qui suit les jeunes pour leur PIC,… «L’aventure ne se joue pas qu’à Paris, nous l’avons d’ores et déjà démarré avec notre page Facebook, la recherche de sponsors (lire encadré), l’élaboration de notre affiche et bien sûr le soin apporté à notre égérie, Idylle !», poursuivent les membres de l’équipe. Un seul objectif : gagner !

La pression est en effet grande pour tous puisqu’il s’agit de la première participation du lycée La Roque dans ce Trophée. Une expérience qui ravit son directeur, Noël Boissonnade qui a déjà vécu cette expérience du TNLA dans un autre établissement : «je suis vraiment fier que La Roque participe à ce Trophée, cela manquait à la notoriété de notre établissement», sourit-il. «Cette épreuve demande une grande implication des jeunes accompagnés de leurs enseignants. l’important c’est de donner le meilleur de soi, de ne pas avoir de regret et si la victoire est au bout c’est encore mieux !», a-t-il encouragé, apportant tout son soutien à l’équipe.

Eva DZ

30 novembre 2017

Association Prim’Holstein Aveyron : Stéphane Le Foll devant plus de 150 éleveurs laitiers

Stéphane Le Foll était l’invité de l’association Prim’Holstein Aveyron à l’occasion de sa traditionnelle journée technique. Plus de 150 éleveurs laitiers sont venus écouter l’ancien ministre de l’agriculture, aujourd’hui député européen et membre de la commission de l’agriculture et du développement rural, lundi 27 novembre.

Un cadre inédit pour accueillir un ancien ministre de l’agriculture ! L’association Prim’Holstein Aveyron a invité Stéphane Le Foll à venir échanger avec plus de 150 éleveurs, le 27 novembre à la discothèque Le Privilège à Onet le Château.

Pendant près de 2h, le député européen et membre de la commission de l’agriculture et du développement durable a échangé avec les éleveurs sur «le rôle des responsables politiques au cœur de la crise face aux géants de l’industrie laitière et de la distribution», une crise qu’il a vécue de près lorsqu’il était aux affaires agricoles sous l’ère François Hollande.

Il en a donné les raisons et quelques éléments d’explication, n’hésitant pas à aborder quelques anecdotes qui permettent de mieux comprendre les arcanes d’un gouvernement et surtout ses marges de manœuvre. «Lorsque la fin des quotas a été effective en 2015, le marché laitier s’est ouvert et a été tenté par la conquête du marché chinois, considéré comme le Pérou ! La production s’est emballée, le marché chinois s’est retourné deux ans plus tard et les ennuis ont alors commencé !».

Les raisons de la crise

Stéphane Le Foll est revenu longuement sur l’augmentation de la production de lait en Europe : «les débats ont été durs pour arriver à ne pas faire augmenter la collecte de plus de 1% par an et comme à chaque fois, nombre de pays sont passés outre, atteignant parfois 6% de hausse !», se souvient-il. Il se remémore aussi les pressions qu’il a subies pour ne pas voter les sanctions envers ceux qui dépassaient le seuil : «La France a respecté la feuille de route et j’ai tenu bon pour que des sanctions soient prononcées envers ceux qui ne la respectaient pas parce que cet emballement de la production pénalisait le marché et le prix».

«Il faut savoir que les pays n’ont pas tous la même philosophie. En Allemagne, c’est le marché qui prime sur le reste, c’est lui qui doit équilibrer l’offre et la demande. Comme aux Pays-Bas, ils ont une vision de commerçants et non de producteurs», souligne Stéphane Le Foll. Le temps est un facteur important sur la scène européenne et internationale : «il a fallu du temps pour changer la stratégie du 1% par an de hausse de production, il a fallu du temps pour mettre en place les interventions et enfin il a fallu du temps pour que la production soit freinée, et en attendant le prix aux producteurs souffre et même si les producteurs français ont été les bons élèves, ils ont quand même souffert car le problème ne peut être résolu qu’à l’échelle européenne».

La clé du mix laitier

Le prix mondial du lait est fixé par rapport à la poudre de lait. «Le mix laitier c’est ce que les industriels transforment. Ils s’ajustent sur le prix mondial et achètent la matière première au même prix qu’ils transforment aussi bien en lait, en yaourts, en fromages... Où va la marge ? A cela il faut ajouter la baisse du prix du pétrole, le crédit d’impôt compétitivité emploi aux entreprises... Je vous le dis, la crise ce n’est pas pour tout le monde !», ironise l’ancien ministre de l’agriculture. «Certains avaient sûrement de bonnes (ou de mauvaises) raisons de cacher leurs chiffres !». Même s’il convient que certaines industries laitières sont en difficulté : «la position d’un ministre n’est alors pas aisée dans ce contexte parce qu’il faut aussi penser aux entreprises françaises, de la production à la transformation».

Stéphane Le Foll ne ménage pas plus les distributeurs. «A la veille du Salon de l’agriculture, les pressions étaient nombreuses alors que se tenaient les négociations des contrats commerciaux entre industriels et distributeurs ! Dans un contexte de la politique du prix le plus bas !». L’ancien ministre de l’agriculture évoque bien la loi Sapin 2 qui oblige les acteurs de la filière à plus de transparence dans le prix et les négociations commerciales mais elle ne résout pas tout. «L’organisation au sein de la filière laitière est une nécessité, au sein aussi des associations de producteurs. Il n’y aura pas de sortie positive sans davantage de transparence dans les négociations commerciales pour valoriser les produits et répercuter cette valorisation aux producteurs», poursuit Stéphane Le Foll. «C’est ce qui vous permettra de vous démarquer du prix mondial basé sur des produits standards à faible valeur ajoutée», a-t-il conseillé.

L’agroécologie en cheval de bataille

La régulation de la production à l’échelle européenne par les responsables politiques et les syndicats agricoles, l’organisation collective des producteurs dans la filière sont les clés de réussite pour Stéphane Le Foll qui encourage aussi les producteurs à limiter leurs investissements prenant l’exemple de l’optimisation du matériel en CUMA, le partage du travail en GAEC. «La spécificité agricole du rapport au foncier peut constituer un frein, nous sommes dans un cadre de petites structures avec des capacités financières dignes de l’industrie lourde ! Le besoin de capitaux doit être moindre pour enclencher le processus de production plus facilement». En cela, les GIEE peuvent être un outil de mutualisation des pratiques. La notion d’agroécologie, chère au cœur de l’ancien ministre de l’agriculture, peut aussi être une piste : «Nous pouvons produire en tirant le meilleur parti de l’écosystème», évoquant la bio-économie, la diversité des sols, la mutualisation des assolements, la méthanisation,...

Eva DZ

16 novembre 2017

Journée pâturage à Flavin : un pâturage performant, c’est possible !

Chaque année dans le cadre de l’opération Agri Viaur, le syndicat mixte du bassin versant du Viaur organise une journée thématique en partenariat avec la Chambre d’agriculture. Elle avait lieu vendredi 10 novembre à Flavin sur la gestion performante du pâturage.

«De plus en plus d’agriculteurs se tournent vers le pâturage, l’herbe revient au cœur des discussions dans la gestion des exploitations», entame Maxime Rigal, co-président avec Nadine Vernhes de l’opération Agri Viaur. «L’herbe est la principale ressource dans la majorité des élevages aveyronnais et le pâturage est le moyen le plus simple de la valoriser d’un point de vue économique mais aussi environnemental puisqu’il limite l’érosion des sols, le lessivage par les nitrates, l’utilisation de produits phytosanitaires,...», complète Benoît Delmas, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture.

De plus en plus d’agriculteurs adeptes du pâturage

La demande des agriculteurs de l’Aveyron est grandissante quant à la gestion optimisée du pâturage. En 2017, huit groupes de formation se sont retrouvés pour parler du pâturage tournant. D’autres formations sont déjà prévues pour 2018. D’où l’idée partagée avec le syndicat mixte du bassin versant du Viaur de proposer une journée en commun sur cette thématique ouverte à tous les éleveurs intéressés. Organisée dans le cadre de l’opération Agri Viaur, cette journée a rassemblé plus de 80 participants, éleveurs, techniciens et étudiants, vendredi 10 novembre à Flavin.

Les participants ont écouté avec beaucoup d’attention, le spécialiste invité pour l’occasion : Bertrand Cailly ancien chef d’exploitation dans un lycée agricole de Nancy où il a expérimenté le pâturage exclusif. «Je suis venu partager mon expérience sur le pâturage en conditions séchantes un peu comme chez vous !», a-t-il introduit. «Dans un paysage de grosses structures sociétaires dans la région de Nancy, nous avons fait le pari de l’économie de gamme pour notre élevage de 80 vaches laitières dans un lycée agricole. Nous avons fait le choix d’une production maintenue à 400 000 litres de lait, plutôt que de doubler, en diminuant de moitié les charges liées à l’alimentation», poursuit le spécialiste.

L’humain a été au cœur de la démarche puisque l’idée était de maintenir la main d’œuvre salariée sur la ferme (deux salariés et un apprenti) et de l’impliquer au maximum dans ce nouveau système. «Ce fut l’une des conditions de réussite !», selon Bertrand Cailly.

Un système autonome et économe

La ferme de ce lycée agricole en région Lorraine valorisait 280 ha de SAU dont 140 ha de pelouses calcaires dédiés au troupeau de 200 brebis, 50 ha de cultures et 90 ha en herbe (prairies temporaires à 75% et prairies permanentes). «Notre structure devait équilibrer financièrement son fonctionnement. En 2005, nous avons fait le choix de nous orienter vers un système économe et autonome sur la base d’une cohérence globale entre l’homme, le sol, la plante et l’animal», a expliqué Bertrand Cailly. Il a fallu du temps certes mais le résultat est au rendez-vous puisque les charges opérationnelles ont baissé de 50 000 euros pour un même produit brut. «Nous avons avancé pas à pas en mettant en place les évolutions au fur et à mesure de l’amélioration économique», détaille Bertrand Cailly. «L’objectif était bien de mettre en œuvre des alternatives économiques crédibles pour développer l’EBE, rémunérer la main d’œuvre et investir». Les investissements en bâtiments et matériels sont désormais financés uniquement par l’activité de production, de même que la rémunération des deux salariés et d’un apprenti qui n’est pas une variable d’ajustement.

L’exploitation a aussi travaillé sur le développement de l’agroforesterie puisqu’autour du pâturage elle a créé de l’ombre avec des arbres pour les animaux, elle a géré avec des haies, le cloisonnement des paddocks à pâturer. «Ce n’est certes pas une activité à part entière mais nous avons augmenté notre production de biomasse», poursuit Bertrand Cailly qui n’oublie pas l’action pédagogique derrière ce projet. «C’est important aussi de montrer aux jeunes, le rôle de la photosynthèse». L’exploitation a arrêté la culture du maïs et a stoppé également le labour. «Nous misons sur le mélange variétal avec une dizaine d’espèces, là encore pour diminuer les charges opérationnelles de mécanisation».

Une marge brute de plus de 1 000 euros par vache

Economiquement, même si le niveau de production a baissé à 6 000 litres par vache (contre 9 000 auparavant), les hectares mis à disposition de la SFP lait n’en sont pas moins performants. La marge brute par ha de SFP est de 1 150 euros, 1 290 euros par vache et 79 000 euros par UTH. Sans oublier un coût de concentré bien réduit à 14 euros/1 000 litres (autour de 300 à 400 kg par vache). «Intensifier la productivité des prairies par des techniques de pâturage adaptées s’avère judicieux économiquement. Les résultats économiques pour ceux qui s’investissent bien dans un système de pâturage sont bien réels», conclut Bertrand Cailly. Il n’exlut pas non plus le développement de nouvelles technologies pour aider les éleveurs à diminuer le temps passé à la gestion de l’herbe par des mesures précises de hauteurs d’herbe, des densités réelles instantanées, la mesure de l’ingestion réelle ou de l’efficacité alimentaire...

Ce partage d’expériences peut permettre aux agriculteurs de tirer la meilleure valorisation possible de leurs prairies.

Eva DZ

16 novembre 2017

Race Aubrac : en haut de l’affiche du prochain SIA

Haute c’est son nom, tiendra le haut de l’affiche du prochain Salon de l’agriculture du 24 février au 4 mars. Depuis 1993 la race Aubrac n’avait pas été à l’honneur du grand salon parisien et c’est une première pour une vache. L’égérie de 6 ans a été sélectionnée dans l’élevage de la famille Dijols à Curières. La réaction d’Yves Chassany, président de l’UNION et de l’UPRA Aubrac.

- Le Salon de l’agriculture a officialisé mercredi 15 novembre, Haute, vache Aubrac comme égérie de sa prochaine édition. Quel est votre sentiment ?

Y. Chassany : «C’est une reconnaissance du travail engagé par les éleveurs Aubrac depuis plusieurs décennies. Depuis 1994 et le centenaire du livre généalogique, depuis 2008 et notre premier concours national dans le cadre du Sommet de l’élevage et depuis l’année dernière et notre Semaine européenne des races de massif à St Flour, les éleveurs Aubrac ont beaucoup appris, dans le dressage et la présentation de leurs animaux, dans la qualité en général et dans la communication. Ensemble nous allons apprendre à aller vers la société pour apporter des réponses qui compteront pour l’avenir de nos zones rurales. Cette candidature retenue pour l’égérie du Salon de l’agriculture est une vraie satisfaction pour l’ensemble de la race et une reconnaissance du chemin parcouru.

- Ce n’est pas une première pour la race Aubrac ?

Y. Chassany : En effet, la race Aubrac a été une fois à l’affiche du Salon de l’agriculture avec un taureau de l’élevage Mathieu à Laguiole mais c’est la première fois qu’une vache Aubrac a été choisie comme égérie. Et ces dernières années, cette star est particulièrement mise sous les projecteurs des medias en particulier avec l’essor d’internet et des réseaux sociaux. Cette candidature nous la devons à mon prédécesseur, Henry Peyrac, qui l’avait déposée il y a deux ans.

- Cette mise en avant jusqu’au Salon et pendant les huit jours de l’événement parisien va apporter une certaine lumière à la race. Quels sont les enjeux pour l’Aubrac ?

Y. Chassany : J’en vois plusieurs. Cette exposition est d’abord un vrai challenge à relever parce qu’elle demande pour l’élevage de l’égérie, en l’occurence la famille Dijols à Curières, une mobilisation quasi quotidienne tant les sollicitations seront nombreuses. L’Aubrac va franchir un stade dans sa communication sur la race et ses atouts, ses signes officiels de qualité et la valeur ajoutée amenée aux territoires. Nous en profiterons pour porter un message fort sur le rôle de l’élevage dans les territoires. Un territoire Aubrac qui est d’ailleurs largement associé à cet événement. Nous ne manquerons pas de communiquer le lien étroit qui existe entre l’élevage et notre gastronomie, notre tourisme, nos activités artisanales,... La race est lien de manière indéfectible à son territoire et inversément.

Enfin nous porterons un certain nombre de messages aux élus et aux responsables professionnels sur la place déterminante de l’élevage dans le maintien de la vie économique sur les territoires mais aussi de la préservation de l’environnement et du développement de l’emploi. Cet événement tombe au bon moment pour la race Aubrac parce que nous sommes passés de 100 000 vaches en 2000 à plus de 200 000 aujourd’hui. Les éleveurs Aubrac où qu’ils soient en France ont besoin d’être accompagnés. Au bon moment aussi parce qu’il correspond à la prochaine labellisation du Parc naturel régional de l’Aubrac dans laquelle la race Aubrac est pour beaucoup, elle figure d’ailleurs sur le logo du futur PNR. Sur ce territoire labellisé et reconnu comme faisant partie de l’excellence, l’activité de l’élevage et l’agriculture en général donnent toute leur qualité aux paysages et contribuent à la préservation de l’environnement.

Enfin à l’heure où la société s’interroge beaucoup sur l’élevage et la consommation de viande, l’Aubrac comme d’autres races, à travers ses pratiques d’élevage, ses démarches de qualité, porte un discours rassurant auprès des citoyens et des consommateurs. En œuvrant pour l’optimum plutôt que pour le maximum pour nos vaches, en misant sur une conduite basée sur l’herbe, nous sommes en mesure d’apporter des réponses aux questions de la société».

Recueillis par Eva DZ

26 octobre 2017

Remise en cause de l’élevage : maintenir le dialogue

Le Groupe COSE ! (contre les oppositions sociétales à l’élevage) réunit toutes celles et ceux qui veulent reprendre la parole pour défendre le secteur d’activité agricole. Ouvert à tous, il est composé de plusieurs cellules de travail sur différentes thématiques auxquelles chacun peut apporter sa contribution : filières et partenaires, témoins et experts, sujets sensibles, réseaux sociaux, interpellations médiatiques, formations, chartes rurales, enseignement. Explications des enjeux de ce groupe avec ses participants.

Huit cellules d’action

Filières et partenaires

Marc Ferrieu (Crédit Agricole de Cassagnes-Begonhès). «Nous voulons rassembler toutes les filières et les OPA de l’Aveyron dans ce groupe qui veut être une sorte de «baromètre» face aux oppositions sociétales qui réagissent face aux dossiers concernant le loup, les abattoirs, les projets de porcheries, d’élevages de canards, etc. C’est donc un groupe qui opère une veille sur tous ces sujets sensibles.?Il est composé de personnes très motivées !».

Témoins et experts

Bernard Lacombe (président de FODSA-GDS 12) : «Cette cellule a pour objectif de mettre en réseau les organismes qui interviennent sur le sujet du bien-être animal. Le GDS 12 est le premier interlocuteur des pouvoirs publics lorsque sont détectés des cas de maltraitance sur une exploitation. La structure se devait donc de participer à ce groupe de travail, qui pourra accompagner les éleveurs en difficulté qui le souhaitent. L’autre objectif est de mettre l’expertise de chacun des participants au profit des personnes qui se retrouvent sous les feux médiatiques à propos de sujets sensibles».

Interpellations médiatiques sur des sujets sensibles

Joël Mazars et Germain Albespy : «Les polémiques liées à l’agriculture alimentent abondamment la sphère médiatique. Certains agriculteurs ou autres acteurs du milieu agricole peuvent se retrouver à témoigner dans la presse sur des sujets plutôt sensibles. Avec l’appui du réseau de la cellule «Témoins et experts» et de nos organisations nationales, nous souhaitons créer un outil à disposition des personnes interviewées, afin qu’elles puissent préparer leur intervention et avoir accès à des données techniques et scientifiques compréhensibles. Nous proposons aussi un debriefing pour accompagner jusqu’au bout ces témoins pas toujours familiarisés avec ce type de prise de parole».

Réseaux sociaux

Anthony Quintard (co président de JA Aveyron) : «Aujourd'hui la majorité des 15-35 ans considère les réseaux sociaux comme une source d'information. A l’instar des détracteurs de l’agriculture, nous nous devons nous aussi d'être présents, mais plutôt dans une communication positive, mettant en avant nos activités quotidiennes. L’objectif de la cellule est d’accroître la communauté des agriculteurs connectés, et de proposer une méthodologie pour une communication efficace, afin d'être vus et compris, et d'éviter les pièges de ces types de media».

Sujets sensibles

Laurent Saint Affre (FDSEA) : «Le groupe auquel je participe veut donner les clés pour permettre aux éleveurs de parler de la réalité de leur métier, de le défendre aussi face aux attaques dont il est l’objet. D’être capables de s’exprimer parce que souvent on parle à notre place ! Il nous faut en même temps être attentifs aux attentes sociétales, les comprendre et les prendre en compte. L’idée est de présenter dans La Volonté Paysanne un argumentaire sur un sujet précis de façon à être plus serein au moment d’en parler. Le journal sera notre relais dans ce travail d’accompagnement auprès des agriculteurs».

Enseignement

Clément Lacombe (secrétaire général JA) : «Nous ciblons deux types de public dans ce groupe de travail : les consommateurs de demain, actuellement en primaire et collège, et les futurs agriculteurs, ou salariés agricoles, à travers les établissements d'enseignement agricole, du lycée jusqu'aux écoles d'ingénieur. Avec les premiers nous souhaitons recréer le lien entre alimentation et agriculture, en leur faisant découvrir les réalités des activités agricoles. Auprès des étudiants en filière agricole, nous voulons les sensibiliser aux attentes sociétales et aux évolutions du métier d'agriculteur».

Formations

Pierre Joffre (Mission Bio Chambre d’agricultrure) : «Nous voulons programmer des formations pour les responsables agricoles axées sur la prise de parole médiatique.?Notre profession doit mieux maîtriser sa manière de communiquer sur les sujets sensibles, tout en favorisant les échanges avec l’ensemble de la société.?Il est aussi question de proposer aux agriculteurs et acteurs des filières des formations au dialogue sociétal.?Il faut éviter le «dialogue de sourd» sur les sujets qui nous préoccupent !».

Chartes rurales

Benoît Fagegaltier (FDSEA) : «Notre travail est ciblé sur les relations entre les agriculteurs et les ruraux, afin de favoriser les liens entre tous ceux qui composent la ruralité, et de communiquer à travers des chartes rurales. Les agriculteurs doivent s’impliquer dans les communes, les Communautés de communes pour être partie prenante dans les décisions prises au sein de toutes les instances locales».

19 octobre 2017

Concours départemental à Laguiole : l’Aubrac, moteur du développement local

Quand le Taureau de Laguiole du haut de ses 70 ans raconte à son petit-fils son histoire ! C’est le scenario imaginé par Eric Raulet pour la table-ronde du 15 octobre. La salle des fêtes de Laguiole était comble pour écouter les interventions d’André Valadier, président du syndicat mixte de préfiguration du PNR Aubrac, de Michel Bras, chef étoilé laguiolais et de trois chercheurs, Claude Béranger, Geneviève Cazes Valette et Jacinthe Bessière.

L’histoire de l’Aubrac par Claude Béranger

En 1947 à sa naissance, le Taureau était dans une situation confortable : plébisicité par les agriculteurs de toute la France, il était vendu pour sa force motrice. Il était aussi élevé pour sa viande et les femelles pour leur lait transformé dans les burons. Mais l’après guerre a vu l’arrivée de la mécanisation. Le tracteur remplace les bœufs tarissant alors la richesse de la race Aubrac. La désertification gagne du terrain dans les montagnes, vidant les burons de leur main d’œuvre. Les races rustiques sont déconsidérées. De 350 000 têtes, l’Aubrac tombe à peine à 60 000 dans les années 70.

Mais c’est mal connaître l’Aubrac portée par tout un territoire et des Hommes opiniâtres de penser que ce plateau va abandonner sa ressource principale. Ils transforment leur race Aubrac en allaitante, se diversifiant par le biais du croisement Charolais, s’organisent autour d’un schéma de sélection avec l’Union Aubrac en 1979, suivi de la station d’évaluation à La Borie. Les qualités maternelles et bouchères, la rusticité sont recherchées. La race Aubrac dépas-se aujourd’hui les 200 000 têtes. La viande est qualifiée par des signes de qualité. Le rameau laitier renaît avec Jeune Montagne.

La vocation d’un territoire par André Valadier

«La cistre, herbe présente depuis des siècles sur l’Aubrac et emblème de la Maison Bras est la démonstration du décloisonnement entre l’étable et la table. Le territoire a une vocation que l’on ne peut biaiser. Après bien des péripéties, le Taureau qui a craint d’être le seul survivant, est aujourd’hui un symbole de cohésion et de solidarité de tous les acteurs du massif de l’Aubrac. Le projet de PNR Aubrac prend exemple sur ce qu’a été le Taureau : il a permis de resserrer les liens autour d’un projet rural, un rempart contre l’érosion démographique, offrant des perspectives d’économies issues du troupeau, du patrimoine. Le slogan : la tradition sans modernité est stérile et la modernité sans tradition est aveugle, scelle bien le destin de notre territoire».

Les Français sont toujours des viandards ! selon Geneviève Cazes Valette

«Certes la consommation de viande est en baisse mais elle reste toujours élevée puisque plus de la moitié des Français disent manger de la viande tous les jours. Seuls 3% de la population ne mangent jamais de viande même s’ils font beaucoup de bruit autour de celà ! Par contre la baisse de consommation de viande est continue : 54% des Français (contre 41% en 2015) disent qu’ils mangent moins de viande et les prévisions sur 3 ans sont sur la même tendance baissière. Je suis optimiste pour l’Aubrac car son mode d’élevage basé sur le pâturage, va dans le sens des attentes de la société. Pas de panique si le consommateur mange moins de viande, il mise sur la qualité».

La grillade d’Aubrac selon Michel Bras

«La viande d’Aubrac a gagné en qualité et est toujours plébiscitée. Au restaurant du Suquet, le menu légume n’est pas plus prisé qu’avant. Quand on vient en Aubrac, on vient pour manger de la viande ! Une viande pour être à son optimum est le fruit du travail passionné d’un éleveur. Pour une dégustation optimum, il faut sortir la viande du frigo quelques minutes avant de la cuire, la saisir à l’huile, rejeter l’huile puis la dorer au beurre, il faut l’accompagner, la caliner, l’arroser, l’écouter, et surtout ne pas la consommer tout de suite. Il faut autant de détente que de cuisson. Pour l’accompagner, une simple échalotte cuite dans le jus de cuisson, un assaisonnement au sel fin et gros mais pas partout et un tour de moulin de poivre noir?! Et pour la couper, la trancher à contre-fil avec un couteau de Laguiole bien sûr ! Parce que la viande d’Aubrac se mâche ! La tendresse de la viande vient aussi du fait de son tranchage».

L’Aubrac, leader du tourisme rural selon Jacinthe Bessière

«En vacances, les citadins recherchent des repères à contre-courant de ce qu’ils vivent. L’Aubrac les console et les réconcilie avec un certain imaginaire. Le touriste est mangeur, il est à la recherche de bons produits, d’un lien social avec les acteurs locaux (éleveurs, bouchers, restaurateurs,...), il cherche le goût de l’Aubrac, il apprécie le paysage entretenu, et surtout, une fois de retour chez lui, il va ramener des souvenirs pour prolonger les vacances et se faire l’ambassadeur du territoire qu’il a découvert. Ce regard extérieur est valorisant et nous fait comprendre qui nous sommes sur l’Aubrac».

Recueillis par Eva DZ

12 octobre 2017

Sommet de l’élevage : 93 000 visiteurs et un potentiel de développement important

Place forte du monde de l’élevage à l’échelle nationale, européenne et internationale, le Sommet de l’élevage, qui a fermé ses portes le 6 octobre à Clermont-Ferrand, confirme son attractivité en frôlant les 100 000 visiteurs. Un record.

2017 restera dans les annales comme l’une des éditions les plus réussies du Sommet de l’élevage. Une réussite d’abord par l’envergure du plateau d’exposition proposée (1 463 exposants répartis sur 78 000 m² de stands), réussie aussi par le spectacle inégalé des concours et présentations animales organisés dans l’enceinte prestigieuse du Zénith. Attiré par ce programme de choix, les visiteurs ne s’y sont pas trompés en participant en masse à cette 26ème édition. En trois jours, ils ont été 93 000 à déambuler dans les allées du salon, soit 5 000 de plus qu’en 2016. De quoi donner le sourire au président du Sommet, Jacques Chazalet : «Le professionnalisme et la convivialité du Sommet ont fait la différence. C’est désormais, un carrefour d’affaires international indéniable».

C’est d’ailleurs au niveau international que les organisateurs situent le potentiel de développement de l’événement. La perspective de la construction de la deuxième halle (voir encadré), confirmée en début de semaine par le président de Région, devrait faciliter ce développement.

«Une fenêtre sur le monde»

C’est justement pour honorer un rendez-vous international, que le ministre de l’agriculture a atterri à Clermont-Ferrand, jeudi, dans la soirée. Au programme pour Stéphane Travert : la réunion annuelle du comité mixte ministériel France-Iran, pour la première fois, délocalisée. La tenue de ce rendez-vous au cœur du berceau des races à viande ne doit rien au hasard. «Elle est le fruit d’un travail engagé avec l’Iran, invité d’honneur du Sommet de l’élevage. Ce pays est très intéressé par nos techniques d’élevage», suggère Benoît Delaloy, chargé de mission international au Sommet de l’élevage.

Si la teneur des échanges entre les dirigeants des deux Etats est restée confidentielle, en revanche, Stéphane Travert s’est prêté sans encombre et avec un plaisir non dissimulé aux échanges avec les éleveurs et les responsables professionnels, le lendemain, lors de sa visite du Sommet. Arpentant durant plus de trois heures le salon, le ministre a fourni des éclairages sur les sujets du moment.?Sur les Etats généraux de l’alimentation, en attendant les premiers arbitrages du Président de la République (lire en page 2), Stéphane Travert a rappelé la feuille de route du gouvernement?: «Il s’agit pour nous, de faire en sorte que les filières puissent bien contractualiser pour créer ses conditions de revenus avec les producteurs. Aujourd’hui, il y a une référence, c’est le consommateur. C’est celui qui vote, qui choisit une alimentation de qualité. Les consommateurs veulent une alimentation saine, durable et qui leur soit accessible, et c’est avec les filières que nous allons construire le dispositif pour y répondre».

L’ICHN : une préoccupation majeure

En plein cœur du Massif central, Stéphane Travert a également été interrogé sur les ICHN (Indemnités compensatoires de handicaps naturels). Aux inquiétudes des professionnels sur le budget qui leur est alloué, le ministre a répondu : «la priorité sur les ICHN, ce sont les zones de montagne. Ici, nous continuerons à aider les éleveurs avec l’ICHN. Nous avons obtenu de la Commission européenne que nous puissions effectuer une révision du zonage. Nous allons donc travailler avec nos partenaires à l’élaboration d’une nouvelle carte, et bien évidemment, notre priorité pour l’ICHN, ce sont les zones de montagne». Rassurant sur le budget ICHN, Stéphane Travert a été selon Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA, «beaucoup plus flou sur la révision du périmètre des zones défavorisées».

Enfin, à trois jours d’une manifestation contre le loup d’envergure, organisée à Lyon par le réseau FNSEA-JA-FNO (lire en page 3), le ministre a évoqué ce dossier sensible : «Défendre et protéger les éleveurs est notre objectif. Nous ne pouvons pas fonctionner durablement en terme comptable. Nous devons regarder ce qui se passe à l’échelle des territoires, en mettant des mesures importantes, là où l’impact est très fort». Reste à savoir ce qu’entend le ministre par mesures importantes…

Sophie Chatenet - PAMAC

31 aout 2017

Export : l’avenir de l’Aubrac se joue-t-il à l’Est ?

Cet été, 70 génisses pleines et un taureau ont pris la direction de la Lituanie. Un marché en pleine expansion, avec des éleveurs fortement intéressés par le savoir-faire français.

En attendant d’être chargées dans le camion du transporteur polonais, une trentaine d’Aubrac (1) profitent une dernière fois des pluies cantaliennes sur l’exploitation de Michel Bos à Cropières de Raulhac. Les espaces verts du Carladès et la vie de château, c’est terminé pour elles. Direction la Lituanie.

Une trentaine de leurs congénères ont déjà fait le chemin il y a environ deux semaines et après trois jours de voyage et pas loin de 3 000 km parcourus, elles les retrouveront.

Service après-vente

Ces jeunes Aubrac partent pleines, et devraient vêler juste après Noël. Pour Michel Bos, éleveur sélectionneur installé depuis 1977, vendre à l’étranger représente un «bon débouché» dans une filière «qui tourne un peu en rond» : «Beaucoup se mettent à l’Aubrac avec des veaux mâles qui se vendent 38 centimes d’euro de plus au kilo. Mais plus il y a de monde, moins il y a de marché... Alors, même si pour vendre il faut accepter des concessions, le marché s’ouvre et on essaye de le satisfaire».

Après la Roumanie l’an dernier, les pays de l’Est se révèlent être très friands de la belle vache au pelage froment. Les délégations n’hésitent pas à faire le déplacement dans le Massif central, comme à l’occasion de l’Ascension où des représentants lituaniens ont passé trois jours sur le territoire Aubrac, en visitant de nombreuses exploitations. L’opportunité pour eux de cerner la filière dans sa globalité (naissance, engraissement,...). C’est à cette période qu’ils ont signé pour embarquer 45 Aubrac, sur les 50 proposées par le GAEC Bos, un habitué de l’export avec notamment des embryons vendus dans les années 2000 aux États-Unis.

«Quand ils viennent chez nous, il faut leur expliquer deux choses», poursuit le vice-président de la race, «pourquoi on garde les cornes, et pourquoi on travaille en monte naturelle avec un taureau !». Et au fur et à mesure des rencontres, les a priori ont été balayés. «Avec les Aubrac, on leur livre aussi le mode d’emploi». «Avant, on expliquait ; maintenant, ils savent». Et ça, c’est surtout le travail de la SARL Nolorgues, basée à Golinhac, en Aveyron, présente sur la majorité des pays de l’Est. «Le marché avec la Lituanie est ouvert depuis 2004. Ils ont besoin de renouveler leur cheptel et ils accordent beaucoup d’importance à la façilité d’élevage», expose François Nolor-gues. «Le fait nouveau, c’est qu’avant, on devait expliquer, alors que maintenant, ils connaissent les qualités de l’Aubrac : sa capacité d’adaptation, sa facilité de vêlage, sa rusticité, sa longévité, sa valorisation économique,... D’autant qu’elle correspond parfaitement à la logique du monde économique : un veau par vache et par an».

Clean sanitairement

Les investisseurs lituaniens ont donc dans l’idée de passer en allaitant, augmenter leur cheptel de souche et démultiplier la vache. Pour les accompagner, la société Nolorgues assure «un service après-vente», gage essentiel de la réussite de l’opération. «On transmet notre vécu, sur l’alimentation, le sevrage,... 2?000 vaches Aubrac vivent en Lituanie depuis une dizaine d’années et s’ils en redemandent, c’est que nous répondons à leurs besoins». Sanitairement parlant aussi : garantie de la gestation avec les échographies, IBR, paratuberculose, BVD, besnoitiose : «Il faut être plus que clean pour les envoyer là-bas», dévoile l’épouse de Michel Bos. Cette démarche, soutenue par la coopérative CELIA et le Herd Book, répond aussi à «une volonté des instances raciales d’essayer d’exporter notre génétique française, surtout en Aubrac», reprend François Nolorgues. «On en vend autant que sur la zone ; même s’il y a plus de contraintes sanitaires, ça fait partie de leur demande». «Et puis ça fait travailler les labos, les vétérinaires, ce qui amène un plus localement», poursuit Michel Bos. À la rentrée, c’est la race Aubrac qui sera présente en Lituanie les 8 et 9 septembre, invitée sur un concours. De quoi confirmer la conviction de François Nolor-gues : «L’avenir de l’élevage est à l’Est».

M. Varnieu – L'union du Cantal

(1) Les Aubrac sont issues des élevages du GAEC Bos Maryline, à Lacapelle-Barrès, du GAEC Catays à Laguiole (12), du GAEC Bos père et fils à Cropières (Raulhac et Cézens) et de l’exploitation de Gérard Lacroix, à Gourdièges.

24 aout 2017

Vincent Manneville de l’Institut de l’élevage : «l’élevage herbivore contribue à la qualité de l’eau

Vincent Manneville de l’Institut de l’élevage participera à la table ronde lors de la journée mécanisation du 14 septembre organisée par la FD CUMA, à St Julien de Rodelle. Il explique la teneur de ses travaux et porte son regard sur la gestion des effluents d’élevage en Aveyron.

Quelles sont vos missions à l’Institut de l’élevage ?

V. Manneville : «Je travaille pour le service environnement de l’Institut de l’élevage, en particulier sur les impacts environnementaux de l’agriculture : les gaz à effet de serre, les émissions d’amoniac, la biodiversité,... Je participe aussi à un groupe national d’experts qui calent les modalités de fertilisation pour la grande région Auvergne : il s’agit d’un référentiel pour aider à la fertilisation des prairies et des parcelles. Enfin j’interviens aussi dans un cadre européen sur un programme qui liste les impacts agricoles sur l’environnement et les moyens de les limiter.

Ma dernière contribution est une étude sur la fertilité des sols. J’en livrerai les grandes lignes le 14 septembre.

Quel regard portez-vous sur la gestion des fertilisants agronomiques en agriculture ?

V. Manneville : L’élevage herbivore contribue à maintenir la qualité de l’eau. Plusieurs études chiffrées sur l’évolution de la concentration des eaux en nitrates sur l’ensemble des bassins français, demandées par la Confédération nationale de l’élevage, présentent de nombreux arguments. Les travaux que nous avons menés montrent qu’en 30 ans, via les mesures d’eau, la cartographie,... les zones d’élevage affichent une qualité de l’eau en amélioration et une teneur en nitrates plus basse. Et depuis 20 ans, une vraie dynamique est en marche notamment dans les zones à forte proportion de surfaces en herbe et en forêt, associé à l’impact favorable des PMPOA I et II (programme de maîtrise des pollutions agricoles).

Globalement en France, on observe une diminution d’utilisation d’engrais au profit d’une gestion raisonnée des fumiers, lisiers et déchets verts dans les parcelles. Entre 1990 et 2010, la Bretagne a baissé ses intrants de 38%, les Pays de la Loire 23% et Midi-Pyrénées 21%. La matière organique est désormais mieux gérée pour fertiliser les parcelles. Avant, le premier réflexe était de se débarrasser des déchets avant de réfléchir à une quelconque valorisation dans le sol. Aujour-d’hui il y a une vraie réflexion sur la gestion des effluents. En Midi-Pyrénées par exemple, le niveau de fertilisation moyen est de 53 kg/ha de SAU.

Et en Aveyron ?

V. Manneville : L’Aveyron fait partie de ces départements robustes où les nombreuses prairies permanentes conservent une bonne activité biologique. Sa densité de forêts et sa mosaïque de cultures sont aussi des atouts. L’élevage herbivore, majoritaire en Aveyron, avec ses prairies, offre un milieu stable riche en matières organiques.

Avez-vous quelques résultats ?

V. Manneville : Oui. Nous avons participé à l’étude menée tous les 5 ans sur la concentration en nitrates dans les eaux douces, par le ministère de l’écologie afin de réexaminer la délimitation des zones vulnérables et des programmes d’actions nitrates. Et nos études ont confirmé que les engagements des éleveurs dans les PMPOA, dans le conseil agronomique portaient leurs fruits. Cela a servi d’arguments dans le contentieux qui opposait la France et l’Europe sur les nitrates.

Quel sera l’objet de votre intervention le 14 septembre ?

V. Manneville : Je participe à la table-ronde pour donner mon point de vue sur la gestion des effluents dans l’équilibre d’une exploitation. Donner quelques repères sur la prescription, la période, les doses. Et apporter des éléments d’information sur le stockage au champ que l’Europe envisageait de supprimer. Nos études ont apporté les arguments visant à prouver que si ce stockage était adapté, il n’était pas polluant.

Les CUMA s’équipent davantage dans la gestion des effluents et déchets d’élevage. Qu’en pensez-vous ?

V. Manneville : Les CUMA, à leur niveau, contribuent aussi à la reconquête de la qualité de l’eau. De par leur matériel innovant, performant, moderne qui permet de mieux réguler l’épandage. Mettre la bonne dose, au bon moment est essentiel. La qualité de l’épandage est fondamentale et les CUMA sont tout à fait à même de remplir ce rôle. Les chantiers sont aussi aujourd’hui plus rapides et plus efficaces, ce qui permet de ne pas «matraquer» les sols afin de préserver la vie biologique».

Recueillis par Eva DZ

10 aout 2017

GDS Apicole de l’Aveyron : une équipe de techniciens à l’écoute

Michel Rives préside le Groupement de défense sanitaire apicole (GDSA) de l’Aveyron. Ce jeune retraité passionné d’apiculture, installé à Massebiau, tout près de Millau, explique le rôle de cette structure et le suivi qu’elle propose à ses adhérents.

Qu’est-ce que le GDS Apicole??

M. Rives : «Le GDSA existe dans sa forme actuelle depuis une dizaine d’années. Il s’agit d’un groupement de défense sanitaire spécialisé dans l’apiculture à l’échelle du département. Il œuvre en partenariat avec FODSA - GDS Aveyron.

Quel est son rôle ?

M. Rives : Jusqu’à il y a quelques années, le GDSA intervenait uniquement pour l’achat optimisé de traitement. Nous n’avions pas forcément les moyens de proposer d’autres actions d’intérêt collectif. Aujourd’hui grâce à un appui supplémentaire notamment du Conseil départemental, de l’Etat et de nos adhérents par leur cotisation, nous pouvons aller plus loin dans le suivi et l’accompagnement de nos 300 adhérents apiculteurs.

Comment est organisé le GDSA ?

M. Rives : Avant 2014, des agents sanitaires apicoles (ASA) étaient mandatés par la Préfecture pour intervenir sur tous les ruchers du département notamment sur la protection contre les maladies.

Aujourd’hui ce statut n’existe plus. Depuis 2014, nous avons formé des techniciens sanitaires apicoles (TSA). Le GDSA a recruté des bénévoles passionnés d’apiculture (certains sont d’anciens ASA), pour les former. En Aveyron, nous avons réussi à former 21 TSA, une belle performance ! Nous sommes ainsi les seuls en Midi-Pyrénées à bénéficier d’un tel collège spécialisé. Cette équipe est, de plus, bien répartie sur l’ensemble du département, ce qui permet une certaine proximité avec les apiculteurs.

Informer et sensibiliser

Quelle est la mission de ces techniciens ?

M. Rives : Ils doivent s’assurer que les apiculteurs appliquent les traitements selon les règles de pharmacie sur la base de prix planchers. Ils visitent les ruchers de nos adhérents pour vérifier qu’aucune maladie n’est présente. Ils apportent un conseil en cas de maladie bénigne et déclenchent une chaîne d’alerte en cas de maladie plus grave et visitent l’ensemble des ruchers du secteur. Ainsi l’année dernière, grâce à leur intervention, nous avons pu contenir sur une seule ruche, la loque américaine, une maladie très contagieuse qui détruit les ruches. Ces visites sont aussi de vraies rencontres humaines autour de ruchers magiques, qui nous passionnent tous !

Quel est votre lien avec les vétérinaires ?

M. Rives : Grâce à la mise en place de notre réseau, trois vétérinaires nous ont rejoints : Lionel Lafon de Luc La Primaube, Karine Saget de Rieupeyroux et Kristof Choffray de Lacaune pour tout le sud Aveyron. Leur présence est une vraie reconnaissance de notre action et une garantie de suivi pour nos adhérents. TSA, vétérinaires, FODSA, nous travaillons tous en réseau.

Varroa et frelon asiatique sont les deux ennemis des abeilles. Où en est-on en Aveyron ?

M. Rives : La mission du GDSA est d’informer sur ces deux fléaux, présents en Aveyron et d’aider les apiculteurs à s’en protéger. Sur le frelon asiatique, nous avons organisé des formations pour montrer comment réaliser des pièges. Depuis son arrivée dans le département en 2007 - 2008, le frelon asiatique est passé à la vitesse supérieure en entrant dans les ruches pour les détruire. C’est pourquoi nous devons sensibiliser les apiculteurs sur les pièges existants. Nous nous appuyons aussi sur l’expertise de nos trois vétérinaires. Sur le varroa, le GDSA projette d’investir dans un détecteur. Au niveau régional, nous travaillons sur le recrutement d’un coordinateur pour organiser la lutte.

Enfin nous sommes aussi vigilants sur les nouvelles maladies dont celle provoquée par le petit coléoptère de la ruche.

Environnement favorable

Comment se porte le rucher aveyronnais ?

M. Rives : Globalement, nous avons la chance d’être dans un département où l’environnement est plutôt favorable aux abeilles. Je milite pour des relations entre agriculteurs et apiculteurs plus proches pour apprendre à se connaître et à travailler ensemble. L’Aveyron, grâce à son agriculture, est doté de milieux naturels extraordinaires où il y a la place pour faire cohabiter les élevages et nos abeilles.

Quels sont vos projets ?

M. Rives : Nous voulons faire de notre groupe de TSA, une équipe pour informer nos adhérents, les mettre en alerte si besoin et les accompagner. Le GDSA est aussi partie prenante de la section apicole régionale et de la fédération nationale pour être au plus près des infos.

Enfin nous préparons la création d’un rucher santé de l’abeille à Villefranche de Rouergue de façon à vulgariser les techniques de protection des abeilles et ainsi attirer de nouveaux adhérents !».

Recueillis par Eva DZ

10 aout 2017

Rassemblement contre le loup à Sévérac d’Aveyron : éleveurs, élus et brebis disent non au loup !

A l’initiative du Cercle, collectif des éleveurs de la région des Causses de la Lozère et de l’Aveyron, un grand rassemblement a réuni samedi 5 août, sur un contrefort du Parc naturel régional des Grands Causses, des centaines d’éleveurs, accompagnés de milliers de brebis, excédés par les attaques du loup.

Des centaines d'éleveurs et d'élus, accompagnés de milliers de bêtes se sont rassemblés samedi 5 août près de Sévérac d’Aveyron afin de dénoncer «le massacre» causé par le loup et «la menace» que le prédateur représente pour le pastoralisme en France. A la limite de l'Aveyron et de la Lozère, 3 000 brebis environ, une centaine de bovins, des chevaux et même un lama avaient été rassemblés sur des pâturages afin de représenter visuellement le nombre des animaux tués par le loup en France depuis quatre mois. «On nous dit que 80% des Français sont favorables au loup mais c'est parce que les gens ne connaissent pas la réalité», a expliqué Mélanie Brunet, bergère et militante du Cercle 12-48, organisateur de la manifestation.

Depuis début janvier, 4153 animaux ont été «prédatés» par le loup en France, selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) d'Auvergne Rhône-Alpes, chargé du dossier au niveau national. «Il faut remettre à plat le plan loup», a insisté Mélanie Brunet devant 200 participants, en majorité des éleveurs venus de l'ensemble de la France, mais également de nombreux élus locaux, dont Arnaud Viala, député, Jean-Claude Luche, sénateur, Sophie Pantel, présidente du Conseil départemental de Lozère,... ainsi que la FNSEA par la voix de Sandrine Hauser, en charge du dossier prédateur, la FNO et sa présidente, Michèle Boudoin (lire le point de vue en page 2), la FDSEA, les JA 12, la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne.

"Les éleveurs sont en droit de vivre sereinement leur métier"

Tous ont rappelé les fondamentaux : le loup n’est plus une espèce menacée et les éleveurs sont en droit de vivre sereinement leur métier. «Nous devons obtenir une politique de régulation du loup qui fasse qu’on ait zéro attaque, zéro prédation», a rappelé Dominique Fayel. A ce jour, les responsables professionnels ont rappelé que la régulation était insuffisante et que le cadre juridique, en particulier la Convention de Berne, n’était plus adapté.

Le constat est unanime : le loup est incompatible avec l’élevage. «Ce sujet est révélateur des fortes tensions sociétales auxquelles sont confrontés les éleveurs face aux anti-viande, au mouvement végan, aux anti-élevage,...», affirme Dominique Fayel. «C’est le problème d’une minorité ultra militante, radicalisée voire anti-humaniste puisqu’il place l’animal au même niveau que l’Homme voire au-dessus ! Notre défi ne sera pas seulement de faire passer nos arguments aux pouvoirs publics, aux politiques au niveau national et européen mais il sera aussi de discuter avec ces minorités sur un plan sociétal», résume Dominique Fayel.

13 juillet 2017

ELVEA Nord Midi-Pyrénées-Lozère : accompagner les éleveurs

L’organisation de producteurs non commerciale ELVEA Nord Midi-Pyrénées-Lozère s’est réunie en assemblée générale, vendredi 7 juillet, à Tanus (Tarn), sous la présidence de Jean-Luc Rouquette.

La réunion s’est déroulée en présence notamment de Nadine Vernhes, vice-présidente, Bernard Fabre, du collège des acheteurs, et Bernard Cuq, trésorier. La section bovins viande rassemble 400 éleveurs (en hausse de 5?%), dont 41 % produisent du Veau d’Aveyron et du Ségala en filière label rouge, 42?% du maigre, 12?% des veaux lourds, 3?% du veau sous la mère en label rouge, avec également 2 % d’engraisseurs.

La section agneaux sous la mère compte 145 éleveurs (en hausse de 2 %), dont 12 ont signé le contrat label rouge Lou Paillol et 5 qui commercialisent en IGP?Aveyron. Depuis 2014, l’OP est engagée dans la filière Carrefour et 27 éleveurs ont signé le contrat CCP Agneau qualité Carrefour. Cette section ovine rassemble 65 éleveurs en Aveyron, 75 éleveurs dans le Lot, et 5 éleveurs en Corrèze, avec, par ailleurs, 33 éleveurs en production d’agneaux sevrés laitiers.

En bovins, ELVEA est intégrée dans les démarches qualité pour répondre aux demandes des éleveurs. Ainsi, en 2016, 8?200 veaux d’Aveyron et du Ségala issus d’éleveurs adhérents de l’OP, ont trouvé un débouché sur le marché label rouge. La filière SA4R-Bigard-Auchan représentant le principal débouché. La filière SARL-Sudries-SVA-Intermarché continue sa montée en puissance avec un volume d’animaux labellisés en hausse, aidée, en 2016, par l’implication de 7 nouveaux Intermarchés dans la région Sud-Est. Les autres débouchés des adhérents sont les négociants en bestiaux label rouge. Les vaches de réforme finies sont valorisées en Boeuf Limousin Blason Prestige (105 éleveurs), Boeuf Fermier Aubrac (51 éleveurs), et le CIPAM (16 éleveurs) pour les agneaux sous la mère (Lou Paillol), ou l’IGP Aveyron avec un abatteur. ELVEA est également engagée dans l’association GELIOC et l’OS?Aubrac, l’OS?Lacaune et FEDATEST pour l’amélioration, la diffusion et la promotion de la génétique bovine et ovine.

«Valoriser au mieux les différentes productions»

Le président Jean-Luc Rouquette a indiqué qu’ELVEA allait «continuer à travailler à la mise en place de nouveaux débouchés, en relation étroite avec le collège des acheteurs, afin de valoriser au mieux les différentes productions». Il n’a pas caché que le marché était tendu, «avec la baisse de la consommation de viande (-3%), et des trésoreries pénalisées par les retards de paiements PAC». Nadine Vernhes dénonce de son côté le préjudice causé par des associations anti-viande «qui mettent en doute nos pratiques d’élevage, alors que nous sommes, nous éleveurs, les plus concernés par le bien-être de nos animaux», un propos validé par Bernard Fabre. «Toutes les actions des anti-viande relayées dans les médias ont un impact négatif sur la consommation, c’est regrettable pour nos productions de qualité !» dénonce encore le représentant du collège des acheteurs.

D.B.

06 juillet 2017

Centre de formation de Bernussou : herbe et performance économique

Environ 150 agriculteurs ont participé à la «journée herbe» organisée au centre de formation de Bernussou de la Chambre d’agriculture, à Villefran-che de Rouergue, vendredi 30 juin, toute la journée.

Cette journée technique consacrée à l’herbe en pâture ou en ensilage s’est déroulée une partie de la journée sous quelques averses, toutes précieuses pour maintenir le potentiel des prairies de la région ! Différents ateliers techniques et pratiques, «du semis à la récolte», étaient animés en continu par les étudiants des licences «Métiers du conseil en élevage» dispensées à Bernussou, et des experts et chercheurs venus de Suisse. Il s’agissait de Pierre Aeby, responsable végétal du Centre de conseils agricoles de Grangeneuve (Institut agricole de l’Etat de Fribourg), accompagné de sa collègue Jasmin Jordi, et de Eric Mosimann, agronome à l’Agroscope de Berne.

Patrick Couderc, responsable des licences professionnelles de Bernussou, tire un bilan positif de la journée : «les éleveurs étaient au rendez-vous.?Ils ont apprécié les différents stands thématiques, où chacun a échangé en libre-service, à la carte, avec les techniciens et experts. C’était comme une «ruche herbagère» où chacun a butiné de stand en stand, avec la participation active de nos élèves de licences professionnelles !».

Les huit stands animés en continu par les experts et conseillers spécialisés de la Chambre d’agriculture, étaient notamments centrés sur le sol et la fertilisation, le choix des semences, la conduite du pâturage, l’abreuvement, les clôtures, l’ensilage/ conservation, la chaîne de récolte/matériels, avec le concours de partenaires techniques et commerciaux, dont UNICOR et la FD CUMA. Le groupe licence viande de Bernussou a présenté un focus sur la conduite de l’herbe en Europe.?Celui de la licence lait a animé le stand consacré au savoir-faire suisse, avec notamment un test de différents échantillons de foin.

«Trente ans d’avance»

Luc Delaby, responsable scientifique à l’INRA de Rennes, chercheur sur le domaine INRA du Pin (Orne), est un fidèle des rendez-vous techniques de Bernussou. Il confirme l’expertise des Suisses dans la gestion économique de l’herbe : «ils ont 30 ans d’avance sur nous concernant la pratique des mélanges d’espèces qu’ils ont mis à l’épreuve en pertinence avec le milieu et la nature du sol, puis largement diffusée ensuite. Ils ont une grande maîtrise du séchage en grange dans des systèmes d’élevage où les animaux ne sortent que la moitié de l’année en moyenne. Leur forte tradition fromagère impose une production régulière de lait sur l’année avec la qualité. La Suisse ne fait pas partie de l’UE et ne bénéficie donc pas de la PAC, mais ce pays soutient ses éleveurs au même niveau. Ces derniers sont considérés comme des jardiniers de l’espace rural, et porteurs de l’image fromagère reconnue de la Suisse !».

L’essentiel de la SAU en Suisse (1 million d’hectares) est recouverte d’herbe, avec un total de 53?000 exploitations agricoles (20 ha/exploitation), dont 22 000 fermes laitières avec 30 vaches/ exploitation. Une confirmation, pour tous les éleveurs suisses, l’herbe pâturée est l’aliment le moins couteux. Le tiers des agriculteurs suisses travaille à temps partiel, avec, pour tous, un lait rémunéré entre 400 et 900 euros/ 1 000 litres (selon une production conventionnelle, AOP ou bio). A noter que le niveau de vie en Suisse est environ deux fois plus élevé que celui de la France.

D.B.

29 juin 2017

Ségalafrom et fromagerie du PIC dans le nord du Tarn : recherche producteurs de lait de chèvre

Ségalafrom et la fromagerie du Pic dans le nord du Tarn transforment 2,5 millions de litres de lait de chèvre en fromages au lait cru. Les deux entités gérées par deux jeunes frères, Benjamin et Julien Remond, dans un esprit très famille, sont à la recherche de producteurs pour augmenter leurs volumes et ainsi répondre aux marchés.

Benjamin et Julien Remond sont deux jeunes entrepreneurs tombés dans la «bassine» de lait de chèvre dès leur plus jeune âge ! Leurs parents se sont installés dans les années 70 comme éleveurs à Penne, petit village touristique du nord du Tarn, doté d’un joli château. Avec leur troupeau de chèvres, ils ont commencé à transformer leur lait en fromages au lait cru qu’ils écoulaient, grâce à leurs contacts, sur Rungis. De là, ils ont lancé la fromagerie du Pic.

En 2010, au décès de leur père, Benjamin et Julien ont décidé de reprendre le flambeau. Cette reprise a coïncidé avec la proposition d’un voisin, gérant de Ségalafrom, une fromagerie installée à Carmaux depuis 2005. «Lorsque le gérant à la recher-che d’un repreneur nous a contactés, nous nous sommes lancés sachant que son entreprise était proche de l’esprit familial de la nôtre», avance Julien. Les deux fromageries partagent en effet la même philosophie : «concilier tradition fermière et modernité autour de produits de qualité au lait cru de chèvre».

«Chacun a choisi de garder sa propre identité mais nous partageons un même cahier des charges : sans OGM, sans ensilage, sans enrubannage et un encouragement au pâturage», précise Julien, annonçant une plus-value sur le prix du lait de base de 80 euros/1000 litres en moyenne. La fabrication des fromages est réalisée dans le respect de la transformation fermière et artisanale. «Notre objectif est bien de garder les deux entreprises, avec leur propre identité. La gamme de nos produits est ainsi élargie et permet de mieux répondre aux différents marchés», précise Julien.

Mais les deux fromageries sont en recherche de volumes supplémentaires en particulier sur le lait d’hiver pour offrir une régularité à leurs clients sur l’année. «Nous avons la chance de travailler dans une filière, le lait de chèvre, porteuse, avec une consommation dynamique. Encore faut-il être en capacité de répondre !», commente Julien. Car les marchés sont bien présents, surtout en période de fêtes. A Noël les fromageries réalisent deux mois de chiffre d’affaires par exemple ! «Nous avons mis en place une prime à la saisonnalité et nous accompagnons nos éleveurs dans cette évolution», appuie le co-gérant. Une personne est chargée de la qualité sur chacun des deux sites et va à la rencontre régulièrement des éleveurs, en plus d’une réunion annuelle. «Nous avançons ensemble dans un esprit très famille», confie Julien.

A elles deux, Ségalafrom et la Fromagerie du Pic (50 salariés) réalisent 6 millions d’euros de chiffre d’affaires, en transformant 2,5 millions de litres de lait (environ 550 tonnes de fromages par an), issus de 7 producteurs dont un en Agriculture Biologique (gamme de fromages Biopic) à la Fromagerie du Pic et de 5 producteurs à Ségalafrom. Les exploitations du Tarn et du Tarn et Garonne élèvent en moyenne 250 chèvres.

«Notre ambition est de continuer à travailler comme nous le faisons mais en étendant notre collecte afin de développer nos volumes transformés pour répondre à la demande croissante de nos clients, en majorité des grossistes parisiens via Rungis et dans toute la France mais aussi des marchés à l’export (Asie, Europe,...) comme en local via des crémiers et des fromagers et quelques petites GMS en direct», détaille Julien. Le magasin situé à Penne, à la Fromagerie du Pic ainsi que trois marchés hebdomadaires à Caussade, St-Antonin et Carmaux représentent aussi de bons débouchés. Les deux fromageries ont ainsi vu leur chiffre d’affaires progresser de 30% sur ces deux dernières années. «La qualité du savoir-faire de nos producteurs et de nos fromagers ainsi que les efforts de traçabilité sont très appréciés. Et nous n’hésitons pas à innover pour garder notre place de faiseurs de fromages au lait cru de chèvre», conclut Julien.

Eva DZ

Infos : 05 63 80 25 00 - segalafrom@segalafrom.com ou 05 63 56 33 64 - contact@fromageriedupic.com

08 juin 2017

Innov’action à Moyrazès : la betterave fourragère plaît aux bovins lait

Les journées Innov’action, organisées par les Chambres d’agriculture d’Occitanie, concernent deux exploitations, sur deux dates, en Aveyron cette année. Jeudi 1er juin, c’est la ferme bovins lait de l’EARL de Mérican à Moyrazès qui a accueilli les visiteurs avec son projet innovant : la réintroduction de la betterave fourragère dans son système de production.

Une soixantaine de personnes se sont retrouvées au bord de la parcelle témoin d’un hectare où ont été semées le 14 avril les betteraves fourragères de la ferme bovins lait de Cécile Couderc. Elle est installée en EARL avec 30 vaches produisant 288 000 litres de lait. La récolte se fera avant la Toussaint, lors d’une seconde journée de démonstration ouverte aux éleveurs, toujours en partenariat avec la FD CUMA et la Chambre d’agriculture de l’Aveyron.

La parcelle témoin a été présentée par une partie des 24 élèves de la licence professionnelle production bovins lait du centre de formation de Bernussou (Villefranche-de-Rouergue), et leur enseignant, Patrick Couderc, époux de Cécile. Cette culture a aussi servi de support pédagogique pour les élèves qui ont enquêté en janvier auprès de 25 élevages de la région du Ségala et des alentours.

Etablir des références techniques locales

«La betterave fourragère était encore cultivée sur cette région dans les années 1990, sur environ 100 ha», indique Patrick Couderc. «Suite à l’enquête de nos élèves, la moitié des élevages rencontrés affirme être intéressée par cette culture, un quart la refuse, et un autre quart est interrogatif. Nous avons donc un potentiel évalué à 25 ha de culture. Pour aller plus loin, il était nécessaire d’établir des références techniques nouvelles et locales. Nous avons donc décidé avec mon épouse de jouer le jeu avec cette culture intéressante. Tout se passe bien. Nous avons environ 95 000 pieds sur la parcelle. C’est déjà un bon résultat».

Gagner sur les taux TP et TB

A l’heure où les producteurs de lait de vache tentent de tirer la qualité de leur lait vers le haut afin de compenser par les bonifications aux taux, un prix du lait trop bas, ce type de culture affiche des avantages. «Il est en effet possible de diversifier la ration de maïs et de gagner des points sur les taux protéiques et butyreux avec cette culture». Ce fut le cas sur la ferme de Cécile Couderc avec une première culture test, sur le quart d’un hectare seulement. «Nous avons gagné respectivement 1,2 point et 2,5 points. Il faut savoir que la betterave fourragère est moins sensible au stress hydrique, contrairement au maïs.?Elle est aussi un excellent piège à nitrate», souligne Patrick Couderc.

Les vaches laitières dégustent la betterave fourragère «comme une friandise». Cette racine appétante «apporte du sucre, sans encombrer la panse, avec une bonne valeur énergétique. Avec environ 3 kg de matière sèche/ vache/jour, pour un total de 15 kg brut». Cécile Couderc précise : «je vais pouvoir distribuer ces 3 kg de MS durant les cinq mois d’hiver, de novembre à mars. Cette alimentation me permettra d’économiser du maïs ensilage, et, ainsi, d’être moins dépendante de cette dernière culture». Une effeuilleuse-arracheuse viendra du département de l’Aisne en octobre pour la démonstration de récolte organisée en collaboration avec la FD CUMA et la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, dans la continuité de cet après-midi Innov’action de Moyrazès.

D.B.

01 juin 2017

Coopérative Jeune Montagne : améliorer encore sa notoriété !

Les adhérents de la coopérative Jeune Montagne étaient réunis en assemblée générale mardi 23 mai à St Rémy de Montpeyroux, la commune de leur président, Gilbert Cestrières.

La politique de maîtrise de la production et l’engagement des adhérents dans la prise en charge d’une partie des moins values liées aux excédents de lait, ont porté leurs fruits. Jeune Montagne a retrouvé son équilibre avec un volume de lait transformé en progression (près de 13 millions de litres transformés dans les ateliers de la coopérative sur les 16 millions collectés, soit 94%).

«Nous avons la chance d’avoir toutes les cartes en main pour prendre les meilleures décisions pour notre avenir dans un unique objectif : maintenir et développer une production laitière sur le plateau de l’Aubrac. La valorisation de notre lait à sa juste valeur passe obligatoirement par une corrélation entre le lait collecté et l’activité engendrée par les ventes de fromage de Laguiole AOP, d’aligot de l’Aubrac et de tome de l’Aubrac», atteste le président Gilbert Cestrières.

Des innovations à venir

Et l’évolution diffère selon les produits : un léger recul des volumes en fromage de Laguiole AOP (7%), une stabilité de l’activité aligot de l’Aubrac, des effets positifs pour la truffade l’Aubrac ou retortillat ainsi que pour la tome fraîche. Grâce à la valorisation des produits, le résultat d’activité est en progression.

«Cela démontre que le lait d’excellente qualité que nos 77 adhérents livrent et produit sous cahier des charges AOP Laguiole, génère une bonne valorisation (474,51 euros/1000 litres prix de base en 2016)», ajoute le président.

Le conseil d’administration a proposé une ristourne de 12?euros/1000 litres ce qui permet d’atteindre un prix moyen 2016 de 530 euros/1000 litres.

Pour répondre aux attentes des clients et consommateurs et rebooster l’activité de tous ses produits, la coopérative continue d’innover : nouveaux systèmes pour portionner le fromage de Laguiole, nouveau film pour une conservation optimale du produit tout en gardant ses qualités gustatives, évolution du packaging de l’aligot de l’Aubrac et de son étiquetage, le lancement de galets surgelés d’aligot et de truffade de l’Aubrac avec les capucins de la Maison Bras,... ont annoncé Gilbert Cestrières et son nouveau directeur, Frédéric Duvauchelle.

«Nous nous donnons 2 ans pour mettre en œuvre toutes ces nouveautés et en voir les effets mais nous prévoyons une hausse de 4% des ventes en Aligot de l’Aubrac dès 2017», avance Frédéric Duvauchelle. «Nous sommes les seuls à avoir le savoir-faire d’un aligot à base de purée de pommes de terre et de tome fraîche de l’Aubrac. A nous de le faire savoir maintenant !», poursuit-il.

Une certification IFS

Et la coopérative peut aussi se targuer d’avoir décrocher, avec une note de 92%, la certification qualité IFS de l’entreprise. «Cela va nous permettre de signer de nouveaux contrats, de poursuivre les investissements, en France comme à l’étranger», se réjouissent Gilbert Cestrières et Frédéric Duvauchelle. Une ouverture supplémentaire pour l’ensemble de la gamme des produits de l’Union Jeune Montagne et une occasion de plus de promouvoir les efforts des producteurs fromagers au quotidien. «Merci à tous les éleveurs car la valorisation de la qualité de votre lait cru passe par une très grande vigilance sur l’aspect sanitaire au quotidien», a ajouté Gilbert Cestrières s’appuyant sur les résultats positifs en terme de qualité du lait présentés par Christian Miquel.

Tous ces efforts ont été salués par Vincent Alazard, maire de Laguiole et conseiller départemental : «bravo pour la maîtrise de votre filière dans un contexte très concurrentiel. Votre complémentarité avec Thérondels est un bel exemple de réussite pour le territoire Aubrac en vue du projet de PNR». Un projet qui tient à cœur d’André Valadier, fondateur de Jeune Montagne et qui a cédé la présidence de l’ODG Laguiole en fin d’année dernière à François Maynier. «C’est réconfortant de voir que Jeune Montagne est une entreprise solide et qui, face à l’adversité, a su tenir le coup», a souligné André Valadier, heureux aussi de voir que «Jeune Montagne porte toujours aussi bien son nom avec une moyenne d’âge des producteurs plutôt basse» ! «Notre territoire ne sera pas compétitif sur le seul apport de matières premières, notre engagement collectif porte sur la valorisation et la satisfaction des consommateurs», a-t-il conclu, plus que satisfait de la trajectoire de la coopérative qu’il a fondée il y a 57 ans.

Eva DZ

25 mai 2017

Fête de l’Estive à St-Geniez d’Olt : l’œil d’une étudiante italienne sur la fête

Les Eleveurs Aubrac du Pays d’Olt avec l’appui de la mairie de St Geniez d’Olt organisent la fête de l’estive. Une manifestation qui suscite l’intérêt des jeunes, certains ont même choisi la transhumance, comme sujet de leur mémoire d’études. C’est le cas de Malesa Rinaldi, étudiante en anthropologie à l’université de Toulouse.

Non les fêtes de la Transhumance n’intéressent pas seulement les générations d’après 60 ans accrochées à la tradition d’une agriculture d’antan ! Les jeunes s’intéressent tout autant à ce phénomène qui traverse le temps et s’inscrit pleinement dans l’économie agricole, touristique d’un territoire ouvert et attractif. C’est d’ailleurs bien l’ambition des organisateurs, qu’ils soient Eleveurs Aubrac du Pays d’Olt à St Geniez d’Olt ou de Traditions en Aubrac dans le petit village d’Aubrac : faire de ces fêtes annuelles au moment de la montée des troupeaux en estives, un rendez-vous incontournable dans la vie de tout un territoire !

Cette magie de l’événement en interpelle plus d’un ! A commencer par les étudiants qui en font parfois un sujet d’étude. C’est le cas de Malesa Rinaldi, étudiante en 1ere année de master en anthropologie sociale à l’université de Toulouse. Arrivée d’Italie, son pays natal, elle vient étudier en France où elle a découvert la Transhumance et la fête qui l’entoure.

Un sujet de mémoire

«Au cours de notre première année de cours, nous avons eu l’occasion de venir à St Geniez d’Olt, rencontrer des éleveurs pour parler de l’économie locale autour de l’agriculture, et évoquer les événements qui contribuent à la promouvoir comme la Fête de l’estive. Et ce sujet m’a tout de suite passionnée», résume l’étudiante. «Je voulais en savoir plus sur cette tradition inscrite dans la modernité, j’en ai donc fait mon sujet de mémoire pour ma première année», poursuit-elle.

Qu’est-ce qu’être éleveur Aubrac en 2017 ? A quels besoins répond cette fête de l’estive ? A la fois pour les éleveurs, pour le territoire et pour les milliers de visiteurs qui y assistent chaque année... telles sont les questions que se pose Malesa qui espère bien trouver des éléments de réponse, en rencontrant des éleveurs, des acteurs locaux mais aussi des touristes et gens de passage venus participer à la fête. Elle sera guidée dès ce mercredi 24 mai par Jean-François Petit et toute l’équipe de l’association des Eleveurs Aubrac du Pays d’Olt. «Je vais assister pour la première fois à la fête et je pourrais me faire ma propre idée, du retentissement de cette manifestation auprès de tous ses acteurs, qu’ils soient éleveurs, commerçants, élus,... mais aussi visiteurs français et étrangers», détaille Malesa.

Dès mercredi, elle pourra assister aux derniers préparatifs de la fête ainsi qu’à la journée de rencontre entre éleveurs et visiteurs, à la soirée cinéma autour d’un documentaire sur les burons et bien sûr, le jour J à la fête de l’estive, sur la place Charles de Gaulle, autour des troupeaux transhumants le samedi matin et au cours des randonnées qui mènent aux estives. «C’est un projet passionnant et j’ai hâte de partir à la rencontre des acteurs de cette fête», avance la jeune femme. «La Transhumance est une véritable culture sur l’Aubrac et je veux en être un témoin !», conclut-elle. Pour l’association des Eleveurs Aubrac du Pays d’Olt, c’est aussi une belle expérience de partage : «Malesa nous apportera son regard extérieur et un œil neuf sur notre fête. C’est toujours positif».

Eva DZ

25 mai 2017

Prédation par le loup : la «brigade» enfin en Aveyron

Sur demande de la profession agricole de l'Aveyron la «brigade loup» de l'ONCFS est intervenue du lundi 15 au vendredi 19 mai sur la commune de Ste Eulalie de Cernon, lieu de nombreuses attaques.

Créée à l'automne 2015 sur demande de Ségolène Royal, ancienne ministre de l'environnement, la «brigade loup» est constituée d'un groupe d'agents de l'ONCFS, formés à l'accompagnement des éleveurs et habilités à effectuer des tirs de prélèvement, dans les zones où la pression de la prédation se fait trop forte. Cela faisait longtemps que la profession réclamait sa présence sur le sud Aveyron. C'est chose faite. Après quelques nuits d'affût, la brigade n'a pas assuré de prélèvement, mais a pris connaissance du milieu dans lequel les attaques se sont déroulées. François Giacobbi, en charge du dossier loup en Aveyron, commente cette première intervention. «Nous déplorons que la présence de la brigade ne se soit pas soldée par un prélèvement, néanmoins toutes les conditions de la réussite n'étaient pas réunies. En effet la brigade devait agir sur 5 nuits mais le brouillard et l'annonce de l'abattage réglementé d'un loup dans les Alpes en ont annulé 2».

Une première positive

Cette première intervention est jugée plutôt positive. «Les brigadiers ont pu repérer les lieux. Cette connaissance du terrain leur fera gagner en efficacité pour la prochaine fois. De plus, ils ont été accompagnés par des lieutenants de louvèterie locaux, qui ont pu se former à leur contact. Nous devons absolument avoir un maximum de gens aguerris sur le terrain. C'est pourquoi nous organisons une nouvelle session de formation pour les agriculteurs en juin». Pour François Giacobbi il est absolument nécessaire d'étoffer la «brigade loup», jugée insuffisante avec une dizaine d'agents déployés sur tout le territoire national. «Nous sommes très inquiets de ce qui va se passer cet été, lorsque tous les troupeaux seront dehors. Si la brigade est en sous effectif, il faudra donner l'autorisation aux personnes formées en local d'agir. Devrons-nous envisager la création d'une brigade aveyronnaise ?». Il restait jusqu'à présent 2 loups à abattre en France sur le quota autorisé jusqu'au 30 juin. L'un d'entre eux a été tué dans les Alpes pendant que la brigade était en Aveyron. La réglementation permet donc de prélever encore un individu dans le mois qui vient.

B. CAREL

18 mai 2017

Assemblée générale CELIA-section nord-Aveyron : aller chercher la plus-value !

Avant son assemblée générale du 30 juin à Laguiole, la coopérative CELIA fait le tour de ses sections pour présenter les grandes lignes de son activité. Après le Cantal, la Lozère et Baraqueville en Aveyron, elle s’est arrêtée vendredi 12 mai à St Rémy de Montpeyroux pour le nord Aveyron.

2016 a été une année compliquée sur les marchés de la viande, la coopérative CELIA n’a pas échappé à ce constat comme l’ont rappelé ses responsables, André Veyrac, président et Christian Soulenq, président de la section nord Aveyron. «Nos volumes ont augmenté de façon conséquente : + 9% en bovins (71?000 têtes) et + 12% en ovins (88 420 têtes), sur un marché en particulier bovin, très concurrencé. Nos marges ont été difficiles», ont-ils résumé. Sans oublier l’impact des crises sanitaires (la fermeture du marché turc en raison de la FCO, la fièvre aphteuse en Algérie qui ne prend plus que des animaux destinés à la boucherie).

Un marché concurrencé

«Heureusement, l’activité ovine se porte bien avec des volumes en progression sur un marché en demande», souligne André Veyrac. En bovin, la donne n’est pas la même. L’activité a été présentée par Anahi Peralta Cruz, nouvelle responsable technique de la coopérative : un nombre d’apporteurs constant (2 100 en bovins, 320 en ovins et 60 mix-tes), plus de la moitié des volumes en race Aubrac puis suivent la Limousine, la Salers, le Charolais, 60 % des volumes sur le marché du maigre et 40 % en animaux finis et enfin quatre centres d’allotement fonctionnels dont celui de Bozouls-St Rémy qui accueille 40 % des volumes suivi de celui du Pontet dans le Cantal (21 %) puis d’Antrenas en Lozère (19 %) et de Calmont en Aveyron (18 %).

En animaux maigres comme en animaux finis, les prix ont été à la baisse en 2016, en race pure comme en croisé. La coopérative a mis en avant l’intérêt des filières de qualité dans ses résultats : une plus-value de 80 € en IGP Fleur d’Aubrac (1 500 animaux), de 170 € en label rouge Bœuf Fermier Aubrac (1 160 animaux), de + 210 € en Blason Prestige (190 animaux) et de +?180 € en AB (350 animaux).

«Pour faire face à cette année difficile où nous avons tout juste équilibré nos comptes, nous avons travaillé sur nos coûts de fonctionnement», résume le directeur général, Hervé Chapelle. «Et notre coopérative continue d’investir pour moderniser ses outils», tient-il à préciser. Le centre du Pontet fera ainsi prochainement l’objet d’une rénovation.

Des investissements qui portent leurs fruits

Les investissements récents, sur le centre de St Rémy ou encore l’atelier de découpe ouvert en 2015 et adossé à l'abattoir d’Antrenas, ont porté leurs fruits dans la compétitivité du groupe coopératif. Ainsi la filiale viande Languedoc Lozère Viande liée à CELIA, consolide son activité (+ 5 %) et son chiffre d’affaires (+ 6 %). L’entreprise se lance également dans la filière Bœuf Fermier Aubrac. Et plusieurs pistes s’ouvrent à l’export.

De même à travers l’union de coopératives, BEVIMAC, CELIA bénéficie d’un bon outil à l’export : 91 000 têtes exportées en 2016 dont la majorité en Italie mais avec de nouveaux réseaux dans les pays tiers, en Grèce,... «A CELIA, nos équipes mettent toute leur énergie pour garantir le prix annoncé aux éleveurs, c’est dans nos gènes !», a assuré le président André Veyrac. «Notre métier est aussi de prendre des risques pour aller chercher la plus-value !», conclut-il.

Eva DZ

11 mai 2017

UPRA Aubrac : l’Aubrac candidate pour le SIA 2018

Vendredi 5 mai, à Nasbinals, Henry Peyrac présidait sa dernière assemblée générale de l’OS Race Aubrac après 10 années de présidence. Un tournant pour la race qui continue de grandir.

Bientôt 200 000 vaches Aubrac inscrites à l’IPG, des pedigrees à l’export en augmentation, une participation remarquée lors de la Semaine européenne des races locales des massifs à St Flour,... la race Aubrac continue sa marche en avant en 2016 et 2017. Un bilan qui ne peut que satisfaire le président de l’organisme de sélection (OS), Henry Peyrac qui présidait sa dernière assemblée générale : «Que de chemin parcouru en 20 ans, depuis la création de notre Unité pour la promotion, la sélection et la diffusion de la race bovine d’Aubrac en 1996, devenue OS en 2008», avance l’éleveur de Cruéjouls. «Et autour de la station d’évaluation de La Borie, véritable centre décisionnel d’orientation raciale créée en 1997 par André Valadier».

L’ex UPRA, de par l’engagement des éleveurs et de ses partenaires, a initié le plan de relance et de sauvergarde de l’Aubrac et a contribué à sa promotion (Spéciaux à Cournon en 2008 et 2014, présence au SIA à Paris, Semaine européenne des races de massifs à St Flour,...). «Le travail accompli a été de grande qualité et se traduit par le développement de la race dans et hors du berceau, en France comme à l’étranger». Les chiffres prouvent les propos du président : plus de 198 000 vaches inscrites à l’IPG en 2016 (+ 200 000 attendues en 2017), stabilisation du nombre d’adhérents autour de 630 partout en France, 841 pedigrees à l’export (dont 275 en Italie, 187 en Lituanie),... Pas question de faire de l’autosatisfaction mais simplement de souligner la réussite collective : «grâce à la persévérance des éleveurs concernant les orientations raciales, nous avons réussi à hisser notre race parmi les plus grandes en allaitant en France. Tout en conservant nos spécificités : un gabarit modéré en adéquation avec les territoires, des qualités laitières, une facilité de mise-bas et de conduite,...».

La der d’Henry Peyrac

Pour autant, les éleveurs Aubrac ne doivent pas rester sur ces acquis. Henry Peyrac a alerté sur la baisse de l’utilisation du croisement Charolais qui influe sur le nombre de génisses en race pure Aubrac à la vente. La clé est, selon lui, d’encourager l’engraissement autour des filières de qualité et de réfléchir à une revalorisation des animaux finis où qu’ils soient élevés. «Nous devrons nous rassembler comme nous l’avons toujours fait, pour construire l’axe génétique et trouver les synergies pour une juste valorisation de nos animaux de boucherie, le prix de nos reproducteurs y étant étroitement liés».

Et les chantiers ne manquent pas pour la race Aubrac : évolution de l’OS dans un cadre européen, évolution de la branche IA dans le schéma Aubrac et des programmes génomiques, évolution de l’accompagnement financier de la station de La Borie, démarrage du programme sur la valorisation des fourrages grossiers (lire encadré), participation au volet agricole du PNR Aubrac en lien avec les Chambres d’agriculture,... Parallèlement l’Aubrac se porte candidate pour être race d’honneur au Salon de l’agriculture à Paris en 2018... réponse attendue en juin. Autant de défis à relever pour les éleveurs Aubrac : «Nous sommes tous animés par la même envie de faire progresser notre race afin qu’elle réponde à toutes les attentes et qu’elle permette à chacun de vivre son métier avec bonheur», a conclu Henry Peyrac, accompagné de Michel Bos, vice-président qui quitte également ses fonctions.

Eva DZ

11 mai 2017

Mur-de-Barrez : le robot de traite mobile prêt pour l’été !

Le GAEC de Conroc, à Brommes, commune de Mur-de-Barrez, a «transhumé» son robot de traite ce mardi 9 mai, à un kilomètre du siège d’exploitation. Une première nationale sans doute pour un robot de deux stalles opérationnel depuis novembre sur cette exploitation en lait de vache, qui optimise cet outil dans le cadre d’une production AOP Cantal pour la coopérative de Thérondels.

Les associés du GAEC de Conroc, Vincent Augeyre, son épouse Laurence, et le frère de Vincent, Régis Augeyre, étaient à la fois ravis d’entrer dans la période de pâturage d’été, mais aussi un peu préoccupés par le déroulé de la journée.?Une journée où ils étaient accompagnés par une jeune équipe de cinq techniciens de chez Manhaval Fabre pour déménager le robot de traite du siège de l'exploitation, vers les hauteurs de la ferme, à environ un kilomètre.

Le trajet s’est déroulé lentement, sans encombre pour la remorque longue de 11 mètres, pesant près de 8 tonnes, construite en inox par les établissements Bonifacié installés à Sériès (Cantal), où sont posés les deux stalles du robot, la cabine de contrôle informatique et l’armoire technique. «Cette remor-que unique a nécessité 500 heures de travail. C’est une première pour nous ce type de commande», indique Patrice Bonifacié, près de son salarié Jean-François Collé, présents pour l'événement.

«Nous avons déménagé la totalité du robot, tel qu’il est installé, sur ses deux roues, à la ferme, depuis novembre», expliquent Vincent et Régis Augeyre. Ils sont déja satisfaits de leurs premiers mois de robotisation laitière concernant un troupeau de 84 vaches Montbéliardes et 14 vaches Simmental (130 ha de SAU). «Nous livrons 630 000 litres de lait à la coopérative de Thérondels. Nos animaux se sont bien adaptés, avec en moyenne 2,7 traites/jour/ vache cet hiver.?Depuis la mise à l’herbe, mi-avril, nous en sommes à environ 2,5 traites/ jour/vache». Une partie du troupeau a déjà pâturé autour du siège sur environ 10 ha. Le site d’été du robot de traite est entouré de 40 ha de pâtures, gérés en plusieurs parcelles cloturées, avec des chemins aménagés pour le troupeau.

Optimiser l’outil toute l’année

«Nous sommes ici sur un bâtiment créé en 1974 par mes parents», explique Vincent Augeyre. «Nous y avons notamment construit la plateforme d’accueil du robot en béton, et prévu tous les raccordements techniques. L’eau et l’électricité étaient déjà installées pour la traite et le tank à lait, mais il a fallu tirer un cable en fibre pour la connection internet entre le siège et le robot». Les vaches passeront l’été (jusqu’en octobre) sur les hauteurs de Brom-mes, comme elles le font chaque année, avec le robot de traite à proximité. «C’est en effet une autre façon de travailler, mais nous sommes confiants», disent les deux frères.

C’est Régis qui a impulsé le projet de robot de traite itinérant : «je suis allé voir celui installé à Trévarez (Finistère) sur la ferme expérimentale des Chambres d’agriculture de Bretagne et de l’Institut de l’élevage. Leur robot se déplace sur deux sites avec une seule stalle, et donne de bons résultats techniques». Vincent complète : «l’idée, pour nous, était d’optimiser l’usage de ce matériel, hiver comme été, pour notre système de production sous cahier des charges AOP Cantal imposant au moins 140 jours de pâturage, avec une alimentation tout foin. Le robot de traite mobile est donc la solution que nous avons choisie. Elle contribue évidemment à diminuer l’astreinte au travail qui a aussi motivé l’investissement au départ».

Les deux frères confient : «nous voulons concilier une production de lait de vache traditionnelle avec une façon de produire utilisant des outils modernes qui ont fait leur preuve». Finalement ils continuent de faire pâturer leurs vaches en été au même endroit, comme le faisaient leurs parents, mais avec un robot de traite posé au milieu de la nature. «Nous continuerons à venir voir nos vaches au moins deux fois par jour, car le robot de traite ne fait pas tout le travail !», sourient Régis et Vincent Augeyre.

D.B.

04 mai 2017

Assemblée générale de l’UPRA Lacaune : une activité 2016 en hausse

L'assemblée générale de l'UPRA de la race ovine Lacaune s'est réunie vendredi 28 avril à St-Affrique, sous la présidence de Ioan Romieu. Le bilan 2016 est positif sur plusieurs points !

La base de sélection en contrôle laitier officiel (CLO) a concerné en 2016, 175 589 brebis qui ont mis bas dans 364 troupeaux, avec 160 189 brebis traites, en hausse de 3 766 brebis, pour 440 brebis à la traite par troupeau. Le nombre d'élevages reste stable comparé à 2015 (364), avec une augmentation moyenne d'animaux par exploitation de 12 unités, selon le bilan d'activité présenté par la technicienne de l'UPRA Lacaune, Emma Singla, aux côtés du directeur, Gilles Frégeat. A noter que le taux d'insémination artificielle (IA) est de 84,3 %, pour un total de 147 972 IA.

Sélection génomique

En contrôle laitier simplifié (CLS), le nombre moyen des brebis traites est de 378, là aussi en hausse de 11 unités, avec un nombre d'élevages quasiment stable (- 8), pour un total de 1?117, et un effectif estimé de 423?000 brebis traites. Au total, le contrôle de performance (CLO et CLS), le suivi inventaire et les mises bas représentent un cheptel de 690 347 brebis pour 1 715 troupeaux sur les départements 11, 12, 30, 34, 46, 48, 81, 82.

«Nous constatons en 2016 une forte augmentation de la diffusion génétique par les béliers (2?510 béliers inscrits soit +10 %) et par l'insémination en béliers Lacaune lait (421?497, soit +12 587)», note encore l’UPRA?Lacaune.

Le déploiement de la sélection génomique continue de se développer de manière significative, avec, en 2016, 2 376 béliers génotypés (+ 538), 2 247 béliers indexés (1 740 en 2015), une population de référence de 8 812 unités (6 565 en 2015), et un taux de sélection de 30 %. A noter que la puce dite «basse densité» a été validée en 2016, permettant de réduire les coûts de génotypages.

En programme viande, la base de sélection (Ovi-test ou GID Lacaune) continue d'augmenter depuis 2012, avec 43 élevages.

Jean-Michel Astruc, ingénieur IDELE, a ensuite fait un exposé sur «les pointages des béliers Lacaune lait», ouvrant ainsi «des pistes de travail pour l'amélioration de caractères fonctionnels et leur évaluation génétique dans la race Lacaune lait».

Un marché Lacaune en Nouvelle Zélande ?

Un point a été fait sur la résistance à la tremblante, le volet sanitaire, et sur les actions de l'UPRA Lacaune pour valoriser la race lors d'événements nationaux, comme le Salon de l'agriculture à Paris, et dans une activité export dynamique, portée par GENELEX, structure animée par Gilles Frégeat. Ce dernier a rendu compte du voyage effectué en Nouvelle Zélande (notre photo), avec Jean-Jacques Fabrègues, membre du bureau de l’UPRA Lacaune, dans le cadre d'une conférence internationale organisée les 13 et 14 mars à Palmerston North. Elle a réuni 250 participants issus du secteur de la recherche, de l'enseignement, éleveurs, marketing, avec des Néozélandais, Chinois, Australiens et Aveyronnais !

Gilles Frégeat a indiqué que la Nouvelle Zélande avait pour ambition de développer la production de lait de brebis pour répondre à de nouveaux marchés, essentiellement sur l'Asie. Ces pays sont demandeurs de poudre de lait infantile, de plaquettes de compléments alimentaires, de poudre de lait aromatisée… «Le lait de brebis vendu en poudre a une excellente image là-bas», a-t-il dit, «c'est comme un médicament, avec une haute valeur ajoutée ! La production se ferait suite à la reconversion d'élevages bovins lait, pour des raisons de meilleure adaptation des ovins ou des caprins aux contraintes environnementales locales».

Vente de semences

Les Aveyronnais ont aussi visité plusieurs exploitations ovins lait travaillant déjà avec des races importées (East frisonne, Awassi, British Milk Sheep) et des races locales. Les tailles de troupeaux sont variées, de 300 à 4 000 brebis, certains ayant été créés avec des capitaux chinois. Une première exportation de 8 000 doses de semences Lacaune lait vient d'être réalisée, «la race Lacaune suscitant beaucoup d'intérêt dans ce pays», se réjouit l’UPRA Lacaune.

La Nouvelle Zélande a donc du potentiel pour développer la Lacaune, a confirmé Jean-Jacques Fabrègues, «mais il faut attendre pour voir comment la race va s'adapter au pays et à son système d'alimentation». L'idée de proposer du conseil technique aux Néozélandais a été évoquée par Ioan Romieu, lequel a, par ailleurs, transmis le poste de présidence tournante (tous les deux ans) à Michaël Dressayre, éleveur à Belmont-sur-Rance, suite à l'élection du nouveau bureau de l'UPRA Lacaune.

D.B.

13 avril 2017

FODSA-GDS Aveyron : 1 001 questions sur les maladies vectorielles émergentes

Thierry Baldet, chercheur entomologiste, était l’invité de FODSA-GDS Aveyron. La mission de ce spécialiste des maladies vectorielles émergentes au CIRAD - INRA de Montpellier et de son équipe est «d’aider à mieux comprendre ces maladies». «L’émergence est une notion très à la mode, elle concerne à la fois les maladies infectieuses transmissibles nouvelles que l’on n’a jamais connues ou celles qui réapparaissent.

Ce qu’il faut retenir c’est que ces maladies vectorielles sont très complexes ! De par la diversité de leurs agents pathogènes (virus, parasites,...), de leurs vecteurs (tiques, moustiques,...), de leurs dynamiques (environnement, climat, saisonnalité...), leurs sensibilités (environnement, activités humaines,...).

Il y a plusieurs facteurs d’émergence qui agissent ensemble : le changement climatique tant mis en avant n’est pour moi pas le facteur le plus important, il vient en complément de la globalisation des échanges et déplacements des Hommes, des animaux, des pathogènes, de l’urbanisation (concentration des populations dans de grandes villes), des facteurs socio-économiques. Ainsi depuis la crise économique en Grèce, le paludisme fait sa réapparition.

La complexité de ces maladies réside aussi dans le fait que l’on n’a pas les réponses à toutes les questions ! D’où viennent-elles ? Comment s’amplifient-elles ? Pourquoi comment et quand reviennent-elles ?... Heureusement nous menons une activité de recherche pluridisciplinaire entre chercheurs, biologistes, climatologues, géographes, vétérinaires, éleveurs,... tant la surveillance est délicate et l’exper- tise complexe».

Pour prouver cette complexité, Thierry Baldet a pris l’exemple de la FCO, véhiculée par un insecte culicoïde : cette maladie subtropicale et exotique est arrivée dans le sud de l’Europe en 1999 avant de réapparaître au nord de l’Europe en 2006. Elle s’est ensuite transmise par des culicoïdes locaux présents depuis longtemps. En 2012, la France a récupéré son statut indemne FCO avant une nouvelle réapparition en septembre 2015 dans l’Allier. «Après 2 ans de silence, la question reste entière des raisons de sa réapparition !», selon Thierry Baldet. Aujourd’hui le sérotype 4 inquiète avec deux cas avérés dans le sud de la Corse.

Sur le virus Schmallenberg, le chercheur a montré l’efficacité des travaux de recherche qui ont permis de sortir un test de diagnostic sensible spécifique et un vaccin inactivé.

Prévention

«Nos missions sont de mieux connaître ces maladies vectorielles émergentes pour mieux les contrôler et prévoir des méthodes de surveillance et de prévention : cela passe par le suivi des dynamiques de population, un travail sur l’écologie larvaire : où piquent-elles ? A quel moment ? Quel animal ?... pour réfléchir à des méthodes de lutte ciblées. Des éléments d’information qui pourraient être intégrés à vos pratiques d’élevage, une démarche en totale cohérence avec votre approche globale sanitaire par exemple !», a-t-il encouragé.

Le CIRAD a également une mission de surveillance des culicoïdes en France. «Depuis 2015, nous essayons de déterminer les périodes saisonnièrement indem-nes pour bénéficier des dérogations à l’interdiction de sortie des zones réglementées», ajoute Thierry Baldet.

Ces maladies vectorielles émergentes représentent de réels défis pour les scientifiques tant elles sont complexes et soulèvent encore beaucoup d’inconnues pour les éleveurs.

Eva DZ

13 avril 2017

Filière caprine à Moyrazès : une journée porte ouverte réussie !

Beaucoup de monde vendredi 7 avril à la chèvrerie du GAEC Cap Avenir à Montplaisir, sur la commune de Moyrazès ! La journée porte ouverte organisée en collaboration avec la coopérative des Chevriers du Rouergue a été un succès, illustrée par une production caprine en bonne forme.

Légitime satisfaction chez les organisateurs pour cette journée mettant en avant un élevage de 900 chèvres, optimisant performance technique, bien-être animal, et confort de travail pour les associés et salariés (lire aussi dans la VP du 30 mars). Le GAEC composé de Frédéric Carrière, Guilaine Clergue, Marie-Claire Aussibal, avec comme salarié Gilles Aussibal, plus le groupement d’employeurs du Tec avec les salariés spécialisées, Virginie Cadillac et Floriane Debard, travaillent en effet dans des conditions optimales. Avec, de plus, un prix du lait rémunérateur, «730 €/1 000?litres en 2016. L’objectif d’un EBE de 200 €/ chèvre est atteint cette année», confie Frédéric Carrière.

Joël Mazars, président de la section caprine FDSEA, complète : «on constate ici que la production caprine est devenue une filière professionnalisée à part entière». Cette filière partagée entre les fermiers et les laitiers est riche de sa diversité, et active avec l’engouement constaté pour cette production. L’Aveyron y prend part (200 producteurs) et compte dans le paysage caprin national. La conjoncture est favorable avec une consommation en hausse de 4 %, dans un marché qui importe 20?% de son lait. «Il faut continuer à installer prudemment, avec des projets raisonnés et raisonnables», avertit Joël Mazars.

Jean-Paul Fayret, président des Chevriers du Rouergue (150 adhérents) ajoute : «la filière est en effet dynamique et nous cherchons de nouveaux engraisseurs de chevreaux». La coopérative participe au projet, sur le second site du GAEC à Grifouillet, de création prochaine d’une pépinière de chevrettes de renouvellement (600 places).

Lors de la journée à laquelle participait activement le réseau CUMA, dont celle de Baraqueville, les éleveurs ont communiqué sur leur métier, mettant en avant la genèse du projet, les atouts du bâtiment d’élevage fonctionnel, invitant aussi les visiteurs à la traite «rotative» de fin de journée (60 places).

Beaucoup de responsables professionnels et élus locaux sont venus saluer les éleveurs pour la réussite de leur entreprise.

D.B.

06 avril 2017

Bœufs de Pâques à Baraqueville : la crème de la crème pour Pâques !

Le 19e concours des Bœufs de Pâques à Baraqueville s’est déroulé vendredi 31 mars et samedi 1er avril. L’occasion pour les acheteurs de toute la France de venir s’approvisionner en viande de qualité deux semaines avant les fêtes de Pâques.

La foule était une nouvelle fois au rendez-vous dès l’issue de l’opération des jurys vendredi en début d’après-midi, autour des six meilleurs animaux du concours. La pression était palpable autour du ring quelques minutes avant la vente aux enchères menée par Bernard Guibbaud et sous la surveillance de Jackye Serieys, présidente du comité d’organisation. Des acheteurs de tout profil, artisans bouchers, distributeurs, négociants, restaurateurs,... des quatre coins de la France avaient coché ce rendez-vous reconnu depuis de nombreuses années pour sa qualité et sa diversité de races allaitantes ainsi que pour sa convivialité !

Les enchères sont montées progressivement. Par palier de 20 centimes, à partir de 7 € prix de base. Le meilleur bœuf, issu de l’EARL de La Valette à Luc, chez Benjamin Azémar, naisseur en-graisseur, s’est vendu à 10,80 €/ kg pour le Leclerc Millau sous la houlette de Christian Cabiron. Ce dernier s’est également porté acquéreur de la meilleure Aubrac de l’élevage de Christophe Sudries à Lédergues, à 18 €/kg. La meilleure Charolaise de la SARL Tauriac à Onet le Château a été achetée par le local de l’étape, le Carrefour Market de Baraqueville, à 12,20 €/kg.

Des enchères entre 10,80 et 18,40 €/kg

La meilleure Blonde d'Aquitaine du GAEC Cannac à La Selve, naisseur engraisseur, a été remportée par le Système U d’Aimargues dans le Gard pour 14 €/kg. Puis le meilleur croisé de l’élevage de Christophe Sudries à Lédergues, a été acheté par le Super U de Roujan (la Maison Bordes) dans l’Hérault pour 16 €/kg. Enfin le meilleur animal du concours (également meilleur Limousin) issu de l’élevage d’Anne-Marie Froment à Marcillac Vallon rejoindra le Leclerc de Cahors qui a remporté l’enchère à 18,40 €/kg.

«Globalement, les prix se sont bien tenus», résume satisfaite Jackye Serieys. «Même lors de la vente générale qui a suivi les enchères, les prix ont été corrects», assure-t-elle, estimant la plus-value du concours au-delà d’1€/kg. «Nous sommes dans la même moyenne que les années précédentes, une belle performance dans le contexte actuel du marché de la viande», commente-t-elle. Autre satisfaction pour les organisateurs, l’ensemble des 390 animaux exposés ont trouvé preneur. «Je pense que, comme d’habitude, l’ensemble des acheteurs, quel que soit leur profil, ont tous trouvé la marchandise qu’ils recherchaient», poursuit Jackye Serieys.

Le repas des éleveurs et l’ensemble de la manifestation se sont déroulés dans une très bonne ambiance, marque de fabrique de Baraqueville ! Dommage la pluie du samedi a quelque peu perturbé les animations mais la bonne humeur était tout de même au rendez-vous ! En attendant les 20 ans en 2018 !

Eva DZ

Le concours culinaire autour du paleron, jugé par Michel Truchon, chef étoilé, Frédéric Rubio professeur de cuisine Chambre de métiers et Dominique Bastide, du restaurant Les Coquelicots à Moyrazès, a récompensé deux lauréats : Géraldine Costes chez les amateurs et Sarah Faure de l’Ardoise à Réquista chez les professionnels.

30 mars 2017

Portes ouvertes, vendredi 7 avril à Moyrazès : investir et innover à 4 c’est possible !

La chèvrerie du GAEC Cap Avenir, à Montplaisir sur la commune de Moyrazès, est un outil de travail moderne et innovant, le nec plus ultra pour les 900 chèvres qui y sont installées et les trois associés et deux salariés qui y travaillent. Avec le soutien de la coopérative des Chevriers du Rouergue, elle ouvre ses portes à tous, vendredi 7 avril à partir de 10h.

Marie-Claire et Gilles Aussibal travaillent depuis longtemps avec leurs voisins de 4 km également chevriers, Guilaine Clergue et Frédéric Carrière, à la CUMA, au groupement d’employeurs,... C’est un coup du sort qui a précipité leur projet d’unir leurs deux structures, un choix qu’ils ne regrettent pas et qu’ils veulent même partager à l’occasion d’une porte ouverte, le 7 avril. En septembre 2014, un sinistre a fait périr le bâtiment de Marie-Claire et Gilles. «L’idée trottait dans nos têtes sans qu’on ne l’ait jamais formulée. Tout s’est fait naturellement !», se souvient Marie-Claire.

Et même rapidement puis-qu’un an plus tard, ils visitaient tous les quatre, plusieurs chèvreries en Vendée, à l’image de leur projet. «Ces visites et surtout les échanges avec des éleveurs sereins (bien plus que nous sur nos petites structures !) nous ont montré que c’était possible», ont constaté rassurés les exploitants.

Une chèvrerie dernier cri !

Et un an plus tard, les premières chevettes, fournies par la coopérative des Chevriers du Rouergue, entraient dans le nouveau bâtiment installé au bien nommé lieu-dit Montplaisir ! Pour autant, les quatre exploitants (Marie-Claire, Guilaine et Frédéric sont associés dans le GAEC Cap Avenir créé en octobre 2015, Gilles est salarié), ont bien pris le temps de la réflexion sur leur bâtiment. Ils se sont entourés de partenaires compétents, efficaces, de bons conseils et sur le chiffrage de leur projet d’une chèvrerie destinée à accueillir un millier de chèvres, soit 200 par ETP. «Un bâtiment facile à fonctionner, confortable pour les chèvres et pour les personnes qui y travaillent», résument les éleveurs. Et la réalisation est à la hauteur de leur ambition : toit, murs et portails sont isolés, une ventilation dynamique permet de maintenir le bâtiment à bonne température hiver comme été, sans odeurs, une aire d’attente sur caillebotis a été installée, la distribution de concentré est automatique, le roto traite permet de traire les

1 000 chèvres en 2h... «Chez nous personne ne porte un seau ! Tout est fait pour que le travail ne soit pas pénible !», rapportent les éleveurs qui veillent aussi au confort de leurs salariés.

Plus de sérénité

«Nous avions envie de travailler tous ensemble, ce qui n’a pas posé de problèmes étant donné que nos modèles d’exploitation étaient semblables : appui des CUMA locales, un salarié en groupement d’employeurs, conduite de troupeau...». La clé c’est l’organisation du travail entre tous : «Notre association est encore jeune mais nous avons atteint un bon rythme de travail qui apporte de la souplesse et surtout de la sérénité», avance Guilaine. «C’est important de savoir que l’on n’est pas seuls et qu’on peut compter sur les autres», complète Marie-Claire. «Nous partageons tout : l’astreinte, la gestion administrative, la gestion des problèmes ! Nous impliquons même nos salariés dans l’amélioration du fonctionnement ou de la conduite du troupeau. Nous travaillons en confiance», poursuit Frédéric. L’élevage a aussi gagné en productivité de travail : «quand tout est bien calé, on ne court pas !», résume Gilles.

Une organisation sans faille

Pour le matériel, le GAEC s’appuie sur 8 CUMA, l’engagement de Gilles et aujourd’hui de Frédéric président de la fédération départementale, y est sûrement pour beaucoup ! «C’est notre choix depuis toujours d’investir collectivement. Quasiment tout notre matériel est en CUMA, en activité simple ou en services complets, pour l’ensilage, la moisson, la dessileuse automotrice,...». Et le GAEC fait aussi appel à la mise à disposition de main d’œuvre ponctuellement en complément du Service de remplacement et du groupement d’employeurs pour gérer les pointes de travail.

Cette journée portes ouvertes du 7 avril a un double objectif pour les membres du GAEC Cap Avenir : «témoigner de notre organisation de travail tant d’un point de vue des Hommes que du matériel, partager nos résultats technico-économiques, notre marge au litre de lait, échanger en toute transparence sur notre projet (financement bâtiment, équipement,...)» et «remercier nos partenaires, organisations professionnelles agricoles et maîtres d’œuvre autour du bâtiment, qui seront d’ailleurs présents pour compléter notre présentation».

Eva DZ

30 mars 2017

Festival des Bœufs de Pâques à Laguiole : une formule qui marche !

Le 18e Festival des Bœufs de Pâques s’est déroulé samedi 25 et dimanche 26 mars à Laguio-le. Un festival qui a le vent en poupe avec des éleveurs exposants plus nombreux, des acheteurs engagés et fidèles et des animations innovantes.

Didier Dijols, président du comité d’organisation, avait le sourire à l’heure de la remise des prix dimanche matin sur le foirail, devant la vitrine des 218 animaux de qualité, présentés par plus de 70 éleveurs dont de nombreux Lozériens. Ce sont d’ailleurs eux qui ont séduit les membres du jury puisque les deux champions Bœuf Fermier Aubrac et Fleur d’Aubrac sont issus d’exploitations de Lozère. Nicolas St Léger de St Sauveur de Ginestoux a décroché le prix du festival en Fleur d’Aubrac et le Grand Prix d’excellence et Vincent Remise du Buisson, le prix du festival en Bœuf Fermier Aubrac, pour sa première participation ! Encouragé par UNICOR qui collecte ses animaux, le jeune éleveur installé en 2011 sur la ferme familiale de 50 mères Aubrac n’est pas déçu d’être venu?! «Les trois animaux que j’ai amenés ont réalisé une belle performance, une première et une troisième place et le prix du festival, c’est encourageant pour la suite», sourit Vincent Remise, félicité par le président du Conseil départemental de l’Aveyron, Jean-François Galliard lui aussi en visite pour la première fois sur le festival. Guidé par Vincent Alazard et Annie Cazard, conseillers départementaux, des élus locaux et le député Yves Censi, il a apprécié cette belle vitrine de l’agriculture.

Une vitrine qui poursuit sur sa lancée la promotion des produits viande sous signes officiels de qualité. «Malgré un nombre plus important d’animaux exposés que les années précédentes, nous sommes satisfaits de voir que tous ont trouvé preneurs», se réjouit Didier Dijols.

La vente aux enchères s’est déroulée dans de bonnes conditions. La championne BFA a été achetée par Benoît de la Maison Conquet à 10,30 euros/kg. Et la championne Fleur d’Aubrac par COBO 34 à 14,10 euros/kg. La vente générale a été, elle aussi, très animée avec une plus value d’environ 1 euro par rapport à la grille. A noter l’investissement de trois acheteurs majeurs : la Maison Conquet, Arcadie Sud Ouest et Bigard qui ont acheté 130 bêtes (sur les 218 présentes).

Côté animations, le Festival des Bœufs de Pâques n’a pas été en reste avec une soirée Bœuf au comptoir à guichet fermé dans le gymnase. «Nous avons été obligés de refuser près de 150 repas faute de place», regrette Didier Dijols mais la soirée fut une réussite.?Comme chaque année, le concept de dégustation de viandes de qualité debout au comptoir séduit au-delà des frontières aveyronnaises !

De même, pour sa première, le salon du chocolat, proposé par l’association des parents d’élèves le dimanche dans le gymnase, a attiré une foule de gourmands ! Plus de 200 entrées ont été enregistrées en seulement 2h ! Et le compteur a sûrement continué de grimper l’après-midi ! «Nous sommes très contents. Et je pense que les 9 artisans chocolatiers présents sont eux aussi satisfaits de leur journée», a commenté Régis St Geniez, membre de l’association des parents d’élèves. «Nous avons réussi notre pari de lier nos deux gourmandises de Pâques, la viande de qualité et le chocolat !», poursuit-il. Les animations pour les enfants, en particulier la fontaine de chocolat, ont remporté un gros succès !

Les organisateurs du Festival remercient tous les bénévoles pour cette nouvelle réussite?!

Eva DZ

23 mars 2017

Filière porc : investir et se moderniser, c'est possible

Bernard et Cédric Valette, du GAEC des Valettes à Ségur, ont ouvert les portes de leur exploitation mardi 21 mars. C'était l'occasion d'inaugurer leur tout nouveau bâtiment destiné à abriter des porcelets en post sevrage, puis engraissement. Ce projet a bénéficié de l'accompagnement de la coopérative aveyronnaise Alliance Porci d'Oc (APO).

L'élevage porcin est arrivé en 1992 sur cette exploitation de tradition laitière. Bernard Valette a ainsi démarré son activité de naisseur avec 60 truies en plein air. En 2000, le cheptel est passé à 150 truies logées dans une maternité. Après l'installation de Cédric, son fils, en 2004, l'exploitation s'est équipée d'un bâtiment pour abriter les gestantes. Cédric et Bernard sont aujour-d'hui multiplicateurs Hypor.

Conserver les animaux sur l'exploitation

Jusqu'à présent les porcelets nés sur l'exploitation étaient engraissés à l'extérieur. «En tant que multiplicateurs nous souhaitions pouvoir conduire nous mêmes les animaux jusqu'à la vente comme reproducteurs», confie Cédric Valette. Il s'agit aussi de mieux gérer la qualité sanitaire des animaux voués à la reproduction, limitant leurs déplacements.

De cette volonté de prendre en charge l'engraissement, est né le projet de bâtiment. Gilbert Delsol est responsable des projets chez APO. C'est lui qui a suivi le dossier du GAEC des Valettes. «Nous avons accompagné Cédric et Bernard depuis l'avant projet jusqu'au suivi du chantier, en passant par l'étude économique, les appels d'offre et la gestion administrative». Le résultat est une porcherie flambant neuve qui a nécessité le concours de pas moins d'une dizaine d'entreprises, dont une partie est locale. Elle va abriter, dans un premier temps, 528 places en post sevrage et 768 places en engraissement. Seules les femelles seront d'abord engraissées. Le projet doit en effet se poursuivre dans les années à venir avec une extension dédiée à l'engraissement des mâles.

Economiser l'énergie

Lorsque l'idée du bâtiment a émergé dans l'esprit de Cédric Valette, il s'est fixé comme objectif premier l'économie d'énergie. Il a ainsi fait appel à une technique encore inédite dans la région : l'utilisation de niches chauffées dans les cases de post sevrage des porcelets. «Alors qu'il fait autour de 24°C dans le reste de la case, les porcelets sont à 28°C sous la niche», explique le jeune éleveur. Cette zone de confort est abritée par une plaque en acier chauffée par un circuit d'eau chaude qui circule à 70°C. De plus, grâce à une ventilation centralisée, utilisant des ventilateurs de dernière génération, eux aussi économes, cette eau est préchauffée par le recyclage de l'air chaud. Enfin, des sondes permettent de réguler le chauffage en fonction de la température. «Ce type de bâtiment, pensé dans une logique de réduction énergétique, représente l'avenir», selon Gilbert Delsol.

Dans une même logique d'économie, Cédric Valette évoque son engagement vers la réduction des traitements sanitaires sur les porcelets. «Nous n'utilisons pas de traitements en systématique. Lorsque nous avons des porcelets malades nous traitons uniquement la case en injectant les produits dans l'eau des abreuvoirs». Côté engraissement, les auges ont été surélevées pour permettre un confort de lavage et une meilleure circulation de l'air. C'est aussi un moyen de faire de la prévention sur la santé des animaux. Aujourd'hui, beaucoup d'éleveurs suivent la même logique et n'utilisent aucun antibiotique à partir du sevrage. Pour Norbert Pradalier, le président d'APO, «l'évolution de la génétique et la modernisation des bâtiments d'élevage permettent de prévenir plus efficacement les problèmes sanitaires». C'est aussi pour montrer cela qu'il tient à cœur de la coopérative d'organiser de telles portes ouvertes pour ses adhérents.

Montrer la dynamique de la filière

Le GAEC des Valettes est la deuxième exploitation à participer à cette initiative. La première s'était déroulée le 15 novembre 2016, au GAEC des Igues, sur la commune de La Bastide l'Evêque. Il s'agissait là aussi de faire visiter un nouveau bâtiment, équipé d'une fabrique d'aliment, fruit d'une installation avec création d'atelier d'engraissement. Pour Norbert Pradalier ces portes ouvertes revêtent deux objectifs. «C'est un lieu de rencontre, d'échanges entre éleveurs. Nous avons ici l'occasion de mettre en lumière des jeunes qui avancent, investissent, et croient en l'avenir de la filière. Montrer qu'on peut développer de l'engraissement à Ségur, en pleine zone de montagne, montre aussi que la production porcine s'inscrit partout». L'autre objectif est aussi de faire venir le voisinage sur l'exploitation. En effet, comme il est sanitairement risqué de faire visiter des bâtiments occupés, montrer à quoi ressemble une porcherie, même vide, est l'occasion de démonter certains a priori.

Au service de la filière porcine du Sud-ouest

Cette communication est une des nombreuses missions que les 370?salariés de la coopérative APO assurent aujourd'hui. C'est en effet un outil performant du développement de la filière porcine en Aveyron et au-delà, avec de nombreux services rendus aux 186 adhérents, con-cernant l'environnement, le sanitaire, la génétique, l'alimentation...

La coopérative est aussi très investie dans le renouvellement des générations d'éleveurs. «La production porcine offre une grande qualité de vie , grâce à un travail très planifié, affranchi des aléas extérieurs», explique Norbert Pradalier. «De plus la conjoncture s'est nettement améliorée depuis 6 mois, grâce à l'ouverture du marché chinois aux porcs européens, et à la diminution du cheptel au sein de l'Union. Les voyants sont donc au vert en ce moment. En outre APO met un point d'honneur à accompagner les jeunes qui s'installent, en leur offrant notamment un revenu sécurisé pendant les premières années».

Les portes ouvertes des adhérents d'APO vont donc se poursuivre au rythme de la concrétisation des projets, que le prési- dent souhaite nombreux.

B. CAREL

23 mars 2017

Journées laitières les 6 et 7 mai à Baraqueville : races laitières et race Limousine sur les podiums

Prim’Holstein, Montbéliar-de, Bune, Simmental, Pie Rouge et Aubrac lait ainsi que la Limousine seront en con-cours à l’occasion des Journées laitières samedi 6 et dimanche 7 mai à Baraqueville, dans le cadre de la foire au matériel agricole. Prenez date !

Tous les 4 ans, les Journées laitières mettent à l’honneur le professionnalisme des éleveurs du département et proposent un point d’étape sur l’évolution de la production laitière en Aveyron. Avec 330 millions de litres produits par 1 400 exploitations, le lait représente une part incontournable du socle économique agricole du département.

En Aveyron, le troupeau moyen au Contrôle laitier est de 52 vaches pour une production de 380 000 litres par exploitation avec toutefois une grande diversité. La production moyenne par vache a augmenté de 770 kg sur ces dix dernières années. Ces progrès tant technique que génétique seront notamment présentés lors des Journées laitières. A cette occasion en effet, le meilleur des races laitières du département défilera sur les rings. Le samedi : concours interdépartemental Simmental à 11h, présentation de la race Pie Rouge à 13h, concours régional Montbéliard à 14h et le dimanche : concours interdépartemental Brune à 10h15, concours départemental Prim’Holstein à 13h. Les éleveurs limousins se sont associés à l’événement pour organiser leur concours départemental le samedi à 9h. Au total, plus de 200 animaux seront donc exposés le temps d’un week-end à l’espace Raymond Lacombe.

Plus de 200 animaux en concours

Au-delà des concours de races, ces Journées laitières sont un rendez-vous pour tous les acteurs de la filière. L’événement est en effet porté par les associations de races bovines laitières (Brune, Montbéliarde, Prim’Holstein et Simmental), la Chambre d’agriculture, la mairie de Baraqueville, en partenariat avec les producteurs, les entreprises de collecte et de transformation (Sodiaal, Lactalis, coopérative Jeune Montagne, coopérative laitière de Thérondels), les organismes d’approvisionnement, les organismes de sélection et les coopératives d’insémination (Coopelso) ainsi que les organisations professionnelles agricoles (Crédit Agricole, Groupama, MSA).

«Ces deux journées vont permettre de favoriser la rencontre professionnelle et les échanges entre les acteurs», avance François Ginisty, président de l’association Journées laitières. «Elles seront aussi un coup de projecteur sur le fort potentiel génétique, technique et économique du cheptel laitier départemental. C’est une façon pour nous d’inscrire durablement la vocation laitière de notre territoire», conclut-il.

Rendez-vous donc les 6 et 7 mai à Baraqueville !

Eva DZ

09 mars 2017

Réunions lait d’Aveyron Conseil Elevage : efficacité et réactivité

Pour la huitième année, le service bovins lait de la Chambre d’agriculture a renouvelé ses réunions de secteur, dans tout le département. Quatorze rencontres rythmées par une intervention technique sur la qualité du lait, une visite d’élevage et surtout de nombreux échanges entre éleveurs.

Cet hiver, plus de 300 producteurs de lait ont participé aux 14 réunions de secteur organisées par le service bovins lait de la Chambre d’agriculture. Cette formule, très appréciée, est un rendez-vous important pour tous, éleveurs et techniciens. Une occasion supplémentaire d’échanger, de susciter de nouvelles idées pour améliorer le conseil et ainsi le service aux producteurs adhérents.

Face à une conjoncture économique délicate en production laitière, le service de la Chambre d’agriculture a orienté ses réunions sur la qualité du lait, en apportant des réponses pour améliorer le revenu.

Dans un élevage moyen de 362?000 litres, l’Institut de l’élevage estime le coût de production à 403 €/1 000 litres, dont 123 euros réservés au coût alimentaire (123 € d’achats de fourrage, de concentrés, d’appros aux surfaces ; 55 € de frais d’élevage, 112 € de frais de mécanisation, 60 € pour les bâtiments, 53 € de frais généraux). «La conduite du troupeau et l’alimentation sont des leviers importants du coût de production», assure Patrice Perguet, responsable de l’équipe bovins lait à la Chambre d’agriculture. «Là où l’on peut agir pour améliorer la qualité du lait et donc son revenu». Sur les 22 départements de la zone Optilait, la variation reste très importante sur le prix du lait, un écart pouvant atteindre 75 €/1 000 litres ! En Aveyron, le prix moyen payé est relevé de 23?€/1 000 litres par rapport au prix de base.

D’importantes variations de prix selon la qualité

Les facteurs de cette grande variation sont de plusieurs ordres?: les taux (TP et TB), le niveau de concentré dans la ration, la qualité de l’ensilage, la qualité cellulaire, la génétique (capacité à transmettre des gènes favorables aux taux et/ou à la production laitière),... Cellules, composition du lait (TB et TP), butyriques, germes, génétique ont en effet une influence directe sur la qualité du lait. La présence de cellules dont le seuil de pénalité est fixé à 300 000 (avec une ambition prochaine à 250 000) est l’un des points à améliorer. Si plus de 85% des vaches laitières sont «saines», elles sont encore 8% à plus de 800 000 ! La clé est d’identifier rapidement les sources des mammites cliniques (20% sont enregistrées). Plus de 75% guérissent au tarissement. Les cellules ont des conséquences directes et importantes sur le revenu : 5 à 10% de baisse de production, du lait jeté, un coût de traitement élevé (150?€ minimum et jusqu’à 230 € !), des contrain-tes supplémentaires à la traite, des risques inhibiteurs dans le lait.

S’il y a peu de solutions pour remédier à la présence de butyriques dans le lait s’ils sont intégrés au silo, en revanche le producteur peut agir sur plusieurs points : l’hygiène de traite, la propreté des trayons et des animaux dans le bâtiment (sans surcharge d’effectif), la récolte de fourrages bien secs, un chemin entretenu entre le silo et l’auge de façon à ne pas contaminer l’alimentation,...

Concernant les germes, la lipolyse et la cryoscopie, l’attention doit porter sur le nettoyage de la machine à traire, de l’ensemble des tuyaux et du tank via Net’traite, le refroidissement du lait...

Un plus par l’appui technique

L’équipe de 24 techniciens du service bovins lait de la Chambre d’agriculture est mobilisée pour accompagner les producteurs, de façon réactive et efficace. Pour un retour plus rapide des résultats de la pesée du soir, les agents sont équipés de tablette qui leur permet de saisir en direct et de fournir à l’issue de la visite, les résultats d’analyses d’échantillon de lait. L’Aveyron est le seul département de la zone Optilait à proposer son conseil avec résultats. L’appui technique sur la qualité du lait, la repro via les tests de gestation, l’alimentation via Cetomir,... peut ainsi être organisé à partir des résultats du mois en cours.

L’innovation passe aussi par un conseil économique grâce au partenariat TechEco avec CERFRANCE Aveyron. Avec l’accord de l’éleveur, CERFRANCE Aveyron et le service bovins lait de la Chambre d’agriculture mettent en commun leurs informations et proposent une approche de la trésorerie. Un tableau de bord général permettra à l’éleveur, en lien avec son technicien, de calculer un prix d’équilibre prenant en compte son coût alimentaire. «L’idée est de chercher des marges de progrès», avance Patrice Perguet. Cette démarche est subventionnée, jusqu’à fin 2018, par le Conseil régional quel que soit le suivi technique choisi par l’éleveur avec un engagement de suivi dans le temps. Le producteur devra simplement verser 1 euro et fera l’avance de TVA. «Le conseil doit être mis en avant en parallèle du contrôle de performances», a complété François Ginisty. «Pour plus de réactivité et d’efficacité».

Eva DZ

02 mars 2017

Assemblée générale Ovi-test : une place de leader confortée

Premier centre d’insémination ovine en France, la coopérative Ovi-Test conforte sa notoriété avec plus de 2 000 adhérents et une activité en progression constante pour la quatrième année consécutive. Et des projets à l’export avec notamment la création d’un centre d’IA en Espagne.

C’est un bilan plus que positif qu’affiche la coopérative Ovi-Test, de quoi donner le sourire à son président Jean-Jacques Fabrègues lors de l’assemblée générale mardi 28 février à Pont de Salars. «Notre activité est en progression constante, nous récoltons les fruits du travail de longue haleine mené par nos prédécesseurs et par les éleveurs sélectionneurs, engagés dans les schémas de sélection. La preuve aussi que nous répondons aux besoins du plus grand nombre», a-t-il commenté.

Une activité qui continue de progresser

Ainsi les chiffres montrent une augmentation de l’activité Insémination artificielle (+ 4 279 IA soit + 1,24%) et une progression du nombre d’échographies (434?893 constats de gestation soit + 5,8%) à mettre en parallèle de la remontée du pourcentage de réussite (+ 3% chez les sélectionneurs lait). «Nous n’hésitons pas à faire évoluer notre service pour répondre aux besoins des éleveurs, en proposant de nouvelles techniques (stades de gestation, comptages d’embryons)», complète la directrice Béatrice Giral Viala. «Notre objectif est bien d’apporter à nos adhérents une prestation de qualité grâce à un fort investissement sur du matériel de pointe et la formation de nos agents», assure Jean-Jacques Fabrègues.

La race Lacaune séduit

La diffusion de reproducteurs est, elle aussi, en augmentation : + 19% en vente d’agneaux Lacaune lait et viande, + 1,46% en vente d’agnelles Lacaune, 492 béliers investis dans l’année et 1?952 béliers investis au total au 30 septembre. «Les qualités de la race Lacaune et les progrès réalisés dans nos schémas de sélection en viande comme en lait permettent une diffusion de la Lacaune sur toute la France : des troupeaux se créent dans l’Est de la France, dans les Alpes et se renforcent au Pays Basque (avec 80 000 brebis)», se réjouit Jean-Jacques Fabrègues. La demande est forte vers l’Espagne, la Grèce et l’Italie où une activité de brebis jeunes reproductrices a bien démarré (1002 têtes) et devrait perdurer. Cette croissance à l’export, Ovi-Test la doit à la notoriété croissante de la race Lacaune et sa démarche commune bien structurée GENELEX.

Un centre d’IA Ovi-Test en Espagne

Et la coopérative a même dû s’adapter à une nouvelle demande à l’export. «Nous avons été sollicités par notre réseau de clients espagnols pour créer un centre d’IA de façon à diffuser de la semence fraîche dans ce pays», a annoncé Jean-Jacques Fabrègues, confirmant la création de la société Ovi-Test Ibérica depuis le 28 janvier 2016. «Le projet est en phase de démarrage avec les premières IA ce printemps avec des béliers issus du centre d’Ovi-Test», avance Béatrice Giral Viala. Une trentaine de béliers confirmés sont concernés. Un grand challenge que la coopérative espère mener à bien : «Notre objectif est de permettre des plus-values financières par la vente de reproducteurs à Ovi-Test Ibérica et la marge sur l’IA en Espagne et d’asseoir notre réseau d’influence en Espagne pour les deux schémas lait et viande. Le retour doit se faire pour les éleveurs de notre bassin qui restent notre priorité», confirme Jean-Jacques Fabrègues.

Efficacité confirmée des deux schémas de sélection

L’assemblée générale d’Ovi-Test est aussi l’occasion de faire le point sur les deux schémas de sélection. En viande, la valeur laitière constitue la force du schéma depuis 40 ans et les qualités bouchères depuis 30 ans. La diffusion du progrès génétique continue sa reprise chez les éleveurs viande en particulier les ventes de reproducteurs femel-les. Le schéma est d’ailleurs en recherche de nouveaux sélectionneurs pour assurer la disponibilité en reproducteurs et est en expansion depuis plus de 4 ans.

Le travail se poursuit dans la sélection massale du gène de prolificité «LAC 3», innovation majeure en ovin. Le schéma espère atteindre l’objectif des 50% de brebis porteuses de ce gène d’ici 2 ans. En revanche, le caractère efficacité alimentaire en station a été abandonné car, après calcul de l’Institut de l’élevage, il s’est avéré contre-productif.

Concernant le schéma lait, les performances laitières des élevages de la base de sélection dépassent les 300 litres en moyenne par brebis (+7%) grâce à la génétique. La sélection sur les taux se poursuit, de même que sur les caractères secondaires tels que les cellules somatiques réalisées sur les deux premières lactations ainsi que le pointage des mamelles intégrés dans l’index ISOL et comptant pour 50% dans son calcul depuis plus de 10 ans.

Le millésime 2015 devrait confirmer l’intérêt de la sélection génomique. Une véritable révolution du fonctionnement du schéma de sélection lait qui contribuera à une hausse de 15 à 20% du progrès génétique. De nouveaux caractères pourront être introduits comme la docilité, la rusticité (longévité et efficacité des carrières), la prolificité,... sans détériorer la vitesse de travail. Le chantier doit être mené conjointement avec l’UPRA Lacaune, en accord avec l’orientation raciale.

Enfin, l’éprouvette électronique, Lactocorder, a été agréée pour une utilisation dans les élevages de la base de sélection. Les premiers tests démarreront cette année, pour continuer de favoriser l’index ISOL.

«Nous devons poursuivre sur cette voie pour permettre à un maximum d’éleveurs d’améliorer le niveau génétique de leur élevage», a conclu Jean-Jacques Fabrègues.

Eva DZ

09 février 2017

Conférence-débat : leur alimentation, notre santé

En partenariat avec le Conseil départemental, Jeunes Agriculteurs Aveyron et le groupe de Camboulazet ont invité, jeudi 2 février, Pierre Weill, co-président de Bleu Blanc Cœur et Marine Gelé, chargée de projet à l’Institut de l’élevage, à donner une conférence grand public sur l’alimentation et la santé.

La conférence débat «Leur alimentation, notre santé. Comment l’alimentation des animaux influence notre assiette» s’est déroulée aux Archives départementales. La soirée a débuté par l’exposé de Pierre Weill, co-président et co-fondateur de la démarche Bleu Blanc Cœur, label alimentaire garantissant des aliments riches en Oméga 3.

Alimentation : second risque pour la santé

Le scientifique, ingénieur agronome de formation, a tout d’abord présenté le rapport entretenu avec l’alimentation qui a beaucoup évolué ces dernières décennies. A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, face à une population traumatisée par la pénurie, la production alimentaire a eu pour principal objectif de lutter contre la faim. Dans les années 1970, la nourriture devait être enrichie pour «donner de la force», 20 ans plus tard elle a dû au contraire s’alléger, jusqu’à aujourd’hui où on privilégie le «sans» : sans gluten, sans OGM, sans pesticides... «Avec la déification de la nature, l’alimentation de demain devra privilégier le bien-être animal, et pourquoi pas, le bien-être végétal», pronostique Pierre Weill.

Le CREDOC (centre de recherches pour l'étude et l'observation des conditions de vie) traite de ces questions en profondeur. D’après leurs études, l’alimentation serait considérée par les personnes sondées comme le second risque pour la santé, après les accidents routiers, alors que la mortalité liée aux problèmes nutritionnels a été divisée par près de 500. Ce lien étroit entre nutrition et santé a tout de même pour effet de faire remonter la part du budget des ménages allouée aux achats alimentaires. Les crises alimentaires ont aussi eu pour effet d’orienter ces achats vers des produits de qualité ou dits «naturels».

Une démarche étayée par des faits scientifiques

Pierre Weill est un passionné des questions alimentaires. Fort du constat que des vaches alimentées avec de l’herbe étaient plus fertiles et produisaient du lait de meilleure qualité, il a cherché quels aliments pour le bétail offraient les mêmes qualités, surtout en terme d’acides gras, que le pâturage. C’est ainsi que Valorex a vu le jour en 1992, se spécialisant dans la graine de lin, mais aussi de pois, de lupin, ou encore de féverole.

Depuis, de nombreuses études sont venues confirmer la pertinence de la démarche de Pierre Weill et de ses associés. Si l’étude «Valomega», conduite avec l’INRA, a démontré le lien entre nutrition animale et qualité du produit, en l’occurrence des œufs et du beurre, c’est l’étude clinique conduite au début des années 2000 qui a réellement lancé la démarche Bleu Blanc Cœur.

Cette expérimentation, pilotée par Bleu Blanc Cœur, le corps médical et scientifique, dans le secteur de la biochimie, s’est basée sur deux échantillons de personnes recevant une alimentation strictement équivalente en nombre de calories mais dont l’un des deux groupes ingère des produits Bleu Blanc Cœur.

En 35 jours de ce régime, les scientifiques ont déjà pu mesurer des effets positifs sur le profil des personnes en acides gras, le sérum, ainsi que sur les membranes des hématies. «Depuis 25 ans nous avons multiplié les études scientifiques, avec 360 publications, portant sur la santé humaine, la zootechnie ou les impacts environnementaux. Nous n’avons plus aujourd’hui à prouver les bénéfices de notre démarche».

Omega 6 et Omega 3 : une question d’équilibre

En seconde partie, Pierre Weill a alerté sur les déséquilibres alimentaires, sources de maladies contemporaines. L’élément déterminant de l’ensemble des études de par le monde est la balance entre les Omega 6 et 3, dont le ratio influe sur le fonctionnement de l’organisme, et notamment sur la qualité du sang. Le ratio idéal doit se situer entre 4 et 5, or aujourd’hui il est bien au-delà.

«Le déséquilibre provient d’une trop forte teneur en Omega 6 dans notre alimentation, influencée par l’intensification de la monoculture, de maïs et tournesol, par exemple», explique le scientifique. Selon lui, la réintroduction des Omega 3 dans l’limentation pourrait prévenir de nombreuses maladies comme l’obésité, les maladies cardiovasculaires, ou encore certains cancers.

Alimentation animale et acides gras à l’étude

Marine Gelé a ensuite présenté une synthèse des études d’impact entre l’alimentation animale et la composition en acides gras des produits issus de l’élevage. Chez les monogastriques, un lien étroit est démontré, qu’il s’agissent d’œufs ou de viande de porc. Chez les ruminants, l’impact alimentaire est plus probant dans le lait. Les études montrent un effet flagrant du taux de pâturage sur la diminution du niveau des acides gras saturés ainsi que l’augmentation des acides gras mono et polyinsaturés, dont les fameux Omega 3 et 6.

Le ratio Omega 6 sur Omega 3 tend aussi à diminuer avec l’augmentation de la pâture. Des effets similaires ont été démontrés avec une complémentation azotée (tourteaux de colza ou de lin, luzerne) et lipidique (graines de soja ou tournesol pour les Omega 6, graines de lin ou de colza pour les Omega 3 et autres acides gras polyinsaturés). Marine Gelé tient néanmoins à préciser que si la qualité des aliments de complément n’est pas optimale, des effets néfastes peuvent apparaître, comme l’apparition d’acides gras trans indésirables.

Au niveau de la viande bovine, l’alimentation influence surtout le profil en acides gras du gras de la viande, ainsi que sa quantité et sa couleur. En effet l’absence de dégradations dues à la rumination entraîne une influence plus directe dans la viande des monogastriques.

Marine Gelé conclut en rappelant que des facteurs tels que la génétique et la santé des animaux entrent aussi de manière prégnante dans la qualité des produits.

B. CAREL

02 février 2017

Action loup FDSEA-JA à Millau : «Prélever, pour stopper les attaques !»

La FDSEA, les JA, en lien avec la Chambre d’agriculture, ont alerté une fois encore les pouvoirs publics, jeudi 26 janvier à Millau, sur les conséquences des attaques de troupeaux constatées récemment dans le sud Aveyron. Ce rassemblement était organisé au GAEC de la Martinerie à Millau, où le troupeau vient d'être victime d'une attaque, en présence d'élus locaux, dont le président du Parc naturel régional des Grands Causses.

«La situation s'aggrave, d'autres moyens s'imposent !». Pour les éleveurs FDSEA-JA, la coupe est pleine : «les attaques de loup se multiplient en Aveyron ces dernières semaines. Au total, 16 constats ont été établis «loup non écarté», faisant 91 victimes. Des photos confirment aussi la présence du prédateur». Et d’ajouter : «les territoires impactés progressent à grande vitesse. Après l'Aubrac et les Grands Causses, c'est maintenant au tour du Lévézou avec une attaque enregistrée sur la commune de Prades-de-Salars. Le loup se déplace rapidement et sa présence aux portes de Rodez est maintenant une certitude !».

Pour la FDSEA et les JA, «les attaques se multiplient alors que la plupart des animaux sont actuellement en bâtiment. Une explosion du nombre d’attaques semble donc inévitable lors de la sortie des animaux aux pâturages ce printemps. Avec la multiplication des attaques, le contexte a changé. Les moyens de luttes doivent évoluer aussi. L'élevage et le loup sont incompatibles !», martèle la profession agricole.

«Trop c’est trop !»

C’est aussi le message porté par François Giacobbi, responsable du dossier «Loup» : «nous sommes ici aux portes de Millau, au GAEC de la Martinerie qui a été victime d’attaques le 16 décembre. Après celles constatées à Bournac, St-Eulalie-de-Cernon..., nous disons que trop c’est trop ! Des traces ont été aperçues dans la neige dans le secteur de Lauras, non loin de St-Geniez-de-Bertrand, où d’autres brebis ont été attaquées. Nous demandons au préfet des tirs de prélèvement. Le printemps arrive. Dans le cadre du cahier des charges AOP Roquefort, les brebis devront sortir dans les parcours. Les éleveurs sont donc inquiets», lance le responsable du dossier «loup». «Protéger les troupeaux avec des clôtures, c’est 62 000 euros pour mes 350 brebis, plus le coût de chiens patou, etc. C’est donc des millions d’euros pour une mesure inefficace !», s’énerve François Giacobbi. «Dans les Alpes, le patou d’un berger a tué une marmotte. Ils s’est pris une amende ! Nous avons atteint le paroxysme de l’aberration !», proteste-t-il.

«La brigade loup doit venir ici»

Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande FDSEA, membre du bureau de la FNO poursuit : «nous demandons que la «brigade loup» en place en Lozère vienne ici avec ses trois agents pour patrouiller dans ce secteur. Notre métier est celui d’éleveur de brebis, pas celui de chasseur de loup». Thierry Agrinier, président de la section ovins lait FDSEA réagit à son tour : «l’AOP Roquefort nous contraints en effet à sortir nos bêtes, avec une obligation de pâture. Nous ne pouvons pas aujourd’hui assurer la sortie de nos troupeaux en toute sécurité».

François Giacobbi rappelle «que cette région d’élevage du sud Aveyron s’est appuyée depuis des siècles sur l’agropastoralisme, et que son classement à l’UNESCO dans le patrimoine mondial sera conservé si ce milieu ouvert le reste, grâce à la pâture. Le loup n’a pas sa place ici !», argumente-t-il encore. Alain Fauconnier, président du Parc naturel régional des Grands Causses soutient l’action des éleveurs : «qui font vivre notre région», a-t-il dit, «le représentant du Parc est là pour apporter son concours aux éleveurs».

«Il faut tirer»

Christophe Laborie, maire de Cornus, président de la Communauté de communes Larzac-Templiers-Causses, a évoqué la question des chiens divaguant : «on nous demande de prendre des arrêtés municipaux contre des chiens errants. Nous, élus, nous en avons marre. Il faut appeler un loup, un loup ! Nos élevages sont incompatibles avec cet animal qu’il faut tirer !». Le maire de Cornus se fait plus grave encore : «il y a des éleveurs qui vont très mal psychologiquement, stressés et sous calmants».

François Giacobbi a mis en avant la possibilité «de faire appel à la cellule psychologique de la MSA» et confié sa lassitude pesante, chaque jour, concernant ce dossier : «tous les matins, je me demande où le loup a-t-il encore tapé... J’ai déjà invité les «pro-loup» à venir sur ma ferme pour que l’on me donne des solutions, mais personne ne vient. Nous avons un chemin de grande randonnée qui passe près de chez nous, avec des touristes, des familles, des enfants. Que faire si un chien patou fait son métier, celui de défendre le troupeau et se jette sur une personne ?». Il a rappelé l’étude en cours de l’INRA sur «la protégeabilité des troupeaux», qui sera évoquée lors de la réunion de la «cellule loup» programmée avec le préfet le 7 février. «Une chose est sûre, dit François Giacobbi, il y a 5 ans, il y avait 8 départements concernés par le loup. Il y en a aujourd'hui 35. Un loup aperçu au nord de Paris a attaqué des chevreuils». Rémi Agrinier, responsable du dossier prédateurs pour les JA Aveyron, juge la situation aberrante financièrement : «le plan loup représente une enveloppe de 22 millions d’euros par an, soit 70 000 euros par loup. Je refuse de payer des impôts pour défendre ce prédateur !».

Réunion le 22 février à l’Assemblée nationale

Sébastien David, conseiller départemental de Saint Affrique, suppléant du député Arnaud Viala, a annoncé que le parlementaire du sud Aveyron suivait de près le dossier loup avec son collègue député de la Lozère, Pierre Morel-A-L'Huissier. Il a indiqué «qu’ils menaient des actions auprès de nombreux responsables politiques français et européens, afin de déclasser le loup au sein de la Convention de Berne en faisant ainsi passer d'espèce «strictement protégée» à «espèce protégée». Ce déclassement aura pour effet de faciliter les prélèvements de loup dans nos territoires pour protéger les élevages». Le 22 février, une réunion sur le loup, co-présidée par Arnaud Viala et Pierre Morel A l’Huissier, se tiendra à l’Assemblée nationale en présence de parlementaires français ainsi que des eurodéputés rencontrés à Strasbourg.

D.B.

26 janvier 2017

FCO : vacciner pour endiguer l’épidémie

L’épizootie de fièvre catarrhale ovine est loin de s’affaiblir avec 10 fois plus de foyers à l’automne 2016 qu’à l’automne 2015. FODSA-GDS 12 alerte sur cette circulation virale qui devrait s’intensifier au printemps 2017.

Au niveau national, sur les 1769 foyers détectés depuis septembre 2015, 1 585 ont été déclarés depuis juillet 2016. La majorité des foyers ont été identifiés grâce à des analyses sur des animaux de vente, néanmoins des cas cliniques commencent à apparaître, avec notamment des avortements.

Le maintien de la zone réglementée

La zone réglementée couvre quasiment tout le territoire national, excepté quelques départements du nord et de l’ouest. Cet hiver, 9 départements ont été déclarés en zone saisonnièrement indemne (ZSI), grâce à la constatation d’une inactivité vectorielle, accompagnée d’une surveillance sentinelle favorable. A ce jour, aucune période d’inactivité vectorielle n’a été notifiée pour l’Aveyron. Rappelons que les mouvements d’animaux de la zone réglementée vers la zone indemne sont réglementés et impliquent des délais de circulation suite à la vaccination et/ou des analyses PCR obligatoires.

La profession incite à vacciner

La vaccination contre le sérotype 8 du cheptel souche est volontaire, donc non obligatoire. Néanmoins l’Etat prend en charge le coût du vaccin jusqu’au 30 juin. Au niveau national le taux de vaccination est de 20 %, ce qui inquiète considérablement les organismes professionnels ainsi que GDS France, qui se sont unis pour diffuser auprès des éleveurs un message collégial : «La lutte contre la FCO ne peut être que collective. Actuellement, le vaccin est encore gratuit. N’attendez plus, vaccinez ou faites vacciner votre cheptel !». En Aveyron le nombre de brebis mères vaccinées s’élève à environ 35 % du cheptel départemental. «C’est mieux qu’au national mais c’est tout de même insuffisant», regrette Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA. FODSA-GDS 12 rappelle que la vaccination doit être planifiée et intégrée en fonction des conduites d’élevage et des périodes les plus appropriées. Il convient de se rapprocher de son vétérinaire ou GDS. Pour ceux qui ont vacciné en 2016, il faut absolument penser à anticiper le rappel, l’idéal étant d’utiliser le même produit que pour la primo-vaccination.

Bernard Lacombe, président de FODSA-GDS 12 est un fervent défenseur de la vaccination. «Je comprends bien les réticences des éleveurs, compte-tenu des problèmes liés à la campagne de vaccination urgente et obligatoire de la première épidémie de FCO. Aujourd’hui nous avons la possibilité d’anticiper la vaccination et de la réaliser au moment le moins perturbant pour la reproduction. La vaccination reste le seul et unique moyen d’endiguer la maladie. Les doses sont disponibles et restent gratuites jusqu’au 30 juin. Il faut en profiter ! Nous ne sommes pas à l’abri de l’arrivée d’autres sérotypes. Or, si nous restons à ce faible niveau de vaccination contre le sérotype 8, l’Etat risque d’être moins à l’écoute, et les laboratoires moins réactifs, en cas de nouvelle épidémie, même plus virulente.

En outre, il ne faut pas se fier au faible nombre de cas cliniques, qui tend à donner une image peu virulente du sérotype 8, car il semble tout de même provoquer des perturbations réelles en matière de reproduction. Alors, n’hésitez plus, vaccinez !».

B. CAREL

19 janvier 2017

Programme Gènes Avenir : un accès facilité à la génétique caprine

Comme présenté dans notre dernière édition, la filière caprine s’est mobilisée, dans le cadre du Dispositif génétique caprin français, autour d’un nouveau programme «Gènes Avenir». Frédéric Baudy, éleveur à Meljac, administrateur de Coopelso et de Cap Gènes, présente cette nouvelle offre reproduction et sélection et en explique les enjeux pour les producteurs.

Frédéric Baudy est installé en famille, dans le GAEC des petits ruminants sur la commune de Meljac. Il a rejoint ses parents en 2001 dans un atelier double de 300 chèvres et 250 brebis laitières. Sa femme les a rejoints en 2003 puis son frère en 2008. Depuis 2 ans, le GAEC s’est spécialisé en production caprine, avec 600 chèvres.

Investi dans la génétique caprine depuis son installation, Frédéric Baudy a été élu administrateur de Coopelso et de Cap Gènes, union de coopératives d’insémination au niveau national, en 2012 - 2013.

Comment s’est initiée cette réflexion commune et nationale autour du dispositif génétique caprin ?

F. Baudy : «Depuis 1992, l’organisme de sélection Cap Gènes a fait ses preuves mais il restait réservé aux éleveurs en testage. La volonté du groupe d’éleveurs administrateurs était d’ouvrir ce programme, de l’élargir en en facilitant l’accès. De plus, le nouveau réglement zootechnique du Contrôle laitier nous permettait de faire évoluer notre dispositif. Sans oublier la fin de la génomique prévue en 2018. Nous avons profité de ces modifications pour faire évoluer notre offre reproduction et sélection caprine, en concertation entre tous les acteurs, organisme de sélection, organismes responsables du Contrôle de performances et de l’insémination.

Quels sont les enjeux de ce nouveau programme ?

F. Baudy : C’est d’abord un accès facilité à tous les éleveurs caprins qui souhaitent se lancer dans la sélection. Cette nouvelle offre est positive pour tout le monde, pour les éleveurs qui pourront ainsi accéder plus facilement et à un coût davantage mutualisé au travail de sélection mené depuis plusieurs années. Mais aussi pour notre centre d’IA. Ce dernier, comme les éleveurs, a souffert de la dernière crise et a soufflé avec le renouveau de la filière. Le nombre de doses sorties du centre a bien progressé (70 000 IA environ), et le potentiel supplémentaire estimé est de 30 000. C’est une occasion de conforter nos outils de sélection.

Un convaincu de génétique

Concrètement comment va se traduire cette offre dans les élevages ?

F. Baudy : Nous avons un noyau dur d’éleveurs sélectionneurs, habitués à utiliser l’offre de reproduction et de sélection de Cap Gènes, à travers leur coopérative d’insémination. Notre région et l’Aveyron notamment, sont particulièrement impliqués : sur les 70 000 IA réalisés à Cap Gènes, 13 000 le sont via Coopelso. Personnellement, je me suis investi dans la sélection dès mon installation. A côté de ce noyau dur d’éleveurs, nous espérons que d’autres feront le premier pas pour intégrer le programme.

Concrètement, Cap Gènes va continuer de s’appuyer sur les techniciens du Contrôle laitier qui assurent notamment le suivi repro, pour faire connaître cette nouvelle offre dans les élevages. Le niveau de services sera quelque peu amélioré. Nous comptons également organiser des réunions locales d’information afin de sensibiliser les éleveurs et leur expliquer les tenants et aboutissants de cette offre.

Où en est la sélection caprine??

F. Baudy : Le progrès génétique s’affiche aussi bien en IA que dans la vente de boucs, pour la réussite de la repro, le suivi fertilité,... Pour exemple, en 1992, au démarrage de Cap Gènes, les primipares produisaient en moyenne 580 litres de lait, elles sont aujourd’hui à 850 litres. Le suivi du Contrôle laitier, les IA ont permis cette jolie progression. Il s’agit d’une moyenne nationale, qui se retrouve en Aveyron.

Pour ma part, j’ai démarré à 600 litres produits par chèvre, aujourd’hui nous sommes à 900 litres ! La progression du travail de l’éleveur y est aussi pour beaucoup !

En 1992, la priorité était donnée à la quantité de lait produite ainsi qu’à la qualité des taux (TB, TP, matière grasse). Depuis, les troupeaux ayant évolué ainsi que le contexte et la conduite des éleveurs, les administrateurs de Cap Gènes ont mis en place de nouveaux index comme la conformation des mamelles, les cellules, la longévité, la fertilité,... Nous nous appuyons pour cela sur les demandes du terrain aussi bien auprès des laitiers que des fromagers, qui d’ailleurs partagent les mêmes objectifs de quantité et de qualité de lait ainsi que de santé de la chèvre.

Personnellement, j’ai acheté toutes mes chevrettes en 2001- 2002 au moment de mon installation et depuis, j’ai géré le renouvellement de mon troupeau grâce aux boucs que j’ai gardés et aux IA, ainsi je n’ai pas eu d’entrées de nouveaux animaux, ce qui m’a permis d’assurer une certaine sécurité sanitaire dans mon troupeau et donc d’économiser des frais vétérinaires.

Quel est votre message aux éleveurs caprins ?

F. Baudy : Une fois qu’on a goûté à la sélection, il est difficile de faire marche arrière ! Certes cela représente un coût mais je le considère comme un investissement car le retour économique est bien là sur le long terme.

Vu la conjoncture favorable actuellement en lait de chèvre, il est plus facile aujourd’hui d’investir. C’est une assurance sur l’avenir à mon avis !

Les premiers suivis repro de cette nouvelle offre vont démarrer dès cette année. D’ici le début de la prochaine campagne d’IA, les éleveurs peuvent prendre le temps de la réflexion et demander conseil auprès de leur technicien du Contrôle laitier».

Propos recueillis par Eva DZ

12 janvier 2017

Attaques de troupeaux en Aveyron : l’ONCFS confirme les attaques du loup

Alors que des troupeaux ovins en Aveyron font encore cette semaine l’objet de nouvelles attaques, l’ONCFS vient de publier les résultats des enquêtes menées en fin d’année sur sept attaques de troupeaux. La conclusion s’impose : le loup s’installe en Aveyron.

Depuis l’arrivée du loup en Aveyron, 16 attaques, qui ont fait 91 victimes, ont été classées «loup non écarté» : «C’est une simple terminologie pour dire que la responsabilité du loup ne fait pas de doute, toutes les autres espèces ayant été écartées par les conclusions de l’enquête des experts», souligne François Giacobbi, qui suit de très près ce dossier pour la Chambre d’agriculture. La présence du loup est donc bien avérée en Aveyron, l’un des éleveurs installé à Cornus, ayant subi une attaque sur son troupeau, a même fourni des images du prédateur grâce à des pièges vidéo.

«Lorsqu’une enquête conclut «loup non écarté», cela signifie que l’ensemble des traces de l’attaque (morsures, brisures des os,…) concourent à prouver qu’elle a bien été commise par un loup et que toutes les autres hypothèses ont été rejetées. Lorsque plusieurs traces peuvent appartenir à un chien errant (ou autre), l’attaque est classée «loup écarté», tiennent à préciser FDSEA, JA et Chambre d’agriculture dans un communiqué commun, en réaction à la publication des résultats d’enquête de l’ONCFS.

Le loup a mené 16 attaques et fait 91 victimes

L’occasion aussi pour les éleveurs de répéter que les élevages doivent être protégés. «Le loup est installé en Aveyron et ses attaques sont désormais courantes. Comment envisager 2017 dans ces conditions ? Nous appréhendons. En Aveyron, ce sont 800 000 ovins et 500 000 bovins qui sont menacés directement. Et 12 000 chefs d’exploitation indirectement car nous connaissons trop bien les témoignages de nos confrères des Alpes».

Pour François Giacobbi, Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande FDSEA et Rémi Agrinier, administrateur JA et co-responsable loup, «la présence du loup rend le pastoralisme impossible et la pression psychologique qu’il installe est insupportable». Un message qu’ils ont relayé, une fois de plus, auprès du Préfet et des services de l’Etat lors d’un comité loup, mardi 10 janvier en préfecture.

Protéger le pastoralisme pour échapper à la déprise et à l’ensauvagement

Une réunion qui a permis d’entériner le lancement d’une enquête menée par l’INRA sur le territoire des grands Causses, pour identifier les moyens permettant aux éleveurs de protéger leurs troupeaux du loup. «Un comité de pilotage va porter cette étude. La profession y sera bien entendu associée et nous y tenons, aux côtés de l’ONCFS, de la LPO,... L’INRA apportera son rôle d’expert», détaille François Giacobbi.

Cette étude permettra d’identifier, au niveau local, comment avec les spécificités des grands Causses, des moyens de protection peuvent être mis en place de façon efficace. «La position des éleveurs reste la même : la meilleure des protections est l’absence de loup ! Il s’agit de la préservation de la vie de nos territoires, pour échapper à la déprise et à l’ensauvagement. Aucun loup ne doit pouvoir s’installer dans nos zones d’élevage en plein air. Nos troupeaux sont en situation de prédation. Ils doivent être protégés : les tirs de défense doivent être mis en œuvre et la «brigade loup» de l’ONCFS doit intervenir», concluent les responsables professionnels.

Eva DZ

Les conclusions des enquêtes

L’ONCFS a rendu les conclusions de ses enquêtes sur 7 attaques en fin d’année :

28 octobre 2016 à La Couvertoirade : Loup non écarté

9 novembre 2016 à Cornus : Loup non écarté

14 novembre 2016 à Cornus : Loup non écarté

27 novembre 2016 à Sainte Eulalie de Cernon : Loup non écarté

14 décembre 2016 à Millau : Loup non écarté

14 décembre 2016 à Millau : Loup non écarté

12 novembre 2016 à Cornus : Loup retenu (images vidéo)

29 décembre 2016

Finale départementale Ovinpiades au lycée La Roque : la filière ovine prépare la relève !

Depuis quelques années, la filière ovine cherche à susciter des vocations chez les jeunes. Les Ovinpiades des Jeunes Bergers sont l’un des symboles de cette volonté d’installer des nouveaux éleveurs de brebis en France. L’Aveyron organise une finale départementale, jeudi 5 janvier au lycée La Roque, qualificative pour la finale régionale en Lozère le 19 janvier.

Au cours de la prochaine décennie, 61 % des éleveurs de brebis allaitantes et 39% des éleveurs de brebis laitières partiront à la retraite. Pour assurer le renouvellement de ses générations mais également le maintien de sa production, la filière ovine devra donc installer près de 10?000 éleveurs dans le même temps.

Les atouts de cette production ne manquent pas : une politique agricole commune favorable, un bon maintien des prix, une adaptabilité remarquable des animaux offrant un large panel de con-duites d’élevage possibles, une demande en viande d’agneau supérieure à l’offre, des débouchés variés, des opportunités dans les démarches qualité,... Et argument non négligeable, les investissements nécessaires étant modérés, le retour sur investissement est rapide la filière part à la rencontre de ses futurs producteurs.

Les Ovinpiades des Jeunes Bergers sont une invitation à découvrir le métier d’éleveur ovin de l’intérieur, au travers de gestes concrets et d’échanges avec des professionnels. Ces 4 dernières années, le concours a permis à près de 5 000 élèves de manipuler des brebis et de se projeter dans cette production qu’ils ne connaissent peu ou pas du tout, et en même temps d’en avoir une image plus positive.

Outre la technicité et la modernité de cet élevage, ils découvrent aussi son potentiel : organisation du travail, équipement, aide à l’installation, conduite d’élevage...

«Partager la passion du métier»

Edith Bonnefous, est responsable du comité de bassin ovins viande à la Chambre d’agriculture :

«Nous voulons faire vivre la filière, encourager l’installation. Aujourd’hui, il y a un renouveau et des indicateurs économiques positifs. La filière ovins viande est vivante ! Il est bien d’inviter les jeunes à découvrir cette production, sa technicité et sa modernité. Il y aura une conférence l’après-midi avec toutes les OP, avec une filière label rouge qui recherche des producteurs. Nous avons du revenu et cela contribue à notre épanouissement personnel. La conduite des brebis est un métier passionnant ! La filière est rémunératrice et nous pouvons aisément partager notre passion. Malgré ses exigences, ce type d’élevage est très bien adapté aux femmes. La PAC a favorablement rééquilibré les aides pour la filière, les prix des agneaux label rouge sont de bon niveau. Nous avons des conduites d’élevage souples, avec des agnelages que l’on peut organiser, de la génétique performante, des marges de progrès possibles. En cas d’installation ou reconversion, cette production se caractérise par des investissements modérés, avec un retour sur investissement rapide. C’est également positif que les Ovinpiades puissent exister au sein d’établissements scolaires agricoles, pour que notre profession soit aussi au contact des professeurs et du monde de l’éducation».

Recueilli par D.B.

15 décembre 2016

Journée technique : la plaquette bois pour le confort des vaches et la qualité du lait

Jeudi 8 décembre, le service bovins lait de la Chambre d’agriculture invitait à découvrir l’élevage du GAEC des Piades à Vezins. Le couple d’agriculteurs, Gabrielle et Samuel Maymard, a intégré la plaquette de bois dans le paillage. Un an après sa mise en place, les résultats sont au rendez-vous.

Face aux problèmes récurrents de cellules et de mamittes, grévant son revenu, Samuel Maymard, installé en GAEC avec son épouse, Gabrielle, a choisi d’intégrer de la plaquette bois dans la litière de ses vaches pour assainir le paillé. Un an après les objectifs sont atteints voire déjà dépassés ! «Mon bâtiment était assez chargé (autour de 5,5 m² utiles par vache) et autour de l’abreuvoir, c’était toujours la pataugeoire, les vaches étaient constamment humides et salles et nous passions beaucoup de temps à la préparation de la traite», résume Samuel Maymard. Sans compter le temps passé au curage de l’aire paillée tous les 15 jours et à l’ébousage quotidien pendant 1h30 !

Aujourd’hui avec l’introduction de la plaquette de bois dans le paillé, le couple revit ! «Désormais nous ne curons plus que tous les mois ou tous les deux mois selon la période et l’ébousage a été supprimé. Nous économisons environ un tiers de paille soit 2 500 € pour 1 000 € d’achat de plaquettes ! Le paillé ainsi que les animaux sont secs». La mise en œuvre des plaquettes est simple avec un godet (certains ont adapté un vieil épandeur avec un tapis). «Et bien sûr nous avons amélioré le niveau de cellules (moyenne de 237 au lieu de 388) et réduit les mammites (39% au lieu de 57,2%)», se réjouissent les deux éleveurs.

4 m3 de plaquettes sèches équivalent à 1 tonne de paille

Les plaquettes de bois ont effet cette vertu d’absorber l’humidité. La litière qui dégage peu d’ammoniaque est du coup également moins odorante. Pour la première année, Samuel et Gabrielle les ont achetées (3?camions de 20 €/m3) mais en 2016, ils ont décidé d’exploiter leur propre ressource en bois, en particulier le résultat de l’entretien de leurs bords de parcelles et de ruisseaux (élagage de haies,...). Ce qui permet de diviser le coût par deux. Reste à bien préparer son chantier pour que le broyage ne soit pas trop long et donc trop coûteux (5 à 10 €/m3).

«Une fois les plaquettes broyées, votre tas doit être le plus ramassé possible pour que l’air n’y entre pas et que la fermentation démarre. La fumée qui se dégage parfois ne doit pas inquiéter puisqu’il s’agit de la vapeur d’eau qui s’échappe», conseille Bernard Miquel, conseiller forêt - arbre - bois à la Chambre d’agriculture. «On préconise de ne pas bouger le tas pendant au moins trois mois pour que les plaquettes sèchent bien. Le mieux est de les entreposer dans un hangar ou sous une bâche bien fermée», complète-t-il. Il s’appuie sur l’expérience des élevages bovins viande utilisant la plaquette dans la litière : «en trois ans, je n’ai jamais entendu de problème sur l’efficacité des plaquettes !».

Et le fumier qui est dégagé garde les mêmes vertus qu’un fumier classique : «On n’y retrouve pas la plaquette puisque le bois se dégrade très vite. Il apporte le PH nécessaire au sol. Des études et analyses de sols le prouvent», atteste Patrice Perguet, responsable du service bovins lait à la Chambre d’agriculture.

Forte de ses résultats, la Chambre d’agriculture avait aussi invité à cette journée, des conseillers du Contrôle laitier afin de les informer des vertus (mais aussi des inconvénients) de la litière à base de plaquettes. L’idée étant d’apporter toute l’information nécessaire aux agriculteurs qui seraient intéressés par ce process. «C’est aussi notre rôle que de communiquer sur des pratiques innovantes et qui facilitent le travail des agriculteurs avec des chiffres précis et des expériences de terrain», précise Patrice Perguet. Comme pour les journées analyses de fourrages, les réunions de secteur pendant l’hiver,... le service bovins lait de la Chambre d’agriculture veut continuer d’agir au plus près des besoins des producteurs.

Eva DZ

08 décembre 2016

Bœufs de Noël à Laissac : une sixième édition réussie

Samedi 3 décembre, la 6eme édition des Bœufs de Noël à Laissac vient confirmer la notoriété grandissante de ce concours auprès des artisans bouchers, distributeurs et grossistes en viande, soucieux de proposer aux consommateurs, une viande de qualité pour les fêtes de fin d’année.

Malgré la conjoncture difficile dans le marché de la viande, le concours des Bœufs de Noël à Laissac a réussi à tirer son épingle du jeu. Sans afficher des prix «euphoriques» selon le co-président de l’association des marchés aux bestiaux, Jean-Paul Boyer, les ventes ont été correctes «apportant une régularité». Parmi les 350 animaux de races allaitantes proposés à la vente sur le foirail, seuls trois d’entre eux n’ont pas trouvé d’acheteurs. «Nous sommes dans une bonne moyenne, avec la plus-value que nous avions escomptée de l’ordre d’un euro par rapport aux cours des animaux actuels», résume Jean-Paul Boyer, plutôt satisfait. «Nous sommes dans une continuité par rapport à nos précédentes éditions. Notre objectif est une nouvelle fois atteint, il reste celui d’amener une plus-value de façon homogène, pour récompenser les éleveurs pour leur bon travail».

Jean-Paul Boyer tout comme les observateurs du concours, ont remarqué une belle homogénéité dans les animaux présentés : «Nous avons eu un très bon niveau de concours». Et le jury a d’ailleurs mis un certain temps pour délibérer et désigner les cinq champions (un par race et un croisé).

Ces derniers ont été mis aux enchères et le maître priseur, Jérôme Chartron a apprécié le panel : «C’est justement toute la difficulté de désigner les meilleurs, parmi les 350 animaux en concours, les cinq animaux issus de cinq races différentes. Et je remarque d’ailleurs une belle homogénéité des produits présentés».

Un échantillon de champions issus d’élevages de la région, souvent habitués des podiums et récompensés une fois de plus pour le travail engagé. Ainsi, la championne en race Blonde d’Aquitaine était issue de l’élevage de l’EARL Cisy Eric (Tarn et Garonne). Elle a été vendue aux enchères au prix de 10,50 euros/kg à Christian Cabiron des établissements Leclerc de Millau. Lui aussi est un habitué du concours de Laissac, qu’il ne manquerait pour rien au monde avec son équipe de bouchers !

Le champion Charolais de l’élevage EARL St Cisy (Haute-Garonne) a été décroché au prix de 10,50 euros/kg par les établissements Guasch à Perpignan : «C’est obligatoire d’être là chaque année pour moi parce que tous nos artisans bouchers catalans aiment vos animaux !».

Le champion en race Limousine issu d’un élevage aveyronnais, celui de Serge Costes à La Capelle Balaguier, a été acheté à 10,10 euros/kg par la boucherie Azémar de Rodez. Son représentant, Claude, est lui aussi un fidèle de Laissac : «Je suis fier d’avoir acheté une bête issue d’un élevage du département, une occasion de plus de faire plaisir à mes clients !».

La vice-championne du concours, de race Aubrac, est issue de l’élevage Sudries à Lédergues. C’est Christian Cabiron des établissements Leclerc de Millau qui remporte la mise à 13 euros/kg.

Enfin, la grande championne croisée, issue aussi de l’élevage Sudries à Lédergues a été achetée à 14,10 euros/kg par la Maison Bordes, trois générations d’artisans bouchers de l’Hérault qui représentent un Super U. «Une vache exceptionnelle que je suis fier d’acheter pour récompenser le beau travail de la famille Sudries chez qui je m’approvisionne toute l’année».

Des éleveurs fidèles, des acheteurs eux aussi attachés à ce concours avec de nouveaux venus de Perpignan à Nice et jusqu’au nord de Lyon : «Nous sommes dans une vraie démar-che interprofessionnelle, fédératrice et sous le signe de la convivialité !», résume avec le sourire Jean-Paul Boyer. La journée s’est en effet terminée autour d’une brasucade et de grillades ! Un événement attractif pour le territoire comme l’a souligné Christine Presne, conseillère départementale, où les professionnels de la filière viande côtoient les consommateurs. L’occasion aussi de mettre un coup de projecteur sur le Laissagais à travers l’Office de tourisme qu’elle préside !

Eva DZ

08 décembre 2016

Journées Analyses de fourrages : toujours un succès !

Le service Aveyron Conseil Elevage de la Chambre d’agriculture en partenariat avec le LIAL Massif central d’Aurillac a organisé six journées d’analyses de fourrages. Dont plusieurs sur des exploitations où les éleveurs bovins lait ont pu partager un moment d’échan-ges et de convivialité.

Pour la huitième année, Aveyron Conseil Elevage a organisé des journées où les éleveurs sont invités à venir apporter leurs analyses de fourrages afin d’en connaître la valeur et ainsi calculer leur ration. Ces 6 journées se sont déroulées en 2 parties. D’abord début juillet au lycée agricole Rodez La Roque où 200 échantillons ont été analysés, en majorité de l’ensilage d’herbe récolté au printemps 2016 ainsi que quelques enrubannages et foins. Puis cet automne, les 7 et 8 novembre au GAEC de l’Espérance à Baraqueville, le 13 novembre au GAEC du Val d’Alrance, famille Drulhe, à Alrance et le lendemain au GAEC de la Serene à Lunac chez les frères Puechberty.

Au total, plus de 150 éleveurs se sont retrouvés lors de ces journées pour échanger, discuter autour de l’alimentation des vaches. «Ces journées créent une vraie émulation», témoigne Patrice Perguet, responsable d’Aveyron Conseil Elevage. «Elles permettent de maintenir un contact, un lien entre les techniciens et les éleveurs mais aussi entre les éleveurs, c’est important d’autant plus en période de conjoncture difficile».

«Une journée utile»

L’Aveyron est ainsi le département qui livre le plus d’analyses de fourrages au LIAL d’Aurillac ! «C’est un franc succès !», se réjouit Patrice Perguet, heureux de voir que les actions proposées, que ce soit ces journées analyses fourrages ou encore les réunions de secteur en hiver ou les animations ponctuelles comme prochainement sur les plaquettes bois en litière, soient appréciées des éleveurs du département. Ainsi, nombreux sont ceux, qui participant à la journée analyses fourrages, confirment leur intérêt pour ces actions : «Ce sont des journées utiles puisque nous abordons des points concrets à partir de notre élevage. Nous obtenons des résultats qui nous permettent d’orienter l’alimentation et caler la ration de notre troupeau, un point primordial dans la conduite de notre exploitation», témoigne un éleveur participant. Un autre renchérit : «Et puis nous en profitons pour visiter un élevage et surtout rencontrer d’autres éleveurs. Nous en avons besoin !».

Près de 600 analyses

Entre l’automne et le printemps, près de 600 analyses sont réalisées, ce qui permet d’alimenter une vraie base de données pour suivre l’évolution et apporter des éléments de travail concrets au duo technicien - éleveur. «Notre service se veut à l’écoute des besoins des éleveurs, à leur disposition pour les accompagner», complète Patrice Perguet.

D’ailleurs dès cet hiver, les réunions de secteur vont redémarrer autour du thème : «quels leviers pour agir sur le résultat ?». «L’objectif est d’aider les éleveurs à calculer un prix d’équilibre entre le coût alimentaire (25%) et la qualité du lait (75%), soit de façon individuelle ou en groupe», avance Patrice Perguet.

Des actions positives en perspective pour les éleveurs laitiers du département !

Eva DZ

24 novembre 2016

Journée technique Prim’Holstein Aveyron : «la France laitière a un gros potentiel»

Vincent Chatellier a été accueilli comme une guest star par les 130 participants à la journée technique départementale organisée par Prim’Holstein Aveyron et ouverte à tous jeudi 17 novembre. Dans un cadre assez inhabituel, une discothèque du Ruthénois, l’ambiance était au rendez-vous !

Pour les 10 ans de sa journée technique départementale, Prim’Holstein Aveyron avait, une fois de plus, innové. Pour recevoir l’économiste Vincent Chatellier, les responsables de l’association avaient choisi le cadre atypique d’une discothèque, Le Privilège, à Onet le Château ! Et les éleveurs laitiers du département, et même des alentours, ont été séduits par l’invitation puisqu’ils étaient plus de 130 participants à venir écouter le spécialiste de la filière laitière.

"Votre prix est insuffisant"

Alors que la période est compliquée pour les producteurs de lait de vache, Vincent Chatellier s’est défendu de venir «vendre du rêve et de faux espoirs» : «Votre prix n’est pas à la hauteur pour en vivre et pour investir. Votre prix est insuffisant et c’est un économiste qui vous le dit !». Vincent Chatellier ne croit pas demain à un prix à 400 €/ 1000 litres parce que la collecte européenne s’envolera et déclenchera un prix à 250 €. «Si votre prix était de façon régulière entre 320 et 340 € sur trois ans, vous seriez bien mieux dans les têtes ! Parce que si la conjoncture ne change pas pendant 10 ans, on n’installera pas !», assure le spécialiste.

Fin connaisseur de la production laitière en France et en Aveyron où il est déjà intervenu à plusieurs reprises, à Bernussou ou à RAGT notamment, Vincent Chatellier a donné quelques explications sur l’un des points cruciaux de la crise : la volatilité. Il évoque notamment l’influence des prix de l’énergie (poids de la filière éthanol), de la météo, du niveau des stocks, de la progression de la demande, de la parité monétaire, des restrictions commerciales, de la spéculation. «La crise actuelle est l’une des plus longues qu’on ait vécue, les prémices d’une reprise se font sentir mais il faut rester prudent», avance Vincent Chatellier. «Ce n’est pas facile mais sur une exploitation, il faut regarder loin. Dans les 10 ans à venir». Pour l’expert, l’une des solutions passe par la co-construction de valeur ajoutée au sein de la filière.

"Les produits laitiers ont de l’avenir"

«Les produits laitiers ont de l’avenir parce que la population mondiale croît avec un solde de 230 000 par jour dans le monde, quasiment l’équivalent de votre département ! Soit tous les 5 ans, 400 millions d’habitants en plus !». Des opportunités de marché vont donc s’ouvrir. «La France est déjà à un très haut niveau avec 320 kg par an de produits laitiers consommés mais si on veut produire plus il faudra savoir exporter : la Chine ne consomme que 41 kg, l’Algérie 150 kg, l’Indonésie 13 kg : tout est à faire sur ces marchés !», encourage Vincent Chatellier. L’Union européenne a toutes ses chances?: premier producteur mondial suivie de l’Inde qui produit exclusivement pour son marché intérieur. Et les Etats-Unis produisent beaucoup moins que l’Europe avec de plus, des systèmes très énergivores et consommateurs d’eau. Reste la Nouvelle-Zélande qui produit 3% du marché mondial mais pèse sur 30% du marché puisque 95% de la production est exportée !

L’Union européenne et la France en particulier peuvent tirer leur épingle du jeu dans ce tableau mondial : les progrès ont permis de produire la même quantité de lait qu’en 1984 avec deux fois moins de vaches, les marges de manœuvre sont donc importantes pour augmenter la production, créer de l’emploi, dynamiser l’agro-alimentaire et maintenir le tissu local, selon Vincent Chatellier. «La France a le plus gros potentiel laitier mais elle ne l’exprime pas et l’Aveyron est une zone attractive. Sur le territoire national, 35% du lait est destiné à la fabrication du fromage, 20% pour le beurre (la France est déficitaire sur ce produit), 22% pour les ingrédients secs et 9% pour le lait de consommation, le reste est destiné à la crème. Où va le lait collecté ? A 42% dans les GMS et autant à l’export, soit 4 litres produits sur 10 ! A 5% en restauration hors domicile et à 11% dans l’agroalimentaire. Sachant aussi que 23% de la consommation des produits laitiers est issue de lait non produit en France».

Export

En terme d’export, l’Union européenne fait toujours partie des leaders, elle n’a rien perdu sur le marché du beurre et de la poudre de lait (très prisée par la Chine notamment la poudre de lait infantile), ce qui n’est pas le cas sur les fromages (- 60 000 tonnes) : «Mais quand on sait que l’embargo russe concernait 250 000 tonnes de produits, l’Europe a réussi à bien compenser en étant capable de se reporter sur la Corée du sud, le Japon, les Etats-Unis, le Canada. Sachant que la Russie ne s’est pas approvisionnée ailleurs et que sa production ne se dynamise pas, si l’embargo est levé, ce sera une nouvelle opportunité de marché», relève Vincent Chatellier.

D’autant que parmi les 20 premières entreprises laitières mondiales, cinq sont françaises. «Nous avons toute une panoplie d’entreprises avec certes des prix pratiqués différents et des niveaux d’investissements divers selon les zones. Les agriculteurs sont dépendants de leur réussite mais, à mon sens, l’une des clés de la réussite, sera la construction de projets dans les territoires. C’est une affaire d’équipe !».

Le nombre de fermes individuelles diminuant, les jeunes générations se tournent davantage sur les formes sociétaires : la moitié des GAEC en France sont constitués dans des fermes laitières.

La diversité des fermes laitières en France

«Il n’y a pas de modèle unique. Les formes de réussite sont diverses : des structures à hautes compétences, un collectif de travail cohérent avec une vraie gestion des ressources humaines liant l’expérience des anciens et la modernité des jeunes, la bonne maîtrise des techniques de production, une bonne réactivité et un sens de l’opportunisme vers la diversification, la diffusion des coûts fixes et les investissements centrés sur la création de valeur».

Vincent Chatellier croit en la diversité des fermes laitières en France avec 15% du lait différencié (sous signes de qualité), une bonne évolution des coûts de production grâce aux efforts des éleveurs, reste tout de même une charge de mécanisation encore élevée. En attendant la prochaine PAC, l’économiste conseille aux zones comme l’Aveyron de patienter : «profitez-en pour cumuler efficacité et producti-vité?!».

Il évoque aussi le renouvellement des générations de producteurs : «C’est quand même beaucoup plus valorisant de se dire qu’on a transmis son outil de travail dans une société qui aujourd’hui, ne crée plus d’emploi. C’est l’une des «richesses» du métier d’agriculteur, elle est rare. Il faut penser qu’investir est la meilleure solution pour transmettre et sortir du métier dans de bonnes conditions».

De nombreux défis à relever

S’installer en production laitière est «courageux» pour Vincent Chatellier : «Nous sommes dans l’un des pays les mieux positionnés pour faire du lait, avec un coût modéré d’acquisition des facteurs de production (foncier, quotas), une réserve de productivité, un niveau élevé de consommation et une solidité de la demande, des entreprises innovantes avec une forte expérience technologique sans risque d’arrêt de la collecte. Autant d’atouts pour l’avenir !».

Et de nombreux défis à relever?: la maîtrise des techniques de production, le bon chemin entre spécialisation et diversification, l’ouverture, des investissements structurants et la co-construction d’un schéma de réussite collective entre tous les acteurs de la filière. «A l’image de ce que vous construisez au sein de votre association Prim’Holstein Aveyron depuis 10 ans : une réflexion autour de thèmes d’avenir pour votre production et de la convivialité !», a conclu Vincent Chatellier. Un beau compliment apprécié par le président, Dominique Albouy.

Eva DZ

17 novembre 2016

Rencontres fermes en lait de vache bio : retour sur les temps forts de la visite chez Ghislain Rigal

Jeudi 3 novembre, à l'initiative de la Chambre d'agriculture, Ghislain Rigal recevait sur sa ferme une quarantaine d’éleveurs et deux classes de la Maison familiale rurale de Naucelle pour évoquer l’évolution de son exploitation vers la production biologique. Cette rencontre était la première d'une série de cinq organisées en novembre sur des fermes différentes, dans le but de favoriser le brassage des idées et la discussion technique entre éleveurs en bio et éleveurs en conventionnel.

Introduit par Pierre Joffre, co-président du comité de développement agricole Rodez-Nord et responsable professionnel de la mission agriculture bio à la Chambre d'agriculture, l'exposé de Ghislain Rigal s'est déroulé sur près de deux heures : il a été ponctué par les précisions technico-économiques de Claudine Murat, conseillère à la mission Références, de Thierry Solier, technicien troupeau bovin lait spécialisé en agriculture bio, et de Benoit Delmas, conseiller à la mission Agronomie.

Ghislain a engagé son évolution vers l'agriculture biologique fin 2014. Il a montré aux participants comment la transformation du système durant la phase de transition (optimisation de la pâture, allongement des rotations, plus de légumineuses dans les prairies…) lui a permis de retrouver une cohérence globale et une meilleure maîtrise du métier d’éleveur. Ainsi qu’une amélioration de la trésorerie…, et cela avant même de bénéficier de la revalorisation complète du lait bio, qui n’interviendra qu’à la fin de cette année.

• La perspective d'avoir plus de travail sans retour, point de rupture...

C’est en effet une saturation quant au volume de travail quotidien qui a amené Ghislain à vouloir changer son schéma de production. La main d’œuvre bénévole présente aujourd’hui sur l’exploitation devra être remplacée à terme. Or, dans les pistes envisagées, ce problème ne pouvait trouver de solution ni dans une délégation du travail à des tiers, ni dans l'embauche d'un salarié, ni dans une association : ces formules auraient toutes entraîné un surcroît de production et donc la fuite en avant dans un système rodé mais qui aurait finit par se bloquer, notamment du fait de la dépendance au maïs (culture qui occupait jusqu’en 2014 une surface importante avec des rendements en déclin...).

D’un autre côté, les perspectives d’évolution du prix du lait ne permettaient pas de trouver de solutions pour alléger l’astreinte.

• Une transition sans trop de difficultés techniques et des résultats valorisants

Pour Ghislain, le passage à des pratiques bio a été facilité par les conseils des autres agriculteurs du groupe technique bio auquel il a participé en démarrant sa transition. Les économies générées sur les intrants, associées à des résultats techniques corrects, ont amélioré la trésorerie, avant même de bénéficier du prix du lait bio.

Une valorisation croissante de la pâture, chiffrée sur la campagne 2015 à 1,5 t MS par vache, a également participé au résultat, en se substituant à un équivalent maïs avec un différentiel de coût de 60 €/t (source : mission Références).

Les inquiétudes d’avant conversion ont été levées graduellement, tant sur la conduite des parcelles que sur la santé animale, avec le maintien d’un bon niveau de production par vache.

• Moins d’animaux, c’est un travail différent et des investissements qui s’allègent

Des équipements comme la salle de traite ou le racleur redeviennent suffisants pour la taille du cheptel qui se réduit et s’ajuste aux ressources produites sur l’exploitation.

Moins de maïs, c’est plus de pâture possible au printemps, moins de pression pour réaliser des semis dans les fenêtres climatiques favorables, et une meilleure vigilance pour le contrôle des adventices. Sans recours possible aux phytos pour s’assurer d’un résultat correct, l’agriculteur a aussi la satisfaction d’un résultat qui ne dépend que de sa technicité. Les rotations et la durée des prairies sont allongées, les travaux de récolte plus étalés sur l’année, ce qui génère moins de pointes de travail.

Et moins de pression sur le travail, à la traite comme au champ, c’est aussi plus de sérénité, et du temps pour la famille.

• Un parcellaire organisé pour optimiser le pâturage

Suite à la présentation de l'exploitation, un tour sur les parcelles proches a permis aux participants de mieux visualiser la nouvelle organisation de l’assolement, et notamment la gestion de la pâture avec la disposition des paddocks. Avec Benoit Delmas, conseiller agronomie-fourrages, les éleveurs ont pu discuter de la composition floristique des prairies et du mode de gestion optimal qui permet de concilier amélioration qualitative et production importante de matière sèche. Benoit Delmas a rappelé que des formations sont ouvertes cet automne, tant sur la conduite des prairies à flore variée que sur la gestion du pâturage (renseignements auprès de Françoise Solignac, secrétariat de la mission agronomie, tél. 05 65 73 79 01).

Vianey Briand, conseiller animateur de territoire Ségala, Chambre d'agriculture

10 novembre 2016

Plus de 400 personnes réunies à Villeneuve d’Aveyron : agriculteurs et élus défendent le piémont

Plus de 400 personnes, de nombreux éleveurs, mais aussi élus locaux, départementaux, régionaux et parlementaires, ont répondu présents, samedi 5 novembre, sur la commune de Villeneuve d’Aveyron, à l’appel à mobilisation de la FDSEA et des JA, en faveur du maintien du piémont de l'Aveyron en zone soumise à contraintes naturelles.

La FDSEA et les JA ont fortement mobilisé, toute la matinée, au GAEC des Giroflées, à Toulongergues, commune de Villeneuve d’Aveyron, afin de «soutenir le nécessaire classement du piémont aveyronnais en zone soumise à contraintes naturelles». Plus de 400 personnes se sont en effet rassemblées sur l’élevage de Christophe Estival et de son épouse, Myriam, exploitation située en zone de piémont, menacée, «comme 1 289 autres fermes de l’Aveyron», par la réforme des critères de définition des zones soumises à contraintes naturelles devant être validée par Bruxelles avant avril 2018.

Installé depuis 2007, Christophe a été rejoint par son épouse en mars 2016.?Ils élèvent 220 chèvres produisant 230?000 litres AOP Rocamadour, sur une SAU de 72 ha. «Sans les aides de la zone piémont, nous ne serions pas là !», a lancé le couple. Pour eux, une sortie de zone de piémont se traduirait par une perte de près de 20 000 euros/an. Selon Dominique Fayel, président de la FDSEA, «l’enjeu, c’est le revenu de l’agriculteur, mais aussi l’impact de la réforme sur les investissements et sur l’installation en général !». Le président de la FDSEA a rappelé que la réforme des critères de définition des zones soumises à contraintes naturelles risque, au final, d’extraire du classement actuel, 40 communes de l’Aveyron.

«C’est le salaire de l’éleveur qui disparaît !»

Pour la FDSEA et les JA, «l’enjeu économique est considérable». Et d’ajouter : «selon les chiffres de la DDT, ce sont au total 1 290 exploitations qui sont touchées, dans un piémont qui bénéficie de 8,3 millions d’euros/an d’indemnité compensatoire du handicap naturel (ICHN), soit 12,8 % de l’enveloppe départementale. Et c’est 813 exploitations qui risquent de perdre entre 8 000 et 11 000 euros/an/actif. Sans cette ICHN, c’est le salaire de l’éleveur qui disparaît !». La réforme parle de zone à contraintes naturelles mais aussi de zone à contraintes spécifiques. «C’est la superposition des deux cartes qui déterminera le zonage définitif», estime Dominique Fayel.

Réunion à Villefranche de Rouergue

Les critères de définitions utilisés par Bruxelles posent de nombreuses questions évoquées lors de réunions techniques avec le ministère de l’agriculture, notamment sur les interprétations biophysique, pédologique, relief, pédo-climatique,... lesquelles ont à nouveau été discutées, samedi 5 novembre après-midi, à la sous-préfecture de Villefranche-de-Rouergue. Réunion à laquelle participaient la FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture, la DDT, le sous-préfet Christian Robbe-Grillet, et le préfet Louis Laugier, eux aussi présents avec les éleveurs le matin à Toulongergues.

Si la réforme est annoncée pour avril 2018, la profession agricole continue d’enchaîner, depuis le 22 septembre (annonce de la réforme), les réunions techniques et actions syndicales en faveur du maintien du périmètre actuel de la zone de piémont. «Nous travaillons syndicalement et politiquement», clame Dominique Fayel, «louant la mobilisation de nombreux élus aveyronnais, locaux, départementaux, régionaux et parlementaires, de toutes tendances politiques, à Villeneuve d’Aveyron». Syndicalement, la région Occitanie est elle aussi active, comme l’a rappelé Alain Lafragette, chargé du dossier ICHN, président de la FDSEA du Lot «où 111 communes sont concernées». Il a annoncé la mobilisation régionale prévue à Montauban, ce lundi 14 novembre, «sous les fenêtres de Jean-Michel Baylet, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales», a complété Dominique Fayel.

Préfet de Région

Le temps presse. Le préfet de Région Occitanie, Pascal Mailhos, doit «faire remonter» à Paris le dossier régional, étayé par les contre-propositions de la profession agricole. Suivra ensuite, mi-décembre, la mobilisation nationale déjà décidée à Nevers... Début janvier, le ministère de l’agriculture devra rendre sa copie à Bruxelles, avec la nouvelle carte des zones soumises à contraintes naturelles. Puis, dès l’automne 2017, le ministère de l’agriculture entamera une nouvelle concertation relative cette fois à la zone à contraintes spécifiques. En avril 2018, les deux zones devront donc être validées par Bruxelles.

«Nous sommes dans un combat qu’il faut gagner !»

Pour Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, «la compensation de handicap naturel est fondamentale dans une région où l’agriculture et l’agro-alimentaire sont le principal secteur économique, avec 164?000?actifs et un chiffre d’affaires de 13 milliards d’euros. Il faut des territoires équilibrés et un cadre social acceptable pour les agriculteurs. Comment faire avec une perte de 10 000 euros par an ? Paysans, communes, et élus doivent être solidaires !».

Germain Albespy, co-président des JA vitupère : «les soutiens financiers comme l’ICHN ne sont pas du vol ! Ici, le coût de production est de 25 % supérieur à une zone de plaine. L’ICHN, c’est aussi de l’argent réinjecté dans les territoires, l’artisanat, et dans la vie de la commune. Nous sommes dans un combat qu’il faut gagner ! Nous refusons que des communes sortent de la carte !». Louis Laugier, préfet de l’Aveyron, a conclu ainsi : «je réunis la profession agricole cet après midi à la sous-préfecture de Villefranche-de-Rouergue pour travailler la copie, et faire remonter en haut lieu vos préoccupations qui concernent aussi l’aménagement du territoire».

Didier BOUVILLE

03 novembre 2016

Concours cantonal Aubrac à Laissac, ce samedi 5 novembre : «Il faut sortir ! Ne pas s’isoler !»

Dominique Rames est installé depuis 20 ans sur l’exploitation familiale. Plus que la ferme, il a repris la passion de son père pour la génétique, la sélection... et les concours. Leur élevage est présent depuis toujours sur le cantonal de Laissac.

L’élevage Rames est un peu l’exception parmi les exposants du concours cantonal de Laissac. Installé sur la vallée du Lot, tout près d’Espalion, Dominique Rames fait transhumer la quasi-totalité de ses 120 mères Aubrac sur l’Aubrac aveyronnais et cantalien. «Lorsque je me suis installé, j’ai eu l’opportunité d’acheter une ferme dans le Cantal et aussi d’acquérir les terres que nous louions alors pour les estives. Depuis, je conduis mon troupeau un peu comme si j’étais installé sur la montagne puis-qu’une partie de mon troupeau transhume du 1er mai à novembre, voire décembre si la météo le permet».

Il faut dire qu’à Espalion, siège de son exploitation, le terrain est moins propice : «Nous avons beaucoup de pentes, un parcellaire très morcelé et surtout un sol très acide où nos bêtes ont du mal à profiter. Sans compter l’humidité relative de notre proximité avec le Lot. Les Aubrac sont bien plus heureuses sur la montagne !». Grâce à cette conduite, l’élevage est autonome en fourrages. L’hiver, l’éleveur rentre ses vaches dans son bâtiment en travée et les jeunes sont en stabu libre. Les vaches sont donc davantage typées comme celles de la montagne plutôt que comme celles de ses voisins du causse, présents au cantonal de Laissac. Dominique met la priorité sur le typage de la vache «dans le standard de la race», il apprécie le «beau cornage» mais aussi les aplombs car ses vaches doivent être de bonnes marcheuses et enfin la robustesse : «C’est une sélection en fonction du territoire sur lequel l’élevage évolue. J’aime les bêtes bien campées sur leurs pattes, près du sol avec une forte capacité d’adaptation. Chacun a sa spécificité d’élevage, c’est aussi tout l’intérêt des concours, de montrer ce que nos bêtes valent comparées aux autres», explique Dominique.

"Une évidence"

Pour lui, c’est une évidence de participer à cette animation locale de l’automne : «Nous descendons les vaches de la montagne exprès pour préparer le concours, c’est d’ailleurs pour cela que Laissac est le dernier de la série». Habitués à redescendre des estives à pied (l’élevage Rames fait partie des transhumants historiques de la Fête de vache Aubrac en transhumance à Aubrac fin mai), les animaux sont ainsi préparés à défiler car ils traversent le village d’Espalion ! Avec toujours un beau succès auprès des passants !

Comme son père avant lui, Dominique mène son troupeau en race pure, il réalise à peine une dizaine de croisements en IA chaque année. «La reproduction, c’est mon activité principale, d’ailleurs les concours cantonaux de Laissac et quelques départementaux et nationaux auxquels je participe de temps en temps ont été et sont toujours l’occasion de me faire connaître et de faire connaître nos produits, nos animaux. Grâce à eux, j’ai vendu des animaux», explique Dominique, qui participe également aux ventes de la station de La Borie. «Je pense que c’est important de jouer le jeu, de participer pour faire vivre nos structures et les animations locales autour de notre race».

Dominique n’hésite pas non plus à participer au jury d’autres cantonaux comme à Laguiole et St Chély cette année : «Cela permet de se rendre compte de la difficulté de classer des animaux, il faut savoir expliquer nos choix et discuter avec les autres jurys qui n’ont pas forcément le même œil?!». Il était d’ailleurs très fier cette année que son petit garçon de 7 ans le suive à St Chély : «Il est très intéressé par l’Aubrac et il pose déjà beaucoup de questions sur la race ! ça fait plaisir de voir l’engouement de ces jeunes !», sourit Dominique.

Ce samedi, il sera présent avec environ 25 animaux avec des groupes de vaches et le prix d’ensemble notamment.

Eva DZ

20 octobre 2016

Journée technique régionale caprine à Monteils : la consommation tire la filière vers le haut

La journée régionale caprine, organisée jeudi 13 octobre à Monteils, a réuni de nombreux éleveurs, dont beaucoup de jeunes. Le moral est au beau fixe grâce à une conjoncture économique favorable et une consommation en hausse qui tirent les prix vers le haut.

Le rendez-vous technique annuel de la filière régionale caprine a enregistré une forte participation des éleveurs venus de Midi-Pyrénées et au-delà, pour une journée à laquelle était associé pour la première fois Languedoc-Roussillon, dans le cadre du rapprochement des deux anciennes régions au sein de l’Occitanie. Jacky Salingardes, président aveyronnais de la Fédération Nationale des Eleveurs Caprins (FNEC) et Céline Servin, du GIE Promotion Elevage Midi-Pyrénées/Cilaisud Caprin, ont fait un point sur la conjoncture nationale caprine. «Notre filière va bien, a résumé Jacky Salingardes, contrairement à ce que nous avons connu six années en arrière. La collecte est en hausse (3%) depuis le début de l’année, avec une consommation en progression de 1,3 % pour les fromages, dont la bûchette, de 11 % pour les yaourts et de 15 % pour le lait en bouteille».

Indicateurs au vert

Du côté des prix, les indicateurs sont au vert, comme l’a rappelé Céline Servin, avec un prix aux producteurs qui continue de monter. En 2015, il était de 688 €/1000 litres, il dépasse les 700 €/1000 litres depuis le début de l’année. «Les indices de prix de vente industriels (PVI) valorisent bien le fromage de chèvre depuis 2013. Ils sont stables depuis 2015, et mieux orientés que pour les autres fromages», relève Jacky Salingardes.

Les chiffres de l’Observatoire Cilaisud Caprin présentés par Céline Servin indiquent que la collecte 2015 a été de 52 millions de litres de lait en Midi-Pyrénées, dont les deux tiers (32 567 693) produits en Aveyron. En Aquitaine, la collecte a été de 16 millions de litres de lait, dont 12,9 pour la Dordogne, devant le Lot-et-Garonne.

En 2015, le prix de base, prix payé sur la zone Cilaisud hors AOP, était de 640 €/1 000 litres, et le prix payé de 688 €/1 000 litres. En AOP, le prix de base était de 738 €/1 000 litres, avec un prix payé de 772 €/1 000 litres. Ces chiffres illustrent la dynamique de la filière qui s’appuie sur une hausse globale de la consommation de 6 % cette année, avec une collecte nationale de 480 millions de litres de lait, plus 120?millions venant des producteurs fermiers, complétée par 70 millions de litres importés d’Espagne principalement.

«Maîtriser la production»

«Le marché est certes favorable, souligne Jacky Salingardes, mais il ne faut pas produire plus pour autant !», prévient-il. «Les volumes doivent être raisonnés et toujours en lien avec la demande des entreprises, et donc du marché». Le président de la FNEC tient aussi à tempérer la situation, même si les dossiers d’installation sont un peu plus nombreux : «notre filière nationale est composée d’éleveurs âgés de plus de 50 ans en moyenne. Elle est de 42 ans sur la zone Cilaisud. Tous élevages confondus (caprins, ovins, bovins...), la moyenne d’âge des éleveurs français est de 52 ans...».

Jacky Salingardes a annoncé, au côté de Joël Mazars (section caprine FDSEA), que la contractualisation allait se mettre en place en Aveyron en 2017. La profession va aussi travailler de concert au sein de la région Occitanie, réunissant environ 420 producteurs en Midi-Pyrénées (dont près de 200 en Aveyron) et 400 en Languedoc-Roussillon. «C’est une opportunité pour la filière», selon Jacky Salingardes, «l’Occitanie, c’est aussi deux bassins de consommation importants entre Toulouse et Montpellier. Il y a des pistes de travail intéressantes à développer, sachant que 98 % des éleveurs caprins de Languedoc-Roussillon sont des producteurs fermiers. Il y a un équilibre intéressant à exploiter entre produc- teurs livreurs et fermiers en Occitanie».

Didier BOUVILLE

13 octobre 2016

Concours européen Simmental : du très haut niveau !

Le meilleur de la Simmental à l’échelle européenne était en concours au Sommet. De l’avis des spécialistes, l’un des plus beaux concours de la race à Cournon.

Parmi les 48 vaches en concours, 36 venaient de France dont une grande majorité du Massif central et 12 de Suisse, d’Allemagne et d’Autriche (quatre par pays). A l’issue de la présentation, le directeur de Simmental France, Hervé Vignon, ne tarissait pas d’éloges sur la tenue du concours : «du très haut niveau», a-t-il même qualifié. «Le fait d’avoir une participation d’animaux européens a certes relevé le défi mais les Simmental issues d’élevages françaises ont été à la hauteur». C’est d’ailleurs le lot français qui a remporté le challenge européen !

«De façon unanime, les commentaires ont été très positifs : les éleveurs se sont pris au jeu et ont présenté des animaux très bien soignés, une belle vitrine pour notre race en progression», note Hervé Vignon, s’appuyant sur les nombreux spectateurs autour du ring pendant toute la durée du concours. «Notre race Simmental a fait de gros progrès, elle l’a encore montré sur ce concours». Le regard des autres pays européens a d’ailleurs évolué sur les élevages français : «Ils ont pu constater le niveau de qualité des animaux justifiant ainsi le niveau d’échanges que nous avons depuis plusieurs années avec eux, sur le schéma de sélection. Désormais ils ont eux aussi envie de percer sur le marché français».

Un premier pas a été fait en ce sens puisqu’une vente des animaux étrangers était organisée à l’issue du concours. Il s’agissait d’une vente silencieuse de 8 animaux (4 Allemands et 4 Autrichiens), appelée plus couramment vente à la bouteille. C’est-à-dire qu’au lieu de faire une vente physique aux enchères sur le ring, des boîtes individuelles sont placées devant chaque animal au niveau des stabulations. Chaque éleveur intéressé pour acheter un animal remplit alors un bulletin de soumission indiquant la mise qu’il propose pour acheter l’animal ; l’acheteur ayant fait la meilleure mise remporte donc l’animal.

Les boîtes sont restées en place du mercredi matin au vendredi midi. A la clôture de la vente, toutes les mises ont été relevées. Les 4 vaches allemandes se sont vendues à un prix moyen de 1?614 €, les 4 autrichiennes à un prix moyen de 3 339 € (différence de prix moyen qui s’explique par une très haute qualité d’animaux), soit un prix de vente moyen sur la totalité des animaux de 2 476,5 €.

«Un résultat satisfaisant pour cette vente au vu du contexte actuel !», ont conclu les organisateurs.

Belle performance aveyronnaise

La part d’éleveurs aveyronnais était importante parmi les élevages exposant sur ce concours européen. Le bilan dressé par le syndicat Simmental du département était plus que positif : «L’Aveyron a bien tiré son épingle du jeu. Il y avait une vraie belle présentation. La qualité des animaux triés a confirmé le professionnalisme et la passion des éleveurs», résument quelques responsables du bureau. Beaucoup ont aussi noté l’intérêt suscité par la Simmental auprès de nouveaux éleveurs, très nombreux autour du ring pendant le concours et dans les allées autour des animaux. Pour preuve, la présence en nombre d’éleveurs du berceau de la race. «La mixité de la race a été une fois de plus, mise en avant lors du concours avec la victoire pour des vaches vraiment complètes», appuie le président Pierre Salelles.

Eva DZ

29 septembre 2016

Colloque professionnel : un avenir pour les races locales de massif

Plus de 300 congressistes, éleveurs, chercheurs, membres d’organismes techniques, responsables de filières, étudiants,... ont participé aux ateliers thématiques organisés dans le cadre de la Semaine européenne des races locales de massif à St Flour.

Au cœur de la ville de St Flour, les 300 participants étaient invités à échanger sur trois problématiques propres aux races locales de massif : l’autonomie herbagère, les stratégies de valorisations économiques et les performances génétiques pour demain.

Une nouvelle approche des systèmes fourragers

De l’avis des experts, l’autonomie fourragère ne pourra se construire sans prendre en compte le réchauffement climatique. En 30 ans, la France a enregistré 1,5° de plus et une accélération spectaculaire des émissions de CO2 depuis l’ère industrielle. Ce qui impacte indéniablement les ressources fourragères, pas forcément en qualité mais sur leur quantité. L’adaptation passera par une nouvelle approche des systèmes fourragers en accentuant sur la sécurité des ressources (plus de surfaces et moins d’animaux). Les premières tendances sont plutôt favorables avec un hiver tardif donc moins de stocks à faire, une poussée plus importante d’herbe au printemps ce qui permet de valoriser davantage les pâtures. Certes les épisodes de sécheresse pourront impacter le calendrier d’élevage.

L’utilisation des ressources fourragères devra retrouver de la cohérence en travaillant sur un diagnostic des ressources, l’intégration des données climat et l’action du troupeau sur les ressources. Selon les experts, il faudra sortir des critères de productivité et de teneur en azote en misant sur le report sur pied, la souplesse du système,..., travailler en synergie avec la biodiversité, les politiques d’aménagement de l’espace pastoral et tenir compte des problématiques sanitaires (parasitisme, maladies émergentes,...), les rats taupiers,...

Des atouts économiques

Les stratégies de valorisations économiques pour les races rustiques sont multiples et à plusieurs échelles : territoire, produit, génétique, exploitation. Des réponses génétiques propres aux races locales de massif sont apportées pour valoriser les produits en transformation fromagère par exemple ou en poids carcasse. Différents outils existent, adaptés aux spécificités des territoires : les AOP, les IGP,... L’ingénierie se développe au service des initiatives collectives. Des pistes d’amélioration économique innovantes et raisonnées émergent comme l’alimentation des bovins par le lactoserum. Des interventions sont possibles à l’échelle individuelle sur les pratiques, la génétique.

L’éleveur est le maillon important dans la chaîne entre la race, les pratiques agricoles, le territoire et le produit. Mais la valorisation économique passe aussi par un double niveau de soutien public : direct pour «services rendus» et indirect par l’ingénierie des démarches collectives. Et les relations avec l’aval doivent être retravaillées, échanges qui ont un peu manqué lors de ce colloque, regrettent les participants.

Comment être rustiquement moderne ?

La question résume le troisième atelier portant sur les performances génétiques des races locales, qui s’appuient sur des outils modernes de sélection : la génomique et l’épigénétique (éléments qui entourent le génome). Ces derniers contribuent à l’amélioration des progrès génétiques, même pour les races à petit effectif et permettent de gagner du temps et de l’argent. Par contre la qualité des données collectées est soumise à la seule appréciation, subjective, des éleveurs. Les participants à l’atelier préconisent une réflexion à l’échelle d’un CORAM européen. Ils défendent aussi une diffusion de la génétique des races locales à l’international pour assurer l’avenir des outils de sélection, préserver la biodiversité locale. Ils proposent de mettre en commun des moyens pour créer des «fermes - vitrines : Génétique locale de France».

Eva DZ

22 septembre 2016

Vente d’animaux Aubrac : une première vers la Slovaquie !

Après la Lituanie cet été notamment, les Aubrac ont trouvé une nouvelle destination?: la Slovaquie. En septembre, 84 animaux partent vers ce pays grâce au travail de prospection de François Nolorgues, éleveur et négociant à Golinhac.

La race Aubrac est connue et continue son bonhomme de chemin dans la séduction d’autres pays ! Parce que c’est une race qui s’adapte bien au marché, de par notamment ses qualités de rusticité et son bon rapport à l’économie, la génétique Aubrac arrive à conquérir de nouvelles destinations !

François Nolorgues le confirme : «2016 malgré la crise, a été une grande année pour l’exportation d’animaux Aubrac avec 135 pedigrees sur la Lituanie, 134 sur la Roumanie, une vingtaine sur la Suisse, le Luxembourg et la Belgique et 84 en Slovaquie. Mais c’est le résultat d’un travail de fond, de réseau depuis plus de 20 ans». Vers la Slovaquie, il s’agit d’une première : «Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un fils d’éleveur Aubrac de l’Aveyron, Emilien Besson, installé dans ce pays, qui a été un bon relais pour nous sur place», explique François Nolorgues.

La génétique Aubrac est le cœur de son métier. «Nous vendons essentiellement des animaux pour des éleveurs qui veulent intégrer la race Aubrac dans leur troupeau et qui croient dans son potentiel d’adaptation. Les nombreuses réussites dans plusieurs pays de l’Est notamment, le prouvent».

La prospection continue

Les contacts se nouent au fil du temps, lors de grands événements comme le Sommet de l’élevage à Cournon : «les acheteurs viennent chez nous visiter des élevages Aubrac, discuter avec des éleveurs. Beaucoup constatent concrètement la qualité des veaux, leurs poids, la facilité d’élevage, l’autonomie, l’économie de nos vaches», détaille François Nolorgues. Cet éleveur sélectionneur s’appuie sur son expérience propre : «Moi-même je sélectionne mes animaux pour mon revenu mais aussi pour ma qualité de vie et le confort de travail. Ce sont des problématiques cruciales dans le choix d’animaux dans les exploitations d’aujourd’hui et les responsables de l’orientation raciale en Aubrac l’ont bien compris».

Pour François Nolorgues, le plus important dans le commerce d’animaux de sélection c’est le service après-vente : «c’est essentiel de se rendre en amont dans les pays demandeurs auprès des éleveurs pour connaître leur structure, identifier avec eux leurs besoins et les mettre en adéquation avec nos animaux que je pré-sélectionne dans les fermes. Il faut avoir une bonne connaissance des clients et de leur environnement pour que tout se déroule bien et sur le long terme !».

Le professionnel ne nie pas les problèmes administratifs rencontrés sur le marché de l’export : «Tout est validé, vérifié, c’est très compliqué. Il y a encore 20 ans, l’export n’existait pas, il a fallu du temps pour créer des réseaux même si les crises sanitaires, les conflits politiques ne nous facilitent pas toujours la tâche mais on s’accroche et c’est ainsi que l’on s’ouvre des marchés». C’est de cette façon que l’Aubrac a conquis la Lituanie, la Croatie, la République tchèque, la Hongrie,... Et François Nolorgues confie être en relation avec d’autres pays : «Il faut poursuivre la prospection pour le dynamisme de notre race», s’appuyant notamment sur des ventes aux enchères qu’il organise une fois par an. La prochaine se déroule ce vendredi 23 septembre lors du National Aubrac à St Flour (lire encadré).

Eva DZ

22 septembre 2016

UNOTEC et la production de lait de brebis : journée technique sur la qualité sanitaire

UNOTEC a organisé une journée technique jeudi 15 septembre à la salle polyvalente de Lestrade-et-Thouels en présence d’environ 200 personnes, éleveurs et conseillers techniques de la structure présidée par Joël Agulhon.

«Cette journée avait pour but de faire le point sur l’avancée des connaissances scientifiques concernant la santé de la mamelle et de l’environnement de traite des brebis», résume Béatrice Giral-Viala, directrice d’UNOTEC. Le président Joël Agulhon ajoute : «la maîtrise de la qualité sanitaire du lait est en effet un élément majeur pour la bonne santé du troupeau. Elle est bien sûr un élément incontournable du revenu de l’éleveur !». C’est bien là l’enjeu du conseil technique proposé par UNOTEC à ses 730 éleveurs adhérents de la zone de production de brebis laitières couvrant aussi le bassin de Roquefort.

«Cette journée UNOTEC est organisée dans une zone qui produit du lait de qualité pour l’AOP Roquefort», insiste Joël Agulhon. «Et du lait de brebis cru qui demande beaucoup d’exigence technique et de maîtrise sanitaire. Notre filière connait du mouvement aujourd’hui, suite à la mise en œuvre de la réforme laitière, avec de la demande en volume et beaucoup d’attente en terme de qualité de la part des consommateurs. Chez UNOTEC, nous sommes en première ligne pour accompagner les producteurs et progresser tous ensemble. Notre but est de continuer à maintenir un haut niveau de performance». Cette performance est un combat permanent, rappelle Béatrice Giral-Viala : «les éleveurs sont confrontés à une pression réglementaire et sanitaire forte. La qualité impacte fortement l’économie, avec des effets positifs ou négatifs sur le plan financier, et donc sur le revenu de l’éleveur».

Résistance aux mammites

Ces préoccupations étaient au cœur des différentes interventions programmées durant la matinée. Avec par exemple, «la résistance aux mammites qui nous préoccupe depuis 2008», souligne la directrice d’UNOTEC. Charlotte Allain (Unité GESPER, INRA Toulouse), a fait le point sur les 15 années de travail mené à la ferme expérimentale INRA de La Fage, concernant les lignées divergentes sur la sensibilité des mammites, «lesquelles permettent de prouver que les brebis sensibles ont, de façon significative, des caractéristiques morphologiques dégradées (pis long, trayon mal positionné...). Les travaux de l’INRA ont mis en évidence une zone du génome Lacaune qui code pour une sensibilité aux mammites. Des travaux complémentaires sont en cours pour mieux comprendre l’impact de ce gène sur les autres caractères de production».

Approche de la sur-traite

Un autre point a été fait sur les pré-résultats du programme Mamovicap porté par le CASDAR (développement agricole et rural) cofinancé par l’Etat, dans lequel ont oeuvré l’INRA, l’Institut de l’élevage (partie coordination et scientifique), et les organismes techniques ; UNOTEC, Centre départemental ovin du Pays Basque et Service élevage de la Confédération de Roquefort. Ce programme coordonné par Renée de Crémoux (Institut de l’élevage), a été présenté par ses collègues Gilles Lagriffoul et Jean-Louis Poulet. Ils ont mis en exergue «les possibilités de suivis en direct de la traite permises notamment par un appareil de type «Vadia».?Ces mesures permettent en particulier de quantifier de façon objective la sur-traite». «Cette approche de la sur-traite intéresse nos conseillers mais aussi les constructeurs de machines à traire que nous avons invités à notre journée», souligne Joël Agulhon.

Autre sujet, «les relations entre lésions et niveau de cellules de lait», développé par Elodie Batut (stagiaire ingénieur Institut de l’élevage). L’étude effectuée dans dix élevages Lacaune a notamment mesuré «les impacts zootechniques sur la production laitière» de cette problématique, «avec une diminution de 20 % de lait en fin de traite, une baisse de caséine, une hausse des protéines solubles». Enfin, les impacts économiques des infections mammaires ont été abordés par Gilles Noubel (référent technico-économique UNOTEC), Laetitia Bessière (référente sanitaire-qualité du lait UNOTEC), et Jean-Romain Regourd (référent traite UNOTEC). Ils ont indiqué «que les élevages suivis par UNOTEC présentent significativement une meilleure qualité cellulaire que le reste du Rayon de Roquefort, et ce, d’autant plus que le niveau de suivi est élevé».?Ils ont aussi rappelé que les équipes UNOTEC faisaient partie des techniciens formés à Optitraite (service assistance à la traite, en lien avec la Chambre d’agriculture).

Dynamique de la filière

Pour Joël Agulhon, cette journée technique UNOTEC illustre la volonté de la structure à accompagner la dynamique de production : «actuellement, notre filière est en effet bien orientée en demande de volume avec des indicateurs de rémunération qui repartent un peu vers la hausse. Avec la réforme laitière, nous aurions souhaité une organisation de producteurs plus large, mais chaque laiterie a préféré avoir ses producteurs avec une organisation verticale. Ce système fonctionne aujourd’hui. La concurrence entre les laiteries de la zone de production est bien présente, dans le rayon de Roquefort et en dehors. Le lait de brebis plaît au consommateur, avec une mise en marché diversifiée, au-delà du fromage AOP Roquefort, avec des yaourts par exemple». Autre constat, «la forte demande en lait bio concerne plus de 100 éleveurs parmi nos 700 adhérents. C’est une tendance lourde incontestable», conclut le président d’UNOTEC.

D.B.

15 septembre 2016

Euro-Simmental au Sommet de l’élevage : une mixité qui conforte les exploitations laitières

Gérard Fabié a fait partie des précurseurs de la Simmental en Aveyron, hors zone Jeune Montagne. Installé à Prades de Salars avec son fils, Romain, il mise sur le débouché viande de la race en développant la vente directe.

Depuis toujours dans la famille Fabié, on a pris l’habitude d’engraisser les vaches laitières, d’où le choix de la Simmental depuis 1982. «C’est mon grand-père qui l’a découverte puis mon père, Gérard a constitué son troupeau pour se spécialiser, en suivant les conseils d’André Valadier», résume Romain, installé depuis 2011.

Avec un quota de 187 000 litres, les deux éleveurs ont décidé pour conforter leur exploitation, de travailler le débouché viande. «Grâce aux qualités naturelles de la Simmental, nous valorisons bien les petits veaux et les vaches de réforme, nous avons donc décidé d’aller plus loin dans la démarche en engraissant quelques animaux que nous destinons à la vente directe», poursuit le jeune éleveur.

Les deux exploitants ont avancé progressivement dans ce créneau avec d’abord un veau. «Nous avions un contact familial sur Montpellier, intéressé par de la viande locale, de qualité, cela a permis de nous faire connaître, de nous essayer à ce nouveau métier et de préparer mon installation», assure Romain, qui se plaît beaucoup dans le contact direct avec la clientèle. «Quand on vient collecter notre lait, on ne nous dit rien mais quand on livre un colis de viande, les clients nous remercient et souvent nous disent leur satisfaction du produit».

Sans publicité, uniquement par le bouche à oreille, l’activité viande s’est peu à peu développée en Aveyron, de façon très locale, et depuis peu sur Toulouse. Le GAEC transforme aujourd’hui une douzaine d’animaux par an (veaux et vaches), qu’il fait abattre à Rodez puis découpe à Nuces dans un atelier loué à un agriculteur, rencontré au Hall technologique de La Roque. Pour valoriser l’ensemble de la carcasse, les deux éleveurs développent trois types de colis de 5 ou 10 kg : standard avec tous les types de morceaux, un spécial grillades et des steaks hachés. «Nous avons avancé progressivement en fonction de la demande. Nous annonçons à nos clients par SMS ou via Facebook que nous allons abattre un animal et que des colis seront disponibles, eux nous passent ensuite leurs commandes», détaille Romain. «Avec l’expérience, nous avons réussi à équilibrer les attentes des clients et la disponibilité de notre produit, c’est ainsi que nous pouvons proposer de la diversité».

Dans l’élevage, cette «nouvelle activité» n’a pas bouleversé le système de production. «Au moment de la sélection, nous n’oublions pas le poste musculature ! Grâce à l’orientation de l’OS, nous profitons d’une race qui a préservé ses qualités à la fois laitières et bouchères, en prônant une production de lait et une conformation suffisante». Leur seul investissement est l’achat d’un camion frigo pour livrer les colis. «Pour le reste, nous avions déjà la place pour l’engraissement».

Le secret de Gérard et Romain, c’est de «prendre le temps d’engraisser» jusqu’à 6 mois si besoin uniquement avec une alimentation basée sur le foin et les céréales produites et aplaties sur la ferme. Seul le tourteau de colza sans OGM est acheté. «Nous nous appuyons sur l’expérience acquise depuis de nombreuses années sur la ferme. La Simmental accepte très bien l’engraissement et valorise bien les produits secs pour donner une viande bien persillée, peu grasse », appuie Gérard, qui annonce des poids carcasse autour de 400 kg en moyenne sur l’année.

En ces moments difficiles pour la production laitière, le développement par la viande permet de mieux passer la crise du prix du lait et d’apporter une plus-value de l’ordre de 900 euros par vache. «C’est une activité vraiment complémentaire de l’atelier lait puisque nous sélectionnons les vaches les moins productrices ou qui rencontrent un problème de qualité du lait ou de repro. Mais la race étant mixte, le choix de la réforme est moins compliqué !».

A l’avenir, Gérard et Romain aimeraient développer cette activité viande en travaillant deux bêtes par mois et pourquoi pas livrer une collectivité... tout en continuant à jouer la carte laitière?!

08 septembre 2016

Concours général agricole : le palmarès des prairies fleuries

Jeudi 18 août à Laissac a eu lieu la cérémonie de remise des prix de la seconde édition locale du Concours général agricole des Prairies fleuries organisé par l’adasea.d’Oc et le bureau d’études Rural Concept sur le Causse Comtal.

Ce concours est organisé au niveau national dans plus de 50 territoires. Il vise à récompenser les éleveurs qui utilisent les prairies naturelles et valorisent ces espaces dans le système de production. Les qualités agronomiques (quantités de fourrage, qualité nutritionnelle, souplesse d’exploitation,…) et le rôle des prairies dans la préservation de la biodiversité, des pollinisateurs, du sol, du patrimoine et des paysages sont récompensés par le concours.

La cérémonie s’est tenue en présence de Christine Presne, conseillère départementale, de M. Béral, conseiller régional, de M. Salles, maire de Laissac et de nombreux spectateurs venus applaudir les lauréats.

Espèces floristiques

Sabine Joulié de l’EARL des Cloutets, à Grioudas, sur la commune de Gages-Montrozier, a remporté dans la catégorie «Prairie de fauche» la médaille d’Or du prix d’excellence agri-écologique. Dans la catégorie «Parcours», ce prix été remis à Sébastien Vidal associé dans le GAEC des Touroulis sur la commune de La Loubière. Ces espaces agricoles où ont été retrouvées de nombreuses espèces floristiques arrivent à concilier de manière exemplaire production agricole et intérêt écologique. Dans les deux cas, le jury a souligné le bon équilibre agri-écologique de ces pâturages et sa valorisation par un usage adapté qui assure, grâce à une gestion durable, le renouvellement des propriétés agronomiques et écologiques de la parcelle.

Quatre autres prix récompensent par ailleurs des catégories spéciales : la mention agronomie est remportée par le GAEC de la Morne (Onet-le-Château) ; la mention écologie par le GAEC des Touroulis (La Loubière) ; la mention mellifère par l’EARL des Cloutets (Gages-Montrozier), la mention patrimoine par le GAEC des Noisetiers (Sébazac-Concourès), et, enfin, la mention paysage par le GAEC de Curlande (Bozouls).

Les deux médaillés d’or représenteront le Causse Comtal au niveau national face aux territoires ayant organisé le concours en 2016. La remise des prix nationaux aura lieu lors du prochain salon de l’agriculture à Paris.

L’adasea.d’Oc et Rural Concept tiennent à remercier tous les participants, partenaires techniques et financiers pour avoir permis de mener ce projet à bien.

18 aout 2016

Concours chiens de berger à Ségur : les Aveyronnais ont bien performé !

Le 26ème concours de chiens de berger à Ségur a remporté tous les suffrages : une belle météo pendant tout le week-end, une bonne affluence dès le vendredi soir et jusqu’au dimanche en fin d’après-midi, un spectacle de qualité de la part des binômes maître - chien et des Aveyronnais performants ! De quoi réjouir le comité d’organisation !

Le sourire est sur toutes les lèvres à l’issue de cette nouvelle édition du concours des chiens de berger à Ségur. «Nous avons eu du monde tout le week-end», se réjouissent les membres du comité chiens de berger de Ségur. La météo était elle aussi de la partie, sans anicroches pendant les trois jours. Une aubaine pour la fête qui avait retrouvé ses quartiers sur la parcelle à l’entrée du village comme lors des finales de championnat de France il y a quelques années.

Les animations aussi bien que les repas servis par le traiteur et la restauration rapide proposée par les bénévoles ont contenté de nombreux convives, qu’ils soient en vacances dans le coin ou tout simplement habitants du village et des alentours. «Notre fête plaît de plus en plus et attire une foule toujours plus nombreuse», assure le comité d’organisation. «Au fil des années, nous reprenons de la notoriété».

Un duo maître-chien spectaculaire !

Le spectacle qu’offrent les duos maître - chien y est sûrement pour beaucoup. Le tracé du parcours 2016 était encore de qualité avec comme d’habitude de nombreux obstacles reprenant les situations quotidiennes vécues dans les exploitations : rassemblement d’un lot d’animaux dans un parc, arrêt du troupeau, entrée dans une bétaillère, suivi du troupeau par un véhicule utilitaire puis dépassement, traversée d’un tunnel,... «L’objectif est bien que les chiens sous la commande de leur maître montrent toutes leurs capacités à obéir et à mener un troupeau de brebis tout en assurant un spectacle inoubliable», assure Jean-Philippe Vergély, en charge du concours de chiens de berger.

D’ailleurs, le juge des trois niveaux de concours, Jean-Luc Valakarn, a exprimé à l’issue des épreuves, sa satisfaction, soulignant un concours de qualité, dans de bonnes conditions d’accueil pour tous les participants. Il est d’ailleurs prêt à revenir !

Des animations innovantes

Côté animations, le comité chiens de berger avait un peu innové cette année avec la venue de Cani Folie. Cette association a présenté son activité entre les compétitions officielles de cani-cross et cani-VTT qui ont réuni 55 participants et les initiations qui ont duré tout le week-end. Les enfants comme les adultes ont pu découvrir en pratique des activités de pleine nature avec leurs chiens. «Tout le monde a été satisfait de cette découverte, les concurrents qui ont apprécié le parcours vallonné, comme les visiteurs curieux de découvrir de nouvelles pratiques et comme les bénévoles de l’association heureux de partager leur passion».

De même les démonstrations de chiens d’utilité avec les éducateurs professionnels du CFPP de Gramat ont été très appréciées.

Le comité chiens de berger, heureux de la réussite de cette nouvelle édition, tient à remercier les bénévoles, les exposants, les concurrents, l’association des chiens de troupeau de l’Aveyron (ACT 12) et tous ceux qui ont participé à ce nouveau succès.

Eva DZ

11 aout 2016

Union Aubrac : développer croisement Aubrac-Charolais et adhésion aux signes de qualité

Près de 130 participants ont assisté vendredi 5 août au lycée agricole Louis Mallet de Saint-Flour à l'assemblée générale de l'Union Aubrac.

Président de l'Union Aubrac, Yves Chassany a parlé export avec des espoirs qui, «à terme, se portent vers le pourtour méditerranéen, un potentiel néanmoins soumis à de forts aléas politiques». Malgré cela, s'est-il réjoui, «262 CID export (1) ont été délivrés en 2015 grâce à une part active du GIE et de la SARL Nolorgues». En terme de sélection, tout en saluant le travail de la station d'évaluation «pierre d'angle de notre schéma de sélection», il a souligné «l'orientation raciale que nous pratiquons et la maîtrise des gabarits pour aller vers des animaux plus autonomes et donc, plus économes en intrants».

Une démarche plus que jamais d'actualité : «Les abatteurs pénalisent en effet désormais financièrement les carcasses femelles de plus de 480 kg». Un travail de sélection dont la finition des bovins fait aussi «partie intégrante» sachant que «les animaux hors de nos critères doivent aller à l'engraissement, même s'il y a un coût. En outre, les vaches de qualité inférieure doivent alimenter le croisement avec le Charolais, seul garant d'une réponse économique à nos élevages et à la diversification des animaux à mettre en vente».

Opération communication

Cette séance était aussi consacrée à la présentation du National Aubrac et ses 550 animaux attendus. L'événement se tiendra durant la Semaine européenne des races locales des massifs, à Saint-Flour en septembre, en partenariat avec les éleveurs Salers qui ouvriront cette période par leur propre concours national.

Une semaine qui se voudra une vitrine en «faveur de nos modes d'élevage et de sélection, à même de rassurer les consommateurs et d'interroger aussi nos politiques et décideurs dans un contexte de plus en plus difficile pour l'élevage : FCO, rats taupiers, baisse de la consommation, des achats de broutards par l'Italie, hausse des conversions lait/viande qui augmente le nombre de génisses sur le marché». Ces dix jours dans «la plus grande prairie d'Europe», seront enfin l'occasion pour les éleveurs de démentir «le discours médiatique anti élevage et anti viande». A eux donc de mettre en avant «le rôle primordial qu'ils tiennent sur le territoire et particulièrement dans les massifs avec une production qui fait référence en matière de viande à l'herbe et des signes officiels de qualité qui sont un atout de notre race et la seule façon durable d'instaurer un climat de confiance avec le consommateur».

L’Aubrac à l’honneur au prochain SIA ?

L'Union Aubrac, Organisme de sélection, va se positionner fin 2018 pour devenir OS européen (Ose), année où, par ailleurs, la demande a été faite au SIA de Paris d'être race à l'honneur du Salon.

CF - L’Union du Cantal

(1) Centre informatique des douanes.

04 aout 2016

Abattoirs : la commission d’enquête visite St-Affrique

La commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux poursuit les visites inopinées d’abattoirs dans le Massif central. Jeudi 28 juillet, ses deux membres, les députés Arnaud Viala et Pierre Morel-à-l’Huissier ont visité celui de Saint-Affrique.

Comme à Antrenas, fin mai en Lozère et dans d’autres abattoirs du Massif central, la commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux continue ses visites de sites. L’un de ses membres, le député Arnaud Viala, revient sur l’objectif de cette commission. «Suite à une audition de notre commission à l’Assemblée Nationale, plusieurs visites inopinées d’abattoirs sont organisées partout en France et mon homologue, Pierre Morel-à-l’Huissier et moi-même, nous nous sommes chargés des abattoirs présents dans notre région».

Des outils en bon état de fonctionnement

Plus récemment, Arnaud Viala a visité l’abattoir de Capdenac, celui de Greffeuille sur la partie ovine puis celui réservé à la production porcine. Dans ces deux sites comme à St Affrique, il a constaté des outils dans un «bon état de fonctionnement» : «l’ensemble des chaînes d’abattage sont en bon état, avec des équipes de responsables vigilantes sur le bien-être animal, la formation professionnelle de leurs salariés,...».

Signalant au passage que l’abattoir de St Affrique était le seul où la vidéosurveillance était installée avant que la loi ne l’impose, améliorant ainsi l’autoformation des salariés. «Dans tous les sites, nous avons suivi l’ensemble de la chaîne, depuis la prise en charge des animaux jusqu’à la mise à mort et le travail des carcasses», souligne Arnaud Viala. Assistant même à un abattage rituel à Saint Affrique. «Un mode d’abattage de plus en plus courant et qui représente un volume d’activités et un poids économique non négligeables dans les unités». Et sur lequel les deux députés ont été très attentifs.

Soucieux du maintien de ces outils économiques sur un territoire rural comme le Massif central, au plus près des élevages, Arnaud Viala s’est dit satisfait de ces visites : «de mon point de vue, les installations sont en bon état. Ce qui confirme qu’un petit établissement ne veut pas forcément dire que les installations sont vétustes et les procédés arriérés et non respectueux des animaux et des salariés. La petite taille de nos abattoirs correspond à une réalité territoriale et offre un bon maillage géographique, réduisant ainsi les temps de transport et favorisant le bien-être animal».

Arnaud Viala et Pierre Morel-à-l’Huissier ont réalisé l’ensemble de leur visite de façon inopinée, mais leurs rencontres avec les responsables se sont toutes déroulées dans de très bonnes conditions et en toute transparence, tiennent à souligner les deux députés.

Un compte-rendu d’ici le 18 septembre à l’Assemblée

Ces visites doivent permettre d’alimenter les travaux des élus et de la commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux. «Ces visites nous permettent de dire que le tableau n’est pas tout noir dans les abattoirs de France comme certaines vidéos le laissent entendre», note Arnaud Viala.

«Petit abattoir ne signifie pas mauvais travail et mauvaises conditions d’abattage. Nous avons à travers nos visites, rencontré des responsables qui ont le souci du bien-être animal et du confort de leurs salariés pour effectuer leur mission dans les meilleures conditions. Et tout cela est à souligner», ajoute le député.

Le travail de recueil des informations s’achève. Arnaud Viala et Pierre Morel-à-l’Huissier s’apprêtent à rédiger leur compte-rendu pour le 18 septembre. Leurs écrits contribueront à alimenter le rapport national sur les conditions d’abattage des animaux en France.

Eva DZ

04 aout 2016

Coopérative CELIA : des Aubrac en route pour la Lituanie

Récemment la coopérative CELIA a commercialisé 85 animaux de race Aubrac inscrits au Herd Book, issus d’élevages de l’Aveyron et du Cantal vers la Lituanie. Un débouché valorisant sur un marché tendu.

Le marché est plutôt tendu pour les éleveurs bovins viande, notamment depuis la FCO et les blocages que cette maladie a engendrés. Lors de son assemblée générale fin juin, la coopérative CELIA avait présenté le travail qu’elle menait pour diversifier les débouchés et ainsi apporter de la valeur ajoutée aux éleveurs.

Preuve de cet engagement, elle vient d’envoyer mi-juillet, quelque 85 animaux vers la Lituanie. Ses 85 animaux de race Aubrac, tous inscrits au Herd Book, se répartissent en 26 couples, 30 génisses de 2 ans et 3 taureaux, issus d’élevages de l’Aveyron et du Cantal. «Ces animaux répondent à une demande d’éleveurs soucieux de créer des troupeaux spécialisés Aubrac en Lituanie», explique Francis Nolorgues, commercial à CELIA, qui s’est chargé de l’allotement et du départ des animaux.

Des marchés à fort potentiel

«Après la FCO, le marché est encore aujourd’hui compliqué avec de nombreuses garanties sanitaires exigées par les acheteurs», assure-t-il. «Mais ces pays comme la Lituanie représentent de bons potentiels de débouchés pour les animaux de qualité des élevages de la région. Ils sont très demandeurs».

Les 85 animaux envoyés cet été sont destinés directement à des éleveurs privés. «Je pense qu’il y a un réel avenir commercial vers ces pays. Et c’est important que CELIA et ses adhérents soient en capacité de répondre à ce marché qui apporte de la valorisation». Il ajoute : «Dans ce contexte difficile, c’est un signe fort de montrer que des animaux de nos régions partent sans souci dans les pays tiers, à des prix intéressants. Cette diversification des marchés doit être un encouragement. En tout cas, CELIA s’y positionne pour ses adhérents», conclut Francis Nolorgues.

Eva DZ

28 juillet 2016

Loups : les éleveurs dans l’attente de mesures concrètes

Une délégation d’éleveurs de Lozère et d’Aveyron, dont Thierry Agrinier, président de la section ovins lait FDSEA, Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande FDSEA et François Giacobbi, élu Chambre d’agriculture, a rencontré lundi 25 juillet, la ministre de l’écologie, Ségolène Royal sur la problématique du loup.

Pourquoi cette rencontre ?

T. Agrinier : «Nous avons depuis des mois alerté les pouvoirs publics sur la succession d’attaques avérées de loups sur nos troupeaux. Nous avons relayé notre inquiétude auprès de la ministre de l’écologie et nous lui avons clairement demandé quelles mesures elle allait mettre en œuvre pour contrer ces attaques et les faire diminuer.

Quel a été le point de vue de la ministre ?

T. Agrinier : Elle s’est dit bien consciente du problème ! Et a repris plusieurs de nos propositions. Elle est d’accord pour que des brigades anti-loups puissent être constituées dans les départements du sud du Massif central. Elle s’est dit également favorable à une modification du décret pour autoriser les tirs de défense renforcés pendant les battues des chasseurs ou à l’approche. L’orientation est positive pour les éleveurs mais nous attendons une mise en application de ses engagements.

Qu’en est-il pour l’Aveyron ?

T. Agrinier : Le comité loup travaille avec le Préfet sur la reconnaissance de la non protégeabilité du troupeau. Ce travail avance bien. Une fois ce statut obtenu, nous pourrons comme c’est le cas en Lozère, mettre en place des brigades anti-loups et des tirs renforcés de défense. L’Aveyron, premier département moutonnier de France, est dans une phase d’anticipation pour que nous n’atteignons pas la situation vécue par les éleveurs lozériens. Nous devons tout faire pour avancer rapidement sur le dossier».

Recueilli par Eva DZ

30 juin 2016

Coopérative CELIA : premier opérateur bovin de la grande région

Année du rapprochement avec BOVI PC, 2015 était sous le signe du changement pour les 2 450 apporteurs de CELIA. Nouvelles équipes, nouveaux centres, nouveaux adhérents, nouvelle production avec le Veau d’Aveyron, «nous avons appris à travailler ensemble», a commenté le président André Veyrac.

Une activité en augmentation avec environ 10 000 bovins de plus (63 420) et un ancrage territorial renforcé sur l’Aubrac dont la race représente plus de la moitié des animaux commercialisés (57%). «Nous n’avons pas eu besoin de recourir beaucoup à l’activité de négoce, l’apport de nos adhérents a suffi», a ajouté Hervé Chapelle, directeur général. L’activité en maigre reste majeure (62%) malgré une petite baisse compensée par l’arrivée des veaux gras. Un tiers des bovins de la coopérative sont commercialisés via les filières de qualité.

L’activité ovine se maintient bien (80 970 ; +5,5%). Concentrée sur la Lozère, elle se développe sur la Haute-Loire. Près de 20% des ovins sont commercialisés sous signes de qualité.

L’arrivée de nouveaux marchés notamment la Turquie dès le printemps, a été malheureusement perturbée par la FCO à l’automne. Après une période de chômage technique, les équipes se sont rapidement mobilisées pour satisfaire les attentes des adhérents. «Tous ces efforts, tout ce travail du personnel, qui s’est mobilisé sans relâche, alliés à la fidélité de nos producteurs adhérents ont produit de bons résultats pour la coopérative», s’est félicité André Veyrac. Le conseil d’administration a décidé d’affecter une partie de ce résultat à la consolidation du capital social des adhérents en particulier les éleveurs en apport total : «un message fort de notre esprit coopératif».

Confiance, persévérance, réalisme

CELIA espère maintenir le cap pour l’année à venir même si le marché reste tendu. André Veyrac en appelle à «une prise de conscience collective de la situation de la production de viande bovine» : «la France, premier cheptel allaitant de l’Europe devrait nous conférer un rôle moteur dans la défense de cette production». Il mise pour cela sur les atouts des éleveurs français. CELIA se veut «optimiste» et s’est fixée des objectifs ambitieux : 70 000 bovins collectés en 2016, plus de 80 000 ovins commercialisés. «Notre coopérative va devenir le premier opérateur bovin de la nouvelle région. Je compte sur la solidarité pour soutenir ceux en difficulté, pour accompagner les entrepreneurs. Nous saurons gérer ces temps difficiles avec efficacité», a conlu confiant, André Veyrac, qui parie sur la confiance, la persévérance et le réalisme pour envisager un avenir moins morose. Il s’appuie sur les partenaires de CELIA, pour le maigre : l’union de coopératives BEVIMAC Centre Sud et le développement de son activité d’export vers les pays tiers et pour les animaux finis : Languedoc Lozère Viande et le développement des filières de qualité.

Eva DZ

23 juin 2016

Bovins viande et lait : un pâturage tournant rationnel

La 2ème journée Innov’Action 2016 en Aveyron s’est déroulée vendredi 17 juin à la ferme de Bernussou, à Villefranche-de-Rouergue, illustrée par la mise en place d’un pâturage tournant rationnel.

Plus de 80 personnes ont participé à cette matinée organisée sur le site de la ferme de Bernussou avec les commentaires de Frédéric Mazars et de Pierre Cazes, techniciens bovins viande à la Chambre d’agriculture. Le groupe, composé d’éleveurs et d’élèves de lycées agricoles, a été accueilli par Bruno Roussel, directeur de la Chambre d’agriculture. Ils ont découvert les paddocks des 15 vaches de race Blonde d’Aquitaine sur le pâturage tournant rationnel mis en place depuis le début de l’année, concernant aussi le troupeau de 18 génisses de la ferme de Bernussou. Et ce, en lien avec plusieurs services de la Chambre, dont celui de Benoît Delmas, conseiller agronomie-fourrage.

«Le sol, la flore, la récolte, sont une voie pertinente pour maîtriser les charges de production», a résumé Frédéric Mazars, précisant que «le pâturage tournant a comme objectif d’augmenter la productivité de l’herbe». Il a indiqué que la mise en place de ce pâturage tournant avait été guidé par les principes d’André Voisin publiés il y a 60 ans, agronome et précurseur de l’agriculture raisonnée (1903-1964). André Voisin affirmait déjà que «dans le pâturage continu, nous travaillons probablement avec une productivité environ trois fois moindre à celle d’un pâturage rationnel bien mené».

«Plus de lait et plus de viande à moindre coût»

Frédéric Mazars et Pierre Cazes ont confirmé qu’un pâturage bien piloté, «c’était plus d’herbe avec plus de valeur, et donc plus de lait et plus de viande à moindre coût !». Et d’ajouter : «nous devons devenir producteurs d’herbe en prenant en compte également le temps de travail. L’organisation du pâturage tournant, telle qu’elle a été conçue ici, consommera moins de temps de travail qu’une gestion avec fil déplacé auparavant, chaque jour, ou tous les deux jours».

Les deux techniciens ont présenté la démarche sur la parcelle de 7 ha où ont été installés 21 paddocks. Ils y ont évoqué la gestion de l’abreuvement avec le choix de bacs légers à niveaux constants et transportables, fabriqués par ailleurs par le pôle machinisme de Bernussou et Jean-Luc Mazars. Le pilotage de la prairie a ensuite été abordé, utilisation de l’herbomètre, ordre de passage du troupeau...

S’agissant du résultat, il est encore trop tôt pour en dresser le bilan, mais selon les techniciens, «nous pouvons noter qu’avec une sortie anticipée de 30 jours en 2016, nous avons déjà gagné 8 tonnes de matière sèche d’herbe de bonne valeur sur 18 UGB. Nous observons aussi un bon état des vaches.?Les croissances de veaux nés en février seront calculées courant juin-juillet».

23 juin 2016

Innov’Action 2016 en Aveyron et ovins lait : un système fourrager performant et économe

L’assolement et la fertilisation raisonnés, le pâturage optimisé et l’autonomie protéique étaient au programme de la porte ouverte Innov’Action organisée lundi 13 juin au GAEC de la Laye à Balsac, chez Fabien Molinier.

L’éleveur ovins lait produisant pour la filière AOP Roquefort (laiterie Gabriel Coulet) est installé en GAEC avec sa mère Marie-Françoise depuis 2007. Ils élèvent 360 brebis Lacaune sur une SAU de 68 ha de causse, et produisent 1 250 hl de lait, avec 713 hl de référence. Fabien Molinier a présenté les résultats de son exploitation devant des éleveurs de la région, avec l’appui de Francis Lagarde, référent sol-fourrage chez UNOTEC. Ce dernier suit le GAEC de la Laye avec un service-conseil complet (contrôle laitier, alimentation, suivi fourrager, etc).

Francis Lagarde était accompagné de Gilles Noubel, technicien à UNOTEC du secteur de Rodez. «Cette exploitation ovins lait dégage des marges honorables, supérieures à la moyenne de la zone», selon les intervenants. Propos confimés par Joël Agulhon, président d’UNOTEC et élu à la Chambre d’agriculture. «Nous sommes en effet ici sur une exploitation caractérisée par des performances technico-économiques largement au dessus de la moyenne par rapport à la filière», a-t-il confié, louant aussi «la performance environnementale et sociale» du GAEC. Cette ferme ovins lait bénéficiant d’un parcellaire groupé sur un causse séchant, a supprimé le tourteau de soja dans son système autonome.

Suivi sol avec UNOTEC

«Pénalisée par une référence laitière limitée, l’augmentation de la production s’est faite naturellement à partir de l’amélioration de notre production fourragère, sans achats supplémentaires», explique Fabien Molinier. Il ajoute : «le pâturage tournant au printemps nous aide à utiliser de l’herbe de qualité et à ne pas gaspiller. Nous essayons de semer chaque année les mêmes surfaces en céréales, luzerne, ray-grass, en respectant les rotations pour plus de sécurité lors des années difficiles. Et pour toutes ces actions, nous adhérons au suivi sol proposé par UNOTEC».

Ces bons résultats sont donc le fruit d’un travail combiné sur le sol et la gestion rigoureuse du troupeau. La production de lait est passée en 15 ans de 247 litres/brebis à 350 litres/brebis aujourd’hui, avec un coût alimentaire proche de 15% en 2015. La maîtrise du pâturage (mise à l’herbe précoce), l’autonomie protéïque (luzerne), l’assolement réfléchi (dates de semis, rotation...), et la fertilisation raisonnée (plan de fumure annuel, compost), tout contribue ici à la mise en place «d’un système économiquement performant, respectant les principes de l’agro-écologie», résument les organisateurs d’Innov’Action.

23 juin 2016

Union de coopératives BEVIMAC Centre-Sud : un automne décisif

L’activité de l’Union de coopératives BEVIMAC Centre Sud poursuit sa progression malgré une année 2015 marquée par les blocages consécutifs à la FCO. Pour 2016, elle entend conserver son leadership vers l’Italie et poursuivre son ouverture vers les pays tiers.

L’export est un métier compliqué, parce que s’il est simple de vendre des animaux, il n’est en revanche pas toujours évident de les valoriser à leur juste valeur. C’est la mission que s’attache à remplir BEVIMAC Centre Sud pour ses coopératives adhérentes, CELIA, UNICOR et la structure Bevid’Oc. Comme l’a rappelé son président, Bernard Cazals, à l’occasion de l’assemblée générale, vendredi 17 juin. «Notre rôle est de bien valoriser les animaux de nos coopératives à l’export, d’être capables de conserver la valeur ajoutée de nos races rustiques grâce à la maîtrise de nos outils».

En ce sens, l’année 2015 a connu des hauts et des bas. La hausse de l’activité (+ 4 000 têtes soit 82 440 têtes commercialisées) est le fruit d’une bonne activité sur les quatre premiers mois de l’année et l’arrivée de broutards supplémentaires suite au rapprochement entre CEMAC Cobevial et Bovi PC. Heureusement car la fin d’année a été très compliquée en raison des blocages commerciaux imposés suite à l’émergence de la FCO en France. La progression est revenue en fin d’année grâce à la bonne organisation de l’équipe de BEVIMAC qui a pu faire partir 180 camions en 3 semaines !

L’Italie toujours en tête

L’Italie reste la première destination des animaux exportés par BEVIMAC (93% soit + 6 800 têtes). L’export sur les pays tiers se développe mais par à coups en raison des blocages politiques et sanitaires (FCO notamment). Il représentait 4% des destinations des animaux en 2015. «Ce résultat est à l’image de la situation de l’exportation en général», remarque Hervé Chapelle, directeur de BEVIMAC.

Pour 2016, la courbe est toujours à la hausse avec 4 000 têtes de plus vendues à fin mai, une augmentation conséquente étant donné que les premiers mois de 2015 étaient eux aussi très hauts ! Le pourcentage d’animaux destinés à l’Italie est en baisse (-3,6%) au profit des pays tiers (+3,2%) en particulier l’Algérie. La Grèce également se relance sur le marché. Mais l’automne s’annonce tout de même difficile car la production de jeunes bovins en France a fortement augmenté face à un marché peu porteur notamment en Italie où la consommation de viande a beaucoup baissé (-18% en 5 ans), de même que le potentiel d’engraissement en raison d’une forte restructuration.

«Notre salut passera par l’exportation vers les pays tiers», a avancé Bernard Cazals. Une zone géographique où l’Europe gagne des parts de marché (51% en 2015 contre 25% en 2014) et où la consommation de viande est favorable. La Turquie notamment semble très satisfaite des animaux français, reste à régler le contexte politique pour réouvrir le marché... «Notre politique de développement des volumes depuis plusieurs années porte ses fruits puisque nous pouvons aujourd’hui peser sur les marchés», a conclu le président.

Eva DZ

02 juin 2016

Filière ovine Midi-Pyrénées : partenariat européen pour l’innovation avec Robustagno

Projet financé au travers du PDRR(1) de Midi-Pyrénées par l’Europe et le ministère de l’agriculture, Robustagno est un groupe opérationnel dont le travail s'inscrit dans le cadre du partenariat européen pour l’innovation. Son objectif est d’améliorer, de façon durable, la productivité numérique dans les élevages d’ovins allaitants, en réduisant la mortalité des agneaux.

Porté par Coop de France Midi-Pyrénées, le programme de Robustagno est mis en œuvre sur les départements du Lot et de l’Aveyron avec une approche multi-acteurs. Pour atteindre l'objectif fixé, à savoir l'augmentation de la productivité numérique dans les élevages, l’accent sera mis sur le caractère robuste des agneaux dès leur naissance.

Une approche multi-acteurs

Les partenaires scientifiques de ce programme sont l’Institut de l’élevage, l’INRA et l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT). Robustagno est en lien avec les UMT(2) «Maîtrise de la santé des troupeaux de petits ruminants» et «Génétique, génomique des petits ruminants» basées à Toulouse.

Les partenaires opérationnels sont les coopératives CAPEL et UNICOR, les Chambres d’agriculture du Lot et de l’Aveyron, les GDS du Lot et de l’Aveyron, le lycée agricole de Figeac (Animapôle) et le Coram (Collectif des races des Massifs).

Le groupe ainsi constitué permet à des acteurs divers de la filière (éleveurs, techniciens, vétérinaires, experts, chercheurs, chargés de développement agricole) de travailler ensemble à la recherche, à la qualification et à la diffusion d’innovations.

Innovations et bonnes pratiques au cœur du projet

Ce projet est très centré sur les innovations et bonnes pratiques émanant du terrain.

Le programme, prévu sur quatre ans (2016-2019), comporte trois volets :

- recherche d'innovations et de bonnes pratiques concourant à l’amélioration de la robustesse des agneaux, à partir d’études scientifiques ou de repérages effectués dans les élevages,

- tests de ces pratiques en élevage, dont celui de la ferme expérimentale du lycée agricole de Figeac,

- diffusion des connaissances ainsi obtenues à l’ensemble des acteurs de la filière régionale.

Dans ce programme, l’Institut de l’élevage assure la mission de «service d’innovation». Cela consiste à faciliter l’identification des innovations et bonnes pratiques grâce à un regard croisé entre les différents acteurs du projet, dont les éleveurs. L’innovation est partout, issue d’expérimentations scientifiques comme mise en œuvre quotidiennement dans des élevages !

Un important volet diffusion

Le volet diffusion à grande échelle est un enjeu primordial pour la réussite du programme. Pour cela Coop de France Midi-Pyrénées et le Coram s’appuieront sur l’ensemble de leur réseau (coopératives, partenaires régionaux, organismes de sélection). Tout au long du projet, les résultats seront communiqués via la presse spécialisée, mais aussi lors de séminaires et/ou de portes ouvertes.

(1) Programme de développement rural régional

(2) Unité mixte technologique

02 juin 2016

Rencontre avec Bernard Cazeneuve : le loup, une affaire de sécurité intérieure

Vendredi 27 mai, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, était en visite en Aveyron, dans le Lévézou et la région de Millau, afin de participer à différentes inaugurations. Il a répondu favorablement à la sollicitation de la FDSEA et des JA qui ont eu l’occasion d’échanger avec un de ses conseillers, M. Le Goff, sur la problématique de la prédation, et plus particulièrement celle du loup.

Une délégation composée de Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande et membre du bureau de la FNO, François Giacobbi, président du CDASA, Laurent Saint Affre, secrétaire général de la FDSEA, Christophe Benoît, responsable cantonal, et Ghislain Soulié, président local, a été reçue à Saint Beauzély. Leur objectif : sensibiliser le ministère de l’intérieur sur «les troubles qui vont être provoqués par la présence du loup», selon François Giacobbi. Ce dernier a d’ailleurs rappelé que deux gendarmes sont en permanence mobilisés sur cette question dans le département.

La profession mobilisée

«C’est un fait, le loup est présent sur nos territoires. Nous devons nous tenir prêts à réagir», affirme François Giacobbi, avant de rappeler le travail constructif engagé entre la profession et les services de l’Etat depuis presque un an. Ces échanges portent sur la difficulté de protéger les troupeaux dans un département comme l’Aveyron où la densité des élevages est très élevée. «Nous devons trouver des solutions alternatives», poursuit le président du CDASA. «Le peu d’efficacité des méthodes de protection, dans les départements qui possèdent moins de troupeaux, montre qu’il faut continuer à travailler sur la question. De plus, il est impossible de prévoir où et quand vont avoir lieu les attaques. Nous avons même la preuve aujourd’hui que le loup s’adapte aux conduites de troupeau en attaquant le jour».

Depuis le début de l’année, deux attaques ont déjà été avérées en Aveyron, auxquelles s’ajoutent trois cas où l’hypothèse du loup n’est pas écartée, et presque une dizaine d’autres dont les analyses sont en cours. Même si pour le moment l’Aveyron est moins impacté que certains de ses voisins, François Giacobbi souhaite alerter sur l’inquiétude qui augmente chez les éleveurs. «Si nous devons subir une série d’attaques, la pression sur le terrain va monter en puissance et risque d’exploser?!».

Une problématique nationale

Jean-François Cazottes a rappelé, quant à lui, les données nationales liées à la présence du loup. «On a enregistré une hausse des attaques de 10 % en comparant les 4 premiers mois de 2015 et ceux de 2016. L’an passé la mise en place des mesures de protection, que nous jugeons inefficaces, a coûté plus de 18 millions d’euros au ministère de l’agriculture, tandis que les indemnisations, imputées au budget du ministère de l’écologie, ont avoisiné les 3 millions d’euros».

Concernant la demande européenne de déclassement de l’animal en tant qu’espèce protégée, la France était jusqu’alors, le seul pays engagé dans la procédure. «Aujourd’hui, les pays du sud de l’Europe -Italie, Espagne- ou certains du nord, comme la Suède, la Finlande et la Lituanie, ont formulé la même demande que la France. Cela prouve bien que le loup pose de réels problèmes, et pas que sur l’élevage français», a commenté Jean-François Cazottes.

Il a aussi souligné «l’absurdité» des arrêtés pris par certains maires à l’encontre des chiens de protection, préconisés pourtant dans les mesures nationales, à cause des risques d’attaque de randonneurs. «Nous demandons que les éleveurs ne puissent pas être jugés responsables en cas d’accidents entre patous et touristes».

Sur le sujet des quotas de prélèvement, Jean-François Cazot-tes fait part de sa «stupéfaction devant l’impossibilité pour l’administration de recenser exactement la population de loups sur le territoire national. Or, sans cet effectif, il sera impossible d’établir un quota de prélèvement !». Rappelons qu’au dernier congrès de la FNO, Michèle Boudouin, la présidente, avait officiellement demandé une autorisation d’abattage de 100 loups pour la campagne à venir, avec une obligation de résultat, ainsi que la possibilité d’agir sur les meutes entières le cas échéant.

Enfin, les éleveurs aveyronnais ont rappelé au représentant du ministre les problèmes de sécurité liés à l’affolement des troupeaux, qui pourrait provoquer des divagations sur la voie publique. Ils ont aussi présenté les revendications portées depuis un an par la FDSEA et JA Aveyron, soit la possibilité d’opérer des tirs de défense sans mise en place préalable des méthodes de protection prévues dans le plan national Loup.

Les participants à la délégation ont trouvé une oreille attentive en la personne de M. Le Goff qui les a assurés que le gouvernement a pleinement conscience des difficultés engendrées sur le pastoralisme, et l’élevage en général.

B. CAREL

19 mai 2016

Attaques sur les troupeaux : comment réagir ?

Ces derniers jours, plusieurs troupeaux bovins et ovins ont été victimes d’attaques. Pour l’heure, l’origine du prédateur (loup ou chien errant) n’est pas connue partout. Comment réagir face à ces situations ?

Plusieurs attaques sur des brebis et sur des veaux ont été enregistrées récemment en Aveyron, si pour certaines le loup «n’est pas exclu», pour d’autres sa présence est confirmée. Le loup est donc bien présent dans le département.

«L’automne dernier, un travail a été engagé avec le Préfet, afin d’obtenir directement des tirs de défense pour protéger nos troupeaux. Le processus est engagé mais n’a pas encore abouti», regrette Dominique Fayel, président de la FDSEA, dans un communiqué. Il demande, au vu des derniers évènements, que la procédure soit accélérée et étendue à l’ensemble des territoires concernés.

«Choisir entre l’élevage et le loup !»

En effet, dans ce département d’élevage, l’un des plus importants en France (1er département moutonnier, 3ème département en bovins allaitants,...), «la présence du loup n’est pas compatible avec notre activité intimement liée aux territoires ru- raux?!», poursuit le responsable professionnel.

Par ailleurs, la profession va continuer «inlassablement» d’exiger une modification du classement du loup dans la convention de Berne : «son expansion en nombre et en territoire fait que son classement d’espèce protégée n’est plus justifié», argumente-t-elle.

«L’élevage et les éleveurs sont menacés par le loup ! Entre le loup et les éleveurs notre pays devra choisir !», argue Dominique Fayel.

François Giacobbi, président du CDASA et en charge de la problématique loup en Aveyron, confirme : «Il faut rappeler que le loup est incompatible avec l’élevage. Les mesures annoncées dans le plan national loup ne sont pas adaptées et sont inefficaces dans des régions comme les nôtres à forte densité d’ovins», rappelant que l’Aveyron peut compter jusqu’à un million de brebis contre 120 000 dans les Hautes-Alpes par exemple !

Des troupeaux non protégeables

«En France, nous devons arrêter de considérer le loup comme une espèce protégée, il est parfaitement incompatible avec notre système de production basé sur le pastoralisme, pratique qui nous a d’ailleurs valu une reconnaissance au Patrimoine mondial de l’Unesco. Sans oublier, notre AOP Roquefort dont le cahier des charges oblige à une période de pâturage. Ces atouts pour notre production, pour notre territoire pourraient être remis en cause si on laisse le loup s’installer !», dénonce François Giacobbi.

«Sur ce sujet, nous travaillons avec les services de l’Etat, nous rencontrons le Préfet chaque mois pour faire le point. Les associations de protection de la nature ont aussi été associées à notre réflexion», poursuit le responsable professionnel. Leur objectif : obtenir la reconnaissance de la non protégeabilité de l’élevage face au plan loup. Outre les pertes économiques engendrées par les attaques de loups sur les troupeaux, François Giacobbi veut aussi que soit pris en compte, le préjudice moral : «La MSA met à disposition des éleveurs, une cellule psychologique pour les aider à surmonter leur peur de voir à nouveau leur troupeau attaqué».

Un plan d’action en cours en Aveyron

Suite à des actes de prédation il y a un an dans le sud Aveyron, l'Etat avait réuni les maires pour présenter le dispositif mis en place en Aveyron dans le cadre du plan national d'action loup, qui repose sur un comité de suivi et un réseau de correspondants/ observateurs, composés de 40 volontaires, habilités à relever sur le terrain les indices de présence du loup. Les constats d'attaque sur les animaux domestiques relèvent, toutefois, de la compétence exclusive des agents de l'ONCFS commissionnés et assermentés.

Les maires du secteur étaient chargés de sensibiliser les propriétaires de chiens sur les responsabilités qui leur incombent.

En appui de ce dispositif réglementaire, l'ONCFS et les lieutenants de louveterie ont assuré une surveillance renforcée du territoire concerné, à travers les actions suivantes :

- le maintien de l'implantation de pièges photographiques sur les lieux stratégiques ;

- des tournées de surveillance de nuit à l'aide de véhicules tout terrain et de sources lumineuses, ciblées à proximité des zones de pâturage ou de couchage des troupeaux.

Par ailleurs, une personne à la gendarmerie de La Cavalerie a été formée mais c’est bien les agents de l’ONCFS qui restent les référents pour les constats d’attaque.

Pour rappel, en cas d’attaques constatées sur des animaux, il ne faut surtout pas déplacer les cadavres, il faut les couvrir et protéger les abords afin de ne pas effacer les indices qui seront collectés par l’agent de l’ONCFS.

Eva DZ

Source Préfecture

Pour les constats de dommages, contactez l’ONCFS : 05 65 87 07 31 (jours ouvrables) ou 06 27 02 58 91 (jours feriés).

19 mai 2016

CELIA section Nord Aveyron : une année tourmentée mais CELIA a su anticiper

La semaine dernière, la coopérative CELIA a organisé les assemblées générales de ses quatre sections : Auvergne, Languedoc, Nord Aveyron, Ségala Tarn pour faire le point sur son activité, un an après le rapprochement entre CEMAC Cobévial et Bovi Plateau Central.

«Une année de challenge», c’est ainsi qu’a qualifié André Veyrac, président de CELIA, l’année 2015. «Depuis le rapprochement entre CEMAC Cobevial et Bovi PC, nous avons intégré de nouveaux partenaires, éleveurs, commerciaux et nous avons dû aussi travailler dans un contexte de crise sanitaire avec la FCO», a-t-il résumé. Mais grâce à l’organisation et l’anticipation de son équipe, CELIA a réussi à passer cette crise en activant le départ de 180 camions en 3 semaines avant la mise en place des zones réglementées. «La performance de notre outil nous offre la capacité de nous organiser et l’avenir nous a donné raison étant donné le délai de blocage de nos animaux», a détaillé André Veyrac.

Si l’intégration de nouveaux éleveurs se poursuit, CELIA, en 2015, a vu son activité bovine augmenter de 16% avec 63 420 bovins commercialisés et de même en ovins (+6%) avec 80?970 ovins commercialisés, grâce aux 2 450 apporteurs installés en Aveyron, Lozère, Cantal, Gard, Hérault, Lot, Lot et Garonne et Tarn. Et 2016 s’inscrit dans cette tendance à la hausse, a complété Hervé Chapelle, directeur général. Cette activité se répartit sur 5 centres d’allotement dont la moitié à St Rémy de Montpeyroux et Bozouls.

«Au cours du deuxième semestre, nous avons eu moins recours au négoce via notre SARL 2C pour compléter nos achats, les apports de nos adhérents étant suffisants, en particulier sur le plateau de l’Aubrac», ont indiqué les responsables de la coopérative. La race Aubrac reste en effet prédominante dans l’activité (57% des effectifs) tandis que le support croisé diminue (il représente 39%) et que la race limousine est en devenir (elle représente un quart de l’activité).

L’activité principale reste la vente d’animaux maigres (43%) même si la part de veaux gras, depuis le rapprochement avec Bovi PC, progresse (7,5% de l’activité sur 6 mois).

Les filières de qualité, toujours des fers de lance

Dans un contexte de marché tendu, les responsables de CELIA ont rappelé combien il était important de maintenir les filières de qualité. L’IGP Fleur d’Aubrac a en effet, apporté en 2015, une plus-value de 78 €/ tête, le label rouge Bœuf Fermier Aubrac 160 € de plus par tête et 28 € de plus pour le label rouge Bœuf Blason Prestige. «Ces filières sont une sécurité, il ne faut pas les casser mais jouer leur carte chaque année, quel que soit le contexte car nous en avons besoin», a rappelé André Veyrac.

Et sur la conjoncture, le président de CELIA assure que, «malgré un marché très chahuté, les prix n’ont guère varié sur les ventes régulières sur la totalité de l’année». Face à ce résultat, la coopérative a décidé de redistribuer du capital social aux éleveurs adhérents à l’OP et ayant signé un contrat. Plus de 1 000 d’entre eux seraient concernés par un retour total de 60 000 euros.

Situation des marchés

Le partenaire historique, l’Italie, affiche moins de demandes. Comme en 2014, les prix des taurillons à Modène sont en chute et la consommation de viande est aussi en baisse. CELIA continue donc de se tourner vers les pays tiers, «une variable d’ajustement du marché». Mais ce n’est pas simple ! Les contraintes règlementaires, administratives, sanitaires donnent quelques sueurs froides aux commerciaux et aux dirigeants de CELIA, qui doivent s’accrocher pour valoriser les animaux de leurs adhérents, vers l’Algérie notamment.

Question consommation, les responsables de CELIA préfèrent nuancer : si la consommation de viande des ménages est en baisse, en revanche celle en restauration hors domicile se porte bien. «Nous devrons toutefois être vigilants sur la qualité des produits en misant sur nos races allaitantes et nos filières de qualité, des spécificités qui peuvent nous permettre de tirer notre épingle du jeu», observent les responsables de CELIA. Ils notent aussi le retour dans les grandes surfaces, des rayons traditionnels de boucherie et la priorité donnée à la viande française.

Les recommandations de CELIA

Pour l’année à venir, les responsables de CELIA ont livré quelques pistes à leurs adhérents. Sur le court terme, ils recommandent de vacciner au plus tôt les jeunes, contre la FCO, de façon à être prêts pour le marché, d’anticiper autant que possible les ventes d’automne difficiles en maigre et de diversifier les activités en jouant le jeu des filières de qualité sur le marché national par exemple.

Sur le moyen terme, la coopérative encourage le développement du croisement Charolais - Aubrac pour apporter davantage de valeur ajoutée. En race limousine, elle mise sur le vêlage d’automne. Et globalement, elle soutient l’autonomie alimentaire dans les élevages.

Enfin, à plus long terme, les responsables CELIA encouragent vivement l’engagement des élevages en certification IBR, une génétique plus précoce en races allaitantes et la mobilisation de toutes les sources de subvention (sollicitation des aides à l’investissement pour les bâtiments, les fabriques d’aliments, les aires de stockage, le stockage des effluents, les petits équipements, la reconstitution des prairies jusqu’au 31 mai).

Eva DZ

05 mai 2016

Assemblée générale de l’UPRA Lacaune : la génétique est bénéfique

L'assemblée générale de l'UPRA Lacaune s'est déroulée mercredi 27 avril à St-Affrique, sous la présidence de Ioan Romieu.

L'organisme de sélection de la race Lacaune affiche de bons résultats et une bonne dynamique avec une génétique et une génomique qui tirent, ensemble et vers le haut, la production. Le bilan d'activité 2015 de la structure, présenté par le directeur de l'UPRA Gilles Frégeat, illustre les bons résultats de cet outil au service des producteurs de la race Lacaune.

Dans le schéma de sélection lait (contrôle laitier officiel), l'effectif de femelles traites était en 2015 de 155 582 brebis, dans 363 élevages, en hausse de 165 brebis comparé à 2014, soit 429 brebis traites par troupeau. La fertilité globale est de 94,7 %, avec un taux d'insémination artificielle (IA) de 84,6 % pour un total de 146 012 IA en 2015. Ces effectifs sont contrôlés par la Confédération de Roquefort (service élevage), l'EDE Aveyron-UNOTEC, l'EDE Tarn, l'EDE Lozère, et la SCP Gard-Hérault.

Gain de productivité

Sur le tableau présenté par Gilles Frégeat il apparaît que le progrès génétique dans la race se traduit par un gain de 4,6 litres de lait par an entre 2000 et 2015, 0,21g de taux butyreux et 0,20 g de taux protéique entre 2000 et 2013, une amélioration importante des cellules somatiques (0,064 écart type génétique), une amélioration de la conformation des mamelles (0,047 écart type génétique). L'évolution de «l’effet troupeau» durant ces mêmes années est quant à elle en baisse, «la génétique contribue dans ces conditions à faire progresser la production, cependant ce progrès génétique ne s'exprime pas pleinement».

En contrôle laitier simplifié, les effectifs de brebis traites sont de 415 263 élevages brebis, dans 1 125 élevages. Les qualifications des reproducteurs (reconnaissance des agnelles), ont concerné 329 élevages visités, avec un taux de refus de 10,14 %, «divisé par 2 en 20 ans». Pour cette première année 2015, la race Lacaune lait est passée à la sélection génomique (première race ovine laitière au monde !), 1740 agneaux ont pu être indexés. Ces agneaux ont, soit été conservés dans les centres d'insémination, soit vendus à la reproduction selon 3 classes d'index (+, ++, +++). Au total 2 259 béliers ont été reconnus. 1 649 étaient destinés au marché national, et 610 pour l'export.

Sélection viande

S'agissant du schéma de sélection viande, tous les élevages en sélection Lacaune viande adhèrent à Ovi-Test et/ou au GID Lacaune. En 2015, le contrôle de croissance a concerné 17 891 brebis, un effectif stable. Concernant les IA réalisées en 2015, elles étaient de 50 366 chez Ovi-Test et de 52 757 au GID Lacaune. Gilles Frégeat a fait aussi un point sur la gestion des gènes majeurs dans le schéma Ovi-Test et GID Lacaune.

Pour le volet sanitaire, il y a une gestion de la Visna-Maedi et de la Border-Disease dans tous les troupeaux en sélection. Pour la la résistance à la tremblante, et la réalisation du plan national, 6693 béliers ont été génotypés.

Promotion de la race

Enfin, l'UPRA Lacaune a évoqué ses autres activités, en premier lieu, dans le cadre de l'organisation GENELEX, avec la réalisation de «pedigree» pour l'export de reproducteurs de race Lacaune concernant en 2015, 8601 animaux, en hausse de 1462 unités, avec 280 doses de semence. Les pays «clients» sont l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, l'Espagne, la Grèce, l'Italie, la République tchèque, la Suisse et la Slovaquie.

Dans son activité promotion, l’UPRA Lacaune a souligné le succès du Carrefour international ovin et caprin (CIOC) organisé en 2015 à St-Affrique en partenariat avec le lycée agricole et le CORAM, et sa participation au Salon de l'agriculture 2015, en partenariat avec la Confédération de Roquefort pour fêter les 90 ans de cette appellation.

Didier BOUVILLE

21 avril 2016

Groupement de producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis : la filière caprine a le sourire

Le groupement de producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis s’est réuni vendredi 15 avril à Baraqueville. Ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement, portés par une conjoncture favorable et des projets constructifs pour la filière.

Sur les 92 producteurs livrant leur lait de chèvre à Lactalis, 60 ont participé à l’assemblée générale de leur groupement. Une participation qui a ravi les responsables, Jacky Salingardes, président du groupement et Joël Mazars, vice-président. «C’est bien de voir que, même en temps de bonne conjoncture, les éleveurs s’engagent et s’intéressent à l’avenir de la filière. Ils ne sont pas là que quand ça va mal !», retient Joël Mazars. Un engagement qui fait plaisir aussi à Jacky Salingardes : «Il y a toujours eu une belle participation autour de notre groupement de producteurs».

Une collecte en hausse

La contractualisation, gros chantier en cours pour la filière caprine, suscite en effet de nombreuses questions de la part des producteurs. «Notre objectif est de créer une organisation de producteurs, sans grand changement avec notre groupement qui entretient déjà de bonnes relations avec son industriel Lactalis, d’ici cet automne», avance Jacky Salingardes. «Le décret OP a été rédigé par la FNEC puis validé par l’interprofession. Nous n’attendons plus que la validation par les pouvoirs publics puis par l’Europe mais le dossier avance dans le bon sens». Et Joël Mazars de compléter : «C’est vrai qu’il y a beaucoup d’interrogations du côté des producteurs, une certaine appréhension sur le lien volumes - prix. La contractualisation va nous permettre d’affiner les litrages des producteurs en respectant les ambitions de chacun. En tout cas, nous allons continuer d’informer les producteurs des avancées et nous prévoyons des réunions de secteur».

Côté conjoncture, les producteurs de lait de chèvre ont le sourire, portés par une consommation positive (entre +6 et +7%) : «Après plusieurs années de crise, comme celle que vivent les producteurs de lait de vache, nous sommes soulagés de pouvoir bénéficier d’un prix correct. Nous ne devons pas en avoir honte», confie Jacky Salingardes. «La crise a en effet marqué les producteurs», selon Joël Mazars.

Prudence et raison

La prudence reste donc de mise : «La collecte en Aveyron est en progression constante (21,5 millions de litres produits en 2014/2015, soit en moyenne 20 000 litres de plus par exploitation) avec un objectif affiché de 25 à 26 millions de litres à court terme». Mais ce développement doit être raisonné : «Aujourd’hui c’est vrai il y a la place pour ceux qui veulent produire. Nous accompagnons quelques projets d’installation mais ça ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quoi ! Si nous sommes raisonnable, tout ira bien !», a encouragé le responsable départemental et national. Joël Mazars appuie : «Il ne faut pas s’empêcher d’installer de nouveaux producteurs, dans un cadre raisonné bien sûr, pour amener de l’économie à notre département».

Dans ce contexte, le tandem entreprise - groupement, qui fonctionne déjà correctement, peut être un soutien dans l’accompagnement des producteurs, dans le suivi technique notamment ou encore la prime de spécialisation pour les jeunes,...

Les producteurs militent pour un développement de la production sur le site de l’entreprise Lactalis à Rodez : «Accrocher une production à un territoire serait un bel atout», envisagent les responsables du groupement.

Jacky Salingardes comme Joël Mazars comptent sur l’implication des producteurs de lait de chèvre du département pour maintenir cette dynamique et continuer d’entretenir une relation constructive avec leur entreprise, Lactalis.

Eva DZ

14 avril 2016

Prix national pour l’agro-biodiversité animale : un Aveyronnais à la 2e place

Depuis 4 ans, Ceva Santé animale, laboratoire pharmaceutique vétérinaire basé à Libourne et la Fondation du Patrimoine récompensent des élevages engagés dans l’agro-biodiversité animale. Adrian et Lucas Rigal, jeunes éleveurs à Clairvaux, ont reçu le deuxième prix de ce concours national pour avoir relancé la Raïole, race ovine à faible effectif et développé l’agropastoralisme sur leur territoire.

Sur l’exploitation de ses grands-parents qui n’était plus en activité depuis de nombreuses années, Adrian Rigal a décidé de s’installer. Mais sur la commune de Clairvaux, les terrains sont très pentus, les surfaces petites et les parcelles en friche. Que faire pour valoriser la structure et créer une activité à valeur ajoutée ? «A la suite de mon BTS, j’ai réalisé quelques stages en transformation fromagère de lait de vache. Mais l’importance du travail à fournir quotidiennement m’a découragé et puis je n’avais pas le foncier disponible autour de la ferme pour un troupeau laitier», témoigne Adrian. Dans son parcours, il s’est intéressé à l’agropastoralisme et à la production ovine, dont la demande est importante. «Mes bâtiments et mon foncier étaient adaptés. Restait à choisir la race !». Les races rustiques à petit effectif le séduisent. Il teste la Rouge du Roussillon, la Caussenarde des Garrigues et la Raïole qui sera l’objet de son choix pour sa bonne conformation (des agneaux classés O et R), un bon rendement et une dimension économique.

Pour l’accompagner dans la mise en place de son troupeau puis le suivi technique, Adrian rejoint depuis peu par son frère Lucas, s’est rapproché d’ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère : «L’appui technique est indispensable. Il apporte une ouverture d’esprit, et m’a permis de travailler par étape, au fil de mon évolution sur l’alimentation, la reproduction, l’état corporel, la gestion des lots (4 par an), la gestion du pâturage en fonction de ces lots,... en fonction de la race que j’ai choisie». Son objectif est simple : monter un troupeau homogène et productif.

Un système économique qui fonctionne

Grâce à l’appui de sa technicienne, qui s’est elle aussi adaptée à la Raïole, Adrian obtient une belle régularité dans ses lots d’animaux. A la tête d’un troupeau de 260 brebis, il affiche un taux de mise bas de 96%, de 1,3 en prolificité et 11% de mortalité. De très bons résultats selon sa technicienne pour un cheptel encore jeune (l’éleveur a démarré en 2009). Chaque année, l’élevage produit 290 agneaux (16,5 kg de moyenne), agnelles comprises, avec une productivité de 1,10. En misant sur un pâturage tournant dynamique selon les lots d’agneaux, Adrian et Lucas valorisent bien les terres à leur disposition. En distribuant 64 kg de concentré par agneau, ils arrivent à dégager une marge brute de 182 euros par brebis (primes incluses), sachant qu’ils commercialisent leurs agneaux en vente directe, sur les marchés de Rodez, Rignac et Belcastel l’été mais aussi à Toulouse. «Je sais que je peux encore améliorer nos débouchés car la demande existe mais nous avons encore besoin de nous faire connaître», avance Adrian qui fait abattre ses agneaux à Rodez et réalise la découpe dans son nouvel atelier. Des journées portes ouvertes sont programmées régulièrement sur l’élevage avec dégustation d’agneaux à la clé et randonnée à thème dans les parcours, au milieu des brebis pour partager leur passion du patrimoine et de l’élevage.

Un engagement pour préserver le patrimoine

Adrian a orienté sa conduite sur un pâturage tournant sur ses petites parcelles : 77 ha dont 12,5 sont labourables et 25 ha de parcours (landes, châtagneraies,...) qu’il a dû réhabiliter : «Nous avons réalisé un gros travail de défrichage, les ronces dépassaient les roues arrières du tracteur ! Nous avons installé 4 km de clôtures. Heureusement la famille était là pour nous aider?!», se souviennent Adrian et Lucas. «Ce projet, c’est aussi une réussite familiale».

Très attachés à leur troupeau, les deux jeunes éleveurs sont aussi sensibles à l’entretien de leur patrimoine, c’est dans ce sens qu’ils ont réfléchi à la gestion du pâturage. Et leur réflexion n’est pas achevée puisque dans le cadre de son installation, Lucas prévoit de reprendre quelques terres dans le village de Belcastel pour accueillir 100 brebis de plus. «En partenariat avec la commune, nous allons participer à l’aménagement et l’entretien de communaux et de parcours avec nos Raïoles et à la réalisation d’un circuit de randonnées. Il permettra de sensibiliser les nombreux touristes, venus découvrir l’un des Plus Beaux Villages de France au travail d’agropastoralisme des éleveurs. En lien aussi avec la restauratrice étoilée, Nicole Fagegaltier qui propose à sa carte, notre agneau».

Et toujours des projets !

C’est cet engagement dans la préservation et la valorisation d’une race à faible effectif que Ceva Santé Animale et la Fondation du Patrimoine ont choisi de récompenser en décernant à Adrian et Lucas Rigal le 2e prix du Prix national pour l’agro-biodiversité animale, placé sous le haut patronage du ministère de l’agriculture. Créé en 2012, il récompense les éleveurs français qui s’engagent pour préserver et valoriser les races animales agricoles domestiques à faible effectif (bovins, caprins, porcins, équidés, volailles, chiens de travail...) et représentatives d’un patrimoine génétique. Les choix du jury s’axent sur trois critères majeurs : la dimension économique du projet, son impact social et environnemental sur un territoire donné, et les actions de sensibilisation et de communication autour d'une race à préserver.

Pari réussi pour les deux frères qui nourrissent de nouveaux projets ! «Ce prix va nous apporter un plus pour terminer l’aménagement des abords de la ferme, de l’atelier de découpe pour accueillir le public et nous investir dans le parcours d’information à Belcastel».

Eva DZ

14 avril 2016

Mondial Brune 2016 à Mende : une belle réussite collective

Les éleveurs aveyronnais étaient ravis à l’issue de ce grand événement mondial, qu’ils ont vécu à Mende mais aussi sur leur exploitation pour tous ceux qui ont reçu des délégations d’éleveurs étrangers et français quelques jours avant. Ces cinq jours de fête au cœur du Massif central leur ont laissé des souvenirs indélébiles et même si la Suisse a raflé tous les grands prix, sauf le prix de la meilleure fromagère qui revient à un élevage aveyronnais, ils repartent avec la satisfaction de la réussite collective.

Le pari était osé : récréer au cœur de la ville de Mende, un espace de concours pour accueillir plus de 200 congressistes, 190 animaux, plus de 20 000 visiteurs ! Mais ils l’ont fait, les 300 bénévoles, en grande partie éleveurs bruns mais aussi d’autres races laitières, ont relevé le challenge ! Et quelques jours après ce grand événement, c’est avec un grand sourire, des images plein la tête et le sentiment du travail bien accompli que les éleveurs bruns de l’Aveyron évoquent ce Mondial.

François Ginisty, éleveur à Recoules Prévinquières et administrateur d’OptiBrune, a été «très impressionné par la participation et la motivation des éleveurs et des jeunes» qui les ont accompagnés pendant toute la manifestation. «Dans un contexte laitier difficile, on a rechargé nos batteries !», sourit-il. «Eleveurs, partenaires, congressistes, étudiants,... chacun à son niveau, va garder, je pense, un très bon souvenir de cette expérience hors normes !».

Un spectacle de qualité

Il faut dire que les éleveurs s’étaient donné la peine de réussir le défi avec la mobilisation de nombreux bénévoles pour la préparation des animaux, des installations, et surtout la propreté des stalles tenues par les jeunes des établissements de Lozère et par les 8 équipes du Brune Team Show. Ainsi qu’un ring joliment décoré et un podium hors normes de 3 m de diamètre qui se soulève et tourne sur lui-même. Un vrai spectacle pour admirer le must de la race Brune pour les nombreux visiteurs qui ont suivi le concours ainsi que la vente aux enchères. «Pas une place assise de libre, des allées bondées, on ne pouvait mieux espérer», résume Clément Chayriguès, président de Brune Aveyron.

Une organisation à la hauteur de la qualité du concours européen. «Les éleveurs se sont vraiment investis dans la préparation de leurs animaux et notre race a vraiment été mise en valeur», reconnaît François Ginisty. De même la vente aux enchères a dépassé toutes les espérances. Son intitulé La crème de la crème était bien à la hauteur de l’événement. «Il faut bien voir que ces 10 génisses sélectionnées représentent un très haut niveau, déconnecté des prix pratiqués aujourd’hui. Mais elles sont l’excellence !», soulignent les éleveurs. «C’est une vraie belle surprise !», complète Gilles Brast, éleveur à Druelle.

Des échanges

Lors des soirées festives, congressistes, éleveurs, partenaires, étudiants,... et responsables de structures nationales réunis pour l’occasion à Mende, ont partagé de vrais moments d’échanges, en particulier lors de la soirée cabaret du samedi qui a réuni 1 200 personnes. «Nous sommes avant tout, tous passionnés d’élevage et la présence de représentants de syndicats d’autres races nous a fait chaud au cœur», résume Gilles Brast.

«Si on est capables de se rassembler autour d’un même objectif, on peut soulever des montagnes ! Pourquoi pas reproduire cette belle performance sur d’autres projets !», encourage François Ginisty.

Eva DZ

07 avril 2016

Coopelso : faire face à de profondes évolutions

Jeudi 31 mars, Coopelso tenait son assemblée générale à Soual (Tarn). Le difficile contexte de l’élevage impacte l’activité de la structure, qui tente de relever les défis un à un.

Cela fait plusieurs années déjà que l’activité de Coopelso est logiquement impactée par la profonde crise de l’élevage. La campagne 2014/2015 ne fait pas exception. Le nombre de femelles inséminées est en baisse surtout dans le cheptel laitier et cela a une répercussion immédiate sur le chiffre d’affaires de la coopérative.

Même si la structure fait de nombreux efforts de prospection pour faire progresser les inséminations artificielles notamment dans les troupeaux allaitants de la région, le nombre total d’IAP* diminue de 2,4% par rapport à l’année dernière. «C’est une baisse plus forte que celle enregistrée au niveau national sur la dernière campagne (-0.8%)», précise le directeur, Mathieu Saint-Blancat. L’érosion du cheptel bovin est une réalité avec laquelle Coopelso doit composer.

Autre enjeu de taille : l’innovation. «Nous devons, encore plus aujourd’hui, ne pas rester immobiles face aux évolutions des attentes des éleveurs et des marchés», souligne René Garrigues, président de Coopelso, dans son rapport moral. «Nous sommes au début d’une nouvelle ère et nous avons fait le pari de nous adapter pour offrir aux adhérents de la coopérative le meilleur de la technologie […]».

Aide à la conduite des élevages

C’est une orientation qui porte d’ores-et-déjà ses fruits. Dans son bilan d’activité, Mathieu Saint-Blancat a affectivement montré une montée en puissance de l’activité permise par l’offre génomique et sexée. «En Prim’Holstein notamment, on observe une augmentation de 36% de nombre de femelles génotypées et de près de 30% d’IA réalisées avec des doses sexées. Même dans les races moins présentes, comme la Montbéliarde, la Brune, la Normande ou encore la Simmental, on assiste à un avènement de la sélection génomique. La mise à disposition de semences sexées pour les taureaux de races rustiques a également reçu un accueil très favorable».

Depuis plusieurs années déjà, Coopelso propose aussi des systèmes d’aide à la conduite des élevages. Une véritable opportunité selon René Garrigues. «Ces outils de monitoring, c’est-à-dire d’aide à la surveillance des vêlages ou des chaleurs, permettent d’accroître la productivité numérique tout en améliorant le confort de travail et les conditions de vie».

Que ce soit en amont ou en aval de l’insémination artificielle, la coopérative dispose d’une large palette de services dans les domaines de la reproduction et de l’amélioration génétique, son cœur de métier. «Notre activité consiste toujours à diffuser une offre génétique adaptée aux systèmes d’élevage de nos adhérents et à conseiller l’éleveur sur la valorisation de cette génétique dans une relation gagnant-gagnant. La réalisation des plans d’accouplement et l’aide à la maîtrise de la fertilité sont les axes de travail».

Enfin, autre grande évolution à venir pour Coopelso : le nouveau règlement zootechnique européen. «La filière génétique va connaître une profonde évolution réglementaire», explique René Garrigues. «Cette législation […] favorisera la concrétisation du marché unique de nos produits génétiques sur l’espace européen. […] Si ce texte aura peu d’impact chez la plupart de nos voisins, il va profondément modifier l’organisation de notre dispositif génétique national. Le règlement zootechnique européen peut aboutir à une organisation plus simple, plus évolutive et davantage en phase avec les attentes des filières. Les éleveurs membres des différents organismes devront veiller à l’intérêt collectif et éviter que cette réforme produise des effets contraires à son objectif, en particulier l’éclatement du dispositif génétique français».

S. Lenoble. Le Paysan tarnais.

*IAP : insémination artificielle première

17 mars 2016

Réunions de secteur bovins lait : technicité et convivialité

 

Le service bovins lait de la Chambre d’agriculture achève ses 12 réunions de secteur qu’il organise depuis 7 ans, chaque hiver afin d’aller à la rencontre des éleveurs et de présenter ses nouveautés.

Pour ses réunions d’hiver, le service bovins lait a affiché une belle participation malgré une conjoncture difficile : la volonté de se retrouver entre éleveurs, d’échanger sur le coût de production, sur la conjoncture et sur les dernières innovations sont en effet des leitmotivs importants. Cette année, 270 éleveurs ont participé aux 12 réunions de secteur en présence d’un animateur du service, des représentants professionnels du secteur ainsi que des techniciens mais aussi les inséminateurs. «Ce duo entre technicien et éleveur est à la base de toute notre activité», explique Patrice Perguet, l’un des responsables du service bovins lait de la Chambre d’agriculture.

Et depuis quelques années, face au fort renouvellement des techniciens, le service s’est adapté en proposant une formation individualisée à cette jeune génération de professionnels qui aborde à la fois la nutrition, la qualité du lait, l’élevage des génisses, la reproduction, la génétique et l’approche globale d’un élevage laitier. Ils disposent de plusieurs outils sur lesquels ils sont formés sur le terrain, d’abord accompagnés d’un technicien plus expérimenté puis seuls.

Cette professionnalisation est un atout pour accompagner les élevages en Contrôle laitier (ils sont 96% à adhérer au service en Aveyron et les trois quart ont fait le choix de l’option 10 appuis techniques par an). «Notre service apporte un discours à la fois technique et économique pour améliorer les résultats dans les élevages», avance Patrice Perguet.

La nutrition animale est donc un thème majeur. «Quand on sait que le coût de la ration représente un tiers du coût global de production, il est important de le travailler au quotidien et les techniciens de notre service sont là pour accompagner les éleveurs à l’optimiser. L’efficacité de la ration peut aussi permettre de réduire les frais d’élevage», avance Patrice Perguet. Un partenariat est à l’étude entre le service bovins lait et CERFRANCE Aveyron, à partir des analyses communes des résultats techniques et comptables, afin d’améliorer l’accompagnement des éleveurs et les sécuriser sur le plan économique et fiscal.

Des nouveautés

Dans la «boîte à outils» dont disposent les techniciens pour accompagner les éleveurs laitiers, des nouveautés ont été présentées. Désormais à partir d’un échantillon de lait, il est possible de tester la gestation (3 euros l’analyse). Cet outil de conduite de troupeau a été utilisé 2 500 fois par des éleveurs entre septembre et décembre 2015, c’est un test nouveau, non invasif qui se développe en Aveyron comme en France.

Autre nouveauté, Cétomir : à partir d’un échantillon de lait, des indications peuvent prédire l’acétonémie en début de lactation, maladie qui est due principalement à un déficit énergétique important et engendre une perte de productivité, une dégradation dans la composition du lait, des problèmes de reproduction, une moindre résistance aux mammites, cellules,...

Le diagnostic alimentaire (Diag Alim) permet d’analyser le taux d’urée, les vaches à pic et à TP faible, et de réaliser le Cétomir. Combiné avec l’observation du troupeau (état corporel, analyses des bouses, locomotion des animaux), cet outil permet de travailler sur le coût alimentaire.

«Ce nouvel outil a montré son efficacité et a été bien adopté par les éleveurs», note Patrice Perguet. «Cela permet au technicien et à l’éleveur de mieux orienter leurs interventions et les modifications nécessaires sur la ration pour améliorer les résultats de l’élevage», poursuit-il.

Le service bovins lait a également présenté le nouveau modu-le génisses, outil d’accompagnement dans l’élevage de ces animaux. Ainsi que le plan Ecoantibio 2017 pour une utilisation raisonnée des antibiotiques et une priorité à la prévention.

Lors de ces réunions de secteur, le service bovins lait a livré les résultats des sept journées d’analyses fourrages. Les tendances pour 2015 affichent une très bonne qualité des maïs, favorables à la production de lait et à la mise en reproduction mais des silos d’herbe tout juste dans la moyenne. Environ 550 et 650 analyses sont réalisées par an.

Pour cette 7e année, le service bovins lait de la Chambre d’agriculture est satisfait d’avoir partagé ces moments d’échanges techniques et conviviaux avec les éleveurs.

Eva DZ

10 mars 2016

Station Gélioc : une 37e vente réussie pour fêter les 20 ans !

La 37ème vente de la station Gélioc, samedi 27 février, a coïncidé avec le 20ème anniversaire de Gélioc dont la première vente s’est déroulée le 9 février 1996.

Malgré le froid amplifié par un fort vent du midi, la foule avait fait le déplacement sur le site des Peyronnies à Naucelle pour cet événement. Parmi les acheteurs et les visiteurs, on notait la présence d'éleveurs belges, espagnols et grecs !

En un peu plus d'une heure, les mâles qualifiés ont tous été vendus à une moyenne de prix supérieure de 225 € à la moyenne de vente de la série précédente. L'enchère la plus disputée a concerné le TAG 63, acheté 7?300?€ par le GIE Limavenir 43. Ce joli reproducteur né chez Pierre Calmelly à Bozouls se présentait avec un remarquable bassin, une excellente rectitude et une importante épaisseur de filet.

Dans la catégorie des mâles évalués, seuls quatre d'entre eux devront attendre pour connaître leurs prochains propriétaires. Dans cette catégorie aussi, la moyenne de prix de vente a augmenté de 240 € par rapport à la fois précédente.

Avec ce 37ème succès commercial, Gélioc a dressé un beau bilan : au 1er mars 2016, la station a évalué 1 757 mâles (1 689 mis en vente, 68 éliminés). Le GIE Liredoc a vendu 1 620 mâles sur 1 689 mis en vente (96%).

Pour l'occasion, les organisateurs bénévoles regroupés autour du président Jean-Luc Mouysset avaient mis les petits plats dans les grands ! Plus de 150 personnes se sont retrouvées au restaurant des voyageurs à Tanus. Un instant surpris par une telle affluence, le cuisinier et patron du restaurant a distillé un repas digne des grandes occasions !

Bon anniversaire !

En apéritif, le président a mis à l'honneur, quatre personnes pour leur engagement auprès de Gélioc :

- André Dalmières : pour avoir très largement œuvré à la création du centre alors qu’il occupait le poste de responsable technique du service bovin viande à la Chambre d'agriculture de Rodez.

- Le GAEC Rouches à Thérondels : apporteur numéro 1, c'est-à-dire l'éleveur qui a fourni le plus de reproducteurs à Gélioc (82 veaux dans 21 séries, surtout répartis dans les séries de printemps).

- L'EARL de Monedies à Grand Vabre : pour sa régularité dans l'apport de reproducteurs à la station (58 veaux dans 30 séries, répartis dans les séries d'automne et celles de fin d'hiver).

- L'EARL de Barrot (Philippe Soursou) à Gaillac-Toulza de Haute-Garonne : qui a acheté le plus de mâles à Gélioc (17 taureaux achetés dans 11 séries entre 2008 et 2015). Il est «talonné» de près par la SICA ULEL (57), le GAEC de Las Conques (12) et le GAEC de La Bise (81).

Dans une ambiance très festive, le repas s'est terminé avec la dégustation d'une Blanquette de Limoux, fournie par un viticulteur également éleveur qui achète tous ses reproducteurs limousins à Gélioc !

03 mars 2016

Assemblée générale Ovi-Test : une place de leader confortée

Ovi-Test a tenu son assemblée générale mardi 1er mars à Réquista. Ce rassemblement annuel est l’occasion de faire le point sur l’activité de la coopérative et de présenter les projets en cours ou à venir, notamment en terme d’amélioration génétique. Le sujet de la fièvre catarrhale ovine, et de ses conséquences, a aussi été évoqué avec les adhérents.

Jean-Jacques Fabrègues, le président, et Béatrice Giral-Viala, la directrice, entament cette assemblée générale avec un bilan très positif de la campagne écoulée, enregistrant une progression de plus de 8,5 %. «Nous avons même été surpris de ce résultat au vu de la baisse du nombre d’adhérents, proportionnelle à la perte globale d’éleveurs et de brebis sur notre zone d’action», confie le président. «Notre croissance, pour la troisième année consécutive, s’explique par une augmentation d’activité chez nos adhérents, ainsi que par l’augmentation de la vente d’animaux. Cela veut dire que les éleveurs tendent à progresser en terme de technicité, ceci afin de gagner en revenu». Il est vrai que pour faire face à un prix stagnant combiné à une hausse des charges, les éleveurs cherchent à optimiser leur élevage. «L’alliance du progrès génétique et du suivi technique, est le gage d’une meilleure rémunération de la production et du temps de travail», ajoute Jean-Jacques Fabrègues.

Des chiffres encourageants

La coopérative compte à ce jour 2 042 adhérents dont plus de 10,5 % sont sélectionneurs : 9 % en lait et 1,5 % en viande. Les utilisateurs se répartissent en 50,6 % d’éleveurs laitiers, contre 28 % en viande. Outre la vente de reproducteurs, l’activité est répartie entre les inséminations artificielles (IA), enregistrant une hausse de 2,8 %, soit 10 000 de plus que l’année précédente, les poses et retraits d’éponges, ainsi que les implants de groupage de chaleur. En matière de résultat, alors que le taux de prolificité se maintient, 2015 a été marquée par une baisse de fertilité sur les inséminations artificielles. «La réussite des IA est notre cheval de bataille. Nous sommes déterminés à trouver les causes de cette baisse afin d’assurer de meilleurs résultats pour la prochaine campagne», assure le président.

La réalisation d’échographies, quant à elle, continue sa forte percée avec une croissance de 5,3 %. Les éleveurs s’en servent majoritairement pour réaliser des constats de gestation, sauf pour les ovins viande qui génèrent une forte demande de comptage des embryons.

Cette augmentation de l’activité a des répercussions logiques sur le résultat de la coopérative. «Comme cela se fait depuis 20 ans, le résultat est toujours transformé en ristournes pour les adhérents sélectionneurs et utilisateurs», a affirmé le président lors de l’adoption du rapport financier.

Concernant l’activité de production et de vente de reproducteurs, cela fait deux ans qu’elle est regroupée au sein d’une organisation de producteurs dite «OP Reproducteurs». «Cela nous a permis d’avoir une reconnaissance nationale de cette activité», explique Béatrice Giral-Viala. Les deux schémas génétiques (lait et viande) coexistent : les agnelles laitières représentent 55 % du chiffre d’affaires de l’OP, contre 25 % pour les agnelles du schéma viande. «Tous les animaux issus de la sélection trouvent un débouché. Cela montre la réussite de nos schémas de sélection», se félicite Jean-Jacques Fabrègues. Ces marchés se situent sur la zone, dans d’autres régions de France, mais aussi à l’export pour près de 30 % des animaux sélectionnés en lait, le principal client étant l’Espagne.

Un déploiement en Espagne

C’est d’ailleurs vers ce pays qu’Ovi-Test va se déployer. En effet, suite à la demande des éleveurs espagnols, clients de longue date et techniquement performants, de bénéficier d’IA en race Lacaune, la coopérative crée Ovi-Test Ibérica, société qui a vu le jour le 28 janvier 2016. Avec une trentaine de béliers pour démarrer, la nouvelle société proposera la diffusion de semence fraîche, ainsi que le suivi reproduction des troupeaux. «Nous allons mettre en place un service complet qui ira jusqu’à la gestion de la consanguinité et la remontée des résultats d’insémination», explique Béatrice Giral-Viala. «Nous allons envoyer des animaux améliorateurs mais nous conservons les meilleurs spécimens sur notre zone», complète le président. «Notre objectif est de retirer de la plus-value pour financer le travail que nous réalisons ici, et bien sûr conserver les meilleurs tarifs pour nos adhérents». Deux salariés de la société, prochainement formés par la coopérative en France, vont gérer le nouveau centre d’insémination. D’excellentes relations avec les services vétérinaires sur place ont aussi contribué à la réussite de ce projet.

Continuer à améliorer la race

Bien d’autres travaux sont toujours en cours, avec un seul et même objectif : l’amélioration de la race Lacaune.

En viande, le programme de testage des qualités bouchères a conduit à la qualification de 8 béliers améliorateurs. De plus, les travaux sur la propagation du gène majeur de prolificité portent leurs fruits avec une augmentation de 10 % en 3 ans. Aujour-d’hui 36 % de la population est porteuse du gène. Ovi-Test envisage de passer à 50 % d’ici 4 à 5 ans.

Concernant le programme de génomique sur les béliers du schéma laitier, le millésime 2015 constitue la première cohorte sélectionnée par index génomique avec 15 % de progrès génétique attendu. Pour 2016, 1?500 agneaux sont entrés au centre de La Glène pour être génotypés. Les 150 meilleurs seront alors sélectionnés.

En outre, le programme Maxi’Mâle se poursuit. Il s’agit d’un projet national de détection précoce des infertilités chez les agneaux mâles, grâce entre autres à des échographies testiculaires. Le centre de La Glène est le support de ces travaux pour l’ensemble des centres d’inséminations français regroupés au sein de l’association nationale ANIO.

Pour présenter l’ensemble des perspectives liées à la recherche génétique, Ovi-Test a invité Diane Buisson et Gilles Lagriffoul, deux chercheurs de l’Unité mixte de technologie génétique des petits ruminants (partenariat INRA et Institut de l’élevage) de Toulouse. Ils ont présenté les caractères qui font l’objet d’études en ce moment, comme la longévité des animaux, ou encore la persistance laitière.

Contribuer à la protection sanitaire

Ovi-Test participe aussi au programme de recherche sur les diagnostics d’avortements, en cours à l’Ecole vétérinaire de Toulouse, en partenariat avec FODSA-GDS 12. «Face à une série d’avortements a priori inexpliqués, en particulier chez les éleveurs laitiers hâtifs, 3 brebis ont été expédiées à l’école vétérinaire de Toulouse pour recherche d’agents causaux», indique Béatrice Giral-Viala.

Par ailleurs, la nouvelle vague de fièvre catarrhale ovine, démarrée fin 2015, est plutôt préoccupante, même si la souche virale semble pour l’instant moins impactante que celle de 2007. Le service vétérinaire d’Unicor et la DDCSPP sont intervenus pour faire le point sur les incidences de la maladie, en termes de pathologie, d’impact économique et de réglementation. L’intérêt de vacciner le cheptel souche a été clairement évoqué, même si les doses disponibles vont être limitées et donc à prioriser au niveau du département. Ce sera donc à la profession de gérer leur diffusion en privilégiant les éleveurs qui ont fait la démarche de pré commande auprès de la FODSA.

B. CAREL

03 mars 2016

Influenza aviaire : les éleveurs s’informent sur les mesures prises et les aides

La FDSEA de l’Aveyron a organisé une réunion d’information sur les palmipèdes et les volailles, vendredi 26 février à la FODSA à Rodez.

Une trentaine d’éleveurs de palmipèdes en circuit long ou en vente directe sont venus s’informer sur les aspects sanitaires, les mesures prises et les différentes aides à leur disposition.

Bernard Malabirade, président de la FDSEA du Gers, a débuté son intervention en rappelant que «la production traverse une crise grave. L’influenza aviaire hautement pathogène est à suivre de près».

Les aspects sanitaires et les mesures prises

Yves Coche, directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations de l'Aveyron a présenté les deux arrêtés pris récemment.

• L’arrêté du 15 janvier 2016 modifiant l’arrêté du 17 décembre 2015, définit les règles à appliquer dans la zone de restriction sur les trois phases : dépeuplement, désinfection-nettoyage, repeuplement. Il est à noter qu’aucun canard ne doit être présent dans la zone de restriction (sauf reproducteurs autorisés sous dérogation) entre le 2 et le 16 mai. Par conséquent, les éleveurs devront avancer certaines bandes afin que tous leurs palmipèdes soient abattus avant le 2 mai.

Par ailleurs, les éleveurs doivent nettoyer, désinfecter puis faire un vide sanitaire de leurs parcours pendant au moins 21 jours à partir du 18 avril pour les élevages et les prêts à gaver, et à partir du 2 mai pour les bâtiments de gavage.

La reprise de l’élevage est possible à partir du 16 mai ou à partir du 9 mai par dérogation, sous certaines conditions et après demande à la DDCSPP avant le 5 mars.

• L’arrêté du 8 février 2016 est relatif aux mesures de biosécurité applicables dans toutes les exploitations de volailles et d’oiseaux captifs. Il régit notamment les conditions d’élevage en bande unique. Il entrera en vigueur le 1er juillet et les mesures de biosécurité seront à mettre en œuvre sous deux ans. Un cahier des charges sera rédigé par l’interprofession.

Formation des salariés et indemnisation

Une enveloppe de 130 millions d’euros servira à indemniser les éleveurs du grand Sud-Ouest et les couvoirs pour compenser les pertes de revenus.

L’institut technique de l’aviculture a estimé des montants d’indemnisation en se basant sur les marges brutes. Ces chiffres n’ont pas été validés par les pouvoirs publics, il est donc important de rester prudents.

Les entreprises avec au moins un salarié, traversant une baisse d’activité provisoire liée à cette crise, peuvent bénéficier d’aides : indemnisation à hauteur de 7,74?€ par heure chômée par salarié pour les entreprises de 1 à 250 salariés et 7,23 € pour les entreprises de plus de 250 salariés.

Les employeurs ont également la possibilité de former les salariés pendant cette période grâce à leurs cotisations au fonds de formation.

Contact : www.emploi.gouv.fr/ activite-partielle ou la DIRECCTE 05 65 75 59 53.

Il est rappelé que des demandes d’année blanche peuvent encore être déposées jusqu’au 30 juin.

Les établissements bancaires peuvent également proposer des solutions selon les situations (report des échéances, prêts court terme, prêts de fonds de roulement…).

D’autres rencontres programmées

Mercredi 2 mars, les acteurs de la filière (FDSEA, UNICOR La Quercynoise, FODSA, Chambre d’agriculture, producteurs en circuits courts et longs) se sont réunis pour proposer des amendements à l’arrêté sur les mesures de biosécurité.

25 février 2016

Coopérative UNICOR et productions animales : une stratégie payante

Prochainement, UNICOR va réunir les adhérents de ses organisations de producteurs bovine, ovine et palmipède. Leurs responsables ont présenté en avant-première les chiffres clés de l’activité de la coopérative, lundi 22 février. Les résultats positifs confirment l’engagement d’Unicor auprès de ses 8 500 adhérents actifs en Aveyron, Cantal, Lot, Lozère, Haute-Loire, Hérault, Tarn et Tarn et Garonne.

Malgré le contexte de crise majeure vécue par l’élevage français, UNICOR maintient le cap : «Nos résultats globalement positifs valident notre stratégie d’investir sur l’aval pour mettre en marché et mieux valoriser les productions de nos adhérents», a entamé Jean-Claude Virenque, président. «Solidaires des mouvements syndicaux, nous restons bien centrés sur notre mission économique pour maintenir le revenu de nos adhérents», a-t-il poursuivi.

Année contrastée en bovins

Les résultats présentés par les responsables des organisations de producteurs (OP) bovine, ovine et palmipède confirment bien la réussite de la stratégie choisie par la coopérative, comme le confirme le directeur des productions animales, Julien Volpelier. Pour l’OP bovine que préside Pierre Cabrit, l’année a été contrastée entre un développement fort sur une activité maigre de broutards à travers une forte implantation d’UNICOR dans le Cantal, et sur l’activité en gros bovins de boucherie tirée vers le haut par les signes officiels de qualité (Label Rouge Bœuf Fermier Aubrac et Blason Prestige) et la nouvelle marque du réseau Halles de l’Aveyron, les Fermes des Hauts Terroirs. L’activité a progressé de 3% (67 700 têtes) et les volumes de vente se sont maintenus même si la consommation diminue.

Le constat est partagé par l’activité Veau d’Aveyron et du Ségala Label Rouge et IGP (4?100 têtes). «Dans un marché national du veau en baisse de 4 à 5%, nous avons la chance de pouvoir compter sur notre spécificité, le Veau d’Aveyron et du Ségala, qui représente 3% des volumes nationaux en viande de veau», a souligné Pierre Cabrit. «Notre production connaît un bel écho auprès des consommateurs. La coopérative est là pour accompagner et développer ce marché sécurisé et à forte valeur ajoutée», a-t-il appuyé.

«En 2015, la filière bovine a tout connu : le développement du marché vers la Turquie sur des broutards légers puis un blocage brutal consécutif à la FCO», confie Julien Volpelier.

Première OP ovine de France

Depuis 2 ans, l’OP ovine d’UNICOR confirme sa première place nationale (477 476 têtes) et en particulier une augmentation de 3% de ses volumes d’agneaux sous la mère. «Comme toutes les viandes nous constatons une baisse de consommation mais nos produits sous signes officiels de qualité (IGP Agneau de l’Aveyron et Label Rouge Agneau Fermier des Pays d’Oc) maintiennent la dynamique de vente», a précisé Gilles Bernat, responsable de l’OP et éleveur d’agneaux sous la mère. Des prix de vente qui se maintiennent, des producteurs plus nombreux (+ 13 éleveurs en 2 ans) et une spécificité reconnue de production de désaisonnement font la réussite de la filière et poussent Unicor à trouver de nouveaux débouchés. A noter également la belle progression des agnelets (+ 7 euros/agnelet).

«Chez les éleveurs engraisseurs, l’installation d’ateliers pour les agneaux issus de la filière laitière Roquefort est un succès pour la coopérative comme pour les éleveurs qui y trouvent un complément de revenu», a complété Jean-Claude Virenque. UNICOR travaille également à améliorer sa performance à l’export via COMIBEV pour massifier l’offre et ainsi maintenir l’équilibre entre offre et demande.

Palmipède : une croissance freinée par l’inquiétude

«Croissance, inquiétude et optimisme, ces trois mots résument bien notre sentiment mitigé sur la production palmipèdes», note Jean-Claude Virenque, accompagné par Dominique Broussy, responsable de l’OP palmipède. «Depuis plusieurs années, cette production connaissait à UNICOR, une progression à deux chiffres : +11% pour les canards gras (395 000 têtes) et +13% pour les prêts à gaver (334 000 têtes) mais la grippe aviaire est passée par là obligeant un arrêt d’activité de plusieurs mois».

La coopérative a réuni ses adhérents il y a deux semaines pour leur apporter des informations mais aussi un soutien moral?: «Notre coopérative est là pour accompagner les producteurs dans les périodes difficiles», a résumé Yves Bioulac, directeur général. «Cette production est jeune chez nous, avec des producteurs engagés depuis peu et qui ont des investissements à assumer. Notre rôle est de les sécuriser afin de pérenniser la production», a-t-il poursuivi. Ainsi UNICOR va faire fonctionner sa caisse de péréquation, «en plus des aides des pouvoirs publics à la filière», pour soutenir ses producteurs. «Notre objectif est de retrouver notre croissance à deux chiffres, d’autant que notre filière est porteuse avec des produits phares comme le Canard de l’Aveyron et le canard IGP du Sud-Ouest et des partenariats solides avec des outils de transformation et de valorisation comme AFG et La Quercynoise», complète Jean-Claude Virenque.

Ferme des Hauts Terroirs : une marque 100 % coopérative

Ces difficultés ne doivent pas freiner la stratégie que s’est fixée UNICOR : «pour toutes les productions, notre objectif reste le même : contribuer à l’amélioration du revenu de nos adhérents. Cela passe par la maîtrise de la valeur ajoutée par le biais de notre réseau de distribution, les Halles de l’Aveyron», a expliqué le président. Ainsi, grâce aux deux magasins à Rodez et Herblay, 312 veaux, 752 bovins, près de 2 000 agneaux sans oublier les produits issus des canards transformés par la Quercynoise et AFG sont commercialisés chaque année. D’ailleurs de nouveaux points de vente sont à l’étude.

Même stratégie avec la création de la démarche des Fermes des Hauts Terroirs, développée en bœuf depuis juillet et en veau et en agneau depuis janvier. «Elle porte à la fois les valeurs de la coopération agricole, l’ancrage territorial et la qualité de nos productions», poursuivent les responsables d’UNICOR. Totalement complémentaire et compatible avec les démarches de qualité, elle a assuré une stabilité des prix et ajoute une valeur dans la relation entre éleveur et magasin. La suppression des «intermédiations commerciales» a même permis de créer une caisse de péréquation destinée à l’animation en magasin, les PLV voire une redistribution collective de valeur aux éleveurs et qui en 6?mois, a permis de collecter 50 000 euros.

Enfin, Unicor travaille à de nouveaux partenariats (Casino pour la filière ovine - lire ci-contre),... et sur la recherche permanente de nouveaux débouchés : «Notre capacité à réussir est de nous adapter, de massifier nos volumes pour maintenir l’équilibre avec l’aval. Etre groupés pour amener du prix !», a conclu Jean-Claude Virenque.

Eva DZ

18 février 2016

Lait de chèvre : dynamiser un pôle caprin en Aveyron

Dans un contexte de crise de l’élevage, le lait de chèvre fait un peu figure d’exception. Si la conjoncture et la consommation sont plutôt au beau fixe, les responsables professionnels ne s’endorment pas sur leurs lauriers et travaillent à des projets. Le point avec Joël Mazars, président de la section lait de chèvre à la FDSEA.

Il y a quelques mois, la filière caprine était à l’affiche à l’occasion d’une campagne de communication en partenariat avec la FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture et le Conseil départemental. A-t-elle porté ses fruits ?

J. Mazars : «L’idée était de relancer la production de lait de chèvre en Aveyron pour que notre département reste leader dans ce domaine dans la nouvelle grande région. Six mois après, cette campagne semble avoir bien fonctionné puisqu’à nouveau, nous avons des candidats à l’installation. C’est plutôt positif.

Par ailleurs, nous participerons aussi au Forum des métiers piloté par les JA au printemps avec les entreprises et les producteurs de lait de chèvre pour continuer de communiquer positivement sur le métier.

Comment se porte la filière ?

J. Mazars : Il manque toujours du lait en France. La collecte a progressé de 7 à 8% en 2015 et parallèlement, la consommation est aussi en hausse de 7%. Il est à noter que les entreprises de transformation continuent de privilégier le lait français, en complétant avec quelques importations pour combler le manque de production. Tout cela est en phase avec nos souhaits.

Pour autant, vous voulez rester mesurés. Pourquoi cette réserve ?

J. Mazars : Tout d’abord nous ne voulons pas reproduire les erreurs d’il y a quelques années en installant à tout va parce que la demande était pressante et tout s’est effondré quelques années plus tard avec la crise.

Nous ne voulons pas non plus occulter la crise qui secoue l’élevage aujourd’hui. Je veux rappeler qu’être chevrier est un métier et pas une opportunité de sortie de crise, il ne faut pas se lancer sur un coup de tête : s’installer en lait de chèvre, ça se réfléchit car c’est un métier très technique, spécifique. Il faut avancer progressivement et favoriser les élevages à taille humaine. C’est pourquoi nous travaillons en partenariat étroit avec les entreprises sur les projets d’installation.

Quelles sont les perspectives au niveau du prix ?

J. Mazars : Après une pause au second semestre 2015, nous repartons sur une hausse pour le 1er semestre de l’ordre de +5 à +10 euros/1000 litres. Nous sommes bien conscients de faire figure d’exception dans la filière élevage mais il ne faut pas oublier par où est passée notre production ! Il y a 4 ans, nous étions en sérieuses difficultés. La vérité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain ! Et les perspectives sont toutes très difficiles à appréhender.

Et sur la contractualisation, où en êtes-vous ?

J. Mazars : Elle se met en place. Et devrait se concrétiser dans les semaines à venir après la validation de notre projet par l’Union européenne. C’est un outil de plus pour gérer les volumes avec les entreprises mais pour autant, il ne faut pas tout en attendre. Ce seront toujours l’offre et la demande qui décideront de la politique de prix?!

Quels sont les projets pour les éleveurs de chèvres aveyronnais??

J. Mazars : Il y a encore beaucoup à faire pour se structurer et intégrer le lait de chèvre dans la nouvelle grande région Midi-Pyrénées - Languedoc-Roussillon.

Nous travaillons avec l’ADPSA et le lycée François Marty à Monteils, à la création d’une offre de formation caprine mutualisée (BPREA caprin) autour d’un réseau de professionnels. L’idée est d’affirmer un pôle de formation caprine pour la grande région en Aveyron à la fois pour les exploitants et pour les salariés d’exploitations.

Par ailleurs, au premier semestre 2016, nous devons caler une réunion de travail sur la filière viande caprine avec le président d’Interbev caprin et en présence d’agriculteurs déjà impliqués dans un circuit de commercialisation. Sur ce dossier, nous partons de rien, tout est à construire».

Recueilli par Eva DZ

11 février 2016

Marché ovin de Réquista : une nouvelle réglementation et organisation

L’association du marché ovin de Réquista s’est réunie en assemblée générale samedi 6 février sous la présidence de Claude Alvernhe.

Cette réunion à laquelle participait Michel Causse, maire de Réquista et président de la Communauté de communes, était ouverte à toute personne souhaitant s’informer sur l’avenir du marché ovin de Réquista. L’association créée en 2015 tenait ainsi sa deuxième assemblée générale, avec l’objectif de restructurer un marché ovin n’ayant pas évolué depuis sa création.

Claude Alvernhe a rappelé que la situation de tous les marchés en France déclinait, à l’instar de celui de Réquista «qui a perdu 10 % de têtes en 2015». Une nouvelle organisation du marché a donc été proposée et validée, avec l’appui de la municipalité. Elle est entrée en vigueur depuis lundi 8 février dans le but d’améliorer au plus vite les transactions.

Ainsi, seuls les vendeurs et acheteurs seront admis dans l’aire de transaction. Ils seront identifiés avec un brassard orange. La clôture des transactions sera annoncée afin d’autoriser la circulation dans les allées des personnes venues visiter le marché.

Un comité de discipline

Pour améliorer la justesse des cotations, deux bascules ont été achetées par la commune. Le régisseur du marché, Julien Teyssier, identifiera les animaux après leur passage sur la bascule pour la vente. La direction s’engage à faire respecter le délai légal maximum de 21 jours pour le paiement. Il sera délivré un bon d’achat pour chaque transaction. Un comité de discipline fera respecter le nouveau réglement. Un pouvoir de police sera attribué à la direction, aux employés municipaux, et aux membres de l’association.

Pour Claude Alvernhe, «ces nouvelles dispositions réglementaires doivent apporter un renouveau au marché ovin de Réquis-ta, avec plus de dynamisme, et toujours de la convivialité, avec notamment la mise en place d’une machine à café».

Par ailleurs, rappelons que le 2ème concours «Agneaux de Pâques» est programmé lundi 14 mars au marché ovin de Réquista. Les modalités du concours seront précisées ultérieurement par voie de presse vers fin février.

2ème marché ovin national

Réquista est le 2ème marché ovin de France. Ouvert tous les lundis matin (le mardi lorsque le lundi est férié), il attire les éleveurs de la région et des acheteurs des départements voisins. Il débute à 9h30 avec les agneaux gris, puis les brebis de réforme à 10h15, et les agnelets à 10h45. Ses cotations sont enregistrées chaque semaine et servent toujours de référence au plan national.

11 février 2016

Syndicat Simmental Aveyron : une dynamique à préserver

L’Aveyron est toujours le premier département en nombre de troupeaux Simmental avec le plus grand nombre de vaches au Contrôle laitier. C’est sur ces chiffres et sur la capacité de cette race à s’adapter au territoire difficile comme l’Aveyron que les adhérents du syndicat départemental Simmental veulent s’appuyer pour faire face à la crise.

Plus de 70% des adhérents au syndicat Simmental Aveyron ont participé, jeudi 4 février à leur assemblée générale à Salgues. Une belle participation saluée par le président, Pierre Salelles : «Je suis satisfait de cette belle mobilisation des éleveurs alors que le contexte est plutôt morose, c’est encourageant de voir leur motivation à poursuivre le travail engagé pour mener toujours plus haut notre race Simmental».

C’est en effet sur les capacités intrinsèques de la race à s’adapter aux territoires difficiles que les éleveurs de l’Aveyron veulent s’appuyer pour traverser cette crise aux multiples aléas (prix du lait, sécheresse de l’été 2015, invasion de rats taupiers,...). «La notion de «vache économique» retrouve tout son sens. Les orientations génétiques toujours défendues par nos représentants aveyronnais vont porter leurs fruits», a complété Pierre Salel-les.

L’objectif est en effet de garder «des animaux adaptés à nos systèmes : valorisation du pâturage, valorisation des fourrages grossiers, qualités de locomotion, richesse du lait, musculature». Et pour cela, les éleveurs comptent sur l’accès à la génétique étrangère et à la génomie avec des index santé mamelle ou fertilité pour «créer» des animaux qui permettent une réelle efficacité économique. C’est le message qu’ils ont fait passer à Hervé Vignon, directeur de Simmental France ainsi qu’à Mathieu Saint Blancat, directeur de Coopelso.

Ainsi Hervé Vignon a rappelé le schéma de sélection en particulier la gestion du programme Simmental France et ses évolutions. Plus de 17 000 vaches Simmental sont inscrites au Contrôle laitier en France dont 10 000 adhèrent au service génétique. Parmi celles-ci, figureront les 200 meilleures vaches aux meilleures indexations qui seront accouplées aux meilleurs taureaux pour la production de veaux génotypés.

Prendre en compte les spécificités aveyronnaises

Jusqu’alors le schéma génétique s’appuyait sur les index génomiques en provenance d’Allemagne, pays «référence» dans la race. Parallèlement, Simmental France travaille sur la conversion de ces index allemands dans un programme français plus adapté aux demandes des éleveurs français. L’objectif étant de bénéficier d’une population de référence la plus large possible pour les éleveurs. Pour l’heure, la mise en place de ce programme est en cours : «C’est un travail de longue haleine puisque nous devons compter sur des index les plus fiables possibles».

Pour autant, Simmental France entend bien maintenir la collaboration franco-allemande pour la sélection des candidats mâles et espère officialiser une évaluation génomique française pour l’instant à l’étude afin de proposer une offre de services pour l’évaluation génomique des femelles. «C’est un outil supplémentaire qui vous permettra d’affiner vos choix dans votre programme de sélection», a précisé Hervé Vignon.

Les éleveurs Simmental aveyronnais ont, eux, insisté sur la nécessaire prise en compte de leurs spécificités : d’une race adaptée à leur territoire. «Notre orientation raciale doit aussi être prise en compte !», ont-ils rappelé. Et Hervé Vignon et Mathieu Saint Blancat d’approuver : «L’objectif est bien de répondre à l’ensemble des éleveurs de toutes les zones où est présente la Simmental. Il est important de jouer collectif dans notre schéma de sélection pour maintenir une bonne dynamique sur tous nos critères et ramener ainsi de la valeur économique sur nos vaches».

De nombreux concours

Quant au service génétique de l’OS Simmental, il consiste en un suivi morphologique du troupeau (avec bientôt une collecte informatisée des pointages pour un rendu immédiat), un bilan génétique annuel du troupeau (et la possibilité de prendre en compte la variabilité génétique) et un nouvel espace adhérent plus complet. Actuellement, la campagne de pointage est en cours.

Pour pomouvoir cette génétique et les qualités de la race Simmental, les éleveurs aveyronnais continuent de participer à de nombreux concours départementaux, régionaux et nationaux au Salon de l’agriculture avec 5 Simmental de l’Aveyron, supports de communication pour la promotion des produits de Jeune Montagne, à St Amans des Côts (plus de 60 vaches), aux Journées laitières en Lozère,... En 2016, la Simmental sera en concours au Salon de l’agriculture à Paris avec toujours une animation autour du syndicat départemental et de la coopérative Jeune Montagne et le projet d’un EuroSimmental au prochain Sommet de l’élevage à Cournon, porté par la Fédération Rhône Alpes Massif central, présidée par Serge Grange, qui participait à l’assemblée générale. «Nous comptons sur les éleveurs aveyronnais, toujours motivés pour mettre en valeur les qualités de la Simmental», a-t-il encouragé.

Eva DZ

04 février 2016

Syndicat Charolais de l’Aveyron : David Cassagnes, nouveau président

Après plus de 7 ans à la présidence du syndicat Charolais de l’Aveyron, Olivier Maruéjouls a cédé sa place à David Cassagnes, entouré d’une équipe renouvelée, présentée lors de l’assemblée générale, vendredi 29 janvier à Vezins.

David Cassagnes est le nouveau président du syndicat Charolais de l’Aveyron. Installé depuis 1998 dans le GAEC familial avec trois autres associés, il élève des Charolais, quelques Blondes d’Aquitaine ainsi que des porcs à St Cyprien sur Dourdou et Firmi.

Dès son installation, David a rejoint le syndicat Charolais de l’Aveyron pour notamment, participer au concours de la race. De simple adhérent, il a assumé pendant 7 ans le poste de trésorier avant donc d’être élu président le 29 janvier. «J’apprécie la convivialité et la bonne entente au sein de notre groupe d’éleveurs de la même génération», témoigne le nouveau président.

Une équipe renouvelée

Pour mener à bien les projets engagés au sein du syndicat Charolais, il s’est entouré de deux vice-présidents, Laurent Foulquier et Etienne Lauriol, d’un nouveau trésorier Richard Gely. «Nous voulons nous inscrire dans la continuité de ce qu’a réalisé l’équipe emmenée par Olivier Maruéjouls et nous nous sommes répartis les dossiers», explique David.

Ainsi les gros chantiers concernent en priorité la marque Charolais Aveyron, lancée l’année dernière. Cette marque a été créée à l’initiative des éleveurs du syndicat départemental pour protéger l’identité de leur produit et sensibiliser les consommateurs, autour d’une race allaitante (la première en France en effectif) dont l’origine est connue et locale. Le principal chantier de la nouvelle équipe est d’identifier le potentiel de productions pour dans un deuxième temps, chercher des débouchés locaux auprès des artisans bouchers par exemple. Plusieurs premiers contacts ont déjà été pris.

Le site internet www.charolais-aveyron.com a aussi le vent en poupe avec en moyenne entre 800 et 1 200 visiteurs par mois. «Notre site est regardé et nous souhaitons conforter cette vitrine en le mettant à jour régulièrement», a avancé David.

Challenge Charolais Aveyron

Depuis plusieurs années, le Charolais en Aveyron a gagné quelques lettres de noblesse par rapport aux départements du berceau et aux autres races allaitantes. «Grâce à notre participation active sur les concours départementaux, régionaux et nationaux, grâce à la sélection de veaux de l’Aveyron à la station nationale du Maraud chaque année, nous avons prouvé que notre génétique et le travail de nos éleveurs ont fait leur preuve», tient à souligner David. Un statut salué aussi par Olivier Maruéjouls, président sortant : «Même si nous ne sommes pas un groupe important, nous faisons preuve d’un dynamisme reconnu», assure-t-il, fier de laisser «un groupe actif, avec des idées nouvelles et de l’énergie» !

L’une des nouveautés est ainsi le Challenge Charolais Aveyron qui, sur la base des résultats techniques de l’année (productivité globale, IVV, taux de renouvellement et taux de mortalité), récompense l’éleveur le plus performant. C’est Fabien Monteillet qui a remporté le premier trophée, les adhérents du syndicat Charolais ont pu visiter son exploitation l’après-midi de l’assemblée générale. L’idée est de relancer la dynamique de production dans la petite trentaine d’élevages adhérents au syndicat Charolais.

Eva DZ

28 janvier 2016

Optibrune : en route pour le Mondial en avril à Mende

Optibrune, fédération qui réunit les syndicats de race Brune des régions Auvergne, Aquitaine, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, a réuni ses adhérents, mardi 26 janvier à Sévérac d’Aveyron, commune nouvelle, fer de lance de la race puisqu’elle réunit près de 500 vaches laitières Brunes en lactation !

Une soixantaine d’éleveurs de race Brune d’Aveyron, de Lozère, du Cantal, d’Ariège et de Haute-Garonne se sont retrouvés pour faire le point sur le grand événement qui attend la race Brune ce printemps : le Mondial à Mende du 7 au 10 avril. Un événement exceptionnel qui n’a lieu que tous les 4 ans et pour la première fois en France (toutes races confondues, c’est la première fois que le pays recevra un congrès mondial). «C’est un exploit que la France ait été choisie pour accueillir ce Mondial de la deuxième race en termes d’effectif au niveau mondial et un honneur pour notre zone Optibrune d’avoir été retenue», souligne avec fierté Vincent Julhan, président d’Optibrune.

L’Aveyron en tête !

Il faut dire que la zone Optibrune ne manque pas d’arguments : l’Aveyron est le deuxième département français en nombre de vaches Brunes en lactation et la Lozère figure au premier rang en production avec 7 800 litres par vache. Sur les 17 000 vaches brunes en France en lactation, notre zone Optibrune en recense 7 500 (l’Aveyron est en tête avec 2 700 vaches, Cantal et Lozère se talonnent autour de 950 vaches). «En 10 ans le nombre de vaches brunes est identique (2 700) mais le nombre de troupeaux a été divisé par deux, la durée de lactation s’est un peu allongée et 900 kg de lait de plus sont produits par vache (7 000 litres en moyenne). Les TB et TP ont pris chacun un point de plus et l’intervalle vêlage - vêlage est passé de 400 à 415 jours», a précisé Daniel Bouldoires, technicien au Contrôle laitier et animateur de la race Brune.

Côté commercialisation des reproducteurs, un volet géré par UGP (Union Génisse des Pyrénées), l’année 2015 a été pénalisée par la FCO. A noter en 2016, la demande croissante de génisses pleines issues d’élevages AB. Le mot d’ordre pour les éleveurs est l’anticipation des ventes et l’annonce des génisses prêtes à vendre.

Optibrune ne manque pas non plus de dynamisme autour d’un noyau fort d’éleveurs impliqués comme l’a souligné Vincent Julhan : «Je suis heureux de voir un nombre important d’éleveurs à notre assemblée générale». Une belle dynamique saluée par le président national de BGS (Brune génétique service), José Baechler, présent à la réunion. «Vous devez garder cette euphorie qui vous a gagné lorsque votre candidature a été choisie pour le Mondial 2016 jusqu’à cet événement et même après !», a-t-il encouragé. «Votre challenge est de faire vivre un congrès mondial avec plus d’une quarantaine de délégations étrangères, à Mende. Malgré notre petit effectif en race Brune en France par rapport à l’échelle mondiale, nous devons montrer le savoir-faire de nos éleveurs et leur réussite à toutes les délégations étrangères mais aussi à tous les décideurs nationaux qui seront présents», a-t-il appuyé.

Ainsi plusieurs visites d’élevages bruns seront organisées avant et pendant le congrès. Plusieurs éleveurs aveyronnais ouvriront ainsi les portes de leur exploitation avec l’appui d’étudiants de La Roque qui leur ont réalisé des panneaux de présentation de leur élevage.

Pour la reconnaissance de l’élevage de Brunes

Les visites de sélection pour le concours européen organisé en marge du congrès, viennent de se terminer. Sur la zone Optibrune, 106 animaux sont pour l’heure retenus dans 33 élevages. Ils seront au final 40 vaches et 15 génisses de la zone sur les 200 en concours - 100 issus d’élevages français, 50 d’élevages étrangers et 50 génisses.

Les jeunes seront aussi mobilisés autour du BTS (Brune Team Show), qui réunira 8 équipes en charge du soin aux animaux français, ils seront évalués pour leur savoir-faire. Deux équipes représenteront la zone Optibrune : le lycée de Pamiers en Ariège et le lycée La Roque de Rodez. Leur rôle sera de mettre à l’honneur la génétique française.

Le congrès se déroulera du 7 au 10 avril à Mende et Vincent Julhan comme tous les présidents des syndicats de race départementaux dont Clément Chayriguès pour l’Aveyron comptent sur l’engagement et la motivation de tous, pour faire de cet événement mondial une réussite. «Nous avons tout intérêt à défendre notre savoir-faire à la fois en matière d’élevage et d’accueil parce que ce congrès est aussi un carrefour des décideurs de l’élevage français», ont conclu les responsables d’Optibrune.

Eva DZ

21 janvier 2016

Ovinpiades régionales : à la découverte de la filière aveyronnaise

A l’occasion des Ovinpiades régionales, la Chambre d’agriculture et Jeunes Agriculteurs Aveyron, ont organisé une après-midi dédiée à la découverte de la filière ovin viande et à la promotion de l’installation, en présence des opérateurs de la filière aveyronnaise.

L’amphithéâtre du lycée La Cazotte était plein à craquer en cette après-midi du 14 janvier. Les concurrents des Ovinpiades, rejoints par des classes du lycée, se sont réunis pour découvrir les opportunités offertes par la filière ovin viande.

Une conjoncture mondiale toujours favorable

Dominique Delmas, animateur ovin de la Chambre d’agriculture, a présenté les données économiques qui façonnent aujourd’hui le prix de l’agneau français. Du point de vue des échanges mondiaux, le continent asiatique continue de dérouter une partie des exportations d’agneaux néo-zélandais, destinés auparavant à l’Europe. Ce nouveau marché a pris son essor à partir de 2010. C’est à ce moment que l’augmentation du prix des agneaux français, amorcée en 2007, a été confortée.

Aujourd’hui, 55 % de la viande ovine consommée en France proviennent de l’importation. En effet, et malgré la baisse de la consommation qui touche toutes les filières animales, le déficit entre production et consommation est toujours très présent sur le sol français. Cette carence, associée à la segmentation du marché, notamment avec le développement des labels, explique le maintien du prix. C’est cette conjoncture particulière qui crée un environnement favorable à l’installation de jeunes éleveurs.

La première région ovine de France

Avec plus de 9 000 éleveurs et 851 800 brebis, la nouvelle région prend la première place du podium. L’Aveyron garde la première place au niveau du troupeau laitier, et la deuxième, derrière le Lot, en nombre de brebis allaitantes. La filière viande aveyronnaise se caractérise par une forte présence des signes officiels de qualité : Label Rouge, IGP et Agriculture Biologique.

Une filière très structurée

Les différents opérateurs de la filière étaient réunis jeudi autour d'une table ronde. Tous ont exprimé le besoin de trouver plus de volume pour développer les contrats commerciaux. Pour Jean-Luc Bruel, directeur d'Aprovia : «Cette évolution positive du prix est méritée au vu du travail fourni par les éleveurs, accompagnés par les techniciens, depuis 20 ans». Didier Roussel, directeur d'Elvéa Nord Midi-Pyrénées Lozère affiche clairement sa recherche de «jeunes éleveurs car il existe de forts débouchés en label et CCP». Thierry Foulché, de la SICA 2G, affiche pour sa structure un taux de labellisation de 90 % du volume collecté. «Nous sommes au plafond et ne pouvons pas passer de nouveaux contrats tant que nous n'augmentons pas le volume d'agneaux. De ma carrière, je n'ai jamais vécu une telle situation d'ouverture pour de futurs éleveurs !». Enfin, pour Marion Guibert, technicienne à Unicor : «Avec un travail quasi équivalent, la filière label valorise bien mieux les agneaux que le conventionnel, soumis à une forte concurrence». Dominique Delmas n’hésite pas à rappeler le remarquable niveau d’accompagnement technique offert par les opérateurs, «encore plus intense auprès des jeunes installés. C’est une des grandes forces de la filière ovin viande aveyronnaise».

Une certaine qualité de vie

Edith Bonnefous, présidente du Comité bassin ovin viande de la Chambre d’agriculture a tenu à rappeler que la filière offre des opportunités d’installation en hors cadre familial. Elle-même installée en Gaec avec son mari et un tiers, a insisté sur la nécessité «d’une organisation du travail rigoureuse pour que ça marche». Grâce à cela, chacun dispose de temps libre pour ses activités extérieures.

C’est ce message qu’a délivré Nicolas Castanié, responsable Jeunes Agriculteurs. «Avec un système de 3 agnelages en 2 ans, j’alterne des périodes de forte astreinte avec des périodes de temps libre, que je peux consacrer à des engagements en dehors de l’exploitation ou à des loisirs».

B. CAREL

14 janvier 2016

Du 21 au 25 mai : participez à l’opération Made in viande !

Après le succès des premières Rencontres Made in viande en 2014, qui avaient permis à 1 900 professionnels de la filière élevage et viande d’ouvrir les portes de leur établissement, INTERBEV, ses Comités régionaux et ses Organisations Nationales, préparent la seconde édition qui aura lieu du samedi 21 au mercredi 25 mai. Les inscriptions sont ouvertes !

Tous les professionnels de la filière élevage et viande sont invités à participer aux Rencontres Made in viande déclinées en mai dans toute la France.

Cette opération de communication initiée par l’interprofession, permet aux acteurs de la filière qui le souhaitent, d’ouvrir les portes de leur entreprise, exploitation,...

Ainsi lors des Rencontres Made in viande 2014, les professionnels de la filière ont proposé des journées entières d’animations au grand public. Ils ont reçu des milliers de visiteurs, qui ont eu l’occasion de découvrir dans toute la France les coulisses des activités de la filière : visites guidées, démonstrations de découpe de viande, dégustations variées à l’image des territoires de France... et pour les jeunes, un moyen concret de leur présenter les métiers de la filière et de susciter des vocations.

Au sein de la filière viande en France, éleveurs, commerçants en bestiaux, centres de tri ou marchés, entreprises d’abattage ou de transformation, bouchers artisans ou en grande distribution, ou encore restaurateurs, chaque professionnel qui a à cœur d’échanger avec le public sur son métier et son engagement pour la qualité de sa production, peut s’inscrire et faire partie de cette aventure !

Les Rencontres Made in viande sont un moment privilégié pour :

- tisser des liens directs avec les consommateurs,

- aborder les réalités de nombreux sujets : modèle d’élevage français, bien-être animal, traçabilité et qualité des viandes...

- présenter les différents métiers de la filière aux jeunes générations, susciter des vocations, dans des conditions réelles, sur le terrain.

Pour s’inscrire

Tout professionnel de la filière qui souhaite ouvrir son établissement, le temps d’une journée d’accueil du public, est invité à se rapprocher de son Comité régional Interbev (pour Midi-Pyrénées : 05 61 75 29 40 ou interbev.midipyrenees@orange. fr) afin de formaliser son inscription et apparaître ainsi dans le programme officiel des Rencontres Made in viande 2016.

Plus d’infos sur www.la-viande.fr/made-in-viande

Une fois son inscription validée, chaque professionnel recevra également tout le matériel nécessaire pour réussir sa Rencontre Made in viande : guide mode d’emploi, invitations, affiches, tracts, éléments de signalisation et de décoration, suggestions d’animations...

Eva DZ - source Interbev

07 janvier 2016

Elevages bovins lait : soutiens aux petits investissements

La Région Midi-Pyrénées propose aux éleveurs bovins lait un soutien aux petits investissements spécifiques d’élevage. Détails des modalités.

Pour qui ?

- les agriculteurs à titre principal, bénéficiaires des prestations MSA/AMEXA, dont le siège d'exploitation est en Midi-Pyrénées,

- les propriétaires des bâtiments ou titulaires d’un bail rural les incluant,

- les jeunes agriculteurs de moins de 40 ans à l'installation et installés depuis moins de 5 ans au dépôt du dossier.

Dans quel cas ?

- dans les formes sociétaires avec un ou plusieurs jeunes agriculteurs, le supplément jeune agriculteur est calculé proportionnellement, sur la base du nombre d'associés chefs d'exploitation,

- la main d'œuvre de l'éleveur peut être prise en compte dans la limite de 10 % du montant HT des matériaux et équipements mis en œuvre, hors travaux d'électricité, plomberie,

- les travaux de gros œuvre (construction, charpente, couverture) ne sont pas concernés ainsi que les matériels d’occasion et roulants,

- les dossiers sont recevables à partir d'un minimum d'investissements de 1 500 € HT (hors main d'œuvre de l'éleveur),

- deux dossiers maximum de travaux retenus par période de 5?ans, pour une même mesure, d’un montant minimum d’investissements de 1 500 € HT par dossier et dans la limite du plafond total d’investissements défini (base : 12 000 € HT ; SIQO et éleveurs laitiers : 13?000 € HT ; Agriculture Biologique et apiculture : 14 000 € HT) ; il ne peut exister simultanément, pour une même production plusieurs dossiers en cours (non soldés) au titre de la mesure Investissements de modernisation des élevages et au titre des petits investissements spécifiques,

- les dossiers dont le montant des investissements atteint 15?000 € HT de dépenses ne sont pas recevables,

- les travaux ne peuvent démarrer qu’à compter de la date du courrier attestant du caractère complet du dossier envoyé au demandeur.

Comment y prétendre ?

Pour télécharger le formulaire, rendez-vous sur le site de la Fédération Régionale des Producteurs de Lait du Sud Ouest (FRPL SO) : http://www.frpl.net

Cliquez sur «FRPL SO» dans le menu en haut, puis dans la page allez au paragraphe : «Les dossiers sociaux, investissements et qualité au cœur de nos missions» et cliquez sur les mots «modalités» et «formulaire», pour télécharger les modalités et le formulaire de demande de subvention, filière bovins lait : «mesure petits investissements spécifiques d'élevage».

Le formulaire de demande de subvention est accompagné d'un RIB, de l'attestation d'inscription à la MSA en tant que chef d’exploitation à titre principal (bénéficiaire de l’AMEXA), des devis et des pièces spécifiques à chaque production précisées dans la fiche modalités d’intervention et dans le formulaire de demande de subvention.

Les dossiers sont à adresser complets, datés et signés à la Région avant 15 octobre?: Hôtel de Région - 22, Boulevard du Maréchal-Juin - 31406 Toulouse Cedex 09.

Pour plus d’infos :

- mission élevage de la Chambre d'agriculture de l'Aveyron au 05 65 73 78 33

- Région Midi-Pyrénées - Direction de l’agriculture, de l’alimentation et de l’espace rural au 05 61 33 52 57.

24 décembre 2015

Assemblée générale du GID Lacaune : résultats en hausse et nouvelle direction

L’assemblée générale du GID Lacaune (Gènes Innovation Diffusion) s’est déroulée, mercredi 16 décembre à St-Affrique, sous la présidence de Frédéric Jammes. Une réunion marquée par l’annonce du départ à la retraite du directeur, Didier Grasset, après 40 années de service dans la génétique Lacaune.

Le GID Lacaune va tourner une nouvelle page en début d’année, suite au départ à la retraite de son directeur, arrivé dans la structure (ex GEBRO) en 1976. Didier Grasset peut quitter le GID Lacaune avec la satisfaction du devoir accompli. Il est remplacé par deux co-responsables, Jérémie Gayraud, 27 ans, responsable administratif et commercial, et Bruno Crassous, responsable du schéma Lacaune viande et technique. Le départ de Didier Grasset a été salué par le président Frédéric Jammes, l’assemblée ayant résumé en fin de réunion, avec un «diaporama surprise» le long parcours de Didier Grasset au service du développement technique de la race Lacaune.

Activité soutenue

Le bilan d’activité du GID Lacaune (juillet 2014 à juin 2015) est sur une bonne dynamique. «La structure a augmenté son chiffre d’afffaires de 50 % en trois ans», confie Didier Grasset. Le GID compte 158 adhérents, des éleveurs du contrôle laitier officiel du service élevage de la Confédération générale de Roquefort et du schéma de sélection Lacaune viande GID. C’est donc 11 éleveurs de plus, comparé au précédent exercice. Et c’est aussi 4?001 brebis supplémentaires avec un cheptel total de 72 045 brebis. Le GID Lacaune constate ainsi «une augmentation conséquente en trois ans de 50 éleveurs, avec 19 000 brebis en plus».

En activité reproducteurs, le bilan est là aussi en hausse, avec une vente d’agnelles Lacaune lait en progression de 1 722 unités, soit une augmentation de 42 % du volume. La demande en agnelles Lacaune viande GID est également en progression, «mais la fourniture ne suit pas, du fait du manque de brebis avec ce génotype», indique Didier Grasset. «Nous recherchons de nouveaux sélectionneurs pour développer cette activité. Les très bons résultats techniques favorisent l’essor du schéma de sélection». Les IA, au nombre de 56 778, ont progressé de près de 6 000 unités. S’agissant de la génétique lait, le GID rappelle que le flux commercial existe sur toute l’année, «nous devons nous attacher à prévoir une demande d’animaux jeunes et gestants.?Un stock important en fin d’exercice facilitera cet objectif».

Lacaune viande GID (ex gène culard Texel)

En ce qui concerne la génétique viande, après la phase expérimentale relative à l’introgression du gène culard Texel, «la diffusion est désormais en pleine action», note le GID, «avec plus de 20?000 IA par an, 50 béliers homozygotes MH, et un millier d’agnelles diffusées». A la demande des sélectionneurs, «une nouvelle phase est amorcée, le GID Lacaune s’attache à créer des animaux très bien conformés, et en même temps, porteurs des gènes de la prolificité. La finalité est de proposer des reproductrices ayant la capacité de produire plus, et mieux». Le GID annonce que les caractères maternels de ses béliers Lacaune viande sont pris en compte, et qu’une deuxième série de testage est en cours.

Enfin, l’étude lancée il y a 12 ans relative à l’économie des charges alimentaires, permet de constater «une économie d’environ 7 kg d’aliment durant la phase d’engraissement, grâce à la connaissance des béliers détectés autonomes. Ce caractère est introduit dans les résultats de synthèse en sortie de station de contrôle individuel», note aussi le GID?Lacaune.

Didier BOUVILLE

17 décembre 2015

Journée technique Prim’Holstein Aveyron : comment réduire l’utilisation d’antibiotiques

Près de 80 éleveurs ont participé jeudi 10 décembre à la traditionnelle journée technique organisée par l’association Prim’Holstein Aveyron sur la santé animale.

Comment réduire l’utilisation d’antibiotiques dans son élevage ? C’est la question que l’association Prim’Holstein Aveyron a posé aux membres du Groupement technique vétérinaire (GTV). «Les éleveurs de Prim’Holstein Aveyron nous ont sollicités pour apporter de l’information sur une utilisation moindre des antibiotiques pour une meilleure efficacité», explique Céline Labadens-Casenave, présidente du syndicat départemental des vétérinaires d’exercice libérale et membre du GTV. «Notre rôle est d’ailleurs de vulgariser toutes les informations sanitaires pour accompagner au mieux les éleveurs dans leur métier au quotidien», poursuit-elle.

Le choix de cette thématique de la journée était dicté par la mise en place du plan EcoAntibio dont les objectifs sont la réduction de 25% de l’utilisation des antibiotiques en productions animales d’ici 2017 et la restriction de l’utilisation des antibiotiques dits critiques (utilisés lorsqu’il n’y a pas d’autres alternatives mais qui peuvent avoir une incidence sur la santé humaine). Sur ce dernier point, un arrêté du ministère de l’agriculture est attendu.

Respecter les bonnes pratiques

Lionel Lafon, vétérinaire et membre du GTV a livré les enjeux de l’antibiorésistance. «Cela passe par le suivi de bonnes pratiques : le respect des prescriptions, des mesures d’hygiène élémentaires (se laver les mains, porter des gants), la limitation du contact entre un antibiotique et un milieu très riche en bactéries, la priorité à la voie locale pour les traitements».

Comment faire pour utiliser moins d’antibiotiques au quotidien ? «Le meilleur moyen de mieux les utiliser, c’est de moins en utiliser !», a résumé Céline Labadens-Casenave. «Et cela permet aussi d’améliorer son revenu !», complète-t-elle. Pour y parvenir, cette vétérinaire de Baraqueville a rappelé quelques éléments de prévention sanitaire. «Le premier mot qui nous vient lorsque l’on parle prévention, c’est vaccin ! Certes la vaccination contribue à la prévention mais il existe d’autres moyens tout aussi efficaces».

Des contrôles à chaque intro

La clé c’est de ne pas introduire des germes dans l’élevage ou de limiter leurs atteintes, on parle alors de biosécurité. Cela passe par la gestion des porteurs en particulier la gestion des introductions d’animaux en élevage. «Vous avez la chance en Aveyron d’avoir des structures comme FODSA - GDS Aveyron et le laboratoire départemental qui rendent accessible la recherche BVD lors des introductions à un coût limité», a avancé Céline Labadens-Casenave. Elle précise que même pour les élevages indemnes IBR, le test BVD est recommandé, de même sur les veaux à naître (le prix de la prise de sang est alors identique à celui au moment de l’achat). Toute pension doit être considérée comme un achat. Et même en cas de prêt d’animaux, la vérification s’impose !

«Certes on ne peut pas tout contrôler sur un élevage mais des gestes simples peuvent être réalisés au quotidien pour limiter l’introduction de germes», a poursuivi la vétérinaire. Elle évoque ainsi plusieurs moyens : limiter l’accès des chiens et des chats aux tables d’alimentation, la gestion des nuisibles (moustiques, tiques, rongeurs, oiseaux,...), le nettoyage et la désinfection des matériels en CUMA ou en prêt, la mise en place d’un pédiluve propre et renouvelé pour les visiteurs, des mesures d’hygiène simples (vêtements spécifiques pour les intervenants, lavage des mains,...) et en particulier lors des manipulations (traite, vêlage, soins et traitements,...), autour des matériels (tétines, seaux pour les petits veaux,...), ainsi que des lieux de stockage (aliments, produits de soins,...).

De même le confort limite les lésions des membres et des mamelles, il améliore la résistance des animaux. Le souci d’une bonne ambiance est également primordial (ventilation, litières, nettoyage du sol,...). L’attention portée aux apports alimentaires, déjà bien maîtrisés en Aveyron, est aussi un facteur clé, cela limite l’impact des maladies. Enfin la vaccination permet d’améliorer l’immunité à condition qu’elle soit bien ciblée et réalisée dans de bonnes conditions d’hygiène «pour mettre toutes les chances de son côté d’autant plus quand on connaît le coût d’un vaccin !».

Des méthodes alternatives

Les membres du GTV ont aussi sensibilisé les participants au bilan sanitaire d’élevage à réaliser dans l’idéal au moins une fois par an avec son vétérinaire pour porter un regard global de l’élevage, des points à surveiller et à améliorer pour mettre en place des suivis sanitaires.

Dans un deuxième temps, Gilles Grosmond vétérinaire du Comptoir des plantes médicinales, qui intervient régulièrement lors de formations en Aveyron, a présenté quelques méthodes alternatives en élevage. Il a ciblé son discours sur l’immunité naturelle et la bonne connaissance de ses animaux pour une meilleure prévention de leur santé.

Il a notamment pris l’exemple des cellules, dont le niveau élevé est souvent dû à une erreur au moment de la traite, au traitement de mammites aiguës, à un mauvais protocole de tarissement, à la préparation inadaptée de la mise-bas, à l’anatomie des mamelles ou encore à la qualité de l’eau de boisson. Pour y remédier, Gilles Grosmond préconise de revoir les techniques de traite, et à travers un suivi personnalisé de chaque vache, identifier les quartiers infestés et traiter en conséquence avec des huiles essentielles sur les mamelles et un ajustement des oligo-éléments.

Autant d’éléments de réponses alternatives pour les éleveurs qui souhaitent réduire l’utilisation d’antibiotiques.

Eva DZ

10 décembre 2015

Bœufs de Noël à Laissac : des animaux de qualité et des acheteurs au rendez-vous

La 5e édition des Bœufs de Noël à Laissac a tenu toutes ses promesses : une vitrine de plus de 300 animaux de qualité, des acheteurs nombreux venus de toute la France, une vente aux enchères très disputée et des prix relevés.

Tout était en ordre sur le foirail de Laissac pour accueillir cette nouvelle édition des Bœufs de Noël, samedi 5 décembre. Les organisateurs ont pu, comme à l’accoutumée, bénéficier de l’infrastructure du foirail pour exposer plus de 300 animaux de races à viande de Midi-Pyrénées, du Cantal et de la Lozère et recevoir une foule de visiteurs parmi lesquels de nombreux acheteurs, négociants, artisans bouchers et GMS, venus faire leur marché pour les fêtes de fin d’année !

Une prestation toujours plus relevée

En 5 ans, Laissac est en effet devenu un rendez-vous prisé des acheteurs de toute la France, sûrs et satisfaits de la qualité qu’ils trouvent sur ce concours. Et cette 5e édition n’a pas échappé à la règle comme en témoigne Gabriel Maffre, membre du jury. «Chaque année à Laissac, la prestation est toujours plus relevée grâce à la motivation et au professionnalisme des éleveurs et je dirais même à leur perfectionnisme !». Celui qui a participé à tous les jurys des Bœufs de Noël avoue que l’exercice de jugement a nécessité toute sa concentration : «Quand on pense au travail des éleveurs depuis de longs mois sur les animaux que nous avions à départager, il ne faut pas se tromper !». Gabriel Maffre parcourt les concours du sud de la France et il affirme que Laissac a atteint un bon niveau : «Nombre d’acheteurs réservent cette date de début décembre ici pour s’approvisionner en vian-des de qualité pour les fêtes de fin d’année», ajoute cet acheteur de Bigard.

Le travail de jugement n’a donc pas été simple pour les 12 juges qui ont sélectionné les 6 meilleurs animaux (le meilleur de chaque race, le meilleur bœuf et le meilleur croisé) qui ont été mis aux enchères.

Bien installé sur des gradins en paille, en bonne place pour admirer les lauréats, le public est venu nombreux assister à cette vente. Et les acheteurs n’étaient pas en reste ! Les enchères sont montées rapidement. Le magasin Leclerc de Millau représenté par Christian Cabiron s’est porté acquéreur de trois animaux : le meilleur bœuf (8 euros/kg), la meilleure Blonde d’Aquitaine (10,10 euros/kg) et la meilleure Aubrac (12,10 euros/ kg). La boucherie Azémar de Rodez, elle aussi fidèle au rendez-vous des concours de qualité, a acheté le meilleur Charolais (9,90 euros/ kg). «Nous représentons les artisans bouchers et c’est pour nous, un honneur que de pouvoir travailler et proposer à notre clientèle des produits extra !», a affiché Claude Azémar.

Trois enchères pour Leclerc Millau

La meilleure Limousine et la meilleure croisée (Charolais - Aubrac) ont pris des destinations hors Aveyron. La première a été achetée par Serge Bordes boucher dans un Super U de l’Hérault au prix de 17 euros/kg, la plus élevée des enchères. Et la meilleure croisée, la grande championne du concours, a été achetée par les établissements Guach de Perpignan pour le magasin Carrefour de Narbonne au prix de 15,90 euros/kg.

«Je suis très satisfait de cette vente aux enchères qui s’est déroulée parfaitement avec des prix relevés, ce qui est une bonne chose vu l’année morose que la filière bovins viande vit», a commenté Jean-Paul Boyer, co-président de l’association du marché aux bestiaux de Laissac, organisatrice de l’événement. «Je me réjouis de ces prix de vente», a-t-il insisté.

Et la satisfaction est partagée par les acheteurs dont Christian Cabiron qui s’est porté acquéreur de 3 des animaux vendus aux enchères. «C’est la cinquième année que je viens à Laissac et je ne suis jamais déçu ! Chaque année j’ai plaisir à venir acheter des animaux que je sais, de qualité. C’est une façon d’encourager le dévouement et le professionnalisme des organisateurs ainsi que le savoir-faire des éleveurs et de donner de la viande de qualité à travailler à mes 10 bouchers !», témoigne-t-il.

Ce distributeur est habitué à travailler des viandes de qualité : le Veau d’Aveyron et du Ségala, l’agneau allaiton, le porc de l’Aveyron et la race Aubrac : «Je recherche la régularité dans l’approvisionnement et dans la qualité et la proximité avec les éleveurs. Et je sais que les consommateurs sont prêts à payer le prix juste».

Une plus-value de 20% en moyenne

D’ailleurs la demande en viande de qualité se maintient puisque tous les animaux exposés aux Bœufs de Noël (excepté 4 à 5) ont trouvé preneur. «C’est tout l’intérêt de nos concours d’animaux de boucherie de qualité», a assuré Jean-Paul Boyer. «Vu le contexte morose, je suis heureux de constater que tous les animaux ont trouvé un acheteur à des prix supérieurs au marché «normal», avec une plus-value que nous estimons à 20 %», poursuit-il. «Plus qu’une plus-value le jour du concours, les Bœufs de Noël sont aussi l’occasion de renforcer ou de créer de nouvelles relations entre éleveurs et acheteurs», conclut Jean-Paul Boyer qui tient à remercier les acheteurs qui ont joué le jeu de la vente aux enchères et aux éleveurs pour la qualité de leur présentation. «C’est un gage de réussite pour l’ensemble de notre filière !».

Eva DZ

03 décembre 2015

Agro-pastroralisme et projet Life+ Mil’Ouv’ : 2ème rencontre technique sur les parcours

La 2ème rencontre technique organisée dans le cadre du programme Life+ Mil'Ouv’ sur l'agro-pastoralisme a eu lieu vendredi 27 novembre sur l'exploitation du GAEC du Guilhaumard à La Bastide des Fonts, commune de Cornus. Une vingtaine d’éleveurs étaient présents lors de la matinée organisée sur des parcours ovins lait.

«Faire pâturer sur parcours les agnelles de renouvellement, une ressource pour les élevages ovins lait ?», tels étaient la question et le thème de la matinée organisée en atelier technique sur les parcours du GAEC du Guilhaumard réunissant Roger Rouquette, son épouse Geneviève et leur fils David. Ils élèvent 440 brebis laitières Lacaune, 116 agnelles avec 23 béliers, sur une SAU de 430 ha, dont environ 300 sont en parcours. La ferme produit 1 100 hectolitres de lait avec un système autonome, et un taux de pâturage de 52 %. Les brebis pâturent au maximum dans les parcours, lesquels sont découpés en plusieurs îlots fermés par quelque 15 km de clôtures électriques. Le GAEC du Guilhaumard fait partie du réseau Life+ Mil’Ouv’ regroupant sur le plateau du Larzac une douzaine d’exploitations.

Quinze diagnostics éco-pastoraux

Le projet européen Life+ Mil’Ouv’ vise «à promouvoir la gestion pastorale des milieux ouverts méditerranéens pour favoriser la biodiversité». Cette 2ème réunion technique était organisée, comme la première en mai à St-Sauveur du Larzac (Nant), par l’Idele (Institut de l’élevage) et le CEN-LR (Conservatoire d’Espaces Naturels du Languedoc-Roussillon), appuyés par le Parc Naturel Régional des Grands Causses et la Chambre d’agriculture de l’Aveyron. La première rencontre technique faisait suite aux quinze diagnostics éco-pastoraux initiés depuis 2014 auprès d’exploitants aveyronnais du secteur. Sur les parcours du GAEC du Guilhaumard, le groupe était notamment accompagné par Fabienne Launay, de l’Idele, et de Yolène Pagès, conseillère de la Chambre d’agriculture du Sud Aveyron (CDASA).

Les préoccupations et interrogations des éleveurs sont diverses concernant l’utilisation des parcours, notamment en termes «de saison, de lutte contre l’embroussaillement (buis), de la taille de parc, des repères pour éviter le sous-pâturage ou le surpâturage, etc». Cette matinée a permis de nombreux échanges d’expériences et de références entre éleveurs et techniciens sur les terres de La Bastide des Fonts. Une 3ème réunion est envisagée, toujours en lien avec les attentes des éleveurs de ce réseau Mil’Ouv’.

D.B.

Ressources internet :

http://www.lifemilouv.org

http://idele.fr/les-newsletters/ life-milouv/n3.html

26 novembre 2015

Fédération aveyronnaise des éleveurs de la race Aubrac : un concours départemental en 2017

Après la série des concours cantonaux de l’automne, la Fédération aveyronnaise des éleveurs de la race Aubrac profite de son assemblée générale pour tirer le bilan et présenter ses projets. Elle a ainsi décidé de programmer un concours départemental en septembre 2017.

C’est à Brommat, sur le Carladez que Didier Dijols, président de la Fédération aveyronnaise des éleveurs de la race Aubrac a donné rendez-vous, mercredi 18 novembre, à l’ensemble de ses adhérents, représentants des syndicats cantonaux Aubrac de l’Aveyron notamment. Ils étaient ainsi une trentaine à participer à cette journée. Trois membres du bureau ont été réélus à l’unanimité : Jean Marty, Pierre Soli-nhac et Jean-Pierre Soulenq.

Alors que la série des cinq concours cantonaux Aubrac s’est achevée début novembre, l’heure était au bilan. Un bilan plutôt positif malgré le contexte FCO. Plus d’une centaine d’élevages ont ainsi participé aux concours de Ste Geneviève, Laguiole, St Chély, St Amans des Côts-Mur de Barrez et Laissac, présentant près de 1 200 animaux de grande qualité. «L’ensemble des présidents des syndicats cantonaux étaient satisfaits de ces nouvelles éditions qui ont encore une fois mis en avant la qualité de travail des éleveurs aveyronnais et leur convivialité autour de ces événements locaux toujours très attendus», a commenté Didier Dijols. Néanmoins, les organisateurs notent une petite baisse du nombre d’éleveurs exposants même si quelques nouveaux ont fait leur apparition, et un peu moins de prix d’ensemble.

A noter, la mise en place de deux nouveautés cette année sur ces concours cantonaux : le jugement des sections a été effectué avec un juge titulaire ayant suivi la formation «agrément jury» et un juge stagiaire. Et le jugement des prix d’ensemble a été commenté en public par le juge titulaire devant les animaux. Un exercice pas toujours facile mais les formations permettent aux jurys de se professionnaliser.

Prochain national en 2016 à St Flour

Yves Chassany, nouveau président de l’Union Aubrac, qui assistait à l’assemblée générale de la fédération aveyronnaise des éleveurs de la race Aubrac, a précisé que cette nouvelle formule de jugement permettait d’améliorer l’homogénéité et la cohérence des jugements de section dans les concours.

«Eliminer les animaux extrê-mes, mieux communiquer au niveau des résultats permettra une meilleure vulgarisation autour de la race et de ses objectifs», a-t-il expliqué. Une nouvelle session d’agrément est prévue au printemps 2016 avec pour objectif de former 20 juges agréés pour le national.

Un concours national qui se déroulera les 25 et 26 septembre 2016 à Saint Flour. Il suivra le concours Salers, l’objectif étant de mettre en avant sur un même site, pendant une semaine, des actions de promotion de l’élevage à l’herbe, des actions en faveur de l’environnement, de la santé en partenariat avec le CORAM, les races de Massif et le lycée agricole de St Flour.

A la même période, la race Aubrac a également été sollicitée pour participer à Généviande. Cette manifestation est prévue à Laissac, les 17 et 18 septembre. «Bien sûr, nous sommes partants pour cet événement qui met en avant les races allaitantes du département», a assuré Didier Dijols, qui attend de préciser le niveau de participation en fonction du calendrier et du programme d’animations.

Le prochain rendez-vous de la race Aubrac en concours est envisagé au SIA à Paris même si Jacques Renou, directeur de l’Union Aubrac, a fait part des doutes qui subsistent quant à la participation de la race à ce Salon à Paris suite à la réglementation nationale FCO. En effet, toutes les régions de France ne sont pas dans la même zone réglementée. En attentant la précision d’un règlement sanitaire, un engagement précoce de candidatures a été validé pour disposer d’un meilleur niveau génétique.

En 2017 à Laguiole

Après plusieurs années en sommeil, un concours départemental va reprendre en septembre 2017, en alternance du National. «Cela fait quelques temps que nous avions envie d’officialiser un rendez-vous à l’échelle du département pour la race Aubrac, ce sera chose faite le 23 septembre 2017 sur le foirail de Laguiole», a annoncé Didier Dijols. Les présidents des syndicats cantonaux auront le libre choix d’organiser ou non leur concours cantonal cette année là.

La Fédération aveyronnaise des éleveurs de la race Aubrac portera ce projet. Elle a prévu de solliciter les collectivités assez tôt pour établir un budget et ainsi un programme d’animations. Par ailleurs sur la question du budget général de la Fédération, qui reste équilibré, les responsables s’inquiètent de la perte de la compétence économique du Conseil départemental. Ils espèrent, en 2016, pouvoir solliciter l’appui du futur Conseil régional élargi.

L’assemblée générale s’est poursuivie l’après-midi par la visite de la ferme de Dilhac chez Isabelle et Serge Rayrolles.

Eva DZ et Jean Tavet

12 novembre 2015

Engraissement en élevage bovin allaitant bio : tout se joue avant l’âge de 4 mois !

La mission Agriculture biologique et le service Bovins croissance de la Chambre d’agriculture ont organisé une rencontre coin d’étable sur la conduite de l’engraissement en bovin allaitant bio. Les participants se sont retrouvés à Bozouls, sur l’exploitation de Paul et Matthieu Causse.

La rencontre a débuté par une présentation des étapes clés pour réussir l’engraissement et la finition des animaux. Frédéric Mazars, responsable de l’équipe technique Bovins croissance, a d'emblée annoncé la couleur : «Tout se joue avant l’âge de 4 mois, la vache peut se résumer à son rumen !»

Plus précisément, la réussite technique et économique de l’engraissement sera liée à la capacité de l’animal à consommer du fourrage (de qualité) et à le valoriser. Pour une bonne valorisation de la ration, le choix de la fibre, l’apport de sel et d’eau, le fractionnement et l’organisation de la distribution seront déterminants.

Témoignage des éleveurs

Paul et Matthieu Causse ont abondé dans ce sens : «Nous distribuons d’abord un mélange d’enrubanné de luzerne + foin, puis l’aliment concentré. Les repas suivants, le mélange de fibres est remué avant un nouvel apport d’aliment concentré. Les animaux sont pesés tous les mois, les GMQ sont calculés d’une pesée à l’autre, les quantités d’aliments distribués sont enregistrées».

Les rations en début d’engraissement doivent apporter 16 à 17% de MAT afin de favoriser le développement du muscle. En fin d’engraissement 14 à 15 % de MAT suffisent, car on recherchera davantage l’énergie pour favoriser le gras.

Paul et Matthieu Causse produisent donc des méteils et des fourrages riches en légumineuses afin de limiter l’achat de protéines.

Pour réussir un engraissement, les animaux doivent arriver avec une note d’état corporelle satisfaisante (3). Tous les animaux ne sont pas «bons» à engraisser.

Pour les veaux destinés à la repousse, des nourrisseurs sont mis à leur disposition sur les estives. Les vaches échographiées vides entrent en phase d’engraissement dès le sevrage.

Echanger, s'informer et se former

En élevage allaitant, si le taux de renouvellement est inférieur à 10 %, la vente des vaches de réforme s’élèvera à moins de 17?% du total des ventes. Par contre, si le taux de renouvellement est de 25 %, la vente des vaches de réforme pourra dépasser 35 % du total des ventes. L’engraissement et la finition des vaches peuvent donc représenter un enjeu économique important.

Les discussions se sont poursuivies sur les différentes conduites d’engraissement des éleveurs participant. Dans tous les cas, qualité des fourrages, équilibre des rations et organisation de la distribution sont ressortis comme des éléments clés de l’engraissement mais aussi de la santé des animaux.

Pour aller plus loin dans la réflexion et la maîtrise des système d’élevage, le service Bovins croissance et la mission Agriculture biologique proposent un accompagnement technique et des formations VIVEA tout au long de l’année. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à prendre contact (Bovins Croissance : tel. 05 65 45 27 74 - Mission Agriculture biologique : tel. 05 65 73 79 01).

Service Bovins croissance et mission Agriculture Bio, Chambre d'agriculture

29 octobre 2015

Section Midi-Pyrénées du Herd Book Limousin : «Un contexte économique compliqué»

L’assemblée générale de la section Midi-Pyrénées du Herd-Book de la race Limousine s’est réunie vendredi 23 octobre à Baraqueville, sous la présidence de Robert Arrouy.

Cette réunion s’est déroulée en présence notamment d’Alain Pimpin, représentant du président du Herd Book Limousin et de David Delgoulet, chef de service du Herd-Book Limousin (basé à Lanaud à Boisseul-87). Avec comme ordre du jour, l’activité et le developpement de la race bovine Limousine dans la région, l’actualité génétique 2014/2015 avec les mesures et utilisations des ouvertures pelviennes, le passage aux analyses SNP dans le cadre des vérifications de compatibilité génétique et le recrutement en amont des stations d’évaluation. Après le déjeuner, les adhérents présents ont visité l’élevage du GAEC des Mille-Collines au Fraysse, sur la commune de Boussac.

Un bilan jugé mitigé

Le bilan de la campagne 2014-2015 a été jugé difficile, avec un revenu des éleveurs bovins viande, en berne. «Le travail de sélection est un investissement qui doit être amorti, or, la baisse de demandes sur le marché du reproducteur, conjuguée à une baisse des cours, pénalise fortement cette activité», note la section Midi-Pyrénées. Cette région résiste bien à la baisse nationale du nombre d’adhérents, malgré une diminution de 3 % de ses effectifs. «Elle reste sur la première marche du podium national avec 251 adhérents», indique le président Robert Arrouy, par ailleurs éleveur dans les Hautes-Pyrénées.

Au niveau national, le Herd Book Limousin comptait, lors de la dernière campagne, 1 546 cheptels adhérents, en retrait de 1,3 %, une tendance baissière constatée depuis 2008. «Toutefois, relève la structure nationale, cette baisse est beaucoup moins rapide que celle du nombre de détenteurs de bovins allaitants qui a chuté de 17,5 % depuis 2005». En France, le nombre de «vaches cotisantes» au Herd Book Limousin est de 73 812 unités, en hausse de 1,2 %. «L’augmentation de la taille des cheptels permet de maintenir ce niveau malgré l’érosion progressive du nombre d’adhérents».

Le président Robert Arrouy regrette «ces résultats mitigés», et exprime son inquiétude face «à la nouvelle crise sanitaire provoquée par le retour de la FCO, les conséquences de la dernière sécheresse, les incertitudes liées à la PAC et les prix de la viande bovine toujours à des niveaux insuffisants» pour les éleveurs. Malgré tout, «la Limousine reste la première race à viande de la région Midi-Pyrénées, du fait de ses qualités et du dynamisme des éleveurs». Robert Arrouy a indiqué que le concours régional 2016 aura lieu en Aveyron en septembre, à Baraqueville ou à Laissac. Il sera calé selon la date du National prévu le même mois à Limoges ou à Poitiers.

Didier BOUVILLE

22 octobre 2015

OVI-TEST : la coopérative a ouvert son site internet

Désormais la coopérative OVI-TEST est sur la toile ! Le premier centre français d’insémination ovine vient d’ouvrir son site internet : www.lacaune-ovitest.com

C’est lors d’un séminaire il y a trois ans, que le conseil d’administration d’OVI-TEST a décidé de créer son site internet. «Nous voulions lancer un outil de communication qui nous permette de créer un lien supplémentaire avec nos adhérents mais aussi de nous faire connaître auprès de clients de toute la France et de l’étranger», précise le président, Jean-Jacques Fabrègues. «Il est important aujourd’hui d’être présents sur internet pour nous ouvrir de nouvelles perspectives à l’étranger», complète Béatrice Giral, directrice d’OVI-TEST.

Le site internet développé avec l’entreprise aveyronnaise Laëtis d’Arvieu, est donc une vitrine pour le premier centre français d’insémination ovine. Il laisse sur sa page d’accueil, la part belle aux photos de la race Lacaune, emblématique mais aussi aux services et activités proposés par la coopérative.

Les internautes pourront découvrir sur ce site, l’histoire d’OVI-TEST, les dates clés de son évolution et de son développement au service des éleveurs ovins lait et viande sélectionneurs et demandeurs de génétique. Une carte illustre aussi la zone de reconnaissance géographique de la coopérative. Les équipes administratives et techniques et l’ensemble des administrateurs sont également présentés.

Le centre de La Glène, outil de la coopérative, est aussi mis en avant avec un schéma détaillé de la situation des bâtiments et leur fonctionnalité. De même les schémas génétiques sont présentés avec l’appui des chercheurs et des précisions sur la base de sélection et les caractères sélectionnés, ainsi que la diffusion.

L’actualité des travaux de recherche est aussi mise à jour. Et un «chapitre» est réservé à la vie de la coopérative. «Nous avons voulu mettre à jour un agenda avec les rendez-vous d’OVI-TEST pour tenir informés nos adhérents de nos actualités», précise Béatrice Giral, qui ambitionne de créer, plus tard, un espace réservé aux adhérents, pour une information plus régulière et plus précise.

Des vidéos

Bien sûr, un volet est consacré à l’activité commerciale avec la présentation des deux schémas caractéristiques, en lait et en viande avec des chiffres clés, des schémas, des graphiques,... mais aussi des vidéos montrant le travail de la coopérative. Sont également présentés les différents critères retenus dans les schémas de sélection : la MSU, la lactation, la résistance aux mammites, les garanties sanitaires, la rusticité, la synchronisation des chaleurs,... «Notre ambition à travers ses explications brèves mais claires est d’attirer des investisseurs français et étrangers à la recherche de génétique ovine», précise Jean-Jacques Fabrègues.

Des liens sont également faits sur l’aspect fromager avec deux partenaires historiques de la coopérative, La Pastourelle et Les Bergers du Larzac.

Sur le site, la coopérative propose ses différents services : l’insémination artificielle, l’aptitude au désaisonnement et à la synchronisation des chaleurs, le constat de gestation, l’appui technique. «C’est important aussi de rappeler les services que nous mettons à disposition de nos adhérents», ajoute Béatrice Giral.

Enfin, les partenaires de la coopérative sont également en bonne place, en particulier Unotec, filiale d’OVI-TEST, les organismes de contrôle, les structures fédératrices dont l’Upra Lacaune, gestionnaire de la race ainsi que la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, Unicor, les laboratoires,...

Le site internet d’OVI-TEST est adapté à la version mobile.

Eva DZ

22 octobre 2015

Journée caprine à Monteils : de belles perspectives

Depuis 2002, Monteils accueille une journée dédiée à la production caprine. La 13è édition s’est déroulée jeudi 15 octobre autour de l’autonomie alimentaire, avec près de 80 éleveurs de Midi-Pyrénées présents.

Chaque année, les éleveurs caprins de la région se retrouvent à Monteils, pour travailler sur un sujet technique d’actualité pour la filière. Monteils, car ce village accueille depuis plus de 20 ans, un centre de formation au cœur du lycée professionnel, qui forme les producteurs caprins. Cette rencontre est devenue un rendez-vous incontournable de l’automne des éleveurs caprins du sud-ouest.

«C’est important de créer ces moments d’échanges mais aussi d’informations techniques pour les producteurs», explique ainsi Jacky Salingardes, président de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres et producteur de lait de chèvre tout près de Monteils. Une rencontre fructueuse puisque près de 80 éleveurs ont répondu présents.

«La situation va mieux»

Côté conjoncture, la filière lait de chèvre «va mieux» selon le responsable professionnel national. «Même si les producteurs sont touchés par la crise comme toute la filière élevage, notre prix du lait est remonté mais on peut toujours faire mieux !», assure-t-il. Dans la catégorie des fromages, seuls les fromages au lait de chèvre affichent une croissance positive de la consommation (+7%), un chiffre qui ravit les producteurs et donne un bel élan à la filière.

«Nous sommes en recherche de volumes supplémentaires mais nous veillerons à ce que les erreurs de la précédente crise ne soient pas reproduites», affirme Jacky Salingardes qui mise sur «un développement raisonné et raisonnable» de la production de lait de chèvre en France. D’ailleurs la filière va entrer dans le schéma de la contractualisation pour gérer les volumes et les besoins de la filière. L’interprofession caprine (Anicap) que préside Jacky Salingardes veillera à sa mise en place : «Notre interprofession fonctionne bien. Nous travaillons dans un climat de confiance mutuel. Nous avons su bien gérer la sortie de crise et notre filière va mieux depuis 2 ans», détaille le responsable national, qui cite notamment le dialogue mis en place avec la distribution et qui a porté ses fruits.

Le décret des organisations de producteurs devrait paraître fin 2015 et le cadre contractuel devrait être validé début 2016. «Il s’agit surtout d’officialiser par écrit, des volumes et des droits à produire ainsi qu’une façon de définir les prix pour les entreprises privées», explique Jacky Salingardes. Lui qui préside le groupement des producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis explique d’ailleurs que ce fonctionnement de type OP est déjà en place : «Nous serons dans la continuité».

La promotion du lait français

Quant aux perspectives, Jacky Salingardes veut continuer à revaloriser le prix du lait en 2016, dans la lignée de 2015 : «les producteurs auront toujours besoin de consolider leur revenu et nous ne devons pas arrêter de faire pression sur les acteurs de la filière pour bénéficier de leur soutien. L’augmentation du prix doit atteindre un niveau acceptable pour tous», défend le responsable professionnel qui milite pour une progression régulière et une gestion intelligente.

L’autre chantier porté par la FNEC est l’encouragement à la production de lait français pour répondre à la demande des consommateurs. «Le pourcentage de volumes de lait de chèvre exportés est égal à celui des volumes importés, donc pourquoi ne pas privilégier le lait produit en France ?!», argumente Jacky Salingardes.

Eva DZ

15 octobre 2015

Vente reproducteurs Limousins samedi 31 octobre : la station Gélioc prisée par les éleveurs

Francis Fraysse et Anthony Moysset ont acheté en commun un taureau Limousin à la station Gélioc de Naucelle en janvier dernier. Un investissement déjà récompensé, et que le duo espère longtemps bonifier.

Francis Fraysse, 55 ans, est installé à La Salvetat-Peyralès en individuel depuis 1980, sur une ferme de 85 vaches Limousines, avec une SAU de 80 ha. Anthony Moysset, 26 ans, a rejoint en février son père Michel, agriculteur à Gramond depuis 1988, où le GAEC familial élève aujour-d’hui 115 vaches Limousines, sur une SAU de 120 ha. Francis et Anthony ont acheté fin janvier, à la station Gélioc de Naucelle, le taureau Limousin, Igor, né le 15 décembre 2013 au GAEC des Rives à Sainte Geneviève sur Argence. Igor est le fils de Franklin et d’Ecosse.

«Acheter un taureau à deux, c’est évidemment partager l’investissement, et ainsi pouvoir bénéficier d’un haut niveau de génétique», disent les deux propriétaires. L’objectif est de faire saillir les vaches pour vendre les veaux ensuite, et de valoriser les meilleurs en reproducteurs. «J’ai accueilli Anthony chez moi en stage et comme apprenti», confie Francis Fraysse, «je me suis reconnu en lui, lorsque j’avais son âge. Il faut aussi souligner le travail efficace du naisseur d’Igor, celui des frères Aubert, et d’Anthony, qui a le taureau chez lui depuis février. Les premières saillies ont été effectuées sur une quinzaine de vaches. La naissance du premier veau d’Igor est attendue le mois prochain».

Concours et récompenses

Le jeune éleveur a préparé Igor lors du concours régional d’avril à Réalmont (81) où il a été classé 4ème sur 10 dans sa section. Il a récemment participé au concours bi-départemental Limousin, dans le cadre des Agrifolies à?Réquista, le 20 septembre, récompensé par le Trophée du Challenge de l’Espérance Mâle. C’est une récompense qui distingue un jeune taureau à l’avenir très prometteur. Il aurait dû participer au Sommet de l’élevage, mais tous les concours bovins ont été annulés pour cause de FCO. «Nous attendons le régional qui aura lieu en Aveyron en septembre 2016», annonce Anthony.

Le GAEC Moysset présentera par ailleurs un veau Limousin lors de la prochaine vente Gélioc du samedi 31 octobre, «une première pour nous», note Antho-ny. «C’est Francis Fraysse qui m’a donné envie de devenir sélectionneur», lâche le jeune homme, lequel produit par ailleurs du Veau d’Aveyron avec UNICOR. «Chez Gélioc, les ventes annuelles rassemblent en moyenne les 50 meilleurs veaux Limousins de la région Midi-Pyrénées. Avec la station de Lanaud-Limoges, c’est le lieu idéal à Naucelle pour faire le meilleur choix. On verra après novembre si notre investissement à deux est bon !», disent Anthony et Francis, ce dernier ayant déjà fait des réserves de semences d’Igor.

Facilité de naissance des veaux

Rappelons que les éleveurs recherchent toujours la facilité de naissance des veaux en race Limousine. Ce critère est totalement compatible avec la notion de croissance élevée. Un veau peut naître petit (aux environs de 45 kg) et atteindre une vitesse de croissance élevée avant et après le sevrage (de 1 300 à 1 500 grammes par jour). «En revanche, notent encore les responsables de Gélioc, une certaine dérive est née en race Limousine depuis une dizaine d’années concernant les poids à la naissance. Celle-ci est apparue suite à la volonté d’une majorité de sélectionneurs de grandir le format des animaux. L’un des points forts de la race (vélages faciles et sans assistance) était donc en passe de devenir un souci de premier ordre (des veaux gros à la naissance et donc des naissances plus difficiles)». La notion de «finesse d'os» a fait l'objet d'une indexation au même titre que le développement musculaire ou squelettique. «Cette notion est d’autant plus importante qu'elle intéresse aussi le boucher pour qui, le rendement en viande nette est une donnée fondamentale de son métier», précise la station de Naucelle.

A Gélioc, la commission de choix composée de techniciens de la race, porte une attention particulière aux poids de naissance et à l'indexation des parents concernant la facilité de naissance (index IFNAIS). «Pour ce qui est du poids, tous les sujets excédant 50 kg ont été refusés à l'entrée. D'autre part, la moyenne de l'index IFNAIS des parents (père et mère) ne doit pas être inférieure à 98 sur 100 (100 représentant la moyenne raciale et traduisant un poids voisin de 44 kg pour les mâles)». Et de rappeler que, «outre la facilité de naissance, la docilité et la morphologie de jeunes reproducteurs sélectionnés sont aussi les critères fondamentaux» que veut préserver le centre de sélection Gélioc.

Recueilli par Didier BOUVILLE

08 octobre 2015

10ème Festibœuf et 3ème Salon du goût à Naucelle : qualité et public au rendez-vous !

Le 10ème Festibœuf qui s’est déroulé le week-end dernier à Naucelle a une nouvelle fois rencontré le succès, malgré un «climat FCO» qui a perturbé quantitativement le concours d’animaux de boucherie, reconnu au niveau national, et toujours ponctué par un haut niveau de ventes aux enchères !

Les membres organisateurs du Comité Naucellois pour la Promotion de l’Elevage (CNPE) affichaient la mine des beaux jours lors de la remise des prix effectuée dimanche 4 octobre dans la grande halle couverte où étaient dressés les stands des nombreux exposants du 3ème Salon du goût. «Nous avons quand même rassemblé 160 animaux à notre concours, il en manquait donc 65 à cause des conséquences de la FCO pénalisant les déplacements d’animaux», résume Jérôme At, président du CNPE. «Mais face à cette fatalité de la FCO, nous avons su rester sur nos fondamentaux, ceux qui, depuis dix ans, mettent en avant la qualité de nos élevages». Il ajoute : «les ventes d’animaux présents sont restées à un bon palier malgré la FCO, avec des prix moyens situés autour de 5,50 à 6 euros kg/carcasse».

Des enchères toujours au top

En revanche, les quatre meilleures vaches du concours vendues aux enchères samedi 3 octobre, en début d’après-midi, ont été adjugées à des prix «haut de gamme» presque habituels pour ce type de vente, ici, à Naucelle. La championne, croisée Charolais-Aubrac, appartenant à l’EARL St-Cizy de Cazères (31) a été adjugée à 9,80 euros kg/ carcasse, pour la boucherie Azémar de Rodez. La deuxième génisse croisée appartenant également à l’EARL St-Cizy, a été vendue à la boucherie Thomas de Créteil (94), pour 9,20 euros kg/carcasse. La meilleure vache, prix naisseur-engraisseur, venant toujours de l’EARL St-Cizy, a été adjugée elle aussi à 9,20 euros kg/carcasse, pour la boucherie Michel Guibbert de Tours (37). Enfin, la meilleure vache en catégorie Limousine appartenant à Serge Costes, éleveur à La Capelle-Balaguier (12), a été achetée par la SAS Cadars de Rodez, pour 9,60 euros kg/carcasse !

«Nous avons donc assisté à de très bonnes ventes dans l’ensemble du concours, commente Jérôme At, avec des acheteurs toujours fidèles à Naucelle, comme Arcadie, Languedoc-Lozère Viandes, la SAS Cadars, SVA Intermarché, Bigard-distribution, les boucheries Guibbert et Thomas, Quercy-Bas-Rouer-gue, La Capelle et d’autres bouchers indépendants».

Le meilleur tripou pour Rodez

La remise des différents prix s’est déroulée en présence de partenaires de Festibœuf et du Salon du Goût, avec notamment Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole du Département, Jérôme Frayssignes, nouveau directeur de l’agence du Crédit Agricole de Naucelle, remplaçant Christiane Puech, présente lors de la cérémonie, nommée récemment dans le Tarn, Solange Espie, directrice de la Maison Familiale Rurale (MFR) de Naucelle, pilotant comme toujours le Salon du goût. Cette 3ème édition a été marquée cette année par le premier concours du meilleur tripou, mis en place par Jean-Michel Orlhac, formateur à la MFR?de Naucelle, rassemblant sept participants, dont six professionnels. Le jury était notamment composé de Michel Truchon, chef étoilé à Sauveterre de Rouergue, de Jean-Claude Anglars et de représentants de la Chambre de métiers de l’Aveyron et de la MFR de Naucelle.

Le premier prix, celui du meilleur tripou 2015, a été remporté par la boucherie-charcuterie de Philippe Blanquet, installée place du Bourg, à Rodez. Le deuxième prix est décerné au restaurant l’Agriculture, à Baraqueville, et le 3ème prix remis à Evelyne Andrieu (non professionnelle), de Calmont.

Didier BOUVILLE

01 octobre 2015

Concours cantonal Aubrac à Ste Geneviève sur Argence : la famille Delbor, fidèle au rendez-vous

Chaque année, Jean-Philippe, Corinne Delbor et leurs trois enfants ne manqueraient le concours cantonal Aubrac de Ste Geneviève sur Argence pour rien au monde ! Une véritable passion de famille pour cet élevage Aubrac souvent récompensé !

Fidèle depuis la première heure du cantonal Aubrac à Ste Geneviève sur Argence, la famille Delbor a immortalisé chaque édition sur des albums photos : «Chaque année je fais plus de 400 photographies pendant le concours de tous les animaux exposés avec les éleveurs et je les rassemble dans un album pour garder un souvenir de ces moments de convivialité pour la famille des éleveurs Aubrac», affiche Corinne, aussi passionnée que son mari, Jean-Philippe si ce n’est plus ! «Nous attendons toujours le concours avec impatience et réfléchissons des mois à l’avance sur les animaux que nous allons présenter», enchaîne Jean-Philippe.

Attendu avec impatience

Tous deux sont à la tête d’un troupeau de 70 vaches Aubrac en race pure avec un peu de croisement Charolais (entre 15 et 20 vaches), sur 74 ha à Cayrac, commune de Vitrac. Adhérents à la coopérative CELIA, ils sont aussi engagés dans les démar-ches qualité Fleur d’Aubrac et Bœuf Fermier Aubrac et participent également chaque année au Festival des Bœufs de Pâques à Laguiole.

«Sur la ferme familiale il y a toujours eu des Aubrac et nous sommes heureux de pouvoir contribuer à la promotion de notre race», explique Jean-Philippe dont le père lui a transmis sa passion des concours. Le cheptel inscrit au Herd Book Aubrac depuis 1983 est ainsi un fidèle du cantonal Aubrac à Ste Geneviève sur Argence depuis sa création. «Ces concours sont l’occasion de voir l’évolution de nos animaux d’une année sur l’autre, de se comparer avec nos voisins et puis c’est un moment convivial entre éleveurs qui nous permet d’oublier les soucis le temps d’une journée», assure le couple.

Maintenir l’esprit de fête

C’est d’ailleurs la spécificité de ces concours cantonaux comme le rappelle Maxime Delrieu, président du syndicat Aubrac de Ste Geneviève : «Au-delà de la compétition, nous avons envie de maintenir l’esprit festif de nos concours. D’ailleurs sur notre canton, c’est l’une des seules manifestations qui rassemblent autant d’éleveurs et nous y tenons !». Le concours de Ste Geneviève, le premier de la série des cantonaux Aubrac de l’automne, est d’ailleurs l’un des plus importants avec 250 animaux en moyenne et une vingtaine d’éleveurs (lire encadré). Une belle mobilisation qui se maintient depuis le fameux concours national Aubrac organisé sur le canton de Ste Geneviève en 2004 : «Les éleveurs locaux se sont particulièrement impliqués sur cet événement et l’engouement est resté», se félicite Maxime. Un concours national auquel avait participé la famille Delbor.

«Au fil des années et avec l’expérience de quelques Nationaux, nous avons pris confiance et nous avons progressé», explique Jean-Philippe. Il a notamment mis en place le dressage systématique de toutes ses génisses, même celles qui ne concourrent pas. «Nous avons accueilli une formation de dressage chez nous avec les éleveurs du canton. Nous avons gagné en confort de conduite de nos bêtes et nous avons un meilleur contact, bien plus aisé pour la manipulation», ajoute Corinne. Et même leurs deux fils ont pris l’habitude de dresser les petits d’un mois au licol !

Grâce à sa présence sur des concours, la famille Delbor a pu faire connaître son élevage et a vendu à l’occasion quelques veaux ou taureaux : «Ces concours sont aussi une vitrine de la race Aubrac, en pleine expansion», avance Jean-Philippe qui assiste également aux autres concours Aubrac en spectateur. «C’est bien de se faire une idée de ce qui se fait dans notre race», explique l’éleveur qui a parfois profité de l’occasion pour acheter un animal sur un coup de cœur lors d’un concours !

Ce samedi 3 octobre, la famille Delbor a prévu de présenter 20 animaux et concourra pour un prix d’ensemble.

Eva DZ

01 octobre 2015

Approvisionnement local dans les cantines : échanges avec le Conseil départemental

Jeudi 24 septembre, après s’être réunie, la section bovins viande FDSEA accompagnée des membres du groupe bovins viande JA a rencontré les services techniques du Conseil départemental pour comprendre l’approvisionnement des cantines des collèges aveyronnais.

Chaque année, 1,2 million de repas sont servis dans les 19 collèges publics aveyronnais. Les producteurs de viande bovine du département ont souhaité en savoir plus sur l’approvisionnement de ces cantines, et ce tous produits confondus.

Quels sont les fournisseurs ? Comment fonctionnent les cantines des collèges au niveau des achats des denrées alimentaires ? Quels sont leurs critères de choix ? Comment s’approvisionnent-elles ? Autant de questions posées par les éleveurs aux deux représentants des services techniques du Conseil départemental en charge de la gestion de la restauration, qu’ils ont rencontrés jeudi 24 septembre.

Dominique Delagnes, responsable des achats et Stéphanie Cabrolier, gestionnaire du groupement de commandes de denrées alimentaires, en charge des appels d’offres, ont expliqué aux responsables professionnels, que le Conseil départemental était sensibilisé à l’approvisionnement local des cantines des collèges. Depuis 2011, un groupement de commandes s’est mis en place auquel adhèrent volontairement l’ensemble des 19 établissements publics. Ils restent cependant autonomes sur l’approvisionnement de certains produits, à leur convenance. Les appels d’offres sont organisés autour de 5 secteurs géographiques du département, afin de faciliter l’accès à tous les producteurs et entreprises intéressés quelle que soit leur taille. Ils sont signés pour 3 ans. Les produits sont répartis en trois lots : produits épicerie et surgelés, produits frais (viandes, produits laitiers, charcuteries, œufs, fruits, légumes) et un niveau en direct avec les producteurs locaux.

Avec la Chambre d’agriculture

Sur cette base, des priorités sont clairement affichées : pour la viande bovine, seules les races allaitantes sont retenues, et pour toutes les viandes, les animaux doivent être élevés en Aveyron ou dans les départements limitrophes. Seules les volailles viennent de France, faute d’une disponibilité locale. Lorsqu’il traite les réponses aux appels d’offres, le Conseil départemental suit une grille de critères de priorisation : la qualité (40%), le prix (30%) et la logistique (livraison, proximité,... 30%). Il faut savoir que le coût moyen des denrées alimentaires pour un repas de cantine s’élève à 1,90 euro et le coût réel d’un repas est de 4,70 euros.

Localement, certains collèges se sont associés pour acheter collectivement des animaux sur pied et ainsi partager les morceaux à griller, à braiser, à rôtir,...

Un travail est engagé avec la Chambre d’agriculture en lien avec le Conseil départemental pour aider les producteurs et entreprises intéressées à répondre aux appels d’offres.

Et pour accompagner les gestionnaires des cantines des collèges, un comité de métiers a été créé qui se réunit trois fois par an, pour partager leur expérience sur le fonctionnement de leur cantine, leur approvisionnement, et les mettre en contact avec des professionnels (matériels de cuisine, producteurs,...).

Parallèlement, l’interprofession a réalisé un guide à destination de ces professionnels pour les aider à choisir les morceaux de viande en fonction des recettes, à donner des recommandations sur le grammage des viandes, leurs valeurs nutritionnelles, leur cuisson... Les responsables professionnels ont suggéré au Conseil départemental de se mettre en relation avec l’interprofession régionale afin que cette dernière puisse intervenir lors d’un comité de métiers.

La profession a constaté avec plaisir que des initiatives étaient en cours sur l’approvisionnement local et entend les encourager.

Eva DZ

24 septembre 2015

Domaine INRA de La Fage : 50 ans de référence pour l’élevage ovin

Il y a 50 ans, encouragé par les éleveurs du pays de Roquefort, l’INRA a posé ses valises au Domaine de La Fage, sur le causse du Larzac, à plus de 800?m d’altitude. Jeudi 17 septembre, chercheurs, éleveurs, responsables professionnels et élus se sont retrouvés sous la grange restaurée grâce au mécénat d’Agno Interpro avec la Fondation du Patrimoine, pour célébrer les 50 années de recherche sur les brebis laitières et allaitantes.

Le Domaine de La Fage porte un demi-siècle de partenariat fructueux entre chercheurs de l’INRA et éleveurs du bassin de Roquefort. Une coopération dont seraient fiers ses initiateurs, Emile Singla, alors président du syndicat des éleveurs de brebis en 1964 et Jean-Claude Flamant, directeur de recherches à l’INRA et qui a longuement travaillé sur la sélection des brebis Lacaune.

Tout a commencé en 1964 alors que les éleveurs de brebis du bassin de Roquefort s’interrogeaient sur la pérennité de la production de lait de brebis destinée à la fabrication du fameux Roquefort qui fête cette année les 90 ans de son appellation d’origine contrôlée. Leur préoccupation était double : améliorer la productivité des brebis et le travail de traite. Avec l’appui de la Confédération générale de Roquefort, interprofession qui réunit producteurs et industriels, les éleveurs ont appuyé l’installation de l’INRA au Domaine de La Fage pour les aider à progresser.

Unique ferme expérimentale sur les ovins en France

C’est ainsi qu’en 1965, l’INRA a acheté le Domaine de La Fage pour faire travailler ses équipes de Toulouse, Clermont-Ferrand et Montpellier sur l’amélioration génétique des brebis en particulier. Continuellement en lien avec la profession, les chercheurs ont fondé l’amélioration génétique des brebis sur la sélection laitière des races locales dans leur bassin de production respectif. Et les résultats ont été au rendez-vous puisqu’entre 1970 et 1990, la productivité des brebis laitières a été multipliée par 2 et la taille moyenne des troupeaux a triplé avec l’émergence d’éleveurs spécialisés dans le rayon.

Dans le même temps, les recherches portent sur la nutrition et l’alimentation des brebis mais aussi sur les aptitudes fromagères, la qualité hygiénique du lait et la conception d’automatismes en élevage pour les troupeaux de grande taille (identification électronique, automate de contrôle laitier, portillons électroniques, distributeurs automatiques).

Grâce aux recherches, des progrès ont été déterminants dans la mécanisation de la traite, la maîtrise de la reproduction et la sélection laitière de la race Lacaune. Avec aujourd’hui l’arrivée de la sélection génomique.

Et les recherches se poursuivent pour répondre aux grands défis de demain : produire en préservant l’environnement et les ressources naturelles, en améliorant l’autonomie des exploitations ou des territoires et en valorisant les savoir-faire locaux. L’équipe de 14 salariés emmenée par la nouvelle directrice du Domaine de La Fage, Sara Parisot, est mobilisée aux côtés de la profession pour relever ces challenges. Ils vont poursuivre les travaux en s’appuyant sur les 580 brebis lait de race Lacaune (180 agnelles, 200 agneaux) et sur les 250 brebis viande de race Romane (90 agnelles).

Interprofession de Roquefort

Des défis auxquels sont bien entendu associés les éleveurs et l’interprofession de Roquefort. Robert Glandières, président de la FRSEB et vice-président de Confédération générale de Roquefort, qui représentait le président Christian Gentil, a assuré du caractère indispensable des expérimentations sur la Ferme de La Fage.

«Depuis l’arrivée de l’INRA à La Fage, les avancées ont été nombreuses et retranscrites dans nos élevages», explique l’éleveur voisin du Domaine et qui, lorsqu’il s’est installé tout jeune venait chercher chaque semaine une bascule pour peser ses agnelles ! «Nous avons tous en tête combien cet outil est décisif pour le développement du Roquefort», a-t-il poursuivi. «Nous disposons de véritables Formule 1 des brebis laitières qui valorisent très bien les maigres ressources de leur territoire». Il a formulé le vœu que l’INRA soit toujours à l’écoute des problématiques des éleveurs du bassin de Roquefort. Parce que rappelle-t-il, la race Lacaune «nous est enviée dans le monde entier !».

Eva DZ

20 aout 2015

Formation chiens de troupeau agréée Institut de l’élevage : une nouvelle formatrice pour l’Aveyron

Agréée par l’Institut de l’élevage, Stéphanie Daydé-Fonda assure désormais les formations à l’utilisation des chiens de troupeau en Aveyron. Portrait de cette bergère passionnée.

Pouvez-vous vous présenter ?

S. D-F. : «J'habite à Saint André de Valborgne dans les Cévennes gardoises à la limite de la Lozère. En 2003, je me suis installée avec mon mari autour de deux productions, le porc plein air et les brebis viande en race Raïole le tout en vente directe. Si en 2014 nous avons arrêté l’exploitation, j’ai néanmoins gardé un petit troupeau de brebis et je poursuis mon activité de bergère en estive démarrée en 2011.

Comment avez-vous découvert les chiens de troupeau ?

S. D-F. : Comme beaucoup d'agriculteurs, peu après mon installation, j'ai découvert le chien de troupeau grâce aux formations de la Chambre d'agriculture du Gard. C’est là que j’ai rencontré Jean-François Calmet, alors formateur agréé Institut de l'élevage. J’ai tout de suite été passionnée et je m'y suis mise à fond avec son aide puis celle de Pascal Caheux (ancien formateur également).

Depuis combien de temps les utilisez-vous ? Quelle est votre relation avec eux ?

S. D-F. : J'utilise des chiens de travail au troupeau depuis un certain nombre d'années, aussi bien au quotidien sur la ferme que sur les estives. Actuellement, j’en élève 6 dont 2 jeunes en cours de démarrage, ce sont des Border collie et des Kelpie australien, une race que j’ai découverte avec Jean-François Calmet.

Pour moi, le chien de travail au troupeau est un outil indispensable pour manipuler et déplacer ses animaux en toute sécurité et en toute tranquillité ; je ne vois pas comment je pourrais m'en passer. La plupart de mes chiens travaillent aussi bien sur des ovins que sur des bovins.

Avez-vous participé à des concours ?

S. D-F. : Oui. Au départ, je souhaitais me faire une petite expérience et puis, les résultats étant au rendez-vous, je me suis prise au jeu ! En concours spécial border, j'ai été sélectionnée plusieurs fois en championnat de France et une fois en équipe de France pour le championnat d'Europe au Danemark en 2014. Aujourd’hui étant donné que je m'investis beaucoup dans les formations, je fais une pause côté concours.

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans la formation ?

S. D-F. : Les formateurs que j’ai rencontrés m’ont donné envie de partager ma passion. Convaincue des intérêts qu’un chien de troupeau apporte sur un élevage, que ce soit en termes d’autonomie et de gain de temps dans le travail, de sécurité dans les manipulations ou encore pour développer une meilleure domestication de ses animaux, j’avais envie de transmettre mon savoir-faire tout en continuant de parfaire mon expérience. Mon objectif est qu’ils puissent apprendre à éduquer, dresser et utiliser leurs chiens de troupeau pour faciliter leur travail au quotidien.

Comment devient-on formatrice pour l’Institut de l’élevage??

S. D-F. : L’Institut de l’élevage a lancé un recrutement en janvier 2014 suite au départ de plusieurs de ses formateurs agréés. Pour être candidat, il fallait être éleveur ou avoir une expérience de salarié agricole. J’ai été sélectionnée sur dossier, passé un entretien et réalisé une démonstration de travail avec mes chiens sur des ovins et sur des bovins. Ma candidature a été retenue avec 6 autres personnes.

Quel est le parcours ?

S. D-F. : J’ai suivi une formation pendant plus d'un an, en accompagnant les 7 formateurs alors en place dans toute la France, aussi bien sur ovins que sur bovins. J'ai été à mon tour agréée en mars 2015 pour rejoindre l'équipe des 13 formateurs actuels. Ce réseau est coordonné par Barbara Ducreux de l'Institut de l'élevage.

Comment avez-vous découvert l’Aveyron ?

S. D-F. : Courant 2014, j'ai commencé à effectuer des remplacements en Aveyron pendant la formation en attendant l'agrément. Lors des concours j’avais déjà croisé à plusieurs reprises des éleveurs aveyronnais, via ACT12 notamment. Lorsque j’ai obtenu mon agrément, l’Institut de l’élevage m’a confié le territoire Aveyron et Languedoc-Roussillon. Je suis ravie car c'est un département très beau et diversifié en agriculture avec une forte tradition d'élevage et une belle dynamique autour des chiens de troupeau avec ACT12.

Quelle est votre approche de la formation ?

S. D-F. : Actuellement, j'assure 2 types de formations : initiation et approfondissement (ou perfectionnement). En fait, beaucoup de jeunes chiens de travail sont ratés au démarrage car les éleveurs ne savent pas forcément comment s'y prendre. La formation initiation sur 4 jours leur permet de comprendre le fonctionnement du chien de travail et de savoir comment éduquer leur jeune chien dans de bonnes conditions, en valorisant d'abord leurs aptitudes naturelles avant de faire du dressage.

J'accompagne les éleveurs durant la formation en leur apportant conseils pratiques et appui technique mais aussi en leur prodiguant des encouragements ! Il faut 3 à 4 ans pour faire un bon chien de travail expérimenté et même si un jeune chien pourra effectuer certaines tâches dès 18 mois, il faut du temps. J'encourage les éleveurs à être patients et persévérants. S'ils investissent du temps dans leurs chiens, ils le leur rendront au centuple.

En formation approfondissement, les éleveurs reviennent avec leurs chiens et nous faisons le point sur ce qui marche, les difficultés qu'ils rencontrent,... Et nous réalisons des exercices plus poussés.

D’autres formations sont suceptibles d’être développées Choisir son chien de troupeau et préparer son arrivée et Comprendre son troupeau pour travailler en sécurité avec son chien, avec la MSA.

Pour ceux qui hésiteraient encore à se lancer, quels sont vos conseils ?

S. D-F. : Je leur dirais que certes, obtenir un bon chien de travail représente du temps et un investissement personnel mais il y aura tellement d'avantages sur le long terme : gain dans le temps de travail, autonomie, manipulations et déplacements d'animaux plus sécurisés et sans stress,... ça n’a pas de prix ! Grâce à ces formations, les éleveurs obtiennent un chien utilisable sur la ferme pour le travail au quotidien et un formidable compagnon de route.

Quel regard portez-vous sur les formations en Aveyron ?

S. D-F. : Il y a une bonne dynamique autour de l’ASAVPA, de l’ADPSA et de l’ACT 12 qui sont de bons relais auprès des éleveurs. Ils travaillent ensemble pour proposer un volume conséquent de formations espacées dans le temps pour que les éleveurs puissent s’entraîner sur leur ferme. Le dispositif est bien adapté».

Recueillis par Eva DZ

Infos : http://chiens-de-troupeau.idele.fr

20 aout 2015

Techniques bio et alternatives : Tech&Bio 2015, 5ème édition du meilleur des démonstrations

La prochaine édition de Tech&Bio se tiendra les 23 et 24 septembre au lycée du Valentin, à Bourg-les-Valence. A cette occasion, la mission Agriculture biologique de la Chambre d'agriculture de l'Aveyron organise un déplacement collectif en bus, jeudi 24 septembre. Inscrivez-vous !

Tech&Bio, c'est avant tout 100 démonstrations de plein champ et plus de 260 exposants : l'opportunité pour tous les agriculteurs de découvrir, évaluer et comparer les dernières innovations en matériel, machines et agro-fournitures, pour toutes les filières.

Des ateliers techniques de 20 minutes aux conférences approfondies d'une heure trente, des techniques de production à celles de la commercialisation, une centaine d'experts français et européens reconnus sont mobilisés pour des interventions répondant à tout type de problématiques et de projets.

Parmi les nouveautés matériel à découvrir cette année à Tech&Bio, un nouveau robot bineur-capteur autonome et autoguidé, une rampe de pulvérisation ultra-localisée, un système d'irrigation goutte-à-goutte enterré pour la vigne et le maïs, une nouvelle houe rotative, de nouveaux semoirs de précision...

Parmi les nouveautés du programme 2015

- Un parcours Agronomie : zoom sur les couverts végétaux, le travail du sol et les techniques culturales simplifiées, avec entre autres la comparaison d'outils de binage et de déchaumage, et la participation exceptionnelle de Frédéric Thomas, spécialiste en agriculture de conservation.

- Un pôle Elevage qui s'agrandit, avec une nouvelle zone dédiée aux ruminants et aux équins : finition des bovins, comparaison de variétés fourragères, démonstration de dressage...

- Un pôle Energie regroupant les acteurs indispensables pour réussir un projet de méthanisation.

- Un pôle technique Apiculture à part entière.

- Le club Affaire : l'occasion de rencontrer des acheteurs de produits agricoles biologiques.

La préservation de l'eau en vedette

La préservation de l'eau est le fil bleu de cette 5ème édition. Bassins versants, zones de captages prioritaires : comment diminuer la pression phytosanitaire et les fuites de nitrates tout en conservant sa performance économi-que ? Un programme spécifique pour les zones à enjeux sanitaires et environnementaux sera proposé. L'occasion de découvrir des exemples réussis, en bio et en conventionnel.

Pour découvrir l'ensemble des nouveautés 2015 et le programme des conférences et des démonstrations, rendez-vous sur www.tech-n-bio.com.

Tech&Bio est une initiative des Chambres d'agriculture, soutenue par plus de 40 partenaires dont l’Union européenne, l’État, la Région Rhône-Alpes, le Département de la Drôme. 14?000 visiteurs sont attendus.

Le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées est partenaire du salon Tech & Bio 2015.

13 aout 2015

Union Aubrac : continuer d’affirmer ses particularités

La race Aubrac grandit et s’agrandit. Fière d’être une race bovine française qui augmente ses effectifs, la belle aux yeux noirs a en effet dépassé la barre des 190 000 vaches selon l’IPG 2015 et espère atteindre les 200 000 têtes dès 2016 !

L’Aubrac s’étend et dans de plus en plus de départements, se réjouit Henry Peyrac, président de la race, devant une salle de plus de 200 éleveurs réunis à Laissac pour l’assemblée générale de l’Union Aubrac, vendredi 7 août.

Sur les 190 548 vaches, près de 30 000 sont élevées dans 8 départements hors du berceau (Saône et Loire, Ain, Loire, Lot, Tarn, Allier, Puy de Dôme et Haute-Loire). «Aujourd’hui nous devons aussi prendre en compte les attentes, les besoins de ces éleveurs et leur proposer un accompagnement», a avancé Jacques Renou, directeur de l’Union Aubrac qui réunit aujourd’hui environ 600 éleveurs. Au niveau du Herd-Book Aubrac, les éleveurs aveyronnais restent majoritaires (206), suivis de la Lozère (150). Les éleveurs hors berceau (131) dépassent désormais ceux du Cantal (126).

Sous le regard attentif des élus locaux, le maire Claude Salles, le président de la Communauté de communes, Jean-Paul Peyrac et le président de la commission agricole du Conseil départemental, Jean-Claude Anglars, le président de la race Aubrac a tout de même alerté les éleveurs sur certains points.

Rester les meilleurs sur la facilité de naissance !

Le premier c’est le poids et la facilité de naissance, deux arguments forts en race Aubrac qui se sont le plus détériorés malgré les alertes multiples des responsables de la race. «Une grande majorité d’éleveurs ont compris l’intérêt et tout l’enjeu que représentent les facilités de naissance et sont rigoureux sur l’enregistrement des données de naissance mais d’autres continuent de ne renseigner que des données incohérentes et erronées», regrette Henry Peyrac. L’Union Aubrac a donc décidé d’organiser des visites d’exploitation en périodes de vêlages pour mettre en évidence et corriger ces données. «Des données qui sont entièrement du ressort des éleveurs», a insisté le président. «La définition même de notre race repose sur les conditions de naissance», a ajouté Jacques Renou appuyé par Bernard de Lapanouse, administrateur de l’Union Aubrac en charge des travaux sur l’orientation raciale. «Les qualités maternelles et d’élevage sont nos spécificités : un veau par vache et un an pendant longtemps. C’est notre principal atout pour l’expansion de la race», ont-ils insisté.

Pour garder cette longueur d’avance en matière de facilité et de simplicité d’élevage, critères majeurs en Aubrac, le conseil d’administration travaille sur des «mesures adéquates et incitatives». Car si «la morphologie est ce qui saute à l’œil quand on achète un reproducteur, en race Aubrac c’est le potentiel génétique et le résultat économique qui importent», a complété Jacques Renou.

La nouvelle organisation s’appuie sur un index baptisé «renouvellement» qui inclut l’aptitude au vêlage, la facilité de naissance, les qualités maternelles, la carrière de la mère, la croissance et la morphologie entre 15 et 30 mois. La mise en place de cet index sera progressif avec un appui technique sur le terrain. Les contrôles de performance seront à la carte, les éleveurs réaliseront la pesée et transmettront les données à Bovins croissance.

Henry Peyrac a aussi rappelé la volonté de limiter de poids des animaux présentés en concours. «Notre challenge est de garder une cohérence entre les animaux sur les podiums de nos concours et ceux élevés dans nos exploitations», a ajouté Bernard de Lapanouse. «L’Aubrac doit être économe, nous sommes sur ce point, en avance par rapport aux autres, nous ne devons pas perdre cette avance à cause d’un excès de poids de nos animaux», a-t-il insisté.

Econome, autonome et facile à élever

D’ailleurs, lors du dernier national à Cournon, les éleveurs Aubrac ont une nouvelle fois démontré que le poids et le gigantisme n’étaient plus des critères qui faisaient le succès d’une race. «Avec des animaux aux volumes modérés, économes et autonomes, nous pouvons rivaliser avec les plus grands et apporter de l’économie sur des territoires souvent très difficiles», a argumenté Henry Peyrac.

Une présentation qui a signé le succès comme en 2008 de l’Aubrac au Sommet de l’élevage : une belle contribution au développement de la race. Un développement en France mais aussi sur le marché international. Malgré l’embargo russe qui pénalise les pays demandeurs comme le Kazakhstan, l’Aubrac continue de séduire en Bulgarie, en République tchèque, en Allemagne, en Roumanie, au Luxembourg... avec toujours la même exigence : le poids naissance.

L’autre préoccupation des responsables de la race Aubrac est la baisse du taux de croisement (à peine 19% en 2015 contre 22% en moyenne d’habitude chez les adhérents inscrits au Herd Book). Pour Jacques Renou, le message est clair : «il faut mettre en adéquation l’encouragement à la production d’animaux croisés avec le prix et la valorisation de ces produits sur le marché, sinon c’est la fin du croisement !», a-t-il averti.

Côté génétique, un nouveau règlement zootechnique européen est en train de s’élaborer. «L’existence de nos structures ne serait en rien remise en cause, elles seraient même confortées dans leurs missions», a assuré Henry Peyrac, qui a annoncé que l’Union Aubrac travaillait avec ses partenaires à une nouvelle organisation raciale de création, de diffusion, de répartition des charges et des bénéfices particulièrement sur la branche IA «afin que les décisions d’orientation et d’élaboration de programmes raciaux restent entièrement du ressort des éleveurs».

Partenariat avec Aveyron Labo

Face aux délais d’attente des résultats de filiation ou de gène culard de Labogena désormais vendu à une entreprise de sélection et avec le souhait de garder son indépendance et ses données raciales, l’Union Aubrac a sollicité Aveyron Labo pour travailler avec les races rustiques ovines et bovines issues du CORAM, et ainsi mutualiser les coûts d’investissements de ce laboratoire de proximité pour une meilleure réactivité dans les résultats. Vincent Alazard, président du conseil d’administration d’Aveyron Labo a confirmé l’aboutissement de ce partenariat.

C’est justement en affirmant sa volonté et ses particularités que la race Aubrac bénéficiera d’accompagnements pour continuer à tracer sa route, a conclu Henry Peyrac.

Eva DZ

13 aout 2015

St-Geniez d’Olt : la race Aubrac une nouvelle fois plébiscitée

Bientôt 20 ans que l’association des éleveurs Aubrac en pays d’Olt fête leur race, ses produits de qualité et son territoire. Et toujours le même succès !

La place de St Geniez d’Olt était presque trop petite pour accueillir la foule venue découvrir la race Aubrac et déguster sa viande de qualité mercredi 12 août à l’occasion de la fête de la race Aubrac.

Un événement initié par les éleveurs Aubrac en pays d’Olt, organisateurs également de la Fête de l’estive fin mai à St Geniez, en 1996. «Suite à la crise de la vache folle, une poignée d’éleveurs Aubrac du secteur s’est dit qu’il était nécessaire de communiquer auprès du grand public sur les viandes de qualité», se souvient Jean-François Petit, co-président de l’association avec Gilbert Balitrand. En s’appuyant sur les deux démar-ches de qualité qui accompagnent la race Aubrac : le label rouge Bœuf Fermier Aubrac et la Fleur d’Aubrac devenue depuis IGP.

«La première année nous avons organisé la fête en improvisant avec quelques animaux en exposition et quelques morceaux à faire déguster. Nous avons très vite été débordés face à la demande !», poursuit l’éleveur.

Promotion d'un métier

Depuis, l’association s’est organisée et les 33 éleveurs adhérents, leur famille et amis se mobilisent bénévolement pour faire de cette fête, la promotion de leur métier, de leur race Aubrac et de leur pays. «Au fil des années, le succès n’a jamais faibli», se réjouit Jean-François Petit. «Nous sommes un petit groupe d’éleveurs unis mobilisés chaque année autour de cet événement dans une très bonne ambiance. On s’amuse beaucoup !», complète-t-il.

Ainsi, chacun s’engage à exposer quelques animaux de son élevage sur la place de St Geniez. Les éleveurs sont présents aux côtés de leurs vaches, taureaux et même veaux pour échanger avec le public, expliquer leurs pratiques d’élevage, les spécificités de la race Aubrac.

Un peu plus loin, d’autres éleveurs préparent les grillades de Bœuf Fermier Aubrac qui sont offertes à la dégustation pendant midi. Et là le public se presse en nombre pour goûter cette viande d’Aubrac. Petits et grands en redemandent ! «Nous sommes de grands fans de la viande d’Aubrac que nous commandons régulièrement chez notre boucher», témoigne ainsi cette mère de famille installée en région parisienne, en vacances dans la vallée du Lot. De partout, les mêmes échos positifs de la part des visiteurs sur l’accueil des éleveurs et la qualité des produits, des paysages.

Traditionnellement, un repas de terroir termine la journée. Là encore les éleveurs se mobilisent pour servir un repas 100% terroir Aubrac à des centaines de convives.

Eva DZ

09 juillet 2015

Utilisation du chien de troupeau : les éleveurs donnent leur avis

Pour mieux accompagner les éleveurs et mettre en place des actions répondant à un besoin, l’Institut de l’élevage a souhaité connaître les conséquences de l’utilisation d’un chien dans une exploitation et les éléments qui facilitent ou freinent son acquisition, son dressage et son utilisation au quotidien.

Des enquêtes ont été menées en 2014 en France pour recueillir les perceptions et pratiques des éleveurs en lien avec l’utilisation du chien de troupeau. 

Aujourd’hui, en effet, les attentes des éleveurs vis-à-vis de leur métier ne sont plus les mêmes, ils doivent faire face à des contraintes économiques fortes, dans un contexte d’agrandissement des troupeaux et de main d’œuvre devenue rare dans les exploitations.

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

Des pratiques de manipulation des animaux diversifiées

Tous les éleveurs rencontrés utilisent leur chien dans des situations de travail classiques comme le rassemblement ou le déplacement d’animaux, dans un environnement ouvert tel que la pâture.

Quelques éleveurs plus expérimentés, avec des chiens âgés de plus de 3 ans, valorisent également leur capacité à contenir et à pousser le troupeau dans des manipulations plus techniques comme le tri et le chargement en bétaillère.

Dans un environnement plus restreint tel que le bâtiment ou la salle de traite, certains ne savent pas ce que peut apporter un chien et/ou ont peur de l’accident. Dans la majorité des cas, le chien permet à l’éleveur de réussir sa manipulation sans l’aide de personnes extérieures.

«Le chien a été un changement radical ! Je me souviens quand j’étais petit, il fallait être 6 ou 7 personnes pour changer un lot de petites génisses. Maintenant, avec le chien, je fais le même travail seul, ça n’a rien à voir. Et je travaille beaucoup plus dans le calme, les bêtes sont moins apeurées puisqu’elles ne voient pas de personnes extérieures», témoigne un éleveur.

Du fait de la simplification des déplacements d’animaux avec le chien, les éleveurs n’hésitent plus à manipuler leurs animaux très régulièrement comme c’est le cas par exemple dans le pâturage tournant.

Les éleveurs qui travaillent sans chien se disent globalement satisfaits de leurs manipulations, mais ils notent parfois quelques échecs dans les changements de parcelles et les tris sont majoritairement effectués en bâtiments. De plus, un nombre de personnes important doit souvent être mobilisé pour réussir les manipulations et ils privilégient des systèmes nécessitant moins de déplacements (pâturage permanent).

Les effets bénéfiques du chien de troupeau

Selon les éleveurs utilisateurs, le fait d’avoir un chien de troupeau bien dressé pour manipuler les animaux a un effet bénéfique non seulement sur eux mais aussi sur le troupeau. En effet, ils se disent plus sereins, plus sûrs de réussir leurs manipulations et par conséquent plus calmes avec leurs animaux.

«Je pars plus tranquille ça c’est sûr. Parce que quand on part avec la bétaillère, qu’on est tout seul, on ne sait pas si on va ramener les génisses ou pas. Quand on part avec le chien, on sait qu’on va revenir avec les génisses. C’est différent», confie un éleveur utilisateur du chien de troupeau.

Au fur et à mesure du travail avec le chien, le troupeau change de comportement, il apparait plus calme, plus docile et accepte plus facilement d’être manipulé.

«Quand on va dans le lot de génisses avec le chien ou la chienne, les génisses nous voient arriver, elles viennent à nous et restent toutes groupées autour de nous, à quelques mètres. Alors qu’avant, on les apprivoisait dans le pré avec un seau de farine, elles venaient, elles mangeaient. Mais, quand il fallait les déplacer, elles avaient l’habitude de venir à l’auge mais pas de passer la barrière, on avait le seau et si elle n’avait pas envie, elle ne venait pas ! Et s’il y en a une qui fait demi-tour, on a beau avoir le seau… !», raconte un autre utilisateur.

En revanche, les non-utilisateurs craignent qu’avec l’arrivée du chien, leur troupeau soit stressé, énervé et que la relation qu’ils ont avec leurs animaux se dégrade. Un éleveur utilisateur de chien pense que «ponctuellement ça peut arriver, si je contrôle mal mon chien sur un troupeau de vaches suitées mais c’est une manipulation ratée. Et une manipulation, on peut la rater sans le chien, bien souvent. Globalement, si on fait bien les choses, le chien n’agace pas les animaux, bien au contraire. De toute façon, plus on travaille, plus on manipule, plus cette dose de stress diminue».

Des freins et difficultés exprimés par les éleveurs

Cette étude a permis d’identifier les freins à l’introduction d’un chien dans son exploitation et les problèmes rencontrés lors de son utilisation :

- Un manque de connaissances du chien ou une mauvaise expérience personnelle (ou dans l’entourage) : certains ont une mauvaise image du chien de conduite, d’autres pensent que leur système n’est pas adapté pour travailler avec un chien. Dans tous les cas, il est délicat pour un éleveur de se lancer dans la démarche chien de troupeau alors qu’il n’a pas encore mesuré concrètement l’impact que cela aura sur ses manipulations ;

- Des difficultés au moment de l’acquisition du chiot : certains éleveurs achètent leur chiot sans aucun conseil et sans même connaître les critères de choix recommandés. Pourtant, faire le bon choix au moment de l’adoption, c’est mettre toutes les chances de son côté pour avoir un partenaire de travail efficace pendant une dizaine d’années ;

- Une phase de dressage qui fait peur : les non-utilisateurs redoutent souvent la phase de dressage, qui nécessite un investissement en temps et requiert selon eux beaucoup de patience. Certains affichent également un manque de confiance en leurs compétences. Pourtant, selon les utilisateurs, «même si le dressage du chien c’est un investissement en temps, qui n’est pas si énorme que ça finalement, on le récupère au centuple derrière».

- L’utilisation du chien au quotidien : en fin de formation, l’éleveur se retrouve seul sur son exploitation, avec des animaux non habitués si c’est son premier chien. Et tout ça n’est pas facile à gérer : «Il faut vraiment se mettre dans la tête du chien», sourit un éleveur.

Source : enquête de l’Institut de l’élevage - Barbara Ducreux - avril 2015

21 mai 2015

Rencontre «coin de champ» à Bernussou : affourragement en vert et efficacité

La première rencontre «coin de champ» organisée lundi 18 mai au centre de formation de Bernussou à Villefranche de Rouergue, consacrée à un essai d’affourragement en vert, dégage ses premiers enseignements. Les résultats technico-économiques de l’essai axé sur le non-pâturage seront présentés le 24 juin, en partenariat avec l’INRA de Rennes.

La ferme bovins lait du centre de formation de Bernussou de la Chambre d’agriculture a lancé cet essai le 22 avril et le bouclera lors de la journée de restitution technico-économique programmée mercredi 24 juin. Lundi 18 mai, la ferme de Bernussou avait organisée une première rencontre «coin de champ» sur les premiers résultats de cet essai novateur, organisé en collaboration avec l’entreprise Lacan, concessionnaire du matériel Pöttinger.

Pour Patrick Couderc, responsable du parcours de formation licence professionnelle bovins lait, «l’essai en place sur les deux derniers mois de printemps, a pour but de tester une pratique d’affourragement en vert, sans sortir nos 55 vaches laitières. Nous observons, en Aveyron, comme ailleurs, que les troupeaux bovins lait augmentent en effectif, incitant parfois les éleveurs à ne pas sortir leurs vaches, à cause par exemple du piétinement des prairies, d’un parcellaire éloigné ou d’une contrainte de travail plus lourde. Le non-pâturage peut être aussi une réponse aux éleveurs utilisant un robot de traite».

Il ajoute : «nous testons cette pratique avec comme premiers points positifs, la facilité de travail, du fait de l’utilisation d’une faucheuse dotée d’un autochargeur et d’un tapis distributeur. Ce travail ne demande qu’une heure par jour, pour deux repas, incluant la coupe et la distribution». Selon Benoît Delmas, service agronomie Chambre d’agriculture, «l’idée est aussi de confirmer la nécessité d’avoir de la surface pour alimenter les vaches en cette période de l’année, en optimisant l’ensemble. L’objectif est aussi de ne pas utiliser du tourteau durant cette même période».

Rendez-vous le 24 juin

Le fourrage comprenant 90 % de dactyles avec du trèfle blanc a été distribué aussitôt après la récolte réalisée à quelques mètres de l’exploitation. Lors de la démonstration, le tiers de la ration quotidienne contenant environ 5 kg de matière sèche, a été «dégusté» rapidement par les animaux du fait de l’extrême appétence de l’herbe.

«Nous ne sommes qu’en phase d'expérimentation», continue Patrick Couderc, «nous avons prévu une seconde rencontre «coin de champ» mercredi 10 juin, ouverte à tous les éleveurs, où nous présenterons à nouveau les derniers repères et références de l’essai. Tout sera en effet reconstitué aux éleveurs à la fin de l’essai, lors de la journée du 24 juin, toujours en partenariat avec l’entreprise Lacan, et avec l’INRA cette fois».

Luc Delaby, spécialiste du pâturage, ingénieur de recherche à l’unité mixte de recherches INRA de Rennes, sera présent. Il animera la réunion prévue en salle le matin. «Il y a très peu d’essais sur ce thème et nous faisons partie des pionniers !», assure Gérard Grès, directeur du centre de formation de Bernussou. Rappelons que cet essai est mené en collaboration avec les techniciens de la Chambre d’agriculture (Aveyron Conseil Elevage, service Agronomie, réseau Références et Bernussou).

Didier BOUVILLE

07 mai 2015

UPRA Aubrac : des effectifs toujours en progression !

L’assemblée générale de l’UPRA Aubrac, organisme de sélection de la race bovine Aubrac, s’est déroulée jeudi 30 avril à Curières sous la présidence d’Henry Peyrac.

La race Aubrac continue sa progression sur le territoire national. Selon les données IPG 2014, l’effectif Aubrac était de 181 133 vaches en France. L’extension de la race est jugée remarquable par l’UPRA. Le RGA 2000 avait en effet comptabilisé 105 462 vaches il y a donc 14 ans ! Dans son rapport moral, le président Henry Peyrac s’est félicité au nom des éleveurs, du développement de la race. «Le travail et l’implication de vous tous, ici réunis, sont certainement les facteurs qui font qu'aujourd'hui, notre race est toujours en progression. Nous avons certainement mieux que d’autres, su préserver les qualités maternelles de nos vaches, et ainsi, permis de répondre à l’évolution et à l’attente de nouveaux éleveurs à la recherche d’une vache facile à élever, avec de vrais résultats économiques».

Croisés Aubrac-Charolais

Concernant le berceau naturel de la race, le département de l’Aveyron reste leader avec 15 514 déclarations de naissances en 2014, suivi par la Lozère (10 191) et le Cantal (9 184).?Les naissances hors berceau sont de 6 182 unités. En nombre d’élevages adhérents à l’OS, l’Aveyron en comptait en 2014, 206, suivi par la Lozère (150) et le Cantal (126). Le hors berceau, avec 131 élevages adhérents au schéma de sélection, est désormais devant le département du Cantal. Le directeur Jacques Renou a indiqué qu’un adhérent sur quatre était maintenant installé hors du berceau traditionnel de la race Aubrac. S’agissant du nombre de croisés Aubrac-Charolais, celui-ci évolue à la baisse dans les trois départements naturels et hors berceau. Une tendance qui n’est pas sans interpeller les responsables de l’UPRA, lesquels ont également insisté sur «la nécessité de conserver les qualités maternelles de la race qui font son succès».

Lors de cette réunion, le technicien de l’UPRA, Cyril Leymarie, a présenté le dossier «génomie» et les programmes en cours, le GEMBAL et le DEGERAM (25 fermes engagées dans le berceau), pilotés par l’INRA notamment. Pierre Arsac, de l’UPRA Aubrac, a ensuite évoqué le projet d’aménagement de la station de la Borie de l’Aubrac, dont l’objectif est de réaménager le ring afin de l’adapter à d’autres fonctions, comme l’organisation de colloques, d’assemblées générales... Et ce, avec un nouvel espace dédié à l’accueil et doté d’une exposition publique permanente sur la race.?

Réglement européen zootechnique

Pierre Arsac a ensuite fait un point sur le projet de réglement européen zootechnique, actuellement en cours de discussion et devant être appliqué courant 2016. Les textes sont affinés par le ministère de l’agriculture en lien avec les organismes de sélection. Pour Henry Peyrac, «l’éleveur devra toujours rester au centre du dispositif de sélection et prendre en compte un territoire comme le nôtre valorisant des signes officiels de qualité». L’idée étant de mieux structurer les différents organismes. «En vue de l’adaptation au nouveau réglement européen zootechnique, nous avons commencé à mener avec nos partenaires, une reflexion sur l’évolution de la diffusion par insémination artificielle en race Aubrac», a ajouté Henry Peyrac. Pour lui, «il est essentiel que nous puissions continuer à rester décideurs quant au choix et à la diffusion des futurs taureaux». Henry Peyrac a annoncé que le concours spécial Aubrac 2016 devait se tenir dans le Cantal. «Nous mettrons tout en œuvre pour en faire une réussite, comme cela a été le cas à Cournon en 2014».

En fin de réunion, Vincent Alazard, vice-président du Conseil départemental, a par ailleurs confié que la situation concernant les financements apportés par le département étaient devenus «compliqués, du fait de la baisse de plus de 4,5 millions d’euros de la dotation de l’Etat». La Fédération aveyronnaise des éleveurs de race Aubrac a annoncé, «avec regret», que le concours départemental Aubrac 2015 n’aura pas lieu, «faute de financement des collectivités et du manque d’engagement des éleveurs». Elle précise qu’un concours «est envisagé pour l’automne 2017».

Didier BOUVILLE

23 avril 2015

Réunion fédération régionale porcine : un plan Marshall pour sauver la filière ?

A l’initiative de la fédération régionale porcine, une réunion s’est tenue lundi 20 avril à Bernussou, en présence d’éleveurs et de Paul Auffray, président de la fédération nationale porcine. Au cœur des discussions, la conjoncture tendue subie par la filière, l’action syndicale et les mesures de soutien.

Concernant la situation du marché, les éleveurs ne sont pas actuellement dans une phase favorable au prix. En effet, en ce début 2015, on note un déséquilibre entre l’offre et la demande : une augmentation de la production de 0,8 % contre une diminution de la consommation de 1 %. La situation sur le marché international vient accentuer cette situation.

Une crise économique

Les exportations totales ont reculé de 5,2 % en un an. La perte du marché russe et le recul des importations chinoises ont contribué à perturber la balance commerciale. Par ailleurs, les importation ont fait un bond de 6,2 %, concernant surtout les produits frais, provenant essentiellement d’Espagne et d’Allemagne. Au niveau du prix de l’aliment, il a diminué de 8 % en 2014. Cependant, la hausse des cours des matières premières fait prévoir une baisse de 5 %, non suffisante par rapport aux attentes des éleveurs. L’écart entre le prix de vente et le prix de revient, ne cesse en effet de s’agrandir et la remontée du premier ne compense jamais celle du second. Face à cette situation économique critique, Manuel Valls a annoncé en début d’année des aides via le fonds d’allègement des charges ainsi que des reports, voire des exonérations, de charges sociales.

Pour Daniel Lacroix, président de la section porcine de la FDSEA Aveyron, «cette conjoncture n’est pas réjouissante. Pour regagner du prix nous devons absolument avancer sur le partage des marges pour récupérer de la valeur ajoutée». C’est précisément la démarche initiée par la FNP. «Il faut une vraie valorisation du Porc Français», estime Paul Auffray. «Pour cela, le cahier des charges ne doit pas simplement mentionner l’origine, mais doit valoriser les bonnes pratiques des éleveurs français».

Le jeu de la grande distribution

La FNP a aussi identifié des pratiques opaques qui viennent entacher les relations commerciales avec la grande distribution. Il s’agit, entre autres de la politique liée aux promotions, qui entraîne des écarts de prix déroutants pour les consommateurs. La profession demande que ces promotions soient initiées par les filières, uniquement à des périodes stratégiques pour désengorger les marchés. Pour Bruno Montourcy, secrétaire de la section FDSEA et administrateur FNP : «Le porc sert de produit d’appel car c’est la viande la plus consommée en France. Au final c’est toujours l’éleveur qui pâtit de la contraction des marges. Le monopole de la grande distribution fait mal et les décisions politiques ne sont pas à la hauteur». Néanmoins, il semble que les distributeurs commencent à s’inquiéter du manque d’approvisionnement en porcs français, pour répondre aux attentes de leurs clients, et faire tourner leurs propres outils de transformation.

Sécuriser les exploitations

Une autre revendication abordée concerne la contractualisation dans la filière porcine, «indispensable, selon Daniel Lacroix, pour que le prix soit enfin déterminé en fonction des charges alimentaires». Il manque en effet 20 centimes aujourd’hui sur le prix de vente pour revenir à l’équilibre. L’assemblée générale de la FNP, le 12 juin, organisera une table ronde sur ce sujet de la contractualisation. «Elle doit concerner du producteur jusqu’aux distributeurs, via les groupements et les abattoirs», explique Bruno Montourcy.

Enfin, la préoccupation évoquée, mais non des moindres, est celle du renouvellement des générations d’éleveurs de porcs. Au niveau de la région Midi-Pyrénées, la création d’un fonds d’investissement pour aider la tranmission et le développement des ateliers est à l’étude. Pour Daniel Lacroix, «il faut redorer l’image de la filière auprès des jeunes si on veut leur donner envie de s’installer».

Bérangère CAREL

16 avril 2015

Réflexion-action des éleveurs du Vallon sur l'autonomie en protéines : visite enrichissante

Toujours à la recherche de solutions pour améliorer l’autonomie protéique de leur exploitation, des agriculteurs du Vallon sont allés visiter le Gaec Albenge à Couffouleux, près de Rabastens dans le Tarn. Cette visite était organisée par le comité de développement agricole de Rodez Nord avec la mission agronomie de la Chambre d’agriculture et le contrôle laitier. Particularités du Gaec Albenge : du semis direct, des méteils riches en protéines, de l'ensilage de maïs épi, et des vaches qui produisent 9 500 litres de lait.

M. et Mme Albenge exploitent 150 ha de SAU, dont 100 ha de cultures fourragères, pour les 65 vaches laitières et le renouvellement et produisent 630 000 l de lait dans un bâtiment récent équipé d’un robot de traite.

Du ray-grass/maïs en labour au semis direct sur couverts vivants

Des rendements en baisse, des problèmes de battance des sols et la nécessité d’accroître toujours plus la puissance du matériel ont amené les associés à s’interroger sur leurs pratiques et à mettre en place du non labour sur une dizaine d’hectares. Forts des résultats obtenus pendant cinq ans, ils ont cessé de labourer la totalité de leur SAU en 2000 et sont passés progressivement au semis direct.

Plusieurs types de semoirs ont été expérimentés… et ils en ont même construit un «maison», afin de mieux répondre aux particularités du terrain.

Des couverts végétaux à base de méteils riches en protéines

Parallèlement, les associés ont effectué divers changements concernant les cultures de l'exploitation : ils ont mis en place des couverts végétaux afin d’améliorer la vie biologique des sols, ils ont diversifié leur rotation et implanté des cultures de méteils qui leur permettent d’améliorer la valeur en protéines de la ration. Ainsi, ils ont pu améliorer leur autonomie en fourrages et en protéines tout en ayant doublé leur production laitière ces dernières années !

9 500 l de lait par vache

Les rations des vaches laitières sont à base de méteils ensilés et de maïs épi ensilé. A la ration de base, les éleveurs rajoutent entre autre des graines de soja aplaties produites sur l’exploitation pour améliorer la teneur en protéines. A terme, les époux Albenge envisagent des rations composées de 2/3 de méteils et 1/3 de maïs épi et la suppression totale du tourteau, tout cela dans un objectif de production de 650 000 à 700 000 l de lait.

Une conduite rigoureuse

Des rendements qui s’améliorent, une meilleure structure des sols, l'augmentation de l’autonomie fourragère et en protéines, la simplification du travail : tous ces éléments confortent les associés dans leur système. Toutefois, Denis Albenge insiste d’une part sur la nécessité d’être vigilant sur le désherbage au départ et d’autre part sur le fait que les interventions doivent être réalisées au bon moment.

Cette visite très enrichissante a permis aux participants d’aborder de multiples questions techniques, aussi bien au niveau du sol que du troupeau ou du matériel, et de continuer à cheminer dans leur réflexion.

Pour plus de précisions sur cette visite, un article plus complet paraîtra dans le n°159 de GTI Magazine, la revue technique de la Chambre d'agriculture.

Catherine Bessière, animatrice de territoire Rodez Nord,

Chambre d'agriculture

09 avril 2015

Formation bovins viande : engraissement de Bœuf Fermier Aubrac

L’Association Bœuf Fermier Aubrac (BFA) en partenariat avec la Chambre d’Agriculture, a organisé mercredi 8 avril une journée technique à Laissac sur le thème : maitriser l’engraissement des Bœufs Fermiers Aubrac (label rouge). Cette formation a rassemblé une quinzaine de personnes adhérant à l’association.

Ce rendez-vous technique animé par Frédéric Mazars (technicien à la Chambre d’agriculture) fut l’occasion de donner aux éleveurs des repères techniques et économiques sur l’engraissement des vaches de réforme (ou génisses) en troupeau allaitant Aubrac. Et ce, afin d’améliorer la qualité de l’engraissement et dégager un maximum de valeur ajoutée.

Cette formation a permis d’apprendre aux éleveurs à mieux juger les animaux sur leur état d’engraissement en vif, mais aussi en carcasse. Ils ont en effet pu estimer des animaux à l’abattoir de Rodez avant et après abattage. Les éleveurs ont ensuite mis en pratique les conseils de Frédéric Mazars dans l’élevage de Guy Lacaze, éleveur à Gaillac d’Aveyron, avec 110 vaches allaitantes (dont 10 en BFA), sur 136 ha de SAU.

Quelques conseils pour bien réussir l’engraissement de vos Bœufs Fermiers Aubrac : il est important de peser ses animaux régulièrement ainsi que la ration qui doit être riche en fibres.

- Fibres : changer le grossier tous les 2 jours et le remuer au moins 2 fois par jour.

- Choix du grossier : penser à trier la bonne paille et les bons foins fibreux.

- Eau : vérifier et nettoyer les abreuvoirs tous les jours.

- Sel : toujours accessible.

- Transition : respecter les indicateurs, surtout en début d’engraissement.

- Fractionner les apports de concentré (2 fois par jour si concentré trop fin ou aux grains entiers : idéal céréales aplaties.

Contact : Association Bœuf Fermier Aubrac Tel. 05 65 73 78 39.

02 avril 2015

Coopelso : faire cohabiter mutualisme, compétitivité et innovations

Vendredi 27 mars, à Soual, se tenait l’assemblée générale de Coopelso. L’occasion de revenir sur l’activité de la dernière campagne et de faire le point sur les projets portés par la coopérative.

C’est dans un contexte compliqué pour l’agriculture et l’élevage que s’est tenue cette nouvelle assemblée générale de Coopelso vendredi 27 mars à Soual. Pas question pour autant de céder à la morosité. «Les résultats de notre coopérative prouvent le très fort attachement des éleveurs à leur outil collectif», se félicite René Garrigues, président de la structure dans son rapport moral. «Nous devons, encore plus aujourd’hui, ne pas rester immobiles face aux évolutions des attentes des éleveurs et des marchés. Coopelso fait cohabiter mutualisme, compétitivité et innovations».

La coopérative souhaite notamment s’inscrire dans une démarche de progrès. «Votre conseil d’administration a pris la décision de participer à la création d’une nouvelle entreprise de sélection». La naissance de Crealim a été officialisée lors du dernier Salon international de l’agriculture à Paris. Les trois principales coopératives d’insémination participant au programme de sélection de la race limousine, Altitude, Ciael et Coopelso, ont décidé, en accord avec le Herd Book limousin et Evolution, de faire évoluer l’organisation de la sélection des taureaux diffusés par insémination en créant une nouvelle entreprise de sélection entièrement dédiée à la race limousine.

«Cette première étape doit conduire à la naissance d’une nouvelle structure dimensionnée pour apporter la meilleure génétique au sein de la race limousine afin d’en être reconnu comme leader national et européen à travers notre organisation et notre savoir-faire. Nous devons construire l’avenir des schémas allaitants en associant nos partenaires raciaux», explique René Garrigues. Et pour lui, le modèle coopératif correspond exactement à la nécessité du moment. «L’intérêt général doit-il être remis en question au profit de l’intérêt particulier de quelques uns ? La réponse est «non» si l’on considère qu’il reste incontournable de devoir conduire des programmes de sélection sur la base du mutualisme et en permettre l’accès au plus grand nombre par l’intermédiaire de services et de tarifs adaptés».

Le travail de création génétique conduit par Crealim s’appuiera sur tous les outils collectifs de sélection existants (bases de données, stations d’évaluation,…) et, avec l’évolution des méthodes et des technologies, il faudra inventer, créer les futurs outils à mettre à la disposition des éleveurs pour améliorer leurs troupeaux. La nouvelle entreprise de sélection entend, en particulier, s’appuyer sur les recherches génomiques, dont la race bovine limousine bénéficie déjà depuis plusieurs années. Une expérience que Sebastien Stamane, directeur technique et scientifique du Pôle de Lanaud, était venu présenter lors de cette assemblée générale.

Une érosion de l’activité limitée pour 2014

Comme l’année dernière, Coopelso affiche une légère baisse d’activité, de -1,5%, avec un total de 144 000 IAP (inséminations artificielles premières) réalisées chez 5 500 adhérents. Les arrêts d’élevage et d’utilisation de l’IA, notamment au sein du cheptel laitier impactent fortement le nombre d’IAP réalisées (-5 800 IAP). Cette forte érosion arrive à être compensée par l’arrivée de nouveaux utilisateurs et une augmentation de l’utilisation de l’IA chez les utilisateurs irréguliers (+3?600 IAP), principalement dans les élevages bovins viande. «Il faut faire avec une restructuration très rapide», explique René Garrigues. «C’est pourquoi nous avons concentré nos efforts sur la pénétration du marché allaitant. Nous avons osé mettre en place et poursuivre une politique commerciale ambitieuse car volontaire, organisée, animée et s’inscrivant dans la durée. Cet investissement traduit la ferme volonté […] de ne pas céder au découragement en ces périodes de doutes pour notre profession».

Ce travail de fond pour maintenir le volume d’activité est essentiel. C’est ce qui fait que le mutualisme peut fonctionner. La coopérative, derrière, peut maîtriser le coût de la mise en place, proposer une génétique de qualité adaptée à différents types d’élevage, proposer de nombreux services (synchronisation des chaleurs, conseils et plans d’accouplements, constats de gestation,...) et une politique volontariste de restitution (2,6% du CA sous forme de prix avantageux pour les IA multiples, 5% du CA pour le programme de fidélité Fidelia). Le tout dans un seul objectif : améliorer la compétitivité économique des adhérents. «De par la diffusion du progrès génétique, nous savons créer de la richesse auprès de nos adhérents. Il faut continuer dans ce sens et le faire savoir. Nous pourrons ainsi continuer à nous inscrire dans une relation gagnant- gagnant !».

S. Lenoble,

Le Paysan Tarnais

26 mars 2015

Marché ovins de Réquista : un 1er concours de Pâques réussi !

Le 1er concours de l’agneau pascal organisé lundi 23 mars au marché ovins de Réquista a réuni 17 acheteurs intéressés par les 13 lots d’agneaux soumis aux enchères. Le record de la vente a placé la barre à 270 euros/pièce, le double du marché traditionnel !

Le marché ovins hebdomadaire de Réquista du lundi a connu une affluence particulière le 23 mars, juste avant son ouverture traditionnelle, avec la mise en vente aux enchères de 13 lots d’agneaux, dans le cadre du premier concours de Pâques. Une initiative mise sur pied par l’Association des Utilisateurs du Marché Ovins de Réquista, présidée par Claude Alvernhe, lequel était aussi l’animateur de la criée.

Le record de la vente a été obtenu par Tarn Viande, boucherie d’Albi, dirigée par Jean-Fabien Narbonne. Il est reparti avec un lot de cinq agneaux croisés Lacaune-Charolais adjugés chacun à 270 euros, soit le double du cours tradtionnel. L’éleveur est Michaël Barthes, installé au Fraysse (Tarn), avec un élevage de 500 ovins viande. «Ce sont des agneaux de 90 jours élevés sous la mère, pesant vifs 42 kg», précise l’éleveur, habitué à vendre ses bêtes de qualité au boucher d’Albi. «Je viens aussi à Réquista chaque semaine, j’ai aujourd’hui apporté 16 autres animaux au marché qui ne se vendront pas à ce prix là !».

La qualité régionale en pointe

Pour le boucher d’Albi, c’est aussi une belle opération : «je connais l’éleveur, c’est de la haute qualité élévée sous la mère. Je vends environ 20 agneaux/semaine, et une centaine en période de Pâques. Tout en circuit court !». Jean-Fabien Narbonne continue : «c’est bien que Réquista mette en avant la qualité régionale. Il fallait organiser ce type de concours». Michaël Barthès confirme : «Réquista doit rester un important carrefour de transactions ovines !».

Claude Alvernhe est satisfait : «tout a très bien fonctionné, les éleveurs, les acheteurs et le public étaient contents. Même les personnes les plus sceptiques sur l’opportunité d’organiser de telles enchères à Réquista ont révisé leur jugement. Pour un coup d’essai, c'est une réussite que nous renouvellerons ultérieurement», annonce déjà le président de l’Association des Utilisateurs du Marché Ovins de Réquista.

Didier BOUVILLE

19 mars 2015

«Soirée laitière» FDSEA et JA : «Construisons notre avenir !»

La «soirée laitière» organisée par la section bovins lait FDSEA et le groupe lait JA a fait le plein, mardi 17 mars, à la Maison de l’agriculture à Rodez. Après quotas laitiers, gestion des volumes, prix du lait et organisation des OP, étaient au cœur des préoccupations, illustrées par un exemple allemand, présenté par l’Alsacien, vice-président de la FNPL, Denis Ramspacher.

«Fin des quotas et organisation de producteurs de lait pour construire le prix du lait de demain», tel était l’ambitieux thème de cette soirée rassemblant de nombreux producteurs bovins laitiers, mais aussi ovins lait et caprins lait, dont beaucoup de jeunes, et qui s’est terminée après minuit. Dominique Fayel, président de la FDSEA, a souligné la forte participation des producteurs autour d’un thème visant à comprendre les évolutions de la filière bovins lait de l’après quotas, avec des exemples concrets. Il a aussi regretté «le manque d’outils préventifs de la PAC contre les effets de la volatilité», qu’il a opposé «aux outils curatifs (assurances climat, sanitaire...) prévus». Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA, a rappelé «le travail des anciens dans les années 1960» dans la construction de la filière laitière aveyronnaise, une époque qu’il compare à la période actuelle et l’après quotas laitiers. «Cette soirée est une réunion de travail», a-t-il dit, «pour en effet préparer et construire la filière de demain».

OP allemandes

La section bovins lait avait mis en avant la filière laitière allemande, dont celle d’une région (lander) la Bavière, ayant des similitudes économiques avec le Sud-Ouest de la France. Avec 30 milliards de litres de lait collectés, l’Allemagne est le premier producteur européen. «Où la majeure partie des acteurs de la filière partage la certitude que la croissance va se poursuivre», a résumé Denis Ramspacher, producteur laitier dans le Bas-Rhin, vice-président de la FNPL présent à Rodez à la veille du congrès d’Albi. Il a rendu compte d’une mission du CNIEL qui s’est rendue en Bavière (Bayern en allemand) et à laquelle il participait. Dans ce lander, les organisations de producteurs laitiers existent depuis 1969. Le poids des coopératives et des laiteries privées y est équilibré (47% coopératives et 53% privés).

La Bavière, c’est aujourd’hui 8 milliards de litres de lait produits (25 % du total Allemagne) par 35 000 producteurs, 9 milliards de litres de lait transformés, 35 entreprises privées (dont des français) et un prix du lait historiquement supérieur (exception 2013). «La possibilité donnée par le paquet lait de l’UE a donc été ici un non-événement !», indique Denis Ramspacher. «Il suffit de cinq producteurs pour créer une OP. Elles sont actuellement 97 en Bavière, un nombre auquel il faut rajouter 107 associations locales de producteurs à statuts divers. 95% de ces producteurs sont organisés en MEG (OP) ou structures assimilées».

«Pas de contrat de volume»

Autre particularité, depuis 2006, une «OP faîtière», Bayern MEG, rassemble 61 des 97 MEG bavaroises et pèse au total 2,1 milliards de litres. «Bayern MEG réunit environ la moitié du lait traité par les transformateurs privés bavarois». Le seul et unique salarié de Bayern MEG négocie directement avec les entreprises. Autre caractéristique, «le contrat collectif négocié par l’OP ne comporte pas d’indication de volume (ni collectif, ni individuel). Pour le prix, le contrat collectif prévoit généralement un prix de référence bavarois plus la bonification. Chaque trimestre, l’OP et le transformateur se retrouvent pour constater si le prix «colle au marché».

Enfin, dans sa synthèse sur les OP allemandes, Denis Ramspacher a également souligné «leur fort taux d’adhésions, l’absence de lien direct producteur-entreprise, la culture de la négociation, la relation de confiance et une expérience de 45 ans». C’est toute la différence avec le «modèle» français ! Depuis 2007, les Allemands ont donc tourné la page des quotas laitiers et «freinent, pour l’heure, leur production, en attendant le 1er avril», note Denis Ramspacher, «avec la même ambition de conquérir les marchés exports. Produisez, nous vendrons ! disent les entreprises allemandes», rapporte le producteur alsacien.

Le cap 2016-2017

La réunion a été ponctuée par de nombreuses questions autour de l’expérience des OP allemandes, sur leurs relations avec les GMS, les ponts entre entreprises et coopératives, les coûts de production et de main d’œuvre, le prix du lait,... et l’expérience hollandaise, pays où ne collecte qu’une seule coopérative, sans concurrence... Cette «soirée laitière» a donc été riche en enseignements, Michaël Chavatte, précisant que «la Bavière était un exemple, mais que notre modèle, c’est nous qui le construirons». Il a évoqué «le travail de la FNPL afin de passer le cap des années 2016-2017, obtenir des filets de sécurité européens (volatilité), battir une organisation de filière au service des producteurs, remerciant au passage le travail de Michel Costes (OP Lactalis). Il nous faudra aussi plus de transparence des entreprises. Et avec un syndicalisme toujours fort !». Pour Vincent Bousquet, responsable du groupe bovins lait JA, «nous devons être plus présents dans les conseils d'administration des en-treprises et dans les coopératives. Nous avons besoin d’elles, comme elles ont besoin de nous !».

Didier BOUVILLE

12 mars 2015

Syndicat race Brune et Mende 2016 : un challenge collectif

Clément Chayrigues, président du syndicat de la race Brune en Aveyron :

«La race Brune en Aveyron connaît aujourd’hui une stabilisation de son effectif. Nous sommes toujours le deuxième département de France, derrière la Côte d’Or. La Bretagne et le Cantal sont aujourd’hui les zones où le cheptel se développe le plus.

Ce qui nous caractérise, nous éleveurs aveyronnais, c’est que nous sommes très soudés. Nous ne sommes pas très nombreux, avec une trentaine d’exploitants inscrits à l’UPRA, mais nous comptons dans nos rangs, beaucoup de jeunes, très engagés. En 2014, ils se sont même formés aux concours. Aujourd’hui nous sommes fiers d’organiser des concours professionnels avec l’implication des exposants, des éleveurs et des meneurs.

Ce niveau d’exigence, nous allons le voir récompensé en 2016 avec l’organisation du Congrès mondial Brune à Mende, en collaboration avec nos collègues éleveurs du Cantal et de la Lozère, avec qui nous avons l’habitude de travailler. Cet événement international revêt pour nous trois objectifs : dynamiser la filière lait de montagne, faire connaître la race Brune -deuxième race laitière mondiale !- et montrer qu’elle s’adapte très bien à tous les systèmes d’exploitation, de l’élevage intensif aux pâtures de haute altitude.

La relève de l’élevage sera aussi mise à l’honneur pendant ce congrès avec l’organisation d’un concours de jeunes préparateurs et présentateurs, avec des équipes de toutes les races laitières françaises.

Pas moins de 350 congressistes venus des quatre coins du globe vont découvrir cette vitrine de l’agriculture de montagne : Etats-Unis, Amérique latine, Inde, pays arabes, mais aussi européens (Italie, Suisse, Allemagne, Slovénie, Espagne, Angleterre, Belgique...). Nous ne manquerons pas de leur montrer les caractéristiques de notre zone d’élevage, à laquelle la race est tout à fait bien adaptée. En effet, nous organiserons des pré-visites trois jours avant l’ouverture officielle du congrès. Les échanges qui en découleront seront inestimables pour eux, comme pour nous. Gageons que Mende 2016 sera un événement qui fera référence pendant des années pour toute la filière laitière du sud de la France».

Recueilli par B. CAREL

12 mars 2015

Conseil élevage bovins lait : des réunions de secteur bien suivies

Les 15 réunions de secteur bovins lait du conseil élevage de la Chambre d’agriculture ont rassemblé 333 producteurs adhérents du service.

Le service conseil bovins lait de la Chambre d’agriculture avait planifié des réunions de secteur entre le 13 janvier et le 3 mars, dans 15 lieux différents, et sur l’ensemble des régions aveyronnaises. Objectif : informer les éleveurs sur les services du conseil bovins lait, permettre aux producteurs laitiers de se rencontrer et d’échanger, et recueillir les attentes des adhérents du conseil élevage, anciennement appelé le Contrôle laitier. «Nous avons particulièrement insisté», explique André Dalmières, responsable de la mission agronomie, productions végétales et animales de la Chambre d’agriculture, «sur l’évolution de nos services en 2015, en terme de conseil nutrition par exemple, avec la mise en place de l’analyse individuelle du taux d’urée vache par vache».

Autre point, l’évolution du fonctionnement des pesées, avec désormais la visite du conseiller la semaine suivante avec le résultat des analyses et des données «plus réactives et pertinentes». Il fut aussi question de la qualité du lait et de la réaction rapide exigée en matière de taux cellulaire notamment.

«Avec 333 producteurs présents, la participation reste forte et appréciée pour la sixième année consécutive. Elle représente environ 40 % des 851 adhérents au service du conseil bovins lait de la Chambre d’agriculture», ajoute André Dalmières. Le service est présidé par le responsable du groupe bovins lait de la Chambre d’agriculture, François Ginisty. Il rassemble 28 techniciens bovins lait, 3 encadrants et 24 agents de pesées.

Chacune des 15 réunions de secteur débutait le matin en salle, suivie par un casse-croûte convivial, puis une visite d’exploitation. «Tous les systèmes et toutes les races sont représentées. La visite permet de parler de tout, bâtiment d’élevage, robot de traite, agriculture biologique...». Ces réunions s’inscrivent par ailleurs dans le cadre de la Quinzaine de l’élevage qui vise à faire connaître les métiers du conseil (1). «La qualité du lait et la vigilance nécessaire pour le suivi du troupeau font partie des préoccupations des producteurs. La forte présence des éleveurs à nos réunions et la qualité des échanges pratiqués incitent à continuer dans cette voie !», conclut André Dalmières.

Recueilli par Didier BOUVILLE

(1) www.quinzaine-conseil-elevage.fr

12 mars 2015

OVITEST : un leader français au service de la Lacaune

Mardi 3 mars avait lieu l’assemblée générale annuelle de la coopérative d’insémination ovine Ovitest. Cette journée a permis de dresser le bilan des activités de 2014 et d’échanger sur les perspectives de recher-che en génétique ovine. L’assemblée générale a aussi été l’occasion de saluer avec émotion le travail effectué depuis 35 ans par Francis Barillet, de l’INRA de Toulouse, au service de l’amélioration génétique de la Lacaune lait.

Jean-Jacques Fabrègues, président d’Ovitest, et Béatrice Giral-Viala, directrice, entament la réunion par un tour d’horizon de l’activité de la coopérative, qui continue de progresser avec une augmentation de 5 % du chiffre d’affaires. «Le nombre des adhérents diminue proportionnellement à la baisse générale du nombre d’éleveurs», explique le président. «Pourtant notre activité se maintient, voire augmente. Cela signifie que de plus en plus d’éleveurs pratiquent l’insémination artificielle (IA), nous devons nous en réjouir». Avec 334 834 brebis inséminées, dans le Rayon de Roquefort mais aussi au niveau du quatrième bassin -ce qui permet d’avoir une activité régulière dans le temps, Ovitest conserve sa place de leader français. Concernant la réalisation d’échographies, avoisinant les 390 000 en 2014, la coopérative poursuit aussi sa progression. Afin de répondre au mieux aux attentes des éleveurs, cette activité comprend, non seulement des constats de gestation («vide/plein»), mais aussi la détermination des stades de gestation ou le comptage d’embryons.

A la pointe de l’innovation génétique

Forte de ses 180 sélectionneurs en Lacaune lait et 31 en viande, Ovi-Test participe activement aux programmes d’amélioration génétique de la race. L’un d’entre eux, baptisé Maxi’Mâle et initié par l’association nationale de l’insémination ovine, a pour objectif la préselection d’agneaux sur leur capacité à produire de la semence. Elle s’effectue par échographie testiculaire et dosage de l’hormone AMH (indicateur de précocité). Ce test permet d’éliminer au plus tôt des futurs béliers qui ne seraient pas aptes à la reproduction, et évite de vendre des animaux stériles aux éleveurs. Cette sélection est une première étape avant la détermination de l’index génomique.

Côté Roquefort’in, le programme régional de recherche et d’innovation en Lacaune lait, labellisé en 2009, le millésime de béliers 2015 sera le tout premier à passer en sélection génomique. Sur les plus de 900 béliers testés en ce début d’année, 160 sont choisis pour entrer en programme de sélection. Pour Béatrice Giral-Viala «cette sélection va nous faire gagner du temps en permettant de déterminer à l’âge de six mois des béliers améliorateurs, au lieu de deux ans et demi. Cela nous permettra aussi d’ouvrir de nouveaux chantiers, comme la sélection de nouveaux caractères par exemple». Diane Buisson et Jean-Michel Astruc, de l’équipe technique collaborative INRA - Institut de l’Elevage, présents à l’assemblée générale, ont présenté les résultats du programme aux éleveurs.

Au niveau de la filière viande, Ovitest est aussi à la pointe de la recherche. La détection du gène majeur de prolificité va permettre, dès à présent de le diffuser au sein de la population, grâce au raisonnement des accouplements. Autre critère de sélection, la valeur laitière, obtenue par pesée des agneaux de 30 jours, reste un objectif du schéma Ovitest, qu’il convient de ne pas dégrader au profit de la prolificité ou des qualités bouchères. Dernier projet qui verra le jour en 2015 : l’efficacité alimentaire, qui est à l’étude au centre expérimental de La Glène. Ce critère est primordial pour optimiser les charges et amplifier l’efficacité économique des exploitations.

Tous ces travaux, partagés au sein du comité national de la brebis laitière (CNBL), profitent à toutes les autres races de France. Pour Jean-Jacques Fabrègues, Ovitest est au premier rang national car les éleveurs sont bien encadrés techniquement -grâce au partenariat avec Unotec-, ce qui participe à la réussite des IA. «L’utilisation des IA par les éleveurs est conditionnée à son taux de réussite», affirme-t-il.

Plus de 50 ans de travaux

Après l’exposé de toutes ces perspectives, la parole a été donnée à Francis Barillet qui a retracé avec passion 50 ans de travail sur la génétique Lacaune, depuis l’organisation en 1965 des premiers accouplements raisonnés au domaine INRA de La Fage. En préambule, le chercheur explique que l’amélioration des qualités laitières de la Lacaune a débuté dès les années 1950. Cette brebis était à l’époque de type mixte, lait et viande, avec une faible production laitière (60 litres) et très difficile à traire. Il a fallu 15 ans pour développer des outils de sélection aboutissant à une mécanisation possible de la traite ! Par la suite, les travaux effectués au domaine de La Fage ont permis de montrer aux éleveurs l’efficacité de la sélection. Ainsi le nombre d’éleveurs au contrôle laitier officiel (CLO) est passé de 97 en 1960 à 147 en 1965.

La création d’Ovitest en 1972 a démocratisé le contrôle et a permis de doubler ce nombre dès 1975. Le contrôle laitier simplifié (CLS) a aussi connu une rapide expansion à partir de 1977 grâce à des coûts réduits. L’amélioration de l’efficacité de l’IA, passant de deux à une, a aussi permis de généraliser les pratiques. Cette phase de diffusion du progrès génétique au sein du cheptel laitier s’appelle «le régime de croisière».

Aujourd’hui, pour Francis Barillet, tout ce travail de sélection est une vraie réussite puisque le gain génétique du noyau (éleveurs en CLO) a diffusé au reste de la population (éleveurs en CLS).

Au final, 25 ans ont été nécessaires pour mettre en place les outils de sélection de la race. Ceci fait, la sélection de nouveaux critères va de plus en plus vite. Le critère des taux butyrique et protéique n’a mis que 6 à 8 ans à être mis en place. Les caractères liés à la morphologie de la mammelle ainsi que la résistance aux mammites, ont vu le jour en 4 ans seulement !

Au-delà de caractères précis, la sélection a aussi permis de montrer que les Lacaune issues de ces travaux ont une grande capacité d’adaptation, à la diminution de l’alimentation ou à la mono traite, par exemple.

En conclusion, la brebis Lacaune version 2015 est une brebis mixte à haut potentiel de production et avec un lait de qualité. Elle est vite traite à la machine et possède des aptitudes fonctionnelles en amélioration. Aujourd’hui, après 50 ans de travaux, les deux branches lait et viande de la race sont totalement indépendantes. On peut dire qu’il s’agit de deux races distinctes.

Bérangère CAREL

05 mars 2015

Concours Général Agricole : l'Aveyron participe et gagne !

Simmental : une grande réussite !

Le concours spécial organisé par l’OS Simmental a eu lieu mardi 24 février sur le grand ring du Salon International de l’Agriculture à Paris.

Cinq vaches de l’Aveyron figuraient parmi les 17 présentes, «formidablement bien préparées», aux dires de Simmental France. Et elles n’ont pas démérité au milieu des championnes déjà récompensées au national à Cournon. En effet, deux prix de section «mamelle» leur sont revenus, et Edelweiss du GAEC Salelles a reçu le prestigieux prix de Meilleure Mamelle Adulte.

Tous les éleveurs aveyronnais se sont réjouis ensemble de cette récompense prouvant que le département confirme sa notoriété dans la race en France. Ils ont aussi, tout au long de la semaine, assuré, avec la Coopérative Jeune Montagne, la promotion du Laguiole et de l’Aligot. Beaucoup de visiteurs ont ainsi pu découvrir, déguster et acheter ces produits. Cette manifestation parisienne est vraiment l’endroit idéal pour mettre en avant les filières fromagères issues de la Simmental.

Aubrac : six récompenses

Le concours de la race Aubrac s’est déroulé mercredi 25 février. Six animaux originaires de l’Aveyron se sont distingués en accédant au podium.

Dans la catégorie des taureaux, Gracieux appartenant à Pascal Mempontel, de Saint Symphorien de Thénières, a remporté le prix de championnat mâle, ainsi que le premier prix des taureaux jeunes, nés avant le 15 février 2010. Ebène, du Gaec Peyrac La Gratarelle, de Cruéjouls, a quant à lui obtenu la meilleure place dans la catégorie des taureaux âgés.

Concernant les femelles, Béloune, du Gaec de Barrio à Laguiole, a brillé en remportant le prix du meilleur index femelle. Elle a aussi décroché la seconde place des vaches âgées, suivie en troisième position de Bataille, appartenant à l’EARL Besson, de Sainte Geneviève sur Argence.

Limousine : Granada sur le podium

Jeudi 26 février était le jour du concours limousin. Granada appartenant à l’EARL Calmelly de Bozouls, a gravi la deuxième marche du podium, dans la catégorie des vaches suitées de moins de 3 ans et 6 mois.

Granada était la seule représentante de l’Aveyron et la toute première vache du département à monter à Paris. En effet, jusqu’à présent, il n’y avait eu que des taureaux.

19 février 2015

Marque Charolais Aveyron : «Qualité, traçabilité, dynamisme»

Le syndicat Charolais de l’Aveyron a déposé une marque à l’institut national de la propriété intellectuelle en décembre 2014 : «Charolais Aveyron». La soirée de présentation et de lancement de cette marque avait lieu jeudi 12 février, à l’Hostellerie de Fontanges, en présence d’éleveurs, d’acteurs économiques et de medias de commercialisation.

«Notre démarche peut être résumée en trois mots : qualité, traçabilité et dynamisme», voici comment Olivier Maruéjouls, président du syndicat de la race, a entamé son discours de lancement de la marque. Il explique ensuite comment a germé dans l’esprit des éleveurs une telle démarche.

Regagner de la valeur ajoutée par l’innovation

«80 % des membres de notre structure ont moins de 40 ans ou avec une succession prochaine. Notre groupe est aussi soudé grâce à une seule et même passion : «le blanc»!». La jeunesse et le dynamisme du syndicat se traduit donc par une volonté d’innover pour aller de l’avant.

Olivier Maruéjouls explique aussi les difficultés économiques que traversent les éleveurs, surtout depuis un an lorsque le prix a perdu de 15 à 20 %. La création de la marque, par la reconnaissance de la qualité des produits qu’elle désigne, a donc pour objectif de rapporter de la valeur ajoutée sur les élevages.

Pour le président du syndicat, la marque a une double résonnance. Tout d’abord la renommée de l’Aveyron dans les grands centres urbains -Paris, Toulouse, Montpellier- n’est plus à prouver et se traduit par une image de «bon vivre» et de gastronomie. Ensuite, la charolaise est la première race de France et, selon Olivier Maruéjouls, la plus connue en tant que race à viande dans l’esprit des consommateurs français.

En outre, cette volonté de protéger l’association des deux mots, Aveyron et Charolais, découle en partie de ce qui s’est passé avec le nom Laguiole. «Nous voulons garder notre identité et maîtriser le devenir de nos produits», ajoute le président.

Le collectif au service de l’individu

Cette marque créée par le collectif pour le collectif se veut un outil pour les éleveurs qui sont «libres de l’utiliser comme ils le souhaitent à travers plusieurs créneaux de commercialisation : vente directe, boucheries traditionnelles, grande distribution, marchands, ou en bétail vif». La marque ambitionne donc d’être présente à la fois sur la filière du vif, surfant notamment sur la renommée des animaux aveyronnais à l’étranger, et à la fois sur la filière viande nationale en recréant le lien avec les consommateurs. «Cette marque doit relier les Hommes à un territoire et le territoire au produit» assure Olivier Maruéjouls.

Un pas vers l’avenir

Les perspectives imaginées par les éleveurs sont multiples. Le président évoque notamment la mise en place d’outils de commercialisation collective ou le rapprochement avec une filière qui a actuellement le vent en poupe, la démarche Bleu Blanc Cœur. Cette dernière se positionne sur le créneau de l’«alimentation-santé», en proposant des produits riches en Omega 3, grâce à un cahier des charges portant sur l’alimentation animale. «Nous devons répondre aux attentes des consommateurs», conclut le président avant d’inviter tous les convives à profiter du dîner-cocktail 100 % charolais, accompagné de vin de Marcillac, pour préserver ce lien entre produit et terroir.

Bérangère CAREL

12 février 2015

Marché ovin de Réquista : 1ère vente aux enchères lundi 23 mars

Le marché ovin de Réquista organise sa première vente aux enchères lundi 23 mars, avant l’ouverture de son marché hebdomadaire traditionnel. Un événement pour le chef lieu du premier canton moutonnier de France !

Le marché ovin de Réquista est déterminé à se donner un nouveau souffle, animé par l’association créée le 17 janvier dernier avec le soutien de la nouvelle municipalité élue en mars 2014. L’Association des Utilisateurs du Marché Ovin Réquistanais s’est dotée d’un conseil d’administration de dix éleveurs ovins, dont un élu de la municipalité, et dix acheteurs. Présidée par Claude Alvernhe, éleveur ovins lait, elle a donc décidé, avec l’appui du maire Michel Causse, d’impulser un nouvel élan au marché ovins de Réquista, aidée par Xavier Pérez, gestionnaire du marché. La vente aux enchères est programmée lundi 23?mars à 9h, avec des lots d’agneaux gris (4 à 5 bêtes) de 35 à 40 kg. Ils seront proposés en trois catégories, agneaux pure race à viande, agneaux Lacaune et agneaux croisés. Des prix seront remis aux deux meilleurs de chaque catégorie. La vente sera animée par ELVEA Nord Midi-Pyrénées-Lozère, partenaire de l'événement, aux côtés, selon les organisateurs, du syndicat des bouchers de l’Aveyron, de la Chambre d’agriculture, d’Interbev, des JA, de la FDSEA, de la FNO et de la filière.

«Le commerce d’animaux a évolué», commente Michel Causse, «notre marché de gré à gré est devenu moins attractif pour différentes raisons. Nous ne voulons pas rester passifs devant cette situation et insuffler une nouvelle dynamique à cet outil fondamental pour notre territoire», ajoute le maire, également président de la Communauté de communes du Réquistanais. Le marché de Réquista accueille désormais entre 45 000 et 50 000 animaux par an, et environ 1 200 ovins les lundis de haute saison. «Depuis sept ou huit ans, les apports baissent d’environ 7 % chaque année», regrette Xavier Pérez.

Pour Claude Alvernhe, le constat est clair : «notre marché mérite mieux ! Les éleveurs doivent pouvoir vendre à tout négociant adhérant au marché sans avoir la contrainte de respecter la règle contractuelle de trois acheteurs maximum. Il faut donc alléger le système. Nous avons invité à Réquista Maurice Huet, président d’Interbev ovins. Il faut aussi dire aux éleveurs que les brebis de réforme sont vendues ici entre 15 et 20 euros de plus par rapport aux autres modes de vente».

«Tout le monde doit jouer le jeu !»

Le souhait de l’association serait «de devenir opérateur commercial afin de donner plus de souplesse aux contrats signés entre éleveurs et acheteurs». Environ une vingtaine d’acheteurs sont autorisés à travailler sur le marché national de Réquista, dont l’agrément date du 30 novembre 1999. Chaque lundi, ce sont environ 500 éleveurs de la région qui viennent au marché de Réquista. Il se déroulait à l’origine dans l’ancienne halle couverte du village. Il a été transféré à la Borie de la Croix le 7 décembre 1992, avec une configuration modernisée, sur un site de 3 hectares. Il est doté de 4 400 m2 de surfaces couvertes, de 230 boxes métalliques et de 26 quais de déchargement. L’activité de la commune est fortement liée à la production ovine. Elle accueille en effet la Centrale laitière de Réquista (Roquefort Société, du groupe Lactalis), qui emploi 50 salariés.

«Notre commune veut aussi communiquer sur cette filière lors du passage du Tour de France le vendredi 17 juillet», annonce déjà Michel Causse. Le nouveau maire de Réquista, médecin à la retraite, est conscient de l’importance de la bonne santé économique du marché de Réquista : «ses cotations sont nécessaires à toute la filière nationale. Il prend le pouls de toute une production chaque semaine. Toute le monde doit donc jouer le jeu !».

Didier BOUVILLE

Contacts et inscriptions : mairie de Réquista au 05 65 74 02 39.

12 février 2015

Association des utilisateurs de chiens de troupeaux 12 : un programme 2015 chargé

L'assemblée générale de l'Association des utilisateurs de chiens de troupeaux de l'Aveyron (ACT 12) s’est déroulée jeudi 5 février sous la présidence de Frédéric Guiral.

L’association compte une trentaine d'agriculteurs qui utilisent les chiens de troupeaux au quotidien sur leurs fermes. Après le compte-rendu positif du bilan financier, il a été détaillé toutes les activités 2014 : démonstrations, concours bovins et ovins, formations ADPSA et journées d'entraînement.

Les projets 2015

- journée ACT 12 aux Cabaniols (Onet-le-Château) le 21 février, puis d'autres tout au long de l'année (dates à définir) ;

- concours qualificatif bovins les 18 et 19 juillet (comptant pour la finale nationale du 2 août en Dordogne) ;

- aide à l'organisation du concours de Ségur le 9 août ;

- «journée rencontre» avec les associations départementales voisines à Bellas le 5 septembre ;

- projet de concours ovins à Flavin (date et lieu à définir).

L'ACT 12 organise, à la demande, des démonstrations d'utilisation de chiens de troupeaux (sur ovins, bovins, oies...) lors de manifestations diverses (fêtes de village, foires exposition, journées commerciales…). Pour tout renseignement, contacter Frédéric Guiral au 06 70 51 99 88.

L'ensemble des participants tient à remercier Pierre Monnier, président de l'association du Cantal mais aussi nouveau président de la Fédération nationale. En effet, ce dernier a pu participer à cette réunion et préciser toutes les nouvelles règles des concours bovins.

Il faut aussi rappeler que l’ACT 12 est partenaire dans la promotion et la formation des nouveaux utilisateurs de chiens aux côtés de l'ADPSA qui les organise. Bernard Gauvain a rappelé qu'une soixantaine de stagiaires ont suivi cette formation en 2014. Il a ensuite annoncé les nouvelles dates à venir. Toutes les personnes désirant en savoir plus peuvent contacter l’ADPSA (0565737796).

Un nouveau bureau

Le renouvellement du bureau de l’ACT12 a été acté. Sandrine Nivière, démissionnaire, a été remplacée par Perrine Prieur.

Le nouveau bureau se compose donc comme suit :

- Frédéric Guiral, président ;

- Philippe Mirabel, vice-président ;

- André Trémolières, trésorier ;

- Jean-Claude Solladie, vice-trésorier ;

- Perrine Prieur, secrétaire ;

- Laurent Fages, vice-secrétaire.

La rencontre s’est conclue dans une ambiance conviviale autour d’un repas. Un grand merci à toutes les personnes présentes ainsi qu'aux nombreux partenaires pour leur aide précieuse lors des diverses activités.

Article ACT 12

05 février 2015

Syndicat Simmental française Aveyron : une race en progression !

L’assemblée générale du syndicat Simmental française de l’Aveyron s’est déroulée vendredi 30 janvier à St-Amans-des-Côts, sous la présidence de Pierre Salelles.

L'Aveyron est le premier département français en nombre de vaches Simmental. Environ 3 500 vaches sont inscrites au contrôle laitier dans le département, avec une production moyenne de 5 400 kg/vache, 39,6 g de TB et 33,9 de TP. Le syndicat Simmental française de l’Aveyron rassemble 65 adhérents et un effectif bovins «dont les trois quarts produisent du lait pour la coopérative Jeune Montagne à Laguiole», souligne le président Pierre Salelles.

Bilan d’activités 2014

Le président a loué la forte mobilisation des éleveurs durant l’année 2014, dans un bilan d’activité marqué par les Journées laitières de Baraqueville. «Cette première semaine de mai a été particulièrement chargée avec 80 animaux exposés, entre notre concours départemental de St-Amans du 1er mai puis les Journées laitières de Baraqueville. Le concours de St-Amans reste un rendez-vous phare pour notre syndicat. La qualité des animaux présentés permet d’affirmer et d’exposer nos objectifs de sélection au niveau de l’Organisme et de l’Entreprise de Sélection Simmental». Quant aux Journées laitières de Baraqueville, «elles furent un grand succès, avec une très bonne organisation», ajoute- t-il. Autre évènement marquant, la 3ème vente de génisses du 21 août au GAEC de Salelles à Curières, «avec une trentaine d’animaux exposés puis tous quasiment vendus».

Le Sommet de l’Elevage de Cournon en octobre a accueilli le concours national Simmental. Une délégation aveyronnaise y participait avec une quinzaine d’animaux dans les sections de vaches françaises et étrangères. «La qualité des animaux était au rendez-vous», continue Pierre Salelles. «Cournon a été un succès avec de nombreux contacts auprès des visiteurs». Le président a remercié les partenaires ayant accompagné les éleveurs, d’abord le Crédit Agricole, représenté lors de l’assemblée générale par Philippe Viguier, vice-président de la Caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, «avec lequel nous avons mis en place un partenariat pour les trois années à venir». Puis la coopérative Jeune Montagne, «qui nous suit et aide bon nombre de nos activités» et le Conseil général, «qui nous accorde sa confiance chaque année».

Projets 2015

Le programme 2015 du syndicat Simmental française de l’Aveyron «s’annonce plus calme», admet le président, «à toutes les manifestations traditionnelles de cette année, vont se rajouter les Journées laitières de la Lozère, où l’Aveyron est invité dans le cadre d’un concours régional».

Le syndicat Simmental française de l’Aveyron présentera quatre animaux sélectionnés au concours général Simmental du prochain Salon International de l’Agriculture (SIA) à Paris. Le concours rassemblant 14 vaches aura lieu mardi 24 février sur le grand ring des bovins. «Nous y serons en partenariat avec Jeune Montagne», poursuit Pierre Salelles. «Pendant les dix jours du SIA, sera couplé au stand de l’OES Simmental, un espace communication et ventes de produits de la coopérative Jeune Montagne».

Gilbert Cestrières, président de la coopérative Jeune Montagne, était présent à l’assemblée générale de même que René Garrigues, président de Coopelso, Hervé Vignon, directeur de l’OES Simmental France et André Dalmières, directeur de l’EDE Aveyron.

Effectifs en hausse

Hervé Vignon a fait un large point sur la race Simmental au niveau national.?Le cheptel français Simmental est aujourd’hui de 39 464 têtes, dont 35 000 au contrôle laitier officiel. Soit une progression d’environ 1 000 animaux sur une année. «Cette tendance vers la hausse est régulière depuis les années 2010», relève Hervé Vignon, «la Simmental est de plus en plus reconnue notamment pour ses qualités maternelles avec une présence dans 75 départements français, sur quasiment l’ensemble du territoire national». Plus de 300 nouveaux cheptels Simmental ont ainsi été créés durant les cinq dernières années.

L’Aveyron reste donc le premier département français en nombre de vaches Simmental et en nombre de troupeaux, de l’ordre de 174, selon le directeur de l’OES Simmental France. Au niveau des inséminations artificielles (IA), cette race mixte est là-aussi sur une belle dynamique avec un total de 43 155 unités. «Nous sommes en progression de 30 % comparé aux autres races laitières, et avec un croisement sur quatre».

Didier BOUVILLE

22 janvier 2015

Comité de Développement Agricole Rodez Nord : produire des protéines au moindre coût !

Le Comité de Développement Agricole de Rodez Nord de la Chambre d’agriculture a organisé mardi 20 janvier à Saint Christophe Vallon une rencontre sur le thème : «autonomie en protéines, des solutions pour réduire sa facture». Elle était notamment animée par Christian Abadie, agriculteur du Gers dont l’exploitation est autonome en protéines et pratique le non labour.

Environ une centaine d’éleveurs ont répondu présent à l’invitation du Comité de Développement Agricole de Rodez Nord (CDARN) co-présidé par Pierre Joffre et Claude Falip. La matinée a été consacrée à l’intervention de Christian Abadie, agriculteur à Estampes (Gers). Adepte du semis direct sous couverture végétale, il a développé des systèmes avec deux cultures par an sur la même parcelle, intégrant notamment des méteils riches en protéines. Des éleveurs locaux ont témoigné l’après-midi sur les différentes sources de protéines possibles sur les exploitations (luzerne et autres légumineuses, méteils, meilleure utilisation de l’herbe).

Pierre Joffre a rappelé que l’autonomie fourragère des exploitations avait des «marges de manœuvre» pour réduire les coûts de production, et que la Chambre d’agriculture avait organisé de nombreuses réunions sur le sujet, notamment des rendez-vous «coin de champs». Michel Weber, conseiller Références de la Chambre d’agriculture, a rendu compte de la consommation des protéines dans les élevages aveyronnais, avec l’étude Cantogether réalisée par l’INRA sur la région du Ségala auprès de 2?400 exploitations.

Travail et fertilité du sol

Christian Abadie est installé en GAEC avec son frère dans le Gers avec un élevage bovins lait (70 vaches) et des grandes cultures, sur une SAU de 108 ha. «Si l’agriculteur est impuissant face au prix des aliments, il peut en revanche agir en faveur de la baisse de ses coûts de production», explique-t-il. Pour Christian Abadie, «il est possible de travailler avec des systèmes agricoles durables et le semis direct sous couvert végétal, lequel est une réponse cohérente face à la baisse de fertilité des sols».

Il ajoute : «la diminution de la matière organique et l’érosion doivent nous encourager à arrêter le travail du sol. En améliorant alors la fertilité du sol, il est possible, à terme, de favoriser les rendements en utilisant moins d’intrants». Il conseille «de jouer la carte des légumineuses, en captant de l’azote atmosphérique qui sera restituée avec la culture suivante». Selon Christian Abadie, «nous n’avons rien inventé avec ces techniques. Nos grands parents parlaient déjà d’engrais verts à leur époque, et sans pour cela aller vers l’agriculture biologique».

Des témoignages locaux

L’agriculteur gersois accueille chez lui des groupes d’agriculteurs et collabore avec des conseillers de Chambres d’agriculture. «La France a du retard dans ces techniques visant à supprimer le labour et améliorer la qualité des sols, sans pénaliser les rendements. Des pays comme le Canada, l’Angleterre ou les USA, sont devant nous avec l’objectif de diminuer le travail du sol pour conserver le plus de matière organique possible». Christian Abadie milite donc en faveur de deux cultures par an : «il ne faut pas laisser un sol nu en hiver qui favorise l’érosion», insiste-t-il.

Trois éleveurs locaux ont témoigné durant l’après-midi sur leurs différentes stratégies d’autonomie protéique. Avec par exemple des systèmes orientés sur le pâturage, la luzerne, le pâturage tournant, la meilleure gestion de l’herbe, ou la culture de méteil, une plante riche en protéines comme l’a déjà souligné Christian Abadie. La salle est ensuite revenue sur les résultats d’essais maïs-soja (dit maya) et méteils menés sur les communes de Nauviale et St-Cyprien (VP du 18 décembre 2014). Christian Abadie a répondu aux nombreuses questions de la salle.

Les bases de l’agronomie

Claude Falip, co-président du CDARN, a conclu «sur la nécessité pour les éleveurs de s’adapter sans cesse, de réfléchir sur les l’évolutions des pratiques agricoles et agronomiques afin d’aller plus loin en faveur de la performance économique des exploitations». Le CDARN s’est en effet fixé une feuille de route 2014-2015 ayant pour objectif «de travailler sur l’autonomie des exploitations et de revenir aux bases de l’agronomie». Cette journée était par ailleurs organisée avec le concours financier du CASDAR (ministère de l’agriculture et de l’agence de l’eau Adour-Garonne).

Didier BOUVILLE

22 janvier 2015

Transmission des exploitations ovins viande en Aveyron : rencontre réussie dans le Villefranchois

A la demande du Comité bassin ovin viande de la Chambre d'agriculture, une action sur la transmission des exploitations dans cette filière a démarré sur le département, territoire par territoire. La rencontre organisée en décembre dernier pour les éleveurs ovins du Villefranchois a constitué une expérience pilote réussie puis-qu'une vingtaine de partici- pants environ ont pris part aux discussions.

«Pour maintenir le dynamisme de notre filière et de notre territoire, nous devons favoriser la transmission dans les élevages ovins» : c’est l’un des messages qu’Edith Bonnefous, présidente du Comité bassin ovin viande et responsable professionnelle au comité de développement agricole du Villefranchois, a fait passer lors de la rencontre organisée le 11 décembre à Villefranche de Rouergue.

Parallèlement à cette initiative régionale, la filière ovine soutient au plan national un axe de travail sur la relance de la production et donc la transmission des exploitations pour répondre aux futurs enjeux de la filière.

Etat des lieux de la transmission

Les discussions ont tout d’abord porté sur les chiffres reflétant la situation des élevages ovins en matière de succession sur le territoire du Villefranchois. Le constat est préoccupant, car parmi les 96 éleveurs ovins qui ont plus de 50 brebis mères, 43% ont plus de 50 ans. Dans l’hypothèse où toutes les exploitations a priori sans succession ne trouveraient pas de repreneur en dehors de l’agrandissement, 14% des exploitations ovines du territoire pourraient disparaître d’ici dix ans. Notons que ce vieillissement des exploitants n'est pas l'apanage des ovins viande : il affecte aussi les autres filières.

Une donne économique favorable à la filière

Depuis une vingtaine d’années en France, la consommation de viande ovine représente environ le double de la production nationale, et ce même si cette consommation a diminué, a expliqué Dominique Delmas, animateur du Comité bassin ovin viande à la Chambre d'agriculture. Cet écart est en partie comblé par des importations. Cependant, la réorganisation des marchés mondiaux change progressivement la donne. En effet, le marché chinois s’ouvrant largement aux gros exportateurs (Nouvelle Zélande…), les flux de viande ovine de ces pays sont réorientés vers l’Asie plutôt que vers l’Union Européenne. En conséquence, globalement les importations diminuent en France, ce qui entraîne un déficit d’approvisionnement et une hausse des prix de l’agneau.

Une filière bien «outillée» et structurée

La filière aveyronnaise est particulièrement bien outillée pour soutenir cette progression puisqu’un appui technique est proposé aux producteurs par les organisations professionnelles. De plus, il existe quatre abattoirs (Rodez, Villefranche, Capdenac et Saint-Affrique), deux centres d’insémination et une organisation régionale originale qui permet de bien coordonner les acteurs de la filière.

Transmission : anticiper pour pouvoir agir

L’intervention de Christian Poncet (ADASEA d’Oc) a permis de clarifier les grandes étapes de la transmission et de mettre en avant l’importance d’anticiper celle-ci plusieurs années avant la retraite. Les outils à disposition des cédants et des repreneurs ont été présentés à cette occasion : Point Info Cessation-Transmission, CEFI, aide PIDIL, répertoire départ installation (RDI)...

L'après-midi s'est terminée autour du verre de l'amitié. Une occasion aussi de partager ensemble les points de vue sur la production. Les ovins viande connaissent depuis ces dernières années une embellie et de réelles opportunités, et c'est sur cette conclusion positive que s'est clôturée la réunion.

Héloïse Gonzalo

animatrice de territoire Villefranchois, Chambre d’agriculture

15 janvier 2015

Déplacement du préfet sur une exploitation : zone vulnérable et filière porcine

Le préfet Jean-Luc Combe a été accueilli par la profession agricole sur une exploitation porcine et ovine mardi 13 janvier à Escandolières.

A l’invitation de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’agriculture, à quelques jours de la signature de l’arrêté préfectoral concernant la révision de la zone vulnérable du bassin Adour-Garonne, le préfet s’est rendu sur l’exploitation de Christophe Palayret au Galadieu, commune d’Escandolières. Les responsables syndicaux ont évoqué avec lui plusieurs dossiers d’actualité, dont ceux relatifs à la zone vulnérable ou à la filière porcine.

Jean-Luc Combe a confié qu’il était important pour lui «d’être au contact de la réalité et du terrain».?Il a loué «la qualité des paysages, des femmes et des hommes qui font l’agriculture aveyronnaise, essentielle avec l’agroalimentaire dans l’activité économique du département et le milieu rural». Ses propos prolongeant ceux du maire d’Escandolière, Isabelle Baron, qui avait auparavant souligné l’importance de soutenir et de développer une agriculture proposant des produits de qualité exceptionnels.

Le préfet a aussi rappelé, comme lors de ses vœux à la presse, que la nouvelle PAC était «favorable aux zones de montagne et à l’agriculture familiale», évoquant aussi «la transparence des GAEC et la reconnaissance de tous les associés».

Didier BOUVILLE

01 janvier 2015

Identification ovine-caprine : repère électronique à partir du 1er janvier

Au 1er janvier 2015, les ovins et les caprins adultes devront avoir un repère électronique à la sortie de l’exploitation.

L’électronisation des animaux adultes nés avant le 9 juillet 2010 reste la procédure de référence (colonne de gauche dans la plaquette du ministère de l’agriculture). Une dérogation pour les animaux commercialisés et n’ayant jamais eu de repère électronique est mise en place à compter du 1er janvier 2015 : cette procédure d’urgence est appelée surbouclage (colonne de droite). Toutefois le déplacement vers un autre élevage est interdit.

Cette disposition est accordée à titre dérogatoire et temporaire pour les années 2015 et 2016.

Enfin cette modalité concerne peu d’animaux aveyronnais puisqu’elle ne s’applique pas aux :

- animaux nés entre le 9 juillet 2005 et le 30 juin 2010 et ayant été identifiés avec un repère électronique (électronisation),

- animaux nés depuis le 1er juillet 2010,

- animaux nés avant le 9 juillet 2005 et identifiés avec des repères saumon,

- ovins et caprins partant à l’équarrissage.

Céline FRIOT, service Elevage Chambre d’Agriculture Aveyron

18 décembre 2014

Chronique ovine : la tétée de colostrum, étape cruciale

Dans le cadre de la reconquête ovine, le réseau Références Midi-Pyrénées et le Comité bassin ovin viande proposent, en partenariat avec le CIIRPO*, une série d'articles techniques. Cette semaine, le deuxième volet de cette chronique ovine cible la qualité et la consommation du colostrum. Le sujet est crucial, un quart de la mortalité des agneaux étant lié à un défaut de tétée du colostrum.

(*) CIIRPO : Centre Inter-régional d'Information et de Recherche en Production Ovine (87 - Le Mourier).

Les défauts de tétée du colostrum sont à l’origine de 24% de la mortalité des agneaux, soit directement par épuisement de l’agneau, soit indirectement car les maladies infectieuses sont alors favorisées.

Le colostrum fait office d’assurance vie pour le nouveau-né qui est dépourvu de défenses immunitaires. Il prévient les pathologies infectieuses dans le jeune âge : collibacillose, arthrite, pasteurellose… Ce premier lait est également riche en matière grasse, d’où son aspect parfois crémeux. Il fournit à l’agneau l’énergie nécessaire à sa survie dans les premières heures qui suivent sa naissance.

Vérifier la mamelle dès la mise bas

L’agneau doit téter une quantité suffisante de colostrum dans un intervalle de temps court après la naissance, c'est-à-dire dans les six heures. Sans cela, le risque de mortalité est multiplié par deux. Ainsi, avant toute chose, il faut vérifier dès l’agnelage que les deux mamelles de la brebis sont bien pourvues en colostrum, et déboucher les trayons. Pour un nouveau-né qui dispose d’un colostrum de qualité moyenne, 200 à 400 ml (en plusieurs tétées) conviennent.

Il est essentiel de bien garder en tête que le taux d’absorption des immonuglobulines (IgG) par la barrière intestinale diminue très rapidement après la naissance : six heures après, il est déjà divisé par deux, et 24 à 36 heures après la barrière intestinale ne laisse plus rien passer. Si vous souhaitez en savoir plus, des fiches techniques et des vidéos sont à votre disposition sur www.reconquete-ovine et www.idele.fr.

Du colostrum de dépannage

Le colostrum fournit à l’agneau de l’énergie et des défenses immunitaires par le biais des immunoglobulines. Pour acquérir une bonne immunité, un agneau de 4 kg à la naissance (poids moyen sur des portées doubles) doit boire de 200 à 400 ml de colostrum dans les six premières heures de vie.

Si la brebis n’a pas suffisamment de colostrum, plusieurs alternatives sont possibles. La plus efficace reste de traire une autre brebis du même lot et ayant mis bas dans la demi-journée. Rester dans ce délai est essentiel, car neuf heures après la mise bas, la concentration en anticorps d’une brebis qui a été tétée par son agneau est déjà devenue trop faible.

Il est d’autre part possible de constituer une banque de colostrum conservé au congélateur. Le colostrum est alors stocké dans des bouteilles d’un demi-litre, des pots ou des poches à glaçons. Ces modes de conditionnement sont adaptés lorsqu’il s’agit d’un dépannage ponctuel. En plein cœur de l’agnelage d’un lot important de brebis, une bouteille d’un litre de colostrum peut aussi être conservée durant une journée au réfrigérateur.

Le plus efficace en matière de protection reste le prélèvement de brebis du même élevage, puis celui de vaches de l’élevage et enfin celui de femelles dans un autre élevage. Dans ce dernier cas, il convient de s’assurer du statut sanitaire des animaux. Attention aussi pour la décongélation du colostrum, qui doit être effectuée au bain-marie et non au four à micro-ondes, ce dernier détruisant toutes les immunoglobulines.

S’assurer de la qualité du colostrum

Si le colostrum de brebis se révèle de bonne qualité dans 80% des cas, seulement 50% des colostrums de vaches seraient de nature à couvrir les besoins d’un agneau, selon une étude récente réalisée sur des Prim’Holstein.

Vous pouvez évaluer la qualité du colostrum avec un pèse colostrum (compter environ 27 € HT) ou bien un réfractomètre (de 40 à 200 €).

Enfin, en ce qui concerne les compléments de colostrums actuellement commercialisés, il faut se référer à leur posologie en sachant que 12 à 24 g d’IgG sont nécessaires pour protéger un agneau. Mais à elle seule, cette méthode est dans la grande majorité des cas peu efficace sur le plan des apports d’immunoglobulines.

Laurence Sagot, IE-CIIRPO, et Dominique Delmas, animateur ovin viande Chambre d’agriculture

11 décembre 2014

Le transport d’animaux d’élevage : bien-être animal et valeur marchande

Les dispositions du règlement européen (CE) n° 1/2005 encadrent tout transport d’animaux vivants dans les pays membres de l’Union Européenne. La législation européenne en matière de protection animale vise à épargner aux animaux toute souffrance inutile dans trois domaines principaux : l’élevage, le transport et l’abattage.

Ainsi, le traité d’Amsterdam, adopté en 1997, préconise, dans son protocole sur la protection et le bien-être des animaux, que «l’Union et les États membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles». Plus prosaïquement, le transport d’animaux d’élevage est encadré par une législation stricte, permettant «d’assurer» à la fois la valeur marchande transportée et de répondre aux normes de bien-être animal. Pour ce faire, les éleveurs et marchands de bestiaux utilisent des vachères, bétaillères, camions-bétaillères construits dans le respect du confort de l’animal, de leurs conditions sanitaires et du code de la route. Avec des dispositions réglementaires en termes de distances et de durées de transports bien encadrées.

Les textes de protection des animaux en cours de transport comptent parmi les plus anciennes dispositions réglementaires européennes en matière de protection animale.

La première recommandation du Conseil de l’Europe adoptée dans ce domaine date de 1961. Elle a abouti à une Convention effective en 1971, laquelle posait déjà les bases des textes réglementaires d’aujourd’hui. Une attention particulière était alors portée à la conception des véhicules, à l’aptitude des animaux au transport, aux conditions de transport, aux contrôles vétérinaires, au traitement des animaux et aux différents modes de transport (rail, route, bateau, avion, containers).

Le règlement européen CE 1/2005 renforcé en 2004

Depuis, l’Union européenne (UE) a entrepris une refonte importante de ses règles en matière de transport d’animaux vivants. En vigueur depuis le 5 janvier 2007 dans les 27 pays de l’Union, le règlement (CE) n° 1/2005 du Conseil du 22 décembre 2004 renforce notamment les mesures de surveillance, d’autorisation et de contrôle. Il prévoit des règles plus strictes pour les transports de longue durée et définit des normes supplémentaires de conformité pour les véhicules, comme précisées dans ce dossier.

«Etres vivants doués de sensibilité»

Par ailleurs, et en lien avec une actualité législative récente, les animaux se «rangeaient» depuis 1804 dans la catégorie des «biens meubles», sans reconnaissance particulière de leur statut «d’êtres doués de sensibilité». En 1999, un premier pas fut franchi dans le droit animal, la distinction était établie entre animaux et autres corps inanimés (article 528 du Code civil). Puis, plus près de nous, les députés français ont entériné le 30?octobre dernier l'amendement qui donne aux animaux la qualité «d'êtres vivants doués de sensibilité».

Le savoir-faire des éleveurs

Dans ce texte, l'article 1er bis considère les animaux comme «des êtres vivants doués de sensibilité soumis au régime des biens corporels». Cette nouvelle définition du Code civil s’aligne ainsi sur celles des Codes pénal et rural, mais ne concerne aucunement les animaux sauvages. Critiqué par la profession agricole et la FNSEA craignant que cette décision «ne remette en cause la pratique de l’élevage», la dernière rédaction du texte a finalement rassuré les éleveurs. Ces derniers redoutaient en effet «une remise en cause de leur savoir-faire en matière de bien-être animal». Alors que ce bien-être animal va de pair avec la bonne santé économique de leur exploitation agricole !

Didier BOUVILLE

Article extrait de notre dossier spécial de la Volonté Paysanne datée du jeudi 11 décembre 2014.

11 décembre 2014

Formations Bovins viande : bien conduire ses génisses

Les cinq journées techniques organisées début décembre par le service Bovins viande de la Chambre d’agriculture ont rassemblé environ 70 personnes sur le thème «bien conduire ses génisses». Une formation qui fut aussi source de nombreux échanges entre les éleveurs soucieux d’optimiser leur système pour un meilleur revenu.

Ces rendez-vous techniques, animés par les 9 techniciens du service élevage de la Chambre d’agriculture, ont donc été un succès au vu de la participation. «Nous avons réuni en effet 70 personnes, de nombreux éleveurs mais aussi des conseillers, des inséminateurs, des techniciens de races...», résume Frédéric Mazars, responsable de l’équipe Bovins viande de la Chambre d'agriculture, basé à Bernussou à Villefranche de Rouergue.

Le thème «bien élever ses génisses, avenir du troupeau» était pertinent et répondait aux attentes des professionnels de la filière bovins viande. «Un élevage de génisses commence dès la naissance. Pour un veau femelle, le plus important concerne la phase de 0 à 4 mois», précise Frédéric Mazars. «C’est un moment à ne pas rater.?Le lait de la mère doit être bien équilibré, avec des fibres à disposition, de l’eau, du sel, et un peu de concentré adaptable au besoin du jeune veau femelle».

Bien préparer des futurs ruminants

Les phases-clés pour réussir des vêlages à trois ans ont été clairement précisées lors des cinq journées de formation. «De 0 mois jusqu’au sevrage, il faut viser entre 800 g et 1,100 kg/ jour de gain moyen quotidien (GMQ)», continue Frédéric Mazars, «car les veaux trop gras ou trop maigres seront les moins productifs au sein de l’élevage». Du sevrage à la reproduction, la barre sera placée à 600 g/jour de GMQ, puis de la reproduction au vêlage, à 500 g/jour de GMQ. Autre constatation, «la conduite des génisses impacte la santé globale du troupeau. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de préparer des futurs ruminants efficaces sur l’assimilation (en production lait ou viande) de l’herbe et des fourrages récoltés».

En guise de conclusion, Frédéric Mazars insiste : «bien élever ses génisses, c’est travailler sur la bonne santé du troupeau et de l’autonomie, pour une production de kilogrammes produits, et pour le meilleur revenu au final. Car plus l’éleveur produit des kg grâce aux vaches valorisant le mieux possible l’herbe, moins cela aura des conséquences sur son coût de production naturellement».?

Et de citer quelques exemples : «une herbe pâturée, c’est environ 30 euros/tonne de matière séche. Une herbe stockée, c’est environ 90 euros, et du concentré autour de 300 euros». Les éleveurs ont donc validé et enregistré rapidement ce calcul !

Didier BOUVILLE

04 décembre 2014

Chronique ovine : moins de petits agneaux à l’agnelage

Dans le cadre de la reconquête ovine, le réseau Références Midi-Pyrénées et le Comité bassin ovin viande proposent, en partenariat avec le CIIRPO*, une série d'articles techniques intitulés «Chronique ovine». Démarrons cette semaine avec le sujet de la vitalité des jeunes agneaux, fortement liée à la qualité et à la composition de la ration apportée aux mères durant les dernières semaines de gestation.

(*) CIIRPO : Centre Inter-régional d'Information et de Recherche en Production Ovine (87 - Le Mourier).

Un poids insuffisant à la naissance est la principale cause de mortalité des agneaux (source : Massif mortalité, étude CIIRPO/ UMT Santé des troupeaux de petits ruminants 2011 - 2013). Jusqu’à 60 jours d’âge, ce critère représente plus de 16% de la mortalité totale.

Bien connaître les besoins des mères

C’est au cours des quatre dernières semaines de gestation que le poids de la portée se détermine. Il est alors conditionné en grande partie par la ration de la mère. Tout ce que mange la brebis profite aux agneaux et toute carence peut avoir des répercussions sévères. Si le taux de prolificité le justifie (plus de 130 %), la réalisation d’un diagnostic de gestation permet de séparer les portées de simples et de multiples dans le dernier mois de gestation, et, ainsi, d’adapter la ration des brebis à leurs besoins, lesquels varient selon la taille de la portée. Cet examen doit être réalisé entre 40 et 60 jours après le retrait des béliers et sur des brebis à jeun. Il coûte entre 0,60 et 1,50 € par brebis.

Ne pas oublier l'apport d'azote

Pour des rations en bergerie, il est important de ne pas négliger les apports en azote. A l’exception des fourrages exclusivement constitués de légumineuses, un apport de concentré azoté (complémentaire azoté du commerce, tourteaux de soja ou de colza, pois…) est indispensable, au moins pendant les trois dernières semaines de gestation. Pour une brebis portant deux agneaux par exemple, la ration se compose de 500 g de céréales, 300 g de tourteau de colza et 20 g de complément minéral avec un foin de qualité moyenne à volonté.

D’autre part, le rationnement des fourrages particulièrement encombrants est fortement conseillé afin d’éviter les prolapsus (ou sortie de vagin). La consommation d’enrubannage ou de regain doit être limitée à 1 kg de matière sèche par brebis et par jour. Pour des brebis à l’herbe, il est conseillé d’apporter de 300 à 500 g de céréale par brebis portant deux agneaux ou plus.

Laurence Sagot, Institut de l’Elevage - CIIRPO, et Dominique Delmas, animateur ovin viande Chambre d'agriculture

27 novembre 2014

Formation : optimiser le revenu en bovins viande

Le fonds pour la formation des entrepreneurs du vivant, VIVEA, a lancé un programme de formation «Efficacité technique, compétitivité économique pour les éleveurs de bovins viande». Ce programme est aujourd’hui décliné en Midi-Pyrénées, et mis en œuvre en Aveyron.

Dès la fin 2010, le conseil d’administration de VIVEA a souhaité accompagner les éleveurs de bovins viande confrontés à la crise. En 2011, diverses mesures ont permis d’élaborer un cahier des charges permettant à des groupes d’éleveurs d’engager des réflexions les amenant à être plus autonomes dans les décisions de conduite de leurs élevages. Pour être décideur il faut développer ses compétences sur les aspects techniques et économiques : mortalité des veaux, santé des animaux, productivité, gestion du pâturage, complémentation, gestion des investissements... C’est pour cela que le comité VIVEA Midi-Pyrénées a ouvert un cahier des charges de formations spécifiques pour les éleveurs de bovins viande du nord Midi-Pyrénées.

Une démarche innovante

A travers cette thématique, c’est une nouvelle manière d’aborder la formation que VIVEA propose aux éleveurs. Francis Grau, président du comité VIVEA Aveyron et de la section bovins viande FDSEA, en explique le principe : «Le cahier des charges national étant adaptable aux problématiques locales, nous avons initié une réflexion collective, avec tous les opérateurs de la filière, qu’ils soient économiques, techniques ou syndicaux. Afin de couvrir le territoire et les différentes conduites d’élevage, nous avons organisé deux réunions, une à Espalion et l’autre à Baraqueville, en mars-avril 2014.»

L’objectif à travers ces rendez-vous est de faire échanger opérateurs et éleveurs afin de construire une dynamique et un avenir pour les filières. «Les journées d’échange sont primordiales pour cons-truire un programme de formation adapté aux besoins des éleveurs et qui les incite à partici- per. Nous devons proposer des formations de proximité et assorties de prestations rattachables, c’est-à-dire du conseil individuel».

Gagner en autonomie

Il s’agit bien ici de susciter la réflexion des éleveurs et non d’imposer un modèle de réussite. L’idée est justement de donner plus d’autonomie aux agriculteurs dans les décisions de gestion de l’exploitation. «L’élevage bovins viande a encore des marges à gagner. Notre perspective est de maintenir la production en actionnant divers leviers, propres à chaque exploitation. Ces progrès peuvent se situer au niveau de la génétique, de la gestion du pâturage, de l’alimentation, ou encore des itinéraires culturaux.»

Encourager l’initiative

Aujourd’hui, une formation de 3 jours est en cours de réalisation. Elle s’intitule «Autonomie et cohérence du système en élevage bovins viande». Mise en place par la Chambre d’agriculture et l’ADPSA, elle fait intervenir des conseillers en bovins viande, en agronomie, ainsi qu’un conseiller de la mission Références. Pour renforcer le dispositif, les responsables souhaitent voir se multiplier les initiatives dans tout le département. Si un éleveur est intéressé pour participer ou initier un groupe de réflexion, il doit se signaler auprès de son comité de développement agricole. Toutes les initiatives seront les bienvenues, d’autant que le cahier des charges VIVEA est très ouvert.

Bérangère CAREL

27 novembre 2014

JA-Chambre d’agriculture : ovins viande, une filière qui recrute

Pour la quatrième édition, le comité bassin ovins viande de la Chambre d’agriculture de l’Aveyron et le syndicat Jeunes Agriculteurs ont organisé conjointement mardi 25 novembre, à Sévérac-le-Château, une journée de promotion de la filière ovins viande auprès d’une quarantaine d’élèves des lycées agricoles de La Cazotte et de Saint Chély d’Apcher.

Cette opération séduction est organisée tous les ans depuis 2011, sur un territoire différent. Après Druelle, Roussennac et Rullac Saint Cirq, c’est à Sévérac le Château que la profession a invité les élèves des établissements d’enseignement agricole de l’Aveyron et de la Lozère. La journée se déroule en deux temps : une matinée en salle, suivie d’une visite d’exploitation, chez Laurent Cabirou à Saint Dalmazy, sur la commune de Sévérac. L’objectif de cette journée est de susciter des vocations en redorant le blason d’une filière qui est encore aujourd’hui négativement et injustement connotée, comme un atelier secondaire, peu technique et avec peu de valeur ajoutée... Pour cela, Dominique Delmas, conseiller à la Chambre d’agriculture spécialisé dans la filière, des éleveurs témoins et des responsables professionnels et administratifs des opérateurs viennent échanger avec les futurs agriculteurs.

Une filière rentable

De la conjoncture favorable et du travail de tous les acteurs de la filière ovine, résulte un prix en constante augmentation depuis 2008. Les opérateurs prévoient un prix des agneaux lourds en 2014 autour de 117-118 euros. Cela signifie une augmentation de 25 % en 6 ans. Malgré les hausses de charges sur cette même période, la remontée des cours conjuguée à la revalorisation des aides PAC, engendre une augmentation du revenu agricole de près de 50 % sur un cas type Ségala. Cependant on note encore des marges de progrès à gagner chez les éleveurs aveyronnais, en ce qui concerne la modernisation des équipements, les charges alimentaires, ou la productivité, premier facteur de revenu.

Qualité de vie

Les éleveurs présents ont partagé leur expérience avec les élèves, avec comme point commun l’accent mis sur la qualité de vie.

Edith Bonnefous, présidente du Comité Bassin ovins viande a témoigné. «Cet élevage est adapté à la vie de famille et au travail des femmes». Elle est installée en GAEC avec son mari et un jeune, hors cadre familial. Elle insiste sur la nécessité de communiquer. «Nous avons dès le début établi un réglement intérieur contenant les objectifs et projets de chacun, ainsi que quelques règles de fonctionnement. Nous réévaluons ce document tous les ans.» L’exploitante a aussi rappelé l’importance de réaliser la formation portée par la Chambre d’agriculture, sur la gestion des rapports au sein d’une société.

Bérangère CAREL

09 octobre 2014

National Aubrac : la belle aux yeux noirs a été à la hauteur !

L’Aubrac était en tête d’affiche lors du Sommet de l’élevage. Plus de 400 animaux ont fait honneur à cette race qui a conquis de nouveaux cœurs d’éleveurs français et étrangers !

Cette belle race n’est pas passée loin de l’extinction, des éleveurs passionnés ont pris le bleu de chauffe, il y a une quarantaine d’années, pour sauver les quelque têtes restantes. En 2000, le cheptel comptait 105 462 vaches, 144 528 en 2008 et 181 133 cette année. Le nombre d’exploitations est croissant, ce dont se félicite Henri Peyrac, président de l’organisme de sélection Aubrac.

Le concours national est l’aboutissement d’un long travail, notamment en matière de génétique. «La progression du cheptel a été fulgurante, note-t-il. Les élevages ne sont plus dans une optique de course au poids, comme il y a quelques années. La morphologie et la bonne adéquation à un standard de race sont importantes. Mais un animal doit d’abord être productif et l’éleveur s’y retrouver, entre autres, en terme de coûts de productions».

Pour le concours, des seuils de productivité avaient été fixés par l’Upra. Pas question d’y déroger, sous peine de se faire refuser le droit d’entrée. Les vaches possédant un rang de vêlage compris entre trois et sept devaient avoir un IVV inférieur à 410 jours, seuil passant à 390 jours pour les femelles les plus âgées. Mêmes exigences pour le poids : les mâles de plus de cinq ans ne devaient pas dépasser 1 224 kg ; pour les femelles, le poids maximum des génisses de deux ans a été fixé à 760 kg, 879 pour les vaches entre sept et neuf ans, 808 kg au-delà de 12 ans. «Les éleveurs ont très bien intégré ces critères, poursuit-il, des animaux robustes, capables de monter en estive».

Effectifs en hausse de 25 % depuis 2008

Repenser les critères de sélection de l’Aubrac a été bénéfique pour l’essor de la race, les effectifs ont progressé de 25 % depuis 2008. Les préconisations axées sur le tonnage de viande ? Terminé. «Qualités maternelles, facilités de vêlages ou capacités à allaiter sont des choses sur lesquelles nous travaillons. La marge nette nous intéresse davantage que le produit brut».

Au total, 400 animaux entrant dans les standards évoqués plus haut ont foulé le ring auvergnat. En section, les animaux sont jugés à la marche. Ce sont les éleveurs qui jugent leurs pairs. Les animaux tournent quelques minutes, le temps pour les juges de se faire une idée. Puis c’est la fin de la ronde, les éleveurs alignent leurs animaux. Il est ensuite demandé aux pousseurs de quitter le ring. Le temps s’égraine et souvent les animaux piétinent. Il faut alors se réaligner pour ne pas casser l’harmonie du rang et préserver la rectitude des aplombs. Le duo de juges explicite systématiquement son classement : «Un animal complet avec un bon bassin et une remarquable assise ; un bon reproducteur ; une mère à taureaux, etc.» Autant de qualificatifs montrant l’excellence de la présentation.

Sandra Hartmann

Réveil Lozère

09 octobre 2014

9ème Festibœuf et vente aux enchères : artisans bouchers et acheteurs satisfaits !

La 9ème édition de Festibœuf a été ponctuée par la vente aux enchères des trois plus belles bêtes du concours national des animaux de boucherie rassemblant 222 animaux, samedi 4 octobre à Naucelle. Deux artisans bouchers ont emporté la mise !

Festibœuf est resté fidèle à sa tradition pour sa 9ème édition organisée dans les nouvelles halles de Naucelle par le Comité Naucellois pour la Promotion de l’Elevage que préside Jérôme At. Le concours figurant dans le calendrier de la Fédération nationale des concours d’animaux de boucherie (FNCAB) rassemblait la fine fleur de l’élevage allaitant régional. 222 animaux étaient inscrits, plus que l’an dernier, pour une vente générale qui s’est déroulée après la vente aux enchères. Elle était animée par Bernard Guibbaud, commercial du GIE Lire d'Oc, chargé de la vente des veaux de la station de Naucelle.

Elle réunissait les trois plus belles bêtes du concours, dont deux ont été achetées par l’artisan boucher de Rodez, Claude Azémar. «Des animaux de très haut niveau», a commenté en préambule Jean-Yves Renard, président de la FNCAB, ajoutant : «elles en ont partout !», signifiant la forte présence de viande de qualité sur les trois carcasses ceinturées de bandeaux tricolores.

De 8,40 à 10 euros/kg carcasse

La vache championne de la catégorie naisseur-engraisseur, une Blonde d’Aquitaine de 8 ans, de l’EARL St-Cizy à Cazères (31), a été adjugée à 8,60 euros/ kg carcasse à Claude Azémar. La vache croisée Limousine-Bleue de 3 ans, de Rolande Antoine, élevage de La Salvetat-Peyralès, a été vendue 8,40 euros/kg carcasse à Claude Azémar également. Enfin, la championne du concours toutes catégories, une génisse croisée Aubrac-Charolaise de 3 ans et demi, du GAEC Remise de St-Urcize (15) a trouvé preneur à 10 euros/kg carcasse, achetée par le boucher de Tours, Michel Guibert, lui aussi habitué du concours.

Jérôme At a souligné la qualité des animaux présentés, dont celle des trois meilleures bêtes du concours, et loué la forte implication des artisans bouchers. «95 % des animaux du concours ont été vendus avec une moyenne de 6,50 euros/kg carcasse, soit une plus-value d’un euro», ajoute Jérôme At. Les principaux acheteurs sont des fidèles de Naucelle, Bigard, Arcadie, SVA (Intermarché), Michel Guibert, avec Languedoc-Lozère-Viandes, Cadars de Rodez, Privat de Rieupeyroux, La Capelle du Lot...

«Le bilan de la vente est donc très positif pour les éleveurs et les acheteurs», insiste Jérôme At. «La fête a été réussie dans son ensemble, avec un 2ème Salon du goût rassemblant une douzaine de producteurs et les filières qualité. L’implication des JA est à souligner et à renouveler !». Quid du 10ème Festibœuf 2015 ? «Nous travaillons dessus en effet, avec l’idée de renforcer le concours, et avec un 3ème Salon du goût, je l’espère», conclut Jérôme At, confiant en l’avenir !

Didier BOUVILLE

25 septembre 2014

Sommet de l’élevage : «Un carrefour d’affaires pour les éleveurs»

Le Sommet de l’élevage est le rendez-vous attendu chaque automne par les éleveurs du Massif central. Nombreux sont les Aveyronnais à participer soit comme exposants, soit en simples spectateurs des concours, conférences et présentations de matériels. Ils seront cette année au rendez-vous pour soutenir le National Aubrac et le Spécial Simmental qui tiennent le haut de l’affiche de cette nouvelle édition, la première de Jacques Chazalet qui succède à Roger Blanc.

- Comment se présente cette édition 2014 ?

Jacques Chazalet, président du Sommet de l’élevage : «Nous enregistrons une fréquentation en progression de la part des annonceurs, avec plus de 1200 exposants dont 261 viennent de l’étranger. Et quelque 2000 animaux de toutes les grandes races laitières et allaitantes. Nous sommes même quelque peu limité par la surface disponible, d’ailleurs nous travaillons à l’extension du site pour pouvoir répondre à toutes les sollicitations. Le Sommet de l’élevage soulève en effet toujours un réel engouement et c’est tant mieux pour tout l’élevage du Massif central.

- Quels sont les enjeux ?

J. Chazalet : Je dirai comme chaque année, le salon se veut un véritable carrefour d’affaires entre les agriculteurs et les professionnels de l’élevage. C’est avant tout un rendez-vous promotionnel pour tout un secteur d’activités, avec un gros impact sur le commerce international. Les délégations étrangères sont de plus en plus nombreuses à fréquenter le Sommet.

Le ministre de l’agriculture est annoncé

- Ce salon est aussi l’occasion de faire passer quelques messages professionnels et de mettre en avant l’élevage en zone de montagne notamment. En sera-t-il de même cette année ?

J. Chazalet : C’est vrai que le Sommet a cette vocation également professionnelle, syndicale et politique. La venue d’élus sur le salon est l’occasion pour les responsables professionnels de faire entendre leur voix, comme l’année dernière lors de la visite du Président de la République, François Hollande. Cette année, nous attendons le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, pour l’heure la date de sa venue n’est pas arrêtée mais la profession sera attentive à son discours. L’actualité, notamment sur la nouvelle carte des zones vulnérables, l’élevage en zone de montagne, les débouchés commerciaux internationaux,... seront notamment au cœur des discussions. D’ores et déjà, plusieurs élus nous ont fait part de leur visite : le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur et aux services. De même le bureau de la FNSEA se réunira dans l’enceinte du salon.

- L’Aubrac, la Simmental, toutes deux bien implantées dans le Massif central sont à l’honneur cette année. Quel regard portez-vous sur ces deux races ?

J. Chazalet : Je tiens tout d’abord à préciser que nous sommes le salon qui reçoit le plus d’animaux, c’est la spécificité du Sommet de l’élevage, qui permet aux éleveurs du Massif central et au-delà de promouvoir leurs animaux, leur savoir-faire. Alors c’est vrai que la mise à l’honneur d’une ou deux races chaque année avec un nombre important d’animaux en représentation, se fait au détriment des autres races dont le nombre de places est limité. Mais nous fonctionnons sur un système de rotation, qui permet à chacun de tirer son épingle du jeu. D’ailleurs, nous comptons aussi sur le projet d’extension du site pour augmenter les places disponibles...

Pour revenir à l’Aubrac et à la Simmental, ce sont deux races montantes dont les effectifs sont en progression. On l’a vu pour la race Aubrac en 2008 lors de son premier National au Sommet de l’élevage, elle a pu franchi