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14 septembre 2017

Toqués d’Oc : les produits de l’Aveyron à l’honneur

Six chefs cuisiniers aveyronnais ont décidé de mettre à l’honneur les produits de qualité de l’Aveyron avec en chefs de file, le Veau d’Aveyron et du Ségala, l’Agneau fermier des Pays d’Oc et le Bœuf Fermier Aubrac. Le week-end dernier, 250 convives ont pu déguster leurs recettes gastronomiques.

Opération séduction réussie ! Pour leur première, les six chefs cuisiniers de l’Aveyron à l’initiative des Toqués d’Oc ont atteint leur objectif : régaler leurs clients avec les produits de qualité du département. Nicolas Geniez du restaurant l’Agriculture à Baraqueville, Michel Santos du restaurant Le Kiosque à Rodez, François Arnaud, traiteur à Rodez, Benjamin Berguès du restaurant Le Coq de la place à Rodez, Cédric Gaston de l’Auberge de l’Ady à Valady et Clément Battut de la pâtisserie Clément à Rodez, sont satisfaits d’avoir proposé un menu de grande classe aux 250 convives qu’ils ont reçus.

Un menu gastronomique

A la carte : émietté de joue de Bœuf Fermier Aubrac et sa truite (de Salles la Source), poêlée de ris d’Agneau Fermier des Pays d’Oc et son croustillant de truffade, longe de Veau d’Aveyron et du Ségala sur son lit de lentilles (de Ste Radegonde), verrine de myrtilles sauvages,... le tout accompagné de vins blanc et rouge du Domaine Mousset (Entraygues-Le Fel) et du Domaine de l’Albinie (Marcillac).

«Au quotidien nous travaillons tous avec les produits de l’Aveyron, jusqu’à la salade que nous fournit un maraîcher de Port d’Agrès. Nous avons voulu participer à la promotion de ces produits de manière collective», explique Michel Santos, chef cuisinier du Kiosque à Rodez. «Même si ma spécialité c’est le poisson, pour la viande, je travaille depuis plus de 20 ans avec les filières de qualité, en veau, en agneau comme en bœuf», poursuit le restaurateur. Les filières ont d’ailleurs répondu positivement à leur demande pour fournir les produits mis à l’honneur à l’occasion des Toqués d’Oc.

«Chacun de nous a mis sa patte, son savoir-faire au service des autres cuisiniers et des produits de qualité pour les sublimer. Nous voulions aussi montrer que la joue de bœuf, la longe de veau ou le ris d’agneau, des morceaux parfois méconnus et peu utilisés par les cuisiniers, peuvent être le sujet de belles assiettes gastronomiques», poursuit Michel Santos.

Et l’expérience a été appréciée de tous, cuisiniers, commis comme les clients ! «Ce fut un grand moment de partage et le mercredi suivant la manifestation, sur le marché de Rodez, nous n’avons eu que de bons échos !», résume Michel Santos. Du coup, l’équipe est prête à renouveler l’expérience dès l’année prochaine en recevant cette fois-ci 500 personnes ! «Nous avons de très bons produits dans le département. Il ne faut pas les négliger et notre rôle de restaurateur est de les faire connaître en apportant notre touche !».

Eva DZ

24 aout 2017

Développement production lait de vache biologique : s’appuyer sur les expériences

Eleveur à Goutrens en individuel, suite au départ à la retraite de ses associés, Thierry Arribat a engagé cette année la conversion de son exploitation à l'agriculture biologique. Une démarche réfléchie et préparée en amont grâce au parcours proposé par la mission bio de la Chambre d'agriculture, mais aussi confortée par les rencontres avec des agriculteurs bio expérimentés.

Thierry a démarré la réflexion sur l’agriculture biologique courant 2014 - 2015. Il a d'abord participé à une journée portes ouvertes organisée par la mission bio de la Chambre d’agriculture en partenariat avec Sodiaal. Ensuite, il s’est formé à la conversion en AB et a sollicité un diagnostic économique sur son exploitation. «La formation aide à connaître le cahier des charges de l'agriculture bio, les organismes certificateurs, le marché. Et le diagnostic donne des repères», précise-t-il.

Les différentes rencontres avec des agriculteurs bio expérimentés, que ce soit lors des visites prévues au cours de la formation ou lors des rencontres du groupe technique bovin lait bio, l'ont conforté dans son envie d’aller vers ce mode de production.

Pour Thierry, la conversion à l’AB est un nouveau challenge. L’arrêt de la «chimie» a été une source de motivation aussi importante que la réduction du travail par la baisse d'intensification. «Discuter avec des agriculteurs expérimentés, partager leur expérience, ce sont des sources d’informations précieuses, souligne Thierry. Il y a beaucoup d’échanges, aussi bien sur ce qui fonctionne que sur les essais plus ou moins concluants». Thierry s’appuie aussi sur les conseils de son technicien troupeau spécialisé en AB?: «Avec Jean-Daniel Teulier, on passe du temps à discuter de la rotation, du calendrier fourrager, de la cohérence de ce que je suis en train de mettre en place».

Formations

Les formations que l'éleveur a suivies sur les prairies et le pâturage ont été «une prise de conscience sur les changements à mettre en place, notamment en ce qui concerne l’autonomie alimentaire, la place du maïs dans la ration, la santé des animaux...». Côté cultures, Thierry reconnaît qu'il y a plus de surveillance, mais en contrepartie il trouve intéressant de voir la diversité de la flore présente : «Avant, je n’avais pas assez de temps à y consacrer et cela me motivait moins. Cette année, j’ai essayé de gérer la fauche des rumex au stade où ils sont le plus sensibles». Avec la conduite en bio, tous les semis de prairies se font en mélange : Thierry précise que la formation lui a apporté des connaissances sur les compositions, les densités de semis. Il a découvert la chicorée, il a introduit des méteils à ensiler.

Du côté du troupeau, l'éleveur affirme prendre plaisir à faire pâturer ses animaux même s’il lui reste du travail de mise en place des chemins, des points d’eau, des paddocks. Le troupeau n'est pas encore engagé en conversion, mais Thierry a déjà commencé à développer la prévention avec l’utilisation de Kéfir, d’oligo-éléments, d’huiles essentielles. «J’ai un autre lien avec les animaux», dit-il.

Cet automne, il va continuer de se former en participant à de nouveaux stages proposés par la mission AB de la Chambre d'agriculture.

Reportage de Sandrine Viguié, conseillère en AB, Chambre d'agriculture

17 aout 2017

Côteaux du Fel : première cuvée du «Domaine Albespy»

Les bouteilles, issues des premières vendanges de Pierre Albespy, sont en vente. Un troisième domaine qui contribue à la renaissance des vins du Fel.

Cinq kilomètres après avoir quitté le Cantal, voici le bourg du Fel qui surplombe le Lot. Et sur ses versants les mieux exposés, des pieds de vigne. Les plus récents sont ceux de Pierre Albespy (32 ans), jeune passionné qui a repris une tradition familiale bien ancrée. Un nouveau viticulteur qui, pour la première fois cette année, propose son vin en vente directe, dans un espace dégustation spécialement aménagé de sa cave vinicole.

L’expérience, il l’a. D’abord parce qu’il a vu son père vendanger, produire et élever chaque année quelques hectolitres, mais aussi et surtout parce qu’il a fait le choix d’orienter ses études dans ce domaine. Bac en poche, il a décroché un BTS «viticulture et œnologie» à Nîmes, puis travaillé dans des domaines en Bourgogne et Côtes-du-Rhône. Revenu au pays, l’idée de s’installer lui trotte dans la tête. Pour autant, la connaissance et la volonté ne suffisent pas. Il faut aussi s’armer de patience. La vigne ne commence à donner que quatre ans après avoir été plantée... Alors Pierre est salarié. Il travaille essentiellement la nuit, en tant que laitier pour la coopérative Volcalis (groupe Altitude). Le jour, il élabore son projet.

La recette

Sans aides, il se lance dans l’aventure en 2011. Terrassement, piquets et, en 2012, plantations sur un hectare. Il choisit pour élaborer des vins rouges et rosés un encépagement composé, à parts égales, de Fer servadou (ou Mansois) et de Cabernet franc. Les premières années, le travail consiste surtout à désherber, entretenir les talus, tailler pour que se forme le cep. «Ici, la terre fait 20 cm ; après, on est tout de suite sur le caillou. Du schiste où les racines vont profiter des failles pour puiser la fraîcheur en profondeur. Cela lui demande un peu d’effort, c’est le stress hydrique ; mais pour produire un bon vin, la vigne doit souffrir un peu», explique le jeune viticulteur. En outre, les terrasses - enfin mécanisables - garantissent l’aération de la vigne ; les pierres, quant à elles, restituant la nuit la chaleur accumulée le jour.

Pour compléter son premier rendement, le domaine Abeil, voisin, lui a cédé 60 ares de vigne. Pierre Albespy a profité d’une vraie entente solidaire de la part des deux viticulteurs du Fel, installés de longue date, qui lui ont aussi prêté du matériel, accordé de leur temps et délivré quelques précieux conseils.

Une production qualitative

Après les vendanges à la main, la fermentation, le pressage, la mise en futaille, il en ressort quelques centaines de bouteilles de rosé qui, victimes de leur succès, ont été rapidement écoulées, et 3 000 bouteilles de vin rouge (à partir de 6 €). Un breuvage léger et très fruité qui fait la part belle aux parfums de fruits rouges, de cassis, de framboises. De quoi tordre le cou à l’idée qui traîne à l’esprit des plus anciens que le vin du Fel n’est pas qualitatif.

Les viticulteurs locaux ne ménagent pas leurs efforts pour (re)construire une image neuve, privilégiant la qualité à la quantité, ne conservant par exemple que sept grappes maximum par pied, afin de concentrer le sucre. Pour s’en convaincre, une dégustation - avec modération - s’impose.

Renaud Saint-André - Union du Cantal

27 juillet 2017

Estivada : Veau d’Aveyron et agneaux à la dégustation

Du 20 au 22 juillet, le Veau d’Aveyron et du Ségala, l’Agneau fermier des Pays d’Oc et l’Agneau laiton de l’Aveyron ont régalé les festivaliers de l’Estivada.

Plus de 600 sandwichs de Veau d’Aveyron et du Ségala, d’Agneau fermier des Pays d’Oc et d’Agneau laiton de l’Aveyron ont été servis pendant l’Estivada au cœur de l’espace restauration. Un chiffre qui dépasse les prévisions que s’étaient imaginées les responsables de ces filières. «C’est vraiment un événement porteur qui nous permet de communiquer positivement sur nos labels et de les faire découvrir sous d’autres formes, en l’occurrence un sandwich qui plaît beaucoup», assure, enthousiaste, Anne-Sophie Geniez, animatrice à l’IRVA.

«Les spectateurs de l’Estivada sont tout à fait réceptifs à nos messages et à la gastronomie locale», poursuit l’animatrice de l’interprofession qui a d’ailleurs fait traduire en occitan les informations et des recettes autour du Veau d’Aveyron et du Ségala. A leurs côtés, d’autres filières de qualité du département étaient également présentes comme le Bleu des Causses AOP ou les vins du département. «Nous sommes tous réunis pour faire la promotion des produits phares de l’Occitanie, dans un festival régional qui promeut aussi la culture occitane», poursuivent les responsables des filières. D’ailleurs, les stands ont reçu la visite de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie Pyrénées Méditerranée, qui s’est félicitée de la réussite de cette manifestation dans sa globalité.

Une animation donc très positive qui a ravi et régalé nombre de convives !

Eva DZ

27 juillet 2017

Marchés de producteurs de pays (AGMP12) : une charte de qualité appréciée !

L’Association de Gestion des Marchés de Producteurs de Pays de l’Aveyron (AGMP12) veille sur la charte qualité relative à sa marque dans les 16 marchés de l’été programmés dans le département. La «commission de surveillance» était présente récemment à un marché du mardi, à Rignac, sous les platanes de la place de la mairie.

Magaly Bruel-Fraysse, conseillère produits fermiers, agri-tourisme, réseau Bienvenue à la ferme, marchés des producteurs de pays à la Chambre d’agriculture de l’Aveyron, et Jérôme Canredon, membre du bureau de l’AGMP12, président de l’association Bienvenue à la ferme en Aveyron, franchissent à la première heure l’entrée du marché de Rignac, balisée par deux flammes vertes «marchés des producteurs de pays». Les 19 producteurs inscrits sont arrivés plus tôt sur la place de la mairie, accueillis par le régisseur Guy Boyer, placier de la ville de Rignac. «Chaque mardi matin, le protocole est bien organisé et chacun sait où il doit s’installer» confie Guy Boyer, devant la mairie, animée par le clown Fripouille et sa poule Juliette, un joueur d’accordéon au nez rouge qui ravit les enfants accompagnés de parents ou grands parents.

Identification de la marque

«Le marché de Rignac accueille chaque mardi matin entre 400 et 500 personnes, c’est une belle affluence», commente Jérôme Canredon.?Il vérifie en même temps le respect de la charte «marchés de producteurs de pays», l’identification visuelle, la présence de sacs avec le logo, tout en conversant avec le producteur ou la productrice, alors que Magaly Bruel-Fraysse note l’avis des adhérents. «Je fais environ six visites par an, et Magaly une dizaine, afin de faire le tour complet, si possible, de nos 16 marchés de l’été. Le but est de constater si tout se passe bien pour nos producteurs adhérents, de leur apporter si nécessaire du conseil pratique en matière de présentation de la marque, etc. Et tout se déroule bien à chaque visite !» sourit Jérôme Canredon. Les producteurs ont conscience que chacun a tout intérêt à respecter la charte pour attirer et maintenir le capital confiance des consommateurs pour les marchés de producteurs de pays. Qu’ils soient des gens de la région, ou bien des touristes soucieux de consommer du circuit court.

Une institution à Rignac

Christine Issaly, maire-adjointe de Rignac, confirme l’importance de la marque portée par l’AGMP12 et la Chambre d’agriculture : «notre marché de producteurs de pays existe depuis plus de 20 ans. Il fait le bonheur de la commune et accueille quasiment les mêmes producteurs ou successeurs depuis des années. La charte garantit évidemment la qualité, avec des prix justes, et aussi de bonnes odeurs, avec un panel de productions diversifié, équilibré pour faire ses emplettes. C’est fabuleux de pouvoir acheter tous ces bons produits ici. Le marché de producteurs de pays est une institution pour Rignac !» conclut l’élue.

D.B.

20 juillet 2017

Association des producteurs de lait de montagne (APLM) : de nouveaux horizons

L’association des producteurs de lait de montagne (APLM) a tenu début juillet son assemblée générale à St-Flour (Cantal). L’association qui regroupe 466 exploitations sur le Massif central a doublé son volume commercialisé en 2016 et devrait le doubler encore en 2017 !

La nouvelle brique «Mont Lait» porte les valeurs d’un produit «de producteurs», privilégiant une alimentation à l’herbe (voir la vidéo sur le site internet de la VP). Une gamme de produits viendra compléter son message avec notamment une raclette de montagne. En 2016, grâce à plus de 500 points de vente, trois grossistes et un territoire de vente qui s’est élargi avec de nouveaux contrats et de nouveaux entrepôts, notamment à l’Est du Massif central, l’association a commercialisé plus de 4 millions de litres de lait UHT en brique.

Le travail continue en 2017 avec une nouvelle campagne de communication qui sera réalisée et une nouvelle visite de ferme pour les directeurs des Intermarchés de l’Aveyron programmée en septembre. De nouveaux produits sont à l’étude, tels qu’un beurre et une raclette de montagne qui verront le jour grâce à de nouveaux partenariats.

«Retour financier»

L’APLM apporte des liens directs entre producteurs et consommateurs sur les produits et sur la dynamique du territoire… «Elle doit devenir le «leader» de la segmentation montagne», a précisé son secrétaire général Yannick Fialip. Concernant la viabilité du territoire et de ses producteurs, l’association communique auprès du consommateur, sur le «retour financier» aux adhérents, avec l’appui d’une affichette mise en place dans les rayons. Les clients s’engagent donc avec les éleveurs de montagne en achetant «Mont Lait».

Pour un litre de lait acheté, il y a un «retour financier» de 10 centimes pour l’association et ses producteurs adhérents, soit 100 €/1000 litres. Pour l’exercice 2016, le «retour financier» aux adhérents est positif car il a plus que doublé par rapport à l’an dernier. Afin de garantir l’implication de tous, les producteurs adhérents perçoivent un forfait par journée d’animation effectuée, que ce soit en magasin, lors d’une visite de ferme, ou pour un reportage de presse... La démarche centrée sur la montagne garantit une viabilité du territoire de montagne et une valorisation de la production pour ses producteurs.

M.B.

29 juin 2017

Marchés des Producteurs de Pays de l’Aveyron : des produits du terroir bien marqués !

L’Association de Gestion des Marchés de Producteurs de Pays de l’Aveyron (AGMP12) s’est réunie en assemblée générale, jeudi 22 juin, à la Maison de l’agriculture à Rodez, sous la présidence de Cécile Contastin.

Cette réunion annuelle s’est déroulée en présence de Véronique Druilhe, trésorière de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, vice-présidente de l’AGMP 12, Caroline Oustry, représentante des producteurs, secrétaire de l’AGMP12, Rémy Agrinier, représentant des JA, trésorier de l’AGMP12, et Brigitte Mazars, conseillère départementale.

La présidente Cécile Contastin a dressé un bilan positif de l’année écoulée, pour une structure comptant en Aveyron 250 adhérents, 16 sites de marchés, pour un total annuel de 234 Marchés de Producteurs de Pays, accueillant en tout environ 65 000 visiteurs chaque année. Créé en Aveyron il y a 25 ans, avec notamment Sylvette Hermet, présente à cette assemblée générale, le concept a été repris plus tard par d’autres départements français, puis porté par l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture (APCA), désormais propriétaire de cette marque unique, classée «premier réseau national spécialisé de marchés de producteurs».

«Axe stratégique de l’APCA»

«Notre marque Marché de Producteurs de Pays est gérée par le comité d’orientation Agriculture et Tourisme de l’APCA», précise Cécile Contastin. Le nouveau président de l’APCA élu en janvier, Claude Cochonneau, a rappelé «l’importance des circuits courts comme axe stratégique de l’APCA, en évoquant les Marchés de Producteurs de Pays». L’an dernier, 41 départements étaient adhérents à la marque, avec 450 lieux de marchés, 2 600 marchés organisés par an, avec 2 900 producteurs. Ces marchés sont aussi programmés dans les grandes villes, comme Paris, Lyon, Toulouse, etc. «Plus que jamais, les Marchés de Producteurs de Pays ont leur place à l’heure où le consommateur est de plus en plus en attente de vrai, de naturel, de terroir», affirme Cécile Contastin, «et où certains prennent aussi conscience qu’ils peuvent consommer plus responsable».

L’AGMP12 a mis en place des kits publicitaires personnalisés pour ses adhérents, afin de mieux identifier la marque. Le tout encadré par une procédure d’agrément nécessaire au respect du cahier des charges régissant les produits vendus sur les Marchés de Producteurs de Pays, appuyé par un réglement départemental et le guide d’interprétation national «produits de la ferme» commun avec le réseau Bienvenue à la Ferme.

Une commission de contrôle, de «visite», insiste Cécile Contastin, réalise un suivi régulier sur les marchés afin de garantir aux consommateurs le respect de la charte et du réglement départemental. En 2016, plus de la moitié des marchés ont été «visités» par cette commission de contrôle composée de membres du conseil d’administration de l’AGMP12 et de la conseillère de la Chambre d’agriculture, Magaly Bruel.

«Animation estivale préférée des visiteurs»

«Dans certaines communes, poursuit Cécile Contastin, le Marché de Producteurs de Pays reste l’animation estivale préférée des visiteurs. Les organisateurs sont très impliqués pour permettre au marché de fonctionner correctement, en respectant la charte nationale et le réglement départemental». L’AGMP12 a rappelé que son objectif était «d’accompagner la dynamique locale, le développement de l’activité de ses producteurs avec un moyen de commercialisation adapté, de favoriser l’attractivité des territoires autour du tourisme notamment, et de promouvoir les savoir-faire et produits du terroir aveyronnais».

Une enquête sera réalisée auprès des consommateurs et visiteurs des Marchés de Producteurs de Pays «afin d’évaluer l’impact de la marque», a annoncé Cécile Contastin. La présidente a par ailleurs tenu à remercier la Chambre d’agriculture «qui maintient son intérêt pour la démarche. Elle sait que c’est un formidable outil de communication auprès du grand public, permettant d’établir le dialogue entre agriculteurs et consommateurs, tout en contribuant à soutenir les circuits courts».

Site internet : www.marches-producteurs.com

D.B.

22 juin 2017

Coopérative fromagère de Thérondels : le Carladez continue d’investir dans le lait

Les 20 producteurs de la coopérative fromagère de Thérondels, emmenés par Raymond Cayzac étaient en assemblée générale, mardi 20 juin. Leur engagement pour la qualité et leurs efforts conjugués à ceux des fromagers leur ont permis de mieux passer la crise laitière.

C’est un exercice à l’équilibre qu’a présenté Raymond Cayzac, président de la coopérative de Thérondels devant les producteurs adhérents et les nombreux élus locaux et partenaires, lors de l’assemblée générale de cet outil, fer de lance de l’économie du Carladez. «La crise laitière, grave, durable et sans précédent que connaît notre filière n’est pas sans conséquence sur le marché du fromage AOP Cantal et sur la vente de lactoserum. Toutefois les efforts conséquents des équipes et nos choix stratégiques ont permis de faire progresser le prix du lait de 9 euros/1000 l soit 434 euros/1000 l», rassure Raymond Cayzac. Il rappelle ainsi le choix de sa coopérative au sein de l’Union Jeune Montagne, «d’une filière de qualité dans le respect du territoire, de l’environnement et des traditions». «Si le marché du Cantal AOP a été fortement impacté, notre coopérative a su se démarquer par sa spécificité d’une fabrication au lait cru et grâce à des opérations commerciales importantes, nos volumes de Cantal AOP ont progressé (140 T commercialisées)», poursuit le président. Les prochains efforts vont porter sur la notoriété de ce fromage et la mise en avant du lait cru. En 2018, tous les produits de Thérondels seront en effet 100% à base de foin, sans ensilage ni enrubannage. Une notoriété que doit accroître aussi l’autre fromage de la coopérative, le Thérondels. Ses volumes progressent légèrement chaque année pour atteindre 25 T en 2016. Le nouveau directeur, Frédéric Duvauchelle mise sur une croissance de 4% sur ces deux fromages en 2017 grâce aux améliorations apportées via l’Union Jeune Montagne, sur la découpe, le conditionnement et l’emballage. Les premiers retours sont déjà encourageants.

La tarte à l’Encalat monte en puissance

L’Aligot de Thérondels poursuit, quant à lui, son bonhomme de chemin dans le cœur de gamme de ce plat préparé. Sa progression est confirmée avec des volumes en hausse de 14%. Si la tome fraîche a été mise à rude épreuve au niveau commercial, elle réussit à maintenir ses volumes et ses prix en 2016, «signe d’une qualité reconnue», selon Raymond Cayzac. En 2017, la coopérative espère encore augmenter ses volumes d’aligot et de tome en misant sur la qualité unique d’un produit issu d’une tradition fromagère.

Enfin, dernière née de la coopérative, la tarte à l’Encalat, dont les premiers retours sont très positifs. Forte de ces résultats, la coopérative de Thérondels, avec l’appui de l’Union Jeune Montagne, continue d’investir : une camionnette frigorifique ppur le transport des tartes à l’Encalat, un projet d’agrandissement du bâtiment pour accueillir une pompe à caillé, un salage plus automatisé, un atelier pour la tarte à l’Encalat,... Autant de projets pour la coopérative installée sur le Carladez et qui voit des jeunes éleveurs intégrer son conseil d’administration : Patrick Larousse du GAEC Lascam, Julien Vaures de l’EARL de la Crédelle et Jérémy Madaule du GAEC Madaule de Cayrac. François Chresteil a été renouvelé dans son mandat.

Ce dynamisme a été salué par Gilbert Cestrières, président de l’Union Jeune Montagne et par Annie Cazard, présidente de la Communauté de communes Aubrac-Carladez et conseillère départementale.

Eva DZ

15 juin 2017

Union de coopératives BEVIMAC Centre-Sud : leader dans l’export d’un terroir

BEVIMAC Centre Sud a vécu une année exceptionnelle en nombre de têtes exportées, dépassant les 91 000 animaux, essentiellement des bovins et en chiffre d’affaires qui atteint les 100 millions d’euros. Un dynamisme que le nouveau président, Pierre Terral, compte bien mettre à profit pour développer encore la valorisation aux éleveurs via l’ouverture de nouveaux marchés.

L’Union de coopératives BEVIMAC Centre Sud affiche un joli résultat. En effet, le volume d’animaux qu’elle a exporté est en forte progression (+ 8 610 têtes soit +10 %). La majorité de l’activité repose sur des bovins (+ 91 000 têtes) réalisant un chiffre d’affaires dépassant les 100 millions d’euros. «Cette belle progression est à mettre sur le compte de l’activité en hausse vers les pays tiers et notamment l’Algérie depuis décembre 2015. Le conseil d’administration avait alors décidé de prendre à bras le corps ce marché en direct», détaille le directeur, Hervé Chapelle.

«Vendeur direct, c’est un nouveau métier pour nous, notamment en terme de logistique mais nous avançons pas à pas et nous pouvons compter sur nos partenaires pour satisfaire pleinement cette nouvelle clientèle», complète-t-il. Ainsi en lien avec son réseau de coopération, BEVIMAC Centre Sud complète son offre avec des veaux sevrés, des génisses laitières et babys via BEVI d’Oc. Même si les races rustiques en particulier la race Aubrac, reste la priorité. L’autre raison à cette poussée des volumes est la plus grande disponibilité de broutards à l’automne avec le décalage des vêlages. «Ces volumes supplémentaires ont pu être exportés en plus grand nombre vers l’Italie et la Grèce», expliquent les responsables de BEVIMAC.

Si le débouché vers les pays tiers (essentiellement vers l’Algérie) a été multiplié par trois (il représente 10 % de l’activité de BEVIMAC), néanmoins l’Italie reste une valeur sûre, représentant plus de 86% des volumes exportés. L’Union de coopératives est aussi le deuxième opérateur en Grèce. Mais elle ne compte pas rester sur ses acquis. Son nouveau président, Pierre Terral, donne la tendance : «le contexte économique reste difficile avec une baisse du potentiel engraissement en Italie, une restructuration des outils, des marchés vers les pays tiers soumis à des aléas sanitaires et politiques, mais nous allons tout mettre en œuvre pour que les produits de nos adhérents issus de CELIA (39,5% des apports), d’UNICOR (33,5% des apports) et BEVI d’Oc (27% des apports) bénéficient de la meilleure valorisation possible».

«Le marché des pays tiers permet de dégager une bonne plus-value mais c’est un marché exigeant, qui demande de la régularité dans les approvisionnements», complète Hervé Chapelle. Si pour l’heure le marché vers l’Algérie est bloqué en raison de cas de fièvre aphteuse, les responsables de BEVIMAC Centre Sud comptent sur le soutien du nouveau gouvernement et en particulier du nouveau ministre de l’agriculture pour faciliter les échanges avec les pays tiers. «Des portes pourraient s’ouvrir vers Israël, la Tunisie ou encore le Maroc où un plan de développement agricole est en cours. Notre gros avantage en Aveyron est la proximité avec ces pays méditerranéen et nos «entrées» sur le port de Sète», argumentent les responsables de l’Union de coopératives.

Eva DZ

01 juin 2017

Terra Vino : les ingrédients de la gastronomie aveyronnaise

Samedi 27 mai, le centre ville de Rodez a accueilli la seconde édition de Terra Vino, grande exposition du vignoble aveyronnais, rejointe cette année par les viandes et fromages sous signes officiels de qualité.

Les festivités ont dignement commencé place Eugène Raynaldie, avec un petit déjeuner 100 % aveyronnais, sous les fenêtres de la mairie de Rodez. Au menu, vins du terroir aveyronnais et assiettes aux couleurs des filières d’excellence du département : veau d’Aveyron et du Ségala, bœuf fermier Aubrac, agneau fermier des Pays d’Oc, agneau Laiton, fromage de Laguiole, Bleu des Causses, Roquefort et Pérail. En somme, un festin de roi, sous un soleil quasi estival !

Des valeurs communes

C’est sans hésitation que les produits de qualité, issus de l’élevage, ont répondu à l’appel des vignerons pour participer à Terra Vino. Pour Pierre Cabrit, président de l’IRVA, les signes officiels de qualité «partagent tous les mêmes enjeux : le respect du territoire, de l’environnement et du bien-être de l’animal et de l’agriculteur». C’est en ces termes qu’il a souhaité un bon appétit aux nombreux convives de la matinée. Monique Bultel-Herment, accueillant la manifestation au nom de la mairie de Rodez, a ensuite reconnu que «le bon goût, c’est le goût du terroir !». Elle a été rejointe par Jean-François Galliard, président du Département, qui a salué «des productions qui allient à la fois tradition et modernité», avant de lancer un ardent «régalez-vous, c’est ça l’Aveyron !».

Savourer l’Aveyron

En parallèle, les vignerons et les filières ont investi la place Charles de Gaulle, devant la Préfecture, proposant des stands de dégustation aux nombreux badauds. Une sympathique façon de faire découvrir la richesse du terroir aveyronnais. Selon Philippe Teulier, président de la Fédération des vins de qualité de l’Aveyron, «le village dégustation était noir de monde. On pouvait à peine circuler. De plus, voir cette alliance entre les produits sous signes officiels de qualité et les vins, on se serait cru sur une des meilleures tables aveyronnaises !». Le président de la fédération qui rassemble les AOP de Marcillac, d’Estaing, d’Entraygues et du Fel, des Côtes de Millau, ainsi que l’IGP Aveyron, n’est pas peu fier du succès renouvelé de Terra Vino. «Nous allons tous nous retrouver pour faire le bilan de cette édition 2017, qui devrait à n’en pas douter trouver des suites favorables pour l’année prochaine», pronostique-t-il.

Pour ceux qui n’auraient pas été à Rodez samedi, une séance de rattrapage est possible. En effet, la ville accueille jusqu’au 6?juin une impressionnante exposition de photos en taille réelle. Ainsi les places d’Armes, de la Mairie et de la Préfecture sont ornementées de clichés représentant, de manière sublimée, le quotidien des vignerons et des éleveurs qui font la richesse du terroir local. Le célèbre «tassou» a aussi momentanément quitté Bruéjouls pour venir orner la place d’Armes.

Le respect des traditions

Parce que c’est cela aussi la culture aveyronnaise, l’Eschansonnerie de Saint Bourrou était présente accompagnée de grou-pes folkloriques. La confrérie a profité de l’événement pour introniser 4 nouveaux membres, en les personnes de Jean-François Galliard, Monique Bultel-Herment, Martine Besombes, conseillère municipale de Rodez, et Paul Fabre, directeur de l’interprofession des vins du Sud-Ouest. De fait, ces personnalités deviennent de nouveaux ambassadeurs du vin de Marcillac, et des vins aveyronnais par extension.

B. CAREL

18 mai 2017

Rencontres Made in Viande : expliquer son métier et susciter des vocations

Parmi la quinzaine d’entreprises aveyronaises qui ont ouvert leurs portes au grand public dans le cadre des rencontres Made in Viande, deux établissements ont reçu mercredi 17 mai une classe d’élèves de troisième, partis à la découverte des métiers d’éleveur et de boucher. Il s’agit du GAEC du Vieux Chêne, à Druelle, et de la boucherie Rouergue Saveurs, à Rodez.

23 élèves de la classe de troisième «prépa pro», du lycée Saint Joseph de Rodez, ont passé une matinée sur le thème de la viande, de l’élevage à la commercialisation. Les visites ont démarré au GAEC du Vieux Chêne, exploitation possédant deux troupeaux : des brebis laitières pour la filière AOP Roquefort et des brebis allaitantes pour le Label Rouge et IGP Agneau Laiton. Les élèves ont retrouvé Philippe Tabardel, un des trois associés, sur le site d’élevage des agneaux, en plein cœur du village de Druelle. L’éleveur a expliqué les spécificités du métier d’éleveur à des jeunes qui s’éloignent de plus en plus des réalités du monde agricole. «Il faut remonter de plus en plus loin dans la généalogie de chacun pour trouver des parents agriculteurs», souligne l’éleveur.

Président de l’organisation de producteurs Aprovia, Philippe Tabardel est particulièrement sensibilisé à la promotion de l’élevage auprès du grand public. «2016 nous a fait très mal en terme d’image, avec la multiplication des violentes attaques contre la production de viande. Face à ces activistes, minoritaires, nous nous devons de réagir mais pas sur le même terrain. On estime à environ 30 % la part des consommateurs susceptibles de basculer dans le végétarisme. A nous de dialoguer avec eux et de leur montrer le bien fondé de nos pratiques quotidiennes». Pour l’éleveur, les labels sont des garanties à valoriser auprès des consommateurs. Il souligne aussi l’importance du dialogue avec les voisins, lui qui doit traverser tout le village dès qu’il sort les brebis. «Je n’ai jamais eu de plainte de Druellois que j’invite régulièrement sur la ferme pour voir les animaux. Cela fait le bonheur des enfants?!».

La visite s’est poursuivie dans le magasin Rouergue Saveurs de Pierre Azémar, président du syndicat des bouchers de l’Aveyron, ou plutôt dans ses frigos. «Nous avons l’opportunité de faire visiter nos arrières-boutiques et ainsi montrer un savoir-faire dont nous sommes fiers. L’opération Made in Viande permet aussi de rappeler que nous faisons tous partie de la même filière, qu’on soit éleveur, abatteur ou boucher».

Au quotidien Pierre Azémar est à l’écoute de ses clients. «On se rend compte que les gens sont de plus en plus soucieux de ce qu’ils mangent, mais cela concerne plus l’aspect santé, sécurité des aliments. Les anti viande occupent les medias mais ne représentent pas la majorité de la population. Par contre, il est vrai qu’en Aveyron, nous sommes privilégiés. Consommer de la viande est dans notre culture et nous avons la chance d’accéder à de la qualité, en local, et pour un prix raisonnable. La situation n’est pas la même dans les grandes villes». Passionné par son métier, Pierre Azémar espère aussi que ce type d’opération pourra éventuellement susciter des vocations. D’ailleurs sur la vingtaine d’élèves présents, on comptait un futur élève en CAP boucherie, preuve que la relève est bien là !

B. CAREL

04 mai 2017

Producteurs de lait de brebis Roquefort (APLBR) : la nouvelle équipe est en ordre de marche

Quelques jours après la promulgation des résultats des élections des membres de la nouvelle association des producteurs de lait de brebis de l’aire Roquefort (APLBR), le premier conseil d’administration s’est réuni pour élire son bureau et les 14 membres de la délégation des producteurs pour la Confédération générale de Roquefort.

Mardi 2 mai, Jérôme Faramond, producteur à Réquista, a été élu président de la nouvelle association des producteurs de lait de brebis de l’aire Roquefort (APLBR) qui remplace la FRSEB (lire son point de vue en page 2). Il a présenté les 44 membres composant le conseil d’administration de l’association, dont 22 sont issus des OP (organisations de producteurs), 11 sont issus des secteurs géographiques ou territoires et 11 issus des listes syndicales.

Ces 44 administrateurs ont élu leur bureau : Jérôme Faramond en est le président, Anthony Soulié le vice-président, Michel Préget le secrétaire général et Vanessa Barthélémy la trésorière. Le bureau de l’APLBR a été élargi avec des représentants ayant des mandats nationaux : Joël Acher, Lionel Cabrolié, Jérôme Redoulès, Bruno Commandré. Robert Glandières, au titre de l’INAO, est aussi un membre invité. De même les rapporteurs des commissions sont invités au bureau : Vanessa Barthélémy pour le Pérail, Nino Fillos pour l’AOP Roquefort, Jérôme Faramond sur le volet qualité, Dominique Mazel sur la communication et Pierre Gaillac sur la connaissance du marché et la production.

Ce conseil d’administration était aussi l’occasion de désigner les 14 membres qui composeront la délégation des producteurs siégeant à la Confédération générale de Roquefort, ODG et désormais interprofession.

Les 14 membres

Pour les OP :

Stéphan Médard et Pierre Cassan représentant l’OPBR,

Michel Préget représentant l’OPTR,

Pierre Gaillac représentant l’ABCA,

Sébastien Gayraud représentant le GIE Les Fleurines (Carles et Papillon),

Alain Girard représentant les Bergers du Mont Lagast (Vernières),

Patrick Rivemale représentant La Pastourelle,

Pour les syndicats :

Thierry Agrinier - FDSEA,

Anthony Soulié - JA,

Alexandre Vialettes - Confédération Paysanne,

Les 4 représentants des secteurs :

Jérôme Faramond (zone 5),

André Boiral (zone 4 - Lozère)

Dominique Mazel (zone 9 - Rougiers)

Thierry Carrière (zone 1 - Lévézou).

Conformément au statut, un membre est invité : Philippe Boudou, président du service élevage de Confédération générale de Roquefort.

Désormais l’APLBR est en ordre de marche pour travailler sur les chantiers qui l’attendent : «défendre d’une seule voix les producteurs, au sein de la Confédération générale de Roquefort, assumer les missions nationales pour une représentation légitime du bassin de Roquefort dans les instances et travailler au fonctionnement de cette nouvelle association en s’appuyant sur ses deux salariées», a résumé Jérôme Faramond. L’équipe est en tout cas motivée et prête à travailler ensemble, a salué le nouveau président.

Eva DZ

27 avril 2017

Groupement des producteurs de lait de chèvre Lactalis : en route vers l’organisation de producteurs

Le groupement des producteurs de lait de chèvre livrant à Lactalis s’est réuni en assemblée générale jeudi 20 avril à Baraqueville en présence de Gérard Maréchal, responsable de la filière caprine à Lactalis et Davy Hecht, responsable du site Lactalis à Rodez.

La filière caprine surfe sur une belle dynamique en particulier en Aveyron, avec une forte adhésion des producteurs livrant à Lactalis à leur groupement (99%) et une belle dynamique dans la moyenne d’âge. «Le potentiel de développement est bien réel dans notre région avec une population de producteurs plus jeunes que la moyenne nationale et une volonté de se développer», a confirmé Jacky Salingardes, président de ce groupement appuyé par Joël Mazars.

Ils sont une centaine de producteurs en Aveyron à livrer leur lait de chèvre à l’entreprise qui s’appuie sur son site de Rodez. «Notre volonté est bien clairement de développer le lait de chèvre», a assuré Gérard Maréchal, responsable au niveau national de la filière caprine à Lactalis. Un discours qu’il a clairement affiché devant les producteurs, et confirmé par Davy Hecht, directeur du site de Rodez. «Rodez est notre principale usine de conditionnement de lait de chèvre UHT avec de réelles possibilités de développement, c’est pourquoi nous encourageons les producteurs dans une dynamique de production», ont exprimé les responsables de Lactalis.

Un potentiel de développement

C’est justement l’un des prochains chantiers de la filière en vue de la constitution d’une organisation de producteurs (OP). «Nous devrions prendre, d’ici la fin de l’année, une résolution en vue de la transformation de notre groupement en OP», a confirmé Joël Mazars. «Le travail est en cours mais vu l’adhésion des producteurs et les bonnes relations entretenues avec l’entreprise, nous ne devrions pas avoir de souci dans cette évolution», a assuré Jacky Salingardes.

Le travail porte du côté des producteurs, sur un prévisionnel de production. «Pour anticiper cette évolution, nous devons travailler sur la planification de nos volumes mais le potentiel est bien là !», poursuit Jacky Salingardes. «En Aveyron l’objectif est de passer de 24 millions de litres de lait de chèvre collectés aujourd’hui à 30 d’ici 2?à 3 ans», ambitionne le responsable professionnel.

Et l’entreprise accompagne cette évolution en confirmant l’augmentation de 7 euros/1 000 litres sur l’année 2017. «Dès le mois de juin, nous lancerons une évaluation auprès des producteurs pour connaître leur prévisionnel de production pour l’année 2018 et ainsi anticiper au mieux l’évolution», complète Joël Mazars. «Cette augmentation de prix est un acquis, qui nous permet de contruire sereinement notre avenir», enchaîne Jacky Salingardes. D’autant que la FNEC que préside l’éleveur aveyronnais travaille sur l’origine France : «Les importations ont certes repris mais nous avons fait une priorité auprès des entreprises de privilégier le lait français», assure le président.

Ce discours positif de la filière, les responsables le travaillent également auprès des consommateurs. Jacky Salingardes a ainsi présenté les premières discussions entamées avec des représentants d’ONG sur le bien-être animal. «L’idée est de porter une communication positive sur les pratiques au quotidien des éleveurs dans leur élevage», a-t-il avancé.

Eva DZ

27 avril 2017

Producteurs de lait de brebis de l’aire Roquefort (APLBR) : résultats de l’élection

Suite à l’assemblée générale extraordinaire de la FRSEB du 27 janvier qui a entériné sa transformation par la création de l’APLBR (Association des Producteurs de Lait de Brebis de l’aire Roquefort), le processus électoral a été enclenché depuis un mois environ. À cet effet, une commission électorale a été constituée afin de gérer les points liés à l’organisation tout au long de son processus. Le dépouillement de ce scrutin, organisé par correspondance, s’est tenu jeudi 20 avril, sous la surveillance attentive de Me Ramat (huissier de justice). Voici les résultats.

Plus de 1 600 bulletins de vote, soit un taux de participation de près de 53,5%, ont été comptabilisés par les membres de la commission électorale le 20 avril. Une mobilisation des producteurs qui satisfait le président de la Confédération de Roquefort, Robert Glandières : «C’était la première fois que nous organisions un vote par correspondance et tout s’est très bien passé. Je tiens à remercier l’ensemble du personnel de la Confédération Générale de Roquefort pour son investissement dans la lourde organisation de ce premier scrutin, mission délicate qui lui avait été confiée par le collège des producteurs». Il constate qu’il n’y a pas eu moins de participation que lors des précédentes élections il y a 4?ans : «Plus de la moitié des éleveurs du rayon ont participé. Je pense qu’en cette période de changement dans l’organisation de la filière qui découle de l’application du paquet lait, c’est plutôt positif. Il faut aussi laisser le temps à chacun de prendre ses marques».

Robert Glandières tient également à remercier l’ensemble des candidats qui se sont investis dans ce processus démocratique et qui ont été les acteurs de cette sereine consultation.

Les nouveaux élus

Concernant le collège syndical, la FDSEA obtient 47,1 % des suffrages exprimés donc 5 binômes élus, les JA obtiennent 30,3 % des suffrages exprimés donc 3 binômes élus et la Confédération Paysanne obtient 22,6 % des suffrages exprimés donc 3 binômes élus également (lire aussi encadré).

Concernant le collège territorial, les binômes suivants sont déclarés élus :

Zone n°1 : Carrière Thierry / Gaubert Benoît

Zone n°2 : Alary Pierre / Gervas Éliane

Zone n°3 : Agret Serge / Cayzac Philippe

Zone n°4 : Boiral André / Causse Sabine

Zone n°5 : Faramond Jérôme / Soulié Mathieu

Zone n°6 : Bossut Félix / Galzin Grégory

Zone n°7 : Roque David / Arraou Jean-Pierre

Zone n°8 : Rességuier Jérôme / Bousquet David

Zone n°9 : Mazel Dominique / Laget Arnaud

Zone n°10 : Daures Gilles / Gély Isabelle

Zone n°11 : Acher Joël / Romieu Ioan

Concernant le collège économique, et pour compléter le conseil d’administration constitué de 44 personnes et de leurs suppléants, les OP vont transmettre dans les jours à venir la liste de leurs 22 binômes.

Prochaine étape le 2 mai

Un conseil d’administration électif de cette nouvelle association est programmé mardi 2 mai afin d’établir le bureau et la répartition des tâches dans les différentes commissions de travail. Puis, fin mai, la Confédération générale de Roquefort réunira son conseil d’administration pour intégrer les nouveaux élus.

Robert Glandières, président sortant a souhaité bon vent à cette nouvelle structure, qui prend donc le relais de la FRSEB, pour œuvrer à la défense des intérêts des producteurs de lait de brebis, à la gestion de leur filière et de leur AOP Roquefort. «Désormais le mode de fonctionnement est complètement différent puisque la négociation des prix et la gestion des volumes qui revenaient à la FRSEB sont maintenant dévolues aux fabricants en lien avec les OP (organisations de producteurs)».

L’union des producteurs est nécessaire

Dans ce contexte, Robert Glandières tient à mettre quelques garde-fous : «Je redoute que certains industriels ne considèrent pas les OP dans le rôle entier qui leur est donné : nous ne serons pas que dans la contestation ou la négociation, nous serons aussi là pour porter des projets d’avenir pour la filière».

D’où l’importance selon le responsable professionnel, de présenter une voix unie et unique des producteurs : «les relations entre OP sont bonnes et les producteurs devront utiliser la nouvelle association (APLBR) comme un instrument pour donner des orientations économiques, syndicales et en lien avec leur territoire car notre bassin est un modèle et un fer de lance dans la filière ovine française ! L’union des producteurs est décisive face à nos sept fabricants».

Désormais la Confédération générale de Roquefort est ODG (organisme de défense et de gestion) et interprofession : «elle n’est pas un gendarme mais elle est là pour servir la filière à travers le respect d’un cahier des charges, celui de notre AOP Roquefort, qui assure un prix et un revenu». Et d’encourager : «Nous avons construit et décidé de ce cahier des charges ensemble, respectons-le ! L’interpro est à nos côtés pour nous aider à progresser sur la qualité du lait, sur l’hygiène et aller chercher cette valeur ajoutée». Robert Glandières incite les membres des OP à rappeler le rôle de la nouvelle association et de l’interpro aux producteurs du bassin pour une meilleure information et connaissance de leur filière.

Eva DZ

20 avril 2017

Concours et fête des fromages à Espalion : les produits fromagers à la fête !

Plein soleil sur le 14e concours départemental des fromages et la 4e fête des fromages les 8 et 9 avril à Espalion à l’occasion de la Foire Expo. Organisateurs, producteurs et gourmands sont très satisfaits de la participation et du succès?!

«C’était une belle journée avec du monde, beaucoup de fromages et des sourires chez les producteurs !». Quelques jours après la fête des fromages, Rémy Seguin, producteur à Sévérac d’Aveyron et fer de lance de cet événement, ne cachait pas sa satisfaction.

Près de 430 repas ont été servis le midi, autour des produits fromagers présents bien sûr et des producteurs locaux. «Notre objectif de proposer une vitrine des fromages fermiers de l’Aveyron est en bonne voie, nous devons le confirmer en devenant un vrai lieu de consommation», a appuyé Rémy Seguin. «Car notre finalité est bien l’acte d’achat des consommateurs !». Selon le producteur, c’est la qualité qui amènera le monde : «Le concours officiel des fromages qui s’est déroulé la veille de la fête, avec plus de 200 échantillons, du jamais vu ! est l’un des plus gros concours dans sa diversité avec ses quatres espèces laitières : vache, brebis, chèvre et bufflonne. Il est le meilleur support de communication». André Valadier, le maître de cérémonie, a d’ailleurs salué le savoir-faire de l’ensemble des 41 producteurs et artisans qui ont exposé leurs produits.

D’ailleurs, ce succès s’est ressenti dans les ventes de fromages le jour de la fête et dans les nombreuses dégustations proposées. «Je félicite l’ensemble des exposants pour leur cohésion et leur envie d’aller de l’avant dans la promotion collective de nos produits et de notre territoire, c’est ainsi que nous réussirons à décrocher la notoriété qu’ils méritent !», a encouragé Rémy Seguin. Dans cette manifestation, les producteurs étaient soutenus par les agriculteurs et éleveurs de la vallée du Lot autour de Jean-Paul Boulet et Michel Puech sur la logistique, avec l’appui du Comité de développement agricole du Nord Aveyron (CDANA) de la Chambre d’agriculture. «Cette fête est devenue un rendez-vous pour nous retrouver et préparer une vitrine digne de ce nom pour l’agriculture locale. Nous sommes très heureux du résultat», a affiché Jean-Paul Boulet.

Eva DZ

06 avril 2017

Assemblée générale d’UNICOR : «la viande n’est pas une cause perdue !»

Deux semaines après l’assemblée générale de ses OP bovine et ovine, la coopérative UNICOR dressait le bilan de l’ensemble de son activité vendredi 31 mars à Baraqueville. Convaincue d’avoir tous les atouts pour réussir, elle s’est appuyée sur l’intervention de Geneviève Cazes Valette, fille et femme d’éleveurs aveyronnais. Cette anthropologue de métier a confirmé qu’il existait encore des amateurs de viande et des consommateurs qui veulent être rassurés.

Vers où va la consommation de viande ? Cette question taraude nombre d’éleveurs à l’heure où les attaques sont nombreuses sur le bien-être des animaux et le seul fait de manger de la viande. Geneviève Cazes Valette professeur à l’école supérieure de commerce de Toulouse, a mené une étude en 2015 sur l’évolution de la consommation de viande chez les Français (la même étude a été menée en 2016, après les images de L214, mais les résultats ne sont pas encore connus). «De manière générale, manger a toujours été considéré comme risqué?: la peur de la contamination, l’image de l’abattage...», résume Geneviève Cazes Valette. «Les consommateurs ont donc sans cesse besoin d’être rassurés». La société évolue, l’urbanisation progresse, le lien avec la nature disparaît, le consommateur confère un statut aux animaux et idéalise la nature. «Les Hommes ont aujourd’hui moins besoin de carburant qu’autrefois, donc moins besoin de viande», interpelle Geneviève Cazes Valette, qui évoque aussi la «nutritionnalisation» de l’alimentation (recherche d’équilibre, absence d’excès voire médicalisation).

A cela s’ajoutent les crises sanitaires qui angoissent et scandalisent, la communication efficace d’associations comme L214... : «quel avenir pour la viande dans ce contexte ?» interroge l’anthropologue. En 2003, la préoccupation première dans la consommation de viande, était liée à la santé. En 2015 le bien-être animal, la préservation de l’environnement sont des critères de choix supplémentaire. «Vous devez communiquer autour du bien-être animal car c’est clairement une raison de baisse voire d’abandon de consommation de viande», a encouragé Geneviève Cazes Valette. En 2015, 60% des personnes interrogées consomment de la viande au moins une fois par jour, tous les jours ou presque.

La «viande plaisir»

Et parmi les «carnivores» plus des deux tiers n’ont pas l’intention de baisser leur consommation de viande. 36% sont des flexitariens c’est-à-dire qu’ils se privent de temps en temps de viande. Pour cette catégorie, Geneviève Cazes Valette considère que rien n’est perdu : «nous devons communiquer auprès d’eux comme pour le vin : consommez-en moins mais mieux?! La viande comme le vin ne sont plus considérés comme un carburant mais comme un plaisir. Et en Aveyron, c’est d’autant plus facile, étant donné vos pratiques d’élevage, votre lien aux animaux, les qualités organoleptiques et nutritionnelles de vos produits, votre intervention en faveur des paysages, de l’entretien du territoire, des éléments qui interpellent le consommateur. Utilisez-les !», poursuit l’intervenante.

Quant aux 3% de végétariens (10% ont entre 15 et 24 ans), Geneviève Cazes Valette estime que la clé est de leur parler du «respect dû aux éleveurs et leur rôle dans l’entretien des espaces ruraux comme dans nos zones où l’essentiel de l’économie repose sur l’élevage». Des messages à travailler selon elles parce que «ce n’est pas une cause perdue» !

En conclusion, Geneviève Cazes Valette a livré quelques pistes pour demain : «garantissez aux consommateurs que l’animal est heureux dans vos élevages, c’est important dans la représentation qu’ils en ont ! Accentuer la promotion des labels qui valorisent votre revenu et rassurent les consommateurs et vous rendent fiers de votre métier». Enfin, elle encourage les agriculteurs à ouvrir les portes de leur ferme : «faites un pas vers les consommateurs, ils viendront vers vous car ils sont à la recherche de vérité». «Vous avez la chance en Aveyron de pouvoir communiquer sur des territoires attractifs et ouverts grâce à la présence des animaux», a-t-elle conclu.

Eva DZ

23 mars 2017

Bienvenue à la ferme : première ferme découverte du Bleu des Causses

Les fermes découverte du réseau Bienvenue à la Ferme en Aveyron s’étoffent. Elles sont désormais 11 sur le département à proposer une visite guidée par des agriculteurs passionnés et ayant à cœur de partager leur métier, leur culture, leur patrimoine et leur savoir-faire. La ferme du Gazenas à Flavin vient d’inaugurer sa salle d’accueil et son concept autour de la découverte du Bleu des Causses AOP.

Le Roquefort a déjà un petit panel de fermes découverte en Aveyron, désormais son voisin persillé au lait de vache, le Bleu des Causses a aussi le sien. La première ferme qui invite à le découvrir a été inaugurée en grande pompe vendredi 17 mars.

Les deux exploitants, Christian Bessière et Laurence Nayral avaient misé grand sur la communication en invitant plus de 150 personnes. Toutes ont répondu présentes ! Avec en tête d’affiche, les élus locaux mais aussi le président du Conseil départemental, Jean-François Galliard, le sénateur Jean-Claude Luche, le député Arnaud Viala, le président de la Chambre d’agriculture, Jacques Molières, la présidente du réseau Bienvenue à la Ferme, Cécile Contastin et le président de l’ODG Bleu des Causses, Jérôme Chaumat. «Nous avons voulu remercier tous ceux qui nous ont accompagnés dans notre projet», disent en chœur Laurence Nayral et Christian Bessière. «Désormais notre ferme est un support de plus dans la communication positive autour de l’agriculture, de l’élevage et du Bleu des Causses AOP en particulier», poursuivent-ils.

Car ce fromage persillé au lait cru de vache vit un peu, dans l’ombre des autres AOP du département, en particulier son cousin le Roquefort. «Cette idée de ferme découverte correspond bien à la nouvelle dynamique initiée par les producteurs autour du Bleu des Causses», avance Clément Chayriguès, responsable du collège producteurs, éleveur à Lapanouse de Sévérac. «La prise en compte de nouvelles conditions de production dans notre cahier des charges, puis le travail de négociation sur la revalorisation aux producteurs et enfin la révision du zonage doivent permettre de mieux identifier notre produit. Il sera alors plus facile de le faire connaître», poursuit le responsable professionnel.

Miser sur la communication

Mais déjà à la ferme du Gazenas, Christian et Laurence ont misé sur la communication en ouvrant une ferme découverte, la première du genre autour du Bleu des Causses, qui en appellera d’autres dans le département ! Cette première est l’œuvre de Laurence, qui a convaincu Christian de se lancer dans cette aventure. A la tête d’un troupeau de 55 Simmental et Montbéliarde, Christian s’est installé en 1984 sur la ferme familiale. Laurence infirmière de métier, s’est reconvertie en 2010 après une formation à l’ADPSA et a rencontré Christian lors d’un stage. Depuis ils ne se sont plus quittés !

«Pour moi qui suis issue de la ville et d’un métier totalement différent, j’ai fait le constat en choisissant l’agriculture et la ferme de Christian qu’il travaillait très bien mais qu’il ne le disait pas ! Si nous ouvrons notre ferme c’est parce nous n’avons rien à cacher et nous voulons le montrer !», lâche Laurence. Depuis une quinzaine d’années, Christian a choisi de s’engager dans la démarche Bleu des Causses : «C’est un fromage de qualité, une AOP comme les autres et qui mérite d’être mieux connue», affichent les deux producteurs.

Et le réseau Bienvenue à la ferme va leur permettre de bien communiquer sur leur métier, leur savoir-faire et leur produit. Plusieurs fermes comme en Roquefort ou en Laguiole s’appuient sur le réseau à la petite fleur pour promouvoir l’agriculture et l’Aveyron. «Nous proposons aujourd’hui un vrai circuit de découverte de nos produits grâce à des fermes disséminées sur le département», avance Cécile Contastin, présidente de Bienvenue à la Ferme en Aveyron. «Elles contribuent à la promotion de l’agriculture dans son ensemble et à l’image du département», ajoute-t-elle.

Un mariage entre filière de production et tourisme qui a bien plu aux élus locaux, départementaux réunis à la Ferme du Gazenas. «La force de notre agriculture, c’est sa diversité et la Chambre d’agriculture qui porte la marque Bienvenue à la ferme, est là pour accompagner tous les porteurs de projets», a rappelé Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture. Les élus, Jean-François Galliard, Jean-Claude Luche et Anaud Viala ont eux, salué l’engagement des agriculteurs pour la promotion de leur métier et du Bleu des Causses. «Nous devons tous en être les ambassadeurs !», ont-ils encouragé.

Eva DZ

16 mars 2017

Cœur de gamme-Eleveur & Engagé : la démarche s’étend sur Toulouse

Après avoir rencontré les directeurs de magasins et responsables des rayons boucherie de l’enseigne Système U de la région montpelliéraine en janvier, les responsables de la FRB avaient invité leurs homologues de la région toulousaine, mardi 14 mars. Leur objectif est inchangé : faire connaître la démarche Cœur de gamme désormais sous la signature Eleveur & Engagé.

Une dizaine d’éleveurs de la région Occitanie dont quelques Aveyronnais ont accueilli une vingtaine de directeurs de magasins et responsables de rayon boucherie de l’enseigne Système U Sud afin de les sensibiliser à la démarche Cøur de gamme initiée par la FNB. Système U a été la première enseigne à s’engager dans ce dispositif en juin. L’enseigne a signé le partenariat assurant ainsi une revalorisation des prix d’achat des animaux de races à viande aux éleveurs répondant au cahier des charges Cøur de gamme désormais sous la signature Eleveur & Engagé.

L’opération communication est néanmoins nécessaire localement pour faire connaître la démarche aux enseignes et surtout les faire adhérer. C’est dans cette optique que les responsables FNB référent sur le dossier pour la région Occitanie ont décidé d’organiser des journées de rencontre avec les magasins Système U, d’abord à Lodève en janvier et le 14 mars à Villefranche de Lauragais près de Toulouse avant d’envisager Bordeaux. Si au niveau national, plus de 6 700 animaux ont été valorisés dans la démarche par des magasins Super U, en revanche seuls 2% des ventes de Système U Sud concerne des animaux sous l’identifiant «Eleveur & Engagé».

Transparence sur les coûts de production

Pendant cette journée, les directeurs de magasins et chefs de rayon boucherie ont visité la ferme de Didier Codecco à Maureville et longuement échangé sur son métier et ses pratiques d’élevage. «Ces échanges ont notamment porté sur les coûts de production», a relaté Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA qui a assisté à la journée. «Car lors de ces rencontres, nous nous sommes aperçus que les enseignes n’avaient aucune connaissance de nos coûts de production, que nous avons pu confronter à leur prix d’achat de nos animaux. Cette démarche a le mérite d’apporter une réelle transparence», continue la responsable professionnelle. «D’ailleurs nous avons pu constater, chiffres à l’appui, qu’il existe toujours un écart d’un euro/kg entre le départ en ferme et le prix d’achat de l’enseigne. Il existe donc encore des marges de progrès», analyse Valérie Imbert.

L’après-midi a été consacrée à la visite du magasin Super U de Villefranche de Lauragais. Les participants ont pu comparer des carcasses de type «standard» à celles de la démarche «Eleveur & Engagé» dans les chambres froides de l’enseigne (photo). «Nous avons été agréablement surpris par le soin apporté par l’équipe de 8 bouchers au rayon de la viande. Tous nous ont assurés de l’intérêt de la clientèle pour une viande de proximité, de qualité. La boucherie est un rayon porteur, nous ont-ils assurés !». De quoi rassurer les responsables professionnels quant au soutien des consommateurs à leur démarche. L’opération séduction auprès des distributeurs, quant à elle, se poursuit !

Eva DZ

16 mars 2017

OP Productions animales d’UNICOR : pour une association éleveur-consommateur

Pour l’assemblée générale réunissant ses deux productions animales principales (bovin et ovin), mercredi 15 mars, la coopérative UNICOR avait invité Olivier Mevel, maître de conférence à l'Université de Bretagne Occidentale. Son discours fut très positif autour des valeurs ajoutées de ces deux filières en 2017.

«Sur 100 euros de dépenses alimentaires, 30 sont destinés à l’enseigne de distribution et seulement 7,8 à l’agriculteur ! Jusqu’où ira-t-on ?», interroge en préambule Olivier Mével. Sachant qu’en 15 ans, le revenu agricole a dégringolé de 25% ! «La question aujourd’hui est de savoir comment on valorise un produit Cœur de gamme qui représente 40% des ventes, un segment pris en étau entre le premium (10%) et surtout les promotions et Marques de Distributeur (MDD) (50%)», poursuit-il. «Reste à savoir aussi quels produits les enseignes considèrent-elles comme du Cœur de gamme?? Pour certaines, ce sont les animaux qu’elles ont choisis?!».

Pour Olivier Mével, les agriculteurs font face à plusieurs murs. Le premier : celui «hypocrite» des industriels - abatteurs avec un leader, Bigard qui pèse 40% des abattages, 60% de l’approvisionnement des distributeurs et 70% du haché commercialisé en GMS et RHF. «Alors que son discours est qu’il ne gagne pas d’argent arguant que 75% des coûts de transformation sont inclus dans le prix d’achat des bovins !», souligne incrédule l’expert.

«Reprenez la bataille !»

Le deuxième mur est celui «cyniquement assumé par les GMS d’un petit jeu du prix le plus bas». Olivier Mével conseille aux éleveurs de «reprendre la bataille par la relation directe avec le client qui recherche ce lien avec les producteurs». «Alors que vous travaillez nuit et jour dans vos fermes pour quelle plus value quand d’autres en 3 jours dans leur rayon, gagnent 30% de valeur sur vos produits ! Ne vous laissez pas faire ! Mettez en avant les efforts des enseignes comme Carrefour et Système U qui se sont engagés dans le Cœur de gamme et montrez du doigt, celles qui ne l’appliquent pas !».

Le troisième mur est la transparence de la filière bovine exigée par les consommateurs qui veulent retrouver «le vrai goût» de la viande. L’un des problèmes est le manque d’innovation dans le produit vendu. «Aujourd’hui le consommateur veut qu’on lui parle du producteur, de son lien à l’environnement, du bien-être de ses animaux. Il est aussi soucieux du bien-être de l’éleveur et de son revenu, c’est ce qu’ils affirment en tout cas dans nombre d’enquêtes de consommateur», assure Olivier Mével.

Le problème réside aussi, selon Olivier Mével sur l’accumulation de lois sur le commerce : «trop de lois pour rien car la structure de marché reste prépondérante». Pour y faire face, il préconise une association privilégiée entre consommateur et éleveur : «une association que craignent les distributeurs !», rappelant qu’ils sont les deux maillons indispensables de la filière : l’offre et la demande. Les résultats sont là : Bigard perd des parts de marché à cause des marques locales et régionales portées par les éleveurs. «Et là dessus, les consommateurs ne négocient pas le prix car ils sont heureux d’y avoir accès !», confirme Olivier Mével. Les consommateurs font confiance aux éleveurs (39,5%), aux artisans bouchers indépendants (30%) plutôt qu’aux distributeurs (3,3%). A ceux qui pensent que la viande est mauvaise pour la santé, Olivier Mével incite les éleveurs à aller à leur rencontre : «Il n’y a que vous pour les convaincre et apporter les bons arguments et ainsi rétablir un lien de confiance !».

Une filière plus collaborative

Le consommateur a plusieurs priorités dans son acte d’achat de viande et ce sont ceux-là à prendre en compte : la recherche du plaisir gustatif, l’origine France, l’aspect visuel, la race et le prix abordable constituent 56% de la valeur ajoutée pour le client.

Dans sa conclusion, Olivier Mével a encouragé les responsables d’UNICOR à créer leur propre univers : «appuyez-vous sur l’organisation de vos filières, sur le lien entre l’homme et l’animal au quotidien dans vos fermes, sur la valeur ajoutée de vos produits, votre lien au territoire, pour donner sens à votre démarche envers le consommateur. Il y sera forcément réceptif ! Demandez-leur quelles sont leurs attentes. Fonctionnez de l’assiette à la ferme !».

Eva DZ

Nous reviendrons en détail sur l’assemblée générale des OP Productions animales d’UNICOR dans notre prochaine édition (lire aussi ci-contre).

09 mars 2017

Groupe des producteurs laitiers du Villefranchois : «tenir l’offre pour tenir le prix»

Pour son assemblée générale, mercredi 8 mars, le groupe des producteurs laitiers du Villefranchois (GPLV) avait convié un invité atypique, Olivier Dauvers spécialiste du commerce, de la distribution et de la consommation. Son intervention n’a pas manqué d’interpeller les participants dont de nombreux jeunes des établissements scolaires de l’Aveyron.

«Une coopérative d’idées qui ne vend pas du prêt à penser», ce slogan porté par les deux co-présidents du GPLV, Nicolas Guibbert et François Bosc a été une fois de plus confirmé lors de l’assemblée générale, le 8 mars à l’Institut François Marty. Porteur de nombreuses réflexions, le groupe a encore innové en sollicitant un intervenant sur la problématique du commerce.

Comme ils l’expliquaient en préambule dans notre dernière édition, «on parle très souvent du prix du lait mais on en sait peu sur la façon dont ce prix est fixé et dans quel contexte il s’inscrit». C’est pour cette raison qu’ils se sont adressés à un expert en la matière, Olivier Dauvers, qui depuis 25 ans, travaille sur la mise en marché, la commercialisation et la distribution, la formation des prix, des promotions. Il a partagé sa vision du commerce et de la consommation.

Son intervention portait sur les menaces et opportunités de la grande distribution : «l’idée n’est pas de la plaindre mais bien de mieux comprendre ses pratiques et le milieu dans lequel elle évolue pour agir en connaissance de cause», a-t-il indiqué en préambule. Il part du constat que la consommation ralentit depuis 2008. «Nous entrons dans une époque nouvelle car auparavant la consommation avançait seule à un rythme de +2,5% par an. Or depuis 2008, elle se stabilise à +0,5%. Ce qui change tout car tous les acteurs économiques ont basé leur modèle sur une croissance de la consommation. A consommation stable, ils sont contraints de se partager les marchés ou plutôt de se les arracher !», avance Olivier Dauvers.

Pouvoir d’achat

Ce qui détermine le niveau de consommation, c’est le pouvoir d’achat et non le nombre de consommateurs. «Le pouvoir d’achat dépend de la richesse produite (PIB, salaires). Longtemps le modèle social français a gonflé artificiellement le pouvoir d’achat du fait de l’accroissement de la dette publique mais depuis la crise financière de 2008, le niveau d’endettement est stabilisé et la réalité du niveau de richesse produite s’est réalignée à la consommation», détaille Olivier Dauvers. D’où la stabilité de la consommation. Mais pas question de parler de crise de la consommation en France, «notre niveau reste stable comparé à des pays comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce qui affiche -10% de consommation?!».

A la stabilité de la consommation, s’ajoute le développement du e-commerce, qui menace la distribution. Ce nouveau débouché représente 72 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France en 2016 mais c’est autant de pris sur la part d’achat en grandes surfaces puisque la consommation n’augmente pas et se fragmente avec la diversification des enseignes citant l’exemple de Picard Surgelés devenu vendeur de solutions repas qu’il accompagne désormais de vin !

Malgré une demande qui ne progresse pas, l’offre commerciale continue de croître avec des surfaces de magasin en progression pour séduire de nouveaux clients et augmenter le chiffre d’affaires. Pour autant le rendement commercial (chiffre d’affaires par rapport au m²) est négatif (-7% en 2 ans). «Ce modèle ne va pas tenir, il y aura forcément des défaillances !», prédit Olivier Dauvers. «Aujourd’hui les différents acteurs se partagent voire s’arrachent la moins value !». La marge nette des plus grandes enseignes ne dépassent pas les 2% (23 à 25% de marge brute en moyenne, le taux le plus bas en Europe).

Face à cette compétition accrue, la distribution mène une guerre des prix et des promotions, qui profite aux consommateurs. «Sans forcément connaître les prix, le consommateur a des repères sur un certain nombre de produits, dès qu’il relève une hausse, il extrapole à l’ensemble de l’enseigne». Et Olivier Dauvers n’hésite pas à parler «d’armes nucléaires» lorsqu’il évoque les comparatifs de prix agressifs entre enseignes jusque dans la boîte mail des clients leur vantant ce qu’ils ont économisé en choisissant leur magasin.

"Guerre des prix"

«Cette guerre des prix et des promos n’est pas propre à la distribution, elle est spécifique au commerce en général. Partout, toute l’année, les enseignes et les marques affichent des promotions pour attirer les clients. Il faut en faire toujours plus !», illuste Olivier Dauvers.

Pour affronter cette guerre des prix, les magasins se sont regroupés pour acheter moins cher. La distribution s’est recentrée autour de 4 méga centrales d’achat. «Même si l’on ne cautionne pas, on ne peut rien puisque la loi ne l’interdit pas ! Mais pour l’économie française, il vaut mieux des distributeurs puissants en France plutôt qu’un rachat par des distributeurs étrangers parce que sinon, la production française sera en minorité et peut-être vouée à la disparition», avance le spécialiste. «Profitons de la présence de nos distributeurs à l’étranger ! Reste à définir jusqu’où on peut les laisser aller», a-t-il encouragé rappelant les bonnes places de la distribution française à l’étranger (Casino numéro 1 au Brésil et en Colombie, Auchan numéro 1 en Chine et en Russie).

Au bout du compte, quelle que soit la stratégie choisie, elle est toujours fixée en fonction du consommateur, seul décideur de son pouvoir d’achat. Mais la donne est là aussi complexe selon Olivier Dauvers.

«Le consommateur est un jouisseur frustré ! Il est partagé entre son pouvoir d’achat et son vouloir d’achat. Si le pouvoir d’achat est stable depuis 10 ans, aujourd’hui on en veut toujours plus !», argumente l’expert. «Consommer reste un plaisir mais il y a un écart entre ce que je voudrai et ce que je ne peux pas avoir !». Grâce à la pression sur les prix, on peut assouvir ses besoins en ayant plus avec peu ! «La guerre des promos a créé une forme d’appétence qui offre l’accès à des produits que l’on pense à prix réduits et qui assouvissent des envies». Le consommateur est donc la clé de la stratégie commerciale du commerce en général. «C’est lui qui au final décide de son acte d’achat et du prix qu’il souhaite y mettre. Reste à le convaincre !».

Eva DZ

02 mars 2017

Aveyron Energie Bois : un nouvel animateur

Dix ans après sa création en 2006, l’association Aveyron Energie Bois créée à l’initiative des acteurs de cette filière pour redynamiser ce débouché à fort potentiel dans le département, a présenté son nouvel animateur, Thomas Wolff qui remplace Guillaume Courty.

En pointe il y a 30 ans, le bois énergie, après un petit creux dans les années 1990-2000 connaît un regain d’intérêt auprès des ménages. Le prix de l’énergie fossile grandissant et une orientation environnementale clairement affichée sur les ressources naturelles ont remis au goût du jour, le chauffage par le bois. Pour relancer cette filière dans le département, ses acteurs (producteurs, entreprises d’amont, fabricants de chaudières, prestataires de services,...) ont créé une association Aveyron Energie Bois en 2006.

Depuis plus de 10 ans, elle accompagne les porteurs de projets et fédère les différents acteurs pour favoriser le développement du bois énergie en Aveyron. «Le bois énergie ne va pas de soi car l’investissement peut être lourd au départ, l’économie réalisée est à considérer sur 10 à 20 ans, et ce sont aussi des installations très techniques. Mais chaque projet étant unique, nous pouvons proposer à tous les porteurs de projets que ce soit des collectivités ou des entreprises, un accompagnement précis, fiable et impartial», précise le président, Stéphane Foury qui a présenté le nouvel interlocuteur technique de l’association, Thomas Wolff.

L’association peut, de plus, s’appuyer sur une expérience de plusieurs années en la matière, avec de nombreuses réalisations. Récemment, elle accompagne le projet de SEM Causse Energia sur le sud Aveyron en lien avec le PNR des grands Causses. Elle permet aux consommateurs d’acheter en direct de la chaleur fournie par un réseau de bois énergie. Une belle innovation ! Autre exemple à Pruines où des agriculteurs fournissent gratuitement le bois issu de l’entretien de leurs parcelles, sur une plateforme qui le transforme en plaquettes pour chauffer l’école et la mairie. Et de nombreux projets sont à l’étude sur plusieurs secteurs dans le département.

«Notre cible, ce sont les gros consommateurs de chaleur comme les collectivités ou les entreprises», reprend Stéphane Foury. Car les complexités administratives peuvent être importantes : «Nous bénéficions de toutes les compétences pour développer une forme de chauffage par le bois énergie. L’aspect économique peut être bloquant mais il existe des subventions favorables à l’investissement dans le bois énergie», complète Thomas Wolff. L’association Aveyron Energie Bois peut intervenir à plusieurs niveaux : dans l’étude d’opportunité auprès des porteurs de projet (le coût est celui de l’adhésion à l’association), dans l’étude de faisabilité (financée jusqu’à 70%) et dans la concrétisation du projet. «Nous prévoyons de créer une plateforme de communication entre tous les acteurs territoriaux afin de fluidifier les échanges et de proposer un appui technique efficace et coordonné», avance Stéphane Foury, en collaboration notamment avec le SIEDA et Aveyron Engenierie.

Eva DZ

Contact Aveyron Energie Bois : 05 65 73 77 73 - aveyron-energie-bois@orange.fr

23 février 2017

Projet d’AOP Pérail : l’aire géographique en consultation publique

C’est une bonne nouvelle que Jean-François Dombre, président de l’association de défense et de promotion du fromage de brebis Pérail a annoncé mercredi 22 février : le projet d’aire géographique de la future AOP Pérail est en consultation publique du 8 mars au 8 mai 2017. Ultime étape avant la validation du cahier des charges de la production de lait et de fromage et l’obtention de l’AOP.

L’INAO a mobilisé un comité d’experts composé d’historiens et de géographes pour travailler sur un projet d’aire géographique de la future AOP Pérail, aujourd’hui mise en consultation publique. Leur rapport basé sur des critères climatiques, de territoire,.… s’étend sur cinq départements : l’Aveyron, la Lozère, le Tarn, l’Hérault et le Gard et 281 communes ou parties de communes. «Les experts ont été marqués par le lien qui nous unit à l’AOP Roquefort, de par le don de présure que faisaient les laiteries depuis des générations en fin de campagne, aux paysans pour qu’ils fabriquent leur Pérail», souligne Jean-François Dombre. «Nous avons récolté 800 témoignages en 15 jours de cette complémentarité, ce qui a poussé les experts à inclure notre projet d’aire géographique dans le rayon de l’AOP Roquefort».

Ravi de cette nouvelle étape dans l’obtention de l’AOP, démarche engagée en 1995, Jean-François Dombre sait que l’appellation est sur la bonne voie. «Le Pérail à travers son appellation, s’inscrira pleinement dans la politique de démarche de qualité de nos territoires difficiles. Ce produit fait vivre 200 producteurs et 140 salariés. Il représente entre 4 et 5 millions de litres de lait et 1000 tonnes de fromags. C’est un produit qui compte dans le paysage fromager local».

Le rapport de la commission d’experts comprenant les critères de délimitation et le projet d’aire géographique est consultable auprès des services locaux de l’INAO à Aurillac (04 71 63 85 42) ou auprès de l’association de défense et de promotion du fromage de brebis Pérail (05 65 59 59 09) et sur le site de l’INAO (www.inao.gouv.fr rubrique consultation publiques).

Eva DZ

16 février 2017

Ferme des Homs à St Christophe Vallon : «20 ans pour constituer une clientèle fidèle»

Florence et Dominique Costes de la ferme des Homs sont des précurseurs dans la transformation de produits fermiers et la vente directe en Aveyron. Lorsqu’ils se sont lancés en 1992, ils transformaient quelques veaux et agneaux. Aujourd’hui, ils valorisent l’ensemble de leur production en direct dans leur propre atelier de découpe et embauchent 3 salariés.

En 25 ans, le parcours fut semé d’embûches pour Florence et Dominique Costes mais ils ont réussi à force de travail et de motivation ! «Il faut savoir se lancer et se donner les moyens d’atteindre ses objectifs», lance le couple. Ils ont démarré sur la commune d’Onet le Château sur une ferme et des terres en location, en 1989 pour Dominique et en 1992 pour Florence à la sortie de son BTA. Année où ils ont démarré la transformation de quelques veaux puis d’agneaux sur commande «pour se tester», profitant de la proximité de l’atelier de La Roque pour la découpe. «Nous étions limités en surfaces et nous ne voulions pas démarrer une nouvelle production, nous avons donc choisi la transformation pour aller au bout de notre produit», explique Florence. Pour se faire connaître, le couple sillonnait les marchés locaux et sur Toulouse pour commercialiser leur viande de veau, de bœuf et d’agneau découpée et emballée sous vide.

Leur clientèle augmentant, Dominique et Florence ont fait le choix d’investir dans leur propre atelier de découpe et ont embauché un boucher pour plus d’autonomie et de souplesse dans le travail vis-à-vis des commandes des clients. «Le dossier n’a pas été insurmontable à réaliser. Nous avons tout fait valider à la DSV. Comme certains investissent dans une salle de traite, nous avons investi dans un atelier de découpe ! Ce n’est pas plus compliqué !», sourit Florence. Très satisfaite d’avoir pu embaucher un professionnel de la découpe, elle est sûre de la qualité de son produit qu’elle vend au détail et un peu en colis.

Leur propre atelier de transformation

Petit tournant en 2000 lorsque le couple a dû «s’expatrier» à St Christophe Vallon où ils ont acheté la ferme des Homs même s’ils ont gardé quelques parcelles et un bâtiment près de La Roque. Deux ans plus tard, un incendie ravage l’atelier de découpe : «ce fut pour nous l’occasion de transférer l’atelier à la ferme des Homs, d’avoir un outil aux dernières normes, plus à notre main et fonctionnel pour le salarié», avance Florence.

A la tête d’une clientèle aujourd’hui fidélisée, Dominique et Florence ont réduit le nombre de marchés, ils sont les mercredis et samedis à Rodez et ont un petit magasin ouvert un jour par semaine, sur leur ferme. Adhérents au réseau Bienvenue à la ferme, ils proposent à l’occasion des visites de l’exploitation : «Les clients veulent connaître l’origine des produits qu’ils consomment, la façon dont nous les élevons, comment nous les nourrissons,...», détaille Dominique.

Il leur a fallu 20 ans pour réussir à transformer l’ensemble de leur prodution issue de leurs 100 vaches limousines et leurs 70 brebis Rouge de l’Ouest, en vente directe. Ils ont aussi développé les plats cuisinés, pour une valorisation totale des carcasses. «Sans l’efficacité et le professionnalisme de nos salariés tant sur l’exploitation qu’à l’atelier de découpe (1 temps complet et 2 temps partiels), nous n’y serions pas parvenus», indique le couple. Chacun est polyvalent et connaît le produit : «C’est important de savoir de quoi on parle !».

Et de préciser que toute l’alimentation donnée aux animaux est produite sur la ferme, en quasi autonomie. «Nous avons dû adapter notre production à notre débouché même si nous expliquons bien aux clients qu’on ne peut pas manger de l’agneau toute l’année !», sourit Florence. Dominique a mis en place des vêlages toute l’année en bovin, il produit des veaux entre 8 et 10 mois à 240 kg/carcasse en moyenne et des agneaux de 4-5 mois entre 22 et 25 kg/carcasse, abattus à Rodez, un outil auquel les éleveurs tiennent beaucoup. «Même si nous avons beaucoup de travail, nous sommes heureux de pouvoir maîtriser notre produit jusqu’au bout. Que cela dure?!».

Eva DZ

16 février 2017

Lait de vache et agriculture biologique : conversions et maîtrise de la production

«Etat des lieux, perspectives et stratégies de développement pour le lait de vache en agriculture biologique» était le thème de la rencontre proposée vendredi 10 février, à Flavin, organisée par la Chambre d’agriculture et l’APABA.

Le Comité de développement agricole de Rodez-Nord (CDARN), la mission AB de la Chambre d’agriculture et l’APABA (Association pour la Promotion de l’Agriculture Biologique en Aveyron) ont rassemblé une centaine de personnes à Flavin. Pierre Joffre, co-président du CDARN, responsable de la mission AB de la Chambre d’agriculture, membre de la commission AB de la Chambre régionale d’agriculture, a introduit la matinée sur un état des lieux aveyronnais : «le département compte 45 exploitations bovins lait certifiées AB pour 8 millions de litres de lait collectés. A l’horizon 2018, ce sont 100 à 110 producteurs qui livreront du lait bio avec le nombre de conversion en cours aujourd’hui. Ils représenteront 9 % des exploitations en bovins lait du département et 7 % des volumes». Pour autant, l’élu de la Chambre d’agriculture tempère la situation : «cette rencontre a pour objectif de mettre en avant les forces mais aussi les faiblesses de ce marché AB français».

Bernard Teyssère, administrateur de l’APABA, a rappelé l’objectif et missions de l’association, puis Paul Zindy, chargé de mission au CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière), a dressé un tableau de la production de lait de vache AB en France et dans l’Union européenne.

Selon les données du CNIEL, «les produits laitiers bio occupent une place conséquente dans certains pays européens : 29 % du lait de consommation au Danemark, 18 % en Autriche, un peu plus de 10 % en Suède, 9 % en France. En 2015, la collecte de lait bio a continué sa croissance en Allemagne (+4%), en France (+6,9 %), loin devant le Danemark (+1 %), Autriche (0?%), la Suisse (+1 %). L’Allemagne reste le premier pays producteur, devant la France. Avec 1,3 million d’hectares cultivés en AB en 2015, dont 300 000 ha en conversion, les surfaces bio continuent de progresser en France (+17 % par rapport à 2014), soit plus de 4,9 % de la SAU nationale. Par ailleurs, les produits laitiers AB représentent 11,4 % des achats des ménages français en alimentaire AB en valeur».

2016, année des conversions

La France compte aujourd’hui 2?170 producteurs de lait de vache AB, 125 établissements de collecte, 163 transformateurs. Le grand Ouest et le grand Est rassemblent la grande majorité des producteurs. En 10 ans, la collecte a fait un bond de 146?%, pour un total de 557 millions de litres de lait de vache AB en 2015. Avec un prix de base 2016 payé en moyenne 469 €/1?000 litres, contre 309 €/1?000 litres pour le conventionnel. Autre indication de Paul Zindy, «la tendance haussière du rythme de conversions qui continue en France. Entre novembre et mai 2015, juin et octobre 2015, novembre et mai 2016, juin et octobre 2016, le nombre de producteurs convertis est passé respectivement à 83, 80, 684, 143. Le nombre de producteurs AB doit croître en 2017, avec 2 363 fin mai, 2?741 fin octobre, puis 3?149 fin mai 2018 et 3?221 fin octobre 2018. A la mi-2018, la France devrait atteindre les 890 millions de litres, soit une hausse de la collecte de 53?%». C’est la France qui a enregistré le plus de conversions en deux ans au niveau de l’UE, note encore le CNIEL.

Agniechka Mariettaz et Jean-Luc Denis, producteurs de Biolait, voient donc l’avenir du lait de vache AB avec optimisme. Mais avec un bémol :?«nous aurons une année 2018-2019 difficile à passer avec le nombre de conversions augmentant les volumes. Il faudra être vigilants sur les prix et garder la confiance des consommateurs».

«Diversité des productions»

Pierre Joffre est du même avis : «les interventions de la matinée ont donné un aperçu général des marchés favorable, qu’il faut tempérer», insiste-t-il. «Il sera necessaire de maîtriser les volumes, l’offre et la demande. L’enjeu est de maintenir les exigences de qualité du bio».?Par ailleurs, il juge «les productions de fromages AB valorisées par une accroche territoriale intéressante». Damien Lacombe estime que «les productions AB et conventionnelles sont complémentaires». Pour Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, «nous n’opposons pas les deux systèmes de production.?Nous sommes ici dans un bassin de production de lait de vache qui peut se démarquer le plus possible, en étant complémentaire des autres. La force de l’Aveyron est sa diversité.?Ce département est dans les premiers au niveau national pour les productions AB. Il y a de la place ici pour le bio, dans une démarche sociétale en quête de valeur ajoutée, avec une adéquation sol-troupeau efficace. Tout doit être construit dans l’intérêt de l’agriculteur, et pour que nos territoires conservent le maximum de paysans. L’avenir doit se bâtir ensemble, en se démarquant, et sans banaliser le label AB».

D.B.

19 janvier 2017

Rencontre éleveurs et responsables de Système U Sud à Lodève : Cœur de gamme est en marche !

Suite à l’engagement de Système U dans la démarche Cœur de gamme en juin, les responsables de la FRB ont invité les directeurs de magasins et responsables des rayons boucherie de l’enseigne Système U Sud pour découvrir cette démarche et surtout la mettre en œuvre localement. Ils étaient une cinquantaine de personnes, dont 17 points de vente mardi 17 janvier autour de Lodève.

Une cinquantaine de personnes, éleveurs, responsables professionnels, directeurs et responsables de rayon boucherie des enseignes Système U de la région montpelliéraine se sont retrouvés mardi 17 janvier autour de la démarche Cœur de gamme.

Système U s’est en effet engagé dans ce dispositif en juin, en signant un partenariat avec la FNB pour revaloriser les prix d’achat des animaux de races à viande aux éleveurs répondant à un cahier des charges Cœur de gamme. C’est le dispositif que la profession a imaginé pour que les producteurs de viande puissent retrouver une plus-value sur leurs produits par rapport notamment à l’afflux de vaches de réforme laitières. «C’est une façon de contrer la logique commerciale en vigueur actuellement dans la filière allaitante, victime de prix bas et de perte de valeur», avance Olivier Boulat, administrateur FNB et référent de la démarche Cœur de gamme pour le sud de la France. Il partage cette fonction avec Dominique Fayel. C’est à leur initiative que la rencontre avec l’enseigne Système U pour la zone sud (de Lyon à Bordeaux) s’est déroulée. Car si au niveau national, plus de 6700 animaux ont été valorisés dans la démarche Cœur de gamme pour des magasins Super U, en revanche dans le sud, le dispositif patine un peu ! Ils ne sont en effet que 25 magasins d’ores et déjà partie prenante sur les 220 recensés dans la région sud !

Des échanges constructifs

Mais que ce soit Nicolas Bringer, président du groupement d’achat chez Système U Sud ou David Léon, directeur Frais-Métier de Système U Sud, tous les deux ont montré leur intérêt pour le Cœur de gamme. Ils ont particulièrement apprécié la journée qui leur a été proposée.

Elle a démarré sur la ferme de Jérôme Clarissac, au Caylar. Les participants, éleveurs, chefs bouchers, directeurs de magasins ont pu largement échanger sur le métier et les pratiques d’élevage. L’alimentation des animaux, le cycle de production ont été notamment très détaillés pour permettre aux responsables d’enseignes de prendre conscience de la réalité du métier d’éleveur. «Tous ont semblé très intéressés, ont posé beaucoup de questions et ont avoué avoir beaucoup appris sur le métier», a confié l’un des participants.

Puis la démarche Cœur de gamme a été présentée en détail, le cahier des charges que les éleveurs s’engagent à respecter (pratiques d’élevage, âge des animaux, poids de carcasse, conformation et état d’engraissement,...) et bien sûr la contre- partie : un prix juste pour les éleveurs (de l’ordre de 1 €/kg de plus sur chaque animal estampillé Cœur de gamme). «Cœur de gamme a vocation à assurer une juste rémunération des éleveurs tout en garantissant aux consommateurs de bonnes pratiques d’élevage et une viande de qualité», ont rappelé les responsables professionnels.

De leurs côtés, les représentants de Système U ont évoqué deux conditions à la concrétisation de leur engagement dans la démarche : un retour effectif aux éleveurs, l’assurance qu’ils reçoivent la plus-value issue de la démarche et la possibilité de bénéficier d’outils de communication pour sensibiliser le consommateur au Cœur de gamme. Beaucoup ont en effet précisé que le prix de la viande n’était pas un frein auprès des consommateurs dans la mesure où ils achètent un produit de qualité, dont ils connaissent l’origine et qui est produit près de chez eux.

Prochaines étapes : Toulouse et Bordeaux !

Après un déjeuner convivial autour d’un aligot préparé par les Aveyronnais, le groupe a visité le magasin Super U de Lodève et en particulier le rayon boucherie. Le chef boucher a pris le temps d’expliquer son travail, présentant deux carcasses, l’une de type «standard» et l’autre estampillée «Cœur de gamme» dans les chambres froides de l’enseigne.

De l’avis de tous, la journée fut constructive et les responsables de magasins se sont engagés dans la démarche. Ils ont préparé un document sur le Cœur de gamme afin de le présenter auprès de l’ensemble de leurs magasins. Leur discours a même été plutôt convaincant et positif, incitant le plus grand nombre à s’engager !

Prochaine étape, le même type de rencontre avec Système U sur la région toulousaine et une autre sur la région de Bordeaux.

Eva DZ

12 janvier 2017

Ovinpiades et élevage ovin : la filière des possibles

La journée des Ovinpiades a été l’occasion pour la profession d’organiser une après-midi consacrée à la filière ovine. La présentation de Dominique Delmas, conseiller spécialisé de la Chambre d’agriculture, suivie d’une table ronde avec l’ensemble des opérateurs de la filière viande, a permis de diffuser auprès des étudiants un message très positif sur les opportunités en matière d’installation.

Chaque année la Chambre d’agriculture, la FDSEA et les JA organisent une journée sur l’installation en ovin viande. Cette année cette opération s’est greffée aux Ovinpiades départementales. Ainsi, après la pratique, déclinée lors des épreuves du matin, place à la théorie. Quelque 150 élèves des lycées La Roque et La Cazotte se sont rassemblés pour découvrir les spécificités et opportunités offertes par les filières ovines aveyronnaises.

Des échanges mondiaux propices

Dominique Delmas a ouvert le bal en partageant son expérience de l’élevage ovin, de ses flux mondiaux jusqu’aux filières locales. Il a ainsi expliqué l’influence des échanges mondiaux dans la fixation du prix des agneaux français. Depuis près de 10 ans, la production française a bénéficié d’un déroutage des agneaux néo-zélandais vers le continent asiatique, et plus particulièrement, la Chine. Malgré un affaiblissement des importations chinoises depuis 2 ans, les volumes océaniens envoyés en Europe continuent de baisser. Cet élan permet de conforter l’augmentation du prix des agneaux français, amorcée en 2007.

De plus, malgré une baisse de consommation de 3% en 2016, le déficit français en viande ovine dépasse encore les 50%, au profit des importations, en majorité depuis la Grande Bretagne. Cette forte concurrence est favorisée par des prix plus bas que le prix de base français. Pour preuve, on enregistre en 2015, 12% de baisse du prix de l’agneau du Royaume Uni, tandis que le prix de base des carcasses françaises augmente de 5%. Ce manque de compétitivité se remarque surtout sur la viande standard, mais il est compensé par le décalage entre production et consommation et la forte segmentation du marché. Ces effets sur le maintien du prix font de la filière ovine française une source d’opportunités pour l’installation de jeunes éleveurs.

Un bassin à fort potentiel

La nouvelle région Occitanie est sur la première marche du podium national en nombre d’éleveurs et de brebis. L’Aveyron se classe premier en nombre de brebis laitières et second derrière le Lot en effectif allaitant. La filière ovine régionale est caractérisée par une forte présence de productions sous signes officiels de qualité et d’origine (SIQO), essentiellement Label Rouge, IGP et Agriculture Biologique. Cette segmentation est encouragée par une augmentation constante de la part des SIQO dans la consommation totale de viande ovine.

En Aveyron, le nombre d’éleveurs allaitants frôle les 950, et le cheptel ovin viande s’élève à plus de 127 000. Néanmoins, la filière ovine locale est toujours dominée par le bassin laitier de Roquefort, qui dénombre environ 2 000 exploitations, dont 1 660 produisent pour la filière AOP. Le volume de lait total est estimé à 200 millions de litres, dont 170 millions seraient transformés au sein de la filière Roquefort. Les agneaux issus de ces élevages sont vendus à 1 mois et sont destinés à l’engraissement. On estime à 870 000 le nombre d’agneaux vendus sur le Rayon.

Une structuration remarquable

L’élevage ovin aveyronnais, en majorité en race Lacaune, bénéficie de 2 schémas de sélection (Ovitest et GID Lacaune), de 2 centres d’insémination artificielle, Ovitest et le service élevage de Confédératiion de Roquefort, ainsi que d’un organisme de contrôle de performances : Unotec.

Les agneaux issus des élevages allaitants sont pour partie commercialisés sous 4 appellations de qualité : Lou Paillol, Agneau Fermier des Pays d’Oc, Agneau Laiton et l’IGP agneau de l’Aveyron. Ces marques répondent aux cahiers des charges IGP et Label Rouge, soit des agneaux de bergerie élevés sous la mère avec un complément de céréales, abattus entre 70 et 150 jours.

Cette prédominance de filières qualité est permise grâce à une production très structurée par la présence d’organisations de producteurs qui sont au nombre de quatre : Aprovia, Elvea 12-48-81, Sica2G et Unicor. Ces opérateurs ont tous répondu présent à la table ronde organisée pour les étudiants. Ils ont confirmé que le marché reste porteur et que les résultats économiques sur les exploitations, dont le revenu moyen est en progression depuis 2008, doivent encourager l’installation de nouveaux éleveurs. Avec une augmentation du prix moyen des agneaux de 22% en 6 ans et une PAC favorable depuis 2010, tous les voyants de la filière sont au vert, alors qu’elle a longtemps souffert d’une image négative.

Au sujet de la baisse générale de la consommation de viande, les opérateurs misent sur l’avenir des produits différenciés. «On consomme moins mais mieux», s’accordent-ils à affirmer. Concernant la montée en puissance des groupes anti viande, les opérateurs expliquent que le dialogue avec la société est aujourd’hui incontournable et que tous les maillons de la chaîne alimentaire doivent faire preuve de transparence et de pédagogie.

Chaque entreprise a pu exprimer ses besoins en terme de volume, affirmant sa nécessité d’augmenter ses apports pour pouvoir conquérir de nouveaux marchés et développer ses contrats commerciaux. Les opérateurs de la filière tiennent chaque année à envoyer ce signal très fort aux futurs éleveurs qu’ils ont la chance de rencontrer.

Enfin, les organisations de producteurs ont salué les progrès réalisés par les éleveurs depuis 20 ans. Ils se sont en effet adaptés aux exigences des labels en produisant des agneaux d’une qualité constante.

En conclusion, Edith Bonnefous, présidente du Comité bassin de la Chambre d’agriculture, a rappelé que la filière offre des opportunités d’installation, notamment en GAEC. Pour elle, le travail en société est le gage d’une qualité de vie appréciable, confortée par une filière dont l’astreinte n’est pas un point faible.

B CAREL

15 décembre 2016

Chambre d’agriculture et agriculture biologique : conserver des marchés sécurisés

Pierre Joffre, éleveur de brebis laitières en Agriculture Biologique, est le responsable de la Mission Bio de la Chambre d'agriculture de l'Aveyron. Il livre son point de vue quant à l'état de la filière et ses perspectives.

Quelle est votre vision de la filière aveyronnaise ?

«L'Aveyron est le premier département français en termes de surfaces converties en Agriculture Biologique. Parmi les départements d'élevage, il se place aussi en tête en nombre d'exploitations. Cela n'est pas étonnant au regard des pratiques traditionnelles de nos systèmes de polyculture-élevage, fortement liés au sol, et déjà naturellement proches des exigences du Bio.

Comment est-elle organisée ?

La filière laitière très porteuse est bien organisée, que ce soit en ovin ou en bovin. La valorisation du lait se fait par des marchés solides et porteurs. Néanmoins nous devons rester vigilants car trop d'euphorie pourrait malheureusement provoquer un déséquilibre entre l'offre et la demande. Pour exemple, la Chambre d'agriculture a conduit une enquête auprès des entreprises collectant du lait de brebis bio sur le Rayon de Roquefort. Elle fait apparaître une prévision de croissance de près de 50 % à l'horizon 2018 ! Même si le lait de brebis de notre territoire est très bien valorisé par des transformations différenciées, nous espérons que ces augmentations de volume se font dans le cadre de marchés sécurisés. Cette recommandation s'applique bien sûr aussi au lait de vache, plus soumis à la concurrence entre opérateurs, et qui poursuit sa progression dans notre département. Attention de ne pas trop anticiper des hausses de ventes qui pourraient, pour diverses raisons, comme une crise économique, ne pas se réaliser.

Au niveau de la viande, la valorisation des produits en Agriculture Biologique est moins évidente. La culture des foires, encore très présente en Aveyron, rend plus difficile les prévisions d’approvisionnement, et donc la signature de contrats. De ce fait, le prix est moins attractif et ne vient pas toujours compenser une éventuelle augmentation de charges. Cela est encore plus vrai que le marché de la viande Bio concerne essentiellement des animaux finis, dont le coût d’engraissement est plus élevé qu’en conventionnel. Le marché deviendra porteur lorsque nous arriverons à initier une démarche collective, avec des éleveurs fortement engagés.

A propos des filières végétales, les producteurs sont jusqu’à présent essentiellement tournés vers la vente directe, souvent sur les marchés de plein vent. Nous nous félicitons de la multiplicité des projets qui ont réussi leur installation, car cela a signé la renaissance du maraîchage un peu partout en Aveyron. En parallèle, la Chambre d’agriculture émet le vœu de voir s’organiser une filière qui serait capable d’approvisionner en semi-gros les enseignes locales demandeuses de tels produits, et capables de toucher un plus vaste public de consommateurs.

Quelles sont, selon vous, les perspectives de la filière ?

Les habitudes de consommation sont en pleine évolution. On parle beaucoup de végétarisme, d’aliments sans gluten... Est-ce un phénomène de mode ? On ne peut pas le savoir, néanmoins cela montre que les consommateurs s’inquiètent de plus en plus de ce qu’ils mettent dans leur assiette. On sent qu’il s’opère un retour vers une alimentation porteuse de valeurs, plus locale, plus respectueuse de l’environnement et des Hommes. J’en veux pour preuve, l’engouement pour les magasins de producteurs qui fleurissent, même en Aveyron. Ce constat me rend optimiste quant au plébiscite croissant des consommateurs pour le Bio.

Cependant, l’Agriculture Biologique, si elle est vouée à poursuivre son développement, doit conserver son niveau d’exigence. En France, elle est née d’une démarche initiée par des agriculteurs pionniers et des consommateurs engagés. Elle est créatrice de valeur ajoutée et remporte la confiance du consommateur. Maintenant que son cahier des charges est européen, nous craignons un assouplissement, sous la pression de certains états membres. Par exemple, le lien au sol, qui nous apparaît comme fondamental, n’est pas forcément une évidence pour d’autres pays, du nord de l’Europe en particulier. Des débats sont déjà en cours à Bruxelles.

Comment la Chambre d’agriculture accompagne-t-elle les agriculteurs engagés??

Fidèle à ses orientations de soutenir toutes les agricultures, la Chambre intervient aussi auprès des éleveurs convertis en agriculture Biologique. L’action de la Mission Bio se décline en partenariat avec les organismes techniques : Unotec et le service Elevage de la Confédération générale de Roquefort pour le lait de brebis, le contrôle laitier en lait de vache. Ainsi, en élevage bovin, la Chambre d’agriculture dispose d’un peu moins de deux équivalents temps plein pour le suivi technico économique des élevages. Avec un nombre croissant de conversions, ces moyens vont malheureusement s’avérer insuffisants. La Mission Bio travaille aussi en lien avec le service spécialisé en agronomie, élément incontournable de la performance des exploitations Bio. Nous animons aussi des groupes d’éleveurs qui se retrouvent pour partager leur expérience. Ces espaces d’échanges sont bien sûr ouverts aux agriculteurs «conventionnels» qui utilisent déjà, ou souhaitent le faire, des techniques de production alternatives. Notre volonté de ne pas opposer les systèmes, mais au contraire de mettre en avant leur complémentarité, reste sans équivoque. Tous les techniciens du contrôle laitier interviennent autant chez des Bio que des conventionnels, il n’y pas de cloisonnement.

Dans le domaine des productions végétales, la Chambre s’appuie aujourd’hui sur l’expertise de l’APABA. En faveur du développement du maraîchage, nous travaillons à la mise en place d’un projet technique commun.

La Chambre d’agriculture intervient aussi au niveau des projets d’installation ou de conversion. Lorsque nous rencontrons un porteur de projet, la toute première question que nous lui posons concerne ses débouchés. Chaque candidat à la conversion doit obligatoirement se demander : «L’augmentation de mes coûts de production va-t-elle être compensée par le prix ?». Cette question est fondamentale et conditionne la réussite du projet. C'est aussi le gage de la pérennisation de nos filières aveyronnaises.»

B.C.

27 octobre 2016

Assemblée générale de l’association Bœuf Fermier Aubrac : Patrick Mouliade, nouveau président

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas, l’association Bœuf Fermier Aubrac confirme cet adage puisqu’en 2015, elle affiche des résultats en nette hausse : + 10 points de vente, + 30 adhérents, + 121 animaux labellisés. Un beau bilan pour Christian Bonal qui présidait sa dernière assemblée générale vendredi 21 octobre à Ste Geneviève sur Argence.

L’année de ses 20 ans, l’association Bœuf Fermier Aubrac s’est surpassée ! Elle dépasse aujourd’hui les 500 éleveurs engagés dans la filière (+6,3%), elle a augmenté le nombre de carcasses labellisées (+3%) malgré un marché de la viande difficile. Le seul point noir est une baisse du prix du kg. «La conjoncture nous a obligés à réduire notre prix de 9 centimes/ kg carcasse pour être en phase avec le marché», a expliqué le président Christian Bonal, rappelant qu’il tenait à un différentiel de prix par rapport aux cotations grand sud. La valorisation des carcasses était de 4,65 €/kg, soit une valorisation moyenne des animaux de 1 892 €.

Mais ce que les responsables de BFA veulent retenir avant tout, c’est l’engagement des éleveurs dans la filière : «Que ce soit dans la régularité des livraisons d’animaux ou lors d’animations en magasins, les éleveurs se sont bien mobilisés, ce qui a contribué à la bonne dynamique de notre produit», a remercié Christian Bonal. «Parmi nos 506 adhérents, 365 sont livreurs d’animaux BFA, soit 10 producteurs de plus. Le nombre d’éleveurs engagés comprend les naisseurs qui sont la source de notre produit puisqu’un BFA doit être né, élevé et engraissé chez des éleveurs agréés Bœuf Fermier Aubrac», a souligné l’animatrice Marie Puech, précisant que la liste des naisseurs BFA était consultable sur le site de l’association.

Des progrès chez les éleveurs

Les éleveurs se partagent entre cinq organisations de producteurs : CELIA, ELVEA Sud Massif central, ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère, Eleveurs du Pays vert et Unicor. Tous ont vu leur nombre d’éleveurs augmenter. Plus de la moitié sont installés en Aveyron (52%), en Lozère (28%), dans le Cantal (17%) et dans d’autres départements comme le Puy de Dôme, la Haute Loire, le Tarn, l’Hérault,...

Christian Bonal a tenu, aussi, à souligner les efforts des éleveurs sur les plannings d’animaux, leur régularité d’approvisionnement : «Il ne faut pas hésiter à annoncer les animaux de manière plus juste et à être plus fiables sur la date de leur sortie», a-t-il encouragé. Il s’appuie sur des chiffres encourageants : 38 animaux abattus en moyenne par semaine (+2 animaux par semaine), 5,4 animaux livrés par an, par adhérent et 50% des éleveurs produisent de 1 à 4 BFA par an (et jusqu’à 34 pour le premier d’entre eux !).

Les progrès réalisés dans l’engraissement ont aussi été remarqués. Marie Puech a livré quel-ques repères : 1 592 animaux labellisés, 644 tonnes de carcasses labellisées, 423 tonnes de viande commercialisées sous le label rouge BFA, un classement des carcasses en progrès avec des animaux classés en R+ ou U- et un poids moyen de 404,5 kg/carcasse (+8,9 kg).

A noter aussi l’engagement des abatteurs dans la filière : Castres Bigard (49% des volumes), Arcadie Rodez (34%), Conquet (16%) et Languedoc Lozère Viande (1%).

«Ces efforts réalisés par tous les maillons de la chaîne, ajoutés aux nombreux reportages, aux multiples animations dans les magasins et sur les salons ont permis d’accroître la notoriété du Bœuf Fermier Aubrac», assure Christian Bonal. En témoigne l’attrait toujours d’actualité des points de vente pour accueillir dans les rayons le fameux label rouge : «Nos produits sont actuellement valorisés dans 18 boucheries traditionnelles, dans 9 enseignes d’Auchan et 1 magasin Carrefour et des contacts sont en cours sur la région de Bordeaux, de Nîmes, de Nice et de Beauvais», salue Christian Bonal.

Des arguments à faire valoir auprès des consommateurs

SISQA, Salon de l’agriculture, Festival des Bœufs gras de Pâques à Laguiole, Foire du 8 août, Fête de la race Aubrac, Fête de la vache Aubrac en Transhumance, Marché des pays de l’Aveyron à Bercy, Salon Sud de France à Montpellier,... le Bœuf Fermier Aubrac ne manque pas une occasion dans l’année de se faire connaître. Et 45 éleveurs ont rencontré les consommateurs dans 19 magasins partenaires. «Ces animations sont un bon moyen de nous défendre contre les attaques incessantes des anti-viande», a complété Patrick Mouliade.

«Nous avons des arguments d’un produit de qualité issu d’une alimentation contrôlée, lié à son territoire, aux grands espaces de transhumance, de pâturage, une image positive auprès des consommateurs à défendre. Quand on nous oppose au soja, dont on ne connaît pas l’origine ni la composition, avec un goût de viande ! Je préfère l’original à la copie !», renchérit Christian Bonal. Tous deux comptent sur le relationnel avec les points de vente pour que les bouchers et les consommateurs deviennent les meilleurs ambassadeurs du BFA. «Nous avons des demandes de la part de nouvelles régions, d’autres OP, d’autres abatteurs, nous devons surfer sur cette belle dynamique pour l’avenir du Bœuf Fermier Aubrac, de nos produits et de notre territoire», a conclu Christian Bonal.

Eva DZ

20 octobre 2016

Semaine du goût : le Pérail continue de plaire même aux tout petits

Depuis plusieurs années, l’association Pérail s’associe à la Semaine du goût pour faire découvrir son petit fromage au lait de brebis, tout rond, tout doux, dans les écoles primaires de la zone de production. Six classes l’ont accueilli cette année avec 150 petits nouveaux ambassadeurs dont des tout petits pour la première fois !

«Ils en redemandent !» l’animation autour du Pérail est plébiscitée à la fois par les enseignants et par les enfants qui apprécient ce petit trésor des causses ! De la maternelle (une première cette année) à la primaire, certaines classes réservent cette demi-journée de découverte d’une année sur l’autre, au moment de la Semaine du goût !

«Nous avons rendu visite cette année à six classes, à St Affrique, Vabres l’Abbaye, Millau et Marvejols en Lozère», détaille Sophie Lucas, animatrice de l’association Pérail. «Au total, 150 enfants de petite section au CM2 ont découvert la saveur du Pérail?: une histoire de goût, d’odeur et de terroir racontée par les acteurs eux-mêmes». Eleveurs mais aussi artisans fromagers se sont une nouvelle fois mobilisés pour offrir un joli tandem lors de chaque intervention dans les classes. «Beaucoup connaissent ce fromage mais tous n’ont pas eu l’occasion de le goûter et tous ne connaissent pas son histoire depuis les fermes jusqu’à la transformation», explique Sophie Lucas.

L’engagement des enseignants

Une grande partie de l’animation est consacrée à la dégustation, Semaine du goût oblige ! «Nous développons une approche sensorielle sur le goût du lait et sur les odeurs, en invitant les enfants à partager leurs sensations au moment de la découverte du fromage et surtout de sa dégustation». Et globalement, le constat est unanime : le Pérail passe très bien auprès des enfants?! «Lorsque nous intervenons dans une école, les enfants que nous avons rencontrés l’année dernière, se souviennent du Pérail et sont déçus de ne pouvoir y goûter de nouveau !», sourit Sophie Lucas. Preuve que l’animation plaît et laisse des traces chez ces nouveaux petits ambassadeurs du Pérail !

L’engagement des enseignants est aussi pour beaucoup dans la réussite de l’animation : «cette année, une classe m’a demandé de la présure pour fabriquer elle-même son Pérail et ensuite aller à la rencontre d’un producteur fermier ! Très souvent, les classes ont bien préparé notre venue avec des questions. D’autres nous font parvenir des compte-rendus très détaillés. Le pari est gagné !», conclut Sophie Lucas.

Un pas de plus dans la notoriété du Pérail qui court toujours après son AOP. Le comité de l’INAO va voter en novembre la phase de consultation publique sur les communes proposées pour la zone d’appellation, qui devrait démarrer au printemps 2017 (sur deux mois). Une étape décisive pour la suite.

Eva DZ

20 octobre 2016

AOP Bleu des Causses : «Un fromage qui gagne à être connu»

L’AOP Bleu des Causses était au menu découverte de 47 élèves du lycée La Roque, pendant trois jours, la semaine dernière : rencontres avec les acteurs de la filière, depuis le producteur jusqu’au transformateur et à la commercialisation. Sans oublier bien sûr, la dégustation !

Sur les 47 élèves de 1e bac techno STAV (option production agricole et sciences et technologies des équipements) du lycée La Roque, ils n’étaient qu’une poignée à avoir déjà goûté le Bleu des Causses. En trois jours de découverte de ce produit, tous l’ont adopté et en font aujour-d’hui la promotion auprès de leurs parents et proches ! L’opération séduction a donc bien fonctionné !

Elle est le fruit de l’initiative de leurs trois enseignants, Armelle Ruel (agronomie), Anne-Marie Izard (zootechnie) et Pascal Gilhodes (agro-équipement). «Dans le cadre de leur formation, les jeunes doivent étudier une filière en particulier un produit sur un territoire donné. Cette année, nous avons choisi le Bleu des Causses AOP», explique ainsi Armelle Ruel. «Nous nous sommes aperçus qu’une grande majorité de jeunes ne connaissaient pas ce fromage qui fait pourtant partie des appellations d’origine protégée fromagères du département, au même titre que le Roquefort ou le Laguiole ! Ce projet a permis d’y remédier !».

Une filière de A à Z

Pendant deux jours et demi, les 47 jeunes ont donc découvert les coulisses de ce fromage au lait de vache pasteurisé. Ils ont échangé avec Jérôme Chaumat, président de l’ODG Bleu des Causses, ainsi qu’avec M. Pons directeur de production chez Lactalis, en charge notamment de la fabrication du Bleu des Causses. Tous deux sont bien sûr venus au lycée avec du fromage que les jeunes ont pris plaisir à déguster ! Le commentaire est unanime : «C’était trop bien !».

Les étudiants ont aussi été séduits par le discours des deux producteurs engagés dans la filière. Ils ont ainsi visité la ferme de Christian Bessière en races Simmental et Montbéliarde à Flavin et celle des frères Chayriguès en race Brune à Lapanouse de Sévérac. «Nous avons découvert deux modes de production différents, avec des races diverses aux qualités spécifiques mais adaptées à la production de fromages», témoigne Théo. «C’était vraiment intéressant car nous avons appris à connaître un fromage de A à Z depuis ses conditions de production sur la ferme jusqu’à l’assiette du consommateur», appuie Manon. Car pour aller au bout de la filière, les élèves ont mené leur enquête jusque dans les rayons des GMS pour relever les prix et observer le conditionnement.

Deuxième phase de ce projet, les élèves par groupe devront synthétiser tous les éléments qu’ils ont recueillis auprès des intervenants dans un dossier d’une quinzaine de pages. Ils reviendront sur la présentation du fromage, des moyens de production, des modes de transformation, du procédé de fabrication, des grands points du cahier des charges, du lien au territoire,... et bien sûr leur ressenti ! Un travail qui comptera dans leur évaluation pour le bac.

Un projet d’étude collectif

«A travers ce projet, les jeunes apprennent à travailler en équipe, avec une part d’initiative sur les questions posées, l’enquête en GMS,...», complète Armelle Ruel. Et les élèves confirment leur intérêt à découvrir une filière, un produit de qualité lié au territoire sur lequel ils vivent : «Nous ne sommes pas tous issus du milieu agricole mais nous sommes en revanche tous passionnés par l’agriculture», rapportent quelques jeunes, très heureux de cette belle ouverture d’esprit.

De leurs côtés, les acteurs de la filière étaient heureux de faire connaître le Bleu des Causses, une occasion supplémentaire de communiquer sur ce fromage qui veut retrouver sa digne place sur le plateau des fromages AOP de l’Aveyron.

Eva DZ

13 octobre 2016

Conférences sur les SIQO : une voie possible

Plus que jamais en cette période de crise, les produits sous signe d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO) sont des facteurs de réussite pour les filières d’élevage. Un quart des exploitations en France vivent grâce aux signes de qualité et contribuent à la valorisation tant économique qu’en terme d’image. Alors oui les démarches qualité sont une voie possible pour redonner espoir et perspectives aux éleveurs !

L’INAO, Institut national de l’origine et de la qualité organisait une conférence débat pour présenter les atouts pour les filières d’élevage, d’un engagement dans une démarche sous signe de la qualité et de l’origine (SIQO).

«Parmi les 1 100 produits répertoriés en France sous SIQO, nous avons de beaux exemples de réussite même si tout n’est pas aisé, avec des installations de jeunes agriculteurs», se réjouit Jean-Charles Arnaud, président de l’INAO. «Les SIQO peuvent apporter, en suivant une stratégie rigoureuse, des perspectives positives et durables : nous avons la chance en France d’avoir une palette diversifiée de SIQO qui sont le fruit d’une histoire, attachée à un territoire», rappelle-t-il.

La force de ces démarches est l’approche collective, le projet structuré et partagé autour d’un mode de production et de transformation. «Cela exige des années de travail. Tout ne s’est pas réalisé en un jour mais ça marche parce qu’il s’instaure une vraie cohérence sur le terrain avec les producteurs qui se sont mis d’accord entre eux et se sont adaptés au marché et à la demande des consommateurs», avance Jean-Charles Arnaud, qui souligne aussi le beau modèle d’organisation sociale que représentent les SIQO.

Valeur ajoutée

Parmi les atouts de ces produits, Gérard You, responsable du service Economie des filières à l’Institut de l’élevage, a listé : «des productions et des filières créatrices de valeur ajoutée, génératrices d’une image positive auprès de la société et en terme environnemental mais aussi une assurance de débouchés, une stabilité des prix moins exposés à la volatilité». Certes les conditions de production sont plus ou moins contraignantes avec une liberté d’action moindre notamment en cas d’aléas mais ces «contraintes» peuvent être transformées en atouts : «Nos cahiers des charges sont souvent exigeants mais il faut les considérer comme un outil de revalorisation de nos ressources», résume Jean-Charles Arnaud. «C’est l’assurance d’un revenu qui provient exclusivement de notre travail, de notre savoir-faire et de nos produits», poursuit le président de l’INAO.

L’AB en croissance

Dans son exposé, Gérard You a balayé les atouts et intérêts économiques des SIQO (Agriculture Biologique comprise) dans les filières. Clairement, en bovins lait, l’AB a apporté une dynamique avec une collecte en progression de 2,4 % en 7 ans, le mouvement de conversion est fort mais organisé pour correspondre à l’offre et la demande. Le prix sur 5 ans pour le lait AB est en progression de 80 euros/t. Concernant le lait AOP dans le Massif central, les professionnels regrettent encore le manque de valorisation même si la plus-value tend à augmenter. «L’AOP permet de mieux rémunérer et de mieux protéger mais il reste encore trop connecté au marché conventionnel», a noté Gérard You.

En lait de brebis, trois appellations se distinguent : Roquefort, Ossau Iraty et Broccio : la collecte est stable et le différentiel de prix est important selon les valorisations (fromage AOP ou poudre).

En lait de chèvre, la collecte sous signes de qualité progresse de par les volumes en AB mais aussi les productions fermières.

En viande bovine, la croissance vient de l’AB (+130%), soit 1% de la production nationale. Mais le différentiel de prix est important entre un label Charolais et les labels portés par des races rustiques (Salers, Aubrac). «Les animaux labellisables ne sont pas toujours valorisés comme tel ! L’absorption des volumes par le marché étant bien souvent la variable d’ajustement. Par contre, les marchés de niche autour de races rustiques par exemple arrivent à se déconnecter du marché», explique Gérard You.

En viande ovine, la valorisation sous signes officiels de qualité (Label rouge, IGP, AB) est prépondérante (+30% en 5 ans), avec à la clé une bonne différenciation du marché et une bonne valorisation des produits.

«Il y a encore des marges de progrès à réaliser quelle que soit la production et nous devons nous appuyer sur les atouts de nos SIQO pour les valoriser davantage», a encouragé Gérard You. «Ces productions sont aussi vertueuses d’un type d’élevage, qui entretient et aménage un territoire, c’est aussi une valeur qui compte dans l’acte d’achat des consommateurs aujourd’hui», ont conclu les animateurs de la conférence. L’INAO continue d’y croire.

Eva DZ

22 septembre 2016

Lait de brebis en AB : le petit Basque à la recherche de producteurs

L’entreprise Le Petit Basque envisage de développer sa collecte de lait de brebis, en particulier sous le label Agriculture Biologique, en Aveyron. Elle organise trois réunions d’information, à La Selve, Vezins de Lévézou et Balsac.

Qu’importe la distance, Le Petit Basque veut poursuivre le développement de sa collecte de lait de brebis en AB dans l’Aveyron. Dans le département, l’entreprise travaille actuellement avec 80 producteurs (13 millions de litres de lait), essentiellement sur les secteurs de Réquista, du Lévézou et de Balsac - Salles la Source, des zones qu’elle souhaite étoffer.

Parmi ces 80 producteurs, 29 sont en conversion ou en AB. «Nous croyons dans le potentiel de développement du lait de brebis en Aveyron», explique Lionel Vasselle, directeur administratif, en charge de ce dossier au Petit Basque. Il animera la semaine prochaine trois réunions d’information, l’occasion de présenter son entreprise, son projet et «notre conception de la relation avec nos producteurs» (lire encadré).

Cette entreprise basée à Bordeaux est l’un des leader sur le marché des yaourts au lait de brebis et ne cesse d’innover sur les desserts lactés. «Nos prévisions commerciales nous indiquent qu’il manquera des producteurs de lait de brebis AB dans les prochaines années», confie Lionel Vasselle. Parallèlement le Petit Basque enregistre une croissance de 20% en lait de brebis depuis quelques années : «C’est notre capacité à innover qui nous permet d’afficher ces perspectives positives». L’entreprise développe une gamme de produits diversifiée depuis le yaourt jusqu’à la crème dessert, en passant par le fromage blanc. «Nous sortons 2 à 3 innovations tous les six mois, c’est ce qui nous permet de nous différencier et de nous démarquer dans les rayons des GMS», poursuit Lionel Vasselle.

Liberté

Lorsqu’on évoque la relation entre l’entreprise et le producteur, le directeur administratif parle de la simplicité du contrat fixé pour 5 ans et renouvelé par tacite reconduction : «nos producteurs sont libres de volumes et démarrent et terminent la collecte quand ils le souhaitent». L’entreprise vise plutôt les exploitations avec des projets de développement (diversification ou spécialisation) ou d’installation qui pourront être accompagnées par la mission AB de la Chambre d’agriculture dans leur projet de conversion par exemple. «Nous n’avons pas de contraintes supplémentaires au cahier des charges du label AB».

Côté prix, la grille est fixée à l’avance, le producteur connaît le prix pour chaque mois, avec une prime à la désaisonnalité parce que Le Petit Basque collecte toute l’année. Pour 2015, le prix moyen est de 1,34 euro le litre en AB (de 1 à 1,70 euro le litre selon le mois). «Chez nous, le producteur est à la décision, comme n’importe quel chef d’entreprise, il définit son volume et son temps de collecte», affirme Lionel Vasselle. «Nous tenons à la liberté d’entreprendre de chacun», s’appuyant sur les 1300 hl de production en moyenne chez leurs adhérents (en AB) et les projets d’investissement chez 9 producteurs sur 10 au bout d’un an de contractualisation avec Le Petit Basque. «Notre credo est simple : la passion, nos producteurs, un patrimoine», résume Lionel Vasselle.

Eva DZ

15 septembre 2016

Syndicat des forestiers privés de l’Aveyron : informer et accompagner les propriétaires forestiers

Le syndicat des forestiers privés de l’Aveyron, Fransylva, s’est réuni en assemblée générale vendredi 9 septembre à Rodez. Sa présidente, Clotilde Ripoull, fait le point sur l’activité de cette structure au service de tous les propriétaires forestiers du département.

Elue en décembre 2014, la nouvelle équipe des forestiers privés de l’Aveyron que vous emmenez, a déjà un beau bilan à son actif. Qu’en est-il ?

C. Ripoull : «En effet, petit à petit, nous avons réussi à structurer notre syndicat et nous œuvrons à le faire connaître. Il y a encore du travail mais nous avançons dans notre mission de service et d’information aux propriétaires forestiers de l’Aveyron.

Dans quels domaines avez-vous œuvré ces derniers mois ?

C. Ripoull : Depuis notre dernière assemblée générale à Vezins, à laquelle avait participé le député Arnaud Viala, nous avons fait remonter auprès de ce parlementaire nos préoccupations en matière forestière. L’idée étant de sensibiliser nos élus dans les départements pour qu’ils puissent faire entendre les problématiques locales dans les instances nationales et poursuivre les discussions avec notre fédération nationale.

Et plus précisément en Aveyron ?

C. Ripoull : Nous avons travailler à la structuration de notre syndicat en signant un partenariat avec la Chambre d’agriculture, représentée par son directeur Bruno Roussel à notre assemblée générale. Désormais, nous bénéficions d’un secrétariat assuré par Stéphanie Ricard et d’une ligne téléphonique directe à la Chambre d’agriculture. Notre ambition est d’entretenir un contact direct avec nos adhérents, d’être disponible pour répondre à toutes leurs questions. De plus nous avons travaillé sur un nouveau logiciel qui nous permet de gagner du temps et de mieux communiquer auprès de nos adhérents. C’est un confort de travail pour les responsables et un service en plus à nos membres. Nous souhaitons aussi travailler avec la fédération départementale de la chasse sur le dossier des dégâts de gibier sur nos forêts.

L’organisation de journées de formation et d’information faisait aussi partie de vos objectifs. Comment s’est passée la première ?

C. Ripoull : Très bien ! Elle a eu lieu cet été à St Geniez d’Olt. En partenariat avec les CUMA, nous avons organisé une démonstration de petits matériels forestiers et nous avons reçu une cinquantaine de personnes. Ce dont nous sommes très satisfaits?! D’autres journées comme celle-ci suivront sûrement !

Avec le rapprochement des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, comment s’organise votre représentativité régionale ?

C. Ripoull : Le président de notre union régionale, François de Marcillac (également président du syndicat des forestiers du Gers) était présent à notre assemblée générale. Ils nous a présenté l’évolution à venir de notre structure qui va s’adapter à la nouvelle région Occitanie. Dans ce dossier, l’Aveyron veut continuer d’être partie prenante comme notre département l’a été en Midi-Pyrénées.

Parallèlement, en 2017 vont se dérouler les élections au CRPF, structure où deux Aveyronnais siègent à ce jour. Nous espérons être toujours présents. C’est important que nous soyons mobilisés pour cet enjeu. Compte-tenu de la taille de l’Aveyron dans le domaine forestier privé (nous sommes le 5e département en surface forestière en France avec 277 000 ha). Philippe Guillemot qui fut l’un de nos représentants aveyronnais au CRPF a aussi beaucoup œuvré pour notre syndicat. Nous devons prendre son relais !

Quels sont vos projets ?

C. Ripoull : Nous souhaitons continuer de développer notre partenariat avec la Chambre d’agriculture, les agriculteurs propriétaires forestiers sont en effet nombreux en Aveyron et nous souhaitons leur apporter toute l’information dont ils ont besoin.

De même nous allons poursuivre notre partenariat au sein d’Aveyron Energie Bois, une branche dynamique en termes de débouchés pour notre filière et dans laquelle nous souhaitons être un acteur identifié.

Et pour ce qui est de votre représentation en Aveyron ?

C. Ripoull : Actuellement nous réunissons environ 250 forestiers privés ce qui représente

10 000 ha de forêt, ce qui est bien mais encore peu représentatif en regard des 277 000 ha de forêt dans le département. D’où notre volonté de communiquer plus encore pour nous faire connaître et faire connaître nos actions.

Par exemple à la suite de notre assemblée générale, nous avions invité un spécialiste de la fiscalité forestière, Johann Hubelet qui nous a apporté de nombreuses informations fort utiles. C’est important, à nos yeux, que les propriétaires forestiers se forment, s’informent pour pouvoir investir et tirer le meilleur parti de leurs ressources».

Recueillis par Eva DZ

01 septembre 2016

Rencontre IRVA-parlementaires aveyronnais : mobilisation pour «l’appellation veau»

L’Interprofession Régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala (IRVA) alerte les parlementaires aveyronnais sur la nécessité de sceller définitivement son appellation veau dans les démarches officielles des label rouges.

«C’est quand un dossier commence à fumer dans le mauvais sens qu’il faut réagir, avant que le feu ne gagne !», résume Pierre Cabrit, président de l’IRVA, qui a reçu des parlementaires aveyronnais sur sa ferme de Ste-Croix, lundi 29 août. «En 2007, l’appellation veau a été réglementée pour les animaux de moins de 8 mois. Le veau d’Aveyron a obtenu d’utiliser cette appellation dans son cahier des charges pour ses animaux labellisés âgés de 6 à 10 mois. Il faut que cette spécificité de production attachée à un territoire, à une histoire, soit à nouveau confirmée dans tous les labels rouges de France».?

Pierre Cabrit complète : «des remises en cause nationales et européennes mettent en effet en danger notre filière structurée. Il est donc urgent et important de consolider la situation en inscrivant notre démarche dans les démarches officielles veau label de France, au titre des conditions de productions communes aux labels. Et de sauvegarder notre dérogation européenne, telle qu’elle était fixée dans les textes de 2007-2008».

Label rouge depuis 1994

Le Veau d’Aveyron et du Ségala a obtenu son label rouge en 1994, puis une IGP en 1996. Cette filière rassemble actuellement 900 éleveurs (610 exploitations) sur son bassin de production (Aveyron, Tarn, Lot, Cantal, Tarn-et-Garonne) avec une production annuelle de 18?000 veaux labellisés. «Nous représentons 4,5 % de la consommation de veau en France, et 50 % de la filière label rouge dans cette production», explique Pierre Cabrit. «Nos carcasses d’environ 230 kg/animal dégagent en moyenne une plus-value de 200 euros par animal labellisé». Ce label rouge est donc vital pour la filière, indissociable de son appellation veau appuyée sur un système de production basé sur la tétée des veaux matin et soir, jusqu’à l’âge de 6 à 10 mois, et complémenté en céréa-les. «Ce régime très particulier confère à la viande de Veau d’Aveyron et du Ségala sa couleur rosée, si caractéristique», souligne l’IRVA.

De plus, selon une enquête nationale, «67 % des consommateurs français connaissent le Veau d’Aveyron et du Ségala», indique Agnès Mallet de Chauny, directrice de l’IRVA. Et la présence de ce produit aux deux derniers concours généraux du Salon de l’agriculture à Paris a confirmé sa qualité, parmi toutes les viandes de veau présentées, «avec une médaille d’or, la première année, et une médaille d’or et d’argent la deuxième année», relève Pierre Cabrit.

Des producteurs représentés

La filière de production était représentée (membres du bureau de l’IRVA) lors de cette rencontre avec les parlementaires aveyronnais, avec Bernard Cuq (SA4R), Jean-Baptiste Carrié (Fermiers du Bas-Rouergue) et Benoît Valayé (UNICOR). Tous ont rappelé la nécessité du maintien de l’appellation veau, dont 45 % sont abattus entre l’âge de 6 et 8 mois, dans quatre abattoirs de la zone de production (Castres, Rodez, Villefranche de Rouergue, Carmaux).

Le classement des animaux dans les abattoirs doit donc être très clair pour identifier les animaux de moins de 8 mois et ceux de plus de 8 mois. Les premiers sont classés «V» (veau), et les seconds, «Z» (jeune bovin de 8 à 12 mois), même si le terme «veau» est choisi dans certains pays de l’UE. «Notre combat est de conserver cette appellation Veau pour nos animaux âgés jusqu’à 10 mois», insiste Pierre Cabrit, «avec son label rouge ! Il est impossible pour nous de commercialiser cette production avec une dénomination jeune bovin qui serait contraire à nos pratiques d’élevage». Il ajoute : «notre combat est défendable avec des arguments d’antériorité, de territoire, de tradition, de particularité de production».?

«La valeur de ce qu’on fait par la loi»

Les parlementaires aveyronnais, Arnaud Viala, député, Yves Censi, député, Alain Marc, sénateur, Jean-Claude Luche, sénateur-président du Conseil départemental de l’Aveyron, ont promis de défendre le dossier auprès des instances de l’INAO, du ministère de l’agriculture et au parlement. «Il faut reconnaître la valeur de ce qu’on fait par la loi», affirme Arnaud Viala, citant des productions attachées au territoire comme le Laguiole, le Reblochon... «Il faut aussi reconnaître cette production développée par des générations d’agriculteurs !». Les conseillers départementaux, Gisèle Rigal et Jean-Pierre Masbou (canton de Villeneuve et Villefranchois) étaient également présents à cette rencontre. «Nous voulons continuer à vivre de cette production aux spécificités reconnues», martèle Pierre Cabrit, «et votre accompagnement politique est indispensable !».

Didier BOUVILLE

25 aout 2016

Fromage Pérail : des animations aux marchés de Rodez

Dans le cadre de sa démarche pour l’obtention de l’appellation d’origine, plusieurs moments de rencontres et dégustations étaient programmés récemment autour du fromage au lait de brebis, le Pérail, sur les marchés de Rodez.

L’association Pérail a proposé des dégustations pour découvrir le Pérail à travers son histoire et son goût. Des ateliers origami étaient par ailleurs animés par le jeune lycéen passionné, Julien Lucas, chaque visiteur, petit ou grand, a ainsi pu emporter sa brebis en papier façon origami. Ces animations étaient organisées à la demande de la ville de Rodez. L’association Pérail qui porte le projet de demande d’appellation d’origine (AOP) auprès de l’INAO depuis vingt ans a communiqué sur son produit auprès des consommateurs ruthénois.

Histoire et territoire

«Ces dégustations ont bien fonctionné», confie Sophie Lucas, animatrice de l’association qui commence à entrevoir le bout du tunnel de l’obtention de l’AOP ! «Nous avons recueilli plus de 500 témoignages d’éleveurs au printemps dernier à la demande de l’INAO pour conforter le caractère historique du Pérail, sa fabrication traditionnelle, son lien avec le territoire». L’INAO travaille maintenant sur la définition de l’aire géographique de production couvrant les départements de l’Aveyron, l’Hérault, la Lozère, le Tarn et le Gard.

«En fin d’année, cette aire géographique sera rendue publique auprès des communes concernées et leurs populations dans le cadre d’une consultation générale, toujours sous le contrôle de l’INAO», ajoute Sophie Lucas. «Il y aura ensuite la validation des statuts de l’organisme de défense et de gestion (ODG) et la procédure d’élaboration d’un cahier des charges AOP prévues en 2017».

Rappelons que l’association Pérail est présidée par Jean-François Dombre, et rassemble une dizaine de fabricants, produisant environ 1 000 tonnes de fromage Pérail par an.

D.B.

21 juillet 2016

Cercle des viandes d’excellence : le Veau d’Aveyron et du Ségala, une nouvelle fois primé

Comme depuis 9 ans, FIL Rouge (Fédération Interprofessionnelle des Viandes Label Rouge, IGP et AOC/AOP) et le SYLAPORC (Syndicat des Labels Porc et Charcuterie) ont décerné les Trophées du Cercle des Viandes d’Excellence à l’occasion de leurs assemblées générales en juin à Bischoffsheim. Le Veau d’Aveyron et du Ségala s’est une nouvelle fois distingué avec un 2e prix boucherie GMS.

Cette compétition, à laquelle participent les meilleurs bouchers de France engagés dans les démarches officielles de qualité Label Rouge, IGP ou AOC/AOP ne cesse de gagner en notoriété.

Cette année, 20 Prix ont été décernés : dans les catégories «Bœuf, Veau, Agneau et Porc», 9 pour les artisans bouchers, dont un Prix Spécial du jury en catégorie «bœuf», 8 pour les boucheries GMS, 1 Prix en catégorie restauration et 2 Grands Prix.

Les présidents Henri Baladier (FIL Rouge) et Jean-François Renaud (Sylaporc), ainsi que le représentant du Cercle des Viandes d’Excellence, Jean-Pierre Bonnet, se sont félicités du déroulement de cette soirée d’exception, ainsi que de la qualité et la variété des candidatures déposées pour la 9e édition des Trophées du Cercle.

2ème prix pour le Veau d’Aveyron et du Ségala

Tony Auger a décroché le 2e prix Boucherie GMS catégorie veau de ce Trophée du Cercle des Viandes d’Excellence 2016. Présenté pour son engagement dans la filière du Veau d'Aveyron et du Ségala, Label Rouge et IGP, il a fait le choix de proposer, petit à petit, des viandes sous signes de qualité dans son rayon du magasin Auchan Portes des Alpes à St Priest (69). Et cela a payé ! Face à ce succès, il souhaite désormais développer un rayon en 100 % Label Rouge.

Le jury a récompensé un chef boucher qui progresse et qui a la volonté de continuer !

07 juillet 2016

Interprofession régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala : une pépite nationale !

Le Veau d’Aveyron et du Ségala représente 50 % des veaux vendus sous label rouge en France et un Français sur trois connaît le produit. Une notoriété que son interprofession régionale (IRVA) entend bien conforter.

La France (avec les Pays Bas) est un des premiers pays producteurs de veau en Europe, une production qui ne pèse pourtant que 2% sur le territoire national. Mais dans ce créneau, le Veau d’Aveyron a réussi à se cons-truire une belle place puisqu’il représente 50% des veaux vendus sous label rouge. Sa notoriété est grandissante comme le prouve une étude menée en 2013 auprès des consommateurs : 29% des personnes interrogées con-naissent le Veau d’Aveyron et du Ségala.

Cette reconnaissance, il la doit au travail des 610 éleveurs accompagnés par leur interprofession régionale (IRVA) qui rassemble aussi 12 abatteurs, 4 outils d’abattage et 19 acheteurs en vif. «L’un de nos atouts est le respect de l’intervention de tous les opérateurs au sein de notre interprofession. Depuis 23 ans, notre interprofession a su fonctionner dans le respect de tous», a souligné Pierre Cabrit, président de l’IRVA.

Une reconnaissance également acquise sur les salons, lors de l’exposition photos installée dans de nombreux sites de la zone d’appellation,... et sur les concours. Il faut rappeler les belles performances du Veau d’Aveyron et du Ségala ces deux dernières années au Cercle des Viandes d’excellence (1e et 2e prix dans la catégorie Veau GMS, 2e prix dans la catégorie restauration) et au Concours général agricole à Paris (médail-les d’or et d’argent pour Didier Ortalo et les Halles de l’Aveyron).

Tradition et modernité

Le Veau d’Aveyron et du Ségala est une production ancestrale car il s’appuie sur le savoir-faire des éleveurs depuis plusieurs générations mais il est aussi moderne car il est plébiscité par les consommateurs d’aujourd’hui et c’est enfin, une production d’avenir car il est source de valeur ajoutée pour son territoire et les hommes et les femmes qui en vivent. Le rapport d’activité présenté par Agnès Mallet de Chauny, directrice de l’IRVA le prouve. L’interprofession apporte son soutien aux éleveurs dans le suivi des élevages (615 qualifications réalisées en élevage en 2015, 552 contrôles de la Charte des bonnes pratiques, 104 suivis Blason Prestige). Depuis 2015, l’IRVA intervient aussi en appui avec Qualisud, sur les audits internes IGP des outils d’aval.

Côté labellisation, la stabilité est de mise : les 610 exploitations adhérentes ont enregistré 28 265 naissances pour l’IRVA sur les 50?000 veaux nés et 18 687 CGO ont été établis (veaux labellisés pour les points de vente sous contrat - taux de labellisation de 65 %), le poids moyen carcasse est de 231,5 kg et l’âge moyen de 248 jours. La dynamique des points de vente se poursuit avec un solde positif de 9. La valeur ajoutée est elle aussi, toujours au rendez-vous avec un prix moyen VAS constaté de 5,6 euros/kg (toutes conformations et poids) et un prix moyen VAS constaté de 5,83 euros/kg (200 à 230 kg).

Un fleuron selon Vincent Labarthe

Fort de ces atouts, le Veau d’Aveyron et du Ségala gagne encore à être connu comme l’a rappelé Pierre Cabrit : «Nous avons besoin d’asseoir encore notre appellation Veau d’Aveyron et du Ségala en France et à l’échelon européen, pour sécuriser notre production. Nous misons pour cela sur notre mode d’élevage, l’alimentation de nos animaux, son identification. Nous comptons aussi sur le soutien des élus». Vincent Labarthe, vice-président de la nouvelle région Occitanie, présent à l’assemblée générale jeudi 30 juin, a réaffirmé son soutien. Président de l’AREPO, association des régions européennes des produits d’origine, il était encore il y a quelques jours à Bruxelles pour défendre les appellations, comme le Veau d’Aveyron et du Ségala.

«Le commissaire européen à l’agriculture doit percevoir l’intérêt des signes officiels de qualité dans un contexte international d’accord (Tafta) qui voudrait les exclure», a précisé Vincent Labarthe. «Sur ce dossier, nous ne lâcherons rien car nos régions en particulier l’Occitanie qui rassemble plus de 250 produits sous signes officiels de qualité (sur 1300 en Europe), entendent capitaliser sur ces atouts». Il poursuit : «Vous avez la chance d’avoir un produit avec des volumes représentatifs dans la production nationale de veau qui nécessite des moyens pour le moderniser et le renouveler, la Région sera à vos côtés pour vous accompagner à relever ces défis».

L’IRQUALIM, institut régional de la qualité alimentaire qui réunit désormais Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon, continuera de soutenir l’IRVA dans sa quête de reconnaissance. Cette structure créée en 1992 notamment à l’initiative d’André Valadier, en lien avec l’INAO, contribue au développement de la politique régionale des produits agricoles et agroalimentaires de qualité.

Dans la nouvelle région Occitanie, le Veau d’Aveyron et du Ségala sera sans nul doute, l’un des fers de lance des nombreux signes officiels de qualité qui feront la notoriété de l’agriculture locale.

Eva DZ

30 juin 2016

Producteurs, Chambre d’agriculture et restaurateurs partenaires : l’ AOP Bleu des Causses au menu !

Le fromage AOP Bleu des Causses sera mis en valeur sur les tables de restaurateurs aveyronnais du 9 au 17 juillet. L’organisme de défense et de gestion du Bleu des Causses (ODG), l’Union des métiers des industries hôtelières de l’Aveyron (UMIH12), et la Chambre d’agriculture ont présenté l’opération de promotion mercredi 22 juin à Flavin.

Le collège Producteurs de l’ODG Bleu des Causses est à l’origine de cette action de promotion, a indiqué Clément Chayriguès, producteur de lait de vache à Lapanouse (Sévérac d’Aveyron) livrant à Lactalis, annonce faite sur l’élevage de Laurence Naynal et Christian Bessière à Flavin. La présentation de l’initiative s’est déroulée notamment en présence de Jérôme Chaumat, président de l’ODG Bleu des Causses (1 096 producteurs), Philippe Panis, président de l’UMIH12, Hervé Costes, maire de Flavin, et de producteurs de lait de vache engagés dans cette filière AOP.

60 restaurateurs

«Nous avons eu un excellent retour des restaurateurs de l’Aveyron pour les associer à notre action de promotion de l’AOP?Bleu des Causses», a déclaré Clément Chayriguès. Plus de 60 professionnels restaurateurs situés sur Rodez, le Lévézou et l’est du département ont répondu présent pour proposer dans leurs menus ce bleu au lait de vache affiné dans des caves, comme le fromage de Roquefort, mais en dehors de ce village.

Appelé naguère le Bleu de l’Aveyron, c’est en 1953 que ce fromage prendra le nom d’AOC Bleu des Causses. Il est affiné dans les caves calcaires aérées de fleurines naturelles du sud Aveyron, celles de Peyrelade (Lactalis) à Rivière-sur-Tarn ou de Labadie (3A-Sodiaal) à Cornus. La SICA Laqueuille située dans le Puy-de-Dôme est aussi «l’un des trois metteurs en marché du Bleu des Causses». Depuis 2009, il est doté de l’estampille AOP.

Environ 550 tonnes sont produites chaque année par plus de 50 producteurs de l’Aveyron principalement, mais aussi de Lozère et du Lot. «C’est environ 4 millions de litres sur les 350 millions de litres de lait de vache produits en Aveyron», a complété Jérôme Chaumat, ajoutant «qu’il y a 15 ans, 2 500 tonnes de Bleu des Causses étaient fabriquées chaque année». Et de poursuivre : «l’idée est de mettre demain de la valeur ajoutée sur ce fromage. C’est l’ambition du nouveau cahier des charges que nous travaillons avec l’INAO, en particulier sur la réduction de la zone géographique de production». Le dossier avance, une réunion avait encore lieu dans le cadre de l’assemblée générale de l’ODG vendredi 24 juin.

Appui du Conseil départemental

Cette action de promotion et de développement est matérialisée par des sets de table, des kakémonos, des affiches, réalisés avec l’appui financier du Conseil départemental à travers le programme un territoire, un projet, une enveloppe (TPE) de la Haute Vallée de l’Aveyron, a annoncé Philippe Barthas, au nom de la Chambre d’agriculture.

Philippe Panis a précisé que les restaurateurs hôteliers souhaitaient accompagner cette action sur toute la période estivale. «Nos clients pourront découvrir l’AOP Bleu des Causses sous différentes formes, de l’entrée au dessert, sur plateau ou en préparations culinaires. Nous sommes sensibles à la promotion de ce produit local, et nous allons mettre le Bleu des Causses également au programme de nos cours de cuisine !», a-t-il dit.

Cette action de promotion fut aussi l’occasion de présenter l’exploitation bovins lait de Laurence Naynal (salariée) et de Christian Bessière, installés à Gazenas, commune de Flavin. Le couple élève 50 vaches laitières de races Simmental et Montbéliarde (380 000 litres de lait livrés à Lactalis), avec 40 vaches de renouvellement, sur une SAU de 40 ha (plus les estives), dont 12 ha de pâturage tournant. Leur système de production autonome utilise peu de concentrés et correspond à l’exploitation-type du cahier des charges AOP en cours d’élaboration, selon les organisateurs. «Le travail collectif entre les producteurs, transformateurs, affineurs est important dans l’élaboration de ce cahier des charges», juge Jérôme Chaumat, «l’idéal serait d’accueillir entre 50 et 100 producteurs supplémentaires», espère-t-il.

Didier BOUVILLE

16 juin 2016

Salon des vins pétillants : Estaing, capitale mondiale des bulles !

Pendant trois jours, le petit village d’Estaing est devenu la capitale mondiale des vins pétillants. Plus de 500 visiteurs ont découvert 40 vins effervescents de France et du monde dont le petit dernier, Fest’aing, seul pétillant aveyronnais. Vignerons cavistes, restaurateurs, sommeliers,... tous ont plébiscité ce rendez-vous.

La salle d’animation d’Estaing s’est transformée en véritable chai où les vignerons de toute la France, mais aussi des cavistes présentant des vins du monde ont accueilli les visiteurs du premier salon des vins pétillants. «Nous avons reçu 500 visiteurs qui ont pu découvrir 40 vins issus des vignobles français et d’autres pays du monde. C’est une belle aventure !», résume Catherine Jouvin Sénéjean, à l’initiative de cette manifestation (lire notre dernière édition). «Les professionnels depuis les vignerons jusqu’aux restaurateurs et leurs sommeliers ont répondu présents, de même que les élus, le député Yves Censi, les conseillers départementaux, Simone Anglade et Jean-Claude Anglars, nous ont apporté leur soutien», appuie-t-elle.

Heureuse de voir que les visiteurs sont repartis nombreux avec des cartons sous les bras, Catherine Jouvin Sénéjean est prête pour une nouvelle édition ! «Ce salon a permis d’éveiller les consciences autour des vins pétillants de France mais aussi du monde (Roumanie, Tanzanie, Nouvelle-Zélande, Brésil,...) même auprès des vignerons qui ont pu déguster sur la terrasse du Château d’Estaing, la cuvée préférée du Président Obama !».

Autour de l’art du vin, les artistes, peintres, sculpteurs, photographes, musiciens,... ont eux aussi pu partager leur savoir-faire autour bien sûr du vin ! Sans oublier la découverte du terroir aveyronnais avec le Fest’aing, bien sûr mais aussi des produits locaux, et un repas partagé à la ferme des autruches qui a beaucoup plu !

«Nous avons voulu jouer la carte du terroir à fond», souligne Catherine Jouvin Sénéjean. «Organiser un salon qui évoque des produits issus de terroirs ne pouvait être concrétisé qu’en milieu rural. Notre prochain objectif est de faire perdurer cet événement, de l’améliorer sûrement et de le partager davantage avec les Amicales de Paris, pour étendre sa notoriété», a avancé Catherine Jouvin Sénéjean.

Eva DZ

09 juin 2016

Producteurs et industriels de lait de brebis : le préfet au contact de la filière Roquefort

La profession agricole, en partenariat avec la Confédération Générale de Roquefort (Interprofession et ODG de l’AOP Roquefort), a invité Louis Laugier, préfet de l’Aveyron, à découvrir la filière Roquefort ce mercredi 8 juin.

Le préfet Louis Laugier a visité des entreprises fromagères et caves d’affinage de la filière AOP Roquefort sous la conduite de Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture. Ils étaient notamment accompagnés par Robert Glandières, vice-président de la Confédération Générale de Roquefort, président de la Fédération Régionale des Syndicats des Eleveurs de Brebis (FRSEB), Jérôme Faramond, administrateur de la Confédération Générale de Roquefort et secrétaire général de la FRSEB, Anthony Soulié, administrateur de la Confédération Générale de Roquefort, représentant les Jeunes Agriculteurs. Ils ont été rejoints par Thierry Agrinier, président de la section ovins lait FDSEA. Le groupe s’était rendu en début de matinée à la laiterie des établissements Gabriel Coulet à Sébazac-Concourès. L’après-midi, il a visité, à Roquefort-sur-Soulzon, le centre de conditionnement des établissements Vernières-Frères, les caves de Roquefort Société (groupe Lactalis) et la SARL Yves Combes.

«Complexité du process de fabrication»

Pour le préfet de l’Aveyron, la fabrication du Roquefort est unique : «j’ai pris conscience de la complexité du process de fabrication d’un produit à base de lait cru, et de la gestion des flux de production», a commenté Louis Laugier à la sortie des caves de Roquefort Société, en présence de Christian Gentil, président de la Confédération Générale de Roquefort, directeur général de la Société des caves, et président de la Fédération des Industriels. Concernant la teneur des échanges sur l’évolution de l’interprofession programmés le midi, Louis Laugier se montre optimiste : «ce débat entre producteurs et industriels a dégagé des pistes. J’ai constaté une véritable habitude du dialogue entre ces deux parties. Ce que je peux faire à mon niveau, c’est de favoriser la réflexion collective».

Robert Glandières ajoute : «nos échanges ont exprimé l’inquiétude des producteurs provoquée par la sortie de l’ancien système qui avait des défauts et des vertus, et le nouveau qui se met en place. Le préfet a pris la mesure du poids économique de la filière. Il y a eu une présentation du marché lors de nos échanges, et un état des lieux du nouveau système. L’une des préoccupations, pour nous producteurs ovins lait, est de ne pas travailler dans un système qui pourrait ressembler à celui des bovins lait actuel».

Jérôme Faramond continue : «c’est un état d’esprit qui est en train de changer avec le nouveau système Roquefort. Les éleveurs ont plus le sentiment de produire pour Société que pour le Roquefort. Et chaque OP devra gérer le prix et les volumes, ou bien les subir !». Anthony Soulié insiste : «nous avons sensibilisé le préfet sur le fait que les jeunes se posent eux-aussi des questions sur l’avenir de leur filière. Nous voulons privilégier la sécurité, car un plan d’installation, c’est un engagement sur 5 ou 10 ans. Cette sécurité doit se faire sur les prix et non sur les volumes».

«Valeur ajoutée et prix»

Thierry Agrinier confirme le sentiment général des producteurs : «ce fonctionnement vertical n’est pas du tout positif pour nous. Il tire un trait sur la mutualisation, la contribution filière, faute d’entente entre les parties. Il est bien de conseiller le dialogue entre producteurs et industriels, mais il faudrait que ce dialogue puisse se faire entre les industriels eux-mêmes ! Nous voulons une gestion des volumes permettant de dégager un maximum de valeur ajoutée pour que nous ayons du prix !».

Christian Gentil évoque lui aussi l’évolution de l’interprofession : «nous devons travailler ensemble dans une filière qui mérite ce que représente le Roquefort. Tout le monde veut du prix, et nous aussi, mais il y a un marché en face ! L’ancien système devait être rénové, même s’il possédait des atouts. Mon souhait a toujours été de construire», confie le directeur général de Société, entreprise qui concerne «60 % de l’AOP et 70 % de la collecte» du rayon de Roquefort. Thierry Agrinier conclut : «cette journée avait pour objectif de montrer la filière au préfet. Elle fut l’occasion d’échanger. C’est toujours un point positif. Il est fondamental que les deux collèges, producteurs et industriels, continuent de travailler ensemble pour construire la filière Roquefort sur de nouvelles bases».

Didier BOUVILLE

12 mai 2016

Association Bœuf Fermier Aubrac : une médaille d’or au Concours général agricole

La boucherie Meunier à Millau a été médaillée d’or au Concours général agricole à Paris pour sa viande Bœuf Fermier Aubrac Label Rouge.

Au cœur de la ville de Millau, Bénilde Meunier a organisé mercredi 11 mai une petite réception dans sa boucherie en présence de la filière Bœuf Fermier Aubrac et d’une partie de sa clientèle pour fêter l’obtention de la médaille d’Or 2016 au Concours général agricole de Paris dans la catégorie «viande bovine».

C’est la deuxième année que la filière Bœuf Fermier Aubrac Label Rouge participe à ce célèbre Concours général agricole à Paris, qui prime les meilleurs produits dans leur catégorie.

Bénilde Meunier a concouru face à d’autres candidats d’excellence. Son travail et son savoir faire ont porté leurs fruits. L’association Bœuf Fermier Aubrac est fière de cette médaille qui récompense le travail de l’un de ses bouchers fidèles qui croit en la filière Bœuf Fermier Aubrac Label Rouge. En effet, c’est en 2009 qu’il a signé son contrat avec l’association Bœuf Fermier Aubrac pour sa boucherie à Millau. Sept ans plus tard, celui-ci est plus que convaincu de l’excellente qualité de la viande Bœuf Fermier Aubrac Label Rouge de par notamment son goût inimitable.

A travers cet évènement il a été souligné que ce prix est le travail de l’ensemble d’une filière, elle n’existerait pas sans les 500 éleveurs, les 4 abatteurs et les 25 bouchers qui travaillent tous les jours pour fournir une viande de très haute qualité aux consommateurs.

1 800 vaches commercialisées dans la filière

Le Bœuf Fermier Aubrac Label Rouge est issu d’animaux de race Aubrac qui sont nés, élevés et engraissés dans le respect des traditions d’élevage, les élevages sont extensifs et se situent à plus de 800 m d'altitude ou pratiquent la transhumance. La richesse de la flore pâturée et de la biodiversité permet aux 1 800 vaches commercialisées dans la filière d’obtenir une viande de couleur rouge intense et contribue à son goût exceptionnel.

Frédéric Coursières, commercial chez Arcadie Sud-Ouest, qui sélectionne les carcasses labellisées dans un souci de servir au mieux les boucheries en contrat Bœuf Fermier Aubrac Label Rouge a été lui aussi salué. Son choix a en effet aidé la boucherie primée dans sa victoire.

La SCEA de la Boissonnade située à Laguiole, a aussi été mise à l’honneur car c’est sur cette exploitation qu’a été élevée la vache gagnante de ce con-cours. Cela fait 15 ans que cette ferme est engagée dans la démar-che de qualité.

Cette médaille d’or obtenue encourage tous les opérateurs de la filière à continuer ce travail passionnant, même s’il est parfois semé d’embuches et cela pour permettre aux consommateurs d’accéder à un produit de qualité, ancré sur son territoire et qui fait vivre de nombreuses familles.

L’équipe de la boucherie Meunier peut être fière de tout le travail accompli, aujourd’hui récompensé par ce célèbre Concours général agricole, les clients de ce magasin situé au 46 rue de la Fraternité à Millau, ont la chance d’avoir une enseigne de proximité avec une vitrine de boucherie possédant l’excellence aveyronnaise.

Article Association Bœuf Fermier Aubrac

05 mai 2016

Sodiaal-Union Sud-Ouest Lozère-Aveyron-Aude-Tarn : «Aller chercher de la valeur sur les marchés»

L’assemblée générale de la coopérative Sodiaal-Union Sud-Ouest, section Lozère-Aveyron-Aude-Tarn, a eu lieu vendredi 29 avril à Baraqueville sous la présidence d’Alain Trouche, en présence de Damien Lacombe, président de Sodiaal-Union.

La section Lozère-Aveyron-Aude-Tarn rassemblait en 2015, 1247 producteurs de lait de vache, brebis et chèvre avec 744 points de collecte pour la production bovin lait. La section que préside le Tarnais Alain Trouche est en effet engagée dans les trois laits, de vache évidemment, mais aussi le lait de brebis avec la coopérative la Pastourelle à Roquefort-sur-Soulzon, représentée par son vice-président Alain Bosc, et réunissant désormais 180 coopérateurs Sodiaal. Il a rappelé que la coopérative avait pris part aux échanges sur la réorganisation de l’interprofession Roquefort dans le cadre de la réforme du «paquet lait».

Cette assemblée générale à laquelle participait Thierry Lanuque, président de Sodiaal Sud-Ouest, fut l'occasion de faire un large point national sur une filière laitière «secouée» par les effets conjugués de la fin des quotas laitiers, de l’embargo russe, de la chute des marchés émergents. Et par une production de lait de vache supérieure à la demande du marché, avec notamment un marché des fromages en berne.

Damien Lacombe a souligné, «qu’en 2015, la diversification des métiers du groupe Sodiaal, a joué à plein son rôle d’amortisseur, permettant à la coopérative de poursuivre sa marche en avant» malgré la conjoncture difficile. «Sodiaal a tenu son budget», selon son président, «réalisant un excédent brut d’exploitation consolidé de 118 millions d’euros, contre 93 millions en 2014». Avec par ailleurs un chiffre d’affaires consolidé de 5 milliards d’euros en 2015. L’activité des différents métiers de la coopérative a été présentée, en production laitière, lait, crème et beurre, nutrition et ingrédients laitiers, ultra-frais et surgelés, et un secteur du lait de vache AB en pleine dynamique, «avec l’objectif de valoriser 220 millions de litres de lait AB en 2020, soit 100 millions de litres supplémentaires».

Une ristourne aux adhérents

«Le prix national moyen 2015 a été de 318 €/1?000 litres (lait entier toutes primes et qualités confondues). Et cette année 2016 est à haut risque tant que les marchés ne rebondissent pas», admet Damien Lacombe. Il ajoute : «Sodiaal se mobilise sur tous les fronts pour défendre la valorisation du lait de ses sociétaires qui pâtissent de ce bas de cycle et de l’extrême volatilité des marchés». Il a annoncé que lors de l’assemblée générale du groupe à Paris le 15 juin, «sera portée au vote une résolution proposant une ristourne de 3,50 €/1000 litres aux adhérents de Sodiaal-Union, dont 2,50 €/ 1000 litres en numéraires, soit 12 millions d’euros redistribués, et 1 €/1000 litres capitalisé».

Damien Lacombe est revenu sur la table ronde du 24 juillet 2015 rassemblant les acteurs de la filière laitière et de la distribution. «Chacun doit prendre ses responsabilités, et préserver le marché français. Nous avons 40 % de valorisation dans les GMS, 20 % pour le marché mondial (poudre de lait), le reste en restauration hors foyer et le BtoB (relations commerciales entre les entreprises). Sur ces 40 %, nous avons préservé l’intérêt de nos adhérents». Le Landais Thierry Lanuque et l’Aveyronnais Benoit Gransagne complètent : «Sodiaal a joué le jeu, assuré son rôle de leader de la coopération au côté du syndicalisme».

Damien Lacombe poursuit : «nous ne devons pas être les seuls dans l’Union européenne à demander la limitation des volumes qui est la seule solution. Nous allons rencontrer les Allemands le 9 mai. Je rappelle qu’il suffit d’un déséquilibre entre la production et le marché de seulement 1 % pour provoquer cette situation difficile».

Volatilité et solutions

Maxime Jouannin, chargé de mission chez Sodiaal-Union, a précisé que le groupe allait présenter des solutions à ses adhérents face à la volatilité des marchés. Avec notamment, «un contrat à marge sécurisée», pour un prix calé sur les coûts de production, sur une partie du volume, et sur trois ans par exemple. Une phase-pilote est menée actuellement auprès d’une centaine de producteurs Sodiaal. Le groupe travaille sur une autre piste, celle «du marché à terme» avec l’objectif de «couvrir un risque et non de spéculer». L’idée «d’une assurance marge» est aussi évoquée, permettant «de se couvrir dans le cadre d’une mesure publique, avec un fonds de mutualisation des risques économiques financé par les producteurs et le FEADER».

Damien Lacombe a réaffirmé «l’hyperactivité du groupe» pour aller chercher de la valorisation où cela est possible, dans un contexte 2016 qui reste très tendu, comme l’a rappelé Thierry Lanuque. Ce dernier a annoncé que «le prix du lait de ce mois de mai serait aux alentours de 270 euros/1000 litres, et sans doute de 280 euros/1000 litres sur l’année», selon les indicateurs actuels.

Damien Lacombe a pris en compte les préoccupations des producteurs, dont celles émisent par Mickaël Chavatte, président aveyronnais de la FRPL Sud-Ouest. Selon le président de Sodiaal-Union, «nous nous battons pour conserver nos valorisations, et travaillons sur des marchés à valeur ajoutée, en particulier celui de la restauration hors foyer. L’enjeu aujourd’hui est aussi de retirer du lait du marché !». C’est donc portés par cette ambition que Damien Lacombe et son équipe ont tenu à rassurer les adhérents de Sodiaal, préoccupés par une crise laitière qui continue de pénaliser leur revenu.

Didier BOUVILLE

28 avril 2016

Coopérative des Fermiers du Bas Rouergue : un nouveau souffle

Jean-Luc Authesserre présidait sa première assemblée générale des Fermiers du Bas Rouergue, vendredi 22 avril. Entouré d’une équipe renouvelée, il a présenté les projets d’avenir, nombreux, pour la coopérative basée sur le Villefranchois.

Les Fermiers du Bas Rouergue, créés en 1974 par une poignée d’agriculteurs souhaitant valoriser localement leurs produits de qualité, amorcent un nouveau virage. Le nouveau président, Jean-Luc Authesserre, élu en janvier, est un fidèle de cette coopérative. Eleveur de Veau d’Aveyron et du Ségala, à La Fouillade, il se dit «né dans la coopérative» ! Et entend avec son équipe renouvelée, redynamiser la structure.

2015 a en effet été difficile avec une baisse de 20% des tonnages en raison d’une baisse de la consommation de viande, un phénomène général, et le départ à la retraite de plusieurs artisans bouchers, fidèles aux Fermiers du Bas Rouergue. «Nous n’avions pas forcément anticipé ces événements et nous vivions un peu sur nos acquis, sans insister sur la communication et la promotion de nos actions», regrette le président.

Pourtant les Fermiers du Bas Rouergue ont des atouts : une production de proximité (les 80 adhérents sont installés dans un rayon de 30 km autour de Villefranche), de qualité (les productions de bœufs, veaux d’Aveyron et du Ségala, porcs finis en plein air, agneaux sous la mère et volailles sont soumis à des cahiers des charges et tous les animaux sont rigoureusement sélectionnés).

De plus, les adhérents bénéficient d’une proximité avec l’abattoir de Villefranche (à quelque 500 m du siège de la coopérative et de son atelier de découpe), ce qui limite le temps de transport des animaux et permet un abattage des bêtes dès leur arrivée. «Le bien-être animal est bien respecté depuis l’élevage jusqu’à l’abattage, ce sont des arguments de poids, recherchés par les consommateurs aujourd’hui et par nos acheteurs, sur lesquels nous devons communiquer», assure Jean-Luc Authesserre.

70% des ventes de la coopérative sont réalisées chez 30 artisans bouchers, installés dans toute la France, mais aussi dans une cinquantaine de restaurants de la région toulousaine notamment et dans la Boucherie des éleveurs, magasin installé au siège de la coopérative, zone des Gravasses à Villefranche de Rouergue et ouvert au grand public.

Des atouts de proximité et de qualité

«Nous devons mettre en avant nos atouts auprès de nos acheteurs pour relancer notre activité», avance Jean-Luc Authesserre qui entend redonner un élan au volume d’activités (228 tonnes en 2015). Pour cela, plusieurs actions ont été lancées. Un poste de commercial a été recréé, cette mission sera assurée par un boucher de la coopérative : «C’est un professionnel qui sait de quoi il parle, il connaît nos produits par cœur et saura les présenter à nos acheteurs en grande majorité artisans bouchers comme lui. Il connaît donc bien leur métier et saura répondre à leur demande puisque c’est lui qui sélectionne les carcasses», assure Jean-Luc Authesserre, qui espère créer une relation de confiance et susciter la fidélité auprès des clients de la coopérative. «Nous allons inviter les artisans bouchers à venir rencontrer les producteurs sur leur ferme, à venir visiter notre atelier de découpe et nos locaux pour qu’ils prennent bien connaissance de notre savoir-faire. De même nous leur proposerons des animations - dégustations dans leur magasin», poursuit le président.

Parallèlement, la coopérative souhaite relancer son activité initiale de colis de viande, celle qui l’a fait connaître à ses débuts en 1974.

Enfin, le gros chantier des Fermiers du Bas Rouergue concerne la communication. La coopérative a décidé d’engager une personne dédiée à ce poste, Valérie Skarlakens. «L’idée est de moderniser nos outils de communication pour être plus efficaces», explique-t-elle. Les Fermiers du Bas Rouergue sont depuis quelques jours sur FaceBook, une page où les internautes pourront découvrir l’envers du décor de la coopérative ! Elle pourra aussi communiquer sur ses nouveaux produits comme le haché de veau.

Et pour mener cette nouvelle dynamique, les Fermiers du Bas Rouergue comptent sur le savoir-faire de leurs salariés. Deux d’entre eux ont été récompensés pour leur longévité et leur fidélité?! Octave Baldo, responsable de l’atelier de découpe et Gilles Poujade, responsable charcuteries, ont été décorés pour les 30 années passées dans l’entreprise. De même, Jean-Claude Vernhes, premier boucher à avoir été embauché en 1975, sera honoré à l’occasion de son départ à la retraite à l’automne.

Eva DZ

21 avril 2016

Concours et fête des fromages : Espalion concentre la crème des fromages

Samedi 16 et dimanche 17 avril, la ville d’Espalion a cette année encore célébré la qualité et la diversité des fromages aveyronnais. Les réjouissances ont démarré samedi avec le 13ème concours départemental, et se sont poursuivies le lendemain avec la 3ème fête des fromages hébergée par la foire annuelle d’Espalion.

Le concours officiel récompensant les meilleurs tranformations laitières aveyronnaises a battu tous les records de participation cette année. En effet presque 200 produits différents, provenant de 42 fromageries, ont été goûtés, notés et commentés par 105 jurés, professionnels de la filière, responsables d’organismes agricoles et simples consommateurs.

Organisé par la Chambre d’agriculture, en partenariat avec l’association Espalion Expo, ce concours est reconnu et est hébergé par la marque collective «Concours départemental de l’Aveyron». Cela signifie que tous les lauréats peuvent afficher leur médaille -or, argent ou bronze- sur le produit concerné pendant une durée d’un an. Ils ont aussi la possibilité de valoriser leurs résultats sur toute publication commerciale pendant 5 ans. Ces distinctions représentent donc, pour les producteurs, une réelle vitrine de la qualité des produits à destination des consommateurs. Cela explique sans doute pourquoi, d’année en année, le nombre d’inscrits ne cesse d’augmenter.

Une diversité insoupçonnée

Au vu de l’extraordinaire plateau de fromages présenté lors du concours, on se rend compte de l’immense diversité que recèle la transformation fromagère. Les échantillons soumis au jury sont en effet regroupés en pas moins de 45 catégories ! 4 laits sont représentés : vache, chèvre, brebis et même bufflonne. Le champ lexical décliné de table en table illustre bien la myriade de saveurs et de textures offertes par une goutte de lait. Des fromages frais, secs, affinés, persillés, présurés, lactiques, des pâtes pressées, molles, cuites, demi cuites ou non cuites... Un monde de possibilités de transformations qui prouve la passion des éleveurs qui produisent le lait, le savoir-faire de ceux qui le transforment et l’affinent, l’engouement du public qui le plébiscite. A l’origine on trouve aussi des profils très différents qui vont du producteur fermier aux fabricants industriels, en passant par les petits artisans. Leurs circuits de commercialisation peuvent aussi différer énormément. Néanmoins, tous se retrouvent jugés sur un pied d’égalité au moment du concours.

Cette diversité a largement été saluée par Michel Bras, chef résident du plateau de l’Aubrac, triplement étoilé, et président du jury 2016. Ce virtuose de la gastronomie a rappelé que le fromage, certes peut se déguster simplement avec du pain, mais propose aussi une infinité d’association de saveurs avec divers ingrédients.

Aveyron : terre de fromagers

La transformation fromagère à la ferme a connu un réel essor depuis surtout la dernière décennie. Rémi Seguin, producteur de lait et de fromage de brebis à Sévérac le Château, au sein du Gaec des Grands Causses, va succéder à Brigitte Mazars, de la ferme de la Roselle, à la tête du groupe de professionnels «produits laitiers fermiers», hébergé par la Chambre d’agriculture et animé par Emmanuelle Marbezy, conseillère spécialisée. Pour le jeune éleveur, ce panel de productions fermières «montre la dynamique du milieu agricole aveyronnais qui a la volonté d’aller chercher de la valeur ajoutée». Le groupe professionnel compte actuellement environ 80 adhérents. Rémi Seguin y représente la filière brebis, Brigitte Mazars le lait de vache et Emmanuel Cruz, du Gaec de la Chèvre d’Olt, le lait de chèvre.

Le groupe offre de l’accompagnement technique, de la formation et de l’animation à ses adhérents. «Emmanuelle Marbezy assure le suivi technique des ateliers avec au moins une visite par an dans les exploitations. Notre objectif est bien sûr de maintenir son poste car sa présence est précieuse, notamment en terme de veille technique et réglementaire. Nous souhaitons aussi impliquer les nouveaux producteurs au sein du groupe afin de conserver notre dynamique, basée sur la solidarité et non la concurrence», explique Rémi Seguin. Ce dernier souligne aussi que les producteurs fermiers sont aussi un atout pour le territoire car bon nombre d’entre eux sont employeurs de main d’œuvre et concourrent ainsi au maintien d’actifs en milieu rural.

Après les épreuves, place à la fête

Faisant montre de cet esprit de cohésion, une quinzaine de fromagers ont installé leur stand au bord du Lot, dimanche dernier, en plein cœur de la traditionnelle foire d’Espalion. Cette année encore le comité d’organisation s’est surpassé pour offrir aux nombreux visiteurs une vitrine de l’agriculture et de l’artisanat du département. Malgré une météo un peu capricieuse, le public était présent à ce rendez-vous gourmand avec plus de 300 repas consommés sur place.

Côté producteurs c’est le moment de l’annonce des résultats du concours, en fin de matinée, qui a rendu l’ambiance fébrile. Les lauréats ont très vite arboré fièrement sur leur stand le précieux document représentant une couleur de médaille. Pour les fromages non primés, les producteurs apprécient tout de même de se voir remettre la grille de notes et de commentaires des jurés. Il s’agit d’un document précieux pour tous ceux qui souhaitent constamment s’améliorer.

Bérangère CAREL

07 avril 2016

Fête des fromages dimanche 17 avril à Espalion : l’Aveyron, «petite France des fromages» !

Les fromages du département seront à l’honneur pendant un week-end à Espalion, les 16 et 17 avril autour de la 13e édition du concours départemental et la 3e édition de la Fête des fromages en pays d’Olt.

Le plus grand plateau de fromages du département sera au menu de la foire d’Espalion, les 16 et 17 avril. Il y a quelques années, l’association Espalion Expos cherchait la bonne idée pour renouveler sa foire de printemps. Elle l’a trouvée dans les produits de son terroir et en particulier les fromages, elle qui accueillait déjà depuis plus de 10 ans, le concours départemental officiel des fromages en partenariat avec la Chambre d’agriculture.

Pour la troisième année, elle accueille donc la Fête des fromages en Pays d’Olt dimanche 17 avril au foirail. «C'est une formidable opportunité pour notre territoire, il n'y a pas de fête connue à ce jour sur le département portant cette thématique malgré la diversité et la qualité des fromages produits en Aveyron», avancent les organisateurs qui veulent «mettre tout en œuvre pour réussir cette fête, de manière concertée avec la ville d’Espalion, les agriculteurs locaux, les agriculteurs et artisans fromagers du département, la Chambre d'agriculture de l’Aveyron et les différents partenaires».

Bénévoles

Ainsi une quarantaine de bénévoles (membres de l'association Espalion Expo et agriculteurs de la Vallée du Lot) sont mobilisés, chacun ayant son rôle à jouer, la commune assure un support logistique et financier et la Chambre d'agriculture apporte son appui technique.

Dans un village créé pour l’occasion autour de la thématique du fromage, une quinzaine de producteurs proposeront à la vente plus de 100 fromages, produits traditionnels de qualité. L’occasion de découvrir ou redécouvrir les fromages de l’Aveyron. Autour de ce marché, plusieurs animations seront proposées de 10h à 17h (programme dans la prochaine VP).

Cette fête des fromages associe un autre produit issu du savoir-faire aveyronnais : le couteau, en présence de cinq professionnels qui commenteront leurs plus belles réalisations et dévoileront les secrets de leur métier !

Reconnaissance nationale et internationale

Depuis plusieurs siècles, l'Aveyron est un département de tradition fromagère avec le Rocamadour à l'ouest, le Roquefort et le Bleu des Causses dans le sud et l'est , le Laguiole et le lien aux burons au nord,...

L’Aveyron recense 70 fermiers et 35 artisans. En 2015, au concours départemental des fromages à Espalion, 160 fromages ou yaourts étaient en compétition. C'est le seul département où toutes les catégories de fromages (pâte molle, caillés, tomes, tomes persillées, crèmes glacées, yaourts...) et toutes les espèces animales (brebis, chèvres, vaches et bufflonnes) sont présentes.

Par ailleurs, la notoriété des fromages aveyronnais dépasse les limites du département, ils sont reconnus au niveau national surtout à Paris et même à l'international avec le Roquefort.

31 mars 2016

Concours général agricole : le Veau d’Aveyron et du Ségala, plébiscité par les consommateurs !

Pour les consommateurs, le Veau d’Aveyron et du Ségala gagne sa place au premier rang des veaux Label rouge avec deux médailles au Concours général agricole 2016 de Paris : l’or et l’argent.

Didier Ortalo, artisan boucher à Villeneuve d’Aveyron, deux fois médaillé !

L’année dernière, Didier Ortalo avait couronné d’or le Veau d’Aveyron et du Ségala, il renouvelle une belle performance en 2016 avec l’argent ! «C’est une belle confirmation de la qualité du Veau d’Aveyron et du Ségala, la reconnaissance du travail de l’éleveur, en l’occurence Pierre Cabrit et de celui du boucher», confie ravi, Didier Ortalo, convaincu depuis le début de la démarche, de la qualité du produit. «Ce veau rosé plaît et si l’année dernière nous avions quelques craintes quant à son succès auprès des membres du jury, professionnels et consommateurs parisiens, en raison de sa couleur rosée, ses qualités gustatives ont été de nouveau appréciées», poursuit le boucher également abatteur qui travaille avec la coopérative UNICOR. «Le Veau d’Aveyron et du Ségala a de plus en plus de succès. L’obtention de ces médailles a incontestablement apporté une notoriété nouvelle qui nous a permis d’augmenter les volumes !».

La boucherie des Halles de l’Aveyron a décroché l’or !

Pour sa deuxième participation avec le Veau d’Aveyron et du Ségala au Concours général agricole, la boucherie des Halles de l’Aveyron a obtenu la médaille d’or . «Nous sommes très fiers de cette distinction qui récompense le travail de tous les maillons de cette filière de qualité, le savoir-faire de nos éleveurs, de notre abatteur Arcadie Sud-Ouest et de notre chef boucher. C’est une médaille collective !», souligne Noël Colombi, responsable du réseau Halles de l’Aveyron. «Nous sommes aussi très fiers de contribuer au développement du Veau d’Aveyron et du Ségala, un produit stable dans sa qualité, toute l’année».

Recueillis par Eva DZ

31 mars 2016

Collège producteurs de l'ODG Bleu des Causses : communication et promotion pour l'AOP

Le collège producteurs de l’ODG Bleu des Causses a tenu son assemblée générale lundi 21 mars. La rencontre a été marquée par deux temps forts : l’intervention de l’INAO sur la mise en place du nouveau cahier des charges de l’AOP et les actions de promotion de ce fromage de qualité.

L’organisme de défense et de gestion (ODG) de l’AOP Bleu des Causses est composé de trois collèges : producteurs, fromagers et affineurs. Autour des 8 producteurs représentants (4 titulaires et 4 suppléants), un groupe d’agriculteurs se retrouve régulièrement pour accompagner l’ODG et l’ensemble des fromagers et affineurs pour relancer cette filière de qualité.

Cahier des charges de l'AOP : une mise en œuvre à anticiper

Lors de l'assemblée générale, lundi 21 mars, le premier temps fort a été la présentation faite par l’INAO concernant la mise en place du nouveau cahier des charges de production de l’AOP. Ce cahier des charges étant maintenant validé, le travail de finalisation du plan de contrôle est en cours entre l’INAO et l’organisme de certification choisi par l’ODG : CERTIPAQ. Ce travail terminé, la direction de l’INAO transmettra la demande au ministère chargé de l’agriculture. La date butoir pour ces démarches nationales est le 31 décembre. Après validation européenne, le cahier des charges devrait entrer en vigueur courant 2017.

Lors de l'assemblée générale, Clément Chayrigues, vice-président de l’ODG, a tenu à souligner?: «La mise en place du nouveau cahier des charges sera un changement important pour nos exploitations. Les éleveurs devront bien mesurer les conséquences sur le fonctionnement de leur atelier laitier avant de s’engager, afin de ne pas avoir de mauvaises surprises ensuite. Le but est d’avoir des éleveurs impliqués et motivés par la filière AOP. C'est pourquoi le collège producteurs souhaite prendre toute sa place dans le développement de cette AOP. Il est évident que la réussite de ce projet passera par une démarche gagnant - gagnant avec les autres acteurs de la filière. Un juste retour de valeur ajoutée est donc en cours de discussion avec les partenaires de l’aval et sera une condition indispensable pour créer une démarche constructive, pérenne et dynamique pour les années à venir».

Un beau panel d'actions de promotion

Le deuxième temps fort de l’AG a porté sur l’ensemble des actions de promotion engagées par le collège producteurs au sein de l’ODG.

Le programme TPE (Un Territoire, un Projet, une Enveloppe) porté par le Conseil départemental en partenariat avec la Chambre d’agriculture de l’Aveyron a permis de réaliser plusieurs supports de communication pour étoffer les outils à disposition de l’ODG.

Par ailleurs, l'ODG a validé son adhésion à la démarche «Aveyron Vivre Vrai» proposée par le Conseil départemental dans le but de promouvoir les valeurs de l’Aveyron. Une démarche qui avait été présentée lors de l'AG de 2015 par Alexandre Cayrac du Conseil départemental.

De plus, une réflexion est en cours pour mettre en place un réseau de fermes découvertes autour de l’AOP Bleu des Causses. Deux fermes seront prochainement inaugurées : celle de François Fleys sur Rodelle et celle de Christian Bessière et Laurence Nayral sur Flavin. Le réseau commence avec ces deux structures, mais l’objectif est d’avoir 3 ou 4 fermes sur la zone : si l’idée vous séduit, contactez Stéphane Doumayzel à la Chambre d’agriculture (tel. 05 65 73 79 01).

Les éleveurs ont également présenté leur engagement dans les actions de promotion réalisées au sein de l’ODG, lors des manifestations passées (SISQA Toulouse, SIA Paris, Fête du Bleu du Vercors Sassenage) et à venir (Fête des fromages à Espalion, fête du fromage en Vallée d’Aspe, etc.).

Enfin, une action d’envergure devrait voir le jour courant juillet auprès des restaurateurs volontaires pour mettre à l’honneur ce fromage AOP sur les belles tables de l’Est Aveyron.

Le groupe d’éleveurs impliqués autour de la relance de l’AOP Bleu des Causses est ouvert : si œuvrer pour cette démarche de différentiation vous motive, n’hésitez pas à vous faire connaître auprès de Stéphane Doumayzel, conseiller Chambre d’agriculture animateur du collège producteurs de l'ODG (voir numéro de tél. ci-dessus).

Stéphane Doumayzel, Chambre d’agriculture

24 mars 2016

Sélection régionale Meilleur Apprenti boucher de France : le Veau d’Aveyron et du Ségala à l’honneur

A l’occasion de la sélection régionale du Meilleur apprenti boucher de France, qui se déroulait en Aveyron, lundi 21 mars, le syndicat départemental des bouchers charcutiers traiteurs a souhaité mettre en avant les produits du terroir, en l’occurence le Veau d’Aveyron et du Ségala.

«Nous accueillons tous les 10 ans, la sélection régionale du Meilleur apprenti de France en Aveyron. Nous avons profité de l’événement pour faire découvrir aux personnes qui accompagnaient les 8 apprentis en concours, les produits de notre terroir, en particulier le Veau d’Aveyron et du Ségala et le vin de Marcillac», explique Pierre Azémar, président du syndicat des bouchers, charcutiers, traiteurs de l’Aveyron.

Ainsi, artisans bouchers, maîtres d’apprentissage, parents d’apprentis ou responsables de syndicats départementaux des bouchers de Midi-Pyrénées ont profité d’un programme gourmand et varié concocté par l’IRVA, Interprofession régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala. Le groupe a d’abord assisté à la tétée des veaux chez Aurélie Carles et Maxime Gaillac à St Cyprien sur Dourdou. Ce jeune couple a repris la ferme des parents d’Aurélie, engagée depuis 2001 dans la filière Veau d’Aveyron et du Ségala en partenariat avec la SA 4R, l’abatteur Bigard et le distributeur Auchan. Accompagné de Nicolas Mouysset, également producteur de Veau d’Aveyron et du Ségala, ils ont présenté leur production et leur filière.

Didier Manjou est artisan boucher à Bruguières en région toulousaine. Il connaît le Veau d’Aveyron et du Ségala mais ne le commercialise pas : «Mes clients ne sont pas habitués à un veau si rosé ! C’est dommage parce que je trouve que ce produit est d’une grande qualité et surtout d’une grande régularité. C’est difficile de changer les habitudes des clients !». Pour autant cet artisan boucher travaille en circuit court avec des éleveurs locaux et l’abattoir de St Gaudens.

Il est heureux d’accompagner son apprenti sur un concours aussi prestigieux de Meilleur apprenti de France : «C’est important de transmettre notre savoir-faire et notre connaissance des produits de qualité, qui sont, nous avons de la chance, très nombreux en France, comme le Veau d’Aveyron».

Recettes innovantes autour du Veau d’Aveyron

Même fierté chez Yvon et Marie-Jo Raulin, artisan boucher à Tarbes qui accompagnaient leur apprentie. «C’est la première fois que nous avons une apprentie sélectionnée pour un tel concours ! C’est motivant pour la suite de notre métier !». Eux aussi sont attachés à promouvoir, sur leur étal, les viandes de qualité. Ils sont ainsi impliqués dans une jeune démarche de veau de soie, un veau de 5 mois à la viande blanche. «C’est en nous démarquant par la qualité que nous retrouvons notre clientèle», affirment-ils.

Après la visite de l’élevage, le groupe a poursuivi son périple jusqu’à la cave des Vignerons du Vallon à Valady, où ils ont échangé avec le président, Jean-Marc Gombert. Après une dégustation de vin, accompagné de Veau d’Aveyron grillé à la plancha, retour à la Chambre de métiers pour retrouver leurs «poulains» !

Ces derniers, une fois l’épreu-ve de 4h terminée (lire ci-contre), ont relevé avec brio le petit défi lancé par le syndicat départemental des bouchers. Pierre Azémar leur a en effet, proposé de préparer une recette (en une demie-heure) autour du Veau d’Aveyron et du Ségala. «L’idée est de montrer qu’un boucher est capable de proposer quelques préparations dans son magasin, afin de diversifier son offre auprès de la clientèle, c’est important pour dynamiser son étal et séduire les consommateurs !», a expliqué Pierre Azémar.

Les huit candidats se sont volontiers prêté à l’exercice, proposant tartare aux agrumes, roulé de veau à l’aligot... Un jury de professionnels et d’amateurs, restaurateurs, bouchers, journalistes et simples gourmands ont goûté les préparations bouchères de chaque candidat. Et c’est l’Aveyronnais, Christopher Rautard, apprenti chez Pierre Marie Delpont, artisan boucher à Millau, qui a remporté ce concours, avec une recette de veau tressé en cuit et cru, assaisonné de citron vert. «Ces jeunes ont beaucoup d’idées et montrent toute leur motivation, c’est encourageant pour l’avenir de notre métier», a souligné Pierre Azémar.

Eva DZ

17 mars 2016

Marché ovin de Réquista : un 2ème concours d’agneaux réussi

Le 2ème concours des agneaux de Pâques qui s’est déroulé lundi 14 mars, au marché ovin de Réquista, a tenu ses promesses avec des enchères jugées correctes par les organisateurs, face au contexte économique difficile.

«Les éleveurs ont bien joué le jeu en apportant des agneaux de qualité, avec des lots homogènes, réguliers, et ce, dans un contexte économique plus tendu cette année», analyse Claude Alvernhe, président de l’Association des Utilisateurs du Marché Ovin de Réquista (AUMOR).

Un propos validé par Michel Causse, maire de Réquista : «c’est encore un beau concours et je dois féliciter tous les éleveurs, acheteurs et organisateurs de cette 2ème édition». Cette année, 20 lots rassemblant 87 agneaux Charolais, croisés, Lacaune purs, et purs races à viande étaient proposés aux acheteurs venus de la région, principalement des négociants en bestiaux.

185 €/agneau, record des enchères

Les premiers prix d’excellence sont ceux qui ont fait monter les enchères le plus haut. Le record du concours a grimpé à 185 €/ bête, pour un lot de cinq agneaux croisés (43,66 kg vif/bête) du GAEC de la Martinie situé à Lebous, adjugé à Jean-Philippe Bouyssou de St-Affrique. Un autre lot de cinq agneaux vendéens (44 kg) de l’élevage Gayraud situé au Viala-du-Tarn, a été adjugé 180 €/bête à Tarn-Viandes à Albi (81) chez Jean-Fabien Narbonne. Un autre lot a lui aussi trouvé preneur pour le même prix, 180 €/bête, pour un lot de cinq agneaux croisés (44,6 kg) de Frédéric Lauras, de Cadix (81), adjugé à Jacques Poujayroux de Capdenac-Gare.

Grands prix d’excellence

Les deux autres enchères les plus élevées, empochant le grand prix d'excellence, concernent deux lots. Il s’agit des cinq agneaux croisés (44,8 kg) de Thierry Jintrand installé à Rullac-Saint-Cirq, adjugés 170 €/ bête à Jacques Poujayroux de Capdenac-Gare. Et de cinq autres agneaux croisés (41,8 kg) de l’élevage Barthès (81) adjugés 150 €/bête à Jacques Poujayroux de Capdenac-Gare.

Jacques Poujayroux est par ailleurs le négociant ayant acheté le plus de lots avec un total de sept, suivi par Patrick Peyrottes, de St-Affrique, qui a remporté les enchères de quatre lots. Chaque lot proposé a été vendu au dessus de leur prix de départ, avec des prix au-delà de 120 €/agneau.

Ce 2ème concours d’agneaux de Pâques a donc rempli son pari, celui de conforter le fonctionnement du marché ovin de Réquista, dont le réglement a évolué depuis février dernier avec l’objectif de dynamiser les ventes, de sécuriser et d’améliorer le confort des transactions entre éleveurs et acheteurs.

Didier BOUVILLE

10 mars 2016

Rayon de Roquefort : la relance d’une filière laine

Reportage réalisé lors du Salon de l'agriculture 2016 à Paris.

La relance d’une filière laine sur le rayon de Roquefort est en marche, suite au résultat positif d’une étude de faisabilité portée par la PME?Le Sac du Berger et «l’ancienne» région Midi-Pyrénées, avec le soutien de la Confédération générale des industriels et producteurs de lait de brebis de Roquefort.

Jean-Pierre Romiguier (photo) responsable de cette entreprise basée à La Couvertoirade et à Layrolle, sur la commune de Latour-sur-Orgues, sur le Larzac, confirme : «nous avons financé la moitié de cette étude en faveur de la valorisation de la laine de brebis Lacaune concernant environ 1,250 million d’ovins lait et viande sur le territoire».?

Le projet s’appuie sur l’expertise de cette PME renommée, travaillant dans la maroquinerie de haute qualité artisanale dotée d’une compétence en filature de laine industrielle.? «La dernière usine de filature a fermé ses portes à St-Affrique en 1974», indique Jean-Pierre Romiguier, «nous avons donc en projet de rouvrir un atelier sur la même commune avec une boutique».

Une brebis Lacaune «produit» environ un kilo de laine avec «un rendement commercial évalué à 38?%», selon Jean-Pierre Romiguier. «C’est aussi un projet qui répond aux attentes du consommateur, pour des produits fabriqués en circuit court, transformés localement et, c’est le plus important, qui correspondent à une réalité économique».

Le Sac du Berger, entreprise créée en 1979, emploie dix salariés, et a repris la fabrication du fameux sac en cuir de montagnard créé il y a deux siècles. «Notre projet d’atelier artisano-industriel à St-Affrique, en relation avec la Communauté de communes du St-Affricain, pourrait employer au départ deux salariés et un mi-temps», confie, toujours prudemment, Jean-Pierre Romiguier.

Didier BOUVILLE

25 février 2016

Drive Fermier Aveyron : un nouveau point de retrait à Sébazac

Deux ans que le Drive Fermier est né en Aveyron, de l’initiative d’une poignée de producteurs réunis dans l’association Bienvenue à la ferme. Aujourd’hui, ce nouveau mode de commercialisation réunit une trentaine de producteurs qui proposent 700 produits à l’année et désormais quatre points de retrait à La Primaube, Coubisou, Decazeville et le petit dernier à Sébazac !

Depuis le 5 février, le Drive Fermier Aveyron compte une nouvelle adresse où récupérer les produits commandés sur le site www.drive-fermier.fr/centre-aveyron : celui de Sébazac Concourès.

«Nous avons saisi l’opportunité d’un local disponible à la location sur cette commune», explique Jérôme Canredon, heureux de pouvoir développer une antenne dans un secteur géographique stratégique aux portes de Rodez.

Environ 200 produits vendus par semaine

C’est donc dans ses nouveaux locaux que le Drive Fermier Aveyron a fêté ses 2 ans d’existence vendredi 19 février. En deux ans, ce nouveau mode de commercialisation qui consiste à commander ses produits frais issus directement des fermes locales sur un site puis à les retirer dans un point de retrait de son choix, a bien pris en Aveyron. «C’est vrai nous avons eu des hauts et des bas avec notamment quelques problèmes avec le site mais aujourd’hui tout fonctionne bien !», résume Jérôme Canredon.

Ainsi le Drive Fermier Aveyron réunit une trentaine de producteurs/fournisseurs dont 3 artisans qui proposent environ 700 produits saisonniers. Afin de maintenir une gamme complète de produits aveyronnais, en plus des viandes, charcuteries, volail-les, œufs, foie gras, fromages et produits laitiers, escargots, gâteaux, légumes, vins, confitures, glaces,... l’association Bienvenue à la Ferme a ajouté la bière artisanale, le miel et le fromage de brebis.

«Notre mission est de rendre accessible à tous, des produits fermiers aveyronnais et de faire profiter aux consommateurs d’un service de proximité pour être en relation avec le monde rural et les producteurs», rappelle Jérôme Canredon.

Des clients de plus en plus fidèles

Chaque semaine, 30 à 40 paniers composés de 7 à 8 produits, sont commandés en ligne pour un prix moyen de 43 euros (environ 45 000 euros de chiffre d’affaires en 1 an). Et 730 clients sont inscrits dont plus de la moitié sont fidèles et actifs. «La majorité sont des Aveyronnais mais nous avons aussi des personnes hors département qui commandent sur internet et viennent retirer leur panier lors de week-end ou de vacances en Aveyron !», avance Jérôme Canredon. Et certains n’hésitent pas à commander chaque semaine !

La qualité et la proximité sont les points forts de la démarche : les producteurs sont en effet soumis à un cadre rigoureux afin de garantir l’origine locale et directe de leur production mais aussi la qualité des produits et la conformité des méthodes de production. Ainsi la Chambre d’agriculture leur apporte son appui pour veiller au respect de la charte des produits fermiers des réseaux Bienvenue à la Ferme et Marchés de producteurs de pays.

Un lien social

L’une des spécificités du Drive Fermier est le contact direct entre le consommateur et le producteur qui se rencontrent lors du retrait du panier : «Les gens sont en demande de contacts directs. Nous avons d’ailleurs réorganisé nos points de retrait pour bien coller aux attentes de nos clients (lire encadré)», poursuit Jérôme Canredon.

L’autre avantage de ces points de retrait, c’est que ce sont aussi des lieux de rencontre et d’échange entre producteurs : «Désormais dans notre grand local à Sébazac, nous avons un lieu qui nous rassemble. Cela permet d’entretenir un lien social entre producteurs et avec les consommateurs».

Un projet de magasin d’ici fin 2016

Le Drive Fermier se veut un complément des débouchés traditionnels de vente directe, à la ferme et/ou sur les marchés. Mais sur ce mode de commercialisation, les producteurs travaillent ensemble et gèrent les permanences des points de retrait. Ils réfléchissent aussi à de nouveaux projets : «C’est ce qui fait la réussite de notre démarche, le fait d’avoir des objectifs», confirme Jérôme Canredon.

Et le prochain projet que les producteurs ont en tête est de taille puisqu’ils envisagent d’ouvrir un magasin de producteurs dans leurs nouveaux locaux de Sébazac. «Après deux années de fonctionnement, notre association veut s’appuyer sur sa démarche collective et son réseau de producteurs pour pérenniser ses actions et développer ses activités en créant ce magasin de produits locaux», affiche Jérôme Canredon. Le projet est en cours de réflexion et pourrait voir le jour à l’automne 2016.

Eva DZ

18 février 2016

Organisation de producteurs du bassin de Roquefort-OPBR : la première OP du rayon sur les rails

L’OPBR est la première association de préfiguration du bassin de Roquefort à se constituer en organisation de producteurs, à l’occasion d’une assemblée générale, mardi 16 février*. La salle des fêtes de Roquefort était comble avec plus de 450 producteurs présents autour d’un objectif partagé : «du prix avant des volumes !» (photo OPBR).

L’association de préfiguration de l’organisation de producteurs du bassin de Roquefort n’est plus. Ses responsables attendaient la parution des décrets officialisant la constitution des OP pour se lancer. C’est chose faite depuis mardi 16 février. Plus de 450 producteurs étaient réunis pour signifier leur adhésion à leur OP, qui regroupe des producteurs livrant à Société mais aussi à Papillon, Combes et Coulet. «C’est fait nous avons lancé notre démarche de reconnaissance de notre OPBR», ont souligné Stéphan Médard, Stéphane Desplas, Lionel Cabrolié et Thierry Agrinier, élus parmi les 36 administrateurs de l’OPBR et pressentis pour former le bureau.

Les adhésions toujours ouvertes

Lors de cette assemblée générale constitutive, les producteurs ont porté leur mandat de négociation qui permettra aux personnes qu’ils ont élues de les représenter lors des discussions des contrats avec les industriels. «Les mandats continuent d’arriver tous les jours. D’ailleurs nos portes sont toujours ouvertes à ceux qui voudraient nous rejoindre», précise Stéphan Médard. L’OPBR est en effet une OP transversale qui peut négocier les contrats, discuter le prix et représenter les producteurs de plusieurs industriels.

Après 18 mois de réflexion et de travail des équipes pour former cette OP, les responsables voulaient officialiser rapidement leur démarche après la publication des décrets. Comme l’explique Stéphane Desplas : «Notre volonté est d’être le plus rapidement possible en conformité avec la loi pour engager les discussions sur les volumes de production et le prix dans un cadre légal». En effet, dès cette semaine, ils auront mandat de leurs producteurs pour entamer les discussions auprès des industriels, sur la campagne a posteriori (une année transitoire) et sur la prochaine campagne 2016/ 2017 courant septembre.

«Du prix avant des volumes !»

«Nous nous sommes sentis confortés dans notre démarche par la très forte participation des adhérents», tient à souligner Stephan Médard. «Clairement, les adhérents nous ont montré leur envie de se constituer en OP pour défendre leurs intérêts», poursuit Lionel Cabrolié. «Nous avons eu une très bonne assemblée générale qui a permis à tous de rappeler notre ambition : du prix avant les volumes !», a enchaîné Stéphan Médard.

Un message qu’ils ont pu faire passer à Christian Gentil, directeur général de Société, présent à l’assemblée générale. «C’est important d’afficher devant les industriels notre organisation et nos objectifs», a précisé Thierry Agrinier. Car le directeur général de Société a présenté sa stratégie pour les 5 ans à venir : récupérer des parts sur le marché du Roquefort et sur les marchés de la diversification pour retrouver de la valeur ajoutée. Il mise aussi sur le développement de l’export. «Nous avons entendu le discours et nous avons réaffirmé nos ambitions pour plus de prix aux producteurs», a rappelé Stéphan Médard, candidat à la présidence de l’OPBR, dont l’élection est prévue prochainement.

Eva DZ

* A ce jour sur les 8 associations de préfiguration du bassin de Roquefort, seule l’OPBR a officialisé son statut d’OP. Les producteurs livrant à Sodiaal sont déjà constitués en OP du fait du caractère coopératif de leur structure.

04 février 2016

Filière Régalou : un intérêt économique et environnemental

Le travail réalisé par la filière Régalou et la Chambre d’agriculture, avec le soutien de la coopérative Unicor, a été reconnu en décembre 2015 par la DRAAF comme digne d’intégrer la famille des GIEE (groupements d’intérêt économique et environnemental). La filière Régalou devient ainsi le troisième GIEE labellisé en Aveyron. Elle rejoint l’association des vétérinaires et éleveurs du Millavois (AVEM), ainsi que les jeunes arboriculteurs de la haute vallée du Tarn.

La filière Régalou est née en 1999 d’une réflexion conjointe entre la Chambre d’agriculture de l’Aveyron et le syndicat des boulangers, ces derniers souhaitant créer un pain 100 % aveyronnais. «Les premiers essais de blé meunier ont été réalisés chez un agriculteur. La recette du pain a été mise au point par un enseignant de la Chambre de métiers et d’artisanat», explique Jean-Pierre Albinet, président de l’interprofession blé farine pain (IBFP), support de la filière. «Nous avons offert les premiers pains aux Restos du cœur», se rappelle-t-il.

Un lien concret avec l’élevage

La filière inclut aujourd’hui 40 boulangers, 2 meuniers et une vingtaine d’agriculteurs, du Lévézou et du Ségala, produisant en moyenne 500 tonnes de blé, et dont la spécificité est d’être des éleveurs et non des céréaliers. Olivier Pègues, vice-président de l’IBFP, fait partie de ces producteurs. «La filière Régalou permet de valoriser les céréales qui ne sont pas consommées par les animaux. Nous restons des éleveurs avant tout».

Le fait que le blé soit issu d’exploitations d’élevage est un atout environnemental certain. «Le blé est implanté en rotation avec des prairies, ce qui permet de ne pas apauvrir les sols. La présence d’engrais organiques permet aussi de limiter considérablement les intrants chimiques», précise-t-il. D’un point de vue économique, Olivier Pègues fait remarquer que la filière apporte une réelle plus-value, évaluée à 45 euros par tonne, soit 150 à 200 euros par hectare, en comparaison de la vente de blé dans les circuits conventionnels.

Sécurisation économique et environnementale

Le cahier des charges du Régalou interdit formellement d’acheter du blé en dehors du département, même suite à une mauvaise récolte, ce qui fut le cas en 2014. Une sécurisation de cet approvisionnement par la technique est donc apparue comme essentielle. La recherche variétale ainsi que l’amélioration des pratiques doivent donc y répondre. C’est le travail engagé avec Unicor et la Chambre d’agriculture, dans l’objectif de produire des variétés adaptées aux conditions pédoclimatiques du secteur, de mettre en place des techniques culturales innovantes, et de diminuer les intrants. Ce triple enjeu économique, environnemental et sociétal, a conduit logiquement à la création du GIEE. Loin d’être avares, les acteurs de la filière mettent un point d’honneur à diffuser le plus largement possible leurs progrès à l’ensemble des agriculteurs, même en dehors du GIEE. «C’est clairement un outil de développement de la filière», fait remarquer Jean-Pierre Albinet. «C’est un label qui va nous permettre de démarcher, dans un premier temps, de nouveaux boulangers, puis de nouveaux producteurs». En effet, avec un objectif d’augmentation des rendements de la production de blé, la filière va consolider son approvisionnement, et les agriculteurs augmenter leur rémunération à l’hectare. C’est un contrat gagnant-gagnant.

L’innovation au cœur de la filière

Les compétences en recherche et développement de la coopérative Unicor sont largement mises à contribution. D’après Florent Vernet, responsable développement durable à Unicor, «la production de blé s’étend sur deux terroirs, cultivant deux variétés différentes, complémentaires dans leurs rendements et périodes de production». La recherche variétale conduite avec le soutien d’Arvalis, l’Institut du végétal, porte sur «des blés polyvalents, adaptés aux exploitations d’élevage. C’est-à-dire qu’ils doivent posséder des qualités pour la panification, mais aussi produire de la paille pour les animaux». Pour Jean-Pierre Albinet, «la viabilité de la filière dépend directement de la qualité des blés». Il faut rappeler en effet que le pain Régalou est totalement exempt d’additif. Sa qualité provient donc entièrement du travail des producteurs et des artisans boulangers !

B. CAREL

28 janvier 2016

Coopérative Jeune Montagne : tradition et modernité

Le GAEC père et fils de Salelles, à la Borie, sur la commune de Curières, est équipé d’un robot de traite pour vaches laitières depuis octobre 2010. C’était le premier au sein de la coopérative laitière Jeune Montagne.

Jean Salelles, 60 ans, est installé depuis 1979. Son fils Pierre, 35 ans, l’a rejoint en 2008. Le GAEC compte aujourd’hui 55 vaches de race Simmental, sur une SAU de 90 ha, et produit 330 000 litres de lait pour la coopérative Jeune Montagne (80 producteurs). Pour eux, l’idée d’investir dans un robot de traite s’est imposée sans réticence pour une machine animée par de l’électronique et reliée à un ordinateur. Jean précise : «le choix a été vite fait entre la possibilité de rénover notre salle de traite et d’acheter un robot» dit le père. Pierre avait rejoint le nouveau GAEC après avoir travaillé durant quatre ans comme salarié à l’UPRA Simmental et autant d’années dans le commerce de bovins. «Nous avons installé le robot de traite le jour de mes 30 ans», se souvient-il.

Tout ne s’est pas concrétisé en un jour avec le cahier des charges AOP Laguiole de la coopérative Jeune Montagne. «Il nous fallait en effet prouver que notre robot LELY était compatible avec une production de lait cru AOP auprès de l’Organisme de défense et de gestion (ODG) du fromage de Laguiole AOP et de son président fondateur, André Valadier» explique Jean. «Nos arguments ont été étayés par l’expérience d’une laiterie AOP d’un camembert de Normandie au lait cru où des producteurs étaient équipés depuis longtemps d’un robot de traite. Nous avons fait des essais durant six mois et prouvé que notre lait était digne de l’AOP Laguiole, de son cahier des charges, avec notamment un bon niveau de butyriques, et sans cellules. Nous avions un jeune troupeau de Simmental, et avons travaillé sur la génétique. Il faut savoir qu’un robot trait du bon lait si la vache produit du bon lait !», disent Pierre et Jean.

6?000?litres/vache/an

L’appareil est installé à 1?000 mètres d’altitude dans une stabulation traditionnelle de l’Aubrac, à quelques pas de la maison d’habitation. Les vaches pâturent du 1er mai au 15 octobre. Elles entrent dans le bâtiment du robot à 16h30 et sortent à 8h30. «Nous travaillons ainsi avec 100 % de pâturage, en hiver avec une alimentation de foin (séché au sol) complété de céréales-colza. Soit respectivement 18 kg et 6 kg par vache en ration hivernale (5,4 kg de céréales-colza sur l’année). Nous avons une production de 5 700 litres/vache/an (livrés en AOP Laguiole). La récolte annuelle de foin est en moyenne de 40 ha en première coupe, et de 35 ha en seconde coupe».

Astreinte au travail réduite

Pour ce duo d’éleveurs, le bilan est positif avec «une astreinte au travail divisée non pas par deux, mais par plus de deux !», insistent-ils. Leur robot est aussi une une «innovation sociale» : «nous rentrons à la maison à 19h15, et avons plus de temps pour observer le troupeau». La salle informatique située près du robot est fermée de vitres transparentes pour surveiller les animaux. «Nous sommes en effet plus disponibles, réactifs pour surveiller les bêtes et intervenir sur leur comportement. Nous avons déjà eu évidemment des alertes du robot relayées par nos téléphones, à cause d’un bidon de nettoyage vide ou un manchon de tétine coincé, mais rien de sérieux. La gestion du robot au quotidien est très simple. L’outil est fait pour des paysans, pas pour des informaticiens. Nous avons même progressé au niveau sanitaire, du fait des mesures pointues figurant dans l’ordinateur, et sommes plus efficaces lors des périodes de chaleur par exemple. Le robot c’est aussi plus de souplesse au quotidien, comme lors de la coupe du foin en été que nous faisons de manière optimisée, réactive là encore, selon la météo, en étant dégagés de la contrainte de la traite des vaches».

«Gérable par une seule personne»

Leur système de production avec un robot est «gérable pour une seule personne, avec l’appui d’une main d’œuvre familiale quand je serai à la retraite» avance Jean. «Ici, il ne peut pas y avoir de course au foncier», complète Pierre, «et nous voulons continuer à pratiquer une activité économique viable, à une échelle humaine, dans une filière qualité au sein d’une coopérative fixée au territoire et qui appartient aux producteurs, et commercialisant des produits à haute valeur ajoutée».

Les deux hommes ont donc plus de temps pour leurs activités extérieures ou personnelles, Jean est responsable du groupement d’employeurs de Jeune Montagne (six salariés) et représentant de Midatest à l’OS Simmental France. Pierre est président du syndicat départemental de la race Simmental, administrateur de la coopérative Jeune Montagne et conseiller municipal de Curières. «Et nous allons à la chasse tous les week-ends en famille !» concluent le père, le fils, et Janine, épouse et mère des deux éleveurs.

Didier BOUVILLE

Lire aussi notre dossier spécial "La robotique agricole fait école" dans la Volonté Paysanne datée du jeudi 28 janvier 2016.

07 janvier 2016

Groupe des producteurs laitiers du Villefranchois : «Une coopérative d’idées !»

A l’occasion de l’assemblée générale de leur groupe GPLV, mardi 12 janvier, les 150 éleveurs du groupe des producteurs laitiers du Villefranchois sont invités à échanger sur l’autonomie en protéines et à découvrir les résultats d’essais menés sur leur secteur et commentés par des experts.

«Une coopérative d’idées qui ne vend pas du prêt à penser !», c’est ainsi que François Bosc et Nicolas Guibbert qualifient le GPLV, groupe des producteurs laitiers du Villefranchois qu’ils co-président. «Le GPLV est un lieu de réflexion et d’innovation où nous osons nous interroger et mettre en pratique des techniques innovantes dans nos élevages», précisent-ils.

Ouvert à tous les producteurs laitiers des cantons de Montbazens, Villefranche, Rieupeyroux, Capdenac, Najac et La Salvetat Peyralès, le GPLV est né au début des années 60, de la volonté des producteurs de se structurer face aux entreprises laitières. «Aujourd’hui nous entretenons un lien privilégié avec notre coopérative Sodiaal à travers ses administrateurs qui comptent aussi sur notre groupe dont l’identité laitière locale est forte», appuie Nicolas Guibbert. «Nous échangeons tous ensemble sans a priori, notre souci est d’être le plus représentatif possible de toutes les tendances», complète François Bosc.

Solidarité

A l’occasion, le GPLV sait s’organiser en cas de coup dur dans des opérations de solidarité comme en 2003 lors de la sécheresse ou en 2013 après les dégâts de la tempête sur le Villefranchois. «L’action de notre groupe est reconnue et constitue un vrai support de terrain pour des actions mises en œuvre par la Chambre d’agriculture par exemple», poursuivent les co-présidents.

Ainsi, le GPLV se veut un outil de prospective et d’animation du bassin laitier du Villefranchois. Après avoir travaillé sur l’homéopathie, il s’est penché sur l’autonomie en protéines. Depuis 2010, il a axé ses travaux de réflexion sur le sol en lien avec le troupeau en proposant des formations avec des spécialistes comme Mathieu Archambeaud (techniques de conservation des sols) ou encore en accueillant des agriculteurs ayant mis en place ce type de pratiques dans leur exploitation. Comme Anton Sidler, agriculteur dans l’Orne. Son expérience en matière d’alimentation à base de méteils riches en protéines pour ses vaches laitières alliée à des intercultures bénéfiques pour le sol a convain-cu de nombreux éleveurs du GPLV à se lancer !

«Depuis le début notre souci est de coordonner bienfait pour le sol et apport à l’alimentation du troupeau laitier», complètent les co-présidents.

Des parcelles d’essais

Un groupe s’est ainsi créé. Six exploitations ont mis en place des parcelles de couverts végétaux, suivies par la Chambre d’agriculture qui proposent régulièrement des coins de champ pour présenter des résultats de ces essais. Résultats qui seront de nouveau étayés par Muriel Six lors de l’assemblée générale (lire encadré).

Son intervention sera complétée par celle de Yann Martinot, directeur d’Orne Conseil Elevage. Il livrera des pistes pour une ration efficace d’un point de vue économique et technique : choix de fourrages adaptés et performants, rendement, valeur et conservation des récoltes de fourrages, qualité, complémentation et optimisation des fourrages et valorisation par les animaux. «Si Anton Sidler nous a donné envie de tester les mélanges de méteils, Yann Martinot, qui connaît plusieurs exploitations dont celle d’Anton ayant expérimenté cette technique, saura nous apporter les outils de pilotage et les réponses techniques à la mise en place de cette nouvelle démarche», avancent les co-présidents. Le directeur d’Orne Conseil Elevage donnera ainsi quelques repères par rapport aux chiffres qu’il a pu collecter sur les exploitations en suivi.

Améliorer l’autonomie en protéines

«Même si la question est vue sous l’angle bovins lait, tous les éleveurs sont concernés et peuvent participer à nos échanges», invitent François Bosc et Nicolas Guibbert. «Notre groupe se veut un accompagnateur pour les éleveurs qui se sont lancés dans la recherche d’autonomie protéique. Et puis ces derniers auront sûrement de nouvelles questions auxquelles nos experts essaieront d’apporter des répon-ses», poursuivent-ils.

«Comme pour nos travaux sur l’homéopathie, le souci du GPLV est d’optimiser les ressources de nos exploitations pour mieux comprendre comment fonctionnent nos animaux et notre sol et ainsi améliorer notre autonomie de production, de décision, de choix de système», concluent François Bosc et Nicolas Guibbert.

Eva DZ

24 décembre 2015

2e rencontre Agnobio à Capdenac : une réussite collective

Eleveurs à travers Aprovia et l’APIV 43, l’entreprise Greffeuille négociant-sélectionneur et Bousquet Viandes, transformateur et distributeur, sont réunis sous la bannière Agnobio, pour satisfaire les besoins d’un marché en croissance de viande ovine sous le label Agriculture Biologique. Ils se sont réunis, mercredi 16 décembre à Capdenac, sous le patronage de l’Agence Bio pour faire le point sur le programme Avenir Bio, véritable moteur de leur démarche de qualité.

L’abattoir de Capdenac-Gare, propriété de la société Greffeuille Aveyron est un modèle d’innovation tant dans l’abattage des quelque 100 000 ovins par an que dans le confort des salariés qui y travaillent à travers des installations modernisées et des équipements novateurs. C’est ce qu’ont pu constater les participants à la journée consacrée à la démarche Agnobio.

Près de 8% des effectifs abattus à l’atelier de Capdenac sont issus d’élevages engagés en Agriculture Biologique. Et les résultats de mise en marché de l’entreprise Greffeuille au cours des trois dernières années ont progressé de 125% ! Un exemple de réussite qui place cette filière inter-régionale parmi les plus importantes au niveau national dans le secteur ovin Bio et qu’ont salué Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio et Marie-Lou Marcel, députée et conseillère régionale sortante qui a soutenu le plan Bio de la Région Midi-Pyrénées. «A l’image du secteur Agriculture Biologique en Aveyron en pleine croissance en France, Agnobio est un bel exemple de réussite à travers un vrai état d’esprit de filière basé sur le respect de la terre, des hommes (producteurs, salariés, consommateurs), des animaux, du travail accompli, des produits», a commenté Elisabeth Mercier.

Des producteurs, une production et une demande en progression

Elle s’est dit satisfaite d’avoir pu accompagner et soutenir Agnobio à travers la démarche Avenir Bio. Une démarche qui a d’ailleurs porté ses fruits. Jean-Luc Bruel, directeur technique d’Aprovia, a en effet présenté des chiffres en nette progression : «Aprovia s’est lancée dans l’agriculture biologique en 1997 avec un éleveur, aujourd’hui avec l’appui de l’APIV Auver-gne, organisation de producteurs, nous rassemblons 62 éleveurs et plusieurs conversions sont annoncées pour 2016». De même la production s’est amplifiée avec aujourd’hui, 2 500 agneaux Agnobio, 1 900 agnelets Agnobio et 2 700 brebis Agnobio.

Une filière unie

«La démarche Avenir Bio nous a permis de réunir nos partenaires de l’Aveyron et de Haute-Loire et de leurs départements limitrophes mais aussi de structurer et de dévélopper notre filière», résume Jean-Luc Bruel. De même il a annoncé la mise en place d’une démarche Agneaux de lait bio avec des bouchers, restaurateurs et grossistes de Paris qui permet de commercialiser quelque 300 agneaux en 2014 et une progression de 50% en 2015.

«Nous avons aussi réussi à améliorer la valorisation des animaux : +13% en moyenne en agnelets, +20% en moyenne en agneaux de boucherie et +17% en brebis. Et le nombre d’animaux dans les exploitations labellisés en AB est aussi en nette progression», ajoute Jean-Luc Bruel qui tient à remercier l’ensemble des acteurs de la filière, qui chacun à leur niveau, ont contribué à cette réussite.

Des éleveurs fiers de leur produit

Trois éleveurs ont témoigné de leur fierté à participer à cette filière. Etienne Bastide, éleveur ovin sur le Lévézou, «vit bien de son métier» : «Grâce à l’appui de l’équipe technique d’Aprovia, sur le tri des agneaux, l’alimentation, le classement,... nous produisons un agneau de qualité qui correspond en tout point aux attentes de nos clients». Cet administrateur de l’APABA invite d’ailleurs tous les éleveurs ovins bio à participer aux groupes de travail initiés par l’APABA pour «comparer nos façons de produire, échanger sur nos résultats techniques, croiser nos informations afin d’améliorer encore le suivi». Emmanuel Volle est éleveur en Haute-Loire, en GAEC avec son épouse, il commercialise ses agneaux élevés de façon traditionnelle en bergerie, via l’entreprise Greffeuille. «Nous travaillons en confiance et la famille Greffeuille nous donne envie de nous améliorer, dans un produit qui a du goût, c’est ce qui nous démar-que !». Vincent Espinasse et Gildas Dousset du GAEC Bio-Nature en Aveyron, sont pro-ducteurs de lait de brebis et de viande ovine. «Un tiers de nos agneaux de lait sont commercialisés sous le label AB et le pourcentage va doubler pour répondre à la demande !».

Eva DZ

10 décembre 2015

Assemblée générale de la FRSEB : une nouvelle ère est en marche

La réforme du «paquet lait» fait vivre de grands bouleversements au bassin de Roquefort. Lors de son assemblée générale le 4 décembre, la FRSEB a modifié ses statuts en vue de la refonte de l’interprofession effective en 2017. Un passage de relais que veut accompagner Robert Glandières, son président.

2016 sera une année de transition pour la filière Roquefort. La négociation sur le prix du lait se discutait en effet pour la dernière fois dans le cadre interprofessionnel (encadré). Désormais, la mise en place des prix a priori sera décidée entre industriels et producteurs, regroupés en OP ou individuellement.

D’ici la concrétisation d’une nouvelle interprofession en 2017, un document de consensus a été signé par l’ensemble des acteurs de la filière, (représentants des futures OP, le collège des fabricants et celui des producteurs de l’interprofession) le 15 octobre, excepté la coopération qui a cependant assuré qu’elle appliquerait les recommandations. Dans ce consensus, les acteurs vont établir en confédération, des indices de prix pour chaque fabricant afin que les producteurs ou leur représentant aient une base de négociation.

Un consensus signé par tous les acteurs

Pour faciliter cette transition, la FRSEB a décidé de modifier ses statuts de façon à intégrer dans son conseil d’administration, un troisième collège réservé aux futures OP. «Ce consensus a vocation à positionner quelques garde-fous pour l’avenir», a expliqué Robert Glandières. «Ce texte jette les bases de ce que pourrait être l’avenir de l’organisation de notre filière, sans oublier les rôles que chaque structure aura à jouer (Confédération en tant qu’ODG et interprofession ainsi que les collèges industriel et producteur)», a poursuivi le président de la FRSEB. Au sein de cette nouvelle organisation, la FRSEB désignera 15 représentants pour siéger au conseil d’administration de la Confédération générale de Roquefort : 5 pour chacun de ses 3 collèges, en attendant la révision des statuts de la Confédération générale de Roquefort en 2017.

Ainsi, certains points comme la contribution filière, qui pourrait se présenter comme une CVO (cotisation volontaire obligatoire) doivent aider à amortir les évolutions les plus brutales pour certains fabricants comme pour certains producteurs. «Les textes du paquet lait nous permettent de nous organiser (sous certaines conditions) pour que la valorisation de notre AOP et par conséquent de notre lait, ne soit pas bradée et profite à tous», détaille Robert Glandières. Ce consensus qui doit être validé par les pouvoirs publics, porte également sur les grilles de qualité et de saisonnalité, les conditions de paiement, les règles de régulation de l’offre,... L’ODG, aujourd’hui Confédération générale de Roquefort, continuera de défendre et de promouvoir le Roquefort, il aura aussi en charge la mutualisation du risque sanitaire sur la base d’une caisse producteurs ainsi que les plans de contrôle.

Le «coup de gueule» de Robert Glandières

Dans ce contexte, le président de la FRSEB a rappelé que la fédération des syndicats d’éleveurs de brebis avait toujours travaillé à la sauvegarde de la filière et à la défense de l’intérêt général : «je regrette profondément que dans cette période mouvementée, l’esprit collectif se soit parfois éloigné au profit de l’intérêt particulier», a avancé Robert Glandières.

A la veille de quitter ses responsabilités, il a d’ailleurs poussé «un coup de gueule» envers ceux qui voudraient balayer d’un revers de la main la FRSEB : «Pas assez de prix, pas assez de volumes, pas assez de diversification par les industriels, la FRSEB serait la responsable de tous les maux des producteurs ! Le premier problème c’est le non investissement de nos fabricants dans de nouvelles diversifications. Moi je pense que nous avons eu du courage pour maintenir un maximum d’éleveurs sur le Rayon !».

Une position que nombre de producteurs participant à l’assemblée générale ont défendu haut et fort : «La FRSEB nous apporte la représentativité de l’ensemble de notre territoire. Il ne faut pas saborder les SEB locaux dont le rôle est d’informer le plus grand nombre et de relayer les problématiques du terrain», est intervenu Jérôme Faramond, secrétaire général de la FRSEB. Et un président de SEB local de renchérir : «Nous sommes tous des représentants des territoires, au cœur du Rayon comme en bordure, c’est notre histoire, notre base nous ne devons pas oublier de là où on vient». De l’avis de tous donc, pas question de voir disparaître la fédération régionale des syndicats d’éleveurs de brebis ! D’autant qu’elle a aussi la mission importante de représenter les éleveurs d’un bassin bien spécifique au sein d’instances nationales comme la FNO. Comme l’a rappelé son secrétaire général, Patrick Soury invité. «Je vous encourage à rester dans une démarche collective, gage de réussite et de pérennité autour d’un produit d’excellence qui fait la fierté de notre métier».

Maintenir la représentativité territoriale

Reste à travailler sur des positions communes comme l’a rappelé Robert Glandières : «Nous devrons être capables d’avoir des positions communes que ce soit face à nos fabricants ou avec les pouvoirs publics, ce sera indispensable si l’on ne veut pas que les autres décident pour nous !».

Et le président de la FRSEB s’est dit prêt à accompagner les responsables qui s’engageront pour leur expliquer comment fonctionnent la filière et les instances qui la composent notamment la FRSEB. «Je suis rassuré de voir beaucoup de jeunes prendre des responsabilités auprès des plus anciens et témoigner un grand intérêt pour notre filière», a-t-il complété.

Pour l’avenir, le mot d’ordre reste donc l’union : «depuis le début nous militons pour l’adhésion à une OP de façon massive. Et dans la nouvelle organisation même provisoire, chacun devra prendre part aux discussions». Et Robert Glandières de conclure avec émotion : «S’investir dans cette filière, c’est s’investir pour les autres, pour un produit, le Roquefort sans oublier les autres transformations mais c’est aussi s’investir pour notre territoire, ses hommes et ses femmes qui y vivent». Un discours très applaudi par l’ensemble des participants remplissant l’amphithéâtre du lycée La Cazotte.

Eva DZ

03 décembre 2015

Association Bleu Blanc Cœur : l’Aveyron est bien impliqué

 

L’association Bleu Blanc Cœur a choisi l’Aveyron pour organiser son assemblée générale de la région Sud-Ouest, mercredi 25 novembre au lycée La Roque, en présence d’un des trois co-président national, Jean-Pierre Pasquet, éleveur laitier.

Qu’est-ce que la démarche Bleu Blanc Cœur ?

J-P. Pasquet : «Notre association regroupe l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, agriculteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs et scientifiques. Ensemble nous travaillons via un cahier des charges pour que les effets positifs des Omega 3 (présents dans la graine de lin) influent sur la santé des animaux et la qualité gustative de leurs produits.

Quelles sont ses spécificités ?

J-P. Pasquet : Nous nous sommes appuyés sur une étude de l’INRA et de Valorex (entreprise qui a conduit les premières recherches en santé animale) et le CERNh dirigé par le Docteur Bernard Schmitt, l’un de nos co-présidents. Cette première étude clinique a mesuré les effets de ce changement de l’alimentation animale sur des paramètres de santé et de nutrition chez l’Homme. Et nous avons prouvé qu’en nourrissant mieux les animaux, l’homme se nourrissait mieux également. De plus, dans le domaine environnemental, une étude de l’INRA de Clermont a prouvé que les vaches nourries selon le label Bleu Blanc Cœur produisait moins de méthane (10 à 15% de moins). Des mesures reconnues par la charte d’engagements nutritionnels avec l’Etat dans le cadre du PNNS (Programme National Nutrition Santé). Notre démarche est la première action environnementale reconnue pour l'élevage par les Nations-Unies et nous avons été invités à participer à deux conférences dans la cadre de la COP 21.

Quelles sont les productions concernées ?

J-P. Pasquet : Nous avons 22 productions engagées dans toute la France, avec un cahier des charges spécifiques pour chacune. La dernière en date étant l’escargot ! Nous rassemblons 5?000 producteurs et 1 000 produits portent notre logo «Bleu Blanc Cœur».

Quel est le rôle de l’association ?

J-P. Pasquet : Nous avons une équipe de 15 personnes qui assure l’accompagnement à l’adhésion, l’animation de notre marque et la production d’outils de communication optimisés pour la commercialisation des produits sous notre label. Nous sommes trois co-présidents : Pierre Weil, ingénieur agronome, Bernard Schmit, nutritionniste et moi-même, éleveur laitier. Nous travaillons de concert entre producteurs, transformateurs, fabricants d’aliments, distributeurs, consommateurs et chercheurs dans un objectif unique : Oui nous avons tous le droit de bien manger !

Quelle est votre actualité ?

J-P. Pasquet : Nous participons à un projet avec EDF qui met en avant les associations réalisant des actions en faveur du climat. Ce projet «Objectif 2 degrés» permet à tous de déposer sa contribution pour le climat sur le site dédié. A chaque contribution, EDF s’engage à reverser 10 euros à l’association que l’internaute aura choisie.

Une belle implantation dans le Sud-Ouest

Et dans le Sud-Ouest, quelle est votre présence ?

J-P. Pasquet : Il y a une forte implication de la part des producteurs du Sud-Ouest dans notre démarche Bleu Blanc Cœur. Ils sont de plus en plus nombreux à prendre contact avec notre responsable régional, Jean-Luc Besset. Son rôle est d’animer, de mettre en réseau et d’accompagner les personnes qui veulent s’engager. Plus de 120 élevages du Sud-Ouest sont engagés dont 22 producteurs fermiers, 22 industries agroalimentaires, des fabricants d’aliments,,... du groupement de producteurs, au producteur individuel mais aussi des transformateurs et des distributeurs. Toutes les productions sont représentées : lait de vache, viande bovine, charcuteries, œufs, volailles,...

Et vous avez choisi un lycée agricole pour tenir votre réunion, est-ce une façon de sensibiliser les jeunes générations ?

J-P. Pasquet : Tout-à-fait ! Le choix du lycée La Roque, en l’occurence, c’est tout un symbole. Nous avons invité les étudiants à assister à nos travaux pour faire connaître notre démarche. C’est important de donner une ouverture à nos jeunes sur ce que l’on peut faire autrement, de leur donner le choix. Un agriculteur nourrit 1 800 personnes par jour dont 40% d’enfants, cela redonne de la dimension à notre métier. Et quand on voit que des médecins s’intéressent à notre démarche, expliquant qu’elle apporte plus de réponses que la médication, c’est une fierté que d’être paysan aujourd’hui et de pouvoir contribuer à une meilleure alimentation et une meilleure santé de nos concitoyens».

Recueilli par Eva DZ

19 novembre 2015

Veau d’Aveyron et du Ségala : de l’excellence jusque dans la convivialité

Vendredi 13 novembre, les jeunes éleveurs de l’IRVA ont organisé une grande soirée à la salle des fêtes de Luc, réunissant l’ensemble des éleveurs adhérents à la démarche, opérateurs de la filière, ainsi que tous ceux qui concourent à en faire la promotion.

Le veau d’Aveyron et du Ségala, ça se déguste et ça se fête. «Nous avons souhaité créer un événement pour tous nous retrouver autour d’une filière dont nous sommes fiers !» s’enthousiasme Joël Clergue, responsable de l’équipe des jeunes éleveurs de l’IRVA, qui compte une quarantaine de participants. «L’IRVA nous a confié la mission de résoudre un certain nombre de problématiques en lien avec l’attractivité de la filière pour de nouveaux éleveurs. Nous travaillons, par exemple, sur la gestion de la main d’œuvre, des périodes de vêlages, ou encore sur la communication auprès des agriculteurs et du grand public», explique Joël Clergue.

Une belle aventure

Le lancement de la soirée a débuté par un mot d’accueil du maire de Luc-La Primaube, Jean-Philippe Sadoul. Il a rappelé le plaisir qu’il avait eu d’accueillir l’exposition de photographies itinérantes, représentant la filière, au printemps dernier, place de l’étoile. «Accueillir pour la seconde fois le veau d’Aveyron et du Ségala sur notre commune est une évidence quand on pense que l’agroalimentaire est le deuxième générateur d’emplois sur le Grand Rodez», a-t-il conclu.

Visiblement ému de la symbolique liée à cette soirée, le président de l’IRVA, Pierre Cabrit, a ensuite pris la parole. «Je remercie tous ceux qui ont répondu présents à l’invitation des jeunes éleveurs. Ce groupe a été créé à l’initiative de mon prédécesseur Patrick Mouysset, très préoccupé par l’avenir de la filière. Je souhaite que cette soirée rende hommage à son héritage et à ses convictions. Nos pensées vont aussi à Francis Hurtes, homme d’engagement, dont la disparition soudaine nous laisse sans voix». Pierre Cabrit a ensuite poursuivi en faisant l’éloge de sa filière : «Le veau d’Aveyron et du Ségala est une belle aventure qui a donné un nom à un produit, de la fierté à des éleveurs et de la dynamique à un territoire. Dans un métier soumis aux aléas, notre filière est une arme contre la crise !».

Une nouvelle équipe

Le président a profité de la soirée pour présenter les membres du nouveau bureau de l’interprofession. Il s’agit de Jean-Luc Mouysset, représentant la filière SVA, Bernard Cuq, pour la SA4R, Jean-Baptiste Carrié, président des Fermiers du Bas Rouergue, Gérard Sudriès et Jean-Jacques Lenfant, négociants, Frédéric Coursières, représentant Arcadie Sud-ouest, Alain De Grandmaison, pour Bigard, Benoît Valayé, et enfin Pierre Cabrit, pour Unicor.

Après les discours et la désormais traditionnelle «photo de famille», est rapidement venu le temps de la convivialité autour de l’apéritif et du repas, concocté par les jeunes éleveurs, secondés par des bénévoles du syndicat Jeunes Agriculteurs Aveyron. Charcuterie, aligot et bien sûr veau d’Aveyron et du Ségala étaient au menu. «Nous avons organisé la soirée sous le thème de la convivialité. Le repas est servi sous forme de self pour que les gens se mélangent et se parlent. Nous sommes fiers du nombre de participants. Nombreux sont ceux qui sont venus en famille. C’était important pour nous que ceux qui accompagnent les éleveurs au quotidien puissent aussi prendre part à la fête !» s’est réjoui Joël Clergue.

B. CAREL

19 novembre 2015

Développement du lait AB chez Sodiaal Union : plus de 200 éleveurs aux portes ouvertes

Lors des portes ouvertes dédiées à l’élevage laitier bio, Sodiaal Union a accueilli plus de 200 éleveurs, dont une centaine en Aveyron, chez Xavier Maisonabe à Bertholène «jeune converti» et au GAEC de Fournoulet à Lescure Jaoul, en présence du président de la coopérative Damien Lacombe.

Sodiaal Union peut croire dans la réussite de son projet de développement de sa collecte de lait bio dans les années à venir. Les quatre portes ouvertes que la coopérative a organisées dans l’Aveyron, le Tarn et le Lot et Garonne ont attiré plus de 200 éleveurs dont la plupart réfléchissent à un projet de conversion en Agriculture Biologique.

«Nous sommes très satisfaits de la fréquentation et nous sommes heureux de voir l’intérêt que portent nos adhérents à nos projets de développement», ont indiqué les responsables de Sodiaal. Ils ont en effet choisi de s’appuyer sur les témoignages d’éleveurs ayant «franchi le pas»?! Certains depuis peu comme Xavier Maisonabe, éleveur laitier à Bertholène dont l’exploitation est passée en AB depuis avril. «Lorsque mon père est parti à la retraite, je me suis retrouvé seul sur la ferme, il me fallait penser à un système plus souple sur la base d’un système économe et autonome et le bio correspond à une philosophie de l’agriculture qui me plaît bien. C’est aussi une belle opportunité d’apporter de la valeur ajoutée à mon produit tout en répondant à une demande du marché», témoigne Xavier.

Gros travail de rotation

Son élevage déjà amplement basé sur le pâturage, avec une mise à l’herbe précoce dès fin mars, n’a pas eu besoin de beaucoup de modifications pour passer en bio. Sur les 60 ha de SAU, 42 sont des prairies permanentes et 18 labourables, avec un gros travail de rotation.

Depuis son passage en bio, Xavier a pu s’équiper, grâce à un soutien de la Région, sur des matériels de type déchaumeur, herse rotative et andaineur. Il a aussi amélioré l’aménagement de ses bâtiments pour un meilleur confort des animaux et du travail.

De même il mise sur un fort renouvellement de son troupeau chaque année (36 à 40%) sur un troupeau de 45 vaches laitières. «C’est un coût certes mais c’est aussi beaucoup moins de pépins et des vaches en pleine forme sans mammites et avec un taux de cellules bas !», assure l’éleveur.

Ce témoignage positif et les conseils des techniciens de Sodiaal ainsi que de la mission AB de la Chambre d’agriculture ont sûrement convaincu quelques éleveurs de se lancer dans le grand bain du bio !

Eva DZ

12 novembre 2015

Syndicat des forestiers privés de l’Aveyron : une animation par trimestre en 2016

Le syndicat des forestiers privés de l’Aveyron tenait son assemblée générale samedi 7 novembre à Vezins, en présence du nouveau député de l’Aveyron, Arnaud Viala. Le point sur la première année du mandat de la nouvelle équipe emmenée par Clotilde Ripoull.

Comment s’est déroulée cette assemblée générale ?

C. Ripoull : «Très bien ! Nous avons été très contents de la participation puisqu’une soixantaine de personnes étaient présentes, adhérentes ou non. Nous avions en effet, avec le CRPF, invité l’ensemble des propriétaires privés de l’Aveyron. L’important pour nous est de nous faire connaître, d’informer sur nos missions et notre rôle d’accompagnement auprès des propriétaires forestiers du département.

Pourquoi vous êtes-vous réunis à Vezins ?

C. Ripoull : Personnellement je suis originaire du Lévézou et notre secrétaire est natif de Vezins. C’était un petit clin d’œil. Et puis nous avons eu l’occasion d’échanger avec le nouveau député de l’Aveyron sur ses terres, Arnaud Viala, qui a clôturé nos travaux. Ce dernier s’est montré à l’écoute de nos problématiques et a promis de les relayer à l’Assemblée nationale. Il nous a aussi informés d’un projet de SEM (société d’économie mixte), autour de la valorisation du bois dans le sud Aveyron.

Des rencontres avec les partenaires

Quels ont été les faits marquants de votre première année en tant que présidente ?

C. Ripoull : Il s’agissait d’une année de transition, de passage de relais entre mon prédécesseur et moi.

Elle a été marquée par de nombreuses rencontres. Notamment avec le président du Tribunal de Commerce sur la question des groupements forestiers. L’Aveyron en compte 150. Ces sociétés mises en place par l’Etat permettent aux propriétaires forestiers de se regrouper pour gérer plus facilement leurs forêts. Mis en place dans les années 70, ces groupements sont difficiles à gérer avec les successions, les cessions de parts,... Grâce au travail du syndicat national relayé par nos actions départementales, nous avons pu obtenir la mise en place d’une mission au ministère de l’agriculture sur ce sujet.

J’ai également rencontré Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture. Il est tout à fait partant pour une meilleure connaissance et valorisation de la forêt aveyronnaise dont une grande partie est gérée par des agriculteurs. Elle peut constituer un revenu complémentaire. Il est donc intéressant de mener des actions en commun pour tirer le meilleur parti de cette ressource, sachant que sur 1 million de m3 produits annuellement, seuls 20?% sont utilisés ! Le rôle de notre syndicat est de communiquer sur ce qu’il est possible de faire et comment s’y prendre pour le faire.

La forêt dans la COP 21

Luc Bouvarel, directeur général du syndicat national, participait à votre assemblée générale. Quel a été son regard ?

C. Ripoull : Il a présenté le travail de Sylva France, l’engagement au sein de la Cop 21. Tout au long de l’année 2016, il participera au forum forêt pour rappeler que la forêt est le premier capteur de CO2.

Je retiens aussi les avancées sur le dossier chasse. Un décret doit être publié courant 2016, pour que les documents de gestion forestière soient pris en compte dans les plans de chasse, pour par exemple, écarter le gibier des parcelles nouvellement plantées. Nous demandons aussi la suppression du plan de chasse chevreuils qui font des dégâts considérables sur nos forêts et une simplification du mode d’attribution des bracelets pour les cerfs. A l’échelle départementale, nous souhaitons rencontrer la FD Chasse et travailler avec elle, sur la mise en application de ce décret. Les dégâts de gibier ne doivent pas empêcher la réalisation de programmes de replantation forestière que nous accompagnons.

Quels sont vos projets ?

C. Ripoull : Nous aimerions travailler en collaboration avec les CUMA, sur la gestion forestière.

Notre ambition est aussi d’apporter des informations techniques et pratiques aux propriétaires forestiers en organisant des journées thématiques sur le terrain, autour par exemple du marché du bois énergie, de la fiscalité,... Selon les secteurs géographiques et en partenariat avec le CRPF, nous souhaitons proposer une animation par trimestre. Et bien sûr poursuivre la prise de contacts avec l’ensemble des propriétaires forestiers».

Recueillis par Eva DZ

05 novembre 2015

Bœuf Fermier Aubrac : davantage d'éleveurs, de productionet de nouveaux marchés en perspective

Du 1er juillet 2014 au 30 juin 2015, 1 693 animaux ont été labellisés Bœuf fermier Aubrac avec une progression de près de 10 % des animaux abattus dans la filière.

C'est pour le président Christian Bonal, qui tenait mardi 27 octobre à Saint-Urcize, l'assemblée générale de l'association BFA, «de très bons résultats pour cet exercice, avec une progression de 16,4 % des carcasses labellisées». Les raisons ? «L'arrivée de nouveaux éleveurs dans notre filière mais aussi une plus grande production par éleveur, ce qui va nous permettre l'ouverture de nouvelles boucheries». BFA, c'est en effet une production moyenne de 35,4 animaux abattus par semaine soit une progression de 3,4 animaux, par rapport au précédent exercice. Le poids moyen des carcasses est de 395,6 kg, en augmentation de 3,6?kg, pour une valorisation qui s'établit aux alentours de 4,78 € par kilo, «ce qui assure ainsi à nos éleveurs une plus value dans le cadre de notre démarche qualité». La valorisation moyenne des animaux est ainsi de 1 900 € pour «des éleveurs qui bénéficient d'une meilleure valorisation que dans la filière standard».

La force d'un label rouge

Jérôme Pignol est l'un de ces nouveaux éleveurs, engagé dans la filière BFA en Gaec familial à trois : «Nous prévoyons de renouveler le troupeau et donc, de réformer plus jeune. Le label nous va bien avec des vaches de moins de dix ans, et il nous permet d'entrer ainsi dans ce créneau de valorisation. Nous sommes déjà en IGP génisses Fleur d'Aubrac et cette démarche est donc complémentaire». La première vente de deux à trois animaux BFA, se fera, il l'espère, au printemps 2016.

Pour Christian Bonal, le label est en effet un vrai succès : «Ces animaux de race pure entre 30 mois et au maximum âgés de dix ans, sont élevés sur une exploitation extensive. Leur alimentation : foin, herbe et céréales. Ni maïs ni ensilage durant la finition et nos producteurs ont pris conscience que cette image est une vraie locomotive. Et ce bœuf fermier, synonyme de plus value au sein de nos exploitations, plait au consommateur, de par nos pratiques d'élevage dans la tradition et le naturel, la traçabilité. Nous avons pour cela de la prairie !».

Un label rouge, synonyme aussi de contrôles supplémentaires : «Ils attestent par là même de cette qualité du Bœuf Fermier Aubrac». BFA a enfin des projets?: «Conforter la production, étoffer aussi le nombre d'éleveurs livreurs (naisseurs et engraisseurs) engagés dans la démarche et favoriser l'engraissement, de façon à encore nous améliorer en qualité». Un label qui outre les analyses qualitatives, est soumis à des tests gustatifs : «Le BFA doit être meilleur que le standard». Enfin, l'association demande à ce que «la zone BFA soit recentrée sur la zone montagne, de façon ainsi à avoir plus d'éleveurs», ce qui correspond pour le président à «une pure logique d'adaptation à la réalité du terrain».

C. F.

L’Union du Cantal

05 novembre 2015

ODG du fromage de Laguiole AOP : bientôt une extension sur la Lozère

L’organisme de défense et de gestion du fromage de Laguiole AOP a tenu son assemblée générale récemment. L’occasion pour son président, André Valadier, de faire le point sur le projet d’extension de la zone d’appellation en Lozère, la belle évolution du programme Aubrac lait et les différentes opérations de communication qui concourrent à la notoriété du fromage au lait cru de Laguiole.

Les fromages au lait cru ont la cote ! La dernière assemblée générale du CNAOL (association qui réunit l’ensemble des ODG des AOC et AOP laitières), a réaffirmé sa volonté de défendre le lait cru, qui fait indéniablement partie des produits prisés par les consommateurs. Un discours qui a conforté les responsables du syndicat de défense et de promotion du fromage de Laguiole AOP.

«Nous avons de nombreux atouts à défendre», a commenté André Valadier, citant «le positionnement de plus en plus démarqué des AOP fromagères au sein de la filière laitière», «la mise en valeur territoriale sur les ressources propres», «la consolidation d’activités et la vitalité locale en termes d’emplois et d’attractivité territoriale». «Dès lors que l’on veut bien prendre en compte les attentes des consommateurs, les aspirations sociétales et les perspectives économiques des espaces montagnards, nous pouvons poursuivre notre chemin qui ne mène pas à une impasse», a-t-il encouragé.

Fort de ce contexte positif pour les AOC et AOP fromagères, le président a fait le point sur plusieurs chantiers en cours pour le fromage AOP Laguiole. Le premier est le projet d’extension de l’aire d’appellation sur la Lozère. Une démarche portée conjointement par l’association lozérienne à l’origine du projet, le centre INAO d’Aurillac et l’ODG Laguiole. Le dossier avance bien puisque la commission d’enquête des 30 juin et 1er juillet, a statué sur le principe d’une procédure simplifiée d’une extension à 9 communes limitrophes à l’aire actuelle d’appellation. «Ce n’est pas encore l’aboutissement mais c’est une première étape positive», a salué André Valadier. La commission permanente de l’INAO devrait valider la recommandation de la commission d’enquête en décembre. Dans ce cas, les responsables de l’ODG ont bon espoir de voir aboutir cette extension de zone d’ici un à deux ans.

Aubrac lait : une production qui avance

Autre chantier d’envergure qui avance bien pour l’ODG Laguiole : le programme Aubrac lait. «L’objectif que nous nous étions fixés de 10% des vaches Aubrac parmi toutes les vaches traites n’est pas un vœu pieux ni une utopie», a introduit André Valadier. En effet, les chiffres présentés par Christian Miquel, animateur de l’ODG, le confirment : «Nous enregistrons une belle évolution de la moyenne de production avec au global, 2 000 litres en moyenne produits sur 101 lactations en 2014. En 4 ans, nous avons gagné 350 litres par vache en moyenne. Et les 40 premières vaches ont produit en moyenne 3 100 litres en 2014 (contre 2 000 litres en 2011)».

Le travail porte actuellement sur la collecte d’embryons. En 2014, pour la première fois, les produits des embryons transplantés étaient à la disposition des adhérents sur le contrôle de performances des mères. Actuellement 45 producteurs ont des vaches Aubrac en lactation et 3 d’entre eux atteignent les 10% de vaches Aubrac dans leur effectif. L’effectif Aubrac lait est passé de 190 à 220 animaux dont 105 adultes. Et parmi les 43 génisses de moins d’un an, une quinzaine sont issues de la transplantation, le reste est le résultat d’accouplement raisonné avec des taureaux Aubrac en lien avec le Herd Book. «Les progressions enregistrées parmi les meilleurs résultats constatés au niveau du contrôle laitier renforcent le lien de notre AOP avec ses origines», a commenté André Valadier.

Mais ce lien avec les origines n’empêche pas les responsables de l’ODG Laguiole de préparer l’avenir en intégrant la modernité. Le président a ainsi précisé que l’ODG autorisait l’introduction du robot de traite «sous réserve d’une observation renforcée» assurée par une commission spécialisée : «le robot est un outil qui doit s’adapter au cahier des charges et non l’inverse». A ce jour, le service qualité n’a pas fait état de répercussions susceptibles de compromettre l’aptitude des laits collectés avec ce matériel. «Nous ne pouvons pas ignorer la contrainte très présente liée aux 365 jours de traite qui malgré un service de remplacement efficace constitue un frein au renouvellement de nos producteurs et donc à l’avenir de notre filière», a alerté André Valadier.

Cahier des charges communautaire : ce qui change

L’ODG Laguiole a déposé une demande d’agrément communautaire auprès de la commission de Bruxelles. Cet agrément a été validé au niveau européen et Christian Miquel a présenté les quelques changements qu’il implique pour les producteurs : redéfinition du troupeau laitier qui inclut toutes les vaches en production ou taries et les génisses de plus de 8 mois en gestation, l’obligation de foin (ensilage et enrubannage interdits) pour le troupeau laitier, modification dans la complémentation (suppression des issus de céréales sauf le son, le remoulage,... et intégration possible des graines de lin), interdiction de la monotraite, et quelques évolutions dans le process de fabrication, l’objectif étant d’affiner plus longtemps les fromages de Laguiole. Ce nouveau cahier des charges est appliqué depuis le 23 octobre après une parution au Journal Officiel du 3 octobre.

Une semaine chez les crémiers de France

Enfin l’une des missions de l’ODG est la promotion du fromage de Laguiole. Comme chaque année, plusieurs animations ont été organisées dans les magasins et vont se poursuivre. En 2015, le Laguiole a été sélectionné par l’association des crémiers fromagers de France pour une action militante d’une semaine dans leurs magasins. «Nous avons bénéficié d’une vitrine supplémentaire auprès de professionnels qui ne connaissaient pas notre fromage, ce fut une opération très positive», a commenté Christian Miquel. Bien sûr, le Laguiole AOP sera présent au prochain Salon de l’agriculture dans le restaurant Laguiole-Aubrac et au salon du fromage. Il sera aussi à l’honneur lors des prochaines Traces sur l’Aubrac le 13 mars. Et tout le monde peut le retrouver avec quelques recettes sur le site www.fromage-laguiole.fr. Sans oublier les camions de collecte du lait qui sillonnent les routes de la zone d’appellation tous les jours de l’année !

Eva DZ

05 novembre 2015

Lait de vache Agriculture Biologique : Sodiaal Union veut passer à la vitesse supérieure

Parce que le marché est porteur pour les produits laitiers en AB, Sodiaal Union envisage d’augmenter les volumes de lait collecté dans les années à venir. La coopérative encourage donc tous les producteurs de lait de vache qui s’interrogent sur une conversion en AB à franchir le pas ! Les responsables ont présenté leur projet mardi 3 novembre à l’usine Nutribio de Montauban et organisent la semaine prochaine plusieurs portes ouvertes dans des exploitations laitières de la région en AB, dont deux dans l’Aveyron.

Chantal Casal, administratrice à Sodiaal Union élève des vaches laitères dans le Montbazinois. Elle représente les producteurs en Agriculture Biologique au conseil d’administration de la coopérative et explique le projet de développement des volumes de lait de vache en AB au sein de Sodiaal.

- Pourquoi cette démarche de développement dans l’agriculture biologique ?

C. Casal : L’engagement de notre coopérative sur le marché AB n’est pas nouveau, il date des années 1995-1998. Mais nous engageons pour les années à venir une démarche de développement important. L’intérêt est majeur à la fois pour la coopérative et pour ses producteurs. En effet, le marché est aujourd’hui porteur pour les produits laitiers biologiques.

«Une chance pour nos sites industriels»

- Quel est l’intérêt pour la coopérative ?

C. Casal : C’est l’occasion de nous positionner sur des marchés demandeurs, de développer une gamme sur l’ensemble de nos produits. Et dans le contexte actuel, les marchés à fort développement sont peu nombreux. Nous devons saisir ce potentiel.

Et puis ce développement concerne à la fois les volumes en laits infantiles bio et les volumes de lait de consommation bio, c’est important que notre coopérative puisse se positionner sur ces deux niveaux. Et c’est justement grâce à nos outils industriels présents dans la région que nous pouvons nous positionner sur ces opportunités. Ainsi notre usine Nutribio à Montauban, filiale AB de Sodiaal Union porte un projet innovant sur le lait infantile.

Ces projets permettent de conforter et d’engager des projets de développement sur nos sites industriels. C’est une chance pour la coopérative et ses adhérents d’avoir des outils de transformation présents localement.

«Créer de la valeur ajoutée sur les exploitations»

- Et pour les producteurs ?

C. Casal : C’est une volonté historique chez Sodiaal d’être présents sur des zones difficiles (piémont, montagne), d’apporter de la valeur ajoutée. Et la production de lait de vache sous le label AB est une belle occasion de créer. D’autant que ce système d’en production est tout à fait adapté à nos régions difficiles avec une spécificité herbe dans nos exploitations.

Ce projet répond à une logique de territoire forte. C’est pour cette raison que nous encourageons les producteurs aveyronnais et de la région à se convertir à l’agriculture biologique pour créer de la valeur ajoutée sur leurs outils de production et conforter la transformation locale des produits.

- Concrètement quels sont vos objectifs ?

C. Casal : Notre usine de Montauban a besoin de 100 millions de litres de lait supplémentaires. Etant donné le délai de conversion des exploitations en AB (deux ans), nous lancerons ce projet avec les producteurs en place et des partenaires en attendant les nouveaux volumes régionaux. Nous nous sommes positionnés sur un développement dans les 2 ans à 24 millions de litres de lait supplémentaires.

Actuellement, 6 millions de litres de lait en AB sont produits dans les départements de l’Aveyron, du Tarn et du Tarn et Garonne. Notre projet s’élargit à l’ensemble des régions Midi-Pyrénées et Aquitaine.

Un réel potentiel de développement

- Quelles seront les clés de la réussite ?

C. Casal : Je pense sincèrement que le potentiel de développement est réel. Les éleveurs que nous avons choisis pour nos portes ouvertes (lire encadré) témoigneront de leur vécu. L’agriculture biologique a permis d’améliorer leur revenu et dans le contexte actuel de prix, cela doit faire réfléchir les agriculteurs. Sans compter la pression sur le dossier environnemental qui peut amener à changer d’orientation.

Le défi de l’agriculture biologique s’inscrit dans une logique de projet et redonne un sens à notre travail, elle permet de se réapproprier son outil de production. Ce sont les enseignements qui ressortent des échanges techniques que nous proposons aux éleveurs, en partenariat avec la Chambre d’agriculture.

Personnellement, j’ai converti mon exploitation en bio en 1999 et j’en éprouve un réel épanouissement personnel !

- Quel est votre message aux producteurs laitiers de Sodiaal ?

C. Casal : Venez rencontrer les éleveurs qui sont passés en AB lors de nos portes ouvertes ! Venez découvrir des systèmes différents, rémunérateurs ! Laissez de côté les préjugés et les a priori !».

Recueilli par Eva DZ

29 octobre 2015

Société Porc Montagne : la réussite du pari local depuis 20 ans

Vendredi 9 octobre, la société Porc Montagne, filiale principale du groupe coopératif Alliance Porci d’Oc, a fêté ses 20 ans d’existence. Retour sur cet événement qui a réuni 350 personnes, éleveurs, salariés, partenaires et élus locaux.

La coopérative APO (Alliance Porci d’Oc) est née de la volonté d’une poignée d’éleveurs d’organiser le marché pour leurs porcs de qualité. «En 20 ans, nous avons réussi à nous installer dans le paysage économique», assure le président, Norbert Pradalier, éleveur à Campuac, qui espère bien continuer sur cette lancée, «pour fêter les 40 ans !».

Le choix de la qualité et de l’origine

Pour pérenniser la production, les outils d’abattage, de transformation, le groupe coopératif a fait le choix de la qualité. C’est ainsi que les producteurs ont créé la société Porc Montagne, filiale de leur groupe coopératif qui leur permet de valoriser leur production sous des signes officiels de qualité. Comme l’explique, Didier Raynal, éleveur à Baraqueville, vice-président d’APO et président de Société Porc Montagne : «Notre choix s’est porté sur la meilleure valorisation possible de la production de la région. C’est pourquoi nous avons décidé de nous associer aux démarches existantes AOP ou IGP : Jambon de Bayonne, d’Auvergne, de Lacaune, de Montagne,...». Et Serge Clamagirand, directeur du groupe APO de compléter : «Le dernier exemple en date est le rapprochement avec les éleveurs de Dordogne dans la démarche Périgord Porc autour du Jambon noir du Périgord en Label Rouge et AB».

«Les démarches de qualité répondent à la demande des consommateurs, d’un produit de qualité, avec une origine connue et locale», argumente Didier Raynal. «Et pour les éleveurs, c’est l’assurance d’un complément de prix conséquence de la création d’une valeur ajoutée». Et dans ce groupe coopératif, ce sont bien les 200 éleveurs adhérents qui sont à la décision. «Notre coopérative est gérée par un conseil d’administration, un bureau d’éleveurs. Notre centre de décision est l’Aveyron et nous y tenons», affirme Norbert Pradalier. «De même sur nos fermes, c’est l’éleveur qui a la décision, il est totalement indépendant et responsable de ses actes», ajoute Lionel Tauriac, éleveur à Colombiès, membre du bureau. Et le président de préciser le rôle des responsables : «continuer à se moderniser pour pérenniser nos outils, depuis l’exploitation jusqu’à la commercialisation».

Estampille Aveyron

«Et même si notre territoire s’est agrandi, nous gardons le même fil conducteur de la valorisation de notre production régionale», poursuit Didier Raynal. Tous les producteurs sont ainsi engagés dans au moins une démarche de qualité. Société Porc Montagne milite d’ailleurs pour que l’estampille Aveyron soit réservée aux produits issus d’élevages du département et transformés dans le département?: «Aveyron n’est pas seulement un nom, c’est un gage de qualité et nous ne devons pas avoir honte de nos produits», martèle Didier Raynal. «C’est notre attachement au local qui fera que demain nous durerons encore», insiste Norbert Pradalier.

C’est en effet la clé de la réussite des entreprises locales qui ont bien conscience qu’elles ne peuvent pas lutter sur le marché à l’export parmi les grands faiseurs de la production. «Notre force c’est la réactivité et l’adaptation de nos services à nos clients», détaille Serge Clamagirand. «La concurrence est bien réelle sur les marchés, concède-t-il, surtout sur les volumes importants, mais notre levier est notre engagement dans les démarches qualité parce que nous pouvons faire valoir nos atouts : respect des cahiers des charges, relation clients, régularité au quotidien, disponibilité du 1er janvier au 31 décembre, garantie de l’origine, traçabilité,... A nous d’être profes- sionnels pour répondre aux attentes des clients», résume le directeur général.

Le porc : une activité économique qui compte

Conscients de l’image parfois ternie de la production porcine, les responsables d’APO tiennent à rappeler quelques réalités : «la production porcine sur les fermes est, c’est vrai, souvent une deuxième production complémentaire mais sans elle, bien des fermes n’auraient pu tenir !». Ils enchaînent : «Notre métier souffre d’un problème d’image et pourtant nous contribuons à maintenir de l’emploi en milieu rural et dans nos outils économiques sans compter tous les emplois indirects».

APO et à travers le groupe, la Société Porc Montagne, installée aux portes de Rodez, est une entreprise dynamique comme ses responsables ont voulu le montrer à l’occasion des 20 ans : «C’est important de marquer le coup avec nos adhérents mais aussi avec nos salariés qui donnent de leur temps, certains depuis le début de l’aventure, pour que notre entreprise garde sa place dans le paysage économique aveyronnais», a souligné Didier Raynal.

La soirée, aux couleurs locales bien entendu jusqu’à la programmation musicale, a en effet permis de nombreux échanges entre producteurs et salariés, tous partageant une stratégie gagnant- gagnant avec à la clé de la valeur ajoutée pour l’ensemble des acteurs de la filière.

Maintenir le potentiel de production

L’un des principaux challenges du groupe coopératif est le renouvellement de ses producteurs. Avec une moyenne d’âge de 45 ans de ses adhérents, la coopérative veut accompagner cette nouvelle étape. Une réflexion est en cours sur ce sujet pour accompagner les projets de jeunes. «Nos efforts doivent aujourd’hui porter sur le maintien de notre potentiel de production», a affirmé Didier Raynal.

«Notre production comme beaucoup d’autres, subit la baisse du nombre d’agriculteurs mais nous ne devons pas nous décourager», poursuit-il. Le groupe coopératif compte s’appuyer sur ses acquis : des compétences, des équilibres financiers, un savoir-faire dans tous les métiers, la performance technique des éleveurs. «Certes il y a des difficultés mais les perspectives à moyen et long terme existent, nous y avons notre place en tant que régionaux de l’étape», assure Lionel Tauriac.

La production porcine s’adapte aux attentes sociales des éleveurs avec une organisation du travail possible qui limite l’astreinte. C’est une production bien intégrée dans son environnement, un élevage directement lié au sol (céréales produites sur place pour l’alimentation et épandage des déjections dans le sol). Aujour-d’hui, la quasi totalité des producteurs d’APO fabriquent leurs aliments à la ferme grâce à l’accompagnement technique de leur coopérative : 80% des porcs sont nourris avec des aliments fabriqués à la ferme issus d’un approvisionnement local auprès de voisins agriculteurs. «C’est un échange de bons procédés. Nous sommes tout à fait complémentaires des autres élevages, c’est aussi cela notre force !», concluent les responsables du groupe coopératif.

Des spécificités souvent méconnues mais sur lesquelles la production porcine peut s’appuyer pour assurer son avenir et celui de ses outils comme APO. Rendez-vous dans 20 ans !

Eva DZ

29 octobre 2015

Apiculture et frelon asiatique : un dispositif de surveillance

Un dispositif de recensement de nids de frelons asiatiques est en place en Aveyron, en lien notamment avec le syndicat apicole l’Abeille de l’Aveyron et les mairies du département. Un réseau de référents a été désigné, avec les mairies, pour géolocaliser les nids et transmettre les données auprès de l’Etat.

Une réunion organisée récemment à Olemps a réuni le syndicat apicole l’Abeille de l’Aveyron, la Chambre d’agriculture, le GDS12, le groupement départemental sanitaire apicole, des représentants de mairies, des pompiers et des fédérations de la chasse et de la pêche de l’Aveyron. Ils ont décidé de mettre en place un réseau de référents, en relation avec les mairies, afin de «mesurer» la présence de frelons asiatiques en Aveyron. Ces données sont transmises à la DDCSPP, puis envoyées au niveau national au Muséum d’histoire naturelle, puis aux services de l’Etat.

Pour Jérôme de Lescure (notre photo), co-président du syndicat apicole, installé à Lavernhe, commune où il est maire et apiculteur, il y a urgence : «le frelon asiatique est présent en France depuis 2004, et depuis 2009 en Aveyron. Près de 90 % du territoire national est colonisé. Le frelon asiatique est un insecte qui a besoin d’eau et de protéines animales pour élever ses larves. Pour lui, la ruche est donc un bon garde à manger !». Le frelon asiatique a une capacité destructrice supérieure au frelon européen. Il est noir, plus long, et doté d’un venin très allergisant. «Il attaque l’abeille butineuse en lui coupant la tête, puis repart avec son sucre, son nectar et son abdomen riche en protéines», complète Jérôme de Lescure.

Ses prédateurs qui sont la mésange, le geai et le pic-vert, ne suffisent pas à réduire ce fléau responsable de mortalités d’abeilles, directement ou indirectement. «La présence du frelon asiatique à l’entrée de la ruche génère en effet du stress chez les abeilles butineuses. Les ruches ont donc moins de provisions pour se nourrir et sont ainsi fragilisées. Cette existence perturbée pénalise évidemment notre activité apicole, du fait de la mortalité des abeilles dans la ruche, provoquée indirectement par la présence du frelon asiatique alentour».

Plus de 70 nids de frelons recensés en Aveyron

Le dispositif de surveillance mis en place en Aveyron, appelé «chaîne de remontée d’informations» dans chaque commune, est adossé à un ou plusieurs référents, dont les coordonnées sont disponibles en mairie. Ces référents sont pour la plupart des apiculteurs du secteur et sont à même de répondre aux personnes ayant aperçu un nid de frelons asiatiques, qu’il ne faut pas confondre avec un nid de guêpes. Le nid de frelons est impressionnant, parfois d’un diamètre de 80 cm à 1 mètre. «La mission confiée aux mairies consiste simplement, mais systématiquement, à contacter le référent local pour l’informer de la présence d’un nid sur la commune, et ainsi, de géolocaliser ce nid», précise Jérôme de Lescure.

Plus de 70?nids de frelons ont été signalés à ce jour en Aveyron, sur l’ensemble du territoire, dont Millau, la vallée du Tarn, le Réquistanais, le bassin de Decazeville, Rignac, Rodez... «Nous trouvons aussi des nids à 800 mètres d’altitude, alors que nous n’imaginions pas que cela soit possible à des températures plus basses».?

Le frelon asiatique est un nuisible, dit invasif, de catégorie 2. Une reconnaissance en catégorie 1 permettrait la prise en charge des destructions par l’Etat. Cette «juste analyse» qui motive la mise en place d’un réseau de référents en Aveyron a donc aussi pour objectif de mettre l’Etat devant ses responsabilités, sachant que les apiculteurs confient être peu optimistes sur la réponse attendue... «En cas de menace sur la place publique ou près des écoles par exemple, avec danger immédiat, ce sont les pompiers qui interviennent pour détruire le nid. Pour les particuliers, ils devront faire appel à un professionnel de la désinsectisation, pour un prix moyen d’environ 150 euros. Un conseil, ne pas détruire soi-même le nid !», recommande l’apiculteur.

Autre solution, la pose de pièges à frelons asiatiques, au printemps principalement, avec par exemple une cloche (comme pour les guêpes), emplie à la moitié d’un mélange de bière brune et de sirop de grenadine. Il suffit d’attirer un premier frelon asiatique dans ce piège pour faire ensuite venir l’ensemble d’un nid. C’est efficace pour détruire un nid de façon plus naturelle, et à moindre frais !

Didier BOUVILLE

22 octobre 2015

Semaine du goût : le Pérail séduit les écoliers du sud Aveyron !

Depuis plusieurs années, à l’occasion de la Semaine du goût, l’association Pérail propose aux écoliers de son bassin de production, une animation à la découverte de ce petit fromage rond, doux au lait de brebis. Cette année, 8 écoles ont répondu positivement, un record preuve de la notoriété du Pérail.

La Semaine du goût est l’occasion pour les filières de faire découvrir leurs produits aux consommateurs, petits et grands. L’association Pérail a pris l’habitude de contacter les écoles de sa zone de production, pour animer une demi-journée de découverte de son fromage au lait de brebis. Cette année, l’animatrice Sophie Lucas a choisi d’élargir son champ d’actions au Saint Affricain ainsi qu’une école en Lozère, en plus du Millavois. «Nous adressons un courrier aux écoles pour leur proposer notre animation et chaque année, nous avons de plus en plus de réponses positives», assure Sophie.

Accompagnée d’éleveurs de brebis Lacaune et de fromagers fabricants de Pérail, elle a ainsi rencontré 160 écoliers tout au long de la Semaine du goût du 12 au 16 octobre.

L’animation consiste en une présentation de l’élevage de la brebis Lacaune, depuis l’insémination en passant par l’agnelage, le sevrage puis la traite. Les enfants sont interrogés sur le nombre de litres de lait produits par une brebis, le contenu de ses repas et la quantité.

Puis une fois le lait dans le tank, ils retracent les étapes jusqu’à la fabrication du fromage Pérail : la transformation en caillé avec la présure, l’égouttage, le salage pour donner du goût et conserver le produit et l’affinage.

«A 10 jours d’affinage on obtient déjà un Pérail avec une peau qui s’est déjà formée et une texture fondante et moelleuse», explique Sophie. Cette dernière aborde également toutes les mesures d’hygiène prises dans les fromageries avec la tenue exigée du fromager, le lavage des mains,...

De vrais petits chefs !

Puis vient le moment tant attendu de la découverte de ce petit fromage. Les 14 enfants de l’école privée Ste Famille de Vabres l’Abbaye des niveaux CE2, CM1 et CM2 sont impatients ! Certains le connaissent déjà mais ne savaient pas son nom, pour d’autres c’est une vraie découverte. Tous se sont prêtés au jeu de la dégustation dans les règles de l’art d’un vrai jury ! «D’abord, il faut regarder le fromage puis le sentir et enfin le goûter», a détaillé Sophie. Tous les sens des enfants sont mis en éveil avec l’appui de leur institutrice, Marjorie, qui se prête également au jeu. Il faut dire qu’elle avait bien préparé cette intervention.

«Nous avons mis en place un projet pédagogique dans toute l’école, sur le lait de brebis et pendant toute cette semaine, nous avons travaillé sur ce sujet en visitant des caves de Roquefort, en réalisant une flaune, des yaourts,... et en découvrant le Pérail», détaille Marjorie.

«ça sent la brebis!», s’exclame un petit garçon. Une petite fille évoque l’odeur de la laine, le «suint», une couche de «gras» qui protège la brebis des intempéries !

Tous les enfants ont goûté le Pérail et peu ne l’ont pas aimé : «C’est un fromage doux, crémeux, fondant, qui plaît beaucoup aux enfants de façon générale», résume Sophie. En effet, tous en ont redemandé ! Et pour les récompenser et faire goûter le Pérail à leurs parents, chaque enfant s’est vu offrir un petit fromage à ramener à la maison ! Ainsi qu’un petit livre pour découvrir en image la production du Pérail.

L’animation s’est terminée autour d’un petit jeu : la dégustation des trois laits (brebis, chèvre et vache) à l’aveugle ! Là encore, tous les enfants ont été partants ! Preuve que les produits laitiers sont toujours très appréciés des jeunes générations. Et le Pérail a trouvé sa place sur leur plateau de fromages ! Ses petits consommateurs ont en tout cas été séduits par ce petit fromage, qui, les membres de l’association qui le défend l’espèrent, sera bientôt reconnu dans la cour des grands de l’Appellation d’origine protégée (AOP).

Eva DZ

15 octobre 2015

Veau d’Aveyron et du Ségala : un tandem gagnant-gagnant

La démarche Veau d’Aveyron et du Ségala recrute ! Les différentes filières de commercialisation adhérentes à l’IRVA souhaitent accueillir de nouveaux éleveurs afin d’assurer le maintien et le développement des contrats Label. Pour les accompagner au quotidien dans la réussite de leur élevage, trois techniciens sont à leur service et valident leur engagement dans la démarche. La Volonté Paysanne a suivi Francis Besset, technicien à l’IRVA lors d’une visite d’audit chez Sébastien Couffignal, qui a rejoint le Veau d’Aveyron et du Ségala en 2010.

Un échange positif et constructif réciproque, voilà comment Sébastien Couffignal perçoit la visite annuelle de qualification de son élevage auprès de l’IRVA. «L’interprofession a su m’accompagner dès le début dans la transition de mon exploitation vers la production de Veau d’Aveyron et du Ségala label», témoigne Sébastien, en GAEC avec sa mère, Françoise, qui a repris l’élevage familial de broutards repoussés. «J’avais envie de produire en label et particulièrement en Veau d’Aveyron et du Ségala parce que j’ai un parcellaire groupé autour des bâtiments qui s’y prête bien, ce qui facilite le déplacement des animaux. Et puis je recherchais un débouché sûr et lisible dans le temps», poursuit le jeune éleveur qui travaille en filière avec la coopérative Unicor. Le prix des veaux est en effet assis sur des grilles filières claires, connues à l’avance et en progression régulière.

Accompagnement

Ainsi, l’IRVA a accompagné Sébastien dans la construction de son bâtiment au moment de son installation en 2010, le conseillant quant à la fonctionnalité, le confort des animaux et de travail. L’interprofession l’a également soutenu dans l’attribution d’aides régionales sur les petits équipements. De même elle l’a encouragé à aménager les abords de sa ferme : «C’est vrai que lorsque l’on s’installe ce n’est pas notre priorité ! Mais en terme de confort de travail, je suis content du résultat !», concède Sébastien. «Et puis l’IRVA nous laisse une souplesse dans le temps pour améliorer nos abords».

A chaque visite annuelle du technicien IRVA, Sébastien aime échanger avec lui : «C’est un échange positif réciproque puisque nous profitons de son expérience dans d’autres élevages pour améliorer notre outil de travail, notre système d’élevage. Il apporte un œil extérieur. Tout le monde y gagne !». Et Francis Besset, technicien IRVA de confirmer.

Echanges et conseils

Lors de cette visite, tout est passé en revue : depuis les délais de notification des animaux, les visites sanitaires (protocole de soins, documents des vétérinaires, pharmacie,...), le point sur le cahier d’épandage, l’alimentation des veaux, des mères, le registre phytosanitaire,... «C’est une bonne expérience, plus qu’un contrôle je vis cette visite comme un échange, l’occasion de bénéficier de conseils, d’un accompagnement qui me permettra de faire avancer mon exploitation dans la voie que j’ai choisie», explique Sébastien. Et Francis Besset de compléter : «Bien sûr nous sommes là pour vérifier que tous les points du cahier des charges sont respectés mais notre rencontre est basée sur l’échange avec l’éleveur et non sur le contrôle pur et dur !».

Des moments d’échanges que Sébastien apprécie comme les réunions de secteur de l’IRVA chaque hiver : «Nous sommes nombreux à participer parce que c’est l’occasion de s’exprimer sur notre filière». De même que la réunion annuelle sur le Veau d’Aveyron de sa coopérative. «Le Veau d’Aveyron et du Ségala nous rassemble. Nous travaillons un produit fini, de qualité, plébiscité par les consommateurs et dont nous sommes fiers», poursuit Sébastien qui participe également à des animations en magasins. «C’est motivant dans notre engagement au quotidien sur nos fermes car l’astreinte dans nos élevages est importante, assimilable à mon sens, à la production laitière». Sébastien participe aussi au groupe de travail au sein de l’IRVA pour réfléchir à des solutions de remplacement sur les fermes Veau d’Aveyron et du Ségala.

«Nous sommes une des rares filières qui recrutent des éleveurs et qui apportent de réelles perspectives, avec des prix des veaux fixés à l’avance, un bon taux de labellisation grâce au savoir-faire des éleveurs et aux conseils des techniciens. Et puis le Veau d’Aveyron permet aussi de maintenir des petites structures familiales, de créer de la valeur ajoutée sur le territoire et redonne de la fierté aux éleveurs !», conclut Sébastien.

Eva DZ

15 octobre 2015

FDSEA-JA-Conseil départemental et la filière caprine : afficher pour développer !

La FDSEA et les JA sont accompagnés par le Conseil départemental pour promouvoir l’installation en production caprine. Les abribus du Département accueillent une grande affiche vantant l’attrait d’une filière caprine à la recherche de nouveaux producteurs, du fait d’un marché national porteur.

Dans un contexte actuel agricole maussade, la filière caprine fait figure de belle éclaircie dans le ciel aveyronnais. Cette production, qui a connu des années difficiles en 2010, repart de plus belle grâce à un marché national aujourd’hui demandeur de lait de chèvre, comme le rappelle Joël Mazars, président de la section caprine FDSEA : «nous sommes déficitaires de 50 millions de litres de lait en France. Les 180 producteurs de l’Aveyron en produisent 32 millions. Nous pouvons doubler notre volume départemental !», lâche le producteur de Luc, à l’initiative de l’action de communication lancée en partenariat avec le Conseil départemental, matérialisée par la pose d’une quarantaine d’affiches géantes dans les abribus du Département.

Jean-Claude Luche, président du Conseil départemental, a été accueilli lundi 12 octobre au GAEC Lussaguais à Montrozier chez Christophe et Fabrice Rouquet, installés respectivement en caprins lait depuis 1996 et 2005. Ils traient 380 chèvres laitières sur une SAU de 40 ha, et produisent 390?000 litres pour Lactalis. Ce GAEC illustre la bonne dynamique d’une filière caprine aveyronnaise qui installe désormais près d’une quinzaine de producteurs chaque année, sur un total d’environ 135 installations.

«Nous voulons doubler nos installations caprines», souhaite Joël Mazars, rappelant que «notre filière organisée rassemble en France autant de producteurs industriels que fermiers. Nous pouvons aussi développer ici des productions en circuits courts, sans ignorer les GMS !».

Economie départementale

Joël Mazars ajoute : «l’Aveyron a une vocation agricole tournée vers l’élevage. Alors que des régions comme Poitou-Charentes s’orientent vers les céréales, avec une démographie agricole vieillissante. Nous, ici, pouvons développer le lait de chèvre, avec des outils industriels en place, sachant que d’autres sont intéressés par l’Aveyron... Un agriculteur, c’est six emplois induits. Installer 50 producteurs, c’est sauvegarder 300 emplois !».

Un propos aussitôt approuvé par Jean-Claude Luche: «notre ambition est d’avoir 300 000 habitants en Aveyron dans dix ans. Développer l’agriculture, c’est développer l’économie départementale. C’est pour cela que nous travaillons avec les acteurs économiques locaux», a clamé le président du Département, accompagné par Jean-Claude Anglars, président de la Commission départementale agricole.

Ce dernier, indiquant que «cette production générait un revenu avec peu de surface agricole». Germain Albespy, du groupe Caprin JA, a précisé que l’Aveyron avait donc «tous les outils nécessaires pour accompagner des projets d’installation, après formation, et qui tiennent la route. Il faut des projets cohérents, avec une bonne relation sol-troupeau», selon lui. Virginie Albespy, élue Chambre d’agriculture, responsable filière caprine, a rappelé le dispositif technique efficace en place en termes de contrôle laitier, suivi technique individualisé et formations de groupe.

Didier BOUVILLE

01 octobre 2015

Assemblée générale de la SICA 2G : l’agneau label toujours en progression !

L’assemblée générale de la SICA 2G s’est déroulée vendredi 25 septembre à Vabres l’Abbaye, sous la présidence de Jérôme Redoules.

L’organisation de producteurs ovins, dirigée par Jérôme Pousthomis, créée en octobre 2011 suite à la fusion des activités lait et viande du GEBRO et de Sicagnolin, rassemble aujourd’hui environ 500 adhérents, dont 230 installés en Aveyron.

Section lait

En section lait, la collecte d'agnelets est en légère diminution, en relation avec la baisse générale constatée au niveau du bassin de Roquefort. Pour l'exercice 2014-2015, 97 445 agnelets ont ainsi été collectés. L’évolution des prix a été positive. Les agnelets sont collectés et engraissés par la société OVI PC, dans laquelle SICA 2G détient 24,9 % du capital social. Les agneaux finis sont revendus à des abatteurs qui sont principalement les co-actionnaires de la SICA 2G dans OVI PC.

Section viande

En section viande, l'activité est régulière, avec 38 721 laitons collectés. Les ventes sous signe officiel de qualité sont en très forte hausse en passant de 21 259 à 24 623 agneaux vendus en filière qualité (label rouge Lou Paillol, IGP Agneau de l'Aveyron), soit un taux de labellisation de 84 % des agneaux labellisables. «Cela laisse présager un avenir solide de la filière, à condition de pouvoir réunir assez de producteurs pour permettre un approvisionnement régulier en quantité, mais aussi en qualité de nos points de vente», note le président Jérôme Redoules. «Les prix payés aux éleveurs en progression vont, nous l'espérons, encourager les éleveurs à ne pas relâcher leurs efforts, que ce soit en technique mais aussi en génétique». Le prix moyen des agneaux laitons se situe à 117,81 euros pour un poids moyen de 17,64 kg carcasse. Le message est donc clair, la filière est à la recherche de producteurs et de production !

Coûts de production

Une intervention de Carole Jousseins, de l'Institut de l'élevage, a finalisé l’assemblée générale. Elle a présenté aux agriculteurs présents les éléments clés de la méthode «coût de production». Cette méthode fait une photographie du fonctionnement économique de l'élevage. Elle permet notamment d'isoler l'impact des différents postes de dépenses chez les éleveurs. «Certains postes ne sont pas sujets à économies, comme la génétique qui est indispensable pour la productivité du troupeau ainsi que les aménagements des bâtiments permettant aux éleveurs de travailler dans de bonnes conditions. Le principal poste qui permet des économies est celui de la mécanisation, principalement pour le travail du sol». Un repas, avec grillades d'agneau label, a clôturé les travaux de l'assemblée générale, toujours dans la convivialité et la bonne humeur.

Recueilli par D.B.

24 septembre 2015

Association Pérail : l’AOP est en vue !

«Le plus dur est derrière nous», c’est un soulagement pour Jean-François Dombre, président de l’association Pérail qui espère voir aboutir «dans les prochains mois», ses 20 années de combat pour l’obtention de l’AOP pour le Pérail.

Si Jean-François Dombre a réuni la presse mardi 22 septembre à Millau c’est pour faire part des «avancées significatives» dans le projet d’obtention de l’appellation d’origine protégée (AOP) pour le Pérail. Fin 2014, trois consultants nommés par l’INAO, après avoir rencontré plusieurs acteurs de la filière, ont rendu leur verdict : il peut y avoir une zone délimitée pour le Pérail.

«Ces trois consultants, un géographe, un historien et un zootechnicien, sont allés dans le sens de notre démarche pour une reconnaissance de l’AOP Pérail», explique satisfait Jean-François Dombre, président de l’association de défense et de promotion du fromage de brebis Pérail (association Pérail). «C’est un point très positif pour nous parce qu’ils ont confirmé nos dires et les ont validés», poursuit le fromager.

Dans les prochains jours, l’INAO nommera ces mêmes consultants, experts. Ils auront pour mission de définir la zone d’appellation de la future AOP Pérail. «A partir de janvier, ces experts travailleront sur le périmètre qui sera sûrement calqué sur celui de notre voisin Roquefort, parce que nos deux produits sont complémentaires sur notre territoire», appuie Jean-François Dombre. Pour lui, ce travail ne devrait pas être trop long car ces experts connaissent très bien le territoire.

De nombreux soutiens

Depuis 1995 et le début du combat pour la reconnaissance d’une AOP Pérail, le président de l’association portant ce petit fromage, a su fédérer autour de lui les acteurs de tout un territoire : «grâce à la mobilisation de tous, éleveurs, fromagers, élus locaux, restaurateurs, médias,... notre dossier s’est accéléré».

Il faut préciser que le Pérail représente une production de 1?000 tonnes et concerne 2 000 producteurs répartis en grande majorité en Aveyron (environ 70% de la collecte) mais aussi dans les départements limitrophes (Hérault, Gard, Tarn, Lozère). «L’intérêt de défendre le Pérail c’est aussi l’assurance de relocaliser une usine de transformation laitière sur notre territoire, avec les emplois que cela induit», tient à ajouter Jean-François Dombre.

L’AOP, une chance pour le territoire

Pour lui, indéniablement, l’obtention de l’AOP pour le Pérail est une chance pour le territoire : «je crois en une vague positive autour de notre produit avec la création de nouveaux ateliers fromagers, l’installation de jeunes éleveurs dans cette production,... parce que l’AOP liera définitivement notre petit fromage à son territoire». Le Pérail rejoindrait ainsi ses trois acolytes aveyronnais déjà reconnus AOP fromagères, le Roquefort, le Laguiole et le Bleu des Causses. «Peu de régions peuvent se targuer de cette qualité et de la reconnaissance de leurs produits à l’échelle européenne. Notre terroir est particulier et les hommes et les femmes qui y vivent le sont tout autant !», sourit le président.

Il enchaîne : «Dans nos pays difficiles, il est important de miser sur les démarches qualité, ce sont elles qui nous permettent de passer les caps difficiles auxquels l’élevage est confronté, grâce à leur valeur ajoutée», assure Jean-François Dombre qui considère qu’elles sont «la solution pour l’agriculture de nos territoires».

Enfin il espère que cette AOP va permettre de fédérer les producteurs de Pérail autour d’un cahier des charges, d’une structure unique pour une meilleure communication autour de leur produit à l’image de ce que la Confédération générale mène pour le Roquefort.

Eva DZ

17 septembre 2015

Clairvaux d’Aveyron : de vieux cépages blancs à l’essai

L'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) du pôle Sud-Ouest, basé à Lisle-sur-Tarn, conduit depuis 2012 une parcelle d’essai de cépages anciens blancs, en lien avec les viticulteurs de l’aire AOP Marcillac. La seconde vendange de ces vignes vient de commencer sur les côteaux de Clairvaux d’Aveyron.

«Nous produisons du vin rouge et rosé sur notre aire d’appellation Marcillac», indique Michel Laurens, vigneron indépendant, «et nous nous intéressons aussi au vin blanc sans véritable encépagement déterminé, avec des cépages internationaux comme le Sauvigon ou le Chardonnay par exemple. Alors pourquoi pas essayer de travailler avec des cépages blancs locaux ?». C’est donc l’objectif de la parcelle plantée en 2012 par l’IFV Sud-Ouest, sous la conduite d’Olivier Yobrégat, ingénieur agronome. Elle est composée de deux cépages anciens, le Fel blanc et le St-Côme blanc, comparés respectivement aux cépages plus courants que sont le Chenin blanc et la Muscadelle blanc. Cette parcelle d’essai en est à sa seconde vendange entamée cette semaine.

Les premières dégustations de St-Côme blanc et de Fel blanc permettent de mesurer le profil ou la typicité aromatique du produit, sachant que le travail de recherche d’adaptation qualitatif et économique de ces cépages blancs anciens nécessite une étude pointue sur plusieurs années, «sur environ quatre ou cinq ans», confirme Olivier Yobrégat. «Et si les résultats finaux sont concluants», continue Michel Laurens, «on pourra alors travailler avec ces cépages blancs locaux en majorité, puis lancer pourquoi pas une procédure de reconnaissance d’une appellation d’origine contrôlée, mais nous sommes encore loin de cet objectif éventuel».

Observer et mesurer

Car en effet, mesurer la pertinence de la culture d’un cépage ancien sur un terroir n’est pas synonyme de succès systématique : «ces cépages anciens sont connus dans la région. Mais nous n’avons pas d’explication précise concernant leur disparition», admet Olivier Yobrégat. «L’origine du Fel blanc, qui n’est pas inscrit au catalogue, a été retrouvée à Estaing et autour de Marcillac. C’est un cépage descendant direct du Gouais blanc connu en Aveyron. Le St-Côme est lui inscrit au catalogue, appelé également le Roussellou, et dont on a retrouvé là aussi de vieilles souches à Estaing».

Les premiers résultats de l’essai sont jugés intéressants : «le St-Côme est précoce, sensible à la pourriture. Le Fel blanc a un bon potentiel, et sensible à rien apparemment», confie l’ingénieur agronome. «Cette parcelle d’essai nous permet d’observer, de mesurer et de caler le protocole. Il faudra donc plus de quatre vendanges pour décider s’il faut continuer dans cette direction», insiste-t-il. Pour les vignerons indépendants et ceux de la cave coopérative de Valady, cette parcelle d’essai illustre aussi la volonté des producteurs à aller de l’avant, avec l’appui de la recherche scientifique, pour toujours développer la qualité et la renommée des vins de Marcillac.

Didier BOUVILLE

06 aout 2015

Association Fleur d’Aubrac : des génisses haut de gamme

Lundi 27 juillet, l’association Fleur d’Aubrac organisait son assemblée générale annuelle à Nasbinals. Malgré une baisse générale de la consommation française de viande, la filière Fleur d’Aubrac continue sûrement de progresser, boostée par le réseau haut de gamme des bouchers par lequel elle est commercialisée. Pour son président, Vincent Granier, «2014 a été une bonne année, avec une offre et une demande en adéquation».

Le conseil d’administration de l’association Fleur d’Aubrac est composé pour deux tiers d’éleveurs et pour un tiers de bouchers. Ce travail main dans la main est à l’origine de la création de la filière. Pour Vincent Granier c’est aussi «ce lien étroit qui fait notre spécificité et notre force». L’adaptation des élevages à la demande des bouchers permet de maintenir un marché qui valorise pleinement la qualité des génisses. «Nous devons continuer à être exigeants de l’élevage à la commercialisation», souligne le président. Les spécificités de la Fleur d’Aubrac ont d’ailleurs protégé la filière de la baisse de consommation, qui s’est limitée à 1,3 % contre 2,4 % pour l’ensemble de la viande bovine.

Un développement avéré mais prudent

Qu’il s’agisse de la qualité, des volumes ou de la commercialisation, les chiffres présentés lors de l’assemblée générale démontrent une stabilité remarquable.

Malgré un léger fléchissement des volumes abattus en 2014 par rapport à 2013, la filière enregistre une progression globale de 7?% depuis 2010, date de l’obtention de l’IGP, portant à 1 523 le nombre de génisses commercialisées en Fleur d’Aubrac, soit une centaine de plus qu’au moment de l’obtention de l’IGP. Vincent Granier confie une progression de 100 génisses supplémentaires sur la campagne 2015-2016, les éleveurs répondant aujourd’hui à l’appel lancé il y a 4 ans par l’association. «Nous avons la volonté de nous développer mais de façon prudente, en fonction de nos débouchés», explique Vincent Granier.

Ce qui caractérise aussi cette filière c’est la régularité de ses approvisionnements. En effet les élevages, disséminés essentiellement en Aveyron et Lozère, mais aussi dans le Cantal et la Haute Loire, possèdent des systèmes d’élevage qui permettent de produire des génisses à tout moment de l’année. Traditionnellement, Pâques et la période estivale enregistrent des pics de livraison, qui correspondent à des temps forts de consommation. En 2014, en moyenne, 127 génisses ont été abattues tous les mois.

S’adapter à la clientèle

La stabilité de l’approvisionnement est le fruit d’éleveurs engagés, qui croient en la filière. Leur implication se ressent aussi dans l’augmentation du poids des carcasses, répondant à la demande des bouchers. Ainsi, en 2014 la moyenne a légèrement dépassé les 400 kg, contre 383 cinq ans auparavant. Malgré un cahier des charges qui impose un poids carcasse minimum à 280 kg, l’assemblé générale a été l’occasion de rappeler aux éleveurs qu’en-dessous de 340 kg, on ne correspond plus aux attentes des clients. Ces derniers sont représentés en majorité par la COBO?Sud (coopérative des bouchers de l’Hérault) et la société Languedoc Lozère Viande, pour respectivement 58 % et 38 % des génisses commercialisées.

Concernant la qualité des carcasses, la grande majorité (92 %) a été classée U en 2014. Ce travail consciencieux des éleveurs a conduit à des augmentations significatives du prix moyen, à hauteur de 25 % entre 2010 et 2014, soit 1 € supplémentaire par kg carcasse. Cette plus value est aussi permise par un aval en recherche de la meilleure valorisation. Le président rappelle donc que pour maintenir cette clientèle haut de gamme, la qualité et le poids des animaux doivent être réguliers et optimaux. «Les éleveurs doivent être vigilants sur le choix du taureau et attentifs à l’importance du tri en maigre afin réserver à la filière les bêtes à meilleur potentiel».

Des éleveurs fidèles

Du côté des élevages, l’intégralité des génisses sont collectées en organisation de producteurs. Avant la création de CELIA, Bovi Plateau Central, pour 8 % des apports, et

CEMAC COBEVIAL pour 92 %, prenaient déjà en charge l’intégralité de la production.

En moyenne, 186 élevages ont livré 8,2 Fleurs d’Aubrac en 2014. Selon Vincent Granier, «il vaut mieux beaucoup d’élevages avec peu de génisses que l’inverse. Concentrer la production nous ferait perdre en sécurité».

Néanmoins, le jeune président relève une certaine érosion du nombre d’éleveurs, inquiétante quoique relativement lente. Les difficultés de transmission liées à l’agrandissement des exploitations paraissent une des raisons les plus préoccupantes. Cependant la filière peut compter sur des éleveurs fidèles, qui jouent le jeu depuis plus de 20 ans pour certains.

Bérangère CAREL

06 aout 2015

Vabres l’Abbaye : des aqueducs restaurés grâce à l’agneau du patrimoine

L’association Agno’Interpro et la Fondation du patrimoine poursuivent leur partenariat engagé en 2008 autour de la sauvegarde du patrimoine qui entoure l’agneau Lacaune. Ils viennent de signer une convention pour la restauration d’un nouveau site : les aqueducs du canal d’irrigation de Vabres l’Abbaye, avec l’appui de la mairie.

Depuis 8 ans et le lancement de l’opération Agneau Lacaune du patrimoine, une douzaine de sites (lavognes, grange du domaine INRA de La Fage, la Ferme de Prunarède, le logis de la Commanderie du Viala du Pas de Jaux, les abreuvoirs ovins et bovins de la ferme des Bourines, cazelles et aqueducs,...) ont bénéficié du soutien pour leur restauration. Des soutiens issus de la démarche «produit-partage» qui veut qu’un euro par agneau commercialisé soit reversé par les abatteurs à la Fondation du patrimoine. Ainsi le mécénat cumulé atteint presque 225 000 euros.

Grâce à la collecte 2014, un soutien de 20 000 euros est apporté à la mairie de Vabres l’Abbaye pour la restauration des aqueducs de sa commune. Jeudi 30 juillet, Jérôme Redoules, président de l’association interprofessionnelle de promotion des agneaux du bassin de Roquefort, Michel Bernat, maire de la commune et la Fondation du Patrimoine ont signé une convention de partenariat donnant le feu vert pour le démarrage des travaux.

XIXème siècle

Ce projet concerne deux aqueducs qui supportent le canal d’irrigation dans la plaine du Dourdou reliant Vabres l’Abbaye à Camarès. Cet édifice, qui date du XIXème siècle est l’un des plus monumentaux, illustrant les importants travaux de génie rural réalisés à cette époque. Il permet en effet, une irrigation de la plaine agricole qui l’entoure et contribue ainsi à la bonne activité des exploitations agricoles voisines, de la culture des sols aux élevages.

Le premier aqueduc se situe vers Bias, la réfection de la voirie qui le borde a permis de constater sa dégradation. Le second après l’hôpital Rayssac, est désaffecté, il a de plus subi les altérations du gel, des variations hygrométriques et un envahissement de racines de végétaux dans le canal. Cette section de l’ouvrage a été nettoyée par l’association des Randonneurs du Vabrais, qui sera également impliquée dans le projet de restauration. Mais une rénovation est nécessaire.

La mairie de Vabres l’Abbaye va compléter le mécenat de l’agneau Lacaune de patrimoine, pour réaliser la restauration de ces deux aqueducs. Elle sera d’ailleurs le maître d’ouvrage des travaux qui devraient débuter prochainement. Les parties endommagées vont être reprises afin de mettre un terme aux dégradations et de sauvegarder les édifices.

Ces travaux s’inscrivent dans un projet de mise en valeur par la randonnée, dans le cadre d’un programme sur les sentiers de randonnées inscrits au plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée, porté par la Communauté de communes du Saint Affricain et le Parc naturel régional des Grands Causses.

Eva DZ - source Agno’Interpro

30 juillet 2015

Trophées nationaux du Cercle des Viandes d’Excellence : le Veau d’Aveyron et du Ségala lauréat

Nicole Fagegaltier, chef étoilée de l’hôtel restaurant du Vieux Pont à Belcastel a reçu le 2e prix dans la catégorie restauration des Trophées nationaux du Cercle des Viandes d’Excellence pour la promotion du Veau d’Aveyron et du Ségala. Elle a reçu son prix des mains de Pierre Cabrit, président de l’IRVA, jeudi 23 juillet.

Au bord de l’Aveyron, la famille Fagegaltier a reçu éleveurs, fournisseurs et responsables de l’Interprofession Veau d’Aveyron et du Ségala pour fêter le deuxième prix décroché par Nicole aux Trophées nationaux du Cercle des Viandes d’Excellence. Depuis deux ans, une catégorie a en effet été créée pour récompenser spécialement les chefs cuisiniers qui mettent à l’honneur sur leur carte les produits d’excellence. Comme le Veau d’Aveyron et du Ségala, grand habitué du palmarès du Cercle. Et grand habitué aussi de la table de Nicole Fagegaltier.

«L’IRVA l’a encouragée à se présenter aux Trophées parce qu’elle soutient le Veau d’Aveyron et du Ségala depuis le début, en se fournissant auprès d’éleveurs locaux via notre partenaire commun Arcadie Sud-Ouest», a souligné Pierre Cabrit. «C’est une fierté pour nous éleveurs, de voir notre produit sur sa table, c’est une reconnaissance à travers son savoir-faire et cela contribue à donner une identité à notre Veau d’Aveyron et du Ségala», a-t-il ajouté.

Cette fierté du Veau d’Aveyron et du Ségala est partagée par Nicole Fagegaltier dont le papa était éleveur de veaux sous la mère dans les années 70 : «J’ai une affection toute particulière pour votre produit d’excellence très apprécié de nos clients. Il figure depuis toujours et en permanence sur la carte, préparé et agrémenté selon la saison de façon traditionnelle ou exotique (en ce moment au beurre de combava)», raconte Nicole qui apprécie particulièrement sa chair rosée et la régularité de sa qualité.

Reconnaissance

Pour elle, ce prix est avant tout la reconnaissance du travail quotidien des éleveurs auprès de leurs veaux. «Ce qui nous réunit c’est la fierté de faire notre métier, de vivre dans nos villages. Et je suis persuadée que l’excellence et le bon auront toujours leur place», a-t-elle conclu.

D’ailleurs de façon générale, Nicole Fagegaltier aime mettre en avant les produits du terroir dans ses recettes, elle leur a d’ailleurs rendu hommage dans un livre «Un goût d’Aveyron». Le Veau d’Aveyron et du Ségala y a bien sûr toute sa place !

Outre le prix décroché par Nicole Fagegaltier, le Veau d’Aveyron et du Ségala a également reçu les honneurs d’un premier prix dans la catégorie veau par le biais de Denis Demenech, responsable de la boucherie d’Auchan Aubagne. Ce passionné est attaché aux viandes sous signes officiels de qualité puisqu’ils en commercialisent 4 dans son rayon. Il reçoit régulièrement des éleveurs - avec lesquels il a tissé des liens très forts - pour des animations clients.

Convaincu par la démarche du Cercle des Viandes d'Excellence et très motivé, il souhaite continuer à faire découvrir ou redécouvrir aux clients du magasin ce qu’est la qualité d’une viande Label Rouge.

«C’est important pour nous interprofession, de voir des professionnels, des artisans, promouvoir notre Veau d’Aveyron et du Ségala sur leur étal ou sur leur table», a repris Pierre Cabrit. A travers le Cercle des Viandes d’Excellence, le Veau d’Aveyron et du Ségala bénéficie d’une reconnaissance supplémentaire à l’échelon national et auprès des consommateurs puisque les lauréats repartent avec un diplôme qu’ils peuvent afficher dans leur commerce.

Eva DZ

02 juillet 2015

Rapprochement entre CEMAC-Cobevial et Bovi PC : Bienvenue à la nouvelle entité CELIA

La salle des fêtes de Laguiole était comble vendredi 26 juin, pour assister à la présentation officielle de la nouvelle entité, Celia, résultat du rapprochement entre la coopérative CEMAC-Cobevial et Bovi PC.

Elle l’avait annoncé lors de ses assemblées générales de section ce printemps, la coopérative CEMAC-Cobevial a officialisé son rapprochement avec Bovi Plateau Central. Il résulte d’une réflexion initiée par les deux structures pour «gagner en compétitivité».

Ainsi, lors d’un séminaire à l’automne, le conseil d’administration de CEMAC-Cobevial a fait le point : «Nous avons précisé nos fondamentaux, identifié le potentiel de développement des équipements (personnel, centres d’allotement, véhicules, informatique) et déterminé nos objectifs : maintenir la qualité de service attendu par les 1710 adhérents, répondre à de nouveaux marchés, conserver des volumes suffisants et limiter les coûts de fonctionnement», a détaillé André Veyrac, président.

Adaptation et modernité

Et de son côté, le groupe RAGT Plateau Central réféchissait à l’avenir de sa filiale Bovi PC. «Avec CEMAC-Cobevial, nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes ambitions en particulier celle de donner à nos éleveurs tout un panel d’outils performants pour peser sur les marchés et créer des synergies d’économies de charges en vue d’une meilleure compétitivité», a complété Christian Singla, président de RAGT Plateau Central et du conseil d’administration de Bovi PC.

Ensemble, CEMAC-Cobevial et Bovi PC veulent relever ce challenge. Pour cela, ils ont créé une nouvelle structure : Celia (coopérative d’élevage interrégional allaitant). «Elle rappelle notre attachement à la coopération et à ses valeurs collectives autour d’un grand C qui est celui de coopérative, de CEMAC, de Cobevial et Plateau Central», a expliqué André Veyrac.

La commercialisation de bovins et d’ovins de races à viande sera sa spécificité. «Le changement ne doit pas être inquiétant, il est source d’adaptation et de modernité», a-t-il rassuré.

Un accord gagnant-gagnant

Ainsi CELIA portera le volume collecté en bovins autour de 65 000 têtes (54 650 bovins en 2014 par CEMAC-Cobevial) et autant en ovins. Le cœur de l’activité restera le plateau de l’Aubrac mais le Veau d’Aveyron et du Ségala élargira la gamme de produits. Les fonds propres de CELIA atteindront 7,2 millions d’€, plus 150 000 € par an.

De plus, ce rapprochement va renforcer le poids de la coopérative dans les filières : 100% de la production IGP Fleur d’Aubrac, les deux tiers de la production label rouge Bœuf Fermier Aubrac et sur la repro : 90% des apports du GIE Aubrac et 60% du GIE Limousin.

«Notre jeu est collectif et notre ambition est de créer la meilleure valeur ajoutée possible en privilégiant le travail en filière : organiser et développer la production si possible sous signes officiels de qualité et en investissant dans des outils maîtrisés et nécessaires à la création de cette valeur ajoutée (Bevimac pour le maigre et Languedoc Lozère Viandes pour les animaux finis)», a rappelé André Veyrac. Il a affiché sa satisfaction de voir «le groupe RAGT choisir comme réceptacle de son activité bovine notre coopérative» : «Sa rentrée au capital, son apport de plus de 500 000 euros de fonds propres, sa notoriété donne une réelle consistance à notre structure», a-t-il avancé.

Un outil fiable et compétitif

Ainsi Gildas Moumas, directeur général de RAGT Plateau Central, a présenté les missions du groupe RAGT à travers ses deux filiales RAGT Semences et RAGT Plateau Central. A ses débuts en 1919 coopérative d’approvisionnement, le groupe RAGT s’est transformé en SA en 1944 autour de la nutrition animale et de la sélection variétale en semences. Si RAGT Semen-ces pèse aujourd’hui en France, en Europe et dans le monde, RAGT Plateau Central base son métier sur la région avec ses partenaires (Terrya, fusion d’organismes dont les Aliments Calvet sur la nutrition et Prodial, outil industriel et logisitique). «Notre mission est de participer à la réussite rurale dans notre région d’origine et de s’impliquer dans l’accompagnement des filières», a expliqué Gildas Moumas.

«Comme CEMAC-Cobevial, nous revendiquons nos racines régionales et nous avons foi dans le développement agricole. Nous ne voulons pas nous substituer à d’autres métiers que les nôtres», a-t-il déclaré avant de conclure : «Le groupe RAGT et ses collaborateurs sont fiers d’accompagner CELIA pour plus de performance et de compétitivité».

Enfin, André Veyrac a précisé que l’équipe administrative et commerciale de CELIA sera à l’image du développement de cette future structure.

Eva DZ

25 juin 2015

Expo photos sur l’aire du viaduc de Millau : «Roquefort, au cœur de l’appellation»

La Confédération générale des producteurs de lait de brebis et des industriels de Roquefort co-organise, avec le Conseil départemental de l’Aveyron, une exposition photos réalisée dans le cadre des 90 ans de l’appellation d’origine Roquefort, dressée sur l’aire de repos du viaduc de Millau jusqu’à fin septembre.

Un an après l’Interprofession du Veau d’Aveyron et du Ségala (IRVA), c’est au tour de la filière Roquefort d’occuper cet été une partie de l’aire de repos du viaduc de Millau fréquentée chaque année par un million de visiteurs. L’exposition «Roquefort, au cœur de l’appellation», réunit 13 photos, sur de vastes panneaux de 2,25 m sur 1,50 m, réalisées par le photographe toulousain Jean-Jacques Ader.

Robert Glandières, vice-président de la Confédération de Roquefort, remplaçant le président Christian Gentil «retenu à l’étranger», a rappelé l’objectif de l’exposition : «le fromage de Roquefort a une très forte notoriété, mais le public et les consommateurs ne connaissent pas toujours ceux qui travaillent derrière le produit. Le souhait de l’ensemble de la filière, producteurs, industriels et salariés, est donc de communiquer sur notre savoir-faire auprès des consommateurs passant sur cette aire du viaduc très fréquentée».

«Une centaine de personnes viendront animer les lieux jusqu’à la fin septembre, des producteurs, mais aussi collaborateurs de Société des caves, d’Unotec, de la Confédération de Roquefort..., tous ceux qui travaillent dans notre filière», indique Robert Glandières. L’exposition ouverte depuis le week-end de l’Ascension sera complétée par des dégustations, notamment lors des grands chassés-croisés routiers estivaux.

«Vitrine de l’Aveyron»

Pour Jean-Claude Luche, président du Conseil départemental, «l’aire du viaduc de Millau (dont est propriétaire le Département), est une vitrine de l'Aveyron. Après le Veau d’Aveyron et du Ségala, nous poursuivons avec la filière Roquefort et continuerons la saison prochaine avec celle du cuir. Le tout dans une approche cohérente, celle de l’attractivité du département, et le programme «Aveyron Vivre Vrai» auquel Roquefort adhère comme 210 autres structures». Et d’ajouter : «Roquefort fête les 90 ans d’une appellation prestigieuse. Elle porte plus que la notoriété de son bassin de production mais bel et bien celle de la nation, dont notre fromage est un emblème du bien vivre à la française».

Jean-Claude Luche a également déclaré que l’économie du Roquefort était «une aventure humaine et interprofessionnelle, avec ses règles, ses conflits parfois, des inquiétudes régulièrement exprimées quant au devenir de la production, mais, en tout état de cause», toujours synonyme «d'une démarche exemplaire et pionnière».

Robert Glandières a précisé que le bassin AOP Roquefort rassemblait, en totalité ou en partie, l’Aveyron, le Tarn, la Lozère, l’Hérault, le Gard et l’Aude, et que la filière fêtera historiquement les 90?ans de la naissance de l’appellation d’origine dans quelques semai-nes. C’est en effet le 26 juillet 1925 qu’une loi votée par le Parlement donnait naissance à la première appellation d’origine, laquelle deviendra une AOP dans l’Union européenne en 1996.

Marie-Elisabeth Verdaguer, secrétaire générale de la Confédération de Roquefort, a remercié la commission communication de la structure, précisant que le programme des animations anniversaire allait se poursuivre en 2015 (1), notamment lors du passage du Tour de France à Rodez (17-18 juillet) avec un food-truck (camion culinaire) puis, avec le même dispositif, lors de la Journée du patrimoine en septembre au ministère de l’agriculture à Paris, «avec en plus, une traite de brebis !». La clôture de l’année anniversaire Roquefort aura lieu au SISQA à Toulouse, en décembre.

Didier BOUVILLE

(1) www.soyez-roquefort.fr

25 juin 2015

Récolte des cerises dans la vallée du Tarn : petits volumes mais grosse qualité

Certains ont commencé il y a un mois, d’autres depuis une quinzaine de jours, les producteurs de cerises de la vallée du Tarn sont partagés : les arbres sont peu chargés en fruits mais les cerises sont jolies.

Alexandre Bouviala termine la récolte des cerises alors que Benoît Paulhac a démarré il y a 15 jours. Mais pour les deux jeunes producteurs, installés depuis 2010 avec leurs parents, le constat est le même : des petits volumes mais des fruits de qualité avec un joli calibre. Et une météo favorable qui les aide dans la cueillette. «Grâce au temps, nous réussissons à cueillir tous les jours au fur et à mesure de la maturité des fruits», commente Alexandre. Toutefois la vigilance est de mise sur une possible sécheresse : «les arbres auraient besoin d’un bon arrosage pour mener les dernières variétés à une grosse taille et à maturité», poursuit-il.

La Drosophila Suzukii a épargné les vergers

Mais ce manque d’eau a permis aux producteurs d’éloigner le temps de la récolte, la fameuse mouche Drosophila Suzukii. «Grâce à la chaleur, au temps sec et au vent, cette mouche nous a laissé tranquilles et c’est tant mieux», se réjouit Alexandre. Benoît ajoutant qu’il ne l’a pas observé cette année dans son verger.

Les deux producteurs expliquent le manque de volumes par l’amplitude thermique trop importante pendant la floraison (températures fraîches en matinée et très chaudes l’après-midi). «C’est un phénomène que l’on a constaté dans toute la vallée du Tarn», explique Benoît, d’où des arbres moins chargés en fruit. Alexandre estime avoir récolté une grosse moitié de cerises par rapport au potentiel de ses arbres. Il livre 100% de sa production au Comptoir paysan d’Aguessac, qui réunit 35 producteurs de cerises environ pour un volume de 250 tonnes.

Benoît qui livre ses cerises à la SICA Valfruit, est un peu plus optimiste : «il y a de la cerise cette année, j’espère une récolte identique à celle de l’année dernière». Le volume pris en charge par la SICA en cerises est comparable à celui du Comptoir paysan.

«Les fruits sont jolis mais vu le niveau de récolte et le chargement moindre des arbres, on aurait pu espérer mieux sur le calibre», estime Alexandre. «La qualité est correcte mais pas exceptionnelle», selon lui. De plus, un travail supplémentaire de tri des fruits après cueillette est nécessaire. «Dans une période déjà chargée c’est une tâche supplémentaire mais nécessaire», ajoute le jeune producteur, regrettant l’absence de calibreuse.

Saisonniers

Pour les appuyer dans cette étape primordiale de cueillette, Alexandre et Benoît comme tous les arboriculteurs de la vallée, font appel à des salariés saisonniers, étudiants des alentours et habitués. «Nous fonctionnons grâce au bouche à oreille et à la confiance avec des personnes qui reviennent d’une année sur l’autre», explique Benoît. Et Alexandre d’enchaîner : «la quantité de fruits étant moins importante cette année, nous avons eu moins de turn over dans nos équipes et tout s’est déroulé dans la continuité sans encombre».

Si pour Alexandre, la saison des cerises va s’achever dans une dizaine de jours, Benoît qui cultive des variétés plus tardives, a encore un mois de cueillette. Difficile donc pour lui de se prononcer sur un volume précis mais il est confiant.

Eva DZ

25 juin 2015

Interprofession régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala : Pierre Cabrit, nouveau président

Les 26 membres du conseil d’administration de l’IRVA ont confié la présidence de l’interprofession régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala à Pierre Cabrit. Il reprend le flambeau malheureusement laissé par Patrick Mouysset, emporté par la maladie en février.

Pierre Cabrit est un fidèle de la démarche Veau d’Aveyron et du Ségala. Entré dans la filière dès son installation en 1990 sur l’exploitation de ses parents, il faisait partie des premiers signataires du label rouge quelques années plus tard.

Avec son épouse Marie-Pierre, ils élèvent 120 mères limousines à Ste Croix, près de Villefranche de Rouergue. Ils livrent 100% de leur production à la coopérative Unicor et son partenaire Arcadie qui sélectionnent les veaux pour la filière Picard Surgelés ainsi que pour des artisans bouchers dont le Pavillon du Causse à Villefranche et Didier Ortalo à Villeneuve, récent lauréat de la médaille d’or au Concours général agricole. Ils élèvent également des canards de Barbarie de façon traditionnelle en vente directe.

Responsable de l’organisation de producteurs bovins d’Unicor, Pierre Cabrit a choisi de s’investir dans la promotion et la défense du Veau d’Aveyron et du Ségala : «J’ai pris part dès le début à la mise en place de l’interprofession. J’ai apprécié la dynamique partagée autour de notre produit Veau d’Aveyron et du Ségala, aux côtés de Daniel Carrié, de Pierre Bastide et de Patrick Mouysset», témoigne Pierre Cabrit, jusqu’à présent vice-président de l’IRVA et l’un des plus proches collaborateurs et amis de Patrick Mouysset.

«Le Veau d’Aveyron et du Ségala est une aventure formidable qui a donné une identité à notre produit grâce à un cahier des charges reconnu, de la fierté aux éleveurs et de la dynamique au territoire qui le porte. Autant de moteurs qui nous animent», poursuit Pierre Cabrit, qui veut consolider le travail collectif transmis par Patrick Mouysset depuis 2007.

La situation du Veau d’Aveyron et du Ségala est stable. Les 625 exploitations engagées dans l’IGP, soit presque 900 éleveurs, dans les départements de l’Aveyron, du Tarn, du Tarn et Garonne, du Lot et du sud Cantal ont enregistré 29 000 naissances. «La bonne dynamique commerciale des 19 000 veaux labellisés permet un réel retour de valeur ajoutée partagée sur notre territoire», a commenté Pierre Cabrit.

Dans la continuité

Le nouveau président veut s’inscrire dans cette continuité : «nous voulons conforter notre production pour conduire son développement», a-t-il expliqué confiant dans le potentiel de nouveaux débouchés aux côtés des 162 GMS, 62 Drives Auchan, 910 points de vente Picard Surgelés et 24 bouchers. Sans oublier de nombreux restaurateurs. «Notre produit est déjà bien reconnu mais nous sommes encore loin d’avoir prospecté le système de distribution, je pense par exemple à l’e-commerce». A ce jour le Veau d’Aveyron et du Ségala est référencé dans trois sites (auchan.fr, toupargel.fr et côte2boeuf.fr) et un site de vente à distance (la Maison de l’Aveyron).

«Le Veau d’Aveyron et du Ségala est un produit vrai au service des hommes et de son territoire et je compte bien m’inscrire dans cette continuité», a conclu Pierre Cabrit.

Un discours salué par Alexandre Merle, président de la section veau de l’interprofession nationale bétail et viande, invité de l’assemblée générale de l’IRVA. «Les démarches qualité label rouge et IGP comme le Veau d’Aveyron et du Ségala sont le moteur du veau français et l’interprofession s’attache à les accompagner», a tenu à préciser ce producteur de veau en Savoie. «Toutes les démarches de qualité en veau sont complémentaires et consituent des modèles que l’on montre», a-t-il ajouté comptant sur la capacité de tous les éleveurs de veau à se fédérer. Pour le responsable national, le Veau d’Aveyron et du Ségala est «une démarche de progrès, d’un savoir-faire lié à son territoire et qui n’est pas reproductible».

De façon générale, le marché du veau est en légère régression comme les autres viandes : «A l’interprofession, nous essayons de bouger sur la communication pour contrer la saisonnalité de la consommation de notre veau», a-t-il détaillé. Ainsi, pour cet été, sept enseignes ont accepté de faire la promotion du veau dans leurs rayons, des spots télévisés à des heures de grande écoute, seront diffusés en juillet. «Nous avons besoin de faire changer les regards sur le veau : Oui c’est une viande qui crée la surprise, qui innove. Nous travaillons aussi avec les artisans bouchers», a-t-il poursuivi, confiant dans la réussite de cette promotion pour la production de veau.

Eva DZ

18 juin 2015

Forestiers privés de l’Aveyron : une nouvelle équipe

Fin 2014, le syndicat des propriétaires forestiers de l'Aveyron a élu un nouveau bureau. Clotilde Ripoull préside cette nouvelle équipe. Elle revient sur les missions de cette structure et sur ses projets.

Pouvez-vous présenter votre nouvelle équipe ?

C. Ripoull : «En fin d’année dernière, le président, Georges Vincens qui avait succédé à Pierre Bastide, a décidé de passer la main. L’occasion de renouveler l’équipe du conseil d’administration que j’ai intégrée pour ma part en novembre. J’ai été élue présidente le 1er décembre, Stéphane Foury est vice-président, Fernand Ratier, trésorier et Bernard De Reynes, secrétaire. Nous voulions intégrer une nouvelle génération de responsables pour redonner une dynamique à notre syndicat.

Comment se situe l’Aveyron d’un point de vue forestier ?

C. Ripoull : L’Aveyron est le 5ème département forestier de France, un tiers de son territoire est boisé. Et la forêt privée représente 93% de la surface forestière?!

Les 240 000 ha de forêt aveyronnaise sont détenus par 56 000 propriétaires dont 8 500 possèdent plus de 4 ha (un seuil pour engager des démarches de gestion, même si elles peuvent se mettre en place sur des surfaces plus petites). C’est un nombre important de personnes que notre syndicat peut accompagner.

Justement quelles sont les missions des Forestiers privés de l’Aveyron ?

C. Ripoull : Nous dépendons d’une structure nationale, la Fédération nationale des forestiers privés de France, déclinée localement dans 18 unions régionales. En Aveyron, nous constituons l’une des 78 représentations départementales ou inter-départementales. Nous relayons auprès de ces instances, les préoccupations des propriétaires privés de forêts. Ces derniers sont nombreux en Aveyron, il est donc important qu’ils bénéficient d’une structure départementale, comme la nôtre, qui leur offre un appui de proximité, un contact direct. Nous défendons les intérêts des propriétaires forestiers et ce que représente la forêt. Nous souhaitons la promouvoir.

Informer et conseiller

Quels conseils pouvez-vous apporter ?

C. Ripoull : La forêt est souvent un héritage, les parcelles sont souvent petites, morcelées, difficiles d’accès et pentues donc difficiles d’entretien mais elles représentent un capital, une richesse dont les propriétaires ne mesurent pas toujours le potentiel. Parce qu’une forêt qui ne fructifie pas est une forêt perdue. La forêt crée de la richesse en bois à condition d’être entretenue, elle crée des emplois au sein d’une filière (bois énergie, scierie, charpentes, meubles,...).

Couper de temps en temps son bois n’est pas un sacrilège ! C’est la condition pour la faire produire : un million de m3 est créé naturellement en Aveyron, or nous n’en coupons que 250 000 m3, le reste est perdu ! C’est vrai que l’activité de sylviculture est compliquée mais notre syndicat est là pour renseigner, conseiller, apporter des solutions en collaboration avec le CRPF et différents partenaires.

De plus, beaucoup de propriétaires n’ont pas forcément cons-cience des responsabilités afférentes à la possession d’une forêt. Par exemple, il est important de rappeler la nécessité de souscrire une assurance en responsabilité civile lorsque l’on est propriétaire d’une forêt parce qu’en cas d’accident dans votre forêt, une branche tombe sur un promeneur par exemple même si vous aviez mis un panneau propriété privée, vous êtes responsable.

Quels sont vos projets ?

C. Ripoull : Nous rassemblons aujourd’hui 230 propriétaires ou groupements forestiers, c’est peu par rapport au nombre, nous souhaitons donc faire connaître notre structure et expliquer ce que l’on peut leur apporter.

Communiquer aussi sur l’intérêt de la filière bois et forêt. Mais aussi inciter les propriétaires à utiliser son potentiel de production. Ce peut être une activité tout à fait complémentaire à l’agriculture, par exemple. 30 à 40% des forestiers sont agriculteurs.

Nous essaierons aussi de mener des actions auprès du grand public, des jeunes, pour faire connaître la forêt. Il y a en effet beaucoup d’idées reçues. Tout le monde pense ainsi que la forêt est un bien commun, qu’elle appartient à tous ! Or la forêt publique en Aveyron ne représente que 7% des surfaces boisées !».

Recueillis par Eva DZ

Plus d’informations auprès de Clotilde Ripoull : 06 25 45 10 88 mail : forestiersprivesdelaveyron@gmail.com

https://www.facebook.com/forestiersprivesdelaveyron?ref=hl

11 juin 2015

Bœuf Fermier Aubrac-U Express Rignac : de l’or dans les rayons

Patrick Thémines, artisan boucher de U Express, à Rignac et Rieupeyroux, a remporté la médaille d’or, pour le Bœuf Fermier Aubrac (BFA), au Concours général agricole 2015, organisé au moment du Salon international de l’agriculture de Paris. La filière Label Rouge l’a officiellement félicité vendredi 5 juin, en organisant un cocktail au rayon boucherie du magasin rignacois.

Voilà une médaille d’or qui montre bien la complémentarité de tous les maillons d’une filière pour arriver à l’excellence ! C’est donc avec une certaine émotion que Florence Serres, vice présidente de l’association BFA et éleveuse à Prades d’Aubrac, a chaleureusement complimenté le travail de Patrick Thémines, en présence de Claude Benoît, éleveur à Viarouge, qui a élevé la vache médaillée, ainsi que de Frédéric Coursières, commercial chez Arcadie Sud-Ouest, qui a sélectionné la carcasse. Elle a ainsi souligné que «ce prix est le travail de l’ensemble d’une filière qui n’existerait pas sans les 465 éleveurs, les 4 abatteurs et les 23 bouchers qui travaillent tous les jours pour fournir de la viande de très haute qualité aux consommateurs».

Qualité et entreprenariat

Et la qualité, Patrick Thémi-nes, ça le connaît. Amoureux des labels, qu’ils soient en bœuf, veau ou agneau, il a fait le choix de commercialiser du Bœuf Fermier Aubrac dans ses deux magasins, situés en plein cœur du Ségala ! On peut dire qu’il a réussi son pari, car il commande aujourd’hui près de 10 tonnes de cette viande par an, dans chacun de ses points de vente. L’artisan boucher croit en la filière depuis sa création et a signé son premier contrat avec l’association BFA dès 2003. Il fait d’ailleurs aujourd’hui partie de son conseil d’administration.

Se voir primé au Concours général agricole revêt bien sûr une grande importance pour l’artisan boucher. Mais ce qui lui tient le plus à cœur, c’est de pouvoir continuer à développer les ventes du label. En présence de Jean-Marc Calvet, maire de Rignac, il a exprimé sa «grande satisfaction d’avoir ouvert le magasin de Rignac». En effet, fils du pays rieupeyrousain, Patrick et son frère jumeau, Jean-Luc, ont misé sur Rignac en 2013 pour développer leur activité. Aujourd’hui les résulats sont plus que satisfaisants, les Rignacois sans doute séduits par le rayon boucherie qui propose plus de 80 % de produits aveyronnais. Un grand succès, à l’image de ce qu’ils ont créé à Rieupeyroux. Régine Boursinhac, adjointe au maire de la commune, a d’ailleurs tenu à être présente au côté de Patrick pour célébrer sa récompense.

Un encouragement pour toute une filière

Cette médaille d’or est une grande première pour la filière Bœuf Fermier Aubrac qui participait pour la première fois. Florence Serres a tenu à partager cette récompense avec Claude Benoît, éleveur fidèle à la filière. «Cela fait 13 ans que cet éleveur est engagé dans notre démarche. Avec un cheptel de 130 vaches, il produit en moyenne 10 à 20 bœufs Label Rouge chaque année». Et cette passion n’est pas près de s’éteindre puisque son fils, Damien, vient de le rejoindre en GAEC.

Pour la vice présidente, la récompense arrive à point nommé. «Cette médaille d’or doit encourager tous les opérateurs de la filière à continuer ce travail passionnant pour permettre aux consommateurs d’accéder à un produit de qualité, ancré sur son territoire». Aujourd’hui BFA représente en moyenne 32 animaux abattus par semaine, valorisés dans 13 boucheries traditionnelles et 9 magasins Auchan. Cette filière d’exception, toujours plus plébiscitée, est en recherche de volumes. Avis à tous les éleveurs d’Aubrac qui veulent valoriser leurs pratiques à travers un produit de qualité !

Bérangère CAREL

04 juin 2015

Coopérative laitière de Thérondels : la confiance retrouvée

Une collecte qui dépasse les 4 millions de litres de lait, une progression de 12% du chiffre d’affaires, des points de collecte supplémentaires, de nouveaux produits dont la notoriété se développe, la coopé- rative laitière de Thérondels continue sa marche en avant.

Ce n’est pas sans fierté que le président Raymond Cayzac a présenté les résultats de la coopérative de Thérondels : «fruit de choix importants et d’initiatives commerciales conséquentes, notre activité maintient une trajectoire positive». Ainsi, malgré un marché défavorable, le Cantal AOP au lait cru enregistre une augmentation de son prix de vente. De même les volumes du fromage Le Thérondels ne cessent de progresser.

La coopérative envisage l’abandon du Cantal AOP pasteurisé de façon à proposer la totalité de ses fromages affinés en lait cru. La tome fraîche pasteurisée augmente aussi de 20%.

Avec 19% de volumes en plus, l’aligot de Thérondels vient bien compléter son cousin de l’Aubrac, preuve de l’efficacité de l’Union avec Jeune Montagne qui a permis de renforcer la stratégie commerciale.

«Notre outil coopératif a retrouvé une confiance territoriale qui se traduit par l’arrivée de nouveaux producteurs (M. et Mme Méalet et le GAEC du barrage en 2014 et le GAEC de la Clédelle en 2015). La coopérative réunit donc 19 points de collecte et 31 producteurs associés pour une collecte de 4,1 millions de litres de lait en 2014 soit une hausse de 11% due aussi à une production plus importante d’herbe et de fourrage», a expliqué Raymond Cayzac.

Une valorisation jusqu’aux producteurs

La conséquence de ces résultats positifs est l’augmentation du prix du lait payé aux producteurs de Thérondels : 424,59 €/ 1?000 litres (+28 €) sans oublier la prise en charge d’une partie des frais de contrôle laitier, de la cotisation CNIEL et LIAL et d’une participation au groupement de remplacement, soit un bonus de 12 €/1 000 litres. «L’augmentation de la valeur ajoutée et l’amélioration de la situation de nos adhérents sont nos deux priorités et cette belle évolution du prix est le résultat du choix d’une production différenciée».

En 2014, 70% du lait collecté est produit sous convention foin c’est-à-dire avec un engagement annuel écrit du producteur d’apporter à son troupeau laitier, une alimentation fourragère 100% à base de foin. Une condition indispensable à l’entrée de nouveaux producteurs dans la coopérative. Le «cahier de ressources», défendu par André Valadier, prend à Thérondels tout son sens : «vous générez de la ressource à partir de vos ressources naturelles : vous faites la démonstration de la réussite de fromagers pour obtenir la conformité de vos produits depuis le pis de la vache», a-t-il commenté, se félicitant au passage de l’efficace complicité entre Jeune Montagne et Thérondels.

Pour encourager les producteurs, le conseil d’administration a fait le choix de modifier la grille de paiement du lait : valorisation plus importante de la matière protéique et diminution de la valorisation de la matière grasse sur la base de plafonnements. De même la prime foin passe de 50 à 60 €/1 000 litres avec obligation d’être habilité AOP Cantal. Enfin, le prix de base du lait sera lissé sur l’année.

Une démarche commune Carladez-Aubrac

En quelques années, grâce à sa participation dans l’Union Jeune Montagne, la coopérative de Thérondels a complètement évolué : développement de sa gamme, renforcement de sa stratégie commerciale, modernisation de sa cave,... «Dans un marché volatile, Thérondels a su dynamiser son activité, augmenter son prix du lait aux producteurs tout en maintenant ses comptes à l’équilibre, une belle performance», note Bernard Robert, directeur.

«L’union de nos deux structures permet de conforter et de développer la production laitière sur nos deux territoires, chacun ayant pu garder sa propre identité. Nos outils génèrent de l’activité et de l’économie sur l’Aubrac et le Carladez, nous pouvons en être fiers», a conclu Gilbert Cestrières, président de l’Union Jeune Montagne.

Eva DZ

28 mai 2015

Label rouge Veau d’Aveyron et du Ségala : l’excellence du veau sous la mère !

Quelle belle manière de fêter le Veau de la Pentecôte avec une médaille d’or ! Celle décrochée par Didier Ortalo, artisan boucher à Villeneuve d’Aveyron au Concours général agricole de Paris, dans la catégorie Veau label avec bien sûr le Veau d’Aveyron et du Ségala.

Parmi les sept viandes de veau label rouge sélectionnées pour le Concours général agricole, le Veau d’Aveyron et du Ségala a séduit le jury parisien qui aurait pu être surpris par sa couleur rosée ! «Honnêtement nous ne pensions pas à la médaille d’or car notre veau est bien spécifique et sort du rang de par sa couleur. Mais c’est sa valeur gustative qui a fait la différence !», avance fièrement l’heureux lauréat, Didier Ortalo.

Ce boucher installé à Villeneuve d’Aveyron s’est lancé dans cette grande aventure du veau d’Aveyron et du Ségala, en 2002. «Pierre Cabrit est un ami d’enfance, je connais bien ses animaux et le travail qu’il mène au quotidien sur son troupeau. Une relation de confiance est née». Et depuis, la quasi-totalité des veaux proposés dans sa boucherie sont issus de l’exploitation toute proche de la famille Cabrit à Ste Croix, en partenariat avec Unicor : «c’est la qualité, la régularité dans le produit qui nous permettent, à nous artisans bouchers, de nous différencier auprès des consommateurs et de faire vivre nos petits commerces dans les bourgs ruraux». A la tête d’une équipe de quatre salariés et un apprenti, Didier Ortalo est aussi fabricant de charcuteries de qualité.

La première médaille d’or en veau

«Cette médaille d’or est une récompense pour le travail de toute mon équipe, une fierté aussi, une reconnaissance d’un savoir-faire depuis le travail de l’éleveur jusqu’à l’assiette du consommateur», témoigne Didier Ortalo dont le talent avait déjà été récompensé en 2013 lorsqu’il avait remporté le premier prix du Trophée du cercle des viandes d’excellence décerné par l’association française des viandes Label Rouge (Fil Rouge).

Tout naturellement, Didier Ortalo et son épouse ont souhaité partager cette médaille avec l’éleveur qui les livre, Pierre Cabrit ainsi qu’avec leur équipe et leur clientèle lors d’un Apéro Veau samedi 23 mai devant la boucherie.

L’occasion pour les responsables de l’IRVA, interprofession régionale du Veau d’Aveyron, représentée par son vice-président, Pierre Cabrit, de le féliciter?: «Le travail d’orfêvre en boucherie de Didier est reconnu et nous sommes fiers de pouvoir compter sur ces artisans bouchers engagés dans le label rouge à nos côtés, en valorisant jusqu’aux consommateurs, le savoir-faire des éleveurs de nos terroirs». Aux consommateurs présents, Pierre Cabrit a dit sa fierté de voir le Veau d’Aveyron et du Ségala être reconnu comme «l’excellence française en terme de veau label».

Une fierté pour l’élevage aveyronnais

«Dans la diversité de l’appellation veau sous la mère, nous avons su faire reconnaître notre Veau d’Aveyron comme la référence et cette récompense doit contribuer à conforter notre filière», a avancé Pierre Cabrit. Car c’est bien toute la filière qui est à l’honneur à travers cette médaille d’or.

Pierre Cabrit a souligné aussi l’encouragement fait à l’artisanat local engagé dans les produits de qualité : «c’est la touche artisanale de Didier qui met en valeur le produit issu de nos élevages. La présence de boucheries artisanales dans nos villages est un atout pour le territoire, indéniablement elles fixent la valeur ajoutée localement».

D’ailleurs la clientèle fidèle de la boucherie Ortalo s’y retrouve bien ! «Nos clients sont aussi très heureux pour nous. Et nous en avons découvert quelques nouveaux grâce à cette médaille ! Ils nous félicitent et c’est très agréable !», confie l’artisan.

Ce dernier a également reçu les félicitations du Conseil départemental, représenté par Jean-Pierre Masbou, conseiller sur le canton de Villeneuve : «Je tiens à souligner l’importance de l’agriculture dans le département, et l’excellence aveyronnaise représentée par ces produits comme le Veau d’Aveyron, qui sont reconnus en dehors de nos frontières aveyronnaises».

Eva DZ

28 mai 2015

Coopérative Jeune Montagne : une appellation en extension !

La coopérative Jeune Montagne, qui a tenu son assemblée générale jeudi 21 mai à St Rémy de Montpeyroux, maitient une «trajectoire positive» grâce à «une dynamique commerciale importante».

Dans un marché du fromage défavorable, le Laguiole AOC arrive à tirer son épingle du jeu. Une fierté pour le président, Gilbert Cestrières qui tient à remercier les 73 producteurs fromagers en 2014 (79 en 2015 avec la venue de Lozériens), relayés par les forces vives de la coopérative, chacun œuvrant dans son domaine (collecte, fabrication, qualité, administratif, commercial, direction) «afin de donner un maximum de chances à nos produits».

Les volumes de Grand Aubrac, fleuron de la coopérative, ont quasiment doublé. Ce fromage d’herbage sélectionné et fabriqué qu’à certaines périodes de l’année a gagné en notoriété auprès des crémiers fromagers et des consommateurs, grâce à des opérations de communication en partenariat avec le Syndicat du fromage de Laguiole AOP.

Une activité dynamique

L’aligot de l’Aubrac frais continue aussi sa progression (+8% en volume, +10% en chiffre d’affaires) : «c’est une nouvelle façon de consommer du fromage, c’est de plus un produit qui plaît aux enfants», a illustré le directeur, Bernard Robert. L’aligot de l’Aubrac surgelé reste, lui, stable en raison des difficultés de la restauration hors domicile, son débouché principal.

La tome fraîche de l’Aubrac marque quelque peu le pas. Des améliorations seront apportées notamment sur le packaging de ce produit important pour la coopérative, ingrédient principal de l’aligot de l’Aubrac.

«Ce résultat positif et cette dynamique d’activité représentent d’autant plus une performance que la coopérative est en phase d’investissements, indispensables à son développement», a commenté Gilbert Cestrières, citant les presque 2 millions de litres de lait collectés non transformés, la baisse de la valorisation du lactosérum, une collecte en progression de 4%.

Mais dans ce contexte, Jeune Montagne a réussi à maintenir le cap en revalorisant son prix de lait de base de 10 euros/1000 litres, sans oublier les différentes participations au contrôle laitier, aux groupements d’employeurs, à l’aide génétique, au contrôle machine à traire, aux cotisations CNIEL et LIAL qui représentent un supplément de 18 euros/1000 litres. «Ce prix du lait à Jeune Montagne (531 euros/1000 litres) n’est pas le fruit du hasard mais le résultat des orientations et des choix décisifs des éleveurs qui privilégient des conditions de production différenciées et exigeantes (choix de race, d’alimentation, de pâturage, de plafonnement de la production, de l’utilisation exclusive de lait cru, entier et fabriqué 365 jours par an)», a rappelé Gilbert Cestrières, saluant la rigueur quotidienne dont font preuve les adhérents. Près de 35% du résultat de l’exercice leur sera ainsi distribué.

Une politique en faveur de l’installation

Pour pérenniser les exploitations laitières et fromagères de l’Aubrac, en 2010, Jeune Montagne a mis en place une politique d’aides à l’installation qui peuvent financer jusqu’à 30% du projet. Depuis, 15 jeunes ont bénéficié de ce programme. Et depuis le 1er janvier, 5 producteurs de Lozère ont rejoint la filière portant à 79 le nombre de points de collecte et 118 le nombre de producteurs et livrant un million de litres de lait supplémentaires.

Dans le même temps, le syndicat du Laguiole AOP a engagé une demande d’extension de sa zone d’appellation vers la Lozère qu’a présentée son président, André Valadier. «Dans un paysage laitier de nouveau bouleversé par la fin des quotas, nous devons garder notre capacité de valorisation et de dynamique commerciale», a-t-il introduit, rappelant l’importance d’avoir des perspectives sur le potentiel de production.

Une partie de la Lozère est déjà incluse dans l’appellation Laguiole AOP définie en 1961. Mais une association locale a sollicité l’ODG Laguiole sur une zone adjacente d’une dizaine de communes dont celle de St Chély d’Apcher avec plus précisément une demande de l’exploitation du lycée. «Des éléments naturels montrent que des points communs entre nos deux zones existent. Cette zone offre de plus, une forte densité laitière avec quelques projets de jeunes en reconversion en lait ainsi que des producteurs déjà adhérents à Jeune Montagne et ayant des parcelles sur cette zone qu’ils pourraient inclure dans l’appellation», argumente André Valadier. Une procédure de reconnaissance a été lancée auprès de l’INAO. Une commission d’enquête devrait se rendre sur le terrain en juin. André Valadier a tenu à rassurer les adhérents de Jeune Montagne : «Il n’y aura pas de bouleversements tant dans la collecte que dans le volume de collecte».

40 000 commandes par an

Plus que jamais donc le challenge de la coopérative rappelé par son directeur, sera de «trouver des débouchés rentables» : «Dans un contexte mondial de chute des cours du lait, Jeune Montagne est aussi concernée par les excédents». La coopérative mise sur le développement de l’activité de ses produits : celui de la gamme de l’Ecir et ses petits fromages à la pièce, bons compléments des fourmes de Laguiole de 48 kg. Mais aussi le développement des portions pour tous les produits et le développement de la gamme fromagère (truffade et aligot avec des conditionnements innovants en mini-portions surgelées par exemple,...). L’objectif étant une utilisation accrue et valorisée des disponibilités de matière première.

Le service commercial s’est étoffé et organisé face à un marché de la distribution restructuré (qui représente 40% des débouchés de Jeune Montagne). «Nous avons plus de 1 000 clients et nous traitons plus de 40 000 commandes par an, 160 commandes par jour.

L’Union Jeune Montagne qui regroupe la coopérative de Laguiole, celle de Thérondels et l’Ecir en Aubrac est fondamentale dans la performance et l’efficacité de notre activité», a martelé Bernard Robert. «C’est un outil incontournable pour le développement des deux côtés de la Truyère», a complété Gilbert Cestrières. Ensemble, ils engagent une demande de certification IFS pour la sécurité alimentaire des produits. Ils vont recruter un directeur de production. «Les investissements réalisés dans les bâtiments, les équipements, les ressources humai- nes nous laissent espérer de nouveaux développements d’activité à valeur ajoutée», espèrent les responsables de Jeune Montagne.

Eva DZ

14 mai 2015

Groupement producteurs lait de chèvre du Bas-Rouergue : une dynamique à conforter avec Lactalis

L’assemblée générale du Groupement des producteurs de lait de chèvre du Bas-Rouergue s’est réunie jeudi 7 mai à Baraqueville sous la présidence de Jacky Salingardes, et de représentants de l’entreprise Lactalis.

Cette réunion annuelle s’est déroulée en présence de Gérard Maréchal, directeur technique des approvisionnements laitiers Lactalis et Davy Hecht, responsable du bassin lait du grand sud-ouest basé à l’usine Lactalis d’Onet le Château, près de Rodez. Le groupement des producteurs de lait de chèvre du Bas-Rouergue, présidé par Jacky Salingardes, comptait 94 producteurs en 2014.?Ils ont apporté l’an dernier 21 millions de litres de lait de chèvre à Lactalis, un niveau comparable à l’année 2013. Il confirme le redressement de la filière constaté depuis plus d’un an, après les turbulences de la production nationale. «Notre objectif est d’atteindre les 25 millions de litres en 2015», annonce Gérard Maréchal. La livraison moyenne par producteur était de 223 000 litres en 2014, contre 214 000 litres en 2013.

Après deux années de baisse, la production repart donc à la hausse, «avec une moyenne de 10 000 litres supplémentaires par point de collecte», selon Gérard Maréchal. «Nous voulons donner des perspectives positives aux producteurs et consolider les volumes en maintenant la dynamique que nous avons retrouvée. Et que nous voulons renforcer». Gérard Maréchal poursuit : «nous confortons aussi nos deux sites de transformation, celui de Riblaire (79) qui produit 16 500 tonnes/an, avec l’objectif de passer à 20 000 tonnes/an, collectant le lait de Charentes-Poitou, du sud Pays de Loire et de l’Aveyron. Le site d’Onet le Château est destiné au lait de consommation également, marché où nous sommes leader, mais aussi aux fromages (dont le Rondelet), avec une collecte de 10 millions de litres de lait de chèvre valorisée sur place. Les autres 11 millions de litres sont destinés au site de Riblaire».

Innovation

Gérard Maréchal a indiqué que Lactalis «restait actif sur le marché de l’innovation», avec le lancement, depuis le 2 avril, d’un «Président au chèvre» valorisant ainsi la matière grasse du lait de chèvre, fabriqué partiellement avec du lait de vache. Quant au prix du lait , «il enregistre une revalorisation pour la 3ème année consécutive», relève Jacky Salingardes, «avec une hausse de 15 euros/1 000 litres en ce début d’année 2015, comparé à 2014». Pour le président du groupement, «nous voulons que la hausse continue !». Gérard Maréchal complète : «nous souhaitons en effet conforter les volumes de ceux qui maîtrisent techniquement leur production. Nous continuons à accompagner les jeunes, et leur trésorerie avec des primes à la spécialisation». Lactalis reste par ailleurs «ouvert aux porteurs de projets cohérents».

Joël Mazars, vice-président, milite en faveur d’un site d’Onet le Château fabriquant «un fromage de chèvre attaché au territoire et identifié» comme tel. «C’est important pour le producteur et notre production départementale». Jacky Salingardes insiste : «la totalité de notre lait est produit en zone de montagne. Onet est le seul site Lactalis à collecter du lait de montagne».

Le président du groupement a fait le point sur la construction d’une organisation de producteurs prévue en 2016. «Notre groupement évoluera rapidement en OP car nos statuts doivent simplement être modifiés». Jacky Salingardes espère que le Groupement devienne «la première OP nationale reconnue en caprin. Nous rassemblons en effet 97?% des producteurs, bien au delà du seuil minimal obligatoire de 51 %».

Didier BOUVILLE

07 mai 2015

Assemblée générale d’APROVIA : les bons résultats du bilan 2014

C'est dans une période favorable à la production ovine que le président Philippe Tabardel avait convoqué les adhérents de la SICA SA APROVIA au lycée agricole La Roque, vendredi 17 avril, pour l'assemblée générale annuelle.

Le président a rendu compte des bons chiffres de l'année 2014. Une augmentation de l'activité globale de 3,06 % avec 88 261 têtes commercialisées, caractérise cet exercice profitant à toutes les catégories d'agneaux et brebis commercialisées par l'organisation de producteurs. Cette tendance constatée depuis plusieurs années traduit une dynamique retrouvée de la production de viande ovine sur les terres d'élevage de la région.

Augmentation des marges de production

La production d'agneaux laitons s'établit à 41 388 agneaux, en augmentation de 4 % en 2013. Les éleveurs signataires du label rouge «Agneau Laiton» peuvent constater une augmentation du règlement des agneaux livrés, également de 4 %, pour atteindre le montant de 119,02 €/tête. Une progression régulière et ininterrompue depuis 2007, qui atteint 26,5% sur les sept dernières années. «Ce résultat est encourageant et s'inscrit dans les objectifs de la filière de positionner l'agneau laiton d'Aveyron comme une viande d'excellence», souligne le président.

«Par ailleurs, le cap des 100 € qui nous a mobilisés fortement est largement dépassé. Peut-on oser aujourd'hui envisager les 130?€ ?», interroge Philippe Tabardel. Les résultats technico- économiques présentés par l'équipe technique confirment la tendance haussière du prix de vente de l'agneau et laissent entrevoir une augmentation de la marge brute par brebis de 8 € environ pour 2014. «La bonne tenue du poste aliments du bétail contribue à ce résultat mis à mal les deux dernières années par la volatilité du cours des matières premières».

La production bio en plein essor !

La production bio bien ancrée dans la filière depuis 1997, poursuit son développement en 2014, stimulée par le programme «Avenir bio» contractualisé avec l'Agence Bio. La journée aveyronnaise organisée en janvier 2014 a rassemblé plus de 60 producteurs bio à La Primaube. L’animation commerciale pendant le Salon de l'agriculture a permis de mettre en avant la production viande issue des troupeaux laitiers et allaitants auprès des restaurants et bouchers parisiens ravis de découvrir des produits de terroir de grande qualité.

Plus de 7 000 ovins ont été commercialisés en 2014 sous le label AB, soit une progression de plus de 250 % sur cinq ans. La valorisation des produits est au rendez-vous avec notamment les agneaux bio qui franchissent le cap des 7,2 € en moyenne annuelle. Les agnelets et brebis bio tirent également leur épingle du jeu, selon APROVIA.

Revenu ovin allaitant

La présentation des résultats d'exploitations des principales productions de Midi-Pyrénées relatives à la campagne 2013-2014, effectuée par Jean-Luc Miquel, valide les nombreuses communications sur la santé de l'élevage ovin allaitant. Le revenu agricole ovin est en tête des productions de viande sur l'exercice audité. Et de nombreuses marges de progrès techniques sont encore identifiées. «La relance ovine a donc tout son sens !», répète le président.

Une production d'agneaux laitiers stable

L'année 2014 restera une campagne aussi inédite que la précédente, caractérisée par une forte augmentation du prix d'achat des agnelets, plus 10,55 €, bien relayée par un marché actif des agneaux Lacaune tout au long de l'année. Les opérations de promotion organisées au sein d'Agno Interpro ont porté leurs fruits aux périodes délicates. Le marché en vif à l'export a contribué également au soutien du prix de marché national. Jean-Luc Bruel a profité de la réunion pour faire état du nouveau dispositif d'appui technique qui se met en place au sein de l'organisation de producteurs, conformément aux nouvelles orientations agri-environnementales de FranceAgriMer. «Une approche collective peut permettre d'explorer de nouvelles pistes de travail, et donner un nouveau souffle à l'accompagnement technique des adhérents !», commente le président.

Communication interne

Laurent Fraysse, gestionnaire du site internet «aprovia.fr» est intervenu pour informer l’assemblée sur la communication qui sera effectuée par le biais de ce site à destination des adhérents. L'espace «adhérent» recensera la plupart des démarches administratives, la réglementation en vigueur, des informations techniques, et proposera régulièrement des informations sur la vie et l'activité de la filière ovine.

Le centre de rassemblement d’animaux de Rignac a fait l'objet de travaux pour améliorer les conditions de logement et de manipulations des ovins en transit avant le site d'abattage de Capdenac. Une 2ème tranche de travaux est prévue pour 2015.

«Greffeuille Aveyron» investit

Jacques et Bernard Greffeuille ont tour à tour présenté les nouveaux équipements de l'abattoir de Capdenac qui achève son programme de modernisation (chaîne d'abattage, atelier de précuisson des viandes, locaux administratifs…). «Ce grand lifting apportera une nouvelle capacité de travail aux normes les plus récentes, et de l'aisance pour accomplir notre travail», résume Jacques Greffeuille. C'est à Paris que la société familiale a choisi d’ouvrir une boutique pour mettre en avant son savoir-faire et proposer aux particuliers et professionnels une sélection de produits de qualité pré-cuisinés et frais de la filière aveyronnaise. «Nous observons un bon démarrage pour cette initiative de promotion de l’agneau laiton», souligne Bernard Greffeuille, responsable du nouveau site parisien. En fin de soirée, toute l'assemblée s'est régalée autour d'une table où l'agneau était préparé selon l'une des recettes mijotée à Capdenac.

30 avril 2015

Assemblée générale des Fermiers du Bas Rouergue : la qualité comme credo

Vendredi 24 avril, la coopérative des Fermiers du Bas Rouergue a organisé son assemblée générale, présidée par Jean-Baptiste Carrié, en son fief à Villefranche de Rouergue. Les responsables ont présenté les résultats de l’activité filière par filière, ainsi que les perspectives de développement. Le conseil d’administration a aussi été renouvelé au tiers. Le point d’orgue de cette réunion a été la remise de la médaille de l’Ordre du Mérite Agricole à René Authesserre, président de la coopérative de 1988 à 2014.

Le bilan de l’activité 2014 montre que la coopérative n’a pas échappé aux conséquences de la crise économique, et à la baisse de la consommation de viande par les ménages, impactant principalement la viande bovine.

Concernant les agneaux, cinq éleveurs ont livré 922 agneaux, soit une augmentation de 16 % par rapport à 2013. Cette filière se porte particulièrement bien avec un prix moyen en augmentation de 10 euros, grâce notamment à une amélioration de la qualité : 68 % des carcasses ont été classées en niveau six, le plus haut de la grille. Le seul point d’ombre reste l’étalement de la production, puisqu’il manque encore des agneaux entre mi novembre et mi décembre pour satisfaire la clientèle. La coopérative souhaite aussi pouvoir augmenter la production afin de développer ses marchés.

La filière porcine a essuyé quant à elle une baisse des volumes de 3 %. Trois éleveurs de porcs fournissent la coopérative, avec un volume de 596 animaux en 2014, dont 44 % ont été qualifiés en classe six. Il reste encore du travail à faire pour améliorer les carcasses, encore un peu trop maigres, du fait de la conduite en plein air qui complique l’engraissement. Néanmoins le prix s’est maintenu au niveau de 2012.

Une nouvelle grille pour mieux valoriser les veaux

Concernant les veaux, 455 ont été livrés, soit moins 5,4 % par rapport à 2013. La coopérative, répondant à la demande de sa clientèle de bouchers, a fait évoluer la grille de classement depuis le premier avril 2015. Jean-Baptiste Carrié explique que «cette grille sera évolutive en fonction des attentes de la coopérative et des éleveurs». Par des bonus de prix, cette grille a pour vocation de valoriser les veaux clairs, légers, avec un optimum à moins de 220 kg, et un niveau d’engraissement «couvert» ou «croûté».

Pour les vaches de réforme, il devient de plus en plus difficile d’écouler la marchandise. Les Fermiers du Bas Rouergue ont néanmoins abattu en 2014 autour de 250 bêtes, dont la qualité en terme d’engraissement ne fait qu’augmenter. Les bouchers clients ont d’ailleurs unanimement exprimé leur satisfaction quant au persillé de la viande. Une formation à l’engraissement avait d’ailleurs été organisée l’an passé avec succès. Face à cette situation de surproduction, Jean-Baptiste Carrié annonce que la règle qui impose la collecte de vaches de réforme de 12 ans maximum, sera strictement appliquée. Le contexte économique et la baisse de consommation de viande rouge ont conséquemment entraîné une baisse du prix, que tous espèrent éphémère.

Une petite structure compétitive

Les Fermiers du Bas Rouergue développent une stratégie de commercialisation en dehors des frontières aveyronnaises. La prospection s’effectue aujour-d’hui vers les pays de la Loire, où il existe déjà des points de vente. Cependant la concurrence y est importante, notamment au niveau du veau où le Label Rouge veau fermier Bretanin est bien implanté.

L’assemblée générale se poursuit par la présentation du rapport financier qui révèle des chiffres plutôt positifs, avec une augmentation du chiffre d’affaires de 2,7 %, idem pour les produits et les ventes en hausse de 3 %. Les charges de fonctionnement ont diminué de 10 % et ne représentent que 10 % du chiffre d’affaires, ce qui fait des Fermiers du Bas Rouergue une entreprise saine et légère par rapport à ses résultats. Jean-Baptiste Carrié définit la coopérative comme «une petite structure qui doit se battre sur le créneau de la qualité».

A l’issue de la matinée, tous les adhérents se sont regroupés autour de René Authesserre, quatrième président de la coopérative qui a fêté ses 40 ans en 2014. Il s’est vu remettre la médaille de l’Ordre du Mérite par Gérard Lacassagne, adjoint au maire de Villefranche de Rouergue. Laurent Delpérié, représentait la Chambre d’agriculture qui a porté la demande d’attribution de cette distinction. René Hautesserre a évoqué avec émotion ses prédécesseurs, dont Gérard Rispal, un des fondateurs, ainsi que ses «compagnons de route» qui l’ont accompagné dans cette «grande aventure qui dure depuis 41 ans».

Bérangère CAREL

30 avril 2015

FRSEB et AOP Roquefort : une évolution qui préoccupe

La réforme des interprofessions imposée par Bruxelles avec le «paquet lait» et la mise en place des contrats individuels ou en organisation de producteurs avec les entreprises, sont considérés comme une révolution sur le rayon AOP Roquefort par les producteurs de la FRSEB. Ils ont fait le point lundi 27 avril à leur siège de Millau, à la suite d’une assemblée générale extraordinaire consacrée au sujet.

Robert Glandières, président de la Fédération régionale des syndicats des éleveurs de brebis (FRSEB), n’hésite pas à parler de «révolution» pour résumer la transition effective pour la prochaine campagne laitière entre l’ancien système de gestion des volumes et des prix de la filière et le nouveau, en cours de création. Et ce, au moment où l’AOP Roquefort fête cette année les 90 ans de son appellation : «les règles de la concurrence édictées par le «paquet lait», voté par l’Union européenne en 2012, conduisent en effet la filière Roquefort à ne plus fixer le prix du lait de brebis au sein de son interprofession créée en 1930».

«Mutualisation et solidarité»

La Confédération générale des producteurs de lait de brebis et des industriels de Roquefort, qui réunit les sept industriels de la filière et un collège de producteurs (FRSEB), fixe chaque année les prix du lait pour le Roquefort, gère la marque collective de la Brebis Rouge et contrôle avec l’INAO l’application de la loi de 1925 protégeant l’appellation Roquefort. «Aujourd’hui, le prix du lait décidé au sein de l’interprofession n’est donc plus légal», insiste Robert Glandières.

L’assemblée générale extraordinaire organisée lundi 27 avril avait pour but de réunir les présidents des SEB locaux pour les tenir informés de la réforme de la filière Roquefort et leur faire valider, par un vote, «les principes de sortie du système actuel, basés sur les valeurs de mutualisation, de solidarité et de gestion de la production du lait de brebis», souligne le président de la FRSEB.

Des principes généraux

Quatre principes généraux issus des votes réalisés par 60 % des 1 200 points de livraison adhérents à la FRSEB, ont ainsi été définis :

- chaque contrat doit comporter un volume Roquefort identifié, permettant de relier le producteur à l’AOP et de distinguer un prix particulier ;

- le calcul du volume Roquefort identifié dans chaque contrat doit permettre le soutien des plus petites structures par l’octroi d’une part forfaitaire ;

- la part proportionnelle pour le calcul du volume Roquefort ne doit pas prendre en compte les volumes de dégagement (moins bonnes valorisations) ;

- ne pas faire peser les prix bas des volumes de dégagement sur l’ensemble des litrages de la diversification.

Pour Robert Glandières et Jérôme Faramond, secrétaire général de la FRSEB, «nous voulons retrouver dans le nouveau système la même solidarité pour le prix du lait de Roquefort chez les sept industriels du rayon. Car les proportions de valorisation de cette catégorie A peuvent varier de façon importante entre chaque fabricant, entraînant ainsi un prix moyen différent pour chaque industriel. Une péréquation permettait jusqu’à présent d’avoir un prix régulé (922 euros/1 000 litres en 2014), chaque producteur étant rémunéré selon l’attribution de ses références. C’est cela que nous voulons conserver !». Sur les 165 millions de litres de lait de brebis collectés en 2014, 75 millions ont été transformés en Roquefort. Le Rayon AOP rassemble environ 1 800 points de collecte de lait de brebis en Aveyron, Tarn, Lozère, Hérault, Gard et Aude.

«Point de départ volumétrique»

Les quatre principes votés par la majorité des adhérents de la FRSEB ont été définis à l’issue d’une consultation technique visant à préparer la sortie du système actuel dans les meilleures conditions : «sortir de ce système de façon abrupte et arbitraire conduirait à mettre en très grande difficulté certains producteurs par une perte importante du chiffre d’affaires lait», note la FRSEB. Le processus de la consultation de l’ensemble des adhérents a permis de valider une option parmis neuf propositions permettant de cerner «un point 0», dit «point de départ volumétrique». Robert Glandières complète : «ce volume n’augure en rien le volume définitif dans les contrats. Pour la FRSEB, ce point de départ volumétrique est le niveau minimal qui doit figurer dans le contrat».

Ce «point 0» a été validé par les collèges fabricants et producteurs de l’interprofession, «mais les modalités d’application ne sont pas arrêtées précisément», ajoute Robert Glandières. «Elles dépendront à la fois de la position des producteurs et de la position des fabricants, notamment dans le réglement de la question de la péréquation». Autre précision, le point 0 ne concerne que les volumes, les prix étant négociés individuellement ou par l’OP du choix du producteur.

«Se préparer dans les meilleures conditions»

Fort de ces quatre principes généraux, les représentants de la FRSEB sont déterminés à défendre «l’histoire de leur filière», en dépit d’un nouveau système jugé plus libéral et individualiste. «Nous sommes en effet un peu inquiets sur les conséquences du nouveau système, raison de plus pour se préparer dans les meilleures conditions», confie Robert Glandières. Un conseil de la Confédération de Roquefort aura lieu le 13 mai et le 3 juin. «Nous verrons comment les sept industriels préparent eux aussi cette transition».

Les prochaines négociations sur le prix du lait de la campagne écoulée se feront avec le système actuel. «Très rapidement ensuite, nous devrons entrer dans le nouveau système et parler de volumes et de prix pour la campagne 2015-2016, avec encore les mêmes règles de saisonnalité», affirme le président de la FRSEB, lequel aura alors cédé sa place de «président tournant» de la Confédération au représentant du collège industriels (Christian Gentil en l'occurrence), comme le stipule le réglement confédéral de la filière Roquefort.

Didier BOUVILLE

23 avril 2015

Assemblée générale section LAAT Sodiaal Union Sud-Ouest : année charnière et fin des quotas

L’assemblée générale de la section Lozère, Aveyron, Aude, Tarn (LAAT) présidée par Alain Trouche, de la coopérative Sodiaal Union région Sud-Ouest, s’est déroulée vendredi 17 avril à Baraqueville en présence de Damien Lacombe, président général de la coopérative, et Thierry Lanuque, président régional.

L’année écoulée de la première coopérative laitière française a été marquée par la fusion entre Sodiaal Union et 3A Coop effective depuis janvier 2014. «Cette réussite confirme le renouveau attractif que nous avons engagé depuis plusieurs années», affirme Damien Lacombe (élu à la présidence de Sodiaal le 8 janvier 2014) avec notamment «le rachat et le redressement d’Entremont, la consolidation de la filière, et la visibilité donnée aux sociétaires sur la gestion de l’après quotas laitiers. Autant d'éléments confirmant pleinement Sodiaal dans son rôle de leader coopératif». Et d’ajouter : «avec 5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires consolidés, Sodiaal se place dans les dix premiers groupes laitiers mondiaux et devient l’une des quatre premières coopératives laitières d’Europe».

Développement maîtrisé

S’agissant de l’après quotas laitiers, Damien Lacombe complète : «Sodiaal a en effet donné de la visibilité à ses sociétaires et fait le choix d’un développemennt maîtrisé. Depuis plusieurs années, la coopérative a développé un mode de gestion volume/prix innovant (prévisions de collecte ASAP, double prix/ double volume). Les producteurs de Sodiaal qui le souhaitent peuvent produire plus de lait, à condition qu’il y ait un débouché identifié en face de chaque litre collecté, notamment grâce aux marchés gagnés à l’international. En 2014, la demande de volume supplémentaire à produire a été acceptée pour 1 600 producteurs», sur les 13 200 sociétaires de Sodiaal Union. Autre fait marquant en 2014, «à propos de la valorisation du lait des sociétaires, nous avons tenu nos engagements avec un niveau de prix moyen soutenu à 364 euros/1 000 litres, soit une hausse de 21 euros/1000 litres comparé à l’année précédente». Une hausse intervenue «dans un contexte de production laitière en forte hausse, avec plus 5 % de lait collecté, soit 226 millions de lait supplémentaires», sur les 4,8 milliards de litres de lait collectés dans plus de 70 départements français. Quant au prix B, «celui-ci a reflété la grande volatilité des marchés passant de 400 euros/litres en début d’année, à 220 euros/litres en fin d’année 2014».

Investissements confortés

L’année 2014 aura donc connu des turbulences, suite au retournement du marché au milieu de l’année, et à une collecte élevée, qui ont pesé lourdement sur les résultats du groupe, note encore Sodiaal. L’EBITDA (revenus d'une entreprise avant soustraction des intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations) du groupe s’èlèvait en 2014 à 101 millions d’euros, contre 113 millions en 2013. «Dans ce contexte, deux de nos métiers, ont été fortement impactés, le métier nutrition et ingrédients laitiers, et dans une moindre mesure, le lait de consommation-crème-beurre. En revanche, les métiers amont, fromages, et produits frais surgelés, ont fait preuve d’une bonne capacité de résistance, illustrant l’intérêt stratégique d’être présent désormais sur tous les métiers du lait».

Enfin, toujours dans ce bilan général, l’année 2014 fut celle des investissements stratégiques pour Sodiaal, avec 120 millions d’euros investis dans ses outils de production, «dans le but de porter les usines aux meilleurs standards européens et de gagner en compétitivité». Avec notamment la mise en place opérationnelle «d’une Direction du Développement Internationale pour accélérer le développement de nos ventes dans le monde et ainsi, accompagner le développement des sociétaires». Cette réunion a par ailleurs donné lieu à de nombreux échanges, sur le prix du lait par exemple, par la voix notamment de Michaël Chavatte, sociétaire Sodiaal et président de la FRPL Sud-Ouest.

Didier BOUVILLE

16 avril 2015

Association des Producteurs de lait Lactalis Rodez : première assemblée générale de l’OP

Jeudi 9 avril, Michel Costes a présidé la première assemblée générale de l’ère sans quotas de l’APL Rodez à Magrin, en présence d’une centaine de producteurs. La réunion s’est déroulée en deux temps : une partie à huis-clos, pour échanger librement entre éleveurs et une partie d’échanges avec des représentants de Lactalis, sur la filière et ses perspectives.

Michel Costes a débuté les travaux de l’après-midi en saluant la présence de Dominique Coutal, présidente du groupement de producteurs de Solaisud, laiterie Lactalis de Montauban, ainsi que celle de Claude Bonnet, président de l’union nationale des éleveurs livreurs Lactalis (UNELL).

Des marchés imprévisibles

L’après-midi se poursuit avec l’intervention de Serge Moly, responsable des approvisionnements pour le groupe Lactalis, qui a exposé sa vision de l’après quotas. En introduction, il reconnaît que la baisse du prix du lait au regard des douze derniers mois s’est opérée à une vitesse «rarement observée de mémoire. Cet effondrement démontre le manque de protectionnisme européen». Jusqu’à présent, une forte valorisation sur le marché chinois maintenait le prix, malgré une augmentation de la collecte : plus 7 milliards de litres en Europe, dont 320 millions de surplus collectés par Lactalis France. L’embargo russe a signé la fin de cette situation favorable, mais n’est pas le seul responsable.

En effet, sur le plan international, des marchés se trouvent malmenés. Tout d’abord, la Chine se retire de plus en plus, privilégiant son autonomie alimentaire. Elle importe encore des produits à haute valeur ajoutée, comme la poudre infantile, marché largement détenu par les Etats Unis et l’Océanie. L’Europe, fortement concurrencée se tourne par conséquent vers l’Afrique. En outre, les pays exportateurs de pétrole, clients du marché laitier européen, diminuent significativement leurs importations suite à la chute du prix du baril de pétrole. A travers cette présentation, Serge Moly met en garde les producteurs : «Les marchés internationaux sont imprévisibles et volatils. Les agriculteurs devront s’adapter à un prix fluctuant car l’Union européenne n’a plus les outils pour compenser. Avec la libéralisation de la production, chaque hausse de prix entraînera une augmentation de volumes et, à terme, de la surproduction. Sans compter que nous ne connaissons pas les stratégies de pays comme l’Allemagne et le Danemark, qui attendaient avec impatience l’arrêt des quotas».

Quels volumes demain ?

L’après-midi se poursuit autour de la gestion des volumes. Davy Hecht, directeur de la production pour le grand sud, assure que «l’après quotas sera une transition et non une révolution car elle a été anticipée sur demande des pouvoirs publics. La pérennisation du relationnel entre les OP et Lactalis est dans l’intérêt de tous». Il poursuit sur la présentation des modalités régissant le volume contractualisé. «Rien ne change. Le volume contractuel remplace la référence et la campagne laitière va toujours du 1er avril au 31 mars». En outre, le volume contractuel, basé sur la référence au 31 mars 2015, sera corrigé de l’indice matière grasse. Si le producteur n’a pas atteint 85 % de sa référence au cours des deux dernières campagnes, le volume contractualisé sera amputé de la moyenne du lait non produit pendant ces deux ans.

Les adhérents à l’OP (APL Rodez) pourront néanmoins demander des attributions de volumes, afin de faire évoluer leurs contrats. L’APL Rodez a obtenu la réattribution des volumes retirés suite à la règle des 85 %. Les règles d’attribution sont définies conjointement par Lactalis et l’APL Rodez. Le nouveau volume sera alors notifié par un avenant au contrat. Ces règles n’existent pas pour les non adhérents à l’OP.

Bérangère CAREL

09 avril 2015

Lait de brebis Rayon de Roquefort : une OPBR en construction sur le terrain

 

L’association de préfiguration de l’Organisation des Producteurs du Bassin de Roquefort (OPBR) a fait le point mardi 7 avril à Roquefort-sur-Soulzon sur l’avancement de son OP décidée à tenir sa place dans le nouveau cadre de l’organisation de la filière Roquefort imposé par le «paquet lait».

Le président de l’association Lionel Cabrolié, producteur à Cornus, Stéphane Desplas, producteur à Sauclières et Séverin Roques, producteur à Cadix (81) ont annoncé, au nom des 35 membres du comité de pilotage, qu’environ 1000 producteurs du rayon avaient exprimé leur intention d’adhérer à l’OPBR. Le Rayon AOP Roquefort rassemble 1800 producteurs, notamment sur les départements de l’Aveyron, du Tarn, de la Lozère et de l’Hérault. Rappelons que la collecte totale est d’environ 160 millions de litres de lait de brebis, dont 47% valorisée en Roquefort AOP, et 72% collectés par Société (Lactalis), l’un des sept industriels de l’interprofession Roquefort.

«Défendre les intérêts de tous les producteurs»

L’association a organisé après sa création en décembre dernier, 47 réunions pour expliquer aux producteurs la conséquence d’un «paquet lait» «qui bouleverse les relations entre les producteurs et les fabricants de fromages». «Cela fait quatre mois que l’on travaille sur ce dossier, alors que toutes les modalités de sortie du système actuel ne sont pas encore arrêtées», résument les trois portes-paroles du comité de pilotage de l’OPBR. L’enjeu est de taille : «les négociations annuelles qui se tenaient au sein de la Confédération générale des industriels et producteurs de lait de brebis du rayon de Roquefort ne seront plus d’actualité pour la campagne 2015-2016. Les producteurs peuvent désormais se regrouper en OP pour négocier un contrat collectif pour le prix du lait notamment». Lionel Cabrolié précise : «chaque producteur doit faire un choix entre la contractualisation directe avec son industriel ou bien la contractualisation proposée par une OP. L’OPBR a pour objectif de défendre les intérêts de tous les producteurs, où qu’ils soient et quel que soit l’industriel pour lequel ils livrent. Notre OP est transversale et doit nous apporter la possibilité d’avoir une vision de toutes les pratiques industrielles, des prix et de la réalité des transformations. Notre ambition est de constituer une OP massive et incontournable qui permettra de dégager une discussion constructive avec les industriels pour des solutions qui satisfassent toutes les parties».

L’OPBR va organiser d’autres réunions de terrain en attendant les textes réglementaires définitifs. Le dossier de cette OP non commerciale, créée sous forme associative, doit être bouclé pour juillet. «Les réunions avec les producteurs auront lieu fin avril et début mai, pour faire valider nos avancées et échanger avec les industriels. Le travail de constitution de l’OPBR se fait par branche regroupant les producteurs livrant à un même industriel, qu’ils adhèrent à l’OP directement ou par l’intermédiaire d’une association. Chaque branche permettant le dialogue direct des producteurs avec leur industriel respectif afin de reconnaître leur spécificité». L’assemblée générale constitutive de l’OPBR, avec élection d’un bureau et d’un président, se fera en juin.

«Une année 0»

Pour l’heure, les producteurs parlent «d’une année 0» pour illustrer la transition entre les deux systèmes de négociation. «Les volumes contractualisés plus tard dans chaque exploitation ne seront connus qu’à partir du mois de septembre 2015. Ils seront issus d’une décision de l’interprofession (FRSEB et industriels). Ensuite,l’OPBR aura la tâche de négocier le prix pour la campagne 2015-2016 ainsi que la saisonnalité, la qualité et les volumes pour 2016-2017». En attendant, les représentants de l’association de préfiguration de l’OPBR ont déjà planté le décor : «nous souhaitons une collecte maintenue autour de 160 millions de litres de lait, et qu’elle se développe si de nouveaux marchés s’ouvrent. Nous proposons que l’ensemble des volumes produits par les sept industriels soit contractualisé. Notre prix du lait n’est plus rémunérateur du fait des coûts de production (source France Agrimer), avec 1247 euros de char-ges pour 1000 litres, alors que nous vendons notre lait 919 euros/1000 litres en moyenne. Nos exploitations bouclent leur budget grâce aux aides. Comment garder une filière attractive avec ce constat ? Le prix du lait doit augmenter. La revalorisation du lait non transformé en Roquefort est vitale».

Les trois éleveurs ajoutent : «notre production marquée par une forte saisonnalité pose aussi problème au niveau de la gestion des volumes. Nous en sommes conscients. Mais les industriels doivent intégrer dans leur réflexion que des décalages de production génèrent des charges supplémentaires pour les producteurs. Nous proposons de travailler ensemble pour réajuster le système, faire fonctionner les usines à plein en janvier-février, avec en face, une meilleure valorisation du prix du lait». Le trio conclut : «l’OPBR est ouverte à tous les producteurs du Rayon. Et toutes les grandes décisions seront prises lors de l’assemblée générale, avec une démocratie directe, un contrat, une voix !».

Recueilli par Didier BOUVILLE

02 avril 2015

Groupe coopératif UNICOR : les perspectives d’avenir en matière de stratégie

Le groupe UNICOR tenait, à Baraqueville, vendredi 27 mars son assemblée générale plénière annuelle. Le comité de direction a présenté le traditionnel bilan d’activités de la coopérative, secteur par secteur. Puis, Jean-Claude Virenque, président du groupe, a présenté les perspectives d’avenir en matière de stratégie.

Le cap pour l’avenir

Jean-Claude Virenque partage avec l’assemblée les orientations d’UNICOR à venir. Elles reposent sur trois axes : la viabilité, la vivabilité, la reconnaissance du métier.

«Un métier viable, ça passe d’abord par la meilleure valorisation possible des productions», entame le président. Pour cela il évoque la massification de l’offre, mais aussi une politique de segmentation. Cette dernière va se traduire par la création prochaine d’une marque qui va s’appliquer aux productions de viande du groupe.?Pour Jean-Claude Virenque, la contractualisation avec les distributeurs, tels que Picard ou Casino, est de la première importance. «Nous devons travailler à l’étalement de la production pour pouvoir contractualiser en contre saison». Le président évoque aussi des pistes de valorisation du maigre, notamment en bovin. «Nous cherchons des solutions d’engraissement locales afin de compenser les manquements italiens». Enfin, la viabilité des exploitations passera aussi par l’augmentation de la performance des exploitations. C’est pourquoi UNICOR?investit dans de l’appui technique, pour exemple la création du groupe «expert élevage». La performance du matériel de production est aussi primordiale pour Jean-Claude Virenque.

Ce matériel de pointe se met aussi au service de la vivabilité des exploitations, par la diminution de l’astreinte et de la pénibilité. «La coopérative c’est avant tout des services rendus aux adhérents. Nous réfléchissons aujourd’hui à la création d’un réseau de main d’œuvre d’appoint».

En conclusion, le président évoque le travail de la coopérative pour communiquer auprès du grand public sur la qualité des produits et des pratiques agricoles. En cela, les Halles de l’Aveyron sont un outil puissant, «avec un accès direct aux consommateurs». Le Festival Unicor a aussi vu le jour dans cette optique, «pour donner les moyens de comprendre ce que nous faisons. A travers des pratiques codifiées et transparentes (bien-être animal, cahiers des charges, diminution des antibiotiques...), nous voulons démontrer notre différence !».

05 mars 2015

Disparition de Patrick Mouysset : défenseur du produit et du territoire

Patrick Mouysset est décédé à l’âge de 49 ans, vendredi 27 février des suites d’une longue maladie. Cet homme natif du Ségala, a endossé de multiples responsabilités. Militant, il a été le fervent défenseur de son territoire et de son produit emblématique, le veau d’Aveyron et du Ségala.

Eleveur aux Cazes, près de Lardeyrolles, Patrick Mouysset a choisi très tôt de s’impliquer dans la filière Label Rouge et IGP veau d’Aveyron et du Ségala. Il est devenu adhérent à l’IRVA en 1992, à peine deux ans après la création de l’interprofession. En 2006 il en est d’ailleurs devenu administrateur. Dès lors, ses qualités ont rapidement été repérées et sa carrière de responsable professionnel s’est accélérée.

De la filière au syndicalisme

Cette année là, il est entré de plain pied dans le syndicalisme en devenant secrétaire général de la section bovins viande de la FDSEA de l’Aveyron, présidée par Francis Grau. Il a alors pris la suite de Daniel Carrié au conseil d’administration de la FNB, puis à la présidence de l’IRVA, un an plus tard.

L’origine de l’engagement de Patrick Mouysset a donc toujours été la filière, qu’il souhaitait défendre passionnément. Son honnêteté, son intelligence et son charisme, reconnus de tous, l’ont propulsé à des postes, qu’il n’aurait, de lui-même, pas ambitionnés. Pour la région Midi-Pyrénées, Patrick Mouysset était présent à la fédération régionale bovine, à l’Irqualim, à Interbev Midi-Pyrénées et à Qualisud. Ces responsabilités sont le reflet exact de son double engagement dans le syndicalisme et la défense des filières de qualité.

Fidèle à ses missions

C’est donc tout naturellement qu’il s’est vu offrir de plus en plus de missions au national. En 2013, il a été désigné pour représenter la FNB au sein de l’interprofession Interveau, section d’Interbev. Bien que marqué par sa filière d’origine, Patrick Mouysset a montré qu’il savait défendre toutes les productions de manière impartiale. Cette droiture l’a conduit à être élu président de la section veau sous la mère de la FNB en mars 2014.

Néanmoins son attachement aux filières Label est resté toujours aussi vivace. C’est donc logiquement que sa présence au sein de Fil Rouge, en tant que représentant de l’IRVA à la section veau Label, a été remarquée et l’a conduit vers la présidence en avril 2014. A l’INAO, Patrick Mouysset a bien sûr défendu le veau d’Aveyron et du Ségala. En outre, ses qualités d’écoute et sa perspicacité ont été mises au service de l’accompagnement de filières en demande de label ou de modifications de leur cahier des charges.

L’entourage professionnel de Patrick Mouysset, à travers les nombreux témoignages exprimés depuis son décès le décrivent comme une homme de convictions, qui se servait de son intelligence sereine pour faire comprendre et accepter ses idées. Malgré un abord calme et toujours agréable, il savait défendre ses prises de position avec fermeté. Engagé pour le bien collectif, il était par ailleurs très attentif à ne léser personne lorsque des décisions étaient à prendre. A travers ses multiples missions, il a toujours travaillé avec équité et cohérence sur les différents dossiers qui lui ont été confiés. Tous les témoins de son parcours s’accordent à dire que Patrick Mouysset n’était pas un homme ambitieux. Toutes ses responsabilités sont arrivées à lui grâce à la reconnaissance de ses qualités par ses pairs. Les structures professionnelles l’ont accueilli à bras ouverts car elles ont très vite réalisé tout ce qu’il pouvait leur apporter. Malgré les hautes fonctions qu’il a occupées, Patrick Mouysset s’est toujours attaché à ne pas devenir irremplaçable. Tous les outils et chantiers qu’il a lancés, il s’est assuré qu’ils perdurent avec ou sans lui. Les organisations qu’il a dirigées ne se retrouvent donc pas orphelines, mais entre les mains de ses filleuls et filleules à qui il avait laissé l’espace et l’opportunité de s’impliquer à ses côtés.

Pour conclure, il faut retenir l’optimisme communicatif qui l’habitait, et s’exprimait souvent à travers la formule : «Ca va le faire...».

Bérangère CAREL

26 février 2015

Tabacs : la production face au nouveau contexte

2015 marquera la production tabacole avec la fin des aides directes au produit. La filière travaille donc à un projet commun pour conforter son savoir-faire avec des prix commerciaux revalorisés et l'ouverture de nouveaux marchés porteurs (bio, ppid). Loin d'être défaitiste elle considère que ce nouveau contexte peut être une chance pour maintenir sur la région une production de haute qualité reconnue.

Les organisations tabacoles, coopératives Midi-Tabacs, caisse d'assurance et Fédération régionale des planteurs, étaient réunis en assemblée générale le 16 février à Montauban. L'occasion de débattre sur l'avenir de la production dans un cadre réglementaire en profonde mutation. La nouvelle PAC met en effet un terme à l'aide directe au produit, le montant de l'aide qualité sera versé dans les références individuelles. Seul le prix de vente commercial assurera désormais la rémunération du tabac. Cette nouvelle donne a poussé la filière à se restructurer pour répondre aux enjeux et préparer l'avenir.

Des prix revalorisés

Ces dernières années, la refonte complète du système de commercialisation a permis de mieux faire connaître les réalités de la production aux partenaires industriels. Ceux-ci ont compris la nécessité de donner des prix rémunérateurs et les ont plusieurs fois augmentés. Pour le burley, les négociations commerciales pour 2015 et les années suivantes permettent de revaloriser le prix minimum net production à 3,60 €/kg. L'acheteur prouve ainsi son attachement à la production locale. Le burley est aujourd'hui un enjeu national qui exige une harmonisation et un discours commun de toutes les régions de production françaises.

Pour le virginie, les perspectives d'augmentation des prix se font également entrevoir. En conventionnel, la filière a retrouvé un client fidèle qui lui permet de viser un prix moyen net de 3,30 €/kg.

Pour le virginie sous cahier des charges, elle espère une revalorisation supplémentaire. Enfin pour le virginie NOP/BIO, un marché très intéressant se dessine avec des prix entre 6 et 7 € le kg.

Sécuriser les volumes

L'enjeu est aujourd'hui clair pour la filière tabacole. Elle entend sécuriser les volumes de production en quantité comme en qualité. Désormais en prise directe sur un marché en pleine évolution, elle doit rester à l'écoute des acheteurs et s'adapter aux besoins des consommateurs. La production française ne représente plus qu'une faible quantité au niveau mondial (1000 planteurs aujourd'hui sur tout le pays). Elle cible donc un marché spécialisé avec des tabacs de très haute qualité pour la fabrication de nouveaux produits. Daniel Gaspanini, président de la coopérative, soulignait : «nous avons désormais le tabac le plus cher du monde, il reste à en faire le plus rentable !».

Pour cela, toute la filière française travaille à un projet commun avec recherche de nouvelles variétés simplification de l'effeuillaison et réflexion sur la constitution d'une coopérative unique à toute la France.

Caisse d'assurance

Les deux dernières récoltes ont été affectées par de gros sinistres. 2013 a été particulièrement mauvaise à cause de la météo (pluies, grêle...) engendrant d'énormes pertes et de très fortes indemnités à payer pour la caisse d'assurance. 2014 a été un peu meilleure mais l'été froid et humide a aussi généré des pertes. La caisse boucle donc un exercice encore déficitaire. Cette forte sinistralité a épuisé les réserves de la caisse d'assurance qui est contrainte de resserrer ses conditions d'indemnisation : baisse des taux de remboursement et hausse des franchises ! Son président, Guy Poujade, précisait que la filière s'interroge sur une restructuration nationale du système d'assurance.

Le président de la Fédération régionale, Francis Gaydou, lançait pour sa part un message d'espoir : «nos acheteurs ont prouvé qu'ils tenaient à notre tabac. Nous devons maintenant nous fédérer pour nous mettre en face ces marchés et maintenir la production. La balle est dans notre camp, à nous de jouer pour pérenniser notre filière...».

La Défense Paysanne du Lot

26 février 2015

Appellation Roquefort : un anniversaire dignement fêté

L’appellation Roquefort souffle en 2015 ses 90 bougies. L’interprofession Confédération Générale de Roquefort a célébré cet événement sur son stand au Salon de l’agriculture à Paris, mardi 24 février.

La filière a profité de la journée de l’Aveyron pour fêter son anniversaire avec tous les acteurs du territoire aveyronnais, et au-delà. Carole Delga, secrétaire d'État chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire, était aussi de la partie. Robert Glandières, président de l’interprofession a retracé, lors de son discours, l’histoire de la filière et de l’appellation d’origine Roquefort.

Au début était le fromage

Le fromage de Roquefort existe depuis des siècles, mais son appellation bénéficie d’un protectorat depuis le quinzième siècle, d’après les écrits les plus anciens retrouvés. «Le Roquefort est le père et la mère de toutes les appellations d’origine» a affirmé Jean-Charles Arnaud, le président de l’INAO. L’appellation d’origine contrôlée (AOC) date, quant à elle, de 1925, 10 ans avant la création de l’INAO. C’est la toute première AOC française et la seule qui a été protégée par une loi et non un décret. «En 1925 la filière était en crise», explique Robert Glandières. «Le prix du lait s’est retrouvé divisé par trois et les producteurs ont été plongés dans de graves difficultés. C’est alors qu’ils se sont organisés en syndicat professionnel. Cinq ans plus tard, et après avoir engagé un travail avec les fabricants pour définir en commun le prix du lait, la Confédération générale de Roquefort est née». Pour Jacques Bernat, ancien responsable de la filière, «l’union des producteurs et des industriels a initié le fil conducteur qui permet à la filière de perdurer et se développer». L’interprofession a aussi tout de suite mis en place une brigade de répression des fraudes, dont l’action a continué jusqu’en 1996, date à laquelle l’INAO a pris en charge cette activité.

Le patrimoine fromager

«La création de la notion de patrimoine fromager a permis d’écrire la loi qui a par la suite réglementé toutes les AOC», explique Jacques Bernat. Ce patrimoine, pour Robert Glandières, vient «du triptyque Homme, territoire, animal. La brebis Lacaune est à l’origine de tout, par son adaptation à notre terroir difficile, avec un climat souvent sec, ses aptitudes à la traite, ainsi que la qualité de son lait. Au niveau du territoire, la filière Roquefort génère 7 000 emplois, dans les 1 862 exploitations du Rayon et chez les sept fabricants qui emploient 1 700 salariés». La secrétaire d’Etat, Carole Delga, a d’ailleurs salué la filière comme un «exemple de valorisation des terroirs».

Aujourd’hui la renommée du Roquefort dépasse les frontières. Même si la consommation nationale tend à stagner, l’export reste un fort vecteur de développement. Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées, revenant d’un voyage en Chine où les produits du sud-ouest tentent de s’imposer, recommande à la filière de se tourner vers cette partie du monde. «J’ai vu les chinois goûter du Roquefort et se resservir ! Je suis convaincu que le Roquefort peut s’y implanter». La quantité de fromages exportés en 2013 a connu un bond de 7 %. Aujourd’hui Confédération est en contact avec le Japon dont une délégation doit être reçue sur le Rayon.

Le rayonnement de l’Aveyron

A travers l’excellence de la filière Roquefort, les élus ont souhaité mettre en avant le dynamisme de l’agriculture et de l’agroalimentaire de l’Aveyron. Pour Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, «l’Aveyron va se retrouver au centre de la future grande région. Le département a un rôle majeur à jouer dans le secteur agroalimentaire, premier employeur de la région. De plus, ce secteur génère une économie rurale et socialement acceptable. Nous ne pèserons que si nous trouvons une ligne de conduite commune, partagée entre les acteurs économiques, les élus et l’Etat». Carole Delga, voisine du département puisqu’originaire de Haute Garonne, valide cette proposition en ajoutant son admiration pour la capacité aveyronnaise à «s’unir pour les projets et la défense du territoire».

Si la Confédération Générale de Roquefort a choisi de fêter son anniversaire à Paris, ce n’est pas anodin. Pour Martin Malvy, «le stand Roquefort est emblématique du Salon. Les visiteurs sont en très grande majorité des citadins en recherche de tradition, d’authenticité, et des produits qui font partie de l’histoire et du patrimoine de la France». Jean-Claude Luche, président du Conseil général et sénateur de l’Aveyron, renchérit : «Lancer cette année de festivités à Paris est symbolique. Le Roquefort n’a pas de clivage politique, ni de limites administratives. Son anniversaire est un hommage à tous les paysans qui, par leur labeur, ont enrichi le pays».

Et cette année anniversaire, Robert Glandières la promet riche en événements. «Nous allons investir l’Aire du Viaduc de Millau, grâce au soutien du Conseil général, pendant cinq mois, avec une exposition de photographies et des animations-dégustations prises en charge par les éleveurs. Ce site, niché au sein de notre territoire, voit défiler chaque année plus d’un million de visiteurs ! Nous allons aussi lancer un «food truck» qui va sillonner plusieurs villes de France. Nous préparons aussi un événement surprise en 2015, mais nous laissons planer le mystère pour l’instant»...

Bérangère CAREL

19 février 2015

AOP Roquefort : 90 bougies en 2015 !

L’appellation Roquefort fête en 2015 ses 90 printemps. Confédération Générale de Roquefort, promet à cette occasion une série de festivités tout au long de l’année. Le coup d’envoi aura lieu au salon international de Paris, sur les stands de l’Aveyron, de l’interprofession et de l’UPRA Lacaune. Robert Glandières, président de la FRSEB, et Dominique Torres, responsable de la production chez Société partagent ce que leur évoque cet anniversaire.

Robert Glandières : «cet anniversaire est l’occasion de réaffirmer les fondamentaux de l’AOP, qui se déclinent en trois éléments : un produit, un territoire et des Hommes. Pour nous, éleveurs, c’est l’assurance du maintien d’une économie et d’un savoir-faire liés à notre terroir.

L’appellation Roquefort a été la première à être reconnue. Elle est à l’origine de la loi de 1925, régissant le signe officiel AOC. Depuis, de nombreux produits français ont utilisé cette forme de protection et de reconnaissance sur le sol français et à l’international. Cependant l’histoire du Roquefort est bien plus ancienne. Dès 1470 on retrouve des écrits affirmant que seuls les fromages affinés dans les caves éponymes pouvaient porter le nom de Roquefort. Des amendes pour usurpation étaient dès lors appliquées aux contrefacteurs.

L’âge vénérable du Roquefort ne signifie pourtant pas que la filière est figée dans le temps. Nous avons su faire évoluer et moderniser nos méthodes d’élevage, tout en conservant les bases de l’identité du Roquefort et son lien indéfectible au terroir : la race des brebis, leur alimentation, le mode d’affinage».

Dominique Torres : «fort de son histoire, le Roquefort doit s’adapter aux modes de consommation actuels. Le traditionnel plateau de fromages en fin de repas se perd. C’est pourquoi nous devons susciter auprès du public un nouveau regard sur notre fromage, afin de le replacer dans la société d’aujourd’hui. Notre rôle est de proposer d’autres formes de consommation : apéritif, snacking, concommation nomade, ingrédient culinaire... Nous avons déjà prouvé notre capacité d’adaptation en sortant le Roquefort du seul rayon de la coupe en grandes surfaces.

Le fromage en lui-même doit bien sûr conserver son identité, mais peut évoluer, comme il l’a déjà prouvé. L’appellation propose déjà une grande diversité de goûts, à travers la large gamme élaborée par les fabricants. Nous devons donc être en mesure de proposer des Roqueforts adaptés à tous les palais, plus ou moins salés, plus ou moins onctueux... L’appellation protège mais ne se traduit pas par l’uniformité».

Rendez-vous au Salon

Les stands de la filière Roquefort et de l’UPRA Lacaune accueilleront un large public pendant toute la durée du Salon de Paris. Des animations seront déclinées sous trois thèmes : l’«espace histoire», retraçant toutes les campagnes publicitaires depuis 1927 ; «aux origines du goût», pour découvrir la filière depuis la traite des brebis jusqu’à la transformation en fromage ; l’«espace dégustation», qui accueillera les gourmands, déjà connaisseurs, comme novices. Pour magnifier ce parcours gourmand, de jeunes chefs de l’école hôtelière de Toulouse réaliseront en public les recettes décrites dans le nouveau livret culinaire édité par l’interprofession.

Mardi 24 février, journée de l’Aveyron, la filière annoncera les multiples animations qui jalonneront 2015. En voici un avant-goût : participation à l’exposition universelle de Milan, lancement du «food truck» qui va sillonner la France, opération «land-art» au cœur de la région.

29 janvier 2015

Veaux de boucherie : des places à prendre !

Marie-Laure Rigal est installée à Lacam, commune de Castanet, avec une production de veaux de boucherie. Elle est sous contrat avec la Métairie du Rouergue. Cette production est à la recherche de nouveaux éleveurs.

Installée depuis 1978, Marie-Laure Rigal produit aujourd’hui 400 veaux de boucherie par an, dans son bâtiment de 200 places. Son exploitation individuelle est complétée par un atelier d’engraissement de 500 chevreaux. Elle a débuté avec 49 places de veaux de boucherie, un effectif qui est passé à 200 en 2002. Elle travaille sous contrat d’intégration avec la Métairie du Rouergue installée à Baraqueville. Cette PME d’une dizaine de salariés est spécialisée dans l’engraissement et le commerce d’animaux. «Nous vendons environ 7 500 veaux et 190 000 ovins chaque année pour le marché français», résume Jean-Michel Vayssettes, gérant de l’entreprise créée en 1997. «Nous avons sous contrat 38 producteurs de veaux de boucherie, dont 60 % en Aveyron, les autres étant installés dans les départements limitrophes».

Le principe de l’intégration est simple : «l’éleveur met à disposition son bâtiment, l’électricité, l’eau, son travail, l’épandage... L’entreprise est propriétaire des veaux, fournit les aliments, les produits vétérinaires et le suivi technique. Notre technicien spécialisé fait une visite par semaine. C’est une production très encadrée», affirme Jean-Michel Vayssettes. «C’est exact, continue Marie-Laure Rigal, la production de veau de boucherie est technique, physique et demande de l’énergie !». «Il faut être discipliné, suivre les consignes, le plan d’alimentation actualisé deux fois par semaine en moyenne. Et il faut être pointu sur la préparation du lait, le temps de dilution, la distribution. Il y a deux repas par jour, trois durant les dix premiers jours du jeune veau arrivant dans le bâtiment». Les 200 animaux sont livrés par la Métairie du Rouergue à l’âge de trois semaines. «Ils viennent de la France entière afin d’avoir des lots homogènes en races et en poids, entre 50 et 60 kg», souligne Jean-Michel Vayssettes. «Les veaux partiront à 6 mois avec un poids d’environ 140 kg/ carcasse». L’intégrateur signe deux chèques par an, correspondant aux deux bandes. «Nous rémunérons chaque veau entre 80 et 85 € par tête en moyenne, dit le gérant, plus la DPU-PAB de 33 euros/veau (chiffre 2014)».

Sécurité du revenu

Marie-Laure Rigal complète : «cette sécurité du revenu est l’un des points positifs, avec l’encadrement technique efficace», insiste-t-elle. Et le point négatif ? «Notre production est méconnue, alors qu’elle permet de dégager un revenu». Et qui est à la recherche de nouveaux éleveurs : «nous pourrions intégrer plus de 2 000 places supplémentaires chaque année», annonce Jean-Michel Vayssettes. «Nous devons également penser à renouveler nos producteurs. La moitié ont plus de 50 ans».

Comment se lancer dans cette production ? «Il est possible d’adapter un bâtiment existant, type porcherie, bergerie, étable ancienne», selon le gérant. «Sans cela, l’investissement est de 1 100 euros par place. Il est éligible à l’aide PMBE, et JA éventuellement. Notre entreprise compense les 33 euros/veau (chiffre 2014) d’un jeune éleveur sans DPU. Une autorisation d’exploiter est obligatoire jusqu’à 399 places».

Pour Marie-Laure Rigal, le bilan est jugé positif : «il l’est en effet en terme de revenu, mais aussi au niveau pratique. La Métairie du Rouergue est installée en Aveyron. C’est une PME à taille humaine avec un patron joignable et accessible. C’est important dans ce métier !».

Didier BOUVILLE

08 janvier 2015

Projets en circuits courts en Sud Aveyron : cultiver l’intelligence collective

Travailler à plusieurs, échanger pour prendre du recul et avoir des idées nouvelles, élargir son réseau : telles sont les priorités des «Rencontres autour de projets en circuits courts» initiées par la Chambre d’agriculture et le Parc des Grands Causses. La dernière séance de l'année 2014 s’est tenue le 15 décembre au Jardin du Chayran à Millau, en présence de dix porteurs de projets.

La destination choisie pour cette dernière rencontre de l’année était un peu particulière : avec sa structure «hybride» entre agriculture (maraîchage) et association d’insertion, le Jardin du Chayran est, à sa manière, le témoin de la diversité des circuits courts. Depuis sa création il y a dix ans, le Jardin du Chayran a su tracer sa route. Aujourd’hui l’association propose 15 emplois en réinsertion et fournit 70 paniers de légumes par semaine à autant de clients - adhérents.

Un stand de vente a également été mis en place aux Halles de Millau depuis juin 2013, il fonctionne du mercredi au samedi uniquement en matinée.

La diversité était bien présente également parmi les porteurs de projets : viande bovine, maraîchage, viande ovine, safran, spiruline, fromages de chèvres, fruits. Si techniquement ces productions sont bien différentes, les participants se sont trouvé beaucoup de points communs lorsqu'il a été question de la vente.

Avoir une stratégie pour gérer les déséquilibres

Produire et vendre en circuits courts implique d’ajuster du mieux possible la production à la demande. Les situations de déséquilibre entre production et demande sont inconfortables pour le producteur et il est recommandé d’y avoir réfléchi à l’avance.

Dans tous les cas, il est préférable d’être très transparent avec les clients, en particulier en situation de pénurie, phénomène naturel que l'on peut expliquer. Le renvoi sur les produits des collègues est alors une solution, mais pas la seule : on peut aussi diminuer les quantités proposées à chacun afin de répartir l’effort (comme dans le cas de livraison de viande en colis).

A l'inverse, s’il y a des invendus, c’est peut-être le moment de s’appuyer sur la famille et les amis (que l'on aura pris soin de ne pas approvisionner régulièrement afin de pouvoir les solliciter en cas de surproduction). Il est possible également de faire une proposition tarifaire intéressante aux cuisines centrales de la région qui, sur un «coup» ponctuel, pourront être intéressées.

Si les déséquilibres sont chroniques, alors une réflexion stratégique s’impose.

Sur les marchés, afficher son statut de producteur

En ce qui concerne la vente sur les marchés, et si l'on excepte les marchés de producteurs qui ne créent pas d’ambiguïté, les producteurs vivent assez mal la proximité des revendeurs : le fait est que certains d’entre eux n’affichent pas clairement leur statut, laissant penser qu’ils produisent tout ce qu’ils vendent.

Puisqu’il n’existe pas de signe de reconnaissance du statut de producteur en circuits courts, il est recommandé de tout faire pour faire apparaître clairement son statut de producteur-vendeur. Les photos de l’exploitation sont un bon moyen, les visites d’exploitation aussi, on peut également afficher quelques principes d’ordre éthique.

Vendre plus pour gagner plus ? C'est à vérifier

Il peut arriver que vendre plus se conjugue avec gagner moins, car les producteurs en circuits courts sont souvent confrontés à un manque de temps et parfois les résultats économiques ne sont pas au rendez-vous. Mais il est possible d’améliorer grandement ces situations. Pour cela, il faut être capable de prendre une décision a priori illogique : s’arrêter de travailler pendant quelques jours pour prendre le temps de réfléchir. Une décision difficile à prendre quand on gère les urgences du quotidien. Pourtant, en circuits courts comme en circuits longs, et comme pour tous les secteurs d’activité, la rationalisation du temps de travail et l’obtention de bons résultats économiques sont rarement le fruit du hasard. Si on veut influencer positivement le fonctionnement de son exploitation, il est nécessaire de connaître et d’actualiser régulièrement ses prix de revient. C’est le préalable à toute amélioration...

Prochaine rencontre

La prochaine «Rencontre autour de projet en circuits courts» aura lieu avant l’été : pour toute précision ou information complémentaire, n’hésitez pas à contacter le comité de développement agricole du Sud Aveyron (Joël Thomas, tel. 05 65 98 16 01, email : joel.thomas@ aveyron.chambagri.fr).

Joël Thomas, conseiller animateur de territoire Sud Aveyron, Chambre d’agriculture

Action réalisée avec le concours financier du programme Leader du Parc naturel régional des Grands Causses.

01 janvier 2015

Filière Roquefort : l’OP en ordre de marche

L’organisation de producteurs du Bassin de Roquefort, ainsi baptisée, est lancée. Après deux premières réunions, les mardis 23 et 30 décembre, le comité de pilotage a entamé le travail de création de cette OP transversale, avec comme horizon le dépôt pour une reconnaissance officielle par l’Etat en juin 2015.

Ainsi, le rôle de la FRSEB, dans la constitution de l’OP s’achève ici. A présent la fédération se concentre sur ses missions au sein de la Confédération Générale de Roquefort. Il s’agit entre autres de l’élaboration, avec les industriels, de l’accord cadre qui va régir les règles de détermination des volumes initiaux à contractualiser pour chaque producteur, au moment de la transition. Thierry Agrinier, président de la section ovins lait de la FDSEA insiste bien sur le fait que «la FRSEB, avec les industriels, travaille à l’année dite «zéro». L’OP, quant à elle, prépare l’après. Les décisions qui seront prises en son sein le seront en totale indépendance des fabriquants. Il faut bien que les producteurs comprennent que ni l’OP du Bassin de Roquefort, ni aucune autre OP ou association de producteurs, ne leur fera de proposition de volu-me. C’est bien l’interprofession qui gère cette affectation».

Une équipe au travail

Le rôle de la FRSEB a consisté à initier le groupe de travail lors des réunions de secteur. En effet 220 producteurs s’étaient portés volontaires pour participer à la création de l’OP. La quasi totalité était présente à la séance de travail du 23 décembre. Une trentaine d’éleveurs constitue le comité de pilotage, réuni pour la première fois mardi 30 décembre. Ce dernier travaillera toujours en lien avec le groupe des 220, par des échanges via Internet et en les invitant à participer à des séances de travail thématiques.

Un vaste chantier

Ces volontaires ne vont pas chômer. Ils doivent définir les missions de l’OP, dans ses fonctions cadrées par la réglementation et dans les outils supplémentaires qu’elle pourra mettre en place. Le comité de pilotage détermine aussi le type de gouvernance, les moyens de financement, et tout autre élément de fonctionnement. Ce travail doit être terminé en mai 2015, afin d’organiser l’assemblée générale constitutive de l’OP. Avant toute chose le premier objectif du comité de pilotage est de créer la feuille de route qui sera l’outil de terrain pour présenter et faire la promotion de l’OP auprès de tous les éleveurs du Rayon. Trois porte-parole ont aussi été désignés et seront responsables de la communication vers les médias. Il s’agit de Stéphane Desplas (Sauclières), Séverin Roques (Cadix, Tarn), Lionel Cabrolié (Fondamente).

Thierry Agrinier, membre du comité de pilotage, est enthousiaste en ce qui concerne l’implication des producteurs. «Le niveau de participation à la toute première réunion était exceptionnel. La motivation, la représentativité et la jeunesse des membres du comité de pilotage me donne confiance dans la qualité du travail qui sera effectué. Notre tout premier enjeu dans l’immédiat reste l’adhésion à l’OP. C’est pourquoi nous allons partir très vite sur le terrain».

Bérangère CAREL

18 décembre 2014

Plus de 60 000 visiteurs au 12ème SISQA avec les filières qualités aveyronnaises

La 12ème édition du SISQA a fermé ses portes dimanche soir avec une fréquentation de plus de 60 000 visiteurs, en hausse de 2 %. Durant quatre jours, le salon de la qualité alimentaire organisé au parc expo de Toulouse a mis en avant toutes les filières qualités régionales, dont celles de l’Aveyron.

Le 12ème SISQA a été inauguré par Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, Vincent Labarthe, vice-président de la Région en charge de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, et Jean-Louis Cazaubon, président de l’IRQUALIM et de la Chambre régionale d’agriculture de Midi-Pyrénées.

Une inauguration qui s’est déroulée en présence d’une autre Toulousaine, Carole Delga, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie Sociale et Solidaire.

Les élus ont rendu visite aux nombreux stands, dont ceux des Aveyronnais, avant de se réunir dans la salle d’honneur. Très attendu sur cette question, Martin Malvy y a confirmé le renouvellement du SISQA en 2015. «Il ne faut pas décourager tous ceux qui s’investissent, producteurs, lycées agricoles, etc. Nous attendons la date des élections régionales 2015 pour réserver le parc expo».

De son côté, Carole Delga a loué le côté «essentiel du SISQA car nos concitoyens ont besoin de sens. Et le «bien manger» n’est pas toujours cher. Les producteurs locaux doivent être encouragés. Nous militons pour des rapports respectueux entre eux et les GMS» a-t-elle notamment déclaré.

(Extrait de notre reportage)

Didier BOUVILLE

18 décembre 2014

Journée caprine FDSEA-JA : contractualisation et avenir de la filière

La section caprine de la FDSEA et le groupe de travail Jeunes Agriculteurs ont organisé lundi 15 décembre une matinée dédiée au projet de contractualisation du lait de chèvre.

Les responsables départementaux ont entamé la réunion en présentant le fonctionnement et les actions de leurs structures respectives. Concernant l’échelon régional, Cécile Servin, animatrice de Cilaisud caprin et du GIE (groupement d’intérêt économique) Elevage Midi-Pyrénées, et Sophie Espinosa, directrice de la fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC), ont expliqué le rôle de chacune des structures.

Quel est le calendrier de la réforme ?

Jacky Salingardes, président de la FNEC, explique dans quels délais la contractualisation doit se mettre en place. «Notre objectif est que l’accord interprofessionnel soit validé par les pouvoirs publics le plus tôt possible. Le décret concernant les OP devrait voir le jour courant 2015. Il faudra que les OP soient constituées pour négocier les contrats-cadre avec les entreprises avant la date limite réglementaire d’écriture des contrats. Notre objectif est que la prochaine campagne soit contractualisée. Nous devons donc être prêts en juin 2015. Nous le répétons, et vous devez le dire autour de vous, rien n’oblige les producteurs à signer un contrat dès à présent. Les laiteries n’ont pas le droit de cesser de collecter sous prétexte que le contrat n’est pas signé. Ne vous laissez pas convaincre, car tout seul, vous serez soumis pour 5 ans à un contrat uniquement rédigé par l’entreprise».

Quelle taille et quel type d’OP ?

Pour Jacky Salingardes, il ne faut pas multiplier les petites OP dans un souci de «simplification du fonctionnement administratif, de réduction des coûts et de massification de l’offre. Notre objectif est d’avoir un nombre minimum d’OP. Nous laissons le choix aux producteurs de créer des OP transversales ou verticales». En effet le paysage industriel français est lui aussi très varié, avec de grandes entreprises et de toutes petites laiteries (avec moins de 10 producteurs). «L’accord interprofessionnel laisse la porte ouverte à toutes les initiatives». Les associés coopérateurs, qui donnent automatiquement mandat de négociation aux conseils d’administration de leur coopérative, pourront aussi adhérer à une OP transversale, sans mandat. Pour Jacky Salingardes, il est important que «les responsables de coopératives conservent une vision globale de la filière».

Bérangère CAREL

13 novembre 2014

Matériaux pour la litière des bovins : le bois local, une alternativeà la paille

Dans le cadre de sa mission de promotion et de valorisation du bois par les agriculteurs (PPRDF*), la Chambre d'agriculture organise, mardi 25 novembre après-midi, une action de sensibilisation portant sur l’intérêt des plaquettes de bois pour pailler la litière des bovins. Le rendez-vous est fixé chez un éleveur de la commune de Rodelle.

* PPRDF : Plan Pluriannuel Régional de Développement Forestier en Midi-Pyrénées.

Les agriculteurs du nord Aveyron sont en majorité des éleveurs de bovins. Dans ces fermes, l'accroissement des cheptels, l'évolution des techniques d'élevage et le manque de main d’œuvre ont poussé au développement de bâtiments de type stabulation libre sur litière accumulée. Ce mode de logement nécessite plus de paille que les systèmes traditionnels (de type lisier ou fumier pailleux) : on passe de besoins quasi nuls (lisier) à une douzaine de kilos de paille par vache logée. L’essentiel de cette paille est importé des départements céréaliers du sud-ouest. C'est là une charge importante, à 50 € ou 90 € la tonne de paille, voire plus, selon les années.

Un des substituts à la paille est la plaquette de bois issue du broyage des produits de l'entretien des haies et /ou des travaux d’amélioration de la forêt (éclaircie, détourage...). Il faut savoir qu'une tonne de plaquettes de bois sèches a une capacité d’absorption légèrement supérieure à une tonne de paille.

Sur la base de ces différents constats, la Chambre d'agriculture de l'Aveyron souhaite promouvoir et accompagner les agriculteurs dans la valorisation économique du bois dont ils disposent sur leur exploitation (forêt, taillis, haies).

Témoignages et interventions

Toutes les personnes intéressées sont donc invitées le 25 novembre après-midi chez Christian Puech, éleveur à Joulia, sur la commune de Rodelle. Les éleveurs et les acteurs de la filière bovine pourront profiter du témoignage de cet éleveur et observer des vaches logées en stabulation libre avec une litière faite de plaquettes de bois. L’activité déchiquetage en CUMA sera présentée à travers le témoignage de Daniel Baules.

Une démonstration d'équipements sera proposée, avec le «grappin coupeur» Rabaud monté sur un télescopique Manitou de Socoma, la remorque forestière de la CUMA de St Côme d'Olt et le broyeur de plaquettes de l'entreprise «Chayrigues Agriculture & Energie».

Les participants bénéficieront également de l'expertise de la Chambre d'agriculture de l'Aveyron et de ses partenaires :

- l'association Arbres Haies et Paysages de l'Aveyron, avec le soutien du Conseil général, pour la gestion durable de la ressource en bois issue des haies,

- la Fédération des CUMA de l 'Aveyron et un représentant des Entreprises de Travaux Agricoles pour la transformation,

- l'association Aveyron Énergie Bois pour le chauffage avec des plaquettes de bois.

Le bois, une solution pour ne pas se retrouver sur la paille ? Nous vous attendons nombreux pour en discuter le 25 novembre !

Bernard Miquel,

conseiller forêt-arbre-bois, Chambre d’agriculture (tel. 05 65 51 10 50)

06 novembre 2014

Organisme de défense et de gestion de l’AOP Laguiole : les stocks sont reconstitués

L’organisme de défense et de gestion de l’AOP Laguiole tenait son assemblée générale vendredi 31 octobre à Ste Geneviève sur Argence, un canton qui comptait au début du lancement du fromage de Laguiole, pas moins de 54 burons et là où tout a commencé pour la coopérative Jeune Montagne en 1960, autour de son président fondateur, André Valadier.

Beaucoup d’éleveurs lozériens avaient fait le déplacement pour assister à l’assemblée générale de l’ODG Laguiole qu’ils vont prochainement rejoindre dans le cadre de l’extension de la zone de l’AOP. En effet, les administrateurs de l’ODG ont donné à l’unanimité leur accord de principe en faveur de l’extension de la zone d’appellation du Laguiole, à dix communes de Lozère, a annoncé André Valadier. Cet accord doit être désormais soumis aux décisions de l’INAO.

Ce périmètre élargi vient conforter le volume et assurer l’avenir d’une filière qui fait l’unanimité. Ainsi André Valadier a remercié les producteurs pour leurs efforts, leur discipline ainsi que tous les membres de la filière pour leurs compétences puisque «notre lait en qualité bactério-chimique se situe parmi les meilleurs de tous ceux qui sont analysés par le laboratoire Massif central». C’est selon le président de l’ODG, «un acquis pour nos fabrications au lait cru, à considérer et à sauvegarder».

A l’image des AOP laitières françaises, le Laguiole enregistre de bons résultats (prix du lait, emploi, localisation de l’activité, tourisme, sauvegarde de la biodiversité animale et végétale,...), exception faite des tonnages commercialisés en raison du déficit des places d’affinage et de la concurrence interne entre la tome destinée à l’aligot de l’Aubrac et celle destinée au fromage de Laguiole. Néanmoins cette situation est purement conjoncturelle comme l’a expliqué Bernard Robert, directeur de la coopérative Jeune Montagne. «Nous avons perdu 60 tonnes de fromages de Laguiole vendues car nous n’avions pas de volumes disponibles. Désormais avec notre nouveau site de La Poujade et ses 2000 places d’affinage (+20% pour mai 2015) nous avons reconstitué notre stock et nos places ne sont pas limitées». Ainsi en 2014, les volumes de Grand Aubrac, produit phare a vu ses ventes multipliées par deux. Et l’activité à fin octobre en fromage de Laguiole enregistre une hausse de 6%. L’arrivée de producteurs de Lozère viendra renforcer la disponibilité en lait et donc la capacité de production.

Opération communication

Sûrs de leur savoir-faire, les administrateurs de l’ODG Laguiole ont décidé de passer au «faire-savoir», en renforçant leur politique de communication et de promotion à la fois localement et au niveau national. Après le succès de l’opération réalisée avec les crémiers-fromagers en avril 2014, leur fédération nationale a choisi le Laguiole pour son «opération militante» en 2015. De même une maquette de buron a été spécialement conçue pour l’installer sur les étals des fromages Laguiole, tomes fraîches et Aligot de l’Aubrac dans les magasins locaux et parisiens. Tous les véhicules de la coopérative Jeune Montagne dont les citernes, portent les couleurs de l’AOP. Et un projet de rénovation du magasin de la coopérative, qui reçoit chaque année plus de 50?000 visiteurs est à l’étude. «Je suis heureux de la stratégie offensive en matière de développement commercial initiée par la coopérative et l’union Jeune Montagne autour des produits fromagers de l’Aubrac», a commenté André Valadier.

Ce dernier a également fait le point sur le programme Aubrac lait démarré il y a 25 ans. Les résultats des 20 meilleures vaches en production parmi les 200 qui seront bientôt engagées, montrent que les Aubrac qui donnent leur lait à Jeune Montagne, «ne sont pas là que pour l’image», sans remettre en cause la race Simmental qui a permis de relancer l’AOC Laguiole, André Valadier considère que «10 % de l’effectif global en race Aubrac donne du sens et de la crédibilité à notre AOC».

Bien protégée par l’INAO, l’appellation ce n’est pas «uniquement faire état d’un code postal c’est revendiquer un concept, un savoir-faire exclusif qui a des retombées favorables sur l’économie et la vitalité d’un territoire», a conclu le président, saluant au passage la décision de la Cour européenne en faveur du couteau Laguiole.

Eva DZ

30 octobre 2014

Vendanges 2014 : le soleil d’automne a bien aidé les vignerons aveyronnais !

L’arrière-saison a bel et bien sauvé la récolte 2014 des vignobles aveyronnais, après une météo estivale catastrophique pour les vignes.

Pourtant tout avait bien commencé au printemps : «La douceur des températures voire la chaleur certaines journées en avril et mai laissaient augurer une belle récolte, avec un bon départ de végétation», expli-que Karine Scudier, conseillère viticulture à la Chambre d’agriculture. Un constat similaire sur tous les vignobles du département. «Le nord de l’Aveyron était même un peu en avance sur le sud !», sourit-elle. Mais juin a gâché ce bel espoir !

«Heureusement la pression de la maladie n’a pas été très forte au moment du fleurissement et a pû être contenue par les viticulteurs», avance la technicienne. «Par rapport à 2013, il a même fait moins froid mais c’est l’eau qui nous a inquiétés», résume-t-elle. Car la pluie a fait grossir les raisins. «De façon générale, cette année, aucun fruit ne se gardait et du coup, nous nous interrogions sur le temps de maturité, les raisins auraient-ils le temps de mûrir ?!», résume Karine. Mais c’est sans compter sur l’adaptabilité du fer servadou : «un cépage adapté à la région et à notre terroir, qui donne un raisin qui se conserve bien».

Après ce stress pendant la période végétative, les viticulteurs ont repris espoir à l’arrière-saison, particulièrement ensoleillée. «Hormis le gros orage de grêle à quelques jours des vendanges sur le vignoble d’Estaing, la récolte s’est très bien passée pour tous», poursuit Karine. «ça a redonné du cœur à l’ouvrage aux vignerons !».

Selon la technicienne, le millésime sera joli cette année, avec des vins plutôt frais et fruités et quelques vins de garde de qualité pour certains vignobles en fonction des situations géographiques et de la cuvée. Une bonne nouvelle après un millésime 2013 décevant.

Côté volumes, «nous serons dans les clous» ! Il était d’ailleurs important pour l’ensemble des vignobles de reconstituer les stocks qui avaient bien diminué suite à une notoriété grandissante des crus aveyronnais, auprès des locaux mais aussi des consommateurs français voire étrangers pour certaines cuvées exportées.

«C’est une année à suspens, qui nous a fait peur mais qui finit bien !», résume Karine.

Eva DZ

30 octobre 2014

Groupe coopératif Unicor : les Halles de l’Aveyron séduisent la capitale !

Le modèle de circuit court collectif lancé à l’échelle nationale par la coopérative Unicor a fait la Une des médias depuis l’inauguration de son enseigne Les Halles de l’Aveyron en région parisienne vendredi 24 octobre.

Une chronique sur France Info, la matinale de RTL, un article dans le Parisien et sûrement un reportage au journal télévisé de Jean-Pierre Pernault, le groupe coopératif Unicor à travers son enseigne désormais nationale, des Halles de l’Aveyron, a réussi son opération séduction.

Il faut dire que la notion de circuit court collectif est en parfaite adéquation avec le mode de consommation actuel. «Ce concept de distribution alternatif fondé sur le circuit court collectif correspond bien aux attentes de la société, en recherche de produits de qualité avec une origine bien identifiée», expliquent les responsables d’Unicor.

Une petite révolution

Avec l’ouverture d’un premier point de vente des Halles de l’Aveyron en Ile de France (à Herblay dans le Val d’Oise) début octobre, inauguré le 24 octobre, et le succès du magasin prototype à Rodez, UNICOR souhaite «répondre aux mouvements de fond qui traversent l’opinion publique en matière de consommation alimentaire : exigence de traçabilité, besoin d’authenticité et demande de qualité».

«Il s’agit d’une véritable innovation et même d’une petite révolution», a déclaré Jean-Claude Virenque, président du conseil d’administration d’Unicor. «Pour la première fois en France, des agriculteurs, dans une démarche coopérative et collective, se dotent d’un instrument de mise en marché de leurs productions à l’échelle nationale».

L’objectif de la démarche est double : démocratiser la consommation de produits de grande qualité dans les agglomérations tout en générant du revenu dans les exploitations des paysans coopérateurs.

La force d’une coopérative

«Nous permettons aux paysans-coopérateurs d’Unicor de se dégager des contraintes des réseaux de distribution classiques sans pour autant s’enfermer dans les limites du magasin de ferme individuel, qu’il s’agisse de limite territoriale ou logistique», souligne Jean-Claude Virenque. «Seule la coopérative, par ses forces, sa taille, sa maîtrise de toutes les étapes de la chaîne agricole, de l’accompagnement des agriculteurs jusqu’à la mise en vente, a permis la création d’une enseigne de distribution capable de s'implanter en périphérie de Paris. Sans la coopérative, rien de cela n’aurait été possible».

Des premiers résultats positifs

Ce premier point de vente hors Aveyron dispose d’une surface de plus de 1 000 m2 avec 2 500 références. Situé au cœur de la zone commerciale de la Patte d’Oie, il a représenté pour Unicor un investissement de près de 7,5 M€. Son approvisionnement fonctionne en 3 niveaux :

- les productions agricoles sous signe officiel de qualité des paysans coopérateurs d’Unicor, et notamment le Bœuf Fermier Aubrac, l’Agneau de l’Aveyron et le Veau d’Aveyron et du Ségala. A ce jour, l'approvisionnement des deux magasins représente 1 500 agneaux, 150 veaux et 500 bœufs par an. Des productions fermières haut de gamme qui, grâce à la suppression des intermédiaires, sont vendues dans les agglomérations à un prix abordable tout en générant du revenu dans les fermes,

- les productions artisanales et les spécialités de l’Aveyron et des départements limitrophes. Au-delà du secteur agricole, Les Halles de l’Aveyron participent ainsi à la vitalité économique des contreforts du Massif central en privilégiant les artisans locaux réputés pour l’excellence de leur travail,

- quelques produits complémentaires (20% des linéaires), notamment en fruits et légumes, Les Halles de l’Aveyron privilégiant la même démarche coopérative et qualitative.

Et les débuts sont encourageants : «Nous sommes agréablement surpris des premiers retours de la clientèle. Le lendemain de l’inauguration officielle, le rond-point d’accès au magasin était complètement bouché et plus une place n’était disponible sur le parking», annoncent les responsables d’Unicor.

Selon les chiffres du premier mois d’ouverture, la tendance qui se dessine pour Les Halles de l’Aveyron d’Herblay est une augmentation du chiffre d’affaires entre un tiers et 40% par rapport au magasin spécialisé dans la poissonnerie, avec lequel ils se sont associés pour démarrer l’aventure. «Nous sommes confiants car nous sommes sûrs de nos produits», témoignent les responsables d’Unicor.

Et des coopérateurs bien engagés

Afin de rester cohérent avec l’éthique coopérative, Unicor a proposé à ses adhérents et salariés de souscrire à la société financière qui possède les murs du magasin. «Ce modèle de financement participatif était pour nous une exigence morale», insiste Yves Bioulac, directeur général d’Unicor. «La souscription au capital, ouverte depuis le mois de septembre, reçoit déjà une réponse très positive qui témoigne de l’enthousiasme de nos adhérents et salariés pour cette belle aventure que constituent Les Halles de l’Aveyron. Ce succès illustre également le dynamisme du modèle coopératif, la pertinence de son système de gouvernance et sa capacité d’innovation».

Les Halles de l’Aveyron ont vocation à se développer au cœur des grandes zones urbaines, là où les besoins en produits fermiers et en lien avec le monde rural n’ont jamais été aussi forts. «Le potentiel est immense, mais nous souhaitons nous développer pas à pas, en gardant les mêmes exigences éthiques et qualitatives», a rappelé le président d’Unicor.

Eva DZ - source Unicor

Plus d’infos sur :

www.leshallesdelaveyron.com

23 octobre 2014

Drive Fermier Centre Aveyron : un an d’activité !

Le Drive Fermier Centre Aveyron vient de fêter son premier anniversaire. Un concept qui plaît puisque cette boutique virtuelle de produits 100% locaux à retirer près de chez soi voit son nombre de commandes augmenter.

Environ 35 producteurs ont rejoint le Drive Fermier Centre Aveyron, dans une gamme de produits éclectiques : fruits et légumes, viandes en frais et surgelées, charcuteries et salaisons, fromages et produits laitiers, conserves, gâteaux et biscuits, vins et spiritueux, jus et confitures, huiles et vinaigres, miels,... et même des produits cosmétiques et compléments nutritionnels ! Au total, plus de 500 produits sont référencés sur le site internet et de nouveaux producteurs peuvent rejoindre la démarche pour maintenir une gamme complète.

40 commandes en moyenne par semaine

Cette nouvelle forme de circuit court autour de produits 100% locaux est portée par l’association Bienvenue à la ferme, qui assure l’activité commerciale au service des producteurs fournisseurs. En un an, le Drive Fermier Centre Aveyron a séduit 550 personnes qui se sont inscrites sur le site. Un bilan positif pour le président de l’association Bienvenue à la Ferme en Aveyron, Jérôme Canredon : «Ce projet ambitieux a vu le jour il y a tout juste un an et en moyenne, 40 commandes sont passées chaque semaine sur le Drive avec un pic de 60 commandes par semaine au moment des fêtes de Noël». Le panier moyen se situe autour de 38 euros comprenant entre 7 et 8 produits aveyronnais.

«Nous avons une bonne part de clients fidèles qui n’hésitent pas à commander des produits locaux chaque semaine», se réjouit Jérôme Canredon. Malgré quelques problèmes de maintenance du site APCA, le Drive Fermier Centre Aveyron affiche donc un bilan plutôt positif. Et l’ouverture de cinq points de retrait des produits (boulevard des Balquières à Onet le Château, à la ferme hélicicole de Nadaillac à Coubisou, à la ferme de Serin à La Primaube, à la ferme de la Tindelle à Compeyre et à la ferme du Tersou gourmand à Auzits) a permis aussi d’élargir la clientèle.

«Ce projet était ambitieux car nous ne sommes pas les seuls à mettre en place cette nouvelle forme de vente et notre spécificité est de nous démarquer par la diversité et la proximité des produits», explique Jérôme Canredon. C’est aussi un mode de commercialisation complémentaire avec la vente à la ferme, sur les marchés, par correspondance et en magasin.

Il met en avant les atouts du Drive Fermier : l’accès à des produits frais et variés issus directement des fermes pour les consommateurs et la participation à un service innovant, moderne, rapide et sécurisé qui permet aux producteurs une meilleure gestion de leurs produits et un gain de temps.

Des nouveautés pour les fêtes

Entouré de ses partenaires, la Chambre d’agriculture, le Crédit Agricole et l’enseigne Dafilec qui met à disposition une chambre froide et des étagères, le Drive Fermier Centre Aveyron entend bien poursuivre sur sa lancée avec une gamme étoffée de produits (lait de vache, farine, pâtes sèches, biscuits sucrés et salés, pain,...). Et il prépare des nouveautés pour les fêtes de fin d’année. Ainsi sur le site, des coffrets gourmands de produits fermiers seront proposés à la vente, plusieurs types de coffrets en fonction des budgets !

Eva DZ

16 octobre 2014

Projet TPE dans le Laissagais : «Bois énergie» et dynamique de territoire

La journée organisée vendredi 10 octobre à Laissac par le comité de développement Vallée de l’Aveyron de la Chambre d’agriculture en partenariat avec le Conseil général visait à sensibiliser les agriculteurs sur le développement de la filière bois du territoire, en lien notamment avec des projets portés par des collectivités locales, comme à Laissac ou Cruéjouls.

«La valorisation de la forêt et l’entretien des haies, un atout territorial pour le développement des énergies renouvelables» était le thème de cette journée organisée par la Chambre d’agriculture avec le soutien du Département. Elle s’inscrit dans le programme «l’agriculture aveyronnaise à la loupe» en relation avec le dispositif «un territoire, un projet, une enveloppe (TPE)». Les cantons de Laissac, Campagnac, Bozouls et Sévérac le Château se sont engagés dans cette démarche qui ambitionne de «conforter l’agriculture dans son rôle de pilier de la ruralité», et ce, sur les 23 communes des quatre cantons.

Jean-Paul Peyrac, maire de Cruéjouls, conseiller général de Laissac et président de la Communauté de communes du Laissagais, a rappelé l’objectif du programme, et sa pertinence territoriale dans le cadre d’une action concertée avec l’ensemble de la filière bois dans une région où la ressource forestière est jugée intéressante. Pour Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole, représentant le président du Conseil général Jean-Claude Luche, «l’Aveyron c’est environ 240 000 ha de forêts dont 20 000 ha ici, sur la vallée de l’Aveyron et le Lévézou. Une forêt où travaillent environ 80 % de propriétaires privés. Il y a une opportunité pour développer une filière de proximité».

Projets à Laissac et Cruéjouls

Ce que confirme Claude Salles, maire de Laissac, avec des projets de chauffage collectif au bois prévus sur les communes de Laissac et de Cruéjouls. «Nous avons réuni un groupe de travail sur Laissac avec des élus, agriculteurs, CUMA, entrepreneurs pour la création de deux chaudières collectives à bois concernant cinq bâtiments communaux, dont le pôle petite enfance, la maison de retraite, le centre social notamment. C’est un marché de 800 à 1000 MAP (Mètre cube Apparent de Plaquettes) par an», précise le maire.

A Cruéjouls, il s’agit là aussi de mettre en réseau un chauffage collectif au bois pour la maison de retraite, le couvent, les bâtiments communaux, avec un besoin évalué à environ 400 MAP chaque année. «La priorité pour une commune comme Laissac par exemple», ajoute David Minerva, animateur TPE du Conseil général «est de bien mesurer toute la ressource locale en bois».

Conférences et démonstrations

Cette journée rassemblant de nombreux acteurs départementaux de la filière bois, associations et entreprises privées ou publiques, a été ponctuée par des conférences et des démonstrations techniques. Un diagnostic forestier a été présenté dans la forêt des Palanges avec l’association Sylva Développement, l’entretien de haies avec l’association Arbres, Haies et Paysages d’Aveyron suivi le matin par une démonstration de remorque forestière avec la CUMA de St-Côme d’Olt à Bertholène.

L’association Aveyron Energie Bois, puis les Entrepreneurs de travaux agricoles ont pris le relais l’après-midi, avec des conférences et démonstrations de matériel proposées par la FD CUMA sous le marché couvert de Laissac. Les étudiants BTS PA du lycée agricole La Roque ont enquêté auprès des agriculteurs participant sur leurs attentes quant à la filière bois énergie.

La Chambre d’agriculture convaincue du potentiel

Pour Thierry Cabrolier, responsable «bois énergie» du comité de développement agricole de la Vallée de l’Aveyron (CDAVAL), «des agriculteurs sont déjà impliqués dans la filière bois pour leur propre consommation. Mais il est possible de trouver de la valeur ajoutée dans cette production, avec les collectivité locales notamment. Nous travaillons dans ce sens et espérons fédérer un maximum de candidats. Nous avons une ressource à exploiter sur le territoire. Ce potentiel est sous estimé par les agriculteurs eux-mêmes, alors qu’il pourrait générer une plus-value avec un produit renouvelable».

Joël Agulhon, représentant la Chambre d’agriculture, est du même avis et ajoute : «notre Chambre consulaire est à la disposition de tous les agriculteurs désireux de se lancer dans le bois énergie. Nous sommes aussi partenaires du TPE de la vallée de l’Aveyron et convaincus que ce dernier peut apporter beaucoup à notre agriculture locale».

Didier BOUVILLE

02 octobre 2014

Les Fermiers du Bas Rouergue ont 40 ans : éleveurs et consommateurs en fête !

Les 65 Fermiers du Bas-Rouergue fêtent les 40 ans de leur coopérative ce samedi 4 octobre à partir de 12 h, à la «Boucherie des Fermiers», route de Monteils, à Villefranche de Rouergue. Le jeune président Jean-Baptiste Carrié, éleveur de Veaux d’Aveyron et du Ségala, explique le fondement de cette filière créée par les producteurs.

- Quel est le programme de cet anniversaire ?

Jean-Baptiste Carrié : «La coopérative des Fermiers du Bas Rouergue va souffler 40 bougies ce samedi pour fêter quatre décennies passées aux côtés des producteurs proposant aux consommateurs des produits sélectionnés, bien élevés, et de grande qualité ! Nous avons programmé une plancha géante qui rassemblera les éleveurs (bœuf, veau, agneau, porc, volailles) à laquelle nous convions les consommateurs. A cette occasion, la boucherie sera ouverte toute la journée de samedi.

- Cet anniversaire est-il celui d’une passion commune ?

J-B. C. : C’est d'abord un moment fort de convivialité dans la vie de notre coopérative. Nous avons souhaité le partager avec nos 65 éleveurs adhérents actifs, tous passionnés par leur métier, installés autour de Villefranche de Rouergue, et qui proposent à la clientèle des viandes locales de qualités. Rappelons que la création des Fermiers du Bas Rouergue est le regroupement décidé en 1974 par quelques éleveurs de veau rosé de la région. C'est donc naturellement que nous grillerons à la plancha du Veau d'Aveyron et du Ségala, label rouge et IGP, avec de l'agneau, du bœuf, du porc fini de plein-air, et ce, en toute convivialité.

- Un anniversaire, c'est souvent le moment de faire le bilan, et de regarder devant. Vous êtes président depuis 6 mois, comment voyez-vous les prochaines années ?

J-B. C. : Nous avons une solide clientèle d'artisans bouchers principalement, et des consommateurs qui nous sont très fidèles. Nous souhaitons naturellement poursuivre le développement de notre filière de proximité. En cela, nous avons confiance dans les produits de nos adhérents. Depuis le début, nous avons fait le choix de nous démarquer en faveur de la qualité et non de la quantité. Nos viandes du Rouergue apportent toute satisfaction à la clientèle et nous voulons séduire de nouveaux bouchers.

- Et du côté des éleveurs ?

J-B. C. : Il est fondamental de consolider nos productions pour l'avenir. Mais nous pouvons aussi accueillir de nouveaux adhérents, notamment en Veaux d'Aveyron et du Ségala, en bœuf et en agneau. Des jeunes qui souhaiteraient s'installer en agriculture peuvent nous rencontrer pour que l'on voit ensemble ce qu'il est possible de mettre en place. Nous sommes dans une région qui connaîtra des départs à la retraite d’éleveurs, et souvent sans successeur hélas. Nous devons donc préparer l’avenir avec sérénité, dès maintenant, pour conforter et développer notre potentiel de production. En ce qui concerne la coopérative et la boucherie des Fermiers, nous avons une équipe dynamique sur laquelle les éleveurs peuvent compter. L’un de nos bouchers partira bientôt à la retraite. Là aussi, il y a une place à prendre !

- Sur quelles valeurs s’appuie votre filière ?

J-B. C. : C’est avant tout un groupe de 65 éleveurs actifs au sein de la coopérative. C’est aussi une belle aventure humaine entre des producteurs qui se retrouvent autour de productions différentes, pour valoriser des produits de qualité. Et conserver la valeur ajoutée légitime de leur travail, grâce à une commercialisation en circuit court réalisée par la boucherie de leur coopérative.

- Cette journée de samedi est-elle ouverte à tout le monde et à la profession agricole ?

J-B. C. : En effet, et j'invite les consommateurs à venir déguster les viandes de qualité que nous produisons dans leur région. J'invite également tous les bouchers du secteur et les éleveurs libres à ce moment-là, à venir découvrir et déguster notre production de qualité !».

Recueilli par Didier BOUVILLE

02 octobre 2014

Association Bœuf Fermier Aubrac : réguler la production toute l’année

L’association Bœuf Fermier Aubrac tenait son assemblée générale, vendredi 26 septembre à Prades d’Aubrac. L’année 2013 fut difficile mais le président, Christian Bonal compte sur l’engagement régulier des éleveurs pour conforter ce label rouge tant apprécié par les consommateurs.

«C’est la première année que nous présentons une baisse d’activité», annonce d’emblée Christian Bonal. Ainsi l’exercice 2013 -2014 (du 1er juillet au 30 juin) enregistre une baisse de production de 280 animaux (soit 6 à 7 animaux de moins par semaine). «Le nombre de carcasses labellisées a diminué de 16,4% en raison d’une pénurie d’animaux pendant l’été 2013 ce qui a entraîné l’arrêt de 6 points de vente BFA en 1,5 an», regrette-t-il. La production a donc été tendue toute l’année.

L’équipe de l’association Bœuf Fermier Aubrac y voit plusieurs raisons : la progression de la race Aubrac soutenue par une forte demande d’animaux reproducteurs et un prix élévé de l’aliment, et un cours correct de la viande au détriment de l’activité d’engraissement dans les élevages.

Campagne de communication

Pour essayer de relancer l’activité, l’association a organisé plusieurs réunions d’information à destination des éleveurs ainsi qu’une campagne de communication en partenariat avec les différents acteurs de la filière Aubrac : «Les éleveurs ont confiance en ce débouché à forte valeur ajoutée, ils s’y intéressent mais il y a toujours une forme de réticence à l’engraissement», explique Christian Bonal, citant le prix de l’aliment, un système d’estives non adapté,... «Nous sommes heureux de bénéficier d’une vraie solidarité collective autour de notre Bœuf Fermier Aubrac de par sa notoriété, son prix mais les éleveurs ne franchissent pas le pas d’une production régulière sur l’année», regrette encore le président.

L’idéal pour équilibrer l’activité de l’association serait l’assurance de produire une vache BFA par an par éleveur en plus, «un objectif qui ne semble pas irréalisable». Heureusement l’association peut compter sur un bon noyau d’éleveurs fidèles, citant l’exemple de deux éleveurs, l’un ayant livré 36 vaches BFA et l’autre 25 vaches BFA sur toute l’année et notamment pendant l’été.

Depuis quelques mois, la campagne de communication semble porter ses fruits avec un petit regain d’activité qui reste cependant timide. «Nos troupes restent mobilisées», assure Christian Bonal. D’autant qu’un nouveau point de vente s’ouvre pour la filière Bœuf Fermier Aubrac, via l’ouverture des Halles de l’Aveyron, en région parisienne, en ce début octobre. «C’est une nouvelle opportunité que nous devons saisir et qui nous assure un débouché de 4 vaches par semaine», encourage Marie Puech, animatrice de l’association.

Des raisons de s’engager

«Notre objectif est simple : inciter les éleveurs à s’engager dans le Bœuf Fermier Aubrac pour stabiliser et renforcer ce débouché à forte valeur ajoutée en proposant une offre de production régulière sur l’année», a résumé Christian Bonal.

D’autant que la viande de Bœuf Fermier Aubrac est très appréciée des consommateurs rencontrés lors des différents salons et manifestations auxquels ils participent (SISQA à Toulouse, SIA à Paris, Bœufs gras de Pâques à Laguiole, Sud de France, foires de Laguiole et St Geniez...) et lors des animations dans les magasins Auchan. D’ailleurs, l’association invite les éleveurs à venir promouvoir leur produit lors des animations en magasins. De même, le Bœuf Fermier Aubrac a été récompensé par un 2è prix au Trophée des viandes Fil Rouge. Un groupe de «qualivores» de Midi-Pyrénées, amateurs de produits de qualité, a été reçu sur l’Aubrac cet été dans un buron pour goûter le Bœuf Fermier Aubrac notamment ! Autant de manifestations positives qui doivent encourager les éleveurs à s’engager dans la filière, soutiennent les responsables.

Ils ont également évoqué la garantie d’un prix rémunérateur pour les éleveurs, autour de 5 €/ kg carcasse prix payé au producteur, soit une augmentation de 1 €/kg carcasse en deux ans.

«Notre filière a des atouts auprès des professionnels et des consommateurs qui sont prêts à payer pour cette viande de qualité, c’est pourquoi il est important de se mobiliser pour la garder, nous comptons sur la fidélité et la régularité des éleveurs», a conclut Christian Bonal.

Eva DZ

25 septembre 2014

Journées du patrimoine : le Roquefort au ministère de l’Agriculture !

Pour les Journées européennes du patrimoine, les jardins du ministère de l’agriculture se sont transformés en mini-ferme avec vache, veau, poules, abeilles et des démonstrations de chiens de troupeau avec oies et brebis, animées par des éleveurs du rayon de Roquefort. Des producteurs étaient aussi invités à faire découvrir les produits de leur terroir dont le roi des fromages !

Des démonstrations de chiens de berger dans les jardins du ministère de l’agriculture en plein cœur du 7ème arrondissement de Paris ! Benoît Redoulès, éleveur du rayon de Roquefort avait déjà tenté l’expérience l’année dernière lors des Journées européennes du patrimoine. Avec deux autres éleveurs dont un Aveyronnais, Philippe Mirabel de Rignac, il était de nouveau convié par Stéphane Le Foll pour l’édition 2014. «J’avais rencontré le ministre lors d’une finale de labour dans le Tarn où j’avais réalisé une démonstration de chiens de troupeau, il m’a recontacté pour proposer le même type d’animation au ministère à l’occasion des Journées du patrimoine, une occasion à ne pas manquer pour communiquer sur notre métier», raconte Benoît Redoulès.

Et cette année, l’événement revêtait un caractère tout particulier puisque le ministre avait organisé un véritable parcours gastronomique, culturel et agro-écologique. Ainsi un mini-salon de l’agriculture était organisé dans le jardin du ministère avec une vache, son veau, des poules, des abeilles et donc des démonstrations de chiens de troupeau sur oies et sur brebis.

Une affluence doublée !

Le concept a semble-t-il, séduit, puisque l’affluence a été doublée par rapport à l’édition précédente, avec près de 13 400 visiteurs, dont 2 250 enfants (contre 7 600 visiteurs en 2013).

Petits et grands ont pu échanger en direct avec les producteurs, tout apprendre des légumes et plantes aromatiques du potager bio et des gestes simples pour préserver la biodiversité (lutte intégrée, association intelligente de fleurs et légumes, compost, prairie fleurie, etc.) ou encore s'initier à l'apiculture avec les nouvelles ruches du ministère. Les visiteurs ont ainsi pu déguster en exclusivité les 1ères récoltes de «MiaM», le «Miel issu des abeilles du ministère», récolté par les agents du ministère avec l'aide des lycéens de Beaune-la-Rolande, au goût de tilleul et de menthe-basilic !

Les visiteurs passionnés d'architecture et d'histoire ont pu déambuler dans l'hôtel de Villeroy, la salle Sully ou sous les arcades centenaires du 78 rue de Varenne.

Rencontres sympathiques

Le patrimoine gastronomique n'a pas été en reste, avec un parcours du goût dédié aux signes officiels de la qualité et de l'origine, venu compléter l'incontournable marché des lycées agricoles où les visiteurs ont fait le plein de produits de terroir : charcuteries, pâtés, jus de fruits, vins et champagne, fromages,... parmi lesquels le Roquefort. «Cette dégustation de notre fromage a permis de faire le lien avec nos démonstrations sur les brebis», témoigne Benoît Redoulès. «C’est toujours valorisant de parler de notre produit, de pouvoir le promouvoir auprès des consommateurs. D’ailleurs, nous avons rencontré des visiteurs réceptifs à nos messages, attentifs à notre métier et amateurs de notre fromage !», commente encore l’éleveur.

Un plaisir partagé par Marie-Noëlle Chauzy, éleveuse de brebis à Ségur, habituée aux animations sur les salons et à l’accueil sur sa ferme, qui l’accompagnait. «C’était un honneur d’avoir été sélectionné parmi les 7 filières de qualité présentes, une occasion formidable de promouvoir notre produit, notre terroir. Nous avons rencontré des gens qui appréciaient le Roquefort et qui voulaient en savoir plus sur notre façon d’élever les brebis, des rencontres vraiment sympathiques, des échanges fructueux qui nous remotivent !», témoigne l’agricultrice qui espère que cette animation aura été un vrai boost pour la filière.

Eva DZ

18 septembre 2014

Service élevage Confédération générale de Roquefort : 2015, année génomique

Le service élevage de la Confédération générale des producteurs de lait de brebis et des industriels de Roquefort s’est réuni en assemblée générale jeudi 11 septembre, au lycée agricole La Cazotte à St-Affrique. Le président Luc Estienne a annoncé la mise en place de la sélection génomique au printemps 2015.

Le service rassemble 710 adhérents éleveurs sur le rayon de Roquefort. Il assure notamment un appui technique, le contrôle laitier, met en œuvre son schéma d’amélioration génétique de la race Lacaune et pilote le centre d’insémination du Bourguet à Vabres l’Abbaye, en partenariat avec le GID Lacaune. Le volet amélioration génétique avec la mise en place prochaine de la sélection génomique a été largement évoqué lors de l’assemblée générale avec les interventions techniques et scientifiques de Jean-Michel Astruc (Institut de l’Elevage), Francis Barillet et Diane Buisson (INRA).

Gain génétique

Un point a été fait sur la restitution récente du programme Roquefort’in et ses avancées. Ces dernières sont «l’augmentation de la population de référence et la mise en œuvre de la sélection génomique» au printemps prochain. Le site du Bourguet devra accueillir non plus 600 béliers pour 250 testages mais 900 béliers pour n’en garder que 120, avec le nouveau protocole génomique jugé «plus fiable» et un progrès étendu espéré vers d’autres caractères de la race. Les techniciens et ingénieurs ont tour à tour expliqué la différence entre schéma classique et schéma génomique, le président rappelant «l’importance de la recherche et du développement pour construire les nouveaux outils de demain» de la production laitière du rayon de Roquefort. Francis Barillet avait fait le point en préambule sur l’index Isol Lacaune et le gain génétique affichant trois litres de lait supplémentaires par brebis et par année en une décennie, un TB et un TP en hausse, et une baisse des cellules de 50 % durant la même période.

Béliers génotypés

Le schéma de sélection génomique du service élevage permettra d’augmenter le progrès génétique d’environ 15 %. C’est donc une nouvelle page qui se tourne pour la race Lacaune suite à la révolution technologique du séquençage du génome découvert en 2001 chez l’homme, en 2006 chez les bovins et en 2008 chez les ovins. La puce à SNP (Single Nucleotide Polymorphism) réunit 54 000 marqueurs du génome ovin qui sont autant de repères définissant les caractères d’un profil animal. Le génotypage est une technique aux retombées fondamentales également pour le sanitaire, le gène PrP étant par exemple, l’agent causal de la tremblante. Tous les béliers de la station du Bourguet seront donc génotypés au sein d’une population de référence issue «d’un contrôle de performances qu’il faut continuer», insiste Luc Estienne. Cette évolution génomique pour le rayon de Roquefort, appliquée également chez Ovitest et en lien avec l’UPRA Lacaune, nécessite une augmentation de la capacité d’accueil du centre du Bourguet, a annoncé le directeur du service, Patrice Panis.

Le président Luc Estienne a tenu à rappeler que le nouveau schéma s’inscrivait dans une ambition économique, «et dans une démarche collective avec l’ambition de valoriser la plus-value de la sélection génomique chez tous les éleveurs». Joël Agulhon, président de l’EDE de l’Aveyron, a indiqué que «la recherche profitait à l’ensemble de la filière et que chaque structure, même concurrentes, devait avancer dans le même sens».

Didier BOUVILLE

11 septembre 2014

Inauguration de la filière co-compostage : l'innovation au service des territoires

Une centaine de personnes, agriculteurs, CUMA, élus locaux,... a assisté à l’inauguration de la filière de co-compostage des déchets verts, vendredi 5 septembre, à la déchetterie du Nayrac.

L’officialisation de la filière co-compostage ne pouvait se dérouler sans un vibrant hommage à l’initiateur de cette idée innovante pour l’agriculture et la gestion des déchets des collectivités, Thierry Gamel, disparu il y a un an. Sa femme et son fils qui ont repris l’exploitation étaient présents, et ont été salués par les différents acteurs et partenaires de la démarche.

D’abord, le maire du Nayrac, Jean-Paul Turlan : «Aujourd’hui nous rendons hommage à Thierry, agriculteur au Nayrac, élu au SMICTOM Olt et Viadène et adhérent à la CUMA des Foumérous qui est à l’initiative de cette démarche collective», a-t-il salué. Il a fallu 4 ans de réflexion, de travail en équipe, parfois semés d’embûches, mais qui a pu aboutir avec le soutien de la Chambre d’agriculture, de la FD CUMA, de la DDT, des Conseils général et régional. L’élu local a tenu à remercier les agriculteurs qui se sont portés volontaires pour traiter les déchets végétaux, et «transformer ainsi ces déchets en richesse pour le territoire, pour l’environnement, une richesse aussi humaine et sociale».

A sa suite, Jean-Claude Anglars, président du SMICTOM Olt et Viadène, l’une des trois collectivités impliquées dans la démarche, a parlé d’une «démarche citoyenne inventée et concrétisée par les hommes et les femmes de ce territoire» qui contribue à l’apprentissage citoyen de la gestion des déchets verts. Il invite toutes les collectivités ayant des déchetteries à s’engager dans cette action de valorisation du territoire.

«Richesse humaine et sociale»

Frédéric Carrière, président de la FD CUMA, est heureux de ce «pacte gagnant-gagnant», partageant sa «confiance dans le développement du co-compostage» du fait de ses nombreux atouts : impact économique, environnemental et sociétal positif, une dépendance moindre aux intrants, des fertilisants naturels et de qualité, un débouché local pérenne des déchets verts, une économie locale renforcée et une valeur ajoutée pour le travail du collecteur-composteur, une baisse des gaz à effet de serre,... «C’est la preuve que les CUMA sont des groupes de développement sur le territoire, elles savent fédérer et innover au service de tous».

Serge Franc, représentant la Chambre d’agriculture, a lui aussi remercié tous les acteurs locaux pour leur implication dans la réussite de cette filière.

Enfin, les élus, partie prenante de cette démarche, se sont eux aussi exprimés. Jean-Claude Luche, président du Conseil général, a tenu à faire entendre «au plus haut niveau» cette initiative locale exemplaire «de ceux dotés de bon sens qui ont eu l’intelligence de travailler ensemble pour offrir une solution locale et moins coûteuse dans la gestion des déchets». «A l’heure où on pointe du doigt sans raison les agriculteurs, sans prendre en compte les résultats chiffrés du terrain, c’est important de montrer ces exemples», s’est emporté l’élu départemental. Il a formulé un vœu, celui de voir cette filière grandir et se reproduire à l’échelle d’autres territoires.

Régis Cailhol a conclu au titre du Conseil régional Midi-Pyrénées, rappelant l’appui de la collectivité pour l’investissement et le renouvellement du matériel en CUMA. «Cette filière de co-compostage donne une belle image de l’agriculture et des agriculteurs à travers la valorisation des déchets verts, une démarche que l’on soutient au même titre que l’engagement des agriculteurs dans la production d’énergies renouvelables (mé-thanisation, biogaz,...)».

Autant d’encouragements qui ont dû donner des idées aux nombreux élus locaux présents !

Eva DZ

14 aout 2014

Mercredi 20 août à Rivière-sur-Tarn : la 1ère fête des vins de l’Aveyron !

La 1ère fête des vins de l’Aveyron a lieu mercredi 20 août au village des caves d’Entre-deux-Monts, sur la commune de Rivière-sur-Tarn. Une première organisée par la Fédération Départementale des Vins de Qualité de l’Aveyron (FDVQA), animée par la Chambre d’agriculture, et les associations la Grappe d’Or de Candas-Monjaux et des Caves d’Entre-deux-Monts.

«Le but de la journée est de promouvoir les vins de l’Aveyron, de présenter l’ensemble des appellations aveyronnaises AOP et IGP, d’échanger entre producteurs et consommateurs», résume le vigneron Eric Portalier, représentant Philippe Teulier, président de la FDVQA. «Nous avons aussi prévu des balades dans les vignes de Rivière sur Tarn et sur le site des caves d’Entre-deux-Monts», ajoute l’animatrice de la structure, Karine Scudier.

Caves semi-troglodytiques

Les caves semi-troglodytiques d’Entre-deux-Monts sont situées sur une site exceptionnel, sur les hauteurs de Rivière sur Tarn, entre les pics de Suèges et de Fontaneilles, un lieu où la fabrication du vin date du milieu du 18ème siècle. «La vigne a fait la richesse de cette région entre le Moyen-Age et la fin du 19ème siècle», raconte Bernard Maury, ingénieur à la retraite, natif de Fontaneilles, président de l’association Caves d’Entre-deux-Monts. «Jusqu'aux Guerres de Religions, les vignerons de la Vallée du Tarn apportaient leurs vins à Compeyre, qui avait le monopole de l’élevage des vins de la vallée du Tarn». Les Guerres de Religions n'épargnèrent pas le village. «Le vin et le sang mêlés coulaient par les calades (rues pavées) témoigneront des contemporains de l’époque...».

Le phylloxéra

Pour échapper aux pillages, les vignerons de la vallée bâtirent donc ce village de Fontaneilles avec 30 caves orientées nord-est, dans une zone d’éboulis où les blocs de pierre laissaient passer l’air, avec une température de 12 à 15 degrés toute l’année. «Il y avait autant de caves que de familles», note encore Bernard Maury.

Le phylloxéra, puceron originaire d'Amérique du nord, fut ensuite responsable, dans la deuxième partie du 19ème siècle, d’importants ravages dans tout le vignoble français, dont celui de l’Aveyron qui faillit disparaître. Mais les hommes du Rouergue, dont ceux de la région de Millau, ont refusé cette fatalité. Il aura fallu attendre les années 1970 pour voir des hommes redonner «une vie commerciale» à la vigne de la vallée, avec des cépages mieux adaptés comme le gamay ou la sirah noire.?Eux et les autres vignerons constitueront les Côtes de Millau, avec la récompense suprême de l’AOP obtenue en 2011.

Sauvetage d’un patrimoine

Quand aux Caves d’Entre-deux-Monts, elles étaient restées en ruines et sous les ronces jusqu’à la création de l’association de Bernard Maury en 2000, «pour accompagner le sauvetage de ce patrimoine, grâce à l’appui déterminant du Parc naturel régional des Grands-Causses». Quinze caves ont ainsi été restaurées, couvertes de lauzes et bâties de pierres pour le plus grand plaisir des touristes et de la beauté des lieux.

Le «Tasta bi»

Chaque mercredi, des visites commentées y sont organisées dès 18 heures. «La visite dure environ une heure avec des dégustations de vins et une collation, comme autrefois». Naguère, chaque dimanche et durant la belle saison, les vignerons montaient en famille pour casser la croûte ici et goûter leurs nectars, avec le «Tasta bi» (taste-vin en occitan). «C’était en effet un lieu de festivité dont participait aussi ma famille qui possédait une cave», confie Bernard Maury.

La 1ère fête des vins de l’Aveyron veut renouer avec cette tradition conviviale, autour d’une production viticole aveyronnaise dynamique et bien décidée à se faire connaître auprès d’un large public, dont les touristes très présents dans cette région en période estivale.

Didier BOUVILLE

31 juillet 2014

Réunions d’information sur le rayon de Roquefort : les producteurs répondent présents

La Fédération régionale des syndicats d’éleveurs de brebis achève la semaine prochaine, sa série de réunions d’informations à destination des producteurs de lait de brebis du rayon de Roquefort. De nombreux producteurs ont répondu présents. Le point avec Robert Glandières, président de la FRSEB.

«Dans cette période de gros bouleversements pour notre filière, il est du rôle de l’interprofession de défendre l’ensemble des producteurs et de les informer sur les évolutions à venir», a introduit Robert Glandières. «Même si nous n’avons pas encore toutes les réponses, il est important d’aller à la rencontre des producteurs pour faire un point d’étape mais surtout pour échanger et bâtir ensemble l’avenir de notre filière», a-t-il poursuivi.

Ainsi l’opportunité est donnée à chacun de s’exprimer à travers une méthode participative un peu innovante. Chacun au début de la réunion écrit ses questions, classées ensuite par thème pour que les administrateurs de la FRSEB puissent y répondre. «Chacun a pu s’exprimer. Nous avons ressenti une très forte attente des producteurs, d’ailleurs la participation a été très bonne avec 160 éleveurs à St Affrique et 240 à Pont de Salars», note Robert Glandières.

Cette consultation du terrain a été la préoccupation de la FRSEB dès le départ à travers un questionnaire, les réunions de secteur et la consultation d’une cinquantaine de producteurs représentatifs du rayon.

A partir de là, le bureau de la FRSEB a travaillé sur des propositions quant à la gestion de la production et de ses volumes en direct avec les entreprises, la fixation des prix a priori et face à une stratégie des fabricants davantage différenciée notamment à cause de la disparition des péréquations entre fabricants.

«Saisir la chance de s’organiser»

«Nous devons saisir la chance qui nous est donnée de nous organiser dans le cadre de la contractualisation», a encouragé Robert Glandières. «Les producteurs sont responsables des évolutions de la filière. Si nous ne parvenons pas à nous coordonner, à nous organiser et à gérer cette transition nous risquons de laisser les fabricants proposer des contrats de manière unilatérale et à leur seul avantage, de les laisser gérer seuls les modalités de production (fixation du prix, volume, étalement, qualité…), de pénaliser l’intérêt collectif de la filière et du territoire par nos éventuels comportements opportunistes/individualistes et de laisser la représentation des producteurs s’affaiblir», a-t-il averti. «Le Roquefort est un bien collectif», a-t-il rappelé.

Dynamique territoriale

Pour une gouvernance équilibrée au service des producteurs et du territoire, la FRSEB, relais des producteurs, mise sur la redistribution de la valorisation Roquefort sur l'ensemble du territoire indépendamment du fabricant (y compris de la laiterie) avec qui l'on travaille, la défense des exploitations en tous points du territoire et une politique d'installation/reprise beaucoup plus ambitieuse, soutenue par une dynamique sur le lait de brebis.

Une filière dynamique et évolutive

la FRSEB entend fédérer tous les opérateurs (producteurs et fabricants) au sein d'une interprofession unique qui réécrit ses missions, retrouver du dynamisme via une saine émulation entre fabricants sur les transformations, poursuivre une relation de confiance entre producteurs et transformateurs soutenue par un accord cadre et continuer une politique commune de la qualité et un lien fort avec la recherche et le développement.

Générer de la valeur

La FRSEB veut garder un axe fort sur le produit Roquefort AOP : valorisation produit, identité, communication/promotion et au-delà de l’AOP Roquefort, valoriser la territorialité du lait et enfin clarifier la période intersaison.

Des producteurs organisés sur le plan economique

La FRSEB proposera plusieurs schémas d’organisation (OPNC et/ou OPC), soit en direct avec l’entreprise, soit de façon collective, soit en incluant la clause commerciale. Les organisations de producteurs doivent siéger à l'Interprofession au sein du collège des producteurs selon une nouvelle répartition du pouvoir sur les 3 clés : territoriale / politique-syndicale / économique.

Pour mettre en place ce nouveau système, plusieurs chantiers sont ouverts : la mise en place de l’organisation des producteurs, la négociation d’un contrat interprofessionnel qui définit les modalités de fixation du prix et de conditions de production et la construction d’une nouvelle interprofession, qui définit le rôle d’une filière.

Prochainement, les membres de la FRSEB prévoient de rencontrer individuellement les fabricants pour relayer le ressenti des producteurs et «continuer de travailler intelligemment pour construire le projet de filière». Ces réunions visaient aussi à rassurer les producteurs : «Prenez le temps de réfléchir, il n’y a pas urgence à signer un contrat», a souligné Robert Glandières qui donne rendez-vous cet automne pour présenter un accord cadre et des alternatives d’OP.

Eva DZ

31 juillet 2014

Cercle viandes d’excellence : Bœuf Fermier Aubrac et Veau d’Aveyron et du Ségala à l’honneur

À l’occasion de leur assemblée générale en juin, FIL Rouge (Fédération Interprofessionnelle des Viandes Label Rouge, IGP et AOC/AOP) et Sylaporc (Syndicat des Labels Porc et Charcuterie) ont remis les Trophées du Cercle des Viandes d’Excellence. Le Veau d’Aveyron et du Ségala et le Bœuf Fermier Aubrac se sont distingués avec deux points de vente mis à l’honneur : trois 2e prix, un en boucherie artisanale (Alain Alary, Hyper Frais 81 / SOVIT) et deux en boucherie GMS (Auchan Toulouse et Intermarché Agde).

Cette compétition, à laquelle participent chaque année les meilleurs bouchers de France engagés dans les démarches officielles de qualité Label Rouge, IGP ou AOC/AOP, ne cesse de gagner en notoriété.

Cette année, 22 professionnels ont été récompensés, dans les catégories bœuf, veau, agneau et Porc, en boucherie artisanale ou en GMS. Les huit «1er prix» ont remporté le trophée de «Meilleur boucher du Cercle des Viandes d’Excellence de l’année» ainsi qu’une dotation de 1 000 euros.

Deux grands prix, toutes catégories confondues, ont également été attribués au meilleur boucher artisanal et meilleur boucher GMS. Ces derniers se sont vu remettre une dotation de 2000 euros.

Cette année, les restaurateurs aussi sont à l’honneur ! Les plus dynamiques dans la valorisation des viandes sous signes de qualité auprès de leurs convives ont été invités à entrer dans la compétition. Le lauréat du trophée de «Meilleur restaurateur du Cercle des Viandes d’Excellence» a reçu, lui aussi, une dotation de 1000 euros.

L’ensemble des lauréats, 1er, 2e et 3e prix ont, en outre, rejoint la prestigieuse catégorie 3 étoiles du Cercle des Viandes d’Excellence, leur donnant accès à de nombreux avantages (actions de promotion personnalisées, invitations à des manifestations prestigieuses, …).

Les présidents Henri Baladier (FIL Rouge) et Jean-François Renaud (Sylaporc), ainsi que le représentant du Cercle des Viandes d’Excellence, Bernard Greffeuille, se sont félicités du déroulement de cette soirée d’exception, ainsi que de la qualité et la variété des candidatures déposées pour la 7e édition des Trophées du Cercle.

Le palmarès

Boucherie artisanale

• 1er prix Bœuf : Gaëtan Genestoux, Boucherie Genestoux (63 Le Cendre)

• 2e prix : Patrick Lombardo-Bono, Boucherie Artisan du Charolais (13 Marseille)

• 3e prix : Patrick Poulain, Boucherie Poulain (38 Chapareillan)

• 1er prix Veau : Sylvain Desbois, La Boucherie Rennaise (35 Rennes)

• 2e prix : Alain Alary, Hyper Frais 81 / SOVIT (81 Le Séquestre) pour le Veau d’Aveyron et du Ségala

• 1er prix Agneau : Bruno Jeandot, Boucherie Jeandot (89 Brienon sur Armançon)

• 2e prix : Mario Gallucci, La Bonne Renommée (90 Belfort)

• 3e prix : M. et Mme Coulon, Boucherie Coulon (33 Cestas)

• 1er prix Porc : Laurent Bernier, SARL Laurent Bernier (44 Chauvé)

• 2e prix : André Ritou, Ets Ritou André (19 Marcillac)

• 3e prix : Michel Jossic, Boucherie du Poulfang (56 Sene)

Boucherie GMS

• 1er prix Bœuf : Lionel Bonsoir, Auchan Belfort (90 Bessoncourt)

• 2e prix : Chloé Roucan, Auchan Toulouse (31) pour le BFA

• 1er prix Veau : Jean-Marc Le Boulzec, Leclerc Lannion (22)

• 2e prix : Patrick Leroux, Intermarché Agde (34) pour le Veau d’Aveyron et du Ségala

• 1er prix Agneau : Rémi Revardel, Auchan Angoulème (16 La Couronne)

• 2e prix : Bruno Psaras, Leclerc St Médard (33)

• 1er prix Porc : Fabrice Drouin, Auchan Olivet (45)

Grands Prix

• Grand Prix Boucherie Artisanale : Anthony Louerat, Boucherie Louerat (44 Nantes)

• Grand Prix Boucherie GMS : Bruno Hérin, Leclerc Basse-Goulaine (44)

Prix Restaurateurs

• 1er prix : Michel Robert, Hall West (87 Limoges)

• 2e prix : La Grande Chaumière, François Morizot (58 Saint Pierre le Moutier).

Témoignage

Chloé Roucan, du magasin Auchan de Toulouse, a reçu le 2e prix boucherie GMS catégorie bœuf aux Trophées Nationaux du Cercle des Viandes d’Excellence 2014. Son magasin Auchan est l'un des distributeurs toulousains à proposer le plus d'espèces sous signe de qualité, offrant à sa clientèle un large choix de viande de qualité.

«Chaque jour, j’apporte tout mon professionnalisme, mon savoir-faire et mon énergie afin de contribuer au développement et à la pérennisation de ces filières de qualité. Ainsi, c’est avec fierté que je remplis mon rôle d’ambassadrice de la filière Bœuf fermier Aubrac Label Rouge au sein de l’entreprise Auchan. Avec la collaboration de mon équipe, nous œuvrons à la promotion de ces produits auprès de nos consommateurs à travers des dégustations et des animations faites par les éleveurs d’Aubrac».

Source BFA

17 juillet 2014

Filière Fleur d’Aubrac : produire plus en hiver

Filière de qualité rémunératrice, la Fleur d'Aubrac offre aux éleveurs une plus-value par rapport au marché standard. Lors de leur assemblée générale au Buisson (48) lundi 7 juillet, une cinquantaine d'éleveurs et une dizaine de bouchers étaient au rendez-vous pour faire le point sur l'année passée et évoquer un nouveau projet.

L'association Fleur d’Aubrac existe depuis 1991, date à laquelle les premières Fleurs d'Aubrac (des génisses nées de mère de race pure Aubrac et de père de race pure Charolaise nées, élevées et abattues en Aubrac) ont été commercialisées. Depuis, la filière a connu un développement constant et progressif. Aujourd'hui, le nombre d'élevages est stable, avec 190 éleveurs-producteurs de génisses Fleur d'Aubrac sur la Lozère, l'Aveyron, le Cantal et la Haute-Loire. La grande majorité des élevages sont membres de l'OP Cemac-Cobevial (92,3% en 2013) avec 173 éleveurs qualifiés pour 18 éleveurs qualifiés par Bovi PC (7,7%.)

Sur les dix dernières années, 1352 génisses en moyenne ont été abattues par an. Entre 2009 et 2013, la production de Fleurs d'Aubrac a progressé de presque 25% (plus de 300 génisses par an). En 2013, ce sont 1569 génisses qui ont été abattues, avec une moyenne de 8,2 Fleurs d'Aubrac par élevage (cette moyenne était de 5,6 en 2009). En 2013, on note que 96,4% des abattages de Fleurs d'Aubrac sont réalisés à l'abattoir d'Antrenas pour seulement 3,6% à Rodez. En 2014, la totalité des abattages seront réalisés à l’abattoir d’Antrenas en Lozère qui sera en outre bientôt doté d’un nouvel atelier de découpe opérationnel en 2015.

La filière Fleur d'Aubrac est aujourd’hui plus rémunératrice pour l'engraissement que ce que peuvent l’être les circuits conventionnels. La filière maintient sa grille de prix et ne compte pas la dévaloriser à moyen terme. Elle a progressé de plus de 1€ / kg carcasse depuis 2012. La moyenne du prix d’achat des génisses Fleur d’Aubrac aux éleveurs au premier semestre 2014 est de 5,35 € / kg carcasse.

Besoin de plus de production en hiver

Lors de son rapport moral, le président Vincent Granier a demandé aux éleveurs de faire en sorte de produire davantage de novembre à mars. En effet, la production peine à suivre la demande des bouchers pendant cette période chaque année. A l’hiver 2014-2015, les éleveurs bénéficieront pour la première fois d'une incitation financière sous forme de complément de prix pour les génisses abattues à cette période. Afin de s'y préparer, Vincent Granier a demandé aux éleveurs de mettre les animaux qui peuvent être abattus à cette période à l’engraissement dés la fin août - début septembre pour ne pas leur faire perdre de temps. Ceci devrait permettre de renforcer l’offre d’animaux prêts pour l’abattage entre novembre et mars et éviter ainsi d’encombrer encore plus le marché en avril, mai et juin, déjà saturé d’animaux prêts pour l’abattage.

Prédire la qualité des carcasses

Un projet d'envergure va être mené sur plusieurs années au sein de la filière. Vetagro Sup et l'Inra de Clermont-Ferrand lancent en effet un projet de recherche sur la prédiction de la qualité des carcasses en fonction des pratiques d'élevage. La finalité du projet est d'établir des recommandations de conduite d'élevage pour piloter la production en fonction des objectifs à atteindre, améliorer la qualité des carcasses de bovins et le revenu des éleveurs ainsi que l'adéquation entre la production et la demande de la filière. À terme, l'étude permettra d'asseoir un peu plus la notoriété de la Fleur d'Aubrac en points de vente et d'accroître ainsi sa valorisation pour les éleveurs. Dans un premier temps, des enquêtes seront réalisées en élevages afin d'identifier les différentes pratiques et d'étudier leurs résultats. Une première enquête sera menée en septembre, une seconde en mars-avril 2015, puis une troisième ultérieurement, après prélèvement d'échantillons et analyse des caractéristiques des carcasses (sur deux muscles différents), puis l'analyse de la viande résultante. En 2016 l'application des modèles de prédiction sera envisageable.

«Nous comptons sur un engagement fort et précis des éleveurs qui seront sollicités» a signifié Jérôme Pignol, animateur de la structure lors de l’assemblée générale.

Emilie Wood / Réveil Lozère

10 juillet 2014

Entreprise Braley : un pas de plus dans la gestion des déchets

Sur son site de Bozouls, baptisé «pôle environnemental», l’entreprise Braley a fait un pas de plus dans l’innovation en investissant dans une nouvelle chaîne de tri ultra automatisée qui permet de trier et recycler tous types de déchets, une innovation saluée par Mme le Préfet et le sénateur Anne-Marie Escoffier, vendredi 4 juillet.

En 10 ans, l’entreprise Braley s’est pleinement investie dans une politique de développement durable en accord avec les préoccupations de la société sur la gestion de nos déchets. Ainsi sur son site de Bozouls, elle a commencé par construire un bâtiment dédié au tri sélectif, un tri manuel. Puis elle a installé une unité de traitement du bois, une activité dans laquelle elle est leader en Midi-Pyrénées en traitant 100 000 tonnes. Son dernier cheval de bataille était la gestion des déchets verts.

Mais Christian Braley, qui a toujours de la suite dans les idées, n’a pas voulu s’arrêter là ! Toujours à l’affût des dernières innovations, il a voulu trouver une solution à la fermeture de la déchetterie professionnelle de Rodez qui obligeait entreprises et collectivités locales à expédier leurs déchets, jusque dans le Tarn et Garonne augmentant ainsi l’impact sur l’environnement, d’autant que la plupart de ces déchets sont enfouis. Alors avec son fils, Ludovic, Christian a sillonné l’Europe et jusqu’aux Etats-Unis, il a rencontré des professionnels, visité des chaînes de tri.

Sept emplois créés

Et ce n’est pas sans fierté qu’ils ont investi dans une chaîne de tri ultra automatisée, de la marque Aktid, un équimentier de Chambéry. Installée en mars, elle est encore sous le coup des réglages de Ludovic et de Florian, salarié de l’entreprise. D’ailleurs pour cette nouvelle activité, sept personnes ont été embauchées.

«Toutes les matières ne peuvent pas être triées à l’œil, cette machine nous permet grâce à sa technologie, de trier au sein d’un même matériau, ses différents composants afin d’affiner le plus possible le tri», explique Ludovic, fier de piloter cette véritable «formule 1» ! D’un ballot de déchets, la machine trie tous types de déchets notamment les plus encombrants et les plus lourds (bungalows, déchets d’ameublement, de démolition, de chantier,...). «Jusqu’à présent seuls 17 à 18% des déchets entrants étaient triés et recyclés, le reste, qui partait à l’enfouissement en décharge, coûtait cher à l’entreprise. Notre objectif est de trier jusqu’à 50% des déchets collectés», détaille Ludovic. Avec un rendement de 15 tonnes de déchets triées à l’heure, (gain de 50% par rapport aux équipements précédents).

De ces déchets, il en ressort des matériaux nobles, des films plastiques, du bois, des gravats, du carton,... «A partir de déchets, nous arrivons à valoriser la matière et nous n’avons quasiment plus de refus», se réjouit Ludovic. «Nous sommes en contact avec plusieurs filières de recyclage pour réinsérer ces déchets, ce qui fait que l’on ne jettera quasiment plus rien», complète Christian Braley. «Nous produisons du combustible de combustion destiné aux chaufferies industrielles, c’est aussi une belle image pour notre entreprise et pour tous les professionnels qui nous confient leurs déchets, l’occasion de prouver que l’on est capable de gérer l’avenir de nos déchets sans polluer», enchaîne Ludovic. «Au fil des semaines, nous continuons de nous améliorer, en moyenne, seulement 10% des déchets que nous traitons sont finalement enfouis, notre ambition est de réduire encore ce pourcentage», lance comme un défi, Ludovic.

Ce pari était tout de même osé, avec un investissement de 5 millions d’euros sur la machine, l’entreprise Braley a été soutenue par la région Midi-Pyrénées, le FEDER, fonds européen et l’ADEME. «C’est dans ma nature, dans celle de notre entreprise, de nous lancer ce type de défi, c’est à nous de nous préoccuper de nos déchets, il en va de l’avenir de notre planète», conclut Christian Braley. D’ailleurs cette installation fait des émules puisque de grands groupes internationaux viennent jusqu’à Bozouls, la découvrir !

Eva DZ

10 juillet 2014

Syndicat bouchers charcutiers Aveyron : partager une grillade au pied du taureau de Laguiole !

Le mauvais temps n’a pas découragé les artisans bouchers charcutiers de l’Aveyron, venus faire déguster tout près du taureau de Laguiole leurs spécialités aux badauds lundi 7 juillet. Leur opération «Mon boucher passe au grill» se poursuit jusqu’au 14 juillet.

Opération unique en France, les bouchers charcutiers de l’Aveyron «passent au grill» ! Pendant 15 jours, ils proposent à leurs clients de nombreuses promotions et un jeu concours leur permettant de remporter un été de grillades et des planchas.

Et pour la deuxième année, ils ont organisé un moment de dégustation, sur la place du taureau de Laguiole, lundi 7 juillet, après avoir rencontré les consommateurs l’année dernière sur l’aire du viaduc de Millau. «Etre au pied du taureau de Laguiole, symbole du poids de l’élevage dans le nord du département, est un signe fort pour nous», a souligné Pierre Azémar, président du syndicat des bouchers charcutiers de l’Aveyron, entouré de quelques-uns de ses collègues de Laguiole, Villefranche, Rodez, Millau,... «C’est important aussi de pouvoir sortir de nos boutiques, pour échanger entre professionnels mais aussi avec des consommateurs d’autres régions. C’est l’occasion de passer une journée sympa, autour des spécialités bouchères et charcutières de chacun !».

«C’est l’ensemble de notre syndicat qui se mobilise pendant 15 jours pour mettre en avant le métier de boucher charcutier. Chacun à sa convenance, propose des dégustations, une visite de son laboratoire, des apéros pour ses clients,...», détaille le jeune responsable.

«Notre métier plaît»

Parce que derrière cette opération séduction, les bouchers charcutiers veulent dire que leur métier recrute : «En France, plus de 4 000 postes sont à pourvoir de suite et en Aveyron, dans les 10 ans à venir, la moitié des boucheries seront à reprendre», en-chaîne Pierre Azémar. «Le potentiel d’emplois est réel avec des perspectives d’évolution», appuie-t-il. Le syndicat départemental sent d’ailleurs un renouveau dans la profession, quatre nouveaux professionnels ont ainsi rejoint ses rangs cette année. Et la formation suit puisque si en 2007, la seule section professionnelle en Aveyron à la Chambre de métiers était menacée de fermeture, aujourd’hui, elle est en sur-effectif pour la deuxième année !

Pendant 15 jours et jusqu’au 14 juillet, environ 70 boucheries charcuteries (sur la centaine que dénombre le département), recevront près de 40 000 clients. «Cette opération à travers les promotions que nous proposons sur nos étals, vise aussi à montrer que nous donnons un coup de pouce au pouvoir d’achat des familles».

Un bon maillage en Aveyron

Les bouchers charcutiers constatent un réel attachement des Aveyronnais à leurs boutiques de village : «Nous avons la chance d’avoir encore un maillage de professionnels bien représentatif dans le département même si l’érosion passe par là. Notre credo c’est la qualité, le service, presque une mission de service public je dirais même ! Nous sommes ouverts toute l’année et répondons à la demande de nos clients avec des produits correspondant à leurs attentes», précise Pierre Azémar.

De plus, les bouchers de l’Aveyron s’approvisionnent en grande majorité sur les fermes de proximité : «Nous avons la chance d’être installés dans un département d’élevage avec des animaux de qualité et un savoir-faire des éleveurs naisseurs- engraisseurs reconnu», assurent les professionnels.

Eva DZ

19 juin 2014

Lait de chèvre bio : des laiteries à la recherche de producteurs

Le marché du lait de chèvre bio est en plein développement et loin d’être satisfait par la production actuelle. Dans ce contexte, deux entreprises régionales recherchent des éleveurs pour s’engager dans cette filière de qualité.

En 2012, la collecte nationale de lait de chèvre biologique a représenté 3,1 millions de litres (voir graphique). On dénombre alors 674 exploitations engagées dans cette production, soit en transformation à la ferme et vente directe, soit en livraison à une laiterie. Avec, au plan national toujours, 39 236 chèvres certifiées en AB. Depuis deux à trois ans, cette filière laitière biologique connaît un fort développement.

Etat des lieux de la production locale

Les deux régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées concentrent 17% des effectifs nationaux de chèvres laitières élevées en bio.

L’Aveyron compte 13 exploitations caprines engagées en AB. Il s’agit essentiellement de producteurs fermiers qui écoulent leur production en vente directe. Aujourd’hui, trois exploitations livrent leur lait à la laiterie de La Lémance (Lot et Garonne).

La Lozère enregistre 17 exploitations en caprin lait bio, qui pour la majorité sont en circuit court. Sept producteurs approvisionnent deux laiteries : la coopérative de Moissac et la laiterie de La Lémance.

Des perspectives de développement en Aveyron et Lozère

Aujourd’hui, le marché des produits fabriqués à base de lait de chèvre bio est en plein développement. Corollaire de cette évolution, la laiterie de La Lémance et la Bergerie de Lozère (groupe Triballat Noyal) manquent de lait biologique pour satisfaire leurs fabrications actuelles et la demande croissante de leurs clients.

La fromagerie de La Lémance, basée à Montayral dans le Lot et Garonne, emploie 35 personnes. Elle produit une gamme diversifiée de produits : fromages frais et affinés, lait de consommation, etc. A ce jour, 30% environ de sa collecte provient des deux départements Aveyron - Lozère. Un projet de construction d’une unité de transformation sur la zone est à l’étude.

La Bergerie de Lozère (groupe Triballat Noyal), forte de son expérience locale en ovin lait bio, souhaite mettre en place une collecte de lait de chèvre en agriculture biologique. Le lait collecté sera destiné à la fabrication de produits ultra-frais bio, un secteur en constante évolution. Un projet d’investissement est envisagé sur le site de la Tieule (48), où est actuellement traité le lait de brebis bio.

Les outils de collecte et de transformation sont donc là et prêts à investir : dans ce contexte, la filière caprin lait biologique peut connaître un fort développement sur la zone et générer des projets de conversion et/ou de création d’ateliers laitiers en AB.

Pour en savoir plus

Dans les semaines à venir, d'autres articles à paraître dans La Volonté Paysanne permettront d'en savoir plus, à travers une présentation détaillée des deux laiteries et de leur projet de développement, et à travers le témoignage d’éleveurs engagés dans cette filière.

Un peu plus tard dans la saison, début octobre, une journée de visite et d’échange sera organisée avec les laiteries et des éleveurs engagés dans la production de lait de chèvre en AB.

D'ores et déjà, pour plus de renseignements, contactez les conseillers en agriculture biologique des Chambres d'agriculture : Stéphane Doumayzel, pour l’Aveyron (tel. 05 65 73 77 13) et Maxime Colomb pour la Lozère (tel. 04 66 65 62 00).

S. Doumayzel et M. Colomb, conseillers AB,

Chambres d'agriculture Aveyron et Lozère

12 juin 2014

Marchés de producteurs de pays : continuer de faire la différence !

A l’aube de la saison estivale, l’association de gestion des marchés de producteurs de pays de l’Aveyron a tenu son assemblée générale, vendredi 6 juin. Le point avec sa présidente, Cécile Contastin.

- Avec 25 sites, dont deux à l’année, les marchés de producteurs de pays maintennent leur présence aux quatre coins du département. La réussite est donc toujours au rendez-vous ?

C. Contastin : «En effet, nous avons l’habitude de dire que nos marchés sont présents dans 50% des cantons du département ! Au total, l’Aveyron accueille 286 marchés dont 196 estivaux et 87 hors saison. Et le succès est toujours là puisqu’on estime la fréquentation autour de 130 000 visiteurs. Une satisfaction pour les organisateurs de marchés et pour nos producteurs et artisans, soit 450 adhérents. La majorité de nos marchés sont portés par des communes, des syndicats d’initiative ou encore des associations de producteurs, qui tous, reconnaissent notre marque et l’approuvent. Notre bonne implantation prouve que notre label est porteur et répond à une attente des organisateurs de marchés, des producteurs et des consommateurs.

- Justement dans le florilège de marchés «de pays», comment les marchés de producteurs tirent-ils leur épingle du jeu ?

C. Contastin : C’est vrai que nous sommes soumis, chaque année un peu plus, à une forte concurrence des marchés en tout genre. Notre stratégie est de nous démarquer, en identifiant bien nos marchés dès l’entrée, en affichant notre marque sur les stands, les exposants disposant d’un matériel (affichettes, sacs, badges,...) estampillé marchés de producteurs de pays.?Organisateurs, producteurs et artisans adhèrent tous à notre charte national et à notre règlement départemental, une garantie de qualité, l’assurance de contrôles réalisés sur les marchés. Bref, les consommateurs savent que nous tenons nos promesses : rencontrer des producteurs et pouvoir consommer leurs produits.

Nous nous appuyons aussi sur une marque nationale, gérée par les Chambres d’agriculture, un gage supplémentaire. Notre objectif pour 2014 est de maintenir nos actions de promotion et la qualité sur nos marchés de producteurs. La moitié de notre budget est d’ailleurs consacrée à la communication.

- Organisateurs, producteurs et artisans travaillent de concert à l’amélioration des marchés. Qu’en est-il ?

C. Contastin : D’une manière générale, des efforts sont faits de la part des producteurs et des organisateurs pour maintenir la qualité des marchés de producteurs. Les organisateurs sont toujours très impliqués pour permettre au marché de fonctionner correctement. Ils doivent être vigilants et rigoureux pour porter les valeurs attachées à la marque.

De même les producteurs sont satisfaits de participer à cette démarche. La marque leur permet de se différencier, de prouver la qualité de leur production par des signes distinctifs.

- Comment s’est déroulée la saison 2013 ?

C. Contastin : Les marchés avec consommation sur place (60% des sites) sont d’une manière générale en hausse mais le constat est mitigé en raison de la météo défavorable en juillet. Sur les marchés essentiellement d’approvisionnement (40% des sites), moins touchés par la météo, le chiffre d’affaires des producteurs est sensiblement identique à 2012.

Je note aussi les efforts en terme d’animations sur les marchés : 91 % ont une sonorisation de rue, 96 % font appel à des groupes musicaux (ponctuels ou réguliers) et 87 % des marchés mettent en place une tombola.

- Et comment s’annonce la saison estivale à venir ?

C. Contastin : Je pense qu’elle va s’inscrire dans la continuité avec peut-être un nouveau venu dans les marchés de producteurs. Les changements de municipalité au printemps auront peut-être donné des idées à certains de rejoindre notre démarche !».

Recueillis par Eva DZ

05 juin 2014

Sodiaal Union : fin prêts pour l’après-quota

Des résultats améliorés, une conjoncture plus favorable, une présence dans tous les métiers du lait, un travail bien engagé en vue de l’après-quota, la coopérative Sodiaal Union est confiante en l’avenir. Ses responsables l’ont confié lors de l’assemblée générale de la section Lozère, Aveyron, Aude et Tarn, lundi 2 juin à Baraqueville.

C’est en tant que président de Sodiaal Union que Damien Lacombe participait à l’assemblée générale de la section Lozère, Aveyron, Aude et Tarn, presque à domicile à Baraqueville ! Elu à la tête de la coopérative en janvier, il a commenté les résultats en progression pour 2013 et les belles perspectives pour la filière laitière. A ses côtés, le président de la section, Alain Trouche, le représentant aveyronnais, Benoît Gransagne mais aussi Loïc Corbille, directeur des opérations et Bruno Lechartre, directeur de la région Sud-Ouest.

Ensemble ils ont présenté un portrait plutôt favorable : «Nous avons atteint nos objectifs budgétaires en 2013 malgré des discussions difficiles avec la distribution. Et l’amélioration de la conjoncture depuis la deuxième partie de 2013 a permis de payer aux producteurs un prix à hauteur de 357 euros/1000 litres, qualités comprises».

Cette dynamique, Sodiaal la doit aussi au travail engagé en amont sur «l’équation laitière» comme l’a expliqué Loïc Corbille : «L’objectif est de gérer les flux de lait. La réussite de cette équation passe par une organisation qui prévoit le lait produit par région, par période (par les 12?000 adhérents) et la capacité de transformation par région, par période (dans les 70 sites industriels) en vue de la meilleure valorisation possible». Il ajoute : «le taux de service dans nos métiers est de 98,5%».

Réaliser la bonne équation

La bonne maîtrise de cette équation laitière est fondamentale pour l’après-quota. Cette nouvelle gestion des volumes post 2015 était d’ailleurs largement évoquée lors de l’assemblée générale. «Depuis deux ans, nous avons réalisé plusieurs tours de France à la rencontre de nos producteurs, pour travailler avec eux sur les règles de fonctionnement de l’après-quota, sur la gestion des volumes après le 1er avril 2015», a expliqué Damien Lacombe. La coopérative n’a en effet pas attendu la date fatifique pour préparer l’avenir. «Notre plan stratégique baptisé Sodiaal 2020 s’appuie sur plusieurs points», détaillent ainsi les responsables. Convaincue que l’offre de lait va augmenter de 10%, la coopérative s’engage à trouver des marchés en gérant «au plus près» production et transformation.

Car l’une des forces de la coopérative, Damien Lacombe l’a rappelé, c’est sa présence et son savoir-faire dans tous les métiers du lait. «C’est une sécurité pour nos adhérents et une force sur le marché dans un monde sans régulation. Grâce à nos rapprochements et fusions avec Entremont il y a quelques années et 3A début 2014 notamment, notre coopérative est bien assise sur les segments du fromage, du lait - beurre, des yaourts et produits frais ainsi que des ingrédients laitiers. Nous sommes à chaque fois un acteur qui pèse avec des marques fortes vis-à-vis de la grande distribution et de la concurrence», argumente le président de Sodiaal. Alain Trouche et Benoît Gransagne évoquent aussi la possibilité de lisser la production et de limiter la saisonnalité pour éviter les excédents et favoriser les meilleures valorisations. «Une organisation pour gérer les flux de lait rassure les producteurs», avancent les deux responsables.

Développement à l’export

L’autre levier de Sodiaal est le développement de marchés à l’export. Des jalons ont déjà été posés par la coopérative avec deux filiales Eurosérum et Nutribio (poudres et ingrédients laitiers) vers les pays émergents. «Le marché français et européen stagnant, nous devons entrer dans la compétition internationale en face de gros faiseurs comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie,... Notre atout est de mettre en avant un label France comme la Route du lait qui plaît aux pays asiatiques notamment», indique Loïc Corbille.

Pour autant, Sodiaal n’en oublie pas ses engagements de proximité auprès de ses adhérents. «Nous nous appuyons sur une organisation proche du terrain via nos sections qui sont les courroies de transmission entre les adhérents et la coopérative, les 250 délégués qui en sont issus sont les forces vives de Sodiaal en région», avance Alain Trouche. Ainsi la section Lozère, Aveyron, Aude et Tarn qu’il préside réunit désormais depuis la fusion avec 3A, 1200 producteurs dont 700 GAEC qui livrent 280 millions de litres de lait, preuve de la dynamique du bassin laitier du Sud-Ouest. Ce même bassin compte aussi sur quatre outils industriels performants à Rodez, Montauban, Toulouse et St Mamet, avec chacun sa spécificité (fromage, sérum, lait infantile, ultra-frais). Et depuis le rapprochement avec 3A, Sodiaal est devenue le deuxième acteur en lait de brebis pour Roquefort avec La Pastourelle.

«Nous vivons une révolution laitière mais nous avons de belles perspectives si nous sommes capables de nous organiser. Sodiaal s’y est préparée», a rassuré Damien Lacombe. Elle prépare aussi l’avenir en annonçant un dispositif d’aides pour les jeunes agriculteurs lors de son assemblée générale du 18 juin.

Eva DZ

05 juin 2014

Coopérative laitière de Thérondels : la réussite d’un outil économique territorial

La coopérative laitière de Thérondels poursuit sa trajectoire positive grâce à son efficace partenariat avec l’Union fromagère Jeune Montagne. Elle a fait le point lors de son assemblée générale, mardi 27 mai à Thérondels.

En étoffant sa gamme de produits fromagers, la coopérative laitière de Thérondels réussit à conforter son activité. Preuve en est, le Thérondels fromage à partir de lait cru et entier produit sans ensilage, qu’elle a lancé en 2013 et dont les volumes ont déjà progressé de 15% ! Gratifié d’une nouvelle médaille d’or au concours départemental officiel d’Espalion, il est le fer de lance de la coopérative et devrait connaître un réel développement dans les années à venir. Ainsi une personne supplémentaire a été embauchée, venant compléter les 5 emplois de la coopérative.

Une belle réussite dans un contexte plutôt tendu puisque, le président Raymond Cayzac l’a rappelé, la forte croissance connue ces trois dernières années s’est quelque peu stabilisée. Ainsi, les ventes de fromages de Cantal ont baissé de 40 tonnes (-18%) notamment en Cantal au lait cru. «Le niveau de fabrication a été inférieur car nous avons augmenté la transformation du lait collecté en tome fraîche à destination du marché de l’aligot», a expliqué Raymond Cayzac. Pour autant, le prix de vente a progressé de 5%.

Une activité qui file grâce à l’aligot !

Le marché de l’aligot est lui, toujours en progression (+ 50 tonnes) plaçant celui de Thérondels au même niveau que l’aligot de l’Aubrac. «Cette progression en volumes est remarquable compte tenu de la baisse du marché de l’aligot surgelé», note Raymond Cayzac. Enfin, les volumes de tome fraîche pasteurisée affichent une dynamique constante, un nouveau client a permis de commercialiser 25 tonnes de plus.

Malgré ces changements, le volume de lait collecté est stable autour de 3 720 000 litres livrés par 17 producteurs. Les volumes transformés ont diminué de 180?000 litres (3 575 000 litres).

Le prix du lait a évolué favorablement de 18 euros/1000 litres atteignant un prix moyen payé annuel de 397 euros/1000 litres. A noter aussi la prime annuelle de 50 euros/1000 litres pour les adhérents ayant choisi de ne plus pratiquer d’ensilage et d’enrubannage, la prise en charge de la moitié des frais de Contrôle laitier, des cotisations du CNIEL et du LIAL et la participation au groupement de remplacement. «2013 a été une bonne année, grâce à des conditions climatiques favorables pour la production herbagère, des fourrages en quantité suffisante et de bonne qualité et des coûts d’alimentation des troupeaux à la baisse», a résumé Raymond Cayzac.

Cette réussite, la coopérative la doit aussi en partie au soutien de l’Union Jeune Montagne. «Grâce au système commercial et logistique de l’Union auprès de plusieurs centaines de clients, notre gamme étoffée de produits fromagers vient en complément de celle de Jeune Montagne.?Ils font preuve d’efficacité pour les adhérents des deux côtés de la Truyère», a commenté Raymond Cayzac. De plus le nouvel outil logistique de La Poujade est un élément déterminant de ce bénéfique partenariat.

D’ailleurs, la coopérative de Thérondels partage la stratégie de l’Union fromagère en s’orientant sur des produits différents et valorisants, des conditions de productions spécifiques, une valorisation du lait spécifique qui ne tient plus compte des tendances volatiles des marchés laitiers, une rémunération durablement supérieure pour tous les adhérents et un nécessaire équilibre économique du compte d’exploitation de la coopérative.

De nouveaux adhérents

Au-delà de la conjoncture, la coopérative de Thérondels réfléchit aussi à l’avenir et notamment au renouvellement de ses producteurs. Si le groupement de remplacement est une «réponse partielle bien qu’imparfaite à l’astreinte», le maintien de la production passe par la venue de nouveaux coopérateurs, selon les responsables. «La situation de notre outil coopératif suscite de nouvelles demandes d’adhésion», se réjouit Raymond Cayzac, heureux d’avoir retrouvé une confiance territoriale. Ainsi, Nadine Mealet a rejoint la coopérative depuis le 1er janvier et deux autres adhérents doivent la suivre fin 2014, début 2015.

L’occasion de rappeler les principaux points à respecter pour une adhésion : être libre de tout engagement vers une autre structure de collecte, répondre à une demande de croissance de l’activité de transformation, être conforme au cahier des charges de l’AOP Cantal, accepter le réglement intérieur et orienter la production de lait sans maïs ni ensilage.

Raymond Cayzac invite chaque producteur et tous ceux qui souhaiteraient entrer dans la coopérative à trouver leur place pour participer au développement de la filière.

Eva DZ

15 mai 2014

Cemac-Cobevial section Midi-Pyrénées : une année de transition

La section Midi-Pyrénées de la coopérative CEMAC-Cobevial s’est réunie mercredi 7 mai à St-Rémy de Montpeyroux pour informer les adhérents de l’Aveyron notamment, de l’évolution de son activité et élire les délégués qui participeront à l’assemblée générale de la coopérative, vendredi 6 juin à Laguiole.

Année de transition, 2013 s’est traduite pour la coopérative Cemac-Cobevial par une bonne activité sur les marchés du maigre et en reproducteur et quelques difficultés sur celui des femelles. Si les relations avec l’Italie sont toujours aussi importantes avec néanmoins quelques aléas économiques, de nouveaux débouchés de niche sur l’Algérie notamment, permettent à la filière de tirer son épingle du jeu. C’est le bilan qu’ont dressé André Veyrac, président de Cemac-Cobevial et Christian Soulenq, président de la section Midi-Pyrénées de la coopérative.

Un marché reproducteur dynamique

Dans le détail, le directeur général, Hervé Chapelle a précisé que Cemac-Cobévial avait commercialisé en 2013 près de 53 000 bovins dont la moitié ont été vendus via les deux centres aveyronnais de Bozouls et St Rémy de Montpeyroux.

Une activité en légère baisse de 3% que les responsables expliquent par la diminution des ventes d’animaux maigres et des femelles cet automne. «Heureusement nos adhérents ont reconstitué leur troupeau, ce qui a permis de booster le marché des reproducteurs», a souligné Hervé Chapelle.

Ce marché s’est en effet bien porté en 2013. Le GIE Liredoc pour la race limousine a notamment annoncé la commercialisation de plus de 2 000 bovins, sa meilleure année depuis sa création. Son activité a été boostée par plus de 500 animaux exportés en Slovaquie. Le constat est identique au GIE Aubrac qui a franchi pour la première fois le cap des 1 200 bêtes commercialisées.

La coopérative peut aussi s’appuyer sur un socle d’adhérents fidèles (717 des 1 500 éleveurs apporteurs sont adhérents à l’OP, soit 83% des achats). L’Aveyron, en particulier le nord Aveyron, reste l’apporteur le plus important avec 684 éleveurs apporteurs (dont 426 adhèrent à l’OP).

L’activité qu’a présentée Cemac-Cobévial est à l’image du contexte général sur le marché de la viande bovine en France vécu par d’autres opérateurs. Mais la coopérative peut compter sur la race Aubrac qui «tire vers l’avant toute la filière», selon les responsables. «Les deux tiers des animaux que nous commercialisons sont de race Aubrac et 70% des animaux maigres. En moyenne, le prix d’un mâle Aubrac atteint 1 000 euros tête», avance Hervé Chapelle, qui souligne aussi l’importance des démarches de qualité (un tiers des animaux commercialisés par la coopérative sont concernés).

Sauver le label rouge Bœuf Fermier Aubrac !

L’occasion pour les responsables de rappeler la nécessité de maintenir les filières telles que Bœuf Fermier Aubrac et Fleur d’Aubrac. «Le conventionnel s’est déjà bien maintenu mais les animaux en BFA ont affiché un différentiel de prix important de l’ordre de 50 centimes d’euros. Depuis 2010, BFA a gagné 35% en valeur, c’est une vraie locomotive en Aubrac sur les vaches de réforme et les génisses en repro», a rappelé André Veyrac.

«Si nous ne sommes pas capables d’approvisionner régulièrement cette démarche notamment en période estivale, un réel danger menace son avenir», a-t-il alerté. «Aujourd’hui nous avons la chance d’avoir un produit démarqué qui plaît aux bouchers, aux consommateurs, mais nous ne sommes pas capables d’assurer des volumes. C’est pourtant l’affaire de tous !», a-t-il encouragé.

Des responsables de l’association Bœuf Fermier Aubrac présents ont rappelé les efforts de la filière pour encourager la production estivale. La moitié des BFA commercialisée passe par la Cemac-Cobévial (80 BFA par mois en moyenne et 65 BFA pendant l’été).

Concernant l’IGP Fleur d’Aubrac (90% sont commercialisés par la Cemac-Cobevial), l’objectif est là aussi de maintenir le potentiel de production. «Notre challenge est de trouver de nouveaux éleveurs», a précisé Hervé Chapelle, annonçant une prochaine campagne de communication.

D’autres projets sont envisagés pour 2014 par la coopérative, en particulier la participation à la construction d’un atelier de découpe Lozère viandes, à côté de l’abattoir d’Antrenas près de Marvejols, sur l’A 75. «Le marché de la viande bouge, les ventes de carcasses entières diminuent au profit de ventes de produits davantage travaillés via la découpe. Notre filière doit donc s’adapter pour répondre à cette nouvelle demande», a expliqué Hervé Chapelle, qui espère la fin des travaux pour mars 2015.

Un marché de niche s’implante sur le Maghreb

Concernant les perspectives de marché pour 2014, les abattages continuent de diminuer (- 4% en races à viande), une baisse certes moins importante qu’en début d’année 2013. «La disponibilité en viande en Union européenne n’est pas très importante avec une baisse des naissances

(- 54 000 veaux de races à viande en France) et du nombre d’animaux allaitants (- 15 000 vaches), tout va dépendre des accords avec les Etats-Unis mais nous pouvons espérer une croissance de la demande», a envisagé Hervé Chapelle.

Pour parler de l’état des lieux de la filière, en particulier du marché en Italie, la Cemac- Cobevial a invité Jean-Marc Chaumet de l’Institut de l’élevage lors de son assemblée générale début juin à Laguiole. «L’Italie qui représente 93% de nos exportations va mal, production en baisse, abattage en baisse, difficultés de la filière engraissement, consommation en chute,... Cet expert nous expliquera les perspectives commerciales», a expliqué Hervé Chapelle.

Et de préciser les nouveaux débouchés, certes de niche, mais qui permettent de tirer les prix vers le haut. Ainsi en 2013, la Cemac-Cobevial a commercialisé 2 000 bêtes vers l’Algérie, un pays particulièrement demandeur d’animaux Aubrac.

«Aujourd’hui nous sommes les leaders incontestés sur la viande d’Aubrac auprès des acheteurs, via notre exportateur Bévimac, à nous de bien gérer nos volumes pour garder cette organisation et assurer la maîtrise du marché», ont assuré Christian Soulenq et André Veyrac.

Eva DZ

01 mai 2014

Aprovia : de nouveaux artisans éleveurs

La communication positive autour de la production ovine commence à porter ses fruits. Quelques nouveaux éleveurs ont ainsi rejoint les rangs d’Aprovia, portés par une bonne tenue des cours confirmée ce début d’année.

Les artisans éleveurs d’Aprovia étaient réunis en assemblée générale, vendredi 25 avril à Rodez. L’occasion de faire le point sur une année 2013 «normale» ! L’organisation de producteurs gagne même 9 éleveurs portant ainsi le nombre d’adhérents à 255. «Le cheptel de reproducteurs se maintient bien ce qui n’est pas le cas dans tous les départements», tient à souligner le président, Philippe Tabardel. Près de 2500 brebis de plus ont été recensées dans les troupeaux.

Malgré un début d’année 2013 difficile pour les agneaux sous la mère et les laitons, en raison d’un engorgement des marchés couplé à un manque de consommation, les cours des agneaux de boucherie se sont bien maintenus (+ 3 euros sur l’année) et les prix des matières premières et des aliments ont légèrement diminué.

Cette conjoncture a des effets favorables sur la filière puisque plusieurs projets de conversion en ovins viande se sont concrétisés ainsi que des créations d’ateliers et les contacts se poursuivent sur 2014, précisent ravis, les responsables de l’OP. Aprovia peut ainsi espérer atteindre rapidement les 90 000 têtes commercialisées. «Notre discours positif envers la filière doit continuer pour réussir notre défi du renouvellement des producteurs mais il faut du temps pour transformer l’essai», explique Philippe Tabardel, confiant.

Les éleveurs s’engagent de plus en plus dans la production sous label (113 éleveurs d’agneaux sous la mère en label et 15 engagés en Agno bio).

La production d’agneaux laitiers pour 2013 par contre, a enregistré une baisse (baisse des cours des agnelets en début d’année, mévente des agneaux gras en début de saison). Heureusement, l’action de promotion menée par Agno interpro, de février à Pâques, autour de l’agneau du Patrimoine a relancé la dynamique du marché, avec des ventes importantes dans les GMS partenaires.

Nouvelle dynamique en bio

Grâce au programme de développement Avenir Bio mené par Aprovia et l’entreprise Greffeuille Aveyron, la filière d’agneaux AB prend son envol. Le nombre de brebis engagées dépasse les 10 000 têtes aussi bien en viande qu’en lait et 5 élevages supplémentaires ont été enregistrés en 2013. Une prime de contre saison est maintenue pour encourager la production à l’automne. «En 2014, nous sommes déjà en avance sur la production avec un nombre de brebis en augmentation», souligne Jean-Luc Bruel, directeur d’Aprovia. «Ce programme a apporté un nouveau souffle à notre activité en bio que nous avions démarrée en 1996. Nous avons ainsi appris que nous étions parmi les premiers opérateur en ovins bio de France», complète Philippe Tabardel. Outre des journées de promotion comme la rencontre régionale en janvier, une campagne de publicité sur l’agnelet bio à Paris pendant le Salon de l’agriculture, le projet de développement contractualisé avec l’agence Bio se penche aussi sur l’accompagnement et l’encouragement des projets ainsi que sur la recherche de nouveaux débouchés.

Ne pas oublier la technique !

L’un des points du discours des responsables de l’OP a touché à la technique : «Certes nous bénéficions d’une bonne conjoncture en prix, d’une politique de soutien à la qualité et d’un rééquilibrage de la PAC favorable mais les éleveurs ne doivent pas oublier de rester pointus sur la production», a rappelé Philippe Tabardel, insistant sur les fondamentaux : autonomie et productivité.

Ce rappel à la vigilance répond aux premières estimations d’une enquête réalisée dans 130 élevages de l’Aveyron, du Tarn et du Tarn et Garonne qui révèle une petite baisse de la marge brute (autour de 5 euros par brebis) et une baisse productivité qui se traduit par -4,5 euros/brebis alors que les charges alimentaires ont diminué et que le prix de l’agneau a progressé ! Les adhérents d’Aprovia peuvent compter sur l’appui technique de leur OP qui leur a rappelé les leviers d’action : équilibre alimentaire, gestion des mises-bas, maîtrise des pathologies, élimination des brebis vides, un ratio bélier par brebis suffisant, des choix génétiques...

Eva DZ

01 mai 2014

Assemblée générale de l’IRVA : une dynamique tournée vers les jeunes !

L’assemblée générale de l’Interprofession du Veau d’Aveyron et du Ségala (IRVA) s’est déroulée vendredi 25 avril à Baraqueville sous la présidence de Patrick Mouysset. Le bilan 2013 affiche une bonne dynamique pour les 20 ans d’un label rouge fêté avec succès et qui veut attirer de jeunes éleveurs.


La filière IRVA a tiré son épingle du jeu en 2013 dans un contexte national enregistrant une baisse de 0,5 % de la viande de boucherie, et une diminution du volume de viande de veau estimé à 2,2 % l’an dernier. Avec un prix moyen en hausse de 2,8% (environ 15,23 euros/kg), la viande de veau est toujours demandée, avec un label rouge IRVA qui la place dans les produits haut de gamme, aux yeux des consommateurs. Au niveau national, le prix du veau a progressé en moyenne de 11,5 % avec un total de 1?332?400 têtes abattues et contrôlées. Le Veau d’Aveyron et du Ségala représente 1,44 % des animaux abattus.
L’IRVA a enregistré en 2013 un volume de 28 785 veaux engagés dans la filière. En très légère baisse comparé à l’année 2012 qui comptait 29 880 unités. En revanche, pour les animaux labellisés, le bilan 2013 est de 19 224 têtes, supérieur de 5,45 % par rapport à 2012. En 2013, la filière IRVA a rassemblé 643 éleveurs organisés en OP ou indépendants. Sur ce total, 591 ont vendu des veaux label rouge, dont 533 avec un seul acheteur. En 2013, les acheteurs et abatteurs ont traité 19 224 veaux label, soit 4 278 tonnes. Par abattoir, Bigard arrive en tête avec 2 862 tonnes, suivi de Rodez-Arsac avec 1 009 tonnes, puis Carmaux, 269 tonnes et Villefranche-de-Rouergue, 178 tonnes. La filière compte 19 acheteurs vifs et 15 opérateurs (abatteurs...).
La commercialisation était faite l’an dernier par 24 bouchers, 154 GMS (dont 119 Auchan et 24 Intermarché), 62 Drives Auchan et 910 points de vente surgelés Picard. A cela, il faut ajouter les circuits de restauration collective et commerciale et les autres ventes sur internet (Auchan, Picard, Toupargel...).

Renouvellement des générations

Parmi les activités 2013, il faut noter le travail toujours en cours avec les pouvoirs publics sur la mise à jour du cahier des charges et celui sur la valorisation des cuirs des animaux en lien avec un  tanneur. Autre gros dossier, le renouvellement des générations, comme l’a rappelé le président Patrick Mouysset. «C’est un axe de développement pour l’IRVA qui souhaite une implication de jeunes éleveurs dans la filière. Il a pour ambition de promouvoir notre production auprès de jeunes éleveurs, dont les hors cadre», indique le président de l’IRVA.
Selon l’IRVA, la filière rassemble 643 fermes avec 55 mères en moyenne. «Et 190 éleveurs ont plus de 55 ans», ajoute Patrick Mouysset, «nous devons donc préparer l’avenir afin de maintenir la production et notre taux de labellisation». Un projet d’analyse globale technique et sanitaire sera lancé mi-mai, en lien avec la FNGDS, lors de la mise en place d’un groupe-pilote d’éleveurs. Ce projet est mené en parallèle à la création d’un groupe «Jeunes Eleveurs» IRVA réuni pour la première fois le 18 avril. «Nous parlons beaucoup de jeunes dans notre filière, il est donc important de les écouter ! L’objectif est d’échanger sur la transmission, l’installation, l’allégement des contraintes de notre production et de définir des outils. Le bureau IRVA pourrait pourquoi pas accueillir un membre du groupe JE».
L’année 2013 a été celle des 20 ans pour le label rouge, fêté en juin à Sauveterre de Rouergue, et illustré par une exposition de photos. Elles sont à nouveau présentées jusqu’au 30 septembre sur l’aire du viaduc de Millau (voir la VP de la semaine dernière). L’expo attend plus de 700 000 visiteurs avec des animations d’éleveurs pour les journées à forte fréquentation. «C’est une manière de positiver sur notre production auprès du grand public. Et une opportunité à saisir. Un million de personnes passent sur le viaduc chaque année !».
Didier BOUVILLE

17 avril 2014

Association producteurs lait montagne : une nouvelle enseigne en Aveyron

L’association des producteurs de lait montagne (APLM) avance pas à pas. Elle approvisionne aujourd’hui 70 ensei-gnes dans les 7 départements du Massif Central concernés, dont la petite dernière, l’Intermarché de Sévérac le Château et St Geniez d’Olt.

Les producteurs du canton de Sévérac le Château se préparent à animer les rayons lait de l’Intermarché de Sévérac le Château et St Geniez d’Olt, en particulier à promouvoir leur lait Montagne, vendredi 18 et samedi 19 avril. Cette enseigne vient en effet de rejoindre les 70 magasins qui distribuent la marque, propriété des producteurs. Ils sont répartis sur les départements du Massif Central, zone de production et de transformation du lait Montagne et quelques-uns dans le bassin toulousain. D’autres projets sont en cours.

«Nous sommes 26 producteurs de lait adhérents à l’APLM sur le canton de Sévérac, soit 11 exploitations, ce qui représente plus de 60 % des fermes laitières locales», situe Clément Chayriguès, producteur de lait à Lapanouse, adhérent à l’APLM. Ils viennent gonfler les rangs des 1?000 producteurs de lait que recense actuellement l’association, créée en décembre 2010. Ils viennent de l’Aveyron (340), du Cantal, de la Lozère, de la Haute-Loire, du Puy de Dôme, de la Corrèze et de la Creuse, tous producteurs en zone de montagne. De même les usines de transformation sont situées en zone de montagne.

Un projet de territoire

«Notre démarche est un projet de territoire parce que notre ambition est de valoriser la production laitière en zone de montagne, d’arriver à dégager une valeur ajoutée aux producteurs grâce à la commercialisation de notre marque collective, de maintenir une économie régionale et des emplois à travers des exploitations et des usines de transformation», rapellent les producteurs du canton adhérents à l’APLM. «Notre réussite passe par la reconnaissance locale», poursuivent les producteurs, qui s’investissent donc dans les animations de magasins.

Pour Eric Bonamy, PDG de l’Intermarché de Sévérac le Château et St Geniez d’Olt, deux nouveaux distributeurs de Mont Lait, ce partenariat est «tout naturel» : «Dans nos magasins, nous jouons la carte des produits locaux, à chaque fois que l’on peut contribuer à la promotion des produits du terroir, on essaie de jouer le jeu. C’est un partenariat gagnant-gagnant où chacun gagne sa vie». Son statut de commerçant indépendant lui permet d’ailleurs de privilégier un approvisionnement local de ses produits. «Nous participons tous à l’économie locale, en travaillant ensemble, nous assurons notre avenir à tous», a-t-il ajouté.

Vu la belle progression dans les magasins (de 30 à 70 ensei-gnes en quelques mois), l’APLM s’est fixé un objectif d’un million de litres de Mont Lait d’ici la fin de l’année. «Lors des animations en magasins, nous avons constaté avec plaisir que les consommateurs apprécient notre produit et sont heureux de pouvoir contribuer à soutenir les producteurs de leur coin, par un acte d’achat que l’on peut qualifier de citoyen», témoigne Samuel Maymard, producteur de lait à Sévérac et adhérent à l’APLM. Et Eric Bonamy de confirmer l’attente des clients, de trouver des produits locaux dans leur magasin de proximité.

Le message des producteurs de lait montagne au sein de leur association et autour de leur marque Mont Lait poursuit son chemin !

Eva DZ

17 avril 2014

Parc naturel régional des Grands Causses : «speed-meeting» pour les circuits courts

Le CDASA de la Chambre d’agriculture, la Chambre de commerce et d’industrie et le Parc naturel régional des Grands Causses ont organisé un speed-meeting lundi 14 avril à Millau, rassemblant producteurs en circuits courts et acheteurs régionaux.?Une première qui a rencontré le succès.

Avec ses plus de 200 producteurs commercialisant en circuit court ou en vente direct, le Parc naturel régional des Grands Causses observe depuis plusieurs années un engouement pour ce type d’installation ou de système. «Nous sommes en effet passés de la production de niche à celle de filière», commente François Giacobbi, président du CDASA, personne associée au Parc des Grands Causses par le comité interconsulaire (Chambres d’agriculture, métiers et artisanat et du commerce et de l’industrie).

80 participants

Ce premier speed-meeting a réuni 40 producteurs et autant d’acheteurs régionaux à Millau, sous la houlette de Joël Thomas, animateur circuits courts au CDASA, Michel Frayssignes, responsable du Pôle Commerces de la CCI de l’Aveyron et Nadège Grimal, chargée de communication du Parc. Du côté des acheteurs, il fallait noter la présence de 3 grossistes, 11 restaurateurs, 20 détaillants (épiceries de moins de 200 m2), et 4 cuisines centrales. «Des producteurs nous ont confié, suite à une enquête, manquer d’échanges avec les commerçants», ajoute François Giacobbi. «Il y a un manque de contacts entre ces deux groupes de professionnels qu’il fallait réparer ! Cette journée était programmée dans un esprit de convivialité, où chaque participant avait douze minutes pour convaincre l’autre». Le principe du speed-meeting permet de rencontrer un maximum de personnes en peu de temps, d’échanger les cartes de visites, ou de présenter éventuellement des échantillons de produits.

Territoire

«Nous avons remarqué une forte implication des producteurs pour une démarche de territoire. C’est aussi une marque de qualité pour les acheteurs séduits par le concept des circuits courts, caractérisé par un seul intermédiaire». La matinée, il y a eu des échanges entre les participants autour des interventions de Yuna Chiffoleau, chercheur INRA, spécialiste des circuits courts, Philippe Beaufort, chef de service à la Mission Territoires de la Chambre d’agriculture de l’Ariège, Vincent Gineste, du restaurant Cap-Vert de St-Affrique et Guy Dissous, grossiste de la société SODICAL installé à Aurillac.

Contacts commerciaux

Pour le patron de SODICAL, cette journée s’est traduite par des contacts commerciaux : «je suis intéressé par de l’agneau de lait, du porc fermier et les plantes médicinales», atteste Guy Dissous. «Nous travaillons déjà avec un producteur de Veaux d’Aveyron par exemple. Le consommateur est sensible aux productions régionales. C’est une tendance qui mérite de se développer, qui nous distingue des GMS, mais qui est souvent freinée par le prix du produit. Il faut donc optimiser nos échanges, notamment pour le transport». Il poursuit : «Nous avons 80 supérettes dans le Cantal et les régions environnantes, et livrons également à 200?commerçants, bouchers, etc, et des cantines scolaires. Il y a moyen de mutualiser le transport, d’éviter de faire rouler à vide nos camions par exemple». «Des grossistes ont un maillage territorial intéressant pour les producteurs, sur plusieurs régions», confirme Michel Frayssignes. «Ils ont aussi une logistique importante à optimiser. Il est possible de trouver des synergies pour réunir efficacement ces deux mondes, producteurs et acheteurs». Durant la réunion, les producteurs ont également exprimé leur besoin d’organisation pour répondre aux appels d’offres. «Ce premier speed-meeting doit être prolongé par la création d’un petit groupe de travail, suite à l’enquête d’évaluation remplie par chaque participant», conclut Joël Thomas, satisfait de la réussite de la journée.

Didier BOUVILLE

27 mars 2014

Filière ovine : une journée pour conquérir de nouveaux producteurs

Eleveurs, organisations de producteurs, techniciens, responsables professionnels, étudiants, enseignants,... ainsi que tous les partenaires de la production ovine étaient invités à participer à une journée pour reconquérir des producteurs mardi 25 mars à Bezonnes.

Très prochainement, le premier jeune agriculteur bénéficiant du nouveau fonds d’investissement Labeliance Agri pour faciliter son installation, va concrétiser son projet en reprenant un élevage ovin dans le Morbihan. Ce nouveau dispositif est l’une des solutions pensées par la profession, en particulier la FNO, pour conquérir de nouveaux producteurs.

Chaque année, en effet la production ovine perd une centaine d’éleveurs. Confrontée à une vraie problématique du renouvellement des générations, elle a lancé un plan de reconquête en 2009 qu’elle présente dans les départements.

Une journée pédagogique

La section ovins viande de la FDSEA en partenariat avec les JA, le comité de bassin de la Chambre d’agriculture et la FRSEB ont ainsi invité tous les acteurs de la filière en Aveyron, à découvrir les nouveaux outils à leur disposition pour relancer la production. «Aujourd’hui plus que la production d’agneaux, nous devons aussi évoquer la production de producteurs», sourit Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA. «L’Aveyron, en tant que premier département moutonnier de France, se doit d’aborder ce souci de renouvellement des éleveurs en proposant cette journée pédagogique», a-t-il complété. «Notre production se porte mieux depuis le rééquilibrage des aides, les prix ont été revalorisés depuis quelques années et nous pouvons compter sur une filière dynamique et organisée autour d’OP, d’outils d’abattage et de transformation, de signes officiels de qualité,... Pour toutes ces raisons, l’élevage ovin doit perdurer et nos structures doivent accompagner cette relance», a-t-il convaincu.

Plus de 70 personnes ont donc assisté à cette rencontre, d’abord en salle pour les explications puis sur l’élevage ovins de la famille Petit à Bezonnes dont la fille est en phase de pré-installation.

Pour expliquer les nouveaux outils mis en place par la profession, les organisateurs ont convié Mylène Foussier, chargée de mission sur le dossier reconquête ovine à la FNO, également en charge du nouveau dispositif Labeliance Agri, fonds d’investissement.

La reconquête ovine initiée par la profession, se décline en trois volets : communication et promotion de la production ovine et du métier d’éleveur (Trophées de l’élevage, Ovinpiades,...), appui technique aux producteurs pour améliorer leurs résultats (site internet, vidéos pratiques, fiches techniques, réseau de fermes de démonstration) et création de nouvelles troupes ovines.

Sur ce point, la profession a réfléchi à des solutions innovantes en collaboration avec les JA. C’est ainsi qu’elle a lancé Labeliance Agri, fonds d’investissement qui vient compléter les dispositifs existants de soutiens financiers à l’installation pour les jeunes qui n’ont pas assez de fonds propres. «Ce n’est en aucun cas une solution de remplacement du système existant mais ce dispositif vient en complément des appuis bancaires et d’aides à l’installation. C’est un moyen de faciliter l’installation de jeunes qui n’ont pas suffisamment d’apport de fonds propres», a introduit Mylène Foussier.

L’agriculteur reste majoritaire

Labeliance Agri veut faciliter les installations. Ce dispositif est ouvert à tout type de projet (création d’atelier, reprise, développement) et s’appuie sur une société d’investissement Labeliance Invest. Il n’est pour l’heure décliné que dans la production ovine mais d’ores et déjà d’autres productions réfléchissent à son application.

Il se base sur trois partenaires : l’exploitant qui reste majoritaire en apport de capital, les investisseurs via Labeliance et le GUFA (groupement d’utilisation de financement agricole). Ce dernier, composé de la FNO, d’Interbev Ovins et de Races de France, vient en appui à l’agriculteur, il l’accompagne dans le suivi de son dossier et lui apporte toute l’expertise économique et technique dans la concrétisation de son projet. La seule forme juridique possible à ce jour est la SCEA.

Un outil sécurisé

Ce portage court sur 8 à 10 ans. Le fonds d’investissement apporte 25 000 euros minimum ou 20% maximum, l’apport personnel de l’exploitant est au minimum de 10%. Les frais de gestion s’élèvent à 2% par an. Le résultat est capitalisé annuellement, un objectif d’EBE et de résultat net est défini au cours de l’étude du plan de financement avec une prime automatiquement versée en cas de surperformance. Le plan de financement est soumis à l’accord des trois associés. Au moment de la fin du portage, le rachat des parts du fonds Labeliance et du Gufa est fixé entre 135% et 155% maximum du prix initial.

Un deuxième volet se décline pour l’acquisition de foncier, sur la base du fermage classique et associée à la production d’énergie photovoltaïque sur bâtiment.

Un outil aussi pour le foncier

Au niveau de la région Midi-Pyrénées, un dispositif encore peu connu, permet aux candidats à l’installation d’acquérir progressivement du foncier. Ce «financement relais» est porté par la Région Midi-Pyrénées, les SAFER et les caisses régionales de Crédit Agricole de la zone. Il est ouvert aux candidats à l’installation aidée (- de 40 ans, diplôme de niveau IV, hors cadre ou dans le cadre familial mais avec création ou développement d’atelier). Il permet de différer l’achat de foncier non bâti pour réduire l’investissement au moment de l’installation (portage sur 5 à 10 ans - 150 000 euros maximum). La redevance annuelle versée par le jeune à la SAFER pendant le portage sera déduite du prix d’achat du foncier à l’issue. Le prix étant basé sur le barême départemental du fermage. Cet outil a déjà fait ses preuves en région Aquitaine.

Un autre moyen de faciliter les installations.

Eva DZ

27 mars 2014

Avant l’assemblée générale d’UNICOR : une activité 2013 en progression

L’assemblée générale du groupe coopératif UNICOR s’est réunie ce vendredi matin 28 mars à Baraqueville. Le président Jean-Claude Virenque et le directeur général Yves Bioulac ont fait le point à la veille de l’assemblée générale.

«C’est mon deuxième exercice comme président.?Et il est meilleur que le dernier», confie Jean-Claude Virenque, président du groupe coopératif UNICOR depuis deux ans. Après une année 2012 délicate suite «aux difficultés de la filière viande dans un contexte concurrentiel exacerbé», UNICOR a consolidé ses positions l’an dernier avec un chiffre d’affaires en hausse de 13,5?%.?«Nous avons puisé dans nos ressources globales pour redresser la situation, redéployer nos forces en filières ovines et bovines. Notre nouvel outil COMIBEV (export sur le bassin méditerranéen) a permis d’équilibrer l’offre et la demande de l'engraissement d’agneaux de Roquefort en abondant les caisses de péréquations ovines et sécuriser ainsi la production».

En productions animales, il faut noter une hausse de 5?% des volumes chez les bovins, et de 19,6?% pour les palmipèdes gras.?«Ce dernier secteur ne connaît pas la crise.?Il est capable d’installer des jeunes avec des ateliers performants et rémunérateurs». La nouvelle filière «Canard de l’Aveyron» mise en place avec la Quercynoise dans le Lot est par ailleurs encourageante.

Sites d’abattage

L’année 2013 a toutefois connu «quelques tensions sur les sites d’abattages», dont ceux de la filiale Arcadie-Sud-Ouest et ses deux unités aveyronnaises d’Arsac et de Ste-Geneviève sur Argence. «Nous avons en effet souffert en 2012, puis remis les choses dans le bons sens en 2013 en retrouvant nos fondamentaux, dont la valorisation de nos filières qualité. Avec des fleurons comme le Veau d’Aveyron et du Ségala et l’Agneau du Pays d’Oc», précise Jean-Claude Virenque. Les deux sites d’abattage emploient près de 200 salariés, sur les 1 100 que compte Arcadie dans la région Sud-Ouest, classé au 5ème rang des chevillards français.

Machinisme et nouvelle donne

La branche machinisme a connu en 2013 «une année record» avec un chiffre d’affaires de plus de 28 millions d’euros, en hausse de 19,3?%, «et une progression sur tous les secteurs d’activité (prestations de services, neuf, occasion, pièces...)».

Depuis le 1er janvier, ce secteur a été totalement revu chez UNICOR et sa filiale CADAUMA Equipements, suite au nouveau partenariat avec AGCO.?Les deux nouvelles filiales SERVIMA et ALTIMA distribuent respectivement les gammes Valtra et Fendt. «C’est un challenge important», concède Jean-Claude Virenque, «après 52 années de concession de la marque John Deere». Et d’ajouter : «nous avons fait le choix de la coopération, de ses valeurs, de la proximité avec tous nos adhérents.?Nous n’avons donc pas renoncé à nos fondamentaux et proposons des gammes adaptées aux besoins et aux attentes des éleveurs».?

Si le secteur machinisme ne représente «que 10?% de l’activité du groupe UNICOR», il en demeure un solide pilier pour la coopérative, avoue Yves Bioulac, «avec deux enjeux».?Il est en effet «sociétal avec la distribution de matériels performants permettant notamment de réduire les intrants.?Et social en aidant les éleveurs à réduire l’astreinte au travail avec du matériel de pointe ou automatisé».?Selon le directeur général, les premiers mois de l’année sont jugés «très encourageants dans ce secteur, avec une offre de produits plus ouverte permettant de travailler avec de nouveaux clients».

Autre activité marquante, celle de la cave des Vignerons du Vallon à Valady qui voit son chiffre d’affaires croître de 6,5?% en 2013. «Le nouveau caveau et son lieu de vente portent positivement leurs effets chez les 28 adhérents (AOC?Marcillac)», assure Yves Bioulac. Autre point fort de l’année 2013, la création d’un poste de directeur de Productions végétales. Outre les silos de Baraqueville et de Vabres l’Abbaye, UNICOR veut créer une nouvelle plate-forme céréales dans le Caussadais pour environ 10?000?tonnes.

Nouvelle PAC

Enfin, s’agissant de la nouvelle PAC, Jean-Claude Virenque souhaite que «ce bonus soit utilisé pour développer les productions, dans un souci de performance et de vitalité pour l’ensemble du tissu agricole». Il précise : «il faudra moderniser et dynamiser les outils de productions pour préparer l’avenir, avec l’ambition de maintenir des volumes importants». Il insiste sur «la nécessité d’investir dans les exploitations agricoles pour pérenniser l’activité.?C’est fondamental pour conserver des territoires actifs appuyés sur une agriculture dynamique».

Jean-Claude Virenque a annoncé la présence de Damien Lacombe, président du groupe laitier coopératif Sodiaal venu en voisin, parler de la coopération lors de l’assemblée générale d’UNICOR. «L’objectif est de croiser nos expériences.?Nous ne collectons pas de lait mais nous accompagnons les producteurs laitiers dans leur métier. Dans cette production, le marché est soutenu avec des espoirs de développement».

La Volonté Paysanne reviendra sur le contenu de cette assemblée générale d’UNICOR dans sa prochaine édition.

Didier BOUVILLE

27 mars 2014

Filière ovine : une journée pour conquérir de nouveaux producteurs

Eleveurs, organisations de producteurs, techniciens, responsables professionnels, étudiants, enseignants,... ainsi que tous les partenaires de la production ovine étaient invités à participer à une journée pour reconquérir des producteurs mardi 25 mars à Bezonnes.

Très prochainement, le premier jeune agriculteur bénéficiant du nouveau fonds d’investissement Labeliance Agri pour faciliter son installation, va concrétiser son projet en reprenant un élevage ovin dans le Morbihan. Ce nouveau dispositif est l’une des solutions pensées par la profession, en particulier la FNO, pour conquérir de nouveaux producteurs.

Chaque année, en effet la production ovine perd une centaine d’éleveurs. Confrontée à une vraie problématique du renouvellement des générations, elle a lancé un plan de reconquête en 2009 qu’elle présente dans les départements.

Une journée pédagogique

La section ovins viande de la FDSEA en partenariat avec les JA, le comité de bassin de la Chambre d’agriculture et la FRSEB ont ainsi invité tous les acteurs de la filière en Aveyron, à découvrir les nouveaux outils à leur disposition pour relancer la production. «Aujourd’hui plus que la production d’agneaux, nous devons aussi évoquer la production de producteurs», sourit Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA. «L’Aveyron, en tant que premier département moutonnier de France, se doit d’aborder ce souci de renouvellement des éleveurs en proposant cette journée pédagogique», a-t-il complété. «Notre production se porte mieux depuis le rééquilibrage des aides, les prix ont été revalorisés depuis quelques années et nous pouvons compter sur une filière dynamique et organisée autour d’OP, d’outils d’abattage et de transformation, de signes officiels de qualité,... Pour toutes ces raisons, l’élevage ovin doit perdurer et nos structures doivent accompagner cette relance», a-t-il convaincu.

Plus de 70 personnes ont donc assisté à cette rencontre, d’abord en salle pour les explications puis sur l’élevage ovins de la famille Petit à Bezonnes dont la fille est en phase de pré-installation.

Pour expliquer les nouveaux outils mis en place par la profession, les organisateurs ont convié Mylène Foussier, chargée de mission sur le dossier reconquête ovine à la FNO, également en charge du nouveau dispositif Labeliance Agri, fonds d’investissement.

La reconquête ovine initiée par la profession, se décline en trois volets : communication et promotion de la production ovine et du métier d’éleveur (Trophées de l’élevage, Ovinpiades,...), appui technique aux producteurs pour améliorer leurs résultats (site internet, vidéos pratiques, fiches techniques, réseau de fermes de démonstration) et création de nouvelles troupes ovines.

Sur ce point, la profession a réfléchi à des solutions innovantes en collaboration avec les JA. C’est ainsi qu’elle a lancé Labeliance Agri, fonds d’investissement qui vient compléter les dispositifs existants de soutiens financiers à l’installation pour les jeunes qui n’ont pas assez de fonds propres. «Ce n’est en aucun cas une solution de remplacement du système existant mais ce dispositif vient en complément des appuis bancaires et d’aides à l’installation. C’est un moyen de faciliter l’installation de jeunes qui n’ont pas suffisamment d’apport de fonds propres», a introduit Mylène Foussier.

L’agriculteur reste majoritaire

Labeliance Agri veut faciliter les installations. Ce dispositif est ouvert à tout type de projet (création d’atelier, reprise, développement) et s’appuie sur une société d’investissement Labeliance Invest. Il n’est pour l’heure décliné que dans la production ovine mais d’ores et déjà d’autres productions réfléchissent à son application.

Il se base sur trois partenaires : l’exploitant qui reste majoritaire en apport de capital, les investisseurs via Labeliance et le GUFA (groupement d’utilisation de financement agricole). Ce dernier, composé de la FNO, d’Interbev Ovins et de Races de France, vient en appui à l’agriculteur, il l’accompagne dans le suivi de son dossier et lui apporte toute l’expertise économique et technique dans la concrétisation de son projet. La seule forme juridique possible à ce jour est la SCEA.

Un outil sécurisé

Ce portage court sur 8 à 10 ans. Le fonds d’investissement apporte 25 000 euros minimum ou 20% maximum, l’apport personnel de l’exploitant est au minimum de 10%. Les frais de gestion s’élèvent à 2% par an. Le résultat est capitalisé annuellement, un objectif d’EBE et de résultat net est défini au cours de l’étude du plan de financement avec une prime automatiquement versée en cas de surperformance. Le plan de financement est soumis à l’accord des trois associés. Au moment de la fin du portage, le rachat des parts du fonds Labeliance et du Gufa est fixé entre 135% et 155% maximum du prix initial.

Un deuxième volet se décline pour l’acquisition de foncier, sur la base du fermage classique et associée à la production d’énergie photovoltaïque sur bâtiment.

Un outil aussi pour le foncier

Au niveau de la région Midi-Pyrénées, un dispositif encore peu connu, permet aux candidats à l’installation d’acquérir progressivement du foncier. Ce «financement relais» est porté par la Région Midi-Pyrénées, les SAFER et les caisses régionales de Crédit Agricole de la zone. Il est ouvert aux candidats à l’installation aidée (- de 40 ans, diplôme de niveau IV, hors cadre ou dans le cadre familial mais avec création ou développement d’atelier). Il permet de différer l’achat de foncier non bâti pour réduire l’investissement au moment de l’installation (portage sur 5 à 10 ans - 150 000 euros maximum). La redevance annuelle versée par le jeune à la SAFER pendant le portage sera déduite du prix d’achat du foncier à l’issue. Le prix étant basé sur le barême départemental du fermage. Cet outil a déjà fait ses preuves en région Aquitaine.

Un autre moyen de faciliter les installations.

Eva DZ

27 mars 2014

Avant l’assemblée générale d’UNICOR : une activité 2013 en progression

L’assemblée générale du groupe coopératif UNICOR s’est réunie ce vendredi matin 28 mars à Baraqueville. Le président Jean-Claude Virenque et le directeur général Yves Bioulac ont fait le point à la veille de l’assemblée générale.

«C’est mon deuxième exercice comme président.?Et il est meilleur que le dernier», confie Jean-Claude Virenque, président du groupe coopératif UNICOR depuis deux ans. Après une année 2012 délicate suite «aux difficultés de la filière viande dans un contexte concurrentiel exacerbé», UNICOR a consolidé ses positions l’an dernier avec un chiffre d’affaires en hausse de 13,5?%.?«Nous avons puisé dans nos ressources globales pour redresser la situation, redéployer nos forces en filières ovines et bovines. Notre nouvel outil COMIBEV (export sur le bassin méditerranéen) a permis d’équilibrer l’offre et la demande de l'engraissement d’agneaux de Roquefort en abondant les caisses de péréquations ovines et sécuriser ainsi la production».

En productions animales, il faut noter une hausse de 5?% des volumes chez les bovins, et de 19,6?% pour les palmipèdes gras.?«Ce dernier secteur ne connaît pas la crise.?Il est capable d’installer des jeunes avec des ateliers performants et rémunérateurs». La nouvelle filière «Canard de l’Aveyron» mise en place avec la Quercynoise dans le Lot est par ailleurs encourageante.

Sites d’abattage

L’année 2013 a toutefois connu «quelques tensions sur les sites d’abattages», dont ceux de la filiale Arcadie-Sud-Ouest et ses deux unités aveyronnaises d’Arsac et de Ste-Geneviève sur Argence. «Nous avons en effet souffert en 2012, puis remis les choses dans le bons sens en 2013 en retrouvant nos fondamentaux, dont la valorisation de nos filières qualité. Avec des fleurons comme le Veau d’Aveyron et du Ségala et l’Agneau du Pays d’Oc», précise Jean-Claude Virenque. Les deux sites d’abattage emploient près de 200 salariés, sur les 1 100 que compte Arcadie dans la région Sud-Ouest, classé au 5ème rang des chevillards français.

Machinisme et nouvelle donne

La branche machinisme a connu en 2013 «une année record» avec un chiffre d’affaires de plus de 28 millions d’euros, en hausse de 19,3?%, «et une progression sur tous les secteurs d’activité (prestations de services, neuf, occasion, pièces...)».

Depuis le 1er janvier, ce secteur a été totalement revu chez UNICOR et sa filiale CADAUMA Equipements, suite au nouveau partenariat avec AGCO.?Les deux nouvelles filiales SERVIMA et ALTIMA distribuent respectivement les gammes Valtra et Fendt. «C’est un challenge important», concède Jean-Claude Virenque, «après 52 années de concession de la marque John Deere». Et d’ajouter : «nous avons fait le choix de la coopération, de ses valeurs, de la proximité avec tous nos adhérents.?Nous n’avons donc pas renoncé à nos fondamentaux et proposons des gammes adaptées aux besoins et aux attentes des éleveurs».?

Si le secteur machinisme ne représente «que 10?% de l’activité du groupe UNICOR», il en demeure un solide pilier pour la coopérative, avoue Yves Bioulac, «avec deux enjeux».?Il est en effet «sociétal avec la distribution de matériels performants permettant notamment de réduire les intrants.?Et social en aidant les éleveurs à réduire l’astreinte au travail avec du matériel de pointe ou automatisé».?Selon le directeur général, les premiers mois de l’année sont jugés «très encourageants dans ce secteur, avec une offre de produits plus ouverte permettant de travailler avec de nouveaux clients».

Autre activité marquante, celle de la cave des Vignerons du Vallon à Valady qui voit son chiffre d’affaires croître de 6,5?% en 2013. «Le nouveau caveau et son lieu de vente portent positivement leurs effets chez les 28 adhérents (AOC?Marcillac)», assure Yves Bioulac. Autre point fort de l’année 2013, la création d’un poste de directeur de Productions végétales. Outre les silos de Baraqueville et de Vabres l’Abbaye, UNICOR veut créer une nouvelle plate-forme céréales dans le Caussadais pour environ 10?000?tonnes.

Nouvelle PAC

Enfin, s’agissant de la nouvelle PAC, Jean-Claude Virenque souhaite que «ce bonus soit utilisé pour développer les productions, dans un souci de performance et de vitalité pour l’ensemble du tissu agricole». Il précise : «il faudra moderniser et dynamiser les outils de productions pour préparer l’avenir, avec l’ambition de maintenir des volumes importants». Il insiste sur «la nécessité d’investir dans les exploitations agricoles pour pérenniser l’activité.?C’est fondamental pour conserver des territoires actifs appuyés sur une agriculture dynamique».

Jean-Claude Virenque a annoncé la présence de Damien Lacombe, président du groupe laitier coopératif Sodiaal venu en voisin, parler de la coopération lors de l’assemblée générale d’UNICOR. «L’objectif est de croiser nos expériences.?Nous ne collectons pas de lait mais nous accompagnons les producteurs laitiers dans leur métier. Dans cette production, le marché est soutenu avec des espoirs de développement».

La Volonté Paysanne reviendra sur le contenu de cette assemblée générale d’UNICOR dans sa prochaine édition.

Didier BOUVILLE

12 septembre 2013

Blonde d’Aquitaine : Yves Alcouffe : «une race en plein essor»

Yves Alcouffe, président du syndicat départemental des éleveurs de Blondes d’Aquitaine, prépare l'événement avec son équipe depuis trois ans. Rencontre sur sa ferme à Saint-Salvadou, à la veille du rendez-vous national de Baraqueville.

Qui est le président aveyronnais des Blondes d’Aquitaine ?

«Je suis éleveur depuis 1991, après avoir été entrepreneur de travaux agricoles, sur une exploitation de 70 ha avec 60 mères Blondes d’Aquitaine.?Je commercialise mes reproducteurs avec La Capel, coopérative travaillant aussi avec le Lot, le Tarn et Garonne, et auprès de négociants du Gers et de l’Aveyron. Mes broutards partent vers l’Italie. Je suis président du syndicat Blonde d’Aquitaine depuis huit ans et par ailleurs adjoint au maire de St-Salvadou (600 habitants).

Que représente la Blonde d’Aquitaine en Aveyron ?

Nous comptons aujourd’hui 31?280 vaches, dont 1?020 inscrites au livre généalogique. La race est surtout présente dans le département depuis 20 ans. Beaucoup d’éleveurs possèdent aujourd’hui des Blondes d’Aquitaine, comme ceux produisant du Veau d’Aveyron et du Ségala. Ils prennent des taureaux Blonds pour avoir une viande plus persillée.?Le marché se développe pour les reproducteurs mâles de race Blonde d’Aquitaine, grâce à ses qualités bouchères reconnues. Elle s’adapte à tous les climats et à tous types de terrain.

Votre élevage est aussi reconnu pour la qualité de ses bêtes...

Nous avons eu en effet un champion mâle lors du National Blond 2009 d’Auch avec Velsatis qui est allé trois fois sur un podium national, comme le concours général agricole de Paris.?Notre taureau Darly (1?600?kg) est lui aussi monté trois fois sur un podium national. Mon fils Cyprien, qui aura 24 ans le jour du national de Baraqueville, était au SPACE de Rennes avec Darly. Il y représentait la région Midi-Pyrénées avec un éleveur du Tarn.

Comment s’est déroulée la préparation du national 2013 de Baraqueville ?

Nous y travaillons depuis trois ans, avec une réunion par semaine depuis un an. J’ai heureusement été secondé par tous les éleveurs de Blondes d’Aquitaine, les JA et la Chambre d’agriculture de l’Aveyron. Pour le département, c’est un gros événement que nous avions déjà accueilli pour la première fois en 1991 à Baraqueville. On voulait le national en 2011 pour fêter les 20 ans, mais c’est Bergerac qui a été choisi. Les places du National sont toutes prises jusqu’en 2017.?L’an prochain, il aura lieu à Biarritz.

Comment avez-vous rencontré la Blonde d’Aquitaine ?

J’ai simplement flashé sur la race. C’est une bête harmonieuse, de qualité et assez docile à travailler.

L’Aveyron a-t-il ses chances au National 2013??

Nous serons une douzaine d’éleveurs aveyronnais.?J’y serai de mon côté avec une quinzaine d’animaux dont ceux de mon fils. Nous attendons la présence d’un maximum de personnes pour constater la qualité du travail de tous les éleveurs. Il y aura 60 départements représentés et un public de professionnels qui devra aussi apprécier les qualités du terroir aveyronnais, sa gastronomie et son accueil.?Le national Blond de Baraqueville fera la promotion de l’Aveyron et de ses filières, le Veau d’Aveyron et du Ségala avec l’IRVA, le Roquefort, le Laguiole, l’aligot..., sans compter les labels rouges de la race Blonde d’Aquitaine comme le label Blond ou Saveurs Occitanes. Notre souhait est que les éleveurs aveyronnais remportent un maximum de prix !».

Recueilli par Didier BOUVILLE

12 septembre 2013

Comment aborder l’avenir en production caprine ?

Le groupe caprin JA est à l’initiative d’une journée dédiée à sa production en partenariat avec le CER France et la Chambre d’agriculture. Tous les éleveurs de chèvres sont invités à venir «se poser les bonnes questions pour faire les bons choix» jeudi 19 septembre à la maison de l’agriculture à Rodez.

Comment se porte la production caprine ?

Matthieu Alazard : La mobilisation des éleveurs, sur les manifestations, auprès des élus, a payé. Je tiens d’ailleurs à remercier tous ceux qui se sont engagés à nos côtés. Grâce à ces actions, nous avons obtenu la nomination d’un médiateur et la mise en place d’une table-ronde qui a débouché sur l’augmentation de 60 euros/1000 litres effective à ce jour.

J’espère que lors des prochaines négociations, chacun aura pris conscience de son rôle et sera à même de faire son travail sans que les éleveurs soient obligés de manifester ! L’objectif est d’obtenir une négociation positive.

Quelles sont les perspectives ?

M. Alazard : Le manque de lait n’étant toujours pas compensé, la sous-réalisation peut nous permettre d’envisager une évolution positive pour début 2014.

L’augmentation récente du prix a redonné de la visibilité aux éleveurs mais elle ne suffit pas pour refaire les trésoreries toujours dans le rouge à l’heure où nous abordons la fin de campagne. La crise a été catastrophique, je pense en particulier aux jeunes installés qui ont commencé avec cette crise.

De plus la perte de 18% des volumes de production en deux ans traduit un véritable malaise.

En quoi cette journée caprine du 19 septembre peut-elle apporter des réponses ?

M. Alazard : Elle veut permettre de se poser les bonnes questions pour faire les bons choix en lien avec la situation financière des exploitations et la demande des laiteries notamment sur la désaisonnalité. Un point technique sera fait sur l’amont et l’aval de la filière.

Des éleveurs viendront témoigner de leur expérience concrète en la matière chiffres à l’appui. A partir de là, nous nous poserons les questions?: doit-on désaisonnaliser ? Le prix compensera-t-il les coûts induits par ce nouveau système ? Comment gérer son exploitation en conjoncture instable ?

Le CER France et la Chambre d’agriculture nous livreront des pistes pour faire le point sur les performances économiques et techniques des exploitations puis donneront des critères d’amélioration.

Vous présidez du 19 au 21 novembre la session nationale caprine en Saône et Loire. Quels seront les thèmes de travail ?

M. Alazard : En 2012, nous nous étions penchés sur le schéma économique de la filière caprine (gestion des volumes, rôle des éleveurs, de l’interpro, la sécurisation de la production et de la transformation en régions...). Cette année, nous poursuivons la réflexion sur le maintien de la production dans les régions, le renouvellement des générations et la création de valeur ajoutée.

Nous travaillerons notamment avec le responsable de la production animale au ministère de l’agriculture sur les raisons de la crise, sur ce qui a été mis en place et ce que l’on pourra mettre en place pour anticiper le plus possible ce type d’événement.

Nous aborderons aussi, bien sûr, l’avenir de la production caprine dans la future PAC.

Le tout dans un esprit de convivialité avec visites d’exploitations et d’un abattoir de chevreaux».

Recueillis par Eva DZ

12 septembre 2013

Tech Ovin : «Une belle vitrine»

Six éleveurs aveyronnais ont participé au salon Tech Ovin à Bellac les 4 et 5 septembre. Interview de Jean-François CAZOTTES, président de la section ovins viande de la FDSEA.

Comment avez-vous trouvé ce salon ?

C’était la première fois que nous y allions. Exclusivement dédié à l’élevage ovin (lait et viande) nous avons trouvé beaucoup d’informations sur l’identification électronique et la production en général. Il manquait un peu à mon sens, d’équipements en bergerie.

Nous avons aussi pu rencontrer les responsables de la FNO pour évoquer avec eux la prochaine PAC et les enjeux pour notre production.

Ce salon est une belle vitrine pour nos élevages ovins lait et viande, il reçoit de nombreuses délégations étrangères ainsi que des jeunes, ce qui ne peut être que positif pour l’avenir de notre filière.

Lors de ce salon, le ministre de l’agriculture a lancé officiellement le Gufa, fonds d’investissement pour accompagner les créateurs d’ateliers ovins. Qu’en est-il ?

Le gufa, groupement d’utilisation de financement agricole, a été créé par la FNO, Races de France et Interbev pour apporter un financement complémentaire aux candidats à l’installation ou créateurs d’ateliers ovins lait ou viande.

C’est un dispositif très intéressant pour le développement de notre filière qui va dans le sens de la reconquête ovine. C’est un bon outil complémentaire et une garantie supplémentaire pour maintenir la production et attirer de nouveaux éleveurs. Les premiers projets devraient aboutir cet automne. Et d’autres productions semblent intéressées.

Dans les mois à venir, nous prévoyons de présenter ce nouveau concept aux membres de la section ovins viande FDSEA pour le faire connaître».

Eva DZ

22 aout 2013

Journée caprine Jeunes Agriculteurs - Chambre d’agriculture - CER France

«Se poser les bonnes questions pour faire les bons choix»

Le groupe de réflexion sur la filière caprine de Jeunes Agriculteurs Aveyron, le CER France et la Chambre d’agriculture organisent jeudi 19 septembre de 10h à 16h30 à Rodez (maison de l’Agriculture, salle Moyrazès, ancienne DDA) une journée technico-économique à destination des éleveurs de chèvres.

Depuis maintenant plus de trois ans, la filière caprine est victime d’une conjoncture très défavorable due à une baisse du prix du lait accompagnée d’une explosion des coûts de production. Les éleveurs aveyronnais, dont les ateliers sont situés en zone défavorisée, ont particulièrement souffert de cette situation. Malgré une revalorisation du prix confirmée, les trésoreries sont aujourd’hui au plus mal, les dettes aux fournisseurs s’accumulent, ainsi que les prêts à court terme.

Face à cette lente dégradation de la filière, les JA de l’Aveyron ne sont pas restés inactifs. Ils ont multiplié les rencontres avec les laiteries et ont interpellé avec succès, en collaboration avec la FDSEA, les organisations professionnelles aveyronnaises afin qu’elles donnent un «coup de pouce» aux éleveurs en difficulté. Le syndicat aveyronnais a aussi contribué largement aux réflexions concernant la structuration de l’ensemble de la filière, notamment en matière de contractualisation.

Adaptabilité

Aujourd’hui, alors que le prix du lait est à la hausse, les JA souhaitent réfléchir à l’adaptabilité des exploitations face à des charges alimentaires élevées, et face aux enjeux de demain. Ils ont ainsi imaginé une journée technique et économique, à destination de tous les éleveurs de chèvres, mais concernant aussi les intervenants de la filière (laiteries, professionnels et administratifs d’OPA).

Cette journée qui s’intitule «Se poser les bonnes questions pour faire les bons choix», a pour ambition de donner des pistes de réflexion aux éleveurs sur les choix stratégiques les plus pertinents sur leurs exploitations.

Pour cela, plusieurs thèmes seront abordés tels que le désaisonnement (opportunité ou risque trop important ?) à travers des témoignages d’éleveurs pratiquant trois périodes de mises-bas : automne, hiver, printemps. Ces témoignages seront accompagnés d’une analyse technico économique des trois conduites.

Ensuite le CER France et la Chambre d’agriculture exposeront les méthodes d’analyse technique et économique des exploitations, ainsi que les points d’évolution possibles (par exemple, le litrage idéal par chèvre, la taille optimale de l’atelier, la durée de lactation, etc.).

Echanges

Au-delà d’un exposé technique et financier, cette journée se veut aussi et surtout un lieu d’échan-ges où chacun sera libre de poser des questions et de débattre avec les autres éleveurs et les techniciens.

C’est pourquoi les JA espèrent que les participants seront nombreux afin que les discussions soient les plus enrichissantes possibles. Le déjeuner permettra de discuter entre producteurs de manière conviviale (participation de 9 euros par éleveur). Un courrier d’invitation sera diffusé dans toutes les exploitations via les laiteries avec un bon d’inscription à retourner aux JA.

Renseignement au bureau JA au 05.65.73.77.84.

Article JA