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20 avril 2017

Assemblée générale Jeunes Agriculteurs Bien-être animal : le quotidien des éleveurs

Vendredi 14 avril, le syndicat Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron a organisé son assemblée générale annuelle à la Maison Saint Pierre à Rodez. A la suite du huis-clos, moment privilégié d’échanges au sein du réseau JA, les participants, adhérents et invités, ont assisté à une table ronde sur le bien-être animal en élevage, sujet ô combien sensible en ce moment.

La première partie de la réunion a permis aux jeunes agriculteurs présents de débattre avec les responsables départementaux, ainsi que Jérôme Pitot, administrateur national, en charge de la filière bovin viande, et Etienne Fouché, administrateur régional. Divers sujets ont été abordés concernant bien sûr l’installation, la PAC, mais aussi la prédation par le loup, motif de grandes inquiétudes chez les jeunes éleveurs de tout le département. Ce huis-clos s’est terminé par une note positive, à savoir l’annonce de la réintégration de toutes les communes aveyronnaises au sein de la zone défavorisée. Les responsables en ont profité pour rappeler l’importance de rester mobilisés sur les dossiers pour se faire entendre dans les plus hautes sphères.

A l’issue de ce temps d’échanges, tous les invités ont assisté à une table ronde sur la question du bien-être animal, animée par Sébastien Granier, co-président de Jeunes Agriculteurs Aveyron. L’introduction a été confiée à Laure Gaillard, vétérinaire au sein du groupe Unicor. Sur demande des JA, elle a rappelé les fondements de cette notion qui peut paraître abstraite et subjective.

Quel statut juridique ?

En préambule, la scientifique a rappelé le statut juridique de l’animal en France. Ce dernier a évolué au sein de trois codes : civil, pénal et rural. Le premier définit l’animal comme un bien meuble depuis 1804. C’est celui qui introduit la notion de propriété de l’homme sur l’animal. Le code rural, quant à lui, prend en compte le caractère sensible de l’animal dès 1976. Il oblige ainsi tout propriétaire à traiter chaque animal «dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce». Enfin, le code pénal sanctionne depuis 1999 les actes de cruauté envers les animaux. Récemment, c’est la réforme de l’article du code civil qui a provoqué de nombreux débats. Néanmoins, pour Laure Gaillard «cette modification n’a été que symbolique puisque l’animal reste toujours un bien». La modification de 2015 n’a en fait qu’introduit la notion de sensibilité, déjà présente dans le code rural.

Comment le définir ?

Les JA ont ensuite demandé à Laure Gaillard de donner une définition du bien-être animal. Après avoir rappelé que l’approche du bien-être animal dépend énormément de l’expérience et de la culture, la vétérinaire s’est appuyée sur le principe des 5 libertés, né en Grande Bretagne dans les années 1960 et repris aujourd’hui par l’organisation mondiale de santé animale (OIE). Cette définition contient les préconisations suivantes :

- absence de faim, de soif ou de malnutrition ;

- absence d’inconfort ;

- absence de douleur, blessure ou maladie ;

- absence de peur et d’anxiété

- possibilité d’exprimer des comportements normaux de l’espèce.

Ces fondamentaux, l’OIE a pour mission de les porter au sein de ses 180 pays membres, dont 150 sont en voie de développement.

Quel regard de la société ?

Laure Gaillard tente ensuite d’expliquer comment le regard de la société a changé ces dernières années. Selon elle, la relation entre l’homme et l’animal a évolué parallèlement à l’exode rural. «Le seul lien qu’un urbain a avec un animal, c’est dans son assiette ou dans les médias». De plus, la notion d’animal utile s’est perdue, au profit de la fonction de compagnie. «L’intensification de l’élevage a aussi joué un rôle, notamment le développement de l’élevage hors-sol, méconnu du grand public qui a l’impression qu’il s’agit d’un élevage caché, et donc suspect».

Au sein des défenseurs de la cause animale, deux courants coexistent aujourd’hui : le «welfarisme» et l’«abolitionnisme». Le premier a pour objectif l’amélioration du bien-être animal, sans remettre en cause les activités d’élevage, à l’inverse du second qui prône l’arrêt de toute activité «d’exploitation» des animaux.

Et dans les élevages ?

Afin d’appréhender le bien-être animal de manière concrète sur les élevages, Sébastien Maurel, directeur d’Uniservice, et Jean-François Alary, éleveur de vaches laitières au Gaec de l’Espérance (Vors), ont livré leur témoignage. Sébastien Maurel a expliqué les dernières innovations dans la construction de bâtiments. «Les priorités aujour-d’hui sont la ventilation, la régulation de la température et la luminosité des bâtiments d’élevage. Avec de nouveaux matériaux nous cherchons en effet à apporter un maximum de lumière tout en préservant les animaux de la chaleur». L’éleveur a ensuite présenté les aménagements et constructions réalisés par le Gaec dans l’objectif de loger 250 vaches laitières avec le plus de confort possible. Cela se traduit par un solarium en accès libre, une ventilation par des cloisons latérales gonflables et dégonflables en fonction de la température, des logettes équipées de matelas en mousse compactée et sciure, des tapis en pneux recyclés, un raclage toutes les 2 heures, une nursery individuelle puis collective en extérieur. Avec tous ces aménagements, Jean-François Alary estime avoir optimisé le confort et la santé des animaux, ainsi que le propre bien-être des éleveurs. En terme de résultat, le Gaec de l’Espérance est dans les plus bas en frais vétérinaires, tandis que la qualité du lait est optimale. Les quatre familles qui vivent de cette exploitation apprécient aussi le confort de travail et la réduction du temps d’astreinte. «Le confort de mes vaches, c’est mon bien-être», a-t-il confié.

Bien des indicateurs peuvent mesurer le bien-être animal. Ils peuvent être liés au niveau de production, à la bonne santé des animaux ou au niveau de stress. Mais selon Laure Gaillard, le plus efficace est le critère éthologique. Basé sur une observation intense du troupeau il permet de déceler les comportements anormaux liés à l’inadaptation d’un animal à son environnement. Une grille d’évaluation existe d’ailleurs depuis 10 ans : le projet Welfare Quality, porté par l’OIE. S’appuyant sur plus d’une trentaine de paramètres cette grille permet de donner une note à un élevage. «Plutôt inusitée aujourd’hui, on peut imaginer qu’à l’avenir cette notation pourrait rentrer dans des cahiers des charges existants, voire créer un label à elle seule. Cela permettrait d’augmenter la lisibilité envers les consommateurs», suppose la vétérinaire.

Valoriser les bonnes pratiques

C’est un projet qui ne paraît pas anecdotique aux yeux de l’interprofession des bétails et viandes, Interbev, tant ses réflexions se sont intensifiées dans le domaine de la communication auprès du grand public. Karen Statkiewicz, directrice de l’antenne régionale, a expliqué le travail en cours, initié il y a un an. «La viande est soumise depuis peu à de nombreuses interpellations médiatiques. Cela a conduit le consommateur à se poser beaucoup de questions sur son impact environnemental, en santé humaine, ainsi que sur le bien-être des animaux d’élevage. Afin de répondre à ces interrogations et endiguer la baisse continue de la consommation de viande, Interbev a créé une commission sur les enjeux sociétaux». Cette commission va s’atteler à qualifier et quantifier les pratiques sociétalement acceptables, sensibiliser la sphère politique, se rapprocher de la société et diffuser de l’information. Une des premières concrétisations de cette cellule est une publication collaborative entre Interbev et 4 ONG environnementales, con-cernant l’élevage bovin allaitant et le climat. A l’issue de ce travail de longue haleine, Interbev ambitionne de mettre en place avec la société un véritable PACTE, pour progrès, avenir, concertation, transparence, expertise. Ces 5 valeurs concerneront tous les maillons de la chaîne de production de viande, de l’élevage à la distribution.

Interbev œuvre aussi à répondre aux attaques des «anti-élevage», qui occupent une grande place dans les medias et sont très offensifs sur les réseaux sociaux. Pour René Debons, éleveur et animateur de nombreux événements de promotion de l’agriculture, «il faut les battre sur leur propre terrain. Ils ne représentent qu’une poignée d’activistes. Nous sommes plus nombreux et devont donc inonder Internet de messages positifs sur nos élevages». Pour cela, Karen Statkiewicz rappelle que les éleveurs peuvent et doivent se former à la prise de parole sur Internet.

C’est aussi un des enjeux qui a été identifié au sein du groupe de réflexion départemental COSE (contre les oppositions sociales à l’élevage). Présidé par Joël Mazars, président de la section caprine de la FDSEA, ce groupe est ouvert à l’ensemble de la profession aveyronnaise. Il a pour objectif de mettre en œuvre des actions afin de maintenir un climat serein en Aveyron autour des projets agricoles. Pour ce faire, plusieurs pistes de travail ont été identifiées comme la formation des agriculteurs, l’accompagnement des projets sensibles, ou encore la promotion de l’agriculture aveyronnaise. «Ce travail doit impérativement être mené de manière collective», martèle Joël Mazars. «Toute la profession doit s’unir pour faire prendre conscience au grand public de l’importance économique de l’élevage en Aveyron».

Anthony Quintard a conclu ces échanges en évoquant un fait : «l’homme de Néanderthal est devenu Homo sapiens quand il a commencé à manger de la viande. A méditer...».

B. CAREL

13 avril 2017

Action FDSEA-JA : promotion de la filière ovine locale

Samedi 8 avril, les sections ovines de la FDSEA et Jeunes Agriculteurs Aveyron, ont profité de l’affluence de voyageurs sur l’aire du Larzac, au bord de l’A 75, pour faire la promotion de la viande d’agneau et du fromage de Roquefort.

Traditionnellement, Pâques est l’occasion pour les éleveurs de brebis de faire parler de leur filière. En effet, ces fêtes constituent un rendez-vous incontournable pour le marché de l’agneau, où le pic de production rencontre le pic de consommation. «L’an passé, le rendez-vous a été manqué car le week-end de Pâques est tombé fin mars, avant la plus grosse affluence d’agneaux sur le marché», commente Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA.

La filière cherche son second souffle

Confrontés à une baisse vertigineuse des cours depuis le début de l’année, les éleveurs attendaient la remontée pascale avec impatience. En effet, entre l’arrivée des agneaux issus de la filière Roquefort et le blocage des exportations à cause de la fièvre catarrhale ovine, le marché s’est retrouvé à bout de souffle sur tout le premier trimestre 2017. En outre, est venue s’ajouter une concurrence insupportable des agneaux du Royaume Uni, dont le prix a chuté de 17 % à cause de la dévaluation de la livre suite au Brexit. Cette situation géopolitique entraîne un écart de plus d’un euro avec l’agneau français, qui se débat déjà avec une baisse généralisée de la consommation. Tout ceci combiné, le prix de l’agneau français a perdu 10 % par rapport à 2016 et 16 % depuis 2015. Cette situation est heureusement mieux maîtrisée au niveau des signes officiels de qualité, même si le marché standard a une incidence sur les prix.

Un message : mangez de l’agneau français !

En tant que premier département ovin de France, l’Aveyron a décidé de réagir à une semaine de Pâques. Ainsi une vingtaine d’éleveurs se sont donné rendez-vous pour faire déguster de l’agneau et du fromage de Roquefort, deux filières intimement liées. Les quelque 2 000 voyageurs qui ont transité par l’aire du Larzac en ce week-end de vacances, ont donc pu savourer de la viande Label Rouge, à savoir l’agneau Laiton et l’agneau fermier des Pays d’Oc. «Nous avons souhaité lever les a priori de certaines personnes qui pensent que l’agneau est une viande forte», explique Thierry Agrinier, président de la section ovins lait de la FDSEA. Même si le label était à l’honneur, les éleveurs ont surtout pu expliquer les différentes méthodes d’élevage pratiquées en France. «Nos agneaux sont abattus à 5 mois maximum ce qui donne une viande tendre et moins forte que celle des agneaux importés dont l’âge d’abattage se rapproche plus du mouton», indique Jean-François Cazottes.

Fiers de leur élevage

Pour Clément Lacombe, secrétaire général de Jeunes Agriculteurs, «ce type d’opération de communication est essentiel alors que de nombreux mouvements anti-viande attaquent l’élevage français. Nous devons intensifier la promotion de nos produits et expliquer fièrement nos pratiques d’élevage au grand public». Les échanges très positifs, qui se sont déroulés entre les bénévoles et les voyageurs rencontrés, permettent aussi de remonter le moral des éleveurs, miné par un prix loin d’être satisfaisant et par le dénigrement médiatique oppressant dont ils sont victimes en ce moment. Le retour des personnes rencontrées prouve bien que la majorité silencieuse soutient ses agriculteurs.

B. CAREL

09 mars 2017

Forum des filières-Clément Lacombe : «Des chiffres à l’installation qui nous encouragent»

Pendant de nombreuses années, l’Aveyron a fait figure de leader en France en nombre d’installations. Où en est le département ?

C. Lacombe : «En 2016, l’Aveyron a totalisé 122 installations aidées, c’est-à-dire 122 dossiers validés. Après une année 2015 un peu difficile en raison du changement de gestionnaire de ce dossier (désormais il incombe à la Région), nous retrouvons des chiffres équivalents aux dix dernières années. Ce qui place toujours l’Aveyron parmi les premiers départements français à installer.

Nous n’avons jamais douté de cette reprise car le Point Accueil Installation enregistre toujours autant de rendez-vous avec des porteurs de projet, et instruit toujours autant de dossiers. Et ce malgré une année 2016 à la conjoncture difficile. Il y a toujours autant de personnes qui souhaitent s’installer en agriculture et ça, c’est très encourageant?!

Comment évolue l’accompagnement à l’installation ?

C. Lacombe : Cet automne, une réflexion régionale et nationale a été engagée sur l’évolution des aides à l’installation. Pour pallier la disparition des prêts bonifiés en 2017, les JA ont émis plusieurs propositions et nous avons obtenu la mise en œuvre de la quatrième modulation, c’est en fait un complément de la DJA, une aide calculée à la hauteur des investissements des projets des jeunes installés. C’est une très bonne chose qui conforte les candidats et les encourage dans leurs projets.

Quels sont les prochains chantiers sur lesquels vous travaillez en matière d’installation??

C. Lacombe : L’accompagnement à l’installation continue d’évoluer, il est aujourd’hui très complet et a fait ses preuves. Notre préoccupation est aussi d’accompagner les jeunes installés, d’assurer un suivi auprès d’eux une fois leur projet concrétisé. Nous avons donc engagé un travail d’évaluation de leurs besoins. Ainsi les JA lancent un audit auprès des jeunes installés. A partir d’un questionnaire (disponible sur https://goo.gl/forms/ BI9Ial53TMRf9qm23), ils peuvent exprimer leur ressenti, leurs attentes, leurs problématiques,...

Une fois que nous aurons synthétisé les résultats couplés aux conclusions de nos After’bottes (rencontre-bilan de jeunes installés aux quatre coins du département), nous pourrons proposer des pistes d’accompagnement, construire un suivi avec nos partenaires comme la Chambre d’agriculture. Cela permet aussi d’alimenter notre réflexion.

Quelles sont vos attentes du Forum des filières qui recrutent??

C. Lacombe : C’est une façon de mettre en adéquation les besoins de nos filières partenaires en terme de recherche de techniciens ou de producteurs avec les jeunes ayant en tête à plus ou moins long terme de s’installer. Cela contribue à la promotion de nos métiers».

Recueillis par Eva DZ

23 février 2017

Jeunes Agriculteurs : un manifeste pour soutenir l’installation

Dans le cadre de la semaine nationale pour le renouvellement des générations en agriculture, Jeunes Agriculteurs Aveyron a organisé une rencontre, vendredi 17 février, avec les candidats et représentants des mouvements politiques pour les prochaines élections législatives.

Les JA ont donné rendez-vous à leurs invités politiques sur le GAEC de Saint Hubert, chez Laurent et Sarah Bedel. La jeune fille, passionnée par le métier de producteur laitier, s’est installée en août 2016 sur cette exploitation moderne et à la génétique Prim’holstein renommée. Malgré un contexte économique difficile au moment de son installation, Sarah a parfaitement témoigné de sa conviction et de son optimisme quant à son avenir professionnel.

Une campagne nationale

La rencontre s’est inscrite dans le cadre de la semaine pour le renouvellement des générations, initiée depuis 2010 par le syndicat national JA. Il s’agit tous les ans de décliner des actions en faveur de l’installation à tous les échelons territoriaux du réseau JA. Deux cibles sont identifiées : le grand public et la sphère politique. Le premier objectif est atteint grâce à une campagne de communication sous la bannière «Terres Innovantes» (voir www.terresinnovantes.org), déclinée sur les réseaux sociaux et d’ores et déjà affichée dans le métro parisien.

Tandis que l’instance nationale s’est aussi attelée à sensibiliser les candidats à l’élection présidentielle, l’Aveyron a souhaité rencontrer les candidats à la députation et autres représentants de l’ensemble des mouvements politiques. Pour l’occasion les JA ont remis aux participants un manifeste, reprenant les revendications du syndicat, qui tiennent en 7 points : être à l’écoute de la jeune génération d’agriculteurs ; soutenir la formation agricole ; défendre l’accompagnement à l’installation et favoriser la transmission des exploitations ; oeuvrer pour une gestion raisonnée et la restructuration du foncier agricole ; maintenir une politique fiscale avantageuse pour les jeunes agriculteurs ; défendre les zones défavorisées du département ; réduire les contraintes administratives liées aux démarches d’installation.

Pour une ruralité vivante

Cinq représentants du monde politique ont répondu présent à l’invitation des JA de l’Aveyron : Arnaud Viala et André At, pour Les Républicains, Bertrand Cavalerie, du Parti Socialiste, Bernard Cazals, représentant le Modem, et Thomas Mogharaei, émissaire pour le mouvement En Marche. Pour Clément Lacombe, co responsable du dossier installation à JA Aveyron, «les échanges ont été très constructifs. Malgré une connaissance inégale du dossier, nous avons perçu qu’ils se sentaient concernés et impliqués. Ils se rendent bien compte des enjeux du renouvellement des générations d’agriculteurs pour le dynamisme des territoires qu’ils sont censés défendre. Nous sommes vraiment satisfaits du déroulé de la matinée de vendredi et comptons sur eux pour faire remonter nos revendications dans leur parti. Surtout que, jusqu’à présent, les sujets agricoles ont été assez absents des débats des candidats à la présidentielle». Par contre, tous les candidats aux élections législatives ont accepté d’apposer leur signature en bas du manifeste, preuve de leur adhésion au projet de soutien à la jeunesse agricole.

Un bilan positif pour les installations en 2016

Les JA ont aussi partagé les chiffres clés de l’installation en 2016. Ainsi 122 installations aidées ont été concrétisées, dont 21 % par des agricultrices, contre 98 en 2015. L’âge moyen de l’installation est stable et reste de 28 ans, preuve que les nouveaux agriculteurs prennent le temps de mûrir leur projet. Le taux d’installation en société continue de grimper et passe à 76 % cette année, alors que les installations hors cadre familial stagnent à 18?%. En termes de filières, le podium est toujours occupé, dans cet ordre, par la viande bovine, puis le lait de brebis, suivi du lait de vache. Il est à noter que le maraîchage est passé en 2016 devant le lait de chèvre et les ovins viandes. L’agriculture biologique se maintient avec 14 % des nouveaux agriculteurs.

Clément Lacombe se félicite du nombre d’installations. «En 2015 nous avions vécu un coup d’arrêt à cause des retards administratifs, dûs au transfert de compétence vers la Région et aux évolutions du dispositif d’accompagnement. En 2016 nous sommes repartis sur de bonnes bases. Le Point Accueil Installation reçoit quotidiennement de nombreux candidats, et la Chambre d’agriculture ne manque pas de dossiers à instruire. Nous sommes très satisfaits de voir autant de projets se concrétiser et continuerons à nous battre pour tous les défendre !».

B. CAREL

23 février 2017

Section bovins lait FDSEA et prix du lait : pression sur la distribution

 

La section bovin lait FDSEA emmenée par son président Michaël Chavatte a mobilisé ses responsables, mardi 21 février, dans le rayon des produits laitiers de l’enseigne Géant-Casino d’Onet-le-Château. Objectif, relayer la pression syndicale en faveur d’une valorisation du prix du lait, au moment où se déroulent des négociations nationales tendues, malgré la reprise du marché laitier.

«Les négociations commerciales(1) sur les marques nationales de lait entre les distributeurs et les transformateurs sont en cours» indique Michaël Chavatte. «De ces négociations découleront un prix du lait producteur qui nous impacte automatiquement. Nous demandons un prix du lait au même niveau que celui de l’année 2014». Pour le président de la section bovin lait FDSEA, «nous venons de traverser deux années très difficiles. Si le prix du lait chez les transformateurs n’augmente pas, nous aurons du mal à être payé au niveau que l’on souhaite. Et cette hausse ne doit pas pénaliser le consommateur».

Michaël Chavatte évoque aussi «la loi Sapin 2 votée en décembre qui interdit les promotions de lait supérieures à 30 %, et tient compte du prix payé au producteur. Les promotions doivent donc rester dans les limites du raisonnable».

Les producteurs ont donc rencontré un responsable du magasin Géant-Casino, lequel a écouté les revendications portées par Michaël Chavatte, et promis de les transmettre aux supérieurs nationaux de la centrale d’achat.

Mouvement national

Cette action aveyronnaise était organisée dans le cadre d’un mouvement national. Comme le rappelle la FDSEA Aveyron, «après deux années de crise (chute de 16 % du prix du lait de vache en 2015 et d'encore 10 % en 2016), le marché s'inverse depuis l’automne et la reprise se confirme. En Europe, le prix du lait payé aux producteurs affiche une hausse de plus 30 %. Mais en France, c'est bien connu : quand une baisse de prix est toujours automatique, une hausse est toujours hypothétique !», dénonce le syndicat.

Et d’ajouter : «ainsi, la Fédération nationale des Industries Laitières explique «que les négociations commerciales se passeraient si mal que la hausse du prix du lait payé au producteur serait compromise pour 2017, car les entreprises y perdraient leurs marges» disent-elles ! En France, en 2016, ce sont des centaines d'agriculteurs qui ont déjà perdu leur ferme !» proteste la FDSEA.

«Un jeu de dupes»

Par ailleurs, insiste également le syndicat, «la Fédération Nationale des Producteurs de Lait pointe du doigt le respect de la Loi Sapin 2 qui oblige en effet les négociateurs à fixer un prix du lait annuel et à respecter l'encadrement des promotions pour le lait et les produits laitiers».

Selon la FDSEA, «les industries laitières se livrent à un jeu de dupes. Au vu des tendances positives sur les marchés laitiers, le prix du lait 2017 payé aux producteurs doit tendre vers son niveau de 2014. Les distributeurs doivent prendre en compte le besoin vital d'oxygène des producteurs de lait de vache après deux années de crise !».

D.B.

(1) Négociations annuelles entre les distributeurs et les entreprises laitières pour la commercialisation des produits pour 2017.?Elles doivent se terminer avant le 1er mars.

16 février 2017

Université d’hiver régionale JA Occitanie : un pari réussi pour l’Aveyron

Jeunes Agriculteurs Occitanie a organisé sa toute première Université d’hiver régionale à Conques, mercredi 8 et jeudi 9 février, regroupant plus d’une centaine de jeunes agriculteurs, venus des quatre coins de la nouvelle grande région.

Les JA de l’Aveyron ont eu le plaisir d’accueillir leurs homologues de la région Occitanie, venus pour réfléchir au fonctionnement du réseau, et comment lui donner toujours plus d’efficacité. Cinq thématiques ont ainsi été abordées en atelier : le rôle des échelons, les missions des responsables, la circulation de l’information, la prospective et les victoires syndicales, l’implication et la mobilisation des jeunes. Vincent Laurens, représentant l’Aveyron au conseil d’administration de JA Occitanie, en compagnie d’Etienne Espinasse, résume ces ateliers : «Notre objectif était de réfléchir sur le rôle des administrateurs régionaux ainsi que sur les missions de chaque échelon. Nous avons aussi travaillé sur la représentation de notre syndicat à l’extérieur du réseau».

Les jeunes aveyronnais mobilisés

Côté région, une centaine de participants représentant chacun des 13 départements, côté Aveyron plus d’une vingtaine de JA, administrateurs départementaux et régionaux, ainsi que des adhérents venus découvrir ce séminaire régional. Ces Aveyronnais ont eu du mérite car ils ont à la fois participé aux ateliers du séminaire et assuré le bénévolat qui a contribué à la réussite de l’ensemble de l’Université d’hiver : les repas, la soirée, en bref la convivialité. Pour Anthony Quintard, co-président de Jeunes Agriculteurs Aveyron : «Il était important que de nombreux Aveyronnais puissent participer aux travaux. Cela a permis de bien intégrer le département au cœur des débats, et c’était pour nous l’occasion de donner envie à nos adhérents de plus s’impliquer demain».

Découvrir un territoire aveyronnais

Les JA de l’Aveyron ont choisi d’accueillir l’Université d’hiver à Conques pour diverses raisons, exposées par Anthony Quintard. «Nous avons souhaité que l’ensemble de la région prenne la mesure de ce qu’est un territoire en zone défavorisée et en montagne. De plus nous voulions montrer l’éloignement et les difficultés que rencontrent certains pour se rendre aux réunions régionales. Conques nous pa-raissait aussi un cadre plus que sympathique pour passer ces deux jours». Propos appuyés par Vincent Laurens : «Nous sommes sur un territoire dynamique, at-trayant et touristique, que nous luttons pour mettre en avant et continuer à faire vivre».

A travers les visites les JA ont aussi souhaité montrer la diversité de l’agriculture du secteur, malgré un terroir à fort handicap, tournée essentiellement vers l’élevage, mais aussi la viticulture. Cette diversité s’est aussi reflétée dans la composition des menus des repas et collations, à partir de produits exclusivement aveyronnais. «Nous avons mis l’accent sur la convivialité car la cohésion au sein de la nouvelle région est primordiale», expli-que Etienne Espinasse. «Notre challenge aujourd’hui est de réussir à créer une nouvelle entitée soudée».

De l’avis des participants, ravis de leur séjour, gageons que cette édition aveyronnaise a rempli ses objectifs. Le rendez-vous est pris pour une nouvelle édition dans deux ans, au sein d’un autre département de l’Occitanie.

B. CAREL

09 février 2017

Section des agricultrices FDSEA : une nouvelle formule qui marche !

La section des agricultrices de la FDSEA s’est retrouvée mardi 31 janvier sous une nouvelle formule. Elles étaient une douzaine à venir découvrir l’exploitation de Marie-Laure Rigal à Castanet.

Les agricultrices de la FDSEA emmenées par Marie-Pierre Lanne ont trouvé la formule qui fonctionne pour se réunir et échanger sur de futurs projets ! Elles se sont retrouvées sur l’exploitation de l’une d’entre elles pour un moment de convivialité, de découverte d’une production et d’un système atypiques et pour travailler !

Marie-Laure Rigal, secrétaire de la section a ouvert les portes de son exploitation au groupe d’agricultrices. Elles étaient une douzaine à avoir répondu à son invitation. Une participation qui a ravi Marie-Pierre Lanne. «Ce n’est pas toujours facile de mobiliser les personnes à participer à des réunions. Nous avons donc pensé à changer le cadre pour nous retrouver sur une ferme et découvrir une exploitation qui sort un peu de l’ordinaire», explique la présidente.

Veaux de boucherie et chevreaux à l’engraissement

Marie-Laure Rigal a développé deux ateliers hors sol en veaux de boucherie et chevreaux, qui lui permettent, sans avoir eu à apporter du capital foncier notamment, de vivre de sa passion pour l’élevage. «Je suis complètement indépendante de l’élevage de veaux sous la mère de mon frère. J’utilise simplement une partie des bâtiments de la ferme familiale», explique Marie-Laure.

Agricultrice depuis 1984, elle s’est concrètement installée en 2000 et a réalisé la mise aux normes de ses bâtiments pour accueillir aujourd’hui un atelier de veaux de boucherie de 200 places (400 veaux par an), en intégration avec la Métairie du Rouergue et un atelier d’engraissement de chevreaux (500 à 600 têtes par an) en partenariat avec la coopérative des Chevriers du Rouergue. «C’est cette création de valeur ajoutée qui m’a permis de m’installer et aujourd’hui de vivre de mon métier», souligne l’agricultrice. Ravie d’avoir accueilli le groupe des agricultrices sur sa ferme, Marie-Laure a apprécié la nouvelle formule de réunion ! «Nous avons eu plus de monde, ce qui veut dire que le concept plaît. Et ça m’a fait plaisir de faire connaître mes deux productions qui, il faut le dire, ne sont pas communes ! Pour certaines, c’était la première fois qu’elles voyaient ce type d’élevage. Nous avons donc eu des échanges vraiment très intéressants, sur la conduite et sur les produits», avance Marie-Laure qui semble s’être prise au jeu.

Prochain rendez-vous sur une ferme de l’Aubrac

Même constat de satisfaction de la part de Marie-Pierre Lanne. «Cette rencontre a été très conviviale, ce qui ne nous a pas empêché de travailler ! Parfois il suffit de changer le contexte de réunion pour que ça fonctionne mieux !», sourit-elle. Et puis ce fut l’occasion pour le groupe de mieux se connaître et de découvrir l’une des leurs dans son exploitation : «Le parcours de Marie-Laure montre que l’on peut réussir et bien vivre de son métier sans avoir à mobiliser des capitaux énormes. Cela n’empêche pas d’entreprendre ! C’est un espoir pour toutes celles et tous ceux qui ambitionnent de s’installer sur un projet qui peut être diversifié mais tout aussi viable et vivable».

Cette nouvelle formule de réunion a permis de solidifier l’équipe, selon Marie-Pierre Lanne. «Nous avons accueilli de nouvelles agricultrices dans le groupe que l’on ne voit pas forcément en réunion à Rodez». Preuve de la réussite de cette rencontre, les agricultrices ont évoqué la possibilité de renouveler le rendez-vous prochainement sur l’Aubrac !

Des formations au programme pour 2017

Bien sûr, les agricultrices ont aussi parlé des projets de la section ! Courant février-mars, elles prévoient de suivre une formation sur l’outil des réseaux sociaux, Twitter, afin de «mieux communiquer sur leur métier». «C’est important de savoir utiliser ces nouveaux outils de communication, qui peuvent être de bons relais pour nous, pour promouvoir notre métier et en parler positivement», avance Marie-Pierre Lanne.

Côté projets, la section des agricultrices envisage un voyage dans l’Aubrac lozérien en septembre. Elle travaille également sur l’élaboration d’un document pour promouvoir le métier d’agricultrice. «Un outil qui pourra être un bon levier de communication en vue des élections syndicales de 2018 !», projette Marie-Pierre Lanne.

Eva DZ

26 janvier 2017

Lait de vache : haro sur les promotions abusives !

Le 19 décembre, la loi Sapin 2 a été votée, elle limite les promotions dans la limite de 30% de remise. Les producteurs de lait de vache entendent bien vérifier que cette loi est correctement appliquée dans les rayons des GMS.

Les producteurs de lait de vache de l’Aveyron répondent à l’appel à mobilisation lancé au niveau national. L’objectif est simple : surveiller les promotions proposées par les GMS dans leur rayon de produits laitiers. «Nous sommes à l’affût des promotions exhorbitantes qui peuvent être proposées dans les rayons», avance Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA. La vigilance des producteurs est d’autant plus justifiée que le marché du lait au niveau mondial et européen est porteur. «L’offre et la demande se rééquilibrent, les voyants sont au vert sur le marché du lait, une bouffée d’oxygène pour les producteurs après de longs mois de crise, il n’est donc pas cohérent de proposer des promotions exhorbitantes qui en plus, seraient hors la loi !», dénonce Michaël Chavatte.

Les producteurs de lait se sont donc donnés pour mission de repérer dans les rayons des GMS, tout type de promotion abusif. «Nous devons être mobilisés pour que le marché intérieur ne se dégrade pas et que les producteurs puissent eux aussi, bénéficier de l’embellie des marchés. Ce n’est pas le moment de perdre de la valeur !», argumente Michaël Chavatte. Et d’ajouter : «Je pense d’ailleurs qu’il est inadéquat de faire des promotions sur un produit comme le beurre, car nous manquons de matière grasse sur le marché !». Pour le responsable professionnel, cette guerre des prix entre enseignes, doit cesser : «Elle ne peut qu’entraîner une pénurie de produits qui ne serait profitable pour personne ! Il n’est pas responsable de continuer dans cette voix. La loi, d’ailleurs, les y oblige !».

Photographier et poster les promotions abusives

La section bovins lait FDSEA recommande donc à tous les producteurs de lait de vache de repérer dans les grandes et moyennes surfaces du département, les promotions dépassant 30% de remise sur le prix des produits laitiers.

Elle recommande de faire remonter les clichés avec le lieu (nom de l’enseigne), la marque du produit et le jour à ses responsables locaux et/ou de les publier sur les réseaux sociaux en utilisant les hashtag #ceuxquifontlelait ou #lapromotionliquidelesproducteursdelait.

«A chacune des pratiques abusives dénoncées, une délégation de producteurs ira à la rencontre du directeur de l’enseigne concernée afin de se faire entendre... pour une plus grande efficacité !».

Eva DZ

29 décembre 2016

«Tournée régionale FNB» à Sète : «Défendre et valoriser la production bovine»

La «tournée régionale de la FNB» pour les régions Occitanie, PACA et Corse a fait escale vendredi 20 décembre à Sète (Hérault), précisément au parc à bestiaux de la gare maritime de la zone portuaire. Des sujets d’actualité y ont été abordés en présence d’une délégation aveyronnaise.

Dominique Fayel, président de la FDSEA Aveyron et administrateur FNB, est allé à Sète avec des membres de la section bovins viande FDSEA Aveyron présidée par Valérie Imbert, elle aussi présente à cette réunion régionale, aux côtés de Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, et d’Olivier Boulat, président de la FDSEA Lozère et administrateur FNB.

La réunion en salle le matin a permis «de faire le point sur l’actualité FNB, les cours, les marchés de la viande bovine et ses opportunités», rapporte Valérie Imbert. Jean-Pierre Fleury a évoqué les difficultés de la filière, «avec des pertes financières qui s'accumulent depuis deux ans chez les producteurs. Entre 350 à 400 € par animal commercialisé, selon les secteurs de production». «Même si l’aide sur les jeunes bovins de 150 euros/animal, selon les critères, décidée récemment, va dans le bon sens», note Valérie Imbert, «nous traversons une passe très difficile en effet». Selon Jean-Pierre Fleury, «sur 70 000 producteurs de viande en France, entre 10 000 et 12 000 seraient en cessation de paiement si on était dans une logique d'entreprise». Et de rappeler que la France détient deux troupeaux, lait et viande, dont les produits sont trop souvent «indifférenciés dans une logique de prix bas».

«Cœur de gamme»

Le concept «Cœur de gamme» a donc été évoqué dans le cadre du partenariat avec des enseignes GMS. «La grande distribution propose trois types de viandes : «fond de rayon», «Cœur de gamme» et «premium». Mais, progressivement, le «fond de rayon» est mis en avant, au détriment des viandes issues du troupeau français allaitant !», dénonce Valérie Imbert. «Jean-Pierre Fleury nous a aussi indiqué qu’en 1950, le budget alimentation des familles était de 30 %, il est aujourd’hui de moins de 10 %».

La présidente de la section bovins viande FDSEA Aveyron ajoute : «nous devons aussi travailler sur la restauration hors domicile, qui utilise jusqu'à 70 % de viandes d'importation. Mais hélas, la volonté politique n’y est pas pour imposer nos productions aux cantines, maisons de retraite et hôpitaux. Nos élus nous répondent que c’est compliqué !»

Marchés export

Autre remarque, «notre politique exportatrice doit être plus volontariste, à la fois pour la viande et pour les animaux vivants. Et les récents accords du CETA (Canada-UE) nous préoccupent... Nous savons qu’il y a un marché à développer sur le pourtour méditerranéen, comme en Turquie. Pour ce pays, la FNB et Interbev ont travaillé en faveur du marché export de nos animaux, mais nous sommes bloqués par un problème d'agrément. Et nous nous sommes faits doubler par les Portugais ! On se pose toujours trop de questions dans notre pays. On pourrait aussi consacrer des surplus de marché à notre armée, comme le font d’autres pays, et comme on le fait déjà avec succès avec les réfugiés dans l’UE».

Cette «tournée régionale » s’est prolongée l’après-midi par la visite du port de Sète, «où transitent environ 85 000 bovins par an, représentant entre 10 et 25 % du trafic du port», détaille Valérie Imbert. «Nous avons là un outil de qualité, au top au niveau du bien-être animal et sanitaire. Nous avons aussi appris qu’il y avait environ un million d’animaux qui transitaient chaque jour sur les mers du globe !».

D.B.

22 décembre 2016

Action viande bovine : Intermarché n’est pas producteur !

La section bovins viande de la FDSEA et Jeunes Agriculteurs Aveyron ont organisé une action vendredi 16 décembre devant l’Intermarché, situé avenue de Bamberg à Rodez. Leur mot d’ordre : défendre la démarche «Cœur de gamme» et dénoncer les communications abusives «Producteur commerçant» matraquées par l’enseigne.

«Intermarché vole l’image des éleveurs !». C’est ainsi que Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande de la FDSEA, dénonce le slogan d’Intermarché. L’éleveuse leur reproche aussi de ne pas respecter l’engagement pris en septembre auprès de la FNB de revaloriser le prix des animaux allaitants, en signant l’accord «Cœur de gamme».

Revaloriser l’élevage allaitant

La démarche «Cœur de gam-me» est le fruit d’un long travail mené par la FNB auprès des enseignes nationales de la grande distribution. Elle a pour but de différencier, en terme de prix, la viande bovine issue d’élevages allaitants, et d’animaux correctement engraissés. L’objectif est de réformer le système de cotation et de créer un réel espace de valorisation entre le plus bas niveau et les animaux de qualité supérieure, vendus sous label par exemple. Intermarché fait partie des enseignes qui ont signé l’engagement «Cœur de gamme» avec la FNB. En parallèle, l’enseigne avait annoncé publiquement une augmentation du prix aux éleveurs. Or, depuis, la FNB dénonce qu’Intermarché n’a acheté aucun animal sous la bannière «Cœur de gamme».

Une «publicité mensongère»

En outre, la FNB avait déjà alerté l’enseigne sur la maladresse de sa communication «Producteur commerçant». Intermarché avait alors mis cette campagne en pause pendant quelques semaines, pour repartir de plus belle aujourd’hui. «Alors que beaucoup d’éleveurs sont en plein désarroi, on ne peut accepter qu’on leur vole ainsi leur image. Intermarché fait de la publicité mensongère ! Ce ne sont pas ses salariés qui se lèvent tous les jours pour s’occuper de nos animaux !», proteste Valérie Imbert.

Il est vrai que l’enseigne possède deux fermes. Mais avec 244 000 tonnes de viande commercialisées par an, Intermarché doit bien se fournir auprès des élevages français indépendants. C’est ce qu’a confirmé le responsable du rayon boucherie qui travaille avec les abattoirs locaux ou directement avec des éleveurs. Le magasin achète aussi des vaches sur les concours. Même s’il se félicite d’une certaine indépendance dans ses achats, il avoue son impuissance face à une campagne de communication nationale, qui ne reflète en rien les réelles pratiques commerciales.

Répondant à un mot d’ordre national, visant les magasins Intermarché de toute la France, Valérie Imbert a alerté sur le fait que, si l’enseigne ne cessait pas d’utiliser ce slogan, des actions plus sévères pourraient avoir lieu à l’aube des fêtes de fin d’année.

B. CAREL

24 novembre 2016

Charte locale Transmission-Installation : c’est signé sur le canton de Conques-Marcillac !

Sur les 537 agricultrices et agriculteurs du territoire de Conques-Marcillac, près de 60 % ont plus de 50 ans et 42% d’entre eux n’ont pas de successeurs. Pour les JA du canton, il était temps d’agir ! Après plusieurs années de travail, ils viennent de signer avec les élus, les responsables agricoles, les OPA et les acteurs économiques, une charte locale Transmission - Installation pour favoriser le renouvellement des générations et garder un tissu économique et social dynamique.

Eric Laurens et David Cantaloube, les deux co-présidents du canton JA de Conques - Marcillac peuvent être contents du travail accompli par leur équipe locale. Ils ont concocté une belle animation autour de la signature de la charte locale Transmission - Installation, samedi 19 novembre au Manoir de Valady. Depuis deux ans, ils mènent un travail de fond avec de nombreux partenaires locaux, pour maintenir une agriculture dynamique et permettre le renouvellement des générations d’agriculteurs autour d’installations viables, vivables et durables dans un territoire où près de 60% des exploitants ont plus de 50 ans. «42% d’entre eux n’ont pas de successeurs, ce qui représente 132 emplois locaux menacés», commentent les JA. Pas question donc de rester les bras croisés !

Après avoir réalisé un état des lieux précis de l’installation - transmission sur le territoire, les jeunes agriculteurs et les membres du comité de pilotage composé d’élus, d’acteurs économiques, de représentants des OPA, ont élaboré ensemble un plan d’actions. Près de 25 personnes ont participé à chacune des 6 réunions de travail.

Cinq axes majeurs ont été identifiés : favoriser la création de valeur ajoutée au sein du territoire et des exploitations, agir sur le foncier agricole (aménager, lutter contre l’enfrichement), favoriser la transmission des exploitations, mettre en place des conditions favorables à l’installation et promouvoir l’agriculture et le métier d’agriculteur au sein du territoire.

Trois témoins...

Pour officialiser le point de départ de la mise en œuvre des actions, la charte locale transmission - installation a été officiellement signée par tous les acteurs. Avec déjà une mise en bouche des actions puisque les JA ont organisé à cette occasion, une table-ronde sur la thématique «Transmettre aujourd’hui pour installer demain» avec trois témoins et trois comédiens qui ont mis en scène de façon humoristique quelques tabous !

Abel Bonnefous est un ancien exploitant également maire délégué de la commune nouvelle Conques en Rouergue. Au moment de son départ de l’exploitation, il a raconté le parcours «épique» pour trouver un associé qui le remplace dans le GAEC familial. Sans masquer les difficultés, il a évoqué les différents profils rencontrés depuis les doux rêveurs jusqu’aux gros investisseurs ! Et finalement la rencontre est arrivée un peu par hasard, un jeune est venu frapper à la porte et le projet d’association s’est conclu autour d’un repas !

Jérôme Garroté, lui, était ouvrier à l’usine. Très intéressé par l’agriculture, il a saisi la proposition d’un voisin agriculteur qui cherchait un repreneur à Nauviale. Ce dernier l’a mis dans les meilleures conditions pour s’installer grâce à la location à un prix négocié de l’exploitation. Son témoignage montre l’importance d’être impliqué à deux dans une transmission - installation, le cédant et le repreneur. Jérôme a fait le choix de la production de Veau d’Aveyron et du Ségala sous label, qui lui apporte la sécurité des ventes et du prix. Ce choix et son entente avec le cédant lui ont permis de rendre viable son projet. Et ça fait 13 ans qu’il est installé !

Dans la famille Gisquet, Sébastien le fils a rejoint son père sur la ferme familiale. Pendant son accompagnement à l’installation, il a suivi une formation sur les relations dans les formes sociétaires qui, il l’avoue lui a bien servi et lui sert toujours pour bien s’entendre en famille au travail ! En avançant étape par étape, il a joué sur la complémentarité et a fait évoluer l’élevage vers l’homéopathie, un domaine que son père ne pratiquait pas du tout.

...Trois comédiens

Pour illustrer ces témoignages, Florent Gardère comédien professionnel récemment installé sur Marcillac accompagné de deux compères, Gautier Pras et Amélie Palchine ont apporté leur petite touche sur ces sujets parfois sensibles : la diversité des profils de candidats à l’installation, la relation avec le cédant et l’intégration dans un GAEC familial, le choc des générations. Une prestation qui a beaucoup amusé les spectateurs tout en les interpellant.

Cette matinée riche en échanges s’est conclue par la signature officielle de la charte locale et par un buffet entièrement composé de produits du canton, pour montrer l’exemple et contribuer à mettre en avant la valeur ajoutée des exploitations au sein du territoire.

Eva DZ

Les informations concernant la charte locale transmission-installation du canton de Conques- Marcillac sont disponibles sur le site ja12.fr

24 novembre 2016

Loup : l’élevage aveyronnais est menacé

Le premier département moutonnier de France et parmi les leaders en installation ovine avec 43 installations en 2013 défend «une façon de vivre, une façon d’être dans son territoire», à travers le pastoralisme reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais qu’adviendra-t-il de ces paysages si prisés, de ces fromages si appréciés, de toute cette économie locale autour de l’agriculture, si le loup vient s’attaquer aux troupeaux aveyronnais ?

La conférence «pro-loup» organisée samedi 19 novembre à Rodez a fait «bouillir» les éleveurs de l’Aveyron. «Nous savons que le loup est présent en Aveyron, sur l’Aubrac et sur le Larzac. Parmi les 24 attaques recensées dans le département entre janvier et septembre, dix ont conclu à une attaque de loup «non écartée». Encore la semaine dernière, une vingtaine de bêtes ont été blessées sans compter le traumatisme dans le troupeau et surtout pour l’éleveur», relève François Giacobbi en charge de ce dossier pour la Chambre d’agriculture.

«L’impact psychologique est très important chez les éleveurs. Comment réagir quand on vous conseille de rentrer vos brebis la nuit dans la bergerie ? Comment peut-on travailler sereinement??», renchérit Rémi Agrinier, co-responsable du dossier loup à JA 12. Pour avoir rencontré certains éleveurs ayant subi des attaques, François Giacobbi fait part de leur détresse, de leur sentiment d’impuissance sans compter la perte de plusieurs brebis, pour certains d’un patrimoine génétique bâti depuis plusieurs générations, sans compter les produits (production laitière, de viande, d’agneaux).

«Dans 10 ans plus une brebis sur le Larzac !»

«Ce que nous défendons, c’est tout simplement une façon de vivre sur notre territoire, autour de l’activité principale de l’élevage dont l’action, à travers le pastoralisme, a été reconnue au patrimoine mondial de l’UNESCO», rappelle François Giacobbi. «Si notre territoire reste ouvert, c’est bien parce que nos brebis pâturent et si elles ne pâturent plus, ce sera la brouissaille, la fermeture des chemins de randonnée...», complète l’éleveur de La Bastide Pradines.

Jean-François Cazottes, responsable de la section ovins viande de la FDSEA et administrateur à la FNO, fait état d’un bilan qui fait peur : «sur les 5,2 millions de brebis recencées en France, 9 000 ont été tuées par des attaques de prédateurs en 2015. Ca peut paraître peu mais ça représente 30 troupeaux de 300 brebis par an qui disparaissent. A ce rythme dans dix ans, il n’y aura plus une brebis sur le Larzac !». Et d’avancer des chiffres précis sur les pertes occasionnées : «Voir tuer 20 ovins viande sur son troupeau c’est une perte sèche de 9 000 euros et 11 000 euros pour 20 brebis laitières ! On déplore de nombreux arrêts d’élevages ovins sur notre territoire alors que nous avons tant besoin de production et de producteurs». Et Rémi Agrinier d’aller plus loin : «Les agriculteurs sont créateurs d’emplois jusque dans l’agroalimentaire. S’ils disparaissent demain, qui va remplir les écoles ? Qui va consommer dans les commerces locaux ? Faire travailler les artisans ? C’est toute la vie dans nos communes qui est menacée».

Certains mettent en avant les mesures de protection : clôtures plus hautes, chiens de protection, embauche de berger,... Mais ces mesures sont coûteuses sans être pour autant efficaces (voir l’étude de la Chambre d’agriculture sur le sujet en encadré). «Quand on sait que le ministère de l’agriculture dépense entre 17 et 18 millions d’euros pour cette protection inefficace c’est aberrant ! Et pourquoi serait-il le seul à porter ces préjudices du loup alors que le ministère de l’écologie est un fervent défenseur de la biodiversité ?», interrogent les responsables professionnels.

«Le loup n’amène rien de bon sur notre territoire, il n’est tout simplement pas compatible avec l’activité d’élevage et condamne à mort notre territoire !», concluent les responsables professionnels.

Eva DZ

17 novembre 2016

Transmission-installation : le territoire de Millau lance sa charte locale

Les JA du canton de Millau ont organisé la première réunion du comité de pilotage pour le lancement d’une charte locale transmission - installation sur leur territoire. Une trentaine de personnes étaient présentes pour échanger sur cette problématique cruciale pour l’avenir de l’agriculture locale.

Sur le Millavois, plus de la moitié des agriculteurs ont plus de 50 ans et lors du dernier recensement de 2010, plus de la moitié des exploitants en âge de transmettre leur ferme n’avaient pas de reprise connue pour une installation. C’est ce constat alarmant qui a poussé les JA du canton de Millau où sont par ailleurs installés le co-responsable du groupe installation à JA 12 et l’un de ses membres actifs, à prendre le sujet à bras le corps.

Cet automne, ils ont donc décidé de lancer une charte locale transmission - installation sur un secteur comprenant 21 communes (ex cantons de St Beauzély, Peyreleau, cantons de Millau et les communes de Nant et St Jean du Bruel).

Une première réunion de lancement s’est déroulée lundi 14 novembre, réunissant une trentaine de personnes. Jeunes Agriculteurs, représentants des agriculteurs des FD locales, maires, élus (Communautés de communes, Conseil départemental, député, représentants du PNR des Grands Causses,...), acteurs économiques (OPA, coopératives et entreprises, filières de production,...) sont invités à échanger sur la problématique de la transmission - installation.

L’objectif d’une charte locale est de réaliser à l’échelle d’un territoire donné, un diagnostic précis des installations et transmissions des exploitations en cours et à venir. Cet état des lieux doit permettre au comité de pilotage de déterminer des axes de travail qui se transformeront en actions en faveur de l’avenir de l’agriculture locale.

Lors de cette première réunion, les participants ont partagé les premiers chiffres. La démarche de charte locale a été présentée et un premier constat a été ébauché sur les atouts et contraintes du territoire sur la transmission et l’installation. Satisfaits de ces premiers échanges constructifs, les JA espèrent une participation tout aussi fructueuse jeudi 15 décembre pour la prochaine rencontre. Des représentants de toutes les communes sont invités à se joindre au débat pour dégager un portrait le plus précis possible.

Eva DZ

Pour plus d’infos, contacter JA 12.

10 novembre 2016

Moi(s) je m’installe : Romain, «heureux» dans son métier d’éleveur

Les JA de Languedoc-Roussillon avaient l’habitude de mettre en avant l’installation pendant tout le mois de novembre. L’opération Moi(s) je m’installe, s’est élargie cette année à l’Occitanie et l’Aveyron, parmi les leaders en nombre d’installations, y participe bien entendu.

Les jeunes continuent de croire en l’avenir de l’agriculture en Aveyron et le disent ! L’opération régionale «Moi(s) je m’installe !» donne la parole aux jeunes installés qui ont fait le choix de l’agriculture. L’Aveyron avec ses 98 installations aidées en 2015 est partie prenante de cette communication positive autour du métier. Comme l’explique Clément Lacombe co-responsable du dossier installation à JA 12 : «Notre rôle est de défendre l’installation, d’œuvrer en faveur du renouvellement des générations et de mettre en avant les réussites malgré les temps de crise». Pour le jeune responsable, il ne s’agit pas de «nier les difficultés» mais «il est important de communiquer positivement sur le métier pour assurer son avenir».

Et de nombreux jeunes installés prouvent dans leur parcours, dans leur projet et dans leur réalisation au quotidien sur leur ferme, qu’ils ont bien fait de choisir cette voie de l’agricul-ture?!

Un éleveur laitier prudent mais pas sans projet !

Romain Déléris est de ceux là. Installé en février 2013 sur l’exploitation laitière de ses parents à St André de Najac, il ne regrette pas son choix, malgré les difficultés de sa filière. «Je suis très heureux de m’être installé, certes ce n’est pas toujours évident mais je suis optimiste de nature et je veux aller de l’avant». Trois ans après son installation, Romain a réussi à atteindre les objectifs qu’il s’était fixés lors de son accompagnement à l’installation et il a encore des projets pour les années à venir.

Pourtant ce jeune homme ne se destinait pas à la production animale. «Pendant mon parcours scolaire, je n’avais pas forcément dans l’idée de m’installer, j’ai passé un bac STAV puis un BTS dans l’aménagement paysager parce que le développement rural et l’aménagement territorial étaient des domaines qui me plaisaient. Mais j’avais envie de travailler pour moi !». Du coup, Romain a rejoint l’exploitation familiale d’abord comme salarié en approfondissant en parallèle sa formation avec un CS à Bernussou spécialisé en vaches laitières. Puis il a rejoint le GAEC familial comme troisième associé en février 2013.

«Je suis revenu sur la ferme au moment de la crise laitière et bien sûr la question de la viabilité de mon projet sur le long terme s’est posée», résume Romain. «Mon père envisageait de prendre la retraite à court terme (ce qu’il a fait cette année) et nous n’avions pas envie de démarrer un atelier supplémentaire en attendant, connaissant la charge de travail que cela peut engendrer. Nous avons donc fait le choix de développer la production, d’augmenter un peu le cheptel et d’optimiser les bâtiments». Et Romain a vraiment bien anticipé son projet menant sa réflexion aussi bien sur le sol que sur le troupeau : «Nous avions un bâtiment un peu surchargé, une aire paillée classique et cela devenait difficile de rester autosuffisant et de garder les animaux propres. En discutant avec notre technico-commercial, nous avons découvert le séparateur de phase, ce fut le projet de mon installation».

Grâce à un système de racleur, le fumier est dirigé vers un bassin où un appareil avec une vis sans fin dissocie les fractions solide et liquide d’un effluent. La fraction sèche est dans le cas de Romain, utilisée pour la litière des vaches, remplaçant ainsi la paille. Les achats extérieurs sont donc limités, l’exploitation reste autonome et l’astreinte pour les éleveurs est elle aussi réduite. Les animaux étant aussi plus propres, la préparation pour la traite est facilitée et plus rapide. «Au moment de la construction du bâtiment, mon père avait bien anticipé une possible évolution, ce qui fait que la mise en place des racleurs et du séparateur de phases n’a pas généré de changement».

«L’envie d’aller de l’avant»

Aujourd’hui, Romain est en GAEC avec sa mère, ils élèvent 60 à 67 vaches laitières à la traite à l’année et le jeune éleveur envisage la suite avec sérénité. «Ma mère va partir dans quelques années à la retraite et j’envisage de trouver un associé parce qu’il n’est pas question pour moi, de supporter seul l’astreinte de l’élevage et notamment la traite. C’est un poste qui est difficile chez nous car l’installation n’est pas vraiment adaptée pour le nombre de vaches que l’on a à la traite. J’ai le projet d’installer un robot». Romain veut en effet, continuer à jouer au foot dans le club de sa commune, s’investir à JA 12 où il est administrateur depuis peu, et en particulier actif dans le groupe installation.

Et les crises laitières successives ne freinent en rien sa motivation : «Nous devons apprendre à travailler avec les crises, nos parents avec les quotas ont connu des prix stables, une certaine sécurité mais aujourd’hui c’est terminé et on sait qu’on sera soumis plus fortement à la volatilité. Ces périodes sont dures à vivre, surtout lorsque l’on a aucune perspective positive. Il ne faut pas regarder le creux de la vague mais regarder l’horizon pour être prêt quand le marché repartira. Dans la conjoncture fluctuante, le plus dur c’est le quotidien mais nous devons regarder plus loin. Nous avons des raisons d’y croire avec la Chine, les pays émergents qui deviennent de gros consommateurs de produits laitiers», explique Romain, qui maintient la vigilance en attendant des jours meilleurs. Le jeune éleveur a hérité de l’esprit d’anticipation de ses parents en misant sur une gestion raisonnée : «Il faut prévoir des stocks pour les années dures et ce à tous les niveaux pour utiliser tous les leviers à notre disposition».

C’est donc avec beaucoup de fierté que Romain parle de son métier : «Je travaille pour moi, en autonomie, j’organise mon planning en fonction de la charge de travail, je travaille avec du vivant et surtout je trouve très valorisant de poursuivre le travail que mes parents ont engagé. Ils m’ont soutenu pendant mon accompagnement à l’installation mais ils m’ont laissé prendre les décisions parce que c’est avant tout mon projet».

Eva DZ

27 octobre 2016

After’bottes : quand de jeunes agriculteurs parlent de leur entrée dans le métier

Une quizaine de jeunes installés se sont retrouvés, à l’invitation des JA du canton du nord Aveyron, jeudi 20 octobre, pour faire le point sur leur accompagnement à l’installation, échanger leur expérience et apprendre à se connaître. C’est l’After’bottes !

Autour du café et de la fouace, sur une exploitation, l’ambiance du 2e After’bottes organisé en Aveyron était conviviale. L’agriculteur hôte, Quentin Latieule a reçu une quinzaine de jeunes comme lui installés depuis peu et venus échanger sur leur parcours. Ils ont répondu à l’invitation de l’équipe JA du canton du nord Aveyron, emmenée par Laurent Imbert et Wilfried Baldit.

Des échanges francs, constructifs

«L’objectif de cet After’bottes est de faire se rencontrer les jeunes d’un même secteur, qui se sont installés ces 2 ou 3 dernières années, afin qu’ils puissent échanger sur leur installation, comment ils ont vécu leur accompagnement,...», résume Laurent Imbert. Et ils étaient nombreux à être présents. Pauline, Clémence, Pierre-Henri, Arnaud, Albin, Philippe, Emmanuel, Maxime, Thomas, Guillaume, Laurent et Wilfried se sont donc retrouvés chez Quentin, lui aussi installé depuis peu à Montpeyroux, en GAEC avec sa mère. Ils étaient accompagnés par Anthony Quintard, co-président de JA 12 et Aurélie Fayel, animatrice.

Des installations essentiellement dans le cadre familial

Tour à tour, ils ont raconté leur parcours depuis l’ébauche de leur projet d’installation jusqu’à sa concrétisation, les difficultés qu’ils ont rencontrées mais aussi les points forts. «Nous avons eu des échanges francs, directs et constructifs qui nous ont fait ressortir les points à améliorer sur l’accompagnement à l’installation», résume Laurent Imbert, heureux de la bonne tournure des échanges.

La plupart des jeunes présents se sont installés à la suite de leurs parents, grands-parents ou oncles, en individuel ou en association, sur des exploitations en bovins allaitants, laitiers et caprins.

«Certains auraient aimé que le temps d’installation soit plus rapide étant donné que leur projet était bien ficelé, dans un cadre familial plutôt clair mais d’autres ont mis à profit les délais pour affiner leur projet, travailler sur le chiffrage et profiter de formations sur des thèmes qui les intéressaient», complète Laurent Imbert. La plupart, connaissant les délais pour s’installer, ont anticipé les démarches. En moyenne, ils ont concrétisé leur installation en un an.

Les profils varient entre ceux s’installant de suite après leurs études et ceux qui ont travaillé à l’extérieur avant de reprendre les rennes de l’exploitation familiale. Ce qui a permis d’enrichir les échanges entre les participants, tous n’ayant pas eu le même parcours ni la même attente dans l’accompagnement à l’installation.

«En une après-midi, d’abord autour d’une table puis lors de la visite de l’exploitation de Quentin, nous avons tous bien pris le temps d’échanger sur nos expériences respectives, c’était très enrichissant pour tous», remarquent les co-présidents du canton JA du nord Aveyron. Tous deux sont satisfaits de cette rencontre qui s’est prolongée en soirée autour d’un repas convivial.

Etoffer l’équipe locale

«Tout le monde a semblé contents de participer et de rester un peu plus longtemps pour poursuivre les échanges et apprendre à se connaître». Car c’est aussi l’un des objectifs de ce type d’animations locales : faire se rencontrer les jeunes d’un même territoire pour initier des actions, des projets communs. «Nos équipes locales JA contribuent au maintien d’un tissu social dans les campagnes pour que personne ne se sente isolé. Nous sommes heureux de pouvoir élargir et étoffer notre équipe avec de nouvelles têtes et de nouvelles idées !», concluent Laurent et Wilfried.

Eva DZ

29 septembre 2016

D. Barrau quitte son poste de secrétaire général de la FNSEA : «Je reste un militant»

Mercredi 21 septembre, Dominique Barrau annonçait qu’il quittait son poste de secrétaire général de la FNSEA. Il confie les raisons de son choix.

Pourquoi avez-vous décidé de stopper votre engagement à la FNSEA ?

D. Barrau : «Depuis plus de 30 ans je suis investi syndicalement ou bien sur ma commune, je pense qu’à un moment donné, il faut savoir faire des choix. A 61 ans, j’ai décidé de consacrer ma fin de carrière d’agriculteur au côté de ma fille pour l’accompagner sur notre exploitation laitière. C’est une décision mûrement réfléchie avec mes proches.

Pourquoi maintenant, à seulement quelques mois du renouvellement de l’équipe FNSEA ?

D. Barrau : Depuis 11 ans, j’assumais ce poste de secrétaire général à la FNSEA ce qui impliquait des déplacements hebdomadaires à Paris, donc une absence de plusieurs jours chaque semaine, loin de l’exploitation. A 60 ans c’est plus difficile de suivre ce rythme qu’à 50 ans lorsque j’ai commencé !

Si j’ai décidé d’arrêter maintenant c’est parce que je ne voulais pas repartir pour un hiver supplémentaire, qui plus est pour une campagne syndicale dense, qui sous entend une tournée régionale, des assemblées générales dans les départements,...

Mais pour autant, je n’abandonne pas tous mes engagements parce que je reste un militant, c’est mon tempérament ! Je veux pouvoir être à la traite tous les matins sur la ferme et pouvoir rester au service de l’agriculture que ce soit à la SAFER ou à l’association des producteurs de lait de montagne.

Justement ces deux dossiers vous permettent de revenir un peu aux sources de votre engagement. Le lait montagne étant notamment l’un de vos cheval de bataille. Où en êtes-vous sur ce dossier ?

D. Barrau : Lorsque l’on voit évoluer le contexte laitier en France, en Europe et même dans le monde, on se dit qu’il n’y aura pas demain en Aveyron, de production laitière sans une démarche différenciée. C’est dans cet état d’esprit que nous avons lancé l’idée du lait montagne. Aujourd’hui, les objectifs que nous nous étions fixés sont tenus et nous travaillons à la création d’une gamme sur le lait de consommation avec plusieurs partenaires. L’objectif reste le même : offrir un marché rémunérateur pour les 500 exploitations qui adhèrent à la démarche et les 160 millions de litres de lait qu’elles apportent.

Le contexte actuel nous donne raison. Notre démarche est en plus, dans l’air du temps, répondant notamment aux attentes sociétales en termes de nature, de démarche respectueuse,... Nous avons d’ailleurs lancé un appel d’offres pour caractériser davantage notre produit. Il en va de l’avenir de la production laitière dans le Massif central et en Aveyron en particulier. J’y crois beaucoup ! Je veux y contribuer avec mon équipe !

Le dossier foncier est aussi une problématique qui vous est chère. Qu’en est-il ?

D. Barrau : En effet j’ai toujours cru à la politique de régulation foncière. Nous devons être capables de définir des priorités. L’expérience de 50 ans des Safer doit être un appui dans notre travail en partenariat avec les collectivités. La grande Région Occitanie est prête à travailler collectivement, en lien avec les collectivités. Parce que ce travail du foncier ne pourra pas se faire sans les agriculteurs.

Au bureau de la FNSEA vous représentiez la voix de l’élevage et des zones difficiles. Qu’en sera-t-il demain après votre départ ?

D. Barrau : Je veux dire combien j’ai eu plaisir dans ma responsabilité nationale, à porter les demandes de ceux qui m’avaient mandaté, c’est-à-dire les Aveyronnais, à les représenter à Paris, pour porter leurs attentes mais aussi mes convictions et les arbitrages de la FNSEA. L’Aveyron, historiquement, a toujours défendu ses convictions et sa définiton du modèle agricole mais sans tout attendre des politiques publiques. Notre département est connu et reconnu à la FNSEA notamment, pour sa capacité à initier des démarches de qualité, différenciées et des politiques de production non déconnectées du marché. Dominique Fayel au cours de ce mandat était à mes côtés comme administrateur à la FNSEA, j’ai confiance dans sa capacité à bien représenter l’Aveyron encore demain au niveau national voire au-delà.

Que retenez-vous de ces 11 ans au poste de secrétaire général à la FNSEA ?

D. Barrau : Je ne vais pas le cacher, il y a eu des hauts et des bas dans mon engagement national. Des hauts, je retiendrai les arbitrages favorables dans la dernière PAC, le bilan de santé de la PAC, l’aide au veau sous la mère. Des réussites qui ont encouragé le militant que je suis au fil des années.

Des périodes plus sombres, j’ai tiré la leçon qu’il ne faut jamais renoncer. Il ne m’est jamais venu à l’idée de démissionner car je pense que les Aveyronnais croyaient en moi parce que je défendais le département et mes convictions à la FNSEA et non parce qu’ils me voyaient en président. La crédibilité des hommes dans le syndicalisme passe par la persévérance. Je pense que c’est ce que je retiendrai de mes années d’engagement».

Propos recueillis par Eva DZ

15 septembre 2016

Rentrée syndicale FDSEA : «Une démarche de prix responsables»

A l’occasion d’un point presse de rentrée, les responsables de la FDSEA ont présenté leur programme d’actions pour les semaines à venir.

Quelle valeur revient aux paysans ? Depuis des mois, les agriculteurs aveyronnais s’interrogent sur la valeur de leurs produits, la valeur de leur travail, voyant leurs trésoreries fondre faute d’un prix rémunérateur. C’en est trop ! Les responsables FDSEA qui tirent la sonnette d’alarme depuis des mois, attendent un retour de valeur dans les fermes et le plus tôt possible.

Ce message ils l’ont clairement rappelé aux médias départementaux lors d’un point presse de rentrée vendredi 9 septembre à l’issue de leur conseil d’administration. «Ce que nous voulons, c’est que les agriculteurs retrouvent de la confiance et du dynamisme et cela passe par une rémunération de leur travail», résume Dominique Fayel, président de la FDSEA. Avec les responsables des productions bovins lait et viande particulièrement touchés par la crise, ils ont rappelé les demandes de la profession.

Une semaine après la signature d’un accord sur le prix du lait avec Lactalis, qui permet aux producteurs de l’entreprise de retrouver un meilleur prix. «Nous avons réagi devant l’inacceptable pour soutenir les organisations de producteurs dans leur négociation avec l’entreprise et la démarche a porté ses fruits», résument les responsables professionnels. Même si cet accord de prix n’est pas «miraculeux», il a permis un rééquilibrage du rapport de force entre les producteurs et Lactalis, souligne Stéphane Galtier, membre de la section bovins lait FDSEA. «L’amorce d’une cour-be ascendante des prix doit permettre de redonner confiance aux éleveurs laitiers ajoutés à cela des signes positifs du marché et la mise en œuvre rapide du plan européen de régulation de la production laitière», a-t-il complété. «Mais nous ne devons pas nous arrêter à 300 €/1000 litres !», ont prévenu les responsables FDSEA.

Retrouver la valeur du produit

Côté viande bovine, la démar-che Cœur de gamme avance, là aussi grâce à la mobilisation syndicale. Face à la pression, les enseignes Carrefour, Leclerc et Intermarché se sont engagées à signer la charte et donc à proposer dans leurs rayons de la viande issue des races allaitantes, une gamme intermédiaire avec un produit bien différencié et de qualité sans augmenter le prix aux consommateurs. «L’alliance des consommateurs et des producteurs a permis de faire infléchir des mastodontes que représente la distribution. Désormais nous entrons dans une logique de prix responsables, à l’image de la consommation responsable pratiquée de plus en plus couramment dans les ménages», explique Dominique Fayel. Les critères de sélection de la démarche Cœur de gamme doivent servir de levier d’action pour défendre les prix aux producteurs.

«La valeur de nos produits doit nous permettre de rémunérer notre travail et ainsi retrouver confiance en l’avenir», a complété Benoît Fagegaltier, secrétaire général adjoint de la FDSEA, dénonçant au passage les pratiques des enseignes : «en pratiquant les prix bas, les distributeurs préparent le déménagement du territoire».

Outre les actions sur le marché intérieur, des inquiétudes demeurent quant à l’exportation. Les responsables professionnels insistent pour une réouverture du marché vers la Turquie pour notamment, équilibrer le marché en vif des broutards mâles qui va démarrer cet automne. «Ce marché d’environ 85 000 têtes s’est fermé depuis l’apparition de la FCO il y a un an. Nous attendons un engagement ferme du gouvernement français pour faire aboutir ce dossier», a rappelé Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA.

Par ailleurs, la régulation du secteur laitier permettra de remettre de l’ordre dans le marché de la viande. «L’afflux de vaches laitières a complètement déstabilisé le marché», constatent les responsables qui espèrent un retour à l’équilibre d’ici la fin de l’année.

A ce manque de prix dans les productions s’ajoutent les retards de paiements de la PAC. «Les paiements 2015 ne sont toujours pas clôturés 15 mois après avoir fait nos déclarations !», dénonce Dominique Fayel qui espère le versement du solde pour bientôt. «Nous exigeons simplement que ce qui nous est dû nous soit payé !». Pour les aides 2016, un nouveau système d’avances de trésorerie (ATR) est en place (lire les modalités pratiques en page 9).

Eva DZ

08 septembre 2016

Amicale des anciens de la Fédération Nationale Bovine : les 20 ans fêtés en Aveyron !

L’amicale des anciens de la Fédération Nationale Bovine (FNB) a fêté ses 20 ans cette semaine en Aveyron, avec un programme de visites et d’échanges chargé. Le groupe a été reçu sur l’élevage de Francis Grau, ancien président de la section bovins viande FDSEA, mardi 6 septembre, en fin d’après-midi.

Francis Grau et Guillaume Barrau sont installés au domaine de Nayac, sur la commune de St-Rome de Tarn avec un élevage bovin de race Aubrac et des cochons de Bayeux. Le GAEC a reçu 51 anciens de l’amicale de la FNB emmenés par l’Aveyronnais Georges Valayé, ancien administrateur FNB. «L’amicale, aujour-d’hui présidée par Etienne Gauchy (Nord), a été créée par Marcel Bruel et Eugène Alexandre il y a vingt ans», explique Georges Valayé. «Ce séjour en Aveyron correspond à une année anniversaire, avec un temps de recueillement pour nos collègues disparus. Et avec un programme complet, comprenant des visites dans le sud Aveyron, l’Aubrac, le Ségala, l’Ouest du département, et un résumé des productions agricoles, artisanales de l’Aveyron, et de ses attraits touristiques».

Le groupe guidé par Gaby Quintard, ancien directeur de la Chambre d’agriculture, était installé depuis lundi 5 septembre et jusqu’au jeudi 8 septembre à Baraqueville. Il a aussi visité mardi l’Espace découverte du viaduc de Millau, les caves de Roquefort, les villages des Templiers et de l’Hospitalier. Il a passé la soirée en compagnie de Marie-Thérèse Lacombe, auteure de «Pionnières», livre-témoignage sur «le rôle des femmes dans la modernisation des campagnes aveyronnaises».?

Aubrac et IRVA

Les anciens ont découvert mercredi la coopérative Jeune Montagne et les Forges de Laguiole (avec un hommage sur l’Aubrac à Eugène Alexandre), puis ont rejoint Rodez et son musée Soulages, avant de partager un «dîner aveyronnais» avec Dominique Fayel, président de la FDSEA, en compagnie de responsables professionnels agricoles aveyronnais. La journée de jeudi a emmené le groupe au château de Najac, puis sur la ferme de l’ancien président-fondateur de l’IRVA, Daniel Carrié. Le déjeuner a été servi chez Georges et Marie-Françoise Valayé à La Salvetat Peyralès.

Le groupe s’est ensuite rendu à la chapelle de Rieupeyroux, puis à la bastide de Sauveterre-de-Rouergue, bouclant ainsi son long périple organisé en Aveyron. Georges Valayé complète : «nous avons été reçus ou accompagnés par Jacques Bernat, ancien président de la FRSEB sur le rayon de Roquefort, Jean Geniez, ancien délégué FDSEA de la région de Millau, André Valadier, fondateur de la coopérative Jeune Montagne, et Daniel Carrié, ancien président de l’IRVA, qui a rejoint notre amicale FNB cette année !».

08 septembre 2016

Les Aveyronnais mobilisés à Lattes : «Une opération positive»

Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA était accompagnée d’une dizaine d’éleveurs aveyronnais pour participer à l’action syndicale au magasin Carrefour de Lattes, enseigne qui n’adhère pas à la démarche Cœur de gamme.

Tous vêtus du tee-shirt rouge L’élevage a un prix, les éleveurs bovins viande de la région Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ont largement diffusé des tracts dénonçant le non engagement du distributeur Carrefour dans Cœur de gamme, mercredi 7 septembre devant un magasin de l’enseigne à Lattes (Hérault). Cette démarche doit permettre de mettre en œuvre une logique commerciale couvrant les coûts de production des éleveurs et garantir une qualité au consommateur sans lui augmenter le prix à l’achat.

Prenant l’exemple de Système U qui a adhéré à Cœur de gamme, les éleveurs se sont mobilisés aux quatre coins de la France pour demander l’engagement de l’ensemble des distributeurs. «En refusant de mettre en place un prix basé sur les coûts de production ainsi qu’une logique de transparence et de coopération, Carrefour accélère la destruction du modèle d’élevage à la française, et les chances de construire des prix responsables !», dénoncent les responsables de la FRB Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.

A Lattes, «tout s’est très bien passé» : «Nous sommes satisfaits de la bonne présence des médias locaux et nationaux, attentifs à nos messages, qui sont un bon relais auprès des consommateurs», avance Valérie Imbert. «De même, les automobilistes avec lesquels nous avons pu échanger ont été très réceptifs. C’est une opération positive», a-t-elle conclu.

01 septembre 2016

Action «Loup» sur l’aire de l’Aveyron : les prédateurs incompatibles avec l’élevage

L’action de sensibilisation du grand public contre les conséquences de la présence du loup dans les régions d’élevage a été un succès samedi 27 août, de 9h30 à 17h, sur l’aire de l’Aveyron, au bord de l’A75.

L’aire de repos à Sévérac-d’Aveyron était bondée une grande partie de la journée par les automobilistes rentrant pour la plupart de vacances. La FDSEA et les JA avaient choisi le bon moment pour répondre à l’appel de la FNO, invitant les départements d’élevage menacés par le loup à prendre l'initiative d’une telle action.

En Aveyron, elle a rassemblé une centaine d’éleveurs, «des Aveyronnais, mais aussi des voisins venus de la Lozère, de l’Hérault et du Gard», dit Jean-François Cazottes, membre du bureau de la FNO, président de la section ovins viande FDSEA Aveyron, aux côtés de François Giacobbi, chargé du dossier «loup» en Aveyron, élu à la Chambre d’agriculture, Joël Aghulon, président d’Ovitest, élu à la Chambre d’agriculture et Rémi Agrinier, qui suit lui aussi le dossier «loup» pour les JA. Les éleveurs ont distribué aux automobilistes un livret résumant les «10 vérités à connaître sur le loup», réalisé par la FNO, ainsi que des toasts de roquefort et des carrés de tranches d'agneau grillé.

«Aller au devant du citoyen»

«Nous avons indiqué à toutes ces personnes en transit qu’avec la présence du loup sur les zones d'élevage comme les nôtres, ces produits-là risquaient de disparaître !», lance Dominique Fayel, président de la FDSEA Aveyron. «Le but était en effet d'attirer l'attention de tous sur le fait que l’élevage et les prédateurs sont incompatibles avec notre activité», ont insisté sur place la FDSEA et les JA.

«Quand on explique le problème avec de bons arguments, comme ceux diffusés dans le livret de la FNO, le retour est positif de la part des automobilistes et des touristes», juge Jean-François Cazottes. «Il fallait aller au devant du citoyen pour lui expliquer les conséquences des attaques de loup sur les élevages, en termes économique, environnemental, mais aussi social». Et de rappeler que «l’Aveyron, en 2015, avait comptabilisé 9?attaques avérées de loup faisant 30 victimes dans les cheptels ovins. Depuis janvier et ce mois d’août, 7 attaques ont déjà été constatées, avec 32 victimes !», alerte Jean-François Cazottes.

Parlementaires et élus

Dans le cadre de cette action, la FDSEA et les JA ont accueilli des parlementaires aveyronnais, Arnaud Viala, député, Alain Marc, sénateur, Yves Censi, député, Jean-Claude Luche sénateur-président du conseil départemental, ainsi que d’autres élus, Alain Fauconnier, président du Parc naturel régional des Grands-Causses, Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole du Conseil départemental, Camille Galibert, conseiller départemental-maire de Sévérac-d’Aveyron, Georgette Lacoste, maire de Buzeins. Une commune qui, en mai dernier, au lieu-dit Buzareingues, a été victime d’attaques de loup tuant 22 agneaux et brebis viande. «Le loup a été filmé par la caméra vidéo installée sur une placette à vautours», indiquent les éleveurs du secteur, avec, à leur tête, Françoise Caulet, présidente communale FDSEA de Sévérac le Château. «Depuis juin 2015, nous avons constaté plusieurs attaques sur notre région. Que l’on ne dise pas que ce sont des chiens errants !», protestent les éleveurs.

«9 000 brebis tuées en 2015»

Pour Dominique Fayel, «la population de loups croît en effet en France de 20 % par an !». «Nous sommes au début d’un processus qu’il faut arrêter», poursuit François Giacobbi. «C’est 9 000 brebis qui ont été tuées en 2015, et on estime qu’il y a en France entre 280 et 400 loups», renchérit Jean-François Cazottes. Il ajoute : «le coût national est de 21 millions d’euros, dont 18 millions destinés à la protection du loup venant du budget du ministère de l’agriculture. Les 3 millions concernent les indemnisations pour les éleveurs, pris sur le budget du ministère de l’envrionnement».

Directive habitat

«Mais chaque indemnisation versée à l’éleveur ne couvre pas la totalité du préjudice. L’indemnité est basée sur la taille du troupeau, elle est de 110 euros par animal viande labellisé âgé de moins de 6 mois», rappelle François Giacobbi, «et de 190 euros pour chaque animal disparu. Ce n’est pas l’indemnité qui fait vivre l’éleveur mais son travail !». «Il était important d’inviter les parlementaires à notre action», insiste Jean-François Cazottes, «pour les interpeller sur la directive habitat qui doit déclasser le loup considéré encore comme un animal protégé. Alors que le loup est un prédateur pour nos élevages !».

D.B.

25 aout 2016

«Sous les pavés, les prés» à Rodez plage : JA renforce les liens avec les Ruthénois

L'action «Sous les pavés les prés» proposée par les JA de l'Aveyron lors de Rodez Plage, le week-end dernier, a été un succès. Malgré la pluie de samedi, le monde était au rendez-vous et le dimanche, les stands étaient assaillis de visiteurs. Cet événement a permis de faire passer le message des JA : «venez à notre rencontre, échangeons, et soutenez nos productions locales».

Rodez plage est installé pour la deuxième année consécutive à Layoule, depuis le 15 août. Les berges de l’Aveyron accueillaient pour la première fois ce nouvel événement estival JA. «C'est un concept nouveau qui plaît», se félicite Anthony Quintard, co-président des JA.

Tous les âges conquis !

Un réel dialogue s'est créé tout au long du week-end à travers les animations mises en place. «Notre objectif était de proposer un éveil à l'agriculture avec divers ateliers animés par les JA, destinés au jeune public», ajoute Anthony Quintard. Plus de 400 enfants ont remporté les défis leur permettant de s'immerger dans la vie d'un agriculteur : défis traite, reconnaissance d'aliments, association entre produit fini et matière première agricole… Ludique mais pédagogique !

Les plus jeunes ont été séduits par le métier pendant que leurs parents échangeaient avec les JA en charge du jeu. Les filières aveyronnaises étaient également présentes, leur stand ne désemplissant pas. Le Veau d'Aveyron et du Ségala, la Génisse Fleur d'Aubrac, l'Agneau Fermier des Pays d'Oc, le Bœuf Fermier Aubrac, la filière Porc de Midi-Pyrénées, Mon Lait, et le Bleu des Causses ont animé avec efficacité leur stand, devant un public toujours avide d'information concernant les modes de production de ces viandes et produits laitiers dégustés au stand d’à côté…

En effet, les démonstrations culinaires de Bruno Rascalou (formateur Chambre de Métiers) et de découpes de Pierre Azémar (président du syndicat départemental des bouchers) ont mis tour à tour chaque filière en valeur, toute la journée du dimanche. Les animaux de la mini-ferme ont eux aussi contribué au succès salué le dimanche midi par les élus de Rodez, derrière leur maire, Christian Teyssèdre, en présence de Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole du Conseil départemental, et des partenaires de l'opération. Tout le monde était donc ravi de cette animation estivale des JA !

Article JA

25 aout 2016

Action FDSEA-JA pour le prix du lait de vache : «Lactalis étrangle les éleveurs»

La FDSEA et les JA de l'Aveyron ont planté des banderoles sur les ronds-points de Rodez et d'Onet le Château, lundi 22 août, dans la matinée, fustigeant le prix du lait payé trop bas par l'entreprise Lactalis. L’action syndicale était organisée dans le cadre de la mobilisation, le même jour, au siège de Lactalis à Laval, de producteurs laitiers de Bretagne et des Pays de Loire (lire page 2).

Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA et de la FRPL Sud-Ouest, Michel Costes, président de l’OP Lactalis-Rodez, Dominique Fayel, président de la FDSEA, et une cinquantaine de producteurs laitiers étaient mobilisés lundi 22 août devant l’entreprise Lactalis située à Onet le Château, près de Rodez. «Les éleveurs laitiers sont confrontés à une crise insupportable depuis plus d’un an et demi», proteste Michaël Chavatte. «Pour une ferme aveyronnaise moyenne, c’était moins 20 000 euros en 2015, et c’est pour le moment moins 10 000 euros cette année !», dénonce-t-il. Avec l’annonce d’un prix de 255 euros/1 000 litres, Lactalis a déclenché une colère des producteurs contenue depuis le début de l’été, et qui s’exprime publiquement aujourd’hui.

«Lactalis doit respecter ses producteurs»

«Lactalis étrangle les producteurs», était l’un des slogans écrits sur les bâches noires tendues sur quatre ronds-points de Rodez et d’Onet le Château par la FDSEA et les JA lundi matin. «La fin des quotas laitiers, l’embargo russe, la chute de la demande des pays asiatiques, la concurrence du marché international n’expliquent pas tout», affirme Michaël Chavatte. «Lactalis commercialise des marques comme Bridel, Lactel, Président, Rondelé (produit à Rodez-Onet), La Laitière..., qui dégagent des marges très confortables pour cette entreprise leader mondial, avec un chiffre d’affaires annuel de 17 milliards d’euros. Il faut que Lactalis respecte ses producteurs, donne un sens social à son activité pour pérenniser la collecte». Et d’ajouter, «nous produisons de la qualité, avec des règles et un coût de production qui doivent être pris en compte. Les GMS ont respecté leurs engagements sur les prix, avec la charte laitière. La transformation doit maintenant faire de même. Nos coûts de production imposent un prix payé de 350 euros/1 000 litres, très loin des 255 euros actuels qui correspondent au prix payé il y a dix ans !».

«Profits importants»

La FDSEA et les JA se sont rendus sur le site Lactalis de Rodez - Onet le Château, dé-ployant sur sa facade une autre banderole «Lactel/Président étrangle les éleveurs». Cette entreprise de 300 salariés collecte environ la moitié de la production laitière aveyronnaise chez 650 producteurs. Davy Hecht, responsable du bassin grand Sud-Ouest Lactalis et le directeur de l’usine, Laurent Billante, sont venus au devant des manifestants. Dominique Fayel leur a dit «que Lactalis produisait des marques phares, faisait de la valeur, et dégageait des profits importants, du fait d’un prix payé très bas aux producteurs. Cette situation ne peut plus durer !», a-t-il lancé. «Un bassin laitier comme le nôtre, dans le Sud-Ouest, risque de disparaître. Avec ce niveau de prix, toute cette économie est mise en danger. Nos contraintes de production sont sévères, les investissements des exploitations laitières permettent de se mettre en situation pour produire, et en réponse, ce sont elles, et eux seuls les producteurs, qui sont les plus sanctionnés ! Notre action syndicale met en avant des marques-phares de Lactalis.Il faut dire aux consommateurs que ces marques paient mal ses producteurs. Un travail a été fait avec les GMS pour défendre le prix. Nous sommes ensuite allés vers les politiques et l’Europe pour demander des mesures de soutien. C’est au tour de Lactalis de faire sa part de travail sur le prix !».

«C’est le retour du servage !»

Davy Hecht, venu au contact «pour prendre et transmettre l’avis des manifestants», a indiqué que «Lactalis travaillait dans une logique de partenariat avec les producteurs, sans nier les difficultés de la filière. Le prix du lait est annuel et se construit sur l’année avec nos représentants. Nous sommes comme vous confrontés à la volatilité des marchés internationaux, avec un prix beurre-poudre de 200 euros». Et Dominique Fayel de répondre : «il n’y a pas de partenariat ! Le rapport de force se fait au détriment des producteurs qui ne représentent plus grand chose à vos yeux. C’est le retour du servage !». Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, a insisté : «à ce niveau de prix du lait, on ne passe plus. C’est toute l’économie départementale qui est touchée, l’agriculture et l’agro-alimentaire». L’action syndicale s’est terminée en début d’après-midi.?Les Aveyronnais attendent les évolutions de l’action lancée au siège de Lactalis, à Laval, depuis le début de cette semaine.

Didier BOUVILLE

21 juillet 2016

Action FDSEA-JA : pour une maîtrise de la production «rapide et efficace»

Après l’annonce de Bruxelles d’un nouveau plan européen de soutien à l’agriculture (lire ci-contre), plus de 70 agriculteurs de la FDSEA et des JA de l’Aveyron se sont rassemblés devant la Préfecture de Rodez, lundi 18 juillet en soirée, avec un objectif clair : maintenir la pression pour une application «rapide et efficace» des mesures de soutien annoncées.

«La maîtrise, la maîtrise, la maîtrise», le mot clé pour sortir les producteurs de lait de vache de la crise est revenu en boucle dans la bouche des 70 producteurs réunis devant la préfecture lundi 18 juillet en soirée, quelques heures après l’annonce du conseil européen de l’agriculture d’un nouveau plan de soutien. Sur les 500 millions d’euros annoncés, 150 millions sont réservés à la limitation de la production laitière.

«Cette mesure communautaire doit être mise en œuvre immédiatement. Son impact doit être évalué rapidement pour apporter les ajustements nécessaires», a réagi Dominique Fayel, président de la FDSEA. Car cette enveloppe ne permet de couvrir que l’équivalent de 0,7% de la production européenne alors qu’en deux campagnes cette dernière a augmenté de 8,5% ... ! «Nous avons besoin d’une phase de régulation de la production pour retrouver l’équilibre sur les marchés et donc du prix dans nos fermes», a martelé le responsable professionnel.

Les 350 millions d’euros complémentaires sont destinés aux Etats membres (50 millions d’euros pour la France) et pourront être complétés par des fonds nationaux. «Nous demandons à ce que l’Etat double cette enveloppe afin de permettre un assainissement des marchés et une amélioration de la situation des exploitations», a ajouté Dominique Fayel.

Un grand pas vers la maîtrise

Cette nouvelle série de mesures est un «grand pas vers la maîtrise de la production», pour Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA et de la FRPL Sud-Ouest. «Il faut savoir que ce n’était pas gagné d’avance, ces mesures sont le résultat d’un travail de longue haleine des responsables professionnels. Il nous a fallu deux ans pour retourner les mentalités à Bruxelles et faire comprendre que la sortie des quotas allait indéniablement bouleverser le marché au détriment des producteurs».

Pour autant rien n’est gagné, Michaël Chavatte comme les 70 agriculteurs réunis à Rodez, milite pour une mise en place rapide et efficace des nouvelles mesures notamment de maîtrise de la production. «Tout peut aller très vite, ne serait-ce que si l’on baisse la production de 1% en Europe. Il faut garder le moral !», a-t-il encouragé. L’autre grand défi selon lui, est le soutien renforcé aux zones difficiles comme le bassin de production du Sud-Ouest où l’on ne peut pas faire autre chose que de l’élevage. «Le combat n’est pas fini !».

Et Germain Albespy, co-président de JA Aveyron de renchérir : «Il ne faut pas y aller par quatre chemins, le mot d’ordre c’est la maîtrise tout de suite pour un retour rapide sur nos fermes, les producteurs de lait et en particulier les jeunes l’attendent depuis trop longtemps !».

Maintenir la production sur les territoires

La maîtrise de la production est en effet pour les responsables professionnels, la «seule vraie mesure efficace pour retrouver du prix». Mais aussi pour garder des producteurs et de la production laitère sur des zones difficles comme le bassin aveyronnais. «Nous sommes venus dire au Préfet que notre territoire ne veut pas perdre sa production laitière. Nous avons insisté sur l’enjeu du maintien de notre économie laitière dans le département alors que la collecte a baissé ce printemps et que les installations laitières reculent», avance Germain Albespy. Sans compter l’impact négatif sur les marchés de viande bovine. «La priorité est de retrouver un équilibre du marché pour retrouver de la valeur dans nos productions et dans nos exploitations», poursuivent la FDSEA et les JA. D’où ce rassemblement devant la préfecture pour maintenir la pression sur le ministère de l’agriculture et montrer la détermination d’un territoire de sortir de la crise. «Il en va de l’avenir de nos filières et de nos campagnes !».

La profession espère que les autres Etats membres respecteront cette même politique de maîtrise des volumes pour un rétablissement du marché.

Eva DZ

09 juin 2016

Rencontre avec les parlementaires : FDSEA et JA dénoncent «une situation intenable»

En réponse au mot d’ordre national de la FNSEA, FDSEA et JA de l’Aveyron ont rencontré les parlementaires du département, lundi 6 juin, afin de les alerter, une nouvelle fois, sur la situation intenable vécue par les agriculteurs et proposer des solutions pour sortir de la crise.

«L’actualité change mais les problèmes agricoles n’ont pas disparu !». Les semaines passent mais la crise continue de s’installer dans les exploitations agricoles. Pour dénoncer ce «trop-plein de soucis», la FNSEA a lancé un appel à mobilisation des départements auprès des parlementaires afin de faire remonter leurs difficultés et trouver des solutions de sortie de crise.

L’Aveyron a bien sûr suivi le mot d’ordre en invitant pour une réunion de travail, lundi 6 juin, ses élus. Etaient présents Arnaud Viala, André Raynal, représentant Yves Censi et Alain Marc. Jean-Claude Luche et Marie-Lou Marcel, excusés, seront rencontrés prochainement.

«Nous avons balayé tous les sujets d’actualité», a résumé Dominique Fayel, président de la FDSEA, entouré des membres du bureau et de Germain Albespy, co-président de JA 12. Au premier rang desquels, la mise en œuvre du plan d’urgence dans le département et la PAC. «L’application de la PAC n’a jamais aussi été catastrophique que cette année puisque les agriculteurs n’ont toujours pas reçu la totalité des paiements de leur déclaration de l’année 2015 ! C’est une aberration !», dénoncent les responsables professionnels. «Il faut savoir que les pouvoirs publics n’ont pas fini de compter le nombre d’hectares et de vaches éligibles pour 2015 ! C’est clairement le bordel !», argue Dominique Fayel. Une situation intenable qui vient s’ajouter aux difficultés conjoncturelles de nombre de filières de production.

FDSEA et JA sont également mobilisés sur des sujets structurels et se veulent force de propositions. «Sur le lait de vache, il n’y a pas d’autre solution que la régulation volontaire par les Etats membres moyennant des compensations», avancent les responsables. Parce que cette crise du lait a des impacts sur d’autres productions comme la viande bovine et peut-être demain le lait de brebis.

La piste de la restauration collective

Plusieurs chantiers ont été évoqués devant les parlementaires comme l’ouverture à la restauration collective : «Ce secteur réalise 68 milliards de chiffre d’affaires dont un tiers concerne la restauration collective publique (écoles, hôpitaux, collectivités,...). Les agriculteurs français ont une place à prendre sur ce marché surtout quand on sait que les deux tiers du marché sont issus d’importations ! Sachez qu’en Allemagne, c’est l’inverse?! Les collectivités doivent prioriser les produits d’origine France, c’est presque un devoir !», ont lancé les responsables professionnels. «A nous de conquérir ce segment de marché !».

FDSEA et JA se battent également pour redonner de la valeur au prix et offrir une meilleure répartition de cette valeur dans la chaîne alimentaire. «Cela passe par une révision de la LME. La loi Sapin se penche justement sur les négociations commerciales». Et les responsables d’interpeller les parlementaires, directement concernés : «Nous devons profiter de cette occasion, à travers cette loi, pour rééquilibrer le rapport de force dans les négociations commerciales».

Rééquilibrer les négociations commerciales

«Et si, pour l’instant, le contrat tripartite entre producteurs, transformateurs et distributeurs est loin d’être acté, nous resterons mobilisés pour que les producteurs retrouvent de la valeur sur leurs prix tout en ne lésant pas les consommateurs», ont réaffirmé FDSEA et JA. Ils en sont persuadés, les négociations commerciales sont le fond du problème.

Certes cette crise agricole n’est pas seulement entre les mains du gouvernement ou des parlementaires, les responsables FDSEA et JA en sont bien conscients mais ils sont «les garants des évolutions réglementaires nécessaires pour accompagner l’agriculture dans ses évolutions». Les élus présents ont en effet réaffirmé leur soutien aux agriculteurs du département, promettant de les appuyer sur de nombreux sujets, au plus haut niveau de décision.

Une démarche reprise dans tous les départements de France, qui, les responsables professionnels l’espèrent, contribuera à maintenir la pression !

Eva DZ

26 mai 2016

Jeunes Agriculteurs Aveyron : le Forum des filières présenté à Paris

Jeunes Agriculteurs Aveyron a été invité à participer à une journée débat organisée mardi 17 mai à Paris par l’Institut de l’élevage sur l’attractivité des métiers de l’élevage. Mathilde Calmels, co-responsable du groupe installation JA, y a présenté le Forum des filières qui recrutent.

Cette action a été lancée par les JA de l’Aveyron en 2015, en partenariat avec le Conseil Départemental, le lycée La Roque et un large panel de filières du département. Après le franc succès de la première édition, l’opération a rassemblé, le 24 mars 2016 dans le gymnase du lycée La Roque, pas moins de 180 élèves de l’enseignement agricole venus rencontrer une douzaine de filières essentiellement d’élevage.

Un éventail de possibilités

Par petits groupes, chaque élève a pu en une journée échanger avec un maximum de représentants, professionnels et administratifs, des différents débouchés que le département peut offrir à des futurs éleveurs. Ainsi les filières laitières ont pu mettre en avant leur remarquable diversité, avec la présentation des trois élevages : ovin, caprin et bovin, ainsi que le panel possible des marchés entre circuit conventionnel, fromages sous AOP ou encore Agriculture Biologique. La viande n’a pas non plus été en reste avec la présence de toutes les filières bovines et ovines sous Label Rouge et IGP. Des élevages moins conventionnels mais tout autant en recherche de producteurs étaient aussi au rendez-vous, tels que les filières porc et lapin. Deux stands sur l’installation étaient aussi proposés aux jeunes participants. Leurs objectifs : démonter les a priori et présenter les démarches administratives.

L’attractivité : un enjeu majeur de l’élevage

Fiers de cette action et dans une logique de promouvoir le renouvellement des générations d’éleveurs, les JA 12 ont eu le plaisir de participer à la journée organisée à Paris sur l’attractivité des métiers de l’élevage. Ce grand débat s’inscrit dans la réflexion que mène l’Institut de l’élevage, avec le soutien du Conseil national de l’élevage (CNE) pour mettre en avant les atouts majeurs de l’élevage français et palier la crise des vocations qui se fait sentir sur le cheptel national. Basée sur des témoignages et des échanges entre acteurs, la journée s’est déroulée en deux temps.

La matinée a été consacrée à un état des lieux des enjeux à travers des regards croisés de différents secteurs d’activité et de pays. Après une présentation générale assurée, entre autres, par l’Institut et Michèle Boudouin, présidente de la FNO, différents intervenants ont témoigné. Parmi eux des représentants des métiers de la boucherie, des vétérinaires ruraux, mais aussi une éleveuse néerlandaise, ainsi que le conseiller agricole de l’ambassade d’Irlande à Paris.

Les acteurs nationaux et locaux, dont JA Aveyron, ont pris la parole tout au long de l’après-midi répartis en trois ateliers sur l’image du métier, les conditions de son exercice et de son accès. Au total 24 intervenants ont été mobilisés, professionnels ou administratifs, mandatés par des structures très diverses : interprofessions, associations de producteurs, administrations, organismes économiques, de service ou encore de recherche. A travers tous ces témoignages, l’objectif est de dégager les éléments qui concourent à la réussite du métier d’éleveur : concilier ses envies avec les conditions d’exercice du métier ; allier conditions de vie et conditions de travail ; s’insérer dans la société en étant fier de son activité.

Un déficit en image à combler

Pour Mathilde Calmels, qui est intervenue à Paris, «cette journée a été très enrichissante en termes d’échanges sur ce qui se fait en France et à l’étranger. Cela fait toucher du doigt la vision du métier ailleurs qu’en Aveyron. Et on s’aperçoit qu’en France, globalement, on souffre d’un sérieux déficit d’image ! Par contre les interventions des personnes d’origine néerlandaise et irlandaise ont montré que, dans ces pays, le gouvernement et la population soutiennent fortement l’activité d’élevage. Les échanges de l’après-midi ont exposé un panel de projets en matière de communication et de démarches de soutien, technique et économique, à l’installation des jeunes, notamment par certaines filières.

Les thèmes choisis pour les trois ateliers reflètent bien les axes que nous suivons en Aveyron. Cela conforte l’action du groupe installation JA ! La présentation de notre Forum des filières qui recrutent a permis d’afficher le dynamisme qui anime l’Aveyron, où toutes les forces vives se rassemblent pour concrétiser les projets. Ce n’est malheureusement pas le cas partout. Certes les problématiques sont les mêmes mais les moyens de mise en œuvre ne sont pas forcément au rendez-vous. Nous sommes donc conscients de la chance que nous avons. Pourvu que cela dure car des nouveaux projets, nous en avons !».

B. CAREL

26 mai 2016

Anciens exploitants FDSEA et retraites : une pétition nationale qui marche !

«La traversée des campagnes de France» lancée par les anciens exploitants FDSEA de l’Aisne, a fait étape mardi 24 mai à Rodez. Objectif : collecter un maximum de pétitions signées en faveur d’une retraite agricole à 85% du SMIC, destinées au Président de la République. Les Aveyronnais ont signé en nombre.

Ils ont quitté Soissons, au nord-est de Paris, mardi 17 mai et finiront leur «traversée des campagnes de France» plus bas, dans les Pyrénées-Orientales samedi 28 mai. La section des anciens exploitants FDSEA de l’Aisne a en effet décidé de lancer une action nationale en faveur de la revalorisation des retraites, appuyée par des pétitions signées par les retraités agricoles, demandant 85 % du SMIC. Les anciens agriculteurs de l’Aisne traversent ainsi un département chaque jour à pied, pour collecter les pétitions, avec l’aide des sections départementales des anciens FDSEA respectives.

Soixante marcheurs

Une trentaine de marcheurs de l’Aisne étaient accompagnés ce mardi par autant de retraités de l’Aveyron emmenés par la section des anciens exploitants FDSEA, pour une marche entre le château d’Is à Onet-le-Château et la cathédrale de Rodez. Soit environ 11 km, après le pique-nique partagé en commun, réunissant 80 personnes et organisé par la FDSEA de l’Aveyron avec l’appui de partenaires.

Le convoi identifié «FNSEA, FDSEA Aisne-FDSEA?Aveyron», avec des tracteurs, un bidon de lait accroché derrière une carriole, frottant bruyamment sur la chaussée, est passé devant la Maison de l’agriculture vers la place d’Armes, au pied de la cathédrale de Rodez. Le groupe de l’Aisne et de l’Aveyron a entonné des chansons, sur un air des «Corons» arrangé avec des textes conclus par : «la retraite, c’est la misère, on réclame le pain qui nous est dû».

Les anciens, toujours en forme malgré la marche, ont répété qu’ils «touchaient 40% de moins que la moyenne des retraités français», comme l’a souligné Marcel Decorte, président de la section des anciens exploitants FDSEA de l’Aisne. «Après une longue vie de labeur, nous méritons autant de considération que tout autre retraité !», a-t-il lâché.

«Une belle leçon de syndicalisme !»

La section des anciens exploitants de l’Aveyron s’est jointe à cette marché nationale avec entrain : «nous remercions les anciens de l’Aisne d’avoir organisé cette traversée des campagnes de France», a déclaré Michel Fau, au nom de la section FDSEA.?«Votre initiative est courageuse et nous y participons avec nos nombreuses pétitions collectées au sein de notre réseau. Vous nous avez donné une belle leçon de syndicalisme !».

Les anciens de l’Aisne étaient déjà partis avec «un millier de pétitions signées», rapporte Marcel Decorte, et d’ajouter, «avec celles collectées depuis mardi, plus celles de l’Aveyron et des derniers autres départements, nous devrions en rassembler des milliers au total, que nous allons adresser au Chef de l’Etat, en lui demandant une entrevue le plus vite possible». A noter que les anciens de l’Aisne envoient, chaque jour, une carte postale du département traversé à l’Elysée.

«Les oubliés de la Nation»

Michel Fau a précisé que «cette marche était aussi l’occasion de discuter en chemin avec chaque collègue agriculteur retraité. Nous avons tous le sentiment d’être les oubliés de la Nation. Avec également un sentiment d’injustice par rapport au travail que nous avons fourni pour nourrir les gens. On a hélas oublié de nous dire merci ! Sachez que nous vous accompagnerons jusqu’au bout par la pensée», a confié Michel Fau.

Benoît Fagegaltier, secrétaire général-adjoint de la FDSEA, a salué l'initiative des retraités agricoles : «il est important que nous soyons tous là, ensemble, retraités et actifs. Nous savons que ceux qui profitent d’une belle retraite aujourd’hui ne seraient rien sans nous, et nos productions agricoles. La FDSEA de l’Aveyron est à vos côtés. Nous adhérons pleinement à votre constat de la situation. Nous espérons la situation s’améliore !».

Le groupe s’est ensuite réuni pour un pot de l’amitié à la Maison de l’agriculture à Rodez. Les anciens de l’Aisne ont été hébergés la nuit chez leurs homologues aveyronnais. Ils sont repartis vers le Tarn ce mercredi, puis l’Hérault jeudi, l’Aude vendredi, pour arriver samedi 28 mai à Lamanère, dans les Pyrénées-Orientales.

Didier BOUVILLE

14 avril 2016

Journée environnement de la FDSEA : pour que le bon sens paysan l’emporte

Près de 80 agriculteurs ont participé à la journée dédiée à l’environnement qu’organisait la FDSEA, jeudi 7 avril sur le Ségala. L’invité, Eric Thirouin, responsable du dossier environnement à la FNSEA, a apporté des éléments de réponse.

Faire avec les paysans et non contre eux ! Tel était le mot d’ordre de cette journée environnement à laquelle étaient conviés agriculteurs, administration et services techniques spécialisés. En évoquant pêle-mêle, les sujets d’actualité dans ce domaine : zones vulnérables, définition des cours d’eau, accumulation de normes, produits phytosanitaires,... l’objectif était bien de rappeler les efforts et les engagements des agriculteurs au quotidien dans le domaine environnemental. «Il ne s’agit pas de faire de l’écologie pour casser l’économie mais bien de travailler ensemble sur des solutions pragmatiques qui respectent notre savoir-faire», a précisé Thierry Contastin, co-président de la section environnement FDSEA. Pour autant, la bataille syndicale continue pour que les contraintes soient allégées sur les exploitations.

Changer la manière dont sont faites les normes

Et les mobilisations des agriculteurs portent leurs fruits comme l’a expliqué Eric Thirouin, responsable du dossier environnement à la FNSEA : «Suite à l’action du 3 septembre à Paris, le premier ministre avait fait de la simplification des normes, une priorité. La concrétisation a certes tardé un peu mais depuis le 23 mars, un comité de rénovation des normes a été installé. Son objectif : anticiper les nouvelles normes pour agir sur leur application et simplifier et mettre en cohérence les réglementations existantes. Notre victoire, c’est que les agriculteurs sont associés aux ministères concernés et aux pouvoirs publics pour prendre les décisions avec l’appui des instituts techniques. Cela prendra du temps mais nous sommes très satisfaits de cette consultation. C’est une victoire de fond sur la méthodologie de travail !».

La définition des cours d’eau clarifiée

L’autre dossier sur lequel les agriculteurs sont directement associés, c’est la redéfinition des cours d’eau. «Là encore nous avons multiplié les courriers au ministère, dénoncé les situations tendues dans certains départements car il y avait beaucoup trop d’inconnues sur la réglementation, les droits des agriculteurs. Et aucun texte de loi n’existait en la matière. Une clarification était nécessaire», a détaillé Eric Thirouin. La profession a donc proposé un texte retenant trois critères qui définiraient un cours d’eau : un débit suffisant au moins 6 mois dans l’année et une alimentation par une source et l’existence d’un lit naturel à l’origine. Un guide de l’entretien des cours d’eau a également été rédigé pour accompagner les agriculteurs (téléchargeable sur le site du ministère de l’écologie). «Chaque département s’est engagé à réaliser une cartographie de ses cours d’eau. L’idée est aussi de décliner le guide d’entretien au niveau local en adaptant les spécificités du territoire, en coordination avec l’administration», a encouragé Eric Thirouin.

Les premiers retours du travail de cartographie des cours d’eau en Aveyron, réalisé par les équipes locales de la FDSEA, lui ont été présentés par Laurent St Affre, secrétaire général. «Qui est plus légitime qu’un agriculteur pour travailler sur ce dossier?? Nous avons partagé nos relevés de terrain avec l’administration. Et nous avons comparé nos travaux et nos méthodes en réunion de travail mais aussi sur le terrain. Aujourd’hui, 10% du département est cartographié. Il y a encore des imperfections mais le travail continue».

«Dans la majeure partie des départements, les agriculteurs ont été associés et c’est une très bonne chose. On avance mieux en travaillant tous ensemble plutôt que les uns contre les autres ! Cette méthode de travail a permis de renouer le dialogue», appuie Eric Thirouin qui a ajouté qu’une charte du contrôle de la police de l’eau et de la nature était également en cours d’élaboration sur les droits et devoirs du contrôleur et du contrôlé.

Zone vulnérable : des avancées

«Sans l’action syndicale, les deux tiers des surfaces en Aveyron auraient été interdites à l’épandage !». Le dossier des zones vulnérables est épineux et sensible. Le combat n’est pas terminé. Pour autant, quelques acquis sont à souligner : l’autorisation d’épandage si des bandes enherbées de 5 m sont installées le long des cours d’eau, la possibilité d’épandre dans les pentes, la réduction du stockage au champ de 10 à 9 mois et un couvert d’herbe sous le tas de fumiers compacts pailleux après 2 mois sous les animaux.

Restent deux points noirs : l’interdiction d’épandage sur les sols enneigés, gelés, en gel et en dégel et l’allongement de 15 jours à 1 mois des périodes d’interdiction d’épandage pour les engrais minéraux sur les prairies en zone de montagne. «Sur ce dossier, une consultation publi-que est lancée jusqu’au 25 avril. Je vous recommande d’y répondre, d’y participer pour améliorer le texte et avancer des arguments qui nous serviront pour les négociations à venir», a encouragé Eric Thirouin.

La FNSEA est également mobilisée pour l’octroi de soutiens aux éleveurs dans la mise aux normes. «Dans le contexte actuel, il est tout simplement impossible pour les éleveurs, en particulier laitiers et de porcs, d’investir dans le stockage des effluents. Ce n’est pas réaliste et pas raisonnable économiquement ! Il nous faut un délai pour les financements et la mise aux normes», a dénoncé Dominique Fayel. Une action en justice est toujours en cours pour le bassin Adour-Garonne.

Eric Thirouin a précisé la mise en place d’un grand travail baptisé «Nitrates autrement», dans lequel quatre départements de France travaillent en concertation avec des instituts techniques et l’administration «pour appliquer le bon sens paysan dans les techniques et pratiques».

Communiquer sur la réalité des pratiques

Un bon sens qui prévaut aussi en Aveyron quant à l’utilisation des produits phytosanitaires. Eric Thirouin est alarmiste sur le sujet?: «On se dirige vers une interdiction pure et simple de phytos comme nous l’avons vécue pour les OGM et pourtant on continue d’importer des produits OGM consommés en France ! C’est là toute l’incohérence des décisions politiques ! C’est ce que les arboriculteurs sont en train de vivre avec l’interdiction du diméthoate, seul moyen de lutte efficace contre la Drosophila Suzukii qui ravage les vergers de cerisiers. Même chose pour les néonicotinoïdes. Et demain ce sera le Round up, le glyphosate,... Sans compter les émissions télévisées souvent à charge ! Alors que la France a réduit son utilisation de phytos, pointant au 9e rang des utilisateurs à l’échelle européenne après le Portugal, les Pays-Bas,... Nous sommes là encore confrontés à une distorsion de concurrence, inacceptable, inadmissible !», a dénoncé le responsable national. La France propose un certificat d’économie de produits phytos pour encourager et faire reconnaître les efforts des agriculteurs. «Ce sujet est devenu sociétal, nous ne devons pas non plus hésiter à communiquer sur nos pratiques pour montrer la réalité», a incité Eric Thirouin.

Un discours que les responsables ont mis en pratique l’après-midi même sur une exploitation de Baraqueville, auprès des médias locaux.

Eva DZ

25 février 2016

Jeunes Agriculteurs Aveyron et installation : où en est-on ?

A l’occasion de la semaine nationale du renouvellement des générations d’agriculteurs (RGA), Jeunes Agriculteurs Aveyron a organisé, vendredi 19 février, une rencontre avec Jean-Claude Anglars, vice président du Conseil départemental et président de la commission de l’attractivité, des territoires, de la ville, de l’économie, du tourisme et de l’agriculture. Ensemble, ils ont fait le point sur la situation actuelle et ont échangé sur les perspectives d’avenir.

La rencontre a été organisée sur une exploitation qui a vu l’installation de pas moins de 3 jeunes agriculteurs le 1er janvier 2016. Vincent et Pascal, les deux frères, et Eric Laurens, leur cousin, ont en effet repris en même temps le Gaec familial situé à Clairvaux. Sous la marque «Domaine Laurens», ils produisent du vin rouge et rosé, en AOP Marcillac, ainsi que du blanc en IGP vin de l’Aveyron. Les Laurens sont aussi éleveurs de vaches limousines en sélection. Ils commercialisent les veaux en broutards et les vaches en filière Label Rouge Blason Prestige. «Nous avons décidé de nous installer en même temps pour être sûrs de bâtir un projet commun», explique Vincent Laurens. «Les aides (dotation jeunes agriculteurs et prêts bonifiés, ndlr) ont servi au rachat de l’entreprise à nos parents. Nous prévoyons aussi d’investir dans du renouvellement de matériel et de la plantation de vigne». En effet la production viticole est à flux tendu, pour preuve l’épuisement des millésimes 2014 du domaine.

1 installation pour 2,3 départs

«Alors que nous enregistrons 1 installation pour 2,3 départs, la reprise du Gaec Laurens avec le maintien de 3 actifs est un bel exemple de réussite !», commente Sébastien Granier, président de Jeunes Agriculteurs Aveyron.

Même si l’Aveyron reste dans les 10 premiers départements en nombre d’installations -avec une moyenne de 120 par an sur les 5 dernières années-, les départs en retraite sont loin d’être compensés. «Il en résulte un agrandissement remarquable des exploitations, associé à une pénurie de main d’œuvre qui se fait sérieusement sentir. La résultante en est l’abandon des terres les moins productives, et ainsi l’enfrichement, soit la fermeture des espaces et des paysages», s’inquiète Sébastien Granier.

Zoom sur 2015

En 2015, l’Aveyron a enregistré 98 installations aidées, c’est-à-dire que les jeunes ont bénéficié de subventions publiques et d’un accompagnement technique. «Nous sommes en-dessous de la moyenne car la délégation de compétence dans l’instruction des dossiers de l’Etat vers les régions a entraîné de lourds retards administratifs. Les premiers dossiers n’ont ainsi pas été validés avant le mois de mai !», regrette le président des JA.

En terme de profil, les nouveaux agriculteurs aveyronnais sont assez fidèles aux statistiques nationales : l’âge moyen au moment de l’installation est de 28 ans ; 71 % s’installent en société ; 18 % sont des filles ; 36 % ont au moins un niveau BTS ; 18 % s’installent en dehors du cadre familial. Les trois productions principales bénéficiant le plus du renouvellement restent les bovins viande, suivis des ovins lait, puis des vaches laitières. Par ailleurs l’Agriculture biologique continue sa progression, séduisant 17 % des nouveaux installés.

Pour un accompagnement plus efficace

A travers la rencontre au Gaec Laurens, les JA ont souhaité interpeller les élus, sur la nécessité de soutenir le renouvellement des générations d’agriculteurs. «Les collectivités sont garantes de la dynamique de leur territoire. Elles doivent par conséquent s’investir dans le maintien des actifs agricoles. Cela peut se faire par des fonds de garantie, des aides à l’investissement, ou encore de la mise à disposition de foncier», revendique Sébastien Granier. «Des jeunes qui souhaitent s’installer, il y en a plein ! L’aboutissement de leurs projets doit être l’affaire de tous, malgré les investissements considérables que cela demande parfois».

En outre, les JA souhaitent que le dispositif d’accompagnement à l’installation soit plus attractif. «Au niveau national, 95 % des installations aidées sont péren-nes. Le dispositif d’accompagnement est un gage de sécurisation des projets. Cependant, les longueurs et complexités administratives sont encore trop pesan-tes. Les élus régionaux doivent nous aider à avancer sur ces contraintes», explique le président de JA Aveyron. «Le réseau JA travaille aussi à la réforme du système des prêts bonifiés, obsolètes aujourd’hui au regard de la souplesse d’investissement revendiquée par les futurs agriculteurs», ajoute-t-il.

Quel rôle pour le département demain ?

Jusqu’à la réforme territoriale, le Conseil départemental était un acteur majeur dans le maintien d’une agriculture dynamique. Jean-Claude Anglars a partagé sa vision de l’avenir dans le contexte du transfert de la compétence économique au Conseil régional. «Avec la réforme, nous n’avons plus la possibilité de soutenir directement l’économie du département. C’est pourquoi nous sommes contraints de cesser de verser l’aide directe aux porteurs de projet (de 500 à 1 500 euros, ndlr)».

Toutefois, le vice-président assure la continuité du programme s’intitulant «Un territoire, un projet, une enveloppe» (TPE). Ce dispositif a pour objectif de faire émerger des projets de développement dans des territoires ou des filières ciblés. «Le TPE a été conçu pour que les territoires soient eux-mêmes moteurs dans l’émergence de projets. L’agriculture est notre point de départ pour recréer de l’initiative locale. Les périmètres d’actions peuvent être à l’échelle de la Communauté de communes. Après une phase de diagnostic, appelée «agriculture à la loupe», suivie de l’élaboration d’un plan d’actions, le Conseil départemental intervient en soutenant l’investissement nécessaire à la réalisation des projets». Pour exemple, l’élu évoque la relance de la filière Bleu des Causses dans la Vallée de l’Aveyron, ou encore le partenariat avec le syndicat des vins pour soutenir l’investissement en viticulture.

Par ailleurs, Jean-Claude Anglars évoque d’autres leviers de soutien à l’agriculture départementale, comme les actions de promotion du métier, en partenariat avec Jeunes Agriculteurs, ou l’incitation à consommer local dans la restauration des établissements scolaires et, en projet, dans les maisons de retraites. «Nous travaillons aussi en collaboration avec la Chambre d’agriculture, pour porter nos propositions de développement au sein du Conseil régional, sans attendre que la région s’intéresse à notre agriculture», annonce-t-il.

B. CAREL

11 février 2016

Action SNA FDSEA-JA : un emballement administratif intolérable

Vendredi 5 février, plus d’une centaine d’agriculteurs de la FDSEA et de JA Aveyron, se sont donnés rendez-vous devant les grilles de la DDT pour exprimer leur intense colère devant la nouvelle formalité administrative relative aux surfaces non agricoles (SNA).

«Habituellement mon bureau c’est le plateau de Golinhac. A cause de cette nouvelle aberration administrative j’ai passé 8 heures dans 4 m2. Ce n’est pas ça mon métier !». Voici ce qu’est venu clamer à la DDT, Christophe Pages, un des nombreux agriculteurs qui s’est retrouvé abasourdi devant une liste interminable de plusieurs centaines de SNA. Cette liste il l’a physiquement confiée à Marc Tisseire, le directeur, Joël Vidier chef du service agriculture, et à son adjointe Christelle Alauzet, spécialiste de la PAC : «2,7 kilos de papier, 4 heures d’impression et deux nuits sans sommeil», de l’aveu de l’éleveur.

Communication inexistante

Ce nouvel imbroglio administratif vient alimenter le ras-le-bol déjà bien présent des agriculteurs. Comme le souligne Dominique Fayel, «cela fait deux années successives qu’on nous fait redessiner des contours, dans un souci de précision. Les agriculteurs s’y sont en majorité pliés avec application. Soudain on nous sort ces SNA, surfaces non admissibles mais admissibles quand même pour certaines... Nous n’y comprenons plus rien !».

Par ailleurs, les manifestants ont souhaité souligner le traitement médiocre qui a été appliqué à ce dossier : contours mal tracés, nature des SNA erronées, délimitation de cours d’eau inexistants... S’ajoute à cela une communication inexistante de l’administration envers les agriculteurs. Il n’est donc pas étonnant que la grogne se soit vite répandue dans les exploitations, au fur et à mesure que les agriculteurs découvraient sur Télépac cet inventaire à la Prévert.

«L’exercice est compliqué»

Côté DDT, Marc Tisseire a affirmé comprendre que «l’exercice est compliqué». Il a rappelé que cette procédure de reconnaissance des SNA a été imposée par l’Union européenne, qui contestait le RPG français. Il s’est aussi montré rassurant, en certifiant que «beaucoup de SNA s’avèrent au final des surfaces admissibles». Il a conclu en garantissant que le travail de correction des SNA devrait être capitalisé pour la déclaration 2016, celle-ci pouvant opérer des rattrapages du RPG 2015.

«Les agriculteurs, en cette période de crise économique, attendent que l’administration prenne ses responsabilités et rectifie ce travail bâclé» a fustigé Dominique Fayel avant de laisser la place à la désileuse qui a expédié des monceaux de paperasse sur les grilles de la DDT.

B. CAREL

28 janvier 2016

Action FDSEA-JA : les éleveurs toujours sur le pont !

En Aveyron aussi, les éleveurs se sont mobilisés pour dénoncer une crise de l’élevage qui persiste dans toutes les productions agricoles. Ils étaient plus de 150 à bloquer lundi 25 janvier de 11h à 16h, le viaduc de l’Europe, à Bourran, à Rodez.

Comme un symbole, les éleveurs FDSEA et JA de l’Aveyron avaient choisi le viaduc de l’Europe pour dénoncer l’immobilisme du ministre de l’agriculture et de l’Europe à venir en aide à une filière de l’élevage en crise depuis de trop nombreux mois. «Le plan d’urgence n’a pas résolu la crise de l’élevage et cette crise s’aggrave même puisque de nouvelles productions, comme la filière palmipèdes, sont désormais concernées», a dénoncé Dominique Fayel, devant le blocage créé par quelques tracteurs et plus de 150 agriculteurs en colère, à Rodez.

Si un certain nombre de mesures ont été prises à travers le plan d’urgence et sont en cours d’application dans le département, six mois après son annonce, il reste encore insuffisant. «Sur la mesure de fonds d’allègement des charges (FAC), il reste encore 2 500 agriculteurs pour lesquels il n’y a plus de crédits ! Il faut des rallonges et vite !», a poursuivi le président de la FDSEA. Des enveloppes supplémentaires doivent être obtenues afin de pouvoir terminer le travail engagé sur le plan d’urgence pour l’élevage.

L’objectif de cette action était bien d’interpeller Stéphane Le Foll : «Le ministre de l’agriculture doit remplir sa part de travail», ont assuré les responsables FDSEA et JA. «Il doit entreprendre plusieurs actions qui sont de sa responsabilité ou de celle de Bruxelles, où il doit être influent, pour trouver les moyens de sortir de cette crise», ont-ils poursuivi, glissant au passage leur regret de voir leur ministre «passer plus de temps au gouvernement dont il est le porte-parole, que dans son ministère de tutelle».

FDSEA et JA exigent de Bruxelles, une véritable politique de régulation des productions dans un contexte de marchés saturés. Ils demandent la généralisation de l’étiquetage d’origine des produits alimentaires, bruts comme transformés, y compris dans la restauration hors foyer.

Sur le volet production, la Turquie ayant retrouvé un gouvernement, les éleveurs de broutards demandent la réouverture du marché avec ce pays, en panne depuis l’émergence de la FCO et pourtant porteur ! De même la profession souhaite la levée de l’embargo russe.

Distorsions de concurrence

FDSEA et JA demandent aussi que le ministre saisisse les instances européennes sur les distorsions de concurrence : «Nous faisons le constat chaque jour que l’agriculture française est en difficulté en raison de ses coûts de production, de main d’œuvre, ses réglementations bien plus sévères et élevées que chez nos voisins», dénoncent-ils. Et la France doit mettre un terme au dérapage continu des charges trop élevées.

«Certains de nos voisins européens ont mis en place un fonds d’accompagnement pour les éleveurs, alimenté par la grande distribution et parfois aussi par la restauration hors foyer. Les Belges, les Hollandais, les Allemands l’ont fait, pourquoi pas nous !», ont interpellé les responsables professionnels.

«Sur tous ces points, le ministre de l’agriculture français peut influer et faire bouger les choses, il en va de l’avenir de l’élevage en France», ont rappelé FDSEA et JA. C’est ce message qu’une délégation de responsables professionnels FDSEA et JA a porté devant le Préfet de l’Aveyron qui l’a reçue pendant l’action.

«Nous avons insisté sur le plan d’urgence. Chaque responsable de productions a pu rappeler les difficultés de son secteur», a précisé Dominique Fayel à l’issue de la rencontre. «Le Préfet nous a écoutés, il a dit qu’il porterait nos besoins sur le plan d’urgence ainsi que son soutien sur le dossier sécheresse du département présenté ce mercredi 27 janvier à la commission nationale», a avancé le président de la FDSEA. Satisfait de la mobilisation aveyronnaise, il a tout de même confié son inquiétude pour la suite.

Eva DZ

10 décembre 2015

Journée foncière JA : un mot d’ordre, l’anticipation !

Parce que lorsque l’on s’installe, la question de l’acquisition du foncier est primordiale et peut représenter un frein, les JA de l’Aveyron ont consacré, mardi 8 décembre, une journée à cette thématique en s’appuyant sur l’avis d’experts. L’objectif : faire rimer foncier et installation.

Plus que jamais le renouvellement des générations est la préoccupation majeure des JA. «Notre volonté est de maintenir un maximum de jeunes sur le territoire mais cela passe par un accès facilité au foncier», a introduit Sébastien Granier, président de JA 12. En s’appuyant sur les 127 propositions réunies dans le rapport d’orientation de JA national et visant à faciliter l’accès au foncier, les JA de l’Aveyron ont organisé une journée d’information ouverte à tous leurs adhérents pour parler de cette problématique avec des experts.

Guillaume Darrouy de JA Midi-Pyrénées et en charge à JA national du dossier foncier, Christian Lelièvre directeur de la SAFALT et Gérard Saby, président du comité technique pour l’Aveyron, Sylvie Pouget, juriste à la Maison de l’agriculture et Aline Rey, animatrice du Répertoire Départemental Installation ont expliqué les différents moyens d’accéder au foncier.

Acquisition progressive du foncier, achat, location, GFA,... des outils existent, ils sont parfois méconnus et c’est pour cette raison que JA 12 a tenu à les présenter.

Les SAFER, un outil professionnel pour les professionels

«Si nous ne sommes pas d’accord avec la politique de gestion des SAFER, nous devons nous y impliquer pour faire changer les choses ! Parce que les SAFER sont des outils créés par la profession et gérés par la profession et que nous devons garder cette gouvernance», a tenu à rappeler en préambule Guillaume Darrouy. La SAFALT (société d’aménagement foncier Aveyron, Lot et Tarn et le Tarn et Garonne à partir du 1er janvier), est informée de toutes les tran-sactions foncières. En Aveyron, la SAFALT représente 20% du marché du foncier. En 2014, elle est intervenue sur 2 500 notifications pour 7 500 ha, dans 250 opérations amiables pour 1 500 ha. Elle a aussi capacité à intervenir sur la vente de foncier pour une orientation en vue de la préservation des terres agricoles (25 préemptions). «Notre rôle est de peser, de réguler le marché et notre priorité est l’installation», a rappelé Christian Lelièvre. Puis viennent dans un deuxième temps, la restructuration foncière pour conforter les petites et moyennes exploitations et l’aménagement foncier.

Installer, c’est la priorité !

«Notre régulation se fait aussi par le prix», a ajouté Christian Lelièvre. Avec un contrôle des opérations foncières si le prix de référence est dépassé. «Nous nous posons la question d’une contre-offre à partir d’un prix dépassant de 30% la référence. Mais nous n’avons pas eu l’occasion d’intervenir souvent en Aveyron», précise le directeur de la SAFALT.

Contrairement à d’autres régions où la spéculation d’investisseurs extérieurs est forte comme en témoigne Guillaume Darrouy, agriculteur près de l’agglomération toulousaine : «Un des freins à l’installation c’est que l’acquisition de foncier n’est pas compensée par la rentabilité des prix des produits agricoles aujourd’hui».

Alors pour accompagner les candidats à l’installation dans l’acquisition de foncier, il existe le portage de foncier. Un outil soutenu par la Région Midi-Pyrénées et le Crédit Agricole, ouvert exclusivement aux hors-cadre familiaux. La Région finance les intérêts de stockage sur 7 ans. «C’est une idée porteuse à développer car elle permet de différer les investissements fonciers au moment de l’installation», explique Christian Lelièvre. Plusieurs dossiers de ce type ont été réalisés en Midi-Pyrénées. Pour prétendre à ce dispositif, le porteur de projet pendant son parcours à l’installation (dans le cadre d’une installation aidée), doit avoir une exploitation en vue. Le portage du foncier est envisagé et simulé lors de la présentation du plan d’entreprise à la banque. Puis un dossier est constitué et adressé au Conseil régional qui statue. Le critère de validation se base sur un point : sans le portage de foncier, l’installation n’est pas réalisable. Le dernier conseil d’administration de la SAFALT s’est engagé à créer un groupe de travail sur cet outil afin de faciliter son accès et son développement auprès des porteurs de projet. «Nous avons tout intérêt à travailler collectivement sur ce dossier», a renchéri Sébastien Granier.

Des outils au service des porteurs de projet

Plusieurs moyens d’accéder au foncier existent. Sylvie Pouget a ainsi expliqué le principe de la location, «un mode transitoire ou permanent d’accès au foncier».

Le contrôle des structures, un dispositif fort en Aveyron avec des seuils tenus qui va se régionaliser, permet également de réguler l’accès au foncier en favorisant toujours en premier l’installation. «Il faut avant tout instaurer un dialogue continu entre le propriétaire et l’acquéreur. Le lien est à la fois technique, juridique et psychologique, une notion à ne pas négliger pour que tout se passe le mieux possible et ce dans la durée», a avancé Sylvie Pouget. «Il faut se donner le temps de réfléchir au support d’exploitation dans la durée parce que c’est un projet de vie que l’on construit».

Le conseil à retenir pour un candidat à l’installation comme pour un cédant, c’est l’anticipation et la réflexion avant de se lancer. Les outils sont nombreux?: bail classique de 9 ans, à long terme (18 ans voire 25 ans),... Mais aussi le GFA, groupement de foncier agricole. Il s’agit d’une société de propriétaires qui confie l’exploitation du bien, par un bail par exemple, à un exploitant. Cela vaut également dans le cadre familial. «Le GFA permet l’acquisition progressive des parts pour devenir propriétaire sur la base d’un système équitable», détaille Sylvie Pouget.

Le dialogue, une clé de réussite

Enfin Aline Rey a expliqué le fonctionnement du RDI, répertoire départemental installation, qui met en relation les porteurs de projet en recherche d’exploitation et les cédants en recherche d’un repreneur. Aujourd’hui sous la compétence de la Chambre d’agriculture, cet outil accompagne les deux parties. En Aveyron, 250 candidats sont inscrits au RDI, il s’agit en majorité de personnes en reconversion professionnelle. «Ma mission est de les recevoir, d’établir un lien avec eux pour les mettre en relation avec les partenaires qui pourront les accompagner dans leur projet en particulier les centres de formation».

Une cinquantaine de cédants à la recherche d’un repreneur sont inscrits au RDI (environ 20 de plus par an). «Nous les orientons vers le conseil d’entreprise (Chambre d’agriculture ou CER), la SAFER pour l’expertise de leurs biens, les notaires pour le conseil juridique. L’objectif est de construire des projets cohérents et c’est pourquoi nous tenons à les construire ensemble pour faire correspondre les attentes de chacun et trouver un compromis en vue d’une cession - transmission réussie», affirme Aline Rey.

Parmi les candidats à l’installation, certains choisissent le CEFI, ce «contrat de parrainage» d’un an offre la possibilité au porteur du projet de travailler avec le futur cédant ou la personne qui recherche un associé sur l’exploitation qu’il a en vue. «C’est un outil intéressant qui permet de se donner le temps de travailler ensemble, de mieux connaître l’exploitation, de préparer son installation pour le porteur de projet et de préparer sa cessation pour le cédant», détaille Aline Rey. «Un outil que nous devons promouvoir auprès du plus grand nombre pour faciliter la mise en relation», a ajouté Sébastien Granier.

Car la solution d’un accès facilité au foncier passe par le dialogue, selon JA. «Echanger pour rassurer, démystifier et concrétiser les projets», a conclu Guillaume Darrouy.

Eva DZ

03 décembre 2015

FDSEA-JA : pour de nouvelles relations commerciales

La FDSEA et les JA ont organisé lundi 30 novembre au GAEC de St-Hubert à Luc-La Primaube une rencontre avec des responsables de grandes et moyennes surfaces (GMS) de l'Aveyron. Objectif : engager une réflexion pour de nouvelles relations commerciales plus saines, entre distributeurs et producteurs.

La finalité de la rencontre était d'échanger «entre responsables locaux de GMS et des agriculteurs sur la réalité concrète du métier d’éleveur au quotidien», à l’heure de la traite du soir, puis «d'engager une réflexion pour de nouvelles relations commerciales où le producteur serait davantage partie prenante de la stratégie commerciale et de la définition des prix», selon la FDSEA et les JA. La réunion s’est tenue en présence de responsables des sections spécialisées FDSEA, bovins et ovins lait et viande, porcins, caprins, sous la conduite de Dominique Fayel et de Sébastien Granier, respectivement présidents de la FDSEA et des JA.

Quatorze enseignes de la distribution étaient représentées : Leclerc (Sébazac, Onet-le-Château, et Villefranche de Rouergue), Géant-Casino (Onet-le-Château, Decazeville et Millau), Intermarché (Laissac, Bozouls, Pont-de-Salars) Super U (Olemps et Espalion), Promocash, Carrefour Market (Baraqueville et Réquista). Certaines s’étaient excusées : Leader Price, Lidl, Carrefour Market La Primaube et St Affrique. Les neuf responsables de GMS présents ont été accueillis sur la ferme bovins lait du GAEC Saint-Hubert rassemblant Laurent Bedel et sa mère. Sa fille Sarah a le projet de s’installer en 2016 et son jeune fils Kévin dans trois ans.

«Je ne dors pas tranquillement»

Le GAEC élève 100 vaches laitières (850 000 litres livrés à Lactalis), sur une SAU de 98 ha. Laurent Bedel a présenté les investissements récents, comme l’acquisition d’un roto de 25 places pour la traite, et plus anciens, la mise aux normes de bâtiments d’élevage réalisée en 2005. Le contexte du prix du lait actuel au plus bas n’est pas sans inquiéter l’éleveur : «je ne vais pas vous cacher que je ne dors pas tranquillement», a confié Laurent Bedel. «Depuis dix ans, j’ai mis beaucoup d’argent dans notre exploitation, sachant que ma fille Sarah est une passionnée du métier, et qu’elle a décidé de s’installer ici. Mais le prix actuel du lait ne permet pas de dégager du revenu, et l’avenir est très compliqué avec 275 euros/litres (selon les indicateurs du marché), alors qu’il faut plus de 340 euros/1 000 litres pour vivre. Il est donc urgent que les prix reviennent à la hausse !  Et partout, car aucune région de France n’est épargnée», dit Laurent Bedel.

«Nous n’avons rien à cacher»

Les représentants des GMS ont posé des questions sur les quotas laitiers, le prix de revient producteur, et répondu globalement qu’ils n’étaient pas responsables de la politique des prix bas imposée par les centrales d’achats. Certains estimant que la solution des prix incombait à l’Union européenne. Pour le lait de vache, Michaël Chavatte, également président de la FRPL, a rappelé les efforts de cet été de la part des distributeurs en matière de prix : «sur les 300 millions d’euros récupérés par la filière, les producteurs en ont obtenus 100. Mais 200 millions ont été perdus dans la filière...», a-t-il ironisé. Il a précisé que 60 % du lait français était destiné au marché intérieur, et que le prix mondial ne justifiait pas la tendance à la baisse.

Dominique Fayel a répété aux représentants locaux des GMS que l’Europe n’était pas responsable de tout : «vous êtes aussi des acteurs économiques et on s’adresse à vous comme des adhérents d’un réseau national qui peuvent porter des messages». «Nous n’avons rien à cacher sur nos marges, qui sont en moyenne autour de 10 % dans la grande distribution», a répondu un responsable GMS. «Nos conditions d’achat sont celles des distributeurs, et vous pouvez venir voir chez nous comment on travaille».

«Quand vous voulez, vous pouvez !»

Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA a évoqué la difficulté du secteur, avec des indices de prix et de coûts de production très éloignés. Dominique Fayel, également administrateur FNB, dénonçant la dominance de l’abatteur Bigard sur le marché, «avec le contrôle de 40 % du secteur de l’abattage et 70?% de celui du steak haché». Daniel Lacroix, président de la section porcine FDSEA, est lui aussi revenu sur les dernières actions syndicales et leurs effets : «quand vous voulez, vous pouvez !», a-t-il lâché à propos des opérations commerciales en faveur du porc montagne ou local. Dominique Fayel soulignant les effets positifs pour les producteurs à ne pas multiplier les promotions sur la viande porcine.

En ovins viande, Jean-François Cazottes, responsable de section FDSEA, a critiqué «ceux qui ne mettaient pas en avant l’agneau local de qualité ou made in France». Jean-Pierre Verlaguet, délégué régional FDSEA Millau, fustigeant ensuite «le Roquefort vendu à 10 euros/ kilo, moins cher que celui acheté par les producteurs à leur propre laiterie !». Enfin, Joël Mazars, président de la section caprine FDSEA, a parlé des années de crise de la production, laquelle renoue aujourd’hui avec des indicateurs économiques positifs : «quel que soit le niveau de la crise de nos productions, nous sommes contraints de produire, vu le niveau des investissements engagés, comme c’est le cas ici, en lait de vache. Nous travaillons sur un fromage de lait de chèvre avec une identité aveyronnaise, et on compte sur vous, les GMS locales, pour accompagner cette démarche !». Laurent St-Affre, secrétaire général FDSEA et éleveur allaitant, a de son côté dénoncé les normes imposées aux agriculteurs français et le coût de la main d’œuvre.

«Les échanges sont toujours constructifs»

Pour Fabrice Delnaud, responsable du magasin Carrefour de Baraqueville, cette rencontre avec les éleveurs est jugée «positive». Il ajoute : «cette initiative était nécessaire et j’invite les producteurs à venir voir chez nous comment on travaille», insiste-t-il. «Les échanges sont toujours constructifs. Nous sommes d’accord sur ce que nous pouvons faire localement et sommes favorables à une meilleure valorisation des prix producteurs.?Le désaccord et le conflit n’aboutissent à rien. Cette réunion permet de nous connaître et j’aime ce type de débat constructif !».

Pour Dominique Fayel, le bilan des échanges est positif : «nous ne pouvons pas être dans le conflit permanent avec les GMS. Nous voulons aussi des relations plus stables, plus sereines. Il est possible d’associer les éleveurs dans l’acte commercial, en prenant en compte nos prix producteur. On veut aussi vous faire comprendre que la guerre des prix met tout le monde sous pression, et qu’elle est à mon avis responsable en partie de la désindustrialisation de notre pays. Que ferez-vous quand personne ne pourra acheter vos produits ? Sur le plan national, vous pouvez faire passer ce message. Le premier indice sera pour nous d’observer le résultat des négociations sur les prix prévues début 2016. Vous êtes des prescripteurs et vous avez du pouvoir. Utilisez-le !», a conclu Dominique Fayel, ajoutant que la rencontre initiée par la FDSEA et les JA «était à renouveler».

Didier BOUVILLE

17 septembre 2015

Section ovins viande FDSEA : soutenir l’agneau français

Le conseil d’administration de la section ovins viande de la FDSEA a fait sa rentrée mardi 1er septembre, sur fond d’actions syndicales en faveur de l’origine des viandes. La section a ainsi rencontré la DDCSPP, ainsi qu’Arcadie, pour échanger sur ce sujet. Cette journée a été suivie d’une réunion du Comité Bassin ovins viande de la Chambre d’agriculture, vendredi 11 septembre.

«Les actions dans les GMS portent leurs fruits mais il ne faut pas que ce phénomène soit un feu de paille». C’est en ces termes que Jean-François Cazottes, président de la section FDSEA et membre du bureau de la FNO, commente les derniers repérages dans les grandes surfaces ruthénoises, qui semblent actuellement ne proposer que de l’agneau français. «Nous devons maintenir la pression. Il ne s’agit pas d’y aller en nombre, mais régulièrement. La grande distribution déteste la mauvaise publicité», poursuit-il. Il tient à remercier, de la part de la FNO, tous les éleveurs ovins qui ont participé aux côtés des autres filières d’élevage.

Au niveau de la conjoncture, la consommation poursuit sa lente érosion avec une baisse de 5% au premier trimestre, par rapport à l’an dernier. Néanmoins les importations ont diminué de 7 % alors que l’exportation d’ovins français en gagne 5, notamment vers les pays du Maghreb. De plus, les effectifs déclarés lors de la demande d’aide ovine, montrent que la baisse tend à se stabiliser. «Le nombre de brebis augmente même dans les régions PACA et Poitou-Charentes. En Aveyron, 2014 a vu la perte de 6?000 brebis, ce qui n’est pas énorme comparé aux années précédentes», commente Jean-François Cazottes. Edith Bonnefous, présidente du Comité bassin de la Chambre d’agriculture, confirme même que «de nouveaux éleveurs arrivent».

Un compromis européen difficile

La section a ensuite rencontré Yves Coche, directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), accompagné de Jean-Louis Lavie, chef du service de la protection du consommateur. Ensemble, ils ont exposé la réglementation européenne en vigueur concernant l’étiquetage de l’origine des viandes. En préambule, Yves Coche a rappelé que les exigences, en matière de traçabilité de la viande bovine, proviennent du début des années 2000, en réaction à la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dite maladie de la vache folle. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui la réglementation est plus stricte sur la viande bovine qu’en filière ovine, porcine, ou volaille.

«Il faut bien prendre en compte que le texte européen imposant l’obligation d’étiquetage des viandes ne date que du 1er avril 2015», précise le directeur. «C’est un texte de compromis car, sur le sujet, les attentes sont très divergentes selon les pays de l’Union européenne». En bref, concernant la viande bovine, il est obligatoire de mentionner le pays de naissance, d’abattage et d’élevage. Si ces trois étapes sont réalisées dans le même pays européen, on peut apposer la mention «origine» suivie du nom du pays, «origine France» par exemple. La mention «origine UE» n’est plus admise. Cette réglementation est valable dans tous les circuits de commercialisation (GMS, boucheries, restaurants, etc.).

En ovin, porc et volaille, la réglementation est plus en retrait. La mention obligatoire d’origine ne prévoit que le pays d’élevage et d’abattage. Par contre, l’utilisation de la mention «origine France» doit inclure le pays de naissance, comme en bovin. La réglementation ne couvre que le frais, le surgelé ou le congelé vendu en grandes surfaces. Si l’animal a traversé plusieurs pays, on peut trouver les mentions «différents pays de l’UE», ou «différents pays hors UE». Néanmoins, «la plupart du temps les agneaux en provenance de Nouvelle Zélande ou d’Australie, sont étiquetés comme tels», rassure Jean-Louis Lavie. Il expli-que ensuite que la viande provenant de l’extérieur de l’Union européenne doit obligatoirement respecter, dans son processus de transformation, la réglementation sanitaire communautaire. «La plupart des entreprises respectent la réglementation. Une poignée de fraudeurs peut malheureusement jeter le discrédit sur les autres», affirme Yves Coche avec conviction.

Concernant l’étiquetage des produits transformés, le directeur dévoile qu’aucun compromis européen n’est encore trouvé. «Beaucoup de pays sont en crise. Il est donc difficile de s’entendre sur un accord qui devrait renforcer la traçabilité et, par conséquent, augmenter les coûts de production !».

Des abatteurs confiants

Cette réunion de rentrée s’est terminée avec Yves Fabre, responsable filière ovine, pour le site Arcadie de Rodez. Avec lui, les éleveurs ont échangé sur la conjoncture et l’utilisation du logo «Viande ovine française». «Actuellement on produit 40 % de la viande ovine consommée. C’est en partie ce qui maintient le prix, même si la baisse continue de la consommation rend plus difficiles les augmentations de prix», selon Yves Fabre. Ce qui pèse aujourd’hui sur les abatteurs, c’est le manque de valorisation du cinquième quartier, la peau notamment, ainsi que les coûts de transport. Concernant, la mention d’origine France, Yves Fabre constate une deman-de croissante de la grande distribution, même si le logo est encore à son goût trop «discret». Au sujet des Labels, il préconise d’intensifier l’effort sur le désaisonnement afin de garantir de la viande de qualité toute l’année.

Inn’ovin au service de la filière

Le Comité bassin de la Chambre d’agriculture réunit l’ensemble des organisations de producteurs, engagées dans la filière ovine aveyronnaise. Animé par Dominique Delmas, conseiller de la Chambre d’agriculture, il participe activement à alimenter le réseau régional de références, communique sur la filière auprès de divers publics et coordonne des actions collectives entre tous les acteurs de la filière.

La réunion du 11 septembre a été le support de la présentation du nouveau programme national de développement de la filière ovine : Inn’ovin. Cette nouvelle version de la Reconquête ovine (de 2009 à 2014), met en place de nouveaux outils et actions, encadrés par le Comité d’orientation ovin national (C2ON), déclinés en comités régionaux (C2OR). L’ojectif de ce nouveau programme est clair : «plus d’agneaux, plus de lait, plus de revenu», comme l’évoque Géraldine Pujos, l’animatrice régionale. Pour cela, Inn’ovin propose de travailler sur l’installation et le renforcement de la technicité, sans oublier les volets social, organisation du travail et environnemental, notamment via la transition énergétique.

L’Aveyron participe activement au C2OR Sud, couvrant le territoire fusionné de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Trois Aveyronnais participent à ces travaux régionaux. Certains projets sont d’ailleurs déjà en route comme la réalisation d’un film de promotion de l’élevage, des projets de mise en valeur du pastoralisme, ou encore l’actualisation d’outils technico-économiques.

B.?CAREL

10 septembre 2015

Vache verte : les éleveurs du Réquistanais jouent le jeu

Les éleveurs du Réquistanais et de Lestrade et Thouels ont participé à la campagne de la vache verte pour valoriser l’élevage français.

En vue de la conférence mondiale sur le climat en fin d’année à Paris, la Confédération nationale de l’élevage qui représente les éleveurs de ruminants français et les interprofessions lait et viande ont lancé une campagne nationale pour mettre en avant les atouts naturels de l’élevage. L’idée est de communiquer sur les pratiques innovantes des éleveurs, leurs engagements pour le climat et les services rendus aux territoires sur lesquels ils vivent.

Ce mouvement baptisé «La vache verte» est une façon pour les éleveurs d’apporter leur contribution au débat mondial, de lever quelques a priori aussi sur l’élevage. Alors que deux sujets cruciaux seront traités lors de cette conférence : le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre.

Outre le site internet www.vacheverte.fr qui démontre, études et chiffres à l’appui, le travail et l'engagement des éleveurs pour le climat, les éleveurs dans leur département ont été sollicités pour afficher des banderoles floquées du slogan «l'équilibre est dans le pré».

En Aveyron, l’opération a été lancée début juillet, au bord de la RN88 sur la commune de Baraqueville. Puis peu à peu d’autres secteurs se sont mobilisés : le nord Aveyron, le Vallon, la région de Villeneuve et le Réquistanais notamment.

Pour un responsable local, cet engagement est nécessaire car il faut rétablir certaines réalités : «Beaucoup de critiques négatives concernent une émission élevée de méthane par l'agriculture mais on oublie de préciser le captage de carbone car 75% de méthane émis est compensé par les sources que constituent les prairies et les haies. L'Aveyron possède de nombreux territoires prolifiques en herbe où les vaches vont pâturer. Cela met en valeur le paysage et permet de maintenir le milieu naturel dont tout le monde profite sans voir le travail quotidien des agriculteurs à le préserver».

A Lestrade et Thouels et Réquista

A Lestrade et Thouels, cet été, une banderole a été installée au giratoire du village sur la route reliant Réquista à Villefranche de Panat. Rémi Cluzel, président local FDSEA de Lestrade accompagné de Julien Reynes, membre de ce syndicat, Josy Malié, présidente FDSEA de Brousse le Château et David Reynés, président cantonal secondé par Patrick Frayssinet, employé communal ont participé à cette action qui veut démontrer que les vaches des éleveurs sont nécessaires à l'entretien de la campagne et rendent de nombreux services à la vitalité rurale, au patrimoine mais aussi à la gastronomie. Les responsables professionnels tiennent à remercier la municipalité de Lestrade et Thouels pour son aide matérielle.

De même l’équipe cantonale FDSEA et JA de Réquista a apposé une banderole sur son secteur.

03 septembre 2015

Manifestation FNSEA-JA : la colère paysanne monte à Paris

Une cinquantaine de manifestants de la FDSEA et des JA Aveyron, ainsi que 3 tracteurs, se sont joints jeudi 3 septembre à la grande manifestation parisienne qui a rassemblé l’ensemble des filières agricoles françaises.

«1 500 tracteurs et des milliers de manifestants à Paris le 3 septembre», voici ce qu’avait annoncé Xavier Beulin. A l’heure où nous bouclons, la manifestation est en train de se dérouler. Le compte rendu sera donc diffusé dans La Volonté Paysanne de la semaine prochaine. Il en va de même pour la manifestation bruxelloise du lundi 7 septembre. Pour l’heure, nous pouvons qu’affirmer qu’un bus 100 % aveyronnais, sur les deux prévus par Midi-Pyrénées, a rejoint les autres manifestants venus des quatre coins de la France.

En outre, trois tracteurs conduits par des Aveyronnais se sont aussi joints au cortège qui a encerclé Paris et convergé à Nation, où se sont aussi rassemblés les manifestants. Valérie et Sébastien Imbert, accompagnés de Laurent Belbezet, tous trois agriculteurs à Saint Santin, sont les éleveurs courageux qui ont réalisé ce périple. Ils sont partis mercredi 31 août au soir, en camion, jusqu’à Fleury en Bière. Là ils ont parcouru en tracteur les 100 km qui les séparaient de Paris.

Valérie Imbert est la présidente de la section bovins viande FDSEA. «Nous devons continuer à nous battre pour une juste rémunération de nos produits. Après des semaines d’action, nous attendons maintenant des réponses concrètes du gouvernement», affirme-t-elle avec l’espoir que cette manifestation d’ampleur va faire bouger les lignes. Une délégation a d’ailleurs été reçue par le premier ministre, tandis qu’une autre s’est rendue à l’Assemblée nationale. «Nous voulons que l’agriculture devienne une cause nationale», a d’ailleurs proclamé Xavier Beulin.

27 aout 2015

Actions FDSEA-JA à Villefranche de Rouergue et Millau : une pression sans relâche

Fidèles au mouvement initié au début de l’été, les éleveurs aveyronnais continuent de mettre la pression sur tous les maillons de la chaîne agroalimentaire. Vendredi 21 août, une cinquantaine d’agriculteurs du Villefranchois ont investi les Leclerc, Lidl et Carrefour de Villefranche. Mercredi 26 août, les manifestants de la FDSEA et des JA ont ciblé les camions de marchandises frigorifiques au péage du Viaduc de Millau.

A Villefranche, le mot d’ordre était le stickage des produits dont l’origine était, soit non mentionnée, soit étrangère. «On trouve encore beaucoup trop de produits sur lesquels les mentions d’origine sont manquantes ou mal explicitées», s’insurge Laurent Saint Affre, secrétaire général de la FDSEA. Les éleveurs s’en sont ainsi donnés à cœur joie, collant à tout va des étiquettes «ce produit n’est pas issu de l’élevage français», à chaque fois que l’origine a fait défaut. Et les rayons mettant en avant les produits locaux, bénéficiant d’un affichage remarquable pendant la période estivale, n’ont pas fait exception à la règle.

Savencia subit toujours la colère des éleveurs

En parallèle, la section bovins lait s’était mobilisée en réaction à l’attitude du groupe Savencia (ex Bongrain) qui refuse de mettre en application les accords du 24 juillet, portant sur les mécanismes de revalorisation du prix du lait au producteur. Pour Mickaël Chavatte, président de la section départementale et de la FRPL, «nous devons atteindre le prix de 340 euros les 1000 litres pour ne pas vendre à perte. Nous demandons aussi que soit relevé le prix d’intervention, aujour-d’hui fixé à 200 euros. Enfin, nous continuons à revendiquer que soient mis en place des outils de régulation européens, pour lutter contre une volatilité des prix insupportable pour les éleveurs». Chaque manifestant a donc inspecté les trois rayons des supermarchés à la recherche des produits du groupe qui se sont vus estampillés de la mention «Fabriqué avec du lait vendu à perte».

Alors que le «mépris» affiché par Sa0vencia attise la colère des éleveurs, qu’en est-il des deux laiteries qui collectent en Aveyron ? Lactalis doit annoncer prochainement son prix pour le mois d’août, tandis que Sodiaal consent à des avances jusqu’à 340 euros. Ce prix pourrait donc être réajusté par la coopérative en fonction de l’évolution du marché. Les éleveurs aveyronnais sont donc encore tenus en haleine quant à leur sort au cours du second semestre.

Forte mobilisation à Millau !

A Millau, près de 300 éleveurs se sont positionnés de part et d’autre du péage du Viaduc de Millau, à partir de 21h ce mercredi 26 août, afin de stopper et de contrôler la marchandise des camions frigorifiques en transit. Par cette action, il ne s’agit pas de dénoncer les échanges mais de mettre en avant les distorsions de concurrence qui nuisent à la compétitivité de l’élevage français. Les syndicats souhaitent aussi dénoncer le manque de transparence dans l’origine des produits. Ils réaffirment que les normes françaises garantissent une qualité et une traçabilité qui ne sont pas valorisées aujour-d’hui. C’est pourquoi ils demandent à l’Etat de s’impliquer en incitant la restauration collective à préférer les produits français.

Environ une quarantaine de camions en transit ont été controlés dans les deux sens de l’A75, après le péage, sous la conduite des responsables syndicaux Laurent Saint Affre, Thierry Agrinier (FDSEA), Sébastien Granier et Clément Lacombe (JA). Ces camions transportaient en grande majorité des fruits et légumes venant d’Espagne ou du Maroc, parfois à l’origine imprécise (UE), et avec quelques surprises. Comme «ces champignons de Paris venant de Pologne et emballés à Perpignan !», ironise Sébastien Granier. Autres exemples, «une cargaison entière de produits alimentaires sans origine à destination d’une GMS». Cette action d’ampleur a été conduite sans heurts avec des chauffeurs routiers coopératifs, en présence de forces de gendarmerie veillant à la bonne sécurité de cette action.

30 juillet 2015

Actions FDSEA-JA avec un seul mot d’ordre : le prix au producteur

Toute la journée du vendredi 24 juillet, les éleveurs de l’Aveyron n’ont pas laissé de répit aux enseignes de la distribution à Rodez et Villefranche de Rouergue. Après avoir déversé lisier et pneus devant leur entrée, un convoi de tracteurs FDSEA et JA a défilé jusqu’à la préfecture pour rencontrer le Préfet.

«Des mesures de court terme c’est bien mais ce que les éleveurs exigent, ce sont des prix, une juste rémunération de leurs produits», le message des centaines d’éleveurs de l’Aveyron mobilisés la semaine dernière, est clair.

Ils étaient une quinzaine mercredi 22 juillet à Millau (lire VP du 24 juillet), puis 150 à Villefranche de Rouergue accompagnés de 40 tracteurs et 250 éleveurs à Rodez avec 40 tracteurs vendredi 24 juillet.

Plusieurs GMS ont été visitées : Géant, Carrefour et Leclerc Millau, Géant Onet, Intermarché La Gineste, Carrefour à Rodez, Leclerc, Gel 2000, Aldi, Intermarché, Netto, Carrefour et Lidl à Villefranche.

Pour manifester leur colère, les agriculteurs avaient préparé des bennes de déchets, fumier, pneus qu’ils ont déversées devant les entrées des grandes surfaces. Cette action de grande ampleur s’inscrit dans la vague de manifestations qui se déroule en France depuis plus d’une semaine.

Pour les responsables FDSEA - JA, pas question de relâcher la pression ! Le plan de soutien à l’élevage français présenté la semaine dernière par le premier ministre et le ministre de l’agriculture n’est pas suffisant.

Comme le précise Dominique Fayel, président de la FDSEA 12 : «Ce plan reprend pour l’essentiel des mesures déjà obtenues avec certes des enveloppes plus conséquentes. Pour la plus grande partie, ce sont des mesures d’avances de trésorerie, de report de cotisations, de ré-échelonnement de la dette,... Face à une situation difficile, ces mesures de court terme permettront de soulager les trésoreries mais elles ne règleront pas le problème du prix de nos produits et de l’organisation de nos filières», dénoncent Dominique Fayel et Didier Massol pour les JA 12. «On ne peut pas résoudre nos difficultés par de l’endettement supplémentaire».

Dans ce contexte tendu, le préfet de l’Aveyron, Jean-Luc Combe, a réuni en urgence les représentants du monde agricole : les organisations syndicales, la Chambre d’agriculture, la MSA, la caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, la DDT, la direction départementale des finances publiques. De même une délégation de responsables a été reçue à la sous-préfecture de Villefranche.

La valeur n’est pas partagée selon le Préfet

Le Préfet de l’Aveyron a convenu de la gravité de la situation des éleveurs français et aveyronnais en particulier, dénonçant le «système non réglementé» en cours actuel dans le secteur agricole : «c’est le marché qui fixe le prix et la répartition entre producteurs, transformateurs et distributeurs ne fonctionne pas. La guerre des prix au plus bas sévit au détriment des producteurs dont les produits ne sont pas rémunérés à leur juste valeur», a regretté le représentant de l’Etat. Alors que le rapport du médiateur a mis en avant le non respect de l’accord sur une hausse de prix notamment de la part des transformateurs. Le Préfet a précisé que le gouvernement en appelle à la responsabilisation des acteurs des filières.

Il a également présenté les grandes lignes du plan de soutien à l’élevage français, en deux temps, les mesures à court terme (mesures assouplies pour le fonds d’allègement des charges, garanties de crédits par la Banque publique d’investissement, report des cotisations sociales, mobilisation du Fonds national de gestion des risques agricoles en raison de la sécheresse, remise des taxes foncières, report d’impôt,...) et les mesures structurelles (soutien de 10 millions d’euros pour la promotion des filières viandes bovine et porcine et produits laitiers, renforcement des contrôles de la DGCCRF sur l’étiquetage de l’origine des produits, préconisations pour l’approvisionnement local des collectivités, soutien à la plate forme Viande France Export, appui aux projets d’énergie renouvelable (méthanisation, photovoltaïque), mobilisation du Programme des investissements d’avenir pour améliorer la compétitivité, amélioration des relations commerciales et contractuelles dans les filières animales, simplification des procédures, renforcement de la protection des élevages ovins contre le loup,...).

A la demande du ministère de l’agriculture, le Préfet de l’Aveyron a réactivé une cellule d’urgence réunissant la profession, les établissements bancaires, la MSA, les experts comptables, pour identifier les agriculteurs les plus en difficulté et apporter les solutions les plus adaptées à leur situation. Le Préfet compte sur la mobilisation de tous les acteurs.

Jean-Luc Combe a également précisé que le ministre de l’agriculture avait obtenu la réunion de ses collègues européens le 7 septembre pour évoquer notamment, les outils de régulation des marchés en conformité avec l’OMC.

En attendant, FDSEA et JA ont affiché leur intention de maintenir la pression sur les GMS et sur les industriels pendant tout l’été.

Eva DZ

09 juillet 2015

Vache verte : l’opération est lancée en Aveyron

En fin d’année, Paris va accueillir la conférence mondiale sur le climat - COP 21. Parce que les éleveurs de toute la France veulent apporter leur contribution et surtout faire entendre les efforts réalisés dans les exploitations, la Confédération nationale de l’élevage a lancé le mouvement La vache verte, qui se décline aussi pour les moutons et les chèvres. Le premier canton à s’être lancé est Baraqueville. Depuis ce mercredi 8 juillet, une banderole La vache verte - l’équilibre est dans le pré» borde la RN 88.

«L’agriculture est souvent montrée du doigt lorsque l’on évoque le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre. Mais le côté positif de notre métier n’est jamais montré», lance Joël Clergue, éleveur à Baraqueville. L’Aveyronnais a participé au groupe lancé par la Confédération nationale de l’élevage pour communiquer sur les pratiques des éleveurs.

«Parce que nous sommes les plus à même de parler de notre métier, nous devons prendre les devants pour faire passer nos messages», complète Valérie Imbert de la FDSEA. Pour aider les éleveurs à communiquer, la Confédération nationale de l’élevage avec l’appui du CNIEL et d’Interbev a lancé le mouvement La vache verte - l’équilibre est dans le pré.

Des bannières au bord des routes

Il s’agit d’un travail de fond sur les relations entre élevages de ruminants, équilibre environnemental et lutte contre le réchauffement climatique. Dans cette édition et celle de la semaine prochaine, La Volonté Paysanne livre quelques extraits intéressants de ce «livre vert» (lire en pages suivantes et en intégralité sur www.vacheverte.fr).

«C’est important que nous évoquions nos pratiques, nos savoir-faire ainsi que nos engagements pour le climat», explique Joël Clergue, avant de détailler : «certes nos ruminants émettent du méthane mais on ne tient pas compte du captage du carbone par les prairies sur lesquelles nous faisons pâturer nos bêtes et qui permet de couvrir 75% des émissions de méthane ! On regarde toujours le mauvais côté de l’élevage !», regrette l’éleveur. Pour rappel, 90% des surfaces du Massif central sont en herbe.

Et d’enchaîner : «De plus on oublie l’action rendue au territoire : nos vaches pâturent dans des travers peu accessibles et qui sans cela, seraient à l’état de friche. Là on parle d’aménagement du territoire, d’entretien et de valorisation de nos paysages, des notions souvent oubliées».

Les agriculteurs veulent mettre en avant les évolutions de leurs pratiques : ils participent au captage du carbone avec la production de bois plaquettes par exemple et plus globalement, ils font des efforts pour réaliser des économies d’énergies et réduire leur consommation carbone.

Ce sont tous ces messages et plus encore, que les éleveurs à travers ce mouvement de la vache verte communiqueront pendant tout l’été au bord des routes. Comme dans la plupart des départements français, une trentaine d’équipes locales d’agriculteurs aveyronnais hisseront dans leurs prés les couleurs de ce mouvement.

La première opération avait lieu chez Bernard Robert, éleveur à Baraqueville en bordure de la RN 88. Désormais, les 17?000 véhicules comptabilisés en moyenne chaque jour sur cette route apercevront ce message «l’équilibre est dans le pré» pendant tout l’été.

Eva DZ

04 juin 2015

Jeunes Agriculteurs Cassagnes-Réquista : l’installation, un projet de territoire

A l’occasion de la Fête de la brebis, dimanche 7 juin, les JA du canton organisent, à partir de 9h30 à la salle de cinéma de Réquista, une table ronde «Transmettre et installer aujourd’hui, les raisons d’y croire !», suivie de la présentation et de la signature officielle de la Charte locale transmission installation, avec les acteurs locaux.

Voilà deux ans que les Jeunes Agriculteurs de Cassagnes-Réquista travaillent à la problématique du renouvellement des générations sur leur secteur. Ils ont ainsi enchaîné groupes de réflexion et rencontres avec les acteurs du territoire afin de construire collégialement une réelle politique locale en faveur de l’installation de jeunes en agriculture. Le constat que, d’ici 5 à 10 ans, 40 % des agriculteurs de la zone seront en âge de la retraite, dont près d’un tiers n’ont aujourd’hui pas de succession, doit faire réagir tous ceux qui sont concernés par la dynamique territoriale : agriculteurs, élus, acteurs de l’ensemble des secteurs économiques, tous réunis au sein du comité de pilotage de la charte.

Le travail réalisé par ce comité de pilotage a consisté, dans un premier temps, à la réalisation d’un diagnostic qui a mis en lumière le devenir de la structuration agricole (voir ci-dessous), ainsi que le poids de l’agriculture dans le territoire : l’activité agricole génère un tiers des emplois, représente 11 % de la population locale et fait vivre 10 % des exploitations aveyronnaises.

Un plan d'actions

Forts de ce constat, les JA et le comité de pilotage se sont appliqués à élaborer un plan d’actions, d’une cinquantaine de propositions, selon quatre axes prioritaires : favoriser la transmission, permettre l’installation, maintenir des exploitations viables et vivables, développer la dynamique locale. Pour mettre en musique le contenu de la charte, les JA organisent dimanche une table ronde à partir de 9h30. Ils y exposeront les atouts du territoire étudié, ainsi que des exemples de moyens qui permettent de surmonter les difficultés, à travers le prisme de la viabilité, de la transmission et de la vivabilité. Trois exemples viendront étayer ces propos, à travers des témoignages sur la production sous label, l’installation hors cadre familial et l’adhésion à un groupement d’employeurs. A 11h, les JA présenteront le contenu de la charte qui sera officiellement signée par tous ses partenaires à 11h15.

Le secteur de Cassagnes-Réquista fait partie des cinq chartes déjà signées ou en cours d’élaboration. Pour Sébastien Granier, président de Jeunes Agriculteurs Aveyron, «à travers ces chartes locales nous voulons démontrer que l’agriculture a de l’avenir et qu’il est possible de maintenir un territoire vivant avec des actifs nombreux et des exploitations à taille humaine, viables, vivables et transmissibles».

Article JA

04 juin 2015

Un Aveyronnais entre au bureau de la FNO

Jusqu’à présent administrateur à la Fédération nationale ovine, Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA, vient d’intégrer le bureau de la FNO lors des élections du 21 mai.

«En tant que premier département moutonnier de France et représentant 15% des effectifs ovins nationaux, il était tout-à-fait logique que l’Aveyron ait sa place au sein du bureau de notre instance nationale», a commenté le nouvel élu aveyronnais.

Il aura à cœur de représenter la diversité de l’élevage ovin de son département entre le système laitier et la production d’agneaux sous la mère.

«Chacun au sein du bureau pourra s’impliquer sur des dossiers précis. J’ai fait part à notre nouvelle présidente de mes souhaits : œuvrer pour la défense du prix de nos produits, suivre le dossier PAC et participer aux échanges sur le sanitaire et le dossier sensible de la prédation».

Jean-François Cazottes est l’un des quatre représentants de la région Midi-Pyrénées au bureau de la FNO, il accompagne André Delpech du Lot, Jérôme Redoulès du Tarn (par ailleurs trésorier) et Bertrand Gerber des Hautes-Pyrénées qui siège au titre des JA.

Eva DZ

05 février 2015

Jeunes Agriculteurs Midi-Pyrénées : relance du groupe bovin viande régional

A l’occasion du congrès de la FNB, le groupe bovin viande JA Aveyron a invité des responsables JA des autres départements de Midi-Pyrénées, à se retrouver à Rodez mercredi 4 février pour recréer une dynamique régionale.

Réforme de la PAC, installation, mise en danger d’abattoirs, défense du prix, tous ces sujets sont au cœur des préoccupations des jeunes éleveurs de Midi-Pyrénées. Ainsi, Nicolas Mouysset, responsable élevage régional, Maxime Sannié et Philippe Barguès, tous deux co-responsables du groupe bovin viande JA Aveyron, ainsi que Nicolas Cance, représentant JA à l’UDIVA (interprofession aveyronnaise de la viande bovine) étaient heureux d’accueillir leurs homologues du Lot, du Tarn et du Gers. Cette réunion avait pour objectif de mettre au point une stratégie régionale afin de mutualiser au mieux points de vue et problématiques.

«Notre diversité fait notre unité»

Cette volonté de renforcer la dynamique régionale au niveau des filières avait été largement évoquée lors de la première université d’hiver de JA Midi-Pyrénées en 2 013. Le slogan qui avait d’ailleurs motivé les jeunes à l’époque était : «Notre diversité fait notre unité !». La filière viande bovine n’échappe pas à cette règle, puisque cohabitent régionalement divers modèles de production et de débouchés. Production de maigre, d’animaux engraissés, élevages transhumants, herbagers ou avec production de céréales...

Alors que le groupe régional était en dormance, les JA de Midi-Pyrénées se sont mobilisés, lors des discussions au sujet de la réforme de la PAC, afin de transmettre à Paris une position commune sur les critères d’attribution de la future aide à la vache allaitante.

Dès lors, les responsables syndicaux ont eu la volonté de se rassembler. Nicolas Mouysset, portant la voix des jeunes éleveurs dans diverses instances régionales, explique que «l’enjeu pour les JA est de porter des positions communes dans les structures influentes». Il évoque notamment les réunions de la fédération régionale bovine ou le comité d’orientation de l’élevage (COREL). Philippe Bargues renchérit par son expérience en tant que participant à des groupes de travail nationaux JA : «on se rend compte qu’il y a beaucoup d’écarts entre systèmes et entre visions au niveau national. Chacun y va pour défendre son modèle d’exploitation ou son département. Nous devons absolument travailler à une position régionale pour peser dans les orientations du syndicat».

Des chantiers à démarrer

Avant de clôre la réunion pour rejoindre les congressistes et participer aux travaux de l’après-midi, les JA ont mis au point une stratégie de fonctionnement. Le groupe régional bovin viande renaît donc. Il devrait se réunir, au début, une fois par an. A chaque fois et de manière tournante, l’organisation sera confiée à un département de Midi-Pyrénées, qui en profitera pour faire découvrir son élevage, à travers une visite d’exploitation par exemple.

Tous les responsables sont tombés d’accord sur le fait que le premier chantier à mettre en œuvre, lorsque les derniers arbitrages de la PAC seront connus, réside dans l’accompagnement des jeunes installés qui risquent notamment de pâtir d’une référence conditionnant l’attribution de l’aide vache allaitante. Par expérience, les JA savent bien que les jeunes sont les premiers à souffrir de la prise en compte d’un historique. La disparition des élevages dans les zones intermédiaires, au profit des cultures végétales, est aussi une problématique qu’ils prendront à cœur.

Bérangère CAREL

29 janvier 2015

Conférence JA-Afdi-Groupe Camboulazet-Conseil général : regards croisés sur l’agriculture familiale

Jeudi 22 janvier les JA, le groupe de Camboulazet, le Conseil général et l’Afdi ont invité Betty Wampfler, professeur en économie du développement à SupAgro Montpellier, et Joël Clergue, ancien responsable installation national du syndicat Jeunes Agriculteurs, à échanger sur le modèle d’agriculture familiale, à travers les analogies et différences entre le nord et le sud.

Bernard Cazals, président du groupe de Camboulazet et membre d’Agriculteurs français et développement international (Afdi), a rappelé brièvement les actions de cette association au Sénégal et au Mali. Aujourd’hui l’Afdi travaille à maintenir des relations, surtout avec le Mali, dans un climat géopolitique très compliqué.

Deux agricultures s’opposent sur la scène internationale

Betty Wampfler a entamé son intervention par sa définition de l’agriculture familiale, caractérisée par «un lien organique entre l’exploitation et la famille, un capital productif inséré dans le patrimoi-ne familial, un travail basé sur une main d’œuvre familiale, des produits vendus sur des marchés mais aussi autoconsommés, une recherche de revenu par le travail». Par opposition, l’agriculture dite industrielle reposerait sur une main d’œuvre salariée, un capital détenu par des actionnaires, la totalité des produits vendus sur les marchés et une recherche de profit. L’enseignante-chercheuse constate qu’aujourd’hui ces deux modèles coexistent sur des marchés identiques et sont en compétition pour les mêmes ressources.

Malgré une prédominance mondiale très nette, en termes de nombre d’exploitations et de travailleurs, l’agriculture familiale souffre de cette rivalité, notamment dans la course au foncier. Les très petites exploitations -moins d’un hectare- sont largement majoritaires à l’échelle de la planète. La main d’œuvre dans les structures familiales se chiffre à 1,3 milliard d’actifs, 3 milliards si on compte les familles qui en dépendent. En matière de productivité, l’agriculture mondiale se divise en presque 3 parties. Les rendements de 1, 10 et 50 tonnes par actif et par an sont quasiment à parts égales. La proportion d’exploitations qui atteignent les 1 000 tonnes par actif et par an est infime en comparaison.

Pas une mais des agricultures familiales

Au nord comme au sud, on observe une grande disparité dans les systèmes d’exploitation. Dans nos contrées on rencontre des productions différentes dans des topographies diverses et des circuits de commercialisation variés. Au sud, cette même diversité existe mais la plus grande dissemblance réside dans les niveaux de technicité et de modernité : irrigation, cultures fourragères ou simple pâturage, progrès génétique.

Une réponse aux enjeux mondiaux

Au nord comme au sud les enjeux liés à l’agriculture sont identiques. D’après Betty Wampfler, il s’agit «de nourrir le monde, produire de la richesse pour soi et le territoire, produire de l’emploi et gérer durablement les ressources naturelles». Pour l’enseignante-chercheuse les agricultures familiales peuvent répondre à ces enjeux à condition qu’elles évoluent et se modernisent, pour que les très petites structures perdurent.

Pour Joël Cler-gue, l’entrée territoriale est primordiale. «A JA nous avons une réflexion autour du lien social entre l’agriculture familiale et le territoire. L’agriculture doit créer de la richesse qui va alimenter les autres secteurs. Un territoire où il ne reste que des agriculteurs est en difficulté. L’agriculture est le socle économique d’un territoire diversifié en secteurs économiques et en population».

Le défi de l’installation

L’installation reste la condition sine qua none de la survie du modèle familial. Là aussi on observe des ressemblances et des disparités selon les régions du globe. La France est exemplaire dans les soutiens qu’elle octroie au renouvellement de ses agriculteurs. Il en découle un secteur agricole vivant, mais pour combien de temps ? Le nombre d’actifs diminue par le manque de reprise des descendants et une installation hors cadre familial encore très compliquée. Betty Wampfler va jusqu’à qualifier de «précaire» l’avenir du modèle familial français !

Dans les pays du sud, les dispositifs d’accompagnement à l’installation restent marginaux, malgré des initiatives existantes mais cantonnées à des zones géographiques restreintes et à des filières particulières. L’exode rural est une calamité dont souffre une jeunesse qui se retrouve confrontée au chômage, à la pauvreté, et bien souvent à la violence dans les villes. L’enjeu majeur des gouvernements est donc la mise en place des clés de la réussite de l’installation : la formation, la préservation du foncier, l’accès au marché et le soutien financier. En outre les agriculteurs du sud doivent aussi être acteurs en se regroupant pour créer eux-mêmes des structures d’accompagnement des jeunes.

Betty Wampfler conclut néanmoins son intervention sur une note positive. «L’avenir de l’agriculture suscite, depuis les émeutes de la faim début 2000, une richesse de questionnements et un regain d’intérêt. On constate aussi une grande proximité des problématiques entre nord et sud».

Peut-on ainsi extrapoler que la réponse à la question : «quel type d’agriculture voulons-nous demain ?», s’avérerait mondialement fédératrice ?...

Bérangère CAREL

01 janvier 2015

JA-FRSEA Midi-Pyrénées : pour une agriculture Ecologique

Les JA de Midi-Pyrénées soutenus par la FRSEA lancent une opération de communication grand public par la diffusion d’un seul et même concept : «l’agriculture écologique».

Dans la continuité des actions départementales (26 août et 18 septembre), et de la manifestation régionale du 5 novembre, les JA et la FDSEA ne restent pas inactifs sur le sujet de la zone vulnérable, tout comme leurs confrères de Midi-Pyrénées. Ils revendiquent «une agriculture écologique, qui allie économie et écologie, à travers une réglementation logique et applicable ! Parce que la nouvelle Directive Nitrates menace l’avenir des agriculteurs, mais aussi des consommateurs, parce que la réglementation française manque cruellement de bon sens paysan».

Afin de décliner ce concept et d’expliquer leurs arguments aux citoyens et consommateurs, les syndicats utilisent les réseaux sociaux et ont créé une page sur Facebook, «Agriculture_eco-logique», et un compte Twitter, «@gri_eco_logique».

11 décembre 2014

Zone vulnérable : «la partie n’est pas terminée»

A quelques semaines de la signature de l’arrêté préfectoral de la révision de la zone vulnérable, Pascal Mailhos, préfet de Midi-Pyrénées et coordonnateur du bassin Adour-Garonne, a répondu présent, lundi 8 décembre, à l’invitation de la Chambre d’agriculture, de la FDSEA et de JA Aveyron. La rencontre s’est déroulée chez Philippe Pélissier, agriculteur en vaches laitières sur la commune de Moyrazès.

Une cinquantaine de tracteurs attendaient, telle une haie d’honneur, le passage du préfet le long de la nationale 88. Un même slogan se répétait le long de cette route : «Non à la zone vulnérable !». La mobilisation des agriculteurs était aussi visible sur l’exploitation de Philippe Pélissier qui a accueilli 250 producteurs, ainsi que des élus et des responsables du secteur économique.

Pascal Mailhos était accompagné de Pascal Augier, directeur régional de l’alimentation de l’agriculture et de la forêt, Jean-Luc Combe, préfet de l’Aveyron et Marc Tisseire, directeur départemental des territoires. Cette délégation s’est montrée très à l’écoute des revendications de leurs hôtes.

Après avoir pris note des revendications des acteurs agricoles et ruraux aveyronnais, Pascal Mailhos a, à son tour, pris la parole. Il a commencé par reconnaître l’importance de l’agriculture comme un pilier incontournable de la vie des territoires. Concernant l’extension de la zone vulnérable, il s’est exprimé clairement : «notre objectif au niveau du bassin Adour-Garonne est de diminuer significativement le zonage. Envisager d’en sortir complètement n’est pas réaliste. Nous avons déjà obtenu une réduction de 40 % sur l’ensemble du bassin, le dossier avance».

Il ajoute que les ministères de l’agriculture et de l’écologie vont plaider à Bruxelles un assouplissement des règles concernant l’épandage sur les pentes et le stockage aux champs. Il a terminé son intervention en affirmant avec conviction son soutien à l’activité agricole : «Je continuerai à me battre avec vous comme je l’ai fait depuis 6 mois (date de sa nomination, NDLR). Les agriculteurs doivent travailler dans des conditions dignes, dans leurs mission alimentaire et d’aménagement du territoire».

Dominique Fayel conclut la matinée en affirmant que «la partie n’est pas terminée».

Bérangère CAREL

04 décembre 2014

Plus de 7 500 brebis tuées en 2014 : les éleveurs manifestent contre le loup à Paris

Protestant contre la recrudescence des attaques de loup, les éleveurs de moutons ont manifesté dans les rues de Paris le 27 novembre. Une rencontre devrait avoir lieu prochainement avec le ministre de l’intérieur, la ministre de l’écologie et le ministre de l’agriculture pour améliorer concrètement l’application du plan loup.

Bernard Cazeneuve, Ségolène Royal et Stéphane le Foll vont organiser une réunion pour parler du loup à tous les préfets de France. Annonce faite par le ministre de l’agriculture Stéphane le Foll, après une manifestation de 300 éleveurs de moutons dans les rues de Paris jeudi 27 novembre, et après une réunion avec les représentants de la Fédération nationale ovine (FNO). Les ministres de l’intérieur, du développement durable et de l’agriculture vont donner des consignes de fermeté pour que dans chaque département touché par le loup soient organisés plus de tirs de prélèvements et de battues.

Objectif : faire appliquer réellement le plan loup, malgré l’opposition systématique des écologistes sur le terrain et la prudence d’un grand nombre de préfets sur le sujet. Le plan loup prévoit la possibilité d’abattre jusqu’à 36 loups par an, par des tirs de prélèvements accordés dans les zones où les dégâts sont les plus importants. Or pour l’instant, seuls 13 loups ont été tués en 2014. Même si c’est deux fois plus que les années précédentes, c’est largement insuffisant pour des éleveurs confrontés cette année à des attaques de loups jamais vues ! 7 535 moutons ont été tués par le loup cette année, selon les chiffres de la FNO. 28 % de hausse sur un an. «On est dans le cadre d’une réglementation européenne qui a été mise en place à un moment où le loup était en extinction, or aujour-d’hui il est en expansion», a reconnu Stéphane Le Foll.

27 départements touchés

«C’est inacceptable ! Les loups massacrent nos moutons dans 27 départements maintenant, c’est trois fois plus qu’il y a cinq ans. Les éleveurs sont découragés, certains arrêtent. Le loup est incompatible avec l’élevage !», martèle Serge Préveraud, le président de la FNO, au pied de la Tour Eiffel. Scène étonnante au cœur de la capitale jeudi : une quarantaine de brebis et leurs agneaux sur le champ de Mars, entourés de 300 éleveurs en colère, venus de toute la France. «Moi dans les Alpes Maritimes j’ai plus de 3 attaques par semaine sur mon troupeau, toutes nos défenses ne servent à rien, le loup est devenu ingérable, déplore Valérie Aubert, il s’attaque aux bovins, aux ânes et même aux chevaux désormais. Chez nous on le voit maintenant dans des zones urbanisées, on n’en peut plus». Une manifestation soutenue par plusieurs hommes politiques, présents sur place. Le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle (Modem) aux côtés du député socialiste des Alpes de Hautes Provence, Christophe Castaner, par ailleurs président du Groupe national loup.

Moment d’intense émotion quand les manifestants ont dévoilé deux carcasses de brebis éventrées par les crocs du loup. Toute l’assistance s’est tue pour écouter trois jeunes femmes, trois éleveuses qui n’en peuvent plus de voir leur cheptel dévoré par le loup. «Je viens de m’installer au 1er janvier, et déjà j’ai eu 3 attaques», déplore d’une voix lasse Florie Delaye, éleveuse de moutons dans les Alpes de Haute Provence, «ce n’est pas pour voir ça que j’ai choisi ce métier». Xavier Beulin, président de la FNSEA, est venu saluer les manifestants à la mi-journée. Puis, aux sons des cloches, les éleveurs en colère ont défilé dans les rues de Paris, suivis par des bétaillères transportant les moutons. Destination : le ministère de l’agriculture, où une délégation de la FNO avait rendez-vous avec Stéphane Le Foll. Mais le cortège a été bloqué rue de Varenne par un cordon de CRS. Bousculade, gaz lacrymogène, les manifestants ont été violemment repoussés, malgré l’accord du ministère pour laisser entrer quelques brebis dans les jardins. Seule fausse note dans une journée réussie.

Meuse : «Je ne dors plus»

Cyril Weiss est un éleveur à bout de nerfs. Depuis le mois d’avril, il n’a pas fait une nuit de sommeil normal. Un siècle après sa disparition, le loup a frappé les moutons de la région de Bar le Duc le 1er avril 2014. Depuis cette date, sa vie est devenue un cauchemar : 12 attaques depuis le printemps ! La gorge nouée, il découvre des brebis éventrées ou mutilées. Il découvre surtout la peur… Chaque nuit ou presque, il se lève, il monte dans sa voiture et avec des lampes longue portée, il patrouille autour de son troupeau. Parfois il procède à des tirs d’effarouchement, en l’air. Mais peine perdue, il ne voit jamais le loup. Et pourtant, il est là : 40 cadavres ramassés au petit matin durant tout l’été. «Je n’en peux plus, ce n’est plus une vie, je ne dors plus… J’y pense tout le temps ! J’en rêve même parfois quand je réussis à dormir», indique l’éleveur. Il a mis des filets électriques autour de ses pâtures.

Ça n’a pas suffi. Il vient d’acheter deux chiots, des bergers andalous, qu’il veut mettre autour de son troupeau l’été prochain. Mais dans la Meuse, loin des grandes estives de montagne, le paysage de bocage avec ses petites parcelles clôturées est une aubaine pour le loup : impossible de mettre deux chiens de défense sur chaque lot du troupeau. C’est pourquoi Cyril va réduire le nombre de ses brebis cet hiver. Mais il est tellement découragé qu’il envisage même d’arrêter l’élevage de moutons, pour ne pas revivre le cauchemar de cet été 2014.

13 novembre 2014

Action FDSEA-JA Viande bovine à Rodez : «les producteurs étranglés»

Environ 200 éleveurs ont amené des broutards devant la préfecture à Rodez ce mercredi 12 novembre, en soirée, pour protester contre la chute des cours avant de rencontrer le nouveau préfet de l’Aveyron Jean-Luc Combe.

Comme annoncé lundi par la FDSEA et les JA, les éleveurs bovins viande, auxquels s’étaient joints des producteurs ovins, ont tenu à exprimer leurs inquiétudes, face à la baisse des cours, au préfet de l’Aveyron Jean-Luc Combe. Une délégation d’éleveurs emmenée par Laurent St-Affre, Francis Grau, Valérie Imbert, Pierre Cabrit (FDSEA) et Maxime Sannié et Nicolas Carayon (JA) a été reçue par le préfet et des représentants de la DDT. Elle a transmis à Jean-Luc Combe les inquiétudes des producteurs, lesquels se disent «étranglés» du fait de «la baisse des cours des veaux maigres de 10% en dix semaines, atteignant un niveau historiquement bas».

Pour la FDSEA et les JA, «en moyenne, c’est une perte de revenu d’environ 10 000 euros par exploitation pour 2014, soit plus de la moitié du salaire de la famille», a insisté Laurent-St-Affre devant les éleveurs rassemblés à la préfecture avec cinq génisses limousines. Les producteurs dénoncent «un prix de la viande payé par le consommateur qui progresse dans le même temps, et des importations de viandes étrangères qui augmentent».

Viandes d'importation

Ce volet exportation a été largement évoqué avec le préfet, en lien avec l’embargo russe qui destabilise la filière broutards. «La Pologne envoie ses animaux en Italie ou en Allemagne. Cela a comme effet de faire baisser les prix des animaux français», regrette Francis Grau. «Le ministre de l’agriculture avait promis lors du Sommet de l’élevage qu’il allait faciliter et développer l’export vers les pays tiers, notamment vers le bassin méditerranéen, avec l’assouplissement des mesures sanitaires. Nous avons rappelé ce point clé au préfet». Autre sujet d’inquiétude illustré récemment par un contrôle d’origine de viandes bovines au magasin Promocash de Rodez, les viandes d'importation. «La viande proposée par ce magasin est à 90 % d’origine étrangère ! Nous militons pour des achats de viande patriotes, dans la restauration collective, les cantines. Il est de la responsibilité des élus de privilégier autant que possible les viandes françaises».

Le préfet qui rencontrait pour la première fois la profession agricole depuis son arrivée début octobre s’est exprimé devant les éleveurs à l’issue de la réunion peu avant 23 heures. «Mon rôle est d’être à votre écoute. J’ai bien noté votre demande de réactiver les filières exports», parfois «pénalisées par des mesures douanières sanitaires déguisées». Il a évoqué la récente visite du ministre de l’agriculture au Maghreb, puis la grande distribution. «Il est difficile de convaincre que la qualité a un coût. Je mesure aussi l’inquiétude des jeunes agriculteurs. Je serai le porte parole de vos attentes auprès du gouvernement», a t-il promis.

Didier BOUVILLE

06 novembre 2014

Action Zone vulnérable FNSEA-JA à Toulouse : 5000 agriculteurs contre l’extension

Mercredi 5 novembre, à l’appel de la FNSEA et de Jeunes Agriculteurs, près de 800 agriculteurs aveyronnais, accompagnés d’élus territoriaux, se sont rendus à Toulouse, rejoints par les sept autres départements de Midi-Pyrénées, ainsi que le Cantal et la Corrèze. Tous sont touchés par le projet d’extension de la zone vulnérable au sein du bassin Adour-Garonne. Les manifestants se sont scindés en trois cortèges (agence de l’eau Adour Garonne, DREAL, Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) et Préfecture de Région).

Départ matinal pour Toulouse. Dans les bus aveyronnais, l’ambiance est calme. Les esprits sont préoccupés par les causes qu’ils vont défendre, principalement l’extension de la zone vulnérable dans le bassin Adour Garonne. Les débordements survenus à Toulouse lors de la manifestation contre le barrage de Sivens le 1er novembre sont au cœur des discussions des manifestants qui, eux, souhaitent se faire entendre de manière pacifique.

Première étape, les manifestants accrochent une bâche sur le bâtiment de l’ONEMA, tandis que Christian Mazas, président de la FRSEA, et Dominique Fayel rappellent le comportement souvent déplacé des agents de la police de l’eau qui mettent la pression sur les agriculteurs «les traitant comme des voyous». Le président FDSEA12 souhaite aussi leur rappeler que l’épandage ça se décide «en fonction du sol, du temps et de l’état de la plante. Il est absurde que des technocrates de Paris le décident à notre place». L’imposante bâche, portant l’inscription «Harcèlement administratif + dogmatisme environnemental = moins de revenu, moins d’agriculteurs», a beaucoup de prise au vent. Les agriculteurs la maintiennent donc en place en déversant des oignons, des pneus, du fumier, et autre matériau acheminé depuis les fermes environnantes.

A la Préfecture de Région le message est sans appel : «Non aux z’hommes vulnérables, stop aux obstacles». Les trois présidents de département s’adressent alors aux manifestants évoquant la problématique des contraintes environnementales bien sûr, mais aussi des prédateurs, le Lot et l’Ariège étant très mobilisés sur le dossier. Agnès Ferrand, présidente de la FDSEA ariégeoise confirme même le déplacement des prédateurs de la montagne jusqu’en plaine et exprime son «ras le bol qu’on nous explique comment on doit préserver la nature qui nous fait vivre et avec qui on vit tous les jours !».

Une action dans le calme

Alors que le clocher de la cathédrale Saint Etienne, sonne midi, certains y entendent d’ailleurs «le glas de la zone vulnérable», le long cortège de piétons et de tracteurs, accompagné de camions Ragt et Unicor, reprend son défilé, scandant des slogans tels que «On veut vous nourrir, on veut pas mourir !», ponctués par des sons de cloches de vaches, le tout dans une ambian-ce déterminée. Les quelque 5000 manifestants se regroupent en bas des allées Jean Jaurès pour la dernière partie du rassemblement. Les responsables régionaux et nationaux prennent la parole à tour de rôle.

Christian Mazas salue l’ampleur de la mobilisation des agriculteurs et l’exemplarité de leur comportement, puisqu’aucun débordement n’est à déplorer. Il regrette l’absence de réponses du gouvernement, sollicité depuis des mois par les responsables professionnels demandant des avancées sur les huit points de revendication portés par tous les agriculteurs de France. Il s’agit de trouver des solutions pour palier économiquement les effets de l’embargo russe, de privilégier les produits d’origine française, de dire non au péage de transit, d’abandonner l’application du compte pénibilité à l’agriculture, de débloquer le versement anticipé des aides PAC, d’empêcher le blocage des dossiers d’installation, de créer une année blanche sur les contrôles PAC relatifs au verdissement, et enfin de dire non à l’extension du zonage Directives Nitrates. «Nous en avons assez des contraintes et de la «surréglementation». Nous voulons être invités autour de la table pour participer aux décisions !», a-t-il martelé.

Dominique Barrau renchérit : «l’agriculture est en vigilance orange. Cette journée est là pour le faire savoir». Le président de Jeunes Agriculteurs Midi-Pyrénées, Lilian Lasserre rappelle, quant à lui que «nous sommes là aussi pour défendre l’agriculture de demain. Notre métier est basé sur la passion. Comment la conserver aujourd’hui chez des futurs agriculteurs ?». Il ajoute que sa première revendication est simplement «le respect des agriculteurs».

Une porte s’est entrouverte

Jean-Louis Cazaubon, président de la Chambre régionale d’agriculture de Midi-Pyrénées, rappelle que, par solidarité, toutes les Chambres d’agriculture régionales sont fermées au public le jour de la mobilisation. Il complète les revendications par une neuvième concernant le financement des Chambres qui perdent 45 millions d’euros, ce qui va durement les impacter. Concernant la zone vulnérable, il fait part des conclusions du ministère de l’écologie, suite à la réunion avec les préfets coordonnateurs de bassins le 3 novembre. Selon lui «une porte s’est entrouverte» puisque Ségolène Royal annonce des assouplissements qui pourraient réduire jusqu’à 45% le nouveau zonage et permettre d’épandre dans des pentes de plus de 20 % à plus de 50 mètres des cours d’eau. Tous les responsables s’accordent à dire que le compte n’y est pas et qu’il il est plus que jamais vital de maintenir la pression. Jean-Luc Cazaubon conclut en évoquant avec force le barrage du Tarn en ces mots : «Sivens, il faut le faire, il se fera !».

La manifestation se conclut de manière très symbolique en étalant sur les allées Jean Jaurès de la terre qui est semée et amendée?: «Si on ne peut plus produire dans nos champs, on produira là où on ne nous attend pas !».

14h30. Les manifestants regagnent leur bus, satisfaits du bon déroulé de l’action souhaitant que leurs messages aient bien été entendus.

Une inquiétude relayée par Etienne Albespy : «Aujourd’hui c’est ma deuxième manifestation. Ma première c’était cet été à Rodez, aussi contre l’extension de la zone vulnérable. Avec mon frère Sylvain, nous devons nous installer en GAEC à la suite de mon père en septembre 2015 sur la commune de Villecomtal. L’exploitation comporte aujourd’hui un troupeau de 45 vaches laitières que nous allons monter à 70. Si la commune passe en zone vulnérable, ce ne sont pas forcément les investissements qui nous inquiètent, nous avons la chance de déjà disposer d’une fosse grâce à une ancienne porcherie. Par contre, la totalité de nos terres sont à des pentes supérieures à 20%. Combiné aux restrictions des périodes d’épandage si le nouveau zonage passe, je ne sais pas comment ni quand nous allons épandre notre lisier. Tout ça vient perturber notre projet d’installation alors que nous venons juste d’attaquer l’accompagnement».

Bérangère CAREL

23 octobre 2014

Partenariat JA-Conseil général : collégiens et lycéens à la découverte de l’agriculture

Pour la cinquième année consécutive, des jeunes agriculteurs, de tout l’Aveyron, font découvrir leur métier à des élèves de collèges et lycées du 6 octobre au 20 novembre.

Seize établissements scolaires, soit 553 élèves, participent cette année à l’opération organisée conjointement par le Conseil général de l’Aveyron et les Jeunes Agriculteurs. Cette action de promotion du métier d’agriculteur se traduit soit par une visite d’exploitation, le déplacement des élèves étant pris en charge par le Conseil général, soit par une intervention dans l’établissement. Chaque rencontre est précédée d’une préparation en classe utilisant un support composé de fiches pédagogiques et d’une vidéo, spécialement créé pour l’opération.

La transmission d’une passion

Le 16 octobre, c’était au tour du GAEC de Mayran d’accueillir une vingtaine d’élèves de troisième et quatrième du lycée agricole de Rignac. L’exploitation, dirigée par Maryse Mouly et son fils Sébastien, compte une vingtaine de vaches allaitantes en Veau d’Aveyron et du Ségala, et un atelier de gavage de canards, créé par Sébastien au moment de son installation. Le jeune homme a expliqué son parcours et la motivation de ses choix professionnels aux jeunes oreilles attentives. Plus à l’aise sur un siège de tracteur que sur les bancs de l’école, c’est dès la fin du collège qu’il a eu la certitude de devenir agriculteur. Cette passion pour le métier l’a porté dans ses études jusqu’à la réussite d’un BTS ACSE, puis la concrétisation de son installation en 2012. Ambassadeur de sa profession, Sébastien a témoigné de son quotidien par l’évocation «d’un épanouissement personnel» et «la chance d’exercer un métier varié qui empêche la monotonie».

Ce jour là, les élèves étaient particulièrement attentifs. Etudiant dans un collège d’enseignement agricole, ils sont en effet sensibilisés aux métiers en lien avec ce secteur. Membres du groupe «nature et élevage», ces collégiens visitent régulièrement des exploitations et sont donc rodés à l’exercice. Ainsi ce ne sont pas moins de 80 questions qui ont assailli Sébastien, de son installation au fonctionnement de l’exploitation. Grâce à cet ambitieux questionnaire, préparé en classe, les échanges entre le jeune agriculteur et les collégiens furent riches et continus tout au long de la visite.

Pour que vive l’Aveyron

A Mayran, les élèves ont aussi rencontré des élus venus inaugurer l’opération. Yves Mazars, maire de Mayran et agriculteur à la retraite, a confié sa satisfaction de l’installation de Sébastien, synonyme du maintien d’une activité agricole au cœur du village, «alors que le nombre d’agriculteurs diminue globalement sur l’ensemble de la commune», déplore-t-il. Sébastien Granier, président de Jeunes Agriculteurs Aveyron, a, quant à lui, rappelé l’importance de ce type d’actions «pour inciter des jeunes à devenir agriculteurs et participer ainsi à maintenir nos territoires vivants». Il n’a pas manqué de remercier le Conseil général pour son implication dans le renouvellement des générations d’agriculteurs en s’adressant directement à son président, le Sénateur Jean-Claude Luche, et son vice président Jean-Claude Anglars, tous deux présents. Jean-Claude Luche a rappelé l’importance de remplacer les départs en retraite pour renouveler les populations des territoires et ainsi «faire vivre l’Aveyron !» Issu d’une famille d’agriculteurs, il a réaffirmé son attachement au métier et incité la jeune génération «à être fier d’être paysan, car ce métier est loin d’être démodé». Le président a conclu en saluant ces agriculteurs impliqués dans des démarches d’échange, faisant la promotion d’un métier «qu’ils aiment et grâce auquel ils gagnent leur vie».

Article JA

09 octobre 2014

Canton de Baraqueville et Naucellois : la charte locale transmission-installation signée

La charte locale transmission-installation sur le canton de Baraqueville et la Communauté de communes du Naucellois a été signée dimanche 5 octobre, dans le cadre de la manifestation Festibœuf.

Jeunes agriculteurs, responsables professionnels, représentants locaux des organisations professionnelles agricoles, acteurs économiques du milieu agricole, centres de formation, élus locaux,... Tous les acteurs du canton de Baraqueville et de la Communauté de communes du Naucellois (canton de Naucelle et communes de Castelmary et Crespin) ont mis en commun leurs idées pour engager une dynamique locale en matière de renouvellement des générations en agriculture. Ils ont construit ensemble une charte locale transmission-installation dans la-quelle ils se sont tous officiellement engagés dimanche 5 octobre à Naucelle lors de Festibœuf.

Des acteurs locaux bien impliqués

Cette charte locale marque à la fois la fin de trois années de travail en commun pour établir un diagnostic sur le territoire et faire des propositions et à la fois le début de la concrétisation d’un plan d’actions locales en faveur du renouvellement des générations en agriculture.

«Le comité de pilotage était particulièrement fourni avec des acteurs locaux concernés et impliqués dans le projet», atteste Mathieu Angles, co-responsable avec Robin Espinasse. Ce dernier complète : «la charte nous permet de mettre en œuvre à l’échelle locale, des actions de façon à enclencher une dynamique sur notre territoire». Et visiblement les acteurs des cantons de Baraqueville et Naucelle ont bien répondu présents !

A partir des chiffres du recensement et des informations glanées lors de réunions locales, le comité de pilotage a pu établir un diagnostic du territoire dont les grandes lignes ont été présentées lors de la signature de la charte.

42% des plus de 50 ans sont sans succession

Ainsi, le canton de Baraqueville et la Communauté de communes du Naucellois rassemble près de 750 fermes (ce qui représente 10% des exploitations totales aveyronnaises), sur une surface moyenne de 37 ha. De petites structures à dominante élevage puisque 48% sont des ateliers bovins viande et 27% des ateliers bovins lait. La plupart des exploitations sont spécialisées sur une production (81%).

Du côté des actifs, ce territoire recense un peu plus de 900 exploitants dont 52% ont plus de 50 ans, ce qui pose clairement la question du renouvellement des générations, d’autant que 42% sont à ce jour sans succession connue. «D’ici 10 à 15 ans, le territoire peut perdre près d’un quart des exploitations dirigées vers l’agrandissement voire l’enfrichement (soit 1/5e de la SAU)», expliquent Mathieu Angles et Robin Espinasse. Pour autant, ce territoire continue d’installer des jeunes.

A partir de ce constat, le comité de pilotage a défini quatre axes de travail :

- rencontrer et sensibiliser les futurs cédants,

- favoriser les installations viables et vivables,

- maintenir et développer la viabilité économique et la vivabilité des exploitations en place en vue d’une meilleure transmission,

- maintenir un territoire vivant.

45 actions à concrétiser

«Le comité de pilotage a été très productif lors des quatre réunions qui ont permis de construire collectivement le plan d’actions, c’est une belle réussite», se félicitent les co-responsables. Ainsi pas moins de 45 actions ont été envisagées, consultables sur le site ja12.fr et adressées à tous les acteurs du territoire. «L’idée est que chacun puisse piocher dans cette liste d’actions, le territoire doit être porteur, les JA sont simplement là pour impulser la dynamique !», soufflent les deux jeunes responsables.

Preuve de leur engagement dans ce plan d’action, les signataires de la charte locale transmission-installation ont déjà concrétisé deux actions : le forum transmission en agriculture et la réalisation d’un film recueillant les témoignages de deux cédants et de deux jeunes installés, l’un dans le cadre familial et le second hors cadre.

Eva DZ

02 octobre 2014

Suite aux orages dans le sud-Aveyron : l’administration enquête sur les dégâts agricoles

Vendredi 26 septembre, la DDT a mené aux côtés des responsables FDSEA et JA locaux, une mission d’enquête sur trois exploitations victimes des orages des 16 et 17 septembre, dans le sud du département.

Le sud Aveyron, en particulier les secteurs de St Affrique et Camarès, ont été particulièrement impactés par les orages des 16 et 17 septembre. Suite aux fortes chutes de pluie, de nombreuses parcelles semées ont été défoncées, entraînant la perte des semis, de multiples mouvements de terre ont été constatés, des lacs d’irrigation ont été bouchés par des amas de terre, des clôtures ont été emportées ou brisées,...

Face à ces dégâts, la FDSEA et les JA ont alors saisi l’administration afin qu’une demande de reconnaissance de calamités agricoles soit engagée pour les pertes de fonds subies. Sont concernés les dommages causés aux sols, clôtures, ouvrages de type ponts, lacs,... suite à des aléas climatiques.

Pour démarrer cette procédure, l’administration a diligenté une mission d’enquête sur le terrain. Accompagnée de la profession, elle s’est ainsi déplacée sur trois exploitations et a rencontré de nombreux agriculteurs touchés, pour faire un premier constat du type de dégâts, établir un périmètre géographique de leur étendue et avoir une première estimation.

Reconnaissance en calamité agricole

Cette mission d’enquête s’est déroulée vendredi 26 septembre. Les trois exploitations choisies se situent en bord de la rivière du Dourdou et des ruisseaux du Graouzou et de Gommaric. La délégation était composée de représentants de la DDT et de responsables professionnels locaux dont Michel Viguier, responsable cantonal de Belmont sur Rance, Mathieu Bernat, responsable pour la commune et le canton de Camarès et de Jean-Pierre Verlaguet, représentant départemental au comité des calamités agricoles. Jacques Bernat, maire de Camarès et président de la MSA Midi-Pyrénées Nord était également présent.

Le groupe a rencontré Guillaume Pradeilles, installé sur Montlaur puis Yannick Gayraud, sur la commune de Gissac et enfin, Michel Costes sur la commune de Camarès. Tour à tour, ils ont fait état des dégâts qu’ils ont subis sur leur exploitation, avec à l’appui une visite sur les parcelles touchées.

Plusieurs communes ont été touchées dont une dizaine fortement impactées. La DDT avec l’appui de la profession, est en train de préparer le dossier de demande de reconnaissance en calamité agricole qui devrait être présenté lors de la prochaine commission nationale qui se déroulera en décembre.

La FDSEA et les JA communiqueront ultérieurement sur les démarches individuelles de demande d’indemnisation au titre des calamités, une fois la reconnaissance obtenue. Concernant l’état de catastrophe naturelle, les déclarations doivent quant à elles, être réalisées dans les plus brefs délais (voir encadré).

Eva DZ

25 septembre 2014

Projet d’extension de la zone vulnérable en Aveyron : 400 tracteurs et 1 500 éleveurs disent non !

«La zone vulnérable ne passera pas !» ont lancé les responsables FDSEA et JA jeudi 18 septembre, place d’Armes à Rodez, lors de la mobilisation d’ampleur rassemblant plus de 1 500 éleveurs et 400 tracteurs.

Plusieurs convois de tracteurs ont convergé jeudi 18 septembre vers Rodez pour une soirée de mobilisation qui restera dans les annales syndicales, selon Dominique Fayel, président de la FDSEA, debout sur l’estrade dressée une nouvelle fois sur la place d’Armes de Rodez devant plus de 1500 agriculteurs. «Ce soir, c’est une manifestation exceptionnelle. Nous sommes capables de montrer une image incroyable avec cette place remplie de paysans, et une ville de Rodez remplie de tracteurs. Tout cela signifie quelque chose. J’espère sincèrement qu’il n’y aura pas besoin d’aller plus loin !».

Trois semaines après la première mobilisation du mardi 26 août, la pression des éleveurs ne faiblit pas : «ce sont deux démonstrations de force que l’Etat ne peut pas ignorer ! L'extension de la zone vulnérable est injustifiée». Dominique Fayel insiste : «nous, éleveurs, nous ne voulons pas nous lever le matin avec la boule au ventre, avec la peur des contrôles injustifiés. Nous voulons simplement faire notre métier sur l’essentiel, sur notre savoir-faire».

«Un message grave et sérieux»

Le président de la FDSEA a enfoncé le clou : «cette action d’ampleur, c’est le message le plus grave et le plus sérieux qui ait été lancé aux pouvoirs publics depuis longtemps. Le monde agricole est rassemblé pour exprimer son refus d’une extension de zone vulnérable. Et que l’on va à nouveau relayer auprès de Mme le préfet». Sébastien Granier, président des JA, a lui aussi relevé la forte mobilisation : «il y a beaucoup de jeunes ici, mais combien pourront encore s’installer dans ces conditions ?». Une façon pour lui de mettre le doigt sur une extension de zone vulnérable imposant notamment une augmentation des durées de stockage de 4 à 6,5 mois, induisant un investissement de 20 000 à 50 000 euros par exploitation, indique la FDSEA. Et rappelons que de 10 communes classées en zone vulnérable en 2012, l’Aveyron passerait 18 mois plus tard à 170 communes...

Selon la FDSEA et les JA, «en montagne, le premier fertilisant des sols est le fumier. En 30 ans, les achats d'azote ont chuté de près de 30 %, ceux de phosphate et de potasse de près de 80 % en Midi-Pyrénées. L'Aveyron compte en moyenne une vache par hectare. Les surfaces des exploitations sont capables de produire l'essentiel de l'alimentation des troupeaux et de valoriser la totalité des fumiers. La raison doit donc l'emporter».

«Nous ne lâcherons rien»

Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, a fustigé ce projet d’extension, rappelant que «l’Aveyron était le premier département agro-écologi- que de France. Et on ose nous donner des leçons ! Qu’on nous laisse travailler !».

Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, a mis en avant la forte mobilisation des Aveyronnais : «le 26 août, vous avez été plus de 1 200 éleveurs à donner le ton au niveau national pour dire non à une extension de zone vulnérable stupide. Vous êtes ce soir encore plus nombreux pour dire : «nous ne lâcherons rien». Dominique Barrau continue : «le ressenti national est que le monde agricole ne laissera pas tomber toute sa capacité de production. Le pays ne peut pas se passer de cette richesse économique. A Mme le préfet, nous redirons que l’Aveyron veut exister. Et que nous voulons produire français pour continuer à manger français !».

Un aligot saucisse préparé par les JA a par ailleurs été servi aux manifestants venus en tracteur sur la place d’Armes, lors de la rencontre entre la profession et Mme le préfet.

Le monde rural mobilisé

C’est à nouveau le monde rural dans son ensemble qui a appuyé, par sa présence, l’action FDSEA-JA. La soirée du jeudi 18 septembre restera exceptionnelle dans sa capacité à mobiliser les éleveurs du département et les élus, eux-aussi associés aux préoccupations du monde agricole «qui rejoignent celles d’un monde rural inquiet pour son devenir», a aussi confié Dominique Fayel, évoquant alors la réforme territoriale. «Le monde agricole et la ruralité sont liés, et nous savons que les élus de terrain ne sont pas écoutés non plus», a-t-il encore dénoncé.

Le président de la FDSEA a remercié les agriculteurs présents, dont beaucoup sont venus de loin au volant de leur tracteur : «certains ayant parcouru plus de 100 km pour rejoindre Rodez».

La pression syndicale ne se relâchera pas, l'extension de la zone vulnérable est en consultation publique jusqu'à la fin de l'année. Le dossier devrait être encore évoqué lors du prochain Sommet de l’élevage où le ministre de l’agriculture est attendu... Une action syndicale inter-régionale pour le bassin Adour-Garonne est programmée pour la fin octobre.

Didier BOUVILLE

18 septembre 2014

Rentrée FDSEA-JA : zone vulnérable, embargo russe, prédateurs, guerre des prix... le combat continue

Entre le projet d’extension de la zone vulnérable, les dégâts de sangliers, de campagnols, la menace du loup, l’embargo russe qui plombe les marchés, la restructuration de la filière Roquefort... et la préparation des prochaines échéances (renouvellement des équipes FDSEA, accueil du congrès FNB à Rodez), la rentrée est particulièrement chargée pour la FDSEA et les JA.

En marge de son conseil d’administration de rentrée, la FDSEA accompagnée des responsables JA, a fait le tour des dossiers d’actualité, et ils sont nombreux ! Le premier d’entre eux qui a mobilisé les équipes professionnelles pendant tout l’été est le projet d’extension de la zone vulnérable qui concernerait 170 communes en Aveyron ! Un classement que la FDSEA et les JA rejettent, les critères scientifiques retenus étant en effet injustifiables.

La première manifestation organisée le 26 août à Rodez, en particulier les 1500 agriculteurs et élus locaux couchés sur la place d’Armes, a marqué les esprits. «La bonne tenue de l’action, la bonne participation des élus locaux, ont porté auprès des pouvoirs publics», retient Dominique Fayel. «Nous sommes comme dans un match de rugby : la mêlée est en cours, l’adversaire a un peu reculé (le discours de Manuel Valls aux Terres de Jim est une ouverture), mais tant que le ballon n’est pas derrière la ligne, il faut tenir et continuer de pousser !», a-t-il illustré. Un match qui devrait durer jusqu’à la fin d’année.

C’est donc dans cette optique qu’une nouvelle mobilisation était programmée jeudi 18 septembre en soirée, toujours à Rodez. «Les huit départements de Midi-Pyrénées, à l’appel de la FRSEA et des JA, ont décidé d’une action simultanée. En Aveyron, nous avons programmé le rassemblement de 300 tracteurs en convoi dans les rues de Rodez», avance Dominique Fayel. «Visiblement, le gouvernement a pris conscience qu’il était piégé dans une approche normative qui entrave l’économie agricole et celle des territoires sans apporter de réponse efficace sur la qualité de l’eau. A nous d’enfoncer le clou !», a encouragé Laurent St Affre, secrétaire général de la FDSEA. «La zone vulnérable est un sujet d’action locale, qui doit être décidé selon les spécificités locales et non soumis à un barême national», renchérit-il. Et Nicolas Mouysset, responsable JA 12 de compléter : «toutes les incohérences évoquées par la profession ont été reprises par les pouvoirs publics, nous devons continuer de mettre en avant nos arguments pour entrer dans une obligation de résultats et non de moyens».

La prochaine grande étape est une mobilisation inter-régionale en octobre, réunissant les agriculteurs des 22 départements du bassin Adour-Garonne.

Une avancée dans la reconnaissance des actifs

La Commission européenne a accepté la proposition de la France, permettant à tout exploitant membre d’une société agricole remplissant les conditions nécessaires permettant une transformation en GAEC, de bénéficier également de la transparence pour les aides PAC. En Aveyron, il est encore trop tôt pour chiffrer ce dispositif qui pourrait concerner plusieurs centaines d’agriculteurs et d’agricultrices mais les critères techniques et les modalités d’application ne sont pas encore connus. «C’est en tout cas, une belle avancée dans la reconnaissance du travail des femmes dans les exploitations, c’est une avancée pour notre génération, celle de nos mères qui y ont œuvré et celle de nos enfants», a souligné Valérie Imbert, secrétaire générale adjointe de la FDSEA. D’autant que les formes collectives sont l’avenir de l’agriculture.

Redonner au Roquefort la place qu’il mérite

Le nouveau contexte réglementaire européen, via le paquet lait, oblige la filière Roquefort à revoir son organisation interprofessionnelle, dans un contexte d’essoufflement des ventes de Roquefort. La FRSEB, à l’occasion de réunions locales, a invité les 1 800 points de collecte du rayon à prendre part à la réflexion sur l’avenir de la filière, une réflexion à laquelle souhaitent participer la FDSEA et les JA. Gaëtan Bernad, responsable des JA12, argumente : «Les producteurs ont besoin de perspectives, dans un contexte de baisse du nombre d’éleveurs, d’absence de politique d’installation et parfois d’isolement. Nous devons donner au Roquefort, la place qu’il mérite car c’est lui qui fait notre prix du lait, nous ne devons pas nous satisfaire de la baisse des ventes».

D’autant que les producteurs ont œuvré pour la maîtrise des volumes, la qualité du lait sans être récompensés par le prix. Dominique Fayel les a encouragés à créer une organisation de producteurs «qui donne le plus de poids possible à la production face aux industriels».

Des moyens pour lutter contre les prédateurs

Sur le front des prédateurs, la menace du loup, les dégâts importants causés par les sangliers inquiètent les agriculteurs. L’Aveyron n’est pour l’heure pas classé en «présence permanente du loup». Cet animal qui ne semble plus en voie de disparition effectue tout de même des passages dans le département, ce qui occasionne un stress dans les troupeaux et chez les éleveurs dans une région où le pâturage domine. «Loup et pâturage, loup et pastoralisme ne sont pas compatibles, nous devons pouvoir les tuer car un éleveur doit pouvoir protéger son troupeau», a avancé Dominique Fayel qui réfute les comptages officiels. «Nous demandons que les prélèvements prévus soient réellement effectués et que le loup soit déclassé de la convention de Berne».

De même pour les sangliers, «la situation doit pouvoir être réglée par la chasse». Le tir à l’affût à partir du 1er juin, les battues administratives,... sont des premières avancées mais d’autres solutions doivent être trouvées. Enfin, pour les campagnols terrestres, FDSEA et JA militent pour le maintien des moyens de lutte et la mise en place d’une indemnisation via un fonds de perte sanitaire, ces ravageurs représentant un risque économique mais également pour la santé des animaux et des éleveurs qui distribuent le fourrage souillé.

Les prix : le cœur du combat syndical

Depuis des semaines, l’embargo russe fait la une de l’actualité. S’il impacte peu les exportations agricoles françaises étant donné le peu de tonnages vendus dans ce pays, il n’empêche, cette situation déstabilise le marché intérieur déjà tendu et offre l’opportunité aux industriels d’annoncer des baisses de prix !

«Aujourd’hui, les pouvoirs publics n’ont pas les moyens d’intervenir sur les marchés où la seule règle est la concurrence, les leviers sont peu nombreux mais nous devons les actionner comme celui de l’export», a avancé Dominique Fayel. Et Dominique Barrau de citer en exemple les Halles de Jim, concept lancé par les JA de commercialisation en direct des produits par les agriculteurs.

Eva DZ

11 septembre 2014

Terres de Jim : l’agriculture a de l’avenir

Si les finales de labour constituent un évènement traditionnel cantonné au monde agricole, les Jeunes Agriculteurs ont donné avec Terres de Jim l’image d’une agriculture vivante, dynamique, courtisée par le grand public et même le premier ministre avait fait le déplacement.

Sébastien Granier a interpellé Manuel Valls

Les Jeunes Agriculteurs ont profité de la visite du premier ministre et du ministre de l’agriculture aux Terres de Jim pour les interpeller sur les sujets de préoccupation de la profession, en particulier autour de la Directive nitrates.

Sébastien Granier, président de JA 12 entouré des JA Midi-Pyrénées dont son secrétaire général, Patrice Ramon, attendaient de pied ferme Manuel Valls et Stéphane Le Foll, à qui ils ont offert le dernier aligot et le dernier confit de canard qu’ils dégusteraient si rien n’était fait pour soutenir les agriculteurs français. «Nous leur avons présenté les produits de qualité des régions, avant de leur dire qu’ils allaient bientôt disparaître si le problème, notamment de la nouvelle carte du programme nitrates n’était pas revu. Ils devaient aussi entendre que ce projet pourrait mettre en péril les prochaines installations de jeunes en agriculture. L’échange n’a pas été long mais nous avons réussi à faire passer nos messages. Le premier ministre a dit qu’il se préoccupait du sujet», a commenté Sébastien Granier.

«Une expérience inoubliable» pour Anthony Quintard

Anthony Quintard était l’une des chevilles ouvrières pour la région Midi-Pyrénées et l’Aveyron, des Halles de Jim, «une expérience extraordinaire et inoubliable».

«Le bilan est positif en terme de fréquentation, on a senti des visiteurs concernés et attentifs à ce nouveau concept, de produits vendus en direct du producteur au consommateur, aux prix justes. Ce magasin éphémère en plein champ était un sacré pari et j’espère que nous pourrons le reproduire sur les places des grandes villes, le Capitole à Toulouse, le champ de Mars à Paris,... Ces Halles de Jim sont un projet partagé par tous les JA, un événement à part entière».

Pour le responsable JA, Terres de Jim a été l’occasion de mobiliser tout un réseau de bénévoles (plus d’une vingtaine de l’Aveyron et environ 80 pour Midi-Pyrénées pendant le week-end) : «les agriculteurs étaient heureux du contact avec les visiteurs, de pouvoir les sensibiliser à l’élevage de montagne, aux con-traintes liées à la zone vulnérable, qui mettent en danger le métier d’agriculteur et remettent en question l’avenir des produits de qualité qui leur ont été présentés».

11 septembre 2014

Dégâts de sangliers à St-Cyprien sur Dourdou : les agriculteurs inquiets

A quelques jours de l’ouverture de la chasse, de nombreux agriculteurs, en particulier sur le vallon de Marcillac, ont constaté des dégâts réalisés par les sangliers aussi bien dans leurs cultures de maïs, céréales, pois, que dans les prairies.

Pas un agriculteur, quelle que soit sa culture (maïs, céréales, pois, prairies), de Nauviale à Almont les Junies, n’a été épargné par les dégâts causés par les sangliers, pas un ou deux mais des troupeaux d’une quinzaine de têtes parfois ! Car aujour-d’hui, les sangliers ne sont plus de passage sur les secteurs, ils s’établissent dans les forêts, et ont des refuges dans les châtaigneraies. Claude Falip fait partie des agriculteurs victimes. Cette année, il va déclarer des dégâts sur ses parcelles de maïs. Il a reçu lundi 8 septembre, deux membres de la section chasse et dégâts de gibier de la FDSEA, Didier Mélac et Gilbert Laurens pour faire le point.

«On ne peut pas laisser les agriculteurs dans des situations pareilles, les dégâts concernent pour ma part, une dizaine d’ha de maïs qui ne pourront pas être ensilés», souligne l’agriculteur. «C’est notre travail qui est saccagé sans compter les effets indirects par exemple au moment de l’ensilage car le maïs renversé et cassé est imprégné de terre. De même pour diminuer les apports d’engrais, on a épandu du compost sur les prairies, là aussi les sangliers sont passés par là ! Beaucoup se posent la question d’arrêter le maïs, ils se tournent vers le pois mais là encore le sanglier en est friand ! Nous avons assez de contraintes sans que les gibiers viennent nous en ajouter d’autres !», dénonce l’agriculteur.

Faire entendre la voix des agriculteurs

Sur les Trois vallées, le long de la rivière Aveyron, Didier Mélac, responsable local, évoque 30 000 euros de dégâts «mais cela ne représente que 50% des dégâts réels car tout n’est pas recensé et expertisé», explique-t-il.

Certes les chasseurs diront qu’il existe des indemnisations : «oui mais ce n’est pas la question du niveau d’indemnisation, ce qui nous désole c’est de voir nos cultures détruites alors que l’on pourrait prendre des mesures qui régulent ces surpopulations de nuisibles», dénoncent les agriculteurs.

Il y a en effet trop peu d’agriculteurs-chasseurs, et encore moins d’agriculteurs présents dans les ACCA, association communale de chasse pour représenter la voix de leur profession. «Nous devons être présents dans ces instances pour sensibiliser les chasseurs aux dégâts sur notre travail mais aussi pour entretenir et améliorer les relations entre nous», affirme Gilbert Laurens. «C’est aussi à nous agriculteurs, d’alerter les chasseurs au moment de la fermeture de la chasse des surpopulations, en novembre-décembre, pour mettre en place une meilleure gestion», ajoute-t-il. «Les unités de gestion existent pour gérer les populations, et pas seulement pour indemniser en cas de dégâts».

Des outils pour gérer les populations

La section chasse et dégâts de gibier de la FDSEA est justement l’interlocuteur entre la profession et la Fédération départementale des chasseurs. Plusieurs outils sont en place pour accompagner les agriculteurs victimes des dégâts de gibier comme le tir à l’affût possible à partir du 1er juin, la possibilité de mettre en place des battues administratives. «C’est important de conserver un climat de bonne entente entre agriculteurs et chasseurs même si certaines situations peuvent être tendues», avancent les responsables de la section.

«Ainsi les chasseurs pourraient aider les agriculteurs à installer des clôtures le long des parcelles», citent-ils en exemple, en communiquant également sur le coût que représente un tel chantier, d’autant plus quand le parcellaire est morcelé !

Reste aussi quelques propositions de la section comme la possibilité d’étendre la période de chasse du sanglier en février sous la responsabilité de chaque président de société de chasse, en fonction du niveau de population.

Des idées qui restent à débattre entre agriculteurs et chasseurs.

Eva DZ

04 septembre 2014

Terres de Jim du 4 au 7 septembre : l’Aveyron et Midi-Pyrénées mobilisés

Les JA de l’Aveyron, à travers JA Midi-Pyrénées, participeront à la finale mondiale de labour, baptisée Terres de Jim, qui se déroulera du 4 au 7 septembre à St Jean d’Illac, près de Bordeaux. Ils seront une trentaine de bénévoles du département, à se relayer sur le site, pour accueillir le grand public et lui faire découvrir les produits du terroir.

Les JA de l’Aveyron sont partie prenante de la grande manifestation mondiale organisée par les JA, Terres de Jim et ce, à plusieurs titres. D’abord par le biais de son secrétaire général adjoint, Anthony Quintard, impliqué depuis un an, dans le comité de pilotage des Halles de Jim. Il représente la région Midi-Pyrénées au niveau national. Ces Halles sont un espace éphémère de vente des produits des régions en direct auprès des consommateurs. «J’ai participé à la réflexion et à l’élaboration de ce concept novateur», explique le responsable JA, membre du groupe «approvisionnement et logistique».

Une équipe de bénévoles de l’Aveyron

Fier de participer à cette démarche, il espère que les Halles de Jim vont «permettre aux producteurs, soucieux de la qualité et de la valorisation de leurs produits de se réapproprier leur commercialisation». Lieu de dialogue direct avec les consommateurs, ces Halles ont été pensées pour mettre en valeur les filières, les produits, montrer la diversité de l’agriculture française et communiquer sur les savoir-faire. «Nous espérons que les visiteurs deviendront de façon durable des consom’acteurs», note Anthony Quintard.

Deux produits emblématiques de l’Aveyron

L’Aveyron sera aussi représenté par le biais de ses partenaires : l’IRVA pour le Veau d’Aveyron et du Ségala et Unicor via les Vignerons du Vallon pour l’AOC Marcillac ainsi que la démarche «Aveyron, vivre vrai» développée par le département. «Nous sommes très contents de l’implication de ces partenaires à nos côtés pour promouvoir ensemble nos produits et notre région», souligne l’équipe JA du département. Cette implication fait de l’Aveyron, un acteur fort au sein de la région Midi-Pyrénées.

Enfin, l’Aveyron sera aussi représenté par une équipe d’une trentaine de bénévoles JA, présents pendant les quatre jours de Terres de Jim, pour faire de cette opération, une réussite.

Tour à tour, ils se relaieront au sein des trois pôles de l’espace Midi-Pyrénées. Dans «Midi-Pyrénées à voir», ils participeront à la promotion de leur région et de leur département. Dans «Midi-Pyrénées à partager», ils échangeront avec les consommateurs sur les produits de la région, en particulier sur deux produits emblématiques de l’Aveyron : le Veau d’Aveyron et du Ségala, avec une animation plus particulière jeudi 4 septembre et l’AOC Marcillac. Enfin dans «Midi-Pyrénées à goûter», ils feront déguster aux visiteurs, l’aligot qu’ils réaliseront sur place. Il s’agit d’un pôle restauration rapide 100% Midi-Pyrénées préparée et servie par les JA de la région.

La dynamique d’un réseau

Terres de Jim sera un événement fort pour le réseau à l’image de Nature Capitale, où toutes les régions JA de France se retrouvent. En parallèle, se tiendra le congrès mondial des JA, qui permettra de faire passer les messages défendus par la profession, un événement qui se tient dans le cadre de l’année mondiale de l’agriculture de type familial. «Au travers de ce projet qui aura mobilisé pendant plus d’un an des équipes sur nos huit départements de Midi-Pyrénées, nous avons donné envie à toute une nouvelle génération de se mettre en action pour réaliser un projet d’envergure exceptionnelle. Partager, en toute convivialité les quatre jours de cet événement est à mon sens le meilleur moyen de fédérer un réseau et d’accroître l’envie d’agir ensemble demain dans nos territoires. Notre devise «Notre diversité fait notre unité» est plus que jamais une vérité», conclut Anthony Quintard.

Eva DZ

28 aout 2014

Action FDSEA-JA (Rodez) : l’Aveyron exige la dissolution de la zone vulnérable

Mardi 26 août en soirée, 1500 agriculteurs ont investi la place d’Armes, devant la cathédrale de Rodez. A leurs côtés, 200 élus locaux et de nombreux responsables de coopératives et entreprises de l’Aveyron se sont associés à l’action pour «dire non» à l’extension de la zone vulnérable dans le département.

C’est un message fort que l’Aveyron a porté mardi 26 août en soirée, auprès des pouvoirs publics en particulier de Mme le Préfet, représentante de l’Etat. L’image est forte : 1500 agriculteurs accompagnés de 200 élus locaux et responsables d’organisations professionnelles agricoles, coopératives et entreprises, couchés sous la pluie, sur la place, couverts des plaques des communes concernées par l’extension de la zone vulnérable.

Un symbole fort pour l’ensemble de la profession comme l’a rappelé Dominique Fayel, président de la FDSEA : «C’est une grande émotion de voir les agriculteurs couvrir cette place emblématique de Rodez ! Certains même, non concernés par l’extension, ont participé par solidarité. Vraiment cette action avait de l’allure, le tout dans une ambiance correcte. C’était important pour faire infléchir cette décision arbitraire, brutale, punitive. La présence des agriculteurs, des élus, des représentants de l’économie agricole aveyronnaise nous donne de la force et montre l’impact d’une telle décision sur l’avenir d’un département comme le nôtre».

La place d’Armes littéralement couverte !

Dominique Fayel a dénoncé ce «sale coup» du gouvernement : «Les ministres de l’écologie et de l’agriculture, sous l’égide du premier ministre nous ont eus par surprise avec cette extension de la zone vulnérable, balayant impunément les efforts réalisés par les agriculteurs». Il s’appuie sur les résultats des 7000 analyses d’eau réalisées depuis 2004 affichant un taux moyen de nitrates variant entre 8,9 et 13 mg/l, bien en dessous donc du seuil unique des 18 mg/l décrété par le gouvernement. Dénonçant une méthode «à la Poutine», sans concertation avec la profession, au mépris des citoyens, des élus qui a conduit à une décision sans le moindre fondement scientifique».

Sans compter le coût engendré sur une exploitation classée en zone vulnérable, qui s’élève à plusieurs milliers d’euros : «C’est tout l’élevage qui est plombé et derrière l’économie entière des filières». A ses côtés, Sébastien Granier pour les JA, a fait part de la crainte des jeunes installés qui voient, à travers cette extension de zone vulnérable, leur projet s’additionner de nouvelles normes et mettre en péril leur productivité. Dominique Fayel a même été plus loin?: «Si on continue sur cette lancée, la famine guette, la récession menace ! Le gouvernement ne devrait avoir qu’une priorité en tête : soutenir l’activité, cela passe par la réduction de l’arsenal réglementaire».

Lutter contre les inepties du gouvernement !

FDSEA et JA l’ont dit haut et fort : ils ne se laisseront pas donner de leçons et dénonceront toutes les décisions qui relèvent de «l’incompétence, de l’aveuglement, du dogme, de la bêtise, au risque de couler l’agriculture et le pays !». Dominique Fayel a formulé un vœu : «remanier l’écologie et dissoudre la zone vulnérable !».

A la fois président de la Chambre d’agriculture et maire de Montbazens, Jacques Molières a lui aussi fustigé la décision du gouvernement : «On en rajoute toujours plus sur le dos de la profession, on complexifie le système, or il y a peu notre département était classé premier département écologique de France, seules une douzaine de communes étaient classées en zone vulnérable et aujourd’hui, nous serions les mauvais élèves??! C’est une décision purement politique qui ne tient pas compte de l’économie, du respect de la production». Le responsable professionnel demande des explications sur le plan technique, il compte sur la pression syndicale et prévient d’une possible action en justice si la décision n’est pas tranchée. «Pour que nos campagnes soient encore vivantes demain, que les agriculteurs aveyronnais restent debout pour lutter contre l’ineptie de cette extention», a-t-il conclu.

Le Préfet de Région attendu en Aveyron

Après les discours sur la place d’Armes, le cortège a rejoint la Préfecture où une délégation de responsables professionnels a rencontré Mme le Préfet. Ils étaient soutenus par les représentants de la FNSEA, les secrétaires généraux Dominique Barrau, Jérôme Despey ainsi que Daniel Prieur (lire en page 2). «C’était important d’échanger avec la représentante de l’Etat dans notre département, qui par ailleurs est en contact avec le Préfet de Région Midi-Pyrénées, également coordonnateur du bassin Adour-Garonne, en charge des décisions sur ce dossier d’extension», a expliqué Dominique Fayel, à l’issue de la rencontre. D’ailleurs Mme le Préfet a annoncé que le Préfet de région viendrait en Aveyron, en octobre?: «Nous l’attendrons de pied ferme», a d’ores et déjà annoncé le président de la FDSEA.

En attendant, la prochaine étape est la rencontre entre le Préfet de Région et les présidents des Chambres régionales d’agriculture du bassin Adour-Garonne, jeudi 28 août. «Une délégation d’agriculteurs aveyronnais et des autres départements concernés sera présente pour maintenir la pression. C’est une étape de plus dans cette action de longue durée», a-t-il conclu.

Eva DZ

24 juillet 2014

Terres de Jim, du 4 au 7 septembre, près de Bordeaux : l’Aveyron est partie prenante

La finale mondiale de labour, baptisée Terres de Jim, se déroulera du 4 au 7 septembre à St Jean d’Illac, près de Bordeaux. Depuis plus d’un an, les JA à travers les 23 régions, travaillent sur ce projet innovant. Anthony Quintard, secrétaire général adjoint de JA 12 et de JA Midi-Pyrénées participe activement au comité de pilotage.

- Présentez-nous cet événement ?

A. Quintard : «Cette année c’est la France qui accueille la finale mondiale de labour que les JA ont baptisée Terres de Jim, elle est le point d’orgue de l’année de l’agriculture familiale. Parallèlement se tiendra le congrès mondial des JA, en partenariat avec l’AFDI avec de nombreuses conférences sur cette thématique.

Au total, 300 ha sont consacrés à cet événement, 300 000 visiteurs sont attendus et 2500 bénévoles sont mobilisés dont des JA de l’Aveyron, nous comptons sur eux ! (lire aussi encadré).

- Qui est ce petit Jim ?

A. Quintard : C’est un petit garçon, Jim Bataille, qui symbolise l’engagement de JA dans leur envie de faire bouger les choses ! Il est notre inter-face avec le grand public, Ce n’est pas évident de mettre en avant un concours de labour, c’est un événement très professionnel, mais avec Jim, nous pouvons plus facilement sensibiliser le public à nos problématiques. Il sera d’ailleurs notre interface pour les prochaines finales nationales de labour. Grâce à lui, le public nous identifie plus facilement et identifie aussi notre concept de nouveau circuit de distribution.

Un nouveau circuit de distribution

- Justement, Terres de Jim est l’occasion de lancer un nouveau concept de distribution des produits, quel est-il ?

A. Quintard : En effet, dans le cadre de cette manifestation, les JA lancent les Halles de Jim à laquelle toutes les régions travaillent. Je suis d’ailleurs en charge du projet Midi-Pyrénées au niveau national. Les Halles de Jim sont la suite de la démarché initiée par JA national «Agri Distrib’», un circuit de distribution lancé par la profession, il s’agit de créer un espace de vente de produits issus des filières et des coopératives, en direct auprès des consommateurs. Il prend forme de façon éphémère pour la première fois pour ces Halles de Jim. L’objectif est double : permettre aux producteurs d’avoir un retour direct en terme de prix et créer un contact avec les consommateurs. Ce «magasin» s’étendra sur 2000 m², il proposera 750 références de produits de toute nature, fournis par les 23 régions JA de France. L’idée est de montrer que les agriculteurs savent s’organiser comme distributeurs et qu’ils ont envie de recréer un lien avec les consommateurs, de retrouver leur confiance.

- Quelle sera la participation de l’Aveyron ?

A. Quintard : Pour ma part, je participe déjà depuis plus d’un an au comité d’organisation, j’y représente la région Midi-Pyrénées. Tout a été réfléchi et créé depuis la construction du magasin, à sa disposition,... Dans mon groupe «approvisionnement et logistique», nous centralisons tous les produits achetés, les prix et les moyens de transport jusqu’au site.

L’Aveyron sera représenté au travers de la région Midi-Pyrénées, avec trois «pôles» :

- à voir : une galerie des régions où chacune présentera ses spécificités culturelles, touristiques, patrimoniales, gastronomiques et économiques, une grande vitrine,

- à partager : les Halles de Jim sont un espace de consommation unique où de nombreux jeunes producteurs pourront échanger en direct avec les consommateurs,

- à goûter : un espace restauration 100% Midi-Pyrénées, où les JA proposeront des dégustations et repas à partir des produits de leur région avec pour notre part, le traditionnel aligot !

De plus, l’Aveyron sera représentée via les coopératives UNICOR, SODIAAL et Jeune Montagne et l’IRVA.

- Ces Halles de Jim sont créées pour cet événement mais est-ce un projet à long terme ?

A. Quintard : L’idée de départ était de créer l’événement. A long terme, nous ambitionnons de lancer des magasins de ce type dans les grands bassins de consommation».

Recueilli par Eva DZ

26 juin 2014

Action FDSEA-JA à la préfecture à Rodez : «Stop aux normes et contraintes !»

Environ 250 agriculteurs aveyronnais FDSEA-JA se sont regroupés mardi soir devant la préfecture de Rodez dans le cadre de l’action nationale FNSEA-JA contre l’excès de normes et de paperasserie administrative. Une colère illustrée en Aveyron par «l’arrosage» de la préfecture de paille et de papiers, symboles de l’overdose des contraintes administratives pesant sur l’activité agricole selon la profession.

L’Aveyron a bien suivi l’appel national FNSEA, JA, FNB, FNPL, FNP lancé dans le cadre des actions syndicales organisées dans 85 départements français, mardi 24 juin, ayant réuni 15000 personnes. Les Aveyronnais étaient environ 250 massés devant la préfecture, dès 21 heures, pour «pailler les jardins de la préfecture» avec la «paperasse administrative» qu’ils avaient apportée dans des sacs en plastiques.

«Produire français demain !»

«Stop aux contraintes pour pouvoir produire français demain!» était le mot d’ordre de la mobilisation emmenée par Dominique Fayel, président de la FDSEA et Sébastien Granier, président des JA. «La coupe est pleine», lâche Dominique Fayel. «Il y a eu récemment, par le gouvernement, l’annonce d’une interdiction d’épandre des produits phytosanitaires, la condamnation d’un agriculteur travaillant la nuit, puis un autre condamné à cause d’une haie... A cela il faut ajouter la menace des prédateurs comme les vautours, le loup ou bien l’ours en montagne. Tout ce réglementaire et ce normatif est devenu beaucoup trop pesant pour nous !».

Pour Sébastien Granier, «nous voulons que des jeunes s’installent en agriculture. Comment les inciter à le faire avec toutes ces contraintes quotidiennes ?», proteste-t-il. «Ce que nous produisons répond aux attentes des consommateurs», continue Dominique Fayel, «notre action vise aussi à alerter le gouvernement sur les négociations actuelles relatives à la libération des échanges commerciaux USA-Europe ou dans le cadre du Mercosur pour l’Amérique du sud. Chez eux, les standards environnentaux et sociaux sont différents des nôtres. Nous plaidons pour une exigence identique pour tous le monde, et par le haut».

Perte de compétitivité

Selon la FDSEA et les JA, «la perte de compétitivité de notre agriculture se poursuit, dans un contexte de concurrence exacerbée. Au dernier Sommet de l’élevage à Cournon, François Hollande avait promis que les normes adoptées en France correspondraient strictement aux textes européens. Ni plus, ni moins. Le 21 février dernier, la FNSEA a tenu des Etats Généraux de l’Agriculture au cours desquels les décideurs sur l’emploi, la modernisation et la simplification avaient posé des engagements pour déclencher le choc de simplification. Quatre mois se sont écoulés et les agriculteurs continuent de voir la pression s’accentuer !». Et d’ajouter : «pourquoi, par exemple, s’évertuer à rajouter de nouvelles contraintes sur l’usage des phytosanitaires alors que les agriculteurs sont de plus en plus professionnels et rigoureux dans leurs pratiques».

Un boulet pour le «made in France»

Autre grief, celui concernant la loi d’Avenir agricole examinée ce mercredi par la commission économique de l’assemblée nationale et qui passera en seconde lecture au Parlement le 8 juillet. «Là-aussi, nous voulons du pragmatisme dans les réglementations et non des textes ubuesques», insiste encore Dominique Fayel. Un autre exemple, «la loi sur la consommation est à peine votée qu’elle n’est déjà pas respectée. Les grandes enseignes exigent encore des rabais et bradent nos produits, menaçant la survie de nos entreprises !». «Les contraintes administratives et réglementaires qui s’additionnent chaque jour sont un boulet pour le «made in France», résument Dominique Fayel et Sébastien Granier.

Après «l’arrosage» de la préfecture, une délégation FDSEA-JA a remis au préfet de l’Aveyron Cécile Pozzo di Borgo, en présence de représentants de la DDT, un carton jaune destiné au gouvernement, afin de «protester contre l’excès de normes et l’accord de libre-échange Europe-Etats-Unis». L’entrevue a duré environ 30 minutes, avec le même nombre d’agriculteurs présents devant la préfecture, malgré l’heure tardive. Dominique Fayel et Sébastien Granier ont loué la mobilisation aveyronnaise. En informant les agriculteurs présents que la pression du monde agricole ne devait pas se relâcher.

Didier BOUVILLE

26 juin 2014

JA Midi-Pyrénées : trois Aveyronnais au bureau

La nouvelle équipe de JA Midi-Pyrénées était en assemblée générale mardi 17 juin pour dessiner le visage de l’agriculture de la région en 2040. Les trois JA de l’Aveyron élus au bureau ont participé aux échanges.

D’abord, la Chambre régionale d’agriculture a présenté un panorama du secteur en Midi-Pyrénées?: une densité de population faible, l’agriculture premier employeur de la région, 2ème poste commercial derrière l’aéronautique mais avec un meilleur maillage territorial, une agriculture de qualité avec labels, une production diversifiée et un gros défi : le renouvellement des générations puisque la moyenne d’âge des chefs d’exploitation est de 48 ans.

Puis Laurence Barthe de l’université de Toulouse a livré les résultats d’une enquête menée avec la DATAR sur l’avenir des espaces ruraux. Elle a présenté cinq scenarios qu’ont commentés les participants d’une table-ronde avec la DRAAF, Vincent Labarthe vice-président de la Région, Christian Mazas, président de la FRSEA et Joël Clergue pour JA national.

L’alimentation, l’énergie, les moyens de communication, la croissance durable, le mode de vie en zone rurale sont les défis à relever en prenant en considération les incertitudes du marché, l’aménagement du territoire, la localisation des filières, la concurrence ville - campagne.

Les multiples échanges constructifs ont permis de réaffirmer les positions défendues par JA : une agriculture diversifiée, base de l’économie, une place pour tous types de filières, un territoire productif et un foncier préservé. Les JA défendent une agriculture de type familial, opposée à une agriculture de firme. «Nous devons continuer à innover et renforcer la solidarité entre territoires», ont-ils avancé.

Les gros chantiers à poursuivre concernent l’installation, la coopération, l’environnement, la communication, la vie des filières,...

Eva DZ

Le bureau

Président : Lilian Lasserre (Hautes-Pyrénées), secrétaire général?: Patrice Ramond, secrétaires généraux adjoints : Jérémy Dutour et Anthony Quintard (Aveyron), vice-présidents : Mickaël Marcerou (renouvellement des générations), Nicolas Mouysset (Aveyron - élevage et coopération), trésorier : Sébastien Couffignal (Aveyron), trésorier adjoint : Joël Delseries et membres du bureau : Sébastien Guiraud, Christophe Lenaerts, Guillaume Darrouy, Bertrand Gerbet, Céline Imart.

08 mai 2014

Journées AJIR : un milieu rural jeune, dynamique et utile !

Les JA de l’Aveyron sont à l’initiative des journées AJIR qui accueillent les nouveaux installés en milieu rural. Plus que les agriculteurs, ils ont associé à cette opération, tous les jeunes entrepreneurs d’un canton, artisans, commerçants,... Cinq rendez-vous étaient programmés dans tout l’Aveyron.

Les entrepreneurs en milieu rural existent, contribuent à l’économie locale et sont dynamiques, c’est le message porté par les JA avec l’appui des Chambres consulaires (agriculture, métiers et artisanat, commerce et industrie) lors des journées AJIR (accueil des jeunes installés ruraux).

Cette opération permet de faire se rencontrer les jeunes entrepreneurs d’un même territoire afin de mieux se connaître, d’échanger sur leurs problématiques et pourquoi pas d’initier de nouvelles synergies sur le territoire où ils ont choisi d’installer leur activité. «C’est toujours très enrichissant de pouvoir échanger sur les pratiques de chacun, cela permet de mieux connaître les différents corps de métier qui nous entourent», explique ainsi Sébastien Granier, président des JA. «Cette démarche n’a que des bénéfices auprès des participants», renchérit Christine Sahuet, président du comité interconsulaire. «Les JA ont eu l’intelligence d’ouvrir leur opération à tous les jeunes quelle que soit leur profession, montrant ainsi l’interdépendance entre nos activités. C’est très constructif», a-t-elle ajouté.

Une cinquantaine de jeunes entrepreneurs rencontrés

D’autant que ces échanges se sont déroulés au plus près des territoires, cinq secteurs avaient ainsi été ciblés depuis le nord au sud, de l’ouest à l’est du département en passant par le Ruthénois. C’est le Lévézou et la vallée de l’Aveyron qui ont ouvert le bal sur l’exploitation bovins lait et ovins viande de Sébastien Gisquet (lire La Volonté Paysanne du 3 avril) autour de la diversité des productions. Puis pour l’ouest Aveyron, Olivier Marty chaudronnier à Montbazens, a évoqué la participation de l’intercommunalité dans la concrétisation de son projet. Sur le nord Aveyron, Anthony Quintard qui a rejoint ses frère et sœurs dans le GAEC familial (poules pondeuses, volailles de chair et Veau d’Aveyron) a expliqué comment leur activité crée de l’emploi localement. Jean-Pierre Buisson, électricien dans le sud Aveyron, a choisi de revenir s’installer dans son département d’origine. Enfin, pour la région Ségala - Rodez, MM. Bérals et Laux ont présenté l’entreprise de marbrerie LB Stone qu’ils ont repris ensemble.

Au total une cinquantaine de nouveaux entrepreneurs ont pu se rencontrer lors de ces journées, répartis entre agriculteurs, commerçants, artisans. La matinée était réservée à l’échange entre les participants qui partageaient ensuite le repas préparé par les JA. Puis les après-midis étaient consacrées à la visite d’une entreprise. Les Chambres consulaires mais aussi les responsables des organisations professionnelles agricoles étaient invitées à participer. «L’objectif de ces rencontres est d’écouter le témoignage de ces jeunes sur leur installation, les difficultés qu’ils ont pu rencontrer afin d’améliorer nos dispositifs d’accompagnement respectifs», explique ainsi Sébastien Granier.

Initier des dynamiques locales

«Ces journées sont des prises de contacts entre des jeunes qui vivent et travaillent sur un même territoire mais n’ont pas forcément l’habitude de se côtoyer», résument Christine Sahuet et Sébastien Granier. Des liens amicaux voire commerciaux se sont en tout cas noués. Tous deux espèrent que ces rencontres permettront d’initier des projets communs sur leur territoire. «Ces jeunes sont l’avenir de nos zones rurales. Ils ont tous clairement montré leur dynamisme, et leur contribution à l’économie locale et leur envie, pourquoi pas, de monter des projets collectifs locaux», ajoutent les deux responsables.

Eva DZ

17 avril 2014

Assemblée générale FDSEA : inventer de nouvelles relations commerciales

Olivier Mével, consultant en stratégie dans les filières alimentaires, maître de conférences, docteur en sciences de gestion, a conforté les agriculteurs dans leur combat pour la valeur ajoutée, face à la force de frappe de la grande distribution. Voici un extrait de son propos présenté lors de l'assemblée générale de la FDSEA du vendredi 11 avril.

Aux yeux d’Olivier Mével, «le distributeur est organisé comme une armée en marche, avec le but de maximiser à son profit la valeur ajoutée créée par les autres». Son exposé, sur le thème «nouveau contexte, nouveaux enjeux, innover, créer de la valeur, inventer de nouvelles relations commerciales» est sans concession pour les mastodontes de la distribution mondiale. «Chaque distributeur veut maintenir des prix les plus bas, il est prêt à tout pour conserver ses parts de marché». Depuis les accords OMC de Marrakech, «ce sont les distributeurs qui fixent les normes économiques et commerciales».

Selon Olivier Mével, «aujour-d’hui, 500 000 agriculteurs et 3 000 coopératives font face à 7 super-centrales d’achat de la grande distribution. Les comptes sont vite faits. Dans un contexte de raréfaction des matières premières agricoles, producteurs, coopératives, industries agro-alimentaires et distributeurs doivent inventer de nouvelles relations commerciales autrement basées que sur le seul rapport aux prix bas. Les nouvelles relations commerciales doivent se développer autour de la diversité de l’assortiment, des signes de qualité, du partenariat, des contrats de long terme en dehors de la seule négociation commerciale sur des bases tarifaires qui envoient l’ensemble des filières agricoles françaises dans le mur, en produisant toujours moins cher et toujours plus propre ! On voit désormais des marques distributeurs sous label rouge pour la volaille. Ne laissez pas les distributeurs entrer dans les signes officiels de qualité !».

«Pour un contre-observatoire des marges»

Il a rappelé les lois successives visant à moraliser les relations distribution-production, loi Galland, loi Raffarin, sans effet sur les prix bas et les profits des GMS. Et la LME ? : «elle a redonné du pouvoir aux distributeurs». La future loi de consommation ? : «elle ne changera rien». Avec ses tableaux chiffrés, Olivier Mével a démontré l'efficacité de la distribution pour développer ses marges, citant par exemple le lait UHT, «de l’or blanc, du cash-machine», a-t-il souligné. L’excédent brut d’exploitation (EBE) dégagé par les distributeurs s’établit à 190 E/ 1000 litres. Il a ironisé sur l’observatoire des marges : «la FNSEA doit créer un contre-observatoire avec le vrai panel des prix et les vraies marges. On investit des millions d’euros dans la production mais pas dans le commerce. Les Chambres régionales d’agriculture ont la capacité à mener un travail d’analyse sur le comportement des consommateurs par exemple. Les producteurs ne doivent pas être les serfs des distributeurs. Le pouvoir d’achat des consommateurs, c’est leur feuille de paye, pas des prix bas. Ce calcul est faux, spécieux».

Marketing relationnel

Olivier Mével estime que les consommateurs doivent changer d’état d’esprit : «il faut amener une prise de responsabilité sur l’emploi, comme le fait la Suisse. Il faut aller vers les consommateurs avec des marques régionales, des produits qui racontent une histoire. Cette émotion est attendue par les consommateurs, c’est du marketing relationnel. Il faut reprendre l’acte de commerce en main. Car pour les distributeurs, la qualité, c’est leur propre marge avant tout. Ce ne sont pas les meilleurs produits qui se vendent le mieux mais ceux qui sont portés par les meilleurs commerciaux. Le monde agricole doit connaître le consommateur et mieux comprendre sa décision d’achat, travailler son capital-client».

Didier BOUVILLE

27 mars 2014

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs : nouvelle équipe pour nouvelle PAC

L’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs s’est tenue vendredi 21?mars au Monastère.?C’était la dernière du président Patrice Falip.

Poussé par la limite d’âge JA, Patrice Falip, 36 ans, se retire comme prévu.?Il laisse la place à une nouvelle équipe de 30 membres d’un conseil d’administration qui a élu ce jeudi matin son bureau, dont son nouveau président Sébastien Granier, ancien secrétaire général des JA (lire-ci dessous). Patrice Falip a été salué par l’assemblée générale des JA ainsi que Joël Clergue, Aveyronnais vice-président national des JA qui tire lui aussi sa révérence de la structure réunissant les agriculteurs de moins de 35 ans. L’assemblée générale s’est déroulée en deux temps.?Le matin à huis-clos, puis l’après-midi où les JA ont présenté leur rapport d’orientation en présence d’élus et représentants professionnels. Figuraient également à la tribune Lilian Lasserre, secrétaire général de JA Midi-Pyrénées et Thomas Diemer, trésorier de JA national, installé dans le Bas-Rhin.

Des vitamines !

Le rapport d’orientation concernait la nouvelle PAC. «Une réforme qui est pour nous une cure de vitamines plutôt qu’une perfusion !», ont déclaré à la tribune Patrice Falip et Nicolas Mouysset, secrétaire général adjoint, habillés en médecin. «La nouvelle PAC globalement favorable à l’Aveyron, est une bouffée d’oxygène que nous devons utiliser comme levier de développement et nous rendre plus performants», rappellent les JA.?Leur rapport d’orientation scindé en deux parties dresse plusieurs scénarios pour l’agriculture de demain puis décline les outils mis à disposition «pour le développement de la production, avec des hommes sur les territoires». «Nous voulons une agriculture vivable, viable et transmissible», a lancé Nicolas Mouysset. Dans la deuxième partie du rapport, on retrouve les aspirations et revendications des JA, dont les soutiens à l’installation, la protection du foncier, la reconnaissance des actifs, ou la transmission des exploitations.?«Dans ce rapport, nous montrons que nous avons les moyens de faire du développement agricole, certes avec le soutien politique et financier de l’Union européenne, mais surtout grâce à nous-mêmes, les agriculteurs. Des solutions existent, d’autres sont à imaginer. Nous devons nous prendre en main pour les optimiser et miser plus que jamais sur le pouvoir du collectif».

Plus de visibilité

Les différents intervenants ont tour à tour appuyé les orientations des JA. Philippe Viguier, vice-président de la caisse régionale du Crédit agricole Nord-Midi-Pyrénées, a souligné l’expertise de la banque verte dans l'accompagnement des jeunes agriculteurs, «sur dix installés, nous en suivons neuf, avec des productions diversifiées sur quatre départements». Il a évoqué la nouvelle PAC «qui donne de la visibilité aux agriculteurs» et «le partage du foncier». Thomas Diemer a rappelé les deux ambitions du foncier : «le préserver et le rendre accessible aux jeunes agriculteurs».?L’Alsacien précisant que «l’Allemagne consommait deux fois moins de foncier que la France». Joël Clergue a ajouté qu’il était nécessaire «d’anticiper, de communiquer sur les outils facilitant la transmission des exploitations».

Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, a étayé la question sur les références à disposition des jeunes agriculteurs, indiquant que l’organisme consulaire proposait un service orienté vers la performance, appuyé notamment sur le conseil global. «La priorité est de défendre le produit par le prix, avec la capacité à gérer les charges d’exploitation, dans les meilleures conditions possibles. Avec une adéquation sol-troupeau permettant l’autonomie et des gains de production». Christiane Miquel, au nom de la FD?CUMA, a annoncé la mise à disposition gratuite pour les jeunes agriculteurs d’un diagnostic sur les charges de mécanisation. Pascal Pringault, directeur commercial de RAGT a insisté sur la nécessité d’avoir une agriculture innovante, performante et productive?:?«à travers Cap-Jeunes, nous avons accompagné depuis 10 ans 750 JA de l’Aveyron et du Tarn».

Interprofession et OP

Sur les questions économi-ques, Dominique Fayel, président de la FDSEA, a réagi sur l’importance d’avoir des interprofessions renforcées, «un lien entre tous les acteurs d’une filière».?Il a en revanche regretté «une règle de l’unanimité» ayant pour effet de bloquer les négociations. «Mais ces outils ont leurs raisons d’être, c’est aux producteurs de prendre leur place, en restant lucides et ambitieux». Pour les OP, il a confié que «les plus importantes n’étaient pas systématiquement les mieux adaptées».?Citant l’export des broutards vers l’Italie «où l’on constate que les plus petites OP sont plus à même de défendre les prix !». Bernard Cazals, président de fédération des coopérative, a vanté la coopération, «un outil privilégié pour défendre la valeur ajoutée».

CESER et prospective

Jean-Louis Chauzy, président du Conseil Économique, Social et Environnemental Régional de Midi-Pyrénées (CESER), a élargi le débat sur l’économie agroalimentaire, regrettant les faiblesses françaises, «nous sommes désormais au troisième rang européen, dernière l’Allemagne et les Pays-Bas».?Il a critiqué des échanges commerciaux qui pénalisent les filières françaises, que ce soit en viande bovine ou en poulet de classe A importés, respectivement d’Allemagne, d’Argentine et du Brésil. «Les politiques valorisent les labels qui sont des vitrines régionales.?Ils représentent 18?% de la production en Midi-Pyrénées».

Lilian Lasserre, secrétaire général de JA Midi-Pyrénées, a loué «le travail de prospective important du CESER».?Il a insisté sur la nécessité pour les JA de continuer à être une force de proposition, reprenant à son compte la formule aveyronnaise «des vitamines plutôt qu’une perfusion» à propos de la nouvelle PAC. «Pour nous les jeunes, être agriculteur c’est avoir un projet de vie avec un revenu, et pas seulement avec les aides de la PAC». Enfin, Sébastien Granier a conclu l’assemblée générale en annonçant que le nouveau conseil d’administration des JA défendra à son tour une agriculture viable, vivable et transmissible, mais aussi productive et appuyée sur la diversité des productions. Il a rendu hommage à Patrice Falip et à Joël Clergue qui ont quitté les JA sous une émouvante standing ovation.

Didier BOUVILLE

27 mars 2014

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs : nouvelle équipe pour nouvelle PAC

L’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs s’est tenue vendredi 21?mars au Monastère.?C’était la dernière du président Patrice Falip.

Poussé par la limite d’âge JA, Patrice Falip, 36 ans, se retire comme prévu.?Il laisse la place à une nouvelle équipe de 30 membres d’un conseil d’administration qui a élu ce jeudi matin son bureau, dont son nouveau président Sébastien Granier, ancien secrétaire général des JA (lire-ci dessous). Patrice Falip a été salué par l’assemblée générale des JA ainsi que Joël Clergue, Aveyronnais vice-président national des JA qui tire lui aussi sa révérence de la structure réunissant les agriculteurs de moins de 35 ans. L’assemblée générale s’est déroulée en deux temps.?Le matin à huis-clos, puis l’après-midi où les JA ont présenté leur rapport d’orientation en présence d’élus et représentants professionnels. Figuraient également à la tribune Lilian Lasserre, secrétaire général de JA Midi-Pyrénées et Thomas Diemer, trésorier de JA national, installé dans le Bas-Rhin.

Des vitamines !

Le rapport d’orientation concernait la nouvelle PAC. «Une réforme qui est pour nous une cure de vitamines plutôt qu’une perfusion !», ont déclaré à la tribune Patrice Falip et Nicolas Mouysset, secrétaire général adjoint, habillés en médecin. «La nouvelle PAC globalement favorable à l’Aveyron, est une bouffée d’oxygène que nous devons utiliser comme levier de développement et nous rendre plus performants», rappellent les JA.?Leur rapport d’orientation scindé en deux parties dresse plusieurs scénarios pour l’agriculture de demain puis décline les outils mis à disposition «pour le développement de la production, avec des hommes sur les territoires». «Nous voulons une agriculture vivable, viable et transmissible», a lancé Nicolas Mouysset. Dans la deuxième partie du rapport, on retrouve les aspirations et revendications des JA, dont les soutiens à l’installation, la protection du foncier, la reconnaissance des actifs, ou la transmission des exploitations.?«Dans ce rapport, nous montrons que nous avons les moyens de faire du développement agricole, certes avec le soutien politique et financier de l’Union européenne, mais surtout grâce à nous-mêmes, les agriculteurs. Des solutions existent, d’autres sont à imaginer. Nous devons nous prendre en main pour les optimiser et miser plus que jamais sur le pouvoir du collectif».

Plus de visibilité

Les différents intervenants ont tour à tour appuyé les orientations des JA. Philippe Viguier, vice-président de la caisse régionale du Crédit agricole Nord-Midi-Pyrénées, a souligné l’expertise de la banque verte dans l'accompagnement des jeunes agriculteurs, «sur dix installés, nous en suivons neuf, avec des productions diversifiées sur quatre départements». Il a évoqué la nouvelle PAC «qui donne de la visibilité aux agriculteurs» et «le partage du foncier». Thomas Diemer a rappelé les deux ambitions du foncier : «le préserver et le rendre accessible aux jeunes agriculteurs».?L’Alsacien précisant que «l’Allemagne consommait deux fois moins de foncier que la France». Joël Clergue a ajouté qu’il était nécessaire «d’anticiper, de communiquer sur les outils facilitant la transmission des exploitations».

Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, a étayé la question sur les références à disposition des jeunes agriculteurs, indiquant que l’organisme consulaire proposait un service orienté vers la performance, appuyé notamment sur le conseil global. «La priorité est de défendre le produit par le prix, avec la capacité à gérer les charges d’exploitation, dans les meilleures conditions possibles. Avec une adéquation sol-troupeau permettant l’autonomie et des gains de production». Christiane Miquel, au nom de la FD?CUMA, a annoncé la mise à disposition gratuite pour les jeunes agriculteurs d’un diagnostic sur les charges de mécanisation. Pascal Pringault, directeur commercial de RAGT a insisté sur la nécessité d’avoir une agriculture innovante, performante et productive?:?«à travers Cap-Jeunes, nous avons accompagné depuis 10 ans 750 JA de l’Aveyron et du Tarn».

Interprofession et OP

Sur les questions économi-ques, Dominique Fayel, président de la FDSEA, a réagi sur l’importance d’avoir des interprofessions renforcées, «un lien entre tous les acteurs d’une filière».?Il a en revanche regretté «une règle de l’unanimité» ayant pour effet de bloquer les négociations. «Mais ces outils ont leurs raisons d’être, c’est aux producteurs de prendre leur place, en restant lucides et ambitieux». Pour les OP, il a confié que «les plus importantes n’étaient pas systématiquement les mieux adaptées».?Citant l’export des broutards vers l’Italie «où l’on constate que les plus petites OP sont plus à même de défendre les prix !». Bernard Cazals, président de fédération des coopérative, a vanté la coopération, «un outil privilégié pour défendre la valeur ajoutée».

CESER et prospective

Jean-Louis Chauzy, président du Conseil Économique, Social et Environnemental Régional de Midi-Pyrénées (CESER), a élargi le débat sur l’économie agroalimentaire, regrettant les faiblesses françaises, «nous sommes désormais au troisième rang européen, dernière l’Allemagne et les Pays-Bas».?Il a critiqué des échanges commerciaux qui pénalisent les filières françaises, que ce soit en viande bovine ou en poulet de classe A importés, respectivement d’Allemagne, d’Argentine et du Brésil. «Les politiques valorisent les labels qui sont des vitrines régionales.?Ils représentent 18?% de la production en Midi-Pyrénées».

Lilian Lasserre, secrétaire général de JA Midi-Pyrénées, a loué «le travail de prospective important du CESER».?Il a insisté sur la nécessité pour les JA de continuer à être une force de proposition, reprenant à son compte la formule aveyronnaise «des vitamines plutôt qu’une perfusion» à propos de la nouvelle PAC. «Pour nous les jeunes, être agriculteur c’est avoir un projet de vie avec un revenu, et pas seulement avec les aides de la PAC». Enfin, Sébastien Granier a conclu l’assemblée générale en annonçant que le nouveau conseil d’administration des JA défendra à son tour une agriculture viable, vivable et transmissible, mais aussi productive et appuyée sur la diversité des productions. Il a rendu hommage à Patrice Falip et à Joël Clergue qui ont quitté les JA sous une émouvante standing ovation.

Didier BOUVILLE

19 septembre 2013

La luzerne de La Cavalerie arrive !

Solidarité pour le Villefranchois

Le dispositif de solidarité FDSEA-JA en faveur des éleveurs victimes des orages du 27 juillet dans l’ouest Aveyron est en marche.?Une quinzaine de camions livreront à terme de la luzerne récoltée dans la région de La Cavalerie, dans le sud Aveyron.

Les violents orages du samedi 27 juillet ont lourdement pénalisé les cultures et stocks de fourrages d’une partie de l’ouest Aveyron (voir nos éditions précédentes). La FDSEA et les JA ont mis en place un dispositif de solidarité avec leurs équipes locales.?Le sud Aveyron et la région de La Cavalerie se sont mobilisés sur des chantiers de luzerne, en collaboration étroite avec les CUMA du Pourtalou et de Roquecourbe.

«Nous avons livré à ce jour dans le Villefranchois, huit camions de luzerne, avec un peu de paille, soit un total de 224 tonnes», résume Francis Maurin, éleveur ovins lait installé sur la commune de La Cavalerie. «Nous devrions avoir fauché un total de 120 ha avec les travaux prévus la semaine prochaine, soit une quinzaine de camions». Une dizaine de bénévoles est mobilisée depuis une quinzaine de jours sur ces chantiers de fauche destinés notamment aux communes de Vabre-Tizac, Savensa, St-Salvadou et Morlhon-le-Haut.

Didier BOUVILLE

19 septembre 2013

«Sensibiliser nos élus régionaux»


Hervé PELOFFI, Président de la FRSEA Midi-Pyrénées 

Le CAF régional qui réunit les présidents de la FRSEA, de la Chambre régionale d’agriculture, de Coop de France au niveau Midi-Pyrénées et de JA Midi-Pyrénées ont rencontré le 12 septembre Martin Malvy, président du Conseil régional.

Pourquoi cette rencontre ?

L’objectif était de sensibiliser le président de la Région qui sera dans la prochaine PAC chargée de répartir une partie des aides du deuxième pilier aux agriculteurs de Midi-Pyrénées.

Quel a été l’objet des échanges ?

Nous lui avons expliqué les priorités que la profession défend notamment en matière d’investissement dans les bâtiments d’élevage, d’irrigation et de réserves d’eau, de modernisation des exploitations, de soutien aux filières territorialisées, de recherche et d’innovation et envers les CUMA,...

Nous l’avons sollicité sur plusieurs dossiers afin de partager avec lui nos priorités pour décider ensemble du développement de notre région. L’idée étant de parler d’une même voix.

De même nous avons évoqué la diminution des aides de l’Union européenne et de la nécessité de prioriser les décisions régionales.

Nous avons aussi souhaité le mettre en garde contre les tentations des élus d’utiliser les aides du développement rural vers des projets purement communaux. A la veille des municipales, je formule le vœu de voir davantage d’agriculteurs engagés au sein des conseils municipaux, qu’ils soient à la décision des schémas qui ont des conséquences durables pour le monde agricole. Car qui mieux qu’un agriculteur dont l’outil de travail est la terre peut gérer le foncier ?

Qu’avez-vous pensé de cette entrevue ?

J’ai apprécié nos échanges et les différents intervenants étaient d’accord pour que ce type de rencontres soit plus régulier. Nous devons en effet apprendre à travailler ensemble. Les élus doivent accepter de pouvoir nous consulter avant de prendre des décisions qui nous impactent, d’autant que le système est sans doute évolutif vers davantage d’interventions des régions».

Eva DZ

05 septembre 2013

Flavin - Luc-La Primaube : Chasse et agriculture sont partenaires

La Fédération départementale des chasseurs a lancé cet été sur les communes de Luc-La Primaube et Flavin une action agri-faunistique en lien avec les sociétés de chasse locales et les agriculteurs. Objectif : favoriser le développement naturel des faisans et petits gibiers sans perturber l’activité agricole.

Un millier de faisans sauvages ont été lâchés fin juillet sur les communes de Flavin et de Luc-La Primaube. L’action s’appuie sur l’expérience réalisée dans d’autres départements, notamment le Loir et Cher, où les populations de faisans sauvages prospèrent depuis plus de dix ans. L’implantation de faisans sauvages a pour objectif le développement naturel de l’espèce, dans le cadre d’un programme pilote agri-faunistique mené entre la Fédération des chasseurs de l’Aveyron, les sociétés de chasse de Flavin et Luc-La Primaube et la Chambre d’agriculture à travers l’ADASEA.?

Pratiques culturales

Les agriculteurs sont associés au programme visant à adapter les pratiques culturales au maintien de la faune cynégétique, dont fait partie le petit gibier.?(Voir notre dossier chasse de la Volonté Paysanne datée du jeudi 22 août). Les agriculteurs engagés dans la démarche sont accompagnés par l’ADASEA qui intervient dans l’écriture du cahier des charges et l’information collective. Les compensations vont de 50 à 600 euros/ha, selon les types de travaux culturaux pratiqués.

La Fédération départementale de la chasse a acquis cet été un outil agricole appelé barre d’effarouchement. Elle est utilisée lors des opérations de broyage, fauche et à l’occasion des différents travaux du sol. «Ces pratiques se révèlent particulièrement meurtrières pour la faune sauvage», selon Patrick Alcouf-fe, responsable de la commission petits gibiers de la Fédération des chasseurs.

«Efficace»

Une démonstration a été réalisée cette semaine sur une parcelle de luzerne de Claude Courtial, éleveur ovins lait et viande à Veyrac sur la commune de Flavin, engagé dans cette démarche agri-faunistique. Le matériel ressemblant à un peigne, placé à deux mètres devant le tracteur, doit faire fuir les animaux avant le passage de ce dernier. Le but est donc de diminuer la mortalité du petit gibier, particulièrement en période de reproduction.

«C’est un outil efficace», commente Claude Courtial, «ce matin j’ai vu des lièvres fuir devant le tracteur». «L’outil est aussi efficace pour les faisans et les cailles», insiste André Wilfrid, président de la société de chasse de Flavin.?L’opération a déjà rassemblé une dizaine d’agriculteurs depuis cet été, sur les communes de Flavin et de Luc-La Primaube. «C’est 10?% du potentiel, avec une contractualisation d’une vingtaine d’hectares pour le moment», précise Patrick Alcouffe. Tous les acteurs sont satisfaits de cette opération pilote au niveau de la région Midi-Pyrénées.

Didier BOUVILLE