lavolontepaysanne.fr Actualités - Agriculture - Aveyron
Elevage - Cultures - Machinisme - Ruralité

Archives VP
Bœuf Fermier Aubrac : une marque en plein essor avec de nouveaux défis

05 novembre 2020

Bœuf Fermier Aubrac : une marque en plein essor avec de nouveaux défis

 

L’assemblée générale de l’association Bœuf Fermier Aubrac s’est tenue devant un parterre d’éleveurs et de partenaires.

L’association Bœuf Fermier Aubrac (BFA), propriétaire de la marque éponyme et organisme de gestion pour le Label Rouge associé, a organisé son assemblée générale jeudi 29 octobre à Saint Rémy de Montpeyroux. A l’ordre du jour : bilan de la campagne écoulée et perspectives d’avenir.

Comme à l’accoutumée, l’assem- blée générale de l’association BFA, présidée par Patrick Mouliade, a permis de présenter le bilan de la campagne écoulée, soit une période allant du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020. En premier lieu, le nombre d’adhérents continue sa progres- sion, avec 11 nouveaux éleveurs, et atteint les 560, dont 400 livreurs sur la période concernée. Ces adhérents proviennent d’un territoire de plus en plus vaste, bien au-delà du plateau de l’Aubrac. Ainsi la démarche a conquis des éleveurs de 6 départements au total dans les régions Occitanie et Auvergne Rhône-Alpes. Ils sont regroupés dans 5 organisations de produc- teurs, la moitié chez Célia, mais aussi au sein d’Unicor, d’ELVEA Nord Midi-Pyrénées Lozère et Sud Massif Central, ainsi que chez Les Eleveurs du Pays Vert (groupe Altitude).

Une commercialisation en expansion

Le volume augmente, lui aussi, de 3,7 % avec 2 633 animaux abattus (+ 3,7%), dont 2 201 labellisés produisant 612 tonnes de viande com- mercialisées en Label Rouge BFA, soit +0,6 %. Cette progression est remarquable dans un contexte de diminution de la consommation de viande et un marché perturbé par la crise sanitaire.

Le profil des animaux BFA reste constant. Les âges d’abattage varient entre 3 ans et demi et 10 ans. La moyenne pondérée des âges arrêtée à 5 ans et 8 mois est stable par rapport aux années précédentes. Le classement des carcasses évo- lue peu. Il oscille entre U+ et R-, avec une répartition majoritaire entre R+ et R=. Le poids moyen est de 409,5 kg, la majorité des carcasses étant dans la tranche de 400 à 480 kg, ce qui correspond le plus à la demande des clients et au standard de la race Aubrac. 77 % des carcasses pèsent plus de 370 kg, ce qui rapporte aux éleveurs une majoration de 10 à 20 centimes d’euros.

A ce propos, le prix moyen observé lors de la dernière campagne est de 4,58 € par kilo carcasse. Il accuse une légère diminution de 2%, liée à la baisse générale des cotations. Patrick Mouliade précise que «depuis 2013, BF A maintient un différentiel de 61 cen- times avec la cotation grand Sud. C’est l’excellence de nos animaux qui permet de maintenir le prix. Nous devons rester attentifs sur la sélection des bêtes qui entrent dans le Label et vigilants lors de la dernière phase d’engraissement, en évitant surtout des traitements qui pourraient laisser des traces sur les carcasses».

Le Label Rouge exige des évolutions

Le reste de la réunion a été consacré aux discussions concernant les évolutions liées à l’appartenance de la marque BFA au Label Rouge. L’association, née en 1996, a en effet obtenu le précieux label en 1999. Ainsi BFA répond à deux cahiers des charges. L’un spécifique garantissant la transhumance et le mode de production, l’autre commun à tous les Labels Rouges gros bovins. Ce dernier a été modi- fié en août 2020, ce qui impacte tous les élevages BFA. Entre autres critères, le bien-être animal y tient une place plus importante. La certification BoviWell sera ainsi obligatoire pour tous les élevages en Labels Rouges d’ici un à deux ans. Au niveau alimentaire, les OGM et les aliments à base d’huile de palme ou dérivés sont proscrits.

Enfin, ce qui risque sans doute de perturber le plus la filière, est l’obligation par la loi EGalim pour tous les Labels Rouges de mettre en place la contractualisation entre les éleveurs et les opérateurs, basée sur un engagement de prix et de volume.

Pour Patrick Mouliade, «cette nouvelle organisation risque d’induire des disparités de prix chez nos éleveurs». En effet, jusqu’à présent le prix des animaux labellisables est basé sur une grille commune à tous les opérateurs. «L’ODG gardera son rôle de médiation mais ne sera pas signataire des contrats. Par conséquent nous travaillerons, comme toujours, en confiance avec nos partenaires pour un maximum d’harmonisation des contrats afin de garantir une rémunération équitable de tous les acteurs de la filière, dont bien sûr les éleveurs. Nous souhaitons aussi maintenir la meilleure valorisation sur l’en- semble de la carcasse. L’association conservera la gestion et le suivi des plannings de sortie des animaux, ainsi que la caisse de régulation».

En réponse à ces incertitudes, Emilien Singla, vice-président de l’association, tient à assurer à l’assemblée que «tout sera fait pour conserver l’unité qui fait le fonde- ment de la démarche BFA».

Bérangère CAREL