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06 juillet 2017

Recherche : de nouvelles installations pour RAGT 2n

Les nouvelles installations de RAGT 2n, filiale recherche de RAGT Semences, située à Druelle, ont été inaugurées mardi 4 juillet en présence de nombreux élus et responsables socio-professionnels, aux côtés notamment de Daniel Segonds, président du Conseil de surveillance, et Claude Tabel, président du Directoire du groupe RAGT.

Installé depuis le milieu des années 1950 à Druelle, le centre d’expérimentation de semences de RAGT a évolué au fil des années, et vient de franchir une nouvelle étape depuis mars. Les nouvelles installations de RAGT 2n, filiale recherche de RAGT Semences, ont pris la place des anciens bâtiments qui connurent une évolution marquante en 1975, avec la création d’un laboratoire dédié aux biotechnologies. Laurent Guerreiro, directeur général de recherche à RAGT 2n, confirme : «avec la création de ce laboratoire, RAGT a très tôt compris le potentiel que pourraient avoir les biotechnologies appliquées à la sélection des semences. Dès 2013, poussés par la nécessaire adaptation des bâtiments existants, et le nombre grandissant de nos collaborateurs, nous avons proposé un plan d’investissement pour la reconstruction du site, avec l’appui et le soutien de la direction de la RAGT et de son conseil de surveillance». Claude Tabel a indiqué que Druelle était le premier site RAGT parmi un réseau de 17 stations de recherche réparties en Europe, dont la moitié en France, le reste en Allemagne, Hollande, Angleterre, Hongrie, République Tchéque et Ukraine. Soit un total de 315 salariés, dont 70 permanents basés à Druelle travaillant dans différentes sections dites transverses : phytopathologie, biométrie, biotechnologie, technologie, maintenance, serres, cultures.

«Le siège de la recherche»

«Ce site est en quelque sorte le siège de la recherche», continue Laurent Guerreiro, «et permet de réunir sur un même lieu la diversité des techniques et de nos savoir-faire. Mais Druelle n’est pas qu’une station qui héberge les différents services administratifs de la recherche, c’est également une station avec des sélectionneurs travaillant sur différentes espèces, telles les graminées fourragères, les gazons, le maïs, le triticale, avec des laboratoires et des serres qui génèrent des analyses pour tous nos autres centres». Druelle compte 1 400 m2 de serres régulées et éclairées en lutte intégrée, 400 m2 de tunnels froids, 70 m2 de chambres de culture à ambiance contrôlée. La ferme expérimentale, créée en 1956, travaille sur 140 ha.

Claude Tabel a précisé que «RAGT était présente commercialement dans plus de 50 pays, avec 1 300 collaborateurs». Et d’ajouter : «nos regards se tournent de plus en plus vers de nouveaux horizons, le continent américain, l’Asie, pour poursuivre l’aventure RAGT en conservant nos valeurs, la foi dans le monde agricole, le professionnalisme, l’originalité de notre approche multi-espèces, notre démarche scientifique et rigoureuse, en étant fiers de notre histoire et décidés à la poursuivre et à la transmettre !».

D.B.

29 juin 2017

Challenge CUMA - Crédit Agricole NMP : 15 ans d’innovation !

Le Challenge CUMA - Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées fête ses 15 ans. 15 ans d’un partenariat fructueux pour mettre en lumière les initiatives de groupe et pourquoi pas donner quelques idées à d’autres ! Depuis 2002, année de sa création, 147 CUMA ont participé et 112 d’entre elles ont été récompensées. Cette année, les CUMA ont été saluées pour leur capacité à optimiser les chantiers et les coûts en vue de pérenniser les activités. L’âme même des CUMA !

Depuis 15 ans, les CUMA de l’Aveyron et la caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées organisent un Challenge ouvert à toutes les CUMA qui ont mené un projet innovant ou une initiative originale autour d’une thématique pré-définie.

«Pour cela nous nous ap-puyons sur notre solide réseau de CUMA (269 dans le département), qui foisonnent de projets et d’idées», explique Didier Larnaudie, responsable de la commission communication à la FD CUMA. «Ce Challenge constitue en effet un bon vivier pour entretenir la dynamique de nos CUMA locales et de notre réseau départemental», poursuit-il. En 15 ans, plus de la moitié des CUMA ont participé au Challenge, preuve de l’intérêt qu’il suscite.

«Cela amène de l’eau au moulin des équipes de responsables, en demande d’idées nouvelles pour maîtriser les charges, mutualiser les moyens et simplifier le travail», continue Didier Larnaudie, qui remercie le Crédit Agricole de jouer le jeu en accompagnant les initiatives des CUMA.

Optimisation à tous les niveaux

Le thème retenu pour cette année, issu des échanges lors des réunions de secteur des CUMA locales, tourne autour de l’optimisation à plusieurs niveaux : matériel, activités, chantier, coûts, organisation de travail,... «L’optimisation est une thématique récurrente pour les CUMA que certaines d’entre elles ont réussi à solutionner, les projets qu’elles ont présentés au challenge et pour lesquels elles ont été récompensées, en sont une belle preuve», résume Didier Larnaudie. Il poursuit : «L’optimisation passe par la mutualisation des services et des moyens humains et matériels. Je veux aussi évoquer en la matière, la complémentarité entre CUMA voisines. Ces collaborations donnent de la force aux CUMA locales qui accèdent ainsi plus facilement à des matériels plus performants et plus adaptés aux besoins des adhérents en recherche de réactivité, d’efficacité tout en maintenant une qualité de service».

Le challenge lancé avec le Crédit Agricole est donc une belle opportunité de «mettre en lumière ces initiatives locales». Jacques Couderc, représentant lr Crédit Agricole auprès des CUMA aveyronnaises et qui participe au jury chaque année, est impressionné de découvrir les initiatives imaginées par les CUMA. «Les CUMA ont une réelle capacité d’adaptation, d’innovation, parfois méconnue». Ce challenge apporte un bel éclairage sur leurs actions. Il est aussi l’exemple même de la réussite du partenariat «solide, concret et durable» que porte la caisse régionale du Crédit Agricole, tout au long de l’année aux CUMA. «Dans le département, 9 CUMA sur 10 travaillent avec le Crédit Agricole et c’est une satisfaction d’accompagner ces structures qui représentent un réel atout pour maîtriser les charges et améliorer les conditions de travail via notamment les services complets dans des exploitations où la main d’œuvre diminue et la charge de travail augmente», conclut-il.

Depuis 2002, le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées consacre chaque année une enveloppe de 10 000 euros par an et par département, pour ce challenge.

Eva DZ

22 juin 2017

LIAL : service, excellence et indépendance

Le laboratoire interprofessionnel d’analyses laitières du Massif central (Lial MC) poursuit sa progression dans un cercle vertueux qui lui permet de s’agrandir, nouveau bâtiment à la clé.

«Rendez-vous dans un an, pour l’inauguration du nouveau bâtiment». La conclusion du rapport du directeur du Lial MC est un signe très encourageant pour l’avenir du laboratoire. Il faut dire que le bilan d’activité, présenté plus tôt en assemblée générale jeudi 8 juin à Aurillac, s’avère très positif. Le chiffre d’affaires, de l’ordre de 6,4 millions d’euros, est en progression de 3% sur le dernier exercice, 12% sur les trois dernières années. Et parallèlement, grâce à une gestion rigoureuse et notamment des charges bien contenues, l’EBE (Excédent brut d’exploitation) progresse encore davantage, gagnant 4,5% en 12 mois ; et ce, même si le Lial a créé six postes de cadres afin d’accompagner son développement. Les salariés sont désormais 95 à assurer des services dans une entreprise ouverte 7 jours sur 7. Ceci s’explique entre autres par une activité «paiement du lait» (hors brebis) qui progresse de 15%, alors que le nombre de producteurs régresse de 5,3% en 2016. Une érosion qui confirme la tendance des années précédentes.

De fait, pour la première fois, l’activité «conseil en élevage» diminue. Le Lial MC peut en revanche compter sur les volets de diversification mis en place. C’est l’activité «microbiologie alimentaire», en pleine expansion, qui déménagera dans le nouveau bâtiment de plus de 600?m² au sol sur deux étages (soit une extension de plus de 1?200 m²), comme la présidente, Chantal Cor, l’a confirmé en évoquant un «challenge réussi». Progression également (près de 3%) de l’activité «chimie alimentaire/ prophylaxie» qui attend que de l’espace se libère dans les locaux historiques pour accompagner sa croissance ; et jusqu’à 15% sur le volet «aliments bétail», malgré une concurrence forte. Le directeur, Jean-Vincent Gauzentes, rappelle le triptyque de piliers qui ont guidé les actions mises en œuvre : sens du service, recherche de l’excellence et indépendance.

L’assemblée générale lui a donné l’occasion de rappeler quelques dates qui ont marqué le développement dans le respect de cette feuille de route : «2009, année de reconstruction (NDLR après une fusion/défusion avec le Cilal du Puy-de-Dôme) et de consolisation en devenant propriétaire de nos murs ; 2015, celle de transition et de réflexion sur notre avenir ; 2016 a vu le début d’un nouveau cycle avec comme point de départ le diagnostic de l’organisation ; 2017, par ses activités techniques et ses résultats économiques, ses réussites aux différents audits, le Lial continuera de répondre aux attentes toujours plus spécifiques des producteurs et transformateurs». Le regard déjà tourné vers 2018, le directeur prépare une réorganisation logistique de l’ensemble des services, dans ces locaux étendus.

Renaud Saint-André - L'union du Cantal

18 mai 2017

Handicap et Emploi au Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées

La caisse régionale Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées a répondu à la démarche initiée par son groupe autour du handicap et de l’emploi (HECA) avec Crédit Agricole Technologies et Services. Les 11 et 12 mai, deux actions de sensibilisation ont été menées à Rodez et Albi auprès des salariés en présence d’un ambassadeur de choix, Ryadh Sallem, membre de l’équipe de France de Rugby fauteuil.

Le Crédit Agricole a choisi un ambassadeur de renom pour accompagner son action autour du handicap au travail : Ryadh Sallem, athlète de haut niveau en situation de handicap qui a participé à plusieurs olympiades dont la dernière à Rio dans la compétition rugby fauteuil. Il est aussi leader associatif et milite notamment pour sensibiliser les personnes valides et celles en situation de handicap à travers le sport et des ateliers.

«Son discours correspond tout à fait aux valeurs que nous défendons», ont expliqué Marc Do Van Tuan, directeur des ressources humaines de Crédit Agricole Technologies et Services et Patricia Averous, directrice des ressources humaines à la caisse régionale Nord Midi-Pyrénées. C’est à travers les correspondants handicap et emploi du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, Pascale Sers et Technolo- gies et Services, Amandine Vella, que deux journées de sensibilisation ont été organisées localement. La première à Rodez a réuni plus de 100 collaborateurs, le 11 mai et la seconde à Albi où les participants ont contribué à un atelier de sensibilisation autour d’un parcours d’aveugle. Les deux interventions se sont déroulées en présence de Ryadh Sallem.

Sa disponibilité a été très appréciée des participants, autour de questions-réponses très fournies. «Faire converger travail et handicap, nous y travaillons depuis une quinzaine d’années», confie Patricia Averous. «Au sein du groupe Crédit Agricole, on considère que chaque personne doit être à l’aise dans son métier et nos actions sont quotidiennes autour de l’aménagement du temps de travail, l’accessibilité, le recrutement de personnes en situation de handicap, la formation, l’accompagnement,...», poursuit-elle. Et ce temps de partage et de sensibilisation avec un expert comme Ryadh Sallem accompagne le groupe Crédit Agricole dans son action.

Ryadh Sallem apporte une vraie leçon de courage et son engagement force le respect : cinq participations aux Jeux paralympiques (Atlanta 1996, Sydney 2000, Athènes 2004 au sein de l’équipe de France de basket fauteuil ; Londres 2012 et Rio 2016 en rugby fauteuil), trois titres de champion d’Europe de basket fauteuil, un titre de champion d’Europe de rugby fauteuil et un record du monde en relais quatre nages ont fait de lui l’un des athlètes de handisport les plus polyvalents de sa génération.

Un ambassadeur de choix

Né sans jambes ni mains, en raison d’un médicament anti-nausées pris par sa maman, il a quitté très tôt sa Tunisie natale pour être soigné en France : «20 ans de vie dans les centres et hôpitaux, pour me canaliser, les éducateurs m’ont mis au sport et ils ont bien fait !». Outre sa carrière de sportif de haut niveau, Ryadh Sallem ne ménage pas son temps : initiateur de l’assocation Cap sport art aventure amitié (Capsaaa), il sensibilise les valides et promeut une vision positive du handicap. «C’est un acte militant et citoyen que d’accepter le handicap», explique-t-il. «Il faut créer un climat de bienveillance dans les entreprises pour accueillir les personnes en situation de handicap visible ou non». Son mot d’ordre est simple : «handicapé ce n’est pas mon métier ! Nous ne voulons pas être considérés comme un simple quota qui permet aux entreprises de ne pas être sanctionnées. Beaucoup ont du talent et j’aime votre slogan au Crédit Agricole : «j’ai trouvé un groupe où mes compétences font la différence et pas mon handicap ! Nous ne sommes pas comme tout le monde mais nous sommes bien tous libres et égaux en droit ! De l’équité, nous pourrons créer l’égalité», martèle-t-il.

Son prochain challenge, s’il est élu député en juin prochain, «rendre accessible l’Assemblée nationale aux personnes en situation de handicap». Et continuer à défendre la candidature de Paris pour les JO de 2024 !

Eva DZ

27 avril 2017

Filière Régalou : mieux communiquer sur le pain 100 % Aveyron

Agricuteurs, meuniers, stockeur et artisans boulangers de la filière Régalou se sont retrouvés en assemblée générale mercredi 19 avril. Après avoir mené une enquête de satisfaction auprès des boulangers, la filière souhaite encourager l’acte d’achat d’un pain 100% aveyronnais issu d’une agriculture extensive.

Un pain au levain fabriqué avec des farines de type 65 ou 80 issues de blés sélectionnés sans additif ni améliorant, sur un territoire bien défini : le Régalou est le seul pain 100% aveyronnais. «Notre produit correspond tout à fait au souhait du consommateur de consommer localement un produit issu d’une agriculture extensive dans une zone préservée, c’est sur cette notion que nous devons appuyer notre communication», argue Jean-Pierre Albinet, artisan boulanger à Naucelle et président de la filière Régalou.

«Pour autant le passage à l’acte reste compliqué», selon une enquête de satisfaction menée par la filière auprès des artisans boulangers dans leurs 37 points de vente. «Souvent par facilité, les artisans boulangers ne franchissent pas le pas», regrette-t-il. En effet, le Régalou nécessite une panification traditionnelle par les boulangers contrairement aux farines additivées qui diminuent la contrainte de travail. Les installations de nouveaux artisans sont souvent accompagnées par de grands moulins des zones céréalières portés par des marques commerciales en échange de fourniture de farine. Et le consommateur n’est pas toujours prêt à mettre un peu plus de prix dans le pain. «Mais l’intérêt de notre filière, c’est que l’ensemble de ses acteurs, agriculteurs, meuniers, stockeur (UNICOR) et artisans boulangers y trouve son compte», poursuit Jean-Pierre Albinet.

Prospection et fidélisation des boulangers

Cette enquête de satisfaction a permis à la filière de tirer quelques axes de développement pour aller de l’avant : «nous allons proposer des formations pour les artisans boulangers sur l’utilisation de nos différents types de farine, sur les techniques de fabrication,... afin de faire se rencontrer les artisans, de les faire échanger sur leur métier, leurs pratiques, leur retour d’expérience,... Ainsi que plusieurs opérations de communication tous les 2 ou 3 mois, sur des thèmes bien précis, comme les produits diversifiés du Régalou,... et pour aider les artisans à faire connaître ce pain, à mieux le vendre aussi. L’idée est de dynamiser les boutiques afin de séduire d’autres professionnels», détaille le président. D’ailleurs une campagne de séduction est en cours auprès des artisans boulangers en périphérie de l’Aveyron pour les inciter à se lancer dans le Régalou. Et ainsi tirer la filière aux 70 ha, 302 tonnes de blé collectées et 224 tonnes de farine vers le haut.

Une mini-moissonneuse batteuse !

Côté production, la filière a été labellisée par un GIEE qui lui permet d’accompagner les agriculteurs dans leurs pratiques agronomiques. «Il s’agit d’améliorer les pratiques culturales en diminuant les intrants, en testant le désherbage mécanique, en optant pour une conduite raisonnée des apports d’azote par des analyses...», résume Florent Vernhet responsable de l’animation de la filière à UNICOR. «De nouvelles variétés de blé sont aussi testées en fonction des attentes de chacun, agriculteurs, meuniers et artisans boulangers. Nous avons ainsi réalisé plusieurs visites dans le Tarn pour observer différents types de pratiques».

Le GIEE a aussi permis à la filière de s’équiper d’une petite moissonneuse batteuse qui permet aux 19 agriculteurs engagés dans la filière, de tester de petites gerbes de blé afin de savoir si leur blé pourra être panifiable. «Jusqu’à présent, ces tests étaient manuels. Désormais l’essai est plus sûr et toujours au plus proche des agriculteurs puisque la machine circule de Naucelle à Vezins, dans les Magasins Vert», assure Florent Vernhet.

Demain, le grand chantier de la filière Régalou se résume donc à de la prospection et de la fidélisation auprès des artisans boulangers. «Nous allons faire évoluer notre communication en axant nos arguments sur l’origine de nos blés, sur notre territoire, des arguments qui portent auprès des consommateurs», conclut Jean-Pierre Albinet.

Eva DZ

20 avril 2017

ADPSA 12-CFPPA Rodez-La Roque : des jeunes en immersion en Irlande

Dans le cadre du CFAA 12, 10 apprentis en BTS ACSE de l’ADPSA 12 et 3 apprentis et 2 stagiaires en contrat de professionnalisation en BTS TC du CFPPA Rodez-La Roque sont partis 15 jours en Irlande pour réaliser un stage dans des exploitations et dans des entreprises d’agrofournitures ou d’agroalimentaire. L’immersion a été une réussite, les jeunes sont prêts à repartir !

La barrière de la langue ne les a pas arrêtés ! Ils ont dépassé leur appréhension et disent être ressortis grandis de cette expérience à l’étranger ! Dix apprentis en BTS ACSE à l’ADPSA 12 et cinq alternants en BTS TC (technico-commercial) au CFPPA Rodez-La Roque ont participé à un séjour de 15 jours en Irlande. Ce voyage a été rendu possible grâce au soutien du Conseil régional Occitanie, dans le cadre du programme de mobilité internationale dont une partie est réservée aux apprentis.

Une première expérience à l’étranger

Pour tous, il s’agissait d’une première expérience à l’étranger, dans des exploitations agricoles pour les BTS ACSE ou dans des entreprises d’agro-fournitures ou d’agroalimentaire pour les BTS TC. «L’objectif de ce séjour était de proposer une ouverture culturelle à nos étudiants, de renforcer leur apprentissage de l’anglais et au-delà de comprendre les politiques et la stratégie agricoles dans un autre pays européen», résume Laurette Saurel, formatrice à l’ADPSA 12 qui a accompagné le groupe avec Carole Laur, son homologue du CFPPA Rodez-La Roque.

Approfondir les cours par l’expérience professionnelle !

Le choix de l’Irlande a été encouragé par le club Langues et Civilisations de Rodez qui était en contact avec un agriculteur irlandais. Ce dernier a été un interlocuteur privilégié dans le choix des maîtres de stage des jeunes, une fois sur place. «L’Irlande est aussi un bon exemple d’une agriculture basée sur un système économe et autonome en herbe, qui peut inspirer quelques idées pour nos structures aveyronnaises», complète Laurette Saurel.

Les alternants étaient deux par exploitation ou entreprise. Seul l’un d’entre eux était seul mais de l’avis de tous, tout s’est très bien passé ! Pour ce qui est des exploitations, les jeunes ont découvert des productions diverses : bovins lait, ovins, engraissement, cheval pour la chasse à courre ! Et dans les entreprises, ils étaient soit dans une coopérative d’agrofournitures qui transforme aussi du lait, Glambia ou dans un abattoir, Irish Country Meat, le plus important en agneaux d’Irlande. Tous les jeunes étaient logés chez les agriculteurs qui les recevaient ou dans des familles. «Le retour des maîtres de stage fut très positif sur le comportement et l’engagement des jeunes dans les exploitations ou les entreprises. Ils ont aussi beaucoup gagné en maturité et en cohésion de groupe, n’hésitant pas à partager leur expérience», souligne Laurette Saurel.

Trois journées ont été réservées au tourisme : visites de Belfast, Dublin, de Trim Castle (château où s’est tourné le film Braveheart), le tombeau de New Grange, le musée de la Guinness et bien sûr quelques soirées au Pub !

Un enthousiasme partagé !

Face à l’enthousiasme tant des apprentis (lire plus loin leur témoignage), que des enseignants mais aussi des maîtres de stage, ravis de cette expérience, le CFAA 12 à travers l’ADPSA 12 et le CFPPA Rodez-La Roque aimerait renouveler ce type de séjour. «C’est un très bon support pour nos cours notamment en anglais. Les jeunes ont fait de réels progrès de compréhension», note Laurette Saurel.

Tous ont témoigné de leur enthousiasme lors d’une soirée de restitution le 23 mars où les apprentis ont présenté leur séjour, l’agriculture irlandaise, les exploitations et entreprises où ils ont travaillé, aux représentants de la Région, aux responsables et directeurs du CFAA 12, de l’ADPSA 12, du CFPPA Rodez-La Roque, de l’EPL Beauregard, aux équipes pédagogiques, à leurs maîtres d’apprentissage et aux autres apprentis.

Seul regret de ce séjour, les contacts pour développer des partenariats entre établissements scolaires n’ont pas abouti : «trop peu d’étudiants étrangers choisissent le français et encore moins en formation agricole, difficile donc d’établir des échan-ges dans des exploitations», regrette Laurette Saurel. Mais les maîtres de stage des jeunes Aveyronnais ont eux, montré leur intérêt de venir en Aveyron. Regroupés en GIE, ils appartiennent à un groupe de réflexion soutenu par le ministère de l’agriculture irlandais et aimeraient échanger avec des groupes similaires en France comme le GPLV par exemple. D’autres échanges en perspective !

Eva DZ

06 avril 2017

Chèvrerie de Trébosc : les 1001 projets de Marion Niel !

Installée depuis tout juste un an au GAEC des Trois Bois à Trébosc sur la commune de Montrozier, Marion Niel s’éclate dans son nouveau métier. Au milieu du troupeau de chèvres élevées avec son beau-père Hugues Puech et le soutien de sa maman, Pierrette, la jeune femme fabrique des fromages et des yaourts dont le nature a déjà reçu une médaille d’argent à Espalion en 2016. Elle retente l’expérience cette année et participe aussi pour la première fois à la fête des fromages, dimanche 9 avril à Espalion.

Depuis 9 ans, les chèvres ont remplacé les vaches au GAEC des Trois Bois à Trébosc. Ce qui a permis à Marion de créer son atelier de transformation. Cette jeune ingénieur agronome diplômée de l’ENSAT à Toulouse, après un poste de technicienne en coopérative a voulu «passer du côté des éleveurs» ! A l’ADPSA elle a réalisé la formation PEA, première expérience en agriculture, qui lui a permis de faire une rencontre décisive avec Annie Bindault, productrice de fromages de chèvres à Clairvaux. «Elle m’a tout appris et j’ai su que j’étais faite pour ce métier grâce à elle !».

Après plusieurs formations courtes mais efficaces au CFPPA d’Aurillac, Marion s’est lancée dans la fabrication de yaourts, de faisselles et de fromages. «Ma mère m’a laissé la place sur l’exploitation pour que je puisse m’installer et créer mon atelier auprès de mon beau-père avec le projet de son retour à mi-temps prochainement», tient à souligner Marion. Sur les 200 chèvres du troupeau, Marion s’est constituée son propre lot de 25 Alpines dédiées uniquement à la transformation, avec une conduite spécifique. «Ce sont des chèvres qui pâturent, et sont nourries exclusivement en ration sèche sans ensilage de maïs», détaille la jeune femme qui s’implique aussi dans l’élevage.

Pour construire son laboratoire, elle s’est rapprochée de la Chambre d’agriculture, Marie Fournier au Contrôle laitier et Emmanuelle Marbezy sur la transformation et l’étude de marché. «Elle fut un grand soutien technique sur la fromagerie et m’a encouragée dans mon projet». Marion a eu la chance de trouver du matériel d’occasion et son projet a été auto-financé faute de soutiens. «Heureusement, ma famille, mes amis et Emmanuelle y ont cru. Aujour-d’hui je ne regrette pas mon choix !», tient-elle à préciser.

Du succès !

Le succès est en effet au rendez-vous.?Quelques semaines seulement après ses premières fabrications, son yaourt nature décroche une médaille d’argent. «Les avis extérieurs de spécialistes m’ont beaucoup aidée à avancer et la médaille m’a confortée et m’a motivée», témoigne Marion. Du coup, elle a développé une gamme de 7 yaourts parfumés dont le petit dernier au miel de l’élevage voisin Andrieu Ranc à Gages, le Miellou de Trébosc. L’avis prometteur sur ses fromages l’a encouragée à aller plus loin avec une faisselle, des cabécous frais, crémeux, demi-sec, sec, aromatisés... Elle pense aussi développer une petite tome à pâte pressée.

«Je m’adapte aussi à la demande des clients», précise Marion, qui est présente sur les marchés de Laissac (mardi) et Sévérac (jeudi), dans les épiceries de Gages et Sévérac, à la cantine de Bosch, dans quelques restaurants locaux,... et sur les événements comme la foire de Laissac en mai et bien sûr celle d’Espalion ce dimanche où elle proposera un assortiment de dessert ! Elle accueille aussi les visiteurs tous les jours sur sa ferme. Elle apprécie aussi les rencontres régulières à travers la Chambre d’agriculture, avec d’autres producteurs fermiers : «Il y a une vraie dynamique de groupe sur des sujets techniques comme sur des projets de promotion communs comme la fête des fromages à Espalion. C’est motivant ! Et puis c’est aussi l’occasion d’échanger autour de nos produits que l’on partage !».

Dès sa première année d’activité, Marion a réussi à dégager la moitié du revenu qu’elle s’était fixé, ce qui lui a permis d’investir dans une chambre froide et de réfléchir à de nouveaux projets comme la valorisation de la viande : «Ces chèvres qui m’ont tant apporté toute leur vie de laitière, méritent une meilleure valorisation», exprime cette jeune femme qui a «envie d’inscrire ses produits dans le paysage local». L’aventure semble bien partie !

Eva DZ

30 mars 2017

MSA Midi-Pyrénées Nord : «journée prévention» pour les établissements scolaires agricoles

La MSA Midi-Pyrénées Nord a organisé la 31ème «journée prévention» pour les établissements scolaires agricoles, mercredi 22 mars à St-Sernin-sur-Rance. Plus de 300 élèves venus de l’Aveyron étaient présents pour une sensibilisation active contre les risques professionnels dans le milieu agricole.

C’est la première fois que la Maison familiale rurale (MFR) de St-Sernin-sur-Rance accueillait cette journée initiée par la MSA. Plus de 300 élèves de dix établissements agricoles étaient présents. Il s’agit de l’ITEP de Grèzes, le lycée Beauregard (Villefranche-de-Rouergue), le lycée François-Marty (Monteils), le CFPPA La Roque (Onet-le-Château), la MFR de Naucelle, le lycée de Rignac, le lycée La Roque (Onet-le-Château), le lycée La Cazotte (St-Affrique), la MFR de St-Sernin-sur-Rance, et le lycée Vaxergues (St-Affrique).

Philippe Millet, responsable prévention des risques professionnels à la MSA Midi-Pyrénées Nord a notamment animé la journée organisée autour de treize ateliers et stands partenaires, avec les sapeurs pompiers et la gendarmerie de St-Sernin, Groupama d’Oc, le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, Enedis, RTE, et la Commission paritaire d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l’Aveyron.

Les ateliers, encadrés par les élèves, concernaient la manipulation des ovins, la contention des bovins, la conduite de la mini-pelle, de la débroussailleuse, l’usage des produits phytosanitaires, les conduites addictives (alcool et drogue), le risque électrique en agriculture, etc. Après le repas et la démonstration de chien de troupeau, les élèves ont été sensibilisés sur le port d’un pantalon de bûcheron, puis ont assisté à la simulation d’un accident de la route, celui d’un tracteur contre un deux-roues.

La journée s’est déroulée en présence de Jean-Paul Vergely, administrateur MSA Midi-Pyrénées Nord et de Robert Fizes, président de la MFR de St-Sernin-sur-Rance. La 32ème édition, organisée par l’ITP de Grèzes, se déroulera au foirail de Laissac l’an prochain.

D.B.

16 mars 2017

FD CUMA : qualité de travail, disponibilité à l’adhérent, baisse des coûts de revient

Maîtriser au mieux le prix des services, valoriser le service aux CUMA, s’adapter aux demandes et contraintes, c’est le challenge que doivent relever les CUMA pour pérenniser leur activité et s’assurer l’engagement de leurs adhérents. La FD CUMA s’est appuyée sur quatre témoignages de CUMA ayant mis en œuvre des actions pour optimiser leur matériel. La table-ronde a été animée par Pascale Calderan, nouvelle directrice de la FD CUMA de l’Aveyron qui partagera son temps avec la direction de la fédération départementale du Tarn.

«Il n’existe pas de solutions toutes faites mais on peut s’inspirer de ce qu’ont imaginé des CUMA pour avancer !». Quatre d’entre elles sont ainsi venues partager leur expérience.

Dominique Bessière est trésorier de la CUMA de Lebous (secteur Réquista), il a œuvré à la mise en place de Rés@CUMA, logiciel de gestion en ligne des plannings de matériel. «L’objectif était de soulager les responsables d’activité. Nous avons démarré sur le service téléscopique que je pilotais. La charge du planning devenait trop prenante surtout en fin de semaine avec une foule de coups de téléphone à gérer ! Au début, les adhérents étaient réticents sur cette nouvelle approche informatique, ils appréhendaient l’accessibilité à internet mais après seulement quelques mois d’utilisation, tout le monde l’a adoptée !

Chacun via un identifiant et un mot de passe a accès à la plateforme Res@CUMA sur ordinateur, tablette ou téléphone portable, où il consulte la disponibilité du matériel et réserve selon ses besoins. A chaque réservation, le responsable du planning est informé par SMS. Cette gestion en ligne n’a en rien coupé la communication entre les hommes, elle s’est même renforcée puisque les adhérents s’appellent souvent entre eux pour disposer du matériel quelques heures par exemple. Ils apprécient cette souplesse et c’est aussi plus transparent pour tout le monde ! En 5 ans, le matériel a été optimisé (gain de 100h par an), la prise de responsabilité est moins lourde et les adhérents sont davantage investis. Tout le monde est au même niveau !».

A la CUMA de Lalo (secteur Villefranchois), le chantier de semis de maïs a été optimisé. Il était jusqu’alors assuré par deux adhérents mais l’un d’eux partant à la retraite, il a été remplacé par le chauffeur de la CUMA qui s’est spécialisé sur le service complet. Les chantiers semis et entretien sont réalisés sur des journées complètes à partir de 6h?: l’adhérent démarre, le salarié prend le relais et l’adhérent reprend la main pendant les pauses.

La CUMA est passée de deux à un semoir avec un tracteur dédié à cette activité (elle peut compter sur le soutien des CUMA voisines en cas de panne). Aujourd’hui elle assure 150 ha semés pour 150 h facturées (32,5 euros pour le matériel + 16 euros/heure). Ce prix correct et compétitif couplé à une rapidité de service offre toute satisfaction aux adhérents.

Collaborations réussies

Sur la même commune, la CUMA du Plateau de Lunel et la CUMA de St Félix de Lunel collaborent depuis de nombreuses années. «Nous avions deux ensileuses en fin de vie, peu performantes, peu fiables et avec un coût de revient élevé, au moment du renouvellement, nous avons décidé d’investir ensemble», expliquent Fabien Veyrac et Damien Delagnes. Ils ont pris le temps pour mettre en adéquation les besoins et attentes de tous. Six mois de discussion ont été nécessaires !

Finalement ils ont acheté une machine performante et ont choisi de facturer en deux temps : pour moitié à l’hectare et pour moitié à l’heure, ce qui a permis de lever les craintes quant à la disponibilité du matériel et au temps d’attente et quant à la taille des chantiers. «Nous travaillons en binome, un responsable ensileuse dans chaque CUMA qui font un point hebdomadaire.

Désormais la charge de travail est concentrée sur 10 jours (170 à 180 h/an) pour un service optimisé», témoignent les deux représentants des CUMA. Pour simplifier, l’adhésion à l’activité est directe à la CUMA qui a investi, celle du Plateau de Lunel pour l’ensileuse. Cette collaboration réussie a donné d’autres envies aux deux CUMA, même si chacune entend bien garder sa propre structure pour une proximité de service et une responsabilité partagée. D’autres projets collectifs sont nés sur le rouleau en 2012 à St Félix de Lunel, le semis direct, la bétaillère,... «Nos matériels sont optimisés avec un coût de revient moins élevé pour les adhérents», concluent les responsables.

02 mars 2017

Développement de l’approvisionnement local et de qualité : la boîte à outils LOCALIM

En Aveyron, la boîte à outils LOCALIM a été présentée la semaine dernière aux acheteurs majeurs de la restauration collective publique et privée du département auxquels étaient associés les représentants des filières de production des produits de l’Aveyron.

Le Conseil départemental et le lycée agricole La Roque sont engagés depuis plusieurs années dans le développement de l’approvisionnement de proximité. Ils ont partagé leur retour d’expérience positive avec les acheteurs de la restauration collective qui pourraient être intéressés par LOCALIM.

Cette boîte à outils lancée par le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt en octobre en région Occitanie, veut accompagner le développement de l’approvisionnement local et de qualité dans la restauration collective en gestion directe.

Cette première rencontre se voulait un point de départ de réunions régulières accompagnées par les services de l’Etat, en particulier la DDCSPP (contact au au 05 65 75 52 00).

«Les premiers échanges entre acheteurs et producteurs se sont engagés autour des freins existants au développement du consommé local et des moyens pour les lever. Ces freins sont connus et ne résistent pas à la concertation et à l’échange, et nécessitent qu’acheteurs et producteurs se rencontrent, parlent de leurs contraintes et rapprochent leurs pratiques professionnelles», a rapporté la préfecture dans un communiqué à l’issue de la présentation.

Qu’est-ce que LOCALIM ?

Disponible sur www.localim.fr cette boîte à outils est composée de fiches opérationnelles, méthodologiques, techniques par filière, la liste des contacts administratifs et professionnels ainsi que trois guides pratiques.

Elle fournit aux acheteurs publics un appui méthodologique dans leurs pratiques d'achat, ainsi que de nombreuses informations sur les produits, les filières, les contacts à prendre pour mieux acheter, les modalités d’achat des produits et les possibilités offertes par la réglementation pour améliorer leurs pratiques d’achat.

Les spécifications techniques particulières et les critères d'attribution du marché proposés dans ces fiches s'appuient notamment sur des prescriptions environnementales, le bien-être animal, l'alimentation des animaux et les aspects relatifs aux savoir-faire et à la qualité des produits.

LOCALIM donne aux acheteurs publics les clefs juridiques et techniques pour développer leurs achats en produits locaux et de qualité, utiliser les plateformes collectives et bénéficier des soutiens financiers.

Elle s’adresse à tous les acheteurs publics de l’Etat, de ses établissements publics et des collectivités territoriales.

Elle permet de connaître les besoins, l’offre et les bonnes pratiques.

Elle permet de définir un cahier des charges, consulter les fournisseurs, impliquer les acteurs et suivre la mise en œuvre.

Elle concerne aussi bien la viande bovine, ovine, porcine, la volaille, que les fromages et produits laitiers, les fruits et légumes.

LOCALIM est un moyen de renforcer l’ancrage territorial de la production, de la transformation et de la commercialisation des produits agricoles et alimentaires, dans un contexte de crises des marchés agricoles et de fortes attentes de la société en matière d’alimentation et d’environnement.

Cet outil a été élaboré conjointement par le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et la direction des achats de l’État (DAE) du ministère de l’économie et des finan-ces en concertation avec la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, les interprofessions, les professionnels de restauration collective et des acheteurs de l’État et des collectivités territoriales. Il sera régulièrement actualisé et des compléments seront notamment apportés en ce qui concerne la gestion concédée.

Afin de faciliter l’utilisation de LOCALIM par l'ensemble des acheteurs publics, un module de formation spécifique sera déployé en 2017 auprès des acheteurs publics. Par ailleurs, un travail sera engagé afin de renforcer l’appropriation des enjeux de qualité des produits et de gestion des approvisionnements dans le cadre de la mise en œuvre du certificat de spécialisation «restauration collective» développé par le ministère de l’agriculture.

Eva DZ - source préfecture

02 février 2017

Main d’œuvre : quelles sont les solutions ?

Pour guider les futurs employeurs dans leur démarche, les aider à évaluer leurs besoins de main d’œuvre et leur présenter les différentes solutions existantes, l’ADPSA, le Service remplacement, l’Espace emploi de la FDSEA, le Groupement d’employeurs départemental et l’IRVA poursuivent leurs journées de formation en mars et avril.

Début décembre à Rieupeyroux, une quinzaine d’agricultrices et d’agriculteurs ont participé à la formation «main d’œuvre», proposée conjointement par l’ADPSA, le Service remplacement, l’Espace emploi de la FDSEA, le Groupement d’employeurs départemental et l’IRVA. L’objectif était de leur présenter les différents outils existants pour les accompagner dans leur recherche de solutions et surtout évaluer leurs besoins en main d’œuvre sur leur exploitation.

Se pencher sur les besoins en main d’œuvre

Cette première a semblé bénéfique aux participants puisque quelques-uns sont en train de concrétiser la création d’un groupement d’employeurs, leur permettant d’embaucher un temps plein. Philippe Cabrit, éleveur à La Capelle Bleys fait partie de ceux-là. «Chez beaucoup d’entre nous, la question de la main d’œuvre se pose parce que pour la plupart, nous faisons appel à l’entraide familiale, mais nos parents vieillissent ! Nous nous posons donc tous la question de l’avenir !», témoigne l’éleveur. Cette problématique trottait dans la tête de plusieurs agriculteurs mais sans pour autant aller plus loin. «Nous sommes plusieurs dans ce cas sur le secteur de Rieupeyroux, La Capelle Bleys et Vabre Tizac mais nous n’avions jamais abordé le problème... jusqu’à cette formation !».

La journée leur a permis de se pencher sur ce manque de main d’œuvre : «Nous avons travaillé sur nos besoins qui sont bien souvent ponctuels, pour les pointes de travail ou encore pour les congés ou les remplacements le temps des animations en magasins par exemple et nous nous sommes dits pourquoi ne pas rassembler nos besoins pour créer un temps plein».

Après la formation, quelques agriculteurs qui se connaissaient bien, ont repris contact pour organiser une réunion et trouver une solution collective. Sur le plan administratif (mise en place de la structure choisie en l’occurrence un groupement d’employeurs), le groupe s’est appuyé sur Virginie Douet, juriste de l’Espace Emploi Service. «C’est un vrai plus que de pouvoir compter sur sa compétence, car l’administratif fait peur et peut représenter un frein à la mise en place de ce type de projet», assure Philippe Cabrit. Ils partent donc pour un groupement d’employeurs à 7 agriculteurs. «Notre objectif est d’embaucher une personne à temps plein pour la fidéliser en appui de main d’œuvre ou pour du remplacement», précise Philippe Cabrit.

Un groupement d’employeurs en projet

Tous sont producteurs de Veau d’Aveyron et du Ségala dans un rayon de 15 km «mais nous ne sommes pas fermés à une production ! Le projet s’est tout simplement construit comme ça !», résume le producteur. «Depuis longtemps, notre filière, à travers l’IRVA, réfléchit à la problématique de remplacement et d’allègement de l’astreinte dans les élevages familiaux de Veau d’Aveyron et du Ségala. C’est un enjeu pour l’avenir de nos fermes, de notre produit de qualité et pour l’attractivité de notre métier ! Cette formation est un premier pas pour permettre aux éleveurs d’évaluer leur besoin en main d’œuvre, ce que l’on ne prend pas le temps de faire ! Puis, dans un deuxième temps, de faire le point sur les outils qui existent en terme d’emplois et enfin d’engager une réflexion», témoigne Philippe Cabrit.

«Cette formation a permis de nous mettre autour de la table pour réfléchir collectivement à un projet commun de remplacement ou d’appui de main d’œuvre. La question de l’emploi n’est pas évidente, elle peut même faire peur pour un agriculteur seul. Alors qu’aujourd’hui en abordant la question à plusieurs exploitants, ça rassure, ça sécurise aussi et ça mutualise le coût?! La prise en charge de tout l’aspect administratif par l’Espace Emploi Service est aussi un soulagement ! Nous sommes bien encadrés !», résume Philippe Cabrit qui encourage tous les éleveurs à se poser la question.

Aujourd’hui, le projet de groupement d’employeurs autour de 7 agriculteurs du secteur de Rieupeyroux se précise. Les exploitants doivent signer les statuts prochainement et vont se lancer dans l’embauche d’un salarié.

Une dizaine d’agriculteurs sur le secteur de Lardeyrolles ont également pris contact avec l’Espace emploi de la FDSEA pour créer un groupement d’employeurs.

Eva DZ

26 janvier 2017

Vie des CUMA : déchets verts et dynamique de territoire

La FD CUMA a présenté une filière de valorisation des déchets verts en agriculture par la technique du co-compostage, vendredi 16 décembre à Flavin, avec ses partenaires du Conseil départemental et de Rodez-agglomération.

Frédéric Carrière, président de la FD CUMA et Francis Bouloc, président de la CUMA des Foumerous avaient invité techniciens et élus au GAEC de Serin à Flavin. Trois CUMA sont déjà engagées dans cette filière de co-compostage en Aveyron, avec 20 exploitations agricoles et 6 collectivités locales destinant ainsi leurs déchets verts à la fertilisation de terres agricoles.

Cette solution locale jugée «moins coûteuse et plus écologique» a été mise en avant sur le terrain en présence de Jean-Claude Anglars, vice-président du Conseil départemental, président de la commission agricole, Florence Cayla, vice-présidente de Rodez-agglomération, maire de Sébazac-Concourès, et Pierre Joffre, élu de la Chambre d’agriculture.

«Enrichir la matière organique des sols»

Frédéric Carrière a indiqué que ces pratiques d'épandage de compost «permettaient aux agriculteurs d’être plus indépendants des engrais et des intrants, tout en renforçant une économie locale de valorisation des déchets verts». Pierre Joffre complète : «les engrais verts ont une utilité pour enrichir la matière organique des sols, leurs structures, et lutter contre l’érosion. Un sol dit «debout» est un sol résistant. Le fumier et le lisier agricole ont leur place dans cette démarche d’agriculture durable, avec un coût quasiment nul pour les agriculteurs».

Il a rappelé que les déchets de tontes de pelouses et les bois de branchages étaient mélangés aux effluents d’élevage, puis décomposés et aérés, afin de réaliser le compost fertilisant épandu ensuite sur les parcelles agricoles. Sur Rodez-agglomération (8 communes), environ 3?500 tonnes de déchets verts sont déposés chaque année dans les déchetteries par les particuliers, dont quelque 500 tonnes collectées par la déchetterie de Luc-La Primaube.

Convention de partenariat

La convention de partenariat appelée «prestation de co-compostage de déchets verts» a été signée entre la CUMA des Foumerous, 6 exploitations agricoles et Rodez-agglomération.

Elle fixe les obligations de chaque partie, précisant notamment que Rodez-agglomération apporte les déchets verts sur les parcelles des agriculteurs concernés, lesquels assurent le broyage, le co-compostage avec les effluents d’élevage, obtenant ensuite un compost utilisé comme fertilisant organique. Les agriculteurs font appel à la CUMA des Foumerous pour le défibrage et le co-compostage fumier-déchets verts.

500 tonnes de déchets verts

Cette convention est signée pour valoriser 500 tonnes de déchets verts entre le 22 mars 2016 et le 31 décembre 2017. A la mi-décembre 2016, 219 tonnes ont déjà été utilisées pour l’agriculture dans le cadre de cette convention. Vu le succès de l’opération, celle-ci devrait s’étendre vers d’autres partenariats avec des agriculteurs. Ils devront s’organiser pour répondre au marché du traitement des déchets verts de Rodez-agglomération qui débutera au 1er janvier 2018.

D.B.

19 janvier 2017

GAEC de Cancerles à Goutrens : maître d’apprentissage depuis 10 ans

Daniel Thuéry installé en GAEC avec son frère Michel à Cancerles sur la commune de Goutrens accueille depuis une dizaine d’années des apprentis sur son élevage limousin. En ce moment il reçoit Paul et Margaux en bac pro au CFPPA La Roque.

Huit apprentis sont passés depuis une dizaine d’années au GAEC de Cancerles, ils ont été formés par Daniel et Michel Thuéry, éleveurs sélectionneurs limousins. «Tout a commencé un peu par hasard lorsque Nicolas qui avait réalisé son stage de BEP chez nous, nous a proposé de le prendre comme apprenti pendant son bac pro au CFPPA La Roque. Depuis nous faisons partie de la liste des maîtres d’apprentissage de cette antenne du CFAA de l’Aveyron», résume Daniel Thuéry. Et les multiples expériences positives ont encouragé les deux éleveurs à prendre des apprentis. «Ces jeunes pas trop passionnés par l’école sont en revanche très motivés par cette formule par apprentissage qui leur permet de mettre un pied dans le monde du travail tout en continuant à se former et surtout de travailler dans une exploitation, la voie qu’ils ont choisie», poursuit Daniel.

Les deux frères sont désormais bien rodés dans les tâches qu’ils confient aux jeunes : «Bien sûr les premières semaines, nous prenons le temps de bien expliquer les choses, de présenter la ferme, notre mode de conduite parce que nous avons affaire à des tout jeunes (16 ans). Ils ne savent donc pas tout faire mais nous sommes là pour leur apprendre et les accompagner dans leur apprentissage. Puis nous essayons de leur confier quelques tâches en fonction de leurs compétences, de leurs envies aussi, afin qu’ils prennent confiance, qu’ils découvrent le métier de façon concrète». Les éleveurs s’appuient sur les questionnaires que les apprentis doivent suivre pour alimenter leur dossier technique et/ou leur rapport de stage. «Nous travaillons sur des thématiques précises comme l’alimentation, la reproduction, l’implantation des prairies,... mais aussi un peu de comptabilité», continue Daniel.

Une confiance mutuelle

«Ce sont des jeunes que nous recevons pendant 2 ou 3 ans sur la ferme, comme apprenti. Nous avons donc le temps de balayer un certain nombre de choses en lien aussi avec leur formation». Et pour entretenir ce lien, les enseignants passent deux fois par an sur la ferme pour faire le point avec le maître d’apprentissage et son apprenti. De même, depuis un an, une réunion est organisée autour du maître d’apprentissage, des enseignants, des apprentis et de leurs parents pour suivre l’évolution de chacun. «C’est une expérience très intéressante car ces jeunes sont très motivés et ont soif de découvrir un métier qui nous passionne», complète Michel. Ainsi les deux éleveurs n’hésitent pas à emmener leurs apprentis avec eux lors de journées techniques, de découverte de matériels ou encore sur des concours comme Généviande cet automne à Laissac, Innov’Agri à Toulouse, le Sommet de l’élevage à Cournon, le Salon de l’herbe dans l’Allier ainsi qu’à des ventes à la station d’évaluation du Moussours et pourquoi pas un jour à Lanaud.

«Le relationnel que l’on a avec ces jeunes est la clé de la réussite entre un maître d’apprentissage et son apprenti. Nous travaillons dans une relation donnant - donnant où tout le monde se sent bien et apprend les uns des autres. C’est ainsi que nous concevons notre rôle et nous n’avons jamais eu de souci avec un de nos apprentis», commente Daniel. Pour exemple, leur apprenti actuel Paul est un passionné de la race Aubrac. Daniel et Michel n’hésitent donc pas à le taquiner un peu sur cet attrait, eux qui sont passionnés de Limousines ! «Nous consacrons un large temps à la discussion, aux échanges sur la façon dont nous travaillons la génétique par exemple, et nous profitons aussi de l’expérience de ces jeunes sur d’autres exploitations».

Les deux éleveurs ont gardé un lien avec chacun des apprentis qu’ils ont reçus, tous ont poursuivi dans la voie de l’agriculture, soit comme salarié agricole, soit comme nouvel installé ou en projet. «Nous continuons de nous appeler. C’est aussi gratifiant pour nous qui avons, quelque part, contribué à leur formation et encouragé leur passion pour ce métier d’éleveur», résument Michel et Daniel. «Parce que la finalité c’est bien de partager une passion commune, de transmettre un savoir-faire et notre expérience à notre échelle».

Eva DZ

12 janvier 2017

Farmer Academy : de la pédagogie et du jeu autour de la santé animale

Une formation technique sous forme de jeu télévisé, c’est ce que propose l’entreprise Zoetis et Campagne TV avec la Farmer Academy. Ce concept diffusé depuis fin novembre sur le site farmeracademy.fr voit s’affronter quatre binômes vétérinaire - éleveur de toute la France sur les problématiques de santé animale, dont un duo aveyronnais !

Vincent est éleveur limousin à Cassuéjouls. Avec sa vétérinaire, Virginie, installée dans un cabinet à St Amans des Côts, il a été sollicité pour participer à la deuxième saison de la Farmer Academy. Il s’agit d’un jeu télévisé diffusé sur le net qui met en compétition quatre binômes vétérinaire - éleveur autour, cette année, des maladies respiratoires.

A voir et à revoir sur internet

Evalué par un jury de trois professionnels (un vétérinaire, un enseignant chercheur de l’Ecole vétérinaire de Toulouse et une responsable vétérinaire nationale), chaque duo est soumis à plusieurs épreuves, filmées pour quatre émissions. Toutes sont toujours visionnables sur le site : farmeracademy.fr.

Chaque épreuve tourne autour d’un sujet de santé animale, présenté de façon pédagogique. Des fiches techniques sont même disponibles sur le site farmeracademy.fr. Elles portent cette année sur l’expérience de la vaccination, la productivité et la détection précoce des maladies respiratoires bovines, l’ambiance dans le bâtiment et le bien-être animal. Les épreuves se déroulent dans une exploitation bovine laitière de Normandie. Et font appel aux compétences des éleveurs et des vétérinaires mais aussi à leur faculté à travailler ensemble. Ils sont en effet confrontés à des situations réelles sur la santé et le bien-être des animaux.

Complémentarité éleveur-vétérinaire

A l’issue de ces épreuves, les équipes sont à la fois notées par le jury et à la fois par les internautes (il est possible de voter jusqu’au 18 janvier). Les résultats seront diffusés le 22 janvier. L'équipe ayant obtenu le meilleur résultat combiné (jury + téléspectateur) sera proclamée vainqueur et recevra une somme de 5 000 € qui sera reversée à l'association caritative de son choix.

Un duo aveyronnais

Après Romain et Edwin dans la saison 1, Vincent et Virginie représentaient l’Aveyron, aux côtés de trois autres binômes de la Mayenne, des Deux-Sèvres et des Vosges.

«Nous étions la seule équipe en système allaitant extensif autour d’un troupeau de 60 mères, une structure de petite taille comparé aux autres candidats mais c’est toujours intéressant de pouvoir découvrir différents systèmes et se confronter à diverses façons de travailler», témoigne Virginie, heureuse d’avoir pu participer à cette expérience humaine. «Ce fut très positif pour l’éleveur comme pour moi car les maladies respiratoires, thème central de cette saison, sont une préoccupation importante pour nous, elles représentent la moitié du budget destiné au poste vétérinaire», complète-t-elle. Déjà le père de Vincent suivait un planning de vaccinations précis permettant de protéger son troupeau.?«Vincent considère ces protocoles comme un investissement privilégiant le coût préventif au coût curatif. Nous avons beaucoup appris des autres binômes mais aussi auprès du jury de professionnels, notamment sur la ventilation dans les bâtiments. Cela permet de désacraliser l’audit vétérinaire dans les élevages», conclut-elle.

Vincent et Virginie avaient choisi de parrainer la SPA d’Espalion, «seul organisme sur notre secteur à recueillir les animaux abandonnés et ils sont nombreux, même à la campagne. L’équipe locale même si elle est petite fait du bon travail pour leur trouver un nouveau logement. Nous avions envie de les soutenir».

Le vote des internautes comptant pour moitié dans le résultat final, il est possible de soutenir son équipe préférée jusqu’au 18 janvier.

Eva DZ

05 janvier 2017

La ferme connectée : une nouvelle façon de communiquer

Les nouvelles technologies ne se substituent pas aux échanges directs entre les personnes, elles sont une nouvelle façon de communiquer et de travailler ! Les CUMA le prouvent.

La CUMA de Lebous est la seule en Aveyron à utiliser Rés@CUMA. Ce logiciel permet de connaître en temps réel, sur informatique, la disponibilité d’un matériel et de le réserver à l’avance. Le responsable est informé automatiquement par SMS de chaque réservation. «Nous avons testé Rés@CUMA il y a 4 ans, d’abord sur quelques matériels pour laisser le temps aux adhérents de se familiariser avec l’outil, aujour-d’hui nous ne reviendrions pas en arrière», témoigne Dominique Bessière, trésorier. «Cet outil mise sur la transparence auprès de tous les adhérents, il place tout le monde sur un pied d’égalité pour la réservation du matériel et apporte de la souplesse au responsable qui n’a qu’à superviser le planning».

Depuis sa mise en œuvre, les adhérents se sont responsabilisés : quand ils s’engagent sur un ou plusieurs jours, ils s’y tiennent ! Aux détracteurs qui dénoncent la disparition de la communication entre adhérents, Dominique Bessière assure que la communication n’a jamais été aussi importante ! «Si une date qui nous intéresse est réservée, on voit qui l’a cochée et on s’appelle pour s’arranger sur quelques heures. L’utilisation de cet outil, très facile et accessible par tous au même titre que n’importe quelle réservation sur internet, a apporté une vraie dynamique entre adhérents et a enlevé de la pression aux responsables de services». Une deuxième CUMA devrait se lancer.

Gains de temps

Autre innovation, la saisie des heures par le salarié sur son smartphone transférée informatiquement à son responsable grâce à Chrono CUMA. Le salarié de la CUMA de Salles la Source, Lionel Julien et son responsable, Nicolas Carmes, l’utilisent. «Le principe est simple, le salarié télécharge une application sur son smartphone qui lui permet de saisir en temps réel ses heures travaillées, ses activités et les adhérents chez qui il est intervenu. Ces données me sont directement transmises sur informatique. Ce qui permet d’avoir une gestion plus claire du temps de travail du salarié et de pouvoir, par exemple, ventiler ses heures selon les activités, les adhérents, pour une meilleure répartition», explique Nicolas Carmes.

«Nous ne reviendrions pas à la saisie sur Excel et encore moins au papier, source d’erreurs et susceptible d’être perdu !» C’est un gain de temps pour le salarié comme pour son responsable qui ainsi n’a qu’à vérifier la saisie avant de transférer les infos à la FD CUMA pour l’édition des bulletins de paie. Tout est très simple à mettre en place, avec simplement une petite prise en main de l’appli pour le salarié.

A ce jour, 13 CUMA et 23 salariés utilisent Chrono CUMA.

La solution !

Comment faire circuler l’information au plus grand nombre, inviter les adhérents à participer aux réunions sans passer des heures au téléphone ? Plusieurs CUMA en Aveyron ont trouvé la solution ! Elles ont créé un répertoire de leurs administrateurs et de leurs adhérents pour adresser des mails ou des SMS groupés. A la CUMA de Laguiole, c’est la secrétaire Marie-Claude Bras qui gère cette nouvelle façon de communiquer depuis 4 ans. «Je me suis constitué sur ma boîte mail, plusieurs groupes en fonction des destinataires (une trentaine, administrateurs ou adhérents). Par ce biais, j’envoie les convocations aux réunions, les rendez-vous de démonstrations de matériels, les réunions de planning du salarié ainsi que les compte-rendus pour tenir informés ceux qui n’ont pu participer. Aujourd’hui tout le monde s’y est mis. Administrateurs comme adhérents ont pris leurs habitudes. L’information circule mieux entre tout le monde et tous sont informés au même titre.

Pour les responsables, c’est moins de temps au téléphone pour relancer nos adhérents et plus de temps pour échanger sur d’autres sujets», résume Marie-Claude Bras qui fonctionne de la même manière pour le syndicat local FDSEA de Laguiole.

Néo CUMA est le logiciel le plus utilisé par les CUMA pour saisir les bons de travaux des matériels avant la facturation, suivre les volumes et les adhérents sur chaque matériel. Elles sont 60% à l’avoir adopté en Aveyron.

05 janvier 2017

Plastiques agricoles usagés, ficelles et filets : les agriculteurs se mobilisent pour le recyclage !

Voilà déjà plusieurs années que les agriculteurs du département se mobilisent pour recycler leurs déchets plastiques agricoles.

En 2016, la collecte, comparée à l'année précédente, a nettement progressé. Près de 185 tonnes de plus de déchets plastiques agricoles ont été collectés, soit une augmentation d'environ 25% par rapport à 2015. Cela prouve l'implication du monde agricole dans cette démarche.

Au niveau de chaque territoire, les collectivités, déchetteries, agriculteurs «responsables» se mobilisent et dynamisent la filière à travers l'organisation de journées de collecte et la mise en place d'une communication efficace. Ces bons résultats de collectes ne seraient pas possibles sans les bénévoles !

Toutefois, certains lieux de collecte ont du mal à atteindre les seuils de tonnages permettant l'enlèvement des déchets (3 ton-nes pour les films d’ensilage et d'enrubannage ; 1,5 tonne pour les ficelles et filets ; 1 tonne pour les big-bags). Des efforts sont nécessaires pour assurer la pérennité de ces sites et pour ne pas perdre le service de proximité aujourd'hui proposé. Il est donc important de mobiliser encore plus d'agriculteurs pour continuer à progresser.

Enfin, le bon fonctionnement dépend également de la civilité de chacun. Les consignes de tri doivent être suivies afin de permettre le recyclage de ces déchets et de respecter l'implication de chacun dans la filière.

Alors, les agriculteurs doivent continuer à se mobiliser et montrer que l’agriculture est responsable !

L'hiver approche, penser à mettre ses déchets plastiques de côté pour pouvoir les amener lors des collectes locales de 2017 !

Que deviennent ces plastiques ?

Une fois ces déchets collectés, une partie d'entre eux (principalement les films) servent de matière première à l'entreprise aveyronnaise Suez RV Plastiques Aveyron (ancienne SOPAVE), située à Viviez. Ils sont nettoyés puis transformés en granulés pour ensuite servir à la fabrication de sacs poubelles. Ces sacs, confectionnés sur place, sont 100% produits à partir de plastiques agricoles recyclés (unique en France) et ont le label «Fabriqué en Aveyron». Ainsi estampillés, ils sont diffusés dans plusieurs régions, et même utilisés au Salon de l’agriculture.

Angéline FABRE

conseillère Environnement, Urbanisme et Aménagement rural Chambre d'agriculture

15 décembre 2016

Lévézou-Ségala : quels sont vos besoins de remplacement ?

Le comité territorial MSA Lévézou - Ségala se penche sur la problématique du remplacement en agriculture. Il lance une enquête auprès des agriculteurs pour connaître leurs besoins et ainsi mettre en place des solutions de remplacement qui leur permettent de se dégager du temps. Surveillez vos mails !

Tous les délégués MSA des secteurs de Pont de Salars, Vezins, Salles Curan, Réquista et Cassagnes forment le comité territorial Lévézou Ségala. En lien permanent avec la MSA, il travaille sur la mise en place de formations pour accompagner les agriculteurs sur la prévention des risques, le stress en agriculture, la manutention animale, la sécurité dans les exploitations,... «Nous ciblons nos actions en fonction des besoins du terrain», explique le président du comité Christian Lacaze. «Et c’est de cette façon que nous nous sommes penchés sur le remplacement des agriculteurs pendant le week-end», complète Fabien Grimal, membre du bureau.

«Nous sommes partis du contexte en élevage frappé par de grandes crises, à cela s’ajoute les contraintes administratives, l’isolement, le délitement de la cellule familiale puisque les conjoints travaillent à l’extérieur : notre métier se complique et est source de stress. La surcharge de travail est parfois sous-estimée. Or la MSA se doit de maintenir une veille auprès des agriculteurs, y compris sur ce sujet !», argumentent les deux agriculteurs.

Une solution collective

Dans sa mission opérationnelle, et en lien avec les assistantes sociales de la MSA, le comité territorial Lévézou - Ségala a donc fait de ce sujet une priorité ! «Il en va aussi de l’attractivité de notre métier. Qui voudra s’installer dans une profession trop contraignante et soumise aux astreintes quotidiennes ?», interroge Fabien Grimal. «Nous sommes tous con-frontés à cette problématique et lorsque nous avons la chance de partir quelques jours, on se rend compte du bien fou que cela procure ! Les coupures sont toujours profitables !», poursuit-il.

Pour Christian Lacaze, il est évident qu’il faut se pencher sur l’organisation du travail en particulier le week-end. «Le week-end est presque un tabou en agriculture ! Mais cela nuit à l’image de notre métier. Nous avons organisé une réunion d’échanges avec le responsable local du Service de remplacement, Joël Viarouge avec le témoignage aussi de quelques utilisateurs du service. Et en présence de jeunes agriculteurs avec lesquels nous avons évoqué l’attractivité du métier».

De même ils ont rencontré un groupe d’agriculteurs de Centrès qui, depuis une dizaine d’années, ont mis en place un système de remplacement entre eux sur la forme du bénévolat. «Notre objectif est de rechercher une solution collective pour renforcer le lien social entre les agriculteurs», explique Christian Lacaze. «C’est intéressant de voir ce qui existe déjà sur le terrain, de tester une démarche déjà éprouvée depuis plusieurs années qui nous permettra de combler notre retard en terme d’accession au temps libre», enchaîne Fabien Grimal.

Une enquête via internet

Pour concrétiser leur réflexion, les membres du comité territorial ont élaboré avec la MSA un questionnaire en collaboration avec des représentants de la Chambre d’agriculture, du Service Remplacement départemental et des Jeunes Agriculteurs. Il a été envoyé début décembre par mail, à tous les agriculteurs du territoire Lévézou - Ségala (ils sont plus de 1 800). L’objectif étant de réaliser un état des lieux sur leur exploitation en terme de remplacement (organisation du temps de travail, astreinte, prise congés, de week-ends engagement professionnel,...) mais aussi de dire ce qu’ils pensent d’une solution collective d’entraide et leurs attentes. «C’est une façon de prendre le pouls du territoire en matière d’organisation du travail, du temps libre en particulier le week-end», détaillent Christian Lacaze et Fabien Grimal, assurant qu’il faut à peine 10 minutes pour compléter ce questionnaire à retourner avant le 15 janvier. Les réponses sont bien entendu anonymes.

Une réunion publique sera organisée le 21 février à 10h, à la salle des fêtes de Salles Curan, afin de faire le point sur les retours et évoquer les pistes de travail pour enfin concrétiser une démarche collective sur le territoire.

Eva DZ

08 décembre 2016

Solutions de remplacement : des outils existent

Pour aider les agriculteurs à évaluer leurs besoins de main d’œuvre sur leur exploitation et leur présenter les différents outils existants pour les accompagner dans leur démarche, l’ADPSA, le Service de remplacement, le Groupement d’employeurs départemental et l’IRVA ont organisé une formation mardi 6 décembre à Rieupeyroux.

Une quinzaine d’agricultrices et agriculteurs ont participé à cette formation. Si tous étaient déjà sensibilisés aux outils de remplacement existants dans le département, ils n’avaient jamais évalué leur besoin en main d’œuvre sur leur ferme.

La plupart sont éleveurs de Veau d’Aveyron et du Ségala et participent à des animations en magasin, ce qui les oblige donc à s’absenter de leur ferme au minimum une journée régulièrement. Sans compter l’astreinte quotidienne de la tétée des veaux, élément décisif du cahier des charges de leur production sous label rouge et IGP. L’idée leur trottait donc dans la tête de trouver une solution de remplacement ponctuelle mais durable sur leur ferme.

Evaluer ses besoins en main d’œuvre

La matinée a permis aux participants de travailler en groupe. Chacun a pu évaluer ses propres besoins en main d’œuvre (fréquence, durée,...), en se basant sur les journées types (astreinte, périodes de pointes de travail, chantiers, travaux saisonniers, absence sur la ferme,...). «Tous se sont aperçus que leur besoin était bien réel et surtout régulier, d’où l’idée de construire une démarche autour d’un outil éprouvé», rapporte Virginie Douet, juriste à l’Espace emploi service.

Les échanges ont été nombreux entre les participants, tous partageant les mêmes obligations, les mêmes intérêts. Ils ont aussi pu enrichir leur réflexion à partir des témoignages de l’après-midi. Ainsi les différentes solutions de remplacement ou de complément de main d’œuvre ont été présentées, service de remplacement, groupement d’employeurs, groupement d’employeurs départemental, employeur individuel, salariat en CUMA, banque de travail,... Les différents aspects de mise en place et de suivi de ces formules ont été détaillés. Toutes ont été appuyées par le témoignage d’un agriculteur ayant choisi la formule. Cette formation a bien plu aux participants qui en ont profité pour poser toutes leurs questions.

A l’issue de cette première, le groupe s’est dit satisfait : «tous étaient contents d’avoir pu se pencher sur leur propre besoin et d’avoir pu découvrir le panel de solutions existantes», résume Virginie Douet. Quelques-uns souhaitent réfléchir collectivement à un projet d’emploi partagé, qui reste ouvert aux agriculteurs qui le souhaitent. Puis de revenir vers le service de remplacement ou l’espace emploi service, pour s’appuyer, par exemple, sur le groupement d’employeurs départemental.

Ce type de formation visiblement apprécié des participants, sera renouvelé dans d’autres secteurs et auprès de nouveaux agriculteurs intéressés.

Eva DZ

Contact : Espace Emploi Service : 05 65 73 79 84.

01 décembre 2016

Crédit Agricole NMP : «entreprendre à l’heure du numérique»

Les 11èmes rencontres du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées se sont déroulées mardi 29 novembre, en soirée, au Cap Cinéma de Rodez, en présence de près de 400 personnes. «Entreprendre sur nos territoires à l’heure de la transformation numérique» était le thème de la soirée illustrée par quatre témoignages.

Depuis 2006, le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées propose à ses clients du territoire (Aveyron, Lot, Tarn et Tarn-et-Garonne) des rencontres avec des personnalités pour partager leur expérience. C’était au tour de l’Aveyron d’accueillir, pour la troisième fois, ces 11èmes rencontres axées cette année sur «la transformation numérique» illustrées par des témoignages mettant en avant la formidable capacité des outils numériques et de nouvelles dynamiques de territoire.

Twitter et marketing relationnel inter-actif

Après l’ouverture de la soirée par Philippe Viguier, vice-président de la caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, Emmanuelle Leneuf a expliqué comment elle a eu l’idée de lancer un «flashtweet» sur le réseau social twitter (25 000 abonnés). La journaliste économique publie chaque jour dix tweets éditorialisés sur l’innovation et le numérique, et fait figure de pionnière dans le domaine du media en ligne.

Autre intervenante, Yseulis Costes, une Aveyronnaise fondatrice de la société «1000Mercis» créée en février 2000, spécialisée dans le marketing relationnel inter-actif, employant en France 180 personnes. Elle est présente à Paris, Londres, San-Francisco, New-York et Dubaï. Yseulis Costes n’était pas à Cap Cinéma, mais aux Etats-Unis, en direct avec la salle grâce au logiciel de vidéoconférence Skype. Elle aussi a résumé l’intérêt de l’outil numérique et la réussite de l’internet en France de sa société, dégageant par ailleurs un chiffre d’affaires annuel de 36 M€.

Dynamique de territoire

La soirée s’est prolongée par des témoignages d’acteurs du territoire, avec d’abord André Valadier, fondateur de la coopérative Jeune Montagne, «un homme au service de la dynamique territoriale de l’Aubrac de puis 50 ans». Bien connu des Aveyronnais, André Valadier a multiplié les responsabilités, comme élu régional, de la FDSEA, de la Chambre d'agriculture, du Crédit Agricole. Son expertise en matière d’économie rurale et de projet collectif est toujours une expérience humaine qu’il aime partager avec le public.

Puis Julien Caplat, Lozérien et co-gérant avec son frère Laurent de la start-up «BienManger.com», créée en 2000, spécialisée dans le e-commerce (9 millions d’euros de chiffre d’affaires), a évoqué sa démarche numérique proposant de l’épicerie fine en ligne, «avec plus de 5 000 références de produits sélectionnés». C’est là-aussi une démarche attaché à un territoire. Ils commercialisent 80 % de produits de la gastronomie française, avec aussi, des filiales de boutiques en ligne dédiées à la vente de produits lozériens et de la Haute-Loire.

D.B.

01 décembre 2016

Portage du foncier et GFA mutuel : le foncier à la portée de tous

Une quarantaine de personnes ont répondu à l’invitation de la SAFER Tarn Aveyron Lot pour évoquer l’un des outils de portage du foncier : le GFA mutuel, un exemple qui pourrait être reproduit en Aveyron pour faciliter l’installation.

«Dans les 10 années à venir nous aurons des départs importants d’agriculteurs à la retraite et l’un des freins à la reprise d’une exploitation, c’est le foncier», constate Dominique Barrau, président de la SAFER Tarn Aveyron Lot. Face à cette donnée, il a décidé d’organiser une journée sur le portage du foncier et plus particulièrement sur un outil : le GFA mutuel. «Nous devons trouver des solutions pour aider les jeunes à accéder au foncier. L’objectif de cette rencontre était de réunir toutes les personnes concernées afin d’échanger sur une solution possible et structurée à l’échelle d’un territoire comme le GFA mutuel», poursuit-il.

Etaient donc conviés les membres des sections des bailleurs et des fermiers de la FDSEA, la section des anciens exploitants, les responsables régionaux FDSEA, les administrateurs de la SAFER, les membres siégeant à la CDOA, les représentants FDSEA, JA et Chambre d’agriculture, les assesseurs des tribunaux paritaires,... une quarantaine de participants ont participé à cette journée d’information. «La rencontre s’est déroulée dans un très bon esprit, sur la base de l’échange constructif», résument les participants. Une bonne entrée en matière selon Bernard Maloiseaux, membre d’un GFA mutuel dans la Marne, département pionnier en France en la matière (lire encadré).

Une structure locale

«La clé de la réussite d’un GFA mutuel est la volonté commune et partagée de croire en son pays pour installer des jeunes», résume le responsable professionnel, secrétaire général de la section nationale des propriétaires ruraux. «Chez nous, nous fonctionnons à l’échelle du canton, entre personnes qui se côtoient, qui se connaissent, prêtes à s’entendre et à travailler ensemble», complète-t-il.

Il est venu témoigner donc, de la façon dont ont été créés les GFA mutuels dans son département. «Nous avons évoqué des cas concrets, très bien ciblés, ce qui a facilité nos échanges et a permis à tous les participants de connaître les tenants et aboutissants d’une telle démarche».

«La propriété individuelle à plusieurs»

Concrètement, un Groupement Foncier Agricole mutuel permet de mutualiser le foncier en répondant collectivement à des situations individuelles : «il rend collectivement possible par le regroupement des forces ce qui ne l’est pas individuellement», résume Bernard Maloiseaux. Le GFA mutuel intervient en cas de vente par un bailleur. Il acquiert des terres pour le compte d’un fermier qui ne peut les acheter seul. Le foncier acquis est loué par un bail à long terme sur 25 ans (sauf exception, il n’acquiert pas les bâtiments). Le fermier a aussi obligation de souscrire à l’achat de parts sociales dans le GFA.

Le statut est identique à tous les GFA mutuels : la location par bail à long terme, des modalités de cession des parts (procédure et fixation du prix) appliquées par tous les GFAM, une priorité aux personnes (définition des voix, décision réservée aux associés, désignation d’un comité de gérance de 9 membres dont 1?représentant des locataires…).

Le GFAM n’a pas vocation à rester indéfiniment propriétaire de toutes les parcelles qu’il a acquises. Le fermier qui, progressivement aura acquis un nombre de parts suffisant, pourra sortir ses parcelles et en devenir propriétaire individuel après accord de l’assemblée générale s’il en fait la demande.

Un partenariat gagnant-gagnant

Le GFA mutuel est un projet porté entre des personnes d’une même zone qui peuvent avoir des liens avec le fermier ou pas, qui sont prêts à l’accompagner pour acquérir du foncier. «Chez nous, il y a une douzaine de fermiers avec plus ou moins de surfaces en gestion commune, un partage des résultats tout en respectant le statut du fermage», explique Bernard Maloiseaux. En contre-partie, les porteurs de parts sociales bénéficient chaque année d’une valorisation annuelle de la valeur de la part et d’une part du fermage acquitté par le fermier (de l’ordre de 2 à 3%).

«Mais ce qui les anime surtout, c’est la volonté de maintenir une agriculture locale, en facilitant le projet d’un repreneur. Nous achetons à sa place le foncier qu’il ne peut acquérir, quitte à ce qu’il revienne investir par la suite s’il en a les moyens», détaille le responsable professionnel. Le GFA mutuel s’interdit d’exploiter. «Le cas le plus fréquent chez nous, est un fonctionnement d’un GFA sur la carrière complète d’un fermier et s’il a un successeur, de repartir sur le même principe».

Une expérience qui a marqué les responsables aveyronnais. Dominique Barrau ne cache pas à l’issue de cette rencontre, vouloir proposer au prochain conseil d’administration de la FDSEA de démarrer une démarche concrète comme le GFA mutuel.

Eva DZ

10 novembre 2016

Groupement d’Employeurs Départemental : «un premier pas vers l’emploi»

Jérôme Couybes, éleveur en Veau d’Aveyron et du Ségala à La Fouillade, adhère au groupement d’employeurs départemental. Il a pour l’heure, fait appel à trois reprises au salarié depuis son embauche en octobre.

«Jusqu’alors je n’ai jamais fait appel à un salarié sur mon exploitation mais j’avais besoin, pour me libérer du temps et partager certaines tâches difficiles à réaliser seul, de faire appel ponctuellement à un salarié. Etant en plein projet d’agrandissement, difficile pour moi de m’engager seul dans l’embauche d’une personne, sans perspectives sur le long terme, j’étais donc à la recherche d’une solution d’emploi mutualisé et ponctuel. J’ai participé à la réunion d’information sur le projet de groupement d’employeur départemental sur le secteur de Villeneuve et je me suis engagé sur 20 jours par an.

Pour l’instant, je n’ai fait appel au salarié qu’à trois reprises, je manque donc un peu de recul sur le fonctionnement mais tout se passe très bien. Ce qui me soulage c’est que nous n’avons pas à gérer la partie administrative autour de l’embauche et du suivi du salarié, nous sommes très bien accompagnés sur ce point et bien informés des aides dont nous pouvons bénéficier. C’est un avantage pour moi qui suis déjà obligé d’adapter mon exploitation et mon équipement à l’accueil d’un salarié en terme de mise aux normes ! Tout s’est fait un peu vite et je n’ai pas eu le temps de tout adapter ! L’autre avantage du système c’est sa souplesse : les 8 adhérents se réunissent une fois par mois pour caler le planning du salarié en fonction des besoins de chacun et le responsable fait ensuite le lien. Ce que je peux dire, c’est que sans le groupement d’employeurs départemental, je ne me serai pas lancé seul dans l’embauche d’un salarié. Avec le GED, nous bénéficions d’une personne compétente, polyvalente qui au fil du temps, apprendra à connaître nos exploitations, à un coût mutualisé sans gestion administrative ! C’est pour moi, un premier pas !».

Le GED : une opportunité

Ludovic Pradines est éleveur de volailles et de bovins viande à Lunac. Déjà adhérent au Service de remplacement, il a rejoint le groupement d’employeurs départemental

«J’avais échangé avec le Service de remplacement sur mes besoins supplémentaires de main d’œuvre sur ma ferme. Les animatrices m’ont parlé d’un projet de groupement d’employeurs sur Villeneuve qui n’arrivait pas à aboutir faute d’heures suffisantes pour embaucher un salarié. Du coup nous avons réuni nos besoins pour créer un groupement d’employeurs départemental. Après la réunion d’information qui a permis à chacun d’identifier ses besoins et de donner son engagement sur un nombre de jours, tout s’est vite mis en place. Les 9 adhérents que nous sommes n’avons à gérer que le planning du salarié, toute la partie administrative est gérée par l’espace emploi. De notre côté nous nous réunissons une fois par mois pour caler l’emploi du temps des 1200h du salarié pour le GE (il est salarié du SR pour le reste de son temps). Tout se passe bien entre les adhérents, nous nous entendons bien et le système est asez souple avec la possibilité d’intervertir les journées en cas de besoin.

Personnellement, adhérer au GED répond tout à fait à mon besoin de complément de main d’œuvre. J’organise mieux mon travail, je prévois à l’avance les tâches à accomplir par le salarié et puis ça limite les risques puisque nous mutualisons le coût. C’est pour moi, un premier pied à l’étrier vers l’emploi d’un salarié».

Recueillis par Eva DZ

27 octobre 2016

Journée zéro phyto en Aveyron : comment atteindre le zéro phyto ?

Près de 100 personnes à Onet-le-Château, plus de 80 à Bozouls ont assisté à la journée zéro phyto, pour ne plus utiliser de produits phytosanitaires.

Mercredi 19 octobre, dans le cadre du plan écophyto, l’Adasea.d’OC et Rural Concept ont organisé avec L’Atelier du Paysage, une journée entièrement dédiée à l’arrêt de l’utilisation des produits phytosanitaires. Pour mémoire, en 2017, les communes ne pourront plus utiliser des herbicides pour réaliser l’entretien des espaces verts et des voieries.

Aussi, l’attente était grande de la part des élus pour en savoir plus sur les modalités de substitution. De fait, la journée fut un succès total et près de 100 personnes avaient répondu présent à Onet-le-Château le matin et plus de 80 se sont retrouvées à Bozouls l’après-midi.

Au programme de chaque demi-journée, une présentation en salle sur les méthodes et les outils pour se passer des produits phytosanitaires, mais aussi les techniques de Bio-contrôle et de paillage. Le tout renforcé par une présentation très appréciée, tirée du retour d’expériences de la mairie d’Onet-le Château, laquelle a devan-cé l’appel et arrêté l’utilisation des produits phytosanitaires depuis un an déjà. Le visionnage d’un film réalisé pour l’occasion a également permis de donner le ton et de renforcer le propos sur l’importance de ne plus utiliser des produits chimiques.

Travaux pratiques

La deuxième partie a fait la part belle aux travaux pratiques. Une dizaine d’entreprises spécialisées venues de toute la région ont fait tour à tour la démonstration de matériels de désherbage écologique. De la sorte, élus et employés communaux ont pu voir à l’œuvre un désherbeur thermique, un désherbeur vapeur, des brosses de désherbage, un désherbeur à lames, à dents, un désherbeur à couteaux, une bineuse-sarcleuse, une tête de coupe sans projection et un peigne à gazon. De quoi se faire largement une idée sur les capacités des machines et leurs spécificités techniques !

Un diagnostic gratuit

De l’avis de tous les présents, c’est un virage important à prendre qui n’appelle toutefois pas de recette préconçue et où chaque commune est un cas particulier. C’est pourquoi, l’agence de l’eau Adour Garonne finance la réalisation d’un diagnostic qui permet aux communes qui souhaitent s’équiper de bénéficier d’aides pour faire l’acquisition du matériel qui répondra le mieux à leurs attentes.

Pour en savoir plus : Rural Concept/Adasea.d’OC : 05 65 20 39 28

13 octobre 2016

Formations ADPSA : comment concrétiser un projet en agriculture

Depuis plusieurs années, l’ADPSA propose des formations à la découverte des métiers de l’agriculture : «Réussir votre projet en agriculture : A vous de jouer !» pour dessiner les contours de son projet et ADEMA et PEEA pour découvrir le métier.

Parce que la profession d’agriculteur est complexe et ne se résume pas à vivre au grand air auprès de quelques chèvres, l’ADPSA à travers deux formations, propose de s’immerger dans le métier pour aider à la décision de travailler en agriculture ou pas, de s’installer ou pas !

Réussir son projet en agriculture

«J’enracine mon projet, j’évalue mes besoins, je dimensionne mon projet et je me mets en action», c’est le fil conducteur des quatre journées de la formation «Réussir son projet en agriculture» que propose l’ADPSA.

L’envie de sortir du salariat, de devenir entrepreneur, de revenir à ses racines agricoles,... les raisons d’une conversion professionnelle à l’agriculture sont nombreuses. Ils sont de plus en plus nombreux à s’intéresser aux métiers de l’agriculture, même après une première carrière dans un tout autre secteur d’activité. Depuis quelques années, l’ADPSA propose une formation courte pour cibler son projet, tester sa cohérence, en dessiner les contours et échanger avec d’autres porteurs de projet,... bref voir si l’on est fait pour l’agriculture et si le projet peut tenir la route ! Quatre journées en groupe sont proposées, encadrées par l’ADPSA 12 et le Point Accueil Installation. Le principe de la réflexion en groupe et des échanges sont un critère de satisfaction pour les participants. Beaucoup apprécient de pouvoir formaliser leur projet avec les autres, d’acquérir une méthodologie, des points de repère pour avancer et concrétiser leur projet. L’ADPSA est sur un rythme de trois formations de ce type par an, de 5 à 8 personnes. C’est une formation encore peu connue mais qui tend à l’être grâce à un partenariat avec Pôle Emploi.

Dans un premier temps, le groupe échange sur son projet : ses besoins, ses ressources, ses atouts et contraintes, sa stratégie. Chacun définit aussi sa situation de départ et ses objectifs personnels (envies, craintes,...).

La deuxième journée consiste à mettre en cohérence projet personnel et professionnel. C’est le moment de recenser les besoins et apports financiers ainsi que de quantifier le temps de travail prévisionnel par rapport à son objectif de vie, de déterminer son niveau de dépense pour faire vivre le porteur de projet et sa famille.

La troisième journée est dédiée au dimensionnement du projet dans une optique viable économiquement et vivable socialement.

La fin de la formation permet de cerner concrètement les réalisations et les contraintes liées à l’installation et à la conduite de l’exploitation et de définir un plan d’action.

De façon générale, la formation est basée sur l’écoute active, le travail de groupe, les discussions collectives autour des projets de chacun.

Témoignages

Les témoignages recueillis lors de la dernière session sont positifs : «Cette formation a été pour moi, d’une grande aide, pour finaliser mon projet», «la formation nous permet de nous poser les bonnes questions : mon projet est-il réalisable ? Dans quelles conditions ?». Les quatre derniers participants à l’une de ces formations ont tous un parcours professionnel hors agriculture et tous ont apprécié ces quatre journées de découverte et d’échan-ges?: «Nous pouvons discuter avec des intervenants compétents qui sont là pour nous orienter, sans aucun préjugé sur notre projet. L’écoute est très importante». Cette formation leur a permis de franchir une étape supplémentaire vers le métier d’agriculteur : «Nous avons tout à faire car on s’aperçoit qu’un projet en agriculture est complexe et nécessite une réelle réflexion et un engagement mais désormais nous savons comment concrétiser notre projet et les démarches à suivre». Certains vont en effet approfondir la découverte grâce à l’ADEMA (Accès aux demandeurs d’emploi aux métiers agricoles) et d’autres sautent le pas avec l’entrée en BPREA en un an pour adulte. «Maintenant nous allons entrer dans la pratique !».

Réussir son projet peut en effet être un préalable à l’ADEMA (Accès aux demandeurs d’emploi aux métiers agricoles), qui propose une découverte pratique du métier d’agriculteur avec trois semaines de stage ou encore la PEEA (Première expérience en agriculture) avec trois mois de stage en exploitation.

ADEMA : immersion dans le monde agricole

L’Accès aux demandeurs d’emploi aux métiers agricoles ou ADEMA permet une première immersion dans le monde agricole. Cette formation d’un mois (7 jours en centre et 15 jours en entreprise) permet aux demandeurs d’emploi en reconversion professionnelle, après un bilan de compétences ou tout simplement intéressés par l’agriculture mais sans formation spécialisée, de découvrir ce secteur d’activités. Lors de cette formation, ils pourront acquérir les premières compétences préalables à l’emploi. Ateliers pédagogiques, visite d’exploitations, témoignages d’agriculteurs et de salariés, fondamentaux du fonctionnement d’une exploitation et de la technique, règles d’hygiène et de sécurité,... constitueront la partie en centre.

Puis après avoir découvert la réalité du travail agricole dans une exploitation, chacun pourra partager son vécu en entreprise, valider ses acquis et réfléchir aux méthodes de recherche d’emploi et à la stratégie à envisager pour la suite. «Cette formation permet d’acquérir les premiers gestes professionnels dans l’activité choisie et ainsi de conforter ou non, son choix de travailler en agriculture comme salarié, agriculteur ou dans para-agricole», détaille Isabelle Arsac, formatrice et responsable de stage à l’ADPSA.

Aucune condition d’âge n’est requise pour l’ADEMA. Deux formations sont organisées par an (24 places au total) et l’ADPSA note une bonne participation à chacune des sessions. La prochaine se déroule du 30 janvier au 28 février 2017.

PEEA : pour aller plus loin

La Première expérience en agriculture (PEEA) permet d’aller plus loin dans la découverte des métiers agricoles et se déroule sur 3 mois (9 semaines de stage en entreprise et 4 semaines en centre).

Cette formation est ouverte aux demandeurs d’emploi et à toute personne ayant un projet de reconversion professionnelle dans l’agriculture (niveau V de formation générale et 18 ans minimum).

A l’issue d’un entretien préalable, un parcours de formation personnalisé sera élaboré. Ainsi pour la période théorique en centre, plusieurs modules sont proposés : apprentissage et techniques de base pour l’utilisation du matériel (conduite d’un tracteur), conditions de travail en sécurité et premiers gestes professionnels (initiation à la traite, alimentation, repro, santé, travaux de maraîchage, agronomie,...), modules consignes et sécurité (contention, document Evaluation des risques professionnels), droit de travail, communication (internet...). D’autres modules peuvent être proposés en fonction du projet professionnel du candidat.

«La possibilité d’adapter la formation à son projet permet aux stagiaires de découvrir la réalité du métier qu’il envisage pour mieux prendre sa décision pour l’avenir», avance Isabelle Arsac. «De même les échanges d’expérience et de projets entre les stagiaires sont aussi enrichissants pour chacun», ajoute la responsable de stage. Les entrées et sorties de la PEEA sont permanentes.

Une autre formation de 3 mois est en cours de projet à l’ADPSA, elle s’adressera aux futurs salariés agricoles.

Eva DZ

Pour ces formations, un financement peut être proposé par Pôle Emploi, la Région Midi-Pyrénées pour la PEEA et le FAFSEA pour l’ADEMA.

29 septembre 2016

Entrepreneurs de Travaux Agricoles : journée technique à Gabriac

Une journée «Entreprises de travaux agricoles» (ETA) a récemment été organisée à Gabriac, chez Michel Griffoul, premier vice-président du syndicat départemental des ETA. Il a notamment présenté sa nouvelle base phytosanitaire en présence de partenaires techniques, fournisseurs et ETA voisines.

Près de 200 personnes ont participé à cette journée organisée par la SARL Griffoul à Gaillaguet, commune de Gabriac, chez Michel Griffoul, en partenariat avec le Crédit Agricole, Groupama, et le syndicat des ETA Aveyron. Michel Griffoul est éleveur de 50 vaches de race Aubrac et aussi gérant d’une entreprise de travaux agricoles spécialisée dans l’épandage d’engrais, les semis, et la pulvérisation de produits phytosanitaires, avec notamment un engin de 24 mètres de largeur doté d’une cuve de 3 000 litres.

Il a ainsi inauguré sa nouvelle base phytosanitaire dans un bâtiment neuf, comprenant un local de stockage, un atelier, un bureau, le tout aux normes réglementaires en vigueur en matière de lavage des matériels et outils utilisés dans l’usage de produits phytosanitaires.

«Les eaux contaminées sont traitées dans un phytobac, créé par la société Bayer», dit Michel Griffoul. «C’est un système de récupération et de dégradation des effluents phytosanitaires. Composé de terre et de paille, isolé du milieu environnant par un bac étanche, ce bac dégrade les produits phyto principalement par voie microbiologique, comme dans un sol».

Le phytobac a une capacité de 6 m3 et reçoit chaque année environ 2 200 litres d’eau contaminée. «Les bactéries détruisent les molécules chimiques. C’est un lieu ouvert, aéré et toujours humide qui n’évolue pas dans sa zone de dégradation couverte, fonctionnnant aussi par évaporation».

Ce phytobac a été présenté en présence d’ETA du secteur qui ont aussi exposé divers matériels, avec une démonstration d’un combiné bois. Mylène Allely, du service prévention et protection des risques à la MSA et Serge Moncet, chef de produit RAGT, ont fait un exposé, respectivement sur la sécurité des produits dits à risque, et «le rendu feuille».

D.B.

18 aout 2016

Latour-sur-Sorgue : un «Sac du berger» toujours en mouvement

L’entreprise artisanale «Le Sac du Berger» située à Layrolle, à Latour-sur-Sorgue, créée par Jean-Pierre Romiguier en 1979, dans une ancienne bergerie du Larzac, est renommée pour la qualité de ses cuirs, sacs et autres objets de maroquinerie. Son responsable relance une filière laine sur le bassin de Roquefort en lien avec la profession.

«Le Sac du Berger», c’est avant tout un atelier de fabrication artisanale d’un sac en cuir fabriqué dans la tradition, dont la forme actuelle remonte au XVIIème siècle. «L’objet, héritage séculaire du pastoralisme méridional, est toujours utilisé de nos jours par les bergers transhumants du sud de la France», résume Jean-Pierre Romiguier.

Cet autodidacte natif de la commune ajoute : «c’est un ami historien qui m’a donné l’idée, et comme mon ambition était de travailler au pays, je me suis lancé. Le sac du berger était fabriqué par des bourreliers, artisans locaux qui réparaient les attelages de chevaux, et proposaient des sacs de berger très populaires à cette époque. J’ai appris à travailler le cuir en respectant le subtil équilibre de ses variétés. La qualité des cuirs, l’exigence et le soin du travail, font de ce sac un objet unique et compagnon de toute une vie». Combinant le cuir souple et le cuir épais, avec des coutures invisibles, «chaque sac est réalisé par la même personne». Il est proposé en cinq tailles différentes, en cuir vachette pleine fleur, d’origine France et tanné localement.

Cuir de taurillons

«Le cuir est de race bovine Limousine et tanné chez Arnal, au Monastère, près de Rodez», indique Jean-Pierre Romiguier. «Les peaux de taurillons âgés de deux ans sont sans cicatrices, souples, avec une structure favorable au retournement». Car un sac de berger est cousu à l’envers, par son intérieur, puis retourné, afin de cacher et protéger les coutures. L’entreprise utilise l’équivalent de 250 peaux de bovin par an pour ses cuirs. «Nous pratiquons cinq métiers, celui de bourrelier, maroquinier, bottier, fabriquant de vêtements, et de produits en peau lainée (chaussons)».

Le Sac du Berger propose environ 400 références dans ses deux boutiques, à Layrolle et à La Couvertoirade, et sur son site internet de vente en ligne. «70 % du chiffre d’affaires se fait de cette manière et lors de salons professionnels, le reste concer-ne les revendeurs». «Notre atelier de Layrolle est ouvert toute l’année et accueille environ 2 500 personnes par an, dont des groupes. Le village de la Couvertoirade enregistre environ 350 000 visiteurs par an, dont une partie passe dans notre magasin», sourit Jean-Pierre Romiguier.

Filière laine Lacaune

Cet artisan est loin de s’endormir sur ses lauriers et travaille en faveur de la relance d’une filière laine sur le rayon de Roquefort, en partenariat avec la Confédération générale de Roquefort et la Communauté de communes de Saint-Affrique. «L’étude de viabilité économique que nous avons lancée a validé le projet. Une filière de laine de brebis Lacaune se mettra en place à Saint-Affrique dès 2017. Trois emplois seront créés au début, pour une production évaluée entre 60 à 80?tonnes de laine, dans une filature artisano-industrielle, sur environ 1?000 m2».

Jean-Pierre Romiguier est confiant : «il y a une opportunité à saisir dans ce bassin de production avec un cheptel de plus d’un million de brebis. Au plan mondial, le cheptel ovin diminue.?Il faut savoir qu’en Nouvelle Zélande et en Australie, c’est la laine qui est le principal revenu des producteurs ! Ma vision est de dire que plus le temps va passer, plus on aura besoin de matières naturelles renouvelables comme la laine de brebis. Nous pouvons valoriser la laine de notre territoire achetée actuellement un demi euro le kilo chez un producteur. Une brebis produit un kilo de laine par an, avec un rendement de 38 % (laine lavée utilisable par le fabriquant). Nous utilisons dans notre atelier entre 60 et 80 tonnes de laine par an, c’est l’équivalent de notre projet commun. La laine Lacaune peut être porteuse d’une belle image, comme le fromage de Roquefort. Le projet a été présenté à l’UPRA Lacaune avec là aussi, un accueil favorable des éleveurs. Ils pourraient eux aussi entrer dans le capital de la nouvelle structure».

Didier BOUVILLE

14 juillet 2016

Challenge CUMA et Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées : les CUMA s’ouvrent pour innover

Pour la 14e année, le challenge CUMA - Crédit Agricole met en lumière les actions des groupes, les fait connaître pour pourquoi pas, donner quelques idées à d’autres ! Depuis 2002, 135 CUMA ont participé et 104 d’entre elles ont été récompensées. Cette année, les CUMA ont été saluées pour leur capacité à «faire ensemble pour mieux vivre demain», mettant en avant l’intérêt de mutualiser pour innover et avancer.

L’Aveyron a la chance de pouvoir s’appuyer sur un bon maillage du territoire, avec 269 CUMA. Des CUMA locales qui jouent sur la proximité mais pour répondre aux besoins de leurs adhérents et pour assouvir leur envie d’innovation, elles misent sur l’ouverture et le partenariat avec d’autres CUMA ou des collectivités. Certaines ont mis en œuvre des initiatives en ce sens, qu’elles ont partagées lors du Challenge CUMA - Crédit Agricole.

«C’est bien de pouvoir montrer le travail que réalisent les CUMA en matière d’ouverture à d’autres CUMA ou aux collectivités», atteste Christian Pègues, responsable de la commission communication de la FD CUMA. «Les CUMA savent innover, savent s’adapter aux besoins de leurs adhérents et pour cela, elles n’hésitent pas à étendre leur territoire d’action. Ce qui veut dire que les CUMA locales, même de petite taille, savent très bien travailler ensemble».

Communication dans le réseau

Quoi de mieux que le challenge CUMA parrainé par le Crédit Agricole pour mettre en lumière ces initiatives et partager les expériences. «C’est un événement qui compte dans la communication de notre réseau», assure Christian Pègues. «Les CUMA sont très intéressées par ce que font leurs homologues et ce challenge est une mine d’idées ! Nous sommes heureux de pouvoir compter sur le soutien de notre caisse régionale pour le faire perdurer».

Chaque année, Jacques Couderc, président de la caisse locale Montbazens - Rignac et représentant la caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées au conseil d’administration de la FD CUMA et au jury du challenge, est impressionné de découvrir les initiatives imaginées par les CUMA. «Les CUMA ont une réelle capacité d’adaptation, d’innovation, parfois méconnue, ce challenge apporte un bel éclairage sur leurs actions. Seule, c’est parfois difficile pour une petite CUMA de répondre à toutes les attentes de ses adhérents ou à innover mais en jouant collectif, elles peuvent ouvrir de nouveaux services».

Jacques Couderc a particulièrement été séduit par l’action menée par la CUMA des Foumérous, qui a décroché le premier prix (lire ci-dessous) : «Elle a mis au jour un pacte gagnant- gagnant entre des agriculteurs et des collectivités sur une gestion de proximité des déchets verts. Une initiative qui, je l’espère, en amènera d’autres car elle montre pleinement le rôle de l’agriculture tant d’un point économique, qu’environnemental et sociétal. Un vrai bel exemple !».

Eva DZ

30 juin 2016

Centre de formation de Bernussou : les 10 ans de la licence professionnelle

La Chambre d’agriculture et l’IUT de Rodez ont fêté, vendredi 24 juin à Villefranche de Rouergue, les 10 ans de la licence professionnelle dispensée au centre de formation de Bernussou. La journée s’est déroulée en présence d’anciens élèves et attachés agricoles des ambassades de la République d’Irlande, d’Allemagne et des Pays-Bas.

Ambiance jeune et colorée pour le 10ème anniversaire de la première licence professionnelle, «les métiers du conseil en élevage», créée à Bernussou en 2006 avec le parcours bovins lait ! Une cinquantaine d’anciens élèves venus de toute la France étaient présents, tous habillés de tee-shirts aux couleurs des pays européens où ils ont effectué leur stage dans le cadre de leur licence professionnelle. Cette journée anniversaire rassemblait de nombreux partenaires techniques du pôle de formation de Bernussou, et les attachés agricoles des ambassades de la République d’Irlande, d’Allemagne et des Pays-Bas, respectivement, Karl Walsh, Jürgen Ohloff et Nico Van Opstal. Rappelons que «la galerie européenne» de Bernussou propose aussi des stages en Autriche, Espagne, Danemark et Italie.

323 jeunes en dix ans

La licence professionnelle en parcours bovins lait a été créée en 2006, suivie en 2008?par la licence professionnelle en parcours bovins viande, puis en 2010, par la licence professionnelle en parcours porcins. «En 10 ans, ce sont au total 323 jeunes qui ont été reçus à Bernussou, dont 28% sont aujourd’hui installés comme agriculteurs, les autres travaillant notamment pour des organisations professionnelles agricoles», indique Gérard Grès, directeur de Bernussou. Les autres métiers sont : technicien conseil élevage (26%), conseiller génétique (15%), technico-commercial (15%).

Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, Olivier Depitre, représentant le directeur de l’IUT de Rodez et Olivier Serieye, président du Pôle de formation de Bernussou, ont accueilli les anciens élèves et entreprises partenaires le matin, dans le parc du château de Bernussou. Avec au programme, la visite des stands européens organisés par les étudiants actuels (2015-2016), ponctués par des échanges autour des pôles conseil (alimentation, reproduction, contrôles de performances), en présence de différents partenaires et entreprises, UNICOR, DFP, Sanders, Lactalis, Sodiaal, Coopelso, France-Conseil élevage, Terrena, CNIEL, INAPORC, etc.

L’après-midi s’est déroulée dans le hall machinisme de Bernussou avec plusieurs témoignages en tandem d’anciens étudiants et de représentants des d’entreprises les ayant accueillis en stage lors de leur formation par alternance, et sur les différents métiers du conseil. Les trois attachés d'ambassade agricole, Pays-Bas, Allemagne et Irlande, ont ensuite présenté l’agriculture de leur pays, son évolution, et ses perspectives au niveau de l’Union européenne. Chacun mettant en avant les problématiques de productions du pays, notamment en ce qui concerne le lait de vache, bouleversé depuis la fin des quotas laitiers, ou bien la pression environnementale (et sociétale).

Un annuaire des anciens élèves

«Un annuaire des étudiants» rassemblant l’ensemble des noms et coordonnées de chaque élève depuis 2006 a été édité pour l’occasion et les trois parcours. En introduction, Jean-Yves Bruel, directeur de l’IUT de Rodez, y rappelle «que la licence professionnelle de Bernussou combine les exigences d’un diplôme universitaire de niveau 3 (Toulouse Capitole) et les attentes du monde du travail». Avec «une large ouverture internationale par les échanges et stages soutenus et encouragés par de nombreux acteurs européens (ambassades, entreprises et exploitations agricoles)».

Jacques Molières, de son côté, y salue «l’implication et le savoir-faire de toute l’équipe pédagogique de Bernussou et de l’IUT, et de tous ceux qui ont contribué durant ces dix années à hisser sur les plus hautes marches du podium ces trois licences professionnelles». Ces licences professionnelles sont encadrées par Patrick Couderc (bovins lait), aux côtés de Julien Blanc (bovins viande) et du directeur Gérard Grès (porcin), tous trois ingénieurs agricoles. Ils ont tous ont été salués par leurs anciens élèves ravis de se retrouver à nouveau ensemble à Bernussou !

Didier BOUVILLE

23 juin 2016

Assemblée générale de l’ADPSA : des formations adaptées au terrain

L’assemblée générale de l’ADPSA s’est déroulée lundi 20 juin à la Maison de l'agriculture à Rodez. L’organisme de formations agricoles qualifiantes, diplômantes, et de perfectionnement, a dressé le bilan de l’année 2015 sous la présidence de Robert Dalet.

«Le centre de formation ADPSA réalise les deux tiers de son activité avec des formations diplômantes et qualifiantes pour l’agriculture, que sont l’ADEMA, le PEEA, le BPREA, et le BTSA?Acse. Le tiers de son activité concerne la formation de perfectionnement (y compris l’installation), toujours auprès d’actifs agricoles», a introduit Yves Causse, directeur-adjoint. Et de rappeler que l’ADPSA disposait de 12 équivalents temps-pleins, répartis sur 20 salariés, dont 9?formateurs principaux, et qu’elle avait mobilisé 166 intervenants, dont 125 parmi ses partenaires.

Le directeur Pierre Maurel a mis en avant deux d’entre eux, la Chambre d’agriculture et la MSA. «La MSA accompagne à nos côtés des agriculteurs en situation difficile, fragilisés par la crise. Il faut les aider à anticiper autant que possible. La formation peut les aider à reprendre confiance, et mieux rebondir». Le directeur a indiqué que «l’ADPSA avait le souci permanent de répondre aux attentes des agriculteurs en matière de formation. Nous devons savoir ce que l’on doit changer, et où aller», a-t-il dit.

Francis Grau, président de VIVEA Aveyron, et «ancien hors cadre familial», a-t-il précisé, a loué l’adaptabilité des formations ADPSA aux différents profils des stagiaires : «ce centre propose une formation qui est aussi un projet de vie pour toutes et tous», a-t-il confié à l’issue des témoignages des nouveaux ou futurs diplômés exprimés en fin de réunion.

Activité stable

Dans le bilan d’activité, Yves Causse a confirmé que «les formations qualifiantes et diplômantes représentaient 68 % de l’activité globale, avec un volu-me d’heures en hausse de 25 % en dix ans». Le BTSA a fortement augmenté en nombre de candidats alors que le BPREA a diminué. Pour l’année 2015, c’est la stabilité, comparé à 2014 en nombre d’heures. L'effectif de stagiaires 2015-2016 est de 91 personnes, proche de celui des années 2008-2009, avec 53 apprenants en BPREA et 38 en BTSA. 2015 se situe dans la moyenne des 4 dernières années avec environ 50 000 heures. Le BTSA est conduit à l’ADPSA, en partenariat avec le CFPPA La Roque, François-Marty Formation continue, et le pôle de formation de Bernussou (Chambre d’agriculture). En 2015, 28 000 heures ont été enregistrées.

Réussites aux examens

Concernant l’ADEMA (accès des demandeurs d’emploi aux métiers de l’agriculture), ils étaient 16 candidats l’an dernier, âgés en moyenne de 33 ans, avec 56 % de femmes. A noter que 81 % sont aujourd’hui en activité ou en parcours de formation. Pour le PEEA (première expérience en exploitation agricole), l’ADPSA a accueilli 20 personnes en 2015, contre 13 en 2014, âgées en moyenne de 31 ans, avec 55 % de femmes. Les trois-quarts sont actuellement en activité ou en poursuite d’étu-des, dont 55 % en agriculture.

S'agissant du taux de réussite aux examens de formation diplômante, il est de 100?% pour le BPREA (51 candidats reçus en 2015), et de 88 % pour le BTSA (moyenne sur 8 ans). Dans les deux cas, l’insertion professionnelle est rapide et positive, entre 100 et 94 % !

Parcours à l’installation : les bovins viande en tête

L’ADPSA propose aussi le parcours à l’installation, avec le plan de professionnalisation personnalisé, appelé le «3P». En 2015, le curseur est resté comme en 2014, à 170 entretiens 3P. Au 31 décembre 2015, le nombre moyen de prescriptions 3P par candidat était de 3,3 formations, soit en moyenne 57 heures, y compris le «stage 21 heures». Les stages de formation les plus prescrits étaient : élaborer et chiffrer son projet (52 %), GAEC et comptes courants (46 %).

Autre point important, celui des productions envisagées lors du projet d’installation, selon les données du 31 décembre 2015. Le secteur bovins viande arrive en tête (31%), suivi par les ovins lait (26%), et les bovins lait (15%). Ces trois secteurs représentant 75% du total, très loin devant les ovins viande, maraîchage, équins, caprins lait... Pour les stages à l’installation (21 heures), ils restent dans la moyenne, autour de 150, depuis dix ans. En 2015, l’âge médian était de 28 ans, avec 29 % de femmes. Concernant les stages de perfectionnement, l’ADPSA et ses partenaires en ont réalisés 226 en 2015 (hors stage 21 heures), avec un total de 2 251 stagiaires. L’âge moyen était en 2015 de 45 ans, avec 28?% de femmes. Cet âge moyen continue de croître, il s’explique selon l’ADPSA par les stages «certiphyto» (20% des stagiaires dont les deux-tiers ont plus de 45 ans, un tiers plus de 55 ans).

Des projets annoncés

Parmi les projets de l’ADPSA, figurent notamment le renforcement du partenariat avec Bernussou, la relance d’une licence pro en partenariat avec l’université Jean-François Champollion, le développement des formations en faveur des salariés agricoles, l’adaptation des formations selon la demande «du terrain», des voyages d’études... A noter qu’une exposition de photos a été présentée sur le thème de «l’agriculture durable vue par les agriculteurs», réalisée par les BTSA Acse 2ème année.

D.B.

21 avril 2016

Association des salariés agricoles de l’Aveyron : un nouveau nom, une nouvelle ambition

Samedi 16 avril, Sébastien Issalis présidait sa première assemblée générale de l’ASAVPA, devenue Association des salariés agricoles de l’Aveyron. Un nouveau nom, un nouveau logo, une nouvelle charte et l’espoir de pouvoir maintenir cette structure au service des 4 000 salariés que compte le département.

L’ASAVPA aborde un nouveau tournant. A l’image de son réseau national, elle change de nom pour devenir Association des salariés agricoles de l’Aveyron, elle porte un nouveau logo (voir ci-contre) et adhère à une nouvelle charte. Un renouveau auquel l’Aveyron a participé depuis le début. «Nous sommes à l’origine de cette nouvelle identité des ASAVPA», avance le président, Sébastien Issalis. «Avec deux autres ASAVPA de Midi-Pyrénées, le Tarn et le Lot, nous avons conduit une motion lors d’une assemblée générale nationale arguant que notre nom avait besoin d’être rajeuni».

L’animateur aveyronnais, Bernard Gauvain, a participé au groupe de travail national autour de ce changement d’identité validé en début d’année dans la Somme. A tous les échelons, départemental, régional et national, les ASAVPA deviennent association des salariés agricoles. En présence du président national, également président de l’association du Tarn, Michel Marcoul, Sébastien Issalis a présenté la nouvelle charte. «Ce changement de nom est avant tout un moyen de se remettre en question, de repartir sur de bonnes bases, de faciliter notre communication, d’être plus proches des salariés».

Collectif et esprit de groupe

Parce que les salariés sont demandeurs d’informations. Discrets, actifs dans leur métier, ils n’osent pas toujours faire le premier pas vers l’association. «C’est à nous d’aller à leur rencontre, de les accompagner et plus encore aujourd’hui alors que l’agriculture et l’élevage en particulier est en difficulté». Les salariés agricoles sont tout aussi concernés que les agriculteurs qui les emploient. «Nous avons un sens, un rôle, une utilité sociale et une légitimité, il ne nous reste plus qu’à convaincre et à rassembler», insiste Sébastien Issalis.

Contacter 4 000 salariés agricoles (pour 1 500 équivalents temps plein) répartis dans tout l’Aveyron est un défi que l’association est prête à relever ! Mais ce ne sera pas simple dans le contexte financier de plus en plus difficile pour l’association. «Nous subissons les baisses de subvention qui mettent en péril l’animation de notre structure et le maintien de nos deux postes de salariés, mais forts du soutien de nombreux salariés agricoles, nous voulons continuer de mener nos actions du mieux possible», a avancé Sébastien Issalis.

Des attentes

Les chantiers concernent notamment la mise en place de formations en partenariat avec la MSA, sur la contention des animaux et poursuivre celles innovantes en 2015 sur les quads et la tronçonneuse. L’association aveyronnaise travaille également beaucoup en réseau avec la fédération régionale notamment sur un projet santé et sécurité au travail. «Mais pour mener à bien nos chantiers, nous devons pouvoir compter sur le maintien de l’animation. Il existe une vraie attente des salariés agricoles en matière d’information, de sensibilisation», insiste Sébastien Issalis. Des besoins et une ambition réaffirmés lors des 50 ans de l’ASAVPA de l’Aveyron fêtés en novembre. «Cet anniversaire nous a redonné un élan pour l’avenir, en espérant que nous serons soutenus dans notre action car les salariés agricoles ne peuvent plus être les oubliés de l’agriculture», a conclu le président.

Eva DZ

07 avril 2016

Innovation : les premiers véhicules hydrogènes circulent en Aveyron !

L’Aveyron se met à l’hydrogène. Vendredi 1er avril, les clés des trois premiers véhicules circulant avec cette énergie ont été remises à trois entreprises du département, les établissements Braley, le groupe Ruban Bleu et la mairie d’Onet le Château.

Bientôt une station hydrogène alimentera la flotte de poids lourds de l’entreprise Braley. C’est l’ambition de son fondateur, Christian Braley qui avec toute son équipe, s’est impliqué dans le projet innovant de mobilité hydrogène pour l’Aveyron.

Sous l’impulsion d’EDF et EIFER, un centre de recherche allemand associant EDF et une université, l’entreprise investie depuis de nombreuses années dans les énergies nouvelles, a participé à un groupe de travail conduit par la préfecture de l’Aveyron, avec d’autres entrepreneurs du territoire (Rodez Agglomération, les mairies d’Onet le Château et de La Primaube, La Poste, EDF, ErDF, Ruban Bleu, Verdié, SEM Eveer’Hy’Pole, Inforsud Diffusion).

La plus importante station de production en France

Ces acteurs territoriaux publics et privés se sont engagés à constituer une flotte de véhicules hydrogènes et à utiliser la station qui les alimentera. Ce projet est l’un des trois projets lancés en France (après Paris et Sarreguemines) retenu par le consortium H2 Mobilité France qui réunit les acteurs de l’énergie et les utilisateurs puis sélectionné par l’Union européenne l’été dernier. Cette candidature a été soutenue par l’Etat, la grande Région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, la CCI de l’Aveyron, Aveyron Expansion, les agglomérations de Rodez et Decazeville, ainsi que des associations locales.

Concrètement, ce projet consiste en la mise en place d’une unité de production hydrogène décarboné par électrolyse de l’eau, la plus importante de France puisqu’elle aura une capacité de 140 kg d’hydrogène par jour (ce qui correspond à l’approvisionnement d’environ 80 véhicules). Cette unité qui sera installée à Onet le Château, dans le projet de rénovation du site de l’entreprise Braley, est bien entendu conjointe au déploiement d’une flotte captive de véhicules.

Trois Hykangoo en Aveyron

Vendredi 1er avril, en présence du Préfet de l’Aveyron, Louis Laugier, les trois premiers véhicules ont été livrés et sont déjà en circulation pour la mairie d’Onet le Château, l’entreprise Braley et le groupe Ruban Bleu. En attendant l’ouverture de la station, dont la mise en service est prévue en avril 2017, les véhicules rouleront en mode tout électrique. Une petite station temporaire sera mise à la disposition des premiers utilisateurs dès la fin de l’année.

L’hydrogène sera produit localement en valorisant de l’électricité produite aux périodes de faible consommation par un procédé d’électrolyse. Les premiers véhicules sont des Renault Kangoo électriques équipés d’un prolongateur d’autonomie hydrogène fabriqué par une PME française. Le réservoir hydrogène (à 350 bar) alimente une pile à combustible transformant l’hydrogène en électricité pour alimenter le moteur électrique et recharger les batteries du véhicule. L’autonomie est doublée (300 km).

Un projet exemplaire

Ce projet est en adéquation avec les atouts du département en matière environnementale. Il contribuera ainsi à l’intégration des énergies renouvelables intermittente au réseau et à l’amélioration des conditions de vie (diminution des émissions de gaz à effet de serre, limitation des émissions sonores,...). Il participe aussi à l’attractivité du territoire en proposant une solution nouvelle de mobilité et en créant une activité à forte valeur ajoutée. Enfin il permet de valoriser les potentiels du territoire en utilisant les richesses de l’Aveyron que sont l’eau, le vent et le soleil qui seront transformés en électricité puis elle-même en hydrogène.

Il est aussi un exemple de la réussite de partenariats des acteurs privés et publics aveyronnais. Ces derniers espèrent d’ailleurs s’inscrire dans une dynamique globale au sein de la filière H2 régionale visant, à terme, la mise en œuvre d’un corridor inter-régional entre Rodez-Albi- Toulouse-Pamiers-Andorre et vers l’Espagne. Et qui pourra se connecter à l’axe de la vallée du Rhône via Lyon. Bref un projet qui roule !

Eva DZ

31 mars 2016

Assemblée générale d’UNICOR : innover, c’est la clé !

UNICOR avait choisi St Affrique et le lycée La Cazotte pour son assemblée générale vendredi 25 mars. La coopérative est revenue sur les difficultés rencontrées par le monde de l’élevage en 2015 suite aux crises économique et sanitaire mais aussi sur les belles satisfactions comme la réussite de son concept de circuit court collectif, les Halles de l’Aveyron, pour valoriser les produits de son terroir.

Blocage des échanges suite à la FCO, arrêt d’activité des producteurs de palmipèdes suite à l’influenza aviaire, difficultés économiques de toutes les filières, accumulation des charges et des normes,... «2015 a été douloureuse pour le monde agricole», a résumé Jean-Claude Virenque. Le président d’UNICOR a rappelé la «solidarité» de sa coopérative et de son conseil d’administration envers ses adhérents. «Plus que jamais nos forces sont mobilisées pour apporter du service sur les exploitations, dynamiser les territoires et contribuer à l’amélioration du revenu des agriculteurs», a-t-il tenu à préciser. Ainsi la coopérative accompagne les éleveurs de palmipèdes, en complément du plan de soutien de la Région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon. «Soutenir est le propre des coopératives», rappelle Jean-Claude Virenque.

S’appuyer sur les fondamentaux coopératifs

Pour le président d’UNICOR, «la sortie de crise ne se fera que par notre capacité à inventer de nouveaux modèles, à anticiper les attentes du marché et à comprendre le public qui consomme nos produits. Notre agriculture française est très challengée mais nous avons construit une agriculture régionale de qualité et adaptée aux demandes de la société», a-t-il encouragé, comptant sur les fondamentaux de la coopérative pour «aller de l’avant».

Et c’est bien la voie qu’a choisie UNICOR ! En développant le conseil aux agriculteurs en matière d’élevage et de productions végétales, en maîtrisant les cycles de production pour apporter les bons produits, au bon moment. Par exemple, la coopérative propose une nouvelle offre de service de ses vétérinaires par la contractualisation avec les éleveurs, misant sur la performance. Le pôle machinisme apporte son expertise sur les solutions techniques, s’appuyant sur la notoriété et le savoir-faire de marques mondiales,... L’agro-distribution propose des outils d’aide à la décision en production laitière, un aliment démédicalisé 1e âge pour les porcelets,... et développe un label de semences UNICOR, baptisé Unideal pour tester localement des variétés,...

Cette réussite collective passe aussi par l’accompagnement d’activités complémentaires (lentilles et légumes secs, noix, multiplication de semences, engraissement des agneaux via un kit bâtiment,...) et des jeunes agriculteurs à travers la Charte Sillage. Mais c’est aussi et surtout «valoriser pour redistribuer de la valeur aux adhérents». Jean-Claude Virenque évoque ainsi la création d’une marque 100% coopérative les Fermes des Hauts Terroirs en bovins et en ovins qui alimente une caisse de péréquation, qui en 6 mois a permis de dégager 47 000 euros pour la promotion, les animations et pour les éleveurs. Une marque distribuée exclusivement dans les Halles de l’Aveyron à Rodez et Herblay.

Elle vient compléter les filières de qualité existantes, les labels rouges et IGP en viandes, le Régalou pour le blé, la farine et le pain, l’AOC Marcillac dont la «success story» continue avec plusieurs médailles au dernier Concours général agricole de Paris pour les Vignerons du Vallon,...

Des partenariats

Jean-Claude Virenque cite aussi les partenariats avec l’aval pour la mise en marché : en productions animales, Arcadie Sud-Ouest, Comibev et Bevimac pour l’export,... et en productions végétales, Agreos pour la segmentation des marchés et des débouchés, Solevial, leader régional en nutrition animale. Et avec la distribution : agneaux du Massif central avec Casino, Veau d’Aveyron et du Ségala avec Picard Surgelés,... et bien sûr les Halles de l’Aveyron, dont les deux magasins, à ce jour, suscitent un «vrai engouement chez les adhérents comme chez les salariés qui ont souscrit à cette démarche à hauteur de 1,8 million d’euros !», souligne Jean-Claude Virenque.

Cette démarche apporte un nouveau souffle aux filières animales : «grâce à nos OP structurées, nos participations dans les filières d’aval et de distribution, nos filières de qualité reconnues, nos conseils dans l’acte de production,... nous entrons parfaitement dans les attentes des consommateurs, d’un produit local, de qualité et respectueux de l’environnement», affiche Jean-Claude Virenque.

Pour 2016, la coopérative entend développer encore ses productions sous signes officiels de qualité et de diversification, parallèlement au développement des «petites» Halles de l’Aveyron au sein des magasins Point Vert sur tout le territoire, de leur renforcement à Rodez, à Herblay et avec d’autres projets en région parisienne.

Développer, diversifier, innover

Et pour s’adapter à la demande, un site e-commerce www.pointvert-unicor.com permet d’acheter ses produits en ligne et de venir les retirer en magasin près de chez soi ! «Les circuits courts collectifs sont dans l’air du temps et nous prévoyons de développer des partenariats avec des coopératives et entreprises locales pour nos produits Halles de l’Aveyron», prévoit Jean-Claude Virenque.

Jean-Pierre Arcoutel, président de la fédération régionale des coopératives, a félicité UNICOR pour ses résultats et son dynamisme : «En diversifiant vos activités, les produits élaborés, en investissant dans la distribution alimentaire, vous essayez de gérer au mieux les difficultés. Preuve que nos systèmes coopératifs apportent des réponses et savent s’adapter !».

Eva DZ

24 mars 2016

Apprentissage : vers l’insertion professionnelle

A l’issue de son BTS ACSE qu’il a réalisé au CFPPA La Cazotte, en apprentissage, Baptiste Mercier a été embauché comme salarié par son maître d’apprentissage. Une expérience positive pour les deux parties !

«Mon objectif a toujours été de travailler dans l’agriculture mais n’étant pas issu de ce milieu, je cherchais une formation qui puisse m’apporter la pratique», témoigne Baptiste Mercier. A 20 ans, il a réussi son pari : il est tout juste diplômé d’un BTS ACSE par apprentissage, réalisé au CFPPA La Cazotte et a été embauché comme salarié agricole par son maître d’apprentissage, Guillaume Carnac.

Baptiste faisait partie de la première promotion de BTS ACSE par apprentissage à La Roque. «Cette formule m’a convaincu de poursuivre les études ! Et mon maître d’apprentissage que je connaissais par ailleurs pour l’aider occasionnellement lors de la castration du maïs semen-ces, m’a aussi encouragé dans cette voie !», poursuit Baptiste.

Guillaume, de son côté, cherchait une solution pour remplacer son père, Alain, dans le GAEC familial. «Nous avions un surcroît d’activités avec le maïs semences et le travail quotidien auprès du troupeau ovins viande. J’avais déjà fait travailler Baptiste pour le maïs semences, je le connaissais déjà et je lui ai proposé de le prendre en apprentissage s’il choisissait un BTS ACSE».

«Baptiste a été un bon relais pendant son apprentissage dans notre projet de transmission», c’est donc tout naturellement que Guillaume lui a proposé de devenir salarié, une fois son diplôme en poche. «Baptiste a déjà fait ses preuves, nous travaillons en toute confiance. Mon choix a été facilité», témoigne Guillaume, même s’il dénonce les multiples démarches à remplir pour un agriculteur employeur, sans compter les responsabilités qui en incombent.

L’apprentissage pour faire sa place

Baptiste, lui, n’a pas hésité : «C’est l’occasion de poursuivre cette bonne relation de travail que nous avons instaurée avec Guillaume. J’ai beaucoup appris au côté d’Alain son père, qui avait déjà reçu beaucoup d’apprentis, et auprès de Guillaume. Grâce à l’apprentissage, c’est à mon avis, plus facile de trouver un emploi sur une exploitation par la suite, surtout quand on n’est pas issu du milieu comme moi». Et cette formule lui a permis de mieux appréhender son oral de BTS en s’appuyant sur son expérience en exploitation.

Sur les 15 étudiants de la promotion de Baptiste, sept sont restés dans l’agriculture : ils sont soit salariés, soit en accompagnement d’installation.

Au début, Guillaume reconnaît qu’il «bridait» un peu Baptiste : «J’avais un peu peur en terme de sécurité mais finalement, assez rapidement, Baptiste m’a dit qu’il était capable de faire plus et il me l’a prouvé ! Sa motivation, son envie de bien faire m’ont convaincu !».

Pour Guillaume comme pour Baptiste, ces deux années d’apprentissage ont été comme une période d’essai avant l’embauche en CDI. Aujourd’hui salarié de l’exploitation, Baptiste ne voit aucune différence si ce n’est qu’il est tous les jours sur la ferme ! «Je suis davantage présent sur la partie élevage parce que ça me plaît beaucoup mais j’apporte aussi mon soutien sur le maïs semences et le travail du sol. On me confie des responsabilités et Guillaume n’hésite pas non plus à me consulter dans ses choix techniques, c’est très valorisant». L’éleveur confirme : «Nous sommes sur un pied d’égalité, j’ai envie de partager, d’échanger avec Baptiste pour savoir ce qu’il en pense avant de prendre une décision car il travaille comme moi sur le même outil de production».

«Une bouffée d’air sur la ferme !»

Désormais la présence à temps complet de Baptiste permet aussi à Guillaume de souffler quelques week-ends : «Avant c’était impossible !». L’éleveur assure que l’arrivée de Baptiste l’a reboosté?: «J’ai trouvé un bon équilibre sur mon exploitation entre le départ de mon père et son arrivée. Je me sens vraiment plus à l’aise et soulagé, c’est une vraie bouffée d’air !».

Guillaume concède qu’il a gagné aussi en qualité de travail : «On prend davantage le temps de faire les choses, on s’applique mieux et les résultats n’en sont que meilleurs», un atout pour son élevage d’agneaux de qualité, qu’il commercialise sous le label rouge Agneau fermier des pays d’Oc avec Unicor.

«Même si, dans la conjoncture actuelle, prendre un salarié peut être un risque, c’est pour moi un atout, et je ne regrette pas du tout mon choix. Ce n’est que du positif !», atteste Guillaume.

Pour l’heure, Baptiste est salarié et n’envisage pas pour l’instant de s’installer, c’est un projet qu’il garde en réserve. «A 20 ans, il a le temps de réfléchir, d’engranger de l’expérience.?Pas besoin de se mettre la pression?!», sourit Guillaume.

Eva DZ

10 mars 2016

Transmission des exploitations sur Najac-Villefranche : premier «farm-dating» en Aveyron

L'idée est originale : le 15 mars, sur le mode du speed-dating, un farm-dating organisé par la Chambre d’agriculture à La Fouillade (salle de la Bruyère) fera se rencontrer des agriculteurs futurs cédants et des candidats à l'installation. Les personnes intéressées n'ont qu'une seule chose à faire : s'inscrire auprès du comité de développement agricole, qui s'occupera du reste !

Le principe du farm-dating est simple et a fait ses preuves dans d’autres départements : des rendez-vous de quelques minutes entre futurs cédants et repreneurs pour entrer en contact et exposer son projet dans les grandes lignes.

Pour les candidats à l’installation à court ou moyen terme (d'ici 1 à 5 ans), ce sera une occasion de faire connaissance avec des agriculteurs qui recherchent leur futur associé ou un repreneur pour leur ferme. De leur côté, les futurs cédants ou exploitants en recherche d’associé sur le secteur de Najac-Villafranche pourront rencontrer des candidats à qui présenter leur exploitation.

La transmission, enjeu de territoire

Claude Rabayrol (photo) est membre de l'équipe professionnelle du comité de développement agricole du Villefranchois (CDAV) et à ce titre plus particulièrement responsable du bassin d'animation de Najac. Il rappelle les enjeux de la transmission des exploitations sur la zone : «Sur le secteur de Villefranche-Najac, plus de 50% des agriculteurs seront en âge de prendre leur retraite d’ici 5-10 ans, et, si rien n’est fait, 30% des exploitations pourraient disparaître faute de repreneur». C'est ce constat qui est à l’origine du farm-dating et, plus largement, d’un travail sur la transmission mené par un groupe d’agriculteurs accompagnés par le comité de développement.

Une action qui se construit pas à pas

Claude Rabayrol rappelle les grandes étapes du travail effectué jusqu'ici : «Il y a deux ans, nous avons créé un comité de pilotage pour initier des actions qui répondent aux besoins du territoire en matière de transmission agricole. Il est composé de Robert Dalet et Christian Couffignal (futurs cédants), Charles Chambert (qui représente les anciens exploitants), Nicolas Guibbert et Julien Maurel (en tant que récents installés), Daniel Carrié (en tant qu'élu local) et moi-même, qui suis aussi un futur cédant. C’est Héloïse Gonzalo, conseillère en développement territorial de la Chambre d’agriculture, qui anime nos actions. En 2014, nous avons commencé par des rencontres locales pour sensibiliser les futurs cédants et les élus locaux à la situation du territoire, puis nous avons mis en place des stages d’anticipation à la cessation d’activité avec l’Adasea d’Oc. En 2015, nous avons commencé à collaborer avec les établissements d’enseignement agricole locaux et le RDI (Répertoire Départ Installation, service animé par la Chambre d'agriculture) dans l’objectif de faire du lien avec de potentiels repreneurs. Aujourd’hui, nous souhaitons provoquer des mises en relation futurs cédants - futurs repreneurs».

Farm-dating : faciliter l'entrée en contact

Ce farm-dating de La Fouillade sera une nouveauté dans le département. Ce n’est qu’une première et brève rencontre entre un cédant et un repreneur, mais cette prise de contact permet d’engager une discussion qui peut par la suite prendre la forme d’un projet d’installation, comme cela s’est vu dans d’autres départements. En parallèle des rencontres, l’Adasea d’Oc tiendra sur place un Point info cessation-transmission. Une dizaine de personnes cédant leur exploitation et une quinzaine de jeunes en recherche d’exploitation sont attendus.

Héloïse Gonzalo, conseillère en développement territorial sur le Villefranchois, Chambre d'agriculture

03 mars 2016

Assemblée générale de la FD CUMA : solidarité, performance et dynamisme

La Fédération départementale des CUMA était en assemblée générale vendredi 26 février à Sébazac. Ses responsables ont présenté les différentes avancées obtenues par le réseau en 2015 et ses perspectives pour 2016.

Le dispositif des prêts bonifiés (MTS CUMA) n’est plus, considérant que les enveloppes dédiées étaient sous consommées, un constat non relevé en Midi-Pyrénées et en Aveyron en particulier. Pour le réseau CUMA, il n’était donc pas question d’abandonner ce dispositif. Une réflexion commune avec le ministère de l’agriculture a abouti au DINA, dispositif national d’accompagnement des CUMA.

Accompagner tous les projets

«En place dès cette année, le DINA veut accompagner massivement le développement économique, environnemental et social et la structuration de nos CUMA au travers d’une aide directe aux conseils stratégiques et aux hangars», a expliqué devant l’assemblée de responsables de CUMA, le président Frédéric Carrière. «Parce que nous voulons être réactifs sur ce dossier, nous demandons un démarrage sans plus tarder», a-t-il encouragé. Un travail collectif s’est mis en œuvre entre le réseau CUMA régional Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées et la FD CUMA de l’Aveyron afin de mutualiser les compétences et les moyens pour répondre rapidement aux CUMA candidates à ce DINA.

Une complémentarité confirmée par Bernard Tressols, président de CUMA Midi-Pyrénées et son animateur, Pascal Issanchou?: «Il faut considérer ce dispositif au service des CUMA et qui veut accompagner les initiatives sur des domaines très vastes : l’emploi, les services complets, l’adaptation du parc matériel, le renouvellement des responsables, le fonctionnement et l’organisation en CUMA,... des projets innovants et fédérateurs». Le responsable régional a confirmé que des discussions étaient en cours avec les DRAAF de Toulouse et Montpellier pour une application rapide du DINA dans les départements. «Il ne faudra pas hésiter à être demandeurs pour développer cette nouvelle formule et vos équipes de la FD CUMA sauront vous accompagner», a conclu Bernard Tressols.

Penser aux charges de méca avant de s’installer

Autre belle avancée pour le réseau CUMA : la majoration de la DJA pour toute adhésion CUMA. «Nous sommes très fiers que les CUMA soient partie prenante dans l’accompagnement à l’installation des porteurs de projet car, nous avons assez répété que la mécanisation représentait la première charge sur une exploitation», a relayé Frédéric Carrière. Désormais adhérer à une CUMA et réaliser un diagnostic de mécanisation permettent une majoration de la DJA. La FD CUMA propose de compléter cette démarche par des visites de CUMA locales pour que les jeunes apprennent à connaître le fonctionnement en CUMA et leur offre de services.

Sébastien Granier, président de JA Aveyron, a évoqué des premiers retours positifs de cette démarche : «Cette formation en amont, pour aider le jeune dans le chiffrage de son projet est une très bonne chose. C’est simplement le bon sens que de le faire réfléchir en amont aux charges de mécanisation afin de ramener de l’économie dans les fermes. Dans le contexte difficile actuel, c’est une porte à ouvrir !».

Plus généralement, le réseau CUMA de l’Aveyron s’est félicité de l’autorisation de construction de hangar en zone agricole (dans le cadre du PLU de la commune), de l’ouverture des CUMA au FAC, de la mesure fiscale exceptionnelle de suramortissement. «Ces mesures sont une reconnaissance de l’investissement collectif que permettent les CUMA», a salué Benoît Causse, administrateur à la FD CUMA et membre du bureau de la FN CUMA.

Ce dernier a précisé les attentes du réseau CUMA sur plusieurs dossiers, en particulier, la réduction du coût du travail en faveur des adhérents des CUMA, à l’image du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), mesure à laquelle les CUMA ne sont pas éligibles. Ainsi que la possibilité pour les salariés de CUMA d’assurer le remplacement de leurs responsables professionnels.

Les collectivités en soutien

La FD CUMA a également fait part de son inquiétude quant à l’avenir du soutien du Département aux CUMA suite à la loi NOTRe qui propose une nouvelle répartition des compétences des collectivités. Jean-Claude Anglars qui représentait le Conseil départemental, a tenu à rassurer les responsables : «Nous sommes très attachés à l’agriculture et au mouvement CUMA. Nous sommes actuellement en discussion avec le Conseil régional pour établir une feuille de route sur laquelle figure bien sûr le soutien à l’agriculture et la possibilité de nouer des conventions de partenariat». Il confirme le maintien du disposition «Un territoire, un projet, une enveloppe», dans le cadre de la compétence du Département sur la solidarité territoriale et l’attractivité.

Vincent Labarthe, réélu conseiller de la nouvelle grande région Languedoc-Roussillon a réaffirmé aussi le soutien continu des Régions envers les CUMA, qui sont «le meilleur outil pour contenir les charges de mécanisation dans nos exploitations». «Nous sommes dans une année de construction et de convergence avec Languedoc-Roussillon et notre objectif est bien d’encourager la dynamique CUMA qui touche toutes les filières».

Arnaud Viala, député de l’Aveyron, a lui aussi marqué son soutien au mouvement CUMA : «dans un courrier adressé au gouvernement, j’ai demandé qu’il y ait un réel travail de proximité entre Région, Département et Intercommunalités pour que notre monde rural porté par des acteurs dynamiques qui défendent des projets de territoire, comme vous dans vos CUMA, soit reconnu».

Des projets de territoire

Et des projets, les CUMA n’en manquent pas en effet ! Les responsables des différentes commissions, emploi, machinisme, environnement,... de la FD CUMA se sont succédé pour présenter les actions menées sur le terrain. Des actions diverses depuis les opérations de solidarité en particulier avec l’AVEM au Sénégal et à laquelle sont désormais associées 15 CUMA locales de l’Aveyron dans le but de mécaniser les pratiques agricoles et d’améliorer l’autosuffisance alimentaire. Mais aussi des actions sociales sur l’emploi qui a fait un bond ces dernières années en CUMA avec 120 salariés (ils étaient 80 en 2006) dans 54 CUMA. La FD CUMA a accompagné une dizaine de CUMA en réflexion sur l’embauche d’un salarié, deux ETP ont été embauchés en 2015 et d’autres projets ont abouti en 2016. Une journée dédiée à l’emploi a réuni 17 CUMA et 16 salariés. Des actions ont aussi été menées pour faire connaître le métier de salarié qui offre de réelles opportunités d’emploi en Aveyron. Enfin, la FD CUMA a accompagné les CUMA concernées dans la rédaction du Document unique d’évaluation des risques.

Bien sûr le machinisme reste le fer de lance des CUMA autour notamment de la journée mécanisation organisée en 2015 à Bernussou sur les nouvelles pratiques culturales en partenariat avec la Chambre d’agriculture. Elle a donné lieu à plusieurs rencontres coins de champ et un suivi de terrain. La commission apporte aussi son expertise dans les projets de méthanisation à Ste Geneviève sur Argence, La Cavalerie et Bozouls, avec une étude technico-économique de la logistique (coût du transport des effluents et coût d’épandage).

Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, a salué le partenariat avec les CUMA : «C’est important de travailler à des solutions collectives pour fixer des objectifs aux agriculteurs aveyronnais. Plus que jamais les organisations professionnelles doivent se serrer les coudes en nouant des partenariats dans des schémas de développement dans l’intérêt des paysans pour baisser les coûts et rechercher le meilleur équilibre sur nos fermes».

Un discours qui a trouvé écho auprès des responsables du mouvement CUMA de l’Aveyron.

Eva DZ

14 janvier 2016

Formations ADPSA : ADEMA et PEEA pour découvrir l’agriculture

 

L’ADPSA propose deux formations de découverte de l’agriculture. Pour tous ceux qui sont intéressés par ce secteur d’activités mais qui hésitent encore à se lancer dans une installation. L’ADEMA, accès des demandeurs d’emploi aux métiers agricoles et la PEEA, première expérience en agriculture offrent la possibilité de découvrir la réalité du métier d’agriculteur.

Parce que la profession d’agriculteur est complexe et ne se résume pas à vivre au grand air auprès de quelques chèvres, l’ADPSA à travers deux formations, propose de s’immerger dans le métier pour aider à la décision de travailler en agriculture ou pas, de s’installer ou pas !

ADEMA : immersion dans le monde agricole

L’Accès aux demandeurs d’emploi aux métiers agricoles ou ADEMA permet une première immersion dans le monde agricole. Cette formation d’un mois (7 jours en centre et 3 semaines en entreprise) permet aux demandeurs d’emploi en reconversion professionnelle, après un bilan de compétences ou tout simplement intéressés par l’agriculture mais sans formation spécialisée, de découvrir ce secteur d’activités. Lors de cette formation, ils pourront acquérir les premières compétences préalables à l’emploi. Ateliers pédagogiques, visites d’exploitations, témoignages d’agriculteurs et de salariés, fondamentaux du fonctionnement d’une exploitation et de la technique, règles d’hygiène et de sécurité,... constitueront la partie en centre.

Puis après avoir découvert la réalité du travail agricole dans une exploitation, chacun pourra partager son vécu en entreprise, valider ses acquis et réfléchir aux méthodes de recherche d’emploi et à la stratégie à envisager pour la suite. «Cette formation permet d’acquérir les premiers gestes professionnels dans l’activité choisie et ainsi de conforter ou non, son choix de travailler en agriculture», détaille Isabelle Arsac, formatrice et responsable de stage à l’ADPSA.

Aucune condition d’âge n’est requise pour l’ADEMA. Une à deux formations sont organisées chaque année.

PEEA : pour aller plusloin

La Première expérience en agriculture (PEEA) permet d’aller plus loin dans la découverte des métiers agricoles et se déroule sur 3 mois (9 semaines de stage en entreprise et 4 semaines en centre).

Cette formation est ouverte aux demandeurs d’emploi et à toute personne ayant un projet de reconversion professionnelle dans l’agriculture (18 ans minimum).

A l’issue d’un entretien préalable, un parcours de formation personnalisé sera élaboré. Ainsi pour la période théorique en centre, plusieurs modules sont proposés : apprentissage et techniques de base pour l’utilisation du matériel (conduite d’un tracteur), conditions de travail en sécurité et premiers gestes professionnels (initiation à la traite, alimentation, repro, santé, travaux de maraîchage, agronomie,...), modules consignes et sécurité (contention, document Evaluation des risques professionnels), droit de travail, communication (internet...). D’autres modules peuvent être proposés en fonction du projet professionnel du candidat.

«La possibilité d’adapter la formation à son projet permet aux stagiaires de découvrir la réalité du métier qu’il envisage pour mieux prendre sa décision pour l’avenir», avance Isabelle Arsac. «De même les échanges d’expérience et de projets entre les stagiaires sont aussi enrichissants pour chacun», ajoute la responsable de stage.

Eva DZ

Pour ces deux formations, un financement peut être proposé par Pôle Emploi, la Région Midi-Pyrénées pour la PEEA et le FAFSEA pour l’ADEMA.

Renseignements et inscriptions : ADPSA : 05 65 73 77 96 - info@adpsa12.org

07 janvier 2016

Plastiques agricoles usagés : préparez la collecte !

Comme chaque année, la Chambre d’agriculture via ses comités de développement régionaux, avec le soutien de ses partenaires (Adivalor, relais locaux FDSEA, déchetteries, Communautés de communes,...), prépare la prochaine collecte des plastiques agricoles pour le printemps. Pour confirmer le statut de bon élève de l’Aveyron, elle rappelle les consignes de tri des films plastiques, ficelles et filets et big bags.

La Chambre d’agriculture compte sur l’implication des agriculteurs dans un tri sélectif de qualité, reflet de leur sensibilisation grandissante au respect de l’environnement. D’ailleurs les résultats de la campagne 2015 montrent leur engagement avec près de 715 tonnes collectées par les six comités régionaux de développement de la Chambre d’agriculture et plus de 650 tonnes collectées par les déchetteries (Communautés de communes, SICTOM, syndicats mixtes,...).

31 décembre 2015

La maladie de Lyme : un danger réel et souvent négligé !

(CNR Borrelia Institut Pasteur)

Alors que le nombre de victimes ne cesse d’augmenter en Europe, il est plus que temps de prendre connaissance du risque de contracter la maladie de Lyme suite à une morsure de tique. Identifier cet acarien, repérer les premiers symptômes de la maladie, évaluer les situations à risque, adopter des mesures de prévention efficaces sont autant d’atouts pour s’en préserver.

Identifier la tique

La tique est un acarien qui vit dans les bois et buissons humides et peut aussi se rencontrer dans des prairies, jardins, parcs... la tique pique à chacun de ses stades de développement.

Les différents stades de développement de la tique :

L : Larve

N : Nymphe

M : Adulte mâle (ne pique pas)

F : Adulte femelle

Postée sur des herbes hautes, elle repère sa cible (chevreuils, daims, campagnols, mulots, écureuils, oiseaux, chiens, chevaux, bovins…), puis s’accroche sur elle. Elle se nourrit de son sang pour se développer. Elle devient porteuse de la bactérie responsable de la maladie de Lyme lors d’un repas sanguin sur un animal infecté. La tique peut ensuite piquer l’homme et lui transmettre la bactérie.

Maladie de Lyme : comment s’infecte-t-on ?

Uniquement par la morsure d’une tique (larve, nymphe, adulte femelle) infectée.

La bactérie ne se transmet pas :

- par contact direct avec un animal (à plumes ou à poils) infecté ou porteur de tiques,

- d’une personne à l’autre.

Reconnaître la maladie

• La maladie de Lyme ou borréliose de Lyme, est une infection due à une bactérie transmise lors d’une piqûre de tique. Entre 5?000 et 10 000 cas sont identifiés en France chaque année.

• L’infection est souvent sans symptôme. Cependant elle peut provoquer une maladie parfois invalidante (douleurs articulaires durables, paralysie partielle des membres…).

Quels sont les signes de la maladie de Lyme ?

Après une piqûre de tique, la maladie évolue généralement en trois phases :

1- Quelques jours ou semaines après, une plaque rouge, appelée érythème migrant, apparaît autour du point de piqûre et s’étend progressivement. Il peut disparaître tout seul en plusieurs semaines.

2- Quelques semaines ou mois plus tard, en l’absence de traitement, peuvent survenir des atteintes :

• du système nerveux (atteinte des nerfs, paralysie faciale, méningite…),

• des articulations (arthrite du genou surtout),

• plus rarement de la peau, du cœur (troubles du rythme) et de l’œil.

3- Après plusieurs mois ou années en l’absence de traitement, peuvent s’installer des atteintes chroniques du système nerveux, des articulations ou de la peau.

Evaluer les situations à risque

La maladie a été identifiée partout en France sauf sur le littoral méditerranéen. Elle est absente en altitude (au dessus de 1 500 mètres). Elle est très présente dans les régions boisées et humides, où le gibier est nombreux.

Toute activité pratiquée en forêt ou en lisière de forêt, surtout dans les buissons ou les broussailles, peut entraîner une exposition au risque de morsure par une tique. Les bûcherons, sylviculteurs, gardes-forestiers, gardes-chasses, gardes-pêche sont ainsi particulièrement exposés.

Le risque d’infection est maximal au printemps et au début de l’automne du fait de l’activité saisonnière des tiques.

Savoir se protéger

• Avant d’aller en forêt

Pour réduire le risque de piqûre de tique, il est recommandé :

- de porter des vêtements longs (couvrant les bras et les jambes) et fermés (fixer le bas de pantalon dans les chaussettes),

- d’appliquer des répulsifs contre les insectes sur la peau ou sur les vêtements en respectant les contre-indications.

• En revenant de forêt

La piqûre de tique est indolore. Il faut donc systématiquement :

- s’inspecter minutieusement l’ensemble du corps (aisselles, plis, cuir chevelu…) pour détecter la présence de tique(s),

- retirer la tique le plus rapidement possible. Plus la tique reste fixée longtemps sur la peau, plus le risque de transmission de la bactérie augmente.

Comment retirer la tique??

1- Utilisez un tire-tique ou une pince fine, à défaut les ongles.

N’utilisez pas d’éther, d’essence ou un autre produit !

2- Désinfectez ensuite le site de piqûre.

3- Surveillez cette zone dans les semaines qui suivent.

Ce qu’il faut retenir

Si vous voyez apparaître une rougeur qui s’étend sur votre corps après une piqûre de tique?:

• consultez rapidement votre médecin traitant,

• n’oubliez pas de lui préciser vos activités professionnelles ou de loisirs pratiquées en forêt.

Sous certaines conditions, cette maladie peut faire l’objet d’une demande de reconnaissance en maladie professionnelle par le malade ou ses ayants droit.

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter le service Prévention des risques professionnels de la MSA Midi-Pyrénées Nord, à Rodez au 05 63 48 40 01.

Article MSA

31 décembre 2015

Loi de finances 2016 et rectificative 2015 : des dispositions pour l’agriculture

La loi de finances 2016 et la loi de finances rectificative pour 2015 ont été adoptées de façon définitive par le parlement. Bien que ces textes soient encore soumis à l’examen du conseil constitutionnel, un état des lieux des dispositions concernant l’agriculture peut être réalisé. La plupart des évolutions annoncées ont ainsi été votées.

Conformément aux dispositions formulées par le ministre de l’agriculture, le «micro bénéfice agricole» appelé à remplacer le forfait agricole et dont la mise en œuvre était prévue en 2015 a été adopté dans le cadre de la loi de finances rectificative 2015. Comme indiqué précédemment, la réforme prévoit un abattement de 87 % du chiffre d’affaires de l’exploitant en lieu et place du bénéfice forfaitaire agricole collectif négocié chaque année au mois de mai au sein de chaque département. «Ainsi, en 2017, les exploitants soumis à ce nouveau régime fiscal seront imposés sur la base du forfait de l’année 2014 et de l’année 2015, et des recettes 2016 décotées d’un abattement de 87 %», comme l’explique Robert Verger, président de la commission fiscale et sociale de la FNSEA. Des formations vont être organisées par la FDSEA en partenariat avec le CER France Aveyron et l’ADPSA 12 à partir du mois de février afin de permettre à chacun de mesurer les conséquences de cette réforme et d’envisager les options possibles.

Assouplissement de la DPA

Autre sujet abordé, l’assouplissement de la déduction pour aléas (DPA). Plusieurs amendements ont ainsi été adoptés à la demande de la FNSEA. Ainsi, des simplifications de gestion ont été obtenues avec une possibilité d’épargne accrue (de 50 à 100 % de la déduction pratiquée) et une simplification du calcul de l’intérêt de retard en cas de non utilisation. Une réintégration libre en cas d’aléas non économiques (climatiques, sanitaires, incendie...) sera désormais possible quel que soit le montant du sinistre (assuré ou non) avec possibilité de réintégrer la DPA l’année du sinistre ou l’année qui suit.

L’utilisation de la DPA en cas d’aléa économique est étendue : chute de 10 % de la valeur ajoutée par rapport à la moyenne des 3 dernières années ou chute de 15% observée sur deux années consécutives par rapport à la même moyenne.

Le sur-amortissement ouvert aux bâtiments

Concernant l’amortissement accéléré, il sera possible d’appliquer 40 % sur 5 ans pour les bâtiments d’élevage construits sur 2016 et 2017, mais également pour les matériels et installations destinés au stockage des effluents, aux travaux de rénovation immobilisés sur bâtiments d’élevage. Ce dispositif entre toutefois dans les plafonds de minimis.

Méthanisation : extension des exonérations

L’exonération de taxes locales dont bénéficient les unités de méthanisation, est étendue à celles mises en service avant le 1er janvier 2015 et cela pour une durée de 7 ans.

Elargissement de la transparence

Une reconnaissance toute particulière a enfin été apportée à l’agriculture de groupe au travers de l’extension de la transparence dans les GAEC en multipliant désormais les crédits d’impôt remplacement et agriculture biologique par le nombre d’associés dans la limite de 4. Le sur-amortissement de 40 % a quant à lui été transposé aux GAEC.

17 décembre 2015

St Amans des Côts : «Le Cefi nous a aidés à concrétiser notre projet»

Le Cefi est un contrat de parrainage entre une personne cherchant une exploitation pour s’installer et un agriculteur en recherche d’un repreneur ou d’un associé. Pendant un an, ce dispositif leur permet de travailler ensemble, d’apprendre à se connaître avant de franchir le grand pas. Benoît Rozière termine le sien chez François et Isabelle Maynier sur un élevage bovins lait en transformation de Laguiole fermier à St Amans des Côts.

Même s’il connaît bien le milieu agricole, Benoît n’en est pas issu. Mais il avait choisi cette voie après des études agricoles : d’abord comme technicien dans une coopérative fromagère du Cantal. «Là j’ai côtoyé nombre d’éleveurs et j’avoue que leur métier me tentait !», témoigne-t-il. Il a donc décidé de se lancer, dans le salariat dans un premier temps pour se familiariser avec la profession. Dans une exploitation laitière en transformation de St Nectaire fermier, dans le Puy de Dôme là où il a rencontré sa compagne Carole.

Après 3 années pendant lesquelles il s’est vraiment plu, il a décidé de chercher une exploitation à reprendre, en Aveyron, département de ses origines. Il s’est inscrit au RDI (répertoire départemental installation) de l’Aveyron et du Cantal et a contacté Christian Miquel de la coopérative Jeune Montagne, car la production laitière d’un fromage en label lui plaisait et il gardait un bon souvenir du Laguiole qu’il avait goûté enfant. «C’est lui qui m’a mis en relation avec François et Isabelle Maynier, livreurs à la coopérative et producteurs fermiers de Laguiole AOP», se souvient Benoît.

Un facilitateur

De leurs côtés, François et Isabelle envisageaient depuis quelques temps la reprise de leur ferme. «Nous avons 4 enfants mais aucun n’est intéressé pour l’instant pour reprendre mais pour autant nous ne voulons pas laisser notre exploitation à l’agrandissement et surtout nous avions mal au cœur d’abandonner la transformation fromagère que nous avons démarrée en 1998 !», explique François. Et le couple voulait aussi laisser la possibilité à leurs enfants, si un jour ils le souhaitent, de revenir sur la ferme. «Mais le travail commençait à nous peser, entre la traite tous les jours de l’année, la transformation, la production de céréales et l’accueil à la ferme. Nous voulions souffler un peu», ajoute Isabelle.

Un projet partagé

Le choix du Cefi a été une évidence pour Benoît comme pour Isabelle et François : «l’occasion de voir si on se plaît à travailler ensemble (puisque Benoît va s’associer en GAEC avec Isabelle), se laisser le temps de découvrir la ferme, de transmettre le savoir-faire de l’élevage et de la transformation fromagère et de démarrer l’accompagnement à l’installation». Le Cefi leur a permis de «mettre de l’huile dans les rouages», ce fut un «facilitateur» dans le projet de reprise de Benoît et dans le projet de cession de François et Isabelle.

«Mais c’est beaucoup de choses à prévoir et à voir en peu de temps. Un an c’est très court !», avoue Benoît. «D’autant que l’on construit le projet de toute une vie», poursuit-il. «Heureusement nous nous entendons très bien et nous portons ensemble ce projet», assure Benoît dont la compagne est aussi très impliquée dans le projet. Elle a retrouvé un emploi et le jeune couple a pu se loger à St Amans. «C’est important aussi que toute la famille partage le projet de Benoît et se plaise dans sa nouvelle vie. C’est aussi une part importante de la réussite du projet», assure Isabelle.

Face à la lourdeur administrative d’un tel projet, Isabelle et François se sont inquiétés et ont eu peur que Benoît ne se décourage. Mais ensemble, ils ont partagé et levé ces craintes. Benoît est heureux de pouvoir s’appuyer sur l’expérience du couple et se sent sécurisé de s’associer avec Isabelle.

Le Cefi s’achève fin 2015 et d’ici la finalisation de son installation avec les projets d’investissement sur 4 ans, Benoît sera salarié de l’exploitation. Il rejoindra ensuite Isabelle dans un GAEC et François sera à la retraite.

Eva DZ

26 novembre 2015

Les 50 ans de l’ASAVPA : salariés agricoles partenaires de l’agriculture

L’ASAVPA (Association des Salariés de l’Agriculture pour la Vulgarisation du Progrès agricole) a fêté ses 50 ans vendredi 20 novembre à la Maison de l’agriculture de Rodez. Les intervenants ont confirmé la place incontournable du salarié d’exploitation dans l’agriculture d’aujourd’hui.

Si les premières ASAVPA ont vu le jour en France en 1961, celle de l’Aveyron est née quatre années plus tard, avec un animateur commun avec le Tarn, Maurice Bourdoncle, présent lors de la matinée consacrée aux 50 ans de la structure, présentée par Bernard Gauvain, animateur actuel, et Céline Marec, animatrice nationale. Sébastien Issalis, président de l’ASAVPA de l’Aveyron a accueilli ses prédécesseurs, dont le premier président, André Lacan, ainsi que le Tarnais Michel Marcoul, actuel président national des ASAVPA.

«Les oubliés»

La matinée qui a débuté par la projection du film «Les oubliés» a illustré le bond de la condition de salarié agricole effectué depuis les années 1970, une période qui n’était parfois pas éloignée de celle des «Domestiques, servantes et ouvriers agricoles de l’Aveyron» traitée dans le livre du même nom présenté par ses auteurs, Gabriel Creyssel et Claude Petit, invités pour les 50 ans de l’ASAVPA. L’ouvrage de référence préfacé par Roger Beteille, avec une postface de Maurice Bourdoncle, rappelle que les ouvriers agricoles, «souvent mal considérés, toujours mal payés», représentaient «le quart de la population active du département au début du XIXème siècle», avant l'arrivée des premières machines agricoles.

Le film «Les oubliés», tourné dans le Tarn en 1971 par Marcel Trillat, journaliste (ORTF), auteur et réalisateur reconnu, rappelle les conditions de vie difficiles d’ouvrier agricole de ces années-là. Dans son commentaire, il précise que la France comptait à cette époque 700 000 salariés agricoles, dont 80 000 dans le Sud-Ouest. Les témoignages y sont éloquents sur les difficultés d’existence du métier de «domestique», qui «osent parler à visage découvert», vivant dans des conditions «déplorables, sans eau, ni chauffage», avec des salaires en anciens francs dérisoires, pour des journées de 12 heures, de 6 heures le dimanche...

Reconnaissance

André Lacan, comme Maurice Bourdoncle, ont rappelé qu’en 1965, «le salarié agricole était le dernier de l’échelon dans un secteur agricole où certains employeurs étaient jugés peu recommandables», ont-il lâché. Alors que d’autres, en Aveyron, comme Marcel Bruel, chez qui Maurice Bourdoncle a travaillé, ou bien André Laur, président de la MSA, prenaient la mesure des attentes exprimées par la jeune ASAVPA pour faire de la profession d’ouvrier agricole un métier mieux reconnu. Et dont le film «Les oubliés» sera l’un des relais pour améliorer la situation.

Michel Bernadou, ancien salarié agricole du Tarn, se souvient : «le film tourné en quinze jours avait coûté 30 millions de centimes de francs anciens à l’époque. Nous avons eu un débat à Toulouse à la télévision durant une heure, avec une chaise du représentant des employeurs qui est restée vide. Il a donc fallu se battre un peu pour faire avancer nos revendications !», avec par ailleurs, l’appui des syndicats nationaux qui ont joué un rôle essentiel dans la reconnaissance du salariat agricole.

René Debons, président de la section employeurs de main d’œuvre, a rendu hommage au travail des ASAVPA en précisant que le contexte actuel était heureusement différent. «Les générations d’employeurs ont changé. Il faut préciser qu’à cette époque, les agriculteurs avaient souvent la même vie difficile que leurs ouvriers». Il ajoute : «Nous sommes aujourd’hui en 2015 avec la volonté d’avancer ensemble, sans prendre exemple sur ce qui se faisait derrière nous. Il y a de nos jours une complémentarité forte entre employeurs et salariés qu’il faut cultiver».

La transition avec l’avenir

André Dides, président de l’ASAVPA de 1993 à 2002, s’est vite impliqué dans l’association à ses débuts. L’ancien berger de Roquefort sera conseiller prud’homal durant plus de vingt ans. Aux yeux de beaucoup, il est «l’homme de la transition entre les années 1970 et les suivantes, avec un pied dans la modernité». «C’était nouveau et pas simple», a cependant glissé André Dides.

En 50 ans, l’ASAVPA a été un lieu de discussion majeur pour la reconnaissance du métier, illustré au cours de la matinée par le diaporama d’un demi-siècle d’activités, ponctué par des réunions de formation, des voyages de groupe au Salon de l’agriculture à Paris, aux Pays-Bas, à des rencontres mémorables, comme celle avec le natif de Pachins, le Cardinal François Marty, ou, plus tôt encore, la première édition du concours de chiens de bergers en 1981 à La Couvertoirade, repris ensuite à Ségur.

Les savoir-faire du métier de salarié agricole

Comme l’a souligné l’ancien maire de Ségur et salarié retraité de la Chambre d’agriculture, Daniel Delmas, «ce concours était important pour faire connaître le métier mais aussi notre commune !». Lucie Dupré, sociologue travaillant à l’INRA basée à Ivry, estime qu’il «est important de communiquer sur l’espace public les savoir-faire du métier de salarié agricole», comme l’était l’objectif du concours de chiens de bergers auquel contribuait l’ASAVPA. Lucie Dupré a rendu compte de ses travaux de recherche sur le salariat agricole et son importance dans l’évolution sociologique de l’agriculture et des agriculteurs employeurs.

Gaby Quintard, ancien directeur de la Chambre d’agriculture, a rappelé que les salariés agricoles «ont porté haut et fort le volet formation», et que, «pour les responsables agricoles aveyronnais, il y avait toujours une place pour les salariés dans le bureau de la Chambre d’agriculture».

Gérard Lafitte, responsable administratif de la MSA Nord Midi-Pyrénées, a lui aussi loué les bonnes relations initiées par André Laur avec les salariés agricoles, puis évoqué le partenariat toujours en vigueur avec la structure aveyronnaise, malgré les incertitudes pour l’avenir. Et ce, dans le prolongement des autres partenariats avec le Crédit Agricole, la Chambre d’agriculture et le Conseil départemental.

Former et accompagner

Sébastien Issalis a relayé «le travail accompli depuis 50 ans, le changement de la condition des salariés agricoles qui se sont formés et ont pris des responsabilités grâce à l’ASAVPA. Mais si demain les financements disparaissent ?», a-t-il interrogé, «quel sera notre avenir ? Il faut une Chambre d’agriculture pour les agriculteurs, il faut aussi une ASAVPA pour les salariés agricoles ! Notre association a un rôle important pour accueillir, accompagner tous les salariés agricoles. Sans un dispositif d’accompagnement à l’animation efficace, il n’y aura plus d’ASAVPA», a-t-il prévenu. Pour René Debons, «il est important de conforter la structure au niveau régional, avec une puissance de 13 départements. Rien n’est perdu».

Changement de nom en projet

Pauline Molinier, animatrice représentant la Fédération régionale des ASAVPA de Midi-Pyrénées, a rendu compte du travail de mutualisation des moyens en cours, mené au niveau de la grande région Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. En conclusion, le président national Michel Marcoul a loué «la formidable épopée» des ASAVPA depuis leurs créations, mais «regretté le retrait progressif des partenaires. Dans un département agricole comme l’Aveyron, ce n’est pas normal !», a-t-il déclaré. Il a annoncé que le congrès national de mars 2016 validera le nouveau nom de l’ASAVPA. Et de conclure, en paraphrasant Antoine de Saint-Exupéry : «on ne peut pas être responsable et desesperé !».

Didier BOUVILLE

26 novembre 2015

FODSA-Farago Aveyron : Rodez renouvelle sa campagne de dératisation

Depuis près de 20 ans, la ville de Rodez réalise en partenariat avec FARAGO Aveyron - Fodsa une campagne de prévention dératisation sur l’ensemble de son territoire. Pendant quatre jours, Christian Foulquier, technicien, sillonne les quartiers de la ville pour distribuer gratuitement un produit raticide.

Du 17 au 20 novembre, un véhicule de FARAGO Aveyron - FODSA a fait le tour de tous les quartiers de Rodez pour distribuer des appâts dans le cadre de la campagne annuelle de dératisation.

Le technicien de l’entreprise ruthénoise, Christian Foulquier, est en charge de cette distribution depuis de nombreuses années. «Les habitants sont habitués à ce rendez-vous annuel, ils nous attendent !». En effet, dès que le haut parleur du véhicule émet le message d’avertissement de passage, les habitants sortent de chez eux pour bénéficier d’appâts gratuits.

Le collectif, seule lutte efficace

«Cette distribution est très attendue. Beaucoup mandatent leurs voisins pour récupérer le produit et ainsi lutter collectivement contre la présence de rongeurs», explique Christian Foulquier. Et cette année, le technicien a constaté une plus forte demande : «visiblement, les conditions climatiques ainsi que quelques zones de travaux ont fait sortir des rongeurs et maintenant que le froid s’installe, ils vont rentrer dans les caves, les greniers,... Un tout petit espace leur suffit !», poursuit-il. Et en effet, déjà les habitants de certains quartiers ont remarqué leur présence dans les caves.

Les habitants se responsabilisent

«Nous sentons une plus grande responsabilité des habitants dans la lutte contre les rongeurs», constate Christian Foulquier. «Beaucoup nous demandent des explications sur le type de produit utilisé, sur les endroits les plus stratégiques où les déposer, sur la façon de s’y prendre pour lutter efficacement,... En tant que distributeur de produit raticide, nous avons un rôle d’information», poursuit le technicien qui apprécie d’aller au contact des habitants pour les renseigner.

Pour lui, la méthode de dératisation la plus efficace est collective : «Que les habitants prennent conscience de l’importance de lutter contre les rongeurs de façon collective est la clé de la réussite». Et le fait que de plus en plus d’habitants délèguent à leurs voisins de chercher les produits auprès de FARAGO Aveyron - FODSA lors de la distribution est un point positif. «Beaucoup sont des habitués, nous les retrouvons chaque année et ils parlent autour d’eux de l’efficacité de la lutte !», note Christian Foulquier. Et dès qu’ils constatent la présence de rats, souris,... ils savent qu’ils peuvent se présenter au véhicule de FARAGO Aveyron - FODSA, pour bénéficier d’une distribution gratuite de produit, prise en charge par la municipalité.

Désormais la distribution de produit raticide est réalisée dans un conditionnement réglementé. Le technicien distribue le produit (environ 150 à 200 g par person-ne en moyenne), dans un sachet sur lequel sont inscrites les informations réglementaires et les recommandations d’utilisation.

D’autres contrats en Aveyron

Outre un passage dans plusieurs quartiers de la ville, FARAGO Aveyron - FODSA fournit également des produits raticides pour les bâtiments communaux de Rodez ainsi que sur les berges de l’Aveyron et de l’Auterne, des zones proches de maraîchers souvent victimes des dégâts de rongeurs. De plus, les habitants de Rodez peuvent s’approvisionner toute l’année au parc municipal.

FARAGO Aveyron - FODSA a développé cette prestation de distribution de raticides auprès d’autres communes du département comme Espalion, Flavin, ainsi qu’auprès d’entreprises en particulier agroalimentaires. «Nous travaillons à la demande et nous pouvons intervenir toute l’année, soit directement dans l’entreprise ou sur des sites précis ou bien, comme pour la ville de Rodez, par le biais de tournées dans les quartiers, ce qui permet d’apporter une information en direct auprès des habitants et ainsi les sensibiliser», conclut Christian Foulquier.

Eva DZ

19 novembre 2015

A Tayac et Taurines : se remplacer en entraide

On connaît bien certaines formes d’organisation collective comme les CUMA et le service indispensable qu’elles apportent. On connaît moins les groupes de remplacement, qui ont pourtant fait la preuve de leur durabilité. Une expérience originale a été mise en place à Tayac et Taurines où de tels groupes fonctionnent depuis 2002. Nadine et Pierre Rouvellat et Gilles Nespoulous, les coordinateurs, racontent l'histoire et le fonctionnement de ces collectifs.

Créés à l’origine autour du souhait de pouvoir prendre sereinement des congés d'été, ces groupes comptent aujourd'hui 12 et 14 membres inscrits, pour environ 100 demi-journées d’échange de travail par an (à Tayac). Le groupe des utilisateurs réguliers est plus restreint, mais les autres membres peuvent être sollicités en cas de besoin.

Nadine Rouvellat et Gilles Nespoulous mettent en avant les moteurs de la longévité de ces groupes qui existent depuis 13 ans : se rendre un service mutuel, avoir la possibilité de compter sur le groupe en cas de coup dur et se serrer les coudes.

La dynamique d'entraide comme clé de voûte

Ces groupes sont des structures informelles, dans le sens où elles n’ont pas de statut officiel. La gestion est simplifiée : un enregistrement des travaux effectués chez chacun des membres permet d’équilibrer les contributions des uns et des autres. Cependant le terme de banque de travail n’est pas pertinent pour expliquer l’esprit collectif qui anime ces groupes : les bénéficiaires sont dans une dynamique d’entraide, ils ne consultent pas leur «compte créditeur» et parlent encore moins de remboursement. Une rencontre annuelle autour d’un repas commun aux deux groupes permet de faire le bilan et de commencer à préparer le planning d’été, période la plus délicate en terme d’organisation du travail.

Tous les agriculteurs reconnaissent que la main d’œuvre bénévole est une variable d’ajustement importante : le retrait des anciens impacte fortement l’organisation du travail, et à l’inverse le soutien des enfants donne des marges de manœuvre qui peuvent être utilisées au profit du collectif. La capacité contributive d'un agriculteur au groupe peut ne pas être identique d'une année à l'autre. Mais la stabilité de la constitution des groupes montre une volonté d’y participer sur la durée.

Au sein de chaque groupe, toutes les productions du Ségala sont représentées : les coordinateurs peuvent ainsi utiliser les complémentarités qu’autorisent les périodes plus creuses au sein de chaque système. Les contraintes majeures sont la gestion des congés d’été qui fait cumuler pic de travail et besoin de remplacement, mais aussi le remplacement simultané de plusieurs agriculteurs, notamment en cas de départ en animation en Veau d’Aveyron.

Même si ce n’est pas leur vocation première, il faut noter également que les deux groupes ont dû gérer plusieurs coups durs, avec des absences longues à prendre en charge.

Combiner au mieux besoins et disponibilités

Les facteurs de durabilité du groupe ont bien été identifiés par les coordinateurs et correspondent aux avantages apportés par ce service collectif : permettre aux membres de se dégager du temps libre d’une part, et être un facteur de liens entre agriculteurs en conservant une base d’entraide d’autre part.

L’organisation doit anticiper les besoins en remplacement, et permettre au remplaçant de concilier les travaux sur deux exploitations en lui préparant le travail pour le lui simplifier, y compris en lui accordant une certaine souplesse horaire. Dans certains cas, il faut prévoir deux personnes remplaçantes, notamment sur des ateliers qui nécessitent un gros volume de travail. Pour les tâches exigeant une bonne maîtrise technique, les exploitants évitent la délégation, mais en cas de besoin, une ressource peut être mobilisée au sein du groupe.

Ce mode de fonctionnement ne répond pas à tous les besoins de remplacement des exploitants du groupe. Certains ont recours en complément au salariat, à travers le service remplacement ou en groupement d’employeurs. C’est notamment le cas sur les congés d’été, où les deux services (salariat et entraide) peuvent être combinés.

La dynamique de renouvellement des exploitations sur ce territoire est limitée depuis dix ans, et cela affecte évidemment la composition des groupes. Mais des échanges peuvent s’envisager à l’avenir entre les deux groupes pour assurer leur pérennité.

Vianney Briand, conseiller animateur de territoire Ségala,

Chambre d'agriculture

12 novembre 2015

Sébastien Issalis, président de l’ASAVPA : «Au service de tous les salariés agricoles»

Elu au printemps à la suite d’Alain Cazals, Sébastien Issalis est le nouveau président de l’ASAVPA. Salarié agricole depuis 1998, il s’est engagé très tôt dans cette association et est fier d’en fêter les 50 ans.

Vous êtes le nouveau président de l’ASAVPA, pouvez-vous vous présenter ?

S. Issalis : «Je suis salarié depuis 1998 sur le secteur de Villeneuve d’Aveyron, d’abord dans une exploitation individuelle, puis dans un groupement d’employeurs et depuis quelques temps, je suis chauffeur dans une CUMA. Même si j’ai suivi des études agricoles, personne ne m’a jamais parlé des possibilités d’emplois comme salarié agricole, ce que je regrette parce que personnellement, je n’ai jamais eu besoin de chercher longtemps un emploi ! Je suis entré dans la profession par hasard : pendant mes études, j’ai conduit une moissonneuse chez un agriculteur voisin qui m’a embauché à plein temps à la fin de mon BTS.

Pourquoi vous êtes-vous engagé à l’ASAVPA ?

S. Issalis : C’est en fait un ancien administrateur de l’association à la retraite, qui me l’a fait connaître. Dès le début des années 2000, j’ai voulu m’y impliquer car j’avais envie de contribuer au maintien de cette association qui apporte toute l’information nécessaire aux salariés. Un salarié est souvent seul, un peu isolé et l’ASAVPA lui permet d’accéder à toute l’actualité de notre métier. Assez vite j’ai été élu trésorier sous la présidence d’André Dides, puis de Gilles Bousquet, de Marina Rouanet Delmas et d’Alain Cazals. Et depuis avril, j’ai été élu président dans la continuité de mon engagement. Je siège aussi depuis 3 ans à la fédération régionale et depuis 2 ans à la fédération nationale des ASAVPA. C’est important de porter la voie de l’Aveyron dans ces deux instances et de pouvoir se regrouper pour travailler ensemble, mutualiser nos forces, nos idées dans des projets communs et d’envergure. Ainsi à l’échelle régionale, nous planchons actuellement sur la santé et la sécurité au travail du point de vue des salariés.

Quel regard portez-vous sur l’ASAVPA, ses 50 années d’existence ?

S. Issalis : Il faut se souvenir du contexte dans lequel ont été créées les ASAVPA. Elles sont issues d’un décret du ministère de l’agriculture et de son ministre d’alors, Edgar Pisani car souvent, les salariés étaient les oubliés de l’agriculture. Ils n’étaient pas reconnus en tant que tel. Certes aujourd’hui les besoins sont différents, désormais les salariés sont connus et reconnus, il bénéficie d’un statut à l’image de tout autre salarié néanmoins leurs besoins en information sont toujours importants, à travers notamment notre bulletin d’information très suivi et notre site internet. L’ASAVPA, c’est aussi un lieu de rencontres, de convivialité entre salariés agricoles. Nous gérons également une Bourse à l’emploi qui met en relation employeurs et demandeurs d’emploi.

Quel est son rôle ?

S. Issalis : L’ASAVPA est au service de tous les salariés agricoles et pas seulement de ses adhérents. Nous ne voulons laisser personne de côté. Nous sommes là pour informer, accompagner et encourager les quelque 800 à 900 permanents que compte l’Aveyron (1300 à 1400 équivalents temps plein). C’est une population qui tourne beaucoup car une majorité des salariés le sont de façon provisoire avant de s’installer notamment.

Pourquoi fêter les 50 ans de l’ASAVPA ?

S. Issalis : Nous avions envie de marquer le coup ! 50 ans ce n’est pas rien ! Cet anniversaire est un moyen de redynamiser notre association, nos équipes mais aussi de faire parler de nous. en rappelant tout l’intérêt de nos missions à nos responsables politiques et aux pouvoirs publics en particulier. Et puis nous avons la chance d’avoir encore à nos côtés des témoins de la création de l’ASAVPA, nous avons à cœur de leur donner la parole.

Quels sont les projets de l’ASAVPA ?

S. Issalis : Nous ne pouvons cacher une situation financière difficile mais nous tenons à maintenir notre structure avec nos emplois parce que l’ASAVPA est un outil dynamique, au service des salariés agricoles, nombreux en Aveyron. Nous devons maintenir notre animation pour que notre association perdure».

Recueillis par Eva DZ

05 novembre 2015

Conduite de tracteur agricole et forestier : un simple permis B suffit !

Toute personne en possession de son permis B peut conduire un véhicule agricole ou forestier depuis la loi Macron d’août 2015.

L’article 27 de la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (loi Macron) modifie l’article L221-2 du code de la route. Son objectif : élargir le champ d’application de la dérogation du permis poids-lourd et l’autorisation accordée de conduire des véhicules agricoles avec un simple permis B. Cette dérogation était accordée à certaines catégories de conducteurs, ceux qui avaient cessé leur activité agricole, mais aussi les employés municipaux ou les affouagistes conduisant les tracteurs des communes pour des usages autres qu’agricoles ou forestiers. Aujourd’hui, toute personne titulaire du permis B (1) peut donc conduire tous les véhicules et appareils agricoles ou forestiers dont la vitesse n'excède pas 40 km/heure, ainsi que les véhicules qui peuvent y être assimilés.

La dispense de permis de conduire

Pendant la durée de son activité agricole, un conducteur de tracteur agricole et appareils agricoles ou forestiers peut conduire sans permis à condition que le véhicule conduit soit attaché à une exploitation agricole ou forestière, à une entreprise de travaux agricoles ou à une CUMA.

L'article R. 311-1 du code de la route précise que le tracteur agricole s'entend y compris la remorque sans limite de poids total en charge autorisé (PTAC). S'agissant des appareils agricoles, il faut entendre les machines agricoles automotrices, les ensembles comprenant un matériel remorqué, les ensembles comprenant un véhicule tracteur et plusieurs remorques ou matériels remorqués, ainsi que les ensembles comprenant une remorque transportant du personnel.

Age minimum pour conduire

En tant que stagiaire, apprenti ou salarié, le conducteur doit avoir au moins 16 ans (2) pour conduire un ensemble tracteur + véhicule remorqué ou un tracteur avec outil porté, à condition que cet ensemble respecte le gabarit routier (largeur inférieure à 2,50 m notamment). Il faut avoir au moins 18 ans pour conduire un véhicule de plus grande largeur ou pour conduire un ensemble comprenant un véhicule tracteur et une remorque transportant du personnel, ou un tracteur avec plusieurs remorques ou matériels remorqués, ainsi que pour la conduite de toutes machines dangereuses. Conduire un véhicule ou un ensemble de véhicules mentionnés ci-dessus sans respecter les conditions d'âge prévues est passible d’une contravention de la quatrième classe.

L’usage agricole

Afin de bénéficier de la dispense de permis de conduire, une mention relative à l’usage du véhicule «véhicule agricole-numéro d’exploitation» doit être inscrite sur le certificat d’immatriculation. En tant qu’exploitant, entrepreneur de travaux agricoles ou forestiers, ou CUMA, le propriétaire du véhicule fait la demande d’inscription de cette mention spécifique en préfecture en apportant la preuve de son affiliation à la MSA pour pouvoir inscrire son numéro d’exploitation (article 4 de l’arrêté du 9 février 2009). Le propriétaire peut justifier l’usage agricole en apposant une plaque avec son numéro d’exploitant, fixée à l’arrière du véhicule. Avec le nouveau système d’immatriculation des véhicules (SIV), cette plaque vient en complément de la plaque d’immatriculation. Pour que le conducteur puisse bénéficier de la dérogation de permis, des critères d'affiliation aux régimes de protection sociale des non-salariés et des salariés des professions agricoles sont considérées, en lien avec les activités agricoles telles qu’elles sont mentionnées respectivement aux articles L. 722-1 et L. 722-20 du code rural.

Les cotisants au régime agricole et qui peuvent conduire sans permis B sont :

- les chefs d’exploitation ou d’entreprise à titre principal ou temporaire, et par extension les conjoints participant aux travaux, les collaborateurs à titre principal ou secondaire et les aides familiaux mineurs (plus de 16 ans pour conduire) et majeurs.

- les retraités qui cotisent pour la mise en valeur de leur parcelle de subsistance.

- les salariés agricoles, qu’ils soient en activité à temps plein ou en contrat à durée déterminée, temporaires, saisonniers, voire sous conditions réglementées (apprenti, stagiaire).

Dans le cas de l’entraide, tous ceux qui ont une activité agricole et qui cotisent à la MSA (un voisin agriculteur ou son fils, ou son salarié) peuvent donc conduire sans permis les véhicules agricoles rattachés à l’exploitation voisine.

Un permis B est obligatoire dans tous les autres cas

Pour les retraités non cotisants, agriculteurs ou salariés agricoles qui ont cessé leur activité, il leur était possible de donner un coup de main et de conduire sur la route un des véhicules agricoles appartenant à l’exploitation, mais dans ce cas, il leur fallait le permis B. Cette règle est donc élargie à toute personne qui détient le permis B et qui se voit autorisée à conduire un tracteur agricole et appareils agricoles ou forestiers sur la route.

Assurances, attention !

Pour les aides apportées sur l’exploitation par toute personne autre (cousin, neveu, voisin, etc.), notamment en cas de chute ou d’accident corporel, celle-ci doit s’assurer d’avoir une couverture sociale correspondant à cette activité temporaire et spécifique ne rentrant pas dans le champ de ces activités habituelles couvertes par son régime social.

«La loi Macron a l’avantage de clarifier la situation», souligne Jean-Luc Peres, ingénieur au service élevage-agroéquipements de l’APCA. «Mais qui a le droit de se mettre au volant d’un tracteur doit se poser la question de sa situation au regard de l’assurance, tant pour sa personne que pour le véhicule. J’invite les agriculteurs à déclarer auprès de la MSA toute personne susceptible de prendre le volant d’un des tracteurs de l’exploitation, afin de clarifier la situation du point de vue des assurances».

Rappels réglementaires

La formation et l’évaluation des capacités de conduite sont toujours obligatoires, le propriétaire du tracteur donnant son accord à la personne pour conduire ! Le conducteur doit respecter les règles de la circulation routière, notamment la vitesse limitée à 25 km/h pour l’ensemble tracteur-remorque, si la remorque n’est pas homologuée pour rouler à 40 km/h. Il doit vérifier le bon état de l’éclairage et des signalisations obligatoires, respecter le PTAC, ainsi que le cumul des masses de l’ensemble tracteur-remorque et avoir un PTRA inférieur à celui inscrit sur le certificat d’immatriculation. Il doit aussi boucler sa ceinture de sécurité, si elle existe. Son port est obligatoire pour conduire sur les voies ouvertes à la circulation routière.

GNR ou pas ?

Si le travail s’effectue dans le cadre de l’activité agricole au sein de l’exploitation agricole ou forestière, au sein de la CUMA ou de l’entreprise agricole ou forestière, le tracteur fonctionne au GNR. Pour les prestations en dehors de l’activité agricole ou forestière que pourraient faire un agriculteur, une CUMA ou une ETA, à la demande d’une commune par exemple, le conducteur du tracteur devra être en possession du permis B, au même titre qu’un conducteur d’entreprise de travaux publics ou d’entreprise industrielle. La circulaire du 17 juillet 2013 ayant précisé les usages autorisés du GNR pour les travaux agricoles ou forestiers proposés par le code rural, le conducteur devra veiller à ce que le tracteur fonctionne au gazole blanc.

Source : Philippe Van Kempen,

Service Elevage-Agroéquipments, Pôle Entreprises et Conseil, APCA, avec le concours financier du CasDAR.

(1) Le permis B autorise la conduite des véhicules ayant un poids total autorisé en charge inférieur à 3,5 tonnes affectés au transport de personnes et comportant, outre le siège du conducteur, huit places assises au maximum ou affectés au transport de marchandises.

(2) Sauf exceptions prévues par décret en Conseil d'Etat.

10 septembre 2015

Formation ADPSA : garder un temps d’avance

L’Association départementale de promotion sociale agricole (ADPSA) propose une nouvelle formation «Après mon installation, où en est mon projet ?», pour tous les agriculteurs installés depuis moins de 10 ans, qui souhaitent faire un point d’étape dans leur trajectoire professionnelle, et par ricochet, personnelle. «Si vous arrivez au bout de votre projet d’installation et que vous vous demandez comment envisager l’avenir, cette formation est pour vous».

Depuis sa création, l’ADPSA s’est toujours attachée à proposer des formations innovantes, soit par leur contenu, soit par l’utilisation des nouvelles technologies. Elle s’adapte ainsi à un public en perpétuelle mutation. Le nouveau projet de formation s’inscrit donc logiquement dans les orientations proposées par VIVEA.

En effet le fonds de formation des agriculteurs a lancé en début 2015 un vaste appel à projet pour inciter les centres à développer l'utilisation de nouvelles méthodes pédagogiques, intégrant l'utilisation des TIC (Technologies de l'Information et de la Communication), dans leurs formations. Ce projet vise à mieux coller aux attentes d'un public moderne et diversifié, à l'image de l'agriculture d'aujourd'hui. Afin de se lancer avec efficacité dans ce nouveau projet, l'ADPSA bénéficie d'un accompagnement par le cabinet de consultant, Carewan, expert dans le domaine des nouvelles technologies appliquées à la formation. Cet accompagnement, dans le cadre de cet appel à projet national, est financé par Vivéa.

A l’écoute des agriculteurs

Fortement impliquée dans le dispositif d’accompagnement à l’installation aidée, l’ADPSA est en contact permanent avec les futurs agriculteurs. Elle en perçoit donc les attentes et les aspirations. Bien souvent le projet des futurs agriculteurs concerne les années qui suivent l’installation. Il porte sur les choix de production et d’investissement, modélisés dans le plan d’exploitation (PE). Mais que se passe-t-il une fois que l’exploitation entre dans son rythme de croisière ? Comment appréhender les changements qui peuvent survenir ? Une vie familiale qui évolue, des parents qui partent à la retraite, une restructuration de l’exploitation, etc. Sans oublier les réelles envies?des exploitants.

Une session en octobre

Pour anticiper et mieux se projeter dans l’avenir, l’ADPSA propose au futur stagiaire de faire une pause, de prendre du recul, afin de se remettre soi-même au centre de son projet.

Elle organise trois jours d’échanges en groupe pour analyser la situation technico-économique présente, définir des axes stratégiques de développement, et établir un plan d’actions. La formation est basée sur l’échange entre les participants, car se confronter aux autres, c’est enrichir sa réflexion. Néanmoins le travail sur soi est aussi au cœur du scénario pédagogique. Le formateur-accompagnateur engage en effet chaque stagiaire à partager avec son entourage, professionnel et personnel, la teneur de sa réflexion, à l’issue de chacune des trois journées. L’exploitant est donc l’acteur principal de la formation. C’est lui qui construit son plan d’actions, avec ses propres objectifs et les moyens d’y aboutir.

La formation s’adresse particulièrement à des agriculteurs installés depuis 4 à 8 ans. Elle est entièrement financée par VIVEA et animée par Laurette Saurel, ingénieur formatrice en gestion stratégique. Une première session est d’ores et déjà programmée les 7, 12 et 26 octobre, à la Maison de l’agriculture, à Rodez.

Les agriculteurs intéressés doivent s’inscrire auprès de Laure Marty, responsable de stage ADPSA 12 au 05 65 73 77 96, ou par mail à laure.marty@ adpsa12.org.

B. CAREL

23 juillet 2015

Challenge CUMA-Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées : les CUMA sont aussi solidaires

Pour la 13e année, le challenge CUMA - Crédit agricole met en lumière les actions des groupes, les fait connaître pour pourquoi pas, donner quelques idées à d’autres ! Depuis 2002, 126 CUMA ont participé et 97 d’entre elles ont été récompensées. Cette année, les CUMA ont été saluées pour les opérations de solidarité qu’elles ont menées auprès d’agriculteurs, d’acteurs locaux, d’œuvres humanitaires ou de pays en développement.

La solidarité n’est pas un vain mot au sein du mouvement CUMA. C’est le thème qu’ont retenu la Fédération départementale des CUMA et le Crédit agricole Nord Midi-Pyrénées, pour le challenge qui les réunit chaque année depuis 2002. «La solidarité est une valeur essentielle qui fonde nos groupes», atteste Christian Pègues, responsable de la commission communication de la FD CUMA. «Elle s’exprime au-delà du partage de matériels et au-dela de nos CUMA, avec la mise à disposition de matériels, de salariés,... en appui à ceux qui sont en difficulté», a-t-il ajouté. Que ce soient des agriculteurs mais aussi des voisins ruraux, des œuvres humanitaires ou des exploitants de pays en développement. «C’est important de montrer que nos CUMA ne sont pas fermées, qu’elles peuvent aussi intervenir en appui de leurs voisins, de leurs partenaires,...», affirme Christian Pègues.

Un besoin

Ces sujets parfois délicats à traiter, par pudeur, montrent en tout cas la bonne volonté des CUMA. De bonnes actions qui ont marqué Jacques Couderc, président de la caisse locale Montbazens - Rignac et représentant la caisse régionale du Crédit agricole Nord Midi-Pyrénées au jury du challenge. «J’ai considéré avec beaucoup d’intérêt l’élan de solidarité des CUMA auprès d’agriculteurs ou de familles d’agriculteurs en difficulté», a-t-il avancé. «Plus que jamais, en agriculture nous avons besoin de solidarité car nous sommes moins nombreux sur nos exploitations qui par ailleurs doivent accomplir le même travail et parfois même s’agrandissent», a-t-il argumenté.

Pour le représentant du Crédit agricole Nord Midi-Pyrénées, «les CUMA sont des outils indispensables pour la survie de nos exploitations, elles représentent un accompagnement de tous les jours pour les agriculteurs». Il salue l’engagement des responsables de ces groupes. «C’est le rôle aussi du Crédit agricole de soutenir leurs initiatives».

D’ailleurs, Christian Pègues tient à remercier au nom des CUMA, le Crédit agricole pour son partenariat qui participe à la dynamique du mouvement et pour toutes les actions menées par les CUMA tout au long de l’année.

Eva DZ

16 juillet 2015

Partenariat Communauté d’agglomération Grand Rodez et Unicor : un nouveau programme de recherches

Unicor lance un nouveau programme de recherches Oviboost, qui permet de booster les performances technico-économiques de la production d’agneaux sevrés. La coopérative bénéficie de l’accompagnement de la Communauté d’agglomération du Grand Rodez, dans le cadre du pôle de compétitivité Agrimip Sud-Ouest Innovation.

Unicor et la Communauté d’agglomération du Grand Rodez ont signé, lundi 6 juillet, une convention de partenariat autour d’un nouveau programme de recherches, Oviboost. Ce projet consiste en une conduite d’élevage innovante permettant de booster les performances technico-économiques de la production d’agneaux sevrés tout en réduisant le recours aux antibiotiques.

Selon la coopérative, ce programme de recherches veut permettre aux éleveurs d’ovins de gagner en compétitivité face à la concurrence étrangère. Ce qui va permettre à la production française d’agneaux sevrés de tirer son épingle du jeu. Parallèlement, la coopérative a engagé une réflexion pour réduire l’utilisation des antibiotiques dans le cadre du plan Ecoantibio (plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire). Les groupements ovins d’Unicor et d’Arterris ont décidé de s’engager dans l’objectif de ce plan Ecoantibio et de supprimer l’antibio supplémentation dans les ateliers d’engraissement.

Faire face à la concurrence étrangère

Concrètement, Unicor va mettre en place Oviboost et suivra l’évolution des nouvelles solutions dans les ateliers naisseurs et engraisseurs. Un outil informatique et de méthodologie d’aide au pilotage de l’élevage sera développé.

Ce dossier a été agréé dans le cadre du 18e appel à projet national du Fonds interministériel de soutien aux projets de recherche et de développement collaboratifs des pôles de compétitivité labellisés par Agrimip Sud Ouest Innovation et Valorial. Un pôle de compétitivé avec lequel travaille la Communauté d’agglomération du Grand Rodez. Les élus, grâce au Fonds d’intervention économique (FIE) accompagnent ainsi les projets de recherche engagés par les entreprises locales, en particulier dans le secteur des agro-ressources et de l’agroalimentaire. Sur le Grand Rodez, ce secteur d’activités représente 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et plus de 3500 emplois, ainsi qu’une plateforme au lycée La Roque et de nombreuses formations.

Depuis 2008, la Communauté d’agglomération du Grand Rodez a soutenu sept dossiers de recherche dont le programmme Oviboost, qui représente un financement à hauteur de 46 273 euros.

Eva DZ

09 juillet 2015

Pôle formation agricole Bernussou à Villefranche de Rouergue : BPREA et CS sur une ferme référence !

Le pôle de formation agricole de Bernussou, à Villefranche de Rouergue, propose notamment une préparation sur une année du Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole (BPREA) ainsi que le Certificat de Spécialisation (CS) bovins lait et bovins viande en alternance.

Bernussou est un centre axé sur la formation professionnelle des adultes. Il accueille chaque année une centaine de stagiaires, avec des conventions professionnelles sur des formations longues (de 5 mois à un an), principalement sur trois domaines :

- les parcours élevages (production lait, viande ou porcine) avec généralement entre 12 et 15 stagiaires en BPREA pour l’installation, et quinze à 18 stagiaires en spécialisation élevage pour l’acquisition de savoir-faire professionnels, soit avant installation, soit pour envisager une période de salarié.

- deuxième domaine, les spécialisations en machinisme comptant en général entre 15 et 20 stagiaires, notamment sur le parcours CS tracteur et machines agricoles.

- troisième domaine : les licences professionnelles avec plus d’une quarantaine d’étudiants répartis entre lait, viande et porc. L’objectif est de préparer de futurs conseillers en élevage avec le concours de l’IUT de Rodez et l’université Toulouse1 Capitole.

A cela s’ajoutent d’autres actions de formation en lien avec divers organismes qui vont d’un jour à quelques journées (environ 400 lycéens ou étudiants de grandes écoles, près de 300 actifs, agriculteurs, salariés ou conseillers…), ainsi qu’un partenariat de longue date avec l’ADPSA12, notamment au travers du BTS ACSE.

L’objectif de la formation BPREA est donc d’obtenir un diplôme donnant la capacité professionnelle pour s’installer en agriculture ou, tout simplement, acquérir des connaissances dans le domaine agricole. Ce diplôme est nécessaire pour les personnes nées après le 1er janvier 1971. Le Certificat de Spécialisation concerne les personnes âgées de plus de 18 ans minimum, titulaires d’un bac agricole, ou de niveau bac avec expérience professionnelle. Il recouvre ici les productions bovins lait, bovins viande et porcine.

Recueilli par Didier BOUVILLE

02 juillet 2015

Journées Innov’action Chambre d’agriculture à Sébazac-Concourès : la méthanisation en route

La visite de l’unité de méthanisation agricole de la SAS Gaïneo, portée par trois éleveurs bovins à Sébazac-Concourès, a rencontré un franc succès, avec la présence d’environ 80 personnes, jeudi 25 juin.

Le GAEC bovins lait de Mézeilles d’Alexandre et Benoit Espinasse et l'élevage bovins viande AB de Benoit Fau viennent de mettre en fonctionnement une unité de méthanisation. Ils valorisent les effluents d’élevages de 90 Prim’Holstein et de 30 Aubrac sur une SAU respective de 210 ha et 114 ha. A cela s’ajoutent du fumier équin extérieur, des produits végétaux (tontes pelouse, etc) puis, à venir, les co-produits d’entreprises agro-alimentaires et de la restauration collective dans le cadre d’un contrat avec le site Véolia de Sébazac-Concourès, en attendant le résultat de l’enquête publique en cours validant le régime d’autorisation d’exploiter. Le total des bio-déchets traités doit représenter 8 625 tonnes par an, valorisées en 994 000 m3 de biogaz transformés en énergie électrique et thermique.

L'électricité produite injectée dans le réseau permet d’alimenter environ 400 foyers, selon les éleveurs. Et les 7 200 m3 de digestat sont épandus sur leurs terres, «permettant une économie de 15 000 euros/an d’intrants» souligne Alexandre Espinasse. La méthanisation ainsi appliquée permet aux éleveurs de vendre l’électricité au réseau EDF, de valoriser la biomasse agricole, de diversifier leurs productions, et, pour le territoire, «de valoriser les déchets organiques de proximité avec une synergie agriculteurs-collectivités-industriels», le tout, «au bénéfice de l’environnement (énergie renouvelable, réduction des émissions de gaz à effet de serre, des odeurs, des engrais minéraux».

L’unité de méthanisation de la SAS Gaïneo a nécessité «un investissement de 2 millions d’euros, subventionné à hauteur de 460 000 euros» (Région et ADEME), avec l’appui en ingénierie d’EDF. L’ensemble a été construit par l’entreprise EVALOR basée en Bretagne, représentée lors de la journée Innov’action par Kévin Porée. Les plans du permis de construire ont par ailleurs été réalisés par Habitat Rural.

Zone péri-urbaine

Des partenaires ou prestataires de cette réalisation étaient présents aux visites commentées sur l’élevage laitier (avec robot de traite) et sur l’unité de méthanisation par Alexandre Espinasse et Benoit Fau. «Nous sommes satisfaits d’avoir accueilli autant de monde, professionnels, mais aussi riverains qui ont découvert à quoi ressemble notre projet en zone péri-urbaine», confie Alexandre Espinasse.

Certains visiteurs ont posé des questions techniques ou relatives à l’environnement et à la sécurité. «Nous souhaitions montrer que les attentes de la profession et de la société pouvaient se croiser de manière positive. Selon une étude réalisée par le Conseil départemental, nous évitons le rejet dans l’air de 1 500 tonnes de CO2. On est fier de repositionner ainsi notre modèle d’agriculture. Notre projet améliore l’agronomie du GAEC, permet de réduire l’usage d’engrais chimiques et de désherbants, car les graines d’adventices sont neutralisées en chauffant. Tout cela contribue à améliorer la qualité des fumures», conclut Alexandre Espinasse.

Didier BOUVILLE

18 juin 2015

Coop de France Midi-Pyrénées : construire demain ensemble

La fédération régionale des coopératives agricoles et alimentaires (FRC2A) de Midi-Pyrénées a tenu, vendredi 12 juin, un conseil d’administration délocalisé, dans les nouveaux locaux de Jeune Montagne à Laguiole. A l’ordre du jour, le travail autour de la réforme territoriale et le rapprochement avec la région Languedoc-Roussillon.

La structure Coop de France Midi-Pyrénées rassemble 140 coopératives et SICA, agricoles et agroalimentaires, réparties sur tout le territoire régional. Un grand nombre de filières y sont représentées, qu’elles soient du secteur de l’élevage, des productions végétales, ou même des bois et forêt. La fédération joue un rôle prépondérant dans l’organisation agricole régionale, par ses fonctions de représentation auprès des pouvoirs publics et de structuration des filières. Elle a ainsi pour vocation de défendre les intérêts des coopératives, de les accompagner dans leur développement, ainsi que de leur prodiguer des conseils et des formations pour l’optimisation de leur fonctionnement.

Midi-Pyrénées : l’unité dans la diversité

Coop de France Midi-Pyrénées fait partie des fédérations régionales les plus représentatives et les mieux organisées de France. Elle se confronte aujourd’hui à un enjeu de taille : trouver un mode de fonctionnement efficace avec son homologue de Languedoc-Roussillon. «Nous avons la volonté de construire ensemble», affirme Jean-Pierre Arcoutel, président de la FRC2A. «Nous travaillons dès à présent à imaginer comment cumuler les forces de deux fédérations régionales qui n’ont pas les mêmes façons de fonctionner».

Et le challenge est de taille, car les deux structures ne sont pas basées sur les mêmes fondamentaux, du fait de l’organisation agricole de leurs territoires respectifs. Tandis que la région Midi-Pyrénées est structurée en coopératives couvrant de larges territoires et représentant toute la diversité des filières, la fédération de Languedoc-Roussillon est composée essentiellement de petites entreprises, en grande majorité viticoles. «Notre organisation est adaptée à la diversité des productions pendant qu’à Montpellier on parle exclusivement de vin», explique Jean-Pierre Arcoutel. «De plus la structure de Languedoc-Roussillon réunit des fédérations départementales avec des identités très fortes, alors que nous nous considérons comme une convergence de filières».

Au niveau des missions, des différences sont aussi notables. La FRC2A donne des orientations de développement que les adhérents se chargent de mettre en œuvre. De l’autre côté, la fédération régionale fournit du personnel qui va «faire le boulot» dans les petites coopératives.

Porter un message unitaire

Malgré ces spécificités, les deux fédérations ont déjà anticipé la fusion et Jean-Pierre Arcoutel se montre optimiste. «Après deux rencontres, nous avons décidé de mettre en place une représentation strictement équitable de nos régions. Il n’est pas question de gommer nos actions respectives, mais plutôt de trouver de nouvelles solutions à deux». A en croire les administrateurs, cela ne se fera pas du jour au lendemain. Néanmoins ils souhaitent construire rapidement «un message unitaire» à porter auprès des candidats à l’élection du nouveau conseil régional, qui se déroulera fin 2015.

La FRC2A assure aussi qu’une fusion purement administrative ne viendra en rien perturber l’activité économique, cœur du métier des coopératives. Ainsi les projets portés avec la région Aquitaine, concernant notamment les produits estampillés «Sud-Ouest» sont loin d’être abandonnés. «Il faut séparer le politique de l’économique», s’accordent à affirmer l’ensemble des administrateurs.

La fusion régionale ouvrira aussi de nouvelles opportunités. Le transport de marchandises vers le bassin méditerranéen en fait partie. En effet, la région Midi-Pyrénées aura à l’avenir un regard sur la gestion logistique des ports tels que Sète. L’agro-tourisme peut aussi s’en trouver avantagé, par l’attraction des vacanciers de la côte. Enfin, l’ouverture vers de nouveaux bassins de consommation ne peut être que bénéfique pour les coopératives de Midi-Pyrénées, qui ont historiquement misé sur l’agro-alimentaire, dans l’objectif de se rapprocher du consommateur final et de conserver la valeur ajoutée au plus près des producteurs. Pour preuve, la région est un leader national en matière de circuits courts collectifs, à l’image des Halles de l’Aveyron.

Malgré les changements qui se profilent, les administrateurs de la FRC2A assurent que l’identité de Midi-Pyrénées n’est en rien menacée.

Bérangère CAREL

11 juin 2015

Assemblée générale de l’ADPSA : une offre de formations complète et appréciée

Avec une moyenne de 100 stagiaires par an, en formation continue ou en apprentissage, des dispositifs de découverte en agriculture aux formations diplomantes, de l’accompagnement à l’installation aux stages de perfectionnement, l’ADPSA forme les agriculteurs de demain et accompagne ceux d’aujourd’hui !

Chaque année, l’activité de l’ADPSA, centre de formation agricole, augmente régulièrement. Sur les six dernières années, le volume d’heures réalisé a augmenté de 26%. En s’appuyant sur des partenariats forts avec le pôle de formation de Bernussou, le CFAA de l’Aveyron, les CFPPA de Rodez La Roque et de St Affrique et François Marty Formation Continue, l’ADPSA propose un panel complet en formation continue ou en apprentissage.

Elle consacre les deux tiers de son activité aux formations diplômantes et qualifiantes pour l’agriculture (ADEMA et PEEA, deux formules de découverte des métiers de l’agriculture qui se développent à petite échelle, BPREA et BTS ACSE). Les formations de perfectionnement y compris l’appui dans l’accompagnement à l’installation, complètent son offre (lire encadré).

Si le volume d’heures réalisées en 2014 a légèrement diminué en raison de la non reconduction pour manque de financement de la licence pro, il n’empêche, les autres activités partagent la même répartition qu’en 2013. La moyenne de 100 stagiaires à l’année étant encore une fois atteinte.

Accompagné de Robert Dalet, président de l’ADPSA, Yves Causse, directeur, a fait le point sur l’activité lors de l’assemblée générale lundi 8 août. Le centre de formation s’est positionné sur les dispositifs de découverte et qualification en agriculture : ADEMA (accès des demandeurs d’emploi aux métiers de l’agriculture) et PEEA (première expérience en exploitation agricole). La première financée par le FAFSEA Midi-Pyrénées a accueilli 7 stagiaires en 2014.

Une référence sur les deux formules

A l’issue de cette formation d’un mois, 86% sont en activité ou ont un projet de qualification. La seconde soutenue par la Région Midi-Pyrénées a accueilli 13 personnes, 12 l’ont terminée. A l’issue des 3 mois, tous sont en activité ou en poursuite d’études (91% en agriculture).

Gaël Bousquet est de ceux-là. A 27 ans, cet enseignant de maths, physique, chimie a effectué un virage à 180° en se reconvertissant dans l’agriculture, le maraîchage en particulier. Pour concrétiser son projet d’installation, il a contacté l’ADPSA qui l’a dirigé sur une formation «Réussir son projet : à vous de jouer» puis sur l’ADEMA et la PEEA. «J’ai apprécié la disponibilité et les bons conseils de l’ADPSA car ces formations qui m’ont permis de travailler sur des exploitations maraîchères, m’ont confirmé dans mon choix de réorientation. Ces stages m’ont aussi permis d’acquérir une petite expérience dans plusieurs structures». Gaël va démarrer un BPREA en un an à l’ADPSA et espère pouvoir concrétiser son projet chez un ami déjà maraîcher d’ici 2017.

Avec 50 000 heures réalisées en 2014, le BPREA à l’ADPSA est une référence sur les deux formules : en un an ou en deux ans par apprentissage. Avec un taux de réussite de 100% et une insertion professionnelle efficace (un an après la sortie, 96% ont un emploi dont 83% en agriculture). La prochaine Volonté Paysanne consacrera un dossier au BPREA avec témoignages à l’appui.

Le nombre d’heures réalisées en BTS ACSE se stabilise à l’ADPSA avec 30 apprentis par an et 7 stagiaires en formation continue. Avec 86% de réussite à l’examen en moyenne ces 7 dernières années et un taux d’insertion élevé (100% sont en activité ou en poursuite d’études, un an après son obtention), la formation dispensée par l’ADPSA et ses partenaires a fait ses preuves.

«De bons conseils»

Sarah Bedel était la seule représentante féminine de sa promotion 2014/2015 en apprentissage. Après un bac STAV à La Roque, elle a choisi le BTS ACSE pour acquérir des notions de gestion en vue de reprendre l’exploitation familiale en bovins lait à Luc La Primaube et par apprentissage pour lier pratique et théorie. «Ces deux années ont été très positives, j’ai beaucoup appris sur le droit, la comptabilité, et j’ai perfectionné mes connaissances sur les productions bovines, végétales,... La formule par apprentissage offre aussi un bon lien avec la réalité de la ferme même si elle est intense en charge de travail et en responsabilité».

L’intensivité est aussi ce qu’a retenu Willy Gaffard qui termine, lui, son BTS ACSE en un an. Il avait choisi la voix du bâtiment et après quelques années de salariat, il s’est interrogé sur l’opportunité de reprendre l’élevage Veau d’Aveyron et du Ségala de ses parents à La Bastide l’Evêque. Le BTS lui ouvrant davantage de portes en attendant qu’il se décide, il s’est lancé. Parti «confiant et enthousiaste», il avoue avoir eu du mal à s’intégrer et après son stage en OPA à l’IRVA, il a eu un «déclic» : «Retourner sur les bancs de l’école a été un peu dur au début ! Mon stage m’a ouvert les yeux, je sais que je veux m’installer en Veau d’Aveyron, à partir de là j’ai trouvé ma place. Nous avons rencontré de nombreux professionnels, nous avons échangé entre nous sur nos divers parcours». Afin de se donner le temps de construire son projet installation, Willy souhaite poursuivre par un CS machinisme à Bernussou.

Ces témoignages confortent l’ADPSA dans son action et ses projets : conforter l’ADEMA et la PEEA, travailler sur les modalités d’évaluation du BPREA et développer la formule à distance, intégrer les nouvelles technologies au BTS, relancer la licence pro pour septembre 2016 et les formations pour les maîtres d’apprentissage et de stage.

Eva DZ

21 mai 2015

CFPPA La Roque : deux nouvelles formations à la rentrée

 

A la rentrée de septembre, le CFPPA La Roque accueille deux nouvelles formations par apprentissage : le BTSA Technico-commercial et la licence professionnelle Technico-commercial en nutrition animale. Les responsables de l’établissement ont organisé une réunion d’information à destination des entreprises et coopératives aveyronnaises intéressées pour accueillir ces jeunes en formation. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 août.

Depuis plus de 20 ans, le CFPPA La Roque travaille en partenariat avec les entreprises spécialisées dans la nutrition animale pour former leurs futurs technico-commerciaux. L’équipe pédagogique est donc expérimentée et professionnelle pour former les jeunes à la promotion et la vente de produits d’approvisionnements mais aussi les former à l’appui technique auprès des agriculteurs.

Pour cela, le CFPPA s’appuie sur une formation : le BTSA Technico-commercial en agrofournitures qu’il dispense depuis 1994. A partir de la rentrée de septembre, ce diplôme d’Etat pourra être suivi par apprentissage (et toujours en formation continue sur un an). Avec toujours une partie commerce (+250?h en deux ans sur les relations commerciales, la mercatique) et une partie technique (agronomie, zootechnie, agro-équipement). «L’objectif est de former des négociateurs/vendeurs qui élaborent, présentent et négocient une solution technique, commerciale et financière adaptée à chaque situation et qui maîtrisent les techniques de l’information et de la communication», détaille Lydie Chavaroche, coordinatrice de ce BTS qui se répartit en 34,5 semaines en centre de formation et 69,5 semaines en entreprise (ventes de matériel, en nutrition, magasins généralistes).

Ce BTS comme celui en productions animales ou le BTS ACSE peuvent mener à la licence professionnelle Technico-commercial en nutrition animale en apprentissage, qui ouvrira, elle aussi en septembre. «Ce projet soutenu par la Région Midi-Pyrénées, a mis 5 ans à aboutir et nous sommes fiers aujourd’hui de pouvoir proposer ce nouveau «bagage» technique aux jeunes», avance Noël Boissonnade, directeur de l’établissement de La Roque.

La voie de l’apprentissage

L’idée a été initiée avec Bernard Scheuer, ancien directeur du CFPPA La Roque qui vient de partir à la retraite. «Nous avons découvert qu’un CFPPA de Rouen proposait cette licence professionnelle, nous avons décidé de travailler en partenariat, de façon à lui donner une dimension nationale en nous spécialisant sur le sud ouest et le sud du Massif Central», poursuit Noël Boissonnade. Le diplôme sera ainsi validé par l’université de Rouen.

«Cette licence vise à former des conseillers techniques qui apportent un service aux clients», explique François Falip, coordinateur de la licence Technico-commercial. «Qu’ils soient capables d’analyser des informations techniques et économiques de l’entreprise et du marché, d’exposer les résultats de la recherche sur le terrain, de communiquer envers les agriculteurs, les groupements de producteurs, de vendre, d’acheter, de proposer, de conclure un contrat,...». Les 18 semaines en centre seront consacrées aux sciences, à la technique, au commerce et à l’accompagnement du projet en entreprise. Les étudiants auront 34 semaines dans une entreprise pendant lesquelles ils travailleront sur un projet tuteuré dont la thématique est proposée par l’entreprise (événementiel, développement de gamme,...) ainsi que sur une analyse du système commercial de l’entreprise.

Un investissement pour les entreprises

«Nous souhaitons multiplier les interventions de professionnels, d’universitaires pour donner du sens à la formation», ajoute Cécile Piolin, directrice du CFPPA. «Nous recherchons de nouveaux partenaires pour expliquer aux jeunes leur métier, ou apporter des informations juridiques par exemple,...», poursuit-elle. Le CFPPA compte donc sur les entreprises spécialisées pour les accompagner dans ce projet. «C’est l’occasion pour elles de recruter et de former des jeunes qui pourront devenir leurs salariés, de les intégrer progressivement à la vie et la culture de leur entreprise, de transmettre leur savoir-faire», concluent les responsables du CFPPA.

Eva DZ

Infos : 05 65 77 75 03

14 mai 2015

Direction Départementale des Territoires et Télépac : des Aveyronnais plus connectés !

Le préfet de l’Aveyron, Jean-Luc Combe, a présenté jeudi 7 mai, les nouvelles modalités de dépôt des demandes d’aides agricoles dans le cadre du lancement de la campagne Télépac et le dispositif d’appui aux agriculteurs, en présence de Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture.

La Direction Départementale des Territoires (DDT) à Rodez a ouvert son service d’accompagnement des exploitants agricoles vers la télédéclaration PAC depuis le 5 mai, quelques jours après la période de déclaration lancée le 27 avril et qui doit se terminer le 9 juin. Jean-Luc Combe, Marc Tisseire, directeur de la DDT et Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture ont été reçus dans une salle dédiée à l’accompagnement des agriculteurs. Six agents titulaires de la DDT ont été renforcés par 12 vacataires afin d’aider les agriculteurs inscrits à ces sessions d'accompagnement aux télédéclarations PAC. Celles-ci sont effectuées par les agriculteurs eux-mêmes, avec l’appui du personnel administratif formé pour ce type de procédure.

«Cette année est celle de la mise en place de la réforme de la PAC?2015-2020, avec notamment de nouvelles modalités de déclaration de surface plus détaillées, à la parcelle, et non par îlot comme auparavant», explique Christel Alauzet, adjointe au chef du service agriculture de la DDT. «La procédure peut donc prendre plus de temps».?La DDT a mis en place ce dispositif «en salle» sur rendez-vous, jusqu’au 9 juin (tél. 05 65 73 51 61). La DDT a rappelé que «Télépac permet aux agriculteurs de demander leurs aides sur internet, sans papier et en toute sécurité». Et que?«les agriculteurs bénéficiaient d’une aide renforcée en ligne et d’une assistance gratuite par téléphone».

En 2014, 6 442 Aveyronnais ont effectué leur déclaration PAC sur internet, soit 81 % des agriculteurs du département. «Ce n’est pas assez», ajoute Jean-Luc Combe, prenant exemple du Cantal «qui frôle les 100 %», département où il fut préfet avant d’être nommé en Aveyron en septembre. Jacques Molières a précisé que «le manque de haut débit internet sur la totalité de l’Aveyron était un frein aux déclarations en ligne». Rappelons que les exploitants qui télédéclarent chez eux leur dossier PAC peuvent contacter la DDT en cas de questions techniques liées à Télépac au 05 65 73 51 61. Pour les questions réglementaires, l’accueil téléphonique habituel est maintenu les lundis et mardis après-midi, de 14h à 16h30, au 05 65 73 51 80.

Un report de date ?

Pour Jacques Molières, «cette année est une nouvelle ère pour la PAC. Nous avons été un peu justes pour le calendrier PAC, avec des retards provoqués par les derniers arbitrages sur l’ICHN et une enveloppe désormais gérée par la Région». Le président de la Chambre d’agriculture ajoute : «nous avons accompagné, avec le CER, 3 500 agriculteurs, en plus de ceux qui ont été formés par le syndicalisme, afin que les agriculteurs deviennent plus autonomes dans leurs déclarations. Nous espérons aller au-delà des 80 % d’agriculteurs qui réalisent leurs dossiers sur internet». Avec environ 8 000 déclarations PAC, selon la DDT, l’Aveyron figure parmi les départements les plus concernés par les aides agricoles.

«Cette nouvelle PAC doit amener plus de soutiens à nos élevages, et contribuer à favoriser l’adéquation sol, troupeau et ICHN caractérisant notre département», confie Jacques Molières. Il a cependant exprimé son «inquiétude face à la complexité des surfaces PAC dites à intérêt écologique, sur des systèmes agricoles pratiqués notamment dans le Ségala». Il a demandé au préfet un report de la date limite de dépôt des dossiers au 15 juin, au lieu du 9 juin, comme l’a déjà exprimé la FNSEA. Par ailleurs, la DDT a annoncé que le délai des dossiers relatif aux aides bovines restait toujours fixé au 15 mai.

Didier BOUVILLE

23 avril 2015

Assemblée générale de l’ASAVPA : «Entre mémoire du passé et projet d'avenir»

Lorsque l'ASAVPA regarde en arrière, c'est pour mieux préparer l'avenir. C'était l’un des messages exprimés lors de l’assemblée générale de l’Association de Salariés Agricoles pour la Valorisation et la Promotion des Métiers Agricoles (ASAVPA), réunie samedi 11 avril, à la Maison de l’agriculture à Rodez.

C'est en effet il y a 50 ans, le 17 mars 1965, qu'ont été déposés les statuts de l'ASAVPA à la préfecture de l'Aveyron, un anniversaire que les salariés agricoles ont souhaité marquer par la préparation d'un événement prévu en novembre prochain, et qui permettra de retracer le chemin parcouru et d'éclairer l'avenir. A l'étude aussi, l'édition d'un petit ouvrage qui évoquera les moments forts de ces profondes transformations d'une profession en l'espace d'un demi-siècle. Et une réflexion de grande ampleur sur l'identité d'un mouvement qui a su se renouveler au fil des ans.

Consciente que l'emploi devient une question importante pour un nombre croissant d'agriculteurs, l'ASAVPA, présidée par Alain Cazals, a fait un tour d'horizon de ses nombreuses actions menées pour l'accueil et l'information professionnelle des salariés agricoles (une newsletter régionale vient d'être mise en place), pour l'accueil des demandeurs d'emploi au travers de la Bourse de l'Emploi, ou encore pour la valorisation des métiers et l'incitation à la formation continue. Un «Guide du nouveau salarié agricole» a été mis en ligne et un dépliant a été réalisé pour le faire connaître et expliquer aux nouveaux salariés le soutien que peut représenter l'appartenance à un groupe tel que l'ASAVPA.

Reconnaissance des compétences

Dans des débats animés et constructifs, l’ASAVPA et ses partenaires ont évoqué la reconnaissance des compétences. Pour Robert Dalet, président de l'ADPSA : «nous exerçons mille métiers et on ne sait pas toujours lister les compétences attendues du salarié. Celles qu'on attend du salarié sont souvent complémentaires des nôtres». Michel Marcoul, président de la Fédération Nationale des ASAVPA, souligna «l'invisibilité» du salariat agricole : «pas un mot sur eux dans la loi d'avenir ou dans les textes de la PAC !». Roselyne Savignac, représentant la MSA, afficha toute l'importance qu'elle accordait aux salariés agricoles au sein de la MSA. Et un salarié exprima les difficultés liées à la complémentaire santé obligatoire : «dès que l’on quitte son emploi, il faut six mois pour y avoir à nouveau droit. Que fait-on entre les deux ?», demande-t-il.

Il fut aussi question lors de l’assemblée générale de sécurité au travail durant la conduite sur des terrains en pente. Par delà l'apprentissage par l'expérience «ou en se faisant peur», l'ASAV-PA relayera l'initiative de la CPHSCT de mettre en place un nouveau module de formation adapté. L’ASAVPA a aussi parlé du nouveau compte personnel de formation (CPF) conservé désormais toute sa vie professionnelle : «dans la pratique, peu de salariés ont reçu leur solde de droits au DIF. Ils sont allés sur internet pour créer leur compte et valider leurs acquis». Car au fur et à mesure que l'information est plus facile d'accès, celle-ci devient plus technique et complexe et les besoins d'accompagnement et de vulgarisation ne faiblissent pas, selon l’ASAVPA.

«Mieux vivre au travail»

«Mieux vivre au travail» est le nom d'un projet que mènent les ASAVPA de Midi-Pyrénées. Il a pour objectif «de permettre à chaque salarié de se réapproprier sa santé et sa sécurité». Pour cela, une enquête a été menée par des étudiants en licence professionnelle en vue de déterminer quelle vision ont les salariés sur ces points, en fonction de leur âge et de leur expérience. «Cela, en vue de prendre en compte les conséquences des tâches qu'ils pratiquent quotidiennement, non seulement dans le court terme (accidents), mais dans le long terme (mal de dos, surdité, maladies professionnelles, utilisation de produits dangereux...)».

Le départ du président

Pour Daniel Tamalet, venu présenter les premiers résultats de cette enquête, «appartenir à un réseau tel que l'ASAVPA peut permettre de sortir d'un certain fatalisme». Du genre : «je finirai usé, j'ai mal au dos et je quitte l'agriculture», ou encore, «je suis sourd et je ne peux plus travailler». Selon Daniel Tamalet, «il y a des postures à connaître et des marges de manœuvre en matière d'organisation du travail. Car la vie professionnelle s'allonge et chacun doit apprendre à ménager sa santé».

Alain Cazals a annoncé qu'il quittait l'agriculture pour un nouveau projet professionnel. C'était donc sa dernière assemblée générale. «Avec un parcours de battant et de convaincu, au sein de la profession, a salué Michel Marcoul, dans une association qui fait partie des ASAVPA, lesquelles comptent en France et qui, malgré les difficultés financières et le désengagement de certaines structures, doivent pouvoir continuer à exister. Car le vide est grand lorsque une ASAVPA disparaît !».

09 avril 2015

Formation ADPSA : à vous de jouer !

Fidèle à ses missions d’accompagnement des agriculteurs, actuels et futurs, l’ADPSA12 a créé une formation intitulée : «Réussir votre projet en agriculture : A vous de jouer !». Elle s’adresse aux personnes qui ont réalisé un entretien avec le Point Accueil Installation, mais dont le projet n’est pas assez avancé pour intégrer le plan de professionnalisation personnalisé, indispensable pour s’installer avec les aides.

Cette formation est née du constat que ces personnes échappent à tout suivi après son passage au Point Accueil Installation, alors qu’il aurait besoin d’être accompagné, ou réorienté, pour aller plus loin dans ses démarches. L’objectif de la formation est donc d’aider toute personne qui souhaite exercer le métier d’agriculteur à clarifier son projet et mûrir sa réflexion.

Pour cela, quatre journées en groupe ont été proposées, pour la première fois, à sept stagiaires dans le courant du mois de mars. Ils ont été encadrés par deux formatrices de l’ADPSA12 et un animateur du Point Accueil Installation.

Dans un premier temps, le groupe échange sur son projet : ses besoins, ses ressources, ses atouts et contraintes, sa stratégie. Chacun définit aussi sa situation de départ et ses objectifs personnels. Les stagiaires structurent la présentation de leur projet à l’aide d’un schéma issu de la méthode de l’approche globale et d’une grille d’analyse.

Ensuite, la seconde étape consiste à mettre en cohérence projet personnel et professionnel. C’est le moment de recenser les besoins et apports financiers, ainsi que de quantifier le temps de travail prévisionnel par rapport à son objectif de vie.

Rentabilité du projet

La troisième journée est dédiée au dimensionnement du projet dans une optique viable économiquement et vivable socialement. Les stagiaires doivent alors chiffrer leurs produits (volumes, prix), déterminer les circuits de commercialisation, et évaluer le chiffre d’affaires et le revenu à atteindre. Cette séquence leur permet de faire concrètement le lien entre les ressources et les besoins, personnels et nécessaires au fonctionnement de l’exploitation, sous forme d’annuités par exemple. A l’issue de la journée, les participants sont en mesure d’évaluer la rentabilité de leur projet et d’établir un plan d’action adapté.

La fin de la formation permet de cerner concrètement les réalités et les contraintes liées à l’installation et à la conduite de l’exploitation. Les stagiaires ont aussi la possibilité de s’entraîner à présenter leur projet de façon cohérente, auprès de partenaires de l’installation, comme les banques par exemple.

Aurore, Nathalie et Gaël ont tous trois fait partie de ce premier groupe. La première, fleuriste de formation désire s’installer en maraîchage, tout comme Gaël, professeur de maths-physique. Nathalie est assistante en service hospitalier dans une maison de retraite et souhaite se reconvertir en avicultrice. Leurs différentes démarches préalables les ont conduits à s’inscrire à la formation de l’ADPSA12 : soit sur conseil du Point Accueil Installation, soit après une formation ADEMA (accès des demandeurs d’emploi aux métiers agricoles, proposé par le FAFSEA), soit directement à l’ADPSA12 sur demande d’information à propos de l’accompagnement. Leurs objectifs en s’inscrivant étaient essentiellement «d’y voir plus clair dans les démarches administratives, sur les investissements». A la fin de la formation, les trois participants concèdent qu’ils ont touché du doigt la notion de viabilité, et qu'être agriculteur «ça ne s'improvise pas». Loin d’être découragés, ils sont encore plus conscients des réalités économiques qui doivent accompagner chaque projet.

Bérangère CAREL

02 avril 2015

MSA Midi-Pyrénées-Nord : prévention et lycées agricoles

La 29ème journée de prévention auprès des dix établissements scolaires agricoles de l’Aveyron, organisée par la MSA Midi-Pyrénées Nord, a réuni 300 élèves mercredi 1er avril à Rignac.

Cette nouvelle édition était portée cette année par le lycée agricole et horticole de Rignac, également participant, avec les neuf autres établissements aveyronnais, l’ITEP de Grèzes, le lycée Beauregard, le lycée François Marty, le CFPPA La Roque, la MFR de Naucelle, le lycée La Roque, le lycée La Cazotte (St-Affrique), la MFR de St-Sernin, et le lycée Vaxergues (St-Affrique). La journée s’est déroulée à l’espace André Jarlan, avec une matinée proposant des démonstrations et animations conduites par les élèves et partenaires dans différents ateliers, comme la manipulation des ovins, la contention des bovins, l’usage des produits phytosanitaires, l'utilisation du télescopique, les nuisances sonores, les conduites addictives, le rôle et mission de la Commission Paritaire d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail.

Pour Philippe Millet, responsable prévention et risques professionnels de la MSA Midi-Pyrénées Nord, «cette journée délivre des messages préventifs bien perçus par les jeunes. Depuis la première édition, nous avons touché environ 9 000 jeunes, dont certains sont installés aujourd’hui comme agriculteur. En Aveyron, nous avons constaté 725 accidents du travail en 2013 et 34 maladies professionnelles. Chez les salariés agricoles, il y a eu 702 accidents du travail en 2012 et 23 maladies professionnelles. Ces dernières concernent à 95 % le canal carpien. Rappelons aussi que la première cause des accidents mortels en agriculture est le renversement de tracteur». La journée s’est poursuivie l’après-midi avec un quizz, en partenariat avec Groupama, la gendarmerie et les pompiers de Rignac.

Didier BOUVILLE

26 mars 2015

Une transmission réussie à la CUMA du Pourtalou

La CUMA du Pourtalou, sise à Saint Eulalie de Cernon, constitue un exemple de transmission réussie entre une équipe, gérant la Cuma depuis près de 30 ans, et un nouveau bureau, dont la moyenne d’âge tourne autour de 35 ans !

La CUMA du Pourtalou, compte une soixantaine d’adhérents, répartis sur un territoire allant de La Bastide Pradines à Cornus en passant par Lapanouse de Cernon, La Cavalerie, Sainte Eulalie de Cernon, L’Hospitalet du Larzac, Le Viala du Pas de Jaux, ainsi que quelques exploitations de Saint Georges de Luzençon. Cette CUMA a été créée en 1964, sous l’impulsion de trois exploitations qui ont souhaité se mettre en commun pour les activités d’ensilage et d’épandage du fumier. Depuis, elle a largement pris de l’ampleur, élargissant son périmètre et diversifiant ses activités. Aujourd’hui elle propose tout type de matériel, sauf pour le pressage et la pulvérisation. Elle dispose aussi d’un chauffeur salarié depuis 1990. La CUMA du Pourtalou travaille aussi en partenariat étroit avec l’inter-CUMA du Millavois, pour le matériel dont elle ne dispose pas et pour le partage du temps de travail des salariés. Aujourd’hui, elle met ainsi à disposition de ses adhérents un service complet sur les activités de pressage et d’enrubannage.

Une Cuma qui a tout d’une grande

Ce développement remarquable, Didier Vialettes, ancien président, accompagné d’Alain Fabrègues, son secrétaire général, en a été le témoin et l’acteur. Installé en 1979 sur le Gaec du Cernon, Didier Vialettes est devenu président de la CUMA en 1983. Il n’a eu de cesse, pendant son mandat, d’en diversifier les usages. Cette volonté s’est traduite par l’achat d’une faucheuse automotrice, le développement des activités d’ensilage et d’épandage, puis en 1990, l’acquisition du premier «gros» tracteur, ainsi que l’embauche originelle d’un salarié, en partenariat avec deux inter-CUMA. En 1994, la Cuma a construit le hangar, toujours présent à Sainte Eulalie de Cernon, à l’origine pour y assurer l’entretien des presses des CUMA du sud Aveyron. En 2002, ce bâtiment a été agrandi de 150 m2. Une partie a été rebâtie en 2006, grâce aux nombreux bénévoles, après un effondrement dû à l’épisode neigeux du mois de janvier. Pour Didier Vialettes : «Ce développement a été possible grâce à l’aide de la FDCUMA qui nous a toujours accompagnés».

Un travail d’équipe

Ce président historique a mûri assez tôt son projet de transmission des responsabilités de la CUMA. «Dès 2002 je commençais à réfléchir à lever le pied, d’autant qu’il y avait pas mal de projets d’installation sur le secteur, et donc une nouvelle génération en train d’arriver. L’effondrement du hangar en 2006 m’a fait repousser ce projet. Puis à l’assemblée générale de la FDCUMA en 2014, sur le thème de la transmission, je me suis dit : c’est le moment !». Une nouvelle équipe de quatre personnes, plus un «ancien» gère donc la CUMA depuis le printemps 2014, sur le principe d’une répartition optimale du travail et des responsabilités. Ainsi Yohann Forestier est devenu président et s’occupe du planning des trois tracteurs et du salarié. Franck Maurin est trésorier. Florian Glandières, secrétaire général, gère le temps de travail du salarié ainsi que les assurances, tandis que Bastien Giacobbi s’occupe de la gestion administrative du salarié, et Bernard Astruc, de l’ancienne équipe, est présent pour les épauler, en tant que vice président.

Former la relève

Selon les responsables, la transition s’est faite assez facilement. «Les décisions se prenaient traditionnellement en bureau élargi», explique Franck Maurin. «Ce fonctionnement nous a permis, dès notre entrée au conseil d’administration de la CUMA, de participer aux réunions, de voir comment se prenaient les décisions et d’y contribuer». Cette manière de fonctionner a été instaurée par l’ancienne équipe. «Nous avons toujours pensé que tout le monde devait s’impliquer. C’est pourquoi nous invitons systématiquement une personne par Gaec adhérent et des représentants des exploitations individuelles», indique Didier Vialettes.

Ainsi Yohann Forestier et Franck Maurin, devenus administrateurs respectivement en 2005 et 2006, ont eu une dizaine d’années pour se former. Le nouveau président a en effet pris des responsabilités assez vite gérant le travail du salarié depuis environ 8 ans. «Les jeunes prenant de plus en plus de responsabilités, les plus âgés ont décidé de leur laisser la place», affirme Didier Vialettes. Yohann Forestier renchérit : «Cela a été d’autant plus facile que nous sommes toute une équipe et que nous nous répartissons le travail». A présent les «anciens» ont vite pris du recul. «Nous sommes simplement adhérents mais les jeunes savent qu’on est là quand ils ont besoin de conseils». Pour l’ancien président, la réussite de cette reprise réside aussi dans l’état d’esprit qui anime les adhérents. «Beaucoup de Gaec sont adhérents, ce sont des gens qui ont l’habitude de travailler en groupe. De plus, sur notre secteur où les exploitations sont grandes, nous avons l’esprit «Cumiste» du cédant au repreneur».

Bérangère CAREL

19 mars 2015

Espace Emploi FDSEA : une réponse à la réglementation

L’Espace Emploi de la FDSEA met au service de tous les agriculteurs employant de la main-d’œuvre un outil créé par la FNSEA : SYSTERA. Ce logiciel a pour vocation de statisfaire aux exigences réglementaires en matière de santé et de sécurité au travail des salariés.

Le Document Unique d’Evaluation des Risques est une exigence réglementaire, datant de 2002, inscrite dans le Code du travail français, en adéquation avec les directives européennes. Ce document, sous forme papier ou numérique, doit être établi par toute personne, physique ou morale, employant de la main d’œuvre, permanente ou occasionnelle. Le DUER doit lister tous les risques, de santé et de sécurité, auxquels peut être soumis le salarié, ainsi que les moyens mis en œuvre pour les minimiser, voire les supprimer. Ce document doit impérativement être actualisé -au moins une fois par an- en fonction des évolutions des travaux confiés au salarié.

Depuis le 1er février 2012, l’employeur a aussi l’obligation de fournir une fiche de prévention des expositions, pour chaque employé qui est exposé à un facteur de pénibilité qui dépasserait les seuils, d’intensité et de temporalité, fixés par décret. Cette fiche permet au salarié d’alimenter un «compte personnel de prévention de la pénibilité», sous forme de points lui permettant d’anticiper son départ à la retraite. Il existe 10 facteurs de pénibilité listés dans le Code du travail dont 9 peuvent être appliqués aux travaux agricoles : la manutention manuelle de charges ; les postures pénibles ; les vibrations mécaniques ; les agents chimiques dangereux (y compris poussières et fumées) ; les températures extrêmes ; le bruit ; le travail de nuit ; le travail en équipes successives alternantes ; le travail répétitif.

Le DUER et les fiches pénibilité, s’ils ne sont pas présentés par l’employeur, peuvent faire l’objet de sanctions lors d’un contrôle de l’inspection du travail.

Un outil intuitif

Compte tenu de la nature et de la diversification des travaux sur les exploitations agricoles, la mise en œuvre des exigences réglementaires est particulièrement complexe. En ce qui concerne le compte pénibilité, la FNSEA s’est fortement mobilisée, considérant la réglementation déconnectée des réalités du travail agricole. Néanmoins, afin d’aider les agriculteurs à être en conformité avec la législation, la FNSEA a développé un outil Internet : SYSTERA (système d’évaluation des risques en agriculture). Cette base de données constitue une source d’informations préétablies, que chaque utilisateur peut compléter avec ses propres besoins, spécifiques à son exploitation. Ce catalogue recouvre le panel d’activités liées aux travaux agricoles, leurs riques et les mesures de prévention. Ces unités de travail peuvent être, par exemple, liées à l’utilisation du matériel agricole, à l’exposition à des substances chimiques, ou encore à des cadences de travail particulières.

Pour René Debons, président de la section employeurs FDSEA, «cet outil simple d’utilisation et à portée de tous les employeurs ne signifie pas que la FNSEA abandonne le combat contre le compte pénibilité, toujours jugé inapplicable au secteur agricole».

Par une interface intuitive et simple d’utilisation, SYSTERA permet à chaque employeur de créer le Document unique et les fiches pénibilité associées. Le site permet aussi d’effectuer la mise à jour annuelle des documents, prévenant chaque utilisateur par un courriel de rappel.

L’accompagnement des utilisateurs

L’ADPSA a mis en place une formation adaptée aux employeurs de main d’œuvre. Elle reprend les bases de la réglementation, en matière de prévention des risques, liée au Code du travail. Cette formation sert surtout à élaborer en session de groupe, grâce à la base de données SYSTERA, son DUER et ses fiches pénibilités. A travers des exercices pratiques et du conseil individuel, à l’issue de la formation, l’utilisateur est autonome dans l’utilisation du site Internet, et peut y apporter tout seul les adaptations et mises à jour nécessaires.

La formation dure une journée. Elle est entièrement financée par VIVEA, pour les chefs d’exploitation, les conjoints collaborateurs, les aides familiaux, les cotisants solidaires, les personnes engagées dans une démarche d’installation. Il n’en coûtera aux employeurs que les droits d’accès au site Internet SYSTERA (pour le prix, voir avec l’ADPSA). Des sessions de formation ont déjà été organisées, notamment pour les arboriculteurs de la vallée du Tarn, employeurs de main d’œuvre saisonnière. D’autres sont en prévisions pour l’automne 2015. Pour toute information, contacter l’ADPSA au 05.65.73.77.96.

Bérangère CAREL

05 mars 2015

ADPSA : BTSA ACSE, il est fait pour toi !

L’ADPSA (association départementale de promotion sociale et agricole) propose, parmi ses formations diplômantes, le BTS Agricole «Analyse, conduite et stratégie des entreprises agricoles» (ACSE), selon deux formules : en un an* ou en deux ans par apprentissage. Les inscriptions pour la rentrée 2015 sont dès à présent ouvertes.

Le brevet de technicien supérieur agricole est accessible aux titulaires du baccalauréat ou aux personnes justifiant de deux ans minimum d’expérience professionnelle. Ce diplôme ouvre les portes de différents types d’emplois, comme par exemple : chef d’exploitation ou salarié agricole, technicien ou conseiller en agriculture, en agro fourniture ou en expérimentation, contrôleur qualité ou laitier... Le BTS forme les étudiants, entre autres, à la connaissance du monde agricole, aux techniques culturales et aux productions animales, à la gestion globale d’une exploitation...

Coller aux projets professionnels

Le BTSA ACSE a été rénové en septembre 2014, afin d’être finement adapté aux évolutions de l’agriculture. Cette réforme est née d’une volonté professionnelle de réorienter la formation vers l’installation et la capacité d’adaptation des futurs agriculteurs. Pour autant, le BTS?reste pertinent pour tous ceux qui souhaitent s’orienter vers le secteur du para agricole. Le nouveau cahier des charges national se traduit, à l’ADPSA, par quelques aménagements. A ainsi été créé un module sur l’étude des agroécosystèmes, pour former à la double performance écologique et économique, qui s’annonce comme l’avenir des exploitations. Le BTS, déjà caractérisé par l’approche globale des systèmes d’exploitation, se voit renforcé par le volet stratégie des entreprises agricoles. Enfin, une autre nouveauté est la mise en place de modules pour accompagner le projet professionnel des étudiants, qu’ils soient futurs agriculteurs ou qu’ils se destinent au salariat. Des séances en groupe, ainsi qu’un suivi individuel, permettent de travailler et d’affiner le projet professionnel.

L’accent sur la professionnalisation

Effectuer son BTS à l’ADPSA, c’est suivre un parcours de formation pas comme les autres. L’équipe des formateurs offre une disponibilité particulière, qui va bien au-delà des heures de cours. Les échanges nombreux avec les étudiants permettent de les accompagner, non seulement dans l’obtention de leur diplôme, mais aussi dans la construction de leur projet professionnel. Au niveau des apprentis, l’ADPSA effectue cinq visites en deux ans sur l’exploitation, au lieu des deux usuellement pratiquées.

L’ADPSA c’est aussi un environnement professionnel remarquable. Par son implantation au cœur de la maison de l’agriculture, elle permet aux étudiants d’être en contact permanent avec les filières, ainsi que les organismes de développement agricole. Des responsables professionnels sont aussi souvent invités à intervenir pour discuter et débattre auprès des élèves, et notamment au moment de la préparation des épreuves terminales.

De plus, les nombreuses visites d’exploitation permettent la découverte de la diversité des modèles agricoles, caractéristiques de l’agriculture aveyronnaise.

Enfin, les échanges réguliers entre les deux cursus, en un an et par apprentissage, sont stimulants et participent à développer l’intérêt et la curiosité chez les élèves. C’est pourquoi l’ADPSA a instauré pour les apprentis, au retour de chaque semaine sur le terrrain, le récit d’un fait marquant de la vie de l’exploitation auquel ils ont assisté. Diversité, ouverture, mais aussi réalisme et pragmatisme, sont donc les maîtres mots qui définissent la formation dispensée par l’ADPSA.

Si vous êtes intéressé, pour tout renseignements contactez Laurette Saurel au 05 65 73 77 96.

Bérangère CAREL

* Le BTS ACSE est un BTS départemental construit avec les centres de La Roque, Bernussou, François Marty formation professionnelle et l’ADPSA. Des formateurs des 4 centres interviennent.

26 février 2015

Formations ADPSA : internet sur le bout des doigts

L’ADPSA, dans le cadre de sa mission de formation des agriculteurs, s’est lancée depuis plusieurs années dans le créneau des nouvelles techniques de communication. Cette initiative s’intègre parfaitement dans la demande formulée par VIVEA de développer les formations aux TIC (techniques d’information et de communication).

Marie-Noëlle, Lisiane et Marie sont des participantes à la formation «utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir ses produits sur internet». Qu’elles soient propriétaires d’un gîte, organisent des goûters à la ferme ou pratiquent de la vente directe, elles sont toutes trois convaincues de la nécessité de maîtriser les outils offerts par Internet.

«Nous avons déjà créé grâce à l’ADPSA, et au formateur Laurent Sartorio, notre propre site Internet. La formation sur les réseaux sociaux nous permettra de faire une promotion plus active et de toucher un plus grand nombre de personnes. Nous nous formons sur Facebook et Tweeter. L’objectif est de savoir construire une page professionnelle, ce qui est différent d’un profil Facebook. Après une première journée, nous avons bien appris à maîtriser ces deux outils. La prochaine séance nous permettra de créer des liens entre notre site internet et nos comptes Facebook et Tweeter».

Les trois stagiaires avaient auparavant suivi la formation «promouvoir ses produits sur internet» qui aboutit en trois jours à la création d’un site internet, créé par le stagiaire lui-même. «Au début, les gens ne veulent pas croire que ce n’est pas un site réalisé par un professionnel ! Etre à l’origine de la création et de l’évolution du site, ça lui donne une âme. Nos clients voient que c’est fait avec notre cœur. De plus, avoir la main sur le site nous permet d’y diffuser ce qu’on veut quand on veut. ça laisse de la place à la spontanéité».

Cela fait maintenant 5 ans que l’ADPSA propose des formations à la création de sites internet, et un an sur les réseaux sociaux. Le centre de formation, au départ, avait répondu à la demande grandissante des agriculteurs de l’Aveyron, et d’au-delà, qui avaient une activité touristique ou de vente directe. Les modes de consommation évoluent, les agriculteurs doivent s’adapter et l’ADPSA est là pour les y aider.

Les prochaines sessions de formation sont les suivantes :

- Site Internet (3 jours de formation) : les 9, 16 et 24 mars

- Réseaux sociaux (2 jours de formation) : les 31 mars et 7 avril

Pour s’inscrire, contact ADPSA au : 05.65.73.78.97

Bérangère CAREL

12 février 2015

FDCUMA-FNCUMA : des films pour promouvoir l’emploi en CUMA

La FDCUMA a présenté lundi 9 février à St-Rémy de Montpeyroux le film vidéo commandé par la FNCUMA intitulé «Salarié de CUMA». Tourné en juin dernier à la CUMA de Soulages-Montpeyroux, il complète une série de sept vidéos visant à promouvoir et à développer le salariat agricole sur l’ensemble du réseau CUMA.

«Salariés de CUMA des métiers à découvrir» est une présentation de huit portraits sur internet (1), réalisés dans autant de régions françaises et sur plusieurs types de productions, à la demande de la FN CUMA, en lien avec ses fédérations régionales et départementales. L’Aveyron a été sollicité pour la dernière vidéo tournée en juin dernier à la CUMA de Soulages-Montpeyroux. Le film de 6 minutes 30 (voir sur le site de la Volonté Paysanne) a été présenté à la salle des fêtes de St-Rémy de Montpeyroux, en présence des adhérents, des figurants du film, Frédéric Carrière, président de la FD CUMA, Evelyne Guilhem, membre du bureau FN CUMA (agricultrice dans l’Aude) et Claudine Visière, chargée de mission Organisation du travail à la FN CUMA.

La vidéo aveyronnaise est illustrée par le commentaire de Maxime Pègues, 24 ans, l’un des deux salariés de la CUMA de Soulages-Montpeyroux, tous deux présents lors de la diffusion publique avec notamment Francis Girbal, responsable «salarié» de la CUMA. «La FNCUMA affiche sa volonté de développer l’emploi en CUMA», indique Evelyne Guilhem. «Actuellement, 1 578 CUMA emploient 4 180 salariés, auxquels s’ajoutent 375 salariés de groupements d’employeurs. Nous pouvons faire mieux, avec un potentiel estimé à environ 6 000 emplois CUMA au niveau national».

Diversité des métiers

Pour Evelyne Guilhem, «ces vidéos ont pour objectif de valoriser le métier de salarié en CUMA, de contre-carrer une mauvaise image loin de la réalité du terrain. Ces métiers sont modernes, variés, et pas du tout destinés à des jeunes en situation d’échec, bien au contraire ! Etre salarié CUMA c’est bénéficier d’un grille de salaire évolutive, et c’est aussi un tremplin pour l’installation. Pour les agriculteurs, un salarié permet de sécuriser le travail. C’est une réponse efficace par exemple, dans les systèmes de polyculture-élevage qui sont très dynamiques sur l’emploi agricole».

C’est notamment le cas en Aveyron où l’emploi concerne environ le quart des CUMA du département. Sur les 270 CUMA aveyronnaises, 53 emploient au moins un salarié. Ils sont au nombre de 123 actuellement. La CUMA de Soulages-Montpeyroux (86 adhérents), créée en 1967 couvre les secteurs de Soulages-Bonneval, Montpeyroux, Laguiole et Curières. Elle a embauché son premier salarié Maxime Pègues en 2009, puis le second, Denis Hivert, en 2013. Le chiffre d’affaires a triplé depuis l’arrivée de Maxime, il est actuellement de 167?000 euros. La région Midi-Pyrénées compte 196 CUMA employeurs avec 451 salariés. L’Aveyron est en pointe dans ce domaine. C’est la raison pour laquelle la FN CUMA et CUMA Midi-Pyrénées ont décidé de mettre en avant l’expérience aveyronnaise à travers le salariat de la CUMA de Soulages-Montpeyroux, à la demande de la FN CUMA.

«Nos huit vidéos sont également le reflet d’une grande diversité des métiers», complète Evelyne Guilhem. «Nous les diffuserons auprès des professionnels de l’orientation et de Pôle emploi». Elles seront présentées sur le «Village des métiers» au cours du prochain SIMA (Paris Nord-Villepinte du 22 au 26 février), en présence de tous les acteurs de chaque vidéo, dont le jeune salarié aveyronnais Maxime Pègues.

Didier BOUVILLE

(1) https://www.youtube. com/user/reseaucuma

15 janvier 2015

Formation MSA : manipuler et contenir les ovins

Jeudi 18 décembre, à Cornus, s’est déroulée une formation sur la manipulation et la contention des ovins à l’initiative de Bernard Fabre, délégué MSA du canton. Une dizaine d’agriculteurs étaient présents.

Cette journée était une occasion pour les éleveurs de la filière de se retrouver pour échanger autour des problématiques rencontrées en matière de manipulation et de contention des ovins. La journée a été animée par Alain Hardy, formateur au lycée agricole La Cazotte et Magali Boularand, conseillère en prévention des risques professionnels de la MSA Midi-Pyrénées Nord.

Des données générales sur les accidents de travail et les maladies professionnelles permettent de mieux situer la filière dans l’approche de la pénibilité. Une présentation des problématiques de santé du dos (lumbago, sciatique, hernie,…) et du poignet (canal carpien) permet là aussi de mieux comprendre l’apparition de ces maladies et de se rendre compte que ces problématiques sont souvent présentes dans cette filière.

La matinée fut aussi l’occasion de rebondir sur le comportement des ovins en ayant une approche basée sur leurs sens, leurs perceptions. Cela donne quelques astuces dans l’approche des animaux et sur l’organisation de certains chantiers qui peuvent s’avérer parfois compliqués dans la durée (parage, tonte …).

Enfin, le partage d’informations autour des vidéos diffusées sur différents types de chantiers rencontrés permet à chacun de trouver des astuces et surtout d’avoir un retour d’expérience de certains utilisateurs. L’achat de matériel peut représenter en soi des avantages et permet de limiter certains efforts mais il vrai que l’organisation du travail reste un facteur important à intégrer.

Astuces et techniques

L’après midi est basée sur la pratique avec des échanges sur la manipulation des animaux. L’idée est d’avoir un geste efficace et économe dans l’effort physique. «Les échanges et les démonstrations de techniques de manipulation et l’utilisation de certains matériels permettent vraiment de trouver des alternatives pour contenir, asseoir une brebis voire même pouvoir intervenir seul en utilisant des angles, des cordes par exemple».

Cette journée a permis des échanges entre éleveurs ovins et ainsi d'améliorer l’approche des chantiers les plus sollicitants. Les astuces et techniques apprises tout au long de la journée sont à mettre en œuvre chez soi pour réellement s’approprier les gestes et ainsi avoir une action de prévention concrète sur les conséquences physiques inhérentes au métier d’éleveur du fait notamment du nombre croissant des animaux sur les exploitations et de la diminution de la main d'œuvre disponible.

Si vous souhaitez organiser ou assister à une prochaine session de formation, n’hésitez pas à contacter le service Prévention des Risques Professionnels de la MSA Midi-Pyrénées Nord au 05.63.46.40.01.

Article MSA MPN

08 janvier 2015

Session budgétaire de la Chambre d’agriculture : un seul mot d’ordre, l’équilibre

La loi de finances pour 2015, ayant été publiée au Journal officiel le 30 décembre 2014, la Chambre d’agriculture de l’Aveyron a convoqué une session budgétaire dès lundi 5 janvier pour valider le nouveau budget.

Devant les incertitudes liées au projet de loi de finances, l’adoption du budget 2015 de la Chambre d’agriculture de l’Aveyron avait été retirée de l’ordre du jour de la session du 21 novembre. Aujourd’hui les annonces de coupes budgétaires sont confirmées. Afin de contribuer au redressement des finances publiques, les Chambres d’agriculture accusent une baisse de 2 % par an pendant trois ans, soit une perte de 6 % en 2017, de la recette fiscale issue de la taxe sur le foncier non bâti. De plus, l’Etat pourra prélever la masse financière correspondant à plus de 90 jours de fonds de roulement. Ce qui équivaut à 265 000 euros pour l’Aveyron, dont le fonds de roulement atteignait les 108 jours en 2013. Si on ajoute à cela des incertitudes concernant d’autres sources de financement, la Chambre d’agriculture a présenté un budget établi dans un climat tendu.

Bruno Roussel, directeur de la Chambre, rappelle malgré tout que «l’objectif est d’avoir un budget équilibré dont aucune dépense ne sera engagée sans la recette correspondante. C’est notre principe de fonctionnement». Les restrictions budgétaires se traduiront surtout par l’augmentation de tarif des prestations (de 1,5 à 2 %), le gel du point de rémunération des salariés, la maîtrise des charges de fonctionnement et des investissements.

Jacques Molières a tenu à rappeler que «la Chambre d’agriculture maintiendra son réseau de services de proximité pour continuer à être proche des agriculteurs et des populations rurales».

Croire en l’avenir

Philippe Saigne Vialleix, directeur de la succursale ruthénoise de la Banque de France, a été invité pour exposer le rôle et les missions de son établissement. Créée en 1800 par Napoléon Bonaparte, cette société, dont le capital est détenu par l’Etat, assume aujourd’hui plusieurs missions. A travers la Banque centrale européenne (BCE), dont elle détient 14,2 %, elle participe activement aux orientations européennes par l’entremise du «conseil des gouverneurs», au sein duquel elle siège. La Banque de France, par le biais de sa politique monétaire, décline nationalement les décisions de la BCE. Elle est aussi garante de la stabilité financière, de la sécurité des moyens de paiement, elle émet des billets grâce à son imprimerie, et conserve les réserves françaises d’or et de devises.

Sa structuration en succursales lui permet d’établir des diagnostics économiques et financiers d’entreprises et de territoires. Cette compétence permet d’avoir une photographie de la santé économique de la France, et d’établir des études de conjoncture. Ainsi Philippe Saigne Vialleix explique que l’économie française ne va pas si mal qu’on l’entend fréquemment. «Malgré un taux de croissance stagnant, son PIB reste au-dessus de la moyenne de la zone euro, ce qui dénote une solidité économique et une capacité de rebond. Le niveau d’investissement français est si bas que le relancer pourrait être un moteur de croissance significatif. De plus, le pays est tellement en retard en matière de réformes structurelles, que ces dernières ne pourraient avoir qu’un fort impact sur la croissance. C’est un atout par rapport aux autres pays déjà réformés, et qui ne peuvent plus actionner ce levier».

A la question de la frilosité des entrepreneurs français à développer leurs activités, l’intervenant répond que la France est le seul pays qui a continué à souscrire du crédit malgré la crise. «Cela prouve que les banquiers n’ont pas cessé de soutenir l’investissement». En outre les taux d’intérêt français sont les plus bas de la zone euro.

«Le goût d’entreprendre»

En Aveyron, les études de la Banque de France montrent une économie dynamique et des entreprises sécurisées. Les comparaisons avec les moyennes régionales et nationales montrent des entreprises généralement bien cotées, avec un niveau d’investissement élevé, et un taux d’établissement en difficulté très bas. Le directeur de la succursale de Rodez conclut en saluant «le goût d’entreprendre des entreprises aveyronnaises».

Bérangère Carel

25 décembre 2014

Service de remplacement : pour une relation exploitant/salarié efficace

Le service de remplacement en agriculture de l’Aveyron (SR) et la mutualité sociale agricole de Midi-Pyrénées nord (MSA) ont organisé une formation les 18 et 25 novembre à destinations de leurs adhérents.

Cette formation fait partie d’un plan d’action plus large découlant du contrat de prévention des risques professionnels signés entre la MSA Midi-Pyrénées nord et les SR des départements de l’Aveyron, du Tarn, du Lot, et du Tarn-et-Garonne. La MSA a réalisé un diagnostic sur les agents SR de ces quatre départements. Il en ressort un besoin d’améliorer les conditions d’accueil des agents sur les exploitations, afin d’augmenter le niveau de réussite de leur mission. Deux types de difficulté ont été recensés : pour les exploitants la capacité à manager de manière efficace le salarié, pour l’agent SR une charge de travail élevée, des faiblesses dans l’autonomie et le soutien social.

Se former pour manager

Face à cette problématique, un des axes principaux du plan d’action est la réalisation de formations avec pour objectif la nécessité de développer des compé- tences chez l’exploitant et améliorer la communication entre l’agent et lui. Elles se déclinent en un module de deux jours pour les agriculteurs adhérents et un jour pour les salariés du SR.

C’est dans ce cadre qu’a eu lieu en novembre une formation de deux jours, animée par Philippe Millet, conseiller prévention à la MSA, à destination des administrateurs du SR Aveyron. Au cours de cette session, les participants ont pu aborder des notions théoriques de management, assorties de travaux pratiques de mise en situation. Les exploitants ont ainsi appréhendé les trois rôles qui incombent à un manager, à savoir être à la fois un leader, un organisateur et un animateur. Les outils qui aident à la réussite de ces postures ont aussi été abordés, comme le passage de consignes, la segmentation des tâches, la définition des priorités, la gestion du temps...

Plusieurs exercices de passages de consigne ont étayé la démonstration théorique, chaque exploitant se retrouvant à tour de rôle dans la peau du donneur d’ordre ou dans celle du salarié.

Santé et sécurité au travail

En dernier lieu, la formation aborde la question de la santé et de la sécurité au travail, présentant brièvement le principe du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). D’après le code du travail ce DUERP doit obligatoirement être présent dans toutes les entreprises, tous secteurs confondus, embauchant au moins un salarié. Cette obligation est donc valable pour les exploitants utilisant le service de remplacement. Le DUERP recense tous les risques auxquels le salarié peut être exposé durant sa mission sur l’exploitation (voir encadré).

Cette première session a été l’occasion pour les administrateurs du SR d’expérimenter le contenu de la formation. Cette dernière sera par la suite déclinée, au plus près des adhérents, dans tous les secteurs couverts par le service.

Côté salarié, la formation consiste à donner des outils pour aller chercher les informations nécessaires à la bonne réalisation de sa mission, dans le cas où l’exploitant ne l’accueillerait pas de façon adéquate.

Bérangère CAREL

25 décembre 2014

APL Rodez : construire aujourd’hui et demain

L’Association des Producteurs de lait Lactalis Rodez (APL Rodez) s’est réunie 9 fois sur le terrain avec ses adhérents. Ces rencontres ont permis de faire le point sur le prix en fin d’année, d’échanger sur les perspectives du début d’année 2015 et de travailler sur la reconnaissance de l’organisation collective. Dans un second temps les travaux portaient sur la gestion des volumes, la gestion des attributions entre les adhérents et le groupe Lactalis.

Concernant le prix du lait 2014, la moyenne annuelle du prix de base, hors flexibilité, devrait finir à 356,16 €/1 000 litres (pondération litrage Sud-Ouest) en zone Cilaisud, auquel s’additionnera 2,97 €/1 000 litres de flexibilité. Pour le début de l’année 2015, les produits industriels pénalisés par les baisses des importations de l’Asie de l’été dernier, et les conséquences de l’embargo Russe, vont impacter les indicateurs, et plus fortement la flexibilité.

Prix : un aménagement necessaire

Les indicateurs économiques pour une entreprise avec 20 % de produits de grande consommation exportés (PGC ex) et 20 % de produits industriels (PI) donnent une baisse de -9,3 % (indicateur combiné F1 : PI=20 % ; GEE (1) =20 % ; PGC=60 %).

Les perspectives sur les premiers mois de l’année ne sont pas roses, mais les tendances à moyen terme laissent envisager une meilleure situation. Un revirement de tendance courant 2015 est tout à fait envisageable car la demande internationale reste globalement bien orientée. Concernant la compétitivité au travers de la comparaison avec le prix du lait en Allemagne, la majorité des entreprises n’ont pas respecté les écarts à 8 et 10 €/1000 litres depuis septembre 2013.

Les responsables des organisations des producteurs réclament le retour d’ascenseur sur cette différence. Un aménagement du prix du lait sur le début de l’année 2015 est nécessaire. En dehors des évolutions du prix du lait, les membres du conseil ont demandé une reconnaissance financière pour le partenariat économique entre l’APL Rodez et Lactalis.

Quelle gestion des volumes

Après la reconnaissance par les pouvoirs publics et la signature de la convention de fonctionnement avec le groupe Lactalis en juin dernier, les travaux à venir sur les volumes, le prix et les éléments contractuels, sont facilités par l’APL Rodez. Le conseil d’administration et les adhérents trouvent maintenant logique que le groupe Lactalis puisse accorder un retour financier au comportement collectif favorisant les échanges.

Dans moins de quatre mois, la France et l’Europe n’auront plus de quotas administratifs. Pour permettre une transition en douceur, l’APL Rodez s’est réunie plusieurs fois cet automne afin de proposer une gestion des volumes sur la région. Le conseil souhaite recenser les demandes de ses adhérents comme le faisait la DDT (Direction Départementale des Territoire), en amont des prochaines campagnes.

Dans un premier temps, l’APL Rodez désire, comme l’avait exprimé le groupe Lactalis lors de la rédaction des contrats, poursuivre l’existant. Pour cela, après ces neuf réunions, les membres du conseil vont réaffirmer au nom des adhérents de l’APL Rodez, la nécessité de pouvoir réattribuer sur trois campagnes les volumes prélevés, suite à la non réalisation à 85 % du volume contractuel. Les adhérents doivent pouvoir bénéficier d’amortisseurs entre les règles FranceAgrimer plus souples et le contrat en vigueur pour l’après quotas.

Un cadre régional

Concernant les attributions des autres producteurs, les revendications issues du terrain viennent conforter l’entreprise et le territoire. L’APL Rodez appelle à des règles d’attribution qui s’appliqueraient à tous les producteurs rattachés au site de Rodez, dans un cadre régional. L’objectif est de pouvoir répondre à des problématiques locales et de maintenir l’économie de l’ensemble de la filière sur la région.

Après de longs débats, le conseil de l’APL Rodez propose de redistribuer les volumes de la région sur les producteurs faisant la demande, produisant plus de 90 % de leur volume contractuel, ceci selon les UTA (Unité de Travail Annuel), pour accompagner toutes les exploitations sans distinctions. L’existant (contrats, primes...) est aujourd’hui rédigé.?

Les travaux futurs doivent être menés avec l’APL Rodez, laquelle doit être fortement impliquée dans la gestion des volumes.

M.B.

(1) GEE : Gouda Edam Emmental)

25 décembre 2014

Transparence des GAEC : un décret précise l’attribution des aides PAC

Un décret paru au Journal Officiel du 17 décembre précise les modalités d’attribution des aides PAC aux GAEC dits totaux (mise en commun par tous les associés de l’ensemble de leurs activités de production agricole). Il entérine le principe de transparence acté dans la loi d’avenir après avoir été défendu par Stéphane le Foll auprès de la Commission européenne.

A partir du 1er janvier 2015, chaque associé en GAEC pourra ainsi bénéficier des paiements directs de la PAC. Le calcul sera basé sur le pourcentage de capital social apporté par chaque associé, pourcentage ensuite «appliqué aux éléments de la demande d’aide qui incluent notamment la surface et le cheptel, pour déterminer la part de ces éléments qui relève de chaque associé», précise le décret qui ajoute que «les seuils d’aides et plafonds des dispositifs de la politique agricole commune sont appliqués à chacune de ces parts».

Le ministère de l'agriculture, précise dans un communiqué, que «ce décret permettra l'application des nouveaux critères européens de transparence au calcul des aides de la PAC attribuées aux GAEC dits «totaux», dans lesquels tous les associés regroupent leurs activités de production agricole, et cela sans limitation du nombre d’associés pris en compte».

Il ajoute : «ce décret vient préciser l’application du principe de transparence des GAEC, qui permet de reconnaître l’activité des femmes et des hommes dans chaque exploitation de ce type. Ce principe avait été acté par les parlementaires dans la loi d'Avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt du 13 octobre, après avoir fait l’objet d’une véritable sécurisation au niveau communautaire dans le cadre de la réforme de la PAC négociée par le ministre Stéphane Le Foll».

Entrée en vigueur le 1er janvier 2015

Le texte entrera donc en vigueur dès le 1er janvier 2015, date de début d'application de la réforme de la PAC. «L’engagement pris par le ministre en ce sens est donc tenu. Pour les paiements directs (paiement redistributif et paiements couplés) et l’indemnité compensatoire de handicap naturel, le principe de la transparence s’appuiera sur la notion de contribution de chacun des associés au renforcement de la structure du groupement. Cette contribution sera appréciée de façon simple et pragmatique, et conformément à l'accord donné par la Commission européenne : elle sera déterminée à partir de la répartition du capital social entre associés. En cas d'évolution de la répartition des parts sociales entre associés, la contribution de chacun sera adaptée en conséquence».

Le communiqué poursuit : «pour tous les GAEC «totaux» existants, un dispositif pragmatique est prévu pour que leur situation soit révisée automatiquement à l’aune des nouveaux critères et sans dépôt de nouveau dossier d’agrément, afin que tous les associés bénéficient de la transparence».

27 novembre 2014

Association Prim’Holstein Aveyron : une 8ème journée technique exemplaire

La 8ème journée technique de l’Association Prim’Holstein Aveyron a été un succès professionnel vendredi 21 novembre au GAEC de l’Espérance à Baraqueville. Plus de 1 300 éleveurs ont découvert une exploitation bovins lait sociétaire optimisant les performances économique et sociale.

L’association Prim’Holstein Aveyron (PH12) que préside Dominique Albouy, éleveur laitier installé à Baraqueville, a rempli son pari. Plus de 1 300 éleveurs de l’Aveyron, du Sud-Ouest, mais aussi de l’Allier ou du Morbihan, ont découvert un GAEC de l’Espérance unique dans l’optimisation du confort de ses 160 vaches laitières et de ses quatre associés. «Cette 8ème journée était volontairement organisée sur du concret, illustrant les thèmes de nos sept rendez-vous départementaux précédents», explique Dominique Albouy. «Nous avions déjà abordé en salle le bien-être animal, l’élevage et le logement des génisses, l’alimentation, la génétique animale et végétale avec le maïs, les semis intercultures, l’organisation du travail et le confort des éleveurs. Tous ces thèmes étaient résumés ici au GAEC de l’Espérance».

Progrès technique et social

Le président de PH12 complète : «il était nécessaire de faire un point «grandeur nature» sur une exploitation laitière» ayant résolu plusieurs problématiques relatives à une production de lait de vache dont l’avenir interroge bon nombre de producteurs. «Le système de production du GAEC de l’Espérance est au top. Mais chaque éleveur est venu ici pour échanger et prendre ce qu’il voulait pour adapter éventuellement ses propres bâtiments. Ce GAEC, support de notre journée départementale, est en effet exemplaire en progrès technique et social, tout en respectant la nature, ses animaux, la qualité de vie de ses éleveurs».

Claude Alary, ancien salarié agricole, âgé aujourd’hui de 72 ans, est à l’origine du GAEC de l’Espérance créé en avril 1991 suite à l’association avec son fils Jean-François. Le GAEC élève aujourd’hui 160 vaches laitières sur une SAU de 240 ha et avec quatre associés : Jean-François Alary, 47 ans, deux voisins, Laurent Monteillet, 48 ans et Joël Pouget, 52 ans depuis novembre 1992, et Laurent Enjalbert, 35 ans, autre voisin arrivé en 2004 après le départ à la retraite de Claude Alary.

250 vaches Prim’Holstein

«Nous produisons pour la coopérative Sodiaal 1,5 million de litres de lait, avec l'objectif d’en livrer 2,2 millions dans les quatre années qui viennent avec 250 Prim’Holstein», confie Jean-François Alary. Les bâtiments d’élevage sont adaptés aux objectifs en termes de capacité et de confort. Les toitures de «type usine» offrent une clarté optimale, avec une ventilation automatique et naturelle gérée par une station météo intégrée commandant des murs gonflables translucides. Ils montent ou descendent selon les saisons, la température, le vent, la pluie. «Le système est opérationnel depuis six mois. Il n’y a plus d’odeur, ni de mouches, alors que les animaux sont installés sur des caillebotis», souligne Jean-François Alary. Les vaches se couchent sur des matelas en mousse étanches couverts de sciure de bois blanc. Ces nouvelles techniques déjà adoptées dans d’autres élevages aveyronnais ont été parmi les points forts visuels de la journée, à laquelle étaient associés de nombreux partenaires commerciaux, revendeurs ou techniques. Ces derniers ont apporté les commentaires attendus des éleveurs dans les stands aménagés.

Aventure humaine

«Le confort des animaux est une priorité dans notre résultat économique», confie Jean-François Alary, «mais le plus important, c’est ce qui ne se voit pas, la belle aventure humaine qui relie au sein du GAEC, à la Sarade, les associés. Ce sont des voisins venant du Lac, Saleyrac, Lax, que des hameaux de Baraqueville. Notre réussite est aussi basée sur une bonne discipline, c’est fondamental, pour que chacun soit efficace dans le travail». Les membres du GAEC tirent une belle satisfaction personnelle dans une production qui se conjugue un peu trop souvent avec l’astreinte : «c’est aussi la réalité de ce métier. Mais nous prenons chacun un mois de congés, avec un week-end sur deux de libre du vendredi soir au lundi matin. La traite des vaches prend deux heures matin et soir, avec actuellement une machine à traire arrière de deux fois 12 places».

Le GAEC de l’Espérance s’est engagé dans des investissements lourds et raisonnés pour bâtir son système, mentionnés sur des tableaux présentés au public. «Nous avons investi près d’un million d’euros hors taxes, dont 92 000 euros de subventions de l’Europe et de la Région. Nous affinons encore notre système, par ailleurs autonome en maïs, luzerne, foin, céréales, sauf le soja. Le robot racleur est en phase d’adaptation». L’avenir du GAEC est déjà écrit : «mon fils a 20 ans. Il viendra nous rejoindre dans les deux prochaines années», confie Jean-François Alary. «Nous serons alors cinq associés, avec quatre permanents. L’autre sera au repos, et à tour de rôle !».

Didier BOUVILLE

20 novembre 2014

Ville de Rodez : Farago-Aveyron lutte contre la prolifération des rongeurs

Comme chaque année, depuis près de 20 ans, Farago-Aveyron - FODSA Services SAS, filiale de FODSA - GDS 12 contribue dans le cadre d’un contrat avec la ville de Rodez, à la lutte contre la prolifération des rats, et autres souris et mulots, dans les habitations ruthénoises.

Rendez-vous est pris tous les ans au mois de novembre entre Farago Aveyron - FODSA Services, représentée par Christian Foulquier, responsable de la branche hygiène, et les habitants de la ville. «C’est l’occasion d’aller à la rencontre de la population pour dialoguer et faire de la pédagogie. On se rend aussi compte de la solidarité entre les personnes, qui viennent chercher pour les voisins, et de la prise de conscience de la responsabilité de chacun dans l’efficacité d’une lutte collective».

Ainsi le véhicule de Farago Aveyron - FODSA Services va sillonner Rodez pendant une semaine, haranguant la population par des haut-parleurs, leur signalant qu’ils peuvent venir retirer leurs sachets de raticide. Farago Aveyron - FODSA Services distribue ainsi tous les ans à Rodez près d’une tonne de sachets d’avoine décortiquée dont la matière active est constituée d’un anti-coagulant de dernière génération. Son action au niveau de la commune, se poursuit pendant un mois, en se concentrant sur les bâtiments communaux, puis sur les berges de l’Aveyron et de l’Auterne. Cette mission peut-être déclinée dans tout le département dans le cadre de contrats signés avec les communes intéressées.

Risque de surpopulation

A voir l’affluence des personnes qui viennent à la rencontre de Christian Foulquier, les nuisibles se sont déjà mis à l’abri de l’hiver dans les caves et garages ruthénois. Le technicien indique que «cette année a été particulièrement propice au développement des rats grâce à un hiver doux et un été, certes pluvieux, mais indemne d’inondations en Aveyron». Il rappelle qu’en temps normal, un couple de rats peut produire de 700 à 800 descendants en un an, et peut-être plus en 2014 ! Même si ce rongeur peut s’avérer utile, par son rôle de dégradation de certains de nos déchets, la surpopulation est à craindre tous les ans.

«Nos habitudes de consommation sont propices au développement des rats. Nous produisons énormément de déchets qui constituent pour eux un habitat privilégié. Il en va de même pour les composteurs ou encore les chenils extérieurs. Cet animal inspire unanimement du dégoût et pourtant nous contribuons largement à l’attirer dans les villes.»

A travers le réseau Farago, auquel fait partie la filiale FODSA - GDS 12, tous les établissements intervenant en France dans la lutte contre la propagation des nuisibles peuvent échanger des informations et des résultats d’expérimentation.

Bérangère CAREL

13 novembre 2014

Formation ADPSA : des pistes pour produire mieux et plus

Concilier performance économique et environnementale des exploitations, cet objectif entre dans le concept novateur d’agroécologie. L’ADPSA via le fonds Vivea, développe une formation qui permet aux agriculteurs de mettre en œuvre ces nouvelles pratiques.

«Nous pouvons concilier des objectifs de production tout en respectant la réglementation environnementale», Francis Grau, président du comité Vivéa 12, a été séduit par la réflexion lancée à l’échelle régionale sur l’agroécologie.

Ayant participé à une journée d’information organisée par Vivea pour le sud-ouest, il a adhéré au programme de formation incluant des experts et des témoignages d’éleveurs sur cette nouvelle pratique en agriculture. «Vivea amène de la formation pour accompagner le développement de l’agriculture et assurer la rentabilité de l’activité avec quelques programmes prioritaires selon les productions et des solutions pour pallier les contraintes économiques», explique-t-il. «Nous avons souhaité décliner une formation pour aider les agriculteurs à économiser les charges d’intrants, tout en maintenant la productivité, la compétitivité et en dégageant un revenu».

Une dizaine d’agriculteurs ont participé à une première session cet automne. «L’idée est de lancer une réflexion commune sur la continuité d’une sensibilisation des agriculteurs à ces nouvelles pratiques et démarrer quelques expérimentations sur des exploitations en proposant des formations au plus près des agriculteurs et sur le terrain», explique Francis Grau. L’objectif est d’associer les partenaires techniques aux côtés des agriculteurs pour mener à bien les essais et réaliser une première base de données chiffrées propres à l’Aveyron.

Un réseau à créer

Une idée qui a séduit les participants à cette formation. Rolland, éleveur dans le sud Aveyron, est de ceux-là : «Ces nouvelles pratiques sont peu connues et pourtant elles ne sont pas révolutionnaires», témoigne-t-il. Il a notamment été séduit par ces pratiques qui permettent d’optimiser la production, le potentiel du sol, en créant de l’humus en surface : «Mettre des plantes entre les récoltes permet d’éviter la prolifération des mauvaises herbes et d’occuper le sol». Il a pour sa part démarré un essai de semis direct sur luzerne et souhaite y implanter entre deux, de l’avoine, de la vesce ou du pois. «Ce serait intéressant de créer un réseau d’agriculteurs impliqués dans ce type de cultures pour comparer nos résultats et s’améliorer», a-t-il avancé.

Bastien a lui aussi participé à la formation. Installé il y a 4 ans, il pratique sur son exploitation le semis direct de façon globale. «Les interventions d’experts comme Konrad Schreiber de l’Institut de l’agriculture durable, m’ont conforté dans mes pratiques et m’ont confirmé certains éléments que j’avais constatés sur ma ferme comme les effets du compostage», témoigne-t-il.

Il aurait tout de même apprécié des échanges en coins de champ avec des visites d’exploitation pour découvrir d’autres cas concrets.

Pour Olivier, cette formation fut avant tout une découverte : «j’ai beaucoup appris sur ces méthodes nouvelles qui m’ont interrogé sur mes propres pratiques en particulier sur les pratiques culturales, de conduite du sol. Il faut arriver à faire le pas maintenant en créant pourquoi pas un réseau d’essais sur quelques hectares parce que les résultats d’expérimentation sont toujours plus parlants que des photos ! Ces experts nous ont en tout cas permis de nous ouvrir l’esprit !».

Eva DZ

06 novembre 2014

Coop de France Midi-Pyrénées : une implication jusqu’à l’aval

Coop de France Midi-Pyrénées tenait son assemblée générale vendredi 31 octobre. Bernard Cazals, vice-président et président de la Fédération départementale des coopératives de l’Aveyron, revient sur l’actualité des coopératives dans la région et sur les perspectives.

Comment se portent les coopératives en Midi-Pyrénées ?

B. Cazals : «Nos coopératives agricoles souffrent elles aussi de la crise économique, Jean-Pierre Arcoutel, président de Coop de France Midi-Pyrénées, a ainsi souligné les difficultés engendrées sur les marchés suite à la crise politique en Ukraine. Il regrette le manque d’écoute du gouvernement français sur l’organisation des coopératives, le soutien à leur compétitivité, les lourdeurs administratives qui découragent les équipes, les difficultés de relation avec la distribution, la non reconnaissance par les pouvoirs publics des entreprises de taille intermédiaire et la baisse des crédits de France Agrimer.

Pour autant les coopératives agricoles sont bien implantées en Midi-Pyrénées. Quels sont les défis à relever ?

B. Cazals : Le président Jean-Pierre Arcoutel a livré un état des lieux du milieu coopératif agricole en Midi-Pyrénées. Désormais reconnue dans la nouvelle loi d’économie sociale et solidaire, la gouvernance des coopératives agricoles doit relever plusieurs défis dont le principal est de nourrir une population mondiale croissante, en travaillant sur la génétique, la zootechnique,... Le programme est clair : mettre à contribution cet outil collectif pour anticiper, optimiser les démarches qualité, l’accompagnement sur les nouvelles tendances (agroécologie, économie de proximité,...).

De l’approvisionnement à la distribution

Des coopératives comme Unicor avec les Halles de l’Aveyron, Invivo avec Frais d’Ici, innovent et investissent dans la distribution de leurs produits. Qu’en est-il ?

B. Cazals : Les coopératives veulent contribuer au développement des territoires sur lesquels elles sont implantées. C’était d’ailleurs le thème de la table-ronde à laquelle participait notamment Thierry Blandinière, directeur d’Invivo. Cette union de coopératives vient de lancer un magasin de produits locaux Frais d’Ici à Toulouse. C’est un nouveau défi pour les coopératives, illustré également par la démarche d’Unicor avec Les Halles de l’Aveyron, enseigne devenue nationale, avec l’ouverture d’un deuxième magasin en Ile de France après le succès de celui de Rodez.

Sur l’emploi, les démarches de qualité, les coopératives ont également des atouts à faire valoir... Qu’en est-il ?

B. Cazals : En effet, lors de la table-ronde, Damien Lacombe président de Sodiaal Union, a rappelé que le groupe coopératif contribuait à faire vivre 30 000 familles en France, depuis les producteurs jusqu’aux salariés.

De même, Francis Terral de Vinovali, coopérative viticole réunissant les appellations Gaillac, Fronton et Cahors engagées à l’export, a expliqué la fierté des producteurs de pouvoir mettre en avant leurs produits de qualité, grâce aux labels et marques commerciales qui peuvent être développés.

Des projets et des défis

Quel regard portez-vous sur l’avenir des coopératives en Midi-Pyrénées ?

B. Cazals : Face au contexte difficile, les coopératives agricoles sont soumises à de nombreuses évolutions mais affirment leur volonté d’aller vers les marchés à travers des regroupements d’achats d’approvisionnement ou de vente de leurs produits, de manière à valoriser la production de leurs adhérents et à mettre en avant leur territoire.

De même, les coopératives participent à une campagne de communication nationale pour promouvoir leurs actions, des actions qui répondent aux attentes de la société, comme leur engagement dans la distribution alimentaire de leurs produits, via des circuits courts collectifs.

Les difficultés sur l’amont existent (prix des produits, surcharge administrative,...) mais les coopératives agricoles se réorganisent, avancent, veulent être compétitives sur les marchés, dans le domaine de l’aval, de la transformation et jusqu’à la distribution. Ainsi Coop de France lance un pôle agroalimentaire à l’échelle nationale pour montrer son implication à tous les niveaux de la filière.

Plus que jamais nos valeurs doivent être défendues auprès des consommateurs : notre mode de gouvernance de proximité, l’implication de nos producteurs, notre situation non délocalisable,...».

Recueillis par Eva DZ

23 octobre 2014

Formation CUMA-Chambre d’agriculture : les astuces pour économiser du carburant pour son tracteur

Depuis 2009, plus de 300 agriculteurs ou salariés agricoles ont participé à la formation Conduite économique des tracteurs, nouvelle formule !

Le banc d’essai tracteur s’est démocratisé depuis une dizaine d’années dans le département. Jusqu’alors il s’agissait de tester les performances et la puissance de son tracteur avec quelques conseils rapides. Puis l’idée de proposer une formation qui puisse apporter aux exploitants et salariés agricoles des pistes d’économie de carburant a fait son chemin.

La Chambre régionale d’agriculture et CUMA Midi-Pyrénées ont élaboré un programme régional commun en 2008 à adapter dans chaque département.

L’Aveyron a bien pris le virage par le biais de la FD CUMA, la Chambre d’agriculture et le Parc naturel régional des grands Causses, puisque depuis 2009, 32 sessions de formation ont été organisées avec plus de 300 participants, dont la majorité d’agriculteurs et quelques salariés.

Chacun vient avec son tracteur

Concrètement, la formation se déroule sur deux journées, non consécutives. Chaque participant vient avec son tracteur pour le passer au banc d’essai via l’association Top machine Aquitaine. D’où l’intérêt de réunir au moins 10 tracteurs sur un même secteur. Le technicien, Vincent Choco, présente devant tous, le principe du banc d’essai et explique les différentes mesures prises en s’appuyant sur un modèle.

Le temps qu’il passe tous les tracteurs au banc d’essai, le groupe se retrouve en salle où Jean-Claude Platon, conseiller machinisme à la FD CUMA, explique les différentes pistes d’économies de carburant, les enjeux sur les consommations de chacun à l’année. «Les participants prennent alors conscience de l’importance du budget carburant sur leur exploitation», note Jean-Claude Platon, sachant qu’on estime les consommations en système d’élevage entre 70 à 120 litres/ha. «Entre 10 et 20% de carburant peuvent être économisés si l’on fait attention à sa conduite», poursuit le conseiller.

5 à 15% d’économie grâce à une conduite raisonnée

A la fin du banc d’essai, Vincent Choco remet les résultats à tous les participants, les mesures des consommations de carburant ramenées à la puissance du tracteur pour déterminer les zones de meilleur rendement et ainsi détecter les pistes d’économies. «Sur la seule conduite, on peut gagner de 5 à 15% en carburant?!», cite Jean-Claude Platon. Cette séance de partage des résultats est très pédagogique. Les intervenants s’appuient également sur des exemples concrets d’amélioration de consommation.

Veiller au dimensionnement des outils

Plusieurs points sont abordés : la bonne adéquation entre la puissance du tracteur et le dimensionnement des outils pour une utilisation optimisée, les pistes d’entretien au quotidien et la maintenance préventive avant la casse (réglages et entretien des outils) parce que le banc d’essai permet aussi de détecter l’usure des tracteurs, les éventuels défauts de réglages,... Les intervenants évoquent aussi les autres solutions de mécanisation : «pour déplacer une balle, une griffe suffit plutôt que de démarrer le tracteur. C’est aussi la question de faire les bons choix dans l’aménagement des bâtiments par exemple», assure Jean-Claude Platon.

Les temps de déplacement sont aussi à prendre en considération : certains tracteurs sont mieux adaptés aux distances longues. Si les sites sont éloignés, la réflexion peut aussi porter sur la rotation des cultures pour réduire les distances.

Ces interventions de la première journée autour des économies de carburant s’appuient également sur des essais menés dans d’autres régions. «L’idée est aussi de faire participer les membres du groupe qui ont tout loisir de poser leurs questions», ajoute Jean-Claude Platon.

Une mise en pratique au champ

La deuxième journée porte sur des ateliers pratiques. Le premier, animé par Louis Susini, conseiller machinisme à la Chambre d’agriculture, concerne les pneumatiques qui comptent pour beaucoup dans la consommation de carburant. «On s’aperçoit que ce poste n’est pas toujours maîtrisé, parce que l’usure n’est pas la même sur route ou sur champ», commente Jean-Claude Platon. Sont étudiés les charges sur essieu, les dimensionnements, le gonflage, la pression, en s’appuyant sur les équipements des participants.

Une pesée est réalisée sur site avec le tracteur des participants équipé d’outils. Cela permet de comprendre les reports de charge sur essieu et de déterminer les pressions d’utilisation optimale des pneus. «L’idée est de livrer quelques conseils pour que chaque participant puisse réaliser ses propres réglages sur son matériel», explique Jean-Claude Platon.

L’après-midi est entièrement consacré à des essais en champs avec un des tracteurs du groupe équipé d’une console de consommation embarquée pour mettre en pratique les explications et mesurer l’incidence de la conduite sur la consommation.

Les résultats de la consommation (litre/ha ou litre/km) sont visualisés sur ordinateur. Ainsi les participants ont des repères chiffrés en terme d’économie de carburant, de réglages des outils, de pression des pneus,...

Autant d’éléments qui leur permettent de raisonner leur conduite et donc de réduire leur budget carburant !

Eva DZ

16 octobre 2014

Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées : l’Aveyron renforce sa stratégie à l’export

La caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées a organisé mercredi 15 octobre une journée consacrée à l’export pour les entreprises aveyronnaises.

Forte de l’expérience de ses filiales présentes sur la scène internationale, dans 70 pays à ce jour, la banque propose à ses clients et prospects un éveil aux enjeux de l’export, dans un climat économique national plutôt atone. Ainsi 35 entreprises étaient au rendez-vous, représentant surtout les secteurs de l’agroalimentaire et de l’artisanat. La journée s’est déroulée en deux temps. La matinée a été consacrée à la présentation de l’organisation internationale du Crédit Agricole, ses compétences, ses outils d’accompagnement des entreprises. L’après-midi, les participants qui le souhaitaient ont pu bénéficier d’entretiens individuels avec des spécialistes afin de confirmer un projet d’export ou d’initier une démarche. Pascal Duprat, directeur général adjoint de la caisse Nord Midi-Pyrénées, rappelle ainsi que «l’Aveyron est le deuxième département exportateur de Midi-Pyrénées, grâce notamment aux entreprises agroalimentaires. L’export, non content de permettre une meilleure résistance aux aléas économiques mondiaux, tire les entreprises vers le haut en exigeant à la fois qualité et innovation».

Des opportunités pour les entreprises aveyronnaises

Cette journée, déclinée à Albi, Montauban et Cahors, était orientée en Aveyron vers l’Asie, avec entre autres l’intervention de responsables de la CA CIB, entreprise de financement et d’investissement du Crédit Agricole, respectivement de la délégation Asie Pacifique et du bureau de Tokyo. Les autres conférences ont porté sur l’Amérique du Nord. Ces deux régions du monde apparaissent en effet aujourd’hui pleines d’opportunités. «La Chine, précise Pascal Duprat, où se succèdent les scandales sanitaires, est en demande de produits agroalimentaires de qualité. Surfant sur la renommée du label «France», certaines PME françaises ont déjà franchi le pas et y ont ouvert des comptoirs».

Des outils de sécurisation indispensables

Au-delà de cette volonté de proposer de nouveaux horizons aux entreprises, le Crédit Agricole a aussi présenté ses outils de sécurisation des transactions financières. Comme l’a confié Hervé Chapelle, directeur de BEVIMAC, participant à la journée, «les entreprises ont besoin de l’expertise des financiers dans l’appréciation de la situation économique des pays potentiellement clients». En effet l’union de coopératives, déjà bien présente sur les filières d’export, est en perpétuelle recherche de nouveaux débouchés afin de valoriser au mieux les produits de ses adhérents.

Pour Philippe Viguier, vice-président de la caisse régionale et responsable pour l’Aveyron, l’implantation internationale du Crédit Agricole est un atout dans la sécurisation et le raccourcissement des délais de paiement entre fournisseurs français et clients étrangers. Cette journée revêt donc pour lui «une opportunité de montrer que le Crédit Agricole est bien présent à l’international». Le soutien aux entreprises exportatrices est pour lui d’autant plus important «qu’une entreprise qui exporte est une entreprise plus rentable».

Bérangère CAREL

04 septembre 2014

ADPSA : les BTS font leur rentrée !

Depuis le 19 août, les étudiants en BTS ACSE de l’ADPSA ont rejoint les rangs de l’école ! Le centre de formation décline deux formules : celle par apprentissage en deux ans et celle en un an. Cette année est particulière puis-qu’un nouveau référentiel de formation démarre. Explications et présentation.

L’ADPSA espère poursuivre sur sa belle lancée avec les nouvelles promotions de BTS ACSE 2014/2015, rentrées le 19 août. Avec un taux de réussite de 100% pour les BTS ACSE en un an et 78% en apprentissage (3 échecs), le bilan de la promotion précédente était positif et s’inscrit dans la continuité des années précédentes, l’ADPSA est en effet «habituée» aux 100% de réussite notamment dans la formule en un an ! «C’est à chaque fois une belle performance à souligner pour ces étudiants qui doivent décrocher leur diplôme en à peine 10 mois de formation», exprime Cathy Labarbarie en charge des BTS.

Une nouvelle dénomination

Mais cette année sera particulière puisqu’il s’agit d’une transition entre deux référentiels de formation. Le diplôme du BTS ACSE est en effet rénové à partir de cette rentrée, une remise à neuf qu’il n’avait pas connu depuis 1998 !

Désormais donc, le BTS ACSE (analyse et conduite des systèmes d’exploitation) se dénomme BTS Analyse, Conduite et Stratégie de l’Entreprise agricole. «La formation est davantage tournée sur la stratégie, le projet professionnel et l’adaptation au contexte général», explique Cathy Labarbarie.

Et des cours renouvelés

Les modules techniques du BTS ACSE sont déclinés autour de la notion d’agro-écologie et d’agriculture durable. L’autre nouveauté concerne l’arrivée de cours sur la gestion des ressources humaines et administrative sur les exploitations (gestion des salariés, des papiers,...). «Cela correspond bien à l’évolution des fermes agricoles qui sont aujourd’hui de véritables entreprises, qui emploient parfois des salariés et qui ont des monceaux de dossiers, de papiers à gérer», poursuit Cathy Labarbarie. Ainsi pour ces nouvelles orientations, des modules supplémentaires sont proposés aux étudiants.

De même, l’équipe des formateurs de l’ADPSA s’est formée à ce nouveau référentiel : «pour nous, c’est une occasion de nous perfectionner dans ces domai-nes, de fait, nous travaillons de façon pluri-disciplinaire avec une bonne coordination entre tous. Car toutes les disciplines sont liées, c’est ça aussi l’attractivité de ce BTS», résume Cathy Labarbarie.

Ce BTS ACSE proposé à l’ADPSA est toujours organisé en partenariat avec le centre de formation de Bernussou, le CFPPA La Roque et François Marty formation continue, et avec le soutien financier de la Région Midi-Pyrénées.

Des profils diversifiés

Dans ces nouvelles promotions de BTS ACSE, les profils des candidats diffèrent peu, 90% des étudiants ont un projet d’installation à plus ou moins long terme. Et la majorité des BTS ACSE en un an mènent un projet de reconversion vers l’agriculture. Pour la plupart, issus d’une famille agricole, ils ont entamé une carrière dans un autre secteur avant de revenir à l’agriculture et envisager de s’installer sur l’exploitation familiale. «Ce que l’on peut dire c’est que les personnes qui souhaitent s’installer, sont de plus en plus nombreuses à parfaire leur formation via un BTS», avance Cathy Labarbarie.

Et dans la formule par apprentissage, après l’obtention de leur BTS, les étudiants trouvent facilement un emploi de salarié agricole pour enrichir plus encore leur expérience. «Nous constatons un bon taux d’insertion professionnelle, un argument de poids dans le choix de cette formule pour les jeunes», assure Cathy Labarbarie. D’ailleurs, nombreux sont les agriculteurs à souhaiter les accueillir sur leur ferme comme maître d’apprentissage, des formations leur sont d’ailleurs proposées (lire encadré ci-dessous).

Eva DZ

28 aout 2014

Halles de l’Aveyron : une nouvelle enseigne va ouvrir en octobre en Ile de France

Six ans après l’ouverture des Halles de l’Aveyron à Onet le Château, le groupe coopératif Unicor va ouvrir en octobre son deuxième magasin, en région parisienne, dans le Val d’Oise.

Conscient des difficultés du contexte général, le groupe coopératif Unicor n’en oublie pas sa mission première : valoriser les produits de ses adhérents. Il poursuit ainsi sa stratégie de développement en ouvrant ses deuxièmes Halles de l’Aveyron (magasin et restaurant) en banlieue parisienne, à Herblay.

«Nous avons pris le temps de réfléchir à l’implantation d’autres magasins dans des bassins de consommation comme Toulouse, Montpellier et Paris», explique Jean-Claude Virenque, président. «Nous devions d’abord nous essayer à ce nouveau métier de la distribution alimentaire, avant de pouvoir développer notre concept ailleurs», enchaîne-t-il.

Six ans après l’ouverture des Halles de l’Aveyron à deux pas du siège du groupe coopératif, les résultats sont au rendez-vous : 1500 références de produits proposés dont les deux tiers issus des adhérents, plus de 90% du chiffre d’affaires réalisé par des produits aveyronnais, un chiffre d’affaires qui a plus que doublé et une renommée à la fois de proximité mais aussi de tout l’Aveyron et auprès des touristes de passage dans le département.

«Notre leitmotiv est de proposer des produits sous signes officiels de qualité au même prix que ceux distribués dans les grandes enseignes de la distribution, pour que nos adhérents s’y retrouvent, des produits de haute qualité à des prix justes», indique Yves Bioulac, directeur général du groupe. «Les clients reviennent pour la qualité et la régularité des produits», assure Jean-Claude Virenque, avec des pics de consommation au moment des vacances scolaires ou des fêtes (Toussaint, fin d’année, Pâques).

Finalement, les deux responsables estiment avoir relevé le challenge le plus dur : «vendre l’Aveyron aux Aveyronnais !» et espèrent que cette nouvelle implantation hors du «berceau» sera plus simple ! L’étude de consommation réalisée en amont laisse présager une belle réussite puisque les Halles de l’Aveyron seront installées à quelques kilomètres de Paris, tout près du plus grand centre commercial de France.

Partager une culture, une identité Unicor

Celle implantation est le résultat d’une opportunité : un hasard de rencontres ! «Nous avons échangé avec un spécialiste du poisson originaire de Bretagne qui a ouvert un espace de produits frais dans le Val d’Oise. Il recherchait un partenaire pour proposer une activité globale et nous nous sommes associés», raconte Jean-Claude Virenque. Le magasin de 1000 m² sera donc décliné sous le même modèle que celui d’Onet le Château avec, en plus, un rayon dédié aux produits de la mer.

De même un restaurant à l’image de celui attenant au magasin aveyronnais sera créé avec la participation du chef Thierry Desvallon qui a su coordonner ses talents de cuisinier aux produits du terroir distribués aux Halles. Il formera d’ailleurs celui qui sera aux fourneaux à Herblay. Tout comme les 45 salariés du magasin, qui viendront en «formation» sur le terroir d’Unicor à la découverte des produits et à la rencontre des producteurs et des salariés du magasin aveyronnais pour mieux s’imprégner de la culture et de l’identité Unicor.

La démarche est en effet innovante dans le monde coopératif, comme le rappelle Jean-Claude Virenque : «C’est la première fois qu’une coopérative crée son propre réseau de distribution en dehors de sa zone de collecte». Et innovation supplémentaire, à l’heure du crowfounding et des nouveaux modèles de financements participatifs, le groupe Unicor propose à ses adhérents et à ses salariés de vivre concrètement la démarche coopérative, en souscrivant à la société financière qui possèdera les murs du nouveau point de vente, dans un cadre sécurisé et avec un taux d’intérêt particulièrement attractif.

Adhérents et salariés associés au projet

Le groupe Unicor organise à ce sujet des réunions d’information afin de présenter les perspectives de développement et de rémunération et les modalités de participation. «Nous avons convié dans un premier temps nos adhérents les plus fidèles qui représentent 80% de notre activité ainsi que les salariés».

Les responsables du groupe Unicor espèrent que ce concept d’une agriculture vertueuse, porté par les Halles de l’Aveyron et associé aux valeurs humanistes de la coopérative, rencontrera un grand succès auprès des Franciliens. Et pourquoi pas au-delà puisque Jean-Claude Viren-que comme Yves Bioulac ne cachent pas leur ambition de développer d’autres magasins sous l’enseigne Halles de l’Aveyron, ailleurs en France : «Nous étudierons toutes les opportunités autour des grands bassins de consommation», ont-ils conclu.

Eva DZ

24 juillet 2014

Challenge CUMA-Crédit agricole Nord Midi-Pyrénées : encourager la transmission

Depuis 12 ans déjà, le challenge CUMA - Crédit Agricole met en avant les initiatives innovantes des groupes. Pas moins de 137 CUMA ont déjà participé et 88 d’entre elles ont été lauréates. Cette année, l’opération sollicitait les CUMA ayant travaillé sur la transmission des responsabilités et le renouvellement.

«Transmettre la CUMA : ses valeurs, son histoire, ses projets, son fonctionnement, son organisation», tel était le thème du challenge CUMA - Crédit Agricole 2014, un thème sur lequel le mouvement CUMA de l’Aveyron planche depuis plusieurs années. «Nous avons souvent abordé lors des réunions de secteurs CUMA avec les responsables locaux, leurs difficultés à transmettre leur outil», témoigne ainsi Christian Pègues, responsable de la commission communication de la FD CUMA. «En sollicitant les initiatives locales, nous souhaitons leur apporter des solutions, afin qu’ils puissent s’inspirer d’expériences réussies pour avancer», poursuit-il. Car c’est l’objet même du challenge CUMA : «s’appuyer sur les initiatives et les partager pour avancer tous ensemble».

«La transmission de nos CUMA est une problématique primordiale, qui conditionne l’avenir de nos coopératives et nous ne devons pas attendre que nos responsables s’essoufflent pour y penser», ajoute Christian Pègues. Le challenge est donc l’occasion de partager les bonnes idées pour encourager les CUMA à se lancer dans de nouvelles expériences.

Dynamisme des CUMA

Parmi les 16 CUMA participantes, sept ont été récompensées par le jury auquel a participé Jacques Couderc, administrateur de la caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées. «Ce challenge met en avant le dynamisme de nos CUMA, des outils indispensables pour la survie de nos exploitations, un accompagnement de tous les jours pour les agriculteurs». Il salue l’engagement des responsables au quotidien pour le bon fonctionnement des CUMA : «l’édition 2014 de ce challenge a voulu récompenser l’engagement et encourager les nouvelles générations à s’investir, c’est aussi le rôle du Crédit Agricole de soutenir ces initiatives», a-t-il ajouté.

Christian Pègues remercie d’ailleurs au nom des CUMA, le Crédit Agricole pour son partenariat sur ce challenge qui «participe à la dynamique du mouvement depuis plus de 10 ans» et sur toutes les actions menées par les CUMA toute l’année.

Eva DZ

17 juillet 2014

CFPPA La Roque : deux parcours inédits

Depuis plusieurs années, le CFPPA La Roque travaille en partenariat avec LADOM, un organisme qui avec l’appui de la Région Midi-Pyrénées, finance la formation de jeunes des territoires d’Outre mer en métropole. Le centre aveyronnais a accueilli cette année deux étudiantes de La Réunion en Bac pro CGEA et BTS TC, formations pour adulte en un an. Rencontre.

«Par leur motivation, leur travail et leur bonne humeur, Patricia et Jessie ont marqué nos deux promotions», souligne d’emblée Carole Laur, coordinatrice de la formation au CFPPA La Roque et professeur d’anglais. «Elles sont un bel exemple de réussite», poursuit-elle.

Leur bonne humeur est en effet communicative. Avec le sourire ces deux sœurs présentent leur parcours respectif et leur envie de monter un projet sur la ferme familiale à La Réunion avec leur maman.

Patrica vient d’obtenir son bac avec mention AB. A 28 ans, elle a décidé d’opérer un virage dans sa vie professionnelle. Jeune maman de deux enfants, elle a quitté son poste de secrétaire pour suivre la voie de ses parents agriculteurs installés sur une exploitation (canne à sucre, atelier de porcs et maraîchage) : «Notre père vient de partir à la retraite et j’étais fatiguée de devoir travailler dans un bureau, j’ai cherché une formation pour m’installer avec ma mère», témoigne-t-elle. Sa sœur, Jessie, 31 ans, avait déjà choisi la voie agricole. Après un BPREA axé sur le végétal, elle fut aide familiale sur l’exploitation. Un projet d’installation sur une ferme voisine ayant échoué, elle a décidé de continuer sa formation par un BTS Technico-commercial en agro-fournitures.

Elles ont choisi de partir toutes les deux vers la métropole pour «voir autre chose», «découvrir une autre agriculture». «Tombées amoureuses» du cadre offert par le lycée La Roque, elles ne regrettent pas leur choix. La Région Midi-Pyrénées a financé leur formation ainsi que leur billet d’avion, sous la condition de terminer la formation et elles bénéficiaient également d’une rémunération. En Aveyron depuis fin août 2013, elles viennent tout juste de rentrer chez elles.

«Au début on se sent un peu bête», se souvient Patricia. «Nous ne connaissions pas du tout l’élevage bovin et ovin, ça a été difficile au début mais nous avons été bien soutenues par l’équipe pédagogique et par nos collègues», poursuit-elle. Les effectifs étant entre 10 et 15 étudiants permettent un suivi un peu plus individualisé. «Nous avons beaucoup appris sur la zootechnie», ajoute Jessie.

Confiance

Le fait d’être ensemble les a aussi beaucoup aidées : «J’ai pris confiance en moi», confie Patricia.

Elles gardent également un très bon souvenir de leur période de stage respectif : 8 semaines dans un élevage caprin avec transformation fromagère dans la région de Marcillac pour Patricia qui lui a d’ailleurs donné l’idée de développer cette activité une fois de retour chez elle ! Et un stage de 7 semaines dans le Magasin vert de Pont de Salars, au contact des clients pour Jessie. Cette dernière a également réalisé un PIC (projet initiative communication) avec quelques camarades sur Mayotte et La Réunion ! «Nous leur avons fait découvrir des plats de chez nous, nous avons beaucoup échangé et nous avons déjà une longue liste de personnes qui ont promis de venir nous voir à La Réunion !», sourient les deux étudiantes.

Car Patricia et Jessie envisagent de monter un projet agro-touristique autour de leur exploitation familiale. «Nous avons prévu de créer un GAEC avec notre mère et autour de notre élevage de porcs en plein air avec peut-être un atelier de transformation de lait de chèvre, nous proposerons des gîtes et un espace découverte pour les enfants», expliquent-elles. D’ailleurs, Patricia prévoit de réaliser une formation sur la transformation fromagère pour se perfectionner. «Aujourd’hui nous nous sentons prêtes à démarrer notre activité, nous avons pu continuer à réflechir à notre projet pendant la formation, avec les conseils de l’équipe», soulignent Patricia et Jessie.

Bien sûr, pendant cette année, elles en ont profité pour visiter l’Aveyron et ses alentours : le musée Soulages, Entraygues, Conques, le viaduc de Millau, la grotte de Foissac, Laguiole,... et ont retrouvé leur famille à Grenoble et Toulouse qu’elles n’avaient pas vu depuis 10 ans !

«Nous repartons avec pleins de souvenirs en tête, beaucoup d’échanges, des rencontres enrichissantes, c’est sûr nous pleurerons au moment du départ !», concluent-elles.

Eva DZ

Il reste des places

Le CFPPA La Roque peut encore accueillir des candidats au Bac pro CGEA et en BTS Technico-commercial, deux formations en un an, pour la rentrée fin août.

12 juin 2014

Assemblée générale de l’ADPSA : effectifs stables et diversité des parcours

 

L’assemblée générale de l’ADPSA s’est déroulée vendredi 6 juin à la Maison de l’agriculture à Rodez sous la présidence de Robert Dalet.

L’ADPSA (Association Départementale de Promotion Sociale Agricole) a dressé un bilan stable pour l’exercice 2013 selon le directeur adjoint Yves Causse, présent à la tribune avec le président Robert Dalet et le directeur Pierre Maurel. L’organisme de formation agricole a vu entre 2007 et 2013 ses heures de formation croître de 33 %, avec une activité en formation diplômante passant de 64 à 74% grâce à l’augmentation de la proportion des heures de BTS multipliée par trois en six ans.?Elles passent ainsi de 7 à 22%. Le BPREA reste toujours dominant, évoluant cependant de 55 à 45% de l’activité diplômante.

En formation qualifiante, les stages ADEMA (accès aux demandeurs d’emplois aux métiers de l'agriculture) et PEEA (première expérience en exploitation agricole) se déroulent respectivement sur quatre semaines et trois mois. Ils visent à faire découvrir l’activité agricole. Ces nouvelles formations ont fait le plein, avec un maximum possible de 11 personnes en stage ADEMA. 82% des personnes sont aujourd’hui en activité ou ont un projet de qualification. Quant au PEEA, ils sont 50% dans ce cas. Pour l’ADPSA, «ces formations ne sont pas communes et doivent se développer afin d’attirer des personnes non issues du milieu agricole». S’agissant du nombre de stagiaires, il est revenu au niveau des années 2010 avec 99 personnes, 61 pour les BPA et BPREA et 38 pour les BTSA, toujours sur l’exercice 2013-2014.

Le public accueilli en formation diplômante (BPREA et BTS?ACSE) est composé de 40% de femmes et de stagiaires déjà titulaires du Bac pour 60% d’entre eux. Pour les résultats aux examens, le BPREA enregistre 100?% de réussite en moyenne sur six ans, 86% pour les BTSA.

Licence professionnelle

La première promotion 2012-2013 de la licence professionnelle Management et développement durable des exploitations agricoles, est arrivée à son terme en septembre dernier, avec 17 étudiants en contrat professionnel. Le taux de réussite à l'examen est de 94,12%. «Nous n’avons pas pu reconduire cette formation cette année», regrette le président Robert Dalet, «à cause d’un manque de financement. Nous avons contacté notre partenaire de l’université Champollion à Rodez et constaté qu’il était impossible d’ouvrir, pour les mêmes raisons, une nouvelle promotion 2014-2015», regrette-t-il. L’ADPSA recherche des solutions pour proposer à nouveau une licence professionnelle.

Installation : une bonne dynamique

L’ADPSA participe à l’accompagnement à l’installation, avec le plan de professionnalisation personnalisé (3P), dans le cadre d’entretiens réalisés avec le CFPPA de St-Affrique et la Chambre d’agriculture. En 2013, 140 jeunes ont été accueillis dans les entretiens du 3P.?Ce sont des personnes ayant en majorité des projets d’installation en société, en production bovins viande (37% ), ovins (27%) et bovins lait (15%). Le public du 3P est un bon indicateur de la dynamique de l’installation en Aveyron. Depuis 2004, les effectifs restent stables, autour de 150.

Des professionnels présents lors de l’assemblée générale ont loué ces bons résultats et souhaitent que les modules de formations inclus dans le 3P développent un peu plus le fonction- nement d’un GAEC. «C’est une priorité pour un département comme l’Aveyron», souligne François Giacobbi, président du CDASA, «comme le module fermage et autres contrats», suggère-t-il.

«S’adapter aux besoins»

Pour l’ADPSA rien n’est figé, chaque année elle doit s’adapter.?Une réflexion est en cours pour le 3P, sur les volets bâtiments, successions et fermage qui seront renforcés. «Nous travaillons aussi sur la gestion des risques en agriculture. Elle doit être intégrée dans la réflexion des futurs installés». Il s’agit aussi d’amener les jeunes à trouver le recul nécessaire dans leur projet d’installation. «Quels seront les marchés de demain ?» demande François Giacobbi. «Un important travail a par exemple été mené pour les formations bovins viande», note Francis Grau, président du comité départemental VIVEA. Il souhaite des actions de formation alliant la double performance économique et environnementale.

Pour Robert Dalet, «il est en effet nécessaire de mener un travail de prospective interprofessionnel pour conserver la valeur de l’activité agricole». Francis Grau, a confié, au nom de VIVEA, que «l’ADPSA et son équipe répondaient au besoin du terrain». Et que l’approche commerciale de certaines productions devait être valorisée dans les formations.

Témoignages

Le développement d’internet et des réseaux sociaux est déjà une préoccupation pour l’ADPSA. Les responsables ont ensuite précisé que «le BPREA demeurait le socle historique» du service, «avec des formations à distance qui fonctionnent bien», et qui doivent être habilitées tous les cinq ans, ce qui est le cas en ce mois de juin 2014. «Notre comité de pilotage travaille sur ce qui est en phase par rapport aux besoins et aux évolutions». Pour le BTS dont les effectifs progressent, l’ADPSA prend notamment en compte la nouvelle dimension agro-écologique devant être effective dès la rentrée de septembre. Les différents témoignages de stagiaires ont illustré les parcours professionnels de chacun, et leur forte envie de travailler dans l’agriculture. Comme l’a précisé Francis Grau, «il faut faire ressentir au plus grand nombre le besoin de formation pour entrer dans le métier. Et dire aux agriculteurs qu’il est profitable de suivre des formations durant toute une carrière !».

Didier BOUVILLE

05 juin 2014

Emploi : les premiers contrats de génération en agriculture ont été signés

Les deux premiers contrats de génération en agriculture ont été officialisés lundi 2 juin à Clairvaux au Domaine Laurens. Mme le Préfet a rencontré les deux frères du GAEC, Gilbert et Michel qui ont choisi cette formule pour transmettre leur métier à leurs fils, Eric et Vincent.

Le contrat de génération est un dispositif d’accompagnement favorisant l’insertion professionnelle d’un jeune tout en maintenant l’emploi d’un salarié âgé (lire encadré). Les deux premiers de ce genre en agriculture ont été signés en présence de Mme le Préfet, lundi 2 juin. Il concerne deux des quatre associés du GAEC familial du Domaine Laurens à Clairvaux. Gilbert et Michel Laurens, avec leurs épouses, élèvent une cinquantaine de limousines et exploitent une vingtaine d’hectares de vignes qu’ils vinifient dans leur cave en indépendant. L’âge de la retraite approchant pour les deux frères et leurs fils, Eric et Vincent, souhaitant reprendre le flambeau de l’entreprise, ils se sont tournés vers le contrat de génération pour préparer la transmission et leur intégration dans le GAEC. Tous deux ont démarré leur accompagnement à l’installation, Eric est en contrat de génération depuis novembre et Vincent va commencer le 15 juin.

Et déjà l’un des deux salariés à temps plein de l’entreprise étant lui aussi proche de la retraite, le GAEC envisage un nouveau contrat de ce type dans les années à venir ! «C’est un dispositif vraiment très simple à mettre en œuvre, un simple coup de tampon suffit !», témoigne Michel Laurens en souriant.

Un bel exemple

«Le mot génération prend tout son sens sur votre exploitation», a salué Mme le Préfet. «Vous êtes vignerons depuis des générations et vous souhaitez transmettre à vos fils votre métier. C’est là tout le sens de la démarche initiée par le gouvernement, la transmission des savoir-faire et l’accès à l’emploi pour les jeunes», a-t-elle complété, soulignant tout l’intérêt en agriculture de se préoccuper de la reprise d’activités d’autant plus dans un département à dominante agricole comme l’Aveyron.

En présence d’Olivier Jalbert, directeur du pôle emploi de Rodez et de Béatrice Massoulard, directrice à l’unité territoriale de la Direccte, Mme le Préfet a précisé que le département était plutôt bon élève en matière de contrats de génération avec 153 signatures ce qui a permis de faire baisser le taux de chômage des moins de 25 ans. «Mais le chemin est encore long», a-t-elle rappelé.

«Salarié ce n’est plus un métier honteux !»

L’agriculture pourrait être un bon contributeur puisque comme l’a rappelé René Debons, président de la section employeurs de main d’œuvre de la FDSEA, l’agriculture est demandeuse d’emplois. «Les jeunes qui s’installent recherchent la même qualité de vie que leurs copains salariés, avec des loisirs et des congés, l’emploi d’un salarié peut leur permettre de pallier aux temps forts de leur métier et de se dégager du temps. Ils doivent considérer l’emploi comme un investissement et non comme une charge. Je crois beaucoup en une agriculture porteuse d’embauches», a-t-il commenté à l’issue de la signature.

Restent les difficultés parfois pour trouver des salariés qui veulent travailler en agriculture : «Ce n’est plus un métier honteux sous-payé avec des horaires impossibles, nous devons dépoussiérer cette vieille image et nous appuyer sur des exemples comme au Domaine Laurens pour faire venir les jeunes à l’agriculture», a conclu le responsable professionnel.

Ainsi, le GAEC a déjà préparé l’arrivée des deux jeunes, plusieurs projets sont à l’étude pour améliorer l’autonomie de l’atelier allaitant en produisant davantage de céréales. Côté vignes, des parcelles en friche pourraient être aménagées en terrasses, de façon à exploiter leur potentiel mais ce type de travaux reste coûteux et le GAEC espère voir intégrer la constitution de terrasses dans la prochaine OCM vins au même titre que les droits de plantation.

Parallèlement les exploitants attendent le classement prochain de leurs 29 km de terrasses en Haute valeur environnemtale pour leur contribution à la biodiversité. Enfin, des travaux sont en cours au caveau pour agrandir la cave et améliorer l’accueil du public. «Mais ce projet est celui des jeunes, nous sommes là pour les accompagner», témoignent les associés du GAEC. La passation de relais est donc bien en cours !

Eva DZ

22 mai 2014

Coopérative Fermiers du Bas Rouergue : entretien avec Jean-Baptiste Carrié, nouveau président

Le 25 avril, à l’occasion de son assemblée générale, les Fermiers du Bas Rouergue ont élu un nouveau président. Le plus jeune des administrateurs, Jean-Baptiste Carrié a pris les rênes. Rencontre avec ce jeune éleveur de Veau d’Aveyron et du Ségala installé depuis 4 ans avec sa mère, à Lunac.

Qui sont les Fermiers du Bas Rouergue ?

J-B. Carrié : «Nous sommes une coopérative de l’ouest aveyronnais, créée il y a tout juste 40 ans, en 1974. Nous sommes autour de 80 adhérents, éleveurs de porcs finis en plein air, d’agneaux élevés sous la mère, de bœufs, de volailles champêtres et de veaux rosés élevés sous la mère (label rouge et IGP Veau d’Aveyron et du Ségala).

Ces éleveurs sont installés dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de Villefranche de Rouergue, siège de notre coopérative.

Comment est née cette coopérative ?

J-B. Carrié : Une poignée d’éleveurs de veaux rosés, le label rouge n’existait pas encore, cherchait une meilleure valorisation de leur produit atypique. Ils ont lancé une démarche courte, sur la base de colis vendus par correspondance, en s’appuyant sur l’abattoir de Villefranche tout proche.

Le fait d’avoir cet outil à proximité a permis de lancer notre démarche et nous a permis de la conforter aujourd’hui encore puisque toute notre production (environ 300 tonnes de viande par an) est abattue à Villefranche. Au fur et à mesure, nous avons développé un atelier de découpe puis une boucherie, magasin de détail, il y a 20 ans.

La proximité comme credo

La proximité est donc votre marque de fabrique ?

J-B. Carrié : En effet ! Tous nos animaux, collectés dans un petit rayon, sont abattus à Villefranche dans les deux heures, puis travaillés en direct par nos bouchers, ce qui facilite l’organisation des plannings de livraison. Cette proximité est de plus un argument, puisque de l’élevage à l’abattoir, nos animaux ne subissent aucune perte de poids, aucun stress, en plus d’une qualité certaine de l’abattage.

Depuis toujours nous misons sur la qualité, avec des veaux, des agneaux qui têtent matin et soir avec juste un complément en céréales, des porcs finis en plein air. Notre idée directrice est de prendre le temps d’engraisser nos bêtes. En terme de valorisation, nous établissons une grille de prix au début de chaque année civile.

Quels sont vos débouchés ?

J-B. Carrié : 70% de nos ventes sont destinées à une vingtaine d’artisans bouchers de toute la France (régions de Marseille, val de Loire, Annecy, Lille,...). Nous servons aussi une trentaine de restaurateurs sur le Villefranchois et sur la région toulousaine, surtout en bœuf et veau. Enfin, nous vendons également dans notre magasin de vente au détail, route de Monteils à Villefranche.

Vous avez également relancé quelques plats cuisinés depuis peu. Où en êtes-vous ?

J-B. Carrié : Nous avons embauché un apprenti qui a la fibre de la cuisine. Notre chef boucher avait des idées de recettes mais pas forcément le temps de les mettre en œuvre.?Ce jeune salarié l’a aidé et c’est ainsi que nous avons développé la recette des tripoux, des charcuteries,... distribués essentiellement dans notre magasin de détail et dans quelques supérettes.

Un esprit famille

Justement, chez vous, le personnel est particulièrement bien impliqué. Parleriez-vous «d’esprit famille» ?

J-B. Carrié : On peut dire ça ! Nos salariés (bouchers, secrétaires, chauffeur, responsable du développement) sont pour la plupart présents depuis plus de 20 ans, même si quelques jeunes nous ont rejoints ces dernières années ! D’ailleurs, plusieurs d’entre eux se sont vus remettre des médailles du travail : médaille d’or pour Jean-Claude Vernhes, chef boucher (chef d’atelier), présent depuis 1975 (1er salarié de l’entreprise) et pour Colette Galtier, secrétaire, présente depuis 1976, médaille de vermeil pour Maryvonne Ferrand, secrétaire, présente depuis 1981 et médaille d’argent pour Jean-Guy Vernhes, boucher, responsable magasin détail, présent depuis 1990. Tous sont attachés et participent à la vie de la coopérative.

D’un point de vue personnel, quel est votre parcours aux Fermiers du Bas Rouergue ?

J-B. Carrié : Dès mon installation il y a 4 ans, j’ai voulu intégrer le conseil d’administration parce que c’est dans ma façon d’être de vouloir m’impliquer, peut-être via mon éducation ! (son père Daniel est président fondateur de l’IRVA). J’ai envie d’être acteur des outils à notre disposition pour commercialiser notre production. Nous devons nous bouger pour aller chercher la valorisation. Et puis René Authesserre président de la coopérative depuis 1988 m’a encouragé. Si je suis le plus jeune au conseil d’administration, toutes les générations sont représentées et je m’appuie sur une équipe soudée de 10 personnes.

Une fête pour les 40 ans en octobre

Justement quels sont vos projets ?

J-B. Carrié : A court terme, nous prévoyons un week-end de fête début octobre pour souffler nos 40 bougies et à cette occasion faire connaître notre structure et notre magasin.

A plus long terme, je souhaite renforcer le lien entre les éleveurs et les produits qu’ils livrent à leur coopérative. Nous ne devons pas être de simples livreurs de matière première. Avant sur les foires, il y avait une vraie stimulation à proposer des animaux meilleurs que le voisin pour tirer la valeur ajoutée la plus haute, je pense qu’on a perdu cette fibre du challenge vers toujours plus de qualité.

A nous de nous orienter sur ces marchés à forte valeur ajoutée pour être plus compétitifs et permettre à nos 80 adhérents de tirer leur épingle du jeu. Nous réussirons grâce à notre capacité à nous démarquer, à créer des produits inédits qui plaisent. De plus, grâce à nos débouchés démarqués (carcasses pour les bouchers, pièces découpées pour les restaurateurs), nous assurons un équilibre dans la régularité de nos approvisionnements, c’est aussi un point fort !».

Recueillis par Eva DZ

08 mai 2014

Groupement de producteurs de lait de chèvre à Lactalis : croire en la production française

Le groupement des producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis Rodez qui rassemble plus de 90 % d’adhérents était en assemblée générale mercredi 30 avril, en présence de son président, Jacky Salingardes et de Serge Mouly, directeur des approvisionnements de Lactalis.

«Nous cherchons à restaurer de façon durable et maîtrisée une augmentation de la production en privilégiant le 100% français», le discours de l’entreprise Lactalis se veut résolument positif pour l’avenir.

Serge Mouly, directeur des approvisionnements de l’entreprise, a présenté sa vision pour la filière lait de chèvre en France, une vision «dynamique». «Parce que le lait de chèvre véhicule une image positive auprès des consommateurs, une naturalité, une durabilité, une singularité qui le différencie des autres produits, nous devons miser sur l’innovation et la modernité. Le fromage de chèvre peut s’adapter à ces nouveaux courants de consommation», a-t-il affirmé confiant.

Un discours salué par Jacky Salingardes, président du groupement de producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis Rodez : «Notre filière retrouve une belle dynamique et nous sommes satisfaits de pouvoir compter sur nos entreprises pour construire l’avenir».

Une croissance positive mais maîtrisée

Ainsi, Serge Mouly appuyé par Davy Hecht, responsable du bassin de collecte grand Sud-Ouest, a expliqué la volonté de Lactalis de travailler sur l’organisation relationnelle via la contractualisation, sur les prix, les investissements industriels, la médiation, des formules incitatives pour conforter et accompagner les installations : «Nous voulons soutenir un maximum de producteurs dans une croissance positive mais maîtrisée. Pas question de prendre le risque de déséquilibrer à nouveau l’offre et la demande», a-t-il averti.

Pour Lactalis, le lait de chèvre doit être produit en France : «il est illusoire de pouvoir transformer en fromages du lait étranger, on ne nous fera pas croire que celà boostera la demande car ce n’est pas l’attente du consommateur. Ce dernier privilégie en effet un fromage au lait de chèvre produit en France», a-t-il ajouté. C’est ce que confirme une étude de l’Anicap, interprofession caprine, menée auprès des consommateurs. «Cela permettra de fortifier nos zones de collecte», a assuré Serge Mouly. Et Jacky Salingardes d’avancer l’idée d’une gestion de la production par bassin en se méfiant des deux gros faiseurs européens, Pays-Bas et Espagne. «Nos entreprises françaises doivent établir des règles dans ces pays où la production est très volatile et déstabilise la collecte française», a expliqué le producteur aveyronnais, également président de la FNEC.

Si les chiffres de la campagne 2013 sont en légère baisse (- 2 millions de litres), les responsables de Lactalis sont convaincus que l’Aveyron va retrouver son dynamisme : «Notre politique industrielle est en forte évolution avec des investissements à venir pour fortifier le développement de la production locale». La zone de collecte aveyronnaise de Lactalis a perdu 11 producteurs de lait de chèvre, dont 4 liés à la crise (ils étaient au total 99 producteurs en 2013) : «Nous sommes revenus au niveau de 2010 et notre courbe suit celle enregistrée au niveau national», a commenté Joël Mazars, responsable de la section caprins FDSEA. Pour autant, le volume produit par producteur a augmenté : 214 000 litres en 2013 contre 160 000 litres en 2008 : «avec un nombre identique de producteurs, nous produisons aujourd’hui davantage de lait», continue d’analyser Joël Mazars.

Un appui technique renforcé

Côté qualité du lait, les producteurs aveyronnais poursuivent leurs efforts : stabilité en matière grasse et en matière protéique. Au niveau bactério, une légère dégradation est à noter mais le groupement, en partenariat avec Lactalis, propose une prise en charge plus importante de l’aide sur le contrôle des machines à traire, pour améliorer ce dernier point. Cet accompagnement s’ajoute aux mesures de soutien existantes aux producteurs.

Ce discours positif, cet appui technique consolidé sont des signes encourageants pour la filière mais et Jacky Salingardes a tenu à le rappeler, «cela passera aussi et surtout par un revenu juste aux producteurs». Déjà les premiers signaux positifs se sont traduits en 2013 avec un prix de base à 573,45 euros/1000 litres (prix moyen par producteur de 631,96 euros/1000 litres). «L’effet médiation a payé mais nous ne devons pas nous arrêter là !», a averti Jacky Salingardes.

Eva DZ

01 mai 2014

Centre de formation de Bernussou : Forum jeunes et entreprises

Le centre de formation de Bernussou de la Chambre d’agriculture a accueilli mardi 29 avril une cinquantaine de candidats aux licences professionnelles proposées par le site de Villefranche de Rouergue.


Ce premier «forum des métiers» de Bernussou a rassemblé des représentants d’une vingtaine d’entreprises du secteur agricole, agroalimentaire et agromachinisme de France, ainsi que des éleveurs d’OP. Ils ont rencontré et échangé avec les candidats aux trois licences professionnelles proposées par  Bernussou. Les licences pro de conseil en élevages bovins lait, bovins viande et porcins sont préparées à Villefranche sur une année, avec un contrat de professionnalisation. Ce dernier est signé avec une entreprise dans le cadre de cette formation bac plus trois. Le centre de Bernussou a provoqué la rencontre entre les entreprises intéressées et les candidats sur trois pôles, bovins lait, bovins viande et porcins.
«Nous avons chaque année une centaine de demandes pour suivre une licence pro ici», explique Patrick Couderc, responsable de la formation bovins lait. «Nous avons reçu pour ce forum une cinquantaine de jeunes âgés d’environ 20 ans, qui terminent en général leur BTS Acse ou productions animales, ou sortent de fac avec un DUT et une spécialité en agronomie par exemple. L’objectif est de faciliter le contact avec une entreprise proposant un contrat de professionnalisation dans le cadre de leur licence».

«Une école bien cotée»

Les jeunes sont venus de partout ! Pour Mylène, 22 ans, venue de Périgueux, «Bernussou est connu en France, c’est une école bien cotée. Je suis titulaire d’une licence pro en génétique et d’un BTS productions animales. J’ai rencontré quatre entreprises et je vais en voir deux autres. J’ai en effet un projet d’installation en bovins viande. Mais dans une dizaine d’années et en Dordo-gne !» confie cette fille d’informaticienne et d’électricien. «Je suis déjà venue à la porte ouverte de Bernussou l’an dernier avec ma mère. Je reviendrai en juillet pour passer l’entretien».
Pour Ludovic, 21 ans, arrivé de Haute-Loire, Bernussou était une évidence : «c’est une prof de ma 2ème année de BTS productions animales qui m’a conseillé de venir à Bernussou». Ce fils d’éleveur de Charolais veut être salarié avant de s’installer. «J’ai rencontré cinq entreprises. Je veux faire du conseil technique avant de devenir éleveur». Le centre de Bernussou doit sélectionner ses futurs élèves avec rigueur. L’établissement proposera à la prochaine rentrée 22 places en bovins lait, 18 en bovins viande et 10 en production porcine. «Nous avons toujours en projet la quatrième licence agroéquipement», assure Bruno Roussel, directeur de la Chambre d’agriculture, «le projet se construit en relation avec les entreprises». Il a passé une partie de l’après-midi avec les jeunes et les responsables des filières de Bernussou, le directeur Gérard Grès (porcin), Julien Blanc (bovins viande), Patrick Couderc (bovins lait) et Olivier Depitre, responsable formation de l’IUT de Rodez associé aux trois licences professionnelles.
Didier BOUVILLE

05 septembre 2013

Service de remplacement - secteur Céor-Giffou : «Apporter le meilleur service possible»

Le service de remplacement de l’Aveyron est organisé en huit secteurs géographiques. Chacun planifie les remplacements de ses adhérents pour maladie, congés ou encore accident, grâce à l’embauche d’un salarié permanent. Joël Viarouge, agriculteur à Rulhac St Cirq et administrateur du service de remplacement du département, gère le planning de Mathieu Touzard, salarié de son secteur, Céor-Giffou (Cassagnes - Réquista et alentour). Tous deux expliquent leur rôle et leur façon de fonctionner.

Pouvez-vous expliquer votre rôle ?

Joël Viarouge : Je tiens d’abord à préciser que tous les gestionnaires des plannings des salariés permanents du service de remplacement fonctionnent tous sensiblement sur le même principe.

Nous prenons les appels des adhérents qui ont besoin du service en cas de maladie, d’accident, de congés,... Nous travaillons souvent dans l’urgence et essayons d’être le plus efficace possible pour répondre aux demandes de chacun.

Le planning de notre salarié est calé sur 2 mois puis affiné en fonction des besoins des adhérents, parfois je fais appel aux secteurs voisins pour nous dépanner.

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Joël Viarouge : J’avoue qu’à certaines périodes, nous avons du mal à remplir le planning du salarié, c’est un peu stressant car nous devons solliciter des adhérents, parfois il faut insister un peu...

C’est pourquoi il est important que les adhérents qui sont appelés pour compléter le planning comprennent bien que nous n’avons pas le choix pour assurer le plein emploi de nos salariés. Nous en appelons à la compréhension des personnes que nous contactons. Il faut quand même rappeler que chaque adhérent du service de remplacement s’est engagé pour une journée par an.

Compréhension

Lorsque l’on adhère au service de remplacement, comment doit-on s’y prendre pour réserver une ou des journées ?

Joël Viarouge : Un coup de téléphone suffit ! Nous avons la chance de pouvoir compter sur des salariés polyvalents, efficaces et de confiance. Les adhérents ou les agriculteurs qui veulent faire appel à notre service de remplacement ne doivent pas hésiter à nous contacter en cas de besoin. Je rappelle aussi qu’il existe localement des mutuelles coups durs sans oublier l’entraide avec ses voisins pour se faire remplacer dans l’urgence lors des pointes de travail.

Comment travaillez-vous avec le salarié ?

Joël Viarouge : On s’appelle beaucoup ! On se voit aussi. Chaque gestionnaire de planning transmet aux salariés un calendrier sur un mois qui est souvent modifié en cours de route donc on fait régulièrement le point ensemble. On s’entend bien et c’est important car les changements de dernière minute sont fréquents.

Nous l’appelons aussi pour lui demander si tout se passe bien. Nous prenons le temps d’être à son écoute. C’est important de le mettre dans les meilleures conditions pour apporter le meilleur service aux adhérents.

En ce qui concerne notre salarié, Mathieu, il est embauché depuis janvier et je dois dire que tout se passe bien : c’est une personne efficace et les agriculteurs peuvent partir tranquillement !

Anticipation

Comment faites-vous le lien avec les adhérents ?

Joël Viarouge : Il est parfois nécessaire de bien expliquer les choses aux adhérents : la journée de travail d’un salarié a une durée. Il faut être indulgent et savoir s’adapter pour se faire remplacer. C’est aux adhérents de mettre le salarié dans les meilleures conditions. Globalement je dois dire que le message passe bien même si on doit parfois le rappeler !

Nous prenons le temps de bien expliquer le fonctionnement avec les adhérents qui sont victimes de maladies ou d’accident, les situations ne sont pas toutes simples. Le plus difficile c’est de faire comprendre les priorités d’intervention que l’on prend !

Gérer un service de 250 adhérents dont entre 30 à 40 sont des utilisateurs actifs requiert parfois une bonne dose de patience ! Mais c’est une chance de bénéficier de ce type de service. D’ailleurs certains adhérents l’ont bien compris en se proposant pour accueillir le salarié et en même temps faire connaître leur exploitation. ça me soulage bien?! Certains n’osent pas demander, n’ayant pas l’habitude de voir quelqu’un d’autre travailler sur leur ferme».

Recueillis par Eva DZ