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02 septembre 2021

Tribune : des centimes et des tonnes, le devoir de pragmatisme


La fin de l’été 2021 apporte son lot de données économiques à commenter, qui conditionnent la rentrée sociale et politique. Pour l’agriculture, cela se mesure en centimes d’un côté, et en tonnes de l’autre. Le dénominateur commun entre ces deux échelles étant la souveraineté alimentaire sous la contrainte de la crise climatique.

L’enchaînement désastreux d’épisodes climatiques extrêmes sur l’ensemble de la planète a pesé sur les volumes et la qualité des récoltes, et sur le moral des agriculteurs. En s’alarmant de la faiblesse des volumes de blé dur canadien (-32%) et des répercussions sur la fabrication de pâtes, les pastiers ont suscité une vague d’inquiétude quant à une hausse des prix pour le consommateur français, qui consomme en moyenne 9 kilos de pâtes par an et par personne. Il s’en est fallu de peu que la hausse des cours du blé tendre ne provoque les mêmes atermoiements pour le prix de l’indispensable baguette de pain !
Aux déclarations intempestives, la FNSEA a opposé une parole de pragmatisme, étayée par des calculs consolidés : si le prix du blé dur augmente de 10%, cela représentera un surcoût de 36 centimes d’euros par an et par personne… N’ajoutons pas de l’inquiétude à l’inquiétude, au contraire, répondons aux discours pessimistes et radicaux par la pédagogie et l’action pour preuve.
Quand, au cœur de l’été, le GIEC a publié un nouveau rapport accablant sur la crise climatique, faisant état d’un dérèglement désormais généralisé, pointant comme premier risque la rupture des chaines d’approvisionnement alimentaire, ce fut l’occasion pour la FNSEA de montrer la pleine conscience et l’engagement des agriculteurs face à l’enjeu climatique.
Cette publication, qui intervient un an après la publication du Rapport d’Orientation de la FNSEA «Faire du défi climatique une opportunité pour l’agriculture», vient conforter les ambitions et actions déjà mises en œuvre par le secteur agricole pour à la fois s’adapter au changement climatique, atténuer les émissions de gaz à effet de serre et jouer un rôle déterminant dans la séquestration du carbone. Ces milliards de tonnes annuelles de carbone émises à éradiquer ou à compenser, jusqu’à atteindre l’objectif de neutralité carbone à horizon 2050.
L’agriculture a un rôle clé à jouer pour maintenir une production agricole stable, qualitative et quantitative face à un risque croissant d’insécurité alimentaire dû aux aléas du climat. Il est désormais de la responsabilité des politiques nationales et européennes d’apporter le soutien nécessaire aux agriculteurs dans l’évolution de leurs systèmes de production, de prévention et de gestion des risques.
Varenne agricole de l’eau et pour la lutte contre le changement climatique, loi EGALIM 2 portant la sécurisation du revenu des agriculteurs par, entre autres, la contractualisation pluriannuelle et la sanctuarisation d’une partie du prix des matières premières agricoles, les clauses miroir au niveau européen ou encore mécanisme d’ajustement carbone aux frontières que la France doit porter lors de sa présidence de l’Union Européenne… A tous les pas de temps, sur tous les aspects de notre activité, nous avons soutenu des propositions et nous attendons des décisions fortes et réalistes, pour conjuguer souveraineté alimentaire et urgence climatique sans dogmatisme.
La FNSEA fait le pari de la croissance durable, face à des discours démagogues et électoralistes qui n’ont qu’un seul effet : faire perdre un temps précieux à des agriculteurs qui, eux, transforment tous les jours les paroles en actes.


Christiane Lambert,
Présidente de la FNSEA et du COPA

24 juin 2021

Journées nationales de l’agriculture Objectif renouvellement des générations


Vendredi 18 juin à Lunac, le premier jour des Journées nationales de l’agriculture, la Charte locale transmission installation a été présentée. Les JA  ont dépeint une situation préoccupante sur le territoire de Najac - Rieupeyroux mais aussi des actions pour renouveler les générations d’agriculteurs.

Une cinquantaine d’élus, d’agriculteurs et de représentants syndicaux étaient présents vendredi 18 juin sur la ferme de Julien Tranier à Lunac. Ils sont venus écouter religieusement les JA présenter la Charte locale transmission installation à l’occasion des Journées nationales de l’agriculture avant de la signer. Le couronnement de plusieurs mois de travail consciencieux et précis de la part de tous les partenaires locaux du comité de pilotage : FDSEA, CUMA, MSA, FODSA ou encore ELVEA… sont quelques-uns des acteurs impliqués avec le Conseil départemental.
«C’est une très bonne matinée qui fait plaisir à tout le monde. Le simple fait de pouvoir organiser à nouveau de tels événements est un soulagement, se retrouver autour d’un déjeuner à la tête de veau et échanger avec convivialité», se réjouit le président des JA Romain Déléris. Brimée par les mesures sanitaires des 12 derniers mois, la Charte attendait bien sagement la possibilité de montrer le bout de son nez. Prêts depuis quelques temps, les JA attendaient le déconfinement pour présenter leur travail et celui du comité de pilotage.


Une nécessité plus qu’un enjeu


Actualisation de la charte éponyme signée en 2013, la trajectoire prédite à l’époque est, à peu de chose près, restée la même. Les JA sont motivés par un constat simple. «D’ici 5 à 15 ans, 55% des agriculteurs du territoire de Najac - Rieupeyroux seront en âge de prendre leur retraite», révèle Romain Déléris. À l’échelle du canton, parmi les 357 exploitants de plus de 50 ans, autour de 50% d’entre eux n’ont pour l’instant pas de succession assurée. La conclusion du travail mené par tous les acteurs et le recoupement des chiffres sont sans appel : 153 à 243 emplois d’agriculteurs pourraient disparaître sur le territoire Najac - Rieupeyroux, soit entre 27% et 41% des exploitations existantes qui risquent de disparaître.
«Si nous souhaitons encore avoir des territoires vivants d’une part et pouvoir manger français d’autre part, il faut absolument réussir à remplacer ces agriculteurs qui partent à la retraite. Ce n’est même plus un enjeu, c’est une nécessité qui arrive à très court terme», alerte le président des JA. D’autant plus sur le canton étudié, où les agriculteurs représentent 6,3% de la population alors que l’agriculture contribue à faire subsister 19% des emplois du territoire.
Une assertion partagée par les signataires : «l’agriculture est au cœur des défis de notre siècle : le défi alimentaire et le défi écologique», présage le vice-président du Conseil départemental de l’Aveyron André At. «D’une part, si les Français souhaitent encore manger local et ne pas importer des productions pas forcément respectueuses de l’environnement, il faut des agriculteurs demain en France. Et d’autre part, il faut aussi reconnaître le rôle des agriculteurs dans la biodiversité. Nos paysages ont été façonnés pendant des siècles par l’agriculture», défend André At. Si les prédictions se confirment, ce qui semble être le cas depuis 2013, alors entre 13 et 20% de la surface du territoire pourrait contribuer à l’enfrichement ou à l’agrandissement. Ce qui ne représente pas moins de 5 986 hectares et au plus 9 348.



Des propositions...


Une fois le constat posé, Romain et ses compères, qui entendent bien mener la bataille du renouvellement des générations, ne baissent pas les bras. Au contraire, Mathilde André, de l’équipe d’animation, a présenté le plan d’action avec le président des JA à ses côtés et le vice-président Julien Tranier. Quatre axes principaux articulent la Charte locale transmission installation : «encourager la réflexion collective entre agriculteurs, promouvoir leur métier, engager les acteurs locaux dans le renouvellement des générations et perpétuer l’agriculture actrice de l’économie locale», détaille l’animatrice.
Tout au long de la présentation, elle égrène les actions retenues dans chaque axe : «mettre en place de moments d’échanges entre agriculteurs, développer les dispositifs d’entraide, fédérer autour d’un projet territorial, former les agriculteurs à la communication sur leur métier, massifier les visites à la ferme... Créer une dynamique». Une trentaine de sujets sont ainsi cités. La Charte n’est pas une liste exhaustive et se veut être enrichie des initiatives, répondant aux objectifs fixés, de tous les acteurs impliqués. Le document s’inscrit ainsi dans une perspective à long terme avec un point d’étape chaque année.


...Aussitôt en action


Côté promotion auprès du grand public, les JA n’ont pas perdu de temps. À peine le temps d’avaler un bout et c’est reparti. L’après-midi, les élèves de primaire de l’école de Lunac sont venus visiter la ferme de Julien Tranier. Les enfants ont pu découvrir le quotidien de l’éleveur et se familiariser avec le vocabulaire agricole autour d’ateliers animés par l’équipe des JA. Pendant ce temps, le deuxième groupe est allé rendre visite aux veaux de Julien Tranier. L’éleveur de Veaux d’Aveyron et du Ségala interroge les gamins : «d’après vous, quel âge a ce veau» ? 5 ans ? Non. 8 peut-être ? Non plus. «Il a quatre mois», révèle Julien aux jeunes. Bouches bées, les élèves n’en reviennent pas. Surpris et curieux, les petits vont suivre les explications de l’éleveur sur son quotidien. Même s’il n’est pas toujours facile de retenir leur attention, virevoltant d’un bout à l’autre du bâtiment et tentant de nourrir les bêtes avec le foin trouvé çà et là. Une chose est sûre, les élèves rentreront raconter à leurs parents en long, en large et en travers, l’après-midi passé à la ferme.
En fin de journée, pour relâcher la pression, les curieux et voisins ont pu profiter d’un apéritif offert par les JA. Cerise sur le gâteau, les rafraîchissements sont partagés au moment de la tétée des veaux sous la mère. Pas sûr qu’uniquement du lait ait été servi !

Jérémy Duprat

17 juin 2021

Les candidats aux régionales parlent d’agriculture


Lundi 14 juin, les organisations professionnelles, réunies au sein du Conseil de l’Agriculture Régionale de l’Occitanie, ont invité l’ensemble des candidats aux élections régionales afin de débattre des enjeux actuels et futurs de l’agriculture en Occitanie.


Les têtes de listes régionales, Carole Delga pour «l'Occitanie en Commun», Jean-Paul Garraud pour «Rassembler l'Occitanie», Antoine Maurice pour «L'Occitanie naturellement», Aurélien Pradié pour «Du courage pour l'Occitanie» et Vincent Terrail-Novès pour «Nouvel élan pour l'Occitanie» ont répondu présent. Les responsables de la profession agricole, venus nombreux de toute la région, ont été attentifs aux propositions des candidats.


Une soixantaine de professionnels se sont retrouvés sur l’exploitation de Bonnefond et fils, à Vic-La-Gardiole, pour montrer leur attachement à défendre une agriculture productive, durable et territorialisée en Occitanie. Candidats aux élections régionales et responsables professionnels agricoles ont débattu sur des enjeux essentiels : économie locale, compétitivité, transitions agroécologiques, réaménagement des territoires, attractivité des métiers et adaptation au changement climatique.


Au cours de la matinée, les candidats ont annoncé des engagements forts, faisant écho aux valeurs de la profession agricole. Les responsables professionnels ont accueilli favorablement leurs positions sur la gestion et le stockage de la ressource en eau, enjeu majeur pour l’agriculture en Occitanie.
La profession agricole espère que ces discours électoraux prometteurs seront suivis d’actes concrets une fois les élections passées.

Les enjeux pour l’agriculture régionale

  1. Economie locale : privilégier le local est possible par le développement d’une économie locale sur les territoires s’appuyant sur une agriculture dynamique, secteur incontournable en Occitanie.

  2. Compétitivité : la compétitivité des exploitations doit être encouragée pour assurer viabilité et productivité. Il est nécessaire d’accompagner les innovations par des investissements pour développer de la valeur ajoutée dans les filières.

  3. Accompagner les transitions agroécologiques : l’agriculture doit être perçue comme contributrice au maintien de la biodiversité et des services écosystémiques. Il est souhaitable de permettre des alternatives avant les interdictions, dans la logique du contrat de solutions.

  4. Réaménagement des territoires : l’agriculture est un acteur incontournable de la dynamique des territoires ruraux et de la préservation de la biodiversité. L’outil foncier doit être protégé en luttant contre l’artificialisation des sols et la consommation du foncier.

  5. Attractivité des métiers : pour maintenir les agriculteurs dans les fermes et susciter des vocations, l’attractivité du métier est primordiale ainsi que l’installation des jeunes.

  6. Adaptation au changement climatique : l’agriculture est source de solutions dans la lutte contre le changement climatique. Le soutien des pouvoirs publics est primordial pour accompagner l’adaptation du secteur agricole à la lutte contre le changement climatique.

10 juin 2021

Nouvelles normes Agriculture Biologique Discussion entre agriculteurs et députés

Les députés aveyronnais échangent avec les agriculteurs jeudi 3 juin au GAEC des Belles Vaches.

De nouvelles normes bio qui inquiètent les agriculteurs. Jeudi 3 juin, la FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture ont rencontré les députés de l’Aveyron. Au centre de la rencontre : des mesures du nouveau cahier des charges de l’Agriculture biologique (AB) jugées «déconnectées». Ce nouveau règlement entrera en vigueur au 1er janvier puisque déjà voté par l’Union européenne en 2018. C’est donc à l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) de rédiger un guide de lecture sur l’application des règles.

Le président de la FDSEA Laurent Saint-Affre, le membre de la mission AB de la Chambre d’agriculture David Argentier et le 1er adjoint de la commune de Saint-André-de-Najac Nicolas Bosc, étaient présents au GAEC des Belles Vaches, lieu de la rencontre. Éleveurs de métier avant tout, ils ont détaillé aux députés les raisons de leurs doutes concernant les nouvelles mesures AB. «Les députés nous ont écoutés, ont compris nos demandes. Maintenant, le chantier est ouvert», avance Laurent Saint-Affre, évoquant des mesures manquant de clarté à 6 mois de leur application.


Au cœur des préoccupations, la mesure qui prévoit par exemple qu’un veau batifole en extérieur dès sa naissance dès que les conditions climatiques le permettent. «Si on met des veaux de 6 mois dehors entre octobre et avril, ce que préconise le cahier des charges, cela peut avoir des conséquences très néfastes sur leur bien-être comme des maladies. Ce n’est pas du tout pragmatique, pas du tout concret», estime Laurent Saint-Affre.


Le même raisonnement est appliqué pour l’engraissement des bovins en bâtiment, interdit en fin de période de pâture. «Mettre les bêtes en extérieur l’été quand il fait 35 degrés, ce n’est pas concevable. Ces mesures ne répondent à aucun besoin de bien-être des animaux. Ce n’est pas leur rendre service. Et il faut aussi ajouter que plus les conditions sont régulières et stables pour les animaux, plus la qualité de la viande n’en sera que meilleure. Et le consommateur n’en sera que plus satisfait. C’est cela que nous défendons», insiste le président de la FDSEA.


Troisième point clef des critiques envers les mesures, la base de données des animaux reproducteurs AB. Celle-ci est obligatoire pour tout éleveur souhaitant acheter un animal référencé bio. «Ce choix exclut, dans la filière ovine, les centres conventionnels qui garantissent des normes sanitaires et génétiques des animaux. Chose que ne prévoit pas la base de données bio. Ce que nous souhaitons c’est que ces critères-là soient inclus dans la nouvelle réglementation, nous permettant l’accès à des animaux sains et dont la production sera convenable», explique David Argentier.


Une autre mesure floue et impraticable selon les premiers concernés serait l’accès à des zones d’exercices extérieures attenantes au bâtiment. Il est parfois impossible et extrêmement onéreux de modifier les bâtiments afin que de telles aires soient accessibles. «Prendre en compte les périodes de pâturages et reconnaître les aires paillées des mères comme aire d’exercice extérieure serait une solution», propose Laurent Saint-Affre.


Les conversions AB en stagnation


Pour les trois hommes, se pose également la question de la rémunération. Interrogation parallèle aux normes AB mais tout de même étroitement liée, la loi EGAlim ne serait pas appliquée, forçant de nombreux éleveurs à vendre à perte. «On fait passer l’offre avant la demande. Il faut garder un équilibre pour garantir un revenu rémunérateur pour l’éleveur mais aussi un prix correct pour l’acheteur. Entre le moment où je m’engage en bio et le moment où je vends effectivement du lait bio, 2 à 3 ans passent. Cela crée des inerties. L’agriculture s’inscrit par nature dans un temps long alors que le marché, lui, est beaucoup plus réactif. Il faut bien faire attention à protéger cet équilibre», prévient Nicolas Bosc, converti en lait AB depuis 2017. C’est à partir de 2019 que l’éleveur a pu effectivement vendre bio.


En 2019, 10% des fermes aveyronnaises étaient conduites en agriculture biologique. En 10 ans, de 2009 à 2020, le nombre de fermes certifiées AB a triplé passant de 325 à plus de 1000. «On parle beaucoup d’aide au maintien. Nous ce qu’on demande ce n’est pas une béquille. Nous voulons être payés justement pour le travail que nous faisons, pour le respect de l’environnement et des normes mises en place», défend Christian Albespy, agriculteur bio depuis plus de 25 ans, sa casquette Jeunes agriculteurs vissée sur la tête.

Multiples interprétations

Depuis plus de deux ans, la filière, notamment laitière bio, se heurte à une stagnation des conversions. «On a un marché qui a progressé et qui maintenant arrive à maturité. Cette maturité peut, c’est le cas en 2021, devenir atone. C’est à dire que la demande stagne, ou augmente très lentement, et le prix payé au producteur n’évolue plus. Et ce alors que les charges, elles, continuent d’augmenter», décrypte Nicolas Bosc. La concurrence est également un facteur à prendre en compte même au sein de l’Union européenne. «En France on importe des produits bio. Mais il faut le prendre au cas par cas. Si ce sont des fruits exotiques, des légumes qui ne peuvent pas pousser en France ou être produits en quantité suffisante, on peut comprendre qu’il y ait une offre extérieure. Mais pour le reste, nous sommes capables de répondre à une grande partie du besoin. Tout ce qu’il faut, c’est qu’un prix convenable soit garanti pour que nous puissions en vivre et que la dynamique de conversion continue», développe Nicolas Bosc.
Une situation similaire au concept d’industrie naissante développé par l’économiste John Stuart Mill. Le Britannique considère qu’une filière naissante ou manquant de compétitivité face à ses concurrents étrangers a besoin de protections pour atteindre son plein potentiel. Un rôle que pourrait jouer l’Union européenne en clarifiant et en uniformisant les règles du jeu. «Le bio c’est un cahier des charges européen qui est traduit en plusieurs langues et interprété en autant de langues. De ce fait, il y a des marges d’interprétations, de compréhensions, qui produisent des différences entre pays qui peuvent être... énormes», hésite Laurent Saint-Affre. «Catastrophiques», souffle Christian Albespy. «Oui, énormes ou catastrophiques», reprend le président de la FDSEA avant de conclure. «Je suis content qu’on ne soit pas capable de produire des courgettes bio en hiver. Cela me va bien. Très bien même».

Jérémy Duprat

27 mai 2021

Réforme de la PAC : le ministre a fait ses annonces

Son discours était attendu depuis plusieurs semaines, le ministre de l’agriculture a rendu les arbitrages du Plan stratégique national pour la future PAC vendredi 21 mai. Julien Denormandie a présenté les grandes lignes de ce PSN dont la profession agricole attend encore quelques précisions notamment dans les enveloppes budgétaires et sur les modalités de mise en place de certaines mesures. Revue de détails des premières annonces.

Le document-cadre, présenté par le ministre de l’agriculture le 21 mai, définit les premiers arbitrages concernant les interventions et modalités de mise en œuvre à l’échelle nationale de la politique européenne majeure pour l’agriculture française pour la prochaine PAC 2023-2027. A travers ces arbitrages, le ministre vise cinq objectifs principaux :
1- Une PAC qui consolide une production qualitative : le maintien de dispositifs structurants tels que le transfert du premier pilier vers le second pilier (maintien à 7,53%), l’indemnité compensatoire d’handicaps naturels (ICHN), le paiement redistributif (sur les 52 premiers hectares et à 10% des paiements directs), le niveau des paiements de base -DPB... vont favoriser la compétitivité de l’agriculture française.
2- Une PAC qui accompagne la transition agroécologique : augmentation moyenne de 90 millions d’euros par an de l’enveloppe dédiée à l’agriculture biologique, mise en place d’un écorégime inclusif et accessible à tous...
3- Une PAC qui investit dans l’agriculture de demain : montant de crédits européens stabilisé par rapport à la programmation passée de 645 M€ (dont 10M€ de MAEC non surfaciques), porté à 678 M€, et avec un transfert supplémentaire potentiel de 22M€ au titre de MAEC forfaitaire. Les Régions pourront ainsi bénéficier d’enveloppes conséquentes pour le financement des actions de transition en matière d’investissement, d’installation des jeunes, de développement des projets territoriaux.
L’installation des jeunes agriculteurs sera soutenue par une augmentation de 50% du paiement aux jeunes agriculteurs, et via une  enveloppe supplémentaire de 33 millions d’euros du Feader transférés aux Conseils régionaux dans le cadre de l’accompagnement à l’installation.
4- Une PAC qui sort de nos dépendances : le développement de la filière protéines végétales, déjà initié par la stratégie
protéines du gouvernement et le plan France Relance, sera également porté par un doublement des soutiens de la PAC dédiés aux protéines d’ici 2027 (aides couplées et programme opérationnel), et qui se fera de manière progressive. Dans ce volet, il est aussi question de la gestion des risques (enveloppe de 186 millions d’euros par an en moyenne sur la période 2023-2027)
5- Une PAC tournée vers la création de valeur sur nos territoires : évolution du soutien de la filière bovine, viande et lait, vers une aide à l’unité gros bovin (UGB) pour permettre d’accompagner les filières. «L’arrêt des mouvements de grands transferts financiers engagés par les précédentes réformes a été arbitré pour permettre d’apporter consolidation et visibilité dans les territoires avec un soutien particulier aux zones à faible potentiel agronomique et le maintien de l’ICHN», a commenté le ministre de l’agriculture.

Les discussions se poursuivent avec les filières

Plus précisément sur la réforme des aides couplées bovines, le ministre a expliqué que la réforme vise à «inciter à produire des animaux à plus forte valeur ajoutée et à ne plus contraindre les éleveurs à devoir conduire leur troupeau avec des signaux différents voire divergents entre attentes du marché et règles d’octroi de l’aide», considérant que «la vraie urgence est la juste rémunération des agriculteurs. La priorité est donc le renforcement de la loi Egalim et à très court terme un nouveau projet de loi dès le mois de juin».
La réforme UGB soutiendra davantage la filière laitière, selon le ministre, avec un «transfert de quelques dizaines de millions d’euros à son bénéfice car elle sera plus négativement impactée par la convergence que la filière allaitante».
«Le paramétrage de l’aide à l’UGB sera finalisé dans les prochains jours avec les filières lait et viande», a annoncé le ministre, «autour de deux montants d’UGB, l’un pour la viande, l’autre pour le lait».


Concernant les productions ovine et caprine, le ministre a annoncé qu’elles continueront à «bénéficier de soutiens globaux en augmentation» : leurs aides couplées diminuent un peu comme les aides bovines mais l’effet convergence leur est favorable, leurs soutiens augmenteront de 3%, rapportés à leurs paiements directs et ICHN.


Avec ces ambitions fixées, des discussions se poursuivent avec les acteurs des filières et les institutions européennes pour affiner les dispositifs. L’ensemble du PSN sera rédigé d’ici l’été avant d’inaugurer la tenue d’une évaluation environnementale et d’un débat public. Ces derniers permettront d’ajuster la proposition pour un envoi final à la Commission européenne avant le 1er janvier 2022. La procédure de négociations, d’harmonisation et de mise en œuvre réglementaire se poursuivra alors pour une entrée en vigueur de la nouvelle PAC dès le 1er janvier 2023.

Les organisations agricoles mesurées sur les déclarations du ministre

Les réactions aux déclarations du ministre de l’agriculture n’ont pas tardé. A des degrés divers, elles saluent les premiers arbitrages, mais demandent que des efforts supplémentaires soient réalisés.

La FNSEA a été la première à réagir. Sa présidente, Christiane Lambert, a parlé de «premiers arbitrages en demi-teinte». Certaines orientations semblent convenir au syndicat majoritaire comme la volonté affichée de reconquérir une souveraineté alimentaire qui s’était effrité au cours de réformes précédentes. Christiane Lambert a salué le plan protéines qui permet de passer «d’aides statiques, à des aides plus dynamiques». Elle qualifie «d’orientations majeures» le plan protéines pour le développement des cultures de protéagineux et de légumineuses fourragères et le renforcement de la structuration des filières par des programmes opérationnels.

«Sacrifiés»

 De même, la présidente de la FNSEA salue l’appui affiché du ministre pour renouveler les générations en souhaitant augmenter de 50% les montants dédiés au paiement JA, ce qui consolide l’enveloppe à hauteur de 101 millions d’euros (M€). Sur ce point, les Jeunes agriculteurs ont fait savoir que cette annonce constituait une «réponse notable à cet enjeu», mais une «première réponse à poursuivre», ont-ils nuancé. «Il est désormais nécessaire de transformer l’essai en mettant les contributions nationales (Etat et Régions) à la hauteur des engagements sur le Feader pour apporter une réponse pleine et entière. Sans cela, le travail mené restera vain», a réagi JA. La FNSEA a également trouvé «intéressant» l’accompagnement des Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) à hauteur de 250 M€, notamment à destination des zones à faible potentiel agronomique. Un sentiment également partagé par JA et l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). Cette dernière se félicite de l’attribution d’une enveloppe initiale de 22 M€ dédiée spécifiquement à la mesure de transition dont elle est «à l’initiative», précise-t-elle. Dans leur ensemble,  les organisations professionnelles agricoles  (OPA) saluent «une trajectoire de convergence raisonnable à 85%», à l’exception toutefois de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) qui y voit «le travail de sape des exploitations de petite taille qui constituent la majorité des fermes laitières». Les éleveurs laitiers n’entendent pas être «encore sacrifiés, comme ils l’ont été lors des précédentes PAC», a dénoncé la FNPL.

Maximum d’efficacité

 Les OPA s’inquiètent toutefois d’orientations encore floues ou non abouties, notamment sur les principales comme les écorégimes (ecoschemes). Ainsi La Coopération agricole  s’émeut-elle, que «les programmes opérationnels, outils de transition et d’efficacité économiques, ne soient pas étendus à davantage de filières pour permettre leur structuration». Lors de sa conférence de presse, Christiane Lambert a signalé que les écorégimes représentaient, dans le PSN, 1,684 Md€ sur les 6,8 Md€ du premier pilier de la PAC, soit 25%. «On ne peut pas dire que ce ne soit pas exigeant et contraignant», a-t-elle affirmé, car la redistribution (versement) de ces aides est clairement conditionné aux progrès réalisés par l’agriculteur sur son exploitation pour protéger l’environnement, la biodiversité, pour lutter contre le changement climatique. Mais la FNSEA regrette cependant que les critères d’application de cette mesure restent encore flous, car «l’objectif est d’encourager le maximum d’agriculteurs à rentrer dans ces écorégimes, pour un maximum d’efficacité», a martelé Christiane Lambert qui parle d’une «mesure en demi-teinte».

«Ça ne fait pas beaucoup»

 Les OPA s’inquiètent aussi du sort réservé aux aides couplées et en particulier au critère alloué à Unité de gros bovins (UGB). «Une vache est une vache, une UGB est une UGB et tout autre choix sera dévastateur», rappelle la FNPL. La présidente de la FNSEA insiste quant à elle, «sur le besoin d’accompagnement pour faire coller l’UGB aux demandes du marché». Autre déception affichée : celle de la gestion des risques, a souligné JA : «Nous rappelons que la PAC doit aussi accompagner les filières et protéger les agriculteurs face aux aléas climatiques», a-t-il déclaré par voie de presse. Le son de cloche est identique à l’APCA qui  regrette «que les moyens en faveur d’une politique volontariste de gestion des risques n’aient pu être trouvés au sein de la PAC» mais aussi à la Coopération agricole qui s’inquiète «que le cadrage affiché ne permette pas d’affecter plus de moyens à la prévention et à la gestion de l’ensemble des risques». Christiane Lambert a regretté que l’enveloppe dédiée ne soit pas plus importante : «186 millions d’euros, ça ne fait pas beaucoup», a-t-elle lâché. Certes les agriculteurs «sont prêts à souscrire des polices d’assurance», sous-entendu, y compris légèrement plus chères, mais pas question pour la FNSEA que le financement de la future assurance récolte passe par une augmentation de la TVA et de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), a-t-elle affirmé. La présidente de la FNSEA espère que le chef de l’Etat qui s’était engagé à activer la solidarité nationale le 18 mai lors du Grand Rendez-vous, tiendra parole.
Les derniers arbitrages sur la PAC doivent être rendus lors du Super-Trilogue du 25 au 27 mai. D’autres ajustements viendront préciser ce PSN français, dont «beaucoup d’autres pays européens devraient s’inspirer» a conclu Christiane Lambert.

Eva DZ

20 mai 2021

Grand RDV de la souveraineté alimentaire : les agriculteurs veulent retrouver leur «agri-fierté»

 

Le Grand Rendez-vous autour de la souveraineté alimentaire a tenu toutes ses promesses en terme de participation. Mardi 18 mai, les connexions étaient nombreuses à cet événement proposé en visioconférence à l’occasion de la Semaine de l’agriculture, par le CAF (Conseil de l’agriculture française) présidé par Christiane Lambert.


En présence du ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, de nombreuses personnalités, politiques, responsables d’organisations professionnelles agricoles, chercheur ont planché sur la souveraineté alimentaire : le monde agricole français est-il capable de relever le défi ? La réponse est bien sûr positive mais la réussite passe indéniablement par la stratégie collective et le soutien des pouvoirs publics à l’échelle nationale et européenne.


Le monde agricole a tenu bon face à la crise sanitaire en continuant à nourrir les Français, il sait rebondir et s’adapter face aux nouvelles attentes mais il fait face à un contexte de plus en plus compliqué : guerre des prix, aléas climatiques récurrents, lourdeurs administratives et contraintes règlementaires, agribashing... «Nous sommes prêts à relever ce défi de la souveraineté alimentaire mais nous ne pourrons le faire seuls», a introduit Pascal Cormery, président de la CNMCCA (Confédération Nationale de la Mutualité, de la Coopération et du Crédit Agricole).


Dans l’attente d’une ligne claire


«Nous attendons une ligne claire en termes de renouvellement des générations, de rémunération des agriculteurs, répartition de la valeur dans la chaîne alimentaire, protection sociale de haut niveau, adaptation au changement climatique...», a-t-il complété. «La France a de nombreux atouts dont son agriculture», a enchaîné Jean-Luc Poulain, président du CENECA (Centre national des expositions et concours agricoles). «Une agriculture de projets, d’initiatives, de terrain, de savoir-faire... chacun à son niveau, peut agir, la solution sera collective».


Les débats qui ont suivi ont convergé sur la capacité de la France à assurer sa souveraineté alimentaire, y compris le discours du ministre de l’agriculture puis l’intervention du Président de la République, dans ses réponses aux questions des agriculteurs. Il ne manque que les actes... !

Les 4 convictions du ministre de l’agriculture

«Il n’y aura pas d’agriculture sans agriculteurs, c’est à eux que nous devons notre souveraineté alimentaire. La crise sanitaire l’a prouvé puisque les Français n’ont pas manqué de denrées. Il est de notre devoir de ne pas laisser la maîtrise de la souveraineté alimentaire à d’autres : nous défendons notre indépendance, notre protection, notre identité. Notre défi est clair : savoir se nourrir soi-même !». D’emblée le ministre de l’agriculture a donné le ton de ce Grand Rendez-vous.


Il a partagé ses quatre convictions :
- Regagner en souveraineté alimentaire c’est-à-dire sortir des dépendances aux importations (protéines, fruits et légumes...), des dépendances à des systèmes de production qui ne respectent pas nos standards (en appliquant les clauses-miroirs), des dépendances au changement climatique (en investissant dans la protection, en refondant le système d’assurance récolte, en déployant le Varenne de l’eau...), des dépendances au fonctionnement des marchés économiques qui ne valorisent pas la qualité (mettre fin à la guerre des prix en lançant en juin, un acte 2 à la loi Alimentation) ;
- Gagner en compétitivité : «je crois en une agriculture de production qualitative, basée sur des fermes à taille territoriale, qui joue la carte de la qualité nutritionnelle, de la préservation de l’environnement, de l’aménagement des paysages... C’est notre marque de fabrique» ;
- Se reposer sur la raison et sur la science pour guider l’action de la Ferme France (recherche variétale, gestion de l’eau...) ;
- Assurer le renouvellement des générations : «l’agriculture est un métier de passion mais cette passion ne doit pas occulter la juste rémunération. On ne peut pas toujours demander plus de qualité sur le dos des agriculteurs !»
«Les défis sont massifs mais tous ensemble nous avons le devoir de les relever !», a encouragé le ministre de l’agriculture.

Un grand rendez-vous très suivi en ligne

L’ensemble des participants à ce Grand Rendez-vous autour de la souveraineté alimentaire en conviennent : la crise sanitaire a réveillé les politiques ainsi que les Français sur leur envie de «ne pas laisser filer l’agriculture», comme l’a résumé Christiane Lambert, présidente du CAF (conseil de l’agriculture française qui réunit l’ensemble des organisations professionnelles agricoles en France). «Pendant cette crise, les Français ont réitéré leur confiance dans leur agriculture et dans les agriculteurs. Nous attendions ce réveil depuis longtemps !», estime la présidente de la FNSEA. La recherche d’une alimentation de proximité, de contacts avec les agriculteurs s’est exacerbée avec la crise sanitaire. «Beaucoup d’agriculteurs reprennent leur communication en main, reconstruisent un lien avec le consommateur», assure Christiane Lambert.


«Agriculteur, un métier essentiel»


Pour autant les attentes de la société n’ont pas fléchi en matière de qualité, de bien-être animal, d’environnement, de prix également... «Opposer environnement et agriculture est une erreur, beaucoup de politiques ont exagéré. Aujourd’hui nous devons parler positivement d’agriculture, expliquer la qualité de l’alimentation française, montrer la modernité de nos métiers... C’est ainsi que nous retisserons un lien avec la société», a encouragé Christiane Lambert.


Lors de la première table-rondeFrançois Bayrou, Haut-Commissaire au plan, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’économie, aux finances et à la relance, Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, Dominique Chargé, président de la coopération agricole ont salué la capacité du monde agricole à se mobiliser face à la crise pour remplir sa mission nourricière. Néanmoins, cette réussite n’a pas occulté les fragilités déjà existantes, la vulnérabilité, la dépendance. Les distorsions de concurrence, le déséquilibre de la balance commerciale agricole, l’investissement dans de nouvelles compétences, la préservation des sols... sont autant de questions à élucider pour atteindre la souveraineté alimentaire.


Plan Marshall de reconquête


Sébastien Abis, directeur du club Demeter et chercheur associé à l’IRIS, a pointé du doigt la nécessité d’une vision politique : «Il faut se redonner les moyens de l’ambition à long terme, définir une trajectoire incluant tous les maillons de la chaîne alimentaire dont le consommateur qui s’il semble être souverain, doit tout de même se souvenir que sans les agriculteurs, il n’y a rien dans les assiettes !».


«L’organisation de la profession agricole est un atout majeur pour la France mais elle doit être accompagnée», a indiqué François Bayrou qui en appelle à un Plan Marshall de reconquête de la production. «Investir, analyser, vouloir tous ensemble, avec l’Etat en fédérateur de toutes les entreprises», voilà pour lui, la clé de la souveraineté alimentaire. Le plan de relance tombe à point nommé, selon Dominique Chargé pour retrouver la compétitivité.


«Protéger, préserver, transmettre»


Lors de la deuxième table-ronde, les intervenants ont donné des pistes pour réussir le défi de la souveraineté alimentaire : elles consistent dans la maîtrise foncière, la création de valeur, l’attractivité du métier, pour Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile de France. Plus de revenus, plus de protection et plus de transformation pour Pascal Canfin, député européen, président de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du parlement européen. Sébastien Windsor, président des Chambres d’agriculture, encourage les agriculteurs à créer de la valeur sur leur exploitation, en s’appuyant sur la formation, le conseil : «L’enjeu de la souveraineté alimentaire redonne du sens, de la fierté pour aller chercher de la valeur ajoutée mais nous devons y associer les politiques».


Samuel Vandaele, président de Jeunes Agriculteurs, a bien sûr évoqué le défi du renouvellement des générations : «protéger, préserver, transmettre, sans de nouveaux bras en agriculture, nous ne pourrons assurer la souveraineté alimentaire».



Eva DZ

29 avril 2021

Retraites agricoles : revalorisation à partir de novembre 2021

Le premier ministre, Jean Castex, en discussion avec Jean-Paul Dauge, agriculteur retraité, aux côtés de Julien Denormandie, du député André Chassaigne et du maire de Luzillat, Claude Raynaud (photo C. Rolle).


C’est en Limagne dans le Puy-de-Dôme, sur les terres du député André Chassaigne, initiateur de la loi éponyme sur la revalorisation des pensions de retraites agricoles, que le premier ministre a annoncé l’entrée en vigueur du dispositif au 1er novembre 2021.

C’est accompagné du ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, et du secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’emploi et de l’insertion, chargé des retraites et de la santé au travail, Laurent Pietraszewski, que Jean Castex s’est déplacé le 23 avril sur les terres de la circonscription du député Chassaigne pour confirmer l’application de la revalorisation des retraites agricoles au 1er novembre 2021 au lieu du 1er janvier 2022. La loi Chassaigne «votée à l’unanimité des parlementaires» garantit un niveau minimum de pension à 85% du SMIC contre 75% actuellement, pour les non-salariés agricoles ayant une carrière complète et 17 ans et demi comme chef d’exploitation. «227 000 retraités sont concernés et toucheront un supplément de 100 euros par mois, a indiqué le premier ministre. Cela représente un coût pour l’Etat de 280 M€ par an, financé par la solidarité nationale ; il n’y aura pas d’augmentation des cotisations des actifs agricoles», a-t-il assuré. Le montant de la pension devrait ainsi s’élever à 1035 euros par mois à partir du 1er novembre prochain au lieu de 555 euros en moyenne aujourd’hui.


Un premier pas

Une nouvelle accueillie avec satisfaction par Monique et Jean-Paul Dauge qui recevaient la délégation gouvernementale sur leur exploitation de grandes cultures à Luzillat. A 79 et 74 ans, le couple n’en a pas terminé avec le métier. Si Jean-Paul Dauge a désormais un statut de retraité, son épouse, Sylvie, est toujours en activité comme cheffe d’exploitation mais depuis quelques années seulement. Autant dire qu’elle ne bénéficiera pas du dispositif de la loi Chassaigne qui ne concerne pas les conjoints, statut qu’elle a pourtant revêtu durant de longues années. Sur ce point, André Chassaigne dit «poursuivre le combat collectif» pour que les conjoints collaborateurs et aides familiaux ne soient pas laissés de côté par la réforme des retraites. «Une nouvelle proposition sera présentée dans les mois à venir», a-t-il indiqué.
Les professionnels présents lors de ce déplacement ont unanimement salué l’entrée en vigueur prochaine de la loi Chassaigne. 


Retraite et renouvellement des générations

Pour Philippe Panel, président de la MSA Auvergne, «cette revalorisation répond à une attente forte de la profession. Mais son financement réside aussi dans le revenu décent dont doivent bénéficier les agricultrices et agriculteurs». De son côté, David Chauve, président de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme et secrétaire général de la FRSEA Auvergne Rhône-Alpes, a salué «le franchissement d’une première étape, mais il reste à avancer sur les statuts des conjoints collaborateurs qui sont souvent la cheville ouvrière des exploitations». Il a par ailleurs souligné le lien fort entre retraite, transmission et installation. «Plus de 50% des exploitants ont plus de 50 ans. Nous sommes donc confrontés à un véritable enjeu de renouvellement des générations dans lequel le montant des retraites joue un rôle important dans l’attractivité du métier (…) Un revenu décent et une retraite équilibrée permettent en effet de mettre en place des moyens pour transmettre plus facilement du capital», a-t-il indiqué. «Est-ce qu’en 2025 nous aurons remplacé tous nos agriculteurs qui partent à la retraite ? Car tout est lié, a lancé le ministre de l’agriculture. Un remplacement générationnel nécessite d’accompagner ceux qui partent en retraite et ceux qui s’installent». Pour Julien Denormandie, «la retraite n’est que le début du commencement de l’accompagnement des nouvelles générations». Et le premier ministre de conclure : «La loi Chassaigne s’inscrit dans une politique globale que nous conduisons au service de notre souveraineté économique et nationale (…) Pas d’agriculture sans agriculteurs ; le métier doit donc être attractif du début jusqu’à la fin».

C.Rolle
L’Auvergne Agricole

15 avril 2021

Prochaine PAC, prix : l’Aveyron reste sur le qui-vive !

A Argences-en-Aubrac, Belmont-sur-Rance, Millau, Montbazens, Nant, Pont-de-Salars, Réquista, St Geniez
d’Olt et d’Aubrac, Saint Affrique, Sévérac d’Aveyron et Villefranche-de-Rouergue, près de 700 agriculteurs
se sont mobilisés pour continuer à exprimer leur grande inquiétude face au projet de réforme de la PAC
que prépare le ministre de l’agriculture (photos FDSEA 12).


Vendredi 9 avril, le lendemain de la mobilisation de plus de 700 agriculteurs à travers le département pour monter des murs de pneus devant les trésoreries et centres des impôts, la FDSEA a réuni son conseil d’administration en visio-conférence.

Les premiers arbitrages de la France pour la prochaine PAC sont attendus dans les jours à venir. La FDSEA et les JA maintiennent la pression depuis le mois de février pour défendre la place de l’élevage. Car selon les premières annonces du ministre de l’agriculture, la baisse des aides couplées animales génèrerait une perte jusqu’à 15 000 euros par ferme, selon la FDSEA. Il y a donc urgence à se faire entendre, ce que les agriculteurs de l’Aveyron ont fait depuis le viaduc de Millau en février puis autour de feux à Laguiole, Rodez, Villefranche et Millau en mars, puis à Clermont-Ferrand le 25 mars et la semaine dernière devant une dizaine de trésoreries et centres des impôts dans tout l’Aveyron.

Se tenir prêts !


«Bravo pour ces diverses mobilisations !», a remercié Laurent Saint Affre, président de la FDSEA. «La voix des départements où l’élevage est la principale vocation, comme le nôtre, a été entendue au niveau national», a-t-il complété. Mais le combat continue : «les échanges avec le ministre suite à l’action de Clermont-Ferrand ne nous ont pas totalement rassurés. En effet, les systèmes naisseur-engraisseur n’étant pas suffisamment créateurs de valeur selon le ministre, il souhaite encourager la finition des animaux mais nous lui avons bien rappelé que pour engraisser des animaux, il faut les faire naître !», a argumenté Laurent Saint Affre. «Le principe d’une aide à l’UGB semble avoir été acté mais nous n’avons pas encore d’infos quant à l’âge retenu». Et des inconnues demeurent sur le taux de chargement, sur l’accessibilité aux aides protéines notamment pour les mélanges... Dominique Fayel, membre du bureau FNSEA, n’a pas caché que le climat national était «compliqué», les actions dans les départements se multiplient chacun souhaitant tirer son épingle du jeu dans ces futurs arbitrages.
«Nous devons nous tenir prêts, prêts à maintenir la pression, à réagir aux prochaines annonces. Il en va de notre intérêt collectif pour les prochaines années», ont encouragé Dominique Fayel et Laurent Saint Affre.


Un nouvel interlocuteur en lait de brebis

Jean-François Cazottes a évoqué l’arrivée dans le 4ème bassin d’un nouvel intervenant, Onetik, entreprise privée du pays basque, en recherche de producteurs de lait de brebis pour étendre sa collecte. «Cette prospection auprès des producteurs du département entraîne quelques turbulences, les interlocuteurs sur le bassin de Roquefort étant déjà nombreux», a-t-il indiqué. Justement sur le marché du Roquefort, la collecte est stable en attendant les chiffres d’ici la fin de la campagne.
En 2020, le prix moyen du Roquefort en conventionnel s’établit à 1162 euros/1 000 litres et celui des autres produits fromagers à 769 euros/1 000 litres, ce qui donne un prix moyen sur l’ensemble du bassin de Roquefort à 939 euros/1 000 litres. Le dossier du Bleu de brebis semble clos : l’INAO a confirmé que les modifications apportées par Société des Caves sur le packaging n’entraînent pas de confusion avec le Roquefort.
Enfin, lors de son assemblée générale, l’ANEOL, association nationale des éleveurs ovins laitiers, et notamment son collège producteurs, a évoqué l’arrivée d’un décret en novembre sur la contractualisation. En octobre 2022, chaque producteur de lait de brebis devra avoir proposé un contrat à son entreprise à l’image des producteurs bovins lait et caprins lait.

Tension autour de la saisonnalité en bovins lait

Claude Falip, responsable de la section bovins lait FDSEA, a évoqué une conjoncture «plutôt favorable» du fait d’une baisse de la collecte sur le grand Ouest notamment. «Sur le prix, nous attendons encore un sursaut des entreprises», a-t-il avancé, annonçant un fort écart du prix de base pour les mois à venir entre Lactalis (autour de 333 euros/1 000 euros) et Sodiaal (autour de 312 euros/1 000 litres) du fait de la prise en compte de la saisonnalité. «Cet écart fait réagir chez les producteurs», a-t-il dénoncé. De son côté, Benoît Gransagne, représentant Sodiaal, a défendu le système de la saisonnalité, en place depuis plusieurs années : «les producteurs qui jouent le jeu de la saisonnalité bénéficient d’un complément de 20 euros/1000 litres pour leur lait produit hors saison. Cette régularité de la production nous permet de faire fonctionner nos outils industriels toute l’année», a-t-il justifié.
Sur la répartition de la valeur, la section bovins lait FDSEA va continuer ses relevés de prix dans plusieurs enseignes de la distribution et a prévu d’inviter les parlementaires sur une exploitation afin de les alerter sur l’application de la loi Alimentation, dans les semaines à venir.
Enfin, Claude Falip, nouvellement élu vice-président à la FRPL Sud Ouest, a annoncé un plan de communication sur la filière laitière à travers des actions de promotion du métier en vue d’encourager l’installation, la transmission et le salariat agricole.


Des rencontres avec les grossistes instructives en bovins viande

Valérie Imbert, responsable de la section bovins viande FDSEA, a fait le tour des actions en cours. En premier lieu, celles pour défendre le maintien du niveau des aides couplées animales dans la prochaine PAC (lire aussi en page 9). Et les rencontres avec les enseignes et opérateurs de la filière viande bovine : «une nouvelle rencontre est prévue avec le magasin Leclerc de Sébazac pour la valorisation de jeunes bovins. Nous avons échangé avec l’Auberge de Bruéjouls qui sert plus de 2200 repas par jour en Aveyron (ndlr lire aussi dans notre dernière édition) et dernièrement avec le responsable de Bousquet Viande. Tous deux privilégient l’approvisionnement local», avance Valérie Imbert. Quelque peu déçue de l’entretien avec Bousquet Viande, qui considère que l’éleveur doit s’organiser pour intégrer les coûts de production dans le prix de ses animaux, elle poursuit ces rencontres avec les grossistes avant de dresser un bilan général et de décider de prochaines actions pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée.  

Exonération partielle de la TFNB

La FDSEA a obtenu l’exonération partielle de la TFNB sur l’ensemble du département. Deux zones sont distinctes : les 23 communes du nord Aveyron reconnues au fonds de calamités agricoles (40% d’exonération sur les terres et 37% pour le reste) et les autres communes du département (35% d’exonération sur les terres et 30% pour le reste). Le remboursement devrait être effectué dans les 15 prochains jours.

Rendez-vous à venir

En juin se dérouleront l’assemblée générale de la FRSEA (le 11) et le congrès de la FNSEA (du 22 au 24 à Niort). «Plus que jamais alors que les arbitrages pour la prochaine PAC ne seront pas tous décidés, nous comptons sur la présence des Aveyronnais à ces deux rendez-vous pour faire entendre notre voix», a encouragé Laurent Saint Affre.  

Eva DZ

08 avril 2021

L’action continue : FDSEA et JA murent l’administration

Face à des ministères sourds ou malentendants, la FDSEA et les JA avaient annoncé des actions imminentes, elles se traduisent dès ce jeudi 8 avril. FDSEA et JA encouragent à garder le rythme pendant les semaines à venir.

Pendant que l'élevage en montagne manifeste pour garder le niveau de soutiens PAC, d'autres productions s'organisent pour faire pression dans leur sens. Les associations spécialisées végétales pro- jettent de faire des blocages autour de Paris. La semaine dernière, le Groupe Avril annonçait 45 millions d'euros d'investissement dans la construction d'une usine de transformation de protéines végétales en produits pour l'alimentation humaine (steacks et laits végétaux). L’Aveyron n’entend pas se laisser faire et compte bien défendre son «beefsteak aveyronnais !».

Ainsi toutes les trésoreries et centres des impôts aux quatre coins du département seront murés par les équipes locales FDSEA et JA. Elles monteront des murs de pneus devant toutes les entrées.

Des murs de pneus dans tout l’Aveyron !

«Nos productions animales qui occupent les parties du territoire les plus difficiles à travailler , qui restent la seule activité avant la friche, qui sont les plus soumises aux importations moins-disantes, notre ministre les condamne- raient-elles à disparaître ? Quelle ferme, quelle entreprise peut se permettre de perdre 30 à 50 % de ses revenus sans envisager l’avenir autrement ?», dénoncent la FDSEA et les JA. «Le déclin économique provoqué par la disparition des élevages et de leurs animaux dans nos paysages ne serait plus un fantasme», alertent-ils.

Pour faire entendre leur colère auprès de l’Etat, la FDSEA et les JA ont décidé de murer les entrées des trésoreries et des centres des impôts dans tout l’Aveyron. Onze sites sont concernés à Argences en Aubrac, Belmont sur Rance, Montbazens, Nant, Millau, Pont de Salars, Réquista, Sévérac d’Aveyron, Saint Geniez d’Olt et d’Aubrac, Saint-Affrique et Villefranche de Rouergue.

Et d’autres actions sont à prévoir dans les jours et les semaines à venir pour faire infléchir la position du ministre de l’agriculture et continuer de l’alerter sur le nécessaire soutien de l’élevage en zone de montagne à travers la future réforme de la PAC.

11 mars 2021

Plus de 1 000 agriculteurs haussent le ton sur la PAC

L’Aveyron a frappé un grand coup en réunissant mardi 9 mars en soirée, plus de 1 000 agriculteurs et près de 300 tracteurs en une soirée aux quatre coins du département ! A l’image de la trentaine d’actions déployées entre le 8 et le 10 mars dans les départements du grand Massif central en Auvergne Rhône Alpes, en Nouvelle Aquitaine, en Bourgogne et en Occitanie.

A Rodez, Villefranche de Rouergue, Millau et Laguiole, des convois de tracteurs accompagnés d’une foule d’éleveurs ont allumé des feux pour alerter le Président de la République, le ministre de l’agriculture, le gouvernement et les parlementaires pour que «les décisions nécessaires et rassurantes soient prises en faveur des soutiens à l’élevage et à la montagne», ont relayé la FDSEA et les JA.

Un ultime appel avant l’embrasement des campagnes

Alors que le doute plane toujours sur les décisions qui seront prises par l’Etat français dans son plan stratégique national en vue de la prochaine PAC, le grand Massif central maintient la pression par l’action. Il répète inlassablement combien le soutien à?l’élevage et aux zones de montagne est nécessaire et même indispensable à la survie de ces territoires à handicaps naturels. Cela passe par le maintien des aides couplées et de l’ICHN, des soutiens structurants pour les exploitations mais aussi pour les territoires ruraux dans leur ensemble. Cette réforme de la PAC inquiète d’autant plus les éleveurs que le contexte économique et sociétal est difficile.

«Nous ne nous satisfaisons pas des hommages ou des déclarations d’amour du gouvernement qu’il faut entendre en ce moment, nous voulons des décisions courageuses et des politiques publiques qui nous protègent», ont conclu la FDSEA et les JA.

En attendant, la mobilisation ne faiblit pas et la FDSEA et les JA donnent rendez-vous autour du 25 mars à tous les éleveurs de l’Aveyron pour un grand rassemblement au niveau du Massif central.

Extrait d’article

11 mars 2021

Section bovins lait FDSEA : après les actions

Ci-contre : la décomposition du prix d’un litre de lait et les différentes répartitions de valeur.

Le bilan des actions menées par la section bovins lait sur le prix du lait de vache en GMS pendant le mois de février est en cours et le travail pour la reconnaissance entière et complète du coût de production sur le marché intérieur se poursuit.

Ce mois de février, la section bovin lait de la FDSEA de l'Avey- ron a organisé cinq actions pour rencontrer la grande distribution afin de mettre en place la prise en compte des coûts de production selon la loi EGAlim sur l’ensemble des produits de grande consommation vendus en France (1er prix, MDD : marques de distributeur et marques nationales).

Le message est passé

Ces produits doivent permettre de pouvoir redonner aux produc- teurs 38,8 centimes d’euros par litre. Le prix du litre de lait UHT au consommateur devrait être au minimum de 74 centimes d’euros le litre, confer le schéma ci-contre (SRP : Seuil de Revente à Perte). L’ensemble des responsables des magasins ont été à l’écoute de la problématique des producteurs.

Les informations sur la nécessité d’augmenter le prix du lait sont passées. La cinquantaine de producteurs présents aux actions ont constaté une très large majorité de lait d’origine France et les relevés des prix ont pu dans certains cas revoir les 1er prix, pour tendre vers une meilleure rémunération du producteur.

Suite à la fin des négociations commerciales des produits des marques nationales du 28 février, la FNPL et la FNSEA cherchent à dresser un bilan le plus exhaustif possible des accords signés ou non. L’objectif est d’identifier des opérateurs qui s’inscriraient en défaut de la loi EGAlim.

Dans le même pas de temps, la filière laitière a demandé à Emmanuel Macron de lever les freins à l’application de la loi EGAlim. Le chef de l’État s’est dit «tout à fait ouvert» à étudier la «compatibilité entre certaines dispositions de la loi dite LME (Loi de modernisation de l’économie de 2008, NDLR) et la loi Egalim». Les premiers retours montrent que certains contrats répondent aux attentes des producteurs, c’est le cas du contrat tripartite de Lidl. Maintenant, il faut faire vivre les indicateurs de coûts de production comme éléments structurants de tous les contrats. Le prix du lait aux producteurs doit figurer dans les contrats des produits laitiers vendus en France, de tous ses produits, marques et MDD confondues.

Michaël BELLONCLE

04 mars 2021

Bovins viande : gagner en confiance et être plus à l’aise dans la négociation

La formation s’est déroulée sur une exploitation.

Un groupe d'agriculteurs avait suivi une formation à l'automne dernier afin d'élargir leurs connaissances dans la mise en vente des animaux. Fonctionnement de la filière, estimation des animaux à mettre en vente, sources d'information sur les prix, négociations (achat des intrants et vente des produits de l'exploitation) ont été abor- dés lors des 3,5 jours de formation de l'automne dernier.

Une journée complémentaire s'est tenue en février sur une exploitation afin de faire un retour et un partage d'expériences sur l'année écoulée. Les participants se sont ensuite mis en situation avec des jeux de rôle : préparation de l'achat ou de la vente, posture lors du rendez-vous, techniques de négociation ont été testées et partagées par les participants.

Céline CHASSALY

25 février 2021

Dégâts de gibier : le Crédit agricole de Millau soutient les chasseurs

L’association de protection des cultures contre les dégâts de gibier, rassemblant les sociétés de chasse de Nant, Sauclières, St-Jean-du-Bruel, l’Hospitalet-du-Larzac, et la Couvertoirade, vient de bénéficier du sou- tien financier de la caisse locale du Crédit agricole de Millau.

L’association créée en 1992 réunit une trentaine d’exploitations agricoles du secteur, rassemblant des agriculteurs chasseurs. «Notre objectif est de protéger les cultures contre les dégâts de sanglier» explique Jean-Louis Valdeyron (notre photo), président de l’association, installé à Nant, retraité agricole et chas- seur. «Nous avons ainsi planté des clôtures électriques de protection sur 70 ha, des parcelles de Nant, Sauclières, St-Jean-du-Bruel, l’Hospitalet-du-Larzac, et la Couvertoirade». La caisse locale du Crédit agricole de Millau a décidé de soutenir les agriculteurs avec une subvention de 1 500 euros, issue du fonds de développement local de la banque verte.

«Nous clôturons chaque année environ 4 ou 5 ha de parcelles supplémentaires pour limiter les dégâts de sangliers toujours en hausse. Cette subvention nous a permis d’acheter trois postes électriques, 1 000 piquets, et environ 500 mètres de fils pour du remplacement. Habituellement, c’est la cotisation des sociétés de chasse qui permet de financer ce matériel. La subvention du Crédit Agricole est une première pour nous et elle va bien nous aider. Je tiens ici à remercier les responsables de notre caisse locale !» transmet Jean-Louis Valdeyron.

Les clôtures sont posées par les sociétés de chasse de l’association, avec des équipes de quatre personnes en général. Les cultures les plus touchées sont les céréales, les vergers, et les productions maraîchères. Cette région agricole doit faire face à une population de sangliers toujours croissante : «Nous pouvons chasser jusqu’à la fin février, mais il en reste encore...» confie Jean-Louis Valdeyron. «Nous allons bientôt attaquer les chantiers de semis de céréales de printemps. Nous sommes déjà inquiets sur certains secteurs, à Sauclières en particulier. Mais à partir de la mi-juin, lorsque les céréales sont laiteuses, jusqu’à août, c’est à cette époque que les sangliers font de gros dégâts...».

D.B.

18 février 2021

Action FDSEA-JA sur le Viaduc de Millau

Des tracteurs sur le Viaduc de Millau on n’avait jamais vu ça mais il fallait une action qui marque les esprits, qui reste dans les mémoires, comme les moissonneuses en 1990 sur les Champs Elysées, pour faire entendre l’Aveyron jusqu’à Paris. Mercredi 17 février, autour du convoi d’une trentaine de tracteurs, ils étaient 300 agriculteurs de tout l’Aveyron à défendre la voix de l’élevage de montagne en vue de la prochaine PAC.

Comme ce mercredi 17 février sur le Viaduc de Millau, les agriculteurs de l’Aveyron sont dans le brouillard. Ils sont inquiets à plu- sieurs titres : des prix qui ne rémunèrent pas leur acte de production, des accords de libre échange qui bafouent leurs efforts et des négociations pour la prochaine PAC qui laissent pressentir une menace pour les soutiens au secteur de l’élevage... Sur la petite route qui chemine pour rejoindre le monument aveyronnais, une trentaine de tracteurs conduits par des jeunes agriculteurs, des éleveurs, des agricultrices fendent la brume et plus haut sur l’aire du Viaduc, 300 per- sonnes tentent de les apercevoir... Ces mêmes agriculteurs emmenés par la FDSEA et les JA de l’Aveyron, sont bien décidés à ne pas se laisser enfumer... et à se défendre.

Et quel plus beau symbole que le Viaduc de Millau pour interpeller le ministre de l’agriculture : «L’objectif de cette action est clair : faire entendre la voix de l’Aveyron et de l’élevage en zone de montagne jusqu’à Paris, là où est en train de se dessiner le Plan Stratégique National. Cette mobilisation doit être vue et entendue au plus haut niveau», ont harangué Romain Déléris, président de JA 12 et Laurent Saint Affre, président de la FDSEA.

Eva DZ

(Extrait d’article)

28 janvier 2021

Patrick Bénézit (FNSEA) : «Qualité et distance de production»

Patrick Bénézit, secrétaire général-adjoint FNSEA : «Nous avons poussé lors des EGAlim en faveur des approvisionnements en produits locaux dans la RHD». Concernant la mesure imposant dès janvier 2022, au moins 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits bio, l’éleveur Charolais de St-Martin-sous-Vigouroux a mis en cause «les contrôles AB au sein de l’UE, et leurs équivalences de labellisation selon les pays».

Il milite en faveur de la notion «de distance de production, de race des animaux, et de moyens capables de favoriser les produits de proximité dans les appels d’offre. On se bat aussi pour intégrer la notion de montagne. L’étiquetage de l’origine des viandes ne va pas assez loin, notamment sur les plats préparés. Nous n’avons pas souhaité mettre en avant que les produits sous signe officiel de qualité. Dans la pratique, la tendance est quand même réelle en faveur des produits de proximité». Il a dénoncé «l’appellation» de «steak végétal» en nommant Xavier Niel (Free) homme d’affaires qui a lancé une start-up travaillant sur les «faux steaks et fausses saucisses».

Patrick Bénézit continue : «Sur des repas autour de 10 euros, la marchandise coûterait 15 à 20 %. On peut donc agir avec intelligence, sans presser le prix. Il y a des choses qui avancent bien avec les collectivités. Mais au niveau de l’Etat, cela reste catastrophique dans les hôpitaux, les EHPAD. Avec des achats le moins cher possible qui inquiètent le corps médical à propos de la qualité de la nourriture... On attend donc que les règles de la loi EGAlim soient bien appliquées !».

21 janvier 2021

Action FDSEA-JA : la loi Alimentation doit être respectée !

Les agriculteurs de la FDSEA et des JA ont passé en revue les rayons lait et viande puis échangé avec le directeur général du magasin Leclerc de Sébazac, Sébastien Rebouys.

La loi Alimentation n’est toujours pas appliquée ! La FDSEA et les JA ont pu le constater mercredi 20 janvier en visitant une GMS de l’agglomération ruthénoise. Les prix pratiqués sur le lait comme sur la viande sont à la baisse et ne prennent aucunement compte des coûts de production, en particulier la rémunération des éleveurs.

«Ce sont toujours les producteurs au bout du compte qui sont les perdants, ça ne peut plus durer !», c’est ce message que Claude Falip, président de la section bovins lait FDSEA et Valérie Imbert, secrétaire générale de la FDSEA et présidente de la section bovins viande, accompagnés de quelques agriculteurs sont venus délivrés mercredi 20 janvier au directeur du magasin Leclerc de Sébazac, Sébastien Rebouys.

Répondant à l’appel de la FNSEA et de JA, comme de nombreux agriculteurs dans plusieurs départements de France, ils sont venus dire que la guerre des prix ne devait plus continuer au détriment des producteurs et que la loi Alimentation devait être appliquée.

«Quand on voit un prix du lait à 61 centimes du litre, ce n’est pas suffisant pour rémunérer le producteur», a dénoncé Claude Falip. «Nous sommes au même niveau de prix que dans les années 90 alors que le coût de la vie est bien plus élevé aujourd’hui et que nos charges ont aussi bien augmenté sur nos fermes !», ajoute Marie-Amélie Viargues, secrétaire générale adjointe de la FDSEA et membre de la section bovins lait.

«La FNPL annonce un prix juste et rémunérateur pour l’ensemble des acteurs de la filière à 1 euro le litre dont 38 centimes pour les producteurs, or, aujourd’hui nous sommes autour de 32 centimes payé au producteur ! Comment pouvons-nous tirer un revenu et vivre décemment sur nos fermes c’est-à-dire avoir la possibilité de temps en temps de prendre un salarié pour nous remplacer ? Ce n’est pas possible», plaide Claude Falip.

Eva DZ

14 janvier 2021

«Trouver une valorisation au plus près de nos fermes»

 

La section production et transformation de produits fermiers de la FDSEA présidée par Françoise Fontanier (notre photo), éleveuse et productrice de viande bovine en direct sur l’Aubrac, travaille depuis plusieurs mois sur les possibilités de débouchés des produits aveyronnais en restauration hors domicile.

Comment est née cette réflexion envers la restauration hors domicile ?

F. Fontanier : «Notre premier objectif est de faire consommer nos produits en local. Et bien sûr de dégager une valeur ajoutée par rapport aux circuits traditionnels. Je prends l’exemple de nos broutards, plutôt que de les envoyer à l’export à des prix fluctuants et revus à la baisse la plupart du temps, nous pourrions trouver un débouché local auprès de la restauration collective, en recherche d’une viande jeune et tendre, qui nous assurerait un débouché sûr et rémunérateur, qui plus est sans faire trop de kilomètres !

Comment avez-vous engagé les discussions avec la restauration hors domicile ?

F. Fontanier : C’est un milieu très complexe dont les producteurs ne connaissent pas bien le fonctionnement. Il était donc nécessaire dans un premier temps d’apprendre à se connaître, à découvrir les pratiques de chacun pour mieux identifier leurs besoins, leurs attentes et voir comment nous pouvons faire coïncider la production avec leur circuit de distribution. D’où le travail d’enquête mené en local par les équipes FDSEA auprès des gestionnaires de cantines.

Quel bilan tirez-vous de ces enquêtes ?

F. Fontanier : Les rencontres ont montré que les problématiques sont multiples : le prix bien sûr mais aussi les volumes et la régularité d’approvisionnement, la valorisation des produits dans leur ensemble (à la carcasse notamment pour la viande). Nous avons encore beaucoup à apprendre.

Pensez-vous que ce travail permettra d’aboutir à une plus grande présence des produits locaux en restauration hors domicile ?

F. Fontanier : C’est notre but mais nous savons que ce ne sera pas simple. Nous avons en ligne de mire l’objectif des Etats généraux de l’alimentation qui fixe à 50% le niveau de produits de qualité (SIQO, AB, mention fermière...) en restauration hors domicile d’ici 2022. A nous de nous organiser pour proposer un outil facile d’utilisation pour les producteurs comme pour les gestionnaires de ces établissements pour relever ce défi !

Quelles seront les clés de réussite ?

F. Fontanier : La patience et la persévérance ! Il faut un peu de temps pour construire des relations pérennes de travail et d’échanges. Nous nous inspirons aussi d’expériences que nous avons pu découvrir dans d’autres départements. Et la réussite passe notamment par l’organisation, peut-être la création d’une association d’éleveurs pour mieux répondre aux appels d’offres et être mieux identifiés auprès des opérateurs. Chacun devra travailler sur son adaptation : la restauration hors domicile sur sa capacité à travailler des produits moins élaborés et moins transformés et les agriculteurs sur leur capacité à assurer une logistique efficace (délais de livraison…). Cette année, la crise sanitaire a freiné un peu l’avancée de notre projet mais elle a permis aussi de remettre en avant les attentes sociétales envers les produits de proximité».

DZ

24 décembre 2020

Convention collective nationale : un cap historique dans l’histoire de la FNSEA

Le point avec Jérome Volle (photo), en charge de l’emploi à la FNSEA.

La signature d’une convention collective nationale constitue un moment historique rendu possible par la restructuration des branches initiée par les pouvoirs publics en 2016. A travers elle, la production agricole rejoint les autres grands secteurs économiques tels que l’industrie et le bâtiment. Une convention collective nationale c’est une référence, un symbole, une étape clef dans la construction d’une branche professionnelle. C’est le message que nous voulions adresser à nos partenaires et nos territoires. Nous venons donc de franchir un cap historique dans l’histoire sociale de la FNSEA.

En outre, elle constitue une triple opportunité pour notre réseau :

1. D’abord en termes de communication et de lobbying, vis-à-vis du gouvernement, des pouvoirs publics, et des autres organisations patronales, tous ces acteurs du monde social qui nous observent et auxquels nous démontrons la vitalité de notre dialogue social capable d’embarquer tous les partenaires sociaux pour un projet d’envergure (que nous sommes capables de conclure une CCN avec l’ensemble des organisations syndicales de salariés). Le symbole est fort après plus de trois années de négociation.

2. C’est aussi une opportunité pour l’ensemble des élus et collaborateurs des affaires sociales de prendre la main sur l’agenda social dans leurs territoires. Des choix politiques vont devoir être faits sur le maintien de certains avantages sociaux, et plus globalement le sens que l’on veut donner à la négociation collective. C’est l’occasion de questionner les entreprises sur leurs souhaits en matière de dialogue social territorial.

3. Enfin c’est une opportunité pour notre Réseau, qu’on dit pas suffisamment établi parmi les employeurs. La convention collective nationale est un outil idéal pour nouer un dialogue avec les employeurs et aborder la question des services juridiques, de leur accompagnement en matière de gestion des ressources humaines et de la stratégie sociale de la FNSEA. Cette convention collective s’adresse à la totalité des employeurs agricoles, qui sont au nombre de 130 000 en France, car la FNSEA est l’organisation patronale représentant tous les employeurs de la production agricole qu’ils soient ou non adhérents.

Concrètement cette convention collective contient des éléments structurants pour leur entreprise en créant un socle commun pour l’ensemble des salariés de la production agricole. Avec la mise en place d’une classification des emplois innovante et moderne, elle per- met de dresser des parcours professionnels intéressants tous les types de métiers présents dans les entreprises agricoles de la production à la commercialisation. Elle pose les bases des dispositifs nécessaires à une bonne gestion de l’emploi qui pourront évoluer avec le temps pour s’adapter aux changements économiques et sociaux de l’agriculture.

17 décembre 2020

Zone vulnérable et réforme de l’épandage : démonstration de force des agriculteurs de l’Aveyron

Les agriculteurs en ont marre d’être pris pour des pollueurs et sont venus très nombreux le dire mardi 15 décembre en soirée à Rodez. FDSEA et JA ont réussi un véritable tour de force en réunissant 230 tracteurs et près de 600 agriculteurs venus dénoncer les réformes prévues sur la zone vulnérable et les règles d’épandage. Une mobilisation qui a eu des retentissements jusqu’au ministères !

Une démonstration de force devant la préfecture montrant la détermination des agriculteurs de l’Aveyron à ne pas se laisser faire face à la nouvelle carte zone vulnérable et au projet de réforme de l’épandage. Soutenus par près de 600 agriculteurs et plus de 230 tracteurs, FDSEA, JA et Chambre d’agriculture ont mis en avant leurs arguments auprès de la préfète : «Nous ne voulons pas de ces nouvelles réglementation qui n’ont aucune justica- tion environnementale», ont-ils ainsi déclaré.

Venus des quatre coins du département, les agriculteurs ont défilé en tracteur dans les rues de Rodez et se sont rassemblés devant la préfecture, pour marquer leur désaccord face à ces projets de réforme. «Nous tenons à remercier toutes celles et ceux qui se sont mobilisés, celles et ceux qui ont eu le courage de venir en tracteur parfois de très loin et nos responsables locaux pour leur engagement sans faille mais aussi des salariés ou entrepreneurs solidaires avec la profession», a commenté Laurent Saint Affre, président de la FDSEA.

Le rassemblement s’est déroulé dans une ambiance responsable et dans le plus grand respect des contraintes sanitaires. Les responsables FDSEA et JA ayant choisi d’organiser cette mobilisation en soirée afin de ne pas pénaliser les commerces de Rodez, déjà fragilisés par la crise.

Une délégation de responsables FDSEA et JA a pu rencontrer les services de l’Etat : «Ils n’ont fait qu’approuver nos remarques : la qualité de l’eau est bonne en Aveyron. Elle s’améliore encore chaque année. Les mesures d’eau le prouvent. Les taux de nitrates relevés en hiver sont dus au cycle normal de la nature. Interdire l’épandage sur les pentes, les sols acides et karstiques n’aura pas d’autre effet que de rendre impossible l’élevage», ont rapporté les membres de la délégation. «Les agriculteurs en ont marre d’être pris pour des pollueurs alors qu’ils ne cessent de faire des efforts sans que ceux-ci soient reconnus», ajoute Laurent Saint Affre.

Un rendez-vous avec la DREAL en janvier

«Cette mobilisation remarquable nous permettra maintenant d’être écoutés et entendus dans ce moment de concertation sur ces prochaines réformes. Un rendez-vous avec la DREAL et la préfecture de région nous a été assuré début 2021», ont annoncé la FDSEA et JA qui ont rappelé leur objectif : «aucune commune ne doit être classée abusivement. Aucune mesure ne doit être adoptée sans être justifiée».

26 novembre 2020

Les JA vigilants sur la prochaine PAC

Julien Tranier, vice-président de JA 12, responsable du groupe installation, en charge également de ce dossier à JA Occitanie, alerte sur les points de vigilance des JA de l’Aveyron pour favoriser l’installation dans la prochaine PAC.

«Dans la période de transition de la PAC 2021-2023, les interrogations demeurent sur le maintien des financements à l’installation. Récemment, la Région, autorité de gestion dans ce dossier, nous a répondu que les budgets étaient maintenus et que les installa- tions continueraient d’être financées grâce à l’alignement du budget aux nouvelles règles.

Dans le système actuel, la DJA (dota- tion jeune agriculteur) est une aide non négligeable notamment à travers la prise en compte de la 4ème modulation (ex prêts boni- fiés). C’est un message fort dans le soutien des porteurs de projet pour accéder à ce beau métier. Mais le système est perfectible et devra évoluer.

Actuellement la DJA est articulée sur un programme national dont la gestion sera désormais déléguée, on nous a confirmé ce changement récemment, à la Région : cela ouvre des possibilités d’adaptation aux territoires. La Région va donc établir des règles adaptées à son territoire. Les discussions n’ont pas encore débuté à l’échelle d’Occitanie entre les JA et les Régions mais nous nous tenons prêts. Nous attendons le cadre financier qui, pour l’heure, est encore flou.

Nos points de vigilance concernent la simplification de l’accès à la DJA dont certes certains critères pouvaient rebuter certains porteurs de projet, mais pour autant nous ne voulons pas que soient oubliées nos spécificités comme les surcoûts induits par une installation en zone de montagne. Nous ne voulons pas d’une DJA vidée de son sens même si nous sommes pour, bien sûr, la simplification administrative. L’objectif de la DJA reste bien de guider le porteur de projet, de le faire réfléchir, de le responsabiliser sur un projet bien mûri pour que les installations soient pérennes.

Nous gardons aussi un œil sur les dis- positifs en place autour de la DJA : le Top Up, bonification des premiers hectares sur la PAC, la bonification PCAE pour les jeunes installés... L’idée est d’adapter le projet de l’exploitation à l’installation par le biais d’investissements (acquisition de foncier , mise aux normes, construction de bâtiments...).

Les JA de l’Aveyron se mobilisent aussi pour qu’au sein de la prochaine PAC, au-delà des soutiens à l’installation, soient maintenues l’ICHN, les spécificités des zones difficiles et surfaces peu productives (zones à densité homogène)... des soutiens qui confortent indirectement les installations. Nous accordons une attention particulière également à la définition de l’actif et donc à l’âge limite pour accéder aux aides JA. Cette limite doit permettre d’encourager les cédants à transmettre un outil viable et non des systèmes qui sont en baisse d’activité ou réduit à de la pension d’animaux et où la dynamique économique est perdue. Nous ne voulons pas entrer dans un système d’exploi- tation a minima.

Notre prochaine étape est le travail à engager sur la régionalisation de la DJA : la définition des règles et leur mise en place avec la Région».

26 novembre 2020

Fédérer l’Aveyron sur le renouvellement des générations

L’Aveyron et plus particulièrement Millau, vont accueillir la session Renouvellement des générations de JA national, en février 2021. Romain Déléris, président de JA 12 en charge de la logistique de l’événement, explique les raisons de cette candidature.

«La session RGA (renouvellement des générations en agriculture) de JA national est, à mon sens, le meilleur événement chez JA parce que cette thématique est le cœur de notre engagement, le dossier de fond qui donne le pouls à l’ensemble du réseau. S’occuper du renouvellement des générations est inscrit dans l’ADN de JA. Cette session réunit une fois par an, entre 150 et 200 participants, responsables JA de l’installation dans leur département pour travailler en petits groupes avec des moments de convivialité, j’apprécie ce format.

Accueillir cet événement en Aveyron aura de la résonnance : nous sommes le premier département en nombre d’installations aidées, ce dossier nous tient particulièrement à cœur à travers diverses actions pour favoriser le renouvellement des générations, nous avons d’ailleurs contribué à l’expérimentation du 3P et quelques Aveyronnais sont d’an- ciens responsables de ce dossier à JA national. Nous sommes très attachés à poursuivre le travail.

Notre candidature a été acceptée lors de la précédente mandature mais notre motivation avec l’équipe renouvelée est la même !

Cette session sera fédératrice pour notre équipe. Et nous espérons qu’elle laissera de bons souvenirs, qu’elle sera un événement marquant comme a pu l’être le congrès national JA il y a quelques années par exemple.

Même si nous serons impliqués essentiellement sur l’organisation (logistique, hébergement, repas...), nous en profiterons pour partager nos attentes sur l’installation car cette session se déroulera en pleine période de négociation pour la prochaine PAC. Et bien sûr, nous fédèrerons aussi l’ensemble de nos partenaires, comme à notre assemblée générale, pour présenter collectivement notre département, nos spécificités... ainsi que nos produits de qualité ! Et les sensibiliser pour garder des actifs nombreux.

L’Aveyron a déjà reçu il y a 10 ans, la session RGA nationale JA à Laguiole. Cette fois-ci ce sera dans le sud Aveyron, en plein rayon de Roquefort, un territoire dynamique en terme d’installation, autour d’une filière lait de brebis attractive... sans oublier l’imaginaire collectif que va inspirer à chaque participant, le Viaduc de Millau. De quoi laisser de bons souvenirs à chacun !».

01 octobre 2020

Sécheresse 2020 : FDSEA et JA interpellent la préfète sur une exploitation

Lundi 28 septembre, la FDSEA et les JA accompagnés de nombreux agriculteurs de la commune de Florentin la Capelle et des responsables FDSEA et JA du nord Aveyron et de la vallée du Lot ont accueilli la préfète et le DDT sur une exploitation où les représentants de l’Etat ont pu constater, chiffres et témoignages à l’appui, les conséquences de la nouvelle sécheresse qui touche ce territoire.

Déjà 8 500 euros dépensés par Véronique et Patrick Saurel, installés en GAEC sur la commune de Florentin la Capelle, pour faire face au manque d’herbe suite à la sécheresse de cet été. Et d’autres achats d’aliments seront sûrement inévitables dans les mois à venir. Un exemple parmi de nombreux autres des conséquences de cette nouvelle sécheresse sur la Vallée du Lot et le nord Aveyron, qui a été présenté à la préfète, Valérie Michel Moreaux et au DDT, Joël Fraysse, lundi 28 septembre.

«Du fait de cette sécheresse, la troisième consécutive que nous subissons, nous n’avons réalisé aucune seconde coupe. Faute d’herbe dans les estives, nous avons dû ramener les génisses à la ferme dès le mois d’août et à ce jour, il manque 45 à 50 jours de pâture compensés par de la distribution de fourrage. Ça ne peut plus durer ainsi !», a témoigné Patrick Saurel. Et son épouse de compléter : «La difficulté résulte aussi du fait que c’est la troisième année sèche que nous subissons, sans aucune reconnaissance aux calamités mal- gré nos efforts d’adaptation avec des essais de méteil pour assurer les stocks. Cette année, c’est clair, cela représente un revenu en moins sur la ferme !».

Lire la suite dans notre édition du jeudi 1er octobre 2020.

24 septembre 2020

Jeunes Agriculteurs : conseil d’administration délocalisé

Le 18 septembre, le conseil d’administration de JA Aveyron s’est réuni au Cambon sur la commune de St-Affrique. Le canton du Sud Aveyron avait remporté le tournoi des cantons 2019-2020, qui consistait à réunir le plus de monde lors de l’AG cantonale.

C’est à ce titre que les adhérents du canton ont pu participer aux discussions du conseil d’administration et notamment au choix des thèmes des conférences qui auront lieu cet hiver. La journée s’est poursuivie par un repas convivial et la visite de l’exploitation d’une administratrice du canton.

10 septembre 2020

La nouvelle préfète sur une exploitation à Moyrazès : premiers contacts avec la ferme Aveyron

 

Valérie Michel Moreaux, la nouvelle préfète de l’Aveyron, est allée à la rencontre de la profession agricole, jeudi 3 septembre, sur l’exploitation de la famille Garrigues à Moyrazès.

Valérie Michel Moreaux est arrivée fin août dans le département, la nouvelle préfète de l’Aveyron n’a pas tardé à répondre à l’invitation de la profession agricole qui lui a proposé une visite de terrain sur une exploitation laitière à Moyrazès, jeudi 3 septembre.

«J’ai visité une exploitation dont l’histoire est impressionnante : une reprise familiale réussie avec l’installation de deux jeunes Michaël et Gaëtan Garrigues aux côtés de leur maman, Béatrice qui devrait bientôt laisser sa place à son troisième fils», la nouvelle préfète de l’Aveyron était ravie de son premier contact avec la profession agricole qui l’a reçu jeudi 3 septembre sur l’élevage laitier de la famille Garrigues donc, à Moyrazès.

«Je remercie l’ensemble des participants, la FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture et les organisations professionnelles agricoles pour ce panel complet de présentation de l’agriculture départementale et de leurs questionnements», a complété Valérie Michel Moreaux, à l’issue des échanges.

Pendant près de 2h, Jacques Molières, Laurent Saint Affre, Romain Déléris, Benoît Fagegaltier, Rémi Agrinier, Germain Albespy, Dominique Fayel... et les représentants des organisations professionnelles agricoles (MSA, Crédit Agricole, Groupama, FD des coopératives...) ont dressé un portrait précis de l’agriculture aveyronnaise : ses produits, son territoire, ses hommes, ses femmes, sa qualité, sa diversité, l’unité aussi professionnelle.

«J’ai bien conscience que l’agriculture en Aveyron est une évidence, un élément clé de la société», a commenté la nouvelle préfète. «Sa diversité et l’unité des hommes et des femmes qui la défendent sont une richesse et le rôle de chacun est essentiel pour atteindre un bel équilibre et une joie de vivre ensemble».

Suite de l’article dans notre édition du 10 septembre 2020.

13 aout 2020

Section bovins viande FDSEA : des indicateurs de marché à disposition des éleveurs

 

La section bovins viande de la FDSEA est revenue longuement sur la conjoncture qui reste tendue sur les prix malgré des indicateurs de marché favorable. La situation est particulièrement marquée sur la catégorie des veaux.

Pour les broutards, selon les données de la DGAL (Direction Générale de l'ALimentation), les envois vers l'Italie sont dynamiques depuis plusieurs semaines. Dans le même temps la décapitalisation du cheptel allaitant de l'ordre de -2 %/an se traduit par une baisse des naissances et donc des disponibilités. Pour autant cette dynamique d'export et la baisse des stocks ne se traduisent pas sur les prix qui restent en berne.

En viande bovine, les abattages et la consommation de viande bovine se maintiennent y compris après la sortie du confinement. Les cotations de la vache viande R= ont connu une augmentation depuis la semaine 20, il reste tout de même un écart de prix important pour atteindre le coût de production validé par la filière dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation.

La filière veau souffre encore fortement des suites de la fermeture de la RHD au moment du confinement. Ainsi, des retards perdurent sur les sorties des animaux, d'autant que la période estivale est moins propice à la consommation de veau et que cette viande est très peu mise en avant dans les rayons des GMS. Des stocks importants de viande ayant été surgelés, des démarches ont été entreprises par la profession pour favoriser son écoulement cet automne dans la restauration hors domicile.

Pour apporter des éléments de marché basés sur des chiffres issus de sources fiables (DGAL, Institut de l'élévage, GEB - Groupe Economie du Bétail...), des indi- cateurs transmis par la Fédération Nationale Bovine sont publiés dans la V olonté Paysanne (voir ci-des- sous).

Situation climatique

La chaleur et le manque de pré- cipitation inquiètent vivement les secteurs où le maïs est un élément important pour l'alimentation des troupeaux.

Charte des bonnes pratiques d'élevage

En viande bovine, la charte n'existe plus depuis le 1er janvier. En conséquence les cahiers des charges interprofessionnels doivent évoluer pour ne plus la mentionner. Désormais il ne doit plus y avoir de visite de chartes pour les exploitations viande. Un nouvel outil «Boviwell» est en cours de déploiement pour la remplacer.

Sanitaire

La Besnoitiose, maladie de la peau d'éléphant, progresse sur le département, il est fortement recommandé de faire tester les animaux lors d'achats.

Concernant la BVD (Diarrhée Virale des bovins), la section porte à nouveau la demande auprès de la FODSA pour que le statut des ani- maux soit mentionné sur le carton, dans le but de valoriser le statut indemne lors de la vente et d'inciter le plus grand nombre à tester les veaux.

Céline Chassaly, Animatrice FDSEA

06 aout 2020

Hausse du prix payé aux éleveurs bovins viande : «Encore des opérateurs à la traîne !»

Depuis sept semaines, la FNB note une hausse du prix de la viande bovine payé au producteur, sur les voies femelles. Bien que l’objectif d’un prix couvrant le coût de production des éleveurs ne soit pas encore atteint, une prise de conscience générale a visiblement eu lieu et la dynamique enclenchée est positive. Malheureusement, en dépit de ce mouvement global, certains opérateurs semblent ne pas avoir encore saisi l’urgence de l’enjeu de cette valorisation du prix payé au producteur.

En plein cœur de la crise du Covid19, la FNB avait dénoncé avec force une situation aussi incohérente qu’injustifiable : alors que les niveaux de consommation de viandes bovines françaises vendues en GMS progressaient fortement, le prix payé au producteur diminuait ! Quelques semaines après la fin du confinement, les ventes de viande bovine française se maintiennent toujours à de hauts niveaux et un sursaut collectif de la filière a eu lieu : l’urgence de la situation économique des éleveurs - et l’action syndicale déterminée de la FNB - ont incité les opérateurs à revoir leurs pratiques pour faire un premier pas vers une répartition de la valeur plus juste.

Néanmoins, tous les opérateurs de la filière viande bovine n’ont pas encore suivi cette dynamique. Certains acteurs privés et coopératifs ne semblent tou- jours pas avoir compris l’intérêt de proposer aux éleveurs des prix se rapprochant de leur coût de production. Bruno Dufayet, président de la FNB lance donc un nouvel appel à ces acteurs «à la traîne» : «Il n’existe aucune excuse, pour ces opérateurs, permettant de justifier leur immobilisme. En plus d’être injustifiable, l’attitude actuelle de certaines entreprises ou coopératives de notre secteur est dangereuse. Nous le savons, les «vieux démons» qui ont enfermé la filière viande bovine dans une situation intenable pour les éleveurs sont toujours là, prêts à ressurgir. Alors qu’un premier signal positif, attendu depuis des années, vient d’être envoyé aux éleveurs, nous refusons de courir le risque d’un retour en arrière par la seule faute de ces quelques opérateurs qui manqueraient d’ambition ou de vision à long terme !».

Communiqué FNB

06 aout 2020

Promotion FRSEA Occitanie et Vinci Autoroutes : l’Aveyron en dégustation près du canal du Midi

 

Vendredi 31 juillet et samedi 1er août s’est tenu un marché de producteurs sur l’aire d’autoroute de Port Lauragais. En plein chassé-croisé entre les juilletistes et les aoûtiens, les terroirs étaient à l’honneur s’accompagnant du slogan «Chapeau les Agris !».

Dans le cadre d’un partenariat signé entre la FNSEA et Vinci Autoroutes, «Les Petits Marchés d’ici», ont pris place sur différentes aires d’autoroutes sur la métropole. Près de 35 aires ont accueilli et accueilleront des petits producteurs, le temps d’un week-end pour certaines, tout au long de l’été pour d’autres.

Faire rimer envie de «bien voyager» et plaisir de «manger français»

En Haute-Garonne, l’évènement s’est déroulé sur l’aire de Port-Lauragais, seule aire disposant d’un port de plaisance sur le canal du Midi. Les vacanciers ont pu découvrir et profiter sur leurs trajets de produits et spécialités occitanes de la Haute-Garonne, du Tarn et de l’Aveyron. En partenariat avec la FRSEA d’Occitanie, Haute-Garonne Tourisme (Maison de la Haute-Garonne) et le restaurant La Dinée, VINCI Autoroutes a organisé l’évènement autour du plan d'eau ouvert sur le canal du Midi. Un véritable festival gustatif qui a été proposé afin de découvrir le meilleur de l’Occitanie et de profiter d’un avant-goût des vacances !

Une douzaine de producteurs étaient présents, affrontant la chaleur et le vent du Lauragais, dont plusieurs Aveyronnais. L’objectif était de promouvoir l’agriculture locale et de vendre leurs produits. Il était ainsi possible de déguster des glaces fermières, des saucisses aveyronnaises, de la charcuterie, du veau fermier du Lauragais, du Bœuf Fermier Aubrac, de l’ail violet de Cadours, de la Tomme des Pyrénées, du Bleu des Causses, du Laguiole, de l’Aligot de l’Aubrac, du Roquefort...

Jean Doumeng, éleveur laitier, a proposé des glaces fermières, cho- colat, pistache, café... autant de parfums pour plaire aux petits et aux grands. Les glaces, issues du lait des vaches de l’exploitation, étaient un produit local, située à à peine 25 km de l’aire d’autoroute. Jean Doumeng a souligné que «ce fut une belle opération envers le grand public et un moyen de communiquer avec les vacanciers de tout le pays».

Le samedi, l’évènement a été animé avec les musiciens de la Banda «Brik a Brass Band» mais également par le CNIEL qui pro- posait des animations sur le métier d’éleveur laitier. Le marché a été complété par une opération selfie «Chapeau les Agris !», pour mettre en avant les producteurs.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté conjointe de la FNSEA et de VINCI Autoroutes de mettre en avant les produits de saison et de proximité, de valoriser les cir- cuits courts et de soutenir la filière agricole à travers l’organisation de marchés locaux.

FDSEA 31

30 juillet 2020

FRSEA-JA Occitanie : continuer de favoriser les produits locaux et l’origine France

 

Le partenariat avec Vinci Autoroutes participe à la promotion des produits locaux.

FRSEA et JA Occitanie espèrent que les consommateurs vont poursuivre leurs efforts pour favoriser les produits locaux et l’origine France dans leurs achats.

Durant tout le confinement, le secteur agroalimentaire est resté grandement mobilisé pour que la continuité de la chaîne alimentaire ne soit pas impactée. Les producteurs se sont organisés, malgré le contexte sanitaire, pour continuer à entretenir leurs cultures et proposer des produits français de qua- lité au consommateur. L’ensemble des acteurs ont joué le jeu, preuve que la valorisation des productions françaises est possible.

La région Occitanie dispose d’une grande diversité de productions agricoles de qualité, particulièrement pour le secteur des fruits et légumes d’été en cette période de pleine activité. Il est important que tous les acteurs de la chaîne restent solidaires et poursuivent leurs efforts afin de mettre en avant les produits de proximité et d’origine France, tout en s’assurant que les marges restent raisonnables pour continuer à proposer une offre attractive aux consommateurs.

Alors que la saison des récoltes bat son plein, les agriculteurs comptent sur l’implication de tous pour valoriser toutes les productions agricoles et agroalimentaires des territoires. Aujourd’hui, les acteurs de la filière constatent que les agriculteurs sont la variable d’ajustement dans la guerre des prix que se livrent les enseignes de la grande distribution. «Cette attitude est difficilement acceptable et il ne faudrait pas dans le contexte actuel que cette attitude devienne la règle dans les mois à venir», dénoncent la FRSEA et les JA Occitanie qui appellent l’ensemble des acteurs à mettre en avant et privilégier l’origine France face aux origines étrangères encore majoritairement présentes sur les étals de certains distributeurs. Il est possible de proposer une large gamme de fruits et légumes locaux en Occitanie. «Tous ensemble, continuons de soutenir nos productions locales, nos agriculteurs et donnons-nous les moyens de reconquérir notre souveraineté alimentaire !», concluent la FRSEA et JA Occitanie.

30 juillet 2020

PAC post 2020 : le Massif central a de solides arguments à faire valoir

Les membres de la Copamac-Sidam se sont réunis le 17 juillet à Aubière © SC

Pour répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire et d’alimentation durable, le modèle agricole du Massif central a une longueur d’avance, selon les professionnels de la Copamac-Sidam, à condition qu’il bénéficie d’une PAC ambitieuse.

Être force de proposition au niveau du Massif central autour d’une feuille de route partagée par les départements de cette grande région. Telle est l’ambition du livre blanc de l’agriculture du Massif central, imaginé pour la première fois en 2008, puis réactualisé au gré des différentes échéances de réforme de la PAC. L’actuelle réforme de la politique agricole commune qui devrait rentrer dans sa phase de négociation à l’automne, les récentes conclusions de la convention citoyenne sur le cli- mat et la grande conférence européenne sur la souveraineté alimentaire annoncée par le gouvernement pour la rentrée prochaine...sont autant de rendez-vous stratégiques qui pointent tous dans une même direction : maintenir les capacités de production de la France et de l’Europe, et valoriser les systèmes agricoles familiaux et résilients à l’origine de nombreux services rendus à l’environnement.

Les agriculteurs du Massif central veulent profiter de «cet ali- gnement des planètes» pour dire et redire à quel point leur modèle est vertueux. «La communication sur nos positions est engagée auprès des députés, des sénateurs et auprès des élus européens. Elle doit désormais s’intensifier», estiment Christine Valentin et Patrick Bénézit, le duo à la tête du Sidam et de la Copamac. Pour eux, le pre- mier préalable indispensable c’est d’obtenir un budget de la PAC ambitieux, comprenez, a minima au moins équivalent en euros courants à la précédente période. Ensuite, les professionnels défendent quatre axes stratégiques : soutenir les prix ; compenser les écarts et reconnaître l’existant ; garantir la sécurité des exploitations ; et enfin installer et investir.

Polyculture-élevage et culture de l’herbe

Par soutien des prix, ils entendent : une sécurisation juridique donnant aux agriculteurs le pouvoir de négocier ; des outils de gestion des marchés et de prévention des risques pour gérer la volatilité ; et des outils de valorisation des produits permettant la création de valeur ajoutée.

Second pilier du livre blanc, la compensation des écarts et la reconnaissance de l’existant. «Cela passe par une compensation économique des handicaps naturels pour les surfaces fourragères (revalorisation des ICHN notamment), un maintien des aides couplées, une reconnaissance des services annexes rendus par l’élevage à l’herbe et un filet de sécurité pour maintenir une activité agricole sur tous les territoires», résume Christine Valentin. «Le maillage territorial des exploitations, la mixité des cultures et des élevages permettent de tendre au maximum vers l’autonomie alimentaire de nos exploitations et de valoriser au mieux les caractéristiques fertilisantes des élevages. Les politiques publiques doivent prendre en compte cette diversité, tout comme elles doivent reconnaître le rôle essentiel de la culture de l’herbe, comme res- source alimentaire et élément filtrant», ajoute Patrick Bénézit.

Face à la multiplication des épisodes climatiques extrêmes, en premier lieu la sécheresse, le Massif central estime que l’Europe, pour garantir sa souveraineté alimentaire, doit également déployer «une palette d’outils en fonction de l’aléa, de la production et de la stratégie d’exploitation en favorisant les dynamiques collectives autour de fonds de mutualisation climatiques et sanitaires».

Enfin sur le volet renouvellement des générations, les responsables professionnels plaident en faveur d’aides spécifiques à l’installation et à la transmission, défendent un accompagnement des investissements et des innovations pour répondre à la demande sociétale.

Sophie Chatenet

PAMAC

23 juillet 2020

Orages sur le Sévéragais et le Villefranchois : deux missions d’enquête sur le terrain

 

La mission d’enquête sur le Sévéragais s’est déroulée jeudi 16 juillet en présence des agriculteurs locaux, des responsables professionnels FDSEA et JA et de la DDT (photo FDSEA 12).

L’Aveyron a été particulièrement touché par les orages en ce début d’été, sur le Sévéragais d’abord début juin puis sur le Villefranchois fin juin, causant d’importants dégâts sur les sols.

Les violents orages survenus sur l’est du département début juin puis sur l’ouest de l’Aveyron fin juin, ont causé d’importants dégâts chez les habitants mais aussi chez les professionnels dont les agriculteurs avec d’importants dégâts sur les bâtiments ainsi que sur les sols et cultures. Pour tous les biens qui ne peuvent être assurés, le dispositif national des calamités agricoles peut être sollicité à condition de déposer un dossier départemental de demandes de soutien étayé par la profession en lien avec les services de l’Etat.

Ravinement, ruisseaux sortis du lit...

La première étape sur les deux zones touchées était de réaliser un état des lieux des dégâts et des conséquences des orages. Puis deux missions d’enquête ont été réalisées sur le terrain, afin d’évaluer de visu les impacts. Ainsi, jeudi 16 juillet, les agents de la DDT ont rencontré des agriculteurs et échangé avec les responsables professionnels du secteur de Sévérac d’Aveyron : ils ont visité trois exploitations à Sévérac d’Aveyron, Recoules Prévinquières et Lapanouse de Sévérac. Sur place, la DDT a pu constater le ravinement, les conséquences des débordements des ruisseaux amenant sable, cailloux... dans les parcelles alentours.

Quelques jours plus tard, le 20 juillet, ils se sont rendus sur le Villefranchois où ils ont pu constater les mêmes dégâts à Sanvensa notamment et Monteils : ravinement, digues de lacs écroulées, pertes de terres végétales, silos à rebâcher entièrement... Sur le secteur, on dit qu’il est tombé 120 mm en 2h à peine !

Ces missions d’enquête permettent de réaliser un état des lieux précis des pertes, de recueillir le témoignage des agriculteurs afin de constituer un dossier des plus détaillés pour un passage au Comité départemental d’expertise puis à la Commission nationale de la gestion des risques agricoles. Un seul dossier devrait réunir ces deux épisodes orageux et leurs dégâts.

D.Z.

02 juillet 2020

Villefranchois : bâtiments agricoles et cultures touchés par l’orage

 

De gros dégâts sur les secteurs de Savignac notamment (photo FDSEA).

Les violentes pluies mêlées de grêle, accompagnées de vents forts, qui se sont abattues vendredi 26 juin sur le secteur de Villefranche-de-Rouergue, ont provoqué d’importants dégâts.

L’alerte vigilance orange orages de Météo-France relayée par la préfecture s’est avérée juste, sur le secteur de Villefranche-de- Rouergue, du vendredi 26 juin vers 20h au samedi 27 juin jusqu’à 2h. Florence Bouyssou, présidente FDSEA du canton de Villefranche- de-Rouergue, confirme : «il était environ 19h15 vendredi dernier lorsque la grêle est tombée sur notre commune de Savignac. Les dégâts sont importants sur les toitures et bâtiments de ferme percés par les grêlons. La bande orageuse a aussi touché les cultures, sur une partie de Toulonjac, Martiel, Villefranche-de-Rouergue, La Rouquette..., d’après les premiers élément du réseau FDSEA collectés lundi matin. Les pluies et la grêle venant de l’ouest ont raviné des cultures, détruit de la luzerne prête à faucher, des céréales, des maïs... Il y a eu beaucoup d’entraide chez les agriculteurs, entre voisins, pour bâcher des toitures».

Pompiers mobilisés

Dans un communiqué de presse, la préfète de l’Aveyron a salué l’engagement des sapeurs-pompiers engagés dans des opérations de mise hors d’eau de toitures, d’assèchement de locaux et de désencombrement de chaussées sur les communes de Villefranche-de- Rouergue, Monteils, Sanvensa, La Fouillade, Savignac, Vailhourles, Toulonjac, La Rouquette et Martiel. Les équipes spécialisées «sauvetage et déblaiement» et du groupe d’intervention en milieu périlleux sont également intervenues. Des sapeurs-pompiers des centres de secours de Capdenac-Gare, Viviez-Decazeville, Rieupeyroux, La Salvetat-Peyralès, Rignac, Rodez, Bozouls, Laguépie et Caussade (82) sont venus en renfort du centre de secours de Villefranche-de-Rouergue.

Une réunion en sous-préfecture a été programmée pour effectuer un premier bilan de cet événement climatique exceptionnel.

D.B.

25 juin 2020

Approvisionnement cantines scolaires : FDSEA et JA rencontrent la mairie de Millau

FDSEA et JA poursuivent les échanges concernant l’approvisionnement des cantines scolaires. Une délégation a rencontré récemment les élus de la mairie de Millau.

Les mesures de confinement, avec la fermeture des cantines scolaires et de la restauration collective et commerciale, ont eu un impact important pour certaines filières.

Début mai la FDSEA et les JA ont ainsi adressé un courrier auprès des maires, du Conseil départemental et des députés et sénateurs aveyronnais afin de les sensibiliser à la nécessité d’orienter massivement les approvisionnements vers des productions françaises. Les agriculteurs attendent des actes forts de la part des responsables politiques locaux qui assurent la gestion de la restauration collective d’autant que la loi EGALIM prévoit 50 % d’approvisionnement en produits de qualité et durables, dont au moins 20% de produits biologiques dans les cantines à l’horizon 2022.

Suite à ce courrier, des échanges ont eu lieu avec les trois députés aveyronnais et avec certaines mai- ries dont celle de Millau récemment afin d’évoquer la politique d’achat actuelle et les évolutions possibles.

Après un rappel du cadre réglementaire voté dans la loi EGALIM et du contexte actuel pour les producteurs, le maire, son équipe et le responsable de la cuisine centrale ont expliqué leur fonctionnement.

Apprendre à travailler ensemble

La cuisine centrale de Millau assure à ce jour la préparation d’en- viron 1 200 repas par jour pour 1 000 enfants et 200 personnes âgées. Depuis environ 10 ans, les élus et le responsable de la cuisine ont privilégié la proximité en travaillant avec des producteurs locaux. Aujourd’hui environ 50 % des produits sont achetés en circuits courts et 30 % sont issus de l’agriculture biologique (dont 20 % d’origine locale). La motivation principale de l’équipe, c’est l’éducation au bien manger pour les enfants qui s’apprend dès le plus jeune âge.

Cet échange montre que quand la volonté politique et des équipes en cuisine est là, il est possible de travailler avec des produits français voire locaux.

D’autres rencontres avec des municipalités sont à venir. FDSEA et JA sont convaincus qu’il est pos- sible de faire évoluer la façon de commander.

Céline Chassaly

11 juin 2020

Filière caprins lait (FNEC) : une crise sanitaire gérée au mieux

Les éleveurs laitiers et fermiers, administrateurs de la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC), ont été pleinement mobilisés face à la crise sanitaire du Covid-19. Résumé du dispositif avec le président aveyronnais Jacky Salingardes.

La filière caprin lait française a fait face aux conséquences économiques de la crise sanitaire, même si toutes les préoccupations ne sont pas encore levées. «Dès le début, le réseau a été informé en temps réel sur la situation, l’avancement de nos négociations avec le cabinet du ministre de l’agriculture et les mesures obtenues», rappelle Jacky Salingardes, président de la FNEC. «Le pilotage fin de la situation au sein de l’ANICAP (Association nationale interprofessionnelle caprine), que je préside, a abouti, dès le 26 mars à un message appelant à la maîtrise des volumes à l’approche du pic de collecte. Si cette maîtrise est toujours demandée aux producteurs par certaines entreprises fabriquant des fromages AOP ou artisanaux, elle n’est globalement plus d’actualité pour le reste des producteurs. Grâce aux efforts et à la solidarité des opérateurs, la filière a passé ce cap difficile. Les producteurs, hormis des situations localisées, n’ont pas eu à détruire de lait».

Fin mars, la FNEC a porté plusieurs demandes au ministère : «la mise en place d’aides au stockage privé de fromages et la prise en charge des citernes qui seraient détruites faute de pouvoir entrer dans la chaîne de fabrication» selon la FNEC. «Chaque semaine nous avons fait un point précis avec le cabinet du ministre de l’agriculture» poursuit Jacky Salingardes. «Alors que nos voisins européens voyaient leurs références baisser de10 à15% et le prix du lait de chèvre chuter jusqu’à 30%, notre mobilisation a permis de passer la crise sans baisse de prix, ni perturbation de la collecte. Avec le soutien du ministère, nous avons obtenu fin avril l’éligibilité du caillé congelé dans le dispositif d’aides au stockage privé, en nous assurant que les entreprises du secteur caprin puissent en bénéficier, notamment les plus vulnérables (TPE, artisans et PME)».

Filières AOP

Cependant, poursuit le président de la FNEC, «quelques filières restent en difficulté, notamment en AOP où le stock constitué est important. L’ANICAP va réorienter les actions de promotion de ces fromages de chèvre afin d’aider à l’écoulement des stocks dans les mois à venir. Notre travail n’est donc pas fini !», continue Jacky Salingardes. «Les conséquences des mesures liées au Covid-19 sont encore présentes pour les producteurs fermiers, artisans et TPE qui ont engendré d’importants surstocks de caillé ou de tomme pendant ces derniers mois, et dont les débouchés sont toujours incertains».

Chevreaux

Les effets de la crise sont égale- ment bien présents chez les abatteurs et engraisseurs de chevreaux qui ont pris une grande part de risque en engraissant et abattant les chevreaux de cette saison. «Il reste un surstock de 500 tonnes de chevreaux, trois fois plus que la normale, qu’il faudra écouler au mieux pour septembre. Nous essayons de trouver des solutions avec les abatteurs. La FNEC est donc pleinement mobilisée avec l’ANICAP , Interbev caprins, le CNAOL, pour poursuivre le travail».

Jacky Salingardes entrevoit malgré tout des signes positifs : «la situation et le marché repartent. La collecte caprin lait a été bien maîtrisée dès le départ», insiste-t-il «et la solidarité a heureusement bien joué entre toutes les entreprises !».

D.B.

04 juin 2020

Aides à la conversion bio et anomalies dans des dossiers PAC : des sanctions lourdes qui agacent !

Christian Albespy, co-président de la commission bio à la FDSEA, réagit contre les sanctions disproportionnées infligées à une trentaine de producteurs bio de l’Aveyron, suite aux anomalies de paiements des aides bio constatées aussi au niveau national.

Des agriculteurs bio de l’Avey- ron ne sont pas épargnés par les conséquences lourdes dues à la complexité des dossiers PAC, relatives aux conversions bio. Environ une trentaine de dossiers seraient concernés et traités actuellement dans les bureaux de la DDT à Rodez.

Pour Christian Albespy, «c’est très simple, ces agriculteurs en conversion bio se sont faits avoir face à la complexité de la procédure des dossiers PAC ! Certains n’ont pas intégré les subtilités relatives aux rotations des cultures. Pour la luzerne par exemple, il ne fallait pas attendre trois ans avant de la retourner... Les textes n’étaient pas du tout clairs. Toute cette affaire nous agace au plus haut point ! Ces anomalies constatées ont en effet des conséquences très lourdes pour certains agriculteurs français contraints de restituer par exemple jusqu’à 8 000 euros, plus une amende calculée selon la surface ou selon l’écart d’erreur sanctionnée par l’administration ! Comme le relève aussi la présidente de la FNSEA, cette pression administrative sur les producteurs bio est un très mauvais signe envoyé par des gouvernants qui affirment défendre et soutenir les produits AB français. Ces dossiers impactent aussi le travail et la visibilité des producteurs bio concernés. Il est donc urgent que le ministère de l’agriculture rectifie le tir !».

D.B.

28 mai 2020

Section bovins viande FDSEA : consommez et faites connaître la viande de veau !

Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA, invite les consommateurs à acheter du veau pour les fêtes de la Pentecôte et les agriculteurs à se mobiliser sur les réseaux sociaux pour promouvoir cette production et ses bonnes recettes de cuisine !

Malgré la campagne de communication lancée en avril, la grande distribution est loin d’avoir joué le jeu en faveur de la viande de veau, regrette Valérie Imbert. «Notre section bovins viande FDSEA a donc décidé de passer à l’offensive pour défendre la viande de veau en général, une viande par ailleurs consommée par la restauration collective, pénalisée par les effets de la crise sanitaire et la fermeture de ces circuits de commercialisation», relève Valérie Imbert.

Réseaux sociaux

Elle poursuit : «la viande de veau peut se consommer grillée, en brochettes, ou bien hachée, en paupiettes, les abats sont excel- lents aussi, comme la langue. Il faut donc que les rayons boucherie des grandes surfaces mettent en avant la viande de veau, et jouent enfin le jeu ! Interveau a également lancé des fiches de recettes de viande de veau relayées sur tous les réseaux sociaux. Il faut que tous les agriculteurs connectés partagent ces recettes auprès du plus grand nombre ! C’est aussi l’objet de notre communiqué de presse diffusé cette semaine par notre section bovins viande FDSEA (lire les recettes en page 21). La filière veau traverse une passe difficile. Il est urgent de la défendre car l’enjeu est vital pour nos élevages !».

D.B.

28 mai 2020

Benoît Fagegaltier : «la FRSEA porte nos revendications»

 Benoît Fagegaltier, premier vice-président de la FDSEA Aveyron, est membre du conseil d’administration FRSEA Occitanie et des commissions Territoires et Aléas climatiques à la FNSEA. Il représente la FRSEA Occitanie sur le dossier schéma des structures dans toutes les instances régionales.

«L’agriculture aveyronnaise tient sa place au sein de la FRSEA Occitanie. Au vu du nombre de ses adhérents, la première place au niveau national, je dirais que notre représentation départementale pourrait y être encore plus large, mais chacun des 13 départements de la région doit avoir le même nombre de représentants...

L’Aveyron est donc écouté, dans une région disparate au niveau de ses productions agricoles. Je tiens à rappeler que l’élevage y représente le premier secteur économique, devant la viticulture. La FRSEA est un rouage intermédiaire essentiel entre les départements et le national, en lien directe avec les politiques régionales. La région est une entité territoriale qui tient de plus en plus d’importance pour la PAC et les réformes en cours, ainsi que dans la révision annoncée du schéma des structures. Nos spécificités départementales y sont également bien relayées, comme celles relatives à l’agriculture de montagne, si importante pour un département comme le nôtre. La FRSEA est aussi un interlocuteur important pour les politiques environnementales (zones vulnérables et politique de l’eau)».

D.B.

14 mai 2020

FDSEA Aveyron : impact du Covid-19 et acquis syndicaux

Laurent Saint-Affre (notre photo), président de la FDSEA Aveyron, tire un premier bilan des huit semaines de confinement. L’activité syndicale s’est poursuivie au sein du réseau pour défendre la profession agricole aveyronnaise.

Circuits courts et marchés

Laurent Saint-Affre : «Notre travail en collaboration avec la Chambre d’agriculture concernant les circuits courts, la vente directe, les circuits de vente RHD, les Drive fermiers, les marchés de plein air, a été très soutenu, souvent en lien avec les municipalités. Nous pour- suivons notre action pour la réouverture de tous les marchés de plein air. Nous avons accompagné les démarches de mises en relation entre agriculteurs et consommateurs, avec par exemple, l’ouverture de certains rayons de super- marchés dédiés aux producteurs locaux».

Filières agricoles

L. S.-A. : «Les aides du Conseil régional ont permis de soutenir l’ac- tivité agricole et agroalimentaire en général, à tous les niveaux. Il y a eu un gros travail de la FDSEA en faveur de la filière ovins viande pour défendre l’agneau de Pâques. Nous avons évité la chute des cours et maintenu un niveau de consommation correct malgré tout. Dans un second temps, nous avons également travaillé en faveur de la filière veau, la promotion de cette viande avec une campagne de communi- cation efficace, là aussi, dans un contexte difficile. Nous avons également suivi de près les collectes laitières qui sont restées fluides et se sont globalement maintenues, sans rupture. Nous avons créé un baromètre des filières en lien avec les associations spécialisées pour disposer d’une information précise sur la situation des productions. Nous sommes particulièrement vigilants sur les filières viande (bovine, ovine et caprine), sur la filière foie gras, l’horticulture et la viticulture».

Déclarations PAC

L. S.-A. : «Nous avons obtenu un report des déclarations PAC au 15 juin, au lieu du 15 mai habituel. La FDSEA a obtenu ce délai supplémentaire et nécessaire, imposé par le confinement. Dans ce contexte, il a fallu nous adapter à l’accompagnement PAC des agriculteurs avec des formations à distance. Nous avons œuvré pour que Vivéa continue à financer ces formations. Nos quelque 57 tutoriels PAC ont très bien fonctionné. Les agriculteurs ont su aussi s’adapter à ce contexte...».

Main d’œuvre agricole

L. S.-A. : «La FDSEA a accompagné les agriculteurs qui avaient besoin de mettre en place les procédures de demande de chômage partiel. Nous avons aussi aidé dans leur démarche ceux qui avaient besoin de main d’œuvre en lien avec l’évolution de leur activité par exemple. Sur le volet emploi, nous avons également informé les employeurs de main d’œuvre agricole sur les mesures sanitaires, les gestes barrières, les diagnostics de sécurité, etc».

Productions locales : les élus interpellés

L. S.-A. : «Nous allons adresser prochainement une lettre aux maires, présidents du Conseil départemental et régional. Depuis lundi 11 mai, la reprise progressive des établissements scolaires devrait s’accompagner de la réouverture des restaurations collectives scolaires qui représenteront un débouché supplémentaire pour les productions agricoles. Elles devraient contribuer au rééquilibrage des marchés des filières les plus fragilisées par les mesures de confine- ment. C’est une invitation que nous adressons à ces élus, pour échanger sur les modalités d’approvisionnement des cantines scolaires, afin de favoriser l’approvisionnement local à des prix rémunérateurs».

L’économie doit reprendre

L. S.-A. : «L’activité économique doit reprendre après 8 semaines de confinement, et le déconfinement entamé lundi 11 mai. A la FDSEA, nous n’étions pas en sommeil, nous avons poursuivi les services à nos adhérents au maximum, en res- pectant les contraintes sanitaires, limitant les déplacements et les contacts. Nous avons un bureau FDSEA qui se tient chaque semaine en visioconférence. Notre conseil d’administration FDSEA mensuel rassemblant plus de dix personnes ne peut pas avoir lieu, mais nous restons actifs comme à notre habitude !».

Un avenir décisif

L. S.-A. : «Les prochains mois vont être décisifs. J’espère que les nouvelles habitudes prises par les consommateurs de privilégier les produits agricoles et commerces locaux vont se poursuivre dans le temps. Nous serons attentifs également aux accompagnements qui pourront être proposés par nos partenaires (Crédit Agricole, Groupama, MSA, etc...) pour les exploitations qui ont le plus souffert. Et nous serons particulière- ment vigilants avec les GMS, qui, pour l’heure, ont plutôt tiré pro- fit de cette crise, même si je dois reconnaître qu’en Aveyron, elles ont aussi joué le jeu avec les agriculteurs».

D.B.

07 mai 2020

Section bovins lait FDSEA : augmentation de la consommation

La collecte du lait de vache continue chez l'ensemble des producteurs de l’Aveyron. En France, la collecte de la semaine 17 (du 20 au 26 avril) est en recul de 0,4 % par rapport à la même semaine de 2019. Pour rappel, la semaine 16 était à+0,3% et la15 à+1%. La mesure de gestion du pic de production du printemps mise en place par le CNIEL a reçu un avis favorable. Tous les actes d'exécution du paquet de la Commission européenne visant à lutter contre la crise du Covid-19 dans les secteurs laitiers, ont reçu un vote favorable.

Le déclenchement de l’article 222 du règlement OCM unique visant à la planification temporaire de la production dans le secteur du lait et des produits laitiers, fait partie de ces mesures. Tout volume non produit éligible à l’aide mise en place par le CNIEL sera indemnisé à hauteur de 320 €/1 000 litres. Pour un producteur, les volumes collectés d’avril 2020 seront comparés à ceux de 2019. S’il peut accéder à l’aide, il touchera un montant équivalent à la différence éligible entre les volumes collectés en avril 2019 et avril 2020, multiplié par l’aide de 320 €/1000 litres. Le producteur pourra percevoir une indemnisation si la baisse des volumes a été supérieure à 2%. Il pourra y avoir des cas dérogatoires. Ils doivent être compris dans les cas dérogatoires suivants :?- les exploitations qui n’ont pas de volume de livraison dans leur laiterie en avril 2019, à savoir celles qui, entre avril 2019 et février 2020, ont connu les évènements suivants : installation, changement de statut, ou changement de laiterie ;

- les exploitations qui ont bénéficié d’attributions de volumes entre le 1er avril 2019 et le 1er avril 2020.

Dans ces cas, la comparaison se fera entre avril 2020 et mars 2020, avec les mêmes critères que dans le cas général. Tout cas dérogatoire devra être déclaré dans le fichier de synthèse qui sera transmis au CNIEL. Retrouver la notice mise à jour sur le site internet de la Volonté Paysanne.

Des solutions

Depuis le confinement, la consommation en GMS a fortement augmenté. Cette progression compense la baisse en Restauration Hors Foyer et en ventes à la coupe. Elle compense même une éventuelle baisse de l’export. L’Aveyron, enregistre des difficultés de commercialisation de l’aligot, très présent sur la RHF. Les entreprises avec une commercialisation plus importante sur la RHF et la vente à la coupe doivent trouver des solutions.

Sur les semaines passées, certaines Petites et Moyennes Entreprises (PME) du Massif central ont été accompagnées par la coopérative SODIAAL pour faire face aux absences de débouchés. Dans ce contexte bouleversé, la FNPL poursuit son travail sur la transpa- rence des marchés. Une enquête sur les trois principaux produits laitiers vendus par la grande distribution a été réalisée. Elle doit participer au combat des producteurs et de la FNPL sur la prise en compte par toutes les entreprises des coûts de production avec les indicateurs validé par l’UE en décembre.

M.B.

16 avril 2020

Veau de boucherie : faire appliquer le contrat d’intégration

Sébastien Besombes, éleveur de veau de boucherie sur le Réquistanais, membre de la section spécialisée à la FNB :

«La première semaine de confinement, les abattages de veau ont augmenté mais les semaines qui ont suivi ont vu une dégringolade (- 34%) et même si un léger mieux a été ressenti la semaine dernière, nous restons dans le négatif. Cela engendre des décalages. Pour les éleveurs dont les entrées ou sorties de veaux ne sont pas d’actualité, ça ne change rien, ils continuent à travailler normalement avec des contacts téléphoniques avec leur technicien en cas de besoin.

Mais pour ceux dont les veaux doivent sortir, ils doivent les stocker sur pied 14 à 15 jours de plus en moyenne, allongeant tout autant la durée d’engraissement. Et pour ceux qui devaient entrer des veaux, le vide sanitaire est prolongé de 6 à 8 semaines (au lieu des 3 - 4 semaines en temps normal). Ces décalages vont forcément créer des déséquilibres mettant en péril les intégrateurs. D’autant que les prix ne suivent pas : nous perdons autour de 20 centimes par veau par semaine ! A cela il faut ajouter le manque de transparence dans le classement des veaux...

Nous sommes d’autant plus en colère que le nouveau contrat d’intégration rénové par l’ensemble des organisations nationales membres d’INTERBEV Veaux comprend déjà tous les outils nécessaires pour affronter cette période. Il prévoit notamment les cas particuliers d’allongement de la période d’engraissement et de retard de démarrage d’une bande, la rémunération des éleveurs reposant sur des indicateurs de références interprofessionnels. Il est validé mais il n’est pas encore signé. Nous comptons bien avec l’appui de la FNB, continuer à mettre la pression pour qu’il puisse être appliqué et ainsi apporter un peu d’oxygène aux éleveurs. Nous prévoyons aussi de communiquer largement en vue du week-end de Pentecôte pour promouvoir le veau».

Eva DZ

16 avril 2020

Section bovins viande FDSEA : «Consommation et volumes suivent, mais pas les prix !»

Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA.

«Nous avons fait le point ce mardi 14 avril au sein de la FRB et avec des représentants d’Interbev, dont ceux du groupe System U sur les marchés de la viande bovine en particulier. Le niveau de consommation reste positif dans les rayons boucherie avec des ventes en progression de 15 à 60 % selon les morceaux ! La consommation de viande hachée est sur une bonne dynamique, en surgelé également. Les abattages de vaches allaitantes et de jeunes bovins ont progressé de 11 % en France, comparé à la semaine dernière. En revanche, les prix producteurs restent stables, ce qui est incompréhensible pour nous, éleveurs ! Certains intermédiaires profitent de la situation... Les prix restent donc encore en dessous de nos coûts de production.

Les broutards partent bien, même si le prix n’est pas à la hauteur de nos espérances. Le marché italien est favorable. En Algérie, il reste fragile. La campagne de communication pour les fêtes de Pâques a été entendue par les consommateurs selon System U, même pour l’agneau. Pour le veau label, la situation reste difficile, malgré des pistes nouvelles envisagées avec Picard Surgelés...

Les importations de viandes du Mercosur sont stoppées. Est-ce le fruit de nos actions syndicales ? Les consommateurs français ont été attentifs à nos messages, même si le prix des jeunes bovins et des vaches ne remontent pas assez. Un point positif pour notre région, les ventes de viande ovine demeurent correctes, malgré le contexte jugé préoccupant.

En Aveyron, les abattoirs tournent bien. La DDCSPP joue bien le jeu et les volumes suivent en conséquence. Un conseil, les éleveurs qui le peuvent doivent garder leurs bonnes vaches à la ferme, pour faire remonter les prix.

A noter que System U, par l’intermédiaire de Bigard-Castres, a acheté des bêtes de concours avec une valorisation correcte. La situation reste tendue pour ce site d’abattage tarnais au niveau de la main d’œuvre disponible, mais l’activité continue !».

D.B

02 avril 2020

Rémi Agrinier, secrétaire général : «Nos cantons sont le socle de JA 12»

Rémi Agrinier a été réélu au poste de secrétaire général de JA 12, en charge notamment de la vie du réseau au sein des cantons (photo JA 12).

- Pouvez-vous vous présenter ?

R. Agrinier : «Je suis installé depuis mars 2014 à Aguessac en GAEC avec mes parents. Avec l’appui d’un salarié, nous élevons des brebis laitières pour l’AOP Roquefort, des brebis viande et des volailles que nous vendons en direct et nous produisons des agneaux sous label en filière.

- Depuis quand êtes-vous engagé à JA ?

R. Agrinier : Pendant mon installation, je m’intéressais déjà à JA. Clément Lacombe, un voisin de Millau, était administrateur à JA 12 et m’a invité à venir à la Bumpkin’s night organisée par les JA, à Saint-Côme d’Olt pendant l’été 2015. Puis je me suis engagé petit à petit jusqu’à être élu administrateur départemental. Aujourd’hui je démarre mon deuxième mandat en tant que secrétaire général.

- Qu’est-ce qui motive votre engagement à JA ?

R. Agrinier : L’envie de partager de bons moments avec d’autres agriculteurs, de parler d’autres productions, d’échanger sur nos expériences, ce qui permet parfois de relativiser par rapport à nos propres problèmatiques personnelles. La défense de notre métier est aussi importante : expliquer notre métier faire passer nos messages aux pouvoirs publics comme aux consommateurs, aux élus... Moi qui suis en vente directe, le contact avec les clients est gratifiant mais il nous confronte aussi à leurs attentes et à travers JA, je peux toucher davantage de personnes pour expliquer comment nous produisons.

- Quels dossiers vous tiennent à cœur ?

R. Agrinier : Le loup, la prédation sont des sujets qui m’intéressent. Je m’y suis intéressé parce que j’avais du mal à comprendre qu’on ne puisse rien faire face à la prédation ! J’ai participé au groupe national Montagne à JA où j’ai pu échanger avec des éleveurs d’autres massifs confrontés à la prédation. C’est très enrichissant et je m’aperçois que l’Aveyron est moins touché que d’autres et a pu bénéficier du statut de zone difficilement protégeable. Je suis toujours partant pour participer aux manifestations et actions syndicales à la préfecture, à la DDT... pour aller porter notre voix devant la préfète ou le représentant des services de l’Etat. Ils sont à l’écoute de nos réalités du terrain et les discussions sont ouvertes.

- En tant que secrétaire général de JA 12, vous êtes chargé de la vie du réseau dans le département. Comment se porte-t-il ?

R. Agrinier : Les cantons viennent de renouveler leur équipe lors des assemblées générales d’hiver. Certains JA ont été réélus, d’autres ont cédé la main. Chaque canton gère son fonctionnement en fonction du nombre d’adhérents. Je prends l’exemple du canton de Saint-Affrique avec plus d’une quarantaine d’adhérents. Il est organisé sur le même modèle que le département avec une co-présidence, deux vice-présidents... Il y a une vraie équipe. Dans la plupart des cantons, il s’agit avant tout d’une bande de copains qui ont envie de faire avancer l’agriculture ensemble, de la promouvoir... Une à deux fois par an, nous organisons un «conseil départemental» qui réunit l’ensemble des présidents de canton. Ils font remonter aux administrateurs départementaux, leurs attentes, leurs besoins en termes de formations, de journées à thèmes, d’événementiels... C’est aussi l’occasion pour eux d’apprendre à se connaître, de partager des idées...

- Quel est le secret de la dynamique JA sur les cantons ?

R. Agrinier : Pour maintenir la dynamique, nous avons créé quelques événements comme les After’bottes qui réunissent les jeunes installés d’un même secteur, sur une ferme afin de se connaître et de faire le point avec eux sur l’accompagnement à l’installation : comment ils l’ont vécu, leurs difficultés, les atouts... et ainsi pouvoir améliorer le parcours. Ces événements ont permis de fédérer des groupes de jeunes et de relancer quelques cantons. De même l’opération Découvrez nos fermes déclinée chaque été dans des cantons volontaires, permet aux jeunes de passer de bons moments conviviaux autour de la préparation de portes ouvertes. Le mot d’ordre chez JA c’est la convivialité, c’est ce qui fait revenir les jeunes chez nous !

- Comment le conseil d’administration de JA 12 accompagne les cantons ?

R. Agrinier : Sans les cantons, notre échelon départemental n’existerait pas ! Les problématiques partent du terrain et donc des cantons. Le conseil d’administration de JA 12 est là pour trouver des solutions, accompagner les initiatives.

- Quels sont vos prochains rendez-vous dans les cantons ?

R. Agrinier : Nous espérons renouveler l’opération Découvrez nos fermes cet été. Puis créer un nouvel événement en novembre, au plus près des consommateurs et pour lequel nous aurons besoin de la mobilisation de nos JA pour la préparation, l’organisation, la promotion et l’animation de ce nouveau rendez-vous. C’est à travers ce type d’événement que nous fédérons nos équipes, que nous suscitons aussi des vocations d’engagement au sein de JA».

Eva DZ

02 avril 2020

Edito : «Sur tous les fronts !»

«Les agriculteurs et tous les partenaires de la chaîne alimentaire sont la base arrière qui doit tenir bon car la fourniture d’alimentation est capitale pour le pays.

Pour remplir cette mission, il est indispensable d’assurer la continuité de toutes les entreprises, de l’amont à l’aval. C’est une nécessité pour la bonne marche de nos exploitations. Plus que jamais, chacun doit prendre conscience de l’imbrication de tous les maillons de la filière.

Nous sommes préoccupés par l’absentéisme croissant avec la propagation de l’épidémie et par les conséquences potentielles sur la poursuite des livraisons et de la collecte de nos productions, des activités d’abattage et de transformation des produits, de l’acheminement et de la distribution également.

Le basculement des flux commerciaux de la RHD vers la grande distribution a bouleversé la logistique des industries agroalimentaires qui ont dû s’adapter en peu de jours. Il s’en est suivi des «pannes» de débouchés pour de nombreux produits ou segments.

La question de la main-d’œuvre saisonnière indispensable à de nombreux employeurs a focalisé notre attention également.

La situation des productions est suivie au jour le jour et avec les AS nous proposons des solutions pour :

- pousser la distribution à basculer en 100 % origine France notamment pour les produits primeurs et les agneaux et chevreaux de Pâques ;

- faire rouvrir les marchés ouverts et couverts. Je salue le travail local réalisé conjointement par les Chambres d’agriculture et le syndicalisme FNSEA-JA ;

- trouver près de 200 000 saisonniers pour avril et mai était un défi : il est en passe d’être relevé avec l’appel lancé par la FNSEA et l’ANEFA avec à ce jour, 160 000 personnes inscrites !

- envisager des dispositifs de soutien d’envergure, tant nationaux qu’européens pour les productions fortement impactées et pour lesquels des mécanismes de régulation s’imposeront, qu’il s’agisse de stockage privé, de financement de retrait de production... La crise économique et sociale sévère qui s’annonce ne pourra supporter des délais de décision aussi longs qu’en 2015 où l’Union européenne avait mis 18 mois à décider !

- enfin sécuriser les agriculteurs en attente de réponse.

Sur l’application des ZNT d’abord, car les travaux de semis s’accélèrent avec le climat propice. Les chartes départementales déposées en préfecture apporteront ces garanties de reconnaissance de pratiques équivalentes permettant de réduire les distances à 3 mètres. Le travail de l’ANSES attendu pour septembre ne doit pas prendre de retard. Sur les conséquences du confinement sur le paiement des aides PAC, ensuite. Le ministre doit s’engager à ce que les aides soient payées au 16 octobre, comme prévu. Nous ne lâcherons pas sur ce point car ce sera un impératif au regard de la situation économique qui s’annonce.

Confinés mais mobilisés, les élus FNSEA sont sur tous les fronts, à l’écoute des problèmes des filières et des territoires. Nul doute que la poursuite des mesures de confinement nécessitera d’autres décisions et solutions que nous vous apporterons dans les meilleurs délais».

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA

26 mars 2020

Edito : «Voir plus loin que le virus»

«La crise liée au Coronavirus s'étend à travers le monde. Notre pays est désormais l'un des plus concernés. La première priorité est évidemment de préserver la santé de la population et donc d'appliquer toutes les recommandations pour limiter la circulation du virus et éviter une situation de rupture dans les services de santé et leurs personnels, en première ligne dans ce combat.

Dans un contexte où les autorités ont fait du «confinement» l'axe principal de la stratégie sanitaire, la deu- xième priorité est la continuité des activités essentielles, au premier rang desquelles l'approvisionnement alimentaire de la population. Évidemment les agriculteurs et leurs familles, l'ensemble des entreprises du secteur agroalimentaire et leurs salariés, se mobilisent et s'en- gagent totalement pour répondre à cet impératif : nour- rir la population. Cela n'est pas si simple : des difficultés logistiques, une organisation du travail rendue plus complexe par les restrictions... chacun à son niveau a dû faire face rapidement et s'adapter. Malgré ces contraintes, l'ensemble de notre secteur assume et assure !

On ne peut que regretter la décision nationale de fermeture des marchés de plein air dans les villes. Pour être efficace, l'approvisionnement de la population doit se faire par plusieurs voies, la distribution certes, mais aussi le commerce de proximité et les marchés. La bonne réponse est d'améliorer leur organisation, aussi nous appelons la préfecture et les maires à activer la possibilité de dérogation laissée à l'échelle locale sur la base des mesures de sécurité. De toute façon, les gens iront faire leurs courses quelque part, les concentrer ailleurs dans un endroit fermé est contre-productif d'un point de vue sanitaire. Nous appelons aussi les autorités à faire preuve de discernement quant à l'application des restrictions : les agriculteurs savent mieux que les gendarmes le bon moment d'intervenir dans les champs...

L'impact économique global de cette crise sanitaire sera colossal si les mesures de restriction et de confinement devaient durer trop longtemps. Des mesures écono- miques d'urgence sont annoncées, elles sont nécessaires, elle devront être ajustées dans l'objectif de préserver l'ensemble des entreprises si l'on veut que l'économie redémarre à la fin des restrictions.

Des leçons plus larges seront à tirer à l'issue de ces événements. On notera avec malice que l'agribashing a disparu des écrans radar... les mêmes qui passaient leur temps à «taper» sur le «modèle agricole» étant davantage occupés à remplir les caddies. Le funeste virus aura-t-il permis, au moins, de remettre les priorités dans le bon ordre ? La santé et l'alimentation de nouveau au centre ! «Déléguer notre alimentation est une folie» cette prise de conscience du Président de la République sera très certainement utile quand reprendront les discussions des accords commerciaux... et plus globalement dans la facon d'appréhender les rapports de force géopolitiques dans l'économie mondiale.

Les enjeux fondamentaux ne trouvent jamais de réponses dans l'immédiat et le court terme. Les identifier et mettre en œuvre des stratégies dans le temps pour y répondre doit redevenir le cœur de l'action publique et de la politique, au sens noble du terme. En cela, le Coronavirus met aussi le doigt sur la fragilité et la pérennité de nos démocraties».

Dominique Fayel

12 mars 2020

AG des JA : la dernière du président Anthony Quintard

Anthony Quintard restera présent dans le syndicalisme jeune puisqu’il participera à l’organisation de l’accueil de la session nationale renouvellement des générations organisée en février 2021 à Millau.

Anthony Quintard présidait sa dernière assemblée générale JA 12. Au terme de son mandat, il a décidé de passer la main mais n’en reste pas moins attaché aux valeurs du syndicat Jeune Agriculteur.

Ce n’est pas sans un peu d’émotion qu’Anthony Quintard a clôturé l’assemblée générale de JA 12 vendredi 6 mars. «La feuille de route que nous avions dressé en début de mandat a été suivie je pense. Nous avons travaillé notre professionnalisation, au cœur de l’accompagnement des jeunes à l’installation à travers les After Bottes, le forum des filières qui recrutent... au sein des JA avec de nombreuses formations sur la prise de parole, la communication sur les réseaux sociaux, la participation aux groupes de filières, à des sessions régionales et nationales, des congrès... Nos adhérents grandissent, s’épanouissent dans leur responsabilité au sein de JA et c’est un motif de satis- faction pour nous».

Etre toujours en action

Anthony Quintard a également évoqué la priorité des priorités à JA : l’installation. Il a rappelé la position de leader de l’Aveyron : 151 installations en 2018, 132 en 2019. «Nous sommes parmi les premiers départements de France, on peut fanfaronner !».

La communication et la promotion du métier sont deux fers de lance également chez JA 12. «Nous voulons faire savoir notre savoir faire», résume Anthony Quintard. «Nous nous sommes dotés de compétences pour établir des plans de communication plus lisibles et les efforts ont porté leurs fruits puisque le nombre de nos adhérents a progressé de 10% en 2 ans», souligne-t-il satisfait. Anthony Quintard note aussi le travail réalisé d’animation du réseau autour des élections Chambre d’agriculture pendant son mandat : «On a gagné avec la manière, avec la FDSEA, en travaillant main dans la main autour d’un vrai projet agricole pour l’Aveyron que nous avons construit tous ensemble».

Anthony Quintard est engagé depuis 7 ans aux JA : «je me souviens de mes débuts, chez moi, aux Agrifolies de Lunel. Que de chemin parcouru !». Il fut d’abord secrétaire général de JA 12 puis engagé dans le réseau régional où il a participé à l’organisation de la finale mondiale de labour Terres de Jim à Bordeaux. Puis il a pris la co-présidence à trois de JA 12 aux côtés de Sébastien Granier et Germain Albespy avant d’assumer seul la présidence sur le mandat qui s’achève. «Mais je n’étais pas seul, j’étais entouré par une bonne équipe, deux vice-présidents, un secrétaire général, une trésorière et des animatrices», tient-il à préciser. «Je les remercie tous pour ces moments de débat, de conviction, de plaisanterie, de convivialité. Ces collègues sont devenus des amis, déterminés, passionnés comme moi !».

Anthony Quintard, même s’il quitte le conseil d’administration de JA 12, a livré quelques conseils : «Continuez à être le poil à gratter, gardez votre impertinence !». Car les enjeux sont encore nombreux pour le monde agricole selon le jeune responsable : «A l’heure où l’agriculture est en pleine mutation à l’image de l’accompagnement à l’installation, où la régionalisation est forte, où le modèle agricole unique n’existe pas, plus que jamais les agriculteurs devront montrer leur capacité à s’adapter». Il y a deux ans lorsqu’il a pris la présidence seul de JA 12, Anthony Quintard avait évoqué la résilience, la capacité à rebondir pour avancer : «Au delà de la technique, il y a l’analyse, la réflexion. Nous devons apprendre à cogiter, à cultiver l’agilité, cela passe par la formation continue car la formation initiale c’est important mais ça ne suffit pas ! On apprend tout au long de sa carrière». Dans ces évolutions, il compte sur le soutien des partenaires qui devront de leur côté, faire évoluer leur mode de gouvernance en impliquant davantage les jeunes, porteurs de changement, selon lui.

Eva DZ

05 mars 2020

Session nationale installation : JA 12 et Millau, hôtes en février 2021

 

L’Aveyron et plus particulièrement la ville de Millau ont été choisis pour accueillir la session nationale Renouvellement des générations en agriculture en février 2021, grâce à la candidature conjointe de JA12 et des élus locaux.

La session sur le renouvellement des générations en agriculture est l’un des événements majeurs de JA au niveau national après le congrès. L’édition 2021 se déroule en Aveyron puisque la candidature de la ville de Millau a été retenue. Les responsables JA du canton, accompagnés des élus locaux, l’ont annoncé officiellement, le 2 mars, à Pourcayras, sur l’exploitation de Clément Lacombe, co-responsable installation et vice-président de JA 12. «Nous sommes très fiers que notre candidature soit rete- nue après un premier échec. Nous accueillerons donc les 2, 3 et 4 février 2021 environ 200 jeunes agriculteurs de toute la France en charge du renouvellement des générations en agriculture. Un dossier phare dans notre réseau JA», a introduit Clément Lacombe, accompagné de Rémi Agrinier, secrétaire général de JA 12 et Charly Séguret, administrateur des JA du canton de Millau.

L’une des raisons qui a convaincu JA national de choisir l’Aveyron est certainement, la performance du département en terme d’installations. Plus de 130 installations aidées en 2019 après une année 2018 record (150 installations) ! Sans oublier les nombreuses actions mises en œuvre par JA 12 sur le renouvellement des générations : le forum des filières qui recrutent qui met en lien les jeunes en formation agricole et les filières en recherche de producteurs mais aussi de techniciens, de salariés... ; l’opération Adopte un repreneur qui favorise la rencontre entre futurs retraités et futurs installés sous forme de speed dating pour envisager une transmission ; les Rendez-vous Agri Projet qui ras- semblent les professionnels en lien avec l’agriculture pour faciliter les démarches ; la Charte départementale à l’installation, un outil pour les porteurs de projet, signé par les acteurs de l’économie et du secteur agricole, partenaires de l’installation et enfin, les chartes locales transmission - installation réalisées sur des cantons JA pour recenser les agriculteurs en passe de céder leur exploitation mais qui n’ont pas de repreneur. L’objectif étant de définir, avec l’ensemble des acteurs du territoire, un plan d’actions pour favoriser le renouvellement des générations en agriculture.

D’ici février 2021, les JA 12 travailleront avec le service événementiel de la mairie de Millau, la Communauté de communes et l’Office de tourisme pour faire de cette session nationale du renouvellement des générations, une réussite. «Nous sommes maintenant dans les starting blocks et prêts à relever le défi avec une équipe de JA très motivée, c’est ce qui nous a plu dans leur projet», a assuré Elodie Platet, élue municipale déléguée à la promotion du territoire à Millau et vice-présidente de la Communauté de communes en charge du tourisme. Et Clément Lacombe de conclure : «Nous sommes contents que notre demande ait été soutenue par les élus locaux de la ville de Millau et de la Communauté de communes, c’est un soutien important dans la réalisation de nos projets».

Après Laguiole en 2008 ce sera donc autour de Millau de séduire les 200 participants, jeunes responsables agricoles venus de toute la France, découvrir le savoir-faire de l’Aveyron, en terme de renouvellement des générations mais aussi de convivialité, marque de fabrique des JA !

Eva DZ

06 février 2020

Missions d’enquête : apiculture et tornade

Des missions d’enquête ont eu lieu mercredi 29 janvier sur deux événements climatiques survenus en Aveyron : l’impact du froid tardif sur les ruches dans tout le département et la tornade des 9 et 10 août sur le secteur de Bozouls, Saint-Côme d’Olt, Lassouts et Castelnau de Mandailles.

Mercredi 29 janvier, la DDT, accompagnée par des représentants de la FDSEA et des JA a réalisé des missions d’enquête sur le terrain autour de deux événements climatiques. A Saint Affrique, Pierrefiche d’Olt et Salles la Source, trois visites étaient programmées chez des apiculteurs. Ces derniers ont témoigné des conséquences sur la santé de leurs abeilles et sur la production de miel du froid tardif survenu en mars - avril 2019.

Une récolte de miel divisée par deux

«Le printemps a été précoce avec des ruches déjà prêtes en février mais le coup de froid dans les deux mois qui ont suivi a clairement pénalisé la production», ont témoigné les apiculteurs. De fait ils ont constaté une importante perte de production (jusqu’à moitié moins de miel). Les trois apiculteurs ont témoigné, chiffres à l’appui, des conséquences de cet effet climatique sur leur production, relayés par les responsables professionnels. Leurs témoignages sont à l’image de ce que l’ensemble des apiculteurs du département ont vécu la campagne dernière. Leur demande de reconnaissance au titre des calamités agricoles concerne donc la totalité des apiculteurs de l’Aveyron.

Les effets de la tornade

Deuxième sujet d’enquête du 29 janvier, la tornade des 9 et 10 août 2019 qui a touché le secteur de Bozouls jusqu’à Saint Côme d’Olt, Lassouts et Castelnau de Mandailles. Un travail avait été réalisé en amont de cet événement par le biais du réseau FDSEA, pour recenser les agriculteurs victimes de ce phénomène et dresser un premier état des lieux des dégâts. Cette mission d’enquête menée par la DDT a permis de faire le point sur les pertes éligibles au fonds des calamités agricoles : destruction de clôtures, d’arbres, conséquences des chutes d’arbres sur le pâturage ou les récoltes, dégâts sur le re-semis… Entre 15 et 20 exploitations seraient concernées par les effets de cette tornade, causant aujourd’hui encore des problèmes sur le terrain : «Des arbres ont été arrachés et il faudra du temps pour les remplacer et puis la tornade a aussi fragilisé l’existant, dès qu’il y a un nouveau coup de vent, certains arbres ont perdu de leur résistance…», commentent des agriculteurs sinistrés.

Grâce à ces éléments recueillis sur le terrain, la DDT va constituer un dossier de demande de reconnaissance qui sera étudié lors du Comité départemental d’expertise du 12 février pour une présentation devant le Comité national de gestion des risques agricoles le 25 mars.

Eva DZ

06 février 2020

Retraites agricoles : les anciens exploitants s’adressent aux parlementaires

La section des anciens exploitants de la FDSEA participe au mouvement national de la FNSEA en adressant un courrier à l’ensemble des parlementaires du département. Ce courrier souligne les points d’amélioration à apporter au projet de loi sur la réforme des retraites. Le point avec Pierre Rouquette, co-président de la section.

Pourquoi ce courrier aux parlementaires ?

P. Rouquette : «La FNSEA et sa section des Anciens saluent la mise en œuvre d’un régime de retraite unifié qui alignera les cotisations et l’acquisition des droits et minima de pensions. Indispensable dans son principe, cette réforme doit cependant au plus vite être élargie aux retraités agricoles actuels et améliorée sur plusieurs autres points. Et c’est justement sur ces points que nous voulons alerter nos parlementaires.

Il n’est pas normal que les retraites des mono-pensionnés agricoles, bénéficiant d’une carrière complète, ne dépassent pas 740 € par mois, bien loin des 1 390 euros moyens de l’ensemble des retraités français.

Les annonces sur la retraite minimum à 1 000 euros par mois ont fait naître l’espoir dans nos campagnes. Certes, la revalorisation des pensions des futurs retraités agricoles pour une carrière complète à partir de 2022 est une avancée à saluer, mais comment justifier le fait que nos retraités actuels ne puissent bénéficier du même traitement ?

Que demandez-vous ?

P. Rouquette : Aucun motif ne peut justifier le maintien de près de 300 000 retraités agricoles, sur les 1,3 million de personnes que compte actuellement le régime, en dessous du seuil de pauvreté, soit 1 015 euros par mois. Le sentiment est unanime : nos retraités actuels se considèrent légitimement comme les grands oubliés de la réforme. Une centaine d’euros par mois, telle est la réalité de leur revendication ! Passer de 75 à 85 % du Smic la retraite minimum pour les anciens chefs d’exploitation coûterait 270 millions d’euros annuels sur les 325 milliards bruts distribués chaque année par le système de retraites.

Et pour les retraités à venir, des points doivent-ils être améliorés ?

P. Rouquette : Le premier point concerne le minimum de retraite à 1 000 euros, accordé à compter de 2022, qui ne doit pas se limiter aux seules carrières complètes de chefs d’exploitation. Le gouvernement envisage de se contenter de revaloriser la retraite de 75 % à 85 % du Smic pour les nouveaux départs en retraite entre 2022 et 2037. Or, cette hausse ne concernerait que des années de carrière de chefs d’exploitation à titre principal. La retraite à 1 000 euros par mois ne serait alors une réalité que pour une faible part des non-salariés agricoles. La FNSEA estime que toutes les années cotisées au régime non-salarié agricole doivent compter pour le calcul de la retraite à 1 000 € par mois dès 2022. La réforme doit par ailleurs permettre d’améliorer les retraites des femmes collaborateurs dont la retraite minimale est aujourd’hui fixée à 547 € pour une carrière complète.

Le second point concerne la question de la pénibilité qui appelle à la plus grande prudence. Nous sommes vigilants sur les coûts que pourrait induire, sur les exploitations, la négociation menée entre les pouvoirs publics et les syndicats de salariés. De ce fait nous ne demandons pas l’élargissement de la pénibilité aux non-salariés agricoles (chefs d’exploitation).

Il y a enfin, une autre problématique qui concerne la possibilité de cumuler emploi et retraite en agriculture. Actuellement, les retraités non-salariés agricoles peuvent avoir accès à un dispositif de cumul emploi-retraite sous certaines conditions (âge, durée d’assurance, liquidation de la totalité de leurs retraites). Ils peuvent reprendre une activité en tant que collaborateur sur l’exploitation. Ils ne peuvent toutefois reprendre une activité en tant que chef d’exploitation sur une activité assujettie sur une base foncière. Pour la FNSEA, il est primordial de continuer à encourager au maximum l’installation en agriculture par une offre foncière dynamique. Elle demande que cette limitation du cumul emploi/retraite sur une base foncière soit étendue à l’ensemble des retraités quel que soit leur régime d’origine. Il serait en effet incohérent de limiter aux anciens chefs d’exploitation une activité agricole sur une base foncière alors qu’un retraité du régime général pourrait en bénéficier.

Quelle va être votre démarche auprès des parlementaires ?

P. Rouquette : Nous allons leur adresser un courrier, que nous avons signé avec Marie-Pierre Lanne (co-présidente de la section des anciens exploitants) et Laurent Saint Affre (président de la FDSEA) afin de les sensibiliser à nos demandes. Mais je tiens à rappeler que le travail de la section des anciens exploitants de la FDSEA en relais de la section nationale et de la FNSEA, ne date pas d’hier. Nous travaillons depuis plusieurs années à la revalorisation des retraites agricoles. Je rappelle que l’année dernière, notre pétition avait recueilli plus de 2 500 signatures. Nous avons aussi multiplié les contacts et rendez-vous avec nos députés et sénateurs et je pense que toutes ces actions ont eu leur influence sur les propositions actuelles».

Recueillis par Eva DZ

30 janvier 2020

Sécheresse 2019, le dossier aveyronnais en partie rejeté : une décision inacceptable

Le dossier aveyronnais de demande de reconnaissance en calamités agricoles au titre de la sécheresse 2019 est passé devant la Commission nationale Gestion des Risques Agricoles mercredi 29 janvier.

Pour rappel, suite aux missions d’enquête organisées par la DDT avec la profession complétées par les bilans fourragers et les données issues des satellites ISOP, Airbus, Géosis et les données météorologiques, trois zones de sécheresse avaient été validées par le Comité départemental d’expertise en décembre.

Sur la zone 1 qui correspond à l’extrême nord du département et qui concernait 10 communes, la profession demandait un taux de perte à 45%, la moyenne des pertes des bilans fourragers sur ces communes se situe à 47%.

La Commission nationale a reconnu un taux de perte de 37%.

En revanche pour les deux autres zones (26 communes dans le sud-est du département et 72 communes à l’ouest du département), pour lesquelles la profession demandait respectivement un taux de perte de 43% et de 39%, la demande de reconnaissance en calamités agricoles a été purement et simplement rejetée.

Comment avez-vous réagi à cette décision ?

L. Saint Affre : «Nous sommes très déçus. Cette décision est inacceptable, inadmissible. La FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture se sont mobilisés à fond, nous avions construit un dossier sérieux, bien carré, avec une argumentation bien ficelée, avec le soutien et la validation de la préfète et de la DDT. Le voir retoqué de cette façon par le ministère et la DGPE (Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises) est une catastrophe ! Lors de la commission nationale du 29 janvier, la FNSEA, les JA et l’APCA sont montés au créneau pour défendre les dossiers présentés dont le nôtre mais malheureusement, ils se sont retrouvés seuls face à l’administration parce que d’autres syndicalistes irresponsables n’ont pas jugé utile de défendre les agriculteurs.

Quelle est la suite ?

L. Saint Affre : Clairement la décision du ministère et de la DGPE sur l’ensemble des demandes de reconnaissance en calamités agricoles montre leur volonté de tuer le système. Nous en avons la preuve une nouvelle fois aujourd’hui. Nous devons nous mettre rapidement au travail pour faire évoluer le dispositif car ces décisions qui causent de grandes déceptions et qui ne répondent pas aux réalités du terrain, ne sont pas acceptables. Nous devons réagir et vite !».

Eva DZ

23 janvier 2020

Visite de Joël Limouzin en Aveyron, sur le dossier calamités agricoles

Mardi 21 janvier, la FDSEA et les JA ont invité Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA en charge de la gestion des risques climatiques et sanitaires, à venir échanger sur les dispositifs des calamités agricoles.

Alors que l’Aveyron a de nouveau déposé un dossier de demande de reconnaissance au titre de la sécheresse 2019, il sera examiné par le comité national de gestion des risques agricoles (CNGRA) le 29 janvier, la FDSEA a invité Joël Limouzin, chargé de ce dossier et représentant la FNSEA au CNGRA, à venir en Aveyron. «Nous pensons que c’est important que Joël puisse prendre connaissance de notre dossier et surtout de nos spécificités», a avancé Laurent Saint Affre, président de la FDSEA. Ainsi, une délégation de responsables professionnels l’ont amené sur une exploitation du Sévéragais pour constater sur le terrain les conséquences des sécheresses successives (lire ci-contre).

Une responsabilité professionnelle

Puis l’après-midi, la FDSEA a réuni son réseau ainsi que ses partenaires, notamment Groupama et le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, ainsi que la DDT, pour échanger avec Joël Limouzin sur la nécessaire évolution des outils à la disposition des agriculteurs pour faire face aux aléas climatiques. «On sent bien que le système actuel des calamités agricoles est à bout de souffle. Les écarts et les différences d’interprétation des données recueillies sur le terrain ne sont plus tenables», a dénoncé Laurent Saint Affre. «Les quatre systèmes météo retenus se contredisent même !». Joël Limouzin constate à chacune de ses visites dans les départements touchés par les sécheresses, la grêle, le gel... et ils sont de plus en plus nombreux, que «les agriculteurs n’en peuvent plus». «Nous réalisons des expertises terrain en nous basant sur des pertes réelles et en face, on nous propose des cartes de relevés météo contradictoires ! Nous avons besoin d’un système fiable et incontestable».

Le changement climatique est une réalité, partagée par tous : «ce qui était vrai il y a 40 ans, ne tient plus la route aujourd’hui. Les critères des calamités agricoles ne répondent pas, en période de sécheresse, à la consommation de fourrages des animaux dès l’été puisque les périodes de sécheresses et d’absence de pluviométrie de ces dernières années s’étendent de juin à novembre ! Et le système assurantiel n’est à ce jour, pas suffisamment attractif auprès des agriculteurs», argumente Joël Limouzin, dénonçant notamment l’écart de reconnaissance entre une exploitation assurée contre les aléas climatiques et une exploitation qui ne l’est pas mais qui est reconnue au titre des calamités. Les personnes assurées ne peuvent en effet pas émarger au fonds des calamités agricoles.

«Nous ne voulons pas la suppression du dispositif des calamités agricoles, qui fait appel à la solidarité nationale, mais il doit être rénové et doit mieux s’articuler avec le système assurantiel», avance Joël Limouzin. A cela s’ajoutent les efforts mis en place dans les exploitations pour s’adapter au changement climatique : les récoltes de printemps, l’introduction de la luzerne, la gestion et le stockage de l’eau, la recherche et l’innovation des systèmes fourrages autour de variétés plus résistantes...

«L’une des avancées obtenues par la FNSEA est la mise en place de l’épargne de précaution qui permet aux éleveurs de faire des stocks fourragers sans impact sur le revenu. Notre ambition est bien de garder le maximum d’agriculteurs sur tous les territoires y compris dans les zones à handicap naturel mais pour cela, nous devons sécuriser les exploitations face à cette problématique du changement climatique», poursuit Joël Limouzin. «L’amplitude des aléas climatiques s’étend, aucune région n’est épargnée, les phénomènes climatiques sont de plus en plus violents et se répètent. Il est de notre responsabilité professionnelle de trouver des solutions», a-t-il assuré.

Toutes ces problématiques ont d’ailleurs été maintes fois relayées auprès du ministère de l’agriculture qui a mis en place des groupes de travail. Ils portent sur une meilleure articulation entre le dispositif des calamités agricoles et le système assurantiel, sur l’information et la sensibilisation auprès des agriculteurs, sur l’attractivité du système assurantiel, sur la transparence des coûts et des cahiers des charges des offres assurantielles... Les premiers résultats des réflexions devraient être présentés au premier trimestre.

«Clairement aujourd’hui nous prenons du retard dans le dispositif de prévention des risques alors que chaque année, presque toutes les régions sont touchées par un voire plusieurs phénomènes climatiques. Il y a urgence à trouver des solutions», a réaffirmé Joël Limouzin.

Redonner confiance aux agriculteurs

Le système assurantiel ne séduit ni les agriculteurs, ni les assureurs, représentés notamment par le président de Groupama Aveyron Lozère, Didier Laluet et le premier vice-président de la caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, Benoît Quintard le confirment : «Ces produits ne sont pas attractifs car ils ne répondent pas complètement aux spécificités des exploitations de nos territoires dont les prairies et cultures sont réservées à l’alimentation des animaux». Eux aussi confirment la nécessité de travailler ensemble pour faire évoluer les systèmes et les adapter aux besoins de leurs clients. «Nous devons nous appuyer sur l’expertise des assureurs pour faire évoluer les dispositifs», a avancé Joël Limouzin. «Le système assurantiel doit être généralisé pour tous mais en tenant compte des spécificités de chacun. Le taux de subvention pourrait être unique mais la prime d’assurance varierait selon que l’agriculteur a investi, mis des moyens pour se prémunir des risques ou pas». Un groupe de travail sur la réassurance est aussi une nécessité pour limiter le surcoût.

Les assureurs présents évoquent aussi un nécessaire changement dans l’état d’esprit des agriculteurs vis-à-vis de l’assurance climatique : l’assurance climatique doit être prise comme un coup dur. Tout le monde assure son bâtiment contre l’incendie même si ce n’est pas obligatoire parce que le risque est trop important, on peut tout perdre mais c’est aussi le cas en cas de gros aléas climatique ! Cela permet de disposer de moyens financiers pour rebondir, acheter du fourrage par exemple pour nourrir les animaux après une sécheresse...

«Nous partageons le fait qu’une politique de prévention des risques est nécessaire contre les aléas naturels et économiques», ont affirmé les participants à la réunion. La déduction pour aléas ou épargne de précaution, les aides directes de la PAC, les calamités agricoles, l’assurance climatique et celle du chiffre d’affaires sont des outils existants. «Il y aussi la responsabilité individuelle de chaque exploitant à considérer que le risque climatique fait partie des «risques normaux» désormais», complète Joël Limouzin. La FNSEA a émis plusieurs propositions pour améliorer le contrat «socle» : diminuer le seuil de déclenchement subventionable (de 30 à 20%), revoir la moyenne olympique qui peut-être préjudiciable car elle ne s’applique pas de la même manière et sur les mêmes bases que les calamités agricoles créant de l’incompréhension et forcément de la déception chez les agriculteurs, passer le taux de subvention de la prime d’assurance de 65 à 70%, remédier au paiement tardif des subventions parfois un an après...

Instaurer une politique d’investissement de la prévention des risques

«La future PAC aura son rôle à jouer aussi dans ce domaine : est-on prêt à faire de la gestion des risques la pierre angulaire de la future PAC ?», a interrogé Joël Limouzin. «La responsabilité doit être partagée entre la profession et l’Etat. Reste à savoir la piste retenue : une part du 2nd pilier ? Un transfert au sein du 2nd pilier ? Entre les deux piliers ?... Ce qui est sûr c’est que nous devons instaurer et développer une véritable politique d’investissement des moyens de prévention pour diminuer l’exposition aux risques climatiques. Certes il n’y a pas de risque zéro mais on peut les limiter».

Sur la gestion de l’eau, Joël Limouzin plaide pour un meilleur accompagnement et une simplification des procédures administratives des projets de stockage : «La clé est de considérer l’eau et son côté multi-usages en prenant en compte l’eau potable, la biodiversité, le soutien à l’activité économique agricole sur tous les territoires. Pour cela nous avons besoin du soutien de tous : administration, élus locaux, collectivités...».

Les pistes de réflexion ne manquent pas mais les agriculteurs, en particulier de l’Aveyron victimes de sécheresse à répétition, attendent désormais des solutions concrètes pour faire face aux aléas.

Eva DZ

16 janvier 2020

Changement climatique : l’Aveyron s’adapte !

Jean-Christophe Moreau de l’Institut de l’élevage, Sébastien Chatre de RAGT2n et Jérôme Reynier de CADAUMA Machines Agricoles ont contribué à alimenter les discussions sur les pistes d’adaptation au changement climatique, pour l’élevage en évoquant notamment les axes de recherche et développement des semences variétales et de la mécanique agricole.

«Le changement climatique est une réalité : les températures augmentent partout dans le monde, les précipitations sont soumises à une plus grande variabilité», le constat de Jean-Christophe Moreau est clair. Ce changement climatique est la conséquence des émissions de gaz à effet de serre notamment depuis les années 70 et le développement des énergies fossiles, des transports, de l’habitat... Les émissions du secteur agricole, elles, n’augmentent pas, excepté dans les pays en fort développement agricole, a assuré l’expert. Précisant qu’en France, 21% des émissions de GES sont d’origine agricole (dont 8% émises par les herbivores).

Quels impacts pour l’élevage ?

D’abord pour le bien-être des animaux qui produisent eux-mêmes beaucoup de chaleur : à partir de 25° ils doivent faire un effort d’adaptation pour garder leur zone de confort, et à plus de 30°, ils peuvent être en souffrance. Les effets sont directs : en bovins lait, c’est moins de production, des TB et TP en baisse, des IVV plus longs, une diminution de la fertilité, un abreuvement en hausse...

«Nous sommes sûrs que les températures ont évolué et continueront d’augmenter tout comme l’évapotranspiration, il y aura donc plus de sécheresses. Les précipations seront moindres sans que l’on sache précisément dans quelle mesure. Mais il est certain que nous n’aurons plus une année dans la moyenne : ce sera le chaos !», estime Jean-Christophe Moreau. La pousse de l’herbe, la gestion des prairies seront donc impactées. Les intervalles floraison - récolte seront raccourcis. Et l’ensilage du maïs sera avancé au 15 août ! Pour anticiper les baisses de rendement des plantes, plusieurs essais ont été menés comme le sorgho grain ensilé quand il n’y a pas la possibilité d’irriguer... Peut-être une solution alternative... Pour les prairies, la courbe de pousse sera forcément perturbée avec une hausse des rendements au printemps, une mise à l’herbe plus précoce, une hausse du ratio de fauche au printemps.

«Le problème, ce sont les aléas»

«S’adapter au changement climatique, c’est d’abord sécuriser son système d’exploitation face aux aléas», avance Jean-Christophe Moreau : allonger la durée de pâturage, diversifier les fourrages à stocks, augmenter la production estivale pâturable, suivre la pousse de l’herbe, diversifier les couverts prairiaux, les modes de récolte, prévoir un maximum de parcellaire à double usage, adapter les bâtiments en période chaude, planter des arbres pour abriter les animaux... «D’autres changements seront à prévoir dans les années à venir face à ces aléas climatiques», prédit l’expert. «La clé est de proposer des voies d’adaptation gagnantes et des inter-actions permanentes face au changement climatique».

RAGT : s’adapter aux besoins

Sébastien Chatre de RAGT2n a présenté l’investissement réalisé par le groupe aveyronnais en matière de recherche variétale pour s’adapter au changement climatique. «Avant, notre critère de sélection était le rendement, aujourd’hui, la productivité est bien sûr toujours importante mais nous misons aussi sur la sécurisation du rendement». Les solutions génétiques portent sur la tolérance, la résistance. «Le changement climatique, on le vit depuis plusieurs années dans nos travaux de recherche parce qu’il faut du temps pour la sélection d’une fourragère (15 ans) ou d’un maïs (8 ans) pour offrir une meilleure réponse variétale». RAGT2n travaille aussi bien les variétés avec ou sans irrigation, des variétés qui s’adaptent au besoin en eau.

«La sélection s’appuie sur les acquis du patrimoine génétique, nous y amenons la diversité selon nos critères», avance Sébastien Chatre. Le groupe RAGT s’appuie sur les tests réalisés sur ses 350 000 micro-parcelles de 15m2 dans le monde et sur le million de données générées par jour sur la recherche. «L’important est de garder la cohérence entre ce que l’on veut faire et comment on veut le faire. Les solutions, les innovations sont possibles mais il faudra du temps en fonction des choix technologiques».

CADAUMA : des outils pour s’adapter

CADAUMA Machines Agricoles contribue à apporter des solutions au changement climatique : cela passe par des économies d’énergies, des modifications des itinéraires techniques... Jérôme Reynier a présenté les innovations réalisées mais aussi les projets en cours et à l’étude pour adapter le matériel agricole. «Les moteurs thermiques ont beaucoup évolué pour baisser leur consommation en développant par exemple, la transmission à variation continue sur les tracteurs (-2 litres/h, soit -20% et moins de CO2 rejeté). Des prototypes de tracteurs électriques vont arriver sur le marché, destinés surtout à la vigne et au maraîchage, aux collectivités). D’autres outils électriques sont déjà en vente : mélangeuse... De nouveaux outils permettent de réaliser des économies comme l’autoguidage GPS pour éviter les recoupements sur les parcelles (moins de consommation et gain de temps), l’optimisation des parcours intra-parcellaire (calcul du parcours idéal), la modulation des doses d’engrais, le pilotage en temps réel de la pression des pneus (jusqu’à 8% d’économie de carburant)...», a-t-il cité.

Côté itinéraires techniques, les fabricants de matériels se sont adaptés au non labour, aux TCS (Techniques Culturales Simplifiées), aux semis sous couverts, au strip till (travail à la bande et non à la parcelle)... Des robots se développent aussi pour le lisier, repousser le fourrage, désherber mécaniquement... «Nous avons à gérer un antagonisme entre économies d’énergies et respect de l’environnement», avance Jérôme Reynier. Le débat sur la suppression du glyphosate en fait partie... En matière de pulvérisation, le progrès est aussi en marche à travers la recherche. Le travail porte sur un ciblage plus précis (18 - 24 m, capteur sur adventice...), une application pour repérer les zones à adventices par drône qui transmet en direct au tracteur... Une nouvelle personne a été embauchée à CADAUMA Machines Agricoles pour faire connaître ces nouvelles technologies. «Il y a beaucoup de projets, des solutions innovantes et encore beaucoup de recherche pour obtenir une efficacité identique en étant plus économe», a conclu Jérôme Reynier.

Eva DZ

16 janvier 2020

Forum des filières qui recrutent : les jeunes s’intéressent à l’agriculture

Jeudi 9 janvier, les JA de l’Aveyron organisaient la 6ème édition du Forum des filières qui recrutent. Près de 230 jeunes des établissements agricoles du département étaient présents à la salle des fêtes de Rodez, pour rencontrer les responsables des filières de production intervenant dans le département.

Les opportunités d’installation et/ou de diversification sont nombreuses grâce aux filières organisées, les 230 jeunes présents au forum des filières qui recrutent ont pu le constater en échangeant en direct avec elles. «Ce rendez-vous s’est vraiment inscrit dans la durée que ce soit pour les filières qui sont fidèles chaque année comme pour les établissements agricoles et les étudiants qui apprécient la formule», témoignent ravis Clément Lacombe et Romain Déléris, vice-présidents de JA 12 et co-reponsables installation. «Quasiment tous les établissements, privés comme publics, répondent présents chaque annnée. De même les filières, elles étaient 14 pour cette 6ème édition, sont bien représentées», assurent-ils.

Filières et étudiants fidèles au forum !

Les productions traditionnelles (ovin, bovin, porcin, caprin) sont représentées à travers les filières organisées (Bœuf Fermier Aubrac, Fleur d’Aubrac, CELIA, UNICOR, IRVA, SA4R, MidiPorc, APO, Agneau fermier des pays d’Oc, APROVIA en viande, Biolait, Jeune Montagne, Cilaisud, Confédération générale de Roquefort, SODIAAL, Le Petit Basque en lait). Et cette année, deux nouvelles filières ont fait leur apparition : le maraîchage à travers le témoignage d’une maraîchère et la Chambre d’agriculture et les volailles à travers la coopérative UNICOR et la Chambre d’agriculture.

«Chaque année, après le forum nous réunissons les filières participantes et les établissements afin de faire le point et apporter des améliorations. Il y avait de plus en plus de demandes de la part des jeunes sur ces productions en développement que sont le maraîchage et les volailles, nous avons essayé de leur apporter une réponse en leur faisant rencontrer des professionnels», explique Clément Lacombe.

Au-delà des filières, il est aussi question des opportunités d’installation et de travail dans le milieu agricole. Les étudiants participent ainsi à deux ateliers, l’un sur les démarches à réaliser pour s’installer et l’autre sous forme d’échanges avec des JA, sur les idées reçues autour du métier d’agriculteur. Un stand concerne aussi le salariat agricole afin de faire connaître auprès des jeunes, ce métier parfois dénigré et pourtant si riche en expériences. Il est animé par la FD des CUMA, le Service de Remplacement, les Groupements d’employeurs et le Groupement d’employeurs départemental et l’association des salariés agricoles de l’Aveyron. «Nous sommes très heureux de pouvoir compter sur le soutien des filières et de nos partenaires pour mener à bien ce forum qui apporte satisfaction à tous», souligne Romain Déléris. Ainsi, à l’issue de la précédente édition, les étudiants ont rempli un questionnaire où ils ont exprimé un taux de satisfaction de près de 9 sur 10 (sur plus de 200 réponses). «L’objectif de ce forum est bien de montrer toutes les opportunités qui existent, et elles sont nombreuses, dans les métiers de l’élevage», poursuivent les responsables JA. «Conforter les jeunes qui ont déjà fait le choix de leur production, les rassurer sur la reprise familiale en leur montrant qu’il y a de l’avenir et montrer les opportunités de diversification pour compléter le revenu, sont les ambitions de ce forum», complètent-ils.

«Semeurs d’avenir»

«Les étudiants apprécient de pouvoir échanger en direct avec des professionnels qui vivent leur filière au quotidien, c’est important pour eux et c’est surtout très enrichissant», assurent les enseignants qui accompagnent les élèves à ce forum. Certains même ont pris rendez-vous avec des JA pour une intervention en classe... «Pour les jeunes, ce forum est une occasion unique, en un jour, de rencontrer les acteurs des principales filières de production organisées et actives dans le département», poursuivent les enseignants.

Même satisfaction du côté du Conseil départemental qui soutient le Forum des filières qui recrutent depuis le début. Jean-Claude Anglars, vice-président et en charge de l’agriculture, est fier de l’initiative des JA de l’Aveyron : «ils sont des semeurs d’avenir ! Réunir 230 jeunes intéressés par l’agriculture et le milieu agricole et les filières de ce département contribue à assurer l’avenir ! Le Département accompagne cette opération qui propose une véritable ouverture au monde pour les jeunes et suscite des échanges inter-générationnels constructifs pour la suite. Bravo !», a-t-il félicité.

Nul doute que ce Forum des filières qui recrutent sera renouvelé dans les années à venir pour répondre à la fois aux demandes des filières en recherche de candidats pour conforter leur activité et aux demandes des jeunes qui ne connaissent pas forcément toutes les opportunités qui se présentent à eux dans l’agriculture. «L’installation au sein d’une filière organisée apporte de nombreux avantages : sécurisation, contractualisation, travail collectif, débouchés... Il est important de communiquer sur tous ces atouts auprès des jeunes parce qu’une installation réussie est une installation viable, vivable et durable !», concluent Clément Lacombe et Romain Déléris.

Eva DZ

09 janvier 2020

Vincent Chatellier : «l’agriculture et l’élevage ont un bel avenir»

Vincent Chatellier, économiste et ingénieur de recherche à l’INRA, devenu INRAe (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) était l’invité des JA de l’Aveyron, du groupe de Camboulazet, soutenus par le Conseil départemental.

C’est un petit marathon auquel s’est livré Vincent Chatellier en Aveyron, en ce début d’année. Il a passé la journée du 6 janvier avec les étudiants de Bernussou avant d’animer une conférence en soirée à Rodez devant plus de 150 personnes. A l’invitation des JA de l’Aveyron et du groupe de Camboulazet avec le soutien du Conseil départemental, l’économiste également président de la Société française d’économies rurales depuis juin, est intervenu sur le défi alimentaire mondial, l’internationalisation des échanges et la place de l’Europe ainsi que sur l’agriculture française face à la concurrence européenne et mondiale (lire aussi dans la VP du 26 décembre).

Le lendemain, c’est devant une salle comble d’étudiants de l’Agricampus La Roque, que Vincent Chatellier a recentré le débat sur les filières bovines (lait et viande) face à la concurrence européenne et mondiale. Il a d’abord délivré un message d’espoir et d’encouragement aux jeunes : «Il faut être convaincu qu’il y a un avenir pour l’agriculture et pour l’élevage en France. Ce n’est pas un métier facile, il y a beaucoup de questions sans réponse mais quand on fait le choix d’une profession difficile comme agriculteur, on réussit à coup sûr !». Il a exhorté le jeune public à ne pas écouter «les grincheux» qui parlent d’un secteur «qu’ils connaissent bien moins que vous !» Vincent Chatellier considère l’Aveyron comme «un grand département agricole», le 2ème en France en surfaces agricoles et «qui compte pour beaucoup dans le développement agricole».

Prendre du recul

Il a commencé son intervention par l’évolution du prix du lait de vache : «la volatilité peut effrayer les jeunes à s’installer mais il faut garder son sang froid, regarder l’évolution sur la durée, faire sa propre analyse de la rentabilité du secteur. En France, le prix du lait en 2019 a été correct mais il faudrait que ça dure ! Les années positives permettent de compenser les situations difficiles». Et d’ajouter : «Bien sûr il y a beaucoup de facteurs à l’échelle mondiale qui influent sur la variabilité du prix : le coût de l’énergie, le niveau des stocks, le taux de change, les restrictions commerciales, la spéculation, la météo... L’agriculture locale a toute sa place mais elle ne peut évincer la mondialisation dans laquelle elle évolue. Le prix du lait bouge partout !». Il s’est appuyé sur plusieurs exemples : «En Nouvelle-Zélande, pays le plus libéral, le prix du lait aux producteurs varie de 200 à 400 euros/1 000 L sans susciter de réactions ! Aux Etats-Unis, les producteurs sont payés au même prix qu’en Europe sachant que la moitié de leurs fermes ont plus de 1 000 vaches. Finalement en France, où les fermes sont de taille familiale, nous sommes plus compétitifs !». Au sein même de l’Europe, le prix varie selon les pays : il est assez élevé en Italie car la transformation de produits laitiers de qualité est privilégiée et que la production est déficitaire. En Angleterre, le lait est moins bien payé car la valorisation est moindre (essentiellement lait liquide ou poudre de lait).

Le lait, un produit d’avenir

Vincent Chatellier en est persuadé : le lait est un produit d’avenir à l’échelle mondiale. «Le moteur du développement agricole c’est la démographie. Dans le monde, il y a 230 000 personnes de plus par jour ! Et la moitié de la planète a moins de 29 ans. La croissance n’aura pas lieu en Europe où la consommation de produits laitiers n’augmente pas, le potentiel est en Afrique, en Asie et notamment en Inde. La consommation mondiale de produits laitiers est de 113 l/hab. Les champions du monde sont les Français avec 310 l/hab. Les Chinois en consomment 40 l/hab, sachant qu’ils sont 20 fois plus nombreux ! «Le potentiel de développement est énorme car le pays n’arrive pas à produire suffisamment et se tourne donc vers l’importation», assure Vincent Chatellier.

Qui est capable de produire du lait ? «L’Inde augmente sa production laitière, elle améliore son rendement par vache et arrive à produire le lait dont les habitants ont besoin (110 l/personne). L’Australie, le Japon, la Russie arrivent aussi à augmenter leur production par contre la Nouvelle Zélande, principal concurrent de l’Union européenne, se stabilise. C’est une bonne nouvelle pour nous !», répond Vincent Chatellier. «En Europe, la France est le pays au plus gros potentiel de développement : elle dispose des surfaces fourragères, de l’eau, d’un potentiel agronomique, d’un vrai savoir-faire en matière de production et de qualité des produits. Pourtant la balance commerciale de la France en produits laitiers se détériore : c’est scandaleux !», a fustigé Vincent Chatellier. «Nous disposons d’une diversité de produits, de producteurs motivés, d’une proximité avec des pays déficitaires. Le secteur laitier est une force dans le pays, il doit être accompagné à sa juste valeur», a-t-il encouragé. Pour lui, il n’y a «aucun doute» : «le secteur laitier à l’échelle mondiale a un bel avenir. Ce sera dur à produire mais si les prix sont rémunérateurs et que nous trouvons les bons marchés à l’export, la filière a toutes les chances de progresser». Reste aussi à assurer le renouvellement des générations : «la sociologie du rapport au travail a évolué, les éleveurs sont de mieux en mieux formés, bien organisés. Le métier d’éleveur est un métier d’engagement, source de grandes satisfactions. Nombre d’entre eux en témoignent», assure Vincent Chatellier.

La consommation de viande dans le monde progresse

«Je suis désolé pour les Vegans mais leur guerre n’est pas gagnée !», avance un brin provocateur l’économiste. «Les hommes continuent de manger de la viande et ils l’aiment !», les chiffres de la consommation mondiale de viande bovine confirment une hausse. De même en France, la consommation se maintient : «contrairement à ce que l’on entend, les jeunes consomment plus de protéines carnées que les anciens, simplement la manière de consommer de la viande évolue. D’ailleurs je pense que la restauration rapide a contribué à maintenir la consommation de viande chez les jeunes».

Qui produit de la viande dans le monde ? Les Etats-Unis en premier mais leur production est stable depuis 15 ans, répond Vincent Chatellier. Mais aussi le Brésil et la Chine, dont la production est en hausse. L’Union européenne talonne ces pays. Et le Canada reste un petit producteur. Qui exporte ? Le Brésil en première ligne depuis 20 ans, suivi par l’Inde, petit nouveau qui produit plus de lait et a donc davantage de vaches de réforme qu’il exporte vers la Chine. Selon Vincent Chatellier, l’Union européenne exporte peu car elle n’a «aucun savoir-faire» en la matière ! «Nous ne pouvons donc que progresser !». Qui importe ? La Chine en premier suivie des Etats-Unis qui achète de la viande à moindre coût pour ses burgers et préfère exporter la sienne à des prix élevés ! L’Union européenne importe peu de viande. Elle produit la viande qu’elle consomme ce qui permet d’équilibrer la balance commerciale.

La France n’est pas autosuffisante en viande bovine car elle exporte des bovins vivants qu’elle ne finit pas : «la clé sera de trouver de nouveaux clients comme la Chine pour compléter le marché historique de l’Italie plutôt en déclin, mais qui, à ce jour, n’a pas trouvé mieux que la France, ce qui est une bonne nouvelle !», selon Vincent Chatellier.

Quant au prix mondial de la viande bovine, le débat est clair pour l’économiste : «Nous ne pourrons pas gagner sur la compétitivité par rapport à des pays comme le Brésil car nos modèles sont trop différents. Mais par contre nous pouvons faire la différence sur la qualité des produits».

Des défis à relever

Vincent Chatellier a énuméré plusieurs défis que le secteur bovin (lait et viande) aura à relever. Pour les acteurs du secteur agricole et agroalimentaire, il faudra continuer d’innover pour satisfaire les attentes d’une société en mouvement, il faudra séduire davantage les jeunes et favoriser les transitions inter-générationnelles, concilier l’exigence de productivité et le respect de l’environnement, mieux communiquer sur les atouts des modèles agricoles, ne pas hésiter à célébrer les réussites et promouvoir les expériences gagnantes.

Vincent Chatellier estime que les politiques publiques doivent aussi s’engager dans ces défis en définissant un cap structurant au sein de l’UE à travers la future PAC, en protégeant les consommateurs et en renforçant la place du débat scientifique, en réorientant les règles relatives aux achats publics pour montrer la voie, en veillant aux jeux concurrentiels et à l’encadrement des positions dominantes (centrales d’achat), en soutenant les transitions en agriculture et en acceptant de s’inscrire dans la durée. «L’agriculture française, les éleveurs de ce pays ont la capacité de relever ces défis, j’en suis persuadé», a conclu Vincent Chatellier.

Eva DZ

02 janvier 2020

Julien Tranier, agriculteur et engagé aux JA

Julien Tranier, 32 ans, est éleveur de Veau d’Aveyron et du Ségala et de poulets en intégration, à Lunac. Installé depuis 2017, il est aussi engagé dans le syndicalisme, aux JA. Il préside le grand canton de Najac - Rieupeyroux - La Salvetat Peyralès.

Plutôt que de doubler la production ou de créer un nouvel atelier, Julien Tranier a décidé de rouler un peu sa bosse avant de s’installer sur la ferme familiale. Son père n’était pas encore en âge de prendre la retraite, ce qui lui a laissé le temps d’aller voir ailleurs ! Après un BTS au lycée François Marty puis une licence pro à Bernussou, il a travaillé pendant près de 9 ans, comme salarié, technicien, agent PAC, dans le milieu du matériel agricole, chez un volailler à la boucherie et au commerce ce qui lui a permis de voir l’envers du décor, lui qui élève des poulets ! «Ces expériences m’ont permis d’entrer dans le monde du travail, de voir aussi le fonctionnement d’une entreprise. Salarié ou chef d’exploitation, il y des avantages et des inconvénients des deux côtés ! J’étais très heureux de cette ouverture sur des milieux professionnels que je ne connaissais pas, notamment en terme de commercialisation. Ca permet de comprendre les spécificités de chaque métier», résume Julien qui ne regrette pas du tout ce parcours.

Mais Julien n’avait pas oublié son projet premier : s’installer sur la ferme familiale. Il a repris la suite de son père, le 1er mars 2017, sur l’exploitation à double production de Veau d’Aveyron et du Ségala et de poulets en intégration. «Sur la ferme, j’ai apporté quelques petites touches personnelles, notamment en terme d’optimisation technique. Je mise sur l’amélioration du troupeau existant plutôt que sur l’agrandissement», explique le jeune éleveur. Lors de sa formation puis pendant les 9 ans précédant son installation, Julien a eu le temps de mûrir son projet. «J’envisage de travailler sur la valorisation des animaux de réforme. L’opportunité s’est présentée avec UNICOR et les Halles de l’Aveyron, avec qui nous travaillons depuis longtemps, de créer un débouché rémunérateur sur ce type d’animaux. Du coup, j’ai saisi l’occasion pour me lancer dans ce créneau».

La fibre de l’engagement

Outre l’exploitation, les parents de Julien Tranier lui ont aussi transmis la fibre de l’engagement ! «Depuis petit, je partage ces valeurs de bénévolat sur notre hameau des Mazières, qui compte autour de 160 habitants», affirme Julien, trésorier du comité local d’animation. «Nous organisons plusieurs événements dans l’année pour faire vivre notre village : la fête en août avec une soirée pour les jeunes et une soirée avec orchestre, un repas avec tous les bénévoles en octobre, un quine en décembre... Dans le village, il n’y a pas que des agriculteurs et nous avons plaisir à nous retrouver ensemble pour partager de bons moments», souligne Julien. Ensemble ils ont d’ailleurs rénové une ancienne salle paroissiale qu’ils ont agrandie et transformée en lieu de retrouvailles ! «De 7 à 77 ans, chacun apporte sa pierre à l’édifice. Ce tissu rural, c’est la force de la vie à la campagne, on connaît tous nos voisins !». Et aux Mazières, cette dynamique est porteuse puisque de nouvelles familles sont arrivées : «il y a encore de la vie dans nos campagnes et quand on s’installe jeune agriculteur on se sent moins isolé», assure le jeune éleveur.

Une charte locale

Pour ne pas s’isoler sur la ferme, Julien a décidé de rejoindre les JA. Depuis son installation, il préside le grand canton qui réunit Rieupeyroux - Najac - La Salvetat Peyralès. «Je connaissais d’anciens adhérents et j’ai découvert des valeurs et des idées qui me plaisent bien !», sourit Julien. «C’est important de s’engager dans une démarche qui défend l’intérêt collectif», estime-t-il. Son canton JA était un peu en sommeil, avec sa nouvelle équipe, il essaie de relancer la dynamique : «Nous travaillons sur une charte locale transmission - installation, une approche transversale de cette thématique qui réunit toutes les forces vives locales. Le diagnostic de notre territoire sera présenté en janvier et à partir de là, nous définirons ensemble un plan d’actions pour favoriser le renouvellement des générations», avance Julien, satisfait de la bonne participation à ce projet.

Le canton JA Rieupeyroux - Najac - La Salvetat Peyralès qui avait accueilli il y a quelques années, une finale départementale de labour, souhaite relancer l’opération Découvrez nos fermes, pour créer un moment de retrouvailles entre JA et avec le grand public chaque été. Quant à Julien, il promet de continuer à accompagner l’équipe locale, qu’il souhaite représenter au prochain conseil d’administration JA 12 qui se renouvelle au printemps. «Je souhaite apporter ma contribution aux JA tant que sur ma ferme, je peux compter encore sur l’appui de mon père mais aussi sur l’entraide entre voisin, sur le service de remplacement...», confie-t-il. «Certes il y a l’astreinte mais nous disposons d’une certaine souplesse dans l’organisation de notre travail. C’est pour cette raison que je voudrais améliorer l’optimisation du travail, et pourquoi pas créer un emploi à temps partiel via le groupement d’employeurs... Il faut simplement anticiper les choses et se donner les moyens de bien les réussir», conclut Julien.

Eva DZ

28 novembre 2019

Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation en Aveyron : «Positiver l’agriculture»

 

Il l’avait promis, il l’a fait ! Le 26 septembre, lors de sa rencontre avec les responsables professionnels agricoles de l’Aveyron à la Maison de l’agriculture à Rodez, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation avait promis qu’il reviendrait en Aveyron pour aller à la rencontre des agriculteurs. Lundi 25 novembre, Didier Guillaume a réalisé un «marathon» en visitant le site d’APO, l’Agricampus La Roque et deux exploitations en compagnie des responsables FDSEA - JA - Chambre d’agriculture, des OPA et des élus locaux, départementaux, régionaux et parlementaires, qui n’ont pas manqué de l’interpeller sur un certain nombre de sujets d’actualité et de fonds.

- Que retenez-vous de votre visite en Aveyron ?

Didier Guillaume : «J’ai vu un département uni autour de son agriculture. Des responsables professionnels agricoles bien au fait des sujets d’actualité et de fonds. Des élus locaux, départementaux, régionaux et des parlementaires présents et engagés auprès des agriculteurs, des filières en ordre de marche, bien organisées et en recherche de valeur ajoutée pour leurs producteurs...

Vous travaillez bien ensemble dans un souci partagé de mise en avant de vos produits de qualité. C’est très bien ! J’ai vu en Aveyron, un vrai rassemblement autour de l’agriculture qui vaut la peine qu’on s’y investisse !

- Quel regard portez-vous sur l’agriculture aveyronnaise ?

D. Guillaume : Cette journée m’a beaucoup appris. L’agriculture aveyronnaise est riche de sa diversité, c’est votre force ! Le modèle aveyronnais pourrait être démultiplié parce qu’il est à l’image de l’agriculture française : des produits de qualité créateurs de valeur ajoutée, tracés, liés à leur territoire, des agriculteurs et des agricultrices investis...

Une pépite de l’enseignement agricole

- Vous avez visité l’Agricampus La Roque et ses toutes nouvelles installations sur l’exploitation agricole. Qu’en avez-vous pensé ?

D. Guillaume : L’Agricampus La Roque est une véritable pépite de l’enseignement agricole ! Cet établissement qui accueille 517 étudiants, affiche un taux de réussite frôlant l’excellence (99,6%), une exploitation totalement rénovée à la pointe de la technologie grâce au soutien de nombreux partenaires dont la Région Occitanie, un hall technologique avec des produits de qualité... Ses responsables dont le président du conseil d’administration, Bruno Montourcy, m’ont alerté sur plusieurs points : le manque de communication sur les filières agricoles et agroalimentaires auprès des jeunes, la baisse des stages dans les exploitations, le fait que les options agricoles soient facultatives dans les lycées agricoles,... Je n’oublie pas le discours de la représentante des personnels de La Roque qui m’a dit toute leur fierté de travailler en lien avec la profession agricole et leur souci de bien former les futurs agriculteurs.

Je me réjouis de constater la remontée des effectifs dans les lycées agricoles ce qui n’était plus le cas depuis 10 ans. La formation agricole doit être un premier choix et non un choix par défaut. Nous avons fait évoluer les programmes en tenant compte de tous les avis : profession agricole, corps enseignant, de façon à répondre aux attentes et à la réalité du terrain.

J’ai été interpellé aussi par la capacité de l’établissement, aux portes de la ville de Rodez, à nouer des partenariats avec les collectivités sur la remise au pâturage de certaines zones par le troupeau d’Aubrac ou de brebis du lycée. Des initiatives positives à partager avec le grand public !

Nous en avons profité aussi pour évoquer la formation, les responsables professionnels (ndlr Patrice Falip et Anthony Quintard) ont évoqué l’appui du ministère au fonds de formation VIVEA et la nécessité de supprimer le plafond de 2 000 euros pour ne pas bloquer les candidats à l’installation qui souhaitent se former. Sur la nécessité aussi de continuer à soutenir les maîtres d’apprentissage.

«Le glyphosate n’est pas un sujet»

- Sur l’installation, l’Aveyron est le premier département en nombre d’installations aidées. Le dispositif d’aides sera-t-il maintenu ?

D. Guillaume : Bien sûr ! Le premier défi de l’agriculture est le renouvellement des générations. Nous avons travaillé avec le réseau JA pour débloquer la DJA parce que vous êtes les mieux placés pour nous dire ce qu’il faut faire pour être efficace. Nous sommes arrivés à un accord tout récemment. Nous devons mettre en œuvre les moyens de financement nécessaires pour que tous les candidats à l’installation puissent réaliser leur projet.

- La question du glyphosate a naturellement été posée lors de votre visite. Quel est votre avis ?

D. Guillaume : J’ai assisté à une belle intervention sur l’exploitation de Flavin, de deux agriculteurs engagés dans l’agriculture de conservation. Je suis un fervent défenseur de ce type d’agriculture, qui ne va pas sans utiliser de façon raisonnée, du glyphosate. Le glyphosate n’est pas un sujet en soi : nous ne demandons pas son interdiction, d’ailleurs ce n’est pas écrit dans la loi, nous demandons de sortir de la dépendance aux produits phyto-pharmaceutiques. Il faut essayer de s’en passer et, le Président de la République l’a dit aussi, nous ne laisserons personne sans solution alternative.

- Le président de la Chambre d’agriculture, Jacques Molières, a évoqué l’approche environnementale et énergétique des agriculteurs aveyronnais. Qu’en pensez-vous ?

D. Guillaume : Je partage la position de votre département quant à la mise en place de retenues d’eau pour pallier les manques en période sèche. Et nous ferons notre possible pour accélérer les démarches administratives.

Sur le photovoltaïque, je refuse l’installation de projets au sol sur des terres agricoles. La méthanisation est aussi un vrai enjeu qui apporte un complément de revenu aux agriculteurs et une image positive de l’utilisation des effluents d’élevage.

Halte au dénigrement permanent

- En Aveyron comme ailleurs, l’agribashing inquiète les agriculteurs. Quel est votre message ?

D. Guillaume : Le week-end dernier encore, nous apprenions que deux agriculteurs dans la Drôme ont été agressés, leurs bâtiments détruits et leurs animaux brûlés... ça ne peut plus durer ! Halte au dénigrement permanent ! Dans vos exploitations comme ailleurs, on voit des animaux bien installés, dans des bâtiments fonctionnels, bien équipés : le bien-être animal tout simplement ! Tous les éleveurs aiment leurs bêtes et ont le souci de produire le mieux possible. La société et nos concitoyens doivent se réveiller, remettre les pieds sur terre. Les militants doivent comprendre que ce n’est pas possible de s’introduire dans un élevage, de brûler des animaux, des bâtiments, ce n’est pas cela le bien-être animal ! Il ne faut rien lâcher, porter plainte. Nous devons retrouver une société apaisée, réconcilier monde agricole et société !

J’apprécie particulièrement la campagne publicitaire d’Interbev : mangez mieux de la viande ! C’est un message positif, cohérent et qui montre que l’on doit continuer à manger de la viande pour garder un équilibre alimentaire. Et votre démarche avec l’association CoSE va aussi dans le bon sens.

«Je suis optimiste pour l’avenir de l’agriculture»

- L’enjeu de la future PAC est important pour l’Aveyron. Quelle est la position de la France ?

D. Guillaume : Le premier enjeu est de maintenir le budget de la PAC, la France se bat pour cela. Nous avons refusé la proposition de la Commission européenne qui évoque une baisse de 25% sur le 2nd pilier. Je sais combien compte pour un département comme l’Aveyron, l’ICHN, qui permet à vos exploitations d’investir dans les outils de production et au-delà dans la vie économique locale, dans le territoire. Je note aussi la demande des JA de voir maintenu le Top up pour le soutien des installations.

- Quelles sont les perspectives pour l’agriculture ?

D. Guillaume : L’agriculture est à un tournant, nous devrons passer le cap de ce moment difficile mais je suis optimiste pour l’avenir. L’ouverture du marché français vers la Chine va apporter une bouffée d’oxygène et même s’il ne fera pas tout, il apportera du développement et des perspectives de façon générale. Le marché est ouvert : il faut y aller. Sur le site d’AOP et de la Société Porc Montagne, ils nous ont dit que l’export vers la Chine avait permis un rebond de 17% de l’activité, ce n’est pas rien !

Nos concitoyens sont attachés aux produits de qualité, aux filières tracées et transparentes. Dans ce créneau, les produits de l’Aveyron ont toute leur place. Il faut continuer en ce sens. Nous allons aussi lancer une grande politique de l’étiquetage, un plus pour les agriculteurs en terme de communication.

Je suis confiant en l’avenir parce que l’agriculture française est la plus durable du monde. Notre alimentation est saine, sûre et durable. Nous aurons toujours besoin des agriculteurs pour nourrir le monde.

- Quels sont les enjeux à venir ?

D. Guillaume : L’objectif est que les agriculteurs gagnent leur vie. Je sais que les Etats généraux de l’alimentation tardent à porter leurs fruits. Nous nous battons pour que les négociations commerciales de cette année appliquent les nouvelles règles. Les plans de filière seront des outils importants pour apporter de la rémunération aux agriculteurs. Il faudra les construire et les faire fonctionner. S’il faut corriger, on corrigera par des mesures, par la loi si besoin. Les agriculteurs font un travail remarquable et la loi doit leur donner raison».

Recueillis par Eva DZ

21 novembre 2019

Missions d’enquête sécheresse 2019 : les données recueillies sur le terrain

A la demande de la FDSEA et des JA de l’Aveyron, la préfète a mandaté la DDT pour réaliser des missions d’enquête calamités agricoles suite à la sécheresse de cette année. Deux d’entre elles se sont déroulées les 14 et 19 novembre, la troisième et dernière avait lieu ce jeudi 21 novembre.

Trois journées ont été programmées sur le terrain pour permettre à la DDT de recueillir les données chiffrés et les taux de perte de récolte dans des exploitations témoins du département. Entourés des responsables locaux des réseaux FDSEA et JA, les représentants de l’administration ont échangé avec les agriculteurs, sur une dizaine d’exploitations. Les deux premières journées, les 14 et 19 novembre, ils se sont rendus sur la zone Est du département s’étendant du nord Aveyron aux Grands Causses et le 21 novembre, sur la zone Ouest du département Bas Quercy et Ségala.

De 35 à + de 60% de pertes de récolte

De façon globale, les données recueillies établissent un taux de perte de récolte s’échelonnant sur les zones retenues entre 35 % et plus de 60%. Les effets cumulés d’un hiver à rallonge, de très fortes températures dès le mois de juin et de faibles pluviométries pendant toute la saison ont entraîné des dégâts importants sur les récoltes fourragères, y compris sur les maïs.

L’ensemble des données vont être compilées par la DDT puis validées lors d’un comité départemental d’expertise le 9 décembre. Les responsables de la FDSEA et des JA espèrent pouvoir défendre le dossier de l’Aveyron devant la commission nationale des calamités agricoles fin janvier 2020.

Eva DZ

A noter que le réseau FDSEA et JA a invité Joël Limouzin, membre du bureau FNSEA et en charge du dossier gestion des risques (il siège à la commission nationale des calamités agricoles à venir en Aveyron, le 21 janvier, sur le secteur de Sévérac d’Aveyron.

24 octobre 2019

Action FDSEA-JA : tous les cantons de l’Aveyron affichent leur ras-le-bol !

Tous les cantons de l’Aveyron portent le même message pour être entendus. Ils ont répondu à l’appel à mobilisation de la FDSEA et des JA en affichant des banderoles «N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas !», depuis lundi 21 octobre.

Sur tous les lieux de passage des différents cantons de l’Aveyron, les agriculteurs, à l’appel de la FDSEA et des JA, ont déployé leur message de façon locale. «Nous avons encore des choses à dire et il faut le dire et le répéter pour bien nous faire comprendre», ont expliqué Anthony Quintard, président de JA 12, Germain Albespy, secrétaire général de la FDSEA et François Fleys à l’issue d’une rencontre avec la préfète, mardi 22 octobre. Depuis la veille, tous les cantons de l’Aveyron ont affiché leur mécontentement contre les accords commerciaux CETA - MERCOSUR, contre l’agri-bashing dont ils sont victimes... «Comme d’habitude, la préfète s’est montrée très attentive à nos préoccupations qui concernent les accords commerciaux CETA et MERCOSUR, l’agri-bashing, la sécheresse, les contrôles PAC...», a résumé Anthony Quintard.

Leur démarche s’inscrit dans une stratégie nationale du réseau FNSEA - JA qui multiple les actions syndicales dans toute la France jusqu’à un rassemblement à Strasbourg en novembre au moment de la venue des ministres européens de l’agriculture.

Montée en puissance des actions

«Les agriculteurs français sont contre le CETA et contre le MERCOSUR», ont rappelé les responsables FDSEA et JA à l’issue de leur entrevue avec la préfète de l’Aveyron accompagnée du directeur de la DDT. «Nous dénonçons cette distorsion de concurrence et cette concurrence déloyale entre notre modèle agricole et une agriculture qui ne répond pas aux standards français et européens. On ne cesse de le répéter parce que le gouvernement, l’Etat doivent l’entendre», poursuivent-ils. Ils dénoncent l’incohérence des positions politiques qui d’un côté défendent une France «toute verte, toute propre» et d’un autre, ouvre ses portes à des produits «de merde». «Agacés» par le manque de réponse du gouvernement et du chef de l’Etat à ce sujet, les agriculteurs de la FDSEA et des JA promettent de faire monter la pression et d’aller crescendo dans les actions syndicales.

«Clairement nous allons manquer de patience et le monde agricole monte en pression face aux attaques dont il fait l’objet», a poursuivi Anthony Quintard, faisant ainsi allusion aux remises en question voire au reniement permanent de la profession. «Les intrusions dans les élevages, les reportages à charge, sans vérification de l’information, sans fondement scientifique... nous en avons assez !», fulminent les responsables FDSEA et JA. «Les agriculteurs n’en peuvent plus de ces discours et si aucune décision n’est prise pour que ceux qui s’introduisent dans les élevages, ceux qui mettent en cause l’agriculture sans fondement soient punis, il arrivera des catastrophes et nous ne voulons pas en arriver là. C’est pourquoi nous attendons des réponses du gouvernement sur ce sujet».

Sécheresse 2019 : une demande de reconnaissance sera déposée

Autre sujet qui inquiète la campagne aveyronnaise : la sécheresse qui a touché le département cet été. La préfète de l’Aveyron et le DDT ont confirmé à la délégation de responsables FDSEA et JA qu’un dossier de demande de reconnaissance au titre des calamités agricoles allait être déposé. Les missions d’enquête vont démarrer sur plusieurs zones du département avec l’administration afin d’apporter des éléments chiffrés.

Enfin, concernant le versement des aides PAC pour les exploitations qui ont été contrôleés, les représentants de l’Etat ont assuré que les paiements étaient en cours.

Eva DZ

17 octobre 2019

Conférence et journée d’échanges : les agricultrices prennent leur place !

Il y a un an à l’initiative de deux jeunes agricultrices membres de JA, un groupe s’est créé pour encourager les agricultrices, et elles sont de plus en plus nombreuses, à s’engager pour défendre leur métier et leur place. Elles se sont retrouvées pour une journée d’échanges mardi 15 octobre à Rodez.

A l’image de la féminisation de l’agriculture au niveau national et en Aveyron, les agricultrices étaient nombreuses à participer à la journée d’échanges autour de l’engagement au féminin. Chefs d’exploitation, membres de GAEC, conjointes collaboratrices, tous les profils étaient représentés, de même que la diversité des productions et des régions naturelles du département. «Ca me fait chaud au cœur de voir toutes ces femmes réunies et réfléchir ensemble pour encourager d’autres agricultrices à les rejoindre», a introduit Marie-Thérèse Lacombe en doyenne de la rencontre et de l’engagement des femmes en agriculture.

«La relève est là !»

Parce qu’il est important de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, Marie-Thérèse Lacombe a rappelé quelques points d’histoire. Et l’histoire n’est pas si éloignée que cela, du temps où les femmes n’avaient pas leur mot à dire sur les fermes : «elles étaient des bras de plus pour travailler et elles assuraient la descendance !», se souvient Marie-Thérèse Lacombe, qui toute sa vie a travaillé «sans titre» pour une «retraite minable». De son engagement à la JACF où elle a rencontré Raymond Lacombe à son arrivée en Aveyron en 1958 : «notre première décision a été de construire notre propre maison pour ne pas subir le fléau de la cohabitation avec les beaux-parents !». De ses actions militantes au niveau national pour faire reconnaître la place des femmes dans l’agriculture à son implication locale dans les groupes de vulgarisation féminine. «Dans ces groupes, les femmes ont travaillé sur des sujets concrets : amélioration de l’habitat, mise en place de petits élevages hors-sol, prise en main de la comptabilité et de la TVA...», se souvient-elle. Et de revenir sur les faits marquants de la reconnaissance des femmes en agriculture : transparence dans les EARL en 1985, reconnaissance des associés dans la DJA en 1987, statut conjoint collaborateur en 1999, couverture sociale en 2006, GAEC entre époux en 2010... «Mais il y a encore beaucoup à faire», avance Marie-Thérèse Lacombe. Sabine Naudan - Delbosc, vice-présidente de la MSA pour l’Aveyron, évoquant ainsi la présence d’une cinquantaine de femmes toujours sans statut en Aveyron aujourd’hui.

Maman de 5 enfants, agricultrice et vice-présidente de la MSA

Sabine justement, a présenté son parcours. Celle qui ne se destinait pas à l’agriculture a choisi de prendre le relais de sa maman sur la petite ferme familiale à Lassouts, en 2003. A 41 ans, elle est maman de 5 enfants (de 3,5 à 13 ans) et est engagée à la MSA depuis 2005. «Je ne concevais pas d’être agricultrice sans m’engager. C’est Jacques Bernat alors président de la MSA, qui est venue me chercher !», se souvient-elle. Jacques Bernat fut d’ailleurs l’un des pionniers dans la féminisation du conseil d’administration d’une OPA avec aujourd’hui 7 femmes sur 9 administrateurs pour l’Aveyron à la MSA !

«Je ne vais pas le cacher, la vie au quotidien c’est du sport ! Il faut bien s’organiser et prioriser : mon rôle de maman, mon métier d’agricultrice et mon engagement à la MSA. C’est une organisation, il ne faut pas s’attacher aux détails !». Pour elle, l’engagement a été naturel : «je pense qu’avant tout les femmes doivent avoir envie de s’engager, ça ne doit pas être une obligation. Personnellement, passer du temps en dehors de la ferme, c’est source d’épanouissement personnel. Alors c’est sûr il y a parfois les non-dits sur le fait que j’ai 5 enfants à la maison et une ferme à faire tourner et que je consacre en moyenne 3 jours par semaine à la MSA mais j’ai la chance d’être bien accompagnée par mes proches et mon mari qui va me rejoindre sur la ferme».

Maman de 3 enfants, agricultrice et secrétaire général FDSEA

Son engagement dans le syndicalisme, Valérie Imbert (47 ans), en GAEC avec son mari à Saint Santin depuis 14 ans, présidente de la section bovins viande FDSEA et secrétaire générale de la FDSEA, le doit aussi à ses proches : «mon mari, mes 3 enfants (15, 17 et 21 ans), mes beaux-parents m’encadrent bien et je ne pourrais pas partir si je n’étais pas sûre qu à la maison et sur la ferme, ça suit !». Engagée dans le secteur bovins viande, a priori très masculin, Valérie n’a jamais ressenti de freins : «Bien sûr l’engagement ça fait un peu peur mais aux hommes parfois aussi ! J’avais simplement envie d’avancer, de mener mon combat d’agricultrice, à mon rythme et petit à petit j’ai fait ma place». Pour elle, «être en responsabilité est plutôt gratifiant : on participe à la construction de l’agriculture de demain».

Maman de 2 enfants, agricultrice et présidente du pôle élevage à la Chambre d’agriculture

Virginie Albespy (35 ans) est agricultrice en GAEC avec son mari Germain, lui aussi engagé syndicalement, sur la commune du Bas Ségala. Elle ne se destinait pas forcément à l’agriculture mais le projet qu’avait Germain sur la ferme familiale l’a convaincu de se lancer, en 2008. Les premières élections Chambre d’agriculture avec la parité se profilant, elle a été contactée ! «J’avais 27 ans, j’avais eu mes deux enfants (âgés aujourd’hui de 8 et 11 ans), et j’avais besoin de faire quelque chose pour moi en lien avec mon métier. J’ai dit oui !», se souvient Virginie. Et pour son premier mandat, elle a pris la responsabilité du Contrôle laitier caprin. Depuis les dernières élections, elle a pris la responsabilité du pôle élevage à la Chambre d’agriculture. «J’ai réussi à faire ma place, je connais les rouages et puis, quand on est une femme, on ne peut pas se permettre de faire une réunion de 3h sans avancée ! C’est pour moi inconcevable. Si on s’engage c’est pour faire avancer les choses». A la ferme, c’est facile de se faire remplacer mais à la maison c’est plus compliqué ! «Si je m’épanouis dans cet engagement c’est aussi grâce à mon mari, mes enfants, ma famille. Chacun se responsabilise et nous avançons en confiance».

Plusieurs formes d’engagement

S’engager comme on veut, quand on veut, c’est le message que ces agricultrices veulent faire passer. «Une journée sur l’engagement au féminin comme celle d’aujourd’hui est importante parce qu’elle montre qu’on peut s’engager à tout niveau, que ce soit localement pour sa commune, ou dans les filières, les organisations professionnelles, le syndicalisme, chacune peut trouver sa place, il suffit d’oser, de ne pas se sous-estimer», un joli message d’espoir pour toutes celles qui hésitent encore !

Eva DZ

10 octobre 2019

Accords CETA : stop au «dialogue de sourd» !

Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande de la FDSEA de l’Aveyron représentait avec Bruno Dufayet, président de la FNB, les éleveurs lors du débat sur le CETA avec plusieurs députés issus des différents bancs de l’Assemblée Nationale. Un débat qui a tourné court puisque les députés de la Majorité ont été invités à quitter la salle et le Sommet de l’élevage par les éleveurs, instatisfaits des réponses avancées.

«Pour mon premier débat, ce fut un peu chaud !», Valérie Imbert participait à la rencontre avec les députés sur la question du CETA et son impact sur le secteur de la viande bovine française. «Les élus de la majorité qui ont voté pour le CETA ont campé sur leurs positions et même si nous avons pu avancer nos arguments et expliquer que nous ne pouvons pas nous battre à armes égales avec le Canada, ils n’ont pas démordu».

Dans le viseur des éleveurs, Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse, rapporteur de la loi issue des Etats généraux de l’alimentation et présent à la rencontre : «Vous ne pouvez pas d’un côté voter une loi en France qui interdit de faire entrer sur le territoire national, des produits ne respectant pas les normes européennes et de l’autre signer le CETA qui engage la France à accueillir de tels produits... Où est la cohérence politique dans cette attitude ?», a interpellé Bruno Dufayet, président de la FNB. Et Valérie Imbert de tirer la sonnette d’alarme face aux conséquences d’un tel accord commercial devant Roland Lescure, député de la Majorité, représentant les Français établis au Canada et aux Etats-Unis et président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée générale. «Vous devez assumer vos actes et prendre la responsabilité de la perte de 30 000 éleveurs si cet accord se met en place parce qu’il créera incontestablement un déséquilibre sur nos marchés», a-t-elle avancé.

Pour «refaire le débat du CETA», participaient également André Chassaigne, député Front de Gauche de la montagne thiernoise, Jean-Yves Bony, député cantalien Les Républicains et François Ruffin, député de la Somme France Insoumise.

Roland Lescure a souhaité ramener le débat sur le terrain de «l’indispensable adaptation des accords de libre-échange au XXIème siècle», Jean-Baptiste Moreau a tenté de minimiser la portée du CETA, le qualifiant de «globalement positif». André Chassaigne s’est dit méfiant : «le globalement positif, pour les pays dit socialistes, on a vu ce que ça a donné !». Et d’estimer qu’en votant le CETA, «c’est le fenestron de nos fenêtres qu’on a ouvert. La prochaine fois, ce sont les portes des granges que l’on va ouvrir !».

François Ruffin, «ne veut pas de cette mondialisation Shadock, où on importe de la viande du Canada, en disant réexporter en Chine. Mais il ne s’agit pas de fermer les frontières à l’entrée et à la sortie. On choisit ce qu’on fait rentrer, et les autres ont leur liberté commerciale pour choisir ce qu’ils veulent faire rentrer». Tout comme son collègue Chassaigne, il estime qu’avec le vote favorable au CETA, la majorité a ouvert la boîte de Pandore, et «devra en assumer les conséquences». Première de ces conséquences : une expulsion des députés ayant voté le CETA du site, au terme d’1h30 de débat.

«Nous avons vécu cette signature comme une trahison et venir la défendre au Sommet devant un parterre d’éleveurs est tout simplement honteux», a réaffirmé Patrick Benezit, secrétaire général de la FNSEA après qu’une centaine d’éleveurs du réseau FNSEA-JA-FNB aient mis dehors les députés Moreau et Lescure. «La réaction des éleveurs est à la hauteur du mépris et de l’affront que les députés nous ont fait. Le vrai problème est le manque de reconnaissance de notre profession d’éleveurs par les élus de notre pays», a-t-il conclu.

Eva DZ

et Sophie Chatenet (PAMAC)

10 octobre 2019

«France, veux-tu encore de tes paysans ?» : opération dégustation à Rodez

«France, veux-tu encore de tes paysans ?», c’est derrière ce slogan interrogateur que FDSEA et JA Aveyron ont rejoint l’action nationale lancée mardi 8 octobre par le réseau FNSEA et JA, avec une dégustation organisée dans le centre-ville de Rodez.

Cette action «bon enfant» s’est déroulée au Carrefour St-Etienne à Rodez autour d’une dégustation de produits locaux issus des productions agricoles de l’Aveyron. Objectif, communiquer dans la convivialité sur des dossiers qui préoccupent les paysans français, comme les accords internationaux, CETA/Mercosur, mais aussi l’agri-bashing, les contrôles... «Le sentiment de ras-le-bol chez les agriculteurs est général», selon la FDSEA et les JA. Ils mettent en avant «le manque de considération de la profession qui devient insupportable» et regrettent que «l’Etat n’apporte aucune réponse aux problèmes». Et de rappeler que «dans un tel contexte, les JA et la FNSEA ont mis en place une stratégie syndicale nationale jusqu’au mois de novembre».

Pour cette première action, la FDSEA et les JA de l’Aveyron ont choisi une approche de mobilisation différente que celle lancée au niveau national. «Nous nous réunissons ici à quelques pas de la préfecture pour proposer aux passants de déguster des produits locaux. En valorisant nos productions, nous rappelons ainsi la valeur de notre travail et demandons à la France si elle souhaite encore conserver ses paysans, au sens noble du terme !», lâche Valérie Imbert, secrétaire générale de la FDSEA. Cette action nationale est aussi une alerte lancée auprès des pouvoirs publics : «nous sommes malmenés, entre l’agribashing, les Egalim, le CETA, les ZNT, la concurrence déloyale, les agressions verbales et physiques contre les agriculteurs... Nous n’en pouvons plus !».

Pour Valérie Imbert, la démarche aveyronnaise ciblait en effet les consommateurs pour le moment : «nous avons préféré faire cette dégustation pour expliquer pourquoi nous revendiquons cette action-là, en demandant au consommateur d’être acteur dans sa démarche d’achat en faveur de nos produits français. Nous sommes tous responsables lorsque nous allons acheter et consommer à l’extérieur, en nous renseignant sur l’origine des produits. C’est notre devoir, que nous soyons dans un restaurant, un hôpital, chez un franchisé national... Plus nous mettrons la pression sur eux, et plus l’étiquetage s’imposera. La qualité de notre agriculture est reconnue. Nous devons être entendus par le gouvernement pour la survie de nos territoires ruraux !».

Le message est plutôt bien passé auprès des Aveyronnais lors de cette action conviviale. Prochain rendez-vous, mardi 22 octobre avec le convoi de tracteurs qui convergera vers la préfecture de Rodez, toujours dans le cadre d’une action nationale qui doit se terminer à Strasbourg vendredi 15 novembre devant les ministres de l’agriculture de l’UE.

D.B.

03 octobre 2019

Didier Guillaume à Rodez : le ministre à l’écoute des agriculteurs

Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume, a rencontré la profession agricole aveyronnaise jeudi 26 septembre à la Maison de l’agriculture à Rodez.

Cette réunion agricole était programmée en préambule à la visite d’Emmanuel Macron, lequel devait animer le Grand débat national sur les retraites. Ce débat a été reporté au 3 octobre, suite au décès de Jacques Chirac (lire page 24). La réunion avec Didier Guillaume s’est déroulée en présence notamment de la FDSEA, des JA, des membres du Conseil de l’Agriculture Française (CAF) et de tous les parlementaires aveyronnais et des services de l’Etat. Vu son calendrier chargé, le ministre a promis de revenir en Aveyron pour une durée plus longue. Cette rencontre de deux heures a quand même permis de passer en revue les différents dossiers qui préoccupent les OPA (lire ci-dessous).

«Le modèle aveyronnais»

A sa sortie de réunion, Didier Guillaume a loué l’agriculture aveyronnaise : «ce modèle, par excellence, permet à la fois d’aménager le territoire, de faire vivre les agriculteurs, et d’alimenter les concitoyens par des circuits courts. Ce modèle, c’est de la polyculture-élevage, du lait, de la transformation avec le Roquefort, du Veau d’Aveyron, et beaucoup de labels. Ce modèle est formidable. Je ne dis pas ça parce que je suis en Aveyron !». Le ministre tempère cependant : «l’agriculture française est diverse et ce n’est pas le modèle aveyronnais qui peut tout résoudre. Mais il faut, que partout ailleurs, l’on regarde ce qui se fait ici !».

Jacques Molières confirme : «le modèle agricole aveyronnais, c’est un équilibre entre les hommes, le territoire et l’économie. C’est à partir de là que se construit l’agriculture de demain dans ce département». Pour Laurent St-Affre, «notre modèle plaît en effet au ministre, avec ses exploitations agricoles familiales, à taille humaine, qui installent et se renouvellent au maximum. Didier Guillaume défend aussi les productions de qualité et ne veut pas que les territoires dits difficiles soient abandonnés».

Dominique Fayel (FNSEA) résume quelques points évoqués lors de cette rencontre : «sur l’agribashing, le ministre a été habile, en commençant la réunion sur ce sujet là, en lien avec les ZNT, certains arrêtés municipaux, les agressions d’éleveurs, et attaques d’élevages. Didier Guillaume affiche certes son soutien total et ferme, mais nous attendons plus encore. Le gouvernement doit mobiliser ses forces de l’ordre et apporter une réponse judiciaire ferme ! Et mettre un terme à certaines ambiguïtés dans un discours public pouvant donner l’impression d’aller dans le sens des caprices sociétaux qui vont trop loin. Nous attendons un soutien verbal avec une réaction plus ferme de la part des pouvoirs publics».

A propos des Egalim, selon Dominique Fayel, «le ministre fait lui aussi un constat d’échec, partiel à ce stade, notamment sur le relèvement du seuil de vente à perte. Sur ce point, le ministre a annoncé qu’il reviendrait sur ce seuil si la situation n’évoluait pas en faveur des producteurs. Nous avons mis l’accent sur cet angle mort des Egalim, et le poids excessif de la grande distribution. Le ministre nous a dit qu’il s’appuierait sur le récent rapport parlementaire pour faire évoluer certaines règles».

Le maintien de l’ICHN

A propos de la PAC 2020, la profession agricole a prévu d’en reparler avec le ministre lors de sa venue au Sommet de l’élevage cette semaine. «Nous voulons le maintien du budget, malgré le Brexit. Pour l’heure, ce débat est français, et nous savons que cela se négocie difficilement au niveau des Etats membres de l’UE. Nous voulons aussi le maintien de l’ICHN» martèle le représentant aveyronnais de la FNSEA. Les OPA ont également mis l’accent sur la contribution climat évoquée dans une nouvelle PAC.

Pour Dominique Fayel, «notre modèle agricole aveyronnais amène une solution avec la prairie permanente, et celle qui est cultivée. Le tout a un intérêt certain pour stocker du carbone. Ces points-là devront être intégrés avec l’ICHN ou aux éco-dispositifs (éco-scheme)». Dominique Fayel conclut : «avec cette rencontre, l’essentiel pour nous était de planter quelques jalons en vue de la PAC 2020 !».

D.B.

26 septembre 2019

FDSEA - JA : le ministre de l’agriculture rencontre les agriculteurs aveyronnais

Alors que le Président de la République était attendu jeudi 26 septembre pour animer un débat sur les retraites à la salle des fêtes de Rodez, la FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture et les organisations professionnelles agricoles ont obtenu une rencontre avec le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, le matin même dans les locaux de la Maison de l’agriculture.

Jusqu’à la dernière minute le doute a plané sur une possible rencontre demandée par la FDSEA, les JA, la Chambre d’agriculture et les organisations professionnelles agricoles auprès du Président de la République, Emmanuel Macron, en visite à Rodez jeudi 26 septembre. Le chef de l’Etat était en effet attendu en fin de journée pour participer à un débat sur les retraites à la salle des fêtes. Finalement, les représentants de la profession agricole ont obtenu une rencontre avec le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, le matin même afin de faire remonter leurs problématiques et échanger sur les dossiers d’actualité.

Et ils sont nombreux ! En amont de cette rencontre, le président des JA, Anthony Quintard et la secrétaire générale de la FDSEA, Valérie Imbert, ont rencontré la préfète de l’Aveyron, Catherine Sarlandie de la Robertie, afin d’évoquer les dossiers sur lesquels ils voulaient échanger avec le représentant de l’Etat.

Rencontre avec Didier Guillaume

Entre autres sujets ont notamment été évoqués la PAC 2020, le dossier Installation/Transmission, la Loi alimentation, les accords commerciaux, les contrôles PAC et visites rapides, le soutien à l’export, les Zones Non Traitées, le budget des Chambres d’agriculture, la politique de gestion de l’eau et bien sûr les retraites, le sujet phare de la visite présidentielle en Aveyron.

Sur chacun des sujets, la FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture entendent faire remonter leurs positions. Pour la prochaine PAC, ils défendent des orientations pour une politique ambitieuse. Ils réaffirment la priorité de l’installation - transmission pour assurer l’agriculture de demain. Concernant la loi alimentation, ils exigent des outils juridiques au complet pour une construction du prix «en marche avant».

Ils ont rappelé leurs positions sur les accords commerciaux que ce soit le CETA ou le MERCOSUR : «n’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas !». Et sur les contrôles PAC et visites rapides, ils répètent que tous les agriculteurs doivent percevoir les acomptes des aides PAC aux dates prévues.

Participation au grand débat sur les retraites

Quant au dossier des retraites, les responsables de la profession agricole demandent les mêmes droits que les autres professions ainsi qu’un relèvement de la retraite minimum à 1 000 € pour les retraités actuels et à venir et des bonifications forfaitaires communes à tous les régimes. Quelques agriculteurs étaient d’ailleurs présents lors du grand débat avec le Président de la République accompagné de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé de la réforme des retraites et délégué auprès de la ministre des solidarités et de la santé, face à un panel de 500 citoyens venus de toute la région Occitanie sur le thème des retraites. L’occasion de faire remonter leurs positions et leurs demandes auprès du chef de l’Etat.

Eva DZ

La Volonté Paysanne reviendra en détail sur ces rencontres avec le ministre de l’agriculture et avec le Président de la République sur son site internet et dans sa prochaine édition.

19 septembre 2019

Face à la prédation du loup : la FDSEA et les JA allument deux feux !

Comme l’année dernière, la FDSEA et les JA ont répondu à l’appel des maires ruraux de l’USAPR (union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales) en allumant deux feux, l’un dans le nord du département et l’autre dans le sud, vendredi 13 septembre, afin d’afficher la détresse des territoires soumis à la prédation du loup.

Parce qu’il ne faut pas relâcher la pression face à la prédation du loup dans les élevages, la FDSEA et les JA ont répondu à l’appel de l’Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales (USAPR) portée par les maires. Déjà l’année dernière, les agriculteurs du département avaient participé à l’illumination du ciel européen pour alerter sur la détresse du monde de l’élevage face à la prédation par le loup.

A Laguiole et à Sainte Eulalie de Cernon

Vendredi 13 septembre, ils étaient une nouvelle fois au rendez-vous. Dans le sud Aveyron, sur la commune de Sainte Eulalie de Cernon, ils étaient une quarantaine d’éleveurs accompagnés de quelques élus locaux à alimenter un feu. «Même si sur notre territoire, nous avons recensé bien moins d’attaques avérées du loup, nous restons solidaires de la démarche engagée au niveau européen et nous maintenons la pression parce que la menace est toujours présente», a souligné Stéphane Desplas, responsable de la région Millau de la FDSEA. «C’est l’occasion aussi de se retrouver entre éleveurs pour échanger et passer un moment convivial», poursuit l’éleveur ovin.

Au même moment, la mobilisation était aussi organisée dans le Nord Aveyron, à Laguiole, sur l’exploitation de François Solignac à Oustrac. Ils étaient environ 25 éleveurs, eux aussi accompagnés d’élus locaux pour allumer un feu. «Nous avons répondu au mot d’ordre européen parce que nos territoires sont touchés par la prédation par le loup», souligne Laurent Lemmet, secrétaire de la section bovins viande FDSEA. «Nous voulons réaffirmer que l’agropastoralisme n’est pas compatible avec le loup», a-t-il poursuivi.

Sur l’ensemble du département, en 2019, 18 constats d’attaques sur des troupeaux ont été expertisés, dont 6 ont conclu à une attaque avérée du loup, essentiellement sur des troupeaux ovins. Les éleveurs de l’Aveyron espèrent que l’appel et la mobilisation qu’ils ont réalisé le 13 septembre seront entendus.

Le plafond 2019 atteint

A ce jour, en 2019, 90 loups ont été prélevés en France. La FNSEA a donc adressé un courrier le 12 septembre au préfet coordonnateur du plan loup, Pascal Mailhos. Ce chiffre correspond au plafond de prélèvement pour l’année 2019, fixé à 17% de l’effectif de loups (530 animaux). Dans son courrier, la FNSEA demande au préfet «d’autoriser immédiatement la poursuite des prélèvements comme la réglementation en vigueur (…) le permet». D’après l’arrêté du 26 juillet 2019, le préfet coordonnateur peut relever le plafond de prélèvement de 2% (soit 10 individus) si celui-ci est atteint en cours d’année. «Les éleveurs doivent pouvoir continuer à défendre leurs troupeaux dans le cade de tirs de défense mixte, renforcée et de tirs de prélèvement simple et renforcé», réclame la FNSEA. En 2018, le plafond initial (48 canidés, soit 10% de la population) avait été atteint en octobre, puis relevé de 2%. Face à la croissance de la population de loups, Emmanuel Macron avait annoncé en mars une hausse du plafond de prélèvement.

Le lendemain de ces actions, le préfet coordonateur a annoncé qu’il autorisait le plafond de prélèvement de 2%. «Notre pression a porté ses fruits, nos messages sont bien entendus», ont commenté satisfaits les responsables de la FDSEA et des JA de l’Aveyron.

Eva DZ

29 aout 2019

CETA-MERCOSUR : FDSEA et JA reçus chez la députée Anne Blanc

Une délégation FDSEA-JA a été reçue par Anne Blanc, députée de l’Aveyron, mercredi 28 août, à Naucelle. Les accords commerciaux étaient notamment à l’ordre du jour.

Les responsables syndicaux aveyronnais ont rencontré Anne Blanc, comme ils l’avaient fait avec le député Stéphane Mazars dans le cadre du CETA, à la veille de l’accord finalement ratifié par l’assemblée nationale le mardi 23 juillet, avec une courte majorité (266 voix contre 213). Les deux députés LREM s’étaient alors abstenus. Laurent St-Affre (FDSEA) et Romain Déléris (JA) étaient à la tête de la délégation reçue à la permanence de la députée à Naucelle. «Nous avons en effet fait un point sur différents dossiers, dont celui du CETA. Anne Blanc nous a confié que sa position pourrait évoluer vers un refus du CETA. Le texte doit être examiné par le Sénat à la rentrée puis passer en seconde lecture à l’assemblée nationale si l’accord n’est pas ratifié par le Sénat».

Amazonie...

S’agissant du MERCOSUR, «nous sommes satisfaits de la prise de conscience d’Emmanuel Macron, qui refuserait de signer cet accord, dans le cadre de discussions actuellement difficiles avec le Brésil sur les feux en Amazonie... Ce pays pratique une agriculture opposée à la nôtre». Romain Déléris ajoute : «notre travail est d’argumenter et de convaincre nos députés avec du contenu. Ce travail mené en amont commence à jouer en notre faveur, même si nous aurions souhaité un acte de courage plus fort de la part de nos deux députés LREM !».

Valérie Imbert a rappelé que les viandes d’Amérique du sud ne sont pas tracées, «avec des animaux nourris aux OGM et aux farines animales. Le risque est de retrouver ces produits dans la restauration collective, nos cantines, les plats préparés !».

La délégation a également évoqué d’autres dossiers, comme la loi EGAlim. Anne Blanc a annoncé la mise en place de missions parlementaires dans les départements. Pour Romain Déléris, «nous sommes très loin des résultats attendus en terme de revalorisation de nos prix dans le cadre de nos plans filières mettant en avant les coûts de production». Autre sujet évoquée avec la député, l’identification caprine déjà soulevé auprès de la préfète (lire page 3).

D.B.

29 aout 2019

Sécheresse : la préfète s’est rendue sur une exploitation

La FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture ont invité la préfète de l’Aveyron, jeudi 22 août, à La Terrisse, pour l’alerter de la situation dans certaines zones du département tant pour ce qui concerne les récoltes fourragères que la pâture des animaux.

Catherine Sarlandie de la Robertie a été accueillie sur la ferme bovins lait de Serge Franc à La Terrisse, par Laurent Saint-Affre, président FDSEA, Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, Benoît Fagegaltier, vice-président et responsable régional de la FDSEA, Jean-Claude Anglars, vice-président du Conseil départemental, Pauline Cestrieres, suppléante du député Stéphane Mazars, Vincent Alazard, conseiller départemental, et des élus locaux.

«La faiblesse des précipitations depuis le début d’année, associée à des épisodes de fortes températures, a impacté les récoltes fourragères et la pâture des animaux» relèvent la FDSEA et les JA. «La situation est déjà très problématique pour bon nombre d’exploitations. Le manque d’herbe implique l’achat de fourrages supplémentaires et imprévus, ce qui n’est évidemment pas du tout bienvenu alors que les trésoreries sont extrêmement tendues du fait de la conjoncture et des charges». Le but de cette visite préfectorale était en effet de «mesurer l‘impact de ces conditions climatiques sur une ferme et envisager les mesures à engager».

De lourdes pertes

Selon l’étude de la Chambre d’agriculture, les pertes de fourrage sont jugées préoccupantes pour ce système de production à base d’herbe. «Du fait de la sécheresse, aucune seconde coupe n’a été réalisée. A ce jour, il manque également 40 à 45 jours de pâture compensés par de la distribution de fourrage. Si l’on compare la récolte de 2019 à celle d’une année normale, le différentiel s’établit à 71 tonnes, soit un taux de perte de 38 %». Pour faire face à cette situation, 36 tonnes de foin ont déjà été achetées. Une commande complémentaire de 20 tonnes est d’ores déjà envisagée pour compenser l’absence de foin de seconde coupe. Elle sera à moduler en fonction de la pâture qui sera possible à l’automne. Par ailleurs, il est à noter que, compte tenu de la sécheresse de 2018, il n’y avait aucun report de stock, sur cette exploitation bovins lait. Les achats de fourrages induits pourraient déjà représenter un coût de 13 000 €.

A ces charges supplémentaires, est venue se rajouter une baisse de la production laitière d‘environ3 000 litres en juillet et août.

Pour l’heure, les conséquences financières pourraient se situer dans une fourchette comprise entre 14 000 et 15 000 €.

Au-delà de cette situation et de celle de ce secteur, des agriculteurs de d’autres zones du département également touchées sont intervenus pour témoigner appelant là aussi à toute l’attention des pouvoirs publics.

La FDSEA et les JA n’ont enfin pas manqué de rappeler la situation dans laquelle sont plongés nombre d’agriculteurs. Ils sont en train d’évaluer les pertes de 2019 alors que les dossiers de calamité de 2018 n’ont encore induit aucun versement pour les communes reconnues en commission nationale.

En complément de cet état des lieux inquiétant, la profession agricole a reposé la question des retenues colinaires, dénonçant «la réglementation contraignante, même pour les petites réalisations» selon Jacques Molières. «Il est essentiel que tout le monde aille dans le même sens pour sécuriser les stocks de fourrage. Les agriculteurs doivent continuer à porter de type de projets».

Une attention toute particulière sera portée dans les semaines à venir sur l’évolution de la situation dans les zones du département les plus impactées à cette heure afin d’étudier la possibilité de l’engagement d’une démarche de demande de reconnaissance en calamité agricole au regard des taux de perte minimum à atteindre sur la campagne.

22 aout 2019

Contrôles de prix du lait dans les GMS : la FDSEA mobilisée pour le prix

La section bovins lait FDSEA a participé ce mardi 20 août à la campagne de relevé de prix des produits laitiers dans les GMS, à l’appel de la FNPL.

Le prix du lait de vache, le non respect des engagements pris suite aux Etats généraux de l’alimentation et l’entrée en application de la loi EGAlim qui en découle, sont toujours d’actualité pour les producteurs français. La FNPL a décidé d’organiser sur l’ensemble du territoire français «une campagne de relevé de prix en magasin», déplorant par là même «l’énorme manque de transparence sur les évolutions tarifaires». Cette action a été lancée le 2 août et s’est terminée cette semaine, avec l’appui des sections laitières FDSEA du réseau national.

Prix de revient

Selon la FNPL, «la mise en œuvre de la loi alimentation a été accompagnée d’accords médiatisés entre distributeurs et transformateurs. Il s’agit d’accords de revalorisation tarifaire au titre de la prise en compte de notre prix de revient en élevage laitier». Pourtant, dénonce la FNPL, «quelques mois après la fin des négociations commerciales, la prise en compte du prix de revient dans la fixation du prix du lait est à la peine, ou reste du moins très insuffisante. Impression de déjà vu, transformateurs et distributeurs se renvoient la responsabilité. Certaines entreprises vont même jusqu’à affirmer qu’il s’agit d’un jeu de dupe entre hausse sur les marques et baisse sur les MDD. La loi EGAlim doit devenir une réalité au travers d’une retranscription sur les prix en GMS» martèle encore la FNPL.

«Une action visible»

En Aveyron, la section laitière FDSEA emmenée notamment par son président, Claude Falip, et le secrétaire général de la section, Jérôme Valière, a effectué des relevés de prix de produits laitiers dans diverses enseignes GMS, notamment ce mardi 20 août sur la région ruthénoise. «C’est une action départementale que nous avons voulue visible» lâche Claude Falip, «nous avons en effet signalé chaque fois notre présence aux responsables de magasins ou de rayons de produits laitiers». Les prix ciblés concernaient le lait UHT 1⁄2 écrémé 1er prix, MDD, marque nationale, le yaourt nature (x12) 1er prix, MDD, marque nationale, et l’emmental 250 grammes 1er prix, MDD, marque nationale. Tous les éléments recueillis par les FDSEA seront transmis auprès de la FNPL, en vue d’une prise de parole national du président de la FNPL attendue pour la prochaine «rentrée syndicale», programmée en début de semaine prochaine.

«On nous a menti»

Pour Claude Falip les promesses et les effets de la loi EGAlim se font en effet toujours attendre : «nous n’avons fait que le quart du chemin, avec une valorisation entre 4 et 5 euros/1 000 litres, au lieu des 25 euros/1 000 litres espérés ! D’après nos informations, il semble que le problème de la valorisation provienne des MDD» confirme t-il. «Autre chose» poursuit Claude Falip, «la loi EGAlim ne doit pas tromper les consommateurs, et les producteurs qui constatent qu’on leur a menti ! Nous sommes cette année sur des indicateurs de marché (PGC, beurre, poudre, produits industriels) identiques à ceux de l’année 2014. Mais la différence est qu’il nous manque 25 euros/ 1 000 litres, comme je l’ai déjà précisé !».

Le compte n’y est donc toujours pas pour les producteurs laitiers qui restent mobilisés pour d’éventuelles actions syndicales à venir.

D.B.

22 aout 2019

Les 24 et 25 août à Layoule - Rodez plage : un week-end à la ville avec les JA !

Pour la quatrième édition de Sous les pavés, les prés, les 24 et 25 août à Layoule, dans le cadre de Rodez Plage, les JA de l’Aveyron ont prévu de nombreuses animations dont plusieurs nouveautés...

Pas facile de se renouveler chaque année pour offrir un moment de convivialité autour de l’agriculture, qui soit inoubliable pour les petits comme pour les grands citadins ! Sous les pavés, les prés, événement organisé par les JA de l’Aveyron, depuis 4 ans, met en relation monde rural et citadin le temps d’un week-end ou quand les agriculteurs de l’Aveyron s’installe en ville, à Rodez !

«On s’aperçoit que chaque été, les visiteurs aiment nous retrouver, on revoit quelques fidèles qui apprécient notre rendez-vous à la fois convivial et gourmand à la découverte de l’agriculture de notre territoire», explique ravi, Romain Déléris, vice-président de JA 12. Parmi les 4 000 visiteurs reçus chaque année sur les bords de l’Aveyron, dans le quartier de Layoule, quelques touristes aussi sont de la partie ! Mais ce sont surtout les familles ruthénoises et des environs qui viennent profiter du moment pour le plus grand plaisir de la cinquantaine de bénévoles JA mobilisés pour le week-end.

25 juillet 2019

Promotion du métier : fière d’être agricultrice en Aveyron !

En Aveyron 28% des chefs d’exploitation sont des cheffes. A ce titre les agricultrices souhaitent mettre en avant le rôle et la place des femmes en agriculture. Elles veulent sortir de l’ombre, lever les préjugés et affirmer la place qui est la leur.

Dans la continuité de leur opération de communication, des membres de la section des agricultrices de la FDSEA se sont rendues au marché des producteurs de pays à Belcastel. Elles ont ainsi échangé avec les locaux mais également avec les vacanciers, nationaux mais aussi internationaux (Anglais, Néerlandais, Espagnols,…) venus en masse pour profiter de cette soirée gourmande.

Près de 600 personnes ont été rencontrées. Les agricultrices ont ainsi communiqué de manière positive sur leur métier, expliqué et revendiqué la place qui est la leur. Les personnes rencontrées ont salué la démarche et ont encouragé les agricultrices à continuer leur action. Chacun est reparti avec le sac et le livret. La section des agricultrices souhaitent continuer cette communication en allant à la rencontre de leurs égales.

18 juillet 2019

Action FDSEA-JA à la DDT : trop de contrôles !

Des contrôles à tout va, des paiements retardés, des instructions trop longues,... 150 agriculteurs de la FDSEA et des JA sont venus clamer leur ras le bol face à cet acharnement de l’administration, mercredi 17 juillet en soirée à la DDT.

«Remettre du bon sens dans l’action publique», tel était l’objectif de l’action syndicale lancée par la FDSEA et les JA de l’Aveyron, mercredi 17 juillet en soirée. Devant la DDT, ils étaient 150 à venir dire leur ras le bol des lenteurs de l’administration voire des blocages.

«Les agriculteurs pâtissent d’une administration qui avance difficilement et lentement sur les dossiers, posant de sérieux problèmes de trésorerie aux agriculteurs et freinant des projets d’installation et d’amélioration des conditions environnementales, de bien-être animal et de travail», ont dénoncé les agriculteurs emmenés par Laurent Saint Affre, président de la FDSEA (lire aussi le point de vue en page 2) et Anthony Quintard, président de JA 12.

Ainsi, la FDSEA et les JA dénoncent la forte augmentation du nombre de contrôles PAC dans les exploitations du département. Ils ont ainsi bondi de 60% depuis 2017 «sans justification», le taux de contrôle de l’Aveyron (12%) est du coup bien supérieur à la moyenne nationale (5%) !

Autre sujet de colère : le retard dans le paiement des acomptes prévus des dossiers de calamités sécheresse 2018 qui concernent 63 communes. Les premiers paiements prévus dans l’été seraient finalement repoussés à l’automne, soit plus d’un an après le sinistre ! «Une aberration» pour les responsables syndicaux qui sont donc venus demander des comptes à la DDT.

FDSEA et JA ont aussi dénoncé les retards dans l’instruction des dossiers d’aide à la construction, l’aménagement et la mise aux normes des bâtiments engendrant des retards dans les projets d’investissement voire d’installation et des problèmes de trésorerie. «Inadmissible» pour la FDSEA et les JA qui ont relayé leur message auprès du DDT, Laurent Wendling.

04 juillet 2019

Action FDSEA-JA contre les accords MERCOSUR-CETA : «cette agriculture : on n’en veut pas !»

Mardi 2 juillet en soirée, la FDSEA et les JA de l’Aveyron ont répondu à l’appel à mobilisation nationale pour dénoncer les accords de libéralisation commerciale actés entre l’Union européenne et le MERCOSUR en fin de semaine dernière. Ils étaient environ 120 devant la préfecture à Rodez pour affirmer haut et fort : «N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas !».

«Parce que l’agriculture ne doit pas être une nouvelle fois sacrifiée par la commission européenne», plusieurs milliers d’agriculteurs se sont mobilisés cette semaine dans toute la France pour dénoncer les accords convenus entre l’Union européenne et les pays du MERCOSUR. A Rodez, ils étaient environ 120 à répondre à l’appel de la FDSEA et des JA, devant la préfecture.

Les producteurs français et européens s’attachent à produire une alimentation de qualité, qui respecte des règles sanitaires et environnementales strictes pour protéger les consommateurs. «C’est dans une incohérence totale, que le gouvernement qui semblait nous avoir entendus, dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, semble maintenant approuver ces accords UE-MERCOSUR», ont dénoncé les responsables FDSEA et JA, emmenés par leurs présidents, Laurent Saint Affre et Anthony Quintard.

Une délégation de responsables professionnels a rencontré la préfète, Catherine Sarlandie de la Robertie et la secrétaire générale de la DDT, Delphine Torres, pour leur signifier leur colère face à ce nouveau coup porté à l’agriculture et aux agriculteurs. «Nous sommes dans l’incompréhension totale, il y a quelques semaines encore, le ministre de l’agriculture nous assurait que les négociations étaient interrompues et qu’il n’y aurait pas de signature !», ont dénoncé FDSEA et JA.

«C’est incroyable, en France on protège mieux la terre que les hommes !», a alerté Germain Albespy, secrétaire général adjoint de la FDSEA. «On nous demande d’être irréprochables sur l’utilisation des produits phytos, sur l’épandage, sur les nitrates... pour la protection de nos sols et d’un autre côté on autorise l’entrée de produits dont on ne connaît pas les conditions de production, sujets de nombreux scandales de corruption ou encore sanitaires, destructeurs de la forêt amazonienne et qui menacent l’avenir de nos propres élevages en France !», a-t-il poursuivi. «Bref des saloperies qui vont atterrir dans nos assiettes et bien souvent dans les circuits de restauration collective dont les cantines de nos enfants, dans les plats préparés sans aucun affichage et information aux consommateurs, ce n’est pas acceptable !».

Et Benoît Fagegaltier, vice-président de la FDSEA de renchérir : «c’est une nouvelle fois les zones difficiles et la ruralité qui sont mises à mal à travers cet accord, des zones où nous n’avons pas d’autre choix que l’élevage. Quel sera leur avenir si nous sommes voués à disparaître car nous ne pourrons pas lutter face à ces viandes à bas pris ?!», s’est-il indigné. Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande de la FDSEA a complété sur l’avenir de l’élevage en France : «Que dire à nos enfants qui voudront s’installer ? Le renouvellement des générations en agriculture est un vrai défi quand on sait que 50% des agriculteurs qui détiennent 50% du cheptel allaitant en France, ont plus de 50 ans. Un tel accord ne peut pas encourager les jeunes à s’installer et les agriculteurs à continuer !».

Comme un symbole, les agriculteurs présents à Rodez ont rempli des formulaires factices d’inscription à Pôle Emploi et ont déposé leur combinaison et leurs bottes, ainsi que celles de leurs enfants, devant les portes de la préfecture : «parce qu’avec un tel accord, nous ne serons plus là demain, ni nos enfants !».

La préfète de l’Aveyron a écouté le message des responsables FDSEA et JA et s’est engagée à le relayer auprès du ministère de l’agriculture. Elle a annoncé que l’Etat allait faire une évaluation complète de l’incidence du traité s’il était signé en l’état. Elle a rappelé les conditions d’engagement de la France : respect des normes sanitaires, clause de sauvegarde sur les filières sensibles dont la viande bovine et les volailles si le marché était déséquilibré et respect des accords de Paris sur le climat.

«L’accord doit encore être ratifié, notre combat ne fait que se poursuivre», ont conclu Laurent Saint Affre et Anthony Quintard.

Eva DZ

30 mai 2019

Section des agricultrices FDSEA : une place à prendre !

La reconnaissance de la place et du rôle des femmes dans l’agriculture a fait du chemin mais les préjugés sont encore tenaces. C’est justement pour continuer de les combattre que la section des agricultrices de la FDSEA s’est dotée de deux nouveaux outils de communication : un sac et un livret d’information pour faire entendre leurs voix.

Lundi 27 mai, la section des agricultrices de la FDSEA entourée de ses nombreux partenaires a présenté deux nouveaux outils, un sac et un livret, qui lui permettront de valoriser la place et le rôle des femmes dans l’agriculture. «Des progrès ont été réalisés dans la lutte contre les inégalités, les femmes sont l’égal des hommes mais rien n’est acquis et le combat est permanent», a introduit Marie-Laure Rigal, présidente de la section des agricultrices qui a pris la suite de Marie-Pierre Lanne sur ce projet. «Les remarques blessantes, les blagues sexistes sont encore trop souvent entendues. Nous nous sommes donc donnés comme mission de casser ce déséquilibre social».

Un sac et un livret d’information

L’équipe des agricultrices a officiellement lancé sa campagne de communication. Une campagne pleinement soutenue par la préfète de l’Aveyron, présente à cet événement : «c’est une initiative pertinente, un très beau projet parce que le rôle des femmes est essentiel en agriculture comme ailleurs. Il va dans le sens de la société». Longtemps considéré à tort comme un métier d’hommes, on en a oublié la place certes discrète et efficace des femmes sur les exploitations, a poursuivi la représentante de l’Etat qui, à travers la délégation des droits des femmes en agriculture, a soutenu financièrement le projet. «Il n’est pas si loin le temps où le principe d’égalité entre hommes et femmes a été inscrit dans la Constitution - 1947», rappelle-t-elle. Et le témoignage de Marie-Thérèse Lacombe, arrivée en Aveyron il y a 60 ans, vient corroborer ce propos : «On ne se préoccupait tout simplement pas du métier des femmes sur les fermes, elles étaient là pour travailler et faire des enfants, un point c’est tout ! Elles n’avaient qu’un seul droit : celui d’obéir !».

Le travail mené par les agricultrices dans les groupes de vulgarisation a permis de faire avancer les mentalités mais le chemin a été long vers la fin de la cohabitation, l’indépendance financière et la reconnaissance : «Les élevages hors sol ont été le point de départ de notre émancipation, l’occasion d’apporter un revenu complémentaire sur la ferme», appuie Marie-Thérèse Lacombe. Et Brigitte Mazars, conseillère départementale, d’avoir une pensée pour Sylvette Hermet, initiatrice des Marchés de producteurs de pays à travers lesquels les agricultrices ont trouvé leur place.

L’Aveyron, là où les agricultrices sont les plus nombreuses

La part des femmes chefs d’exploitation est passée de 8% dans les années 70 à 28% aujourd’hui. L’Aveyron est le premier département d’Occitanie en nombre de chefs d’exploitation au féminin (25% en France). C’est aussi le département qui compte le plus grand nombre de femmes agricultrices (2 900) et qui affiche un taux élevé d’installation au féminin : 25 à 30%. Des femmes présentes dans toutes les productions.

Nathalie Chauchard, élue à la MSA Midi-Pyrénées Nord a soulevé la question des femmes sans statut sur les exploitations, elles seraient une cinquantaine en Aveyron et entre 2 000 et 5 000 en France. Souvent des femmes retraitées, isolées, surendettées... Depuis avril, la loi Pacte oblige un statut à tous les conjoints sur les exploitations, a indiqué Pauline Cestrières, député suppléante de Stéphane Mazars.

Et Laurent Saint Affre de rappeler les victoires syndicales dans la reconnaissance des agricultrices : le statut du conjoint-collaborateur puis le GAEC entre époux et la transparence dans les GAEC, «une consécration dans la reconnaissance mais qui aurait dû arriver bien avant». «Bien souvent les évolutions dans les fermes sont intervenues grâce aux femmes et au sein des OPA, elles sont de plus en plus nombreuses à s’impliquer ce qui apporte sérénité et hauteur dans les débats», n’a pas hésité à dire le président de la FDSEA.

Dans le secteur de l’artisanat, les femmes sont confrontées aux mêmes préjugés un peu tenaces. Laure Soulié - Deltel, vice-présidente de la Chambre de métiers a témoigné : «23% de femmes sont enregistrées au registre des métiers comme entrepreneur. Et nous avons en Aveyron, 35% d’apprenties qui apportent leur savoir-faire dans des métiers comme la carrosserie automobile, la peinture en bâtiment, l’alimentation (boucherie, cuisine). Les femmes n’hésitent pas à entreprendre et je pense qu’elles doivent être encouragées dans la voie qu’elles ont choisie. Qu’importe le métier, l’important est de pouvoir faire ce qu’il nous plaît !».

Virginie Albespy, elle, a bien choisi son métier d’agricultrice. «C’était une opportunité à saisir, un défi à relever pour moi qui ne suis pas diplômée de l’agriculture mais la passion de l’élevage, des animaux, le choix de vie, m’ont orienté vers ce métier. A partir de là tout est possible ! La technologie, la mécanisation... ont fait évoluer le métier et l’ont rendu plus accessible aux femmes». Elle note d’ailleurs les progrès réalisés dans la reconnaissance des femmes en agriculture : «nous sommes loin d’être confrontées aux difficultés des femmes qui nous ont précédées et pourtant ce temps n’est pas si loin !».

Adhérente aux JA depuis 11 ans, Virginie entame aussi son deuxième mandat à la Chambre d’agriculture pour «défendre ses convictions, ses valeurs». «Cet engagement fait partie intégrante de ma vie d’agricultrice au quotidien», assure-t-elle. C’est un message d’encouragement qu’elle adresse à toutes les femmes : «nous devons croire en nos facultés, il faut tout simplement oser prendre la place !». Un discours qui a ravi Marie-Thérèse Lacombe, fière du chemin parcouru.

Eva DZ

23 mai 2019

Groupe CoSE ! : une association porteuse de valeurs

Le groupe CoSE ! franchit une nouvelle étape. Lundi 27 mai, il va se constituer sous forme d’association et ses membres vont co-construire la charte qui portera leurs valeurs. Germain Albespy, responsable du groupe, explique ces modifications.

Pourquoi une structuration du groupe CoSE ! ?

G. Albespy : «Le groupe CoSE ! est certes une émanation du travail mené par la FDSEA et les JA avec les membres du CAF (conseil de l’agriculture française de l’Aveyron) mais nous voulons qu’il ras-semble davantage, qu’il associe à ses missions, l’ensemble des organisations professionnelles agricoles du département et des professionnels de notre secteur d’activité (vétérinaires, abatteurs...). Le groupe CoSE ! veut construire sa propre identité, son indépendance.

Pourquoi choisir le modèle associatif ?

G. Albespy : Le statut associatif nous semblait le plus cohérent avec notre démarche fédératrice. Nous allons proposer cette forme juridique lors de notre réunion fondatrice du 27 mai. Nous partons sur un système classique avec des adhérents qui éliront un conseil d’administration puis un bureau.

Qui pourra participer à la future association ?

G. Albespy : Les adhérents seront répartis en quatre collèges. Le collège 1 réunira les membres fondateurs c’est-à-dire ceux qui ont pris part à la construction de la démarche CoSE et sa structuration en association (FDSEA Aveyron, JA Aveyron, Chambre d’agriculture Aveyron, Groupama, Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, RAGT, MSA Nord Midi-Py-rénées, Fédération Départementale des Coopératives et CERAveyron). Le collège 2 se composera des membres associés (il s’agit des intervenants dan les filières agricoles amont et aval ainsi que les organisations agricoles). Le collège 3 rassemblera les agriculteurs et le collège 4 les consommateurs.

Créer un collège pour les consommateurs est une première. Comment allez-vous l’aborder ?

G. Albespy : L’objectif de cette association est de participer à la compréhension des pratiques agri-coles d’une part et des attentes sociétales d’autre part, afin de favoriser les échanges entre la société civile et l’agriculture, ses acteurs et ses filières économiques. Il nous paraissait donc logique d’inclure les consommateurs dans notre démarche : si nous voulons recréer du lien avec eux, nous devons être capables de les écouter et de dia-loguer ensemble.

Comment pourra-t-on adhérer ?

G. Albespy : Notre association est ouverte à tous ceux qui sou-haitent communiquer positivement sur le milieu de l’élevage et de l’agriculture. Pour être adhérent à l’association, il faudra simplement signer notre charte des valeurs qui sera élaborée lors de notre réunion du 27 mai. Il s’agit de valeurs simples, universelles dans lesquelles chacun se reconnaît. Ce sera le ciment de notre association.

Quel sera l’objet de celle future association ?

G. Albespy : Nous restons sur notre objectif de départ à savoir engager une communication posi-tive autour de nos métiers de l’éle-vage. Notre démarche est collective mais chaque membre aura sa place et son avis à donner.

Il s’agit avant tout de démystifier l’élevage, d’expliquer notre métier, la façon dont on le pratique. Nous avons eu tort de croire pendant des années que pour vivre heureux, il faut vivre caché. Ne pas communiquer peut soulever des soupçons, des inquiétudes. Nous avons fait la preuve depuis 2 ans avec la mise en place du groupe CoSE ! que si on parle de ce que l’on fait, le consommateur est prêt à écouter et à entendre. Certes le processus de dialogue est long mais il doit être réengagé.

Notre association aura pour rôle d’accompagner les professionnels dans leur communication sur leur savoir-faire. Nous serons présents à leurs côtés pour les appuyer dans leurs projets. Nous les aiderons à ne pas subir les attaques : agir pour ne plus subir !».

Recueillis par Eva DZ

Lors de la réunion du 27 mai, les statuts de la future association CoSE ! seront présentés et les participants élaboreront la charte des valeurs. La nouvelle structure commencera également à plancher sur quelques projets.

02 mai 2019

Section bovins lait FDSEA et groupe lait JA : les producteurs Sodiaal font le point

La section bovins lait FDSEA et le groupe bovins lait JA ont récemment organisé trois réunions régionales sur l’ensemble du département pour échanger avec les producteurs Sodiaal sur les actions de la coopérative. Bilan avec Claude Falip, président de la section.

Les réunions avaient lieu à Laissac le mercredi 17 avril, à Lanuéjouls le mardi 23 avril, et à Moyrazès le jeudi 25 avril. L’ordre du jour était le suivant : prise en compte du prix de revient (396 euros/1 000 litres) dans la détermination du prix Sodiaal (en lien avec la loi alimentation), disparition de toute référence à la grille qualité Cilaisud, segmentation «lait premium», «les laitiers responsables», et, enfin, la participation à l’assemblée générale de la section Lozère, Aveyron, Aude, Tarn. Elle est programmée le lundi 3 juin à 9h45, à l’hôtel Plein Ciel, à Baraqueville.

Claude Falip a rappelé en préambule que l’objectif de la FNPL est «de faire vivre le débat au sein des coopératives au service de la rémunération des coopérateurs». Il ajoute : «nos trois réunions de secteur Sodiaal avaient pour but de faire le point avec les producteurs, et d’échanger tous ensemble, sachant que, selon les régions, le niveau de préoccupation est assez hétérogène, même si nous observons quelques signaux positifs en terme de prix du lait pour l’avenir».

Coûts de production

Pour le président de la section bovins lait FDSEA, «nous avons donc repris les différents sujets à l’ordre du jour, et écouté les attentes de chacun des producteurs, avec des réactions plus larges sur l’avenir de la filière, la transmission des exploitations... Nous sommes désormais nombreux en Aveyron à être âgés de plus de 50 ans. Nous avons évidemment évoqué la nouvelle PAC, en relation avec l’élevage bovins lait, mais aussi des sujets plus sociétaux, comme le bien-être animal, la gestion de l’espace rural et le maintien de territoires ruraux vivants».

Selon Claude Falip, «nous avons tous conscience que la filière bovin lait française entame un nouveau virage, suite à la loi issue des Etats généraux de l’alimentation, avec la prise en compte nécessaire des coûts de production, mais aussi les investissements indispensables à l’adaptation de nos outils de production. Le volet économique est donc une forte préoccupation pour notre section bovin lait FDSEA. Il y aura encore des débats à ce sujet lors de l’assemblée générale de Sodiaal Union prévue le mercredi 19 juin dans le prolongement des assemblées de sections».

D.B.

25 avril 2019

Action FDSEA sur l’aire de l’Aveyron : agneaux et Roquefort très appréciés !

L’action de communication en faveur de l’agneau local et du fromage de Roquefort organisée par la FDSEA samedi 20 avril sur l’aire de l’Aveyron à Sévérac-le-Château, a rencontré le succès auprès du grand public.

Une quinzaine d’éleveurs de la FDSEA Aveyron, renforcés par des collègues voisins de la FDSEA Lozère, ont participé à cette action ciblée grand-public, sur une aire de repos de l’A 75 «bondée» pour ce week-end pascal. «Ce fut une belle réussite !», confirme Laurent Cavaignac, co-président de la section ovins viande FDSEA Aveyron. «Les dégustations ont été appréciées. Notre viande d’agneau est partie plus vite que prévue. Les retours ont été excellents. Les consommateurs ont posé des questions sur notre façon de produire, et nous leur avons expliqué comment étaient élevés nos agneaux sous la mère en particulier».

Un seul regret cependant : «nous n’avions pas d’agneau à vendre sur place alors qu’il y avait de la demande !». Les consommateurs ont également dégusté le fromage AOP Roquefort qu’ils pouvaient en revanche acheter dans la boutique de l’aire de repos. A noter que Jean-François Cazottes, membre du bureau de la Fédération nationale ovine et Cyrille Guimauve, co-président de la section ovins viande FDSEA Aveyron, étaient également présents.

Cette opération était organisée par la FDSEA «en pleine saison décisive pour les filières ovines locales». Selon le syndicat, «le cycle naturel de la brebis et la tradition de Pâques engendrent chaque année une hausse de production et de consommation de viande d’agneau durant cette période. Avec 800 000 brebis présentes dans nos pâturages, l’élevage ovin joue un rôle fondamental. Il entretient les paysages et l’habitat d’une biodiversité de faune et de flore. Et il maintient de la vie sur nos causses arides et nos prairies en pente».

Tous ces messages ont été transmis aux automobilistes et aux familles. Mais aussi aux plus jeunes et futurs consommateurs d’agneau et de fromage de Roquefort !

28 mars 2019

JA : le forum des filières qui recrutent

Ils viennent des lycées La Roque, La Cazotte, de l’ADPSA... ils sont en BTS ACSE ou PA, en bac pro ou terminale STAV... ils projettent de s’installer agriculteurs à plus ou moins long terme ou ils envisagent plutôt de travailler dans le milieu para-agricole, comme salariés de la production, techniciens, conseillers... tous ont apprécié le Forum des filières qui recrutent.

«Ce Forum est intéressant parce qu’il permet de voir en une journée, tout ce qui se fait dans le milieu agricole. Nous avons ainsi une vue d’ensemble de toutes les filières présentes en Aveyron et elles sont nombreuses !», témoigne un étudiant. Un autre enchaîne : «En cours, nous n’avons pas forcément le temps d’aborder toutes les filières et tous les métiers qui tournent autour de l’agriculture. Ce forum nous permet d’élargir nos connaissances des filières agricoles. C’est un bon complément de nos cours».

Pour ceux qui envisagent de s’installer...

Pour ceux qui projettent de s’installer agriculteur à plus ou moins long terme, ils ont trouvé au forum, nombre d’informations sur les filières de production vers lesquelles ils s’orientent et sur les filières de diversification auxquelles ils n’auraient pas pensé pour asseoir leur installation par exemple. «A travers les échanges avec les professionnels des filières, nous avons pu toucher de près le concret du métier d’agriculteur», explique une jeune fille qui a notamment apprécié le partage d’expérience. «Ils nous ont parlé de leur vécu, ils nous ont donné des chiffres concrets, les contacts ont été très enrichissants», poursuit-elle. Beaucoup d’entre eux ont ainsi conforté leur choix de s’installer comme agriculteur.

... ou pas !

Et pour ceux qui ne se destinent pas à ce métier, le forum a tout de même apporté des réponses. «Nous avons beaucoup appris sur tous les métiers qui gravitent autour de l’agriculteur : conseiller, technicien, animateur de filières... et salariés de la production», souligne un jeune.

Et pour ceux qui participaient pour la deuxième fois au forum, ils ne se sont pas ennuyés : «Nous avons pu cibler nos rencontres avec des filières que nous n’avions pas eu le temps de voir la première fois ! Ça nous a permis d’approfondir notre choix».

Beaucoup soulignent aussi l’intérêt de la rencontre avec des Jeunes Agriculteurs et en particulier les explications autour du dispositif d’accompagnement à l’installation. «Quand on a un projet d’installation comme moi, on ne sait pas forcément à qui s’adresser et on ne connaît pas les démarches à suivre. Grâce au stand des JA, maintenant je sais qui j’irai voir pour concrétiser mon projet», témoigne un jeune. «On sait qu’on ne sera pas tout seul et que des organismes nous soutiendront et nous accompagneront».

30 minutes d’échanges

Le forum était organisé sur une journée complète sous forme de stands avec des rotations toutes les 30 minutes. Les jeunes avaient donc le temps de poser toutes leurs questions aux professionnels et responsables de filières présents qui leur ont fait découvrir les opportunités d’installation et ou de diversification dans les différentes productions.

Sur leur stand, les JA ont mis l’accent sur la viabilité économique, la vivabilité du métier et la durabilité : «Il est indispensable d’installer de manière viable, vivable et durable. La réussite d’une installation repose en partie sur la formation, la réalisation d’une étude technico-économique précise et adaptable, la prise en compte de la vivabilité parce que les porteurs de projet ne pensent pas toujours à cette notion de temps de travail, ils foncent !».

Tous ces messages ont été bien entendus par les 240 jeunes présents. «C’était une journée vraiment très intéressante qui nous apportera beaucoup dans la mise en œuvre de notre projet professionnel qu’il soit sur une exploitation ou au sein d’une filière ou d’un organisme agricole», ont conclu ravis, les jeunes.

Eva DZ

14 mars 2019

Retraites agricoles : plus de 2 200 signatures remises à la préfecture

Les agriculteurs retraités et actifs profitent du Grand Débat National pour alerter sur la gravité de la situation des retraites agricoles. Une délégation de la FDSEA a remis à la secrétaire générale de la Préfecture, jeudi 14 mars en matinée, les 2 200 signatures qu’ils ont recueillies en Aveyron auprès de retraités et d’actifs agricoles.

En à peine 10 jours, plus de 2 200 personnes ont apposé leur signature sur la pétition lancée par la section des anciens exploitants de la FDSEA. «Nous sommes très satisfaits de cette mobilisation. Retraités comme actifs agricoles ont apporté leur soutien à nos propositions», résume ravi, Pierre Rouquette, co-président de la section des anciens exploitants FDSEA avec Marie-Pierre Lanne.

Retraités et actifs mobilisés

«Tout est parti des propositions qu’a formulées Emmanuel Macron en début d’année pour les retraites. Dans son discours, il n’a pas du tout évoqué les retraites agricoles ! Nous avons été une fois de plus oubliés alors que nous faisons partie des personnes avec les plus faibles revenus mais qui ne font pas de bruit !», argumente Pierre Rouquette. «Nous avons réagi rapidement en lançant cette pétition pour nous faire entendre ! Et les 2 200 signatures recueillies en moins de 10 jours prouvent que le réseau FDSEA sait se mobiliser».

Retraités comme actifs ont en effet répondu à l’appel. «La réforme des retraites nous concernent tous puisqu’un jour ou l’autre nous prendrons aussi la retraite. Et puis nous défendons aussi la retraite de nos parents», souligne Valérie Imbert, secrétaire générale de la FDSEA, présente également lors de la remise des pétitions à la préfecture. «Quand on cotise toute sa vie, qu’on travaille dur, on espère à la retraite pouvoir vivre dignement. Parce que cette non valorisation de nos revenus à la retraite est aussi un frein à l’attractivité de notre métier pour les jeunes», continue Valérie Imbert. «Elle est aussi un frein au moment des transmissions des exploitations, les cédants préférant s’orienter vers des locations pour conforter leur niveau de revenu à la retraite. Cela pourrait paralyser le système agricole», alerte-t-elle.

C’est fort de ces arguments et de leurs 2 200 signatures qu’une délégation d’agriculteurs retraités et actifs ont rencontré Michèle Lugrand, secrétaire générale de la Préfecture, jeudi 14 mars. Lors de cet échange, les membres de la délégation ont pu rappeler les propositions de la profession, déjà relayées auprès de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites et auprès d’Emmanuel Macron via un courrier commun de la section nationale des anciens exploitants et de la FNSEA (lire aussi en encadré). «Notre objectif est que nos propositions appuyées par nos 2200 signatures viennent alimenter le Grand Débat National qui s’achève le 15 mars», explique Pierre Rouquette.

Le co-président des anciens exploitants conclut : «la secrétaire générale de la préfecture a été à notre écoute. Nos pétitions aveyronnaises seront bien prises en compte lors du Grand Débat National et transmises à Jean-Paul Delevoye». Le président de la FDSEA Laurent St-Affre faisait également partie de la délégation aveyronnaise.

14 mars 2019

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs : une belle dynamique aveyronnaise

L’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs Aveyron s’est déroulée vendredi 8 mars à Luc, sous la présidence d’Anthony Quintard, avec comme point fort, un échange sur «l’adaptation des exploitions face aux changements climatiques».

Pour son assemblée générale, Jeunes Agriculteurs Aveyron avait réuni ses adhérents et ses partenaires autour du thème de l’adaptation des exploitations aux changements climatiques. Objectif, «interpeller les acteurs de l’agriculture aveyronnaise et les agriculteurs eux-mêmes sur ce sujet capital, qui fait appel à la résilience par la triple performance économique, sociale et environnementale, à l’autonomie et à la recherche de solutions innovantes». Les JA avaient invité Julien Caillard, membre du bureau national JA, céréalier installé dans l’Yonne, adepte de l’agriculture de conservation. Il a parlé de la PAC et de la résilience en agriculture, sujets qui étaient au cœur du rapport d’orientation JA national de l’an dernier, et que Julien Caillard avait alors présenté. «Nous avons d’abord fait un point avec lui en interne sur les négociations autour de la nouvelle PAC», dit Anthony Quintard, «puis évoqué lors de l’assemblée générale la résilience en agriculture, c’est à dire la capacité des agriculteurs à surmonter notamment les conséquences économiques des sécheresses et inondations en lien avec le changement climatique. Il est en effet possible de rebondir face à ces difficultés en adaptant par exemple ses pratiques culturales».

«Expliquer le métier»

Pour Anthony Quintard, «les JA sont également conscients du changement de paradigme imposé par la société concernant l’usage des produits phytosanitaires, le bien-être animal ou la production de viande. Le thème de notre assemblée générale est en phase avec ces préoccupations, comme l’importance d’un couvert végétal sur les cultures pour capter le carbone. Les JA sont prêts à diminuer l’usage de produits phytos si le conseil technique suit. Nous ne pulvérisons pas par plaisir. Nous sommes favorables à la protection de la ressource afin de rendre plus acceptable notre métier. Nous sommes la voix la plus pertinente pour expliquer ce qu’est réellement notre métier !».

Les JA avaient convié deux experts dans leur domaine, Serge Moncet, conseiller végétal chez RAGT et Céline Nayraguet, conseillère commerciale ISAGRI (Aveyron et Lozère). Elle a présenté la station météo professionnelle connectée Météus, précisant que deux d’entre elles étaient installées en Aveyron, à Salmiech et à Sévérac le Château, depuis six mois. Cette station enregistre différentes données météo, températures, pluviométrie, etc, mais aussi les sommes de températures bien connues des systèmes agricoles pâturant. La finalité est d’indiquer à l’éleveur le meilleur moment pour semer, traiter, faucher, le tout afin d’optimiser le potentiel économique de l’exploitation pour un meilleur revenu. La station météo coûte environ 500 euros, plus 180 euros de contrat de service annuel.

«Une agriculture plus autonome»

Serge Moncet, conseiller agronomie et conduite des cultures chez RAGT, travaille au sein du service Conseil, Innovation, Développement de RAGT Plateau Central proposant des diagnostics personnalisés pour les agriculteurs. Il a mis l’accent sur l’importance de la couverture des sols permettant de limiter l’érosion, et sur l’avantage des rotations des cultures. «Sécuriser le potentiel des prairies est l’un des enjeux majeurs lié au réchauffement climatique», selon lui. Le président des JA complète : «l’herbe doit se pratiquer comme une culture à part entière avec plusieurs variétés pour favoriser la biodiversité, limiter les risques de sécheresse, permettre une agriculture plus autonome».

Et Anthony Quintard de conclure : «l’Aveyron est sur une bonne dynamique, avec un niveau d’installations positif, lié également à la réforme de la dotation jeune agriculteur permettant de rendre plus attractive l’entrée dans le métier. Nous avons aujourd’hui environ deux installations aidées pour trois départs dans le département. Nous pouvons peut-être faire mieux encore mais ce résultat est déjà très encourageant. En Aveyron, nous avons des filières agricoles qui sont porteuses économiquement, permettant à des jeunes de s’installer sur l’ensemble de notre territoire. C’est là aussi un autre point important en faveur d’une ruralité vivante».

D.B.

21 février 2019

Dégâts de sangliers : agriculteurs et chasseurs avancent ensemble

Les dégâts de sangliers continuent de se multiplier sur les parcelles agricoles, leur population ne cessant de croître. La FDSEA et la Fédération départementale des chasseurs sont mobilisées ensemble pour apporter des solutions. Le point avec Jean-François Fabry, président de la section chasse et dégâts de gibier à la FDSEA.

Où en est-on sur la problématique des sangliers ?

J-F. Fabry : «Les agriculteurs continuent de nous alerter sur les multiples dégâts occasionnés par les sangliers sur leurs parcelles, sur plusieurs zones du département. La pression de chasse est forte grâce à la mobilisation de la Fédération départementale des chasseurs et des unités de gestion. En 8 ans, le nombre de sangliers abattus en Aveyron a doublé (ndlr : 2010-2011 : 6 976 sangliers abattus en Aveyron ; 2015-2016 : 9 602 ; 2017-2018 : 13 350).

Quel est l’état d’esprit de la profession ?

J-F. Fabry : Je veux tout d’abord préciser que la situation n’est vraiment pas simple. Malgré l’augmentation des prélèvements de sangliers, dans certaines zones, les dégâts sont toujours aussi importants. Les actions que nous mettons en place et que nous envisageons nécessitent un peu de temps avant de constater les résultats.

Quelles sont les actions menées pour revenir à une situation d’équilibre ?

J-F. Fabry : Nous avons reçu la préfète à deux reprises sur le terrain, à La Salvetat Peyralès et sur le bassin de Decazeville, pour l’alerter sur la prolifération des sangliers et les dégâts importants causés dans les parcelles agricoles. Ces rencontres qui ont réuni la profession agricole et la Fédération départementale des chasseurs, sont un signe fort de notre engagement commun pour faire avancer les choses.

A partir de ces rencontres, un comité de suivi s’est mis en place sous l’égide de la DDT. Il se réunit une fois par mois et rassemble les chasseurs, l’ONCFS et la profession agricole. Ensemble, nous échangeons sur les secteurs à problèmes et sur les actions envisagées sur ces zones. De plus, deux battues administratives ont été organisées sur des secteurs non chassés sur La Salvetat Peyralès en novembre - décembre et sur le bassin de Decazeville dernièrement (lire aussi encadré). A chaque fois, des sangliers ont été prélevés.

Comment se passe la relation avec les chasseurs ?

J-F. Fabry : Je tiens à souligner que la Fédération départementale des chasseurs a pris le sujet à cœur. Elle va à la rencontre de ses unités de gestion. A chaque réunion, les agriculteurs locaux sont invités à participer. Le dialogue est renoué entre agriculteurs et chasseurs et c’est en travaillant ensemble, que nous réussirons à avancer sur ce dossier.

Existent-ils d’autres marges de manœuvre pour faire évoluer la situation ?

J-F. Fabry : La FDSEA continut de porter plusieurs demandes. Dans le cadre du plan national de maîtrise des sangliers, les Préfets peuvent prendre des mesures fortes de lutte. Nous demandons que des outils supplémentaires soient mis en place pour réguler de façon efficace les populations de sangliers. Le premier d’entre eux est le classement nuisible du sanglier sur tout ou partie du département au moins le temps de revenir à une situation acceptable. Cela permettrait notamment d’étendre la période d’ouverture de chasse. A notre demande, la DDT établit un suivi des zones identifiées comme «points noirs » afin d’organiser des actions ciblées et adaptées.

Il faut permettre à un exploitant de protéger ses cultures et de pouvoir tirer des animaux faisant des dégâts sur ses parcelles toute l’année de jour comme de nuit. Il faut mettre en place le piégeage du sanglier sous la responsabilité des lieutenants de louveterie, une mesure en place par exemple dans le Gard. Il faut organiser des tirs à l’agrainage et pendant les chantiers de récolte, ils sont déjà pratiqués dans certains départements. Nous souhaitons aussi que les élevages de sangliers soient davantage contrôlés et que les lâchers de sangliers soient sanctionnés très durement de même que les agrainages illicites.

Nous continuerons de porter ces demandes pour réguler les populations de sangliers. Nous voulons simplement améliorer les conditions de travail et de vie des agriculteurs. Dans certaines zones, la situation n’est plus tenable. Même si elles mettent un peu de temps, les solutions collectives se mettent en place».

Recueillis par Eva DZ

21 février 2019

Action FDSEA - JA auprès de la restauration hors domicile : la viande française dans nos assiettes !

Mardi 19 février, une délégation d’éleveurs bovins viande de la FDSEA et les JA s’est rendue dans deux enseignes de l’agglomération ruthénoise pour obtenir des informations sur l’origine des viandes proposées et sur le prix d’achat.

La consommation de viande en France en 2018 a augmenté de 2%, une hausse qui s’explique notamment par l’augmentation de la consommation des Français en restauration hors foyer. Or les enseignes de RHF importent jusqu’à 70% des viandes proposées à la carte ! En octobre, la FNB a voulu lever le voile sur l’origine et le prix des viandes consommées en restauration hors foyer. Elle a adressé un courrier à plus de 36 enseignes nationales pour les rencontrer et échanger. A ce jour, 17 acteurs différents ont répondu positivement mais 20 restaient toujours muets. La FNB a donc invité les départements à se rendre dans les enseignes concernées pour aller chercher l’information.

En Aveyron, mardi 19 février, une délégation d’éleveurs bovins viande de la FDSEA et des JA a visité les enseignes Buffalo Grill et Courtepaille à Onet le Château et Rodez. «Nous sommes là dans un esprit de dialogue et non de confrontation, nous voulons simplement connaître l’origine des viandes consommées en restauration hors foyer et les prix d’achat», a expliqué Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA. «Dans un département d’élevage comme le nôtre, il est regrettable que les viandes proposées dans la restauration hors foyer soient importées», complète Laurent Lemmet, secrétaire de la section. Valérie Imbert enchaîne : «Nous évoluons dans un contexte de marché très concurrencé mais nous n’acceptons pas que nos viandes, produites selon un certain nombre de normes, en toute transparence, soient mises en concurrence avec des viandes importées qui ne sont pas soumises aux mêmes règles. C’est tromper le consommateur qui recherche aujourd’hui la proximité ou tout au moins, l’origine France».

Faire la transparence

Et les éleveurs d’insister sur les enjeux économiques et territoriaux : «derrière nos élevages, il y a toute une économie locale, des emplois, des territoires vivants avec des services... Si notre avenir est remis en question parce que nous ne pouvons pas valoriser nos produits au juste prix, que deviendront nos territoires ?», interroge René Debons, membre de la section bovins viande FDSEA.

Au Buffalo Grill d’Onet le Château, les éleveurs ont discuté avec le directeur régional de l’enseigne. Ensemble ils ont échangé sur l’origine de la viande proposée à la carte et sur les conditions d’approvisionnement. Le directeur de l’enseigne a expliqué qu’il dépendait exclusivement d’une centrale d’achat des produits au niveau national, et qu’il ne disposait d’aucune latitude dans le choix de l’origine. «A l’ouverture du restaurant, nous avions à la carte de la viande d’Aubrac mais ce sont avant tout des opérations ponctuelles, qui ne s’inscrivent pas dans le temps», a-t-il commenté. Il a ouvert les portes des frigos du restaurant à Valérie Imbert et Laurent Lemmet afin de vérifier l’étiquetage. Toute la viande est d’origine France excepté quelques morceaux d’origine UE (essentiellement Italie, Allemagne). Le directeur s’est engagé à faire remonter à sa direction nationale, les demandes des éleveurs.

La discussion s’est avérée un peu plus difficile au restaurant Courtepaille à Rodez. Le directeur régional de l’enseigne n’a pas souhaité rencontrer les éleveurs, il s’est simplement entretenu par téléphone avec Valérie Imbert, lui fournissant quelques informations peu précises sur l’origine des viandes servies dans le restaurant, une grande majorité n’étant pas estampillée France sur la carte. «C’est dommage cette enseigne n’a pas voulu jouer le jeu du dialogue», regrette Valérie Imbert. «C’est une forme de tromperie envers le consommateur que de ne pas vouloir nous donner l’information sur l’origine des viandes», ajoute Laurent Lemmet. Depuis, l’enseigne Courtepaille a pris rendez-vous avec les éleveurs.

Plusieurs départements en France ont mené ce type d’actions et la FNB continue son enquête auprès des enseignes nationales de restauration hors foyer : «Nous sommes tous consommateurs, nous avons le droit de savoir d’où vient la viande que nous mangeons !», conclut Valérie Imbert.

Eva DZ

14 février 2019

Elections Chambre d’agriculture Aveyron : «une confiance renouvelée»

Avec 56,19% des suffrages, la liste FDSEA-JA a conquis 14 des 18 sièges du collège chefs d’exploitation et assimilés de la Chambre d’agriculture suite au dernier scrutin. C’est un score comparable à 2013, «confortant la confiance des agriculteurs aveyronnais pour le travail effectué lors de la précédente mandature» ont rappelé les représentants de la liste FDSEA-JA, au cours d’un point presse lundi 11 février.

Jacques Molières, Anthony Quintard, Laurent St-Affre et Dominique Fayel sont revenus sur les résultats des élections Chambres d’agriculture, avec quelques analyses départementale et nationale. «Nous voulons en priorité remercier les électeurs pour leurs suffrages et les membres de la Chambre d’agriculture qui ont œuvré efficacement durant les six années de mandature», a d’abord déclaré Laurent St-Affre, tête de liste FDSEA-JA.

Il poursuit : «notre score de 56,19 % est en légère hausse comparé à 2013 (56,08 %), la Confédération Paysanne est en légère baisse et la Coordination Rurale en légère hausse, toujours dans le collège chefs d’exploitation et assimilés. Nous avons ainsi 14 élus FDSEA-JA, la Confédération Paysanne deux, idem pour la Coordination Rurale. Dans le collège des anciens exploitants, nous sommes stables avec 54,10 %, avec une élue (Marie-Pierre Lanne). Dans le collège 5e (organisations syndicales), nous avons un autre élu FDSEA-JA (Patrice Falip)».

«Travail au long cours»

Anthony Quintard a exprimé «sa satisfaction du travail mené conjointement entre la FDSEA et les JA. C’est une habitude pour nos deux syndicats de travailler ensemble. C’est aussi un travail au long cours mené avec l’ensemble des organisations professionnelles agricoles. Notre résultat électoral positif se situe dans la continuité, avec l’expression d’une confiance renouvelée et un projet départemental agricole à mettre en place durant la nouvelle mandature, à bras le corps !».

Scrutin socioprofessionnel

Laurent St-Affre rappelle que le niveau de participation électoral a été en Aveyron de 50,10 % : «c’est en effet 10 de moins comparé à 2013. Il faut placer cette baisse dans le contexte actuel. Il y a un désintérêt des Français pour les élections générales et socioprofessionnelles. Mais rassembler 56,19 % des suffrages pour la liste FDSEA-JA est un signe fort !». Anthony Quintard confirme et complète : «le taux de participation des élections Chambres d’agriculture reste d’un bon niveau, comparé aux autres scrutins socioprofessionnels. Pour la Chambre de métiers, la participation est autour de 17 %, de 30 % pour les Chambres de commerce et d’industrie». Jacques Molières estime que «l’Aveyron porte une agriculture diversifiée, équilibrée, durable, raisonnée, le tout dans la stabilité. Nous devrons favoriser l’implication des jeunes dans un engagement collectif constant. Nous savons que le groupe est toujours meilleur que le meilleur du groupe !».

«Nous avons bien tenu»

Concernant les résultats nationaux, Dominique Fayel (bureau FNSEA) relève lui aussi «la continuité dans le vote des listes soutenues par la FNSEA et les JA, avec un score national de 55,5 %. Et une participation en baisse à 46 %». Il ajoute : «nous avons finalement bien tenu. Nous avons repris le Calvados, la Charente, le Puy-de-Dôme, la Réunion. Mais perdu, c’est une grosse surprise, la Loire-Atlantique, pour deux voix seulement, au profit de la Confédération Paysanne. La Coordination Rurale a gagné la Vienne et la Haute-Vienne. En Haute-Garonne, c’est la liste JA qui s’est imposée devant la liste FDSEA, un cas unique, face à une coalition Confédération Paysanne-Coordination Rurale, arrivée en troisième position».

Grand débat national

Dominique Fayel analyse plus largement : «les listes FNSEA-JA affichent des scores de haut niveau dans l’Est et le Bassin parisien (plus de 60 %), se maintiennent au sud de la Loire, et perdent un peu d’influence dans l’Ouest, région où l’élevage connait des difficultés. Cette préoccupation est au cœur de la loi EGalim !». L’Aveyronnais conclut : «ce scrutin démontre que la place des corps intermédiaires n’est pas dépassée, et confirme une représentativité agricole que le Président Macron et son gouvernement doivent entendre. La FNSEA apportera sa contribution agricole dans le grand débat national et le dira haut et fort lors du prochain Salon de l’agriculture à Paris !».

D.B.

27 décembre 2018

Rencontres en campagne : défendre tous les vignobles !

Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, a été accueilli à la cave coopérative des vignerons du Vallon, à Valady, vendredi 21 décembre, dans le cadre des «Rencontres en campagne» FDSEA-JA, en lien avec les élections Chambre d’agriculture de janvier prochain.

Viticulteur dans l’Hérault, Jérôme Despey a succédé au poste de secrétaire général FNSEA à l’Aveyronnais Dominique Barrau, qu’il a salué à Valady, en aparté de son intervention. Elle s’est déroulée en présence de vignerons aveyronnais, de représentants agricoles FDSEA-JA et de la filière viticole départementale. Le groupe a été accueilli par Philippe Teulier, président de la Fédération des vins de l’Aveyron, et de l’AOP Marcillac, Jean-Marc Gombert, président de la cave viticole de Valady (groupe UNICOR), Patrice Falip, délégué régional FDSEA, Jean-Pierre Cabantous, vigneron et président cantonal FDSEA, les vignerons Michel Laurens (section bailleurs FDSEA) et Patrick Auréjac, Vincent Laurens, vigneron (JA), René Debons (section employeurs FDSEA), Germain Albespy (FDSEA), puis Valérie Imbert, secrétaire générale FDSEA et Laurent Saint-Affre, président FDSEA. Patrice Falip a souligné la diversité de l’agriculture aveyronnaise, mise en avant lors des différentes «rencontres en campagne» FDSEA-JA, avec un focus sur la filière viticole aveyronnaise.

Aménagement des terrasses

Jérôme Despey a rappelé qu’il défendait l’ensemble des vignobles français, et que, même en dehors des périodes électorales, «il restait un homme de terrain», se souvenant de son passage sur le secteur de Marcillac il y a environ trois ans, à propos de l’aménagement des terrasses de vignes. Philippe Teulier est revenu sur ce déplacement du président du Conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer sur l’aire AOP Marcillac : «nous avions travaillé sur des soutiens accompagnant les surcoûts d’investissements nécessaires à l’aménagement des terrasses. Nos premiers dossiers sont toujours sur le bureau de FranceAgriMer». Il a aussi cité d’autres dossiers de cas particuliers aveyronnais, de soucis administratifs relatifs au cadastre de parcelles et des photos aériennes notamment.

Dysfonctionnement de l’administration

Jérôme Despey a rendu compte des difficultés rencontrées au sein de FranceAgriMer concernant «ces mesure spécifiques, face à une administration réticente pour des surfaces viticoles jugées peu importantes au niveau national, au regard du coût des moyens de contrôles mis en face. Pour moi, il est important que tous les territoires soient considérés» a t-il lancé.

Jérôme Despey insiste : «il y a danger de voir disparaitre une économie importante dans ces vignobles. Nous avons réussi a obtenir une aide à hauteur de 50 % des investissements avec une limite de plafond. Mais dans le même temps, l’UE a imposé des exigences nouvelles avec l’OMC viti-vinicole engendrant des contrôles et pénalisations. Nous sommes aujourd’hui empêtrés sur la difficulté à ne pas avoir droit à l’erreur, et d’être sanctionnés sur des règles que nous ne connaissions alors pas. Je vais me battre pour corriger cette injustice, ne pas subir le dysfonctionnement de l’administration. Nous voulons régler ce dossier lors d’une réunion programmée le 3 janvier». Jean-Marc Gombert a enchaîné sur le dossier MAE terrasses et le surcoût d’aménagement, les aides à la plantation, l’impact du gel 2017 avec le dégrèvement de la TFNB à hauteur de 80 % pour les parcelles classées en vigne sur le cadastre.

Epargne de précaution

Jérôme Despey a plaidé pour «la mise en place de différents outils, comme l’épargne de précaution permettant de mieux se prémunir contre les risques climatiques», ou le dispositif assurantiel «sur lequel nous travaillons à propos du seuil de déclenchement» a t-il précisé. «Il est question de mettre en place une référence du rendement butoir en lien avec le territoire AOP, et sa capacité à produire. Il existe aussi une aide de restructuration du vignoble de 250 euros/ha, versée lorsqu’il y a un contrat d’assurance gel afin d’inciter les producteurs à mieux se prémunir contre ces aléas climatiques».

PAC et Régions

Autre sujet, les discussions sur la future PAC. «La France doit défendre un budget fort, malgré le contexte actuel autour du Brexit, les mouvements migratoires, la Défense, etc. L’agriculture ne peut pas pâtir de ce contexte qui peut menacer le maintien du budget actuel» a prévenu Jérôme Despey. «Il faut préserver la PAC. La tentation de ramener de la nationalisation sans imposer le sens commun de l’UE peut générer moins de régulation, plus de distorsions de concurrence entre les Etats membres. Dans ce même débat, il est nécessaire de garder une OCM viti-vinicole spécifique car la tentation est grande là-aussi de mettre cette OCM avec les autres secteurs agricoles. Nous voulons conserver des soutiens forts pour la restructuration et les investissements, la promotion des vins français, en lien avec le plan filière issu des Etats généraux de l’alimentation. A la FNSEA, nous refusons que les Régions s’occupent de la totalité de la PAC. Car des sujets comme l’ICHN par exemple sont d’ordre national. Mais les Régions, comme c’est le cas en Occitanie, peuvent accompagner ce qui relève des investissements». Ce volet investissement a également été évoqué par Vincent Laurens, vigneron sur le vallon de Marcillac, représentant les JA, en lien avec les projets d’installation. Jérôme Despey juge indispensable «ce coup de pouce» régional donné aux jeunes agriculteurs en guise de complément.

D.B.

13 décembre 2018

Charte locale Transmission Installation Millau : les actions peuvent démarrer !

Autour des JA du canton élargi de Millau, élus locaux, départementaux, organisations professionnelles agricoles, acteurs économiques, responsables professionnels... l’ensemble des acteurs de ce territoire ont signé la charte locale Transmission Installation vendredi 7 décembre. Leur engagement marque le démarrage d’un plan d’actions pour favoriser le renouvellement des générations.

La signature de la charte locale Transmission Installation est l’aboutissement d’un travail de plus de 2 ans, un travail collectif réunissant l’ensemble des acteurs du canton élargi de Millau, soucieux d’assurer le renouvellement des générations sur leur territoire. «Cette signature est une étape, place maintenant au plan d’actions que nous avons élaboré ensemble», a introduit Clément Lacombe, vice-président de JA12, installé sur le canton de Millau.

Clé de voûte d’un renouveau

Ensemble, les acteurs locaux ont en effet dressé un diagnostic de la situation du territoire pour pouvoir construire un plan d’actions prioritaires à mettre en œuvre pour favoriser la transmission des exploitations et l’installation de porteurs de projets. «Comme dans d’autres secteurs du département, une charte locale est portée et bâtie par le territoire», a complété Anthony Quintard, président de JA 12. «La charte peut être la clé de voûte d’un renouveau sur un territoire», a-t-il ajouté.

Sur le secteur de Millau par exemple, le diagnostic a révélé que si rien n’est fait dans 5 à 15 ans en matière de renouvellement des générations, près d’un tiers des exploitations pourraient disparaître. Autre chiffre alarmant : parmi les exploitations comptant au moins un associé de plus de 50 ans (soit 115 sur les 357 de la zone), 59% ont une reprise connue (68 fermes) et 41% sont sans successeur (47 fermes). Ces chiffres ne sont pas sans conséquence sur l’économie locale : entre 14 et 24% de la SAU du territoire pourraient «partir» à l’agrandissemnt ou être abandonnés à la friche.

Un territoire dynamique, attractif et créateur de valeurs

Le territoire concerné par cette charte couvre l’intégralité de la Communauté de communes Millau Grands Causses, le nord de la Communauté de communes de la Muse et Raspes du Tarn et les communes de Nant et de Saint Jean du Bruel. Il se caractérise par un milieu naturel favorable (micro-climat doux, possibilité d’irriguer grâce au Tarn même si la sécheresse devient récurrente), des aménagements fonciers réalisés, des productions adaptées (production ovine pour l’agropastoralisme sur les Causses, arboriculture et viticulture dans la vallée du Tarn, nombreux signes officiels de qualité...), une dynamique agricole et agroalimentaire positive (29% des agriculteurs ont moins de 40 ans, beaucoup de travail en commun, présence d’outils économiques, une ferme sur deux sous forme sociétaire...), un territoire attractif et bien desservi (proximité de l’autoroute et de la ville de Millau, bon taux d’équipements...) et une bonne relation entre les agriculteurs et la population rurale.

Des atouts nombreux mais qui cachent néanmoins quelques faiblesses : un parcellaire morcelé, un foncier agricole peu accessible et très cher, des structures de taille importante difficiles à reprendre, une sous-représentation des agriculteurs chez les élus locaux... Et quelques menaces : embroussaillement, pression foncière, fragilité des exploitations spécialisées, installation du loup, développement de la pluri-activité... et une image négative du métier.

Dans ce contexte un peu tendu, les acteurs locaux ont mis en avant les multiples opportunités de leur territoire : développement de nouvelles cultures (mirabelles, maraîchage...), de la vente directe grâce à la proximité de Millau et des axes routiers, d’une dynamique collective (coopératives, OP), d’un taux de reprise important, des établissements agricoles qui «font le plein», un potentiel touristique certain (Viaduc de Millau, Roquefort, ville de Millau, gorges du Tarn...). Il faut savoir aussi que depuis les années 70, la population augmente régulièrement avec notamment l’arrivée de nouveaux habitants (entre 2008 et 2013, le solde migratoire est positif +570 personnes).

Un plan d’actions ambitieux

«Ce diagnostic nous a confortés dans la nécessité de créer un plan d’actions pour assurer l’avenir de notre territoire», a expliqué Clément Lacombe. Cinq priorités ont été définies : sensibiliser les futurs cédants assez tôt dans leur carrière, conserver et développer une attractivité des territoires, favoriser l’installation de jeunes en encourageant l’intégration de hors-cadre familiaux, mettre en œuvre une politique de gestion du foncier au profit de l’installation des jeunes et promouvoir le métier d’agriculteur.

A partir de ces priorités, plusieurs actions seront mises en place au fil du temps. La première d’entre elles n’a pas tardé puisqu’un forum Agri-projet a été organisé l’après-midi même de la signature de la charte. Futurs cédants et porteurs de projets ont pu rencontrer les experts du territoire intervenant sur l’installation et la transmission (Chambre d’agriculture, juriste, MSA, notaire...) gratuitement sur un même lieu. Des rendez-vous personnalisés pour permettre de se préparer au mieux à une transmission ou à une installation.

Parmi les actions qui verront le jour prochainement, la promotion du territoire auprès du grand public en lien avec les maires, les offices de tourisme, le PNR des Grands Causses... Des visites d’exploitations pourront être organisées de façon à faire connaître le métier et rétablir la vérité sur les pratiques agricoles. Cela passe aussi par la formation des agriculteurs à la communication. Bien sûr les élus locaux auront aussi leur part d’engagement sur l’amélioration des axes routiers, l’élimination des zones blanches, le développement du haut débit, la formation des publics plus âgés à l’informatique et à internet...

Quant à la politique de gestion du foncier, plusieurs actions peuvent être mises en œuvre pour faciliter son accès : libération de foncier pour aider au démarrage d’une activité (réserve foncière, soutien des collectivités par exemple), explication des décisions de la SAFER, maintien des réunions du Comité Local d’Aménagement Foncier...

La mise en place de cette charte et des actions qu’elle porte s’inscrit dans le long terme. Le comité de pilotage a prévu de se réunir une fois par an et en cas de besoin, de faire évoluer son contenu.

Eva DZ

06 décembre 2018

Dialogue avec la société : «Soyez-vous mêmes !»

Qui mieux que les agriculteurs pour parler de leur métier ! C’est le message qu’ont voulu faire passer la FDSEA et les JA à l’occasion d’une Rencontre en campagne mercredi 28 novembre en soirée, au lycée La Roque. Luc Smessaert vice-président de la FNSEA, en charge de la communication est venu présenter #Agridemain, plateforme de communication lancée et animée par les acteurs du monde agricole, pour reprendre la parole !

En Aveyron, les agriculteurs et les acteurs du monde agricole n’ont pas attendu les attaques ni les suspicions autour de leur métier pour prendre en main leur communication. En initiant le groupe COSE ! il y a 1,5 an, ils ont lancé un groupe de réflexion dans lequel OPA, organisations de producteurs, abatteurs, vétérinaires, coopératives, soit aujourd’hui 38 organisations et plus de 80 agriculteurs, travaillent ensemble à mieux communiquer sur leur milieu professionnel. «Notre objectif est de maintenir un climat serein, d’instaurer un dialogue avec nos concitoyens», avance Germain Albespy, président de ce groupe COSE ! et secrétaire général adjoint de la FDSEA. «Les agriculteurs sont les mieux placés pour parler de leur métier !».

Reprendre la parole !

Une initiative saluée par Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, en charge de la communication. «De plus en plus d’initiatives de ce type fleurissent en France, de la part des agriculteurs, des acteurs du monde agricole, et c’est tant mieux car il est temps de reprendre la parole !». Pour parler de son métier, Luc Smessaert présente son exploitation en quelques chiffres évocateurs : «je suis installé dans l’Oise en GAEC avec mon frère, sur une ferme de polyculture élevage (lait et viande). Je nourris environ 1 500 personnes, j’entretiens 12 km de haies, je stocke 2 000 tonnes de carbone, nous sommes deux associés, nous embauchons un salarié et un apprenti et faisons travailler indirectement 9,5 personnes. Ces chiffres parlent et suffisent à montrer l’incidence positive de notre métier sur le milieu rural».

Il ajoute : «Les agriculteurs doivent prendre la parole, en toute transparence et montrer leur contribution tant d’un point de vue économique, environnemental (entretien et aménagement du territoire) que social (maintien d’emplois, de services... dans les campagnes). Dans nos villages, nous sommes bien souvent les premiers employeurs». Germain Albespy évoque aussi l’importance d’un dialogue positif autour du métier d’agriculteur, clé du renouvellement des générations de demain : «Si nous n’encourageons pas les jeunes à s’installer demain, et sans renouvellement des générations, tous les dix ans, en Aveyron, c’est l’équivalent de l’usine Bosh que le département va perdre !».

#Agridemain, plateforme nationale

«Dans tous les sondages, les Français, à plus de 80%, confirment leur confiance en les agriculteurs. Nous sommes dans le top 3 des professions les plus aimées. A nous de foncer !», enchaîne Luc Smessaert. Comme un exemple, en 2016, le réseau FNSEA - JA a lancé #Agridemain, une plateforme qui fédère 14 organisations nationales (syndicalisme, Coop de France, Chambres d’agriculture...) pour prendre la parole. «Nous sommes partis d’un constat certes malheureux : il y a 10 ans encore, l’agribashing (dénigrement systématique et répété de l’agriculture) n’existait pas. Aujourd’hui il fait partie de notre quotidien. Pas une semaine sans une vidéo accusatrice, sans un dossier sur le bien-être animal, les produits phytos... l’agriculture se voit accusée de tous les maux. Dans nombre de discussions, dans les médias, parfois même en famille, le malaise, l’incompréhension voire la suspicion font loi», regrette Luc Smessaert. «Les agriculteurs sont convaincus qu’ils travaillent bien mais il y a toujours une rumeur, un bruit de fond porteur de doutes sur le travail bâclé, la maltraitance des animaux, le lien à l’environnement...», complète Germain Albespy. «Une distance s’est creusée entre agriculteurs et consommateurs que nous nous devons de combler. L’image de nos campagnes est décalée», assurent les responsables professionnels. «La balle est dans notre camp». Les agriculteurs, notamment de l’Aveyron, peuvent en effet s’appuyer sur des choses simples : «un lien très fort avec nos animaux dans des fermes à taille humaine, des produits de qualité, le pâturage, l’élevage à l’herbe...», enchaîne Anthony Quintard, président de JA 12.

Mais ce n’est pas simple quand la communication n’est pas son métier : «Nous ne sommes pas des grands communiquants. J’aime à dire que nous sommes des faiseux plutôt que des diseux», avoue Luc Smessaert. «Mais si nous ne le faisons pas, qui le fera pour nous ?». D’autant que des arguments, des preuves, les agriculteurs n’en manquent pas ! «Nous n’avons jamais autant fait d’efforts que ces dernières années en matière de contribution environnementale, de diminution de produits phytos, d’antibiotiques... Une majorité d’éleveurs adhèrent aux chartes de bonnes pratiques et sont engagés dans divers points de contrôle», assure Luc Smessaert. Il cite l’exemple du tri des déchets : un foyer trie 46% des ses déchets, un agriculteur 90% ! «Si notre agriculture, nos produits de qualité sont autant plébiscités à l’étranger, notamment pour leur traçabilité, nous devons aussi le faire savoir en France !», poursuit-il.

Se fédérer pour communiquer positivement

«Il faut dire stop à cette petite musique qui nous fait perdre le sens et la fierté de notre métier», interpellent les responsables professionnels. «Renouveler les générations, vivre de notre métier et redonner de la fierté et de la confiance aux paysans, sont nos leitmotiv et c’est en se fédérant, autour d’initiatives comme le groupe COSE ! ou comme #Agridemain que nous pourrons y arriver», encourage Luc Smessaert. Sur les réseaux sociaux, à travers des petites vidéos toutes simples, des instants magiques photographiés, plusieurs agriculteurs aveyronnais présents lors de la conférence, ont montré que c’était facile de parler positivement de son métier, de partager sa passion : une ferme bouge, vit, tous les jours, il y a de petites histoires fantastiques ! «L’agriculture a de vraies solutions à apporter et ne doit pas seulement figurer dans la rubrique faits divers», a dénoncé Luc Smessaert.

Ambassadeur des fermes ouvertes partout en France, une opération qui a démarré il y a 29 ans, Luc Smessaert note une évolution positive : «Dès qu’on ouvre une ferme, le grand public est curieux des nouvelles technologies, avide d’informations, d’explications, et soucieux que nous puissions bien gagner notre vie. Nous devons surfer sur ces expériences positives. On suscite de la curiosité et c’est bien, c’est le premier pas vers le dialogue».

«Nous avons beaucoup axé la communication sur nos produits et pas assez sur notre métier alors qu’il est à la vue de tous, nous travaillons à ciel ouvert !», note Anthony Quintard. Laurent Saint Affre, président de la FDSEA, encourage les agriculteurs à «se réapproprier» leur communication : «Pour nous faire comprendre, nous devons expliquer et ne pas laisser les autres le faire à notre place ! Les agriculteurs vivent mal ces attaques mais c’est en s’organisant pour dire ce que l’on fait, sans peur et en toute transparence, que le dialogue se réouvrira». Ce sera aussi le moyen pour les agriculteurs de retrouver un peu de sérénité dans ce métier qu’ils ont choisi parce qu’ils l’aimaient tout simplement !

Eva DZ

06 décembre 2018

Elections Chambre d’agriculture : présentation de la liste FDSEA-JA

La liste des candidats (es)FDSEA-JA des élections Chambre d’agriculture de janvier, celle du collège Chefs d’exploitation et assimilés, a été présentée vendredi 30 novembre à Pont-de-Salars. Anthony Quintard (JA) et Dominique Fayel (FDSEA), résument le contenu du programme porté par leur liste «Ensemble, les pieds sur terre».

«Bon sens et ambition»

«Notre projet est rassembleur, empreint de bon sens et d’ambition !», selon Anthony Quintard, président des JA. Il ajoute : «Né d’une démarche nouvelle et ouverte, le projet JA/FDSEA a été bâti par la concertation entre l’ensemble des agriculteurs de nos réseaux et les organisations agricoles aveyronnaises». Dix réunions de terrain, 300 questionnaires et un séminaire collectif ont mis au jour les aspirations des paysans de l’Aveyron. En voici une synthèse :

• Le prix des productions doit être le premier revenu. La valeur ajoutée créée doit revenir réellement aux agriculteurs. Le choix a été fait depuis toujours de productions de qualité. Les savoir-faire doivent être défendus et fructifier.

• L’installation en agriculture est avant tout un projet de vie. Tous ceux qui portent des projets viables et vivables doivent être accompagnés, qu’ils soient issus ou non du milieu agricole.

• Les fermes aveyronnaise sont familiales. Les agriculteurs travaillent en groupe, s’entraident. Le cadre de vie est important. Il faut garder l’ambition d’être nombreux à vivre dans des territoires dynamiques pour que les emplois, les services, les réseaux, la culture..., soient denses et de qualité.

• Pour une meilleure qualité de vie, l’accent est mis sur l’emploi agricole et partagé. Le salariat doit être promu et valorisé par la formation, la qualification et la communication. Les agriculteurs-employeurs doivent être mieux accompagnés et outillés.

• La connaissance avance et les agriculteurs avec : technologies, agriculture de conservation des sols, changement climatique, alternatives aux phytosanitaires, réductions des antibiotiques, attentes sociétales, aléas des marchés... Tous ceux qui veulent innover ou renforcer leur résistance aux risques doivent être soutenus, techniquement et financièrement, pour que chacun trouve les meilleures solutions possibles chez lui.

• Les accusations systématiques de l’élevage font mal. Mais paradoxalement, les pratiques agricoles en Aveyron correspondent déjà grandement à ce qu’attendent réellement les consommateurs/citoyens. Il faut le dire, le montrer, l’expliquer. «C’est aux agriculteurs de prendre la parole et d’apporter les réponses de ceux qui gardent les pieds sur terre !», lance Anthony Quintard.

"Nous voulons une PAC consolidée !"

«Pour défendre tous les agriculteurs, les JA et la FDSEA sont présents tous les jours, sur tous les sujets, depuis chaque commune jusqu’à Paris et Bruxelles», relève Dominique Fayel, membre du bureau FNSEA. Il poursuit : «Nous voulons des politiques cohérentes ! Répartition des marges plus équitable, refus des traités internationaux, refus de nouvelles charges, lutte contre les prédateurs... L’agriculture est un secteur stratégique et il est plus que temps de miser dessus !

Nous voulons une PAC consolidée ! Les deux précédentes réformes ont permis un réel rééquilibrage des soutiens en direction des ceux qui travaillent, de l’élevage, de la montagne et du piémont. Cette réorientation des aides a été favorable à l’Aveyron car nos modèles d’élevage répondent aux enjeux environnementaux et sociétaux actuels. Ainsi, l’enveloppe aveyronnaise de la PAC a été de 257 millions d’euros en 2017, contre 221 millions d’euros en 2014. C’est autant qui a été injecté à travers l’agriculture dans tous les secteurs économiques du département.

Mais aujourd’hui, avec le Brexit et la perte de la contribution du Royaume-Uni d’une part, et de nouvelles politiques communes souhaitées par l’Europe sur l’immigration, la sécurité et la défense d’autre part, le budget de la politique agricole commune est annoncé à la baisse». Et Dominique Fayel de conclure : «Nos syndicats resteront entièrement mobilisés pour continuer à faire-valoir aux décideurs tout ce que l’agriculture aveyronnaise, l’élevage de montagne et de piémont, apportent à notre vivre-ensemble».

22 novembre 2018

Action FDSEA-JA : action contre les prix du lait bradés

La section bovins lait FDSEA et les JA ont protesté «contre le prix du lait de vache bradé» dans le magasin Géant d’Onet-le-Château, jeudi 15 novembre, en guise d’exemple. Les producteurs laitiers ont obtenu un rendez-vous avec la direction du magasin vendredi 23 novembre, afin de travailler notamment sur des «opportunités locales».

Emmenés par Claude Falip et Jérôme Valière, les producteurs laitiers ont protesté devant des responsables du magasin Géant, dans le rayon des produits laitiers, et dans une ambiance tendue. Ils ont rappelé que lors des différentes réunions organisées dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation, «tous les acteurs de la filière laitière, dont les distributeurs, s’étaient accordés pour moraliser les relations commerciales». En réalité, constatent la FDSEA et les JA, «18 mois après ces belles intentions, voilà que l’on trouve dans les rayons, du lait à 0,59 €/litre et 0,53 €/litre dans des enseignes GMS de l’agglomération ruthénoise. Alors que la montée en gamme portée notamment par la FNPL devait créer de la valeur pour la filière, force est de constater que la guerre des prix reste le seul cheval de bataille !» dénoncent encore les deux syndicats.

396 euros/1 000 litres !

Et de préciser : «comme elle s’était engagée à le faire au moment des Etats généraux de l’alimentation, l’interprofession laitière a publié des références économiques communes qui doivent maintenant être prises en compte en toute transparence dans les négociations commerciales. Pour l’interprofession, le prix de revient du lait de vache produit dans les fermes laitières françaises doit atteindre 396 euros/1 000 litres. Ce niveau permet de rémunérer chaque agriculteur à hauteur de deux Smic à l’année. C’est un minimum pour prendre en compte les 50 à 70 heures de travail hebdomadaire, bien vivre de son métier et assurer la pérennité de la production française !».

Entrevue le 23 novembre

La FDSEA et les JA ont donc relayé tous ces arguments auprès des responsables de la GMS qui se sont engagés à recevoir les représentants des deux syndicats ce vendredi 23 novembre. Selon Claude Falip, «nous allons voir avec eux s’il est possible de travailler sur des opportunités locales, afin de mieux valoriser notre lait, en lien avec des OP notamment». Et plus généralement, pour échanger sur le niveau de prix des produits laitiers français.

Revaloriser de 5 %

Revenant sur le prix de revient calculé par l’interprofession, de 396 euros/1 000 litres, Claude Falip et Jérôme Valière complètent : «ce niveau de prix impliquerait une revalorisation de 5 % du prix de vente des produits laitiers aux distributeurs. C’est possible. Intermarché s’est engagé, mardi 13 novembre, par la voix de son président, à accepter des hausses de prix réclamées par les industriels aux distributeurs, «s’ils sont capables de justifier l’augmentation de la rémunération des agriculteurs en 2019» a en effet déclaré le président d’Intermarché. Nous saluons donc cette preuve de responsabilité !».

Caude Falip et Jérôme Valière concluent : «l’alignement perpétuel sur les prix les plus bas n’a pas de sens. Il est destructeur de valeur pour tout le monde. Alors que la loi Alimentation vient d’être votée, et à la veille de sa mise en application, nous, producteurs, voulons rappeler à l’ordre les distributeurs. Le lait a un prix, un prix minimum nécessaire pour faire vivre dignement nos familles. A vouloir brader le lait français, on liquide les producteurs. Au final, où faudra-t-il aller chercher le lait de notre petit-déjeuner ?».

D.B.

15 novembre 2018

«Moi(s) je m’installe» avec Anne-Gaëlle Danflous : «fière de prendre la suite»

Deux ans après son installation, Anne-Gaëlle Danflous est une éleveur de vaches laitières heureuse. Diplômée de Purpan, après plusieurs années de salariat, cette jeune maman s’épanouit sur la ferme familiale à Galgan.

Anne-Gaëlle Danflous a roulé sa bosse avant de s’installer à 30 ans sur la ferme familiale. Diplômée de Purpan, elle a été formatrice à l’ADPSA puis pendant 6 ans, formulatrice à Solevial. «Dans un coin de ma tête j’ai gardé l’idée de m’installer mais ce n’était pas évident en raison d’un manque de foncier», se souvient Anne-Gaëlle. Jusqu’à cette opportunité offerte par des voisins qui cessaient leur activité : «la possibilité de louer des terres à proximité a déclenché mon projet».

C’est ainsi que le 1er décembre 2016, Anne-Gaëlle a rejoint ses parents pour former le GAEC du Rosier Blanc, sur la commune de Galgan, près de Montbazens. «L’élevage laitier me tentait depuis toujours, et qu’importe si au moment de mon installation, la conjoncture n’était pas au beau fixe. Dans tout métier, il y a des hauts et des bas, des contraintes. Avoir travaillé à l’extérieur précédemment me permet de relativiser et je suis aujourd’hui plus libre», soutient Anne-Gaëlle. Cette maman de deux jeunes enfants (3 et 5 ans) arrive à se libérer quand elle en a besoin pour eux : «C’est une question d’organisation. Mes parents comme moi, nous avons tous gagné en qualité de vie».

L’installation d’Anne-Gaëlle a également été facilitée par le travail de ses parents : «ils m’ont transmis une ferme bien assise, spécialisée en bovins lait depuis 4 ans, après l’arrêt de l’atelier ovins faute de foncier suffisant». Avec son arrivée sur l’exploitation, l’atelier est passé de 60 à 90 vaches laitières en race Prim’Holstein, sur 76 ha dont environ 25 en location. Peu à peu les associés augmentent la production, espérant réaliser leur référence de 960 000 litres rapidement. Le lait est livré à la coopérative Sodiaal.

Le GAEC a également profité de l’arrivée d’Anne-Gaëlle pour construire un bâtiment qui accueille l’ensemble du troupeau, ainsi qu’une salle de traite «pour le confort de tous», notamment de plain pied pour que les enfants puissent y assiter en toute sécurité !

Un an pour s’installer

Pour concrétiser son accompagnement à l’installation, Anne-Gaëlle a mis une année, à partir du premier rendez-vous au Point Accueil Installation. «C’est un peu le parcours du combattant notamment pour tout ce qui a trait aux tâches administratives et réglementaires. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de choses à suivre en même temps. Pour faire avancer son dossier, il faut bien le suivre». Après une formation sur le chiffrage de son projet, la future agricultrice y a vu plus clair sur son dossier qui était relativement simple : une installation dans le cadre familial, une exploitation bien assise... «Le plus délicat a été de faire coincider mon installation avec le dossier PCAE pour le bâtiment. Les démarches étant pour la plupart dématérialisées, cela facilite les échanges. L’accompagnement de la Chambre d’agriculture, encore aujourd’hui sur tout l’aspect réglementation, est très appréciable».

Deux ans après son installation, Anne-Gaëlle mesure déjà le chemin parcouru. «La première année, on avance un peu à tâtons et puis le bâtiment n’était pas tout à fait fini, mais quand on a fait une année complète, on y voit plus clair dans l’organisation de chacun», avance la jeune agricultrice qui a vite trouvé ses marques sur une exploitation qu’elle connaissait déjà bien. Ses parents lui ont confié la gestion administrative de la ferme. «J’ai encore beaucoup à apprendre sur la conduite du troupeau, et je participe à plusieurs journées techniques, via la Chambre d’agriculture, Sodiaal...» pour parfaire sa formation, et elle compte aussi sur l’expérience de ses parents !

Envie d’ouverture

C’est aussi cette envie d’ouverture et d’échanges qui l’a convaincu de participer à la première réunion du groupe JA réservé aux agricultrices. «C’est toujours intéressant de pouvoir échanger sur le parcours de chacun, mais aussi de se comprendre parce qu’on ne partage pas toujours le même point de vue que les hommes sur notre métier», avance Anne-Gaëlle. Elle attend de ce groupe, de pouvoir partager ses préoccupations, notamment sur l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale. «On s’aperçoit que l’on se pose toutes les mêmes questions. A plusieurs c’est plus facile de trouver des solutions !». Anne-Gaëlle est aussi fière de représenter la jeunesse sur son secteur : «Nous manquons un peu de dynamique dans le coin, en participant à un groupe JA j’espère y contribuer à mon échelle».

Pour les années à venir, Anne-Gaëlle veut tout simplement vivre de ce métier qui la passionne et bien le vivre. «Sur une ferme on travaille avant tout pour soi et je suis fière que mes parents me passent le relais en douceur. Jamais ils ne m’ont découragé dans mon projet. Ils m’ont rendu mon projet facile».

Eva DZ

08 novembre 2018

Jeunes Agriculteurs : un groupe 100% féminin !

Les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron viennent de créer un groupe 100% féminin. Lors de leur première réunion, une vingtaine de jeunes installées ou en cours d’installation se sont retrouvées autour des deux initiatrices de la démarche, Mathilde Calmels et Virginie Albespy.

Créer un groupe 100% féminin au sein de JA est une première. Comment est née cette idée ?

V. Albespy : «A l’occasion d’échanges avec quelques amies agricultrices, j’ai ressenti leur envie de partager, de se retrouver et quand j’ai parlé de l’idée de créer un groupe de jeunes agricultrices au sein des JA à Mathilde Calmels, administratrice aux JA, elle a tout de suite adhéré au projet.

M. Calmels : Sur mon canton, nous sommes aussi quelques jeunes femmes nouvellement installées, motivées pour travailler ensemble sur des projets. Et puis, se lancer à deux avec Virginie dans ce projet est plus facile.

Comment l’avez-vous concrétisé ?

M. Calmels : L’objectif était d’organiser une première rencontre pour voir si des agricultrices seraient intéressées par le projet. Avec Virginie, nous en avons parlé autour de nous, nous nous sommes aussi appuyées sur le réseau JA, nous avons fait jouer le bouche à oreille et nous avons créé un groupe FaceBook. Puis les agricultrices intéressées en ont parlé à leurs amies, à leurs voisines.

Comment s’est déroulée cette première rencontre ?

V. Albespy : Très bien ! Nous ne pensions pas être si nombreuses ! Nous avons pris le temps de faire connaissance. Chaque agricultrice a présenté son exploitation, son projet professionnel. Nous avons écouté les attentes de chacune et leur motivation à participer à un groupe.

C’était très enrichissant car les profils des participantes étaient très divers tant dans les productions (bovins viande et lait, ovins lait, caprins, canins, ferme pédagogique,...) que dans les secteurs géographiques (quasiment tout le département était représenté), que dans la forme d’installation (hors cadre-familial, association familiale, individuel, conjoint,...) et dans la situation familiale (avec ou sans enfants).

Il y a eu de l’échange, chacun a pu s’exprimer largement pour présenter son profil, ce qui a permis de faire connaissance. Le principal enjeu était d’échanger sur notre métier, sur l’organisation de la vie au quotidien, de se créer un réseau aussi et d’exprimer nos attentes.

M. Calmels : J’étais vraiment contente de notre première rencontre. La participation a été au rendez-vous et du coup, les échanges ont été riches. Cette rencontre est prometteuse pour l’avenir de notre groupe au sein de JA.

Prochaine rencontre au printemps

Quelle sera la suite de ce groupe ?

M. Calmels : Nous sommes déjà satisfaites d’avoir pu concrétiser notre projet d’un groupe JA d’agricultrices et de salariées agricoles, car notre groupe leur est aussi ouvert. Les salariées sur nos fermes font le même métier que nous et partagent nos problématiques, nos projets. Nous pensons qu’il est important de les associer à nos réflexions.

V. Albespy : La première étape était d’apprendre à se connaître, d’identifier les attentes pour ensuite construire des projets ensemble. Le lancement de ce groupe est réussi.

Nous prévoyons une prochaine rencontre au printemps lorsque tout le monde sera un peu plus disponible. Nous aurons plaisir à nous retrouver de nouveau, cette fois-ci pour évoquer des projets à construire ensemble.

M. Calmels : Nous n’avons pas forcément le même point de vue que les hommes sur le métier, sur la façon de l’aborder au quotidien. Se retrouver entre filles nous donne une force supplémentaire pour mener des projets et des combats qui nous sont propres».

Recueillis par Eva DZ

01 novembre 2018

Politiques européennes et agriculture : la future PAC se prépare maintenant

Le député européen, Michel Dantin, a rencontré la profession agricole aveyronnaise lundi 29 octobre à la Maison de l’agriculture à Rodez. Thème des échanges, la nouvelle PAC.

L’eurodéputé originaire de Savoie a été accueilli par Dominique Fayel, membre du bureau de la FNSEA, chargé du dossier montagne, de Laurent St-Affre, président de la FDSEA, d’Anthony Quintard, président des JA, Benoît Fagegaltier, secrétaire général de la FDSEA, Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande de la FDSEA, Pierre Cabrit, président de l’IRVA, Jean-Claude Virenque, président de la Fédération des coopératives, Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture. Les parlementaires Anne Blanc et Arnaud Viala, Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole départementale et le DDT Laurent Wendling, étaient également présents.

La commission européenne a déjà lancé ses premiers travaux relatifs à la prochaine réforme de la PAC qui devrait être mise en œuvre à partir de janvier 2021. Dominique Fayel a rappelé qu’il était question d’un «nouveau modèle» où les 27 Etats membres auront «plus de liberté, avec plus de subsidiarité», et sans ligne de conduite commune, laissant aussi planer des doutes et inquiétudes chez les agriculteurs français, dont ceux des zones de montagne.

Quel budget ?

Michel Dantin a lancé son propos par ce qu’il appelle «une première interrogation», en l’occurrence , «le budget» de la nouvelle PAC. «Parler de maintien de ce budget, c’est aussi évoquer une plus grande participation de notre pays...». La France veut le maintien du budget agricole de l’Europe. Elle est aussi favorable pour augmenter sa contribution au budget. L’Allemagne serait dans la même position. Mais trois pays s’opposent à une augmentation du budget. L’Autriche (qui préside le Conseil) qui veut moins d’Europe, les Néerlandais et les Suédois qui souhaitent aussi une réduction du budget européen. Malgré tout, «la négociation sur le budget pourrait aboutir avant les prochaines élections européennes» selon Michel Dantin.

Brexit et marchés

En lien avec le budget européen, le Brexit pose également question. «Nous sommes en effet en pleine incertitude avec le retrait de la Grande Bretagne de l’UE, et les conséquences sur les marchés notamment, avec par exemple, la filière viande. Les Britanniques importent 2 millions de tonnes de viande de l’UE. Ils pourraient très bien ouvrir leur marché intérieur à d’autres pays pratiquant une autre agriculture que la nôtre, avec l’une des deux Irlande désormais détachée des contraintes de production de l’UE. Elles qui pratiquent une agriculture commune depuis 1992», relève Michel Dantin.

Le député européen a aussi exprimé sa préoccupation concernant la position de Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture et au développement rural, qui s’appuie sur «27 PAC complètement différentes». «Pourquoi un budget commun alors ?» demande Michel Dantin, «nous voulons mettre plus de «commun» dans la nouvelle PAC». Il cite notamment le volet relatif «aux contraintes environnementales et leurs contrôles, pouvant être responsables des distorsions de concurrence».

ICHN et aides couplées

Autre sujet d’inquiétude, l’ICHN. «Il y a comme une petite musique à Bruxelles qui nous dit s’il est bien justifié de retirer 40 % du 2ème pilier... Ce discours est tenu à tous les étages. Ce n’était pas le cas lors des négociations de la dernière PAC. Il y a cinq ans, ce dossier ne posait aucun problème en effet». Autre sujet, «les aides couplées dont nous voulons le maintien et conserver l’enveloppe. Peut-être sera-t-il envisagé de territorialiser les productions». Sur les prairies naturelles, il ajoute : «on se bat pour conserver là-aussi ce qui figure déjà dans l’omnibus».

Et Michel Dantin de résumer son travail de parlementaire ainsi : «nous travaillons sur le budget, le «commun» de la PAC, les aides couplées, les programmes opérationnels et pour plus de simplification administrative. Ce sont nos principaux chevaux de bataille. Rappelons qu’à Luxembourg, les ministres de l’Agriculture européens ont débattu de l’avenir de la PAC lors de leur dernier conseil du 15 octobre. Un plan stratégique doit en effet être défini pour chaque Etat membre, entraînant un transfert important des responsabilités entre l’Union européenne et les Etats membres, dans l’optique d’une PAC davantage centrée sur les résultats. Certaines délégations (Allemagne, Belgique, Espagne et Italie) ont donc demandé à la Commission de mieux prendre en compte les Etats membres décentralisés et ceux qui délèguent beaucoup de pouvoir au niveau régional. Il s’agit par exemple d’Etats fédéraux comme l’Allemagne, l’Espagne... Tout en étant favorable à plus de souplesse, Phil Hogan a également rappelé que la Commission était opposée à une renationalisation de la PAC. L’Autriche, présidente du Conseil, espère trouver une position commune sur la future PAC avant fin 2018...»

D.B.

04 octobre 2018

Sécheresse, loup, PAC, retraites... : FDSEA et JA chez le député Mazars

Lundi 1er octobre, les responsables FDSEA et JA ont rencontré le député Stéphane Mazars, à Rodez, pour faire le point sur plusieurs sujets d’actualité. En préambule au conseil syndical réuni en soirée.

L’entrevue a duré plus d’une heure et demi avec un ordre du jour chargé : situation climatique en Aveyron, retraites agricoles, le loup, les sangliers, les attaques anti-élevage, etc. Laurent St-Affre (président FDSEA) et Anthony Quintard (président JA) étaient accompagnés de Valérie Imbert (bovins viande FDSEA), Benoît Fagegaltier (1er vice-président FDSEA), Pierre Rouquette (section anciens exploitants FDSEA). Stéphane Mazars était au côté de sa suppléante, Pauline Cestrières.

Sécheresse

La situation est critique sur le front de la sécheresse, a confirmé Laurent St-Affre. «Une large partie du département dont le nord Aveyron et l’Ouest sont très touchées. Un dossier calamité agricole est en cours, avec un autre, pour perte de fonds, concernant l’ensemble du département. Les prairies n’ont pas été renouvelées et les sols sont très endommagés par la sécheresse. Les pertes de fourrage sont évaluées entre 30% et 50% dans certaines zones à préciser. Nous avons aussi alerté le député sur la réserve de 250 millions d’euros prise sur le fonds calamité par François Hollande, ancien Président de la république. Cette enveloppe ne doit pas être à la baisse ! Sachant que la sécheresse touche maintenant presque l’ensemble du territoire national». Le président de la FDSEA insiste : «depuis le 14 juillet, les troupeaux sont alimentés par les stocks, lesquels seront trop faibles pour l’hiver. Des éleveurs vendent des vaches. D’autres vendent leurs bêtes pas finies, avec des valorisations inférieures. La sécheresse est aussi européenne. Seule l’Espagne peut fournir de la paille. Il faudra donc acheter du fourrage, mais à quel prix ?». A propos des actions antiviande, Laurent St-Affre dénonce le fait que «certaines personnes puissent anéantir les travail des autres (éleveurs, bouchers, abattoirs). L’Etat doit prendre ses responsabilités face à de tels agissements !».

Sangliers et loups

Anthony Quintard a évoqué le dossier dégâts de gibier, et leurs conséquences, «avec des sols dévastés, pénalisant les implantations fourragères». A propos du loup, la profession agricole demande «des tirs de prélèvement en cas d’attaque. Nous attendons des réponses rapides concernant le plan loup». Et d’ajouter : «la préfète de l’Aveyron est à notre écoute avec la mise en place annoncée de caméra infrarouge et de projecteur en cas d’attaque».

PAC

A propos de la PAC, Benoît Fagegaltier réagit : «nous ne sommes pas dans une année normale. Les aides bio 2016 et 2017 n’ont toujours pas été versées. Les aides aux mesures environnementales non plus.

Tout cela pénalise les systèmes, dont ceux qui sont en conversion bio. Les aides ne sont pas versées également pour les installations, notamment les bâtiments, là aussi à cause de soi-disant problèmes informatiques !». S’agissant des contrôles PAC, il dénonce «le relèvement du seuil de 5 % à 11,5 % des exploitations contrôlées, soit 800 fermes concernées en hiver et printemps prochains, contre 400 lors de la précédente campagne. Tout cela engendrera encore des retards de paiement. Avec la sécheresse, les cours bas, cela commence à faire beaucoup !» a-t-il protesté.

Retraites

Enfin, Pierre Rouquette a relayé la demande des retraités en faveur de la revalorisation des pensions agricoles au delà de 75 % du SMIC. «Nous demandons plus d’égalité entre citoyens. Une pension de retraite agricole, c’est environ 800 euros/mois, 600 euros/mois pour une femme, bien en dessous du seuil de pauvreté !».

D.B.

20 septembre 2018

Prédation par le loup : FDSEA et JA allument le feu !

Samedi 15 septembre en soirée, à Ste Eulalie de Cernon, Saint Chély d’Aubrac et Sévérac d’Aveyron, une centaine d’éleveurs de la FDSEA et des JA ont allumé trois feux pour dénoncer, une fois de plus, la prédation par le loup sur les troupeaux (photo ADN).

Partout en France, sur 39 sites exactement, des feux ont été allumés par les éleveurs, pour afficher la détresse des territoires soumis à la prédation. Ils ont répondu à l’appel de l’USAPR (Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales).

En Aveyron plus d’une centaine d’éleveurs de la FDSEA et des JA se sont mobilisés sur trois sites, sur le Larzac, l’Aubrac et à proximité de Sévérac-le-Château. Cette action également déclinée dans plusieurs pays européens, visait à remettre en cause la politique de gestion du loup au niveau de l’Union européenne.

Par ces feux, les éleveurs entendaient alerter les pouvoirs publics, les élus et l’Etat sur la nécessité de réguler la population de loup, de travailler à son déclassement comme espèce protégée au niveau européen et d’accompagner les éleveurs, victimes d’attaques sur leur troupeau. Ainsi en Aveyron, les élus locaux, maires, présidents de Communauté de communes, conseillers départementaux et le député Arnaud Viala notamment, se sont déplacés sur les feux organisés par les éleveurs, montrant par leur présence leur soutien à l’élevage.

En Aveyron, toutes les semaines, des troupeaux continuent d’être attaqués par le loup. Au 20 août, 30 attaques où le loup n’est pas écarté ont fait près de 90 victimes animales. Et depuis cette date, 11 attaques ayant fait 15 victimes animales sont en cours d’expertise. «C’est beaucoup trop et ce n’est plus tenable pour les éleveurs qui, psychologiquement ont du mal à supporter ces attaques, ils vivent dans la crainte permanente de perdre une partie de leur cheptel, ce n’est plus tenable», a avancé François Giacobbi, responsable du dossier sur le département. Il en appelle à la responsabilité de l’Etat pour prendre les décisions adéquates.

«Nous sommes prêts à repartir à l’action si rien n’est mis en œuvre pour réduire la prédation. Nous ne lâcherons rien sur le sujet», a averti le responsable professionnel, satisfait d’avoir pu compter sur le soutien des , élus locaux et de la participation des éleveurs sur trois sites en Aveyron.

13 septembre 2018

Séminaire départemental FDSEA-JA et OPA à Nant : un projet agricole en construction

La FDSEA et les JA de l’Aveyron ont organisé un séminaire les 6 et 7 septembre à Nant en présence de représentants de filières et OPA. Objectif : finaliser un projet agricole départemental définissant les orientations pour les dix prochaines années, en vue des élections à la Chambre d’agriculture de janvier 2019.

Tous les six ans, les agriculteurs sont appelés aux urnes pour renouveler leur Chambre d’agriculture. Le prochain scrutin aura lieu en janvier. FDSEA et JA travaillent à la mise en œuvre d’un programme départemental agricole construit avec les filières et les OPA de l’Aveyron qui sera présenté aux agriculteurs aveyronnais durant la campagne électorale de cet automne. Une cinquantaine de personnes étaient réunies à Nant pour bâtir collectivement le nouveau projet agricole départemental.

«Cette réflexion a déjà débuté depuis quelques semaines avec l’organisation de conseils syndicaux dans chaque région», rappelle Laurent St-Affre, président de la FDSEA. «Aux positions et propositions recueillies, viennent s’ajouter les quelque 300 réponses au questionnaire mis en ligne par notre réseau». Appuyés par ces résultats, la FDSEA et les JA de l’Aveyron avaient donc réuni des représentants d’OPA et de filières économiques pour deux jours de travail à Nant afin «de finaliser un nouveau projet agricole qui guidera nos actions pour les dix prochaines années». Des groupes de travail ont été constitués sur les thèmes suivants : foncier, société, emploi, économie. Avec comme thème transversal, les territoires.

Attentes sociétales

Naturellement, le débat prix-revenu demeure une préoccupation majeure pour la profession agricole aveyronnaise, avec cependant un volet nouveau pour les éleveurs, celui des attentes sociétales, des pratiques agricoles parfois remises en cause, le tout étant amplifié par l’importance des réseaux sociaux dans la communication agricole actuelle.

C’est-là une donne nouvelle pour les agriculteurs que la FDSEA et les JA ont déjà pris en compte, à travers par exemple le groupe COSE ! Echanges et points de vues croisés ont ainsi confirmé cette préoccupation des agriculteurs, lors des deux jours de travaux animés notamment par Xavier Lemonde, directeur de l’IFOCAP.

Un travail de synthèse

Pour Laurent St-Affre, «tous nos échanges ont été intéressants. Nous avons entendu des personnes avec lesquelles nous avons l’habitude de travailler sur d’autres sujets, et qui ont elles-aussi des avis pertinents pour orienter notre agriculture des dix prochaines années. Dans nos travaux, est ressorti notamment l’importance du territoire, qui est au cœur de la préoccupation des agriculteurs qui veulent s’impliquer dans l’agriculture aveyronnaise et l’économie départementale. Il nous reste maintenant un gros travail de débriefing, de synthèse à réaliser pour construire notre projet agricole avec notre réseau syndical, les filières économiques et les OPA de l’Aveyron. Et de le partager avec les agriculteurs aveyronnais».

Installations

Anthony Quintard (JA) complète : «il est bien d’avoir organisé ce type de séminaire. JA et FDSEA ont en effet l’habitude de travailler ensemble mais pas suffisamment sur des dossiers de fond, sur les orientations, en dehors des réunions du CAF, des filières ou des territoires. Nous sommes aussi ici au nom de nos adhérents, et des 300 d’entre-eux qui ont répondu à notre questionnaire. Nous avons travaillé sur cette base solide du réseau, avec tous les acteurs économiques du département. Cela a du sens».

S’agissant de l’installation, le président des JA conclut : «l’enjeu est de bien accompagner les jeunes, de communiquer sur les moyens existants pour aller vers le métier. Plus largement, j’ai moi aussi noté l’importance du territoire qui transparaît dans tous les sujets évoqués, où les agriculteurs assument très bien leur rôle d’acteur économique, voire d’ambassadeur».

30 aout 2018

Agriculteurs, chasseurs : pour un dialogue responsable

"A l’occasion de l’ouverture de la chasse, la Volonté Paysanne a interrogé Jean-Pierre Authier, président de la Fédération départementale des chasseurs.

Vous trouverez cette interview en première page de ce dossier. Il y a beaucoup de sujets communs entre chasseurs et agriculteurs : le fait que bon nombre d’agriculteurs sont chasseurs, l’intérêt partagé pour les milieux naturels de nos territoires, la connaissance fine de nos paysages ruraux..., et aussi, quelques sujets de débats, notamment la question des dégâts liés au sanglier et la régulation de cette espèce. Nous avons toujours pensé que les sociétés de chasse locales et la Fédération départementale étaient des partenaires incontournables pour gérer la relation agriculture/gibier. Il peut y avoir des différences de vue, mais le dialogue responsable des acteurs locaux reste la voie la plus efficace, dans l’intérêt de tous.

Cette interview est publiée dans un contexte particulier : la démission surprise de Nicolas Hulot après que la Fédération nationale des chasseurs ait été reçue à l’Elysée, et les propos à l’emporte-pièce de Thierry Coste (lobbyiste «mercenaire») accompagnant Willy Schraen président national, lequel a déclaré par ailleurs : «le vrai conflit est avec les agriculteurs» (sous-entendu, pas avec les écologistes... ). Cette déclaration fait suite à d’autres saillies du même tonneau...

Outre le fait, qu’à nos yeux, Willy Schraen, avec sa gouaille «à la Trump», est plus le représentant des chasses à vocation commerciale que de la chasse communale ouverte à tous, comme nous la connaissons chez nous, nous pensons que cette dérive anti-agricole dans le discours conduira à une impasse.

S’agissant du sanglier, plus spécifiquement, la FNSEA reste attachée au maintien de cette espèce en catégorie «nuisible». Plus globalement, s’agissant de la faune sauvage et des prédateurs, et de la régulation des espèces, nous concentrons notre énergie à faire bouger les lignes d’un ministère où domine l’idéologie, que le ministre soit Hulot ou bien un autre.

Agriculteurs et chasseurs sont des acteurs du territoire, la raison impose de se parler et de se comprendre. Bonne lecture et bonne ouverture !".

Dominique FAYEL

23 aout 2018

«Sous les pavés, les prés» avec Rodez-Plage : les JA créent du lien avec la ville !

Les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron ont rassemblé du monde lors de leur animation «Sous les pavés, les prés», organisée dans le cadre de Rodez-Plage le week-end dernier.

Les berges de l’Aveyron à Layoule, au bas de piton ruthénois, ont attiré le soleil et une foule familiale, samedi et dimanche dernier, dans le cadre de Rodez-Plage, animation estivale proposée par la ville de Rodez depuis dix ans. Elle est désormais bien installée sur le site de Layoule depuis trois ans, avec «Sous les pavés, les prés». «Le cadre de Layoule est parfait pour notre animation JA ciblée sur le grand public, les citadins, avec une belle complémentarité avec Rodez-Plage et un bon partenariat avec la ville de Rodez» relève Anthony Quintard, président des JA. Il avait mobilisé une cinquantaine de JA à Layoule pour un week-end riche en animations diverses, autour notamment de la mini-ferme, avec le défi du «p‘tit fermier», et nouveauté cette année, le défi du «grand curieux» destiné aux parents, toujours sur le thème des pratiques agricoles et l’origine de l’alimentation produite en Aveyron.

Filières de qualité

«Nous sommes dans un département où 80 % de la production agricole est sous signe officiel de qualité. C’était la volonté de nos prédécesseurs il y a 30 ans, pour se différencier des productions standards et qui se poursuit aujourd’hui» indique le président des JA. Ils avaient invité de nombreuses filières qualité, avec ses fleurons comme le Veau d’Aveyron et du Ségala, le Bœuf Fermier Aubrac, le Bleu des Causses, MontLait, l’Agneau fermier des Pays d’Oc, l’Agneau laiton..., et la participation active de la coopérative Sodiaal, de la Chambre de Métiers et du syndicat départemental de la boucherie artisanale avec Bruno Rascalou et Pierre Azémar. Ces derniers ont par exemple «mis en cuisine» les productions agricoles aveyronnaises que le public a dégusté, en complément des repas proposés par les JA. «Nous avons servi 520 repas le samedi soir, contre 300 en 2017 et 1 100 au total sur le week-end» indique Anthony Quintard, «c’est une réussite pour notre hamburger aveyronnais et notre aligot-saucisse !».

«Du punch»

«Sous les pavés, les prés» est donc une belle occasion de mettre en avant une agriculture aveyronnaise qui pèse significativement sur l’économie départementale : «elle produit un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros chaque jour. L’économie aveyronnaise, c’est un euro sur deux issu de l’agriculture» note encore le président des JA. «Ce sont des messages qu’il faut faire passer aux citadins, en même temps que ceux relatifs à la qualité de nos productions et nos façons d’élever les animaux. Il y a souvent un décalage entre ce que relayent les médias et la réalité. Nous consacrons ici du temps avec les consommateurs afin de réduire ce fossé entre eux et nous, et remettre du lien». Un propos validé par Francis Fournié, maire-adjoint de Rodez : «ce débat autour de l’agriculture, de ce qu’on l’on mange, est d’actualité. Une présence militante comme celle des JA amène du punch à Rodez-Plage !», lance- t-il.

«Moderne, pédagogique»

L’élu présent sur le site le dimanche matin a ainsi apporté son soutien à l’agriculture locale, ajoutant par ailleurs que Rodez-Plage pourrait être organisé l’an prochain sur trois semaines au lieu de deux. Jean-Claude Anglars, vice-président du Conseil départemental, chargé de l’agriculture, a loué l’animation des JA en partenariat avec la ville de Rodez : «c’est une initiative moderne, pédagogique, qui a du sens. Elle séduit un public à la recherche de valeurs, dans un département agricole très actif !» a t-il déclaré lors de la visite des différents stands, le dimanche matin. «Nous présentons ici nos métiers mais aussi, ses innovations concrètes comme les boucles sur les animaux, les capteurs de vêlages, les drones...» complète Anthony Quintard. L’objectif est aussi, pourquoi pas, de susciter des vocations : «l’enjeu est en effet colossal, avec la moitié des agriculteurs qui ont plus de 50 ans. Désormais, 20 % des installés sont des hors cadres familiaux. En 2017, il y a eu en Aveyron 120 installations aidées. Entre janvier et août de cette année, nous avons atteint les 100 installations. La tendance est positive, et devrait dépasser le chiffre de l’an dernier. Il est donc nécessaire de continuer à bien communiquer en faveur de notre agriculture aveyronnaise !» conclut le président des JA.

D.B

16 aout 2018

Action FDSEA-JA : rien de tel qu’un bon steak made in France !

Jeudi 9 août, la FDSEA et les JA de l’Aveyron ont profité du chassé-croisé des vacanciers, sur l’aire d’autoroute de Sévérac le Château pour leur proposer un petit morceau de leur pays : des grillades de viande d’Aubrac. Une manière de les sensibiliser à l’intérêt de la consommation de viande française pour sauver l’élevage face aux importations de viande du MERCOSUR.

Il régnait comme un petit air de vacances jeudi 9 août sur l’aire d’autoroute de Sévérac le Château. Les voitures, campings-cars, camionnettes emplies de vacanciers étaient nombreux à faire une halte sur l’aire de l’Aveyron, avant de rejoindre les plages de la Méditerranée. Non sans avoir reçu un petit message des éleveurs de l’Aveyron : «pensez à consommer la viande d’origine France et n’hésitez pas à questionner les restaurateurs sur l’origine de la viande !».

Ils étaient une vingtaine d’agriculteurs de la FDSEA et des JA de l’Aveyron à diffuser ce message en distribuant des tracts défendant le mode d’élevage à la française face aux feedloots sud américains. «L’Aveyron est l’un des premiers départements d’élevage de France, notre mission est d’interpeller les consommateurs et les pouvoirs publics sur la nécessité de consommer de la viande locale et d’origine française», a expliqué Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande et secrétaire générale de la FDSEA.

«Il est primordial de rappeler que nos élevages sont à taille humaine, basés sur une agriculture familiale, qui fait vivre un tissu économique local et le milieu rural», rappelle la responsable professionnelle. «Nous développons des systèmes d’élevage tout en herbe, la majorité de l’alimentation de nos animaux est produite sur la ferme. Notre traçabilité est la plus pointue dans le monde, chaque animal étant identifié et suivi individuellement». Valérie Imbert évoque également l’amour des éleveurs pour leurs animaux : «Nous sommes bienveillants chaque jour à leur confort, à leur alimentation et nos pratiques sont encadrées par la loi. Si nous n’aimions pas nos animaux, nous ne ferions pas ce métier».

Des systèmes diamétralement opposés

Face aux efforts qu’ils fournissent au quotidien, les éleveurs français ne comprennent pas les négociations en cours avec le MERCOSUR, qui pourraient déboucher sur l’arrivée d’importations massives de viandes d’Amérique du sud, produites dans des conditions bien différentes : «les parcs d’engraissement dans ces pays rassemblent 20 à 30 000 bovins en moyenne. Ils sont nourris de maïs OGM, de farines animales, d’activateurs de croissance, soignés aux antibiotiques,... et ne voient jamais d’herbe. Là-bas la traçabilité n’est pas obligatoire, les hormones sont utilisées massivement sans contôles !», souligne Valérie Imbert.

«Nous ne pouvons pas lutter à armes égales face à ces produits, nous sommes victimes d’une concurrence déloyale et les consommateurs ne s’y trompent pas. Une grande majorité ne veulent pas de ces viandes à l’origine incertaine, produites dans des conditions qu’ils ne cautionnent pas», poursuit la responsable professionnelle. «Les conclusions des Etats généraux de l’alimentation ont bien rappelé que les consommateurs français privilégiaient la viande locale et attendaient de la qualité et de la traçabilité dans les produits. Ces négociations avec le MERCOSUR sont un contre-sens du gouvernement».

Une opération séduction réussie

Pour se faire entendre et solliciter le soutien des consommateurs, une nouvelle fois, une action nationale de communication positive a été lancée par la FNB et relayée par les éleveurs de races à viande du Grand Massif central. La FDSEA et les JA de l’Aveyron s’y sont associés en organisant une dégustation de viande d’Aubrac : «C’est en allant à la rencontre des consommateurs que nos messages passeront», sont convaincus les agriculteurs présents.

Quelques tracts dans une main, une assiette de viande dans l’autre et un grand sourire, la vingtaine d’éleveurs présents a fait le plein de bonne humeur : «La plupart des gens, de toutes générations, nous ont fait part de leur soutien à l’élevage français et de leur souci de consommer des viandes locales. C’est rassurant et cela nous encourage aussi à poursuivre nos efforts dans nos fermes», témoignent certains agriculteurs.

Eva DZ

26 juillet 2018

13 000 sangliers abattus en Aveyron : la chasse peut-elle encore réguler ?

La FDSEA a pris l’initiative de réunir les agriculteurs, la Fédération des chasseurs, la DDT et les lieutenants de louveterie à Cornus le 16 juillet. Ce secteur, comme d’autres, est très touché par les dégâts de sangliers. Les exploitants sont excédés face à une situation qui se dégrade d’année en année. Malgré une pression de chasse renforcée, d’autres solutions doivent être aujourd’hui envisagées pour retrouver un équilibre.

Fin 2017, la FDSEA avait déjà alerté la DDT et la Fédération des chasseurs sur la situation particulièrement tendue vis-à-vis du sanglier en Aveyron. Le seuil d’équilibre partagé par la profession et la Fédération des chasseurs se situe entre 6 000 et 7 000 sangliers abattus par an. Il s’est fortement dégradé depuis 5 à 6 ans passant de 6 500 sangliers abattus en 2012, à plus de 13 000 aujourd’hui (voir tableau des prélèvements).

Dégâts de gibiers : 560 000 euros !

Les conséquences sont multiples et dépassent le cadre agricole. Les dégâts sur les cultures augmentent fortement remettant en cause parfois des équilibres économiques dans les exploitations. Les indemnisations versées aux exploitants augmentent aussi avec 560 000 euros la dernière saison. Cependant beaucoup d’agriculteurs ne demandent rien car c’est avant tout une meilleure gestion qu’ils souhaitent.

L’augmentation des populations de grands gibiers accentue aussi le risque sanitaire : les animaux sauvages sont vecteurs de maladies comme la tuberculose. Elle engendre aussi un problème de sécurité publique avec 35 000 collisions recensées en moyenne par an au plan national. Ce développement incontrôlé des populations de sangliers ne peut plus continuer !

La FDSEA tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme et demande à la Fédération des chasseurs et aux services de l’Etat de bien prendre la mesure du problème pour que des mesures fortes soient enfin prises et rapidement.

Tir individuel pour tous les exploitants

Pour Laurent Saint Affre, président de la FDSEA : «le tir de défense doit être accordé sans condition à tous les exploitants pour protéger leurs récoltes, c’est indispensable !». La DDT a indiqué qu’à ce niveau-là, il n’y avait aucun frein aujourd’hui et que le nombre d’autorisation de tir d’été avait doublé cette année.

Interdire l’agrainage !

Pour Jean-François Fabry, co-président de la section chasse et dégâts de gibiers de la FDSEA : «nous demandons aussi l’interdiction de l’agrainage car beaucoup de dérives sont à souligner et c’est généralement davantage du nourrissage !». La Fédération des chasseurs ne souhaite pas interdire l’agrainage d’une façon générale mais est prête à l’interdire sur certaines unités de gestion à problème. C’est un premier pas ! Pour avancer sur ce sujet, la FDSEA lance un recensement des points d’agrainages clandestins ou n’étant pas dans le cadre règlementaire (lire encadré).

Les agriculteurs ont porté d’autres demandes comme le classement en tant que nuisible du sanglier et du blaireau (c’est déjà le cas dans certains départements) ou la baisse du nombre de chasseurs en battue (6 comme pour le chevreuil).

LD

07 juin 2018

Réforme des zones défavorisées : les huit communes légitimement réintégrées !

La FDSEA et les JA Aveyron ont réagi positivement mercredi 6 juin à l’annonce du maintien des huit communes aveyronnaises menacées de sortir du dispositif d’aides des zones défavorisées simples. Toutes les communes du département de l’Aveyron sont donc classées en zone montagne ou zone défavorisée !

La préfète de l’Aveyron a confirmé, mardi 5 juin, en soirée, la réintégration des huit communes aveyronnaises, exclues jusque-là du périmètre des zones défavorisées, par le biais du principe de la continuité territoriale

Pour Laurent St-Affre, président de la FDSEA Aveyron, «il s’agit d’une réelle victoire syndicale pour le réseau FDSEA-JA qui s’est fortement mobilisé sur ce sujet, avec détermination, depuis le début, par de multiples actions dans le département mais aussi en région, à Paris et à Bruxelles. C’est aussi le résultat de l’implication sans faille des acteurs qui œuvrent pour l’économie du département : agriculteurs, maires, parlementaires, conseillers départementaux et régionaux, préfecture et services de l’Etat...».

Et d’ajouter : «nous tenons très sincèrement à les remercier. Nous restons malgré tout mobilisés, notamment quant aux discussions à venir sur le volet financier».

Continuité et cohésion territoriale

C’est donc un «gros ouf de soulagement» pour les huit communes et les quelque 300 exploitations agricoles ciblées par Bruxelles, sur des critères jugés finalement en dehors de la réalité du terrain, et donc réintégrées dans la carte aveyronnaise grâce au principe de la continuité territoriale, renforçant ainsi la cohésion entre différents territoires ou communes d’une même zone, fut-elle départementale. Dominique Pradel, éleveur de veaux d’Aveyron et du Ségala label rouge, est installé à Bournazel, l’une des huit communes de la carte aveyronnaise menacée, avec Anglars-St-Félix, Rignac, Tauriac de Naucelle, Naucelle, Lédergues, Camjac, et St-Jean-Delnous.

C’est sur cette ferme de Bournazel que des éleveurs FDSEA et JA du secteur se sont réunis ce mercredi 6 juin pour échanger avec Laurent St-Affre, sur l’importance du dispositif des aides ICHN pour leurs exploitations agricoles et l’économie de tout un territoire. La suppression des aides ICHN en particulier, et d’autres favorisant l’installation agricole notamment, peuvent en effet représenter entre 8 000 et 12 000 euros/an pour un éleveur. «Désormais, toutes les communes aveyronnaises classées jusqu’à aujourd’hui en piémont, sont donc intégrées dans le nouveau zonage défavorisé. C’était notre objectif !» concluent la FDSEA et les JA Aveyron.

D.B.

03 mai 2018

Jeunes Agriculteurs : la nouvelle équipe départementale

Après un mandat porté par trois co-présidents, JA Aveyron retrouve une présidence «normale», représentée par Anthony Quintard, producteur de volailles, d’œufs et de bovins viande sur le canton de Conques-Marcillac, co-président sortant.

Il comptera sur deux vice-présidents, Clément Lacombe, producteur ovins lait sur le canton de Millau, ancien secrétaire général et Romain Déléris, producteur bovins lait sur le canton de Najac, et un secrétaire général Rémi Agrinier, producteur ovins lait et volailles sur le canton de Millau, ancien trésorier adjoint et une trésorière Mathilde Calmels productrice ovins lait sur le canton de St Affrique.

Une nouvelle organisation

Cette nouvelle organisation, permettra une prise de décision collective, et une répartition des dossiers en fonction des spécialités de chacun.

Anthony Quintard sera la charnière d’un travail d’équipe tant en bureau qu’au niveau du conseil d’administration. Il maintiendra le lien entre le syndicat et les différentes organisations professionnelles agricoles, et suivra la majeure partie de la communication.

Clément Lacombe, qui conserve la co-responsabilité du dossier installation et du renouvellement des générations agricoles, s’occupera également du suivi général et administratif de la structure.

Romain Déléris, en plus de son engagement sur l’installation et le renouvellement des générations en agriculture, aura en charge l’organisation des événements qui pimentent la vie de JA 12 (Sous les pavés les prés, Découvrez Nos Fermes,…).

Rémi Agrinier garantira la relation entre le conseil d’administration et les cantons, et assurera la défense de la profession via la coordination d’actions syndicales originales.

Mathilde Calmels découvrira le rôle et la responsabilité de trésorière, sans pour autant abandonner son travail sur l’installation et la promotion du métier d’agriculteur.

En parallèle de leur implication sur les questions liées à l’installation, les JA poursuivront leurs réflexions au sein des différents groupes de travail organisés par filière. Leur objectif principal reste de défendre la place des jeunes agriculteurs dans ces filières, mais aussi de réfléchir davantage sur la meilleure valorisation possible de leur travail.

Lire ci-dessous l’interview d’Anthony Quintard, nouveau président de JA 12 et découvrez en images les nouvelles têtes du conseil d’administration ci-contre.

Anthony Quintard, nouveau président

Vendredi 27 avril, le nouveau conseil d’administration des Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron a élu son bureau et son nouveau président, Anthony Quintard, 28 ans. Rencontre.

Anthony Quintard est installé en GAEC avec son frère et ses deux sœurs sur la commune de Saint Félix de Lunel. Ensemble, ils élèvent des volailles, un troupeau de vaches Limousines et produisent des œufs.

Depuis quand êtes-vous engagé aux JA ?

A. Quintard : «En fait dès mon installation en 2013. J’ai eu l’opportunité de découvrir jeune, ce qu’était l’engagement que ce soit au sein d’associations locales ou dans mon entourage. Cela m’a donné une bonne image et l’envie moi aussi de défendre mes convictions et mon métier. Petit à petit je me suis pris au jeu de l’engagement !

Votre engagement au sein des JA a lui aussi évolué. Comment abordez-vous cette nouvelle fonction ?

A. Quintard : Je sors d’une co-présidence avec Sébastien Granier et Germain Albespy qui m’a permis de mettre le pied à l’étrier, de prendre la mesure de la responsabilité au sein des JA et surtout d’anticiper la transmission de la fonction. J’ai pu aussi pendant ces deux années, prendre bien connaissance des dossiers.

Aujourd’hui même si je suis seul à la présidence, j’ai voulu m’entourer de deux vice-présidents, Romain Déléris et Clément Lacombe et d’un bureau restreint (un secrétaire général Rémi Agrinier et deux secrétaires généraux adjoints Maxime Sannié et Anthony Albinet, une trésorière Mathilde Calmels et un trésorier adjoint Arnaud Cormouls). C’était important pour moi de bien équilibrer les rôles, de partager les tâches, pour ne pas être le seul interlocuteur des JA 12 auprès de nos partenaires. Nous travaillons en équipe et prendrons les décisions collégialement. Je n’avais pas envie d’un poste trop lourd à porter qui soit aussi plus tard trop lourd à transmettre !

Quels seront les grands dossiers de cette nouvelle équipe ?

A. Quintard : L’installation d’abord parce que je le répète c’est LE dossier de JA. Un travail quotidien d’accompagnement autour de l’installation, défendant les projets viables et vivables et jusqu’à la transmission pour assurer le renouvellement des générations.

La promotion et la défense de notre métier et de nos produits seront aussi toujours au cœur de nos préoccupations.

L’un des volets que nous devrons davantage maîtriser, c’est la communication. Nous voulons l’aborder de façon beaucoup plus professionnelle pour bénéficier de plus de visibilité, et rééquilibrer le rapport de force avec tous ceux qui parlent de l’agriculture, en bien comme en mal.

Nous serons aussi force de proposition sur la professionnalisation des jeunes installés en leur donnant le goût de la formation pour les accompagner dans l’innovation et la performance. Notre métier est en perpétuelle évolution et nous devons être en mesure de nous adapter pour rester compétitifs.

La nouvelle équipe JA va vivre ses premières élections à la Chambre d’agriculture début 2019. Comment abordez-vous cette échéance ?

A. Quintard : Les élections font partie de notre projet. Nous devons nous donner un cap clair avec l’ensemble des acteurs du monde agricole aveyronnais sur ce que l’on veut pour l’agriculture du département dans les dix prochaines années. Cela passe par l’échange avec notre réseau. L’agriculture de demain en Aveyron se construira autour du trio : des Hommes, des produits, des territoires, c’est notre fil conducteur.

Quels sont les prochains rendez-vous de JA 12 ?

A. Quintard : Nous entrons dans la période estivale et avec elle, les animations grand public. Nous renouvelons l’opération Découvrez nos fermes, aux quatre coins du département afin de montrer la réalité du monde agricole en Aveyron. Cet événement contribue également à la dynamique de notre réseau JA puisque chaque ferme ouverte est à l’initiative d’un canton. Cela permet aussi d’accueillir de nouveaux jeunes installés.

Puis les 18 et 19 août, nous réitérons pour la troisième année, Sous les pavés les prés dans le cadre de Rodez plage à Layoule. C’est une manifestation qui nous met en contact direct avec les consommateurs, les urbains car Rodez, même si c’est une ville à la campagne est une ville tout de même qui a besoin d’infos sur l’agriculture. A travers cette action, nous resserrons les liens avec le grand public, nous essayons aussi de rétablir la confiance. Et notre animation De la fourche à la fourchette renforce notre partenariat avec les filières de production.

Comment abordez-vous ce nouveau mandat ?

A. Quintard : Je me sens serein mais pour autant je ne me voile pas la face ! Les enjeux sont importants : je pense aux Etats généraux de l’alimentation, aux évolutions des attentes sociétales,... Les JA sont en première ligne pour y répondre. A nous de travailler, de rénover, de constuire sans pour autant tout réinventer ! La remise en question doit être permanente».

Propos recueillis parEva DZ

26 avril 2018

Congrès de la Fédération Nationale Ovine à Rodez : une production ovine qui croit en son avenir

Le 71ème congrès de la Fédération Nationale Ovine (FNO) s’est conclu vendredi 20 avril à Rodez avec un bilan constructif, malgré la baisse de consommation d’agneau français régulière, les préoccupations autour de la nouvelle PAC, de la prochaine loi issue des Etats généraux de l’alimentation, et du dossier prédateur, en particulier, le loup. Michèle Boudoin, la présidente de la FNO a, tenu un discours volontariste en direction des 400 congressistes venus de France.

Durant trois jours, Rodez et l’Aveyron ont vécu à l’heure ovine, avec des visites de fermes et de sites de transformation de lait ou de viande ovine, jusque dans le Lot et le Tarn-et-Garonne. Environ 400 membres de la FNO et leur présidente nationale, Michèle Boudoin, installée dans le Puy-de-Dôme, ont échangé à huis-clos jeudi 19 avril sur les problématiques de la filière puis se sont retrouvés le lendemain, vendredi 20 avril, pour l’assemblée statutaire de la FNO et la table ronde sur la restauration collective, sujet qui était le thème d’un congrès renouant avec l’Aveyron, 22 ans après celui de Millau.

C’est donc dans le premier département moutonnier de France que le 71ème congrès FNO a évoqué les dossiers occupant la filière. Pour Michèle Boudoin, «il était important que les gens se parlent ici à Rodez, notamment sur la complémentarité des productions d’agneaux laitiers Lacaune issus de la filière Roquefort, et ceux du cheptel allaitant. Nous ne produisons en France que 43 % de notre consommation, il est possible de s’organiser avec ces deux types d’élevage. Les agneaux Lacaune sont une chance pour toute la filière ovine», assure la présidente de la FNO.

EGA et PAC 2020

Autre sujet, la consommation de viande d’agneau français : «nos consommateurs sont âgés, il est donc indispensable de communiquer vers les jeunes. C’était le thème de notre table ronde sur la restauration collective qui concerne en priorité les collégiens et les lycées. Les échanges ont prouvé qu’il était possible de faire des choses en faveur de la filière. Nous avons initié des idées qui sont reproductibles à mon avis». S’agissant des importations au sein de l’UE, la FNO reste vigilante sur les conséquences du Brexit, et du «contingentement des productions d’Océanie». A propos des Etats généraux de l’alimentation (EGA), la présidente de la FNO applaudit «la volonté des pouvoirs publics pour inverser la tendance» relative au déséquilibre des relations commerciales entre la production et la distribution. Il faudra aussi avoir «une nouvelle PAC qui sécurise les producteurs, en lui donnant l’esprit de la PAC 2010, avec une aide couplée encourageante pour la production d’agneau. Car il s’agit-là de rémunérer un bien public, dans certains territoires que seul l’élevage ovin peut mettre en valeur, en y confortant la biodiversité, comme l’a souligné le film réalisé sur les élevages ovins d’Occitanie projeté dans ce congrès».

Autre sujet de discussion pour la FNO, la prédation, par l’ours et le loup. Un dernier dossier particulièrement préoccupant en Aveyron, et largement évoqué «durant deux heures lors de notre journée à huis-clos» confie Michèle Boudoin. «Il est difficile de mettre en place des mesures de protection contre le loup. Les conclusions de l’étude de l’INRA réalisée en Aveyron sont sans appel. De plus, les mesures déjà mises en place sur l’arc alpin n’ont servi à rien. A la FNO comme au CAF, nous demandons un traitement équitable du dossier sur tous les territoires. Le combat contre la convention de Berne doit se faire au niveau européen. Les éleveurs de brebis de ces pays vont profiter des prochaines élections européennes pour monter au créneau, en faveur d’un déclassement de la convention de Berne. C’est d’ailleurs ce qui a été confirmé par Dominique Fayel, à la tribune, au nom du bureau de la FNSEA et comme membre d’Euromontana. Ce que l’on veut, c’est zéro attaque. Nous sommes passés en peu de temps de 3 à 33 départements concernés par le loup en France. Cela suffit !».

Et la présidente de la FNO de conclure : «la priorité est d’installer des jeunes, avec une PAC juste. L’ambition de la FNO est de soutenir tous les projets porteurs d’espoir, avec toutes les races !».

D.B.

19 avril 2018

Assemblée générale Jeunes Agriculteurs 12 : une nouvelle équipe est en place

Une page se tourne à JA 12. Une nouvelle génération de jeunes agriculteurs, emmenée par Anthony Quintard, fait son entrée dans le conseil d’administration élu vendredi 13 avril, lors de l’assemblée générale du syndicat, avant l’élection du bureau, vendredi 27 avril.

«Etre solidaires, s’engager, travailler ensemble à la défense du métier d’agriculteur», tels sont les leitmotiv des JA 12 rappelés dans leur rapport d’activité. Dans un petit film non sans humour, les responsables JA ont réaffirmé leurs priorités : se mobiliser pour l’installation, favoriser des installations viables et vivables, promouvoir le métier d’agriculteur, innover dans la promotion de l’agriculture aveyronnaise, imaginer l’agriculture de demain, défendre nos idées autrement. «Tout ce que nous faisons c’est pour l’installation et le renouvellement des générations», a lancé Anthony Quintard, co-président sortant accompagné de Germain Albespy et Sébastien Granier. «Nous avons travaillé ensemble pendant 2 ans et les dossiers ont été bien transmis, je les remercie pour leur engagement aux JA pendant plus de 10 ans».

Professionnalisation, installation et communication

La nouvelle équipe du conseil d’administration élue lors de l’assemblée générale est prête à reprendre le flambeau en basant son projet sur trois points phares : professionnalisation, installation, communication.

Son engagement démarre avec l’envie d’apporter sa contribution au rapport national JA du congrès 2018 sur l’autonomie décisionnelle et la résilience (lire encadré). «Nous trouvons une résonnance locale à ce rapport, l’Aveyron va même plus loin», a introduit Anthony Quintard. Cette capacité à rebondir après une difficulté, les agriculteurs aveyronnais y sont habitués ! «Nous affichons une performance économique à travers nos signes officiels de qualité qui couvrent 80% des produits du département. Nous pouvons compter sur des filières organisées, des entreprises, des coopératives bien implantées, des emplois et bien sûr des femmes et des hommes engagés».

S’il convient que «l’on ne peut pas maîtriser totalement nos prix, nous avons des leviers d’action sur nos coûts de production, sur notre capacité à prendre du recul, à nous remettre en question. Les agriculteurs sont des chefs d’entreprise, des professionnels épanouis qui doivent composer avec les aléas (météo, sanitaire mais aussi le travail avec le vivant)». Ils s’organisent en travaillant en sociétés (60% des installations), en faisant appel à l’emploi salarié, «des outils indispensables pour la viabilité et la vivabilité des exploitations».

«La force de notre agriculture s’appuie sur l’engagement des hommes et des femmes», a continué Anthony Quintard, rappelant le slogan de Raymond Lacombe «Pas de pays sans paysan», «gravé dans l’ADN des agriculteurs de l’Aveyron» et les valeurs qui en découlent : entraide, mutualisme, coopération,... «40 ans plus tard, cette phrase est toujours d’actualité, c’est notre combat aux JA de la faire nôtre et de la faire vivre à travers nos actions en faveur du dynamisme territorial, du renouvellement des générations, de la communication,...».

Les JA sont aussi partie prenante dans la performance environnementale : 44% de la SAU de l’Aveyron est en herbe, les prairies sont la culture principale et le pastoralisme fait partie intégrante des modes d’élevage : «sans élevage, à quoi ressemblerait l’Aveyron ? Serait-il aussi attractif ?», interroge Anthony Quintard, inquiet de l’impact de la prédation.

L’autre volet du rapport d’orientation national évoque l’autonomie décisionnelle. Là aussi, l’Aveyron est bien placé ! La formation initiale est complète avec une dizaine d’établissements d’enseignement agricole, des formations adaptées et en lien direct avec les professionnels. La phase de professionnalisation à travers le 3 P (plan personnalisé de professionnalisation) est une étape efficace dans l’acquisition de compétences. L’Aveyron reste une figure de proue avec 116 installations aidées en 2017, soit un quart des installations en Occitanie. Enfin la formation continue est aussi en développement via l’ADPSA et le fonds VIVEA, ainsi que l’ensemble des partenaires qui œuvrent pour l’autonomie des agriculteurs.

Cultiver l’impertinence de ton !

Enfin, les JA 12 misent aussi sur l’innovation, «clé de voûte de l’évolution de l’agriculture et de sa pérennité», citant les nouvelles applis numériques, les données DATA,...

Enfin, dernier point évoqué par Anthony Quintard, la communication. «Nous ne resterons pas les bras croisés face à nos détracteurs ! En nous associant au groupe COSE ! nous nous engageons à faire entendre la voix des paysans, à valoriser notre travail auprès du public, à répondre sans tabou aux questions,... Les réseaux sociaux sont un espace de travail, nous devons y être professionnels sans oublier les autres canaux de communication», a-t-il encouragé.

Les JA se veulent précurseurs de l’émulation collective dans une communication bienveillante sans être naïfs, incubateurs d’innovation pour faire valoir leurs savoir-faire et rétablir le pacte de confiance avec les consommateurs. La nouvelle équipe JA participera notamment au projet pour l’agriculture aveyronnaise en vue des élections à la Chambre d’agriculture. «Nos idées sont nos forces, notre envie, notre dynamisme, notre impertinence de ton pour imaginer le futur !», a conclu Anthony Quintard.

Eva DZ

19 avril 2018

Congrès de la Fédération Nationale Ovine à Rodez : une belle vitrine pour la filière ovine

Le 71ème congrès de la Fédération Nationale Ovine (FNO) a démarré ce jeudi 19 avril par des visites de terrain, suivie par la journée de travail programmée vendredi 20 avril en présence d’environ 400 congressistes et de la présidente nationale, Michèle Boudoin.

La présidente de la FNO, Michèle Boudoin, a tenu à se rendre sur une exploitation ovine, à St-Laurent-de-Lévézou, mercredi 18 avril, dans la matinée, en présence notamment de Laurent St-Affre, président de la FDSEA, Thierry Agrinier, président de la section ovins lait FDSEA, Jean-François Cazottes, membre de la section ovins viande FDSEA et du bureau de la FNO. Elle a été reçue au GAEC de Vac-Antony, au Mas Antony, avec des partenaires du congrès FNO, Jean-Claude Anglars, vice-président du Conseil départemental, Jean-Claude Virenque, président d’Unicor, Jean-Paul Massol, responsable agriculture à la caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, et Jérôme Pousthomis, directeur de SICA2G.

Michel Boudoin a confié qu’elle s’était installée dans le Puy-de-Dôme il y a 30 ans, avec un statut de hors cadre, en créant son élevage ovin qui compte aujourd’hui 500 brebis, produisant 900 agneaux/an, sur une SAU de 65 ha en fermage. Elle est administrateur FNO depuis 1992 et présidente nationale depuis trois ans.

Pourquoi un congrès FNO en Aveyron ? «Depuis six ans, on nous demande d’aller dans les régions, de réunir nos adhérents, d’être entre nous. Nous étions l’an dernier en Belgique, près de Bruxelles, pour évoquer le Brexit, mais aussi répondre à l’invitation des éleveurs belges qui sont conviés à nos congrès FNO», a répondu Michel Boudoin.

Agneau laitier et agneau allaitant

«La filière ovine française est une richesse, elle est diversifiée sur les territoires, avec toutes ses races» poursuit-elle. «La brebis a sa place partout, avec d’autres élevages également. Environ 60 % des éleveurs de moutons ont aussi des bovins, mais une brebis demande sept fois plus d’énergie, avec notamment des agnelages à gérer chaque mois ! La FNO, c’est la FNPL et la FNB réunies, à parité entre éleveurs ovins lait et éleveurs ovins viande». Elle ajoute : «en Aveyron, nous sommes avec une problématique bien ciblée pour notre congrès. La consommation de viande d’agneau baisse de 1 % chaque année. Et 85 % de nos brebis sont élevées en zone difficile. Notre congrès de Rodez sera l’occasion d’échanger sur le marché de l’agneau laitier, et de sa place dans le secteur de la consommation collective notamment, pour mieux faire connaître ce produit auprès des consommateurs. Il est par ailleurs nécessaire de contribuer à mettre en place une meilleure complémentarité économique entre les productions d’agneaux laitiers et agneaux des élevages allaitants. Venir en Aveyron, c’est aussi mettre en avant le modèle collectif de l’AOP Roquefort, car c’est une belle vitrine pour notre filière nationale !».

Thierry Agrinier a rappelé que cinq circuits étaient programmés pour les congressistes, en Aveyron, Lot et Tarn-et-Garonne pour découvrir le poids économique et social de la filière ovine occitane. Pour Jean-François Cazotte, ce 71ème congrès FNO à Rodez est «un challenge» d’organisation pour l’équipe syndicale FDSEA et JA, avec l’appui des partenaires que sont la Région, le Département, Unicor, le Crédit Agricole, etc. Et de rappeler que le dernier congrès de la FNO organisé en Aveyron avait eu lieu à Millau en 1996.

D.B.

12 avril 2018

Conseil d’administration FDSEA : Une nouvelle équipe élue

Laurent Saint Affre est le nouveau président de la FDSEA. Il a été élu lors du conseil d’administration du 6 avril, ultime étape dans le renouvellement des équipes syndicales. La nouvelle équipe se compose de Benoît Fagegaltier, 1er vice-président, Patrice Falip, vice-président, Valérie Imbert, secrétaire générale, Germain Albespy, Thierry Agrinier et Marie-Amélie Viargues, secrétaires généraux adjoints et Dominique Fayel, trésorier.

Belle participation pour le conseil d’administration électif de la FDSEA vendredi 6 avril. Les responsables locaux et de sections et commissions élus depuis ce début d’année se sont retrouvés pour élire le nouveau président. Un moment particulier pour Dominique Fayel, qui, après 9 années à la présidence de la FDSEA, avait annoncé sa volonté de passer le relais. «Je n’ai pas de nostalgie parce que j’ai confiance dans la nouvelle équipe qui porte les intérêts de tout un territoire», a-t-il avancé. «Elle pourra de plus s’appuyer sur les relations fortes nouées avec les organisations professionnelles agricoles du département. Une culture de l’intelligence collective basée sur l’envie de défendre ensemble l’agriculture aveyronnaise».

Laurent Saint Affre, président

Laurent Saint Affre, 38 ans, a été élu à sa succession. Eleveur bovins viande à Ols et Rhinodes, sur l’Ouest aveyronnais, il est installé avec sa mère et un voisin en GAEC. Depuis 3 ans, il travaillait aux côtés de Dominique Fayel, en tant que secrétaire général de la FDSEA. Il est également secrétaire général adjoint de la FRSEA Occitanie.

Partisan du travail en équipe et soucieux de rester disponible pour son exploitation et sa famille (papa de 3 enfants), il s’est entouré d’un bureau élargi composé d’un premier vice-président, d’un vice-président, d’un secrétaire général et de trois secrétaires généraux adjoints et d’un trésorier.

Benoît Fagegaltier, 1er vice-président

Benoît Fagegaltier, éleveur sur la commune d’Argences en Aubrac, a été élu premier vice-président. Producteur de lait pour la coopérative Jeune Montagne, il fabrique des fromages fermiers et élève aussi des Charolais. Il commercialise notamment ses produits dans deux magasins de producteurs sur Toulouse. Secrétaire général adjoint sortant, il a particulièrement travaillé sur le dossier PAC et relations avec l’administration. Il est aussi délégué FDSEA pour la région Nord Aveyron.

Patrice Falip, vice-président

Patrice Falip a été élu vice-président. En GAEC avec ses deux frères, sur la commune de Saint Cyprien sur Dourdou, il élève des vaches laitières et des porcs. Secrétaire général adjoint sortant, le jeune éleveur avait à cœur de «rester dans l’équipe pour avancer ensemble et construire l’avenir de l’agriculture aveyronnaise». A noter que Patrice Falip a été élu il y a quelques semaines, à la présidence de l’ADPSA.

Valérie Imbert, secrétaire générale

Engagée à la FDSEA depuis 10 ans, cette maman de 3 enfants est installée à Saint Santin où elle élève des bovins viande. Elle a d’ailleurs été réélue à la présidence de la section spécialisée. Le conseil d’administration lui a confié le poste de secrétaire général pour les 3 années à venir.

Thierry Agrinier, Germain Albespy et Marie-Amélie Viargues, secrétaires généraux adjoints

Thierry Agrinier est éleveur de brebis laitières pour la production de Roquefort, sur la commune de Roquefort en GAEC avec son frère. Il a aussi été reconduit à la présidence de la section ovins lait.

Germain Albespy arrive fraîchement des JA ! Installé à La Bastide l’Evêque en GAEC avec sa femme, il élève des chèvres laitières, des ovins viande et gère un camping à la ferme. Il vient par ailleurs d’être élu délégué FDSEA pour la région Villefranche sud.

Marie-Amélie Viargues est aussi une nouvelle venue dans l’équipe FDSEA. Installée depuis 6 ans avec son mari sur la commune de Pruines, elle élève des bovins lait et des bovins viande. Elle est aussi engagée dans l’association des producteurs de lait de montagne (APLM).

Laurent Saint Affre s’est fait le porte-parole de la nouvelle équipe pour «remercier Dominique Fayel pour son engagement». «Nous comptons sur lui pour qu’il porte la voie de l’Aveyron à la FNSEA à Paris et à Euromontana, à Bruxelles. Nous comptons aussi sur son éclairage pour nous accompagner notamment lors des prochaines élections Chambre d’agriculture début 2019».

La nouvelle équipe a évoqué l’actualité. Sujets de son assemblée générale fin mars, les Etats généraux de l’alimentation sont très attendus par la FDSEA  : «Nous sortons de 40 ans de loi en faveur de la distribution. Ca suffit ! Les EGA vont définir, nous l’espérons, des voies de progrès et des prix justes et équitables», a expliqué Benoît Fagegaltier. «Nous continuerons de nous impliquer en sensibilisant notamment nos parlementaires».

L’autre sujet brûlant est la zone défavorisée et notamment l’avenir des 8 communes pour l’heure déclassées. «Nous comptons sur le critère de la continuité territoriale pour rattraper ces communes. Nous n’accepterons pas une autre décision», a prévenu Germain Albespy.

Patrice Falip a également évoqué la mobilisation de la FDSEA contre la surcharge administrative, contre les changements de règles en cours de campagne PAC ou encore la nouvelle proposition de carte des zones vulnérables qui fait entrer plusieurs communes du département !

La prise de parole et l’implication des agriculteurs dans le dialogue sociétal sont aussi un enjeu majeur pour les responsables syndicaux. C’est la mission que s’est donné le groupe COSE ! emmené par Germain Albespy. «Nous voulons comprendre les oppositions sociétales à l’élevage, entendre ces nouvelles revendications, les nouveaux besoins et expliquer ce que l’on fait, comment on le fait et pourquoi. Le dialogue doit être renoué avec les consommateurs», a-t-il détaillé.

Enfin la nouvelle équipe de la FDSEA va aborder un nouveau projet en vue des prochaines élections à la Chambre d’agriculture.

Eva DZ

29 mars 2018

Assemblée générale FDSEA : que peut-on attendre des EGA ?

Près de 300 personnes ont participé à l’assemblée générale de la FDSEA, la dernière de Dominique Fayel en tant que président. Après avoir élu en matinée les responsables des sections (lire en pages suivantes), la FDSEA a reçu Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, pour une table-ronde sur les Etats généraux de l’alimentation, avec la participation de Pierre Cabrit, Fil Rouge, Damien Lacombe, Sodiaal Union, Joël Mazars, Confédération nationale de l’élevage et Dominique Fayel, FNB.

Que peut-on espérer des Etats généraux de l’alimentation ? René Debons, animateur de la table-ronde dédiée à cette thématique, a posé la question aux invités. «Ce dossier agricole nous occupe depuis plus de 6 mois pour qu’enfin le sujet des prix et de la valeur soit au centre des discussions», a introduit Dominique Fayel. Pour le président de la FDSEA de l’Aveyron, ce sont bien les multiples actions du syndicalisme dans les GMS notamment qui sont à l’initiative de ce travail national engagé par le Président Macron. «Le système que nous connaissions depuis toujours est arrivé au bout : le consommateur paie plus cher et le producteur est payé moins !», a-t-il poursuivi, ajoutant à cela, les nouvelles attentes de la société en matière d’environnement, de biodiversité, de bien-être animal. «Désormais nous comptons sur la loi pour régir les relations commerciales en vue d’un meilleur équilibre», a indiqué Dominique Fayel à l’attention des parlementaires présents à l’assemblée générale.

Damien Lacombe : «un collectif efficace»

Damien Lacombe, président de Sodiaal Union : «Dans les coopératives, nos relations sont déjà régies par des contrats. Les Etats généraux de l’alimentation sont une chance, dans la mesure où nous pourrons capitaliser sur cet outil en réunissant les acteurs autour de la table. Une nouvelle dynamique est en cours au sein de notre interprofession, à nous d’aller de l’avant ! Pour reconstruire le prix qui créera de la valeur et la renverra aux producteurs, nous nous appuierons sur des indicateurs de marché. L’idée étant de couvrir les coûts de production de l’éleveur et les surcoûts de la filière notamment liés à la saisonnalité. Nous sentons bien que les distributeurs mènent la guerre des prix, qui détruit la valeur. Nous n’avons jamais eu une telle opportunité de pouvoir mener une démarche de filière. Toutes les parties devront être engagées, volontaires pour jouer le jeu jusqu’au bout. Nous menons par ailleurs un projet sur le lait de consommation pour valoriser le pâturage, le non OGM,... en réponse aux attentes des consommateurs».

Pierre Cabrit : «une montée en gamme»

Pierre Cabrit, président de Fil Rouge, association nationale qui regroupe les Organismes de Défense et de Gestion des viandes d’agneau, de bœuf et de veau : «Les Etats généraux de l’alimentation vont permettre la montée en gamme des produits pour une juste rémunération des producteurs. Les astres s’alignent pour que ce soit une réussite : les organismes professionnels sont à l’écoute, les distributeurs se cherchent à l’heure où les promotions ne déclenchent plus l’acte d’achat, le législateur est présent, les consommateurs sont prêts à payer plus cher s’ils sont satisfaits du produit,... Les EGA vont clarifier les choses et mettre de l’ordre dans l’offre : le standard via la VBF, le premium via les SOQ. Nous devons collectivement décider d’un certificat porté par l’Etat qui garantit une rémunération aux producteurs. Un contrat avec un accord cadre qui prend en compte les coûts de production».

Joël Mazars : «une meilleure communication»

Joël Mazars, membre de la Confédération nationale de l’élevage et co-président du groupe COSE ! : «Les EGA ont le mérite d’ouvrir le débat autour de la perception de notre métier. Chaque jour, dans nos fermes et dans notre quotidien, nous sommes questionnés sur notre métier. Beaucoup de choses ont pourtant été faites et sont faites pour répondre aux attentes des consommateurs mais nous n’avons pas su les dire et les mettre en avant ! C’est pour cette raison que nous avons créé le groupe COSE ! qui réunit toute la profession agricole du département. Il faut apprendre à se former pour appréhender les éléments de langage qui nous aideront à faire passer nos messages. Nous sommes tous capables de communiquer sur nos bonnes pratiques».

Dominique Fayel : «des opportunités à l’export»

Dominique Fayel, administrateur FNB et FNSEA : «Sur l’export de nos produits, nous ne pourrons pas imposer la construction des prix mais il constitue un réel axe de développement en parallèle de la montée en gamme. Parce que nous pouvons nous appuyer sur l’art culinaire français, la sécurité sanitaire reconnue, qui nous ouvriront forcément des marchés. Nous avons pu le voir depuis quelques années, même si les conditions sont parfois difficiles, nous avons créé des marchés réguliers sur le broutard avec l’Algérie par exemple. Il faut saisir les opportunités».

Christiane Lambert : «l’espoir de changer la donne»

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA : «Jamais un Président n’avait repris un slogan syndical : «la guerre des prix ne fait que des perdants !». Les élus ne sont pas inertes sur le niveau de revenu des éleveurs. La prise de conscience est collective. Le débat au sein des EGA, qui a réuni plus de 1 000 personnes, a été qualitatif. Le challenge est nouveau et il ne faudra pas reproduire les erreurs du passé en se défaussant, en proposant des lois qui entretiennent la culture du prix bas et donnent les clés à la distribution comme cela a été fait. Il faut être force de solutions. Nos outils doivent retrouver de la rentabilité, les exploitations comme les industries agroalimentaires. La loi de l’alimentation sera clôturée en mai : nous ne devons pas hésiter à rencontrer nos parlementaires pour proposer des amendements qui complètent la loi et vont dans le sens d’une revalorisation à la production. La construction du prix est en marche avant grâce au boulot syndical avec l’ensemble des maillons des filières. La loi va nous permettre de créer des outils dont nous devrons nous servir pour challenger les industriels et aller jusqu’au bout des prix avec la distribution. Les interprofessions et l’observatoire des prix et des marges nous permettront de déterminer des coûts de production de référence. Mais les producteurs devront être organisés et disciplinés. Sur nos fermes nous sommes à jour, il faut le dire et prouver que nous faisons bien les choses. Les consommateurs ont confiance dans les agriculteurs».

Eva DZ

15 mars 2018

Forum des filières qui recrutent : l’agriculture séduit les jeunes

Les JA organisaient mardi 13 mars, la quatrième édition du Forum des filières qui recrutent. A la salle des fêtes de Rodez, 240 jeunes de terminale et BTS étaient réunis pour trouver leur voie parmi les filières de production présentes accompagnées pour la première fois d’un stand sur le salariat agricole.

Présenter les filières et les opportunités qu’elles offrent aux jeunes en recherche de projets d’installation ou d’un métier dans le milieu agricole. C’est l’objectif affiché par les JA de l’Aveyron pour la quatrième année, lors du Forum des filières qui recrutent. «Nous proposons de réunir en un même lieu et en une journée, 12 filières de production du département, ainsi que pour la première fois, le métier de salarié agricole», a introduit Clément Lacombe, co-reponsable du groupe installation à JA 12.

Une opération qu’ils réussissent à mener à bien grâce à la collaboration des filières et à l’appui du Conseil départemental et cette année de la Ville de Rodez qui a accueilli l’événement dans sa salle des fêtes.

Des entretiens d’une demie-heure

«Toutes les filières partagent le constat que ce n’est pas simple de renouveler les générations. Le fait de pouvoir rencontrer 240 jeunes en filière agricole et en fin de formation, en une seule journée, est une belle opportunité pour elles, de se faire connaître et de présenter leur spécificité», complète Mathilde Calmels, co-responsable du groupe installation JA 12. En une journée, six plages horaires d’une demie-heure sont programmées pour que les jeunes puissent faire le tour des filières qui les intéressent. «Les jeunes ne passent pas par tous les stands mais nous leur remettons un document complet qui présente chaque filière à l’issue de la journée», explique Clément Lacombe. Sur chaque stand, un éleveur est présent aux côtés d’un responsable administratif de la filière pour échanger avec les jeunes. «Notre forum est vraiment basé sur l’échange, ce n’est pas un monologue des filières. Les jeunes doivent pouvoir poser toutes les questions qu’ils souhaitent», appuie Mathilde Calmels. Pour pimenter un peu la journée, les JA avaient mis en place un système de points qui récompensent le groupe le plus réactif !

Par contre l’ensemble des jeunes sont passés sur le stand JA partagé en deux thématiques : l’un présentait l’accompagnement à l’installation pour tous ceux qui envisagent de s’installer et le second permettait de lever quelques a priori sur le métier d’agriculteur. La participation au premier a été particulièrement importante, preuve de l’intérêt des jeunes pour la profession d’éleveur.

Des retours positifs

S’il est difficile de mesurer le retour concret de cette opération auprès des jeunes et des filières, les JA reçoivent de bons échos de leur part. «Nous distribuons un questionnaire de satisfaction après le forum aux filières, aux enseignants et aux jeunes, ce qui nous permet d’apporter des améliorations sur la forme (cette année nous avons changé de lieu pour une meilleure insonorisation) et sur le fond (comme la mise en place d’un stand sur le salariat agricole pour la première fois)», détaillent les JA. Heureux de voir chaque année les filières revenir et les établissements toujours aussi enthousiastes pour inscrire des jeunes, les JA espèrent inscrire ce rendez-vous dans le temps.

Le Conseil départemental, par la voix de Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole, a en tout cas apporté tout son soutien à cette initiative : «les JA sont très imaginatifs. Nous sommes fiers de soutenir ce type de manifestation qui met en relation les jeunes en recherche d’un métier dans la production agricole et les filières. Cela complète tout à fait le dispositif de soutien du Département dans les opérations à destination des jeunes, les 13 - 18 ans, ce forum ainsi que les conférences programmées avec le groupe de Camboulazet, qui interpellent les jeunes sur des sujets d’actualité» (lire aussi en page 14).

Un soutien apprécié par les JA, représentés par leur co-président, Anthony Quintard : «Nous avons la chance en Aveyron de pouvoir nous appuyer sur des filières organisées, portées par des hommes et des femmes engagés. C’est important que les jeunes y soient sensibilisés. C’est la force de l’Aveyron et ce qui nous permet, en plus d’une foule de signes officiels de qualité, de nous démarquer».

Autant d’échos positifs partagés par les responsables des filières qui apprécient ce forum et espèrent le pérenniser avec les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron.

Eva DZ

22 février 2018

Conférence JA-groupe Camboulazet-Conseil départemental : mieux comprendre la relation homme-animal

Les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron et le Groupe de Camboulazet ont organisé, avec le soutien du Conseil départemental, une soirée débat lundi 19 février aux Archives Départementales à Rodez. Ils ont reçu Aurélia Warin, spécialisée dans le conseil et l’expertise autour du bien-être animal pour échanger avec elle sur les relations homme-animal. Plus de 70 personnes étaient présentes.

Vous êtes éthologue, spécialisée dans le bien-être animal, pouvez-vous nous en dire plus sur votre profession ?

A. Warin : «L’éthologie est la science qui étudie le comportement des animaux. Elle permet de mieux connaître les animaux et leurs besoins comportementaux. On peut se servir de ces connaissances pour améliorer les situations existantes (pour enrichir le milieu de vie d’animaux sauvages en captivité par exemple) ou pour mesurer le bien-être animal.

Au quotidien, mon travail est basé sur l’étude des animaux d’élevage, sur le bien-être animal et les relations entre l’homme et l’animal. Je conseille également des structures professionnelles en lien avec l’élevage qui peuvent être des syndicats agricoles, comme ma conférence ce lundi avec les JA en Aveyron, et j’apporte aussi mes connaissances auprès d’universitaires, de centres de formation, d’étudiants,...

Comment appréhendez-vous la question du bien-être animal ?

A. Warin : Le bien-être animal est une notion qui peut paraître complexe, car dans le langage courant elle recoupe à la fois ce que ressent l’animal, comment le mesurer et comment l’améliorer. Pourtant, chaque acteur de la société, à son échelle, doit pouvoir se l’approprier et l’appliquer.

Dans de nombreux domaines émergents, comme le bien-être animal, les informations proviennent tout simplement du terrain ! Il faut alors traquer ces pratiques innovantes, les rechercher, les analyser, les tester pour mesurer leur caractère transposable et les diffuser au plus grand nombre. C’est mon travail !

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la notion de bien-être animal dans la société ?

A. Warin : Ce que l’on peut dire c’est que ces dernières années, les acteurs de l’élevage ont pris conscience de l’intérêt de se soucier du bien-être animal. Non pas qu’ils ne s’en préoccupaient pas avant mais désormais ils sont convaincus que c’est une notion primordiale dans le regard extérieur sur le milieu. Aujourd’hui nous devons passer à l’étape supérieure et se demander comment valoriser cette notion. Beaucoup de monde se mêlent aujourd’hui d’élevage sans être forcément proches du secteur et pourtant ils ont un avis et le donnent !

Comment les éleveurs peuvent-ils réagir face à ces évolutions sociétales ?

A. Warin : Il y a deux aspects à appréhender à mon sens : d’un côté la communication sur les bonnes pratiques agricoles et d’un autre, la remise en cause de certaines pratiques qui doivent évoluer. Nous avons pris l’exemple de l’attache des animaux, l’entrave peut poser problème, qu’elle soit en cage, en stalle, ces systèmes n’ont pas d’avenir dans la société de demain.

Il faut être prêt à regarder ce qui se passe chez soi, à le faire évoluer vers encore plus d’excellence pour garder la confiance des consommateurs. Ca se fera de façon progressive.

Comment voyez-vous l’avenir de l’élevage ?

A. Warin : Je suis confiante car les consommateurs sont réellement attachés à l’élevage français, à l’agriculture locale, ils sont prêts à la valoriser s’ils obtiennent des garanties sur les conditions de production et le bien-être des animaux en fait partie.

A partir du moment où le système est cohérent, au-delà d’un cahier des charges qui à mon sens n’apporte pas toutes les garanties attendues par la société, le consommateur sera séduit. Le potentiel est là.

Et je suis d’autant plus confiante que le système d’élevage français est déjà basé sur l’excellence, il est, il faut le savoir, bien souvent jalousé des autres pays. Les consommateurs y sont forcément sensibles. Il faut continuer de les convaincre.

J’ai espoir mais j’attends aussi que les acteurs de l’élevage (éleveurs, abatteurs, transformateurs), se remettent en cause sur certaines pratiques. Il faut trouver le bon équilibre dans la diversité de systèmes qui contente les éleveurs, les consommateurs et les animaux.

Comment avez-vous vécu cette conférence en Aveyron ?

A. Warin : Cétait une très bonne expérience avec un public varié, très intéressé. Les questions ont été nombreuses et pertinentes ce qui a donné un débat de plus d’une heure, très constructif. Beaucoup voulaient mieux comprendre les animaux, leur comportement, à partir de leur expérience personnelle. D’autres s’interrogent sur l’évolution de la notion de bien-être animal.

J’ai vraiment apprécié cette conférence parce que la discussion était sans a priori ni parti pris, les participants étaient vraiment là en curieux, soucieux d’en savoir plus et passionnés comme moi par les animaux. Je remercie les organisateurs pour leur démarche que je trouve vraiment intéressante, ouverte aux éleveurs comme au grand public».

Recueillis par Eva DZ

La prochaine conférence proposée par les JA, le groupe de Camboulazet et le Conseil départemental se déroulera mercredi 7 mars à 20h30 sur le thème «Qui reprendra un verre de glyphosate ?», un éclairage prospectif sur l’arrêt de l’utilisation du glyphosate avec la participation de l’association des Bio de l’Aveyron, la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt et l’INRA. La soirée est organisée aux Archives départementales - avenue Victor Hugo à Rodez. Entrée gratuite.

08 février 2018

Contre les accords MERCOSUR : les éleveurs réveillent la préfète !

Mardi 6 février, une cinquantaine d’agriculteurs à l’appel de la FDSEA et des JA ont réveillé la préfète à Rodez, à 5h du matin pour l’alerter de la menace des accords de libre-échange avec le MERCOSUR.

Les éleveurs sont inquiets. La semaine dernière, le sujet de la viande a été abordé lors de discussions bilatérales à Bruxelles entre les ministres du commerce du MERCOSUR (Brésil, Uruguay, Paraguay, Argentine) et la commissaire au commerce, Cécile Malmstrom. Le résultat est inquiétant puisque la quantité de viande que le MERCOSUR aurait le droit d’exporter dans l’Union européenne aurait été revue à la hausse pour atteindre 99 000 tonnes par an !

C’est pour dénoncer cette situation que la FNB a appelé les FDSEA à se mobiliser auprès des représentants de l’Etat dans les départements, pour rappeler la menace de ces accords sur l’élevage français. Ils étaient environ une cinquantaine d’éleveurs aveyronnais mardi 6 février, dès 5 h du matin, devant la préfecture, à Rodez. FDSEA et JA ont bruyamment réveillé la préfète pour l’alerter contre un accord «qui sacrifie l’élevage français».

«Les milliers de tonnes de viande bovine négociées dans ces accords ne peuvent pas arriver sur le marché français sans le déstabiliser et faire perdre de la valeur aux viandes françaises. Selon les estimations de nos organisations interprofessionnelles, les fermes devront faire face à une perte de résultat colossale de l’ordre de 30 à 60 %. Les éleveurs subissent déjà une conjoncture compliquée depuis plusieurs années. Cette perspective pourrait faire perdre à la filière 20 000 à 30 000 emplois en France (arrêt des fermes et baisse d’activité dans toute la chaîne de transformation), ce n’est pas tolérable», ont dénoncé FDSEA et JA.

Ils alertent aussi sur les conditions d’élevage du continent américain qui ne garantissent pas le niveau de traçabilité des viandes françaises : «sur ce continent, les bovins sont engraissés au sein de «feeds lots», ces parcs industriels contenant 30 000 animaux en moyenne. Les modes de production sont peu ou pas réglementés. Pour l’instant, le Mercosur ne prévoit aucune harmonisation et exigence en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal, de protection sociale des salariés, de protection de l’environnement...».

25 janvier 2018

Action régionale à Montauban contre la réforme des zones défavorisées : 50 Aveyronnais solidaires

Comme en novembre 2016, ils étaient plus d’un millier d’agriculteurs d’Occitanie, ce mercredi 24 janvier, à venir défendre les zones défavorisées. La carte publiée en décembre excluait en effet un certain nombre de zones notamment du Tarn et Garonne, du Tarn et de Haute-Garonne. L’Aveyron s’est montré solidaire en envoyant une cinquantaine d’agriculteurs.

La réforme des critères de définition des zones soumises à contraintes naturelles (ZSCN) continue de faire débat et de mobiliser les agriculteurs de la région Occitanie. Leur objectif : maintenir le périmètre de la zone défavorisée et conserver la vitalité de toutes les zones rurales. L’altitude, le climat, la pente, la faible profondeur des terres,… sont des exemples de contraintes naturelles qui rendent plus difficile la production agricole. Ce zonage est important car il ouvre aux exploitations l’accès à l’ICHN.

Afin de faire entendre leurs arguments, un travail technique a été conduit par les FRSEA, les JA et les Chambres d’agriculture d’Occitanie pour rédiger des propositions soutenues par le Conseil régional, qui permettaient de maintenir le périmètre de la zone défavorisée. «Aujourd’hui, ces propositions n’ont pas encore été retenues. Le 20 décembre, l’Etat a publié une nouvelle proposition de zonage qui inclut les communes aveyronnaises menacées, mais exclut encore davantage de communes en Occitanie !», FRSEA et JA ne décolèrent pas.

«En remettant en question ce zonage, l’Etat remet en question le tissu socio-économique et la vie dans les ruralités de notre région». Les exploitations aujourd’hui bénéficiaires des soutiens spécifiques aux zones défavorisées (ICHN, DJA,…) ne sont pas en effet en mesure de supporter ces pertes financières. L’élevage doit continuer à être rémunéré pour les bienfaits économiques, sociaux et environnementaux qu’il offre. L’agriculture, parfois seule activité économique possible dans ces zones rurales, est génératrice d’emplois. La perte de ces soutiens aura nécessairement un impact à la fois sur le renouvellement des générations agricoles et dans tous les secteurs d’activités.

Face à cette situation, le monde paysan s’impatiente. Une cinquantaine d’agriculteurs aveyronnais se sont joints à la manifestation régionale de ce mercredi 24 janvier, à Montauban. Un millier d’agriculteurs ont fait entendre leur volonté, à deux jours de la proposition d’une nouvelle carte par le ministère de l’agriculture, le 26 janvier.

A Montauban, une délégation de responsables de la FRSEA et des JA d’Occitanie, a été reçue par le préfet de Région, le DRAAF et le DDT du Tarn et Garonne, Vincent Labarthe était également présent pour le Conseil régional. «Le DRAAF nous a confirmé que de nouvelles hypothèses étaient en cours d’évaluation comme celle des haies et paysages. Des simulations sont en cours ce qui pourrait permettre la réintégration de certaines zones dans la prochaine carte», a avancé Dominique Fayel, présent dans la délégation.

Deux autres pistes sont aussi à l’étude : elles concernent la continuité territoriale et la possibilité dans des conditions bien particulières de travailler à l’échelle inférieure des petites exploitations. «Nous espérons que ces simulations feront évoluer la nouvelle carte qui sera proposée ce vendredi 26 janvier. Tous les éléments semblent aller dans le bon sens mais étant donné que des communes ont déjà été retirées lors de précédentes propositions, nous devons rester vigilants !», a conclu Dominique Fayel.

Eva DZ (source FDSEA - JA)

28 décembre 2017

Section des anciens exploitants FDSEA : partenariat avec Groupama

La section des anciens exploitants FDSEA a signé une convention de partenariat avec Groupama, le 15 décembre à Rodez. Elle permet aux adhérents, à travers la carte Moisson, de bénéficier d’une remise de 5 % sur le contrat de complémentaire santé si l’assuré a déjà trois contrats chez Groupama. Autre avantage, une réduction de 7 % sur les contrats d’assurance auto jusqu’à trois véhicules au maximum.

Après la signature de la convention annuelle, Jérôme Viguier, responsable commercial Groupama sur le secteur du Ségala, a présenté le produit Noé, système de télé-assistance connecté à domicile pour les personnes âgées. Il est composé d’une tablette tactile «pour communiquer avec sa famille, ses proches et ses amis en seulement quelques clics, via des fonctionnalités très simples». Et d’un bracelet «pour déclencher dans n’importe quelle situation une alerte en cas de malaise ou de chute».

Selon Groupama, «le bénéficiaire de la tablette Noé peut échanger avec son entourage (familial, amical et professionnel) avec des appels, messages, ou photos. Les informations circulent mieux dans la famille et les proches !». Avec le bracelet Noé au poignée, «le bénéficiaire peut rester chez lui en toute sécurité 24h/24 et 7j/7. Pas d’inquiétude, les professionnels de Groupama prennent le relais en cas d’alerte et font intervenir les secours auprès des proches si besoin».

Pierre Rouquette, président de la section des anciens exploitants FDSEA, juge le système «moderne, avec plusieurs options au choix. On peut communiquer facilement avec les petits enfants, avec l’image et le son, comme avec l’application skype sur internet». Jacques Gineste, autre retraité, est du même avis : «cette tablette communicante est très bien, perfectionnée, avec un bon rayon d’action de 100 mètres autour de la maison». Monique Barthès, ancienne agricultrice, met en avant l’aspect sécurité du système : «c’est un outil sécurisant et rassurant pour la famille et la personne âgée. La montre portée au poignée détecte les chutes, même en cas de perte de connaissance».

Cette solution «tout en un» est facturée 34,90 euros TTC/mois pour une personne. Avec le crédit d’impôt, la facture est réduite à 17,45 euros TTC/mensuel.

21 décembre 2017

CETA et MERCOSUR : FDSEA et JA font goûter les produits français

La pression syndicale a sûrement compté dans l’échec temporaire des négociations de l’accord UE - MERCOSUR reportées au premier semestre 2018. A l’appel de la FNSEA et des JA, les opérations «sourire» se sont multipliées pour sensibiliser les consommateurs à la qualité et à l’origine des produits français. La FDSEA et les JA de l’Aveyron ont sensibilisé leurs concitoyens à Rodez et Villefranche de Rouergue vendredi 15 décembre.

«Continuez ce que vous faîtes ! Nous vous en sommes reconnaissants !», les messages de soutien se sont multipliés vendredi 15 décembre lors d’une opération de sensibilisation devant les magasins Leclerc d’Onet le Château et de Villefranche de Rouergue. Les consommateurs ont montré leur sympathie aux agriculteurs de la FDSEA et des JA qui avaient installé de quoi déguster de la viande, de la charcuterie et des fromages d’ici. «Nous sommes là pour promouvoir la qualité et l’origine des produits français face à la menace des accords commerciaux CETA et MERCOSUR», avançaient les agriculteurs en distribuant des tracts aux consommateurs.

«La plupart du temps, les gens se sont montrés bienveillants et coopératifs par rapport à notre message, beaucoup nous ont dit que dans leurs achats ils privilégiaient l’approvisionnement local», complète Benoît Fagegaltier, secrétaire général adjoint de la FDSEA présent avec une dizaine d’agriculteurs du nord Aveyron et de la vallée du Lot, vendredi matin devant le magasin Leclerc d’Onet le Château. Malgré le froid, les consommateurs ont pris le temps de s’arrêter pour échanger avec les producteurs et leur marquer leur soutien, profitant de la pause pour goûter un morceau de viande d’Aubrac ou de Veau d’Aveyron, un peu de charcuteries ou de fromage. «Notre alimentation mérite des règles du jeu équitables», ont rappelé les responsables syndicaux.

Dans le tract distribué, les producteurs rappelaient les raisons de leur inquiétude : «ces traités commerciaux concrétiseraient l’importation de plus de 200 000 tonnes de viande bovine ce qui déstabiliserait forcément le marché français et ferait perdre de la valeur aux viandes françaises». Les premières estimations font état de perte de résultat de l’ordre de 30 à 60% ! Sans compter la perte de 20 000 à 30 000 emplois en France du fait de l’arrêt de fermes et de la baisse d’activité dans toute la chaîne de transformation.

Outre les pertes pour la filière agricole, les éleveurs pointent aussi du doigt la tromperie envers les consommateurs : «les viandes canadiennes et sud-américaines sont issues de systèmes de production peu ou pas réglementées, ces traités ne prévoient aucune harmonisation et exigence en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal, de protection sociale des salariés, de préservation de l’environnement...».

Enfin, les agriculteurs français dénoncent aussi l’incohérence de la position des pouvoirs publics français entre la signature d’accords commerciaux avec des pays aux exigences inférieures à celles en vigueur en France et les ambitions des Etats généraux de l’alimentation qui veulent redonner la priorité aux produits français ! «Au sein des Etats généraux de l’alimentation, les consommateurs ont fait part d’un grand intérêt pour le mode de production, la qualité et l’origine de leur alimentation, les accords du CETA et du Mercosur vont à l’encontre de leurs attentes. Ils trahissent les consommateurs et les producteurs», concluent la FDSEA et les JA.

Eva DZ

14 décembre 2017

Aide aux veaux sous la mère et aux veaux AB : «carton jaune pour l’Etat»

Une délégation d’une vingtaine d’éleveurs de l’IRVA(1) s’est rendue à la DDT mardi 12 décembre, afin d’infliger «un carton jaune aux services de l’Etat» pour le «non respect des engagements et des enveloppes de l’aide aux veaux sous la mère et aux veaux bio». Une action nationale a été lancée à l’appel de la FNB, le même jour, à la veille de la réunion prévue ce jeudi 14 décembre, au ministère de l’agriculture.

Selon le communiqué de la Fédération Nationale Bovine (FNB), «l’aide aux veaux sous la mère et aux veaux bio concerne les versements 2017, la campagne 2016, les veaux abattus en 2015». Et d’ajouter : «c’est inacceptable pour les éleveurs : le montant de l’aide «qualité» aux veaux sous la mère et veaux bios est largement inférieur aux montants prévus, et annoncés avec la validation de l’enveloppe globale. La seule raison évoquée : une erreur de traitement du dossier ! L’aide aux veaux sous la mère et veaux bios, aide PAC couplée, contribue au maintien de la production traditionnelle de veaux sous signes de qualité (labels et bio), respectant des cahiers des charges précis. Cette aide représente une part importante du revenu des éleveurs, engagés dans une production de qualité, pour répondre aux attentes citoyennes. Cette aide, versée très tardivement, puisque non prise en compte dans le calcul des ATR, a été attendue, et donc provisionnée dans les comptes d’exploitations de 2016. Or, une partie des montants promis a été amputée ce qui fragilise totalement la dynamique de cette filière et ses emplois.

«Différenciel important»

Aujourd’hui, nous constatons un différentiel important (en 2016, 55 € au lieu de 75 € par veau labellisé) entre les montants annoncés dans la notice d’information des aides VSLM (n°52135#01), discutés avec la profession, et basés sur la notification européenne de budget, et l’arrêté du 22 juin 2017, suivi de celui du 18 juillet 2017. Ceci représente une différence de plus d’un million d’euros de soutiens non versés aux éleveurs de veaux des filières Label Rouge et Bio.

«Situation inexplicable»

Cette situation est inexplicable : l’enveloppe totale est validée et notifiée à Bruxelles (4,8 millions d’€) et le nombre d’animaux éligibles est quasiment stable (67 691 veaux). Ainsi, l’aide unitaire doit donc être à un niveau identique à celui versé pour la campagne 2015, soit 75 euros par veau labellisé, et 37,50 euros par veau labellisable.

Aujourd’hui, les éleveurs ne comprennent plus la politique nationale et sont particulièrement agacés d’une situation, à ce jour, en contradiction entre le discours tenu aux Etats généraux de l’alimentation et la réalité sur le terrain, avec des soutiens diminués, par erreur, sans raison, et qui tardent à être rectifiés.

Lors du rendez-vous avec le ministère de l’agriculture, ce jeudi 14 décembre, il est indispensable qu’une solution soit apportée immédiatement et que les éleveurs puissent recevoir l’aide VSLM et au veau Bio à la hauteur des engagements pris et dans les plus brefs délais», conclut le communiqué.

D.B.

(1) Interprofession Régionale du Veau d’Aveyron et du Ségala.

30 novembre 2017

Action FDSEA - JA : près de 150 éleveurs contre la braderie de la viande bovine française

Alors que les projets de ratification des accords de libre échange avec le Canada et l’Amérique du sud (pays du MERCOSUR) sont en passe d’être signés, les éleveurs français montent au créneau. A l’appel de la FNB, ils se mobilisent devant les Préfectures pour dénoncer ces accords qui «bradent la viande bovine française».

La FDSEA et les JA de l’Aveyron n’ont pas attendu pour se rallier au mouvement national de protestation contre les accords de libre échange qui doivent être ratifiés avec le Canada et les pays d’Amérique du sud. Près de 150 éleveurs étaient ainsi rassemblés mardi 28 novembre en soirée, bravant le froid et la pluie pour marquer leur mécontentement devant la Préfecture de l’Aveyron, à Rodez.

Le CETA est entré en application provisoire le 21 septembre et doit être prochainement ratifié par le parlement français. Et avec le MERCOSUR, les discussions s’accélèrent, la signature de l’accord étant annoncée pour le mois de décembre avec l’Union européenne. Mais les éleveurs ne veulent pas en entendre parler ! «Ces deux traités de commerce internationaux promettent de brader la production française de viande bovine au profit d’autres secteurs commerciaux, c’est tout simplement hors de question !», ont lancé les responsables FDSEA et JA.

Leur action s’inscrit dans une mobilisation nationale à l’initiative de la FNB, relayée par la FNSEA et JA, pour alerter les pouvoirs publics et les consommateurs sur la menace sans précédent que font peser ces accords sur l’élevage bovin viande français.

Des importations par centaines de milliers

Le premier risque que les éleveurs de races à viande voient dans la ratification de ces accords, c’est l’importation de plusieurs centaines de milliers de tonnes de viande bovine. «Les négociations en cours laissent présager que plusieurs centaines de milliers de tonnes de viandesbovines canadiennes et sud-américaines mais aussi d’Australie et de Nouvelle Zélande pourraient bientôt être importées en Europe, sans droits de douane et sans qu’aucune réciprocité ne soit exigée dans les contraintes de production, alors que le marché européen est aujourd’hui un marché auto-suffisant», dénonce Dominique Fayel, président de la FDSEA 12 et administrateur FNB.

Forcément cet afflux de viande va déstabiliser le marché français et risque d’engendrer une perte de la valeur des viandes françaises. Les responsables professionnels s’appuient sur des chiffres éloquents : «les fermes devront faire face à une perte de résultat colossale de l’ordre de 30 à 60 %. Les éleveurs subissent déjà une conjoncture compliquée depuis plusieurs années. Cette perspective pourrait faire perdre à la filière 20 000 à 30 000 emplois en France du fait de l’arrêt des fermes et de la baisse d’activité dans toute la chaîne de transformation», ont dénoncé Germain Albespy et Anthony Quintard, co-présidents de JA 12.

Une incohérence du gouvernement français

«Ces traités de commerce internationaux ne prévoient aucune harmonisation et exigence en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal, de protection sociale des salariés, de protection de l’environnement,...», rappellent les responsables professionnels.

«D’un côté, le gouvernement nous impose des conditions de production de plus en plus pointues en matière de sécurité alimentaire, de respect de l’environnement, de bien-être animal,… et de l’autre, il ouvre la porte à des produits sans aucune traçabilité ! C’est une incohérence totale de la part des pouvoirs publics !», s’est insurgé Dominique Fayel.

Une ouverture mais pas à n’importe quel prix

Pour autant, les éleveurs rappellent qu’ils ne sont pas opposés au commerce international : «Notre secteur doit être ouvert, mais pas à n’importe quel prix. Les niveaux de normes européens doivent être un préalable indispensable pour pouvoir passer nos frontières», ont-ils exigé.

Signer ces accords reviendraient à aller à l’encontre des attentes des consommateurs francais, très attachés au mode de production, à la sécurité sanitaire et à la qualité des produits.

Lors de leur échange avec le directeur de cabinet et le DDT, le préfet en déplacement a rejoint la délégation d’éleveurs en fin de manifestation, les responsables FDSEA et JA ont relayé leurs demandes. Ils veulent que le gouvernement désigne en urgence une commission d’experts chargée d’évaluer les conséquences de l’accord UE-MERCOSUR pour l’élevage, la santé et l’environnement. Dans l’attente des conclusions de cette commission d’experts, ils demandent que tout accord incluant une offre de viande bovine soit refusé. Et ils exigent, à Bruxelles, en accord avec les engagements pris par le Président de la République à Rungis, une révision du mandat de négociation de l’accord UE-MERCOSUR.

Aux parlementaires qui doivent prochainement se pencher sur l’accord avec le Canada, ils leur demandent de refuser de ratifier le CETA et d’exiger une réouverture des négociations, visant à exclure la viande bovine de l’accord. Et d’impulser la création d’une commission d’enquête prioritaire du Parlement européen sur les conditions de certification sanitaire des viandes bovines brésiliennes.

23 novembre 2017

Réunion régionale porcine dans le Lot : l’étiquetage d’origine contrôlée

La FRSEA Occitanie a organisé une réunion régionale porcine vendredi 17 novembre, à Planioles (Lot), avec la participation du vice-président de la Fédération Nationale Porcine, éleveur porcin dans le Morbihan, François Valy. A l’issue, une délégation d’éleveurs s’est rendue dans une grande surface à Capdenac pour un contrôle de l’étiquetage de l’origine de la viande de porc.

Les responsables professionnels, Thierry Lafragette et Lionel Fouche, administrateurs de la FNP, Gilles Resseguier, président de la section porcine FDSEA 46 et Daniel Lacroix, président de la section porcine FDSEA 12 ont constaté plusieurs manques et infractions à la réglementation.

Plusieurs observations ont été ciblées sur le rayon libre service du magasin notamment l’absence totale d’indication de l’origine sur des produits transformés qui y sont pourtant soumis, car contenant plus de 8 % de viande de porc en tant qu’ingrédient mais aussi l’absence totale d’indication de l’origine sur un assortiment de viandes de porc, emballé en Espagne tout comme le manque de lisibilité de l’information du consommateur, avec un code renvoyant au dos de l’emballage et enfin l’affichage «Viande d’origine Union européenne» sur des produits véhiculant une image locale.

Les éleveurs porcins ont constaté et déploré un recul de la pratique de l’étiquetage «Le Porc Français» mis en place par l’interprofession porcine nationale. Ce logo est pourtant lisible et sans équivoque quant à l’origine de la viande de porc.

Pour le cas des produits non réglementaires, les responsables porcins ont exigé leur retrait du rayon. Un constat a également été adressé au service «protection économique des consommateurs» de la DDCSPP du Lot.

Article FRSEA Occitanie - FNP

23 novembre 2017

Moi(s) je m’installe : Théophile, un jeune engagé

Comme l’année dernière, La Volonté Paysanne part à la rencontre de jeunes installés dans le cadre de l’opération Moi(s) je m’installe désormais déclinée à l’échelle de la grande région Occitanie et où l’Aveyron fait toujours figure de leader ! Théophile Valentin Assier, éleveur caprins et bovins viande à St Geniez d’Olt inaugure la série !

Théophile ne se voyait pas exercer un autre métier que celui d’éleveur sur les traces de son père. Il a rejoint ce dernier en août 2016 dans le GAEC qu’il forme avec un voisin depuis 15 ans en productions caprine et bovin viande. «Eleveur c’est ce que je veux faire depuis toujours !». Mais Théophile n’a pas pour autant foncé tête baissée, il s’est donné le temps de bien préparer son installation. «Après mon BTS en alternance à l’ADPSA, la conjoncture caprine n’était pas tellement porteuse et il n’était pas question de me lancer si le projet ne devait pas tenir la route», avance Théophile.

Du coup, il a pris patience en prenant un poste de salarié agricole au sein du Service de remplacement puis sur une exploitation pendant 2 - 3 ans. Là, il a découvert la transformation de lait de chèvre en fromages, un concept qui lui a bien plu mais qu’il n’a pu dans un premier temps reproduire sur la ferme familiale.

Lorsque l’opportunité de s’installer s’est présentée, Théophile l’a saisie : «pendant mon accompagnement à l’installation, je suis entré comme aide-familial sur la ferme, cela m’a permis de me libérer plus facilement pour toutes les démarches». Il a mis près d’un an et demi pour concrétiser son projet : «j’ai voulu prendre mon temps parce que ce n’est pas une décision à prendre à la légère et puis étant donné que j’intégrais un GAEC qui avait 15 ans d’existence, il me fallait prendre en compte les attentes de mes deux associés», poursuit Théophile.

Partager l’astreinte avec ses associés

Si le jeune éleveur ambitionnait de se lancer dans la transformation laitière, ses deux associés plutôt en fin de carrière, ne partageaient pas forcément sa motivation sur le sujet ! «Il faut savoir faire des sacrifices lorsque l’on travaille à plusieurs pour que cela fonctionne bien !». Et puis l’opportunité de reprendre du terrain l’a conduit à augmenter le troupeau de Limousines et donc de concrétiser son installation. «Nous sommes passés de 22 mères à 45 et prochainement une dizaine de mères supplémentaires. J’ai investi dans deux bâtiments que les vaches viennent d’intégrer», détaille Théophile. Pour l’instant, l’atelier caprin reste à l’identique avec 380 chèvres et 400 000 litres livrés à Terra Lacta. «Notre atelier est bien performant et nous avons accentué les bons résultats en augmentant la part de chèvres en lactation longue. Etant trois à travailler, nous pouvons étendre la période de traite et ainsi profiter d’une meilleure valorisation du lait au trimestre 4», continue le jeune éleveur.

Le GAEC de Sarla est en effet bien organisé : «Le fait d’être trois associés permet de mieux organiser le travail et de se libérer du temps. C’est un gros avantage même si ce n’est pas toujours facile !», confie Théophile qui évoque le conflit de génération parfois. «Nous ne voyons pas les choses de la même façon, c’est normal !». Il n’empêche pour le travail, chacun est exempt de l’astreinte une semaine et un week-end sur trois (sauf en période de mises bas). Ce qui permet à Théophile de s’échapper un peu de temps en temps : «Nous avons une vie à côté de notre exploitation et nous ne sommes pas esclaves de notre métier, même si je l’apprécie et que je suis fier d’avoir repris la suite de ce que mes prédécesseurs ont mis en place».

La fibre syndicale

Ainsi, peu de temps après son installation, Théophile a rejoint les JA 12 suite à une assemblée générale de secteur. «L’un de mes maîtres d’apprentissage était investi aux JA et mon père est impliqué depuis longtemps à la FDSEA, j’ai hérité de cette fibre syndicale», sourit-il. L’une de ses motivations est de défendre son métier, d’encourager des personnes à s’installer : «Sa me tient vraiment à cœur de m’investir». Ses premières expériences aux JA, Théophile les a vécues à Sous les pavés, les prés à Rodez ou lors de fermes ouvertes cet été. «C’est important de rencontrer les consommateurs et de leur rappeler quelques réalités sur notre métier, trop souvent mal perçu», regrette le jeune éleveur. Du coup pour marquer son engagement, Théophile s’implique aux groupes bovins viande et caprins ainsi que sur le dossier installation.

S’engager aux JA, c’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres jeunes comme lui qui se sont installés car localement sur Saint Geniez d’Olt, il est l’un des seuls tout juste installé même si le nombre d’agriculteurs sur la commune reste important. «Pour moi ce qui compte c’est d’avoir des voisins et pas des hectares autour de moi !». Et cette devise, Théophile va continuer de la défendre.

«Le fait d’être en GAEC me permet de me libérer du temps pour le consacrer à la défense et à la promotion du métier». A 26 ans, un an et demi après son installation, une année mouvementée avec la construction de deux bâtiments, Théophile veut se donner du temps pour profiter de son élevage, prendre du temps aussi pour le défendre et le promouvoir. Et garde dans un coin de sa tête, l’idée un jour de se lancer dans la transformation fromagère du lait de ses chèvres. En attendant, il pense aussi au départ dans les 10 ans à venir de ses deux associés à la retraite.

Eva DZ

09 novembre 2017

Action FDSEA-JA : pas de beurre sans éleveurs !

Une vingtaine de producteurs de lait FDSEA et JA se sont rendus dans des enseignes de la grande distribution de l’agglomération ruthénoise, mercredi 8 novembre, pour dénoncer la guerre des prix qui «affament les producteurs» et qui désormais, vident les rayons des GMS au détriment des consommateurs.

«Pas de beurre sans éleveurs !», le slogan est simple et efficace, c’est celui que les producteurs de lait de vache de la FDSEA et des JA ont accolé sur les plaquettes de beurre dans les rayons produits laitiers de deux grandes surfaces de l’agglomération ruthénoise, Géant Casino et Leclerc mercredi 8 novembre.

En soutien aux multiples actions menées à l’échelle nationale ces dernières semaines, l’Aveyron est à son tour monté au créneau pour dénoncer une situation devenue intenable. «Depuis un an, le prix du beurre a fortement évolué à la hausse mais cette augmentation n’est pas suffisamment répercutée sur le prix du lait payé aux producteurs», introduit Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA. «Nous sommes là pour mettre la pression sur la distribution qui s’entête dans une guerre des prix qui après avoir affamé les producteurs, vide maintenant les rayons», poursuit-il. Et Germain Albespy, co-président des JA d’enchérir : «si les GMS payaient les produits à leur juste prix, ils en auraient plein les rayons !». Il souligne aussi que les transformateurs orientent leurs ventes vers les clients qui répercutent ces hausses : boulangeries, biscuiteries au niveau national mais aussi à l’export.

Où est l’équilibre du rapport de force ?

«Nous évoluons dans un contexte paradoxal où on nous parle de rétablir un rapport de force équilibré entre les maillons de la filière notamment lors des ateliers des Etats généraux de l’alimentation mais où est l’équilibre aujourd’hui ?!», interroge Germain Albespy.

Les responsables FDSEA et JA évoquent une véritable «intox» quant à cette situation de pénurie de beurre : «on trompe le consommateur !». Et d’expliquer dans le détail : «l’absence de certains produits n’est pas le fait des producteurs comme on peut parfois l’entendre ou le lire, mais elle résulte bien des tensions entre certaines enseignes de la grande distribution et leurs fournisseurs, qui sont les acheteurs de lait des producteurs».

Partout dans le monde, la demande en beurre est supérieure à l’offre (pérennisation des débouchés historiques et développement de nouveaux marchés), ce qui tire les prix vers des sommets. Des prix dont ne veulent pas s’acquitter certaines enseignes, ce qui créé cette situation de pénurie. Pour exemple, le prix du beurre en France a augmenté de 6% entre août 2016 et août 2017 selon l’INSEE, quand dans le même temps il a augmenté de 72% en Allemagne. Cette faible répercussion des prix n’incite d’ailleurs pas les industriels laitiers à maintenir un approvisionnement normal des rayons des supermarchés.

Un espoir de sortie de crise ?

Lorsqu’on leur demande comment ils envisagent l’avenir, les responsables FDSEA et JA se veulent confiants : «les transformateurs ont des marchés pour le beurre, des marchés à valeur ajoutée et j’espère que le travail des Etats généraux de l’alimentation avançant, nous arriverons à ramener à la raison les distributeurs», explique Michaël Chavatte. Il espère aussi que l’approche des fêtes de Noël pourra être un argument de plus auprès des distributeurs, la consommation étant toujours plus importante à cette période.

De son côté aussi, Germain Albespy veut croire en la réussite des Etats généraux de l’alimentation : «Nous sommes dans un contexte plutôt favorable où les discussions avancent et où la position est claire de rétablir un certain équilibre au sein des filières mais nous ne devons rien lâcher pour autant et être bien présents pour faire entendre notre voix», a-t-il conclu.

Eva DZ

12 octobre 2017

Manifestation prédation à Lyon : la déferlente des éleveurs en colère

Lundi 9 octobre, la ville de Lyon a assisté à la transhumance de 1 200 brebis, suivies d’autant d’éleveurs, venus clamer leur détresse et leur détermination face aux dégâts considérables causés par le loup dans les pâturages.

Avec une cinquantaine de manifestants, l’Aveyron a répondu présent à l’appel de la FNO, de la FNSEA et des JA, rejoignant ainsi le millier d’éleveurs venus essentiellement des Alpes et du Massif Central, zones les plus touchées par le loup. Le cortège s’est rassemblé place Bellecour et a défilé, au pas des brebis et au son des cloches, pendant environ 3 km avant de rejoindre la préfecture de région. Là une délégation de responsables nationaux a été reçue par le préfet de la région Auvergne - Rhône-Alpes (AURA).

La réunion nationale du 10 octobre ajournée

Les organisateurs se félicitent de la rapidité à laquelle les départements se sont mobilisés. «Cette étape est réussie ! Nous ne pouvons que nous enorgueillir de cette réactivité qui a mobilisé plus de 1 000 éleveurs en à peine 8 jours», a déclaré Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine. Cet appel à mobilisation a été lancé suite au fiasco de la dernière réunion de présentation du nouveau plan loup, qui doit couvrir la période 2018-2023. C’était le 12 septembre à Lyon, à la préfecture de la région AURA, en présence du préfet de région, coordonnateur national du dossier loup. Les ministères de la transition écologique et solidaire et de l’agriculture et de l’alimentation présentent alors un projet jugé contraire aux intérêts de l’élevage par la FNSEA, la FNO, JA et l’APCA. Ces derniers quittent la réunion en claquant la porte, prenant la proposition comme un affront.

Le 15 septembre, Stéphane Travert, ministre de l’agriculture et de l’alimentation se rend sur une exploitation ovine impactée par le loup à Cornus. Toute la profession a de fait le regard braqué sur l’Aveyron. Il annonce que le document présenté est caduque et que les négociations doivent reprendre avec la prise en compte des propositions émanant des éleveurs. Une nouvelle réunion nationale était programmée à Lyon le 10 octobre. C’est pourquoi les syndicats FNSEA, FNO et JA ont émis un appel à mobilisation pour la veille. La réunion nationale a été malheureusement ajournée, mais la détermination des éleveurs présents le 9 octobre à Lyon est, quant à elle, restée intacte.

Nouveau plan loup : un enjeu majeur

Forte du succès de la mobilisation, une délégation a été reçue par le préfet de région qui a pris note des revendications des syndicats, soutenus par le CAF national (regroupant l’ensemble des organisations professionnelles agricoles). Regroupées derrière le slogan «zéro attaque», les propositions de la profession ont pour objectif de remettre l’élevage au cœur des politiques de gestion des grands prédateurs (loup, ours, lynx).

Pouvoir se défendre : un droit fondamental

En tout premier lieu, les éleveurs revendiquent comme droit fondamental la possibilité de se défendre contre toute attaque, sans plafond de prélèvements de loups. Pour cela, les procédures régissant le déclenchement des tirs de défense, simples et renforcés, ou de prélèvement doivent être simplifiées. La profession demande que les préfets départementaux puissent continuer à décider seuls du déclenchement de ces tirs ; a contrario du dernier projet gouvernemental qui visait à transférer cette compétence au seul préfet de région. En outre, les éleveurs auront beaucoup de mal à écarter le loup tout seuls. C’est pourquoi ils demandent le renforcement de la «brigade loup», dont l’effectif est aujourd’hui largement insuffisant au regard du nombre de territoires prédatés.

Les mêmes règles pour tous

Ensuite, la profession déplore un manque d’équité nationale dans la gestion des dégâts générés par la prédation. Ce rééquilibrage doit concerner les modalités d’indemnisation entre les trois grands prédateurs (loup, ours, lynx), ainsi que les autorisations de tirs dans les différentes zones impactées. De plus, la profession réfute totalement de conditionner les indemnisations en cas d’attaque à la mise en place préalable de mesures de protection. En revanche, les aides à l’installation des éléments de protection des troupeaux, aujourd’hui supportées par le ministère de l’agriculture, doivent être, selon le CAF, du ressort du budget du ministère de l’écologie. Enfin, la profession souhaite plus d’équité dans la gouvernance du dossier avec la réactivation du Groupe national loup, dans lequel pourraient siéger des scientifiques ainsi que des représentants des maires des communes confrontées à la prédation.

A l’issue de l’entretien à la préfecture de région, la délégation FNSEA, FNO et JA a annoncé que le préfet coordonnateur a assuré que l’ensemble des revendications des éleveurs seraient prises en compte. Les responsables vérifieront la véracité de ces propos à l’issue de la prochaine réunion nationale dont la date n’est pour l’heure pas connue. En attendant, Michèle Boudoin assure de sa «ténacité et pugnacité à porter haut et fort ces revendications si légitimes».

Un impact multi dimensionnel

La mobilisation du 9 octobre a aussi permis de faire prendre conscience, à la fois aux pouvoirs publics et aux citoyens, de l’impact de la prédation sur un élevage pâturant, transhumant, et vertueux par rapport aux attentes de la société.

Tout d’abord, l’impact du loup est financier. Le coût pour la société se répartit sur deux volets?: les indemnisations liées aux pertes, supportées par le budget du ministère de la transition écologique et solidaire, et les aides liées à la mise en place des mesures de protection financées par le ministère de l’agriculture et de l’alimentation. En 2004 l’ensemble des dépenses liées au loup s’élevaient à 1,8 million d’euros, pour 2 557 victimes, contre 26,5 millions d’euros et 10?234 victimes en 2016. Sur le budget de l’an passé, 3,2 millions d’euros ont servi à indemniser les éleveurs et 23,34 millions d’euros ont été dépensés en mesures de protection. «Un coût intolérable pour le budget agricole !», dénoncent les responsables syndicaux.

L’impact du loup est aussi environnemental. La pression de la prédation a déjà conduit à l’abandon des activités d’élevage dans certaines zones, notamment des Alpes. S’ensuit l’embroussaillement des territoires et avec lui un appauvrissement certain de la biodiversité ainsi qu’un risque d’incendie accru. Alors que les soutiens publics s’orientent vers le maintien des espaces ouverts, la présence du loup provoque l’effet inverse. Un paradoxe que les éleveurs ont à cœur de mettre en lumière.

Enfin, l’impact du loup est social. Les éleveurs soumis à la prédation témoignent d’une angoisse permanente pour leur troupeau, d’un surcroît de travail, lié à la surveillance, qui se répercute sur leur vie privée. Cette pression constante devient intolérable pour ces éleveurs qui contribuent pourtant à préserver un patrimoine culturel majeur en milieu rural : l’agro pastoralisme. La présence de nombreux medias nationaux le 9 octobre à Lyon a permis de véhiculer l’ensemble de ces messages.

Les responsables aveyronnais se sont aussi exprimés lors de la manifestation, faisant part de leur profonde inquiétude quant à l’implantation grandissante du loup sur les Grands Causses. «Les experts estiment que les causses représentent un habitat rêvé pour le loup», a rappelé Dominique Fayel, président de la FDSEA de l’Aveyron. Germain Albespy, co-président de JA Aveyron, se demande, quant à lui, «comment inciter des jeunes à s’installer dans ces conditions?? Quel avenir, professionnel ou privé, peut-on leur offrir dans les territoires prédatés ?». Pour François Giacobbi, président du CDASA, «il est indipensable que chaque éleveur puisse défendre son troupeau ! C’est la seule vraie solution».

B. CAREL

05 octobre 2017

Rencontre FDSEA-JA avec Stéphane Mazars : des dossiers qui préoccupent

Samedi 30 septembre, une dizaine d’agriculteurs de la FDSEA et des JA ont rencontré Stéphane Mazars. L’objectif de cette rencontre était de faire le point sur les dossiers d’actualité avec le député de la majorité présidentielle.

Anne Blanc n’ayant pu se libérer, Stéphane Mazars a accueilli, seul, la délégation d’une dizaine de représentants de la FDSEA et des JA de l’Aveyron samedi 30 septembre à sa permanence de Rodez. Les responsables professionnels ont alerté le député de la majorité présidentielle sur un certain nombre de dossiers qui les préoccupent.

Le premier d’entre eux est l’avancée des Etats généraux de l’alimentation et la revalorisation des productions agricoles. L’ICHN était aussi au cœur des discussions en particulier la question de son financement et la révision du zonage, ainsi que les retards d’instruction des dossiers PAC, la problématique des SNA,... Un large temps a également été consacré au projet d’interdiction du glyphosate. la profession défend le renouvellement de l’autorisation du produit au vu du manque d’alternatives durables et des impacts économiques et environnementaux potentiels. Pour le symbole, la délégation FDSEA et JA a remis une serpe et une pioche à Stéphane Mazars, des outils seuls autorisés demain pour entretenir le territoire si le glyphosate est interdit !

Bien sûr les éleveurs sont revenus sur la problématique du loup. La profession agricole milite pour qu’un travail de concertation soit mis en place sur le prochain plan national loup, qui doit être présenté le 10 octobre à Lyon. En marge de cette réunion, une action est d’ailleurs organisée afin de maintenir la pression (lire en page 2).

Enfin, un tour d’actualité des filières a été présenté par Jérôme Valière pour les bovins lait, Vincent Albouy pour les bovins viande et Jean-François Cazottes pour les ovins.

Stéphane Mazars s’est montré à l’écoute et a encouragé la FDSEA et les JA à venir le rencontrer régulièrement afin de faire le point sur l’actualité et les demandes de la profession.

05 octobre 2017

Journée Interbev Occitanie à Rullac St-Cirq : une filière veaux de boucherie dynamique

La FDSEA a organisé mardi 26 septembre à Rullac St-Cirq une journée sur la filière veaux de boucherie en présence d’Alexandre Merle, président de la section nationale FNB Veaux de boucherie et président d’Interveau. Après la matinée en salle, le groupe d’éleveurs s’est réuni l’après-midi au GAEC de Saltre doté d’un atelier de 400 places.

Le point sur la situation des marchés, le bilan des actions et de la feuille de route de la FNB, avec un focus sur le contrat-type et le réseau veaux de boucherie étaient notamment à l’ordre du jour de la matinée rassemblant une vingtaine d’éleveurs de l’Aveyron et du Tarn. Cette réunion se voulait régionale avec l’appui du groupe Veaux de boucherie de la FRB Occitanie représentée par Marie-Laure Rigal, installée à Lacam, commune de Castanet. Elle produit 400 veaux de boucherie sous contrat avec la Métairie du Rouergue à Baraqueville.

Ce groupe régional a aussi comme suppléant un autre Aveyronnais, Sébastien Besombes, installé avec son épouse Céline, en ovins lait et 400 places dévolues à une production de veaux de boucherie. C’est donc sur ce GAEC de Saltre, à la Raffinie, que le groupe d’éleveurs s’est rendu l’après-midi pour échanger sur la pratique du métier. Sébastien s’est installé en 2000 avec 250 brebis laitières en filière Roquefort. Céline l’a rejoint dans le GAEC en 2005 après la création de 160?places de veaux de boucherie, au nombre de 400 aujourd’hui, avec l’intégrateur néerlandais Van Dree.

Gains de productivité

L’investissement a été maîtrisé ici à 1?300 €/place avec une production organisée en deux bandes de 23 semaines, et deux vides sanitaires de trois semaines en été et hiver. Les veaux laitiers arrivent à l’âge de 14 jours (48 kg, et 65 kg pour les croisés laitiers). «Pour vivre à deux, il fallait deux productions», confie Sébastien. «Nous nous sommes donc lancés dans un élevage hors-sol de veaux de boucherie, notre SAU étant par ailleurs limitée à 33 ha, sans nous engager dans des travaux de mises aux normes». L’Aveyron compterait aujourd’hui 120 producteurs de veaux de boucherie, dont la plupart sont intégrés. «Nous avons un potentiel qu’il faut conserver dans une filière qui est actuellement dynamique et rémunératrice.?Il y a de la place pour les jeunes qui souhaitent reprendre un atelier !», affirme Sébastien.

Alexandre Merle, éleveur de veaux de boucherie installé en Savoie (200 places avec 70 ha de céréales), a notamment évoqué les négociations actuelles avec le Syndicat De la Vitellerie Française (SDVF) (intégrateurs) visant à faire évoluer les contrats datant de 1980. «Une réactualisation s’impose en effet pour retrouver de la transparence et de l’équité en faveur du revenu de l’éleveur. En contre partie, nous sommes favorables à donner plus de flexibilité aux intégrateurs avec l’objectif de maîtriser l’offre». Il ajoute : «il faut aujourd’hui 280 €/place/an pour vivre de ce métier. Des gains de productivité sont possibles si le revenu nous permet de moderniser les ateliers, d’avoir accès aux nouvelles technologies pour le suivi sanitaire des animaux, la distribution d’aliments... C’est l’enjeu des négociations actuel-les, avec l’objectif d’attirer de nouveaux éleveurs !».

D.B.

07 septembre 2017

Eleveur&Engagé : une nouvelle signature

La section bovins viande de la FDSEA poursuit ses prises de contact avec les enseignes du département afin de leur présenter la démarche Eleveur&Engagé et les faire adhérer.

Fin août, la section bovins viande FDSEA a de nouveau rencontré le magasin Leclerc de Villefranche de Rouergue, une rencontre qui a abouti à la signature de l’enseigne dans la démarche. Dès fin septembre, les premiers produits estampillés Eleveur& Engagé vont faire leur apparition dans les rayons de ce magasin. La section prévoit de faire un bilan de l’opération avec la direction de ce Leclerc, mi octobre.

D’autres engagements à venir

La démarche continue de se déployer en Aveyron auprès des enseignes. Ainsi, la section bovins viande FDSEA a rencontré en août, le directeur et le chef boucher de l’Intermarché de Capdenac afin de leur présenter le concept. Pour son rayon traditionnel, l’enseigne travaille exclusivement avec des races allaitantes, en majorité limousine (carcasses à 3 semaines de maturation). Elle s’approvisionne auprès d’entreprises et de producteurs locaux. Elle étudie la possibilité d’entrer dans le dispositif et devrait finaliser son engagement d’ici fin septembre.

Des rencontres sont prévues avec d’autres enseignes du département en septembre, notamment dans la région de Decazeville (Casino et Intermarché) et de Rodez (Leclerc de Sébazac).

A ce jour, cinq enseignes en Aveyron ont signé la charte Eleveur&Engagé. Plus d’une vingtaine d’animaux issus d’exploitations du département ont été commercialisés dans la démarche (demi-carcasse ou bête entière). La section bovins viande FDSEA s’assure d’un retour aux éleveurs.

24 aout 2017

De la ferme à Layoule : l’agriculture à l’abordage de la cité

La deuxième édition de Sous les pavés les prés, les 19 et 20 août, a confirmé le succès de l’année dernière. En effet, les Ruthénois ont une fois de plus succombé aux charmes de la ferme Aveyron, proposée par Jeunes Agriculteurs et installée sur les berges de l’Aveyron à Layoule, au pied du Piton.

Repas 100% aveyronnais, village gastronomique, mini ferme et animations familiales en tous genres, tels sont les ingrédients choisis par les JA pour sensibiliser petits et grands citadins à la ruralité qui les entoure.

Un parcours gastronomique initiatique

Comment capter l’attention des adultes ? Par les papilles bien sûr ! Ce voyage plaisir a commencé dans les différents stands de l’espace «Découvrez l’Aveyron de la fourche à la fourchette». S’y sont côtoyés les filières les plus emblématiques du département, et les meilleurs produits issus de ses nombreuses fermes. Labels Rouges Bœuf fermier Aubrac, Veau d’Aveyron et du Ségala, Agneau Laiton et des Pays d’Oc : autant de trésors provenant des élevages allaitants. Appellations d’origine protégée Roquefort et Bleu des Causses : leurs pendants laitiers. L’extra-ordinaire organisation des filières de valorisation aveyronnaises était aussi bien incarnée par la coopérative Sodiaal, la marque Montlait, la coopérative Alliance Porci d’Oc, ainsi que l’interprofession Interbev Occitanie. Les produits de qualité ont été sublimés le dimanche par le travail conjoint de Pierre Azémar, président du syndicat départemental des bouchers, et Bruno Rascalou, chef formateur à la Chambre de Métiers.

Suite à cette mise en bouche, les palais ont pu se rassasier au restaurant tenu par les JA. Aligot, saucisse et burger made in Aveyron ont trouvé de nombreux amateurs, puisque plus de 1 000 repas ont été servis, du samedi soir au dimanche soir. Ces repas ont généré de grands moments de convivialité, renforcée par des animations musicales entraînantes : banda «L’écho des Avens», invitée par les JA samedi soir, et démonstrations de salsa prévues par la mairie de Rodez, le dimanche en nocturne.

La relève assurée par les «P’tits fermiers»

Une fois qu’on a régalé les adultes, comment intéresser les enfants ? Quoi de mieux que le contact avec les animaux pour faire des heureux ? Poules, cochons, lapins, chèvres, brebis et vaches ont ainsi fait leur effet. Mimosa la Montbéliarde et Baysse l’Aubrac ont assurément fait l’objet de toute l’attention des petits visiteurs de Layoule. Mais les JA n’ont pas voulu en rester là et ont proposé à de nombreux enfants de devenir de vrais agriculteurs en herbe. Tous ont joué le jeu et relevé les 7 défis qui conduisent à l’obtention du diplôme, aujourd’hui fameux, du «P’tit fermier». «Rira bien qui traira le dernier», «De la poule au pot !», «Qu’est-ce qu’on man-ge??», voici un exemple des épreuves originales imaginées par les JA. A travers ces jeux un peu farfelus, se cache un réel projet pédagogique : faire que les enfants recréent le lien entre leur environnement quotidien et l’agriculture, qu’il s’agisse de l’alimentation, des vêtements, ou autres objets usuels. Plus de 600 enfants ont été brillamment diplômés pendant le week-end.

Les JA ont clôturé Sous les pavés les prés avec fierté. Fierté liée au record d’affluence, et fierté liée aux retours très positifs d’un public qui s’est bien souvent éloigné de ses racines terriennes.

B. CAREL

17 aout 2017

Sections ovines FDSEA : agneau et Roquefort sur la route des vacances

Les sections ovines de la FDSEA ont organisé vendredi 11 août une dégustation de viande d’agneau Label Rouge et de fromage de Roquefort sur l’aire du Larzac, au bord de l’A75, sur la commune de l’Hospitalet du Larzac.

Le rendez-vous des éleveurs de brebis avec les vacanciers commence à devenir récurrent. En 2016, l’aire de l’Aveyron avait déjà accueilli une opération de promotion des produits issus de l’élevage ovin local. Après une première action en avril 2017, une semaine avant Pâques, les éleveurs se sont à nouveau retrouvés sur l’aire du Larzac, vendredi 11 août. Au menu : dégustation d’agneau fermier des Pays d’Oc, Label Rouge, et de fromage de Roquefort.

«L’aire du Larzac est un lieu de passage incontournable sur la route qui mène vers la Méditerranée», explique Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA de l’Aveyron. «Cela en fait un lieu stratégiquement intéressant pour faire la promotion de nos produits. D’autant que l’élevage ovin est un emblème du Larzac».

Les dégustations poursuivent ainsi plusieurs objectifs, présentés par Thierry Agrinier, président de la section ovins lait de la FDSEA de l’Aveyron. «Nous, éleveurs, devons participer à faire la promotion de nos produits. La viande d’agneau souffre encore de beaucoup d’a priori, concernant notamment son goût jugé trop fort». La consommation de viande ovine en France a en effet lourdement chuté en moins de 30 ans. En 1990 elle était de 5,4 kg par habitant et par an, contre 2,6 en 2015. En matière de viande, les habitudes alimentaires des Français se portent plutôt vers le porc (38 % de la consommation), la volaille (31%) et le bœuf (28%). La viande ovine ne représente en fait que 3% de la consommation totale de viande des ménages.

A travers les dégustations, les éleveurs ont l’opportunité d’expliquer les conditions d’élevage de l’agneau local qui lui confèrent un goût fin et une chair tendre. «Nous en profitons aussi pour expliquer l’impact de l’élevage ovin sur un territoire aussi difficile que le Larzac, en termes d’économie et d’écologie», commente Thierry Agrinier. C’est aussi l’occasion de rappeler à ce public de passage qu’il se trouve dans une région classée au patrimoine mondial de l’Humanité grâce à l’élevage ovin. «Ce type d’opération permet de donner envie aux gens qui n’en ont pas l’habitude de manger de l’agneau», présume Jean-François Cazottes. «Cela nous permet aussi de profiter d’un moment convivial pour faire passer certains messages syndicaux, comme l’intérêt de soutenir les productions locales, ou encore de défendre le pastoralisme face à la prédation qui le menace».

La famille Gineste, propriétaire de l’aire du Larzac, est toujours motivée à accueillir les éleveurs locaux lors d’opérations futures. Eux-mêmes sont de fervents défenseurs des produits locaux, qu’ils proposent d’ailleurs à la carte du restaurant de l’aire.

B. CAREL

03 aout 2017

Découvrez nos fermes avec les JA : bebis, chèvres et vaches rencontrent leur public

Clap de fin de cette saison de «Découvrez nos fermes» samedi 29 juillet à Rodelle et dimanche 30 juillet à Durenque. Le soleil et la bonne humeur des équipes JA ont enchanté les nombreux curieux, avides de découvrir ou redécouvrir les charmes de l’agriculture aveyronnaise.

Le week-end a bien commencé au GAEC de Bertrand sur la commune de Rodelle. La famille Rouquet a en effet ouvert les portes de son élevage de vaches laitières Montbéliardes, vaches allaitantes Limousines et chèvres Alpines. Ces dernières ont fait leur apparition sur la ferme avec l’installation de Pauline Rouquet, qui s’est associée avec son père Alain en 2015. Les visiteurs ont donc eu la chance de visiter une chèvrerie flambant neuve, abritant 200 chèvres en lactation, et dotée d’un système de séchage en grange.

Lorsque que les Jeunes Agriculteurs du canton du Nord Aveyron, emmenés par leurs deux présidents, Laurent Imbert et Wilfried Baldy, ont contacté Pauline, elle n’a pas hésité à accepter de montrer sa ferme. C’est bien cette envie de communiquer sur le métier qui anime les équipes locales JA. Et les jeunes agriculteurs du Nord Aveyron ont encore prouvé qu’ils savaient recevoir ! Les 80 convives du déjeuner ont ainsi pu déguster un burger 100 % local : steaks en provenance de la commune, légumes de Villecomtal, et pain de Bozouls. Sans oublier du fromage de chèvre fondu pour rappeler la production préférée de Pauline.

Afin de redécouvrir des saveurs authentiques, les visiteurs ont aussi pu déguster du lait de vache et de chèvre, issu de la traite du matin. L’après-midi, une petite randonnée a entraîné les marcheurs sur les hauteurs en surplomb de la ferme, où les attendait un magnifique panorama sur la vallée du Dourdou. Enfin, la traite des chèvres a clôturé la journée en beauté, attirant de nombreux curieux. La distribution des fourrages grâce au système de griffe, en a aussi laissé plus d’un admiratif.

Un peu plus au sud, ce sont les brebis de la race Lacaune qui ont attiré de nombreux visiteurs au GAEC des Catalpas, au lieu-dit Mazels, sur la commune de Durenque. Les deux frères David et Stéphan Lacaze, associés avec Didier Galzin, traient 325 brebis pour la fabrication du fromage de Roquefort sous la marque Vernières.

Journée conviviale de découverte

L’équipe JA du canton de Cassagnes-Réquista a offert à la petite centaine de visiteurs une journée conviviale de découverte de l’agriculture pour petits et grands. Outre les locaux, le GAEC des Catalpas a accueilli de nombreux touristes, venus de l’Aude, du Gard ou encore de la Gironde. Les urbains, Ruthénois et Albigeois, étaient aussi au rendez-vous pour une escapade champêtre.

Une cinquantaine de convives se sont régalés autour d’un déjeuner campagnard, qui a mis à l’honneur les produits de qualité locaux : Aligot, agneau fermier de l’Aveyron (Label Rouge et IGP), fromage de Roquefort et tome de brebis.

Les enfants ont aussi profité d’animations concoctées spécialement pour eux : la traditionnelle course de tracteurs à pédales, mais aussi un jeu de découverte par le toucher des produits de l’exploitation (céréales, fourrages...).

Pour David Lacaze, «cette journée est une vraie réussite, tant au niveau de l’ambiance au sein du canton que du retour des visiteurs. Ils ont d’ailleurs regretté de ne pas avoir plus l’occasion de visiter des fermes». Ces échos sont un moteur qui incite les JA à continuer à communiquer positivement sur leur métier.

B. CAREL

27 juillet 2017

Découvrez nos fermes avec les JA : opération séduction réussie !

Deux exploitations JA ont ouvert leurs portes le week-end dernier à l’occasion de Découvrez nos fermes. Plein succès pour cette opération positive de communication !

Les cantons JA sont à l’initiative chaque été, de portes ouvertes chez un jeune agriculteur ou une jeune agricultrice. Sur quatre secteurs, cinq exploitations ont relevé le défi cette année dont trois le week-end dernier.

Sur le canton de Conques - Marcillac, Clément Calvet du GAEC Calvance et Antoine Roualdes du GAEC Roualdes et Fils, installés à quelques kilomètres de distance ont proposé une rencontre inédite : une randonnée reliait leurs deux fermes, permettant ainsi aux visiteurs de découvrir deux exploitations bien différentes. L’une en brebis viande avec un schéma de sélection pointu au GAEC Calvance et la seconde en vaches Aubrac sur un système naisseur - engraisseur. Une centaine de personnes ont participé à la randonnée et plus de 130 repas ont été servis le midi par l’équipe JA du canton, particulièrement mobilisée pour l’occasion. Voisins, amis, famille et touristes ont apprécié ce moment de partage et de convivialité autour des produits de l’Aveyron et en compagnie de jeunes agriculteurs motivés ! Antoine Roualdès qui ouvrait son exploitation pour la première fois au public, a été particulièrement séduit par cette opération qui lui a permis de prendre le temps d’échanger avec le grand public sur son métier mais aussi de s’imprégner de l’ambiance JA !

Un peu plus loin en Aveyron, à Colombiès, c’est Thomas Maurel du GAEC des Peupliers qui a ouvert les portes de son élevage de vaches laitières. Outre la visite de l’exploitation qui a attiré près de 100 visiteurs, le GAEC proposait aussi une petite course de tracteurs pour les enfants qui a beaucoup plu !

Le midi, l’équipe JA du canton de Baraqueville - Naucelle a accompagné les membres du GAEC pour servir un repas de terroir. Au total, 65 convives étaient rassemblés.

La réussite de ces premières portes ouvertes montre bien l’utilité de cette opération Découvrez nos fermes, qui s’inscrit dans le temps. Elle offre en effet la possibilité aux jeunes exploitants de partager leur passion et de montrer la réalité de leur métier, sans tabou ni langue de bois. Elle est aussi une belle occasion de rencontres entre jeunes d’un même territoire.

Eva DZ

13 juillet 2017

Les agriculteurs de Naucelle aiment le Tour

Le passage du Tour de France en Aveyron donne encore l’occasion aux exploitants de participer à l’opération «Les agriculteurs aiment le Tour», née du partenariat entre la FNSEA et Amaury Sport Organisation, l’organisateur de la compétition. Cette année c’est la canton de Naucelle qui a eu l’honneur de réaliser la fameuse fresque géante.

Comme l’avaient fait leurs homologues de Réquista en 2015, les agriculteurs naucellois se sont retroussés les manches pour le passage du Tour de France en Aveyron. Emmenés par Bernard Molinier, responsable cantonal FDSEA, et Marc Rey, président du syndicat local, une trentaine de bénévoles de la FDSEA et des JA ont mis en place une fresque représentant le double thème, choisi nationalement, de «la montre» et de «la fourche à la fourchette». Ce sujet les a visiblement inspiré puisqu’il rassemble deux notions chères aux agriculteurs : la vie au rythme des saisons et l’action de nourrir la population.

La fresque est située sur une parcelle, à la sortie de Naucelle Gare, appartenant à Jérôme Marty, jeune éleveur de blondes d’Aquitaines, en sélection et production de veaux d’Aveyron et du Ségala. La fresque occupe 2500 m² de cette prairie qui sera semée en céréales à l’automne.

Elle se compose d’un cadran de chronomètre, délimité grâce à des bottes de paille, d’une croix occitane en son centre, ainsi que d’une fourche et d’une fourchette dessinées à la chaux. Du matériel agricole symbolise les travaux emblématiques des quatre saisons. Le slogan retenu est : «Le contre la montre du paysan». A travers lui, les agriculteurs ont souhaité montrer l’importance du temps qui passe et comment les saisons impactent leur travail quotidien. La fresque est survolée et filmée samedi 15 juillet aux alentours de 16h30. Au passage de l’hélicoptère, une chaîne humaine doit se mettre en marche afin d’actionner l’aiguille du chronomètre.

La fresque naucelloise concourt parmi une vingtaine d’autres, réalisées un peu partout en France. Souhaitons aux agriculteurs de Naucelle de faire au moins aussi bien que les réquistanais, qui avait atteint la seconde marche du podium, tout de même !

B. CAREL

13 juillet 2017

Rencontre FNO-FDSEA-JA à Cornus sur le loup : «zéro attaque sur les troupeaux !»

«Loup : objectif zéro attaque sur les troupeaux !», c’est derrière ce mot d’ordre que les éleveurs du Larzac et de la proche région ont échangé vendredi 7 juillet avec Michèle Boudoin, présidente de la Fédération Nationale Ovine (FNO), à Cornus.

Michèle Boudoin, présidente de la FNO, a rencontré des éleveurs du Sud-Aveyron sur l’exploitation ovine de Jean-Louis Vidal, installé à Tapies, commune de Cornus. Un élevage qui vit, lui aussi, la peur au ventre la présence du loup dans le secteur, encore constatée fin juin. «Cela fait un total de 60 brebis attaquées, c’est 10 % du cheptel en moins d’un an !» proteste Jean-Louis Vidal, «et chaque matin, on se demande où le loup a t-il encore tapé, nous sommes sous pression».

François Giacobbi, responsable de la mission loup, élu Chambre d’Agriculture, a relayé le fort désarroi des éleveurs, appelant l’Etat à prendre ses responsabilités. Les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique ont en effet présenté, lors de la dernière réunion nationale «loup» du 22 juin à Lyon, la future politique de gestion du prédateur en France. Il s’agissait, d’une part, de travailler sur l’élaboration du prochain plan national et, d’autre part, de fixer le nombre de loups dont le prélèvement pourra être autorisé pour la période du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018.

La FDSEA et les JA de l’Aveyron, comme les organisations nationales, FNSEA, JA et FNO, dénoncent la position gouvernementale actuelle : «le plafond de loups à abattre pour la prochaine campagne serait identique et l’obtention de tirs de prélèvement serait complexifiée alors que la population de loups augmente de 22 % !». Selon l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), la population de loups en France a en effet augmenté de 22 % en un an, le nombre de meutes passant de 49 à 57. La profession agricole aveyronnaise ajoute : «en même temps, depuis dimanche dernier (2 juillet), quatre attaques ont eu lieu à Ste-Eulalie-de-Cernon et à L’Hospitalet-du-Larzac. Ces annonces sont vécues comme une provocation. Les difficultés et la détresse des éleveurs attaqués ne sont pas reconnues et prises en compte. Veut-on la fin de l’élevage pastoral ?»

«Nous demandons de pouvoir tirer le loup»

FDSEA et JA Aveyron avaient donc réuni vendredi 7 juillet, chez Jean-Louis Vidal, à Cornus, les éleveurs du secteur, autour de François Giacobbi, Thierry Agrinier, secrétaire général-adjoint FDSEA, Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande FDSEA, Rémi Agrinier, responsable dossier prédateurs JA, Daniel Douls, régional FDSEA St-Affrique. Ils avaient invité Laurent Wendling, nouveau directeur de la DDT Aveyron depuis le 1er juin, déjà au faîte du dossier loup, présent pour transmettre au préfet les attentes des éleveurs.

Pour François Giacobbi, le constat est clair : «nous demandons de pouvoir tirer le loup, en dehors de tout quota ! Quel jeune va s’installer dans cette région avec cette menace permanente ? Ici, s’il n’y a pas d’élevage, il n’y a rien ! Depuis janvier 2017, 26 attaques de troupeaux ont été classées «loup non écarté», faisant 101 victimes !». Il poursuit : «selon l’enquête INRA, il faudrait 2 600 chiens patous pour garder les troupeaux. Que l’on nous dise alors de ne pas sortir nos brebis. Nous ne voulons pas cela, nous voulons un pays qui vit. L’Aveyron doit rester le dernier département vers l’Ouest où le loup est encore présent !».

«Epouvantail à loup»

Christophe Laborie, a relayé l’inquiétude des élus locaux. Maire de Cornus, conseiller départemental du canton Causses-Rougiers, président de la communauté de communes Larzac-Templier Causse et Vallées, il vient de prendre un arrêté «appelant les enfants de moins de 10 ans à être tenus par la main et d’éviter de jouer seuls dans des jardins clos». Les 16 maires du secteur ont par ailleurs rejoint l’Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales (73130 St-Colomban des Villards). Rémi Agrinier, représentant les JA, a regretté que les pouvoirs publics ne réagissent pas à l’inquiétude des éleveurs, avec une colère retenue, partagée par une éleveuse qui a témoigné «sa honte d’être un épouvantail à loup, de 7 h à 22 h, pour garder ses brebis».

Michèle Boudoin a rendu compte de sa dernière entrevue avec Nicolas Hulot : «nous lui avons montré des photos d’agneaux et brebis égorgés. Il nous a demandé de conserver ces documents pour les montrer aux environnementalistes...». Elle ajoute : «notre objectif est zéro attaque. Notre société de plus en plus urbaine doit savoir que le dernier loup du Massif central a été tué dans le Gévaudan en 1900.?Et que le plan loup a coûté au moins 23?millions d’euros en 2016, et qu’il n’a pas fonctionn! Le système de quota ne marche pas. Je suis venu ici pour transmettre un message d’espoir et de lutte. Nos paysages, nos territoires sont vivants grâce à l’élevage.?Ce n’est pas le loup qui va manger l’herbe ! Il est important de se réunir entre nous, et de convaincre» a lancé la présidente de la FNO.

François Giacobbi s’est félicité de la bonne participation des éleveurs à Cornus, avec la présidente de la FNO, malgré la forte pression sur le Larzac et ses abords : «votre participation nous fait chaud au coeur. Nous devons toutes et tous rester unis !» a t-il lâché.?

D.B.

15 juin 2017

Attaques de loups : les tirs de défense renforcée maintenus

Suite à un mot d’ordre d’action lancé par la FDSEA et les JA, près de 200 éleveurs de la FDSEA, des JA, de la Confédération Paysanne et de la Coordination Rurale se sont réunis vendredi 9 juin au soir devant la Préfecture de Rodez.

Le nombre de loups pouvant être abattus sur la période 2016/2017 ayant été atteint, sous la pression des organisations professionnelles, un arrêté a été signé le 13 juin par les ministres concernés pour en prélever deux de plus d’ici à la fin du mois de juin. En attendant la décision des ministères, les syndicats et la Chambre d’agriculture se sont tous rassemblés pour défendre l'élevage et le pastoralisme. En effet, ces zones, définies par arrêté préfectoral, permettent aux exploitants concernés de mobiliser plusieurs tireurs en même temps.

Selon les responsables professionnels, ces tirs de défense à plusieurs constituent la seule méthode efficace pour réussir à défendre un troupeau qui fait l'objet d'attaques récurrentes. Et des troupeaux fragiles il y en a de plus en plus en Aveyron. Les attaques quasi quotidiennes depuis le début de l'année, rendent inacceptables pour les éleveurs la décision de Nicolas Hulot. Les responsables syndicaux sont allés lui transmettre un message, par l'intermédiaire du Préfet de l'Aveyron, et plus particulièrement du sous Préfet de Millau, Bernard Breyton rencontré lors de cette action.

La délégation constituée d'élus des quatre syndicats et de la Chambre d’agriculture s'est longuement entretenue avec les services de l'Etat afin de leur faire prendre conscience de l'état d'urgence dans lequel se trouvent certaines zones du département.

Parmi les éleveurs présents, plusieurs ont témoigné avec beaucoup de dignité de la violence de ces attaques, à la fois physique sur leurs animaux tués ou gravement blessés, mais également morale pour eux même avec maintenant une angoisse permanente que cela recommence. Pour eux, rien n’est plus comme avant. Une bergère installée sur le Larzac à la limite entre l’Aveyron et l’Hérault a notamment raconté sa rencontre avec un loup qui s'est attaqué en plein jour à son troupeau alors qu’elle le gardait. Son face à face avec ce prédateur l'a laissée sous le choc.

"Main dans la main avec le département"

Dominique Fayel, président de la FDSEA a rappelé à l’attention du nouveau gouvernement les revendications portées par la profession : «Premièrement, l'arrêté permettant de prélever 2 loups supplémentaires doit sortir sans durcissement de la règlementation, car un éleveur est légitime à défendre son troupeau ! Ensuite, nous demandons à l'Etat de trancher la question du loup et de prendre de vraies mesures. Les ambiguïtés qui ont cours jusqu'à présent ne font que diviser la population. En dernier lieu, le loup doit sortir de la Convention de Berne. Il n'y a pas d'autres solutions !». Laurent Reversat, porte parole de la Confédération Paysanne d'ajouter : «Nous travaillons main dans la main avec le département et participons à l'étude de protégeabilité de nos troupeaux. Si nous nous sentons abandonnés, nous n'hésiterons pas à organiser des actions plus fortes, plus dures !».

Si aujourd’hui, les attaques se concentrent essentiellement sur les grands causses, de l’avis de tous, ce n’est plus qu’une question de mois avant que les éleveurs de l’ensemble du département ne soient à leur tour sous cette menace permanente si toutes les mesures ne sont pas prises par l’Etat pour stopper cela. Si l’acquisition de patous est notamment proposée par ce dernier, les éleveurs quant à eux n’y sont pas favorables à cela tant en raison du nombre qui serait nécessaire (3 000 rien que pour le plateau du Larzac).

Parmi les éleveurs présents, les victimes du loup arboraient des panneaux reprenant le nombre d'attaques et de brebis perdues depuis que la prédation a démarré. La quantité impressionnante de panneaux est bien révélatrice d'une situation qui s'aggrave de jour en jour. Il en va bien de la survie du pastoralisme, de l’élevage dans certaines zones et par là même de la préservation de la biodiversité.

08 juin 2017

Visite du ministre de l'agriculture : «Alimentation : engager une logique de valeur» (FDSEA-JA)

Jacques Mézard, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, a été accueilli par la profession agricole samedi 3 juin, dans la matinée, sur une ferme bovins lait de Marcillac-Vallon. Les responsables des organisations professionnelles ont abordé avec lui l’ensemble des problématiques qui touchent le monde agricole aveyronnais, avant la réunion programmée dans la foulée à la préfecture à Rodez.

Jacques Mézard s’était déplacé en Aveyron pour soutenir les candidats «La république en marche !» aux élections législatives. Le nouveau ministre de l’agriculture n’a pas omis, en même temps, «de prendre le pouls de l’agriculture aveyronnaise», a-t-il dit en aparté. Il a été accueilli à Marcillac Vallon sur la ferme du GAEC Pradels par Dominique Fayel (FDSEA), Sébastien Granier, Anthony Quintard, Germain Albespy (JA), Jacques Molières (Chambre d’agriculture). Le ministre a échangé avec Isabelle et Jean-Claude Pradels dans la salle de traite, puis est entré en discussion dans la stabulation avec les représentants agricoles du département.

Dominique Fayel lui a fait part de l’inquiétude des producteurs de lait de vache : «les prix actuels ne reconstituent pas les trésoreries», relève le président de la FDSEA, «sur deux années de crise, une exploitation moyenne a perdu plus de 40 000 euros de chiffre d’affaires. Nous sommes ici dans une région où les terres ne sont pas plates, avec un parcellaire dispersé, et une agriculture familiale dont le modèle est un peu bousculé. Nous sommes dans une période charnière. Et des agriculteurs se demandent s’il faut continuer, ou bien laisser tomber...».

Etats généraux de l’alimentation

Dominique Fayel a appuyé le propos en lien avec le revenu, le prix payé au producteur : «depuis 40 ans, nous sommes dans une logique du moins cher, avec des exigences, des normes et des contraintes en plus. La question de la valeur des productions est plus que jamais au centre des préoccupations». Alors que «le consommateur demande plus de sécurité, de qualité des aliments, de bien-être animal, de qualité de l’eau, parle aussi d’impact sur le climat, de techniques culturales... Combien vaut l’alimentation ?», interroge le président de la FDSEA. «Quelle part de la valeur du produit pour le producteur ? Quel sera le revenu des agriculteurs demain ?».

Dominique Fayel a évoqué les prochains Etats généraux de l’alimentation (annoncés par le candidat Macron dans son programme), dont l’objectif est de «redéfinir de nouvelles relations commerciales» entre producteurs, transformateurs, distributeurs (GMS), mais aussi les consommateurs. Un sujet en lien avec la révision annoncée de la LME «où il est urgent de donner plus de poids aux producteurs», insiste encore Dominique Fayel. «L’Etat doit fixer des régles commerciales équitables, et les faire appliquer !», a martelé le président de la FDSEA, au côté de Jacques Molières.

D. B.

20 avril 2017

Assemblée générale Jeunes Agriculteurs Bien-être animal : le quotidien des éleveurs

Vendredi 14 avril, le syndicat Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron a organisé son assemblée générale annuelle à la Maison Saint Pierre à Rodez. A la suite du huis-clos, moment privilégié d’échanges au sein du réseau JA, les participants, adhérents et invités, ont assisté à une table ronde sur le bien-être animal en élevage, sujet ô combien sensible en ce moment.

La première partie de la réunion a permis aux jeunes agriculteurs présents de débattre avec les responsables départementaux, ainsi que Jérôme Pitot, administrateur national, en charge de la filière bovin viande, et Etienne Fouché, administrateur régional. Divers sujets ont été abordés concernant bien sûr l’installation, la PAC, mais aussi la prédation par le loup, motif de grandes inquiétudes chez les jeunes éleveurs de tout le département. Ce huis-clos s’est terminé par une note positive, à savoir l’annonce de la réintégration de toutes les communes aveyronnaises au sein de la zone défavorisée. Les responsables en ont profité pour rappeler l’importance de rester mobilisés sur les dossiers pour se faire entendre dans les plus hautes sphères.

A l’issue de ce temps d’échanges, tous les invités ont assisté à une table ronde sur la question du bien-être animal, animée par Sébastien Granier, co-président de Jeunes Agriculteurs Aveyron. L’introduction a été confiée à Laure Gaillard, vétérinaire au sein du groupe Unicor. Sur demande des JA, elle a rappelé les fondements de cette notion qui peut paraître abstraite et subjective.

Quel statut juridique ?

En préambule, la scientifique a rappelé le statut juridique de l’animal en France. Ce dernier a évolué au sein de trois codes : civil, pénal et rural. Le premier définit l’animal comme un bien meuble depuis 1804. C’est celui qui introduit la notion de propriété de l’homme sur l’animal. Le code rural, quant à lui, prend en compte le caractère sensible de l’animal dès 1976. Il oblige ainsi tout propriétaire à traiter chaque animal «dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce». Enfin, le code pénal sanctionne depuis 1999 les actes de cruauté envers les animaux. Récemment, c’est la réforme de l’article du code civil qui a provoqué de nombreux débats. Néanmoins, pour Laure Gaillard «cette modification n’a été que symbolique puisque l’animal reste toujours un bien». La modification de 2015 n’a en fait qu’introduit la notion de sensibilité, déjà présente dans le code rural.

Comment le définir ?

Les JA ont ensuite demandé à Laure Gaillard de donner une définition du bien-être animal. Après avoir rappelé que l’approche du bien-être animal dépend énormément de l’expérience et de la culture, la vétérinaire s’est appuyée sur le principe des 5 libertés, né en Grande Bretagne dans les années 1960 et repris aujourd’hui par l’organisation mondiale de santé animale (OIE). Cette définition contient les préconisations suivantes :

- absence de faim, de soif ou de malnutrition ;

- absence d’inconfort ;

- absence de douleur, blessure ou maladie ;

- absence de peur et d’anxiété

- possibilité d’exprimer des comportements normaux de l’espèce.

Ces fondamentaux, l’OIE a pour mission de les porter au sein de ses 180 pays membres, dont 150 sont en voie de développement.

Quel regard de la société ?

Laure Gaillard tente ensuite d’expliquer comment le regard de la société a changé ces dernières années. Selon elle, la relation entre l’homme et l’animal a évolué parallèlement à l’exode rural. «Le seul lien qu’un urbain a avec un animal, c’est dans son assiette ou dans les médias». De plus, la notion d’animal utile s’est perdue, au profit de la fonction de compagnie. «L’intensification de l’élevage a aussi joué un rôle, notamment le développement de l’élevage hors-sol, méconnu du grand public qui a l’impression qu’il s’agit d’un élevage caché, et donc suspect».

Au sein des défenseurs de la cause animale, deux courants coexistent aujourd’hui : le «welfarisme» et l’«abolitionnisme». Le premier a pour objectif l’amélioration du bien-être animal, sans remettre en cause les activités d’élevage, à l’inverse du second qui prône l’arrêt de toute activité «d’exploitation» des animaux.

Et dans les élevages ?

Afin d’appréhender le bien-être animal de manière concrète sur les élevages, Sébastien Maurel, directeur d’Uniservice, et Jean-François Alary, éleveur de vaches laitières au Gaec de l’Espérance (Vors), ont livré leur témoignage. Sébastien Maurel a expliqué les dernières innovations dans la construction de bâtiments. «Les priorités aujour-d’hui sont la ventilation, la régulation de la température et la luminosité des bâtiments d’élevage. Avec de nouveaux matériaux nous cherchons en effet à apporter un maximum de lumière tout en préservant les animaux de la chaleur». L’éleveur a ensuite présenté les aménagements et constructions réalisés par le Gaec dans l’objectif de loger 250 vaches laitières avec le plus de confort possible. Cela se traduit par un solarium en accès libre, une ventilation par des cloisons latérales gonflables et dégonflables en fonction de la température, des logettes équipées de matelas en mousse compactée et sciure, des tapis en pneux recyclés, un raclage toutes les 2 heures, une nursery individuelle puis collective en extérieur. Avec tous ces aménagements, Jean-François Alary estime avoir optimisé le confort et la santé des animaux, ainsi que le propre bien-être des éleveurs. En terme de résultat, le Gaec de l’Espérance est dans les plus bas en frais vétérinaires, tandis que la qualité du lait est optimale. Les quatre familles qui vivent de cette exploitation apprécient aussi le confort de travail et la réduction du temps d’astreinte. «Le confort de mes vaches, c’est mon bien-être», a-t-il confié.

Bien des indicateurs peuvent mesurer le bien-être animal. Ils peuvent être liés au niveau de production, à la bonne santé des animaux ou au niveau de stress. Mais selon Laure Gaillard, le plus efficace est le critère éthologique. Basé sur une observation intense du troupeau il permet de déceler les comportements anormaux liés à l’inadaptation d’un animal à son environnement. Une grille d’évaluation existe d’ailleurs depuis 10 ans : le projet Welfare Quality, porté par l’OIE. S’appuyant sur plus d’une trentaine de paramètres cette grille permet de donner une note à un élevage. «Plutôt inusitée aujourd’hui, on peut imaginer qu’à l’avenir cette notation pourrait rentrer dans des cahiers des charges existants, voire créer un label à elle seule. Cela permettrait d’augmenter la lisibilité envers les consommateurs», suppose la vétérinaire.

Valoriser les bonnes pratiques

C’est un projet qui ne paraît pas anecdotique aux yeux de l’interprofession des bétails et viandes, Interbev, tant ses réflexions se sont intensifiées dans le domaine de la communication auprès du grand public. Karen Statkiewicz, directrice de l’antenne régionale, a expliqué le travail en cours, initié il y a un an. «La viande est soumise depuis peu à de nombreuses interpellations médiatiques. Cela a conduit le consommateur à se poser beaucoup de questions sur son impact environnemental, en santé humaine, ainsi que sur le bien-être des animaux d’élevage. Afin de répondre à ces interrogations et endiguer la baisse continue de la consommation de viande, Interbev a créé une commission sur les enjeux sociétaux». Cette commission va s’atteler à qualifier et quantifier les pratiques sociétalement acceptables, sensibiliser la sphère politique, se rapprocher de la société et diffuser de l’information. Une des premières concrétisations de cette cellule est une publication collaborative entre Interbev et 4 ONG environnementales, con-cernant l’élevage bovin allaitant et le climat. A l’issue de ce travail de longue haleine, Interbev ambitionne de mettre en place avec la société un véritable PACTE, pour progrès, avenir, concertation, transparence, expertise. Ces 5 valeurs concerneront tous les maillons de la chaîne de production de viande, de l’élevage à la distribution.

Interbev œuvre aussi à répondre aux attaques des «anti-élevage», qui occupent une grande place dans les medias et sont très offensifs sur les réseaux sociaux. Pour René Debons, éleveur et animateur de nombreux événements de promotion de l’agriculture, «il faut les battre sur leur propre terrain. Ils ne représentent qu’une poignée d’activistes. Nous sommes plus nombreux et devont donc inonder Internet de messages positifs sur nos élevages». Pour cela, Karen Statkiewicz rappelle que les éleveurs peuvent et doivent se former à la prise de parole sur Internet.

C’est aussi un des enjeux qui a été identifié au sein du groupe de réflexion départemental COSE (contre les oppositions sociales à l’élevage). Présidé par Joël Mazars, président de la section caprine de la FDSEA, ce groupe est ouvert à l’ensemble de la profession aveyronnaise. Il a pour objectif de mettre en œuvre des actions afin de maintenir un climat serein en Aveyron autour des projets agricoles. Pour ce faire, plusieurs pistes de travail ont été identifiées comme la formation des agriculteurs, l’accompagnement des projets sensibles, ou encore la promotion de l’agriculture aveyronnaise. «Ce travail doit impérativement être mené de manière collective», martèle Joël Mazars. «Toute la profession doit s’unir pour faire prendre conscience au grand public de l’importance économique de l’élevage en Aveyron».

Anthony Quintard a conclu ces échanges en évoquant un fait : «l’homme de Néanderthal est devenu Homo sapiens quand il a commencé à manger de la viande. A méditer...».

B. CAREL

13 avril 2017

Action FDSEA-JA : promotion de la filière ovine locale

Samedi 8 avril, les sections ovines de la FDSEA et Jeunes Agriculteurs Aveyron, ont profité de l’affluence de voyageurs sur l’aire du Larzac, au bord de l’A 75, pour faire la promotion de la viande d’agneau et du fromage de Roquefort.

Traditionnellement, Pâques est l’occasion pour les éleveurs de brebis de faire parler de leur filière. En effet, ces fêtes constituent un rendez-vous incontournable pour le marché de l’agneau, où le pic de production rencontre le pic de consommation. «L’an passé, le rendez-vous a été manqué car le week-end de Pâques est tombé fin mars, avant la plus grosse affluence d’agneaux sur le marché», commente Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA.

La filière cherche son second souffle

Confrontés à une baisse vertigineuse des cours depuis le début de l’année, les éleveurs attendaient la remontée pascale avec impatience. En effet, entre l’arrivée des agneaux issus de la filière Roquefort et le blocage des exportations à cause de la fièvre catarrhale ovine, le marché s’est retrouvé à bout de souffle sur tout le premier trimestre 2017. En outre, est venue s’ajouter une concurrence insupportable des agneaux du Royaume Uni, dont le prix a chuté de 17 % à cause de la dévaluation de la livre suite au Brexit. Cette situation géopolitique entraîne un écart de plus d’un euro avec l’agneau français, qui se débat déjà avec une baisse généralisée de la consommation. Tout ceci combiné, le prix de l’agneau français a perdu 10 % par rapport à 2016 et 16 % depuis 2015. Cette situation est heureusement mieux maîtrisée au niveau des signes officiels de qualité, même si le marché standard a une incidence sur les prix.

Un message : mangez de l’agneau français !

En tant que premier département ovin de France, l’Aveyron a décidé de réagir à une semaine de Pâques. Ainsi une vingtaine d’éleveurs se sont donné rendez-vous pour faire déguster de l’agneau et du fromage de Roquefort, deux filières intimement liées. Les quelque 2 000 voyageurs qui ont transité par l’aire du Larzac en ce week-end de vacances, ont donc pu savourer de la viande Label Rouge, à savoir l’agneau Laiton et l’agneau fermier des Pays d’Oc. «Nous avons souhaité lever les a priori de certaines personnes qui pensent que l’agneau est une viande forte», explique Thierry Agrinier, président de la section ovins lait de la FDSEA. Même si le label était à l’honneur, les éleveurs ont surtout pu expliquer les différentes méthodes d’élevage pratiquées en France. «Nos agneaux sont abattus à 5 mois maximum ce qui donne une viande tendre et moins forte que celle des agneaux importés dont l’âge d’abattage se rapproche plus du mouton», indique Jean-François Cazottes.

Fiers de leur élevage

Pour Clément Lacombe, secrétaire général de Jeunes Agriculteurs, «ce type d’opération de communication est essentiel alors que de nombreux mouvements anti-viande attaquent l’élevage français. Nous devons intensifier la promotion de nos produits et expliquer fièrement nos pratiques d’élevage au grand public». Les échanges très positifs, qui se sont déroulés entre les bénévoles et les voyageurs rencontrés, permettent aussi de remonter le moral des éleveurs, miné par un prix loin d’être satisfaisant et par le dénigrement médiatique oppressant dont ils sont victimes en ce moment. Le retour des personnes rencontrées prouve bien que la majorité silencieuse soutient ses agriculteurs.

B. CAREL

09 mars 2017

Forum des filières-Clément Lacombe : «Des chiffres à l’installation qui nous encouragent»

Pendant de nombreuses années, l’Aveyron a fait figure de leader en France en nombre d’installations. Où en est le département ?

C. Lacombe : «En 2016, l’Aveyron a totalisé 122 installations aidées, c’est-à-dire 122 dossiers validés. Après une année 2015 un peu difficile en raison du changement de gestionnaire de ce dossier (désormais il incombe à la Région), nous retrouvons des chiffres équivalents aux dix dernières années. Ce qui place toujours l’Aveyron parmi les premiers départements français à installer.

Nous n’avons jamais douté de cette reprise car le Point Accueil Installation enregistre toujours autant de rendez-vous avec des porteurs de projet, et instruit toujours autant de dossiers. Et ce malgré une année 2016 à la conjoncture difficile. Il y a toujours autant de personnes qui souhaitent s’installer en agriculture et ça, c’est très encourageant?!

Comment évolue l’accompagnement à l’installation ?

C. Lacombe : Cet automne, une réflexion régionale et nationale a été engagée sur l’évolution des aides à l’installation. Pour pallier la disparition des prêts bonifiés en 2017, les JA ont émis plusieurs propositions et nous avons obtenu la mise en œuvre de la quatrième modulation, c’est en fait un complément de la DJA, une aide calculée à la hauteur des investissements des projets des jeunes installés. C’est une très bonne chose qui conforte les candidats et les encourage dans leurs projets.

Quels sont les prochains chantiers sur lesquels vous travaillez en matière d’installation??

C. Lacombe : L’accompagnement à l’installation continue d’évoluer, il est aujourd’hui très complet et a fait ses preuves. Notre préoccupation est aussi d’accompagner les jeunes installés, d’assurer un suivi auprès d’eux une fois leur projet concrétisé. Nous avons donc engagé un travail d’évaluation de leurs besoins. Ainsi les JA lancent un audit auprès des jeunes installés. A partir d’un questionnaire (disponible sur https://goo.gl/forms/ BI9Ial53TMRf9qm23), ils peuvent exprimer leur ressenti, leurs attentes, leurs problématiques,...

Une fois que nous aurons synthétisé les résultats couplés aux conclusions de nos After’bottes (rencontre-bilan de jeunes installés aux quatre coins du département), nous pourrons proposer des pistes d’accompagnement, construire un suivi avec nos partenaires comme la Chambre d’agriculture. Cela permet aussi d’alimenter notre réflexion.

Quelles sont vos attentes du Forum des filières qui recrutent??

C. Lacombe : C’est une façon de mettre en adéquation les besoins de nos filières partenaires en terme de recherche de techniciens ou de producteurs avec les jeunes ayant en tête à plus ou moins long terme de s’installer. Cela contribue à la promotion de nos métiers».

Recueillis par Eva DZ

23 février 2017

Jeunes Agriculteurs : un manifeste pour soutenir l’installation

Dans le cadre de la semaine nationale pour le renouvellement des générations en agriculture, Jeunes Agriculteurs Aveyron a organisé une rencontre, vendredi 17 février, avec les candidats et représentants des mouvements politiques pour les prochaines élections législatives.

Les JA ont donné rendez-vous à leurs invités politiques sur le GAEC de Saint Hubert, chez Laurent et Sarah Bedel. La jeune fille, passionnée par le métier de producteur laitier, s’est installée en août 2016 sur cette exploitation moderne et à la génétique Prim’holstein renommée. Malgré un contexte économique difficile au moment de son installation, Sarah a parfaitement témoigné de sa conviction et de son optimisme quant à son avenir professionnel.

Une campagne nationale

La rencontre s’est inscrite dans le cadre de la semaine pour le renouvellement des générations, initiée depuis 2010 par le syndicat national JA. Il s’agit tous les ans de décliner des actions en faveur de l’installation à tous les échelons territoriaux du réseau JA. Deux cibles sont identifiées : le grand public et la sphère politique. Le premier objectif est atteint grâce à une campagne de communication sous la bannière «Terres Innovantes» (voir www.terresinnovantes.org), déclinée sur les réseaux sociaux et d’ores et déjà affichée dans le métro parisien.

Tandis que l’instance nationale s’est aussi attelée à sensibiliser les candidats à l’élection présidentielle, l’Aveyron a souhaité rencontrer les candidats à la députation et autres représentants de l’ensemble des mouvements politiques. Pour l’occasion les JA ont remis aux participants un manifeste, reprenant les revendications du syndicat, qui tiennent en 7 points : être à l’écoute de la jeune génération d’agriculteurs ; soutenir la formation agricole ; défendre l’accompagnement à l’installation et favoriser la transmission des exploitations ; oeuvrer pour une gestion raisonnée et la restructuration du foncier agricole ; maintenir une politique fiscale avantageuse pour les jeunes agriculteurs ; défendre les zones défavorisées du département ; réduire les contraintes administratives liées aux démarches d’installation.

Pour une ruralité vivante

Cinq représentants du monde politique ont répondu présent à l’invitation des JA de l’Aveyron : Arnaud Viala et André At, pour Les Républicains, Bertrand Cavalerie, du Parti Socialiste, Bernard Cazals, représentant le Modem, et Thomas Mogharaei, émissaire pour le mouvement En Marche. Pour Clément Lacombe, co responsable du dossier installation à JA Aveyron, «les échanges ont été très constructifs. Malgré une connaissance inégale du dossier, nous avons perçu qu’ils se sentaient concernés et impliqués. Ils se rendent bien compte des enjeux du renouvellement des générations d’agriculteurs pour le dynamisme des territoires qu’ils sont censés défendre. Nous sommes vraiment satisfaits du déroulé de la matinée de vendredi et comptons sur eux pour faire remonter nos revendications dans leur parti. Surtout que, jusqu’à présent, les sujets agricoles ont été assez absents des débats des candidats à la présidentielle». Par contre, tous les candidats aux élections législatives ont accepté d’apposer leur signature en bas du manifeste, preuve de leur adhésion au projet de soutien à la jeunesse agricole.

Un bilan positif pour les installations en 2016

Les JA ont aussi partagé les chiffres clés de l’installation en 2016. Ainsi 122 installations aidées ont été concrétisées, dont 21 % par des agricultrices, contre 98 en 2015. L’âge moyen de l’installation est stable et reste de 28 ans, preuve que les nouveaux agriculteurs prennent le temps de mûrir leur projet. Le taux d’installation en société continue de grimper et passe à 76 % cette année, alors que les installations hors cadre familial stagnent à 18?%. En termes de filières, le podium est toujours occupé, dans cet ordre, par la viande bovine, puis le lait de brebis, suivi du lait de vache. Il est à noter que le maraîchage est passé en 2016 devant le lait de chèvre et les ovins viandes. L’agriculture biologique se maintient avec 14 % des nouveaux agriculteurs.

Clément Lacombe se félicite du nombre d’installations. «En 2015 nous avions vécu un coup d’arrêt à cause des retards administratifs, dûs au transfert de compétence vers la Région et aux évolutions du dispositif d’accompagnement. En 2016 nous sommes repartis sur de bonnes bases. Le Point Accueil Installation reçoit quotidiennement de nombreux candidats, et la Chambre d’agriculture ne manque pas de dossiers à instruire. Nous sommes très satisfaits de voir autant de projets se concrétiser et continuerons à nous battre pour tous les défendre !».

B. CAREL

23 février 2017

Section bovins lait FDSEA et prix du lait : pression sur la distribution

 

La section bovin lait FDSEA emmenée par son président Michaël Chavatte a mobilisé ses responsables, mardi 21 février, dans le rayon des produits laitiers de l’enseigne Géant-Casino d’Onet-le-Château. Objectif, relayer la pression syndicale en faveur d’une valorisation du prix du lait, au moment où se déroulent des négociations nationales tendues, malgré la reprise du marché laitier.

«Les négociations commerciales(1) sur les marques nationales de lait entre les distributeurs et les transformateurs sont en cours» indique Michaël Chavatte. «De ces négociations découleront un prix du lait producteur qui nous impacte automatiquement. Nous demandons un prix du lait au même niveau que celui de l’année 2014». Pour le président de la section bovin lait FDSEA, «nous venons de traverser deux années très difficiles. Si le prix du lait chez les transformateurs n’augmente pas, nous aurons du mal à être payé au niveau que l’on souhaite. Et cette hausse ne doit pas pénaliser le consommateur».

Michaël Chavatte évoque aussi «la loi Sapin 2 votée en décembre qui interdit les promotions de lait supérieures à 30 %, et tient compte du prix payé au producteur. Les promotions doivent donc rester dans les limites du raisonnable».

Les producteurs ont donc rencontré un responsable du magasin Géant-Casino, lequel a écouté les revendications portées par Michaël Chavatte, et promis de les transmettre aux supérieurs nationaux de la centrale d’achat.

Mouvement national

Cette action aveyronnaise était organisée dans le cadre d’un mouvement national. Comme le rappelle la FDSEA Aveyron, «après deux années de crise (chute de 16 % du prix du lait de vache en 2015 et d'encore 10 % en 2016), le marché s'inverse depuis l’automne et la reprise se confirme. En Europe, le prix du lait payé aux producteurs affiche une hausse de plus 30 %. Mais en France, c'est bien connu : quand une baisse de prix est toujours automatique, une hausse est toujours hypothétique !», dénonce le syndicat.

Et d’ajouter : «ainsi, la Fédération nationale des Industries Laitières explique «que les négociations commerciales se passeraient si mal que la hausse du prix du lait payé au producteur serait compromise pour 2017, car les entreprises y perdraient leurs marges» disent-elles ! En France, en 2016, ce sont des centaines d'agriculteurs qui ont déjà perdu leur ferme !» proteste la FDSEA.

«Un jeu de dupes»

Par ailleurs, insiste également le syndicat, «la Fédération Nationale des Producteurs de Lait pointe du doigt le respect de la Loi Sapin 2 qui oblige en effet les négociateurs à fixer un prix du lait annuel et à respecter l'encadrement des promotions pour le lait et les produits laitiers».

Selon la FDSEA, «les industries laitières se livrent à un jeu de dupes. Au vu des tendances positives sur les marchés laitiers, le prix du lait 2017 payé aux producteurs doit tendre vers son niveau de 2014. Les distributeurs doivent prendre en compte le besoin vital d'oxygène des producteurs de lait de vache après deux années de crise !».

D.B.

(1) Négociations annuelles entre les distributeurs et les entreprises laitières pour la commercialisation des produits pour 2017.?Elles doivent se terminer avant le 1er mars.

16 février 2017

Université d’hiver régionale JA Occitanie : un pari réussi pour l’Aveyron

Jeunes Agriculteurs Occitanie a organisé sa toute première Université d’hiver régionale à Conques, mercredi 8 et jeudi 9 février, regroupant plus d’une centaine de jeunes agriculteurs, venus des quatre coins de la nouvelle grande région.

Les JA de l’Aveyron ont eu le plaisir d’accueillir leurs homologues de la région Occitanie, venus pour réfléchir au fonctionnement du réseau, et comment lui donner toujours plus d’efficacité. Cinq thématiques ont ainsi été abordées en atelier : le rôle des échelons, les missions des responsables, la circulation de l’information, la prospective et les victoires syndicales, l’implication et la mobilisation des jeunes. Vincent Laurens, représentant l’Aveyron au conseil d’administration de JA Occitanie, en compagnie d’Etienne Espinasse, résume ces ateliers : «Notre objectif était de réfléchir sur le rôle des administrateurs régionaux ainsi que sur les missions de chaque échelon. Nous avons aussi travaillé sur la représentation de notre syndicat à l’extérieur du réseau».

Les jeunes aveyronnais mobilisés

Côté région, une centaine de participants représentant chacun des 13 départements, côté Aveyron plus d’une vingtaine de JA, administrateurs départementaux et régionaux, ainsi que des adhérents venus découvrir ce séminaire régional. Ces Aveyronnais ont eu du mérite car ils ont à la fois participé aux ateliers du séminaire et assuré le bénévolat qui a contribué à la réussite de l’ensemble de l’Université d’hiver : les repas, la soirée, en bref la convivialité. Pour Anthony Quintard, co-président de Jeunes Agriculteurs Aveyron : «Il était important que de nombreux Aveyronnais puissent participer aux travaux. Cela a permis de bien intégrer le département au cœur des débats, et c’était pour nous l’occasion de donner envie à nos adhérents de plus s’impliquer demain».

Découvrir un territoire aveyronnais

Les JA de l’Aveyron ont choisi d’accueillir l’Université d’hiver à Conques pour diverses raisons, exposées par Anthony Quintard. «Nous avons souhaité que l’ensemble de la région prenne la mesure de ce qu’est un territoire en zone défavorisée et en montagne. De plus nous voulions montrer l’éloignement et les difficultés que rencontrent certains pour se rendre aux réunions régionales. Conques nous pa-raissait aussi un cadre plus que sympathique pour passer ces deux jours». Propos appuyés par Vincent Laurens : «Nous sommes sur un territoire dynamique, at-trayant et touristique, que nous luttons pour mettre en avant et continuer à faire vivre».

A travers les visites les JA ont aussi souhaité montrer la diversité de l’agriculture du secteur, malgré un terroir à fort handicap, tournée essentiellement vers l’élevage, mais aussi la viticulture. Cette diversité s’est aussi reflétée dans la composition des menus des repas et collations, à partir de produits exclusivement aveyronnais. «Nous avons mis l’accent sur la convivialité car la cohésion au sein de la nouvelle région est primordiale», expli-que Etienne Espinasse. «Notre challenge aujourd’hui est de réussir à créer une nouvelle entitée soudée».

De l’avis des participants, ravis de leur séjour, gageons que cette édition aveyronnaise a rempli ses objectifs. Le rendez-vous est pris pour une nouvelle édition dans deux ans, au sein d’un autre département de l’Occitanie.

B. CAREL

09 février 2017

Section des agricultrices FDSEA : une nouvelle formule qui marche !

La section des agricultrices de la FDSEA s’est retrouvée mardi 31 janvier sous une nouvelle formule. Elles étaient une douzaine à venir découvrir l’exploitation de Marie-Laure Rigal à Castanet.

Les agricultrices de la FDSEA emmenées par Marie-Pierre Lanne ont trouvé la formule qui fonctionne pour se réunir et échanger sur de futurs projets ! Elles se sont retrouvées sur l’exploitation de l’une d’entre elles pour un moment de convivialité, de découverte d’une production et d’un système atypiques et pour travailler !

Marie-Laure Rigal, secrétaire de la section a ouvert les portes de son exploitation au groupe d’agricultrices. Elles étaient une douzaine à avoir répondu à son invitation. Une participation qui a ravi Marie-Pierre Lanne. «Ce n’est pas toujours facile de mobiliser les personnes à participer à des réunions. Nous avons donc pensé à changer le cadre pour nous retrouver sur une ferme et découvrir une exploitation qui sort un peu de l’ordinaire», explique la présidente.

Veaux de boucherie et chevreaux à l’engraissement

Marie-Laure Rigal a développé deux ateliers hors sol en veaux de boucherie et chevreaux, qui lui permettent, sans avoir eu à apporter du capital foncier notamment, de vivre de sa passion pour l’élevage. «Je suis complètement indépendante de l’élevage de veaux sous la mère de mon frère. J’utilise simplement une partie des bâtiments de la ferme familiale», explique Marie-Laure.

Agricultrice depuis 1984, elle s’est concrètement installée en 2000 et a réalisé la mise aux normes de ses bâtiments pour accueillir aujourd’hui un atelier de veaux de boucherie de 200 places (400 veaux par an), en intégration avec la Métairie du Rouergue et un atelier d’engraissement de chevreaux (500 à 600 têtes par an) en partenariat avec la coopérative des Chevriers du Rouergue. «C’est cette création de valeur ajoutée qui m’a permis de m’installer et aujourd’hui de vivre de mon métier», souligne l’agricultrice. Ravie d’avoir accueilli le groupe des agricultrices sur sa ferme, Marie-Laure a apprécié la nouvelle formule de réunion ! «Nous avons eu plus de monde, ce qui veut dire que le concept plaît. Et ça m’a fait plaisir de faire connaître mes deux productions qui, il faut le dire, ne sont pas communes ! Pour certaines, c’était la première fois qu’elles voyaient ce type d’élevage. Nous avons donc eu des échanges vraiment très intéressants, sur la conduite et sur les produits», avance Marie-Laure qui semble s’être prise au jeu.

Prochain rendez-vous sur une ferme de l’Aubrac

Même constat de satisfaction de la part de Marie-Pierre Lanne. «Cette rencontre a été très conviviale, ce qui ne nous a pas empêché de travailler ! Parfois il suffit de changer le contexte de réunion pour que ça fonctionne mieux !», sourit-elle. Et puis ce fut l’occasion pour le groupe de mieux se connaître et de découvrir l’une des leurs dans son exploitation : «Le parcours de Marie-Laure montre que l’on peut réussir et bien vivre de son métier sans avoir à mobiliser des capitaux énormes. Cela n’empêche pas d’entreprendre ! C’est un espoir pour toutes celles et tous ceux qui ambitionnent de s’installer sur un projet qui peut être diversifié mais tout aussi viable et vivable».

Cette nouvelle formule de réunion a permis de solidifier l’équipe, selon Marie-Pierre Lanne. «Nous avons accueilli de nouvelles agricultrices dans le groupe que l’on ne voit pas forcément en réunion à Rodez». Preuve de la réussite de cette rencontre, les agricultrices ont évoqué la possibilité de renouveler le rendez-vous prochainement sur l’Aubrac !

Des formations au programme pour 2017

Bien sûr, les agricultrices ont aussi parlé des projets de la section ! Courant février-mars, elles prévoient de suivre une formation sur l’outil des réseaux sociaux, Twitter, afin de «mieux communiquer sur leur métier». «C’est important de savoir utiliser ces nouveaux outils de communication, qui peuvent être de bons relais pour nous, pour promouvoir notre métier et en parler positivement», avance Marie-Pierre Lanne.

Côté projets, la section des agricultrices envisage un voyage dans l’Aubrac lozérien en septembre. Elle travaille également sur l’élaboration d’un document pour promouvoir le métier d’agricultrice. «Un outil qui pourra être un bon levier de communication en vue des élections syndicales de 2018 !», projette Marie-Pierre Lanne.

Eva DZ

26 janvier 2017

Lait de vache : haro sur les promotions abusives !

Le 19 décembre, la loi Sapin 2 a été votée, elle limite les promotions dans la limite de 30% de remise. Les producteurs de lait de vache entendent bien vérifier que cette loi est correctement appliquée dans les rayons des GMS.

Les producteurs de lait de vache de l’Aveyron répondent à l’appel à mobilisation lancé au niveau national. L’objectif est simple : surveiller les promotions proposées par les GMS dans leur rayon de produits laitiers. «Nous sommes à l’affût des promotions exhorbitantes qui peuvent être proposées dans les rayons», avance Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA. La vigilance des producteurs est d’autant plus justifiée que le marché du lait au niveau mondial et européen est porteur. «L’offre et la demande se rééquilibrent, les voyants sont au vert sur le marché du lait, une bouffée d’oxygène pour les producteurs après de longs mois de crise, il n’est donc pas cohérent de proposer des promotions exhorbitantes qui en plus, seraient hors la loi !», dénonce Michaël Chavatte.

Les producteurs de lait se sont donc donnés pour mission de repérer dans les rayons des GMS, tout type de promotion abusif. «Nous devons être mobilisés pour que le marché intérieur ne se dégrade pas et que les producteurs puissent eux aussi, bénéficier de l’embellie des marchés. Ce n’est pas le moment de perdre de la valeur !», argumente Michaël Chavatte. Et d’ajouter : «Je pense d’ailleurs qu’il est inadéquat de faire des promotions sur un produit comme le beurre, car nous manquons de matière grasse sur le marché !». Pour le responsable professionnel, cette guerre des prix entre enseignes, doit cesser : «Elle ne peut qu’entraîner une pénurie de produits qui ne serait profitable pour personne ! Il n’est pas responsable de continuer dans cette voix. La loi, d’ailleurs, les y oblige !».

Photographier et poster les promotions abusives

La section bovins lait FDSEA recommande donc à tous les producteurs de lait de vache de repérer dans les grandes et moyennes surfaces du département, les promotions dépassant 30% de remise sur le prix des produits laitiers.

Elle recommande de faire remonter les clichés avec le lieu (nom de l’enseigne), la marque du produit et le jour à ses responsables locaux et/ou de les publier sur les réseaux sociaux en utilisant les hashtag #ceuxquifontlelait ou #lapromotionliquidelesproducteursdelait.

«A chacune des pratiques abusives dénoncées, une délégation de producteurs ira à la rencontre du directeur de l’enseigne concernée afin de se faire entendre... pour une plus grande efficacité !».

Eva DZ

29 décembre 2016

«Tournée régionale FNB» à Sète : «Défendre et valoriser la production bovine»

La «tournée régionale de la FNB» pour les régions Occitanie, PACA et Corse a fait escale vendredi 20 décembre à Sète (Hérault), précisément au parc à bestiaux de la gare maritime de la zone portuaire. Des sujets d’actualité y ont été abordés en présence d’une délégation aveyronnaise.

Dominique Fayel, président de la FDSEA Aveyron et administrateur FNB, est allé à Sète avec des membres de la section bovins viande FDSEA Aveyron présidée par Valérie Imbert, elle aussi présente à cette réunion régionale, aux côtés de Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, et d’Olivier Boulat, président de la FDSEA Lozère et administrateur FNB.

La réunion en salle le matin a permis «de faire le point sur l’actualité FNB, les cours, les marchés de la viande bovine et ses opportunités», rapporte Valérie Imbert. Jean-Pierre Fleury a évoqué les difficultés de la filière, «avec des pertes financières qui s'accumulent depuis deux ans chez les producteurs. Entre 350 à 400 € par animal commercialisé, selon les secteurs de production». «Même si l’aide sur les jeunes bovins de 150 euros/animal, selon les critères, décidée récemment, va dans le bon sens», note Valérie Imbert, «nous traversons une passe très difficile en effet». Selon Jean-Pierre Fleury, «sur 70 000 producteurs de viande en France, entre 10 000 et 12 000 seraient en cessation de paiement si on était dans une logique d'entreprise». Et de rappeler que la France détient deux troupeaux, lait et viande, dont les produits sont trop souvent «indifférenciés dans une logique de prix bas».

«Cœur de gamme»

Le concept «Cœur de gamme» a donc été évoqué dans le cadre du partenariat avec des enseignes GMS. «La grande distribution propose trois types de viandes : «fond de rayon», «Cœur de gamme» et «premium». Mais, progressivement, le «fond de rayon» est mis en avant, au détriment des viandes issues du troupeau français allaitant !», dénonce Valérie Imbert. «Jean-Pierre Fleury nous a aussi indiqué qu’en 1950, le budget alimentation des familles était de 30 %, il est aujourd’hui de moins de 10 %».

La présidente de la section bovins viande FDSEA Aveyron ajoute : «nous devons aussi travailler sur la restauration hors domicile, qui utilise jusqu'à 70 % de viandes d'importation. Mais hélas, la volonté politique n’y est pas pour imposer nos productions aux cantines, maisons de retraite et hôpitaux. Nos élus nous répondent que c’est compliqué !»

Marchés export

Autre remarque, «notre politique exportatrice doit être plus volontariste, à la fois pour la viande et pour les animaux vivants. Et les récents accords du CETA (Canada-UE) nous préoccupent... Nous savons qu’il y a un marché à développer sur le pourtour méditerranéen, comme en Turquie. Pour ce pays, la FNB et Interbev ont travaillé en faveur du marché export de nos animaux, mais nous sommes bloqués par un problème d'agrément. Et nous nous sommes faits doubler par les Portugais ! On se pose toujours trop de questions dans notre pays. On pourrait aussi consacrer des surplus de marché à notre armée, comme le font d’autres pays, et comme on le fait déjà avec succès avec les réfugiés dans l’UE».

Cette «tournée régionale » s’est prolongée l’après-midi par la visite du port de Sète, «où transitent environ 85 000 bovins par an, représentant entre 10 et 25 % du trafic du port», détaille Valérie Imbert. «Nous avons là un outil de qualité, au top au niveau du bien-être animal et sanitaire. Nous avons aussi appris qu’il y avait environ un million d’animaux qui transitaient chaque jour sur les mers du globe !».

D.B.

22 décembre 2016

Action viande bovine : Intermarché n’est pas producteur !

La section bovins viande de la FDSEA et Jeunes Agriculteurs Aveyron ont organisé une action vendredi 16 décembre devant l’Intermarché, situé avenue de Bamberg à Rodez. Leur mot d’ordre : défendre la démarche «Cœur de gamme» et dénoncer les communications abusives «Producteur commerçant» matraquées par l’enseigne.

«Intermarché vole l’image des éleveurs !». C’est ainsi que Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande de la FDSEA, dénonce le slogan d’Intermarché. L’éleveuse leur reproche aussi de ne pas respecter l’engagement pris en septembre auprès de la FNB de revaloriser le prix des animaux allaitants, en signant l’accord «Cœur de gamme».

Revaloriser l’élevage allaitant

La démarche «Cœur de gam-me» est le fruit d’un long travail mené par la FNB auprès des enseignes nationales de la grande distribution. Elle a pour but de différencier, en terme de prix, la viande bovine issue d’élevages allaitants, et d’animaux correctement engraissés. L’objectif est de réformer le système de cotation et de créer un réel espace de valorisation entre le plus bas niveau et les animaux de qualité supérieure, vendus sous label par exemple. Intermarché fait partie des enseignes qui ont signé l’engagement «Cœur de gamme» avec la FNB. En parallèle, l’enseigne avait annoncé publiquement une augmentation du prix aux éleveurs. Or, depuis, la FNB dénonce qu’Intermarché n’a acheté aucun animal sous la bannière «Cœur de gamme».

Une «publicité mensongère»

En outre, la FNB avait déjà alerté l’enseigne sur la maladresse de sa communication «Producteur commerçant». Intermarché avait alors mis cette campagne en pause pendant quelques semaines, pour repartir de plus belle aujourd’hui. «Alors que beaucoup d’éleveurs sont en plein désarroi, on ne peut accepter qu’on leur vole ainsi leur image. Intermarché fait de la publicité mensongère ! Ce ne sont pas ses salariés qui se lèvent tous les jours pour s’occuper de nos animaux !», proteste Valérie Imbert.

Il est vrai que l’enseigne possède deux fermes. Mais avec 244 000 tonnes de viande commercialisées par an, Intermarché doit bien se fournir auprès des élevages français indépendants. C’est ce qu’a confirmé le responsable du rayon boucherie qui travaille avec les abattoirs locaux ou directement avec des éleveurs. Le magasin achète aussi des vaches sur les concours. Même s’il se félicite d’une certaine indépendance dans ses achats, il avoue son impuissance face à une campagne de communication nationale, qui ne reflète en rien les réelles pratiques commerciales.

Répondant à un mot d’ordre national, visant les magasins Intermarché de toute la France, Valérie Imbert a alerté sur le fait que, si l’enseigne ne cessait pas d’utiliser ce slogan, des actions plus sévères pourraient avoir lieu à l’aube des fêtes de fin d’année.

B. CAREL

24 novembre 2016

Charte locale Transmission-Installation : c’est signé sur le canton de Conques-Marcillac !

Sur les 537 agricultrices et agriculteurs du territoire de Conques-Marcillac, près de 60 % ont plus de 50 ans et 42% d’entre eux n’ont pas de successeurs. Pour les JA du canton, il était temps d’agir ! Après plusieurs années de travail, ils viennent de signer avec les élus, les responsables agricoles, les OPA et les acteurs économiques, une charte locale Transmission - Installation pour favoriser le renouvellement des générations et garder un tissu économique et social dynamique.

Eric Laurens et David Cantaloube, les deux co-présidents du canton JA de Conques - Marcillac peuvent être contents du travail accompli par leur équipe locale. Ils ont concocté une belle animation autour de la signature de la charte locale Transmission - Installation, samedi 19 novembre au Manoir de Valady. Depuis deux ans, ils mènent un travail de fond avec de nombreux partenaires locaux, pour maintenir une agriculture dynamique et permettre le renouvellement des générations d’agriculteurs autour d’installations viables, vivables et durables dans un territoire où près de 60% des exploitants ont plus de 50 ans. «42% d’entre eux n’ont pas de successeurs, ce qui représente 132 emplois locaux menacés», commentent les JA. Pas question donc de rester les bras croisés !

Après avoir réalisé un état des lieux précis de l’installation - transmission sur le territoire, les jeunes agriculteurs et les membres du comité de pilotage composé d’élus, d’acteurs économiques, de représentants des OPA, ont élaboré ensemble un plan d’actions. Près de 25 personnes ont participé à chacune des 6 réunions de travail.

Cinq axes majeurs ont été identifiés : favoriser la création de valeur ajoutée au sein du territoire et des exploitations, agir sur le foncier agricole (aménager, lutter contre l’enfrichement), favoriser la transmission des exploitations, mettre en place des conditions favorables à l’installation et promouvoir l’agriculture et le métier d’agriculteur au sein du territoire.

Trois témoins...

Pour officialiser le point de départ de la mise en œuvre des actions, la charte locale transmission - installation a été officiellement signée par tous les acteurs. Avec déjà une mise en bouche des actions puisque les JA ont organisé à cette occasion, une table-ronde sur la thématique «Transmettre aujourd’hui pour installer demain» avec trois témoins et trois comédiens qui ont mis en scène de façon humoristique quelques tabous !

Abel Bonnefous est un ancien exploitant également maire délégué de la commune nouvelle Conques en Rouergue. Au moment de son départ de l’exploitation, il a raconté le parcours «épique» pour trouver un associé qui le remplace dans le GAEC familial. Sans masquer les difficultés, il a évoqué les différents profils rencontrés depuis les doux rêveurs jusqu’aux gros investisseurs ! Et finalement la rencontre est arrivée un peu par hasard, un jeune est venu frapper à la porte et le projet d’association s’est conclu autour d’un repas !

Jérôme Garroté, lui, était ouvrier à l’usine. Très intéressé par l’agriculture, il a saisi la proposition d’un voisin agriculteur qui cherchait un repreneur à Nauviale. Ce dernier l’a mis dans les meilleures conditions pour s’installer grâce à la location à un prix négocié de l’exploitation. Son témoignage montre l’importance d’être impliqué à deux dans une transmission - installation, le cédant et le repreneur. Jérôme a fait le choix de la production de Veau d’Aveyron et du Ségala sous label, qui lui apporte la sécurité des ventes et du prix. Ce choix et son entente avec le cédant lui ont permis de rendre viable son projet. Et ça fait 13 ans qu’il est installé !

Dans la famille Gisquet, Sébastien le fils a rejoint son père sur la ferme familiale. Pendant son accompagnement à l’installation, il a suivi une formation sur les relations dans les formes sociétaires qui, il l’avoue lui a bien servi et lui sert toujours pour bien s’entendre en famille au travail ! En avançant étape par étape, il a joué sur la complémentarité et a fait évoluer l’élevage vers l’homéopathie, un domaine que son père ne pratiquait pas du tout.

...Trois comédiens

Pour illustrer ces témoignages, Florent Gardère comédien professionnel récemment installé sur Marcillac accompagné de deux compères, Gautier Pras et Amélie Palchine ont apporté leur petite touche sur ces sujets parfois sensibles : la diversité des profils de candidats à l’installation, la relation avec le cédant et l’intégration dans un GAEC familial, le choc des générations. Une prestation qui a beaucoup amusé les spectateurs tout en les interpellant.

Cette matinée riche en échanges s’est conclue par la signature officielle de la charte locale et par un buffet entièrement composé de produits du canton, pour montrer l’exemple et contribuer à mettre en avant la valeur ajoutée des exploitations au sein du territoire.

Eva DZ

Les informations concernant la charte locale transmission-installation du canton de Conques- Marcillac sont disponibles sur le site ja12.fr

24 novembre 2016

Loup : l’élevage aveyronnais est menacé

Le premier département moutonnier de France et parmi les leaders en installation ovine avec 43 installations en 2013 défend «une façon de vivre, une façon d’être dans son territoire», à travers le pastoralisme reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais qu’adviendra-t-il de ces paysages si prisés, de ces fromages si appréciés, de toute cette économie locale autour de l’agriculture, si le loup vient s’attaquer aux troupeaux aveyronnais ?

La conférence «pro-loup» organisée samedi 19 novembre à Rodez a fait «bouillir» les éleveurs de l’Aveyron. «Nous savons que le loup est présent en Aveyron, sur l’Aubrac et sur le Larzac. Parmi les 24 attaques recensées dans le département entre janvier et septembre, dix ont conclu à une attaque de loup «non écartée». Encore la semaine dernière, une vingtaine de bêtes ont été blessées sans compter le traumatisme dans le troupeau et surtout pour l’éleveur», relève François Giacobbi en charge de ce dossier pour la Chambre d’agriculture.

«L’impact psychologique est très important chez les éleveurs. Comment réagir quand on vous conseille de rentrer vos brebis la nuit dans la bergerie ? Comment peut-on travailler sereinement??», renchérit Rémi Agrinier, co-responsable du dossier loup à JA 12. Pour avoir rencontré certains éleveurs ayant subi des attaques, François Giacobbi fait part de leur détresse, de leur sentiment d’impuissance sans compter la perte de plusieurs brebis, pour certains d’un patrimoine génétique bâti depuis plusieurs générations, sans compter les produits (production laitière, de viande, d’agneaux).

«Dans 10 ans plus une brebis sur le Larzac !»

«Ce que nous défendons, c’est tout simplement une façon de vivre sur notre territoire, autour de l’activité principale de l’élevage dont l’action, à travers le pastoralisme, a été reconnue au patrimoine mondial de l’UNESCO», rappelle François Giacobbi. «Si notre territoire reste ouvert, c’est bien parce que nos brebis pâturent et si elles ne pâturent plus, ce sera la brouissaille, la fermeture des chemins de randonnée...», complète l’éleveur de La Bastide Pradines.

Jean-François Cazottes, responsable de la section ovins viande de la FDSEA et administrateur à la FNO, fait état d’un bilan qui fait peur : «sur les 5,2 millions de brebis recencées en France, 9 000 ont été tuées par des attaques de prédateurs en 2015. Ca peut paraître peu mais ça représente 30 troupeaux de 300 brebis par an qui disparaissent. A ce rythme dans dix ans, il n’y aura plus une brebis sur le Larzac !». Et d’avancer des chiffres précis sur les pertes occasionnées : «Voir tuer 20 ovins viande sur son troupeau c’est une perte sèche de 9 000 euros et 11 000 euros pour 20 brebis laitières ! On déplore de nombreux arrêts d’élevages ovins sur notre territoire alors que nous avons tant besoin de production et de producteurs». Et Rémi Agrinier d’aller plus loin : «Les agriculteurs sont créateurs d’emplois jusque dans l’agroalimentaire. S’ils disparaissent demain, qui va remplir les écoles ? Qui va consommer dans les commerces locaux ? Faire travailler les artisans ? C’est toute la vie dans nos communes qui est menacée».

Certains mettent en avant les mesures de protection : clôtures plus hautes, chiens de protection, embauche de berger,... Mais ces mesures sont coûteuses sans être pour autant efficaces (voir l’étude de la Chambre d’agriculture sur le sujet en encadré). «Quand on sait que le ministère de l’agriculture dépense entre 17 et 18 millions d’euros pour cette protection inefficace c’est aberrant ! Et pourquoi serait-il le seul à porter ces préjudices du loup alors que le ministère de l’écologie est un fervent défenseur de la biodiversité ?», interrogent les responsables professionnels.

«Le loup n’amène rien de bon sur notre territoire, il n’est tout simplement pas compatible avec l’activité d’élevage et condamne à mort notre territoire !», concluent les responsables professionnels.

Eva DZ

17 novembre 2016

Transmission-installation : le territoire de Millau lance sa charte locale

Les JA du canton de Millau ont organisé la première réunion du comité de pilotage pour le lancement d’une charte locale transmission - installation sur leur territoire. Une trentaine de personnes étaient présentes pour échanger sur cette problématique cruciale pour l’avenir de l’agriculture locale.

Sur le Millavois, plus de la moitié des agriculteurs ont plus de 50 ans et lors du dernier recensement de 2010, plus de la moitié des exploitants en âge de transmettre leur ferme n’avaient pas de reprise connue pour une installation. C’est ce constat alarmant qui a poussé les JA du canton de Millau où sont par ailleurs installés le co-responsable du groupe installation à JA 12 et l’un de ses membres actifs, à prendre le sujet à bras le corps.

Cet automne, ils ont donc décidé de lancer une charte locale transmission - installation sur un secteur comprenant 21 communes (ex cantons de St Beauzély, Peyreleau, cantons de Millau et les communes de Nant et St Jean du Bruel).

Une première réunion de lancement s’est déroulée lundi 14 novembre, réunissant une trentaine de personnes. Jeunes Agriculteurs, représentants des agriculteurs des FD locales, maires, élus (Communautés de communes, Conseil départemental, député, représentants du PNR des Grands Causses,...), acteurs économiques (OPA, coopératives et entreprises, filières de production,...) sont invités à échanger sur la problématique de la transmission - installation.

L’objectif d’une charte locale est de réaliser à l’échelle d’un territoire donné, un diagnostic précis des installations et transmissions des exploitations en cours et à venir. Cet état des lieux doit permettre au comité de pilotage de déterminer des axes de travail qui se transformeront en actions en faveur de l’avenir de l’agriculture locale.

Lors de cette première réunion, les participants ont partagé les premiers chiffres. La démarche de charte locale a été présentée et un premier constat a été ébauché sur les atouts et contraintes du territoire sur la transmission et l’installation. Satisfaits de ces premiers échanges constructifs, les JA espèrent une participation tout aussi fructueuse jeudi 15 décembre pour la prochaine rencontre. Des représentants de toutes les communes sont invités à se joindre au débat pour dégager un portrait le plus précis possible.

Eva DZ

Pour plus d’infos, contacter JA 12.

10 novembre 2016

Moi(s) je m’installe : Romain, «heureux» dans son métier d’éleveur

Les JA de Languedoc-Roussillon avaient l’habitude de mettre en avant l’installation pendant tout le mois de novembre. L’opération Moi(s) je m’installe, s’est élargie cette année à l’Occitanie et l’Aveyron, parmi les leaders en nombre d’installations, y participe bien entendu.

Les jeunes continuent de croire en l’avenir de l’agriculture en Aveyron et le disent ! L’opération régionale «Moi(s) je m’installe !» donne la parole aux jeunes installés qui ont fait le choix de l’agriculture. L’Aveyron avec ses 98 installations aidées en 2015 est partie prenante de cette communication positive autour du métier. Comme l’explique Clément Lacombe co-responsable du dossier installation à JA 12 : «Notre rôle est de défendre l’installation, d’œuvrer en faveur du renouvellement des générations et de mettre en avant les réussites malgré les temps de crise». Pour le jeune responsable, il ne s’agit pas de «nier les difficultés» mais «il est important de communiquer positivement sur le métier pour assurer son avenir».

Et de nombreux jeunes installés prouvent dans leur parcours, dans leur projet et dans leur réalisation au quotidien sur leur ferme, qu’ils ont bien fait de choisir cette voie de l’agricul-ture?!

Un éleveur laitier prudent mais pas sans projet !

Romain Déléris est de ceux là. Installé en février 2013 sur l’exploitation laitière de ses parents à St André de Najac, il ne regrette pas son choix, malgré les difficultés de sa filière. «Je suis très heureux de m’être installé, certes ce n’est pas toujours évident mais je suis optimiste de nature et je veux aller de l’avant». Trois ans après son installation, Romain a réussi à atteindre les objectifs qu’il s’était fixés lors de son accompagnement à l’installation et il a encore des projets pour les années à venir.

Pourtant ce jeune homme ne se destinait pas à la production animale. «Pendant mon parcours scolaire, je n’avais pas forcément dans l’idée de m’installer, j’ai passé un bac STAV puis un BTS dans l’aménagement paysager parce que le développement rural et l’aménagement territorial étaient des domaines qui me plaisaient. Mais j’avais envie de travailler pour moi !». Du coup, Romain a rejoint l’exploitation familiale d’abord comme salarié en approfondissant en parallèle sa formation avec un CS à Bernussou spécialisé en vaches laitières. Puis il a rejoint le GAEC familial comme troisième associé en février 2013.

«Je suis revenu sur la ferme au moment de la crise laitière et bien sûr la question de la viabilité de mon projet sur le long terme s’est posée», résume Romain. «Mon père envisageait de prendre la retraite à court terme (ce qu’il a fait cette année) et nous n’avions pas envie de démarrer un atelier supplémentaire en attendant, connaissant la charge de travail que cela peut engendrer. Nous avons donc fait le choix de développer la production, d’augmenter un peu le cheptel et d’optimiser les bâtiments». Et Romain a vraiment bien anticipé son projet menant sa réflexion aussi bien sur le sol que sur le troupeau : «Nous avions un bâtiment un peu surchargé, une aire paillée classique et cela devenait difficile de rester autosuffisant et de garder les animaux propres. En discutant avec notre technico-commercial, nous avons découvert le séparateur de phase, ce fut le projet de mon installation».

Grâce à un système de racleur, le fumier est dirigé vers un bassin où un appareil avec une vis sans fin dissocie les fractions solide et liquide d’un effluent. La fraction sèche est dans le cas de Romain, utilisée pour la litière des vaches, remplaçant ainsi la paille. Les achats extérieurs sont donc limités, l’exploitation reste autonome et l’astreinte pour les éleveurs est elle aussi réduite. Les animaux étant aussi plus propres, la préparation pour la traite est facilitée et plus rapide. «Au moment de la construction du bâtiment, mon père avait bien anticipé une possible évolution, ce qui fait que la mise en place des racleurs et du séparateur de phases n’a pas généré de changement».

«L’envie d’aller de l’avant»

Aujourd’hui, Romain est en GAEC avec sa mère, ils élèvent 60 à 67 vaches laitières à la traite à l’année et le jeune éleveur envisage la suite avec sérénité. «Ma mère va partir dans quelques années à la retraite et j’envisage de trouver un associé parce qu’il n’est pas question pour moi, de supporter seul l’astreinte de l’élevage et notamment la traite. C’est un poste qui est difficile chez nous car l’installation n’est pas vraiment adaptée pour le nombre de vaches que l’on a à la traite. J’ai le projet d’installer un robot». Romain veut en effet, continuer à jouer au foot dans le club de sa commune, s’investir à JA 12 où il est administrateur depuis peu, et en particulier actif dans le groupe installation.

Et les crises laitières successives ne freinent en rien sa motivation : «Nous devons apprendre à travailler avec les crises, nos parents avec les quotas ont connu des prix stables, une certaine sécurité mais aujourd’hui c’est terminé et on sait qu’on sera soumis plus fortement à la volatilité. Ces périodes sont dures à vivre, surtout lorsque l’on a aucune perspective positive. Il ne faut pas regarder le creux de la vague mais regarder l’horizon pour être prêt quand le marché repartira. Dans la conjoncture fluctuante, le plus dur c’est le quotidien mais nous devons regarder plus loin. Nous avons des raisons d’y croire avec la Chine, les pays émergents qui deviennent de gros consommateurs de produits laitiers», explique Romain, qui maintient la vigilance en attendant des jours meilleurs. Le jeune éleveur a hérité de l’esprit d’anticipation de ses parents en misant sur une gestion raisonnée : «Il faut prévoir des stocks pour les années dures et ce à tous les niveaux pour utiliser tous les leviers à notre disposition».

C’est donc avec beaucoup de fierté que Romain parle de son métier : «Je travaille pour moi, en autonomie, j’organise mon planning en fonction de la charge de travail, je travaille avec du vivant et surtout je trouve très valorisant de poursuivre le travail que mes parents ont engagé. Ils m’ont soutenu pendant mon accompagnement à l’installation mais ils m’ont laissé prendre les décisions parce que c’est avant tout mon projet».

Eva DZ

27 octobre 2016

After’bottes : quand de jeunes agriculteurs parlent de leur entrée dans le métier

Une quizaine de jeunes installés se sont retrouvés, à l’invitation des JA du canton du nord Aveyron, jeudi 20 octobre, pour faire le point sur leur accompagnement à l’installation, échanger leur expérience et apprendre à se connaître. C’est l’After’bottes !

Autour du café et de la fouace, sur une exploitation, l’ambiance du 2e After’bottes organisé en Aveyron était conviviale. L’agriculteur hôte, Quentin Latieule a reçu une quinzaine de jeunes comme lui installés depuis peu et venus échanger sur leur parcours. Ils ont répondu à l’invitation de l’équipe JA du canton du nord Aveyron, emmenée par Laurent Imbert et Wilfried Baldit.

Des échanges francs, constructifs

«L’objectif de cet After’bottes est de faire se rencontrer les jeunes d’un même secteur, qui se sont installés ces 2 ou 3 dernières années, afin qu’ils puissent échanger sur leur installation, comment ils ont vécu leur accompagnement,...», résume Laurent Imbert. Et ils étaient nombreux à être présents. Pauline, Clémence, Pierre-Henri, Arnaud, Albin, Philippe, Emmanuel, Maxime, Thomas, Guillaume, Laurent et Wilfried se sont donc retrouvés chez Quentin, lui aussi installé depuis peu à Montpeyroux, en GAEC avec sa mère. Ils étaient accompagnés par Anthony Quintard, co-président de JA 12 et Aurélie Fayel, animatrice.

Des installations essentiellement dans le cadre familial

Tour à tour, ils ont raconté leur parcours depuis l’ébauche de leur projet d’installation jusqu’à sa concrétisation, les difficultés qu’ils ont rencontrées mais aussi les points forts. «Nous avons eu des échanges francs, directs et constructifs qui nous ont fait ressortir les points à améliorer sur l’accompagnement à l’installation», résume Laurent Imbert, heureux de la bonne tournure des échanges.

La plupart des jeunes présents se sont installés à la suite de leurs parents, grands-parents ou oncles, en individuel ou en association, sur des exploitations en bovins allaitants, laitiers et caprins.

«Certains auraient aimé que le temps d’installation soit plus rapide étant donné que leur projet était bien ficelé, dans un cadre familial plutôt clair mais d’autres ont mis à profit les délais pour affiner leur projet, travailler sur le chiffrage et profiter de formations sur des thèmes qui les intéressaient», complète Laurent Imbert. La plupart, connaissant les délais pour s’installer, ont anticipé les démarches. En moyenne, ils ont concrétisé leur installation en un an.

Les profils varient entre ceux s’installant de suite après leurs études et ceux qui ont travaillé à l’extérieur avant de reprendre les rennes de l’exploitation familiale. Ce qui a permis d’enrichir les échanges entre les participants, tous n’ayant pas eu le même parcours ni la même attente dans l’accompagnement à l’installation.

«En une après-midi, d’abord autour d’une table puis lors de la visite de l’exploitation de Quentin, nous avons tous bien pris le temps d’échanger sur nos expériences respectives, c’était très enrichissant pour tous», remarquent les co-présidents du canton JA du nord Aveyron. Tous deux sont satisfaits de cette rencontre qui s’est prolongée en soirée autour d’un repas convivial.

Etoffer l’équipe locale

«Tout le monde a semblé contents de participer et de rester un peu plus longtemps pour poursuivre les échanges et apprendre à se connaître». Car c’est aussi l’un des objectifs de ce type d’animations locales : faire se rencontrer les jeunes d’un même territoire pour initier des actions, des projets communs. «Nos équipes locales JA contribuent au maintien d’un tissu social dans les campagnes pour que personne ne se sente isolé. Nous sommes heureux de pouvoir élargir et étoffer notre équipe avec de nouvelles têtes et de nouvelles idées !», concluent Laurent et Wilfried.

Eva DZ

29 septembre 2016

D. Barrau quitte son poste de secrétaire général de la FNSEA : «Je reste un militant»

Mercredi 21 septembre, Dominique Barrau annonçait qu’il quittait son poste de secrétaire général de la FNSEA. Il confie les raisons de son choix.

Pourquoi avez-vous décidé de stopper votre engagement à la FNSEA ?

D. Barrau : «Depuis plus de 30 ans je suis investi syndicalement ou bien sur ma commune, je pense qu’à un moment donné, il faut savoir faire des choix. A 61 ans, j’ai décidé de consacrer ma fin de carrière d’agriculteur au côté de ma fille pour l’accompagner sur notre exploitation laitière. C’est une décision mûrement réfléchie avec mes proches.

Pourquoi maintenant, à seulement quelques mois du renouvellement de l’équipe FNSEA ?

D. Barrau : Depuis 11 ans, j’assumais ce poste de secrétaire général à la FNSEA ce qui impliquait des déplacements hebdomadaires à Paris, donc une absence de plusieurs jours chaque semaine, loin de l’exploitation. A 60 ans c’est plus difficile de suivre ce rythme qu’à 50 ans lorsque j’ai commencé !

Si j’ai décidé d’arrêter maintenant c’est parce que je ne voulais pas repartir pour un hiver supplémentaire, qui plus est pour une campagne syndicale dense, qui sous entend une tournée régionale, des assemblées générales dans les départements,...

Mais pour autant, je n’abandonne pas tous mes engagements parce que je reste un militant, c’est mon tempérament ! Je veux pouvoir être à la traite tous les matins sur la ferme et pouvoir rester au service de l’agriculture que ce soit à la SAFER ou à l’association des producteurs de lait de montagne.

Justement ces deux dossiers vous permettent de revenir un peu aux sources de votre engagement. Le lait montagne étant notamment l’un de vos cheval de bataille. Où en êtes-vous sur ce dossier ?

D. Barrau : Lorsque l’on voit évoluer le contexte laitier en France, en Europe et même dans le monde, on se dit qu’il n’y aura pas demain en Aveyron, de production laitière sans une démarche différenciée. C’est dans cet état d’esprit que nous avons lancé l’idée du lait montagne. Aujourd’hui, les objectifs que nous nous étions fixés sont tenus et nous travaillons à la création d’une gamme sur le lait de consommation avec plusieurs partenaires. L’objectif reste le même : offrir un marché rémunérateur pour les 500 exploitations qui adhèrent à la démarche et les 160 millions de litres de lait qu’elles apportent.

Le contexte actuel nous donne raison. Notre démarche est en plus, dans l’air du temps, répondant notamment aux attentes sociétales en termes de nature, de démarche respectueuse,... Nous avons d’ailleurs lancé un appel d’offres pour caractériser davantage notre produit. Il en va de l’avenir de la production laitière dans le Massif central et en Aveyron en particulier. J’y crois beaucoup ! Je veux y contribuer avec mon équipe !

Le dossier foncier est aussi une problématique qui vous est chère. Qu’en est-il ?

D. Barrau : En effet j’ai toujours cru à la politique de régulation foncière. Nous devons être capables de définir des priorités. L’expérience de 50 ans des Safer doit être un appui dans notre travail en partenariat avec les collectivités. La grande Région Occitanie est prête à travailler collectivement, en lien avec les collectivités. Parce que ce travail du foncier ne pourra pas se faire sans les agriculteurs.

Au bureau de la FNSEA vous représentiez la voix de l’élevage et des zones difficiles. Qu’en sera-t-il demain après votre départ ?

D. Barrau : Je veux dire combien j’ai eu plaisir dans ma responsabilité nationale, à porter les demandes de ceux qui m’avaient mandaté, c’est-à-dire les Aveyronnais, à les représenter à Paris, pour porter leurs attentes mais aussi mes convictions et les arbitrages de la FNSEA. L’Aveyron, historiquement, a toujours défendu ses convictions et sa définiton du modèle agricole mais sans tout attendre des politiques publiques. Notre département est connu et reconnu à la FNSEA notamment, pour sa capacité à initier des démarches de qualité, différenciées et des politiques de production non déconnectées du marché. Dominique Fayel au cours de ce mandat était à mes côtés comme administrateur à la FNSEA, j’ai confiance dans sa capacité à bien représenter l’Aveyron encore demain au niveau national voire au-delà.

Que retenez-vous de ces 11 ans au poste de secrétaire général à la FNSEA ?

D. Barrau : Je ne vais pas le cacher, il y a eu des hauts et des bas dans mon engagement national. Des hauts, je retiendrai les arbitrages favorables dans la dernière PAC, le bilan de santé de la PAC, l’aide au veau sous la mère. Des réussites qui ont encouragé le militant que je suis au fil des années.

Des périodes plus sombres, j’ai tiré la leçon qu’il ne faut jamais renoncer. Il ne m’est jamais venu à l’idée de démissionner car je pense que les Aveyronnais croyaient en moi parce que je défendais le département et mes convictions à la FNSEA et non parce qu’ils me voyaient en président. La crédibilité des hommes dans le syndicalisme passe par la persévérance. Je pense que c’est ce que je retiendrai de mes années d’engagement».

Propos recueillis par Eva DZ

15 septembre 2016

Rentrée syndicale FDSEA : «Une démarche de prix responsables»

A l’occasion d’un point presse de rentrée, les responsables de la FDSEA ont présenté leur programme d’actions pour les semaines à venir.

Quelle valeur revient aux paysans ? Depuis des mois, les agriculteurs aveyronnais s’interrogent sur la valeur de leurs produits, la valeur de leur travail, voyant leurs trésoreries fondre faute d’un prix rémunérateur. C’en est trop ! Les responsables FDSEA qui tirent la sonnette d’alarme depuis des mois, attendent un retour de valeur dans les fermes et le plus tôt possible.

Ce message ils l’ont clairement rappelé aux médias départementaux lors d’un point presse de rentrée vendredi 9 septembre à l’issue de leur conseil d’administration. «Ce que nous voulons, c’est que les agriculteurs retrouvent de la confiance et du dynamisme et cela passe par une rémunération de leur travail», résume Dominique Fayel, président de la FDSEA. Avec les responsables des productions bovins lait et viande particulièrement touchés par la crise, ils ont rappelé les demandes de la profession.

Une semaine après la signature d’un accord sur le prix du lait avec Lactalis, qui permet aux producteurs de l’entreprise de retrouver un meilleur prix. «Nous avons réagi devant l’inacceptable pour soutenir les organisations de producteurs dans leur négociation avec l’entreprise et la démarche a porté ses fruits», résument les responsables professionnels. Même si cet accord de prix n’est pas «miraculeux», il a permis un rééquilibrage du rapport de force entre les producteurs et Lactalis, souligne Stéphane Galtier, membre de la section bovins lait FDSEA. «L’amorce d’une cour-be ascendante des prix doit permettre de redonner confiance aux éleveurs laitiers ajoutés à cela des signes positifs du marché et la mise en œuvre rapide du plan européen de régulation de la production laitière», a-t-il complété. «Mais nous ne devons pas nous arrêter à 300 €/1000 litres !», ont prévenu les responsables FDSEA.

Retrouver la valeur du produit

Côté viande bovine, la démar-che Cœur de gamme avance, là aussi grâce à la mobilisation syndicale. Face à la pression, les enseignes Carrefour, Leclerc et Intermarché se sont engagées à signer la charte et donc à proposer dans leurs rayons de la viande issue des races allaitantes, une gamme intermédiaire avec un produit bien différencié et de qualité sans augmenter le prix aux consommateurs. «L’alliance des consommateurs et des producteurs a permis de faire infléchir des mastodontes que représente la distribution. Désormais nous entrons dans une logique de prix responsables, à l’image de la consommation responsable pratiquée de plus en plus couramment dans les ménages», explique Dominique Fayel. Les critères de sélection de la démarche Cœur de gamme doivent servir de levier d’action pour défendre les prix aux producteurs.

«La valeur de nos produits doit nous permettre de rémunérer notre travail et ainsi retrouver confiance en l’avenir», a complété Benoît Fagegaltier, secrétaire général adjoint de la FDSEA, dénonçant au passage les pratiques des enseignes : «en pratiquant les prix bas, les distributeurs préparent le déménagement du territoire».

Outre les actions sur le marché intérieur, des inquiétudes demeurent quant à l’exportation. Les responsables professionnels insistent pour une réouverture du marché vers la Turquie pour notamment, équilibrer le marché en vif des broutards mâles qui va démarrer cet automne. «Ce marché d’environ 85 000 têtes s’est fermé depuis l’apparition de la FCO il y a un an. Nous attendons un engagement ferme du gouvernement français pour faire aboutir ce dossier», a rappelé Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA.

Par ailleurs, la régulation du secteur laitier permettra de remettre de l’ordre dans le marché de la viande. «L’afflux de vaches laitières a complètement déstabilisé le marché», constatent les responsables qui espèrent un retour à l’équilibre d’ici la fin de l’année.

A ce manque de prix dans les productions s’ajoutent les retards de paiements de la PAC. «Les paiements 2015 ne sont toujours pas clôturés 15 mois après avoir fait nos déclarations !», dénonce Dominique Fayel qui espère le versement du solde pour bientôt. «Nous exigeons simplement que ce qui nous est dû nous soit payé !». Pour les aides 2016, un nouveau système d’avances de trésorerie (ATR) est en place (lire les modalités pratiques en page 9).

Eva DZ

08 septembre 2016

Amicale des anciens de la Fédération Nationale Bovine : les 20 ans fêtés en Aveyron !

L’amicale des anciens de la Fédération Nationale Bovine (FNB) a fêté ses 20 ans cette semaine en Aveyron, avec un programme de visites et d’échanges chargé. Le groupe a été reçu sur l’élevage de Francis Grau, ancien président de la section bovins viande FDSEA, mardi 6 septembre, en fin d’après-midi.

Francis Grau et Guillaume Barrau sont installés au domaine de Nayac, sur la commune de St-Rome de Tarn avec un élevage bovin de race Aubrac et des cochons de Bayeux. Le GAEC a reçu 51 anciens de l’amicale de la FNB emmenés par l’Aveyronnais Georges Valayé, ancien administrateur FNB. «L’amicale, aujour-d’hui présidée par Etienne Gauchy (Nord), a été créée par Marcel Bruel et Eugène Alexandre il y a vingt ans», explique Georges Valayé. «Ce séjour en Aveyron correspond à une année anniversaire, avec un temps de recueillement pour nos collègues disparus. Et avec un programme complet, comprenant des visites dans le sud Aveyron, l’Aubrac, le Ségala, l’Ouest du département, et un résumé des productions agricoles, artisanales de l’Aveyron, et de ses attraits touristiques».

Le groupe guidé par Gaby Quintard, ancien directeur de la Chambre d’agriculture, était installé depuis lundi 5 septembre et jusqu’au jeudi 8 septembre à Baraqueville. Il a aussi visité mardi l’Espace découverte du viaduc de Millau, les caves de Roquefort, les villages des Templiers et de l’Hospitalier. Il a passé la soirée en compagnie de Marie-Thérèse Lacombe, auteure de «Pionnières», livre-témoignage sur «le rôle des femmes dans la modernisation des campagnes aveyronnaises».?

Aubrac et IRVA

Les anciens ont découvert mercredi la coopérative Jeune Montagne et les Forges de Laguiole (avec un hommage sur l’Aubrac à Eugène Alexandre), puis ont rejoint Rodez et son musée Soulages, avant de partager un «dîner aveyronnais» avec Dominique Fayel, président de la FDSEA, en compagnie de responsables professionnels agricoles aveyronnais. La journée de jeudi a emmené le groupe au château de Najac, puis sur la ferme de l’ancien président-fondateur de l’IRVA, Daniel Carrié. Le déjeuner a été servi chez Georges et Marie-Françoise Valayé à La Salvetat Peyralès.

Le groupe s’est ensuite rendu à la chapelle de Rieupeyroux, puis à la bastide de Sauveterre-de-Rouergue, bouclant ainsi son long périple organisé en Aveyron. Georges Valayé complète : «nous avons été reçus ou accompagnés par Jacques Bernat, ancien président de la FRSEB sur le rayon de Roquefort, Jean Geniez, ancien délégué FDSEA de la région de Millau, André Valadier, fondateur de la coopérative Jeune Montagne, et Daniel Carrié, ancien président de l’IRVA, qui a rejoint notre amicale FNB cette année !».

08 septembre 2016

Les Aveyronnais mobilisés à Lattes : «Une opération positive»

Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA était accompagnée d’une dizaine d’éleveurs aveyronnais pour participer à l’action syndicale au magasin Carrefour de Lattes, enseigne qui n’adhère pas à la démarche Cœur de gamme.

Tous vêtus du tee-shirt rouge L’élevage a un prix, les éleveurs bovins viande de la région Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ont largement diffusé des tracts dénonçant le non engagement du distributeur Carrefour dans Cœur de gamme, mercredi 7 septembre devant un magasin de l’enseigne à Lattes (Hérault). Cette démarche doit permettre de mettre en œuvre une logique commerciale couvrant les coûts de production des éleveurs et garantir une qualité au consommateur sans lui augmenter le prix à l’achat.

Prenant l’exemple de Système U qui a adhéré à Cœur de gamme, les éleveurs se sont mobilisés aux quatre coins de la France pour demander l’engagement de l’ensemble des distributeurs. «En refusant de mettre en place un prix basé sur les coûts de production ainsi qu’une logique de transparence et de coopération, Carrefour accélère la destruction du modèle d’élevage à la française, et les chances de construire des prix responsables !», dénoncent les responsables de la FRB Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.

A Lattes, «tout s’est très bien passé» : «Nous sommes satisfaits de la bonne présence des médias locaux et nationaux, attentifs à nos messages, qui sont un bon relais auprès des consommateurs», avance Valérie Imbert. «De même, les automobilistes avec lesquels nous avons pu échanger ont été très réceptifs. C’est une opération positive», a-t-elle conclu.

01 septembre 2016

Action «Loup» sur l’aire de l’Aveyron : les prédateurs incompatibles avec l’élevage

L’action de sensibilisation du grand public contre les conséquences de la présence du loup dans les régions d’élevage a été un succès samedi 27 août, de 9h30 à 17h, sur l’aire de l’Aveyron, au bord de l’A75.

L’aire de repos à Sévérac-d’Aveyron était bondée une grande partie de la journée par les automobilistes rentrant pour la plupart de vacances. La FDSEA et les JA avaient choisi le bon moment pour répondre à l’appel de la FNO, invitant les départements d’élevage menacés par le loup à prendre l'initiative d’une telle action.

En Aveyron, elle a rassemblé une centaine d’éleveurs, «des Aveyronnais, mais aussi des voisins venus de la Lozère, de l’Hérault et du Gard», dit Jean-François Cazottes, membre du bureau de la FNO, président de la section ovins viande FDSEA Aveyron, aux côtés de François Giacobbi, chargé du dossier «loup» en Aveyron, élu à la Chambre d’agriculture, Joël Aghulon, président d’Ovitest, élu à la Chambre d’agriculture et Rémi Agrinier, qui suit lui aussi le dossier «loup» pour les JA. Les éleveurs ont distribué aux automobilistes un livret résumant les «10 vérités à connaître sur le loup», réalisé par la FNO, ainsi que des toasts de roquefort et des carrés de tranches d'agneau grillé.

«Aller au devant du citoyen»

«Nous avons indiqué à toutes ces personnes en transit qu’avec la présence du loup sur les zones d'élevage comme les nôtres, ces produits-là risquaient de disparaître !», lance Dominique Fayel, président de la FDSEA Aveyron. «Le but était en effet d'attirer l'attention de tous sur le fait que l’élevage et les prédateurs sont incompatibles avec notre activité», ont insisté sur place la FDSEA et les JA.

«Quand on explique le problème avec de bons arguments, comme ceux diffusés dans le livret de la FNO, le retour est positif de la part des automobilistes et des touristes», juge Jean-François Cazottes. «Il fallait aller au devant du citoyen pour lui expliquer les conséquences des attaques de loup sur les élevages, en termes économique, environnemental, mais aussi social». Et de rappeler que «l’Aveyron, en 2015, avait comptabilisé 9?attaques avérées de loup faisant 30 victimes dans les cheptels ovins. Depuis janvier et ce mois d’août, 7 attaques ont déjà été constatées, avec 32 victimes !», alerte Jean-François Cazottes.

Parlementaires et élus

Dans le cadre de cette action, la FDSEA et les JA ont accueilli des parlementaires aveyronnais, Arnaud Viala, député, Alain Marc, sénateur, Yves Censi, député, Jean-Claude Luche sénateur-président du conseil départemental, ainsi que d’autres élus, Alain Fauconnier, président du Parc naturel régional des Grands-Causses, Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole du Conseil départemental, Camille Galibert, conseiller départemental-maire de Sévérac-d’Aveyron, Georgette Lacoste, maire de Buzeins. Une commune qui, en mai dernier, au lieu-dit Buzareingues, a été victime d’attaques de loup tuant 22 agneaux et brebis viande. «Le loup a été filmé par la caméra vidéo installée sur une placette à vautours», indiquent les éleveurs du secteur, avec, à leur tête, Françoise Caulet, présidente communale FDSEA de Sévérac le Château. «Depuis juin 2015, nous avons constaté plusieurs attaques sur notre région. Que l’on ne dise pas que ce sont des chiens errants !», protestent les éleveurs.

«9 000 brebis tuées en 2015»

Pour Dominique Fayel, «la population de loups croît en effet en France de 20 % par an !». «Nous sommes au début d’un processus qu’il faut arrêter», poursuit François Giacobbi. «C’est 9 000 brebis qui ont été tuées en 2015, et on estime qu’il y a en France entre 280 et 400 loups», renchérit Jean-François Cazottes. Il ajoute : «le coût national est de 21 millions d’euros, dont 18 millions destinés à la protection du loup venant du budget du ministère de l’agriculture. Les 3 millions concernent les indemnisations pour les éleveurs, pris sur le budget du ministère de l’envrionnement».

Directive habitat

«Mais chaque indemnisation versée à l’éleveur ne couvre pas la totalité du préjudice. L’indemnité est basée sur la taille du troupeau, elle est de 110 euros par animal viande labellisé âgé de moins de 6 mois», rappelle François Giacobbi, «et de 190 euros pour chaque animal disparu. Ce n’est pas l’indemnité qui fait vivre l’éleveur mais son travail !». «Il était important d’inviter les parlementaires à notre action», insiste Jean-François Cazottes, «pour les interpeller sur la directive habitat qui doit déclasser le loup considéré encore comme un animal protégé. Alors que le loup est un prédateur pour nos élevages !».

D.B.

25 aout 2016

«Sous les pavés, les prés» à Rodez plage : JA renforce les liens avec les Ruthénois

L'action «Sous les pavés les prés» proposée par les JA de l'Aveyron lors de Rodez Plage, le week-end dernier, a été un succès. Malgré la pluie de samedi, le monde était au rendez-vous et le dimanche, les stands étaient assaillis de visiteurs. Cet événement a permis de faire passer le message des JA : «venez à notre rencontre, échangeons, et soutenez nos productions locales».

Rodez plage est installé pour la deuxième année consécutive à Layoule, depuis le 15 août. Les berges de l’Aveyron accueillaient pour la première fois ce nouvel événement estival JA. «C'est un concept nouveau qui plaît», se félicite Anthony Quintard, co-président des JA.

Tous les âges conquis !

Un réel dialogue s'est créé tout au long du week-end à travers les animations mises en place. «Notre objectif était de proposer un éveil à l'agriculture avec divers ateliers animés par les JA, destinés au jeune public», ajoute Anthony Quintard. Plus de 400 enfants ont remporté les défis leur permettant de s'immerger dans la vie d'un agriculteur : défis traite, reconnaissance d'aliments, association entre produit fini et matière première agricole… Ludique mais pédagogique !

Les plus jeunes ont été séduits par le métier pendant que leurs parents échangeaient avec les JA en charge du jeu. Les filières aveyronnaises étaient également présentes, leur stand ne désemplissant pas. Le Veau d'Aveyron et du Ségala, la Génisse Fleur d'Aubrac, l'Agneau Fermier des Pays d'Oc, le Bœuf Fermier Aubrac, la filière Porc de Midi-Pyrénées, Mon Lait, et le Bleu des Causses ont animé avec efficacité leur stand, devant un public toujours avide d'information concernant les modes de production de ces viandes et produits laitiers dégustés au stand d’à côté…

En effet, les démonstrations culinaires de Bruno Rascalou (formateur Chambre de Métiers) et de découpes de Pierre Azémar (président du syndicat départemental des bouchers) ont mis tour à tour chaque filière en valeur, toute la journée du dimanche. Les animaux de la mini-ferme ont eux aussi contribué au succès salué le dimanche midi par les élus de Rodez, derrière leur maire, Christian Teyssèdre, en présence de Jean-Claude Anglars, président de la commission agricole du Conseil départemental, et des partenaires de l'opération. Tout le monde était donc ravi de cette animation estivale des JA !

Article JA

25 aout 2016

Action FDSEA-JA pour le prix du lait de vache : «Lactalis étrangle les éleveurs»

La FDSEA et les JA de l'Aveyron ont planté des banderoles sur les ronds-points de Rodez et d'Onet le Château, lundi 22 août, dans la matinée, fustigeant le prix du lait payé trop bas par l'entreprise Lactalis. L’action syndicale était organisée dans le cadre de la mobilisation, le même jour, au siège de Lactalis à Laval, de producteurs laitiers de Bretagne et des Pays de Loire (lire page 2).

Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA et de la FRPL Sud-Ouest, Michel Costes, président de l’OP Lactalis-Rodez, Dominique Fayel, président de la FDSEA, et une cinquantaine de producteurs laitiers étaient mobilisés lundi 22 août devant l’entreprise Lactalis située à Onet le Château, près de Rodez. «Les éleveurs laitiers sont confrontés à une crise insupportable depuis plus d’un an et demi», proteste Michaël Chavatte. «Pour une ferme aveyronnaise moyenne, c’était moins 20 000 euros en 2015, et c’est pour le moment moins 10 000 euros cette année !», dénonce-t-il. Avec l’annonce d’un prix de 255 euros/1 000 litres, Lactalis a déclenché une colère des producteurs contenue depuis le début de l’été, et qui s’exprime publiquement aujourd’hui.

«Lactalis doit respecter ses producteurs»

«Lactalis étrangle les producteurs», était l’un des slogans écrits sur les bâches noires tendues sur quatre ronds-points de Rodez et d’Onet le Château par la FDSEA et les JA lundi matin. «La fin des quotas laitiers, l’embargo russe, la chute de la demande des pays asiatiques, la concurrence du marché international n’expliquent pas tout», affirme Michaël Chavatte. «Lactalis commercialise des marques comme Bridel, Lactel, Président, Rondelé (produit à Rodez-Onet), La Laitière..., qui dégagent des marges très confortables pour cette entreprise leader mondial, avec un chiffre d’affaires annuel de 17 milliards d’euros. Il faut que Lactalis respecte ses producteurs, donne un sens social à son activité pour pérenniser la collecte». Et d’ajouter, «nous produisons de la qualité, avec des règles et un coût de production qui doivent être pris en compte. Les GMS ont respecté leurs engagements sur les prix, avec la charte laitière. La transformation doit maintenant faire de même. Nos coûts de production imposent un prix payé de 350 euros/1 000 litres, très loin des 255 euros actuels qui correspondent au prix payé il y a dix ans !».

«Profits importants»

La FDSEA et les JA se sont rendus sur le site Lactalis de Rodez - Onet le Château, dé-ployant sur sa facade une autre banderole «Lactel/Président étrangle les éleveurs». Cette entreprise de 300 salariés collecte environ la moitié de la production laitière aveyronnaise chez 650 producteurs. Davy Hecht, responsable du bassin grand Sud-Ouest Lactalis et le directeur de l’usine, Laurent Billante, sont venus au devant des manifestants. Dominique Fayel leur a dit «que Lactalis produisait des marques phares, faisait de la valeur, et dégageait des profits importants, du fait d’un prix payé très bas aux producteurs. Cette situation ne peut plus durer !», a-t-il lancé. «Un bassin laitier comme le nôtre, dans le Sud-Ouest, risque de disparaître. Avec ce niveau de prix, toute cette économie est mise en danger. Nos contraintes de production sont sévères, les investissements des exploitations laitières permettent de se mettre en situation pour produire, et en réponse, ce sont elles, et eux seuls les producteurs, qui sont les plus sanctionnés ! Notre action syndicale met en avant des marques-phares de Lactalis.Il faut dire aux consommateurs que ces marques paient mal ses producteurs. Un travail a été fait avec les GMS pour défendre le prix. Nous sommes ensuite allés vers les politiques et l’Europe pour demander des mesures de soutien. C’est au tour de Lactalis de faire sa part de travail sur le prix !».

«C’est le retour du servage !»

Davy Hecht, venu au contact «pour prendre et transmettre l’avis des manifestants», a indiqué que «Lactalis travaillait dans une logique de partenariat avec les producteurs, sans nier les difficultés de la filière. Le prix du lait est annuel et se construit sur l’année avec nos représentants. Nous sommes comme vous confrontés à la volatilité des marchés internationaux, avec un prix beurre-poudre de 200 euros». Et Dominique Fayel de répondre : «il n’y a pas de partenariat ! Le rapport de force se fait au détriment des producteurs qui ne représentent plus grand chose à vos yeux. C’est le retour du servage !». Jacques Molières, président de la Chambre d’agriculture, a insisté : «à ce niveau de prix du lait, on ne passe plus. C’est toute l’économie départementale qui est touchée, l’agriculture et l’agro-alimentaire». L’action syndicale s’est terminée en début d’après-midi.?Les Aveyronnais attendent les évolutions de l’action lancée au siège de Lactalis, à Laval, depuis le début de cette semaine.

Didier BOUVILLE

21 juillet 2016

Action FDSEA-JA : pour une maîtrise de la production «rapide et efficace»

Après l’annonce de Bruxelles d’un nouveau plan européen de soutien à l’agriculture (lire ci-contre), plus de 70 agriculteurs de la FDSEA et des JA de l’Aveyron se sont rassemblés devant la Préfecture de Rodez, lundi 18 juillet en soirée, avec un objectif clair : maintenir la pression pour une application «rapide et efficace» des mesures de soutien annoncées.

«La maîtrise, la maîtrise, la maîtrise», le mot clé pour sortir les producteurs de lait de vache de la crise est revenu en boucle dans la bouche des 70 producteurs réunis devant la préfecture lundi 18 juillet en soirée, quelques heures après l’annonce du conseil européen de l’agriculture d’un nouveau plan de soutien. Sur les 500 millions d’euros annoncés, 150 millions sont réservés à la limitation de la production laitière.

«Cette mesure communautaire doit être mise en œuvre immédiatement. Son impact doit être évalué rapidement pour apporter les ajustements nécessaires», a réagi Dominique Fayel, président de la FDSEA. Car cette enveloppe ne permet de couvrir que l’équivalent de 0,7% de la production européenne alors qu’en deux campagnes cette dernière a augmenté de 8,5% ... ! «Nous avons besoin d’une phase de régulation de la production pour retrouver l’équilibre sur les marchés et donc du prix dans nos fermes», a martelé le responsable professionnel.

Les 350 millions d’euros complémentaires sont destinés aux Etats membres (50 millions d’euros pour la France) et pourront être complétés par des fonds nationaux. «Nous demandons à ce que l’Etat double cette enveloppe afin de permettre un assainissement des marchés et une amélioration de la situation des exploitations», a ajouté Dominique Fayel.

Un grand pas vers la maîtrise

Cette nouvelle série de mesures est un «grand pas vers la maîtrise de la production», pour Michaël Chavatte, président de la section bovins lait FDSEA et de la FRPL Sud-Ouest. «Il faut savoir que ce n’était pas gagné d’avance, ces mesures sont le résultat d’un travail de longue haleine des responsables professionnels. Il nous a fallu deux ans pour retourner les mentalités à Bruxelles et faire comprendre que la sortie des quotas allait indéniablement bouleverser le marché au détriment des producteurs».

Pour autant rien n’est gagné, Michaël Chavatte comme les 70 agriculteurs réunis à Rodez, milite pour une mise en place rapide et efficace des nouvelles mesures notamment de maîtrise de la production. «Tout peut aller très vite, ne serait-ce que si l’on baisse la production de 1% en Europe. Il faut garder le moral !», a-t-il encouragé. L’autre grand défi selon lui, est le soutien renforcé aux zones difficiles comme le bassin de production du Sud-Ouest où l’on ne peut pas faire autre chose que de l’élevage. «Le combat n’est pas fini !».

Et Germain Albespy, co-président de JA Aveyron de renchérir : «Il ne faut pas y aller par quatre chemins, le mot d’ordre c’est la maîtrise tout de suite pour un retour rapide sur nos fermes, les producteurs de lait et en particulier les jeunes l’attendent depuis trop longtemps !».

Maintenir la production sur les territoires

La maîtrise de la production est en effet pour les responsables professionnels, la «seule vraie mesure efficace pour retrouver du prix». Mais aussi pour garder des producteurs et de la production laitère sur des zones difficles comme le bassin aveyronnais. «Nous sommes venus dire au Préfet que notre territoire ne veut pas perdre sa production laitière. Nous avons insisté sur l’enjeu du maintien de notre économie laitière dans le département alors que la collecte a baissé ce printemps et que les installations laitières reculent», avance Germain Albespy. Sans compter l’impact négatif sur les marchés de viande bovine. «La priorité est de retrouver un équilibre du marché pour retrouver de la valeur dans nos productions et dans nos exploitations», poursuivent la FDSEA et les JA. D’où ce rassemblement devant la préfecture pour maintenir la pression sur le ministère de l’agriculture et montrer la détermination d’un territoire de sortir de la crise. «Il en va de l’avenir de nos filières et de nos campagnes !».

La profession espère que les autres Etats membres respecteront cette même politique de maîtrise des volumes pour un rétablissement du marché.

Eva DZ

09 juin 2016

Rencontre avec les parlementaires : FDSEA et JA dénoncent «une situation intenable»

En réponse au mot d’ordre national de la FNSEA, FDSEA et JA de l’Aveyron ont rencontré les parlementaires du département, lundi 6 juin, afin de les alerter, une nouvelle fois, sur la situation intenable vécue par les agriculteurs et proposer des solutions pour sortir de la crise.

«L’actualité change mais les problèmes agricoles n’ont pas disparu !». Les semaines passent mais la crise continue de s’installer dans les exploitations agricoles. Pour dénoncer ce «trop-plein de soucis», la FNSEA a lancé un appel à mobilisation des départements auprès des parlementaires afin de faire remonter leurs difficultés et trouver des solutions de sortie de crise.

L’Aveyron a bien sûr suivi le mot d’ordre en invitant pour une réunion de travail, lundi 6 juin, ses élus. Etaient présents Arnaud Viala, André Raynal, représentant Yves Censi et Alain Marc. Jean-Claude Luche et Marie-Lou Marcel, excusés, seront rencontrés prochainement.

«Nous avons balayé tous les sujets d’actualité», a résumé Dominique Fayel, président de la FDSEA, entouré des membres du bureau et de Germain Albespy, co-président de JA 12. Au premier rang desquels, la mise en œuvre du plan d’urgence dans le département et la PAC. «L’application de la PAC n’a jamais aussi été catastrophique que cette année puisque les agriculteurs n’ont toujours pas reçu la totalité des paiements de leur déclaration de l’année 2015 ! C’est une aberration !», dénoncent les responsables professionnels. «Il faut savoir que les pouvoirs publics n’ont pas fini de compter le nombre d’hectares et de vaches éligibles pour 2015 ! C’est clairement le bordel !», argue Dominique Fayel. Une situation intenable qui vient s’ajouter aux difficultés conjoncturelles de nombre de filières de production.

FDSEA et JA sont également mobilisés sur des sujets structurels et se veulent force de propositions. «Sur le lait de vache, il n’y a pas d’autre solution que la régulation volontaire par les Etats membres moyennant des compensations», avancent les responsables. Parce que cette crise du lait a des impacts sur d’autres productions comme la viande bovine et peut-être demain le lait de brebis.

La piste de la restauration collective

Plusieurs chantiers ont été évoqués devant les parlementaires comme l’ouverture à la restauration collective : «Ce secteur réalise 68 milliards de chiffre d’affaires dont un tiers concerne la restauration collective publique (écoles, hôpitaux, collectivités,...). Les agriculteurs français ont une place à prendre sur ce marché surtout quand on sait que les deux tiers du marché sont issus d’importations ! Sachez qu’en Allemagne, c’est l’inverse?! Les collectivités doivent prioriser les produits d’origine France, c’est presque un devoir !», ont lancé les responsables professionnels. «A nous de conquérir ce segment de marché !».

FDSEA et JA se battent également pour redonner de la valeur au prix et offrir une meilleure répartition de cette valeur dans la chaîne alimentaire. «Cela passe par une révision de la LME. La loi Sapin se penche justement sur les négociations commerciales». Et les responsables d’interpeller les parlementaires, directement concernés : «Nous devons profiter de cette occasion, à travers cette loi, pour rééquilibrer le rapport de force dans les négociations commerciales».

Rééquilibrer les négociations commerciales

«Et si, pour l’instant, le contrat tripartite entre producteurs, transformateurs et distributeurs est loin d’être acté, nous resterons mobilisés pour que les producteurs retrouvent de la valeur sur leurs prix tout en ne lésant pas les consommateurs», ont réaffirmé FDSEA et JA. Ils en sont persuadés, les négociations commerciales sont le fond du problème.

Certes cette crise agricole n’est pas seulement entre les mains du gouvernement ou des parlementaires, les responsables FDSEA et JA en sont bien conscients mais ils sont «les garants des évolutions réglementaires nécessaires pour accompagner l’agriculture dans ses évolutions». Les élus présents ont en effet réaffirmé leur soutien aux agriculteurs du département, promettant de les appuyer sur de nombreux sujets, au plus haut niveau de décision.

Une démarche reprise dans tous les départements de France, qui, les responsables professionnels l’espèrent, contribuera à maintenir la pression !

Eva DZ

26 mai 2016

Jeunes Agriculteurs Aveyron : le Forum des filières présenté à Paris

Jeunes Agriculteurs Aveyron a été invité à participer à une journée débat organisée mardi 17 mai à Paris par l’Institut de l’élevage sur l’attractivité des métiers de l’élevage. Mathilde Calmels, co-responsable du groupe installation JA, y a présenté le Forum des filières qui recrutent.

Cette action a été lancée par les JA de l’Aveyron en 2015, en partenariat avec le Conseil Départemental, le lycée La Roque et un large panel de filières du département. Après le franc succès de la première édition, l’opération a rassemblé, le 24 mars 2016 dans le gymnase du lycée La Roque, pas moins de 180 élèves de l’enseignement agricole venus rencontrer une douzaine de filières essentiellement d’élevage.

Un éventail de possibilités

Par petits groupes, chaque élève a pu en une journée échanger avec un maximum de représentants, professionnels et administratifs, des différents débouchés que le département peut offrir à des futurs éleveurs. Ainsi les filières laitières ont pu mettre en avant leur remarquable diversité, avec la présentation des trois élevages : ovin, caprin et bovin, ainsi que le panel possible des marchés entre circuit conventionnel, fromages sous AOP ou encore Agriculture Biologique. La viande n’a pas non plus été en reste avec la présence de toutes les filières bovines et ovines sous Label Rouge et IGP. Des élevages moins conventionnels mais tout autant en recherche de producteurs étaient aussi au rendez-vous, tels que les filières porc et lapin. Deux stands sur l’installation étaient aussi proposés aux jeunes participants. Leurs objectifs : démonter les a priori et présenter les démarches administratives.

L’attractivité : un enjeu majeur de l’élevage

Fiers de cette action et dans une logique de promouvoir le renouvellement des générations d’éleveurs, les JA 12 ont eu le plaisir de participer à la journée organisée à Paris sur l’attractivité des métiers de l’élevage. Ce grand débat s’inscrit dans la réflexion que mène l’Institut de l’élevage, avec le soutien du Conseil national de l’élevage (CNE) pour mettre en avant les atouts majeurs de l’élevage français et palier la crise des vocations qui se fait sentir sur le cheptel national. Basée sur des témoignages et des échanges entre acteurs, la journée s’est déroulée en deux temps.

La matinée a été consacrée à un état des lieux des enjeux à travers des regards croisés de différents secteurs d’activité et de pays. Après une présentation générale assurée, entre autres, par l’Institut et Michèle Boudouin, présidente de la FNO, différents intervenants ont témoigné. Parmi eux des représentants des métiers de la boucherie, des vétérinaires ruraux, mais aussi une éleveuse néerlandaise, ainsi que le conseiller agricole de l’ambassade d’Irlande à Paris.

Les acteurs nationaux et locaux, dont JA Aveyron, ont pris la parole tout au long de l’après-midi répartis en trois ateliers sur l’image du métier, les conditions de son exercice et de son accès. Au total 24 intervenants ont été mobilisés, professionnels ou administratifs, mandatés par des structures très diverses : interprofessions, associations de producteurs, administrations, organismes économiques, de service ou encore de recherche. A travers tous ces témoignages, l’objectif est de dégager les éléments qui concourent à la réussite du métier d’éleveur : concilier ses envies avec les conditions d’exercice du métier ; allier conditions de vie et conditions de travail ; s’insérer dans la société en étant fier de son activité.

Un déficit en image à combler

Pour Mathilde Calmels, qui est intervenue à Paris, «cette journée a été très enrichissante en termes d’échanges sur ce qui se fait en France et à l’étranger. Cela fait toucher du doigt la vision du métier ailleurs qu’en Aveyron. Et on s’aperçoit qu’en France, globalement, on souffre d’un sérieux déficit d’image ! Par contre les interventions des personnes d’origine néerlandaise et irlandaise ont montré que, dans ces pays, le gouvernement et la population soutiennent fortement l’activité d’élevage. Les échanges de l’après-midi ont exposé un panel de projets en matière de communication et de démarches de soutien, technique et économique, à l’installation des jeunes, notamment par certaines filières.

Les thèmes choisis pour les trois ateliers reflètent bien les axes que nous suivons en Aveyron. Cela conforte l’action du groupe installation JA ! La présentation de notre Forum des filières qui recrutent a permis d’afficher le dynamisme qui anime l’Aveyron, où toutes les forces vives se rassemblent pour concrétiser les projets. Ce n’est malheureusement pas le cas partout. Certes les problématiques sont les mêmes mais les moyens de mise en œuvre ne sont pas forcément au rendez-vous. Nous sommes donc conscients de la chance que nous avons. Pourvu que cela dure car des nouveaux projets, nous en avons !».

B. CAREL

26 mai 2016

Anciens exploitants FDSEA et retraites : une pétition nationale qui marche !

«La traversée des campagnes de France» lancée par les anciens exploitants FDSEA de l’Aisne, a fait étape mardi 24 mai à Rodez. Objectif : collecter un maximum de pétitions signées en faveur d’une retraite agricole à 85% du SMIC, destinées au Président de la République. Les Aveyronnais ont signé en nombre.

Ils ont quitté Soissons, au nord-est de Paris, mardi 17 mai et finiront leur «traversée des campagnes de France» plus bas, dans les Pyrénées-Orientales samedi 28 mai. La section des anciens exploitants FDSEA de l’Aisne a en effet décidé de lancer une action nationale en faveur de la revalorisation des retraites, appuyée par des pétitions signées par les retraités agricoles, demandant 85 % du SMIC. Les anciens agriculteurs de l’Aisne traversent ainsi un département chaque jour à pied, pour collecter les pétitions, avec l’aide des sections départementales des anciens FDSEA respectives.

Soixante marcheurs

Une trentaine de marcheurs de l’Aisne étaient accompagnés ce mardi par autant de retraités de l’Aveyron emmenés par la section des anciens exploitants FDSEA, pour une marche entre le château d’Is à Onet-le-Château et la cathédrale de Rodez. Soit environ 11 km, après le pique-nique partagé en commun, réunissant 80 personnes et organisé par la FDSEA de l’Aveyron avec l’appui de partenaires.

Le convoi identifié «FNSEA, FDSEA Aisne-FDSEA?Aveyron», avec des tracteurs, un bidon de lait accroché derrière une carriole, frottant bruyamment sur la chaussée, est passé devant la Maison de l’agriculture vers la place d’Armes, au pied de la cathédrale de Rodez. Le groupe de l’Aisne et de l’Aveyron a entonné des chansons, sur un air des «Corons» arrangé avec des textes conclus par : «la retraite, c’est la misère, on réclame le pain qui nous est dû».

Les anciens, toujours en forme malgré la marche, ont répété qu’ils «touchaient 40% de moins que la moyenne des retraités français», comme l’a souligné Marcel Decorte, président de la section des anciens exploitants FDSEA de l’Aisne. «Après une longue vie de labeur, nous méritons autant de considération que tout autre retraité !», a-t-il lâché.

«Une belle leçon de syndicalisme !»

La section des anciens exploitants de l’Aveyron s’est jointe à cette marché nationale avec entrain : «nous remercions les anciens de l’Aisne d’avoir organisé cette traversée des campagnes de France», a déclaré Michel Fau, au nom de la section FDSEA.?«Votre initiative est courageuse et nous y participons avec nos nombreuses pétitions collectées au sein de notre réseau. Vous nous avez donné une belle leçon de syndicalisme !».

Les anciens de l’Aisne étaient déjà partis avec «un millier de pétitions signées», rapporte Marcel Decorte, et d’ajouter, «avec celles collectées depuis mardi, plus celles de l’Aveyron et des derniers autres départements, nous devrions en rassembler des milliers au total, que nous allons adresser au Chef de l’Etat, en lui demandant une entrevue le plus vite possible». A noter que les anciens de l’Aisne envoient, chaque jour, une carte postale du département traversé à l’Elysée.

«Les oubliés de la Nation»

Michel Fau a précisé que «cette marche était aussi l’occasion de discuter en chemin avec chaque collègue agriculteur retraité. Nous avons tous le sentiment d’être les oubliés de la Nation. Avec également un sentiment d’injustice par rapport au travail que nous avons fourni pour nourrir les gens. On a hélas oublié de nous dire merci ! Sachez que nous vous accompagnerons jusqu’au bout par la pensée», a confié Michel Fau.

Benoît Fagegaltier, secrétaire général-adjoint de la FDSEA, a salué l'initiative des retraités agricoles : «il est important que nous soyons tous là, ensemble, retraités et actifs. Nous savons que ceux qui profitent d’une belle retraite aujourd’hui ne seraient rien sans nous, et nos productions agricoles. La FDSEA de l’Aveyron est à vos côtés. Nous adhérons pleinement à votre constat de la situation. Nous espérons la situation s’améliore !».

Le groupe s’est ensuite réuni pour un pot de l’amitié à la Maison de l’agriculture à Rodez. Les anciens de l’Aisne ont été hébergés la nuit chez leurs homologues aveyronnais. Ils sont repartis vers le Tarn ce mercredi, puis l’Hérault jeudi, l’Aude vendredi, pour arriver samedi 28 mai à Lamanère, dans les Pyrénées-Orientales.

Didier BOUVILLE

14 avril 2016

Journée environnement de la FDSEA : pour que le bon sens paysan l’emporte

Près de 80 agriculteurs ont participé à la journée dédiée à l’environnement qu’organisait la FDSEA, jeudi 7 avril sur le Ségala. L’invité, Eric Thirouin, responsable du dossier environnement à la FNSEA, a apporté des éléments de réponse.

Faire avec les paysans et non contre eux ! Tel était le mot d’ordre de cette journée environnement à laquelle étaient conviés agriculteurs, administration et services techniques spécialisés. En évoquant pêle-mêle, les sujets d’actualité dans ce domaine : zones vulnérables, définition des cours d’eau, accumulation de normes, produits phytosanitaires,... l’objectif était bien de rappeler les efforts et les engagements des agriculteurs au quotidien dans le domaine environnemental. «Il ne s’agit pas de faire de l’écologie pour casser l’économie mais bien de travailler ensemble sur des solutions pragmatiques qui respectent notre savoir-faire», a précisé Thierry Contastin, co-président de la section environnement FDSEA. Pour autant, la bataille syndicale continue pour que les contraintes soient allégées sur les exploitations.

Changer la manière dont sont faites les normes

Et les mobilisations des agriculteurs portent leurs fruits comme l’a expliqué Eric Thirouin, responsable du dossier environnement à la FNSEA : «Suite à l’action du 3 septembre à Paris, le premier ministre avait fait de la simplification des normes, une priorité. La concrétisation a certes tardé un peu mais depuis le 23 mars, un comité de rénovation des normes a été installé. Son objectif : anticiper les nouvelles normes pour agir sur leur application et simplifier et mettre en cohérence les réglementations existantes. Notre victoire, c’est que les agriculteurs sont associés aux ministères concernés et aux pouvoirs publics pour prendre les décisions avec l’appui des instituts techniques. Cela prendra du temps mais nous sommes très satisfaits de cette consultation. C’est une victoire de fond sur la méthodologie de travail !».

La définition des cours d’eau clarifiée

L’autre dossier sur lequel les agriculteurs sont directement associés, c’est la redéfinition des cours d’eau. «Là encore nous avons multiplié les courriers au ministère, dénoncé les situations tendues dans certains départements car il y avait beaucoup trop d’inconnues sur la réglementation, les droits des agriculteurs. Et aucun texte de loi n’existait en la matière. Une clarification était nécessaire», a détaillé Eric Thirouin. La profession a donc proposé un texte retenant trois critères qui définiraient un cours d’eau : un débit suffisant au moins 6 mois dans l’année et une alimentation par une source et l’existence d’un lit naturel à l’origine. Un guide de l’entretien des cours d’eau a également été rédigé pour accompagner les agriculteurs (téléchargeable sur le site du ministère de l’écologie). «Chaque département s’est engagé à réaliser une cartographie de ses cours d’eau. L’idée est aussi de décliner le guide d’entretien au niveau local en adaptant les spécificités du territoire, en coordination avec l’administration», a encouragé Eric Thirouin.

Les premiers retours du travail de cartographie des cours d’eau en Aveyron, réalisé par les équipes locales de la FDSEA, lui ont été présentés par Laurent St Affre, secrétaire général. «Qui est plus légitime qu’un agriculteur pour travailler sur ce dossier?? Nous avons partagé nos relevés de terrain avec l’administration. Et nous avons comparé nos travaux et nos méthodes en réunion de travail mais aussi sur le terrain. Aujourd’hui, 10% du département est cartographié. Il y a encore des imperfections mais le travail continue».

«Dans la majeure partie des départements, les agriculteurs ont été associés et c’est une très bonne chose. On avance mieux en travaillant tous ensemble plutôt que les uns contre les autres ! Cette méthode de travail a permis de renouer le dialogue», appuie Eric Thirouin qui a ajouté qu’une charte du contrôle de la police de l’eau et de la nature était également en cours d’élaboration sur les droits et devoirs du contrôleur et du contrôlé.

Zone vulnérable : des avancées

«Sans l’action syndicale, les deux tiers des surfaces en Aveyron auraient été interdites à l’épandage !». Le dossier des zones vulnérables est épineux et sensible. Le combat n’est pas terminé. Pour autant, quelques acquis sont à souligner : l’autorisation d’épandage si des bandes enherbées de 5 m sont installées le long des cours d’eau, la possibilité d’épandre dans les pentes, la réduction du stockage au champ de 10 à 9 mois et un couvert d’herbe sous le tas de fumiers compacts pailleux après 2 mois sous les animaux.

Restent deux points noirs : l’interdiction d’épandage sur les sols enneigés, gelés, en gel et en dégel et l’allongement de 15 jours à 1 mois des périodes d’interdiction d’épandage pour les engrais minéraux sur les prairies en zone de montagne. «Sur ce dossier, une consultation publi-que est lancée jusqu’au 25 avril. Je vous recommande d’y répondre, d’y participer pour améliorer le texte et avancer des arguments qui nous serviront pour les négociations à venir», a encouragé Eric Thirouin.

La FNSEA est également mobilisée pour l’octroi de soutiens aux éleveurs dans la mise aux normes. «Dans le contexte actuel, il est tout simplement impossible pour les éleveurs, en particulier laitiers et de porcs, d’investir dans le stockage des effluents. Ce n’est pas réaliste et pas raisonnable économiquement ! Il nous faut un délai pour les financements et la mise aux normes», a dénoncé Dominique Fayel. Une action en justice est toujours en cours pour le bassin Adour-Garonne.

Eric Thirouin a précisé la mise en place d’un grand travail baptisé «Nitrates autrement», dans lequel quatre départements de France travaillent en concertation avec des instituts techniques et l’administration «pour appliquer le bon sens paysan dans les techniques et pratiques».

Communiquer sur la réalité des pratiques

Un bon sens qui prévaut aussi en Aveyron quant à l’utilisation des produits phytosanitaires. Eric Thirouin est alarmiste sur le sujet?: «On se dirige vers une interdiction pure et simple de phytos comme nous l’avons vécue pour les OGM et pourtant on continue d’importer des produits OGM consommés en France ! C’est là toute l’incohérence des décisions politiques ! C’est ce que les arboriculteurs sont en train de vivre avec l’interdiction du diméthoate, seul moyen de lutte efficace contre la Drosophila Suzukii qui ravage les vergers de cerisiers. Même chose pour les néonicotinoïdes. Et demain ce sera le Round up, le glyphosate,... Sans compter les émissions télévisées souvent à charge ! Alors que la France a réduit son utilisation de phytos, pointant au 9e rang des utilisateurs à l’échelle européenne après le Portugal, les Pays-Bas,... Nous sommes là encore confrontés à une distorsion de concurrence, inacceptable, inadmissible !», a dénoncé le responsable national. La France propose un certificat d’économie de produits phytos pour encourager et faire reconnaître les efforts des agriculteurs. «Ce sujet est devenu sociétal, nous ne devons pas non plus hésiter à communiquer sur nos pratiques pour montrer la réalité», a incité Eric Thirouin.

Un discours que les responsables ont mis en pratique l’après-midi même sur une exploitation de Baraqueville, auprès des médias locaux.

Eva DZ

25 février 2016

Jeunes Agriculteurs Aveyron et installation : où en est-on ?

A l’occasion de la semaine nationale du renouvellement des générations d’agriculteurs (RGA), Jeunes Agriculteurs Aveyron a organisé, vendredi 19 février, une rencontre avec Jean-Claude Anglars, vice président du Conseil départemental et président de la commission de l’attractivité, des territoires, de la ville, de l’économie, du tourisme et de l’agriculture. Ensemble, ils ont fait le point sur la situation actuelle et ont échangé sur les perspectives d’avenir.

La rencontre a été organisée sur une exploitation qui a vu l’installation de pas moins de 3 jeunes agriculteurs le 1er janvier 2016. Vincent et Pascal, les deux frères, et Eric Laurens, leur cousin, ont en effet repris en même temps le Gaec familial situé à Clairvaux. Sous la marque «Domaine Laurens», ils produisent du vin rouge et rosé, en AOP Marcillac, ainsi que du blanc en IGP vin de l’Aveyron. Les Laurens sont aussi éleveurs de vaches limousines en sélection. Ils commercialisent les veaux en broutards et les vaches en filière Label Rouge Blason Prestige. «Nous avons décidé de nous installer en même temps pour être sûrs de bâtir un projet commun», explique Vincent Laurens. «Les aides (dotation jeunes agriculteurs et prêts bonifiés, ndlr) ont servi au rachat de l’entreprise à nos parents. Nous prévoyons aussi d’investir dans du renouvellement de matériel et de la plantation de vigne». En effet la production viticole est à flux tendu, pour preuve l’épuisement des millésimes 2014 du domaine.

1 installation pour 2,3 départs

«Alors que nous enregistrons 1 installation pour 2,3 départs, la reprise du Gaec Laurens avec le maintien de 3 actifs est un bel exemple de réussite !», commente Sébastien Granier, président de Jeunes Agriculteurs Aveyron.

Même si l’Aveyron reste dans les 10 premiers départements en nombre d’installations -avec une moyenne de 120 par an sur les 5 dernières années-, les départs en retraite sont loin d’être compensés. «Il en résulte un agrandissement remarquable des exploitations, associé à une pénurie de main d’œuvre qui se fait sérieusement sentir. La résultante en est l’abandon des terres les moins productives, et ainsi l’enfrichement, soit la fermeture des espaces et des paysages», s’inquiète Sébastien Granier.

Zoom sur 2015

En 2015, l’Aveyron a enregistré 98 installations aidées, c’est-à-dire que les jeunes ont bénéficié de subventions publiques et d’un accompagnement technique. «Nous sommes en-dessous de la moyenne car la délégation de compétence dans l’instruction des dossiers de l’Etat vers les régions a entraîné de lourds retards administratifs. Les premiers dossiers n’ont ainsi pas été validés avant le mois de mai !», regrette le président des JA.

En terme de profil, les nouveaux agriculteurs aveyronnais sont assez fidèles aux statistiques nationales : l’âge moyen au moment de l’installation est de 28 ans ; 71 % s’installent en société ; 18 % sont des filles ; 36 % ont au moins un niveau BTS ; 18 % s’installent en dehors du cadre familial. Les trois productions principales bénéficiant le plus du renouvellement restent les bovins viande, suivis des ovins lait, puis des vaches laitières. Par ailleurs l’Agriculture biologique continue sa progression, séduisant 17 % des nouveaux installés.

Pour un accompagnement plus efficace

A travers la rencontre au Gaec Laurens, les JA ont souhaité interpeller les élus, sur la nécessité de soutenir le renouvellement des générations d’agriculteurs. «Les collectivités sont garantes de la dynamique de leur territoire. Elles doivent par conséquent s’investir dans le maintien des actifs agricoles. Cela peut se faire par des fonds de garantie, des aides à l’investissement, ou encore de la mise à disposition de foncier», revendique Sébastien Granier. «Des jeunes qui souhaitent s’installer, il y en a plein ! L’aboutissement de leurs projets doit être l’affaire de tous, malgré les investissements considérables que cela demande parfois».

En outre, les JA souhaitent que le dispositif d’accompagnement à l’installation soit plus attractif. «Au niveau national, 95 % des installations aidées sont péren-nes. Le dispositif d’accompagnement est un gage de sécurisation des projets. Cependant, les longueurs et complexités administratives sont encore trop pesan-tes. Les élus régionaux doivent nous aider à avancer sur ces contraintes», explique le président de JA Aveyron. «Le réseau JA travaille aussi à la réforme du système des prêts bonifiés, obsolètes aujourd’hui au regard de la souplesse d’investissement revendiquée par les futurs agriculteurs», ajoute-t-il.

Quel rôle pour le département demain ?

Jusqu’à la réforme territoriale, le Conseil départemental était un acteur majeur dans le maintien d’une agriculture dynamique. Jean-Claude Anglars a partagé sa vision de l’avenir dans le contexte du transfert de la compétence économique au Conseil régional. «Avec la réforme, nous n’avons plus la possibilité de soutenir directement l’économie du département. C’est pourquoi nous sommes contraints de cesser de verser l’aide directe aux porteurs de projet (de 500 à 1 500 euros, ndlr)».

Toutefois, le vice-président assure la continuité du programme s’intitulant «Un territoire, un projet, une enveloppe» (TPE). Ce dispositif a pour objectif de faire émerger des projets de développement dans des territoires ou des filières ciblés. «Le TPE a été conçu pour que les territoires soient eux-mêmes moteurs dans l’émergence de projets. L’agriculture est notre point de départ pour recréer de l’initiative locale. Les périmètres d’actions peuvent être à l’échelle de la Communauté de communes. Après une phase de diagnostic, appelée «agriculture à la loupe», suivie de l’élaboration d’un plan d’actions, le Conseil départemental intervient en soutenant l’investissement nécessaire à la réalisation des projets». Pour exemple, l’élu évoque la relance de la filière Bleu des Causses dans la Vallée de l’Aveyron, ou encore le partenariat avec le syndicat des vins pour soutenir l’investissement en viticulture.

Par ailleurs, Jean-Claude Anglars évoque d’autres leviers de soutien à l’agriculture départementale, comme les actions de promotion du métier, en partenariat avec Jeunes Agriculteurs, ou l’incitation à consommer local dans la restauration des établissements scolaires et, en projet, dans les maisons de retraites. «Nous travaillons aussi en collaboration avec la Chambre d’agriculture, pour porter nos propositions de développement au sein du Conseil régional, sans attendre que la région s’intéresse à notre agriculture», annonce-t-il.

B. CAREL

11 février 2016

Action SNA FDSEA-JA : un emballement administratif intolérable

Vendredi 5 février, plus d’une centaine d’agriculteurs de la FDSEA et de JA Aveyron, se sont donnés rendez-vous devant les grilles de la DDT pour exprimer leur intense colère devant la nouvelle formalité administrative relative aux surfaces non agricoles (SNA).

«Habituellement mon bureau c’est le plateau de Golinhac. A cause de cette nouvelle aberration administrative j’ai passé 8 heures dans 4 m2. Ce n’est pas ça mon métier !». Voici ce qu’est venu clamer à la DDT, Christophe Pages, un des nombreux agriculteurs qui s’est retrouvé abasourdi devant une liste interminable de plusieurs centaines de SNA. Cette liste il l’a physiquement confiée à Marc Tisseire, le directeur, Joël Vidier chef du service agriculture, et à son adjointe Christelle Alauzet, spécialiste de la PAC : «2,7 kilos de papier, 4 heures d’impression et deux nuits sans sommeil», de l’aveu de l’éleveur.

Communication inexistante

Ce nouvel imbroglio administratif vient alimenter le ras-le-bol déjà bien présent des agriculteurs. Comme le souligne Dominique Fayel, «cela fait deux années successives qu’on nous fait redessiner des contours, dans un souci de précision. Les agriculteurs s’y sont en majorité pliés avec application. Soudain on nous sort ces SNA, surfaces non admissibles mais admissibles quand même pour certaines... Nous n’y comprenons plus rien !».

Par ailleurs, les manifestants ont souhaité souligner le traitement médiocre qui a été appliqué à ce dossier : contours mal tracés, nature des SNA erronées, délimitation de cours d’eau inexistants... S’ajoute à cela une communication inexistante de l’administration envers les agriculteurs. Il n’est donc pas étonnant que la grogne se soit vite répandue dans les exploitations, au fur et à mesure que les agriculteurs découvraient sur Télépac cet inventaire à la Prévert.

«L’exercice est compliqué»

Côté DDT, Marc Tisseire a affirmé comprendre que «l’exercice est compliqué». Il a rappelé que cette procédure de reconnaissance des SNA a été imposée par l’Union européenne, qui contestait le RPG français. Il s’est aussi montré rassurant, en certifiant que «beaucoup de SNA s’avèrent au final des surfaces admissibles». Il a conclu en garantissant que le travail de correction des SNA devrait être capitalisé pour la déclaration 2016, celle-ci pouvant opérer des rattrapages du RPG 2015.

«Les agriculteurs, en cette période de crise économique, attendent que l’administration prenne ses responsabilités et rectifie ce travail bâclé» a fustigé Dominique Fayel avant de laisser la place à la désileuse qui a expédié des monceaux de paperasse sur les grilles de la DDT.

B. CAREL

28 janvier 2016

Action FDSEA-JA : les éleveurs toujours sur le pont !

En Aveyron aussi, les éleveurs se sont mobilisés pour dénoncer une crise de l’élevage qui persiste dans toutes les productions agricoles. Ils étaient plus de 150 à bloquer lundi 25 janvier de 11h à 16h, le viaduc de l’Europe, à Bourran, à Rodez.

Comme un symbole, les éleveurs FDSEA et JA de l’Aveyron avaient choisi le viaduc de l’Europe pour dénoncer l’immobilisme du ministre de l’agriculture et de l’Europe à venir en aide à une filière de l’élevage en crise depuis de trop nombreux mois. «Le plan d’urgence n’a pas résolu la crise de l’élevage et cette crise s’aggrave même puisque de nouvelles productions, comme la filière palmipèdes, sont désormais concernées», a dénoncé Dominique Fayel, devant le blocage créé par quelques tracteurs et plus de 150 agriculteurs en colère, à Rodez.

Si un certain nombre de mesures ont été prises à travers le plan d’urgence et sont en cours d’application dans le département, six mois après son annonce, il reste encore insuffisant. «Sur la mesure de fonds d’allègement des charges (FAC), il reste encore 2 500 agriculteurs pour lesquels il n’y a plus de crédits ! Il faut des rallonges et vite !», a poursuivi le président de la FDSEA. Des enveloppes supplémentaires doivent être obtenues afin de pouvoir terminer le travail engagé sur le plan d’urgence pour l’élevage.

L’objectif de cette action était bien d’interpeller Stéphane Le Foll : «Le ministre de l’agriculture doit remplir sa part de travail», ont assuré les responsables FDSEA et JA. «Il doit entreprendre plusieurs actions qui sont de sa responsabilité ou de celle de Bruxelles, où il doit être influent, pour trouver les moyens de sortir de cette crise», ont-ils poursuivi, glissant au passage leur regret de voir leur ministre «passer plus de temps au gouvernement dont il est le porte-parole, que dans son ministère de tutelle».

FDSEA et JA exigent de Bruxelles, une véritable politique de régulation des productions dans un contexte de marchés saturés. Ils demandent la généralisation de l’étiquetage d’origine des produits alimentaires, bruts comme transformés, y compris dans la restauration hors foyer.

Sur le volet production, la Turquie ayant retrouvé un gouvernement, les éleveurs de broutards demandent la réouverture du marché avec ce pays, en panne depuis l’émergence de la FCO et pourtant porteur ! De même la profession souhaite la levée de l’embargo russe.

Distorsions de concurrence

FDSEA et JA demandent aussi que le ministre saisisse les instances européennes sur les distorsions de concurrence : «Nous faisons le constat chaque jour que l’agriculture française est en difficulté en raison de ses coûts de production, de main d’œuvre, ses réglementations bien plus sévères et élevées que chez nos voisins», dénoncent-ils. Et la France doit mettre un terme au dérapage continu des charges trop élevées.

«Certains de nos voisins européens ont mis en place un fonds d’accompagnement pour les éleveurs, alimenté par la grande distribution et parfois aussi par la restauration hors foyer. Les Belges, les Hollandais, les Allemands l’ont fait, pourquoi pas nous !», ont interpellé les responsables professionnels.

«Sur tous ces points, le ministre de l’agriculture français peut influer et faire bouger les choses, il en va de l’avenir de l’élevage en France», ont rappelé FDSEA et JA. C’est ce message qu’une délégation de responsables professionnels FDSEA et JA a porté devant le Préfet de l’Aveyron qui l’a reçue pendant l’action.

«Nous avons insisté sur le plan d’urgence. Chaque responsable de productions a pu rappeler les difficultés de son secteur», a précisé Dominique Fayel à l’issue de la rencontre. «Le Préfet nous a écoutés, il a dit qu’il porterait nos besoins sur le plan d’urgence ainsi que son soutien sur le dossier sécheresse du département présenté ce mercredi 27 janvier à la commission nationale», a avancé le président de la FDSEA. Satisfait de la mobilisation aveyronnaise, il a tout de même confié son inquiétude pour la suite.

Eva DZ

10 décembre 2015

Journée foncière JA : un mot d’ordre, l’anticipation !

Parce que lorsque l’on s’installe, la question de l’acquisition du foncier est primordiale et peut représenter un frein, les JA de l’Aveyron ont consacré, mardi 8 décembre, une journée à cette thématique en s’appuyant sur l’avis d’experts. L’objectif : faire rimer foncier et installation.

Plus que jamais le renouvellement des générations est la préoccupation majeure des JA. «Notre volonté est de maintenir un maximum de jeunes sur le territoire mais cela passe par un accès facilité au foncier», a introduit Sébastien Granier, président de JA 12. En s’appuyant sur les 127 propositions réunies dans le rapport d’orientation de JA national et visant à faciliter l’accès au foncier, les JA de l’Aveyron ont organisé une journée d’information ouverte à tous leurs adhérents pour parler de cette problématique avec des experts.

Guillaume Darrouy de JA Midi-Pyrénées et en charge à JA national du dossier foncier, Christian Lelièvre directeur de la SAFALT et Gérard Saby, président du comité technique pour l’Aveyron, Sylvie Pouget, juriste à la Maison de l’agriculture et Aline Rey, animatrice du Répertoire Départemental Installation ont expliqué les différents moyens d’accéder au foncier.

Acquisition progressive du foncier, achat, location, GFA,... des outils existent, ils sont parfois méconnus et c’est pour cette raison que JA 12 a tenu à les présenter.

Les SAFER, un outil professionnel pour les professionels

«Si nous ne sommes pas d’accord avec la politique de gestion des SAFER, nous devons nous y impliquer pour faire changer les choses ! Parce que les SAFER sont des outils créés par la profession et gérés par la profession et que nous devons garder cette gouvernance», a tenu à rappeler en préambule Guillaume Darrouy. La SAFALT (société d’aménagement foncier Aveyron, Lot et Tarn et le Tarn et Garonne à partir du 1er janvier), est informée de toutes les tran-sactions foncières. En Aveyron, la SAFALT représente 20% du marché du foncier. En 2014, elle est intervenue sur 2 500 notifications pour 7 500 ha, dans 250 opérations amiables pour 1 500 ha. Elle a aussi capacité à intervenir sur la vente de foncier pour une orientation en vue de la préservation des terres agricoles (25 préemptions). «Notre rôle est de peser, de réguler le marché et notre priorité est l’installation», a rappelé Christian Lelièvre. Puis viennent dans un deuxième temps, la restructuration foncière pour conforter les petites et moyennes exploitations et l’aménagement foncier.

Installer, c’est la priorité !

«Notre régulation se fait aussi par le prix», a ajouté Christian Lelièvre. Avec un contrôle des opérations foncières si le prix de référence est dépassé. «Nous nous posons la question d’une contre-offre à partir d’un prix dépassant de 30% la référence. Mais nous n’avons pas eu l’occasion d’intervenir souvent en Aveyron», précise le directeur de la SAFALT.

Contrairement à d’autres régions où la spéculation d’investisseurs extérieurs est forte comme en témoigne Guillaume Darrouy, agriculteur près de l’agglomération toulousaine : «Un des freins à l’installation c’est que l’acquisition de foncier n’est pas compensée par la rentabilité des prix des produits agricoles aujourd’hui».

Alors pour accompagner les candidats à l’installation dans l’acquisition de foncier, il existe le portage de foncier. Un outil soutenu par la Région Midi-Pyrénées et le Crédit Agricole, ouvert exclusivement aux hors-cadre familiaux. La Région finance les intérêts de stockage sur 7 ans. «C’est une idée porteuse à développer car elle permet de différer les investissements fonciers au moment de l’installation», explique Christian Lelièvre. Plusieurs dossiers de ce type ont été réalisés en Midi-Pyrénées. Pour prétendre à ce dispositif, le porteur de projet pendant son parcours à l’installation (dans le cadre d’une installation aidée), doit avoir une exploitation en vue. Le portage du foncier est envisagé et simulé lors de la présentation du plan d’entreprise à la banque. Puis un dossier est constitué et adressé au Conseil régional qui statue. Le critère de validation se base sur un point : sans le portage de foncier, l’installation n’est pas réalisable. Le dernier conseil d’administration de la SAFALT s’est engagé à créer un groupe de travail sur cet outil afin de faciliter son accès et son développement auprès des porteurs de projet. «Nous avons tout intérêt à travailler collectivement sur ce dossier», a renchéri Sébastien Granier.

Des outils au service des porteurs de projet

Plusieurs moyens d’accéder au foncier existent. Sylvie Pouget a ainsi expliqué le principe de la location, «un mode transitoire ou permanent d’accès au foncier».

Le contrôle des structures, un dispositif fort en Aveyron avec des seuils tenus qui va se régionaliser, permet également de réguler l’accès au foncier en favorisant toujours en premier l’installation. «Il faut avant tout instaurer un dialogue continu entre le propriétaire et l’acquéreur. Le lien est à la fois technique, juridique et psychologique, une notion à ne pas négliger pour que tout se passe le mieux possible et ce dans la durée», a avancé Sylvie Pouget. «Il faut se donner le temps de réfléchir au support d’exploitation dans la durée parce que c’est un projet de vie que l’on construit».

Le conseil à retenir pour un candidat à l’installation comme pour un cédant, c’est l’anticipation et la réflexion avant de se lancer. Les outils sont nombreux?: bail classique de 9 ans, à long terme (18 ans voire 25 ans),... Mais aussi le GFA, groupement de foncier agricole. Il s’agit d’une société de propriétaires qui confie l’exploitation du bien, par un bail par exemple, à un exploitant. Cela vaut également dans le cadre familial. «Le GFA permet l’acquisition progressive des parts pour devenir propriétaire sur la base d’un système équitable», détaille Sylvie Pouget.

Le dialogue, une clé de réussite

Enfin Aline Rey a expliqué le fonctionnement du RDI, répertoire départemental installation, qui met en relation les porteurs de projet en recherche d’exploitation et les cédants en recherche d’un repreneur. Aujourd’hui sous la compétence de la Chambre d’agriculture, cet outil accompagne les deux parties. En Aveyron, 250 candidats sont inscrits au RDI, il s’agit en majorité de personnes en reconversion professionnelle. «Ma mission est de les recevoir, d’établir un lien avec eux pour les mettre en relation avec les partenaires qui pourront les accompagner dans leur projet en particulier les centres de formation».

Une cinquantaine de cédants à la recherche d’un repreneur sont inscrits au RDI (environ 20 de plus par an). «Nous les orientons vers le conseil d’entreprise (Chambre d’agriculture ou CER), la SAFER pour l’expertise de leurs biens, les notaires pour le conseil juridique. L’objectif est de construire des projets cohérents et c’est pourquoi nous tenons à les construire ensemble pour faire correspondre les attentes de chacun et trouver un compromis en vue d’une cession - transmission réussie», affirme Aline Rey.

Parmi les candidats à l’installation, certains choisissent le CEFI, ce «contrat de parrainage» d’un an offre la possibilité au porteur du projet de travailler avec le futur cédant ou la personne qui recherche un associé sur l’exploitation qu’il a en vue. «C’est un outil intéressant qui permet de se donner le temps de travailler ensemble, de mieux connaître l’exploitation, de préparer son installation pour le porteur de projet et de préparer sa cessation pour le cédant», détaille Aline Rey. «Un outil que nous devons promouvoir auprès du plus grand nombre pour faciliter la mise en relation», a ajouté Sébastien Granier.

Car la solution d’un accès facilité au foncier passe par le dialogue, selon JA. «Echanger pour rassurer, démystifier et concrétiser les projets», a conclu Guillaume Darrouy.

Eva DZ

03 décembre 2015

FDSEA-JA : pour de nouvelles relations commerciales

La FDSEA et les JA ont organisé lundi 30 novembre au GAEC de St-Hubert à Luc-La Primaube une rencontre avec des responsables de grandes et moyennes surfaces (GMS) de l'Aveyron. Objectif : engager une réflexion pour de nouvelles relations commerciales plus saines, entre distributeurs et producteurs.

La finalité de la rencontre était d'échanger «entre responsables locaux de GMS et des agriculteurs sur la réalité concrète du métier d’éleveur au quotidien», à l’heure de la traite du soir, puis «d'engager une réflexion pour de nouvelles relations commerciales où le producteur serait davantage partie prenante de la stratégie commerciale et de la définition des prix», selon la FDSEA et les JA. La réunion s’est tenue en présence de responsables des sections spécialisées FDSEA, bovins et ovins lait et viande, porcins, caprins, sous la conduite de Dominique Fayel et de Sébastien Granier, respectivement présidents de la FDSEA et des JA.

Quatorze enseignes de la distribution étaient représentées : Leclerc (Sébazac, Onet-le-Château, et Villefranche de Rouergue), Géant-Casino (Onet-le-Château, Decazeville et Millau), Intermarché (Laissac, Bozouls, Pont-de-Salars) Super U (Olemps et Espalion), Promocash, Carrefour Market (Baraqueville et Réquista). Certaines s’étaient excusées : Leader Price, Lidl, Carrefour Market La Primaube et St Affrique. Les neuf responsables de GMS présents ont été accueillis sur la ferme bovins lait du GAEC Saint-Hubert rassemblant Laurent Bedel et sa mère. Sa fille Sarah a le projet de s’installer en 2016 et son jeune fils Kévin dans trois ans.

«Je ne dors pas tranquillement»

Le GAEC élève 100 vaches laitières (850 000 litres livrés à Lactalis), sur une SAU de 98 ha. Laurent Bedel a présenté les investissements récents, comme l’acquisition d’un roto de 25 places pour la traite, et plus anciens, la mise aux normes de bâtiments d’élevage réalisée en 2005. Le contexte du prix du lait actuel au plus bas n’est pas sans inquiéter l’éleveur : «je ne vais pas vous cacher que je ne dors pas tranquillement», a confié Laurent Bedel. «Depuis dix ans, j’ai mis beaucoup d’argent dans notre exploitation, sachant que ma fille Sarah est une passionnée du métier, et qu’elle a décidé de s’installer ici. Mais le prix actuel du lait ne permet pas de dégager du revenu, et l’avenir est très compliqué avec 275 euros/litres (selon les indicateurs du marché), alors qu’il faut plus de 340 euros/1 000 litres pour vivre. Il est donc urgent que les prix reviennent à la hausse !  Et partout, car aucune région de France n’est épargnée», dit Laurent Bedel.

«Nous n’avons rien à cacher»

Les représentants des GMS ont posé des questions sur les quotas laitiers, le prix de revient producteur, et répondu globalement qu’ils n’étaient pas responsables de la politique des prix bas imposée par les centrales d’achats. Certains estimant que la solution des prix incombait à l’Union européenne. Pour le lait de vache, Michaël Chavatte, également président de la FRPL, a rappelé les efforts de cet été de la part des distributeurs en matière de prix : «sur les 300 millions d’euros récupérés par la filière, les producteurs en ont obtenus 100. Mais 200 millions ont été perdus dans la filière...», a-t-il ironisé. Il a précisé que 60 % du lait français était destiné au marché intérieur, et que le prix mondial ne justifiait pas la tendance à la baisse.

Dominique Fayel a répété aux représentants locaux des GMS que l’Europe n’était pas responsable de tout : «vous êtes aussi des acteurs économiques et on s’adresse à vous comme des adhérents d’un réseau national qui peuvent porter des messages». «Nous n’avons rien à cacher sur nos marges, qui sont en moyenne autour de 10 % dans la grande distribution», a répondu un responsable GMS. «Nos conditions d’achat sont celles des distributeurs, et vous pouvez venir voir chez nous comment on travaille».

«Quand vous voulez, vous pouvez !»

Valérie Imbert, présidente de la section bovins viande FDSEA a évoqué la difficulté du secteur, avec des indices de prix et de coûts de production très éloignés. Dominique Fayel, également administrateur FNB, dénonçant la dominance de l’abatteur Bigard sur le marché, «avec le contrôle de 40 % du secteur de l’abattage et 70?% de celui du steak haché». Daniel Lacroix, président de la section porcine FDSEA, est lui aussi revenu sur les dernières actions syndicales et leurs effets : «quand vous voulez, vous pouvez !», a-t-il lâché à propos des opérations commerciales en faveur du porc montagne ou local. Dominique Fayel soulignant les effets positifs pour les producteurs à ne pas multiplier les promotions sur la viande porcine.

En ovins viande, Jean-François Cazottes, responsable de section FDSEA, a critiqué «ceux qui ne mettaient pas en avant l’agneau local de qualité ou made in France». Jean-Pierre Verlaguet, délégué régional FDSEA Millau, fustigeant ensuite «le Roquefort vendu à 10 euros/ kilo, moins cher que celui acheté par les producteurs à leur propre laiterie !». Enfin, Joël Mazars, président de la section caprine FDSEA, a parlé des années de crise de la production, laquelle renoue aujourd’hui avec des indicateurs économiques positifs : «quel que soit le niveau de la crise de nos productions, nous sommes contraints de produire, vu le niveau des investissements engagés, comme c’est le cas ici, en lait de vache. Nous travaillons sur un fromage de lait de chèvre avec une identité aveyronnaise, et on compte sur vous, les GMS locales, pour accompagner cette démarche !». Laurent St-Affre, secrétaire général FDSEA et éleveur allaitant, a de son côté dénoncé les normes imposées aux agriculteurs français et le coût de la main d’œuvre.

«Les échanges sont toujours constructifs»

Pour Fabrice Delnaud, responsable du magasin Carrefour de Baraqueville, cette rencontre avec les éleveurs est jugée «positive». Il ajoute : «cette initiative était nécessaire et j’invite les producteurs à venir voir chez nous comment on travaille», insiste-t-il. «Les échanges sont toujours constructifs. Nous sommes d’accord sur ce que nous pouvons faire localement et sommes favorables à une meilleure valorisation des prix producteurs.?Le désaccord et le conflit n’aboutissent à rien. Cette réunion permet de nous connaître et j’aime ce type de débat constructif !».

Pour Dominique Fayel, le bilan des échanges est positif : «nous ne pouvons pas être dans le conflit permanent avec les GMS. Nous voulons aussi des relations plus stables, plus sereines. Il est possible d’associer les éleveurs dans l’acte commercial, en prenant en compte nos prix producteur. On veut aussi vous faire comprendre que la guerre des prix met tout le monde sous pression, et qu’elle est à mon avis responsable en partie de la désindustrialisation de notre pays. Que ferez-vous quand personne ne pourra acheter vos produits ? Sur le plan national, vous pouvez faire passer ce message. Le premier indice sera pour nous d’observer le résultat des négociations sur les prix prévues début 2016. Vous êtes des prescripteurs et vous avez du pouvoir. Utilisez-le !», a conclu Dominique Fayel, ajoutant que la rencontre initiée par la FDSEA et les JA «était à renouveler».

Didier BOUVILLE

17 septembre 2015

Section ovins viande FDSEA : soutenir l’agneau français

Le conseil d’administration de la section ovins viande de la FDSEA a fait sa rentrée mardi 1er septembre, sur fond d’actions syndicales en faveur de l’origine des viandes. La section a ainsi rencontré la DDCSPP, ainsi qu’Arcadie, pour échanger sur ce sujet. Cette journée a été suivie d’une réunion du Comité Bassin ovins viande de la Chambre d’agriculture, vendredi 11 septembre.

«Les actions dans les GMS portent leurs fruits mais il ne faut pas que ce phénomène soit un feu de paille». C’est en ces termes que Jean-François Cazottes, président de la section FDSEA et membre du bureau de la FNO, commente les derniers repérages dans les grandes surfaces ruthénoises, qui semblent actuellement ne proposer que de l’agneau français. «Nous devons maintenir la pression. Il ne s’agit pas d’y aller en nombre, mais régulièrement. La grande distribution déteste la mauvaise publicité», poursuit-il. Il tient à remercier, de la part de la FNO, tous les éleveurs ovins qui ont participé aux côtés des autres filières d’élevage.

Au niveau de la conjoncture, la consommation poursuit sa lente érosion avec une baisse de 5% au premier trimestre, par rapport à l’an dernier. Néanmoins les importations ont diminué de 7 % alors que l’exportation d’ovins français en gagne 5, notamment vers les pays du Maghreb. De plus, les effectifs déclarés lors de la demande d’aide ovine, montrent que la baisse tend à se stabiliser. «Le nombre de brebis augmente même dans les régions PACA et Poitou-Charentes. En Aveyron, 2014 a vu la perte de 6?000 brebis, ce qui n’est pas énorme comparé aux années précédentes», commente Jean-François Cazottes. Edith Bonnefous, présidente du Comité bassin de la Chambre d’agriculture, confirme même que «de nouveaux éleveurs arrivent».

Un compromis européen difficile

La section a ensuite rencontré Yves Coche, directeur départemental de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), accompagné de Jean-Louis Lavie, chef du service de la protection du consommateur. Ensemble, ils ont exposé la réglementation européenne en vigueur concernant l’étiquetage de l’origine des viandes. En préambule, Yves Coche a rappelé que les exigences, en matière de traçabilité de la viande bovine, proviennent du début des années 2000, en réaction à la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dite maladie de la vache folle. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui la réglementation est plus stricte sur la viande bovine qu’en filière ovine, porcine, ou volaille.

«Il faut bien prendre en compte que le texte européen imposant l’obligation d’étiquetage des viandes ne date que du 1er avril 2015», précise le directeur. «C’est un texte de compromis car, sur le sujet, les attentes sont très divergentes selon les pays de l’Union européenne». En bref, concernant la viande bovine, il est obligatoire de mentionner le pays de naissance, d’abattage et d’élevage. Si ces trois étapes sont réalisées dans le même pays européen, on peut apposer la mention «origine» suivie du nom du pays, «origine France» par exemple. La mention «origine UE» n’est plus admise. Cette réglementation est valable dans tous les circuits de commercialisation (GMS, boucheries, restaurants, etc.).

En ovin, porc et volaille, la réglementation est plus en retrait. La mention obligatoire d’origine ne prévoit que le pays d’élevage et d’abattage. Par contre, l’utilisation de la mention «origine France» doit inclure le pays de naissance, comme en bovin. La réglementation ne couvre que le frais, le surgelé ou le congelé vendu en grandes surfaces. Si l’animal a traversé plusieurs pays, on peut trouver les mentions «différents pays de l’UE», ou «différents pays hors UE». Néanmoins, «la plupart du temps les agneaux en provenance de Nouvelle Zélande ou d’Australie, sont étiquetés comme tels», rassure Jean-Louis Lavie. Il expli-que ensuite que la viande provenant de l’extérieur de l’Union européenne doit obligatoirement respecter, dans son processus de transformation, la réglementation sanitaire communautaire. «La plupart des entreprises respectent la réglementation. Une poignée de fraudeurs peut malheureusement jeter le discrédit sur les autres», affirme Yves Coche avec conviction.

Concernant l’étiquetage des produits transformés, le directeur dévoile qu’aucun compromis européen n’est encore trouvé. «Beaucoup de pays sont en crise. Il est donc difficile de s’entendre sur un accord qui devrait renforcer la traçabilité et, par conséquent, augmenter les coûts de production !».

Des abatteurs confiants

Cette réunion de rentrée s’est terminée avec Yves Fabre, responsable filière ovine, pour le site Arcadie de Rodez. Avec lui, les éleveurs ont échangé sur la conjoncture et l’utilisation du logo «Viande ovine française». «Actuellement on produit 40 % de la viande ovine consommée. C’est en partie ce qui maintient le prix, même si la baisse continue de la consommation rend plus difficiles les augmentations de prix», selon Yves Fabre. Ce qui pèse aujourd’hui sur les abatteurs, c’est le manque de valorisation du cinquième quartier, la peau notamment, ainsi que les coûts de transport. Concernant, la mention d’origine France, Yves Fabre constate une deman-de croissante de la grande distribution, même si le logo est encore à son goût trop «discret». Au sujet des Labels, il préconise d’intensifier l’effort sur le désaisonnement afin de garantir de la viande de qualité toute l’année.

Inn’ovin au service de la filière

Le Comité bassin de la Chambre d’agriculture réunit l’ensemble des organisations de producteurs, engagées dans la filière ovine aveyronnaise. Animé par Dominique Delmas, conseiller de la Chambre d’agriculture, il participe activement à alimenter le réseau régional de références, communique sur la filière auprès de divers publics et coordonne des actions collectives entre tous les acteurs de la filière.

La réunion du 11 septembre a été le support de la présentation du nouveau programme national de développement de la filière ovine : Inn’ovin. Cette nouvelle version de la Reconquête ovine (de 2009 à 2014), met en place de nouveaux outils et actions, encadrés par le Comité d’orientation ovin national (C2ON), déclinés en comités régionaux (C2OR). L’ojectif de ce nouveau programme est clair : «plus d’agneaux, plus de lait, plus de revenu», comme l’évoque Géraldine Pujos, l’animatrice régionale. Pour cela, Inn’ovin propose de travailler sur l’installation et le renforcement de la technicité, sans oublier les volets social, organisation du travail et environnemental, notamment via la transition énergétique.

L’Aveyron participe activement au C2OR Sud, couvrant le territoire fusionné de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Trois Aveyronnais participent à ces travaux régionaux. Certains projets sont d’ailleurs déjà en route comme la réalisation d’un film de promotion de l’élevage, des projets de mise en valeur du pastoralisme, ou encore l’actualisation d’outils technico-économiques.

B.?CAREL

10 septembre 2015

Vache verte : les éleveurs du Réquistanais jouent le jeu

Les éleveurs du Réquistanais et de Lestrade et Thouels ont participé à la campagne de la vache verte pour valoriser l’élevage français.

En vue de la conférence mondiale sur le climat en fin d’année à Paris, la Confédération nationale de l’élevage qui représente les éleveurs de ruminants français et les interprofessions lait et viande ont lancé une campagne nationale pour mettre en avant les atouts naturels de l’élevage. L’idée est de communiquer sur les pratiques innovantes des éleveurs, leurs engagements pour le climat et les services rendus aux territoires sur lesquels ils vivent.

Ce mouvement baptisé «La vache verte» est une façon pour les éleveurs d’apporter leur contribution au débat mondial, de lever quelques a priori aussi sur l’élevage. Alors que deux sujets cruciaux seront traités lors de cette conférence : le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre.

Outre le site internet www.vacheverte.fr qui démontre, études et chiffres à l’appui, le travail et l'engagement des éleveurs pour le climat, les éleveurs dans leur département ont été sollicités pour afficher des banderoles floquées du slogan «l'équilibre est dans le pré».

En Aveyron, l’opération a été lancée début juillet, au bord de la RN88 sur la commune de Baraqueville. Puis peu à peu d’autres secteurs se sont mobilisés : le nord Aveyron, le Vallon, la région de Villeneuve et le Réquistanais notamment.

Pour un responsable local, cet engagement est nécessaire car il faut rétablir certaines réalités : «Beaucoup de critiques négatives concernent une émission élevée de méthane par l'agriculture mais on oublie de préciser le captage de carbone car 75% de méthane émis est compensé par les sources que constituent les prairies et les haies. L'Aveyron possède de nombreux territoires prolifiques en herbe où les vaches vont pâturer. Cela met en valeur le paysage et permet de maintenir le milieu naturel dont tout le monde profite sans voir le travail quotidien des agriculteurs à le préserver».

A Lestrade et Thouels et Réquista

A Lestrade et Thouels, cet été, une banderole a été installée au giratoire du village sur la route reliant Réquista à Villefranche de Panat. Rémi Cluzel, président local FDSEA de Lestrade accompagné de Julien Reynes, membre de ce syndicat, Josy Malié, présidente FDSEA de Brousse le Château et David Reynés, président cantonal secondé par Patrick Frayssinet, employé communal ont participé à cette action qui veut démontrer que les vaches des éleveurs sont nécessaires à l'entretien de la campagne et rendent de nombreux services à la vitalité rurale, au patrimoine mais aussi à la gastronomie. Les responsables professionnels tiennent à remercier la municipalité de Lestrade et Thouels pour son aide matérielle.

De même l’équipe cantonale FDSEA et JA de Réquista a apposé une banderole sur son secteur.

03 septembre 2015

Manifestation FNSEA-JA : la colère paysanne monte à Paris

Une cinquantaine de manifestants de la FDSEA et des JA Aveyron, ainsi que 3 tracteurs, se sont joints jeudi 3 septembre à la grande manifestation parisienne qui a rassemblé l’ensemble des filières agricoles françaises.

«1 500 tracteurs et des milliers de manifestants à Paris le 3 septembre», voici ce qu’avait annoncé Xavier Beulin. A l’heure où nous bouclons, la manifestation est en train de se dérouler. Le compte rendu sera donc diffusé dans La Volonté Paysanne de la semaine prochaine. Il en va de même pour la manifestation bruxelloise du lundi 7 septembre. Pour l’heure, nous pouvons qu’affirmer qu’un bus 100 % aveyronnais, sur les deux prévus par Midi-Pyrénées, a rejoint les autres manifestants venus des quatre coins de la France.

En outre, trois tracteurs conduits par des Aveyronnais se sont aussi joints au cortège qui a encerclé Paris et convergé à Nation, où se sont aussi rassemblés les manifestants. Valérie et Sébastien Imbert, accompagnés de Laurent Belbezet, tous trois agriculteurs à Saint Santin, sont les éleveurs courageux qui ont réalisé ce périple. Ils sont partis mercredi 31 août au soir, en camion, jusqu’à Fleury en Bière. Là ils ont parcouru en tracteur les 100 km qui les séparaient de Paris.

Valérie Imbert est la présidente de la section bovins viande FDSEA. «Nous devons continuer à nous battre pour une juste rémunération de nos produits. Après des semaines d’action, nous attendons maintenant des réponses concrètes du gouvernement», affirme-t-elle avec l’espoir que cette manifestation d’ampleur va faire bouger les lignes. Une délégation a d’ailleurs été reçue par le premier ministre, tandis qu’une autre s’est rendue à l’Assemblée nationale. «Nous voulons que l’agriculture devienne une cause nationale», a d’ailleurs proclamé Xavier Beulin.

27 aout 2015

Actions FDSEA-JA à Villefranche de Rouergue et Millau : une pression sans relâche

Fidèles au mouvement initié au début de l’été, les éleveurs aveyronnais continuent de mettre la pression sur tous les maillons de la chaîne agroalimentaire. Vendredi 21 août, une cinquantaine d’agriculteurs du Villefranchois ont investi les Leclerc, Lidl et Carrefour de Villefranche. Mercredi 26 août, les manifestants de la FDSEA et des JA ont ciblé les camions de marchandises frigorifiques au péage du Viaduc de Millau.

A Villefranche, le mot d’ordre était le stickage des produits dont l’origine était, soit non mentionnée, soit étrangère. «On trouve encore beaucoup trop de produits sur lesquels les mentions d’origine sont manquantes ou mal explicitées», s’insurge Laurent Saint Affre, secrétaire général de la FDSEA. Les éleveurs s’en sont ainsi donnés à cœur joie, collant à tout va des étiquettes «ce produit n’est pas issu de l’élevage français», à chaque fois que l’origine a fait défaut. Et les rayons mettant en avant les produits locaux, bénéficiant d’un affichage remarquable pendant la période estivale, n’ont pas fait exception à la règle.

Savencia subit toujours la colère des éleveurs

En parallèle, la section bovins lait s’était mobilisée en réaction à l’attitude du groupe Savencia (ex Bongrain) qui refuse de mettre en application les accords du 24 juillet, portant sur les mécanismes de revalorisation du prix du lait au producteur. Pour Mickaël Chavatte, président de la section départementale et de la FRPL, «nous devons atteindre le prix de 340 euros les 1000 litres pour ne pas vendre à perte. Nous demandons aussi que soit relevé le prix d’intervention, aujour-d’hui fixé à 200 euros. Enfin, nous continuons à revendiquer que soient mis en place des outils de régulation européens, pour lutter contre une volatilité des prix insupportable pour les éleveurs». Chaque manifestant a donc inspecté les trois rayons des supermarchés à la recherche des produits du groupe qui se sont vus estampillés de la mention «Fabriqué avec du lait vendu à perte».

Alors que le «mépris» affiché par Sa0vencia attise la colère des éleveurs, qu’en est-il des deux laiteries qui collectent en Aveyron ? Lactalis doit annoncer prochainement son prix pour le mois d’août, tandis que Sodiaal consent à des avances jusqu’à 340 euros. Ce prix pourrait donc être réajusté par la coopérative en fonction de l’évolution du marché. Les éleveurs aveyronnais sont donc encore tenus en haleine quant à leur sort au cours du second semestre.

Forte mobilisation à Millau !

A Millau, près de 300 éleveurs se sont positionnés de part et d’autre du péage du Viaduc de Millau, à partir de 21h ce mercredi 26 août, afin de stopper et de contrôler la marchandise des camions frigorifiques en transit. Par cette action, il ne s’agit pas de dénoncer les échanges mais de mettre en avant les distorsions de concurrence qui nuisent à la compétitivité de l’élevage français. Les syndicats souhaitent aussi dénoncer le manque de transparence dans l’origine des produits. Ils réaffirment que les normes françaises garantissent une qualité et une traçabilité qui ne sont pas valorisées aujour-d’hui. C’est pourquoi ils demandent à l’Etat de s’impliquer en incitant la restauration collective à préférer les produits français.

Environ une quarantaine de camions en transit ont été controlés dans les deux sens de l’A75, après le péage, sous la conduite des responsables syndicaux Laurent Saint Affre, Thierry Agrinier (FDSEA), Sébastien Granier et Clément Lacombe (JA). Ces camions transportaient en grande majorité des fruits et légumes venant d’Espagne ou du Maroc, parfois à l’origine imprécise (UE), et avec quelques surprises. Comme «ces champignons de Paris venant de Pologne et emballés à Perpignan !», ironise Sébastien Granier. Autres exemples, «une cargaison entière de produits alimentaires sans origine à destination d’une GMS». Cette action d’ampleur a été conduite sans heurts avec des chauffeurs routiers coopératifs, en présence de forces de gendarmerie veillant à la bonne sécurité de cette action.

30 juillet 2015

Actions FDSEA-JA avec un seul mot d’ordre : le prix au producteur

Toute la journée du vendredi 24 juillet, les éleveurs de l’Aveyron n’ont pas laissé de répit aux enseignes de la distribution à Rodez et Villefranche de Rouergue. Après avoir déversé lisier et pneus devant leur entrée, un convoi de tracteurs FDSEA et JA a défilé jusqu’à la préfecture pour rencontrer le Préfet.

«Des mesures de court terme c’est bien mais ce que les éleveurs exigent, ce sont des prix, une juste rémunération de leurs produits», le message des centaines d’éleveurs de l’Aveyron mobilisés la semaine dernière, est clair.

Ils étaient une quinzaine mercredi 22 juillet à Millau (lire VP du 24 juillet), puis 150 à Villefranche de Rouergue accompagnés de 40 tracteurs et 250 éleveurs à Rodez avec 40 tracteurs vendredi 24 juillet.

Plusieurs GMS ont été visitées : Géant, Carrefour et Leclerc Millau, Géant Onet, Intermarché La Gineste, Carrefour à Rodez, Leclerc, Gel 2000, Aldi, Intermarché, Netto, Carrefour et Lidl à Villefranche.

Pour manifester leur colère, les agriculteurs avaient préparé des bennes de déchets, fumier, pneus qu’ils ont déversées devant les entrées des grandes surfaces. Cette action de grande ampleur s’inscrit dans la vague de manifestations qui se déroule en France depuis plus d’une semaine.

Pour les responsables FDSEA - JA, pas question de relâcher la pression ! Le plan de soutien à l’élevage français présenté la semaine dernière par le premier ministre et le ministre de l’agriculture n’est pas suffisant.

Comme le précise Dominique Fayel, président de la FDSEA 12 : «Ce plan reprend pour l’essentiel des mesures déjà obtenues avec certes des enveloppes plus conséquentes. Pour la plus grande partie, ce sont des mesures d’avances de trésorerie, de report de cotisations, de ré-échelonnement de la dette,... Face à une situation difficile, ces mesures de court terme permettront de soulager les trésoreries mais elles ne règleront pas le problème du prix de nos produits et de l’organisation de nos filières», dénoncent Dominique Fayel et Didier Massol pour les JA 12. «On ne peut pas résoudre nos difficultés par de l’endettement supplémentaire».

Dans ce contexte tendu, le préfet de l’Aveyron, Jean-Luc Combe, a réuni en urgence les représentants du monde agricole : les organisations syndicales, la Chambre d’agriculture, la MSA, la caisse régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, la DDT, la direction départementale des finances publiques. De même une délégation de responsables a été reçue à la sous-préfecture de Villefranche.

La valeur n’est pas partagée selon le Préfet

Le Préfet de l’Aveyron a convenu de la gravité de la situation des éleveurs français et aveyronnais en particulier, dénonçant le «système non réglementé» en cours actuel dans le secteur agricole : «c’est le marché qui fixe le prix et la répartition entre producteurs, transformateurs et distributeurs ne fonctionne pas. La guerre des prix au plus bas sévit au détriment des producteurs dont les produits ne sont pas rémunérés à leur juste valeur», a regretté le représentant de l’Etat. Alors que le rapport du médiateur a mis en avant le non respect de l’accord sur une hausse de prix notamment de la part des transformateurs. Le Préfet a précisé que le gouvernement en appelle à la responsabilisation des acteurs des filières.

Il a également présenté les grandes lignes du plan de soutien à l’élevage français, en deux temps, les mesures à court terme (mesures assouplies pour le fonds d’allègement des charges, garanties de crédits par la Banque publique d’investissement, report des cotisations sociales, mobilisation du Fonds national de gestion des risques agricoles en raison de la sécheresse, remise des taxes foncières, report d’impôt,...) et les mesures structurelles (soutien de 10 millions d’euros pour la promotion des filières viandes bovine et porcine et produits laitiers, renforcement des contrôles de la DGCCRF sur l’étiquetage de l’origine des produits, préconisations pour l’approvisionnement local des collectivités, soutien à la plate forme Viande France Export, appui aux projets d’énergie renouvelable (méthanisation, photovoltaïque), mobilisation du Programme des investissements d’avenir pour améliorer la compétitivité, amélioration des relations commerciales et contractuelles dans les filières animales, simplification des procédures, renforcement de la protection des élevages ovins contre le loup,...).

A la demande du ministère de l’agriculture, le Préfet de l’Aveyron a réactivé une cellule d’urgence réunissant la profession, les établissements bancaires, la MSA, les experts comptables, pour identifier les agriculteurs les plus en difficulté et apporter les solutions les plus adaptées à leur situation. Le Préfet compte sur la mobilisation de tous les acteurs.

Jean-Luc Combe a également précisé que le ministre de l’agriculture avait obtenu la réunion de ses collègues européens le 7 septembre pour évoquer notamment, les outils de régulation des marchés en conformité avec l’OMC.

En attendant, FDSEA et JA ont affiché leur intention de maintenir la pression sur les GMS et sur les industriels pendant tout l’été.

Eva DZ

09 juillet 2015

Vache verte : l’opération est lancée en Aveyron

En fin d’année, Paris va accueillir la conférence mondiale sur le climat - COP 21. Parce que les éleveurs de toute la France veulent apporter leur contribution et surtout faire entendre les efforts réalisés dans les exploitations, la Confédération nationale de l’élevage a lancé le mouvement La vache verte, qui se décline aussi pour les moutons et les chèvres. Le premier canton à s’être lancé est Baraqueville. Depuis ce mercredi 8 juillet, une banderole La vache verte - l’équilibre est dans le pré» borde la RN 88.

«L’agriculture est souvent montrée du doigt lorsque l’on évoque le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre. Mais le côté positif de notre métier n’est jamais montré», lance Joël Clergue, éleveur à Baraqueville. L’Aveyronnais a participé au groupe lancé par la Confédération nationale de l’élevage pour communiquer sur les pratiques des éleveurs.

«Parce que nous sommes les plus à même de parler de notre métier, nous devons prendre les devants pour faire passer nos messages», complète Valérie Imbert de la FDSEA. Pour aider les éleveurs à communiquer, la Confédération nationale de l’élevage avec l’appui du CNIEL et d’Interbev a lancé le mouvement La vache verte - l’équilibre est dans le pré.

Des bannières au bord des routes

Il s’agit d’un travail de fond sur les relations entre élevages de ruminants, équilibre environnemental et lutte contre le réchauffement climatique. Dans cette édition et celle de la semaine prochaine, La Volonté Paysanne livre quelques extraits intéressants de ce «livre vert» (lire en pages suivantes et en intégralité sur www.vacheverte.fr).

«C’est important que nous évoquions nos pratiques, nos savoir-faire ainsi que nos engagements pour le climat», explique Joël Clergue, avant de détailler : «certes nos ruminants émettent du méthane mais on ne tient pas compte du captage du carbone par les prairies sur lesquelles nous faisons pâturer nos bêtes et qui permet de couvrir 75% des émissions de méthane ! On regarde toujours le mauvais côté de l’élevage !», regrette l’éleveur. Pour rappel, 90% des surfaces du Massif central sont en herbe.

Et d’enchaîner : «De plus on oublie l’action rendue au territoire : nos vaches pâturent dans des travers peu accessibles et qui sans cela, seraient à l’état de friche. Là on parle d’aménagement du territoire, d’entretien et de valorisation de nos paysages, des notions souvent oubliées».

Les agriculteurs veulent mettre en avant les évolutions de leurs pratiques : ils participent au captage du carbone avec la production de bois plaquettes par exemple et plus globalement, ils font des efforts pour réaliser des économies d’énergies et réduire leur consommation carbone.

Ce sont tous ces messages et plus encore, que les éleveurs à travers ce mouvement de la vache verte communiqueront pendant tout l’été au bord des routes. Comme dans la plupart des départements français, une trentaine d’équipes locales d’agriculteurs aveyronnais hisseront dans leurs prés les couleurs de ce mouvement.

La première opération avait lieu chez Bernard Robert, éleveur à Baraqueville en bordure de la RN 88. Désormais, les 17?000 véhicules comptabilisés en moyenne chaque jour sur cette route apercevront ce message «l’équilibre est dans le pré» pendant tout l’été.

Eva DZ

04 juin 2015

Jeunes Agriculteurs Cassagnes-Réquista : l’installation, un projet de territoire

A l’occasion de la Fête de la brebis, dimanche 7 juin, les JA du canton organisent, à partir de 9h30 à la salle de cinéma de Réquista, une table ronde «Transmettre et installer aujourd’hui, les raisons d’y croire !», suivie de la présentation et de la signature officielle de la Charte locale transmission installation, avec les acteurs locaux.

Voilà deux ans que les Jeunes Agriculteurs de Cassagnes-Réquista travaillent à la problématique du renouvellement des générations sur leur secteur. Ils ont ainsi enchaîné groupes de réflexion et rencontres avec les acteurs du territoire afin de construire collégialement une réelle politique locale en faveur de l’installation de jeunes en agriculture. Le constat que, d’ici 5 à 10 ans, 40 % des agriculteurs de la zone seront en âge de la retraite, dont près d’un tiers n’ont aujourd’hui pas de succession, doit faire réagir tous ceux qui sont concernés par la dynamique territoriale : agriculteurs, élus, acteurs de l’ensemble des secteurs économiques, tous réunis au sein du comité de pilotage de la charte.

Le travail réalisé par ce comité de pilotage a consisté, dans un premier temps, à la réalisation d’un diagnostic qui a mis en lumière le devenir de la structuration agricole (voir ci-dessous), ainsi que le poids de l’agriculture dans le territoire : l’activité agricole génère un tiers des emplois, représente 11 % de la population locale et fait vivre 10 % des exploitations aveyronnaises.

Un plan d'actions

Forts de ce constat, les JA et le comité de pilotage se sont appliqués à élaborer un plan d’actions, d’une cinquantaine de propositions, selon quatre axes prioritaires : favoriser la transmission, permettre l’installation, maintenir des exploitations viables et vivables, développer la dynamique locale. Pour mettre en musique le contenu de la charte, les JA organisent dimanche une table ronde à partir de 9h30. Ils y exposeront les atouts du territoire étudié, ainsi que des exemples de moyens qui permettent de surmonter les difficultés, à travers le prisme de la viabilité, de la transmission et de la vivabilité. Trois exemples viendront étayer ces propos, à travers des témoignages sur la production sous label, l’installation hors cadre familial et l’adhésion à un groupement d’employeurs. A 11h, les JA présenteront le contenu de la charte qui sera officiellement signée par tous ses partenaires à 11h15.

Le secteur de Cassagnes-Réquista fait partie des cinq chartes déjà signées ou en cours d’élaboration. Pour Sébastien Granier, président de Jeunes Agriculteurs Aveyron, «à travers ces chartes locales nous voulons démontrer que l’agriculture a de l’avenir et qu’il est possible de maintenir un territoire vivant avec des actifs nombreux et des exploitations à taille humaine, viables, vivables et transmissibles».

Article JA

04 juin 2015

Un Aveyronnais entre au bureau de la FNO

Jusqu’à présent administrateur à la Fédération nationale ovine, Jean-François Cazottes, président de la section ovins viande de la FDSEA, vient d’intégrer le bureau de la FNO lors des élections du 21 mai.

«En tant que premier département moutonnier de France et représentant 15% des effectifs ovins nationaux, il était tout-à-fait logique que l’Aveyron ait sa place au sein du bureau de notre instance nationale», a commenté le nouvel élu aveyronnais.

Il aura à cœur de représenter la diversité de l’élevage ovin de son département entre le système laitier et la production d’agneaux sous la mère.

«Chacun au sein du bureau pourra s’impliquer sur des dossiers précis. J’ai fait part à notre nouvelle présidente de mes souhaits : œuvrer pour la défense du prix de nos produits, suivre le dossier PAC et participer aux échanges sur le sanitaire et le dossier sensible de la prédation».

Jean-François Cazottes est l’un des quatre représentants de la région Midi-Pyrénées au bureau de la FNO, il accompagne André Delpech du Lot, Jérôme Redoulès du Tarn (par ailleurs trésorier) et Bertrand Gerber des Hautes-Pyrénées qui siège au titre des JA.

Eva DZ

05 février 2015

Jeunes Agriculteurs Midi-Pyrénées : relance du groupe bovin viande régional

A l’occasion du congrès de la FNB, le groupe bovin viande JA Aveyron a invité des responsables JA des autres départements de Midi-Pyrénées, à se retrouver à Rodez mercredi 4 février pour recréer une dynamique régionale.

Réforme de la PAC, installation, mise en danger d’abattoirs, défense du prix, tous ces sujets sont au cœur des préoccupations des jeunes éleveurs de Midi-Pyrénées. Ainsi, Nicolas Mouysset, responsable élevage régional, Maxime Sannié et Philippe Barguès, tous deux co-responsables du groupe bovin viande JA Aveyron, ainsi que Nicolas Cance, représentant JA à l’UDIVA (interprofession aveyronnaise de la viande bovine) étaient heureux d’accueillir leurs homologues du Lot, du Tarn et du Gers. Cette réunion avait pour objectif de mettre au point une stratégie régionale afin de mutualiser au mieux points de vue et problématiques.

«Notre diversité fait notre unité»

Cette volonté de renforcer la dynamique régionale au niveau des filières avait été largement évoquée lors de la première université d’hiver de JA Midi-Pyrénées en 2 013. Le slogan qui avait d’ailleurs motivé les jeunes à l’époque était : «Notre diversité fait notre unité !». La filière viande bovine n’échappe pas à cette règle, puisque cohabitent régionalement divers modèles de production et de débouchés. Production de maigre, d’animaux engraissés, élevages transhumants, herbagers ou avec production de céréales...

Alors que le groupe régional était en dormance, les JA de Midi-Pyrénées se sont mobilisés, lors des discussions au sujet de la réforme de la PAC, afin de transmettre à Paris une position commune sur les critères d’attribution de la future aide à la vache allaitante.

Dès lors, les responsables syndicaux ont eu la volonté de se rassembler. Nicolas Mouysset, portant la voix des jeunes éleveurs dans diverses instances régionales, explique que «l’enjeu pour les JA est de porter des positions communes dans les structures influentes». Il évoque notamment les réunions de la fédération régionale bovine ou le comité d’orientation de l’élevage (COREL). Philippe Bargues renchérit par son expérience en tant que participant à des groupes de travail nationaux JA : «on se rend compte qu’il y a beaucoup d’écarts entre systèmes et entre visions au niveau national. Chacun y va pour défendre son modèle d’exploitation ou son département. Nous devons absolument travailler à une position régionale pour peser dans les orientations du syndicat».

Des chantiers à démarrer

Avant de clôre la réunion pour rejoindre les congressistes et participer aux travaux de l’après-midi, les JA ont mis au point une stratégie de fonctionnement. Le groupe régional bovin viande renaît donc. Il devrait se réunir, au début, une fois par an. A chaque fois et de manière tournante, l’organisation sera confiée à un département de Midi-Pyrénées, qui en profitera pour faire découvrir son élevage, à travers une visite d’exploitation par exemple.

Tous les responsables sont tombés d’accord sur le fait que le premier chantier à mettre en œuvre, lorsque les derniers arbitrages de la PAC seront connus, réside dans l’accompagnement des jeunes installés qui risquent notamment de pâtir d’une référence conditionnant l’attribution de l’aide vache allaitante. Par expérience, les JA savent bien que les jeunes sont les premiers à souffrir de la prise en compte d’un historique. La disparition des élevages dans les zones intermédiaires, au profit des cultures végétales, est aussi une problématique qu’ils prendront à cœur.

Bérangère CAREL

29 janvier 2015

Conférence JA-Afdi-Groupe Camboulazet-Conseil général : regards croisés sur l’agriculture familiale

Jeudi 22 janvier les JA, le groupe de Camboulazet, le Conseil général et l’Afdi ont invité Betty Wampfler, professeur en économie du développement à SupAgro Montpellier, et Joël Clergue, ancien responsable installation national du syndicat Jeunes Agriculteurs, à échanger sur le modèle d’agriculture familiale, à travers les analogies et différences entre le nord et le sud.

Bernard Cazals, président du groupe de Camboulazet et membre d’Agriculteurs français et développement international (Afdi), a rappelé brièvement les actions de cette association au Sénégal et au Mali. Aujourd’hui l’Afdi travaille à maintenir des relations, surtout avec le Mali, dans un climat géopolitique très compliqué.

Deux agricultures s’opposent sur la scène internationale

Betty Wampfler a entamé son intervention par sa définition de l’agriculture familiale, caractérisée par «un lien organique entre l’exploitation et la famille, un capital productif inséré dans le patrimoi-ne familial, un travail basé sur une main d’œuvre familiale, des produits vendus sur des marchés mais aussi autoconsommés, une recherche de revenu par le travail». Par opposition, l’agriculture dite industrielle reposerait sur une main d’œuvre salariée, un capital détenu par des actionnaires, la totalité des produits vendus sur les marchés et une recherche de profit. L’enseignante-chercheuse constate qu’aujourd’hui ces deux modèles coexistent sur des marchés identiques et sont en compétition pour les mêmes ressources.

Malgré une prédominance mondiale très nette, en termes de nombre d’exploitations et de travailleurs, l’agriculture familiale souffre de cette rivalité, notamment dans la course au foncier. Les très petites exploitations -moins d’un hectare- sont largement majoritaires à l’échelle de la planète. La main d’œuvre dans les structures familiales se chiffre à 1,3 milliard d’actifs, 3 milliards si on compte les familles qui en dépendent. En matière de productivité, l’agriculture mondiale se divise en presque 3 parties. Les rendements de 1, 10 et 50 tonnes par actif et par an sont quasiment à parts égales. La proportion d’exploitations qui atteignent les 1 000 tonnes par actif et par an est infime en comparaison.

Pas une mais des agricultures familiales

Au nord comme au sud, on observe une grande disparité dans les systèmes d’exploitation. Dans nos contrées on rencontre des productions différentes dans des topographies diverses et des circuits de commercialisation variés. Au sud, cette même diversité existe mais la plus grande dissemblance réside dans les niveaux de technicité et de modernité : irrigation, cultures fourragères ou simple pâturage, progrès génétique.

Une réponse aux enjeux mondiaux

Au nord comme au sud les enjeux liés à l’agriculture sont identiques. D’après Betty Wampfler, il s’agit «de nourrir le monde, produire de la richesse pour soi et le territoire, produire de l’emploi et gérer durablement les ressources naturelles». Pour l’enseignante-chercheuse les agricultures familiales peuvent répondre à ces enjeux à condition qu’elles évoluent et se modernisent, pour que les très petites structures perdurent.

Pour Joël Cler-gue, l’entrée territoriale est primordiale. «A JA nous avons une réflexion autour du lien social entre l’agriculture familiale et le territoire. L’agriculture doit créer de la richesse qui va alimenter les autres secteurs. Un territoire où il ne reste que des agriculteurs est en difficulté. L’agriculture est le socle économique d’un territoire diversifié en secteurs économiques et en population».

Le défi de l’installation

L’installation reste la condition sine qua none de la survie du modèle familial. Là aussi on observe des ressemblances et des disparités selon les régions du globe. La France est exemplaire dans les soutiens qu’elle octroie au renouvellement de ses agriculteurs. Il en découle un secteur agricole vivant, mais pour combien de temps ? Le nombre d’actifs diminue par le manque de reprise des descendants et une installation hors cadre familial encore très compliquée. Betty Wampfler va jusqu’à qualifier de «précaire» l’avenir du modèle familial français !

Dans les pays du sud, les dispositifs d’accompagnement à l’installation restent marginaux, malgré des initiatives existantes mais cantonnées à des zones géographiques restreintes et à des filières particulières. L’exode rural est une calamité dont souffre une jeunesse qui se retrouve confrontée au chômage, à la pauvreté, et bien souvent à la violence dans les villes. L’enjeu majeur des gouvernements est donc la mise en place des clés de la réussite de l’installation : la formation, la préservation du foncier, l’accès au marché et le soutien financier. En outre les agriculteurs du sud doivent aussi être acteurs en se regroupant pour créer eux-mêmes des structures d’accompagnement des jeunes.

Betty Wampfler conclut néanmoins son intervention sur une note positive. «L’avenir de l’agriculture suscite, depuis les émeutes de la faim début 2000, une richesse de questionnements et un regain d’intérêt. On constate aussi une grande proximité des problématiques entre nord et sud».

Peut-on ainsi extrapoler que la réponse à la question : «quel type d’agriculture voulons-nous demain ?», s’avérerait mondialement fédératrice ?...

Bérangère CAREL

01 janvier 2015

JA-FRSEA Midi-Pyrénées : pour une agriculture Ecologique

Les JA de Midi-Pyrénées soutenus par la FRSEA lancent une opération de communication grand public par la diffusion d’un seul et même concept : «l’agriculture écologique».

Dans la continuité des actions départementales (26 août et 18 septembre), et de la manifestation régionale du 5 novembre, les JA et la FDSEA ne restent pas inactifs sur le sujet de la zone vulnérable, tout comme leurs confrères de Midi-Pyrénées. Ils revendiquent «une agriculture écologique, qui allie économie et écologie, à travers une réglementation logique et applicable ! Parce que la nouvelle Directive Nitrates menace l’avenir des agriculteurs, mais aussi des consommateurs, parce que la réglementation française manque cruellement de bon sens paysan».

Afin de décliner ce concept et d’expliquer leurs arguments aux citoyens et consommateurs, les syndicats utilisent les réseaux sociaux et ont créé une page sur Facebook, «Agriculture_eco-logique», et un compte Twitter, «@gri_eco_logique».

11 décembre 2014

Zone vulnérable : «la partie n’est pas terminée»

A quelques semaines de la signature de l’arrêté préfectoral de la révision de la zone vulnérable, Pascal Mailhos, préfet de Midi-Pyrénées et coordonnateur du bassin Adour-Garonne, a répondu présent, lundi 8 décembre, à l’invitation de la Chambre d’agriculture, de la FDSEA et de JA Aveyron. La rencontre s’est déroulée chez Philippe Pélissier, agriculteur en vaches laitières sur la commune de Moyrazès.

Une cinquantaine de tracteurs attendaient, telle une haie d’honneur, le passage du préfet le long de la nationale 88. Un même slogan se répétait le long de cette route : «Non à la zone vulnérable !». La mobilisation des agriculteurs était aussi visible sur l’exploitation de Philippe Pélissier qui a accueilli 250 producteurs, ainsi que des élus et des responsables du secteur économique.

Pascal Mailhos était accompagné de Pascal Augier, directeur régional de l’alimentation de l’agriculture et de la forêt, Jean-Luc Combe, préfet de l’Aveyron et Marc Tisseire, directeur départemental des territoires. Cette délégation s’est montrée très à l’écoute des revendications de leurs hôtes.

Après avoir pris note des revendications des acteurs agricoles et ruraux aveyronnais, Pascal Mailhos a, à son tour, pris la parole. Il a commencé par reconnaître l’importance de l’agriculture comme un pilier incontournable de la vie des territoires. Concernant l’extension de la zone vulnérable, il s’est exprimé clairement : «notre objectif au niveau du bassin Adour-Garonne est de diminuer significativement le zonage. Envisager d’en sortir complètement n’est pas réaliste. Nous avons déjà obtenu une réduction de 40 % sur l’ensemble du bassin, le dossier avance».

Il ajoute que les ministères de l’agriculture et de l’écologie vont plaider à Bruxelles un assouplissement des règles concernant l’épandage sur les pentes et le stockage aux champs. Il a terminé son intervention en affirmant avec conviction son soutien à l’activité agricole : «Je continuerai à me battre avec vous comme je l’ai fait depuis 6 mois (date de sa nomination, NDLR). Les agriculteurs doivent travailler dans des conditions dignes, dans leurs mission alimentaire et d’aménagement du territoire».

Dominique Fayel conclut la matinée en affirmant que «la partie n’est pas terminée».

Bérangère CAREL

04 décembre 2014

Plus de 7 500 brebis tuées en 2014 : les éleveurs manifestent contre le loup à Paris

Protestant contre la recrudescence des attaques de loup, les éleveurs de moutons ont manifesté dans les rues de Paris le 27 novembre. Une rencontre devrait avoir lieu prochainement avec le ministre de l’intérieur, la ministre de l’écologie et le ministre de l’agriculture pour améliorer concrètement l’application du plan loup.

Bernard Cazeneuve, Ségolène Royal et Stéphane le Foll vont organiser une réunion pour parler du loup à tous les préfets de France. Annonce faite par le ministre de l’agriculture Stéphane le Foll, après une manifestation de 300 éleveurs de moutons dans les rues de Paris jeudi 27 novembre, et après une réunion avec les représentants de la Fédération nationale ovine (FNO). Les ministres de l’intérieur, du développement durable et de l’agriculture vont donner des consignes de fermeté pour que dans chaque département touché par le loup soient organisés plus de tirs de prélèvements et de battues.

Objectif : faire appliquer réellement le plan loup, malgré l’opposition systématique des écologistes sur le terrain et la prudence d’un grand nombre de préfets sur le sujet. Le plan loup prévoit la possibilité d’abattre jusqu’à 36 loups par an, par des tirs de prélèvements accordés dans les zones où les dégâts sont les plus importants. Or pour l’instant, seuls 13 loups ont été tués en 2014. Même si c’est deux fois plus que les années précédentes, c’est largement insuffisant pour des éleveurs confrontés cette année à des attaques de loups jamais vues ! 7 535 moutons ont été tués par le loup cette année, selon les chiffres de la FNO. 28 % de hausse sur un an. «On est dans le cadre d’une réglementation européenne qui a été mise en place à un moment où le loup était en extinction, or aujour-d’hui il est en expansion», a reconnu Stéphane Le Foll.

27 départements touchés

«C’est inacceptable ! Les loups massacrent nos moutons dans 27 départements maintenant, c’est trois fois plus qu’il y a cinq ans. Les éleveurs sont découragés, certains arrêtent. Le loup est incompatible avec l’élevage !», martèle Serge Préveraud, le président de la FNO, au pied de la Tour Eiffel. Scène étonnante au cœur de la capitale jeudi : une quarantaine de brebis et leurs agneaux sur le champ de Mars, entourés de 300 éleveurs en colère, venus de toute la France. «Moi dans les Alpes Maritimes j’ai plus de 3 attaques par semaine sur mon troupeau, toutes nos défenses ne servent à rien, le loup est devenu ingérable, déplore Valérie Aubert, il s’attaque aux bovins, aux ânes et même aux chevaux désormais. Chez nous on le voit maintenant dans des zones urbanisées, on n’en peut plus». Une manifestation soutenue par plusieurs hommes politiques, présents sur place. Le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle (Modem) aux côtés du député socialiste des Alpes de Hautes Provence, Christophe Castaner, par ailleurs président du Groupe national loup.

Moment d’intense émotion quand les manifestants ont dévoilé deux carcasses de brebis éventrées par les crocs du loup. Toute l’assistance s’est tue pour écouter trois jeunes femmes, trois éleveuses qui n’en peuvent plus de voir leur cheptel dévoré par le loup. «Je viens de m’installer au 1er janvier, et déjà j’ai eu 3 attaques», déplore d’une voix lasse Florie Delaye, éleveuse de moutons dans les Alpes de Haute Provence, «ce n’est pas pour voir ça que j’ai choisi ce métier». Xavier Beulin, président de la FNSEA, est venu saluer les manifestants à la mi-journée. Puis, aux sons des cloches, les éleveurs en colère ont défilé dans les rues de Paris, suivis par des bétaillères transportant les moutons. Destination : le ministère de l’agriculture, où une délégation de la FNO avait rendez-vous avec Stéphane Le Foll. Mais le cortège a été bloqué rue de Varenne par un cordon de CRS. Bousculade, gaz lacrymogène, les manifestants ont été violemment repoussés, malgré l’accord du ministère pour laisser entrer quelques brebis dans les jardins. Seule fausse note dans une journée réussie.

Meuse : «Je ne dors plus»

Cyril Weiss est un éleveur à bout de nerfs. Depuis le mois d’avril, il n’a pas fait une nuit de sommeil normal. Un siècle après sa disparition, le loup a frappé les moutons de la région de Bar le Duc le 1er avril 2014. Depuis cette date, sa vie est devenue un cauchemar : 12 attaques depuis le printemps ! La gorge nouée, il découvre des brebis éventrées ou mutilées. Il découvre surtout la peur… Chaque nuit ou presque, il se lève, il monte dans sa voiture et avec des lampes longue portée, il patrouille autour de son troupeau. Parfois il procède à des tirs d’effarouchement, en l’air. Mais peine perdue, il ne voit jamais le loup. Et pourtant, il est là : 40 cadavres ramassés au petit matin durant tout l’été. «Je n’en peux plus, ce n’est plus une vie, je ne dors plus… J’y pense tout le temps ! J’en rêve même parfois quand je réussis à dormir», indique l’éleveur. Il a mis des filets électriques autour de ses pâtures.

Ça n’a pas suffi. Il vient d’acheter deux chiots, des bergers andalous, qu’il veut mettre autour de son troupeau l’été prochain. Mais dans la Meuse, loin des grandes estives de montagne, le paysage de bocage avec ses petites parcelles clôturées est une aubaine pour le loup : impossible de mettre deux chiens de défense sur chaque lot du troupeau. C’est pourquoi Cyril va réduire le nombre de ses brebis cet hiver. Mais il est tellement découragé qu’il envisage même d’arrêter l’élevage de moutons, pour ne pas revivre le cauchemar de cet été 2014.

13 novembre 2014

Action FDSEA-JA Viande bovine à Rodez : «les producteurs étranglés»

Environ 200 éleveurs ont amené des broutards devant la préfecture à Rodez ce mercredi 12 novembre, en soirée, pour protester contre la chute des cours avant de rencontrer le nouveau préfet de l’Aveyron Jean-Luc Combe.

Comme annoncé lundi par la FDSEA et les JA, les éleveurs bovins viande, auxquels s’étaient joints des producteurs ovins, ont tenu à exprimer leurs inquiétudes, face à la baisse des cours, au préfet de l’Aveyron Jean-Luc Combe. Une délégation d’éleveurs emmenée par Laurent St-Affre, Francis Grau, Valérie Imbert, Pierre Cabrit (FDSEA) et Maxime Sannié et Nicolas Carayon (JA) a été reçue par le préfet et des représentants de la DDT. Elle a transmis à Jean-Luc Combe les inquiétudes des producteurs, lesquels se disent «étranglés» du fait de «la baisse des cours des veaux maigres de 10% en dix semaines, atteignant un niveau historiquement bas».

Pour la FDSEA et les JA, «en moyenne, c’est une perte de revenu d’environ 10 000 euros par exploitation pour 2014, soit plus de la moitié du salaire de la famille», a insisté Laurent-St-Affre devant les éleveurs rassemblés à la préfecture avec cinq génisses limousines. Les producteurs dénoncent «un prix de la viande payé par le consommateur qui progresse dans le même temps, et des importations de viandes étrangères qui augmentent».

Viandes d'importation

Ce volet exportation a été largement évoqué avec le préfet, en lien avec l’embargo russe qui destabilise la filière broutards. «La Pologne envoie ses animaux en Italie ou en Allemagne. Cela a comme effet de faire baisser les prix des animaux français», regrette Francis Grau. «Le ministre de l’agriculture avait promis lors du Sommet de l’élevage qu’il allait faciliter et développer l’export vers les pays tiers, notamment vers le bassin méditerranéen, avec l’assouplissement des mesures sanitaires. Nous avons rappelé ce point clé au préfet». Autre sujet d’inquiétude illustré récemment par un contrôle d’origine de viandes bovines au magasin Promocash de Rodez, les viandes d'importation. «La viande proposée par ce magasin est à 90 % d’origine étrangère ! Nous militons pour des achats de viande patriotes, dans la restauration collective, les cantines. Il est de la responsibilité des élus de privilégier autant que possible les viandes françaises».

Le préfet qui rencontrait pour la première fois la profession agricole depuis son arrivée début octobre s’est exprimé devant les éleveurs à l’issue de la réunion peu avant 23 heures. «Mon rôle est d’être à votre écoute. J’ai bien noté votre demande de réactiver les filières exports», parfois «pénalisées par des mesures douanières sanitaires déguisées». Il a évoqué la récente visite du ministre de l’agriculture au Maghreb, puis la grande distribution. «Il est difficile de convaincre que la qualité a un coût. Je mesure aussi l’inquiétude des jeunes agriculteurs. Je serai le porte parole de vos attentes auprès du gouvernement», a t-il promis.

Didier BOUVILLE

06 novembre 2014

Action Zone vulnérable FNSEA-JA à Toulouse : 5000 agriculteurs contre l’extension

Mercredi 5 novembre, à l’appel de la FNSEA et de Jeunes Agriculteurs, près de 800 agriculteurs aveyronnais, accompagnés d’élus territoriaux, se sont rendus à Toulouse, rejoints par les sept autres départements de Midi-Pyrénées, ainsi que le Cantal et la Corrèze. Tous sont touchés par le projet d’extension de la zone vulnérable au sein du bassin Adour-Garonne. Les manifestants se sont scindés en trois cortèges (agence de l’eau Adour Garonne, DREAL, Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) et Préfecture de Région).

Départ matinal pour Toulouse. Dans les bus aveyronnais, l’ambiance est calme. Les esprits sont préoccupés par les causes qu’ils vont défendre, principalement l’extension de la zone vulnérable dans le bassin Adour Garonne. Les débordements survenus à Toulouse lors de la manifestation contre le barrage de Sivens le 1er novembre sont au cœur des discussions des manifestants qui, eux, souhaitent se faire entendre de manière pacifique.

Première étape, les manifestants accrochent une bâche sur le bâtiment de l’ONEMA, tandis que Christian Mazas, président de la FRSEA, et Dominique Fayel rappellent le comportement souvent déplacé des agents de la police de l’eau qui mettent la pression sur les agriculteurs «les traitant comme des voyous». Le président FDSEA12 souhaite aussi leur rappeler que l’épandage ça se décide «en fonction du sol, du temps et de l’état de la plante. Il est absurde que des technocrates de Paris le décident à notre place». L’imposante bâche, portant l’inscription «Harcèlement administratif + dogmatisme environnemental = moins de revenu, moins d’agriculteurs», a beaucoup de prise au vent. Les agriculteurs la maintiennent donc en place en déversant des oignons, des pneus, du fumier, et autre matériau acheminé depuis les fermes environnantes.

A la Préfecture de Région le message est sans appel : «Non aux z’hommes vulnérables, stop aux obstacles». Les trois présidents de département s’adressent alors aux manifestants évoquant la problématique des contraintes environnementales bien sûr, mais aussi des prédateurs, le Lot et l’Ariège étant très mobilisés sur le dossier. Agnès Ferrand, présidente de la FDSEA ariégeoise confirme même le déplacement des prédateurs de la montagne jusqu’en plaine et exprime son «ras le bol qu’on nous explique comment on doit préserver la nature qui nous fait vivre et avec qui on vit tous les jours !».

Une action dans le calme

Alors que le clocher de la cathédrale Saint Etienne, sonne midi, certains y entendent d’ailleurs «le glas de la zone vulnérable», le long cortège de piétons et de tracteurs, accompagné de camions Ragt et Unicor, reprend son défilé, scandant des slogans tels que «On veut vous nourrir, on veut pas mourir !», ponctués par des sons de cloches de vaches, le tout dans une ambian-ce déterminée. Les quelque 5000 manifestants se regroupent en bas des allées Jean Jaurès pour la dernière partie du rassemblement. Les responsables régionaux et nationaux prennent la parole à tour de rôle.

Christian Mazas salue l’ampleur de la mobilisation des agriculteurs et l’exemplarité de leur comportement, puisqu’aucun débordement n’est à déplorer. Il regrette l’absence de réponses du gouvernement, sollicité depuis des mois par les responsables professionnels demandant des avancées sur les huit points de revendication portés par tous les agriculteurs de France. Il s’agit de trouver des solutions pour palier économiquement les effets de l’embargo russe, de privilégier les produits d’origine française, de dire non au péage de transit, d’abandonner l’application du compte pénibilité à l’agriculture, de débloquer le versement anticipé des aides PAC, d’empêcher le blocage des dossiers d’installation, de créer une année blanche sur les contrôles PAC relatifs au verdissement, et enfin de dire non à l’extension du zonage Directives Nitrates. «Nous en avons assez des contraintes et de la «surréglementation». Nous voulons être invités autour de la table pour participer aux décisions !», a-t-il martelé.

Dominique Barrau renchérit : «l’agriculture est en vigilance orange. Cette journée est là pour le faire savoir». Le président de Jeunes Agriculteurs Midi-Pyrénées, Lilian Lasserre rappelle, quant à lui que «nous sommes là aussi pour défendre l’agriculture de demain. Notre métier est basé sur la passion. Comment la conserver aujourd’hui chez des futurs agriculteurs ?». Il ajoute que sa première revendication est simplement «le respect des agriculteurs».

Une porte s’est entrouverte

Jean-Louis Cazaubon, président de la Chambre régionale d’agriculture de Midi-Pyrénées, rappelle que, par solidarité, toutes les Chambres d’agriculture régionales sont fermées au public le jour de la mobilisation. Il complète les revendications par une neuvième concernant le financement des Chambres qui perdent 45 millions d’euros, ce qui va durement les impacter. Concernant la zone vulnérable, il fait part des conclusions du ministère de l’écologie, suite à la réunion avec les préfets coordonnateurs de bassins le 3 novembre. Selon lui «une porte s’est entrouverte» puisque S&e